mardi 13 octobre 2026
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ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS, les 6 et 7 juin. Gabriel Fauré : Requiem, Dolly… Marius Stieghorst

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Accompagné du Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans, l’OSO Orchestre Symphonique d’Orléans présente un concert consacré à Gabriel Fauré et à son idée musicale. De l’intimité mélodique de Après un rêve et la douceur enfantine de Dolly, à l’émotion simple et profonde du Cantique de Jean Racine, le programme culmine avec le sublime Requiem, méditation lumineuse sur la paix et l’éternité. Un programme empreint de grâce, de sérénité, de délivrance apaisée…

 

 

Prière intimiste et sereine
Pilier du patrimoine sacré français, le Requiem de Fauré a été principalement connu sous sa forme musicale récente, (en particulier symphonique, datant de 1901, probablement de la main de son élève, Jean Roger-Ducasse), en rien comparable avec la version originelle, récemment découverte en 1994. Cette version a été conçue alors que Fauré était organiste de La Madeleine à Paris, de 1896 à 1905.

Orchestre de chambre plutôt que symphonique
Même dans sa version orchestrale en grand effectif, la partition, profondément intimiste et recueilli, déploie de la mort, une série de visions frappantes par leur quiétude et leur sérénité. Ici pas de Dies Irae: ni colère ni déluge choral… La déploration s’inscrit dans la volonté de changement du rituel musical comme dans la prière individuelle. Ainsi selon le rite parisien, respecté aussi par Du Caurroy ou Dubois, Fauré intègre le Pie Jesu (à la place du Dies Irae).
La composition a été réalisée entre le décès de son père (1885) et celui de sa mère (1888), précisément à partir de 1887. Les 7 sections suivent la tonalité de ré. Créé le 16 janvier 1888, le Requiem est une oeuvre de transparence et de légèreté avec laquelle l’auteur selon ses propres mots, souhaitait rompre avec l’habituel musique d’enterrement qu’il jouait continûment à La Madeleine et ailleurs, comme organiste désigné. Or ni l’Offertoire ni le Libera me pour baryton n’étaient alors achevés. Ce n’est qu’en janvier 1892 que les 7 mouvements furent alors totalement présentés. Tout prépare et se résout dans l’ultime 7è section « In paradisum », évocation inédite jusque là où le compositeur « ose » exprimer la quiétude des défunts, ce reposer éternel et serein qui leur est promis… quand la tradition avant Fauré était de conclure le cycle sur le Libera me, prière collective et individuelle, traversée par le sentiment de doute et d’inquiétude impérieuse.

SAMEDI 6 JUIN 2026 – 20h30
DIMANCHE 7 JUIN 2026 – 16h
Théatre d’Orléans, salle Touchard
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ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
FAURÉ REQUIEM – Orchestre Symphonique d’Orléans
Réservez vos places directement sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.orchestre-orleans.com/%C3%A9v%C3%A8nement/entre-danube-moldau/

 

FAURÉ : Requiem
Après un rêve
Dolly, suite d’orchestre
Cantique de Jean Racine
Direction : Marius Stieghorst
ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans
Cheffe de chœur : Emilie Legroux
Soprano : Daphne Corregan
Baryton : Virgile Frannais
Théâtre d’Orléans – Salle Touchard
Durée : 1 h 45 – avec entracte

 

 

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ENTRETIEN avec Gustavo VAINSTEIN, directeur général d’Allegro Spatial, la nouvelle chaîne musique classique « premium » en 4K et en dolby Atmos…

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Singularité, quête d’excellence, captations et programmation. ALLEGRO SPATIAL promet une expérience totale et améliorée grâce entre autres valeurs ajoutées, à son dispositif « score sens » (sous titrage explicatif pour tous les programmes), la qualité hors normes du son garanti (son spatialité même en HD), une image tournée nativement en 4K… lancement en France, développement et programmation à venir,… Présentation, explications par Gustavo Vainstein, directeur général
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actualité
ALLEGRO SPATIAL est en clair sur le canal 168 (Orange) jusqu’au 3 juin 2026 / canal 164 (Bouyghes) jusqu’au 30 mai 2026 : une occasion exceptionnelle de découvrir le standard « premium » de la nouvelle chaîne musique classique…

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous avez amorcé votre développement en Amérique du Sud. Quel est votre place et positionnement sur ce marché ? Quelles sont les étapes équivalentes pour votre lancement et développement en France ?

 

Gustavo Vainstein : Allegro est née en Argentine en 2015, avec l’ambition de s’insérer dans un environnement musical particulièrement exigeant. Dès l’origine, la chaîne ne s’est pas limitée à diffuser la musique : elle a cherché à en accompagner l’écoute. Nous avons ainsi introduit très tôt des sous-titres explicatifs, conçus pour éclairer l’œuvre au fil de son déroulement. Cette approche, aujourd’hui structurée sous le nom de « Score Sense », a été immédiatement appréciée du public, car elle permet d’apprendre en même temps que l’on éprouve le plaisir de la musique.
La chaîne s’est ensuite développée dans plusieurs pays d’Amérique latine, où elle est aujourd’hui diffusée en HD avec un son stéréo spatialisé. Cette attention portée à l’espace sonore — même en stéréo — a été fondatrice : elle a conduit naturellement Allegro HD à évoluer vers Allegro Spatial.
Dans ces territoires, Allegro s’est imposée comme une chaîne de référence pour la musique classique à la télévision, avec des audiences importantes et une véritable reconnaissance. Son positionnement est celui d’une chaîne à la fois éditoriale et technologique, exigeante mais accessible, qui accompagne l’écoute autant qu’elle la diffuse. Elle a contribué à faire émerger une production de captations de haute qualité, pensées dès l’origine pour l’image et pour une écoute exigeante.
Les étapes de développement en France s’inscrivent dans cette continuité : d’abord une implantation via les opérateurs, puis une montée en notoriété, et surtout un ancrage progressif dans la vie musicale réelle, à travers des partenariats avec les festivals et les institutions. La différence tient au niveau de notre ambition technologique : en France, Allegro Spatial est directement proposée en 4K UHD et Dolby Atmos, avec un positionnement clairement premium.
Aujourd’hui, Allegro Spatial est présente en Amérique latine et en France, et elle est prête à poursuivre son développement à l’international, avec l’ambition de devenir une référence mondiale pour la musique classique à la télévision.

 

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte le dispositif Dolby Atmos ? Dans quel contexte était-il jusque là réservé ? A quel type de répertoire, entendez vous le dédier ?

Gustavo Vainstein : Le Dolby Atmos, lancé par Dolby au début des années 2010, s’est progressivement imposé comme une technologie majeure de spatialisation sonore. Il a d’abord transformé l’expérience des salles de cinéma, puis accompagné le développement de nombreuses plateformes. Curieusement, il était encore très peu présent dans l’univers de la musique classique, alors même que ce répertoire est l’un des plus exigeants en matière de son.
C’est d’autant plus paradoxal que, depuis le gramophone, la musique classique a souvent été un moteur d’innovation technique : enregistrement, haute-fidélité, stéréo, disque compact, haute définition sonore. Les amateurs de musique classique sont parmi les auditeurs les plus attentifs à la précision, à la dynamique, à la couleur des timbres, à la profondeur d’une salle. Il y avait là une forme de retard, presque une contradiction historique, que nous avons souhaité combler.
Le Dolby Atmos était jusque-là essentiellement réservé au cinéma et à certaines productions musicales spécifiques. Nous faisons le choix de le déployer pleinement pour le répertoire classique, dans toute sa diversité : symphonique, lyrique, musique de chambre, récital, ballet, œuvres contemporaines…
Avec Allegro Spatial, nous créons ce nouvel espace pour la musique classique à la télévision. Le Dolby Atmos n’est pas ici un effet ajouté : il permet de restituer la profondeur orchestrale, la circulation des timbres, la respiration de la salle, la présence physique des interprètes. La scène sonore devient lisible, habitée, presque tangible.
Écouter une œuvre en Dolby Atmos suppose une nouvelle écoute, presque une redécouverte. L’auditeur n’entend plus seulement la musique : il entre dans son architecture, dans l’espace même où elle prend forme.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles sont les perspectives d’Allegro Spatial en France ? Quelles particularités hexagonales allez-vous prendre en compte ?

Gustavo Vainstein : La France occupe une place particulière par la richesse de sa vie musicale, l’importance de ses festivals et son attachement à la médiation culturelle. Paris et le Grand Paris offrent à cet égard une concentration presque unique au monde : il n’est pas rare de voir cinq ou six productions lyriques de très haut niveau accessibles le même soir — et bien davantage encore si l’on y ajoute les concerts symphoniques. À l’échelle du pays, plus de 250 festivals de musique classique témoignent d’une densité musicale que beaucoup nous envient. Pour une chaîne comme Allegro Spatial, qui associe exigence artistique, 4K, Dolby Atmos et accompagnement éditorial, la France était donc un terrain naturel, presque évident.
Je suis argentin, mais je vis en France depuis de nombreuses années, et j’y ai travaillé longuement dans les médias. Cette double culture me donne une connaissance intime de la vie musicale française et du public.
Allegro Spatial est aujourd’hui diffusée sur Bouygues Telecom, canal 164, et Orange, canal 168. Il faut souligner l’engagement de ces opérateurs : leurs abonnés bénéficient d’une qualité de diffusion particulièrement élevée, rendue possible par un effort réel sur la précision technique nécessaire au transport du Dolby Atmos et sur la bande passante allouée.
Nos perspectives reposent sur trois axes : approfondir la distribution, renforcer les partenariats avec les festivals et les institutions, et développer encore la dimension éditoriale, notamment à travers Score Sense. À plus long terme, l’objectif est d’inscrire durablement Allegro Spatial dans le paysage audiovisuel culturel français.
Par ailleurs, une dynamique très claire est à l’œuvre : à mesure que les réseaux et les équipements deviennent compatibles avec la 4K et le Dolby Atmos, de plus en plus d’acteurs envisagent d’intégrer Allegro Spatial. Cette évolution accompagne naturellement l’expansion internationale de la chaîne.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les axes de la programmation ? Quels types d’œuvres allez-vous demain diffuser et à quelle cadence ?

Gustavo Vainstein : Allegro Spatial s’appuie sur un catalogue déjà très riche, couvrant concerts symphoniques, opéras, ballets, musique de chambre et documentaires.
La diffusion en 4K impose un niveau d’exigence particulièrement élevé. La précision de l’image révèle tout : elle élève le niveau attendu des interprètes, mais aussi celui des lieux et des conditions de captation. Les producteurs soignent davantage les plateaux, la lumière, la mise en espace et le choix des salles.
Notre catalogue 4K est, de ce fait, résolument récent. Il reflète une nouvelle génération de captations, pensées dès l’origine pour ce niveau d’exigence, et continue de s’enrichir avec de nouveaux projets.
Parmi les œuvres diffusées récemment : la Symphonie n°8 de Mahler avec le Royal Concertgebouw Orchestra dirigé par Klaus Mäkelä, où l’architecture chorale et orchestrale se déploie pleinement dans l’espace ; l’opéra La Bohème de Puccini à Glyndebourne, dont la dramaturgie vocale et orchestrale gagne en relief ; des ballets comme ceux du Malandain Ballet Biarritz ou de l’English National Ballet, où la lecture du mouvement se précise ; et, dans un autre registre, les captations de l’Israel Philharmonic Orchestra réalisées dès 2015, pionnières dans l’usage de la 4K.
L’ensemble de ces œuvres trouve aujourd’hui une dimension nouvelle en Dolby Atmos : elles sont réentendues, redécouvertes, comme replacées dans leur espace naturel.
La programmation repose sur une diffusion continue, avec plusieurs premières chaque semaine et une rotation éditoriale pensée pour donner à chaque œuvre le temps d’exister. De nouvelles œuvres sont introduites régulièrement, afin d’assurer un renouvellement constant sans perdre la cohérence d’ensemble.
Nous portons également une attention particulière à l’innovation visuelle, notamment à travers des collaborations comme celle avec Louisiana Music, qui explorent de nouvelles écritures de captation.
Enfin, les documentaires complètent la programmation musicale en donnant un accès plus intime aux artistes et à leur univers. C’est le cas, par exemple, du magnifique Klaus Mäkelä, vers la flamme de Bruno Monsaingeon, ou du documentaire consacré à Daniil Trifonov, diffusés au moment où nous proposons également des œuvres majeures de ces interprètes. Ils prolongent ainsi l’expérience musicale par une dimension de compréhension, de portrait et de transmission.
Propos recueillis en mai 2026

 

 

 

 

VISITEZ le site de la chaîne ALLEGRO SPATIAL :
www.allegrospatial.com

En clair pendant tout le mois de mai 2026 :
Sur le canal 168 Orange, en clair jusqu’au 3 juin 2026

 

 

Aperçu de la programmation du 11 au 31 mai 2026
www.allegrospatial.com

 

Allegro Spatial — Les soirées  du 11 au 31 mai 2026
Lundi 11 mai
19h10 — Bruce Liu, récital de piano :
Haydn, Chopin, Kapustin.
Récital qui met en valeur la virtuosité du jeune pianiste canadien, révélé par le Concours Chopin.
20h50 — Yuja Wang, piano et direction, avec le Mahler Chamber Orchestra :
Mozart, Stravinsky, Dvořák, Gershwin, Márquez.
Yuja Wang dirige depuis le clavier un programme brillant et très contrasté.
Mardi 12 mai
19h25 — Evgeny Kissin, récital : Berg, Gershwin, Chopin, Mendelssohn, Debussy.
Parcours pianistique ample, où Kissin fait dialoguer le grand romantisme, le XXe siècle et les couleurs du jazz.
21h10 — Jan Lisiecki, piano : œuvres de Chopin.
Le pianiste canadien propose une lecture poétique, sobre et lumineuse de l’univers de Chopin.
Mercredi 13 mai
20h50 — Leif Ove Andsnes et Bertrand Chamayou, piano :
Schubert, Kurtág, au Festival de piano de la Ruhr.
Deux personnalités majeures du piano européen réunies dans un dialogue subtil entre Schubert et la modernité de Kurtág.
22h20 — Evgeny Kissin avec les Wiener Philharmoniker, direction Andris Nelsons :
Liszt, Stravinsky.
Rencontre entre Kissin, Nelsons et les Wiener Philharmoniker, dans un programme de grande virtuosité orchestrale.
Jeudi 14 mai
19h30 — Martha Argerich avec les Wiener Philharmoniker, direction Tugan Sokhiev :
Prokofiev, Scarlatti, Stravinsky.
La légendaire pianiste argentine retrouve le grand répertoire russe avec son énergie, sa liberté, son intensité personnels.
20h50 — Creature, English National Ballet, chorégraphie d’Akram Khan, film d’Asif Kapadia.
Ballet contemporain spectaculaire, à la croisée de la danse, du cinéma, du théâtre visuel.
Vendredi 15 mai
20h50 — Thibaut Garcia : La guitare au sommet, film de Bruno Monsaingeon.
Portrait du guitariste français, qui éclaire son rapport à l’instrument, au son et au répertoire.
21h50 — Thibaut Garcia, guitare
Albéniz, Chopin, Barrios Mangoré, Paganini, Beethoven.
Récital élégant où la guitare devient un instrument de couleurs, de virtuosité, d’intimité.
Samedi 16 mai
19h20 — Tchaïkovski, Symphonie n°4, Jeune Orchestre symphonique d’Erevan, direction Eduard Topchjan.
Lecture engagée de l’une des grandes symphonies romantiques russes, portée par l’élan dramatique de Tchaïkovski.
20h50 — Haendel : Alcina, Festival de Glyndebourne,
mise en scène Francesco Micheli, direction Jonathan Cohen,
Orchestra of the Age of Enlightenment,
avec Jane Archibald, Beth Taylor, Samantha Hankey.
Grande soirée baroque venue de Glyndebourne, servie par une distribution de premier plan et la précision stylistique de Jonathan Cohen.
Dimanche 17 mai
20h00 — Daniil Trifonov : Grâce à la musique, documentaire.
Portrait intime de Daniil Trifonov, entre exigence artistique, concentration intérieure et fulgurance pianistique.
20h50 — Dvořák, Danses slaves, Orchestre Philharmonique Tchèque, direction Sir Simon Rattle.
Simon Rattle retrouve l’orchestre tchèque dans un répertoire qui exalte rythme, couleur, énergie populaire.
Lundi 18 mai
19h30 — Brahms, Un Requiem allemand, Israel Philharmonic Orchestra, direction Manfred Honeck.
Une œuvre spirituelle majeure, abordée dans toute sa profondeur humaine et sa grandeur chorale.
20h50 — Martha Argerich, piano : Prokofiev, Scarlatti, Stravinsky.
Soirée de haute tension musicale, entre éclat pianistique, rythme et liberté d’interprétation.
22h10 — Lang Lang et Gina Alice, piano, avec le Gewandhausorchester Leipzig :
Saint-Saëns.
Un moment plus familial et virtuose autour de Saint-Saëns, porté par la complicité des deux pianistes.
Mardi 19 mai
19h35 — Weinberg, œuvres pour violoncelle, Pieter Wispelwey, Les Métamorphoses, direction Raphaël Feye.
Immersion dans l’univers poignant de Weinberg, compositeur encore trop peu joué,
mais d’une intensité expressive remarquable.
20h50 — Julius Asal, piano, au Seoul Arts Center :
Scriabine, Scarlatti, Brahms.
Récital très personnel, entre mysticisme, architecture classique et profondeur romantique.
Mercredi 20 mai
18h50 — Hommage à Chostakovitch avec Evgeny Kissin, Martha Argerich,
Mischa Maisky, Antoine Tamestit et le Quatuor Ébène.
Réunion exceptionnelle d’interprètes au Festival de Verbier autour de l’univers tragique et mordant de Chostakovitch.
20h50 — Mahler, Symphonie n°9, Philharmonie Tchèque, direction Semyon Bychkov.
Bychkov dirige l’ultime grande méditation symphonique de Mahler, entre adieu, tension, transfiguration.
Jeudi 21 mai
18h50 — Puccini : La bohème, Festival de Glyndebourne,
mise en scène Floris Visser, direction Jordan de Souza,
London Philharmonic Orchestra, avec Yaritza Véliz et Long Long.
Production lyrique sensible et cinématographique, où la poésie de Puccini retrouve toute sa force émotionnelle.
20h50 — Anne-Sophie Mutter & Mutter’s Virtuosi : Vivaldi, Previn, Bach, Bologne.
Anne-Sophie Mutter réunit baroque, classicisme et modernité dans un programme lumineux, porté par l’excellence de ses Virtuosi.
Vendredi 22 mai
19h50 — Thibaut Garcia : La guitare au sommet.
Le documentaire prolonge la découverte d’un artiste qui donne à la guitare une place centrale dans le paysage classique actuel.
20h50 — Thibaut Garcia et Antoine Morinière : Bach, extraits des Variations Goldberg.
Une transposition pour deux guitares qui révèle la transparence, l’équilibre et la richesse intime de Bach.
21h30 — Wiener Philharmoniker : Rimsky-Korsakov, Rachmaninov, Dvořák.
Soirée orchestrale de grand format, entre couleurs slaves, lyrisme russe et splendeur viennoise.
Samedi 23 mai
20h50 — Ballet national de Chine : Le Rêve dans le pavillon rouge.
Inspiré du grand roman de Cao Xueqin, ce ballet mêle tradition chinoise, écriture classique et grande fresque scénique.
Une proposition rare sur une chaîne européenne de musique classique.
22h45 — Seong-Jin Cho, piano, avec l’Orchestre Philharmonique Tchèque, direction Semyon Bychkov :
Ravel, Tchaïkovski.
Le pianiste coréen allie précision, poésie sonore et sens du grand dialogue avec l’orchestre.
Dimanche 24 mai
19h55 — Lang Lang : Mes mélodies préférées.
Dans ce programme plus personnel, où Lang Lang partage les musiques qui ont nourri son imaginaire, des classiques aux mélodies populaires.
20h50 — Alexandra Dovgan, piano, avec l’Orchestre de Chambre du Festival de Verbier, direction Gábor Takács-Nagy : Haydn, Grieg, Brahms.
La jeune pianiste russe affirme une maturité étonnante dans un programme qui passe de l’élégance classique au romantisme.
Lundi 25 mai
18h45 — Bach, Messe en si mineur, Collegium Vocale Gent.
Un sommet absolu de la musique sacrée, porté par l’exigence stylistique et la clarté polyphonique du Collegium Vocale Gent.
21h05 — Evgeny Kissin, récital :
Berg, Gershwin, Chopin, Mendelssohn, Debussy.
Un second rendez-vous avec Kissin, dans un programme qui montre l’étendue de son univers pianistique.
22h30 — Pathétique, ballet de Martin Schläpfer, Wiener Staatsballett.
Autour de Mozart, Cunningham, Balanchine et Tchaïkovski, Martin Schläpfer construit un dialogue entre héritage classique et modernité.
Mardi 26 mai
20h00 — Brahms, Symphonie n°2, avec l’Orchestre de Chambre d’Europe, direction Yannick Nézet-Séguin.
Page lumineuse et pastorale de Brahms, portée par la précision chambriste de l’orchestre et l’élan naturel de Nézet-Séguin.
20h50 — Yuja Wang et Víkingur Ólafsson à la Philharmonie de Paris.
Deux pianistes majeurs de la scène actuelle réunis dans un dialogue à deux claviers, virtuose, précis et complice, au cœur de l’une des grandes salles européennes.
Mercredi 27 mai
19h35 — Malandain Ballet Biarritz : La Chambre d’Amour.
Thierry Malandain signe une œuvre inspirée par l’océan, les paysages basques et une poésie du mouvement très française.
20h50 — Lucas et Arthur Jussen, piano, avec orchestre : Mahler, Mendelssohn, Dvořák.
Les deux frères néerlandais offrent une soirée brillante, entre lyrisme romantique et énergie concertante.
22h30 — Hommage à Chostakovitch avec Kissin, Argerich, Maisky, Tamestit et le Quatuor Ébène.
Une reprise précieuse de cette soirée Verbier, réunissant certains des plus grands interprètes actuels autour de Chostakovitch.
Jeudi 28 mai
20h50 — Orchestre de Cleveland, direction Esa-Pekka Salonen, avec Senja Rummukainen, violoncelle :
Ravel, Salonen, Sibelius.
Soirée de grande virtuosité orchestrale où la modernité nordique dialogue avec les couleurs françaises et finlandaises.
Vendredi 29 mai
19h45 — Tchaïkovski, Symphonie n°4, Jeune Orchestre symphonique d’Erevan, direction Eduard Topchjan.
La symphonie revient dans une soirée portée par l’énergie dramatique et l’élan lyrique de Tchaïkovski.
20h50 — Marc Bouchkov, violon, avec le Verbier Festival Chamber Orchestra, direction Teodor Currentzis :
Brahms, Ysaÿe, Mendelssohn.
Le violoniste belge et le chef russe Teodor Currentzis proposent une lecture tendue, expressive et très incarnée du grand répertoire pour violon.
Samedi 30 mai
17h45 — Alexandra Dovgan, piano, avec l’Orchestre de Chambre du Festival de Verbier, direction Gábor Takács-Nagy : Haydn, Grieg, Brahms.
La jeune pianiste russe confirme l’ampleur exceptionnelle de son talent dans un programme allant du classicisme au romantisme.
20h50 — Maxim Vengerov, violon, avec l’Orchestre philharmonique de Tokyo, direction Myung-Whun Chung : Tchaïkovski, Bach, Stravinsky.
Une grande soirée de virtuosité avec Maxim Vengerov, dans un programme spectaculaire et contrasté.
Dimanche 31 mai
19h50 — Klaus Mäkelä, vers la flamme, film de Bruno Monsaingeon.
Portrait du jeune chef finlandais, devenu en quelques années l’une des figures les plus suivies de la direction d’orchestre.
20h50 — Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam, direction Klaus Mäkelä, avec Emily Beynon, flûte, et Ivan Podyomov, hautbois : Ravel, Connesson, Bartók.
Mäkelä dirige le Concertgebouw dans un programme riche en couleurs, avec deux solistes à vent de tout premier plan.
22h35 — Mahler, Symphonie n°8, Orchestre royal du Concertgebouw, direction Klaus Mäkelä, avec Golda Schultz, Jennifer Johnston, Okka von der Damerau, Giorgio Berrugi, Michael Nagy, Tareq Nazmi et les chœurs associés.
La « Symphonie des Mille » conclut le mois dans un format monumental, choral et orchestral, emblématique de l’ambition artistique d’Allegro Spatial.

 

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OPÉRA DE RENNES. Mer 20, jeu 21 mai 2026. HAENDEL : Le Triomphe du temps et de la Désillusion, Le Banquet Céleste

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Premier oratorio du jeune G. F. Haendel, composé à Rome en 1707, Le Triomphe du temps et de la désillusion présente expose la joute de 4 allégories : la Beauté, le Plaisir, la Désillusion et le Temps ; tous s’affrontent sur l’avenir de la Beauté. La maturité du compositeur Saxon, âgé de 22 ans et réalisant ainsi son « grand tour » italien, affirme un tempérament génial taillé pour le théâtre et l’expression des passions humaines. Un an après Le Triomphe du temps, Haendel livre son second oratorio tout aussi spectaculaire et profond : La Resurezzione de 1708, précédent (mars 2025) présenté par Le Banquet Céleste sur la scène rennaise… Avec ces deux oratorios « romains », Haendel fixe un modèle du genre, où la veine sacrée rivalise de poésie et de justesse avec l’opéra profane.

 

 

ROME, 1707

A peine la vingtaine, Haendel qui a quitté Florence (où il a livré son opéra Rodrigo pour la Cour des Medicis), rejoint Rome où les princes les plus puissants de la cité pontificale rivalisent pour soutenir et mécéner le jeune prodige… Après leur mémorable Résurrection en 2024-2025, le Banquet Céleste poursuit ainsi son cycle consacré aux oratorios de Haendel.  Aux côtés des interprètes du Banquet Céleste, la distribution de solistes réunit Catherine Trottmann, Blandine de Sansal, Rémy Brès-Feuillet et Thomas Hobbs ; chacun incarne les quatre personnages, dirigés par Simon Proust, chef d’orchestre invité (révélation aux Victoires de la Musique 2025).

Ce plateau prometteur défendent « l’œuvre d’une vie, celle de Haendel, qui a retouché la partition jusqu’à sa mort pour viser la perfection. Oratorio profane, proche de l’opéra dans la théâtralité de sa musique, il questionne les choix de vie, entre insouciance face au temps qui passe, plaisirs immédiats et renoncements. ». La question centrale de la partition est la vanité de toute chose et la sagesse qu’il faut tirer d’une véritable leçon d’humilité.

ce nouveau jalon haendélien est aussi l’occasion de fêter les 10 ans de résidence du Banquet Céleste à l’Opéra de Rennes.

 

 

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HAENDEL : Le Triomphe du temps et de la Désillusion
Le Banquet Céleste
Opéra de Rennes
Mercredi 20 mai 2026 à 20h
Jeudi 21 mai 2026 à 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de RENNES : https://opera-rennes.fr/fr/evenement/le-triomphe-du-temps-et-de-la-desillusion
Durée 2h40 entracte compris
Chanté en italien, surtitré en français
Dès 12 ans
LIRE aussi notre critique de La Resurezzione de Haendel par Le Banquet Céleste à l’Opéra de RENNES, mars 2025 : https://www.classiquenews.com/critique-oratorio-opera-de-rennes-le-14-mars-2025-haendel-la-resurezzione-1708-le-banquet-celeste-paul-antoine-benos-djian-thomas-hobbs-celine-scheen-thomas-dolie/

 

CRITIQUE, oratorio. OPÉRA DE RENNES, le 14 mars 2025. Haendel : La Resurezzione, 1708. LE BANQUET CÉLESTE. Paul-Antoine Bénos-Djian, Thomas Hobbs, Céline Scheen, Thomas Dolié…

 

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CRITIQUE, opéra. LILLE, Opéra de Lille, le 9 mai 2026. MOZART : La Flûte enchantée. Suzanne Andrade et Barrie Kosky / Riccardo Bisatti

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A l’Opéra de Lille, la féérie visuelle imaginée par Suzanne Andrade et Barrie Kosky revisite La Flûte enchantée de W. A. Mozart, accueillie par un succès public chaleureux, comme ailleurs dans le monde : malgré quelques réserves sur les conséquences dramaturgiques du concept, l’imaginaire dédié au cinéma muet expressionniste allemand des années 1920 séduit par sa fantaisie délurée et accessible à tous – petits comme grands.

 

La Flûte enchantée figure parmi les cinq opéras les plus joués au monde, toutes langues confondues, et reste le premier donné en langue allemande. Entre théâtre populaire et élévation philosophique, son livret foisonnant conjugue des références maçonniques et des figures symboliques telles qu’Isis et Osiris, tout en incluant des éléments plus problématiques pour une lecture contemporaine, de la misogynie à la promotion du patriarcat. Comment rendre lisible cette complexité sans en trahir l’esprit, ni en alourdir le propos ?

Confronté à ces questionnements, Barrie Kosky, ancien directeur général de la Komische Oper Berlin (2012-2022) – et déjà applaudi in loco dans Semele de Haendel en 2022 -, a choisi une approche originale centrée sur la simplification des enjeux, sous forme de conte initiatique. La principale novation vient du remplacement des dialogues parlés par des intertitres à la manière des films muets, accompagnés au pianoforte (extraits des Fantaisies K. 397 et K. 475 du même Mozart). Le spectateur gagne ainsi en rythme ce qu’il perd en compréhension des références précitées (toujours présentes dans le texte chanté), dont l’explicitation du sens apparaît dès lors contournée. L’idée s’avère brillante en ce qu’elle évite les tunnels parlés, parfois mal servis par les chanteurs, mais réduit l’épaisseur psychologique des personnages, en particulier ceux dévolus au contraste comique. Ainsi de Papageno et Papagena, qui perdent l’essentiel de leur place de contrepoids populaire et terrien face au chemin d’élévation spirituelle et intellectuelle emprunté par Tamino.

D’où vient pourtant que le spectacle fascine, à l’instar d’autres productions de Barrie Kosky, tout aussi audacieuses dans les transformations opérées (voir notamment sa Carmen à Francfort) ? Le concept, imaginé avec Suzanne Andrade, consiste à plonger le spectateur dans un maëlstrom d’images animées, projetées sur un unique mur blanc, dans lequel s’insèrent les chanteurs à la manière d’automates. La réalisation technique virtuose impressionne par sa précision millimétrée, autant que par l’imaginaire visuel d’une incroyable richesse dans la variété de ses emprunts, en hommage à l’âge d’or du cinéma muet au début du XXe siècle. Toute une série d’icônes emblématiques est ainsi convoquée, du vampire Nosferatu à Betty Boop (inspirée de l’actrice américaine Louise Brooks), en passant par Buster Keaton. L’exagération et la déformation des perspectives, caractéristiques de l’expressionnisme, s’accompagne quant à elle d’une stylisation du graphisme, avec quelques ajouts issus de l’Art nouveau et de l’Art déco. Quelques éléments propres au cabaret viennent aussi rythmer l’ensemble, en un humour bon enfant et souvent inattendu dans ses assemblages poétiques et surréalistes.

 

 

Face à cette réussite visuelle, le plateau vocal réuni se montre de haute tenue, jusque dans le moindre second rôle. Ainsi du Tamino au chant éloquent de Mingjie Lei, dont la voix blanche séduit par sa clarté d’articulation et son opulent médium. La Pamina de Natasha Te Rupe Wilson n’est pas en reste dans l’élégance des phrasés, soutenus par une attention au texte. On apprécie également le timbre gourmand et parfaitement projeté de Jarrett Ott (Papageno), dont la réduction du rôle parlé ne peut malheureusement lui offrir toutes les ressources drolatiques attendues. La voix plus légère de Regina Koncz (La Reine de la Nuit) se régale des vocalises, d’une souplesse aérienne, sans donner une dureté excessive à son interprétation. Adrien Mathonat (Sarastro) se distingue quant à lui par sa noblesse de phrasés, tandis qu’Elmar Gilbertsson apporte à Monostatos une palette de couleurs étonnamment variée pour ce rôle, souvent plus ténébreux.

Enfin, le jeune Riccardo Bisatti (né en 2000) anime la soirée d’un geste aussi élégant qu’allégé, malgré quelques traits appuyés dans les tutti lors de l’ouverture. Surtout, sa capacité à ne jamais couvrir le plateau s’accompagne d’une sensibilité admirablement différenciée pour alterner entre les tempéraments tragique et comique.

 

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CRITIQUE, opéra. LILLE, Opéra national de Lille, le 9 mai 2026. MOZART : La Flûte enchantée. Mingjie Lei (Tamino), Natasha Te Rupe Wilson (Pamina), Jarrett Ott (Papageno), Regina Koncz*, Alma Ruoqi Sun (La Reine de la Nuit), Adrien Mathonat (Sarastro, L’Orateur), Elmar Gilbertsson (Monostatos), Judith Fa (Papagena), Galina Ermakova (pianoforte), Chœur de l’Opéra de Lille, Virginie Déjos (Cheffe de chœur), Orchestre National de Lille, Riccardo Bisatti (direction musicale) / Suzanne Andrade et Barrie Kosky (mise en scène). A l’affiche de l’Opéra national de Lille, à Lille, jusqu’au 26 mai 2026. Crédit photographique (c) Frédéric Iovino

 

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CRITIQUE, danse. LA SEINE MUSICALE, le 6 mai 2026. Angelin PRELJOCAJ : REQUIEM(S) par le Ballet Preljocaj

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Chez Angelin Preljocaj, la mort n’est jamais immobile. Elle traverse, secoue, fracture, consume, mais, surtout, elle oblige le vivant à inventer de nouveaux gestes pour ne pas sombrer. Avec Requiem(s), repris ici deux ans après sa création, le chorégraphe franco-albanais propose une sorte d’architecture de survie, une liturgie physique où les corps s’agrippent encore à l’élan vital alors même que tout semble promis à la disparition.

 

Le spectacle frappe d’abord par sa densité organique. Dix-neuf danseurs envahissent le plateau comme une matière mouvante, compacte, presque tellurique. Chez Preljocaj, le groupe n’est jamais décoratif : il agit comme une pression. Une communauté humaine en état de tension permanente. Les lignes se forment puis se désagrègent… les masses s’effondrent avant de renaître dans une autre configuration. Le chorégraphe retrouve ici cette science très particulière du mouvement collectif où chaque trajectoire individuelle semble absorbée dans une respiration plus vaste.

Mais Requiem(s) impressionne avant tout parce qu’il refuse le piège du dolorisme. Là où tant d’œuvres consacrées au deuil s’abîment dans une gravité monochrome, Preljocaj ose la collision des intensités. Le noir y côtoie l’extase. La rage surgit au milieu du sacré. La brutalité métallique de System of a Down fracture soudain les élévations liturgiques de Ligeti ou de Mozart ; cette hétérogénéité musicale qui pourrait tourner au collage démonstratif, devient ici un langage émotionnel profondément contemporain. Comme si le deuil moderne ne pouvait plus parler une seule langue. Variations sur le thème de la mort…

Le plus fascinant demeure la capacité du chorégraphe à ritualiser l’effondrement sans jamais le figer. Les tableaux s’enchaînent comme des visions fugitives : procession spectrale, convulsions collectives, duos suspendus entre abandon et résistance. Certaines images évoquent Bosch, Bacon ou des Pietà décomposées par l’époque contemporaine ; d’autres rappellent combien Preljocaj reste un superbe artisan des articulations humaines, capable de faire surgir une émotion abyssale d’un simple déséquilibre du torse ou d’une torsion du bras.

Visuellement, l’œuvre atteint parfois une puissance hypnotique rare. Les éclairage sculptent les interprètes comme des apparitions intermittentes ; les silhouettes émergent du noir avant d’y replonger, avalées par une obscurité qui agit presque comme un partenaire de danse. La scénographie spartiate d’Adrian Chalgard participe au vertige mental mis en scène, cet état où le réel devient instable, poreux, traversé de présences invisibles…

Et pourtant, malgré la douleur omniprésente, quelque chose insiste : une jubilation étrange, presque insolente. C’est peut-être là que Requiem(s) devient profondément personnel. Preljocaj met en mouvement le refus viscéral de laisser les morts gagner totalement du terrain sur les vivants. D’où cette énergie féroce qui irrigue la pièce et qui s’apprécie davantage dans les parties de l’opus à effectifs réduits : le pas de quatre masculin, haletant, ou encore un pas de cinq qui paraît comme un prélude à une agression… D’où aussi cette sensation troublante que chaque séquence danse autant contre la mort qu’avec elle. 

À 67 ans, Angelin Preljocaj a signé l’une de ses créations les plus intimes, mais aussi l’une des plus libres. Le geste y paraît débarrassé de toute nécessité de séduire dans cette reprise. Ne reste qu’une urgence : transformer l’absence en mouvement. Et rappeler, par le biais d’un enregistrement de Gilles Deleuze vers la fin du ballet, qu’il ne faut « pas confondre le bourreau et la victime ».

 

 

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CRITIQUE, danse. LA SEINE MUSICALE, le 6 mai 2026. Angelin PRELJOCAJ : REQUIEM(S) par le Ballet Preljocaj. Crédit photographique (c) droits réservés

 

 

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PARIS, SAINTE-CHAPELLE. 7ème Festival RÉSONANCES, du 5 au 29 juin 2026. « D’ELLINGTON à COUPERIN ». Marraine d’honneur : Julie DEPARDIEU

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A partir du 5 juin 2026, la Sainte-Chapelle est l’écrin magicien du nouveau festival « Résonances », dédié à toutes les formes du clavier. Avec voix, avec instruments, en formations diverses, et ce dans tous les répertoires… Diversité et exigence sont les qualités d’un festival recherché dans le site le plus spectaculaire du Paris historique…
Pas moins de 12 concerts événements vous attendent ainsi. 2 temps forts en particuliers : les 2ème et 4ème week end de juin. Ouverture jazzy, puis mélodies françaises et russes, piano et lectures, duo piano et violoncelle, littérature et musique par Julie Depardieu (marraine 2026) qui lit Colette, duos de pianos pour transcriptions vertigineuses (Ravel et Gershwin)… et pour finir (le lundi 29 juin), récital de piano, de Bach à Gershwin… Incontournable.

 

TOUTES LES INFOS sur le site EUROMUSIC :
https://www.euromusicproductions.fr/

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RETOUR AUX ORIGINES
Jazz & co
Vendredi 5 juin 2026 à 20h

De Gabriel Fauré à Keith Jarett
Mélodies de G. GERSHWIN/ D. ELLINGTON/ Cole PORTER
& compositions originales
Pierre-François Blanchard, piano Steinway
Thomas Savy, clarinettes

20ème siècle, les prodiges
Samedi 6 juin 2026 à 20h
Mélodies françaises, russes
Fauré : mélodies
RACHMANINOV : Vocalises
POULENC-DEBUSSY
Racha Arodaky, piano Steinway
Tatiana Probst, soprano

 

 

Lundi 8 juin 2026 à 20h
Musiques & mots au 20ème
Meredith MONK à  Philip GLASS
Vanessa Wagner, piano Steinway
Arthur H, lectures

 

 

 

2ème week end de juin 2026

Vendredi 12  juin à 20h
Mélodies de France, Argentine & Japon
DEBUSSY : Sonate, beau soir
FAURÉ : Elégie, romance, berceuse
PIAZZOLA : Le grand Tango / Obivion
MAINARDI : mélodies populaires japonaises
SAKAMOTO : rain…

Aya Okuyama, piano Steinway
Céline Flamen, violoncelle Grancino fils 1710, cordes en boyaux

20ème, 19ème,
le romantisme & la Classique savante
Samedi 13 juin 2026 à 20h
Julie Depardieu lit COLETTE en Musique
/ Amoureuse  COLETTE
littérature & musiques

RAVEL : Pavane
de FALLA, Dvorak : Danses
Boulanger : Cortège
KREISLER : Marche
SCHUBERT : Fantaisie
POULENC / WEILL…

Julie Depardieu, lectures comédienne
Dana Ciocarlie, piano Steinway
Gaëtane Prouvost, violon

2 Duos à 4 mains
Dimanche 14 juin 2026 à 20h
GERSHWIN : un américain à Paris
Rapsody in blue
RAVEL : valse
Paolo Rigutto, Audrey Lonca-Alberto,
piano Steinway

Lundi 15 juin 2026 à 20h
RAVEL, DEBUSSY, SATIE, FAURÉ
Vanessa Wagner & Béatrice Berrut,
pianoforte Erard 1875

 

 

 

 

Get Bach
Samedi 20 juin 2026 à 20h
SCHUMANN , les suites de BACH pour violoncelle
Jacqueline Bourgès-Maunoury, piano Steinway
Xenia Jankovic, violoncelle

Baroque & co
Lundi 22 juin 2026 à 20h
J.S./BACH : sonates
PIAZZOLLA : Esculo
GRAPELLLI : Les valseuses « Rolls »
J. BEAUTEMPS : sonate pour la résurrection
T BRIANT : My favorite things
Julien Beautemps, accordéon  /  Thomas Briant, violon

 

 

4ème week end de Juin 2026

Samedi 27 juin 2026 à 20h
De COUPERIN à MENDELSSOHN
Sébastien Grimaud, clavecin William Dowd-Paris
Elilija Karaliute, Kanklès harpe (traditionnelle Lituanie)

Dimanche 28 juin 2026 à 20h
J.S. BACH : Variations Goldberg à 2 versions – première mondiale
Violaine Cochard, clavecin
Les Solistes Français
Paul Rouger, violon solo

 

Clôture-retour vers le futur, la solitude
Lundi 29 juin 2026 à 20h
J.S. BACH : sonates
S. LYAPOUNOV : rêverie du soir-nocturne
C. DEBUSSY : Suite bergamasque
G. GERSHWIN : songs
Jodyline Gallavardin, piano

 

 

 

TOUTES les infos, le détail des programmes, les artistes et ensembles invités :
LOCATION : 01 42 77 65 65 – www.euromusicproductions.fr

 

 

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OPÉRA DE DIJON. Jeudi 28 mai 2026. Lea Desandre & Thomas Dunford / Idylle : « Il nous faut de l’amour ! »

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« Il nous faut de l’amour ! » , l’intention admirable, assumée, prometteuse… avait en 2023, produit l’album Idylle : un programme dans lequel la mezzo-soprano Lea Desandre et le luthiste Thomas Dunford abordent 300 ans de lyrique amoureuse hexagonale, défendant la diversité et la délicatesse des musiques qui chantent l’amour.

 

 

Promesses, attente, langueur et désir, excitation, fascination, attraction extatique – inspirent poètes et compositeurs français depuis 300 siècles.
Déjà complices dans le récital Amazone (2022), les deux musiciens explorent un répertoire aux nuances infinies. Ils jouent avec les écritures, déploient d’infinis accents ciselant la langue de l’amour entre ivresse ou soupçons, jalouse hallucination ou plénitude sensorielle… L’air de cour baroque, (Marc-Antoine Charpentier ou Michel Lambert), le raffinement Belle Époque de la mélodie française (Reynaldo Hahn, André Messager ou Claude Debussy), exposent avec raffinement tous les frémissements des cœurs. Sans omettre plus proche de nous, la variété et la chanson françaises : Françoise Hardy et Barbara … au sommet de la « pudeur palpitante ». Mais c’est Offenbach et sa « Belle Hélène », délurée, enivrée, qui conclut en invoquant ce « feu brûlant nos folles âmes »…

 

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Opéra de Dijon
Auditorium
jeudi 28 mai 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Dijon : http://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/lea-desandre-thomas-dunford/
Durée : 1h15

 

 

distribution
Mezzo-soprano : Lea Desandre  / 
Luth : Thomas Dunford

Photo © Warner Classics

 

 

 

programme / déroulé
Honoré d’Ambruis
Le doux silence de nos bois
Reynaldo Hahn
Études latines : n° 2,
Néère À Chloris
Françoise Hardy
Le temps de l’amour
Le premier bonheur du jour
Erik Satie
Gnossiennes : n° 1
Gymnopédies : n° 1
Marc-Antoine Charpentier
Celle qui fait tout mon tourment
Auprès du feu l’on fait l’amour
Tristes déserts, sombre retraite
Sans frayeur dans ce bois
André Messager
L’Amour masqué :
« J’ai deux amants »
Michel Lambert
Ma bergère est tendre et fidèle
Ombre de mon amant
Vos mépris chaque jour
Robert de Visée
Suite n° 7 en ré mineur :
III. Sarabande
Suite n° 7 en ré mineur :
V. Chaconne
Sébastien Le Camus
On n’entend rien dans ce bocage
Laissez durer la nuit
Claude Debussy
Pelléas et Mélisande :
« Mes longs cheveux descendent »
Barbara
Dis, quand reviendras-tu ?
Jacques Offenbach
La Belle Hélène : « Amours divins ! »
À l’issue du concert, retrouvez Lea Desandre et Thomas Dunford pour une séance de dédicaces ! – Niveau 1, près de la billetterie.
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CRITIQUE, festival. DEAUVILLE, 30ème Festival de Pâques (Salle Elie de Brignac), les 30 avril, 1er et 2 mai 2026. Mozart, Schubert, Bach, Mahler…

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Comment fêter un anniversaire et, surtout, comment le réussir ?… En se souvenant avec bonheur des réussites du passé, et en se tournant résolument vers l’avenir. C’est, en quelque sorte, la méthode adoptée – avec succès ! – par le Festival de Pâques de Deauville… âgé de 30 ans ! Il a associé pour l’occasion ses fondateurs et les jeunes pousses en une chaîne de transmission chère au créateur de l’événement Yves Petit de Voize, soutenu dès l’origine par le Maire de Deauville, Philippe Augier.

 

Construit sur 3 week-ends à partir du 18 avril 2026, le Festival s’achevait par un week-end de 3 jours, du 30 avril au 2 mai. Au programme de la première journée: Schubert, Mozart, Brahms. Cette première soirée du jeudi 30 avril démarre sur les chapeaux de roue avec l’interprétation de l’Octuor opus 166 de Franz Schubert. Cette pièce d’une durée conséquente et comportant pas moins de 6 mouvements débute sur un accord tenu et se poursuit dans un climat typiquement schubertien, tout de tendre chaleur et de couleur romantique. L’Octuor n’est qu’une succession de séquences rêveuses puis brusquement sombres, dans lesquelles excellent les trois instruments à vent qui détiennent chacun, tour à tour, un rôle de soliste, et principalement la clarinette, admirablement jouée par Florent Pujuila, et suivie de près par Julien Hardy au basson et Guillaume Têtu au cor. Leurs camarades violonistes, altiste, et contrebassiste sont bien sûr pleinement des solistes, ce qui donne à cette pièce  tantôt des allures de symphonie de chambre, tantôt un style de concerto pour clarinette et ensemble à cordes. Ces dernières ont été très bien représentées par Sarah Nemtanu, premier violon, Ayako Tanaka, 2ème violon, Lise Berthaud, alto et Boris Trouchaud, contrebasse.

La deuxième partie de la soirée consistait en deux duels fraternels, amicaux et passionnés, entre deux pianistes. L’un confirmé: Théo Fouchenneret, l’autre plus jeune mais tout aussi brillant: Arthur Hinnewinkel. Le premier duel avait pour objet un bijou de W. A. Mozart, sa Sonate pour deux pianos K 448 composée en 1781. Cette pièce a beau être connue, elle surprend toujours par son génie et éblouit l’auditeur. Le deuxième, qui clôt la soirée, nous plonge dans le romantisme tardif de Johannes Brahms, avec ses Variations sur un thème de Haydn pour deux pianos, opus 56b. La belle complicité des deux pianistes ajoutait au bonheur de cette musique que Brahms avait adaptée pour deux pianos (écrite à l’origine pour piano seul) pour le plaisir de la jouer avec Clara Schumann…

 

 

La deuxième soirée, celle du 1er mai, offrait une toute autre atmosphère. On se tournait avec Alban Berg (1885-1935) et Gustav Malher (1860-1911) vers le début du XXème Siècle. Deux œuvres au programme, mais en réalité une 3ème s’est invitée dans cette soirée… nous la rejoindrons plus loin. Tout d’abord un programme vocal avec les Sept Lieder de jeunesse d’Alban Berg, op.57 (1928), pour voix et orchestre, dans sa version transcrite pour ensemble de chambre par le néerlandais Reinbert de Leeuw en 1985. Pour cette partition, Berg a fait appel à divers poètes: Nikolaus Lenau, Theodor Storm, Rainer Maria Rilke, mais aussi à Paul Hohenberg à qui l’on doit le texte du dernier Lied Sommertage (Jours d’été) qui conclut le cycle : « Maintenant il n’y a pas  de mot, et des images, l’une après l’autre, te viennent et te comblent entièrement« . Ce sont les mots mêmes du bonheur qui était alors celui du compositeur. Si cette œuvre n’était pas en soi une découverte, son interprète de ce soir en était une. La soprano Margaux Poguet a littéralement révélé cette musique si étrange, elliptique par certains aspects et aussi si romantique. Elle a, en musicienne accomplie, merveilleusement transmis le message, accompagnée par l’Atelier de musique dirigé par Gabriel Duriat, qui débute une prometteuse carrière de chef d’orchestre. Précisons que cet Atelier est une structure originale propre au Festival, qui ne regroupe les jeunes solistes que le temps du Festival. L’heureuse surprise est venue de l’interprétation, en quelque  sorte au pied levé, de l’Adagietto de la 5ème Symphonie de Gustav Malher par l’Atelier de musique, ce qui n’était pas prévu initialement… Les musiciens avaient exprimé le désir d’interpréter ce moment de grâce, d’intimité et d’émotions.

Enfin, cette soirée se terminait avec  la 4ème Symphonie de Gustav Malher, interprétée dans la version de la transcription pour ensemble de chambre d’Erwin Stein, datant de 1921. Cette pièce symphonique est la plus épurée de toutes les Symphonies composées par Gustav Mahler, et se prête idéalement à une transcription pour ensemble de musique de chambre. Là encore, Margaux Poguet et l’Atelier de musique ont restitué la puissance émotionnelle et la tension dramatique de cette partition qui s’achève avec un poème extrait du Knaben Wunderhorn, Le Cor Merveilleux de l’Enfant (compilation de textes traditionnels allemands, effectuée par les romantiques allemands Achim von Arnim et Clemens Bretano). Ce texte chante joies et plaisirs de la vie céleste ; le poème choisi s’intitule Das himmlische Leben, la Vie céleste… La soliste a été bouleversante et a plongé le public, la pièce achevée, dans un silence religieux.

 

 

Le troisième acte de ce week-end anniversaire, le samedi 2 mai,  se voulait exemplaire du Festival. Avec l’entrée en scène des musiciens ayant plus particulièrement marqué, chacun dans sa génération, sa présence dans le monde musical. Le violoniste Renaud Capuçon, le plus ancien, qui a été présent au Festival dès sa création ; le violoncelliste Edgar Moreau, le plus jeune des trois musiciens, et enfin le pianiste Bertrand Chamayou, reliant les générations. La première partie de ce concert, en quelque sorte « de Gala », était  consacrée à J. S. Bach et à Gabriel Fauré. Edgar Moreau s’est emparé, dans un mélange de vigueur et de délicatesse, propre à son jeu, de la Suite n° 2 pour violoncelle BWV 1008 de Bach. On ne pouvait guère rêver mieux comme entrée en matière. Il émane de cette pièce une poésie remplie de spiritualité qui voisine avec la joie populaire savamment exprimée par le Cantor de Leipzig : Edgar Moreau y est exemplaire.

Cette soirée se poursuivait avec la Sonate n°1, opus 13 de Gabriel Fauré. Cette pièce de jeunesse du compositeur qui fit sensation lors de sa création en 1877 comporte 4 mouvements. Les interprètes ont choisi un tempo très rapide. Les deux musiciens ont semblé vouloir contredire, d’entrée de jeu, une certaine façon de jouer Fauré, c’est-à-dire systématiquement en douceur et parfois proche de l’évanescence. Cela étant rappelé, et la virtuosité accomplie des deux interprètes n’étant plus à démontrer, on aurait peut-être apprécié plus de poésie, d’intériorité…? Par bonheur, le Trio n°1 de Félix Mendelssohn, opus 49, a  permis à ce concert anniversaire de s’achever en apothéose. Complices comme jamais, nos trois virtuoses se sont retrouvés et ont rivalisé de talent pour livrer une interprétation pleinement aboutie d’une pièce majeure du compositeur allemand. Nos trois interprètes de la soirée, comme délivrés, ont fait chanter comme jamais cette pièce sublime qui avait enchanté Robert Schumann, lequel avait parlé, à son propos de fraîcheur magique…!

BON ANNIVERSAIRE, cher Festival de Pâques de Deauville !… sans oublier les 25 ans de sa version estivale, qui se tiendra cette année du 31 juillet au 8 août.

 

 

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CRITIQUE, festival. DEAUVILLE, 30ème Festival de Pâques (Salle Elie de Brignac), les 30 avril, 1er et 2 mai 2026. Mozart, Schubert, Bach, Mahler… Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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ON LILLE ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. Jeudi 21, ven 22 mai 2026. BEETHOVEN : 5ème Symphonie, CHOSTAKOVITCH,… Joshua Weilerstein (direction)

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Somptueux concert symphonique par l’Orchestre National de Lille sous la direction de son directeur musical : Joshua Weilerstein… Au programme plusieurs partitions passionnément, outrageusement héroïques. Autour de la Symphonie n°5 dite « du destin » de L. van Beethoven, modèle entre tous, le concert éclaire à quel point la musique peut aussi sonner comme un acte de résistance.

 

 

Porté par l’Orchestre National de Lille, le pianiste russe Denis Kozhukhin devra faire preuve d’héroïsme pour réaliser les multiples défis et enjeux (troubles) du Concerto pour piano n°2 de Chostakovitch, pièce brillante et virtuose qui en second chant porte en elle tout l’amour d’un père pour son fils et aussi les inquiétudes d’un compositeur, placé sous la surveillance de la police stalinenne. Chostakovitch y multiplie les clins d’œil aux symphonies et concertos de Mozart ou Beethoven.

A Vienne, Beethoven lors d’un concert unique de 1808 (le 22 décembre au Theater an der Wien), fait écouter pour la première fois, et dans la continuité : ses Symphonies n°5 et 6, le Concerto pour piano n°4 et la Fantaisie-Chorale… Pom pom pom pom ! 4 coup (du destin) frappe à la porte pour amorcer la 5è de Beethoven : une partition ultra célèbre, façonné malgré son brio conquérant dans une période sombre voire douloureuse, entre 1805 et 1807 : frappé de surdité, le compositeur se sait condamné par un mal irréversible. Mais le génie sublime son expérience personnelle par la création orchestrale et le final affirme sa résilience dans la tonalité de do majeur, conversion joyeuse et positive du don mineur initial…

Auparavant en ouverture du programme, la Partita pour orchestre à cordes de Gideon Klein célèbre non sans tension plusieurs thèmes anonymes et populaires d’un monde qu’il ne retrouvera plus…

Programme la Cinquième de Beethoven
3 œuvres pour évoquer révolte, héroïsme et tragédie musicale.
Klein, Chostakovitch, Beethoven
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LILLE, Casino Barrière
Jeudi 21 mai 2026 – 20h
Vendredi 22 mai 2026 – 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre National de Lille : https://onlille.com/choisir-un-concert/categories/la-cinquieme-de-beethoven
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / ON LILLE
JOSHUA WEILERSTEIN, direction
DENIS KOZHUKHIN, piano

Photo : Joshua Weilerstein © Ugo Ponte / ON LILLE

 

GIDEON KLEIN (1919-1945)
Partita pour orchestre à cordes (1944) 13’
1. Allegro
2. Variations on a Moravian Folk Song : Lento
3. Molto vivace

DMITRI CHOSTAKOVITCH (1906-1975)
Concerto pour piano n°2 en fa majeur op.102 (1957) 20’
1. Allegro
2. Andante
3. Allegro

ENTRACTE

LUDWIG VAN BEETHOVEN (1770-1827)
Symphonie n°5 en do mineur op.67 (1808) 35’
1. Allegro con brio
2. Andante con moto
3. Allegro en ut mineur
4. Allegro en ut majeur

 

 

 

Bord de scène
À l’issue du concert, rencontre avec les artistes avec Max Dozolme.
21 mai 2026 – 21h45

Prélude musical
Avec les étudiants de l’École Supérieure de Musique et Danse – Hauts-de-France.
22 mai 2026 – 18h45

Concert repris à
Soissons, Cité de la Musique et de la Danse
23 mai 2026 – 20h

 

 

Réservez vos places directement sur le site de l’ON LILLE : l’Orchestre National de Lille : https://onlille.com/choisir-un-concert/categories/la-cinquieme-de-beethoven
Durée : 1h45 avec entracte
Consultez le programme de salle du concert :
https://bo.onlille.com/wp-content/uploads/20260330_PGRM-SALLE-La-cinquieme-de-Beethoven-WEB.pdf
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OPÉRA DE MASSY. DONIZETTI : Lucia di Lammermoor. Les 22 et 24 mai 2026 : Laura Ulloa, Stravros Mantis… (Jakob Lehmann /Simon Delétang)

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Sommet du romantisme italien, Lucia di Lammermoor plonge au cœur d’un destin brisé, où l’amour interdit et la manipulation mènent à la folie : Lucia est « vendue » par son frère, contre son gré, doit épouser un homme qu’elle n’aime pas. Le soir de ses Noces, l’affaire devient sanglante…

 

 

Amour sacrifié ou imposé, complots et folie, la tragédie plonge au cœur d’un drame bouleversant, où Lucia, manipulée et brisée, sombre dans la démence après un mariage forcé. Son célèbre « Air de la folie » (avec harmonica de verre) illustre avec intensité, sa souffrance et son impuissance. Dans une mise en scène épurée, l’opéra captive par sa beauté tragique. Une immersion saisissante dans l’univers du bel canto, portée par des voix engagée et une partition bouleversante.
La production a été présenté précédemment à l’Opéra de Rennes (LIRE ici notre critique de Lucia di Lammermoor mis en scène par Simon Delétang / février 2026 : https://www.classiquenews.com/critique-opera-rennes-opera-le-11-fevrier-2026-donizetti-lucia-di-lammermoor-laura-ulloa-cesar-cortes-stavros-mantis-jakob-lehmann-simon-deletang/)

 » Donizetti renouvelle ainsi à sa façon, le Roméo et Juliette de Shakespeare, avec ce don personnel pour l’efficacité et l’étonnante diversité active de l’action : dans cette version originale (en trois actes, 1835), où tous les airs sont chantés, le spectateur peut à loisir mesurer, le rythme des enchaînements, et la grande inventivité des formes qui se succèdent : airs, duos, chœurs, avec le climax de la fin de l’acte II, sextuor sublime qui verrouille les destins opposés (au moment de la noce scellant le mariage forcé de Lucia avec Arturo)... »

 

 

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Lucia di Lammermoor / Donizetti
Opera de Rennes / Février 2026
Opéra de Massy
DONIZETTI : Lucia di Lammermoor
Vendredi 22 mai –2026, 20h
Dimanche 24 mai 2026,– 16h
Réservez vos places directement sur le site de l’Opéra de Massy : https://www.opera-massy.com/fr/lucia-di-lammermoor.html?cmp_id=77&news_id=1214&vID=3
Durée : 2h45 entracte compris
Aller plus loin
↦ Conférence
Ven. 22 mai à 18h30 (Gratuit sur inscription)
↦ Œil en coulisses
Sam. 23 mai à 11h (5€/ personne sur inscription)
↦ Soirée étudiante
Ven. 22 mai à 18h (20€/ personne sur inscription)
L’entrée comprend un ticket boisson et une rencontre avec un membre de l’équipe artistique.
↦ Samedi lyrique
Sam. 16 mai à 10h (5€/ personne sur inscription)

Distribution
Direction musicale : Jakob Lehmann
Adaptation et mise en scène : Simon Delétang
Collaboratrice à la scénographie : Aliénor Duran
Costumes : Pauline Kieffer
Lumières : Mathilde Chamoux
Collaboration aux mouvements / regard chorégraphique : Thierry Thieû Niang
Assistant direction musicale : Leonard Wacker
Assistante mise en scène : Maud Morillon-Robillard
Chef de Chœur : Gildas Pungier
Lucia : Laura Ulloa
Enrico : Stavros Mantis
Edgardo : Andres Agudelo
Arturo : Carlos Natale
Raimondo : Jean-Vincent Blot
Alisa : Sophie Belloir
Normanno : Jean Miannay

Orchestre de l’Opéra de Massy
Chœur de chambre Mélisme(s)

Coproduction : Opéra de Rennes / Angers-Nantes Opéra / Théâtre de Lorient – Centre dramatique national / Opéra de Massy / Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne.
Création le 7 février 2026 à l’Opéra de Rennes
Construction du décor et fabrication des costumes : Opéra de Rennes
Photos : © Laurent Guizard

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CRITIQUE CD, HAYDN : La Création Concert de la Loge, Julien Chauvin (2 cd Alpha classics)

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A Saint-Denis en 2023, Julien Chauvin et sa brillante équipe révèle en français, La Création de Haydn telle que les parisiens découvrirent l’oratorio au concert en 1800. Leur argument le plus évident : leur implication, un plaisir expressif, l’envie de partager la vivacité et la poésie d’un oratorio majeur du romantisme viennois.

 

 

 

 

Le livret français de Joseph-Alexandre de Ségur restitue dans la langue de Molière, l’esthétique spirituelle et théâtrale du drame ; chaque situation gagne en intelligibilité et l’auditeur peut goûter les choix musicaux de Haydn pour chaque épisode de la Création. Le vrai sujet de la partition est la célébration du Vivant, de la Nature miraculeuse, des délices naturels offerts à l’homme par un Dieu généreux soucieux d’harmonie…
Précis, nerveux, toujours bondissant, l’orchestre sur instruments historiques réuni par Julien Chauvin régale par son mordant expressif, ce dès la création de la Terre ; insufflant au miracle de la vie jaillissante (les espèces végétales puis animales), un relief qui ne manque pas de poésie.

Ange Gabriel puis Eve, Julie Roset rayonne par ses aigus diamantins, la fine caractérisation de son chant ; Ange Raphael puis Adam, Nahel Di Pierro affirme de même sa voix pleine de basse ronde et naturelle, tandis que l’Ange Uriel de Stanislas de Barbeyrac referme avec éloquence et style, ce trio vocal sans faille.
Le Choeur de chambre de Namur déploie une même intelligence collective, dans la finesse et la clarté (comme l’intelligibilité).
Le geste du chef et de ses musiciens servent au mieux cette Création française : à l’intelligibilité du texte répond les clairs intentions musicales que rehaussent encore la justesse des voix et l’acuité vive de l’orchestre. Voici assurément une lecture des plus convaincantes parmi les approches récentes, révélant en outre, le texte en français.

En Lire plus sur le site de l’éditeur Alpha classics : https://outhere-music.com/fr/albums/haydn-la-creation-du-monde

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, Opéra municipal, le 7 mai 2026. WAGNER : L’Or du Rhin. A. Duhamel, M. Lebègue, Z. Nagy, S. Camps, E. Hache… Michele SPOTTI / Charles ROUBAUD

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Il avait trente ans que la musique de L’Or du Rhin n’avait plus enveloppé les murs art déco de l’Opéra de Marseille. Et le retour du Prélude du Ring de Richard Wagner dans la cité phocéenne, trente ans après sa dernière apparition, s’est avéré comme un véritable manifeste : celui signé par Michele Spotti pour un chantier monumental – la Tétralogie – dans une superbe mise en scène imaginée par Charles Roubaud. La gageure était de taille : comment capturer la naissance du monde, la fluidité du Rhin primitif et la suffisance des dieux dans un écrin qui n’a rien d’une fosse sacrée comme celle de Bayreuth ? Pari réussi, et même au-delà. Cette production offre une lecture aussi limpide que sophistiquée qui prouve que Marseille n’est pas qu’un temple du belcanto !

 

Le parti pris du metteur en scène marseillais Charles Roubaud est assumé dès le lever de rideau. Adieu les fonds vaseux et les ondines échevelées : nous pénétrons ici dans les bureaux feutrés de la « Rheinbank ». Les célèbres filles du Rhin, ici en banquières glacées, se jouent d’un Alberich réduit au rang d’agent d’entretien. Cette relecture, qui doit beaucoup à l’éclairage savant de Jacques Rouveyrollis – mêlant chaleur bleutée et ruissellements dorés – ainsi qu’aux projections déliées de Julien Soulier, installe d’emblée un parallèle avec le capitalisme sauvage. On pense à l’audace de Chéreau, mais Roubaud possède sa propre grammaire. L’or du Rhin n’est donc plus un métal convoité au fond de l’eau, mais un actif financier enfermé sous blindage. Ce faisant, la répulsion qu’Alberich inspire aux trois banquières tient autant à son physique ingrat qu’à son statut social infime – comme si Wagner, relu sous l’angle des classes, devenait soudain plus brûlant que jamais.

Les décors d’Emmanuelle Favre jouent sur une épure sophistiquée : des colonnes rectangulaires, véritable colonne vertébrale du dispositif, que les projections métamorphosent selon les tableaux. Un plan incliné donne de la profondeur et offre une lisibilité parfaite aux chanteurs, tandis qu’un cercle pivotant hiérarchise visuellement les dieux, les nains et les géants. Ce mécanisme, brillant dans son intention symbolique, a parfois tendance à alourdir la machine – notamment lorsqu’il cache une partie du fameux trésor d’Alberich – mais l’ensemble respire une clarté dramatique souvent introuvable dans les productions contemporaines. L’autre trouvaille majeure concerne le Walhalla. Ni temple païen, ni forteresse médiévale : un curieux hybride entre palais byzantin et building art-déco, vers lequel les dieux s’élèvent serrés dans un ascenseur lors du final. On sourit devant cet embourgeoisement céleste, mais jamais la musique de Wagner n’en souffre.

Katia Duflot a composé des costumes qui disent tout des rapports de force. Les nains esclaves portent des tenues d’ouvrier usées, sueurs et crasse suggérées ; les déesses (Fricka en argenté, Freia en tons clairs) flottent dans des robes longues ; les dieux mâles arborent vestes boutonnées et cols officiers. Seul Loge dénote : une veste en simili cuir échancrée, un tatouage apparent, une allure de transfuge – comme si le dieu du feu refusait d’entrer dans le moule bourgeois. Les vidéos de Julien Soulier, intégrées avec intelligence, rendent avec habileté des effets scéniques délicats : la disparition d’Alberich sous l’emprise du heaume magique, ses métamorphoses fulgurantes, ou encore la descente d’une colonne qui engloutit brutalement le pommier d’or au moment de l’enlèvement de Freia. On notera également le recours à des effets vocaux amplifiés lors des persécutions de Mime – une idée qui souligne la cruauté mécanique du monde des Nibelungen.

 

 

Dans la fosse, Michele Spotti confirme ses affinités électives avec le répertoire germanique. Le jeune chef transalpin, Chevalier des Arts et des Lettres et directeur musical de l’institution phocéenne, ne se contente pas d’accompagner : il tisse. Son approche rappelle cette grande tradition italienne de direction wagnérienne chère à Toscanini, où la clarté architecturale prime sur la brume mystique. Spotti connaît la puissance tellurique de la musique de Wagner et utilise l’orchestre marseillais à bon escient. Là où certains chefs noient les chanteurs, lui sculpte un écrin sonore d’une lisibilité rare. L’incipit, avec ses 136 mesures de crescendo sur un unique accord de mi bémol majeur, fut un moment de suspension magique : un gargouillis primal sorti des contrebasses, qui a grandi organiquement jusqu’à devenir cette vague sonore enveloppant le public. La spatialisation pensée par Spotti (cordes à jardin, cuivres à cour, percussions dans les loges d’avant-scène) crée cette illusion d’un théâtre total où la musique envahit la salle sans jamais écraser les chanteurs. Les harpes, quasiment dissimulées, jetaient des pépites d’argent sur les vocalises aqueuses des Filles du Rhin, tandis que les enclumes des Nibelungen résonnaient avec une précision métronomique terrifiante dans les souterrains.

 

 

Mais la véritable pépite de cette production est l’hommage vibrant rendu à la jeune garde lyrique française. Là où trop de grandes maisons internationales puisent dans un vivier interchangeable, Marseille affiche un plateau de solistes majoritairement francophones d’une homogénéité confondante. Après son écrasant succès dans le rôle du Hollandais en début d’année à Rouen, Alexandre Duhamel s’avère à nouveau comme le pilier central de la soirée. Sans le râle germanique parfois forcé, son baryton-basse possède l’autorité naturelle et la noblesse de timbre qui conviennent au père des dieux. Il évite l’écueil du colosse beau mais faible ; son Wotan est rusé, tourmenté, et sa prestation vocale s’achève avec une fatigue divine parfaitement incarnée. Samy Camps, dans le rôle de Loge, est le météore de la distribution. Volubile, intelligent vocalement, son ténor a su trouver les couleurs acides et la souplesse serpentine nécessaires à ce rôle caméléon. Marion Lebègue (Fricka) est une autre une révélation. Loin de l’épouse acariâtre, elle incarne une déesse du foyer souveraine. Son timbre est chaud, projeté avec une autorité naturelle ; son mezzo possède cette largeur qui a fait les grandes Fricka. De son côté, Élodie Hache incarne une déesse de la jeunesse (Freia), dont le soprano éclatant et généreux traverse la fosse avec une facilité désarmante. Eric Huchet (Froh), avec un timbre parfaitement projeté, incarne un dieu de la joie et du printemps dont la légèreté vocale fait cruellement défaut dans trop de distributions. À ses côtés, Yoann Dubruque (Donner) est une petite merveille de caractérisation, un Dieu dont la voix tranche superbement sur les graves de l’orchestre.

Face aux dieux, il faut un Nibelung répugnant vocalement. Le baryton hongrois Zoltan Nagy n’est pas répugnant… il est fascinant. Son baryton possède une puissance de nuisance incroyable. La malédiction de l’anneau, dans sa bouche, n’est pas un cri de cartoon, mais une prophétie caverneuse qui glace le sang. Le ténor roumain Marius Brenciu campe Mime, le frère geignard d’Alberich, mais sans être la simple caricature du nain pleurnichard : il en donne une lecture vocale d’une subtilité confondante. Le timbre, aigu et presque métallique là où il faut, se fait tour à tour obséquieux, terrifié et rageur. Sa voix traverse la fosse avec une clarté étonnante, notamment dans les scènes de persécution où les effets d’amplification utilisés par la production renforcent son statut de victime expiatoire. Du côté des Géants, Patrick Bolleire campe un Fasolt taillé dans le granit. Sa basse, sombre et rocailleuse, possède juste ce qu’il faut de velours pour que la plainte amoureuse du géant bâtisseur ne devienne pas une simple rumination grave, mais un authentique moment d’humanité. Quant au jeune Louis Morvan, dans le rôle de Fafner, il est sans doute la plus belle découverte de cette production. Sa basse, d’une noirceur presque tellurique, n’a rien à envier aux grandes voix germaniques. Il y a dans ce Fafner une autorité naturelle, un chic dans la menace, mais aussi un grain de voix singulier qui permet d’espérer le plus bel avenir. Cornelia Oncioiu, dans le rôle d’Erda, n’a qu’une scène, celle de l’avertissement, et pourtant elle la marque au fer rouge. Sa voix monte des profondeurs de la terre (ou des dessous de la scène marseillaise) avec une gravité chthonienne irrésistible. Enfin, les Filles du Rhin – Amandine Ammirati, Marie Kalinine et Lucie Roche – forment un trio d’une précision d’orfèvre. Leurs voix se mêlent et se répondent avec une légèreté qui contraste superbement avec la lourdeur tragique à venir.

Marseille réussit son entrée dans le Ring, et la cité phocéenne rappelle qu’elle est une terre d’opéra vivante, audacieuse et vocalement somptueuse. On ressort de là avec une seule envie : entendre La Walkyrie braver les orages de cette même fosse. Espérons que cette Tétralogie, débutée sous les meilleurs auspices, ne s’arrêtera pas en si bon chemin !…

 

 

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Critique, opéra. MARSEILLE, Opéra municipal, le 7 mai 2026. WAGNER : L’Or du Rhin. A. Duhamel, M. Lebègue, Z. Nagy, S. Camps, E. Hache… Michele SPOTTI / Charles ROUBAUD. Crédit photographique (c) Camille Rovera

 

 

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OPÉRA DE MASSY. MOZART : Messe en ut, mardi 12 mai 2026. Orchestre de l’Opéra de Massy, 5 Chœurs… Dominique Rouits

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CHANTER ENSEMBLE… Mozart n’aura jamais été aussi populaire et fédérateur. Le concert à l’affiche de l’Opéra de Massy concrétise une année
entière de travail, de répétitions, de rencontres — une saison de vie musicale partagée entre des hommes et des femmes venus de tout le territoire de l’Essonne. « Tous ont choisi, ensemble, de se mesurer à l’un des sommets de la musique sacrée.
Cinq chœurs. Des centaines de chanteurs amateurs et professionnels. Des
élèves du conservatoire du Val d’Yerres, des jeunes du collège Condorcet de Dourdan, des choristes de Massy et des communes alentour. Des voix de tous les âges, de tous les horizons, qui ont appris à se connaître, à s’écouter, à respirer ensemble — et qui montent ce soir sur scène avec l’Orchestre de l’Opéra de Massy pour donner vie à la Grande Messe en ut mineur de Mozart.
Ce projet est l’illustration de ce en quoi nous croyons profondément : la musique classique n’est pas réservée à une élite. Elle est un bien commun, un espace de dépassement de soi, un lieu de rassemblement. Et quand un orchestre
professionnel et des chœurs du territoire se retrouvent pour porter une œuvre
aussi exigeante, aussi magnifique, il se passe quelque chose qui dépasse la simple performance », précise Philippe Bellot, directeur de l’Opéra de Massy.

 

 

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MOZART : Grande Messe en ut
Mardi 12 mai –2026, 20h
Opéra de Massy
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Massy : https://www.opera-massy.com/fr/messe-en-ut.html?cmp_id=77&news_id=1210&vID=3

Grande Messe en ut de Mozart
par l’Orchestre de l’Opéra de Massy et des chœurs.

PROGRAMME
Wolfgang A. Mozart – Exsultate, jubilate (Exultez, réjouissez-vous), K. 165 / Grande Messe en Ut mineur K.427

Télécharger la feuille de salle :
file:///Users/classiquenews/Downloads/programme-messe-en-ut-120526.pdf

distribution

Orchestre de l’Opéra de Massy
DIRECTION : Dominique Rouits

SOPRANO : Lisa Chaïb-Auriol
MEZZO-SOPRANO : Séraphine Cotrez
TÉNOR : Cyril Verhulst
BARYTON : Jean-Gabriel Saint-Martin

COORDINATION DES CHŒURS
Johanna Manteaux

 

5 CHŒURS

Chœur L’Atelier
direction : Benjamin Woh

Chorale Accord
direction : Philippe Pouly

Chœur Les Villains de Massy
direction : Pascale Charles

Chœur du conservatoire du Val d’Yerres
direction : Isabelle Coulmeau

Classe CHAM vocale du
collège Condorcet de Dourdan
direction : Pierre Zevort

Grand messe symphonique et opératique
La Grande Messe en ut de Mozart. Récemment marié (avec la 3è sœur Weber, Constance en août 1782), Mozart compose comme pour remercier le providence, une grande Messe de célébration… dépassant le cadre d’une messe brève en 5 mouvements. Mozart voit plus grand : il édifie, dans l’esprit d’une messe cantate voire d’une messe symphonique (dans le sillon des œuvres de Haydn), une architecture sacrée grandiose (quoique inachevée comme sa seule partition suivante, le Requiem…) : le jeune époux cumule alors les commandes, variant les styles dans chaque œuvre pour mieux démontrer
Kyrie, Gloria (8 numéros), Credo (amorcé non achevé), Sanctus final (sans Agnus Dei, jamais abouti).
La diversité des styles, la dextérité de Wolfgang dans le changement d’écriture marquent l’influence du baron Gottfried van Swieten (1734-1803), directeur de la Bibliothèque impériale, personnalité majeure de la Vienne des Lumières (librettiste de Haydn pour La Création de 1801)…
La partition est créée le 26 oct 1783 à Saint-Pierre de Salzbourg avec Constance en soliste. Conteproint vertigineux, mélodies irrésistibles, double chœur, airs opératiques réservés aux solistes… l’œuvre surprend par l’ambition réussie de sa conception. Fidèle à l’usage courant, Mozart recycle les Kyrie et Gloria dans son oratorio Davidde pénitente (1785).
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ENTRETIEN avec Christophe GHRISTI, directeur artistique de l’Opéra national du Capitole de Toulouse. Nouvelle production de Salomé de Richard Strauss… Temps forts et productions événements à ne pas manquer de la saison nouvelle 2026 – 2027…

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La nouvelle production de Salomé présentée à partir du 22 mai au Théâtre national du Capitole de Toulouse est le nouvel événement lyrique de ce printemps ; c’est un nouveau jalon du cycle Richard Strauss au Capitole et la première mise en scène du chanteur wagnéro-straussien Matthias Goerne. Christophe Ghristi présente ce nouveau spectacle phare de la saison en cours. Aperçu de la nouvelle saison 2026 – 2027 dont les productions-événements seront, côté opéra : Le Roi Arthus, seul opéra de Chausson (avec un nouveau défi majeur pour Stéphane Degout) et Lohengrin de Wagner ; côté danse, deux nouvelles productions également : Les Trois mousquetaires d’après Dumas sur les musiques de Saint-Saëns et Le petit Chaperon Rouge à l’adresse du jeune public…

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CLASSIQUENEWS : Quelle est la relation entre le Capitole et Matthias Goerne qui signe ainsi avec Salomé, sa première mise en scène ?

Christophe Ghristi : Nous vivons une belle aventure avec Matthias Goerne ; c’est même un compagnonnage exceptionnel … sur la scène du Capitole, Matthias a incarné nombre des plus grands rôles de sa carrière sans compter le récital qu’il vient de donner ce mois d’avril. Les spectateurs toulousains ont pu l’applaudir dans ses grands Wagner : Amfortas, le roi Marke, mais aussi Oreste dans l’Elektra de Strauss. Il connait d’autant mieux le théâtre straussien et en particulier Salomé qu’il a chanté à l’Opéra de Vienne, le personnage de Jokanaan. Tout naturellement s’est imposée comme une évidence, sa proposition de mettre en scène Salomé. Photo : Portrait de Christophe Ghristi © Pierre Beteille.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi programmer Salomé de Richard Strauss ?

Christophe Ghristi : Nous sommes l’une des rares scènes en France à jouer régulièrement les oeuvres de Richard Strauss ; Salomé est l’un des 5 plus grands opéras du XXème siècle ; la partition relève du génie théâtral absolu. Après La femme sans ombre, Elektra, Ariane à Naxos, le Capitole poursuit ainsi son cycle straussien avec Salomé ; l’ouvrage illustre cette notion de spectacle total ; c’est le premier grand opéra de Strauss, au sens moderne, celui qui rompt totalement avec la tradition  ; sa démesure, sa violence l’inscrivent pleinement dans le XXème.

 

 

CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous nous présenter l’équipe artistique pour cette nouvelle production de Salomé au Capitole ?

Christophe Ghristi : Outre la présence de l’Orchestre national du Capitole dans la fosse, la distribution regroupe plusieurs grandes voix : Jérôme Boutillier en Jokanaan. Il a chanté sur notre scène, le hérault dans Lohengrin ; c’est aussi un grand interprète de lieder ; Jokanaan sera son premier grand rôle allemand. Sophie Koch incarne Hérodiade. Elle aussi poursuit une longue histoire avec le Capitole ; elle y a chanté entre autres : Isolde, Kundry ; et bientôt, Ortrud dans notre prochaine saison 26 27.

Dans le rôle-titre (Salomé), les spectateurs retrouveront Marie-Adeline Henry qui a chanté à Toulouse, Jenufa ; outre la splendeur de sa voix, Marie-Adeline est une bête de scène, et de plus, une immense tragédienne ; son tempérament, le timbre de sa voix sont tout indiqués dans cette ambiance de décadence, cette atmosphère mortifère, propres à Salomé. Sa prise de rôle est très attendue.

Nous avons aussi réservé à de jeunes chanteurs les rôles non moins importants du page d’Herodias (Floriane Hasler) ou celui de Narraboth, incarné par Fabien Hyon.

 

 

 

 

 

agenda

Salomé de Richard Strauss à l’affiche du Théâtre national du Capitole de Toulouse, du 22 au 31mai 2026
Plus d’infos, réservez vos places :
Salomé – Opéra national du Capitole
https://opera.toulouse.fr/salome-5041647/

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle production de Salomé de Richard Strauss à l’affiche du Capitole de Toulouse : https://www.classiquenews.com/toulouse-theatre-national-du-capitole-r-strauss-salome-nouvelle-production-du-22-au-31-mai-2026/

 

 

 

 

Aperçu de la nouvelle saison 2026 2027

Opéras : Le Roi Arthus, Lohengrin
Danse : Les Trois Mousquetaires, Le Petit Chaperon Rouge

 

CLASSIQUENEWS : Choisir est toujours difficile, mais au sein de la nouvelle saison 2026-2027 qui vient d’être dévoilée, quelles seraient les deux productions opéra et danse, à ne surtout pas manquer ?

Christophe Ghristi : S’agissant de la nouvelle saison 2026 2027, si nous devions citer deux temps forts lyriques, LE ROI ARTHUS  se détache nettement (à l’affiche du 23 avril au 2 mai 2027) ; depuis mes débuts au Capitole, je souhaitais produire cet opéra, l’unique légué par Ernest Chausson (1855-1899) ; il l’a composé pendant 10 ans ; si l’on comparait la production lyrique de l’époque au cinéma, Gounod, Massenet ou Saint-Saëns en seraient les piliers classiques, et Chausson, avec Le roi Arthus comme Debussy avec Pelléas et Mélisande, illustreraient le volet « art et essai ”. Chausson était élève de Franck ; son écriture est au carrefour des influences allemandes et françaises ; on lui a d’ailleurs reproché son wagnérisme excessif mais sa personnalité n’en est pas moins forte, voluptueuse, sensuelle, mélancolique. Chausson adapte l’histoire de la Table Ronde tout en s’écartant de la tradition puisqu’il met en scène à travers la figure du roi Arthus, le thème central du renoncement. Ici, son histoire d’amour avec Genièvre n’existe pas.

Sur le plan artistique, nous retrouvons un autre grand artiste, Stéphane Degout, interprète fidèle du Capitole où il a chanté ses plus grands rôles. Après Wozzek, Onéguine, il lui fallait un nouveau grand rôle : Arthus. Le final de l’opéra est spectaculaire, suggérant l’Assomption d’Arthus après sa mort ; cette scène finale et d’une beauté irrésistible. Les spectateurs Toulousains pourront aussi applaudir Catherine Hunold au côté de Stéphane Degout dans le rôle de Genièvre.
La mise en scène est assurée par Aurélien Bory qui a déjà mis en scène au Capitole, Parsifal, Le château de Barbe-Bleue et une création, Daphné. Aurélien apprécie en particulier les sujets contemplatifs. Il privilégie de grandes plages de poésie pure, autant d’éléments qui semblent s’adapter naturellement à l’esprit de la geste chevaleresque. Un autre élément de cette production que les spectateurs pourront apprécier est le choix de réutiliser certains décors des trois dernières productions qu’Aurélien a mis en scène à Toulouse. L’idée s’inspire du principe du palimpseste, ce qui inscrit la nouvelle production dans une certaine continuité avec les précédentes dont toutes ont été réalisées dans les ateliers du Capitole. C’est aussi un recyclage vertueux qui inscrit ce nouveau spectacle dans la durabilité et le respect des normes écologiques.
INFOS & RÉSERVATIONS :
Le Roi Arthus – Opéra national du Capitole
https://opera.toulouse.fr/le-roi-arthus/

 

Christophe Ghristi : Le deuxième temps fort lyrique est LOHENGRIN, nouveau volet de notre cycle Wagner (du 28 janvier au 7 février 2027). Le Capitole ne l’avait pas monté depuis 50 ans et après avoir proposé et réalisé Tristan und Isolde, Parsifal, Le Vaisseau fantôme, il était naturel de réserver l’affiche à Lohengrin.
L’équipe artistique regroupe un chef spécialiste de Wagner Michele Spotti, qui vient d’être nommé au Deutsche Oper Berlin ; le metteur en scène Michel Fau que les Toulousains connaissent bien à présent. Michel a mis en scène précédemment Wozzek, Ariadne auf Naxos, Le Vaisseau fantôme … il sait cultiver une grande fidélité aux partitions, en particulier aux didascalies transmises par les compositeurs, ce qui souvent reste un grand défi pour les interprètes.
Dans cette nouvelle production, notre Elsa sera italienne (Chiara Isotton), et Lohengrin, espagnol (Airam Hernández) et les spectateurs Toulousains retrouveront Sophie Koch en Ortrud et Jérôme Boutillier en Héraut du Roi.
INFOS & RÉSERVATIONS :
Lohengrin – Opéra national du Capitole
https://opera.toulouse.fr/lohengrin-7115969/

 

Côté DANSE, les deux temps forts sont LES TROIS MOUSQUETAIRES (du 19 au 31 décembre 2026) – La production sollicite 35 danseurs de notre Ballet. Pour Noël, nous avons demandé à l’ex danseur étoile Benjamin Pech (né en 1974), actuel maître de ballet du Corps de Ballet de l’Opéra de Rome, son propre regard sur le roman de Dumas. Benjamin avait déjà réinterprété pour nous les piliers du répertoire romantique, La Bayadère et le Lac des cygnes ; Les 3 Mousquetaires sont son premier ballet original dont le livret est adapté par notre dramaturge Dorian Astor ; en fosse, l’Orchestre national du Capitole jouera un assemblage de pièces signées Saint-Saëns (dont la bacchanale de Samson et Dalila). Durée : 2h
INFOS & RÉSERVATIONS :
Saison – Opéra national du Capitole
https://opera.toulouse.fr/agenda/?period=interval&events=mousquetaires&date-start=01%2F09%2F2026&date-end=31%2F07%2F2027

 

Le deuxième temps fort est LE PETIT CHAPERON ROUGE, nouveau spectacle dont l’esthétique emprunte au cartoon et aux bandes dessinées (du 23 au 28 mars 2027) ; la production est signée de notre directrice de la danse, Beate Vollack ; c’est un spectacle que nous avons souhaité pour les enfants et qui tournera en région au mois de mars (durée 50 minutes). A destination des publics scolaires, et des familles, c’est notre premier ballet pour le jeune public. En fosse, 20 musiciens de l’orchestre du Capitole joueront des œuvres nouvelles du compositeur contemporain Benoît Menut (né en 1977).
INFOS & RÉSERVATIONS :
Le Petit Chaperon rouge – Opéra national du Capitole
https://opera.toulouse.fr/le-petit-chaperon-rouge-8014150/

 

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie en ligne, le détail des distributions … sur le site du Théâtre national du Capitole de Toulouse :
Opéra national du Capitole de Toulouse
https://opera.toulouse.fr/

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CRITIQUE, concert. LA SEINE MUSICALE, le 5 mai 2026. Oeuvres de Sergueï RACHMANINOV. Nikita Mndoyants (piano), Orchestre Appasionato, Mathieu Herzog (direction)

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Le Chef d’orchestre Mathieu Herzog et son Orchestre Appassionato poursuivent l’Intégrale symphonique Rachmaninov initiée en 2025, et qui a donné vie à un premier enregistrement de deux oeuvres du compositeur : la 1ère Symphonie et le 3ème Concerto pour piano et orchestre, enregistrement paru en mars 2026 avec le label « Appassionato« .

 

Au programme de cet Acte II : la 3ème Symphonie et le 2ème Concerto pour piano. Une fois n’est pas coutume: Mathieu Herzog a décidé de débuter le concert par la partie symphonique, à l’inverse de ce qui se pratique en général. Avant d’aborder la Symphonie et, en quelque sorte, en forme de préambule, l’Orchestre Appassionato a interprété la Vocalise, pièce très connue. Cette Vocalise opus 34 n°14 est une brève mélodie composée par Sergueï Rachmaninov en 1915 en tant que dernière pièce des Romances Opus 34. A l’origine, elle a été écrite pour une voix de soprano ou de ténor, avec accompagnement au piano. Sans paroles, chantée sur une voyelle, d’où le terme de « vocalise ». Dans cette version orchestrale – celle de Rachmaninov lui-même, choisie par Mathieu Herzog – le thème bien connu est exposé aux cordes, puis repris tour à tour par le cor anglais, la clarinette et la flûte; elle emporte l’auditeur malgré sa brièveté.

La 3ème Symphonie est en tonalité de la mineur… étant observé que les Symphonies composées par Rachmaninov sont toutes en tonalité mineure. Cette pièce est la dernière Symphonie du compositeur russe. Composée en 1936, elle a été créée en novembre de la même année et comporte trois mouvements. Elle est d’une redoutable complexité, et nous plonge dans un climat musical contrasté, à l’image des premières mesures du 1er mouvement indiqué « Lento- Allegro moderato » : brusque, emporté, mais aussi grave, sombre et intérieur. Cette pièce présente des allures de poème symphonique avec sa succession de séquences, comme autant de récits. On pense parfois à quelques pièces de ce genre de Richard Strauss. On peut percevoir aussi des réminiscences mélodiques de la Symphonie Classique de Sergueï Prokofiev, notamment dans le 3ème et dernier mouvement de la Symphonie… Sollicitant un orchestre très fourni, avec un recours puissant, voire tellurique, aux nombreuses percussions et aux non moins nombreux cuivres, le voyage musical qui nous est offert est riche en rebondissements heurtés, en accidents sonores, en tapis de cordes murmurées. Une sorte de narration chaotique. Il fallait la tranquille et solide maîtrise de Mathieu Herzog pour venir à bout de la plus belle des manières de cet ouvrage étrange, mais néanmoins poignant.

La soirée se poursuivait et se concluait avec le célébrissime 2ème Concerto pour piano et orchestre en trois mouvements, sans conteste la pièce la plus connue du compositeur. Souvent, mais à tort, il a été décrié comme témoignant d’une sensiblerie surannée… Mais qui peut raisonnablement rester insensible à cette surabondance de thèmes, à cette richesse mélodique, à ce maelström de cordes vibrantes qui laisse pantois ?… Celui qui a permis cette belle interprétation, c’est le pianiste Nikita Mndoyants, admirable virtuose. Tout dans son jeu est simplicité, au seul profit de la musique, et on lui en sait gré. Nikita Mndoyants est d’ailleurs associé à ce « Cycle Rachmaninov » et il enregistrera toute la partie piano qu’il contient, à savoir les qautre Concertos pour piano de Rachmaninov et la fameuse Rhapsodie sur un thème de Paganini pour piano et orchestre, opus 43. Sa technique pianistique russe est ici la bienvenue dans cette partition d’une exceptionnelle difficulté. Parfois, son jeu a pu sembler un peu sec. Mais peut-être a-t-il eu le souci de contredire justement les reproches émis à l’endroit de Rachmaninov sur sa musique et son romantisme que certains jugent « excessif » ? La  virtuosité de Mndoyants fait merveille et rend justice à cette géniale partition qui a tant enchanté ! Bien sûr, il ne pouvait échapper aux bis qui lui étaient réclamés par un public enthousiaste, lequel fut amplement récompensé de ses applaudissements: l’Etude-Tableau n°4 en si mineur de l’Opus 39 de Rachmaninov et une Sonate de Scarlatti, le tout écouté dans un silence religieux.

Le Chef Mathieu Herzog a réuni autour de lui une pléiade de jeunes musiciens qui lui vouent visiblement admiration et fidélité. Cela se ressent dans la restitution sonore des œuvres interprétées ce soir qu’il a dirigées en puissance et en sérénité. Son mérite est d’avoir banni de son interprétation toute l’emphase inutile qui entache nombre d’interprétations d’œuvres de Rachmaninov. Enfin, on rappellera que ce « Cycle Rachmaninov » est, suivant le désir de Mathieu Herzog, entièrement enregistré en public, avec le Label Appassionato. Particularité de ce soir, comme pour tous les concerts de ce Cycle: la captation du concert était déjà disponible à la sortie du concert sous forme digitale. Le public intéressé pouvait ainsi recevoir le cd « physique » avant la date de sortie officielle…

 

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CRITIQUE, concert. LA SEINE MUSICALE, le 5 mai 2026. Oeuvres de Sergueï RACHMANINOV. Nikita Mndoyants (piano), Orchestre Appasionato, Mathieu Herzog (direction). Crédit photo (c) Droits réservés

 

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RECONDUCTION. La ville de Lyon reconduit NIKOLAJ SZEPS-ZNAIDER au poste de Directeur musical de l’Orchestre national de Lyon jusqu’en 2029

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La Ville de Lyon et l’Auditorium-Orchestre national de Lyon viennent d’annoncer une excellente nouvelle pour la vie symphonique française : le contrat de Nikolaj Szeps-Znaider, directeur musical depuis 2020, est reconduit jusqu’au 31 août 2029. Un engagement qui scelle une ambition artistique claire, entre intégrale Mahler, opéras en version concert et un nouveau coffret Richard Strauss.

 

C’est une décision qui réjouira les fidèles de l’Auditorium de Lyon. Grégory Doucet, maire de Lyon, Philomène Récamier, adjointe à la Culture, et Nicolas Droin, directeur général de l’Auditorium-ONL, ont officialisé la prolongation du contrat de Nikolaj Szeps-Znaider en tant que directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. Une marque de confiance renouvelée pour ce chef d’orchestre et violoniste de renommée internationale, arrivé à la tête de la formation lyonnaise en septembre 2020.

Dans son sillage, l’ONL entend bien poursuivre un travail de fond sur son répertoire, avec une figure centrale : Gustav Mahler. Szeps-Znaider compte placer les symphonies du compositeur autrichine au cœur de sa démarche, les concevant comme un carrefour entre ses propres influences et les compositeurs qu’il a inspirés. Parallèlement, le chef souhaite proposer un opéra en version concert chaque saison, avec un moment fort dès 2027 : Elektra de Richard Strauss. La politique discographique suivra cette impulsion. Au printemps prochain, sous le label Alpha, sortira un coffret entièrement dédié au même Richard Strauss, signant ainsi la nouvelle ambition enregistrée de l’orchestre.

La prochaine saison – la première de ce nouveau mandat – s’annonce déjà flamboyante. Elle s’ouvrira sur une œuvre-monstre d’Olivier Messiaen, la Turangalîla-Symphonie, avant de plonger dans les couleurs de la musique de Bohême et de Moravie, qui serviront de fil rouge à la programmation. Une nouvelle ère s’ouvre pour l’ONL, placée sous le signe du grand répertoire européen, de l’exigence symphonique et d’une fidélité assumée à la scène lyrique.

 

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RECONDUCTION. La ville de Lyon reconduit NIKOLAJ SZEPS-ZNAIDER au poste de Directeur musical de l’Orchestre national de Lyon jusqu’en 2029. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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OPERA GRAND AVIGNON. Les 15, 17 et 19 mai. PUCCINI : Turandot. Catherine Hunold… Paco Azorin (mise en scène), Federico Santi (direction musicale)

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Les 15,17 et 19 mai prochains, l’Opéra Grand Avignon s’empare du chef-d’œuvre inachevé de Giacomo Puccini : Turandot. Une production qui fera date, marquée par la prise de rôle de Catherine Hunold dans l’intransigeant personnage de la princesse de glace.

 

L’œuvre la plus énigmatique et la plus fascinante de Puccini résonnera sous le sublime lustre de la maison provençale. Sur le plateau, le public découvrira Catherine Hunold dans le rôle-titre – un défi vocal et dramatique parmi les plus redoutables du répertoire. Sa voix, sa présence, sa lecture du personnage seront à suivre de très près.

Mais cette Turandot se distinguera par un parti pris artistique rare, que nous explique l’équipe du spectacle : « Giacomo Puccini est décédé avant de pouvoir achever Turandot. Il a interrompu son écriture au moment même de la mort de Liù, laissant la partition ouverte, sans conclusion. Si plusieurs compositeurs ont par la suite proposé leur propre final, nous présentons l’ouvrage dans l’état où le musicien l’a laissé : sans final ».

Un choix audacieux, qui replace l’auditeur au cœur du mystère, du silence laissé par la mort du compositeur, et de la puissance inachevée de son ultime tragédie.

 

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OPÉRA GRAND AVIGNON

3 représentations événements
Vendredi 15 mai 2026 à 20h
Dimanche 17 mai 2026 à 15h
Mardi 19 mai 2026 à 20h

Informations &réservations  : https://www.operagrandavignon.fr/turandot

 

TURANDOT
Opéra en trois actes de Giacomo Puccini (1926) – Orchestration Frédéric Chaslin
Livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni, d’après Carlo Gozzi
Coproduction Associazione Arena Sferisterio – Macerata Opera Festival et Opéra Grand Avignon
Direction musicale : Federico Santi
Chef de Chœur : Alan Woodbridge
Directeur musical de la Maîtrise : Christophe Talmont
Mise en scène et scénographie : Paco Azorín
Costumes :Ulises Mérida
Chorégraphie : Carlos Martos
Lumières et vidéo: Pedro Chamizo
Assistante à la mise en scène :Laura Barrado
Études musicales: Thomas Palmer
Turandot : Catherine Hunold
Liù : Claire Antoine
Calaf : Mickael Spadaccini
Timur : Luciano Batinic
Ping : Matteo Loi
Pang : Sébastien Droy
Pong : Carlos Natale
L’imperatore Altoum: Victor Dahhani
Un mandarino : Jean-François Baron
Ancelle : Olga Singayivksa, Agnès Menard
Il principino di Persia : Kévin Castellani
Il principino di Persia, voix : Vladyslav Romankov
Putinpao : Catherine Pollini
Archères : Sarah Brunel, Maya Kawatake Pinon, Julia Pal, Chloé Scalese
Guides des piliers : Céleste Gaulier, Sébastien Martin Vian
Chœur et Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre national Avignon-Provence

 

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CRITIQUE, opéra. NANTES, Théâtre Graslin, le 6 mai 2026. Othman OUATI : Solaris [création]. Victoire Bunel, Miroirs Étendus, Omar Louati [direction]

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ANGERS NANTES OPÉRA poursuit son exploration des écritures contemporaines tout en réservant une place légitime aux nouveaux dispositifs scéniques : la production de Solaris illustre ce choix artistique exemplaire, affichant le spectacle au Théâtre Graslin, après la première mondiale, réalisée à la Condition Publique Roubaix le 29 avril dernier.

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Photo © Simon Gosselin

 

 

« Solaris », roman du polonais Stanislaw Lem [1961] est un modèle de la littérature d’anticipation : c’est une utopie fantastique qui à travers l’évocation d’une planète lointaine, et longtemps inaccessible, aux ressources et phénomènes inexpliqués, interpelle l’âme de ceux qui l’approchent, et suscitent chez eux un cheminement voire un bouleversement intérieur qui exacerbe leur propre conscience.

C’est exactement l’expérience que fait sur scène la mezzo-soprano soliste incarnant l’héroïne de Lem, Hélène Aurel (très engagée Victoire Bunel). La partition conçue par le compositeur contemporain Othman LOUATI met en avant la soprano seule en scène, à laquelle l’orchestre requis apporte son flamboyant habillage sonore ; il comprend éléments spécifiques, une guitare électrique et un synthétiseur analogique traitant le son en temps réel. On note comme toujours chez l’auteur déjà applaudi pour son précédent ouvrage « Les ailes du désir » [2023], la maîtrise des atmosphères enveloppantes, ce goût délectable pour les timbres dont ce soir ceux du cor, de la clarinette, de la flûte… outre les cordes habituelles (violon, alto, violoncelle).

La chanteuse conteuse, est notre guide ; l’exploratrice, dans le cadre d’une mission d’observation de Solaris succombe aux effets de la fièvre bleue, mal diffus inexorable, qu’exerce la planète sur ses trop proches observateurs, les menant à la folie. Dans le cas de l’héroïne, il s’agit moins d’une agonie destructrice que d’une révélation libératrice, une sorte d’extase qui l’amène en fin de session, à vivre l’unité primordiale que recherche chaque être vivant, en se fondant dans le grand corps cosmique universel.
Comme « Dune » de Franck Herbert [1965], « Solaris » de Lem dénonce en réalité l’humanité barbare qui ne cesse d’exploiter et détruire chaque système découvert, rompant l’équilibre originel ; écologiste, le texte de Lem comme d’Herbert, dénonce l’atteinte que fait subir les hommes à chaque nouvelle terre conquise, à l’image de la Terre, planète constamment pillée, exploitée au mépris des écosystèmes, au mépris des équilibres naturels.

 

Musique sidérale et
paysages sonores de Solaris

Saluons l’imaginaire sonore du compositeur qui offre aux évocations de Solaris, à son plasma en ébullition constante, à la matière vivante de son océan pensant, à ses tempêtes infernales, à cette forge primordiale où se dissolvent tous les corps à l’échelle des particules et des atomes… plusieurs séquences planantes ou rugissantes.
C’est constamment une parure orchestrale très suggestive et raffinée dont la partition déroule autant de tableaux parfaitement construits, caractérisés et fermés sur eux mêmes. À la direction, le compositeur lui-même, concentré et d’une grande souple, veille aux équilibres, sonores : son geste étire une superbe pâte Instrumentale qui suggère, en véritable puissance onirique, tout en détaillant l’activité de chaque situation dans une langue aussi descriptive qu’évocatrice. Pas facile de traiter musicalement les paysages cosmiques, les constellations décrits dans son texte par Stanislaw Lem, … les phénomènes Solaristiques les plus divers et dans leurs états imprévisibles d’autant plus explosifs qu’ils sont générés en réaction à l’intervention humaine…

En réalité l’observation de Solaris nous renvoie à ce que notre Terre subit du fait de l’occupation humaine ; ainsi entre autres séquence éloquente et sauvage, l’épisode terrifiant où la musique suggère les milliers de plates-formes pétrolières défigurant la surface de Solaris : ayant découvert une énergie illimitée [le TriaXen] les terriens n’ont pas tardé à coloniser au risque d’épuiser la matrice Solaris [comme dans Dune, Arakis est la planète qui détient la matière la plus convoitée des mondes connus : l’épice [qui au demeurant a cette même faculté d’intensifier les consciences, tout en permettant de se déplacer dans le temps]. On retrouve ces thèmes dans Solaris.

La forme n’est peut être pas tout à fait celle d’un « opéra vidéo », comme il est annoncé dans le programme ; pas d’action scénique à proprement parlé, toute la narration étant concentrée par l’unique cantatrice dont la voix chantée, parlée, murmurée,… assure l’exposition de chaque situation. Pour autant dans ce dispositif économe (et statique), le cheminement intérieur de l’héroïne se réalise, exposant sa métamorphose progressive qui passe par plusieurs jalons décisifs. Le genre opéra promet et expose la transformation des êtres à travers des expériences majeures : ce process cathartique est indiscutablement présent dans la partition d’Othman Louati dont l’écriture musicale en serait l’oscillographe sensible.

Victoire Bunel est très convaincante sachant diversifier et nuancer chacune de ses interventions. Déclamatoire, prosodique, incantatoire ou simplement narrative, la voix raconte et suggère une grande palette d’états psychiques. Elle devient de plus en plus lyrique en particulier à la fin, quand elle s’adresse au public en le prenant à témoin.
Du début à la fin, sur grand écran, surplombant les musiciens, les images élaborées par Jacques Perconte (qui signe aussi le livret) enrichissent encore le dispositif suggestif en déroulant un autre champ narratif, visuellement séduisant (dont de nombreuses images empruntées à la NASA). Belle expérience.

 

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CRITIQUE, opéra. NANTES, Théâtre Graslin, le 6 mai 2026. Othman OUATI : Solaris [création]. Victoire Bunel, Miroirs Étendus, Omar Louati [direction]

 

présentation / annonce

LIRE aussi notre présentation : https://www.classiquenews.com/angers-nantes-opera-othman-louati-solaris-video-opera-mer-6-mai-2026-creation/
Le créateur d’images Jacques Perconte et l’inventeur de sons inouïs Othman Louati accordent leur champs créatifs dans un nouveau format lyrique, une nouvelle exploration conjointe et croisée de leurs univers autour de Solaris, romans futuriste et philosophique parmi les plus envoûtants du XXe siècle.

 

 

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LES TALENS LYRIQUES. « Handelian Heroes ». POISSY, Mardi 19 mai 2026. Key’mon Murrah (contre-ténor), Christophe Rousset [direction]

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Les passions handéliennes sublimées par Les Talens Lyriques…. Alors étudiant en classe de clavecin, à Aix en Provence, Christophe Rousset assistait aux répétitions de l’opéra Alcina de Händel. La très forte impression éprouvée en découvrant les qualités de l’écriture haendélienne [mélodies sublimes, plasticité hautement dramatique de l’orchestre, sensibilité aiguë pour la psychologie des caractères, noblesse et élégance du style…] lui est restée depuis, orientant dès lors ses choix artistiques au sein de son propre ensemble, Les Talens Lyriques.

 

 

En témoigne ce programme cousu main, exposant les qualités expressives des instrumentistes de son ensemble, comme leur capacité à soutenir et envelopper la vocalité et le tempérament dramatique du chanteur…

« Il m’est toujours restée en mémoire, la beauté des voix mise en valeur par une écriture à la plastique incomparable, les contrastes de sentiments, l’enthousiasme généré par la virtuosité et la puissance expressive des Adagios…. » se souvient Christophe Rousset

Au demeurant Les Talens Lyriques se sont taillés une belle [première] reconnaissance grâce à Haendel, en particulier leur lecture d’un ouvrage alors peu connu : Scipione [enregistrement et concert au festival de Beaune qui ont fait date] .

« Depuis lors les titres haendéliens se sont succédés (Rinaldo, Riccardo Primo, Tamerlano, Alcina, Agrippina, Giulio Cesare, Serse, Ariodante…) à Beaune, mais aussi partout ailleurs et même en Australie ! Nos disques récitals Händel avec Joyce DiDonato ou avec Sandrine Piau ont été acclamés, et nombreuses sont les scènes qui nous ont accueillis en productions pour servir ce compositeur (Dresde, Paris, Stockholm, Bruxelles, Vienne, Montpellier, Amsterdam, Bilbao ou Toulouse…) », précise encore Christophe Rousset
Le programme est donc d’autant plus prometteur qu’il est défendu par des interprètes qui en sont passionnés depuis leurs débuts.

 

 

 

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HANDELIAN HEROES
POISSY, Théâtre
Mardi 19 mai 2026
, 20h30

 

Key’mon Murrah, contre-ténor
Les Talens Lyriques
Christophe Rousset,
clavecin et direction

RÉSERVEZ VOS PLACES directement depuis le site des Talens Lyriques :
https://www.lestalenslyriques.com/event/handelian-queens-kings/?date=19052026

 

Programme repris ensuite :

Festival de Saint-Denis
Jeudi 18 juin 2026, 20h30

Vendredi 26 juin 2026, 17h
EVIAN, La Source vive / les Mélèze

Plus d’infos, réservations :
https://www.lestalenslyriques.com/event/handelian-queens-kings/?date=19052026

 

 

 

Programme détaillé

Georg-Friedrich Händel
(1685-1759)

Giulio Cesare in Egitto, HWV 17 (1724)
Ouverture
« Svegliatevi nel core » (Sesto, acte I, sc. 4)
« Cara speme questo core » (Sesto, acte I, sc. 8)
Sinfonia (Acte III, sc. 2)
« L’Angue offeso mai riposa » (Sesto, acte II, sc. 6)

Rodrigo, HWV 5 (1707)
Passacaille

Serse, HWV 40 (1737)
« Ombra mai fu » (Serse, acte I, sc. 1)
« Crude furie » (Serse, acte III, sc. 11)

Ariodante, HWV 33 (1734)
Ouverture
« Scherza infida » (Ariodante, acte II, sc. 3)
« Dopo notte » (Ariodante, acte III, sc. 9)

 

Concerto grosso opus 3 n° 2, HWV 313 (1734)
Vivace
Largo
Allegro
Vivace
Moderato [Menuet]
Allegro [Gavotte]

 

Rinaldo, HWV 7a (1711)
Prelude (acte I, sc. 7)
« Cara sposa » (Rinaldo, acte I, sc. 7)
« Venti turbini » (Rinaldo, acte I, sc. 9)

 

 

 

TEASER VIDÉO
https://www.youtube.com/watch?v=uo5lfthksTU

 

 

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CRITIQUE, opéra. OPÉRA DE RENNES, le 5 mai 2026. “I Didn’t Know Where To Put All My Tears” de Nikodijević / “Curlew River” de Britten. Alphonse Cemin / Silvia Costa

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Ce nouveau spectacle s’articule en deux volets complémentaires, deux faces d’une même action tragique. En plaçant avant l’opéra de chambre de Benjamin Britten [1964], le drame inédit de Marko Nikodijević [créé ainsi en drame préalable, à Nancy, en mars 2026], la performance enrichit son intensité et sa profondeur comme métaphore. La source des deux en reste le théâtre No japonais, réalisant un juste équilibre entre épure visuelle et vocalité radicale, les deux actions arborant les mêmes costumes traditionnels, échangés au moment du passage d’un compositeur à l’autre dans une continuité poétique fluide, d’une distribution à l’autre.

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Photos : © Jean-Louis Fernandez

 

 

D’évidents contrastes en assurent la relation en miroir : côté face, premier drame chanté par une distribution uniquement féminine et tout de blanc vêtue [le blanc en Asie étant la couleur du deuil] ; côté pile, l’opéra d’église de Britten qui suit, est chanté par des hommes vêtus de couleurs sombres [le chœur des chrétiens, ouvrant et refermant la légende].

 

 

Diptyque chambriste

Esthétique, claire, la mise en scène de Silvia Costa expose avec une belle acuité continue le relief des timbres instrumentaux comme l’intensité des voix solistes.
Propre au théâtre nippon, et aussi à l’imaginaire ténébreux des opéras de Britten lui-même [celui de Peter Grimes, du Tour d’écrou ou d’Owen Wingrave… d’où la grande cohérence de ce diptyque], il y est question d’une « folle » inconsolable, d’un garçon enlevé, sacrifié ; son fantôme pacificateur permettant l’apaisement des passions. Entre mystère, illusion, apparition…, les deux actions se répondent incontestablement soulignant l’enveloppe fantastique / onirique du spectacle

Moins préquelle que pendant inversé de « Curlew River », “I Didn’t Know Where To Put All My Tears” du compositeur contemporain Marko Nikodijević sans être fulgurant, assure un très efficace prélude au drame suivant ; les musiciens réduits à l’essentiel [6 instrumentistes sous la direction du chef clavieriste (harmonium), très précis Alphonse Cemin] produisent une série de vagues harmoniques sourdes, insidieuses, accusant surtout la déploration de la Folle, mère endeuillée, détruite, hurlant sa blessure sans jamais être exténuée ni criarde [remarquable Chelsea Lehnea].

Dans le texte du livret rédigé par Silvia Costa, l’action imaginée par Nikodijević, éclaire le profil de La Folle, nourrissant surtout la texture de sa douleur, lui offrant une résonance amplifiée, sans guère expliquer la cause réelle de sa douleur [à l’inverse du drame de Britten qui détaille le contexte de la mort du garçon, ce qui permet à La Folle de trouver une résolution à se recherche endeuillée…].
Cependant l’origine de la rivière aux courlis [Sumida gawa] y est poétiquement révélée : la sublime Pleureuse et ses suivantes, creusant le lit de la rivière, la nourrissant depuis ce creusement originel, de larmes continues… Ce qui illustre tout à fait le titre de cette action contemporaine [“I Didn’t Know Where To Put All My Tears”].

 

Chez Britten, le ténor Zhengyi Bai est l’autre voix de la Folle [chant engagé et ardent], entouré du Passeur et surtout du Voyageur [remarquable Michael Mofidian].

En fosse, le chef Alphonse Cemin et les musiciens de l’Opéra national de Nancy-Lorraine produisent cette épure musicale idéale, doublant le chant doloriste ou ironique des solistes [le Passeur qui n’hésite pas d’abord à railler La Folle éplorée], renforçant aussi l’austérité tragique ou onirique des tableaux [la suggestion de la traversée entre les deux rives, entre les deux mondes, des vivants et des morts, soulignant l’atmosphère surnaturelle chère à Britten dans nombre de ses ouvrages lyriques].
Tout le travail de caractérisation instrumental est remarquable : trompette saillante et agile, rehaussant le chant du Passeur et du Voyageur ; flûte liquide et harpe aérienne doublant la prosodie continue de la Folle venue des Montagnes noires…

L’enveloppe onirique, dans cette épure instrumentale hautement chambriste, se déploie avec d’autant plus de profondeur dans l’écrin de l’Opéra de Rennes et dans ce rapport scène / salle si spécifique à la Maison Rennaise. Plongé dans un monde flottant entre révélations et apparitions, le spectateur s’y régale des alliances de timbres, des calligraphies sonores conçues par un Britten formidable conteur. Immersion poétique et tragique, captivante. Encore une date à l’Opéra de Rennes ce soir, mercredi 6 mai 2026, 20h : https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/i-didnt-know-where-put-all-my-tears-curlew-river

 

 

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CRITIQUE, opéra. OPÉRA DE RENNES, le 5 mai 2026. “I Didn’t Know Where To Put All My Tears” de Nikodijević / “Curlew River” de Britten. Silvia Costa / Alphonse Cemin

 

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43e FESTIVAL DE MAGUELONE. Villeneuve-les Maguelone, Théâtre Jérôme Savary, le 9 juin 2026. « Le Rossignol et l’Empereur de Chine » par l’Ensemble « La Rêveuse »

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Du 4 au 12 juin 2026, la 43ᵉ édition du Festival de musique ancienne à Maguelone investit la majestueuse cathédrale de l’île pour une thématique aussi évidente qu’inouïe : les résonances entre musique savante et traditions populaires. Pendant neuf jours, ce lieu chargé d’histoire – ancienne cité épiscopale posée entre étangs et Méditerranée – vibrera au rythme d’un dialogue séculaire. Car oui, depuis toujours, le savant et le populaire s’influencent, se répondent, se contredisent parfois, mais surtout se nourrissent l’un l’autre. Le festival promet de faire entendre ces « cultures en mouvement », cette musique qui, telle une source vive, traverse les époques et les territoires sans jamais se figer.

 

Au programme : des veillées, des conférences, des promenades musicales, et bien sûr des concerts d’exception. Mais l’un des temps forts, incontestablement, aura lieu hors les murs de la cathédrale, au Théâtre Jérôme Savary de Villeneuve-les-Maguelone, le Mardi 9 juin 2026, avec le spectacle « Le rossignol et l’empereur de Chine », un conte musical baroque (d’après Andersen) donné par l’Ensemble La Rêveuse.

C’est un spectacle qui a tout d’une merveille d’orfèvrerie. L’Ensemble La Rêveuse, fidèle à sa réputation d’explorateur des répertoires oubliés, s’empare du célèbre conte d’Andersen pour le transposer dans un univers baroque en clair-obscur. Sur scène, Cécile Hurbault manipule des marionnettes et invente un théâtre d’ombres où la lumière danse autant que les notes. À ses côtés, Florence Bolton (basse et pardessus de viole), Benjamin Perrot (théorbe et guitare baroque) et Kôske Nozaki (flûtes et flageolets d’oiseaux) tissent une toile sonore rare, à la fois savante et populaire – en parfaite résonance avec le thème de l’édition.

Le fil rouge ? Un rossignol au chant véritable, un empereur fasciné par un oiseau mécanique, et une leçon de vie toujours actuelle sur notre rapport au vivant, à l’artifice et à la nature. La musique mêle des pièces originales de Vincent Bouchot (assurant ici le regard extérieur) à des pages de Ravel, Cappus, de Bousset et Kapsperger. Du baroque coloré, des flageolets imitant les ramages, une narration murmurée : l’ensemble crée un voyage poétique et envoûtant, accessible « dès 6 ans… et jusqu’à 77 ans !« … comme le précise malicieusement le programme.

 

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Billetterie et programme complet du Festival de Maguelone sur le site officiel du festival

 

 

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CRITIQUE, danse. OPÉRA DE DIJON, le 4 mai 2026. Angelin PRELJOCAJ : HELIKOPTER (2001 / Stockhausen) / LICHT (2025, Laurent Garnier / Korgis), Compagnie Angelin Preljocaj

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En offrant à sa chorégraphie HELIKOPTER de 2001, un prolongement complémentaire créé en 2025 [LICHT], Angelin Preljocaj réalise un sans fautes… C’est un diptyque fascinant où un hédonisme sensuel magistralement esthétique, complète la vitalité mécanique d’un Stockhausen plus visionnaire que jamais…

 

L’Opéra de Dijon sélectionne le meilleur de la création chorégraphique récente… affichant ce ballet lumineux et vertigineux, dans le prolongement de sa création au Théâtre de la Ville à Paris en avril et mai 2025.

 

 

Lumineuse radicalité

Dans HELIKOPTER, le souffle vrombissant des hélices motorisées nourrissent pour tout préalable, une rumeur mécanique constante que le crissement modulé des cordes survoltées, crépitantes du Quatuor Arditi [enregistrement de 1995] ne cessent de réactiver. Leurs glissandi permanents rend audible le cœur battant des turbines volantes.

Commandée en 2001, la chorégraphie de Preljocaj n’a rien perdu de sa fascinante motricité. D’autant que les 6 danseurs en formations changeantes continues expriment au plus près l’écriture polyrythmique de Stockhausen ; ils puisent du chant de l’hélico ainsi détaillé [précisément les pales de 6 hélicoptères en rotation constante] leur élan vital. Chaque corps incarne une pulsion quand le groupe manifeste la vitalité de la texture sonore unifiée comme un organisme en développement.

Stockhausen décédé en 2007 façonne ainsi le bruit de la machine ; à travers le moteur de l’hélicoptère, son bruissement continu, le compositeur capte chaque cellule sonore dont il déduit une multitude d’accents, l’élan primitif qui électrise et met en mouvement. En découlent musicalement, cette succession de couches et de plans sonores, retraités par synthétiseurs, multipliant rythmes superposés, fourmillantes cellules sonores distinctes et simultanées, ccents éparses puis réunifiés comme autant de vibrations actives.
Ce travail dans le micro détail recrée une parure scintillante de micro notes, mosaïque de particules, chacune exprimant le flux, la transmission continue de la pulsion originelle … Stockhausen réinvente ainsi l’écriture musicale et la texture sonore révèle jusqu’à l’échelle de l’atome ; chaque particule crée une constellation et des galaxies simultanées, dans un vertige spatiale et temporel… tout ce qui se manifeste dans l’oscillation continue du moteur d’un hélicoptère, la vibration de ses palles en étant le cœur axial et le ronronnement matriciel.

Face à ce sommet musical, le chorégraphe répond point par point : la danse permettant à la musique d’engender son propre espace. A la radicalité de la musique, le chorégraphe va « jusqu’à l’os du mouvement » [dixit Preljocaj lui même] … voilà en quoi le ballet revêt une immersion essentielle. En interrogeant ce qui produit le mouvement et l’aimantation des cellules, le ballet questionne la danse, sa forme comme son sens. Rare les ballets contemporains suscitant un tel choc sensoriel et spirituel.

Flux permanent de décélérations et d’accélérations, de mises en marche puis de pleine puissance, les cris de l’hélico produisent une tension motorisée qui électrise le mouvement des corps. Ce jeu collectif permanent exprime idéalement le souffle explorateur, ce sens du défrichement sans limite qui inspire le compositeur de 80 ans, éternel visionnaire [et même selon Preljocaj, « grand père de l’électro« ].

Dans l’entretien filmé qui est diffusé à la fin de ce tableau motorique, les deux créateurs, Preljocaj et Stockhausen parlent ensemble, échangent leur admiration pour l’écriture de l’autre, évoquent conjointement l’idée d’une activité certes éclatée, plurielle, qui pourtant, malgré ses syncopes et fonctions mécaniques démultipliées, relève d’une unité structurelle, celle d’un organisme unique qui rétablit l’idée d’un cycle et d’un développement organique.

 

 

LICHT, une certaine corporalité du paradis

On pensait avoir atteint un climax dans cette première partie. C’était compter sans la 2ème partie : « LICHT / lumière « , variation plus voluptueuse à la sensualité animale et même reptilienne, et qui est donc une réponse conçue en 2025, tout en élégance et raffinement, au volet qui a précédé. La séquence accentue plus encore l’unité et la cohésion organique des corps ; les couples s’aimantent alors  ; à 3, à 4, à 2, les groupes se forment, se croisent dans une synchronisation millimétrée et dans un esthétisme gestuel enivré et libre… La danse ainsi s’organise, se synchronise portée par la bande sonore élaborée par le DJ Laurent Garnier. Surpuissante et féerique, la musique sait se déployer dans l’espace avec citation d’un sommet de la pop new wave des années 1980 signé du groupe britannique Korgis [« Everybody’s got to learn sometime »,  et sa phrase amorce désormais mythique :  … « Change your heart »]. Photo : Licht / Angelin Preljocaj © JC Carbonne

 

Produisant alors cette vision du paradis dont parle clairement Stockhausen dans sa conversation filmée avec Preljocaj, où les 12 danseurs sous une lumière de plus en plus dorée, émergeant de 3 cadres circulaires [les cellules originelles? ], sont comme des corps renaissants, revivifiés ; occupant peu à peu la scène, ils évoquent l’âge d’or, recomposent une manière d’Olympe, dieux et déesses humanisés, aux corps sculpturaux avant que, électrisés par la musique de Laurent Garnier, les corps en mouvement synchronisés expriment visuellement le bouillonnement nucléaire, la vitalité même de la vie, dans une simultanéité pulsionnelle dont la suractivié fragmentée, réalise aussi des jalons synchronisés superlatifs ; ces corps exultent dans le même rythme, sur le même souffle, riches en effets collectifs saisissants.

En partant du bruit mécanique décortiqué jusqu’au dernier tableau, vision paradisiaque où l’humain apporte sa propre organisation organique, le parcours HELIKOPTER / LICHT est un voyage riche en vertiges éblouissants et l’effervescence esthétique du spectacle découle de la mise en dialogue des deux parties de ce diptyque fascinant. Magistral et jubilatoire. Encore une date à l’Auditorium Opéra de Dijon, ce soir 5 mai 2026, 20h : http://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/helikopter-licht/

 

 

 

 

agenda

Prochains événements à l’Opéra de Dijon [sélection / temps forts de classiquenews] :
Présentation de la nouvelle saison 26 27, mer 20 mai 2026, 19h, Auditorium – entrée libre sous réserve des places disponibles
Jeudi 28 mai 2026
Il nous faut de l’amour / Idylle
Lea Desandre / Thomas Dunford
300 ans de lyrique amoureuse française [musique baroque]

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 2 mai 2026. DONIZETTI : Lucie de Lammermoor. S. Devieilhe, L. Vermot-Desroches, E. Dupuis… Evgeny Titov / Speranza Scappucci

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Après près d’un quart de siècle d’absence de la scène parisienne, Lucie de Lammermoor – dans sa version française – retrouve l’Opéra-Comique. L’événement était attendu, tant cette adaptation supervisée par Gaetano Donizetti lui-même pour les théâtres parisiens en 1839 demeure une rareté – éclipsée par sa grande sœur italienne, Lucia, qui n’en finit plus de fasciner les divas et le public. Mais l’entreprise était périlleuse : entre la curiosité musicologique et l’écrasante postérité de l’originale, le pari de cette nouvelle production signée Evgeny Titov suscitait d’emblée la question : que reste-t-il du chef-d’œuvre une fois le livret transposé, simplifié, « angélisé » par son auteur pour plaire au goût français ?

 

La réponse tient de la quadrature du cercle. Sur le plateau, une Lucie magnifiée par l’inouïe Sabine Devieilhe, dont la prestation confine à l’apothéose. Dans la fosse, un Insula Orchestra que Speranza Scappucci mène à un train d’enfer, parfois excessif. Et sur les murs du théâtre, un accueil spectaculaire mais contrasté : ovations pour les chanteurs, huées pour une mise en scène dont la brutalité et l’esthétique gore ont laissé une partie de la salle perplexe.

Deux héroïnes, une même folie – mais combien différentes ! La version française, que Donizetti écrivit pour la soprano légère Anne Thillon, gomme sciemment les aspérités de la version originale. Finies les grandes ombres de « Regnava nel silenzio » et ses prémonitions morbides : place à « Que n’avons-nous des ailes« , une romance bucolique empruntée à Rosmonda d’Inghilterra. La scène de folie, transposée dans une tonalité supérieure, perd ses cadences avec harmonica de verre – ou flûte – pour une épure plus gracieuse, presque chorégraphique. Le personnage d’Alisa, la fidèle camériste, disparaît au profit de Gilbert, félon de mélodrame. Ce que l’on gagne en lisibilité et en simplicité, on le perd en profondeur psychologique. La Lucie de la version française est une héroïne plus lisse, moins ombrageuse, plus « sylphide » que tragédienne romantique – exactement le contraire de ce que Maria Callas ou Joan Sutherland avaient magnifié dans Lucia. Le pari était risqué, mais grâce à Sabine Devieilhe, la balance penche d’emblée du côté de l’enthousiasme !

Il faut le dire d’emblée : la soprano française était très attendue… et elle a triomphé ! Déjà acclamée dans Lakmé et Hamlet sur cette même scène, Sabine Devieilhe faisait ici ses premiers pas dans le répertoire du belcanto. Et si quelques puristes pourront déplorer une certaine retenue dramatique – sa Lucie n’a rien de la possédée frénétique que l’on connaît parfois – c’est pour mieux imposer une lecture personnelle, profonde, bouleversante. Dès sa cavatine au premier acte, la voix s’impose : centrée, brillante, merveilleusement agile. Les trilles scintillent comme des étincelles, les roulades de la cabalette s’enchaînent dans un crescendo vertigineux où l’artiste ne lésine ni sur les ornementations ni sur les suraigus. Une maîtrise technique impressionnante, servie par un phrasé d’une ductilité qui semble toujours naturelle, jamais appuyée. C’est dans la célèbre scène de la folie que Devieilhe atteint des sommets. Là où d’autres auraient versé dans le pathos appuyé, elle choisit la sobriété, la fragilité, l’intériorité. Sa Lucie se dissout dans une hallucination plus psychologique que spectaculaire, filant des notes aiguës d’une pureté confondante – et terminant sur un cri venu des tripes. Le public, suspendu à son souffle, lui réserve une ovation méritée.

 

 

Le succès de la soirée ne doit pourtant rien au seul charisme de l’héroïne. Autour d’elle, une distribution homogène et investie donne à cette Lucie ses lettres de noblesse. Le baryton quebécois Étienne Dupuis, en Henri Ashton, impose d’entrée une présence d’une violence inouïe. Son baryton héroïque, ample et bronzé, sait se faire tour à tour menaçant, doucereux ou désespéré – notamment dans le duo avec Lucie au deuxième acte, où le masque tombe et la perversité affleure. Une composition d’une noirceur assumée, qui lui vaut, en fin de soirée, des applaudissements nourris. Léo Vermot-Desroches, jeune ténor que l’on suit avec attention, fait des débuts remarqués dans le rôle d’Edgard. Sa voix, d’abord un peu contrainte et nasale dans les graves, s’affranchit progressivement du médium pour trouver sa véritable dimension dans le final du troisième acte. Là, son « Tombe de mes aïeux » gagne en expressivité et en retenue, touchant juste dans la douleur.

Dans les rôles secondaires, Edwin Crossley-Mercer (Raymond) déploie une basse caverneuse et élégante, trop vite sacrifiée par les coupures de la version française. Yoann Le Lan campe un Gilbert sonore et fourbe, tandis que Sahy Ratia (Arthur), excellent comédien, peine parfois à dompter un vibrato un peu large. On retiendra surtout la mention spéciale pour l’engagement total du Chœur Accentus, dont la cohérence et l’énergie portent les scènes de foule – jusque dans la direction d’intimité confiée à Stéphanie Breton, gage des outrances exigées par la mise en scène.

De son côté, Speranza Scappucci – cheffe italienne chevronnée, mais qui n’avait jamais dirigé cette version française – mène l’Insula Orchestra avec une fougue qui ne faiblit pas. On lui sait gré de sa lecture vive, articulée, soucieuse de servir le drame. Mais las, l’orchestre joue vraiment trop fort ! La Salle Favart, écrin de dimensions intimes, ne supporte pas de tels déchaînements orchestraux. Les cuivres percent, l’équilibre avec les voix est parfois mis à mal – au point qu’un spectateur, abusé par la puissance sonore lors de la Première, a cru à une amplification électronique et crié « Fermez les micros ! », obligeant le directeur Louis Langrée à monter au plateau pour rétablir la vérité. Cette fougue a pour corollaire quelques tempi un peu rapides, qui ont pu déstabiliser les chanteurs, Étienne Dupuis en tête, et donner l’impression d’une course au précipice. Dommage, car lorsque Scappucci se fait plus tempérante – notamment pour accompagner la folie de Lucie – elle trouve des couleurs d’une grande efficacité dramatique.

 

 

Et c’est là que le bât blesse. La mise en scène d’Evgeny Titov – décor unique en rotation signé Lizzie Clachan, costumes ternes d’Emma Ryott – a provoqué les réactions les plus vives. Et pas toujours dans le bon sens… Dès le lever de rideau, le ton est donné : une meute de chasseurs en cirés noirs s’acharne sur une femme nue, enchaînée, biche blanche livrée à la bestialité masculine. Le propos est clair : dénoncer le sort des femmes dans un univers toxique, dominé par la violence et la testostérone. Mais la manière – brutale, répétitive, parfois grotesque (Henri torse nu sur sa machine de musculation, les choristes transformés en espèces de fausses Marilyn peroxydées) – frôle la caricature.  La scène de folie pousse le curseur jusqu’au gore : Lucie, le cœur sanguinolent de son mari Arthur à la main, évolue dans un décor de néons rouges et de miroirs, tandis que le cadavre de sa victime reste suspendu dans une mare de sang. Quelques trouvailles surnagent néanmoins : l’introduction d’Élisa (Élise Maître), double muet et vacillant de Lucie – esclave sexuelle des hommes, complice improbable – prolonge la réflexion sur l’aliénation féminine. Le moment, au troisième acte, où Lucie vient mourir contre son frère Henri, suggère une tendresse inattendue entre bourreau et victime, donnant enfin au drame une épaisseur psychologique qui lui avait manqué jusque-là.

Reste cette impression mitigée : Lucie de Lammermoor en VF restera-t-elle une curiosité réservée aux spécialistes, ou mérite-t-elle sa place au répertoire ? L’intérêt principal de cette reprise est avant tout vocal et musicologique, car force est de constater que cette Lucie a perdu, dans son adaptation, une part de sa sauvagerie romantique. Dommage, car c’est précisément cette sauvagerie qui faisait sa puissance. On sort donc de cette soirée avec le sentiment d’avoir assisté à un événement – rare, contestable par endroits, mais jamais indifférent. Et avec une certitude : Sabine Devieilhe, dans le ciel français du belcanto, brille désormais d’un éclat qu’on n’est pas près d’oublier.

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 2 mai 2026. DONIZETTI : Lucie de Lammermoor. S. Devieilhe, L. Vermot-Desroches, E. Dupuis… Egeny Titov / Speranza Scappucci. Crédit photographique © Herwig Prammer

 

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PARIS, Eglise St Germain l’Auxerrois. « AMORE TOSCANO » par Marco ANGIOLONI et l’Ensemble IL GROVIGLIO, le 19 mai 2026.

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Une plongée dans les racines toscanes de l’opéra

 

Amore Toscano ne sera pas un concert comme les autres. Ce programme audacieux explore la naissance de l’opéra dans la Florence du début du XVIIe siècle, au temps des Médicis. Autour du jeune ténor et chef toscan Marco Angioloni, l’ensemble Il Groviglio ressuscitera un répertoire rare, mêlant des natures célèbres – Peri, Caccini, Rasi – à des compositeurs encore inédits aujourd’hui : Bucchianti, Brunelli, Carbonchi.

Issu de sources historiques minutieusement étudiées, ce concert redonnera vie aux lieux et aux ambiances de cette effervescence culturelle unique. Véritable ode à sa région natale, Marco Angioloni nous guide, voix et baguette mêlées, aux sources d’un genre qui allait changer la musique à jamais : l’Opéra !

À l’issue du concert, une séance de dédicaces et une vente de disques seront proposées, pour prolonger l’émotion et repartir avec cette Toscane envoûtante dans vos oreilles.

Ne manquez pas cette renaissance musicale en plein Paris !

Clip du projet : https://www.youtube.com/watch?v=BnnunETI0Lo

 

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Places limitées – réservation vivement conseillée.

Lieu : Église Saint-Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

Date : 19 mai 2026 à 20h30

Renseignements : [email protected]

Réservations : https://buy.stripe.com/00weVdabGcVs1ODg3o8og09

 

 

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CHORÉGIES D’ORANGE 2026, du 19 juin au 18 juillet 2026. Jessica Pratt, Ludovic Tézier, Javier Camarena, Nadine Sierra, Philippe Katherine…

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Préludes… La nouvelle édition des Chorégies d’Orange débutent en réalité en mai (sam 30 mai 2026, Auditorium Jean-Moulin du Thor) avec la présentation de son programme immersif « POP THE OPERA », nouveau jalon d’un cycle plus vaste inauguré en 2017 et qui permet à des milliers de collégiens et de lycéens de la Région, de préparer un spectacle associant chant, danse, animés par l’esprit du partage, du développement personnel et collectif par l’art.
Puis en juin, la soirée « Musiques en fête » pour l’avènement de l’été (19 juin, Théâtre Antique) réunira comme à son habitude depuis son premier concert en juin 2011, nombre de talents artistiques : soirée singulière et mémorable à vire en direct sur France Télévisions.

 

 

 

 

 

 

 

Vertiges lyriques

Grands vertiges lyriques avec le récital très attendu de la soprano Nadine Sierra dans une collection d’airs d’opéras ; la diva fait ainsi son retour sur la scène du Théâtre Antique, après y avoir chanté Gilda, dans Rigoletto de verdi en 2017. Récital sam 27 juin 2026, 21h30 (avec Bryan Wagorn, piano).

 

Le Théâtre Antique renoue avec ses grandes heures lyriques en programmant l’indémodable TRAVIATA de Verdi (sam 4 juillet, 21h30), production « légère » sans mise en scèe mais mise en espace, avec deux monstres sacrés de la scène opératique internationale, chaucn ayant marqué leur rôle respectif : Jessica Pratt dans le rôle-titre, aux côtés de Ludovic Tézier, incarnant un Germont père, noble et tendre, compatissant et altier… d’une complexité bouleversante. Avec Javier Camarena, Alfredo), Flora (Eléonore Pancrazi)… Orchestre Philharmonique de Marseille, Paolo Arrivabeni, direction.

Les amateurs de danse seront comblés en (re)découvrant le ballet « Cendrillon » (1999) de Jean-Christophe Maillot et sa compagnie des Ballets de Monte-Carlo (sur la musique de Prokofiev), le chorégraphe revisitant l’histoire de la souillon devenue princesse avec la sensibilité qui lui est propre, son sens des tableaux collectifs, son souci de la clarté et de l’esthétisme des figures en mouvement… Lundi 13 juillet 2026, 21h30.

Les Chorégies proposent également une soirée cinéma avec l’Orchestre national de Cannes (Duncan Ward, direction) : au programme, plusieurs musiques de films parmi les plus emblématiques du 7ème art, de Georges Delerue, Maurice Jarre, Michel Legrand à Vladimir Cosma… (soliste invité : Renaud Capuçon, violon), sam 18 juillet, 21h30.

Éclectique, audacieux, le Festival 2026 « ose » les mariages nouveaux comme la soirée associant instrumentistes classiques et chanteur : ainsi les musiciens de l’Orchestre national Avignon-Provence et Philippe Katerine qui fera entendre ses textes et ses mélodies en version orchestrale. Première absolue (mardi 7 juillet, 21h30- Bastien Stil, direction).

 

TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, les artistes invités, les formules abonnement, … sur le site des Chorégies d’Orange 2026 : https://www.choregies.fr/

 

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ENTRETIEN avec Yves ROUSSEAU, à propos de la saison musicale de VOUVANT (Sud-Vendée)

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Dans le Sud-Vendée, Vouvant cité médiévale à fort caractère patrimonial, brille grâce à son orgue construit en 2020, somptueux instrument qui suscite chaque saison, concerts et événements. Temps fort de cette nouvelle saison le Festival d’orgue, du 9 juillet au 27 août 2026, dont la diversité et la richesse réinventent l’image de l’orgue, tout en invitant les tempéraments les plus prometteurs : cette année les frères Scott, le jeune prodige allemand Jan Liebermann… Yves Rousseau, directeur artistique présente la nouvelle saison musicale 2026

 

 

CLASSIQUENEWS : Selon quels critères artistiques concevez-vous chaque saison ? Comment s’y intègre le Festival ?

YVES ROUSSEAU : Depuis la construction de l’orgue à Vouvant en 2020, la saison des concerts lancée en 2021 s’organise en 4 temps entre mai et fin novembre avec :
– au printemps, des résidences de classes d’orgue régionales ou nationales avec cette année des élèves des classes des conservatoires de Saint-Maur-des-Fossés et de Poitiers ;
– en juillet, le Festival international d’orgue de Vouvant avec 8 concerts donnés le jeudi à 19h par les plus grands organistes du moment, français et étrangers ;
– les concerts des Journées du Patrimoine en septembre ;
– les mini-concerts de 15 minutes pour les familles pendant le marché de Noël le dernier week-end de novembre.

Le festival est bien sûr le moment fort de la saison. Vouvant, village médiéval, est très touristique l’été et est le seul en Vendée à avoir le label des « Plus Beaux Villages de France ». En quelques années, le festival a accueilli de grandes personnalités étrangères qui ne s’étaient pas ou que très rarement produites en France comme Jonathan Scott, Juan de la Rubia, Matthias Havinga ou encore, invité cette année et pour qui cela sera le premier récital en France, le très jeune organiste allemand, l’incroyable Jan Liebermann.

 

CLASSIQUENEWS : Où se passent les concerts (surtout du Festival) ? En quoi le/s site/s contribuent-ils à la singularité et la magie de la saison (et du Festival) ?

YVES ROUSSEAU : S’agissant d’une saison d’orgue, les concerts ont lieux dans la très belle église romane de Vouvant classée monument historique sur l’orgue construit par la manufacture d’orgues Yves Fossaert.
La singularité, voir la magie, de ces concerts est que l’instrument est au sol dans la nef et non en tribune : le public peut voir ainsi l’organiste jouer. Dans le projet de construction de cet instrument, c’était le point indiscutable et je dois dire que j’ai eu la chance d’être suivi tant par les monuments historiques, la DRAC, la Commune propriétaire de l’église que la paroisse affectataire. Le public découvre, sans l’intermédiaire d’une vidéo (ce qui se pratique souvent aujourd’hui), l’artiste au même titre qu’un pianiste ou les musiciens d’un quatuor…

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est l’image de l’orgue que vous souhaitez transmettre ? Quel(s) en serai(en)t le(s) programme(s) le(s) plus emblématique(s) de ce point de vue ?

YVES ROUSSEAU : Depuis longtemps, ma préoccupation constante est de faire changer… ou modifier l’image de cet instrument trop souvent associé au culte puisqu’il est dans les églises !
La France est pauvre en orgues dans les salles de concerts contrairement à l’Angleterre, l’Allemagne, les pays nordiques, les Etats-Unis et encore plus récemment le Japon…
Si de nombreux compositeurs, à commencer par Bach, ont composé pour orgue dans le cadre de la liturgie (puisque c’était leur emploi ; et ils ont laissé d’immenses chefs d’oeuvres), une très grande partie du répertoire n’est pas lié au culte. Le grand organiste de Notre-Dame de Paris, Louis Vierne, a composé 6 symphonies pour orgue par exemple.
Aujourd’hui, de nombreux organistes transcrives des oeuvres du répertoire de l’orchestre ou du piano pour l’orgue. Ce travail permet aussi d’exploiter autrement les riches palettes de sonorités qu’offrent l’orgue en général. C’est dans cette optique qu’a été pensé l’orgue de Vouvant. Virgile Monin, organiste en résidence à Vouvant en est l’un des spécialistes.
Quant aux programmes, je suis très interventionniste avec les organistes invités sur la construction des programmes. Les saisons ont souvent un thème général, cette année « L’orgue, c’est Fantastique » en référence à la Symphonie fantastique de Berlioz dont Yves Reichsteiner, directeur du Festival Toulouse les orgues, interprétera de larges extraits.

 

CLASSIQUENEWS : Notez-vous une évolution propre à la nouvelle génération des organistes ? 2 ou 3 noms d’interprètes emblématiques de ce point de vue ?

YVES ROUSSEAU : De plus en plus de magnifiques jeunes organistes. Depuis une bonne trentaine d’années, les grandes classes d’orgues françaises accueillent de jeunes organistes venant de l’étranger.
Grâce aux réseaux sociaux et aux vidéos, on découvre beaucoup de jeunes dans le monde entier. Pour n’en citer qu’un (et pour ne pas provoquer des brouilles avec la jeune génération française), l’allemand Jan Liebermann, 20 ans se distingue nettement ; ses vidéos interpellent par son incroyable talent depuis 3 ans.

 

CLASSIQUENEWS : Depuis les premières saisons, avez-vous remarqué des caractères spécifiques aux spectateurs français (goût, attente, formats de concert, etc…) ? A quelle type d’expériences seraient-ils les plus sensibles ? 

YVES ROUSSEAU : Les concerts du festival sont d’une heure dix maximum et sans entracte. A la fin des concerts, les personnes évoquent beaucoup l’interprète dans sa manière de jouer, de bouger ou de ne pas bouger, de respirer. Je pense que cela aide aussi à la compréhension musicale des oeuvres. J’ai été très surpris dès la première année, de programmer des oeuvres qui n’étaient pas évidentes d’un premier abord et relativement longues: le public a adhéré totalement. Je pense à un programme qui était réparti en 2 concerts le même jour avec 4 oeuvres seulement au programme comprenant Liszt (« As Nos » pour orgue et la Sonate en si pour piano) et Reubke (Sonate pour orgue et Sonate pour piano), avec Thomas Ospital à l’orgue et Josquin Otal au piano.

 

Propos recueillis en avril 2026

 

 

Présentation de la nouvelle saison musicale 2026 à VOUVANT (Sud-Vendée), de mai à décembre 2026 : https://www.classiquenews.com/vouvant-orgue-musique-nouvelle-saison-2026-festival-dorgue-9-juillet-27-aout-2026/

 

VOUVANT (Sud-Vendée), Orgue & musique. Festival d’orgue : 9 juillet – 27 août 2026, nouvelle saison 2026. Les frères Scott, Jan Liebermann, Michel Bourcier…

 

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TOULOUSE, Théâtre National du Capitole. R. STRAUSS : Salomé (nouvelle production), du 22 au 31 mai 2026

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Après La Femme sans ombre, Elektra, Aridane aux Naxos (Ariane à Naxos), voici Salomé, nouvelle production proposée par le Capitole de Toulouse, dans le cadre de son cycle événement dédié à Richard Strauss (1864-1949). Le compositeur bavarois époustoufle et irradie la scène lyrique par son écriture orchestrale flamboyante, hautement dramatique, des personnages intenses et radicaux, une conception du théâtre total qui explore le sujet originel conçu par l’écrivain Oscar Wilde.

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Illustration : Maquette de Salomé © Hernan Penuela

 

 

 

 

 

 

Belle-fille d’Hérode, la jeune beauté Salomé s’éprend d’un prisonnier, maintenu dans les geôles du Tétrarque Herode : le prophète Jochanaan (Jean le Baptiste). Un trouble désir la dévore et la consume la conduisant à danser nue à peine voilée devant son beau-père, puis à réclamer la tête du Baptiste.  Crépusculaire et lascif, le sujet dépeint un tableau mortifère et poisseux où règnent la barbarie humaine, qui sacrifie le Prophète au nom de la jouissance … « ce chef-d’œuvre de subversion tisse génialement Éros et Thanatos, orientalisme et modernité ». Pour en éclairer l’esprit radical, le baryton Matthias Goerne signe sa première mise en scène. Avec, dans le rôle-titre, de Marie-Adeline Henry (inoubliable Jenůfa), qui assure une nouvelle prise de rôle, la distribution sous la direction du straussien Frank Beermann, réunit plusieurs tempéraments irrésistibles qui promet des moments superlatifs d’autant que dans la fosse, se déploie tous les délices sonores de l’excellent de l’Orchestre de l’Opéra national du Capitole, autre argument de poids annonçant la pleine réussite de ce nouveau spectacle.

 

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5 représentations événements
Théâtre du Capitole
Opéra national de Toulouse
https://opera.toulouse.fr/salome-5041647/
Salomé de Richard Strauss – opéra en un acte – 
Livret du compositeur, d’après Oscar Wilde – 
Créé le 9 décembre 1905 au Semperoper de Dresde
Langue : chanté en allemand (surtitré en français)
 – Durée : 1h45 sans entracte
5 représentations événements
vendredi 22 mai 2026 : 20:00 – 21:45
dimanche 24 mai 2026 : 15:00 – 16:45
mardi 26 mai 2026 : 20:00 – 21:45
vendredi 29 mai 2026 : 20:00 – 21:45
dimanche 31 mai 2026 : 15:00 – 16:45

 

 

 

 

 

LIRE le programme de salle complet : https://www.calameo.com/toulouse/read/005971811713c1d72fb8d

 

 

 

autour de la production

Avant chaque représentation : PRÉLUDES
Introduction à l’œuvre, 45 minutes avant le début de chaque représentation par Dorian Astor et Jules Bigey. -Durée : 15 minutes – Entrée libre – Petit foyer du Théâtre du Capitole

 

Jeudi 21 mai, de 9h à 17h
JOURNÉE D’ÉTUDE
Journées scientifiques de conférences et débats, animées par des spécialistes et organisées en collaboration avec l’institut IRPALL. Entrée libre – Foyer Mady Mesplé
Jeudi 21 mai, 18h
CONFÉRENCE
Salomé : « Le mystère de l’amour est plus grand que le mystère de la mort » par Dorian Astor. Entrée libre – Foyer Mady Mesplé

 

 

ENTRETIEN

LIRE notre ENTRETIEN avec Christophe Ghristi à propos de la nouvelle production de Salomé à l’affiche de l’Opéra national du Capitole de Toulouse : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-christophe-ghristi-directeur-artistique-de-lopera-national-du-capitole-de-toulouse-nouvelle-production-de-salome-de-richard-strauss-temps-forts-et-productions-evenem/

 

 

 

 

VIDÉO

présentation de Salomé, nouvelle production au Capitole de Toulouse, par Christophe Ghristi, directeur artistique

 

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OPERA DE TUNIS. « Didon et Enée » de Henry Purcell par Stéphane FUGET et Les EPOPEES. Les 14 et 15 mai 2026

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Didon & Énée de Purcell en création nationale à l’Opéra de Tunis : Stéphane Fuget et Les Épopées réinventent le chef-d’œuvre baroque

 

Les 14 et 15 mai 2026, le Théâtre de l’Opéra de Tunis accueillera une nouvelle production de Didon et Énée de Henry Purcell, sous la direction musicale de Stéphane Fuget et son formidable ensemble Les Épopées. Un événement musical et chorégraphique d’envergure, qui réunit plus de soixante artistes tunisiens et français.

Créé à Londres vers 1689, Didon et Énée est bien plus qu’un simple opéra : il s’agit du premier opéra entièrement chanté de l’histoire britannique. En à peine une heure et demie, Purcell condense l’une des plus grandes tragédies de l’Antiquité, inspirée de l’Énéide de Virgile. Didon, reine fondatrice de Carthage, s’éprend d’Énée, prince troyen en exil. Mais rappelé par les dieux à son destin, celui-ci doit abandonner la reine pour fonder Rome. Meurtrie, Didon choisit la mort plutôt que la soumission. Pure dans sa forme, somptueuse dans son écriture, l’œuvre mêle airs, chœurs et danses dans un équilibre subtil entre musique et théâtre.

Une fusion entre baroque français et modernité méditerranéenne

Pour cette nouvelle production, le Ballet et le Chœur de l’Opéra de Tunis, l’Orchestre Symphonique Tunisien et une dizaine de musiciens baroques français de la compagnie Les Épopées unissent leurs forces. Sous la baguette de Stéphane Fuget et la chorégraphie du Libanais Omar Rajeh, cette version mêle musique baroque et danse contemporaine, proposant une lecture nouvelle et vibrante des tensions méditerranéennes.

La soprano Nesrine Mahbouli incarnera Didon, tandis qu’Énée sera interprété par Haythem Hadhiri (le 14 mai) et Khalil Saied (le 15 mai). La célèbre soprano française Claire Lefilliâtre, cofondatrice des Épopées, rejoindra la production le 15 mai pour chanter « The Plaint », l’air emblématique extrait de The Fairy Queen de Purcell.

Entourés de Lilia Ben Chikha (Belinda), Maram Bouhbal (la Magicienne), ainsi que Wajd Akrou et Oumaima Ben Amar (les Sorcières), les artistes offriront une soirée d’exception dans la Grande Salle de l’Opéra de Tunis.

 

Photos (c) Droits réservés

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Informations pratiques :

Dates : 14 et 15 mai 2026 à 19h30

Lieu : Grande Salle de l’Opéra de Tunis – Cité de la Culture

Tarifs : de 20 à 30 dinars tunisiens

Billetterie : en ligne ou aux guichets de la Cité de la Culture

 

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VOUVANT (Sud-Vendée), Orgue & musique. Festival d’orgue : 9 juillet – 27 août 2026. Les frères Scott, Jan Liebermann, Michel Bourcier…

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Vouvant, cité médiévale du Sud-Vendée, située entre le Marais poitevin et le Puy-du-Fou, distingué par les labels des «Plus Beaux Village de France» et des «Petites Cités de Caractère», possède depuis 2020, à l’initiative de l’association Orgue & Musique à Vouvant, un orgue construit par la Manufacture d’orgues Yves Fossaert dans son église romane classée Monument Historique. C’est l’écrin de concerts et d’événements incontournables dont va être lancée le déjà 6ème saison musicale et culturelle…

 

« L’orgue, c’est fantastique ! » le thème générique de cette nouvelle (et 6ème) saison à VOUVANT en Vendée promet un nouveau cycle de concerts enthousiasmants, soit 15 programmes et événements, avec temps fort, la nouvelle édition du Festival d’orgue, du 9 juillet au 27 août 2026 dont thématique choisie, la fameuse symphonie fantastique de Berlioz, sommet du romantisme français, et pour Vouvant, nouveau défi pour l’orgue local (l’orgue de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Vouvant / facteur Yves Fossaert, 2020)… Yves Rousseau, directeur artistique a conçu une programmation diverse et particulièrement accessible, qui renouvelle totalement l’image de l’orgue, en l’associant étroitement à la vie culturelle du territoire et de ses habitants.

 

CONCERTS 2026
15 concerts de mai à novembre 2026
église de Vouvant

 

MUSICIENS EN HERBE
Dimanche 17 mai 2026 / 11h & 16h
Fête des plantes de Vouvant
Élèves de la classe d’orgue
du conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés
Éric LEBRUN, professeur
Entrée libre – libre participation aux frais
En association avec le Comité des fêtes de Vouvant

 

Vendredi 12 juin 2026 / 19h
TROMPETTES EN FÊTE
Élèves des classes de trompette
des écoles intercommunales de musique du Pays
de Fontenay-Vendée et de Vendée Sèvre Autise
Stéphane BÉGUIER & Fabien SENÉ, professeurs
Mickaël CONNOIR, orgue
Entrée libre – libre participation aux frais
Dans le cadre de l’école intercommunale de musique du Pays
de Fontenay-Vendée

 

dimanche 21 juin 2026 / 16h
FÊTE DE LA MUSIQUE
Élèves de la classe d’orgue du conservatoire
de Poitiers
Olivier HOUETTE, professeur
Entrée libre – libre participation aux frais

 

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FESTIVAL D’ORGUE de VOUVANT
L’Orgue, c’est fantastique !

Le festival d’orgue se tient du 9 juillet au 27 août 2026,
tous les jeudis à 19h (8 concerts).
Église Notre-Dame-de-l’Assomption, VOUVANT (Vendée)

 

 

 

 

THE BROTHERS
Jeudi 9 juillet 2026 / 19h
Jonathan SCOTT, organiste en résidence
au Bridgewater Hall de Manchester, Grande Bretagne
Tom SCOTT, piano
MOZART – DEBUSSY – SAINT-SAËNS – YON – GRIEG –
SCOTT – DE FALLA

 

 

 

20 JAHRE !
Jeudi 16 juillet 2026 / 19h

Jan Liebermann, am 26. Januar 2025 in Berlin

Jan LIEBERMANN, invité d’honneur
de la Philharmonie de Berlin, Allemagne
BACH – WIDOR – MENDELSSOHN – VIERNE

 

 

 

 

 

 

ACADÉMIE LYRIQUE / 4ème ÉDITION
dimanche 19 juillet 2026 / 17h / salle des fêtes
Concert des étudiants de l’Académie lyrique
Toulouse-Occitanie en résidence à Vouvant
Léa PASQUEL, professeur de chant
Christophe LARRIEU, piano
Entrée libre – libre participation aux frais

 

 

 

SANS PAROLES
Jeudi 23 juillet 2026 / 19h
Michel BOURCIER,
Titulaire des orgues de la cathédrale de Nantes
FRANCK – MENDELSSOHN – VIERNE – BACH / REGER

 

CHORAL(S) VARIÉ(S)
Jeudi 30 juillet 2026 / 19h
Véronique LE GUEN, titulaire du grand orgue de Saint-
Séverin à Paris et de l’orgue historique de Carnac
FRANCK – BUXTEHUDE – BACH – BRAHMS – LE DRÉAU –
VIERNE – DURUFLÉ

 

 

THE FRENCH LINE
Jeudi 6 août 2026 / 19h
Nathan LAUBE, professeur d’orgue à l’Eastman
Scholl of Music University de Rochester, États-Unis
BONNET – WIDOR – VIERNE – DUPRÉ – DURUFLÉ

 

CLAVIERS POUR UN ORCHESTRE
BAROQUE IMAGINAIRE
Jeudi 13 août 2026 / 19h
Louis ALIX, orgue et clavecin, titulaire des orgues
de l’église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris
BACH – RAMEAU – ROYER

 

CARNET DE VOYAGE
Jeudi 20 août 2026 / 19h
Virgile MONIN, Grand prix d’orgue de l’Académie
des beaux-arts
GRIEG – PIAZZOLLA – MOUSSORGSKI

 

« LA » FANTASTIQuE
Jeudi 27 août 2026 / 19 h
Yves RECHSTEINER,
Directeur artistique du Festival Toulouse les Orgues
WEBER – CHOPIN – LISZT – BERLIOZ

 

 

 

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JOURNÉES EUROPÉENNES
DU PATRIMOINE
dimanche 20 septembre 2026 / 17h
Éline PERROTIN, cor, professeur à l’école intercommunale
de musique du Pays de Fontenay-Vendée
Christine MÉTAY-SEGUI, organiste en résidence
à Vouvant
Entrée libre – libre participation aux frais

MARCHÉ DE NOËL DE VOUVANT
samedi 28 & dimanche 29 novembre 2026
Cinq mini-concerts de 15 minutes pour les familles
Virgile MONIN, professeur d’orgue au conservatoire
de Tarbes
Entrée libre – libre participation aux frais
En association avec le Comité des fêtes de Vouvant

TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, des artistes invités, des œuvres jouées sur le site Musique et orgue à Vouvant : https://orgueetmusiqueavouvant.com/

Du 17 mai au 29 novembre 2026 a lieu la 6e saison de concerts sur le grand orgue Fossaert de Vouvant avec pas moins de 15 représentations au total. Le festival d’orgue se tient du 9 juillet au 27 août 2026, tous les jeudis à 19h (8 concerts).

 

 

 

 

TARIFS
TARIFS FESTIVAL D’ORGUE
• Concert du 9 juillet : 15 €
Moins de 20 ans : 10 € (uniquement à l’entrée du concert)
Moins de 16 ans : gratuit (uniquement à l’entrée du concert)
• Autres concerts : 10 € / Soutien à l’association : 15 €)
Moins de 16 ans : gratuit (uniquement à l’entrée du concert)
BILLETTERIE
• À l’église une demi-heure avant les concerts (CB possible)
• Offices de tourisme de Vouvant, Fontenay-le-
Comte, La Châtaigneraie, Mervent et Maillezais
Tél. 02 51 69 44 99
• En ligne sur billetterie.vendeegrandsud.fr

 

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ALMADA (Portugal). 6ème Festival dos Capuchos : « Amours et Humeurs » (du 23 mai au 24 juin). Orchestre Consuelo, Orquestra Metropolitana de Lisboa, Mnozil Brass, DSCH Schostakovich Ensemble, Quatuor à cordes de Leipzig…

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Pour sa sixième édition consécutive depuis sa renaissance en 2021 sous la direction artistique de Filipe Pinto-Ribeiro, le Festival de Musique des Capuchos revient en 2026 avec le thème « Amours & Humeurs« , proposant un parcours musical inspiré par la dualité et la complémentarité entre les « amours » — sous leurs multiples formes, humaines et spirituelles — et les « humeurs », traversant l’ironie, la satire, la fantaisie et un esprit de joie.

 

Du 23 mai au 24 juin, Almada redevient le théâtre de l’un des événements culturels les plus importants du Portugal, avec concerts et activités se déroulant dans le cadre emblématique du Convento dos Capuchos, cœur spirituel du Festival, mais également dans divers lieux de la ville, tels que le Theatro Municipal Joaquim Benite, l’Auditório Fernando Lopes-Graça, ainsi que, pour la première fois, une gala d’opéra en plein air au Parque da Paz.

Parmi les temps forts internationaux de cette édition figurent : le retour au Festival du prestigieux Orchestre Consuelo, protagoniste du concert d’ouverture ; le spectacle du 30ᵉ anniversaire du célèbre septuor autrichien Mnozil Brass, souvent qualifié de « Monty Python de la musique classique » ; les concerts du Quatuor à cordes de Leipzig, considéré comme l’un des meilleurs au monde, ainsi que du groupe vocal primé SLIXS, pour sa première apparition au Portugal. Le Festival accueillera également des solistes de renommée internationale tels que les chanteurs Anna Samuil, Peter Sonn et Mandy Fredrich, les violonistes Viviane Hagner et Diana Tishchenko, les violoncellistes Christian Poltéra, Victor Julien-Laferrière et Kyril Zlotnikov, le clarinettiste Pascal Moraguès et le pianiste Eldar Nebolsin, entre autres.

 

 

La scène nationale sera représentée par des figures de premier plan telles que l’Orquestra Metropolitana de Lisboa, dirigée par Pedro Neves, le DSCH Schostakovich Ensemble, en collaboration avec l’actrice Maria Rueff, l’Officium Ensemble dirigé par Pedro Teixeira, le pianiste Nuno Vieira de Almeida et l’actrice Rita Blanco, entre autres. Deux concerts croisant jazz et fado méritent également une mention particulière, avec la chanteuse primée Maria Mendes, installée depuis plusieurs années aux Pays-Bas, ainsi que le retour au Festival du pianiste Júlio Resende et du guitariste Bruno Chaveiro.

Comme toujours, le Festival des Capuchos est également un lieu de réflexion et de partage, auquel viennent s’ajouter diverses activités parallèles, telles que les conversations littéraires, les rencontres pré-concert, une randonnée guidée à travers le paysage protégé de la falaise fossile de la Costa da Caparica, la visite du patrimoine historique du Convento dos Capuchos, ainsi que des masterclasses destinées aux étudiants en musique.

Pour la deuxième année consécutive, le Festival présentera également l’initiative « Opéra pour enfants« , cette fois avec La Flûte enchantée de Mozart, dans une production mise en scène par António Wagner Diniz.

En somme, il s’agit d’une programmation d’excellence qui confirme le Festival de Musique des Capuchos comme une référence incontournable dans le paysage musical national et international.

Le programme détaillé du Festival est disponible sur : https://festivalcapuchos.com

 

 

 

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ALMADA (Portugal). 6ème Festival dos Capuchos : « Amours et Humeurs » (du 23 mai au 24 juin). Orchestre Consuelo, Orquestra Metropolitana de Lisboa, Mnozil Brass, DSCH Schostakovich Ensemble, Quatuor à cordes de Leipzig… Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, DVD, BLU RAY événement. JOHANN SEBASTIAN BACH (1685-1750) : JOHANNES-PASSION / La Passion selon Saint-Jean. Tölzer Knabenchor (solistes et chœur), Linard Vrielink…Orchestre de l’Opéra Royal, Gaétan Jarry)

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Dès l’impressionnante introduction exigeant de tout l’orchestre et de l’ensemble des choristes (ample portique d’ouverture : « Herr, unser Herrscher, dessen Ruhn » qui plonge dans la majesté du tragique), cette Passion selon Saint-Jean affirme un très fort tempérament collectif, d’abord porté par le chœur invité sous la nef de la Chapelle Royale : les garçons de l’excellent Tölzer Knabenchor (Chœur de garçons de Tölz), très investis et expressifs, d’autant plus habités qu’ils sont familiers de la partition,… ils expriment l’intensité comme le relief de chaque séquence. La construction spirituelle de la Passion se réalise avec une rare acuité : Bach ayant conçu un drame sacré entre bouleversante tendresse compassionnelle et épisodes tragiques souvent fulgurants.

 

 

Même le cynisme parodique, l’ironie mordante de la foule humiliant et se moquant de Jésus (couronné d’épines entre autres) puis leur haine barbare appelant à le crucifier, ou la frénésie des soldats se partageant la tunique pourpre du supplicié… se déversent sans fard.

Le génie de la synthèse et l’exigence poétique façonnent une écriture particulièrement dramatique qui souligne tout le sens du Sacrifice de Jésus : ici pas de chanteuses, mais une distribution essentiellement masculine, les airs pour soprano étant assurés par les jeunes solistes du chœur invité, dont quatre particulièrement investis, palmes spéciales pour le soprano exalté, ardent, faisant feu de tout bois, d’une exceptionnelle vitalité ; sans omettre le jeune alto pour l’air axial de toute la partition (« Es ist volbracht » / Tout est accompli avec viole de gambe) mais aussi le soprano réalisant le second air le plus bouleversant avec flûte, hautbois, basson, « Zerfließe, main Herze… /Fonds, mon cœur en flots de larmes… » ; le chant de ces garçons là est autant impliqué sinon davantage encore que leurs ainés … Assurément les piliers de la production sont les 4 jeunes solistes sortis du Chœur munichois : les spectateurs français découvrent ce chant engagé de la part de jeunes chanteurs venus d’outre-Rhin, d’autant plus saisissants que tels formation et style sont encore absents dans l’Hexagone. Créé depuis 1956, les jeunes interprètes originaires de Haute Bavière déploient des qualités expressives indiscutables, surprenantes même de la part d’aussi jeunes chanteurs. Leur approche est d’autant plus juste qu’elle respecte les conditions de réalisation de l’époque où Bach était directeur de la musique à Saint-Thomas et à Saint-Nicolas de Leipzig.

Aux côtés des plus jeunes, l’Évangéliste de Linard Vrielink fusionne dramatisme et élégance dans un chant très proche du texte, ardent diseur, de bout en bout passionnant. Saluons aussi la somptueuse basse Nicolas Brooymans, comme Halidou Nombre, soliste issu de l’Académie de l’Opéra Royal.

Le geste ample, sobre de Gaétan Jarry, précis et clair qui nous gratifie de beaux phrasés, restitue l’humanité, une douceur salvatrice, en particulier dans le dernier choeur, attendrissante et enveloppante (saisissant « Ruht wohl / Reposez en paix ») qui bouleverse littéralement par sa justesse et sa sincérité. Sans réserve, un témoignage incontournable d’un concert mémorable sous les ors et le marbre de la Chapelle Royale. Ce concert fixe le très haut intérêt des programmes présentés à Versailles dans le cadre de la Semaine Sainte chaque année.

 

 

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CRITIQUE, DVD, BLU RAY événement. JOHANN SEBASTIAN BACH (1685-1750) : JOHANNES-PASSION / La Passion selon Saint-Jean – 1 dvd, 1 Blu Ray – Château de Versailles Spectacles – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

Linard Vrielink (l’Évangéliste)
Moritz Kallenberg, ténor
Nicolas Brooymans (Jésus)
Halidou Nombre (Pilate)
Solistes du Tölzer Knabenchor (Munich)
Tölzer Knabenchor, 
Orchestre de l’Opéra Royal
 / Gaétan Jarry, direction

 

 

présentation / annonce

LIRE aussi notre présentation du DVD BLU RAY Passion selon Saint-Jean de Bach / Orchestre de l’Opéra Royal, Tölzer Knabenchor (Château de Versailles Spectacles CVS, avril 2024) : https://www.classiquenews.com/dvd-blu-ray-evenement-js-bach-la-passion-selon-saint-jean-orchestre-de-lopera-royal-tolzer-knabenchor-chateau-de-versailles-spectacles-cvs-avril-2024/

Œuvre majeure de la musique sacrée, conçue à l’origine pour le Vendredi Saint 7 avril 1724, elle invite à une méditation mystique. Elle est dirigée par Gaétan Jarry à la tête des instrumentistes de l’Orchestre de l’Opéra Royal et la participation non moins exceptionnelle du Tölzer Knabenchor, chœur d’enfants fondé depuis 1956, particulièrement familier de l’interprétation de Bach… – dvd coup de cœur de la Rédaction, CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 – Critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS.COM

 

 

DVD BLU RAY événement, annonce. JS BACH : La Passion selon Saint-Jean, Orchestre de l’Opéra Royal, Tölzer Knabenchor (Château de Versailles Spectacles CVS, avril 2024)

 

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PARIS, BERNARDINS. Symphonies, Lieder et Concerto Jeunehomme de MOZART, les 28 mai, 3, 9 et 10 juin 2026. David Fray, Benjamin Appl, Orchestre Idomeneo, Débora Waldman…

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Suite de l’exceptionnelle saison MOZART au Collège des Bernardins. Rien de tel pour (re)découvrir l’écriture de Wolfgang Amadeus Mozart, génie des Lumières qui exprime comme nul autre la passion comme la tendresse du cœur humain… Au programme de mai et juin, la suite des symphonies, dont la Symphonie dite des Jouets de… Leopold ; certains Lieder pour baryton, et le sublime Concerto pour piano « Jeunehomme »… un emblème irrésistible de toute la littérature des concertos pour piano… CLASSIQUENEWS distingue les temps forts d’une saison mozartienne événement aux Bernardins. Ci après, 4 dates incontournables :

 

 

Jeudi 28 mai 2026
Symphonies n°18, 19, 25
Orchestre Idomeneo
Débora Waldman, direction

Pour sa Saison Mozart, le Collège des Bernardins accueille la cheffe Débora Waldman et son Orchestre Idomeneo qui interprètent pour la première fois dans un même lieu et lors d’une même saison l’intégrale des 41 symphonies mozartiennes. Les symphonies n°18 et 19 ont été écrites par un compositeur de 18 ans, dont la profondeur et la maturité saisissent et fascinent toujours. Quant à la symphonie n°25, elle est la première écrite en sol mineur, où s’exprime un Mozart tourmenté par un mariage impossible et un employeur autoritaire… un préfiguration de l’avant dernière, n°40 en sol mineur.
Réservez vos places directement sur le site du Collège des Bernardins : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-symphonies-no-18-19-et-25

 

Mercredi 3 juin 2026
Concert de midi
Leopold MOZART : Symphonie des jouets
Qui est le véritable auteur de cette partition pleine de surprises ? Haydn, Léopold Mozart, ou plutôt le moine autrichien Edmund Nagerai ? Peu importe : la Symphonie des jouets, composée vers 1765, est devenue un classique du répertoire ludique. À côté des instruments à cordes, on y entend sifflets à eau, appeaux, tambours d’enfants, crécelles et autres instruments-jouets… Une partition joyeuse et inventive, pensée pour amuser autant les petits que les grands. Les Paladins, dirigés par Jérôme Correas, redonne vie à cette œuvre facétieuse, théâtrale, parodique et légère…dans une approche vivante et engagée.
Réservez vos places directement sur le site du Collège des Bernardins : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/concert-de-midi—mozart-la-symphonie-des-jouets

 

Mardi 9 juin 2026
MOZART : Lied pour baryton et piano
avec Benjamin Appl et David Fray
Dans l’esprit des soirées musicales que Mozart aimait organiser à Vienne, ce concert de la saison Mozart au Collège des Bernardins propose un programme intimiste mêlant pièces pour piano seul et mélodies. Au clavier, David Fray dévoile son goût pour la musique de chambre, en solo puis en duo avec le baryton Benjamin Appl, pour un moment en nuances et complicité. Ancien élève de Dietrich Fischer-Dieskau, le baryton Benjamin Appl défend depuis longtemps l’art du lied. Timbre chaleureux, élégance musicale sont ses qualités qui en font un interprète convaincant du répertoire germanique et mozartien.

Réservez vos places directement sur le site du Collège des Bernardins : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-lied-pour-baryton-et-piano-avec-david-fray

 

Mercredi 10 juin 2026
Mozart : Concerto pour piano « Jeunehomme »
avec David Fray, piano / Orchestre Consuelo

Le pianiste David Fray interpréte et dirige du clavier (comme Mozart à son époque) le célèbre Concerto « Jeune Homme », œuvre audacieuse et fondatrice du jeune Mozart, à tel point qu’Alfred Einstein l’a surnommée « L’Héroïque ». Il sera accompagné par l’orchestre Consuelo. Réputé pour son jeu subtil et profond, David Fray s’est imposé comme l’un des pianistes français majeurs de sa génération, salué pour ses interprétations de Bach, Mozart et Schubert.

Réservez vos places directement sur le site du Collège des Bernardins : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-concerto-pour-piano-jeunehomme-avec-david-fray

 

 

FORFAIT billets / achetez le pass Mozart 5 concerts :
Plongez au cœur de la saison Mozart avec le Pass 5 concerts !
https://www.billetweb.fr/pro/passmozart

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ORCHESTRE NATIONAL AUVERGNE RHÔNE-ALPES. Grand Concert au Stade Marcel-Michelin, le 3 juillet 2026. Quatre Saisons de Vivaldi et 9ème Symphonie de Beethoven, Thomas Zehetmair (direction)

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L’Orchestre national Auvergne Rhône-Alpes vous donne rendez-vous le 3 juillet à Clermont-Ferrand pour un événement exceptionnel en plein air. La phalange auvergnate investira le mythique Stade Marcel-Michelin le temps d’un grand concert symphonique qui s’annonce déjà comme l’un des temps forts de l’été clermontois. Sous la direction musicale de son éminent directeur musical, le violoniste et chef Thomas Zehetmair – artiste de renommée internationale – l’Orchestre national d’Auvergne proposera un programme grandiose, alliant baroque italien et romantisme allemand.

 

 

Thomas Zehetmair dirigera ainsi, depuis son violon, l’œuvre la plus célèbre d’Antonio Vivaldi : Les Quatre Saisons. Le public redécouvrira Le Printemps, L’Été, L’Automne et  L’Hiver dans une interprétation vibrante, avant l’apothéose que constituera la Symphonie n° 9 en ré mineur de Ludwig van Beethoven, portée par un beau plateau vocal : Anne Derouard (soprano), Marion Vergez-Pascal (mezzo-soprano), François Rougier (ténor), Louis Morvan (basse). À leurs côtés, le Chœur d’Oratorio de Lyon et la participation du Canto General Auvergne donneront toute sa puissance à l’Ode à la joie, dans une communion orchestrale et chorale rare.

 

 

Billetterie en ligne, tickets en vente sur le site de l’OnA / Orchestre national Auvergne Rhônes-Alpes : onauvergne.com

 

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CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU. BALTHASAR NEUMANN Ensemble / THOMAS HENGELBROCK, Ven 15, sam 16, dim 17 mai 2026. Festa Teatrale : Monteverdi, Rossi, Legrenzi…

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Sous les ors et les voûtes du Château de Fontainebleau, dans l’écrin palatial bellifontain, demeure des rois de France, de François Ier à Napoléon III… le chef d’orchestre Thomas Hengelbrock et les musiciens (chanteurs et instrumentistes) de son Ensemble Balthasar Neumann (Balthasar Neumann Choir and Orchestra / BNCO) font vibrer salles et sites historiques, à travers un cycle de concerts et d’événements musicaux dont ils ont le secret ; leur résidence au Château réactive l’idée d’un foyer artistique au cœur du palais ; elle propose concerts flamboyants, répétitions ouvertes au public, rencontres avec les artistes, projets pour la jeunesse et actions solidaires… La saison 2026 est la 6ème année de cette résidence particulièrement riche et active.

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Photo Ensemble Balthasar Neumann © Mina Esfandiari

 

 

A Fontainebleau, la musique ne se joue pas seulement : elle incarne des valeurs culturelles et humaines qui favorisent la découverte, le partage, l’altruisme, l’interaction collective…
Rien de plus adapté pour animer, rendre plus vivant et accessible, l’ensemble patrimonial bellifontain.
« Dans ce décor royal, chaque note devient un écho aux fastes passés, chaque silence une promesse d’émotion pure ». Pour preuves, après les concerts dédiés à Haendel en mars, le mois de mai affiche une somptueuse (et prometteuse) « FESTA TEATRALE », le week end des 15, 16 et 17 mai prochains : soit plusieurs concerts où madrigaux et pièces du premier Baroque (17è siècle) seront à l’honneur.

 

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FESTA TEATRALE
Château de FONTAINEBLEAU, Salle de Bal
Ven 15, Sam 16, Dim 17 mai 2026
Au programme : œuvres de Monteverdi, Rossi, Legrenzi et Lassus
Madrigaux et pièces du 17ème siècle européen
Vendredi 15 et samedi 16 à 19h30 / 
Dimanche 17 à 15h

 – Durée : 70 minutes, sans entracte
PLUS D’INFOS sur le site de l’ENSEMBLE BALTHASAR NEUMANN / Thomas Hengelbrock :
https://www.balthasar-neumann.com/calendar/
PLUS D’INFOS sur le site du Château de Fontainebleau temps forts 2026 :
https://www.chateaudefontainebleau.fr/les-temps-forts-du-chateau-en-2026/
Prochain rv incontournable du 9 au 25 octobre 2026 : « MARIE-ANTOINETTE, les concerts de la Reine »  –  Vendredi 9 et samedi 10 octobre à 19h30, Dimanche 11 octobre à 15h
CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU, Salle de Bal
Durée : 70 minutes, sans entracte

 

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CRITIQUE, concert. VILLARS-SUR-OLLON, le 24 avril 2026. Récital AVA BAHARI, violon / Andrei Banciu, piano. CHAUSSON, RAVEL, BEETHOVEN…

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D’une vivacité continue, le geste de la violoniste suédoise Ava Bahari s’expose ce soir au Villars Palace (Salon Hergé) dans le cadre de la série de concerts proposée par Villars Music, … une offre musicale exceptionnelle, tout à fait adaptée dans un cadre aussi somptueux. La jeune interprète cultive un souffle souverain, un naturel chantant qui sait s’immerger dans les profondeurs plus sombres, exprimant tout ce que chaque partition détient  : la subtilité du son, l’intensité jamais appuyée, la souplesse comme l’infinie sensibilité des nuances de phrasés clairs et tenus … autant d’éléments personnels qui servent essentiellement le sens unitaire, l’architecture globale, dévoilant souvent une compréhension personnelle, très investie, à la fois organique et même viscérale qui éclairent de l’intérieur la structure des partitions.

 

 

 

Ceci transparaît dès le Poème de Chausson, – préambule audacieux, qu’anime une houle intérieure, à la fois enivrée et passionnée … Sur les traces du drame de Tourgueniev dont s’inspire Chausson, les deux interprètes savent exprimer dans l’âpreté et l’amertume, cette bouleversante série de confessions et d’élans contradictoires dont la couleur tragique s’éclaire à la fin, la voix du violon exprimant ce « Chant de l’amour triomphant« , titre du texte de l’écrivain et que reprend mot à mot Chausson sur le manuscrit de sa version violon / piano. Photo ci-dessus © classiquenews 2026

 

Puis les instrumentistes abordent sans réserve le flux contrasté et rugueux de Tzigane dont le caractère  nerveux, mordant éclaire un autre aspect du jeu de la violoniste : sa fougue expressive, une  énergie, subtilement canalisėe, qui s’enflamme sans jamais perdre la précision ni la nuance.

Ce avec d’autant plus de constance que la violoniste partage une même vision sonore et poétique avec son partenaire familier, Andrei Banciu. Tous deux ont déjà joué ensemble Ravel et Chausson  ; ce soir, ils ajoutent la Sonate Kreutzer de Beethoven, qu’interprète pour la première fois la violoniste. C’est un pari gagné car le 2ème mouvement, en particulier, ample et fluide, permet au duo de se répondre et fusionner, de respirer dans le même souffle, dans une suite d’élans partagés où les deux voix s’unissent, s’enroulent, dans un entrelac de plus en plus exalté, et qui semble à plusieurs reprises ne plus toucher terre, comme aspiré dans une attraction double.

Presque trentenaire, Ava Bahari est une artiste accomplie : l’ambition et la versatilité du programme le démontrent sans réserve ; c’est aussi à Villars, un modèle pour les plus jeunes instrumentistes … Son jeu brille avec d’autant plus de feu et d’éclat qu’elle est elle-même une ancienne élève de l’Académie Villars (Villars Music Academy), inscrite dès la première session de la formation créée par Aline Champion (2022), elle-même premier violon du Philharmonique de Berlin pendant plus de 25 ans …

 

 

 

 

Villars Music : l’école de l’excellence
au plus haut niveau

La virtuosité technicienne, la discipline, la conscience portée vers soi et les autres, la connexion au monde, l’écoute de son corps, la quête du sens et une conception globale de la pratique musicale sont autant d’aspect du métier qu’Ava Bahari a pu ainsi absorber, mesurer, comprendre, intégrer dans un alignement propice pour son propre développement.
Cet enseignement si particulier et si complet a été conçu, mûri, affiné par Aline champion, l’expérience et une exigence exceptionnelle composent ici un cocktail détonant qui redéfinit aujourd’hui la réalité et les enjeux de la transmission.
Sa vision de l’apprentissage, son expérience globale et profonde du métier d’instrumentiste (dans l’orchestre et comme soliste), sont une source fondamentale et irremplaçable pour tout musicien qui souhaite se développer comme personne et comme artiste, comprendre son futur métier, agir et jouer en pleine conscience.

Tout cela s’entend ce soir dans ce jeu qui respire, murmure, émeut, saisit, terrasse ou enivre littéralement ; dans cette versatilité intérieure, fluide et facétieuse, qui fait aussi les délices et le miel de son approche du Concerto de Sibelius qu’Ava Bahari vient de faire paraître pour Alpha avec le Goteborg Symphony Orchestra dont elle est artiste en résidence depuis deux saisons déjà.

Voilà qui va stimuler et encourager les jeunes vocations : Aline Champion vient de nommer Ava Bahari,  » Youth Ambassador «  : ambassadrice de Villars pour la jeunesse. Belle reconnaissance et encouragement pour témoigner, partager, transmettre …

A Villars chaque année ont lieu plusieurs académies dédiées au perfectionnement des jeunes artistes : à leur développement humain comme artistique. La transmission des valeurs les plus fondatrices et structurantes étant au coeur d’une plateforme pédagogique désormais unique au monde : cette année, l’habituelle Music Academy estivale (cette année du 5 au 12 juillet), destinée aux jeunes instrumentistes à cordes est précédée d’une Junior Academy regroupant pour la première fois en 2026, 30 jeunes musiciens scrupuleusement sélectionnés âgés de 8 à 18 ans, et qui pendant 6 jours suivront l’une des formations les plus complètes au monde. Cette ”première” aura lieu à Villars du 28 juin au 4 juillet, couronnée par un concert d’orchestre, tremplin idéal pour les jeunes académiciens, déjà invités à jouer ainsi collectivement en public.

 

 

Mais Aline Champion élargit et enrichit encore sa proposition en faisant de la musique et de l’art en général une formidable force d’apprentissage et de transformation. En fondant Villars Music, il ne s’agit pas seulement de transmettre des valeurs et une vision fondamentales et globales. Le but est aussi d’affiner les consciences, de mesurer ce qui fonde et définit essentiellement l’humain en le raccordant au vivant, tout en lui transmettant les clés pour favoriser cet équilibre. Dans une prochaine série d’événements à présent en construction, la bouillonnante musicienne au talent visionnaire, permettra de préciser davantage ce qui pourrait demain redéfinir la place de la musique et du musicien, celle de l’art en général, ce qu’ils permettent de comprendre de notre humanité et de notre  planète ; l’art détient des clés pour comprendre qui nous sommes, ce qui nous définit … et ce qui pourrait rétablir cet équilibre perdu dans notre monde déréglé. Une chance en réalité et une promesse dont Classiquenews suivra pas à pas manifestations et avancées. A suivre.

 

Ava Bahari et Andrei Banciu © classiquenews 2026

 

 

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CRITIQUE, concert. VILLARS-SUR-OLLON, le 24 avril 2026. Chausson, Ravel, Beethoven … Ava Bahari, violon / Andrei Banciu, piano

 

 

 

 

 

 

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AGENDA de la VILLARS MUSIC
Villars sur Ollon (Suisse)
Junior Academy, 28 juin 4 juillet 2026
Music Academy, 5 11 juillet 2026
Concerts Villars Music 
au Villars Palace :
4 juillet 2026 : concert de la Junior Academy
Concert de clôture avec jeunes solistes et orchestre de chambre ;
10 juillet 2026 : concerts des lauréats de la Villars Music Academy
avec grands solistes et professeurs ;
11 juillet 2026 : Gala et Remise du Prix Robert Dunand
avec Vineta Sareika, Jens Peter Maintz, Walter Küssner et Noriko Sugiyama ;
7 novembre 2026 : récital de Kirill Gerstein

 

 

 

Villars Music Lab
Du 2 au 6 déc 2026
Programme résidentiel exclusif pour 15 instrumentistes d’exception

 

 

Toutes les infos sur le site de l’association Villars Music :
https://villarsmusicacademy.org/ 

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CRITIQUE, CD événement. SANTORO (Paulistanas, Preludios) / VILLA-LOBOS (Ciclo brasileiro, Chôros V, Bachiana brasileira n°4). Marcos Madrigal, piano (2 cd Habanero)

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Le choix de Cláudio Santoro (rare compositeur au disque comme au concert, mort en 1989) souligne l’engouement (justifié) du jeune label «  Habanero » (lire notre entretien avec son fondateur Pierre-Yves Lascar, lien en fin de texte) pour les cultures latino-américaines. C’est pourtant moins l’énergie de ses rythmes dansants que l’élégance d’une inspiration nostalgique, d’une pudeur égale et continue, d’une sensualité allusive qui jaillit irrésistiblement des pièces jouées dans le CD1.

 

 

 

 

Le tropisme brésilien, sa capacité à exprimer l’émerveillement intime transparaît très nettement – intention générale de tout ce premier cd ?-, dès les deux premiers épisodes : deux « Preludios » intitulés « Tes yeux » (de 1957) que le pianiste Marcos Madrigal enveloppe d’une douceur qui berce. La sonorité douce et cristalline, le geste libre et d’une insouciance assumée en relève la joie intérieure, que rompt dans une cadence aussi lumineuse et plus nerveuse rythmiquement, le « Moderato » du cycle suivant « Paulistanas » de 1953. Le pianiste fait chanter le clavier de plus en plus affirmé et conquérant. L’humeur flottante, nourrie par un jeu tout en nuances transparaît et enchante littéralement à travers plusieurs Préludes de ce cycle de 12 (« Molemente chorosa », d’une tendresse alla Satie ; « Lento expressivo », fusion réussie entre langueur et passion ; ou encore, les paysages comme suspendus et d’une plénitude très suggestive de « Lento » / plage 13, plage 14, sans omettre les deux derniers « Andante » de 1963, le premier en forme de berceuse ou de marche, le second semant des questions d’une exceptionnelle pudeur). Le pianiste sait déployer de subtiles résonances dans un jeu qui explore et révèle toutes les séductions harmoniques d’une écriture essentiellement poétique. Le style et l’approche soulignent combien l’art de Santoro s’inscrit au carrefour des lignes ténues entre improvisation et abstraction, dans une série d’atmosphères énigmatiques qui semblent tout autant questionner le sens de chaque prélude ainsi conçu comme autant d’haïkus, riches, mystérieux, interrogatifs.

Le CD2 aborde un compositeur plus célèbre à travers plusieurs pièces qui sont devenues emblématiques de la culture brésilienne moderne, mêlant dans une belle synthèse, accents occidentaux et folklores brésiliens idéalement retranscrits et intégrés : d’Heitor Villa-Lobos (), Marcos Madrigal joue les ultra célèbres (mais indiscutables et irrésistibles) 4 séquences si variées du « Ciclo brasileiro », Chôros V, Bachiana brasileira n°4, sans omettre l’enivrante « Dansa » de 1930… L’occidentalisme de Villa-Lobos transparaît pour sa part dans la Bachiana n°4, dont l’esprit et la forme des deux pièces successives (Prélude puis choral) tisse un lien naturel avec … Bach : dans l’épure d’un son pourtant plein et complexe, investi et riche. Dès le premier air carioca « Plantio do caboclo », le jeu lumineux, allusif de Marcos Madrigal exprime toute l’exaltation jaillissante d’un Villa-Lobos comme enivré par sa propre écriture ; passionné et d’une vibrante pudeur lui aussi (« Impressões seresteiras » qui suivent). Contrastes et fulgurances dramatiques, somptueuses vagues lyriques, d’un souffle romantique alla Liszt, échappées poétiques murmurées, … l’extrême volubilité du jeu pianistique fait merveille dans une collection de perles qui se succèdent avec une formidable cohérence.

Le jeu suggère autant qu’il exprime l’énergie même de la vie et du mouvement, avec cette capacité à enflammer, embraser, crépiter et tout autant s’alanguir jusque dans la volupté secrète (Chôros V). Santoro / Villa-Lobos : splendide diptyque. La prise de son, le choix du piano, à la fois présent, détaillé, aux harmonies vaporeuses souhaitées, mais aussi le soin apporté à l’édition du livret – comprenant photos des compositeurs et carnets de dessins évocateurs, ajoutent à la haute valeur artistique du présent double album. CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026.

 

 

 

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CRITIQUE, CD événement. SANTORO (Paulistanas, Preludios) / VILLA-LOBOS (Ciclo brasileiro, Chôros V, Bachiana brasileira n°4). Marcos Madrigal, piano (2 cd Habanero – enregistré à Oxford en août et sept 2017) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

 

 

 

 

 

entretien

 

ENTRETIEN avec Pierre-Yves LASCAR, créateur du nouveau label « Habanero »… ligne artistique, projets musicaux, artistes et répertoires à venir…

ENTRETIEN avec Pierre-Yves LASCAR, créateur du nouveau label « Habanero »… ligne artistique, projets musicaux, artistes et répertoires à venir…

La création d’un nouveau label n’est jamais anodine… dans ce climat délétère où la culture et la musique sont particulièrement sacrifiées, des signes positifs exprimeraient-ils la résilience des acteurs les plus motivés ? C’est assurément le cas de Pierre-Yves Lascar qui après Artalinna, fonde ce printemps, un second label, « Habanero », claire manifestation de son goût pour les musiques d’Amérique latine. En préservant plus que jamais la quête d’un son idéal, né d’une adéquation miraculeuse entre un lieu un artiste, un répertoire, l’entrepreneur inspiré lance sa nouvelle marque ce 25 mars au 360 à Paris, lors d’une soirée brésilienne dont les 1000 facettes découlent d’un mariage d’épices singulier, personnel…

 

 

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CHOEUR & ENSEMBLE POSEIDON. BACH et ses pairs (Motet « Jesu, meine Freude »…). PARIS, Eglise Notre-Dame des Blancs-Manteaux, les 30 et 31 mai 2026

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Bach, racines et rayonnement : l’Ensemble Poséidon dévoile les sources du « Jesu, meine Freude »

 

L’Ensemble Poséidon, dirigé par son fondateur et chef Arnaud Condé, propose une plongée inédite dans l’univers de Jean-Sébastien Bach. Non pas le Cantor de Leipzig devenu icône, mais le Bach héritier et fils spirituel d’une lignée de musiciens, d’ascendants, de parents et de maîtres plus âgés qui ont façonné son art à la tribune de l’orgue comme à la baguette du chœur.

Au cœur de ce programme : le célèbre motet « Jesu, meine Freude » (BWV 227), sommet du répertoire baroque germanique. Autour de cette pièce centrale, Arnaud Condé a tissé un dialogue passionnant avec des œuvres de compositeurs ayant précédé ou influencé le maître saxon : noms moins connus du grand public, mais voix essentielles de la tradition luthérienne et de l’école d’orgue d’Allemagne centrale.

Un concert qui se vit comme une généalogie musicale, où l’on entend les racines avant de goûter au fruit. L’Ensemble Poséidon – dont la justesse d’intention et la clarté du propos ont déjà été saluées dans ces colonnes – réunira chœur et solistes pour deux dates exceptionnelles, dans l’écrin acoustique de l’église Notre-Dame des Blancs Manteaux (Paris 4e) :

 

  • Samedi 30 mai à 16h

  • Dimanche 31 mai à 19h

 

Entrée libre (participation aux frais, suivant l’usage).

Une belle occasion de découvrir ou redécouvrir le motet de Bach dans son écosystème originel, loin des clichés, avec l’humilité et l’exigence qui caractérisent le travail d’Arnaud Condé et de ses chanteurs.

 

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CHOEUR & ENSEMBLE POSEIDON. BACH et ses pairs (Motet « Jesu, meine Freude »…). PARIS, Eglise Notre-Dame des Blancs-Manteaux, les 30 et 31 mai 2026. Crédit photographique (droits réservés)

 

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LES ARTS FLORISSANTS. Chantez Bach ! PARIS, Philharmonie : merc 13 mai 2026. Paul Agnew (direction)

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Paul Agnew poursuit avec les musiciens des Arts Florissants son cycle « Bach, une vie en musique »… La nouvelle étape de mai 2026 est consacrée à une période cruciale pour le compositeur : sa première année à Leipzig…  Au printemps 1723, Johann Sebastian Bach obtient le poste de Cantor de la ville de Leipzig… mais sans avoir été le premier choix. Il lui faut donc faire ses preuves. Son entrée en fonctions s’accompagne d’une très intense activité d’écriture ; …

 

 

 

… son nouveau poste l’engage notamment à fournir une cantate pour chaque dimanche et jour férié. S’ajoute encore la direction musicale de ces nouvelles compositions. Le temps de répétition étant très limité, Bach ne dispose souvent que d’une seule journée pour travailler une nouvelle pièce avant qu’elle ne soit donnée en public.
Le programme conçu par Paul Agnew célèbre l’effervescence créative de Bach « en cette folle année 1723 », marquée par une productivité exceptionnelle et un travail quasi quotidien sur la forme de la cantate. Les quatre œuvres réunies ici – toutes trois de 1723 – sont ainsi mises en regard d’une autre cantate, écrite par un compositeur dont Bach était admirateur : Dietrich Buxtehude.

 

 

Chantez Bach / Leipzig, 1723
PARIS, Philharmonie
mercredi 13 mai 2026, 20h
LES ARTS FLORISSANTS / Paul Agnew (direction)
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site des Arts Florissants : https://www.arts-florissants.org/evenements/chanter-bach-leipzig

 

 

À la Philharmonie de Paris, le public sera invité à chanter avec les chanteurs et instrumentistes des Arts Florissants à l’issue du concert, lors d’un « bis » participatif préparé à l’avance. De quoi faire de cette soirée un moment de partage fort en émotion…
Photo : Paul Agnew © Vincent Pontet
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LA SEINE MUSICALE. Mercredi 6 mai 2026. RACHMANINOV : Symphonie n°3, Concerto n°2. Nikita Mndoyants, piano / Orchestre Appassionato, Mathieu Herzog (direction)

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L’intégrale de la musique pour orchestre de Sergueï Rachmaninov : voilà l’invitation de La Seine Musicale dans le cadre de la saison en cours : une aventure musicale à travers l’apogée du romantisme russe en 3 saisons et 5 concerts, à vivre jusqu’en 2028.

 

Rachmaninov renoue avec le succès avec son Concerto pour piano n° 2. Alors qu’il sombre dans la dépression, suite à l’échec de sa première symphonie, le jeune compositeur disciple fervent de Tchaikovsky, remet l’ouvrage sur le métier encouragé par un médecin hypnotiseur qu’il consulte quotidiennement de janvier à avril 1900. Le concerto est achevé un an plus tard : la musique a triomphé du mal, cette nouvelle partition est un succès. Rachmaninov, passionnée, nostalgique tisse une partition crépusculaire, « une longue nuit tourmentée d’où finit par émerger une force lumineuse ».
Une atmosphère tout aussi riche et ambivalente domine également la Symphonie n° 3 qui naît dans le registre sombre des cordes. Lugubre, l’horizon s’éclaircit et chante grâce à la prodigieuse inspiration mélodique du compositeur lequel place le scherzo, « épique et flamboyant », en deuxième position (et non en troisième comme habituellement).

 

Mathieu Herzog, Nikita Mndoyants et l’Orchestre Appassionato poursuivent leur exploration des œuvres de Rachmaninov dans ce deuxième concert enregistré qui confronte deux de ses partitions les plus captivantes. Un nouvel épisode de l’intégrale Rachmaninov pour (re)découvrir les clés les plus intimes de l’âme russe.

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Mercredi 6 mai 2026, 20h30
La Seine Musicale
Cycle Rachmaninov #2
Symphonie n°3
Concerto n°2
Nikita Mndoyants, piano
Orchestre Appassionato
Mathieu Herzog, direction
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de la Seine Musicale :
https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/rachmaninov-concerto-2-symphonie-2-mathieu-herzog-orchestre-appassionato/
Durée : 1h55

 

Chaque concert fait entendre une œuvre symphonique et un concerto, – dytique immortalisé par un enregistrement live qui capte ainsi les mystères et les trésors de l’âme russe, synthèse de passion et de tragique, d’ivresse et d’espérance, magnifiée par l’expérience de la scène pour former une nouvelle Collection Rachmaninov.

 

 

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CRITIQUE, danse. MONACO, Grimaldi Forum, le 28 avril 2026. « Core Meu » par Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo

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Et dire que certains pensent encore que le ballet est affaire de distance compassée et de silence de cathédrale ! Il fallait être là, hier soir dans la Salle des Princes du Grimaldi Forum à Monaco, pour voir ce que Jean-Christophe Maillot et ses cinquante danseurs et danseuses des Ballets de Monte-Carlo ont déclenché. Une marée humaine debout, des milliers de mains frappant en rythme, des artistes descendant de scène pour mêler leurs corps en sueur à ceux du public, et au milieu de cette liesse, une émotion à la fois viscérale et sacrée. Voilà ce qu’est Core Meu : non pas un spectacle qu’on regarde, mais un rite auquel on assiste, et qui finit par vous posséder.

 

Créé sur la place du Casino pour la première « Fête de la Danse » en 2017, repris au Grimaldi Forum en avril 2019 puis à Lecce et Bari, ce spectacle est de retour dans sa terre d’élection monégasque. Il a grandi, il a mûri – et il nous a littéralement incendiés. Dès le premier tableau (« Sufi« ), on comprend que Maillot a réalisé un prodige d’équilibriste. D’un côté, la rigueur académique des Ballets de Monte-Carlo, ces pointes qui fusent avec une précision d’orfèvre. De l’autre, la Tarentelle des Pouilles, cette danse frénétique et ancestrale que l’on croyait indomptable par la discipline classique. Et pourtant : les danseuses déploient leurs jupes plissées comme des éventails, les danseurs luttent avec une grâce de lutteurs antiques, et tous tournoient autour des musiciens posés au centre de la scène tels les points vibrants d’un mandala humain.

 

 

Car Core Meu parle de transe et de sacrifice. Il n’y a rien de « joli » ici. Il y a du rugueux, du viscéral, du sacré. Ce ballet nous ramène aux confins de la Méditerranée, dans cette région des Pouilles où l’on croyait que la danse effaçait la morsure métaphorique de la tarentule. Chaque tableau, et il y en a dix, porte un nom. Et quel nom pour le final : « Tremula Terra » : la terre qui tremble ! Et le vaste plateau de la Salle des Princes a tremblé, hier soir. Elle a tremblé sous les pas des cinquante artistes, mais aussi sous les voix et les rythmes d’Antonio Castrignanò et de ses sept musiciens des Taranta Sounds. Comment ne pas être saisi par ce chanteur apulien à la voix haut-erchée et envoûtante, véritable prêtre d’une cérémonie païenne ? À ses côtés, il faut les nommer, les saluer : Rocco Nigro à l’accordéon, Luigi Marra au chant, violon et mandoline, Maurizio Pellizzari aux guitares, Marco Schiavone au violoncelle, Giuseppe Spedicato à la basse, Giovanni Emanuele Gelao à la zampogna (la cornemuse italienne) et aux cuivres, Davide Chiarelli aux tambours et percussions. Ensemble, ils ne « jouent » pas : ils invoquent. Lorsque les tamburelli (tambourins) s’emballent et que le chant de Castrignanò monte en puissance, on comprend que le mythe de la tarentelle est éternel : le mouvement devient transe, le transe devient extase, et l’extase devient guérison.

Le spectacle s’achève – du moins le croyions-nous – sur « Tremula Terra », apothéose où les cinquante danseurs tombent comme un seul corps, épuisés par l’ivresse du tournoiement, dans un final dionysiaque d’une beauté renversante. Mais Maillot et Castrignanò nous ont réservé une surprise. Alors que l’on reprenait notre souffle, les cinquante artistes ont soudainement investi la salle. La scène n’était plus la scène, la salle n’était plus une salle : c’était une piazza, une place de village en pleine fête. Le public, debout, a dansé. Les Ballets de Monte-Carlo, ces athlètes de la grâce, ont mis le feu aux gradins. Jamais, peut-être, la Salle des Princes n’avait vibré d’une telle énergie collective. Et après cela, dernier cadeau, un chant inédit a retenti, toujours porté par la voix d’Antonio Castrignanò.

Il reste deux représentations. Ce soir 29 et demain 30 avril. Si vous avez la chance d’avoir une place, précipitez-vous ! Core Meu est une expérience de transe moderne. C’est la preuve que la danse classique peut embrasser le folklore sans le trahir, que la technique peut servir l’ivresse, et que la musique, lorsqu’elle est jouée avec les tripes, réveille en nous des désirs de mouvement aussi vieux que l’humanité. Comme le dit un vers chanté par Antonio Castrignanò : « Si tu danses, tu ne mourras jamais ». Hier soir, nous étions immortels.

 

 

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CRITIQUE, danse. MONACO, Grimaldi Forum, le 28 avril 2026. « Core Meu ». Jean-Christophe Maillot et les Ballets de Monte-Carlo. Crédit photographique (c) Alice Blangero

 

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