mercredi 14 octobre 2026
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OPÉRA ORCHESTRE NORMANDIE ROUEN, jeudi 2 avril 2026. Juliette JOURNAUX, piano. « Wanderer without words » : Schubert, Mahler, …

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L’Opéra Orchestre Normandie Rouen propose un récital de piano qui envisage et révèle des mondes intérieurs inédits, portés par la sensibilité d’une exploratrice inspirée.
A travers la figure du voyage et de l’errance, Juliette Journaux s’interroge sur l’exil intérieur, une certaine langueur mélancolique, contemplative, solitaire… : « On ne naît pas Wanderer, on le devient. Ce qui le définit comme tel est son questionnement : à quelle terre, quel peuple pourais-je appartenir ? D’où vient le malaise qui me hante ? Pourquoi je me sens différent ? »

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Photo Juliette Journaux © Olivier Lalane

 

Ne mesurons-nous pleinement notre humanité qu’en questionnant notre propre finitude ? Solitude, errance, dépression… la quête du sens de chaque vie terrestre semble inspirer aux compositeurs, précisément Schubert et Mahler, une série d’œuvres capitales. La force de ce questionnement est au cœur du programme défendu par Juliette Journaux : il y est question de conscience voire de révélation…

 

LIRE notre ENTRETIEN avec la pianiste JULIETTE JOURNAUX à propos de son programme « Wanderer without words » (Schubert / Mahler)… à l’affiche de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen le 2 avril 2026
LIRE notre ENTRETIEN : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-la-pianiste-jeanne-journaux-a-propos-de-son-programme-wanderer-without-words-schubert-mahler-a-laffiche-de-lopera-orchestre-norman/

 

 

agenda
Récital de Juliette Journaux, piano : « Wanderer without words »
Opéra Orchestre Normandie Rouen,
jeudi 2 avril 2026, 20h (Chapelle Corneille) :
https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/juliette-journaux-wanderer-without-words/

Plongez dans l’univers envoûtant de Schubert, où la poésie du lied se réinvente au piano. Si le compositeur autrichien a peu voyagé, sa musique, elle, est une quête perpétuelle d’ailleurs et d’absolu. À travers ces transcriptions originales, Juliette Journaux fait revivre ce souffle romantique, suivant les traces de Liszt qui porta les mélodies de Schubert vers les sommets de la virtuosité. Note après note, le piano écrit le voyage et la nostalgie de l’éternel vagabond.

 

 

programme et déroulé

Franz Schubert
Der Wanderer (transcription Franz Liszt) ;
Drei Klavierstücke ; Im Frühling ;
Nachtstück ;
Schwanengesang : « In der Ferne » ;
Wandrers Nachtlied II
(
transcription Juliette Journaux)

Gustav Mahler : Rückert-Lieder
» Ich bin der Welt abhanden gekommen »
(transcription pour piano) ;
Der Abschied
« Das Lied von der Erde »

Durée : 
1h10, sans entracte

 

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COFFRET CD événement, annonce. JOSEPH HADYN, Intégrale. ANTAL DORÁTI : Symphonies, menuets, oratorios – 41 cd DECCA (1969-1972)

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DECCA réédite la suite d’un cycle Hadyn qui reste la référence absolue : celle signée par le chef ANTAL DORÁTI, à la tête de la Philharmonie hongroise (Philharmonia Hungarica), acteurs interprètes d’une intégrale mythique réalisée pour le label britannique entre 1969 et 1972.

 

Un premier coffret incontournable avait déjà été édité comprenant tous les opéras : LIRE notre présentation et critique de ce premier coffret miraculeux (HAYDN / DORATI : intégrale des opéras, 29 cd DECCA, réédition de 2009) : https://www.classiquenews.com/joseph-haydn-les-opras-the-operas8-opras-par-antal-dorati-20-cd-decca/

 

 

Au printemps 2026, DECCA classics récidive et complète l’édition Haydn en publiant cette fois l’intégrale des Symphonies et menuets, ainsi que ses oratorios (avec l’Orchestre Philharmonique Royal) : La Création évidemment mais aussi les Saisons, sans omettre Le retour de Tobie / Il Ritorno di Tobia (très rare de nos jours). La valeur des lectures profite de l’engagement et la sensibilité d’un chef haydnien, d’autant mieux servi qu’il regroupe autour de lui des instrumentistes en complicité et pour les œuvres lyriques, des chanteurs de premier plan, figures d’un âge d’or du chant international : Barbara Hendricks, Della Jones, Philip Langridge… (Tobias), Lucia Popp, Werner Hollweg, Kurt Moll (La Création), Ileana Cotrubas, Werner Krenn, Hans Sotin (Les Saisons)… Difficile de réunir autant de tempéraments diseurs aujourd’hui.

Les enregistrements sont réédités dans de nouveaux transferts 24 bits / 192 kHz à partir des bandes maîtresses (masters) originales. Le coffret comprend également un livret comprenant la présentation du directeur du label Decca Classics, Dominic Fyfe, mais aussi y compris la correspondance nouvellement découverte du producteur de Decca, James Mallinson, et une superbe collection de photographies d’archives, réalisées au moment des sessions d’enregistrement (Antal Dorati au travail).

 

 

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COFFRET CD événement, annonce. JOSEPH HADYN : ANTAL DORÁTI : Symphonies, menuets, oratorios (intégrale) – 41 cd DECCA (1969-1972)  –  plus d’infos sur le site de l’éditeur DECCA classics : https://store.deccaclassics.com/products/antal-dorati-the-complete-decca-haydn-recordings-41cd-box-set?_pos=2&_sid=b696f5d50&_ss=r

 

 

 

 

english

Antal Doráti’s complete Haydn symphony cycle for Decca, recorded between 1969 and 1972, is still regarded as the benchmark today. These recordings with the Philharmonia Hungarica return in new 24-bit/192kHz transfers from the original master tapes. Brought together in one landmark set for the first time, this original jacket collection also includes their recordings of Haydn’s Minuets and the three great oratorios with the Royal Philharmonic Orchestra, comprising Doráti’s complete Haydn recordings on Decca across 41 CDs. The outstanding cast includes Barbara Hendricks, Lucia Popp, Ileana Cotrubas, Benjamin Luxon, and Kurt Moll. The set also includes a 5,000-word essay by Decca Classics Label Director Dominic Fyfe, including newly discovered correspondence from Decca producer James Mallinson and a wealth of archive photographs. 

 

 

 

LIRE aussi notre présentation critique du coffret Intégrale des Opéras de HAYDN par Antal Dorati  – 29 cd DECCA classics (mars 2009) : https://www.classiquenews.com/joseph-haydn-les-opras-the-operas8-opras-par-antal-dorati-20-cd-decca/

 

Joseph Haydn: les opéras, « The Operas »8 opéras par Antal Dorati (20 cd Decca)

 

 

biographie

 

Le chef hongrois Antal Doráti, naturalisé américain en 1947 est né le 9 avril 1906 (Budapest) et mort en Suisse, le 13 nov 1988 (Gerzensee). Ses parents musiciens professionnels encourage sa formation musicale (Académie Franz Liszt), auprès du compositeur Zoltán Kodaly, apprenant aussi le piano avec Béla Bartok. A 18 ans (1924), il commence sa carrière comme chef à l’Opéra de Budapest.
Tempérament, sensibilité, souci du détail et de la structure, Antal Dorati s’affirme à la baguette sur la scène internationale. Il est avec Karajan, le chef ayant enregistré le plus de partitions symphoniques.
Parmi les compositeurs qu’il a particulièrement marqués de son empreinte, leur réservant un travail interprétatif très fouillé : Tchaikovsky, Bartok (qu’il a côtoyé de son vivant), Stravinsky, Rachmaninov. Son intégrale des oeuvres de Joseph Haydn dont il enregistre l’ensemble de 107 symphonies et toutes les partitions lyriques pour Decca classics, constituant une somme artistique particulièrement convaincante.

Il rassemble ses souvenirs et évoque sa carrière dans « Notes of Seven Decades » (1979).

Audacieux, défricheur, Antal Dorati enregistre la première intégrale de l’opéra de Berlioz, Benvenuto Cellini en français (1963, avec Joséphine Veasey…).
Comme chef principal ou directeur musical, Antal Dorati a piloté les orchestres suivants : Dallas (1945-1949), Minnesota (1949-1960), BBC (1962-1966, précédant à ce poste à Colin Davis), Stockholm (1966-1974), Washington (1970-1976), Royal Philharmonique de Londres (1975-1978), Detroit (1977-1981).

 

 

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FRANCE MUSIQUE, La tribune des critiques, dim 5 avril 2026 : GESUALDO, Tenebrae

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dim 5 avril 2026, 16h
LA TRIBUNE DES CRITIQUES DE DISQUES
Tenebrae de Gesualdo

PLUS D’INFOS : https://www.radiofrance.fr/francemusique

 

 

Carlo Gesualdo
Compositeur italien et prince de venosa
(Venosa 1566 – Gesualdo 1613)



LIRE tous les articles CARLO GESUALDO sur CLASSIQUENEWS :
https://www.classiquenews.com/?s=gesualdo

 

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FRANCE MUSIQUE, concert en direct, vend 10 avril 2026. SIBELIUS, ADES… Orchestre Philharmonique de Radio France

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Somptueux concert symphonique en direct sur France Musique, avec la 7è de Sibelius et deux partitions du compositeur britannique contemporain, THOMAS ADES…

 

Jean Sibelius : Tapiola op 112
Thomas Adès : « In Seven Days »
Jean Sibelius : Symphonie n°7 en ut majeur op 105
Thomas Adès : Aquifer
Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Thomas Adès.

CONCERT en direct
Vendredi 10 avril 2026, 20h
Concert en direct de l’Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique à Paris.

PLUS D’INFOS : https://www.radiofrance.fr/francemusique

Photo : Thomas Adès DR

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FRANCE MUSIQUE, sam 4 avril 2026, 20h. VERDI : La Traviata (Opéra de Vienne), Kristina Mkhitaryan…

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Giuseppe Verdi : La Traviata
Kristina Mkhitaryan, soprano (2è Prix Operalia 2017) ; Florentina Serles, mezzo-soprano ; Stephanie Maitland, soprano ; Xabier Anduaga, ténor ; Artur Rucinski, baryton ; Carlos Osuna, ténor, Leonardo Neiva, baryton ; Hans-Peter Kammerer, basse ; Dan Paul Dumitrescu, basse ; Wolfram Igor Derntl, ténor, Alejandro Pizarro-Enríquez, basse
Chœur de l’Opéra d’État de Vienne dirigé par Martin Schebesta.
Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne dirigé par Giampaolo Bisanti.

SAMEDI À L’OPÉRA
Opéra donné le 3 février 2026 à l’Opéra d’État de Vienne

PLUS D’INFOS : https://www.radiofrance.fr/francemusique

 

VIDÉO : Kristina Mkhitaryan chante l’air du premier acte « E strano »…

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Coffret CD événement, annonce. MENDELSSOHN : Symphonies 1-5 & oratorios : Paulus, Elias… Gewandhausorchester Leipzig, Andris Nelsons -7 CD DG Deustche Grammophon (2021, 2023, 2024)

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Élégance, brio et mélancolie sont l’apanage de la musique de Mendelssohn dont le destin est inexorablement lié à celui de Leipzig. Le directeur musical de l’Orchestre Gewandhaus en 1835 et jusqu’à sa mort en 1847, a mené une activité pour l’essor musical de la ville, tout en composant symphonies et oratorios. La vitalité mendelssohnienne se nourrit du passé, évidemment du génie de Bach dont il aura favorisé la renaissance au XIXè, mais aussi Haendel dont l’allégresse noble se dévoile dans le premier chœur de l’oratorio Paulus (enregistré en 2023), première œuvre composée à Leipzig en 1835, ici abordée, aux côté de son autre drame sacré, Elias (enregistré en 2021).

 

 

 

Le génie de Mendelssohn tient à la suprême élégance de son écriture, une orchestration « classique » qui semble fusionner les leçons de Mozart, Haydn et Beethoven, dans le sentiment de la tendresse fraternelle et de la grandeur, et cette exaltation olympienne proche d’un Schumann. Les 2 ORATORIOS ainsi révélés – Elias étant plus rare encore que l’exceptionnel Paulus, permettent de mesurer l’imaginaire à la fois grandiose et superbement humain de Mendelssohnn qui se souvient particulièrement des drames légués dans ce style par Bach (ses Passions) et surtout Haendel avant lui ; pour ce faire, Andris Nelsons s’entoure de chanteurs très juste et convaincant : Golda Schultz, Georg Zeppenfeld, Andrè Schuen,…

 

Côté SYMPHONIES, l’amateur comme le connaisseur pourront tout autant mesurer l’adéquation des musiciens avec un corpus musical et stylistique dont ils sont particulièrement familiers. Andris Nelsons, actuel directeur musical depuis 2017, se montre un héritier de Mendelssohn, soucieux, impliqué, marquant les lectures d’une volonté dramatique, une caractérisation continue qui détaille, nuance aussi mais avec cette pâte sonore pleine, dense, habile équation entre brillant et expressivité… Le chef letton a d’ailleurs été confirmé en sept 2025, pour un 3è mandat comme directeur musical à Leipzig, jusqu’en 2032. Né à Riga, trompettiste de formation, l’ex assistant de l’immense Mariss Jansons poursuit son travail avec les instrumentistes lipsiens : articulation, souplesse, puissance…

Le coffret Mendelssohn renforce la valeur de l’approche Nelsons à Leipzig ; chacun y retrouvera confortée, son appétence argumentée pour l’écriture de Mendelssohn, figure emblématique et historique de Leipzig : la carrure beethovénienne de ses structures, son allant schumannien, sa sensibilité instrumentale ; sans omettre propre au GewandhausOrchester, la richesse d’une sonorité orchestrale, somptueuse et éloquente à la fois… De ce point de vue, sont particulièrement convaincants dans le présent coffret, les deux oratorios Paulus et surtout (le trop rare) Elias, comme l’ample symphonie n°2 « Lobgesang » ici restituée dans sa version originale comme symphonie-cantate, en 10 séquences (enregistrée en sept 2023 avec, parmi les solistes, la soprano Elsa Benoit) ; les Symphonie n°3 « écossaise », n°4 « Italienne », n°5 « Réformation »… Prochaine critique complète sur classiquenews.

 

 

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Coffret CD événement, annonce. MENDELSSOHN : Symphonies & oratorios Gewandhausorchster Leipzig, Andris Nelsons (2021, 2023, 2024) – 7 CD Deutsche Grammophon- Parution annoncée le 27 mars 2026 – PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur DG Deutsche Grammophon : https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/mendelssohn-oratorios-symphonies-andris-nelsons-14271

 

 

 

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CD événement, annonce. COULEURS DU BAROQUE : Bach, Vivaldi, Haendel, Bononcini… Alexis Vassiliev, contre ténor / Philippe Foulon (1 cd Continuo classics)

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Le programme intitulé « Couleurs du Baroque » compose un parcours original et personel qui relève de la sensibilité des deux artistes formant duo : le gambiste Philippe Foulon et le contralto Alexis Vassiliev. Il regroupe plusieurs partitions particulièrement accessibles par leur qualité et leur charme : airs connus ou rares, insolites, (re)découvertes … interprétés par Alexis Vassiliev qu’accompagnent en complicité plusieurs instrumentistes aussi passionnés que lui dont surtout le très engagé Philippe Foulon et les musiciens du Consort d’amour. Au total 9 airs lyriques hautement expressifs signés Haendel et Bononcini, aux côtés de deux cantates de Vivaldi… avec plusieurs pièces purement instrumentales jouées par Philippe Foulon au violoncelle d’amour.

 

 

 

Baroque, barroco… les pièces ainsi réalisées célèbrent la vitalité et le mouvement, tout ce qu’incarne l’esthétique qui s’affirme dès le XVIIè : soit un monde de fantaisie, de contrastes, d’imagination,… « une fantasmagorie qui favorise les sentiments, la dramatisation, l’exubérance, l’illusion ».  A travers la sélection des airs de ce récital, Alexis Vassiliev cultive l’émotion, souvent poignante, éclairant dans chaque situation, l’enjeu psychologique qui anime le personnage incarné ; le corpus des œuvres ainsi retenues entend surprendre et bouleverser les auditeurs.
Outre la virtuosité vocale, entre flexibilité et intensité, expressivité et nuances, le texte s’affirme tout autant ; ainsi la déclamation est reine. Sont évoqués les célèbres castrats qui rivalisaient dans des improvisations brillantes. Le programme éclectique évoque toute cela : la virtuosité (Furibondo), l’expressivité (Pena tiranna), l’émoi (Ombra mai fu)…

Les musiciens, spécialistes du style baroque – notamment le Consort d’amour avec le gambiste Philippe Foulon accompagnent le contralto Alexis Vassiliev, dans un cheminement instrumental et poétique qui souhaite faire revivre le « son » de la musique baroque, dans sa vitalité, dans l’urgence et la tension de la création de chaque partition. Prochaine critique du cd à venir sur CLASSIQUENEWS

 

 

 

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CD événement, annonce. COULEURS DU BAROQUE : Bach, Vivaldi, Haendel, Bononcini… Alexis Vassiliev, contre ténor / Philippe Foulon (1 cd Continuo classics réf.: CCC 777 846). CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 


 

 

 

CLIPS VIDÉO

 

Partenope, HWV 27, Act II: Furibondo

 

 

Flavio, HWV 16, Act II: Rompo i lacci

 

 

D’autres clips et contenus sur la chaîne YOUTUBE de Philippe Foulon :
https://www.youtube.com/channel/UCc2DV-mkf_HPnVgzRAmOn3g

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CRITIQUE, opéra. MASSY, Opéra, le 15 mars 2026. JANACEK : Journal d’un disparu / ADES : Növények. Angela Simkin, Vladimír Šlepec…TM+ / Lukas Hemleb

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L’Opéra de Massy exauce nos attentes : peu de scènes lyriques défendent avec une telle exigence, la création et les productions contemporaines, réalisant les projets les plus actuels, miroirs des sensibilités les plus affûtées. Ce jour, – après un précédent choc lyrique mémorable (Und de Daniel d’Adamo, mars 2024), les massicois retrouvent une scène expérimentale, entre théâtre et chant, avec une fosse ciselée où percent les vagues sonores des percussions en nombre. L’instrumentarium relève de l’effectif conçu par TM+ , Laurent Cuniot, directeur musical de l’ensemble en résidence à Massy ; ce dernier a soigné la parure instrumentale, d’une égale cohésion de couleurs et de timbres, assurant ainsi la réussite des passages entre ce qui revient à Janacek et à Adès. Et la continuité entre les deux écritures (qu’un siècle sépare pourtant) se réalise sans peine, produisant une somme unitaire du début la fin, à l’onirisme passionnel et lunaire.

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Photos : © Gilles Lalande

 

 

 

 

Le spectacle réussit la cohésion malgré une forme musicale assez austère réunissant 3 solistes sur scène (et deux chanteuses additionnelles pour le choeur, membres de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Massy) et une fosse qui cultive l’épure, le scintillement chambriste, et au final, l’exposition sans fard, du chant le plus intense, le plus elliptique (Marc Desmons, direction). La forme des mélodies à l’origine du spectacle conserve son impact chambriste. Pourquoi Janick le laboureur qui observe la nature et les étoiles, et qui sait parler à ses chers boeufs gris, décide-t-il un jour de partir, de quitter sa terre natale ?

 

 

 

Opéra en création à Massy

Léos Janacek / Thomas Adès : Vanishings
Diptyque lyrique,
introspectif et crépusculaire

Rien ni aucun être ne peut résister à la force de l’Amour, le Véritable, l’Absolu qui s’incarne dans la vie du paysan éveillé, dans le personnage de la gitane Zefka (dont le rôle est vocalement le plus mince)… leur étreinte est un rêve lunaire, sublimé par l’instrumentarium ciselé qui les enveloppe depuis la fosse. En mélodies alternées, sans réelle action continue (le point faible du spectacle), le ténor (Janick, ardent et très sensible VLADIMIR SLEPEC), et la mezzo ANGELA SIMKIN dont chaque air inscrit les poèmes du ténor dans une constellation plus vaste qui lui donne accès au monde, à la nature. L’enjeu de la scène, et son miracle visuel est de construire peu à peu un cheminement psychique et émotionnel qui mène à la révélation finale ; l’enjeu de la musique exprime les déflagrations sourdes et profondes qui transforment les êtres sur scène, en particulier Janick.

Les deux pièces de Thomas Adès (« Növenyék », « plantes » en hongrois, composée entre 2020 et 2022 ; et Darkness Visible) s’encastrent très subtilement dans la série des 22 airs de Janacek (qui constitue le cycle du Journal d’un disparu) ; elles y développent un chant profond, souterrain, organique, enveloppant, récapitulatif (« de la fleur à la racine »), et à travers la voix prophétique de l’excellente mezzo ANGELA SIMKIN, décrypte dans un tableau final d’une rare élégance, – et tout en robe scintillante, le rébus sonore dont les spectateurs ont reçu l’envoûtement.
Son chant est alors celui final d’une prophétesse : il dévoile les clés de la délivrance (« longue est la guirlande de fleurs, elle passe de main en main… »). Les deux compositeurs semblent partager une même conscience cosmique qui sait relier les hommes à la Nature, au cycle infini du Vivant (ce que Janacek a si magistralement exprimé dans son opéra La petite renarde rusée…). A la puissance mystérieuse du texte répond la musique d’Adès, l’une des plus introspectives qui soient et qui mêlée ainsi aux mélodies de Janacek, – que traverse un sentiment naturaliste, à la fois juste et énigmatique-, s’en trouve remarquablement enrichie et vivante. Il était audacieux d’unir les deux imaginaires : ils fonctionnent de façon saisissante. L’intuition de Lukas Hemleb était donc légitime. Magistral.

Le tableau final

 

 

 

 

distribution
Conception et mise en scène : Lukas Hemleb
Direction musicale : Marc Desmons
Arrangement pour ensemble du Journal d’un disparu : Laurent Cuniot
Scénographie : Margherita Palli
Costumes : Bianca Sarah Stummer
Vidéo : Luca Scarzella
Le Journal d’un disparu, Leos Janáček
Janik (ténor) :  Vladimír Šlepec
Zefka (mezzo-soprano) :  Helena Milošević
Trois voix de femme : Angela Simkin, Laura Kimpe*, Olga Bystrova*
Növények, Thomas Adès
Angela Simkin, mezzo-soprano
Musique de Thomas Adès
Textes d’Attila József, Miklós Radnóti, Sándor Weöres et Ottó Orbán
Interprété avec l’autorisation de Faber Music, Londres
Ensemble TM+
*Atelier lyrique de l’Opéra de Massy

 

 

Saluts : Helena Milošević, Vladimír Šlepec, Angela Simkin, et les deux membres de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Massy : Laura Kimpe, Olga Bystrova © classiquenews 2026

 

 

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AVRANCHES, Mortain-Bocage. Concert mardi 21 avril 2026, récital vivaldien avec Alexis Vassiliev puis Masterclass (22-25 avril) : stage violoncelle / viole de gambe avec Philippe Foulon

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En avril 2026, Avranches accueille concert et masterclass. D’abord mardi 21 avril, récital lyrique (Vivaldi et ses contemporains) avec le contralto Alexis Vassiliev et l’ensemble Lachrimae consort d’Amour à la Collégiale de Mortain Saint Evroult (50 140 Mortain-Bocage) – mais aussi une masterclasse viole de gambe et voix, avec le violiste Philippe Foulon, du 22 au 25 avril suivants…

 

 

CONCERT : récital lyrique avec Alexis Vassiliev
Mardi 21 avril 2026, 20h20
L’Académie de viole de gambe, musique ancienne et voix de l’École des arts de Mortain-Bocage accueille artistes lyriques et musiciens du Lachrimae Consort d’amour.
Le gambiste Philippe Foulon s’associe au contralto Alexis Vassiliev pour recréer l’orchestre d’amour développé par Antonio Vivaldi et ses contemporains vénitiens au XVIIIème siècle. Le récital évoque l’âge d’or des castrats au XVIIIè. Performance instrumentale et lyrique d’une rare virtuosité

Récital Vivaldi
Alexis Vassiliev, chant
Viole de gambe : Philippe Foulon
Épinette / clavecin : Emer Buckley
Mardi 21 avril 2026, 20h30
Collégiale de Mortain Saint Evroult
2 Rue du Xiième Arrondissement, 50140 Mortain-Bocage
Durée : 1h – Tél: 0233683327
Gratuit sans réservaton
https://www.culture-agglo-msm-normandie.fr/r%C3%A9servations

TOUTES LES INFOS sur le site d’Avranches : https://www.avranches.fr/agenda/concert-lachrimae-consort-damour/

 

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STAGE
Du 22 au 25 avril 2026
Un stage de perfectionnement (académie de musique ancienne) en violoncelle, viole de gambe et voix, animé par Philippe Foulon est proposé par l’École des arts de Mortain-Bocage du 21 au 25 avril 2025. Sur inscription – Modalités et informations : [email protected] – 07 61 82 00 13

 

 

 

 

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Philharmonie, le 16 mars 2026. MOZART : Symphonie n° 39 / BRUCKNER : Symphonie n° 4. Orchestre de l’Opéra national de Paris, Marek Janowski (direction)

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Depuis plusieurs saisons, l’Orchestre de l’Opéra national de Paris s’offre le luxe d’investir la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris pour ses concerts symphoniques. Avant de célébrer les forces telluriques du Requiem de Berlioz en mai prochain, le public venu en nombre réserve un triomphe au vétéran Marek Janowski, en un programme 100% autrichien dédié à Mozart et Bruckner.

Incontournable figure de la vie musicale parisienne dans les années 1980-90, Marek Janowski (né en 1939) fait son retour dans la capitale pour un unique concert à la Philharmonie. C’est là un événement, tant l’ancien chef du Philharmonique de Radio France, entre 1984 et 2000, a laissé un bon souvenir à ses troupes comme aux auditeurs. Pendant cette période, en signe de son intérêt pour le répertoire lyrique, le chef allemand d’origine polonaise s’est aussi distingué en dirigeant plusieurs productions à l’Opéra de Paris, bien avant son invitation à célébrer le Ring de Wagner à Bayreuth, en 2017.
Le programme débute avec l’une des trois dernières Symphonies de Mozart, la 39e, qui fait partie de ses ouvrages les plus réussis. Tous composés lors de l’été 1788, ces bijoux d’invention mélodique et de vitalité rythmique ont un caractère pourtant bien différencié, audible dès l’introduction lente de cette 39e. L’aspect solennel et mystérieux, proche de l’ouverture de Don Giovanni (1787), bénéficie du style probe de Janowski, sans aucun vibrato. La rigueur de la mise en place, comme des tempi, sera une constante de la soirée, sans chercher à mettre en avant la mélodie principale (si ce n’est parfois aux premiers violons). Dirigeant sans partition, avec un regard acéré vers ses troupes, Janowski évite tout lyrisme, sans aucun temps mort. Un rien trop raide dans le Menuet, l’élan péremptoire donne le ton narratif, autour de ruptures franches dans les attaques. Si on peut être surpris par le peu de respiration de cette lecture, la dynamique irrépressible globale fait entendre un Mozart résolument articulé (proche, en cela, de certaines interprétations sur instruments d’époque).
Après l’entracte, on retrouve un chef plus encore à son répertoire de prédilection, lui qui a enregistré l’intégrale du corpus brucknérien au disque, pour le label Pentatone, dans les années 2010. Il est fait le choix de la mouture de 1878-1880, qui s’insère entre le premier jet de 1874 (jamais joué du vivant du compositeur) et les dernières retouches de 1888. Il faudrait que les grandes phalanges osent plus souvent se pencher sur les versions primitives de Bruckner, souvent étonnantes de modernité dans leurs audaces formelles. Pour la Quatrième, les changements sont considérables, puisque le troisième mouvement a été entièrement réécrit, de même que la plus grande partie du Finale. L’introduction de l’Allegro initial est en revanche conservé, ce dont s’empare Janowski en faisant frissonner fiévreusement les cordes, peu avant l’entrée inoubliable du cor solo. L’esprit de la chasse irrigue cette partition en mettant en avant cet instrument à plusieurs reprises, ce qui explique pourquoi tout le pupitre est applaudi en premier lieu, en fin de soirée.
Aucune introspection ou virtuosité individuelle ne vient troubler cette interprétation, qui avance sans se poser de questions. Les verticalités au son charnu mettent tous les instruments sur le même plan, en une vitalité volontiers musculeuse. Toute effusion est ainsi évitée, avec un allègement perceptible des cuivres dans les parties plus apaisées, pour donner davantage de place aux admirables bois de l’Orchestre de l’Opéra de Paris. Janowski s’autorise de rares moments où il lâche la bride, en faisant notamment ressortir quelques superbes saillies aux altos ou encore la scansion des contrebasses en arrière-plan. Plus séquentiel dans cette lecture, l’Andante revêt un esprit lunaire avec des pupitres très différenciés et des tutti toujours aussi denses en opposition. Le ralentissement final, superbe de raffinement sans ostentation, montre toute la science du chef allemand pour les tenues de phrasés étirées.
L’allègement des cuivres est plus encore audible dans le Scherzo (un des plus réussis de son auteur), faisant entendre chaque détail de la partition. On note aussi une propension à davantage marquer les silences, notamment dans les transitions vers le trio. En signe de son éloquence, Janowski enflamme le début du Finale de ses tempi rapidissimes, tout en évitant soigneusement le recours au pathos. Les tutti ravageurs se régalent de cette battue experte, admirablement contrastés avec les parties plus lyriques, avant une conclusion sans triomphalisme excessif.
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CRITIQUE, concert. PARIS, Philharmonie, le 16 mars 2026. MOZART : Symphonie n° 39. BRUCKNER : Symphonie n° 4. Orchestre de l’Opéra national de Paris, Marek Janowski (direction musicale). A l’affiche de la Philharmonie le 16 mars 2026. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, festival. MARSEILLE, 24e Festival « Mars en Baroque » (Temple de Grignan), le 15 mars 2026. C. MONTEVERDI / G. VALENTINI. Ensemble Concerto Soave, Marc Mauillon et Romain Bockler (barytons), Jean-Marc Aymes (Clavecin et direction)

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Le Festival « Mars en Baroque«  s’est imposé au fil des ans comme le rendez-vous incontournable de la vie musicale marseillaise chaque début de printemps. Pour cette 24e édition (qui se déroule du 1er au 27 mars cette année), la manifestation phocéenne imaginée par ses deux directeurs artistiques – le chef et claveciniste Jean-Marc Aymes et le jeune baryton Français Romain Bockler – explore avec érudition et gourmandise les jeux de va-et-vient, les migrations et les métamorphoses de l’art baroque à travers l’Europe  L’affiche de cette année, riche d’ensembles prestigieux (La Chapelle Rhénane, Les Kapsber’girls, Ensemble Jacques Moderne) et de solistes de renom (Amandine Beyer, Salomé Gasselin…), résonne comme un vaste voyage musical, des rives de la Méditerranée aux cours d’Europe centrale. C’est dans ce cadre que s’inscrivait, le 15 mars, l’événement très attendu de l’ensemble Concerto Soave – dans un programme intitulé « Soave Libertate« , consacré aux Madrigaux du grand Claudio Monteverdi et du plus secret Giovanni Valentini, au cœur du principal écrin du festival : le Temple de Grignan.

 

Il est des lieux où la musique semble avoir élu domicile. Le Temple de Grignan, avec sa sobre façade néoclassique et son intérieur à la basilicale inspiré du Temple de Charenton, est de ceux-là. Rue de la Tolérance, comme on la surnommait au XIXe siècle, l’acoustique à la fois claire et chaleureuse du lieu, baignée par la lumière zénithale qui filtre des plafonds à caissons, offre un écrin d’une rare élégance aux voix et aux instruments anciens. Ce soir-là, la salle était comble, le public, fidèle et connaisseur, vibrant d’une impatience à peine contenue à l’idée d’entendre deux des plus fins barytons français se mesurer aux duos du maître de Venise et de son contemporain trop méconnu.

Sous le titre évocateur de « Soave Libertate », le programme proposait donc un face-à-face passionnant entre les madrigaux de Claudio Monteverdi et ceux de Giovanni Valentini, musicien et poète virtuose, presque un mythe pour les amateurs du premier baroque. D’un côté, la familiarité géniale du Crémonais, de l’autre, la découverte d’un compositeur éblouissant qui fut Kapellmeister à la cour de Vienne. Pour incarner ce dialogue, Jean-Marc Aymes avait réuni deux artistes au sommet de leur art : Romain Bockler, co-directeur artistique du festival, mais aussi du Concerto Soave, et l’invité Marc Mauillon, dont la science du répertoire ancien n’est plus à démontrer.

D’emblée, la complicité entre les deux hommes a sauté aux oreilles. Dans les duos virtuoses, comme ceux extraits du Septième Livre de Madrigaux de Monteverdi, leurs voix se sont entrelacées avec une précision d’orfèvre, rivalisant de finesse dans les ornements et les diminuzioni. Le timbre chaud et projeté de Romain Bockler, que l’on a récemment pu entendre dans un répertoire Campra chez Ricercar, y dialoguait avec l’élégance plus racée et la diction ciselée de Marc Mauillon. Dans les moments plus introspectifs, comme dans les Lamenti ou les pièces poignantes de Valentini, l’émotion était palpable : le public retenait son souffle, saisi par l’intensité dramatique de ce duo, où l’échange amoureux se faisait tantôt rivalité, tantôt plainte commune.

Mais cette soirée n’aurait pas été aussi éclatante sans le travail de fourmi de l’écrin instrumental qui enveloppait les voix. Autour de Jean-Marc Aymes, installé avec une autorité discrète au clavecin et à l’orgue, trois musiciens de premier plan tissaient la trame de la basse continue. Mention spéciale au théorbe d’Ulrike Gaston Larsen, dont les arpèges profonds et les volutes délicates apportaient une respiration presque méditative, et à la harpiste Manon Papaserglio, dont les interventions perlées ajoutaient une touche d’éclat sensuel. Leur complice Flore Seube, à la viole de gambe ou au lirone, complétait cette section rythmique du XVIIe siècle avec une souplesse et une inventivité confondantes. Le génie de cette phalange a également éclaté dans les rares mais précieuses plages purement instrumentales du programme. Une Chaconne de Storace ou une Sinfonia de Rossi sont venues capté l’attention des auditeurs : dans ces moments sans voix, ce sont les instruments qui « chantaient », reprenant à leur compte la rhétorique des madrigaux. On y a entendu un dialogue tout aussi virtuose entre le clavier de Jean-Marc Aymes et les cordes pincées, rappelant que l’invention mélodique du premier baroque italien n’est pas l’apanage de la seule voix. Ces pièces, véritables écrins instrumentaux, agissaient comme des respirations, des interludes permettant de savourer la science de l’écriture et la complicité de l’ensemble.

A la fin du concert, le public marseillais a longuement acclamé les cinq artistes. Jean-Marc Aymes, Romain Bockler et Marc Mauillon, main dans la main avec leurs trois complices instrumentistes, ont salué, rappelés à plusieurs reprises par une salle conquise. Ce triomphe, mérité, consacrait une vision du baroque vivante, savante et passionnée. Car en offrant une voix à Valentini, ce trop rare génie, et en redonnant ses lettres de noblesse au duo vocal, Concerto Soave a une fois de plus prouvé que Marseille est bien une capitale du baroque. Sous l’impulsion de Jean-Marc Aymes et de Romain Bockler, cette 24e édition de « Mars en Baroque » tient toutes ses promesses : celle d’un art en mouvement, éternellement renaissant !

 

 

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CRITIQUE, festival. MARSEILLE, 24e Festival « Mars en Baroque » (Temple de Grignan), le 15 mars 2026. C. MONTEVERDI / G. VALENTINI. Ensemble Concerto Soave, Marc Mauillon et Romain Bockler (barytons), Jean-Marc Aymes (Clavecin et direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CD événement, annonce. Swingin’ partita, Vienne 1800 :  Krommer, Beethoven, Cartellieri, Salieri, Connesson [1 cd Mirare]

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Les instrumentistes de l’ensemble Stradivaria savent renouveler leur programme en défrichant des pans méconnus du répertoire instrumental. Le nouveau cd intitulé « Swingin’partita » dévoile l’essor exceptionnel de la musique pour instruments à vent à Vienne depuis la fin du XVIIIème et en particulier autour de 1800, sous l’impulsion directe de l’empereur Joseph II… Un âge d’or que rompera la guerre contre Napoléon.

 

 

 

 

Harmoniemusik,
partitas et octuors de vent…

Dans  » Swingin’ partita « , les instrumentistes de Stradivaria que dirige depuis 2023 Guillaume Cuiller, s’intéressent en particulier au format de l’octuor à vent, et donc aux partitas, ici abordés par Franz Krommer, Ludwig van Beethoven, Antonio Casimir Cartellieri… sans omettre Antonio Salieri : une musique virtuose et sensible, qui cache sa richesse souvent saisissante, derrière une apparente légèreté : un sommet d’élégance et de raffinement qui illustre avec justesse le thème mythique de la conversation en musique. Ainsi à Vienne s’affirment les délices de la « Harmonie music », emblème musicale de la capitale autrichienne. Stradivaria complète le programme par une pièce commandée au compositeur Guillaume Connesson selon le modèle de la partita classique.

 » La jubilation des timbres et des rythmes qui caractérise son écriture offre un contrepoint idéal à l’esprit de divertissement qui anime la musique pour vents en 1800 « , s’enthousiasme Guillaume Cuiller.

L’ ensemble uniquement composé d’instruments à vent, à savoir généralement de deux hautbois, deux clarinettes, deux cors et deux bassons expérimente toutes les alliances expressives d’une telle réserve de timbres et de couleurs.  La forme évolue et à ce noyau classique se joignent parfois des flûtes, un serpent ou une contrebasse. sLe répertoire s’enrichit considérablement comprenant soit des pièces spécialement composés à cet effet, soit pour divertir un nombre croissant d’amateurs, des transcriptions d’airs à la mode comme les airs d’opéra.

Née pour accompagner la vie des cours aristocratiques (processions, cérémonies, bals et fêtes champêtres…), le genre s’invite en réalité partout à la ville : salons, théâtres,  églises,  rues et  jardins, pour les repas, les retrouvailles diverses… En plein air, pour les réunions sociales et les académies. L’écriture séduit, enchante, divertit… Et bientôt tout un monde sonore surgit ne cédant rien à la facilité : marches,  divertimenti, sérénades, notturni et partitas…), arrangements de Symphonies et d’opéras à la mode constituent le répertoire qui allie clarté classique, virtuosité, subtilité d’orchestration. À Vienne, cette tradition atteint son apogée avec Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart sans omettre Ludwig van Beethoven…

 

C’est tout l’enjeu de cet enregistrement plus qu’original, … défricheur. L’approche vivante et particulièrement fouillée, souligne combien Stradivaria se renouvelle en s’engageant dans l’interprétation du répertoire élégantissime qu’une oreille distraite et expéditive a tôt fait de cataloguer. A torts.

 

 

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CD événement, annonce. Swingin’ partita, Vienne 1800 :  Krommer, Beethoven, Cartellieri, Salieri, Connesson [1 cd Mirare] – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 – Enregistrement réalisé du 28 au 31 octobre 2024 à l’Abbaye Royale de Fontevraud (1 cd Mirare Mir 790)

 

 

Franz Krommer (1759-1831)
Partita op. 57
1. Allegro vivace 5’16
2. Minuetto, presto – Trio 3’48
3. Adagio – Andante cantábile 4’16
4. Alla polaca 4’48

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
5. Rondino WoO 25 6’

Antonio Casimir Cartellieri (1772-1807)
Divertimento n° 2
6. Adagio – Allegro agitato 5’13
7. Adagio poco andante 4’13
8. Menuetto – Trio 2’15
9. Alla cosacca 5’15

 

Antonio Salieri (1750-1825)
10. Armonia per un Tempio della Notte 5’31

 

Guillaume Connesson (1970-)

Le Tombeau des seventies, partita pour octuor à vent
11. Ballade funk 3’19
12. Néo-menuet 1770 2’19
13. Chaconne pop (et DS sous la pluie) 5’25
14. Rondo disco 3’35

 

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agenda

Concert Swingin’Partita
NIORT, Festival Lumière Baroque, le 23 août 2026
(28è édition du 20 au 23 août 2026)

Accueil


Plus d’infos sur le site de l’ensemble STRADIVARIA :
https://www.stradivaria.org/

 

 

 

TEASER VIDÉO : « Swingin’Partita » par STRADIVARIA

À l’orée du XIXe siècle, Vienne rayonne par l’élégance de sa musique pour vents. Entre esprit galant et virtuosité orchestrale, Swingin’ Partita célèbre cet art du divertissement et prolonge la tradition avec une création originale aux couleurs des années 1970. Un programme qui mêle les manches en dentelle aux chemises à fleurs…

 

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OPÉRA DE DIJON. MOZART: Don Giovanni. 19 > 25 avril 2026. Dario Solari, Karine Deshayes… Agnès Jaoui / Katharina Müllner 

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« Séducteur insatiable ? Blasphémateur hardi ? Esprit forcené ? Don Juan est tout cela à la fois. La musique éperdue de Mozart le fait funambule, oscillant entre rire et terreur sous nos yeux fébriles. Plus qu’un opéra, Don Giovanni est une expérience... » Et l’opéra qui en découle, ce cheminement saisissant qui en exprimant toutes les facettes du désir et du sentiment amoureux, capte la vibration, la mobilité, la versatilité des passions humaines.

 

La puissance du désir chez Don Giovanni, la panique et l’émoi qu’il suscite chez les individus que le Libertin croise : Anna, Elvira, Zerlina… aucune des héroïnes ainsi approchées, cotoyées, courtisées, ne sortent indemnes de sa présence…

Dans la fable matriarcale de L’Uomo Femina (Galuppi) montée à Dijon en 2024, la metteuse en scène Agnès Jaoui avait abordé la figure d’une femme puissante et souveraine ; ici elle se tourne vers son exact complémentaire, comme pour en proposer le pendant inverse. Dans sa quête de jouissance qui est aussi course à l’abîme, Don Giovanni transgresse, expérimente, manipule… Avec une énergie gourmande ; il met en péril les fondements d’une société corsetée par l’ordre moral et la religion du salut. Qui se rend coupable, paye pour ses fautes. Tout prépare au tribunal final et à la confrontation avec la statue du Commandeur, agent de la loi morale.

Le scénographe Éric Ruf et les costumes de Pierre-Jean Larroque précisent encore les manifestations de cette quête échevelée : une Espagne nocturne au subtil classicisme. Autour du baryton Dario Solari se retrouvent 3 artistes féminines de premier plan : Karine Deshayes, Marianne Croux et  Dijonnaise de cœur, Catherine Trottmann, avec l’Orchestre Dijon Bourgogne et du Chœur de l’Opéra de Dijon.

 

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Opéra de Dijon, AuditOrium
MOZART : Don Giovanni
4 représentations événements
19 avril à 15h
21 avril à 20h
23 avril à 20h
25 avril à 20h

Infos & réservations directement sur le site de l’Opéra de Dijon : https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/don-giovanni/

 

 

Avant-scène : samedi 25 avril 2026 18h30-19h30 avec Raphaëlle Blin, musicologue et dramaturge

 

distribution

Livret de Lorenzo da Ponte
Direction musicale : Katharina Müllner 
Orchestre Dijon Bourgogne
Chœur de l’Opéra de Dijon

Mise en scène : Agnès Jaoui
Décors : Éric Ruf
Lumières : Bertrand Couderc
Costumes : Pierre-Jean Larroque
Vidéos : Pierre Martin Oriol

Don Giovanni : Dario Solari
Leporello : Alejandro Baliñas Vieites
Donna Anna : Marianne Croux
Don Ottavio : Michael Gibson
Le Commandeur : Sulkhan Jaiani
Donna Elvira : Karine Deshayes
Zerlina : Catherine Trottmann
Masetto : Frederic Mörth

Coproduction Opéra national du Capitole (producteur délégué), Opéra de Dijon, Opéra Orchestre national Montpellier, Opéra de Marseille, Opéra de Tours
Illustration © Jean Mallard

 

critique

LIRE notre critique de la production de DON Giovanni de Mozart par Agnès Jaouy, Toulouse, Capitole nov 2025:
https://www.classiquenews.com/critique-opera-toulouse-theatre-national-du-capitole-du-20-au-30-novembre-2025-mozart-don-giovanni-n-courjal-v-taormina-k-deshayes-a-soare-d-nurgeldiyev-a-constans-agnes-jaoui/
Extrait de la critique : … Après le succès remarqué de son « Uomo femina » de Galuppi à l’Opéra Royal de Versailles l’an passé, la célèbre cinéaste et romancière [ Agnes Jaouy], le défi de diriger cette production. Ce pari consiste à inviter un regard neuf, imprégné de psychologie et de finesse d’écriture, pour revisiter les profondeurs ambiguës du mythe du séducteur. Il s’agit ni plus ni moins de confier un monument de la musique à une grande conteuse d’histoires, laissant présager une lecture où la complexité des caractères et la vérité humaine seront au cœur du spectacle.
 

 

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CRITIQUE, festival. PRINTEMPS DES ARTS DE MONTE-CARLO, Salon d’honneur du Musée Océanographique, le 13 mars 2026. « The Grand Battle ». Ensemble « I Gemelli », Mathilde Etienne (Narratrice), Jake Arditti (contre-ténor), Neven Lesage et François Salès (hautbois), Emiliano Gonzalez Toro (ténor et direction musicale)

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Au lendemain d’un concert avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo à l’Auditorium Rainier III – dont nous avons salué dans ces colonnes la rigueur symphonique –, le 42e Printemps des Arts de Monte-Carlo opérait un virage à 180 degrés. Quittant l’écrin de l’Auditorium monégasque, le festival investissait vendredi soir le somptueux Salon d’honneur du Musée Océanographique pour une proposition aussi ludique qu’audacieuse : « The Grand Battle ». Sous ce titre évocateur, l’Ensemble I Gemelli, dirigé par le ténor Emiliano Gonzalez Toro, relevait le gant d’un pari musical, transformant un lieu dédié aux abysses en un véritable ring vocal.

 

Dès les premières minutes, le ton est donné. Il ne s’agira pas d’un simple concert, mais d’un affrontement. L’espace, magnifié par la mise en espace de Mathilde Etienne, également narratrice et maîtresse de cérémonie, se mue en arène. La co-directrice de l’ensemble baroque endosse avec une malice évidente le rôle de cheffe de ring, présentant les « combattants » avec l’aisance d’une présentatrice de catch, mais avec l’élégance naturelle que requiert le somptueux cadre du concert. C’est elle qui tisse les liens entre les joutes, désamorce la tension savante par une pointe d’humour – et rappelle que derrière la virtuosité, il y a d’abord du jeu, du plaisir… et beaucoup d’émotions !

Car la « battle » est double. D’un côté, le face-à-face vocal tant attendu opposait deux artistes aux mondes sonores que tout oppose. Le ténor Emiliano Gonzalez Toro incarne une voix solaire, charnelle, d’une projection naturelle qui embrase les airs de bravoure de Vivaldi. Face à lui, le contre-ténor américain Jake Arditti déploie un instrument d’une tout autre nature : plus éthéré, d’une agilité confondante dans les registres aigus, il insuffle une fragilité apparente qui n’est que le masque d’une technique redoutable. Leur joute, puisée dans les extraits de La Fida ninfa, Farnace, Orlando furioso ou Bajazet, n’a jamais sombré dans la démonstration gratuite. Accompagnés par l’excellent ensemble I Gemelli, ils ont transformé ces airs en véritables passes d’armes stylistiques, faisant dialoguer leurs timbres avec une intelligence rare.

 

 

L’autre ring, plus discret mais tout aussi fascinant, était celui des bois. Le programme proposait en effet un « étonnant voyage dans le temps » instrumental, selon la formule du festival. Ici, la joute prenait une dimension technologique et historique. Neven Lesage ouvrait les hostilités avec la douceur du hautbois baroque, avant que François Salès ne prenne le relais avec l’instrument moderne, offrant un écrin contrasté au Concerto per oboe RV 455 offert d’abord par le premier. Michel Petrossian offrait ici avec Spenta Mainyu (en création mondiale) une incantation pour hautbois moderne d’une spiritualité dense. Mais le clou de cette autre « battle » fut sans conteste la confrontation avec le « hautbois virtuel ». Dans une seconde création mondiale due à Vincent Carinola, Métiers d’hier et d’aujourd’hui II : le chaman, François Salès maniait son instrument augmenté, dialoguant avec son propre double électronique. Les sons transformés, bouclés ou déformés créaient une aura hypnotique, comme un appel des profondeurs répondant étrangement aux squelettes de baleines suspendus au-dessus du public. Ces deux œuvres contemporaines, loin de dépareiller, s’inscrivaient parfaitement dans la thématique « Utopies » de cette édition 2026 du festival : elles questionnaient l’instrument, sa mémoire et sa métamorphose.

Après la solennité relative de la veille, cette « escale » du Printemps des Arts a prouvé que la musique ancienne pouvait se conjuguer au présent avec un esprit festif et une inventivité scénique réjouissante. Un pari osé, brillamment remporté !

 

 

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CRITIQUE, festival. PRINTEMPS DES ARTS DE MONTE-CARLO, Salon d’honneur du Musée Océanographique , le 13 mars 2026. « The Grand Battle ». Ensemble « I Gemelli », Mathilde Etiennne (Narratrice), Jake Arditti (contre-ténor), Neven Lesage et François Salès (hautbois), Emiliano Gonzalez Toro (ténor et direction musicale). Crédit photographique © Alice Blangero

 

 

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 14 mars 2026. CHIN / SCHUMANN / STRAVINSKI. Yefim Bronfman (piano), ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE, Tugan Sokhiev (direction)

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Toulouse, grâce aux Grands Interprètes a pu bénéficier du même concert donné la veille à la Philharmonie de Paris. Ce n’est donc plus exactement une création française mais tout de même une belle découverte pour les Toulousains que ce Frontispice de la sud-coréenne Unsuk Chin.

 

Cette courte pièce est d’une grande densité musicale. L’humour domine cette pièce qui fait l’effet par moment d’un 33 tours écouté à l’envers. Les sonorités sont toujours très étonnantes de minimes détails comme les flûtes qui soufflent sans notes ou de splendides accords de tout l’orchestre presque faramineux. Tugan Sokhiev dirige cette œuvre avec gourmandise et humour. Il en révèle toute la saveur. C’est très étonnant et l’orchestre brille de mille feux. Puis le Concerto pour piano de Schumann va permettre au pianiste russo-israelien Yefim Bronfman de venir sur scène. Sa haute stature impressionne. L’entente avec le chef et l’orchestre va être remarquable. Dès les premières mesures, la fusion du piano et de l’orchestre est parfaite. La beauté de la sonorité du pianiste, son timbre si noble, ses nuances si subtiles et son équilibre extraordinaire entre main gauche et main droite vont créer l’événement. Il est vraiment rarissime d’entendre une sonorité si généreuse, une force si noble et sans aucune violence ; au contraire, il naît une douceur de cette puissance inouïe. L’orchestre répond avec la même beauté sonore. Chaque instrumentiste dialogue avec le pianiste sur le même plan de perfection sonore. La dimension chambriste du concerto prend une hauteur extraordinaire comme si les meilleurs solistes possibles se répondaient. La direction de Tugan Sokhiev est magnifique laissant en apparence beaucoup de liberté et portant le chant à tout moment. Ce Concerto de Schumann va avancer avec une suprême élégance et va ravir le public totalement. Le final est une ode au bonheur absolument irrésistible. Yefim Bronfman est très applaudi et il va offrir un bis plein d’humour et d’une folle virtuosité. 

Pour la deuxième partie du programme, Tugan Sokhiev a choisi une œuvre qu’il connait à la perfection et qu’il dirige admirablement. Le ballet Petrouchka de Stravinski sous la main de Tugan Sokhiev est une merveille sans égale. Il dirige par cœur, sans baguette, avec des gestes dansants. L’orchestre est à la fête avec des effets succulents, des soli irrésistibles et des nuances sidérantes. Toute la partition si riche et si audacieuse est magnifiée par ces interprètes si doués. Tugan Sokhiev danse et les instrumentistes chantent. La dramaturgie du ballet avance. Les moments d’humour sont délicieux. L’histoire avance vers son dénouement ambigu. Tout parait bien trop court tant la beauté de cette musique pourrait nous entraîner longtemps dans son sillage. Dans ce répertoire de ballet russe Tugan Sokhiev n’a pas d’égal. Cela doit être naturel pour lui car il semble la comprendre totalement. L’Orchestre Philharmonique de Radio France est aux anges. Il paraît qu’il souhaite amplifier sa collaboration avec Tugan Sokhiev. Comme on les comprend !  A Toulouse, nous savons quel enchanteur il peut être. Il est vraiment joyeux de pouvoir retrouver Tugan Sokhiev si heureux et si aimé par l’orchestre Philharmonique de Radio France.

 

 

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 14 mars 2026. CHIN / SCHUMANN / STRAVINSKI. Yefim Bronfman (piano), ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE, Tugan Sokhiev (direction). Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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(77) 11ème FESTIVAL INVENTIO : « Anim music al », les 3 avril, 29 et 30 mai, puis 6, 14, 27 juin, 11 sept et 18 oct 2026 (Seine-et-Marne)

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La Faune et Flore à la source de l’écriture musicale… Toujours aussi inventif qu’au premier jour, le 11ème Festival INVENTIO stimule l’imaginaire et convoque la découverte et le partage ; il propose au printemps, à l’été puis en septembre un parcours d’une dizaine d’escales dans la Seine-et-marne secrète, à la découverte des richesses culturelles et naturelles, soit un nouveau cycle d’expériences « multisensorielles », tout entier dévoué aux confidences formulées par la nature et le vivant à l’oreille des compositeurs.

 

 

 

 

 

La musique & le vivant
concerts et photographies

La 11ème édition propose plusieurs spectacles immersifs où, en miroir des œuvres musicales défendues par de jeunes instrumentistes très engagés, se mêlent des instantanés oniriques, poétiques … regards singuliers sur la faune, exprimés, explicites grâce à la sensibilité des compositeurs, saisis aussi par le travail dévoilé d’artistes-photographes.

Léo Marillier, directeur artistique entend partager sa passion légitime de la Nature et du Vivant :  » Vous avez dit « bêtes » ? Un mouton bêle, un chat miaule ; cela parle aux sens et s’adresse à l’intelligence… Nous ressentons alors l’appétit, l’affection, la crainte…. Nous-mêmes cousinons et marchons allègrement dans leurs pas ; nous mugissons, rugissons, gloussons, roucoulons… « Nous nous élevons au rang de l’animal (Ursus dans « L’homme qui rit » de Victor Hugo) » et de même les animaux nous imitent, le chat parle une autre langue dans l’entre soi félin. Qui imite qui ?
Nous cherchons à nous connaître comme la bête suit son instinct, flaire par le monde son pareil. Nos oreilles toujours grandes ouvertes ne sont-elles pas les vigies qui alertent sans faillir, relayant bruits et cris menaçants de la nature ? Animaux, présages de vie ou de danger… ils incarnent tantôt l’Éden, tantôt l’Enfer, tantôt vénérés, cajolés ou craints. Certains animaux réveillent dans nos cœurs les légendes enfouies ou les croyances tenaces. »

 

 

 

 

Festival INVENTIO 2026,
une immersion musicale et visuelle au coeur du monde animal

 

Par le biais d’une corde, d’une embouchure, de notre voix, nous imitons, empruntons cette parole de la nature que nous prodiguent généreusement les animaux. Plus encore, nous prêtons une seconde vie à des cornes de cervidés, de boyaux, de troncs, et les faisons chanter : trompettes, violons… »

En d’autres termes, que seraient, que pourraient les musiciens sans les trésors si inspirants du monde animal ?


 » Animaux de notre quotidien, de compagnie, de nos rêves, animaux du passé, de nos contes, porte-paroles de notre humanité la plus profonde. Comme un miroir tendu entre l’artisanat du musicien et celui de l’abeille, entre le public qui applaudit et l’oiseau qui chante au coucher du soleil.  »

 

 

 

 

TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, les artistes invités, les modalités de réservation sur le site :
https://www.inventio-music.com/festival-2026-seine-et-marne/

BILLETTERIE EN LIGNE Inventio 2026
https://www.billetweb.fr/inventio2026

 

 

 

CLIP VIDÉO


hors des sentiers battus et urbains, édition inspirée par le vivant
11ème édition Festival INVENTIO – Direction artistique : Léo Marillier
Conception clip : Aurélien Melior
production : www.inventio-music.com
Infos : 01 64 01 59 29 – [email protected]
billetterie en ligne : https://www.billetweb.fr/inventio2026

 

 

 

 

TEMPS FORTS
Festival INVENTIO 2026

 

 

 

 

Vendredi 3 avril 2026
PROVINS, Petit Théâtre Centre culturel (77160)
CINÉ-OPÉRA – JANACEK : La Petite renarde rusée, à 19h
(Seiji Ozawa, direction)
Oeuvre pleine de fraîcheur et de rebondissements et conte rêveur, s’accélérant vers une fin douloureuse, « La Petite Renarde Rusée » de Janacek est un véritable chef d’œuvre – idéal pour faire découvrir l’univers opératique aux plus jeunes -, toute la forêt s’y retrouve, la violence et la tendresse humaine fait écho à celle des animaux. Ou bien est-ce l’inverse ? Grâce, simplicité, rugosité, éveil à la vie et à l’écologie, tant de caractéristiques peuvent définir cette allégorie…

 

Vendredi 29 mai 2026
PARC LES MARÊTS, Chapelle (77560)
Scène ouverte aux jeunes talents, à 19h
amateurs, conservatoires, écoles

 

Samedi 30 mai 2026
CHEVRU, église (77320)
Concert Quentin Rey, accordéon, à 20h
(et Léo Marillier, violon)
Projection photos : Edith Landau
On croit pouvoir classer l’accordéon, l’affubler d’une identité souvent proche du rustique, du quotidien, mais il nous échappe toujours, parvient à se renouveler dans tous les répertoires, et parvient à renouveler les répertoires eux-mêmes. L’accordéon est peut-être l’instrument qui mêle le plus les tons, de l’étrange au réconfortant. Par sa capacité d’imiter la qualité des autres instruments, à travers un répertoire incluant des pièces champêtres de Rameau et Couperin, un mouvement de la symphonie fantastique de Berlioz

 

 

 

Samedi 6 juin 2026
Prieuré SAINT-AYOUL / PROVINS, coulée verte
Promenade provinoise
20h : Balade musicale
21h, concert et après concert gourmand
Ensemble de musique baroque La Badaude
Projection photos : Franck Gaillard
« Autour de la figure du Rossignol » Œuvres de Michel Lambert, Jean- Baptiste Boësset, Jean-Philippe Rameau,CharlesDieupart, Joseph ChabanceaudeLaBarre, Marin Marais, Honoré d’Ambruys, Élisabeth Jacquet de La Guerre
Ce programme propose un parcours au cœur de l’esthétique de l’air de cour. Inspiré par la thématique du rossignol, figure récurrente de la poésie amoureuse, le concert explore les différents états de l’âme amoureuse : attente, souffrance, plainte, résignation.

 

Dimanche 14 juin 2026
BOISSY LE CHATEL (77169), Le Moulin
Galleria Continua
15h : visite
16h : concert et après concert gourmand offert
CONCERT : Quintette Solstice (quintette à vents)
Entre musique et poésie, à l’ombre d’une sculpture d’Anish Kapoor
« Nature à l’est » – Œuvres de Leos Janacek, André Feydy,
Piotr Illytch Tchaïkovski

VERS L’EST : Conçu autour de la transcription pour le quintette de cuivres Solstice de deux cycles essentiels de la littérature pianistique, « Sur un sentier recouvert » de Leos Janáček et « Les Saisons » de Piotr Ilitch Tschaïkowsky, ce programme explore le rapport à la nature, au temps et aux grands cycles de la vie qui imprègne de nombreuses oeuvres composées au tournant du XIXème siècle.

 

 

Samedi 27 juin 2026
PAROY, Chapelle (77)
CONCERT « Hommage à André Riotte, compositeur »
Œuvres de Charles Koechlin, Henry Cowell,
Witold Lutosławski, André Riotte, Gustav Mahler, Arnold Schönberg
20h : Hommage à André Riotte
20h30 : Concert et après concert gourmand offert
Clara Barbier-Serrano, soprano et Joanna, Kacperek, piano
Projection photos : François Obert
Des jungles imaginaires aux oiseaux des lieder germaniques, des fables musicales aux paysages intérieurs… Le mot « âme » a donné celui d’animal, et ce concert nous convie à nous projeter dans cette évolution. Soit pour retourner à l’âge d’innocence, où nous n’étions que des passereaux avec Mahler, soit pour rêver grandir avec Koechlin, soit pour s’approcher fébrilement du dernier cri avec Schönberg ou bien glisser entre la fable et le jeu avec Lutoslawski. Jusqu’ici, nous côtoyions la nature, suivant les terrains et champs ou la faune pullulent.

 

 

 

En juillet (date en cours)
CONCERT : Quintette Rodinha
(ensemble de musique brésilienne)
Camille Arcache : Chant lead et Pandeiro
Nathan Kuperminc : Clarinette et Percussions
Valentin Delbrel : Guitare 7 cordes et Choeur
Félix Reneault : Pandeiro, repique de mao, Tam tam, Cavaquinho et Choeur Eliott Khosla : Surdo, Rebolo, reco reco, conga, caisse claire et Choeur

Au Brésil, la table, c’est le noyau de la roda de samba, cette ronde où le public encercle les musiciens. Tous.tes sont invité.es à participer à cette fête populaire, à danser, chanter, et vivre un moment de connexion et de partage le temps d’un concert. C’est ce que nous proposons pendant nos concerts, une grande célébration, accueillantes pour toutes et tous, toutes générations confondues ! C’est en voyageant au Brésil que le projet trouve son répertoire, nous avons tous à cœur d’inviter le public à la découverte de cette musique. Pour cela, nous portons une attention particulière aux textes, nous racontons les histoires et thématiques que porte cette musique pendant nos concerts. Le groupe s’entoure également de nombreux musiciens et musiciennes de la samba, tel que Mateus Vieira, compositeur de Rio de Janeiro, avec qui nous collaborons régulièrement à l’occasion de nos représentations.

 

 

 

Vendredi 11 septembre 2026
LONGUEVILLE,Chapelle de Lourps (77650)
20h : CONCERT « Mythes »
Œuvres de Franz Schubert, C.V. Alkan, Karol Szymanowski

Léo Marillier, violon et Anton Gerzenberg, piano
Projection photos : Nadine Villiers

Quand le violon et le piano deviennent les héros d’un véritable conte musical…
Duo, combat entre le roi des animaux, le piano, et son rossignol, la chanterelle du violon. Après la nature anthropomorphique, la nature vibrionnante, le chemin et le paysage comme art de vivre, le penser animal, nous explorons l’hybride, le mixte, ce qui est entre l’humain et l’animal, le transformé, le crapaud devenu prince. Le violon et le piano sont les deux destriers les plus farouches de l’imaginaire musical ; on leur a donné à chanter toutes les latitudes, toutes les profondeurs. Le conte est ce qui domine ce concert, avec l’allégorie, par le biais des mythes grecs, de l’effroi du miroir et de la transformation, perçus par Szymanowski, dominés par Narcisse et le miroir qu’il nous offre. Paisible écoute du monde comme une clairière par laquelle nous nous faisons paisiblement fleur de ce monde avec Schubert et le catalogue infini des espèces, des rôles, des comportements, des jeux, que les animaux. Sans eux, nous n’aurions rien humain, semble nous dire Alkan et son Festin d’Ésope qui nous promet en exclusivité un petit banquet d’animaux, rassemblés au coeur de cette œuvre géniale, et virevoltante.

 

 

Dimanche 18 octobre 2026
DONNEMARIE-DONTILLY (77520)
Jardin médiéval du cloître puis Eglise
Le cavalier bleu
Immersion autour de l’œuvre picturale de Kandinsky et du NKVM,
groupe expressionniste fondé par le compositeur
Œuvres de Joseph Haydn, Léo Marillier, Bela Bartók

Quatuor à cordes KANDINSKY – 
Projection peintures : Vassili Kandinsky
Hannah Kandinsky, violon
Israel Gutierrez, violon
Ignazio Alayzia, alto
Antonio Gervilla Diaz,violoncelle
16h30 : Kandinsky et la musique
17h : CONCERT Après- concert gourmand offert
En écho à Vassily Kandinsky… Evénement exceptionnel
Un quatuor, c’est une meute. Une complicité, multiplicité, créativité partagée, un domptage individuel pour une expression collective. On s’y parle, sur scène, mais sans mots, sans personnages, avec des instruments de la même famille : sagesse croisées, élans exponentiels, entre le murmure et le cri. Grâce à Bartók, dont le cycle « En plein air » fait souffler sur la musique un souffle irrévocable. Grâce à Haydn, découvreur des possibilités de cette meute qu’est le quatuor, qui formule une infinité de jeux, de combinaisons ludiques, qui a tout dit, jamais avec gravité, mais toujours honnêtement, et qui nous parlera… d’une grenouille. Une création de Leo Marillier viendra nous guider sur la carte des étoiles, où l’on peut trouver les animaux les plus illustres : pourquoi les a-t-on placés si haut ? Entrée immersive dans le concert avec Le Cavalier Bleu, égérie de la révolution picturale inaugurée par Vassily Kandinsky. Rarement la musique a joué un rôle aussi important dans l’œuvre d’un peintre que pour Vassily Kandinsky…

 

 

TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, les artistes invités, les modalités de réservation sur le site :
https://www.inventio-music.com/festival-2026-seine-et-marne/

BILLETTERIE EN LIGNE Inventio 2026
https://www.billetweb.fr/inventio2026

 

 

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OPÉRA ORCHESTRE NORMANDIE ROUEN. BIZET : L’Arlésienne, les 10 et 11 avril 2026. Le Docteur Miracle. Pierre Lebon / Pierre Dumoussaud

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Bizet n’a cessé de renouveler ses sources d’inspiration pour régénérer la veine lyrique française. Avant l’hispanité de Carmen [son chef d’œuvre absolu et le sommet de l’opéra romantique français], le compositeur fauché trop tôt [à 37 ans en 1875] s’empare du folklore provençal filtré par la plume d’Alphonse Daudet ; il aborde la figure de l’Arlésienne, drame amoureux qui explore les profondeurs de l’âme humaine, entre passion et mélancolie.

 

 

Pudeur et tragédie
Malgré son titre, la partition focuse sur les tourments d’un jeune homme amoureux qui submergé par ses sentiments, choisit la mort comme refuge. La fragilité du héros est 8ci exprimée une écriture mélodique et orchestrale d’un grand raffinement, soulignant combien BIZET est un remarquable conteur autant qu’un paysagiste de l’âme humaine.

Contraste saisissant avec la 2e œuvre au programme de la soirée des 10 et 11 avril… En seconde partie, entre cultivant quiproquos et malentendus, Le Docteur Miracle révèle un Bizet plus facétieux et léger.

Dans ce bijou de théâtre musical, Bizet s’inscrit dans la veine comique et bouffe leguee par Rossini et Donizetti et Offenbach, en maître indiscutable du délire, des rires et des surprises. Dans cette production légère la troupe de chanteurs changent de rôles et de personnages selon les 2 actions, dans le pur esprit des tréteaux et d’une famille artistique, touchante par la cohérence de la distribution vocale.

 

 

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BIZET : L’Arlésienne / Docteur Miracle – Durée : 3h, 1 entracte inclus
en français surtitré
ROUEN, Théâtre des Arts
Vendredi 10 avril 2026 à 20h
Samedi 11 avril 2026 à 18h
Tarif famille
Tarif B : de 10 à 62 €
Infos & Réservations directement sur le site de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen :
https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/l-arlesienne/

 

Direction musicale : Pierre Dumoussaud
Mise en scène, décor, costumes : Pierre Lebon
Assistanat à la mise en scène : Garance Coquart
Lumières : Bertrand Killy

Chef de chant : Christophe Manien

 

 

L’Arlésienne

L’Innocent : Pierre Lebon
Balthazar : Eddie Chignara
Mitifio / Frédéri : Aurélien Bednarek
Rose / Vivette : Iris Florentiny
Et Sheva Tehoval, Florent Karrer, Marie Kalinine, Sahy Ratia

Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen

Georges Bizet : L’Arlésienne
Musique de scène en trois actes d’après Alphonse Daudet
Créée à Paris en 1872

 

 

Le Docteur Miracle

Silvio / Pasquin / Le Docteur Miracle : Sahy Ratia
Laurette : Sheva Tehoval
Le Podestat de Padoue : Florent Karrer
Véronique ; Marie Kalinine
L’Assistant / Le Valet : Pierre Lebon

Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen

Georges Bizet : Le Docteur Miracle
Opérette en un acte
Livret de Léon Battu et Ludovic Halévy
Créée à Paris en 1857

 

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CRITIQUE, festival. PRINTEMPS DES ARTS DE MONTE-CARLO, Auditorium Rainier III, le 12 mars 2026. STRAVINSKY / MONNET / DEBUSSY. Jean-Frédéric Neuburger (piano), OPMC, Pascal Rophé (direction)

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Dans l’espace feutré de l’Auditorium Rainier III, le 42e Printemps des Arts de Monte-Carlo a vécu l’un de ses moments les plus attendus, mêlant avec une intelligence rare la redécouverte du répertoire à l’audace de la création. Ce second concert de la manifestation monégasque, placé sous la direction experte rigoureuse de Pascal Rophé à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, avait tout d’une déclaration d’intention. Bruno Mantovani, le directeur artistique du festival, en choisissant un chef aussi fin connaisseur du contemporain, a bâti un programme qui dialoguait par-delà les époques, révélant des ponts insoupçonnés entre le maître du modernisme Stravinsky, le visionnaire Debussy et le facétieux poète des sons qu’est Marc Monnet.

 

La soirée s’est ouverte avec les Quatre Études pour orchestre d’Igor Stravinsky. Composées en 1928-1929 à partir de pièces pour piano seul, elles constituent un véritable manifeste de l’orchestration stravinskienne. Dès les premières mesures, Pascal Rophé a imposé une lisibilité parfaite de cette écriture chambriste mais aux couleurs acides. L’orchestre, réduit mais virtuose, a brillé dans le détail : les interventions tranchantes des cuivres dans la Danse, la mélopée envoûtante de la flûte dans Madrid (une Excursion pleine de soleil castillan), ou encore le mouvement perpétuel et mécanique du N° 4 ont été servis avec une précision rythmique d’horloger. Une entrée en matière qui a posé les bases du langage du XXe siècle : une énergie nerveuse et libérée.

Puis vint le temps de la création, moment sacré du festival. Marc Monnet, figure tutélaire de la manifestation qu’il a longtemps dirigée, était présent, assis dans la salle, pour recevoir l’épreuve du feu. Son Concerto pour piano et orchestre est une commande du Printemps des Arts, avec le soutien de la SOGEDA. Dès les premiers instants, on a reconnu la patte de Monnet : un goût pour la dislocation, l’humour et la surprise qui n’exclut jamais une profonde sensualité sonore. Le soliste, le prodigieux pianiste Français Jean-Frédéric Neuburger, a été le partenaire idéal de cette partition exigeante. Son toucher, capable de la plus grande puissance comme de la fragilité la plus cristalline, a exploré tous les registres du clavier, souvent frappé, percuté, mais aussi caressé. L’œuvre, en trois mouvements encadrant une Cadenza centrale, a déroulé un discours fascinant. Le premier mouvement installait un climat de tension latente, l’orchestre de Pascal Rophé répondant aux attaques du piano par des masses sonores compactes ou au contraire par des fragments épars. Le second mouvement a suspendu le temps, dans une atmosphère presque nocturne, où les lignes de piano se mêlaient aux souffles des vents. La Cadenza, confiée au seul Neuburger, fut un moment de grâce absolue : une exploration virtuose mais jamais gratuite de l’instrument, une conversation avec soi-même pleine de murmures et d’éclats. Le troisième mouvement a réconcilié les forces en présence dans une énergie plus motrice, conclusive, mais toujours avec cette irrévérence délicieuse qui caractérise Monnet. Face à la difficulté, le public a réservé une ovation chaleureuse au compositeur, au soliste et au chef, saluant une œuvre qui, sans concession, a su captiver.

La seconde partie a opéré un retour aux sources de la modernité, mais par un biais plus intime. Les Trois Pièces pour quatuor à cordes de Stravinsky, composées en 1914, sont d’une modernité encore étonnante. Le quatuor réuni pour l’occasion – Liza Kerob, Peter Szüts, Federico Andres Hood et Thierry Amadi – a livré une lecture d’une justesse confondante. Chaque pièce, avec son indication métronomique précise, a été sculptée avec un art consommé de l’épure. Le rythme obstiné et « grotesque » de la première, l’atmosphère oppressante et suspendue de la seconde, et surtout la polyphonie si particulière de la troisième (avec son fameux glissando final) ont démontré que Stravinsky pouvait concentrer un univers de tension dans la seule écriture du quatuor. Un moment de musique de chambre d’une belle intensité.

Pour clore cette soirée en apothéose, retour au grand orchestre avec les Images de Claude Debussy. Après l’abstraction rythmique de Stravinsky et la rugosité ludique de Monnet, les Images ont déployé leur palette infinie de couleurs. Pascal Rophé, en magicien des timbres, a fait de l’OPMC un instrument de rêve. Gigues a déroulé son cortège mélancolique avec un hautbois d’une tristesse poignante. Ibéria, en trois parties, fut un feu d’artifice : la foule dans les rues (« Par les rues et par les chemins ») était palpable, les « Parfums de la nuit » ont enveloppé la salle d’un mystère sensuel, et « Le matin d’un jour de fête » » a explosé dans une lumière éclatante et joyeuse. Enfin, « Rondes de printemps » a achevé le voyage par un tourbillon de motifs populaires sublimés, comme un dernier salut à la nature et à la renaissance, en parfaite adéquation avec l’esprit du festival (qui se poursuit jusqu’au 19 avril).

 

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CRITIQUE, festival. PRINTEMPS DES ARTS DE MONTE-CARLO, Auditorium Rainier III, le 12 mars 2026. STRAVINSKY / MONNET / DEBUSSY. Jean-Frédéric Neuburger (piano), OPMC, Pascal Rophé (direction). Crédit photographique (c) ©Alice Blangero

 

 

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CD événement, annonce. Charles SILVER : La Belle au bois dormant (1902), recréation. Guylaine Girard, Julien Dran… György Vashegyi, direction (2 cd Palazzetto Bru-Zane)

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A l’époque où le wagnérisme s’impose en France, certains compositeurs veillent à préserver la vitalité des sujets français. Ainsi au début du XXè, Charles Silver (1869 – 1949), Prix de Rome 1891 (avec la cantate l’Interdit), met en musique le Conte de Charles Perrault, La belle au bois dormant, une décennie après que Tchaikovski compose son propre ballet pour les Théâtres Impériaux de Saint-Pétersbourg (Marinsky, le 15 janvier 1890). Hérold avait déjà abordé la magie fantastique du conte pour son ballet à l’Opéra de Paris en 1829 (chorégraphie de Jean Aumer).

 

 

Le drame, le théâtre, la danse … l’élève de Massenet connaît les rouages et les ficelles d’un drame musical destiné au théâtre et aux effets visuels, cultivant séduction mélodique et vitalité des contrastes dramatiques. Sa Belle en témoigne et mérite absolument que l’on s’engage à la ressusciter.

La féerie lyrique est dédiée par le compositeur « à ma chère femme », la cantatrice Mme Bréjean-Silver, célèbre comme interprète de Manon de Massenet. Charles Silver s’associe à Michel Carré et Paul Collin qui adaptent le texte de Perrault dont ils reprennent les scènes principales au fil des 9 tableaux principaux ; tout y est y compris le tableau noir, maléfique de la Fée Urgèle, l’entité toxique : le Baptême (prologue), Le sommeil d’Aurore, Cent ans révolus, la Caverne de la fée Urgèle, la Grotte d’Azur, la Forêt enchantée, la Belle au Bois dormant, le Réveil, les Fées (apothéose).
L’action met l’accent sur le réveil de la princesse Aurore après cent ans d’un sommeil magique par le baiser du fils du roi, auquel elle est apparue en rêve, puis à l’union des deux jeunes élus. Ici pas de piqûre au fuseau mais le charme du baiser d’un « Chevalier errant ».
La création en grande pompe de La Belle au bois dormant, un an à peine après l’adaptation du même conte par Charles Lecoq aux Bouffes-Parisiens, n’a pas lieu à Paris, mais au Marseille (Grand Théâtre). L’ouvrage est unanimement salué.

L’interprétation du double rôle de la Reine et d’Aurore par Mme Bréjean-Silver, est particulièrement remarquée. Même enthousiasme pour l’interprétation des rôles d’Urgèle par Mlle Passama et du ténor Cornubert dans les rôles du Chevalier errant et du Prince ; leur engagement contribue au succès de l’œuvre, d’autant mieux valorisé dans le somptueux décor du peintre Eugène Apy. Au printemps 2026, Charles Silver connaît une juste renaissance ; en plus de cet enregistrement, l’Opéra de Saint-Étienne annonce une nouvelle production majeure (les 24 puis 26 avril 2026 – Toutes les infos : https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-25-26/spectacles//type-lyrique/).

 

 

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CD opéra événement, annonce. Charles SILVER : La Belle au bois dormant, féerie lyrique en 4 actes et 9 tableaux dont 1 prologue créée au Grand-Théâtre de Marseille le 8 janvier 1902. – recréation 2 cd Palazzetto Bru Zane – enregistré à Budapest en janvier 2025 – Collection Opéra romantique français  –  PLUS D’INFOS : https://www.bruzanemediabase.com/exploration/oeuvres/belle-au-bois-dormant-carre-collin-silver

 

 

distribution
Thomas Dolié (Le Roi), Guylaine Girard (Aurore/La Reine), Kate Aldrich (La Fée Urgèle/Dame Gudule), Adrien Fournaison, Julien Dran (Le Prince/Le Chevalier errant), Matthieu Lécroart (Barnabé); Hungarian National Philharmonic Orchestra, Hungarian National Choir, György Vashegyi (direction)

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 13 mars 2026. PENDERECKI / CHOPIN / LUTOSLAWSKI. Mao FUJITA (piano), ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE, Tarmo PELTOKOSKI (direction)

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En cette soirée du 13 mars, Toulouse attendait ardemment le retour de son directeur artistique éloigné de la scène pour raison médicale. Une Halle-aux-Grains pleine à craquer et la présence du Consul de Finlande l’attestaient. Le programme du concert dédié à la Pologne a déconcerté une partie du public. Le fait que Tarmo Peltokoski n’ait pas dirigé depuis novembre 2025 a changé la donne : cela ne représente plus un concert expérimental au sein d’une saison et devient le point de mire du landernau musical Toulousain. Force est de constater qu’une certaine déception a dominé la soirée.

 

La première œuvre met en valeur toutes les cordes de l’orchestre. Cette œuvre totalement expérimentale de Penderecki a été dans un deuxième temps dédiée aux victimes d’Hiroshima. En moins de 10 minutes, toute l’horreur de la mort par la bombe atomique fait irruption. C’est d’autant plus violent dans notre époque de retour de la guerre. Tarmo Peltokoski domine parfaitement la partition et semble concentré et appliqué. La complexité des textures est maîtrisée, le jeu des cordes est virtuose entre frappe de l’instrument, notes jouées pianissimo, notes en pizzicati, les glissandi et le jeu sul ponticello : tout un tas de sonorités rares et complexes se superposent. La virtuosité prend toutefois le pas sur l’émotion. Le public applaudit d’admiration.

L’installation spectaculaire du piano sorti de terre permet au pianiste japonais Mao Fujita d’entrer en scène. Vainqueur en 2017 du concours Clara Haskil, une grande musicalité était attendue de sa part. Tarmo Peltokoski allait montrer ses qualités d’accompagnateur dans un Concerto exigeant un subtil équilibre. Dès les premières notes de la longue introduction musicale, un malaise s’est installé car ce son compact, lourd et puissant ne semblait pas accordé à la délicatesse de l’orchestration de Chopin. Il faut dire que l’orchestre était pléthorique (8 contrebasses). L’entrée du pianiste a ensuite été générique en termes de sonorité avec une timbre vide d’émotion et une totale absence de nuances, comme l’orchestre lui-même qui est resté dans un mezzo forte tout le long. Nous étions nombreux à chercher désespérément Chopin ce soir. Las, ce répertoire ne convient ni au chef ni au pianiste. Applaudi pour son jeu sans faille, Mao Fujita offre un bis maniéré : La plus que lente de Debussy demande une autre poésie et un autre jeu de couleurs et de belles nuances… Rendez-vous manqué avec le jeune Mao Fujita ce soir visiblement hors du répertoire qui lui convient. 

Pour la deuxième partie de concert, Tarmo Peltokoski semble prendre plaisir à diriger la très complexe 3ème Symphonie de Lutoslawski. C’est très brillant, impeccablement dirigé avec clarté et rigueur. Mais aucune émotion ne naît de cette interprétation, malgré un  orchestre absolument somptueux de timbre, de nuances et de phrasés, et des percussions particulièrement virtuoses.

Le retour de Tarmo Peltokoski est une très bonne nouvelle pour la maison Capitole et son public. Nous attendons le jeune maestro pour des concerts à venir plus à même de révéler ses talents d’interprète. Ce retour ce soir est comme en demi-teinte, une mise en bouche un peu fade.

 

 

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 13 mars 2026. PENDERECKI / CHOPIN / LUTOSLAWSKI. Mao FULITA (piano), ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE, Tarmo PELTOKOSKI (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, opéra. OPÉRA NICE CÔTE D’AZUR, le 13 mars 2026. DONIZETTI : Don Pasquale. Roberto Longhi, Mikhail Timoshenko, Mariam Battistelli… Tim Sheader / Giuliano Carella

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Dans le sillon de Rossini le meilleur, celui du Barbier de Séville, de la Cenerentola, Donizetti affirme dans Don Pasquale, une égale inspiration, facétieuse, savoureuse, délicieusement parodique, ce dans un format terriblement efficace, et dans un rythme effréné. Pleine réussite sur la scène de l’Opéra de Nice où les tableaux s’enchaînent, suivant la vitalité des airs particulièrement diversifiés et caractérisés ; surtout dans le premier acte qui est d’exposition : Pasquale en pleine séance sportive ; Malatesta fieffé intrigant et Norina prête à le suivre ; Ernesto, plus dolent, bientôt écarté …

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Photos © Nathan Cassar / Opéra de Nice 2026

 

 

Rythme effréné,
délectables phrasés

 

Instigateur de la farce visant à piéger Don Pasquale :
Malatesta (impeccable Mikhail Timoshenko) © Nathan Cassar

 

Tout le mérite revient au chef en fosse, l’excellent GIULIANO CARELLA : sa direction fouette les accents trépidant, sait polir la verve et le délire rayonnants des situations, tout en soignant la finesse et même la subtilité des passages.
Le buffa gagne ici une délicatesse dynamique et des phrasés délectables. Trait d’autant plus justes et pertinents quand on sait avec quel souci  Donizetti s’est investi dans la rédaction du livret, pour sa cohérence et son efficacité dramatique… quitte à froisser au final le librettiste requis.

La mise en scène du britannique TIM SHEADER a saisi ce rythme dans la continuité assurant la fluidité des passages d’un tableau à l’autre, en créant sur le plateau un vaste cube qui tourne à vue au diapason d’une partition sans faiblesse ni temps morts, servant au mieux le mouvement et la poésie.

En cela le premier quatuor de l’acte II, que les solistes chantent face scène,- avec changement de lumière comme un effet de zoom psychologique, réussit la bascule, de la drôlerie le plus débridée au surgissement d’une profondeur inédite voire d’une soudaine gravité – les perles buffa sachant mêler le comique et le tragique, ce que révèle d’ailleurs au début du dit acte, l’air sombre et désespéré d’Ernesto, abattu, défait chassé par son oncle et trahi par sa fiancée [Povero Ernesto…] … Un air qui expose et flatte les possibilités du ténor qui y gagne là un air au sentimentalisme développé [introduit par la trompette solo].

Ces passages très réussis passant du bouffe déjanté à une forme de sincérité déchirante, enrichissent considérablement le sujet de l’opéra et le rôle-titre : la souffrance et l’humanité de Don Pasquale… lequel fait en définitive l’expérience amère de sa propre finitude : il se rêvait séducteur encore vert : on s’ingénie ici à lui faire comprendre qu’ il n’en a plus l’âge… Le rôle est digne du Falstaff verdien que le baryton ce soir révèle en particulier dans la seconde partie [après l’entracte, à l’acte III, quand il s’effondre littéralement en comprenant que la simplette est un dragon domestique qui le rabroue, le gifle, l’humilie. Naïveté désarmante d’un vaniteux qui n’est au final qu’un… gamin. Don Pasquale est bien le dindon de la farce.

Cette victime désignée est la proie d’une intelligence à deux visages Malatesta et Norina dont la vivacité électrique des duos porte toute l’action dans les deux premiers actes et transmettent leur prodigieuse aimantation dans les ensembles. La production niçoise éclaire tous ces aspects avec une sobre éloquence plutôt convaincante.

 

Mariam Battistelli / Mikhail Timoshenko,
un duo Norina / Malatesta, impeccable

 

Délicieux duo Malatesta (Mikhael Timoshenko) et Norina (Miriam Battistelli)
© Nathan Cassar

 

D’ailleurs le metteur en scène va plus loin encore, en suggérant leur idylle, au hasard d’une étreinte inattendue, intense qui fait paraître Norina comblée et Malatesta débraillé. Ces deux là s’entendent à merveille et leur complicité délurée en rappelle une autre celle des roués Alfonso Despina, autre intelligence à deux visages, dans le Cosi fan Tutte du dernier Mozart.

Les solistes d’autant plus exposés que les chœurs se font rares, suivent la mobilité du maestro. La Norina de MARIAM BATTISTELLI ne manque pas de mordant, prête à tout pour assener un joli piège au vieux barbon, balourd et vaniteux ; MIKHAIL TIMOSHENKO [que l’on avait quitté à Toulouse dans la création française de La Passagère de Weinberg en janvier dernier] déploie un splendide jeu d’acteur, diseur inspiré dans un bel abattage linguistique et un chant vif, nuancé et bien timbré ; l’Ernesto de PAOLO NEVI partage avec ses partenaires une intensité vocale qui confère à son personnage [à notre avis le moins développé par Donizetti] son relief voire sa nature mélancolique, quand ROBERTO LONGHI s’empare du personnage de Don Pasquale avec ce truculent ridicule, qui se transforme au III en effondrement pathétique. Le chant est naturel, franc, sans aucun maniérisme.

 

Roberto Longhi (Don Pasquale) défait, face au dragon domestique Miriam Battistelli (Norina)
© Nathan Cassar

 

 

Soulignons l’indiscutable réussite de cette production. Comme il a été dit précédemment, autant d’intelligence théâtrale vient de l’Orchestre : astucieux, bondissant, et grave quand il est nécessaire grâce à la conception du chef visiblement très à l’aise dans ce répertoire et qui en a compris la mécanique subtile entre parodie et sincérité : certes on pense à Rossini par l’activité comique mais aussi… à Mozart dont la profondeur et ces éclairs de clairvoyance se manifestent dans des contrastes saisissants [cf le quatuor du II]. Photo ci contre : Nathan Cassar (l’excellent et pétillant maestro Giuliano Carella).

 

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Production savoureuse à voir et à écouter encore demain dimanche 15 mars  [15h] enfin mardi 17 mars 2026 [20h].
Infos & réservations directement sur le site de l’Opéra de Nice : https://www.opera-nice.org/fr/evenement/1277/don-pasquale

 

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CRITIQUE, opéra. OPÉRA NICE CÔTE D’AZUR, le 13 mars 2026. DONIZETTI : Don Pasquale. Nouvelle production. Roberto Longhi, Mikhail Timoshenko,
Mariam Battistelli… Tim Sheader  /  Giuliano Carella

 

 

Distribution

Direction musicale : Giuliano Carella
Mise en scène : Tim Sheader​, reprise par Louise Brun
Décors : Leslie Travers
Costumes  : Jean-Jacques Delmotte
Lumières : Howard Hudson
Collaboration aux mouvements : Steve Elias

Don Pasquale : Federico Longhi
Norina : Mariam Battistelli
Ernesto : Paolo Nevi
Docteur Malatesta : Mikhail Timoshenko

Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur de l’Opéra de Nice

Nouvelle production
Coproduction Opéra Nice Côte d’Azur, Opéra national de Lorraine

Opéra bouffe en trois actes de Gaetano Donizetti, sur un livret de Giovanni Ruffini
Création au Théâtre des Italiens le 3 janvier 1843.

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agenda

Prochains événements lyriques
à l’Opéra de Nice Côte d’Azur

Puccini : Le Villi. 24 > 30 avril 2026
Verdi : La Traviata. 27 mai > 6 juin 2026
Toutes les infos et la billetterie directement sur le site de l’Opéra Côte d’Azur : https://www.opera-nice.org/fr

 

 

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HABANERO. Concert de lancement du nouveau label, mer 25 mars 2026, Paris [360] : Musiques brésiliennes du XXème

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En créant HABANERO, Pierre-Yves Lascar inaugure une nouvelle offre dédiée aux musiques d’Amérique latine, dans toute leur diversité. Il prolonge ainsi son parcours de producteur et de défricheur de répertoires méconnus.

 

La démarche s’annonce « exigeante, accessible et sensuelle, accordant à la scène et à la rencontre avec les publics, une place centrale. »

Pour sa naissance, le label propose une soirée musicale placée sous le signe du Brésil, avec autour du piano, les artistes Marcos Madrigal et Patrick Hemmerlé dans l’exploration des œuvres aussi surprenantes que méconnues, issues du répertoire brésilien du XXe siècle (Mignone, Santoro, Guarnieri). Au programme également Villa Lobos et Santoro, deux monstres sacrés dont la musique est le sujet du premier enregistrement sous étiquette Habanero.

 

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MUSIQUE BRÉSILIENNE
Concert de lancement du nouveau label discographique HABANERO
Mercredi 25 mars 2026, 20h
Paris, 360
32 Rue Myrha, 75018 Paris
Réservez vos places directement sur le site du 360 Paris 18ème ardt :
https://le360paris.com/portfolio/lancement-du-label-habanero/

 

 

 

 

 

MÉTRO – Château Rouge (4) / Barbès-Rochechouart (4,2)
BUS – 56 / 31 / 85

Restauration possible sur place
Restaurant – 01 47 53 62 58
Manger & boire avant et après concert (19h-00h)

 

 

VILLA LOBOS ET SANTORO

La soirée sera ainsi l’occasion de célébrer, en avant-première, la toute première parution du label,  consacrée à deux compositeurs majeurs du XXe siècle brésilien :  Heitor Villa Lobos et Cláudio Santoro.

Invité surprise, le cavaquinhiste brésilien Matheus Donato dans un intermède 100% musique brésilienne, entre arrangements (dont “Trenzinho do Caipira”, 4ᵉ mouvement des Bachianas Brasileiras No. 2 de Villa-Lobos) et compositions personnelles inspirées par le répertoire traditionnel.

 

 

 

entretien

 

ENTRETIEN avec PIERRE-YVES LASCAR, créateur du nouveau label « Habanero »… ligne artistique, projets musicaux, artistes et répertoires à venir…


 

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MOMENTS MUSICAUX DE GERBEROY : 19 – 21 juin 2026. 20 ans. SCHUBERT & friends… (Philippe Cassard, direction)

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Pour son nouvel envol, le 3ème week-end de juin [19, 20, et 21 juin 2026], les Moments Musicaux de Gerberoy célèbre Schubert & co… Le pianiste Philippe Cassard, créateur du Festival est le nouveau directeur artistique ; pour son retour dans des lieux enchanteurs, l’artiste annonce un cru exceptionnel autour de Schubert, un compositeur qu’il interprète depuis toujours,  entouré de Haydn, Mozart, Beethoven…

 

En juin 2026, l’affiche promet des récitals et des concerts d’exception : la pianiste Elisabeth Leonskaja, la comédienne Julie Depardieu accompagnée de la flûtiste Juliette Hurel et de la guitariste Gaëlle Solal, le pianiste de jazz Paul Lay, le baryton allemand Samuel Hasselhorn, le Trio Sora, deux jeunes musiciens français récemment honorés à l’étranger : le pianiste Paul Lecocq, Prix Clara Haskil 2025, et le violoncelliste Maxime Grizard, Prix 2025 de la Fondation Radu Lupu. En outre, une commande à été passée au jeune compositeur Tobias Feierabend,… une oeuvre inspirée d’un Lied de Schubert…

La musicologue Stéphane Goldet évoquera Le Voyage d’Hiver de Schubert, quand plusieurs pianistes amateurs de haut niveau joueront sous la Halle.
Les jardins magnifiés par les floraisons d’été [dont le Jardin Henri Le Sidaner], la Halle historique de Gerberoy, l’emblématique Collégiale Saint-Pierre, à l’acoustique exceptionnelle jalonnent le parcours musical et patrimonial 2026.

 

Philippe Cassard : retour aux sources 
« Je me souviens qu’à l’automne 1996, Éric Slabiak, violoniste, résidant à Gerberoy, et moi-même, lui rendant visite, décidions de nous lancer dans l’aventure des Estivales de Gerberoy qui dura huit ans, en réunissant dans les mêmes programmes musiques dites “savantes” et musiques traditionnelles et populaires.  Des artistes aussi prestigieux que Jordi Savall, le Taraf de Haïdouk, Aldo Ciccolini, Michel Portal, Cora Vaucaire, Wolfgang Holzmair ou encore Giovanna Marini firent les premiers succès des Estivales. Puis 2007, c’est un autre violoniste, Nicolas Dautricourt, qui inventa les Moments Musicaux.

J’ai choisi de dédier, de manière pérenne, ce grand week-end de musique à Franz Schubert. Chaque année le public pourra entendre les chefs d’oeuvre et des pièces peu connues du compositeur viennois, et découvrir d’autres compositeurs liés à Schubert, jusqu’à nos jours. »

 

 

TOUTES les infos, le détails des programmes, les artistes invités sur le site des musicales de Gerberoy les 19,20 et 21 juin 2026 : https://www.lesmomentsmusicauxdegerberoy.com/

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Élysées, le 9 mars 2026. POULENC / ESCAICH : La Voix humaine / Point d’orgue. P. Petibon, C. Dubois, J. S. Bou. Olivier Py / Ariane Matiakh

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Créée quasiment à huis clos en 2021 à cause de la pandémie, l’électrisante production réunissant La voix humaine du duo Cocteau / Poulenc et la (re)création de Point d’orgue d’Olivier Py et Thierry Escaich est enfin présentée au public, cinq ans plus tard. Public étonnamment peu nombreux pour une première d’opéra mis en scène au Théâtre des Champs-Elysées, seulement 700 personnes… la musique contemporaine continuerait-elle de faire peur ? Cela est bien dommage car outre la puissance du spectacle en général, la musique de Thierry Escaich est riche d’harmonies et de contrepoints, sans jamais tomber dans le néo-classicisme, néo-Poulenc ou néo-quoi que ce soit d’autre, parfaitement intelligible tout en restant résolument moderne. Si Escaich se hisse aisément au niveau de Poulenc, on peut difficilement en dire de même pour Olivier Py par rapport au texte sublime de Cocteau. Le livret de Point d’orgue prend le contre-pied de La voix humaine, traitant en miroir des problèmes de « Lui ». Cet opéra construit sur la dépression et le sadomasochisme est servi par trois chanteurs exceptionnels scéniquement et vocalement : Patricia Petibon (Elle), Jean-Sébastien Bou (Lui) et Cyrille Dubois (l’Autre).

 

Tragédie lyrique en un acte écrite pour Denise Duval et créée à la Salle Favart en 1959, La voix humaine est un des sommets du théâtre Français mis en musique. Par son texte écrit par Cocteau en 1930 (créé à la Comédie Française par Berthe Bovy), par son argument poignant d’une femme au téléphone en pleine rupture, par sa musique où Poulenc déploie librement tout son art. L’écriture musicale est morcelée comme la conversation téléphonique, comme le pauvre cœur d’Elle qui ne sait plus quoi dire à l’être aimé.

Le livret de Point d’orgue est construit en miroir. Le personnage central est Lui, le mari d’Elle, en proie à la dépression sans cesse au bord du gouffre, victime de la violence psychologique, verbale, et peut être physique de l’Autre qui, selon Py, est « une allégorie de la dépression elle-même ». Lui est compositeur, n’arrive plus à composer, et est inspiré par le personnage de Poulenc, bipolaire. L’Autre provenant d’une classe sociale plus populaire devient le dealer, l’amant, le bourreau de Lui, le dominant tout à fait. Le langage est cru, voire violent ; il veut lui couper la main pour la donner à manger au chien (véritable chien admirablement calme sur scène). L’action se passe dans une chambre d’hôtel décrite à plusieurs reprises comme sale, en désordre. L’alcool, la drogue sont partout. Elle vient tenter une dernière fois de le sauver. Elle apparaît, contrairement à son double de la Voix humaine, comme une femme forte et lumineuse qui, malgré son espoir, ne parvient pas à le sauver. Elle partira seule et digne. L’écriture d’Olivier Py, construite sur des dodécasyllabes libres, est à la fois lyrique et abrupte, poétique et triviale, ne cherchant pour rien à se rapprocher de celle de Cocteau.

La partition de Thierry Escaich est magnétique, vibrante. Sans reprendre de motifs ni d’éléments de l’orchestration de Poulenc, il arrive quand même à prendre la suite de son illustre prédécesseur. L’orchestre est le même, mais il y ajoute un clavecin, référence au concert champêtre. Le clavecin est utilisé de manière sonore. Le timbre froid de l’instrument convient au glaçant personnage de l’Autre. La partition de ce dernier est extrêmement virtuose, savamment décousue pour illustrer un personnage constamment dans le jeu (malsain) : rapides vocalises, changements rythmiques, notes très aiguës, éclats de rires écrits… Seul clin d’œil à Poulenc, la sonnerie du téléphone. Thierry Escaich utilise plusieurs éléments musicaux de manière théâtrale. Des sons aigus ancrent l’angoisse de lui, une sorte de tango jazz incarnant le jeu de séduction malsain de l’autre, un Choral de Bach plane au dessus de la force de la dignité d’Elle, aux extrêmes de la tessiture de manière austère et spectaculaire. Pour ce qui est de la vocalité d’Elle, le langage est un peu plus large et lyrique que chez Poulenc, ce qui permet à l’interprète de se reposer un peu après le tour de force de La Voix humaine. Quant à Lui, le style est majoritairement déclamatoire, avec beaucoup moins d’éclat que l’Autre.

La mise en scène d’Olivier Py utilise intelligemment l’espace vertical du théâtre grâce à un chambre mobile tournant lentement dans le sens horaire dans La Voix humaine exprimant le tourment, voire l’ivresse, d’Elle. Y est accroché puis décroché une reproduction de l’Ophélie de Millais (visible à la Tate Britain). Elle est elle folle ? Ou décroche-t-elle à juste titré le tableau du mur de sa chambre pour crier qu’elle ne l’est pas ? Ici point de téléphone mais un ordinateur posé sur le sol de la chambre à laquelle elle parle sans le regarder. À se demander si elle vit vraiment le coup de fil où si elle ne fait que le rejouer seule encore et encore dans sa folie. En dessous de la chambre, une rue éclairée de deux réverbères, plus utilisée dans Point d’orgue.

Dans Point d’orgue la chambre cesse de tourner et deux pièces sont ajoutées : une salle de bain à droite et une antichambre (ou couloir de l’hôtel ?) à gauche. Ces espaces sont les lieux d’apartés, on boit en cachette dans la salle de bain où Lui apparaît gisant dans la baignoire, on téléphone dans l’antichambre pour demander à la réception du champagne ou encore une scie égoïne. Un sombre spectacle que cette deuxième partie qui mélange fantasmes, violences et burlesque morbide.

L’acteur principal de cette violence est Cyrille Dubois, terrible et maléfique. Habitué des mises en scène d’Olivier Py – on se souvient de son personnage drôle et coloré dans les Mamelles de Tirésias -, il réalise ici une performance scénique et vocale d’une remarquable virtuosité. Le rôle de l’Autre demande une agilité et une violence que peu d’autres ténors auraient été capables de donner. De son côté, Jean-Sébastien Bou est un désespéré poignant. Si l’écriture du rôle ne lui laisse que peu de place pour se déployer vocalement, il nous livre un sprechgesang ou recitar cantando des plus saisissant, comme si dans son ivresse il continuait de peser chacun des ses mots les plus abscons. Enfin, Patricia Petibon est immense. Dans les deux rôles mais tout particulièrement dans La Voix Humaine où elle incarne avec le lyrisme et l’expressivité qu’on lui connaît les sentiments mêlés d’une rupture que nous reconnaissons tous. Si la voix n’a plus la force d’il y a vingt ans, elle n’en est que plus touchante.

Le fantastique Orchestre National de France, aux inimitables pupitres de cuivres à la fois ronds et clairs, aux bois précis et aux cordes raffinées est mené avec souplesse et intelligence pas la cheffe française Ariane Matiakh, habituée des plus grandes scènes lyriques et de Poulenc à qui elle consacre deux enregistrements.

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Élysées, le 9 mars 2026. POULENC / ESCAICH : La voix humaine / Point d’orgue. P. Petibon, C. Dubois, J. S. Bou. Olivier Py / Ariane Matiakh. Crédit photographique © Éric Bouloumié

 

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ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO, dim 12 avril 2026. LALO, HOLST… Clara-Jumi Tang (violon), Charles Dutoit (direction)

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Grande soirée symphonique à l’Auditorium Rainier III à Monaco… Voilà un programme concertant et spectaculaire aux défis multiples : dialogue ciselé entre violon solo et orchestre chez Lalo ; vertiges et déflagrations cosmiques des Planètes de Gustav Holst. Autant de jalons d’un parcours saisissant qui permet de mesurer aussi l’excellence des instrumentistes de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo…

 

La Symphonie espagnole de Lalo, opus 21, est composée en 1873 et dédiée au soliste, virtuose du violon : Pablo de Sarasate … lequel la créa en février 1875. Ni Symphonie ni Concerto, il s’agit d’une suite faisant dialoguer soliste et orchestre, en 5 mouvements, dans le sillon laissé par Harodl en Italie de Berlioz, ample partition concertante pour alto. L’hispanisme de la partition de Lalo tient à son usage récurrent de rythmes espagnols en particulier la Habanera. Pablo de Sarasate incarne ce fièvre française pour le déhanchement sensuel et coloré qui devait aboutir quelques semaines après avec la création de Carmen de Bizet. Lalo est donc un visionnaire, tout au moins un précurseur annonçant toute la série des oeuvres fortement inspirées par l’Espagne.

Partition phare de Gustav Holst, Les Planètes, polyptique flamboyant, est composé à partir de l’été 1913, alors qu’il était en villégiature à Majorque ; le dernier astre invoqué, célébré, Mercure, voit le jour en 1916…

En effet se succèdent 7 planètes parmi les plus inspirantes, celles qu’ont généreusement investi l’astronomie et la mythologie. Et qui suscite dans l’imaginaire de Gustav Holst, 7 portraits, 7 caractères, vrais défis expressifs pour l’orchestre. Étonnante genèse de l’œuvre : les Planètes sont d’abord conçues pour 2 pianos (excepté Neptune, destiné originellement à l’orgue), puis vite mises au placard après le début de la première guerre mondiale. C’est le chef Adrian Boult qui en assure l’exhumation et sa révélation au concert en septembre 1918, après le conflit, comme si la partition et sa fureur raffinée étaient le miroir idéal d’une période troublée. Il reste étonnant que sans le vouloir, dès l’été 1913, Holst ait pressenti la catastrophe mondiale à venir dans des déflagrations orchestrales spectaculaires dues à sa seule inspiration… Comme Stravinsky, et la texture sauvage et révolutionnaire de son Sacre du printemps, créé en 1913, un an avant la Grande Guerre.

 

 

GRANDE SAISON / CONCERT SYMPHONIQUE

ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
Dimanche 12 avril 2026 – 18h
MONACO, Auditorium Rainier III

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OPMC ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO : https://opmc.mc/concert/c-dutoit-c-j-kang/
Charles DUTOIT, Direction
Clara-Jumi KANG, Violon
Chœur de chambre 1732

 

 

programme
Édouard LALO
Symphonie espagnole pour violon et orchestre, op. 21
Gustav HOLST
Les Planètes, op. 32
AVANT CONCERT
En prélude au concert, présentation des œuvres à 17h par André Peyrègne.
Durée approximative du concert: 2h10 avec entracte

 

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ENTRETIEN avec la pianiste JULIETTE JOURNAUX à propos de son programme « Wanderer without words » (Schubert / Mahler)… à l’affiche de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen le 2 avril 2026

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Ne mesurons-nous pleinement notre humanité qu’en questionnant notre propre finitude ? Solitude, errance, dépression… la quête du sens de chaque vie terrestre semble inspirer aux compositeurs, précisément Schubert et Mahler, une série d’œuvres capitales. La force de ce questionnement est au cœur du programme défendu par Juliette Journaux : il y est question de conscience voire de révélation…

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Photo : portrait de Juliette Journaux © Olivier Lalane

 

 

CLASSIQUENEWS : Quel est le profil de votre « Wanderer » ? En quoi son voyage est-il une introspection dont la musique exprime les moindres replis de l’intime ?

Juliette Journaux : On ne naît pas Wanderer, on le devient. Ce qui le définit comme tel est son questionnement : à quelle terre, quel peuple pourais-je appartenir ? D’où vient le malaise qui me hante ? Pourquoi je me sens différent ? De ces questions se forme l’envie de partir, fuir même. Ce voyage est tout autant physique, concret (la rencontre de l’homme avec la nature, la fatigue de la marche, le cycle des saisons…) que psychologique. C’est l’état d’errance solitaire qui provoque cette longue et intense introspection. Dans ce programme, elle est incarnée par la musique de Schubert et Mahler, des œuvres qui expriment la solitude de l’homme dans son questionnement, sa recherche d’appartenance, sa confrontation avec ce qui l’entoure.

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous choisi chaque pièce de ce programme ? Pourquoi Schubert, Mahler… ?

Juliette Journaux : Schubert a énormément composé sur le thème du Wanderer et notamment à travers ses lieder. C’est un compositeur qui, même entouré, ressentait une solitude profonde, un décalage entre sa sensibilité et la société viennoise qui régit alors la vie musicale. Il y a toujours un désir de départ et de lointain chez Schubert alors même que ce dernier n’a que très rarement voyagé. Cette marche vers l’ailleurs et finalement vers la mort n’a cessé de l’habiter. Gustav Mahler, quant à lui, a voyagé, a été « validé » par les institutions (il a été notamment le directeur artistique du très prestigieux Opéra de Vienne). Et pourtant, ce sentiment de solitude, d’incapacité à appartenir à un groupe le hante : « Je suis trois fois sans patrie: un Bohémien parmi les Autrichiens, un Autrichien parmi les Allemands et un juif parmi tous les peuples du monde ».
Sans doute inspiré par le spectaculaire massif des Dolomites au cœur duquel il installera sa cabane de composition, Mahler est particulièrement sensible à la Nature, avec un grand « N », aux paysages immenses qui le dépassent, au grand air d’altitude qui lui emplissent les poumons après des saisons musicales surchargées. Les deux compositeurs sont donc habités par cette figure du vagabond, de l’homme qui erre, aspire à nouvel espace, sans cesse à la recherche de réponses.

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit ce programme dans l’ensemble de votre travail ?

Juliette Journaux : Étant cheffe de chant et pianiste de lieder et mélodies, ce programme est un prolongement de mon travail avec les chanteurs.
Il semble paradoxal de construire un programme de transcriptions de lieder quand on est soit même quotidiennement attaché à la relation texte / musique. Mais c’est justement ce travail d’analyse qui m’a permis de me plonger dans la pratique spécifique de la transcription. Le texte infuse la musique de Schubert et Mahler, ces compositeurs ont une conscience tellement aiguisée et sensible des mots du poète, que le sens du texte est entièrement contenu dans la matière musicale.

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi « Ich bin der Welt” / Rückert Lieder de Mahler pour le transcrire ? Qu’apporte la version piano ainsi ?

Juliette Journaux : Ce monument du lied est une ode à l’ermitage, à la solitude choisie. Le Wanderer quitte le monde des hommes pour se fondre dans la nature, celle qui lui permet d’enfin s’apaiser.
La transcription pour piano permet d’exprimer cette solitude et cette intimité. Plus de texte, d’orchestre ou de chant, tout est concentré dans le piano seul. La transcription offre également une liberté quant au tempo indiqué « Très lent et retenu », particulièrement difficile à respecter pour un chanteur contraint par des limites physiques de souffle. Cette transcription est aussi un moyen de concentrer l’oreille sur l’exceptionnelle polyphonie de l’écriture mahlérienne où le rapport hiérarchique mélodie / accompagnement n’existe pas ou plus. Toutes les voix se mêlent, se frottent entre elles pour former une matière  mouvante.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels en seraient les thèmes révélés : effacement, fragilité, renoncement ou plénitude, sagesse, conscience ?

Juliette Journaux : Ce programme mène le Wanderer (et peut-être l’auditeur…) à un état méditatif, de pure contemplation, de conscience exacerbée de son environnement. Ce désir de se fondre entièrement dans la nature est une forme de plénitude où le temps linéaire de l’humain s’efface au profit du cycle infini des saisons. C’est une forme de sagesse, de paix intérieure qui s’épanouit dans la solitude, cette même solitude qui était source de souffrance et de frustration au début du programme. Le Wanderer cesse finalement de l’être, il s’inscrit dans un espace nouveau, transfiguré, celui de l’éternel renouveau de la terre.

Propos recueillis en février 2026

 

 

 

 

agenda

Récital de Juliette Journaux, piano : « Wanderer without words » – Opéra Orchestre Normandie Rouen, jeudi 2 avril 2026, 20h (Chapelle Corneille) : https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/juliette-journaux-wanderer-without-words/

 

Plongez dans l’univers envoûtant de Schubert, où la poésie du lied se réinvente au piano.Si le compositeur autrichien a peu voyagé, sa musique, elle, est une quête perpétuelle d’ailleurs et d’absolu. À travers ces transcriptions originales, Juliette Journaux fait revivre ce souffle romantique, suivant les traces de Liszt qui porta les mélodies de Schubert vers les sommets de la virtuosité. Note après note, le piano écrit le voyage et la nostalgie de l’éternel vagabond.

 

 

 

programme et déroulé

Franz Schubert
Der Wanderer (transcription Franz Liszt) ;
Drei Klavierstücke ; Im Frühling ; Nachtstück ; Schwanengesang : « In der Ferne » ;

Wandrers Nachtlied II
(transcription Juliette Journaux)

Gustav Mahler : Rückert-Lieder
 » Ich bin der Welt abhanden gekommen »
(transcription pour piano) ;
Der Abschied « Das Lied von der Erde »

Durée
1h10, sans entracte

 

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CRITIQUE, concert. LILLE, Grand Sud, le 11 mars 2026. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, concert des 50 ans. Barraine, Barber, Brahms. Renaud Capuçon, Joshua Weilerstein

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Dans l’acoustique un peu sèche du Grand Sud Lille, les spectateurs venus très nombreux découvrent tout d’abord la vitalité d’Elsa BARRAINE, Juste parmi les Justes qui fonda comme une réponse au totalitarisme nazi, le Front national des musiciens : la musique comme acte de résistance, la symphonie comme miroir dénonciateur et aussi cathartique. La Symphonie n°2 « Voïna / guerre »  de 1938, s’inscrit parfaitement dans le climat conflictuel de l’époque.

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Photos © Ugo Ponte / ON LILLE Orchestre National de Lille 2026

 

 

 

 

 

Certes il s’agit d’exprimer l’horreur et la barbarie atroce de la guerre [premier mouvement] mais le dernier mouvement, après un volet central qui pleure les morts [subtile alliance du basson et de la caisse claire qui semblent faire le décompte d’un cœur mourant], édifie aussi une formidable fresque réconfortante, source d’une espérance inaltérable. Le chef affûte les contrastes, insuffle une énergie roborative qui tranche, relance, aiguise. Il assume tout autant cette rythmique incisive et ardente qui rapproche parfois Barraine d’un Stravinsky, ou par son souffle parodique, d’un Chostakovitch. L’écriture est active, d’une vitalité continue comme électrisée, à fleur de peau.

Le BARBER (Concerto pour violon, 1940) n’est pas une partition majeure malgré son élégance lyrique, et ce soir l’indiscutable qualité sonore de l’instrument mis en avant : le somptueux Guarneri de 1737 du violoniste Renaud Capuçon, grand invité venu fêter avec l’Orchestre, ses 50 ans de musique… L’écriture de ce triptyque peine à trouver un ton juste, une construction efficace et semble diluée dans un même veine, sans direction précise. En revanche, se distingue en particulier dans le 3ème mouvement, la tenue suractive du soliste assumant sans faillir, sa partie écrite comme un mouvement perpétuel.

 

Un Brahms double, éruptif et sincère
entre l’impétuosité de Robert et le cœur de Clara

Dans la seconde partie du concert, l’approche du National de Lille sous la conduite de son directeur musical Joshua Weilerstein se relève passionnante, offrande particulièrement réfléchie et opportune pour lancer la série de concerts célébrant les 50 ans de l’Orchestre National de Lille [détail des programmes de ce cycle anniversaire à venir sur Classiquenews].

Le travail sur le BRAHMS demeure le point d’orgue de la soirée : là se dévoilent les fondements et le fonctionnement de la relation chef / instrumentistes. Une entente riche aux ressources expressives, multiples et libérées que l’action fédératrice du maestro cultive en préservant toujours la finesse d’un son homogène et chantant.

 

 

D’emblée l’assise et le tempérament de la direction affirment une vision à la fois très construite et aussi vécue de l’intérieur ; le chef dirige sans partition comme il l’avait fait pour un concert Mahler de la saison précédente. Cette capacité laisserait-elle désormais le corps et l’esprit libérés de toute entrave, [plus de nez dans la partition], seulement attentifs aux instrumentistes, en lien direct avec chacun d’eux, dans une liberté de geste et une franchise relationnelle, une interaction collective et directe, qui démontrent d’indiscutables apports.
Le chef maître des contrastes et des enchaînements expressifs, souvent éruptifs, sait exprimer dès son début et ses premiers accords, la lave passionnelle voire tragique du premier mouvement (« un poco sostenuto – allegro ») : un déferlement maîtrisé et sauvage, des tempi ralentis et de profondes respirations ; profondeur et amertume, impuissance et fatalité … mais aussi dans une confrontation passionnante à suivre, élans d’une tendresse infinie comme le revendiquent le chant amoureux des bois et des alliances dont Brahms a le secret [et ce soir superbement incarnées, telles celle du cor et de la clarinette].

La tension ambivalente, pleinement mesurée, assumée avec tant de somptueux relief porte toute la symphonie : rage intérieure et tendresse infinie. Deux aspects de la passion brahmsienne que Joshua Weilerstein rend explicites, dans un jeu souple et varié, étonnamment clarifié. Du reste cette première Symphonie porterait-elle une confession secrète, une déclaration cachée ? On peut le supposer. Ce début emprunte à Robert Schumann, son souffle éperdu ; mais c’est Clara et l’affection qui lui est portée dès leur première rencontre qui inspire à Brahms, la couleur spécifique de son écriture. La rencontre avec les Schumann remonte à 1854 : il faudra encore 20 ans à Johannes pour achever sa première symphonie (créée en 1876).

Tout le mérite revient au chef de comprendre l’enjeu romanesque de l’œuvre, sa nature autobiographique en en exprimant l’acuité et les arêtes parfois âpres, dans une vision claire, précise, particulièrement architecturée. A mille lieux des lectures qui versent trop souvent dans le pathos et l’épaisseur. Rien de tel ce soir au Grand Sud. C’est tout l’enjeu de son développement et de ses rebondissements à travers les 4 mouvements : Brahms qui l’a façonnée au terme de 10 ans de réflexion, exprime l’intensité d’une passion irrépressible qu’il doit cependant cacher. Probablement taire en paroles mais pas en musique. La vitalité du propos symphonique relève ici de la conscience entière des forces en présence.

Outre une dynamique et des contrastes ciselés, le chef a clairement conscience des couleurs qu’il souhaite, ce qui souligne chez Brahms cette opulence particulière, ce lugubre tendre et souterrain qui affleure dans le chant des violoncelles et des contrebasses principalement, avec corollaire détectable [et jubilatoire], la gravité vibrante du contrebasson, nettement perceptible ce soir. Souvent le chant du cor préfigure le Requiem à venir … l’auditeur se délecte de ces joyaux révélés.

Sous une direction si affûtée, tout file dans l’urgence et une impérieuse rage d’en finir… S’il n’était le splendide finale du 4ème mouvement, dont le contrepoint après l’appel des cuivres [choral avec trombones] échafaude un saisissant hymne à la gloire de Beethoven, l’ultime et le plus fraternel celui de la 9ème symphonie (et son ode pour un monde nouveau). Plus lucide et clairvoyant qu’il n’était au début, Brahms s’affirme ferme presque conquérant face à son destin, rayonnant, mais non apaisé pour autant.

Les grandes lectures offrent la possibilité de re-découvrir une partition tant de fois écoutée : ainsi dans le flux de l’Andante sostenuto, l’éloquence du chef fait jaillir des séquences aux phrasés somptueux ; dont la réexposition du premier motif ouvrant la symphonie, cette fois éclairci, apaisé,  caressant ; un emblème final qui fait du 2ème mouvement, un tableau que sa transparence mène vers le rêve et l’extase, comme l’indiquait l’alliance cor / violon puis enfin, le chant conclusif du violon seul. Tout cela s’inscrit dans une vision claire, détaillée et tout autant traversée par un souffle continu, une conscience élargie qui a mesuré et compris toutes les dimensions de la partition. Rendez-vous est pris désormais pour les prochains concerts du cycle des 50 ans à venir.

 

 

PHOTOS © Ugo Ponte / ON LILLE Orchestre National de Lille

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agenda

Prochain rv événement de l’Orchestre National de Lille : 23ème LILLE PIANO(S) FESTIVAL, les 12, 13 et 14 juin 2026 – infos et réservations : https://www.lillepianosfestival.fr/2026/

 

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CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 9 mars 2026. LULLY : Roland. J. Boutillier, K. Deshayes, J. Sancho, L. Dufy, V. Sicard… I Gemelli, Emiliano Gonzalez-Toro (direction)

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La programmation d’un opéra de Jean-Baptiste Lully (1632-1687), en l’occurrence, Roland, ouvrage peu joué dudit compositeur, est un événement lyrique incontournable. Surtout si cet ouvrage, créé en janvier 1685 à Versailles, est donné à l’Opéra Royal du Château de Versailles, lieu unique, à nul autre pareil, idéal pour apprécier cette tragédie en musique.

 

Jean Baptiste Lully est au faîte de sa gloire et de son génie quand il compose Roland. C’est un an avant son opéra Armide et la « pastorale héroïque » Acis et Galatée, ultimes pièces lyriques, et deux ans… avant sa mort accidentelle. Associé à son librettiste favori, le poète et auteur dramatique Philippe Quinault (1635-1688), auteur notamment du livret du fameux Atys, l’Opéra du Roi, Lully a composé ici l’un de ses chefs-d’œuvre. Cet ouvrage contient le plus grand nombre d’airs (68) de tous ses opéras ainsi que des chœurs d’une grande beauté. Il révèle une inventivité musicale sans pareille et comporte une chaconne, célèbre pièce instrumentale, véritable joyau symphonique, qui se situe au cœur de l’opéra, d’une durée de près d’un quart d’heure.

Fort d’un Prologue imposant – tout à la gloire du souverain Louis XIV, comme il se doit – et de cinq actes, Roland nous raconte une histoire librement inspirée de l’Arioste, Roland furieux. Le librettiste s’est délecté des aventures – et mésaventures – d’un triangle amoureux constitué d’une Reine, Angélique, et de deux amants. L’un adoubé par la Reine, Médor, et l’autre, éconduit, Roland. Econduit, certes, mais pour mieux se tourner vers son destin glorieux !… Le thème de Roland peut se résumer ainsi : la Gloire ou l’Amour, il faut choisir… C’est le destin qui va choisir Roland. Follement amoureux, et pensant avoir triomphé, il découvre qu’il a été joué par la reine, qu’il doit s’écarter une bonne fois pour toute de l’Amour et se tourner résolument vers la Gloire.

La maître d’œuvre de cette production est l’ensemble I Gemelli, formation à deux têtes, d’une part le ténor, directeur artistique et musical Emiliano Gonzalez Toro, d’autre part la directrice artistique et dramaturge Mathilde Etienne. Les Gemelli se sont intéressés plus particulièrement aux facéties amoureuses du trio et ont voulu traiter avec humour le parcours héroïque, mais surtout pathétique, de Roland. Cette lecture de l’ouvrage s’est affirmée peu à peu au point de côtoyer, in fine, le vaudeville. C’est un choix qui nous paraît s’éloigner quelque peu de la Tragédie en musique qu’est l’opéra Roland, qu’on le veuille ou non… L’absence de mise en scène à proprement parler pose d’ailleurs question. Dans ce contexte, les chanteurs semblent s’en donner à coeur joie, à l’image du rôle-titre tenu par le baryton Jérôme Boutillier. En personnage d’opéra-bouffe dans lequel il s’est travesti, il encourage les rires du public avec force clins d’yeux appuyés, à l’avant-scène… Il en va de même de la plupart des personnages, à des degrés divers, à la seule exception de la reine Angélique, non concernée par l’agitation comique…

Le parti-pris adopté tourne le dos à la poésie de Philippe Quinault et finit par lorgner vers l’opérette. A l’inverse, on retiendra certains tableaux judicieusement chorégraphiés, en particulier ceux qui mettent en scène la belle géométrie des chœurs, Les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Le plateau de solistes est, quant à lui, excellent. A commencer par le talentueux baryton Jérôme Boutillier: son excellente diction fait merveille, son timbre viril et chaleureux fait de lui un remarquable Roland. Le personnage de Médor est interprété par le ténor Juan Sancho : clarté de l’expression et du chant, de très beaux phrasés. Tout comme les interventions du ténor Morgan Mastrangelo dans les rôles de Coridon et Astolfe. Autre ténor remarquable, Pierre-Emmanuel Roubet pour Tersandre. Intervention très remarquée également de la soprano Lila Dufy dans Témire, la suivante de la Reine Angélique. Celle-ci est très bien incarnée par la soprano Karine Deshayes. Sans oublier le personnage important du Prologue, Démogorgon, que la basse Victor Sicard interprète avec panache. Une fois encore, Les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles font merveille. Remarquablement préparés par Fabien Armengaud, leur Directeur Artistique, ils possèdent totalement le langage de ce répertoire, en grand chœur ou en petite formation de solistes (« petit chœur »).

L’ensemble I Gemelli, impliqués et homogènes, sous la direction d’Emiliano Gonzalez Toro, se prennent au jeu de cette musique qui ne sonne jamais aussi bien qu’ à Versailles.

 

 

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CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 9 mars 2026. LULLY : Roland. J. Boutillier, K. Deshayes, J. Sancho, L. Dufy, V. Sicard… I Gemelli, Emiliano Gonzalez-Toro (direction). Crédit photographique (c) Julien Hanck

 

 

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THÉÂTRE IMPÉRIAL DE COMPIEGNE. PUCCINI : Tosca, mardi 7 avril 2026. Axelle Fanyo, Christian Helmer, Joel Montero… Alexandra Cravero / Florent Siaud

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Escale attendue de cette Tosca resserrée, incandescente dans la vision du metteur en scène Florent Siaud. Pour clôturer l’aventure d’une tournée impressionnante qui aura totalisé pas moins de 24 représentations (en trois saisons dans toute la France et en Belgique), la production du Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne revient in loco pour une dernière séance ; de quoi permettre aux spectateurs de mesurer la réussite de la production,  à la fois spectaculaire et intimiste, fresque glaçante et huis clos psychologique, au coeur du tragique lyrique…

 

Suspense, passion, jalousie, pouvoir… Plus d’un siècle après sa création à Rome, Tosca de Puccini continue d’impressionner et de saisir par sa violence et sa barbarie. S’opposent la soif d’absolu, la passion pour l’art, la résistance à l’oppression politique, les feux inquiétants du désir, la cruauté inique des jaloux comme le sublime des cœurs amoureux… Le Théâtre Impérial de Compiègne retrouve le trio interprété qui réunit dans les 3 rôles clés : Axelle Fanyo, Christian Helmer et Joel Montero soit Tosca, Scarpia et Mario. Avec l’orchestre des Frivolités Parisiennes, sous la direction musicale d’Alexandra Cravero, les solistes expriment l’ampleur et l’intensité des passions en jeu, dans une version plus intimiste qui met en valeur les trésors chambristes d’une partition que l’on redécouvre ici dans une théâtralité plus tendue. Dans un décor onirique et mystérieux, inspiré du peintre Giorgio de Chirico, la tragédie se déroule dans un rêve sombre, entre fantasme et réalité.
Laissez-vous emporter par l’un des airs les plus émouvants de tout le répertoire lyrique : « Vissi d’arte, vissi d’amore” – J’ai vécu pour l’art, j’ai vécu pour l’amour… » : prière de Tosca, ardente croyante qui implore la Vierge, alors au centre d’une tempête barbare…

 

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PUCCINI : Tosca / Florent Siaud
Théâtre Impérial de Compiègne
Mardi 7 avril 2026, 20h30
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Théâtre Impérial de Compiègne :
https://www.theatresdecompiegne.com/tosca-601

 

distribution

Opéra de Giacomo Puccini
Livret de Luigi Illica e Giuseppe Giacosa
D’après la pièce de Victorien Sardou
Direction musicale : Alexandra Cravero
Mise en scène : Florent Siaud*
Conseiller musical Fabien Waksman
Assistant à la mise en scène Johannes Haider
Scénographie Romain Fabre
Lumières Nicolas Descoteaux
Vidéo Éric Maniengui
Costumes Jean-Daniel Vuillermoz
Arrangement Benoit Coutris
Avec la participation du choeur Les Métaboles

Avec
Tosca : Axelle Fanyo*
Mario : Joel Montero
Scarpia : Christian Helmer
Angelotti : Adrien Fournaison
Spoletta : Étienne de Bénazé
Le Sacristain / Sciarrone : Olivier Gourdy

Orchestre Les Frivolités Parisiennes*

* Florent Siaud, Axelle Fanyo
et Les Frivolités Parisiennes sont en résidence
au Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne.

 

 

 

 

REPORTAGE VIDEO EXCLUSIF : TOSCA selon Florent SIAUD

Reportage vidéo. La Tosca de Florent Siaud et Axelle Fanyo (tournée 2023 – 2024)

A l’Opéra de Compiègne (10 nov 2023), Florent Siaud signe l’une de ses meilleures mises en scènes, à la fois esthétique et d’un fini cinématographique, dramatiquement prenante, sans aucune baisse de tension, menée tambour battant comme un flux tragique et dramatique continu, comme un polar rouge sang. Avec la prise de rôle de l’excellente Axelle Fanyo dans le rôle-titre. La nouvelle production est réalisée dans un format adaptée pour être reprise partout en France, en particulier dans les scènes nationales, afin de toucher tous les publics… – Présentation de la production par Éric Rouchaud, directeur de l’Opéra de Compiègne, entretien avec Axelle Fanyo et Florent Siaud / © studio CLASSIQUENEWS – Réalisation : © Philippe Alexandre PHAM 2023

Reportage vidéo. La Tosca de Florent Siaud et Axelle Fanyo (tournée 2023 – 2024)

 

 

CRITIQUE de TOSCA (représentation du 10 nov 2023)
CRITIQUE opéra. COMPIEGNE, Théâtre Impérial, le 10 nov 2023. PUCCINI : Tosca. Axelle Fanyo, Christian Helmer… Alexandra Cravero / Florent Siaud
https://www.classiquenews.com/critique-opera-compiegne-theatre-imperial-le-10-nov-2023-puccini-tosca-axelle-fanyo-christian-helmer-alexandra-cravero-florent-siaud/

En résulte une Tosca comme rarement : intense, ardente, profonde, juvénile porteuse d’une candeur lumineuse au I, dont peu à peu l’immense joie de vivre est fauchée par sa rencontre avec le baron Scarpia ; ce dernier est incarné par Christian Helmer, qui sous la direction de Florent Siaud, trouve la posture et les gestes du parfait dégueulasse, rien que tyrannique dont le goût de la possession, la passion de la cruauté retrouvent une sorte d’innocence lui aussi qui lui permet de jouer avec sa victime comme le fauve avec sa proie. C’est d’ailleurs tout le génie du « Vissi d’arte, vissi d’amore… », grand moment émotionnel réussi vocalement par Axelle Fanyo, mais aussi tableau d’une sobre beauté, terrifiante et fascinante, où la chanteuse agenouillée, en prière est observée, analysée, décortiquée par un Scarpia libidineux, allongé auprès d’elle… Trop heureux et qui jouit amusé, en silence, bienheureux de la voir autant souffrir. A ce moment de l’action, ces deux corps statiques marquent le combat qui s’accomplit ; la trouvaille est d’une justesse géniale. Économe et surexpressive.
La tension qui émane de la scène synthétise la force globale du spectacle où la suggestion est le meilleur vecteur de l’intensité comme de la profondeur. …. Par Alexandre Pham

 

 

 

Dernières dates de la tournée de Tosca par Florent Siaud :

→ Vendredi 20 mars 2026, Théâtre de Chartres (28)
→ Lundi 23 mars 2026, La Coursive – Scène nationale de La Rochelle (17)
→  Jeudi 26 mars 2026, Maison de la Culture d’Amiens (80)
→  Vendredi 3 avril 2026, Manège de Maubeuge, Scène nationale transfrontalière (59)
→  Mardi 7 avril 2026, Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne (60)

 

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CD événement, annonce. LAGRIME DI SAN PIETRO : Lasso & Agostini (Doulce mémoire, Denis Raisin Dadre 1 cd Alpha classics)

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Le nouveau cd de Doulce Mémoire est aussi le dernier conçu par le fondateur de l’ensemble, Denis Raisin Dadre. Ce dernier nous a quitté trop tôt, le 29 septembre 2025. Lire notre dépêche : https://www.classiquenews.com/mort-de-denis-raisin-dadre-fondateur-de-lensemble-doulce-memoire/

 

 

Enregistré en janvier 2025 à Noirlac, le programme, captivant et bouleversant comme souvent de la part d’interprètes aussi inspirés et préparés, est donc la dernière offrande de Denis Raisin Dadre. En croisant les écritures ultimes de deux maîtres de la polyphonie à la fin du XVIè, Lassus et Agostini, Doulce Mémoire délivre un message édifiant de compassion et de pardon, une prière à la sérénité et à la paix éternelle. Bouleversant. Prochaine critique développée sur classiquenews.

Au crépuscule de leur existence, deux maîtres contemporains, orfèvre de l’art polyphonique vocal, Lassus et Agostini questionnent le sujet du reniement de Sant-Pierre. A Munich en 1594, mélancolique et au terme de sa carrière, Lassus (62 ans) compose Les Larmes de Saint-Pierre ; il y dépose sa maestrià la plus inspirée ; quand Lodovico Agostini à Ferrare en 1586 édifie entre maîtrise des chromatismes déjà baroques et dissonances dramatiques son œuvre testamentaire, Les larmes d’un pêcheur.  Lassus tend à une retenue toute intérieure quand Agostini touche par l’expressivité de sa prière.

A Munich, Lassus comme s’il regrettait ses tentations érotiques (Mauresques), cultive ici le renoncement, la contrition, cherchant le pardon, dans un recueil dédié au pape Clément VIII. Il met en musique les textes de Luigi Tansillo, soit une sélection de 21 sections (avec le motet final Vide homo). 21 comme les 21 Larmes de son contemporain Agostini.

L’apport de cet enregistrement, hélas le dernier transmis par le regretté Denis Raisin Dadre, est la révélation des Lagrime du ferrarais Agostini : acteur au théâtre, puis compositeur de recueils sacré, et lui-même excellent chanteur. D’où certainement cette maîtrise unique dans l’écriture vocale et l’expressivité fine, affûtée voire mordante de chaque texte. Si Lassus écrit pour 7 voix, 7 parties de souffrance (comme la Vierge aux 7 douleurs), jouant des combinaisons diversifiées (trio aigu / quatuor grave) pour une caractérisation particulièrement vivante des textes, Agostini utilise les 6 parties plus classiques, opte pour un contrepoint moins riche mais aux effets expressifs très ciselés.

 

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CD événement, annonce. LAGRIME DI SAN PIETRO : Lasso & Agostini. Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre (1 cd Alpha classics). Prochaine critique développée à venir sur CLASSIQUENEWS – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026
Lire notre dépêche : Denis Raisin Dadre a quitté trop tôt, le 29 septembre 2025 : https://www.classiquenews.com/mort-de-denis-raisin-dadre-fondateur-de-lensemble-doulce-memoire/
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LES ÉPOPÉES, Stéphane Fuget. PARIS, TCE, ven 27 mars 2026. PURCELL : Didon et Énée.

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Angleterre, XVIIème… Pendant la république de Cromwell, le futur roi d’Angleterre s’exile en France (il est le cousin germain de Louis XIV). Quand Ce prince, futur Charles II, retourne en Angleterre, il est suivi des musiciens, instrumentistes, danseurs, compositeurs… français.

 

CHARLES exporte alors le projet artistique et politique de Louis XIV : il crée pour sa propre cour à Londres, un orchestre identique aux fameux 24 violons du Roi à Versailles. L’influence musicale française sera décisive sur le jeune Henry Purcell (né en 1659), qui compose son chef d’œuvre opératique : Didon et Enée. L’ouvrage d’une exceptionnelle cohérence dramatique se concentre sur le destin de la Reine de Carthage qui dans son lamento final, incarne ce sublime tragique propre à Purcell.

En première partie du programme, Le Ballet Royal de la Naissance de Vénus de Lully est composé en l’honneur de la belle-sœur de Louis XIV, Henriette d’Angleterre (soeur de Charles II), qui joue le personnage de Vénus. Vénus est la mère d’Enée, ce qui crée un lien cohérent entre les deux œuvres. La seconde partie du ballet – cycle indépendant – déroule 7 Entrées célébrant les héros de l’Antiquité.  La plainte d’Ariane, abandonnée par Thésée à Naxos, en est le sommet musical,… Ariane / Didon, deux amoureuses trahies, sacrifiées dont le lamento sublime rapproche Purcell et Lully.

 

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PURCELL : Didon et Enée
Vendredi 27 mars à 19h30
PARIS, Théâtre des-Champs-Élysées

 

Infos et réservations :
https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2025-2026/opera-en-concert/didon-et-enee-1

 

 

distribution
Véronique Gens | Didon
Luigi De Donato | Énée
Manon Lamaison | Belinda
Isabelle Druet | La sorcière
Apolline Raï-Westphal | Servante de la sorcière
Marion Vergez-Pascal | Un esprit / Seconde servante de la sorcière
Nicholas Scott | Un marin
Les Épopées
Stéphane Fuget,
clavecin, orgue, direction

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CD WALTON : Symphonies n°1 et n°2. City of Birmingham Symphony Orchestra. Kazuki Yamada, direction (1 cd DG Deutsche Grammophon, 2024 et 2025)

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Directeur musical du City of Birmingham Symphony Orchestra (CBSO) depuis 2024, le chef Kazuki Yamada qui accompagne actuellement sa dernière saison à la tête du Philharmonique de Monte-Carlo, signe sa propre lecture des deux symphonies de Walton, compositeur encore peu joué et trop peu connu en France. Le contemporain de Britten qui entre autres, a livré la musique des film de Laurence Oliver : Henry V, Hamlet et Richard III, n’a pas gagné une semblable réputation. Le chef qui cultive une relation étroite avec l’Orchestre depuis presque 15 ans, enregistre son premier cd avec les instrumentistes britanniques.

 

 

 

 

Un programme Walton très convaincant

Dans ces prises sur le vif de 2024 et 2025, dans la salle habituelle de l’Orchestre (le Birmingham Symphony Hall), Kazuki Yamada semble comprendre l’âme de la musique de Walton, un mixte très complexe entre diverses influences où jaillissent autant le jazz que le romantisme ou les thèmes populaires.

La Symphonie n°1 composée en 1932-1935 manifeste dans sa riche texture, le compositeur-voyageur qui aimant prendre le bateau ressent toutes les atmosphères aux quatre coins de la planète : une houle et l’air marin inspire une écriture particulièrement dramatique, dans un format ambitieux, qu’animent et assouplissent un grand lyrisme comme un sens très affûté des couleurs instrumentales. La créativité de Walton fusionne dans l’esprit d’une continuité foncièrement romantique, et l’expressionnisme ardent, parfois sauvage de Sibelius et la vivacité rythmique d’un Roussel (l’esprit de transe facétieuse du 1er mouvement »Presto con malizia »)… Dans cette forge orchestrale des plus contrastées, c’est le mouvement le plus riche, voire le plus ambivalent : porté par une énergie souterraine impérieuse qui souffle un climat à la fois passionnel et même tragique, déployant aussi en une somptueuse fluidité inquiétante, la belle onctuosité des cordes du Birmingham, qui associées aux appels des cuivres généreuses et nobles déroulent une arche mouvante digne de Sibelius, celui des finaux de plus en plus majestueux (de fait ici, cultivé sur presque 15 mn de souffle ininterrompu). Alchimiste des effectifs rutilants et spectaculaires, sollicitant toute la rythmique des cuivres, Walton sait aussi tisser des nappes sonores plus mystérieuses comme l’atteste le début du 3è mouvement (soit l’ample « Andante » noté « con malinconia ») : y règne le chant des bois serpentins, enivrés et d’une volupté ensorcelante, d’une finesse d’intonation qui rompt avec ce qui précède. Comme si ce dernier mouvement, plus ample et méditatif, compensait l’énergie éruptive des 2 premiers, par sa brume introspective, dense, active, et de plus en enténébrée, de fait aspirée dans une houle complexe et tragique, jusqu’aux dernières mesures qui murmurent (flûte solo).

Autodidacte, ayant reçu les conseils du chef Ernest Ansermet (avec Busoni), William Walton (1902 – 1983) qui avait fait scandale avec « Façade », œuvre iconoclaste à la Satie, affirme un tempérament abouti, en particulier dans la construction et la progression du Finale, noté dans sa séquence ultime « maestoso »… ce Finale dans des dimensions majestueuses déploie plusieurs séquences enivrées dont le chef sait capter le fluide nerveux et jaillissant dans cet esprit dansant qui convient, conclu par les 3 coups ultimes, très théâtraux (un rien dérisoires aussi dans cette amplification spectaculaire).

 

Sublime Symphonie n°2 de Walton

La Symphonie n°2 écrite 25 ans après la n°1, affirme une conscience spirituelle et philosophique spécifique ; sa coloration est plus contemplative : elle semble méditer le choc de la guerre et défendre coûte que coûte la nécessité de la Paix. Walton et son épouse Susana (épousée à Buenos Aires), se sont fixés alors sur l’île d’Ischia en Italie, où ils façonnent et entretiennent un jardin devenu légendaire. Avec la distance, le compositeur interroge sa propre identité comme compositeur britannique.

D’une première écoute moins exaltante et spectaculaire que la 1, la Symphonie n°2 est un ouvrage particulièrement travaillé et d’une redoutable volubilité ; le premier Allegro molto s’ouvre sur une atmosphère inquiète, intranquille (avec piano), dans l’esprit d’une course échevelée, agitée, nerveuse, dont la motricité syncopée emporte tous les pupitres dans une tension toujours rehaussée sans issue, haletante, suspendue ; beau contraste avec la rondeur amoureuse du « Lento assai » central, aux éclats évanescents, fugaces… qui fait briller les vents et les bois et des cordes remarquablement extatiques, dans le rappel des motifs développés dans le premier mouvement, et dans la nappe évanescente de la harpe finale… ; l’ample Passacaille (Finale)souligne l’admiration de Walton pour les formes héritées du Baroque (Purcell ?) : ses 10 séquences (10 « Variations ») scrupuleusement annotées aux indications toutes éloquentes qui renseignent de facto le perfectionnisme de Walton (cf « Var 1 Con Slancio,… Var 3 : l’istesso movimento »).

« Orbs and Sceptre » fut composé pour le couronnement d’Elisabeth II en 1953, manifeste classique d’une solennité assumée et dans un climat de légèreté heureuse que sait alors parfaitement cultiver le compositeur anobli en 1951.

Kazuki Yamada montre à quel point Walton est un perfectionniste, avare et scrupuleux dans ses choix ; la rareté de ses œuvres révèle un soin rare qui entend fixer un modèle dans chaque genre traité, comme l’atteste entre autres son unique Concerto pour alto, pilier du répertoire (1928). Le souci du chef, sa sensibilité tissée pour le détail et la finesse intérieure font mouche ; outre la virtuosité de la pâte sonore, le maestro saisit l’élan chorégraphique qui unit les séquences, fusionnant en une trépidation organiquement cohérente, la tentation de l’éclatement, la nécessité des déflagrations martiales, que compensent une profondeur souterraine et la présence du mystère. Passionnant et convaincant.

 

 

 

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CD WALTON : Symphonies n°1 et n°2. City of Birmingham Symphony Orchestra. Kazuki Yamada, direction (1 cd DG Deutsche Grammophon) – enregistré en déc 2024 et nov 2025 (Symphonie n°1)
CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

 

 

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CHÂTEAU DE VERSAILLES SPECTACLES. Semaine Sainte à la Chapelle Royale, du mar 31 mars au ven 5 avril 2026. 5 concerts incontournables pour Pâques

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Aucun autre site en France n’égale l’expérience musicale et humaine que propose la Chapelle Royale de Versailles. L’écrin palatial conçu par l’architecte Robert de Cotte, dernier grand chantier décidé par Louis XIV, tout de marbre et d’or, symbolise le raffinement suprême du Grand siècle. Comme la Sainte-Chapelle sur l’île de la Cité à Paris, la musique y apporte l’élément final à son déploiement harmonique. Le Château de Versailles propose depuis plusieurs années une programmation spéciale pour le moment de Pâques, soit cette année, 5 programmes de musique sacrée pour la Semaine Sainte, les 31 mars, 1er, 2, 3, 4 et 5 avril prochains, à vivre sous la voûte de la plus belle chapelle de l’Hexagone…

 

Un cycle musical d’autant plus attendu que les partitions majeures de la ferveur baroque y sont défendues par plusieurs chefs et ensembles exceptionnels : Leçons des Ténèbres de Couperin, Stabat Mater de Pergolèse (par 2 castrats selon une tradition locale historique qui remonte à Louis XV avec Nicolò Balducci et Rémy Brès-Feuillet et l’Orchestre de l’Opéra Royal), surtout Passions selon Saint-Matthieu et Saint-Jean (par Pygmalion et l’Orchestre de l’Opéra royal et le Tölzer Knabenchor) et en apothéose (et concert final), l’oratorio de Pâques du même Bach, par Sir John Eliot Gardiner (et son ensemble The Constellation Choir and Orchestra)… cycle événement.

 

 

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COUPERIN : Leçons de Ténèbres
mardi 31 mars 2026, 21h
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/couperin-lecons-de-tenebres/

Les Leçons de Ténèbres sont devenues au milieu du XVIIe siècle suscitent une tradition musicale très appréciée… Michel Lambert fut le premier à en composer un cycle en 1662, suivi par Charpentier et Lalande. Mais les plus célèbres sont celles de François Couperin (conçue pour le Mercredi Saint), datées de 1714, soit remontant à la fin du règne de Louis XIV.
 La France est une terre de piété, et la Cour de Versailles, l’empire de la très pieuse Madame de Maintenon, épouse morganatique du Roi-Soleil…Comme les Passions de JS Bach, la musique de Couperin sert le texte et souligne intensité et vertiges d’une foi irrépressible.
Couperin use avec mesure d’un italianisme dramatique. Les deux chanteuses semblent issues de l’opéra… Vocalité et spiritualité fusionnent en un chambrisme essentiel qui éblouit par son intensité et sa justesse.
Outre les mille séductions vocales, les Leçons de Ténèbres sont aussi un rituel dramatique saisissant quand toutes les bougies sont éteintes, plongeant les auditeurs dans la nuit du mystère.
« On se pressait pour écouter, dans les couvents parisiens, ces voix divines entonnant Les Leçons pour les jours de la Semaine Sainte, voix sans visage des jeunes recluses conventuelles, voix du ciel… mais souvent chanteuses de l’opéra lors de la fermeture des salles en temps de pénitence ! On éteignait traditionnellement les cierges au fur et à mesure du déroulement de l’office des Ténèbres, pour finir dans l’obscurité de la nuit… »

Fidèle à ce rituel fascinant, Catherine Trottmann et Ana Vieira Leite, fleurons de la jeune génération des sopranos, ressuscitent, sous la direction de Chloé de Guillebon, ce miracle musical… Toutes les infos ici : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/couperin-lecons-de-tenebres/

distribution

Catherine Trottmann et Ana Vieira Leite, sopranos
Chœur de l’Opéra Royal
Orchestre de l’Opéra Royal
Chloé de Guillebon, direction

 

 

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JS BACH : Passion selon Saint-Matthieu
Mercredi 1er avril 2026
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/bach-la-passion-selon-saint-matthieu/

 

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PERGOLESE : Stabat Mater pour deux castrats
Jeudi 2 avril 2026, 21h
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/pergolese-stabat-mater-pour-deux-castrats/

Le Stabat Mater de Pergolèse revêt à Versailles une signification spécifique, en relation avec le goût versaillais et les usages de la Cour… En 1h20 sans entracte, la fulgurance à la fois tendre et hautement spirituel de la partition du dernier Pergolèse investit la Chapelle Royale. Deux contre-ténors incarnent la ferveur vivante du Stabat Mater de Pergolèse. Le choix des voix ressusite l’histoire de la création en France de cette œuvre, portée à l’origine par deux castrats de la Chapelle royale de Louis XV. Pergolèse, quelques mois avant sa mort à l’âge de 26 ans, reçoit la commande d’un nouveau Stabat Mater en remplacement d’une version précédente, celle d’Alessandro Scarlatti. Meurtri par la maladie, il exprime les souffrances de la Vierge en mêlant le langage des passions propre à l’opéra. Le Stabat Mater de Pergolèse, créé en 1736, reste l’une des œuvres emblématiques du baroque marquant le monde musical du XVIIIe siècle, notamment français.
Les castrats italiens de la Chapelle Royale de Versailles (Louis XIV en avait fait venir huit d’Italie dès 1679 pour ses musiques sacrées) rapportent eux-mêmes la partition d’Italie. Ils en sont les propagateurs inspirés, à la Cour de Louis XV. Découvrant le Stabat de Pergolèse, au Concert Spirituel, Paris s’enflamme et y voit l’œuvre révolutionnaire d’un génie napolitain, hélas disparu si jeune… Le succès ne se démentit pas durant tout le siècle.

Pour donner toute sa splendeur au somptueux duo vocal portant la douleur de Marie au pied de la Croix, deux voix angéliques s’imposent ; leurs timbres se révèlent évident, naturel, à l’image des deux castrats napolitains pour lesquels cette musique a été composée. Et dans l’écrin de la Chapelle Royale, lieu spectaculaire légué par Louis XIV.

 

distribution
Nicolò Balducci et Rémy Brès-Feuillet, contre-ténors
Orchestre de l’Opéra Royal
Chloé de Guillebon, direction
Plus d’infos ici : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/pergolese-stabat-mater-pour-deux-castrats/

 

 

 

 

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BACH : Passion selon Saint-Jean
Vendredi 3 et samedi 4 avril 2026
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/bach-passion-selon-saint-jean/

Leipzig, Saint-Thomas, 1724… Aux côté de la Passion selon Saint-Mathieu, la saint Jean fut la première composée et remise plusieurs fois sur le métier par le Cantor pour différentes exécutions entre 1724 et 1747. À Saint-Thomas de Leipzig, Bach disposait d’un ensemble choral et instrumental suffisamment capable d’en assurer la virtuosité des airs et chœurs de cette Passion, resserrée, riche en contrastes expressifs. Entre oratorio et opéra, le drame sacré conçu par Bach accomplit un véritable miracle dramatique dont la construction plonge au cœur du mystère divin.
À peine un an après son arrivée à Leipzig, Bach offre ce premier chef-d’œuvre pour le Vendredi Saint de 1724. La Chapelle Royale de Versailles pour 2 représentations exceptionnelles célèbre aussi les trois cents ans de la création de cette œuvre magistrale. L’Orchestre de l’Opéra Royal dirigé par Gaétan Jarry accueille des solistes familier de la langue de Bach et le formidable Tölzer Knabenchor.

Fondé en 1956 près de Munich, ce chœur de garçons est aujourd’hui l’héritier de sept décennies de travail choral de la plus haute exigence. Le chœur, et notamment ses enfants solistes, s’est produit dans le monde entier, avec entre autres Herbert von Karajan, Wolfgang Sawallisch, James Levine et Nikolaus Harnoncourt. Il est aujourd’hui le meilleur chœur d’enfants, particulièrement éblouissant dans le répertoire de la musique sacrée en allemand, que les garçons interprètent avec le bonheur de chanter dans leur propre langue : « inoubliable ! » – Toutes les infos ici : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/bach-passion-selon-saint-jean/?utm_source=ClassiqueNews&utm_medium=affiliate&utm_campaign=Passion_saint_jean_ClassiqueNews&utm_term=famille&utm_content=banner

 

distribution
James Way Évangéliste, ténor
Robert Pohlers, ténor
Sreten Manojlović, Jésus, baryton-basse
Morgan Pearse, Pilate, baryton
Tölzer Knabenchor
Orchestre de l’Opéra Royal
Gaétan Jarry, direction

 

DVD – BLU RAY : Au printemps 2026, CVS Château de Versailles Spectacles édite le concert d’avril 2024 filmé à Versailles. DVD BLU RAY événement / CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026 : LIRE notre présentation de l’enregistrement événement https://www.classiquenews.com/dvd-blu-ray-evenement-js-bach-la-passion-selon-saint-jean-orchestre-de-lopera-royal-tolzer-knabenchor-chateau-de-versailles-spectacles-cvs-avril-2024/

 

 

 

 

 

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BACH : Oratorio de Pâques
Dimanche 5 avril 2026
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/bach-oratorio-de-paques/

 

 

 

SEMAINE SAINTE A LA CHAPELLE ROYALE DE VERSAILLES
Célébration pascale à Versailles

Comme au temps de Louis XIV, la période de Pâques suscite un nouveau cycle musical particulièrement adapté à l’écrin du palais versaillais : Bach, Pergolèse, Couperin… Laurent Brunner, directeur de Château de Versailles Spectacles n’a jamais mieux conçu une programmation musicale en cohérence avec la splendeur architectural et l’esprit du site désigné pour en accueillir le déploiement artistique : la Chapelle Royale de Versailles ; laissez-vous porter par les plus beaux airs de la musique sacrée lors de la Semaine Sainte et vivez à Versailles une expérience unique au monde !

 

 

VIDÉO : Rencontre avec Laurent Brunner
la place et l’essor de la musique sacrée à Versailles pendant la Semaine Sainte

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Conservatoire de Paris, le 10 mars 2026. OFFENBACH : Orphée aux enfers. Ludovic Lagarde / Mathieu Romano

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Comme chaque année, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris monte une production lyrique permettant à ses étudiants chanteurs, instrumentistes et danseurs de se confronter à la réalité de la scène et du public. Tous rêvent d’embrasser une carrière aussi éminente que leurs aînés Marc Mauillon, Mathias Vidal, Julie Fuchs, Cyrille Dubois ou Sabine Devieilhe, tous formés dans cette maison, parmi tant d’autres.

 

C’est peu dire que le choix de l’opéra-bouffe Orphée aux enfers, dans sa version initiale en deux actes de 1858, ne joue pas la carte de la facilité pour les interprètes, tant on connait les exigences redoutables de ce répertoire en matière de virtuosité vocale et d’abattage scénique, notamment sur le plan comique. Les applaudissements chaleureux et nourris en fin de soirée ne trompent pas sur la pleine réussite du projet, en signe de la parfaite homogénéité de la troupe réunie pour l’occasion. Il faut dire que la mise en scène de Ludovic Lagarde (né en 1962) n’est sans doute pas étrangère à ce succès, tant elle insiste sur la direction d’acteur, en impliquant les interprètes dans chaque mouvement d’ensemble. La multitude de détails associés à chaque personnage fait ainsi vivre la farce d’une vitalité bienvenue aux deux derniers actes, en contraste avec le minimalisme du début. Les décors très sobres jouent la carte d’une élégance sans ostentation, cherchant surtout à mettre en valeur les caractères et les situations. Ainsi du simple rideau qui permet à Angelo Heck de camper un John Styx plus trouble et inquiétant que jamais, ce qui lui permet de faire ressortir ses qualités d’acteur. On aime aussi la douce folie d’Audrey Maignan dans son court rôle de Diane, qui met en lumière des piani divins, à même de faire oublier une émission plus étroite par ailleurs.

La soirée bénéficie de la prestation radieuse de Lisa Bensimhon en Eurydice, qui fait feu de tout bois pour donner à son personnage tout l’éclat vocal requis, faisant valoir autant la diction et la souplesse de ses transitions de registre qu’un timbre délicieusement suave. Seules les réparties théâtrales au I laissent entendre quelques outrances, mieux maîtrisées par son partenaire Matthias Deau (Orphée), dont la présence et la projection donnent beaucoup de plaisir tout du long. Le mélange d’autorité et de fantaisie délicieusement délurée d’Auguste Truel donne à son Jupiter une dimension fantasque, à même de faire oublier une ligne parfois un rien instable dans les fins de phrasés, au niveau vocal. La chanteuse la plus solide techniquement est Chun Li (Cupidon), même si ses premières interventions souffrent de quelques légers décalages avec l’orchestre. Enfin, Juliette Nouailhetas (Aristée / Pluton) donne une leçon de classe vocale sur toute la tessiture, autour d’un beau médium. Assurément une très belle promotion, qui bénéficie de la direction engagée, un rien trop sonore dans les tutti, de Mathieu Romano. L’Orchestre du Conservatoire de Paris crépite de mille feux sous sa battue, n’oubliant pas quelques nuances bienvenues aux bois, particulièrement en forme.

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Conservatoire de Paris, le 10 mars 2026. OFFENBACH : Orphée aux enfers. Matthias Deau (Orphée), Lisa Bensimhon (Eurydice), Juliette Nouailhetas (Aristée / Pluton), Auguste Truel (Jupiter), Maria Soler Vidal (L’Opinion publique), Angelo Heck (John Styx), Chun Li (Cupidon), Yann Salaün (Mercure), Audrey Maignan (Diane), Estere Katrina Pogina (Vénus), Adélaïde Mansart (Junon), Clarisse Fauchet (Minerve), Choeur et Orchestre du Conservatoire de Paris, Mathieu Romano (direction musicale) / Ludovic Lagarde (mise en scène). A l’affiche du Conservatoire de Paris jusqu’au 13 mars 2026. Photo : Ferrante Ferranti – CNSMDP

 

 

 

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ENTRETIEN avec Oriol AGUILA, directeur artistique du Festival de Peralada, à propos de la 4ème édition du Festival de Pâques de Peralada (2 au 5 avril 2026)…

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2026 marque la déjà 4ème édition du Festival de Pâques de Perelada : un nouveau cycle qui allie musique, danse et installation contemporaine en accord avec le riche patrimoine d’un site particulièrement enchanteur : le Château de Perelada et son vaste domaine. Oriol Aguila, directeur artistique réinvente chaque année une offre exceptionnelle qui le temps de la Semaine Sainte, accorde musique et introspection, beauté et chocs esthétiques. L’édition 2026 promet de nouvelles expériences dont la recréation d’un oratorio de Caldara, rituels et mystères sacrés, vertiges choraux, messes de Mozart et de Schubert, mais aussi rencontres et temps d’échange pour mieux mesurer enjeux et contexte des partitions jouées.

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Photo : Oriol Aguila © Miquel Gonzalez

 

CLASSIQUENEWS : Comment cette nouvelle édition 2026 s’inscrit-elle par rapport aux précédentes ? Quelle est la ligne artistique qui lui donne de la cohérence ?

ORIOL AGUILA : L’édition 2026 approfondit l’essence de la célébration de Pâques : un voyage à travers la spiritualité, la beauté et le patrimoine musical européen. Cette année, nous réaffirmons notre volonté de conjuguer tradition et découverte. Nous avons misé sur des projets de recréation historique, comme l’interprétation intégrale de l’oratorio Cristo condenado d’Antonio Caldara, et nous avons invité de grandes figures internationales du répertoire sacré, tels William Christie ou Vox Luminis.
La ligne artistique qui inspire tout le programme est claire : un dialogue entre des regards différents sur la transcendance, la mort et l’espoir, depuis le baroque italien, français et allemand jusqu’à la Renaissance hispanique et la musique sacrée classique. Il s’agit d’une édition profondément cohérente avec l’identité du festival, mais aussi ouverte à de nouvelles sensibilités.
Le Festival de Pâques s’est consolidé en trois éditions et constitue déjà un rendez-vous incontournable dans le paysage musical, dans le sillon des grands festivals européens. Il rassemble les mélomanes qui cherchent ce moment de recueillement dans un environnement de beauté, et à un moment de l’année propice pour le repos musical et spirituel, dans une dimension culturelle au-delà de la foi ou des croyances de chacun. Nous l’avons programmé avec la conviction de mettre en valeur un patrimoine et un univers musical qui méritent d’être redécouverts. / Photo : Oriol Aguila © Miquel Gonzalez.

 

CLASSIQUENEWS :  Quels sont les points forts 2026 ?

ORIOL AGUILAR : Cette année, nous parcourons principalement deux siècles de patrimoine musical autour du répertoire sacré. Il faut souligner, sans aucun doute, la recréation de l’oratorio de Caldara, une œuvre oubliée qui n’avait pas été interprétée intégralement de nos jours, et dans notre pays et qui représente un tournant musicologique et artistique. La présence de William Christie et Les Arts Florissants, qui offriront les Leçons de Ténèbres de Couperin, un joyau du baroque français, est également particulièrement pertinente.
Le samedi, nous avons présenté un double programme qui dialogue entre deux grandes traditions : le monde sacré germanique avec Vox Luminis et l’Officium Defunctorum de Thomas Louis de Victoria, l’un des sommets de la Renaissance. Et la matinée du dimanche de Pâques clôt le festival avec Mozart et Schubert, montrant les liens et les contrastes entre deux génies séparés par des générations.

 

CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous nous présenter les lieux où se déroulent les concerts ? Comment ces espaces contribuent-ils à la magie du Festival ?

ORIOL AGUILAR : Le Festival de Pâques de Perelada se vit dans des espaces patrimoniaux qui non seulement accueillent les concerts, mais les transforment. L’église du Carmen est un lieu idéal pour les programmes méditatifs : son acoustique enveloppante, la pénombre et son architecture historique apportent une profondeur spirituelle difficile à trouver dans d’autres décors. Là, le public n’écoute pas seulement de la musique : il la ressent comme un rituel.
Le cloître du Carmen, en revanche, est un espace de transition entre passé et présent. Cette année, nous l’avons transformé en un environnement immersif avec de la lumière et du son pour l’installation contemporaine. Sa sérénité architecturale et sa beauté austère permettent à l’art de respirer avec une intensité unique. Ce sont des espaces qui font du festival une expérience qui ne pourrait exister ailleurs.

 

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il des nouveautés cette année ? Lesquelles et pourquoi ?

ORIOL AGUILAR : Oui, il y a précisément cette incorporation du cloître dans la programmation de Pâques, comme scène de création contemporaine avec l’installation performative où l’intégration nouvelle de la lumière ne pèse pas ; elle transforme le cloître en une expérience immersive.
En outre, cette édition intègre également des nouveautés importantes. Le plus remarquable est comme vous l’avez compris, la recréation du Cristo condannato de Caldara, avec une nouvelle édition musicale de Dani Espasa. Nous avons également ajouté un espace plus étoffé pour la création contemporaine avec l’installation dans le cloître, renforçant ainsi l’idée que la spiritualité peut être explorée à partir des langages actuels.
En outre, le Coro Francesc Valls débute comme artiste résident du festival, ce qui nous permet de tisser un projet artistique sur la durée et en  profondeur. Et un autre moment spécial sera la remise de la médaille d’honneur à William Christie, une figure essentielle dans la recréation du répertoire baroque.

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expérience vit chaque spectateur pendant les concerts ? Que veut transmettre le festival ?

ORIOL AGUILAR : Le Festival de Pâques Perelada veut offrir beaucoup plus qu’une succession de concerts : il cherche à créer une expérience complète, intime capable de transformer. Chaque spectateur vit la musique comme un voyage intérieur, un espace de silence, entre beauté et contemplation. Les programmes, centrés sur la musique sacrée et présentés dans des espaces patrimoniaux uniques, permettent une écoute profonde, presque rituelle. L’objectif est que chaque personne trouve sa propre connexion avec la transcendance, soit à partir d’une lecture spirituelle ou d’une émotion purement esthétique.
En outre, le public a la possibilité de profiter d’un environnement privilégié, entouré par la nature, l’histoire et la sérénité, prolongeant ainsi le sentiment de retraite culturelle. L’offre gastronomique de notre Resort – des propositions de chefs étoilées distingués par le Michelin, aux expériences plus informelles – permet de profiter de la cuisine de l’Empordà avec un niveau d’excellence qui complète naturellement l’expérience artistique.
Les jardins, les visites du musée et de la cave emblématique signées par les architectes RCR, les vins locaux et l’atmosphère de bien-être font du séjour un refuge sensoriel.  Sans omettre le confort de notre hôtel Perelada. Assister au festival de Pâques signifie s’offrir un week-end de culture, de repos et de plaisir esthétique.

 

Propos recueillis en mars 2026

 

 

Toutes les informations, la billletterie sur le site du Festival de Peralada / Festival de Pâques, du 2 au 5 avril 2026 – 1er week end d’avril 2026 / Programation – Festival Castell de Peralada
https://www.festivalperalada.com/fr/programacio/?utm_source=classiquenews&utm_medium=affiliate&utm_campaign=pasqua2026

 

 

 

 

 

 

 

présentation

 

LIRE aussi notre présentation du Festival de Pâques de Peralada 2026 : https://www.classiquenews.com/festival-perelada-2026-festival-de-paques-du-2-au-5-avril-2026-caldara-cristo-condannato-vespri-darnadi-couperin-les-arts-florissants-william-christie-ein-deutsches-barockrequiem/

Vivez la Semaine Sainte en Catalogne espagnole ; 4 jours de fabuleuses découvertes et émotions musicales… La 4ème édition du Festival de Pâques Peralada, aura lieu du 2 au 5 avril 2026 à l’église et au cloître des Carmes du Château de Peralada (Catalogne).

 

FESTIVAL PERELADA 2026 : Festival de Pâques, du 2 au 5 avril 2026. Caldara : Cristo condannato (Vespri d’Arnadi), Couperin (Les Arts Florissants, William Christie), Ein deutsches Barockrequiem (Vox Luminis, Lionel Meunier)…

 

 

 

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STREAMING opéra. DENISOV : L’Écume des jours, ven 20 mars 2026 (Opéra de Lille, nov 2025). Anna Smolar, mise en scène / Bassem Akiki, direction musicale

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Quand l’opéra surréaliste tient l’affiche de l’Opéra de Lille… Colin régale ses amis des plats de son cuisinier Nicolas, invente un pianocktail ; il accorde les boissons aux mélodies, et rêve du grand amour. Quand Chloé entre dans sa vie, le bonheur semble total. Mais un sinistre nénuphar croît lentement dans le poumon de la jeune femme… délire poétique, absurde souverain : Denisov invente dans le sillon du texte de Boris Vian, l’opéra surréaliste et polystyliste…

 

 

CLASSIQUENEWS a rendu compte de cette production à l’Opéra de Lille : LIRE ici notre critique complète : https://www.classiquenews.com/critique-opera-lille-opera-le-7-nov-2025-denisov-lecume-des-jours-1986-josefin-feiler-cameron-becker-katia-ledoux-orchestre-national-de-lille-bassem-akiki-direction-anna-s/. Boris Vian écrit L’Écume des jours en quelques semaines, à l’âge de 26 ans. Derrière le titre énigmatique et lumineux du roman publié dans le Paris d’après-guerre se cache un récit trouble qui questionne la forme romanesque et éprouve les ressorts expressifs et dramatiques de l’écriture.

Fantaisie surréaliste assumée, ici les souris parlent et les amoureux se dissimulent dans un nuage rose ; ils illustrent un conte qui communique la nature éphémère et insaisissable du bonheur. Le livre culte dans les années 1960, est transposé à maintes reprises au théâtre et au cinéma, et ainsi à l’opéra par le compositeur soviétique Edison Denisov.

Fasciné par la culture française et la musique d’Europe occidentale, Denisov réalise en liberté, une nouvelle écriture narrative apparemment décousue mais qui respecte en réalité la trame onirique de L’Écume comme un terrain fertile pour élargir son horizon musical au-delà des canons du réalisme socialiste en vigueur à l’époque du rideau de fer.

Citations du jazz, grands chœurs liturgiques d’inspiration russe, et même références au Tristan et Isolde de Wagner, sans omettre l’hommage au son des cloches orthodoxes…. Denisov précise son écriture « polystyliste », une porte ouverte sur un monde essentiellement poétique.

 

 

 

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L’ÉCUME DES JOURS, 1986
Opéra de Lille, nov 2025
Diffusé vendredi 20 mars 2026 à 19h CET
Disponible jusqu’au 20 sept 2026 à 12h CET
Enregistré le 12 nov 2025
Chanté en français
VOIR le Streaming opéra L’écume des jours à l’Opéra de Lille (nov 2025) :
https://operavision.eu/fr/performance/lecume-des-jours-0

 

 

 

distribution
Chloé / Le Chat : Josefin Feiler
Colin : Cameron Becker
Alise : Katia Ledoux
Chick : Elmar Gilbertsson
Nicolas : Edwin Crossley-Mercer
Isis : Natasha Te Rupe Wilson
…
Danseurs :
Yohann Baran
Camerone Bida
Clara Brunet
Florie Laroche
Orchestre National de Lille
Chœur de l’Opéra de Lille
Anna Smolar, mise en scène
Bassem Akiki, direction musicale

 

 

 

 

 

 

LIRE notre critique complète de l’Opéra L’écume des jours de Denisov à l’Opéra de Lille :
https://www.classiquenews.com/critique-opera-lille-opera-le-7-nov-2025-denisov-lecume-des-jours-1986-josefin-feiler-cameron-becker-katia-ledoux-orchestre-national-de-lille-bassem-akiki-direction-anna-s/

En 1986, Denisov met en musique L’écume des jours, roman mythique de Boris Vian de 1947, avec une acuité critique où le relief de l’orchestre, ses timbres incisifs et acides, cultivent [dans une économie parfois frustrante], la forme parodique et les innombrables citations de la partition. Le texte surréaliste qui regorge de tirades et de situations absurdes, inspire une forme lyrique hybride et provocatrice, entre la revue, le théâtre musical, dont le sens questionne l’action musicale elle-même : dans un dédale de situations déroutantes et sans logique, les chanteurs jouent à exprimer leur personnage, puis font surgir leur propre questionnement comme acteur, ciblant le non sens de leur action sur scène…

 

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CRITIQUE, opéra. METZ, Grande Salle de l’Arsenal, le 8 Mars 2026. BELLINI : Norma. C. PAVONE, N. SCHUKOFF, NA’AMA GOLDMAN… P. E. FOURNY / N.KABARETTI

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Rarement j’ai vu une salle se lever pour applaudir une chanteuse dans une production, tout l’orchestre et ses partenaires applaudissant chaleureusement. Il faut dire que la Norma de Claudia Pavone est exceptionnelle. Nous connaissons très bien la soprano pour l’avoir applaudie sur scène à Toulouse dans Cléopâtre, Traviata – et justement dans Norma. Ce soir elle a été une Norma complète dans ses ambivalences. Vocalement la voix est large, belle sur toute la tessiture avec des aigus et suraigus lumineux. La technique belcantiste est accomplie avec de longues phrases suspendues, phrasés subtils et vocalises habiles. Mais c’est surtout l’incarnation scénique qui est accomplie. 

 

L’autorité dans son récitatif d’entrée est incontestable puis la souplesse de la ligne de chant magnifie la prière à la lune. La beauté du timbre subjugue. La cabalette est brillante. Dès cette entrée en scène si diabolique, la réussite est totale : Claudia Pavone EST Norma. La suite du rôle sera un déploiement de splendeur vocale et de puissance dramatique accompli. La douceur dans le premier duo avec Adalgisa est admirable ainsi que la précision des vocalises. La colère dans le trio est tellurique. Les affrontements avec Pollione sont très dramatiques car son partenaire est de la même trempe avec un jeu très physique. La scène de l’infanticide évité est bouleversante. La voix ose des messe di voce d’une incroyable subtilité et les nuances sont très creusées entre des forte puissants et des piani impalpables. Les transformations de Norma sont particulièrement mises en lumière. Le jeu de Claudia Pavone est d’une grande finesse car il s’appuie toujours sur la musique. Avec une grande  justesse psychologique, les changements d’intentions si brutaux de la prêtresse sont rendus très humains et dès lors compréhensibles. Le duo « Mira o Norma » est un très grand moment de beauté et d’émotion. Le final nous entraîne avec fureur vers le drame final. La puissance du jeu et du chant de la diva se mutualisent. La prière finale est déchirante. Claudia Pavone avec une grande voix et une grande science scénique fait vivre Norma dans une splendeur renouvelée.

Le reste de la distribution est très intéressant. En Pollione le heldentenor autrichien Nikolaï Schukoff est un excellent choix. Son chant puissant, sa stature athlétique, son jeu pénétrant et très physique font de son personnage le « Yankee » sûr de lui et veule avec une fragilité pourtant bien perceptible. Amoureux éperdu, amant inconséquent, père oublieux, son jeu permet de suivre sa descente aux enfers. Le chant est certes peu nuancé mais la franchise de l’émission fait merveille dans cette conception du personnage. Et la Voix de Nikolaï Schukoff est d’un très beau timbre de bronze même s’il lui manque un peu d’itanialità. L’Adalgisa de Na’Ama Goldman est plus verte. Le jeu est peu naturel et la voix sonore de Na’Ama Goldman ne nuance pas autant que la Norma de Claudia Pavone dans les duos. Les timbres des voix s’accordent en tous cas parfaitement. En Oroveso, Nicolas Cavallier est cohérent vocalement et scéniquement, il est excellent dans ce rôle. Les chœurs sont nuancés et incarnés. Ils donnent une belle puissance lorsque la partition l’exige comme la plus grande douceur.

L’Orchestre National de Metz Grand Est est sur scène dans une lumière douce.  Les chanteurs jouent principalement devant mais également sur les gradins de côté ou derrière. L’utilisation de la particularité de l’Arsenal est exploitée avec habileté. La beauté sonore de l’orchestre, les couleurs romantiques de la partition sont mises en valeur par la direction de Nir Kabaretti. Les sous titres sont d’un confort très inhabituel s’étalant sur une large partie du balcon derrière la scène. La mise en scène est cohérente. Les projections vidéo de Julien Soulier sont belles et bienvenues. Les costumes de Giovanna Fiorentini sont simples et mettent les acteurs en valeur. Les lumières de Patrick Meeus sont habiles. Le maître d’œuvre de la mise en espace, Paul Emile Fourny, peut être fier de son travail. Le drame de Bellini se développe avec détermination. La poésie est présente et les artistes peuvent tous exprimer avec aisance : que l’on songe aux courses de Nikolaï Schukoff dans les escaliers, aux gestes amples de Claudia Pavone, à la finesse du jeu de Nicolas Cavallier dans le final. La liberté qui leur est accordée permet aux personnages de vivre intensément le drame. Cette mise en espace est bien plus efficace en sa sobriété que le spectacle prétentieux d’Anne Delbée que Toulouse et Marseille ont vu dernièrement. Rayonnante, Claudia Pavone sort auréolée de son succès sous les applaudissements conjugués de la scène et du public. C’est une immense Norma. Cette production a été donnée deux soirs et les deux soirées ont été un véritable succès populaire avec de nombreux jeunes présents et enthousiastes.

 

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CRITIQUE, opéra. METZ, Grande Salle de l’Arsenal, le 8 Mars 2026. BELLINI : Norma. C. PAVONE, N. SCHUKOFF… P. E. FOURNY / N.KABARETTI. Crédit photo © Philippe Gisselbrecht – Opéra-Théâtre de l’Eurométropole de Metz

 

 

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ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE. L’Orchestre dans les lycées. BOLLENE, ven 27 mars 2026. Albéniz, Shchedrin (Carmen Suite)…

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Entre danse contemporaine et vertiges orchestraux, la magie de la musique chorégraphique se dévoile aux lycéens… L’Orchestre national Avignon Provence s’installe dans deux lycées du Nord Vaucluse. Ainsi deux classes de seconde générale des lycées Lucie Aubrac à Bollène et Stéphane Hessel de Vaison-la-Romaine découvrent l’orchestre grâce à des ateliers pratiques, des rencontres mêlant musique symphonique et danse contemporaine.

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Photo © Delestrade

 

Maud Pizon, artiste associée aux Hivernales, Centre national de développement chorégraphique d’Avignon accompagne et guide les élèves dans plusieurs moments chorégraphiques ; au programme la Carmen suite de Rodion Shchedrin.
Le projet dessine un espace de rencontre entre la musique symphonique et la danse contemporaine, entre artistes musiciens professionnels et lycéens ; de leur travail en collectif créatif, découle une création artistique présentée sur la scène de la Cigalière avec les lycéens et les musiciens de l’Orchestre national Avignon-Provence. Entrée gratuite sur réservation.

 

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ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE. L’Orchestre dans les lycées
La Cigalière / Bollène
  –  vendredi 27 mars 2026, à 20h
PLUS D’INFOS : https://www.orchestre-avignon.com/concerts/orchestre-dans-les-lycees/
Tarif : Gratuit sur réservation
RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’Orchestre National AVIGNON PROVENCE :
https://www.billetweb.fr/orchestre-dans-les-lycees
programme

Nebojša Jovan Zivkovic,
Trio per uno – Mouvement I

Isaac Albéniz,
Asturias (arrangement pour cordes)

Rodion Shchedrin,
Carmen suite

 

 

LIRE aussi notre article TEMPS FORTS de l’ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE : 6 programmes Jeune Public, fév, mars, avril et mai 2026 : https://www.classiquenews.com/onap-orchestre-national-avignon-provence-6-programmes-jeune-public-en-fevrier-mars-avril-et-mai-2026/
En 2026, l’Orchestre National Avignon Provence propose une série très intéressante dans le cadre de son offre Jeune Public / Familles. La diversité des genres, des formats et dispositifs, la circulation sur le territoire investi enrichissent une offre exemplaire qui prend en compte l’accessibilité de la musique orchestrale auprès des jeunes spectateurs (et de leur famille)… 6 programmes, 6 cycles témoignent de l’ouverture et du dynamisme de l’ONAP / Orchestre National Avignon Provence pour séduire et fidéliser les jeunes spectateurs

 

ONAP / ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE. 6 programmes « jeune public », en février, mars, avril et mai 2026

 

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FESTIVAL PERALADA 2026 : Festival de Pâques, du 2 au 5 avril 2026. Caldara : Cristo condannato (Vespri d’Arnadi), Couperin (Les Arts Florissants, William Christie), Ein deutsches Barockrequiem (Vox Luminis, Lionel Meunier)…

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Vivez la Semaine Sainte en Catalogne espagnole ; 4 jours de fabuleuses découvertes et émotions musicales… La 4ème édition du Festival de Pâques Peralada, aura lieu du 2 au 5 avril 2026 à l’église et au cloître des Carmes du Château de Peralada (Catalogne).

 

 

Oriol Aguilà, directeur artistique a été d’autant plus inspiré cette année qu’il s’agit aussi des 40 ans de la première institution musicale en Catalogne… Le Château de Perelada (et son magnifique parc) accueille chaque année 2 festivals à présent parfaitement identifiés, au moment de la Semaine Sainte pour Pâques, puis lors de son grand festival d’été dont 2026 marque les 40 ans… « 40 ans d’engagement pour la musique, la culture et la création artistique au plus haut niveau, s’imposant comme un projet profondément ancré dans le territoire et en même temps ouvert sur le monde. »
Le festival de Pâques, avant la session estivale, réalise la dimension spirituelle de la musique et renforce l’interaction de la programmation avec le riche patrimoine local dont découle un volet significatif dédié à la création.
Depuis plusieurs édition, le Festival de Pâques a favorisé l’exploration de nombreux oratorios baroques inédits, comme en témoigne en 2026, la recréation événement de Cristo condannato d’Antonio Caldara (interprété par Vespres d’Arnadí). Illustration : Saint-Sébastien par Guido Reni DR

 

 

Créativité et introspection

Oriol Aguilà souligne la haute valeur artistique et spirituelle du Festival de Pâques : « le Festival de Pâques s’est imposé comme un lieu de rencontre pendant la Semaine Sainte pour les créateurs, les musiciens et les amateurs de musique à la recherche d’une expérience musicale intense et d’un temps d’introspection ». Rien de mieux pour ce faire, que l’accord fragile, ineffable et superlatif entre la musique et le chant en dialogue avec des sites historiques dont la patrimoine minéral vibre comme par magie.

En 2026, le Festival de Pâques de Peralada célèbre les temps forts de la Semaine Sainte (Semana Santa) ; il privilégie le rôle central de la voix, véhicule idéal de la méditation et de la prière, qu’il s’agisse de l’oratorio, des offices liturgiques,.… Dans l’écrin du couvent des carmélites du château de Peralada, le festival propose un voyage musical, depuis les Tenebrae et la contemplation de la souffrance jusqu’à la lumière et l’espoir qui jaillit miraculeusement au moment de Pâques.

Au programme, les grandes œuvres de la musique sacrée européenne, de la Renaissance au classicisme et aux débuts du romantisme. A l’honneur, la polyphonie de la Renaissance, le baroque italien, français et allemand, la musique sacrée classique, et lignes de force de cette édition 2026, recréation historique, performances historiquement informés, concours de voix et d’ensembles de renommée internationale.

 

 

TEMPS FORTS pour la SEMAINE SAINTE 2026
Un voyage musical à l’église du Carme
Recréation historique de l’oratorio Cristo condannato d’Antonio Caldara, qui dialogue pendant cette Semaine avec la ferveur lumineuse des messes de Mozart et de Schubert.

 

JEUDI SAINT, (2 avril) à 20h

Ouverture du 4ème Festival de Pâques de Perelada avec la recréation historique de l’Oratorio « Cristo condannato » du Vénitien Antonio Caldara, drame sacré créé le Jeudi saint 1717 à l’Hofkapelle de Vienne, présenté pour en première mondiale. L’œuvre est une méditation morale et spirituelle sur la justice, la culpabilité et le repentir, s’éloignant du récit conventionnel de la Passion. Caladara la tenait pour sa partition la plus expressive et intense. Le livret de Pietro Pariati évoque le procès de Jésus devant Ponce Pilate ; il intègre des figures allégoriques telles que Il Sacro Testo et L’Anima Compunta, qui donnent voix à la conscience humaine.
Le chef Dani Espasa précise : « cet oratorio n’a jamais été joué dans son intégralité à l’époque moderne, et j’ai préparé une nouvelle édition de la partition. » Par l’ensemble Vespres d’Arnadí (solistes : Ana Quintans, Maite Beaumont, Nicolas Brooymans, Montserrat Seró et Josep Ramon Olivé et le Cor Francesc Valls, dirigé par Père Lluis Biosca.

 

VENDREDI SAINT (3 avril) à 21h
Leçons de Ténèbres

Le concert du Vendredi saint William Christie et Les Arts Florissants interprètent les Leçons de Ténèbres de François Couperin, l’une des œuvres les plus intimes du baroque français. Composées en 1714 pour les religieuses du couvent de Longchamp, les pièces, destinées aux offices nocturnes du Triduum pascal, constituent un jalon dans le répertoire sacré français.

Sur la base des Lamentations de Jérémie, Couperin exprime introspection, tension dramatique et théâtralité subtile, équation subtile qui culmine au cœur du rituel liturgique. Le programme comprend aussi les œuvres de Marc-Antoine Charpentier et Marin Marais, contemporains de Couperin. Inspiré William Christie précise : « Peralada offre un cadre absolument magnifique pour cette musique. C’est un lieu d’une grande beauté avec un public aussi enthousiaste qu’expert (…) Les Leçons de Ténèbres de Couperin sont, tout simplement, l’une des pièces musicales les plus célébrées du répertoire baroque destinées à la liturgie de la semaine sainte. Ils correspondent à l’âge d’or de ce rituel théâtral, profondément émouvant. Pour moi, il représente l’un des exemples musicaux les plus captivants de cette tradition ».

Le concert offre une expérience sonore et musicale qui est aussi un théâtre des Ténèbres : l’obscurité et le silence forment une partie essentielle du rituel. À l’issue de la représentation, le Festival décernera à William Christie la Médaille d’honneur, en reconnaissance de sa carrière et de sa contribution décisive à la récréation et à la diffusion de la musique baroque.

 

SAMEDI SAINT (4 avril)
double programme 18h et 22h

Pour le Samedi Saint, un double programme aborde la mort et la transcendance de deux grandes traditions européennes : la musique sacrée baroque germanique et le répertoire de la Renaissance hispanique, dans deux interprétations complémentaires esthétiques et spirituelles.

Dans l’après-midi (18h), Lionel Meunier et Vox Luminis présentent Ein deutsches Barockrequiem, un voyage à travers la musique sacrée allemande du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle ; au programme : œuvres de Johann Scharmann, Thomas Selle, Johann Hermann Schein, Christian Geist, Andreas Hammerschmidt et Johann Förtsch. Inspiré par le Musikcaractérisent Exequien de Heinrich Schütz et en dialogue avec le Requiem ultérieur de Johannes Brahms, la sélection combine polyphonie et homophonie, solennité et contemplation ; elle construit un discours dans lequel la mort se transforme progressivement en consolation et en espoir. Pour Lionel Meunier : « Ein deutsches Barockrequiem est une sorte d’hommage à Brahms, car la source d’inspiration de ce programme est son célèbre Requiem. Cependant, nous voulions également aborder et donner un clin d’œil aux Musikcaractérisent Exequien de Heinrich Schütz, considérés comme le premier requiem allemand, même si le terme Requiem n’existe pas dans la religion protestante ».

Le soir (22h), l’église du Carme accueille l’Officium Defunctorum de Tomés Luis de Victoria, sommet de la Renaissance musicale espagnole. Composée en 1605 pour les rites funéraires de l’impératrice Marie d’Autriche, la partition monumentale intègre messe, leçons de matines, responsories et motets, déployant une polyphonie d’une profonde intensité spirituelle. Victoria atteint un équilibre solaire en fusionnant sobriété homophonique et écriture imitative raffinée, intégrant le plain-chant comme élément structurel ; Victoria édifie une cathédrale sonore qui évoque la plénitude de l’âme avant la mort, en un rituel austère et retenu.
Le chef Xavier Pastrana précise « la dernière œuvre de Tomés Luis de Victoria transcende sa fonction initiale et offre un épilogue grandiose, un rideau final luxueux, un « chant du cygne » – comme il l’affirme lui-même dans la dédicace – pour une des périodes les plus exubérantes de l’histoire de la musique ». Pour ce concert attendu, les chanteurs formeront un cercle entouré par le public et immergé dans une semi-obscurité…

 

DIMANCHE DE PÂQUES (5 avril)
Mozart et Schubert

Le Festival de Pâques conclue sa 4è édition 2026 avec une matinée consacrée à la musique sacrée de Wolfgang Amadeus Mozart et Franz Schubert par la Franz Schubert Filharmonia, sous la direction de Guillermo García Calvo, avec Yewon Han (soprano), Marcela Rahal (mezzo-soprano), Filipe Manu (ténor) et Manuel Fuentes (basse)—tous les quatre lauréats du Prix du Festival Peralada du Concours Ténor Viñas, avec le Chœur Francesc Valls.

Le programme réunit deux œuvres sacrées de Mozart : la Missa brevis en sol majeur, KV 49, et le motet Ave verum corpus, avec la Messe en sol majeur de Schubert, D 167. Écrite quand Mozart n’avait que douze ans, la Missa brevis assimile le stile antico de Salzbourg et démontre une surprenante maîtrise du contrepoint, au service d’une musique claire, concise et fonctionnelle pour la liturgie. En revanche, l’Ave verum corpus, composé dans les derniers mois de la vie du compositeur, concentre en quelques mesures une spiritualité intime et universelle, dans une écriture d’autant plus parfaite qu’elle est aussi simple qu’intensément émotionnelle.

La Messe en sol majeur de Schubert, composée à l’âge de dix-huit ans, est basée sur le même modèle de la messe courte ; elle intègre un lyrisme plus expansif et une expressivité qui anticipe son tempérament romantique. Pour Guillermo García Calvo, « il y a des liens évidents entre la messe juvénile de Mozart et la Messe en sol majeur de Schubert, D. 167. Les deux sont des Missae Breves, de courtes œuvres fonctionnelles composées par deux génies en pleine évolution. Tous deux s’appuient sur la tradition du stile antico et privilégient une mise en musique claire et directe du texte liturgique, avec un usage respectueux du contrepoint.

 

 

Création contemporaine
à l’église des Carmes :
Installation « La luz del lobo no pesa »

Les 3 et 4 avril 2026, le Festival présente à l’église des Carmes l’installation « La luz del lobo no pesa », création d’Aurora Bauzà et du Père Jou, en collaboration avec l’artiste de la lumière, Jou Serra. L’œuvre transforme l ‘écrin patrimonial en environnement immersif de lumière, claire engagement du festival pour la création contemporaine.

L’installation propose une expérience d’écoute élargie dans laquelle la perception du temps et de l’espace se dissout. L’œuvre comprend une grande structure lumineuse suspendue qui dialogue avec une création sonore inspirée des fragments sans texte du « De lamentatione Ieremiæ Prophetæ » d’Alonso Lobo, transformés en textures vocales, respirations et traces acoustiques…
Le vendredi 3 avril, l’installation est mise en dialogue avec le chœur Bruckner, sous la direction de Júlia Sesé, intégrant la voix chorale comme un élément vivant dans le dispositif spatial et lumineux. Le 3 avril à 20h et 22h30, et le 4 avril à 20h et 23h.

Le titre de la pièce joue avec le double sens de lobo — faisant référence à la fois au compositeur de la Renaissance et au mot espagnol pour « loup » : l’œuvre ainsi créée, vivante, ouvre une réflexion poétique sur l’altérité, la reconnaissance et la coexistence avec ce que nous percevons comme différent. La luz del lobo no pesa constitue la première phase d’un processus créatif qui culminera avec LOBO, une pièce théâtrale qui sera présentée cet été au Festival Grec de Barcelone.

 

Conférences, rencontres, échanges
Confluences : contexte et expériences parallèles
La 4ème édition du Festival de Pâques de Peralada ne se limite pas uniquement aux concerts. Elle propose un programme de « confluences » qui permet au public d’approfondir les contextes historiques, artistiques et spirituels des œuvres interprétées. Ces rassemblements, organisés avec la collaboration d’entités culturelles telles que Amics del Liceu, le Cercle Royal de l’art ou le Musée Castell Perelada, comprennent conférences, conversations … autant de propositions qui transforment l’expérience sonore en un voyage culturel plus complet, avec une attention particulière à la Semaine Sainte et au patrimoine artistique européen.

 

 

 

Abonnements et vente de billets :
Abonnements et vente à l’unité, prix des billets entre 7 € à 70 €. Toutes les offres sur le site du Festival de Perelada Pâques 2026 : https://www.festivalperalada.com
https://www.festivalperalada.com/ca/programacio/

 

 

 

 

 

 

entretien

ENTRETIEN avec ORIOL AGUILA, directeur artistique du Festival de Perelada, à propos de la 4ème édition du Festival de Pâques de Perelada (2 au 5 avril 2026)…

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment cette nouvelle édition 2026 s’inscrit-elle par rapport aux précédentes ? Quelle est la ligne artistique qui lui donne de la cohérence ?
ORIOL AGUILA : L’édition 2026 approfondit l’essence de la célébration de Pâques : un voyage à travers la spiritualité, la beauté et le patrimoine musical européen. Cette année, nous réaffirmons notre volonté de conjuguer tradition et découverte. Nous avons misé sur des projets de recréation historique, comme l’interprétation intégrale de l’oratorio Cristo condenado d’Antonio Caldara, et nous avons invité de grandes figures internationales du répertoire sacré, tels William Christie ou Vox Luminis.
La ligne artistique qui inspire tout le programme est claire : un dialogue entre des regards différents sur la transcendance, la mort et l’espoir, depuis le baroque italien, français et allemand jusqu’à la Renaissance hispanique et la musique sacrée classique. Il s’agit d’une édition profondément cohérente avec l’identité du festival, mais aussi ouverte à de nouvelles sensibilités.
Le Festival de Pâques s’est consolidé en trois éditions et constitue déjà un rendez-vous incontournable dans le paysage musical, dans le sillon des grands festivals européens. Il rassemble les mélomanes qui cherchent ce moment de recueillement dans un environnement de beauté, et à un moment de l’année propice pour le repos musical et spirituel, dans une dimension culturelle au-delà de la foi ou des croyances de chacun. Nous l’avons programmé avec la conviction de mettre en valeur un patrimoine et un univers musical qui méritent d’être redécouverts. / Photo : Oriol Aguila © Miquel Gonzalez.

 

 

CLASSIQUENEWS :  Quels sont les points forts 2026 ?
ORIOL AGUILAR : Cette année, nous parcourons principalement deux siècles de patrimoine musical autour du répertoire sacré.
Il faut souligner, sans aucun doute, la recréation de l’oratorio de Caldara, une œuvre oubliée qui n’avait pas été interprétée intégralement de nos jours, et dans notre pays et qui représente un tournant musicologique et artistique. La présence de William Christie et Les Arts Florissants, qui offriront les Leçons de Ténèbres de Couperin, un joyau du baroque français, est également particulièrement pertinente.
Le samedi, nous avons présenté un double programme qui dialogue entre deux grandes traditions : le monde sacré germanique avec Vox Luminis et l’Officium Defunctorum de Thomas Louis de Victoria, l’un des sommets de la Renaissance. Et la matinée du dimanche de Pâques clôt le festival avec Mozart et Schubert, montrant les liens et les contrastes entre deux génies séparés par des générations.

 

 

CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous nous présenter les lieux où se déroulent les concerts ? Comment ces espaces contribuent-ils à la magie du Festival ?
ORIOL AGUILAR : Le Festival de Pâques de Perelada se vit dans des espaces patrimoniaux qui non seulement accueillent les concerts, mais les transforment. L’église du Carmen est un lieu idéal pour les programmes méditatifs : son acoustique enveloppante, la pénombre et son architecture historique apportent une profondeur spirituelle difficile à trouver dans d’autres décors. Là, le public n’écoute pas seulement de la musique : il la ressent comme un rituel.
Le cloître du Carmen, en revanche, est un espace de transition entre passé et présent. Cette année, nous l’avons transformé en un environnement immersif avec de la lumière et du son pour l’installation contemporaine. Sa sérénité architecturale et sa beauté austère permettent à l’art de respirer avec une intensité unique. Ce sont des espaces qui font du festival une expérience qui ne pourrait exister ailleurs.

 

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il des nouveautés cette année ? Lesquelles et pourquoi ?
ORIOL AGUILAR : Oui, il y a précisément cette incorporation du cloître dans la programmation de Pâques, comme scène de création contemporaine avec l’installation performative où l’intégration nouvelle de la lumière ne pèse pas ; elle transforme le cloître en une expérience immersive.
En outre, cette édition intègre également des nouveautés importantes. Le plus remarquable est comme vous l’avez compris, la recréation du Cristo condannato de Caldara, avec une nouvelle édition musicale de Dani Espasa. Nous avons également ajouté un espace plus étoffé pour la création contemporaine avec l’installation dans le cloître, renforçant ainsi l’idée que la spiritualité peut être explorée à partir des langages actuels.
En outre, le Coro Francesc Valls débute comme artiste résident du festival, ce qui nous permet de tisser un projet artistique sur la durée et en  profondeur. Et un autre moment spécial sera la remise de la médaille d’honneur à William Christie, une figure essentielle dans la recréation du répertoire baroque.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expérience vit chaque spectateur pendant les concerts ? Que veut transmettre le festival ?
ORIOL AGUILAR : Le Festival de Pâques Perelada veut offrir beaucoup plus qu’une succession de concerts : il cherche à créer une expérience complète, intime capable de transformer. Chaque spectateur vit la musique comme un voyage intérieur, un espace de silence, entre beauté et contemplation. Les programmes, centrés sur la musique sacrée et présentés dans des espaces patrimoniaux uniques, permettent une écoute profonde, presque rituelle. L’objectif est que chaque personne trouve sa propre connexion avec la transcendance, soit à partir d’une lecture spirituelle ou d’une émotion purement esthétique.
En outre, le public a la possibilité de profiter d’un environnement privilégié, entouré par la nature, l’histoire et la sérénité, prolongeant ainsi le sentiment de retraite culturelle. L’offre gastronomique de notre Resort – des propositions de chefs étoilées distingués par le Michelin, aux expériences plus informelles – permet de profiter de la cuisine de l’Empordà avec un niveau d’excellence qui complète naturellement l’expérience artistique.
Les jardins, les visites du musée et de la cave emblématique signées par les architectes RCR, les vins locaux et l’atmosphère de bien-être font du séjour un refuge sensoriel.  Sans omettre le confort de notre hôtel Perelada. Assister au festival de Pâques signifie s’offrir un week-end de culture, de repos et de plaisir esthétique.

 

Propos recueillis en mars 2026

 

 

 

 

Toutes les informations, la billletterie sur le site du Festival de Perelada / Festival de Pâques, du 2 au 5 avril 2026 – 1er week end d’avril 2026 :
Programation – Festival Castell de Peralada
https://www.festivalperalada.com/fr/programacio/?utm_source=classiquenews&utm_medium=affiliate&utm_campaign=pasqua2026

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS. Rock Symphonic / Jon Lord. Les 4 et 5 avril 2026. Marius Stieghorst (direction)

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L’émotion avec un grand « O »… comme Orchestre. Ce programme événement défendu par les instrumentistes du Symphonique d’Orléans ne contredira pas l’intention générale de l’orchestre Orléanais pour cette nouvelle saison 2025 – 2026. Le mélange des genres inspire un cycle orchestral qui séduira le plus grand nombre et permet de (re)découvrir nombre de standards du rock éternel dont évidemment l’inusable « Bohemian Rhapsody » du génie hors normes Freddy Mercury, compositeur pour Queen. Depuis sa création en 1921, l’OSO ne cesse de se renouveler ; il le montre cette saison qui est celle des 10 années d’un compagnonnage artistique exceptionnel avec son directeur musical, Marius Stieghorst.

 

 

L’Orchestre Symphonique d’Orléans invite un collectif prometteur qui a su réinventé la fusion du rock et de l’orchestre. À contre – courant des simples orchestrations de titres rock, Deep Purple et le London Symphony Orchestra créent en 1969 un véritable concerto en trois mouvements, composé par le clavieriste Jon Lord. Le triptyque révolutionnaire rencontre un immense succès jamais démenti depuis, et devenu un modèle des concerts métissés entre instruments classique et rock. En 1999, alors que le groupe souhaitait la jouer à nouveau, toutes les partitions étaient perdues … C’est avec l’aide de Marc de Goeij que Jon Lord réussit à retranscrire les partitions, en y apportant quelques modifications aujourd’hui délectables. La fusion inédite entre rock et musique classique s’invite à Orléans pour un mariage jubilatoire !

 

Orchestre Symphonique d’Orléans
Marius Stieghorst, direction
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ROCK SYMPHONIC / Jon Lord
Samedi 4 avril 2026 à 20h30
Dimanche 5 avril 2026 à 16h
Orléans, Théâtre d’Orléans
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans :
https://www.orchestre-orleans.com/%C3%A9v%C3%A8nement/concert-de-noel/

 

 

 

Programme

John LORD /
Concerto pour groupe et orchestre

Led ZEPPELIN / Stairway to heaven

DEEP PURPLE / Smoke on the water

QUEEN / Bohemian Rapsody

GROUPE DE ROCK
Baptiste DUBREUIL (clavier)
Regis SAVIGNY (guitare)
Bruno RAMOS (basse)
Bertrand HURAULT (batterie)
Élodie PETIT-BAGNARD

 

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Prochain concert événement
de l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
samedi 6 et dimanche 7 juin 2026
Programme GABRIEL FAURÉ : Requiem, Dolly, Cantique de Jean Racine
Accompagné du Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans, l’OSO
présente un concert consacré à Gabriel Fauré et à son idée musicale. De
l’intimité mélodique d’Après un rêve et la douceur enfantine de Dolly à
l’émotion profonde du Cantique de Jean Racine, ce programme culmine
avec le sublime Requiem, méditation lumineuse sur la paix et l’éternité. Un
programme empreint de grâce et de sérénité.
Direction : Marius Stieghorst
Chœur Symphonique
du Conservatoire d’Orléans
Cheffe de chœur : Emilie Legroux
Soprano : Daphne Corregan
Baryton : Virgile Frannais
Théâtre d’Orléans – Salle Touchard
Durée : 1 h 45 – avec entracte
INFOS et Réservations directement sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.orchestre-orleans.com/%C3%A9v%C3%A8nement/entre-danube-moldau/

 

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