lundi 12 octobre 2026
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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 08 juillet 2026. VERDI : Macbeth. V. Balan, M. Stone, J. S. Yun… Karolina Sofulak / Nil Venditti

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La première incursion du festival des Cotswolds dans le Macbeth de Giuseppe Verdi séduit l’intelligence, mais laisse d’abord le cœur sur sa faim, jusqu’à ce que la musique, souveraine, finisse par tout emporter.

 

On ressort de la nouvelle production de Macbeth signée Karolina Sofulak avec le sentiment d’avoir admiré la pensée qui la sous-tend davantage que le spectacle lui-même. Les idées, pourtant, ne manquent pas. Le décor de Kimie Nakano, un paysage d’acier tordu que domine ce qui ressemble à la carcasse effondrée d’un pylône électrique, évoque aussitôt un royaume corrompu de l’intérieur, dont l’ordre politique et moral s’est réduit à la rouille. L’image est saisissante, et pleinement digne de la plus noire des tragédies verdiennes. La difficulté ne tient pas à ce que Shakespeare aurait été modernisé, ni à ce que l’Écosse médiévale se serait volatilisée : l’opéra a maintes fois prouvé qu’un cadre contemporain pouvait éclairer les œuvres les plus familières. Le problème est ailleurs: cette production présuppose sans cesse un savoir qu’il lui reviendrait pourtant de nous donner.

Car le Macbeth de Verdi n’est pas la pièce de Shakespeare. Là où le dramaturge dispose de cinq actes pour établir les liens, les allégeances et la géographie, Verdi n’a guère plus de deux heures et demie. Son opéra avance avec un élan dramatique implacable et réclame, pour emporter l’adhésion, une clarté théâtrale immédiate. Ici, trop souvent, le symbole se substitue au récit. Les personnages autres que les protagonistes demeurent insuffisamment caractérisés, les allées et venues entre l’Écosse et l’Angleterre restent floues, et plusieurs partis pris scéniques invitent le spectateur à déchiffrer un concept plutôt qu’à s’abandonner au drame.

 

 

La longue séquence de marionnettes en offre l’exemple le plus net. “Le monde entier est un théâtre” dit une autre pièce, mais ce théâtre de marionnettes-là ne creuse en rien le conflit psychologique et ne fait pas davantage avancer l’action: il ne fait qu’interrompre l’élan au moment précis où la partition de Verdi nous pousse inexorablement en avant. De même, les costumes largement uniformes d’une bonne part des seconds rôles brouillent les frontières entre les factions et compliquent, au lieu de l’éclairer, un drame déjà resserré. Le théâtre doit inviter à penser; il ne devrait jamais exiger qu’on le résolve.

Heureusement, la musique de Verdi possède une force expressive qui perce sans relâche ces incertitudes, et Longborough a réuni une distribution capable d’en être digne. La prise de rôle de Viktoriia Balan, pour ses débuts dans la maison, tient du triomphe. Lady Macbeth compte parmi les créations les plus exigeantes de Verdi: elle réclame non seulement de l’endurance vocale mais une conviction dramatique totale, et Balan possède l’une comme l’autre. La voix mêle chaleur, richesse et un éclat qui électrise sur toute l’étendue du registre; mais c’est l’intelligence du chant qui frappe le plus. Chaque phrase a sa raison dramatique d’être. Loin de réduire Lady Macbeth à une méchante d’opérette, elle campe une femme mue par une certitude absolue, manœuvrant tout son entourage parce qu’elle ne doute jamais d’elle-même, et cette assurance rend son effondrement final d’autant plus bouleversant. Quand bien même la production ne trouve jamais tout à fait la langue théâtrale qu’appellerait la scène de somnambulisme, Balan en retrace la désagrégation psychologique avec une autorité sans faille. Voilà des débuts qui, d’emblée, désignent une artiste à suivre. Reste à savoir comment cette voix se déploiera dans un espace autrement vaste.

Mark Stone se révèle un partenaire dramatique idéal. Plutôt que de camper d’emblée un Macbeth dévoré par l’ambition, il donne à voir un homme pris au piège des conséquences de sa propre faiblesse. Le baryton est expressif, et sa lecture rend la tragédie presque humaine, aussi humaine que peut l’être un monstre bien vivant, jeté dans une époque de violence et de superstition. Au dernier acte, Macbeth est moins un tyran qu’un homme aux prises avec le réel, la prophétie et le cadavre de son épouse. Entre les deux, il est vrai, ne passe guère cette électricité érotique et périlleuse que l’on attendrait: ils paraissent au contraire étrangement retenus l’un envers l’autre.

 

 

John Molloy prête à Banquo une noblesse tranquille et une autorité tout en retenue, contrepoids moral efficace à la déchéance de Macbeth, et l’on avouera que la mort lui va à ravir, tant il compose un fantôme d’outre-tombe des plus saisissants. Rhydian Jenkins chante Malcolm avec assurance et clarté, dans un rôle qui ne laisse guère de place à l’évolution. Bernadette Johns, en dame de compagnie, signe une intervention éloquente dont la brièveté n’entame en rien la force. C’est ce soin accordé jusqu’aux plus petits rôles qui continue de distinguer Longborough.

La force de la maison en matière de distribution, et le réseau patiemment tissé dans le monde Lyrique, éclate une fois de plus : c’est à bon droit que l’ovation de la soirée est allée au Macduff de Jung Soo Yun. Formé par l’illustre ténor gallois Dennis O’Neill, Yun apporte à “Ah, la paterna mano” un timbre magnifiquement concentré et une sincérité sans apprêt; sa déploration sur les siens, massacrés, devient l’un des sommets émotionnels de la soirée. Rien de complaisant dans ce chant: il dit le chagrin avec droiture et dignité, au point qu’on finit par regretter que Verdi n’ait pas donné plus à faire à Macduff.

Le chœur résume à lui seul les forces et les faiblesses de la soirée. Musicalement, il est magnifique: poids sonore, précision et engagement d’un bout à l’autre d’une partition redoutable. Dramatiquement, en revanche, il demeure curieusement insaisissable. Tour à tour sorcières, courtisans, soldats, réfugiés et témoins anonymes, il ne reçoit de la mise en scène que de rares indices pour justifier ces identités changeantes. À mesure que l’action fait la navette entre l’Écosse et l’Angleterre, la narration visuelle ne suit jamais tout à fait la musique. Il en résulte moins une ambiguïté fascinante qu’une confusion superflue.

Si la scène perd parfois le fil dramatique, Nil Venditti, elle, ne le lâche jamais. Dès les premières mesures, menaçantes, elle mène l’Orchestre du Festival de Longborough avec urgence et détermination, laissant l’orchestration de Verdi distiller la menace, la tension et le malaise que le plateau peine, par instants, à soutenir. Encore et encore, c’est la fosse qui rétablit l’élan dramatique et nous rappelle que Macbeth demeure l’une des plus saisissantes études verdiennes du pouvoir, de la peur et de l’effondrement moral.

Il y a beaucoup à admirer dans l’ambition de Sofulak, quand bien même toutes les idées n’atteignent pas leur pleine réalisation scénique. Voilà un spectacle qui séduit l’intelligence plus volontiers qu’il n’émeut le cœur, et qui prend par moments l’opacité pour de la profondeur. Le chef-d’œuvre de Verdi, lui, se révèle magnifiquement résistant. Porté par une distribution remarquable, un chœur superbe et un orchestre d’un engagement exceptionnel, Longborough démontre une fois encore que sa plus grande force réside dans ses musiciens.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 08 juillet 2026. VERDI : Macbeth. V. Balan, M. Stone, J. S. Yun… Karolina Sofulak / Nil Venditti. Crédit photographique (c) Matthew Williams-Ellis

 

 

 

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CRITIQUE CD. WEBER : Der Freischütz, arrangements pour musique d’Harmonie (Karl Flachs, 1822). WOLF, Jean-Philippe Poncin(1 CD Ricercar 2026)

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A Vienne, la tradition musicale, très active, s’appuie entre autres sur l’essor des formations légères, virtuoses, habiles, prêtes à jouer partout, dans les salons et les sites de la ville si mélomane, s’emparant des airs à la mode. La transcription dynamise les concerts ; pour preuve, cette adaptation de plusieurs extraits de l’opéra particulièrement applaudi : Der Freischütz (le franc-tireur) de Weber, parmi les plus grands succès de la scène lyrique, ce dès sa création à Berlin le 18 juin 1821. Avec Beethoven et Schubert, Weber contribue activement à l’âge d’or musical viennois de la période romantique. Pour son bicentenaire en 2026, il reste opportun de souligner l’exceptionnelle expressivité de son écriture, en particulier dans son opéra fantastique Der Freischütz. Une incandescence dramatique que n’amenuise en rien la réduction ici pour … 10 instrumentistes.

 

 

 

L’octuor à vent (hautbois, clarinettes, cors, bassons par 2) est mis en avant, ses capacités expressives, d’autant plus affûtées qu’elles sont pilotées, exploitées avec la finesse et la subtilité espérées. Der Freischütz comme Fidelio de Beethoven est transcrit très rapidement dans les années 1820, dont celle de Walter Sedlak, surtout de Karl Flachs qui ajoute à l’octuor traditionnel, les flûtes.
L’intérêt de la version défendue ici par l’ensemble Wolf (Jean-Philippe Poncin) éclaire la réussite des options choisies : comme la répartition des parties à tel ou tel instrument, défi d’autant plus difficile que la partition originelle de Weber est d’une exceptionnelle puissance orchestrale, marquée par une orchestration d’une modernité inédite (comme l’ouverture et sa fabuleuse structuration orchestrale). Flachs distribue les airs aux différents instruments, flûte, hautbois, clarinette, basson… sauf l’air mélancolique d’Agathe, dévolu à la seule, nostalgique et caressante, clarinette. Bel hommage à l’instrument dont joue l’un des proches de Weber lui-même : le virtuose Heinrich Joseph Bärmann, clarinettiste suffisamment inspirant pour lequel le compositeur écrit 2 concertos et le Concertino… Mais Weber aima transcrire lui-même ses airs en particulier pour son mécène le duc Leopold Auguste de Saxe Gotha Altenburg, en nov 1823, précisément mélodies et valse, dérivée de son lied Maienblümlein, so schön / J 117. Transcrire Weber est donc d’autant plus juste que le compositeur s’adonna à ce défi.

L’arrangement de Flachs de 1822, du Freischütz confère à cette discipline, ses lettres de noblesse ; conçu pour l’harmonie traditionnelle augmentée d’une flûte, et aussi d’une contrebasse qui double les harmoniques graves du second basson. L’usage des instruments historiques soulignent ce brio des timbres originels mais aussi l’intimité et la couleur plus psychologique de chaque aria. Avec un récent programme Weber, – lui aussi intimiste, réalisé par le remarquable ensemble également sur instruments historiques Hexaméron, cet enregistrement éclaire avec sensibilité et justesse les mondes fantastiques, impétueux du Freischütz de Weber, dévoilé sous un regard inédit (la version Karl Flachs est ainsi restituée intégralement – et corrigée pour l’enregistrement, pour la première fois). Passionnante découverte. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

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WEBER : Der Freischütz, version Karl Flachs, 1822. WOLF, Jean-Philippe Poncin (clarinette & direction) – enregistrement réalisé en fév 2026 (1 cd Ricercar) – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

 

 

 

approfondir

LIRE aussi notre critique du CD WEBER par Hexaméron / Luca Montebugnoli) CLIC de CLASSIQUENEWS 2026 : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-weber-eine-welt-in-meinem-innern-tout-un-monde-en-moi-meme-ensemble-hexameron-luca-montebugnoli-1-cd-paraty/

Le programme porté par l’ensemble sur instruments anciens Hexaméron révèle un Weber méconnu, d’une pudeur fervente que les interprètes attisent avec un feu remarquable.
Belle profondeur grave du Trio dès son allegro initial, qui laisse suspendu un climat à la fois agité et tendre, passant d’un timbre à l’autre, flûte, violoncelle, forte piano ; l’hypersensibilité d’un Weber amoureux et nostalgique, enivré et presque insouciant se déploie dans le jeu dialogué des 3 instrumentistes… Il s’agit bien des visions et humeurs, sensations et souvenirs d’un voyageur intérieur

 

 

 

CRITIQUE, CD événement. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

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OPERA DE LILLE. Nouvelle saison 2026 – 2027 : le sentiment d’appartenance ; 4 Constellations ; Alcina, Mars, Maria de Buenos Aires, Otello…

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La saison 2026-27 de l’Opéra de Lille continue de filer la métaphore spatiale, s’affiche telle une galaxie riche en découvertes et expériences pluridisciplinaires, accessible à tous les publics ; comme l’an dernier, elle se déroule en 4 « Constellations » qui suivent les saisons (successivement de septembre 2026 à juin 2027, ainsi : automne, hiver, printemps, été). Chaque Constellation est constituée de propositions artistiques organisées autour d’une œuvre lyrique ; à noter que chaque « constellation » affiche un spectacle de danse, genre particulièrement bien représenté cette saison.

 

Barbara Eckle, directrice de l’Opéra de Lille, a conçu une thématique fédératrice autour du sentiment d’appartenance (et aussi consécutivement de non-appartenance). L’individu, la société… quel en est le pacte d’entente ou de désunion ? Pour la constellation d’automne, la figure d’Alcina, dominatrice sur son royaume et qui a choisi l’insularité, fausse liberté…, donne le ton ; un nouveau cycle de spectacles et d’événements prolonge le mythe de l’enchanteresse, comme par exemple, le ballet « Androgynous. A portrait of a naked dancer », de l’argentine Lola Arias, qui célèbre ainsi, une sorte d’Alcina des années 1920, Anita Berber (les 13 et 14 nov 2026)…

L’hiver célèbre les territoires inconnus, réels, intérieurs, tous éclairent « les formes le plus extrêmes de l’existence humaines ». Puis le printemps, focus sur les passions, jusqu’aux rives du Río de la Plata ; enfin l’été dévoile la tragédie d’un amour tué par le soupçon et les préjugés avant de conclure cette saison par une apothéose… vénitienne.

DANSE… Les amateurs de performances chorégraphiques seront comblés en effet en suivant entre autres une affiche particulièrement riche cette saison, avec entre autres : après « Androgynous Portrait of a naked lancer » (13 et 14 nov 2026), The Hunger de la chorégraphe argentine Constanza Macras (les 29 et 30 janv 2027), « Cinq jours au soleil », nouvelle création d’Emmanuel Gat (les 10, 11 et 12 juin 2027)…

CONCERTS… Et parmi les concerts, plusieurs programmes s’annoncent prometteurs : « Échos de l’exil » (Bartok, Chopin, Liszt… 16 déc 2026), « Au Cœur de l’obscurité » (Couperin, Charpentier, le 23 Mars 2027), enfin, « De Mantoue à Venise » (Rossi, Cavalli, Vivaldi, le 21 mai 2027)…

VERTIGES LYRIQUES… Parmi les récitals attendus, ne manquez pas celui de la soprano Ermonela Jaho (« L’âme en feu » / expression des passions les plus extrêmes, au programme : airs d’opéras italiens de Puccini et de ses contemporains, Six Épigraphes antiques de Debussy arrangés pour orchestre…), jeu 3 et dim 6 déc 2026 :
https://www.opera-lille.fr/spectacle/ermonela-lame-en-feu/

Visuels de la saison 2026 2027 de l’Opéra de Lille © Antoine Grenez

 

 

CONSTELLATION D’AUTOMNE
Autour d’Alcina,
à partir de septembre 2026
Pleins feux sur l’empire de la magicienne Alcina telle que l’a portraiturée Haendel en 1735 à Londres : entité crainte, manipulatrice mais amoureuse insatisfaite… (opéra à l’affiche du 6 au 15 octobre 2026 / Mise en scène: Ewelina Marciniak / Direction musicale : Emmanuelle Haïm / avec entre autres : Karine Deshayes, Alcina ; Adèle Charvet, Ruggiero…) – pour vivre l’aventure de cette production événement, l’Opéra de Lille ouvre larges ses portes en accès libre : le Grand Foyer devient agora créative au rythme des répétitions et du travail de l’équipe artistique (moments d’échange, découverte, ateliers de danse, œuvres collaboratives… ) –  les merc 16, jeu 17, ven 18 et sam 19 sept à 18h.
PLUS D’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationAutomne
Consultez directement la brochure Constellation d’Automne ici : https://heyzine.com/flip-book/39c52af145.html

 

 

CONSTELLATION D’HIVER
Autour de l’opéra contemporain « Mars » de Jennifer Walshe,
à partir de novembre 2026.
(« Mars » de Jennifer Walshe / 3 représentations : les 13, 15 et 16 janvier 2027) : Quand la Terre sera foutue, où irons-nous pour survivre ? Dans cette odyssée lyrique, quatre femmes astronautes embarquent pour un voyage de neuf mois vers la planète Mars… Direction musicale : Elaine Kelly / Mise en scène : Tom Creed, Jennifer Walshe…
PLUS D’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationHiver

 

CONSTELLATION DE PRINTEMPS
autour de Maria de Buenos Aires
à partir de janvier 2027
Des histoires de Passion — du Christ à María, prostituée des faubourgs — immergent jusqu’aux rives du Río de la Plata, terre d’exil et d’espoirs fragiles.
« María de Buenos Aires », opéra d’Astor Piazzolla, 7 représentations, du 11 au 20 mars 2027. María naît « un jour où Dieu était ivre » dans une banlieue pauvre de Buenos Aires. Attirée par les lumières de la ville, elle mène une vie tumultueuse dans les bas-fonds de la capitale. Devenue chanteuse de cabaret, elle connaît le succès et l’adoration des hommes…
PLUS D’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationPrintemps

 

CONSTELLATION D’ÉTÉ
autour d’Otello
à partir de mai 2027
L’Opéra de Lille invite à découvrir un amour brisé par les préjugés, avant de mettre le cap sur Venise, ville-carrefour au magnétisme intemporel.
OTELLO de Verdi, 9 représentations du 10 mai au 3 juin 2027 (nouvelle production). Peut-on se sentir pleinement accepté lorsqu’on demeure, aux yeux des autres, un étranger ? Dans le drame de Shakespeare comme dans l’opéra de Verdi, la mission s’avère impossible : même pour le héros shakespearien, ici en l’occurrence le Maure de Venise, les préjugés ont la vie dure. À mesure qu’Otello s’élève, il est l’objet du soupçon — et sa chute vertigineuse, tragique, criminelle, l’aboutissement d’un jaloux haineux, manipulateur démoniaque, Iago…
Direction musicale : Dmitry Matvienko / Mise en scène : Árpád Schilling

PLUS d’INFOS ici : https://www.opera-lille.fr/#ConstellationEte2

 

 

Découvrez autour de chaque œuvre phare, spectacles, événements, rencontres,… toute la saison 2026 – 2027, le détail des programmes et des productions, artistes et solistes invités, la billetterie en ligne, … sur le site de l’Opéra de Lille : https://www.opera-lille.fr/

 

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CRITIQUE, festival. Nouveau Festival RADIO-FRANCE OCCITANIE MONTPELLIER (Opéra Berlioz), le 11 juillet 2026. WAGNER : Tristan und Isolde. S. Skelton, A. Kampe, K. Youn, T. A. Baumgartner… Choeur et Orchestre Philharmonique de Radio-France, Jaap van Zweden (direction)

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La soirée du 11 juillet 2026 restera gravée comme l’un des sommets de ce qui s’appelle maintenant le Nouveau Festival Radio-France Occitanie Montpellier (dirigé depuis 2023 par Michel Orier, directeur de la Musique à Radio-France), lors de cette 41ème édition qui court cette année du 5 au 18 juillet. Et pour cette unique représentation (en version de concert…) de Tristan und Isolde, l’Opéra Berlioz a vibré d’une tension et d’une énergie particulières, celle des grandes nuits wagnériennes où la musique semble suspendre le temps. Réunissant l’Orchestre Philharmonique de Radio France au grand complet, son nouveau directeur musical (à partir de septembre 2026), le chef néerlandais Jaap van Zweden, et une distribution vocale de premier ordre, le chef d’oeuvre de Richard Wagner (au passage, notre opéra préféré…) aura tenu toutes ses promesses – et c’est un véritable électrochoc musical qui a saisi un public venu des quatre coins de la France (et de bien au-delà…) pour l’événement, conquis par l’ouvrage que Wagner décrivait lui-même comme une œuvre capable de rendre fou quiconque osait l’aborder.

 

Tout, ou presque, tenait à la direction magistrale du chef néerlandais Jaap van Zweden, dont la lecture de la partition fut tout simplement souveraine. Installant d’emblée une tension chromatique irrépressible, il a sculpté le célèbre Prélude avec une grande maestria, faisant de l’orchestre le véritable personnage du drame. Loin d’une interprétation alanguie, Van Zweden a choisi des tempi énergiques et nerveux, qui ont maintenu une ligne dramatique d’une grande cohérence sur les quatre heures de l’œuvre. Les cordes, d’une présence compacte et d’un lyrisme brûlant, ont dessiné des vagues sonores d’une beauté envoûtante, tandis que les cuivres, dans des moments d’une puissance quasi tellurique, n’ont jamais sombré dans la simple démonstration de force. L’engagement physique du chef, vibrant et communicatif, a insufflé à l’ensemble une énergie collective qui a permis à cette fresque symphonique de respirer sans jamais s’alourdir, trouvant un équilibre parfait entre les élans passionnés du second acte et la désolation transcendée du troisième.

 

 

Face à cette débauche orchestrale, une équipe vocale hors pair a su se hisser à la hauteur de l’enjeu . Dans le rôle-titre, le ténor australien Stuart Skelton a confirmé son statut de l’un des plus grands Tristan de sa génération. Si sa silhouette imposante s’allège à mesure que son chant s’affirme, sa voix, vaillante, corsée et d’une endurance exemplaire, a porté toute la détresse et l’extase du héros wagnérien. Face à lui, Anja Kampe était une Isolde impériale, tout en puissance et en autorité vocale. Sa voix, capable de dominer l’immense orchestre dans les échanges les plus enflammés du premier acte, a trouvé dans la célèbre Liebestod une intensité dramatique et une fragilité bouleversante, offrant l’image d’une héroïne véritablement consumée par l’amour et la mort.

Le reste de la distribution était à l’avenant. Le roi Marke de la basse coréenne Kwangchul Youn, au vibrato marqué et à la noblesse naturelle, a conféré à son long monologue une dimension d’une humanité poignante. La mezzo allemande Tanja Ariane Baumgartner était une Brangäne somptueuse, à la voix riche et au timbre profond, parfait complément de l’incandescence d’Anja Kampe. Le Chœur d’Hommes de Radio France, dans ses brèves mais cruciales interventions, a apporté une couleur sombre et une homogénéité impeccables. Les rôles secondaires furent également tenus avec une maîtrise confondante, en particulier l’excellent Bergsvein Toverud en Pâtre et Jeune Marin, et le Melot plus que prometteur du jeune ténor Alexandre Marev. Seul le Kurwenal de Iain Paterson, chanteur pourtant rompu à ce répertoire, a connu une soirée plus difficile. Visiblement gêné dès le troisième acte, sa voix, d’ordinaire si robuste, s’est engorgée, et de nombreux graillons ont altéré la clarté de sa prestation, une petite ombre au tableau dans un contexte par ailleurs flamboyant…

Malgré cette unique réserve, la soirée restera comme une page mémorable du festival, une célébration de l’opéra comme art du souffle collectif, où la musique a su, le temps d’une représentation unique, accomplir son œuvre d’envoûtement absolu. Ce Tristan  montpelliérain était bien un événement à inscrire en lettres d’or dans l’histoire du Nouveau Festival de Radio France Occitanie Montpellier !

 

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CRITIQUE, festival. Nouveau Festival RADIO-FRANCE OCCITANIE MONTPELLIER (Opéra Berlioz), le 11 juillet 2026. WAGNER : Tristan und Isolde. S. Skelton, A. Kampe, K. Youn, T. A. Baumgartner… Choeur et Orchestre Philharmonique de Radio-France, Jaap van Zweden (direction). Crédit photographique © Alyssa Leroy

 

 

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CRITIQUE CD, événement. Chevalier de SAINT-GEORGE : portrait. L’Amant anonyme (extraits), Quatuor à cordes opus 1, n°4, airs… Orchestre de l’Opéra Royal, Théotime Langlois de Swarte, violon & direction (2 cd CVS Château de Versailles Spectacles – déc 23 / sept 24)

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Le Guadeloupéen Saint-George (de son nom développé Joseph Bologne de Saint-George : 1745-1799) arrive en France à peine âgé de 10 ans : son père, aristocrate, lui prodigue l’enseignement des meilleurs professeurs parisiens, habilités à en faire un gentilhomme ; de fait, le « Voltaire de la musique » devient le meilleur escrimeur de son temps, doublé d’un talent de violoniste et de compositeur impressionnant, reconnu par les plus grands dont Marie-Antoinette et Mozart qui le jalouse au point de s’inspirer de ses partitions. Le « Mulâtre » commande à Haydn ses 6 Symphonies parisiennes qu’il dirige aux Tuileries en présence de la Reine. Marie-Antoinette en fait son précepteur de musique et entend le nommer directeur de l’Opéra royal ;

 

 

… mais l’idée même choque la société française encore raciste. Franc-maçon, proche du Duc d’Orléans, Saint-George adhère pleinement aux idéaux des Lumières, se rapproche et de teint l’ami du Prince de Galles à Londres. Membre de la Garde nationale en 1790, il est aussi colonel, dirigeant le fameux régiment dit « légion Saint-George » (en 1792). Détenu 11 mois sous la Terreur, Saint-George assiste Toussaint-Louverture en Haiti ; Saint-George meurt en juin 1799 en pleine gloire 54 ans. En 1804, quand est rétablit l’esclavage, ses œuvres sont écartées systématiquement.

Dans cet album en 2cd, Théophile Langlois de Swarte, s’appuyant sur les qualités expressives de l’Orchestre de l’Opéra Royal, en dresse un portrait divers, très juste, accordant dans le geste solo (violon) ou collectif (orchestre de l’Opéra Royal et en formation de Quatuor), l’esprit de panache et aussi l’élégance du compositeur admiré voire jalousé de Mozart… Toute la noblesse de fait haydnienne s’exprime et se déploie dans les 3 symphonies extraites d’un ouvrage marqué par l’urgence et l’élégance, « L’Amant anonyme » de 1780 : y rayonne le dynamisme lumineux et solaire proche de la première école de Mannheim; la même pour laquelle a composé Mozart…

Aux côtés des pièces instrumentales, plusieurs airs d’opéras et opéras comiques, ou airs isolés parvenus soulignent la grâce qui traverse souvent l’inspiration du Saint-George, dramaturge, fort en contrastes et effets dramatiques : ainsi l’enchaînement significatif des 6 extraits de l’Amant anonyme se succèdent ou s’accordent (duo et trio), les personnages de Léontine, Valcour, Ophémon) ; « Sospiri, volta » pour soprano (d’une tendresse toute … mozartienne) – ou d’une gravité sensible d’un sublime méditatif (adagio du Concerto pour violon n°5 en la majeur pour violon).

L’inspiration demeure constante dans tous les genres, orchestral, lyrique, du sérieux noble à la truculence du théâtre de poche, … y compris dans le ballet, comme le rappelle les 6 séquences en ré majeur également extraites de L’Amant anonyme : vitalité et éloquence de l’Orchestre de l’Opéra Royal, avec rebonds dramatiques à l’avenant… C’est toute la vitalité triomphante mais sensible de Saint-George qui se dévoile, dans l’énergie fluide des contrastes, la motricité des cordes, le chant poétique, élégiaque des bois, cet onirisme délicat et intime dans l’écriture vocale.

Enregistré en sept 2024, le programme défendu par l’Orchestre de l’Opéra Royal éclaire l’exceptionnelle inspiration du compositeur guadeloupéen, sa maîtrise de la composition, comme la fraîcheur de son style ; sa constante quête d’équilibre et de caractère, réalisant comme peu à son époque, une musique qui exprime au plus près la finesse et l’intensité du sentiment.

programme
JOSEPH BOLOGNE DE SAINT-GEORGE :
extraits des opéras-comiques L’Amant anonyme et Ernestine,
Symphonie en Ré Majeur, Quatuor à cordes, Op. 1, n° 4, Sonate
en sol mineur, airs de concerts, Concerto pour violon en Do Majeur. ANTONIO LOLLI (ca 1725-1802) : Concerto pour violon n°7
Lauranne Oliva, soprano · Bastien Rimondi, ténor · Victor Sicard, baryton
Orchestre de l’Opéra Royal
Théotime Langlois de Swarte, violon et direction
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur / Boutique Château de Versailles Spectacles : https://tickets.chateauversailles-spectacles.fr/fr/product/4773/cvs130_2cd_le_chevalier_de_saint_george_

 

 

 

approfondir

LIRE aussi la biographie d’Alain Guédé (actes sud, nouvelle édition 2025) : https://www.classiquenews.com/critique-livre-evenement-alain-guede-monsieur-de-saint-george-nouvelle-edition-2025-actes-sud/

Né en 1739 à Basse-Terre (Guadeloupe), d’une esclave d’origine sénégalaise et d’un planteur noble, Joseph, le beau mulâtre de Guadeloupe, incarne une trajectoire singulière voire exceptionnelle au XVIIIè ; il apparaît aujourd’hui comme l’une des figures les plus romanesques du siècle des Lumières. L’auteur qui avait déjà fait paraître une biographie chez le même éditeur en 1999 (« intitulée alors « Monsieur de Saint-George, le nègre des lumières »), rééditée ensuite en 2017, a repris son texte et l’a considérablement enrichi des découvertes les plus récentes

 

 

 

VIDÉO

LE CHEVALIER DE SAINT-GEORGE, Portrait | CD – Label Château de Versailles Spectacles

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CRITIQUE, danse. MONTE-CARLO, Salle Garnier, le 10 juillet 2026. « Waku Doki » par Eric Oberdorff et La Compagnie Humaine

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La création mondiale de Waku Doki signée Éric Oberdorff pour sa Compagnie Humaine, et donnée dans l’écrin majestueux de la Salle Garnier de Monte-Carlo, est l’un de ces moments où la danse cesse d’être un spectacle pour devenir une expérience vitale, presque charnelle. Dans le cadre de la saison de danse monégasque, cette œuvre s’est imposée comme un véritable manifeste, une bouffée d’air pur et d’adrénaline qui a électrisé le public monégasque.

 

Avec les premières notes de la version détonante de In C de Terry Riley, le ton est donné – et c’est une plongée dans l’essence même du « Waku Doki » qu’expérimentent les spectateurs, ce terme japonais qui désigne cette montée d’adrénaline, ce battement de cœur précipité qui saisit l’être humain à l’approche de l’inconnu ou à la veille du grand saut. Sur scène, les quatre interprètes – Valerie Igolnikov, Jeanne Stuart, Luc Bénard et Léonard Vo Tan – incarnent cette pulsation, cette lutte intérieure entre la peur et l’espérance, offrant une performance d’une virtuosité renversante au service d’une émotion brute.

 

 

Ce qui frappe d’emblée dans cette chorégraphie, c’est son intensité viscérale. Eric Oberdorff, ancien danseur des Ballets de Monte-Carlo, signe un retour en majesté en proposant une pièce qui interroge sans relâche la physicalité des corps comme « passeurs de poétique ». La scène se transforme en un champ de bataille sensoriel où les corps, tantôt en résistance, tantôt en abandon, explorent cet instant suspendu, fragile et surpuissant, où tout peut basculer. Il ne s’agit pas de raconter une histoire, mais de faire ressentir un état : celui d’un cœur qui bat dans les tempes, dans le cou, dans les cuisses, « comme une preuve tangible de la vie qui s’écoule dans nos veines », pour reprendre les mots du chorégraphe.

La réussite de cette création tient aussi à une osmose parfaite entre les différents arts de la scène. Le décor numérique immersif conçu par le plasticien-vidéaste Étienne Guiol, fort de son expérience sur des événements mondiaux, bouscule les codes de la relation scène-salle, enveloppant le public dans un univers où les frontières s’estompent. Les lumières ciselées au scalpel par Jean-Pierre Michel sculptent l’espace, tandis que les costumes de Camille Pénager dessinent des silhouettes à la fois très contemporaines et étrangement intemporelles. Cette fusion harmonieuse crée une expérience totale, une symphonie visuelle et corporelle qui captive l’œil autant qu’elle émeut l’âme.

Au-delà de la prouesse technique, Waku Doki est un cri du cœur, un appel à la vie qui résonne profondément avec les questionnements de notre époque. C’est une quête de sens, un combat le néant où le chorégraphe invite chacun à se remettre à espérer, à aimer comme si c’était la première fois, à se battre et à hurler, tout en revenant à une écoute profonde de soi et du monde. En accueillant cette création dans le cadre de sa 40ème saison, Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo ne célèbrent pas seulement un anniversaire ; ils réaffirment avec éclat leur engagement indéfectible envers la création et leur rôle de tremplin pour les artistes d’exception.

 

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CRITIQUE, danse. MONTE-CARLO, Salle Garnier, le 10 juillet 2026. « Waku Doki » par Eric Oberdorff et La Compagnie Humaine. Crédit photographique (c) Eric Oberdorff

 

 

 

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CD événement, annonce. PIERRE RÉACH : Sonates de Beethoven, vol. 4 : Sonates n°2,10,14, 27 (Quasi una fantasia), 90, 22, 54, 106 (Hammerklavier). Pierre Réach, piano (2 cd Anima records)

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Et voici le 4è et dernier volume de l’intégrale des 32 Sonates de Beethoven par le pianiste Pierre Réach. Si la métaphore montagneuse parait opportune s’agissant du cycle entier, l’interprète souligne les multiples obstacles du cheminement, jalonné d’épreuves, de rebondissements répétés, « une chaîne de montagnes avec des pics, des vallées, et des sentiers qui les relient »… une ascension qui n’est certes pas un parcours linéaire ni progressif mais contrarié au contrastes et vertiges variés, improbables et surprenants. C’est évidemment l’enseignement des 8 Sonates ainsi enregistrées ; chacune manifeste la volonté et la claire autorité morale du compositeur, une pensée qui structure chaque mouvement ; exprime jusqu’à ses limites extrêmes, chaque caractère ; explore la forme sonate en en ciselant chaque aspérité et contraste expressif.

 

 

 

Jeu formel et facétie, virtuosité et agilité, mais aussi construction contrapuntique et parcours harmonique, densité et puissance du piano orchestre comme ciselure raffinée et subtile confinant à l’abstraction… tout se concentre dans les Sonates de Beethoven qui fait du clavier son double, un miroir qui contient tous les secrets de son âme. A travers cette épopée pianistique, Pierre Réach qui a choisi un Steinway (« riche harmoniquement et qui chante beaucoup ») se révèle au plus près des intentions, sentiments, espoirs d’un Beethoven que sa surdité, a mené jusqu’aux confins de l’expérience mentale et musicale. Pierre Réach, dans le sillon tracé par les Beethoven anthologique de Schnabel, Nat, rappelle aussi l’héritage dont il se sent redevable signé Kempff ou Rubinstein, éclairant l’infinie tendresse d’un Beethoven, amoureux et fraternel, d’une pudeur qui chante et berce dans l’esprit de Mozart. Critique complète à suivre.

 

 

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CD événement, annonce. PIERRE RÉACH : Sonates de Beethoven, vol. 4 : Sonates n°2,10,14, 27, 90, 22, 54, 106 (Hammerklavier). Pierre Réach, piano (2 cd Anima records) – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

approfondir

 

LIRE aussi les autres critiques des CD de Pierre Réach, Intégrale des 32 Sonates de Beethoven / Anima records / CLIC de CLASSIQUENEWS :

 

Volume 3 – Sonates de Beethoven par Pierre Réach (Sonate opus 2, opus 10, opus 13 « Pathétique », opus 53 « Waldstein », 81 « Les Adieux », opus 101… / Printemps 2024 – CLIC de CLASSIQUENEWS) : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-pierre-reach-piano-beethoven-sonates-volume-3-opus-2-10-13-49-53-79-81a-101-2-cd-anima-records/

Ainsi le pianiste Pierre Réach arrive à la quasi fin de son cycle Beethoven, l’oeuvre de toute une vie artistique, — le dernier volume de son intégrale des Sonates de Beethoven paraîtra en 2025 (Vol. 4) ; avec ce volume 3 publié au printemps 2024, le pianiste transmet aujourd’hui un legs pianistique de première valeur. Il confirme surtout une compréhension superlative de l’écriture beethovénienne.

 

 

 

Volume 2 – Sonates de Beethoven par Pierre réac (9 Sonates Opus 2, 7, 14, 10, 27, 28, 26, 57, 78 / mis 2023 – CLIC de CLASSIQUENEWS ) : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-beethoven-vol-2-9-sonates-opus-2-7-14-10-27-28-26-57-78-pierre-reach-piano-3-cd-anima-records/

Suite de l’épopée Beethoven par Pierre Réach… L’intégrale des Sonates en cours s’affirme plus cohérente et nuancée de volume en volume. L’offrande musicale vaut accomplissement de toute une vie dédiée un questionnement sur le développement et la forme tels que l’a conçu Beethoven. A 6 ans, Pierre Réach découvre avec ses parents, le jeu saisissant de Wilhelm Kempff dans Beethoven, lequel devient une source d’interprétation, de découverte, de dépassement qui structure toute la carrière. Passion monographique encore attisée et confortée par son professeur Yvonne Lefébure qui appelait Beethoven, « mon homme » ; et tous ses autres mentors, de Maria Curcio, disciple d’Arthur Schnabel à Paul Badura-Skoda sans omettre Arthur Rubinstein lui-même, approché à Paris.

 

 

 

Volume 1 – Sonates de Beethoven par Pierre Réach (Sonates opus 1, 2, 3, 109, 110, 111)
: https://www.classiquenews.com/critique-cd-beethoven-sonates-opus-1-2-3-109-110-111-pierre-reach-piano-1-cd-anima-records/
Le pianiste Pierre Réach a longtemps joué et exploré Beethoven ; il est familier des 32 Sonates. Il propose en 2 cd, une vision très personnelle et indiscutablement fouillée comme investie, des premières de l’Opus 31 au triptyque saisissant des 3 dernières (Opus 109, 110, 111), véritables miroirs d’une expérience intime singulière.

 

 

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ENTRETIEN avec Fannie VERNAZ, présidente et directrice artistique du Festival Musicancy, à propos du Festival 2026

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Tisser d’édition en édition, une histoire qui est à chaque fois un parcours artistique scelle la réussite du Festival Musicancy, chaque été. Comme une cheffe d’orchestre, Fannie Vernaz veille à la justesse de l’offre musicale ; elle demeure attentive à ce qui fait la pertinence d’un cycle musical en milieu rural : l’excellence artistique, la convivialité et l’esprit de rencontre, mais aussi la réflexion et la créativité qui permettent ce laboratoire toujours plus inventif. En 2026, carte blanche au Consort à qui est proposé le principe de la résidence… L’essentiel est de bâtir de nouvelles aventures, des expériences à partager pour le plus grand nombre, de multiplier les clés pour accéder et comprendre la magie de la musique classique.

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Photo © Julien Gazeau

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est la singularité du festival ? Sur quels éléments assure-t-il son développement ?

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Fannie Vernaz : La singularité de Musicancy est de construire un parcours artistique plutôt que de juxtaposer des concerts. Chaque édition est pensée comme une histoire que l’on raconte au public, avec ses fils conducteurs, ses résonances entre les programmes et une attention particulière portée aux artistes invités.
Nous développons des résidences qui permettent d’approfondir une démarche artistique. Après Correspondances, Curious Bards ou La Nébuleuse, il m’a semblé naturel d’inviter cette année Le Consort, un ensemble auquel je suis profondément attachée. Au-delà de son excellence musicale, il porte un regard neuf sur l’histoire de la musique grâce à des démarches artistiques qui interrogent les récits établis. Son travail permet de révéler des pans méconnus de notre patrimoine, de rétablir certaines réalités historiques, mais aussi de renouveler notre écoute des chefs-d’œuvre consacrés.
Le développement du festival repose aussi sur une identité forte et sur une véritable communauté. Musicancy est porté par une équipe entièrement bénévole, soutenu par des partenaires publics et privés, des mécènes et des donateurs, et un public fidèle qui partage cette conviction que la culture n’est pas un luxe, mais un droit et un bien commun.
Nous agissons en milieu rural, dans un territoire où l’offre culturelle reste plus fragile qu’ailleurs. Nous sommes pourtant convaincus que l’exigence artistique ne doit pas être réservée aux grandes villes, mais partagée partout. C’est cette ambition qui anime Musicancy.

 

CLASSIQUENEWS : Comment fonctionne-t-il ? Comment impliquez-vous les artistes et les publics ? Selon quels critères concevez-vous la programmation ?

Fannie Vernaz : La programmation est toujours le fruit d’une réflexion de long terme. J’essaie de faire dialoguer les œuvres, les artistes, les lieux et les différentes formes de transmission. L’exigence artistique est évidemment le premier critère, mais je suis également attentive à la capacité des artistes à porter une vision et à faire évoluer notre regard sur le patrimoine musical.
La résidence du Consort en est un bon exemple. Pendant trois jours, le public est invité à découvrir un programme consacré à dix compositrices baroques françaises injustement tombées dans l’oubli, assister à une conférence sur la danse baroque, participer à un bal ouvert à tous, explorer l’émergence du violoncelle comme instrument soliste, avant de conclure par un voyage dans la Venise baroque autour de Vivaldi.
Chaque concert est précédé de clés d’écoute et suivi d’une rencontre avec les artistes autour d’une dégustation de vins du domaine Pierre Paillot. Ces moments prolongent l’expérience du concert et favorisent un échange direct entre musiciens et public.
Je fais en sorte que Musicancy soit non seulement un lieu de diffusion, mais aussi un espace de transmission et de réflexion.

 

CLASSIQUENEWS : Quels en sont les lieux emblématiques ? En quoi influencent-ils aussi la réussite du festival ?

Fannie Vernaz : Le château d’Ancy-le-Franc, particulièrement inspirant pour la programmation, fait partie intégrante de l’identité du festival. Son architecture et l’acoustique des différents espaces créent une relation particulière entre artistes, œuvres et public. Les œuvres prennent une résonance particulière dans ces espaces chargés d’histoire. Ils participent également à l’attractivité du territoire, dimension essentielle dans un territoire rural comme le nôtre.

 

CLASSIQUENEWS : Que vous apporte cet événement artistiquement, aux côtés de vos autres engagements professionnels et artistiques ?

Fannie Vernaz : Musicancy est pour moi un espace de liberté et de transmission. Il me permet d’imaginer des projets au long cours, d’accompagner des artistes dont j’admire le travail et de défendre une certaine idée de la musique, notamment celle qui dialogue avec la recherche.
Musicancy est aussi un formidable laboratoire. Les échanges avec les artistes nourrissent ma propre réflexion et m’invitent sans cesse à renouveler les propositions.
Mais Musicancy, c’est également une responsabilité politique. Organiser un festival en milieu rural, c’est défendre l’idée que chacun doit pouvoir accéder à une offre artistique ambitieuse, quel que soit son lieu de vie. Cette mission donne beaucoup de sens à mon engagement.

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous noté des évolutions dans le profil des publics, le format des concerts ou les attentes des spectateurs ?
Fannie Vernaz : Oui, très nettement. Les spectateurs recherchent aujourd’hui davantage qu’un concert. Ils souhaitent d’abord se retrouver pour vivre ensemble une expérience complète : comprendre des œuvres, rencontrer des artistes, partager des moments de convivialité. Les publics sont beaucoup plus curieux qu’on ne l’imagine : ils sont prêts à découvrir des œuvres rares ou des compositeurs méconnus. Les festivaliers apprécient cette proximité propre à Musicancy, où ils peuvent échanger avec les artistes, revenir plusieurs fois et créer des liens. Cette dimension humaine est pour moi essentielle.

 

CLASSIQUENEWS : Idéalement, que souhaitez-vous que le festivalier vive au cours de cette 23ᵉ édition ?

Fannie Vernaz : J’aimerais qu’il ait le sentiment d’avoir vécu un voyage. Qu’il découvre des musiques qu’il ne connaissait pas, qu’il soit surpris par une œuvre oubliée, touché par un lieu ou par une interprétation. J’aimerais aussi qu’il reparte avec le sentiment d’avoir partagé quelque chose avec les artistes et les autres festivaliers. Que la musique ne soit pas seulement un spectacle, mais une expérience unique. Que chacun reparte avec la conviction qu’un festival d’une telle exigence artistique peut pleinement s’épanouir dans un territoire rural.

 

CLASSIQUENEWS : Voyez-vous de nouvelles formes de concerts, de nouveaux formats qui permettent d’impliquer un public plus large ? À votre échelle, quels exemples avez-vous intégrés ?

Fannie Vernaz : Je pense qu’il ne s’agit pas de réinventer le concert à tout prix, mais plutôt de multiplier les façons d’y entrer. Cette année, la résidence du Consort en est une belle illustration. Elle associe concerts, recherche musicologique, conférence, bal participatif, rencontres avec les artistes et moments de convivialité. Le public peut ainsi choisir différents niveaux d’engagement, selon ses envies.
Lors des concerts des cantates de Bach, le 23 juillet prochain, avec l’ensemble Masque, Olivier Fortin entraînera le public dans un chœur participatif.
Musicancy inaugure également cette année son premier Jazz Club avec Matthieu Chazarenc, compositeur et batteur, dont l’univers est profondément sensible et aux influences multiples. Là encore, un moment participatif sera proposé en plus d’un dispositif plus intime de type cabaret.
En septembre, la musique de Bolivie nous réunira autour de l’ensemble Alkymia, pour un voyage allant du baroque aux chants traditionnels des Andes. Enfin, la troisième édition de « La Nuit Merveilleuse » permettra de déambuler en musique et conte à travers le château, avec trois histoires artistiques différentes, résonnant chacune avec trois lieux de l’étage noble du château.
Ce sont autant de façons de vivre très concrètement les musiques où pendant quelques heures, chacun devient acteur plutôt que simple spectateur, dans un cadre unique. Pour la musique ancienne, c’est aussi une façon de montrer que la musique n’est pas un objet de musée, mais un héritage bien vivant, qui continue de nous rassembler.
Je crois profondément que rendre la culture accessible ne signifie pas l’appauvrir. Il s’agit simplement de multiplier les chemins qui y conduisent, sans jamais renoncer à l’exigence artistique. C’est cette exigence, alliée à la transmission et au partage, qui constitue l’identité de Musicancy.

 

Propos recueillis en juillet 2026

 

 

présentation

LIRE aussi notre présentation du 23ème festival MUSICANCY 2026 / Le Consort, Sophie de Bardonnèche, Hanna Salzenstein, Matthieu Chazarenc Quartet,Masques, Les Accords nouveaux… : https://www.classiquenews.com/?s=musicancy
En Bourgogne-Franche-Comté, pas moins de 8 programmes musicaux « tout public » vous attendent au Château (sublime) d’Ancy-le-Franc, joyau de la Renaissance française et écrin idéal pour les concerts. Les valeurs du Festival bourguignon suscite l’adhésion : attractivité, cohésion, partage local… « Musicancy a la forte conviction que la musique n’est pas un luxe, mais un lien entre les générations, les artistes et les habitants. En 2026, nous affirmons plus que jamais cette identité pour que le festival soit à la fois exigeant et accessible, ancré localement et ouvert sur le monde », précise Fannie Vernaz, directrice du Festival

 

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FESTIVAL D’ORGUE DE VOUVANT. Récital du jeune virtuose JAN LIEBERMANN, jeudi 16 juillet 2026. JS Bach, Vierne, Widor, Mendelssohn

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Pour le thème du festival de Vouvant 2026, « L’orgue, c’est Fantastique ! », le jeune virtuose Jan Liebermann (21 ans) propose un programme qui met en lumière les couleurs extraordinaires et l’expressivité de l’orgue à travers les siècles. C’est son premier concert en France.

 

 

Comme l’a dit Max Reger : « Johann Sebastian Bach est le commencement et la fin de toute musique ». Cette idée imprègne donc le récital qui s’ouvre sur la Passacaille en do mineur de JS Bach, chef-d’œuvre de variations et de virtuosité architecturale. Le choral « Wachet auf, ruft uns die Stimme » est ensuite présenté sous trois formes contrastées : la version originale de Bach, la réinterprétation symphonique de Charles-Marie Widor et la richesse contrapuntique de Felix Mendelssohn, … révélant comment une seule mélodie peut inspirer des univers sonores très différents. Le fantastique s’exprime avec éclat dans les mouvements des Pièces de fantaisie de Louis Vierne : Naïades, Clair de lune et Feux follets. Le récital se conclut par la Chaconne en ré mineur de Bach, la boucle est ainsi bouclée.

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Récital d’orgue
Jeudi 16 juillet 2026 / 19h / Zwanzig Jahre !
Église de Vouvant
Programme
> Johann Sebastian BACH (Allemagne 1685 – 1750)
– Passacaille et fugue en ut mineur, BWV 582
Choral Schübler : Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 645
> Charles-Marie WIDOR (Lyon 1844 – Paris 1937)
Bach’s Memento, Marche du veilleur de nuit
> Felix MENDELSSOHN BARTHOLDY (Allemagne 1809 – 1847)
Ouverture de l’oratorio Paulus, op. 36
Transcription pour orgue de William Thomas Best
> Louis VIERNE (Poitiers 1870 – Paris 1937)
Trois extraits des 24 Pièces de fantaisie :
– Naïades
– Clair de lune
Feux follets
> Johann Sebastian BACH
Chaconne de la Partita n° 2 pour violon, BWV 1004
Transcription pour orgue de Arno Landmann

 

 

 

Jan LIEBERMANN, né en 2005, faisait ses débuts en 2025 comme invité d’honneur de la Philharmonie de Berlin en récital et avec les Berliner Philharmoniker sous la direction d’Andris Nelsons. La même année, il est le premier organiste à recevoir le « Prix d’excellence » de la Radio allemande : « Outre le fait qu’il donne toujours ses concerts de mémoire, il captive le public par une virtuosité qui, grâce à un jeu à la fois énergique et touchant, donne lieu à des interprétations d’une grande maîtrise technique…

Actif sur les réseaux sociaux, Jan LIEBERMANN suscite un nouvel intérêt pour la musique d’orgue auprès d’un jeune public qui ne connaissait pas auparavant cet instrument » …

Jan LIEBERMANN mène une carrière internationale ; il est invité dans les grandes salles de concert et dans les festivals d’orgue prestigieux en Allemagne et à l’étranger. En Grande Bretagne : Abbaye de Westminster, King’s College de Cambridge, cathédrales de Salisbury, d’Exeter et de York… Premier prix du Concours international d’orgue d’Irlande du Nord 2024, il vient d’enregistrer son premier CD sur le grand orgue de la cathédrale de Salisbury (label Regent Records). Son récital à Vouvant est sa première invitation à donner un concert en France.

Jeudi 16 juillet – 19h
Tarif de soutien : 15 €
Tarif classique : 10 €
Moins de 16 ans : gratuit (uniquement à l’entrée du concert)
Billetterie :
– À l’église une demi-heure avant le concert (CB possible)
– Offices de tourisme de Vouvant et de Fontenay-le-Comte – Tél. : 02 51 69 44 99
En ligne sur : billetterie.vendee-maraispoitevin.com

 

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actus

ORGUE & MUSIQUE À VOUVANT a obtenu le Prix 2025 « Orgue en France »… Prix récompensant la construction d’un orgue neuf entre 2010 et 2023 suivie de sa mise en valeur par l’organisation régulière de manifestations culturelles. La remise de ce prix se déroulera dans le cadre d’un concert exceptionnel qui sera donné samedi 17 octobre 2026 à 17h avec le concours de : Philippe LEFEBVRE, organiste émérite du grand orgue de Notre-Dame de Paris, président- fondateur d’Orgue en France, Jean-Baptiste COURTOIS, professeur honoraire au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, Christine MÉTAY-SEGUI, organiste en résidence à Vouvant et Virgile MONIN, professeur au conservatoire de Tarbes, organiste en résidence à Vouvant. Entrée libre

 

 

 

 

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FESTIVAL D’ORGUE DE VOUVANT 2027

Duos & miroirs

> Jeudi 15 juillet / 19h
– ROMAIN LELEU, trompette
GHISLAIN LEROY, titulaire du grand orgue de la cathédrale de Lille

> Jeudi 22 juillet / 19h
ISABELLE DEMERS, professeur d’orgue à l’Université McGill de Montréal / Canada

> Jeudi 29 juillet / 19h
– Lucile RICHARDOT, mezzo-soprano
FRÉDÉRIC RIVOAL, titulaire de l’orgue du temple du Foyer de l’Âme à Paris

> Jeudi 5 août / 19h
FLORENT GALLIÈRE, professeur d’orgue au Conservatoire régional de Saint-Etienne

> Jeudi 12 août / 19h / « La Vierge et l’Enfant
PIERRE QUEVAL, titulaire des orgues de la cathédrale de Nantes et de Saint-Ignace à Paris

> Vendredi 13 août / 21h
JEAN-LUC AYROLES, piano

Jeudi 19 août / 19h
GUY-BAPTISTE JACCOTTET, titulaire du grand orgue du temple de La Tour de Peilz / Suisse

 

> Jeudi 26 août / 19h
– MAXIME GRIZARD, violoncelle, Prix 2025 de la Fondation Radu Lupu pour le rayonnement des jeunes artistes d’exception
ALÉXIS GRIZARD, 1er Prix du Concours international d’orgue de St-Albans 2025 en Angleterre

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CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 9 juillet 2026. MAHLER : 5ème Symphonie. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Philippe JORDAN (direction)

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Comme chaque été,  la Cour d’honneur du Palais Princier de Monaco, écrin de pierres centenaires baigné par la douceur d’une nuit d’été, a offert son cadre le plus somptueux pour l’ouverture du festival 2026 des fameux « Concerts au Palais Princier », inaugurée cette année par la sublime 5ème Symphonie de Gustav Mahler. C’est dans ce lieu chargé d’histoire, à la magnifique acoustique et où la tradition musicale des Grimaldi se perpétue depuis les fastes du XVIIIe siècle, que le public, d’une élégance rare, s’est rassemblé pour vivre un moment d’exception. La tenue de ville, stricte et raffinée, était de rigueur – vestes et cravates pour les messieurs – ajoutant à la solennité et au chic de la soirée, dans le pur respect du protocole princier.

 

 

Placé sous la direction inspirée du chef suisse Philippe Jordan, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo s’est élevé à des sommets de beauté sonore et d’engagement individuel et collectif. Le programme ne proposait rien de moins que la colossale et déchirante Cinquième Symphonie de Gustav Mahler, une œuvre d’une complexité et d’une profondeur abyssales, que le maestro Jordan a su sculpter avec une intelligence et une sensibilité rares, offrant une interprétation d’une intensité inouïe.

La soirée fut un véritable tour de force. Dès la funèbre et saisissante trompette solo du « Trauermarsch », jusqu’au final éclatant et victorieux, la Symphonie de Mahler a déployé tout son spectre émotionnel. Le deuxième mouvement, « Stürmisch bewegt, mit größter Vehemenz« , était porté par une énergie tragique et passionnée, les cordes de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo faisant preuve d’une homogénéité et d’un brio remarquables. Le célèbre Adagietto, avec ses cordes envoûtantes, a suscité l’émotion la plus pure, suspendant le temps dans un moment de recueillement quasi mystique. Sous la baguette de Jordan, cette page d’une beauté infinie était d’une transparence et d’une tendresse bouleversantes. Quant au Rondo-Finale, il fut un déchaînement de joie et de virtuosité, porté par un orchestre en état de grâce, concluant cette fresque monumentale par un triomphe éclatant qui a littéralement soulevé d’enthousiasme la Cour d’honneur.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, Concerts au Palais Princier, le 9 juillet 2026. MAHLER : 5ème Symphonie. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Philippe JORDAN (direction). Crédit photographique © Frédéric Nebinger

 

 

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CRITIQUE CD événement. LULLY : Proserpine (1680). Marie Lys, Ambroisine Bré, Laurence Kilsby… Chœur de Chambre de Namur, Les Talens Lyriques, Christophe Rousset (direction) – 3 cd CVS 2025

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Proserpine appartient aux tragédies en musique les plus puissantes et originales du Surintendant Lully : créé à Saint-Germain en 1680, l’opéra immerge dès l’ouverture puis la plainte de la Paix (captive) qui lui est enchainée, dans la machine à la fois nostalgique et languissante du compositeur officiel à Versailles. L’esprit de grandeur s’accomplit dans , – fruit de l’approche des Talens Lyriques, une activité nerveuse (cordes, flûtes, bassons)- quand paraît la Discorde… d’une articulation agile et éloquente.

 

 

C’est ici dans cet enchaînement d’une belle ardeur dramatique, le chant de la Victoire puis exprimant en langueur et vertige, son destin tragique, éploré, la saisissante Proserpine de Marie Lys qui incarne les qualités requises pour réussir l’esthétique lulliste : majestueuse et fébrile, c’est à dire ardente et solennelle (comme le rappellent les éclatantes trompettes très sollicitées (comme d’usage dans chaque Prologue).
L’opéra français s’il sait danser (on note l’importance des divertissements en cours d’action, jalonnant et ponctuant la tension du drame), incarne aussi la suprême puissance du souverain français ; dans Proserpine, les instruments solennels et martiaux rappellent l’apport insigne des traité de Nimègue (1678-1679) qui rétablit la paix en Europe.

Inspirés par le lyre guerrière, chef et instrumentistes savent tout autant adoucir leurs traits ; du martial Prologue qui dit la grandeur de Versailles… à l’échelle de l’Univers (il n’en faut pas moins pour le Roi-Soleil), aux tableaux sentimentaux, d’une souplesse émotionnelle plus intimiste, enveloppée, sublimée par l’élégance des danses convoquées (Gavotte, Menuet : « Que l’amour est doux… »)… l’articulation souple et expressive des Talens Lyriques réussit, entre autres dans la seconde ouverture (introduisant l’acte I) et tout autant développée que la première, exprimant cet appel irrépressible du destin qui entraîne inéluctablement les héros dans l’accomplissement de leur épopée. L’orchestre fait jaillir la force des sentiments et les désirs qui inféodent chaque personnage. Contrairement à une idée fausse mais toujours répandue, Proserpine n’est pas qu’un ouvrage à machines ; certes les décors et les costumes depuis la création de 1680, suscitent un déploiement spectaculaire. L’intérêt de l’ouvrage réside bien dans le portrait très subtil des âmes éprises, amoureuses.

La distribution réunit les meilleurs chanteurs de l’heure : la noble et toujours digne Cérès (mère de Proserpine) de Véronique Gens (au timbre cependant fatigué et terne) ; le Mercure onctueux et tendre du ténor Nick Pritchard ; la captivante Proserpine de Marie Lys a cette couleur tragique et ardente qui inscrit la fille aimée dans une superbe intensité expressive, tout du long. C’est d’ailleurs pour ceux qui suivent la discographie de la soprano, une nouvelle implication superlative… après ses performances aussi délectables dans d’autres enregistrements dont elle était un pilier : Cublai de Salieri ; surtout, Suite d’Armide de Philippe d’Orléans (1704), également édité sous le label CVS, Château de Versailles Spectacles (Marie Lys y incarne Herminie / LIRE notre critique ici : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-philippe-dorleans-suite-darmide-1704-marie-lys-veronique-gens-victor-sicard-cappella-mediterranea-leonardo-garcia-alarcon-2-cd-cvs-chateau-de/

A travers la galerie de personnages : nobles (Cérès) et divins (Pluton amoureux de Proserpine), c’est bien la lyre amoureuse, éperdue des cœurs soumis, languissants qui intéresse évidemment Lully… que son orchestre questionne constamment. Ainsi parmi les « secondaires », notons l’excellente (et piquante) nymphe et Cyané (fin de l’acte III au moment du rapt de Proserpine par Pluton) d’Appoline Raï-Westphal, au chant impliqué, frais, mordant, d’une vérité immédiate. Ce sont aussi Aréthuse et Alphée qui brûlent de désirs aussi ardents que ceux qui pilotent les protagonistes. L’acte des enfers (II) révèle la justesse du geste global ; il reste alors emblématique que c’est là que les duos les plus tendres se déploient sans contrainte ; l’impérial Pluton y découvre Proserpine et succombe devant sa beauté (alors entourée des nymphes) – l’empire de l’amour guide la couleur de l’orchestre (comme il pilote aussi le cœur d’Ascalaphe, soudainement épris de la belle Aréthuse (ce qui provoque aussitôt la jalouse ardeur du promis d’Aréthuse, Alphée dont l’ivresse exquise, la langueur dévorée est superbement incarnée par Laurence Kilsby ; cf sa scène en solo, scène 3) ; intensité et feu amoureux auxquels répond très justement Aréthuse (duo exquis enchainé, où rayonne le chant souverain, articulé et habité d’Ambroisine Bré). Le Lully racinien, fin psychologue et grand connaisseur des cœurs épris s’incarne alors dans ce duo irrésistible ; puis c’est un tableau d’une langueur voluptueuse tout aussi manifeste qui s’offre à Pluton : Proserpine et le chœur des nymphes (l’air de la fille de Cérès: « Belles fleurs » y permet à Marie Lys d’exprimer la suave tendresse de la jeune fille qui, dans un tableau pastoral la rend irrésistible…). Hautbois graciles, continuo de cordes bondissant, finement évocateur…, les instruments suggèrent toute la tendresse qui foudroie le dieu des Enfers, au point d’enlever la Belle trop suave.
La spécificité de l’opéra est d’engager l’action dans un second tableau infernal, l’Acte IV où paraît tragique et solitaire, désemparée parce que séparée de sa mère, Proserpine (Marie Lys excelle dans le somptueux lamento : « Ma chère liberté… ») – cette tendresse éperdue d’essence tragique est superbement réalisée par chanteurs et orchestre ; elle finit par infléchir Pluton d’abord (excellent Olivier Gourdy qui soupire et s’attendrit), enfin Jupiter qui consent à équilibrer le sort de Proserpine (en prenant en compte le désarroi de sa mère ainsi dépossédée, Cérès).

 

Parure orchestrale majestueuse et caressante, plateau vocal d’une excellente caractérisation, on ne saurait savourer meilleur aréopage artistique, d’autant que le geste de Christophe Rousset à la tête de ses Talens Lyriques nuance et cisèle l’un des ouvrages les plus graves et sombres, riche et contrasté de Lully, celui qui au demeurant permettait au poète Quinault de revenir en grâce (après l’affront perpétré par son opéra Isis en 1677). Voilà qui complète remarquablement la déjà riche discographie des Talens lyriques dédiée aux opéras de Lully. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026.

 

 

Distribution
Ambroisine Bré : Aréthuse, la Paix
Apolline Raï-Westphal : Cyané, la Félicité
Véronique Gens : Cérès, l’Abondance
Jean-Sébastien Bou: Crinise, la Discorde
Marie Lys : Proserpine, la Victoire
Nick Pritchard : Mercure
Laurence Kilsby : Alphée
Olivier Gourdy : Pluton
Olivier Cesarini : Ascalaphe
David Witczak : Jupiter
Thibaut Lenaerts : Un juge des enfers, une Furie
Chœur de Chambre de Namur
Les Talens Lyriques
Christophe Rousset, direction
Enregistré en juin 2025 – Opéra Royal de Versailles
3 cd CVS Château de Versailles Spectacles – 2h50 mn
Collection «  opéra français » n°36 – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026
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CRITIQUE CD événement. LULLY : Proserpine (1680). Marie Lys, Ambroisine Bré, Laurence Kilsby,… Chœur de Chambre de Namur
Les Talens Lyriques, Christophe Rousset (direction) – 3 cd CVS – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026 – Plus d’infos sur la page de l’éditeur CVS Château de Versailles Spectacles / boutique : https://tickets.chateauversailles-spectacles.fr/fr/product/4770/cvs187_3cd_proserpine

 

 

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ENTRETIEN avec le Quatuor Voce, à propos de la 10ème édition du Festival Quatuor à Vendôme

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CLASSIQUENEWS : Quelle est la singularité du festival ?

QUATUOR VOCE : C’est un festival-académie, qui accueille chaque année pendant une semaine plusieurs groupes de musique de chambre désireux de se perfectionner auprès du Quatuor Voce, du clarinettiste Rémi Delangle, et des artistes invités du festival, auprès de qui ils bénéficient d’ateliers et de masterclass. Au programme du festival, il y a toujours des musiciens de premier plan (cette année Edouard Ferlet, Romain Leleu, Deborah Nemtanu…) et ce dialogue entre générations est très riche. Une partie des concerts du festival est assurée par les jeunes musiciens, et le public aime aussi les retrouver et suivre leur évolution au long de la semaine.  En outre, le festival est itinérant, il propose à travers sa programmation une visite en musique du patrimoine du pays vendômois, avec des incontournables comme la Chapelle Saint-Jacques et des recoins moins connus comme l’église d’Areines et ses fresques, ou plus insolites, comme la gare de Thoré la Rochette.

 

CLASSIQUENEWS : Sur quels éléments a t il assuré son développement ?
QUATUOR VOCE : Ce projet de festival-académie n’aurait pu voir le jour sans Monceau Assurances, qui met généreusement à disposition son campus avec chambres et salles de travail, et propose un soutien logistique précieux pour accueillir une vingtaine de personnes pendant une semaine. Nous nous sommes tout de suite appuyés sur les forces vives du territoire, en associant au festival Rémi Delangle, magnifique clarinettiste résidant dans le vendômois, et les associations locales, et notamment l’association des amis du château de Vendôme, qui depuis dix ans fait un travail remarquable pour mettre en valeur et faire vivre ce lieu. Ensuite, les mairies et collectivités territoriales, malgré les difficultés qu’elles rencontrent toutes, nous ont soutenus. Depuis quelques années un nombre croissant de bénévoles s’attache au festival, et nous ont permis de développer son ancrage local et son côté convivial. Mais bien sûr, sans l’énergie et la motivation de chaque membre du quatuor, de notre équipe administrative et technique qui travaille sans compter, rien n’aurait été possible non plus…

 

CLASSIQUENEWS : Comment fonctionne-t-il ? Comment impliquez vous les artistes et les publics? Selon quels critères concevez vous la programmation?
QUATUOR VOCE : La semaine de festival est dense, c’est un ballet incessant entre les cours, l’accueil des artistes invités qui restent souvent quelques jours pour échanger avec les étudiants autour d’ateliers ou de masterclasses, les concerts pour les publics empêchés, les moments musicaux de 11h, les concerts du soir où il arrive que nous jouions aussi…
La programmation est un jeu d’équilibriste avec une ligne artistique qui cherche à montrer que le répertoire de la musique de chambre est tout terrain et tous publics, et que l’esprit chambriste anime d’autres musiques (musiques traditionnelles, improvisées, expérimentales). Pour cela nous invitons des artistes de premier plan qui partagent cette vision des choses, et proposons également des espaces de jeu aux jeunes pousses qui participent à l’académie.
Nous cherchons à créer du lien entre les personnes, c’est aussi pour nous le sens de notre métier ; la convivialité est au rendez-vous autour de la buvette, et la possibilité de discuter avec les musiciens lors de concerts moins formels comme la déambulation au parc ou les moments musicaux est très appréciée.

 

le Quatuor Voce © Le DuQ

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels en sont les lieux emblématiques ? En quoi influencent-ils aussi la réussite du festival ?

QUATUOR VOCE : La petite dizaine de lieux que l’on choisit collectivement sont autant de coups de cœur que nous souhaitons à notre tour faire découvrir. Certains restent d’une année sur l’autre mais nous aimons aussi la nouveauté et les choix sont parfois difficiles ! En plus des quatre soirées emblématiques à Vendôme et Villiers-sur-Loir, nous organisons des moments musicaux en matinée à la découverte d’œuvres, d’artistes et de lieux patrimoniaux du Vendômois. Tous les lieux méritent d’être évoqués mais en cette année anniversaire nous choisirons trois lieux historiques de Quatuor à Vendôme.

1/ Le château de Vendôme, un incontournable parce qu’au delà de la magie bucolique du lieu et son splendide jardin suspendu, il a tout connu avec nous : les débuts à l’affluence parfois clairsemée et les grands succès des éditions récentes.
2/ La place et l’église de Villiers-sur-Le-Loir, avec un extérieur où l’on programme plutôt des musiques improvisées (cette année un collectif autour du pianiste Edouard Ferlet et de notre complice, le clarinettiste Rémi Delangle). Quant à l’église récemment restaurée, l’acoustique y est formidable et nul doute que d’anciens artistes invités tels que Claire Désert, Tanguy de Williencourt ou Gary Hoffman se joindraient à nous pour louer ses qualités !
3/ N’oublions pas l’auditorium du campus mis à disposition par notre précieux mécène Monceau Assurances qui nous permet depuis dix ans de travailler dans d’excellentes conditions. Nous avons commencé là notre aventure vendômoise et suite à ce geste incroyable, étudiants et invités y sont reçus une semaine durant pour une foisonnante résidence d’artistes, ouverte au monde extérieur avec master-classes publiques et concert de fin d’académie.

 

CLASSIQUENEWS : Que vous apporte cet événement artistiquement, en complément des concerts que vous donnez par ailleurs au sein du Quatuor Voce ?

QUATUOR VOCE : Depuis 22 ans chez les Voce, si le quatuor à cordes et son répertoire de Haydn à la création (nous commandons plusieurs oeuvres par an) nous passionne et reste pour ainsi dire notre ADN, nous avons inlassablement regardé au-delà, avec l’idée d’aller chercher de nouveaux publics. A notre manière, et parfois inspirés par différents styles musicaux ou différents médiums (musiques traditionnelles, improvisées, cinéma, danse, théâtre, littérature, chansigne), nous nous sommes rendus compte que nous avions besoin d’initier ces idées là avec nos propres moyens. Nous avons ainsi saisi des opportunités et pris l’initiative de créer plusieurs festivals et académies en France (nous en avons trois en 2026). La réussite de Quatuor à Vendôme nous ravit car elle correspond à notre envie de vivre ainsi notre métier, dans la créativité et toujours avec simplicité et exigence, et au plus près des citoyens.

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous noté des évolutions soit dans le profil des publics, soit dans le format des concerts, soit vis à vis de l’attente des spectateurs ?

QUATUOR VOCE : Au début de Quatuor à Vendôme et grâce à nos expériences passées, nous gardions en tête l’idée qu’il nous faudrait au mieux 5 ou 6 éditions pour inscrire notre festival dans le paysage local. A l’été 2020, nous avons choisi de maintenir les concerts en plein air et de tenter l’expérience de l’entrée libre. Succès ! Malgré le climat lié à la pandémie, il s’est passé quelque chose d’enthousiasmant cette année là, une sorte de prise de conscience sur l’importance de notre métier et la manière dont nous l’exerçons. Depuis le festival poursuit son développement. Aujourd’hui, nous  pratiquons différentes formules de prix (nos moments musicaux en matinée sont à entrée libre), il y a différents horaires de concerts (11h, 19h, 20h30) et aussi différentes durées (entre 45 min et 1h30). En nous associant à des associations locales sans oublier l’aide de bénévoles de plus en plus nombreux, en nous déplaçant vers des publics empêchés, tout cela contribue à une dynamique vertueuse et solide qui s’amplifie d’année en année.

 

CLASSIQUENEWS : Idéalement que souhaitez-vous que le festivalier vive au cours de cette 10e édition ?

QUATUOR VOCE : Nous espérons que chaque festivalier, se laissant porter par un esprit vagabond, se laisse surprendre, tant par l’incroyable Pianoïd d’Édouard Ferlet sur la place de Villiers-sur-Loir le 21 juillet à 19h que par l’écoute d’un dernier quatuor de Beethoven à l’église de Lavardin le 23 juillet à 11h en passant par une déambulation musicale dans les jardins du château de Vendôme, le 24 juillet à partir de 19h. A la fin, il se dirait tout comme nous, vivement l’été prochain !!

 

Propos recueillis en juillet 2026

 

 

Le Quatuor Voce © Le DuQ

 

 

 

présentation 2026

LIRE notre présentation du Festival QUATUOR A VENDÔME 2026, les 10 ans : https://www.classiquenews.com/vendome-les-10-ans-du-quatuor-voce-festival-academie-10e-edition-du-21-au-26-juillet-2026/

 

VENDÔME, QUATUOR VOCE. Les 10 ans du Festival Quatuor à Vendôme : du 21 au 26 juillet 2026

 

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CRITIQUE, festival. 16ème CAP FERRET MUSIC FESTIVAL, la Maison Forestière, le 8 juillet 2026. BEFFA / BONIS / RIMSKI-KORSAKOV par le Quintette « Vents et Merveilles »

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Troisième soirée consécutive au magique Cap Ferret Music Festival… qui n’avait pas, loin s’en faut, épuisé ses surprises ! Le 8 juillet, c’était au tour du Quintette « Vents et Merveilles » de poser ses instruments au bord de l’eau, face à Arcachon qui scintillait au loin comme un joyau posé sur le miroir du bassin. Le ciel, ce soir-là, avait revêtu ses plus belles teintes orangées et mauves, et les bateaux, amarrés ou glissant en silence au large, semblaient eux aussi retenir leur souffle pour écouter.

 

« Vents et Merveilles » : quand la ville dialogue avec la forêt, et que cinq amis musiciens font vibrer le bassin

Un concert qui avait cette particularité d’être animée par le bassoniste Raphaël Angster, véritable maître de cérémonie, qui, avec une érudition joyeuse et un humour décapant, planta le décor de chaque pièce, tissant des liens entre les œuvres, les compositeurs et ce cadre enchanteur. On l’écoutait avec autant de plaisir qu’on écoutait la musique – un régal pour l’esprit autant que pour les oreilles.

En Première partie : Karol Beffa et Mel Bonis furent réunis ! Le programme, d’une ingéniosité diabolique, proposait ainsi un jeu de miroirs entre deux compositeurs que tout semble opposer, mais que les musiciens ont magnifiquement réconciliés. D’un côté, Karol Beffa, compositeur français contemporain (né en 1974), avec son Double Loop pour basson et clarinette, une œuvre en six mouvements urbaine, nerveuse, rythmée, pleine de clins d’œil jazzy et de mécanismes horlogers. De l’autre, Mel Bonis, compositrice romantique méconnue (1858-1937), avec ses Scènes de la Forêt pour piano, cor et flûte traversière, en quatre mouvements d’une poésie pastorale et impressionniste. Les musiciens eurent l’idée géniale d’intercaler les mouvements, créant une alternance ininterrompue entre la ville et la nature, le béton et la sève, le jazz et le romantisme. Et contre toute attente, le mariage fonctionna à merveille ! Les premières notes furent celles émises par la clarinette de Théo Fuhrer et le basson du trublion Angster, qui s’élancèrent dans une danse urbaine et syncopée, comme deux promeneurs pressés dans les rues d’une métropole. Puis vint Crépuscule dans la forêt, le premier mouvement de l’ouvrage de Mel Bonis, et soudain la flûte de Sandrine François fit surgir une clairière enchantée, tandis que le cor d’Alban Beunache murmurait comme le vent dans les feuilles. Retour ensuite à la ville avec Beffa, avec des rythmes plus heurtés, presque mécaniques – dont on entendait le bruit des engins et des pas pressés. Avec le second mouvement de la pièce de Bonis, Le Réveil des oiseaux, la flûte se fit rossignol, le piano de Marie Stoecklé devint rosée matinale, et le cor, chêne centenaire… et ainsi de suite, jusqu’à l’apaisement final, où la nature sembla l’emporter – comme une respiration après l’agitation citadine…

Ce dialogue, présenté par Raphaël Angster avec des anecdotes savoureuses sur Beffa (un ancien enfant prodige) et sur Mel Bonis (cette femme qui dut composer dans l’ombre de son mari), captiva le public, qui découvrait avec émerveillement cette résonance inattendue entre deux mondes.

 

 

Deuxième partie : le Quintette de Rimski-Korsakov, un chef-d’œuvre russe face au Bassin d’Arcachon

Puis vint le moment tant attendu : les cinq amis se retrouvèrent réunis pour interpréter le somptueux Quintette en si bémol majeur de Nikolaï Rimski-Korsakov. Œuvre rare, écrite en 1876 pour piano, flûte, clarinette, cor et basson, elle est un véritable joyau du répertoire, mêlant la couleur orchestrale du grand maître russe à l’intimité de la musique de chambre. Dès l’Allegro con brio, on fut saisi par la puissance et la clarté du jeu des musiciens. La flûte de Sandrine François, limpide comme une source, dialoguait avec la clarinette veloutée de Théo Fuhrer, tandis que le basson d’Angster, le cor de Beunache et le piano de Stoecklé tissaient un tapis sonore d’une richesse incroyable. L’Andante qui suivit fut un moment de pure poésie, d’une mélancolie envoûtante, comme une mélodie russe chantée au bord de la Volga – mais c’était bien le bassin d’Arcachon qui s’étendait devant nous, et les bateaux au loin semblaient voguer au rythme de cette musique. Le Scherzo fut un tourbillon de virtuosité, les cinq instruments se répondant avec une précision d’horloger et une joie contagieuse. Et le Finale, éclatant et triomphal, souleva l’enthousiasme du public ferret-capien, qui se mit debout pour applaudir. La cohésion du quintette était absolue, chacun jouant avec un talent immense mais surtout avec une amitié qui transpirait dans chaque note. On sentait que ces musiciens, issus de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, n’étaient pas seulement des collègues – ils étaient des âmes sœurs.

Trois soirs, trois concerts, trois émotions radicalement différentes. Le Cap Ferret Music Festival nous a prouvé, une fois de plus, que la musique de chambre n’a pas besoin de grandes salles pour toucher les cœurs – il lui suffit d’un lieu magnifique, d’artistes passionnés et d’un public attentif. Ce 8 juillet, avec les « Vents et Merveilles« , nous avons vécu un moment d’équilibre parfait entre l’érudition et la légèreté, la ville et la nature, la tradition et la modernité. Et quand, après un bis (une reprise du quintette), le silence retomba sur le bassin, qu’Arcachon brillait au loin comme une étoile, et que les bateaux reprirent doucement leur ballet silencieux, on sut qu’on venait de vivre quelque chose d’irremplaçable…

 

 

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CRITIQUE, festival. 16ème CAP FERRET MUSIC FESTIVAL, la Maison Forestière, le 8 juillet 2026. BEFFA / BONIS / RIMSKI-KORSAKOV par le Quintette « Vents et Merveilles ». Crédit photographique (c)  Laurent Wangermez

 

 

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CRITIQUE, festival. 16ème CAP FERRET MUSIC FESTIVAL, Place Ubeda, le 7 juillet 2026. « Soirée Piano ». DUO MOUSEION / Rebecca OMORDIA

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Après l’éblouissement de la veille, le Cap Ferret Music Festival récidivait ce 7 juillet avec une soirée qui restera dans la  mémoires des ferret-capiens comme l’une des plus singulières et des plus généreuses aussi. Le cadre déjà somptueux – la Place Ubeda, les pieds presque dans l’eau, avec Arcachon qui scintille de l’autre côté du bassin – semblait encore plus irréel sous la lumière dorée du crépuscule. L’air iodé, la brise légère, et cette communion entre la musique et un paysage à couper le souffle : le festival, une fois de plus, tenait toutes ses promesses.

 

Mais ce soir, le voyage ne fut pas seulement géographique par la vue, il le fut surtout par les oreilles. Car le programme, audacieux et magnifiquement tissé, nous a emmenés de l’Europe romantique à l’Argentine de Piazzolla, en passant par l’Espagne impressionniste, avant un détour par l’Afrique et les diasporas en première partie. Une soirée sous le signe de la diversité et de la virtuosité !

C’est la pianiste britannico-roumano-nigériane Rebecca Omordian, établie à Londres, qui ouvrit le bal avec un récital qu’elle a intitulé African Pianism. Un nom programmatique qui ne ment pas : pendant près d’une heure, elle a fait résonner les rythmes, les danses et les mélodies d’un continent trop souvent oublié des scènes classiques occidentales. Avec une technique souveraine et un engagement viscéral, elle a donné vie à des œuvres d’une richesse rythmique exceptionnelle. Dès les Egun Variations d’Ayo Bankole, on fut saisi par l’énergie tellurique, un dialogue entre tradition et modernité. Les Igbo Dances de Christian Onyeji étaient d’une vitalité contagieuse, tandis que le Nocturne de Nabil Benabdeljalil apportait une parenthèse d’une douceur envoûtante, presque mystique. Puis vint Soirée au Hoggar de Salim Dada, véritable tableau sonore du désert, avant l’Elilta de Girma Yifrashewa, pièce d’une beauté mélancolique et lumineuse. Les Studies in African Rhythms de Fred Onovwerosuoke furent un tour de force polyrythmique, et enfin la Fantasie nègre de Florence Price clôtura cette première partie en apothéose : une œuvre puissante, lyrique, profondément émouvante, portée par le jeu flamboyant d’Omordian, qui mêlait clarté bachienne et fougue blues. Un récital magnétique, qui a prouvé que le piano est un véritable vecteur d’identités et de mémoires.

Après un entracte sur le rivage (et quelques péripéties d’éclairages…), les regards se tournèrent vers le duo de la soirée : le Duo Mousaïon, composé de la Russe Maria Esaulova et de l’Arménien Narek Galoyan. Habitués à jouer ensemble, leur complicité était telle que les deux pianistes n’ont semblé faire plus qu’un, un seul souffle, un seul cœur. Le programme débuta avec l’Andante et Allegro brillant de Félix Mendelssohn, pièce d’une élégance pétillante, jouée avec un équilibre parfait, où la clarté du chant et la virtuosité s’entrelacent dans une joie communicative. Puis vint Histoire du Tango d’Astor Piazzolla, dans sa version à quatre mains. Les quatre mouvements – Bordel 1900, Café 1930, Nightclub 1960, Concert d’aujourd’hui – furent un véritable voyage temporel. Galoyan et Esaulova y insufflèrent une sensualité et un rythme irrésistibles, faisant virevolter les tangos dans l’air marin, avec des accents tantôt nostalgiques, tantôt endiablés. Mais le clou du concert fut sans conteste la Rhapsodie espagnole de Maurice Ravel. Rarement cette œuvre n’aura sonné avec autant de couleurs et de raffinement. Le Prélude à la nuit fut d’un mystère envoûtant, la Malagueña d’une fièvre andalouse, la Habanera d’un érotisme feutré, et la Feria d’une frénésie joyeuse, magistralement rendue par les deux pianistes qui semblaient improviser dans un même élan.

Face à l’enthousiasme d’un public sous le charme, le duo leur offrit – en guise de premier bis -, un moment de pure poésie marine avec En bateau de Claude Debussy, extrait de la Petite Suite. Quel choix plus parfait pour rendre hommage à ce festival et à ce bassin d’Arcachon qui s’étendait, calme et miroitant, sous nos yeux émerveillés ? Les arpèges légers, ondoyants, presque caressants, joués avec une transparence et une douceur infinies par Esaulova et Galoyan, firent naître un frisson collectif, tandis que l’on entendait le clapotis des vagues, et l’on voyait le balancement d’une multitude de bateaux à l’horizon – la mer et la musique ne faisaient plus qu’un, dans une osmose si parfaite que le temps sembla suspendre son vol. Mais la plus belle surprise était à venir : une jeune instrumentiste de l’Académie du Festival, l’Ukrainienne Svetlana Moskalenko, vint rejoindre les deux artistes pour une pièce à six mains, et interpréter ensemble la célèbre Romance de Rachmaninov. Ce moment de grâce, d’une rare tendresse, vit les trois pianistes s’entrelacer sur un seul clavier, créant une harmonie pleine et généreuse, comme un symbole de transmission et de partage.

 

 

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CRITIQUE, festival. 16ème CAP FERRET MUSIC FESTIVAL, Place Ubeda, le 7 juillet 2026. DUO MOUSEION / Rebecca OMORDIA . Crédit photographique (c)  Laurent Wangermez

 

 

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CRITIQUE, festival. 16ème CAP FERRET MUSIC FESTIVAL, Plage de La Conche, le 6 juillet 2026. BRAHMS / LYATOSHYNSKY / PIAZOLLA par le Trio LYATOSHYNSKY

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Qui a dit que la musique classique était poussiéreuse ? Ceux qui ont eu la chance d’assister au concert de musique de chambre du 6 juillet, dans le cadre de la 16e édition du Cap Ferret Music Festival, en ont eu pour leurs frais, et leur soirée restera gravée dans les mémoires comme un moment d’émotion pure, bercé par les éléments.

 

Pendant une semaine, du 4 au 11 juillet cette année, ce festival unique, toujours porté avec un professionnalisme et une passion intactes par sa directrice artistique, la pianiste Hélène Berger (également présidente du Concours Bellan), transforme les lieux les plus extraordinaires de la Presqu’île du Cap Ferret en écrins pour la musique de chambre. Églises, chapelles, et surtout, les sublimes plages qui bordent le Bassin d’Arcachon le long des 23 kilomètres du Cap Ferret. Ce soir-là, c’est sur la Plage de la Conche que le public, venu de toute la région et bien au-delà, s’est rassemblé en un arc de cercle intimiste. Un parterre de mélomanes, privilégiés, avait devant lui un spectacle à couper le souffle : le piano à queue, posé sur une estrade au-dessus du sable, faisait face au Bassin et à la silhouette majestueuse de la Dune du Pyla, que l’on pouvait admirer des deux côtés des artistes. Une vue à 360 degrés, avec la marée montante venant lécher le rivage et le soleil qui, en se couchant, peignait le ciel de couleurs flamboyantes avant de laisser place à une nuit noire étoilée. Ce cadre magique était déjà, en soi, un concert. Mais la musique n’a pas tardé à prendre le relais, et quelle musique ! C’est le fabuleux Trio Lyatoshynsky qui avait l’honneur de la soirée. Formé en 2019, cet ensemble est aujourd’hui considéré comme l’un des trios avec piano les plus importants d’Europe. Composé de trois solistes d’exception – le violoniste ukraino-autrichien Mykhaylo Zakharov, le pianiste ukraino-allemand Artem Yasinskyy et la violoncelliste polonaise Susanne Szambelan -, le trio a livré une interprétation magistrale de trois ouvrages-phares de leur répertoire. 

Avant chaque morceau, notre confrère journaliste Stéphane Friedrich, ancien rédacteur en chef de feu « Pianiste Magazine« , a pris la parole pour présenter les œuvres avec un humour et une passion aussi ludiques que didactiques, rendant l’expérience accessible à tous. C’est avec un enthousiasme communicatif qu’il a ainsi introduit la première œuvre : le Trio n°1 de Johannes Brahms, une pièce d’une profondeur romantique que le trio a su rendre tour à tour fougueuse et d’une douceur infinie. Cette œuvre, écrite par un Brahms de 20 ans, est une fresque romantique d’une ampleur symphonique. Elle exige une endurance physique et une maturité émotionnelle rares, car elle alterne des élans passionnés et des méditations introspectives, et le trio a choisi de jouer sur les contrastes extrêmes, sublimés par l’acoustique ouverte de la plage. Mykhaylo Zakharov (au violon) a débuté avec un pianissimo fébrile, d’une fragilité presque humaine, comme un murmure porté par le vent marin. Son vibrato, large et charnel, a donné au premier thème une noblesse poignante. Dans les passages en fortissimo, son archet a attaqué la corde avec une vigueur rugueuse, rappelant les embruns, sans jamais devenir criard – une maîtrise absolue du timbre. Susanne Szambelan (au violoncelle) a été le socle émotionnel du trio. Dans le célèbre second mouvement (Adagio), son jeu était d’une densité lyrique renversante. Elle a façonné des phrases longues comme des vagues, avec des glissandi subtils qui semblaient caresser les notes, créant une texture sonore veloutée. Quand elle reprenait le thème principal, on entendait une douleur contenue, une mélancolie qui se mêlait à la vue de la Dune du Pyla. Artem Yasinskyy (au piano) n’a pas été un simple accompagnateur, mais un orchestre à lui seul. Face à la mer montante, son jeu dans les arpèges du développement était torrentiel. Pourtant, dans les échanges contrapuntiques, il a fait preuve d’une clarté cristalline, chaque note de la main gauche répondant à la droite avec une précision d’orfèvre. Sa capacité à passer d’une puissance de clavier quasi orchestrale à des touches perlées, légères comme des gouttes d’eau, a stupéfié le public. La fin, pianissimo évanescent, s’est fondue dans le bruit lointain du ressac : un moment de temps suspendu.

 

 

Puis vint moment fort de la soirée, car le trio a interprété le 2ème Trio de Borys Lyatoshynsky, compositeur ukrainien dont l’ensemble porte fièrement le nom. Ce fut une véritable plongée dans l’âme musicale ukrainienne, un hommage vibrant et sincère à un héritage culturel riche et puissant, qui mériterait enfin de sortir de l’ombre tant sa musique s’avère prodigieuse. De fait, louvrage est d’une complexité rythmique et harmonique redoutable, mêlant le folklore ukrainien à un langage post-romantique très moderne. C’est une musique qui « parle », qui raconte les steppes, les plaines et les drames de l’âme slave. Et c’est ici que les origines ukrainiennes et polonaises des trois musiciens ont pris tout leur sens. Ce fut un hommage charnel à leur terre natale (ou voisine). Mykhaylo Zakharov a déployé des sonorités presque « vocales ». Dans les thèmes mélancoliques, son violon imitait le chant de la colombe (un ornement typique de la musique populaire ukrainienne), avec des intervalles de seconde augmentée joués avec une acidité délibérée, créant une saveur douce-amère. Ses attaques sèches dans les passages rythmiques évoquaient les danses hopak. Susanne Szambelan a été saisissante de puissance tragique. Le violoncelle, ici, n’était pas consolateur mais prophétique. Dans les accords graves et dissonants, elle a sculpté des sons presque « crachés » par l’archet, avec une pression qui faisait gronder les cordes graves, évoquant l’oppression et la résilience. Son col legno (frappé avec le bois de l’archet) a apporté des bruits de percussion inouïs, dialoguant avec le bruit des vagues. Artem Yasinskyy s’est révélé en architecte. Face à la complexité polyphonique de la partition, il a distribué les voix avec une lisibilité impressionnante : la main droite hurlait des mélodies rageuses pendant que la gauche martelait des ostinati hypnotiques, rappelant le trembita (cor des Carpates). Il a utilisé la pédale de résonance avec une économie rare, pour éviter la bouillie sonore, laissant les harmoniques vibrer dans l’air humide du soir. L’interprétation des trois amis a transcendé la simple performance : c’était un témoignage. Devant la Dune, ces accents slaves résonnaient comme un cri de liberté et de beauté, rendant l’auditoire silencieux, presque en état de recueillement.

Pour finir en apothéose, le trio s’est emparé des « Cuatro Estaciones Porteñas » d’Astor Piazzolla, dans l’arrangement pour trio de José Bragato. Passer du drame slave à l’énergie sensuelle du tango argentin est un tour de force. Piazzolla, c’est le rythme, la provocation et l’improvisation. L’arrangement de Bragato ajoute des effets de glissando et des percussions sur les instruments, demandant un lâcher-prise total. La plage s’est alors transformée en milonga au clair de lune. Dans le premier mouvement, Primavera Porteña (Printemps), Artem Yasinskyy a lancé le mouvement avec des accords syncopés, presque agressifs, aux accents jazzy. Son toucher est devenu sec et percutant, comme des castagnettes. Susanne Szambelan a répondu avec des pizzicati vifs et espiègles, tandis que Mykhaylo Zakharov faisait chanter son violon avec des glissandi langoureux, imitant les chanteurs de tango. Ensuite, Verano Porteño (Été) est le mouvement de la passion brute. Le violon de Zakharov a déchiré l’air avec des trilles stridents et des accords doubles furieux, tandis que le piano de Yasinskyy martelait des rythmes de bandonéon avec une virtuosité époustouflante, ses doigts survolant le clavier dans des gammes ascendantes vertigineuses. Le violoncelle de Szambellan, dans les passages lents, a joué des notes tenues avec un vibrato intense, créant une tension érotique palpable. Otoño Porteño (Automne) s’est transformée en mélancolie envoûtante. Les trois musiciens ont joué sul tasto (archet près de la touche) pour un son plus doux, plus feutré, qui se confondait avec la brise nocturne. Le dialogue entre le piano (notes répétées comme des gouttes de pluie) et le violoncelle (phrases longues et plaintives) était d’une tendresse infinie. Enfin, Invierno Porteño (Hiver) s’est emballé dans un fugato frénétique. Le public a vu les archers voler et les doigts d’Artem Yasinskyy danser un véritable feu d’artifice. Le point d’orgue final, un accord commun frappé de manière fulgurante, a fusé comme une étoile filante dans la nuit noire, suivi de trois secondes de silence abyssal… avant une explosion d’applaudissements!

En définitive, ce qui a frappé durant toute la soirée, c’était l’unité d’âme du trio : Mykhaylo (la voix aérienne), Susanne (la terre profonde) et Artem (le feu rythmique) ne se sont jamais « combattus ». Ils ont respiré ensemble, ralenti ensemble, et ont même synchronisé leurs rubato avec les mouvements de la marée montante. C’était de la musique de chambre à l’état pur, où la « chambre » était l’immensité de l’océan et de la Dune, et où le « dialogue » atteignait une dimension cosmique. 

Avant le concert, Hélène Berger et le maire de Lège-Cap Ferret, M. Philippe Le Harivel de Gonneville, avaient adressé des mots chaleureux au public, soulignant l’importance de ce rendez-vous culturel. Leur émotion était palpable, partagée par une assemblée conquise. Cette soirée du 6 juillet restera comme un moment absolument MÉMORABLE, la preuve éclatante que le Cap Ferret Music Festival est avant tout une expérience sensorielle complète, une célébration de l’art et de la beauté du monde.

 

 

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CRITIQUE, festival. 16ème CAP FERRET MUSIC FESTIVAL, Plage de La Conche, le 6 juillet 2026. BRAHMS / LYATOSHYNSKY / PIAZOLLA par le Trio LYATOSHYNSKY. Crédit photographique (c) Laurent Wangermez
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CRITIQUE, festival. 78ème Festival d’Art lyrique d’AIX-EN-PROVENCE, Grand-Théâtre de Provence, le 6 juillet 2026. R. STRAUSS : La Femme sans ombre. M. Spyres, V. Mikneviciuté, N. Stemme, B. Mulligan, A. Braid… Barrie Kosky / Klaus Mäkelä

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Quel succès !  La salle entière du Grand-Théâtre de Provence qui se lève pour acclamer Klaus Mäkelä lors de sa montée sur scène à la fin de la représentation historique de La Femme sans ombre de Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal. Car ce chef d’œuvre si exigeant a été remarquablement dirigé par Klaus Mäkelä. L’audace du jeune maestro est connue. Mais faire sa première direction d’opéra avec cette œuvre incroyablement complexe n’allait pas de soi. Le chef finlandais a ébloui par l’équilibre parfait qu’il a mis en place, entre fosse et plateau. L’attention portée aux chanteurs en particulier a été constante. Et quand il s’agit de faire sonner l’orchestre de Strauss nous savions de quoi il est capable et nous n’avons pas été déçus. Direction dramatique, urgente et rutilante à la Solti. L’ouvrage avance sans temps morts. L’Orchestre de Paris a été admirable en tous points que ce soit les couleurs et les nuances d’ensemble comme les soli divinement phrasés. Les cuivres graves ont été insolents et les percussions ont osé aller jusqu’au diaphane le plus magique. Les plus exigeants ont été satisfaits. Le jeune maestro est un vrai homme de théâtre et après ce coup d’éclat, nous avons hâte de l’entendre dans d’autres opéras. 

 

La distribution est également superlative. Chacun a des moyens exceptionnels et est capable d’équilibrer sa puissante voix avec ses collègues. Les airs sont somptueux mais les terribles ensembles dans lesquels il est difficile d’éviter la surenchère ne l’ont pas été moins. Par ordre d’entrée en scène, la Nourrice de Nina Stemme a d’emblée mis la barre très, très haut. La grande diva wagnérienne est aujourd’hui capable avec son homogénéité de timbre de chanter des vrais rôles graves comme celui-ci. La voix est toujours aussi superbe sur toute la tessiture. L’incarnation du personnage est grandiose : gestes, regards, déplacements, tout est cohérent. Le personnage méphistophélique entre terreur et séduction est révélé dans toute sa complexité. Michael Spyres offre à l’Empereur son timbre si particulier à la fois barytonnant et ténor de lumière. Dans un chant châtié, élégant et des phrasés amples, il est parfait. Le confort vocal permet une grande aisance d’écoute. En coloriste, il sait assombrir sa voix lorsque ses émotions le traversent dans le dernier acte. Vida Mikneviciuté en Impératrice est rayonnante. Avec un timbre clair et vibrant, elle incarne un personnage de lumière féérique. Comme si la voix irisée et sa robe noire signaient son essence divine. La douceur ou la puissance sont parfaitement dosées dans son chant avec de superbes notes piano. Les trois frères de Barak, Jean-Sébastien Bou, Tomasz Kumiega et Daniel Miroslaw sont riches de timbres complémentaires et chacun est très présent. Ils interviendront encore dans d’autres moments solo avec brio. La Teinturière est la soprano canadienne Ambur Braid. Voix incroyablement puissante et très expressive. C’est une découverte enthousiasmante. En effet, le jeu de l’actrice est d’une précision inhabituelle, tout en finesse. Le chant et le jeu s’équilibrent comme rarement dans ce rôle très difficile, d’autant que la profondeur du personnage est révélée comme rarement. Barak est le baryton américano-irlandais Brian Mulligan. Timbre riche, chant phrasé avec art, texte limpide et jeu naturel, tout concourt à faire de lui un Barak mémorable. Et quelles possibilités de douceur comme de puissance ! Souvent faites depuis la salle, toutes les interventions surnaturelles sont magnifiquement réussies. Robert Lewis est un faucon inhabituellement puissant. Et Héloïse Mas une voix d’en haut mystérieuse à souhait. Les Chœur et Chœur d’enfants de l’Orchestre de Paris sont tous deux somptueux. 

 

 

Barrie Kosky propose une mise en scène d’une apparente simplicité. Rien ne vient surcharger cet opéra symbolique si riche et pourtant les didascalies sont pour la plupart respectées. La scénographie de Michael Levine est limpide. Les costumes de Victoria Behr sont très habiles et marquent bien les différences de classe qui s’effacent petit à petit. Ils prennent très bien les lumières et semblent confortables. Les lumières de Franck Evin sont très réussies. C’est la gageure de cet opéra et le résultat est admirable. Les changements d’univers sont crédibles grâce à la magie des lumières. Le dispositif scénique est particulièrement intelligent comme une boîte noire centrale qui révèle les univers avec peu de moyens. Ainsi c’est sur une petite estrade qu’apparaît le monde merveilleux d’en haut. Un rocking-chair épouse la pulsation de la partition et donne à la fois une idée du confort d’un certain luxe et renforce le sentiment d’urgence de la situation qui ne laisse que trois jours à l’Impératrice pour trouver son ombre. Sur son cheval à bascule aux sabots de hachoir, l’empereur a une position symbolique de domination sociale et de mort de son gibier. C’est également la mise en abyme de la dimension infantile de son personnage trop auto centré. Au dernier acte, le cube blanc de toute la scène est éblouissant, il sert de prison paradoxale par sa vastitude, puis il deviendra un lieu divin, c’est une belle idée. Les déambulations comme dans un labyrinthe sans se voir de Barak et sa femme sont très émouvants. La confrontation très physique de l’Impératrice et son père est particulièrement dramatique. La magie est présente avec élégance et humour. Les femmes en robe noire pailletée et sans têtes ont des gestes de mains particulièrement expressifs, l’étrangeté de leur allure est sensationnelle. Cette magie fonctionne parfaitement également avec le jeune homme qui séduit la Teinturière, un danseur en collant scintillant. Très admirable prestation entre danse et gymnastique toujours pleine de sensualité de Prince Mihai. Le décor le plus complexe est celui du monde humain. Une superstructure en barreaux métalliques sur trois étages est révélée par la boîte noire. Les lumières donnent profondeur ou mystère au besoin. De nombreux chiffons apportent des couleurs. Cela permet également un jeu subtil entre les personnages. Cette tour va tourner sur elle-même dans les moments de magie pour casser les repères et donner également ce sentiment d’urgence si présent dans l’action. 

 

 

La direction d’acteur très exigeante est d’une précision admirable. Chaque personnage est très réussi et les relations entre les personnages sont très fouillées. La Teinturière évite toute caricature et son humanité est émouvante même dans ses colères. La Nourrice est à la fois mystérieuse, terrifiante et bonne. C’est Barak qui a le jeu le plus varié et offre donc une dimension très complexe au personnage de l’Homme presque parfait. L’intelligence des dispositifs scéniques rend hommage au texte si fouillé d’ Hofmannsthal sans l’alourdir.  La mise en scène du directeur du Komische Oper Berlin – qui a mis en scène avec grand succès une Flûte Enchantée qui fait le tour du monde – a réussi le pari de réaliser un pendant magnifique avec cette Femme sans Ombre. Sa mise en scène va faire date. La production de La Flûte Enchantée par Clément Cogitore (donnée la veille) nous a grandement déçus (voir la critique de notre confrère Emmanuel Andrieu), et paraît même, au lendemain de cette soirée magique, plus ratée encore… Par un travail très abouti, Barrie Kosky a su rendre hommage avec brio à ce chef-d’œuvre associant si singulièrement un Hugo Von Hofmannsthal d’une profondeur rare et un Richard Strauss magicien de l’orchestre et créateur de mélodies sublimes. Un Grand chef-d’œuvre a été mis en valeur dans toutes ses splendeurs par cette production aixoise cette année. L’union de la musique et du théâtre a été totalement réussie, et le tandem Mäkelä et Kosky est prodigieux. Cette co-production avec La Monnaie/Die Munt et le Greek National Opera va être filmée par Arte – et sera également diffusée sur France Musiques. Le public enthousiaste d’Aix a eu la chance de découvrir une très grande production qui fera date !

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 78ème Festival d’Art lyrique d’AIX-EN-PROVENCE, Grand-Théâtre de Provence, le 6 juillet 2026. R. STRAUSS : La Femme sans ombre. M. Spyres, V. Mikneviciuté, N. Stemme, B. Mulligan, A. Braid… Barrie Kosky / Klaus Mäkelä. Crédit photographique (c) Monika Ritterhaus

 

 

 

Live streaming ARTE 

En live  streaming sur ARTE Jeudi 9 juillet 206, 19h, depuis Aix en Provence :

LIVE STREAMING, opéra. R. STRAUSS : LA FEMME SANS OMBRE. Le jeudi 9 juillet 2026, en direct à 19h [Aix en Provence 2026]. Barrie Kosky / Klaus Mäkelä

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ORCHESTRE LAMOUREUX, nouvelle saison 2026 – 2027, les Temps forts. Roméo et Juliette, Shéhérazade, L. van Beethoven, Concerts bébé, Ben Harper, Natalie Dessay, Youssoupha…

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La nouvelle saison 2026 2027 de l’Orchestre Lamoureux s’annonce aussi riche, généreuse, ouverte, festive que les saisons précédentes. Porté par son histoire prestigieuse, l’Orchestre parisien fait battre plus fort et plus intensément le cœur orchestral dans la Capitale, en Île de France, et au delà …

 

 

 

 

Elle commence officiellement le 17 oct à l’Auditorium de La Seine Musicale, dans un grand bain symphonique avec deux œuvres clés qu’inspire la fascination d’un orient légendaire, celui à re-découvrir de la compositrice Mel Bonis [Salomé, l’un des volets de sa trilogie « femmes de légendes« ] ; celui plus connu et non moins irrésistible de Rimsky-Korsakov [Sheherazade]. L’orchestre flamboyant aux couleurs mordorées, d’un raffinement inouï, exprime l’activité voluptueuse, l’action dramatique d’une somptueuse fresque sensuelle. La force de Rimsky-Korsakov est de décrire certes des situations spectaculaires [la tempête et le naufrage de Sindab] mais aussi son orchestre exprime les sentiments les plus profonds et intimes, comme ceux qui se précisent et grandissent entre Sheherazade et le Prince…

Puis mer 18 nov [à La Seine Musicale], [re] découvrez les mondes imaginaires et poétiques du chanteur Asaf Avidan à travers les tubes de son dernier album UNFURL profondément introspectif, inspiré des travaux de Carl Jung, explorant les frontières entre conscience et subconscient, entre intime et universel (…) oscillant entre ballades jazz, rap philosophique, orchestrations cinématographiques…

 

 

2027

Pour inaugurer l’an neuf, l’Orchestre propose [sam 9 janv, Salle Gaveau] la « Nuit américaine de Natalie Dessay » : Ballade personnelle [et familiale] de l’opéra à Broadway, avec les Songs de Stephen Sondheim, Jule Styne, Jerry Herman, Cy Coleman, Michel Legrand, Irving Berlin…

Anniversaire oblige, le grand Ludwig est à l’honneur de la nouvelle année. Vertiges concertants avec le Concerto pour piano L’Empereur de Beethoven [soliste : Arielle Beck, piano, étoile montante du piano français, sacrée Révélation soliste instrumentale aux Victoires de la musique classique 2026], couplé avec la Symphonie n°8 [Salle Gaveau, dim 31 janvier 2027, programme repris le 4 fev au 20h30, Centre Culturel Malesherbes de Maisons-Laffitte].

 

Métissages et croisements de styles en avril 2027, sous la forme d’expériences inédites au carrefour du classique et d’autres genres, avec d’abord le son spécifique [chaud et tellurique] de la guitare Weissenborn du chanteur Ben Harper [programme « Steel Dreams Ben Harper et le son Weissenborn« , les dim. 18 avril [19h], lun 19 avril [20h] à la Philharmonie de Paris ; puis « rap jeu » non moins vertigineux avec le chanteur Youssoupha qui plonge dans ses racines magiciennes gospel auxquelles l’Orchestre apporte une ampleur symphonique [les vendredi 23 et Samedi 24 avril, au Théâtre du Châtelet, « Youssoupha Gospel Symphonic Experience » / repris le 11 juin également au Châtelet].

 

Mai émotionnel et même passionnel : entre amour et destin [concert « Roméo et Juliette », dim 30 mai, Seine Musicale], l’orchestre explore les forces qui animent l’existence. Adrien Perruchon, direction, Fanny Clamagirand, violon et Nicolas Prost, saxophone, jouent un programme particulièrement riche associant Philippe Gaubert, [Poème Élégiaque pour saxophone et orchestre], Florence Price [Concerto pour violon et orchestre n°2], Sergueï Prokofiev [Roméo et Juliette — Suite symphonique, sélection Adrien Perruchon].

 

 

 

CONCERTS BÉBÉ… Une odyssée singulière à vivre en famille avec les tout petits. Outre les temps forts évoqués ci dessus, l’Orchestre Lamoureux propose tout au long de la nouvelle saison 2026 / 2027 ses « Concerts bébé » [concerts adaptés pour les plus jeunes jusqu’à 5 ans], série qui ne cesse de fédérer et qui demeure essentielle car elle prépare et sensibilise les spectateurs de demain, tout en impliquant leurs parents [programmes « en fanfare, percussions autour du monde, ballerine, violon et Cie, 1001 nuits, Beethoven, Vivaldi, le piano de Chopin… »]. Au total plus de 20 dates à ne pas manquer pour découvrir le monde magique des instruments de l’Orchestre [plus d’infos ici : https://orchestrelamoureux.com/saison-2026-27/bebe-concerts/].

 

 

Toutes les infos sur la saison 2026 – 2027 de l’Orchestre Lamoureux, le détail des œuvres jouées, les artistes invités, les lieux, la billetterie en ligne ci-après : https://orchestrelamoureux.com/

 

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L’Orchestre Lamoureux à la Seine Musicale / informations pratiques :

01 74 34 53 53            /                       www.laseinemusicale.com

La Seine Musicale
Ile Seguin – 92100 Boulogne-Billancourt

 

 

 

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CRITIQUE, concert. CANNES, Théâtre Debussy (Palais des Festivals), le 5 juillet 2026. Concert d’Adieux de Benjamin LEVY à la tête de l’Orchestre national de Cannes

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Le 5 juillet restera gravé comme une date de joie et de larmes dans le cœur des mélomanes cannois ! Au Théâtre Debussy du Palais des Festivals, Benjamin Lévy et l‘Orchestre national de Cannes ont offert à un public (venu en nombre !) un Concert d’adieux à la mesure de leur chef : généreux, exigeant, et follement vivant. Après dix ans passés à la tête de l’orchestre – dix années durant lesquelles il a insufflé un élan nouveau empreint de dynamisme et de créativité à la phalange cannoise -, le maestro a tourné une page magnifique pour rejoindre l’Orchestre du Pays Basque à la rentrée 2026. Un concert mémorable qui a été vécu comme un long poème symphonique, émouvant… et inoubliable !

 

« Au revoir, Benjamin ! » : Trois heures d’ivresse musicale pour un départ en apothéose

Ce qui a frappé d’emblée les esprits, c’était cette évidence : Benjamin Lévy n’a pas seulement dirigé un orchestre pendant dix ans, il a créé une famille. Autour de lui, sur scène, se pressaient de nombreux artistes invités, tous des habitués de ces saisons cannoises, tous fidèles au chef qui les avait révélés ou accompagnés. La soirée était leur cadeau d’adieu, leur déclaration d’amour en musique. David Bismuth au piano, les sœurs Lidija et Sanja Bizjak – duo pianistique étincelant –, la soprano Amel Brahim-Djelloul à la voix angélique, l’accordéoniste prodige Félicien Brut, la célèbre violoniste Geneviève Laurenceau, la jeune et lumineuse violoniste Alexandra Soumm, et la superbe mezzo Pauline Sabatier : tous étaient là, comme une grande fratrie artistique, pour dire au revoir à celui qui, pendant dix ans, avait su les inspirer, les écouter, les faire briller. Leur présence, tour à tour en soliste, en duo ou en trio, était la plus belle des preuves de l’impact humain de Benjamin Lévy sur les artistes avec lesquels il a choisi de jouer de la musique.

 

 

 

Un voyage musical à l’image du chef : éclectique, savant et joyeux !

Avec plus de 20 morceaux très différents mis au programme de ce concert d’adieu, la soirée s’annonçait comme un voyage à travers toutes les esthétiques, fidèle à la vision d’un chef qui n’a eu de cesse d’élargir le répertoire de l’Orchestre, explorant des œuvres de toutes époques et de tous horizons. L’hommage s’est d’abord fait dans la douceur et le raffinement avec des extraits symphoniques d’ouvrages de Jean-Philippe Rameau, (Ouverture de Dardanus, L’Entrée de Polymnie extraite des Boréades, L’Orage tiré de Platée…) pour une ouverture baroque d’une clarté et d’une élégance rares, prouvant que cette phalange jouant sur instruments « modernes » pouvait se hisser à la hauteur de / faire preuve de la souplesse de n’importe quel (excellent) ensemble baroque, et également faire un clin d’œil aux racines de la musique française que le maestro a toujours su mettre en valeur.

Puis le programme s’est déployé dans une variété étourdissante. On est passé de l’énergie communicative du Concerto pour deux pianos & cordes de Malcolm Arnold (porté par le jeu complice des Sœurs Bizjak) à la mélancolie envoûtante de la Valse triste de Franz von Vecsey pour piano et violon, sublimée par Alexandra Soumm au violon et l’une des soeurs Bizjak au piano. Le public, suspendu, a savouré les courts joyaux des Pièces pour deux violon de Dimitri Chostakovitch (par Soumm et Laurenceau), avant d’être emporté par la romance éternelle du Salut d’amour (pour violon et piano) d’Elgar – et la poésie aérienne de The Lark ascending de Ralph Vaughan Williams, où Geneviève Laurenceau fit s’élever l’alouette au-dessus de la salle, son violon semblant toucher les cieux.

Mais c’est dans la musique de W. A. Mozart que la soirée a atteint son sommet d’intimité et de complicité. Du 2ᵉ mouvement du 21ème Concerto pour piano, avec sa mélodie infinie portée par David Bismuth, au délicieux Générique « Amour, Gloire & Mozart » (de Cyrille Lehn) en passant par l’air « Dans un bois solitaire » interprété par la mezzo Pauline Sabatier ou celui de « Nehmt meinem Dank » par la soprano franco-algérienne Amel Brahim-Djelloul, chaque note était un cadeau.

Le génie de Benjamin Lévy est aussi d’avoir su tisser un fil d’humour et de connivence avec le public, présentant chaque pièce avec le didactisme souriant qu’on lui connaît, prenant le public par la main comme il l’a toujours fait, rendant la musique savante accessible et joyeuse. La fête s’est ensuite muée en un hommage à la légèreté et à la joie de vivre, chères au cœur du chef, avec un programme porté d’abord par les notes populaires du Rosier de Mme Husson de Paul Misraki (ici arrangé par Cyrille Lehn : un disque « Pagnol » avec l’ONC dirigé par Benjamin Lévy sortira à la rentrée, de même qu’un autre intitulé « Croisette » avec la participation de Pauline Sabatier…), puis de l’irrésistible Ouverture de Pas sur la bouche de Maurice Yvain.

La deuxième partie a repris sur ces notes pétillantes, en offrant au public les joyaux de l’opérette avec l’Ouverture de Gosse de Riches, et une chanson extraite de Ta Bouche, du même Maurice Yvain, où Pauline Sabatier a brillé dans le célèbre « Non, non jamais les hommes« . Puis, la présence du compositeur Dominique Probst dans la salle a ajouté une dimension toute particulière à l’interprétation de sa pièce « Une journée à Versailles », comme un symbole de la volonté de Benjamin d’explorer tous les répertoires et de créer des ponts entre la musique d’aujourd’hui et celle d’hier, une ambition qui a marqué ses dix années à la tête de l’orchestre. C’est ensuite l’accordéon de Félicien Brut qui a fait tourbillonner la Flambée Montalbanaise de Gus Viseur dans un vertige festif, suivi par le Caprice d’accordéoniste de Thibault Perrine, prouvant une fois encore que l’Orchestre national de Cannes, sous l’impulsion de Benjamin, n’a jamais eu peur des métissages et des audaces – comme en a témoigné aussi, en clôture de concert, ses projets mêlant musiques orientales et occidentales, avec la participation d’Amel Brahim-Djelloul (juste après un étourdissant Duo des fleurs, extrait de Lakmé, délivré aux côtés de Pauline Sabatier !…) dans une chansons d’Idir (Mara D-Yughal), tellement entraînante et endiablée qu’elle a été rapidement reprise en rythme par un public chauffé à blanc… après trois heures de spectacle !

 

 

L’émotion à fleur de peau : les discours et le chant des adieux avec « Parlez moi d’amour » !

L’atmosphère de la soirée était à la fois festive et solennelle. Avant que la musique ne prenne son cours, Anny Courtade, la Présidente de l’Orchestre, avait pris la parole. Dans un discours vibrant et authentique, elle a retracé ces dix années de complicité (dont 7 passées sous la direction générale de Jean-Marie Blanchard, qui reste lui à son poste) , saluant l’engagement sans faille d’un chef qui aura fait rayonner l’orchestre jusqu’à l’obtention du prestigieux label « Orchestre national en région », symbole de l’excellence artistique et de l’ancrage territorial. Ema Veran, adjointe à la Culture (et représentant le Maire de la ville, David Lisnard), a ensuite livré un discours plus convenu mais sincère, saluant l’apport culturel de l’institution musicale à la cité balnéaire, tandis que les nombreux mélomanes réunis dans la salle semblaient partagés entre la fierté et l’émotion des adieux… qui se sont conclues avec le bis « Parlez moi d’amour », repris en chorale par tous les artistes réunis par Benjamin Lévy, l’orchestre… mais aussi tout le public qui a entonné, dans la ferveur et la joie, la célèbre chanson de Jean Lenoir, ici donnée dans un arrangement de l’incontournable Cyrille Lehn.

 

Un héritage, un départ, une promesse…

Benjamin Lévy quitte Cannes, mais il emporte avec lui l’amour d’un public et la fierté d’un orchestre qu’il a mené vers les sommets. Il part pour de nouvelles aventures au Pays Basque, tandis que la cheffe américano-coréenne Holly Hyun Choe – artiste associée de l’Orchestre de chambre de Genève, lauréate du prestigieux Sir Georg Solti Conducting Award 2025, et directrice musicale de l’Orchestre de la radio de Norvège (!) -, prendra la relève à Cannes dés le début de la saison 2026-2027 (en octobre prochain), promettant un nouveau chapitre que l’on espère passionnant pour l’Orchestre. Ce concert d’adieux n’était pas une fin, mais une promesse : celle d’une musique toujours plus vibrante, portée par un chef dont on suivra les aventures avec passion, et par un orchestre qui, sous la baguette d’Holly Hyun Choe, continuera de faire rayonner Cannes. En attendant, encore MERCI Benjamin pour ces dix années de passion, de créativité et de transmission !

 

 

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CRITIQUE, concert. CANNES, Théâtre Debussy (Palais des Festivals), le 5 juillet 2026. Concert d’Adieux de Benjamin LEVY à l’Orchestre national de Cannes. Crédit photographique (c) M. Chatonnier

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 78ème Festival d’Art lyrique d’AIX-EN-PROVENCE, Théâtre de l’Archevêché, le 4 juillet 2026. MOZART : Requiem. Ensemble Pygmalion, Romeo Castellucci (mise en scène), Raphaël Pichon (direction musicale)

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Le Requiem de W. A. Mozart dans une mise en images de Romeo Castellucci, c’est avant tout un extraordinaire spectacle hybride et novateur voulu par le regretté Pierre Audi, lors de sa première saison comme directeur artistique du Festival d’Aix en Provence à l’été 2019. Cette reprise, l’année de sa disparition,  est ainsi un bien bel hommage. L’intelligence et la beauté de ce spectacle restent d’une acuité diabolique et dérangeante. Les quelques rares huées, aux saluts, prouvent hélas que tout peut s’éteindre, sauf la censure…

 

 

Quatre brins tissent le fil rouge de la soirée, avec pour commencer la mort imminente d’une vieille femme qui revit les moments marquants de sa vie. Sur le mur du fond de scène apparaît une liste d’extinctions groupées par thèmes. L’anthropocène est terriblement sidérant, car entre 2019 et 2026, elle s’est trop rapidement aggravée, et ces mots lumineux qui défilent sont accablants. L’autre fil est la fraternité et l’énergie que le groupe humain apporte. C’est ainsi que quelques figurants et tous les choristes dansent et jouent toute la soirée. 

 

 

 

Enfin, dans la fosse, Raphaël Pichon et son Ensemble Pygmalion jouent si divinement que la beauté de la direction et la richesse des coloris orchestraux créent un enveloppement de magie à l’ensemble. La partition est celle complétée par Süssmayer, qui est connue du plus grand nombre. Raphaël Pichon y a inséré des parties grégoriennes et des œuvres de Mozart adaptées. C’est absolument magnifique et plein de sens. Ces quatre fils se croisent et s’enrichissent mutuellement. Il en ressort la compréhension d’une humanité touchante, dolente et précieuse, si présente dans cette partition merveilleuse.  

Difficile de rendre compte de tous les détails subtils de cette soirée. Nous retiendrons que la poésie irrigue le spectacle, la beauté, la tristesse et également l’énergie de la vie que le collectif permet. L’homme seul n’existe pas. Le bébé seul sur scène qui clôt le spectacle est bouleversant dans son dénuement. Oui, chacun est seul face à la vie et à la mort peut-être ! Mais entre-temps, la vie en groupe permet la joie, comme grâce au Chœur Pygmalion qui est exceptionnel de beauté, avec des corps qui dansent et un chant libéré des partitions. Cela donne une vigueur rythmique inimaginable. Nous avions été éblouis par ce Requiem donné en concert par l’Ensemble Pygmalion en 2018. Ce spectacle va encore plus loin : c’est l’implication exceptionnelle du chœur. Ainsi un chœur en majesté avec un orchestre si riche donne à la musique de Mozart une place de choix. 

Les quatre solistes sont à la hauteur avec en basse un Axel Rosen tout à fait émouvant. L’air qu’il interprète en solo supplémentaire permet à sa somptueuse voix et son art du chant de se développer. Le ténor Duke Kim a un timbre magnifique et ses très courtes interventions sont remarquables. L’alto de Beth Taylor est absolument exceptionnel. Dans le solo après l’Agnus Dei, elle arrache des larmes. La soprano Mélissa Petit a également une très belle présence. Le dernier chanteur que je citerai est un tout jeune garçon qui d’une voix diaphane bouleverse l’âme lors de chaque intervention.  En alternance avec Ramy Lazreq, César Bogdanas est ce soir absolument merveilleux. Cette fragilité humaine qui au demeurant tient d’une sorte de miracle est bien notre lot. 

 

 

Visuellement le spectacle est puissant avec des moyens d’une incroyable simplicité. Les lumières sont subtiles et très vivantes, les éléments visuels sont toujours intelligemment présentés sans jamais alourdir le propos. Le plateau final monte et s’incline tranquillement laissant glisser tout ce qu’il contient, évocation signifiante des pertes matérielles,  sens de la vie ? La sorte de planète dessinée qui se révèle in fine avec sa queue comme une comète évoque la question métaphysique de notre place dans l’univers qui avance on ne sait pourquoi, ni vers quoi. Le bébé seul sur scène termine de nous rappeler notre extrême fragilité initiale et finale. 

Ce très beau spectacle, ressuscité avec art ce soir, est incroyablement intelligent dans sa lucidité aveuglante. Ont été rajoutés, depuis 2019, dans les pertes écrites sur le mur, bien des lieux du Liban et de la bande de Gaza, sans oublier l’Ukraine. Car la destruction qui fait rage autour de nous, finira par nous atteindre. Même le Théâtre de l’Archevêché qui vibre la nuit avec la musique de Mozart, est peut-être menacé… Cette bulle est si fragile.

Soirée rare, véritable tour de force parfaitement réalisé par Romeo Castellucci et Raphaël Pichon en parfaite harmonie, elle restera dans la mémoire de nos cœurs comme un souvenir précieux. In memoriam Pierre Audi.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 78ème Festival d’Art lyrique d’AIX-EN-PROVENCE, Théâtre de l’Archevêché, le 4 juillet 2026. MOZART : Requiem. Ensemble Pygmalion, Romeo Castellucci (mise en scène), Raphaël Pichon (direction musicale). Crédit photographique © Monika Rittershaus

 

 

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CRITIQUE, festival. CHOREGIES D’ORANGE, Théâtre Antique, le 4 juillet 2026. VERDI : La Traviata. C. Pavone, J. Behr, L. Tézier… Vanessa d’Ayral de Sévignac (mise en espace), Paolo Arrivabeni (direction musicale)

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Ce fut une de ces soirées dont le Théâtre antique et les Chorégies d’Orange a le secret, une nuit d’été où le destin s’en est mêlé, où les aléas ont tenté de s’inviter, mais où la musique a fini par triompher ! Devant un théâtre plein à craquer, avec plus de six mille âmes (mélomanes), cette unique représentation de La Traviata de Giuseppe Verdi, donnée le 4 juillet (dans une version mise en espace…), restera comme une leçon de résilience et de pur génie artistique.

 

Dès l’annonce de la programmation, cette Traviata était promise à un destin hors norme, bien que pour des raisons initialement peu réjouissantes. Le changement de paradigme, avec le passage d’une mise en scène complète à une mise en espace (mais d’une superbe simplicité, signée Vanessa d’Ayral de Sérignac, avec l’appui des magnifiques éclairages de Vincent Cussey) avait déjà fait couler beaucoup d’encre, causant la démission du directeur artistique des Chorégies, Jean-Louis Grinda, puis le retrait de la grande Nadine Sierra dans le rôle-titre. Par bonheur,  cette dernière, pour la plus grande joie des habitués d’Orange, leur a tout de même offert (à la place…) un récital anthologique – que nous avons eu l’occasion de chroniquer dans ces mêmes colonnes. Mais la malchance, semblait-il, n’avait pas dit son dernier mot : la préparation des répétitions, malmenées par le vent, la chaleur et la poussière, a eu raison de la santé de la formidable Jessica Pratt, qui s’est vue contrainte de se retirer après deux jours de répétitions… et deux jours avant la date de la représentation. Las, la cascade des défections ne s’est pas arrêtée là, et les mêmes causes on entraîné, le jour J cette fois (!), les mêmes effets, causant l’annulation de la participation du ténor star Javier Camarena, pourtant attendu en Alfredo (et remplacé au pied levé par le jeune ténor français Julien Behr) – mais également de l’excellente la basse Nicolas Cavallier, en Docteur Grenvil, finalement remplacé par Thomas Dear.

 

 

C’est alors que la soirée a pris un tour héroïque. La belle soprano italienne Claudia Pavone, aguerrie sur les scènes les plus exigeantes (nous l’avions entendue dans le même rôle au San Carlo de Naples, en 2022), a relevé le défi avec un brio confondant. Dès son premier air « È strano !… Ah, fors’è lui« , ce fut une évidence : Claudia Pavone n’était pas une simple remplaçante, mais une Violetta de chair et de sang, habitée par une compréhension intime du personnage. Sa voix, d’une richesse de timbre exceptionnelle, a su parcourir toute la gamme des émotions du rôle. Dans le premier acte, sa Violetta était une courtisane étincelante, à la virtuosité éblouissante : les vocalises du « Sempre libera » jaillissaient avec une légèreté et une précision diaboliques, soutenues par un aigu qui semblait défier l’imposant mur antique pour se perdre dans la nuit étoilée. Mais derrière cette pétulance apparente, on percevait déjà, dans l’inflexion d’une phrase ou le voile d’un regard, la fragilité de la femme consumée par la maladie. Le deuxième acte a révélé toute la profondeur dramatique de son interprétation. Le duo avec Germont fut un moment de théâtre total, où sa voix, tout en retenue et en pudeur, laissa percer une douleur immense. Le « Dite alla giovine » fut un cri du cœur d’une vérité bouleversante, chaque note portée par une respiration qui semblait suspendre le temps. Sa Violetta n’était pas une victime résignée, mais une femme qui choisit son sacrifice par amour, et Claudia Pavone a su rendre ce choix déchirant avec une noblesse confondante. Mais c’est au troisième acte, bien sûr, qu’elle a atteint des sommets de tragédie. Allongée sur trois chaises mises côte à côte, épuisée, elle a chanté le « Addio del passato » avec une simplicité désarmante et une intensité rare. Plus de fioritures, plus de brillance : juste une voix éteinte, vibrante de larmes retenues, qui semblait se briser sur chaque syllabe, faisant de Claudia Pavone non seulement une superbe chanteuse, mais également une grande tragédienne !

Si Claudia Pavone fut le cœur de la soirée, Ludovic Tézier en fut le roc. Le baryton français, véritable monstre sacré du répertoire verdien, nous a offert une leçon de chant magistrale. Son Giorgio Germont était tout en autorité et en noblesse, mais jamais figé dans la simple figure du père moralisateur. Dès son entrée au deuxième acte, par la seule puissance de son timbre sombre et velouté, il a imposé une présence magnétique. Son « Pura siccome un angelo » fut un modèle de legato et de ligne de chant, où la voix, ample et généreuse, embrassait l’immensité du théâtre antique sans jamais forcer, avec une noblesse d’intention qui forçait l’admiration. Mais c’est dans le « Di Provenza il mar, il suol » qu’il a véritablement ému : ce chant de nostalgie et de patrie, si souvent réduit à une simple belle mélodie, est devenu entre ses mains un cri de détresse paternelle d’une humanité bouleversante. La manière dont il a nuancé le dernier vers, passant d’un éclat vibrant à un pianissimo déchirant, restera comme l’un des moments de grâce de cette soirée. Tézier est, et restera sans doute longtemps, le roi incontesté des barytons verdiens de notre temps, et Orange a pu le vérifier une fois de plus.

Mais il serait injuste de ne pas saluer le courage et le professionnalisme de Julien Behr. Arrivé en catastrophe le jour même pour remplacer Javier Camarena, il a sauvé la soirée avec un bel engagement. Son Alfredo était jeune, ardent, et sa voix, d’une belle clarté, a su restituer avec sincérité la passion et la jalousie du personnage. Il faut cependant être honnête : face à la démesure vocale de ses deux prestigieux partenaires et à l’immensité du lieu, la nature plus légère de son instrument l’a parfois placé en retrait. Son « De’ miei bollenti spiriti » manquaient un peu de la chair et du volume nécessaires pour véritablement embraser les gradins de pierre. Mais son duo du deuxième acte avec Pavone, où il incarnait un jeune homme blessé et furieux, fut d’une justesse dramatique remarquable. Son « O mio rimorso ! » manqua peut-être d’éclat dans l’aigu, mais il eut le mérite de l’assumer avec une honnêteté artistique qui force le respect. On ne peut que lui être reconnaissant d’avoir, par son abnégation, permis à la représentation d’avoir lieu.

Autour de ce trio, toute la distribution (entièrement française) a contribué à la réussite de cette soirée mémorable, chacun apportant sa pierre à l’édifice verdien, à commencer par la Flora Bervoix de la fabuleuse mezzo corse Éléonore Pancrazi. En amie dévouée et maîtresse de maison pétillante, elle a apporté une présence scénique joyeuse et une voix chaleureuse. Son jeu, particulièrement dans les scènes de fête du deuxième acte, a offert un contraste bienvenu avec la gravité du drame central, et son timbre riche a parfaitement coloré l’ensemble. En Annina, la mezzo nîmoise Valentine Lemercier a touché par la sincérité de son jeu. Sa voix, claire et précise, a su faire passer toute la dévotion et l’inquiétude du personnage pour sa maîtresse. La manière dont elle annonçait, au troisième acte, l’arrivée d’Alfredo avec une douceur presque tremblante, était d’une infinie délicatesse. En Gastone, Christophe Berry a incarné avec une désinvolture charmante le rôle du vicomte mondain. Sa présence dans les scènes d’ensemble était toujours juste, et il a su donner à son personnage ce vernis d’élégance superficielle qui fait si bien ressortir, par contraste, la sincérité du drame. Le Baron Douphol de Matthieu Lécroart était un rival distant et hautain à souhait, avec la voix sombre et autoritaire. Dans le rôle du Marquis d’Obigny, le jeune baryton-basse Yoann Dubruque a offert une prestation solide et distinguée, avec un timbre grave et posé qui convenait parfaitement au personnage. Arrivé lui aussi dans l’urgence pour remplacer Nicolas Cavallier, la basse britannico-française Thomas Dear a fait preuve d’un professionnalisme remarquable. Sa voix de basse, grave et posée, a donné au médecin une autorité bienveillante. Enfin, Vincenzo Di Nocera – en serviteur de Violetta – a incarné son rôle avec une discrétion et une efficacité parfaites, avec une voix claire, et en apportant une touche de quotidienneté touchante dans les derniers moments de vie de l’héroïne.

 

 

Au-delà des solistes, il faut saluer la prestation monumentale du Chœur de l’Opéra national de Lyon, dont la cohésion et la puissance ont littéralement fait vibrer les pierres antiques. Leurs interventions, des chœurs festifs du premier acte aux ensembles plus dramatiques du deuxième, étaient d’une précision et d’une homogénéité rares, portées par une énergie communicative qui a électrisé le public. Enfin, un immense bravo à l’Orchestre Philharmonique de Marseille, dirigé avec une autorité et une sensibilité rares par le maestro italien Paolo Arrivabeni. Sa connaissance intime du répertoire verdien (mais aussi de la phalange phocéenne qu’il dirige chaque saison depuis de longues années !….), a permis une lecture d’une fluidité et d’une transparence admirables. L’orchestre a su se faire tour à tour complice des élans passionnés de Violetta, grondant dans les moments de drame, et d’une douceur infinie dans les pages les plus intimes. La direction d’Arrivabeni, toujours au service du chant, a magnifié chaque phrase, chaque silence, chaque respiration des chanteurs.

À l’issue de la soirée, le spectacle fut salué par une ovation debout dans la douceur de la nuit orangeoise – et fut bien la preuve que, malgré tous les obstacles, les vents contraires, les défections en cascade, et les aléas de la vie… l’art peut toujours triompher !…

 

 

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CRITIQUE, festival. CHOREGIES D’ORANGE, Théâtre Antique, le 4 juillet 2026. VERDI : La Traviata. C. Pavone, J. Behr, L. Tézier… Vanessa d’Ayral de Sévignac (mise en espace), Paolo Arrivabeni (direction musicale). Crédit photographique (c) Philippe Gromelle

 

 

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CRITIQUE, opéra. MADRID, Teatro Real, les 1er et 2 juillet 2026. P. Beczala / C. Albelo, M. Rebeka / S. Hernandez, A. Rucinski / J.J. Rodriguez… Francisco Negrin / Nicola Luisotti

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Pour clore sa saison 2025-2026, le Teatro Real de Madrid a choisi l’un des titres les plus emblématiques du répertoire lyrique : Il Trovatore de Giuseppe Verdi qui, aux côtés de Rigoletto et de La Traviata, forme la célèbre « trilogie populaire », composée par le maître italien au sommet de sa maturité artistique. Le livret, commencé par Salvatore Cammarano puis achevé, après la mort de celui-ci, par le jeune Leone Emanuele Bardare, est tiré de la célèbre tragédie éponyme d’Antonio García Gutiérrez. Il s’agit d’un drame romantique situé au Moyen-Âge dont le protagoniste rompt avec l’archétype du héros classique, guidé par le sens du devoir et de la responsabilité, pour incarner pleinement la figure du héros romantique, voué à un destin aussi cruel qu’inéluctable.

 

Pour cette nouvelle série de représentations, le Teatro Real n’a pas lésiné sur les moyens, réunissant quatre distributions de haut vol composées de quelques-uns des plus grands chanteurs de la scène lyrique actuelle. Dans les deux premières distributions, l’engagement du ténor polonais Piotr Beczała s’imposa comme l’un des plus judicieux choix de distribution. Il remporta un éclatant succès personnel dans le rôle du rebelle Manrico, auquel il prêta une incarnation vocalement irréprochable et d’un engagement de tous les instants. Difficile de demeurer insensible devant une telle démonstration de moyens : une voix de ténor lirico-spinto au souffle héroïque et à l’ardeur juvénile, une projection exemplaire, des aigus puissants et parfaitement assurés, sans oublier un phrasé d’une souveraine élégance. Dans « Di quella pira », il électrisa littéralement la salle, suscitant une ovation telle qu’une partie du public réclama un bis qui, fort heureusement pour la continuité dramatique de l’ouvrage, ne fut pas accordé. Le ténor espagnol Celso Albelo lui succéda avec un Manrico digne des plus grands éloges, faisant naturellement ressortir la veine la plus lyrique du personnage. Son « Ah! sì, ben mio » fut un véritable modèle de virtuosité, prélude à une « Di quella pira » lancée avec des aigus éclatants, sûrs et d’une déconcertante aisance, qui acheva de conquérir le public. L’un des sommets de son interprétation fut toutefois atteint dans la scène finale, où il sut insuffler à son chant une émotion d’une rare intensité.

En comte de Luna, rival de Manrico aussi bien sur le champ de bataille que dans son amour pour Leonora, le baryton polonais Artur Ruciński livra une prestation de tout premier ordre, rendant pleinement justice à l’un des plus beaux rôles que Verdi ait écrits pour la tessiture de baryton. Son chant, d’une irréprochable facture, séduisit par la beauté d’un timbre parfaitement homogène, la noblesse du phrasé et une expressivité constamment mise au service de la vérité psychologique du personnage. Dans la seconde distribution, le baryton espagnol Juan Jesús Rodríguez, l’une des grandes figures du chant lyrique espagnol et une référence incontestée dans le répertoire verdien actuel, signa l’une des prestations les plus marquantes de la soirée. Son comte de Luna, d’un tempérament fougueux et d’une autorité scénique peu commune, s’imposa avec une force irrésistible. Doté d’un instrument ample et robuste, servi par un noble timbre sombre, il domina son rôle avec une souveraine assurance et un style exemplaire.

Pour ce qui est des voix féminines, la soprano lettone Marina Rebeka laissa, à l’instar de plusieurs de ses partenaires, entrevoir la solide formation belcantiste qui a marqué les débuts de sa carrière. Son magnifique instrument, d’une grande luminosité, qui s’est étoffé au fil des années sans rien perdre de sa beauté de timbre, aborda avec une remarquable aisance la redoutable écriture de Leonora. La qualité du legato, la virtuosité des vocalises et une émission constamment homogène et naturelle comptaient parmi les principaux atouts de son interprétation. À cela s’ajoutaient une ligne de chant d’une rare élégance, enrichie de superbes filati et de longues tenues d’une maîtrise exemplaire. Ses plus beaux moments se situèrent dans la première partie de l’ouvrage, notamment dans son air d’entrée, « Tacea la notte placida », où, au-delà des qualités déjà évoquées, elle fit preuve d’une technique souveraine et d’une palette de nuances particulièrement raffinée mesure que le drame gagnait en intensité et que le personnage exigeait un engagement plus affirmé sur le plan dramatique, son interprétation se fit plus mesurée et plus contrôlée, sans toutefois atteindre toute la force dramatique que réclame le rôle. Sa compatriote espagnole Saioa Hernández, dont la voix de soprano dramatique, généreuse par le volume, riche en harmoniques et dotée d’un timbre éclatant, pouvait paraître, de prime abord, moins adaptée aux exigences belcantistes de Leonora, signa pourtant une magnifique prestation. Forte d’une technique solidement assise, elle sut mettre son imposant instrument au service de l’écriture verdienne, franchissant avec une remarquable aisance les redoutables coloratures du premier acte et offrant un chant constamment maîtrisé, nourri de finesse et de sensibilité. Dans « D’amor sull’ali rosee », le bouleversant « Miserere » ainsi que la cabalette « Tu vedrai che amore in terra », elle parvint à concilier avec un remarquable équilibre intensité dramatique et sécurité vocale.

 

 

Les deux Azucena, incarnées par la mezzo-soprano ouzbèke Ksenia Dudnikova et la Géorgienne Anita Rachvelishvili, laissèrent toutes deux une excellente impression. La première fit entendre une belle voix, homogène, compacte et d’une projection généreuse. En revanche, sur le plan dramatique, l’interprète ne parvint pas toujours à restituer toute la complexité psychologique du personnage. Une fréquentation plus régulière du rôle devrait lui permettre d’en affiner la caractérisation et d’en enrichir les nuances. Les moyens vocaux, eux, sont indéniables. Plus aguerrie dans le rôle, Anita Rachvelishvili campa une Azucena volcanique, portée par une vocalité impressionnante et une présence scénique souveraine. Sa voix, ample, dotée d’un registre central d’une remarquable puissance et conduite avec une intelligence constante, offrit quelques-uns des moments les plus marquants de la soirée, notamment dans « Condotta ell’era in ceppi… », où elle déploya des graves d’une profondeur vertigineuse, ainsi que dans un « Rallenta, o barbari » d’une véhémence presque démesurée. Dans le rôle de Ferrando, capitaine au service du comte de Luna, la basse polonaise Krzysztof Bączyk imposa une présence d’une grande solidité grâce à une voix sombre, chaleureuse et parfaitement timbrée. Son incarnation se révéla tout aussi convaincante sur le plan dramatique. Les sopranos espagnoles Rocío Faus et Mar Morán furent irréprochables dans leurs brèves interventions en Inès, la fidèle confidente de Leonora. Quant aux rôles secondaires de Ruiz et du Messager, ils furent efficacement défendus par les ténors Fabián Lara et Moisés Marín.

Comme à son habitude, le Chœur du Teatro Real se montra irréprochable, confirmant une nouvelle fois l’excellent niveau atteint sous la direction de José Luis Basso. À la tête de l’Orchestre du Teatro Real, le chef italien Nicola Luisotti, véritable spécialiste de Verdi, dirigea avec une énergie communicative et inépuisable une lecture d’un souffle dramatique constant, d’un authentique style verdien et d’une concertation exemplaire.

Créée au Teatro Real en 2019, la mise en scène de Francisco Negrín, sans séduire particulièrement par son esthétique, avait néanmoins le mérite de rester fidèle au livret tout en apportant une véritable cohérence dramatique à l’un des ouvrages les plus délicats à porter à la scène, dans la mesure où les principaux événements de l’intrigue ne sont jamais représentés, mais seulement rapportés par les personnages. Conscient de cette difficulté, Negrín fonde toute sa lecture sur la mémoire et l’obsession du passé. La véritable action dramatique réside ici dans le souvenir : tous les personnages vivent sous l’emprise d’événements anciens qui détermineront inexorablement leur destin. Azucena demeure hantée par le supplice de sa mère, brûlée vive sur le bûcher, mais aussi par l’erreur tragique qui l’a conduite à jeter son propre enfant dans les flammes. Ces deux traumatismes nourrissent son désir de vengeance et font du feu le symbole omniprésent de sa souffrance. Manrico ne parvient pas davantage à se libérer de son passé : il a jadis épargné le comte de Luna lorsqu’il aurait pu le tuer, et cette faute, conjuguée aux circonstances qui les entourent, condamne irrémédiablement son amour pour Leonora. Quant au Comte, il demeure prisonnier d’une passion sans retour. Aucun des protagonistes ne parvient véritablement à vivre le présent, tous restant captifs de leurs souvenirs.

Pour donner corps à cette dimension psychologique, Negrín recourt à une esthétique résolument symbolique où le feu et les fantômes du passé occupent une place centrale. Apparaissent ainsi sur scène la mère d’Azucena et l’enfant qu’elle sacrifia par erreur, devenus les incarnations des remords et des obsessions qui hantent la gitane. Le souvenir cesse dès lors d’être un simple récit pour devenir le véritable moteur de l’action scénique, éclairant une intrigue réputée complexe tout en renforçant l’implication émotionnelle du spectateur. La direction d’acteurs, en revanche, tant pour les solistes que pour les masses chorales, ne paraît pas suffisamment aboutie, donnant souvent le sentiment de relever davantage de l’initiative des interprètes que d’une véritable pensée théâtrale. La scénographie de Louis Désiré, à la fois symbolique, minimaliste et intemporelle, en parfaite adéquation avec la vision de Francisco Negrín, place la psychologie des personnages au cœur du dispositif en les enfermant dans un vaste cube vide dont ils semblent incapables de s’échapper. Dans cet espace clos, le feu ramène sans cesse le passé au présent. Divers éléments scéniques évoquent également l’écoulement inexorable du temps et le désir des protagonistes de remonter le cours des événements afin d’en modifier l’issue. Dans le même esprit, les costumes, également signés Louis Désiré et dominés par une palette de tons sombres, ainsi que les lumières de Bruno Poet, fondées sur des éclairages froids et une atmosphère spectrale, contribuent à renforcer l’idée de personnages prisonniers d’un passé dont ils ne parviennent pas à s’affranchir.

 

 

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CRITIQUE, opéra. MADRID, Teatro Real, les 1er et 2 juillet 2026. Francisco Negrin / Nicola Luisotti. Crédit photographique (c) Javier del Real

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Cathédrale Notre-Damede Paris, les 30 juin 2026. HAYDN : La Création. Maîtrise Notre-Dame de Paris, Orchestre de chambre de Paris, Thomas HENGELBROCK (direction)

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Il y a des œuvres que le temps transforme sans en modifier une seule note. Lorsque l’Orchestre de chambre de Paris et la Maîtrise Notre-Dame donnaient déjà La Création de Josef Haydn sous les voûtes de la Cathédrale de Notre Dame de Paris, en 2013, le chaos qui ouvrait l’oratorio appartenait encore entièrement à la musique. Treize ans plus tard, après l’incendie de 2019 et la reconstruction du monument, ce chaos appartient désormais aussi à la mémoire du lieu.

 

Entendre aujourd’hui la lumière jaillir au cœur de Notre-Dame n’a donc rien d’anodin. Thomas Hengelbrock l’a parfaitement compris. Plutôt que d’alourdir l’œuvre sous le poids du symbole, le chef allemand – placé à la tête de l’Orchestre de Chambre de Paris dont il est le directeur musical – en exalte le mouvement, la théâtralité et la prodigieuse vitalité. La Création, monument sacré de l’histoire de la musique, est aussi une partition peuplée d’oiseaux, de fauves, de tempêtes et de paysages, où l’orchestre devient force cosmique autant que protagoniste dramatique. Dans la célèbre représentation du Chaos qui ouvre l’œuvre, les harmonies avancent comme à tâtons, suspendues entre l’ombre et la forme. Hengelbrock en organise les tensions avec précision, sans emphase excessive.

Puis vient la lumière. Le surgissement du chœur sur « Und es ward Licht » constitue naturellement l’un des grands moments de la soirée. À Notre-Dame, cette explosion sonore prend une dimension presque physique… la musique ne décrit plus seulement la lumière, elle semble éclairer l’espace. L’Orchestre de chambre de Paris se montre particulièrement dynamique à l’occasion. Les cordes donnent à l’ensemble son élan et sa netteté, tandis que les vents caractérisent avec finesse les nombreux épisodes descriptifs. Malgré une acoustique susceptible de diluer les contours, Hengelbrock obtient des attaques franches, une pulsation constamment habitée et une belle transparence, du début à la fin.

Chez Haydn, la nature ne constitue jamais un simple décor. Elle chante, gronde, bondit ou s’élève. Le compositeur la rend perceptible par un figuralisme d’une imagination inépuisable : une ligne mélodique suggère une ascension, une vocalise devient battement d’ailes, un mouvement orchestral dessine une vague ou le surgissement d’un animal.

Les solistes font scintiller l’auditoire avec leurs performances remarquables. La partie de Raphaël, confiée à Kevin Arboleda-Oquendo, trouve un beau relief dans l’air n°7. La ligne vocale est conduite avec assurance et laisse pleinement apparaître l’écriture évocatrice de Haydn, où voix et orchestre semblent matérialiser les phénomènes décrits. Gabriel, interprété par la mezzo Marie-Cécile Hébert et la soprano Rebecca Moeller, offre certains des exemples les plus éclatants de ce procédé. L’air °9 séduit par sa grâce et la fraîcheur de ses couleurs. Dans l’air n°16, la performance devient plus impressionnante encore : les vocalises, d’une virtuosité presque pyrotechnique, traduisent les cris et les mouvements du monde ailé. La voix ne décrit plus les oiseaux, elle semble s’en inspirer pour prendre son envol.

Le véritable cœur collectif de la soirée reste cependant la Maîtrise Notre-Dame de Paris, préparée par Henri Chalet et Émilie Fleury. La Maîtrise et les forces chorales sont remarquables par leur homogénéité, leur puissance et leur capacité à passer de la retenue à l’exaltation selon les besoins musicaux et narratifs. Le chœur intervient comme une communauté qui observe et célèbre l’apparition progressive du monde. Il apporte à l’œuvre cette jubilation très particulière qui distingue Haydn de tant d’autres compositeurs de musique religieuse.

Ici, la foi n’est pas austère. Elle est profonde et s’émerveille. Les voix conservent fraîcheur, souplesse et lumière jusque dans les ensembles les plus généreux. L’écriture contrapuntique demeure intelligible et, à chaque nouvelle étape de la Création, le chœur semble agrandir l’espace sonore de la cathédrale. Le choix de confier quelques-unes des parties solistes à de jeunes chanteurs issus de la Maîtrise renforce la cohérence du projet. Les voix individuelles émergent du collectif comme les archanges, puis les premiers êtres humains, naissent progressivement du monde nouvellement créé.

L’alternance dans le rôle d’Uriel permet d’entendre deux ténors aussi solides que complémentaires (Meja Rakotonirina et Antonin Rondepierre). Les récitatifs consacrés au quatrième jour sont interprétés de manière sublime : la diction, la noblesse de la ligne et le sens du récit donnent à l’apparition des astres une véritable ampleur poétique. Le second titulaire se montre tout aussi convaincant dans le trio et chœur qui clôt le cinquième jour. Sa voix s’intègre naturellement à l’ensemble sans perdre sa présence au milieu de l’exubérance chorale et orchestrale. L’air n°24, au sixième jour, constitue un autre moment particulièrement beau. Uriel célèbre l’apparition de l’être humain dans un chant lumineux, sensible et admirablement tenu. Après l’abondance descriptive du monde animal, Haydn contemple une créature désormais consciente d’elle-même, et le ténor traduit cette élévation avec beaucoup de justesse.

L’arrivée d’Adam et Ève modifie profondément le climat de l’oratorio. Le monde est achevé, mais il lui reste à découvrir l’amour et la tendresse. Lucile Bourgeat et Josua Bernbeck forment un couple particulièrement attachant. Dans le duo et chœur n°28, leurs voix se rejoignent avec naturel, portées par une écriture chorale qui élargit leur bonheur individuel aux dimensions de l’univers. Adam séduit immédiatement par un timbre ravissant et chaleureux. Leur complicité s’épanouit pleinement dans le duo n°30, l’un des passages les plus ouvertement romantiques de l’œuvre. Les voix s’entrelacent et se poursuivent avec une grande virtuosité. Grâce à l’engagement des deux solistes, ce moment tendre devient également exalté, sans jamais céder à la mièvrerie.

Le livret, inspiré de la Genèse, des Psaumes et du Paradis perdu de Milton, porte naturellement les marques de son époque. Mais l’optimisme profond de l’œuvre demeure irrésistible. La Création célèbre un monde rendu intelligible, une humanité capable de contemplation et une raison qui ne s’oppose pas au sacré, mais lui donne une forme. Ce message résonne aujourd’hui avec une puissance nouvelle dans Notre-Dame restaurée.

En 2013, la lumière chantée par Haydn relevait encore de la philosophie et de la foi. En 2026, elle porte aussi la mémoire d’un monument passé par le feu, le silence et la reconstruction. Thomas Hengelbrock, l’Orchestre de chambre de Paris et la Maîtrise Notre-Dame choisissent pourtant de ne pas regarder vers les ruines, mais vers la vie, l’énergie et la jubilation. Lorsque les dernières louanges s’élèvent sous les voûtes retrouvées, La Création ne paraît plus seulement raconter la naissance du monde, mais rappelle que, créer, c’est aussi reconstruire après le chaos et faire à nouveau surgir la lumière là où l’obscurité semblait avoir gagné. Haydn pouvait difficilement trouver un écrin plus juste…

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Cathédrale Notre-Dame de Paris, les 30 juin 2026. HAYDN : La Création. Maîtrise Notre-Dame de Paris, Orchestre de chambre de Paris, Thomas HENGELBROCK (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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STREAMING opéra. VERDI : Falstaff [Gran Teatro del Liceu, Barcelone 2026], ven 24 juillet 2026 [Laurent Pelly / Josep Pons]

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Âgé et miséreux, le tristement fameux chevalier Falstaff compte se refaire en séduisant deux femmes riches mais déjà mariées. Avisées, astucieuses, les Joyeuses Commères de Windsor ne tardent pas à le percer à jour ; dans un jeu de dupes bien troussé où c’est tout le village qui conspire contre le vaniteux magnifique, elles lui donnent une leçon mémorable qui le remet à sa juste place… La féerie nocturne tourne à la farce générale.

 

 

Octogénaire, Giuseppe Verdi génie vivant de l’opéra, compose avec son complice Arrigo Boito, son 26ème et dernier ouvrage inspiré de Shakespeare : Falstaff. On retrouve sur OperaVision après La fiancée vendue de Smetana, le metteur en scène Laurent Pelly qui transpose l’œuvre avec humour et efficacité, au 20ème siècle.

 

 

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À VOIR vendredi 24 juillet 2026 à 19h CETEN REPLAY disponible jusqu’au 24 janvier 2027 à 12h CET
Enregistré le 18 juillet 2026
Chanté en italien,
Sous-titres en
italien, espagnol, anglais

 

Photo © Clärchen Baus

 

 

Sur la scène catalane, le baryton Luca Salsi incarne Falstaff, aux côtés des deux commères : Roberta Mantega (Alice), Daniela Barcellona (Mme Quickly), avec Serena Sáenz (Nannetta), Santiago Ballerini (Fenton) et Lucas Meachem (Ford).

Le chef Josep Pons fait ainsi ses adieux au public du Gran Teatre del Liceu en tant que chef d’orchestre principal après douze ans à ce poste.

 

 

Distribution
Sir John Fastaff : Luca Salsi
Ford : Igor Golovatenko
Fenton : Santiago Ballerini
Doctor Cajus : Josep Fadó
Bardolfo : Pablo García-López
Pistola : Alessio Cacciamani
Mme Alice Ford : Roberta Mantegna
Nannetta : Serena Sáenz
Mme Quickly : Daniela Bercellona
Mme Meg Page : Gemma Coma-Alabert
Chorus of the Gran Teatre del Liceu
Symphonic Orchestra of the Gran Teatre del Liceu
…
Musique : Giuseppe Verdi
Texte / livret : Arrigo Boito
Direction musicale : Josep Pons
Mise en scène : Laurent Pelly

 

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CRITIQUE, festival. 46ème festival « Montpellier Danse ». MONTPELLIER, Cour Montanari, le 3 juillet 2026. « How Romantic » par Katerina Andreou et la Compagnie Nationale de Danse de Norvège

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Il est des spectacles dont on sort lessivé, lessivé pour les interprètes, lessivé pour soi-même, comme si l’on avait traversé avec eux l’épreuve. « How Romantic », la nouvelle pièce de Katerina Andreou pour la Compagnie Nationale de Danse de Norvège est de ceux-là. Présentée les 2 et 3 juillet dans la Cour Montanari (anciennement Théâtre de l’Agora) pendant 46ème édition du festival « Montpellier Danse », cette troisième « pièce de groupe » par la chorégraphe grecque – après « BLESS THIS MESS » (que nous avions vue au Théâtre Garonne de Toulouse en 2024) et « WE NEED SILENCE » (à laquelle nous avions assistée à la Biennale de Danse de Lyon en 2025) – a littéralement électrisé le public montpelliérain, qui a réservé aux quatorze interprètes une standing ovation … amplement méritée !

 

L’esthétique de Katerina Andreou est reconnaissable d’emblée : le plateau, nu, est réduit à une fine bande centrale, presque trop étroite pour les quatorze danseurs et danseuses de la compagnie norvégienne. Les costumes d’Indrani Balgobin, toiles de jeans déchirées et rapiécées, plantent un décor à l’accent américain. L’ambiance de coulisses, presque silencieuse, où les interprètes s’assoient et discutent comme avant un combat, rappelle les marathons de danse de la Grande Dépression, dont la pièce s’inspire, en écho au film On achève bien les chevaux de Sidney Pollack. Cette référence n’est pas un thème, elle est un moteur : un coup de sifflet retentit, et la course d’endurance commence, sans ligne d’arrivée.

La singularité d’Andreou s’impose alors avec force, dans la composition sonore qu’elle cosigne avec Cristián Sotomayor. Un motif de percussions, répété en boucle, inlassablement, dicte sa loi. La redondance musicale, qui pourrait être un piège, devient au contraire le carburant d’une transe collective. Les gestes s’animent, d’abord isolés, puis s’assemblent, se répondent, s’opposent, se superposent dans une écriture chorégraphique d’une complexité fascinante. On suit la partition de quatorze individualités qui s’épuisent, oscillant entre discipline et abandon, ordre et chaos, dans un crescendo qui semble ne jamais atteindre son paroxysme.

Mais l’intelligence de « How Romantic » est de proposer une approche multiple de l’endurance. À la force, qui s’impose par vagues successives, succède un temps suspendu, un ralenti où la performance se fait lutte contre l’arrêt total, dans le souffle et le presque silence. Un corps remue, respire à la marge, comme pour retrouver l’énergie d’un dernier acte. Et quel dernier acte ! Dans un saisissement immédiat, la techno aux beats profonds déferle, les corps se redressent, les muscles se tendent. L’estrade devient un obstacle à franchir en mimant des chevaux, un clin d’œil dérisoire qui ouvre sur un tableau d’une animalité pure, une transe où la musique semble vibrer sous la peau, à l’infini.

Le triomphe offert par le public de Montpellier Danse à Andreou et la Compagnie de Danse Nationale de Norvège est véritablement vécu comme l’aboutissement d’une expérience cathartique partagée. Katerina Andreou, avec sa signature chorégraphique faite de ruptures et de rencontres, d’énergie syncopée et de chaos organisé, a réussi là où elle excelle : transformer l’épreuve de l’épuisement en une célébration organique de l’instant. Dans une ultime respiration, un dernier coup de sifflet, l’extinction des projecteurs, et le souffle du soulagement commun. Le spectacle ne se termine pas, il s’achève, laissant le public avec cette question lancinante : « Combien de temps encore ?« , comme les interprètes qui reprennent leur souffle à la fin d’une course dont on sent qu’elle pourrait recommencer à tout moment. How Romantic est une performance jubilatoire, une ode à la résistance et à la beauté fragile d’un corps qui, même à bout de forces, continue à chercher sa place parmi les autres. Un moment de grâce pure !

 

 

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CRITIQUE, festival. 46ème festival « Montpellier Danse », Cour Montanari, le 3 juillet 2026. « How Romantic » par Katerina Andreou et la Compagnie nationale de Danse de Norvège. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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SUISSE. 5ème VILLARS MUSIC ACADEMY [5-12 juillet 2026] : l’école de l’excellence. Concerts exceptionnels les 10 et 11 juillet 2026

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Fondée par la violoniste Aline Champion, la Villars Music Academy / l’Académie de Musique de Villars devient l’école de l’excellence où les jeunes instrumentistes les plus doués suivent une formation musicale avec les plus grands musiciens internationaux, en particulier les membres du prestigieux Berliner Philharmoniker. Violonistes, altistes, violoncellistes perfectionnent leur technique, approfondissent la connaissance des partitions, surtout découvrent et partagent des valeurs exemplaires qui selon le vœu de la fondatrice Aline Champion, place l’humain au cœur du jeu collectif : fondé sur la transmission et les relations intergénérationnelles, le cheminement pédagogique favorise le travail et le partage entre instrumentistes chevronnés et jeunes musiciens ; les concerts de fin d’académie, sont particulièrement attendus ; ils permettent aux spectateurs d’écouter tous les musiciens au travail, les élèves jouant avec les professeurs.

 

 

La prochaine Académie se déroule du 5 au 12 juillet au Palais historique de Villars à Villars-sur-Ollon. Au programme : masterclasses, musique de chambre, coaching mental, coaching physique, développement de carrière, conférences et séminaires, concours, concerts. Les concerts publics qui mettent en vedette professeurs et lauréats 2026 auront lieu respectivement les 10 et 11 juillet 2026 au Théâtre du Villars Palace.

 

Vendredi 10 juillet 2026, 20h

Villars Music Academy
Grands Solistes & Jeunes Artistes
Théâtre du Villars Palace

Rencontre entre la nouvelle génération d’artistes et de grands solistes internationaux. Lors de ce premier concert publique, élèves et professeurs jouent ensemble, bel exemple de parité et de transmission.

 

Programme

Mendelssohn : Quatuor op.80
Allegro vivace assai
Violon1 : Leyang Tang,
Violon2 : Pr. Vineta Sareika,
Alto : Ingrid Odé,
Violoncelle : Eva Arderius.

SCHUBERT
Quintette D956 [Adagio]
Violon1 : Emiri Kakiuchi,
Violon2 : Juliette Nougein,
Alto : Justin Julian,
Violoncelle : Pr. Jens Peter Mainz, Violoncelle : Guillem Gracia

 

MENDELSSOHN
Octuor op.20
Allegro moderato ma con fuoco

Violon1 : Nicholas Hammel,
Violon2 : Salvatore Di Lorenzo, Violon3 : Michal Skibinski,
Violon4 : Pr. Simone Bernardini,
Alto1 : Sehun Ahn,
Alto2 : Yeonseo Jo,
Violoncelle1 : Canon Shibata, Violoncelle2 : Pietro Silvestri.

MENDELSSOHN
Octuor op.20 [Andante]
Violon1 : Constant Clermont,
Violon2 : Gianni Wiede,
Violon : Kyota Kakiuchi,
Violon4 : Iryna Borysova,
Alto1 : Hsien Wen Lien,
Alto2 : Samuel Voiler,
Violoncelle : Marei Schibilski, Violoncelle2 : Jan Nedvetsky.

MOZART : Quintette K515 [Allegro] Violon1 : Isabelle Kruithof,
Violon2 : Hee Jin Park,
Alto1 : Vincenzo Calgagno,
Alto2 : Pr. Walter Küssner,
Violoncelle : Friederike Herold.

BRAHMS : Quintette op.111
Allegro non troppo ma con brio Violon1 : I‑Hao Cheng,
Violon2 : Zoriana Myliavska,
Alto1: Pr. Walter Küssner,
Alto2 : ShuHan Xu,
Violoncelle : Alvaro Cames.

MENDELSSOHN
Octuor op.20
Scherzo, Allegro leggierissimo – Presto
Orchestre de chambre de la Villars Music Academy
Pr. Simone Bernardini, direction

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Samedi 11 juillet 2026, 20h

Villars Music Academy
Concert de Gala
Grands Solistes Internationaux
&
Finalistes du Prix Robert Dunand
Théâtre du Villars Palace

 

Programme

FINALE DU PRIX ROBERT DUNAND 2026

Fritz Kreisler (1875–1962)
Viennese Rhapsodic Fantasietta
Leyang Tang, violon
Noriko Sugimaya, piano

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840–1893)
Pezzo capriccioso en si mineur, op. 62
Eva Arderius, violoncelle
Noriko Sugimaya, piano

Entracte et délibération du Jury

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GRAND SOLISTES INTERNATIONAUX

Zoltán Kodály (1882–1967)
Duo pour violon et violoncelle, Op. 7
I. Allegro serioso, non troppo
II. Adagio – Andante
III. Maestoso e largamente, ma non troppo lento – Presto

Prof. Vineta Sareika, violon
Prof. Jens Peter Mainz, violoncelle

 

Johannes Brahms (1833–1897)
Quatuor avec piano n° 1 en sol mineur, op. 25
I. Allegro
II. Intermezzo. Allegro ma non troppo – Trio. Animato
III. Andante con moto
IV. Rondo alla Zingarese. Presto

Prof. Vineta Sareika, violon
Prof. Walter Küssner, alto
Prof. Jens Peter Mainz, violoncelle
Noriko Sugimaya, piano

 

La Villars Music Academy 2026 s’achève par un concert exceptionnel qui réunit les jeunes finalistes du Prix Robert Dunand et plusieurs solistes internationaux [la plupart membres du collège des professeurs de la Villars Music Academy 2026] autour des grandes œuvres du répertoire de musique de chambre. Au programme, des pièces maîtresses de Kodaly, Brahms…
Le partage, la transmission, l’esprit d’une communauté cher à la fondatrice de Villars Music, Aline Champion, associent jeunes talents et artistes confirmés sur scène pour une soirée d’excellence, placée sous le signe du dialogue musical, de l’excellence et de la rencontre.
Prolongeant l’esprit Villars Music, le concert propose une soirée unique où interprètes et public partagent la passion de la musique

 

 

Plus d’infos sur le site de VILLARS MUSIC ACADEMY : https://villarsmusicacademy.org/

 

 

Collège des enseignants de la Villars Music Academy 2026 :
Rainer Honeck, violin / violon
Vineta Sareika, violin / violon
Nils Mönkemeyer, viola / alto
Jens Peter Maintz, cello / violon
Simone Bernardini, violin / violon
Walter Küssner, viola / alto

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Approfondir

LIRE aussi notre compte rendu reportage spécial de la VILLARS MUSIC ACADEMY 2025 : à l’école de l’excellence et du sens… :  https://www.classiquenews.com/reportage-special-villars-music-academy-2025-a-lecole-de-lexcellence-et-du-bien-etre-lenseignement-global-cree-par-aline-champion/

 

Depuis 4 ans,la genevoise Aline Champion, violon soliste du Berliner Philharmoniker, réalise son rêve : une école destinée aux jeunes musiciens qui propose une approche complète, globale, exemplaire, et très exigeante : technicité, concentration, bien-être, épanouissement. Et davantage encore, portée par des valeurs essentielles : humilité, empathie, philosophie. Qu’est ce qu’un super virtuose s’il ne comprend pas son corps, son psychisme ?

 

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CRITIQUE, festival. 78ème Festival d’Art lyrique d’AIX-EN-PROVENCE, Théâtre de l’Archevêché, le 2 juillet 2026. MOZART : La Flûte enchantée. M. Peter, Y. Fang, S. Devieilhe, S.M. Plum, B. Sherratt… Clément Cogitore / Leonardo Garcia Alarcon

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L’ouverture du Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence est un rendez-vous sacré. On y vient avec l’espérance de voir fleurir l’esprit des Lumières sous le ciel provençal, porté par la grâce mozartienne. Hélas, pour cette 78ème édition, le sortilège n’a pas opéré avec cette nouvelle production de La Flûte enchantée de W. A. Mozart, portée par le duo Clément Cogitore / Leonardo Garcia Alarcon. Et si la soirée ne sombre pas dans le fiasco total, elle laisse néanmoins un goût de poudre aux yeux, et d’une occasion manquée.

 

On savait Clément Cogitore capable de transfigurer un chef-d’œuvre – ses Indes galantes au Palais Garnier avaient électrisé l’Opéra de Paris par leur intelligence chorégraphique et leur audace colorée. On l’attendait donc avec curiosité sur ce terrain mozartien, espérant qu’il y déploierait la même verve. Hélas, son parti pris semble avoir été de compliquer l’évidence. Là où la Flûte appelle la clarté, il répond par l’enchevêtrement ; là où elle réclame le mouvement, il propose l’accumulation. Sa mise en scène, touffue, bavarde, souvent illisible, empile les idées sans les articuler. On cherche en vain un fil conducteur, une cohérence, un élan : à la place, un fatras d’effets qui se neutralisent, une esthétique fourre-tout qui finit par lasser plus qu’intriguer. On songe presque à un gâchis, tant l’écrin du Théâtre de l’Archevêché méritait mieux qu’une lecture aussi empesée et opaque.

Dans la fosse, l’attente était tout aussi grande. Leonardo Garcia Alarcon n’est pas un chef ordinaire, et nous avions salué avec l’éclat qu’elles méritaient les Vêpres de la Vierge de Monteverdi, données un mois plus tôt par le chef suisso-argentin en ouverture du Festival Monteverdi de Crémone, vécues par nous comme un orage sacré, tout en fougue et en contraste. A Aix ce soir, rien de tel. A la tête de sa Capella Mediteranea, sa direction musicale, trop lisse, trop policée, appesantit un peu plus un spectacle déjà plombé par la mise en scène. Les couleurs mozartiennes, si vibrantes de vie et de mort, d’ombre et de lumière, s’étalent sans relief, sans pic, sans ce feu intérieur qui fait pourtant le prix de cette partition. L’orchestre sonne juste, certes, mais sans grande âme, et l’ensemble manque cruellement de ce souffle dramatique qui transforme une belle exécution en révélation. Par bonheur, ce manque de souffle ne concerne pas le Chœur de Chambre de Namur, dont le chef est également le directeur. La formation belge déploie une homogénéité vocale et une cohésion rythmique dont on ne peut que saluer la qualité. Jusque dans les danses qu’il exécute – et qui, chose rare, ne sombrent pas dans l’approximation chorégraphique – le chœur conserve une rigueur et une énergie communicatives qui mettent en lumière le travail de fond, exigeant et minutieux, qui a été mené en coulisses. Ses interventions, qu’il s’agisse des chœurs d’initiés ou des moments plus festifs, apportent une densité sonore et dont l’orchestre, en comparaison, semble parfois bien pâle.

 

 

Côté plateau, la déception se nuance toutefois de quelques échappées belles, mais certains éléments de la distribution vocale peinent à convaincre. L’un des plus grands espoirs de la soirée reposait évidemment sur l’incarnation de la Reine de la Nuit par Sabine Devieilhe. Icône du répertoire baroque, on l’imaginait transpercer l’air chaud de la Provence de ses aigus stellaires. Hélas, si la prouesse vocale demeure techniquement intacte, l’interprétation peine à convaincre pleinement. Le fameux « Der Hölle Rache » est ici exécuté avec une précision d’orfèvre, mais l’on reste sur sa faim : la folie vengeresse du personnage semble contenue, comme prisonnière des artifices scéniques. Là où l’on attendait une reine incandescente, presque dangereuse, on perçoit davantage une exécutante zélée qu’une tragédienne habitée. Cette impression d’un rôle plaqué sur la partition est d’autant plus frustrante que l’on sait la soprano capable de bien plus de feu dans d’autres répertoires. Le charme opère ponctuellement, mais la magie noire, elle, reste aux abonnés absents, victime d’une direction d’acteurs qui semble avoir étouffé la dimension tellurique du personnage.

Le Tamino du ténor suisse Mauro Peter laisse également une impression plutôt tiède. Certes, il possède incontestablement une émission soignée, un legato élégant qui flatte l’oreille dans les passages plus méditatifs du rôle, notamment l’air « Dies Bildnis ist bezaubernd schön », où il déploie un chant d’une courtoisie presque aristocratique. Mais cette politesse vocale, justement, finit par desservir le personnage : là où l’on attend l’ardeur juvénile, l’élan chevaleresque, la métamorphose intérieure du prince en quête de vérité, on se heurte à une interprétation trop lisse, trop propre, qui manque singulièrement de panache et de densité dramatique. La mise en scène touffue de Clément Cogitore ne l’aide évidemment pas : le résultat est un Tamino en pilotage automatique, dont la voix, certes homogène, peine à s’imposer dans les moments de plus grande intensité, comme le duo final avec Pamina, où l’on attendait davantage de flamme partagée. Faute de caractère affirmé, son interprétation reste en surface : on admire la tenue, on salue la correction, mais on ne vibre guère.

Heureusement, quelques phares éclairent cette nuit tiède, à commencer par Sean Michael Plum, en Papageno lumineux et bondissant. Dès son entrée, l’oiseleur américain insuffle une énergie vitale qui contraste radicalement avec la pesanteur ambiante. Son chant, d’une rondeur et d’une projection naturelles, sert à merveille ce personnage truculent : chaque phrase est habitée, chaque geste est juste, chaque note respire la joie de vivre. Mais ce n’est pas qu’un bouffon de talent : Plum sait aussi faire passer l’humanité du personnage, sa naïveté touchante, sa peur panique devant les épreuves, son désir viscéral de trouver l’amour. Son duo avec Papagena, notamment, est un petit chef-d’œuvre de complicité et de légèreté.

Ying Fang, ensuite, en Pamina frémissante. Quelle révélation que cette jeune soprano chinoise ! Sa voix, d’une limpidité cristalline, possède un vibrato à peine esquissé qui la rend infiniment touchante. Don son dernier air, « Ach, ich fühl’s », elle captive le public par une intensité rare : chaque soupir, chaque silence, chaque inflexion traduit le désespoir et l’abandon de la jeune princesse avec une pudeur bouleversante. Son timbre, à la fois fragile et puissant, semble flotter au-dessus de l’orchestre comme une plainte venue d’ailleurs. Mais Ying Fang n’est pas qu’une voix : sa présence scénique, tout en retenue et en émotion contenue, fait de Pamina un personnage d’une vérité désarmante, dont le malheur et la résilience touchent au cœur. Elle est, sans conteste, la révélation vocale de cette production aux côtés de Sean Michael Plum, et l’on sort de la salle en se promettant de suivre de près son irrésistible ascension.

Brindley Sherrat, enfin, en Sarastro empreint de noblesse et d’autorité. Le baryton-basse britannique incarne le grand prêtre avec une solennité qui n’a rien d’empesé. Sa voix, d’une ampleur et d’une profondeur rares, descend dans les graves avec une aisance confondante, déployant un timbre chaleureux et paternel qui impose le respect sans jamais écraser. Ses airs, notamment « O Isis und Osiris », sont des moments de pure plénitude sonore : on est saisi par la majesté du chant, par cette autorité bienveillante qui semble émaner de chaque note. 

 

 

Les Comprimari offrent également quelques belles surprises. On retiendra notamment la Papagena d’Emma Fekete, dont le timbre frais et charmant répond avec une malice bienvenue aux facéties de son turbulent Papageno. Leur duo final, seul moment de véritable légèreté de toute la représentation, apporte une bouffée d’air réjouissante dans ce fatras scénique. Côté cortège des Trois Dames, la mayonnaise prend en demi-teinte. Si la jeune Alix Le Saux et Ashley Dixon déploient des moyens honorables, elles peinent à exister face à la présence vocale plus imposante d’Adriana Bignagni Lesca, dont le timbre capiteux et le métal généreux éclipsent quelque peu ses deux partenaires, et  l’équilibre de l’ensemble en souffre forcément. En revanche, le Monostatos de Rodolphe Briand constitue l’une des bonnes surprises de la soirée. Le ténor français incarne le vilain Maure avec une insolence jouissive, un mordant vocal et une présence scénique qui tranchent nettement sur la mollesse ambiante. Le rôle lui va comme un gant, et l’on se prend à espérer qu’il ait davantage d’occasions de briller dans des emplois similaires.

Plus inattendu, l’Orateur d’Edwin Crossley-Mercer ne laisse personne indifférent, bien au contraire. Là où ce personnage sacrifie souvent à la solennité hiératique, le baryton lui insuffle une humanité profonde, une bienveillance presque paternelle qui touche et contraste avec l’abstraction du reste de la mise en scène. Sa prestation, sobre et habitée, rappelle à elle seule ce que peut avoir de réellement émouvant cet opéra lorsqu’on cesse de l’encombrer d’intentions superflues. Enfin, les comparses que sont Damien Pass et Jonghyun Park complètent avec une solidité exemplaire le plateau vocal des adultes, tandis que les Trois enfants solistes, issus du Knabenchor der Chorakademie de Dortmund, font preuve d’une tenue d’ensemble exemplaire. Leurs voix claires et pures, d’une justesse imperturbable, traversent la complexité scénique avec une simplicité désarmante. Là où les adultes s’embourbent dans les strates d’une mise en scène trop sage, ces jeunes interprètes rappellent, par leur fraîcheur et leur discipline, l’essence première de l’œuvre : un conte musical qui parle à l’enfance du monde. Leur apparition, brève mais lumineuse, est sans doute l’un des rares instants de grâce véritable du spectacle.

Au terme de la soirée, on se surprend à applaudir par politesse plus que par conviction, et il ne laissera pas grande trace de ce spectacle dans la mémoire du festival, sinon celle d’une promesse non tenue. Le public aixois, habitué aux fulgurances, repart avec cette sensation désagréable d’avoir assisté à un spectacle qui, à force de vouloir tout dire, n’a finalement rien raconté…

 

 

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CRITIQUE, festival. 78ème Festival d’Art lyrique d’AIX-EN-PROVENCE, Théâtre de l’Archevêché, le 2 juillet 2026. MOZART : La Flûte enchantée. M. Peter, Y. Fang S. Devieilhe, B. Sherratt… Clément Cogitore / Leonardo Garcia Alarcon. Crédit photographique © Jean-Louis Fernandez

 

 

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ENTRETIEN avec Estelle DANVERS, directrice artistique du Festival Lyrique d’Aix-les-Bains : enjeux et programmation de la 37ème édition du festival

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Chaque été, Estelle Danvers en complicité avec Jean-François Vinciguerra réactive l’éclat lyrique de la célèbre station thermale d’Aix les Bains ; le choix des spectacles présentés offre une source de découvertes particulièrement riche pour les spectateurs, mais aussi pour les chanteurs invités à des performances qui sollicitent tous les registres du chant et du jeu d’acteur. Cet été, pleins feux sur le délire et la profondeur, le rire et la tendresse des personnages du fabuleux et inépuisable Offenbach. Explications…

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Photos © Marion Bonnet

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi ces deux programmes lyriques?

Estelle Danvers : J’ai choisi cette année, en collaboration avec Jean-François, une formule en 2 volets autour de l’univers de J. Offenbach et de l’opérette. Ces deux spectacles sont différents mais complémentaires. Ils traversent les époques et les œuvres de façon fantaisiste pour faire découvrir à la fois des pages méconnues et les grands succès du compositeur.

 

CLASSIQUENEWS : Quels en sont les enjeux et les objectifs ?

Il y a plusieurs enjeux et objectifs, qui sont l’essence même du festival :

– faire découvrir et renouveler un répertoire, tout en maintenant un patrimoine musical de moins en moins fréquenté.
– Créer une expérience immersive ;
– Assurer une mission culturelle et pédagogique : le festival n’est pas seulement un événement divertissant, il vise aussi à transmettre une culture musicale au public ;
– Valoriser les forces artistiques locales.

 

CLASSIQUENEWS : En quoi cette nouvelle édition est-elle emblématique de votre ligne artistique ?

Cette nouvelle édition est emblématique car elle conjugue fidélité au patrimoine artistique et volonté de renouvellement. Elle illustre aussi notre volonté de mettre en valeur les artistes, les danseurs, les choeurs et les musiciens.

 

CLASSIQUENEWS : Le théâtre d’Offenbach aurait-il des qualités cachées, des ressources bénéfiques pour chanteur interprète ? Lesquelles ?

L’interprète doit faire preuve d’une grande souplesse. Il lui faut passer rapidement du chant au dialogue, du burlesque à l’émotion, de la caricature à une forme de vérité humaine. Par ailleurs, derrière l’humour et la fantaisie, les personnages d’Offenbach révèlent souvent les travers de la société. L’interprète est donc invité à explorer plusieurs niveaux de lecture, ce qui enrichit considérablement son travail artistique.

 

 

Parlez-nous des lieux du Festival. En quoi contribuent-ils à sa réussite ?

A Aix les Bains le patrimoine architectural, le cadre du lac et l’histoire culturelle de la ville créent un environnement propice à l’art lyrique. Le théâtre offre une proximité avec le public. Cette dimension humaine favorise l’écoute, l’émotion et le partage. Le public ne vient pas seulement assister à une représentation, il vit un moment dans un lieu chargé d’histoire et d’identité. Aix les Bains possède une tradition d’accueil et d’élégance qui entre en résonance avec l’univers de l’opérette et du lyrique.

 

CLASSIQUENEWS ; Comment fonctionne votre duo artistique ?

C’est un duo très complémentaire, Jean-François (Vinciguerra) apporte principalement la conception dramaturgique, le scénario, la mise en scène, le travail sur le texte, l’humour et la direction d’artiste. J’apporte la direction artistique globale du festival, la chorégraphie, le mouvement scénique, une vision transdisciplinaire du spectacle vivant.

 

CLASSIQUENEWS : Que cherchez-vous à dévoiler / partager vis à vis du public ?

Ce que nous cherchons à partager, c’est d’abord le plaisir du théâtre musical dans toute sa richesse : le chant, le jeu, la danse, l’humour et l’émotion. Nous voulons montrer que l’opérette n’est pas un genre du passé, mais un univers capable de parler à chacun aujourd’hui.

 

CLASSIQUENEWS : Précisément dans le déroulement de chacun des programmes ?

En particulier à travers les œuvres d’Offenbach et du répertoire lyrique, nous cherchons aussi à révéler ce qui demeure étonnement actuel : les travers de la société, les jeux de pouvoir, les illusion amoureuses, le goût de la fête.

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous en tête des œuvres fétiches que vous aimeriez réaliser dans le futur ? Pour quelles raisons ?

Je suis naturellement attirée par les œuvres qui offrent plusieurs niveaux de lecture : celles qui savent faire rire, émouvoir et font réfléchir en même temps. Ce qui guide mes choix, ce n’est pas seulement la notoriété d’une œuvre mais sa capacité à raconter quelque chose d’actuel et d’universel.

Propos recueillis en juin 2026

 

 

 


 

 

37ème Festival lyrique d’Aix les Bains, les 18 et 19 juillet 2026
LIRE ici notre présentation
https://www.classiquenews.com/aix-les-bains-37eme-festival-lyrique-samedi-18-et-dimanche-19-juillet-2026-une-nuit-chez-offenbach-suivez-le-guide-eleonore-pancrazi-jeremy-duffau-antoine-perrier-jean-francois-vincigu/

2026, Aix-les-Bains… ENSORCELANT !  Pour sa 37ème édition, le Festival Lyrique affiche deux spectacles incontournables ; de quoi vous hypnotiser ! : « Une nuit chez Offenbach » (le 18 juillet) puis « Suivez le guide » (le 19 juillet), deux perles lyriques savoureuses servies par un plateau vocal très prometteur

 

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CRITIQUE, festival. 46ème festival « Montpellier Danse ». MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 1er juillet 2026. « Après moi, le déluge » par (La)Horde-Ballet National de Marseille (Création Mondiale)

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La 46e édition du Festival Montpellier Danse s’est poursuivie, les 30 juin et 1er juillet, dans une atmosphère de fin du monde et de renaissance, avec la création mondiale d’Après moi, le Déluge, la nouvelle pièce-événement du collectif (LA)HORDE-Ballet national de Marseille. Présenté dans le vaste vaisseau de l’Opéra Berlioz, le spectacle confirme l’ascension fulgurante du trio phocéen et sa capacité à transformer la scène en un espace de résistance et de communion, bien au-delà des habituelles joutes esthétiques.

 

Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, les trois têtes pensantes du collectif à la tête du Ballet national de Marseille depuis 2019, n’ont jamais été aussi proches de leur sujet. Après avoir exploré la frénésie collective et post-apocalyptique de Room with a view – que nous avions salué au festival Le Temps d’aimer la danse (Biarritz) pour sa « transe collective » survitaminée – et la surabondance numérique d’Age of content – que nous avions applaudi à la Biennale de Danse de Lyon en 2023 -, ils plongent ici au cœur de l’effondrement. Il ne s’agit plus de subir le monde numérique ou la crise, mais de descendre dans la faille qu’ils ouvrent au centre du plateau.

L’imposante scénographie de Julien Peissel installe d’emblée un univers crépusculaire, une communauté éreintée évoluant sur un sol prêt à se dérober. Les treize interprètes, issus de cette troupe internationale que le trio a patiemment constituée, incarnent un groupe en proie à la catastrophe imminente. Leur danse, toujours aussi physique et dynamique, emprunte autant aux danses tribales qu’aux chorégraphies de rue qui ont fait leur renom, tout en y injectant une dimension rituelle et mystique. Les mouvements, parfois saccadés, parfois fluides, évoquent autant la résistance que l’épuisement d’un monde en fin de course.

 

 

Là où beaucoup de nos confrères et consoeurs ont vu un spectacle de « défaitisme » ou de « décadence« , Après moi, le Déluge opère – selon nous – une véritable métamorphose. La fracture scénique libère des créatures monstrueuses et des énergies insoupçonnées, transformant le plateau en un gouffre d’où jaillit une beauté sauvage. Le collectif, en parfaite symbiose avec ses danseurs, fait le pari audacieux de la renaissance par la déconstruction. Les saynètes successives sont autant de rituels chorégraphiques qui questionnent les relations de domination, mais célèbrent surtout la puissance d’un corps de ballet soudé comme un seul homme face au chaos.

Sous la houlette de (LA)HORDE, le Ballet national de Marseille trouve ici son tour de force. Après « Room with a view » et « Age of content », ce nouveau chapitre est celui de l’incandescence. La révolte cède la place à une forme de nécessité organique. Le public de Montpellier, conquis, a salué une prestation qui ne cherche pas à plaire, mais à bousculer, à affronter le réel pour le transcender, faisant écho à cette idée défendue par le collectif selon laquelle « la danse est une force de résistance« . Avec « Après moi, le Déluge », (LA)HORDE signe un manifeste chorégraphique puissant et viscéral, confirmant leur statut d’innovateurs majeurs de la scène contemporaine.

 

 

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CRITIQUE, festival. 46ème festival « Montpellier Danse ». MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 1er juillet 2026. « Après moi, le déluge » : (La)Horde-Ballet National de Marseille (Création Mondiale). Crédit photographique © G.Astier Perret

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). VERSAILLES, OPÉRA ROYAL, le 30 juin 2026. HAENDEL : Tamerlano. Juan Sancho (Bajazet), Veronica Cangemi (Asteria), Jenisbek Piyazov (Tamerlano)… Chœur honoré de la République d’Ouzbékistan, Orchestre symphonique national d’Ouzbékistan, Alibek Kabdurakhmanov [direction]

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Sous les ors de Versailles, Georg Friedrich Haendel, fabuleux conteur et maître des passions tragiques, révèle toute sa mesure [géniale] dans l’écrin de l’Opéra Royal. La soirée est même spécifique car la salle accueille tout un collectif étranger, – emblème des relations culturelles internationales au Château : le Chœur honoré de la République d’Ouzbékistan, l’Orchestre symphonique national d’Ouzbékistan, sous la direction du très actif Alibek Kabdurakhmanov. Ce soir, certes, l’opéra baroque rayonne mais aussi la culture d’Ouzbékistan et d’Asie Centrale dont la musique traditionnelle [chœur, chants traditionnels dont un marial] sont astucieusement intégrés à la partition de la partition de Tamerlano.

 

L’action haendélienne est résumée à un choix de quelques airs (11 au total) ; elle convoque au devant de la scène, le trio de protagonistes : les deux souverains opposés, Bajazet le sultan vaincu et Tamerlano l’impétueux conquérant : entre eux, l’impuissance enivrée de la fille du premier, Asteria. Les 3 solistes forment un trio racinien dans lequel Haendel aborde le thème du pouvoir et de la toute puissance politique. Si Bajazet s’efface (jusqu’au suicide) sans renoncer à ses valeurs, Tamerlano est loin de partager l’éthique de son ennemi : il incarne violence et cruauté.

La direction du chef déploie ainsi, dès l’ouverture, une fureur brute, âpre, sollicitant tout l’Orchestre, ciselant des couleurs martiales et guerrières, exprimant la toute puissance du vainqueur [les 4 trompes impressionnantes qui surgissent par 2, à cour et à jardin] suggérant l’entrée triomphale de Tamerlano ; le geste est vif, nerveux, ne manquant ni de souplesse ni de tonicité ; les percussions sont copieusement sollicitées ajoutant à la palette très riche des nuances et accents d’un orchestre particulièrement expressif, apte à servir sans épaisseur la lyre haendélienne.

Malgré leur nombre, les musiciens savent préserver éloquence et précision : ce qui leur réussit particulièrement dans les séquences d’évocation, comme la scène de Bataille (d’après « Dov’è la glia » de Vivaldi). Les instrumentistes sont prêts à en découdre comme le révèle surtout le dernier air choisi(« Del modo e nell’abisso »), celui d’un Tamerlano surpuissant qui peut s’appuyer sur un orchestre idéalement tempétueux. Les amateurs d’opéra et de vertiges baroques sont comblés tant les 3 solistes se révèlent chacun convaincants, exprimant avec un bel engagement la typologie de leur rôle.

Très impliquée par le profil psychologique de la fille de Bajazet, Veronica Cangemi d’une couleur tragique égale et de plus en profonde, affirme le profil moral d’Asteria ; la cantatrice se distingue dans une épure suggestive, une maîtrise du souffle et des notes tenues, aux couleurs mordorées et intérieures, qui forcent l’admiration ( » Cor di padre « ).
Telle justesse du sentiment éclaire ce qui fait de TAMERLANO un opéra psychologique dans lequel Haendel introspecte l’âme des personnages avec une exceptionnelle acuité intérieure. Réussite des transition et des passages, l’air d’Asteria, prélude à celui de son père Bajazet (« Figlia mia, non pianger, no »), air de renoncement ultime et de mort dans lequel le souverain défait ( très subtil Juan Sancho) accepte de mourir a contrario du Tamerlano vainqueur et omnipotent qui exhale en fin d’action sa fureur impériale portée par l’énergie irrépressible des cordes chauffées à blanc [son dernier air déjà cité, dans lequel Jenisbek Piyazov déploie sa fureur vocale digne d’un Jupiter tonnant).

Accompagnant avec nuance et aussi fureur selon le caractère du contexte, les 3 solistes, l’Orchestre et le Choeur Ouzbeks révèlent une très solide expérience, éclairant le drame oriental de Haendel par des inserts traditionnels à propos. C’est un éclairage original et convaincant qui renouvelle la compréhension de l’opéra de Haëndel créé King’s Theater de Londres en octobre 1724. Le contexte politique et militaire du sujet s’en trouve élucidé ; la rivalité des deux monarques, l’un déchu, l’autre triomphant, exacerbée que rehausse encore la dignité d’Asteria, prête à mourir comme son père…

Justesse, puissance, engagement, rien ne manque à la prestation des musiciens Ouzbeks, d’autant plus au service d’un compositeur et de l’un de ses opéras majeurs, qui les ont visiblement inspirés au plus haut niveau.

 

Photo © classiquenews 2026

 

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CRITIQUE, opéra en concert. VERSAILLES, OPÉRA ROYAL, 30 juillet 2026. HAENDEL : Tamerlano. Juan Sancho (Bajazet), Veronica Cangemi (Asteria), Jenisbek Piyazov (Tamerlano), Chœur honoré de la République d’Ouzbékistan, Orchestre symphonique national d’Ouzbékistan, Alibek Kabdurakhmanov [direction]

 

 

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PYRÉNÉES, Festival PIANO PIC, du 13 au 25 juillet 2026. Pierre Réach, Christophe Baillet… François Dumont, JF Zygel, Pierre Amoyel, …

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Sous la Direction artistique de Pierre REACH et Christophe BAILLET, le Festival PIANO PIC au cœur des Pyrénées et à bonne altitude, offre un cycle de récitals de piano à couper le souffle ; en cela à l’image des cimes qui entourent le site des concerts…Ainsi au pied du Pic du Midi, est né un festival de musique classique qui est aussi une académie de haut niveau depuis 2007 (l’Académie internationale György Sebök). Outre le Pic du midi, les concerts investissent les hauts lieux du patrimoine pyrénéen : Temple de Bagnères, églises de Campan, Gerde, Baudéan et Abbaye de l’Escaladieu. La magie née entre patrimoine, nature et musique crée chaque année une alchimie inoubliable ; de quoi proposer aux festivaliers, une expérience musicale… enivrante.

 

La 29e édition du festival, implanté à Bagnères de Bigorre, dans la vallée du Haut Adour et la vallée des Gaves, propose une nouvelle programmation exceptionnelle avec 16 concerts. Le 10 juillet, François René Duchâble propose en amont du festival : » Animations et rencontres » avec un concert gratuit , place Cabanis, devant la médiathèque à 11h et un concert à l’Hôpital Le Montaigu à 16h, réservé aux patients et soignants (places limitées à 30 personnes extérieures à l’établissement en réservant par mail à l’adresse suivante: [email protected]).

Les temps forts de la 29è édition : soirée mphonique par l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et le pianiste François Dumont (17 juil, 20h30) ; soirée exceptionnelle en compagnie de deux artistes très appréciés du grand public : André Manoukian et Jean François Zygel (18 juil, 20h30). Également 6 récitals de piano avec des artistes renommés : David Lively 15 juil et 16 juil), Jorge Gonzalez Buajasan (19 juil), Aline Piboule (21 juil), Vardan Mamikonian (23 juil), Jiaxin Min (22 juil). A noter 2 soirées entre musique et théâtre : Pascal Amoyel (et son nouveau spectacle musical en hommage à Chopin : « Une leçon de piano avec Chopin », le 13 juillet) ; Laure Favre-Kahn et Alain Carré dans un spectacle en hommage à Marylin Monroe : « Au bout de l’arc en ciel » (25 juil).

Autres temps forts : musique de chambre par le Trio Pascal (24 juil, 20h30 / Schubert, Josef Suk, Ravel) ; Rencontre magique entre le pianiste Pierre Réach et Karol Beffa qui est à la fois compositeur, musicologue, écrivain et pianiste….(« Sillages »… / Bach, Franck, K. Beffa, Mahler, Fauré, Debussy, Ravel, 20 juil, 20h30).
Les 4 Conc’Airs dans Bagnères, 11h : trois récitals de piano gratuits au cœur de la ville en compagnie de jeunes pianistes prometteurs : Fabien Parisato (16 juil), Elizaveta Frolova (23 juil) et William Winterstin (24 juil). Ainsi qu’un spectacle proposé par la musicienne Carole Anne Subrebost et la soprano Gala Damen : « Attracteurs étranges » (17 juillet).

 

TOUTES LES INFOS, la Billetterie, le détail des programmes, les artistes invités… sur le site du festival PIANO PIC 2026 :
https://www.piano-pic.fr/

 

 

 

PASS tout festival : 200 euros / PASS Festival Haute Bigorre : 160 euros / PASS 3  concerts : 70 euros (modalités précises voir sur le site)

 

 

VIDÉO

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PORTUGAL. 12ème édition du Festival VERAO MUSICAL. Du 22 juillet au 1er août 2026 : 10 Concerts au Teatro Thalia. Esther Hoppe, Edgar Moreau,Pascal Moraguès, Stephan Picard, Eszter Haffner, Lena Neudauer, Lars Anders Tomter, Giovanni Gnocchi, Alexandra Scott, Anna Samuil, Eldar Nebolsin…

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Le Festival VERÃO CLÁSSICO célèbre sa 12ᵉ édition avec de grandes figures de la musique classique et plus de 150 jeunes musiciens venus de 30 pays

 

Reconnu au niveau international comme l’un des festivals et académies de musique classique les plus prestigieux et les plus recherchés de notre époque, le Festival VERÃO CLÁSSICO célèbre, en 2026, sa 12ᵉ édition, confirmant sa place parmi les plus importantes manifestations européennes consacrées à la création artistique, à la formation d’excellence et à la découverte de nouveaux talents.

Du 22 juillet au 1ᵉʳ août, le Festival propose dix concerts au Teatro Thalia, l’un des lieux les plus emblématiques de l’histoire culturelle de Lisbonne, réunissant quelques-uns des plus grands interprètes de la scène internationale ainsi qu’une brillante génération de jeunes musiciens venus du monde entier.

Les programmes parcourent différentes époques, esthétiques et traditions musicales, révélant des affinités inattendues, des dialogues féconds et de nouvelles perspectives sur des œuvres majeures du répertoire. Une attention particulière est accordée aux concerts consacrés à Liszt et Brahms, Mozart et Chostakovitch, ainsi qu’à Chopin et Schumann, parmi d’autres.

Les quatre concerts MasterFest réunissent sur scène de grands solistes internationaux, tandis que les six concerts TalentFest mettent en lumière les jeunes musiciens sélectionnés pour l’Académie 2026, dont beaucoup se sont déjà distingués dans d’importants concours nationaux et internationaux.

 

 

Fondé en 2015 par le pianiste et directeur artistique Filipe Pinto-Ribeiro, le VERÃO CLÁSSICO s’est également affirmé comme un espace privilégié de formation, de réflexion et de transmission artistique. Parallèlement aux concerts, un vaste programme de masterclasses est proposé, comprenant plusieurs centaines de cours publics consacrés au perfectionnement technique et interprétatif, dispensés par quelques-uns des musiciens et pédagogues les plus renommés de notre temps. Les cours se déroulent à l’Escola Artística de Música do Conservatório Nacional ainsi qu’au Lycée Marquês de Pombal, et sont assurés par des professeurs exerçant régulièrement dans des institutions de référence internationale telles que les conservatoires et universités de Berlin, Vienne, Munich, Salzbourg, Lucerne, Oslo, Madrid et Paris.

La dimension internationale du projet se reflète une nouvelle fois dans la diversité géographique de ses participants. Parmi les centaines de candidatures reçues, plus de 150 jeunes musiciens issus d’une trentaine de pays ont été sélectionnés, représentant une vaste communauté artistique qui s’étend de l’Europe à l’Asie, de l’Amérique du Nord à l’Océanie : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Chine, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, États-Unis d’Amérique, Finlande, France, Hong Kong, Hongrie, Indonésie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République de Corée, Suisse et Vietnam.

L’édition 2026 marque les débuts au VERÃO CLÁSSICO de deux artistes d’exception : la violoniste suisse Esther Hoppe et le violoncelliste français Edgar Moreau. Retrouveront également le Festival plusieurs artistes de renommée internationale, dont la présence fidèle a largement contribué à façonner son identité artistique : le clarinettiste Pascal Moraguès, les violonistes Stephan Picard, Eszter Haffner et Lena Neudauer, l’altiste Lars Anders Tomter, le violoncelliste Giovanni Gnocchi, la contrebassiste Alexandra Scott, la soprano Anna Samuil ainsi que le pianiste Eldar Nebolsin.

 

 

Depuis sa création, le VERÃO CLÁSSICO a accueilli plus de deux mille jeunes musiciens venus des cinq continents, dont beaucoup ont ensuite entamé des carrières internationales de premier plan. Au fil des années, le Festival s’est imposé comme une plateforme privilégiée de rencontre entre différentes générations d’artistes, favorisant un environnement unique d’apprentissage, de création et de partage artistique.

Organisé par la DSCH – Associação Musical, le Festival VERÃO CLÁSSICO bénéficie du soutien de la Fundação Millennium bcp, de la Mairie de Lisbonne, de l’Agence pour la gestion du système éducatif, de la Fondation GDA et de l’Escola Artística de Música do Conservatório Nacional.

En somme, cette 12ᵉ édition du Festival VERÃO CLÁSSICO confirme Lisbonne comme un important centre international de création, de formation et d’excellence musicale, célébrant la Musique à travers la rencontre entre artistes confirmés, jeunes talents et public.

 

Le programme détaillé est disponible sur : www.veraoclassico.com

 

 

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PORTUGAL. 12ème édition du festival VERAO MUSICAL. Du 22 juillet au 1er août 2026 : 10 Concerts au Teatro Thalia. Esther Hoppe, Edgar Moreau,Pascal Moraguès, Stephan Picard, Eszter Haffner, Lena Neudauer, Lars Anders Tomter, Giovanni Gnocchi, Alexandra Scott, Anna Samuil, Eldar Nebolsin…  Photos (c) droits réservés

 

 

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OPERA DE RENNES, saison 2026 – 2027 : « L’Art de la Rencontre ». Werther, Pinocchio, Cosi fan tutte, Platée, Orphée et Eurydice, No No Nanette…

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L’OPÉRA DE RENNES en 26-27 célèbre « L’ART DE LA RENCONTRE » ; la maison rennaise a à cœur de favoriser échanges et rencontres entre les oeuvres, les artistes, les spectateurs : humaine, humaniste, fraternelle… telle est sa mission tout au long de ses saisons. A travers le thème de la RENCONTRE, l’institution dirigée par Matthieu Rietzler souligne ce en quoi l’établissement culturel est un acteur essentiel de la société. Aucun style, aucune forme musicale n’est écarté(e) : diversité, accessibilité, partage. L’Opéra de Rennes est un lieu désormais incontournable, celui d’expériences humaines et artistiques inoubliables.

 

Rencontrons-nous !

L’Opéra est ce lieu qui stimule et favorise les formes artistiques (musique, théâtre, danse, arts plastiques, performance…), l’altérité sous toutes ses formes (à travers son multilinguisme, son répertoire qui voyage à travers les siècles..)… C’est un formidable espace social où « les spectatrices et spectateurs, dans leur diversité, nous rejoignent dans un même élan pour quelques heures de pause et d’évasion dans un quotidien souvent bousculé ». Voici les temps forts de la nouvelle saison 2025-2026.

L’art de la rencontre propose ainsi 6 productions lyriques appelées à une large diffusion : 3 sont présentées dans le cadre de la plateforme Ouest Opéras (qui réunit l’Opéra de Rennes et Angers Nantes Opéra) et une autre production avec la co[opéra]tive. Tous les styles et les époques sont représentés pour séduire le plus large public.

 

6 OPÉRAS Á L’AFFICHE
Véritable fabrique du rêve, l’Opéra de Rennes assure cette saison la réalisation des décors et des costumes de 3 productions à l’affiche : Werther, Così fan tutte et Platée.

 

Werther de Massenet (coproduction, mise en scène de Ted Huffman créée à l’Opéra Comique en décembre 2025). Ted Huffman (mémorable Couronnement de Poppée en 2023) revient ainsi 3 ans plus tard, dans une distribution marquée par plusieurs prises de rôles, (dont le premier Werther de Julien Behr sous la direction de Chloé Dufresne). Reprise à Caen à l’automne 26, puis à Angers Nantes Opéra au printemps 27. 5 représentations, les 3, 5, 7, 9 et 11 octobre 2026.

Pinocchio de Philippe Boesmans sur un livret de Pommerat (Festival d’Aix-en-Provence 2017) est porté par la co[opéra]tive (dont l’Opéra de Rennes est l’un des 6 partenaires) : la nouvelle production est dirigée par Léo Margue et Fiona Monbet à la tête de l’ensemble Miroirs étendus, dans une mise en scène de troupe et de tréteaux d’Ambre Kahan. Rendez-vous familial pour l’une des partitions les plus importantes du compositeur belge décédé en 2022. Plus de 20 dates sont d’ores et déjà programmées à travers la France au cours de la saison 2026 – 2027. 3 représentations, les 12, 13 et 16 décembre 2026.

Début 2027 : Cosi fan Tutte car Mozart est le coeur du répertoire de l’Opéra de Rennes (en raison de la taille du théâtre et de l’identité de ses forces artistiques, précisément l’Orchestre national de Bretagne et le Choeur de chambre Mélisme(s). Ce sont les artistes maison qui sont réunis pour une nouvelle production de Così fan tutte dirigée par Nicolas Ellis, 2 ans après La Flûte enchantée. La metteuse en scène Phia Ménard éclaire le trouble de la partition qui aborde avec tendresse et cynisme « l’école des amants », comme l’indique Mozart lui-même. La distribution réunit plusieurs chanteurs bretons exceptionnels, déjà applaudis sur la scène rennaise : Elsa Benoit, Ambroisine Bré, Kaëlig Boché et Jean-Christophe Lanièce (tous ont fait leurs premiers pas sur le plateau de l’Opéra de Rennes) ; 2 artistes fidèles à notre maison complètent la distribution : Camille Poul et Guilhem Worms (coproduction entre l’Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra et l’Opéra national de Nancy-Lorraine). 5 représentations, les 6, 8, 10, 12 et 14 février 2027.

Perle du répertoire léger, No No Nanette de Youmans, célèbre notamment pour son tube « Tea for two », dans la réalisation des « horlogers du rire », Jos Houben et Emily Wilson qui font leur retour à Rennes aux côtés des Frivolités Parisiennes… au programme délices et accents propre au fox-trot et au charleston. 3 représentations : les 24, 25 et 27 mars 2027.

Nouvelle production… Humour grinçant, subversion et cruauté inspirent la nouvelle production de Platée de Rameau. Après Le Carnaval de Venise de Campra en 2025, Camille Delaforge retrouve Clédat&Petitpierre pour ce ballet bouffon, drôle mais juste et même d’une exceptionnelle profondeur. Avec le jeune haute-contre Ilja Aksionovas dans le rôle-titre, celui de la grenouille, reine des Marais, entouré d’artistes proches de l’Opéra de Rennes comme Catherine Trottmann, Guilhem Worms, Mathieu Gourlet, Lila Dufy et le Choeur de chambre Mélisme(s). Une tournée d’une vingtaine de dates de cette production mènera l’équipe à Tourcoing, Compiègne, Nantes, Angers, Caen ou encore au Théâtre des Champs-Élysées au cours des prochains mois. 4 représentations : les 12, 13, 15 et 16 mai 2027.

Enfin pour clôre la saison, Lorraine de Sagazan, artiste associée au TNB (Théâtre National de Bretagne), met en scène « l’opéra des opéras », le sublime Orphée et Eurydice de Gluck dirigé par Alphonse Cemin. Sahy Ratia, Jenny Daviet et Mariamelle Lamagat incarnent le trio central (Orphée, Eurydice, L’Amour) avec le Choeur d’Angers Nantes Opéra et l’Orchestre national de Bretagne ; production particulièrement attendue. 4 représentations : les 20, 22, 24, 26 juin 2027.

 

 

THÉÂTRE LYRIQUE
Scène expérimentale, laboratoire continu, l’Opéra de Rennes enrichit toujours davantage l’éventail des nouvelles formes de spectacle entre théâtre et musique. Ainsi 6 productions sont autant de rendez-vous musicaux mettent la voix à l’honneur.
Le Banquet Céleste, dont la résidence à l’Opéra de Rennes remonte à 10 ans, présente Vénus et Adonis, bijou de John Blow, génie du Baroque britannique du 17e siècle et futur maître de Purcell. L’illustratrice Emma Bertin illustre en direct cette pastorale interprétée par Apolline Raï Westphal, Dominic Segdwick et William Shelton, au Quartz à Brest puis à Rennes (où le spectacle sera enregistré pour l’éditeur Alpha classics). Les 12 et 13 nov 2026.
David Lescot (L’Élixir d’Amour et Cendrillon) avec les musiciens d’ActeSix réalise un cabaret sulfureux, « Musiques interdites », dédié aux compositeurs et aux oeuvres censurées pendant le 3ème Reich. Bouleversant, drôle et grinçant, le spectacle réunit 2 chanteuses au charisme bien connu, les mezzos Lucile Richardot et Éléonore Pancrazi. Choc annoncé : les 24, 25 nov 2026.

«La Fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique » (présentée en complicité avec l’institution parisienne, à Rennes et Saint-Brieuc) revient aux origines du genre : un théâtre forain. Léo Cohen-Paperman, cofondateur du Nouveau Théâtre Populaire, avec la troupe de l’académie de l’Opéra-Comique, raconte cette épopée théâtrale tricentenaire en comédie et en musique. Emblématique du siècle des Lumières, avant de d’inspirer les plus grands chefs-d’oeuvre de l’opéra français avec Bizet, Offenbach, Massenet, l’Opéra-Comique est d’abord une tradition de farce, de Commedia Del Arte, de comédie sentimentale, de chansons populaires collectées puis réécrites… Cette fantastique épopée théâtrale se raconte en musique ; elle renoue avec l’esprit forain des débuts à travers un spectacle drôle et poétique (ven 22 mai 2027).

 

LA DANSE
Outre les mises en scène de Così fan tutte et de Platée, déjà citées, où se déploie une dimension chorégraphique, l’Opéra de Rennes n’oublie pas les vertiges que produisent les spectacles de danse. 4 spectacles s’annoncent tout autant prometteurs :
À l’occasion de l’année du compositeur Manuel De Falla et du festival Jazz à l’Ouest (porté par la MJC Bréquigny), le compositeur et pianiste Jean-Marie Machado revient à l’Opéra de Rennes (après La Falaise des lendemains, opéra jazz créé en 2024) et propose « Cantos Brujos » (Chants sorciers), variation personnelle d’après L’Amour sorcier du compositeur espagnol qui réunit le flamenco avec la danseuse Cristina Hall et l’orchestre jazz Danzas (sam 7 nov 2026). Puis les 26, 27, 28 et 29 nov : « Nelken », les œillets de Pina Bausch : Pièce culte de l’histoire de la danse, Nelken (1982) de Pina Bausch arrive au Quartz de Brest comme un événement rare

Pour les fêtes de fin d’année, l’Opéra de Rennes et Destination Rennes accueille le Junior Ballet de l’Opéra national de Paris au Couvent des Jacobins et pour la première fois à Rennes, pour présenter « Éclats de danse » (nouveau programme en avant-première des représentations de janvier 2027 au Palais Garnier, et qui concentre toute la diversité de la danse académique et contemporaine, de William Forsythe à de plus jeunes chorégraphes) : 5 représentations, les 29, 30, 31 déc 2026 puis 2 et 3 janvier 2027.
Ne manquez non plus, le ballet « Imminentes », (coréalisation entre le Triangle et l’Opéra de Rennes) signé de la chorégraphe Jann Gallois, dont les créations très organiques sont toujours portées par un sens musical aïgu… Puiser dans la sororité pour façonner une utopie joyeuse où règne la puissance du féminin. Avec 6 danseuses souveraines, sorcières, déesses ou nymphes, … que la douceur ne quitte jamais. les 11 et 12 mars 2027.

 

CONCERTS

Le Banquet Céleste présente au Théâtre du Vieux Saint-Étienne « Grey Consort » dans un dispositif scénique novateur, en association avec Les Tombées de la Nuit et Dimanche à Rennes (les 26 et 27 sept 2026). Le même Banquet Céleste clôt son cycle de 3 ans consacré à Haendel, après La Résurrection puis Le Triomphe du temps et de la désillusion, avec Aci, Galatea e Polifemo et une distribution familière des passions haendéliennes : la basse Alexandre Baldo, la soprane Suzanne Jerosme et la contralto Margherita Maria Sala (les 31 mars et 1er avril 2027).

Requiem enivrant… En complicité avec le Festival de Musique sacrée de Saint-Malo, l’Orchestre national de Bretagne et le Choeur de chambre Mélisme(s) s’unissent pour présenter le mythique Requiem de Fauré qui habita à Rennes, ainsi qu’une création en regard de Philippe Hersant (In Paradiso), sous la direction de Nicolas Ellis et avec les solistes Marie Théoleyre et Jean-Christophe Lanièce (mer 9 déc 2026).

 

Autres événements
Le Choeur de chambre Mélisme(s) dans Lux Invisibilis d’Olivier Mellano, avec la présence de Rosemary Standley aux Champs Libres. L’ensemble breton Kraken consort, après son programme précédent consacré à la musique irlandaise, présente son 2e spectacle dédié aux aux sources de musiques bretonnes (avec les solistes Chantal Santon Jeffery et Robert Getchell) : les 11 et 12 mars 2027.

En complicité avec Les Tombées de la Nuit, La Maîtrise de Bretagne rejoint le duo Birds on wire (Rosemary Standley et Dom La Lena) dans un parcours jalonné de voix d’enfant (les 5, 6 et 7 mars 2027). Fidèle de l’Opéra de Rennes, le contreténor Paul-Antoine Bénos Djian participe à chaque saison depuis 8 ans ; en 2026, il défend le charme des chansons sud-américaines (avec la pianiste Bianca Chillemi, qui avait dirigé Cendrillon), mar 25 mai 2027.

 

FESTIVAL GRAND BOUM #3
A nouveau le bâtiment de l’Opéra de Rennes accueille une dizaine de choeurs d’enfants pour une week-end de fêtes et de rencontres musicales, en complicité avec la Maîtrise de Bretagne.

RENDEZ-VOUS GRATUITS
L’Opéra de Rennes rend accessible et facile l’expérience de la culture ; plusieurs événements sont en accès libre, tout au long de la saison : Journées européennes du matrimoine et du patrimoine, Week-end Tous à l’Opéra, Opéra sur écran(s) et sa diffusion en juin, dans une cinquantaine de communes des régions Bretagne et Pays de la Loire ; répétitions ouvertes au public, « Rebonds » au Musée des beaux-arts de Rennes et à l’auditorium des Champs Libres, sans omettre la programmation d’été de l’Opéra de Rennes.

 

Voir toutes les infos sur le site de l’Opéra de Rennes :
https://opera-rennes.fr/fr

 

photo @ Alexis Bross / Opéra de Rennes

 

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CRITIQUE, festival. 46ème festival « Montpellier Danse ». CASTELNAU-LE-LEZ, Le Kiasma, le 28 juin 2026. « The Tempest » par Lisbeth GRUWEZ

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La 46e édition du festival « Montpellier Danse », qui se déroule du 20 juin au 4 juillet 2026, s’annonce comme chaque été un rendez-vous majeur de la danse contemporaine européenne. Sous la nouvelle direction collégiale de Jann Gallois, Dominique Hervieu, Pierre Martinez et Hofesh Shechter, l’événement confirme sa place de carrefour de création unique en Europe, mêlant avec audace les compagnies internationales les plus prestigieuses et les jeunes chorégraphes émergents.

 

Cette année, le festival fait la part belle aux créations et aux premières françaises, avec un tiers de la programmation consacré aux artistes régionaux. Parmi les temps forts de cette édition particulièrement riche, on note la présence du Ballet national de Marseille/(LA)HORDE, du Collectif XY et de sa nouvelle fresque poétique, ou encore la venue de la chorégraphe grecque Katerina Andreou. C’est dans ce contexte vibrionnant que s’inscrit le solo de la chorégraphe et danseuse belge Lisbeth Gruwez, intitulé « The Tempest« .

Au Kiasma de Castelnau-le-Lez, sur le plateau nu, un dispositif scénographique minimaliste – un plan incliné blanc posé en fond de scène comme un fragment d’hiver – accueille l’apparition de Lisbeth Gruwez. D’abord immobile, perchée sur ce promontoire, elle semble émerger d’une profonde concentration, le corps compact, disponible, comme un guerrier qui se prépare au combat. Car c’est bien de combat dont il s’agit. Pour ce solo, la chorégraphe flamande a entrepris un véritable voyage intérieur et physique, nourri par plusieurs mois d’immersion dans les arts martiaux en Thaïlande. Si l’influence du Tai-chi et des katas est perceptible dans sa gestuelle précise, hyper-articulaire, elle ne constitue jamais une fin en soi. Cette maîtrise technique est mise au service d’une exploration : celle de la colère comme énergie brute, force à la fois destructrice et potentiellement transformatrice. La danse de Gruwez progresse par vagues successives : une oscillation constante entre des impulsions fulgurantes et des moments de calme presque méditatif. Le corps trace dans l’espace des trajectoires coupantes, les bras lacèrent l’air, les pieds martèlent le sol. Mais toujours, une économie de mouvement, une précision redoutable qui transforme la violence potentielle en une forme de calligraphie aérienne. La colère n’est jamais un éclat ; elle circule, se dépose dans les articulations, se mue en puissance maîtrisée.

 

 

Le compositeur flamand Maarten Van Cauwenberghe, complice de longue date de la chorégraphe, signe une partition électronique qui agit comme une pression atmosphérique. Des basses telluriques, des éclats métalliques, des cloches lointaines tissent un climat qui ne soutient pas la danse mais la contraint, la pousse à trouver sa voie dans un espace sonore dense. L’atmosphère, d’abord hypnotique, devient progressivement oppressante, préparant l’irruption du chaos. Cette montée en intensité est magnifiée par le travail de Jan Maertens sur les lumières, qui prennent la danse en tenaille, accélèrent autour d’elle en un tourbillon stroboscopique. C’est alors que la fumée envahit le plateau, et que la danseuse semble flotter, comme en lévitation, défiant les lois de la gravité  La scénographie se fait plus symbolique encore lorsque Gruwez déroule un long ruban rouge caché en son sein ou répand de la craie blanche sur le sol, traçant des lignes de vie dans cet univers instable.

Car le cœur du spectacle réside peut-être là : dans cette capacité à se tenir au centre de la tourmente. Alors que la musique et les lumières s’emballent autour d’elle, que la tempête fait rage, Gruwez ralentit. Elle devient un point fixe, une présence qui refuse la panique, une respiration qui tient tête à la vitesse. On songe à l’œil du cyclone, ce lieu paradoxal où tout est calme alors que tout hurle aux abords.

Avec « The Tempest« , Lisbeth Gruwez nous invite à habiter la colère plutôt qu’à la subir, à absorber la tempête pour en révéler le calme latent. Ce solo, à la fois combat et méditation, puissance et discipline, démontre une fois encore que la chorégraphe belge, à la cinquantaine, demeure l’une des interprètes les plus exceptionnelles de la scène contemporaine, capable de faire naître tout un univers à partir d’un simple geste.

 

 

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CRITIQUE, festival. 46ème festival « Montpellier Danse ». CASTELNAU-LE-LEZ, Le Kiasma, le 28 juin 2026. « The Tempest » par Lisbeth GRUWEZ. crédit photographique (c) Danny Willems

 

 

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CRITIQUE, CD événement. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

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Le programme porté par l’ensemble sur instruments anciens Hexaméron révèle un Weber méconnu, d’une pudeur fervente que les interprètes attisent avec un feu remarquable.
Belle profondeur grave du Trio dès son allegro initial, qui laisse suspendu un climat à la fois agité et tendre, passant d’un timbre à l’autre, flûte, violoncelle, forte piano ; l’hypersensibilité d’un Weber amoureux et nostalgique, enivré et presque insouciant se déploie dans le jeu dialogué des 3 instrumentistes… Il s’agit bien des visions et humeurs, sensations et souvenirs d’un voyageur intérieur ;

 

 

… le titre générique de l’album informant surtout d’un imaginaire webérien, constamment tenté par l’ailleurs et l’évasion – sa propension à en vivre les vertiges, en particulièrement psychiquement. L’engagement et la vivacité des musiciens expriment les frémissements, élans, manifestations multiples de cette intimité mobile, où le jaillissement solaire n’écarte jamais l’ombre ni le doute. Le mordant du Scherzo, l’esprit rêveur (flûte puis clavier) de l’Andante, l’exaltation chaloupée du Finale… éclairent une expressivité volubile qui approche le spleen ou sensucht d’un Schubert, ses désirs, frustrations, son ardeur fervente capable de surenchères plus rustiques …
Ce double jeu, – acuité vive et expressive (parfois dans l’esprit de la taverne, des airs à boire), et langueur diaphane et plus suspendue, fait les délices de la Sonate violon / piano de 1810. Ce avec d’autant plus d’éclat que les interprètes ne manquent pas d’agilité contrastée.

Les mélodies sélectionnées grâce à la verve toute en nuances des deux solistes, expriment enchantement ou là aussi ferveur affûtée de cœurs hypersensibles, et dans une intensité narrative, très articulée et dramatique (lied « Klage » défendu par Coline Dutilleul, incisive et juste qu’accompagne avec acuité Luca Montebugnoli). Sans omettre un climat de pudeur vive (« Abschied von Leben » par l’excellent baryton David Witczak, traversé par le sentiment de l’adieu).

L’acuité dramatique se conjugue à la maîtrise de la transcription, dans les 3 airs arrangés pour voix, piano, flûte et violoncelle, extraits d’Obéron (dernier opéra de Weber créé en 1826) : le duo en particulier brille d’astuce, de fraîcheur, de finesse… mozartienne. Quand la cavatina finale de « Rezia », déploie un feu plus grave, dévoilant une couleur sombre et fantastique, proche du Freischütz (très convaincante Coline Dutilleul).

Le passage avec les 4 séquence du Konzertstück opus 79 de 1821 est très réussi : immergeant l’auditeur dans un climat de gravité suspendue que le jeu des 4 instrumentistes d’Hexaméron fait scintiller entre virtuosité éperdue (bellinienne et chopinienne au clavier) et gravité radicale. Tel embrasement expressif (feu de l’Allegro passionato ; vivacité parodique et facétieuse de la Marcia) se révèle être la marque générale du programme, soulignant la verve incandescente de Weber, sa vitalité intime, trépidante d’une impérieuse résolution (dernier mouvement « Più mosso. Presto assai », où semble s’embraser littéralement le clavier de Luca Montebugnoli, comme inspiré par tous les concertos romantiques). Revient au mérite des quatre complices d’en transmettre toute la saveur et dans un arrangement de leur propre conception. Le disque est une exceptionnelle célébration de la sensibilité romantique germanique, celle d’un Weber à la fois shakespearien et mozartien.

 

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CRITIQUE, CD événement. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

 

LIRE aussi notre présentation du CD événement. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-weber-eine-welt-in-meinem-innern-tout-un-monde-en-moi-meme-ensemble-hexameron-luca-montebugnoli-1-cd-paraty/
Un Weber chambriste qui capte les émotions les plus intimes de l’âme humaine… L’ensemble Hexaméron à l’occasion des 200 ans de la mort du compositeur romantique, dévoile la part méconnue de l’auteur du Freischütz : un auteur inspiré par la poésie intérieure qui redéfinit un nouveau cadre musical et suscite une autre écoute, celle des salons dans une proximité revivifiée, d’autant plus expressive ici grâce au choix des instruments et clavier historiques et dans des arrangements inédits, révélateurs.

 

 

 

VISITEZ aussi le site de l’ensemble : https://www.hexameron.fr/

 

 

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CRITIQUE, opéra. SEVILLE, Teatro de la Maestranza, les 26 & 27 juin 2026. VERDI : Aïda. Paco AZORIN / Daniel CALLEGARI & Dominic LIMBURG

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C’est un nouvelle production d’Aïda de Giuseppe Verdi que propose actuellement le Teatro de la Maestranza de Séville – en coproduction avec l’ABAO Bilbao Opera, l’Auditorio de Tenerife, le Teatro Municipal de Santiago du Chili et le Teatro Nacional de São Carlos de Lisbonne, avec la participation du Festival de Perelada. Avec tout le faste qui s’imposait, le Teatro de la Maestranza a clos sa saison 2025-2026 en portant à l’affiche l’avant-dernier opéra de Giuseppe Verdi, avec une double distribution. Absent de la scène lyrique sévillane depuis 2013, ce retour très attendu a pleinement rendu justice à l’un des chefs-d’œuvre les plus emblématiques du répertoire, grâce à une distribution vocale d’un bon niveau d’ensemble et à la nouvelle production confiée à Paco Azorín, l’un des metteurs en scène espagnols les plus marquants de sa génération.

 

Dans le rôle-titre, la soprano kosovare Marigona Qerkezi a fait valoir une voix séduisante, opulente et puissante, servie par une solide maîtrise technique. Son Aida s’est particulièrement distinguée dans l’air « O patria mia… » ainsi que dans le duo final « O terra addio… », où elle a déployé un legato raffiné, de généreux pianissimi et demi-teintes, ainsi qu’un phrasé d’une grande finesse expressive. Dans l’autre distribution, la soprano chinoise Chunxi Stella Hu, qui abordait le rôle pour la première fois, s’est révélée une belle surprise. Son Aïda a séduit par une superbe voix de soprano lirico-spinto, au timbre éclatant, au registre médian charnu, à l’émission sûre et aux aigus percutants. En revanche, sur le plan de l’incarnation, son interprétation est apparue plus limitée, faute d’une palette expressive suffisamment variée.

Dans le rôle d’Amneris, la fière fille du Pharaon, la mezzo-soprano géorgienne Ketevan Kemoklidze a livré une prestation correcte, sans jamais paraître totalement à l’aise dans un rôle qui dépasse les possibilités essentiellement lyriques de son instrument. Cette inadéquation s’est révélée plus particulièrement dans le duo « L’aborrita rivale… » ainsi que dans la scène du jugement où, malgré ses efforts pour assombrir son timbre afin de renforcer la dimension dramatique du personnage, elle n’est pas parvenue à masquer complètement les limites vocales qu’impose le rôle. Sa voix, au timbre chaud et velouté, présente un registre grave manquant de profondeur ainsi qu’un vibrato qui nuit à l’homogénéité de la ligne de chant, notamment dans l’aigu. Son tempérament, son énergie et son engagement scénique lui ont néanmoins valu un accueil chaleureux au moment des saluts. Dans la distribution alternée, l’Argentine María Luján Mirabelli a incarné avec un métier remarquable la rivale d’Aïda, imposant une présence magnétique dans un rôle qu’elle maîtrise parfaitement et dont elle a su exploiter toutes les ressources dramatiques. Son chant, d’une grande autorité, constamment maîtrisé et porté par un sens aigu de l’intention, du goût et du raffinement, a offert quelques-uns des moments les plus intenses de la soirée.

 

 

Complétant le triangle amoureux, le ténor espagnol Alejandro Roy a incarné un Radamès convaincant, servi par une voix ample et généreuse, un registre central solide et des aigus bien projetés. Sur scène, il s’est montré profondément investi dans la construction de son personnage. Alternant dans le rôle, le ténor Joan Laínez s’est imposé comme un général égyptien aux remarquables moyens vocaux, séduisant par un chant constamment souple, noble et musical, ainsi que par des aigus sûrs, lancés avec un élan héroïque. Chapeau ! Dans le rôle d’Amonasro, roi d’Éthiopie vaincu, le baryton italien Ernesto Petti, qui abordait lui aussi le personnage pour la première fois, a laissé une impression mitigée. Doté d’une voix au beau timbre et d’une émission franche et naturelle, il a toutefois révélé certaines limites dans l’aigu dès lors que le rôle exigeait une intensité dramatique accrue. Son interprétation, davantage fondée sur la solidité vocale que sur le raffinement de l’expression, est demeurée quelque peu monolithique. Dans la distribution alternée, le baryton argentin Fabián Veloz s’est imposé comme l’un des grands triomphateurs de la soirée. Son père d’Aida qu’il maîtrise manifestement à la perfection, s’est distingué par une incarnation d’un authentique style verdien, servie par une voix chaleureuse et sonore, une technique solide, un sens très sûr de l’accent et de l’expression, ainsi qu’une profonde noblesse humaine.

Le rôle du grand prêtre Ramfis était confié aux basses sud-coréennes Insung Sim et Inho Jeong, tous deux pleinement à la hauteur de leur tâche. Le premier, dont la carrière est en plein essor, a mis au service du personnage une voix sombre d’une redoutable efficacité, tandis que le second, plus jeune et très prometteur, a séduit par une émission plus souple et parfaitement homogène sur toute la tessiture. Doté de l’une des plus belles voix de basse de la scène lyrique espagnole actuelle, Manuel Fuentes a composé un Roi d’Égypte d’une grande noblesse, impeccablement chanté et porté par une autorité vocale incontestable, au point de faire regretter la brièveté de son intervention et de laisser le public désireux de l’entendre davantage. Le ténor Néstor Galván et la soprano Patricia Calvache se sont acquittés avec conviction de leurs brèves interventions respectives dans les rôles du Messager et de la Prêtresse. Véritable pilier de l’ouvrage verdien, le Chœur du Teatro de la Maestranza a signé une prestation de haut niveau, faisant valoir une belle homogénéité sonore, une grande précision et une excellente cohésion sous la direction attentive d’Íñigo Sampil.

À la tête de la Real Orquesta Sinfónica de Séville, le chef italien Daniele Callegari a proposé une lecture vive, contrastée, solidement articulée et profondément verdienne. De son côté, le Suisse Dominic Limburg s’est révélé une excellente surprise, dirigeant avec une inspiration constante et sachant mettre en valeur aussi bien les épisodes les plus intimistes, empreints d’un lyrisme riche en détails et en nuances, que les grandes scènes d’ensemble, d’un puissant impact dramatique, sans jamais perdre de vue le délicat équilibre entre la fosse et le plateau. Il s’est également affirmé comme un soutien précieux pour les chanteurs, qu’il a accompagnés avec une grande sensibilité et dont il a constamment servi au mieux les qualités.

 

 

La nouvelle production d‘Aïda imaginée par Paco Azorín n’a laissé personne indifférent, suscitant autant d’enthousiasme que de réserves. Le metteur en scène espagnol, qui signe également les décors et les lumières, propose une relecture en profondeur de l’ouvrage de Verdi, transposant l’action dans un univers futuriste, symbolique et atemporel. Nourrie d’ambitions intellectuelles, sa vision entend interroger les mécanismes du pouvoir, la violence de la guerre et la condition humaine. D’une esthétique résolument visuelle et largement débarrassée de l’imaginaire égyptien traditionnel, le spectacle se déploie avec fluidité à travers un impressionnant arsenal d’images qui sollicite sans relâche le regard du spectateur. Cette profusion visuelle finit toutefois par accaparer l’attention au détriment de l’action dramatique. À cela s’ajoute une direction d’acteurs des solistes assez sommaire, reposant sur des moyens scéniques relativement limités.

Le prélude lui-même n’échappe pas à ce foisonnement créatif propre à Azorín. Il y expose les fondements de sa dramaturgie : un voyage à travers les millénaires, depuis un futur indéterminé où les prophéties du Livre des Morts égyptien se seraient accomplies. C’est dans ce contexte qu’il introduit un personnage inédit, Ulysse, voyageur éternel incarné par l’artiste de cirque David Marco, chargé de porter l’idée selon laquelle l’amour constitue l’essence la plus profonde de l’être humain. Pourtant, ses acrobaties incessantes, ses déplacements continus et sa présence permanente sur le plateau finissent par détourner l’attention de ce qui se joue réellement sur le plan dramatique. Le décor minimaliste, composé d’escaliers, de plateformes mobiles et de cages, est efficacement complété par les projections vidéo à motifs égyptiens de Pedro Chamizo, permettant à l’action de se déployer avec une réelle fluidité. Les costumes d’Ana Garay s’éloignent eux aussi de l’orientalisme traditionnel pour intégrer des références à l’univers de Stanley Kubrick — notamment les coiffes des prêtres, surmontées d’un point lumineux rouge évoquant sans équivoque HAL 9000 dans 2001, l’Odyssée de l’espace — ainsi qu’à l’esthétique développée par Denis Villeneuve dans la saga cinématographique Dune, inspirée des romans de Frank Herbert.

Parmi les choix les plus discutables figure la refonte de la scène triomphale. Azorín renonce à sa monumentalité traditionnelle pour lui substituer une scène de torture infligée aux prisonniers éthiopiens, sorte d’autodafé futuriste évoquant celui de Don Carlo. Ce parti pris crée une nette dissociation entre ce que la musique exprime et ce que montre la scène. À l’inverse, la scène du Nil, d’un minimalisme intimiste, baignée d’une lumière de néons évoquant une nuit de lune au bord du fleuve, constitue l’un des rares moments où le chant peut pleinement s’épanouir, sans être parasité par un excès de sollicitations visuelles ou circassiennes.

Une fois le rideau tombé, les artistes ont été salués par une ovation particulièrement chaleureuse.

 

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CRITIQUE, opéra. SEVILLE, Teatro de la Maestranza, les 26 & 27 juin 2026. VERDI : Aïda. Paco AZORIN / Daniel CALLEGARI & Dominic LIMBURG. Crédit photographique (c) Guillermo Mendo

 

 

 

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ENTRETIEN avec le violoniste Valentin SERBAN, à propos du CONCOURS ENESCU 2026

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Lauréat du Concours en 2020 – 2021, le violoniste VALENTIN SERBAN évoque sa propre expérience du Concours Enescu dont la prochaine édition (la 20ème) aura lieu à Bucarest du 23 août au 19 septembre 2026 : un formidable tremplin pour tout jeune artiste, exigeant artistiquement et moralement. Le violoniste explique aussi ce qui de son point de vue, caractérise la musique d’Enescu, ce qui la rend unique…

 

 

CLASSIQUENEWS : Que signifie le Concours ENESCU pour vous, votre carrière et votre parcours artistique ?

Valentin Serban : Je suis profondément reconnaissant pour ce que le concours Enescu m’a offert. C’est une sorte de reconnaissance qui permet à tout artiste de prendre confiance dans son talent, de se développer sur scène et de partager sa passion avec un public plus large.

 

CLASSIQUENEWS : Parlez-nous de votre expérience du Concours. Quels ont été les principaux défis, et le ou les partitions qui vous ont permis de convaincre et de gagner ?

Valentin Serban : Une compétition est un défi à plusieurs niveaux, mais un aspect très sous-estimé d’un tel événement est la pression psychologique. Bien sûr, le niveau de performance devrait être du plus haut niveau, mais faire cela devant un jury qui évalue essentiellement tout ce que vous faites est une expérience complètement différente. Je n’ai jamais été doué pour résister à ce genre de pression.
Je n’ai absolument aucune idée de ce qui a convaincu le jury que je devrais être le gagnant. Bien sûr, pour la Finale, il n’y avait qu’un seul concerto à jouer, dans mon cas, le fantastique Concerto pour violon de Sibelius. Mais jusque-là, il y avait eu beaucoup d’autres pièces.

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est votre vision d’ENESCU ? Quelles valeurs incarne-t-il ?

Valentin Serban : George Enescu est un compositeur très spécial. Tout d’abord, son développement stylistique est très différent d’une période à l’autre de sa vie. Toute son existence, il a essayé de se trouver lui-même ainsi que sa propre expression musicale. Bien sûr, on peut toujours reconnaître l’influence principale qui a façonné sa musique : les traditions folkloriques roumaines. L’amour pour ce que sa terre natale représentait pour lui est évident pour quiconque écoute ou joue ses compositions.

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il des partitions d’ENESCU que vous aimez particulièrement jouer ou écouter ? Lesquelles et pourquoi ? 

Valentin Serban : En tant que violoniste, bien sûr, j’adore jouer les Sonates pour violon, surtout la Troisième Sonate, dans le caractère populaire roumain. Ce que je trouve malheureux, c’est qu’il faut absorber un certain sentiment et une certaine culture pour comprendre la musique d’Enescu. Et quand je dis « comprendre », je ne le veux pas dans un sens intellectuel, mais plutôt émotionnel. La musique est en effet une langue universelle, mais le folklore local est très profondément ancré dans une petite culture comme celle de la Roumanie, et je pense qu’il est presque impossible pour les étrangers de vraiment saisir la subtilité dont on a besoin pour jouer une musique aussi spéciale.

 

CLASSIQUENEWS : Que diriez-vous, quels conseils donneriez-vous aux jeunes instrumentistes qui s’inscrivent au concours 2026 ?

Valentin Serban : Comme l’a dit un jour Béla Bartók, « Les concours sont pour les chevaux, pas pour les artistes ». Cela dit, je réalise l’importance de participer à un tel événement. Peu importe le résultat, vous gagnez une expérience inestimable en apprenant beaucoup et en vous exposant à ce genre de défi. C’est exigeant de rivaliser avec des musiciens exceptionnels venus du monde entier, mais c’est aussi l’occasion idéale de s’évaluer soi-même, et c’est l’un des aspects les plus importants du développement d’un artiste à n’importe quelle étape de sa carrière. Au-delà des prix, l’expérience elle-même peut vous façonner à la fois en tant que musicien et en tant que personne.

 

Propos recueillis en juin 2026
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BIO
Valentin Șerban est le lauréat du grand prix de la finale de violon du Concours International George Enescu 2020 / 2021, avec une interprétation du Concerto pour violon en ré mineur op. 47 de Sibelius qui a valu au public une standing ovation à l’Athénée roumain. Valentin Șerban a obtenu une licence à l’Université Transilvania de Brașov et a suivi ses études de master à l’Université de musique et des arts du spectacle de Graz, sous la direction de Silvia Marcovici. Il s’est produit en Roumanie, en France, en Allemagne, en Autriche et en Italie. Il a été membre de l’ensemble Les Dissonances et violon solo invité de l’Orchestre roumain des jeunes.
Il est lauréat de plusieurs concours de violon nationaux et internationaux tels que le Concours International « Andrea Postacchini » (Italie), le Concours National « Mihai Jora » (Roumanie), le Concours International « Ștefan Ruha » (Roumanie) et le Concours International « Remember Enescu » (Roumanie).

 

 

agenda

CONCOURS, BUCAREST. 20ème Concours International George Enescu 2026 (23 août – 19 septembre 2026) – Cristian Măcelaru, direction artistique
https://www.classiquenews.com/concours-bucarest-20eme-concours-international-george-enescu-2026-23-aout-19-septembre-2026-cristian-macelaru-direction-artistique/

CONCOURS événement à BUCAREST cette année : la 20e édition du Concours international George Enescu se tiend à Bucarest du 23 août au 19 septembre 2026, avec pour thème générique : « À la recherche de l’excellence ». Sous la direction artistique de l’excellent Cristian Măcelaru, – actuel directeur musical de l’Orchestre National de France, l’événement biennal offre un tremplin idéal pour la nouvelle génération de musiciens ; en distinguant les tempéraments à fort potentiel, le Concours favorise pour chacun l’accélération de leur carrière internationale, en s’inscrivant dans l’héritage pédagogique et humaniste de George Enescu.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. CHOREGIES d’ORANGE, Théâtre Antique, le 27 juin 2026. Récital de Nadine SIERRA (accompagnée au piano par Bryan Wagorn)

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De retour sur la scène qui l’avait consacrée en 2017 dans Rigoletto, la jeune soprano américaine Nadine Sierra, formée sous l’égide de la légendaire Marilyn Horne et aujourd’hui sollicitée sur les plus grandes scènes internationales, devait initialement incarner le rôle-titre de Traviata, ce samedi 4 juillet, lors de cette même édition 2026 des Chorégies d’Orange. Les péripéties institutionnelles des Chorégies, ayant entraîné le remplacement de la mise en scène par une version de concert (qui a provoqué elle-même la démission du directeur artistique, Jean-Louis Grinda), ont finalement conduit la soprano à se retirer du projet, laissant la place à sa consoeur Jessica Pratt pour incarner Violetta. Mais la venue de la star n’a pas été annulée pour autant, et s’est magnifiquement transformée en un récital intimiste, accompagné par l’excellent pianiste Bryan Wagorn, véritable partenaire artistique avec lequel elle partage une évidente et intense complicité.

 

Dès son entrée en scène, dans une robe de mousseline blanche lui donnant des airs de Belle du Sud, Nadine Sierra a littéralement pris possession des lieux. Ce fut le début d’une soirée où virtuosité et générosité se sont donné rendez-vous. Le premier air d’ouverture fut fulgurante avec l’air de Juliette dans l’opéra éponyme de Gounod, « Je veux vivre ». La soprano a magnifiquement rendu l’ivresse juvénile du personnage, offrant des aigus étincelants et une articulation du texte français d’une netteté remarquable. Un détail piquant a ajouté à la grâce du moment : les cris perçants des martinets, volant en piqué sur le plateau, ont accompagné la prestation. Loin de se laisser distraire, la chanteuse s’est amusée de cette situation, désignant ces hôtes ailés comme des rivaux vocaux, dans un éclat de rire qui a ravi le public. Dans « Chi il bel sogno di Doretta » tiré de La Rondine de Puccini, la voix de Sierra a déployé toute sa morbidezza, offrant des aigus successifs d’une qualité de projection impressionnant.

Le programme se poursuivit avec un air français magnifiquement ciselé, le sublime air « Depuis le jour » extrait de Louise de Gustave Charpentier où la poésie du verbe et l’intelligence dramatique de l’interprète ont transcendé l’air : les mots « Je suis heureuse ! » ou « Et je tremble délicieusement… » résonnaient avec une vérité bouleversante. L’Intermezzo de Manon Lescaut au piano a offert un moment de grâce instrumentale, avant que l’air du poison de Roméo et Juliette, « Dieu ! Quel frisson court dans mes veines ! », n’offre un moment d’intensité dramatique rare. Dans ce monologue où l’héroïne de Gounod, saisie d’effroi et de vertige, contemple la fiole fatale, Nadine Sierra a déployé une palette expressive confondante. D’abord murmurée, presque effrayée, la voix s’est progressivement enflammée, les aigus se parant d’un éclat fiévreux tandis que le piano de Bryan Wagorn tissait autour d’elle une toile sonore oppressante. La soprano a magnifiquement rendu ce mélange unique de terreur et d’exaltation mystique, chaque note portée par un souffle d’une maîtrise absolue. Le crescendo vers l’élan final « Amour, ranime mon courage ! » fut un véritable coup de théâtre vocal, la voix se faisant tour à tour suppliante, résolue, puis presque extatique, avant de s’éteindre dans un pianissimo déchirant qui a suspendu le souffle des 2500 spectateurs présents. Un instant de pur frisson, où l’art de la cantatrice a atteint des sommets de vérité dramatique et de beauté sonore.

 

 

Après l’entracte, la soprano, vêtue d’une robe lamée, a abordé le répertoire du Bel Canto romantique, celui qui l’a propulsée au sommet de la hiérarchie lyrique. L’air de Norina du Don Pasquale de Donizetti « Quel guardo il cavaliere… So anch’io la virtù magica » fut un pur délice : le regard mutin, la complicité avec le piano, le corps épousant la musique, tout était expression. Le Nocturne op.27 n°2 de Chopin, interprété avec émotion et maestria par Wagorn, fit la transition vers une seconde partie où le chant se fit prière, avec « Care compagne » tiré de La Sonnambula – et surtout « Regnava nel silenzio » extrait de Lucia di Lammermoor, où la poésie du phrasé et l’évocation de la folie naissante ont donné le frisson. Mais le moment de grâce suprême, celui qui a littéralement fait basculer la soirée dans une dimension d’émotion pure, survint lorsque la soprano, après s’être excusée en quelques mots touchants de ne pas chanter le « Casta diva » (dans Norma de Bellini) initialement prévu, se tourna vers son pianiste et entama l’air du premier acte de La Traviata, « Ah, fors’è lui che l’anima ». Dès les premières notes, le public retint son souffle. On savait Nadine Sierra virtuose, on la savait lumineuse, mais on ne l’attendait pas si bouleversante dans ce rôle qu’elle n’aura finalement pas l’occasion d’incarner sur cette scène. Ce fut une lecture d’une intimité confondante. Loin de toute démonstration gratuite, la soprano s’est glissée dans la peau de Violetta avec une pudeur et une sincérité désarmantes. Le récitatif « E strano ! » fut murmuré comme une confidence, chaque syllabe pesée, chaque silence habité. Lorsque vint l’aveu « A quell’amor, quell’amor ch’è palpito », la voix se fit voilée, presque fragile, comme si la courtisane découvrait pour la première fois la possibilité d’un sentiment pur. Le pianissimo sur « morir » fut d’une beauté à fendre l’âme, un souffle suspendu au-dessus du Théâtre antique muet de contemplation. Et puis vint la cabalette, « Sempre libera ». Ce fut le retour de la flamme, de la virtuosité éclatante, mais avec une différence essentielle : Sierra n’a jamais fait de cette liberté une simple fête de la technique. Elle y a mis une urgence, une fièvre presque douloureuse, comme si Violetta se forçait à croire à cette insouciance pour mieux fuir l’émotion qui la terrifie. Les aigus fusèrent, éclatants, précis, portés par un souffle inépuisable, tandis que ses yeux, brillants d’une lueur presque fébrile, parcouraient les gradins comme pour y chercher une échappatoire. Le contre-ut final, tenu avec une autorité souveraine, fut salué par une ovation qui n’en finissait plus. Ce n’était plus une cantatrice que l’on applaudissait, c’était une tragédienne qui venait de livrer une leçon d’art lyrique !…

Devant le triomphe debout des 2500 spectateurs, Nadine Sierra, dans un geste de générosité totale, a offert quatre bis. Après avoir enlevé ses hauts talons inconfortables, en les balançant littéralement derrière son dos tant elle n’en pouvait plus d’en souffrir (rire général !), elle s’est installée à côté de son pianiste  pour délivrer le célèbre canzona napolitaone « O sole mio », interprété comme véritable feu d’artifice, suivi d’un « Summertime » sensuel à souhait, et d’un « Mio Babbino Caro » de Puccini aussi tendre que poignant. Le clou de cette ultime partie non officielle fut « I could have danced all night » extrait de My Fair Lady de Loewe, interprété avec un swing dévastateur qui a transformé la diva en entertainer de Broadway !

Une telle générosité, un tel sans-faute vocal et artistique font de Nadine Sierra une véritable Diva dans le plus beau sens du terme. Sa voix solaire, sa technique infaillible et sa joie communicative ont fait de cette soirée un moment d’anthologie, qui restera dans les annales des Chorégies d’Orange.

 

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CRITIQUE, festival. CHOREGIES D’ORANGE, Théâtre Antique, le 27 juin 2026. Récital de Nadine SIERRA (accompagnée au piano par Bryan Wagorn). Crédit photographique (c) Philippe Gromelle

 

 

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ON LILLE Orchestre National de Lille. BROADWAY BY NIGHT (Les Nuits d’été), les 2 et 3 juillet 2026. Lakisha Jones, Aisha de Hass… Joshua Weilerstein (direction)

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Un site surprenant, une programmation inédite… voilà qui conclut de façon originale la saison 2025 2026 de l’ON LILLE Orchestre national de Lille. Ainsi deux soirées exceptionnelles au STAB Vélodrome de Roubaix s’annoncent incontournable les 2 et 3 juillet prochains.

 

Le lieu est spectaculaire … et le concert tout aussi décoiffant : les Nuits d’été 2026 sont un véritable show à l’américaine qui célèbre les grandes heures de la comédie musicale et du jazz US à travers leurs standards les plus emblématiques. Bernstein, Gershwin, Rodgers, Arlen… autant de compositeurs mythiques réunis dans un parcours musical aussi flamboyant qu’exigeant, porté par l’orchestre et de grandes voix américaines.

Sous la direction du directeur musical Joshua Weilerstein, l’Orchestre National de Lille déploie toute l’énergie et la richesse nécessaire, « entre rythmes enjoués, mélodies inoubliables et émotion pure ». Les 2 et 3 juillet, deux soirées festives, pour vivre un moment unique, au cœur de l’été, avec l’Orchestre National de Lille.

 

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ROUBAIX, STAB VELODROME
Jeudi 2 juillet 2026 – 20h30
vendredi 3 juillet 2026 – 20h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre National de Lille : https://www.onlille.com/choisir-un-concert/categories/broadway-by-night
Une soirée exceptionnelle au Stab Vélodrome de Roubaix avec les œuvres de
Gershwin à Rodgers en passant par Bernstein, une soirée inoubliable … 
Durée : 2h, avec entracte
Solistes : Lakisha Jones et Aisha de Hass, sopranos

 

L’engagement des musiciens lillois est d’autant plus attendu qu’il s’est pleinement manifesté le 12 juin dernier, en ouverture du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL quand Joshua Weilerstein et les instrumentistes du National de Lille, en complicité avec le pianiste Paul Lay (entre autres) relisait avec délire et délices, la célébrissime Rhapsody in Blue… maîtrisant la pulsion, le swing, toutes les nuances d’un jeu virtuose qui fusionne mélodie et improvisation. LIRE notre compte-rendu / critique du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2026 (12, 13 et 14 juin 2026) : https://www.classiquenews.com/critique-festival-23eme-lille-pianos-festival-2026-les-12-13-et-14-juin-2026-orchestre-national-de-lille-joshua-weilerstein-jean-claude-casadesus-guillaume-coppola-temps-calme-edouard-fer/

 

Billetterie

Guichet
30 Place Mendès France / Du mardi au vendredi, 13h-18h

Téléphone
03 20 12 82 40 / 
Du mardi au vendredi, 10h-12h et 13h-17h30

 

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. TOULOUSE, Théâtre du Capitole (du 26 juin au 5 juillet 2026). BIZET : Carmen. M-N. Lemieux, A. Hernandez, A. Constans, A. Sempetrean… Jean-Louis GRINDA / Leo HUSSEIN

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Huit ans après avoir fait le bonheur des spectateurs du Théâtre du Capitole, la vénérable institution occitane vibre à nouveau au rythme envoûtant de la musique de Carmen de Georges Bizet, dans la désormais célèbre production signée par Jean-Louis Grinda, couronnant une riche saison 26 / 27 qui a des airs de sans faute artistique. Cette mise en scène, désormais bien rodée après avoir enchanté les scènes de Marseille, Monte-Carlo ou encore les Chorégies d’Orange, trouve au Capitole un écrin et une complicité avec le public qui en font un moment de grâce et de bonheur absolu.

Jean-Louis Grinda, ancien directeur des Chorégies d’Orange et de l’Opéra de Monte-Catrlo, propose ici un regard résolument moderne et d’une grande intelligence sur l’œuvre de Bizet. Il évite avec brio les écueils des clichés éculés : sa Carmen n’est ainsi ni une garce ni une séductrice manipulatrice, mais une jeune femme éperdue de liberté qui aime comme elle respire, avec une fraîcheur et une sincérité qui la rendent bouleversante. La mise en scène souligne avec justesse la violence possessive de Don José, véritable prédateur dont la jalousie maladive conduit à l’irréparable. Le dispositif scénique conçu par Rudy Sabounghi est une véritable prouesse technique et esthétique. Deux grands blocs semi-circulaires, évoquant une arène, s’articulent et se déplacent pour créer avec une élégante sobriété les différents espaces de l’action, de la manufacture de tabac aux montagnes désertiques, en passant par les murs de Séville. La scène s’ouvre sur une vision en flash-back : dans la pénombre de sa cellule, Don José revit les événements qui l’ont conduit à l’irréparable, donnant d’emblée à l’œuvre sa dimension tragique et inéluctable.

Dans le rôle-titre, Marie-Nicole Lemieux est tout simplement renversante. La grande contralto québécoise, déjà acclamée à Orange, déploie une palette sonore d’une richesse exceptionnelle. Sa voix, à la fois sombre et brillante, puissante et superbement contrôlée, incarne avec une intensité rare toutes les facettes de la gitane. Cette Carmen est gouailleuse, pulpeuse, troublante et infiniment touchante, mais jamais vulgaire ou impudique. Elle parvient à faire évoluer son personnage tout au long de l’œuvre, de la cigarière provocante du premier acte à la femme traquée et vibrante du duel final, avec une vérité dramatique qui a saisi le public.

Face à elle, Airam Hernandez, ténor espagnol en passe de devenir l’un des piliers du Théâtre du Capitole (et le public toulousain ne s’en plaindra pas !…), et dont les incarnations successives in loco ont marqué les esprits, campe un Don José d’anthologie. Sa composition saisit par sa crédibilité : il incarne à la perfection cet homme faible, rongé par une jalousie animale, dont la violence possessive surgit avec une effrayante spontanéité. Mais ce qui marque tout autant, c’est l’extraordinaire raffinement de son chant. Son « Air de la Fleur » est un moment de pur bonheur lyrique : des demi-teintes subtiles, des diminuendi d’une beauté à couper le souffle, une ligne de chant tendue à l’extrême, servie par un timbre chaud et une émission parfaitement maîtrisée. C’est simple, on n’avait pas entendu un tel niveau d’interprétation dans ce rôle depuis les grandes heures de Jonas Kaufmann ou Roberto Alagna !…

 

 

La Micaëla d’Anaïs Constans, soprano toulousaine qui s’était déjà illustrée dans cette même production lors de sa création en 2018, confirme tout le bien que l’on pensait d’elle déjà alors. Sa voix, d’une clarté lumineuse, possède un timbre rond et une ligne de chant superbement conduite. Son air « Je dis que rien ne m’épouvante » est un moment de grâce, porté par une intensité dramatique et une puissance vocale qui lui valent à juste titre les ovations du public. Son jeu scénique, intense et habité, fait de cette Micaëla un personnage bien loin de l’oie blanche traditionnelle, une femme qui cherche à comprendre ce qui lui échappe et dont les regards portent le poids d’une inquiétude muette. L’excellentissime baryton-basse roumain Adrian Sempetrean, appelé à remplacer au pied levé Alexandre Duhamel déclaré souffrant, relève le défi avec une maestria confondante dans le rôle d’Escamillo. Sa voix, d’une belle assise, son charisme scénique et son jeu sans forfanterie font de son toréador une présence magnétique, à la hauteur de la superbe aria du toréador.

Mais cette production est aussi l’occasion de saluer une révélation : Adrien Mathonat en Zuniga. Cette basse à la voix surpuissante, au grain somptueux, possède une stature imposante qui magnifie son jeu de comédien. Son autorité naturelle, sa présence scénique confèrent au lieutenant une crédibilité et une profondeur rarement atteintes dans ce rôle. Il rejoint le cercle des grands seconds rôles qui font la richesse de cette distribution. Pierre-Yves Cras campe un Moralès d’une élégance rare. Son baryton, chaleureux et bien timbré, donne au caporal cette bonhomie un peu gouailleuse qui séduit dès les premières mesures. Son jeu scénique, plein de naturel, installe d’emblée l’atmosphère populaire de la Séville du premier acte. Les deux compagnes de Carmen, Fanny Soyer en Frasquita et Léontine Maridat-Zimmerlin en Mercedes, forment un duo complice et pétillant. La soprano Fanny Soyer, révélation de l’Académie de l’Opéra-Comique, déploie une voix agile et une présence scénique enjouée qui font merveille dans les ensembles. La mezzo Léontine Maridat-Zimmerlin, lauréate de nombreux concours et nommée aux Victoires de la Musique Classique 2026 dans la catégorie « révélation« , apporte à Mercedes un timbre chaud et une malice complice qui achèvent de convaincre. Côté contrebandiers, Damien Gastl campe un Dancaïre d’une belle carrure vocale. Le baryton, déjà familier de la scène du Capitole pour y avoir incarné Melot dans Tristan, fait preuve d’une autorité naturelle et d’une voix ronde qui sert idéalement le chef des bandits. Krešimir Špicer, en Remendado, complète cette équipe de gueux avec un ténor léger et une truculence pleine de vivacité. Tous forment, avec les Chœurs du Théâtre du Capitole, un peuple gitan d’une vérité et d’une énergie folles. 

Derrière le pupitre, le chef britannique Leo Hussein dirige l’Orchestre national du Capitole de Toulouse avec une passion communicative. Sa lecture de la partition, précise et sensuelle, fait ressortir toutes les couleurs et les nuances de la musique de Bizet. Il sait maintenir un équilibre parfait entre la fosse et le plateau, avec un constant souci du phrasé et des dynamiques, offrant par ailleurs à ses chanteurs un soutien idéal.

Le public toulousain, connaisseur et exigeant, a réservé à cette Carmen un accueil triomphal. Il a su reconnaître dans cette production une œuvre totale, qui confirme une fois de plus le rayonnement du Théâtre du Capitole sur la scène lyrique internationale. Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte, et à voir avant le 5 juillet !

 

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CRITIQUE, opéra. TOULOUSE, Théâtre du Capitole (du 26 juin au 5 juillet 2026). BIZET : Carmen. M-N. Lemieux, A. Hernandez, A. Constans, A. Sempetrean… Jean-Louis GRINDA / Leo HUSSEIN. Crédit Photographique (c) Mirco Magliocca

 

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ENTRETIEN avec Guillaume CUILLER, directeur artistique de l’ensemble Stradivaria, à propos du nouvel album « Swing’in Partita »

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L’hautboïste Guillaume Cuiller pilote à présent l’ensemble Stradivaria ; le nouvel enregistrement « Swing’in Partita » éclaire l’extrême expressivité des bois et des vents à Vienne quand l’Harmonie Musik sous le règne de Joseph II, vivait un âge d’or… Pour les instrumentistes, l’important est de nuancer, phraser ensemble : restituer l’art de séduire et de divertir grâce à une dextérité naturelle et virtuose… Le programme crée aussi une nouvelle partition : « Partita » de Guillaume Connesson, dans un jeu en dialogue, emblématique de l’ouverture de Stradivaria aujourd’hui…

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Photo : © Jean-Baptiste Millot

 

CLASSIQUENEWS : Depuis que vous avez repris la direction artistique de Stradivaria, dans quelle direction avez-vous accompagné l’ensemble ? En quoi ce nouveau programme (et ce premier disque sous votre direction) est-il emblématique de la ligne artistique actuelle ?
 
Guillaume Cuiller : Après une bonne trentaine d’enregistrements et un changement de direction artistique, Stradivaria vit une nouvelle étape avec cet album, qui présente une partie du travail que nous menons depuis trois ans sur la musique pour instruments à vent de la fin du XVIIIème siècle. Étant hautboïste, et malgré le nom de Stradivaria évidemment lié au monde des cordes, j’ai un peu réorienté une part du répertoire de l’ensemble vers la période très faste qui court des années 1760 à 1820 dans l’est de l’Europe. Par ailleurs, je poursuis bien sûr le travail « historique » de Stradivaria consacré à la musique baroque instrumentale et vocale des grands courants européens, la France, l’Italie et l’Allemagne.
Enfin, je veux décloisonner les genres, faire le lien avec d’autres disciplines et d’autres esthétiques, notamment la création d’aujourd’hui, comme c’est le cas dans ce nouvel album. Au-delà de ces choix artistiques, j’ai choisi d’approfondir notre ancrage sur le terrain, en collaboration étroite avec les acteurs du territoire nantais où nous sommes installés depuis plus de 20 ans, pour fédérer tous les publics autour de l’orchestre.

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la musique pour vents à Vienne ? En quoi est-elle inspirante pour vous ? Que permet-elle aux interprètes ? Quels en sont les défis et les points d’accomplissements ?
 
Guillaume Cuiller : Le répertoire des vents est bien souvent pauvre, comparé à celui des cordes ou des claviers. Les années 1760 à 1820 font figure d’exception. Notamment sous le règne de Joseph II à Vienne, la Harmonie Musik – « musique d’harmonie » – a connu une période d’or : l’octuor à vent (hautbois, clarinettes, cors et bassons par paires) était une formation de référence pour laquelle presque tous les compositeurs écrivaient. C’est un peu notre « quatuor à cordes » ! Cette formation est équilibrée grâce l’association de timbres variés, la vivacité des hautbois, la douceur des clarinettes, la rondeur des cors, la profondeur des bassons… mais j’aurais pu aussi intervertir tous ces qualificatifs, tant chaque instrument est capable de multiples couleurs sonores. C’est cette richesse qui fait l’intérêt de l’octuor, qui sonne comme un véritable petit orchestre.

Le défi, avec des instruments aussi différents, c’est de mélanger les sons et les attaques pour fabriquer un son commun. Et de donner l’impression qu’il n’y a qu’un musicien : penser la musique ensemble, phraser de la même manière, malgré nos contraintes techniques différentes, c’est là l’idéal que nous cherchons à atteindre.

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous conçu le programme et choisi les compositeurs et leurs œuvres ?  Quelle en est la dramaturgie dans sa continuité ?
 
Guillaume Cuiller : Swingin’ partita est aussi sous-titré : « 1800 : l’art du divertissement ». J’ai choisi d’explorer l’esprit de la musique pour vents de l’époque, une musique légère et virtuose, une belle musique de divertissement – car ce mot n’a rien de péjoratif : le divertissement viennois est d’un grand raffinement.

Le programme mêle des œuvres phares des années 1800 (la partita de Franz Krommer, le rondino de Ludwig van Beethoven) à des œuvres moins connues (l’armonia de Antonio Salieri) ou même complètement oubliées (le divertimento de Casimir Cartellieri). L’album s’ouvre avec la partita de Franz Krommer, qui représente une forme d’accomplissement du genre ; en miroir, une partita de Guillaume Connesson clôt le disque – hommage au XVIIIe siècle et ouverture sur notre époque.

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte la commande à Guillaume Connesson ? Qu’avez vous travaillé avec le compositeur pour réaliser ainsi la création de sa partition ?
 
Guillaume Cuiller : Il y a eu pas mal d’allers-retours entre Guillaume Connesson et les musiciens concernant les possibilités techniques des instruments du XVIIIe siècle. Le travail avec le compositeur a soulevé un point passionnant : pour une fois, nous n’avons pas abordé la musique par le prisme des instruments, qui nous dictent habituellement le phrasé. C’est même le contraire ici : nous jouons ces instruments dans une musique actuelle pensée pour eux, et nous leur découvrons de nouvelles couleurs inouïes.
J’ai demandé à Guillaume Connesson d’écrire une musique de divertissement : c’est cet état d’esprit qui fait l’unité de l’album, au-delà du style. La musique prend la forme qui correspond à son époque, avec un langage « classique » au XVIIIème siècle, ou bien pop ou disco dans les années 1970, et encore différent aujourd’hui, riche de multiples influences ; ce qui importe, c’est l’esprit qui sous-tend la création. En l’occurence, je ressens la même envie de danser sur la polacca de Krommer que sur le rondo disco de Connesson, ou bien la même intensité lyrique dans l’andante cantabile très opératique que dans la chaconne pop, aux couleurs sombres d’un film de Melville… Pour moi, c’est l’émotion qui est au premier plan, quel que soit le style, et c’est cette émotion qui permet de tisser des liens entre les esthétiques.

 

CLASSIQUENEWS : Y-a-t-il une suite, un prolongement après ce programme et ce disque ?
 
Guillaume Cuiller : Nous avons eu beaucoup d’occasions de donner ce programme en concert , et nous continuons de le donner… Dans le même esprit, nous jouons aussi la Gran partita de Mozart, chef d’oeuvre de la musique pour vents. Pour le moment, il n’y a pas d’autre prolongement prévu autour de ce répertoire, car nous allons revenir à des projets plus « baroques » avec Stradivaria dans les mois à venir.

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous une anecdote, un souvenir à partager, liés à l’enregistrement du disque « Swingin’partita » ?

Guillaume Cuiller : Un beau souvenir : le plaisir d’être accueillis à l’abbaye de Fontevraud pour réaliser cet enregistrement. C’est un endroit hors du temps où la pierre, la nature, la lumière automnale, bref, tous les éléments sont propices à la sérénité et à la concentration. L’équipe de l’Abbaye est au diapason et nous a accueillis dans des conditions optimales !

Propos recueillis en mai 2026

 

Photo : Guillaume Cuiller © JB Millot

 

 

LIRE notre présentation du cd Sing’in Partita par Stradivaria – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-swingin-partita-vienne-1800-krommer-beethoven-cartellieri-salieri-connesson-1-cd-mirare/

Les instrumentistes de l’ensemble Stradivaria savent renouveler leur programme en défrichant des pans méconnus du répertoire instrumental. Le nouveau cd intitulé « Swingin’partita » dévoile l’essor exceptionnel de la musique pour instruments à vent à Vienne depuis la fin du XVIIIème et en particulier autour de 1800, sous l’impulsion directe de l’empereur Joseph II… Un âge d’or que rompera la guerre contre Napoléon

 

 

LIRE notre CRITIQUE du cd SWINGIN’PARTITA. Harmoniemusik, octuor de Krommer, Beethoven, Cartellieri, Salieri, Connesson… Stradivaria – 1 cd Mirare – enregistré à Fontevraud en oct 2024 – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 :
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-swinginpartita-harmoniemusik-octuor-de-krommer-beethoven-cartellieri-salieri-connesson-stradivaria-1-cd-mirare-enregistre-a-fontevraud-en-oct-2024/

Eclectique et volubile, la performance touche autant qu’elle impressionne (capable d’une motricité rythmique continue jusque dans la pièce contemporaine, disco, pop,… signée Guillaume Connesson). Les 8 instrumentistes, excellents solistes savent s’écouter et respirer ensemble, exprimant de l’HarmonieMusik, cette élégance viennoise qui sous des doigts français aussi orfèvres, se colore d’une vivacité et un relief individualisés proprement français. L’intérêt revient aussi à la typologie des instruments joués, au choix des partitions très habilement combinées, selon le pilotage fédérateur de l’hauboïste Guillaume Cuiller, directeur artistique de Stradivaria depuis 2020

 

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