mercredi 14 octobre 2026
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CRITIQUE, récital lyrique. MONACO, Auditorium Rainier III, le 31 mars 2026. Elina Garanca (mezzo-soprano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Henryk Nanasi (direction)

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Elina Garanca apparaît dans une jupe lamée or avec un corsage noir et une cape de même couleur terminée en traîne. Une reine entre en scène : port altier et souple, visage lisse, chevelure blonde disciplinée avec grâce. En deuxième partie du concert, changement de tenue : c’est dans une superbe robe de taffetas rouge imprimée de feuilles noires qu’elle se présente. Reine, elle l’est plus que jamais…  

 

Ainsi nous est apparue Elena Garanca en l’Auditorium Rainier III de Monaco. Sa voix superbe, idéalement timbrée du grave à l’aigu, ondule comme une caresse, s’épanouit sans jamais se rompre. Rien ne heurte, rien ne résiste. Aucune crispation, même dans l’éclat le plus aigu. Son chant est parfait. Mais chez elle, la perfection n’est pas froide — elle est sensuelle, mais d’une sensualité aristocratique. 

Elena Garanca nous conduisit ainsi, d’un rôle à l’autre, dans La Pucelle d’Orléans de Tchaïkovski, dans Samson et Dalila, dans Adriana Lecouvreur, dans Cavalleria Rusticana, dans Carmen ou encore dans une zarzuela de Chapí. Partout la même perfection du chant, la même évidence du beau. Cette femme élégante n’a physiquement rien à voir avec le personnage de Carmen, mais lorsqu’elle se met à incarner la gitane sauvage, sa voix nous envoûte. En un instant, nous sommes tous des Don José !

Le Philharmonique de Monte-Carlo l’enveloppa avec une ardeur parfois débordante. Il flamboya sous la direction du de Henryk Nanasi. Ce jeune chef hongrois est une vraie pile électrique ! Ses gestes nerveux, incisifs, transforment ses ordres en décharges de courant électrique. Au détour d’un air surgissait une complicité entre la cantatrice et tel soliste de l’orchestre. Ainsi, dans Samson, ce fut avec les doigts d’or de la harpiste Sophia Steckeler, ou dans Adrienne Lecouvreur avec l’élégant vibrato du violoniste David Lefèvre.  Des son côté, le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo fut magnifique dans Samson, Carmen ou I Lombardi. 

Une mezzo était sur scène. Mais une autre dans la salle, Cecilia Bartoli. De part et d’autre de la rampe, deux mezzos stars s’admiraient. Cecilia, en tant que directrice de l’Opéra de Monte-Carlo, pouvait être fière d’une saison réussie dont Elena avait transformé le final en apothéose.

 

 

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CRITIQUE, récital lyrique. MONACO, Auditorium Rainier III, le 31 mars 2026. Elena Garanca (mezzo-soprano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Henryk Nanasi (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE CD événement. FAURÉ : Requiem. Orchestre et Choeur de l’Opéra Royal de Versailles, Victor Jacob, direction (1 cd CVS Château de Versailles Spectacles)

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Le chef Victor Jacob montre qu’il est particulièrement inspiré par Fauré. Chanteur (soprano à Radio France, puis ténor au sein du chœur Aedes), il n’a cessé de chanter son Requiem, mesurant la ferveur spécifique de la partition ; dans ses « harmonies franches, simples », dans la poésie du texte aussi, ici prononcé à l’italienne, ce qui permet au latin « la fluidité et la générosité » recherchée.

 

 

Le programme très bien élaboré, – chant funèbre, déploration, lamentation, sérénité finale… – accomplit un destin spirituel de première valeur ; il met en lumière la plasticité affûtée des équipes artistiques, chanteurs et instrumentistes de l’Opéra Royal de Versailles : le Chœur et l’Orchestre, respectivement créés depuis 2022 et 2019. Les deux formations convainquent d’un bout à l’autre par leur engagement, leur sens des accents, sculptant avec vivacité et nuances chaque geste expressif. C’est un travail dans le détail qui enrichit surtout une vision globale des œuvres, en particulier le Requiem, pièce maîtresse de ce cycle de déploration et de profonde méditation. Son caractère grave en est encore accentué par le choix de la version de 1893, sans violon (exception faite du solo du Sanctus), qui privilégie surtout la couleur souterraine des altos, violoncelles, contrebasses).

S’affirme tout d’abord, l’intensité endeuillée du chant funèbre de Rossini… Déploration pudique et grave, qui va son allure de marche crescendo (avec tambour militaire, au timbre sépulcral) et qui met en avant le timbre des hommes rassemblés, qu’une affliction mesurée, contenue (avec ses accents dramatiques puissants) unit dans le sentiment de deuil et de profond recueillement : la mort de Meyerbeer inspire à Rossini l’une de ses pages les plus émues et sincères.

Puis le chant sur les eaux de Schubert (qui commence sur le même ostinato rythmique que le Rossini) amplifie davantage la corde à la fois recueillie et grave mais aussi glaçante et défaite, célébrant la fragilité d’une âme humaine… Très bien articulé, le chœur d’hommes exprime avec noblesse, la méditation d’un Schubert tendre et grave, inspiré par Goethe – délectable équation expressive, pénétrée par le mystère même de la vie humaine qui chemine au fil des eaux diverses, qui ne cesse au final de s’abîmer dans les ténèbres, tentant de vains efforts pour s’en extraire (accent forte sur « Schäumt er unmutig… » / il écume de rage)…

Brahms, détend encore l’atmosphère au son des 2 cors et de la harpe, dès le premier de ses 4 chants (« Vier Gesänge », opus 17) où les voix de femmes qui font ainsi leur apparition, expriment une manière d’ivresse enchantée mais aussi une nostalgie sombre comme en atteste les 2 derniers vers (définitifs, qui versent dans le deuil)… La lyre tragique de Brahms s’empare avec force et intensité des légendes guerrières évoquant ce thème qui l’inspire et l’obsède : la mort de l’amour (4ème chant « Gesang aus Fingal », ample déploration collective et chant funèbre sur la mort du jeune amant Ténar)

 

Requiem des anges

Ce climat d’une tendresse grave voire lugubre, aux phrasés suspendus qui espèrent la rémission (dernier lied « Abendlied » de Rheinberger), éblouit littéralement dans le climax du cycle, le très attendu Requiem de Fauré ; ce dans une version particulièrement souple et recueillie, dès l’Introïtus – où le texte se nimbe d’une intensité intérieure, un engagement fervent qui va croissant, sans sacrifier l’intelligibilité du texte.
L’Offertoire semble flotter, dans une inquiétude enveloppante… que l’Hostias du baryton apaise en évoquant sacrifice et prières offerts au Seigneur…
Le Sanctus enivre par sa tendresse extatique (angélisme aérien du violon solo), sa force apaisante aussi, évoquant l’activité miséricordieuse de l’Agneau de Dieu…
Puis, au comble du dénuement, se déploie droite et sans affectation aucune la voix cristalline à peine vibrée d’un ange qui semble descendu des cieux (Isaure Brunner).
L’Agnus Dei délivre une succession de visions et de ravissements, comprenant la reprise du premier Requiem Aeternam- principe cyclique bienvenu, renforçant la cohésion globale, qui assume et s’accomplit dans la douceur espérée, atteinte, réalisée.

Enfin après le Libera me… prière humaine, ultime, fragile, instant de vérité, comme la comparution critique de l’âme devant son créateur (Jugement et Jour de colère…), le bout du tunnel est atteint dans l’ « In paradisium / Au Paradis », qui répand ses bienfaits aériens, dans un apaisement souverain.

Sobre et idéalement intelligible, le Cantique de Jean Racine offre un prolongement d’une simplicité désarmante ; il referme avec une pudeur intacte et dans le sentiment de communion intime, ce programme remarquablement élaboré, où règne un sentiment d’apaisement conjurant les effets et du deuil et de la mort. Somptueux cheminement servi par des interprètes particulièrement impliqués.

 

 

 

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CRITIQUE CD événement. FAURÉ : Requiem. Orchestre et Choeur de l’Opéra Royal de Versailles, Victor Jacob, direction – 1 cd CVS Château de Versailles Spectacles – Enregistré du 7 au 11 octobre 2024 à la Chapelle Royale du Château de Versailles – CLIC de CLASSIQUENEWS

 

 

 

VIDÉO

Plus d’infos sur le site de l’éditeur CVS Château de Versailles Spectacles, CD n°156 : https://tickets.chateauversailles-spectacles.fr/fr/product/4392/cvs156_cd_requiem_de_faure

 

 

GABRIEL FAURÉ (1845-1924)
REQUIEM – Messe de requiem en ré mineur, op. 48, version de 1893.

Gioachino Rossini : « Quelques mesures de chant funèbre à mon pauvre ami Meyerbeer »
Johannes Brahms : Vier Gesänge, op. 17
Franz Schubert : Gesang der Geister den Wassern, D. 714
Josef Rheinberger : Abendlied, op. 69 n°3
Gabriel Fauré : Cantique de Jean Racine, op. 11

Isaure Brunner · Jean-Gabriel Saint-Martin

Chœur & Orchestre de l’Opéra Royal
Victor Jacob, direction

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysée, le 28 mars 2026. MEYERBEER : Le Prophète. J.Osborn, M. Viotti, E. Fekete, J-S. Bou, M. Scoffoni… Orchestre de Chambre de Genève, Marc Leroy Calatayud (direction)

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Le monumental Prophète de Giacomo Meyerbeer est le parangon absolu du Grand opéra français. La partition est une apothéose de ce style, inspirée de la révolte des anabaptistes et Jan de Leyde. L’argument basé sur cet obscur épisode de l’histoire de la Réforme allemande ouvre la voie à un terrain de fougue dramatique exacerbée par la musique efficace d’un maître tel que Meyerbeer. La partition est d’une exigence vocale telle que les rôles principaux sont souvent des révélateurs de faiblesses plutôt qu’une occasion de mise en valeur. Interpréter Le Prophète est un défi tant musical que théâtral. 

 

En poursuivant l’audace de programmation que l’on connaît au Théâtre des Champs-Elysées, ce Prophète est une démonstration qu’une œuvre complexe et souvent conséquente peut être montée en concert avec une équipe déterminée. Saluons ici le travail de Baptiste Charroing et de Julien Benhamou dans la quête incessante de proposer une programmation fascinante tant par les découvertes que par les talents qui les portent. 

Mais qui est ce Prophète qui a inspiré le génie d’Eugène Scribe et Meyerbeer ? Jean de Leyde n’a vécu que 26 ans et l’histoire de sa révolte, quelque peu romancée par Scribe et Deschamps, semble porter un parfum qui nous semble familier dans ces années 2020. Les anabaptistes du XVIème siècle sont des puritains radicaux qui baptisent à tour de bras avec une visée eschatologique et millénariste. Leurs excès, comme tout mouvement livré à l’extrême, ont amené les rebelles à une fin moins dramatique et incendiaire que dans l’opéra. En effet, c’est en haut du clocher de Saint-Lambert de Münster que leurs dépouilles suppliciées ont dépéri dans des cages au gré des cloches et des éléments. Quelle ironie de faire d’un sombre illuminé adepte de la polygamie et du délire d’une « Nouvelle Jérusalem », un héros vaillant cumulant le tourment amoureux et l’abjuration sacrificielle digne d’une figure christique. L’opéra a parfois des chemins détournés étonnants. 

Ce soir, pas de décors grandioses ou de pallium de fil d’or pour le « Roi de Sion », mais une incarnation sublime de Jean de Leyde par John Osborn. Le ténor étasunien au comble de son art attaque avec vaillance et une précision non démunie d’élégance toute l’étendue du rôle. Dans la voix de John Osborn, le Prophète des anabaptistes, s’incarne sous toutes ses facettes. De l’amoureux au délirant, du capitaine au fils repenti, toutes les émotions passent sans problème dans le timbre aurifère de John Osborn. Dans le rôle un peu manichéen de Berthe, Emma Fekete est une fabuleuse découverte. Timbre riche dans sa clarté diaphane aux coloris interminables – et puissant comme un éclair précipité. La Fidès de Marina Viotti est incontestablement grandiose tout comme celle, avec une couleur plus sombre, d’Elizabeth DeShong à Aix en 2023. Marina Viotti n’a pas seulement l’étendue vocale, mais elle porte cet héroïsme flamboyant d’un rôle de grand dramatisme avec une patine digne des moralités légendaires. Malgré un petit raté dans sa dernière cadence du grand air « Comme un éclair« , nous saluons une performance qui fera date. Jean-Sébastien Bou est un Oberthal profondément enthousiasmant. Dans les rôles de trois anabaptistes seuls Marc Scoffoni et Christian Zaremba nous livrent une interprétation sans faille, Samy Camps demeure un peu en filigrane dans un rôle qui ne le met pas forcément en valeur. 

A la tête d’un Orchestre de Chambre de Genève, de l’Ensemble Vocal de Lausanne et de jeunes solistes de la Nouvelle Maîtrise des Hauts-de-Seine, Marc Leroy-Calatayud avait les armes musicales pour se frotter à ce colossal léviathan lyrique. Or, malgré une réelle vivacité, des tempi plutôt bien choisis et une certaine fraîcheur dans le langage, nous constatons une réserve quasi de « bon élève ». Eussions-nous voulu plus de feu et de passion et moins de « perfection », parfois ce sont les maladresses de circonstance et les plus grandes bravades qui rendent une interprétation musicale inoubliable. Ici nous redécouvrons l’écriture ample du grand Meyerbeer avec une saveur scolaire, quel dommage…

Malgré les siècles, les intempéries et les aléas du destin des hommes, les trois cages des anabaptistes continuent de pendouiller leur implacable leçon de fer du haut du clocher de Saint-Lambert. Un rappel constant que nul ne peut s’autoproclamer plus que ce qu’il est, tout à la grâce d’une divinité plus cruelle que les sursauts de la fiction et de l’opéra.

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysée, le 28 mars 2026. MEYERBEER : Le Prophète. J.Osborn, M. Viotti, E. Fekete, J-S. Bou, M. Scoffoni… Orchestre de Chambre de Genève, Marc Leroy Calatayud (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE CD événement. COULEURS DU BAROQUE : Haendel, Bononcini,Bach, Vivaldi… Alexis Vassiliev, contralto / Philippe Foulon, instruments d’amour à l’inglese (1 cd Continuo classics)

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Ce programme « Couleurs du Baroque » témoigne d’une complicité artistique convaincante, celle composée principalement du contralto ALEXIS VASSILIEV et du violoncelliste PHILIPPE FOULON ; tous deux cultivent un son intense, expressif, mordant, percutant, dont la fragilité dans le souffle et la respiration, sert surtout le jaillissement et l’intensité expressive, comme un geste naturel. Il en découle une approche très engagée, jamais neutre, dont les prise live de cet album emblématique, témoigne. La voix est ainsi captée sur une décennie et l’auditeur peut en suivre l’évolution selon les airs et les partenaires. C’est dans le crépitement et les « frottements » entre les timbres (de la voix et des instruments simultanés) que se produisent la vérité et la sincérité de l’interprétation. L’éclectisme et la grande variété des épisodes illustrent aussi l’extrême virtuosité dont étaient capables les castrats qui comme le rappelle Alexis Vassiliev dans notre entretien (lire ci après), étaient les destinataires des arias composés pour eux, selon la technique et le caractère propres à leur voix.

 

 

Volubile et très maîtrisé, le chant d’Alexis Vassiliev saisit l’essence émotionnelle de chaque situation.  Tamerlano, héros haendélien par excellence, digne et noble, exprime la sureté vocale d’un prince qui sait se maîtriser et calmer les « tumultes de son âme ». La voix est claire et naturellement puissante, ardente et vive, aux éclats acérés qui chez Bononcini sait tempérer, murmurer dans un abandon clairement désespéré, pourtant lui aussi canalisé, en complicité avec les prières languissantes, étirées de l’orgue (Olivier Dekeister au clavier).

L’imploration chez Haendel s’épanouit davantage dans Amadigi di Gaula du même Haendel ; elle trouve un écho purement instrumental dans la Première Suite en sol majeur BWV 1007 (Prélude) de JS Bach, joué avec une musicalité ténue et continue par Philippe Foulon, orfèvre souple et onirique sur son violoncelle d’amour.

La virtuosité percutante se réalise dans les coloratoure de l’Arminio de Haendel (« si cadro ») ; et dans le labyrinthe amoureux de Vivaldi (Cantate « Pianti, sospiri »), le timbre vif, cristallin du contralto, exprime idéalement tourments, vertiges, élans d’une âme passionnée (avec le violoncelle de Philippe Foulon), impatiente, interrogative quand au fil sentimental que lui réserve le destin ;
c’est une âme possédée voire atteinte… D’autant que « Rompo i lacci » du Flavio de Haendel qui suit, fixe les tourments d’un cœur terrassé non par les blessures des flèches reçues mais par l’abandon amoureux dont il est victime ; la sureté expressive du chant, le souffle, l’intensité des accents confirment le tempérament dramatique d’Alexis Vassiliev.

Pour conclure ce programme fondé sur l’éclat et le jaillissement brut des émotions et des passions de l’âme, la maîtrise « martellato con golale » qui permet de « marteler » chaque note avec une égale intensité, électrise idéalement « Furibondo » extrait de Partenope de Haendel ; puis le second Bonnocini, rare Serse / « Ombra mai fu »… sur les pas de Haendel), exprime un épisode suspendu, entre la voix et le violoncelle d’amour, entre tendresse et pudeur enchantée, extatique, inspiré par l’arbre tant aimé ; même qualité expressive dans la seconde Cantate de Vivaldi (« Nel torbido mio petto / Perdissimo cor »), dont le texte éclaire les tiraillements tragiques d’une âme éclatante par sa clairvoyance sur les tourments qu’inflige amour… La sureté et les nuances du chant d’Alexis Vassiliev permettent dans la trajectoire vocale, de suivre tous les vertiges de ce cheminement intranquille, si emblématique du ressentiment humain.

 

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CRITIQUE, CD événement. « COULEURS DU BAROQUE » : Haendel, Bach, Vivaldi, Bononcini… Alexis Vassiliev, contre ténor, contralto / Philippe Foulon, violoncelle d’amour… (1 cd Continuo classics)

 

 

 

 

présentation, annonce

LIRE aussi notre présentation du cd Couleurs du Baroque : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-couleurs-du-baroque-bach-vivaldi-haendel-bononcini-alexis-vassiliev-contre-tenor-philippe-foulon-1-cd-continuo-classics/

Le programme intitulé « Couleurs du Baroque » compose un parcours original et personnel qui relève de la sensibilité des deux artistes formant duo : le gambiste Philippe Foulon et le contralto Alexis Vassiliev. Il regroupe plusieurs partitions particulièrement accessibles par leur qualité et leur charme : airs connus ou rares, insolites, (re)découvertes … interprétés par Alexis Vassiliev qu’accompagnent en complicité plusieurs instrumentistes aussi passionnés que lui dont surtout le très engagé Philippe Foulon et les musiciens du Consort d’amour. Au total 9 airs lyriques hautement expressifs signés Haendel et Bononcini, aux côtés de deux cantates de Vivaldi… avec plusieurs pièces purement instrumentales jouées par Philippe Foulon au violoncelle d’amour.

 

CD événement, annonce. COULEURS DU BAROQUE : Bach, Vivaldi, Haendel, Bononcini… Alexis Vassiliev, contre ténor / Philippe Foulon (1 cd Continuo classics)

 

 

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BEAUNE, 8ème Festival Beethoven, les 23, 24, 25 et 26 avril 2026. Trio con Brio Copenhagen, Cuarteto Casals, Isabelle Moretti, Sung-Won Yang,…

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Du 23 au 26 avril 2026, soit autour du dernier week end d’avril prochain et pendant 4 jours, l’esprit de BEETHOVEN s’invite à BEAUNE pour un nouveau festival de musique de chambre parmi les plus exigeants. Le violoncelliste Sung-Won Yang, directeur artistique promet une nouvelle expérience mémorable, placée sous le signe de « l’Intemporel », – « ce moment suspendu où la musique abolit les frontières du temps, de l’espace et même du silence ».

 

 

 

 

Beethoven : Intemporel

A l’affiche les œuvres les plus éternelles du grand Ludwig : ses derniers quatuors, ses trios avec piano, « ces architectures intérieures où résonnent la tendresse, la gravité, la lumière ».  Pour enrichir encore le parcours annoncé, sont également programmées, « la grandeur lyrique du Quintette avec deux violoncelles de Schubert, l’évidence lumineuse des œuvres de Bach, toujours vivantes dans chaque note, dans chaque souffle. » Le Festival 2026 sait tout autant favoriser l’écriture contemporaine : il affiche ainsi la création mondiale d’une œuvre d’Éric Montalbetti et la première française du compositeur danois Bent Sørensen, dont la musique « semble flotter entre les mondes ».

Salle Saint-Nicolas des Hospices de Beaune, à la Lanterne magique… les 4 concerts mettent en scène pierres historiques et magie sonore. Propre aux sites patrimoniaux d’exception, la musique qui s’y déploie, offre « un voyage où le temps se dilate, où les siècles dialoguent, et où chaque concert devient une passerelle entre mémoire et invention ». Cycle incontournable.

 

 

 

 

BEAUNE, 8ème Festival Beethoven
du jeudi 23 au dimanche 26 avril 2026

temps forts

 

 

jeudi 23 avril 2026, 20h
La Lanterne Magique de Beaune

Ludwig Van BEETHOVEN : Trio avec piano en mi bémol majeur, Op. 1 No. 1,
Bent SORENSEN (né en 1958) : Masquerade 2023, création française,
PI TCHAIKOVSKY : Trio avec piano en la mineur, Op. 50
« À la mémoire d’un grand artiste »

Trio con Brio Copenhagen :
Jens Elvekjaer, piano
Soo-Jim Hong, violon
Soo-Kyung Hong, violoncelle

 

 

 

vendredi 24 avril 2026, 20h
La Lanterne Magique de Beaune

BEETHOVEN : Quatuor à cordes No. 13 en si bémol majeur, Op. 130
Grosse Fugue en si bémol majeur, Op. 133
SCHUBERT : Quintette à cordes en do majeur, D. 956

Cuarteto Casals :
Cristina Cordero, violon
Vera Martinez, violon
Abel Tomàs, violon
Arnau Tomàs, violoncelle

 

 

samedi 25 avril 2026, 20h
La Lanterne Magique de Beaune
Isabelle Moretti, harpe
Yaeram Park, flûte

Claude Debussy (1862–1918)
Suite bergamasque
(arr. Juliette Hurel & Isabelle Moretti, pour flûte et harpe)

Prélude, Menuet, Clair de lune, Passepied

Clémence de Grandval (1828–1907)
Valse mélancolique (flûte et harpe)

Gabriel Fauré (1845–1924)
Sicilienne, Op. 78 (flûte et harpe)

Jean Cras (1879–1932)
Suite en duo (flûte et harpe)

Camille Saint-Saëns (1835–1921)
Fantaisie en la majeur, Op. 124 (flûte et harpe)

Georges Bizet (1838–1875)
Entr’acte de Carmen (flûte et harpe)

Claude Debussy (1862–1918)
Deux Arabesques (harpe seule)

Gabriel Fauré (1845–1924)
Clair de lune (flûte et harpe)

Astor Piazzolla (1921–1992)
Histoire du Tango (flûte et harpe)

Bordel 1900, Café 1930, Nightclub 1960

 

 

dimanche 26 avril 2026, 16h30
Salle Saint Nicolas des Hospices de Beaune
Enrico Pace, piano
Sung-Won Yang, violoncelle

Johann Sebastian Bach (1685–1750)
Sonate pour viole de gambe et clavecin en sol majeur, BWV 1027

Johannes Brahms (1833–1897)
Sonate pour violoncelle et piano No. 2 en fa majeur, Op. 99

Eric Montalbetti (né en 1968)
Trois impromptus – création mondiale

Johannes Brahms (1833–1897)
Sonate pour violoncelle et piano No. 1 en mi mineur, Op. 38

 

 

 

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des 4 programmes et les artistes invités sur le site du Festival BEETHOVEN à BEAUNE 2026 : https://festival-beethoven-beaune.com/

 

 

 

 

 

entretien

 

ENTRETIEN avec Frédéric Mugnier, directeur du Festival BEETHOVEN A BEAUNE 2026
CLASSIQUENEWS : Quels sont les temps forts de l’édition 2026 ?
 
Frédéric Mugnier : La programmation de Beethoven à Beaune reflète la volonté du festival de s’adresser à tous les publics et d’ouvrir les horizons musicaux. Le programme de cette année s’étendra sur quatre siècles, des sonates intimistes de Bach à deux créations contemporaines en passant par des monuments de la musique classique et romantique.

 

 

CLASSIQUENEWS : Qu’expriment, que soulignent de Beethoven, les partitions que vous avez choisies de jouer cette année ? 
 
Frédéric Mugnier : Les œuvres au programme, Trio avec piano n°1 et Grande Fugue op.133… illustrent tout le parcours beethovénien, du jeune conquérant à l’homme condamné dont la force visionnaire ne peut se laisser contenir par les murs de la maladie.
CLASSIQUENEWS : Pouvez vous évoquer la singularité des lieux qui accueillent les concerts ? En quoi contribuent-ils aussi à la magie du Festival ?
 
Frédéric Mugnier : Beaune offre au festival un cadre propre à faire vivre dans la ville les valeurs de la musique. Le caractère intimiste de la Lanterne Magique effaçant la distance entre les artistes et le public, la vocation humaniste de l’Hôtel-Dieu, le vin et la gastronomie contribuent tous à enrichir les liens que la musique a vocation à faire naître.
Propos recueillis en avril 2026

 

 

 

Photos : Festival Beethoven à Beaune © JLB / éditions précédentes

 

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LES ARTS FLORISSANTS. Scarlatti / Vivaldi. Les 10 et 25 avril (Versailles, Chantonnay), lun 4 mai 2026 (Paris). Chœurs et orchestre des Arts Florissants, William Christie

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Sous la direction de leur fondateur William Christie, Les Arts Florissants affirment leur expertise dans 2 œuvres religieuses italiennes de la première moitié du XVIIIe siècle : la Messe de Sainte Cécile d’Alessandro Scarlatti et le Magnificat de Vivaldi.

 

 

William Christie présente sa première lecture
de la Messe de Sainte Cécile d’Alessandro Scarlatti

Une première pour Bill

A 60 ans, en 1720, Alessandro Scarlatti compose à Rome sa Messe pour Sainte Cécile (Messa di Santa Cecilia). En célébrant la patronne des musiciens, Alessandro atteint un sommet, prolongement (et aboutissement) de toute sa musique d’église ; la partition est une synthèse stylistique des possibilités compositionnelles au début du XVIIIe siècle, éblouissante entre autres dans sa maîtrise des contrastes particulièrement saisissants.
Dans la même décennie, à Venise, Antonio Vivaldi, au terme d’une carrière non moins prestigieuse et particulièrement active, compose son célèbre Magnificat pour les musiciennes virtuoses de l’Ospedale de la Pietà, dont il est maître de la musique.
Sur une période de plus de vingt ans, il retravaille avec soin cette partition pour en ciseler le bijou de musique sacrée que nous connaissons – et qui constitue le meilleur pendant vénitien à la messe romaine de Scarlatti.William Christie propose une nouvelle lecture de ces deux chefs-d’oeuvre de la musique sacrée. S’il a dirigé le Magnificat à de nombreuses reprises, c’est la toute première fois qu’il aborde ainsi la Messa di Santa Cecilia. Pour ce faire, le chef légendaire réunit autour de lui une distribution internationale de jeunes solistes, aux côtés du choeur et de l’orchestre des Arts Florissants si familier de ce répertoire.

PLUS d’INFORMATIONS sur le site des Arts Florissants : https://www.arts-florissants.org/evenements/scarlatti-vivaldi

 

VERSAILLES, Chapelle Royale
10 avril 2026, 20h
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/vivaldi-magnificat/
https://tickets.chateauversailles-spectacles.fr/fr/product/3232/chapelle_royale/vivaldi_magnificat
CHANTONNAY, église
25 avril 2026, 20h
Festival de Printemps Vendée
https://web.digitick.com/concert-messa-di-santa-cecilia-concert-eglise-de-chantonnay-25-avril-2026-css5-vendee-pg101-ri11670797.html
PARIS, Philharmonie
Lundi 4 mai 2026, 20h
Infos & réservations : https://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda?startDate=2026-05-04&types=1
PARIS, Philharmonie / Grande Salle Pierre Boulez

 

 

Concert proposé originellement dans le cadre du Festival de Printemps – Les Arts Florissants 2026

Réservez vos places directement sur le site des Arts Florissants : https://www.arts-florissants.org/evenements/scarlatti-vivaldi

 

 

SCARLATTI / VIVALDI

Alessandro Scarlatti (1660-1725) :  Messa di Santa Cecilia
Antonio Vivaldi (1678-1741) :  Magnificat

Song Hee Lee, soprano
Rebecca Leggett *, mezzo-soprano
Blandine de Sansal, mezzo-soprano
Jacob Lawrence *, ténor
Sreten Manojlović *, baryton-basse
* Lauréats du Jardin des Voix

Chœur et orchestre des Arts Florissants, William Christie

 

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CRITIQUE, opéra. LYON, Opéra de Lyon, le 29 mars 2026. BRITTEN : Billy Budd. S. M. Plumb, P. Appleby, D. Welton… Richard Brunel / Finnegan Downie Dear

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Huis-clos aussi sombre que fascinant, Billy Budd de Benjamin Britten fait une entrée réussie au répertoire de l’Opéra national de Lyon : la production de Richard Brunel en explore finement les ambiguïtés et les états d’âme, portée par une réalisation visuelle splendide et un plateau vocal de tout premier plan.

 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’un des plus parfaits chefs d’oeuvre de Britten, Billy Budd (1951, révisé en 1964), n’avait jamais été donné dans la capitale des Gaules, et ce alors même que le compositeur britannique y a souvent été à l’honneur, particulièrement lors d’un festival dédié en 2014 (voir ici) – ou encore l’an passé avec le bien connu Peter Grimes. L’inspiration de Britten se tourne une fois encore vers l’univers marin, avec ce livret adapté de la nouvelle éponyme d’Herman Melville, dont la particularité audacieuse est de ne comporter que des rôles masculins : cela en fait le miroir inversé d’un autre opéra contemporain, Dialogues des Carmélites (1957), où les femmes sont omniprésentes.

Le récit suit le destin tourmenté de Vere, capitaine de navire britannique à la fin du XVIIIème siècle, hanté par son incapacité à sauver le jeune Billy Budd d’une condamnation à mort. Enrôlé de force, ce dernier trouve finalement son épanouissement dans cette micro-société, où sa beauté lui attire des amitiés, autant qu’elle fait remonter des désirs refoulés et dangereux, notamment chez le brutal Claggart et, dans une moindre mesure, chez l’esthète Vere. Les librettistes (dont le romancier E. M. Forster) dénoncent ainsi les conséquences sordides d’esprits corsetés et effrayés par le tabou de l’homosexualité.

La mise en scène de Richard Brunel choisit de mettre au centre de l’attention les remords du capitaine Vere, en imaginant trois hommes muets autour de lui, agissant comme une sorte de conscience morale intérieure : devoir et autocontrainte interdisent toute possibilité de sauver le naïf Billy, meurtrier involontaire et chantre imprudent d’un vent de liberté venu de la Révolution française. La transposition du récit en une époque plus proche de la nôtre souligne la promiscuité fatale entre les hommes, tous placés sous le regard des autres : la construction à vue du bateau, magnifiée par des éclairages virtuoses, enferme les interprètes dans des structures métalliques dépourvues de toute intimité. Incapable de s’affranchir du jugement moral de ses semblables, Claggart s’ingénie à détruire au plus vite l’incarnation de son trouble, tandis que Vere préfère l’évitement, en se réfugiant dans la sublimation. Si les costumes n’aident pas à différencier les nombreux personnages au début, la mise en perspective sans cesse renouvelée des éléments de décors permet peu à peu de distinguer les hiérarchies à l’œuvre.

A cette lecture d’une profonde intelligence psychologique répond un plateau vocal d’une homogénéité aussi remarquable que bienvenue. Dans le rôle-titre, la force juvénile de Sean Michael Plumb séduit d’emblée par une voix ample, bien articulée et portée par un timbre solaire. Seule la méditation finale, en prison, laisse entrevoir d’infimes réserves, empêchant de nous emporter plus loin encore dans ce moment irréel, entre fatalité et acceptation paisible d’une injustice. Paul Appleby n’est pas en reste pour faire valoir la noblesse des sentiments qui l’habitent, trouvant toujours le ton juste pour suggérer le tempérament faible et la détestation de l’autorité de Vere. A ses côtés, Derek Welton campe un Claggart poisseux à souhait, au verbe qui claque comme des coups rudes et abrupts. Autour d’un Choeur de l’Opéra national de Lyon très bien préparé par Benedict Kearns, le chef britannique Finnegan Downie Dear (né en 1994) signe des débuts remarqués, en relevant le défi d’une exacerbation des somptueuses couleurs entremêlées par la partition, tout en maintenant une conduite du discours musical finement ciselée. Assurément un chef à suivre, qui contribue pleinement à la réussite de la soirée.

 

 

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CRITIQUE, opéra. LYON, Opéra de Lyon, le 29 mars 2026. BRITTEN : Billy Budd. S. M. Plumb, P. Appleby, D. Welton… Richard Brunel / Finnegan Downie Dear. Crédit photographique (c) Jean-Louis Fernandez

 

 

 

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CRITIQUE, opérette. PARIS, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, le 29 mars 2026. YOUMANS : No, no Nanette. M. Préïté, L. Van Kempen, C. Roëlands, M-E. Cornet, L. Rahman … Emily Wilson & Jos Houbon / Les Frivolités parisiennes / Benjamin Pras

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Depuis sa sortie en 1966, la truculente aventure de « Big moustache » et ses boys dans la France occupée des terribles « forties » ont imposé dans cette Grande Vadrouille le « Tea for two » siffloté, code désopilant d’une intrigue pleine de rebondissements, des sous-sols du Palais Garnier aux Hospices de Beaune. Vincent Youmans, compositeur au jingle envoûtant nous redécouvrons enfin l’intégralité de son No, no Nanette servi avec l’enthousiasmant talent des Frivolités Parisiennes. Si le duo « Tea for two » est le cœur mélodique de cette œuvre, la partition est truffée de trésors qui restent dans la tête jusqu’à tard dans la soirée. 

 

Les Frivolités parisiennes, dans leur exploration continue et passionnante du répertoire, ont encore frappé. Reprendre enfin en France No, no Nanette permet à une œuvre au succès éclatant de faire une entrée fracassante sur les scènes de Reims et de l’Athénée. C’est surtout l’adaptation française extrêmement soignée et caustique de Christophe Mirambeau qui rend à No, no, Nanette toutes ses couleurs chatoyantes et son humour désarmant. La mise en scène signée par Emily Wilson et Jos Houbon est brillante et dynamique, avec un décor génial qui change tel un paravent infini de couleurs chaudes. On ne s’ennuie jamais, on est pris dans le tourbillon charmant à la fois de la musique de Youmans et les dialogues parfaitement construits et qui tombent aussi bien que les somptueux costumes signés Oria Puppo. 

Pour qu’une telle partition puisse retrouver ses plus beaux atours, il était séant d’engager des solistes et des danseurs aguerri.e.s pour rendre sa juste valeur à la musique de Vincent Youmans. Marion Préïté est une Nanette aussi espiègle que sentimentale avec un beau timbre audacieux affrontant toutes les difficultés sans aucun souci. Loaï Rahman est un Tom aux capacités vocales formidables et une présence de scène incontestable. Arnaud Masclet à la voix puissante et riche est un Jimmy de légende. Ronan Debois et Lauren Van Kempen sont un couple Early fantastique et follement touchant. Caroline Roëlands est fabuleuse de justesse et de timing, une grande performance pour cette Sue savamment conçue. Marie-Elisabeth Cornet est une inénarrable Pauline dans une incarnation touchante et drôle sans accroc. 

Les ensembles vocaux et chorégraphiques sont remarquables, tous et toutes illuminent la scène par leur talent et sont des contrepoints scéniques aux solistes. Ici la danse n’est pas une illustration, c’est un élément essentiel pour ce type de comédie musicale. 

Avec des orchestrations somptueuses, Les Frivolités Parisiennes ont remporté le défi de la première française au XXIème siècle de No, no Nanette. L’orchestre est plus que juste et avec un swing tourbillonnant. Menées par un Benjamin Pras engagé et volontaire, les Frivolités Parisiennes nous portent encore vers des aventures qui nourrissent encore et toujours le brasier de la passion.

 

 

 

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CRITIQUE, opérette. PARIS, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, le 29 mars 2026. YOUMANS : No, no Nanette. M. Préïté, L. Van Kempen, C. Roëlands, M-E. Cornet, L. Rahman … Emily Wilson & Jos Houbon / Les Frivolités parisiennes / Benjamin Pras. Crédit photographique (c) Christophe Raynaud Delage

 

 

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CRITIQUE, concert. AVIGNON, Opéra Grand Avignon, le 29 mars 2026. MAHLER. Le Chant de la terre. Uwe Stickert (ténor), Damien Gastl (baryron). Chloé Lechat / Fiona Monbet

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Les œuvres symphoniques de Gustav Mahler ont quelque chose de narratif, de théâtral. On comprend qu’elles puissent inspirer les metteurs en scène. Souvenons-nous de la transposition scénique aussi ahurissante que troublante de la 2ème Symphonie « Résurrection » qu’avait faite Romeo Castellucci au festival d’Aix-en-Provecnce il y a quelques années, avec son cheval blanc errant dans le désert et ses cohortes de morts et de blessés !

 

A l’Opéra Grand Avignon, la metteuse en scène Chloé Lechat s’est emparée, elle, du Chant de la terre. L’œuvre se compose de six Lieder évoquant la douloureuse mort de l’homme face à la pérennité de la nature. Inspirés de poèmes chinois, ils disent tour à tour l’ivresse qui noie les peines, la solitude qui nous envahit de noirceur, la jeunesse et la beauté féminine qui passent, et enfin cet adieu au monde et ce retour à la terre qui n’est peut-être qu’un recommencement. Toute l’œuvre tend vers cette fin sublime où le mot « Ewig » — éternellement — revient, insisté, caressé, suspendu à un accord troublé où le majeur rencontre le mineur comme un symbole d’infini (Accord de Do majeur dans lequel se glisse subrepticement la note La). 

La metteuse en scène n’a pas vraiment raconté une histoire, mais présenté une succession de scènes évoquant les sujets abordés par les Lieder. Elle a pris, comme fil conducteur, la douleur de la perte d’un enfant. Elle a fait cela avec tact, sans écraser la musique. Des dessins apparaissent au fond de la scène, d’autres flottent sur un voile transparent par devant. La scène finale de l’adieu, la douleur de l’enterrement et le retour à la terre, avec sa cérémonie funèbre et ses visions de corps tourmentés est particulièrement émouvante.  

Les deux chanteurs solistes évoluent au milieu des danseurs et des figurants tandis que l’orchestre est dans la fosse. Le ténor Uwe Stickert, voix puissante, claironnante, à l’aise dans ce répertoire, apporte à son personnage à la fois héroïsme et fragilité. Nous avons particulièrement apprécié le baryton Damien Gastl, voix chaude et vibrante, timbre sombre et enveloppant, beau legato, belle présence dramatique. 

La formation orchestrale « Miroirs Etendus » ne jouait pas la partition originale de Mahler, qui nécessite un effectif orchestral monumental, mais sa transcription pour formation réduite, due à Schönberg. Celle-ci n’a pas le même pouvoir onirique et mystérieux. La présence du piano dépoétise considérablement l’atmosphère. Le seul instrument clavier figurant dans la partition originale est un célesta, doté des sonorités magiques que le piano n’a pas. A défaut de dérouler le velours de la musique de Mahler, la cheffe d’orchestre Fiona Monbet réalise une lecture bien en place de cette partition complexe, au milieu de laquelle les soli des musiciens contribuaient à donner une force expressive. Et l’on n’oubliera pas de citer le ballet de la maison, dont la présence donnait chair à l’imagination.

Au terme de ce parcours, il y eut les applaudissements. Le public, peu familier de ce répertoire, s’était laissé gagner à la double puissance musicale et théâtrale du spectacle. Et on peut considérer cela comme un succès !

 

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CRITIQUE, concert. AVIGNON, Opéra Grand Avignon, le 29 mars 2026. MAHLER. Le Chant de la terre. Uwe Strickert (ténor), Damien Gastl (baryron). Chloé Lechat / Fiona Monbet. Crédit photo (c) Cédric Delestrade

 

 

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STREAMING, opéra. Mees VERVUURT : A MYTH, 10 avril 2026 (ROTTERDAM : Festival for Opera, music, théâtre)….

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Fragilité, fugacité, illusion… le spectacle pluridisciplinaire de Mees Vervuurt produit un univers poétique et déconcertant. « Des voix résonnent au loin. Un trombone retentit dans l’obscurité. Une sirène devient le chant d’un ange. Quelqu’un fait avancer un piano. Le souvenir de quelque chose… mais rien n’est tout à fait comme il paraît. Tout ce qui semble perceptible, atteignable… se dissipe, s’efface, glisse entre les doigts.

 

 

 

A Myth est moins un spectacle qu’une expérience sensorielle présenté à Rotterdam (« O. Festival)… chant, mouvement, percussions et cuivres se fondent. Avec six interprètes, le compositeur et metteur en scène Mees Vervuurt imagine un univers onirique et mythologique qui questionne notre rapport au monde, notre perception de la réalité. S’y font entendre « des airs et des sirènes, des harmonies baroques aux échos puissants qui se transforment en grincement de machine. percussions et trombone évoquent un ouragan sonore qui finit sa course dans le silence ».

Myth remet en question la sacrosainte place centrale de l’homme, le statut d’une Nature reléguée, minorée qui lui serait inféodée et soumise… Mees Vervuurt interroge : « Comment sommes-nous, en tant qu’êtres humains, dans le monde ? Quelles sont les histoires, les mythes, que nous nous racontons pour nous rapporter à ce qui nous entoure ? Et que se passe-t-il lorsque nous les abandonnons ? »… Les mythes permettent-ils de nous intégrer au monde ? Quelle est au juste leur fonction ?

 

 

 

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VISIONNER MYTH de Mees Vervuurt sur operaVision :
https://operavision.eu/fr/performance/myth
Diffusé le 10.04.2026 à 19h CET
Disponible, EN REPLAY jusqu’au 10.10.2026 à 12h CET
Enregistré le 23 mai 2025 / Festival for opera, music, théâtre
Musique et musique : Mees Vervvuurt
Trombone : Salvoandrea Lucifora
Percussions : Mees Siderius
Chant : Arturo den Hartog, Marthe Koning, Anat Spiegel
Une production Studio Vacuüm / Mees Vervuurt. Coproduction Muziekgebouw Productiehuis et O. Festival for Opera. Music. Theatre.

 

 

Note d’intention
Ces récits primitifs traitent de l’existence, du commencement (et souvent aussi de la fin) de toute chose. Dans ces récits, les hommes précèdent souvent les dieux, et les dieux eux-mêmes précèdent souvent des forces primitives titanesques ou des énergies cosmiques. Au commencement, il n’y a rien. Mais le néant est toujours en même temps le tout. Plus tard, l’unité devient multiplicité, l’éternité un instant et la vie elle-même un être vivant, un individu. Alors, on se retrouve soudain quelque part. Mais où ?…

A Myth est un spectacle musical qui se déroule avec et dans l’espace. À travers le son, l’air, la lumière, la voix, le tissu, le souffle, le temps et le corps, il questionne la relation que nous, êtres humains, entretenons avec notre environnement. Que signifie être présent ? Quel est le rôle du langage, des mythes et des récits, dans la compréhension de ce monde ? Et d’autres rapports au monde sont-ils possibles ?

 » Comblés, nous ordonnons, mais tout s’effrite. Nous ordonnons encore, et nous-mêmes passons  » – Rainer Maria Rilke

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CRITIQUE CD, événement. SWINGIN’PARTITA. Harmoniemusik, octuor de Krommer, Beethoven, Cartellieri, Salieri, Connesson… Stradivaria – 1 cd Mirare – enregistré à Fontevraud en oct 2024 – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

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Quel est l’âge d’or instrumental à Vienne dans les années 1790-1800, soit dans la dernières phase de l’époque mozartienne ? Le présent cd répond à cette question, avec finesse et arguments. Le programme qui rassemble plusieurs pièces virtuoses pour octuor permet aux solistes de l’ensemble Stradivaria d’exposer leur agilité superlative, et une expressivité tout autant profonde voire allusivement poétique (l’Armonia per un tempio della notte de Salieri où charme et captive la souplesse caressante de la clarinette, magnifiquement associée au cor…). Eclectique et volubile, la performance touche autant qu’elle impressionne (capable d’une motricité rythmique continue jusque dans la pièce contemporaine, disco, pop,… signée Guillaume Connesson). Les 8 instrumentistes, excellents solistes savent s’écouter et respirer ensemble, exprimant de l’HarmonieMusik, cette élégance viennoise qui sous des doigts français aussi orfèvres, se colore d’une vivacité et un relief individualisés proprement français. L’intérêt revient aussi à la typologie des instruments joués, au choix des partitions très habilement combinées, selon le pilotage fédérateur de l’hauboïste Guillaume Cuiller, directeur artistique de Stradivaria depuis 2020.

 

 

 

Le Krommer d’ouverture (Partita opus 57) met en condition et annonce la couleur de tout l’album : virtuosité, légèreté, facétie tendre, parfois profonde, d’une grâce viennoise, idéalement dans l’esprit et l’hyperélégance d’un Mozart (souffle et éloquence de l’Adagio). La maîtrise des instrumentistes de Stradivaria fait danser chaque partie en un brillant caquetage (très engageant « Minuetto presto », puis le finale « alla polaca »)… Le velours délicat des clarinettes, le chant plus nuancé et sombre des bassons (et contrebasson), la partie exposée chantante du hautbois dont le Grundman du leader Guillaume Cuiller… redouble de relief voluptueux, aux nuances rossiniennes, entre finesse et œillades assumées.
Le Rondino en mi bémol majeur du jeune Beethoven (1793) s’impose dans sa maîtrise des phrasés et l’art des équilibres avec une multitude de teintes dans la tendresse que les instrumentistes savent éclairer avec un brio ciselé (et pour les cors, particulièrement exposés dans un jeu d’échos et de réponses, avec des sourdines spécifiques !)

Amoureux et même languissant, comme suspendu, le climat nocturne, apaisé, d’un calme enchanté, du « Tempio della notte » de Salieri (1795), éclaire un aspect lui aussi très mozartien du compositeur officiel de la Cour Viennoise ; les musiciens de Stradivaria soulignent la pudeur de l’écriture, son caractère mystérieux et velouté (grâce à la clarinette sollicitée tout du long) ; ils éclairent en particulier la noblesse grave et onirique du genre de l’Harmoniemusik, qui ici n’a rien d’un divertissement creux, mais semble au contraire en connexion directe avec des sentiments profonds, d’une ineffable puissance.

Très intéressant le style d’Antonio Casimir Cartellieri (1772-1807) se dévoile dans son Divertimento n°2. Le compositeur fait une subtile synthèse de l’art Viennois. Actif à Berlin, l’Italien qui travaille comme Beethoven sous le patronage du Prince Lobkowitz (dont il est maître de chapelle dès 1796) allie nervosité virtuose, volubilité expressive et humour… dans un équilibre souriant, très théâtral, toujours équilibré et facétieux, d’une élégance déjà toute Rossinienne. La vélocité collective, millimétrée, requise entre cors et bassons s’épanouit entre autres et fait merveille, dans l’ultime 4è mouvement « alla cosaca » ; d’autant plus que le manuscrit choisi (autrichien), permet de goûter la saveur fine, expressive, mordante, admirablement calibrée des instruments historiques ; l’octuor gagne une intensité et une diversité de nuances, délectables. Tandis que dans le « Menuetto – Trio », le hautbois tient la place la plus chantante, en alternance avec l’équation tendre cors / clarinettes. C’est assurément dans les 4 mouvements de cette pièce que les instrumentistes de Stradivaria s’accordent miraculeusement ; le timbre de chaque instrument étant parfaitement réglé ; travail d’orfèvre à 8 où chaque partie tient sa place pour briller sans couvrir les autres (caractère dansant et mordant, nerveux et facétieux du finale « alla cosaca », avec phrase grasse et bouffonne du contrebasson que compense la volubilité aérienne du hautbois).

 

Frais, hyperactif, l’épisode signé Guillaume Connesson (« Le Tombeau des Seventies », commande de Stradivaria) swingue et danse lui aussi avec un lyrisme libéré, alla Bernstein ; la « Ballade funk » permet à chaque instrument de participer et briller dans une joie contagieuse. La « Chaconne pop » berce par son allure ternaire de plus en plus riche sur le plan harmonique, avant que l’éclat rythmique du dernier « Rondo disco », dans une belle vivacité qui s’assume de plus en plus vers sa conclusion délirante et délurée, n’explose dans un ultime tutti, exclamatif.

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CRITIQUE CD, événement. SWINGIN’PARTITA. Harmoniemusik, octuor de Krommer, Beethoven, Cartellieri, Salieri, Connesson… Stradivaria – 1 cd Mirare – enregistré à Fontevraud en oct 2024 – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

 

 

LIRE aussi notre présentation annonce du cd événement « Swingin’partita » par Stradivaria : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-swingin-partita-vienne-1800-krommer-beethoven-cartellieri-salieri-connesson-1-cd-mirare/

Harmoniemusik, partitas et octuors de vent… Le nouveau cd intitulé « Swingin’partita » dévoile l’essor exceptionnel de la musique pour instruments à vent à Vienne depuis la fin du XVIIIème et en particulier autour de 1800, sous l’impulsion directe de l’empereur Joseph II… Un âge d’or que rompera la guerre contre Napoléon.
Dans  » Swingin’ partita « , les instrumentistes de Stradivaria que dirige depuis 2023 Guillaume Cuiller, s’intéressent en particulier au format de l’octuor à vent, et donc aux partitas, ici abordés par Franz Krommer, Ludwig van Beethoven, Antonio Casimir Cartellieri… sans omettre Antonio Salieri : une musique virtuose et sensible, qui cache sa richesse souvent saisissante, derrière une apparente légèreté : un sommet d’élégance et de raffinement qui illustre avec justesse le thème mythique de la conversation en musique…

 

CD événement, annonce. Swingin’ partita, Vienne 1800 :  Krommer, Beethoven, Cartellieri, Salieri, Connesson [1 cd Mirare]

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DVD BLU RAY événement, annonce. JS BACH : La Passion selon Saint-Jean, Orchestre de l’Opéra Royal, Tölzer Knabenchor (Château de Versailles Spectacles CVS, avril 2024)

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Composée en 1724, La Passion selon Saint-Jean de Bach retrace les derniers instants du Christ : sa Passion bouleversante dont les stations soulignent son essence humaine et donc, ses épreuves dans la souffrance et le Sacrifice. Bach conçoit un véritable opéra sacré dont la puissance poétique et spirituelle dépasse tout ce qui a été conçu jusque là. A la fois sombre et tragique, mais intensément humaine, la Passion selon Saint-Jean est aussi plus concentrée voire fulgurante que la Passion selon Saint-Mathieu. Incontournable. L’œuvre est aussi au programme de 2 représentations événements, les 2 et 3 avril prochains, à la Chapelle Royale de Versailles (par les mêmes interprètes : l’Orchestre de l’Opéra Royal, le Tölzer Knabenchor et Gaétan Jarry…), un moment fort de la Semaine Sainte 2026.

 

 

 

Œuvre majeure de la musique sacrée, conçue à l’origine pour le Vendredi Saint 7 avril 1724, elle invite à une méditation mystique. Elle est dirigée par Gaétan Jarry à la tête des instrumentistes de l’Orchestre de l’Opéra Royal et la participation non moins exceptionnelle du Tölzer Knabenchor, chœur d’enfants fondé depuis 1956, particulièrement familier de l’interprétation de Bach… – dvd coup de cœur de la Rédaction, CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 – Critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS.COM

 

 

 

 

 

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DVD, BLU RAY événement, ANNONCE. JOHANN SEBASTIAN BACH (1685-1750)
 : JOHANNES-PASSION / La Passion selon Saint-Jean – Passion créée à l’église Saint-Nicolas de Leipzig le 7 avril 1724 pour le Vendredi Saint
Linard Vrielink (l’Évangéliste)
Moritz Kallenberg, ténor
Nicolas Brooymans (Jésus)
Halidou Nombre (Pilate)
Tölzer Knabenchor, 
Orchestre de l’Opéra Royal
, Gaétan Jarry, direction

D’une exceptionnelle intensité dramatique et spirituelle, la Passion selon Saint Jean est composée en 1724. Jean-Sébastien Bach la destine à Saint-Nicolas de Leipzig dont il est depuis peu directeur musical. Basée sur l’Évangile selon Saint Jean, la partition retrace les derniers instants de la vie du Christ, depuis son arrestation jusqu’à son ensevelissement au tombeau. C’est un mausolée Le Cantor signe avec
cette passion l’une des œuvres les plus sublimes de son répertoire, entrainant l’auditeur dans une réflexion mystique et contemplative. Gaétan Jarry dirige l’Orchestre de l’Opéra Royal et les enfants chanteurs du Tölzer Knabenchor pour redonner toutes ses lettres de noblesse à ce trésor de la musique sacrée. Enregistré les 2 et 3 Avril 2024 à la Chapelle Royale du Château de Versailles.  Livret français/anglais – Durée : 1h 56 mn

 

PLUS D’INFOS sur le site du Château de Versailles Spectacles / boutique : https://tickets.chateauversailles-spectacles.fr/fr/product/4433/cvs152_dvd_bach_johannes_passion

1 DVD BLU RAY – Collection DVD Château de Versailles / Opéra Royal n°25 –

 

 

 

VIDÉO
Passion selon Saint-Jean par l’Orchestre de l’Opéra royal, Gaétan Jarry

 

Œuvre majeure de la musique sacrée, la Passion selon Saint-Jean invite à une méditation mystique. Elle est dirigée par Gaétan Jarry avec l’Orchestre de l’Opéra Royal et le Tölzer Knabenchor.

Des deux passions de Bach conservées, la Saint Jean fut la première composée, et remise plusieurs fois sur le métier par le Cantor pour des exécutions différentes entre 1724 et 1747. À Saint-Nicolas de Leipzig (comme à Saint-Thomas), Bach disposait d’un ensemble choral et instrumental suffisamment aguerri pour permettre la virtuosité des airs et chœurs, et il a poussé au maximum les effets de rhétorique mettant en valeur le texte dramatique autant que doloriste qu’il devait incarner. C’était alors de loin la plus vaste de ses compositions : elle est restée l’une des préférées du public aujourd’hui encore pour son humanité extraordinaire. À peine un an après son arrivée à Leipzig, il donna ainsi ce premier grand chef-d’œuvre pour le Vendredi Saint de 1724. L’interprétation donnée en avril 2024 à Versailles, soulignait ainsi les trois 300 ans de la création de cette œuvre magistrale. L’Orchestre de l’Opéra Royal dirigé par Gaétan Jarry accueillait des solistes de renom et le formidable Tölzer Knabenchor. Fondé en 1956 près de Munich, ce chœur de garçons est aujourd’hui l’héritier de sept décennies de travail choral de la plus haute exigence. Le chœur et notamment ses enfants solistes se sont produits dans le monde entier, avec entre autres Herbert von Karajan, Wolfgang Sawallisch, James Levine, Nikolaus Harnoncourt. Il est aujourd’hui le meilleur chœur d’enfants, particulièrement éblouissant dans le répertoire de la musique sacrée en allemand, que les garçons chantent avec le bonheur de s’exprimer dans leur propre langue – Concert enregistré à la Chapelle Royale du Château de Versailles en avril 2024.

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ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON-PROVENCE. Mon Beethoven à moi, ven 17 avril 2026. Jean-François Zygel (piano),Debora Waldman (direction)

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BEETHOVEN savait concevoir pour les Viennois, ses « concert-fantaisie » (comprenant plusieurs improvisations saisissantes aux côtés de la création de ses partitions les plus abouties) : c’est exactement ce que ressuscitent le pianiste JF Zygel, les instrumentistes de l’Orchestre National Avignon-Provence et Débora Waldman, leur directrice musicale.

 

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Mon BEETHOVEN à moi
Opéra Grand Avignon  –  
Vendredi 17 avril 2026 à 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national Avignon-Provence :
https://www.orchestre-avignon.com/concerts/mon-beethoven-a-moi/
ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON-PROVENCE
Débora WALDMAN, direction
Conception, piano et improvisation, Jean-François ZYGEL
En partenariat avec le Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Avignon

 

 

 

Durée : 1h30
Tarif : De 5 à 31 euros
Réservations : 04 90 14 26 40
À la billetterie de l’Opéra Grand Avignon :
 du mardi au samedi, de 10h à 17h sans interruption
➤ du 14 juin au 11 juillet, puis à partir du 2 septembre 2026

 

 

 

 

 

Avant-concert
Rencontre avec un membre de l’équipe artistique
Salle des préludes de 19h15 à 19h45

 

 

 

PROGRAMME « Mon Beethoven à moi », repris au Grand Théâtre d’AIX EN PROVENCE,
mardi 28 avril 2026, 20h
PLUS D’INFOS : https://www.lestheatres.net/fr/a/5490-mon-beethoven-a-moi

Complice de l’Orchestre National Avignon-Provence, le pianiste Jean-François Zygel imagine avec la cheffe d’orchestre Débora Waldman, un duel / dialogue entre piano et orchestre autour des œuvres de Beethoven.
Un « concert-fantaisie » émaillé d’improvisations décapantes, de joyaux musicaux emblématiques de la création beethovénienne, tel est la forme de ce concert inédit qui renouvelle aussi les formats que Beethoven réservait au public viennois : une soirée pleine de surprises. Opus rares, partitions plus célèbres, révisez votre Beethoven : les thèmes les plus célèbres du génie allemand sont revisités, commentés par Jean-François Zygel, passeur et guide habile pour un voyage surprenant, alliant culture et humour. En complicité avec l’Orchestre national Avignon- Provence dirigé par sa directrice musicale, Débora Waldman, le pianiste improvisateur (et compositeur lui-même) invite à une performance où la musique classique déploie sa puissance évocatrice, explorant « des espaces de liberté (et d’écoute) inattendus ».

 

 

 

VIDÉO Jean-François ZYGEL et BEETHOVEN

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CRITIQUE, danse. OPÉRA DE DIJON, le 26 mars 2026. HOW ROMANTIC (Katerina Andreou), Compagnie national de Norvège Carte Blanche

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L’Opéra de Dijon nous régale en réservant son affiche aux nouvelles chorégraphies parmi les plus intenses, comme aux compagnies ostensiblement audacieuses. Le ballet est ce soir défendu par 13 danseurs. La chorégraphe grecque Katerina Andreou [qui vit à Paris] réserve au collectif un spectacle continu dont la performance est de nature strictement sportive et urbaine, physique voire ludique. Son ballet « How romantic » [créé en mars 2025] s’inscrit dans une intensité rythmique permanente, une physicalité aiguë qui défie l’équilibre cardiaque des danseurs… moins interprètes ici,… qu’athlètes, invités à se dépasse sans limites si ce n’est leur propre endurance et leur capacité à relever les défis.

 

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Photo : Compagnie Carte Blanche DR

 

 

 

 

 

Scène décalée creative à l’Opéra de Dijon

Des performeurs/uses en meute s’adonnent à la sauvagerie sportive

 

 

 

La scène est un terrain de jeu et d’affrontement où les corps se mesurent, se comparent, se défient sans but réel, sans cadre défini, sans intention globale qui donnerait le sens, s’appuyant surtout sur les étincelles réactives, pulsionnelles, que produisent fausses intentions, frottements, défis continus. Le corps des danseurs y est envisagé comme le noyau d’une irrépressible énergie à canaliser ; sans préciser véritablement le lien relationnel entre les danseurs, la chorégraphe questionne ce qu’est un groupe en mouvement, chargé d’individualités contraires, diverses voire (très rarement) complémentaires. Le hasard semble dévoiler les tempéraments sans vraiment les fédérer. Il les expose dans un périmètre large et lâche, en décuplant leur sauvagerie primitive.

Le premier tableau va crescendo : les danseurs comme animés par des spasmes qui les connectent peu à peu s’agglomèrent, en groupes de plus en plus synchrones, dans une transe commune qui les fait devenir, chacun, composant d’un corps commun de plus en plus frénétique.

Le langage est expérimental et repousse l’écriture chorégraphique aux antipodes de la conception classique, narrative et dramatique. Des secousses aux cris gutturaux qui disloquent les corps en à-coups nerveux, dans un style qui redéfinit en les caricaturant des postures déconcertantes, ni humaines ni animales, jamais fluides mais syncopées : ces corps tordus et monstrueux souffrent ; ils ne s’appartiennent plus.

Puis une seconde partie faisant référence au Sacre du printemps de Stravinsky, sa nature organique viscérale, sacrificielle, sans écarter son extrémisme expressif, verse dans le show hurleur où deux danseurs chantent et haranguent le public, slament en bateleurs et orateurs excités, réclamant ses applaudissements.

Enfin un degré est franchi dans la 3 ème partie, celle d’une course effrénée, impérieuse, inscrite dans l’urgence, où tous se confrontent et rivalisent ; ils sautent successivement par dessus les bancs qui traversent la scène. C’est une meute en mouvement qui veut en découdre.

Aucun onirisme, aucune tentation abstraite mais la réalité des râles et des respirations de corps éprouvés, stressés dont la fureur cathartique reconsidère la danse comme un rituel collectif qui exsude la peur ; extrait et entend conjurer les tensions, les frustrations de toute sorte.
C’est avant tout un enchaînement de gestes et d’actes libératoires.
Les interactions sont rares ; parlons plutôt d’individualités affrontées confrontées, qui s’assemblent à peine par deux, le temps d’une courte séquence sans musique rythmique, comme une pause éphémère et sans attachement… pour mieux repartir ensuite dans une compétition festive et ivre, sauvage et libératoire. Arène cathartique.

 

 

 

 

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CRITIQUE, danse. OPÉRA DE DIJON, le 26 mars 2026. HOW ROMANTIC : Katerina Andreou. Compagnie Carte Blanche [Norvège]
PLUS d’INFOS sur le site de la Compagnie nationale de Norvège Carte Blanche : https://carteblanche.no/en/

 

 

prochain événement à l’Opéra de Dijon

Prochain spectacle de Danse à l’Opéra de Dijon :
HELIKOPTER / LICHT
Ballet Preljocaj
Quatuor Arditi
Mardi 5 mai 2026, 20h
AuditOrium, Opéra de Dijon
Infos et réservations :
https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/helikopter-licht/ 

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CONCOURS, BUCAREST. 20ème Concours International George Enescu 2026 (23 août – 19 septembre 2026) – Cristian Măcelaru, direction artistique

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CONCOURS événement à BUCAREST cette année : la 20e édition du Concours international George Enescu se tiend à Bucarest du 23 août au 19 septembre 2026, avec pour thème générique : « À la recherche de l’excellence ». Sous la direction artistique de l’excellent Cristian Măcelaru, – actuel directeur musical de l’Orchestre National de France, l’événement biennal offre un tremplin idéal pour la nouvelle génération de musiciens ; en distinguant les tempéraments à fort potentiel, le Concours favorise pour chacun l’accélération de leur carrière internationale, en s’inscrivant dans l’héritage pédagogique et humaniste de George Enescu.

 

 

tradition et concerts

Comme le veut la tradition, le concert d’ouverture du 23 août 2026 affiche les lauréats de l’édition 2024 du concours en tant que solistes : Roman Lopatynskyi au piano, Yo Kitamura au violoncelle et Mayumi Kanagawa au violon, accompagnés par l’Orchestre national de la radio, sous la direction de Cristian Măcelaru, suivant le modèle du concert d’ouverture du Festival Enescu. Cristian Măcelaru dirigera également le concert à la fin de la masterclass de direction d’orchestre… Pendant le Concours Enescu, 6 concerts symphoniques et 6 récitals de chambre exceptionnels sont prévus à l’Athénée roumain, donnés par de grands artistes internationaux, membres des jurys et lauréats des éditions précédentes du concours

 

à l’école de l’excellence

Le Concours présente ses 4 sections traditionnelles — violoncelle (du 29 août au 7 sept 2026), violon (du 4 au 13 sept), piano (du 10 au 19 sept), composition. Il intègre aussi plusieurs nouveautés. Les demi-finales instrumentales introduisent une nouvelle épreuve « jouer-diriger » : le(la) candidat(e) assure simultanément sa partie soliste et la direction de l’Orchestre de Chambre de la Radio Roumaine. En outre plusieurs masterclasses de direction, d’interprétation et, pour la première fois, de composition seront pilotées par Cristian Măcelaru : tout cela favorise l’échange, le partage, l’étude, le dialogue pour l’enrichissement des participants.
Les concerts de Finale des sections seront dirigés par 3 chefs renommés : Case Scaglione, chef d’orchestre américain apprécié pour la rigueur et la puissance expressive de ses interprétations (section violoncelle) ; le Britannique Harry Ogg, réputé pour le raffinement de sa construction musicale, dirigera l’Orchestre philharmonique George Enescu lors de la finale de violon, et Daniela Candillari, chef d’orchestre à la carrière solide aux États-Unis, dirigera la finale de piano, à la tête du même orchestre.
La Finale de la section composition accueille pour sa première venue en Roumanie, la chef d’orchestre Marin Alsop, qui dirigera l’Orchestre National Radio.

Jury
Chacune des 4 sections réunit des artistes interprètes qui incarne cette excellence mise à l’honneur en 2026 : entre autres, président chacune des dites catégories : Arto Noras (violoncelle), Mihaela Martin (violon), Lilya Zilberstein (piano), Zygmunt Krauze (composition)…

FORMULAIRE D’INSCRIPTION ici :
https://festivalenescu.ro/en/george-enescu-international-competition/home

 

 

TOUTES LES INFOS, les modalités d’inscription : Festival et Concours international George Enescu 2026 : www.festivalenescu.ro

 

 

À propos du Concours international George Enescu
Créé en 1958, en même temps que le Festival international George Enescu, le Concours international George Enescu est l’une des plus importantes plateformes internationales pour lancer les futurs grands musiciens du monde. Le Concours international George Enescu promeut également les compositions du grand musicien roumain auprès de la nouvelle génération d’artistes du monde entier, complétant ainsi le Festival international George Enescu, l’événement culturel international le plus important organisé par la Roumanie.
Depuis 2014, le Concours international George Enescu est devenu un événement distinct du Festival et est organisé tous les deux ans (en alternance avec les années où le Festival Enescu est organisé).
Depuis sa première édition en 1958, le Concours Enescu a lancé de nombreux artistes qui sont devenus des figures de proue de la scène internationale et ont maintenu un lien constant avec la musique de George Enescu et de la Roumanie : les pianistes Elisabeth Leonskaja, Ming-Qiang Li, Josu de Solaun, la mezzo-soprano Agnes Baltsa, le violoncelliste Zlatomir Fung, les violonistes Erzhan Kulibaev et Nemanja Radulović. Des solistes remarquables, tels que les pianistes Radu Lupu, Valentin Gheorghiu et Dan Grigore, la violoniste Silvia Marcovici, qui a joué sous la direction des chefs d’orchestre les plus renommés au monde (Zubin Mehta, Claudio Abbado, Riccardo Muti, etc.), la soprano Ileana Cotrubaș, la mezzo-soprano Viorica Cortez, le compositeur Dan Dediu, ainsi que les musiciens roumains les plus acclamés de la jeune génération – Alexandru Tomescu, Vlad Stănculeasa, Remus Azoiței, Anna Țifu, Stefan Tarara, Valentin Răduțiu, Valentin Șerban, Maria Marica – ne sont que quelques-uns des musiciens roumains les plus en vue sur la scène internationale qui ont fait leurs débuts en tant que lauréats du Concours international George Enescu.
Le modèle de fonctionnement du Concours international George Enescu s’inspire de la vie de l’artiste dont il porte le nom : il soutient et promeut les jeunes talents de la musique classique, suivant l’exemple du grand compositeur qui, tout au long de sa vie, a constamment soutenu les jeunes musiciens. George Enescu a fait d’importants dons pour financer des bourses d’études à leur intention et, en 1912, il a entrepris une tournée en Roumanie, réussissant à collecter plus de mille livres sterling pour créer et décerner un prix national de composition. Parallèlement, le Concours international George Enescu contribue activement à la promotion de l’œuvre d’Enescu en incluant systématiquement ses sonates et ses suites dans le répertoire du concours.
La 20e édition anniversaire confirme la place du Concours international George Enescu parmi l’élite des concours musicaux mondiaux et réaffirme son rôle essentiel dans la découverte et la formation des futures personnalités de la scène internationale.

 

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CRITIQUE, opéra. BOBIGNY, MC93, le 24 mars 2026. MOZART : La Finta giardiniera. Y. Shao, I. Anthony, B. Toverud, D. Akulova… Julie Delille / Chloé Dufresne

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La Finta giardiniera de W. A. Mozart, comme bien des opéras comiques des années 1770-1780, est un livret dont l’intrigue n’est qu’un marivaudage continu, non démuni de truculence et de grandes pages au dramatisme sentimental. Mais que l’on ne se méprenne pas, l’histoire de la marquise Violante et son déguisement n’a rien à voir avec la bleuette fade, : cette « feinte jardinière » est une rose qui garde toutes ses épines et un parfum enivrant. 

 

Pendant longtemps, on a cru que l’auteur du livret n’était autre que Rainieri de’ Calzabigi, celui qui a été le réformateur de l’opera seria avec Gluck. Or les dernières recherches ont montré que l’auteur vraisemblable de cette Finta giardiniera serait Giuseppe Petrosellini, star des librettistes d’opéra comique, le Favart italien cher à Cimarosa et Paisiello. Effectivement, rien qu’en le comparant en versification et en construction dramaturgique avec Il Pittor parigino (musique de Cimarosa), nous constatons des similitudes évidentes. Par exemple, les rôles de Sandrina / Violante et Eurilla sont construits de la même manière et dans le même registre. Les deux héroïnes sont des femmes déterminées face aux assauts des barbons et des rivales. La Finta giardiniera a été créée en 1775 et le Pittor parigino de Cimarosa en 1781, un héritage dramaturgique qui se vérifie à quelques années de distance.

Pour cette production de l’Académie de l’Opéra national de Paris, nous abandonnons les jardins et les moulures meringuées – et même les Jardiland ou autres Truffaut. Julie Delille garde le même décor, un plateau sobre et bâché avec des grandes bûches et troncs décharnés et des mottes de terre. Totalement dépourvu de poésie et plus proche d’un plateau pour une création du Théâtre de La Colline que d’un opéra comique, la production manque cruellement d’une direction d’acteurs et les solistes semblent livrés à eux mêmes. Tous les aspects intéressants de l’intrigue qui auraient pu être explorés passent au second plan ou bien sont ignorés pour se concentrer sur des disputes. On ne reviendra pas sur les coupes qui auraient pu avoir une cohérence avec une mise en scène davantage inventive et moins scolaire. 

La distribution est dans l’ensemble homogène et brillante. Nous remarquons encore une fois l’extraordinaire Sandrina / Violante d’Isobel Anthony. Cette soprano fabuleuse domine non seulement les difficultés vocales du rôle et l’incarnation avec un abattage doublé d’un timbre agile et d’une rare beauté. Le Podestà de Yu Shao est tout aussi idéal avec une étendue vocale, un phrasé et une belle noblesse dans ce timbre exceptionnel. Amandine Portelli est un Ramiro au timbre riche et multicolore, théâtralement assez juste. Clemens Frank est un Nardo de rêve et nous fait espérer de le voir encore dans d’autres rôles similaires. Daria Akulova est une Arminda au zénith. Nous sommes enchantés par son incarnation toujours juste malgré une mise en scène qui la cantonne au rôle de capricieuse hystérique. En revanche, Sima Ouahman nous laisse sur notre faim pour Serpetta : la voix manque de puissance et s’avère fragile. Dans le rôle du séducteur toxique Belfiore, le ténor Bergsvein Toverud ne manque pas de panache vocal, la voix a une belle puissance, mais manque cependant cruellement de nuances pour ce rôle.

En fosse, l’orchestre composé de jeunes musiciens relève le défi de l’arc-en-ciel mozartien haut la main. Sous la baguette magistrale et enthousiasmante de Chloé Dufresne, nous découvrons des beautés cachées dans cette délicieuse partition qui en devient encore plus passionnante. In fine, cette Finta giardiniera restera un must musical avec l’énergie de ses jeunes solistes dont la floraison est la plus belle promesse musicale du printemps.

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. BOBIGNY, MC93, le 24 mars 2026. MOZART : La Finta giardiniera. Y. Shao, I. Anthony, B. Toverud, D. Akulova… Julie Delille / Chloé Dufresne. Crédit photographique (c) Vincent Lappartient

 

 

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OPÉRA DE MASSY. PUCCINI : La Bohème, 9, 10, 11 et 12 avril 2026. Compagnie lyrique Opera2001, Orchestre de l’Opéra de Massy… Aquilés Machado / Constantin Rouits

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Dans La Bohème, Puccini capte les humeurs fragiles et intenses des jeunes parisiens au Quartier Latin, dans ce XIXè siècle romantique, où l’artiste doit se sortir d’une vie misérable… Entre scènes de joie insouciante et drames déchirants, La Bohème capture avec émotion l’élan et les désillusions d’une jeunesse idéaliste et passionnée, rattrapée par les désillusions de la réalité…

 

Mise en scène classique, lisible et fluide, distribution où brille l’engagement de jeunes interprètes en laissions avec chaque profil dramatique conçu par Puccini (d’après le roman de Murger), la production rend hommage à l’œuvre sensible de Giacomo Puccini, la grande charge émotionnelle de sa musique irrésistible.

Dans le Paris bohème du XIXe siècle, quatre jeunes artistes partagent les mêmes défis, subissent la même galère… l’art ne rend pas riche et tous doivent faire contre mauvaise fortune, bon cœur… : Rodolfo, Marcello, Colline et Schaunard. Leur vie insouciante et pleine de rêves est bouleversée par l’arrivée de Mimi, jeune couturière malade dont l’amour pour Rodolfo est la trame principale de l’action. En contrepoint, la relation parallèle entre Marcello et Musetta ne manque pas piquants et de rebondissements…

Avec des mélodies inoubliables (duo d’amour clôturant l’acte I, puis souffle tragique et lyrique à la barrière d’enfer par un temps de neige…) et une histoire d’amour poignante, La Bohème exprime et sublime la toute puissance des sentiments humains. 4 dates incontournables.

 

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Opéra de Massy
4 représentations événements
Jeudi 9 avril 2026, – 20h
Vendredi 10 avril 2026,– 20h
Samedi 11 avril –2026, 20h
Dimanche 12 avril –2026, 16h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Massy :
https://www.opera-massy.com/fr/la-boheme.html?cmp_id=77&news_id=1204&vID=3

 

distribution

Direction musicale : Constantin Rouits
Mise en scène : Aquilés Machado
Scénographie : Alfredo Troisi
Direction artistique : Luis Miguel Lainz
Costumes : Arrigo
Perruques : Mario Audello
Chaussures : Calzature Epoca
Chef de chœur : Francesco Costa

Solistes de la Compagnie lyrique Opera2001
Mimì : Yeonjoo Park, Gabrielle Philiponet, Irina Stopina
Rodolfo : David Baños, Haruo Kawakami
Musetta : Francesca Bruni, Marie Aubry
Marcello : Paolo Ruggiero, Jiwon Song
Colline : Juan Burgos, Viacheslav Strelkov
Schaunard : Armando Piña
Benoît : Davide Maria Sabatino
Alcindoro : Gabriele Sandi, Emanuele Collufio
Parpignol : Vincenzo Tremante

Orchestre de l’Opéra de Massy
Coro Lirico Siciliano
Maîtrise de Massy (dir. Johanna Manteaux)

↦ conférence
Jeu. 9 avril 2026 à 18h30 (Gratuit sur inscription)
Réservez ici : https://billetterie.opera-massy.com/selection/event/date?productId=10229378328575

 

 

 

vidéo : La Bohème de Puccini (chez Momus)

 

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PARIS, 6ème art. MARATHON MOZART, sam 28 et dim 29 mars 2026 : TOUT MOZART en UN WEEK END, déchiffrage des partitions au Conservatoire JP RAMEAU

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Pour varier les plaisirs après la période dédiée aux élections municipales, le CONSERVATOIRE Jean-Philippe RAMEAU à PARIS (6ème art), propose ce week end (28 et 29 mars 2026), un marathon-événement « unique au monde » : jouer la quasi-totalité des symphonies de Mozart. Les participants sont invités à prendre part à des séances de déchiffrage collectif en orchestre qui ne prennent pas la forme d’un travail d’orchestre traditionnel, mais d’un déchiffrage partagé, en groupe. C’est à la fois un acte de culture, une immersion dans le répertoire et un véritable défi musical qui permet de développer l’écoute, la lecture et le plaisir de jouer ensemble.

 

 

Samedi 28 mars 9h-13h puis 14h-18h
Dimanche 29 mars 9h-13h puis 14h-18h
                       
Au conservatoire Jean-Philippe Rameau du 6ème arrondissement de Paris,
3 ter rue Mabillon, 75006 Paris

Vous êtes les bienvenus – participation au déchiffrage sur inscription.
Plus d’informations: [email protected]  –   06 11 70 53 71

 

MOZARTHON
Toutes les symphonies de Mozart en un weekend
Un déchiffrage de l’intégrale – inscrivez vous ici :
https://www.paris.fr/lieux/conservatoire-municipal-jean-philippe-rameau-1597

 

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LES ÉPOPÉES. CHARPENTIER : Airs sérieux & à boire… jeudi 9 avril 2026, PARIS (Salle Cortot) 

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A la Cour de Louis XIV, l’air de cour est dans son élément ; il incarne le bon goût et le raffinement de la noblesse française. Grand maître de ce temps, Marc-Antoine Charpentier compose plusieurs pièces d’une finesse et d’une grâce rares, célébrant l’amour et la nature. Les Épopées fidèles à leur approche subtile et intuitive révélée dans les Grands Motets de Lully, entre autres, souligne l’équilibre entre texte et musique, dévoile le travail d’orfèvre réalisé par Charpentier …

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Photo : Stéphane Fuget DR

 

 

chaque mot a sa juste place et sa juste coloration musicale. Certains airs se sont particulièrement distingués dans les programmes des salles de concert : « Sans frayeur dans ces bois » (et sa chaconne irrésistible), le sombre et éloquent « Tristes déserts », les Stances du Cid à la beauté mélodique poignante, le mélancolique « Ah Laissez-moi rêver » ou enfin le pétillant et badin,  « Auprès du feu l’on fait l’amour »…

Il revenait aux interprètes d’agrémenter les couplets par des ornements parfois très virtuoses, ce dont s’acquittent avec talent les chanteurs ici réunis par Stéphane Fuget, directeur artistique et fondateur des Épopées. Tous sont solistes de renom ; ils ont participé chacun à leur manière au triomphe des répertoires anciens et redonnent vie aux airs de cour avec l’exquise élégance qui est de mise. D’autant plus sous la direction détaillée, incarnée de Stéphane Fuget.

 

 

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PARIS, Salle Cortot
Jeudi 9 avril 2026, 19h30
Marc-Antoine Charpentier : Airs sérieux et à boire
TOUTES LES INFOS sur le site des Épopées / Stéphane Fuget : https://www.lesepopees.org/fr/agenda/
Réservez vos places sur le site de la Salle Cortot, PARIS, 17ème arrdt : https://sallecortot.com/event/airs-serieux-et-a-boire-ensemble-les-epopees-avec-stephane-fuget/

 

Claire Lefilliatre, soprano
Gwendoline Blondeel, soprano
Cyril Auvity, haute-contre
Marc Mauillon, ténor
Geoffroy Buffière, basse

Les Épopées
Stéphane Fuget, direction

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cd

LIRE aussi notre critique des GRANDS MOTETS de LUllY par Les Épopées : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-lully-grands-motets-vol-4-te-deum-exaudiat-te-dominum-les-epopees-avec-les-pages-et-les-chantres-du-cmbv-stephane-fuget-direction-1-cd-chateau-de-versailles-specta/

 

CRITIQUE CD événement. LULLY : Grands Motets, VOL IV : Te Deum, Exaudiat te Dominum – Les Épopées avec les Pages et les Chantres du CMBV / Stéphane Fuget, direction (1 cd Château de Versailles Spectacles, mars 2023)

 

 

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LA SEINE MUSICALE. Ciné-concert : NOSFERATU par Jean François Zygel, mardi 14 avril 2026, 20h30 (Murnau, 1921)

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Certes une bonne musique de film colle d’abord à l’action, comme au sujet de la projection, au risque de passer inaperçue… Pourtant certaines bandes originales méritent être (re)écouter… C’est l’enjeu du cycle Les plus grandes musiques de films proposé par La Seine Musicale, avec comme guide et interprète, le pianiste improvisateur Jean-François Zygel…

 

 

 

 

Au programme : une série de concerts dédiée aux musiques cultes des chefs-d’œuvre du 7ème art à l’Auditorium de La Seine Musicale. Sans images, les musiques de films « nous procurent le plaisir de nous souvenir des images qu’elles ont accompagnées, et même de les deviner ».

L’univers mystérieux et fascinant de Nosferatu, adaptation libre du roman légendaire Dracula de Bram Stoker, a suscité un chef-d’œuvre du cinéma expressionniste : le film de F.W. Murnau, réalisé en 1921 (*). Ce film emblématique de l’expressionnisme allemand et du cinéma fantastique a marqué l’histoire du cinéma par sa vision inédite du mythe du vampire, à la fois terrifiant et séduisant, – un double visage ambivalent qui demeure une intarissable source d’inspiration …plus d’un siècle après sa sortie.

Gamme innovante de techniques cinématographiques dont effets spéciaux, teintage des scènes de nuit, accélération de certains mouvements, images en négatif, focus obsessionnels…, Murnau réinvente l’image du vampire, créant une créature ambiguë, un être nocturne et insaisissable, à la fois réel et imaginaire, faible et puissant, masculin et féminin, humain et fantasmatique, proche et éthéré.

Très à l’aise dans l’accompagnement en concert de films muets, le pianiste et compositeur Jean-François Zygel magnifie cette œuvre mythique en créant une atmosphère sonore envoûtante. Sa musique, tissée de fragments de chorals, de comptines énigmatiques, de bourdons menaçants, se teinte d’une délicate poésie sonore, portée par un ensemble de trois claviers complémentaires. La parure instrumentale qui se déploie convoque un univers musical aussi mystérieux que l’image qui défile à l’écran, « où chaque note dialogue avec les ombres du film ».

 

La Seine musicale promet une expérience musicale « inoubliable » où la magie du cinéma muet rencontre la puissance d’une offrande sonore inédite.

 

 

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LA SEINE MUSICALE
Ciné-concert : NOSFERATU
par Jean-François Zygel,
mardi 14 avril 2026, 20h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de la Seine Musicale : https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/nosferatu-vampire-friedrich-wilhelm-murnau-jean-francois-zygel-cine-concert/
(*) Le film projeté est proposé par la fondation Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung (www.murnau-stiftung.de) à Wiesbaden.

 

Synopsis
A Wisborg, en Allemagne, Hutter, jeune homme profondément amoureux de sa femme Ellen, assiste l’agent immobilier, Knock. Ce dernier envoie son commis Hutter en Transylvanie pour obtenir et finaliser un contrat juteux : vendre plusieurs maisons au comte Orlok, richissime aristocrate vivant reclus dans son château en Transylvanie, mais qui souhaite acquérir une maison à Wisborg. En rejoignant le possible acheteur, Hutter découvre une contrée mystérieuse où la superstition règne et les rumeurs circulent. Orlok serait un vampire qui suce le sang des êtres qu’il croise…

 

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ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE. Charlotte SOHY : Les 3 anges, MAHLER, MOZART… ven 3 avril 2026, Débora Waldman (direction)

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Après les avoir enregistrées en 2022, la mezzo-soprano Aude Extrémo, la cheffe et directrice musicale Débora Waldman avec la complicité des instrumentistes de l’Orchestre national Avignon-Provence jouent trois œuvres méconnues de la compositrice Charlotte Sohy, une créatrice récemment mise à l’honneur et dont l’œuvre méritait bien cette résurrection musicale.

 

 

Le récent documentaire signé Matthias Weber souligne le tempérament fascinant d’une compositrice injustement tenue à l’écart et maintenue après sa mort dans un oubli général. En jouant la Symphonie Grande Guerre, Débora Waldman et l’Orchestre national Avignon-Provence a révélé l’ampleur d’une conscience créatrice irrésistible…

LIRE ici notre présentation du film Charlotte Sohy, consécration d’une compositrice : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-matthias-weber-a-propos-de-son-film-documentaire-inedit-charlotte-sohy-la-consecration-dune-compositrice/

 

Autour des amoureux Trois chants nostalgiques et des deux mélodies « Les Trois Anges » et « Ton Âme » d’autant attendus dans ce programme que très rarement donnés en concert, l’orchestre et la mezzo-soprano convoquent la musique de Mahler : ses Chants d’un compagnon errant avaient inspiré à l’Autrichien la mélodie du deuxième originel et finalement retiré de sa Première Symphonie. C’est une page pastorale qui dialogue avec la plus belle et la plus glorieuse de Mozart, sa divine Symphonie n°41 dite « Jupiter ». Familière de la partition et mozartienne affûtée, Débora Waldman sait exprimer de la symphonie mozartienne, son ultime offrande au cadre orchestral, sa lumineuse architecture comme son impérieuse énergie…

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Mozart / Malher / Sohy (Les trois anges)
Débora WALDMAN, direction
  /  Aude EXTRÉMO, mezzo-soprano
Opéra Grand Avignon / Avignon

vendredi 3 avril 2026, 20h
Durée : 1h40
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE : https://www.orchestre-avignon.com/concerts/les-trois-anges/
Tarif : De 5 à 31 euros
Réservations : 04 90 14 26 40
À la billetterie de l’Opéra Grand Avignon :
 du mardi au samedi, de 10h à 17h sans interruption
➤ du 14 juin au 11 juillet, puis à partir du 2 septembre 2026

 

Charlotte Sohy,
Trois chants nostalgiques, Deux poèmes

Gustav Mahler,
Lieder eines fahrenden gesellen

Gustav Mahler,
Symphonie n°1 : II. Andante allegretto «Blumine »

Wolfgang Amadeus Mozart,
Symphonie n°41 en ut majeur, KV 551, « Jupiter »

Avant-concert
Présentation du programme avec les élèves de la classe de culture musicale du Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Avignon
Salle des préludes de 19h15 à 19h45

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ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE. Ven 10 et sam 11 avril 2026 : R. SCHUMANN : Symphonies 1 à 4, Frank Beermann (direction)

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En avril, au printemps 2026, les musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse se confrontent à un monument symphonique, celui irrépressible, d’une vitalité impérieuse que Robert Schumann compose dans les années 1840… Le cycle des 4 symphonies schumanniennes réalise un sommet musical, construit en une décennie de 1841 à 1851 (si l’on tient compte de la révision qu’il fit sur la n°4…

 

 

 

 

Robert Schumann créée d’abord essentiellement pour le piano, qu’il pratique jusqu’à ce qu’une blessure ne brise ses espoirs de virtuose. Puis contraint par un cadre réducteur qui est « trop étroit pour contenir [s]es idées », il écrit sa première symphonie en 1841, année suivant son mariage heureux avec la pianiste tant aimée Clara Wieck.
En 10 ans, il livre quatre opus symphoniques, tous dans le plus pur style romantique. Le chef Frank Beermann, « particulièrement apprécié par l’Orchestre du Capitole », a déjà exploré ce cycle essentiel en enregistrant l’intégrale des quatre symphonies. Maestro et instrumentistes proposent ici une lecture en deux soirées dans l’ordre chronologique de leur composition, différente de leur numérotation : opportunité exceptionnelle pour suivre l’évolution créatrice d’un Schumann, génie de l’écriture orchestrale, de la célébration du Printemps à celle du Rhin, fleuve sacré où, dans un accès de folie, il se précipita en 1854.

 

 

 

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les 4 symphonies de Robert Schumann
par l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE
HALLE AUX GRAINS
vendredi 10 et samedi 11 avril 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse : https://onct.toulouse.fr/frank-beermann/

 

 

 

détail par date

 

Vendredi 10 avril

Symphonie n°1
en si bémol majeur opus 38 « Le Printemps », 1841
(Andante un poco maestoso, allegro molto vivace / Larghetto / Scherzo : molto vivace / Allegro animato e grazioso) – durée : 31 mn

Symphonie n°4
en ré mineur, opus 120, 1841 – révision de 1851
(Ziemlich langsam – Lebhaft / Romanze : ziemlich langsam / Scherzo / Langsam) – durée : 28 mn

Samedi 11 avril

Symphonie n°2
en do majeur, opus 61 (1845-1846)
(Sostenuto assai, allegro ma non troppo / Scherzo : allegro vivace / Adagio espressivo / Allegro molto vivace) – Durée : 33 mn
Symphonie n°3
en mi bémol majeur opus 97 (1850)
(Allegro / Scherzo / Intermezzo / Andante et Finale)
Durée : 30 mn

 

 

CONSULTEZ ici le programme de salle en ligne :
https://www.calameo.com/toulouse/read/005971811a60dd8440f59

 

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CD événement annonce. YOANN MOULIN : « A Keyboard Song » (1 cd Scala Music)

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Le claviériste Yoann Moulin signe son premier cd chez l’éditeur Scala Music, un album plutôt personnel qui redessine les lignes et dissout les frontières entre clavier et vocalité : l’interprète comme un funambule habité explorant de nouvelles contrées sonores, défriche une voie médiane où le chant de l’instrument égale les nuances et les vertiges d’une voix humaine.

 

 

Voix et chant des claviers…

Maître de la mécanique instrumentale, l’alchimiste inspiré fait naître une nouvelle musicalité ; son clavier (ou plutôt ses claviers : – claviorganum et virginal) envisagent des perspectives et des architectures dont l’intimité captive. L’expérience proposée place l’instrument au premier plan, dévoilant sa capacité singulière à parler, murmurer, soupirer, chanter comme le fait la voix
A travers une collection choisie de partitions parcourant les époques et les styles (Renaissance, Baroque, Moderne…), l’interprète compose un cheminement personnel dont l’éloquence redessine le relief et l’ossature des écritures abordées ; elle revivifie tout autant la vitalité des timbres comme la dramaturgie du discours… Bull, Trabaci, Byrd, Frescobaldi, JS Bach, Obrecht, Desprez… entre autres, sont les jalons surprenants de ce jardin musical inédit.

Si Yoann Moulin est un virtuose, il est un maître des accents et de la nuance. Aucun geste factice, aucune intention démonstrative. Mais la volonté de s’immerger au cœur du mystère et de la magie de la musique.  Le programme est d’autant plus convaincant qu’il soigne chaque passage d’une pièce à l’autre, et toutes semblent éclairer les suivantes, soulignant une profonde cohérence dans la quête du son et du sentiment. Prochaine critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS

 

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CD événement annonce. YOANN MOULIN (claviorganum, virginal) : «  A Keyboard Song » (1 cd Scala Music) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

 

 

 

concert

Concert de sortie, lundi 13 avril 2026, 19h15 (Scala Paris) – Plus d’infos : https://lascala-paris.fr/?s=moulin

présentation du concert
Le programme propose de faire entendre une heure durant ce chant du clavier, mystérieuse alchimie d’une mécanique sonore, à travers différents genres, compositeurs, lieux,époques. Il s’ouvre par un effet de manche cher aux rhéteurs, et que Girolamo Frescobaldi maîtrisait parfaitement dans son art déclamatoire. Il se poursuit avec l’art de la diminution où chaque figure dans son dessin possède sa signification propre mais sert aussi à révéler la polyphonie. Le Choral, cette « prière deux fois dite » (Luther), allie la sensualité du chant à sa dimension métaphysique. Enfin, certaines pièces illustrent une virtuosité tantôt démonstrative, vitesse digitale qui veut compenser l’absence de corde vocale, tantôt discrète, invisible et néanmoins prodigieuse dans sa tentative de faire apparaître devant nous 4, 5 ou 6 voix, avec … deux mains.

 

 

vidéo
A Keyboard Song – Yoann Moulin | Bande annonce

 

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OPÉRA DE NICE. Ulysse DOVE, Pontus LIDBERG : Après la pluie… Petrichor (création française), 28 mars > 5 avril 2026.

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Le programme réunit deux œuvres jamais dansées en France ; deux créations françaises qui abordent la condition humaine sous deux angles : l’une marquée par la perte, l’autre par l’éveil. Dancing on the Front Porch of Heaven se déploie vers l’intérieur, quand Petrichor s’ouvre vers l’extérieur, vers la vie, le désir, la connexion.

 

Ulysses Dove crée Dancing on the Front Porch of Heaven en 1993, sur la musique d’Arvo Pärt en canons superposés qui s’effondrent dans le silence. La chorégraphie transforme la virtuosité technique classique en une écriture épurée, architecturale et introspective. Dove, qui fut membre du Groupe de Recherche Chorégraphique de l’Opéra de Paris, compose l’œuvre en réponse à la disparition de proches durant la crise du sida, une maladie qui l’emportera à son tour trois ans plus tard. C’est la première présentation de la pièce en France : l’Opéra de Nice en assure ainsi la création française.

 

Printemps chorégraphique

Temps fort artistique, « Petrichor », première œuvre de Pontus Lidberg pour le Ballet de l’Opéra de Nice, a été créée pour le Miami City Ballet. Le titre évoque le parfum de la terre après la pluie. Sur un concerto de Philip Glass, au minimalisme rythmiquement contagieux, le ballet s’appuie sur la technique classique tout en en refusant la symétrie et les équilibres statiques. Les danseurs, tels des oiseaux de paradis, serpentins, animés, cultivent fluidité et précision ; leurs silhouettes souples et motorisées font surgir un monde opulent, raffiné, en renaissance. Un printemps chorégraphique s’invite à l’Opéra de Nice, soulignant aussi la très forte personnalité artistique de son directeur de la Danse, PONTUS LIDBERG.

 

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Opéra Nice Côte d’Azur
Ballet
Ulysses Dove / Pontus Lidberg : 
Après la pluie

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Nice Côte d’Azur : https://www.opera-nice.org/fr/evenement/1284/apres-la-pluie
Durée : 1h15 mn
10 représentations événements
28 mars 2026  à  15:00
28 mars 2026  à  20:00
29 mars 2026  à  15:00
31 mars 2026  à  20:00
1 avr. 2026  à  20:00
2 avr. 2026  à  20:00
3 avr. 2026  à  20:00
4 avr. 2026  à  15:00
4 avr. 2026  à  20:00
5 avr. 2026  à  15:00

 

 

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CRITIQUE, opéra. MONACO, Salle Garnier, le 22 mars 2026. VERDI : le Trouvère. P. Pretti, A. Marcellier, A. Rucinski, V. Abrahamyan… Franciso Negrin / Giacomo Sagripanti

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Pour Le Trouvère de Giuseppe Verdi, à l’Opéra de Monte-Carlo, on attendait Pretty Yende. Beaucoup étaient venus pour elle. Mais un deuil familial l’ayant obligée à retourner en Afrique du Sud, elle a dû renoncer à sa participation. Elle a été remplacée par la jeune soprano Française Alexandra Marcellier. Le moins que l’on puisse dire est que sa prise de rôle et ses premiers pas dans le grand répertoire verdien ont été réussis. 

 

Sa Leonora, toute de musicalité et d’élan intérieur, nous a touchés. Une émotion vibrante circulait en elle. Des lignes de chant bien conduites. Elle fut, oui, la « Pretty woman » de la soirée. On connaissait déjà la mise en scène de Francisco Negrin. Elle se déroule dans la pénombre, dans un décor de murs nus. Des éléments de décor rectilignes horizontaux ou verticaux découpent l’espace en différents secteurs. Des personnages, hagards comme des revenants, traversent la scène, d’autres rampent sur le sol. Des brasiers s’allument. Un enfant passe, brandissant la faux de la mort. Au cœur de cette angoissante nuit s’échangent d’ardentes déclarations d’amour.

Le reste de la distribution vocale est de grande qualité. La voix du ténor Piero Pretti, interprète de Manrico, resplendit, dorée et charmeuse, donnant de la vaillance à l’air célèbre “Di quella pira”. Le Polonais Artur Rucinski est impressionnant en comte de Luna. Dans ce rôle typique de baryton verdien, il déploie autorité et lyrisme, assouplissant sa dureté dans l’air “Il balen del suo sorriso”. Varduhi Abrahamyan, bras pointé en avant, regard révulsé, incarne la sauvagerie de son personnage de gitane vengeresse. Dans le célèbre “Stride la vampa”, le feu de sa voix concurrence le brasier allumé sur scène… Evgeny Stavinsky, voix solide, presque minérale, incarne le redoutable capitaine qui prépare les enfants à la guerre. Tout cela est impressionnant.

Le chœur, magnifique, ample et fervent, porte en lui toute une rumeur d’humanité. Quant à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la direction de Giacomo Sagripanti, on admire sa souplesse, sa cohésion, ses soli et son élan. Il soutient l’action, l’exalte, la raconte. Ce Trouvère fait partie de ces belles soirées d’opéra où tout donne l’impression de vibrer plus longtemps que prévu.

 

 

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CRITIQUE, opéra. MONACO, Salle Garnier, le 22 mars 2026. VERDI : le Trouvère. P. Pretti, A. Marcellier, A. Rucinski, V. Abrahamyan… Franciso Negrin / Giacomo Sagripanti. Crédit photographique (c) Marco Borrelli

 

 

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CRITIQUE, concerts. PERPIGNAN les 20 et 21 mars 2026. 40ème Festival de musique sacrée de Perpignan 2026 : 6ème Concours international de carillon, Rolland Besson, Benjamin Allard,…

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A l’heure de sa 40ème édition, Musique sacrée à Perpignan surprend toujours, fédère et convainc en développant une offre accessible et très riche autour du sacré. Le Festival depuis que sa directrice artistique le pilote, Elisabeth Dooms [2026 est sa 13ème programmation], respire, rayonne, au rythme de la ville qui l’accueille et dans laquelle il sait se déployer en impliquant toujours davantage ses habitants : Perpignan. Au moment de Pâques et en complément des célébrations de la Semaine Sainte, le cycle musical offre une alternative particulièrement bienvenue à l’adresse des publics, résidents et visiteurs qui souvent en accès libre, [re] découvrent la magie d’une culture accessible et vivante.
C’est une musique sacrée proche et facile qui met en scène chaque printemps la ville Catalane, en réaffirmant sa très haute spécificité culturelle. Rien de poussiéreux ni d’étriqué dans une proposition large et ouverte qui en étroite symbiose avec le paysage urbain et la particularité de son patrimoine, sait diversifier les expériences musicales dans le sens du mouvement, du partage, de l’inclusion.

 

 

Les communautés ont de tout temps su vivre ensemble en particulier à Perpignan dont la mixité est aussi forte et active qu’à Marseille. Mais il y a dans la cité rayonnante, une implication exemplaire des habitants dans la pratique culturelle et dans leur réponse vis à vis des offres artistiques. Cette réactivité et ce pont entre les individus sont encore favorisés et cultivés par les actions menées par les événements comme le Festival de musique sacrée, quelques jours avant Pâques…

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Photos © Michel Aguilar 2026

 

 

 

 

 

40ème festival de musique sacrée de Perpignan

Perpignan
Son sacré festival…

 

En témoigne le spectacle donné ce VENDREDI 20 MARS 2026 au Théâtre Municipal, véritable institution locale, aujourd’hui écrin municipal. Il accueille le résultat d’un apprentissage suivi par les élèves artistes du Centre d’arts LA FABRICA, école privée de Perpignan, lieu d’enseignement aux arts du spectacle [accompagnés par les musiciens de L’ORCHESTRE DU CONSERVATOIRE] ; l’important est d’impliquer les acteurs locaux… le Festival donne carte blanche aux jeunes artistes de Perpignan : ce soir une dizaine d’interprètes à l’amorce d’une carrière professionnelle, et qui au sein du projet artistique d’Élisabeth Dooms sont les « jeunes pousses » du Festival. Les spectateurs sensibilisés, aiment chaque année, encourager ou les voir évoluer d’édition en édition. Partage, transmission, professionnalisation… Rien ne manque dans cette aventure artistique qui est aussi humaine, fondée sur les valeurs du respect ; la culture permet ce bain social et fraternel qui envisage concrètement une vision pragmatique pour la société : non plus vivre ensemble mais faire ensemble.

Rien de plus formateur dans ce sens que se confronter à a réalité de la scène, participer à la réalisation d’un spectacle collectif, de surcroît au carrefour des disciplines : danse, chant, théâtre… Le chef Pierre-André de Vera [professeur de guitare au Conservatoire, qui est aussi compositeur, transcripteur, parolier…] assure la cohérence du spectacle, signant lui-même toutes les adaptations (entre autres de Rameau), complétées par sa propre musique.

 

En accès libre, les spectateurs mesurent le travail préparatoire, les enjeux artistiques, humains, techniques d’une telle performance. Outre son ancrage social, impliquant les Perpignanais, les lien avec la musique sacrée se concrétisent dans le sujet lui-même de l’action : un jeune compositeur entend composer une partition de musique sacrée mais paralysé par le syndrome de la page blanche, les 9 muses de l’Antiquité tentent de l’inspirer, chacune selon son tempérament…

Pour être vivante, la culture doit être partagée, donc être accessible, c’est bien le cas à Perpignan où les concerts et les événements musicaux sont bien souvent en accès libre.

 

 

 

 

 

 

Samedi 21 mars 2026

La journée du 21mars est emblématique des nombreuses propositions concoctées par Élisabeth Dooms.

 

À 16h,
visite de la CASA XANXO, hôtel particulier d’un richissime commerçant drapier ayant épousé une noble locale. Sa demeure présente encore les manifestations de son ascension sociale et de sa riche fortune… Entre deux évocations d’une vie qui cumule influence et succès, les visiteurs sont bercés par de brefs intermèdes musicaux réalisés par les élèves du Conservatoire de Perpignan (CRR Montserrat Caballé) : entre autres, consort de flûtes à bec, puis évocation du rayonnement européen du commerçant concerné : extraits d’un oratorio de Corelli et un extrait d’un Concerto de Vivaldi, illustrant l’essor de son commerce en Italie, avec luxe spécifique, le flûtiste SYLVAIN SARTRE, fondateur des Ombres qui est professeur au Conservatoire de Perpignan… et lui-même perpignanais, très impliqué à défendre les notions essentielles du Festival : transmission et partage, professionnalisation et rencontres.

Les visites en musique de ce type croisent bénéfiquement musique et patrimoine, favorisant les échanges entre public et artistes dans une conception libre et souple, très éloignée des codes du concert traditionnel et statique.

 

 

 

A 17h
6ème édition du Concours international de carillon, avec point d’orgue de la performance, la création de la pièce lauréate, « Sound of joys » pour carillon et trompette [instrument obligé cette année,… après la cornemuse il y a 2 ans]… Les Festivaliers réunis au pied du bâtiment (au Parvis de l’église Saint-Jean-le-vieux), mesurent l’agilité avec laquelle le compositeur Rolland Besson (né en 1962) a su marier les cloches (Elizabeth Vitu et Laurent Pie, carillon) et l’instrument soliste (remarquablement tenu par le trompettiste Jean-Marie Oriol) dont le timbre éclatant et la partie d’une agilité à la fois chantante et dansante, exprime l’esprit conquérant, la flamme sonore d’une déclaration rayonnante, chant de célébration et de joie… geste et déclaration qui collent parfaitement au thème générique de cette 40ème édition [« Allégresse« ].

 

 

A 18h30
Recueillement, plénitude, extase mystique à là Cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Face au sublime retable de marbre principal enchâssant plusieurs épisodes de la vie de Saint Jean, les festivaliers venus en nombre, [re] découvrent la somptuosité sonore et enveloppante de l’orgue Cavaillé-Coll (1889), récemment relevé [juin 2026]. Il retrouvera bientôt ses deux volets originaux après avoir été restaurés [sept prochain].
C’est un concert digne des festivals les plus prestigieux d’Europe qui nous est proposé alors, n’ayant rien à envier ni à Toulouse les Orgues [pourtant riche aussi en instruments remarquables] ni au Festival Bach de Leipzig, ce sur le plan de son programme, fin et original, pertinent et enthousiasmant, il ose avec profit mettre en perspective Bach et son défenseur le mieux zélé, Mendelssohn…
À la tribune, BENJAMIN ALLARD qui poursuit actuellement son intégrale des pièces pour clavier de JS Bach. Imaginer un programme comprenant deux Sonates de Mendelssohn et plusieurs Chorals du Director musices de Leipzig, produit un éclairage saisissant et un dialogue exaltant. Les deux compositeurs ayant marqué l’histoire de la vie musicale de Leipzig d’une manière indélébile, partagent la même conscience spectaculaire et pourtant si humaine du divin. On ne saurait mieux illustrer ainsi l’esprit du festival, son thème sacré comme la grande diversité de ses propositions.
En 50 mn, l’organiste expose toutes les ressources de l’orgue ressuscité : les timbres clairs de ses aigus rayonnants, l’assise des notes médianes et graves d’une rondeur orchestrale, idéalement puissante et généreuse [la plénitude des couleurs proche des violes de gambe, particularité de l’instrument perpignanais, y contribue spécifiquement].
Le plein jeu, construisant des cathédrales sonores ascensionnelles, comme l’introspection de certains chorals de Bach (véritable confession tendre dans l’intime), transportent littéralement. Le jeu de Benjamin Allard captive par son exceptionnelle éloquence, conciliant clarté et expressivité, dans une conception spatiale détaillée et lumineuse qui revivifie la richesse de la rhétorique contrapuntique. Les fugues sont gorgées d’une impérieuse énergie, prolongeant idéalement la leçon de son prédécesseur baroque ; Mendelssohn en maître romantique, acteur de ce premier romantisme aussi lumineux, rafraîchissant que passionnel, revisite Bach sans le dénaturer mais en l’étoffant d’une puissance dramatique et d’une intelligence théâtrale inédite, avec à l’envi, une maîtrise des contrastes parfois facétieuse.
Ses deux Sonates opus 65 sont des révélations : en démontrant que la science de Mendelssohn répond sans faiblesse à celle de Jean-Sébastien, dévoilant aussi une compréhension évidente et profonde du premier pour le second ; il n ‘est plus surprenant dès lors que Félix avec les instrumentistes du Gewandhaus de Leipzig ait pris l’ initiative [historique] de recréer la Passion selon Saint Matthieu à une époque où la partition n’était plus jouée.
En soignant la lisibilité du contrepoint, sans jamais assécher le scintillement profus de la rhétorique musicale, l’organiste échafaude un parcours sonore remarquablement cohérent qui se joue avec délices des capacités de l’orgue perpignanais. En maître des claviers, Benjamin Allard réalise le tempérament que nous lui connaissons désormais : clarté architecturale, poésie picturale des nuances, intelligence spatiale, éloquence souveraine ; son jeu entend la tendresse fraternelle d’un Bach habité, proche, confidentiel (Choral « Aus der Tiefe, rufe ich » BWV745) ; comme il saisit les contrastes saisissants et vertigineux de la Sonate n°6 en ré mineur de Mendelssohn, d’un spiritualité lumineuse, rayonnante, exclamative autant que fraternelle, à l’image du visuel conçu pour la 40ème édition du Festival perpignanais.

 

 

Fin de journée festive et partagée : bal devant la Cathédrale Saint-Jean Baptiste,
avec les instrumentistes des classes de musiques traditionnelles du Conservatoire de Perpignan

 

 

 

 

Le Festival Musique sacrée de Perpignan se déroule jusqu’au 4 avril 2026, une occasion exceptionnelle de vivre la Semaine Sainte à Perpignan, capitale culturelle de la Catalogne française.

LIRE aussi notre présentation annonce du 40ème Festival de Musique Sacrée, du 16 mars au 4 avril 2026 : « Allégresse, l’air de la fête »… https://www.classiquenews.com/perpignan-40eme-festival-de-musique-sacree-du-16-mars-au-4-avril-2026-allegresse-lair-de-la-fete/

 

 

PERPIGNAN. 40ème Festival de Musique Sacrée : du 16 mars au 4 avril 2026 : « Allégresse, l’air de la fête »…

 

Le Festival de Musique Sacrée de Perpignan affiche sa nouvelle édition, celle de ses 40 ans, du 16 mars au 4 avril 2026. L’événement fait vibrer toute la ville, accordant, recherche, création, patrimoine ; la diversité s’accorde ici à l’excellence et l’audace artistique. Chaque festivalier pourra découvrir, retrouver, repérer concerts d’exception, rendez-vous inattendus, soirées festives au village du festival, ouvert à tous… Le tout dans un souffle accessible qui permet de rendre possible l’idée de la démocratisation culturelle : 85% des rendez-vous sont en accès libre ! Parmi les événements 2026 : le retour du Grand Orgue de la Cathédrale, des duos improbables et prometteurs (jazz & choral, Bach & Klezmer). Le cycle porté par son histoire et l’esprit festif lié à ses 40 éditions précédentes, promet un feu d’artifice musical.

https://www.classiquenews.com/perpignan-40eme-festival-de-musique-sacree-du-16-mars-au-4-avril-2026-allegresse-lair-de-la-fete/

 

 

 

 

agenda

Ne manquez pas en particulier les 3 programmes en création, temps forts de cette 40ème édition :

 

 

PAUL LAY TRIO
Waves of light
vendredi 27 mars 2026, 21h
Dominicains

 

Ensemble IRINI / Lila Hajosi, direction
Post Tenebras
samedi 28 mars 2026, 21h
Dominicains

 

LE CARAVENSERAIL / Bertrand Cuiller, direction
Vers la Paix
Jeudi 2 avril 2026, 21h
Dominicains

 

 

Toutes les infos, les modalités de réservations, le détail des programmes et toutes les activités et événements complémentaires sur le site du Festival de musique sacrée de Perpignan 2026 [40ème édition « Allégresse, l’air de la fête »] : https://www.tourisme-pyreneesorientales.com/agenda/festival-de-musique-sacree-2026-perpignan-fr-6127592/

 

 

 

 

 

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 19 mars 2026. HAENDEL : Orlando. A. Extrémo, A. Wunderlin, Y. Mynenko, E. Jowle, A-M. Labin. Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction)

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Le Théâtre des Champs-Elysées est parmi les  premiers, depuis des décennies,  à proposer des représentations d’ouvrages lyriques  en version de concert. Nombre d’opéras de Georg Friedrich Haendel ont été donnés ici sous cette forme, car elle est propice à beaucoup d’ouvrages de ce compositeur : quelques solistes, pas de chœur, orchestre qui n’est pas pléthorique, musique au rendez-vous…

 

C’est le cas de l’ouvrage donné ce soir, Orlando, un opéra qui déploie une musique sublime que se partagent cinq solistes et un orchestre, ici Les Musiciens du Louvre rompus à ce répertoire, sous la férule d’un expert en la matière : Marc Minkowski. Que souhaiter de plus ? Peut-être un supplément d’âme qui, ce soir, nous a semblé faire parfois défaut… Orlando ne manque pourtant pas d’arguments. Ce Dramma per musica en 3 actes  a été créé en janvier 1733 au King’s Theatre de Haymarket à Londres. On  suppose que le livret  a été emprunté à un auteur italien, un certain Carlo Sigismondo Capeci. Lui-même s’est inspiré du Roland Furieux de l’Arioste paru en 1516, source inépuisable de livrets d’opéras pendant toute l’époque baroque, de Lully à Vivaldi (Orlando furioso…). Le thème est désormais bien connu:  Orlando est amoureux d’Angelica qui ne l’aime pas… mais qui, en revanche, aime Medoro. Orlando n’ a  plus qu’à se tourner vers la gloire et fuir l’amour, source de tant de pièges et de déceptions… La musique de Haendel, sa richesse mélodique, ses virtuosités vocales, font d’Orlando un de ses opéras les plus appréciés et les plus joués du Caro Sassonne. Le plateau de solistes augurait d’une qualité vocale qui n’ a pas été démentie.

Orlando, le rôle-titre, créé à l’origine par un castrat, est ici assuré par Aude Extrémo, présentée comme mezzo-soprano. Elle possède à l’évidence la gravité d’un timbre de contralto. Elle assure avec talent ce rôle écrasant, sans toutefois convaincre véritablement, en raison d’un chant uniformément grave qui, souvent peu projeté, peine à exister. On retiendra par contre son étonnante présence scénique, tout particulièrement dans la scène d’anthologie – et pleine d’humour – qui se situe à fin de l’ouvrage : elle croit s’adresser à Angelica alors qu’elle est en présence de Dorinda… Le contre-ténor russe Yuriy Mynenko endosse avec finesse et une grande précision Medoro ; son timbre chaud fait merveille. La Dorinda de la soprano Alina Wunderlin est touchante avec son timbre fragile de soprano colorature, mais il lui arrive parfois de ne pas être assez présente vocalement… La basse Edward Jowle, irréprochable dans le rôle du magicien Zoroastro, se montre plein d’assurance et vocalement irréprochable. La plus belle intervention est celle de la soprano Ana Maria Labin qui apporte – à son personnage d’Angelica – son phrasé chaud et lumineux.

Les Musiciens du Louvre, sous la direction de leur chef emblématique, assurent l’essentiel, mais… sans la fièvre que l’on pouvait attendre d’une formation rompue à ce répertoire. Marc Minkowski transmet bien la progression dramatique souhaitée par Haendel. En revanche, on attend vainement que se manifeste le cœur de l’œuvre, la folie… Heureuse touche poétique : la présence d’un Amour ailé, un personnage de la commedia dell’arte, conçu par la production, qui déambule entre les instrumentistes et les chanteurs, et dont la chorégraphie commente le drame avec humour.

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 19 mars 2026. HAENDEL : Orlando. A. Extrémo, Y. Minenko, E. Jowle, A-M. Labin… Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 22 mars 2026. GOUNOD : Faust. J. Behr, V. Santoni, L. De Donato, A. Séguin, E. Pancrazi… Jean-Claude Berrutti / Laurent Campellone

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Après un passage à l’Opéra de Tours (dont nous avions rendu compte dans ces mêmes colonnes), le Faust de Charles Gounod dans la production de Jean-Claude Berrutti poursuit sa route vers l’Opéra Royal de Versailles (où il est donné pour cinq représentations, jusqu’au 30 mars). On retrouve à l’identique la mise en scène paresseuse et poussiéreuse de l’homme de théâtre français, mais si la production s’avère d’un autre âge, la distribution, magnifique, et les conditions musicales, idéales, offrent au public versaillais une expérience vocale et instrumentale de haute école.

 

Dès le lever du rideau, le parti pris de Jean-Claude Berrutti frappe par son classicisme compassé. Les décors, bien que plutôt beaux dans leur conception, semblent figés dans une esthétique de fin de XIXe siècle, sans jamais véritablement dialoguer avec la puissance dramatique de l’œuvre. Les mouvements de groupe sont traités avec une lourdeur toute académique, et les personnages évoluent dans des espaces scéniques où la direction d’acteur se réduit souvent à des déplacements convenus. On cherche en vain une véritable lecture dramaturgique, une audace, un regard neuf sur ce chef-d’œuvre. Tout respire la routine, la mise en place héritée des traditions sans que jamais ne surgisse une étincelle d’idée forte ou originale. Le public, malgré un enthousiasme légitime pour la partie musicale, ne s’y trompe pas : cette mise en scène appartient à un autre âge, celui où l’on se contentait d’illustrer le livret sans jamais le questionner.

Côté chant, la distribution reste la même, superbement homogène, à la différence près que le rôle-titre, tenu à Tours par Thomas Bettinger (malheureusement souffrant à Tours…), est ici confié à Julien Behr. Le ténor se présente dans une forme olympique, littéralement transcendé par l’acoustique du lieu. Dès son entrée, son timbre, d’une clarté juvénile et pourtant pleine de métal, emplit l’espace avec une aisance confondante. La fameuse cavatine « Salut, demeure chaste et pure » est un modèle de legato, de demi-teintes subtilement nuancées et d’une ligne de chant d’une pureté presque abstraite. Julien Behr incarne un Faust tour à tour crédule, amoureux et tourmenté, avec une présence scénique humble mais magnétique, comme porté par la seule vérité de sa voix.

Face à lui, le Méphistophélès reste celui qui faisait déjà l’unanimité à Tours : la basse italienne Luigi De Donato – d’une présence scénique redoutable, à la voix profonde, cuivrée mais sans rudesse, capable de faire briller l’ironie du rôle tout en gardant une noirceur souterraine. Le « Veau d’or » est un délice de caractère, d’une diction millimétrée et d’un aplomb théâtral qui électrise l’air. Mais c’est surtout dans les scènes avec Faust que le duo prend toute sa dimension, entre séduction et emprise.

Quant à la Marguerite de la soprano corse Vannina Santoni, elle incarne avec un naturel confondant le parcours de l’innocence à la tragédie. La voix, d’une rondeur veloutée dans le grave, sait se faire aérienne dans le registre médium avant de déployer, dans la scène des bijoux, des aigus d’une pureté cristalline. Son « Il était un roi de Thulé » est un moment de recueillement rare, porté par un art consommé du filé et des pianissimi qui semblent suspendre le temps. La scène de l’église, où sa fragilité affleure sous la menace, révèle une comédienne sensible, attentive aux moindres inflexions du texte, bouleversante enfin !

 

 

Au sein de cette distribution de rêve, les seconds rôles – les mêmes qu’à Tours et tous excellents ! – ne sont pas en reste et méritent une attention toute particulière. Le personnage de Valentin, le frère de Marguerite, trouve en la personne d’Anas Séguin un interprète d’une autorité vocale et scénique saisissante. Sa voix de baryton, d’une assise naturelle et d’une projection généreuse, confère au « Avant de quitter ces lieux » une noblesse et une ligne de chant d’une pureté exemplaire. Séguin campe un Valentin à la fois frère protecteur et soldat empli de foi, avec une présence dramatique affirmée qui contraste heureusement par sa franchise avec les ambiguïtés des personnages qui l’entourent. Dans le rôle de Siebel, le jeune page éperdument amoureux de Marguerite, Éléonore Pancrazi déploie un timbre d’une fraîcheur et d’une grâce délicieuses. Sa voix, agile et d’une justesse exemplaire, sait se faire tendre dans la romance « Faites-lui mes aveux », qu’elle livre avec une candeur touchante et un phrasé ciselé. Pancrazi évite avec intelligence l’écueil de la mièvrerie pour offrir un Siebel d’une sincérité désarmante, dont la fidélité à Marguerite apporte une note de pureté dans un univers moralement trouble. La complicité entre Siebel et Marthe, la gouvernante au caractère bien trempé, est ici servie par Julie Pasturaud, qui prête à ce rôle souvent secondaire une présence et une voix d’une belle consistance. Son timbre de mezzo-soprano, à la fois rond et incisif, donne toute sa saveur au duo comique du quatrième acte avec Méphistophélès. Julie Pasturaud incarne une Marthe à la fois terre-à-terre et pleine de vie, dont la gouaille naturelle offre un contraste bienvenu avec la gravité environnante. La diction est parfaite, l’engagement scénique total. Enfin, Jean-Gabriel Saint-Martin campe un Wagner musicalement précis, dont les interventions révèlent une voix ample et bien timbrée. Quant au Choeur de l’Opéra Royal de Versailles, il déploie une présence vocale solide, précise et bien engagée scéniquement, contribuant à la réussite collective de la soirée.

Si la mise en scène reste immobile, la fosse, elle, est en ébullition. Laurent Campellone, déjà à la tête de son orchestre tourangeau, dirige ici l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles avec une vitalité communicative. Mais la différence tient d’abord à l’acoustique : celle de la salle royale, généreuse, chaude et précise, sublime chaque détail. Surtout, l’emploi d’instruments anciens, et notamment quatre cors naturels, fait basculer la soirée dans une autre dimension. Leur sonorité, d’une rondeur charnue et d’un éclat incomparable, irradie les passages symphoniques avec une chaleur, une noblesse que la phalange tourangelle, pourtant très professionnelle, ne pouvait offrir dans une acoustique plus sèche. On entend ce que Gounod avait véritablement imaginé : des cuivres qui chantent sans agresser, des couleurs orchestrales d’une douceur pénétrante, un dialogue permanent entre le lyrisme vocal et un commentaire instrumental d’une finesse rare.

Les spectateurs versaillais ont réservé un accueil triomphal à la partie musicale – rappels nourris, bravos appuyés pour Julien Behr, Vannina Santoni, Luigi De Donato, Anas Séguin (et pour le chef et l’orchestre). Ils célèbrent là ce qui, malgré un travail scénique d’un autre temps, parvient encore à faire vibrer un public venu chercher avant tout la beauté du chant et de l’orchestre.

 

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CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 22 mars 2026. GOUNOD : Faust. J. Behr, V. Santoni, L. De Donato, A. Séguin, E. Pancrazi… Jean-Claude Berrutti / Laurent Campellone. Crédit photographique (c) Franck Putigny

 

 

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LES ÉPOPÉES. JACOPO PERI : Euridice, le 8 avril 2026 [Château de Versailles]. Juan Sancho, Luigi De Donato… Les Epopées, Stéphane Fuget, direction

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Euridice de Jacopo PERI est le premier opéra baroque de l’histoire qui précède de 7 années le mythique Orfeo de Monteverdi [1607], célèbre les Noces de la France et de l’Italie. Les Épopées – qui ont joué et enregistré l’opéra légendaire de Monteverdi – se devaient de remonter le cours de l’histoire et ressusciter la langue spécifique de l’opéra italien du premier Seicento [XVIIème]… à sa source primitive.

 

Euridice, le premier opéra connu, fut représenté au palais Pitti à Florence le 6 octobre 1600 à l’occasion du mariage de Marie de Médicis et d’Henri IV, fondateurs de la dynastie Bourbons, en présence de Ferdinand Ier de Médicis, grand duc de Toscane et Christine de Lorraine, princesse de France. L’auteur Jacopo Peri, jouait lui-même le rôle d’Orphée.

L’histoire est inspirée des Métamorphoses d’Ovide, qui fixe ainsi la version canonique du héros de la mythologie grecque. Orphée, poète et chantre de Thrace, s’accompagne de sa lyre enchanteresse ; son chant souverain sait charmer les animaux sauvages. Par son chant individualisé et son destin tragique, le personnage favorise l’émergence d’un nouveau style lyrique où la monodie exprime désormais toutes les nuances du sentiment humain.

Orphée épouse Eurydice, qui, lors de leur mariage, est mordue par un serpent, et meurt.

Par la magie de son chant Orphée réussit à pénétrer aux enfers ; Il charme et endort le gardien Cerbère, ainsi que les terribles Euménides, afin d’approcher le souverain du monde infernal, le dieu Hadès. Emu par la lyre et le chant du poète endeuillé, Hadès [et son épouse Proserpine] le laisse repartir avec Eurydice, à condition qu’il ne se retourne pas vers sa bien-aimée ni ne lui parle. ORPHÉE exaucé saura-t-il obéir à l’ordre divin?

Malgré les inquiétudes des bergers, le couple réapparaît enfin, et leur amour triomphant est célébré et chanté. Peri offre une fin heureuse pour le couple miraculé, protégé des dieux. C’est un tout ordre regard que portera sur le même mythe Monteverdi dans son propre Orfeo.

Inventant le fameux recitar cantando, Peri cherche à retrouver la mélopée des tragédies grecques, un chant prenant « une forme médiane entre parlé et chanté ». C’est un véritable choc pour les auditeurs, ce que Les Épopées propose de restituer dans leur interprétation : « non plus des hauteurs de notes, mais des hauteurs de déclamation ».
Ici la musique est servante du texte ; elle l’articule, la rend plus expressive et intelligible. L’opéra, invention remarquable de l’Italie baroque naît ainsi, à travers le mythe fondateur d’Orphée. Le Chant lyrique serait-il plus éloquent que le jeu théâtral ? Tel est l’immense enjeu de l’opéra qui naît ainsi en Italie à Florence.

Les Épopées porté / dirigé par Stéphane Fuget approfondissent encore leur approche spécifique du texte : articulation, intelligibilté, expressivité… Les instruments du continuo enveloppent sans la couvrir chaque voix. Les chanteurs veillent en particulier à l’intelligibilité vivante de chaque situation… Autant de défis que Stéphane Fuget et son équipe ont magnifiquement relevés dans leur interprétation des Grands Motets de Lully, lecture superlative en son temps / lire nos critique du cycle des grands motets de Lully par Les Épopées

 

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Jacopo PERI : Euridice, 1600
CHÂTEAU DE VERSAILLES
Grande salle des croisades
8 avril 2026, 20h
Infos & Réservations directement sur le site du Château de Versailles :
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/peri-euridice/

 

 

Juan Sancho, Orfeo
Floriane Hasler, Euridice
Paul-Antoine Bénos-Djian, Arcetro
Claire Lefilliâtre, Venere, Ninfa
Luigi De Donato, Plutone, Radamanto
Tanaquil Ollivier, Proserpina, Ninfa
Helena Bregar, La Tragedia, Dafne
Vlad Crosman, Aminta, Pastore
Marco Angioloni, Tirsi, Pastore
Alexandre Adra, Caronte, Pastore

Les Épopées
Stéphane Fuget, direction, clavecin et orgue

 

Coproduction Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, Les Épopées.

Ce programme est enregistré en CD à paraître au label Château de Versailles Spectacles.

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CRITIQUE, opéra. RENNES, opéra de Rennes, le 21 mars 2026. GASPARINI : L’Avaro. E. Zaïcik, V. Sicard, S. Goubioud, S. Amori. Théophile GASSELIN / Vincent DUMESTRE

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Après un passage remarqué au Théâtre de Caen, l’Opéra de Rennes a eu l’excellente idée d’accueillir ce petit diamant baroque qu’est L’Avaro de Francesco Gasparini. Dans une époque où le patrimoine lyrique tend parfois à se cantonner aux mêmes titres, cette production fait œuvre de véritable défricheur. Sous la direction inventive de Vincent Dumestre, la soirée offre ce que l’on attendait d’elle : une plongée jubilatoire dans le théâtre musical du XVIIIe siècle, où la musique et le jeu dramatique ne font qu’un.

 

Si la pièce de Molière offre un terrain de jeu savoureux, c’est bien l’alchimie entre les quatre comédiens-chanteurs réunis ici qui porte le spectacle. Chacun d’eux possède cette double casquette si rare : celle d’un chanteur baroque maîtrisant un style exigeant, et celle d’un acteur accompli, capable de faire mouche dans le registre de la comédie. Le rôle central de Fiammetta, cette jeune femme déterminée à se déguiser en homme pour mieux duper son avare de voisin, est confié à la mezzo-soprano Eva Zaïcik. Dotée d’un timbre somptueux et d’une présence magnétique, elle excelle dans ce rôle caméléon. Sa voix, à la fois puissante et d’une agilité rare, sert à la perfection les stratagèmes espiègles de son personnage. Face à elle, Victor Sicard incarne l’avare Pancrazio avec une verve jubilatoire. Le baryton français campe un sexagénaire rongé par l’avarice d’une justesse confondante. Sa voix, à la voix incisive et bien projétée, se fait tantôt précipitée dans les arias de colère, tantôt geignarde dans les moments de dépit. Il réussit le tour de force de rendre le personnage ridicule sans jamais tomber dans la caricature grossière, suscitant autant le rire que la pitié.

Le comédien et chanteur Serge Goubioud prête ses traits à Nutrice (la nourrice). Dans cette partition qui mêle le registre comique à des élans plus graves, il fait preuve d’une maîtrise impressionnante. Son aisance dans les registres aigus et sa diction parfaite lui permettent de placer les répliques assassines avec une précision d’horloger, tandis que son jeu de scène, aux mimiques désopilantes, fait de lui un allié précieux de la machination. Enfin, la distribution est complétée par Stefano Amori dans le rôle muet de Valletto (le valet). Sans émettre une note, il est littéralement irrésistible. Par sa gestuelle inspirée de la commedia dell’arte et sa complicité évidente avec les musiciens sur scène, il devient le fil rouge visuel du spectacle, ponctuant l’action de ses interventions burlesques.

La mise en scène de Théophile Gasselin constitue sans conteste l’une des réussites majeures de cette production. Associé au Poème Harmonique avec lequel il partage une complicité artistique de longue date, Gasselin signe ici une lecture du livret d’Antonio Salvi qui allie la rigueur philologique à une véritable invention théâtrale. Son parti pris est clair : restituer à cet intermezzo vénitien sa fraîcheur originelle, celle d’une troupe de théâtre aux couleurs chatoyantes, dans l’esprit de la commedia dell’arte qui inspirait tant Molière. La scénographie imaginée par Louise Caron, également assistante à la mise en scène, plonge le spectateur dans l’univers feutré et précieux d’un intérieur vénitien du XVIIIe siècle. On y retrouve l’élégance sobre des lignes, la chaleur du bois patiné et une disposition ingénieuse qui permet au regard de pénétrer l’intimité du vieil avare Pancrazio. Caron joue habilement avec les espaces, créant des ouvertures et des caches qui deviennent autant de ressorts comiques : on scrute, on espionne, on dissimule ses précieuses richesses. Le dispositif scénique, à la fois fonctionnel et esthétiquement raffiné, offre aux quatre interprètes un terrain de jeu idéal pour développer leur gestuelle inspirée de la Commedia dell’Arte.

C’est au costumier Alain Blanchot que l’on doit la splendeur visuelle qui nimbe les personnages. Chaque costume est conçu comme une extension du caractère du personnage. On admire la robe de Fiammetta (Eva Zaïcik), à la fois modeste et élégante, qui se métamorphose avec malice lorsqu’elle endosse son déguisement masculin de Fichetto. Pour Pancrazio, Blanchot a imaginé un costume qui souligne la silhouette voûtée et les gestes saccadés de l’avare, dans des teintes sombres et austères qui disent sa radinerie mieux que tout discours. Quant à Nutrice, son costume flamboyant de nourrice, entre farce et grotesque, provoque instantanément le sourire.

Le travail sur les lumières de Christophe Naillet mérite une mention particulière. Par sa conception inspirée des éclairages à la bougie, il crée cette atmosphère feutrée et intimiste qui sied à merveille à l’univers baroque. Les jeux d’ombre et de lumière sculptent les visages des interprètes, soulignent les mimiques désopilantes de Stefano Amori dans son rôle muet de valet, et accompagnent les changements d’atmosphère avec une subtilité remarquable. Naillet alterne entre la clarté crue des scènes de conflit et la douceur ambrée des moments plus tendres, offrant ainsi à la partition de Gasparini une véritable traduction visuelle.

Sur le plan musical, Vincent Dumestre et son ensemble Le Poème Harmonique signent une lecture tout simplement lumineuse. Fidèles à leur réputation, les musiciens déploient une palette de couleurs éclatante, redonnant vie à la partition de Gasparini avec une énergie communicative. Loin de la froideur que l’on pourrait craindre pour une œuvre rare, l’exécution est d’une vitalité folle. Depuis sa guitare baroque, Dumestre sait magnifier les contrastes et l’on retrouve ici la marque de fabrique de la phalange normande : un travail méticuleux sur le continuo, une clarté de la texture instrumentale et un sens inné de la rhétorique baroque qui donnent à chaque phrase son poids dramatique. Le public rennais, conquis, a pu mesurer à quel point cette rareté lyrique méritait de quitter les limbes des bibliothèques.

Après Rennes et Caen, le spectacle tournera un peu partout dans l’Hexagone, du Théâtre de l’Athénée (à Paris) au festival de Beaune, en passant par l’Opéra de Reims, la Coursive de La Rochelle, la maison de la culture à Amiens, et – last but not least – à l’Opéra Royal de Versailles !

 

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CRITIQUE, opéra. RENNES, opéra de Rennes, le 21 mars 2026. GASPARINI : L’Avaro. E. Zaïcik, V. Sicard, S. Goubioud, S. Amori. Théophile GASSELIN / Vincent DUMESTRE. Crédit photographique © Philippe Delval / Théâtre de Caen

 

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STREAMING, opéra. Elżbieta Sikora : DORIAN GRAY [Opéra de Poznań, nov 2025] Sam 11 avril 2026 [création]

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[Pologne] création à l’Opéra de Poznan... Dorian Gray est ce dandy détaché qui selon l’imaginaire fantastique d’Oscar Wilde, conserve à jamais sa beauté juvénile, tandis qu’un portrait caché reflète son image réelle, miroir de sa vie égoïste, décadente, immorale. Dans sa quête insatiable de jouissance [qui en fait le jumeau de Don Giovanni de Mozart et Da Ponte, le bel Apollon Dorian enfreint les normes sociales, sans se soucier des conséquences de ses actes.

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photo © Magdalena Ośko / Poznań

 

Chaque action est transgression et se reflète dans le portrait : visage et silhouette de Dorian deviennent hideux, ses traits nobles et sa beauté saisissante cachent une tout autre vérité. Est-ce là le chemin vers le bonheur ou celui vers l’abîme de l’indifférence et de la cruauté ?

Dorian Gray est le nouvel opéra inspiré du roman d’Oscar Wilde, commandé par le Teatr Wielki de Poznań à Elżbieta Sikora, compositrice polonaise installée en France. David Pountney assure la double fonction de librettiste et de metteur en scène, tandis que le chef Jacek Kaspszyk dirige orchestre et chanteurs.

Outre la dénonciation du culte illusoire de la jeunesse et de la beauté, l’équipe artistique aborde d’autres thèmes propres à notre époque : barbarie, cynisme, jouissance cruelle… Dorian Gray serait-il le reflet de la société du 21ème siècle ? Pourra-t-on un jour savoir où mènera l’éternelle lutte du bien et du mal ? Au final, Dorian Gray absent à toute auto analyse, n’incarnerait-il-pas une autodestruction ?

 

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Elżbieta Sikora : Dorian Gray
VOIR L’OPÉRA D’ELZBIETA SIKORA : DORIAN GRAY [création], samedi 11 avril 2026 à 19h CET
REPLAY jusqu’au 11 oct 2026 à 12h CET
Enregistré le 23 nov 2025
Chanté en anglais
Sous-titres en anglais, polonais

 

 

DISTRIBUTION

Dorian Gray
Rafał Żurek

Basil
Michał Partyka

Sibyl
Joanna Freszel

James
Łukasz Konieczny

…

Musique : Elżbieta Sikora
Texte :
David Pountney d’après Oscar Wilde
Mise en scène : David Pountney
Direction musicale : Jacek Kaspszyk

…

Dorian Gray
© Magdalena Ośko / Poznań Opera

 

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CRITIQUE, récital lyrique. PARIS, Philharmonie de Paris (Grande Salle Pierre Boulez), le 19 mars 2026. HAENDEL. Sandrine Piau (soprano), Les Arts Florissants, William Christie (direction)

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Qu’il est bon de voir de grands artistes dans leurs répertoires favoris ! Tout devient alors simplement et naturellement enchanteur, heureux et véritable. C’était le cas lors de cette soirée à la Philharmonie de Paris qui réunissait une fois de plus l’immense Sandrine Piau et Les Arts Florissants. Ils sont en effet de fidèles compagnons de route. S’ils ont enregistré ensemble Serse de Haendel, leurs collaborations ne s’arrêtent pas au maître de Halle. Les débuts de la soprano se sont faits en partie aux côtés de William Christie avec L’Orfeo de Rossi (1991) ou encore Idoménée de Campra (1992). Il existe une connivence délicieuse entre les deux artistes.

 

Les airs tirés d’Alcina et Giulio Cesare – ou des plus rares Aggripina et Lotario – alternaient avec tout ou parties de Concerti Grossi du même Haendel dirigées cette fois du violon par le violoniste franco-italien Emmanuel Resche-Caserta. Ce dernier déborde d’énergie virtuose violonistique et lance le concert sans infliger au public les laborieux accords coutumiers des ensembles de musique ancienne. Sa bande de violons est debout, virevoltante mais reposant sur la solide basse continue de Felix Knecht (violoncelle solo) et Alexandre Teyssonnière de Gramont (contrebasse). William Christie – bien sûr au clavecin – nous offre notamment dans le hornpipe du Concerto grosso Op.6 n.7 un exemple de son swing inimitable.

Le chef historique et codirecteur des Arts Florissants se fait plus présent dans les airs d’opéra, assurant une plus grande stabilité à l’orchestre pour soutenir Sandrine Piau qui choisit d’ouvrir son récital par l’impressionnant “Scherza in mar la navicella” écrit pour Anna Maria Strada del Pò, également créatrice du rôle d’Alcina. Les vocalises virtuoses figurent les flots impétueux menaçant de faire se naufrager le navire, métaphore de ses tourments amoureux. La voix est très puissante y compris dans ses médiums, et la soprano aux aigus cristallins nous offre à la fin de l’air une remarquable la grave ! Toujours sur les traces de La Strada (la cantatrice, pas le film…), La Piau livre un déchirant « Ah mio cor« . Elle y est une athlète du drame. Son corps musclé porte sa douleur tout en exprimant sa peine dans la douceur de la voix. Un moment de musique, de théâtre et d’humanité assurément inoubliable.

Après l’entracte, c’est le non moins célèbre « Se Pietà« , air de Cléopâtre au deuxième acte de Giulio Cesare. Ce magnifique lamento livre une facette plus tourmentée et moins douloureuse des affres de l’amour chez les héroïnes haendéliennes. Mais les tourments virent aux idées noires et sombres dans « Pensieri mi tormentate » extrait d’Aggripina, un air avec hautbois solo à la construction étrange, alambiquée et au schéma harmonique décousu. Dans le frôlement de la folie, chaque vocalise fait sens et exprime clairement la confusion des sentiments. Le programme se termine le plus conventionnel et léger « Scoglio d’immota fonte » extrait de Scipione avec de passer aux nécessaires et très demandés trois bis. Le sublime « Verso già l’amato sangue« , déchirant. Puis l’entraînant « Tornami a Vagheggiar » et enfin le programme se referme avec calme et élévation par le « Tu del ciel ministro eletto« , air de la Beauté dans Il Trionfo del tempo e del Disinganno, rejoignant ici l’ouverture du concert, dans une grâce incomparable.

 

 

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CRITIQUE, récital lyrique. PARIS, Philharmonie de Paris (Grande Salle Pierre Boulez), le 19 mars 2026. HAENDEL. Sandrine Piau (soprano), Les Arts Florissants, William Christie (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, opéra. LAUSANNE, opéra de Lausanne, le 20 mars 2026. HAENDEL : Orlando. P-A. Bénos-Djian, M. Lys, P. Figuier, A. Vieira Leite… Mariame CLEMENT / Christopher MOULDERS

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Il est (souvent) des mises en scène qui, sous couvert de modernité, plaquent un concept sans l’habiter. C’est tout l’inverse que propose Mariame Clément à l’Opéra de Lausanne. Loin d’une transposition gratuite ou anecdotique, sa lecture d’Orlando de Georg Friedrich Haendel s’impose comme une véritable dissection des tourments amoureux, une plongée naturaliste et psychologique qui, sans jamais renier la beauté abstraite de la partition haendélienne, lui offre une chair nouvelle.

 

Dès le lever de rideau, le parti pris est clair. Le décor de Kaspar Glarner impose une présence massive et étrange : un heaume de paladin gigantesque, symbole d’un héroïsme désuet que la metteuse en scène prend un malin plaisir à déconstruire. Ce casque se fait écrin, se transformant au fil des scènes en comptoir de bistrot pour une Dorinda en tenancière, ou s’ouvrant sur un bosquet poétique. Cet équilibre entre le poids de l’histoire et la banalité du quotidien est savamment orchestré. Clément ne jette pas aux orties le merveilleux de l’Arioste ; elle le fait vaciller, le confronte à des signes de contemporanéité (un réverbère, un sac à main, un tapis de livraison d’aéroport) pour mieux souligner l’éternelle actualité des sentiments : la jalousie, la tromperie, l’impossibilité de quitter l’être aimé.

La force de cette production réside dans sa cohérence dramaturgique. Mariame Clément, qui conçoit son métier comme un travail de finesse sur le jeu d’acteur, excelle dans la direction de ses interprètes. Son Orlando n’est pas le héros de pacotille revêtu d’une armure, mais un être chancelant, d’abord en jean et chemise à carreaux, presque un Don Quichotte contemporain, que l’on voit revêtir puis rejeter les attributs du paladin comme s’il refusait l’héroïsme imposé. La folie, scène centrale de l’œuvre, est traitée non comme un accès de fièvre lyrique convenu, mais comme un véritable cheminement déstructuré, oscillant entre hallucination et prostration, suivant la musique inventée par Haendel.

Face à cette mise en scène qui claque, la fosse, hélas, n’a pas toujours été à la hauteur de l’effervescence de la scène. Si l’Orchestre de Chambre de Lausanne fait preuve d’une honnêteté de façade, la direction semble manquer de cette étincelle, de cette pulsation presque nerveuse que réclame la virtuosité du compositeur saxon. On a parfois souhaité plus de mordant, une couleur plus acide pour répondre à l’ironie du plateau. Un bémol, certes, mais qui s’estompe heureusement dès que les voix entrent en scène, tant la distribution convoquée frôle le sans-faute.

Car c’est bien par ses chanteurs que cet Orlando obtient ses lauriers. En tête d’affiche, le contre-ténor Français Paul-Antoine Bénos-Djian incarne un rôle-titre d’une intensité rare. Dans la peau de cet Orlando perdu entre raison et démence, il déploie une palette de timbre somptueuse, d’une clarté presque minérale dans les aigus et d’une profondeur poignante dans les accents les plus tourmentés. Son célèbre « Vaghe pupille » n’est plus une simple aria, mais un cri de l’âme, un vertige vocal qui laisse le public suspendu à ses lèvres. Il est entouré d’un duo féminin de haut vol. La soprano Suisse Marie Lys, en Angelica, allie une autorité scénique rare à une voix d’une homogénéité parfaite, capable de passer de la fierté la plus hautaine à des éclats de vulnérabilité bouleversants. À ses côtés, la soprano portugaise Ana Vieira Leite, en Dorinda, campe une bergère d’une fraîcheur émouvante, avec un timbre rond et une sensibilité à fleur de peau qui lui valent l’un des plus beaux succès de la soirée. Enfin, le Medoro de l’excellent contre-ténor Paul Figuier impressionne par sa présence magnétique et la virtuosité d’une voix au métal précieux, qui ne fait jamais d’ombre à ses partenaires mais brille d’un éclat singulier. Seul bémol aux côtés de ce quatuor idéal : la basse britannique Callum Thorpe, en Zoroastro, cinquième et dernier protagoniste de cette folle histoire. Si sa stature scénique impressionne, on est resté plus circonspect quant à sa prestation vocale. Dans le rôle du sage, on a parfois senti une certaine raideur, un manque de rondeur dans les graves et une ligne de chant qui peine à s’imposer face à l’énergie débordante de ses camarades. 

Malgré de petits “accrocs”, la soirée restera comme un moment fort – celui où une mise en scène irrévérencieuse a réussi l’exploit de rendre Haendel non seulement audible, mais furieusement vivant !

 

 

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CRITIQUE, opéra. LAUSANNE, opéra de Lausanne, le 20 mars 2026. HAENDEL : Orlando. P-A. Bénos-Djian, M. Lys, P. Figuier, A. Vieira Leite… Mariame CLEMENT / Christopher MOULDERS. Crédit photographique (c) Carole Parodi

 

 

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OPÉRA DE MASSY. Ven 2 avril 2026 : Moldau, Elgar, Brahms… Alice Coote, Orchestre national d’Île-de-France

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La scène massicoise promet les grands vertiges symphoniques dans ce programme ambitieux où les 80 musiciens de l’Orchestre Francilien, gardent le cap à travers une série de partitions océanes spectaculaires…

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Photo © Phil Sharp

 

Dans La Moldau, poème symphonique d’une liquidité rzvivifiante, Bedřich Smetana évoque le cours de la rivière Vltava, traversant les paysages pittoresques de la Bohême, dans un flux digne des cascades les plus puissantes… À travers ses mélodies envoûtantes, Smetana transporte au cœur de la nature, des sources tranquilles aux flots tumultueux, convoquent aussi les fêtes champêtres et les légendes anciennes.

Puis, en ambassadrice des climats marins et atmosphériques, la mezzo-soprano Alice Coote, voix habitée voire hallucinée, déploie sa voix envoûtante dans Sea Pictures d’Edward Elgar. Ce cycle de melodies plonge dans l’univers marin, où les émotions humaines se mêlent aux mystères de l’océan.
Pour conclusion, l’orchestre interpréte la Symphonie n°3 de Brahms, souvent considérée comme la plus lyrique des symphonies du compositeur. Thèmes mélodiques subtiles, harmonies raffinées expriment la puissance vertigineuse et la pudeur émotionnelle brahmsienne, offrant un final grandiose et roboratif.

 

Opéra de Massy
Grand concert symphonique
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Vendredi 3 avril 2026 – 20h
Réservez vos places directement sur le site de l’Opéra de Massy :
https://www.opera-massy.com/fr/la-moldau.html?cmp_id=77&news_id=1202&vID=3
TARIFS :
Cat.1 : 30€ | massicois 23€
Cat. 2 : 25€ | massicois 19€
Cat. 3 : 19€ | massicois 14€
Étudiants : 10€ (Cat. 2 et 3)
-18 ans : -50%
DURÉE :
1h20 entracte compris

Programme

Bedřich Smetana
La Moldau

Edward Elgar
Sea Pictures, cycle de mélodies marines

Johannes Brahms
Symphonie n° 3

Distribution
Orchestre national d’Île-de-France
Direction : Ainars Rubikis
Mezzo-soprano : Alice Coote

 

 

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ENTRETIEN avec Pierre-Yves LASCAR, créateur du nouveau label « Habanero »… ligne artistique, projets musicaux, artistes et répertoires à venir…

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La création d’un nouveau label n’est jamais anodine… dans ce climat délétère où la culture et la musique sont particulièrement sacrifiées, des signes positifs exprimeraient-ils la résilience des acteurs les plus motivés ? C’est assurément le cas de Pierre-Yves Lascar qui après Artalinna, fonde ce printemps, un second label, « Habanero », claire manifestation de son goût pour les musiques d’Amérique latine. En préservant plus que jamais la quête d’un son idéal, né d’une adéquation miraculeuse entre un lieu un artiste, un répertoire, l’entrepreneur inspiré lance sa nouvelle marque ce 25 mars au 360 à Paris, lors d’une soirée brésilienne dont les 1000 facettes découlent d’un mariage d’épices singulier, personnel… Explications.

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Photo : portrait de Pierre-Yves Lascar © Olivier Lalane

 

 

CLASSIQUENEWS : En quoi la création de votre label réalise-t-elle vos projets et votre engagement pour la musique et les musiciens ?

PIERRE-YVES LASCAR : Depuis la création de mon label Artalinna, en 2011, j’ai toujours souhaité offrir des conditions optimales aux musiciens. Des lieux à l’acoustique extraordinaire qui permettent un épanouissement du son et la perception des résonances, des instruments (par exemple pour le piano) bien accordés, une écoute bienveillante et ferme, des ingénieurs du son et une direction artistique soucieux de rendre confortables l’écoute du consommateur. Avec Habanero, la démarche reste identique, augmentée de la nécessité de réaliser enfin des enregistrements absolument professionnels de tous ces répertoires (surtout dans le domaine du piano), et de partager d’autres formes d’amours musicales anciennes, ou futures, que celles que je peux nourrir pour les répertoires plus européens. La seule ambition que j’ai pour les musiciens demeure la suivante : faire chavirer le cœur de leurs auditeurs.

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi «  Habanero » ?
PIERRE-YVES LASCAR : Le terme Habanero vient de l’espagnol, l’une des deux langues majeures du continent latino-américain. Il signifie « de La Havane », ville qui reste un centre très actif dans le domaine de la création musicale tout au long des XIXe et XXe siècles. Il rappelle directement le terme « Habanera », devenue une forme très employée par les Européens à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle, notamment en France (les fameuses « Havanaise »). Enfin l’ambition d’Habanero est de toucher les mélomanes au cœur, d’où la nécessité de relever le tout avec la dose adéquate de piment.

 

CLASSIQUENEWS : Comment et pourquoi avez vous choisi de lancer votre label par un premier enregistrement de musique brésilienne ? Quelle est votre relation avec ce répertoire ?
PIERRE-YVES LASCAR : Ce programme Villa-Lobos/Santoro a été enregistré en août 2017, bien avant que ne se concrétise le nom même d’Habanero (novembre 2025). Depuis plusieurs mois, je prévoyais de réaliser d’autres enregistrements de musiques sud-américaine, et surtout brésilienne dans un premier temps, comme les Ponteios de Guarnieri, le Rudepoêma de Villa-Lobos, un disque dédié à l’extraordinaire Fructuoso Vianna, etc.) afin d’alimenter sur Artalinna une collection particulière dédié à l’Amérique du Sud. Olivier Lalane, un ami de longue date, m’a finalement convaincu de transformer l’idée de la collection en un label. Ce projet Villa-Lobos / Santoro devenait parfait pour initier ce vaste champ d’explorations futures.
Je suis avant tout intrigué par de nombreuses œuvres des compositeurs de ce continent si actif dans le domaine de la musique. J’aime les esthétiques qui m’incitent à renouveler drastiquement mon écoute, et à me défaire de préjugés acquis de longue date. La musique sud-américaine bouscule nos habitudes, car elle répond aussi à d’autres manières (ou formes) de respirer ensemble. Elles m’obligent à penser autrement.

 

CLASSIQUENEWS : Que vous inspirent les musiques d’Amérique Latine en général / que met en avant précisément le programme de ce premier CD ?
PIERRE-YVES LASCAR : Malheureusement, ce continent est trop vaste pour énoncer une unique idée sur le sujet. Assez superficiellement, il me transporte dans des paysages immenses, beaux, colorés. Plus personnellement, pour ce qui concerne ce que l’on appellerait ici la « musique classique », j’y perçois surtout des couches et quantité de sous-couches (bien) dissimulées, j’y entends plus souvent encore une ambivalence, un entre-deux permanent entre une aspiration nécessaire à des formes de modernité et le regret de « formes » parfaitement ancrées dans la culture traditionnelle. Au Brésil, cela crée des moments d’une tristesse terrible et enivrante (Guarnieri, Ponteios) ou plus pudique (Fructuoso Vianna). La joie, aussi, peut être affreusement mélancolique. Quelques mots à propos de la première parution : Santoro et Villa-Lobos offrent deux visages bien différents (et pas forcément complémentaires) du Brésil. Villa-Lobos (1887-1959) est dans la conquête, son style est flamboyant, chamarré, il faut ré-inventer un style national et employer les moyens de la conviction. D’une génération ultérieure qui doit affirmer sa personnalité, Santoro (1919-1989) délivre un message d’une grande délicatesse. Il est plus abstrait, certainement pudique, pour moi d’un sens poétique supérieur car très surprenant.

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote, un souvenir lié.e à l’enregistrement de ce premier CD ?
PIERRE-YVES LASCAR : J’apprécie beaucoup le lieu à Oxford (Angleterre) dans lequel nous avons réalisé cet album Villa-Lobos / Santoro. Il s’agit d’une église attenante à une école de séminaristes anglicans. L’acoustique est idéale pour les musiques latino-américaines intensément colorées, et le son de Marcos Madrigal y résonnait pleinement. J’espère que je pourrais y retourner un jour (mais les enregistrements n’y sont plus possibles d’après mes informations). C’est rare et très difficile de trouver le lieu qui correspond absolument et parfaitement à un musicien.

 

CLASSIQUENEWS : Présentez-nous les artistes et les pièces qui seront jouées, à l’affiche du concert de lancement ce 25 mars. Quel en est l’esprit et le caractère ?
PIERRE-YVES LASCAR : Marcos Madrigal jouera 6 Préludes et les trois premières Paulistanas de Claudio Santoro, ainsi qu’une sélection de Valses de Mignone, en amont d’un enregistrement que nous allons réaliser en août prochain des trois recueils de Valsas de Francisco Mignone. Patrick Hemmerlé, lui, jouera les Sonatines n° 1 et 3 et le sublime Improviso II de Guarnieri, ainsi que le Chôros V et le Rudepoêma de Villa-Lobos, autant d’œuvres qui se retrouveront au programme de l’album à venir de Patrick Hemmerlé prévu pour 2027. Entre ces deux mini-sets pianistiques, nous pourrons découvrir le cavaquinho avec Matheus Donato, jeune virtuose de cet instrument peu connu par ici, en fait une « petite » (en taille !) guitare brésilienne. Quatre pièces au programme dont une de Waldir Azevedo (1923-1980), et deux compositions originales.
L’idée de cette soirée est de proposer un visage varié de la création brésilienne, et de donner quelques portes d’entrée à l’œuvre au moins quatre des plus importants compositeurs brésiliens du XXe siècle. D’autres soirées dans les années qui viennent mettront aussi à l’honneur Cuba, l’Argentine, le Mexique.

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont vos prochaines actualités d’ici fin 2026 / printemps 2027 ?
PIERRE-YVES LASCAR : Le reste de l’année 2026 sera consacré à l’enregistrement de nouveaux projets, dont certains évoqués plus haut. Je vais également enregistrer le pianiste brésilien Cristian Budu dans une monographie dédiée à Clarisse Leite, une grande pianiste (et compositrice) brésilienne, à la vie mouvementée ! 
Je souhaite publier des albums incontestables, sous la forme de fort beaux et originaux produits : les épices les plus précieuses se révèlent à petit feu.

Propos recueillis en mars 202

concert

PARIS, 360. Soirée brésilienne, jeudi 25 mars 2026, 20h
LIRE aussi notre présentation du concert lancement du label HABANERO :
https://www.classiquenews.com/habanero-concert-de-lancement-du-nouveau-label-mer-25-mars-2026-paris-360-musiques-bresiliennes-du-xxeme/
En créant HABANERO, Pierre-Yves Lascar inaugure une nouvelle offre dédiée aux musiques d’Amérique latine, dans toute leur diversité. Il prolonge ainsi son parcours de producteur et de défricheur de répertoires méconnus. La démarche s’annonce « exigeante, accessible et sensuelle, accordant à la scène et à la rencontre avec les publics, une place centrale. »

 

 

 

programme

Marcos Madrigal, piano

Santoro Prelúdios, 2nd series, Book I
(Nos. I-VI-XII-XI-VII-II)
Santoro Paulistanas Nos. 1-3
Mignone Valsas de esquina (selection)
(bis éventuel : Congada)

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Matheus Donato, cavaquinho

Waldir Azevedo, Pedacinhos do Ceu
Ernesto Nazareth, Odeon
Matheus Donato, Nero au Bianco
Matheus Donato, 1×0 (Pixinguinha)

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Patrick Hemmerlé, piano

Guarnieri, Improviso II (Hommage à Villa-Lobos)
Guarnieri, Sonatine No. 1
Guarnieri, Sonatine No. 3
Villa-Lobos, Chôros No. 5
Villa-Lobos, Rudepoema

 

 

 

Premier cd Habanero

Le premier album (2 CD) édité par le nouveau label HABANERO comprend des œuvres de Santoro et Villa-Lobos soit deux visages bien différents du Brésil. Pierre-Yves Lascar présente la singularité des deux auteurs : Villa-Lobos (1887-1959) « dans la conquête, son style est flamboyant, chamarré », quand Santoro (1919-1989) délivre un message d’une grande délicatesse, « plus abstrait, certainement pudique, pour moi d’un sens poétique supérieur car très surprenant ». Parution ce 25 mars 2026. Prochaine critique sur classiquenews. CD « CLIC » de CLASSIQUENEWS

 

 

 

CD 1
Cláudio Santoro (1919–1989)
Prelúdios, 2nd series (Nos. 1 & 2 – manuscripts versions)
Paulistanas
Prelúdios, 2nd series · Book I

CD 2
Heitor Villa-Lobos (1887–1959)
Ciclo brasileiro
Bachiana brasileira No. 4
Chôros No. 5 (Alma Brasileira)

Marcos Madrigal, piano Steinway D No. 582241

Recording: St. John the Evangelist, Oxford (Great Britain), 31 August & 1-2 September 2017  –  Sound engineering: Frédéric Briant

 

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CRITIQUE, opéra. GENEVE, Bâtiment des Forces Motrices, le 19 mars 2026. RAMEAU : Castor et Pollux. R. van Mechelen, A. Wolf, S. Junker… Edward Clug / Leonardo Garcia Alarcon

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Deux semaines avant Pâques, Genève célèbre la fête de Rameau. 

Rameau oui, le grand compositeur à la musique somptueuse, aux inflexions mélodiques magnifiques et aux contrepoints superbes ! C’est lui qui est le vrai héros du super-spectacle de Castor et Pollux – donné par le Grand-Théâtre de Genève (décentralisé ici dans le Bâtiment des Forces Motrices).

Rameau est ici magnifiquement servi par l’l’ensemble baroque La Capella Mediterranea, sous la direction vive et savante de Leonardo Garcia Alarcon. Cet orchestre déploie une étoffe sonore d’une finesse exquise. Rien n’y pèse. Tout y respire. Les tempi s’inclinent, s’étirent, se resserrent avec une élégance qui nous ravit. 

Mais Rameau est aussi superbement chanté par le ténor Reinoud van  Mechelen, le baryton Andreas Wolf, et par celle dont le soprano enchante la soirée, Sophie Junker. Ces trois très belles voix suivent à merveille les inflexions de la partition, soignent ses ralentis, suspendent ses fins de phrase. La totale maîtrise de l’art baroque !     

L’histoire de Castor et Pollux est celle de deux frères dont le second est immortel et le premier ne l’est pas. Tous deux soupirent pour la même femme. Pollux, par amour fraternel, sacrifie sa vie afin de faire remonter Castor des enfers. Mais Jupiter finit par donner l’immortalité aux deux en les transformant en constellation des Gémeaux. Happy end où l’on célèbre dans la joie la « Fête de l’univers » ! 

La mise en scène d’Edward Clug constitue un vrai paradoxe : elle présente une succession de tableaux esthétiques qui apparaissent en harmonie avec la musique de Rameau mais fait usage d’objets dépourvus de toute magie : caddies de supermarché, bouteilles en plastique, parapluies ! On ne vous dit pas notre étonnement quand on voit Castor sortir des enfers en poussant son caddie comme dans les rayons d’une grande surface tout en chantant son air « Séjour de l’éternelle paix » ! Quant aux bouteilles, lorsqu’elles sont renversées, elles inondent la scène sur laquelle glissent et se vautrent des danseurs aux collants couleur chair. Il doit y avoir là dedans toute une symbolique dont il nous manque les clés. Renseignement pris, il paraît que les caddies sont les « véhicules porteurs des corps et des âmes ». Il fallait y penser !… Et pourtant, malgré ces délires, le résultat, noyé dans la pénombre ambiante est esthétique, répétons le. 

Dans la distribution, il y a encore la mezzo Eve-Marie Hubeaux, bien investie dans son rôle de Phébé, mais à la voix inégalement timbrée sur l’ensemble de la tessiture. De son côté, le Jupiter noble d’Alexandre Duhamel impose sa stature. Nous avons aussi remarqué l’« ombre heureuse » de la soprano Giulia Bolcato. Le Choeur du GTG est également remarquable.

Et, au bout du compte, répétons le, celui qui a le dernier mot, c’est… Rameau !

 

 

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CRITIQUE, opéra. GENEVE, Bâtiment des Forces Motrices, le 19 mars 2026. RAMEAU : Castor et Pollux. R. van Mechelen, A. Wolf, S. Junker… Edward Clug / Leonardo Garcia Alarcon. Crédit photographique (c) Carole Parodi

 

 

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PRINTEMPS DES ARTS DE MONTE-CARLO. Les 26 et 27 mars [Bach, Mozart…], puis 4 avril 2026 [Messiaen / Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo]

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3 concerts événements sont à venir à Monte-Carlo dans le cadre du Printemps des Arts 2026. Les 26 et 27 mars, à l’Auditorium Rainier III, pleins feux sur la magie des claviers, clavecin et piano dans des programmes conçus pour en [re] découvrir couleurs, relief, énergie des instruments… dans un choix d’oeuvres signées Bach et Mozart… Puis le 4 avril, au Grimaldi Forum, vertiges symphoniques et timbres rayonnants dans la Turangalîla-Symphonie de Messiaen par le Philharmonique de Monte-Carlo… Les concerts sont complétés par conférences, masterclasses, répétitions ouvertes…

 

 

BACH(S) & MOZART
Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie
Jeudi 26 mars 2026 ı 19:30
Auditorium Rainier III
Précédé d’un before
Suivi d’un after

INFOS & réservations :
https://www.printempsdesarts.mc/programmation/jeudi-26-mars

 

18h – CONFÉRENCE – Auditorium Rainier III

« Clavecins, clavicordes et pianoforte au XVIIIe siècle »
, Florence Gétreau, musicologue

Musicologue, spécialiste en organologie, Florence Gétreau présente l’extraordinaire diversité des instruments à cordes et à clavier dans l’Europe des Lumières, des différents modèles de clavecin à l’essor du pianoforte en passant par le clavicorde, instrument de prédilection des musiciens professionnels pour leur travail dans l’intimité. Et cette variété des modèles s’accompagne bien sûr d’une remarquable palette de sonorités…

 

 

19h30
CONCERT – Auditorium Rainier III 

Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784)
Sinfonia « dissonante » pour cordes en fa majeur, F. 67 – 15′
1. Vivace
2. Andante
3. Allegro
4. Menuetto 1 – Menuetto 2 – Menuetto 1

 

Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788)
Concerto pour clavier en ré mineur, Wq. 23 – 23′
1. Allegro
2. Poco andante
3. Allegro assai

 

***

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Concerto pour piano et orchestre n° 23 en la majeur, KV 488 – 25′

1. Allegro
2. Adagio
3. Allegro assai

Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie
Stefano Rossi, violon
Olga Pashchenko, claviers

 

 

BACH & MOZART
Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie
Vendredi 27 mars ı 19:30
Auditorium Rainier III
Précédé d’un before

INFOS & réservations :
https://www.printempsdesarts.mc/programmation/vendredi-27-mars

 

 

16H30 – 17H30
RÉPÉTITION COMMENTÉE
Auditorium Rainier III
Réservé aux détenteurs d’un billet de concert avec Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie, présentée par Maude Gratton, direction et claviers

 

 

19H30
CONCERT
Auditorium Rainier III

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Concerto pour clavecin n° 1 en ré mineur, BWV 1052 – 22′
1. Allegro
2. Adagio
3. Allegro

Suite pour orchestre n° 3 en ré majeur, BWV 1068 – 18′
1. Ouverture
2. Air
3. Gavotte 1 – Gavotte 2 – Gavotte 1
4. Bourrée
5. Gigue

***

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Concerto pour piano n° 17 en sol majeur, KV 453 – 30′

1. Allegro
2. Andante
3. Allegretto

Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie
Stefano Rossi, violon
Maude Gratton, claviers

 

 

TURANGALÎLA-SYMPHONIE
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Samedi 4 avril à 19h30
Grimaldi Forum
Précédé d’un before
INFOS & réservations :
https://www.printempsdesarts.mc/programmation/samedi-4-avril-19h30

 

 

9h – 12h
MASTERCLASS
Académie Rainier III
Jean-Frédéric Neuburger, piano

 

18h
CONFÉRENCE
Grimaldi Forum, Salle Apollinaire

« Le langage orchestral d’Olivier Messiaen »
Yves Balmer, musicologue

Les procédés d’écriture mélodiques et rythmiques d’Olivier Messiaen ont été abondamment commentés, de son utilisation de modes pour élaborer des échelles spécifiques de hauteur de notes jusqu’à ses structures rythmiques singulières… Mais qu’en est-il de sa manière de s’exprimer de façon purement sonore, par les timbres des instruments, dans l’orchestre ? Avant d’écouter sa monumentale Turangalîla-Symphonie écrite pour un effectif gigantesque de plus de cent musiciens, Yves Balmer, spécialiste du compositeur, propose une autre écoute pour [re]decouvrir autrement le langage orchestral d’Olivier Messiaen.

 

 

19h30
CONCERT
Grimaldi Forum, Salle des Princes

Vincent David (1974-)
Mécanique céleste, pour saxophone et orchestre (*) – 15′

Olivier Messiaen (1908-1992)
Turangalîla-Symphonie (°) – 80′
1. Introduction
2.Chant d’amour 1
3. Turangalîla 1
4.
 Chant d’amour 2
5. Joie du sang des étoiles
6.
Jardin du sommeil d’amour
7.
Turangalîla 2
8. Développement de l’amour
9. Turangalîla 3
10.Final

 

Vincent David, saxophone
Jean-Frédéric Neuburger, piano
Nathalie Forget, ondes Martenot

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Bruno Mantovani (*) et Kazuki Yamada (°), direction

INFOS & réservations :
https://www.printempsdesarts.mc/programmation/samedi-4-avril-19h30

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CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 19 mars 2026. LALO : Le Roi d’Ys. J. Henric, A. Morel, L. Oliva, P. Bolleire… Olivier PY / Samy RACHID

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Voilà donc cet insaisissable Roi d’Ys que l’on croyait à jamais relégué au rang de curiosité patriotique, ressuscité par l’Opéra national du Rhin dans une production qui fait l’événement. Et quel événement ! D’emblée, on comprend que l’on tient là l’une de ces soirées de grâce rare où la magie du spectacle total opère, restituant à l’ouvrage d’Édouard Lalo toute sa démesure romantique et sa part d’ombre celte.

 

Sur le plateau, une distribution sans faille fait tourner les têtes. En Mylio, le jeune ténor Français Julien Henric s’impose avec éclat. Rarement aura-t-on entendu un tel mélange de vaillance et de legato : son émission, d’une clarté solaire, allie un aigu triomphant – d’une facilité déconcertante qui soulève l’enthousiasme – à un médium d’une rondeur inouïe, capable des plus tendres confidences, doublé de pianissimi impalpables. Il incarne ce chevalier à la fois rude et magnétique avec une autorité vocale qui semble repousser les limites du théâtre, faisant de chaque phrase un modèle de style et de passion contenue.

À ses côtés, les deux sœurs rivalisent de superbe. Anaïk Morel, en Margared, déploie un mezzo au métal somptueux, idéalement taillé pour les élans tragiques et les éclats vengeurs du personnage. Son timbre, corsé mais sans dureté, possède cette noirceur noble qui convient si bien à la créature jalouse. Quant à la jeune soprano franco-catalane Lauranne Oliva, en Rozenn, elle offre le pendant lumineux avec un soprano d’une pureté quasi lunaire, d’un legato aérien et d’une émotion transparente. Toutes deux s’élèvent, dans leurs duos, à un niveau d’excellence qui fait naître l’unanimité, portées par une direction d’acteurs juste et incarnée.

Mais la réelle claque de la soirée vient du jeune baryton canadien Jean-Kristof Bouton, qui incarne Karnak. Véritable révélation, il brûle les planches dès son entrée. Sa voix de stentor, d’une puissance renversante, s’impose avec une autorité magnétique : chaque sortie est un ouragan, un déferlement de bronzes guerriers, sans jamais sacrifier la noblesse de la ligne. On reste pantois devant ce phénomène vocal qui fait trembler les murs tout en ciselant ses phrasés avec une précision d’orfèvre. Tous les rôles secondaires, d’ailleurs, sont tenus avec un engagement et une justesse qui confirment le travail d’orfèvre de la maison, avec une mention pour la basse Belge Patrick Bolleire dans le rôle-titre.

 

 

En fosse, c’est une autre révélation qui s’affirme : Samy Rachid, jeune chef à la tête de l’Orchestre National de Mulhouse, offre une direction superlative. Il sait magnifier la partition de Lalo, en faisant jaillir les couleurs celtiques, les rugissements de la mer et cette mélancolie héroïque qui parcourt l’œuvre. La phalange mulhousienne se transcende, livrant un jeu d’une précision et d’une ardeur rares, faisant du fossé sonore un véritable personnage du drame.

Côté plateau, on retrouve l’inséparable duo Olivier Py (mise en scène) et Pierre-André Weitz (scénographie et costumes), habitués des lieux où ils ont déjà signé tant de soirées mémorables (des Huguenots de Meyerbeer d’anthologie à une Pénélope de Fauré en apesanteur…). Ils offrent ici une scénographie d’une beauté à couper le souffle, pensée comme une estampe symboliste qui se déploie. Nous sommes dans une cité d’Ys à la fois primitive et intemporelle : de majestueux murs de tôles glissent et se font ouverture, des jeux d’eau vertigineux évoquent la menace constante de l’océan (lumières de Bertrand Killy), tandis que les costumes (signés également par Weitz) mêlent le médiéval rêvé à une épure très contemporaine. L’espace, toujours en mouvement, se fait tour à tour crypte inquiétante, salle du trône écrasée par le destin ou falaise battue par les embruns. Quant à la mise en scène d’Olivier Py proprement dite, elle sert la légende avec une intelligence lumineuse, évitant l’écueil du folklore de pacotille pour creuser les psychés et la dimension sacrificielle. Les lumières, toujours aussi inspirées, sculptent les corps et les âmes, tandis que les apparitions du roi, du héraut ou du peuple participent à une dramaturgie fluide et implacable, d’une lisibilité parfaite.

Grâce à lui, ce Roi d’Ys restitue à l’ouvrage sa dimension de grand opéra fantastique, servi par des artistes au sommet de leur art. Une soirée aussi rare que précieuse, qui laisse le public comblé, suspendu entre le rêve et la tempête, encore longtemps après que la digue a cédé.

 

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CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 19 mars 2026. LALO : Le Roi d’Ys. J. Henric, A. Morel, L. Oliva, P. Bolleire… Olivier PY / Samy RACHID. Crédit photographique © Klara  Beck

 

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CRITQUE CD. LASSUS / AGOSTINI : Lagrime di san Pietro. Doulce Mémoire (1 cd Alpha classics)

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Le nouveau cd de Doulce Mémoire est aussi le dernier conçu par le fondateur de l’ensemble, Denis Raisin Dadre. Ce dernier nous a quitté trop tôt, le 29 septembre 2025 (lire notre dépêche). Le programme à la fois doloriste et compassionnel du programme, outre sa grande valeur musicologique et interprétative en faisant dialoguer deux chants du cygne, de l’illustre et glorieux Lassus (à 7 voix) et du moins connu Lodovico Agostini (1534 – 1590), – à 6 voix, prend une signification plus bouleversante encore depuis la disparition du fondateur de Doulce Mémoire.

 

Le « Deficiat in dolore » de Lassus, instrumental qui introduit tout le programme plonge avec tendresse dans les ténèbres apaisées de l’affliction (superbe jeu de timbres : dulciane, sacqueboutes, cornets), portique idéal pour préparer aux prières qui suivent. L’épure annoncée, de rigueur (humilité du pénitent oblige), se réalise dans les laudes « Al pie del duro sasso / Près de la dure pierre » : questionnement et déploration apaisée à la fois (celle de Madeleine). La transparence et la clarté du groupe exprime, et cette humanité fervente et la volonté de sincérité dans la simplicité, qui finit dans le lointain comme la marche de pèlerins évanouis.

D’emblée s’affirme la certitude rayonnante de Lassus (sa densité, son expressivité solaire) dans « Il magnanimo Pietro », la majesté de ses accents et vagues chorales, comme la célébration des visions célestes permises, reçues, éprouvées par les solistes dans une pudeur détaillée et recueillie. C’est un Lassus emblématique qui s’assume ainsi : plein, serein, apollinien, où toutes les parties s’individualisent tout en se fondant les unes aux autres ; toutes convergent vers une même compassion partagée, rayonnante.

Le contraste se manifeste aussitôt dans l’enchaînement avec les deux premières pièces de Lodovico Agostini « Vergine, se pietate / Le lagrime, i sospiri »… les murmures expressifs et individualisés des Lagrime semblent sortir d’un bois sacré : la ciselure opérée entre caractérisation individuelle et pourtant grande cohésion collective recueille des décennies d’expérimentations menées par les madrigalistes les plus aguerris, – tous soucieux de l’articulation musicale du texte ; signe de cette sensibilité linguistique, et avec une inquiétude assumée, presque véhémente, la projection de la dernière syllabe : comme une exclamation sans réponse. Agostini était lui-même chanteur, ainsi que l’avaient remarqué Doulce Mémoire grâce aux recherches de Denis Raisin Dadre, dans leur recueil précédent, dédié aux compositeurs de la Cour des Este à Ferrare (Concert secret des Dames ferrairaises, 2007)…

Même Lassus semble traversé par des interrogations moins contrôlées (« Qual’a l’incontro »),en quête d’une plénitude qui se dérobe (« Queste opre »)… autant de pièces plus libres et serpentines.
Un jalon est atteint dans l’expression de la mort elle-même, exprimée frontalement par Agostini dans « La morte è morta », mise en abîme vertigineuse qui produit une série de phrases étirées, voluptueuses, à l’imploration très subtilement exprimée par les voix aiguës. Plus individualisé encore « La vita è breve » s’incarne dans une série d’interrogations et de regrets, que prolonge aussi « Svegliati omai »…
Doulce Mémoire cisèle la torpeur extatique, contemplative et sensuelle de « Come falda di neve » d’un Lassus qui semble aussi nostalgique que pudique et dont chaque prière s’achève dans une plénitude caressante, ce qui pourrait être sa signature spécifique.
L’expressivité de Lassus interpelle dans « Que volto » (sur le mot vergogno), indice d’une caractérisation inédite.

Enfin, Agostini sur les pas de Monteverdi, met en musique le même texte : « Hor che’ ciel e la terra » dans une méditation qui semble exprimer toutes les vanités d’une vie terrestre, un appel au renoncement final, non sans exprimer la douleur à surmonter, les déchirements dans l’inéluctable anéantissement ; mêmes lueurs crépusculaires de la fin dans « La morte di colui », dont l’émotion se révèle jusque dans le frottement assumé des voix individualisées. En éclairant les ultimes soupirs de deux grands maîtres du XVIè, – feux créapusculaires dont les secousses à peine mesurées préfigurent les contorsions baroques, Doulce Mémoire fait surgir toutes les nuances de l’affliction doloriste a plus bouleversante. Saisissante réalisation.

 

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CRITIQUE CD événement. Lagrime di San Pietro : Lassus & Agostini. Doulce Mémoire / Denis Raisin Dadre (1 cd alpha enregistré à Noirlac en janv 2025) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

annonce & présentation

LIRE notre annonce du CD événement LAGRIME DI SAN PIETRO : Lasso & Agostini (Doulce mémoire, Denis Raisin Dadre 1 cd Alpha classics) : https://www.classiquenews.com/cd-eveneent-annonce-lagrime-di-san-pietro-lasso-agostini-doulce-memoire-denis-raisin-dadre-1-cd-alpha-classics/
Enregistré en janvier 2025 à Noirlac, le programme, captivant et bouleversant comme souvent de la part d’interprètes aussi inspirés et préparés, est donc la dernière offrande de Denis Raisin Dadre. En croisant les écritures ultimes de deux maîtres de la polyphonie à la fin du XVIè, Lassus et Agostini, Doulce Mémoire délivre un message édifiant de compassion et de pardon, une prière à la sérénité et à la paix éternelle. Bouleversant. Prochaine critique développée sur classiquenews.
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CRITIQUE, ballet. TOULOUSE, Théâtre du Capitole (du 13 au 19 mars 2026). « 3 CYGNES ». BLANC / GALLOIS / ANSA & BACOVICH par le Ballet du Capitole

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Jusqu’à ce jeudi 19 mars, le Théâtre du Capitole vibre au rythme d’une expérience chorégraphique rare. Avec Trois Cygnes, la directrice de la danse de l’institution Occitane – Beate Vollack – a eu une idée aussi simple que lumineuse : inviter trois regards contemporains à se pencher sur le berceau du plus célèbre des ballets classiques, Le Lac des cygnes. Loin de la simple revisite, le résultat est un triptyque audacieux, où chaque pièce explore une facette du mythe avec une liberté et une inventivité confondantes. Le pari esthétique est relevé haut la main, porté par la troupe étincelante du Ballet de l’Opéra national du Capitole.

 

Avec les premières images du Cantus Cygnus de Nicolas Blanc, le ton est donné. Le chorégraphe montalbanais, de retour en France pour la première fois avec une création, ancre sa vision dans un néoclassicisme d’une élégance rare. Il conserve les pointes, ce « chausson qui permet légèreté, envol et grâce« , pour s’interroger sur la puissance, le rapport de force et la métamorphose. Sur la musique planante et mélancolique de Rautavaara, où le chant des oiseaux se mêle à l’orchestre, les danseurs évoluent sous une constellation de cygnes. C’est une pièce stellaire, qui transcende la douleur pour tendre vers une forme de paix et de liberté. On est saisi par la beauté plastique des corps et la force symbolique d’une chorégraphie qui, sans jamais raconter l’histoire originelle, en capture l’essence la plus pure.

Puis, tel un écrin au cœur de la soirée, vient l’Incantation de Jann Gallois. Une véritable perle ! Issue des danses urbaines et co-directrice de l’Agora de Montpellier, la chorégraphe signe ici sa première pièce pour un ballet classique, et c’est un choc. Loin des grands effectifs, elle choisit quatre interprètes, deux femmes, deux hommes, pour explorer la dimension ésotérique et mystique du Lac. Sur une musique envoûtante du clarinettiste Yom, les corps, vêtus de longues jupes aux reflets noir et blanc, se font toupies, se lient, se délient, ne formant plus qu’un seul organisme vivant, tantôt monstrueux, tantôt gracieux. C’est une danse-contact d’une fluidité hypnotique, une méditation sur la métamorphose qui agit comme une véritable incantation. La salle retient son souffle, captivée par cette grâce organique et bouleversante.

Enfin, le duo formé par Iratxe Ansa et Igor Bacovich clôt la soirée avec Black Bird, une déflagration d’énergie. Fidèles à leur écriture explosive et physique, ils plongent du côté de l’ombre, non pas celle d’un mal absolu, mais d’un obscur fascinant. C’est le règne d’Odile, du cygne noir, exploré à travers la musique électro-acoustique d’Owen Belton. La scène devient le théâtre d’une magie noire envoûtante, où les danseurs semblent en état de transe. La puissance dégagée par l’ensemble du corps de ballet est impressionnante, portée par des costumes légers et mobiles qui épousent chaque mouvement. C’est une conclusion magistrale et viscérale qui contraste superbement avec la pureté des deux premières pièces.

L’unité de ce triptyque, au-delà du thème commun, doit beaucoup au travail remarquable de la scénographe Silke Fischer et du créateur lumières Johannes Schadl. Ils offrent aux trois ballets une harmonie visuelle et une identité forte, chaque pièce possédant sa couleur propre tout en s’inscrivant dans un même écrin esthétique. Au final, Trois Cygnes est une preuve éclatante de la vitalité d’un répertoire qui n’en finit pas de se réinventer. Entre la grâce néoclassique de Blanc, l’introspection mystique de Gallois et la fougue tellurique d’Ansa & Bacovich, le Ballet de l’Opéra national du Capitole signe un triomphe. Une question de plumes, peut-être, mais assurément une œuvre d’art totale.

 

 

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CRITIQUE, ballet. TOULOUSE, Théâtre du Capitole (du 13 au 19 mars 2026). BLANC / GALLOIS / ANSA & BACOVICH. Ballet de l’Opéra national du Capitole. Crédit photographique © David Herrero

 

 

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