lundi 12 octobre 2026
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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 25 juillet 2026. 2ème des 4 concerts « Master Fest »

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Il règne toujours, au sublime Teatro Thalia, une atmosphère singulière depuis le début de cette 12e édition du Verão Clássico Festival & Academy. La disparition brutale, la veille de l’ouverture, du violoniste Stephan Picard, a profondément marqué les esprits. Le concert d’ouverture « Master Fest » lui avait été dédié, tout comme l’intégralité de cette édition. Et ce 25 juillet, pour le deuxième concert des « Master Fest », c’est avec une émotion toujours vive mais désormais mêlée à une énergie résiliente que le public s’est retrouvé dans ce théâtre chargé d’histoire. La soirée, placée sous les signes de Mozart et de Chostakovitch, offrait un programme d’une grande charge émotionnelle, où les Professeurs de l’Académie partageaient, au final, la scène avec leurs Etudiants de l’Académie – dans une belle démonstration de transmission et de communion artistique.

 

La soirée s’est ouverte sur un enchantement : les 5 Pièces pour 2 violons et piano de Dimitri Chostakovitch. Que d’équilibre et de complicité entre Eszter Haffner, au violon, Filipe Pinto-Ribeiro, au piano, et le jeune académiste américain Jayden King, âgé de seulement 11 ans, qui avait déjà électrisé la veille lors du second concert « Talent Fest » ! Le Prélude s’est déroulé avec une élégance toute classique, la Gavotte a fait danser les archets avec une légèreté exquise, et l’Elegy a déployé une mélancolie d’une beauté bouleversante. La Valse, tourbillonnante et nostalgique, a été suivie d’une Polka endiablée qui a emporté l’audience dans un tourbillon de joie. Rarement la musique de Chostakovitch, si souvent teintée d’amertume, n’avait paru aussi lumineuse. Jayden King, malgré son jeune âge, a fait preuve d’une maturité et d’une aisance confondantes, dialoguant d’égal à égal avec ses aînés. Une entrée en matière éblouissante !

Puis vint un moment de grâce absolue avec le Trio pour Cordes KV. 266 de W. A. Mozart. Eszter Haffner, au violon, Johanna Ott, jeune académiste autrichienne, et Matteo Fabi, violoncelliste italien de l’Académie, ont tissé une tapisserie sonore d’une délicatesse infinie. L’Adagio initial, d’une noblesse et d’une profondeur méditatives, a été suivi d’un Menuetto d’une élégance toute viennoise. Les trois artistes, unis par une complicité manifeste, ont su rendre hommage à la grâce et à l’équilibre parfaits du compositeur salzbourgeois. Une lecture pétrie de sensibilité et de retenue, qui a littéralement envoûté le public lisboète.

La soirée a alors pris un tournant plus sombre et plus intime avec les Satires (Pictures of the Past) de Chostakovitch. C’est Anna Samuil, soprano d’une palette expressive infinie, qui s’est emparée de ce cycle de cinq mélodies, accompagnée au piano par son mari Matthias Samuil. Dès la première satire, « To a critic », son jeu dramatique, sa diction ciselée et son art du contraste ont donné vie à ces tableaux satiriques avec une intensité confondante. « Spring awakening » fut un instant de légèreté ironique, tandis que « The descendants » déroula une mélancolie teintée d’absurde. Le climax fut atteint avec « The Kreutzer Sonata », où la voix d’Anna Samuil, tour à tour suppliante et déchirante, a dépeint avec une puissance tragique la violence et la passion contenues dans le texte. Matthias Samuil, au piano, a été un partenaire d’une grande intelligence, capturant avec une précision chirurgicale l’ambiance tantôt caustique, tantôt désespérée de ces pages. Une prestation magistrale qui a laissé le public suspendu à chaque mot, à chaque note.

 

 

Le point d’orgue de cette soirée mémorable fut cependant le Concerto N°12 de Mozart, interprété par un ensemble d’exception. Au piano, le directeur artistique du festival, Filipe Pinto-Ribeiro, déployait un toucher d’une transparence et d’une élégance rares. Eszter Haffner, au violon, et Alexandra Scott, à la contrebasse, formaient le noyau soliste, entourés d’une pléiade de jeunes académistes : Alfonso Pinto-Ribeiro, Anna Gerber, Johanna Ott et Sonja Bogner aux violons, Gustavo Rebelo et Rachel Korenhof aux altos, et Matteo Fabi au violoncelle. Dès l’Allegro initial, l’évidence s’est imposée, et un dialogue vibrant entre les générations a fait jour, une conversation exaltée entre maîtres et élèves. Filipe Pinto-Ribeiro, avec un doigté d’une légèreté aérienne, a su insuffler à chaque phrase la grâce mozartienne, tandis que la section des cordes, menée par Eszter Haffner, répondait avec une précision et une chaleur remarquables. L’Andante, d’une beauté céleste, a offert des instants de pure introspection, où le piano et les cordes se mêlaient dans un échange d’une douceur infinie. Le Rondeau. Allegretto final, pétillant de vie et d’énergie, a emporté la salle dans une joie communicative, concluant ce concerto par un feu d’artifice de virtuosité et d’élégance. Les jeunes académistes ont fait preuve d’une discipline et d’une musicalité exceptionnelles, se fondant dans le tissu sonore avec une aisance confondante. Une véritable leçon de musique, où le respect du texte mozartien s’alliait à une spontanéité et une fraîcheur irrésistibles.

À la fin de cette œuvre magistrale, les applaudissements furent longs, nourris, mêlés d’une émotion palpable. Ce deuxième concert « Master Fest » aura été une célébration de la vie et de la transmission, un hommage vibrant à Stephan Picard dont l’esprit semblait flotter sur la scène du Teatro Thalia, souriant à cette jeunesse talentueuse qui poursuit son chemin avec passion. Dans ce programme audacieux, mariant l’élégance classique de Mozart à l’ironie mordante de Chostakovitch, le Verão Clássico a une fois de plus démontré la vitalité et la richesse de sa proposition artistique. Sous la direction énergique et passionnée de Filipe Pinto-Ribeiro, l’Académie est un creuset où se forgent les artistes de demain, guidés par des maîtres exceptionnels. Et tandis que la soirée s’achevait, une certitude s’imposait : ce festival est une authentique communauté, une famille unie par l’amour de la musique – et le souvenir lumineux de celui qui nous a tragiquement quittés il y a quelques jours seulement…

 

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 25 juillet 2026. 2ème des 4 concerts « Master Fest ». Crédit photographique (c) Andreia Carvalho

 

 

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CRITIQUE, festival. BLANDFORD FORUM, Dorset Opera Festival (Coade Theatre), le 21 juillet 2026. DONIZETTI : L’Elisir d’amore. H. Hong, J. Broadhurst, J. Eyers, A. Smith… Andy Morton / Frank Zielhorst

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Deux choses nous ramènent sans cesse au Dorset Opera Festival, et toutes deux étaient ici réunies à foison. La première est un chœur d’une taille qui lui permet de faire ce qu’un chœur est censé faire… et la seconde, une musicalité d’un niveau à faire honte à des maisons dix fois mieux dotées. Ajoutez-y une mise en scène aussi limpide et posée que celle d’Andy Morton, pour cette nouvelle production de L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti, et vous tenez une soirée qui vous renvoie chez vous le sourire aux lèvres !

 

Le cadre est victorien, et cela fonctionne à merveille. Les décors automnaux de Rufus Martin et les costumes de Libby Watson nous donnent un village de pommiers, de haies vives et de dur labeur, franchement anglais plutôt qu’italien de convention. Que ce soit le Dorset, on le comprend surtout par les surtitres, rédigés dans un curieux parler rustique dont on m’a assuré qu’il était bien celui d’un campagnard du cru, encore que, vivant essentiellementà Blandford Forum, le public soit assez bien placé pour en juger lui-même. Ces mêmes surtitres font refiler à Dulcamara du gin de Plymouth en guise d’élixir miraculeux.

Puis l’ère industrielle fait son entrée fracassante: le charlatan arrive en train à vapeur, et Belcore repart par un convoi ultérieur une fois éconduit. Le trait est plus fin qu’il n’y paraît. L’arrivée du chemin de fer à Blandford fut l’un des grands événements du siècle victorien de la ville, et elle a laissé partout son empreinte: l’architecture industrielle qui subsiste, les hôtels et les auberges qui prirent des noms ferroviaires et les gardèrent. Un public assis à deux ou trois kilomètres de là n’a besoin d’aucune note en bas de page. D’un seul geste, la production nous dit que le monde extérieur a pénétré dans cette vallée, et que plus rien n’y sera tout à fait pareil.

 

 

Il ne faut d’ailleurs pas un grand effort pour deviner de quel comté il s’agit. Placez une fermière indépendante, un soldat fanfaron en uniforme et un valet de ferme honnête et patient dans un village du Dorset, et vous obtenez Bathsheba Everdene, le sergent Troy et Gabriel Oak. C’est Loin de la foule déchaînée mis en airs, et les caractérisations le confirment: l’Adina de Haeran Hong a l’assurance vive de Bathsheba et son penchant à jouer d’un soupirant pour voir ce qui arrivera, le Belcore de Jonathan Eyers tout en superbe, et le charme superficiel de Troy, et le Nemorino de Jay Broadhurst a la patience d’Oak et son refus d’abandonner. La résonance locale fait la moitié du travail de Morton, et donne à l’ouvrage un poids de sentiment vrai que la sempiternelle carte postale italienne gorgée de soleil n’atteint jamais.

C’est dans la direction d’acteurs que tout se joue vraiment. En Adina, Haeran Hong est en plein dans le rôle, brillante et vive d’esprit dans la colorature, et jamais réduite à l’ornement. Elle laisse voir le calcul derrière la taquinerie, et lorsque la tendresse affleure enfin, elle touche parce qu’elle l’avait si soigneusement dissimulée. Son timbre est chaleureux là où il pourrait si aisément se faire vitreux, ce qui convient à une fermière victorienne bien mieux que l’habituelle approche de porcelaine. Le Nemorino de Jay Broadhurst tient l’ensemble. À vingt-quatre ans, il est fort impressionnant et jamais ne bascule dans le ridicule. La célèbre aria « Una furtiva lagrima » fut admirablement délivrée, calme et sans apprêt. De son côté, Jonathan Eyers nous donne un Belcore d’un amour-propre énorme et d’une bien mince conscience de soi, paradant en kilt, tout à fait certain d’être un don du ciel, et chantant d’un baryton ferme qui rend la fanfaronnade drôle plutôt que lassante. Mieux encore, le Dulcamara d’Aidan Smith, charlatan d’un charme fou et sans la moindre vergogne, travaillant la foule comme un camelot qui sait la maréchaussée à trois rues de là. Le débit du parlando est net, chaque mot audible, et le minutage comique superbe. Sa scène de jeu avec Belcore est l’un des délices de la soirée, deux filous se jaugeant par-dessus les cartes, chacun convaincu d’être le plus malin, et tous deux dans l’erreur. Daisy Lapworth tire de Giannetta bien plus que le rôle n’en offre d’ordinaire, et la scène des commérages n’en est que meilleure.

 

 

L’une des gloires de la soirée, comme si souvent ici, est le Chœur du Dorset Opera, dressé de main de maître par Stephen Harris. Car le Dorset Opera aligne des effectifs que la plupart des maisons ne peuvent qu’envier, et lorsqu’ils déferlent tous sur le plateau, l’effet est proprement grisant, d’une manière qu’aucune ingéniosité scénographique ne saurait remplacer. La chorégraphie est du plus haut niveau d’un bout à l’autre, et les scènes avec les villageoises en sont le meilleur, vivantes et fouillées. Il y a une savoureuse partie de pêche aux pommes, têtes plongées dans le baquet et villageois en ressortant trempés et triomphants, qui arrache un franc éclat de rire et enracine le tout dans un été de campagne anglaise. On peut regarder n’importe quel coin du plateau et y trouver quelqu’un à la tâche. Quand la nouvelle de l’héritage de Nemorino se répand et que les femmes fondent sur lui, la mise en place est si bien réglée que le comique se fait tout seul.

Frank Zielhorst tient un Orchestre du Dorset Opera en pleine forme, dosant ses tempi avec finesse. Voilà, avec le chœur maison, ce qui fait d’une visite à Dorset Opera un plaisir si particulier. Rien ici ne cherche à choquer qui que ce soit, et Dieu merci. À la place, une production qui se fie à son ouvrage, ne vous laisse aucun doute sur l’histoire, trouve les rires et les laisse venir naturellement, puis vous brise doucement le cœur une minute et demie durant au second acte. Ajoutez-y une troupe de chanteurs qui, de toute évidence, s’amusent énormément, et vous tenez exactement ce que devrait être un festival d’opéra (estival) !

 

 

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CRITIQUE, festival. BLANDFORD FORUM, Dorset Opera Festival (Coade Theatre), le 21 juillet 2026. DONIZETTI : L’Elisir d’amore. H. Hong, J. Broadhurst, J. Eyers, A. Smith… Andy Morton / Frank Zielhorst. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, livre événement. Edgard Varèse, Gunther Schuller : Conversation (Les presses du réel)

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Quelques mois avant la disparition d’Edgard Varèse en 1965, Gunther Schuller interroge le compositeur lors d’un échange dont les propos sont retranscris ici en anglais et en français : parcours, amitiés, collaborations, instruments nouveaux, quête des sons et des timbres…

 

 

 

C’est là un testament rare pour tous les amoureux de « sonorités » libres, expérimentales et pourtant continuement poétiques.

« Je me soucie moins de toucher le public que d’atteindre certains effets musicaux ou acoustiques, en d’autres termes, de perturber l’atmosphère – car, après tout, le son n’est qu’une perturbation atmosphérique ! » Ainsi s’exprime un Varèse volontiers provocateur, habité par un imaginaire sonore spécifique.

Contemporain de Debussy, Satie et Ravel, Edgard Varèse (1883-1965) est un compositeur américain d’origine française [né à Paris], révolutionnaire, pionnier de l’avant-garde musicale et de la musique électronique.

Souvent ce qui semble anecdotique ou qui relève de details, révèle des postures profondes, emblématiques. D’autant que Varèse encouragé par la sagacité de son interlocuteur, se livre sans filtre dans des propos drôles et incisifs ; ainsi quand il évoque le pédantisme ridicule, petite noblesse du  » Vicomte  » D’Indy à la Schola Cantorum ; plus loin, une filiation artistique et esthétique se précise : Debussy, Strauss, Scriabine, Busoni… surtout Satie dont Varèse loue le Kyrie de la Messe des pauvres qui lui évoque littéralement l’enfer de Dante…

Côte écriture, le lecteur [re] découvre le musicien libre et défricheur qui comme Satie envisage un autre cadre que la gamme tempérée, d’autres sons et de nouvelles combinaisons sonores comme langue d’expérimentation…

Le regard porté sur la composition autant que celui sur les compositeurs, s’avère édifiant et d’une perspicacité peu commune ; s’agissant d’architecture, de projection et aussi de vie intérieure et « microscopique », comparable à celle des solutions chimiques. Varèse ne serait pas Varèse s’il n’avait pas cultiver sa vie durant un lien particulier avec la Nature [les granits de son enfance en Bourgogne…], avec l’ordre architectural des tailleurs de pierres au moyen age… Autant de particularités qui ont chez lui structurer une façon de pensé la musique, dans l’économie et la puissance.
Le compositeur évoque aussi sa traversée du désert après Ionisation, une période difficile et frustrante où le concepteur tout en ayant l’intuition concrête de la musique future, ne trouve aucun moyens réels ni aucun soutien pour la réaliser… Jusqu’à l’avènement de la musique électronique qui le ramène à la composition bénéficiant enfin d’un cadre de travail… avec Déserts justement en 1954. Les propos retranscrits font de ce texte lumineux et percutant, une lecture incontournable.

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 24 juillet 2026. 2ème des 6 Concerts « Talent Fest »

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Après le premier des 6 concerts « Talent Fest« , donné la veille, le 12e Verão Clássico Festival & Academy poursuivait son chemin avec son deuxième volet. Et de nouveau, le Teatro Thalia, ce sublime écrin baroque du XVIIIe siècle dont l’acoustique de velours semblent conçus pour magnifier chaque note, a vibré sous les archets et les voix d’une nouvelle génération d’artistes venus des quatre coins du monde. Si le premier concert « Talent Fest » nous avait enchantés, cette seconde soirée nous a offert une soirée tout aussi saisissante, ponctuée de deux véritables révélations (au violon).

 

Et c’est la jeune violoniste allemande Mirjam Rikus qui débute la soirée, avec l’Allegro de la Sonate N°6 de Beethoven avec une énergie rayonnante. Son jeu, à la fois incisif et chantant, a su capturer l’essence classique du compositeur, porté par un Ricardo Martins au piano dont l’accompagnement, toujours d’une élégance rare, a offert un écrin de velours à la démonstration de jeune virtuose. La soirée s’est ensuite teintée de lyrisme avec la soprano chinoise Huan Ouyang, qui a interprété l’air déchirant « Ach, ich fühl’s » de La Flûte enchantée de Mozart. Si sa voix, encore fragile, trahissait une certaine timidité et un besoin de maturation, elle a su toucher le public par la sincérité de son engagement et la pureté de ses intentions. Une promesse que le temps et le travail sauront certainement transformer en éclat. Matthias Samuil, au piano, l’a soutenue avec une délicatesse infinie.

Le violoncelliste israélien Genwa Khazin a alors offert un moment de pure méditation avec le Prélude de la Suite N°2 de Bach. Quelle sobriété et quelle profondeur ! Chaque note semblait suspendue dans l’air, chaque phrase déroulait une architecture d’une perfection géométrique, rappelant que la véritable virtuosité réside aussi dans la capacité à faire chanter le silence. Puis vint un tourbillon de couleurs avec le Nocturne and Tarantella de Szymanowski, interprété par la violoniste autrichienne Johanna Ott. Sa maîtrise des ambiances contrastées – la langueur envoûtante du nocturne, suivie de la frénésie dansante de la tarantelle – a impressionné par sa palette expressive. Pedro Costa, au piano, a été un partenaire de feu, insufflant à ce duo une énergie communicative qui a enthousiasmé la salle.

 

 

La soprano polonaise Aliaksandra Sinianskaya a ensuite envoûté le public avec le célèbre « Chi il bel sogno di Doretta » de La Rondine de Puccini. Sa voix, d’une clarté cristalline et d’un timbre chaud, a déroulé ce rêve mélancolique avec une élégance et une retenue dramatique confondantes. Un moment de pure beauté, magnifié par le jeu subtil de Matthias Samuil. Le violoniste néerlandais Dario Hulsing a alors pris le relais avec l’Adagio di molto du Concerto de Sibelius. La profondeur de son approche, la manière dont il a su faire chanter la ligne mélodique avec une intensité presque nordique, a révélé une maturité artistique rare chez un si jeune interprète. Chaque note était imprégnée d’une mélancolie lumineuse qui a captivé l’audience.

La soprano chinoise Yin Wang a apporté une touche de séduction et de mystère avec le célèbre « Quando men vo » (la valse de Musetta) tiré de La Bohème de Puccini. Son interprétation, pétillante et pleine de charme, a su capturer l’esprit coquin du personnage, portée par un Matthias Samuil toujours aussi présent et inspiré. Le violoniste allemand Ludwig Dorner a ensuite offert une lecture éclatante de l’Allegro aperto du Concerto N°5 de Mozart. Sa technique, d’une propreté exemplaire, et son sens du dialogue avec le piano de Ricardo Martins ont rendu hommage à la grâce et à l’équilibre parfaits du compositeur salzbourgeois.

La soprano croate Veronika Pervan a plongé dans l’univers sombre et passionné de Giuseppe Verdi avec « Egli non riede ancora » extrait d’Il Corsaro Sa voix, puissante et dramatique, a su incarner avec brio le désespoir et la fureur du personnage, confirmant l’étendue de son potentiel lyrique. La violoniste espagnole Esperança Recio a ensuite livré une interprétation saisissante du Recitativo und Scherzo-Caprice de Fritz Kreisler. Cette pièce, véritable démonstration de virtuosité, a été maîtrisée avec une aisance et un panache qui ont ravi le public. Le dialogue entre le récitatif, plein de noblesse, et le scherzo, d’une folie dansante, a été mené avec un brio confondant.

 

 

Le contrebassiste allemand Luis Büttner a ensuite fait chanter son instrument dans l’Andante du Concerto N°2 de Bottesini. Quelle prouesse ! La contrebasse, souvent cantonnée à des rôles d’accompagnement, s’est ici élevée avec une rondeur et une expressivité bouleversantes, portée par un João Araújo au piano d’une sensibilité remarquable. La soprano portugaise Maria Bastos a alors interprété « Mein Herr Marquis » de La Chauve-Souris de Johann Strauss II avec une verve et un humour communicatifs. Si sa voix, encore un peu verte, lui demande de mûrir et de gagner en assurance, son charisme scénique et sa joie de vivre ont conquis la salle, qui a salué son énergie contagieuse.

 

 

C’est alors que la soirée a pris une tournure mémorable. La violoniste autrichienne Sonja Bogner s’est emparée de la Sonate Opus 27 N°3 d‘Eugène Ysaÿe avec une maîtrise et une autorité absolument renversantes. Sa technique d’une précision diabolique, son jeu incandescent et son engagement dramatique sans faille ont littéralement envoûté le public. À la fin de sa prestation, les applaudissements furent si nourris, si enthousiastes, qu’elle dut revenir plusieurs fois saluer, déclenchant à chaque rappel une nouvelle salve d’acclamations. C’est la première « Révélation » de la soirée !…

La soprano mexicaine Daniela Carreón a ensuite offert un moment de grâce avec le grand air « É strano…Sempre libera » de La Traviata de Giuseppe Verdi. Son approche nuancée, passant avec une aisance confondante de l’introspection douloureuse du récitatif à l’ivresse vertigineuse de la cabalette, a révélé une artiste d’une maturité scénique exceptionnelle. Matthias Samuil, au piano, a suivi ce tourbillon d’émotions avec une complicité rare.

Et pour clore la soirée, vint la seconde révélation, celle qui restera gravée dans la mémoire des spectateurs présents ce soir-là au Teatro Thalia ! Jayden King, jeune violoniste américain âgé de seulement 11 ans (!), s’est élancé dans le Finale. Allegro vivacissimo du Concerto de Tchaïkovski. Dès les premières notes, un silence de stupeur s’est abattu sur la salle. Comment un enfant de cet âge peut-il posséder une telle maîtrise technique, une telle maturité sonore, une telle intelligence musicale ? Son archet volait sur les cordes avec une agilité déconcertante, ses doubles cordes étaient d’une netteté chirurgicale, et son lyrisme, d’une fougue presque insolente, a emporté tout sur son passage. Pedro Costa, au piano, l’a suivi (comme il le pouvait !…) dans cette course effrénée avec un impressionnant soutien. Lorsque la dernière note s’est éteinte, ce fut une explosion d’applaudissements, des « bravos ! » fusant de toutes parts, des spectateurs debout, subjugués. Jayden King a dû saluer à de multiples reprises, le visage émerveillé par l’accueil triomphal qui lui était réservé. Il est incontestable que ce jeune prodige, par son époustouflante maîtrise et son charisme naturel, promet une carrière brillante qui fera sans doute un jour le tour du monde.

 

 

Ce deuxième concert « Talent Fest » a une fois de plus démontré la richesse et la vitalité de la jeune génération musicale réunie à Lisbonne. Dans l’écrin majestueux du Teatro Thalia, entre fragilités prometteuses et fulgurances éclatantes, le Verão Clássico continue de tisser sa légende. Et si la soirée s’est achevée sur l’éblouissement de ce jeune Américain de 11 ans, elle a également confirmé que chaque artiste présent sur scène, à son niveau, porte en lui l’avenir de la musique. 

 

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 24 juillet 2026. 2ème des 6 Concerts « Talent Fest ». Crédit photo (c) Andreia Carvalho

 

 

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CRITIQUE, festival. WORMSLEY, Garsington Opera, le 10 juillet 2026. BARRY : The Importance of Being Earnest. J. France, H. Waddington, S. Boylan… Jack Furness (mise en scène), Philharmonia Orchestra, Douglas Boyd (direction musicale)

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Jamais, de mémoire, un public du Garsington Opera n’aura ri si fort et si longtemps. Autour de moi, on pleure de rire grâce à cette production de « The importance of being earnest » de Gerald Barry ; un spectateur applaudit une assiette fracassée ; et lorsque quarante d’entre elles volent en éclats au sommet de la grande dispute du premier acte, je me découvre à peu près le seul, dans tout le Buckinghamshire, à ne pas être emporté par la vague.

 

 

 

La partition de Gerald Barry naît à Los Angeles en 2011, gagne le Linbury de Covent Garden en 2013 puis le Barbican Center en 2016, et n’atteint qu’aujourd’hui la scène d’une maison de campagne. Quatre-vingt-dix minutes d’un seul souffle : Barry a taillé dans le texte d’Oscar Wilde jusqu’à en retrancher les deux tiers, décrivant ce qui reste comme une radiographie de la pièce. L’univers sonore est délibérément détraqué. Les chanteurs lancent leurs répliques à travers des intervalles vertigineux, la vaisselle se brise à la douzaine pour ponctuer une querelle, les personnages s’invectivent au porte-voix, et Barry ne cesse de greffer des airs empruntés sur sa propre écriture suractive. Ce sont ces citations qui demeurent : Auld Lang Syne s’invite, l’Ode à la joie surgit sans le moindre sourire, et ni l’une ni l’autre n’est traitée avec plus d’égards que le service à dîner. Le chef Douglas Boyd tient l’ensemble avec une précision réelle, et les musiciens du Philharmonia Orchestra méritent dix fois leur cachet dans une partition qui les traite en comédiens plutôt qu’en accompagnateurs.

Jack Furness signe une mise en scène d’une invention prodigieuse, sans une seconde de relâche. Les décors de Francis O’Connor éclatent de couleurs qui jurent, Hannah Wolfe habille la troupe comme si une malle à déguisements avait explosé dans les coulisses, les lumières de Paul Pyant tournent au quart de tour quand viennent les détonations, et la direction des mouvements de Rebecca Meltzer est ce qui empêche l’entreprise de sombrer dans la mêlée.

La distribution est superbe de bout en bout, et Jennifer France est la raison d’être de la soirée. L’écriture de Cecily relève de la cruauté pure, perchée dans l’aigu et s’y maintenant, exigeant des sauts qui paraissent inchantables sur le papier ; France les enlève tous d’un timbre argenté, lumineux, qui jamais ne se durcit ni ne trahit l’effort. L’admirable est qu’elle tire de la beauté d’un matériau conçu pour l’absurde : les notes tombent en plein centre, posées plutôt qu’attaquées, et elle fait tout cela en souriant comme une enfant qui vient de réussir un mauvais coup. Il eût été facile, dans cette production, de fondre le chant dans le tumulte ambiant : elle s’y refuse, et la soirée y gagne infiniment. La Gwendolen de Holly Brown lui donne la réplique idéale par-dessus les assiettes, l’égalant en prestance comme en venin. Seán Boylan et Zahid Siddiqui ferraillent en Algernon et Jack avec une allégresse athlétique, Susan Bickley campe une Miss Prism délicieusement loufoque, et Kevin Whately fait beaucoup sans chanter une note en Dr Chasuble. Peter Lidbetter endosse tour à tour Lane et Merriman, impassible, et mérite qu’on le suive toute la soirée quel que soit le maître d’hôtel qu’il incarne. Le sommet comique revient toutefois à la monstrueuse Lady Bracknell de Henry Waddington, sanglée en officier de cuir à un poste de contrôle, et parfaitement hilarante. Nul ne saurait mieux jouer ni mieux chanter cela, et la discipline d’ensemble qu’exige pareil numéro, mené tambour battant et sans entracte, tient de l’exploit.

Et c’est là, pour moi, que le bât blesse. L’invention ne connaît aucun repos. Quelqu’un mentionne l’Australie et un kangourou bondit aussitôtsur le plateau — soit ; mais Furness prend alors Tie Me Kangaroo Down, Sport bien plus au pied de la lettre que la chanson ne l’entendait, et fait pendre la malheureuse bête au second acte, ce qui me paraît un brin sévère. Elle était autrement plus drôle vivante, et je l’aurais volontiers regardée filer dans les jardins de Garsington tenter sa chance avec les daims. Fort heureusement, nul didgeridoo à l’horizon. Il y a une vraie ingéniosité dans tout cela — ainsi ce canapé victorien qui se déplie en toboggan, salué par des cris de ravissement — mais les traits les plus spirituels frôlent sans cesse la farce à malices. Ce qui se perd en route, c’est le mordant. Toute la méthode de Wilde tient dans la langue, l’écrit et le dit manœuvrés avec une,précision absolue pour railler l’aristocratie anglaise et, soyons francs, pour faire briller son propre esprit au passage. Ici la précision cède la place au non-sens, et le non-sens, si inspiré soit-il, ne fait pas couler le sang. Le chaos sans répit cesse d’être subversif pour devenir simplement bruyant. L’esprit de Wilde repose sur l’aplomb, le tempo et le silence avant que la lame ne s’enfonce : il se trouve ici piétiné dans la précipitation. Ôtez la scénographie, et je doute que la partition retienne à elle seule un public de concert quatre-vingt-dix minutes durant. Il lui faut le kangourou.

 

 

Stephen Fry a génialement résumé la mise en opéra de la pièce à « donner un coup de machette dans un soufflé », jolie formule et bien ironique de la part d’un acteur qui non seulement incarna Oscar Wilde lui-même au cinéma en 1997, mais revêtit aussi la robe de Lady Bracknell à la scène, prêtant chair à la plus acérée des créatures de l’auteur. Cela dit, Fry aime à étaler son savoir, ce qui n’est pas tout à fait l’intelligence, et Wilde eût saisi la nuance avant même le potage. Tout cela désigne le chemin qu’on n’a pas pris. Le « bunburysme », pour qui aurait échappé à la pièce, est le mot d’Algernon pour l’invention d’un ami fictif, l’éternellement souffrant M. Bunbury, dont la santé chancelante fournit un prétexte respectable pour s’éclipser dès que le devoir menace, tandis que Jack mène le même jeu à rebours avec un frère débauché imaginaire à la ville. Ce n’est un secret pour personne que Wilde décrivait là ses propres arrangements. Lui aussi entretenait un second moi et une seconde adresse, et toute la pièce vibre des délices et des terreurs de la double vie qu’il menait en l’écrivant. Un metteur en scène plus audacieux serait allé droit au but, et la matière ne demandait que cela : deux jeunes gens absorbés à un point remarquable dans les fictions l’un de l’autre, courtisant deux femmes éprises d’un prénom plutôt que d’un homme, et une intrigue dont le ressort même est la dissimulation. Furness a déjà placé une basse barbue dans la robe de Lady Bracknell : la question de savoir qui joue quoi, et pour qui, s’étale déjà au grand jour.

Ce choix aurait pu être le trait le plus aigu du spectacle — un homme incarnant cette respectabilité même qui allait perdre Wilde — mais on le joue pour la robe et pour le rire, et l’idée reste en souffrance. La production s’adjoint même une coordinatrice d’intimité, Haruka Kuroda, signe que l’on a songé à ce qui se trame sous la surface ; étant allé si loin, il est dommage de s’arrêter à la pantalonnade. Il existe une mise en scène véritablement dangereuse de cette œuvre : ce n’est pas tout à fait celle-ci. Et l’on est en droit de se demander si toute cette bouffonnerie résonne autrement pour un spectateur homosexuel que pour le reste de la salle. Ce qui passe pour un divertissement inoffensif se glace quelque peu lorsqu’on se souvient que le Bunbury de Wilde n’était pas un ressort comique mais une stratégie de survie, et que cette société même qu’il raillait avec tant de délicatesse dans ses comédies de mœurs l’a jeté à la geôle de Reading, dès que sa double vie a été mise au jour. La pièce est imprégnée de ce péril, et une production qui la réduit à la farce savoure la plaisanterie tout en contournant ce qui la rend grave.

Reste la provocation. Furness croit manifestement administrer un correctif à un art de salon et à un public de salon ; mais l’assistance de Garsington a reçu chaque outrage comme une invitation à se divertir, et s’est divertie sans retenue. L’ironie ne manque pas : une bonne part de ce public appartenait à la classe même que Wilde écorchait, et à en juger par les rires, la chose lui a totalement échappé — on riait comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre. Rien ici n’a alarmé personne. C’est énormément drôle, magnifiquement exécuté, et bien moins dangereux qu’il n’y parait.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. WORMSLEY, Garsington Opera, le 10 juillet 2026. BARRY : The Importance of Being Earnest. J. France, H. Waddington, S. Boylan… Jack Furness (mise en scène), Philharmonia Orchestra, Douglas Boyd. Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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Streaming, opéra. OPERAVISION : Oper on fire / opéra en feu. Gala lyrique à Gelsenkirchen, ven 7 août 2026 (Opern Studio NRW, mai 2026)

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Oper on fire est le concert de gala annuel de l’Opernstudio NRW à DORTMUND (Allemagne), plateforme collégiale d’une collaboration entre 4 opéras de Rhénanie-du-Nord-Westphalie : Oper Dortmund, Aalto-Musiktheater Essen, Musiktheater im Revier à Gelsenkirchen et Oper Wuppertal. Le spectacle regroupe les jeunes artistes du studio dans des séquences marquantes ou grands moments de l’opéra.

 

Capté le 16 mai 2026 à Gelsenkirchen, le programme voyage à travers le répertoire lyrique.
Première partie : les jeunes chanteurs donnent vie à toutes les facettes de l’art du « bel canto » – de la virtuosité étincelante à l’intensité dramatique, sans omettre les mélodies grandioses et envoûtantes – à travers les œuvres des trois géants : Rossini, Donizetti et Bellini.
Deuxième partie : mise à l’honneur des joyaux du répertoire germanophone, où l’ironie côtoie l’émotion, la légèreté rencontre l’abîme, où les voix virtuoses s’unissent à de grands moments théâtraux. Le spectre s’étend de Mozart à Richard Strauss et Korngold, jusqu’aux maîtres de l’opérette, avec ses reflets argentés et ses éclats dorés, ses scintillements facétieux, entre subtilité, élégance, pointes ironiques. Neue Philharmonie Westfalen et le Chœur d’opéra du Musiktheater im Revier accompagnent certains des meilleurs talents émergents en activité en Allemagne (voir distribution ci dessous), sous la direction de Giuliano Betta.

 

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VOIR le spectacle OPERN Studio NRW / OPER ON FIRE :
https://operavision.eu/performance/oper-fire-0

Vendredi 7 août 2026, 19h
En REPLAY jusqu’au 7 février 2027
Enregistré le 16 mai 2026 (Opern Studio NRW Dortmund, Allemagne) : https://operavision.eu/fr/partner/opernstudio-nrw

 

Chanté en allemand, italien
Sous-titres en allemand, anglais, italien

 

 

 

sopranos
Tamina Biber
Yeeun Yeo
Elia Cohen Weissert
Marianna Ortugno

mezzo-sopranos
Rosamond Thomas

Ténor
Zicong Han

Baryton
Sono Yu

 

 

 

programme détaillé des séquences lyriques

PROGRAMME

Ouverture de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini
« Nel suo divin sembiante » Duo Corinna – Belfiore extrait d’Il viaggio a Reims de Gioacchino Rossini 
Tamina Biber (Corinna)
Zicong Han (Belfiore)
« Regnava nel silenzio » Air de Lucia extrait de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti 
Yeeun Yeo
« Pronta io son » Duo Norina – Malatesta extrait de Don Pasquale de Gaetano Donizetti 
Elia Cohen Weissert
Sono Yu
« Ah non credea mirarti » Air d’Amina extrait de La sonnambula de Vincenzo Bellini 
Marianna Ortugno
« Je veux vivre » Air de Juliette extrait de Roméo et Juliette de Charles Gounod
Elia Cohen Weissert
« Odi tu ? », Duo Giulietta – Romeo extrait d’I Capuleti e i Montecchi de Vincenzo Bellini 
Marianna Ortugno
Rosamond Thomas
« Kindskopf » (Tête de linotte / Enfantillage) Scène Zerbinetta – Le Compositeur extrait d’Ariadne auf Naxos de Richard Strauss
Yeeun Yeo
Rosamond Thomas
« Dies Bildnis ist bezaubernd schön » Air de Tamino extrait de La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart 
Zicong Han
« Mein Sehnen, mein Wähnen » Pierrots Tanzlied (La chanson de danse de Pierrot) extrait de Die tote Stadt d’Erich Wolfgang Korngold 
Sono Yu
« Spiel auf deiner Geige » Chanson de Jadja extraite de Venus in Seide de Robert Stolz 
Rosamond Thomas
« Spiel ich die Unschuld vom Lande » Air d’Adele extrait de Die Fledermaus (La Chauve-Souris) de Johann Strauss 
Tamina Biber
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LETTRE au Président de la République. Les principales entités culturelles françaises alertent sur l’extrême fragilité des acteurs culturels en France

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Dans une lettre adressée ce jour ven 24 juillet au Président de la République, Emmanuel Macron, un collectif de divers entités culturelles (organisations professionnelles, équipes artistiques, directions d’institutions, festivals, … voir les signataires ci dessous) alertent sur la situation préoccupante de la culture malgré le dégel récent des crédits culturels. Le manque de visibilité, l’absence d’engagement sur le moyen terme produisent un sentiment d’inquiétude partagé par tous les acteurs. A l’heure de la fin de son mandat, le Président Emmanuel Macron est invité à se positionner sur la place et le rôle confiés à la culture ; la situation préoccupante relève d’un défi historique qui engage l’héritage de 10 ans de macronie…

 

En synthèse, les acteurs culturels très soucieux de l’avenir de la culture en France précisent que :

  • malgré le dégel des crédits annoncé par la ministre de la Culture le 21 juillet dernier, la situation de la culture dans l’Hexagone demeure extrêmement fragile. Si ce dégel n’était pas reconduit au delà de 2027, seraient prévisibles : des fermetures de lieux, des reports de saisons, l’annulation de productions, de résidences et de tournées, le démentèlement de l’emploi artistique et technique.

Le collectif souligne dans sa lettre à Emmanuel Macron, la nécessité de ce qui fait défaut aujourd’hui : « donner au secteur des perspectives durables et une visibilité à la hauteur des enjeux ».

Car « aucun engagement n’a été pris au-delà de l’exercice en cours, en particulier en vue du projet de loi de finances pour 2027 ». En jeu, donc fragilisées à ce stade, la capacité des structures à programmer, coproduire, engager des équipes, et à maintenir un maillage culturel sur l’ensemble du territoire. Le collectif rappelle dans son courrier les éléments de son courrier précédent, daté du 3 juillet dernier :

* la création d’une “cellule de crise interministérielle”, capable de prendre en compte la dimension transversale de la politique culturelle (éducation, cohésion des territoires, emploi, économie, justice, tourisme, etc.) ;
* la mise en place d’une “conférence permanente réunissant l’État, les collectivités territoriales et les organisations représentatives du secteur culturel”, afin de construire une stratégie partagée, à la hauteur de l’implication financière des collectivités et des enjeux de cohésion sociale ;
* l’élaboration d’un “plan national de refinancement du service public de la culture”, permettant de sortir de la gestion au coup par coup et de redonner de la visibilité aux institutions comme aux équipes indépendantes.

Sans perspectives pluriannuelles ni consolidation des moyens, les équipes artistiques, festivals de territoire, lieux de création, de production et de diffusion et projets d’éducation artistique et culturelle restent fragilisés, en sursis. Le collectif conclut en soulignant sa disponibilité, pour contribuer à ces travaux, dans un esprit de responsabilité et de co-construction avec l’État et les collectivités territoriales. C’est un défi historique qui engage l’héritage du mandat présidentiel qui s’achève.

Palais de l’Élysée © Elysée.fr

 

 

Le texte intégral de la lettre
au Président de la République, datée du vendredi 24 juillet 2026 :

Objet : Suite à notre courrier du 3 juillet 2026 – dégel des crédits culturels et vigilance pour l’avenir

Monsieur le Président de la République,

Par un courrier en date du 3 juillet 2026, nous vous avons alerté sur les conséquences irréversibles des annulations de crédits envisagées pour le service public de la culture.

Les mobilisations convergentes des organisations professionnelles, des équipes artistiques, des directions d’institutions, des festivals, ainsi que les prises de paroles inédites de nombreux élus locaux de tous bords ont ponctué ces dernières semaines.

La ministre de la Culture a annoncé le 21 juillet le dégel des crédits concernés et nous l’en remercions. En effet, cette décision répond en partie aux inquiétudes que nous avions formulées : à court terme, ce dégel permet d’éviter des fermetures de lieux, des reports de saisons, l’annulation de productions, de résidences et de tournées, et contribue à préserver l’emploi artistique et technique. Nous espérons que cette prise de conscience de telles conséquences perdurera au-delà de 2026.

Elle ne doit toutefois pas faire oublier que de nombreuses autres structures culturelles ont déjà subi cette année des réductions parfois très importantes de leurs financements, sans qu’aucune mesure comparable ne vienne en atténuer les effets. Cette réalité renforce l’urgence de donner au secteur des perspectives durables et une visibilité à la hauteur des enjeux.

Car, à ce stade, aucun engagement n’a été pris au-delà de l’exercice en cours, en particulier en vue du projet de loi de finances pour 2027. Or, les décisions prises aujourd’hui conditionnent dès à présent la capacité des structures à programmer, coproduire, engager des équipes, et à maintenir un maillage culturel équilibré sur l’ensemble du territoire. Cet équilibre a déjà été largement mis à mal ces dernières années pour nombre de structures dont la capacité d’adaptation atteint ses limites, tout particulièrement pour les équipes artistiques, mais aussi les festivals et scènes de territoire.

C’est pourquoi nous souhaitons, par ce nouveau courrier, réaffirmer la nécessité pour l’État d’affirmer une vision claire pour le service public de la culture. A ce titre, les demandes formulées le 3 juillet dernier demeurent pleinement d’actualité :
* la création d’une “cellule de crise interministérielle”, capable de prendre en compte la dimension transversale de la politique culturelle (éducation, cohésion des territoires, emploi, économie, justice, tourisme, etc.) ;
* la mise en place d’une “conférence permanente réunissant l’État, les collectivités territoriales et les organisations représentatives du secteur culturel”, afin de construire une stratégie partagée, à la hauteur de l’implication financière des collectivités et des enjeux de cohésion sociale ;
* l’élaboration d’un “plan national de refinancement du service public de la culture”, permettant de sortir de la gestion au coup par coup et de redonner de la visibilité aux institutions comme aux équipes indépendantes.

Nous restons convaincus que la période qui s’ouvre, marquée par la préparation de la loi de finances 2027 dans un contexte politique et budgétaire incertain, appelle des signaux forts de l’État. Sans perspectives pluriannuelles ni consolidation des moyens, les équipes artistiques, festivals de territoire, lieux de création, de production et de diffusion et projets d’éducation artistique et culturelle continueront de se trouver en situation de survie, au détriment de l’emploi, de la diversité artistique et de l’accès de toutes et tous à la culture.

Nous réitérons notre entière disponibilité pour contribuer à ces travaux, dans un esprit de responsabilité et de co-construction avec l’État et les collectivités territoriales. La vitalité exceptionnelle des publics, la densité du tissu culturel français et l’engagement des artistes et des équipes appellent aujourd’hui des réponses à la hauteur de ce qui constitue un défi historique.

Tout mandat présidentiel lègue un héritage. Vos décisions des prochains mois seront à n’en pas douter déterminantes pour signifier ou non le rôle de la culture dans notre société et la place que vous lui aurez attribuée.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente et dans l’attente de la confirmation de vos engagements relatifs à la pérennité de l’effort public en faveur de la culture, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

AJC – le réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe
Association des Centres chorégraphiques nationaux – ACCN
Association des Centres de développement chorégraphique nationaux – A-CDCN
Association des Centres dramatiques nationaux – ACDN
Association des Centres nationaux de création musicale – aCNCM
Association des Centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public – A-CNAREP
Association française des orchestres – AFO
France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
Futurs Composés – réseau national de la création musicale
Grands Formats – Fédération nationale des artistes du secteur indépendants du jazz et des musiques improvisées
Les Forces Musicales – Syndicat professionnel des opéras, orchestres et festivals d’art lyrique
Réseau Européen de Musique Ancienne – REMA
Réunion des Opéras de France – ROF
Scène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la représentation
Syndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles
Territoires de Cirque

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 23 juillet 2026. 1er des 6 concerts « Talent Fest »

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Ce 23 juillet, le Teatro Thalia, écrin baroque niché au cœur de Lisbonne, a vibré à l’occasion du premier concert « Talent Fest » dans le cadre de la 12e édition du Verao Classico Festival & Academia (toujours dirigée, depuis ses débuts et d’une main de maître, par le pianiste portugais Filipe Pinto-Ribeiro). Avant même que les jeunes artistes ne fassent leur apparition, le lieu impose le respect. Ce théâtre privé, édifié au XVIIIe siècle, fut un haut lieu de la vie culturelle lisboète, un refuge pour les arts où se pressaient l’aristocratie et les intellectuels épris de beauté. Ses pierres apparentes, et son acoustique en velours semblent encore imprégnées des murmures de deux siècles de récitals et de drames. Ce soir, pourtant, ce n’est pas à des fantômes du passé que les spectateurs font face, mais à une promesse d’avenir. Le festival portugais – qui se tient chaque été à Lisbonne depuis 2014 (et cette année du 22 juillet au 1er août…) – a encore su tisser la toile d’un événement désormais de stature internationale, mêlant avec une vraie pertinence les concerts « Master Fest », confiés aux professeurs (dont l’ouverture du festival, la veille de cette soirée musicale) – et ces désormais fameux concerts « Talent Fest », dédiés aux étudiants (6 en tout, étalés du 23 au 30 juillet). Et quel lancement pour cette série dédiée à la jeune garde… gage d’un excellent Cru 2026 !

 

La soirée débute avec Allegro vivo de la Sonate pour violon et piano de Debussy, Natalia Lerch (violoniste polonaise) a imposé un jeu d’une diaphanéité saisissante. Avec un archet qui semblait caresser l’air, elle a su capturer l’essence impressionniste du compositeur, portée par un Ricardo Martins au toucher délicat, dont le piano se faisait tantôt écume, tantôt brise. Une entrée en matière qui promettait déjà un voyage technique hors du commun.

La soirée, placée sous le signe de l’éclectisme, a ensuite basculé vers l’âme slave avec Yitian Liu, mezzo-soprano chinoise, qui a livré l’air d’Olga de Eugène Onéguine. Quelle maturité pour une si jeune artiste ! Sa voix, ronde et légèrement cuivrée, a déroulé la mélancolie de Tchaïkovski avec une superbe intelligence dramatique, accompagnée par un Matthias Samuil qui a su se faire complice et discret à la fois.

Puis vint le choc du purisme avec la Suite N°4 de Bach, interprétée par la violoncelliste israélienne Yael Shmila. Rarement un instrument n’a paru aussi habité. Sa technique, d’une propreté chirurgicale, n’a jamais sacrifié la chaleur du bois ; chaque courbe mélodique dessinait une architecture parfaite. Un contrepoint saisissant avec la fougue gitane qui a suivi : Victoria Zhang, (toute jeune !) violoniste sino-américaine, qui a littéralement enflammé le Thalia avec les Zigeunerweisen de Sarasate. Sa virtuosité échevelée, ses trilles incandescents et son pizzicato d’une précision diabolique ont soulevé une salle conquise. Ricardo Martins, au piano, a suivi ce tourbillon avec une agilité stupéfiante.

 

 

La voix était à l’honneur et les sopranos se sont succédé avec un brio renversant, à commencer par Elisa Bastos (soprano portugaise) qui a plongé dans l’abîme tragique de « Sola, perduta, abbandonata » extrait de Manon Lescaut de Puccini avec des aigus déchirants de beauté, qui ont révélé une palette expressive rare chez une si jeune interprète. Lora Vangelova (Allemagne) lui a répondu avec la légèreté pétillante de La Zingara de Donizetti, tandis que Donna Lee (Chine) a impressionné par la puissance et la clarté diabolique de « Saper Vorreste » tiré de Un Ballo in maschera de Verdi, chaque note étant un trait d’esprit musical. Enfin, Madalena Oliveira Martins (Portugal), dans l’air tendre de L’Elisir d’Amore, a su insuffler une innocence cristalline, portée par la constance lumineuse de Matthias Samuil au piano.

 

 

Mais ce concert fut aussi une démonstration éclatante des pépites rares de l’orchestre. Le contrebassiste Pedro Carvalho, dans l’Andante du Concerto de Koussevitzky, a fait chanter son instrument avec une rondeur et une expressivité qui défiaient les graves habituels. Son compatriote Francisco Osório, lui, a tissé une Elegia de Bottesini d’une mélancolie envoûtante, le tout soutenu par un João Araújo au piano d’une sensibilité exemplaire.

Et que dire des violonistes ? Leonardo Priori (Italie) a dompté la Sonate N°3 d’Ysaÿe avec une maîtrise redoutable, mêlant prouesses polyphoniques et lyrisme brûlant. Laura Kim (USA) a attaqué l’Allegro molto de la Sonate N°4 de Beethoven avec une énergie juvénile et un mordant rythmique parfaitement maîtrisé. Quant à Anna Gerber (Suisse), elle a conclu la partie instrumentale en apothéose avec la Polonaise de Concert de Wieniawski : un feu d’artifice de doubles cordes, de sauts d’archet et de panache slave, digne des plus grandes scènes. Mention spéciale à Pedro Costa, pianiste collaborateur, dont le soutien fut un véritable pilier pour les deux derniers violonistes.

 

 

Et c’est la violoniste polonaise Julia Majewska qui a mis le point final à cette superbe soirée, portée par la grâce juvénile, avec le célèbre Tzigane de Maurice Ravel. Son violon, tour à tour rauque, langoureux et furieusement virtuose, a capté l’esprit tzigane avec brio. Pedro Costa, au piano, a tissé avec elle un dialogue d’une complicité sidérante, concluant ce marathon musical sur une note de pure ivresse.

Ce premier concert « Talent Fest » n’a pas seulement été une démonstration de technique, mais aussi une leçon d’âme. Ces jeunes artistes venus des quatre coins du monde (Portugal, Chine, Israël, USA, Allemagne, Italie, Suisse, Pologne) ont transformé le vénérable Teatro Thalia en un creuset de passions et d’espoirs. Sous la direction bienveillante des Maestros de la Master Fest, l’avenir de la musique classique est ici, entre ces murs chargés d’histoire… et il est radieux ! Le Verao Classico Festival, par son exigence et sa générosité, confirme son statut d’incontournable de l’été lisboète. Une soirée qui nous promet que les 5 prochains concerts « Talent Fest » – jusqu’au 31 juillet – seront à la hauteur de ce premier éblouissement !…

 

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 23 juillet 2026. 1er Concert des « Talent Fest ». Crédit photo (c) Emmanuel Andrieu et Andreia Carvalho

 

 

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CD événement, annonce. Philip GLASS :  » For Cello  » / Camille Thomas, violoncelle (2 cd DG Deutsche Grammophon)

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Pour son 5è album pour DG / Deutsche Grammophon, Camille Thomas célèbre le génie hypnotique d’un compositeur actuel qui soufflera le 31 janvier 2027, ses … 90 ans : l’américain né à New York, Philip Glass. Le fondateur du minimalisme a redéfini la conception du temps, un temps long étiré, où la répétition et les transformations harmoniques évoluent par jalons et progressivement, révélant tout un monde parallèle, aux modulations infinies qui relève d’un rituel envoûtant.

 

 

 

« Le moins pour le plus », ainsi Camille Thomas synthétise l’activité de la musique de Glass : harmonie tonale, pulsation rythmique, activité continue fondée sur la répétition et la gradation… L’album est né après que Glass, appréciant l’interprétation de « Tissues » par Camille Thomas, lui envoie les partitions de ses 2 Concertos pour violoncelle : découverte et révélation ; ainsi est né le double cd qui paraîtra le 18 sept 2026. Commandé pour les 50 ans du violoncelliste britannique Julian Lloyd Weber, en 2001, le Concerto n°1 évolue magistralement d’un rugissement primordial vers un chant final lyrique et distancié ; ce cheminement, ses multiples métamorphoses sont le cœur ardent et hypnotique de l’œuvre.
Le Concerto n°2 « Naqoyqatsi » (2012) exploite avec créativité les anciennes musiques composées pour le cinéma avec Godfrey Reggio, ancien moine devenu cinéaste avant-gardiste. Il en conçoit une fresque d’une ampleur cinématographique saisissante, au dramatisme ardent, comme porté par une énergie souterraine, organique, inextinguible… c’est à nouveau une œuvre dont l’activité se révèle dans le déroulement d’un temps musical gradué, jalonné par des passages harmoniques et rythmiques précis.
En complément, la violoncelliste franco-belge ajoute d’autres pièces pour le cinéma : The Hours (2002) de Stephen Daldry, The Truman Show (1998) de Peter Weir… Plus originales sont les Études initialement écrites pour piano (1994-2012), que Camille Thomas adapte pour le violoncelle (ou ensemble de violoncelles) afin de leur apporter un nouvel éclairage, en particulier plus intimiste, au souffle intérieur, impérieux, constant qui module et se transforme à l’infini.

VISUEL de couverture… La violoncelliste a choisi en regard des œuvres de Glass,  « La Vague » de Jean-Michel Othoniel pour la couverture de cet album : une sculpture monumentale composée de dizaines de milliers de briques de verre aux reflets fluctuants, sur laquelle se détache sa silhouette, toute de rouge vêtue avec son violoncelle, telle une muse moderne, pythie d’une réalité parallèle, puissante et poétique, scintillante et flamboyante, celle de Glass.

 

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CD événement, annonce. Camille Thomas – Phillip Glass : For Cello – 2 cd DG Deutsche Grammophon. PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur DG Deutsche Grammophon : https://store.deutschegrammophon.com/en-en/products/camille-thomas-kopie-philip-glass-for-cello-118942?_pos=2&_sid=d428d05b2&_ss=r
Parution annoncée le 18 sept 2026 – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026

 

 

 

VIDÉO teaser – Glass: The Poet Acts (From « The Hours« )
Camille Thomas · Brussels Philharmonic · Oscar Jockel

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CRITIQUE, Festival. VILLIERS-SUR-LOIR, le 21 juillet 2026. 10è Festival Quatuor à Vendôme. Edouard Ferlet, Rémi Delangle,…

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Histoires de famille, de complicité, de rencontres et d’échanges humains et artistiques… Voilà déjà 10 ans que le Quatuor Voce fait son Festival dans le Vendômois : une initiative qui renforce les bénéfices de la transmission tout en impliquant toujours davantage les habitants du territoire. C’est aussi une autre manière de concevoir, vivre, partager l’expérience musicale à l’échelle locale…

 

 

 

 

Pendant une semaine, les membres du Quatuor proposent aux jeunes instrumentistes (de principe des ensembles, quatuors, trios, duos… constitués), une expérience formatrice et intensive qui s’appuie concrètement sur leur propre apprentissage du métier, … un métier riche, au long cours (22 années déjà depuis la création des Voce), que concrétisent aujourd’hui un son, un regard spécifique, un fonctionnement surtout, affûté dans son rapport à la réalité de la scène (et aussi dans la conception des programmes comme de nouveaux projets artistiques) ; c’est tout cela que le Quatuor Voce cultive, représente et transmet tout au long de ces 7 jours (cette année du 20 au 26 juillet).

 

Le Festival s’est déployé grâce à la coopération des ressources locales, les associations et les collectivités évidemment, mais aussi, enrichissant la programmation, de captivantes personnalités artistiques du Vendômois, d’autant plus impliquées qu’elles partagent une même ouverture et le souci du partage et de l’échange ; c’est le cas des deux personnalités àl ‘affiche ce soir, Edouard Ferlet et surtout, Rémi Delangle.

Ainsi pour cette première soirée, sur la place Fortier de Villiers-sur-Loir, le concert d’ouverture qui en deux volets (à 19h, puis 21h), expose d’abord le talent pluriel, percutant, onirique, à 2 claviers, du pianiste atypique EDOUARD FERLET. Son programme dédié au fameux récital de Cologne du légendaire Keith Jarret (1975) ouvre le bal. Le pianiste développe son propre regard sur ce concert mythique (le live a été vendu à 4 millions d’exemplaires, un record absolu pour un disque de piano seul)… avec son 2è piano intelligent, le « pianoïd » – capable de jouer les séquences qu’il a entendues-, Edouard Ferlet évoque le contexte dans lequel Keith Jarret a réalisé son récital à l’Opéra de Cologne… un tour de force, un coup de génie et aussi, un sommet de musique improvisée portée par une inspiration aussi lumineuse que joyeuse …

Les festivaliers retrouvent ensuite le pianiste à 21h aux côtés du pétillant clarinettiste RÉMI DELANGLE, virtuose volubile, passant d’un style à l’autre, mêlant classique, comédie musicale, jazz, variété, musique traditionnelle des Balkans… avec une élégance continue. Le clarinettiste rejoint depuis les débuts du Festival Académie, les membres du Quatuor Voce comme mentor pédagogue : lui aussi apporte son éclairage personnel dans la formation et le perfectionnement des acédémiciens.

Ce soir à l’invitation d’Edouard Ferlet et Rémi Delangle, constituant le noyau du collectif « Musicoscopiques » avec le trompettiste Guillaume Dutrieux, se joignent plusieurs autres artistes pour des métissages improbables et surprenants (et d’autant plus appréciés) : la chanteuse Valérie Gabail (qui délaisse le baroque, ses champs plus familiers) ; l’étonnant saxophoniste Rémi Sciuto, sans omettre en fin de soirée, la chanteuse et guitariste congolaise, originaire de Brazzaville, Doctrovée Bansimba.

Tous cultivent le feu et la magie de la scène, aiment l’échange musical, convainquent en s’accordant de concert dans une ambiance très familiale … autant de valeurs et d’attitudes scéniques bienveillantes qui aiguisent l’attention des spectateurs comme elles inspirent les jeunes musiciens qui suivent les sessions de travail de l’Académie (et qui viennent évidement aux concerts du Festival). Ce soir, devant la façade de la Mairie de Villiers-sur-Loir, s’affichent la liberté du geste, la diversité des styles, un métissage généreux, des transcriptions souvent virtuoses [dont l’une d’après la mélodie de Fauré, « les berceaux », où la clarinette de Rémi Delangle réalise des phrasés inouïs, enivrés, envoûtants, proches du chant humain].

Photo © classiquenews 2026

 

 

 

 

ESPRIT DÉFRICHEUR… En cultivant le partage et la curiosité, l’ouverture et la rencontre, le Quatuor Voce incarne une autre manière de jouer et de penser la musique. Les derniers cd l’attestent (dont le dernier « Figures argentines », mai 2026) : l’esprit défricheur, l’enthousiasme et la générosité qu’étaye un profond sentiment d’humilité, nourrissent un cheminement artistique parmi les plus passionnants. Ce regard affûté qui s’affranchit de toute routine, ose, expérimente ; dans le croisement des répertoires et des cultures ; dans la conception même des programmes, les musiciens tissent un nouveau maillage qui fusionne étroitement expérience musicale et partage. A leur actif, pas moins de 3 festivals dont ils ont construit eux-même, le contenu, le fonctionnement, et surtout la philosophie. L’humain et la transmission sont au cœur de leur démarche. Une vision d’espoir qui renouvelle l’accès à la musique classique, la façon de la vivre et de la partager ; une vision qui inspire des programmations comme des expériences artistiques toujours surprenantes et d’autant plus attendues.

 

 

Les 3 festivals conçus et portés par le Quatuor Voce :
« Éclats musicaux » (avril, Château d’Augerville, Loiret, 3è édition en 2026),
« Quatuor à Vendôme » (20-26 juillet, Vendômois, 10ème édition en 2026),
« Le rendez-vous des Princes » (17-24 août, Sud-Ardèche, 6ème édition en 2026)

PLUS D’INFOS sur le site du Quatuor VOCE : https://www.quatuorvoce.com/

 

 

 

 

 

prochains concerts

Prochains concerts à l’affiche du 10è Festival Quatuor à Vendôme :
2 concerts par jour – à 11h puis 19h ou 20h30, dans plusieurs sites du Vendômois

 

 

Jeudi 23 juillet 2026, 20h30
VENDÔME, Chapelle Saint-Jacques
Prokofiev, Chausson (Concert), Debussy
Avec Déborah Nemtanu, violon
Julien Gernay, piano
Rémi Delangle, clarinette
Quatuor Voce

 

 

Vendredi 24 juillet 2026
11h, Gare de Thoré-la-Rochette
Moments musicaux : Quatuor Galilée

19h, Parc du Château de Vendôme
Déambulation musicale avec les étudiants de l’Académie – parcours avec séquences musicales

 

 

Samedi 25 juillet 2026
11h, Caves Loupin, Villiers-sur-Loir
Moments musicaux : concert surprise
20h30, église de Villers-sur-Loir
BEETHOVEN L’ARGENTIN ?
Quatuor Voce, Jean-Baptiste Henry, bandonéon
Quatuors de Beethoven (opus 18), Ginestera (n°1)

 

 

Dimanche 26 juillet 2026
11h, Jardins suspendus du Château de Vendôme
Les Impromptus du Château
Carte blanche avec les musiciens du Festival
19h, Campus Monceau assurances,
Vendôme, gare TGV
Happy end : carte blanche aux étudiants
de l’Académie

 

PLUS D’INFOS sur le site du Quatuor VOCE :
https://www.quatuorvoce.com/

 

 

 

 

 

VIDÉO
10ème Festival QUATUOR A VENDÔME 2026

 

 

 

 

LIRE aussi notre présentation annonce du 10è Festival Quatuor à Vendôme, 20-26 juillet 2026 : https://www.classiquenews.com/vendome-les-10-ans-du-quatuor-voce-festival-academie-10e-edition-du-21-au-26-juillet-2026/

 

VENDÔME, QUATUOR VOCE. Les 10 ans du Festival Quatuor à Vendôme : du 21 au 26 juillet 2026

 

 

 

entretien

LIRE aussi notre présentation / annonce du 10è Festival Quatuor à Vendôme : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-le-quatuor-voce-a-propos-de-la-10eme-edition-du-festival-voce-a-vendome/

C’est un festival-académie, qui accueille chaque année pendant une semaine plusieurs groupes de musique de chambre désireux de se perfectionner auprès du Quatuor Voce, du clarinettiste Rémi Delangle, et des artistes invités du festival, auprès de qui ils bénéficient d’ateliers et de masterclass. Au programme du festival, il y a toujours des musiciens de premier plan (cette année Edouard Ferlet, Romain Leleu, Deborah Nemtanu…) et ce dialogue entre générations est très riche. Une partie des concerts du festival est assurée par les jeunes musiciens

 

 

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INSULA ORCHESTRA, Saison 2026 – 2027. Les 10 ans de la Seine Musicale. Insula Orchestra, Insula Camerata, Beethoven 2027, Inferno, le SeineLab…

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Voilà 10 ans en 2027 que La Seine Musicale rayonne dans les Hauts de Seine, favorisant création, transmission, partage… En témoigne l’ensemble en résidence INSULA ORCHESTRA, pilier de l’offre musicale chaque année, dirigé par Laurence Equilbey (qui en avait dirigé le concert inaugural en 2017). Dans l’écrin de l’Ouest parisien, l’Orchestre sur instruments anciens déploie ses deux activités : artistiques et pédagogiques, entre production et transmission. L’audace, l’exigence, la créativité insufflent pour la nouvelle saison anniversaire, une activité décuplée avec entre autres, temps fort du nouveau cycle, le SEINELAB, pensé comme un espace expérimental d’exploration, précisément dédié, anniversaire 2027 oblige (200 ans de sa disparition), au génie de Beethoven : musique, innovation, nouvelles médiations sensibiliseront à nouveau un très large public.

 

 

 

 

 

 

Pour le bicentenaire Beethoven 2027, Laurence Equilbey célèbre ainsi le génie romantique par excellence, ses « aspirations humanistes, sa fougue inépuisable, sa maîtrise de la grande forme »,la puissance de son tempérament expérimental aussi. La cheffe poursuit naturellement son odyssée « BEETHOVEN EXTENDED »… pour cette nouvelle session, la production comprend concerts et enregistrements comprenant INSULA ORCHESTRA mais aussi INSULA CAMERATA, l’académie d’orchestre sur instruments d’époque toujours, inaugurée en 2025, soit plusieurs rendez-vous incontournables à double orchestre : à ne pas manquer ainsi : les ven 25 sept et sam 26 sept, concert Beethoven, ouverture de saison (Concerto n°5 L’empereur avec un complice familier, David Fray, piano, et la Symphonie n°3 Eroica), puis jeudi 25 mars et ven 26 mars 2027, Symphonie n°6 « Pastorale »…

 

CRÉATION ÉVENEMENT… Temps fort, lié au 10 ans de la Seine Musicale en 2027, Insula Orchestra présente un nouveau spectacle « INFERNO », création scénique conçue par le vidéaste Mat Collishaw (avec dispositif circulaire à 360°) comme une plongée dans la partition fleuve, onirique fantastique de Liszt, la Dante-Symphonie, une œuvre qui est un manifeste qui « sonne comme une alarme dans l’air de notre siècle bouleversé », d’autant plus visionnaire avant l’effondrement général… avec en guide inspirée la mezzo-soprano Magdalena Kozená (les 21 et 22 avril 2027) : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/inferno-2/

 

 

La nouvelle saison d’Insula Orchestra 2026 2027, outre une nouvelle exploration dédiée aux œuvres de Berlioz (nouveau cycle spécifique), compte aussi les grands oratorios baroques, plusieurs partitions clés germaniques, d’autant plus expressives que Laurence Equilbey s’attache particulièrement à en révéler toutes les splendeurs cachées sur instruments d’époques (ainsi Bach, Schumann, Mendelssohn).

Parmi les artistes invités cette saison, ne manquez pas les concerts avec les pianistes David Fray (déjà cité) et Lucas Debargue, mais aussi la mezzo soprano Marianne Crebassa, comme le maestro Speranza Scapucci… sans omettre, pour le plus grand plaisir des spectateurs de La Seine Musicale, deux directrices musicales comme Laurence Equilbey, Jeannette Sorrel et son ensemble Apollo’s Fire, et Joana Mallwitz qui pilote le Konzerthausorchester Berlin (au programme, la compositrice déjà abordée par Insula Orchestra Emilie Mayer, Mendeldelssohn et Tchaikovsky, jeu 3 juin 2027)…

 

 

 

 

TEMPS FORTS
saison 2026 – 2027
Insula Orchestra à La Seine Musicale

 

 

 

 

 

Ven 25 sept, 20h
sam 26 sept, 18h
BEETHOVEN – Ouverture de saison
Concerto n°5 L’empereur
Symphonie n°3 Eroica

David Fray, piano
Insula Orchestra, Insula Camerata
Laurence Equilbey, direction

Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/beethoven-heroique-2/

 

 

 

 

Dim 4 oct 2026, 11h puis 16h
JS BACH : Concertos Brandebourgeois
Freiburger Barokorchester
1721 : Jean-Sébastien Bach livre au Margrave de Brandebourg, 6 concertos brillants et audacieux manifestant l’étendue de son génie musical
Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/bach-les-brandebourgeois-integrale-partie-1/

 

 

 

 

 

Sam 23 janvier 2027

ROSSINI : Stabat Mater
VERDI : Messa di Gloria
Avec Joyce El-Khoury, soprano
Anna Goryachova, alto
Julien Dran, ténor
Riccardo Zanellato, basse
Insula Orchestra
Speranza Scapucci, direction

Quand le sacré se fait opéra…
Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/stabat-mater-2/

 

 

 

Jeudi 25 mars 2027, 20h
Ven 26 mars 2027, 20h
BEETHOVEN : Symphonie n°6 « Pastorale »
MENDELSSOHN : Concerto pour piano n°2
Lucas Debargue, piano
Insula Orchestra
Insula Camerata
Laurence Equilbey, direction

L’orchestre de Beethoven célèbre le miracle des éléments et le cycle éternel de la Sainte Nature – Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/beethoven-la-pastorale/

 

 

 

Mer 21 avril 2027, 20h
Jeudi 22 avril 2027, 20h
INFERNO, création
Œuvres de Bingen, César Franck, Liszt…
Avec Magdalena Kozená, mezzo-soprano
Nouvelle Mantrise des Hauts de Seine
Insula Orchestra
Laurence Equilbey, direction musicale
Mat Collishaw, création vidéo

Spectacle événement de la nouvelle saison 2026 2027, célébrant le jour anniversaire des 10 ans de La Seine Musicale, l’inauguration du site de l’Ouest Parisien, et l’Auditorium des Grands Concerts Symphoniques… Au programme : une expérience totale au cours d’une traversée spectaculaire des Enfers de Dante. Sur instruments anciens, Insula Orchestra questionne plusieurs partitions parmi les plus puissantes et oniriques du répertoire romantique : Liszt lui-même avait souhaité sans le réaliser, prolonger la musique de sa Dante-Symphonie, d’un spectacle visuel saisissant… A La Seine Musicale, des images vertigineuses seront projetées sur un écran circulaire suspendu au dessus de l’orchestre, avec comme guide et prophétesse inspirée, Magdalena Kozená…   Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/inferno-2/

 

 

 

 

Jeudi 20 mai 2027, 20h
Roger Muraro, piano
MESSIAEN : Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus

L’Éverest du piano moderne, la fresque mystique d’Olivier Messiaen, conçue comme une cathédrale pianistique ou une constellation de vitraux sonores, par leur interprète de référence, le pianiste Roger Muraro… Durée 2h sans entracte.

Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/roger-muraro/

 

 

 

 

TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, les artistes invités, les temps forts à ne pas manquer… sur le site d’INSULA ORCHESTRA : https://www.insulaorchestra.fr/

 

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 22 juillet 2026. Concert inaugural / le 1er des 4 concerts « Master Fest » avec E. Moreau, F. Pinto-Ribeiro, L. Roth, E. Haffner, A. Samuil, M. Samuil et A. Scott

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Ce 22 juillet, le Teatro Thalia, joyau baroque niché au cœur de Lisbonne, a ouvert ses portes pour le concert inaugural de la 12e édition du Verão Clássico Festival & Academia. Ce théâtre privé, érigé au XVIIIe siècle, fut un lieu emblématique de la vie culturelle lisboète, un refuge pour les arts où se réunissaient aristocrates et intellectuels amoureux du beau. Ses murs de pierre apparente et son acoustique veloutée semblent encore imprégnés des murmures de deux siècles de récitals et de drames. Ce soir, pourtant, le drame n’était pas sur scène, mais dans les cœurs.

 

Alors que le nombreux public achevait de prendre place, le directeur artistique du festival, Filipe Pinto-Ribeiro, apparut, la voix teintée d’une émotion contenue. Il annonça la nouvelle qui assombrissait déjà le début du festival : la disparition soudaine, à la veille de l’inauguration, du grand violoniste et professeur hispano-allemand Stephan Picard. Avec une grande dignité, Filipe Pinto-Ribeiro tint à remercier chaleureusement le violoniste Linus Roth, dont la disponibilité et l’exceptionnel geste artistique – accepter en urgence de diriger les masterclasses de violon et de participer à ce concert inaugural – méritaient toute l’admiration. Puis, dans un élan de générosité et de fidélité à l’esprit du festival, il annonça que ce concert d’ouverture, et l’intégralité de cette 12e édition du VERÃO CLÁSSICO, seraient dédiés à la mémoire de Stephan Picard. L’émotion était à son comble, et la musique allait désormais porter le deuil et l’hommage.

Le programme s’ouvrit alors sur une œuvre ajoutée spécialement pour l’occasion, comme un souffle venu de l’éternité : le Mozart-Adagio d’Arvo Pärt, composé en 1992 in memoriam du grand violoniste Oleg Kagan. Ce choix, d’une pertinence bouleversante, tissait un fil invisible entre deux morts prématurées. Sur scène, trois artistes – Linus Roth au violon, Edgar Moreau au violoncelle et Filipe Pinto-Ribeiro au piano – se recueillirent dans une interprétation d’une intensité rare. La musique de Pärt, avec son tintement méditatif, ses silences habités et ses notes suspendues comme des offrandes, créa un espace sacré sous les voûtes du Thalia. Chaque phrase musicale était un souffle retenu, un hommage muet au disparu. Ce fut un moment de pure grâce, où le temps semblait suspendu, et les larmes perlaient dans les regards émus des musiciens. Une communion parfaite entre l’âme d’un compositeur, le geste des artistes et la mémoire d’un violoniste dont l’esprit flottait parmi le public.

 

 

Passé ce moment de ferveur, la soirée s’envola avec le Trio avec piano n°39 de Josef Haydn, interprété par Linus Roth au violon, Edgar Moreau au violoncelle et Filipe Pinto-Ribeiro au piano. Dès l’Andante initial, s’installa une complicité lumineuse. Le Poco adagio fut un tissage de dialogues exquis, et le Finale « à la hongroise » conclut avec une virtuosité étincelante, les trois artistes semblant ne former qu’un seul souffle. Une lecture empreinte de naturel et d’élégance. Vint ensuite un moment insolite : le Duetto pour violoncelle et contrebasse de Rossini, interprété par Edgar Moreau et Alexandra Scott. Quel démonstration de génie ! La contrebasse, souvent reléguée au second plan, s’éleva ici avec une rondeur, une agilité et un chant prodigieux, dialoguant à égalité avec le violoncelle profond de Moreau. L’Andante Molto fut un duo d’amour, une mélancolie envoûtante, avant que l’Allegro final ne conclue cette pièce de bravoure par un déploiement de jeux de cordes, salué par les applaudissements reconnaissants du public.

La soprano russo-allemande Anna Samuil illumina ensuite la scène avec les Canzoni da camera de Puccini. Quelle palette d’émotions ! Sa voix, d’une richesse captivante et d’un timbre magnétique, sut passer de la langueur passionnée de « Sole e amore » à l’ivresse méditerranéenne de « Terra e mare » et à la grâce enfantine de « E l’uccellino ». Sa diction, parfaite, et son art de la colorature firent revivre ces miniatures avec une intensité dramatique saisissante, avant de conclure ce moment puccinien par le déchirant aria « In quelle trine morbide » extrait de Manon Lescaut, où chaque silence portait le poids du désespoir. Matthias Samuil, son époux au piano, fut un compagnon d’une sensibilité infinie. La soirée se poursuivit avec les Romanze da camera de Giuseppe Verdi, où Anna Samuil révéla une nouvelle facette de son immense talent. La religiosité douloureuse du « Deh, pietoso, oh Addolorata » fut un instant de pure grâce, contrastant magnifiquement avec la verve populaire du « Stornello » et l’élan joyeux du « Brindisi ». Une fois encore, la complicité avec Matthias Samuil, au piano, était totale, chaque phrase musicale étant un échange vibrant.

Et, enfin, l’apogée de cette soirée mémorable : le Trio avec piano n°1 de Félix Mendelssohn, interprété par Eszter Haffner au violon, Edgar Moreau au violoncelle et Filipe Pinto-Ribeiro au piano. Il est difficile de trouver les mots pour décrire l’incandescence de ce moment. Le Molto Allegro agitato initial fut un tourbillon romantique d’une énergie presque sauvage, les trois cordes s’enlaçant et se délaçant avec une précision chirurgicale et un lyrisme débordant. L’Andante offrit une respiration, une île de mélancolie d’une beauté céleste, avant que le Scherzo, avec son leggiero e vivace survolté, ne déchaîne l’enthousiasme de la salle. Le Finale, Allegro assai appassionato, fut l’apothéose : une course vertigineuse, une démonstration de maîtrise absolue où les quatre artistes, portés par la sensibilité de Haffner, la profondeur de Moreau et le piano éblouissant de Pinto-Ribeiro, entraînèrent le public dans un tourbillon d’émotion pure.

À la fin, les applaudissements furent longs, intenses, mêlés d’une émotion palpable. Ce concert inaugural des « Master Fest » (trois autres suivront jusqu’au 1er août…) fut, en définitive, un geste artistique total, une leçon de vie où la musique sut transformer la perte en beauté, la tristesse en communion. Sous la direction passionnée de Filipe Pinto-Ribeiro, le Verão Clássico a posé une pierre blanche sur le chemin de Stephan Picard. Ce festival, qui se tient chaque été au cœur de la capitale portugaise, confirme, avec une intensité peu commune, son statut de rendez-vous incontournable de l’été lisboète. Et ce premier « Master Fest », par sa qualité exceptionnelle et la profondeur de son hommage, restera longtemps gravé dans les mémoires comme une nuit où la musique fut plus forte que tout.

 

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 CRITIQUE, festival. LISBONNE, Concert d’ouverture du 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 22 juillet 2026. 1er des 4 concerts « Master Fest » avec E. Moreau, F. Pinto-Ribeiro, L. Roth, E. Haffner, A. Samuil, M. Samuil et A. Scott

 

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ENTRETIEN avec le violoniste Bruno MONTEIRO, à propos de son nouvel album « Late romantic music for violon and piano »…

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En complicité avec le pianiste João Paulo Santos, le violoniste Bruno Monteiro poursuit une odyssée discographique où les piliers du romantisme musical dialoguent avec les œuvres du XXème siècle. Dans leur nouvel opus, qui comprend aussi Saint-Saëns et Tchaïkovsky, les aspérités troubles de Janacek voisinent avec l’élégance fluide, néo-brahmsienne, du surprenant Erno Dohnányi… Le travail des interprètes s’ingénie à exprimer toutes les nuances des partitions, en en révélant ce qui les singularise l’une de l’autre. Explications
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CLASSIQUENEWS : Selon quels critères avez-vous sélectionné les pièces de ce programme ?
Bruno Monteiro : Les quatre morceaux qui composent ce nouveau CD sont des œuvres que j’ai toujours voulu enregistrer. João Paulo Santos et moi les avions déjà tous joués, à l’exception de la Sonate de Dohnanyi. J’ai proposé que nous fassions ce programme et il a accepté. Bien sûr, j’ai ensuite parlé avec le directeur du label Etcetera Records, Dirk de Greef : il était enthousiaste à propos de la proposition. Et c’est ce qui s’est passé. L’idée du titre « Late Romantic » m’a semblé bonne, parce que les deux sonates de Dohnanyi et de Janacek se situent clairement dans la période romantique tardive et sont, disons, les œuvres les plus exigeantes du disque. Le Tchaïkovski fonctionne très bien comme une sorte de repos pour l’auditeur et Saint-Saëns, bien sûr, est un morceau virtuose qui est fantastique pour clôturer le CD. C’est avant tout, un programme varié avec une diversité de compositeurs.

 

CLASSIQUENEWS : Comment chacun d’eux dialogue-t-il avec les autres ? En particulier, comment les œuvres de Janacek et de Dohnanyi interagissent-elles ?
Bruno Monteiro :Bien que Janáček et Dohnányi aient écrit leurs sonates pour violon au cours de la même décennie, une décennie particulièrement mouvementée en Europe centrale (Dohnányi en 1911 ; Janáček commencé en 1914 et finalisé en 1922), leurs œuvres interagissent principalement entre elles comme rivales esthétiques. Le principal point de friction et de dialogue entre ces deux sonates est la façon dont chaque compositeur a hérité et adapté la tradition austro-allemande du XIXe siècle : Dohnányi agit comme l’héritier direct de Brahms. Sa sonate est riche, luxuriante et d’un romantisme expansif, construite autour de lignes lyriques longues et pures, autour de textures denses produites par le piano contrapuntique. Il adhère à l’équilibre classique tout en infusant la saveur hongroise à travers des formes de variations et des rythmes csárdás subtils.
Janáček s’est explicitement éloigné des modèles formels austro-allemands. Écrite pendant la Première Guerre mondiale, sa Sonate reflète une tension psychologique intense, des rythmes de parole irréguliers et des motifs abrupts et fragmentés. Là où Dohnányi recherche une continuité fluide, Janáček utilise des interruptions soudaines et violentes. Considérez la Sonate de Dohnányi comme une conversation intensément romantique dans un salon du XIXe siècle, fluide, expressive et enracinée dans une riche tradition. La Sonate de Janáček est un monologue intérieur—agité, erratique, chargé d’anxiété de guerre. Les entendre côte à côte illustre le tournant où l’élégance romantique a cédé la place au réalisme psychologique du XXe siècle.

 

CLASSIQUENEWS : Sur quels points avez-vous travaillé spécifiquement avec João Paulo dans les Sonates de Dohnanyi et Janacek ? Quelle est la signification de chacune d’elles ?
Bruno Monteiro : Nous avons beaucoup travaillé sur la structure spécifique de chaque pièce, le son, l’équilibre entre les deux instruments, et nous avons essayé de capturer le cœur et le message musical que les deux compositeurs voulaient transmettre, tout en ajoutant notre propre touche personnelle.

 

CLASSIQUENEWS : Comment ce nouveau programme s’inscrit-il par rapport aux CD précédents ?
Bruno Monteiro : Nous continuons à jouer et à enregistrer le répertoire standard, mais toujours en incluant des œuvres qui sont moins fréquemment jouées au grand public, justement comme la Sonate de Dohnanyi.

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous sélectionné l’œuvre de couverture (portrait par Sargent) ? Comment illustre-t-elle le programme global ?
Bruno Monteiro : Toutes les œuvres ont été choisies et travaillées par le label. Roman Jans a extrêmement bon goût et essaie d’adapter chaque couverture au type de musique et à l’époque à laquelle elle a été écrite. Par conséquent, le mérite lui revient.

 

CLASSIQUENEWS : Sur quel type de violon jouez-vous ? Quelles sont ses qualités mises en avant dans ce programme ?
Bruno Monteiro : Je joue un violon d’Antonio Capela, le luthier le plus illustre du Portugal. Il a été construit en 1993. C’est un bel instrument à regarder et il a un son que j’ai construit au fil de nombreuses années et heures de travail. Les cordes graves sonnent parfois comme un alto, et les notes aiguës sont très claires et brillantes. Il se projette magnifiquement sur scène ; il a la puissance que j’aime. C’est l’un de mes meilleurs « amis » ! Et il s’adapte très bien à ce répertoire.

Propos recueillis en juillet 2026

 

 

 

LIRE aussi notre CRITIQUE du CD LATE ROMANTIC MUSIC for violin and piano. Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano : Dohnanyi, Janacek, Tchaikovski, Saint-Saëns (1 cd Et’cetera records 2025)
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-late-romantic-music-for-violin-and-piano-bruno-monteiro-violon-joao-paulo-santos-piano-dohnanyi-janacek-tchaikovski-saint-saens-1-cd-etcetera-records-2025/
Le nouveau disque du violoniste Bruno Monteiro souligne sa complicité artistique féconde avec le
pianiste João Paulo Santos ; un duo volubile et éloquent qui poursuit et approfondit encore, dans ce programme éclectique, une entente artistique évidente. C’est déjà le 5è album ainsi enregistré ensemble, confirmant une homogénéité artistique et stylistique, dans le sens d’une véritable conversation musicale. Les défis sont multiples, de Saint-Saens à Janacek, sans omettre l’ardente sensibilité du complexe et séduisant Ernö Dohnanyi, ou de l’élégance d’un Tchaikovski plein de gratitude…

 

 

 

 

ANNONCE, présentation : CD événement, annonce. Bruno Monteiro, violon. LATE ROMANTIC MUSIC FOR VIOLIN AND PIANO : Dohnanyi, Janacek , Saint-Saëns… João Paulo Santos, piano1 [cd etcetera] : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-bruno-monteiro-violon-late-romantic-music-for-violin-and-piano-dohnanyi-janacek-saint-saens-joao-paulo-santos-piano1-cd-etcetera/

À nouveau dans ce nouveau programme, le violoniste Bruno Monteiro en complicité avec son partenaire familier le pianiste João Paulo Santos, complète son exploration des pièces majeures pour violon et piano au carrefour des deux siècles, quand le romantisme fin de siècle éclaire de ses derniers feux, les prémices de la modernité du premier XXeme. L’apport découle d’une lecture attentive des influences et des styles mêlés entre classicisme, romantisme, singularités propres à chaque compositeur.

 

CD événement, annonce. Bruno Monteiro, violon. LATE ROMANTIC MUSIC FOR VIOLIN AND PIANO : Dohnanyi, Janacek , Saint-Saëns… João Paulo Santos, piano1 [cd etcetera] 

 

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CRITIQUE, festival. 50ème FESTIVAL DU VIGAN (Temple d’Aumessas), le 21 juillet 2026. Frédéric CHATOUX (flûte) et Anaïs GAUDEMARD (harpe) dans des ouvrages de Bach, Saint-Saëns, Fauré, Ibert, Bartók et Piazzolla

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Depuis un demi-siècle (!), le Festival du Vigan  rayonne au cœur des Cévennes, porté par la vision et la passion inaltérable de son fondateur, le pianiste Christian Debrus. En 2026, pour ce jubilé d’or (jusque dans la couleurs du programme général du festival !), la manifestation cévenole célèbre cinquante ans d’exigence artistique et de convivialité, fidèle à l’esprit qui l’anime depuis sa création en 1976. Le programme, éclectique et toujours d’une grande qualité, invite mélomanes et curieux à (re)découvrir des lieux chargés d’histoire, des églises et temples accrochés aux flancs du collines et montagnes de Cévennes, dont l’acoustique et l’intimité créent une magie unique à chaque concert. Cette édition anniversaire, qui s’étale sur tout l’été (jusqu’au 25 août cette année), voit défiler des artistes de renom, de jeunes talents et des figures emblématiques, confirmant la longévité et le rayonnement de ce festival singulier.

 

Un moment de grâce à Aumessas : flûte et harpe en harmonie

Parmi les temps forts de cette programmation 2026, le concert du 22 juillet, qui avait lieu dans le charmant Temple d’Aumessas, où la harpiste Anaïs Gaudemard et le flûtiste Frédéric Chatoux ont offert une prestation d’une touchante beauté. 

Le programme, savamment concocté, était un véritable voyage musical. Il s’ouvrait sur la Sonate BWV 1020 de Johann Sebastian Bach, interprétée avec une clarté et une justesse de style qui ont immédiatement plongé l’auditoire dans une méditation pleine de grâce. La Fantaisie en La Majeur op.124 de Camille Saint-Saëns a ensuite déployé tout son romantisme, la harpe d’Anaïs Gaudemard répondant avec une palette de couleurs chatoyantes à la flûte lumineuse de Frédéric Chatoux. Les pièces de Gabriel Fauré, Après un rêve et le Morceau de concours, ont été des moments de pure poésie, où le souffle et le toucher se sont faits d’une douceur infinie pour exprimer toute l’intimité et la mélancolie du compositeur.

La soirée s’est ensuite poursuivie avec l’Entr’acte de Jacques Ibert, une pièce pleine de verve et de fantaisie que les deux artistes ont rendue avec un brio et un esprit espiègle irrésistibles. La Suite paysanne hongroise de Béla Bartók a été une autre révélation, les deux musiciens explorant avec virtuosité les rythmes et les couleurs des danses populaires des Pays de l’Est, dans une interprétation à la fois puissante et subtile. Enfin, l’évocation du tango avec Night Club 1960 d’Astor Piazzolla a électrisé le temple, la flûte se faisant tour à tour sensuelle et incisive, portée par le souffle puissant de la harpe.

Au-delà de l’exceptionnelle qualité d’interprétation, ce concert fut aussi un modèle de partage et de pédagogie. Avant chaque œuvre, Frédéric Chatoux (puis la harpiste pour les deux dernières piéces), avec une éloquence et une clarté remarquables, a pris le temps de présenter les pièces, d’en éclairer le contexte, les spécificités et les intentions des compositeurs. Cette approche a offert au public, qu’il soit mélomane averti ou simple amateur, une clé d’écoute précieuse, rendant la musique encore plus limpide et l’expérience profondément enrichissante. Ce geste, qui témoigne d’un profond respect pour le spectateur, a créé un lien unique entre les artistes et son public, transformant le récital en une véritable conversation musicale.

La complicité des deux artistes a également brillé dans les deux bis offerts en toute générosité. Un arrangement inattendu et poignant de La Foule, la célèbre chanson d’Edith Piaf, a d’abord suscité l’émotion, suivi de l’Adagio du Quatuor avec flûte de W. A. Mozart, un moment de pure sérénité qui a conclu cette soirée sur une note d’apaisement et de beauté absolue. Ce fut un concert exceptionnel, une célébration lumineuse de la musique de chambre dans un cadre idyllique… à l’occasion de ce 50e Festival du Vigan !

 

 

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CRITIQUE, festival. 50ème FESTIVAL DU VIGAN (Temple d’Aumessas), le 21 juillet 2026. Frédéric CHATOUX (flûte) et Anaïs GAUDEMARD (harpe) dans des ouvrages de Bach, Saint-Saëns, Fauré, Ibert, Bartók et Piazzolla. Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE, festival. BEAUNE, 44e Festival International d’Opéra Baroque, (Cour des Hospices), le 18 juillet 2026. PERGOLÈSE : L’Olimpiade. A. Zorzi Giustiniani, A. Bonitatibus, C. Colombo, S. Frigato, T. Raftis… Orchestra Ghislieri, Giulio Prandi (direction musicale)

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Vingt-trois ans après, le chef-d’œuvre lyrique de Pergolèse – L’Olimpiade – revient au Festival International d’Opéra Baroque de Beaune, dans une version hélas quelque peu écourtée, mais admirablement interprétée, avec une direction et une distribution de très haut vol.

 

Si la production opératique de Pergolèse reste relativement méconnue, du moins en France, le Festival de Beaune, fidèle à sa mission révélatrice de joyaux enfouis, avait fait œuvre de pionnier en présentant en 2003 cette Olimpiade avec, déjà, Anna Bonitatibus, puis en révélant, l’année suivante, son chef-d’œuvre comique, Il Flaminio, dirigé par le chef napolitain Antonio Florio. Ce 3ème week-end du festival bourguignon est en grande partie consacré à cet « illustre inconnu », auteur immortel du Stabat Mater, donné le lendemain avec d’autres œuvres napolitaines (Durante, Leo), permettant ainsi au public d’avoir un panorama plus vaste de sa production musicale.

L’Olimpiade est la troisième version, après celle de Caldara (1733) et de Vivaldi (1734), représentée en 1735 à Rome au théâtre Tordinona, de l’un des plus beaux livrets de Métastase, qui donna lieu à une soixantaine de versions. Si les sources sont multiples (Pausanias, Hérodote, Le Tasse, Guarini, l’Arioste, Maffei, Zeno ou Voltaire), Métastase écrit un livret d’une grande rigueur et d’une grande beauté classique, usant d’une remarquable économie de moyens pour révéler toute une gamme d’affects contradictoires que synthétise parfaitement la célèbre et magnifique aria d’Aminta au centre même du drame, « Siam navi all’onde algenti », exemplaire métaphore des péripéties que traverse la vie humaine, faite d’obstacles à un bonheur qui finit par triompher (les intrigues du poète impérial illustrent ces « Felicità sognate » que déclame Cleonice dans son Demetrio).

Mise à part les premières versions, il est rare que les versions successives d’un même livret soient scrupuleusement fidèles aux intentions premières du poète. Si la version de Pergolèse trahit un peu moins l’intégrité du drame que la version précédente de Vivaldi, le compositeur napolitain s’adapte néanmoins aux contraintes du théâtre et aux interprètes dont il disposait. Ainsi, les chœurs du petit théâtre romain étant engagés sur une autre production, ceux prévus initialement par Métastase sont escamotés et remplacés par des airs solistes. C’est le cas en particulier du célèbre chœur des bergers « O care, care selve », remplacé par une sicilienne interprétée par Argene. De même, plusieurs récitatifs ont été remaniés ou supprimés, des arias adaptées, d’autres ajoutées, notamment deux pour Alcandro et un pour Aminta et Licida, tandis que, comme le fit Haendel et le fera Rossini, Pergolèse pratique lui aussi l’auto-emprunt (le matériau musical provient pour l’essentiel de son précédent opéra seria, Adriano in Siria, sur un autre livret de Métastase.)

 

 

À l’exception d’Anna Bonitatibus, dans le rôle de Licida, la distribution réunie dans la cour des Hospices est la même que celle de l’enregistrement de l’œuvre paru la veille chez le label Arcana, reflet d’une production donnée en novembre dernier au Teatro Pergolesi de Jesi. Si la voix a un peu perdu de sa superbe, Anna Bonitatibus garde intacte sa musicalité, doublée d’une intelligence rare du texte, capable d’exprimer les moindres nuances pathétiques du livret, notamment dans son air d’entrée, un air de bravoure du plus bel effet, « Qual destrier » ; elle impressionne par sa maîtrise du souffle dans « Mentre dormi amor » et dans le célèbre « Gemo in un punto e fremo », à la toute fin du deuxième acte, et émeut dans son ultime aria « Nella fatal mia sorte ». Dans le rôle de l’ami fidèle Megacle, Theodora Raftis est LA révélation de la soirée. Une présence électrisante, une éloquence d’exception, magnifiées par un timbre charnu, admirablement projeté et une aisance presque indécente, faisant fi de toutes les difficultés, tant dans la virtuosité (dans son célèbre air d’entrée « Superbo di me stesso », ou dans le redoutable « Torbido in volto e nero ») que dans l’émotion (exceptionnelle interprétation du fameux « Se cerca, se dice », aux mille nuances expressives, un air diffusé, imité, parodié).

Dans le rôle de l’infortunée Argene, Sivia Frigato compense un timbre légèrement étriqué par une musicalité hors pair, une diction sans faille, combinaison idéale qui inspire une émotion de tous les instants. Elle en donne le ton dans l’inaugural « O care selve, o care », nous livre une version d’anthologie du plus bel air de la partition (« Chi non desse un dì ») et atteint l’acmé du pathos dans « No, la speranza più non m’alletta ». Sa comparse Aristea, objet de la disputa olympique entre les deux amis, est incarnée par Carlotta Colombo, soprano racée, habituée à un répertoire qui va de Monteverdi à Vivaldi (en témoigne son album solo, « Arianna in Roma », paru l’an dernier chez Arcana). Elle donne toute la mesure de son immense talent notamment dans la superbe aria di sdegno « Tu me da me dividi » et unit avec brio sa voix à celle de Megacle dans l’émouvant duo qui clôt le premier acte « Nei giorni più felici », hélas amputé de son da capo. Le ténor Anicio Zorzi Giustiniani campe un Clistene idéal, dont la voix solide affirme avec éloquence l’autorité inflexible du souverain, telle qu’elle transparaît par exemple dans les lignes itératives de « Del destin non vi lagnate », ou dans l’espiègle « So che fanciullo è amore ». Dans le rôle secondaire mais essentiel pour la résolution de l’intrigue d’Alcandro, l’alto Francesca Ascioti déploie un timbre somptueux dans sa péroraison du II, « Apportator son io », tout comme dans l’air ajouté (absent du livret original de Métastase) « L’infelice in questo stato », sans nul doute le plus beau écrit pour le rôle. Enfin, le ténor Matteo Straffi campe un Aminta très convaincant, mais si la voix est séduisante, elle peine un peu dans le registre aigu, faiblesse atténuée par la suppression de certains da capo, comme dans « Son qual per mare ignoto ».

À la tête de son remarquable Orchestra Ghislieri, Giulio Prandi, présent pour la première fois à Beaune, dirige avec précision et un sens certain du théâtre, veillant constamment à ne pas défaire le lien toujours étroit qui unit l’éloquence du tissu orchestral à celle des voix. Si l’on peut déplorer les coupures qui nous privent de plus d’une heure de musique, cette version de l’Olimpiade est à marquer d’une pierre blanche.

 


CRITIQUE, festival. BEAUNE, 44e Festival International d’Opéra Baroque, (Cour des Hospices), le 18 juillet 2026. PERGOLÈSE : L’Olimpiade. A. Zorzi Giustiniani, A. Bonitatibus, C. Colombo, S. Frigato, T. Raftis… Orchestra Ghislieri, Giulio Prandi (direction musicale). Crédit phto (c) Ars Essentia

 

 

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CRITIQUE CD, événement. «  Un Bouquet de Myrrhe » / Musique sacrée pour les cathédrales françaises du XVIIè – Pages & Chantres du CMBV, Fabien Armengaud (direction) 1 cd CVS Château de Versailles Spectacles – avril 2025

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Solennité et dramatisme imagé… Après l’entrée solennelle de la Cantate « Domino, O Turonenses » (anonyme), Le Jardin des délices de Moulinié ouvre grands les mondes paysagers, floraux où le déploiement des miracles de la Nature se mêlent à un sentiment de plénitude et d’amour.

 

 

Vivacité et articulation rendent de la même façon, – chantres et pages alternés, la puissance poétique du « bouquet de myrrhe », synthèse chorale de la Passion, sorte de préambule à la somptuosité chorale et instrumentale du « Quasi cedrus exaltata sum / je me suis élevé comme les cèdes du Liban… », d’une plénitude contemplative suspendue, et qui prolonge le thème arboricole précédent (cèdres, platanes, palmier) et réactive l’image de la myrrhe précédemment suggérée, la résine dorée mordorée aux qualités admirables synthétisant l’amour pour Jésus.

Force humaine aux sonorités recueillies et fraternelles, le chœur des Chantres et des Pages convainc par sa volubilité expressive qui résout les défis de la masse chorale ; le collectif sait exprimer tour à tour les profondes méditations contemplatives (7 : « Vulnerasti cor meum »), la vitalité rafraichissante et ému d’une narration comme enchantée (8 : « Que est ista »… activité articulée et lumineuse des garçons, proches du texte, avec l’orgue) ; ou plus tard, extatique, tout aussi onirique : n°10 , « Tota pulchra es), … ou en dialogue et réponses avec le choeur des Chantres, vivifie les textes plus dynamiques aux rebonds dramatiques (9 : « Surge amical mea ») …

L’articulation et l’engagement expressif voire dramatique, suivent les jalons d’un programme conçu comme un oratorio.
A l’évocation de la mort, distinguons le relief engagé, dramatique d’« O mors » de Bouzignac : sidération collective – puis recueillement d’une suprême humilité, acte de contribution dans le n°17 qui suit, enchaîné – profondeur du recueillement acte de piété (avec l’onde sonore enveloppante et souterraine de l’instrumentarium choisi, légitime : cornet et serpents). Puis, pour la figure très vénérée de Marie, le n°21, (et l’Alleluya prononcé U et non OU) : se déploie l’acte de ferveur, voire d’imploration par le trio : ténors et baryton.

D’une admirable souplesse fervente, « Jesu nostra redemptio » / Jésus, doux Rédempteur » (n°23), allie idéalement majesté et tendresse – suggérant les nuées célestes qui rassérénèrent, avec la certitude d’un Choral, méditation profonde que vient encore renforcer « l’Ave verum » de Jean Millet, uniquement instrumental (24, cornet et serpents seuls).
Enfin, comme deux tremplins vers les cimes paradisiaques, « Ecce panis angelorum » expriment le temps de la certitude conquérante, la jubilation collective et doxologique dans un final exalté (n°26 : « Omnes gentes… Peuples… » : ardeur partagée et exclamative d’une marche active, celle des fervents confiants. On ne saurait espérer meilleure conclusion dans la lumière et les hauteurs célestes.

 

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annonce

LIRE aussi notre présentation annonce du cd Un Bouquet de myrrhe / Musiques pour les cathédrales françaises du XVIIè – Pages & Chantres du CMBV – Fabien Armengaud, direction – 1 cd CVS Château de Versailles Spectacles, enregistré à la Chapelle Royale en avril 2025

https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-un-bouquet-de-myrrhe-musique-pour-les-cathedrales-francaises-du-xviie-siecle-les-pages-les-chantres-du-centre-de-musique-baroque-de-versailles-1-cd-cvs-chateau-de/

Le programme dévoile l’étonnante richesse du patrimoine musical sacré du premier XVIIè, en particulier celui du sud de la France, à partir du fonds des manuscrits de Tours et Deslauriers, fonds de presque 350 partitions ainsi parvenues, … déjà connues pour certaines, grâce à leurs attributions récentes, à Bouzignac et Boësset, Du Mont ou encore Moulinié. Complémentaire et défricheur, le présent enregistrement s’intéresse aux autres pièces… demeurées sans attribution, pourtant d’une qualité égale aux partitions identifiées.
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CRITIQUE, festival. 80e FESTIVAL D’AVIGNON, Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, le 20 juillet 2026. « Muette » par Boris CHARMATZ

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Pour ceux qui avaient été éblouis par les trois œuvres foisonnantes présentées par Boris Charmatz à l’occasion de sa carte blanche, lors de la 78ᵉ édition du Festival d’Avignon (en 2024) – nous pensons notamment à la puissance communiante de sa pièce Liberté Cathédrale, puis à son bouleversant hommage à Pina Bausch dans Forever – Immersion dans le Café Müller (nous n’avions pas pu assister à sa troisième pièce, Cercles...) -, la nouvelle création de Charmatz, « Muette », présentée ces jours-ci dans le sublime cadre de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, apparaît comme un choc esthétique et émotionnel d’une tout autre nature.

 

Loin des foules dansantes et des architectures monumentales qu’il affectionne, le chorégraphe savoyard revient ici à l’essence même de son art : le corps solitaire, vulnérable, offert dans son dénuement le plus total. Dans la petite Salle Tinel de la Chartreuse, le silence n’est pas une absence, mais une matière vivante, presque palpable. Boris Charmatz, qui a dirigé le fameux Tanztheater Wuppertal de 2022 à 2025, poursuit son exploration en solo du corps et de la danse – comme un contrepoint nécessaire à ses pièces de groupe -, en poussant la porte d’un monde étrange où le langage ne sort pas, où la bouche béante suggère des abîmes d’émotion.

Dès son entrée, vêtu de noir, il joue l’enfant puni, le corps en retrait dans un des coins du bâtiment, puis se dépouille de ses vêtements pour apparaître nu, un cœur noir dessiné sur le torse. C’est alors que naît l’image sidérante de cette bulle de salive qui grandit au coin de ses lèvres, fragile et irisée, comme un ultime rempart contre le cri. Ce spectacle est une plongée vertigineuse dans le silence comme phénomène sonore et politique. Pas de musique pour accompagner la danse, mais seulement les bruits de son corps en lutte : frottements sur le sol, souffles retenus, ou râles étouffés.

 

 

La performance est d’une incroyable force. Le corps de l’artiste (qui a aujourd’hui 53 ans), parcouru de tremblements et de convulsions, se tord dans des mouvements désarticulés, oscillant entre la grâce d’une figure antique et le désarroi d’un survivant. On y lit l’horreur du monde, l’aliénation, une révolte sourde contre l’enfermement. Muette n’est pas une simple suite de Somnole, son avant-dernier solo (que nous avions vu au Festival Uzès Danse en 2022), il en est l’aboutissement brutal. Là où il sifflait jadis des airs pour créer sa propre musique, il nous confronte aujourd’hui à la musique organique et angoissante d’un corps en apnée. Dans ce face-à-face avec la nudité et le silence, Boris Charmatz livre une œuvre d’une beauté crue, qui saisit le spectateur au ventre et le laisse, longtemps après, sans voix. Un spectacle choc – et assurément l’un des temps forts de cette 80e édition du Festival d’Avignon !

 

 

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CRITIQUE, festival. 80e FESTIVAL D’AVIGNON, Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, le 20 juillet 2026. « Muette » par Boris CHARMATZ. Crédit photographique (c) Christophe Raynaud de Lage

 

 

 

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CRITIQUE, festival. VIENNE, Théâtre Antique, le 19 juillet 2026 (21h). « Béjart et nous », « L’Oiseau de Feu », « Boléro » par le Béjart Ballet Lausanne

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Le Théâtre Antique de Vienne, écrin de pierre et de légendes, a accueilli – le 19 juillet dernier – le fameux Béjart Ballet Lausanne. Et la compagnie suisse a offert à un public de quelques 7000 spectateurs une leçon de transcendance, une célébration sensuelle et brute de l’héritage de Maurice Béjart.

 

La programmation, conçue comme un triptyque initiatique, a déroulé son fil rouge entre hommage émouvant, mythe flamboyant et transe hypnotique. Le spectacle s’ouvre sur « Béjart et nous« , une proposition audacieuse et sensible signée Julien Favreau, le nouveau directeur artistique de la compagnie helvète (que nous avions interviewé en février dernier, au sujet de ce triptyque, lors de son passage à La Seine Musicale). Loin de l’exercice de style poussiéreux, cette chorégraphie est une plongée vertigineuse dans l’âme du Maître. En treize tableaux, c’est tout l’éclectisme de Béjart qui ressurgit : on y croise la mélancolie viennoise de Wien, Wien, nur du Allein, l’exaltation collective de la IXe Symphonie, ou encore la sensualité désincarnée de Mozart-Tango. Les interprètes, véritables médiums, insufflent à ces extraits une jeunesse insolente, prouvant que le répertoire de Béjart, loin d’être un musée, est un vivier d’émotions contemporaines. Ce voyage kaléidoscopique installe d’emblée une complicité rare avec le public, conquis par cette immersion dans un univers où le classique dialogue avec le populaire, où le geste dansé se fait prière ou cri de révolte.

Puis, la nuit s’est faite plus intense – et L’Oiseau de Feu a pris son envol. Sur la partition puissante et colorée de Stravinsky, la compagnie a déployé une vision de la renaissance qui a embrasé le Théâtre Antique. Loin des contes de fées, Béjart revisite le mythe du Phénix comme une métaphore de la création artistique : une rupture avec les convenances, un bûcher d’où jaillit une beauté neuve et brutale. Les corps, tendus vers l’abîme et la lumière, dessinent dans l’espace des lignes d’une pureté archaïque. Les costumes éclatent en touches de pourpre et d’or, tandis que la danse, puissamment architecturée, traduit l’ascension douloureuse et victorieuse de l’esprit. 

 

 

Mais le temps s’est comme arrêté lorsque les premières mesures du Boléro de Ravel ont retenti. Il y a des œuvres que l’on croit connaître par cœur, et pourtant, à chaque représentation, le choc est identique. La mélodie obstinée de Ravel, rouleau hypnotique qui s’enroule sur lui-même, a trouvé en ce lieu sacré une résonance tellurique. L’interprète central, figure solaire et androgyne, a offert une performance d’une force inouïe. Sur la table ronde et rouge qui devient autel, son corps module une danse répétitive, presque mystique, qui gagne en volume et en ivresse à mesure que l’orchestre imaginaire enfle. Le geste devient incantatoire. Face à lui, le cercle des danseurs, d’abord spectateurs immobiles, s’anime peu à peu, happé par la transe collective, jusqu’à l’embrasement final. 

Il faut saluer la cohérence et l’ambition de ce programme, qui avait débuté sa tournée à La Seine Musicale en mars dernier… et qui la finissait ce soir à Vienne. Rejouer ce triptyque dans un théâtre antique, c’était prendre le risque de la démesure : le Béjart Ballet Lausanne en a fait une victoire. Sous la direction artistique de Julien Favreau, la compagnie ne se contente pas de conserver un héritage, mais le réincarne avec une fougue et une précision qui font mouche à chaque instant.

Alors que le public quittait les lieux, encore sous le choc de cette débauche d’énergie et de beauté, une évidence s’est imposée : nous venions d’assister à une représentation qui fera date, car le mariage entre le génie intemporel de Maurice Béjart et la magie du Théâtre Antique de Vienne a opéré une alchimie parfaite. Une soirée tout simplement inoubliable !…

 

 

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CRITIQUE, festival. VIENNE, Théâtre Antique, le 19 juillet 2026 (21h). « Béjart et nous », « L’Oiseau de Feu », « Boléro » par le Béjart Ballet Lausanne. Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, festival. BEAUNE, 44e Festival International d’Opéra Baroque (Théâtre municipal), le 17 juillet 2026. P. LORENZANI : Nicandro e Fileno. M. Théoleyre, B. de Sansal, E. Bazola, M. Gourlet… Ensemble « La Palatine », Guillaume Haldenwang (direction musicale)

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Ouvert spécialement pour cette 44ème édition du Festival International d’Opéra Baroque, le ravissant Théâtre municipal de Beaune (1882) a servi d’écrin idéal pour cette recréation française d’un des joyaux du baroque italien du 17e siècle : Nicandro e Fileno de Paolo Lorenzani. Une découverte passionnante, avec une distribution et une direction superlatives !

 

Représenté en septembre 1681 dans la Galerie des Cerfs du Château de Fontainebleau (devant le Roi), Nicandro e Fileno de Paolo Lorenzani est une brève pastorale en musique en trois actes dont la durée ne dépasse pas une heure trente. L’intrigue, une sorte de Così fan tutti au masculin, repose sur la volonté de deux amis âgés d’épouser chacun la fille de l’autre. Celles-ci, qui n’en ont aucune envie, ont des vues sur deux jeunes prétendants, Lidio et Eurillo, le premier aussi volage que l’autre est constant. Anticipant en partie les intrigues comiques et les personnages modestes des opéras bouffes et des intermèdes du 18e siècle, l’opéra de Lorenzani est une magnifique synthèse, un passionnant concentré des topoï musicaux de l’esthétique italienne. Lamenti, duos, et arie di sdegno intempestifs, scène de sommeil, l’invention mélodique du compositeur semble sans limites et l’œuvre déroule, sans aucun temps mort, une suite ininterrompue de merveilles musicales. Même les brefs récitatifs sont très expressifs, les formes closes abondent, entrecoupées de mezz’arie, qui donnent l’impression d’une musique constamment chantante, une sorte de recitar cantando qui aurait laissé la place à un cantar recitando désormais de rigueur en Italie depuis le dernier tiers du Seicento.

On ne compte plus les pépites musicales de ce petit chef-d’œuvre d’une irrésistible séduction : le duo alliciant de Nicandro et Fileno au début du premier acte (« Lasciaci dunque in pace »), les nombreux airs pathétiques (« Guidami pur amor » du I, « Amor se nel mio regno » et « Cieli, che legge è questa » du II), la magnifique scène de sommeil (« Con inviti lusinghieri »), au centre même de l’opéra, clin d’œil probable à celle d’Atys, créé cinq ans plus tôt, ou encore une esthétique de la plainte qui culmine dans le sublime lamento de Clori, « Lassa, che far degg’io », à faire fondre les cœurs les plus endurcis. La scène finale, qui célèbre le renoncement des deux amis et la réconciliation des deux jeunes couples amoureux, contient un bref trio (« Al colle, al monte »), qui rappelle le style montéverdien de l’Orfeo, suivi d’un splendide chœur de bergers (« Dal monte, pastori, olà »), chanté par l’ensemble des solistes. L’œuvre parvenue incomplète, puisqu’elle s’intégrait dans un ensemble plus vaste comprenant des intermèdes parlés, est agrémentée de ritournelles provenant de cantates de Lorenzani et d’extraits des Fontaines de Versailles de Delalande, compositeur qui collabora avec Lorenzani.

 

 

Pour redonner vie à cette œuvre captivante de bout en bout, la distribution réunie est remarquable d’engagement scénique et de probité musicale. Dans le rôle des deux compères, le baryton Étienne Bazola, rompu à ce répertoire et habitué du Festival, et la basse Mathieu Gournet, timbre charnu, chaleureux et puissamment projeté, campent respectivement Nicandro et Fileno, avec gourmandise et un sens théâtral réjouissant. Leur fille respective, Filli et Clori, sont brillamment incarnées par la soprano Marie Théoleyre, timbre d’une belle et homogène musicalité, à la diction irréprochable, et par la mezzo Blandine de Sansal à la présence scénique électrisante, aux graves veloutés et – mais c’est une qualité partagée par tous – un sens du drame du meilleur effet. Clément Debieuvre, ténor racé d’une fine musicalité, est un Lidio irrésistible d’ambiguïté, quand il chante son inconstance au début du 2e acte (« Nel mio cor amante / fermezza non v’ha »), ou, à l’inverse, la sagesse retrouvée au 3e acte (« Non v’ho più tanti amori »). Les changements inopinés de situations et de sentiments peuvent surprendre et paraître artificiels ou arbitraires ; c’est oublier que l’artifice est un art que le 17e siècle cultive dans un sens positif et que les sentiments sont plutôt des affects exprimés d’un strict point de vue rhétorique par le texte poétique qui en est le principal réceptacle et par la musique qui les prolongent pathétiquement. Ce sont ces mêmes affects contradictoires qu’incarne le baryton-basse Adrien Fournaison dans le rôle de l’infortuné Eurillo. Toute la gamme des passions y est excellemment habitée, que ce soit dans la séduction amoureuse (« Vaga ninfa » du I), suivi d’une grande scène dramatique et d’un air de fureur (« Vendetta, sì, sì »), dans le dépit amoureux (« Sento un Mongibel al cor »), ou qu’il exprime son désespoir dans un lamento des plus pathétiques (« cieli, che legge è questa »). Pour compléter la distribution et animer davantage cette belle mise en espace, un danseur au physique avantageux, Pierre Théoleyre, campe un Cupidon espiègle et assure avec grâce et maestria les parties chorégraphiques qui achèvent chacun des trois actes.

Au pupitre, Guillaume Haldenwang, dirige avec une précision d’horloger, un enthousiasme communicatif et un sens inné du théâtre son ensemble La Palatine, une dizaine de musiciens à peine, auquel il a su insuffler un dynamisme roboratif, révélant ainsi, avec force et justesse, le langage rhétorique de l’orchestre, non moins essentiel pour exprimer les affects mouvants d’une partition certes modeste, mais musicalement magistrale.

 

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CRITIQUE, festival. BEAUNE, 44e Festival International d’Opéra Baroque (théâtre municipal), le 17 juillet 2026. P. LORENZANI : Nicandro e Fileno. M. Théoleyre, B. de Sansal, E. Bazola, M. Gourlet… Ensemble « La Palatine », Guillaume Haldenwang (direction musicale). Crédit photo (c) Ars Essentia

 

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CRITIQUE, festival. AIX-LES-BAINS, 37ème Festival Lyrique d’Aix-les-Bains (Théâtre du Casino), le 19 juillet 2026 (15h). « Suivez le Guide ! ». L. Paterno, J. Duffau, E. Pancrazi, J. F. Vinciguerra… Compagnie Lychore, Thomas Palmer (piano), Estelle Danvers et Jean-François Vinciguerra (mise en scène)

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Au lendemain du premier spectacle de la 37e édition du Festival lyrique d’Aix-les-Bains, quelle nouvelle fête ! Après la frénésie d »Une Nuit chez Jacques Offenbach », le festival savoyard offrait à son public un nouvelle aventure pleine de fantaisie et de folie, avec le flamboyant « Suivez le Guide ! », nouvelle pépite signée Jean-François Vinciguerra et Estelle Danvers, la directrice artistique de la manifestation culturelle aixoise : un voyage fantaisiste à travers l’opéra-comique, l’opérette et la comédie musicale, toujours en compagnie du fidèle pianiste Thomas Palmer, du magicien des lumières Luc Khiari, et d’une grande parie de la troupe de la veille, à laquelle s’est rajoutée la lumineuse soprano légère Laurène Paterno.

 

Le postulat de cette création originale et ludique ? Un guide touristique (Jean-François Vinciguerra évidemment !) et un groupe de visiteurs (incarné ici par des membres de la troupe Lychore) se retrouvent propulsés dans un univers parallèle à la suite d’un incident électrique. Comme dans le célèbre film Une nuit au musée, les décors, les partitions et les personnages s’animent soudainement. Solistes, choristes et danseurs – jusqu’alors figés, depuis une bonne quinzaine de minutes, au fur et à mesure que le public intégrait la superbe salle du Théâtre du Casino !) – embarquent alors les spectateurs dans un burlesque voyage temporel et musical, où les frontières entre les époques et les genres s’effacent avec une allégresse communicative.

Le ton est d’emblée donné avec le délirant Quatuor chinois extrait de Ba-ta-clan, où Éléonore Pancrazi, Laurène Paterno, Jérémy Duffau et Jean-François Vinciguerra rivalisent d’énergie dans un numéro d’anthologie. La soirée s’annonce éclectique, et elle tiendra toutes ses promesses. On bascule aussitôt dans l’irrésistible « Aux armes ! » d’Orphée aux Enfers, porté par les quatre chanteurs et le Chœur du Festival Lyrique, avant que Laurène Paterno ne nous offre un moment de grâce avec « J’aurais voulu danser » tiré de My Fair Lady, prouvant que l’opérette peut volontiers tendre la main à la comédie musicale. La Belle Hélène n’est pas en reste : les chœurs nous gratifient des deux facétieux couplets d‘« Voici le bouillant Achille » et « Voici le roi barbu Agamemnon », dans une mise en scène qui joue avec malice des clichés de la Grèce antique revisités par Offenbach… et Jean-François Vinciguerra ! Jérémy Duffau en brigand impénitent (mais grimé ici en mariachi), nous régale ensuite de son interprétation truculente de « Y’a des gens qui se disent espagnols » (Les Brigands), tandis qu’Éléonore Pancrazi (en Baronne allemande au fort accent teutonique) incarne avec une verve irrésistible l’Alsacienne de Lischen et Fritzchen aux côtés de Jean-François Vinciguerra (affublé, lui, d’un costume de Général romain).

La Grande-Duchesse de Gérolstein fait ensuite son entrée avec l’étincelant « Dites-lui qu’on la remarque », où la complicité entre Éléonore Pancrazi et Jérémy Duffau atteint des sommets. Puis vient le temps de l’évasion viennoise : Laurène Paterno et Jérémy Duffau nous offrent le délicat « Prendre le thé à deux » extrait du Pays du Sourire de Lehár, tandis que la Compagnie Lychore déploie toute sa grâce dans un superbe Ballet chinois tiré de la même œuvre. Le spectacle s’emballe avec les Cloches de Corneville de Planquette (« Ding, ding, dong, sonne donc ») portées par Laurène Paterno et le Chœur du festival lyrique, avant de plonger dans l’ivresse straussienne : « Vive le Champagne » de La Chauve-Souris fait tourner les têtes, et l’« Unter Donner und Blitz » de Johann Strauss, magnifiquement dansé par la Compagnie Lychore, électrise la salle. Le final de l’acte II de La Chauve-Souris réunit alors tous les artistes pour un premier bouquet grandiose.

Dans la Seconde partie, place à la rêverie avec le Divertissement des Songes et des Heures extrait d’Orphée aux Enfers, où Éléonore Pancrazi, le chœur et les danseurs de Lychore créent une atmosphère onirique, avant que Jean-François Vinciguerra ne surgisse avec le truculent « Par Saturne, quel est ce bruit » qui renoue avec la farce. Laurène Paterno, en héroïne lunatique, livre un touchant « Je suis nerveuse » du Voyage dans la Lune, tandis que Vinciguerra, en pauvre laitier rêveur, émeut la salle avec « Ah, si j’étais riche » du Violon sur le toit, prouvant que l’humour le plus débridé côtoie ici l’émotion la plus sincère. De son côté, Éléonore Pancrazi reprend les rênes avec l’explosif « Ah ! que j’aime les militaires » de La Grande-Duchesse, avant de partager avec Laurène Paterno les « Jours fortunés » de La Fille de Madame Angot de Lecocq, un duo d’une élégance rare. La folie douce atteint son paroxysme avec le hilarant « Sautez dessus » de La Périchole, où Jean-François Vinciguerra, Éléonore Pancrazi, Jérémy Duffau, Jean-Charles Caustier et Antoine Perrier, emmenés par le chœur, transforment la scène en un véritable cirque lyrique.

Et puis vient le grand final : Jérémy Duffau, en véritable chef d’orchestre de la fête, enchaîne un pot-pourri irrésistible de mélodies de Francis Lopez – « Il est un coin de France » du Chanteur de Mexico, « La belle de Cadix », « Rossignol de mes amours », « Andalousie », « L’amour est un bouquet de violettes » des Violettes impériales, « Gipsy » et « Mexico » – dans une débauche de couleurs, de voix et de mouvements où chœur et ballet semblent ne faire plus qu’un. La salle, conquise, reprend en chœur les refrains les plus célèbres, avant que le vibrant « C’est l’amour » tiré des Saltimbanques de Louis Ganne ne réunisse l’intégralité de la troupe pour un ultime adieu chargé d’émotion.

 

 

Avec « Suivez le guide », Jean-François Vinciguerra et Estelle Danvers ont offert au public un spectacle total, un véritable patchwork de bonheur où chaque numéro est une surprise, chaque interprète un joyau. Les lumières de Luc Khiari, tantôt feutrées, tantôt explosives, ont accompagné cette chevauchée fantastique avec un brio constant, tandis que le pianiste Thomas Palmer, véritable âme musicale de la soirée, a tenu la barre avec une énergie et une virtuosité impressionnantes.

En quatre ans, Estelle Danvers a insufflé au Festival Lyrique d’Aix-les-Bains une vitalité et une audace qui font désormais son identité. Cette édition 2026 restera comme celle où l’opérette, libérée des ors poussiéreux, est devenue une fête populaire, généreuse et résolument moderne. Alors, quand le guide nous invite à le suivre, on n’hésite plus qu’une seconde : on embarque, et on en redemande !

 

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CRITIQUE, festival. AIX-LES-BAINS, 37ème Festival Lyrique d’Aix-les-Bains (Théâtre du Casino), le 19 juillet 2026 (15h). « Suivez le Guide ! ». L. Paterno, J. Duffau, E. Pancrazi, J. F. Vinciguerra. Compagnie Lychore, Thomas Palmer (piano), Estelle Danvers et Jean-François Vinciguerra (mise en scène). Crédit photo (c) Andéol Ribon

 

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CRITIQUE CD événement. LATE ROMANTIC MUSIC for violin and piano. Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano : Dohnanyi, Janacek, Tchaikovski, Saint-Saëns (1 cd Et’cetera records 2025)

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Le nouveau disque du violoniste Bruno Monteiro souligne sa complicité artistique féconde avec le pianiste João Paulo Santos ; un duo volubile et éloquent qui poursuit et approfondit encore, dans ce programme éclectique, une entente artistique évidente. C’est déjà le 5è album ainsi enregistré ensemble, confirmant une homogénéité artistique et stylistique, dans le sens d’une véritable conversation musicale. Les défis sont multiples, de Saint-Saens à Janacek, sans omettre l’ardente sensibilité du complexe et séduisant Ernö Dohnanyi, ou de l’élégance d’un Tchaikovski plein de gratitude…

 

 

 

 

 

Ambitieux et exigeant, le programme débute avec deux pièces maitresses, signées Dohnanyi puis Janacek. L’opus 21 d’Ernö Dohnanyi est l’une de ses partitions les plus jouées jusqu’en 1950. L’auteur, pianiste admiré, aimant la jouer avec le violoniste Albert Spalding. La Sonate clairement néo romantique, concentre la maîtrise du professeur à Berlin, alors qu’en 1921, scandalise « Pierrot lunaire » de Schönberg. Fluides et enchaînés, les 3 mouvements soulignent l’ancrage hongrois et le langage schumanien, surtout brahmsien de Dohnanyi (né à Brattislava).
Le duo soulignent avec délicatesse l’héritage Brahmsien et la couleur sentimentale du premier Allegro (appassionato), aux teintes plus printanières qu’automnales. Le 2è Allegro (ma von tenerezza) qui suit est très personnel ne relevant d’aucune influence viennoise antérieure ; plutôt fusion originale des esthétiques assimilées, ce dans une écriture de fait d’une tendresse (tenerezza) rêveuse, … d’une fluidité funambule dans le geste des deux interprètes. Le 3è et ultime allegro, d’une activité ardente, presque impérieuse réserve au violon une ample modulation frémissante, intérieure, passionnée (Vivace assai), qui absorbe idéalement toutes les tensions antérieures pour finir dans un calme recouvré et chantant.

Composée au printemps 1914, « en attendant les russes », la seule Sonate de Janacek totalement achevée, s’inscrit dans le climat de son opéra Katia Kabanova (premier thème du Con moto initial). Les deux interprètes éclairent ce bouillonnement souterrain, cette agitation pulsionnelle, propre au caractère même de la Sonate, passionné et rhapsodique, entre intériorité intense, liberté du geste et du développement formel. Beau contraste avec le sens de la « Ballada » qui suit : les instrumentistes éclairent l’idée d’un conte populaire et ancien qui se mue peu à peu en rêve nocturne … pour plonger dans le mystère et le secret intime, mouvement constant chez Janacek. L’Allegretto renoue également avec l’urgence intérieure et sentimentale de Katia Kabanova… : une sorte de labyrinthe harmonique mouvant qui jubile dans un contrepoint lui aussi à la fois complexe et sinueux, dans l’esprit d’un scherzo alla russe… Le Finale est le plus redoutable : inquiet, tendu, riche en confrontation voire opposition. Peu d’œuvres ont placé comme deux combattants, les deux instrumentistes ainsi affrontés (Poco più mosso), comme dos à dos (Maestoso)… rageur, le violon inflige ses coups d’archets nets, percutants, définitifs. Les deux instruments semblent exprimer chacun sa propre histoire tragique, sans écouter l’autre, ou par intermittences, finissant d’instaurer ce climat intranquille et d’une inclassable direction (éclatement, double chant ?), ambivalence structurelle qui fonde le coeur même de la partition. Pourtant, la complicité des deux instrumentistes expriment au plus profond les enjeux psychiques et les résonances intimes que contient la séquence captivante : entre les éclairs parsemés, s’écoule une cantilène qui semble jaillir des tréfonds de la mémoire. Le tout dans cette atmosphère lunaire et spectrale que les deux interprètes dessinent avec fermeté. Difficile et d’un abord âpre, la Sonate de Janacek interpelle en raison de la multiplicité de ces séquences, la versatilité de ses caractères qui pourtant exprime une hypersensibilité souterraine réellement captivante ; ce que comprennent les deux instrumentistes.

Le « lieu cher » que Tchaikovski célèbre dans son opus 42 (1878), est la résidence de Brailovo, où après l’échec de son mariage (et le désastre psychique s’en suit), le compositeur se reconstruit dans la propriété spectaculaire que sa protectrice Madame Von Meck met à sa disposition… Le triptyque rend grâce et exprime un retour à l’équilibre mental. La « Méditation » est la première esquisse pour la Canzonetta de son Concerto pour violon (précédemment composé en Suisse à Clarens) ; nerveux, presque incisif, le « Scherzo » est une impérieuse tarentelle qui confirme les dons du mélodiste ; enfin la « Mélodie » (en mi bémol majeur) d’une inspiration manifeste, est l’offrande pleine de gratitude à sa mécène, un cadeau qui est aussi un présent tout à fait adapté à l’esprit des salons, – et qu’illustre parfaitement le choix du visuel de couverture du présent album : portrait de femme, dans un style élégant et mondain (à la fois nonchalant et subtil, signé John S. Sargent, 1892)… Le violon de Bruno Monteiro exprime toute la finesse requise des ces pièces raffinées.

Comme une révérence pleine de nostalgie et d’élégance, l’Introduction et Rondo capriccioso de Saint-Saëns (1863) compose le meilleur final : virtuose et d’une fluidité lyrique si proche du chant. Caprices et caractère, ivresse et impérieuse confession voire déclaration démonstrative, le chant du violon (initialement écrit pour l’excellent Pablo de Sarasate) redouble d’intensité expressive et de saisissants contrastes rythmiques. Défis relevés avec ardeur et complicité là encore par Bruno Monteiro et João Paulo Santos.

 

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CRITIQUE CD événement. LATE ROMANTIC MUSIC for violin and piano. Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano : Dohnanyi, Janacek, Tchaikovski, Saint-Saëns (1 cd Et’cetera records 2025) – enregistré au Portugal, en déc 2025.

 

 

JOHN S SARGENT : Portrait de Lady Agnew of Lochnaw (1892) – DR

 

 

 

 

 

LIRE aussi notre annonce présentation du cd LATE ROMANTIC MUSIC par Bruno Monteiro :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-bruno-monteiro-violon-late-romantic-music-for-violin-and-piano-dohnanyi-janacek-saint-saens-joao-paulo-santos-piano1-cd-etcetera/
À nouveau dans ce nouveau programme, le violoniste Bruno Monteiro en complicité avec son partenaire familier le pianiste João Paulo Santos, complète son exploration des pièces majeures pour violon et piano au carrefour des deux siècles, quand le romantisme fin de siècle éclaire de ses derniers feux, les prémices de la modernité du premier XXeme. L’apport découle d’une lecture attentive des influences et des styles mêlés entre classicisme, romantisme, singularités propres à chaque compositeur

 

 

 

LIRE aussi les 2 dernier cd de Bruno Monteiro, critiqués sur CLASSIQUENEWS (coups de coeur de la Rédaction) :
CRITIQUE CD. PROKOFIEV : Sonates pour violon opus 80, opus 94, 5 mélodies opus 35bis – Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano (1 cd Etcetera) / Nov 2025 :
https://www.classiquenews.com/critique-cd-prokofiev-sonates-pour-violon-opus-80-opus-94-5-melodies-opus-35bis-bruno-monteiro-violon-joao-paulo-santos-piano-1-cd-etcetera-enregistre-en/

 

CRITIQUE CD. PROKOFIEV : Sonates pour violon opus 80, opus 94, 5 mélodies opus 35bis – Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano (1 cd Etcetera)

 

 

CRITIQUE CD événement. The Franco-Belgian Album : Vieuxtemps, Franck, Fauré, Saint-Saëns. BRUNO MONTEIRO, violon / JOAO PAULO SANTOS, piano (1 cd Et’cetera)
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-the-franco-belgian-album-vieuxtemps-franck-faure-saint-saens-bruno-monteiro-violon-joao-paulo-santos-piano-1-cd-etcetera/

CRITIQUE CD événement. The Franco-Belgian Album : Vieuxtemps, Franck, Fauré, Saint-Saëns. BRUNO MONTEIRO, violon / JOAO PAULO SANTOS, piano (1 cd Et’cetera)

 

 

LIRE aussi l’ensemble des critiques des cd de Bruno Monteiro sur CLASSIQUENEWS : https://www.classiquenews.com/?s=bruno+monteiro

 

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CRITIQUE, festival. AIX-LES-BAINS, 37ème Festival Lyrique d’Aix-les-Bains (Théâtre du Casino), le 18 juillet 2026. « Une Nuit chez Jacques Offenbach ». P. Courtin, E. Pancrazi, J. Duffau… Thomas Palmer (piano), Estelle Danvers (chorégraphie), Jean-François Vinciguerra (réalisation)

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Ce samedi 18 juillet, le Théâtre du Casino d’Aix-les-Bains ouvrait en grande pompe la 37ᵉ édition du Festival Lyrique, désormais placée depuis quatre ans sous la houlette imaginative d’Estelle Danvers (avec aussi la complicité participative de Marion Bonnet, présidente d’Aix Lyrique). Et quel spectacle pour lancer cette édition 2026, placée sous le signe de l’esprit de Jacques Offenbach ! « Une Nuit chez Jacques Offenbach ! », conçu par le trublion Jean-François Vinciguerra, a fait souffler un vent de fantaisie débridée sur la ville thermale, confirmant la réputation de ce spectacle qui étourdit les scènes françaises depuis déjà plusieurs années.

Une Nuit chez Jacques Offenbach :
la folie douce fait son festival à Aix-les-Bains!

D’emblée, les spectateurs sont plongés dans l’univers unique du « Petit Mozart des Champs-Élysées ». L’histoire ? Un prétexte parfait pour le délire : dans la salle à manger d’un château (forcément hanté…), et par une nuit d’orage, des personnages fantomatiques figés depuis 1880 s’animent sous l’impulsion de la Muse d’Hoffmann. Ces « ectoplasmes attachants », comme les qualifie le programme de salle, flirtent avec l’esprit de la Famille Adams et nous entraînent dans une véritable « folie branquignolesque ». C’est dans cette veine que Jean-François Vinciguerra excelle, alternant avec une maestria folle les grands tubes des opérettes d’Offenbach (dont beaucoup de pages méconnues !…), prouvant s’il en était besoin la richesse inépuisable du compositeur allemand.

 

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Car le spectacle est aussi un formidable tour de chant, un véritable best-of en forme de puzzle joyeux. On y croise pêle-mêle les bouffonneries parisiennes de La Vie parisienne – dès l’ouverture avec « À minuit sonnant » (chanté avec le velours de la voix d’Eléonore Pancrazi, « Marraine » de l’édition 2026 du festival !) – et l’irrésistible « Feu partout » qui viendra clore la soirée en bis ! –, les excentricités exotiques de Ba-ta-clan avec son délire « Axaxo, tapioca, macaroni, fritura » (interprété par l’irrésistible Thomas Morris), ou encore les délices gourmands du « Trio du jambon de Bayonne » de Tromb-al-ca-zar, sans oublier la célèbre « Poularde » de La Créole (délivrée par les deux  compères Thomas Morris et Jean-François Vinciguerra). L’ivresse s’invite avec l’air de « La Griserie » extrait de La Périchole (par une Eléonore Pancrazi totalement – mais faussement – éméchée), tandis que l’émotion affleure dans le « Rêve » du Pont des Soupirs, chanté depuis l’un des balcons d’avant-scène par le jeune et talentueux ténor Jérémy Duffau – ou encore le poignant « Des cendres de mon cœur » des Contes d’Hoffmann, dont le célébrissime « Belle nuit, ô nuit d’amour » avait été magnifié, un peu plus tôt dans la soirée, par les excellentes Pauline Courtin et Eleonore Pancrazi… juchées sur le piano de Thomas Palmer (photo principale) !

Les amateurs de raretés sont également comblés : le « Quatuor des Ruines » du Roi Carotte, les « Petites cuillères » de L’Île de Tulipan, ou encore l’hilarant « Trio du Grill » de Pomme d’api côtoient des pages plus sombres comme « La Migraine » de La Fille du tambour-major ou le décalé « Il neige » du Voyage dans la Lune. Chaque numéro est un prétexte à un nouvel excès, une nouvelle pirouette scénique, porté par une distribution de chanteurs-acteurs tous aussi épatant les uns que les autres. Mais la soirée ne serait pas complète sans l’apport des corps. Estelle Danvers, directrice artistique du festival et chorégraphe du show, a amené avec elle sa Compagnie Lychore, un ballet de huit danseurs qui insuffle une énergie visuelle renversante au spectacle. Leur intervention, ponctuée par un somptueux ballet extrait du Papillon et par le Cancan endiablé du deuxième bis, apporte une respiration et une sensualité qui équilibrent à merveille la frénésie verbale – secondés ici par le Chœur du Festival Lyrique.

 

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Sur le plateau, la jeune garde lyrique est à la fête. On retrouve avec plaisir Pauline Courtin, Éléonore Pancrazi, Jérémy Duffau, Thomas Morris et Antoine Perrier, véritables caméléons scéniques aussi à l’aise dans l’ivresse de La Périchole que dans les mélancolies des Contes d’Hoffmann. Le maître de cérémonie lui-même, Jean-François Vinciguerra, ne se prive pas de monter sur les planches pour partager la vedette avec sa troupe, multipliant les apparitions dans des numéros d’anthologie comme le survolté « À tous les métiers, moi j’excelle » extrait du rare Pépito. Et que dire des lumières de Luc Khiari, qui transforment le Théâtre du Casino en un cocon surréaliste, oscillant entre l’orage menaçant et l’éclat des feux de la rampe ?!…

En quelques années, sous la direction d’Estelle Danvers, le Festival Lyrique d’Aix-les-Bains s’est imposé comme un rendez-vous incontournable de l’été savoyard. En proposant des spectacles qui « savent faire rire, émouvoir et faire réfléchir en même temps », la directrice insuffle une modernité bienvenue à un répertoire parfois jugé poussiéreux. La 37ᵉ édition ne déroge pas à la règle, et à la sortie de ce voyage musical, ponctué par les rires et l’émotion, on n’avait qu’une envie… suivre le guide avec… « Suivez le Guide ! », le titre du second spectacle du festival, une nouvelle escapade lyrique à vivre dès le lendemain (et dont le compte-rendu sera à lire dans ces mêmes colonnes… dès demain) !

 

 

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CRITIQUE, festival. AIX-LES-BAINS, 37ème Festival Lyrique d’Aix-les-Bains (Théâtre du Casino), le 18 juillet 2026. « Une Nuit chez Jacques Offenbach ». P. Courtin, E. Pancrazi, J. Duffau… Thomas Palmer (piano), Estelle Danvers (chorégraphie), Jean-François Vinciguerra (réalisation). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu et ANDEOL RIBOND (*)

 

 

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CRITIQUE, festival. ST REMY DE PROVENCE, 11ème Festival de Glanum (Site Archélologique), le 17 juillet 2026. « Les Grands Airs de la Nuit » avec Romain Leleu (et son sextet), Marina Viotti, Gabriel Bianco et Leonard Disselhorst

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La deuxième soirée du Festival de Glanum, placée sous le signe du clair-obscur et de l’imaginaire, avait comme titre « Les Grands Airs de la Nuit« , et a également tenu toutes ses promesses. Le mirifique Site Antique de Glanum s’est fait l’écrin d’un double programme conçu comme un véritable voyage au cœur de la nuit, d’abord avec le Romain Leleu Sextet, puis grâce à l’incandescente Marina Viotti – venue avec ses deux acolytes Gabriel Bianco (à la guitare) et Léonard Disselhorst (au violoncelle).

 

Première partie : l’éclat virtuose du Romain Leleu Sextet

Avec le fameux morceau Nacht und Träume de Schubert, la trompette de Romain Leleu s’est imposée comme une véritable voix, claire et suave, capable de saisir toute l’intériorité du lied. Le timbre, loin d’être uniforme, a déployé une palette de nuances infinies, dans un dialogue d’une parfaite alchimie avec le quintette à cordes. Les arrangements, signés Manuel Doutrelant, ont magnifié ce répertoire en lui insufflant une vie nouvelle, respectant toujours le caractère intime des pièces originales.

Le public provençal, captivé, a ensuite été transporté par l’incroyable palette expressive du sextet. Le Roi des Aulnes de Schubert a révélé un sommet dramatique, où la trompette, tour à tour lancinante et impérieuse, a parfaitement incarné la chevauchée fantastique. Puis, avec le Bœuf sur le Toit de Milhaud, la soirée a basculé dans une pétillante ivresse, évoquant l’esprit des années folles et des cabarets parisiens. La transition était fluide, comme une invitation à un rêve éveillé.

La maîtrise technique de Romain Leleu, qui a valu à cet artiste d’être salué comme le « Paganini de la trompette », s’est exprimée avec une évidence confondante, notamment dans la Fantaisie sur Norma d’Arban, où la virtuosité la plus éclatante s’est muée en pur chant. Les échanges avec les cordes, tout en équilibre, ont donné naissance à une musique tantôt incisive, tantôt d’une douceur envoûtante.

Les extraits de Psycho de Bernard Herrmann ont plongé l’auditoire dans une atmosphère troublante, tandis que les mélodies de Nino Rota évoquaient avec nostalgie l’univers onirique de Fellini. Enfin, la seconde partie de ce premier volet s’est achevée dans une fièvre joyeuse, avec les standards de jazz Round Midnight de Thelonious Monk et Night in Tunisia de Dizzy Gillespie. La trompette, libre et incandescente, a dansé avec les cordes, célébrant la nuit dans sa dimension la plus festive et sensuelle.

 

Deuxième partie : l’intimité lumineuse de Marina Viotti, Gabriel Bianco et Léonard Disselhorst

Sans entracte, mais dans une continuité parfaite, la soirée a pris un tour plus intimiste, tout en gardant une intensité dramatique saisissante. La magnifique mezzo-soprano Marina Viotti – accompagnée à la guitare par le virtuose Gabriel Bianco et au violoncelle par le bondissant Léonard Disselhorst – a offert un moment de grâce pure.

Dès les premières mélodies de Tchaïkovski (« Nje ver, moj drug« ) et de Pauline Viardot (« Die Sterne« ), la voix de Marina Viotti s’est imposée comme un instrument d’une richesse inouïe, chaleureuse et cuivrée, capable de la plus grande délicatesse  Sa diction, d’une clarté parfaite, donnait à chaque mot sa juste profondeur, dans un naturel désarmant. L’accompagnement de Gabriel Bianco, à la technique redoutable et à la sensibilité à fleur de peau, a tissé un écrin sonore d’une finesse exceptionnelle, faisant de ce duo un dialogue amoureux où chaque silence était une émotion, tandis que le violoncelle de Léonard Disselhorst ajoutait une couleur supplémentaire à ce tableau, renforçant la profondeur et la dimension chambriste de l’ensemble. Deux mélodies françaises ont suivi, installant un climat d’une intimité rare. La Nuit d’Espagne de Jules Massenet, avec ses couleurs ibériques et sa sensualité envoûtante, a vu la voix de Marina Viotti se faire tour à tour chaude et mystérieuse, comme une promesse murmurée sous les étoiles. Les Cygnes de Reynaldo Hahn, d’une délicatesse infinie, avaient déployé toute la poésie de ce compositeur de l’ombre, avec des inflexions d’une douceur presque fragile, portées par les accords lumineux de Gabriel Bianco. L’auditoire retenait son souffle.

Puis vint Nantes de Barbara. Là, tout bascula. La célèbre chanson se fit confidence à ciel ouvert, telle une prière laïque murmurée plutôt que chantée. La voix de Marina Viotti, dépouillée de tout artifice, semblait à peine exister, tant elle était retenue, intérieure, presque brisée. Les mots de la chanson, ce récit d’amour perdu et de retour impossible, résonnaient dans l’air encore brûlant de Glanum avec une force insensée. On entendait à peine le bruissement des cordes de la guitare, tant le silence qui les entourait était précieux. Les larmes montaient aux yeux, les gorges se serraient. Ce n’était pas un simple hommage à la grande dame de la chanson française, mais une résurrection, une incarnation, comme si Barbara elle-même avait prêté sa voix à cette mezzo-soprano venue d’ailleurs. Le public n’osait plus respirer, de peur de briser ce sortilège, et nous en avons encore la gorge serrée, rien qu’en repensant à ce petit moment d’éternité offert par Marina Viotti au public !

Ce sont ensuite deux chants traditionnels, du Maroc (« Li Ayyi Sabbab« ) et de Palestine (« Ya Taleen« ), qui ont donné de nouveau le frisson et fait battre les coeurs, interprétés avec une émotion contenue, et témoignant de la capacité de l’Artiste à s’approprier les répertoires les plus divers avec une sincérité bouleversante. Le programme, parsemé également de pièces instrumentales – comme la célèbre Bachianas Brasileiras n°5 de Heitor Villa-Lobos, par la guitare et sous les doigts magiques de Gabriel Bianco, ou encore Black Run de Svante Henryson pour violoncelle solo par le virtuose Léonard Disselhorst – a démontré une audace et une cohérence remarquables, où les frontières entre classique, populaire et tradition s’effacent pour ne laisser place qu’à la beauté pure.

Et le voyage s’est clôturé par les Cinco canciones negras de Xavier Montsalvatge, où la voix a puisé dans des couleurs plus âpres et telluriques, exprimant avec une verve dramatique intense toute la passion et la douleur des chants populaires. Le timbre de la mezzo-soprano s’est alors fait plus puissant, plus charnel, pour incarner la Cuba profonde et son héritage espagnol. Le public a été conquis par cette hispanité plus vraie que nature. Et c’est avec un bis extrait de Buena Vista Social Club, la déchirant « Dos Gardenias« , que les trois artistes ont pris congé d’un public chauffé à blanc par cet électrisante soirée.

Ce second volet du festival, voulu comme une « Ôde à la Nuit » a été une célébration de l’émotion à l’état brut, une exploration sensible des multiples facettes de la nuit, de l’introspection à la fête, de la mélancolie à l’espérance. La complicité entre les différents musiciens des deux formations, réunies ce soir sous le ciel étoilé de Provence, leur évidente joie de jouer ensemble, a irradié le public, créant une communion rare. Une fois de plus, la magie du lieu et le talent exceptionnel des interprètes se sont rejoints pour offrir un moment de musique inoubliable !

 

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CRITIQUE, festival. ST REMY DE PROVENCE, 11ème Festival de Glanum (Site Archélologique), le 17 juillet 2026. « Les Grands Airs de la Nuit » avec Romain Leleu (et son sextet), Marina Viotti, Gabriel Bianco et Leonard Disselhorst. Crédit photographique (c) David Richalet

 

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CRITIQUE, opéra. SOFIA, Place de la Cathédrale Alexandre-Nevski, les 10 & 11 juillet 2026. MASCAGNI / LEONCAVALLO : Cavalleria Rusticana / I Pagliacci. Francesco ROSA / Plamen KARTALOFF

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Un immense succès a marqué l’ouverture de la programmation estivale 2026 du cycle « Opéra sur la Place » de l’Opéra de Sofia, qui a proposé, en plein air, sur la Place de la cathédrale Alexandre-Nevski, au centre de la capitale bulgare, le célèbre diptyque Cavalleria rusticana et I Pagliacci, chefs-d’œuvre du vérisme italien signés Pietro Mascagni et Ruggero Leoncavallo.

 

Sur le plan vocal, la représentation a atteint un niveau particulièrement élevé. Dans Cavalleria rusticana, la soprano bulgare Gabriela Georgieva a campé une Santuzza d’une belle intensité, servie par une voix au timbre somptueux, aux accents dramatiques, ample et puissante, conduite avec une parfaite assurance et une solide maîtrise technique. Sur le plan interprétatif, elle a livré un portrait psychologique abouti et intense, traduisant par son chant, dans ses affrontements d’abord avec le ténor puis avec le baryton, la profonde implication de Santuzza. Sa voix, riche de sentiments et de dramatisme, a su éviter tout excès. Son « Inneggiamo… » fut l’un des moments de chant les plus remarquables de la soirée.

En alternance dans le rôle, sa compatriote Radostina Nikolaeva a fait valoir une voix puissante, dotée d’aigus sûrs et d’un registre central d’une appréciable consistance. Si sa ligne de chant n’a pas toujours fait preuve d’une homogénéité irréprochable, elle a néanmoins offert une prestation vocale très méritoire, dont le sommet fut son interprétation de « Voi lo sapete, o mamma… ». Elle s’est montrée moins convaincante dans le reste de l’ouvrage, notamment sur le plan dramatique, composant une Santuzza froide et distante, dépourvue de cette italianità indispensable au personnage. Cette réserve s’est révélée particulièrement sensible dans ses scènes avec le Turiddu tout de feu et de passion du ténor italien Vincenzo Costanzo, dont la voix chaleureuse, richement lyrique, couronnée d’aigus éclatants et parfaitement assurés, donnait vie avec une remarquable force expressive au paysan sicilien infidèle et impulsif. Son bouleversant « Addio alla mamma », chanté avec une émotion à fleur de peau, aurait pu émouvoir jusqu’à une pierre. Dans l’autre distribution, le vétéran ténor bulgare Kostadin Andreev, véritable institution de la scène lyrique de son pays, pourrait désormais songer à transmettre le flambeau, tant il lui est devenu difficile d’offrir une interprétation à la hauteur de sa longue et brillante carrière. Sa voix, autrefois robuste et métallique, accuse désormais inexorablement les effets du temps et, si les aigus sont encore présents, la ligne de chant s’est révélée totalement dépourvue d’homogénéité, tandis qu’un phrasé outrancier et dénué de tout raffinement transformait son interprétation en une véritable épreuve pour l’oreille. Les sopranos bulgares Ina Petrova et Tsveta Sarambelieva ont rempli avec assurance les exigences vocales du rôle de Lola, l’épouse d’Alfio, tout en apportant la juste dose de sensualité requise par le personnage. La participation de la mezzo-soprano Vesela Yaneva constituait un véritable luxe : sa Mamma Lucia, profondément humaine, crédible et dotée d’une forte présence scénique, s’est imposée avec évidence.

 

 

Dans I Pagliacci, l’une des plus agréables surprises de la soirée fut le ténor franco- tunisien Amadi Lagha, remarquable interprète du clown trompé. Doté d’une voix sombre et virile de ténor spinto, proche par son poids et sa couleur du répertoire dramatique, il a administré avec intelligence un instrument au registre central large et consistant, couronné par des aigus solides et brillants. Toutes ces qualités lui ont permis d’aborder avec une autorité naturelle un rôle qui semblait taillé sur mesure pour sa voix. Scéniquement, il s’est montré totalement investi, traduisant avec une remarquable efficacité l’effondrement psychologique progressif de Canio. Son « Vesti la giubba », d’une irrésistible puissance dramatique et d’une intensité expressive exceptionnelle, a déclenché une ovation triomphale.

Dans le rôle de Nedda, Stanislava Momekova a séduit par le charme du timbre de sa voix lyrique, sa musicalité et le raffinement de son chant. Son aria « Stridono lassù… », porté par un legato impeccable, des vocalises fluides et une expression profondément émouvante, a constitué l’un des sommets de la représentation. Sa partenaire en alternance, Milla Mihova, a abordé le rôle avec un instrument au timbre peu séduisant, une ligne de chant inégale et des aigus souvent tendus, voire forcés. On retiendra toutefois son tempérament scénique et le soin apporté au phrasé, qualités qui ne suffisaient cependant pas à élever une prestation par ailleurs assez discrète de l’épouse infidèle de Canio. Doté d’une voix au timbre viril et séduisant, d’une projection généreuse, d’un legato d’une rare élégance et d’un art de la déclamation toujours expressif et intelligemment nuancé, le jeune baryton Atanas Mladenov a composé un Silvio de tout premier ordre. Quant au jeune ténor Emil Pavlov, il a conféré une réelle distinction au personnage de Beppe/Arlecchino, se distinguant tout particulièrement dans la célèbre sérénade, interprétée avec une élégance et un raffinement exemplaires.

Relever la tâche presque homérique d’incarner, cinq fois de manière consécutive (!), le vindicatif Alfio dans Cavalleria rusticana et, lors des deux dernières soirées, le perfide Tonio dans I Pagliacci : tel fut le défi assumé par l’inoxydable baryton argentin Fabián Veloz, qui a remporté un nouveau triomphe personnel à l’occasion de ses débuts sur cette scène. Il a démontré une fois encore pourquoi il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs barytons de sa génération et comme une référence majeure dans ces deux rôles. Dans une forme vocale exceptionnelle, il s’est imposé avec une autorité absolue dans deux personnages qu’il connaît jusque dans leurs moindres détails et dont il a su exploiter tout le potentiel vocal et dramatique. Possédant une voix à la couleur séduisante, fraîche et parfaitement homogène sur toute la tessiture, capable d’une infinie palette de nuances et de clair-obscur, ainsi qu’un phrasé d’une noble éloquence constamment mis au service du texte, il a offert une véritable leçon de chant du premier au dernier instant.

 

 

Autre grand artisan de cette brillante soirée, le Chœur de l’Opéra de Sofia, admirablement préparé par Violeta Dimitrova, a une nouvelle fois confirmé son excellence au cours d’une prestation de tout premier ordre. Ses interventions, toujours précises et parfaitement fondues, ont atteint leurs sommets dans le célèbre « Regina Coeli » de Cavalleria rusticana et dans le festif « Don, din, don… » de I Pagliacci, tous deux chaleureusement ovationnés par le public.

À la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Sofia, le chef italien Francesco Rosa a fait preuve d’une profonde connaissance des deux partitions, mettant admirablement en valeur la richesse de leurs couleurs orchestrales tout en coordonnant avec efficacité et sensibilité le travail des musiciens et des chanteurs. Sa lecture s’est distinguée par son intensité expressive, le soin apporté aux contrastes dynamiques, la fluidité du discours musical et une tension dramatique constamment maintenue du début à la fin.

La mise en scène de Plamen Kartaloff – coproduite avec les Opéras de Modène, Plaisance et Rimini – proposait un spectacle traditionnel, cohérent et d’une grande force théâtrale, fidèle au livret et conçu de manière à laisser se développer l’action dramatique avec une parfaite fluidité et sans le moindre effet gratuit. Les deux ouvrages partageaient un même espace scénique — la place d’un village du sud de l’Italie —, solution qui facilitait non seulement la transition entre les deux opéras, mais renforçait également leur unité dramatique. Les mouvements scéniques des solistes comme des masses chorales, d’une remarquable précision, méritent également d’être salués. La scénographie fonctionnelle de Giacomo Andrico, aux tonalités plus sombres dans Cavalleria rusticana et plus éclatantes dans I Pagliacci, séduisait autant par ses qualités plastiques qu’elle constituait un cadre idéal au déroulement de l’action. L’une des plus grandes réussites de la production résidait dans l’intégration particulièrement intelligente de l’imposante Cathédrale Alexandre-Nevski, située derrière la scène, au cœur même de l’action de Cavalleria rusticana, transformée en un élément dramatique d’une impressionnante force visuelle. On s’est montré en revanche plus réservé devant l’entrée d’Alfio en automobile ainsi que l’arrivée de la troupe de comédiens en camionnette, Silvio au volant. Les magnifiques costumes de Nela Stoyanova et les lumières de Stefano Mazzanti, créant des atmosphères aussi évocatrices qu’efficaces, ont également largement contribué à la réussite du spectacle. D’interminables ovations ont salué les artistes à l’issue de la représentation, témoignant de l’enthousiasme du public.

 

 

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CRITIQUE, opéra. SOFIA, Place de la Cathédrale Alexandre-Nevski, les 10 & 11 juillet 2026. MASCAGNI / LEONCALLO : Cavalleria Rusticana / I Pagliacci. Francesco ROSA / Plamen KARTALOFF/ Crédit photographique © Droits réservés

 

 

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Menuhin Festival Gstaad 2026, 16 juil – 5 sept 2026 (Temps forts 4). Lancement de la 70ème édition : « Family Matters »…

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Flamboyante et prometteuse soirée d’ouverture d’ouverture mercredi soir dans la magnifique église de Saanen (cœur historique du Festival) pour célébrer le 70ème anniversaire du Menuhin Festival Gstaad avec le nouvel intendant Daniel Hope. Le concert du 16 juillet ravive le souvenir encore vibrant de sa première rencontre avec Pinchas Zukerman, en compagnie de l’ami de toujours Zubin Mehta,  au sein du Zürcher Kammerorchester, une histoire de famille et d’amis… qui continue et entretient la flamme artistique. Tournant la page pour un nouveau chapitre dans l’histoire du MENUHIN FESTIVAL GSTAAD, Daniel Hope souligne ce lien indéfectible et ancien qui le relie au Festival, aux valeurs de son fondateur Yehudi Menuhin… une passation dans la continuité.

 

 

Le Festival fondé en 1957 par Yehudi Menuhin, souffle en 2026, son 70e anniversaire ; il inaugure aussi la nouvelle direction artistique de Daniel Hope dont le geste et l’intention entendent poursuivre l’œuvre du fondateur Yehudi Menuhin, réunissant dans le Saanenland amis et compagnons du monde entier, dans un esprit d’ouverture et d’unité.

Jusqu’au 5 septembre 2026, plus de 75 concerts auront lieu dans les églises de Saanen, Zweisimmen, Lauenen, Gsteig et Rougemont, ainsi que sous la Tente du Festival de Gstaad.
Parmi les nouveautés majeures : The Summit, forum de réflexion et de débat, consacré aux enjeux d’avenir de la musique, de la culture, de l’économie et de la société (24 et 25 juillet : tables rondes, discussions, différents formats de concerts) – Cette édition inaugurale est co-présentée par Forbes Swiss. Y sont attendues des personnalités issues du monde de la musique, de la culture, des affaires et de la société civile. À l’issue de deux journées, grand concert caritatif exceptionnel, présenté par David Garrett, qui invite à Gstaad son Guarneri del Gesù Club ; les « President’s hikes« , randonnées guidées par le président du festival alliant musique, nature et rencontres où les intermèdes musicaux font des arrières plans montagneux, une véritable salle de concert ; un cycle de films au ciné théatre de Gstaad qui plongent dans les coulisses et font revivre des moments marquants de l’histoire de la musique.

 

VIDÉO – le site et la magie du Festival dans le Saanenland

Tournant la page pour un nouveau chapitre dans l’histoire du MENUHIN FESTIVAL GSTAAD, Daniel Hope souligne ce lien indéfectible et ancien qui le relie au Festival, aux valeurs de son fondateur Yehudi Menuhin… une passation dans la continuité.

 

La famille comme « caisse de résonance artistique »…
À travers le thème «Family Matters» – que l’on peut traduire à la fois par «Histoires de famille» et «La famille compte»- Daniel Hope explore les multiples facettes de la famille… biologique, artistique, humaine…: celle dans laquelle on naît et celle que l’on rencontre au fil de sa vie par la musique et l’art. Proximité et distance, appartenance et frictions, filiations et admirations,… structurent le programme et reflètent la conviction de Menuhin que l’art, en particulier la musique, unit les individus, quelles que soient leurs origines. Hope lui-même fait partie de la famille du Festival depuis 1975, grâce à sa mère Eleanor, qui fut l’agente de Menuhin; il est également un habitué de Gstaad depuis ses débuts comme violoniste en 1992. «Mon premier programme de l’édition 2026 est axé sur le partage : les rencontres entre les générations, les amitiés qui se nouent sur scène et en coulisses, l’échange mutuel d’expériences et d’inspirations», explique Daniel Hope.

 

Grands noms – nouvelles perspectives
Le programme 2026 réunit plusieurs artistes renommés de classe internationale: pour l’ouverture, Zubin Mehta dirige pour son 90e anniversaire ; Pinchas Zukerman le rejoint. Parmi les autres temps forts, citons les prestations de Jaap van Zweden et du Gstaad Festival Orchestra, du Royal Philharmonic Orchestra (direction : Vasily Petrenko), du Budapest Festival Orchestra (direction : Iván Fischer), du Royal Danish Orchestra. De grands solistes : comme les pianistes Daniil Trifonov, Sir András Schiff, Khatia Buniatishvili, Gabriela Montero, …, les chanteurs : Thomas Hampson, Julia Lezhneva, Regula Mühlemann,… mais aussi Maurice Steger, Steven Isserlis, Isata Kanneh-Mason…
Le nouveau label « Next Génération » présente les jeunes talents prometteurs comme Edna Unseld, Maxim Lando et Hayato Sumino….

 

Offre enrichie… L’offre Discovery sera enrichie et proposera des formats interactifs, des ateliers et des visites des coulisses pour petits et grands. Un moment fort pour les familles: Pierre et le Loup interprété par le Royal Philharmonic Orchestra avec Daniel Hope comme narrateur.

Menuhin Festival Academy – soutien aux jeunes talents
Dédiée à la direction d’orchestre, au piano, au chant et aux cordes, la Menuhin Festival Academy renforce son aide aux jeunes talents. Daniel Hope prend personnellement la direction artistique de la String Academy, perpétuant ainsi l’héritage pédagogique de Menuhin: apprendre, jouer, s’épanouir au sein d’une communauté inspirante. «L’Académie est un lieu où les générations apprennent les unes des autres, un exemple concret du thème directeur “La famille compte”», souligne Daniel Hope.

La série de concerts « Moutain Spirit »
Les concerts de l’Eggli Moutain Spirit, moments forts de l’été du Menuhin Festival Gstaad, sont perchés au-dessus du Saanenland : ils associent musique, gastronomie, panorama alpin spectaculaire pour offrir une expérience de concert unique en son genre – la musique classique sous toutes ses formes, tango, swing, gipsy jazz, musiques actuelles et DJ set…

Le Gstaad Festival Orchestra – un ambassadeur pour le Festival
Depuis 2010, le Gstaad Festival Orchestra est l’un des piliers de la manifestation, dont il est à la fois l’ambassadeur et l’ensemble attitré de la Gstaad Conducting Academy (l’orchestre joue sous la direction des jeunes élèves maestros). Jaap van Zweden a renouvelé son engagement pour trois années supplémentaires, consolidant son implication comme Chief Conductor. Après une tournée asiatique en formation de chambre l’automne dernier, le programme 2026 comprend une production de La Bohème de Puccini à Baden-Baden avec Benjamin Bernheim, une tournée européenne et des concerts avec Daniel Hope en soliste, consacrés notamment à la Symphonie n° 5 de Beethoven et au Concerto pour violon op. 61 d’Elgar.

Crédits photos © Raphaël Faux, © Bailey Davidson Photography
LIRE aussi notre présentation du MENUHIN GSTAAD FESTIVAL 2026
70ème édition : https://www.classiquenews.com/menuhin-festival-gstaad-2026-daniel-hope-inaugure-sa-premiere-programmation-family-matters-16-juil-5-sept-2026-temps-forts-1/

70ème MENUHIN FESTIVAL GSTAAD : du 16 juillet au 5 septembre 2026, « Family Matters » / Histoires de famille. Daniel Hope (Mehta, Zukerkman, Schiff, Hampson,…)

 

LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Daniel Hope (juin 2026) :
https://www.classiquenews.com/entretien-avec-daniel-hope-nouveau-directeur-artistique-du-menuhin-festival-gstaad-le-70eme-festival-du-16-juillet-au-5-septembre-2026/
Cette 70ème édition du MENUHIN Festival Gstaad célèbre l’essor de l’événement suisse mais aussi la prise de fonction de DANIEL HOPE comme nouveau directeur artistique. Le cycle s’annonce ainsi comme la célébration du Festival mais aussi sa première programmation… Le violoniste éclaire sa relation privilégiée avec le fondateur du Festival, Yehudi Menuhin. Une proximité qui renforce l’esprit de continuité et la force des valeurs originelles du fondateur du premier festival estival en Suisse. La musique n’étant pas une fin mais le moyen de créer du lien et de refonder notre humanité. A Gstaad désormais rayonnent humilité, ouverture, partage, transversalité, transmission, inspiration, réflexion et échanges créatifs… Explications. Photo © Bailey Davidson

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COMPTE-RENDU. VILLARS-SUR-OLLON (Suisse). VILLARS MUSIC, 1ère JUNIOR ACADEMY, 28 juin – 4 juillet 2026

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Début juillet 2026 s’est déroulée à l’initiative de Villars Music, la première édition de la Junior Academy, une session inédite qui souhaite désormais encourager et accompagner les jeunes vocations ; c’est à dire accueillir de très jeunes instrumentistes entre 10 et 18 ans (violonistes, altistes, violoncelliste et même cette année, contrebassiste) … dans un environnement propice à la concentration et à la créativité artistique, dans une ambiance bienveillante et stimulatrice.

 

 

VILLARS, transmettre l’excellence…

Si Salzbourg est pour le classique, le festival le plus identifié et malgré son histoire ancienne, une marque toujours indiscutable, gageons que Villars devienne à terme la destination phare pour tout jeune musicien en quête de perfectionnement et de réponses ; et pour tout mélomane, averti ou néophyte, le lieu à rejoindre pour y découvrir, rencontrer et suivre les grands interprètes de demain…

Cette nouvelle académie complète en réalité une offre déjà reconnue. La Junior Academy vient aujourd’hui enrichir un projet plus vaste porté par Villars Music, qui réunit désormais 3 académies, la Junior Academy, la Villars Music Academy et le Villars Music Lab, ainsi qu’une saison de concerts et un festival dont la première édition est prévue en 2027. Les trois académies proposent un enseignement de très haut niveau dispensé par de grands solistes internationaux auxquels se joignent des membres des Berliner Philharmoniker et des Wiener Philharmoniker. L’ensemble repose sur une même philosophie : conjuguer l’excellence artistique avec une relation humaine attentive, accessible, profondément personnalisée.

Peu d’académies musicales offrent un cadre et un parcours, aussi complet et inspirant que la Junior Academy à Villars-sur-Ollon (Suisse). Pensée, réfléchie, rédigée par Aline Champion, premier violon du Berliner Philharmoniker depuis 26 ans, l’offre pédagogique élargit les champs formateurs, cultive entre empathie et proximité, l’éveil des jeunes musiciens dans une dynamique qui outrepasse la pratique musicale stricto sensu. L’initiative de cet été est d’autant plus méritoire que c’est sa première édition en juillet 2026. Elle a réuni une trentaine de jeunes instrumentistes.

 

 

PHILOSOPHIE & PÉDAGOGIE

Jouer bien, maîtriser la technique sont bien sûr favorisés mais ils ne sont pas suffisants. Il s’agit aussi de rétablir l’acte de produire des sons non pour lui-même mais dans un environnement, dans le sens d’une communication ouverte et circulaire qui implique un large cercle autour de l’instrumentiste. Chaque élève est invité à s’interroger sur le sens et la direction de son jeu, sur son rapport à l’instrument, à la musique, aux autres… : ses camarades d’apprentissage, ses professeurs, et les auditeurs bien sûr (venus pour le concert final). Pas de sens sans une connexion qui relie plusieurs individus. Pas d’expérience enrichissante sans un échange, un partage, une écoute croisée. L’humain se nourrit de l’humain comme il se nourrit de tout ce qui l’environne et lui donne une résonance.

Emblématiques, des sessions musicales en plein air sont organisées : les élèves jouent à l’adresse des … oiseaux, des moutons, des vaches. L’instrumentiste expérimente d’autres sensations que celles habituellement liées au cadre du concert traditionnel en espace fermé. Il repousse ses propres limites. L’interaction est capitale et les sensations vécues pendant ce jeu hors normes, enrichissent encore la pratique du jeune musicien. En jouant au cœur de la Nature, il développe une autre qualité d’écoute, de présence et d’attention à son environnement. C’est une manière d’élargir sa perception de la musique et de la relation qu’il entretient avec le Vivant. Quand je produit un son, avec qui je communique, quel en est le retour ?

 

Photo © Villars Music 2026

 

 

La philosophie mise en pratique à Villars est le fruit d’une réflexion très profonde menée par Aline Champion dont l’expérience comme instrumentiste, se révèle d’année en année, particulièrement bénéfique et même visionnaire.

A Villars, le propre de l’offre pédagogique est d’inscrire la pratique dans un vaste questionnement libre et ouvert qui invite l’élève à trouver son centre, sa place, le sens de ses choix, artistiquement comme humainement. Tout est une question de vibration, de transmission, d’écoute et de réponse, dans un espace qui permet de communiquer et de partager. Les élèves sont invités à comprendre non seulement comment interpréter une œuvre, mais aussi pourquoi ils la jouent, pour qui, et comment la musique devient un véritable langage entre les êtres.

 

 

Au cœur de la transmission

L’équipe des professeurs parmi lesquels entre autres, la violoniste Denitsa Kazakova et le violoncelliste Martin Reetz des Conservatoires de Lausanne et Neuchâtel, la violoniste Eva Rabchevska, membre des Berliner Philharmoniker, mais aussi Simone Bernardini qui a été violon solo de l’Orchestre National de Lyon et du Juilliard Orchestra, avant de rejoindre les Berliner Philharmoniker en 2002… Ils assurent un environnement et un appui continu auprès des élèves qui pendant la semaine suivent des cours individuels et aussi des sessions collectives.
Chaque élève travaille en concertation avec les autres, la pièce qu’il jouera lors du concert de clôture (samedi 4 juillet). Un atelier spécifique et d’autant plus formateur, est réservé aux jeunes musiciens seuls, invités à débattre entre eux, et trouver par eux-mêmes, les meilleures options pour réussir ensemble, le mouvement de musique de chambre qu’ils joueront pour le concert final (en l’occurrence le 1er mouvement du Sextuor à cordes opus 18 de Brahms).

Au cours de la semaine des tempéraments déjà affirmés se distinguent. Cette jeunesse a du cran et force l’admiration par ses aptitudes à relever des défis qui les exposent : ainsi la violoncelliste Victoria au violoncelle dans la « Sonate Arpeggione » de Schubert (1er mouvement, dans une version pour orchestre de cordes), ou la contrebassiste Frances, dans l’Allegro du Concerto de Capuzzi… L’une des jeunes violonistes de cette première promotion (Manon) a choisi le premier mouvement du concerto pour violon de Brahms ; pour les guider pendant les répétitions, Simone Bernardini : sous la conduite du violoniste qui est aussi chef d’orchestre, l’ensemble des élèves sont réunis, tous associés pour réaliser la partie orchestrale ; l’écoute collective, la recherche d’un son cohérent susceptible de porter la soliste … s’avèrent autant d’étapes essentielles pour aborder la séquence, l’une des plus belles et puissantes du répertoire.
Ailleurs la classe de violoncelles, composée de jeunes voire très jeunes musiciens, permet d’aborder une pièce très bien écrite (signée Julius Klengel) qui met en valeur chaque pupitre et le soliste, un élève plus âgé et aguerri qui n’hésite pas d’ailleurs à encourager et conseiller ses cadets. La transmission, l’aide intergénérationnelle sont essentielles.
Pendant le concert, ce sont plusieurs instrumentistes qui se succèdent, en duo, en trio, en quatuor… la pratique en formations diverses explore autant de dispositifs que nécessaire pour placer chaque musicien en situation.
Parmi les plus jeunes, la jeune violoniste Scarlett, d’une maturité musicale impressionnante malgré son jeune âge, éblouit par sa justesse expressive comme ses facilités techniques. La pièce qu’elle a choisi de jouer en soliste : « Zigeunerweisen » de Pablo de Sarasate, véritable joyau virtuose, est réalisée avec la finesse requise et une élégance superlative. En fin de concert, c’est elle qui reçoit « l’Étoile » de la première Junior Académy : une distinction qui se veut un encouragement à mesurer et nourrir sa motivation ; à poursuivre l’aventure musicale dans les valeurs de l’Académie ; cette étoile est aussi un marqueur éloquent soulignant le très haut niveau des jeunes musiciens réunis à Villars pour cette première édition. Au-delà des récompenses individuelles, cette première édition révèle surtout la naissance d’un projet d’envergure appelé à s’inscrire durablement dans le paysage musical. Rendez-vous est donné en 2027 où sont annoncés de nouveaux événements décisifs et fédérateurs. A suivre.

 

 

PLUS d’INFORMATIONS sur le site VILLARS MUSIC :
https://www.villarsmusic.com/

 

 

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approfondir

 

LIRE aussi notre compte rendu de la Villars Music Academy 2025 :  https://www.classiquenews.com/reportage-special-villars-music-academy-2025-a-lecole-de-lexcellence-et-du-bien-etre-lenseignement-global-cree-par-aline-champion/

 

REPORTAGE spécial. VILLARS MUSIC ACADEMY 2025 : à l’école de l’excellence et du sens. L’enseignement global créé par Aline Champion

 

 

 

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CRITIQUE, festival. ST REMY DE PROVENCE, 11ème Festival de Glanum (Site Archélologique), le 16 juillet 2026. VIVALDI / PERGOLESI. Philippe JAROUSSKY (contre-ténor), Gwendoline BLONDEEL (soprano), Ensemble Les Accents, Thibault NOALLY (direction)

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C’est sous un ciel provençal encore brûlant de la journée que s’est ouverte, ce 16 juillet, la 11ème édition du Festival de Glanum. Dans ce décor unique et mirifique, le public a pris place parmi les colonnes et les vestiges de temples romains. Le directeur artistique de la manifestation provençale, Mathieu Herzog, avait une fois de plus tissé une programmation à l’unisson de ce cadre grandiose, tandis que Romain Thomas, maire de Saint-Rémy-de-Provence, et Jean Bosc, président du festival, accueillaient les spectateurs par un discours de bienvenue, leur promettant un voyage au coeur de la musique baroque, avec une chaleur qui faisait écho à celle de cette soirée caniculaire.

 

Ce voyage, les œuvres de Vivaldi et Pergolèse allaient le rendre inoubliable. Car dans ce théâtre de pins centenaires et de pierres millénaires, la musique baroque s’est en effet déployée avec une émotion palpable – comme si les siècles s’effaçaient pour ne laisser place qu’à l’essentiel : la voix, l’âme, la vibration. D’abord grâce au sublime Nisi Dominus de Vivaldi, dans lequel la voix de Philippe Jaroussky s’est élevée, cristalline, presque irréelle. Son timbre, toujours d’une incroyable pureté, a trouvé ici une résonance particulière, comme porté par les pierres elles-mêmes. Chaque ornement, chaque vocalise, semblait dessiner dans l’air des arabesques de lumière, tandis que l’ensemble Les Accents, sous la baguette amoureuse de son fondateur Thibault Noally, tissait un écrin sonore d’une élégance infinie. Puis Gwendoline Blondeel se présenta pour un air solo, avec le bondissant In furore justissimae irae du même Vivaldi. Sa présence scénique, lumineuse, a immédiatement capté tous les regards. Sa voix, d’une sensibilité à fleur de peau, a su incarner avec une intelligence rare la fureur sacrée et la passion du texte.

 

 

Après un court précipité, les deux artistes se réunirent pour une interprétation, qui allait s’avérer souveraine, du fameux Stabat Mater de Pergolèse. Ici, plus de virtuosité gratuite, mais un dialogue intime, presque douloureux, où chaque silence pesait autant que chaque note. La soprano et le contre-ténor se sont livrés à un échange d’une délicatesse bouleversante, faisant naître cette musique à la fois déchirante et consolatrice. Car le Stabat Mater de Vivaldi n’est pas un simple dialogue, mais une fusion de deux âmes en deuil, unis dans la contemplation de la Vierge au pied de la Croix.

Les deux voix, au lieu de s’opposer par des contrastes trop marqués, se sont ici fondues pour ne former qu’une seule entité sonore, créant ainsi un globe de son fascinant où les dissonances et les harmonies du compositeur napolitain ont résonné avec une acuité nouvelle. On peut imaginer que la complicité entre Gwendoline Blondeel et Philippe Jaroussky a permis d’atteindre ce même idéal de communion, où chaque ornement, chaque inflexion est partagée, pour exprimer avec une intensité déchirante la douleur et la résignation.

On a beaucoup écrit sur la modernité du langage de Pergolèse, qui, dans ce dernier chef-d’œuvre, mêle la ferveur sacrée à une expressivité presque profane, annonçant le style classique. Thibault Noally et son ensemble Les Accents a dû faire ressortir cette dualité avec une clarté remarquable : la sobriété dramatique des mouvements lents, où les dissonances des cordes semblent imiter les larmes, et l’énergie plus rythmée, presque extravertie, d’autres passages où transparaît l’esprit de l’opéra bouffe dont Pergolèse fut le maître...

Il faut cependant le dire… ce cadre enchanteur n’a pas épargné les musiciens ! La chaleur étouffante de ce début de soirée, conjuguée à une humidité pesante, a mis à rude épreuve les instruments à cordes. Plus d’un archets a glissé sur des cordes détendues – certaines se sont même cassées avec fracas ! -, et l’on a pu sentir, par instants, le travail silencieux des instrumentistes pour maintenir l’équilibre fragile de leurs violons et altos. Mais c’est là le propre des grands ensembles : dans l’adversité, leur cohésion s’en trouve renforcée. Thibaut Noally et Les Accents, avec une maîtrise et un sang-froid admirables, ont transformé ces obstacles en opportunités, offrant au Concerto pour cordes RV 275 d’une énergie renouvelée… presque sauvage ! Et pourtant, si les instruments pliaient, les voix, elles, restaient indemnes. Quelle prouesse ! Ni l’air moite, ni la fatigue n’ont altéré la pureté des aigus de Jaroussky ni la rondeur chaleureuse du mezzo de Blondeel. Leurs voix semblaient même puiser dans cette atmosphère lourde une matière plus épaisse, plus charnelle. Chapeau bas aux artistes, qui ont offert, dans ces conditions difficiles, une leçon d’art et de métier !

La fin du programme aurait pu suffire au bonheur du public, debout, applaudissant avec une ferveur incroyable. Mais Thibault Noally, complice de ses solistes, avait réservé une dernière surprise. En bis, les deux chanteurs interprété un extrait du Credo de Vivaldi, un élan de foi et de joie qui a fini d’embraser les ruines antiques, déjà incendiées par les éclairages rougeâtres de l’éclairagiste aux manettes des lumières. L’allégresse de cet instant, la communion entre les artistes et son public, ont scellé cette soirée comme un moment de grâce absolue. La magie du Site Antique de Glanum – et de son attachant festival – n’ont pas fini de soulever l’enthousiasme !…

 

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CRITIQUE, festival. ST REMY DE PROVENCE, 11ème Festival de Glanum (Site Archélologique), le 16 juillet 2026. VIVALDI / PERGOLESI. Philippe Jaroussky (contre-ténor), Gwendoline Blondeel (soprano), Ensemble Les Accents, Thibault Noally (direction). Crédit photo (c) David Richalet

 

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CRITIQUE CD événement. PIERRE RÉACH : Sonates de Beethoven, vol. 4 : Sonates n°2,10,14, 27 (Quasi una fantasia), 90, 22, 54, 106 (Hammerklavier). Pierre Réach, piano (2 cd Anima records)

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Copieux et passionnant, le programme des 2 cd confirme la puissance et la justesse du jeu de Pierre Réach. Son Beethoven est de marbre et de sang, avec, inféodant toute la structure de chaque sonate, le chant assumé, sincère, ardent et lumineux, qui vient du cœur. Ainsi le pianiste, défenseur militant, serviteur de Beethoven, a-t-il édifié un cycle magistral où la puissance du trait – jupitérien, n’empêche jamais la finesse tendre du sentiment le plus profondément intime, ni l’ivresse facétieuse d’une conscience musicale qui sait sa spectaculaire facilité. Sous des doigts et un imaginaire aussi affûté, se précise et s’incarne même l’esprit de Beethoven, sa quête inextinguible de l’absolu ; son écriture et ses flamboyants délires n’étant que la manifestation du cheminement, certes pas du but… toujours inatteignable. Entre insatisfaction et élan créateur, Beethoven est révélé dans l’activité de son questionnement continu ; il est ce grand magicien, alchimiste des sons et des combinaisons visionnaires dont les 32 Sonates seraient le journal pas à pas.

 

 

Dans cet ultime volume, le parcours est jalonné de pièces très contrastées, vrai défi pour l’interprète qui cependant n’est jamais en reste d’une énergie analytique, d’une compréhension décuplée, prêtes à relever tous les défis… Distinguas 3 Sonates dans ce sens particulièrement éloquentes. Ainsi les opus 27 (Quasi une fantasia), 90 (en deux mouvements) et 106 (Hammerklavier), sommes à la fois spectaculaire et intime, qui témoignent entre autres, d’une remarquable compréhension beethovénienne.

 

Quasi una fantasia opus 27
La Sonate pour piano en mi bémol majeur, opus 27 (composée entre 1800 et 1801) est dédiée à la princesse Joséphine von Liechtenstein. Intitulée « Sonata quasi una fantasia », elle bouleverse l’ordre habituel des mouvements, lesquels sont enchainés, ne formant qu’une unité indissociable. Pierre Réach souligne sa place unique et singulière même dans le corpus des 32 Sonates : formellement libre, comme improvisée et pourtant d’une force structurelle directe, maillage labyrinthique d’une pensée musicale portée par l’esprit d’exploration sans limite et dont les manifestations expriment un souci de précision expressive, intense, nuancée. Les quatre mouvements sont jouées comme un flux continu: Andante – allegro, en mi bémol majeur, à 2/2 ; Allegro molto e vivace, en do mineur ; Adagio con espressione, en la bémol majeur ; Allegro vivace, en mi bémol majeur ; ce dernier, comme transfiguré par une joie irrépressible.
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La sonates opus 90
Achevée en août 1814, la sonate en mi mineur opus 90, – seule des 32 dans cette tonalité, prépare en réalité aux 5 dernières (composées entre 1816 et 1822). Pierre Réach éclaire combien les deux seuls mouvements qui la structurent, du fait de leur approfondissement poétique respectif, – avec indications de tempo et de caractère intégralement en allemand- forment un arche indépendante, d’une conception pleine et assumée, comme un diptyque indépendant et… décisif. La maturité et la pleine conscience expressive se déploient sans équivalent, probablement en relation avec les épisodes de la vie intime du dédicataire, qui a précisément inspiré Beethoven : la relation amoureuse que le comte Moritz von Lichnowsky entretenait avec une jeune actrice viennoise…
Les deux volets se succèdent ainsi : « Combat entre la tête et le cœur », puis Conversation avec la bien-aimée / I. Mit Lebhaftigkeit und durchaus mit Empfindung und Ausdruck, II. Nicht zu geschwind und sehr singbar vorzutragen ». Beethoven y développe sous le masque d’une intrigue dont il serait le spectateur privilégie, un jaillissement continu de sentiments ténus, d’une finesse irrésistible et certainement au cœur de l’incertitude, en liaison avec sa propre vie sentimentale. Pierre Réach en exprime l’immersion intime avec une précision d’orfèvre, faisant surgir des accents mêlés entre panique et espérance, aspirations éperdues puis inéluctable anéantissement… En forme de rondo (le dernier de Ludwig), le 2è volet approche la vie intérieure schubertienne (ultime découverte heureuse de Beethoven alors à l’agonie) : Pierre Réach chante le refrain d’une exquise sincérité.

 

HAMMERKLAVIER opus 106
La sonate opus 106 (no 29), « Hammerklavier », composée en 1817, est une somme indéfinissable que l’on comprend évidemment en ayant en mémoire toutes les Sonates ; voilà certainement pourquoi Pierre Réach a choisi de la placer comme un conclusion voire la synthèse de tout l ‘œuvre pianistique ainsi composé et élaboré. En si bémol majeur, les plus grands depuis Liszt (qui la créa à Paris, Salle Érard en 1836), virtuoses aguerris, surtout interprètes inspirés, se l’approprient tôt ou tard. Sa modernité, sa puissance, ses défis techniques qui vont croissant, sa démesure… impressionnent, comme son ampleur (l’adagio voisine les… 18 mn!)
Héroïque et d’une belle vitalité rythmique, le premier mouvement (allegro) suit le plan sonate (thème, deuxième thème, récapitulation, développement, fugato polyphonique à 4 voix, reprise du thème, développée avec variation). Pierre Réach sous l’acuité énergique, capte les vertigineux contrastes qui le structure, faisant jaillir en accents vertigineux, déflagrations et silence alternés, sans ménagements. Basculement, conflit… le jeu est au diapason d’une intranquillité fébrile qui mesure chaque élément en présence, sans vraiment accomplir une solution qui les concilierait.

Le très bref Scherzo, condense toutes les forces présentes, concentrées à l’extrême et qui confinent par tension interne, à leur fragmentation et donc à l’implosion de la forme… son court trio file comme un spectre fugace – plus vision électrique que jeu facétieux ; c’est, enchaîné avec l’Allegro primordial, un pendant inverse, son contraire direct et donc là encore, un exceptionnel effet de contraste.

Le morceau de bravoure reste l’Adagio (en fa dièse mineur), d’un développement jamais vu jusque là (avec reprises et multiples variations) ; comme un dédale aux pistes mouvantes et serpentines, Beethoven se joue du motif principal puis des deux motifs secondaires, dans un ordre qui varie et les enlace dans des schémas rythmiques et des nuances harmoniques changeantes, de plus en plus imprévus ; Beethoven y expérimente une infinité de nuances émotionnelles, de la sérénité apaisante à l’euphorie impérieuse, d’une irrépressible intensité mystique… Pierre Réach y trouve la pulsation juste, un élan continu qui devient ardeur et noblesse, comme suspendu c’est à dire hors d’un temps déterminé justement (sostenuto).

Puis, le cheminement se poursuit dans le court largo de transition dont l’architecture pourtant millimétrée paraît comme improvisée ;
Après un très fugace fugato et son explosion prestissimo, l’Allegro risoluto (fugue à trois voix) marque le couronnement polyphonique de la Sonate, claire expression d’un combat au cœur d’un tumulte intérieur, au plus fort de la tempête intime faite d’épreuves aux constructions presque martiales, et d’un flux mordant, âpre…
Le dernier mouvement, fugue vertigineuse donne la clé du génie beethovénien : aucune séduction sinon l’expression directe, spontanée de la pensée musicale qui foudroie, agit, détermine et conquiert. La rudesse parfois affleure, sœur de l’épreuve et de la souffrance, celle d’un Beethoven confronté à l’absolu non sens de la surdité (le comble pour un composteur).

Dans ces contraintes, ces défis surmontés, Ludwig manifeste son tempérament résilient, sa force surhumaine, … la lumineuse acuité de sa volonté inoxydable. La Sonate opus 106 en si bémol majeur « Hammerklavier » demeure à ce titre, dans l’accomplissement spectaculaire et viscéral de son 4è mouvement, le miroir le plus fidèle (et le plus captivant) du génie beethovénien. Magistral conclusion d’un cycle superlatif.

 

 

 

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CRITIQUE CD événement. PIERRE RÉACH : Sonates de Beethoven, vol. 4 : Sonates n°2,10,14, 27 (Quasi una fantasia), 90, 22, 54, 106 (Hammerklavier). Pierre Réach, piano (2 cd Anima records)

 

LIRE aussi notre présentation du cd événement : BEETHOVEN : Sonates, volume 4 (2 cd Anima records) – enregistré en Espagne en janv 2026 – Liens vers les 3 volumes précédents : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-annonce-pierre-reach-sonates-de-beethoven-vol-4-sonates-n21014-27-90-22-54-106-hammerklavier-pierre-reach-piano-2-cd-anima-records/
Et voici le 4è et dernier volume de l’intégrale des 32 Sonates de Beethoven par le pianiste Pierre Réach. Si la métaphore montagneuse parait opportune s’agissant du cycle entier, l’interprète souligne les multiples obstacles du cheminement, jalonné d’épreuves, de rebondissements répétés, « une chaîne de montagnes avec des pics, des vallées, et des sentiers qui les relient »… une ascension qui n’est certes pas un parcours linéaire ni progressif mais contrarié au contrastes et vertiges variés, improbables et surprenants. C’est évidemment l’enseignement des 8 Sonates ainsi enregistrées ; chacune manifeste la volonté et la claire autorité morale du compositeur, une pensée qui structure chaque mouvement ; exprime jusqu’à ses limites extrêmes, chaque caractère ; explore la forme sonate en en ciselant chaque aspérité et contraste expressif.

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CRITIQUE coffret événement. JIAN WANG. Complete recordings on Deutsche Grammophon (11 CD)

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Violoncelle acéré, habité, d’une musicalité ardente qui sait chanter autant que rugir, la palette expressive du chinois Jian Wang ne manque guère d’atouts. Le coffret rétrospectif de 11 CD rassemble les enregistrements du violoncelliste chinois Jian Wang pour DG, Universal Music Australia et DG China. L’instrumentiste s’impose sur la scène depuis plusieurs décennies par sa virtuosité et sa musicalité d’une intensité indiscutables. Profondeur, technique… son art captive le public par sa chaleur, une élégance « européenne » et une puissance expressive qui est souvent le propre des interprètes asiatiques…

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Photo © G Glücklich / DG

 

À 10 ans, Wang est invité à jouer pour Isaac Stern… une apparition présentée dans le film acclamé de Stern, « De Mao à Mozart ». Le soliste, qui est aussi musicien de chambre et professeur, est aussi le premier musicien chinois à signer un contrat exclusif avec Deutsche Grammophon.

Le répertoire concerné dont témoignent les 11 cd s’étend de Couperin, Bach et Haydn à Boccherini, Mozart, Schumann et Brahms, ainsi que Fauré, Elgar, Sibelius et Messiaen. Il comprend également des collaborations comme musiciens de chambres apprécié, avec des artistes renommés tels que Maria João Pires, Gil Shaham et Göran Söllscher.
Quelques coups de coeur : comme soliste et musicien de chambre : les Suites n°1, 2 et 6 pour violoncelle de JS BACH ; les Trios de Brahms, avec Maria Joao Pires et Augustin Dumay ; le double Concerto pour violon et violoncelle, avec Gil Shaham (Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado) ; Quatuor pour la fin du temps de Messiaen (Gil Shaham, Paul Meyer, Jian Wang, Myung-Whun Chung) ; et aussi l’éclectisme du dernier cd n°11 qui comprend plusieurs pièces de Elgar ou Sibelius, Barsanti et Tchaikovsky, dans des arrangements du pianiste qui accompagne Jian Wang, Göran Söllscher, excellent et tellement musical.

En plus des pochettes d’album originales, cette édition comprend un livret présentant de nouvelles notes de pochette par Jessica Duchen, basées sur une longue interview avec le violoncelliste chinois.

 

 

ENGLISH
Product Information. This 11-CD edition brings together Jian Wang’s recordings for DG, Universal Music Australia, and DG China. The Chinese cellist is a virtuoso whose playing combines emotional depth with flawless technique. His artistry captivates audiences with warmth, elegance, and expressive power, whether in the world’s greatest concert halls or on more intimate stages.  At the age of ten, Wang was invited to perform for Isaac Stern. This appearance was featured in Stern’s acclaimed film From Mao to Mozart and attracted international attention. As a soloist, chamber musician, recording artist, and teacher, Wang became the first Chinese musician to sign an exclusive contract with DG.
In addition to the original album covers, this edition includes a booklet featuring new liner notes by Jessica Duchen, based on an extensive interview with the artist. The repertoire spans composers from Couperin, Bach, and Haydn to Boccherini, Mozart, Schumann, and Brahms, as well as Fauré, Elgar, Sibelius, and Messiaen. It also includes collaborations with renowned artists such as Maria João Pires, Gil Shaham, and Göran Söllscher.

 

PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur DG Deutsche Grammophon / Jian Wang : https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/jian-wang-complete-recordings-on-deutsche-grammophon-14272

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS, saison 2026 – 2027. Mozart, Farrenc, Bonis, Reinecke, Elgar, Chostakovitch, Majnun symphonic, Symphonie n°9 de Beethoven, Concerts Démos 3ème année…

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L’aventure s’annonce comme les éditions précédentes, généreuse, vivante, ouverte à tous, avec promesse à chaque session, les grands vertiges symphoniques. Sous la direction de son directeur musical (depuis 2014) Marius Stieghorst, l’Orchestre Symphonique d’Orléans célèbre la magie et la puissance poétique des instruments ; il rappelle combien la symphonie sous toutes ses formes (instruments seuls, avec solistes ou avec choeur…) est un puissant gisement d’émotions et d’expériences : celle « des grands chefs-d’œuvre intemporels qui traversent les générations, mais aussi celle des rencontres, des sensibilités et des univers musicaux qui se répondent et s’enrichissent. De Mozart à Beethoven, de Mendelssohn à Chostakovitch, des élans romantiques aux créations métissées de Majnun… », précise Philippe Barbier, président.

 

 

La nouvelle saison est celle du partage. Échangent, vivent ensemble les musiciens et le public, les solistes confirmés et les jeunes talents, entre tradition du grand répertoire et sons actuels. Soucieux de transmission et de proximité, l’Orchestre parle à tous les publics, il ouvre grandes les portes de son travail au quotidien : répétitions ouvertes, rencontres dans les écoles, causeries musicales sans oublier la participation active de l’orchestre orléanais au programme Démos (cf les deux dates de juin 2027).

 

 

 

Temps forts de la saison 2026 2027
Orchestre Symphonique d’Orléans

 

 

AOÛT 2026
Mercredi 26
Concert Trio de Loire
(hautbois, alto, violoncelle)
Scène du Ponton / « Un bel été à Orléans »
Bords de Loire – gratuit

 

 

 

OCTOBRE
Samedi 10 (20h30) et dimanche 11 (16h)
MOZART
Jacques IBERT : Hommage à Mozart
W. A. MOZART : Symphonie concertante avec vents
Louise FARRENC : Symphonie no 2
(AFO « Unanimes » avec les compositrices)
Flûte : Minaya Chapelain – Hautbois : Christophe Patrix
Basson : Chloé Kieken – Cor : David Harnois
Direction : Marius Stieghors
Théâtre d’Orléans / Salle Barrault
/ POUR EN SAVOIR PLUS
Causerie avec Roxane Touchard.
Mercredi 7 octobre à 16 h,
lieu à déterminer, gratuit.

 

NOVEMBRE
Mardi 3, 20h
Concert quintette de cuivres
(fanfare baroque, tubes classiques et musiques de films) – Espace culturel Le Bouillon – Université d’Orléans / 0 € (étudiant) – 12 € (tarif réduit) – 15 € (tarif plein / Le Bouillon – université d’Orléans
Billetterie : https://www.billetweb.fr/pro/lebouillonorleans
Samedi 14 (20h30) et dimanche 15 (16h)
Flûte !
Théâtre d’Orléans / Salle Touchard
Mélanie BONIS : Suite en forme de valses
Carl REINECKE : Concerto pour flûte
Felix MENDELSSOHN : Symphonie no 3
Soliste : Mathilde Caldérini, flûte
Direction : Marius Stieghorst
/ POUR EN SAVOIR PLUS
Causerie avec Roxane Touchard
et Minaya Chapelain, flûte solo OSO.
Mardi 10 novembre à 18 h 30,
musée des Beaux-Arts d’Orléans, gratuit

 

 

DÉCEMBRE 2026
Samedi 19 (20h30) et dimanche 20 (16h)
Concert de Noël – Orléans, Salle de l’Institut
MENDELSSOHN et BACH
Cantates et oratorios de Noël
Chœur symphonique du conservatoire d’Orléans
Cheffe de chœur : Émilie Legroux
Direction : Jérôme Genza
Soprano : Estelle Micheau
Baryton : Benoît Gadel
Durée : 1h15, sans entracte

 

 

2027

FÉVRIER
Samedi 13 (20h30) et dimanche 14 (16h)
Renaissances…
Théâtre d’Orléans / Salle Touchard
Guillaume CONNESSON : Flammenschrift
Edward ELGAR : Concerto pour violoncelle
Dmitri CHOSTAKOVITCH : Symphonie no 5
Soliste : Emmanuelle Bertrand
Direction : Marius Stieghorst
Durée : 1h45 avec entracte
/ Pour en savoir plus
Causerie avec Roxane Touchard.
Mercredi 10 février à 18 h,
Le Bouillon, gratuit.

 

MARS
Samedi 27 (20h30) et dimanche 28 (16h)
BEETHOVEN : Hymne à la joie / Symphonie n°9
Théâtre d’Orléans / Salle Touchard
Soprano : Chloé Jacob – Alto : Ahlima Mhamdi
Ténor : Yu Shao – Baryton : Marc Labonnette
Chœur symphonique du conservatoire d’Orléans
Cheffe de chœur : Émilie Legroux
Direction : Marius Stieghorst
Durée : 1h30 avec entracte

 

JUIN 2027
Samedi 5 (20h30) et dimanche 6 (16h)
MAJNUN Symphonic / INDIGO AFROGROOVE
Direction : Dylan Corlay
Théâtre d’Orléans / Salle Touchard
Clôture de cette saison avec un programme métissé. Sénégalais habitant au Rwanda, ayant étudié et vécu à Orléans pendant vingt ans et parcourant les scènes de la Colombie au Mali, en passant par la Belgique, Djibril Sarr dit « Majnun » (le fou errant) crée avec l’OSO un programme fusionnant poésie et universalité, dans un style indigo afrogroove
/ POUR EN SAVOIR PLUS
Causerie avec Majnun et Benoît Barberon.
1er juin à 18 h 30, médiathèque d’Orléans, gratuit.

 

Samedi 19
Concert Orchestre DÉMOS 3ème année
Orléans Val de Loire 2
Philharmonie de Paris
DISPOSITIF D’ÉDUCATION MUSICALE
ET ORCHESTRALE À VOCATION SOCIALE
Direction : Jérôme Genza
Dimanche 20 juin
Concert Orchestre DÉMOS 3ème année
avec les Ensembles du CRD d’Orléans
Orléans Val de Loire 2
Théâtre d’Orléans

 

Concert final pour la 2e cohorte Démos à Orléans, après trois ans
d’apprentissage hebdomadaire. Ces deux concerts seront l’occasion
de créer une œuvre-spectacle commandée par la Philharmonie
de Paris, composée par Majnun (Djibril Sarr), fruit d’un travail de
médiation interculturelle réalisé avec les enfants et leurs familles.
Le projet Démos Orléans Val de Loire est porté depuis 2021 par la Philharmonie
de Paris, l’OSO pour le champ artistique et la ville d’Orléans pour le champ social.

 

 

 

La billetterie ouvrira le mardi 25 août 2026
en ligne et 1h avant chaque concert.
Office de tourisme du lundi au dimanche de 9 h 30 à 19 h
02 38 24 05 05
• Théâtre d’Orléans du mardi au samedi de 13 h à 19 h
02 38 62 75 30
Et 2h avant chaque concert
Bénéficiaires du tarif réduit sur présentation d’un justificatif :
mécènes particuliers et entreprises, demandeurs d’emploi, RSA,
élèves + de 26 ans et membres des sociétés musicales,
groupe de + de 20 pers., Horizon CE, abonnés Scène nationale

 

L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Plus que centenaire, et l’un des plus anciens orchestres en Europe, l’Orchestre symphonique d’Orléans, créé en 1921, est devenu au fil des saisons musicales une formation incontournable du paysage culturel régional, répondant à l’attente d’un public fidélisé et croissant. Faisant suite à des prédécesseurs de renom dont Jean-Marc Cochereau, Marius Stieghorst en est le directeur artistique et musical depuis 2014. Composé de 50 à 80 musiciens professionnels, l’Orchestre rassemble des musiciens du territoire orléanais et offre une expérience musicale de qualité. Il aborde un large répertoire allant de Bach, Mozart et Beethoven à Schubert, Wagner et Mahler, en passant par Ravel, Rachmaninov, Bernstein ou encore H. Zimmer et J. Williams. L’OSO renouvelle l’offre symphonique et le genre orchestrale en proposant aussi des ciné-concerts et des concerts « latin jazz » ou « rock symphonic »… autant de moments musicaux uniques autour de programmes d’excellence inscrivent l’Orchestre symphonique d’Orléans dans le paysage culturel régional et national.

 

 

TOUTES les infos, la billetterie e ligne, le détail des programmes, les artistes et ensembles invités… sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans saison 2026 2027 : https://www.orchestre-orleans.com/

 

 

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CRITIQUE, festival. HORSLEY, Grange Park Opera, le 10 juillet 2026. WAGNER : Das Rheingold. J. Rutherford, R. Nicholls, D. Stout, M. Rose… Charlie Edwards / Harry Sever

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Débuter un nouveau Ring de Richard Wagner constitue toujours un pari artistique. Pour inaugurer la nouvelle Tétralogie du Grange Park Opera, Charlie Edwards propose une lecture aussi séduisante qu’intelligente: faire de l’électricité la véritable métaphore du pouvoir. Une idée d’une grande cohérence dramaturgique… que le sort voulut voir contrariée… par une panne technique bien réelle !

Le public avait pourtant été prévenu d’un tout autre danger. En raison de la chaleur, Das Rheingold devait exceptionnellement être interrompu quinze minutes. Finalement, la température ne posa aucun problème; ce furent les projections vidéo, élément essentiel de la scénographie, qui perturbèrent près de la première heure de représentation.
Les images projetées sur un voile placé à l’avant-scène s’interrompaient puis réapparaissaient sans raison apparente. Comme Edwards revendique une esthétique inspirée du premier Ring de Bayreuth de 1876, avec ses machineries visibles et ses illusions théâtrales assumées, il était d’abord difficile de savoir si ces ruptures faisaient partie du spectacle. Lorsque les projections disparaissaient, les trois Filles du Rhin, Ailish Tynan, Olivia Rose Tringham et Charlotte Bateman, redevenaient soudain visibles sur leurs escabeaux. L’effet pouvait sembler volontaire. Il ne l’était pas…

 

 

Cette ironie n’en était que plus savoureuse puisque toute la production repose précisément sur la naissance d’un monde alimenté par une nouvelle énergie. Chez Edwards, Alberich extrait une puissance nouvelle des profondeurs du Nibelheim avant qu’elle n’alimente progressivement le Rhin, les Géants puis le Walhalla lui-même. Cette vision rejoint admirablement les inquiétudes de Wagner face à la société industrielle. Voir cette lecture interrompue par un véritable court-circuit relevait presque de la mise en abyme.
Une fois les difficultés techniques résolues, la qualité de la production apparaît pleinement. Les costumes victoriens de Gabrielle Dalton installent immédiatement l’action dans une Angleterre industrielle. L’or du Rhin devient un câble incandescent; les géants sont des bâtisseurs autant que des électriciens; le Walhalla prend l’allure d’une vaste demeure bourgeoise avant d’évoquer un temple antique.

Le plus beau tableau est sans conteste le Nibelheim, transformé en salle de contrôle d’une immense centrale électrique. Alberich, désormais grand capitaine d’industrie, y terrorise Mime au moyen de véritables décharges électriques. Adrian Thompson prête à ce dernier une humanité bouleversante, portant presque seul toute cette scène. Tout n’emporte pas la conviction. Les métamorphoses du dragon et du crapaud, réduites à de simples projections, manquent de relief, tandis qu’un puissant projecteur braqué sur le public paraît plus envahissant que véritablement signifiant. Mais l’essentiel est ailleurs. Edwards rappelle avec force que Das Rheingold raconte avant tout le prix du pouvoir. Alberich renonce à l’amour pour la richesse; Wotan sacrifie son autorité morale pour un palais qu’il ne peut payer. Plus subtilement encore, le metteur en scène installe le Nibelheim derrière les murs mêmes du Walhalla, révélant que la prospérité des dieux repose sur un travail invisible.

 

 

La distribution défend magnifiquement cette vision. David Stout domine la soirée avec un Alberich d’une intensité exceptionnelle. Matthew Rose et David Shipley donnent une véritable stature tragique aux deux géants. James Rutherford campe un Wotan délicieusement précieux, tandis que Mark Le Brocq fait de Loge un observateur ironique, notant dans un petit carnet chacune des erreurs divines. Rachel Nicholls apporte une émotion sincère à Freia, seule véritable figure de compassion lorsque Fasolt succombe. Sara Fulgoni impressionne par une Erda surgissant du milieu du public, comme si la Terre elle-même venait interrompre le cours de l’action.

À la tête de l’Orchestra of English National Opera, Harry Sever confirme les promesses déjà entrevues au festival de Longborough auprès de son mentor Anthony Negus. Sa direction conjugue énergie dramatique, transparence orchestrale et remarquable sens de l’architecture. Et la comparaison est inévitable: si Longborough demeure aujourd’hui encore la référence pour entendre du Wagner en Grande Bretage, Grange Park affirme avec cette nouvelle Tétralogie des ambitions parfaitement légitimes !…

 

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CRITIQUE, festival. HORSLEY, Grange Park Opera, le 10 juillet 2026. WAGNER : Das Rheingold. J. Rutherford, R. Nicholls, D. Stout, M. Rose… Charlie Edwards / Harry Sever. Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, festival. VAISON-LA-ROMAINE, 30ème Festival « Vaison Danses » (Théâtre Antique), le 15 juillet 2026. « IN THE BRAIN » par Hofesh SHECHTER et la Company SHECHTER II

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Le Théâtre Antique de Vaison-la-Romaine a vibré d’une énergie particulière, en ce 15 juillet 2026. Pour ce 30ème anniversaire du festival « Vaison Danses« , Pierre-François Heuclin, le directeur artistique, avait promis une programmation à la hauteur de l’événement, et le public, venu en nombre, n’a pas été déçu. Avec la nouvelle pièce du génial chorégraphe israélien Hofesh Shechter, « In the Brain », c’est un véritable cri viscéral qui s’est élevé dans la nuit provençale, porté par l’énergie sans limite de la (jeune) compagnie Shechter II.

 

« Vaison Danses » fête ses 30 ans : une édition d’exception placée sous le signe de l’énergie et de l’émotion

Pour cette nouvelle création, étrennée en mars dernier à Berne, Hofesh Shechter a offert au public une expérience entre rave party et danse rituelle, une pièce qui transforme le plateau en un espace de communion brute, où le rythme est roi. Elle est en fait le prolongement d’une pièce plus courte, Cave, créée pour la Martha Graham Company. Là, sous les éclairages savants de Tom Visser, huit interprètes d’un talent exceptionnel, recrutés parmi plus de mille deux cents candidats, se sont livrés sans retenue à une transe collective. Leur gestuelle, entre souplesse chaloupée et saccades percutantes, mélange les codes du clubbing à une énergie tellurique, pour une célébration de la liberté et de l’abandon, où l’on se perd et se retrouve dans une intelligence partagée.

Cette soirée était aussi l’occasion de saluer la spécificité de la compagnie qui l’interprétait. En effet, il faut distinguer la Shechter II de la plus emblématique Hofesh Shechter Company. Si cette dernière est la troupe permanente du chorégraphe, célèbre pour ses œuvres majeures comme « Political Mother » (que nous avions vue l’an passé aux Nuits de Fourvière à Lyon) ou « Theater of Dreams » (à laquelle nous avions assistée lors de sa reprise à Montpellier en fin d’année dernière), Shechter II est un programme de développement professionnel unique, un vivier de la jeune garde de la danse contemporaine anglaise. C’est une formation d’exception, un « laboratoire » d’où émerge la nouvelle génération, nourrie de l’énergie du maître mais déjà porteuse de sa propre intensité. Voir ces huit danseurs, encore en devenir mais déjà d’une maîtrise sidérante, était un privilège rare, un secret partagé avant qu’ils ne conquièrent le monde.

Et cette pièce n’est que l’un des temps fort d’une édition anniversaire d’une richesse inouïe : le festival avait en effet convié des compagnies prestigieuses pour célébrer cet anniversaire. L’ouverture avait été marquée par la débauche d’énergie des Ballets de Monte-Carlo dans Core Meu de Jean-Christophe Maillot (que nous avions vu – à sa création à Monaco – en avril dernier). Les 18 et 22 juillet, le public aura le plaisir de découvrir le Ballet de l’Opéra de Lyon avec Mycellium de Christos Papadopoulos, puis le Ballet de l’Opéra de Tunis pour une Carmen sensuelle signée Abou Lagraa. Enfin, la clôture du 25 juillet s’annonce comme un moment d’une rare gravité émotionnelle, avec les Adieux de Thierry Malandain à la direction de son Malandain Ballet Biarritz, dans « Juste une dernière danse ».

En accueillant Hofesh Shechter et sa troupe de jeunes loups, Vaison Danses a non seulement célébré trente ans de passion pour la danse, mais aussi prouvé que son regard était résolument tourné vers l’avant, vers les forces vives de demain. Une soirée électrique autant qu’une célébration inoubliable !

 

 

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CRITIQUE, festival. VAISON-LA-ROMAINE, 30ème Festival « Vaison Danses » (Théâtre Antique), le 15 juillet 2026. « In the Brain » par Hofesh SHECHTER et la Compagnie SHECHTER II. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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EXPOSITION. PARIS, OPÉRA NATIONAL DE PARIS. « Les Révolutions du Ring » au Palais Garnier à partir du 27 octobre 2026

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Nouvelle exposition au Palais Garnier de Paris. Y a t il toujours une wagnérite aiguë en France ? ou du moins, les mélomanes français continuent-ils depuis Baudelaire, d’aimer passionnément le théâtre wagnérien, en particulier le Ring ? L’exposition événement annoncé au Palais Garnier à Paris devrait répondre à ces questions. Objet artistique unique, associé à de multiples révolutions esthétiques depuis sa création il y a 150 ans, le Ring de Richard Wagner (ou la Tétralogie, c’est à dire dans l’ordre de réalisation du cycle de 1876, L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried, Le Crépuscule des Dieux), ne cesse de fasciner et d’inspirer.

 

 

Alors que l’Opéra national de Paris complète actuellement sa nouvelle production de la Tétralogie, cette exposition au Palais Garnier, en association avec la Bibliothèque nationale de France, s’annonce comme un événement à la mesure de l’oeuvre wagnérienne. Son parcours éclaire le contexte politique dont l’oeuvre est issue, les ruptures formelles qu’elle introduit dans l’histoire de l’opéra, les défis que sa représentation soulève et sa postérité dans le monde des arts. Avec à la clé, les diverses productions du Ring, à l’affiche de l’Opéra de Paris. Illustrations DR, lire ci dessous copyrights.

 

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Exposition. RICHARD WAGNER – LES REVOLUTIONS DU RING – Palais Garnier, du 27 octobre 2026 au 20 février 2027 – Tous les jours de 10h à 17h sauf fermetures exceptionnelles.
L’exposition est accessible avec un billet pour la visite autonome du Palais Garnier, disponible sur la billetterie de l’Opéra de Paris : www.operadeparis.fr/visites/palais-garnier
Tarifs de 10 € à 25 €

 

Illustrations :
Béatrice Helg, Cosmos I – Wagner, étude de scène, 2013 © Atelier Béatrice Helg
Paul Larthe, Maquette du costume de Loge dans L’Or du Rhin, 1941 © BnF, département de la Musique, BmO

 

 

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10ème Festival « Opéra & Concerts au Coucher de soleil » (Oppède-le-Vieux). « La Bohème » de PUCCINI, du 14 au 16 août 2026

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Pour sa 10ème édition, le Festival « Opéra & Concerts au Coucher de soleil«  s’apprête à illuminer le village perché d’Oppède-le-Vieux, du 14 au 18 août 2026. Placé sous la direction artistique et musicale du chef français Cyril Diederich, ce dixième anniversaire mettra à l’honneur l’un des chefs-d’œuvre les plus aimés du répertoire : La Bohème de Giacomo Puccini.

 

Né à Aix-en-Provence, Cyril Diederich baigne dans l’univers lyrique depuis l’enfance, passant ses étés au Festival d’Aix-en-Provence dès les années 1950. Formé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il se distingue par deux prix internationaux de direction, en Italie et en Pologne. Sa carrière l’a mené aux plus hautes fonctions : directeur musical de l’Opéra de Montpellier (1984-1990), de l’Orchestre symphonique de Mulhouse, chef permanent à l’Opéra de Marseille, et directeur musical du Paris Symphonic Orchestra depuis 2012. Il a également eu le privilège d’assister Herbert von Karajan à Berlin et de compter Georges Prêtre parmi ses mentors.

 

 

La Bohème : un opéra, une génération

Pour cette édition anniversaire, il a fait le choix audacieux de réunir une distribution exceptionnelle, dont la moyenne d’âge est de 30 ans, et s’exprime ainsi : « Notre quête est de réussir le Festival dans un lieu unique… La Bohème de Puccini est un sommet de l’opéra« .

Le Festival s’inscrit dans la lignée des « Semaines musicales du Luberon« , que le chef avait créées en 1970, témoignant de son attachement profond à cette terre provençale. Depuis 2017, le festival perpétue cette tradition avec une vocation affirmée : « lancer les meilleurs artistes de la nouvelle génération avec nos fidèles musiciens de l’opéra de Paris et de l’Orchestre de Radio France ».

Rendez-vous du 14 au 18 août 2026 à Oppède le Vieux !

 

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Information et billeterie en cliquant ici

 

 

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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 12 juillet 2026. WAGNER : Tristan und Isolde. P. Wedd, C. Woodward, C. Carby, A. Miles, R. Hayward… Anthony NEGUS / Carmen JAKOBI

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Pendant plusieurs secondes, après le dernier accord, personne ne bouge. Pas une toux, pas un froissement, pas un applaudissement prématuré : toute une salle suspendue, comme si le seul fait d’expirer risquait de briser quelque chose. Et lorsque le charme se rompt enfin, l’ovation qui déferle semble monter de bien plus loin que le réflexe ordinaire de l’applaudissement. Ce silence-là est la plus juste des critiques que l’on puisse offrir au Tristan und Isolde du Longborough Festival Opera. 

 

 

Il faut dire que l’homme en fosse était arrivé ce soir-là déjà couronné. Anthony Negus, wagnérien chevronné de Longborough et âme même de sa vie musicale, vient d’être fait CBE, distinction qui tenait moins de la nouvelle que de la confirmation tardive de ce que savait quiconque qui l’avait déjà entendu diriger cette partition. Son Tristan tient Wagner – et nous – dans une tension irrésolue que rien ne relâche jusqu’à la délivrance du Liebestod. L’Orchestre du Festival de Longborough lui répond avec chaleur, concentration et un raffinement remarquable, prouvant une fois encore que la Grange des Cotswolds reconvertie, réussit à Wagner non pas malgré son intimité, mais grâce à elle.

La mise en scène de Carmen Jakobi, déjà remaniée lors d’une précédente reprise, fait confiance à la musique pour porter tout le poids émotionnel. Les décors de Kimie Nakano dessinent, dans le même esprit, un paysage épuré, presque abstrait. C’est là, bien sûr, le monde qu’habitent les amants: ce désir de la nuit où ils peuvent enfin être ensemble, puis, à mesure que monte l’appel de la mort, un étrange demi-monde. Exit, dès lors, les navires, les châteaux et les jardins du livret, remplacés par une esthétique de drame psychologique. Plutôt que de suivre un récit, la production explore l’espace trouble où se tiennent ses personnages. C’est presque comme s’ils étaient déjà morts en buvant, non le poison, mais le philtre d’amour.

 

 

Le Tristan de Peter Wedd est superlatif. Retrouvant un personnage qu’il a fait très largement sien à Longborough, Wedd déploie une conviction dramatique totale. La voix montre une puissance qui, comme le personnage lui-même, refuse tout bonnement de mourir. Et pourtant, si impressionnant que soit le chant, c’est le jeu qui demeure le plus longtemps en mémoire. Son troisième acte devient le portrait douloureusement vrai d’un homme qui dérive entre lucidité et délire, s’accrochant à l’espoir tandis que son corps et son esprit le trahissent peu à peu. Chaque geste, chaque hésitation, chaque bribe de mémoire paraît psychologiquement inéluctable.

Catharine Woodward s’affirme comme une partenaire tout aussi magnétique, dans ce qui constitue une superbe prise de rôle en Isolde. Son incarnation grandit régulièrement au fil de la soirée : elle part d’une autorité fière, presque implacable, avant de révéler une chaleur et une vulnérabilité croissantes à mesure que le drame se noue. À la transfiguration finale, elle trouve une intériorité lumineuse qui couronne la soirée d’un rayonnement émotionnel authentique. Jamais elle ne force la voix; elle épouse pourtant les grandes montées orchestrales de Wagner avec une aisance qui laisse la musique s’épanouir plutôt qu’elle ne la dompte.

Autour d’eux, Longborough démontre une fois de plus l’extraordinaire régularité de sa distribution. La Brangäne de Catherine Carby est bien plus qu’une confidente fidèle: ses avertissements lancés depuis les coulisses, au deuxième acte, flottent à travers la salle avec une beauté envoûtante qui, l’espace d’un instant, suspend le temps lui-même. Robert Hayward prête à Kurwenal une loyauté inébranlable et une dignité paisible, tandis qu’Alastair Miles compose un Roi Marke tout de pathétique et d’humanité. Son grand monologue est celui d’un homme, figure peut-être un peu faible, incapable de comprendre comment ceux en qui il avait mis sa confiance ont pu le mener là. Comme son héros Tristan, et Isolde du reste, il se retrouve, au sens propre comme au figuré, presque acculé au mur, hors d’état de saisir ce qui lui arrive. Brian Smith Walters campe un Melot au trait acéré, le traître de service, et le Berger de Peter Bronder apporte une simplicité sans apprêt à l’un des moments les plus exquis de l’ouvrage. Pas un maillon faible dans toute la distribution.

À l’évidence, c’est d’abord pour le jeu et le chant de Wagner que le public vient à Longborough, plutôt que pour un grand spectacle théâtral, et ce Tristan continue de donner pleinement raison à cette philosophie. La production de Carmen Jokobi éclaire sans jamais s’imposer, l’orchestre joue avec un engagement extraordinaire, et Anthony Negus démontre à nouveau pourquoi il demeure l’un des tout premiers chefs wagnériens de Grande-Bretagne. 

 

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CRITIQUE, opéra. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 12 juillet 2026. WAGNER : Tristan und Isolde. P. Wedd, C. Woodward, C. Carby, A. Miles, R. Hayward… Anthony NEGUS / Carmen JAKOBI. Crédit photographique (c)  Matthew Williams-Ellis

 

 

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OPÉRA DE MASSY, saison 2026-2027 : Tosca, La Flûte Enchantée, Le Retour d’Ulysse, Le Barbier de Séville… Opera Fuoco, Compagnie Par Terre, Benjamin Millepied, Adam Laloum, Geneviève Laurenceau…

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Saison riche et généreuse que celle de l’Opéra de Massy, seul opéra en Île-de-France, scène audacieuse à l’éclectisme stimulant, et qui ne cesse de fidéliser un nombre toujours aussi important (et croissant) de spectateurs, acquis à son offre musicale. Et quelle offre ! Cette nouvelle saison 2026 – 2027 affiche une diversité de styles, d’écritures, une curiosité ouverte, un sens idéal des équilibres (opéra, théâtre musical, concerts, danses, événements, rencontres…), tout ce qui fait d’une maison lyrique, un opéra populaire, accessible, proche, facile, accueillant, conçu pour tous et qui parle à chacun… L’Opéra de Massy réalise tout cela pour le plaisir du plus grand nombre et pour tous les publics.

 

 

LYRIQUE

L’opéra et le théâtre musical sont à l’honneur avec pas moins de 9 propositions : « 3 opéras d’Outre-mer » pour commencer (la création lyrique venue des territoires ultramarins, précisément du Théâtre Vollard de la Réunion, les jeu 1er et ven 2 oct 2026) ; puis TOSCA de Puccini (les 6 et 8 nov 2026 / mise en scène : Silvia Paoli / direction : Luciano Acocella, avec Monica Zanettin, Amadi Lagha,…) et LA FLÛTE ENCHANTÉE de Mozart (les ven 11, sam 12, dim 13 déc 2026 / Orchestre de l’Opéra de Massy, Constantin Rouits, direction / Alessandro Idonea, mise en scène), avant les autres piliers que sont LE RETOUR D’ULYSSE DANS SA PATRIE, opéra rare mais magistral du grand Monteverdi (les ven 23 et dim 25 avril 2027 / Opera Fuoco, David Stern, avec les chanteurs de l’Atelier Lyrique Opera Fuoco) ; puis chef d’œuvre du genre buffa, LE BARBIER DE SÉVILLE du pétillant Rossini, les ven 21, dim 23, mar 25 mai 2027 – Orchestre de l’Opéra de Massy / Christophe Mirambeau, mise en scène et dialogues ; Sammy El Ghodab, direction…

Enfin, conclusion participative avec « Les 3 mousquetaires » de Julien Joubert (jeu 3 juin 2027)…  Vous ne manquerez pas non plus Les Contes de Perrault (opéra féerie, les ven 8 puis dim 10 janv 2027 par Les Frivolités parisiennes) ; REQUIEM de Mozart (les 26, 27 et 28 fév 2027 – mise en scène : Stéphane Braunschweig / Dominique Rouits, direction) et Pinocchio de Philippe Boesmans et Joël Pommerat (ven 19 et sam 20 mars 2027 / Miroirs Étendus, mise en scène : Ambre Kohan / Léo Margue, direction) ;…

Cette saison l’Opéra de Massy poursuit un compagnonnage fécond avec ses 3 ensembles / formations en résidence : l’Orchestre de l’Opéra de Massy (voir ci après notre sélection des concerts symphoniques), Opera Fuoco de David Stern dont le temps fort cette saison demeure l’opéra Le Retour d’Ulysse de Monteverdi (déjà cité lire ci avant), et la Compagnie de danse « Par terre » d’Anne Nguyen (« Promenade obligatoire »de 2012, les ven 9 et sam 10 oct 2026).

 

CONCERTS SYMPHONIQUES

Parmi les concerts de l’Orchestre maison (Orchestre de l’Opéra de Massy) vous ne manquerez pas ces rendez-vous : « Passion romantique » : Symphonie n°4 de Schumann et Concerto pour piano n°2 de Brahms (soliste invité : Adam Laloum), sam 3 oct (Constantin Rouits, direction) ; « Mozart entre ombre et lumière », avec Eva Zavaro, violon (dim 15 nov, Joséphine Korda, direction) ; « Gustave au Royaume des percussions » (dès 3 ans) : en famille, découvrez la magie du monde orchestral (dim 17 janv) ; « Virtuosité et destin », avec Geneviève Laurenceau, violon (Concerto n°3 de Saint-Saëns, Symphonie n°5 de Tchaikovski – Dominique Rouits, direction / dim 7 mars 2027) ; programme raffiné français avec le sublime (et ravélien) « Festin de l’Araignée » du génial Albert Roussel, couplé avec la Symphonie n°3 de Schubert et Jeux d’enfants de Bizet (ven 28 mai 2027 – Constantin Rouits, direction). Et vous ne manquerez pas en conclusion festive et recueillie, regroupant toutes les ressources artistiques locales (en plus de l’Orchestre, la Maîtrise de Massy, le Choeur L’atelier de Massy), plusieurs fleurons de la musique sacrée française : Messe Solennelle pour Sainte-Cécile, Stabat mater et Ave Maria de Gounod, Ave Maria de César Franck, par 1er juin 2027.

Vertiges symphoniques aussi avec l’Orchestre national d’Île de France : « Hollywood symphonique », musique des films signées Korngold, Steiner, Rózsa, Horner, Zimmer, Williams… Bastien Stil, direction (dim 29 nov), puis « Les Tableaux d’une exposition » / Rimski-Korsakov, Concerto pour piano n°2 de Prokofiev (Arsenii Moon, piano) / Moussorgski / mar 11 Mai 2027 …

Les amateurs de VOIX et RÉCITALS LYRIQUES seront comblés avec le programme « VOIX NOUVELLES 2027 » / les mar 4 et mer 5 mai 2027, demi finale nationale ; découvreuses 10 chanteurs qualifiés au terme de cette demi finale très attendue… accès libre sur réservations à partir du 1er avril 2027.

 

Autres perles à ne pas manquer
« Le jardin des Hespérides » par Hespèrion XXI, Jordi Savall (« Folias, danses, glosados… » / mar 12 janv 2027) ; « Music-Hall »/ hommage au Paris musical du XXè (Trenet, Lecocq, Milhaud, Bourvil, Gershwin…) par Le Concert Spirituel / Hervé Niquet (ven 15 janv 2027) ; « West Side Story » par un collectif idéalement inspiré par les défis de la comédie musicale américaine : The Amazing Keystone Big Band (jeu 4 fée 2027) ; La Passion selon Saint-Matthieu de JS Bach par l’ensemble en résidence Opera Fuoco et David Stern (ven 26 mars 2027) ;

 

DANSE

Outre les rvs avec la COMPAGNIE PAR TERRE, en résidence, plusieurs spectacles s’annoncent eux aussi incontournables : l’élégance esthétique du LONDON CITY BALLET (« Ghost light / L’oiseau de feu, sam 14 nov) ; C@sse noisette, entre date et numérique, d’Elsa Bontempelli (ven 27 nov 2026) ; « Du bout des lèvres » (chorégraphie de Benjamin Millepied, jeu 3 et ven 4 déc 2026) ; l’inusable sommet romantique, COPPELIA par le Ballet de l’Opéra du Capitole de Toulouse (avec l’Orchestre de l’Opéra de Massy et Constantin Rouits, direction), les sam 23 puis dim 24 janv 2027 ; la flamboyante compagnie brésilienne Grupo Corpo : « Piracema / Gira » (jeu 4 mars 2027) ; une nouvelle lecture d’« Alice au pays des merveilles » par la GAM Compagnie (Cloé Alexandre et Zélie Jourdan, chorégraphie / ven 30 avril 2027)…

 

 

 

TOUTES les infos sur le site de l’Opéra de Massy, nouvelle saison 2026- 2027 – billetterie en ligne, détail des programmes, les artistes et les ensembles invités… : https://www.opera-massy.com/fr/programme-2627/

Consultez la brochure Opéra de Massy, saison 2026-2027 : https://www.calameo.com/read/0020004171e72cf237ea3

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CRITIQUE, festival. CHOREGIES D’ORANGE, Théâtre Antique, le 13 juillet 2026. « Cendrillon » de Sergueï Prokofiev par Jean-Christophe Maillot et Les Ballets de Monte-Carlo

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 Dans l’écrin majestueux du Théâtre Antique, baigné par la douceur d’une nuit provençale, les Ballets de Monte-Carlo ont offert une Cendrillon de Sergueï Prokofiev d’une beauté renversante – et le (nombreux) public ayant répondu à l’appel a été happé par un conte bien éloigné du cliché enfantin…

 

Jean-Christophe Maillot, à la tête de sa compagnie depuis quatre décennies (!), signe ici l’une de ses chorégraphies les plus emblématiques. Loin de l’histoire de la roturière sauvée par un prince charmant, sa Cendrillon est avant tout une réflexion bouleversante sur le deuil et le souvenir. Dès le lever de rideau, l’émotion est à son comble lorsque l’héroïne serre contre elle la robe blanche de sa défunte mère, symbole d’un amour absent et d’un deuil impossible à faire dans une famille recomposée où le passé est rendu tabou. Ce qui frappe d’abord ici, c’est la puissance théâtrale et psychologique de cette vision. Jean-Christophe Maillot décape le mythe de son côté mielleux pour en révéler la chair vive. Dans « sa » version, la marâtre et ses filles ne sont pas de simples caricatures méchantes ; ce sont des prédatrices sensuelles et manipulatrices, dévoreuses d’illusions, qui dégoulinent d’artifices. Le palais du Prince n’est pas un lieu de rêve, mais une cour moribonde, rongée par l’ennui et l’oisiveté, où les Surintendants du Plaisir, véritables pantins grotesques, tentent en vain de divertir une société asphyxiée. La chorégraphie, tour à tour frénétique, érotique et d’une ironie féroce, brosse un portrait acide d’un monde où la quête effrénée du plaisir a ôté tout sens des réalités.

 

 

Face à ce monde factice, Cendrillon incarne la simplicité et la vérité. La fameuse pantoufle de vair disparaît, remplacée par un symbole autrement plus puissant : celui du pied nu recouvert d’une fine poudre d’or. Ce motif revient comme un leitmotiv, célébrant le dépouillement de l’héroïne et rendant hommage à l’essence même de l’art chorégraphique : le pied, point d’appui, d’envol et de survie du danseur. C’est ce pied nu que le Prince devra reconnaître, non pour s’approprier une conquête, mais pour renoncer à son monde. Dans une scène d’une poésie folle, la Fée lui bande les yeux, l’obligeant à voir au-delà des apparences pour rejoindre celle qu’il aime. Le salut ne réside pas dans une ascension sociale, mais dans la capacité du Prince à abandonner son palais et à se prosterner « aux pieds » de sa bien-aimée. La Mort elle-même, évocation lumineuse de la mère disparue, devient une figure tutélaire qui accompagne les amants vers leur bonheur. Les Ballets de Monte-Carlo, portés par une interprétation d’une intensité remarquable, ont fait corps avec cette vision. Les duos entre les solistes étaient d’une musicalité et d’une grâce infinies, mêlant avec un brio exceptionnel la rigueur classique et la liberté du mouvement moderne, le tout servi par les sublimes costumes de Jérôme Kaplan et la scénographie épurée du fidèle Ernest Pignon-Ernest.

Ce spectacle, véritable enchantement, doit beaucoup à la vision audacieuse de Jean-Louis Grinda, le directeur artistique démissionnaire des Chorégies d’Orange, qui eut l’intelligence d’introduire la danse, dans ce temple dédié à l’opéra, juste après son arrivée à la tête du festival provençal. Ces dernières années, il avait offert au public du festival de nombreux moments de grâce absolue – à l’instar de « Giselle » par le Ballet du Capitole en 2022, la venue du célèbre Ballet du Teatro alla Scala en 2023, celle du Malandain Ballet Biarritz en 2024 et enfin l’incontournable « Lac des Cygnes » par Angelin Preljocaj l’an passé -, prouvant que le Théâtre Antique peut accueillir avec la même majesté l’art chorégraphique. Alors que cette édition 2026 s’achève sur cette note magique, on ne peut qu’espérer, avec une ferveur sincère, que Bruno Messina, son successeur récemment nommé, saura préserver cette précieuse ouverture sur le ballet. Le Théâtre Antique d’Orange mérite de continuer à vibrer sous les étoiles, au rythme des entrechats des plus grandes compagnies du monde.

 

 

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CRITIQUE, festival. CHOREGIES D’ORANGE, Théâtre Antique, le 13 juillet 2026. « CENDRILLON » de Sergueï Prokofiev par Jean-Christophe Maillot et Les Ballets de Monte-Carlo. Crédit photographique (c) Philippe Gromelle

 

 

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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 08 juillet 2026. VERDI : Macbeth. V. Balan, M. Stone, J. S. Yun… Karolina Sofulak / Nil Venditti

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La première incursion du festival des Cotswolds dans le Macbeth de Giuseppe Verdi séduit l’intelligence, mais laisse d’abord le cœur sur sa faim, jusqu’à ce que la musique, souveraine, finisse par tout emporter.

 

On ressort de la nouvelle production de Macbeth signée Karolina Sofulak avec le sentiment d’avoir admiré la pensée qui la sous-tend davantage que le spectacle lui-même. Les idées, pourtant, ne manquent pas. Le décor de Kimie Nakano, un paysage d’acier tordu que domine ce qui ressemble à la carcasse effondrée d’un pylône électrique, évoque aussitôt un royaume corrompu de l’intérieur, dont l’ordre politique et moral s’est réduit à la rouille. L’image est saisissante, et pleinement digne de la plus noire des tragédies verdiennes. La difficulté ne tient pas à ce que Shakespeare aurait été modernisé, ni à ce que l’Écosse médiévale se serait volatilisée : l’opéra a maintes fois prouvé qu’un cadre contemporain pouvait éclairer les œuvres les plus familières. Le problème est ailleurs: cette production présuppose sans cesse un savoir qu’il lui reviendrait pourtant de nous donner.

Car le Macbeth de Verdi n’est pas la pièce de Shakespeare. Là où le dramaturge dispose de cinq actes pour établir les liens, les allégeances et la géographie, Verdi n’a guère plus de deux heures et demie. Son opéra avance avec un élan dramatique implacable et réclame, pour emporter l’adhésion, une clarté théâtrale immédiate. Ici, trop souvent, le symbole se substitue au récit. Les personnages autres que les protagonistes demeurent insuffisamment caractérisés, les allées et venues entre l’Écosse et l’Angleterre restent floues, et plusieurs partis pris scéniques invitent le spectateur à déchiffrer un concept plutôt qu’à s’abandonner au drame.

 

 

La longue séquence de marionnettes en offre l’exemple le plus net. “Le monde entier est un théâtre” dit une autre pièce, mais ce théâtre de marionnettes-là ne creuse en rien le conflit psychologique et ne fait pas davantage avancer l’action: il ne fait qu’interrompre l’élan au moment précis où la partition de Verdi nous pousse inexorablement en avant. De même, les costumes largement uniformes d’une bonne part des seconds rôles brouillent les frontières entre les factions et compliquent, au lieu de l’éclairer, un drame déjà resserré. Le théâtre doit inviter à penser; il ne devrait jamais exiger qu’on le résolve.

Heureusement, la musique de Verdi possède une force expressive qui perce sans relâche ces incertitudes, et Longborough a réuni une distribution capable d’en être digne. La prise de rôle de Viktoriia Balan, pour ses débuts dans la maison, tient du triomphe. Lady Macbeth compte parmi les créations les plus exigeantes de Verdi: elle réclame non seulement de l’endurance vocale mais une conviction dramatique totale, et Balan possède l’une comme l’autre. La voix mêle chaleur, richesse et un éclat qui électrise sur toute l’étendue du registre; mais c’est l’intelligence du chant qui frappe le plus. Chaque phrase a sa raison dramatique d’être. Loin de réduire Lady Macbeth à une méchante d’opérette, elle campe une femme mue par une certitude absolue, manœuvrant tout son entourage parce qu’elle ne doute jamais d’elle-même, et cette assurance rend son effondrement final d’autant plus bouleversant. Quand bien même la production ne trouve jamais tout à fait la langue théâtrale qu’appellerait la scène de somnambulisme, Balan en retrace la désagrégation psychologique avec une autorité sans faille. Voilà des débuts qui, d’emblée, désignent une artiste à suivre. Reste à savoir comment cette voix se déploiera dans un espace autrement vaste.

Mark Stone se révèle un partenaire dramatique idéal. Plutôt que de camper d’emblée un Macbeth dévoré par l’ambition, il donne à voir un homme pris au piège des conséquences de sa propre faiblesse. Le baryton est expressif, et sa lecture rend la tragédie presque humaine, aussi humaine que peut l’être un monstre bien vivant, jeté dans une époque de violence et de superstition. Au dernier acte, Macbeth est moins un tyran qu’un homme aux prises avec le réel, la prophétie et le cadavre de son épouse. Entre les deux, il est vrai, ne passe guère cette électricité érotique et périlleuse que l’on attendrait: ils paraissent au contraire étrangement retenus l’un envers l’autre.

 

 

John Molloy prête à Banquo une noblesse tranquille et une autorité tout en retenue, contrepoids moral efficace à la déchéance de Macbeth, et l’on avouera que la mort lui va à ravir, tant il compose un fantôme d’outre-tombe des plus saisissants. Rhydian Jenkins chante Malcolm avec assurance et clarté, dans un rôle qui ne laisse guère de place à l’évolution. Bernadette Johns, en dame de compagnie, signe une intervention éloquente dont la brièveté n’entame en rien la force. C’est ce soin accordé jusqu’aux plus petits rôles qui continue de distinguer Longborough.

La force de la maison en matière de distribution, et le réseau patiemment tissé dans le monde Lyrique, éclate une fois de plus : c’est à bon droit que l’ovation de la soirée est allée au Macduff de Jung Soo Yun. Formé par l’illustre ténor gallois Dennis O’Neill, Yun apporte à “Ah, la paterna mano” un timbre magnifiquement concentré et une sincérité sans apprêt; sa déploration sur les siens, massacrés, devient l’un des sommets émotionnels de la soirée. Rien de complaisant dans ce chant: il dit le chagrin avec droiture et dignité, au point qu’on finit par regretter que Verdi n’ait pas donné plus à faire à Macduff.

Le chœur résume à lui seul les forces et les faiblesses de la soirée. Musicalement, il est magnifique: poids sonore, précision et engagement d’un bout à l’autre d’une partition redoutable. Dramatiquement, en revanche, il demeure curieusement insaisissable. Tour à tour sorcières, courtisans, soldats, réfugiés et témoins anonymes, il ne reçoit de la mise en scène que de rares indices pour justifier ces identités changeantes. À mesure que l’action fait la navette entre l’Écosse et l’Angleterre, la narration visuelle ne suit jamais tout à fait la musique. Il en résulte moins une ambiguïté fascinante qu’une confusion superflue.

Si la scène perd parfois le fil dramatique, Nil Venditti, elle, ne le lâche jamais. Dès les premières mesures, menaçantes, elle mène l’Orchestre du Festival de Longborough avec urgence et détermination, laissant l’orchestration de Verdi distiller la menace, la tension et le malaise que le plateau peine, par instants, à soutenir. Encore et encore, c’est la fosse qui rétablit l’élan dramatique et nous rappelle que Macbeth demeure l’une des plus saisissantes études verdiennes du pouvoir, de la peur et de l’effondrement moral.

Il y a beaucoup à admirer dans l’ambition de Sofulak, quand bien même toutes les idées n’atteignent pas leur pleine réalisation scénique. Voilà un spectacle qui séduit l’intelligence plus volontiers qu’il n’émeut le cœur, et qui prend par moments l’opacité pour de la profondeur. Le chef-d’œuvre de Verdi, lui, se révèle magnifiquement résistant. Porté par une distribution remarquable, un chœur superbe et un orchestre d’un engagement exceptionnel, Longborough démontre une fois encore que sa plus grande force réside dans ses musiciens.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 08 juillet 2026. VERDI : Macbeth. V. Balan, M. Stone, J. S. Yun… Karolina Sofulak / Nil Venditti. Crédit photographique (c) Matthew Williams-Ellis

 

 

 

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CRITIQUE CD. WEBER : Der Freischütz, arrangements pour musique d’Harmonie (Karl Flachs, 1822). WOLF, Jean-Philippe Poncin(1 CD Ricercar 2026)

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A Vienne, la tradition musicale, très active, s’appuie entre autres sur l’essor des formations légères, virtuoses, habiles, prêtes à jouer partout, dans les salons et les sites de la ville si mélomane, s’emparant des airs à la mode. La transcription dynamise les concerts ; pour preuve, cette adaptation de plusieurs extraits de l’opéra particulièrement applaudi : Der Freischütz (le franc-tireur) de Weber, parmi les plus grands succès de la scène lyrique, ce dès sa création à Berlin le 18 juin 1821. Avec Beethoven et Schubert, Weber contribue activement à l’âge d’or musical viennois de la période romantique. Pour son bicentenaire en 2026, il reste opportun de souligner l’exceptionnelle expressivité de son écriture, en particulier dans son opéra fantastique Der Freischütz. Une incandescence dramatique que n’amenuise en rien la réduction ici pour … 10 instrumentistes.

 

 

 

L’octuor à vent (hautbois, clarinettes, cors, bassons par 2) est mis en avant, ses capacités expressives, d’autant plus affûtées qu’elles sont pilotées, exploitées avec la finesse et la subtilité espérées. Der Freischütz comme Fidelio de Beethoven est transcrit très rapidement dans les années 1820, dont celle de Walter Sedlak, surtout de Karl Flachs qui ajoute à l’octuor traditionnel, les flûtes.
L’intérêt de la version défendue ici par l’ensemble Wolf (Jean-Philippe Poncin) éclaire la réussite des options choisies : comme la répartition des parties à tel ou tel instrument, défi d’autant plus difficile que la partition originelle de Weber est d’une exceptionnelle puissance orchestrale, marquée par une orchestration d’une modernité inédite (comme l’ouverture et sa fabuleuse structuration orchestrale). Flachs distribue les airs aux différents instruments, flûte, hautbois, clarinette, basson… sauf l’air mélancolique d’Agathe, dévolu à la seule, nostalgique et caressante, clarinette. Bel hommage à l’instrument dont joue l’un des proches de Weber lui-même : le virtuose Heinrich Joseph Bärmann, clarinettiste suffisamment inspirant pour lequel le compositeur écrit 2 concertos et le Concertino… Mais Weber aima transcrire lui-même ses airs en particulier pour son mécène le duc Leopold Auguste de Saxe Gotha Altenburg, en nov 1823, précisément mélodies et valse, dérivée de son lied Maienblümlein, so schön / J 117. Transcrire Weber est donc d’autant plus juste que le compositeur s’adonna à ce défi.

L’arrangement de Flachs de 1822, du Freischütz confère à cette discipline, ses lettres de noblesse ; conçu pour l’harmonie traditionnelle augmentée d’une flûte, et aussi d’une contrebasse qui double les harmoniques graves du second basson. L’usage des instruments historiques soulignent ce brio des timbres originels mais aussi l’intimité et la couleur plus psychologique de chaque aria. Avec un récent programme Weber, – lui aussi intimiste, réalisé par le remarquable ensemble également sur instruments historiques Hexaméron, cet enregistrement éclaire avec sensibilité et justesse les mondes fantastiques, impétueux du Freischütz de Weber, dévoilé sous un regard inédit (la version Karl Flachs est ainsi restituée intégralement – et corrigée pour l’enregistrement, pour la première fois). Passionnante découverte. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

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WEBER : Der Freischütz, version Karl Flachs, 1822. WOLF, Jean-Philippe Poncin (clarinette & direction) – enregistrement réalisé en fév 2026 (1 cd Ricercar) – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

 

 

 

approfondir

LIRE aussi notre critique du CD WEBER par Hexaméron / Luca Montebugnoli) CLIC de CLASSIQUENEWS 2026 : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-weber-eine-welt-in-meinem-innern-tout-un-monde-en-moi-meme-ensemble-hexameron-luca-montebugnoli-1-cd-paraty/

Le programme porté par l’ensemble sur instruments anciens Hexaméron révèle un Weber méconnu, d’une pudeur fervente que les interprètes attisent avec un feu remarquable.
Belle profondeur grave du Trio dès son allegro initial, qui laisse suspendu un climat à la fois agité et tendre, passant d’un timbre à l’autre, flûte, violoncelle, forte piano ; l’hypersensibilité d’un Weber amoureux et nostalgique, enivré et presque insouciant se déploie dans le jeu dialogué des 3 instrumentistes… Il s’agit bien des visions et humeurs, sensations et souvenirs d’un voyageur intérieur

 

 

 

CRITIQUE, CD événement. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

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OPERA DE LILLE. Nouvelle saison 2026 – 2027 : le sentiment d’appartenance ; 4 Constellations ; Alcina, Mars, Maria de Buenos Aires, Otello…

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La saison 2026-27 de l’Opéra de Lille continue de filer la métaphore spatiale, s’affiche telle une galaxie riche en découvertes et expériences pluridisciplinaires, accessible à tous les publics ; comme l’an dernier, elle se déroule en 4 « Constellations » qui suivent les saisons (successivement de septembre 2026 à juin 2027, ainsi : automne, hiver, printemps, été). Chaque Constellation est constituée de propositions artistiques organisées autour d’une œuvre lyrique ; à noter que chaque « constellation » affiche un spectacle de danse, genre particulièrement bien représenté cette saison.

 

Barbara Eckle, directrice de l’Opéra de Lille, a conçu une thématique fédératrice autour du sentiment d’appartenance (et aussi consécutivement de non-appartenance). L’individu, la société… quel en est le pacte d’entente ou de désunion ? Pour la constellation d’automne, la figure d’Alcina, dominatrice sur son royaume et qui a choisi l’insularité, fausse liberté…, donne le ton ; un nouveau cycle de spectacles et d’événements prolonge le mythe de l’enchanteresse, comme par exemple, le ballet « Androgynous. A portrait of a naked dancer », de l’argentine Lola Arias, qui célèbre ainsi, une sorte d’Alcina des années 1920, Anita Berber (les 13 et 14 nov 2026)…

L’hiver célèbre les territoires inconnus, réels, intérieurs, tous éclairent « les formes le plus extrêmes de l’existence humaines ». Puis le printemps, focus sur les passions, jusqu’aux rives du Río de la Plata ; enfin l’été dévoile la tragédie d’un amour tué par le soupçon et les préjugés avant de conclure cette saison par une apothéose… vénitienne.

DANSE… Les amateurs de performances chorégraphiques seront comblés en effet en suivant entre autres une affiche particulièrement riche cette saison, avec entre autres : après « Androgynous Portrait of a naked lancer » (13 et 14 nov 2026), The Hunger de la chorégraphe argentine Constanza Macras (les 29 et 30 janv 2027), « Cinq jours au soleil », nouvelle création d’Emmanuel Gat (les 10, 11 et 12 juin 2027)…

CONCERTS… Et parmi les concerts, plusieurs programmes s’annoncent prometteurs : « Échos de l’exil » (Bartok, Chopin, Liszt… 16 déc 2026), « Au Cœur de l’obscurité » (Couperin, Charpentier, le 23 Mars 2027), enfin, « De Mantoue à Venise » (Rossi, Cavalli, Vivaldi, le 21 mai 2027)…

VERTIGES LYRIQUES… Parmi les récitals attendus, ne manquez pas celui de la soprano Ermonela Jaho (« L’âme en feu » / expression des passions les plus extrêmes, au programme : airs d’opéras italiens de Puccini et de ses contemporains, Six Épigraphes antiques de Debussy arrangés pour orchestre…), jeu 3 et dim 6 déc 2026 :
https://www.opera-lille.fr/spectacle/ermonela-lame-en-feu/

Visuels de la saison 2026 2027 de l’Opéra de Lille © Antoine Grenez

 

 

CONSTELLATION D’AUTOMNE
Autour d’Alcina,
à partir de septembre 2026
Pleins feux sur l’empire de la magicienne Alcina telle que l’a portraiturée Haendel en 1735 à Londres : entité crainte, manipulatrice mais amoureuse insatisfaite… (opéra à l’affiche du 6 au 15 octobre 2026 / Mise en scène: Ewelina Marciniak / Direction musicale : Emmanuelle Haïm / avec entre autres : Karine Deshayes, Alcina ; Adèle Charvet, Ruggiero…) – pour vivre l’aventure de cette production événement, l’Opéra de Lille ouvre larges ses portes en accès libre : le Grand Foyer devient agora créative au rythme des répétitions et du travail de l’équipe artistique (moments d’échange, découverte, ateliers de danse, œuvres collaboratives… ) –  les merc 16, jeu 17, ven 18 et sam 19 sept à 18h.
PLUS D’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationAutomne
Consultez directement la brochure Constellation d’Automne ici : https://heyzine.com/flip-book/39c52af145.html

 

 

CONSTELLATION D’HIVER
Autour de l’opéra contemporain « Mars » de Jennifer Walshe,
à partir de novembre 2026.
(« Mars » de Jennifer Walshe / 3 représentations : les 13, 15 et 16 janvier 2027) : Quand la Terre sera foutue, où irons-nous pour survivre ? Dans cette odyssée lyrique, quatre femmes astronautes embarquent pour un voyage de neuf mois vers la planète Mars… Direction musicale : Elaine Kelly / Mise en scène : Tom Creed, Jennifer Walshe…
PLUS D’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationHiver

 

CONSTELLATION DE PRINTEMPS
autour de Maria de Buenos Aires
à partir de janvier 2027
Des histoires de Passion — du Christ à María, prostituée des faubourgs — immergent jusqu’aux rives du Río de la Plata, terre d’exil et d’espoirs fragiles.
« María de Buenos Aires », opéra d’Astor Piazzolla, 7 représentations, du 11 au 20 mars 2027. María naît « un jour où Dieu était ivre » dans une banlieue pauvre de Buenos Aires. Attirée par les lumières de la ville, elle mène une vie tumultueuse dans les bas-fonds de la capitale. Devenue chanteuse de cabaret, elle connaît le succès et l’adoration des hommes…
PLUS D’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationPrintemps

 

CONSTELLATION D’ÉTÉ
autour d’Otello
à partir de mai 2027
L’Opéra de Lille invite à découvrir un amour brisé par les préjugés, avant de mettre le cap sur Venise, ville-carrefour au magnétisme intemporel.
OTELLO de Verdi, 9 représentations du 10 mai au 3 juin 2027 (nouvelle production). Peut-on se sentir pleinement accepté lorsqu’on demeure, aux yeux des autres, un étranger ? Dans le drame de Shakespeare comme dans l’opéra de Verdi, la mission s’avère impossible : même pour le héros shakespearien, ici en l’occurrence le Maure de Venise, les préjugés ont la vie dure. À mesure qu’Otello s’élève, il est l’objet du soupçon — et sa chute vertigineuse, tragique, criminelle, l’aboutissement d’un jaloux haineux, manipulateur démoniaque, Iago…
Direction musicale : Dmitry Matvienko / Mise en scène : Árpád Schilling

PLUS d’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationEte2

 

 

Découvrez autour de chaque œuvre phare, spectacles, événements, rencontres,… toute la saison 2026 – 2027, le détail des programmes et des productions, artistes et solistes invités, la billetterie en ligne, … sur le site de l’Opéra de Lille : https://www.opera-lille.fr/

 

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