dimanche 11 octobre 2026
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CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 6 août 2026. RAVEL / LISZT. Alexandre KANTOROW (piano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki YAMADA (direction)

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Après l’éclatante Huitième Symphonie de Dvořák dirigée par Martin Rajna le 2 août, qui avait déjà enthousiasmé la Cour d’honneur du Palais Princier, et en écho lointain à l’ouverture magistrale du 9 juillet où Philippe Jordan avait bouleversé le public monégasque avec la déchirante Cinquième Symphonie de Mahler, le sixième et dernier concert du festival « Concerts au Palais Princier 2026 » s’annonçait comme un moment mémorable. Cette soirée marquait en effet les adieux de Kazuki Yamada après dix années passées à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (mais aussi ceux de Didier de Cottignies comme directeur artistique). Une page de l’histoire musicale monégasque se tournait, et le programme imaginé par ces deux artisans de génie pour cette ultime représentation fut un véritable feu d’artifice artistique.

 

Le concert s’ouvrait sur le Quatuor à cordes de Maurice Ravel, magnifiquement orchestré (pour orchestre symphonique) par Giancarlo Chiaramello. Force est de constater que les contraintes de temps – la soirée battant son plein et le protocole monégasque exigeant une rigueur horaire – ont contraint l’orchestre à n’interpréter que les deux premiers mouvements de cette œuvre délicate. Qu’importe ! Ce qui fut donné à entendre suffisait amplement à mesurer toute la splendeur de cette partition. Sous la baguette plein de souplesse de Kazuki Yamada, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo s’est mué en un instrument aux mille nuances. Le premier mouvement, Animé et très décidé, a déployé toute sa fraîcheur mélodique et son écriture fluide, les cordes se répondant avec une transparence et une légèreté confondantes. Le second, Très vif et bien rythmé, a offert un véritable feu d’artifice rythmique, où les pizzicati et les accents vifs ont électrisé la Cour d’honneur. Yamada, par son geste précis et chantant, a su faire rayonner tout le raffinement et la modernité de cette œuvre de jeunesse, laissant regretter de ne pouvoir entendre la suite – mais l’essentiel était là : la beauté des couleurs et la sensualité de l’écriture ravélienne, parfaitement restituées par des musiciens en état de grâce.

Puis vint le temps du Concerto pour piano n°2 en la majeur de Franz Liszt, et avec lui, l’entrée en scène du prodigieux Alexandre Kantorow. Le jeune pianiste français, véritable roi du clavier, a délivré une lecture d’une virtuosité étincelante et d’une intelligence musicale confondante. L’œuvre, d’un seul tenant mais divisée en six sections contrastées, a été déroulée par Kantorow avec une parfaite maîtrise de l’architecture globale, faisant de ce concerto une vaste et puissante symphonie avec piano obligé. Dès l’Adagio sostenuto assai initial, il a su créer une atmosphère de recueillement presque mystique, les premières notes du clarinette répondant aux accords du piano avec une douceur envoûtante. Kantorow a déployé un toucher d’une rare délicatesse, faisant chanter le thème principal avec un lyrisme profond et une noblesse de phrasé qui rappelait les plus grands interprètes de la tradition hongroise. Le dialogue avec l’orchestre, sous la direction attentive de Kazuki Yamada, était d’une magnifique précision et d’une superbe complicité.

Puis, dans la section Allegro agitato assai, la transformation s’est opérée : le pianiste a laissé éclater sa virtuosité flamboyante. Les gammes chromatiques, les doubles notes et les octaves fulgurantes se sont succédé avec une aisance et une clarté sidérantes. Kantorow possède ce don rare qui permet de marier la puissance la plus démoniaque à une transparence de toucher qui laisse entendre chaque note, chaque harmonie, sans jamais de chevauchement ni de pédale brouillée. Ses doigts, d’une agilité prodigieuse, ont survolé le clavier avec une légèreté presque surnaturelle, dans une démonstration de force qui souleva les premiers frissons dans le public.

Le Tempo del primo qui suivit vit un Kantorow plus méditatif, tissant avec l’orchestre un dialogue d’une intimité bouleversante. Le thème initial, repris dans une ornementation somptueuse, a pris des allures de confession intime, chaque note pesée, chaque silence habité. La section Allegro moderato déroula ensuite toute sa verve rythmique et folklorique, Kantorow y insufflant une joie communicative, dansant littéralement avec l’orchestre sur les rythmes entraînants de la csárdás hongroise. Son jeu, ici, était d’une vitalité contagieuse, les accents martelés avec une précision chirurgicale, les passages en octaves diaboliques exécutés avec une désinvolture confondante. Quabt à la section Allegro deciso, elle fut un véritable tour de force : Kantorow y déploya une énergie héroïque, les accords massifs du piano faisant trembler la Cour d’honneur, portés par un orchestre au diapason. Yamada, avec un geste ample et vibrant, soutenait son soliste dans cette apothéose rythmique, créant un crescendo d’une intensité inouïe.

Puis vint l’Allegro animato, que Kantorow aborda avec un brio et une pétulance irrésistibles. La virtuosité était toujours éblouissante, mais jamais gratuite : chaque cascade de notes, chaque trait vertigineux était mis au service d’une ligne mélodique, d’un souffle. Le final, véritable feu d’artifice technique et expressif, s’acheva dans un éclat de joie triomphante, suscitant la première grande ovation de la soirée. Kantorow avait réussi le pari fou d’unir la puissance dévastatrice de Liszt à une élégance et une poésie rares, confirmant – s’il en était encore besoin – qu’il est l’un des plus grands pianistes de sa génération.

Mais le vrai miracle survint au moment du premier bis. Alexandre Kantorow s’est approché du piano pour offrir un moment d’éternité, avec la transcription de La Mort d’Isolde par Franz Liszt. Ce fut un de ces instants suspendus où le temps semble s’arrêter. La Cour d’honneur, médusée, retenait son souffle devant l’intensité dramatique, la profondeur émotionnelle et la beauté lunaire qui émanaient de ce clavier. Les harmonies wagnériennes, transfigurées par Liszt, prenaient sous les doigts de Kantorow une dimension visionnaire, chaque accord résonnant comme un cri de l’âme. Un silence assourdissant, puis une ovation debout, spontanée, lui succéda du plus profond des cœurs.  Hélas, un second bis, que nous n’avons malheureusement pas identifié, vint briser ce sortilège. D’une facture plus anecdotique, il parut bien futile après un tel sommet d’émotion…

La soirée s’acheva en apothéose avec La Valse, poème chorégraphique de Maueice Ravel, dans une version d’une force et d’une clarté sidérante, dont l’affinité avec la musique française est connue, a dirigé cette œuvre iconique avec une incroyable maîtrise, faisant naître tour à tour les valses viennoises les plus enivrantes et les tourbillons les plus sombres. L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, galvanisé par l’énergie de son chef et par l’importance de ce dernier concert, a déployé une puissance, une précision et une palette de couleurs inouïes, offrant à ce final une dimension tragique et triomphale qui laissait entrevoir tout le chemin parcouru en dix ans. Et la valse s’acheva dans un fracas apocalyptique !… Le rideau est ainsi tombé sur une décennie exceptionnelle, mais l’écho de cette soirée d’adieux résonnera longtemps dans la mémoire du public monégasque.

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 6 août 2026. RAVEL / LISZT. Alexandre KANTOROW (piano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki YAMADA (direction). Crédit photographique (c) Frédéric Nebinger

 

 

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CRITIQUE, concert. 77ème Festival de Menton, le 7 août 2026. BACH/LISZT, MEDTNER, CHOPIN, ALKAN, SCRIABINE, BEETHOVEN, WAGNER/LISZT… Alexandre KANTOROW, piano

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C’est un programme particulièrement construit et réfléchi avec soin [dans ses passages harmoniques et dans chaque transition] que propose pour sa clôture, le 77ème Festival de Menton. A nouveau, un récital de très grande tenue, sur le parvis désormais légendaire de la Basilique Saint-Michel Archange. Ce très grand moment musical est emblématique de la direction artistique exemplaire défendue par Paul-Emmanuel Thomas depuis…13 ans. Ainsi s’écrivent grâce à sa direction inspirée, les grandes heures du festival mentonnais ;

 

un nouvel accomplissement et pour les festivaliers, une nouvelle expérience sonore saisissante, après quelques précédentes cet été, dont le récital du duo Léonidas Kavakos / Enrico Pace, le 4 août dernier. LIRE la critique par Emmanuel Andrieu : https://www.classiquenews.com/critique-festival-77e-festival-de-menton-parvis-de-la-basilique-st-michel-le-4-aout-2026-beethoven-stravinsky-mozart-franck-leonidas-kavakos-violon-enrico-pace-piano

 

 

excellence mentonnaise

Menton doit aux qualités de discernement du directeur artistique, sa notoriété actuelle qui en fait chaque été, le fleuron de l’agenda musical sur la Riviera française. Paul-Emmanuel Thomas prolonge en cela les heures glorieuses du Festival, celles de son prédécesseur André Borocz. Le lustre du Festival à travers une programmation constamment exigeante, ne s’est en réalité jamais atténué. A quelques années de sa … 80 ème édition, – ce qui en fait l’un des festivals français parmi les plus anciens de l’Hexagone, Menton peut s’enorgueillir de perpétuer la flamme de l’exceptionnel. Et l’éclat de tant d’excellentes affiches rehausse encore l’attrait culturel et touristique de la cité en bord de mer.

 

 

Photo : © Loic Lafontaine

 

Ainsi, l’excellence, le risque, l’exploration emmènent ce soir au delà des attentes. Alexandre Kantorow joue à Menton depuis des années. Ce, bien avant son couronnement au Concours Chopin 2019. Preuve si l’on en doutait de l’instinct prémonitoire de Paul-Emmanuel Thomas. Expérience ouverte vers l’inconnu et les mondes invisibles, le parcours pianistique que propose en guide habité, le pianiste invité, réalise une véritable métaphysique musicale.

Récitaliste passionnant, ALEXANDRE KANTOROW a ce don, en passeur habité, d’embarquer l’auditoire dans un cheminement ininterrompu, du début à la fin … son geste personnel et d’une activité constante, accélère, murmure, rugit, ouvre des gouffres de pudeur, édifie des architectures vertigineuses… immerge dans des contrées inconnues, qui fusionnent littéralement le temps et l’espace. L’auditoire est emmené et même enveloppé dans un voyage qui fait vibrer toutes les âmes présentes. Le pianiste, à ce niveau technique et interprétatif, délivre un témoignage saisissant que les auditeurs reçoivent comme une expérience sensorielle complète. Aussi puissante et imprévue qu’elle est irrésistible. Touchant les sens comme l’esprit. C’est le propre des très grands interprètes, d’autant plus quand ils savent concevoir leur propre programme, révélant des assemblages dont la cohérence se révèle peu à peu. Le grand sorcier Kantorow sublime la matière sonore ; il sait capter sous l’écriture formelle, des passages insoupçonnés, des continents infinis.

 

piano métaphysique

Sous des doigts aussi magiciens, l’écriture musicale semble jaillir du piano comme un flot naturel, et le sens général, en révèle les jalons successifs à mesure que le récital se déroule. C’est comme une pensée unique qui prend forme œuvre après œuvre. Le parcours est en soi une traversée, un rituel inattendu, construit de l’ombre primitive et chaotique… à la lumière qui délivre, ce que le Scriabine avant le Beethoven, illustre d’une éloquente façon.

LISZT en cela est un complice familier et un double introspectif d’une exceptionnelle acuité psychique… Il paraît aux deux extrémités de ce fabuleux récital. Alexandre Kantorow choisit deux transcriptions, deux bornes qui ouvrent [Bach], puis referment la formidable épopée [Wagner].

Tout file dans une permanente interrogation sur le sens de la forme, la direction des œuvres, les unes vis à vis des autres. C’est un questionnement ineffable, l’exploration cathartique de toutes les épreuves et de tous les affects humains comme récapitulés l’espace d’une soirée, dont le pianiste compose un feu ardent ininterrompu, et qu’il sait canaliser vers une transformation finale porteuse de transcendance [dans le cas de Scriabine], de résilience refondatrice [dans le cas du Beethoven final].

Toute la première partie du récital avant la pause [à la fin du Medtner] cultive une certaine tension sourde, suractive qui sculpte les contrastes et les ruptures dynamiques avec une acuité constante, et – nouveauté déconcertante, dans les tutti et crescendos les plus impétueux, le chant de l’interprète qui ajoute une fréquence, au début déstabilisante.
Les climats intranquilles et erratiques de la Sonate de Medtner déploient le sens de la déclamation, la rugosité des contrastes, le fantasque inquiet de séquences qui semblent se démentir sans discontinuer, en quête d’un équilibre inaccessible.

Après la pause, le pianiste se laisse bercer par la tendresse du Chopin, puis l’ivresse éperdue d’Alkan dont le sujet n’est qu’un prétexte narratif (mélodie obsédante de « La folle au bord de la mer »), vite sublimé pour un nouveau développement d’un lyrisme dramatique très lisztéen, chant rageur d’une virtuosité vertigineuse et d’une puissance onirique qui préfigure… Beethoven.

La clé de ce récital hors normes en serait le cheminement spirituel du Scriabine dont le rébus « Vers la flamme » indique clairement le passage dans une autre dimension, celle de la métamorphose avec le jaillissement d’une aspiration soudaine qui semble contrepointer (et donc élucider) les errances parfois paniques du Medtner.

Le comble de l’expérience humaine est déposé dans le déroulement de la dernière Sonate de Beethoven : Kantorow en passeur halluciné, préparé par le mysticisme de Scriabine, en détecte le génie mobile, la danse libre et salvatrice, la fougue et la transe libératrice, le sens de la construction et de la déconstruction créative, que le jeu du pianiste d’une lumineuse éloquence, inscrit constamment dans le sens de la transformation et de l’affirmation du verbe créateur, jusqu’à la prière finale, suprême aspiration énoncée dans l’esprit de la réconciliation et de la tendresse, avec un swing soudainement libéré, d’une essence enfantine bouleversante.

Et pour quitter le public transporté, debout, le fabuleux pianiste joue un 2ème (et dernier LISZT), sa transcription d’un raffinement inouï d’après la mort d’Isolde de Wagner. Dans le souffle voluptueux et scintillant du jeu pianistique se libère le chant d’amour de la princesse éprise, elle aussi irradiée par le sentiment et la conscience qu’elle incarne ; tout se dévoile peu à peu dans une libération ascensionnelle… entre puissance, prémonition, pudeur. Équation irrésistible.

On ne pouvait imaginer vivre telle traversée pianistique. C’est bien à Menton et nulle part ailleurs qu’une telle expérience est possible. On attend avec impatience la 78è édition du Festival de Menton, en souhaitant qu’elle soit de la même inspiration.

 

programme
Johann Sebastian Bach / Franz Liszt : Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen, S. 180.
Nikolai Medtner : Sonate en fa mineur, op. 5.
Frédéric Chopin : Prélude en ut dièse mineur, op. 45.
Charles-Valentin Alkan : La Chanson de la folle au bord de la mer op. 34 n° 8.
Alexandre Scriabine : Vers la flamme, op. 72 (1914).
L.V. Beethoven : Sonate n°32 en do mineur, op. 111.

 

 

 

VIDÉOS

« Vers la flamme » de SCRIABINE par Alexandre Kantorow
(intégrale)

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PORTRAIT d’ALEXANDE KANTOROW

Entre la France et la Suisse, un portrait (mars 2026) par petites touches du virtuose français Alexandre Kantorow, au fil d’un exaltant voyage musical du baroque au modernisme, de Bach à Stravinski, en passant par Wagner, Rachmaninov et Franck. EN REPLAY jusqu’au 28 avril 2028 sur ARTE.TV

 

0:00 Piotr Ilitch Tchaïkovski / Mikhaïl Pletnev – Casse Noisette, Pas de deux
8:11 Jean-Sébastien Bach / Johannes Brahms – Chaconne pour la main gauche en ré mineur (BWV 1004)
15:27 Richard Wagner / Franz List – Tristan et Isolde, La mort d’Isolde
24:42 Sergueï Rachmaninov – Rhapsodie sur un thème de Paganini, Op. 43
30:08 César Franck – Sonate pour violon et piano en la majeur (FWV 8)
42:20 Igor Stravinski- L’Oiseau de feu

 

 

AUDIO / Le programme joué à MENTON est disponible sur youtube, ici (captation Klara Festival, Bruxelles / mai 2026) :
https://www.youtube.com/watch?v=jPDiBd1Nt8E&t=3366s

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ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, Gala des 3 chefs, jeu 24, ven 25 sept 2026. RAVEL, R. STRAUSS, SCRIABINE… JC Casadesus, A Bloch, J Weilerstein

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Pour célébrer ses 50 ans, l’Orchestre National de Lille / ON LILLE invite les trois chefs qui continuent de marquer son histoire lors d’une série événement qui les réunit tous les trois : Jean-Claude Casadesus, Alexandre Bloch, Joshua Weilerstein.

 

 

 

Ainsi pour ce concert de célébration, quoi de plus pertinent que l’Ouverture de fête de CHOSTAKOVITCH, œuvre vive et légère composée en seulement trois jours. Puis cette pièce sera suivie de l’incontournable Boléro de RAVEL. (direction : Jean-Claude Casadesus).
Flamboyantes et enivrantes, du fait d leur orchestration raffinée, les danses et intermèdes de l’opéra Le Chevalier à la rose de RICHARD STRAUSS vont séduire le public lillois de cette soirée de gala (à la baguette Alexandre Bloch).
Enfin, l’Orchestre National de Lille interprétera, avec son actuel directeur musical Joshua Weilerstein, l’une des œuvres les plus sensuelles et raffinées d’Alexandre SCRIABINE : Poème de l’Extase.

 

 

Gala des trois chefs
Une série exceptionnelle !
jeudi 24 septembre 2026 – 20h

vendredi 25 septembre 2026 – 20h
Photo des 3 chefs © Ugo Ponte / ON LILLE

 

 

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Réservez vos places directement sur le site de l’ON LILLE :
https://www.onlille.com/choisir-un-concert/categories/gala-des-trois-chefs
Chostakovitch , Ouverture de fête
Ravel, Boléro


R. Strauss, Le Chevalier à la rose, suite

Scriabine, Poème de l’extase

 

Tarif : 10€ – 59€
1h50, sans entracte
Auditorium – Nouveau Siècle, Lille

 

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ORCHESTRE PHILOPERA (Daniel Harding, direction). PARIS, dim 6 sept 2026, concert inaugural. Symphonies de Schubert (n°3), Mahler (n°1)

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Nouvel orchestre symphonique à Paris… Les musiciens de « Philopéra » donnent leur concert inaugural sur scène le dimanche 6 septembre 2026 à 20h. À leur invitation, le chef Daniel Harding, ouvre le premier chapitre de cette nouvelle histoire dans l’écrin du Palais Garnier. Au programme, la 3ème symphonie de Franz Schubert et la 1ère symphonie,  dite“Titan” de Gustav Mahler.

 

 

Dans sa Symphonie n°3, composée à 18 ans, Schubert exprime la singularité de son écriture orchestrale. s’y affirme en particulier une jeunesse débordante d’élan et de liberté, portée par un phrasé profondément ancré dans le lied. Ses dialogues orchestraux chantent presque physiquement. Ici, le plus grand auteur de lieder de son temps, conçoit la symphonie comme une voix humaine.

Soixante-dix ans plus tard, la Première symphonie de Mahler apparaît elle aussi comme un premier essai symphonique… tout aussi réussi. Mahler note dès les premières mesures : « Wie ein Naturlaut« , comme un son de la nature. Plus qu’un incipit de symphonie, c’est un monde sonore qui naît.

Chez Mahler, immense chef d’opéra autant que compositeur de lieder, la forme symphonique se déploie dans une démesure inédite, côtoyant les étoiles, ciblant le chant de l’espace et des mondes invisibles. L’orchestre se réinvente : le souffle du chant et le sens dramatique de la scène fusionnent pour une conception spatiale jamais entendue jusque là, exigeant des instruments, une palette expressive et des sons au delà de la tradition classique.

Dans le choix des deux compositeurs se précisent l’identité artistique du nouvel orchestre ; leur écriture efface la frontière entre les mondes lyriques et symphoniques : pour un geste singulier qu’accomplissent les musiciens de Philopéra en montant de la fosse sur la scène.

 

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ORCHESTRE PHILOPERA
(Daniel Harding, direction)
PARIS, Palais Garnier, dim 6 sept 2026, 20h
concert inaugural

 

 

Programme
Franz Schubert, Symphonie n°3
Gustav Mahler, Symphonie n°  « Titan »
TOUTES LES INFOS sur le site :
www.philopera.paris
PALAIS GARNIER
Place de l’Opéra – 75009 Paris
Tarifs : de 10 € à 115 €
Réservations : WWW.PHILOPERA.PARIS/BILLETTERIE

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LE CONCERT SPIRITUEL. VIVALDI : « Vespres à la Vierge », 27 sept (Souvigny), 3 oct 2026 (Sezanne)

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Dans ce programme inspiré et hautement spirituel, Le Concert Spirituel qui fête en 2027.. ses 40 ans, révèle un Vivaldi « intime et fervent » : une musique sacrée d’une rare intensité, composée pour les jeunes filles de la Pietà à Venise où Vivaldi était directeur de la musique et à ce titre, professeurs des pensionnaires musiciennes.

 

A Venise, au XVIIIè, tous les voyageurs se pressent aux concerts donnés à la chapelle de l’Ospedale par les orphelines. Ces jeunes filles abandonnées, souvent virtuoses de leurs instruments, reçoivent une éducation particulièrement soignée ; Vivaldi, maître de chapelle et formateur, composent plusieurs œuvres ambitieuses regroupant chœurs et orchestres composés des orphelines : les concerts particulièrement recherchés contribuent aux revenus de la fondation, suscitant un enthousiasme constant, en particulier des futurs maris, probables époux de jeunes filles orphelines. En puisant dans l’opus de Vivaldi, Le Concert Spirituel propose une reconstitution d’un office de Vespres donné généralement en après-midi dans la chapelle.

 

double chœur et double orchestre à Venise

Les vêpres alternent motets et plain-chant et se concluent par un magnificat. Les motets destinés à l’Ospedale de la Pietà sont spécifiquement conçus à double chœur et double orchestre.Le programme évoque ainsi le cycle habituel que le maître de chapelle devait livrer tous les dimanches pour ce moment liturgique du dimanche après midi.Hervé Niquet enrichit ce cycle spécifique, en ajoutant le Gloria – qui ne fait pas partie d’un office de vêpres, mais qui est aussi à double chœur féminin, version très rarement réalisée.

 

VIVALDI / VESPRES A LA VIERGE
Cycle pour le dimanche après midi à la Pietà de Venise
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Dimanche 27 septembre 2026
SOUVIGNY, église Saint-Pierre
Samedi 3 octobre 2026
SEZANNE, église Saint-Denis
PLUS D’INFOS, réservez vos places : https://www.concertspirituel.com/spectacle/vespres-a-la-vierge-de-vivaldi

 

Programme
Antonio VIVALDI
Dixit Dominus RV 594 en ré majeur
Domine ad adjuvandum me festina
Credidi propter RV 605
Psaume 147 Lauda Jerusalem
Magnificat RV 610 en sol mineur
Gloria RV 589 en ré majeur

 

Distribution
Le Concert Spirituel, chœur féminin et orchestre
Hervé Niquet, direction musicale

 

 

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présentation de la saison 2026 – 2027

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison anniversaire du CONCERT SPIRITUEL 2026 – 2027 / 40 ans : https://www.classiquenews.com/le-concert-spirituel-nouvelle-saison-2026-2027-les-40-ans-charpentier-les-vespres-de-la-vierge-orasho-un-grand-mariage-princier-orphee-de-gluck-music-hall-scaramouche/

Les 40 ans du Concert Spirituel fondé, dirigé par Hervé Niquet ne marquent pas l’essor de la maturité mais bien celui d’un élan préservé… Soit une vitalité créative intacte, surtout audacieuse… comme depuis ses débuts. L’ensemble créé il y a 40 ans par Hervé Niquet ne cesse d’explorer, surprendre, partager, enivrer…

 

 

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STREAMING opéra. ARTE, sam 8 août 2026 depuis Salzbourg. BIZET : Carmen [Asmik Grigorian (Carmen), Jonathan Tetelman (Don José)… Carrizo / Currentzis]

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ARTE diffuse ce samedi 8 août 2026 (22h30), l’opéra Carmen de Georges BIZET [1875], capté au Festival de Salzbourg 2026 dans la mise en scène de Gabriela Carrizo, sous la direction de Teodor Currentzis, avec dans les rôles principaux, la bouleversante Asmik Grigorian dans le rôle-titre et l’ardent Jonathan Tetelman en Don José…

 

 

 

Les Festivaliers (et les internautes qui suivent chaque streaming depuis Salzbourg) retrouvent dans cette nouvelle production attendue, la soprano incandescente Asmik Grigorian qui avant cette Carmen pleine de promesses, a chanté in loco les 3 rôles du Trittico de Puccini, mais aussi Lady Macbeth (Macbeth de Verdi, 2023) ; soulignons aussi le ténor qui monte qui monte, véritable challenger de Kaufman, Jonathan Tetelman (puccinien et verdier né : il a incarné Macduff dans Macbeth de Verdi aux côtés d’Asmik Grigorian), interprète aussi ardent que nuancé…
Que donnera la performance de ses deux interprètes remarquables (entre autres) dans l’espace théâtral imaginé par la bouillonnante et surprenante Compagnie Peeping Tom ? Réponse samedi sur Arte. Plateau prometteur, direction affûtée voire électrique, mise en scène à la theatralité radicale aussi délirante que poétique [la signature de la compagnie Peeping Tom], cette. Nouvelle distribution de Carmen devrait créer l’événement du Salzbourg 2026…

 

DIFFUSION sur ARTE le samedi 8 août 2026 à 22h30. VOIR Carmen de BIZET – avec Asmik Grigorian, Jonathan Tetelman… Par Gabriela Carrizo (Cie Peeping Tom) / Teodor Currentzis : https://www.arte.tv/fr/videos/132674-001-A/georges-bizet-carmen/

 

 

Informations CLÉS :
Œuvre : Carmen de Georges Bizet (1875)
Lieu : Grosses Festspielhaus, Festival de Salzbourg 2026
Mise en scène et chorégraphie :
Gabriela Carrizo (Cie Peeping Tom)

Direction musicale : Teodor Currentzis

 

Interprètes principaux :

Asmik Grigorian (Carmen),
Jonathan Tetelman (Don José), Kristina Mkhitaryan (Micaëla),
Davide Luciano (Escamillo)

Date de diffusion TV :
Samedi 8 août 2026
à 22h30 sur ARTE

Durée : Environ 3 heures

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STREAMING opéra. PUCCINI : Madama Butterfly, jusqu’31 janv 2027. LONDRES, Royal opera ballet [Ermonela Jaho / Antonio Pappano, mars 2017]

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À Nagasaki [Japon], la jeune geisha Cio-Cio-San épouse le lieutenant Pinkerton, officier de la marine américaine. Pour elle, il s’agit d’un engagement à vie. Pour lui, ce n’est qu’une comédie folklorique, un acte exotique qui dépayse l’officier occidental.

 

 

 

 

Ainsi, Pinkerton rentre aux USA… retrouve son épouse  » véritable », sans donner plus de nouvelles à sa [très] jeune épouse japonaise.
La Pénélope nippone, toujours éprise, attend son époux, espère voir son navire apparaître dans le port de Nagasaki.
Comme il le fera dans son opéra chinois celui là [Turandot], Puccini questionne le destin d’une femme, victime sacrifiée d’un ordre qui refuse d’écouter son droit au bonheur.
D’une exceptionnelle puissance dramatique, Puccini renouvelle totalement son écriture tragique, s’inspirant de mélodies folkloriques japonaises pour créer une partition à couper le souffle, bouleversante et profondément humaine.

La production du Royal Ballet and Opera, mise en scène par Moshe Leiser et Patrice Caurier réunit une distribution prestigieuse, avec notamment Ermonela Jaho dans le rôle de Cio-Cio-San, Marcelo Puente dans celui de Pinkerton, Elizabeth DeShon en Suzuki et Scott Hendricks en Sharpless. L’Orchestre du Royal Opera House est dirigé par Antonio Pappano. A voir.

 

 

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Madama Butterfly de Puccini
À Londres, ROH Royal Opera House, 2017.
Diffusé le 31 juillet 2026 à 19h CET
Disponible jusqu’au31 janvier 2027 à 12h CET
Enregistré le 30 mars 2017 – Photo : © Bill Cooper.
VOIR Madama Butterfly de Puccini :
https://operavision.eu/fr/performance/madama-butterfly-0
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CD événement, annonce. Mozart, Beethoven: Piano Concertos in C-Minor / Rafal Blechacz, piano. Dresdner Philharmonie, Kent Nagano (direction) / 1 cd DG Deutsche Grammophon

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Rafał Blechacz, lauréat du Concours international Chopin 2005, de fait grand chopinien, enrichit sa discographie chez Deutsche Grammophon dans cet album entièrement consacré à la tonalité du do mineur – un monde sonore que le pianiste décrit comme « plein de profondeur, d’obscurité, de drame, de force ».

 

Le pianiste polonais interprète le Concerto pour piano n°24 en ut mineur de Mozart, K. 491, et le Concerto pour piano n°3 en ut mineur de Beethoven, op. 37, accompagné par l’Orchestre Philharmonique de Dresde sous la direction de Kent Nagano. Le programme est complété par les 32 Variations en ut mineur, WoO 80, pour piano seul.

Les enregistrements ont été réalisés au Kulturpalast de Dresdeen octobre 2025 ; ils documentent à nouveau la complicité et la communauté de sensibilité entre le pianiste et le chef, Blechacz et Nagano, … une collaboration qui existe depuis leur première performance en 2013.

 

Les deux enregistrements capturent une entente rare : elle éclaire la grâce unique entre profondeur et candeur chez Mozart, la volonté et les forces de l’esprit chez Beethoven : « La puissance, la concentration et l’attention—associées à la subtilité et à l’élégance—sont les qualités et les valeurs que je ressens le plus lorsque je travaille avec le maestro Nagano », dit Rafal Blechacz. « Je les trouve tout aussi présents dans ces deux magnifiques concerts… Peut-être est-ce la raison pour laquelle [nos interprétations] se sont déroulées si naturellement, harmonieusement et inspirées ! ». Critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS. CLIC de Classiquenews été 2026

 

Parution annoncée le 14 août 2026

 

 

 

PLUS D’INFOS : https://store.deutschegrammophon.com/en-en/products/rafal-blechacz-mozart-beethoven-piano-concertos-in-c-minor-119220

 

 

Tracklisting :

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Piano Concerto No. 24 in C Minor, K. 491
I. Allegro
2.        II. Larghetto
3.        III. Allegretto

LUDWIG VAN BEETHOVEN
Piano Concerto No. 3 in C Minor, Op. 37
4.
I. Allegro con brio 
5. II. Largo 
6. III. Allegro

32 Variations in C Minor, WoO 80
7. Theme + Variations 1–2
8.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 77e Festival de MENTON (Parvis de la Basilique St-Michel), le 4 août 2026. BEETHOVEN / STRAVINSKY / MOZART / FRANCK. Leonidas KAVAKOS (violon), Enrico PACE (piano)

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 Hier soir, sur le Parvis de la Basilique Saint-Michel de Menton, face à une Méditerranée qui scintillait dans le lointain, la 77e édition du Festival de Menton a offert un superbe concert de musique de chambre. Ce festival, l’un des plus anciens et des plus prestigieux de France, est un phare de l’excellence musicale depuis des décennies. Sous l’impulsion de son fringant et visionnaire directeur artistique, Paul-Emmanuel Thomas (qui fête en 2026 sa quatorzième année à la tête de cette manifestation musicalo-estivale, ayant pris les rênes en 2013 avec un vrai souffle de jeunesse et d’audace…), la nouvelle mouture s’annonçait déjà comme un beau millésime. Avec une programmation flamboyante – on y croisera prochainement le jeune prodige Alexandre Kantorow (en clôture de festival, le 7 août prochain) ! -, le cru 2026 célèbre à la fois l’esprit de transmission et la flamme du génie.

 

Mais ce mardi soir, c’était le tour du duo mythique formé par Leonidas Kavakos au violon et Enrico Pace au piano d’investir la scène de plein air, sous le ciel étoilé de la Côte d’Azur. Et Dieu que ce cadre est propice à la rêverie ! La Basilique, parée de sa pierre blonde, veillait sur nous tandis que les premiers arpèges venaient caresser les flots tout proches. Le voyage commence avec un Ludwig van Beethoven encore teinté de classicisme, la Sonate n°4 en la majeur, Op. 23. Leonidas Kavakos, avec son son corsé et sa puissance expressive, dialogue avec un Enrico Pace d’une clarté cristalline. Ils cisèlent cette œuvre avec une intelligence féconde ; le Scherzo fuse, vif, presque espiègle, tandis que l’Andante, chanté avec une poésie infinie, installe une complicité magnétique entre les deux artistes. C’est un Beethoven vibrant, humain, déjà tourné vers l’orage romantique, porté par la virtuosité transcendante de deux géants.

Le programme bascule alors avec le Divertimento pour violon et piano d’Igor Stravinsky, tiré du Baiser de la fée. Quelle audace, quel contraste ! Adieu la gravité germanique, place au néoclassicisme le plus pétillant. Kavakos se fait tour à tour conteur et danseur, son archet dansant sur la corde avec une légèreté de sylphide (tandis que son visage restera de marbre la soirée durant…). Pace, magicien des touches, déploie des couleurs sidérantes, entre la rusticité des danses populaires et l’ironie mordante du maître russe. C’est un moment de pur plaisir, un feu d’artifice technique qui met le public en apothéose.

 

 

Après l’entracte, la respiration méditerranéenne se fait plus intime. La Sonate n°21 en mi mineur, K. 304 de W. A. Mozart est un diamant noir. Dans cette tonalité rare chez le compositeur, la douleur affleure, et nos deux artistes le rendent avec une pudeur déchirante. Le jeu de Kavakos y est d’un lyrisme éthéré, presque fragile, soutenu par le toucher perlé d’un Pace en état de grâce. C’est un Mozart habité, poignant, qui nous prend aux tripes. Puis vient le temps fort, l’apothéose de la soirée : la Sonate pour violon et piano en la majeur de César Franck. Sublime, effectivement. Là, le public de Menton retient son souffle. D’emblée, la roue chromatique du piano s’enroule autour du violon, Kavakos déploie un son d’une générosité inouïe, presque organique, tandis que Pace déroule un tapis harmonique d’une densité et d’une ferveur confondantes. Le premier mouvement, rêveur, s’installe dans une ivresse quasi mystique. Le Duo est un dialogue enflammé, passionnel, où les instruments s’enlacent, se répondent et s’embrasent. Le Scherzo fuse, diabolique, avant que le célébrissime Final ne déferle en un canon étincelant. 

Le public, debout, ne boude pas son plaisir, et même le revendique haut et fort ! Les rappels se succèdent, et appellent un bis, qui finit par arriver avec le mouvement lent de la Sonate n°5 « Le Printemps » de Beethoven. Plus besoin de la virtuosité éclatante, juste la beauté nue. Le chant du violon, simple et infini, porté par un tapis de notes suaves du piano, vient sceller ce concert comme un baume sur l’âme.

Quand nous sommes redescendus du Parvis, en descendant les larges escaliers qui mènent à la Mer, les étoiles avaient pris le relais des projecteurs. Sous la baguette invisible de Paul-Emmanuel Thomas, cette édition 2026 du Festival de Menton vient d’écrire l’une de ses plus belles pages… Grazie e bravissimi ! 

 

 

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CRITIQUE, festival. 77e Festival de MENTON (Parvis de la Basilique St-Michel), le 4 août 2026. BEETHOVEN / STRAVINSKY / MOZART / FRANCK. Leonidas KAVAKOS (violon), Enrico PACE (piano). Crédit photo (c) Cath Filliol / Festival de Menton

 

 

 

 

VIDÉO

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31ème Festival TOULOUSE LES ORGUES : 7 – 18 octobre 2026. Raphaël Mirensky, Dariia Lytvishko, Kara-Lis Coverdale, Nathan Laube…

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Le Festival toulousain sait faire de l’orgue (si bien représenté à Toulouse), un patrimoine vivant qui raconte des histoires et des légendes fabuleuses. « Instrument millénaire, porteur d’un souffle unique entre art, science et spiritualité, l’orgue a traversé les siècles, et continue de fasciner ». Pour sa 31ème édition, du 7 au 18 octobre 2026, Toulouse les orgues célèbre naturellement le très riche PATRIMOINE des orgues, à Toulouse comme sur le territoire occitan, avec entre autres focus, plusieurs rendez-vous qui mettent en vedette l’orgue de Notre-Dame de Taur, dont la restauration vient d’être terminée (présentation le 9 oct, 16h) ; en solo, avec orchestre, avec chœur, l’instrument royal tient le haut de l’affiche, dévoilant ses somptueuses qualités sonores dans différents formats.

 

 

La CRÉATION, porteuse d’associations inédites où l’orgue révèle de nouvelles qualités et performances, s’invite aussi avec entre autres deux rvs incontournables : le concert doublé de la première Nuit du Gesù avec le duo des Cocanha et l’organiste Giulio Tosti (le 15 oct, 20h et 22h30) ; mais aussi le nouveau programme orgue et mandoline proposé dans trois villes en métropole toulousaine : « Dansons sous les voûtes » avec Marie Burou (mandoline) et Aurélie Samani (orgue) / von 2 oct, 20h30, Portet-sur-Garonne, église saint-Martin / dim 4 oct, 17h, ND de l’Assomption à Fronton…

 

ÉCLECTISME
Pluriel, en lien avec la diversité urbaine et les attentes des publics, le Festival diversifie les offres et les dispositifs ; il prolonge les désormais attendus : soirée orgue et cinéma (« Harry Potter and the Wizarding Organ », Notre-dame de la Dalbade, le 10 oct, 20h / œuvres de John Williams / organiste : Ewa Belmas), « La Nuit de l’orgue » (De Bach à Daft Punk, le 16 oct, 20h, Basilique Saint-Sernin) ou le spectacles « Jeune public » (« Griff et les fabuloptères », spectacle dessiné et musical, le 17 oct, église du Gesù, 11h).

 

Tremplin de PERSONNALITÉS
Comme chaque année, le Festival offre un tremplin aux interprètes de la nouvelle génération, organistes plein d’élans, d’inspiration, de curiosité, soucieux de partage et de transmission : Raphaël Mirensky (le 4 oct, saint-Lys, 17h « Vox angelis » avec la soprano Joséphine Solus), Dariia Lytvishko (et son orgue mobile, le 6 oct, Gesù, 20h), Kara-Lis Coverdale (le 8 oct, Gesù, 22h30), Nathan Laube (le 9 oct, ND du Taur, 20h30), Masaki Shiozawa (le 10 oct, Temple du Salin, 11h), Alexis Grizard (le 16 oct, l’orgue orchestral, ND de la Dalbade, 12h30)…

 

RÉPERTOIRE et grandes œuvres classiques
Toulouse les orgues joue les œuvres du répertoire qui mettent en scène l’orgue avec orchestre et chœur. Ainsi, ne manquez pas : le Concerto pour orgue de Poulenc avec Emmanuel Pelaprat, orgue / Orchestre national du Capitole de Toulouse, Swann van Rechem, direction (ND du Taur, le 11 oct, 11h puis 16h), mais aussi le Requiem de Duruflé par la Maîtrise de Toulouse / Conservatoire de Toulouse, Mark Opstad, direction et William Fielding, orgue (ND du Taur, le 17 oct à 14h et 16h).

 

Le concert de CLÔTURE (dim 18 oct 2026, Cathédrale Saint-Étienne, 17h) offre la scène au trio A Tre Voci fondé par Nadine Rossello ; le programme est un hymne à la fraternité ; réunissant trois chanteuses de Toulouse, de Russie et d’Ukraine, il fait dialoguer les musiques traditionnelles de trois cultures différentes (polyphonies traditionnelles venues de Corse, d’Ukraine, de Géorgie, d’Arménie, d’Albanie, d’Italie, de Macédoine et de Bulgarie…), avec Jeremy Joseph, orgue.

 

 

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des programmes, les ensembles et solistes invités sur le site du Festival Toulouse les orgues 2026 : https://toulouse-les-orgues.org/

 

 

entretien

 

ENTRETIEN avec Yves RECHSTEINER, à propos du 31ème Festival TOULOUSE LES ORGUES 2026

 

Mise en lumière du patrimoine des orgues toulousains et d’Occitane dont celui de ND du Taur (dont la restauration vient de s’achever), vitalité des organistes toulousains, diversité des concerts conçus comme des expériences ouvertes à tous… Yves Rechsteiner, directeur artistique, présente les orientations et spécificités majeures de cette 31ème édition 2026, plus créative et accessible que jamais (du 7 au 18 octobre 2026)…

 

 

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CRITIQUE, festival. ST-JEAN CAP-FERRAT, 4èmes « Nocturnes de la Villa Ephrussi de Rothschild », le 3 août 2026. BEETHOVEN & SCHUBERT par le Trio STIMMUNG

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Ce 3 août 2026 – dans les Jardins de la Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat ! – fut l’une de ces soirées où l’art, la nature et l’histoire n’auront fait qu’un. Car il est des lieux qui vous coupent le souffle, et la mythique villa de la Côte d’Azur – sans doute aucun la plus belle de toutes celles qui bordent la Méditerranée entre Cannes et Menton… – en est l’un des plus mirifiques exemples sur Terre !

 

Face à la façade néo-Renaissance de ce palais majestueux, le public, privilégié, était invité à s’asseoir sur les pelouses moelleuses, sur de petits matelas généreusement prêtés par le festival, tandis que certains avaient même amenés leur picnic…. Derrière nous, les somptueux jardins à la française se dévoilaient dans une perspective digne des tableaux de Poussin, tandis que des centaines de chandelles vacillaient doucement, semant des milliers d’étoiles d’or dans les bosquets et les bassins. A 21h, soit juste avant le début du concert, entre chien et loup, la Villa semblait flotter dans une brume de lumière, comme un vaisseau amiral échoué entre mer et ciel.

Ce cadre idyllique accueillait la 4e édition du festival « Les Nocturnes de la Villa Ephrussi de Rothschild », une manifestation créée et dirigée par la grande Muriel Mayette-Holtz, qu’elle présente chaque soir par quelques mots de bienvenue (photo). Cette ancienne sociétaire et administratrice de la Comédie-Française, passée par la Villa Médicis à Rome, sait comme nulle autre tisser des liens entre le patrimoine et la création. Et la programmation de cette mouture estivale 2026 est de première qualité, mêlant les grands classiques à des découvertes audacieuses, du jazz, du ballet, de la variété – prouvant que le spectacle vivant sous toutes ses formes est éternellement vivant sous les cieux de la Côte d’Azur… et de son plus éclatant écrin : la Villa Ephrussi de Rothschild !

 

 

Mais ce soir, le destin nous offrait un surcroît de magie. Suite à l’indisposition de Marc André, initialement annoncé et à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, c’est le Trio Stimmung qui a relevé le défi avec un brio renversant. Initialement prévu pour jouer le lendemain mardi, le trio – composé de Christophe Giovaninetti au violon, Michaël Levinas au piano et Raphaël Chrétien au violoncelle – a pris la relève, pour offrir au public nombreux et massé sur les pelouses soyeuses, une interprétation d’ouvrages de Ludwig van Beethoven et de Franz Schubert.

Et c’est avec les premiers accords du Trio op. 1 n°3 de Ludwig van Beethoven que débute la soirée musicale. Christophe Giovaninetti, violoniste au timbre d’une pureté angélique, a dialogué avec la puissance méditative de Michaël Levinas, dont le jeu pianistique allie une clarté cristalline à une profondeur d’âme. Les soutenait Raphaël Chrétien, dont le violoncelle chantait avec une chaleur et une humanité palpables. Mais c’est véritablement avec le Trio op. 70 n° 1, surnommé « Les Esprits » (Geistertrio), que la soirée a basculé dans une autre dimension. Rappelons-le, ce chef-d’œuvre de 1808 doit son surnom à l’inquiétant et visionnaire Largo assai ed espressivo du second mouvement, dont les harmonies suspendues, les trémolos sourds et les silences habités évoquent irrésistiblement l’apparition des ombres – certains y ont même entendu une évocation de la scène du spectre dans Macbeth de Shakespeare. Ce soir-là, sous la lune montante et à la lueur des bougies disséminées dans les jardins, cette dimension fantastique a pris une résonance presque palpable.

 

 

Dans le Presto initial, Michaël Levinas au piano a déployé des accords martelés, secs et incisifs, comme des coups de butoir, tandis que Christophe Giovaninetti et Raphaël Chrétien tissaient une trame dissonante et haletante. Loin d’une lecture académique, ils ont choisi un tempo audacieux, presque fiévreux, faisant de ce premier mouvement une course-poursuite entre les instruments, où chaque intervention était un échange nerveux, une interrogation lancée dans le vide. Le violon de Giovaninetti, parfois aigu et perlant, parfois déchirant, semblait se frayer un chemin à travers une tempête. Le violoncelle de Chrétien, grave et obstiné, incarnait la profondeur tellurique, une ancre dans le chaos. 

Puis vint le Largo assai ed espressivo, le mouvement central, véritable cœur mystique du trio. Et là, Levinas a transformé le piano en un orgue spectral : ses pédales soutenues créaient des nappes harmoniques d’une étrangeté saisissante, pendant que les cordes, en sourdine, murmuraient des motifs mélodiques d’une simplicité bouleversante. Le génie de l’interprétation résidait dans l’équilibre des plans sonores : les trémolos du piano semblaient venir de très loin, d’une grotte souterraine, tandis que le violon, avec un chant d’une douceur infinie, planait au-dessus comme un appel angélique. Raphaël Chrétien, quant à lui, faisait vibrer son violoncelle dans un registre suraigu, presque gémissant, créant un dialogue d’une intimité poignante avec le piano. À cet instant, la nuit étoilée, les cyprès noirs et les bougies vacillantes n’étaient plus un décor : ils étaient les complices de cette musique. On entendait littéralement « les esprits » rôder dans les allées du jardin. Le Largo s’est achevé dans un pianissimo d’une transparence cristalline, et un long frisson a parcouru l’assistance.

Le Presto final, lui, a été un déchaînement de virtuosité et d’énergie tellurique. Le trio a restitué avec une clarté diabolique ce rondo fougueux où les syncopes et les ruptures rythmiques abondent. On ne peut là que louer la complicité renversante des trois musiciens : leurs regards, leurs respirations synchrones, leurs attaques au millimètre ont transformé ce finale en un véritable sturm und drang (tempête et passion). Levinas, avec une digitalité éblouissante, a fait rugir le piano, tandis que Giovaninetti et Chrétien, dans un dialogue fusionnel, ont exalté le caractère presque orchestral de cette écriture. Et le public a éclaté en applaudissements nourris !…

 

 

Après cette plongée dans l’abîme beethovénien, le Trio Stimmung a su offrir un contrepoint d’une délicatesse exquise avec le Notturno en mi bémol majeur, D. 897, de Franz Schubert. Et quelle transition ! Là où Beethoven fouillait l’ombre et les tourments de l’âme, Schubert nous convie à une rêverie nocturne, une méditation à la fois tendre et mélancolique, typique de ce génie viennois qui savait faire chanter le crépuscule. Précisons que ce Notturno est une œuvre singulière dans la production schubertienne : il s’agit d’un mouvement unique, un Adagio de forme sonate, initialement conçu comme un épisode alternatif pour le célèbre Trio op. 99 (D. 898) avant d’être publié à titre posthume. C’est une page d’une rare concentration expressive, où le piano tient un rôle prépondérant, presque concertant, tandis que le violon et le violoncelle l’enveloppent de leurs arabesques.

L’interprétation qu’en a donnée le Trio Stimmung relevait de la dentelle musicale. Michaël Levinas a ouvert ce Notturno par un thème d’une sérénité absolue, une mélodie qui semble flotter entre veille et sommeil, ponctuée de ces harmonies suspendues si chères à Schubert – ces fameuses « modulations » qui glissent vers des tonalités inattendues avec une douceur infinie. Levinas a joué ici avec un toucher feutré, presque impressionniste, faisant chanter le clavier comme un instrument à cordes, chaque note perlée déposée comme une offrande. Puis sont entrés en dialogue le violon de Giovaninetti et le violoncelle de Chrétien. Le premier, d’une pureté angélique, a déroulé un chant nostalgique, comme une voix qui se souviendrait d’un bonheur perdu. Le second, avec un timbre chaud et enveloppant, a apporté une profondeur presque humaine, un réconfort grave qui répondait aux élans du violon. Le trio a magnifiquement rendu cette ambivalence schubertienne : une douceur lumineuse traversée d’ombres, un sourire qui n’oublie jamais les larmes.

À l’issue de ce diptyque Beethoven-Schubert, nous sommes restés longtemps immobiles, sous le charme, à contempler la façade illuminée du palais et les jardins enchantés, conscients d’avoir vécu une de ces soirées uniques dont on se souvient toute une vie. Bravo au Trio Stimmung, bravo à Muriel Mayette-Holtz, et merci à la Villa Ephrussi de Rothschild de nous offrir, chaque été, ces « Nocturnes » qui sont de véritables pèlerinages vers la beauté absolue. Et rendez-vous est pris, dès ce soir mardi 4 août, pour la suite de cette épopée beethovénienne par le Trio Stimmung – avec les Trio n°6 Opus 70 numéro 2 et Trio n°7 Opus 97 dit « L’Archiduc » !…

 

 

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CRITIQUE, festival. ST-JEAN CAP-FERRAT, 4èmes « Nocturnes de la Villa Ephrussi de Rothschild », le 3 août 2026. BEETHOVEN & SCHUBERT par le Trio STIMMUNG. Crédit photoghraphique (c) Loïc Bisoli

 

 

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CRITIQUE, opéra. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 2 août 2026. HUMPERDINCK : Hansel und Gretel. J. Harries, R. Dobson, D. Jeffery, L. Bisset… Lucy BAILEY / Karen KAMENSEK

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Il y a quelque chose de parfaitement juste à voir Hansel und Gretel au Festival de Longborough. La maison qui s’est fait un nom en affichant Wagner dans un ancien poulailler au-dessus de la vallée de l’Evenlode, se tourne, pour clore sa saison 2026, vers le seul opéra qu’Engelbert Humperdinck a taillé dans le bois même de Richard Wagner, si bien que le choix du lieu fait sens. Lucy Bailey met en scène, Karen Kamensek dirige, la traduction anglaise alerte de David Pountney défile en surtitres, et la soirée est tour à tour enchanteresse, drôle… ou véritablement effrayante !

 

Commençons par ce qui rend tout le reste possible, la diction. De chaque interprète, sans exception, les mots parviennent entiers et nets, pas une syllabe avalée, pas un vers bâclé, au point que l’on aurait pu suivre toute l’histoire, surtitres éteints. Dans un ouvrage qui est, au fond, un art du récit, cette clarté n’est pas une note technique mais le sol même où se développe le drame.

Les deux enfants sont le cœur battant de la soirée, et ils sont merveilleux. Le Hansel de Joanna Harries et la Gretel de Rosalind Dobson, toutes deux issues du programme des Emerging Artists de Longborough, sont frais, agiles et admirablement assortis, et ils incarnent l’enfance sans jamais y condescendre, sans grimace, sans mièvrerie, deux jeunes voix en pleine floraison qui portent le poids de l’ouvrage comme si de rien n’était. Voilà deux chanteurs à suivre.

L’œil malicieux, Lee Bisset a quitté la lourde armure de sa Brünnhilde pour endosser les rôles de la Mère et de la Sorcière, avec une aisance qui tient de la leçon de maître. Entendre un authentique instrument wagnérien tourné vers ce propos plus léger et plus méchant, harassé et usé en Mère, puis savourant chaque amabilité empoisonnée en Sorcière, c’est comprendre tout ce que la vraie puissance confère de contrôle. La réserve de voix est toujours là, et c’est justement pourquoi elle peut se permettre tant de légèreté. Darren Jeffery, naguère Wotan sur cette même scène, prête au Père une chaleur profonde et attachante, un son si riche et si généreux que les scènes de la maisonnée prennent une vraie gravité, et que la pauvreté et l’amour de la famille cessent d’être un décor de conte pour devenir poignants.

 

 

 

La mise en scène de Lucy Bailey ravit et effraie presque à parts égales ; elle sait exactement ce qu’elle fait des deux. La Fée de la rosée apparaît en serveuse de chariot de salon de thé édouardien, petit trait parfait, et une troupe de cuisiniers en tenues assorties évolue dans un ballet synchronisé très net, à la fois comique et vaguement inquiétant. Le marchand de sable est joliment chanté, un moment de vraie tendresse avant l’entracte, et la prière du soir des enfants installe dans le théâtre, le silence qu’il faut.

Puis la production montre les dents, avec délectation. Une immense langue rouge se déroule depuis le fond du décor, magnifiquement affreuse, la tête de Hansel passe par un trou dans le mur pour être avalée, image qui arrache d’un même souffle, un cri et un rire. Plus ingénieux encore, un unique trou noir sert d’abord de four à la Sorcière, puis, dans la scène finale monstrueuse, de gueule dévoratrice où tout le cauchemar finit par être aspiré, un seul gouffre assurant une double et vorace fonction. De petites mains peintes courent sur les rideaux tandis que de vraies mains les écartent et les referment, jusqu’à ce que tout le théâtre semble complice de la menace. La Sorcière est l’idée la plus fine de la soirée : non pas une vieille ricanante mais une femme élégante en robe rouge, coiffure bouffante, d’autant plus effrayante qu’elle est posée, une hôtesse dont on déclinerait volontiers l’invitation. C’est une conception qui nous fait confiance pour mieux trouver l’horreur sous le vernis, et nous la trouvons.

 

 

À la tête de l’Orchestre du festival de Longborough, Karen Kamensek obtient une exécution d’une clarté qui tient autant de la révélation que du plaisir, car elle met à nu combien cette partition est traversée par la musique de Wagner, tantôt en écho, tantôt reprise presque telle quelle. Humperdinck fut l’assistant du maître à Bayreuth, et l’on entend ici l’héritage sans fard, les leitmotive, les grandes vagues orchestrales, le climat harmonique de Parsifal et du Ring courant à travers un conte pour enfants. Entendu avec une telle transparence, l’ouvrage devient une petite éducation wagnérienne en même temps qu’il raconte son histoire, ce qui en fait, délicieusement, l’une des plus belles portes d’entrée vers l’un comme vers l’autre.

Les représentations se poursuivent jusqu’au 8 août, et l’on imagine mal meilleure façon de faire connaissance avec une œuvre trop souvent réduite à un divertissement de Noël, ni, d’ailleurs, de découvrir Longborough même, niché dans ses belles collines des Cotswolds, la longue lumière du soir couchée sur la vallée. Le rideau se lève à l’heure civilisée de dix-sept heures, si bien que l’entracte pour le dîner tombe pendant l’heure dorée. Allez-y, si vous le pouvez !

 

 

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CRITIQUE, opéra. MORETON-IN-MARSCH, Longborough Festival Opera, le 2 août 2026. HUMPERDINCK : Hansel und Gretel. J. Harries, R. Dobson, D. Jeffery, L. Bisset… Lucy BAILEY / Karen KAMENSEK. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

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ENTRETIEN avec Yves RECHSTEINER, à propos du 31ème Festival TOULOUSE LES ORGUES 2026

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Mise en lumière du patrimoine des orgues toulousains et d’Occitane dont celui de ND du Taur (dont la restauration vient de s’achever), vitalité des organistes toulousains, diversité des concerts conçus comme des expériences ouvertes à tous… Yves Rechsteiner, directeur artistique, présente les orientations et spécificités majeures de cette 31ème édition 2026, plus créative et accessible que jamais (du 7 au 18 octobre 2026)…
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Photo portrait d’Yves Rechsteiner © Mathieu Sartre

 

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment, sur quels critères avez vous conçu la programmation 2026 ? Quelle en est la ligne générale, le sens et la direction ? Que prolongez-vous ? 

Yves Rechsteiner : La programmation 2026 met en lumière le patrimoine des orgues toulousains et d’Occitanie, avec un coup de projecteur sur l’orgue de l’église Notre-Dame du Taur : instrument classé monument historique, construit en 1878 par les ateliers toulousains des Puget, et restauré complètement cette année ! Trois concerts, en solo, avec chœur et avec orchestre, permettent d’y savourer chaque facette de l’instrument. Outre le patrimoine musical, le Festival permet aussi d’entendre de nombreux Ensembles et organistes basés à Toulouse : notre « patrimoine vivant ». La forme du Festival (durée, nombre de concerts, moments conviviaux) reste toujours aussi dynamique et éclectique en 2026. Les grands incontournables comme la Nuit de l’Orgue et le Spectacle jeune public sont au rendez-vous le dernier weekend du Festival !

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment renforcer encore l’attractivité de l’orgue ? En particulier auprès des nouveaux et jeunes publics ? Quelles sont de ce point de vue, les offres et concerts emblématiques ?

Yves Rechsteiner : Au même titre que le concert Interstellar en 2025, le Festival renouvelle une soirée dédiée à la musique de film avec, cette année, la saga Harry Potter, adaptée pour l’orgue et jouée par l’organiste ukrainienne Ewa Belmas. Le Concert en Famille donné le samedi matin au Temple du Salin, à l’heure du marché, fera entendre cette année des transcriptions de Tchaïkovski et Bartok. Le Spectacle jeune public, Griff et les Fabuloptères, est une proposition de la Compagnie Griff, compagnie de théâtre d’Avignon, qui a créé ce spectacle en 2024 à Lausanne avec l’organiste Vincent Thévenaz.

Si le Patrimoine est notre thématique 2026, la part de création reste toujours très présente, comme pour le concert doublé de la première Nuit du Gesù réunissant le duo des Cocanha et l’organiste Giulio Tosti. Un nouveau programme orgue et mandoline sera également proposé dans trois villes en métropole toulousaine : Dans sous les voûtes avec Marie Burou et Aurélie Samani.

 

 

CLASSIQUENEWS : Notez-vous des évolutions dans le profil des nouveaux organistes ?

Yves Rechsteiner : Les jeunes organistes donnent une importance de plus en plus grande aux transcriptions. Cela ouvre le répertoire d’orgue à des musiques plus inattendues, incluant les musiques de films ou de jeux vidéo. Cela permet évidemment de sensibiliser de nouveaux publics au son de l’orgue.

Les jeunes générations de musiciens ont bien compris aussi le potentiel des réseaux sociaux dans la création d’une communauté de fans. Nous assistons donc à l’émergence d’une génération de musiciens et d’organistes qui bâtissent leur notoriété et la fidélisation d’un public sur leurs publications régulières sur les réseaux sociaux.

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment le Festival rayonne-t-il dans la ville, sur quels sites ? Comment choisissez-vous les lieux et les programmes pour réussir l’équation patrimoine et musique ?

Yves Rechsteiner : En 2026, c’est 16 concerts dans 9 églises différentes de Toulouse. A cela s’ajoute les concerts en région et en métropole pour 5 autres dates et lieux différents : Saint-Bertrand-de-Comminges, Portet-sur-Garonne, Tournefeuille, Fronton et Saint-Lys. À Toulouse, certaines églises sont des incontournables : la basilique St-Sernin, la cathédrale St-Étienne, l’église Notre-Dame de la Daurade et l’église Notre-Dame de la Dalbade, le temple du Salin et bien sûr l’église du Gesù. L’édition 2026 donne une place centrale à l’église Notre-Dame du Taur, récemment restaurée et à son orgue Puget de 1878. Enfin, l’un des artistes du Festival a choisi le Sanctuaire St-Jérôme pour l’esthétique sonore de son orgue Puget de 1936, qui convenait particulièrement bien au répertoire choisi.

 

 

CLASSIQUENEWS : Que souhaitez-vous que le festivalier vive pendant ce Festival 2026 ?

Yves Rechsteiner : L’émerveillement de la découverte d’un nouveau lieu, d’un nouvel orgue, d’un nouvel artiste ou d’une nouvelle musique. Ou celui de vivre une nouvelle émotion dans des lieux familiers par cette combinaison magique entre l’expression d’un artiste, ce vecteur qu’est l’orgue et ce cadre privilégié que sont ces églises magnifiques, bâties par nos ancêtres.

Propos recueillis en juillet 2026

 

 

 

 

présentation édition 2026

LIRE aussi notre présentation du 31ème Festival TOULOUSE LES ORGUES 2026 :

 

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QUATUOR VOCE. 6ème Festival « Les Rendez-vous des Princes », 16-24 août 2026. Quatuor Voce, Florian Frère, Collectif des Princes, Orchestre des Princes…

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En Sud Ardèche, les membres du QUATUOR VOCE proposent un festival et une académie de musique, un « laboratoire » estival qui très identifié à présent dans le territoire, implique toutes les vocations musicales les plus motivées, et un public de plus en plus nombreux. Si la proposition revêt des « contours utopiques », l’engagement des Voce et leur volonté de transmission, comme l’offre pédagogique, sont très concrets, complets et très inspirants.

 

Chaque été, le Festival-Académie, mêle très astucieusement concerts et sessions de travail, complicité artistique et pédagogie, auprès d’artistes en herbe, amateurs chevronnés ou futur professionnels… Le principe est de nourrir et encourager les vocations musicales de 5 à 75 ans, qu’accompagnent et guident des musiciens et professionnels de haut vol (concertistes, enseignants en conservatoires et écoles supérieures, musiciens d’orchestre, cheffe de chant…). Le Quatuor Voce incarne un fonctionnement chambriste exemplaire et spécifique qu’il aime aujourd’hui transmettre.

Cette effervescence humaine et artistique anime chaque été le Domaine des Princes à Lanas. Pendant 8 jours, du 16 au 24 août 2026, les classes de cordes, percussions, pianos, entre autres, de nombreux musiciens professionnels toujours prêts à transmettre et à partager, feront vibrer les pierres ardéchoises.

 

 

Programme et temps forts

 

DIMANCHE 16 AOÛT 2026
11h, AILHON, église
Carte blanche à Florian Frère, violoncelliste

19h, PONT-DE-LABEAUME
église de Nieigles
Quatuor Voce: Beethoven l’argentin ?

 

MERCREDI 19 AOÛT 2026
VOGUË, Château, jardins suspendus, 21h
Florian Frère, Quatuor Voce, collectif des Princes
Beethoven, Schubert, D. Popper

 

VENDREDI 21 AOÛT 2026
Lagorce, Crypte, 19h
Ciné-concert : Charlot sur la route
Quatuor Voce et Hélène Peyrat, piano

 

SAMEDI 22 AOÛT 2026
FONS, presbytère, 19h
Soirée champêtre
Bethoven et Mozart
Orchestre des Princes
Église, 21h
España !
Albeniz, de Falla, Chabrier, Turina, Granados…
Lecollectif des Princes avec l’Orchestre des p’tits princes

 

DIMANCHE 23 AOÛT 2026
FONS, jardins du presbytère, 19h
soirée champêtre
avec le Collectif des Princes
LUNDI 24 AOÛT 2026
LANAS, église et place du village, 11h
Happy end
concert surprise proposé par les stagiaires de l’Académie des Princes (5-75 ans) – restitution du travail élaboré depuis le 16 août précédent. Mozart, Popper…
PASS spécial Accès tous les concerts : 50 euros
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PLUS D’INFOS sur le site du Quatuor VOCE :
https://www.quatuorvoce.com/princes

 

 

 

 

VIDÉO teaser 2026
Festival le Rendez-vous des Princes 2026

Déjà six années pour cette proposition originale aux contours utopiques : un festival de musique de chambre doublé d’une académie accueillant des artistes en herbe, des amateurs chevronnés ou de futurs professionnels, de 5 à 75 ans, encadrés par des musiciens de haut vol. Toujours accueillis au magique Domaine des Princes à Lanas, cette joyeuse bande promet à nouveau une semaine réjouissante.
Les fidèles villages de Lanas, Fons, Ailhon, Nieigles, Lagorce et le jardin suspendu du château de Vogüé donneront le ton avec des soirées en compagnie du collectif des Princes, de Florian Frère et du Quatuor Voce.
Du 16 au 24 août 2026, les cordes et les pianos du Collectif des Princes feront résonner les pierres ardéchoises.

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 2 août 2026. BEETHOVEN : Concerto pour piano n°4 / DVORAK : 8ème Symphonie. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Zoltán Fejérvári (piano), Martin Rajna (direction)

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Après l’ouverture magistrale du 9 juillet, où la Cinquième Symphonie de Gustav Mahler – sous la baguette de Philippe Jordan – avait plongé la Cour d’honneur du Palais Princier dans une émotion profonde et mémorable, c’est un tout autre souffle, plus frais, plus primesautier, qui a emporté le public monégasque hier soir, dimanche 2 août. Pour ce cinquième rendez-vous du festival « Concerts au Palais Princier », l’élégance était toujours aussi stricte et raffinée, le protocole respecté dans sa plus belle tradition, mais c’est une énergie jeune et conquérante qui a investi la scène. Et c’est cette fois le jeune et charismatique chef hongrois Martin Rajna, véritable étoile montante de la direction d’orchestre, qui a pris les rênes de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Sa présence, à la fois énergique et précise, a d’emblée captivé un public curieux de découvrir celui qui, dès septembre prochain, prendra la tête de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, une nomination prestigieuse qui récompense un talent dont nous avons pu mesurer l’étendu hier soir !

 

La soirée s’ouvrait sur une des pages les plus intimes de Ludwig van Beethoven : le Concerto pour piano n°3 en do mineur, op. 37. Au piano, son compatriote Zoltán Fejérvári, jeune artiste lui aussi, a livré une lecture consciencieuse et techniquement irréprochable de l’ouvrage beethovénien. Son doigté est sûr, sa maîtrise de l’œuvre évidente, et le dialogue avec l’orchestre, attentif sous la houlette de Rajna, a fonctionné à la perfection. Il faut saluer l’honnêteté et le métier du soliste. Cependant, et c’est là le seul bémol de cette soirée enchantée, on a cherché en vain l’étincelle, cette part d’indicible qui fait passer une belle interprétation au rang de révélation. Face à la puissance et à l’engagement orchestral, le jeu de Fejérvári, pour élégant qu’il fût, a parfois semblé un peu en retrait, manquant de ce génie particulier qui aurait électrisé la Cour d’Honneur du Palais monégasque…

 

 

La seconde partie du programme a offert de bien plus grandes satisfactions. Martin Ranja a ainsi déployé tout son talent dans la Symphonie n°8 en sol majeur, op. 88 d’Antonín Dvořák. Quelle bouffée d’air frais ! Le chef hongrois, nourri de folklore et d’une exigence héritée de ses maîtres, a façonné une lecture d’une vitalité communicative, mettant en lumière toute la fraîcheur et la beauté mélodique de cette œuvre pastorale. L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a répondu présent avec un brio et une homogénéité confondants. L‘Allegro con brio initial, d’une énergie solaire, a été suivi d’un Adagio d’une poésie enivrante, où les couleurs des bois et la chaleur des cordes ont enveloppé le public. Martin Rajna, par des gestes amples et une clarté de lecture remarquable, a su sculpter chaque phrase, dansant littéralement avec l’orchestre sur les rythmes entraînants du Finale.

Une soirée prometteuse qui laisse présager le meilleur pour la suite de sa carrière au Luxembourg, et qui nous rappelle aussi, avec une pointe de nostalgie, que ce festival touche à sa fin. En effet, il ne reste plus qu’un concert, jeudi 6 août, qui s’annonce déjà historique car il marquera les adieux de Kazuki Yamada, après dix années passées à la tête de l’OPMC (mais aussi ceux de Didier de Cottignies comme directeur artistique) – une page qui se tournera sans aucun doute avec une grande émotion pour tous les mélomanes monégasques. Nous y serons !…

 

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, « Concerts au Palais Princier » (Cour d’Honneur du Palais), le 2 août 2026. BEETHOVEN : Concerto pour piano n°4 / DVORAK : 8ème Symphonie. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Zoltán Fejérvári (piano), Martin Rajna (direction). Crédit photographique © Frédéric Nebinger

 

 

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ONPL / ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE. PROKOFIEV, R. STRAUSS, ven 25, sam 26, dim 27 sept 2026. Lucas Debargue, Sascha Goetzel

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Au programme du concert inaugural de l’ONPL saison 2026 – 2027, vertiges et spectaculaires accents ! D’abord le Concerto pour piano n°2 de Sergueï Prokofiev avec le pianiste Lucas Débargue ; puis la verve flamboyante et spirituelle de Richard Strauss, dans deux poèmes symphoniques saisissants : Mort et Transfiguration, récit des dernières heures d’un artiste à l’agonie et, plus facétieux quoique tragique, la geste de Till l’Espiègle, héros superbe,  « impertinent saltimbanque, frétillant jusqu’au bout de sa corde de pendu ». Deux autres merveilles qui déploient un orchestre foisonnant.

 

 

L’Opus 16 de PROKOFIEV déploie une cadence dans son premier mouvement (Andantino) – la plus longue et spectaculaire du répertoire – qui exige du pianiste, virtuosité et expressivité hors norme. Un défi que le soliste invité, Lucas Debargue, relèvera sans sourciller. Prokofiev joue lui-même la partie de piano lors de la création le 5 sept 1913 : déployant une puissance de feu sans équivalent mais aussi une exceptionnelle finesse (cf l’esprit de toccata dans le Scherzo, II, noté vivace). Ample et ambitieux, le Concerto manifeste la pleine maîtrise du compositeur : les 4 mouvements sont traversés par un souffle irrépressible qui n’empêche pas la diversité des caractères : après le Scherzo (II) agile, facétieux, se détache la marche grinçante de l’intermezzo (III), le cheminement très juste du Final (IV), passant du sombre et méditatif au jaillissement conclusif, d’une énergie radicale.

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ven 25, sam 26, dim 27 sept : PROKOFIEV, R. STRAUSS.
Programme d’ouverture proprement dit sous la direction de Sascha Goetzel, intitulé « Till l’espiègle » d’après le poème symphonique de Richard Strauss, sommet de truculence symphonique, couplé avec le Concerto pour piano n°2 de Prokofiev (Lucas Debargue, piano), à Nantes les 25 et 26 sept, puis à Angers (Centre de Congrès, le 27 sept). Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/till-l-espiegle/

 

Vendredi 25 septembre 2026
NANTES, Auditorium Debussy, 20h
Samedi 26 septembre 2026
NANTES, Auditorium Debussy, 18h
Dimanche 27 septembre 2026
ANGERS, Centre de Congrès, 17h
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/till-l-espiegle/

 

 

Déroulé de l’événement

Benjamin Britten | Soirées musicales – 10’

Sergueï Prokofiev | Concerto pour piano n°2 – 31’
Lucas Debargue, piano

– entracte-

Richard Strauss | Mort et Transfiguration – 25’
| Till l’Espiègle – 15’

ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE / Sascha Goetzel, direction

 

 

 

présentation saison 2026 2027

ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire. Saison 2026 – 2027 : les Temps forts. R. Strauss, Beethoven, Brahms, Nielsen, Sibelius, Rachmaninov, Jazz symphonique…

ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire. Saison 2026 – 2027 : les Temps forts. R. Strauss, Beethoven, Brahms, Nielsen, Sibelius, Rachmaninov, Jazz symphonique…
Mouvement, transmission, rencontre… la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire renforce plus que jamais sa présence et son activité sur le territoire ligérien dont il est un acteur culturel incontournable. Grands héritages symphoniques, partitions clés du répertoire, mais aussi créations contemporaines, métissages féconds entre styles et traditions… , l’Orchestre invite à une nouvelle odyssée à Nantes, Angers et dans près de 30 villes ligériennes…
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CRITIQUE, opéra. LONDRES, Opera Holland Park, le 1er août 2026. VERDI : Un ballo in maschera. E. Pritchard, M. Desole, D. Solari, R. Lois, R. Plowright… Rodula Gaitanou / Michael Papadopoulos

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Il y a une cruauté particulière dans une soirée où les voix sont prêtes à vous bouleverser, tandis que la mise en scène ne cesse de s’interposer entre elles et nous. La reprise d’Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi à l’Opera Holland Park est exactement de cette espèce, superbement chantée, solidement jouée, et mise en scène d’une façon qui contredit, encore et encore, le drame même que ses interprètes servent avec tant d’ardeur.

 

Côté vocal, la première place revient, sans la moindre hésitation, à la soprano galloise Elin Pritchard, dont l’Amelia justifie à elle seule le déplacement. L’instrument est de ceux qui vous font vous redresser sur votre siège, éclatant et lumineux dans l’aigu, chaleureux et charnu dans le grave, et la chanteuse le dépense avec une intelligence qui ne laisse jamais la technique devenir le sujet. Elle porte presque seule tout le poids émotionnel de l’ouvrage, et son air du deuxième acte, déroulé au-dessus de l’orchestre en un long fil de son ininterrompu, est de ces moments que l’on espère en venant à l’opéra et que l’on entend rarement. 

Elle n’est pas seule à briller. Matteo Desole est un Gustavo ardent, au timbre séduisant et au maintien généreux, et le plateau ne compte que de belles réussites, mais la performance à placer aux côtés de celle de Pritchard est l’Anckarström de Dario Solari, l’époux, baryton verdien de véritable qualité, digne, à combustion lente, et magnifique dans les grandes confrontations de la seconde partie. Les duos entre les deux chanteurs sont le cœur battant de la soirée, vocalement autant que dramatiquement. Rhian Lois est un Oscar vif-argent, et Rosalind Plowright, qui chantait déjà dans la production d’origine, revient en Madame Arvidson. À la tête du City of London Sinfonia, Michael Papadopoulos obtient une exécution pleine et bien galbée, et donne à la partition l’ampleur et l’élan qu’elle réclame.

 

 

Les valeurs musicales ne sont donc jamais en cause. La mise en scène, elle, est plus épineuse, car elle échoue moins qu’elle ne se contrarie, et deux partis pris en particulier se dressent contre le livret. Le premier est la sur-sexualisation du lien entre le roi et Amelia. Toute la tragédie du Ballo repose sur un amour ressenti jusqu’à la moelle et jamais consommé, et c’est précisément cette retenue qui donne son poids terrible à l’affirmation d’Amelia à son mari, plus tard, que rien ne s’est jamais passé entre eux. Ici, pourtant, les deux amants se sont jetés l’un sur l’autre avec un tel abandon physique que sa protestation d’innocence n’a plus où se tenir. Montrez au public le contraire de la chasteté, et les mots de la chasteté cessent tout simplement de signifier quoi que ce soit, et c’est un pilier entier de l’architecture morale de l’ouvrage qui s’effondre en silence.

Le second, plus étrange encore, est ce que l’on a fait de la terrifiante scène du lieu maudit. Dans le livret, Amelia se rend seule, à minuit, au sinistre champ des supplices pour y cueillir l’herbe qui pourrait la guérir de son amour, l’une des grandes scènes d’effroi de Verdi, et la musique n’est qu’effroi. Ici, ce lieu sauvage et hanté est devenu une sorte de clinique, avec des silhouettes qui semblent être des aliénés, camisolés, projetés en ombres derrière une vitre. Au-delà de la perte pure et simple de la terreur gothique que la partition appelle si clairement, cela ouvre une question que la production ne referme jamais, que vient-on donc injecter à Amelia ? La mise en scène suggère qu’on lui fait subir quelque chose de clinique, et l’on reste là, mal à l’aise, à se demander si l’on n’insinue pas un avortement. Quelle qu’ait été l’intention, elle brouille une scène qui devrait être d’une horreur cristalline.

Il y a aussi un problème persistant dans l’usage de l’espace. Le plateau de Holland Park permet aux interprètes de circuler autour de l’orchestre et de le côtoyer, l’un des vrais atouts théâtraux de la maison, et il reste ici presque inutilisé, les chanteurs comprimés en une étroite bande au fond, tandis que la scène ouverte devant eux demeure vide. Dans un théâtre dont tout le caractère tient à son grand air, l’effet est curieusement étriqué et confiné, comme si le drame se jouait dans un couloir. Rien de tout cela ne signifie que la soirée n’offre que ses voix. Le bal masqué lui-même est un vrai plaisir, et la chorégraphie qu’en donne Steve Elias est élégante et vivante, l’unique moment où les ambitions de la production et leur réalisation se rejoignent franchement, et un aperçu du spectacle que celui-ci aurait pu être d’un bout à l’autre…

 

 

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CRITIQUE, opéra. LONDRES, Opera Holland Park, le 1er août 2026. VERDI : Un ballo in maschera. E. Pritchard, M. Desole, D. Solari, R. Lois, R. Plowright… Rodula Gaitanou / Michael Papadopoulos. Crédit photographique (c) Craig Fuller

 

 

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INSULA ORCHESTRA. BEETHOVEN : Symphonie n°3  » Eroica « , ven 25, sam 26 sept 2026 (David Fray, Laurence Equilbey)

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En 2026-2027, l’orchestre sur instruments historiques INSULA ORCHESTRA fête ses déjà 10 ans à la Seine Musicale où la phalange est en résidence depuis son début. Cycle fort cette nouvelle saison, celui dédié au génie orchestral de Beethoven (avec à la clé outre les concerts, le SEINELAB, espace expérimental d’exploration artistique et musical)

 

Pour le bicentenaire Beethoven 2027, Laurence Equilbey célèbre ainsi le génie romantique par excellence, ses « aspirations humanistes, sa fougue inépuisable, sa maîtrise de la grande forme », la puissance de son tempérament expérimental aussi. La cheffe poursuit naturellement son odyssée « BEETHOVEN EXTENDED »… pour cette nouvelle session, la production comprend concerts et enregistrements comprenant dispositif nouveau et très attendu, deux orchestres : INSULA ORCHESTRA mais aussi INSULA CAMERATA, l’académie d’orchestre sur instruments d’époque toujours, inaugurée en 2025

Photo : Laurence Equilbey / David Fray DR

 

 

 

L’Eroica sur instruments anciens

La Symphonie n°3 « Eroica » opus 55, sommet symphonique de 1803, est le manifeste pour une ère esthétique nouvelle. Dans sa forme comme dans l’esprit qui la porte, la partition est unique, singulière, inédite. L’apport des instruments historiques, de la pratique interprétative « historiquement informée » y est indiscutable et désormais irremplaçable, en particulier sous la direction et dans la conception de la cheffe Laurence Equilbey : nouveau format sonore soulignant l’individualité et la caractérisation fine, affûtée de chaque timbre instrumental ; toute la science du Beethoven génial orchestrateur qui sait bâtir, édifier, architecturer avec un sens inégalé, c’est à dire mordant et efficace des couleurs-, gagne ici en intensité, acuité, prodigieuse vitalité.

L’Allegro initial, même pétaradant et d’une claque martiale annonciatrice des conquêtes esthétiques nouvelles, profite du détail et d’un fini instrumental d’une flamboyante activité : cors, flûte, bois et vents ; même chaque attaque des cordes conquiert un nerf vif inédit.
Tout concourt à une complète compréhension du sujet « héroïque » : c’est évidemment l’enjeu (ou les enjeux) d’une conquête : avec l’Eroica de 1803, le siècle romantique s’ouvre officiellement, conscient de sa propre détermination comme de sa volonté ; mais c’est tout autant, l’expérience d’une amertume simultanée, retournement spectaculaire de la conscience ; car si la partition porte l’enthousiasme à Bonaparte, le héros libérateur qui pouvait prétendre incarner l’idéal révolutionnaire de tous les peuples affranchis de toute monarchie, le compositeur a rayé la dédicace initiale, dénonçant sous Bonaparte, le tyran à venir, – ici, Beethoven est témoin d’une déception barbare. A la fois acte immense d’un espoir supérieur, la symphonie est aussi le récit de cette désillusion, double mouvement de la pensée qui s’exalte l’un à l’autre.

Outre ses défis multiples d’ordre instrumental, orchestral, esthétique, le concert inaugural de la nouvelle saison d’INSULA ORCHESTRA marque aussi le développement de son nouvel orchestre INSULA CAMERATA, corpus pleinement abouti que porte une démarche de transmission et de professionnalisation en faveur des jeunes instrumentistes.
Aucun doute que ce programme devrait célébrer le feu beethovénien de la meilleure des manières : dans l’énergie irrépressible, un jaillissement qui nourrit la puissance autant que les détails et les nuances d’une partition hors normes.

 

 

 

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Ven 25 sept, 20h
sam 26 sept, 18h
BEETHOVEN – Ouverture de saison
Concerto n°5 L’Empereur
Symphonie n°3 Eroica

David Fray, piano
Insula Orchestra, Insula Camerata
Laurence Equilbey, direction

Réservez vos places directement sur le site d’INSULA ORCHESTRA / LA SEINE MUSICALE : https://www.insulaorchestra.fr/evenement/beethoven-heroique-2/

 

 

présentation de la nouvelle saison 26 – 27
LIRE aussi notre présentation / annonce de la nouvelle saison 2026 2027 de La Seine Musicale : https://www.classiquenews.com/insula-orchestra-saison-2026-2027-les-10-ans-de-la-seine-musicale-insula-camerata-beethoven-2027-inferno-le-seinelab/

 

Voilà 10 ans en 2027 que La Seine Musicale rayonne dans les Hauts de Seine, favorisant création, transmission, partage… En témoigne l’ensemble en résidence INSULA ORCHESTRA, pilier de l’offre musicale chaque année, dirigé par Laurence Equilbey (qui en avait dirigé le concert inaugural en 2017). Dans l’écrin de l’Ouest parisien, l’Orchestre sur instruments anciens déploie ses deux activités : artistiques et pédagogiques, entre production et transmission. L’audace, l’exigence, la créativité insufflent pour la nouvelle saison anniversaire, une activité décuplée avec entre autres, temps fort du nouveau cycle le SEINELAB, pensé comme un espace expérimental d’exploration, précisément dédié, anniversaire 2027 oblige (200 ans de sa disparition), au génie de Beethoven : musique, innovation, nouvelles médiations sensibiliseront à nouveau un très large public.

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Eglise Saint-Michel), le 1er août 2026. BACH : 4 Suites pour violoncelle seul par Edgar MOREAU

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Après trois soirées qui avaient déjà inscrit cette 3ème édition du Chamonix Vallée Classics Festival dans le panthéon des rendez-vous musicaux de l’été, le quatrième concert promettait un nouveau sommet, une plongée dans l’intimité et la spiritualité grâce à l’un des plus prodigieux violoncellistes de sa génération. Et quel écrin pour accueillir ce face-à-face avec l’âme humaine ! L’Eglise Saint-Michel de Chamonix avec sa lumière tamisée, et son acoustique généreuse qui enveloppe chaque note d’une réverbération presque divine, était une fois encore le théâtre de ce festival pas comme les autres. Ce soir-là, affichant complet comme la veille, le public chamoniard, fidèle et conquis, s’apprêtait à vivre un moment d’une grande force émotionnelle : l’interprétation par Edgar Moreau de quatre des six Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach, ces monuments de la musique universelle qui exigent du musicien une maîtrise technique, une profondeur d’âme et une capacité à dialoguer avec le silence que bien peu possèdent. Et ce jeune homme de trente-deux ans, né en 1994, allait nous prouver, s’il en était encore besoin, qu’il est bien l’un des plus grands.

 

Avec la Suite No. 1 en sol majeur, BWV 1007, on a été d’emblée saisi par la clarté, la transparence et la joie communicative qui émanaient de son jeu. Le célèbre Prélude, cette cascade de notes qui semble jaillir comme une source intarissable, a été déroulé avec une fluidité, une légèreté et une énergie presque dansante qui ont immédiatement captivé l’assistance. Edgar Moreau, avec son violoncelle de David Tecchler de 1711 et son archet de Dominique Peccatte – des instruments d’une sonorité exceptionnelle –, a su faire chanter cet instrument comme rarement on l’entend, trouvant des couleurs, des nuances, des accents qui donnaient à cette musique familière une fraîcheur et une vitalité insoupçonnées. L’Allemande, lourde et majestueuse, a déployé toute sa gravité, tandis que la Courante, légère et bondissante, semblait esquisser une danse baroque sous les voûtes de l’église. La Sarabande, avec sa mélodie simple et dépouillée, a été jouée avec une pudeur et une émotion contenue qui ont fait naître un silence de cathédrale, comme si chaque note était une offrande, un murmure adressé à l’éternité. Les deux Menuets, l’un en sol majeur, l’autre en sol mineur, ont offert un contraste saisissant, entre grâce ensoleillée et mélancolie ombreuse, avant la Gigue finale, une véritable course d’énergie, un tourbillon de notes qui s’achève dans un éclat de joie, salué par des applaudissements chaleureux, mais retenus, comme si le public, déjà conquis, pressentait que l’aventure ne faisait que commencer.

Avec la Suite No. 3 en do majeur, BWV 1009, on est entré dans un autre univers, plus lumineux, plus grandiose, presque orchestral dans sa conception. Le Prélude, avec ses arpèges éclatants, ses gammes ascendantes qui semblent chercher la lumière, a été interprété avec une puissance et une autorité rares, le violoncelle d’Edgar Moreau sonnant comme un orgue, comme un chœur de voix célestes. L’Allemande, d’une noblesse et d’une ampleur impressionnantes, a déployé toute sa richesse harmonique, tandis que la Courante, d’une virtuosité étincelante, faisait montre d’une agilité et d’une précision diaboliques. Mais c’est la Sarabande, avec sa mélodie simple, presque hiératique, qui a constitué un sommet d’émotion, un instant suspendu hors du temps où le musicien, les yeux fermés, semblait converser avec Bach lui-même, livrant une interprétation d’une beauté rare, soutenue par un son d’une profondeur et d’une chaleur qui faisaient vibrer les pierres de l’église. Les deux Bourrées – l’une en do majeur, l’autre en do mineur – ont offert une bouffée d’air, une respiration dans ce voyage intérieur, avant la Gigue finale, une danse endiablée, un tourbillon de notes qui s’achève dans une apothéose de virtuosité, saluée par un public qui, cette fois, n’a pu retenir son enthousiasme.

 

 

Puis vint la Suite No. 4 en mi bémol majeur, BWV 1010, une œuvre plus intime, plus sombre, aux accents presque douloureux, qui exige du musicien une maîtrise technique et une profondeur d’expression hors du commun. Dès le Prélude, avec ses arpèges graves, ses harmonies suspendues, on a senti que l’on basculait dans un autre monde, un monde de méditation, de recueillement, où chaque note est pesée, méditée, comme une prière murmurée. Edgar Moreau s’y est montré d’une intelligence et d’une sensibilité bouleversantes, explorant toutes les couleurs de son instrument, des sonorités les plus chaudes aux attaques les plus incisives, avec une palette dynamique d’une richesse inouïe. L’Allemande, sombre et majestueuse, la Courante, plus légère mais toujours empreinte de gravité, la Sarabande, d’une beauté déchirante, presque funèbre, ont défilé comme les stations d’un chemin de croix musical, avant les deux Bourrées et la Gigue, qui, loin de chasser la mélancolie, semblaient l’exacerber, la porter à son paroxysme, dans une danse fiévreuse et désespérée qui s’achève sur un accord suspendu, laissant planer un silence chargé d’émotion.

Et enfin, ce fut la Suite No. 6 en ré majeur, BWV 1012, l’apothéose, le sommet absolu de ce récital. Le Prélude, avec ses arpèges éclatants, ses gammes vertigineuses, a été interprété avec une virtuosité et une puissance qui ont littéralement emporté le public, transporté dans un tourbillon de notes, une ivresse sonore qui faisait vibrer les voûtes de l’église. L’Allemande, d’une noblesse souveraine, la Courante, d’une légèreté aérienne, la Sarabande, d’une beauté intemporelle, ont défilé comme les moments d’une vie, les joies et les peines, les élans et les recueillements, avant les deux Gavottes – l’une en ré majeur, l’autre en ré mineur – qui ont offert une respiration, un moment de grâce, avant la Gigue finale, une danse échevelée, une course effrénée qui s’achève dans un éclat de lumière, un ré majeur triomphant qui semblait sceller l’union entre le ciel et la terre.

Après le dernier accord, ce fut un triomphe, une standing ovation qui n’en finissait pas, le public debout, les yeux brillants de larmes et de reconnaissance, saluant un musicien qui, pendant près d’une heure trente, avait su lui faire oublier le monde, le temps, pour le porter au plus près de l’absolu. Edgar Moreau, visiblement ému, a salué avec une humilité qui contrastait avec la démonstration de génie qu’il venait d’offrir, et l’on a compris, devant ce spectacle, pourquoi ce jeune homme de 32 ans – Lauréat des plus prestigieux concours (Rostropovitch 2009, Tchaïkovski 2011 et Young Concert Artist 2014), double victorieux de la Musique Classique en 2013 et 2015, Lauréat d’un ECHO Klassik en 2016 et des ECHO Rising Stars en 2017, soutenu par la Fondation Banque Populaire et la Fondation d’entreprise Safran, Révélation instrumentale classique ADAMI 2012 et Prix Jeune Soliste des Radios Francophones Publiques 2013, et depuis 2023 professeur de violoncelle au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (!) – est bien l’un des plus grands violoncellistes de sa génération. Et l’on a pensé, en le quittant, à cette phrase de Pablo Casals, qui disait que les Suites pour violoncelle de Bach sont « l’essence même de la musique, la poésie la plus pure, la plus profonde » : ce soir, Edgar Moreau nous en a offert une preuve éclatante, et le Chamonix Vallée Classics Festival, grâce au programmateur éclairé qu’est David Joseph, peut s’enorgueillir d’avoir écrit une nouvelle page d’or de sa jeune histoire.

 

 

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Eglise Saint-Michel), le 1er août 2026. BACH : 4 Suites pour violoncelle seul par Edgar MOREAU. Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CD événement, annonce. JOE HISAISHI : SYMPHONY N°3 (« Metaphysica ») & HARP CONCERTO / Joe Hisaishi… Emmanuel Ceylon, harpe / Royal Philharmonic Orchestra (1 cd Deutsche Grammophon)

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Deutsche Grammophon édite fin juillet 2026, le nouvel album du compositeur (et chef d’orchestre) japonais septuagénaire JOE HISAISHI (Mamoru Fujisawa né en 1950) à la tête du Royal Philharmonic Orchestra : au programme, la Symphonie n°3 « Metaphysica » en 3 mouvements et son Concerto pour harpe avec celui qui l’a créé, le harpiste français Emmanuel Ceysson, – harpiste solo de la phalange britannique.

 

 

L’instrumentistes a d’ailleurs travaillé avec le compositeur pour affiner l’écriture du Concerto (afin qu’il coule dans ses doigts)… Joe Hisaishi est célèbre comme compositeur des musiques des films de Hayao Miyazaki et de Takeshi Kitano, auxquels son écriture apporte un souffle, une urgence et un lyrique passionnels … cinématographique. Prochaine critique sur classiquenews

 

 

 

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CD événement, annonce. JOE HISAISHI : SYMPHONY N°3 (« Metaphysica ») & HARP CONCERTO /  Emmanuel Ceylon, harpe / Royal Philharmonic Orchestra, Joe Hisaishi, direction –  (1 cd Deutsche Grammophon) – Plus d’infos sur le site de l’éditeur DG Deutsche Grammophon / Joe Hisaishi : https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/symphony-no-3-harp-concerto-joe-hisaishi-14312

 

 

 

 

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ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE. Saison 2026 – 2027 : les Temps forts. R. Strauss, Beethoven, Brahms, Nielsen, Sibelius, Rachmaninov, Jazz symphonique…

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Mouvement, transmission, rencontre… la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire renforce plus que jamais sa présence et son activité sur le territoire ligérien dont il est un acteur culturel incontournable. Grands héritages symphoniques, partitions clés du répertoire, mais aussi créations contemporaines, métissages féconds entre styles et traditions… , l’Orchestre invite à une nouvelle odyssée à Nantes, Angers et dans près de 30 villes ligériennes…

 

 

A l’affiche entre autres, les partitions signées de Mozart et Ravel, Strauss et Dutilleux, Beethoven et Margaret Price, sans omettre Pergolèse, Berg, Nielsen, Sibelius, Massenet, Delibes, Rachmannov, Tchaikovski… mais encore Nicolas Dunesme. Soit … plus de 100 œuvres qui jalonnent les multiples itinéraires à venir, sous la direction du directeur musical, Sascha Goetzel, mais aussi une nouvelle constellation d’autres tempéraments artistiques, excellant à manier la baguette, dont la moitié – parité oblige, invite de brillantes cheffes d’orchestre, soucieuses d’exprimer leur propre regard, emportant avec elles, instrumentistes de l’orchestre et spectateurs; ainsi, se dévoileront entre autres, Katharina Wincor, Anna Rakitina, Polina Lebedieva, Karen Ní Bhroin, Zofia Kiniorska, … ou Natalia Ponomarchuk. Pour le grand plaisir des auditeurs, toujours curieux de découvrir de nouvelles sensibilités, l’ONPL fait mouche et en invitant autant de maestras, fait figure de phalange d’autant plus exemplaire dans l’Hexagone.

Fidèle à sa propre sensibilité et ses goûts musicaux, Sascha Goetzel poursuit son fil rouge Viennois, qui met à l’honneur les compositeurs maîtres de la finesse et de la puissance, de l’élégance et de l’humour, de Mozart et Haydn à Beethoven et Richard Strauss (dont un poème symphonique ouvre et referme cette saison). La saison dernière, le maestro, directeur musical de l’ONPL nous avait régalé avec la découverte de l’imaginaire orchestral flamboyant du très viennois Korngold (dirigeant, enregistrant son éblouissante et vertigineuse Sinfonietta – le cd depuis distingué par le CLIC de CLassiquenews, a été récompensé ensuite par le BBC Music magazine, lui décernant son awards 2026 « meilleur enregistrement dans la catégorie orchestre »)…
Honneurs aux viennois donc mais aussi surtout à Beethoven, année 2027 oblige qui marque le bicentenaire de sa mort : Sascha Goetzel propose un nouveau festival Beethoven d’autant plus opportun : Symphonie n°6 « Pastorale », les 7, 11 mars 2027 à Angers, puis 9 et 10 mars à Nantes (couplée avec le Concerto pour piano °3 / Federico Colli, piano ; Symphonie n°4, couplée avec la Grande Fugue (arrangement de Félix Weingartner), les 14, 18 mars à Angers, les 19 et 20 mars à Nantes.

 

 

 

 

ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire
Saison 2026 – 2027
Nos temps forts & coups de coeur
les programmes à ne manquer sous aucun prétexte

Les Concerts à NANTES ont lieu à l’Auditorium du Conservatoire Debussy – Plus d’infos ici : https://onpl.fr/retour-au-conservatoire/

 

 

 

 

septembre 2026

Début de la nouvelle saison 2026 – 2027, avec un cycle inaugural « les grands classiques, saison 2 » : au programme, Schubert (ouverture de Fierrabras), Beethoven (Romances pour violon et orchestre), Haydn (symphonie n°104), Roberto Forés Veses, direction : ven 18 sept (Conservatoire de Nantes). Puis Concerto pour cor n° 3 de Mozart (soliste : Pierre-Yves Bens, cor), et Symphonie n°39 (Katharina Wincor, direction). Réservez vos places ici : « concerto pour cor »  https://onpl.fr/agenda/concerto-pour-cor/

ven 25, sam 26, dim 27 sept : TILL L’ESPIEGLE
Programme d’ouverture proprement dit sous la direction de Sascha Goetzel, intitulé « Till l’espiègle » d’après le poème symphonique de Richard Strauss, sommet de truculence symphonique, couplé avec le Concerto pour piano n°2 de Prokofiev (Lucas Debargue, piano), à Nantes les 25 et 26 sept, puis à Angers (Centre de Congrès, le 27 sept).
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/till-l-espiegle/

 

 

octobre 2026

« Chansons symphoniques » / grands standards de la chanson française (Brel, Gainsbourg, Montand, Barbara, Stromae…) avec Isabelle Georges, Frederik Steenbrink, sous la direction de Dylan Corlay (Nantes, ven 2 et sam 3 oct / Angers, dim 4 et mar 6 oct / Cholet, mer 7 oct 2026).
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/la-chanson-francaise/

 

 

novembre 2026

« Concert étudiants » (réservés aux étudiants avec prix spécial : 3 euros pour chaque étudiant) – au programme : Turina (Danzas fantasticas), Prokofiev (Roméo et Juliette, extraits des Suites 1 et 2) – Roberto Forés Veses, direction (Angers, mar 10 nov / Nantes, jeu 12 nov / La Roche sur Yon, dim 8 nov – concert tout public).
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/etudiants-romeo-et-juliette/

Puis en nov, place à la virtuosité de grands solistes : Jaehong Park, piano, dans la Rhapsodie sur un thème de Paganini (Angers, les 17 et 22 nov – Anna Rakitina, direction) ; Andrès Fernandez Subiela, contrebasse dans le Concerto de Bottesini, Nantes, ven 27 nov / Saint-Gilles Croix de vie, sam 28 nov / Nort-sur-Erdre, dim 29 nov 2026 – Polina Lebedieva, direction ; enfin la clarinettiste Sabrina Moulaï, dans le Concerto de Jean Françaix, couplé avec la Symphonie n°1 de Beethoven : Ancenis, ven 27 nov / Nantes, dim 29 nov / Saumon, Le Dôme, ven 19 mars 2027 – Karen Ní Bhroin, direction.

 

 

décembre 2026

Concert de Noël, avec Lucienne Renaudin-Vary, trompette, Maîtrises des Pays de la Loire, de la Perverie ; au programme Jacquet de la Guerre, Farrenc, Barraine, Nadia Boulanger, Tchaikovsky, Dvorak… Nantes, ven 4, sam 5, jeu 10 déc / Angers, dim 6 et mar 8 déc 2026 – Sascha Goetzel, direction
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/concert-de-noel/

« Dernier appel, les aventures de gaspard et Gustave », commande de l’ONPL au compositeur Nicolas Dunesme (né en 1989) – Concert familles, à partir de 5 ans. Angers, jeu 17 déc / Nantes, ven 18 déc – Simon Proust, direction
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/dernier-appel-gaspard-gustave/

Musiques de ballets – concert symphonique : au programme, Suites des ballets de Massenet (Cendrillon), Delibes (Coppélia), Tchaikovski (le Lac des cygnes), Angers, ven 18 déc / Nantes, sam 19 déc – Sofia Kiniorska, direction.
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/musiques-de-ballets/

 

 

janvier 2027

« SYMPHONIE DE FEU » : Symphonie n°2 de Rachmaninov – Samy Rachid, direction. Angers, dim 10, mar 12 janvier 2027 / Nantes, jeu 14, ven 15, sam 16 janv – présentation du programme par le chef, 30 mn avant le début du concert
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/symphonie-de-feu/

 

février 2027

CONCERTO EN SOL / Symphonie n°2 de Sibelius, et Concert en sol de Ravel (Vanessa Wagner, piano), Le Mans, sam 6 fév / Angers, dim 7 et jeu 11 fév / Nantes, mar 9 et mer 10 fév 2027 – Natalia Ponomarchuk, direction
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/concerto-en-sol/

Ciné concert Hitchcock : « The Lady Vanishes » / 1838 – Gilles Alonzo, orchestration, commande de l’ONPL – Fabrice Pierre, direction. Angers, dim 14 février / Pornichet, mer 17 février / Nantes, jeu 18 et sam 20 février 2027.

Jazz & classique symphonique avec Paul Lay, piano. Impro jazz autour de plusieurs standards classiques signés satie, Milhaud, Ravel, Fauré… Ryan McAdams, direction. Angers, mar 16 février / Nantes, ven 19 février 2027 – présentation du programme par Paul Lay, 30 mn avant le début du concert
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/le-jazz-a-la-rencontre-du-classique/

 

mars 2027

FESTIVAL BEETHOVEN #1 – pour les 200 ans de la mort de Ludwig van Beethoven

SYMPHONIE PASTORALE / Concerto pour piano n°3 (Federico Colli, piano), Symphonie n°6 « Pastorale » – Sascha Goetze, direction. Angers, dim 7 et jeu 11 mars 2027 / Nantes, mar 9 et mer 10 mars 2027
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/symphonie-pastorale/

FESTIVAL BEETHOVEN #2
Grande Fugue et Symphonie n°4 – Sascha Goetze, direction. Angers, dim 14 et jeu 18 mars 2027 / Nantes, ven 19 et sam 20 mars 2027 – présentation du programme par Sascha Goetzel, 30 mn avant le début du concert
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/symphonie-n4/

STABAT MATER de Pergolèse / Pergolesi
Avec Gwendoline Blondeel, Eva Zaïcik remplacée par Rose Naggar-Tremblay à Noirmoutier et Laval – Matthieu Handtschoewercker, direction.
Noirmoutier, ven 26 mars 2027
Laval, sam 27 mars 2027
Cholet, mar 30 mars 2027
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/stabat-mater-en-region/

 

avril 2027

Suite, STABAT MATER de PERGOLESE / Nantes, jeu 1er avril 2027
Châteaubriand, sam 3 avril 2027
Angers, dim 4 avril 2027 / réservez ici : https://onpl.fr/agenda/stabat-mater-de-pergolese/

 

« La Voix à l’honneur » avec Svetlina Stoyanova, soprano. 7 chants de jeunesse / Sieben Frühe Lieder – Mozart (Symphonie n°31 « Paris »), Nielsen (Symphonie n°4 « Inextinguible ») – Sascha Goetzel, direction. Nantes, sam 10 et ven 16 avril / Angers, dim 11 avril, jeudi 15 avril 2027 – présentation du programme 30 mn avant le début du concert par Sascha Goetzel.
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/la-voix-a-l-honneur/

 

mai 2027

Haute virtuosité à la guitare avec Raphaël Feuillâtre – programme « Au café » – Glass Marcano, direction. Œuvres de Piazzolla, Rodrigo (Concerto d’Aranjuez), Ortiz, Ginastera (Variations concertantes). Angers, mar 18, dim 23 mai 2027 / Nantes, ven 21 puis sam 22 mai 2027 – Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/au-cafe-latino/

 

juin 2027

RAPSODIE ESPAGNOLE / Concert de clôture de la saison, sous la direction de Sascha Goetzel. Au programme : le sublime Concerto pour violon de Brahms (Liya Petrova, violon) / Don Juan de Richard Strauss, et Rhapsodie Espagnole de Ravel. Angers, dim 13 juin, mar 15 juin 2027 / Nantes, jeu 17, ven 18, sam 19 juin 2027
Réservez vos places ici : https://onpl.fr/agenda/rapsodie-espagnole/

 

TOUTES les infos, la billetterie en ligne, le détail des programmes, les artistes invités… sur le site de l’ONPL / Orchestre national des Pays de la Loire : https://onpl.fr/

 

 

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Eglise Saint-Michel), le 31 juillet 2026. BEETHOVEN / SCHUBERT par le Quatuor MODIGLIANI et Edgar MOREAU (violoncelle)

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Le troisième concert du Chamonix Vallée Classics Festival, ce vendredi 31 juillet 2026 dans la magnifique Eglise Saint-Michel de Chamonix, restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui ont eu la chance d’y assister. Après deux soirées déjà mémorables – l’incandescence de Jean-Efflam Bavouzet et l’intensité fiévreuse du Quatuor Danel –, la troisième soirée devait marquer un sommet. Affichant complet, le public chamoniard (mais aussi très cosmopolite de la très chic station alpine…) était venu en nombre pour vivre ce que beaucoup pressentaient comme un moment d’exception. Et grâce à la venue du prestigieux Quatuor Modigliani, accompagné du jeune et prodigieux violoncelliste français Edgar Moreau, la soirée a tenu toutes ses promesses, portée par le parrainage de Vanessa de Launoit et Anne Grafe-Buckens, qui ont eu la main heureuse en soutenant un tel événement.

 

Le Quatuor Modigliani, formation aujourd’hui incontournable sur les scènes internationales, s’est d’abord emparé du Quatuor à cordes No. 6 en si bémol majeur, Op. 18 de Ludwig van Beethoven, la dernière des œuvres de jeunesse du maître dans ce genre. D’emblée, on a été saisi par la manière dont ils ont su restituer toute la complexité, la vigueur et l’inventivité de cette partition. Le premier mouvement, d’une extrême concision, a explosé avec une énergie arpégée, portée par un accompagnement tourbillonnant, pour laisser place à un second mouvement qui a déployé une tendresse d‘aria, jouant sur les plus belles sonorités du quatuor, avec ce bref passage en ut majeur, d’une lumière presque céleste, qui a semblé suspendre le temps. Le Scherzo, tout en syncopes déstabilisantes, a montré l’humour et l’audace du compositeur, mais c’est le finale, introduit par l’extraordinaire Adagio intitulé « La Malinconia », qui a constitué le véritable tour de force de l’interprétation. Ce mouvement, d’une beauté inédite et d’une profondeur psychologique saisissante, est une véritable plongée dans un état d’âme, une méditation sur la mélancolie qui alterne entre des passages suspendus, presque mystiques, et des accords douloureux, déchirants, dont les interprètes ont su restituer toute l’angoisse et la tension. La transition vers l’Allegretto final, d’une agilité éclatante et d’une gaité presque nerveuse, qui semble tenter de chasser le spectre de la mélancolie, a été exécutée avec une précision et un brio confondants. Ce fut une interprétation d’une intelligence rare, où l’on a senti toute la maturité et l’engagement du Quatuor Modigliani, qui a porté cette œuvre de jeunesse au rang de chef-d’œuvre. Déjà, on percevait ce qui allait être la marque de la soirée : une exigence technique absolue, une cohésion d’ensemble exceptionnelle, et une capacité à émouvoir en explorant les tréfonds de l’âme humaine.

Et au final, pas d’entracte pour reprendre son souffle, le Sublime Quintette à cordes en do majeur, D956 de Franz Schubert, dit « Quintette des Violoncelles« , a été donné dans la foulée, juste le temps pour le jeune Edgar Moreau de rejoindre les quatre musiciens du Quatuor Modigliani. Dès l’Allegro ma non troppo, on a su que l’on allait vivre quelque chose d’absolument inouï. L’addition de ce second violoncelle, dont le timbre chaud et profond est venu enrichir la texture sonore déjà merveilleuse du quatuor, a créé une alchimie parfaite. L’œuvre, que Schubert composa deux mois avant sa mort, est d’une beauté et d’une profondeur telles qu’elle vous saisit et ne vous lâche plus. La complicité entre les artistes était palpable. Le jeune violoncelliste, lauréat des prestigieux concours Rostropovitch et Tchaïkovski , s’est montré à la hauteur de ses aînés, faisant preuve d’une maturité, d’une maîtrise et d’une sensibilité qui ont impressionné. Mais c’est dans l’Adagio, deuxième mouvement, que la magie a opéré le plus intensément. Le thème magnifique, d’une mélancolie inouïe, a été porté avec une émotion contenue, déchirante, faisant naître un climat d’une intimité et d’une gravité rares. La tension est alors devenue presque insoutenable.

 

 

Après les trois premiers mouvements, la beauté de ce qui venait d’être joué, l’intensité de l’engagement des musiciens, la communion avec un public suspendu à leurs moindres gestes, était telle que celui-ci n’a pas pu se contenir, et n’a pas attend la fin de l’ouvrage pour applaudir frénétiquement, et même hurler sa joie et son émotion ! Puis vint le quatrième mouvement, donc, qui est une véritable apothéose, un tourbillon qui emporte tout sur son passage. Le mouvement s’intitule Allegretto, une indication qui pourrait paraître anodine, presque aimable, mais qui chez Schubert est toujours un leurre. Dès les premières mesures, on est projeté dans un tourbillon endiablé, une danse presque sauvage qui semble vouloir conjurer le destin, repousser l’ombre de la mort qui plane sur les mouvements précédents. Le thème principal, d’une énergie folle, bondit et rebondit entre les instruments, porté par un rythme de tarentelle qui ne laisse aucun répit, et l’on sent immédiatement que ce finale est une course contre la montre, une fuite éperdue vers la lumière. Mais Schubert, en génie du contraste qu’il est, n’oublie jamais la mélancolie qui est le fond de son être, et il glisse comme une ombre au cœur même de cette allégresse : un deuxième thème surgit, plus chantant, plus lyrique, qui semble arracher une larme au milieu du vertige, comme un souvenir qui remonte à la surface, avant que la danse ne reprenne de plus belle, encore plus frénétique. À la fin du quatrième mouvement, alors que l’ultime note, un do majeur lumineux et apaisé, venait de résonner, un silence de cathédrale a précédé une explosion d’applaudissements, libérant une pression émotionnelle qui avait atteint son paroxysme. C’était une réaction spontanée, viscérale, un hommage vibrant à des artistes qui venaient de toucher à l’absolu. La magie de ce moment, où la frontière entre le public et la scène s’efface, restera comme l’une des plus belles images de ce festival.

Après un tel moment, pas de bis, cela aurait été une profanation après une telle apothéose. Le public, debout, applaudissait à tout rompre, une standing ovation qui n’en finissait pas, pour saluer ce voyage de quarante-cinq minutes au cœur de la beauté pure, de la jouissance musicale absolue, un de ces instants où l’art nous rappelle à notre condition la plus profonde. Ce concert, par sa qualité artistique exceptionnelle et les émotions qu’il a suscitées, a marqué les annales du jeune festival savoyard, confirmant que le Chamonix Vallée Classics Festival est bien devenu un rendez-vous incontournable, un lieu où la musique est célébrée avec une passion et une exigence que seul un amour sincère peut inspirer. Grâce à David et Denise Joseph, qui portent ce projet avec une énergie inépuisable, et à des mécènes éclairés, ces moments de grâce continuent d’exister, nous rappelant que l’art a toujours besoin de passeurs. Merci à eux – à tous leurs fabuleux amis Mécènes et Sponsors – qui rendent tous ces moments de bonheur partagé possible !…

 

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Eglise Saint-Michel), le 31 juillet 2026. BEETHOVEN / SCHUBERT par le Quatuor MODIGLIANI et Edgar MOREAU (violoncelle). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CD événement, annonce. Robert SCHUMANN : Das Paradies und die Peri (1843). Jordi Savall (2 cd Alia Vox – parution : sept 2026)

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La bouillonnante activité de la musiques schumanienne, vécue comme une nécessité vitale s’exprime plus que tout autre oratorio de Robert Schumann dans son Paradis et la Péri, sommet conçu par le compositeur poète. S’y déploie cette faculté à ouvrir des horizons psychiques inconnus, des paysages imaginaires sans limites, des ouvertures salvatrices pour celui qui jamais satisfait, devait mourir à … 43 ans.

 

 

Dans la quête de la Péri, quête de l’idéal et de l’absolu, s’exprime la quête de Schumann lui-même qui y dépose toutes les ressources et possibilités permises par la musique. Portée par un élan inextinguible, une souveraine et impérieuse volonté – beethovénienne, l’écriture de Schumann se déploie, se développe, s’affirme, en particulier dans chaque avancée de la Péri, de la partie III. L’élan vital que porte le chant de l’orchestre souligne combien est déterminée La Péri à mesure que ses épreuves la rapproche davantage de son effacement.  Détaillée, active, éloquente, aux somptueuses couleurs comme capable de phrasés chambristes, souples et mordants, la baguette de Jordi Savall suit le cheminement de la Péri, de plus en plus essentielle et … aérienne. Clarté, transparence, nuances, la direction éclaire un oratorio sensible et intensément dramatique, centré sur les épreuves que surmontent l’héroïne, et au cœur de sa métamorphose, sa faculté à s’émouvoir (des larmes d’un repenti), la force de l’amour qui la traverse totalement… et qui lui ouvre les portes de la félicité éternelle (extase ultime exprimée dans l’air final « Es fällt ein tropfen aufs Land.… / une goutte descend de la lune » dont l’orchestre dessine la noble gradation conçue comme le miracle d’une aurore). Mais ce miracle final vaut une séries d’épreuves, un combat de haute lutte…

Pour Schumann, Le Paradis et la Péri vaut bien un opéra. Dans sa forme plurielle, l’oratorio cantate qui sollicite autant des solistes, du choeur que de l’orchestre, est achevé en juin 1843, et créé au Gewandhaus de Leipzig le 4 déc 1843, – sous la direction de Schumann lui-même, avec succès et jusqu’au délire… ainsi que le mentionne Clara son épouse.  Jordi Savall réunit pour ce faire les équipes du Concert des Nations, le chœur de La Capella Nacional de Catalunya et un plateau de solides habités dont Lina Johnson (La Péri), Ferran Mitjans (ténor II)… Prochaine critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS.COM

 

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CD événement, annonce. Robert SCHUMANN : Das Paradies und die Peri (1843). Jordi Savall (2 cd Alia Vox – parution : sept 2026) – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026 – Illustration : George Frederic Watts : Hope DR

 

 

LIRE aussi notre critique de l’oratorio Das Paradies und die Peri, opus 50 par Jordi Savall, concert donné en mai 2025 à Paris, Philharmonie : CRITIQUE, concert, PHILHARMONIE DE PARIS, 12 MAI 2025. SCHUMANN : Das Paradies und die Peri. L. Johnson, K. Carrel, M.B. Kielland, N. Brooymans… Concert des Nations, Capella Nacional de Catalunya, Jordi Savall (direction) | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/critique-concert-philharmonie-de-paris-12-mai-2025-schumann-das-paradies-und-die-peri-l-johnson-k-carrel-m-b-kielland-n-brooymans-concert-des-nations-capella-nacional-de-catalunya-j/

 

Avec Das Paradies und die Peri, Robert Schumann signait en 1843 un oratorio profane, tout à la fois fresque mystique et épopée de la rédemption. Ce n’est pas une œuvre de ferveur liturgique, mais un poème sonore qui puise dans l’imaginaire oriental de Thomas Moore pour ciseler une méditation sur la grâce, le sacrifice et la pureté conquise par l’effort, la constance et le dépassement. Cette même quête qui a marqué depuis longtemps les héroïnes et héros des opéras baroques, le sempiternel : « Vincer se stesso« . Le choix de Jordi Savall d’exhumer cette perle du romantisme allemand, avec ses complexités harmoniques et ses strates symboliques, relève moins de la relecture que de la transfiguration. Il ne s’agit pas ici de ressusciter une partition, mais de l’éclairer d’un feu nouveau — celui d’une écoute régénérée, incarnée, presque visionnaire…

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Eglise Saint-Michel), le 30 juillet 2026. CHOSTAKOVITCH & TCHAÏKOVSKY par le Quatuor DANEL

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Après l’incandescence du récital de Jean-Efflam Bavouzet la veille à l’Espace Michel Croze 2, le Chamonix Vallée Classics Festival prenait ses quartiers dans le  somptueux cadre de l’Eglise Saint-Michel de Chamonix, pour une soirée placée sous le signe des cordes et des âmes slaves. Le Quatuor Danel, considéré comme l’ensemble instrumental de référence pour l’exécution de la musique de chambre de Dimitri Chostakovitch – et l’on comprend pourquoi en les entendant !… –, avait fait le déplacement jusqu’au pied du Mont-Blanc, et c’est un public conquis, mêlant une fois encore les mélomanes chevronnés à des amateurs curieux, qui s’était massé dans la nef pour cette soirée d’anthologie. Et là, dans ce lieu chargé d’histoire et de spiritualité, la musique de chambre a pris une dimension presque transcendante, portée par quatre musiciens – mais avant tout Marc Danel au premier violon, qui ne se contentait pas de jouer : il vivait, ils souffrait, ils exultait chaque note comme s’il s’agissait de la dernière.

 

Dans le Quatuor à cordes No. 1 en do majeur, Op. 49 de Dimitri Chostakovitch, donné en ouverture du concert, on a senti que cette soirée serait différente. Marc Danel, au premier violon, a immédiatement imposé sa présence flamboyante, ce mélange unique de virtuosité acrobatique et d’engagement physique dont nous avions déjà eu l’occasion de témoigner, dans ces mêmes colonnes, lors de leur concert au Théâtre du Capitole de Toulouse en janvier dernier, auprès de la grande Elisabeth Leonskaja, pour une mémorable exécution du Quintette avec Piano du même Chostakovitch. Nous avions déjà évoqué ses fameuses contorsions, cette manière qu’il a de se pencher, de se redresser, de danser littéralement avec son violon, comme si chaque note lui arrachait un morceau de lui-même ; ce soir-là, à Chamonix, il a poussé cette gestuelle jusqu’à l’extase, les yeux levés vers la voûtes en se levant parfois comme s’il prenait son envol pour quelque Paradis – et l’on ne savait plus si c’était lui qui jouait l’instrument ou l’instrument qui le possédait. Mais derrière ce spectacle fascinant, il y avait une intelligence musicale hors du commun, une compréhension viscérale de l’univers de chostakovitch, ce premier quatuor encore lumineux, presque néoclassique, où l’on perçoit déjà les prémices de ce langage si singulier, entre ironie mordante et mélancolie profonde. Le Quatuor Danel en a restitué toutes les nuances, du chant pastoral du premier mouvement aux rythmes dansants du finale, avec une précision d’orfèvre et une cohésion d’ensemble qui force l’admiration, tout en prenant le temps de commenter l’œuvre avec une pédagogie généreuse, rendant ces chefs-d’œuvre accessibles à ce public chamoniard si réceptif, exactement comme Bavouzet l’avait fait la veille – décidément, ce festival a le don de mettre les artistes à hauteur d’hommes.

Mais c’est avec le Quatuor à cordes No. 8 en do mineur, Op. 110 que le Quatuor Danel a véritablement atteint des sommets. Cette œuvre bouleversante, dédiée par Chostakovitch aux victimes du fascisme et de la guerre, est une descente aux enfers, une autopsie de l’âme humaine où le compositeur s’est littéralement mis à nu, et les Danel nous en ont offert une lecture d’une intensité presque insoutenable. Dès le premier mouvement, ce Largo désespéré où le motif DSCH – les initiales du compositeur – se tisse comme un leitmotiv funèbre, on a été pris à la gorge, happé par cette spirale de douleur et de rage contenue, et le quatuor a su faire monter la tension crescendo, jouant avec les dynamiques, accentuant les silences, faisant craquer l’archet sur les cordes pour mieux souligner la violence sourde de cette musique. Marc Danel, toujours aussi acrobatique, semblait littéralement en transe, son corps épousant chaque inflexion, chaque coup d’archet rageur, chaque pianissimo presque inaudible qui faisait retenir son souffle à l’assistance. Les Allegretto suivants, avec leurs rythmes de valse macabre, leurs pizzicati sardoniques, leurs dissonances qui déchirent l’air, ont été interprétés avec une férocité jubilatoire, presque provocatrice, comme pour mieux rappeler que cette musique est aussi un acte de résistance, un cri de révolte contre l’absurde. Et ce finale, ce Presto qui s’emballe et s’éteint dans un murmure, un ultime pizzicato qui semble s’effondrer sur lui-même, a laissé le public médusé, suspendu à ce vide sidéral qui s’est installé, personne n’osant applaudir… avant que Marc Danel ne choisisse de se lever pour rompre le silence, et qu’une salve d’applaudissements, retenue puis déchaînée, ne vienne saluer – comme il se devait – cette lecture magistrale !

 

 

Après l’entracte, venu couper ce trop-plein d’émotions, place à Piotr Illitch Tchaïkovski avec son Quatuor à cordes No. 1 en ré majeur, Op. 11, et le contraste était saisissant. Là où Chostakovitch nous avait plongés dans les abysses, Tchaïkovski nous a offerts un bain de lumière, de lyrisme et de mélodie pure, et le Quatuor Danel, qui n’est pas seulement un spécialiste du répertoire russe du XXe siècle, s’est montré tout aussi éblouissant dans ce registre romantique. Dès l’Allegro moderato, on a été emporté par cette énergie débordante, ces thèmes chantants et populaires que les cordes faisaient vibrer avec une chaleur communicatrice, et l’on a savouré chaque contraste, chaque passage où la virtuosité cède la place à l’intimité, où les quatre instruments dialoguent comme des amis autour d’une table. Mais le clou du spectacle, bien évidemment, fut le légendaire Andante cantabile, cet air si célèbre que Tchaïkovski avait emprunté à une chanson populaire ukrainienne et qui, sous les archets du Quatuor Danel, est devenu un moment de pure magie, un chant d’une simplicité et d’une beauté déchirantes, porté avec une pudeur et une émotion communicative qui avait fait pleurer le grand Léon Tolstoï, comme l’a rappelé un des instrumentistes juste avant les premiers accords. Et dans ce cadre magnifique de l’église Saint-Michel, avec l’acoustique généreuse qui enveloppait chaque note d’une réverbération dorée, on a compris pourquoi ce festival est si unique : cette communion entre des musiciens de génie, un public conquis et un lieu chargé d’histoire, c’est la promesse tenue de David et Denise Joseph (et tous leurs merveilleux soutiens et collaborateurs…) qui, une fois encore, œuvrent dans l’ombre avec une passion inépuisable pour offrir à Chamonix des instants de grâce.

Après la longue standing ovation, le Quatuor Danel, visiblement ému, a offert un bis inattendu et magnifique : trois courtes pièces extraites des Visions fugitives de Sergueï Prokofiev, admirablement retranscrites pour quatuor à cordes. Ces miniatures, d’une poésie et d’une concision confondantes – Prokofiev les avait écrites pour piano entre 1915 et 1917, s’inspirant d’un poème de Balmont sur les « visions fugitives »  –, ont pris sous les doigts de nos quatre musiciens une couleur et une vie nouvelles, oscillant entre l’onirisme délicat de certaines pièces et l’énergie débridée des autres, et l’on a salué cette trouvaille qui, en quelques minutes, venait parfaire ce voyage au cœur de la musique slave. 

Ce deuxième concert, à l’instar de l’ouverture de la veille, restera gravé comme un moment d’exception dans l’histoire déjà riche de ce festival pas comme les autres, qui, au fil des ans, s’affirme comme l’un des rendez-vous incontournables de l’été dans les Alpes !

 

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Eglise Saint-Michel), le 30 juillet 2026. CHOSTAKOVITCH & TCHAÏKOVSKY par le Quatuor DANEL. Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE CD, événement. « Inexorable amour », MARIE LYS, soprano. Cantates de Haendel : Il delirio amoroso, Sans y penser, Crudel tiranno amor… (1 cd CVS Château de Versailles Spectacles, mai 2025)

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Timbre cristallin voire finesse diamantine, articulation idéale, justesse des couleurs et du caractère, colorature naturelle et habitée… la soprano Marie Lys ne cesse de convaincre par la subtilité de son chant. L’interprète sait approfondir et caractériser chacune de ses incarnations, ne sacrifiant jamais l’intelligibilité pour l’expressivité. La cantatrice incarne un équilibre délectable entre ces deux pôles. C’est une chanteuse de grande classe doublée d’une interprète d’une rare finesse : l’intérêt est un travail remarquable sur la vérité des sentiments exprimés voire la profondeur de chaque caractère abordé.

 

 

 

 

REMARQUABLE AMOUREUSE

CVS Château de Versailles Spectacles accueille depuis plusieurs années une interprète souvent saisissante ; récemment, la soprano a contribué pour une bonne part (dans le rôle d’Herminie) à la remarquable recréation d’un opéra oublié, chef d’oeuvre du Baroque Français, la « Suite d’Armide » (1704), restitué à Philippe d’Orléans (futur Régent à la mort de Louis XIV), certainement assisté par le compositeur Gervais, superbe réalisation couronnée par notre CLIC de CLASSIQUENEWS en mars 2025 :  (CD événement, critique. PHILIPPE D’ORLÉANS : Suite d’Armide, 1704. Marie Lys, Véronique Gens, Victor Sicard… Cappella Mediterranea, Leonardo García-Alarcón [2 cd CVS CHÂTEAU DE VERSAILLES SPECTACLES, juin 2023] | ClassiqueNews).

 

Les mélomanes retrouvent dans ce récital Haendélien, ce feu ardent, sa nature embrasée qui irradie dans chaque séquence. En amoureuse éperdue, défaite ou entité conquérante et souveraine, Marie Lys ressuscite ce bel canto baroque sensible et lumineux, serti de mille nuances émotionnelles. Son chant ciselé, souple, incantatoire ou délicieusement voluptueux, enivre et enchante d’un bout à l’autre. Les cantates romaines de 1707 / 1708, puis plus tardive de Haendel (l’alma innamorata de 1721) ne pouvaient bénéficier d’une interprétation aussi juste et personnelle à la fois.

Les 4 cantates choisies, composées à Rome par le jeune Saxon la plupart pour l’Académie de l’Arcadie (et ses membres dont Benedetto Pamphili ou Francesco Maria Ruspoli), fondent un cycle intitulé « Inexorable amour ». Chacune mesure l’empire de l’amour, son omnipotence, son labyrinthe qui étreint les cœurs et précipite les âmes trop tendres… La langue de Haendel est majoritairement celle de la confession, de la prière, du lamento ; celle des amoureuses éprouvées… qui espèrent, s’alanguissent, s’illusionnent. Le verbe musical superbement habité de Haendel s’incarne ici dans un chant volubile, aussi nuancé que précis, juste et franc.

La seule cantate en français (« Sans y penser »), composée pour le Marquis Ruspoli (septembre 1707), légère et faussement badine, épingle la fugacité des plaisirs et les blessures causées par l’infidélité d’une bergère capricieuse. Plus courte et sans modèle connu dans son développement, la cantate regroupe sans beaucoup de cohésion plusieurs textes et séquences extraits entre autres du recueil de Christophe Ballard, alors disponible à Rome. Silvie avoue son amour pour Tirsis mais sait que tout peut se dénouer « sans y penser »… Eclectique, Haendel paraphrase le style parisien amoureux avec une fausse légèreté, badinerie sérieuse ou parodique dont se joue l’art délicieusement ambivalent de Marie Lys.

De ce corpus remarquablement écrit, nombre d’airs et mélodies, de solo instrumental seront ensuite développés dans les opéras à venir (ou contemporains). Toute la puissance passionnelle du jeune Haendel est déposée dans ces 4 cantates, mais condensée ainsi en 3 ou 4 airs avec récitatifs ; elles déploient comme des opéras miniatures, la violence vertigineuse des cœurs épris, amoureux, en souffrance ou (plus rares), épanouis, voluptueux…

 

 

 

CANTATES ROMAINES

A Rome début XVIIIè, le jeune Haendel (22 ans) écrit plusieurs cantates pour l’élite patricienne, les membres de l’Académie d’Arcadie dont les prélats et nobles les plus éminents, culturellement très actifs, sont tous passionnés de musique dramatique : ainsi le cardinal Benedetto Pamphili qui signe aussi sous son nom d’auteur initié « Le Phénix » (Fenicio Larisseo ), le livret du premier oratorio de Haendel, « Il trionfo del Tiempo e del Disinganno », comme celui de la cantate « Il delirio amoroso », en mai 1707. Ce bouillonnement créatif, entre virtuosité et profondeur émotionnelle allait aboutir à son premier opéra italien ambitieux, Agrippina, accueilli en triomphe à Venise (Teatro San Giovanni Grisostomo, 1708) : « il Caro Sassone » était né, promis à une carrière particulièrement marquante dans l’histoire de la musique baroque.

Sublime et très crédible, la cantate « Il delirio amoroso » offre à Marie Lys, un terreau riche en vertiges dramatiques, d’autant plus raffinés que Haendel convoque un ensemble d’instruments concertants (cantata con stromenti ) qui enveloppent avec génie le chant de la soprano et caractérise ses interventions selon les 3 personnages qu’elle incarne et les sentiments convoqués : le narrateur, l’inconsolable Chloris qui pourtant délaissée, pleure le dédaigneux Thyrsis… ; ainsi doubles de l’âme chantante, s’invitent le violon (« Un pensiero voli in cieli »), puis le violoncelle ( « Per te lasciar la luce ») qui accompagne les tourments éplorés de la bergère esseulée, laquelle cependant ose franchir les enfers (et l’Achéron) pour rejoindre les champs élyséens (« Lascia mai le brune vele »).

Pour Pâques 1708, Haendel compose son oratorio « La Resurrezione » au Palazzo Brunelli, pour son propriétaire, le flamboyant marquis Ruspoli (autre arcadien). Y brille la soprano Durastanti (future créatrice d’Agrippina l’année suivante et bientôt vedette de la troupe londonienne de Haendel à partir de 1720). Pour elle, le jeune Haendel écrit la cantate « Un’alma innamorata » (1707), cycle moins développée qu’il delirio (2 grands airs au lieu de 3) mais tout aussi profonde et psychologique : Marie Lys y exprime le martyr d’un cœur aimant, possédé, esclave (« Quel povero core », avec violon obligé), confronté à un autre plus cynique, dont le rire affirme son souverain mépris des rigueurs de l’amour (« ben impari comme s’ama »), rien de désinvolte dans cet opéra miniature dont la soprano se délecte à exprimer là encore chaque nuance émotionnelle avec une rondeur agile, superlative.

Plus tardive, la cantate « Crudel tiranno amor » (1721) affirme et confirme la souveraine inspiration du Cher Saxon, à l’opéra comme dans une forme aussi réservée que la cantate. Composée à Londres avec la Durastanti et aussi le castrat vedette Senesino, « Crudel tiranno amor » développe le même plan qu’« Il delirio » : soit 3 récitatifs et 3 airs développés, dans un appareillage mélodique que Haendel recyclera dans son opéra suivant Floridante. Ici Marie Lys exhorte et se rebelle (« Crudel tiranno amor »), se lamente et prie (« O dolce mis spéranza ») – le dernier air, conclusion pleine de promesses, « O caro spene », s’inscrit dans l’espérance et la constance, une fin plus tendre et caressante dont instrumentistes, chef et cantatrice expriment l’intense élan sincère, la somptueuse caresse musicale et vocale.

 

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CRITIQUE CD, événement. « Inexorable amour », Marie Lys, soprano. Cantates de Haendel – Orchestre de l’Opéra Royal / Gaétan Jarry, direction  (1 cd CVS Château de Versailles Spectacles, mai 2025) – CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

 

 

autre cd avec Marie Lys critiqué sur classiquenews

CD événement, critique. PHILIPPE D’ORLÉANS : Suite d’Armide, 1704. Marie Lys, Véronique Gens, Victor Sicard… Cappella Mediterranea, Leonardo García-Alarcón [2 cd CVS CHÂTEAU DE VERSAILLES SPECTACLES, juin 2023] :
CD événement, critique. PHILIPPE D’ORLÉANS : Suite d’Armide, 1704. Marie Lys, Véronique Gens, Victor Sicard… Cappella Mediterranea, Leonardo García-Alarcón [2 cd CVS CHÂTEAU DE VERSAILLES SPECTACLES, juin 2023] | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-philippe-dorleans-suite-darmide-1704-marie-lys-veronique-gens-victor-sicard-cappella-mediterranea-leonardo-garcia-alarcon-2-cd-cvs-chateau-de/

Torche vivante, Marie Lys, – entre intelligibilité, finesse, expressivité et nuances d’une diseuse accomplie, exprime tous les tourments de la princesse d’Antioche, prisonnière d’Armide elle aussi, sorte de double sentimental de la souveraine, et qui comme elle, souffre sans limites. De toute évidence, la soprano a trouvé personnage à la mesure de son immense talent tragique d’autant que le texte ne se perd jamais, intensifiant davantage la moindre inflexion de sa ligne vocale. Ce focus intimiste (« Malheureuse Herminie »), aux sources raciniennes, impose d’emblée et avec quel génie, la pâte du prince compositeur, très habile faiseur entre théâtre et chant.

 

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ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE : nouvelle saison 2026 – 2027. Tarmo Peltokoski, Bertrand Chamayou, Nelson Goerner, Tugan Sokhiev… / Bruckner, Mahler, Saint-Saëns, Beethoven, Stravinsky…

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La nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE s’annonce aussi riche et généreuse que les précédentes. Aux compositeurs majeurs de l’expérience symphonique tels Saint-Saëns, Bruckner ou Mahler bien présents cette saison, s’affichent aussi les œuvres de Stravinsky, Tchaïkovsky, sans omettre des raretés (Emilie Mayer), ou des dispositifs originaux qui relisent les grandes partitions (Symphonie Héroïque de Beethoven à travers l’imaginaire d’Aurélien Bory…).

 

 

Temps forts du nouveau cycle symphonique, les grands concerts sous la direction du directeur musical TARMO PELTOKOSKI, directeur musical (photo : portrait de TARMO PELTOKOSKI © Romain Alcaraz)

 

Jeu 1er octobre 2026 : Canticus Arcticus du Finlandais Rautavaara, Distant Light du Letton Pēteris Vasks (avec en soliste Daniel Lozakovich, violon) et L’Oiseau de feu de Stravinsky
https://onct.toulouse.fr/tarmo-peltokoski-daniel-lozakovich-6075101/
Sam 13 fév 2027 : Concerto n°27 de Mozart (soliste Mao Fujita, piano), Symphonie n°5 « Fantastique » de Bruckner
https://onct.toulouse.fr/tarmo-peltokoski-mao-fujita-6472610/
Jeu 18 mars 2027 : L’ouverture Polyeucte de Dukas, Le Concerto pour violoncelle d’Esa-Pekka Salonen, compatriote de Tarmo Peltokoski (soliste Jan Vogler, violoncelle) et Le Sacre du Printemps de Stravinsky
https://onct.toulouse.fr/tarmo-peltokoski-jan-vogler-1961193/

 

Ven 21mai 2027 : Soirée russe avec Concerto pour violoncelle de Prokofiev (soliste Senja Rummukainen, violoncelle,finaliste du Concours Tchaïkovski en 2019), Symphonie n°2 de Rachmaninov
https://onct.toulouse.fr/tarmo-peltokoski-senja-rummukainen-4726456/

 

Plus accessible et grand public que jamais, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse ouvre sa nouvelle saison avec STARS WARS : L’empire contre-attaque, ciné concert événement (jeu 24 sept 2026). L’équation chef invité et grand soliste fait merveille à nouveau sous la voûte de la Halle aux grains ; ne manquez pas ainsi 8 concerts qui s’annoncent très prometteurs, autant pour le duo artistique ainsi annoncé que pour les œuvres choisies : le pianiste Nelson Goerner sous la direction de Lio Kuokman (jeu 8 oct 2026 : Burlesque de Richard Strauss, couplé avec Grand Bazar de Fazil Say et Shéhérazade de R Korsakov), le corniste Stefan Dohr et le chef Alexandre Soddy (Sam 14 nov 2026 (Ouverture du Freischütz de Weber,Concerto pour cor de R. Strauss, couplés avec la Symphonie n°5 de Schubert), le pianiste Nobuyuki Tsujii et le chef Riccardo Minasi (jeu 10 déc 2026 : Concerto pour piano n°2 de Beethoven, couplé avec Symphonie n°5 de ce dernier et la Faust-Ouvertüre d’Emilie Mayer), le pianiste Bertrand Chamayou sous la direction de Barbara Hannigan (Jeu 17 déc 2026 : Concerto en sol de Ravel, couplé avec la Suite du Festin de l’araignée de Roussel…), l’altiste Antoine Tamestit sous le direction du chef Adam Hickox (Jeu 14 janv 2027 : Harold en Italie de Berlioz couplé avec les Variations Enigma d’Elgar), le violoniste Guido Sant’anna et le chef Riccardo Bisatti (Jeu 11 mars 2027 : dans le très rare Concerto pour violon n°3 de Saint-Saëns, couplé avec la Symphonie n°2 de Beethoven et La Source d’Yggdrasil de Camille Pépin), la violoncelliste Sol Gabetta sous la direction de Tugan Sokhiev (les 2 et 3 avril 2027 : Concerto pour violoncelle n° 2 de Saint-Saëns et Symphonie n°3 de Bruckner), le pianiste Roman Borisov sous la direction chef Markus Poschner (les 13 et 14 mai 2027 : Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski, coulé avec Une vie de héros de Richard Strauss) ; enfin, le pianiste Adam Laloum sous la baguette de Frank Beermann (Ven 4 juin 2027 : dans le Concerto pour la main gauche de Ravel, couplé avec la Symphonie n°5 de Mahler…

Ne manquez pas non plus, les deux programmes prometteurs suivants : pour le Nouvel An (31 déc 26, 1er janv, 2 janv 2027), programme festif comprenant Milhaud, Canteloube (Chants d’Auvergne avec Marianne Crebassa), et les extraits des ballets Casse-Noisette et Raimonda de Tchaïkovski et Glazounov, sous la direction de Timur Zangiev ; surtout l’immense et spirituelle Symphonie n°9 par Kazuki Yamada (Jeu 8 avril 2027)…
et parmi les « concerts événements » (après Star Wars en ouverture de saison) : Maria de Buenos Aires, operita en 18 tableaux (Sam 9 janvier 2027, avec Sol García, Maria), « Portrait d’orchestre / Beethoven », 21-23 janvier 2027 au Théâtre de la Cité (Symphonie n°3 Eroica, mise en scène par Aurélien Bory)…

Les familles et les jeunes spectateurs seront comblés grâce aux programmes entre autres, « Pierre et le loup » (Dim 18 oct), « Bazar Circus » (Dim 7 mars 2027), « Les aventures d’octave et Mélo – le chant du volcan » (dim 27 juin 2027)…

 

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TOUTES LES INFOS, la billetterie en ligne, le détail es programmes, les solistes invités… sur le site de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse : https://onct.toulouse.fr/
Page directe vers la nouvelle saison 2026 – 2027 : https://onct.toulouse.fr/saison-2026-2027/

 

 

 

 

 

VIDÉO – TEASER de la nouvelle sasson 2026 – 2027 de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse / « La musique, l’orchestre et vous »

 

 

Une nouvelle saison se dévoile à l’Orchestre du Capitole.
Avec Tarmo Peltokoski, des chefs et solistes reconnus viennent partager leur vision, leur exigence et leur liberté tout au long de la nouvelle saison 2026 2027 de l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE. Parmi eux : Tugan Sokhiev, Barbara Hannigan, Leonardo García-Alarcón, Beatrice Rana, Bertrand Chamayou, Thibaut Garcia, Paul Lay, Aurélien Bory… et bien d’autres encore. Tous contribueront à faire de chaque concert une expérience singulière où l’émotion circulera pleinement.
Des œuvres du répertoire aux créations les plus contemporaines, cette nouvelle programmation dessine déjà un paysage musical ouvert et vivant. De Bach à Angélique Kidjo, de Camille Pépin à Gustav Mahler, de Nino Rota à Beethoven, cette saison sera celle de toutes les rencontres.
Découvrez la nouvelle saison 2026-2027 de l’Orchestre national du Capitole : https://onct.toulouse.fr/saison-2026-2027/

 

 

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CD événement, annonce. «  Lunaris », Bruce Liu, piano : Beethoven, Chopin, Debussy, Scriabine, Cage ( 1 CD DG Deutsche Grammophon)

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Dans son prochain album LUNARIS, le pianiste Bruce Liu livre un programme intime conçu comme un voyage à travers la nuit, l’imagination, la transcendance, à parti de pièces pour le piano parmi les plus emblématiques. C’est un monde sonore nocturne où « le son, le silence et l’imagination convergent – l’album suit un arc narratif clair, guidant l’auditeur à travers une séquence de paysages intérieurs, de l’intimité à l’illumination »

 

 

 

Y figurent entre autres la Sonate au clair de lune et la Sonate Waldstein de Beethoven, partition majeur pour le clavier qui dialoguent ainsi avec Debussy, Bach/Siloti, Mompou, Ligeti ou Agnes Obel. Le pianiste sino-canadien Bruce Liu a remporté le Concours international de piano Chopin en 2021, à l’âge de 24 ans. Il signe avec la Deutsche Grammophon l’année suivante. Son premier album studio, « Waves » (Rameau · Ravel · Alkan), a été suivi par « The Seasons »,. Dans ce 3è album sous étiquette jaune,
Liu plus éclectique que jamais, conçoit « Lunaris », une collection variée d’œuvres associées à la nuit et à la lune. « La nuit est le moment où la réflexion et l’énergie créative se rencontrent », précise le pianiste. « L’idée de Lunaris m’est venue comme un mot à la fois familier et mystérieux. La racine, « luna », évoque immédiatement la lune, la nuit et une certaine lumière indirecte et profondément intime. Elle décrit ces heures où le monde extérieur devient calme et le monde intérieur ouvre un espace pour l’imagination, la sensibilité et une perception différente du temps ».

Aux côtés d’œuvres majeures du répertoire (Sonates « Clair de lune » et « Waldstein » de Beethoven, 4ème Sonate de Scriabine, « Rêverie » de Debussy), l’album comprend d’autres joyaux signés J.S. Bach, Mompou, Cage, Ligeti et la chanteuse-compositrice danoise Agnes Obel. Sortie CD, vinyle et numérique : le 7 août 2026.

 

Plus d’infos sur le site de l’éditeur DG Deutsche Grammophon : https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/lunaris-bruce-liu-14449
Parution annoncée le 7 août 2026

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CRITIQUE, festival. 3ème CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Espace Michel Croz 2), le 29 juillet 2026. HAYDN / BEETHOVEN / RAVEL par Jean-Efflam BAVOUZET (piano)

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Il y a tout juste un an, nous vous parlions déjà dans ces colonnes de ce festival pas comme les autres, né de la passion et de l’amitié. Après deux éditions qui ont fait date, le Chamonix Vallée Classics Festival a rouvert ses portes hier soir, 29 juillet 2026, pour une troisième cuvée placée sous les plus hauts auspices, avec un concert d’ouverture qui s’est déroulé à l’Espace Michel Croz 2 – et qui mettait à l’affiche l’un de nos meilleurs pianistes hexagonaux : Jean-Efflam Bavouzet !

 

D’emblée, nous avons retrouvé l’esprit si particulier de ce rendez-vous musical unique : la symbiose entre une exigence artistique de tout premier plan et une atmosphère « bon enfant » qui fait sa marque de fabrique. Le public, mélange d’initiés et d’amateurs avertis venus de toute la région mais aussi de l’Etranger – dont beaucoup de britanniques… Chamonix est l’une des destinations estivales favorites de nos amis d’Outre-Manche !… -, est réuni par la flamme communicative de son président. Cette flamme, c’est celle de David Joseph, avocat londonien dans la « vraie vie« , mais mélomane passionné et fondateur de ce festival, qui porte avec un enthousiasme contagieux un projet né avec son ami trop tôt disparu, Bernard de Launoit. Et que serait ce festival sans également Denise Joseph, sa charmante épouse, dévouée et présente sur tous les fronts – trésorière, mais aussi cheville ouvrière de la communication ! – et dont le sourire et l’élégance sont aussi précieux que son efficacité.

Pour ce cru 2026, c’est donc le pianiste français Jean-Efflam Bavouzet qui avait l’honneur de donner le « la« . Et quel « la » ! Originaire de Lannion, en Bretagne, cet artiste a forgé son exceptionnelle technique au Conservatoire de Paris avant de briller sur les scènes internationales, de Solti à Boulez, et de conquérir les plus hautes récompenses (ICMA Artist of the Year en 2012, Gramophone Awards, Diapason d’Or…). Sa discographie, qui fait autorité pour les intégrales Haydn, Beethoven ou Debussy, chez Chandos, témoigne de sa place à part dans le firmament pianistique français et même international. Mais ce qui frappe d’emblée, c’est cette manière qu’il a de s’emparer du public avant même que la première note ne résonne. Car Bavouzet n’est pas seulement un technicien hors pair, c’est aussi un formidable pédagogue, un conteur qui prend le temps de présenter chaque pièce avec une verve, une profondeur et un humour qui désarment. Il ne se contente pas de jouer ; il explique, il raconte, il glisse une anecdote, il nous fait entrer dans l’intimité des compositeurs, et l’on se surprend à rire de ses saillies tout en mesurant l’immense érudition qui les sous-tend. Ce soir, le programme intitulé « Wien » rendait hommage à Vienne à travers ses plus illustres enfants (Haydn et Beethoven !) – et l’un de ses plus beaux legs, la valse, et Bavouzet allait nous mener par la main dans ce voyage avec une maîtrise et une générosité confondantes.

Le concertiste a ouvert la soirée avec Josef Haydn, la Sonate pour piano en la bémol majeur Hob XVI/46, et dès les premières mesures, on est saisi par la clarté lumineuse du toucher, cette transparence qui est la marque des grands interprètes du maître d’Esterházy. Bavouzet, qui a gravé l’intégrale des Sonates de Haydn avec une autorité reconnue, en restitue à la perfection l’esprit primesautier et la profondeur souterraine, cette ambiguïté délicieuse entre légèreté de surface et gravité du propos. Les phrases s’enchaînent avec une évidence qui n’est que le fruit d’un travail acharné, et l’on perçoit déjà cette tendance qui est chez lui comme un péché mignon, ce goût pour la nuance forte qui vient dynamiser les contrastes, accentuer les saillies rythmiques, donner du relief à des passages qui, sous d’autres doigts, pourraient paraître anodins. Il aime pousser le clavier dans ses retranchements, jouer avec les couleurs, et si cette approche peut surprendre chez un interprète de Haydn, elle finit par convaincre tant elle révèle une énergie et une vitalité insoupçonnées. On entend le sourire dans les allegros, on devine une mélancolie à peine voilée dans les adagios, et le public, déjà conquis, applaudit avec une chaleur qui n’a rien de conventionnel.

Vient ensuite Ludwig van Beethoven, la Sonate pour piano No. 3 en ut majeur, Op. 2, cette œuvre de jeunesse que le compositeur dédia à Haydn en signe de reconnaissance et peut-être aussi, déjà, d’émancipation. Bavouzet, qui s’est également mesuré à l’intégrale des Sonates de Beethoven, aborde cette partition avec une fougue communicative et une intelligence architecturale qui font merveille. Le premier mouvement, Allegro con brio, explose littéralement sous ses doigts, les arpèges fusent avec une précision diabolique, les accents sont martelés avec une vigueur qui n’exclut jamais le chant, et l’on sent chez ce pianiste une joie manifeste à faire chanter ce piano, à lui arracher des sonorités qui semblent parfois empruntées à l’orchestre tant la palette est riche. Là encore, Bavouzet cède à ce penchant pour la dynamique appuyée, pour les crescendi qui s’emballent et les contrastes qui prennent des allures de tempête, mais c’est toujours avec une telle intelligence du phrasé, une telle compréhension de la structure que l’on est emporté sans réserve. L’Adagio, en mi majeur, est un modèle de respiration, de lyrisme contenu, de tendresse un peu mélancolique, et le pianiste sait y insuffler une chaleur qui touche au cœur. Puis le Scherzo, alerte et bondissant, avant un Finale qui est un véritable feu d’artifice de virtuosité, où les octaves s’entrechoquent, où les gammes se poursuivent en une course effrénée, et où Bavouzet déploie une puissance et une autorité qui soulèvent le public. On est passé de la grâce haydnienne à l’audace beethovénienne, et l’on mesure combien le parcours est cohérent, combien ce dialogue entre le maître et l’élève est habilement restitué par un interprète qui en connaît toutes les subtilités.

 

 

Après l’entracte, moment de convivialité qui est aussi l’esprit du festival, on bascule dans l’univers de Maurice Ravel, et c’est là que Bavouzet excelle peut-être le plus. Il entame par le Menuet sur le nom d’Haydn, une pièce brève mais dense, véritable hommage crypté où le compositeur tisse un motif à partir des lettres du nom du maître viennois. Sous les doigts du pianiste, cela devient un bijou d’élégance, un jeu de miroirs où se reflète toute la tradition classique filtrée par le prisme impressionniste, avec un toucher d’une délicatesse infinie, des nuances chuchotées, des couleurs pastel qui semblent flotter dans l’air. On est aux antipodes de la puissance déployée dans Beethoven, et Bavouzet, en virtuose complet, sait moduler son jeu avec une souplesse confondante.

Puis viennent les Valses nobles et sentimentales, et là, c’est une véritable plongée dans le monde raffiné et ambigu de Ravel, ces huit valses qui sont à la fois une célébration et une critique du genre, un hommage à Schubert et à la Vienne impériale, mais aussi une distanciation ironique, un jeu de masques. Bavouzet s’y déploie avec une sensualité et une intelligence rares, faisant tourbillonner les rythmes, ciselant les harmonies avec une précision d’orfèvre, et s’autorisant parfois ces petites audaces, ces rubati à la limite de la rupture qui donnent à chaque valse un caractère unique. On adore chez lui cette manière qu’il a de souligner certains accents avec une vigueur presque brutale, de faire surgir des sonorités cuivrées là où l’on attendrait une caresse, d’ajouter une touche de sarcasme à la nostalgie, comme s’il nous prenait à témoin de la vanité de cette danse qui fut le symbole d’un monde en train de s’écrouler. C’est un régal, une leçon de style et d’invention, et le public, suspendu à ses doigts, ne perd pas une miette de cette lecture aussi érudite que jubilatoire.

Le programme s’achève avec la célèbre Valse, ce poème chorégraphique que Ravel avait d’abord conçu pour un grand orchestre symphonique, comme une apothéose et un vertige, une vision hallucinée du bal viennois qui bascule dans le chaos (et même la tragédie). Dans cette pièce, Bavouzet déchaîne les éléments. Le piano devient orchestre, les sonorités s’épaississent, les rythmes s’emballent, les dissonances se font plus âcres, et l’on assiste, ébloui, à la lente métamorphose d’un monde qui s’effondre sous ses propres excès. Le pianiste, qui a enregistré cette œuvre avec une autorité qui fait aujourd’hui référence, déploie une virtuosité époustouflante, des octaves torrentielles, des accords massifs qui semblent ébranler la salle, tout en maintenant une clarté de texture et une logique narrative qui donnent à cette page son sens profond, cette lucidité tragique sur la beauté qui se consume. Il accentue délibérément, encore et toujours, les nuances forte, pousse les fortissimi jusqu’à la limite du soutenable, comme pour mieux signifier l’ivresse et la démesure de cette valse devenue danse macabre, et quand les dernières mesures s’éteignent dans un grondement sourd, le silence qui s’installe est plus éloquent que tous les applaudissements. Et pourtant, ils viennent ces applaudissements, d’emblée déchaînés, puis une standing ovation qui ne se dément pas, le public debout, conquis et reconnaissant.

Alors Bavouzet, avec ce sourire malicieux qui le caractérise, revient pour un bis, et c’est la Toccata extraite du Tombeau de Couperin du même Ravel qui fuse, un feu d’artifice de virtuosité pure, un tourbillon de notes qui semble défier les lois de la gravité pianistique. Là encore, il joue avec les couleurs, souligne certains contre-chants avec une vigueur qui frise l’impudence, accélère quelques passages comme pour tester les limites de l’instrument, et le public, ravi, entre dans ce jeu avec une jubilation communicative. 

Jean-Efflam Bavouzet, par son exigence technique, son intelligence du répertoire et cette générosité qui est la sienne, a su toucher aussi bien le spécialiste que le novice, et c’est bien là le génie de ce festival – où la musique classique, débarrassée de ses oripeaux, se vit comme une fête partagée. Et tandis que David et Denise Joseph recueillaient les compliments sous les lumières tamisées de la Salle EMC2, on ne pouvait qu’applaudir à leur vision, à leur obstination, à ce pari fou de faire vivre la musique dans un lieu qui en était quasi dénué, porté par l’amitié, la passion et cette conviction que l’art, dans un monde où les financements publics se raréfient, trouvera toujours des personnes privées – ou des entreprises, comme ce soir Aerpanel qui parrainait le concert ! -, amoureuses de la musique, prêtes à la défendre à tout prix. Le 3ème Chamonix Vallée Classics Festival est ainsi bel et bien sur les rails d’une aventure exceptionnelle – et il reste 5 concerts d’exception pour s’en convaincre, à partager en famille (les concerts sont gratuits pour les moins de 30 ans !) ou entre amis… jusqu’au 1er août inclus !

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 3e CHAMONIX VALLEE CLASSICS FESTIVAL (Espace Michel Croz 2), le 29 juillet 2026. HAYDN / BEETHOVEN / RAVEL par Jean-Efflam BAVOUZET (piano). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, Concerts au Palais Princier, le 26 juillet 2026.PROKOFIEV / DE FALLA. Martha Argerich (piano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Charles Dutoit (direction)

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Une jeune pianiste et un jeune chef d’orchestre se sont produits dimanche dernier à Monaco, dans le cadre du festival « Concerts au Palais Princier ».

 

Il faut être jeune, assurément, pour lancer le Troisième concerto de Sergueï Prokofiev avec une pareille fougue. Jeune pour courir sur le clavier avec une telle légèreté, pour faire jaillir les traits avec un tel éclat, pour mêler l’énergie à l’élégance, la virtuosité à la malice, la puissance aux nuances les plus subtiles. Les doigts semblaient rire, s’emporter, s’attarder un instant sur une confidence avant de repartir dans une cavalcade étincelante. La musique bondissait, respirait, se cabrait parfois, puis retrouvait une souplesse féline.

 

 

Il faut être jeune aussi pour diriger Le Tricorne de Manuel De Falla avec un tel panache. Les rythmes mordaient le silence comme un soleil andalou la pierre blanche. Tout dansait : les archets, les bois, les cuivres, les percussions. Mais cette jeunesse-là possédait aussi les vertus de la maîtrise. On sentait le travail patient qui avait été réalisé en amont avec le magnifique Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. La phalange monégasque respirait d’un seul souffle. Les pupitres se répondaient avec précision. Les phrases passaient d’un instrument à l’autre sans que le fil ne se rompe ; les changements de tempo et d’atmosphère, si nombreux dans cette partition capricieuse, s’effectuaient en totale souplesse. De tous côtés jaillissaient des soli étincelants. Et la voix chaude de la soprano Alexandra Marcellier couronna le tout de quelques vocalises gitanes. 

Cela se déroula en présence du Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco, dans le cadre de rêve de la Cour du Palais princier. A la fin du concerto, le public monégasque, dont l’élégance s’accompagne d’habitude d’une réserve quasi britannique, offrit aux artistes une standing ovation… comme on en avait rarement vu sur le Rocher !

Le jeune homme s’appelait Charles Dutoit et la jeune pianiste Martha Argerich.

 

 

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CRITIQUE, festival. MONACO, Concerts au Palais Princier, le 26 juillet 2026. 3eme concerto de PROKOFIEV, le « Tricorne » de FALLA. Martha Argerich, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Charles Dutoit (direction). Crédit photographique (c) Frédéric Nebinger

 

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OPÉRA DE MARSEILLE, nouvelle saison 2026 – 2027. Temps forts, nouvelles productions : Don Giovanni, Le Villi, La Périchole, Mireille, Turandot…

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8 nouvelles productions (dont 4 nouvelles productions d’opéras) continuent d’inscrire en 2026 – 2027, l’Opéra de Marseille (et l’Odéon qui complète son offre globale) au sein des institutions lyriques majeures de l’Hexagone. Fort de son histoire légendaire, écrin qui a accueilli parmi les plus grandes voix du siècle dernier et de celui en cours, l’Opéra de Marseille affiche les œuvres enchanteresses et inusables signées entre autres, Mozart, Offenbach, Gounod,Puccini (dont est ainsi présenté le premier puis le dernier opéra)… « La culture n’a de sens que dans le partage », ainsi que le souligne (non sans raison) le maire actuel de Marseille, Benoît Payan, dans l’introduction de la brochure de cette nouvelle saison.

 

 

Aucun doute que les les spectacles d’opéras annoncés sauront fédérer un nombre toujours plus grand de spectateurs ; parmi les nouvelles productions, ne manquez pas chronologiquement : Don Giovanni de Mozart (2-11 octobre 2026), le rare opéra de Puccini (et son premier) : Le Villi (15-19 nov 2026) ; pour les fêtes de fin d’année, La Périchole d’Offenbach (27 déc – 5 janv 2027), enfin la « provençale » et tendre Mireille de Charles Gounod (22 avril – 2 mai 2027)… et pendant la saison, comme pour clôture, 3 autres spectacles prometteurs : Don Carlos de Verdi (version de Milan, 27 fév-7 mars 2027), Maria Stuarda en version concertante les 21 et 23 mars 2027, avec Jessica Prat et John Osborn), enfin pour clore la saison, la spectaculaire et flamboyante princesse chinoise, Turandot de Puccini (1er-9 juin 2027).

La culture, un service essentiel
L’institution n’oublie pas d’être ouverte au plus large public : en particulier vers les plus jeunes, spectateurs de demain ; ainsi en témoigne la poursuite des actions d’accessibilité et de sensibilisation comme l’opération « des clés pour l’opéra », aux côtés des concerts et spectacles pédagogiques…

Au registre DANSE, ne manquez pas l’hommage à l’enfant de Marseille, Maurice Béjart (pour le centenaire de sa naissance), et la participation du Béjart Ballet Lausanne qui fête aussi ses 40 ans (sam 30 et dim 31 janvier 2027 : Boléro, l’Oiseau de feu, 7 danses grecques)…

 

CONCERTS SYMPHONIQUES

La saison 2026 – 2027 propose pas moins de 12 CONCERTS SYMPHONIQUES en particulier les programmes orchestraux sous la conduite de Michele Spotti (directeur musical – photo ci contre DR) dont la fréquentation ne cesse de croître, preuve que les Marseillais aiment autant l’opéra, la danse que les vertiges symphoniques… Et ils seront servis, grâce au feu éloquent du maestro Spotti qui dirige ainsi 3 concerts d’ores et déjà attendus  :

 

 

« Orages et passion » (R. Strauss, Wagner, Symphonie n°1 de Mahler, dim 18 octobre) : https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/don-giovanni

« L’as des as » (Symphonies n°1 de Beethoven et de Brahms, jeu 29 octobre 2026):
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/concert-de-lorchestre-philharmonique-de-marseille-las-de-las

puis « Sommets musicaux » (Dukas, Beethoven, R. Strauss, jeu 26 nov 2026) :
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/concert-de-lorchestre-philharmonique-de-marseille-SOMMETS-MUSICAUX

…

Coté RÉCITALS, les amateurs comme les néophytes seront tout autant comblés autant par la diversité des styliste personnalités que les programmes défendus. parmi nos coups de coeur, ne manquez pas : les pianistes Juliana Steinbach (Beethoven, 4 oct 2026), la carte blanche de Jean-Philippe Collard (Busoni, Ravel, Rachmaninov… 29 nov 2026), Diana Cooper (Chopin, 31 janv 2027), ou Violaine Debever (Ravel, 11 avril 2027)… les amateurs de voix ne manqueront pas Cyril Rovery, baryton-basse (3 oct), Éleonore Pancrazi (12 déc), la Finale régionale Concours Voix nouvelles 2027 (5 mars 2027), Rodolphe Briand, ténor (5 juin 2027)…

 

 

Nos coups de cœur
saison 2026 – 2027
Opéra de Marseille

 

MOZART : Don Giovanni
Nouvelle production
les 2, 4, 7, 9 et 11 octobre 2026
Lawrence Foster, direction musicale
Agnès Jaoui, mise en scène
Avec Nicolas Courjal (Don Giovanni)…
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/don-giovanni

 

 

 

PUCCINI: Le Villi
Nouvelle production
les 15, 17 et 19 nov 2026
Paolo Arrivaient, direction
Stefano Poda, mise en scène
Avec Alexandra Marcellier (Anna)…
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/le-villi
Les Villi sont des nymphes maléfiques qui se vengent d’un amant infidèle. Ces personnages de la mythologie scandinave se trouvent déjà dans le ballet Giselle. Sur ce sujet fantastique, Puccini, frais émoulu du Conservatoire, écrit son premier opéra. Il participe au concours organisé par un éditeur milanais. Il ne gagne pas, mais son œuvre attire l’attention de Ricordi qui lui commandera son deuxième opéra.

 

 

OFFENBACH : La Périchole
Nouvelle production
les 27, 29, 31 déc 2026, 3 et 5 janvier 2027
Gaspard Brécourt, direction
Jean-Christophe Mast, mise en scène
Éléonore Pancrazi (la Périchole)
Kaëlig Boché (Piquillo),…
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/la-perichole

Pas de fin d’année réussie sans un bon Offenbach  ! La Périchole est l’un des grands crus de maître Jacques. Frais, pétillant et gouleyant à souhait. L’opéra-bouffe est inspiré d’une comédie de Mérimée que Jean Renoir a porté à l’écran avec Anna Magnani (Le Carrosse d’or).

 

VERDI : Don Carlos
version de Milan, 1884
les 27 fév, 2, 4, 7 mars 2027
Michele Spotti, direction
Charles Roubaud, mise en scène
Avec Nino Machaidze, Elisabeth,
Marion Lebègue, Eboli,
Enea Scala, Carlo
Simon Lim, Philippe II…
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/don-carlos

Créé en français à l’Opéra Paris (« la grande boutique » pour Verdi), Don Carlos a conquis le monde dans sa version italienne. C’est l’un des opéras majeurs de Verdi. D’après la pièce de Schiller, l’histoire est d’une grande richesse, les personnages attachants et complexes, quand la musique atteint des sommets d’inspiration : l’Histoire y est conjuguée à la passion de deux cœurs sacrifiés ; devoir ou amour, tel est le grand dilemme. L’œuvre questionne aussi le pouvoir politique rattrapé par la religion : tel est l’enjeu des confrontations entre le Roi Philippe II et le Grand Inquisiteur… Et dans la fosse de cette passionnante tragédie, Michele Spotti veille à l’expression des passions de cette fresque qui est aussi un huis-clos.

 

GOUNOD : Mireille
Nouvelle production
les 22, 25, 27, 30 avril puis 2 mai 2027
Jean-Marie Zeitouni, direction
Bruno Ravella, mise en scène
Avec Charlotte Bonnet, Mireille
Marion Lebègue, Taven,
Vincet Julien Dran…
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/mireille

Le voilà le grand opéra émouvant et sincère que la Provence attendait ! Tiré d’un poème de Frédéric Mistral, l’ouvrage raconte un amour impossible entre une jeune fille de bonne famille et un simple vannier. Les sentiments des jeunes gens se heurtent aux conventions de l’époque et à la volonté inébranlable du père. Le Prix Nobel a invité le Prix de Rome à composer son opéra sur ses terres. Gounod s’est installé à Saint-Rémy-de-Provence et l’a écrit en trois mois. Ce bijou taillé avec les ciseaux de Mozart a mis du temps à s’imposer à Paris où le public est resté sourd à la naïveté de cette tragédie méditerranéenne. C’est devenu un pilier de la salle Favart. La critique déplorait que l’héroïne meure à la fin. Sur ce point, Mistral et Gounod sont restés inflexibles. Ils ont eu raison puisque Mireille a fini par émouvoir le monde entier.

 

PUCCINI : TURANDOT
les 1er, 4, 6 et 9 juin 2027
Federico Tibone, direction
Charles Roubaud, mise en scène
Csilla Boross, Turandot
Federica Guida,Liù
Vincenzo Costanzo, Calaf…
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/turandot-1

Après le premier opéra de Puccini (Le Villi), voici le dernier. Laissé inachevé par le compositeur mort d’un cancer de la gorge, il est terminé bon an mal an, sur l’injonction de Toscanini, par Franco Alfano à partor des notes laissées par Puccini. À la création, à Milan, Toscanini a déposé sa baguette en disant : « C’est là que Puccini a interrompu son travail. La mort, cette fois, a été plus forte que l’art. » Puccini rêvait de finir sur un duo d’amour final, fusionnant la princesse et le prince,… aussi beau que celui de Tristan. Il doit se contenter du plus célèbre des airs de ténor : « Nessun dorma ». Inspiré d’un conte de Carlo Gozzi, Turandot raconte l’histoire d’une princesse cruelle dans une Chine imaginaire. Le prétendant qui résoudra ses 3 énigmes, deviendra le roi de Chine, les autres seront exécutés. Une oeuvre grandiose, tragique, comique, passionnée et exotique.

 

 

TOUTES LES INFOS, le détail des programmes et des distributions, les solistes invités… sur le site de l’Opéra de Marseille / saison 2026 – 2027 : https://opera-odeon.marseille.fr/actualites/saison-2026-2027

 

 

Consultez la brochure saison 2026 – 2027, Opéra de Marseille : https://opera-odeon.marseille.fr/lecteur_pdf/ad9937f5-99fb-4c3c-b8a5-51f676b04101

 

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ENTRETIEN avec le pianiste Pierre REACH, à propos de son Intégrale des Sonates de Beethoven (parution du 4e et dernier volume à l’été 2026)

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Avec ce 4è volume paru cet été, Pierre Réach achève son intégrale évènement des 32 Sonates de Beethoven. Une somme qui marque avant l’heure l’anniversaire Beethoven 2026… Le pianiste porte en lui les 32 Sonates, comme un but à réaliser depuis ses 5 ans. Le projet d’une vie se réalise ainsi, connaissant sa conclusion magistrale à l’été 2026. Géant de l’humanité, Beethoven transmet le sentiment de bonté, d’humanité, une espérance qui inspire… et aussi un cadre musical hors normes, qui emprunte à ses quatuors. Urgence, mobilité d’une matière en métamorphose, liberté, fulgurance, Pierre Réach présente sa propre vision du cycle, ce qui en fait un sommet fascinant
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CLASSIQUENEWS : Comment a évolué votre compréhension et votre approche de Beethoven à travers cette intégrale des sonates? Des éléments de votre appréciation ont-ils changé en cours d’enregistrement?

Pierre Réach : Depuis mon plus jeune âge, (j’avais cinq ans lorsque mes parents m’ont amené à mon premier concert et c’était Wilhelm Kempff qui donnait l’intégrale des Sonates de Beethoven, salle Pleyel à Paris), j’avais désiré les jouer toutes, et petit à petit cette intégrale était devenue le projet de ma vie.
Donc je peux dire que je les côtoie depuis fort longtemps et bien sûr, mes études au Conservatoire de Paris sous la direction d’Yvonne Lefébure qui était une grande beethovénienne puis Maria Curcio à Londres qui fut l’une des principales disciples d’Arthur Schnabel, puis Paul Badura-Skoda ainsi que mes rencontres avec d’immenses artistes jusqu’à Arthur Rubinstein qui m’a donné de précieux conseils entre 1975 et 1979, m’ont façonné et donné à réfléchir et tout remettre en question à plusieurs époques de ma vie.
J’ai eu ce que je pourrais appeler des « étapes » dans ma confrontation avec l’oeuvre de Beethoven, et je n’ai pas fini, encore à mon âge de découvrir des aspects toujours plus profonds et même universels de ce géant de l’humanité.
Oui ,mon approche a changé, elle a plutôt pris de l’épaisseur et l’aspect de Beethoven qui a pris le dessus dans ma vision de son oeuvre, pas seulement d’ailleurs pour les sonates mais pour toute sa musique, c’est un sentiment de bonté humaine, de fraternité généreuse et d’espérance qu’il est, il me semble, le plus grand à porter si haut.
Pendant un enregistrement, on éprouve le sentiment grave et émouvant de savoir que si on laisse certes une sorte de photo prise à un instant précis, on sait aussi que tout cela restera et que ce sont justement cette trace, ces sillages différents qui font partie de vous-même que vos descendants, vos amis, vos collègues et tout votre public savoureront après votre disparition et bien sûr vous jugeront. 
Pendant les enregistrements, ce sentiment de responsabilité m’a littéralement envahi pendant que je jouais, et ainsi mes choix d’interprétation, même s’ils ne changeaient pas, se sont sentis renforcés, car le moment était enfin venu de donner tout et dans un maximum de sincérité et je dirais aussi d’honnêteté.
D’ailleurs quand on parle d’honnêteté, on sent parfois quelque chose de faible ou même petit. Ici l’honnêteté d’oser la confrontation et de respecter de tels chefs-d’œuvres vous grandit.

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est votre représentation du Beethoven pianiste? Que révèle sa production des sonates (sur l’homme, l’artiste, l’évolution de l’écriture…)?

Pierre Réach : Il parait que Beethoven jouait vite et cela semble à l’image de son écriture visible sur les manuscrits. On y sent une hâte, une urgence même et pour répondre à cette question fort belle sur le Beethoven pianiste, je dirais que je le vois dans une urgence. Cette urgence n’est nullement une précipitation mais avant tout une volonté surhumaine que tout puisse être dit dans les meilleurs délais et d’une manière directe. Je le vois jouer avec fougue dans les passages rapides, le con fuoco de Beethoven est unique, et avec une immense tendresse dans les grands chants des adagios, avec la rigueur omniprésente d’un tempo puissant, implacable et même solennel.
Franz Liszt a beaucoup « pris » à Beethoven, et il le disait lui-même. Le spectacle des grands récitals lisztiens n’existerait pas sans Beethoven et c’est Beethoven qui a rendu immense le message musical. L’idée prédomine sur tout, et elle montre la direction comme un gouvernail de toute une vie.
En ce qui concerne l’écriture elle même de Beethoven dans ses Sonates, je rappelle combien la forme quatuor est si souvent présente, un grand nombre de ses sonates commencent avec les quatre voix qui sont chacune un instrument de cette formation dans laquelle il excellait et a livré ses plus grandes œuvres.
Et la dynamique, les contrastes naissants, les crescendo qui n’aboutissent pas et sont suivis d’un piano subito, …tout cela c’est Beethoven et sa manière d’écrire a ouvert les portes des 20ème et même 21ème siècle.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Si vous ne deviez ne retenir que deux sonates de ce corpus des 32, quelles seraient-elles et pour quelles raisons?

Pierre Réach : Ah la difficile et même impossible question! Je ne peux y répondre et en tous cas il y en aurait plus que deux.
Si je dis Appassionata et opus 111 (la dernière) je me demande pourquoi pas la Clair de lune et l’opus 110! Et pourquoi pas l’opus 78 « A Thérèse » et les Adieux opus 81a qui contiennent de véritables déclarations d’amour…. et pourquoi pas la toute première celle du jeune compositeur de génie qui devait dire plus tard: « il n’y aura qu’un Beethoven »!

 

CLASSIQUENEWS : Selon vous quelles sources d’inspiration ont été décisives dans la réalisation de ce corpus? Quelle en est la spécificité et la modernité?

Pierre Réach : Je me méfie à vrai dire des « sources d’inspiration »…Imaginez que la sonate dite « La caille » (je déteste ce mot) opus 31 n°3, en réalité l’une des plus heureuses et enjouées, pleines d’élan vital et enthousiaste quand… au même moment Beethoven écrit le testament d’ Heiligenstadt où il décide de mettre fin à ses jours ! Un proverbe dit : Il n’y a pas de chemin, il n’y a que les traces qu’on laisse…
Je ne pense pas que Beethoven ait recherché « une inspiration » particulière. Bien sûr il était amoureux, bien sûr il souffrait et avait des moments de bonheur, bien sûr il redoutait la maladie et la mort mais sa musique était en lui, telle une lave volcanique incandescente qui devait quoi qu’il puisse arriver sortir, exploser et on peut le dire transformer le monde ! Je me rappelle Arthur Rubinstein disant : « Je ne peux m’imaginer le monde sans Beethoven »

La spécificité du langage beethovénien est une spontanéité unique qui nous « fait assister » à la métamorphose des éléments. Rien n’est définitif, tout est en perpétuelle évolution. Prenez la sublime introduction précédant le premier arioso de l’opus 110. 
Rien ne vient spontanément, tout doit être travaillé, préparer, un peu comme l’état d’attente qui précède une prière. Même remarque pour ce qui précède la grande fugue de la Hammerklavier. La fugue va construite un édifice géant mais pour ce faire, elle a besoin d’être désirée, annoncée et le « Es muss sein » de Beethoven est une invitation à « accepter » les conditions d’une conscience de la réalité fondamentale.

Cela n’enlève rien au « rêve » beethovénien, mais le rêve chez Beethoven est une espérance un idéal et c’est cela qui lui donne une telle force.

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote, un souvenir lié aux séances d’enregistrement?

Pierre Réach : J’ai dormi très peu pendant les nuits des sessions d’enregistrement. Et pourtant je ne me sentais pas fatigué… Je me sentais investi d’une mission que je m’étais moi-même assignée, le projet de ma vie était là et j’étais heureux. Fier ? Sans doute aussi.
Mais la fierté que l’on éprouve à se mesurer à de tels sommets n’est ni une arrogance, ni un orgueil déplacé. C’est un bonheur d’avoir pu prendre conscience dans ces quelques années d’enregistrement, d’un message universel si encourageant et enthousiaste.
Si cela va mal parfois, je pense à Beethoven, à tout ce qu’il m’a donné et continue de me donner comme un privilège reçu et qui est ce que j’ai reçu de plus précieux dans ma vie.

Propos recueillis en juillet 2026

 

 

 

LIRE aussi notre critique complète du Vol 4 de l’Intégrale des Sonates de Beethoven par Pierre Réach : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-pierre-reach-sonates-de-beethoven-vol-4-sonates-n21014-27-quasi-una-fantasia-90-22-54-106-hammerklavier-pierre-reach-piano-2-cd-anima-records/
Copieux et passionnant, le programme des 2 cd confirme la puissance et la justesse du jeu de Pierre Réach. Son Beethoven est de marbre et de sang, avec, inféodant toute la structure de chaque sonate, le chant assumé, sincère, ardent et lumineux, qui vient du cœur. Ainsi le pianiste, défenseur militant, serviteur de Beethoven, a-t-il édifié un cycle magistral où la puissance du trait – jupitérien, n’empêche jamais la finesse tendre du sentiment le plus profondément intime, ni l’ivresse facétieuse d’une conscience musicale qui sait sa spectaculaire facilité. Sous des doigts et un imaginaire aussi affûté, se précise et s’incarne même l’esprit de Beethoven, sa quête inextinguible de l’absolu ; son écriture et ses flamboyants délires n’étant que la manifestation du cheminement, certes pas du but… toujours inatteignable. Entre insatisfaction et élan créateur, Beethoven est révélé dans l’activité de son questionnement continu ; il est ce grand magicien, alchimiste des sons et des combinaisons visionnaires dont les 32 Sonates seraient le journal pas à pas.

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CRITIQUE, festival. 40e Festival Castell de Peralada (III), Iglesia del Carmen, le 26 juillet 2026. Alberto GARCIA DEMESTRES : « Dario di una madre », Sabina PUÉRTOLAS, soprano / Rubén FERNÁNADEZ AGUIRRE, piano

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L’écrivaine italienne née à Modène en 1964, Cristina Pavarotti avait déjà présenté à Perelada en 2017, l’opéra dont elle avait conçu le livret,  » La Strordinaria vita di Sugar Blood  » [2017], partition hommage à son père. 9 ans plus tard, la revoici dans un cycle de mélodies inédites… qui reprend un thème cher : le lien familial, la filiation, et ce soir précisément la relation charnelle et tendre : mère / fille.
Déjà associé en 2017, le compositeur Alberto Garcia Demestres [qui a aussi présenté en 2013, son opéra « Wow! »), retrouve lui aussi Perelada dans cette succession de 14 canzone, ponctuées par 2 intermèdes purement pianistiques.

 

 

L’écriture en est fluide, souple, expressive, s’inscrivant dans le sillon des grands mélodistes avant lui, Turina ou Granados, avec nombre d’inserts voire des citations à la musique française romantique et moderne, précisément à la façon d’un menuet antique à la Reynaldo Hahn(« Como se niente fosse ») et même au jazz (« Faccio festa »).

Timbre charnel, médium ample, aigus éperdus et rageurs, la soprano aragonaise Sabina Puertolas en assure le flux et l’intensité souvent ardente, les crépitements et les aspérités, les espoirs suspendus, surtout l’intarissable tendresse d’une mère pour son enfant. Le cycle chanté en italien, accompagne ainsi le cheminement d’une femme que la maternité conduit vers une conscience de plus en plus responsable, dans un parcours semé de doutes, d’attente, d’impuissance,… autant de sentiments d’une fragilité continue dont la voix pleinement engagée, renforce l’activité intranquille, les emballements, les hésitations parfois paniques, toutes les failles d’une mère impliquée. Le parent inquiet, attentionné devant lâcher prise au final, son enfant n’aspirant qu’à se détacher et rompre pourtant un lien viscéral (« Neve fresca »)… Le Journal d’une mère [Un Diario di una Madre] souligne souvent le désarroi et l’impuissance sans jamais perdre un attachement organique qui s’exprime continument dans la musique et les textes quelle que soit chaque épisode.

De son côté, la sensibilité très musicale du pianiste Ruben Fernandez Aguirre [familier du festival et accompagnateur inspiré des grandes voix d’aujourd’hui], se révèle idéale, offrant une enveloppe constamment souple et subtile au chant enivré souvent éperdu de la cantatrice. Des deux intermèdes pour le piano seul, le second [à la mi temps de la partie II] séduit particulièrement par son chant introspectif et des phrasés ravéliens d’une poésie suspendue.

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 40e Festival Castell de Peralada, església del Carme, le 26 juillet 2026. Alberto GARCIA DEMESTRES : « Dario di une madre », Sabina PUÉRTOLAS, soprano / Rubén FERNÁNADEZ AGUIRRE, piano – Photo © Festival Perelada 2026

 

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CRITIQUE, opéra. HARTLEY WINTNEY, West Green House Opera (Green Theatre), le 26 juillet 2026. PUCCINI: Tosca. M. W. Williams, S. Furness, J.K. Bouton… Suzanne Chaundy / Alice Farnham

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Il y a un plaisir très particulier à voir une petite compagnie s’emparer d’un grand ouvrage et le servir comme il le mérite. C’est exactement ce que réussit la Tosca qui referme la saison 2026 du West Green House Opera, au Green Theatre. Suzanne Chaundy, qui signe ici ses débuts britanniques au sortir du Ring de l’Opéra de Melbourne, et la cheffe Alice Farnham donnent du thriller puccinien une lecture d’une clarté, d’un esprit, d’une tendresse dont bien des maisons plus prestigieuses, demeurent incapables.

 

 

Le décor est simple, mais d’une efficacité remarquable ; toute l’habileté tient dans la fluidité de ses métamorphoses, l’église du premier acte, l’appartement de Scarpia au deuxième, le lieu de l’exécution au troisième, sans que jamais le drame ne marque le pas. Chaundy transpose l’action dans les années 1960, d’une main légère et intelligente, prodigue en détails qui récompensent l’attention plutôt qu’ils ne réclament l’applaudissement. La transposition convainc-t-elle vraiment ? Pas véritablement, malgré les notes de programme sur les assassinats politiques ; mais l’ensemble est superbe à regarder et ne heurte à aucun moment.

Ces trouvailles courent d’un bout à l’autre de la soirée. Le pâtre devient l’assistante du sacristain, à qui revient ce joli préambule du troisième acte. Au dernier acte, Tosca lit à voix haute la lettre que Cavaradossi tentait de lui écrire dans l’attente de l’exécution: trait admirable, qui creuse le pathétique. Le condamné brandit la robe que sa sœur lui a laissée en guise de déguisement, comiquement, désespérément trop petite. Et surtout, en cet âge du tourne-disque, Scarpia pose sur la platine un microsillon de Tosca: la pochette porte une photographie de Mari Wyn Williams elle-même, revêtue, sur l’un des clichés, de la toilette exacte qu’elle porte au premier acte. Le genre de détail qui fait sourire et pencher en avant sur son fauteuil. Toute la scénographie procède de cette intelligence. L’exécution n’est pas confiée à un peloton mais à un seul soldat, un carabinier qui s’avance pour tirer sur Cavaradossi. Tosca porte une somptueuse robe haute couture d’époque, diva jusqu’au bout des ongles, quand son peintre d’amant affiche une silhouette autrement plus décontractée.

 

 

Sam Furness nous offre un Cavaradossi franchement heureux, charmeur, attachant: non pas le héros romantique ténébreux, mais un homme chaleureux, joueur, immédiatement sympathique, vêtu de ce qui ressemble à un élégant costume de lin et chemise rose. Le costume raconte à lui seul une histoire: le pantalon, net et impeccable au lever de rideau, perd toute tenue à mesure que l’épreuve écrase celui qui le porte, se froissant comme seul le lin sait le faire, si bien que le vêtement épouse la déchéance. Une marque à la tempe, là où la torture évoquée par Scarpia a fait son œuvre, atteste d’un souci de continuité dont bien des productions font l’économie.

L’alchimie entre les deux amants est réelle et savoureuse, installée dès ce jeu de pinceaux qu’ils se lancent l’un à l’autre, si bien que, le moment venu, nous croyons entièrement à eux. Vocalement, Mari Wyn Williams possède un timbre ample, chaleureux et solide, qui la destine à Wagner autant qu’à Puccini, et une présence scénique à la hauteur de sa couture. Sam Furness, lui, semble sortir du ténor lyrique pur pour gagner un territoire plus corsé ; l’aigu claque avec éclat, mais ce qui frappe surtout ici, c’est la finesse de son chant dans les moments qui appellent la chaleur, la tendresse et la beauté plutôt que la puissance, et qu’il modèle avec un soin véritable.

Le Scarpia de Jean-Kristof Bouton est une canaille au timbre sûr, mais un homme jeune et viril plutôt que le vieillard lubrique et décati auquel on le réduit si souvent: sa menace n’en est que plus crédible, et plus dangereuse. La fin du premier acte est réglée avec un aplomb théâtral remarquable, Scarpia debout à l’autel, encadré de religieuses, chantant son abominable air de convoitise et de calcul tandis que l’église se remplit ; et la troupe, si peu nombreuse soit-elle, fait monter un Te Deum authentiquement électrisant.

Les seconds rôles ne sauraient être passés sous silence, car chacun ici joue avec un même souci du détail. Le sacristain de Ross Ramgobin est une véritable étude de caractère: terrorisé par Scarpia, comiquement scandalisé par le peintre impie, mais parfaitement capable de flairer le joint dans le panier de Cavaradossi et de l’emporter pour aller le fumer tranquillement. Ramgobin s’impose partout où il chante, et donne ici ce travail d’acteur détaillé, généreux et franchement drôle qui fait vivre la soirée jusque dans les moindres recoins du plateau. Autour de lui, Adam Sullivan campe un Spoletta convenablement rugueux et Ronald Nairne un Angelotti robuste, tandis qu’Alaw Grug Evans séduit en pâtre, ici l’assistante du sacristain, lavant les pinceaux du peintre tout en chantant.

Alice Farnham offre une belle lecture de la partition, tirant de son orchestre réduit toute la passion qu’exige le drame, toujours tendre pourtant, et d’un accord parfait avec ses chanteurs. L’orchestration réduite est signée par Jonathan Lyness, la scénographie par Richard Studer, tous deux venus du Mid Wales Opera, compagnie où beaucoup de nos jeunes chanteurs gallois ont fait leurs armes, et les font encore, Mari Wyn Williams la première… Le tandem signe également l’autre production estivale du West Green House Opera, La Flûte enchantée, qui alignait elle aussi une belle brochette de voix galloises.

Une Tosca profondément réjouissante, superbement chantée, pleine de cœur et d’esprit : la preuve, s’il en fallait une, que l’ampleur des moyens ne remplacera jamais le soin apporté à l’ouvrage. La Saison 2027 est déjà annoncée, il est prudent de réserver tôt !

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. HARTLEY WINTNEY, West Green House Opera (Green Theatre), le 26 juillet 2026. PUCCINI: Tosca. M. W. Williams, S. Furness, J.K. Bouton… Suzanne Chaundy / Alice Farnham. Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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CD événement, annonce. Louis COUPERIN : Préludes non mesurés. Denis Levaillant, piano (1 cd DLM éditions)

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LOUIS COUPERIN : Préludes non mesurés, Première intégrale mondiale des Préludes non mesurés sur un piano de concert moderne… À l’occasion des 400 ans de sa naissance, le pianiste Denis Levaillant présente le premier enregistrement intégral au piano des Préludes non mesurés de Louis Couperin (dans l’édition de Davitt Moroney).

 

 

 

 

 

 

Le corpus ainsi abordé est l’une des plus étonnantes inventions du XVIIe siècle : entièrement écrite, mais presque improvisée ; libre de toute barre de mesure et de toute notation rythmique ; suspendue dans un temps mouvant qui demeure aujourd’hui d’une saisissante modernité, et à la discrétion de l’interprète.

1626-2026 : 400 ans de Louis Couperin … Compositeur et improvisateur, Denis Levaillant aborde l’ensemble des partitions comme des partitions ouvertes, à réinventer à chaque lecture. Leur liberté de déclamation, leur richesse harmonique, leur jeu de résonances trouvent sur le grand piano de concert Yamaha CFIIIS, une nouvelle profondeur sonore, une parure contemporaine qui rehausse encore leur profonde et essentielle modernité.

Quatre siècles après sa naissance, Louis Couperin apparaît plus que jamais comme notre contemporain. Au XVIIe siècle cette musique était futuriste. Aujourd’hui elle le demeure plus que jamais.

 

 

 

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CD événement, annonce. Louis COUPERIN : Préludes non mesurés. Danis Levaillant, piano (1 cd DLM éditions)  –  Sortie annoncée le 29 août 2026.

 

 

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CRITIQUE, Festival. 40e Festival Castell de Peralada (II), Mirador del Castell, le 25 juillet 2026. Carles PRAT : Estètica i Massacre (création). Maria Patak, Carlos Varela… Oriol Pla, mise en scène / Cares Prat, direction

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Le Festival de Peralada poursuit son activité créatrice en proposant chaque été au moins une création lyrique. Pour sa 40e édition, il affiche en seconde partie de soirée (22h30), ce 25 juillet, « Estètica i Massacre », nouvel ouvrage très séduisant musicalement qui surfe sur plusieurs thèmes actuels : la question du genre, la chirurgie esthétique, les diktats des réseaux sociaux…

 

 

 

 

Ce soir c’est une partition délirante, affûtée qui après avoir été réalisée dans un format court, au Liceu de Barcelone, se déploie dans sa version complète [en 2 actes], affublée d’une seconde partie plus critique et ironique encore que le volet initial.

En questionnant la norme esthétique qu’imposent jusqu’à l’hystérie, les codes des réseaux sociaux, la librettiste Carlotta Gurt questionne d’une façon générale le rapport de l’individu et du corps social, de la singularité particulière et de la pression des usages collectifs… Son livret évoque précisément la torture exercée au final sur les corps et les esprits insatisfaits en quête de beauté « parfaite » . Au nom de l’esthétique, c’est bien un massacre organisé (et bien markété) qui s’impose. Une torture qui doit être questionnée à sa juste mesure… ce que réalise l’opéra présenté en création ce soir, au Mirador de Peralada.

 

 

 

La première partie met en scène un couple confronté aux diktats esthétiques cultivés / martelés par la société et les réseaux sociaux ; après avoir succombé aux promesses de la chirurgie esthétique, l’épouse entre en rébellion et rejette toute atteinte à son être naturel, quand son compagnon tombe à l’inverse, dans la spirale de l’auto célébration narcissique, jusqu’à basculer dans le changement de genre : extensions, prothèses, manucure des ongles à l’appui… tout est bon pour gagner plus de notoriété numérique.

La créature transgenre occupe et pilote toute la seconde partie, son point culminant étant un show télévisé ou « il / elle » réalise l’entretien d’un autre double monstrueux… La séquence est d’autant plus pertinente qu’elle inclut le public en temps réel ; les spectateurs du Mirador devenant les vrais spectateurs de cette vraie fausse émission en direct.

Le flux musical donne l’épaisseur des personnages ; exprime leur questionnements, revirements, attentes et illusoires conquêtes… Tout cela souligne combien cette beauté artificielle est la cause d’une violence intime profonde. Ce croisement sémantique (apparence / essence) fonde la justesse du sujet et rend son traitement lyrique, de principe prometteur.

 

 

L’opéra de chambre file en 1h de temps, dans un théâtre critique, aux accents satiriques, sur les dérives de notre société, épinglant précisément ce en quoi la quête illusoire d’une beauté commerciale à force d’opérations et d’interventions sur le corps, réalise de fait un « massacre » (pou reprendre le titre de l’opéra) ; telle quête délirante ruine l’identité profonde et affecte sérieusement l’équilibre psychique. En faisant l’expérience de cette chute existentielle, les deux protagonistes se retrouvent à la fin, en se mettant à nu [au sens strict] : nouveaux Adam et Eve, ils re-découvrent les vertus de la vérité : en risquant de la perdre de façon irréversible, chacun des deux comprend et mesure ce qui a été en jeu tout du long : son identité profonde.

Le sujet est d’autant mieux abordé que la réalisation musicale est efficace et très articulée sous la direction du compositeur ; les instruments soulignant le relief d’une écriture vocale s’apparentant à un parlé-chanté continu, fluide et expressif, sans distorsion ou accents stridents comme souvent. Au contraire, le style du compositeur Catalan Carles Prat opte pour une fusion délectable chant / instruments. Cette séduction formelle ajoute à la réussite du spectacle entièrement chanté en catalan (avec lors de la représentation, les sous-titres en espagnol). Très impliqués, les deux jeunes solistes redoublent de précision et de nuances expressives en particulier le baryton Carlos Varela.

Le livret met à jour les tensions maquillées, perce la vacuité des artifices et l’insondable vanité humaine. Et les 4 instrumentistes en réalisent la parure constamment active, admirablement fusionnée au chant des deux solistes, les saillies facétieuses (car l’humour souvent le dispute au cynisme), comme les déchirements intérieures du baryton ou de la soprano [accompagnement du violon solo]. Incisif sans être véritablement mordant, le drame est un sans faute, de surcroit dans une réalisation scénique elle aussi claire et très efficace. L’inédit s’affirme à Perelada avec brio, et demain encore, avec la création du cycle de 14 mélodies inédites, composées par Alberto Garcia Demestres sur les textes de Cristina Pavarotti (dim 26 juillet 2026).

 

Carles Prat : Estética i massacre, opéra en création © Festival Peralada 2026

 

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CRITIQUE, festival. 40ème Festival Castell de Perelada (II), Mirador del Castell de Peralada, le 25 juillet 2026. Carles PRAT : Estètica i Massacre » (création). Avec Maria Patak, Carlos Varela… Oriol Pla, mise en scène / Carles Prat, direction musicale

 

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ENTRETIEN avec Didier LALEU et Jean VANDAMME, à propos du 11ème Festival Notre-Dame de la Treille (à LILLE, jusqu’au 29 août 2026)

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Didier Laleu, directeur artistique et Jean Vandamme, président des Amis de la Cathédrale de la Treille, présentent la déjà 11ème édition du Festival Notre-Dame de la Treille, cycle exceptionnel de concerts qui offre dans la Capitale lilloise, chaque samedi à 18h30 et en accès libre, un programme de musique d’autant plus attendu que l’été, les concerts se font rares à Lille. Singularités, artistes invités, magie d’un cadre unique… celui de la Cathédrale, ses deux orgues, sa façade minérale spectaculaire…
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CLASSIQUENEWS : Selon quels critères avez-vous conçu le cycle des 9 concerts ? Que souhaitez-vous que les auditeurs vivent tout au long de cette offre musicale ?

Le critère principal est la diversité. Il s’agit d’offrir au public la possibilité de découvrir une multitude d’artistes dans des styles différents avec la garantie d’une qualité artistique professionnelle.

 

 

Didier Laleu, directeur artistique et Jean Vandamme, président des Amis de la Cathédrale de la Treille (DR)

 

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment intégrez vous les divers lieux / espaces de l’église et son orgue dans la programmation ?

Tout d’abord l’orgue. Nous avons la chance d’avoir deux orgues magnifiques à la cathédrale et deux organistes talentueux, Denis Comtet et Guislain Leroy.
Lors de chaque saison, nous mettons un point d’honneur à valoriser l’un ou l’autre de ces orgues. Notre instrument phare est bien sûr le grand orgue. Un instrument néo-classique de 7600 tuyaux et 101 jeux mais il ne faut pas oublier l’orgue de choeur construit en 1869 par le célèbre facteur d’orgues Cavaillé-Coll (19 jeux) et tout juste restauré début 2026. Le choix du programme revient à l’organiste qui propose un concert durant l’été avec des partitions valorisant ces magnifiques instruments.

Concernant les lieux et espaces, nous proposons aux artistes de choisir le lieu dans la cathédrale qui sera le plus adapté pour la prestation proposée.
C’est ainsi que certains concerts se déroulent au centre de la cathédrale ou encore en mode déambulatoire, ce qui apporte une richesse dans la manière d’interpréter une oeuvre.

 

 

CLASSIQUENEWS : Y a t-il des ensembles et musiciens avec lesquels vous avez noué une relation de compagnonnage artistique ? Lesquels ?

Oui bien-sûr. Le premier exemple est le choeur Caritas de Canterbury (direction : Benedict Preece) qui se produit chaque année à la Cathédrale, avec toujours autant de plaisir tant de la part des artistes que du public. Mais d’autres artistes reviennent sur plusieurs saisons. Ce fut le cas de Madeleine Saur, Arnaud Dumond, le Moon Trio, Jacques Schab, Kateryna Kulykova…

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi proposer un cycle musical chaque été à Lille ? A qui s’adresse-t-il précisément ?

Il y a peu de concurrence à Lille l’été. Toutes les saisons musicales se terminent fin juin et reprennent en septembre.
Nous sommes parmi les rares à proposer un festival l’été à Lille et c’est ce qui motive Les Amis de la Cathédrale de la Treille à proposer ce festival dans un lieu magnifique avec une lumière éclatante, ce qui réjouit spectateurs et artistes. Il y a donc beaucoup de monde qui nous rejoint chaque samedi pour cette offre musicale pour laquelle, il faut le souligner, la participation est libre. Ce festival s’adresse à tous. L’idée est d’attirer les familles et l’horaire est choisi pour justement cibler le plus grand nombre le samedi à 18h30.

 

Propos recueillis en juillet 2026

 

 

 

LIRE aussi notre présentation du 11ème Festival Notre-Dame de la Treille 2026, du 4 juillet – 29 août 2026 : https://www.classiquenews.com/lille-11eme-festival-les-estivales-de-la-treille-2026-du-4-juillet-au-29-aout-2026-chaque-samedi-a-18h30/
9 concerts en juillet et août pour un voyage musical entre classique, choeurs, orgue et sonorités venues du monde entier, proposé par Les Amis de la Cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille. La Cathédrale lilloise est ainsi ouverte tout l’été et propose aux mélomanes tout un cycle musical, riche et accessible… tous les concerts ont lieu le samedi à 18h30 (libre participation).

 

 

 

 

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COFFRET CD événement, annonce. THE SEIJI OZAWA EDITION (238 cd DECCA CLASSICS)

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Decca nous régale. A l’été 2026, paraît l’édition Seiji Ozawa « THE SEIJI OZAWA EDITION », un coffret impressionnant regroupant au total l’héritage discographique du chef japonais, hélas décédé le 6 février 2024 (LIRE notre dépêche mort de Seiji Ozawa : https://www.classiquenews.com/mort-du-chef-dorchestre-seiji-ozawa-mardi-6-fevrier-2024-a-tokyo/ )

… soit 238 CD qui réunit les enregistrements du chef d’orchestre disciple de Karajan, révélé par le Concours de Besançon 1959. Ozawa a été l’une des figures marquantes de la vie musicale internationale, reliant les cultures musicales d’Europe, des États-Unis et du Japon pendant plusieurs décennies.

 

 

 

Cette édition rassemble ses enregistrements édités sous étiquette Decca, Philips, Deutsche Grammophon, Sony, Warner, Telarc, ECM, Hyperion et JVC, ainsi que des enregistrements live inédits de TOKYO FM. Il documente les partenariats artistiques d’Ozawa avec des orchestres tels que l’Orchestre symphonique de Boston, le Berliner Philharmoniker, le Wiener Philharmoniker, l’Orchestre national de France, l’Orchestre Saito Kinen (qu’il a fondé avec le Festival du même nom en 1992), l’Orchestre de chambre Mito.

 

Les enregistrements sont présentés sur des CD UHQ de haute qualité (lisibles sur n’importe quel lecteur CD standard) avec revêtement Green Label et dans les pochettes originales en étuis à cartes. Quatre livrets anglais/japonais totalisant 600 pages comprennent de nouvelles notes de l’ancien producteur de Tokyo FM, Hiroo Tojo et des contributions d’Haruki Murakami, John Williams, Martha Argerich, Itzhak Perlman et James Taylor. De nombreux enregistrements sont disponibles sur CD pour la première fois à l’international. Inclus également (ajoutant à la richesse éditorial du présent coffret événement) : des photos rares et inédites de la succession d’Ozawa et des archives d’Universal. Parution annoncée le 21 août 2026.

 

 

 

ENGLISH

The Seiji Ozawa Edition presents an extraordinary 238-CD box set that brings together, for the first time, the complete recorded legacy of this great conductor in one collection. Ozawa was one of the defining figures of international musical life, bridging the musical cultures of Europe, the United States and Japan over several decades.
The edition brings together recordings from Decca, Philips, Deutsche Grammophon, Sony, Warner, Telarc, ECM, Hyperion and JVC, as well as previously unreleased live recordings from TOKYO FM. It documents Ozawa’s artistic partnerships with orchestras including the Boston Symphony Orchestra, Berliner Philharmoniker, Wiener Philharmoniker, Orchestre National de France, Saito Kinen Orchestra and Mito Chamber Orchestra.
The recordings are presented on ultra-high-quality UHQ-CDs (playable on any standard CD player) with Green Label Coating and in original jackets in card sleeves. Four English/Japanese booklets totalling 600 pages include new liner notes by former Tokyo FM producer Hiroo Tojo and contributions from Haruki Murakami, John Williams, Martha Argerich, Itzhak Perlman and James Taylor. Many recordings are available on CD for the first time internationally. Also included are rare and never-before-seen photos from Ozawa’s estate and the Universal archives.
PRÉ COMMANDEZ votre exemplaire de ce coffret événement sur le site de DECCA classics : https://store.deccaclassics.com/products/seiji-ozawa-edition-238-cd-box-set?utm_source=Email&utm_medium=Email&utm_campaign=DeccaClassicsSeijiOzawaboxset280726&utm_content=UMGUK55282-1637733&utm_referrer=https%3A%2F%2Fmail.infomaniak.com%2F&utm_board=vv-prod-api&utm_country=GB&utm_linkurl=vv.lnk.to%2Fig98xm&lf=4a4851e482e77fd4f110ac0e3246daa0&vvsa_consumer_id=4712176&vvsa_tracking=_vvsa_0OlGhE0h769831
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tracklisting des 238 cd

 

 

THE DEUTSCHE GRAMMOPHON RECORDINGS
TCHAIKOVSKY/PROKOFIEV/BERLIOZ: Romeo et Julette
SAN FRANCISCO SYMPHONY
RUSSO: 3 Pieces for Blues Band and Symphony Orchestra • BERNSTEIN: « West Side Story » – Symphonic Dances
The Siegel-Schwall Band, SAN FRANCISCO SYMPHONY
BERLIOZ: Symphonie fantastique
BERLIOZ: La Damnation de Faust Stuart Burrows, Donald McIntyre, Thomas Paul, Tanglewood Festival Chorus
BEETHOVEN: Piano Concerto No. 5 Christoph Eschenbach
BARTÓK: The Miraculous Mandarin (Suite) • IVES: Symphony No. 4
RAVEL Orchestral Works
BRAHMS: Symphony No. 2
BERLIOZ: Roméo et Juliette Julia Hamari, Jean Dupouy, New England Conservatory Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
RUSSO: Street Music • GERSHWIN: An American in Paris
Corky Siegel, SAN FRANCISCO SYMPHONY
GLAZUNOV: Chant du Ménestrel • SHOSTAKOVICH: Cello Concerto No. 2 • FALLA: El sombrero de tres picos Mstislav Rostropovich, Teresa Berganza
RIMSKY-KORSAKOV: Scheherazade • BARTÓK: Music For Strings, Percussion And Celesta Joseph Silverstein
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 5
MOZART: Clarinet Concerto; Bassoon Concerto • TAKEMITSU: Quatrain; A Flock Descends Into The Pentagonal Garden Harold Wright, Sherman Walt, Ensemble Tashi
BRAHMS: Symphony No. 1
RESPIGHI: Pines Of Rome; Roman Festivals; Fountains Of Rome
MAHLER: Symphony No. 1
BERG: Violin Concerto • STRAVINSKY: Violin Concerto Itzhak Perlman
RESPIGHI: Ancient Airs And Dances
TCHAIKOVSKY: Swan Lake
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
OFFENBACH: Les Contes d’Hoffmann
Plácido Domingo, Edita Gruberová, Choir R.T.F. Maitrise De Radio France
ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
PROKOFIEV: Romeo and Juliet
FAURE: Pelléas et Mélisande; Après un Rêve; Pavane; Elégie Dolly Lorraine Hunt Lieberson, Tanglewood Festival Chorus, Jules Eskin
CHABRIER: España • GOUNOD: Faust Ballet Music • THOMAS: « Mignon » Overture • OFFENBACH: Gaîté parisienne
LISZT: Piano Concertos Nos. 1 & 2, Totentanz Krystian Zimerman
POULENC: Gloria; Stabat Mater Kathleen Battle, Tanglewood Festival Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 4; Capriccio italien
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 5; Overture 1812
BARTÓK: Concerto for Viola and Orchestra; Music For Strings, Percussion And Celesta Wolfram Christ
PROKOFIEV: Symphonies Nos. 1–7, Lieutenant Kijé
BERLINER PHILHARMONIKER
HONEGGER: Jeanne d’Arc au bûcher Oratorio dramatique
Marthe Keller, Georges Wilson, Choir R.T.F. Maitrise De Radio France
ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
TCHAIKOVSKY: The Nutcracker
TCHAIKOVSKY: The Nutcracker; The Sleeping Beauty Suite
BARTÓK: Violin Concerto No. 2 • MORET: En reve Anne-Sophie Mutter
FRANCK: Symphony • POULENC: Concerto for Organ, Strings and Percussion Everett Firth, Simon Preston
POULENC: Concert Champêtre Trevor Pinnock
SHOSTAKOVICH: Violin Concerto No. 2 • SCHUMANN/SHOSTAKOVICH: Violin Concerto Gidon Kremer
MENDELSSOHN: A Midsummer Night’s Dream Kathleen Battle, Frederica von Stade, Narrated by Judi Dench, Tanglewood Festival Chorus
RACHMANINOFF: Piano Concertos Nos. 1 & 2 Krystian Zimerman
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
PROKOFIEV: Piano Concerto No. 2 • RAVEL: Piano Concerto in G
Yundi, BERLINER PHILHARMONIKER
MENDELSSOHN: A Midsummer Night’s Dream (Japanese narration version)
Narrated by Sayuri Yoshinaga, Kathleen Battle, Frederica von Stade, Tanglewood Festival Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
THE TOKYO GALA CONCERT
Anne-Sophie Mutter, Diego Matheuz, SAITO KINEN ORCHESTRA

THE PHILIPS RECORDINGS (I)
BEETHOVEN: Symphony No. 9
Ambrosian Singers, Anna Reynolds, Helge Brilioth, John McCarthy, Karl Ridderbusch, Marita Napier
NEW PHILHARMONIA ORCHESTRA
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 6
TCHAIKOVSKY: The Nutcracker; The Sleeping Beauty
ORCHESTRE DE PARIS
DVORAK: Symphony No. 9; Carnival Overture
BEETHOVEN: Symphony No. 3
SAN FRANCISCO SYMPHONY
SCHOENBERG : Gurrelieder James McCracken, Jessye Norman, Tatiana Troyanos, Tanglewood Festival Chorus
WU TSU-CHIANG (WU ZUQUANG): Little Sisters of the Grassland; Concerto for Pipa & Orchestra • SOUSA: The Stars and Stripes Forever • LISZT: Piano Concerto No. 1 Liu Teh-Hai, Liu Shin-Kun
HOLST: The Planets
STRAVINSKY: The Rite of Spring
MAHLER: Symphony No. 8
R.STRAUSS: Also Sprach Zarathustra; Ein Heldenleben
TCHAIKOVSKY • SIBELIUS: Violin Concertos Viktoria Mullova
MAHLER: Symphonies Nos. 2, 4, 1
Kiri te Kanawa
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
ORFF: Carmina Burana
Edita Gruberová, John Aler, Thomas Hampson, Shinyukai Choir, Knabenchor Des Staatschores Berlin, Berliner Domchor
BERLINER PHILHARMONIKER
R.STRAUSS: Elektra
Hildegard Behrens, Christa Ludwig, Nadine Secunde, Ragnar Ulfung, Jorma Hynninen
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
BIZET: Carmen
Jessye Norman, Neil Shicoff, Simon Estes, ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
MAHLER: Symphony No. 7
MAHLER: Symphony No. 7; Kindertotenlieder
Jessye Norman, BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
WAGNER: Overtures & Preludes
BERLINER PHILHARMONIKER

THE DECCA RECORDINGS (I)
POULENC: Concerto for 2 Pianos • MILHAUD: Scaramouche / Katia Labèque, Marielle Labèque
MAHLER: Symphonies Nos. 9, 10, 5
J.S. BACH: Transcriptions by Stokowski/Schoenberg/Stravinsky/Webern
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
DVORÁK: Symphony No. 9
WIENER PHILHARMONIKER
MAHLER: Symphonies Nos 3 & 6 / Jessye Norman, American Boy Choir, Tanglewood Festival Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
DVORÁK: Symphony No. 8; The Noon Witch
RIMSKY-KORSAKOV: Scheherazade; Russian Easter Festival
WIENER PHILHARMONIKER
R. STRAUSS: Salome Jessye Norman, James Morris, Walter Raffeiner, Kerstin Witt, Richard Leech, Annette Markert, Andreas Conrad, Karl-Friedrich Hölzke
STAATSKAPELLE DRESDEN
BARTÓK: Concerto for Orchestra; The Miraculous Mandarin Tanglewood Festival Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
R. STRAUSS: Eine Alpensinfonie
WIENER PHILHARMONIKER
NATIONAL ANTHEMS NAGANO WINTER OLYMPICS 1998
NEW JAPAN PHILHARMONIC
RAVEL: Shéhérazade • BRITTEN: Les illuminations • DEBUSSY: La damoiselle élue Sylvia McNair, Tanglewood Festival Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
THE PUCCINI ALBUM
Galina Gorchakova, Neil Shicoff, Alessandro Calamai, Carlo Andrea Masciadri, Pawel Janowski, Vito Roberti, Loris Bertolo
ORCHESTRA DEL MAGGIO MUSICALE FIORENTINO
NEW YEAR’S DAY CONCERT 2002
WIENER PHILHARMONIKER
TAKEMITSU: November Steps; Viola Concerto; Eclipse
BRAHMS: Symphony No. 4; Hungarian Dances Nos. 5 & 6
BRAHMS: Symphony No. 1; Hungarian Dances
BRAHMS: Symphonies Nos. 2 & 3
TCHAIKOVSKY: Serenade For Strings • MOZART: Eine Kleine Nachtmusik; Divertimento
STRAVINSKY: Oedipus Rex Jessye Norman, Peter Schreier, Bryn Terfel, Harry Peeters, Robert Swensen, Michio Tatara, Shinyukai Choir, Tokyo Opera Singers
BEETHOVEN: Symphony No. 7 • SCHUBERT: Symphony No. 8
SCHOENBERG: Verklärte Nacht • STRAVINSKY: Apollon musagète
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 4 • RIMSKY-KORSAKOV: Capriccio espagnol
STRAVINSKY: The Rake’s Progress Anthony Rolfe Johnson, Sylvia McNair, Paul Plishka, Tokyo Opera Singers, Jane Bunnell, Jane Henschel, Takanori Egami, Donald Adams
TCHAIKOVKY: Symphony No. 6; Swan Lake (Suite)
SCHUBERT: Symphony No. 9
POULENC: Les Mamelles de Tirésias; Le Bal Masqué Tokyo Opera Singers
TAKEMITSU: Requiem; Family Tree; My Way Of Life
BEETHOVEN: Symphony No. 3; Egmont Overture
J.S.BACH: Matthäus-Passion John Mark Ainsley, Thomas Quasthoff, Nathalie Stutzmann, Katsunori Kono, Christiane Oelze, Tokyo Opera Singers, SKF Matsumoto Children’s Chorus
BEETHOVEN: Symphony No. 6; Leonore Overture No. 3
BEETHOVEN: Symphony No.1; Leonore Overture No. 2
BARTÓK: Divertimento • DVOŘÁK: Serenade for Strings • WOLF: Italian Serenade
J.S.BACH: Mass in B minor Barbara Bonney, Angelika Kirchschlager, John Mark Ainsley, Alastair Miles, Tokyo Opera Singers
BEETHOVEN: Symphonies Nos. 2 & 5; Funeral March
BEETHOVEN: Symphonies Nos. 4 & 8
BEETHOVEN: Symphony No. 9 / Anne Schwanewilms, Barbara Dever, Paul Groves, Franz Hawlata, Tokyo Opera Singers
BRUCKNER: Symphony No. 7
BARTÓK: Music for Strings, Percussion & Celeste; Concerto for Orchestra
GERSHWIN: Concerto in F Marcus Roberts Trio
SHOSTAKOVICH: Symphony No. 5
BERLIOZ: Symphonie Fantastique
MAHLER: Symphony No. 1 • MOZART: Symphony No. 32
BRITTEN: War Requiem / Anthony Dean Griffey, Matthias Goerne, Christine Goerke, Tokyo Opera Singers, Ritsuyukai Choir, SKF Matsumoto Choir, SKF Matsumoto Children’s Chorus
BRAHMS: Symphony No. 2 • RAVEL: Shéhérazade; Alborada del Gracioso / Susan Graham
BRAHMS: Symphony No. 1
BERLIOZ: Symphonie Fantastique
BRITTEN: War Requiem / Christine Goerke, Anthony Dean Griffey, Matthias Goerne, SKF Matsumoto Choir, Ritsuyukai Choir, SKF Matsumoto Children’s Chorus
BARTÓK: Bluebeard’s Castle / Elena Zhidkova, Matthias Goerne
RAVEL: L’enfant et les sortilèges
BERLIOZ: Symphonie Fantastique
BEETHOVEN: Leonore Overture No. 3; Symphony No. 7
SAITO KINEN ORCHESTRA

THE PHILIPS RECORDINGS (II)
BIZET: Symphony in C • RAVEL: Ma mère l’oye
RAVEL: Le Tombeau de Couperin • STRAVINSKY: Pulcinella Suite
MITO CHAMBER ORCHESTRA

THE DECCA RECORDINGS (II)
BEETHOVEN: Symphonies Nos 2, 4, 5, 7, 8 • MOZART: Clarinet Concerto
MITO CHAMBER ORCHESTRA
BEETHOVEN: Symphonies Nos 1 & 9; Piano Concertos Nos. 1 & 2 • GRIEG: Holberg Suite
Martha Argerich, MITO CHAMBER ORCHESTRA
POEMES – RAVEL, MESSIAEN, DUTILLEUX
ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE (15-19)

HYPERION
PANUFNIK: Symphony No. 8 • SESSIONS: Concerto for Orchestra
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA

ECM NEW SERIES
HOSOKAWA / MOZART
Momo Kodama, MITO CHAMBER ORCHESTRA

THE TELARC RECORDINGS
VIVALDI: The Four Seasons
BEETHOVEN: Symphony No. 5; Egmont Overture
BEETHOVEN: Piano Concertos; Choral Fantasy
Rudolf Serkin, BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA

THE WARNER MUSIC RECORDINGS
RIMSKY-KORSAKOV: Scheherazade • BORODIN: Polovtsian Dances
BARTÓK: Concerto for Orchestra • KODÁLY: Galántai táncok
LUTOSŁAWSKI: Concerto for Orchestra • JANÁČEK: Sinfonietta
CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA
PROKOFIEV: Piano Concerto No. 3 • RAVEL: Piano Concerto / Alexis Weissenberg
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 4
STRAVINSKY: Capriccio; Concerto; Movements for Piano and Orchestra / Michel Béroff
ORCHESTRE DE PARIS
SIBELIUS: Violin Concerto • BRUCH: Violin Concerto No. 1 / Masuko Ushioda
ISHII: Sogu II • TAKEMITSU: Cassiopeia Stomu Yamash’ta, Gagaku Ensemble
THE JAPAN PHILHARMONIC ORCHESTRA
WIENIAWSKI: Violin Concertos Nos.1 & 2
Itzhak Perlman, LONDON PHILHARMONIC ORCHESTRA
STRAVINSKY: L’Oiseau de feu
ORCHESTRE DE PARIS
TCHAIKOVSKY: Violin Concerto; Capriccio italien
Vladimir Spivakov, PHILHARMONIA ORCHESTRA
BIZET: Symphony in C; Patrie; Jeux d’enfants
BIZET: Carmen; L’Arlésienne Suites Nos. 1 & 2
ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
STRAVINSKY: The Firebird
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
GERSHWIN: Rhapsody in Blue; Var. on « I Got Rhythm » – Catfish Row
Alexis Weissenberg, BERLINER PHILHARMONIKER
KIM • STARER: Violin Concertos
Itzhak Perlman, ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
LALO: Symphonie espagnole • SARASATE: Zigeunerweisen
TCHAIKOVSKY: 1812 Overture; Marche slave; Francesca da Rimini
BERLINER PHILHARMONIKER
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 6
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
SAINT-SAËNS: Organ Symphony; Phaëton; Le Rouet d’Omphale
ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
DVOŘÁK: Cello Concerto • TCHAIKOVSKY: Rococo Variations
Mstislav Rostropovich, BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
PROKOFIEV: Symphony-Concerto for Cello • SHOSTAKOVICH: Cello Concerto No. 1
Mstislav Rostropovich, LONDON SYMPHONY ORCHESTRA
BERNSTEIN: Serenade • BARBER: Violin Concerto • FOSS: 3 American Pieces
Itzhak Perlman, BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
GAGNEUX: Triptyque • SHCHEDRIN: Sotto voce
Mstislav Rostropovich, LONDON SYMPHONY ORCHESTRA
DUTILLEUX: The Shadows of Time
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA

THE SONY MUSIC RECORDINGS
THE BAROQUE OBOE
Harold Gomberg, COLUMBIA CHAMBER ORCHESTRA
BARTÓK: Piano Concertos Nos. 1 & 3
Peter Serkin, CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA
TCHAIKOVSKY • MENDELSSOHN: Violin Concertos Erick Friedman
SCHUMANN: Piano Concerto • STRAUSS: Burleske Leonard Pennario
HONEGGER: Joan of Arc at the Stake (in English) Gwenyth Annear
TCHAIKOVSKY: Piano Concerto No. 1 John Browning
LONDON SYMPHONY ORCHESTRA
BERLIOZ: Symphonie fantastique
CANADIAN MUSIC IN THE TWENTIETH CENTURY
TORONTO SYMPHONY ORCHESTRA
MUSSORGSKY(RAVEL): Pictures at an Exhibition • BRITTEN: The Young Person’s Guide to the Orchestra
SCHOENBERG: Piano Concerto; Piano Pieces; Fantasy for Violin and Piano Peter Serkin, Arnold Steinhardt
CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA
BEETHOVEN: Piano Concerto in D major Peter Serkin
MESSIAEN: Turangalîla Symphony Yvonne Loriod
TORONTO SYMPHONY ORCHESTRA
STRAVINSKY: Fireworks; The Rite of Spring
TCHAIKOVSKY: Symphony No. 5 • MUSSORGSKY (R-KORSAKOV): A Night on Bare Mountain Dale Clevenger
BEETHOVEN: Symphony No. 5 • SCHUBERT: Symphony No. 8 « Unfinished »
CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA
TAKEMITSU: November Steps; Asterism; Requiem for String Orchestra; Green; The Dorian Horizon
Kinshi Tsuruta, Katsuya Yokohama, Yuji Takahashi, TORONTO SYMPHONY ORCHESTRA
RACHMANINOFF: Piano Concerto No. 3
André Watts, NEW YORK PHILHARMONIC
MOZART: Symphonies Nos. 35 & 28
NEW PHILHARMONIA ORCHESTRA
ORFF: Carmina Burana Evelyn Mandac, Stanley Kolk, Sherrill Milnes, New England Conservatory Chorus, Children’s Chorus of the New England Conservatory
STRAVINSKY: The Firebird Suite; Petrouchka (1947) Michael Tilson Thomas
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
SPACE THEATRE: PROGRAM OF STEEL PAVIOLION AT EXPO ’70 Tokyo Philharmonic Chorus, Yuji Takahashi
KHACHATURIAN: Piano Concerto • LISZT: Hungarian Fantasy
Philippe Entremont, NEW PHILHARMONIA ORCHESTRA
RAVEL: Shéhérazade, Cinq mélodies populaires grecques, Deux mélodies hébraïques, Frederica von Stade
MENDELSSOHN: Violin Concerto • BEETHOVEN: Romances Isaac Stern
BERLIOZ: Les nuits d’été • DEBUSSY: La damoiselle élue, Frederica von Stade
R. STRAUSS: Don Quixote • SCHÖENBERG: Cello Concerto, Yo-Yo Ma, Burton Fine
RAVEL: Piano Concerto for the Left Hand • PROKOFIEV: Piano Concerto No. 4 • BRITTEN: Diversions, Leon Fleisher
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
SCHNITTKE: Cello Concerto, In memoriam…
Mstislav Rostropovich, LONDON SYMPHONY ORCHESTRA
TCHAIKOVSKY: Pique Dame / Vladimir Atlantov, Mirella Freni, Sergei Leiferkus
PROKOFIEV: Peter and the Wolf • SAINT-SAËNS: The Carnival of the Animals • BRITTEN: The Young Person’s Guide to the Orchestra John Browning, Garrick Ohlsson
RACHMANINOFF: Piano Concerto No. 3 Evgeny Kissin
DVOŘÁK IN PRAGUE – A CELEBRATION Itzhak Perlman, Yo-Yo Ma, Frederica von Stade, Rudolf Firkušný
BERLIOZ: Requiem / Vinson Cole, Tanglewood Festival Chorus
FAURÉ: Requiem / Barbara Bonney, Håkan Hagegård, Tanglewood Festival Chorus
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA
MOZART: Flute Concerto No.1, Bassoon Concerto • R. STRAUSS: Oboe Concerto
Shigenori Kudo, Dag Jensen, Fumiaki Miyamoto, MITO CHAMBER ORCHESTRA
MAHLER: Symphony No. 2 / Emiko Suga, Nathalie Stutzmann, Shinyukai Choir
MAHLER: Symphony No. 9
SAITO KINEN ORCHESTRA
TCHAIKOVSKY: Piano Concerto No. 1
Arcadi Volodos, BERLINER PHILHARMONIKER
MOZART: Symphony No. 40; Sinfonia Concertante K.Anh.9(297B) Shigenori Kudo, Fumiaki Miyamoto, Dag Jensen, Radek Baborák
MOZART: Symphonies Nos. 36 & 38 ; Motetus « Exsultate, jubilate » / Maki Mori
MOZART: Horn Concertos / Radek Baborák
MOZART: Symphony No. 41; Violin Concerto No. 5 / Masuko Ushioda
MENDELSSOHN: Piano Concerto No.1 / Yu Kosuge
MOZART: Symphonies Nos.35 & 39
MITO CHAMBER ORCHESTRA
R. STRAUSS: Also sprach Zarathustra
BRAHMS: Symphony No. 1
PROKOFIEV: Peter and the Wolf • SAINT-SAËNS: The Carnival of the Animals • BRITTEN: The Young Person’s Guide to the Orchestra
BOSTON SYMPHONY ORCHESTRA

THE VICTOR ENTERTAINMENT RECORDINGS (JVC)
NEGRO SPIRITUALS / MUSICAL HIGHLIGHT
Tokyo Philhamonic Chorus, Victor Ensemble, Nobuo Hara with Sharps and Flats
ORCHESTRAL SPACE 1966 (1)
ORCHESTRAL SPACE 1966 (2)
YOMIURI NIPPON SYMPHONY ORCHESTRA

TOKYO FM RADIO BROADCASTS
MAHLER: Symphony No. 2
JAPAN PHILHARMONIC ORCHESTRA
TAKEMITSU: Quatrain • RAVEL: Piano Concerto
SCHUMANN: Piano Concerto • CHOPIN: Piano Concerto No. 2
Martha Argerich, NEW JAPAN PHILHARMONIC

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CRITIQUE, Festival. 40e Festival Castell de Peralada (I). Iglesia del Carmen, le 25 juillet 2026. Récital de Bryn Terfel, baryton-basse. Hanna Stone, harpe / Annabel Thwaite, piano. Lewis, Williams, Keel, Novello, Schubert, Wagner, Debussy…

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Programme riche et très cohérent sur le thème des étoiles et de la voûte étoilée, où le baryton célébrissime BRYN TERFEL régale les spectateurs de sa verve savoureuse et enjouée. Comme interprète aguerri qui a illuminé tant de scènes lyriques dans le monde, incarnant avec quel engagement entre autres des rôles clés tels Don Giovanni, Falsatff, Le Hollandais Volant, Wotan, Hans Sachs, Scarpia… sans omettre ses débuts à Perelada dans Samson et Dalila aux côtés de José Carreras en 1990, le chanteur établit immédiatement une complicité avec le parterre ; l’excellent acteur à l’opéra, prend ses marques, occupe tout l’espace avec un charisme naturel et communicatif, déployant sans affectation une évidente aisance en récital.

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Photos : Bryn Terfel, Perelada 2026 © Miquel González

 

Les étoiles dont il est question, ne sont pas celles de la scène mais les astres célestes qui portent et inspirent les grands rêveurs, tous ceux qui ayant gardé une âme d’enfant, se laissant charmer voire émerveiller dans un sentiment spontané, juste et surtout sincère, autant de qualités qu’incarne et cultive ce soir le baryton gallois.

 

Photos © Miquel González / Festival PERELADA 2026

 

Le cycle copieux comprend quelques standards de la Comédie musicale (dont l’ultime air tout à fait dans le thème « Stars »de Claude-Michel Schönberg); il permet surtout de (re)découvrir plusieurs mélodistes anglais dont le baryton Frederick Keels (3 songs de « Salt Water Ballads »), pas moins de 3 mélodies du compatriote gallois, Ivor Novello, né à Cardiff, visiblement très inspiré par l’esprit de Broadway qui sait fusionner drôlerie et tendresse, un cocktail que Bryn Terfel défend remarquablement.

Le programme associe deux musiciennes, une pianiste (Annabel Thwaite) et une harpiste (Hannah Stone), cette dernière l’accompagnant dans deux temps forts : l’air-hymne « Suo gân » que Spielberg avait utiliser comme moto de son film de 1987, « l’Empire du Soleil », – avec le jeune [et très convaincant acteur américain, Christian Bale alors âgé de 13 ans], puis « Nuits d’étoiles » de Debussy. Le contrôle vocal, le souci de phrasés suggestifs produisent un chant constamment habité et juste,… : somptueuse prière intime pour le premier air, sérénade extatique enivrée pour le second.

La 2e partie plus « classique », complète dans une subtilité plus grave, le programme, permettant en allemand, d’exprimer l’onirisme intime et sombre quelques somptueux lieder de Schubert ; Bryn Terfel en capte les nuances intérieures, l’urgence émotionnelle (Liebesbotschaft), les visions romantiques (Auf des Wasser zu singen), avec d’autant plus de cohérence expressive que la pianiste – parfaite complice du chanteur, sait sculpter les notes et faire jaillir comme lui, les climats psychiques dans une souplesse convaincante. Même sentiment de plénitude intérieure et d’extase (aux étoiles) dans la fameuse prière de Wolfram extraite de Tannhaüser de Wagner : « O du, mein holder Abendstern », – alors accompagné par le pianote et la harpe. On ne saurait imaginer récital plus juste dans sa célébration des étoiles.

 

 

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CRITIQUE, Festival. 40ème Festival Perelada. Iglesia del Carmen, le 25 juillet 2026. Récital Bryn Terfel, baryton-basse. Hanna Stone, harpe / Annabel Thwaite, piano. Lewis, Williams, Keel, Novello, Schubert, Wagner, Debussy…

 

Festival Perelada 2026 : 40ème édition
Prochains concerts à ne pas manquer

Prochains concerts événements lyriques : les 29 et 30 juillet 2026 (Silvia Pérez Cruz), récital Michael Spyres et Sarah Blanch (8 août), Jordi Savall et Núria Rial (Le baroque au temps de Vivaldi, le 9 août) – Spectacles de danses : Le terroir / Lorena Nogal (31 juillet), 4 danced Seasons (1er et 2 août)…

Couronnement final de cette 40è édition, le concert événement Wagner, par l’Orchestre du Festival de Bayreuth, sous la direction de Pablo Heras-Casado : extraits du Ring avec les chanteurs : Catherine Foster, soprano ; Klaus Florian Vogt, ténor ; Nicholas Braowlee, basse-baryton… (le 29 août).

Plus d’infos :
ORCHESTRE DU FESTIVAL DE BAYREUTH – Festival Castell de Peralada
https://www.festivalperalada.com/fr/programacio/322/orchestre-du-festival-de-bayreuth/

 

TOUTE LA PROGRAMMATION sur le site du festival Perelada 2026 / 40ème édition :
Programation – Festival Castell de Peralada
https://www.festivalperalada.com/fr/programacio/

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 26 juillet 2026. 3ème des 6 concerts « Talent Fest »

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Pour ce 3ème volet des concerts « Talent Fest » du Verão Clássico Festival & Academy, le Teatro Thalia a une fois de plus ouvert ses portes à la jeune génération musicale. Ce 26 juillet, la scène du théâtre lisboète accueillait un programme éclectique, mêlant les grandes œuvres du répertoire à des pièces plus rares – mais en revanche plus axés sur les instruments à cordes, que lors des deux premiers concerts… -, révélant au public tout à la fois des fragilités prometteuses et des talents éclatants. Si certains jeunes artistes ont encore besoin de mûrir, d’autres ont littéralement enflammé la salle, confirmant que le Verão Clássico est bien un vivier de futurs grands noms de la musique classique.

 

La soirée s’est ouverte avec la Sonate, Opus 82 d’Edward Elgar, interprétée par la violoniste polonaise Rozalia Bryla, accompagnée au piano par Pedro Costa. Dès l’Allegro. Risoluto initial, la jeune artiste a imposé un jeu d’une belle autorité et maturité. Son son, chaud et puissant, a su capturer l’essence romantique et mélancolique du compositeur anglais, porté par un Pedro Costa dont l’accompagnement, toujours d’une élégance rare, a offert un écrin de velours à cette démonstration de virtuosité. Une entrée en matière des plus prometteuses, saluée par des applaudissements nourris.

Le contrebassiste portugais Guilherme Viegas s’est ensuite attaqué à l’Adagio du Concerto de Vanhal, accompagné par João Araújo au piano. Force est de constater que la prestation, marquée par de nombreuses approximations et quelques hésitations, n’a pas entièrement convaincu. Le trac, sans doute, a joué des tours à ce jeune artiste dont le potentiel semble pourtant réel. Il lui reste du travail pour maîtriser pleinement son instrument et gagner en assurance, mais le public, indulgent, a salué ses efforts et l’invite à persévérer sur cette voie exigeante.

 

 

Le violoncelliste chinois Trevor Chan a ensuite interprété le Rondo du Concerto N°2 de Haydn, accompagné par Duarte Martins au piano. Là encore, le jeune musicien a fait preuve d’un jeu encore trop scolaire, manquant d’assurance et de cette liberté qui fait la différence entre une lecture correcte et une interprétation véritablement habitée. Si la technique est présente, il lui manque encore ce supplément d’âme qui transforme l’exercice en émotion. Une prestation qui laisse entrevoir des qualités certaines, mais qui demande encore à mûrir pour convaincre pleinement.

Le Trio Momentu – Diniz Resende à la clarinette, Maria Castro au violoncelle et Yifang Wang au piano – a ensuite offert un moment de pure délicatesse avec l’Adagio con espressione du Trio, Opus 11 de Beethoven. Quelle douceur et quelle complicité entre les trois jeunes artistes ! La clarinette de Resende, moelleuse et chantante, dialoguait avec une grâce infinie avec le violoncelle de Castro, tandis que le piano de Wang tissait un tapis sonore d’une sensibilité remarquable. Un instant de poésie pure, où la jeunesse des interprètes se faisait oublier au profit d’une musicalité déjà aboutie.

Le contrebassiste portugais Raúl Represas a ensuite livré une interprétation de l’Andante cantabile de la Sonate N°2 d’Adolf Míšek qui a su toucher le public par sa sincérité et sa chaleur. Son jeu, plus assuré que celui de son prédécesseur, a su faire chanter la contrebasse avec une expressivité rare, porté par un João Araújo au piano d’une discrétion élégante. C’est ensuite la jeune pianiste vietnamienne Trang Linh Le qui a enflammé le clavier avec l’Étude, Opus 10 N°4 de Chopin. Sa technique, d’une propreté et d’une vélocité impressionnantes, a conquis la salle. Chaque note fusait avec une précision diabolique, chaque phrase musicale était portée par une énergie communicative. 

 

 

La violoncelliste portugaise Catarina Mason a ensuite abordé l’Andante, allegro vivace de la Sonate N°4, Opus 102 de Beethoven, accompagné par Duarte Martins au piano. Sa lecture, sobre et élégante, a su rendre hommage à la grandeur et à la profondeur du compositeur allemand. Si quelques imperfections techniques sont à noter, l’intention musicale, elle, était parfaitement présente. Sa compatriote contrebassiste Margarida Sousa a ensuite offert un moment de grâce avec la Sonate pour contrebasse de Willem de Fesch. Le Siciliano initial, d’une douceur mélancolique, a fait place à une Allemande plus dansante, où la jeune artiste a su déployer un jeu à la fois précis et chaleureux. João Araújo, au piano, l’a accompagnée avec une sensibilité exemplaire. Une prestation convaincante pour une instrumentiste qui semble prometteuse.

Le violoniste portugais Alfonso Pinto-Ribeiro s’est ensuite emparé de l’Allegro du Concerto N°4 de Mozart, accompagné par Pedro Costa au piano. Dès les premières notes, le potentiel de ce jeune musicien a éclaté au grand jour. Son jeu, à la fois précis et chantant, sa sonorité ronde et son sens du dialogue avec le piano ont révélé un artiste d’une maturité étonnante pour son âge. Un beau potentiel, un jeune violoniste à suivre de t près, qui a su captiver le public par son charisme et son talent évident.

 

 

Puis vint l’une des révélations de la soirée : l’altiste portugais Gustavo Rebelo, accompagné par João Araújo au piano, qui s’est attaqué au Grand Tango d’Astor Piazzolla. Quelle démonstration de maîtrise et de virtuosité ! Son alto, tour à tour langoureux et furieusement rythmé, a su capturer l’essence même du tango, mêlant mélancolie et énergie communicative. Le jeu de Rebelo, d’une précision diabolique et d’une superbe expressivité, a emporté la salle dans un tourbillon d’émotions. Les applaudissements furent nourris, les « bravo ! » fusant de toutes parts. Une révélation, assurément, pour cet artiste dont on attend désormais avec impatience la suite de la carrière.

 

 

La soirée s’est achevée sur un égal enthousiasme à l’encontre du jeune violoniste portugais Miguel Rocha, accompagné par l’excellent Pedro Costa au piano, qui ont interprété l’Allegro de la Sonate pour violon et piano de César Franck. Et là, cerise sur le gâteau de la soirée, le public a eu droit à un nouveau moment de bonheur violonistique. Miguel Rocha, quasi à l’instar du jeune Jayden King deux soirs plus tôt, a démontré un talent véritablement exceptionnel. Son jeu alliait une technique irréprochable à un lyrisme envoûtant et une puissance expressive. La Sonate de Franck, œuvre d’une richesse harmonique et d’une profondeur infinies, a été servie par un jeune artiste qui semblait habité par la musique. A la fin de sa prestation, ce fut une véritable ovation, des applaudissements longs et nourris. Un vrai talent, qui confirme que le Verão Clássico est bien une pépinière de futurs grands noms.

 

 

Ce troisième concert « Talent Fest » aura donc été un concentré d’émotions et de promesses. Entre les fragilités de certains, qui appellent à la patience et au travail, et les fulgurances d’autres, qui laissent présager de brillantes carrières, le Teatro Thalia a une fois de plus vibré au son de la jeunesse musicale. Et si la soirée s’est achevée sur l’enthousiasme soulevé par le jeune violoniste Miguel Rocha, elle a également confirmé que le Verão Clássico est bien un festival unique, où se côtoient l’humilité de l’apprentissage et l’ivresse de la virtuosité, dans un écrin chargé d’histoire. 

 

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CRITIQUE, festival. LISBONNE, 12e Festival « Verao Classico » (Teatro Thalia), le 26 juillet 2026. 3ème des 6 concerts « Talent Fest ». Crédit photographique (c) Andreia Carvalho

 

 

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CRITIQUE, festival. BLANDFORD FORUM, Dorset Opera Festival (Coade Theatre), le 22 juillet 2026. SAINT-SAËNS : Samson et Dalila. M. Heydorn, W. W. Choi, A. Gusev… Paul Carr / Jeremy Carnall

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Des voix superbes, un chœur incandescent, une mise en scène qui doute… Dans le Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns proposé actuellement par le Dorset Opera, les voix sont fortes, le chœur exemplaire, et l’Orchestre du Dorset Opera placé sous la direction de Jeremy Carnall, joue avec une conviction réelle. Le metteur en scène Rufus Martin propose un décor unique, un temple lourdement dévasté, et il ne bougera pas de la soirée. J’y ai d’abord vu le sanctuaire ruiné des Hébreux vaincus, ce qui se lit fort bien ; au baisser du rideau, il est devenu le temple des Philistins eux-mêmes, celui que Samson fait s’effondrer sur leurs têtes lorsque sa force lui revient un instant.

 

 

 

L’idée, me semble-t-il, est de ne rattacher l’histoire à aucun lieu ni à aucune époque, la ruine valant pour toutes les guerres qui continuent de défigurer notre propre monde; ce qui, comme concept, ne manque pas de force. L’Histoire n’est qu’un long cortège de religions qui viennent et s’en vont, leurs temples élevés puis réduits aux gravats, et le procédé ne montre aucun signe d’essoufflement en notre siècle; qu’un seul sanctuaire en ruine les représente toutes, voilà qui a tout son sens. Les costumes de Libby Watson épousent cette intemporalité ; il en résulte toutefois que le spectateur arrivant sans quelque connaissance de l’ouvrage, ou du Livre des Juges, pourrait avoir peine à dire de quel temple il s’agit, ou pourquoi il gît en ruine avant même que le drame ait commencé.

Heureusement, la force du chant offre à la soirée une assise solide. La Dalila de Mae Heydorn est ce que l’on entend de plus beau ici, grâce à un instrument riche et sombre, employé avec une véritable intelligence, et doté d’une réelle profondeur. « Le Printemps qui commence » fut modelé avec une aisance ravissante, et « Mon cœur s’ouvre à ta voix » s’éleva avec cette assurance sans hâte qui fait que toute une salle retient son souffle. Elle colore le français admirablement et jamais ne force l’effet. Le Grand Prêtre de Dagon d’Alexey Gusev est une créature proprement effrayante, chantée d’un baryton ample et inflexible, jouée avec un plaisir manifeste pour la cruauté du personnage. Jonathan Eyers rend Abimélech parfaitement odieux dans le bref moment que lui laisse le rôle, et Aidan Smith prête une basse chaude et assurée au Vieillard hébreu, suppliant Samson de se souvenir de son Dieu et d’oublier la femme. Tous deux, soit dit en passant, tiennent aussi des rôles principaux dans L’Elisir d’amore du festival.

Le Samson de Won Whi Choi, pour ses débuts au Royaume-Uni, s’impose au fur et à mesure de la représentation. Au premier acte il parut un peu en retrait, la voix impressionnante mais le personnage pas tout à fait incarné, et je commençai à me demander comment tournerait la soirée. Après sa chute, il s’éleva à la hauteur du rôle et porta enfin tout le poids de la tragédie. Sa scène finale dans le temple fut d’une véritable puissance.

 

 

Choix de mise en scène ou non, il règne peu de chaleur entre les deux amants jusqu’après la fatale tonte, et Dalila avait fort à faire avec un Samson si chevelu. L’instant où elle saisit enfin les ciseaux a des conséquences à faire dresser les cheveux sur la tête: le jeu de Choi s’anime alors avec une vivacité soudaine. Vient ensuite le cordon rouge. Une longueur de corde écarlate paraît par intervalles pour lier Samson, et à d’autres moments pour ligoter ou relier divers autres personnages, et j’avoue qu’à la fin je ne savais plus trop ce qu’elle était censée signifier. Le destin, peut-être. La servitude, possiblement. Les liens de la foi, à la rigueur. Quelle qu’en fût l’intention, le sens en demeurait hors de portée. Une production aussi bien chantée n’a guère besoin d’un symbole qu’il faut déchiffrer.

Curieux, aussi, le sort réservé aux surtitres. Saint-Saëns et Ferdinand Lemaire ne sont point pudiques : les Hébreux invoquent le Dieu d’Israël, ils chantent Israël brisant ses chaînes, et le mot retentit sans cesse depuis le plateau dans un français parfaitement audible. Or les surtitres anglais écartent doucement le nom. Étant donné le souhait affiché de Carr de ne lier l’ouvrage à aucun conflit particulier tandis que brûle le Proche-Orient, on conçoit aisément la pensée ; c’est simplement une pensée qui résiste mal au contact du plateau. L’opéra est un récit biblique sur les Israélites et les Philistins, tiré du seizième chapitre du Livre des Juges, et l’est depuis 1877. Nul ne vient à Samson et Dalila en attendant une prise de position sur le Proche-Orient, et faire dire aux surtitres autre chose que ce que chantent clairement les interprètes ne résout rien ; cela ne fait que décaler d’un pas les surtitres par rapport à la scène.

C’est pourtant dans la chorégraphie confiée au chœur que je fus le moins convaincu. Les intentions d’Alicia Frost dans la célèbre Bacchanale sont assez claires, et intéressantes : elle a cherché la menace là où l’on nous sert d’ordinaire l’étalage érotique, nous offrant une grappe de combattants ivres de conquête, et sur le papier l’idée est excellente. À la place de la sensualité, nous eûmes un piétinement pesant d’une bande de sbires à la mine patibulaire, tandis qu’ailleurs les Philistins passèrent une grande partie de la soirée à onduler et à agiter les bras d’une manière qui évoquait davantage un cours de bien-être qu’une civilisation décadente au bord du châtiment divin. Dans la Bacchanale, où la partition réclame l’abandon, nous eûmes beaucoup d’affairement.

 

 

Il y avait un certain plaisir, tout de même, à voir les brutes d’un soir… reparaître en soldats en kilt, éclopés, éméchés et parfaitement grivois, dans l’autre production du festival (L’Elisir). Le chœur, préparé par Stephen Harris, est le cœur battant de ce festival, et il était dans une forme magnifique, se jetant dans le drame avec autant d’ardeur que dans le chant : la lamentation initiale avait le poids et la désolation voulus, et les grandes effusions chorales emplissaient le Coade Theatre d’une manière qui rappelle pourquoi l’on fait le voyage. Jeremy Carnall tint la fosse nette et sûre d’un bout à l’autre, et la merveilleuse orchestration de Saint-Saëns, tout de menace, passait la rampe avec éclat. Sans que Dorset Opera y fût pour rien, le plaisir de la soirée fut mis à l’épreuve par une chaleur accablante ; quelques spectateurs s’éclipsèrent, et à un moment de fatigue aussi, je me surpris à songer: pardonne-moi, Dalila, je ne suis pas sûr d’en pouvoir supporter davantage. Mais, à la différence de Samson, je gardai la foi.

Une soirée chaude, donc, et curieusement partagée. Sur le plan purement musical, c’est une réussite considérable, superbement chantée et finement jouée, et il fut de longs moments où je laissais simplement la scénographie s’effacer pour écouter. Si le jeu manqua parfois de dynamisme, et si l’alchimie entre les amants ne vient jamais tout à fait, vocalement le doute n’était pas permis : le Samson de Choi gagne régulièrement en puissance au fil de la soirée pour finir en voix souveraine. Mais un opéra du désir a besoin d’un peu de désir, et un opéra sur une civilisation condamnée doit faire paraître cette civilisation dangereuse plutôt qu’un brin ridicule. Paul Carr a réuni les ingrédients, et quelques idées véritablement intéressantes, sans tout à fait se fier ni aux uns ni aux autres. Allez-y pour les voix et pour le chœur, qui valent à eux seuls le déplacement; vous constaterez peut-être que le chant demeure longtemps après que la mise en scène s’est effacée. Une production aux fondations un peu fragiles, à l’image du temple qu’elle fait crouler.

 

 

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CRITIQUE, festival. BLANDFORD FORUM, Dorset Opera Festival (Coade Theatre), le 22 juillet 2026. SAINT-SAENS : Samson et Dalila. M. Heydorn, W. W. Choi, A. Gusev… Paul Carr / Jeremy Carnall. Crédit photographique (c) droits réservés

 

 

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