mercredi 14 octobre 2026
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CHEFS. L’Opéra de Paris confirme la nomination du chef Semyon Bychkov comme directeur musical dès le 1er août 2028

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Dans un communiqué daté de ce jour (mardi 6 janvier 2026), Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris, annonce la nomination de Semyon Bychkov au poste de directeur musical à compter du 1er août 2028, pour une durée de quatre saisons. Semyon Bychkov exercera les fonctions de directeur musical désigné à compter du 1er août 2026.

 

 

 

Découvrir la saison en cours de l’Opéra national de Paris : https://www.operadeparis.fr/

Photo : DR / Opéra national de Paris

 

 

 

Reconnu pour « sa maîtrise conjointe des répertoires symphonique et lyrique, et par l’attention qu’il porte au dialogue entre l’orchestre, les voix et la scène », Semyon Bychkov ouvre ainsi un nouveau chapitre du projet artistique d’ Alexander Neef, directeur de la Maison parisienne.
Avant sa prise de fonction pleine et entière en 2028, le 1er août 2026, Semyon Bychkov assumera, en tant que « directeur musical désigné », le suivi de la qualité artistique de l’Orchestre, des Chœurs et des chefs de chant ; il participera aussi à l’élaboration de la programmation et aux principaux concours de recrutements de musiciens.
Comme directeur musical, Semyon Bychkov dirigera 2 productions lyriques et 6 programmes de concerts symphoniques chaque saison, à Paris et en tournée.
Le chef russe né à Saint-Petersbourg, émigré au USA en 1975, qui vit en Europe depuis 1985, a déjà travaillé avec les équipes artistiques de l’Opéra de Paris. Il a même tissé depuis près de vingt ans, un lien étroit avec la Maison à travers des productions majeures dont : Un bal masqué (2007), Tristan et Isolde (2008), Elektra (2022), bientôt Eugène Onéguine (2026) —, la première tournée lyrique au Japon en 2008, ainsi que des projets symphoniques, tels que le concert consacré à Richard Strauss et à Dimitri Chostakovitch en 2009 et la participation au Festival Ravel avec un programme dédié à Antonín Dvořák en 2023.
Le nouveau directeur musical saura conjuguer symphonique et lyrique de manière équilibrée. « Son action s’inscrira dans le dialogue constant entre la scène et la fosse, fondé sur une exigence artistique partagée » précise Alexander Neef.
De son côté, Semyon Bychkov déclare : « le fondement de toute maison d’opéra réside dans l’excellence de son orchestre et de son chœur. À l’Opéra de Paris, le talent de chacune de ces formations leur confère une identité singulière, qui n’appartient qu’à elles. Dans un monde musical aujourd’hui largement uniformisé, cette singularité et cette fidélité à l’art constituent des valeurs précieuses à préserver. La culture, le patrimoine et le peuple français sont pour moi une source inépuisable d’inspiration : depuis plus de 35 ans, c’est en France que je me sens chez moi. »

 

BIOGRAPHIE
Né à Saint-Pétersbourg, Semyon Bychkov émigre aux États-Unis en 1975 et vit en Europe depuis le milieu des années 1980. De 1989 à 1998, il est directeur musical de l’Orchestre de Paris, puis principal chef invité de l’Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg (1990-1994), chef principal de l’Orchestre symphonique WDR de Cologne (1997-2010) et du Semperoper de Dresde (1998-2003). Chef d’orchestre et directeur musical du Philharmonique tchèque depuis 2018, Semyon Bychkov et l’Orchestre ont donné de nombreux concerts à Prague, mais ont également effectué de nombreuses tournées en Europe, en Asie et aux États-Unis.
L’année 2024, année de la musique tchèque, a été marquée par l’enregistrement de Má vlast de Bedřich Smetana et des Symphonies n° 7, 8 et 9 de Antonín Dvořák. Au printemps 2026, PENTATONE sortira le coffret des symphonies de Mahler enregistrées avec l’Orchestre au cours des huit dernières saisons.
Semyon Bychkov a été nommé Chef d’orchestre de l’année aux International Opera Awards en 2015 et par Musical America en 2022.

 

À la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, Semyon Bychkov a dirigé :

– Un bal masqué de Giuseppe Verdi, dans la mise en scène de Gilbert Deflo, en 2007 à l’Opéra Bastille.
– Tristan et Isolde de Richard Wagner, dans la mise en scène de Peter Sellars, en 2008 à l’Opéra Bastille et lors de la tournée lyrique au Japon.
– Le programme Métamorphoses de Richard Strauss et la Symphonie n°7 « Leningrad » de Dimitri Chostakovitch à l’Opéra Bastille en 2009.
– Elektra de Richard Strauss, dans la mise en scène de Robert Carsen, en 2022 à l’Opéra Bastille.
– Le concert consacré à Antonín Dvořák en 2023 lors du Festival Ravel à Saint-Jean de Luz, avec Carnaval, ouverture symphonique, Dans la Nature, ouverture symphonique, et la Symphonie n° 9 « Du Nouveau Monde ».

Lors de la saison 25/26 de l’Opéra national de Paris, Semyon Bychkov dirige Eugène Onéguine dans la mise en scène de Ralph Fiennes du 23 janvier au 15 février 2026 au Palais Garnier.

 

 

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Rougemont), le 3 janvier 2026. Asmik GRIGORIAN (soprano), Tommaso LEPORE (pianiste)

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Pour continuer en apothéose la 20ᵉ édition du Gstaad New Year Music Festival – après les récitals de Vittorio Grigolo, Cecilia Bartoli, Placido Domingo, Marina Viotti (l’avant-veille 1er janvier) et du duo M. Spyres / A. Bartoli (le 2) -,  il fallait une artiste capable de résumer en une soirée toute la magie de l’art lyrique. La programmation a trouvé son joyau absolu : la soprano lituanienne Asmik Grigorian, accompagnée par le pianiste italien Tommaso Lepore, a offert à l’Eglise de Rougemont un récital qui restera gravé dans la mémoire des Happy Few présents. Devant un public conquis d’avance, la diva a une nouvelle fois prouvé qu’elle est bien – à nos yeux – la plus grande gloire lyrique de notre époque !

 

Née à Vilnius en 1981, fille de deux grandes voix (le ténor arménien Gegam Grigorian et la soprano lituanienne Irena Milkevičiūtė), Asmik Grigorian a forgé son art dans les plus prestigieuses écoles de chant avant de faire ses débuts scéniques en 2004. Depuis, sa carrière n’a été qu’une succession de triomphes : saluée comme « Young Female Singer » aux International Opera Awards de Londres en 2016, elle conquiert Salzbourg (Marie dans Wozzeck en 2017), le Metropolitan Opera (Cio‑Cio‑San en 2024), la Royal Opera House, le Bolchoï, La Scala… Son répertoire, de Puccini à Strauss, de Verdi à Janáček, révèle une artiste totale, aussi à l’aise dans le drame vériste que dans les partitions les plus exigeantes. Aujourd’hui, chaque apparition est un événement mondial…

D’emblée, Asmik Grigorian a saisi l’auditoire par le silence même qui précède la musique. Puis, la voix s’est élevée, non comme un cri, mais comme une confidence portée par la brume. Dans l’air où Cio-Cio-San (« Un bel di vedremo« ) imagine le retour de son amant, Grigorian a tissé une toile d’espoir d’une fragilité à vous fendre l’âme. Ce n’était pas une héroïne naïve, mais une femme dont la foi absolue devenait, note après note, une tragédie en suspens. Sa voix, d’un velours lumineux, planait sur la ligne de chant, les pianissimi semblant venir de l’intérieur du cœur. Le fameux « Ed entra nella nostra casetta » fut un sourire dans la voix, une image si parfaite qu’on en retenait son souffle. Un chef-d’œuvre d’intimité et de pressentiment.

Changement d’atmosphère total ensuite. D’un simple port de tête, d’un léger sourire, la chanteuse s’est métamorphosée en Musetta, coquette et souveraine. La valse de Puccini « Quando m’en vo » (extrait de « La Bohème« ) a pris sous ses accents un charme irrésistible et espiègle. La voix, cette fois, jouait avec l’auditoire, lançant des piques d’argent et des couleurs chaudes. Le crescendo sur « così l’effetto di quel vezzo » fut un éclat de joie pure, une séduction triomphante qui a illuminé la nef de l’église. Un moment de pur bonheur vocal.

Puis, ce fut le fameux « Vissi d’arte » (« Tosca« ), du même Puccini, délivré ici comme une prière désespérée, un dialogue brisé avec le ciel. La voix, d’une clarté de cristal teintée d’une ombre rauque, portait toute l’incompréhension et la colère sacrée de l’héroïne. Le pianissimo sur « Perchè me ne rimuneri così? » (« Pourquoi me récompenses-tu ainsi ? ») était à peine audible, un souffle de douleur qui en disait plus qu’un cri. Ce fut un moment d’une intensité dramatique insoutenable, un chef-d’œuvre de déclamation lyrique.

Son « Sola, perduta, abandonata » (extrait de Manon Lescaut) fut d’un désespoir absolu. Grigorian a offert ici une leçon de construction dramatique. Commençant dans un halètement éperdu, une errance vocale, la voix a peu à peu trouvé une force désespérée. Les phrases se brisaient, se reconstruisaient dans un effort surhumain. Le cri de « Ah, non voglio morir! » (« Ah, je ne veux pas mourir ! ») n’était pas un effet opératique, mais un réflexe vital, un sursaut de l’être face à l’abîme. L’accompagnement tourmenté de Tommaso Lepore ajoutait à ce paysage de fin du monde. Aucune emphase, seulement la nudité terrible de l’agonie.

Sommet d’intelligence et de sensibilité. Grigorian, immobile, a fait de « L’air de la lettre » de Tatiana (« Eugène Onéguine« ) une présence bouleversante de jeunesse et de gravité. Chaque mot du russe (qu’elle prononce avec un naturel « natif ») était chargé d’un sens palpable. On entendait les palpitations du cœur, les hésitations de la plume, l’élan fou de l’aveu, puis la retombée dans le doute. Son médium, d’une chaleur inouïe, irradiait la fièvre amoureuse, tandis que les aigus, étouffés, traduisaient la peur. C’était du théâtre pur, servi par un legato d’une fluidité envoûtante. Un absolu de narration lyrique.

Puis la magie a changé de nature. Plus de drame terrestre, mais une évocation lunaire et surnaturelle dans « La chanson à la Lune » extrait de Rusalka de Dvorak. La voix de Grigorian s’est faite éther, vibrante de mélancolie et de mystère. Les couleurs étaient différentes : des argent, des bleus nocturnes, une transparence aérienne. L’invocation à la lune (« Měsíčku ») était une plainte céleste, d’une douceur infinie et d’une solitude cosmique. On croyait voir la nymphe des eaux errant dans les bois. Un moment de pure poésie sonore, suspendu hors du temps.

Pour conclure le programme, la soprano a déchaîné les forces obscures, avec le terrible « Vieni, t’affrettta » extrait de Macbeth de Verdi. Lady Macbeth est née sous nos yeux. La voix a pris une couleur plus sombre, métallique, impérieuse. L’agitation fiévreuse des premières mesures s’est transformée en une détermination de fer. Dans les fioritures et les sauts dramatiques, Grigorian a montré une agilité et une puissance démoniaque. Le grave était charnu, menaçant, et les aigus perçaient l’air comme des lames. C’était terrifiant et fascinant, une incarnation totale de l’ambition dévorante. L’énergie qu’elle a libérée était électrisante.

Pour apaiser cette tempête, elle a choisi la prière ultime de Desdémone. Dans ce bis offert comme un baume, toute la tension dramatique s’est résolue en une douceur angélique. La ligne de chant, d’une simplicité sublime, s’est élevée comme une offrande. Chaque note était un soupir de résignation et d’espoir. Ce fut un retour à la paix, une bénédiction vocale qui a laissé le public dans un silence religieux, comblé et bouleversé.

À ses côtés, Tommaso Lepore a bien plus qu’accompagné : il a dialogué, porté, magnifié la voix. Lauréat de plusieurs concours internationaux, Lepore a déployé une sonorité raffinée et une sensibilité qui ont fait merveille dans les pièces solistes. Son Menuet de Ravel fut un moment de pure poésie, tandis que l’Intermezzo de Brahms a révélé une profondeur introspective. En véritable partenaire, il a offert à Grigorian un écrin pianistique d’une souplesse et d’une couleur rares.

À la dernière note de l’« Ave Maria » d’Otello (donné en bis), la salle s’est levée d’un seul mouvement. Les ovations ont duré de longues minutes, scandées par des « Brava ! » et même des « Grandissima ! ». Le public, visiblement sous le choc, ne voulait plus la lâcher ! Car Asmik Grigorian ne se contente pas de chanter l’opéra ; elle l’incarne, le vit, le transmet avec une intensité qui bouleverse. Dans un monde lyrique parfois en quête de modèles, Asmik Grigorian brille d’une lumière propre : celle d’une artiste totale, exigeante, généreuse. Alors, « la plus grande gloire lyrique de notre époque ? »… Pour tous ceux qui étaient présents ce 3 janvier, la réponse ne fait plus aucun doute !

 

 

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Rougemont), le 3 janvier 2026. Asmik GRIGORIAN (soprano), Tommaso LEPORE (pianiste). Crédit photographique (c) Patricia Dietzi

 

 

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CHÂTEAU DE VERSAILLES SPECTACLES, sam 31 janvier 2026. SALOMON : Médée et Jason (version de concert). A nocte temporis, Reinoud von Machelen (direction)

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Reinoud von Machelen retrouve les ors de Versailles. Après Céphale et Procris d’Élisabeth Jacquet de La Guerre, l’ensemble belge et son chef-ténor, ressuscitent un nouvel opéra composé pour Versailles en 1713, signé Joseph-François Salomon, compositeur oublié qui revient à la lumière …

 

Le mythe de Médée et Jason inspire de nombreux compositeurs et librettistes ; parmi eux, Marc-Antoine Charpentier (Médée, 1793) sommet lyrique dans le genre de la tragédie en musique. Le ténor et chef Reinoud Van Mechelen, avec son ensemble « a nocte temporis » choisit la version de Joseph-François Salomon, parue vingt ans après celle de Charpentier : son Médée et Jason de 1713 aujourd’hui tombé dans l’oubli, a néanmoins connu une belle popularité au XVIIIe siècle : l’ouvrage est repris à plusieurs reprises à La Monnaie de Bruxelles en 1726. Le librettiste, l’abbé Simon-Joseph Pellegrin, futur librettiste d’Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau (1733), privilégie une lecture très psychologique, exploitant toutes les nuances de la passion entre les deux amants maudits, la fière et passionnée Médée et Jason qui l’abandonne. Les héros sont tiraillés, en proie aux doutes, jalonnant une version complexe donc captivante d’un point de vue émotionnel. Salomon en exprime secousses, vertiges, tensions les plus spectaculaires et les plus intimes, en particulier dans une écriture musicale aussi élaborée que personnelle et puissante. Recréation événement.

 

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SALOMON : Médée et Jason
opéra en version de concert
Tragédie en musique en cinq actes sur un livret de Simon-Joseph Pellegrin,
créée à l’Académie royale de musique en 1713.
VERSAILLES, Château / Grande salle des Croisades
Samedi 31 janvier 2026, 19h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Château de Versailles Spectacles : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/salomon-medee-et-jason/
3h – dont 1 entracte

 

 

distribution

Floriane Hasler, Médée
Mélissa Petit, Créuse
Annelies Van Gramberen, Europe, Cléone
Jehanne Amzal, Melpomène, Nérine
Reinoud Van Mechelen, Jason
Cyril Costanzo, Créon

Solistes du Chœur de Chambre de Namur
Virginie Thomas : Une Corinthienne, Une magicienne, Une nymphe, Une matelote
Renaud Tripathi : Un matelot (trio et air), 1ère Furie
Maxime Melnik : Un Corinthien, Un magicien, Un plaisir, Un garde, 2e matelot
Samuel Namotte : Arcas, 2e Furie
Philippe Favette : Un démon, 3e matelot, 3e Furie

Chœur de Chambre de Namur
a nocte temporis
Reinoud Van Mechelen, direction

 

 

Après Céphale et Procris d’Élisabeth Jacquet de La Guerre, l’ensemble belge et son chef se réjouissent d’interpréter pour la deuxième fois une tragédie lyrique en version concert.

Ce programme sera enregistré en CD à paraître au label Château de Versailles Spectacles. Coproduction Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, a nocte temporis.

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Rougemont), le 2 janvier 2026. Michael Spyres (ténor), Anastasia Bartoli (soprano), Vincenzo Scalera (piano)

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Alors que le Gstaad New Year Music Festival célèbre avec faste sa 20éme édition, offrant au public une vraie litanie de stars – P. Domingo, V. Grigolo, C. Bartoli, X. Anduaga ou encore Marina Viotti entendue la veille -, le concert « Lovers Forever Arias » du 2 janvier en l’Eglise de Rougemont a présenté un cas d’école fascinant sur les défis d’un remplacement sans changement de programme adéquat. Réunissant pour la première fois sur scène le ténor américain Michael Spyres et la soprano italienne Anastasia Bartoli – appelée pour remplacer Nadine Sierra –, cette soirée a surtout mis en lumière un décalage frappant entre une puissance vocale débridée et l’acoustique exigeante du lieu.

 

La soirée s’est ouverte sur un choix artistique révélateur. Anastasia Bartoli, dont la carrière a débuté dans le hard-rock avant de triompher dans le répertoire dramatique de Rossini, a abordé l’air « Una voce poco fa » du Barbier de Séville par une interprétation qui a surtout souligné l’inadéquation d’une voix aussi ample et puissante avec les fines coloratures de Rossini. Le caractère espiègle et manipulateur de Rosina s’est trouvé noyé sous une projection sonore constante et peu nuancée, un phénomène qui s’est reproduit dans « Ebben, ne andrò lontano » de La Wally, où le drame était traduit par une intensité uniforme plutôt que par un gradient émotionnel.

Ce malaise stylistique trouve son origine dans les circonstances du concert. Comme l’explique la directrice artistique Caroline Murat, Anastasia Bartoli n’a pas été choisie comme une « star de remplacement », mais comme une « jeune artiste » à qui on offre une opportunité, suivant ainsi « l’esprit du festival ». Cette noble intention a toutefois conduit à conserver le programme initialement prévu pour Nadine Sierra, soprano au timbre lyrique et agile, ce qui s’est avéré être une erreur manifeste de casting. Le contraste était particulièrement saisissant dans des pièces comme « I Could Have Danced All Night » (« My Fair Lady« ) ou l’air « O mio babbino caro » (« Il Trittico« ), où la légèreté et l’innocence requises ont cédé la place à un lyrisme opératique trop lourd, transformant l’émotion simple en déclaration tonitruante.

 

 

Face à cette tempête vocale, Michael Spyres a fait preuve de son habituelle maestria technique, naviguant avec aisance entre le baryton de Figaro (« Largo al factotum ») et le ténor dramatique de Canio dans « I Pagliacci » (« Vesti la giubba »). Cependant, la performance du baryténor américain a semblé contrainte par deux facteurs externes. D’une part, dans les duos de La Bohème ou de La Traviata, il devait constamment ajuster sa projection pour trouver un équilibre face à la puissance de sa partenaire, ce qui a parfois étouffé la subtilité de ses phrases. D’autre part, et c’est un point crucial, il a dû composer avec des tempi imposés par le pianiste italien Vincenzo Scalera. Contrairement à la description d’un accompagnateur à l’écoute de ses partenaires, Scalera a mené l’ensemble de la soirée à un train d’enfer, abordant les accompagnements comme ses soli pianistiques (telle la Mazurka de Lecuona) avec une urgence rythmique constante. Cette course effrénée a mis à rude épreuve le chant de Michael Spyres, notamment dans les passages de bravoure, l’obligeant à suivre le piano plutôt que de modeler le temps musical. Cette absence de respiration et de rubato a privé nombre d’airs de leur dimension poétique et dramatique, réduisant la musique à une suite de notes brillantes mais précipitées.

Il serait injuste de nier l’engagement physique et vocal total des artistes, qui a effectivement soulevé de vifs applaudissements. Le public a salué l’énergie dépensée et le spectacle offert. Toutefois, dans le cadre sacré et acoustiquement si particulier de l’église de Rougemont – un lieu où, comme le rappelle Caroline Murat, « les artistes redécouvrent le contact direct avec leur public » – cette surenchère de décibels et de vitesse est apparue contre-productive.

La magie du Gstaad New Year Music Festival réside dans l’intimité et l’authenticité des rencontres musicales. En ce soir du 2 janvier, la volonté de livrer un « show » a malheureusement pris le pas sur l’écoute mutuelle et le service de la musique – et l’expérience rappelle avec force que le remplacement d’une artiste de premier plan doit s’accompagner d’une révision intelligente du programme, sous peine de créer un dissonance entre l’instrument, le répertoire et l’esprit du lieu…

 

 

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Rougemont), le 2 janvier 2026. Michael Spyres (ténor), Anastasia Bartoli (soprano), Vincenzo Scalera (piano). Crédit photo (c) Patricia Dietzi

 

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, opéra municipal, le 4 janvier 2026. ROSSINI : Le Barbier de Séville. Eléonore Pancrazi, Vito Priante, Santiago Ballerini… Pierre-Emmanuel ROUSSEAU / Alessandro CADARIO 

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Il y a du Rossini dans Rousseau ! Pierre-Emmanuel Rousseau est le metteur en scène qui a monté le Barbier de Séville sur la scène de l’Opéra de Marseille pour les fêtes de fin d’année. L’esprit de Rossini traverse son spectacle d’un bout à l’autre. C’est totalement réjouissant. Rousseau déborde de (bonnes) idées. La première consiste… à ne rien faire pendant l’ouverture orchestrale ! Le rideau reste fermé. Cela permet d’apprécier au plus haut niveau l’excellente performance de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille et du chef italien Alessandro Cadario. 

 

Ensuite, Rousseau se rattrape. Il est partout, de cour à jardin. Il ne lâche rien, s’occupe de tout. Il se passe quelque chose dans tous les coins et recoins. Le décor : trois murs aux couleurs franches, une statue de la Vierge au centre (on n’est pas pour rien à Séville !), un balcon sur les côtés — car il n’est pas d’histoire d’amour sans balcon. Et puis des volets aux fenêtres. Des volets qui s’ouvrent, se ferment, épient, conspirent, participent à l’action, et claquent lors de l’orage final. Ces persiennes sont de vrais personnages ! Les scènes de groupe sont d’une éclatante réussite. En revanche, dans les moments solistes, le metteur en scène en fait trop. Ainsi, dans le célèbre air « Una voce poco fa », Rosine chante d’abord couchée, puis se relève, participe aux va-et-vient de tas de personnages, se… trempe les pieds dans une piscine en relevant sa jupe… et quoi encore ? Il est difficile de soigner sa ligne de chant quand on gesticule autant !

Et pourtant, elle a de bien belles qualités, cette Eleonore Pancrazi, interprète de Rosine ! Elle possède des graves solides, des aigus francs, un legato admirable, une belle agilité, un beau timbre. Bref, elle a tout ce qu’il faut. La distribution est cependant dominée par le Figaro de Vito Priante. La voix porte, l’allure est franche, l’humour naturel, la présence évidente. Il a l’abattage, la drôlerie, la vitalité – tout ce qu’on attend de Figaro, ce barbier qui rit en rasant. Le ténor argentin – au prénom chilien et au nom dansant -, Santiago Ballerini, est l’exemple même du tenore di grazia. Son timbre séduit. À un moment, Figaro le traite de « Pavarotti ». C’est quand même excessif… mais la salle rit ! Très bon Basile d’Alessio Cacciamani. Prétendre le contraire relèverait de la calomnie ! Marc Barrard nous offre le Bartolo qu’on espérait de lui : c’est-à-dire le meilleur. Le Chœur de l’Opéra de Marseille participe à l’action avec une belle vigueur, une cohésion virile, jouant avec leurs capes colorées à la façon de toréadors. Oui, à aucun moment on n’oublie qu’on est en Espagne !

Tout cela bouge, vit, vibre, pétille. Avec un tel Barbier , on est – pour reprendre le titre d’une célèbre série télé marseillaise – dans Plus belle la vie !…

 

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, opéra municipal, le 4 janvier 2026. ROSSINI : Le Barbier de Séville. Eléonore Pancrazi, Vito Priante, Santiago Ballerini… Pierre-Emmanuel ROUSSEAU / Alessandro CADARIO. Crédit photo (c) Christian Dresse

 

 

 

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GENEVE, LA CITÉ BLEUE. « Les Dinos et l’Arche », les 3, 4, 6 et 7 février 2026. Mini opéra à partir de 10 ans (Première mondiale)

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Entouré d’acteurs-chanteurs, Leonardo Garcia-Alarcon et 10 instrumentistes de son ensemble La Capella Mediterranea réalisent un spectacle total : « Les Dinos et l’Arche« , présenté en création mondiale, à vivre en famille avec parents et enfants (à partir de 10 ans), à la fois onirique et aussi philosophique qui permet de questionner notre propre société… A travers le sort des dinosaures et des mammifères se joue la destinée de notre monde.

 

Hélas, les dinosaures, si admirés par les enfants de tous âges, ont disparu. Bien sûr, dans les livres, on parle d’une météorite qui a dévasté la planète. Le spectacle permet de suggérer un autre scénario : et si les dinosaures avaient raté l’Arche de Noé à cause d’un cadran solaire déréglé par les nuages ?

Dans cette fable musicale, Charles Darwin lui-même, avec sa charmante Iguane recueillie sur l’archipel Galápagos, remonte le temps : il offre ainsi une seconde chance aux grands reptiles. À bord d’un vaisseau fantastique, les dinosaures partent alors en quête d’une plante magique qui pourrait les sauver du Déluge, en les métamorphosant en oiseaux… Poétique et grave, satirique et tendre, l’action des Dinos et l’Arche réunit humains, animaux et créatures disparues dans une société en mutation, miroir déformant mais révélateur de la nôtre. Dans un tourbillon d’émotions, de dialogues absurdes, éclats de rire et de métamorphoses spectaculaires, les dinosaures doivent s’adapter pour survivre dans un monde voué à l’extinction… Cela évoquerait-il quelque chose ?

Porté par une distribution haute en couleur, un ensemble instrumental de dix musiciens, et l’inventivité scénique de Julien Condemine, ce mini-opéra aux allures de voyage spatio-temporel se nourrit de l’héritage baroque pour mieux questionner notre époque. Visuellement audacieux, musicalement savoureux, et brillamment dirigé par Leonardo García-Alarcón, Les Dinos et l’Arche est un opéra pour les esprits curieux de tous âges.

 

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Les Dinos et l’Arche
mini opéra à partir de 10 ans
4 représentations événements
Du 3 au 7 février 2026
Mardi 3 février 2026 à 19h30

Mercredi 4 février 2026 à 19h30
Vendredi 6 février 2026 à 19h30
Samedi 7 février 2026 à 19h30
Les Dinos et l’Arche, un opéra darwiniste, une fable dystopique
Musique de Thomas Leininger (*1981)
Livret de Cédric Costantino (*1974) et Tina Hartmann (*1973)
Première mondiale en français à La Cité Bleue

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de La Cité Bleue à Genève : https://lacitebleue.ch/evenement/les-dinos-et-larche/

Durée : 1 heure 20 minutes, sans entracte
distribution

 

Thomas Leininger, compositeur
Cédric Costantino et Tina Hartmann, livret
Cédric Costantino, Myrielle Schnewlin & Thomas Leininger, adaptation française
Julien Condemine, mise en scène
Nikolett Kuffa, assistante à la mise en scène
Margaux Blanchard, dramaturgie
Hélène Fief, scénographie
Sylvain Wavrant, création costumes
Estelle Boul, assistante costumière
Jeanne Tanguy, Lila Bouet, stagiaires costumes

Avec la participation de la Maison Vermeulen, plumassier
Sylvain Séchet, création lumières
Leonardo García-Alarcón, direction musicale
Jacopo Raffaele, assistant à la direction musicale
Ariel Rychter, assistant à la partition
Cappella Mediterranea

Acteurs-chanteurs :
Mariana Silva, l’iguane de Darwin / la femme de Noé
Sebastià Peris, Darwin / Noé
Les dinosaures :
Daria Novik, Brachiosaurus
Valérie Pellegrini, Struthiomimus
Julia Deit-Ferrand, Tricératops
Diego Galicia Suárez, Archæoptéryx
Charles Sudan, Anatosaurus
Baptiste Jondeau, Parasaurolophus
Oscar Esmerode, Vélociraptor
Raphaël Hardmeyer, Tyrannosaurus

Les mammifères :
Sarah Matousek, Chat
Lidija Jovanović, Kangourou
Bastien Masset, Rat
Félix Le Gloahec, Chien

 

à ne pas manquer aussi :
Les costumes de Les Dinos et l’Arche en exposition à Carouge
Le 8, 9 et 10 janvier 2026 en Rue Ancienne 8 (Genève)

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Rougemont), le 1er janvier 2026. « About last Night ». Marina Viotti (mezzo), Mark Kurmanbayev (baryton-basse), Didier Puntos (piano)

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Dans le cadre féerique de l’Église de Rougemont, le Gstaad New Year Music Festival a célébré son 20ème anniversaire avec un éclat particulier. Fondé et dirigé avec une passion inébranlable par la Princesse Caroline Murat, soutenu par un cercle de mécènes dévoués, à commencer par Mmes Aline Foriel-Destezet et Chahrazad Rizk, ce festival a accueilli ce 1er janvier 2026 un public aussi international que huppé pour un cadeau musical des plus précieux : le spectacle « About last Night » de la mezzo-soprano franco-suisse Marina Viotti. Pour cette date anniversaire, elle était rejointe par l’imposant baryton-basse russe Mark Kurmanbayev, offrant une variation nouvelle à ce programme qu’elle porte en elle – et a fait tourné un peu partout en Europe – depuis sept ans.

 

Le concept du spectacle est aussi ludique qu’intelligent : une femme se réveille avec une gueule de bois à côté d’un inconnu, se souvenant à peine de la nuit écoulée. De ce prétexte, Marina Viotti tire un fil conducteur plein d’humour et d’émotion, naviguant entre le récital classique et l’atmosphère intimiste du cabaret. Le résultat est une soirée où l’art lyrique le plus exigeant côtoie sans complexe la chanson et le théâtre musical, servi par une artiste au charme et à la présence scénique irrésistibles.

Marina Viotti a confirmé ce soir-là qu’elle est bien plus qu’une magnifique voix. Son mezzo, à la fois chaud, souple et d’une clarté cristalline, est un instrument qu’elle met au service d’une intelligence dramatique rare. Qu’elle chante la finesse mélancolique du « Paon » de Ravel, l’audace de « Black Max » de Bolcom, ou la sagesse désenchantée de « La Chanson des vieux amants » de Brel, elle habite chaque mot, chaque note, avec une vérité qui emporte l’adhésion. Son sens de la narration et son humour naturel font de ce spectacle une expérience profondément humaine et joyeuse.

La grande surprise et le formidable contrepoids de la soirée fut la prestation du baryton-basse Mark Kurmanbayev. Son apparition dans « Votre toast, je peux vous le rendre » (la célèbre chanson du toréador d’Escamillo dans Carmen) a littéralement électrisé l’auditoire. La voix est d’un grain superbe, puissante, noble, et projette avec une aisance déconcertante. Il a ensuite offert un moment d’une profondeur saisissante avec le grand air d’Aleko de Rachmaninov, déployant un lyrisme sombre et poignant. Son timbre velouté et son phrasé expressif ont apporté une gravité et une carrure opératique magistrales au spectacle.

La véritable magie a opéré lorsque les deux voix se sont rencontrées. Le duo imaginé par Mozart, « Là ci darem la mano » tiré de Don Giovanni, fut un sommet d’élégance et de théâtre. Marina Viotti, en Zerlina à la fois naïve et espiègle, a opposé sa voix claire et souple au baryton-basse enveloppant et séducteur de Mark Kurmanbayev. Leur dialogue chanté était une véritable scène de séduction, où chaque regard et chaque réplique musicale créaient un suspense délicieux. Plus tôt dans la soirée, l’esprit d’Offenbach avait déjà insufflé sa folie grâce à un autre moment de complicité. Dans « Je t’adore, brigand » de La Périchole, l’énergie comique et la précision rythmique partagée entre la mezzo et deux hommes extraits de l’audience, ont provoqué un rire franc dans l’assistance, démontrant le sens inné du jeu de Marina Viotti.

Si les voix éblouissantes de Marina Viotti et Mark Kurmanbayev ont été les étoiles filantes de cette nuit du 1er janvier, leur trajectoire lumineuse n’aurait pu être tracée sans la voûte céleste sonore tissée par trois excellents instrumentistes. Didier Puntos au piano, Antoine Brochot à la contrebasse et Gerry Lopez au saxophone ont bien plus qu’accompagné ; ils ont incarné l’âme changeante du spectacle, passant avec une aisance déconcertante des salons de la mélodie française aux fumées des clubs de jazz.

Didier Puntos, dont les mains ont épousé chaque émotion, fut le pilier narratif et le paysagiste harmonique de la soirée. De la délicatesse impressionniste du « Paon » de Ravel aux rythmes incisifs du « Tango » d’Albéniz, en passant par le soutien lyrique puissant exigé par l’aria d’Aleko, son piano a été le liant universel, à la fois guide discret et partenaire à part entière.

À ses côtés, Antoine Brochot et sa contrebasse ont insufflé la pulsation vitale et la profondeur charnelle au récital. Son jeu, tour à tour chaleureux et espiègle, a ancré « Dos Gardenias » dans une sensualité rumba, donné son swing langoureux à « Cry Me a River », et apporté une texture jazzy essentielle à l’humour de « Black Max » de Bolcom. Son dialogue avec le piano était un modèle de complicité rythmique.

Enfin, Gerry Lopez au saxophone a été la couleur, le souffle et l’esprit libertaire du spectacle. Son entrée dans « Je ne t’aime pas » de Kurt Weill y a ajouté une ironie cabaretière parfaite. Mais c’est peut-être dans « La Chanson des vieux amants » que son intervention a été la plus poignante : un solo au saxo d’une mélancolie enroulée et tendre, semblable à un monologue intérieur, qui a dialogué avec la voix de Marina Viotti pour élever ce moment au rang de pure magie.

« About last Night » est une célébration de l’art du spectacle vivant dans ce qu’il a de plus généreux. En mêlant avec autant d’aisance l’opéra, la mélodie, le cabaret et la chanson, Marina Viotti et ses complices rappellent que les grandes émotions ne connaissent pas de frontières de genre. La mise en espace simple mais efficace, l’interaction complice avec les musiciens, et l’atmosphère de confidence créée ont transformé l’écrin de pierre de l’Église de Rougemont en un cabaret intimiste et chaleureux.

Pour son vingtième anniversaire, le Gstaad New Year Music Festival, sous l’impulsion de la princesse Caroline Murat et de ses partenaires, a fait le pari de l’excellence et de l’audace. Avec « About Last Night », ce pari est un triomphe. Un immense bravo à Marina Viotti pour ce projet qu’elle porte si brillamment, et un merci particulier pour nous avoir fait découvrir la formidable voix de Mark Kurmanbayev. Souhaitons à ce spectacle, dans toutes ses variations futures, encore de nombreuses nuits aussi enivrantes !…

 

 

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Rougemont), le 1er janvier 2026. « About last night« . Marina Viotti (mezzo), Mark Kurmanbayev (baryton-basse), Didier Puntos (piano). Crédit photos (c) Patricia Dietzi

 

 

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OPÉRA ROYAL DE VERSAILLES. Du 24 au 28 janvier 2026. LULLY : Atys. Matthew Newlin, Ana Quintans, Giuseppina Bridelli… Angelin Preljocaj / Leonardo Garcia Alarcon

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Reprise attendue à l’Opéra Royal de Versailles… voici Atys, sommet de la tragédie lyrique française, taillée pour Louis XIV en 1676, et dont le flux sanglant, la lyre tragique s’imposent grâce au livret de Quinault. Contrairement aux règles convenues, le drame s’achève ici sur la mort du héros… suivant le drame d’Ovide (Les Métamorphoses), l’opéra de Jean-Baptiste Lully resplendit dans l’ombre de la mort et du deuil que sait instiller l’incroyable texture de la musique. Les duos Sangaride / Atys, la confrontation avec la jalouse Cybèle, le tableau du sommeil, enfin la chaconne finale demeurent les pages les plus bouleversantes du théâtre musical français versaillais. Dans l’écrin de l’Opéra Royal, la tragédie en musique de Lully trouve un cadre particulièrement adapté. L’acoustique de la salle permet de goûter comme nul part ailleurs, la prosodie du texte de Philippe Quinault, l’un des plus beaux jamais conçus alors.

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Photo : Gregory Batardon

 

Ainsi 35 ans après la recréation devenue mythique d’Atys (1676), surnommé « l’opéra du Roi », recréation néobaroque par William Christie et Jean-Marie Villégier (1987), en perruque XVIIè comme à l’époque de Louis XIV (reprise ensuite en 2011), l’opéra de Lully ressuscite sur les planches grâce à la nouvelle lecture du tandem réunissant le chef Leonardo García Alarcón et le chorégraphe Angelin Preljocaj dont c’est la première incursion à l’opéra (production créée au Grand Théâtre de Genève en 2022 puis à l’Opéra Royal de Versailles). Le chorégraphe Preljocaj développe une approche actuelle qui défend un regard universel sur la nature, l’amour et le destin. Un destin qui comme c’est le cas de la géopolitique d’alors, s’inscrit puissant, inflexible et tragique, au moment où la Russie choisissait d’envahir l’Ukraine.
Dans cette production, le geste vocal semble prolonger l’énergie des danseurs, dans un mouvement continu, d’essence tragique qui rehausse et nourrit l’action, dès le prologue, emportant le destin des amants éprouvés Sangaride et Atys, victime de la furieuse Cybèle…
La reprise 2026 regroupe à quelques exception près, la même distribution que celle originelle de 2022 : le ténor Matthew Newlin, natif de l’Illinois dans le rôle-titre ; la soprano portugaise Ana Quintans (Sangaride) ; la mezzosoprano Giuseppina Bridelli (Cybèle) … mais aussi l’excellent jeune baryton Attila Varga-Tóth (Phantase), membre de l’Académie de l’Opéra Royal (promotion 23-25), déjà remarqué dans la production maison de Didon & Énée de Purcell…

Cette nouvelle version fusionne le geste expressif de Leonardo García-Alarcón (et les musiciens de son ensemble Capella Mediterranea) et le continuum chorégraphique d’Angelin Preljocaj : les joyaux d’Atys, – texte et musique-, se déploient idéalement dans la salle de l’Opéra Royal dans une réalisation totale entre musique et danse qui, à Versailles, s’avère inoubliable.

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VERSAILLES, Opéra Royal
LULLY : Atys (reprise)
Tragédie en musique en un prologue et cinq actes
sur un livret de Philippe Quinault,
créée à Saint-Germain-en-Laye en 1676.

4 représentations événements
samedi 24 janvier 2026, 19h
dimanche 25 janvier 2026, 15h
mardi 27 janvier 2026, 19h30
mercredi 28 janvier 2026, 19h30

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Royal / Château de Versailles : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/lully-atys/

durée : 3h30mn
Spectacle en français surtitré en français et en anglais.
Première partie : 1h45
Entracte
Deuxième partie : 1h10

 

 

 

distribution

Matthew Newlin : Atys
Giuseppina Bridelli : Cybèle
Ana Quintans : Sangaride
Andreas Wolf : Celenus, Le Temps
Victor Sicard : Idas, Phobétor, Un songe funeste
Mariana Flores : Flore, Doris, Divinité fontaine I
Luigi De Donato : Le Fleuve Sangar
Nicolas Scott : Le Sommeil
Lore Binon : Mélisse, Divinité fontaine II
Valerio Contaldo : Morphée, Dieu de Fleuves
Attila Varga-Tóth* : Phantase

*Membre de l’Académie de l’Opéra Royal – promotion 2023/2025

 

 

Ballet Preljocaj, danseurs :
Liam Bourbon Simeonov, Virginie Caussin, Clara Freschel, Isabel García López, Mar Gomez Ballester, Paul-David Gonto, Lucas Hessel, Verity Jacobsen, Florette Jager, Beatrice La Fata, Yu-Hua Lin, Florine Pegat-Toquet, William Philbert, Valen Rivat-Fournier, Giovanni Russo, Leonardo Santini

Chœur de l’Opéra Royal
Cappella Mediterranea
Leonardo García-Alarcón, direction
Angelin Preljocaj, mise en scène et chorégraphie

Coproduction Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, Grand-Théâtre de Genève – Reprise. Créé en 2022 pour le Grand Théâtre de Genève.
CD et DVD disponible dans la collection Château de Versailles Spectacles.

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THÉÂTRE MONTANSIER (Versailles). Dim 8 février 2026 : « Aimez vous Brahms ? » Les 2 Sextuors. Quatuor Parisii, Emmanuelle Bertrand, Aurélia Souvignet-Kowalski

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Les dimanches au Théâtre Montansier poursuivent leur exploration passionnante des grandes œuvres classiques. A l’affiche de ce 8 février, deux partitions captivantes liées à la sensibilité singulière de Johannes Brahms…  Malgré la figure impressionnante voire paralysante de Beethoven, modèle et repoussoir, Johannes Brahms relève le défi du Sextuor à cordes et « ose » affronter le genre dès 1860, soit à 27 ans…

 

Composés respectivement en 1860 et 1864, ses deux sextuors affirment puissance et modernité du discours brahmsien, autant pour leur intensité émotionnelle, comme viscéralement éruptifs que par la maîtrise de l’écriture chambriste dont notamment leur grand raffinement polyphonique. 4 ans seulement les séparent ; ils permettent d’autant mieux de suivre l’évolution de l’écriture de Brahms : si le premier (opus 18), rayonne de fraîcheur et de spontanéité, semblant ainsi prolonger le classicisme viennois – celui de Haydn et de Beethoven – comme une forme de renouvellement du concerto grosso, le second (opus 36) s’inscrit dans une période moins radieuse quand Johannes rompt avec Agathe von Siebold (dont le prénom fournit l’un des thèmes du premier mouvement) : l’œuvre révèle un nouvel épanouissement du style, une extension de la palette expressive, une étonnante finesse harmonique reliée directement à la très haute sensibilité du compositeur. Sous leur apparence suave, mêlant grande pudeur et sensualité charmeuse, les deux partitions expriment en réalité un sommet du dernier romantisme.

Rencontre avec les artistes au Foyer à l’issue de la représentation

 

 

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VERSAILLES, Théâtre Montansier
Dimanche 8 février 2026, 17h
Concert classique / Musique de chambre
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Théâtre Montansier :
Aimez-vous Brahms ? – Théâtre Montansier – Versailles
https://www.theatremontansier.com/event/aimez-vous-brahms/

avec
le Quatuor Parisii,
Emmanuelle Bertrand, violoncelle,
et Aurélia Souvignet-Kowalski, alto

 

Programme

Johannes Brahms :
les deux Sextuors à cordes op. 18 et op. 36

(c) DR

 

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ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE. GRIEG, BRAHMS, les 8, 10, 12 fév 2026. Jean-Frédéric Neuburger, piano / Alexei Ogrintchouk, direction

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Dans son unique Concerto pour piano, Grieg puise au fond de la mythologie scandinave : ses trolls, ses fées, ses danses folkloriques qui appellent à l’évasion, aux vastes paysages traversés par les éléments, voire au rêve ; car en 1868, le jeune compositeur vit alors un bonheur conjugal exaltant. Jean-Frédéric Neuburger (photo : DR) se révèle comme le pianiste idéal pour interpréter cette partition exaltée aux ambiances nocturnes et mystérieuses que dirige le chef d’orchestre Alexei Ogrintchouk.

 

 

La Symphonie n°2 est la plus souriante des œuvres de Brahms. Pastorale, fraîche, champêtre, elle est parcourue par des thèmes inoubliables teintés aussi d’une délicate nostalgie. Imprégnées des atmosphères légendaires et fantastiques du Nord, les Œuvres de Grieg et de Brahms sont d’un romantisme fou souvent irrésistibles.

PLAN. Allegro non troppo: Les cors imposent la coloration d’ensemble : noblesse, majesté, sérénité. Même si le caractère de valse du second thème souligne l’allant et l’énergie lyrique, l’écriture de Brahms n’en demeure pas moins liée à un sentiment sombre et grave en rapport avec sa filiation nordique (Brahms est né sur la façade septentrionale de l’Allemagne, à Hambourg, port ouvert sur la Baltique). Adagio ma non troppo: voilà, le mouvement lent le plus réussi de l’univers brahmsien. Il se révèle dans le tissu chatoyant d’une orchestration qui préserve le dialogue entre les pupitres : en particulier, cordes et bois. Allegretto grazioso, quasi andantino: ici, s’impose simplement l’esprit de la danse (de nature populaire comme un ländler) dont le souci de la variation, énoncée de façon dynamique, rappelle Beethoven. Allegro con spirito: l’ample développement du finale atteste ce désir et ce sentiment d’équilibre qui ont inauguré le premier mouvement de la Symphonie. Proche pour certains analystes, de la Symphonie Jupiter, l’oeuvre exhalerait un souffle éminemment classique, voire « un sang mozartien ».

 

 

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ANGERS, Centre de congrès
Dim 8 fév 2026, 17h
NANTES, Cité des congrès
Mardi 10 février 2026, 20h
ANGERS, Centre de congrès
Jeudi 12 février 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ONPL Orchestre National des Pays de la Loire : https://onpl.fr/agenda/brahms/

Angers – Nantes
Tarifs :  de 10€ à 48€
Durée totale :  100 min

 

OFFRE CADEAU SYMPHONIQUE :
 2 PLACES POUR 60€
Mardi 10 février La Cité des congrès de Nantes
Jeudi 12 février Centre de Congrès d’Angers
dans la limite des places disponibles

programme / déroulé de l’événement

Aftab Darvishi | Only violets remain – 5′
(création française)

Edvard Grieg | Concerto pour piano – 30′
Jean-Frédéric Neuburger, piano

– entracte –

Johannes Brahms | Symphonie n°2 – 43′

Alexei Ogrintchouk, direction

Le Concerto pour piano de Grieg est composé en 1868, il n’a que 25 ans, pendant un séjour au Danemark (Sollerod), séjour plus clément et doux que sa Norvège natale. Toute la partition en trois mouvements (Allegro molto moderato / Adagio / Allegro moderato molto e marcato) exprime le bonheur familial que le jeune auteur vit alors avec son épouse et leur fille. Comme le Concerto de Schumann écrit en 1858, lui aussi sous le sceau de l’amour (pour Clara Schumann), le Concerto de Grieg est aussi en la mineur. Il n’est pas improbable que l’élan irrésistible de Schumann ait inspiré la plume de Grieg qui mêle aussi des motifs propres au folklore norgévien. Créé à Copenhague en avril 1869, le Concerto frappe fortement le jeune Arthur Rubinstein, présent à la création qui en sera un interprète et un défenseur des plus inspirés. A l’écoute de la douceur intérieure de Grieg, le pianiste sait à la différence de bien des pianistes récents, écarter toute grandeur démonstrative…

 

VOIR ici Arhur Rubinstein jouer le Concerto pour piano de GRIEG,
avec cette simplicité et la recherche d’un son intérieur qui le caractérise…

 

 

 

Johannes Brahms (1833-1897) : Présentation de la Symphonies n°2
Par Carl Fisher

L’écriture symphonique remonte dans la carrière de Brahms au milieu des années 1850, quand le jeune compositeur (17 ans), esquisse déjà ce qui sera sa Première Symphonie, (achevée en 1876, après l’écriture de ses Variations sur un thème de Haydn). La deuxième Symphonie est conçue en 1877, le compositeur est alors âgé de 44 ans.
La partition est contemporaine de son Concerto pour violon. Avant de commencer l’écriture de ses deux dernières Symphonies, Brahms, fixé à Vienne depuis 1862, dirige la Société des Amis de la musique de Vienne (jusqu’en 1875). Il rencontre Dvorak en 1878 et l’encourage à poursuivre sa carrière de compositeur, enfin écrit son chef-d’oeuvre, le Deuxième Concerto pour piano et orchestre en 1881. Les Troisième puis Quatrième Symphonies suivent le sillon tracé par son Concerto pour piano: ses derniers opus symphoniques l’occupent de 1883 à 1885. Brahms opère une synthèse entre les grands romantiques qui l’ont immédiatement précédé, de Beethoven à Schubert et Schumann, mais il revisite aussi les anciens dont Haydn. Artisan de la musique pure, intensément romantique, le compositeur a su puiser au carrefour de caractères, traditions, sensibilités aussi distincts que nécessaires au renouvellement de l’écriture symphonique: héroïsme confictuel de Beethoven, mélodie chantante et populaire héritées de Schubert, emportement dynamique de Schumann. Comme ce dernier dont il fut un admirateur assidu (il restera après la mort du compositeur, très proche de Clara Schumann, sa vie durant), Brahms compose quatre Symphonies quand Beethoven puis Mahler illustrent un cycle de neuf.
Le compositeur attend d’atteindre la quarantaine, pour disposer avant de se lancer dans la première série symphonique, d’une expérience sûre, éprouvée pendant la composition de son Premier Concerto pour piano, de ses deux Sérénades et des Variations sur un thème de Haydn. L’inspiration se réalise par couples d’oeuvres: Brahms écrivant ses deux premières symphonies dans la tranche 1876-1877, puis ses deux ultimes, entre 1883 et 1885. Après la Première Symphonie, la deuxième confirme une autonomie vis à vis du modèle beethovénien. Le Scherzo est remplacé par un mouvement de caractère, à l’inspiration puissante et personnelle qui se souvient de Schubert. Souvent, Brahms situe son mouvement lent en deuxième position alors qu’il occupe la troisième place chez ses confrères.

Symphonie n°2 en ré majeur opus 73
Hans Richter dirige la création à Vienne, le 30 décembre 1877. Amorcée dès la fin de la Première Symphonie, la partition est dans sa majorité écrite pendant l’été 1877 que Brahms passe en Carinthie (à Portschach sur le Wörtersee). L’engouement pour l’oeuvre est immédiat et supérieur à sa Symphonie précédente. La séduction du premier mouvement d’un entendement plus facile a favorisé son succès.

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STREAMING, opéra. DONIZETTI : Lucrezia Borgia (NT Mannheim, déc 2025), jusqu’au 1er juillet 2027. Estelle Kruger, Sung Min Song… Rahel Thiel / Roberto Rizzi Brignoli

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Empoisonneuse, meurtrière, femme fatale, intrigante, menteuse, fille et concubine du pape, amante de son frère… le portrait est à charge et Lucrezia Borgia, digne figure du clan Borgia, semble porter toutes les tares de sa famille. Une clique avide de pouvoir, sans morale ni bienséance qui demeure à la Renaissance, la première mafia du Vatican. L’intérêt de l’opéra conçu par Donizetti est de proposer un portrait plus nuancé de l’héroïne, profil courageux, assumant son féminisme malgré le système phallocratique dont elle est en réalité la victime…

 

 

À contrario des images caricaturales, Gaetano Donizetti en fin psychologue et belcantsite chevronné, cisèle le portrait de Lucrezia avec une finesse exceptionnelle, s’attachant à façonner un portrait féminin remarquablement nuancé dans sa complexité agissante, ce qui lui permet d’écrire une partie vocale non moins exceptionnelle, idéale et redoutable pour soprano coloratoure. En 1833, Gaetano Donizetti qui n’a pas encore livré son chef d’œuvre [Lucia di Lammermoor, 1835], crée l’un des rôles de bel canto les plus beaux et les plus aboutis. Renouvelant les prototypes de l’opéra seria, le compositeur exprime les tiraillements d’une femme prise entre pouvoir, culpabilité, désir et devoir, sentiment et loyauté… .

Le modèle dramatique en est inspiré par la pièce éponyme de Victor Hugo, dans laquelle Lucrezia Borgia devient l’assassin involontaire de son propre fils.

 

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VOIR / VISIONNER Lucrezia Borgia de Donizetti, depuis le Théâtre national de Mannheim :
https://operavision.eu/fr/performance/lucrezia-borgia
En replay jusqu’au 1er juillet 2027
Filmé le 16 déc 2025
Chanté en italien
Sous-titres en anglais, italien, allemand

 

 

Au Nationaltheater Mannheim, la metteuse en scène Rahel Thiel raconte l’histoire d’une femme seule dans un monde d’hommes, qui défie le destin, en affirmant son nom propre. La scénographie de Fabian Wendling crée un Espace en tension où Lucrezia se sent constamment observée et jugée. Contre la loi des hommes, une femme seule peut-elle affirmer sa singularité et son identité propre ? Le thème résonne remarquablement à notre époque où la violence faite aux femmes, les discriminations de toute sorte, dénoncées et punies, sont des faits de société.

 

 

distribution

Lucrezia : Estelle Kruger
Alfonso : Bartosz Urbanowicz
Gennaro : Sung Min Song
Maffio Orsini : Shachar Lavi
Gubetta : Sung Ha
Liverotto : Raphael Wittmer

National theater MANNHEIM
Orchester & Chor
Roberto Rizzi Brignoli, direction
Rahel Thiel, mise en scène

Voir la distribution complète sur le site d’operaVision :
https://operavision.eu/fr/performance/lucrezia-borgia

 

 

 

VIDÉO – entretien avec la metteuse en scène Rahel Thiel

L’approche narrative de la metteuse en scène Rahel Thiel repose sur une compréhension psychologique profonde des personnages et sur un lien personnel fort avec eux. Lucrezia Borgia est présentée comme une histoire intemporelle et résolument contemporaine sur l’identité, la réputation, la maternité, la culpabilité et la pression sociale façonnée par la société sur l’individu, en particulier sur une femme isolée, figure seule dans un système dominé par les hommes.

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CRITIQUE, comédie musicale. MONACO, Salle Garnier, le 31 décembre. ANDREW LLOYD WEBER : « Cats ». Mise en scène : Trevor Nunn ; Chorégraphie : Gillian Lynne ; Direction musicale : Daniel McLaughlin

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Chat, alors ! On se rend en la somptueuse Salle Garnier de Monaco – là où résonnent d’habitude les opéras de Verdi et de Puccini – voilà que nous explose au visage, dans la plus parfaite des productions de Broadway, la comédie musicale Cats. Un tourbillon de danses, de lumières, de chansons, de cabrioles, de rythmes, de swing ! Et, soudain, la chanson mythique « Memory » qui s’élève et nous fait frissonner… 

 

Cats vient d’illuminer pendant presqu’un mois les fêtes monégasques. On peut vous l’affirmer : chat valait le coup ! L’histoire ? Une nuit. Une décharge urbaine. Une tribu de chats se rassemble pour faire la fête et élire  celui qui accédera au Heaviside Layer, le paradis félin. L’élu – ou plutôt l’élue » – est Grizabella, ancienne gloire fanée, bannie, qui revient à la vie. Il y a de la morale dans cette histoire.

Dans cette nuit-là, les chats ne sont pas tous gris ! La scène déborde de couleurs, les costumes animaliers sont éblouissants de même que les maquillages. On imagine le temps que les artistes ont dû passer devant leur miroir avant d’entrer en scène !

La troupe incarne ce que la comédie musicale américaine sait produire de mieux : des artistes complets, entraînés à la danse, à l’acrobatie, aux claquettes, au chant. Oui, ici, les chats chantent – et chantent juste ! La troupe évolue d’un seul élan. Un seul frisson la parcourt, un seul souffle la porte, un même courant l’électrise. Dans cette affaire, il y en a un qui n’a pas donné sa langue au chat : c’est le metteur en scène ! Il savait ce qu’il voulait. Tout – chaque entrée, chaque sortie, chaque déhanchement, chaque mouvement d’épaule – est réglé au millimètre. Pas une hésitation dans les mouvements, les pas de danse, les cabrioles, les ensembles !… Les acteurs glissent avec une souplesse de félin… jusque dans la salle. Et avant même que la pièce ne s’ouvre à la fin sur le paradis des chats, le public est déjà aux anges. 

Au début du spectacle est faite une annonce : l’orchestre joue en direct. L’info est d’importance, car les musiciens sont cachés. Et, vu la perfection de ce qu’on entend, et la synchronisation avec les chanteurs, on aurait pu croire à un enregistrement. Non, Ladies and Gentlemen, c’est du live. Et du beau !

Monaco n’est pas près d’oublier ces Cats. Chat valait vraiment le déplacement ! 

 

 

 

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CRITIQUE, comédie musicale. MONACO, Salle Garnier, le 31 décembre. ANDREW LLOYD WEBER : « Cats ». Mise en scène : Trevor Nunn ; Chorégraphie : Gillian Lynne ; Direction musicale : Daniel McLaughlin.  Crédit photo (c) Opéra de Monte-Carlo

 

 

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OPÉRA DE MARSEILLE. ROSSINI : Ermione, les 22 et 24 février 2026. Karine Deshayes, Enea Scala… Michele SPOTTI (direction)

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L’Opéra de Marseille poursuit son exploration des œuvres rares, méconnues, oubliées, celles qui pourtant conçues par les grands auteurs, n’ont pas traversé le temps sinon ont reçu la poussière de l’oubli… Il était temps ainsi de ressusciter l’opéra tragique ERMIONE de Rossini, partition passionnante à l’affiche des 22 et 24 février 2026 (en version concertante).

 

Attention rareté… Pas une œuvrette de jeunesse, mais un mastodonte de la maturité. ERMIONE est l’un des 4 opéras que Rossini (1792-1868) a conçus pour le Teatro San Carlo de Naples en 1819, pour une interprète d’exception Isabella Colbran (surnommée le Rossignol noir du San Carlo) pour trois d’entre eux. Adulée, célébrée, la Colbran devient prima donna assoluta au San Carlo de 1811 à 1822. Stendhal précise « Rossini a voulu tenter le genre de l’opéra français ». Plus particulièrement il a souhaité égaler le théâtre français du premier baroque.
En effet, le livret est inspiré d’Andromaque de Racine. Y paraissent Oreste, Pylade, Pyrrhus … donc toute la violence des Atrides. AU final, trop moderne voire expérimental, Ermione a déconcerté le public napolitain.

Pourtant le drame de Rossini s’inscrit dans une longue et impressionnante de collections d’opéra que le jeune compositeur, dans sa vingtaine, élabore pour la scène italienne : Le nozze di Teti e Peleo (1816), Otello (1816), Armida (1817), Ricciardo e Zoraïde (1818), Mosè in Egitto (1818), Ermione (1819), La donna del lago (1819) Maometto II (1820), Zelmira (1822). Cette succession enchantée est couronnée par les noces des deux artistes Rossini et Colorant, lors d’une cérémonie tenue secrète le 16 mars 1822. Illustration : Rossini en 1815 (DR).

 

Un long purgatoire dans les oubliettes de l’oubli attend la partition… jusqu’en 1988, quand un duo de chanteuses au tempérament bel cantiste exceptionnel ressuscite à Naples, le drame racinien et Rossini en Montserrat Caballé et Marilyn Horne en relèvent les multiples défis pour la plus grande joie des aficionados. Les Marseillais eux pourront applaudir Karine Deshayes et Enea Scala dans les rôles fascinants d’Ermione et Pirro… aux côtés de l’Andromaca de Teresa Iervolino. Recréation événement !

 

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Opéra de Marseille
2 représentations événements
Dimanche 22 février 2026, 14h30
Mardi 24 février 2026, 20h
ROSSINI : Ermione
Infos et réservations directement sur le site de l’Opéra de Marseille :
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/ermione

 

 

ERMIONE, OPÉRA TRAGIQUE EN 2 ACTES
Livret de Andrea Leone TOTTOLA, d’après Andromaque de Jean RACINE
Création à Naples, au Teatro San Carlo, le 27 mars 1819
Création à Marseille – 

VERSION CONCERTANTE

Direction musicale : Michele SPOTTI
Ermione, Karine DESHAYES
Andromaca, Teresa IERVOLINO
Cleone, Marina FITA
Cefisa, Mathilde ORTSCHEIDT
Pirro, Enea SCALA
Oreste, Levy SEKGAPANE
Pilade, Matteo MACCHIONI
Fenicio, Louis MORVAN
Attalo, Carl GHAZAROSSIAN

Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille

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CRITIQUE, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2026. Johann I, II, Josef et Eduard Strauss, Florence Price… Wiener Philharmoniker, Yannick Nézet-Séguin (direction) / Wien neujahrskonzert 2026, Vienna New Year’s Concert 2026

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Fidèle à ses engagements déjà remarqués, le chef québécois Yannick Nézet-Séguin a conçu un programme emblématique de ses derniers enregistrements, dont évidemment la défense des œuvres de l’américaine Florence Price. Après avoir enregistré les symphonies n°1 et 3 (avec son orchestre de Philadelphie, chez Deutsche Grammophon), le chef dirige à Vienne, sa fameuse Valse de l’Arc en ciel, dans une nouvelle orchestration. Très impliqué, le maestro souligne ainsi le génie féminin aux côtés des rois de la valse : celui de Joséphine Weinlich, compositrice et fondatrice du premier ensemble de musiciennes en Europe ; respectueux de la tradition viennoise, le chef met également en avant le raffinement des œuvres des deux Johann et de Josef Strauss ; et pour la dernière pièce du concert de cette année, Yannick Nézet-Séguin réinvente le rituel ; il descend du podium et rejoint même le parterre, où il dirige dans une promiscuité jamais vue auparavant, le public pour lui indiquer quand produire les applaudissements dans La Marche de Radetsky….

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Par Alexandre Pham © classiquenews

 

 

Yannick Nézet-Séguin,
quand le chef descend du podium…

Chef lyrique (au Met de New York principalement, sans omettre ses récents Mozart captés l’été depuis Baden Baden…), Yannick Nézet-Séguin privilégie visiblement les partitions à fort potentiel dramatique. Mais sa baguette agile sait aussi faire chanter l’orchestre dans la nuance, cultiver le souffle poétique des œuvres… Le concert 2026 commence par l’ouverture de l’opérette « Indigo et les 40 voleurs » de Johann Strauß II (« Indigo and the Forty Thieves », Vienne, 1871) ; 3 ans avant La Chauve Souris, Johann le fils s’inspire des contes des 1001 nuits. Dès son début, la direction déploie les principales qualités constatées pendant le programme : joie et légèreté, facétie et nervosité, élégance et détail, et donc dramatisme bien calibré. Le chef québécois n’oublie pas d’exprimer aussi sous le brio un parfum mélancolique, clairement porté par les cordes (cor et harpe) puis les bois (flûte), dans le sens d’une volupté sonore qui s’affirme sans entrave. Le feu de la direction éclaire combien les séquences, très en verve, sont dans la plus pure veine d’Offenbach (flûtes, clarinettes, bassons à la fête). Le final est un galop endiablé jamais épais, délicatement énoncé, fruit éclatant après une série d’épisodes caractérisés (dont la dernière avec grelots). Photo : DR

Puis, l’orchestre abordent les partitions de deux concurrents du clan Strauss, de leur fameux orchestre et de leurs séries de concerts. Carl Michael Ziehrer qui a dirigé un orchestre concurrent, avant de devenir directeur musical des ballets impériaux après les Strauss : sa Donausagen Walzer, op. 446 (1893), est une collection de plusieurs styles associés, hongrois, roumain, bosniaque. Le début est d’une grandeur tragique (avec solo de clarinette), puis comme porté par un sentiment dramatique et lyrique, typiquement hongrois (czardas) ; Yannick Nézet-Séguin souligne ainsi les musiques à caractère, au fort tempérament folklorique ; séquence qui chante la ferveur des identités traditionnelles, entre rusticité et élégance, équation gagnante d’un programme général qui recherche le contraste et l’intensité.

Les musiciens soulignent ensuite l’écriture de Joseph Lanner qui est inhumé aux côtés des Strauss, au cimetière central de Vienne. Son activité fut primordiale comme l’un des créateurs de la valse viennoise avant l’avènement des Strauss… son galop « Malapou », op. 148 évoque l’engouement pour les sujets indiens, en particulier celui des danseuses sacrées hindoues, les fameuses « bayadères ». Grelots, galop enfiévré, énergie collective (avec cris des instrumentistes) renforcent la ferveur d’une partition enjouée.

Beau clin d’œil et légitime, pour l’œuvre et l’activité du dernier de la fratrie Strauss, Edouard dit « Edy » (cadet de Johann II et Josef) : sa Brausteufelchen Polka schnell, op. 154 (pour le Bal masqué » de 1872) souligne les qualités qu’il partage avec ses frères si talentueux : finesse, légèreté et coups de fouet énergisants. Edouard dirige les bals de la Cour jusqu’en 1901, perpétuant la riche tradition familial.
Les deux derniers opus avant la pause, concentrent le meilleur des deux Johann Strauss justement, le fils et le père. Le quadrille de la Chauve souris (Fledermaus-Quadrille, op. 363) déploie les mêmes qualités de caractères, de finesse et de nuances, soulignant combien le chef québécois sait faire chanter l’orchestre. Mobile et volubile, sa direction exprime chaque caractère de ce pot-pourri qui enchaine les airs fameux de l’opérette, et dans une énergie digne d’Offenbach : couplet du prince Orlofsky, chanson d’Adèle, pantalon, l’été… thèmes fétiches et bien connus désormais du quadrille de Strauss, qui revisite avec délices, l’esprit français de la pièce. Même esprit français pour le galop Der Karneval in Paris, op. 100 (1838) de Johann Strauß I, qui élabore la partition au moment de son retour d’une tournée en France (1837) : brio, élégance, caractère, énergie nerveuse voire entrain électrique (cordes suractives et virtuoses).

 

Après la pause, le concert gagne en implication et en cohérence sonore. Les partitions qui suivent confirment le choix de Yannick Nézet-Séguin pour les pièces à haut potentiel dramatique et expressif et aussi l’inédit comme la présence de deux compositrices jamais jouées par les Wiener Philharmoniker dans ce contexte festif.

D’abord, voici la Galatée d’après Franz von Suppè. L’ouverture de son opérette « Die schöne Galathée » / La belle Galatée (1865) souligne l’intérêt (et l’inspiration) du compositeur pour le sujet mythologique. D’origine italienne, né à Splitz, Suppè, figure du multuculturalisme, s’inspire lui aussi de l’exceptionnelle popularité d’Offenbach. C’est lui qui crée l’opérette viennoise dans les années 1860 ; en témoigne sa « Galatée » dont l’ouverture concentre le trait incisif voire satirique ; Suppè fait de la muse de Pygmalion une beauté toxique et capricieuse qui trahit son créateur en s’éprenant de Ganymède l’assistant du sculpteur ; Galatée finira pétrifiée, vendue à Midas comme une statue qui est sa vraie nature. L’inventivité et le rythme de l’opus rappellent le style d’Offenbach ; solo du cor pour le surgissement de la révélation de la beauté rayonnante (flûte); ce même cor exprimant aussi la magie que suscite la beauté de la créature ciselée par Pygmalion. Yannick Nézet-Séguin souligne combien la finesse des instrumentistes exprime le ravissement de Pygmalion pour sa créature.

Les œuvres qui suivent éclairent aussi l’activité du chef pour la défense des compositrices et des femmes en général. Yannick-Nézet-Séguin joue de Josephine Weinlich, sa polka mazur, « Sirenen Lieder », op. 13 (dans l’arrangement de W. Dörner), œuvre délicate et « florale », (comme le décor du Musikverein) qui s’achève dans la dernière mesure en fusionnant clarinette et harpe…
Voilà qui plante le décor et inscrit désormais chaque concert du Nouvel An à Vienne comme un coup de projecteur sur les compositrices qui méritent autant que leurs confrères, à être jouées. Un prolongement du concert du nouvel an précédent (1er janvier 2025) où Riccardo Muti avait choisi une pièce de Constanze Geiger (la valse de Ferdinandus) … Ce 1er janvier 2026, Joséphine Weinlich occupe l’affiche avec raison : elle commençait à 17 ans en 1865 sa carrière de pianiste et fondait son propre orchestre (admiré des Strauss), le « Nouvel orchestre des dames viennoises », avec ses deux soeurs (flûtiste, violoncelliste). Première compositrice à diriger un ensemble de musiciennes en Europe, elle meurt à Lisbonne à seulement 38 ans.

Place ensuite aux deux frères Strauss, Josef et Johann II. De Josef Strauß, la valse
« Frauenwürde », op. 277 exprime la dignité des femmes avec la finesse et la subtilité propres à celui dont Johann II disait : « c’est Josef qui est le plus doué ; moi je ne suis que le plus célèbre ». En réalité les deux compositeurs ont su sublimé l’héritage de leur père. Ingénieur, (inventeur d’un système pour le ramassage des déchets), Josef séduit immédiatement par l’élégance de son inspiration : raffinement orchestral, crescendo préalable avant que le duo enchanteur flûte et hautbois associés, introduisent la valse proprement dite… et produisent cette équation convaincante entre volupté et pudeur ; le chef détaille la sensibilité de Josef aux timbres : cordes, bois et piccolo, régénérant de façon continue, charme et volupté. L’œuvre composée pour un bal d’étudiants en droit, en 1870, quelques mois avant sa mort, confirme l’intention de Yannick Nézet-Séguin, très impliqué pour la défense du droit des femmes…

La Polka française « Diplomaten-Polka », op. 448 de Johann Strauß II permet aux danseurs du Ballet de l’Opéra de Vienne de s’associer aux instrumentistes, dans une chorégraphie de John Neumeier (filmée dans les salons de la Hofburg). Les 6 danseurs déploient une danse fluide, narrative, facétieuse surtout ; ils jouent avec le chapeau de l’unique danseur, entourés de ses 5 « assistantes » ; puis dans un escalier, avec des classeurs (et leurs pages volantes). La vitalité rythmique fusionne avec la grâce et la légèreté requises ; elle épingle tout autant le monde caricatural des bureaucrates (mésententes et fâcheries)… sur un thème que Strauss emprunte à son opérette Princesse Alexandra (1883).

La pièce phare est ici signée de la compositrice américaine Florence Price dont Yannick Nézet-Séguin est devenu un défenseur très engagé, ayant déjà enregistré les symphonies 1 et 3 (pour DG Deutsche Grammophon). Sa valse « Arc en ciel », « Rainbow Waltz » [Arr. W. Dörner], inspirée, très séduisante, est abordée avec un swing et une attention aux nuances qui s’est affirmée depuis le début du concert. Née dans l’Arkansas, Florence Price propose ses compositions dès 11 ans à Boston, sous identité mexicaine (!). Elle participe à Chicago, à l’essor musical et assiste en 1933 à la création de sa symphonie n°1. La Valse est jouée ce 1er janvier 2026, dans une adaptation orchestrale à partir de sa version originelle pour piano seul ; elle a été composée en 1939, année où est créée le concert du nouvel an à Vienne, dans le contexte antisémite et nazi que l’on connaît.

Parmi les bonne surprises du programme, le galop du danois Hans Christian Lumbye : «
Københavns Jernbane-Damp-Galop », dont le sujet très descriptif évoque le départ de la machine de fer, à l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle ligne ferroviaire en 1847 ; chef et instrumentistes relèvent le défi de cette valse machine, d’autant plus ciselée qu’elle déploie une très belle orchestration : rondeur des bois et des cuivres, avec quantité de « bruits » évocateurs, comme la cloche et les sirènes du chemin de fer, sans omettre le sifflet des contrôleurs. Même le chef arbore la signalétique de l’époque à la main, très inspiré par l’énergie de la machine, sa course et son entrain jusqu’à la dernière mesure qui disparait dans un murmure à peine perceptible.

Quel délice de réécouter une pièce sublime, célébrissime à juste titre, «Rosen aus dem Süden » (Roses from the South),  la valse « Roses du sud », opus 388 de Johann Strauss II, partition éblouissante entre finesse, élégance, nostalgie qui inspire aussi le 2è ballet offert par les danseurs de l’Opéra de Vienne, filmé dans les salles et le hall du vaste Musée des arts appliqués de Vienne… La danse célèbre l’amour d’un couple qui se forme d’abord dans la bibliothèque du musée. Le chef y déploie un sens continu des accents, souligne avec tact la délicatesse et la ferveur de l’une des plus belles valses symphoniques jamais écrites ; saisissante par son élégance et la subtilité de son orchestration, avec, grâce à l’acuité de la baguette, clarté et détail de la polyphonie : bénéfique précisément pour les cuivres mordants et les cordes enivrées…

Enfin, retour des Strauss prodigieux, Johann II et Josef, les frères élus ; d’abord
« Egyptischer Marsch » (Egyptian March), op. 335, la marche égyptienne de 1869, composée pour l’ouverture du Canal de Suez : très beau crescendo du début, rutilance et brio de la séquence martiale, volontaire, où jouent tous les timbres de l’orchestre qui s’évanouit peu à peu, comme si la marche était de plus en plus lointaine. Puis, de Josef Strauß : « Olive Branch Waltz », op. 207 Friedenspalmen (1866), valse de la paix (de la branche d’olivier) qui se déroule comme naît et se déploie un rêve, comme l’éveil d’une aube printanière et sa promesse d’un monde nouveau ; là encore l’attention à la palette instrumentale captive ; dont la fanfare des trompettes puis des cors, produisent un somptueux lever de rideau préalable.

En fin de concert, le chef très applaudi n’hésite pas à descendre du podium et pour encourager le public, au moment de la Marche de Radetsky, rejoint les allées duparterre ; dirige avec sa baguette les spectateurs prêts à applaudir et à marquer le rythme. Un bain de foule inédit et une belle rencontre collective lors de cette cérémonie suivie par 100 millions de téléspectateurs partout dans le monde. Aucun doute, lors de son premier concert du nouvel an viennois, le chef québécois aura marqué les esprits, autant pour casser les codes du rituel télégénique le plus regardé, que par le choix des compositrices Price et Weinlich, ainsi mises à l’honneur aux côtés des frères Strauss, Johann II et Josef.

 

 

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LIRE aussi notre critique du Concert du Nouvel An. VIENNE, Musikverein, mer 1er janvier 2025. Johann Strauss I et II, Josef et Eduard Strauss, Constanze Geiger… Wiener Philharmoniker, Riccardo Muti (direction)

Formidable nouveau concert du Nouvel An au MUSIKVEREIN de Vienne, certes au départ un peu  et mécanique, – mais efficace et expressif. Au fur et à mesure la complicité (réelle) entre chef et instrumentistes, se dévoile ; elle se déploie pour deux pièces majeures de Johann fils (ouverture du Baron Tzigane,  » Wein, Weib und Gesang « ), pour une somptueuse partition de son frère cadet Josef (valse de la transaction), pour une autre pièce – révélation de cette édition, de la compositrice inconnue Constanze Geiger (la valse de Ferdinandus), surtout pour les 2 rappels ritualisés de la fin : Le Beau Danube Bleu puis la Marche de Radetzky… Le programme exauce nos souhaits : souligner le génie de Johann II (2025 marque son bicentenaire), s’ouvrir à l’écriture d’une compositrice viennoise, réussir l’équation de la continuité et de l’innovation. Se sont joints les danseurs du Ballet de l’Opéra d’État de Vienne pour deux séquences, dans une chorégraphie millimétrée mais avec des costumes au delà du kitsch (c’est à dire dans un style hautement et typiquement autrichien)…
https://www.classiquenews.com/critique-concert-du-nouvel-an-vienne-musikverein-mer-1er-janvier-2025-johann-strauss-i-et-ii-josef-et-eduard-strauss-constanze-geiger-wiener-philharmoniker-riccardo-muti-direction/

 


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ENGLISH VERSION / summary

VIENNA, Musikverein, on January 1, 2026.

Johann I, II, Josef and Eduard Strauss, Florence Price…. Wiener Philharmoniker, Yannick Nézet-Séguin (management) / Wien neujahrskonzert 2026, Vienna New Year’s Concert 2026 – © by Alexandre Pham © classiquenews 2026

 

 

When the maestro comes down from the podium

Faithful to his already noted commitments, the Quebec chef Yannick Nézet-Séguin has designed an emblematic program of his latest recordings, including obviously the defense of the works of the American Florence Price. After having recorded the symphonies n°1 and 3 (with his orchestra from Philadelphia, at DG Deutsche Grammophon), the conductor conducts in Vienna, his famous Rainbow Waltz, in a new orchestration. Very involved, the maestro thus highlights the feminine genius alongside the kings of the waltz: that of Joséphine Weinlich, composer and founder of the first ensemble of musicians in Europe; respectful of the Viennese tradition, the conductor also highlights the refinement of the works of the two Johann and Josef Strauss; and for the last piece of this year’s concert, Yannick Nézet-Séguin reinvents the ritual; he descends from the podium and even joins the floor, where he leads in a promiscuity never seen before, the audience to indicate when to produce the applause in Radetsky’s March…. (photo DR)
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What a delight to listen again to a sublime piece, rightly famous, ‘Rosen aus dem Anders’ (Roses from the South), the waltz ‘Roses of the South’, opus 388 by Johann Strauss II, dazzling score between finesse, elegance, nostalgia that also inspires the 2nd ballet offered by the dancers of the Vienna Opera, filmed in the rooms and hall of the vast Museum of Applied Arts in Vienna… Dance celebrates the love of a couple that first forms in the museum library. The conductor deploys a continuous sense of accents, delicately emphasizes the delicacy and fervour of one of the most beautiful symphonic waltzes ever written; striking in its elegance and subtlety of orchestration, with, thanks to the acuity of the baton, clarity and detail of polyphony: beneficial precisely for the biting coppers and intoxicated strings…
Finally, return of the prodigious Straus, Johann II and Josef, the elected brothers; first « Egypdrafted Laid » (Egyptian March), op. 335, the Egyptian march of 1869, composed for the opening of the Suez Canal: very beautiful crescendo at the beginning, rutilance and brio of the martial sequence, voluntary, where all the stamps of the orchestra play, which fades away little by little, as if the march were more and more distant. Then, by Josef Strauß: «Olive Branch Waltz», op. 207 Friedenspalmen (1866), peace waltz (of the olive branch) that unfolds as a dream is born and unfolds, like the awakening of a spring dawn and its promise of a new world; there again the attention to the captivating instrumental palette; whose fanfare of trumpets then horns, produce a sumptuous curtain-raiser beforehand.
At the end of the concert, the highly applauded conductor does not hesitate to come down from the podium and to encourage the audience, at the time of the Radetsky’s March, directs with his wand the spectators ready to applaud and set the pace.
An unprecedented crowd-washing and a beautiful collective encounter during this ceremony followed by 100 million viewers all over the world. No doubt, during his first concert of the Viennese New Year, the Quebecois chief will have marked the spirits, as much to break the codes of the most watched telegenic ritual, that by the choice of the composers thus put in honor beside the brothers Strauss, Johann II and Josef.

Par Alexandre Pham © classiquenews

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CRITIQUE, Comédie Musicale. AVIGNON, Opéra Grand Avignon (du 27 au 31 décembre 2025). SONDHEIM : Company. Gaétan Borg, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme… Orchestre National Avignon-Provence, Charlotte Gauthier [direction] / James Bonas [mise en scène]

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Cette production de Company, de Stephen Sondheim, est le fruit d’une collaboration inédite entre la compagnie Génération Opéra et plus d’une dizaine de théâtres lyriques en France et en Suisse. Après des premières représentations très remarquées à l’Opéra de Massy et à l’Opéra National de Bordeaux, celui de Rennes ou encore de Nice, le spectacle était à l’affiche de l‘Opéra Grand Avignon pour les Fêtes de fin d’année.

 

Company (1970) est une œuvre fondamentale de Stephen Sondheim (musique et paroles) et George Furth (livret), qui a révolutionné la comédie musicale. Elle est considérée comme l’un des premiers « conceptual musicals », une forme où les thèmes et le développement des personnages priment sur une narration linéaire. Contrairement aux comédies musicales de son époque, elle ne raconte pas une histoire continue, mais présente une série de vignettes indépendantes explorant le mariage, l’amitié et la solitude.

L’œuvre s’articule autour de Robert (surnommé Bobby), un célibataire new-yorkais de 35 ans, et de ses interactions avec cinq couples d’amis mariés. Le spectacle alterne scènes de fête d’anniversaire (les 35 ans de Bobby) et saynètes illustrant ses relations avec ces couples, servant de miroir à ses doutes et interrogations sur l’engagement. Cette structure innovante, alliée à la complexité musicale et lyrique de Sondheim, a valu à la pièce de nombreux prix, dont six Tony Awards, et une place au panthéon de Broadway.

La mise en scène est signée James Bonas, avec une scénographie minimaliste et colorée de Barbara de Limburg évoquant l’art abstrait des années 70, et des costumes qui aident à identifier d’un coup d’œil chaque couple. Une particularité de cette production est le choix de dialogues en français (traduits par Stéphane Laporte) mais de chansons interprétées en anglais, surtitrées en français, une décision artistique qui peut surprendre, mais n’a pas nui à la réception de l’œuvre.

Le jeune Gaétan Borg, dans le rôle de Robert (Bobby), manque parfois de charisme scénique, mais cette forme de « désinvolture » peut aussi parfois servir son personnage tourmenté et en quête de repères. Son interprétation vocale est par ailleurs séduisante, notamment dans ses chansons en solo comme « Marry Me A Little » et la déchirante « Being Alive », qu’il interprète avec une grande sensibilité. Mais la révélation de la soirée est sans conteste Jasmine Roy, qui incarne une Joanne cynique et mordante, dont le numéro « The Ladies Who Lunch » a soulevé l’enthousiasme du public. Sa performance vocale et scénique y est particulièrement touchante, parvenant à révéler la profonde vulnérabilité et le malaise cachés derrière les répliques incisives de son personnage.

Autour de Bobby, la galerie de personnages est portée par une distribution de très haut niveau, comme Marion Préïté (Sarah) et Arnaud Masclet (Harry), qui forment un couple explosif, notamment dans leur démonstration de karaté passive-agressive. Jeanne Jerosme (Amy) triomphe dans l’aria hystérique et virtuose « (Not) Getting Married Today », qu’elle interprète avec une précision qui provoque les rires du public. Camille Nicolas (April) est idéale en hôtesse de l’air un peu naïve lors d’un duo comique avec Bobby. Mais tous mériteraient d’être cités, tant l’engagement corps et âme dans leurs personnages respectifs est palpable.

La partition de Sondheim, réputée exigeante, est ici défendue avec brio par l’Orchestre National Avignon-Provence, sous la direction d’un spécialiste de Broadway, la jeune chef Charlotte Gauthier (en alternance avec Larry Blank). Cette collaboration est un pari réussi. La présence d’un orchestre symphonique au complet, chose devenue rare même à Broadway, offre une sonorité grandiose et restitue toute la richesse des orchestrations originales de Jonathan Tunick. La direction de Gauthier, alliant swing et précision, permet à la partition de déployer toutes ses nuances. Bref, une soirée qui a enthousiasmé un public venu en nombre pour assister à l’une des trois représentations !

 

 

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CRITIQUE, Comédie Musicale. AVIGNON, Opéra Grand Avignon (du 27 au 31 décembre 2025). SONDHEIM : Company. Gaétan Borg, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme… Orchestre National Avignon-Provence, Charlotte Gauthier [direction] / James Bonas [mise en scène].  Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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OPÉRAS (Grand Massif Central). Clermont Auvergne Opéra, l’Opéra de Limoges et l’Opéra de Vichy renforcent le réseau « OR MASSIF », un nouveau cadre de coproduction lyrique exemplaire

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3 maisons d’opéras de la région du Grand Massif Central renforcent, début 2026, leur nouveau format partenarial destiné à favoriser leur coopération lyrique et soutenir sur le territoire, la diffusion de l’opéra auprès du plus grand nombre (soit un bassin de presque 4 millions d’habitants). L’heure est aux économies de charges, mais aussi simultanément, à l’émergence de nouvelles formes et structures artistiques et culturelles : le dispositif « OR MASSIF «  pour « Opéras Réunis du Grand Massif Central » ainsi lancé par les 3 Maisons d’opéras : les Opéras de Vichy, de Clermont-Ferrand et de Limoges en témoigne. L’heure est aux coproductions inventives, d’autant opportunes qu’elles réduisent les coûts de production et de diffusion.

 

 

Les 3 directeurs concernés : Ève Coquart (Clermont Auvergne Opéra), Alain Mercier (Opéra de Limoges) et Martin Kubich (Opéra de Vichy) entendent en réalité élargir leur partenariat au delà d’une simple mutualisation des moyens de production : il s’agit aussi d’accompagner les artistes, de former les publics, en développant une palette d’actions à leur encontre (comme entre autres, des navettes assurant précisément la liaison entre Limoges et Vichy) ; sans compter un projet de création itinérante, à venir en 2027, est à l’étude, émanant des 3 maisons afin de s’adresser à tous les publics, citadins et ruraux.

 

La nouvelle formule répond concrètement au cahier des charges fixés par l’État dont la formule emblématique « mieux produire pour mieux diffuser » reste la boussole ; elle permet d’exploiter au maximum les ressources propres des 3 institutions lyriques, en particulier celles complémentaires : Clermont-Ferrand distingue grâce à son Concours de chant, les jeunes tempéraments les plus convaincants appelés à participer aux coproductions futures ; Limoges met en avant son orchestre et son chœur, sans omettre ses propres ateliers qui fabriquent décors et costumes ; Vichy offre une saison continue comprenant des événements l’été… Aujourd’hui, bien produire c’est dépenser moins et toucher le plus grand nombre de spectateurs. Ce qu’ont bien compris d’autres institutions en France, désormais très actives sur le plan de la mutualisation comme en particulier Angers Nantes Opéra et l’Opéra de Rennes.

 

 

 

Co productions à ne pas manquer en 2026 :

DIDON ET ÉNÉE de Purcell
Les Surprises, Louis-Noël Bestion de Camboulas (direction)
Pierre Lebon (mise en scène)
La production engage 6 chanteurs distingués lors du dernier Concours de chant – A CLERMONT AUVERGNE OPÉRA,
les 17 et 18 janvier 2026
https://clermont-auvergne-opera.com/evenement/didon-et-enee/

OPÉRA DE LIMOGES, les 22 et 23 janvier 2026
https://www.operalimoges.fr/didon-enee

 

 

 

ORPHÉE ET EURYDICE de Gluck
Avec Cyrille Dubois (Orphée), Chiara Skerath (Eurydice), Emmanuelle de Negri (amour)…
OPÉRA DE LIMOGES, les 5, 7 et 10 mai 2026
https://www.operalimoges.fr/orphee-et-eurydice

 

OPÉRA DE VICHY, le 31 mai 2026
https://opera-vichy.com/agenda/orphee-et-eurydice
Orchestre Symphonique de l’Opéra de Limoges Nouvelle-Aquitaine
Choeur de l’Opéra de Limoges

 

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ORCHESTRE NATIONAL AUVERGNE-RHÔNE-ALPES, ven 23 janvier 2026. « Au septième ciel », Dubugnon, Fauré, Beethoven… Thomas Zehetmair (direction)

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Le génie de Beethoven a ouvert la voie à tous les possibles en musique : déterminé, volontaire voire d’un esprit de conquête martial, l’esprit de Beethoven règne sans entrave ni limite dans sa Symphonie n°7 (qui brille aussi par son élégance et sa fluidité avenante) : c’est même une admirable fresque conçue telle « l’apothéose de la danse : (…) la danse dans son essence suprême, la réalisation la plus bénie du mouvement du corps presque idéalement concentrée dans le son… », selon les mots d’un Wagner admiratif.

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Photo : © Jean-Baptiste Millot

 

 

Mais outre le génie beethovénien, parmi ses héritiers, Gabriel Fauré s’affiche sans réserve dans ce concert du 23 janvier 2026, premier programme fort de l’an neuf par l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes. Fauré est l’un des porte-drapeaux les plus importants de la musique française. Le parcours se poursuit encore aujourd’hui, grâce à l’écriture du compositeur contemporain Richard Dubugnon qui rend un hommage personnel à Bizet et à son célébrissime Carmen. La nouvelle partition, présentée en création française à Clermont-Ferrand est ainsi défendu par le Swiss Piano Trio (réunissant le pianiste Martin Lucas Staub, la violoniste Angela Golubeva et le violoncelliste Franz Ortner)… « par son homogénéité, sa perfection technique et ses fortes capacités d’expression » le Trio invité sera l’interprète idéal de la création de Richard Dubugnon.

 

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Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand (Clermont-Ferrand)
Concert « Au 7ème ciel »
Dubugnon, Fauré, Beethoven
Vendredi 23 janv. 2026 à 19h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national Auvergne Rhône-Alpes : https://billetterie-orchestreauvergne.mapado.com/event/513507-au-septieme-ciel
Durée : 1h30 entracte compris

 

 

Gabriel Fauré :
Masques et Bergamasques opus 112

Richard Dubugnon :  » Carmeniana  »
suite d’hystéries grandioses d’après l’opéra « Carmen » pour violon, violoncelle, piano et orchestre – création pour le Swiss Piano Trio – Création française

Ludwig van Beethoven :
Symphonie n° 7 en la majeur opus 92

Thomas Zehetmair, direction
Swiss Piano Trio
Martin Lucas Staub : piano,
Angela Golubeva : violon,
Franz Ortner : violoncelle

Avant-concert – 18h30
Conférence musicologique de Benjamin Lassauzet sur la Symphonie n° 7 en la majeur opus 92 de Ludwig van Beethoven

 

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OPÉRA DE RENNES. DONIZETTI : Lucia di Lammermoor, 7 – 14 février 2026. Jakob Lehmann (direction) / Simon Delétang (mise en scène)

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Sommet de l’opéra romantique italien, Lucia di Lammermoor fixe un modèle lyrique spécifiquement conçu par Gaetano Donizetti qui ainsi, en septembre 1835, affirme une maîtrise incontestable. Le compositeur égale la lyre exemplaire de son prédécesseur Vincenzo Bellini. Passion amoureuse digne de Roméo et Juliette, intrigues politiques et destruction psychique qui bascule dans la folie, Lucia incarne le destin de nombreuses héroïnes de l’opéra romantique au XIXème : détruite, sacrifiée, manipulée dont la démence après un mariage forcé, souligne la misérable condition.

 

 

Dans son fameux air de la folie – avec harmonica de verre, Lucia exprime comme nulle autre, un chant de désespoir, une solitude démunie, le cri d’une victime identifiée mais maltraitée… A l’Opéra de Rennes, Simon Delétang signe une mise en scène épurée, intemporelle qui relève aspérités, vertiges de la partition vocale et orchestrale, l’une des plus saisissantes du répertoire. La production a soigné le choix des chanteurs, afin de respecter l’esthétisme du bel canto italien le plus raffiné qui soit. L’Opéra de Rennes est d’autant plus partie prenante de cette nouvelle production que décors et costumes sont réalisés par ses ateliers maison. Voici l’événement lyrique de ce début 2026.

 

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Opéra de Rennes
DONIZETTI : Lucia di Lammermoor (1835)
5 représentations événements
samedi 7 février 2026, 18h
lundi 9 février 2026, 20h
mercredi 11 février 2026, 20h
vendredi 13 février 2026, 20h
samedi 14 février 2026, 18h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Rennes : https://www.opera-rennes.fr/fr
Orchestre National de Bretagne
Chœur de chambre Mélisme(s)
Jakob Lehmann, direction
Simon Delétang, mise en scène

 

 

distribution

Laura Ulloa / Éléonora Bellocci, Lucia (en alternance)
César Cortés / Andrés Agudelo, Edgardo (en alternance)
Stavros Mantis, Enrico
Jean-Vincent Blot / Mathieu Gourlet, Raimondo
Sophie Belloir, Alisa
Carlos Natale, Arturo
Jean Miannay, Normanno

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Le + de classiquenews :
Les temps forts de l’œuvre à ne pas manquer (actes II et surtout III)

Les Ashton contre les Ravenswodd… Si l’acte I expose les personnages et la situation qui les oppose : Enrico Ashton entend marier sa sœur Lucia malgré elle, alors qu’elle aime Edgardo (du clan adverse des Ravenswood), c’est L’ACTE II qui réserve aux spectateurs les scènes les plus saisissantes : Enrico marie Lucia à Lord Bucklaw quand Edgardo paraît … pour maudire la mariée qui pensait déjà mourir. L’ACTE III bascule dans la folie, celle de Lucia qui le soir de ses noces maudites, a tué l’époux qui lui fut imposé : la fameuse scène de la folie exprime le désarroi halluciné de l’héroïne ; c’est un sommet lyrique et dramatique qui révèle les plus grandes divas (soprano coloratoure). Quand Edgardo voit passer la précession qui pleure la mort de Lucia (évanouie, morte après son grand air de la folie), le jeune homme se poignarde en prononçant le prénom de celle qu’il a abandonnée.

Lucia di Lammermoor (inspiré du roman de Walter Scott) reste un mythe lyrique romantique inégalé, aux côtés des chefs d’œuvre de Bellini (Norma, I Puritani). Le drame imaginé par Donizetti eut un impact mémorable dans l’esprit de Madame Bovary : Flaubert conçoit que son héroïne a alors la révélation de son âme romantique en assistant à l’Opéra de Rouen à une représentation de Lucia…

 

 

 

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ORCHESTRE LAMOUREUX. « Bébé concert du Nouvel An », dim 18 et dim 25 janvier 2026. Paris, Salle Gaveau ; Boulogne-Billancourt, La Seine Musicale

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Pour le début de l’année, l’Orchestre Lamoureux voit grand et propose un programme pour le (très) jeune public (les enfants et leurs parents). Ce « Bébé Concert du Nouvel An » tient l’affiche de la Salle Gaveau (dim 18 janv 2026), puis La Seine Musicale (dim 25 janv 2026).
Son programme d’une durée de 30mn, adapté aux enfants de 0 à 5 ans, s’inspire de celui donné traditionnellement à Vienne, chaque année depuis 1939, mais dans une version Lamoureux.

 

 

Volubile, élégant, généreux, l’Orchestre Lamoureux n’usurpe pas sa réputation ; au cœur du programme, place à l’effervescence musicale mêlant grâce du ballet classique, rythme effréné des marches militaires, vivacité des danses françaises et des valses viennoises.

L’occasion est offerte de découvrir l’univers envoûtant et voluptueux de Johann Strauss II, le roi de la valse autrichienne. De la Bauern Polka, grand succès en Russie, à la célèbre valse Le beau Danube bleu, souvent offerte en apothéose lors du concert viennois du Nouvel An, chaque note transporte dans une symphonie de légèreté et de grâce. Une célébration vibrante pour débuter l’année 2026 en beauté !

 

 

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Dimanche 18 janvier 2026
10h, 11h15, 15h, 16h15
PARIS, Salle Gaveau
Infos& réservations : https://orchestrelamoureux.com/concerts/bebe-concert-nouvel-an-4/

Salle Gaveau
 – 45 rue La Boétie, 75008 Paris
 / 01 49 53 05 07
Métro
 : Ligne 9 et 13, Miromesnil

 

 

Dimanche 25 janvier 2026
10h et 11h30
LA SEINE MUSICALE
Infos& réservations : https://orchestrelamoureux.com/concerts/bebe-concert-nouvel-an-3/

La Seine musicale
Ile Seguin, 92100 Boulogne-Billancourt
 / 01 74 34 53 53
Métro : 
Ligne 9, Pont de Sèvres

 

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ENSEMBLE INTERCONTEMPORAIN. Grand Soir numérique, jeudi 8 janvier 2026 (PARIS, Cité de la musique). Yang SONG, Augustin BRAUD, Clara OLIVARES, Riccardo GIOVINETTO…

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Ce Grand Soir Numérique, proposé par l’Ensemble intercontemporain interroge le regard neuf que la technologie porte sur le familier. Voici 5 propositions qui outre l’expérimentation sonore, stimule l’émergence de nouveaux formats musicaux au carrefour de la vidéo et du son… En transformant un violoncelle en guqin, Yang Song interroge par le geste et la vidéo, les traditions musicales chinoise et occidentale. Dans « Femina », Riccardo Giovinetto explore la grâce féminine (concept inspirant les peintres de la Renaissance), quand Annabelle Playe et Hugo Arcier conçoivent une nature vierge (« Ars natura »), sans présence humaine.
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Illustration : À vol d’oiseau, 2022, impressions sur papier 600×870 mm © Jacques Perconte, collection du conseil de l’Europe, Bruxelles

 

 

Fidèle à son ADN, l’Ensemble intercontemporain intègre dans le process créatif, les ressources des technologies les plus actuelles. « Valets » d’Augustin Braud mêle au son des instruments une présence souterraine, qui échappe habituellement aux perceptions humaines, et Clara Olivares évoque l’impact de l’intelligence artificielle sur le processus de création… Comme un laboratoire qui explore, invente, éprouve, sans se fixer de limites, le « Grand Soir numérique » célèbre les noces de la création musicale à l’heure des innovations technologiques. Au carrefour de la vidéo, du geste musical, de l’électronique, … de nouveaux mondes s’offrent aux spectateurs.

 

Ensemble intercontemporain
Grand soir numérique
jeudi 8 janvier 2026, 20h
PARIS, Cité de la musique – Salle des concerts
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Ensemble intercontemporain : https://www.ensembleintercontemporain.com/fr/concert/grand-soir-numerique-3-2026-01-08-20h00-paris/
Tarif : 28 €
programme
Annabelle PLAYE et Hugo ARCIER
ARS NATURA, performance audiovisuelle
Yang SONG
Phoenix Eye, Dragon Eye,
龙眼, 凤眼 pour violoncelle, geste, vidéo et électronique live
Clara OLIVARES
Au Banquet des visages
pour ensemble et électronique
Création mondiale
Commande Ensemble intercontemporain, Ircam-Centre Pompidou
Augustin BRAUD
Valets, pour ensemble et électronique diffusée par quatre amplificateurs de guitare
Création mondiale
Commande Ensemble intercontemporain, La Muse en Circuit – CNCM
Riccardo GIOVINETTO
F E M I N A, performance audiovisuelle

 

distribution

Renaud Déjardin, violoncelle
Ensemble intercontemporain
Yalda Zamani, direction
Annabelle Playe, live électronique
Hugo Arcier, vidéo
Riccardo Giovinetto, vidéo et live électronique
Pierre Carré, Rémi Le Tailllandier, électronique Ircam

AVANT-CONCERT À 18h45
Rencontre avec les artistes
Entrée libre

 

 

 

Programme présenté dans le cadre et avec le soutien de Némo – Biennale internationale des arts numériques de la Région Île-de-France

 

 

VIDÉO : Phoenix Eye, Dragon Eye de Yang Song

Yang Song, Phoenix Eye, Dragon Eye 龙眼,凤眼 – création 2021
pour violoncelle, geste, « live » vidéo et électronique
avec Yi Zhou violoncelle
Concert en binaural, équipez-vous d’un casque pour une expérience optimale
Enregistré dans le cadre du Concert du Cursus le 12 juin 2021 au CENTQUATRE-PARIS

 

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CRITIQUE, opéra. OPÉRA DE RENNES, le 27 décembre 2025. Pauline VIARDOT : Cendrillon (1904). Apolline Raï-Westphal (Cendrillon), Lila Dufy (la Fée), … David Lescot / Bianca Chillemi

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L’Opéra de Rennes affiche jusqu’au 3 janvier 2026, une production séduisante qui réhabilite en réalité le dernier opéra de chambre de Pauline Viardot (1821 – 1910), alors octogénaire, à l’époque des derniers Massenet et des sommets de Puccini… Sa Cendrillon (créée en 1904) pétille par son charme agile, parfois corrosif dont l’abondance de dialogues et réparties parlées (rédigés par le metteur en scène David Lescot), le choix d’ajouts musicaux (dont Mozart et Berberian), l’orchestration pour 4 instrumentistes, élaborée par Jérémie Arcarche [quand la version originelle indiquait le piano seul] soulignent la théâtralité active, enjouée d’une partition idéalement rythmée. Le Théâtre Sénart a accueilli la création de la nouvelle production proposée par La Co[opéra]tive (début novembre 2025). L’Opéra de Rennes à son tour lui dédie sa salle, écrin idéal pour chaque production lyrique, en particulier pour ce type de format scénique et chambriste… Au total, Cendrillon réalisera une tournée hexagonale en 16 étapes, avec à la clé pas moins de 73 représentations, la dernière étant annoncée le 2 avril 2026 à Dunkerque (Scène nationale).

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Photos © Christophe Raynaud de Lage

 

David Lescot règle un spectacle bien équilibré entre finesse et délire, poésie et irrévérence voire charge parodique. La production revisite le mythe de Cendrillon avec une verve affûtée riche en contrastes, toujours élégante… En 1h10 approximativement, la jeune souillon affronte avec bienveillance l’idiotie toxique de ses deux sœurs, la lâcheté de son père, – faux baron mais vrai épicier véreux qui est passé par la prison et qui ne pense qu’à se bâfrer… Aidée par la bonne fée, Cendrillon rencontre le prince Charmant Ier… qu’elle décide d’épouser.

 

Savoureuse Cendrillon

Fin et délirant, le spectacle
réglé par David Lescot, pétille et convainc

 

La Fée (Lila Dufy) © Christophe Raynaud de Lage

 

 

La production s’appuie sur une distribution homogène ; elle fait la part belle aux jeunes chanteurs parmi lesquels se distinguent particulièrement la Cendrillon d’Apolline Raï-Westphal, comme la fée de Lila Dufy [que l’on avait découverte ici même en… Reine de la nuit de La Flûte enchantée de Mozart en mai / juin dernier]. Les deux solistes facétieuses et espiègles ressuscitent l’esprit féérique que Pauline Viardot a su déployer et que la production sait préserver.

Visuellement le dispositif très astucieux séduit, imaginant dans la première partie [avant le bal] les musiciens intégrés dans les tableaux du salon, puis lors de la scène du bal justement, les mêmes instrumentistes, sortis des cadres et aussi délirants, animant le concert dans le spectacle, – mise en abîme très efficace qui nous vaut les deux numéros les plus comiques : l’air d’Elvira extrait du Don Giovanni de Mozart [« Ah chi dice mai« ], chanté et comme dédoublé par les deux sœurs ; puis le solo de Cendrillon, synthèse de tous les effets vocaux, bucaux dont est capable une chanteuse … En réalité une relecture très habitée de la pièce composée / chantée par la mezzo Cathy Berberian :  » Stripsody  » de 1966. Autant de saillies et onomatopées qui font écho en particulier auprès des plus jeunes spectateurs. On regrette à ce moment que la soprano  ne s’approche pas plus du bord de scène pour ce solo déjanté… ce rare instant de pur délire aurait d’autant plus surpris et saisi, dans un rapport plus direct avec l’audience.

Pauline Viardot, cantatrice adulée, [entre autres de Berlioz qui conçut pour elle, une nouvelle version de l’Orphée et Eurydice de Gluck], fut aussi une  collectionneuse généreuse ; ainsi de l’aveu même du metteur en scène, la présence de l’air d’Elvira est une belle référence au don que Pauline Viardot fit du manuscrit du Don Giovanni de Mozart à l’État français.
La cantatrice révèle un talent indiscutable comme compositrice : sa Cendrillon bien calibrée déroule un drame resserré, serti d’airs d’autant plus séduisants qu’ils sont courts et bien enchaînés. Elle maîtrise le flux dramatique, ne s’épanche jamais, place astucieusement les ensembles (d’une coupe rossinienne) sans trop les développer [menuet du bal]. La comédie est un régal de numéros parlés et de formules linguistiques et, dans cette production, parfois, à la lisière du burlesque et même du surréalisme. Ce qui exige des qualités multiples et complémentaires de la part des interprètes : acteurs, chanteurs et même danseurs (en particulier dans le tableau du bal)… En témoigne le vrai chambellan déguisé en faux Prince, incarnation pour laquelle se démarque aussi le ténor Benoît Rameau que les spectateurs retrouvent ainsi après son Monostatos stylé, remarqué dans la même Flûte Enchantée de Mozart qui concluait la saison passée 2024-2025.

Spectacle idéal pour les fêtes de fin d’année, à l’affiche de l’Opéra de Rennes jusqu’au 3 janvier prochain. Il reste encore quelques places… réservations et infos sur le site de l’Opéra de Rennes : https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/cendrillon

 

 

Cendrillon (Apolline Raï-Westphal) et ses 2 sœurs © Christophe Raynaud de Lage

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. OPÉRA DE RENNES, le 27 décembre 2025. Pauline VIARDOT : Cendrillon (1904). Olivier Naveau (le père), Clarisse Dalles et Romie Estèves (les deux sœurs), Apolline Raï-Westphal (Cendrillon), Tsanta Ratia (le Prince), Benoît Rameau (le chambellan), La Fée (Lila Dufy), Ensemble instrumental (Bianca Chillemi, piano et direction). A l’affiche de l’Opéra de Rennes, jusqu’au 3 janvier 2026.

 

 

 

Le bal © Christophe Raynaud de Lage

 

 

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de Cendrillon de Pauline Viardot à l’Opéra de Rennes, jusqu’au 3 janvier 2026 : https://www.classiquenews.com/opera-de-rennes-pauline-viardot-cendrillon-du-27-dec-2025-au-3-janvier-2026-apolline-rai-westphal-lili-dufy-david-lescot-mise-en-scene-jeremie-arcache-adaptation/

 

Visitez aussi le site de la Co(opéra)tive / page dédiée à Cendrillon de Pauline Viardot – David Lescot – Bianca Chillemi : http://www.lacoopera.com/le-carnaval-de-venise-copy-1

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à venir Lucia…

Prochaine production lyrique à l’affiche de l’Opéra de Rennes : Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti – Jacob Lehmann, direction musicale / Simon Delétang, mise en scène : https://www.opera-rennes.fr/fr
5 représentations événement, les 7, 9, 11, 13 et 14 février 2026

 

 

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ORCHESTRE NATIONAL AVIGNON PROVENCE. Vendredi 30 janvier 2026. JAËLL, LISZT, SCHUBERT… Célia ONETO BENSAID (piano), Débora Waldman (direction)

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« Il n’y a qu’une seule personne qui sache jouer Liszt : c’est Marie Jaëll », disait Camille Saint-Saëns. Le compositeur a raison : Marie Jaëll joua et composa dans l’admiration de son mentor et modèle : en plus d’une écriture virtuose, s’exprime aussi une vitalité ardente, un embrasement mystique… En témoigne le disque « Étincelles » enregistré il y a quelques années par la pianiste Célia Oneto Bensaid, Débora Waldman et l’Orchestre national Avignon-Provence.

 

 

Le programme de ce 30 janvier les réunit à nouveau dans une suite orchestrale qui s’annonce explosive ! Ce deuxième volet centré autour du grandiose Concerto pour piano et orchestre n°2 de Marie Jaëll confirme l’admiration que Franz Liszt portait à la compositrice et musicienne qui brillait particulièrement dans l’interprétation des concertos du Hongrois. Le concert met en perspective chacun de leur Concerto pour piano n°2… L’Ouverture de l’opéra Der Freischutz de Carl Maria Von Weber, drame féerique et fantastique voire infernal, et la spectaculaire Symphonie Inachevée de Franz Schubert parachèvent un programme effectivement… « Etincelant ! »

 

 

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Concert symphonique
ÉTINCELLES #2
JAËLL, LISZT, SCHUBERT…
Opéra Grand Avignon / Avignon
vendredi 30 janvier 2026 ,20h
Direction, Débora WALDMAN
  /  Piano, Célia ONETO BENSAID
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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national Avignon Provence : https://www.orchestre-avignon.com/concerts/etincelles-2/
Durée : 1h40
Tarif : de 5 à 31 euros
Réservations : 04 90 14 26 40
À la billetterie de l’Opéra Grand Avignon :
 du mardi au samedi, de 10h à 17h sans interruption
➤ du 14 juin au 11 juillet, puis à partir du 2 septembre

 

 

 

programme

Carl Maria von Weber, Der Freischütz, ouverture
Marie Jaëll, Concerto pour piano et orchestre, n°2 en ut mineur
Franz Liszt, Concerto pour piano n°2, en la majeur s. 125
Franz Schubert, Symphonie n°8 en si mineur, D. 759 « Symphonie inachevée »

Avant-concert à 19h15
Rencontre avec un membre de l’équipe artistique
Salle des préludes de 19h15 à 19h45

 

VIDÉO Marie Joëlle, reportage spécial (2016)

 

En janvier 2016 sort un premier cycle d’enregistrements de ses œuvres qui soulignent l’ambition de la compositrice, aux côtés de la pédagogue mieux connue. CLASSIQUENEWS fait le point sur une personnalité atypique et parfois déconcertante mais tempérament trempé et déterminée d’une force créative inédite à son époque. Au XIXè, il n’était pas bon être femme artiste surtout compositrice et pianiste… Pédagogue, pianiste virtuose, femme écartée mais compositrice engagée surtout théoricienne du jeu pianistique, Marie Jaëll (1846 – 1925) a ressuscité lors du Lille Piano Festival 2012. Reportage vidéo et grand portrait de la compositrice marquée par le modèle légué par Liszt et Schumann. Réalisation : Philippe Alexandre Pham – durée : 23 mn © CLASSIQUENEWS.TV 2012

 

 

Symphonie n°8 de Schubert

D’emblée, les grands chefs doivent concilier dans une conception équilibrée, les caractères mêlés (volcanique, primitif, chtonien…) des deux mouvements qui nous sont parvenus et qui font de l’opus 8, ce massif sublime « inachevé ». Chaque tutti est une morsure, chaque mesure de valse du premier mouvement (I. Allegro moderato), une caresse et …un adieu mélancolique ; mais ce qui séduit c’est l’immersion dans la profondeur et ce surgissement irrépressible d’une vérité terrifiante qui enfle et foudroie ; entre oubli et renoncement mais aussi clairvoyance, l’orchestre requis se doit d’éclairer la puissante architecture à la fois tragique et cynique, au souffle prométhéen grâce à laquelle le divin Schubert égale la vision de l’ombre tutélaire, son grand contemporain à Vienne, et figure incontournable de la musique moderne … Beethoven.
Entre le rugissement du volcan, son antre profond, et la tendresse qui rassure et rassérène, Schubert soigne l’écart des vertiges, l’éclat des profondeurs, les soleils noirs, les ténèbres, leurs insondables menaces (cordes acérées, vives, trépidantes) autant que l’ineffable oubli, la volonté d’effacement).

Dans l’Andante con moto (II), face souterraine et mystérieuse du portique précédent, Schubert convoque les mêmes proportions du colossal, élargi encore grâce à l’assise des basses, couplée à une parfaite lisibilité des cuivres et la tendresse des bois et des vents…
Le bénéfice des instruments historiques se révèle toujours bénéfique, en particulier pour les œuvres spectaculaires : les contrastes et les dialogues entre les pupitres gagnent une définition précise, des arêtes plus vives, et globalement une caractérisation plus affûtée ; couleurs et timbres nuancent considérablement le spectre sonore soulignant, et la grandeur et le souffle beethovéniens, et la sensibilité mozartienne, une sincérité miraculeuse. Rien de mieux, pour exprimer et faire chanter toutes les tensions d’une partition à la fois somptueuse et volcanique

 

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CRITIQUE CD événement. CHOPIN : Intégrale des (20) Nocturnes. Yves Henry, piano Pleyel 1837 (2 cd Soupir éditions, 2024)

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Sur un piano Pleyel de 1837 (le même sur lequel il jouait en 2023 les Valses), le pianiste Yves Henry explore l’esthétique et la poétique des Nocturnes de Chopin, genre créé par John Field mais ô combien transfiguré par le Polonais : ces 20 Nocturnes (dont le Lento con gran espressionne) en témoignent magistralement. Le chant intérieur, furieux ou langoureux, comme surgissant des mondes parallèles, les révélant fugacement, mais aussi un goût particulier pour la couleur marquent définitivement chaque Nocturne.

 

 

 

 

CD1 – Outre la clarté et la diversité des nuances de phrasés, la maîtrise du pianiste se révèle dans la sélection des pièces, assemblage concerté des opus 9, 15, 27, 32, 37, 48, 55, 62 ; il s’en dégage une évolution, un cheminement qui jalonne le grand labyrinthe chopinien ; lui-même mouvant et d’une remarquable sensibilité en terme d’harmonisation, de tonalités,… le présent double cd qui fait suite aux intégrales précédentes (Mazurkas, 2022, puis valses, 2023 sollicitant aussi le même Pleyel historique) recueille la familiarité du pianiste dans les mondes de Chopin (délicats allusifs et d’une sérénité extatique, ainsi les 2 premiers de l’opus 9, lesquels contrastent avec la houle harmonique du 3è (partie centrale dramatique et tempétueuse) dont le clavier historique exprime nettement chaque passage de tonalité).
Se distinguent la belle urgence de l’opus 15 n°2 (5), d’une délicatesse cristalline ; la langueur inquiète, intranquille, parfois panique de l’opus 15 n°3 (6) ; le mystère intime, le plus proche de l’ineffable (opus 27 n°2, plage 8)…

CD2 – Yves Henry arbitre inspiré des équilibres sonores fragiles sait déployer la langueur, comme une lumineuse nostalgie des deux Nocturnes de l’opus 37 ; le mystère intime de l’opus 48 dont le plus développé (plus de 8 mn au bel canto enivré et éperdu, plage 4) ; Chopin semble favoriser avec le temps un sentiment franc et plus direct sans pour autant sacrifier finesse et pudeur d’intonation comme en atteste le très suggestif Nocturne n°15 opus 55…
Le choix du piano qui établit une toute autre esthétique sonore que le clavier moderne, la présence de la mécanique dans l’enregistrement éclaire un Chopin plus proche de l’allusif et du fugace, de la fragilité et de la subtilité sans pour autant manquer de puissance ou de fureur émotionnelle.

 

Le jeu du pianiste cultive surtout l’intensité du rêve qui semble ainsi porter chaque Nocturne dont il fait l’expression d’un souvenir intime (superbe architecture évanescente du Nocturne opus 72 en mi mineur). Un souvenir dont la clarté polyphonique et le relief perlé du bel canto réactivent le flux naturel (en cela le chant libre aérien du dernier « Lento »inscrit le parcours entier dans le ciel, sur des cimes inatteignables et pourtant bien présentes)… Peu à peu se dessine l’extrême sensibilité chopinienne, avec le temps et dans la chronologie ainsi reconstituée, s’affirme un sentimentalisme de plus en plus franc mais noble, condensé mais pudique. Remarquable intégrale, véritable polyptique de l’intime.

 

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CRITIQUE CD événement. CHOPIN : Intégrale des Nocturnes. YVES HENRY, piano Pleyel 1837 (2 cd Soupir éditions) – enregistré de janv à juin 2024, Croissy sur Seine). CLIC de CLASSIQUENEWS hiver 2025

 

 

 

 

 

 

autres cd CHOPIN par Yves Henry, distingués sur CLASSIQUENEWS :

 

LIRE aussi notre critique du CD événement. CHOPIN : Double intégrale des valses – Yves Henry, pianos Pleyel 1837 / Bechstein 2020 (2 cd Soupir éditions) -mai 2023 :
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-chopin-double-integrale-des-valses-yves-henry-pianos-pleyel-1837-bechstein-2020-2-cd-soupir-editions/

En jouant l’intégrale des Valses de Chopin sur deux claviers, l’un moderne (le grand piano de concert Bechstein 2020 ; longueur : 2,82m), l’autre historique (Pleyel 1837 ; longueur : 2, 27m), le pianiste Yves Henry ne propose pas une confrontation pour élire le « meilleur » instrument, mais plutôt une synthèse… C’est à dire ici, dévoiler combien les qualités du jeu sur l’instrument d’époque (retenue, subtilité, dynamique sonore, clarté et détail du contrepoint, …) peuvent en réalité enrichir encore l’approche sur le piano moderne, puissant, mécaniquement véloce et réactif…

 

 

 

 

 

LIRE aussi notre critique du CD événement, L’intégrale des MAZURKAS. Yves Henry, piano Pleyel 1837 (3 cd Soupir)
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-chopin-lintegrale-des-mazurkas-yves-henry-piano-pleyel-1837-3-cd-soupir/

CD événement. CHOPIN : L’intégrale des MAZURKAS. Yves Henry, piano Pleyel 1837 (3 cd Soupir)
– De sept 2018 à mai 2019, le pianiste Yves Henry enregistre à Croissy et en public toutes les Mazurkas de Chopin, le plus parisien et français des Polonais. Il en résulte cette intégrale des Mazurkas parvenues (soit 58 sur les 60 écrites entre 1825 et 1849) jouées sur un clavier historique Pleyel 1836 (conservé dans les collections de la ville de Croissy sur Seine). Yves Henry dévoile de l’intérieur la matrice compositionnelle d’un Chopin, d’abord adolescent, très influencé par les danses polonaises traditionnelles qui sous le filtre de son génie expérimental et presque fantasque, deviennent dans chaque nouvelle mazurka, une cellule autonome ; chaque partition investie développe autant d’idées, mais dans un instantané intense, entre nervosité, langueur, caractère. L’ultime de 1849 est laissée inachevée (mais jouée dans la version du regretté Milosz Magin auquel le pianiste français rend hommage aussi). Le cycle entier a valeur de journal intime, proche des états d’âme et des humeurs du compositeur pianiste, enclin à la rêverie, secrète parfois énergique et sanguine, comme à la contemplation…

 

VISITEZ aussi le site officiel du pianiste Yves Henry : https://www.yveshenry.fr/

 

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OPÉRA ORCHESTRE NORMANDIE ROUEN. WAGNER : Le Vaisseau fantôme. 27 janvier – 3 février 2026. Alexandre Duhamel, Silja Aalto… Marie-Ève Signeyrole / Ben Glassberg

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« Monumental et fantastique », l’opéra de Richard Wagner qu’il proposa à l’Opéra de Paris (en vain) exprime son ardente sensibilité romantique ; comme une préfiguration du grand œuvre à venir – Tristan und Isolde (1865), Le Vaisseau Fantôme (1843) déploie un monde fantasmagorique, entre légende et réalité. Un monde où la passion totale embrase et transcende jusqu’à la mort, tout en réalisant la fusion des amants.

 

 

 

Dans une nouvelle mise en scène signée Marie-Ève Signeyrole, la partition entre en résonance avec notre époque : les passions humaines, obsession, exaltation, compassion…qui nourrissent la relation entre Santa et le Voyageur maudit se retrouvent dans un « outre-monde » où le fantastique côtoie le tragique. Tout passe dans la musique : l’orchestre est d’une fureur inouïe puis d’une profonde douceur, il met en lumière la grandeur et la fatalité du drame.

Les vagues orchestrales, la puissance des chœurs, la richesse des harmonies expriment une quête incessante de paix. Le Hollandais aspire à la rédemption d’autant plus que Santa est prête à tout sacrifier pour lui… Les forces d’un amour total peuvent-elles vaincre le cycle de la malédiction ?

Ici le récit mythologique du capitaine condamné à errer éternellement sur les mers, tiraillé entre espoir et désespoir, percute les luttes contemporaines de ceux qui sont contraints à la fuite et le cycle sans fin de la migration. La nouvelle production présentée par l’Opéra Orchestre Normandie Rouen défend une vision percutante du chef-d’œuvre wagnérien, entre épopée mythologique et tragédie humaine.

 

 

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nouvelle production
Richard Wagner : Der Fliegende Höllander

ROUEN , Théâtre des Arts
4 dates événements
Mardi 27 janvier 2026 à 20h
Vendredi 30 janvier 2026 à 20h

Dimanche 1 février 2026 à 16h
Audiodescription – Tarif famille;

Mardi 3 février 2026 à 20h
Gilets vibrants;
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen : https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/le-vaisseau-fantome/
Opéra en trois actes – Livret de Richard Wagner
Créé à Dresde en 1843
Durée : 2h20, sans entracte  /  
en allemand surtitré en français
Tarif A : de 10 à 85 €
Direction musicale : Ben Glassberg
Mise en scène, conception vidéo : Marie-Ève Signeyrole
Assistanat à la mise en scène : Katja Krüger
Scénographie : Fabien Teigné
Costumes : Yashi
Lumières : Philippe Berthomé
Dramaturgie : Louis Geisler
Chefs de chant : Kate Golla, Matthew Fletcher
Chef de chœur : Gareth Hancock
Pianiste des chœurs : Philip Richardson
Le Hollandais : Alexandre Duhamel
Daland, un marin norvégien : Grigory Shkarupa
Senta, sa fille : Silja Aalto
Erik, un chasseur : Robert Lewis
Mary, nourrice de Senta : Héloïse Mas
Le Pilote de Daland : Julian Hubbard

Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen
Chœur accentus / Opéra Orchestre Normandie Rouen

Coproduction Opéra Orchestre Normandie Rouen, Opéra national de Lorraine

 

 

Autour du spectacle
ven 23 janvier 2026 / 17h30
Rencontre et répétition ouverte
Théâtre des Arts
RÉSERVER

lun 26 janvier 2026 /  18h30
Avant-première
Théâtre des Arts
RÉSERVER

mar 27 à 19h
Introduction à l’œuvre
Théâtre des Arts

ven 30 à 19h
Introduction à l’œuvre
Théâtre des Arts

dim 01 à 15h
Introduction à l’œuvre
Théâtre des Arts

dim 01 à 16h
Audiodescription
Théâtre des Arts

dim 01 à 16h
Le Club des Sortilèges
Théâtre des Arts

mar 03 à 19h
Introduction à l’œuvre
Théâtre des Arts

mar 03 à 20h
Gilets vibrants
Théâtre des Arts

 

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CRITIQUE CD événement. Ambroise THOMAS : Psyché (1857 / 1878) : Hélène Guilmette (Psyché), Antoinette Dennefeld (Eros), Tassis Christoyannis (Mercure)… HUNGARIAN NATIONAL CHOIR & PHILHARMONIC, György Vashegyi, direction (2 cd Collection « Opéra français » vol. 45 | Bru Zane 1062)

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La Psyché enregistrée ici comme une recréation en première mondiale, est celle mixte, rassemblant les meilleurs éléments des deux versions historiques, l’originale de 1857 et celle révisée plus tardive de 1878. Voilà qui nuance considérablement l’appréciation des opéras d’Ambroise Thomas, souvent, uniquement estimé au regard de son stupéfiant « Hamlet » à venir (1868) ou « Mignon » (1866). Pas encore aussi célèbre qu’à la fin de la décennie 1860, Ambroise Thomas en 1857 se démarque par son goût de l’italiannité et l’ampleur appuyée des éléments comiques. La révision de 1878 tend à effacer tout cela, ajoute l’inévitable ballet, pour mieux faire correspondre Psyché aux normes et format du « grand opéra »…

 

 

La Psyché de Thomas,
perle lyrique hybride
entre opéra comique et grand opéra

Apports bénéfiques de 1878 retenus : le rôle de Mercure (de basse, devenu baryton agile), surtout pour Psyché, amplification lyrique avec deux airs significatifs (d’exposition et surtout d’extase qui referme le II). C’est la regrettée soprano Jodie Devos qui devait incarner Psyché… fauchée en 2024, la cantatrice est ici remplacée par Hélène Guilmette.
Ce qui frappe avant tout c’est la pureté du style, sa « fraîcheur » (pour reprendre certains arguments d’époque), son élégance d’autant plus « efficace » qu’elle est associée à un sens dramatique indiscutable. En maître de l’opéra, Ambroise Thomas fusionne les styles : vocalises et agilité italiennes (finale donizettien du I, grand air d’Eros au II), harmonies atmosphériques très évocatoires (couleur nocturne du II) ; souci du théâtre et relief du texte dans l’esprit gaulois – mordant et facétieux, qu’incarne idéalement le personnage de Mercure (et des 4 caractères annexes, bouffons, de caractère).

Au final, qu’avons-nous ? grand opéra, opéra-comique…, Thomas fusionne les genres et c’est essentiellement la veine théâtrale qui triomphe. Même Berlioz orchestrateur critique et difficile, admire le métier… un sens irrésistible du continuum expressif qui dans la succession des séquences ouvragées, relance continument la tension, tout en soignant l’activité et le relief des contrastes.

Du rocher où elle doit être immolée pour plaire à vénus menacée (I), Psyché aimée d’Eros, est réfugiée dans le palais de ce dernier qui souhaite l’épouser : la couleur féerique et sensuelle du II inspire Thomas… Cet acte central est d’ailleurs le plus dramatique car il voit la malédiction d’une Vénus (trop humaine, rongée par la jalousie) s’accomplir et la pauvre Psyché, trompée /manipulée par Mercure et ses propres sœurs, trahir le serment fait à Eros de ne jamais le voir et de l’aimer dans la nuit.

Saluons le tempérament facétieux du Mercure de Tassis Christoyannis,désormais rompu aux emplois troubles, séducteur, manipulateur, parfait agent d’une Vénus agacée et jalouse : il s’ingénie à perdre la bien naïve Psyché ; palmes spéciales à l’excellente mezzo Antoinette Dennfeld qui dans le rôle travesti d’Eros (Amour) sait déployer un somptueux timbre et un sens tout aussi délectable de la déclamation. L’ouvrage est d’ailleurs centré sur la relation spécifique du jeune Dieu et de la beauté terrestre ; ému par la candeur de Psyché, Eros lui permet l’immortalité et une apothéose finale avec chœur, digne de meilleur final opératique. Orchestre et chœur hongrois savent exprimer la suprême élégance d’un ouvrage au raffinement spécifique et à la verve digne d’Offenbach, soit un drame attachant que l’on redécouvre ainsi dans un état quasi idéal. Excellente et légitime recréation. CLIC de CLASSIQUENEWS Hiver 2025.

 

 

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CRITIQUE CD événement. Ambroise Thomas : Psyché (1857 / 1878). avec Hélène Guilmette (Psyché), Antoinette Dennefeld (Eros), Tassis Christoyannis (Mercure), Mercedes Arcuri, Anna Dowsley, Artavazd Sargsyan, Philippe Estèphe, Christian Helmer – György Vashegyi, direction
HUNGARIAN NATIONAL PHILHARMONIC ORCHESTRA
HUNGARIAN NATIONAL CHOIR
Collection « Opéra français » vol. 45 | BZ 1062
Premier enregistrement mondial
Sortie : fin octobre 2025 – 2 CD – 192 pages

 

 

 

PLUS D’INFOS sur le site du Palazzetto Bru Zane : https://bru-zane.com/fr/pubblicazione/psyche/#

 

 

VIDÉO Psyché d’Ambroise Thomas

Opéra-comique in three acts on a libretto by Jules Barbier and Michel Carré, premiered at the Opéra-Comique in Paris on 26 January 1857, and revised as a four-act opera, premiered at the same venue on 21 May 1878.
First version from 1857 with inserts from 1878.
György Vashegyi conductor
HUNGARIAN NATIONAL PHILHARMONIC ORCHESTRA
HUNGARIAN NATIONAL CHOIR
With Hélène Guilmette, Antoinette Dennefeld, Tassis Christoyannis, Mercedes Arcuri, Anna Dowsley, Artavazd Sargsyan, Philippe Estèphe, Christian Helmer
Premiered at the Opéra-Comique in Paris on 26 January 1857, Ambroise Thomas’s Psyché tells the story of the ill-starred love between Eros and Psyche, who are manipulated by the cynical Mercury and envied by Daphne and Berenice, the heroine’s own sisters. The style of the work represents the nec plus ultra of mid-nineteenth-century French opéra-comique, notably in the Italianate influence of Rossini, which gives the singers of the two leading roles – one of which, Eros, is a breeches part for mezzo-soprano – a chance to glitter amid torrents of coloratura poured forth in impressive, passionate love duets.
The librettists Jules Barbier and Michel Carré achieved an inspired blend of comedy and tragedy by contrasting a quartet of cruel and grotesque characters (Psyche’s sisters and their suitors) with the noble hero and heroine. Ambroise Thomas’s music does not merely foreshadow the future triumphs of Mignon and Hamlet: it is worthy to stand beside them at the pinnacle of his operatic legacy, as his obituarists declared. This recording confirms their judgment.
Recorded from 10 to 12 February 2025 at the Béla Bartok National Concert Hall in Müpa, Budapest (Hungary).

 

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CRITIQUE, danse / cirque. AULNAY SOUS BOIS, Théâtre Jacques Prévert, le 3 DÉCEMBRE 2025. Nabil Ouelhadj : Ça déménage. Compagnie Racines Carrées, avec la participation d’une classe de collège du 93

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Énergie folles et acrobaties impressionnantes font ressentir avec humour, étapes et changements de la vie. Le ballet contemporain
«  Ça déménage  » , mis en scène par Nabil Ouelhadj, fait escale au Théâtre Jacques Brel. Créée par sa compagnie Racines Carrées, la pièce mêle cirque, hip-hop et humour. C’est une création originale, enrichie pour cette représentation, par la participation de collégiens du 93. Par Amalia Procopio-Valentin.

 

 

Ça déménage : acrobaties d’une famille en mouvement

Le spectacle met en lumière des expériences universelles, lié aux conséquences et enjeux d’un déménagement : quitter un lieu, chercher du renouveau, ressentir la nostalgie, traverser les étapes d’une vie de famille. Il se distingue également par l’intégration d’acrobaties, additionnées aux mouvements de hip-hop, comme le permet la présence d’un trampoline.

Le spectacle suit une famille en plein déménagement ; il explore, à travers le mouvement et les objets du quotidien, tout ce que ce passage implique : quitter, trier, se souvenir, ouvrir un nouveau chapitre, se préparer à une nouvelle vie…

 

 

Bonds et rebonds du trempoline

La mise en scène s’appuie sur un dispositif très physique : un trampoline central, des boîtes en carton manipulées et divers éléments du dehors intégrés au jeu. Le spectacle est ainsi rythmé, porté par l’acrobatie et le mouvement.

Le jeu des interprètes repose sur une forte complicité : ils fonctionnent comme une véritable famille, avec une présence vive et spontanée dont paroles et pantomime humoristique, proches du cirque.

Une partie importante de la chorégraphie repose sur l’usage de l’acrobatie, en particulier sur la série de figures spectaculaires que permet le trampoline, pour raconter les différentes étapes d’une vie en mouvement. De plus, l’implication d’une classe de collège du 93, apporte une énergie singulière, un sentiment d’union, une dimension humaine spécifique.

 

Humour circasssien

Ce qui se dégage avant tout, c’est l’humour issu du cirque, la puissance visuelle des acrobaties et du trampoline, ainsi que plus allusive, l’évocation de La nostalgie et du regret.

Certaines interactions avec de nombreux objets finissent par perturber légèrement le spectateur, créant un léger trop-plein qui rompt parfois l’attention. Cependant le spectacle invite à réfléchir aux changements qui rythment une vie et à la manière dont chacun évolue avec eux, tout en conservant une grande légèreté : le rythme continu permet d’aborder ces questions importantes sans jamais les alourdir.

Acrobaties, dimension circassienne, drôlerie aussi du spectacle le rendent très accessible, particulièrement pour les familles.

Ce soir, la représentation est d’autant mieux ancrée dans le quotidien et la réalité qu’elle associe sur la scène artistes et élèves d’un collège du 93. Le choix d’inclure cette classe élargit le public, renforce l’identification des spectateurs ; il donne à l’ensemble une portée sociale forte. Il réalise une expérience qui favorise la rencontre et le regard croisé. Équation exemplaire.

 

 

 

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CRITIQUE, danse / cirque. AULNAY SOUS BOIS, Théâtre Jacques Prévert, le 3 DÉCEMBRE 2025. Nabil Ouelhadj : Ça déménage. Compagnie Racines Carrées, avec la participation d’une classe de collège du 93

 

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CRITIQUE CD événement. MOZART : Grande Messe en Ut mineur K 427 (417a). Capella nacional de Catalunya, Concert des Nation, Jordi Savall (direction)

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Une nouvelle version d’une partition rebattue et que l’on croyait bien connaître, est toujours bienvenue ; pertinente même dans le cas présent. La « Grande » Messe en ut K 427 incarne un idéal Classique ; comme la Symphonie Jupiter, Mozart semble tel un arbitre souverain, prodigieusement inspiré, aborder et résoudre les forces antagonistes entre ténèbres et lumière.

 

 

 

Comme le Requiem, le compositeur a laissé un corpus inachevé ; autographes sont le Kyrie, Gloria, deux numéros du Credo, Sanctus et Benedictus… le reste sont des compléments inventés entre autres au XIXème par Alois Schmitt ou le plus récent… Robert Levin. Le but est de rétablir les parties manquantes et donc un équilibre et des proportions proches de l’original souhaité par Wolfgang.

Jordi Savall réalise une version qui reprend sans ajouts ni modifications toutes les parties originelles : Kyrie, Gloria, Benedictus en particulier, tout en proposant sa propre « vision » des éléments manquants de l’intégralité de l’Agnus Dei / Dona nabis pacem du Credo (remplacés ici par une aria pour le Crucifixus / extrait de la Cantate Davide pénitente de 1785, et un chœur pour l’Et in Spiritum Sanctum). L’objectif est de réunir un ensemble de pièces cohérentes, propres à l’esthétique du début des années 1780, soit idéalement 1783, année de composition de la « Grande Messe » à Vienne. Les options ont été conçues par le musicologue Luca Guglielmi qui explique et commente ses choix dans le livret du cd.

L’Agnus Dei a ainsi été reconstitué à partir de mesures du Christ eleison et du Kyrie ; et l’hypothèse du Dona nobis pacem se fonde sur une recréation totale des fragments laissés par Mozart et son schéma d’une double fugue à 4 voix… le tout dans une orchestration à la fois raffinée et flamboyante, inspirée précisément de la fugue finale du Gloria (avec un dosage spécifique des trombones).

Le résultat s’avère convaincant par la profonde unité organique du massif ainsi restitué ; la prière et l’élan spirituel s’en trouvent d’autant mieux exprimés, à travers les 5 parties structurelles de la Messe, dans leur souffle collectif comme dans les épisodes solistiques où brillent entre autres les timbres à la fois incarnés et sublimés des deux sopranos, très bien préparées (Giulia Bolcato et Elionor Martinez), comme de la basse Matthias Winckhler. L’orchestre sur instruments historiques rétablit aussi les justes proportions sonores et la précision expressive des timbres, d’autant plus stimulés que se distingue bien souvent l’engagement du premier violon du Concert des Nations, Manfredo Kraemer.
Ajoutons les choeurs transparents, ardents de La Capella Nacional de Catalunya qui évitent d’épaissir le trait et savent conserver toujours la ligne claire de la prière.

La réalisation se double aussi d’un programme pédagogique et de professionnalisation car le chef catalan intègre dans ses rangs, choraux et orchestraux, plusieurs jeunes musiciens, issus de son académie YOCPA ; le résultat s’entend : à la finesse et la sensibilité des ainés se joint l’énergie et la motricité nerveuse des jeunes apprentis. Une coopération gagnante que Jordi Savall transforme en magie spirituelle. Splendide.

 

 

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CRITIQUE CD événement. MOZART : Grande Messe en Ut mineur K 427 (417a) Vienne, 1783. Capella nacional de Catalunya, Concert des Nation, Jordi Savall (direction) – enregistré en février 2025 en Catalogne.
Nouvelle version complétée et reconstruite par Luca Guglielmi (nº track 12, 13, 18, 19)
à partir d’œuvres de Mozart, révisée par Jordi Savall

 

 

1. I.  KYRIE  5’
II.  GLORIA  22’
III.  CREDO  21’
IV.  SANCTUS  11’
V.  AGNUS DEI  8’

Solistes :
Giulia Bolcato, soprano I
Elionor Martínez, soprano II
Marianne Beate Kielland, mezzo-soprano
David Fischer, ténor
Matthias Winckhler, basse


LA CAPELLA NACIONAL DE CATALUNYA
LE CONCERT DES NATIONS
Direction : Jordi Savall

Plus d’infos sur le site de l’éditeur Alia Vox : https://alia-vox.com/en/producte/mozart-grande-messe-en-ut-mineur/?utm_source=brevo&utm_campaign=Xmas2-2025&utm_medium=email

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LA SEINE MUSICALE. MENDELSSOHN, TCHAIKOVSKY… mer 21 janvier 2026. Orchestre Symphonique des Flandres, Liya Petrova (violon), Martijn Dendievel (direction)

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La Seine Musicale propose de vivre l’expérience symphonique avec un grand S… en témoigne l’affiche de ce concert prometteur qui affiche Mendelssohn et Tchaikovski (entre autres). Dès les premières mesures de l’orchestre, le violon lumineux et ardent, chante son hypnotisante mélodie qui semble surgir d’un paysage brumeux ; il hante dès lors par son naturel éblouissant, sobre et franc, tout le concerto.

 

La soliste Liya Petrova déploie sa sonorité généreuse qu’il s’agisse de l’Allegro molto appassionato ou à travers toute la partition qui enchaîne les 3 mouvements sans discontinuité, dans un esprit à la fois volubile, féerique (fantastique dans le 2è mouvement), ou aussi parfois plus orageux.
Le programme se poursuit avec les « Rêves d’hiver » de Tchaïkovski, sous-titre de sa Symphonie n° 1 en sol mineur (1868), partition élégante et légère dont les teintes climatiques ne cessent de séduire voire envoûter l’auditeur prêt à en traverser chaque paysage. Piotr Illitch sait comme peu associer les pupitres dans des dialogues de timbres aux coloris variés, (sombres clarinettes, bassons et cordes graves), enchaînant les épisodes en crépitants contrastes comme dans le tournoyant et mystérieux Scherzo. Prêt à relever tous les défis d’un programme ambitieux, l’Orchestre Symphonique des Flandres, dirigé pour la première fois Martijn Dendievel en chef titulaire, éclaire les atmosphères et la poésie de d’une partition remarquablement écrite pour le souffle symphonique.

 

 

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Mendelssohn, Concerto pour violon
Tchaikovski, Symphonie n°1 « Rêves d’hiver »
Orchestre Symphonique des Flandres
mercredi 21 janvier 2026 – 20h30
À PARTIR DE 31.50€
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de la SEINE MUSICALE à Boulogne-Billancourt, île Seguin : https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/mendelssohn-concerto-pour-violon-orchestre-symphonique-des-flandres/

Martijn Dendievel, direction

Liya Petrova, violon
Ensemble SPECTRA

 

 

Programme

Brewaeys, Symphonie n° 3 « Hommage »

Mendelssohn, Concerto pour violon


Entracte


Tchaïkovski, Symphonie n° 1

 

L’Auditorium, la salle emblématique de La Seine Musicale avec sa disposition à 360 degrés et en vignoble, est l’écrin idéal pour accueillir Les Grandes Œuvres, une programmation qui convie grands orchestres, chœurs et récitals intimistes. Chaque saison l’orchestre résident à La Seine Musicale, Insula orchestra, ainsi que les grands orchestres français et internationaux se produisent aux côtés de solistes et d’artistes émergents qui font l’actualité de la musique classique.

 

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LES TALENS LYRIQUES, 25 janv 2026. LULLY : Cadmus et Hermione. Jérôme Boutillier, Eléonore Pancrazi, Marie Lys… (PARIS, Philharmonie). Christophe Rousset (direction)

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« Cadmus et Hermione » est la première tragédie lyrique de Lully… et la dernière qu’il reste à enregistrer par Les Talens Lyriques. La lecture devrait profiter de toutes les précédentes réalisations dédiées à Lully… Déjà il y a des années à Ambronay, Christophe Rousset – lors d’une première réalisation -, avait su exprimer combien le premier opéra de Lully pour Louis XIV, était non pas un coup d’essai, mais un « coup de maître ».

 

 

En liaison avec le goût du Roi-Soleil, admirateur des grands héros de l’Histoire, l’opéra est une œuvre héroïque : le preux Cadmus s’y montre combatif et glorieux, reflet parfait de la propagande louis-quatorzienne.
Mais Lully sait aussi nuancer et enrichir son œuvre ; il en fait une partition certes de propagande, mais aussi poétique… servie par une musique puissante « Et au-delà du grand spectacle, il sait aussi créer des scènes d’intimité bouleversantes. Ce qui me touche ici, c’est le caractère expérimental de cette première tragédie lyrique : une fresque chorale, avec une multitude de personnages. Un défi pour nous ! » déclare Christophe Rousset. Le directeur musicale des Talens Lyriques aime aussi préciser les qualités d’une œuvre remarquablement réussie, conçue avec « ce feu et cette urgence dramatique qui font tout l’intérêt de Lully : ces contrastes saisissants entre récitatifs en clair-obscur et explosions instrumentales et chorales. Ici, pas encore d’airs accompagnés, on est dans la première période de Lully, où tout repose sur le texte et la déclamation. Mais l’intensité dramatique est déjà là.
Les spectateurs de la Philharmonie de Paris retrouveront plusieurs chanteurs qui sont des partenaires familiers des Talens Lyriques ; entre autres, Marie Lys, et Philippe Estèphe… Avec ce projet, Les Talens Lyriques débutent un nouveau partenariat avec la Philharmonie de Paris.

 

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LULLY : Cadmus et Hermione
PARIS, Philharmonie
25 janvier 2026, 18h
INFOS & RÉSERVATIONS sur le site des Talens Lyriques : https://www.lestalenslyriques.com/event/cadmus-et-hermione/
Opéra en version de concert
Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes, sur un livret de Philippe Quinault,
créée en avril 1673 à l’Académie Royale de Paris.
Opéra en version de concert.

 

 

 

distribution

Eléonore Pancrazi, Hermione
Jérôme Boutillier, Cadmus
Marie Lys, Charite, Palès, Junon
Mathilde Ortscheidt, Pallas, Mélisse
Thaïs Raï-Westphal, Aglante, Vénus
William Shelton, l’Amour
Abel Zamora, l’Hymen, Arcas, le Premier Africain
Bastien Rimondi, la Nourrice, l’Envie
Kieran White, le Deuxième Africain
Antonin Rondepierre, le Premier Prince Thyrien, le Soleil
Philippe Estèphe, le Deuxième Prince Thyrien, Échion
Lysandre Châlon, Arbas, Pan
Adrien Fournaison, Draco, le Grand Sacrificateur de Mars, Jupiter
Jordann Moreau, Mars
Les Pages et Chantres du Centre de musique baroque de Versailles
Les Talens Lyriques

Christophe Rousset, clavecin et direction

 

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GENEVE. ORCHESTRE DE LA SUISSE ROMANDE. Victoria Hall, le 7 janvier 2026. J. STRAUSS, S. PROKOFIEV, R. STRAUSS. Alexandre KANTOROW (piano), Simone YOUNG (direction)

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L’Orchestre de la Suisse Romande a l’honneur de vous convier à son concert d’ouverture de la nouvelle année, un événement attendu qui promet d’embraser la scène du majestueux Victoria Hall de Genève. Rendez-vous le 7 janvier pour une soirée placée sous le signe du génie, de la virtuosité et de la valse, portée par des artistes parmi les plus en vue du moment.

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Ouverture de l’Année Musicale : L’OSR en Fête au Victoria Hall !

 

À la baguette, l’énergie et l’autorité musicale de la cheffe d’orchestre Simone Young, figure incontournable de la direction internationale, réputée pour ses interprétations puissantes et nuancées. En soliste, le pianiste prodige Alexandre Kantorow, lauréat du Concours Tchaïkovsky et comparé à un « jeune lion » du piano, viendra illuminer la soirée de son jeu aussi poétique que fulgurant.

 

 

 

Au programme de cette soirée exceptionnelle :

  • Johann Strauss : An der schönen blauen Donau (Le Beau Danube bleu), valse pour orchestre, op. 314. Un joyau éblouissant pour commencer l’année avec panache et élégance.

  • Sergueï Prokofiev : Concerto pour piano et orchestre n° 3 en ut majeur, op. 26. Une œuvre phare du répertoire, alliant modernité rythmique, lyrisme envoûtant et une cadence vertigineuse, interprétée par l’immense talent d’Alexandre Kantorow.

  • Richard Strauss : Un triptyque orchestral fascinant, extrait des opéras du maître allemand. La sensualité troublante et l’orchestration chatoyante de la Danse des sept voiles de Salomé (op. 54) ouvriront la seconde partie. Elle sera suivie par l’enchantement viennois et la nostalgie raffinée des Suites de valses extraites du Rosenkavalier (n°1 et n°2, op. 59), pour conclure la soirée dans un tourbillon de mélodies inoubliables.

 

Un programme contrasté, des interprètes d’exception, dans l’écrin acoustique du Victoria Hall : tous les ingrédients sont réunis pour offrir une expérience symphonique grandiose et lancer 2026 avec éclat.

 

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Informations et réservations : Rendez-vous sur le site de l’OSR ou celui de la billetterie du Victoria Hall

 

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CRITIQUE, danse. TOULOUSE, Opéra national du Capitole (du 19 au 31 décembre 2025). Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY : Casse-Noisette. Ballet et Orchestre national du Capitole de Toulouse, Michel RAHN (chorégraphie)

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Au cœur de la période des fêtes, l’Opéra national du Capitole de Toulouse renoue avec l’une de ses plus belles traditions en présentant à nouveau la chorégraphie de Michel Rahn pour Casse-Noisette , le ballet ultra-célèbre de Piotr Ilitch Tchaïkosky. Cette production, créée pour la scène toulousaine en 2009, est devenue un joyau incontournable du répertoire local, et sa reprise en cette fin d’année 2025 démontre, s’il en était encore besoin, la vitalité et l’excellence du Ballet de l’Opéra national du Capitole. La soirée du 23 décembre, portée par une distribution exceptionnelle (il y en a plusieurs en alternance…) et une direction musicale enthousiasmante, a offert une incarnation particulièrement lumineuse de ce conte chorégraphique.

 

La magie de ce Casse-Noisette puise d’abord ses racines dans la qualité d’une troupe unanimement saluée. Sous la direction éclairée de Beate Vollack, nommée en 2023, le Ballet de l’Opéra national du Capitole a récemment été couronné du Prix de la Meilleure Compagnie chorégraphique, récompensant une saison artistique audacieuse et exigeante. C’est cette excellence collective qui donne toute sa densité au spectacle : la fraîcheur et la précision des enfants (issus de la Maîtrise de l’Opéra national du Capitole) lors de la fête de Noël chez les Stahlbaum, la poésie immaculée des flocons dansant sous les voix d’enfants, et l’énergie des divertissements du Royaume des Délices témoignent d’une maîtrise et d’une harmonie rares. La chorégraphie de Michel Rahn, tout en respectant la tradition classique, sait insuffler une modernité dans le récit, rappelant avec subtilité les origines plus sombres du conte d’Hoffmann et jouant habilement des contrastes entre pantomime expressive et pure virtuosité.

La performance du 23 décembre s’est distinguée par l’alchimie parfaite entre les principaux interprètes, chacun apportant sa couleur unique à la partition chorégraphique. En Clara, Nina Queiroz offre une présence scénique rayonnante, alliant la grâce juvénile à une technique solide. Son parcours de l’émerveillement enfantin à la découverte de l’amour forme la colonne vertébrale émotionnelle du spectacle. En Casse-Noisette (et Prince), Kleber Rebello opère une transformation physique et dramatique remarquable, passant de la raideur mécanique de l’automate à la noblesse aérienne du Prince. La netteté de ses sauts et la précision de ses lignes sont époustouflantes. A l’acte II, Kayo Nakazato offre une incarnation d’une pureté cristalline et d’une élégance absolue. Sa danse, d’une légèreté et d’une stabilité à toute épreuve, est un ravissement visuel continu, notamment dans la célèbre « Danse de la Fée Dragée ». Philippe Solano campe un Prince Bienfaisant au port d’une noblesse naturelle et à la présence généreuse. Sa prestation, caractérisée par une grande netteté technique et une beauté de ligne, a été l’un des moments forts du premier acte, avant d’offrir à la Fée Dragée un partenaire idéal dans le grand pas de deux. A noter la venue de deux Étoiles de l’Opéra de Paris – Roxane Stojanov & Hugo Marchand ! – sur les représentations des 28 & 30/12, ce qui témoigne du prestige de la production et promet des interprétations d’exception !

L’enchantement n’aurait pas été complet sans la contribution magistrale de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse en fosse, ici dirigé par la cheffe Marzena Diakun, qui a offert à la partition de Tchaïkovski toutes ses couleurs, sa fantaisie et son lyrisme. Marzena Diakun, dont la réputation internationale ne cesse de grandir et qui s’apprête à prendre la tête de la Rheinische Philharmonie, a fait preuve d’une maestria remarquable. Sous sa direction, la musique a épousé chaque intention chorégraphique avec une sensibilité rare, des accents dramatiques du combat contre les rats à la douceur envoûtante de la « Valse des Fleurs ». Sa capacité à obtenir de son orchestre des nuances subtiles, tout en maintenant une tension narrative et une pulsation vivante est l’un des éléments clés de la réussite de la soirée.

Le spectacle restera comme l’une de ces soirées parfaites où la magie du conte, la beauté de la musique et la maîtrise de la danse se conjuguent pour créer un souvenir impérissable. Une invitation au rêve et à l’émerveillement qui, plus que jamais, prouve que le chef-d’œuvre de Tchaïkovski n’a pas pris une ride et continue d’enchanter les cœurs, génération après génération !…

 

 

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CRITIQUE, danse. TOULOUSE, Opéra national du Capitole (du 19 au 31 décembre 2025). Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY : Casse-Noisette. Ballet et Orchestre national du Capitole de Toulouse, Michel RAHN (chorégraphie); Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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ENTRETIEN avec le ténor Fabien HYON, à propos de son rôle de Pedrito dans la recréation mondiale de La Cabrera (Caen, Conservatoire, le 9 déc 2025)

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Le 9 déc dernier au Conservatoire de Caen, FABIEN HYON a captivé par son incarnation du personnage de Pedrito, à l’occasion de la recréation de l’opéra La Cabrera de Gabriel Dupont (1904). Rôle intense et furieusement dramatique, le ténor, outre ses capacités vocales, a convaincu par la perfection de sa diction et la justesse de son jeu. Il aura fortement contribué à la réhabilitation de la partition lyrique, joyau de l’opéra français naturaliste, désormais réexhumé dans ses proportions réelles, avec l’orchestre et les élèves du Conservatoire de Caen. Comment aborder un rôle nouveau dont il faut exprimer la cohérence et la profondeur propres ? Le jeune chanteur évoque le travail d’interprétation, précise son regard sur l’orchestre de Gabriel Dupont…
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Photos : portrait de Fabien Hyon © Manuel Braun

 

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous conçu le personnage de Pedrito au fur et à mesure de l’action ? Quelles différences et aspects particulier entre la partie 1 la partie 2 ? Quelle est sa trajectoire pendant le drame selon vous ? Quel est le sens de chaque duo avec Amalia et que révèlent-ils alors du personnage de Pedrito ?

FABIEN HYON : Je me suis tout d’abord appuyé sur les informations que l’on peut retirer du livret : jeune marin qui revient de la guerre, apprécié de tous, d’abord fier, sûr de lui et amoureux, puis fou de rage et de honte lorsqu’il apprend qu’Amalia a cédé à un autre et qu’un enfant est né de cette courte union… au deuxième acte, ce n’est plus l’enfant prodigue mais un homme triste, jaloux et colérique qui vit à côté des autres villageois, mais pas avec eux (il ne s’approche que parce qu’il est dérangé par leurs cris) et qui noie son chagrin dans l’alcool sans parvenir à oublier celle qu’il aime toujours. Lorsqu’il revoit Amalia, Pedrito se montre d’abord froid et méprisant, mais l’annonce de la mort de l’enfant de la Cabrera est un choc qu’il ne peut supporter. Il perd ses moyens, plaide la folie, promet à Amalia de prendre soin d’elle après avoir réclamé son pardon cherche à retrouver son amour « d’autrefois », illusion que le sort ne permettra pas.

Avec un regard actuel sur ce qui est écrit, il paraît d’abord difficile de défendre le personnage tant son discours semble égocentré : il est le centre de l’attention et il le sait, il ne parle que de lui, se présente toujours de façon valorisante, que ce soit dans des souvenirs romantiques de son temps passé en mer ou lorsqu’il se pose en victime face à Amalia. Lorsqu’il parle aux autres, c’est le plus souvent pour commander. (« où sont tes petites amies » = « je veux voir les filles » ; « Du rivage, on entend vos cris ! » = « Taisez-vous » ; ou encore à Amalia, plus directement : « dis-moi, tu n’étais pas sincère en m’accusant ? Pitié ! Ah, Pardonne-moi ! ») Se pose alors la question de comment défendre ce personnage, puisqu’il est dans tous les cas, central dans cet opéra et que se limiter à une vision archétypale d’un homme autoritaire et imbu de lui-même nous priverait certainement, auditeurs comme interprètes, de bien des aspects de cette œuvre. J’ai choisi trois axes pour travailler dans ce sens :

La musique tout d’abord : elle est prenante, sublime et sert remarquablement Pedrito tout au long de l’œuvre. Les phrases sont d’une ampleur et d’un élan qui méritent d’être donnés sans arrière pensée, avec franchise et un grand naturel. Cela rejoint d’ailleurs mon deuxième axe : Pedrito est naturel et ne ment pas, il réagit avec vigueur aux émotions qui le traversent, avec un langage direct, quotidien. Il me paraît important de rester dans cette réalité de l’instant, d’être en tant qu’interprète le « metteur en vie » des émotions du personnage et de respecter la véracité de ces émotions, tout en veillant à ce que le sous-texte qu’on est tenté d’ajouter lorsqu’on connaît la fin de l’histoire n’assombrisse ni ne vieillisse le personnage prématurément.
Mon troisième axe est l’importance du regard des autres sur le couple d’Amalia et Pedrito : il conditionne grandement le comportement de Pedrito, dans les moments heureux comme dans ceux où il se montre inique. Il me semble que l’opinion publique est un thème que Gabriel Dupont et Henri Cain ont souhaité mettre en avant, tant les autres personnages pointent les protagonistes du doigt tout le long de l’œuvre et commentent leurs moindres faits et gestes. Pedrito n’analyse pas plus les faits que ses émotions, il réagit à son environnement en fonction des codes sociaux mis en place et de son éducation : il est un homme, un fils aimé, un héros, être trompé et perdre son honneur sont pour lui la pire des hontes parce qu’il perd son rang au sein de la société. La première insulte qu’il jette à la figure d’Amalia, en la qualifiant de « fille perdue » met en avant sa préoccupation principale : elle est perdue pour lui, pour les autres, c’est la déchéance avant tout qu’il ne supporte pas.

J’ai donc souhaité présenter Pedrito comme un homme simple, régit par ses émotions, capable du meilleur lorsqu’il écoute son amour et du pire lorsqu’il pense à sa place dans la société. Un homme de son temps et du nôtre, en somme.

 

 

CLASSIQUENEWS : La partie vocale vous a-t-elle fait penser à d’autres personnages de l’opéra français ? Lesquels ? Sur quels plans ?

FABIEN HYON : J’ai beaucoup pensé à Massenet, notamment à son opéra Sapho dont le livret a également été écrit par Henri Cain, avec le concours d’Arthur Bernède. Je trouve des similitudes dans l’écriture vocale de Pedrito pour La Cabrera et de Jean pour Sapho, en plus du naturel avec lequel ils s’expriment. On sent aussi l’influence de Manon avec Des Grieux, le début a quelque chose du Vincent de Mireille de Gounod, le duo formé par Amalia et Pedrito n’est pas sans rappeler un certain opéra de Bizet dont l’action se situe également en Espagne, où la meneuse de chèvres est cigarière et le marin sur la terre ferme, mais toujours soldat… Il me semble cependant que Gabriel Dupont n’avait pas que des références françaises en tête : la mort d’Amalia et les lamentions de Pedrito ne sont pas sans rappeler la mort de Mimi…

À propos d’écriture vocale, il faut saluer une grande particularité de l’opéra français à laquelle notre Cabrera ne déroge pas, c’est cet art de faire évoluer la ligne tout au long de l’œuvre, de la faire changer d’état, de réagir à l’histoire et à ce que le personnage traverse. L’écriture va souvent en se densifiant et on passe d’une écriture lumineuse, aérienne, à une matière de plus en plus lyrique et, à la fin, plus dense, emportée, dramatique. Voyez par exemple les différences de ton et de couleurs entre les airs du Chevalier Des Grieux dans Manon, ou dans Carmen, entre les duos de Mickaela et José au premier acte et de Carmen et José au quatrième. C’est pour cela qu’il n’est pas rare d’entendre qu’il faudrait deux ou trois chanteurs pour interpréter un rôle dans son entier. Même si on retrouve cela dans quelques pages venues d’ailleurs, c’est une vraie caractéristique du style français, qui en fait quelque chose d’unique.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : A propos de l’orchestre de Dupont et sa conception du drame musical, quel est votre regard sur cette œuvre ? 

FABIEN HYON : L’orchestration de Dupont est impressionnante de richesse harmonique, c’est d’ailleurs ce qui lui a valu, je crois, de remporter le prix du concours Sonzogno. Peut-être ce contexte de compétition justifie-il ce foisonnement de couleurs, de dynamiques, ces évocations de tant de compositeurs de l’époque et même d’avant (on passe de Massenet à Puccini, à Saint-Saëns, puis d’un coup un chœur de marins nous emmène dans le folklore d’un chant populaire comme Joseph Canteloube adorera les capturer…) ; en tout cas cette musique a des ailes immenses et c’est un vrai bonheur que de les déployer. J’ai aussi admiré le talent d’orchestrateur du compositeur, il sait répartir la matière pour la mettre en valeur sans la faire déborder, c’est un trait généreux mais jamais outrancier.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont vos prochains rôles à l’Opéra d’ici juin 2026 ?

FABIEN HYON : En ce début d’année, j’aurai la joie d’entamer une véritable résidence artistique à l’Opéra National du Capitole de Toulouse, puisque j’y suis invité pour trois opéras, dans des styles très variés : je serai Normanno dans Lucia de Lamermoor de Donizetti, Narraboth dans Salome de Richard Strauss et je terminerai cette saison en incarnant Don José dans Carmen de Bizet, avant de retrouver les festivals d’été et notamment Mozart et Così fan tutte, aux côtés de Pierre Dumoussaud à la direction et Alexandra Courquet & Adrien Ledoux à la mise en scène.

 

Propos recueillis en décembre 2025

 

 

 

 

Visitez aussi le site du ténor FABIEN HYON : https://www.fabienhyon.fr/

 

 

 

 

critique

LIRE aussi notre critique de La Cabrera de Gabriel Dupont, recréation mondiale le 9 déc 2025 : https://www.classiquenews.com/caen-le-9-dec-2025-gabriel-dupont-la-cabrera-orchestre-du-conservatoire-de-caen-nicolas-simon-direction/

 

CRITIQUE, opéra. CAEN, Conservatoire, le 9 déc 2025. Gabriel DUPONT : La Cabrera, 1905 (recréation). Marianne Croux, Fabien Hyon, …Chœur de chambre, Chœur de jeunes, Orchestre de Caen, Nicolas Simon (direction)

 

 

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ORCHESTRE DE CHAMBRE DE LAUSANNE. Théâtre de Beaulieu à Lausanne (le 7 janvier), Victoria Hall de Genève (le 8 janvier). L. van BEETHOVEN / W. A. MOZART. Francesco PIEMONTESI (piano), Renaud CAPUCON (direction)

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L’Orchestre de Chambre de Lausanne ouvre l’année 2026 avec un programme exceptionnel placé sous le signe du classicisme viennois et porté par deux des plus grands artistes de la scène musicale actuelle : Renaud Capuçon, directeur artistique et chef pour l’occasion, et le pianiste italien Francesco Piemontesi. Deux soirées prestigieuses, les 7 janvier à la Salle Beaulieu (Lausanne) et 8 janvier au Victoria Hall (Genève), pour explorer la tension créatrice entre commande sociale et liberté artistique, à travers deux chefs-d’œuvre de Mozart et Beethoven.

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Photos (c) droits réservés

 

Au programme de ce concert, deux figures emblématiques du classicisme viennois, mais aussi deux artistes libres dépassant leur époque. Mozart, encore lié au patronage aristocratique, compose sa Sérénade « Haffner » en 1776, sur commande de Sigmund Haffner pour le mariage de sa fille. Pièce brillante et raffinée, elle marque un tournant vers l’indépendance du compositeur, déployant un savoir-faire orchestral qui annonce déjà son style singulier.

Beethoven, lui, vit l’essor du concert public comme une contrainte : la nécessité de plaire à un large auditoire limite, selon lui, sa liberté créatrice. Pourtant, son Quatrième Concerto pour piano, créé en 1808, témoigne d’un équilibre parfait entre innovation, lyrisme et architecture musicale. Une œuvre saluée dès l’époque pour sa poésie et son dialogue subtil entre piano et orchestre.

Tous deux, à leur manière, transcendent les cadres sociaux de leur temps pour créer un art universel et intemporel. Une dualité que viennent incarner avec éclat Francesco Piemontesi, dont la sensibilité et la clarté pianistique font merveille dans Beethoven, et Renaud Capuçon, dont la direction allie rigueur et passion, au service d’un orchestre en pleine complicité avec ses solistes.

 

PROGRAMME DU SOIR

  • Ludwig van Beethoven
    Concerto pour piano et orchestre n°4 en sol majeur, op. 58
    Interprété par Francesco Piemontesi au piano

  • Wolfgang Amadeus Mozart
    Sérénade n°7 en ré majeur, KV 250, dite « Haffner »

 


INFORMATIONS PRATIQUES

📍 Lausanne
Salle Beaulieu
Lundi 7 janvier 2025 – 20h

📍 Genève
Victoria Hall
Mardi 8 janvier 2025 – 20h

 

🎟 Billetterie et informations : Site de l’Orchestre de Chambre de Lausanne

 

 

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CRITIQUE, danse. BORDEAUX, Grand-Théâtre (du 5 au 31 décembre 2025). Sergueï PROKOVIEV : Roméo et Juliette. Ballet de l’Opéra national de Bordeaux, Massimo MORICONE (chorégraphie)

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Dans la somptueuse bonbonnière du Grand-Théâtre de Bordeaux, l’emblème chorégraphique de Massimo Morricone, « Roméo et Juliette » de Sergueï Prokoviev, reprend vie – depuis le décembre et jusqu’au 31 ! – avec une force renouvelée, porté par le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux. Dans cette production historique, créée à l’origine pour le Northern Ballet en 1991 et présentée aujourd’hui en première française, Moricone et son co-concepteur Christopher Gable livrent une relecture où l’action est reine, distillant le drame shakespearien à son essence la plus expressive et haletante.

 

La singularité de ce « Roméo et Juliette » réside dans son audacieuse concision. Moricone choisit de s’affranchir des développements traditionnels pour privilégier un flux dramatique continu et électrique. L’action, servie par un décor unique et transformable – composé d’une arche brisée et symbolique – se déploie sans temps mort. Cette urgence narrative trouve un écho saisissant dans des choix scéniques puissants : les combats, réduits à l’essentiel, gagnent en violence viscérale avec l’usage de gourdins et de couteaux, tandis que des cris et l’apparition symbolique du sang soulignent la brutalité du conflit. L’ambiance oscille avec maestria entre la fête exubérante et la menace latente, saturant la scène de rouge passionnel lors du bal ou plongeant les rues de Vérone dans une atmosphère de rivalité palpable. La magie opère aussi grâce à l’univers visuel conçu par Lez Brotherston (qui a signé à la fois la scénographie et les costumes). Les costumes, où le blanc virginal des amants contraste avec les rouges et noirs autoritaires des Capulet, dessinent avec clarté les lignes de fracture de Vérone. Les jeux de lumières d’Alastair West, des orages initiaux à la pluie battante du final, achèvent de créer une atmosphère à la fois poétique et implacable.

Au cœur de ce tourbillon, Vanessa Feuillatte incarne une Juliette d’une profondeur psychologique remarquable. Son interprétation capture avec justesse la trajectoire de l’héroïne : de la jeune fille aux élans lyriques à peine contenus lors de la rencontre fatidique, à la femme qui émerge, meurtrie et déterminée, face à l’oppression familiale. Son solo dans la chambre, entre pleurs d’adolescente moderne et résolution tragique, est un moment d’une intensité poignante. Face à elle, Oleg Rogachev est un Roméo d’une fougue et d’une sensibilité captivantes. Son jeu traduit toute l’impétuosité du premier amour, mais aussi la détresse absolue du bannissement et du deuil. Leur pas de deux du balcon est l’un des sommets de la soirée : il ne s’agit pas d’une découverte progressive, mais d’une explosion immédiate et sauvage de passion, qui laisse les spectateurs dans un silence de stupéfaction à son issue. Les rôles secondaires, bien que parfois limités par le tempo serré du récit, sont portés par des danseurs au talent éclatant. Le Mercutio de Sachiya Takata et le Benvolio de Diego Lima apportent une vitalité et une virtuosité athlétique irrésistibles dans les scènes de taverne. Kylian Tilagone, en Tybalt, dégage une élégance menaçante parfaite, tandis que Anna Fazzi offre une Nourrice à la fois truculente et touchante.

Mais cette chorégraphie ne respirerait pas sans la partition intemporelle de Prokofiev. Pour cette série de représentations, c’est l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine qui restitue avec puissance la palette émotionnelle de la musique. Sous la direction experte d’Ermanno Florio, la fosse devient le cœur battant du spectacle, épousant chaque rebondissement dramatique avec une maestria qui transcende la simple accompagnement.

Portée par des artistes au sommet de leur art, cette production affirme que plus de trente ans après sa création, elle n’a rien perdu de sa capacité à nous saisir, à nous émouvoir et à nous rappeler la flamboyante et fragile beauté du premier amour.

 

 

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CRITIQUE, danse. BORDEAUX, Grand-Théâtre (du 5 au 31 décembre 2025). Sergueï PROKOVIEV : Roméo et Juliette. Ballet de l’Opéra national de Bordeaux, Massimo MORICONE (chorégraphie). Crédit photographique (c) Agathe Poupeney

 

 

 

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OPÉRA GRAND AVIGNON, les 17 et 18 janvier 2026. VERDI : Falstaff ou « Les Joyeux joujoux de Windsor », opéra participatif

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L’Opéra Grand Avignon présente un spectacle pour toute la famille auquel chacun peut participer… Dans la salle de jeux de Windsor, les jouets s’animent dès que les enfants ont le dos tourné. Mais au milieu des poupées rutilantes et des peluches flambant neuves, le vieux robot cabossé veille : c’est Falstaff.

 

 

Jadis le jouet préféré de la maison, Falstaff est aujourd’hui relégué dans un coin, tout rouillé, couvert de poussière. Mais il n’a pas dit son dernier mot : sa vanité reste intacte. Bien décidé à reconquérir sa place dans le cœur des enfants, il élabore un plan audacieux : séduire Alice et Meg, les deux nouvelles poupées stars du placard.

Entre maladresses et fanfaronnades, le stratagème de Falstaff se retourne contre lui. Car Alice et Meg n’ont pas l’intention de se laisser berner : malicieuses, elles démontent les préjugés et donnent une belle leçon de modestie au vieux prétentieux. Le tout dans un joyeux chassé-croisé de manigances, de déguisements, de quiproquos.
Avec cette adaptation ludique et participative de l’ultime chef-d’œuvre de Verdi, les spectateurs sont invités à rejoindre l’aventure, à chanter et à se prêter au jeu. Une célébration malicieuse du théâtre et de la musique, où l’on apprend qu’au-delà de l’orgueil et des préjugés, il est toujours possible de se retrouver… et de faire du monde, une farce.
Les partitions et audios des chants sont disponibles en téléchargement en bas de cette page : https://www.operagrandavignon.fr/falstaff-les-joyeux-joujoux-de-windsor

 

 

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FALSTAFF, les Joyeux joujoux de Windsor
Opéra participatif, d’après l’opéra Falstaff de Giuseppe Verdi
Opéra Grand Avignon
Samedi 17 janvier 2026 à 16h
Dimanche 18 janvier 2026 à 16h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Grand Avignon : https://www.operagrandavignon.fr/falstaff-les-joyeux-joujoux-de-windsor
Durée : 1h10mn
D’après Falstaff de Giuseppe Verdi (1893)
Arrangement dramaturgique : Andrea Piazza
Arrangement musical : Massimo Fiocchi Malaspina
Traduction française : Renaud Boutin
Coproduction Opéra Grand Avignon et Teatro Sociale di Como 
Place de l’Horloge – 84000 Avignon
04 90 14 26 00

 

 

participez !
Apprendre ensemble les chants à l’Opéra

Dans cet opéra, le public a son rôle à jouer ! L’Opéra Grand Avignon propose de vous préparer dès le début de la nouvelle année, en participant à des ateliers pour apprendre les chants que vous interpréterez pendant le spectacle.

Apprenons ensemble les chants à l’Opéra
samedi 3 janvier | 15h à 17h
samedi 10 janvier | 15h à 17h
Ou juste avant le spectacle :
samedi 17 janvier | 14h30 à 15h30
dimanche 18 janvier | 14h30 à 15h30
Gratuit sur inscription

 

RÉSERVER
[email protected]

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CRITIQUE CD événement. Jean-Nicolas DIATKINE, piano. SCHUBERT: Moments musicaux D 780, 4 Impromptus D 899 (1 cd Solo Musica, 2025)

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Le pianiste Jean-Nicolas Diatkine nous livre « son » Schubert : un regard d’une exceptionnelle profondeur, née de sa compréhension intime des champs intérieurs du compositeur viennois. L’imaginaire est ici à son sommet, le feu souverain d’une sensibilité qui semble comprendre Schubert, ses évocations et délires personnels qui seraient ainsi le fruit d’un somnambulisme ou d’un phénomène de voyance propre au compositeur, alors comme saisi, en transe lorsqu’il composait, ainsi qu’en ont témoigné nombre de ses proches et témoins.

 

 

 

Dans les faits, le jeu pianistique coule de source avec l’acuité d’une sincérité préservée qui imagine elle-même tout un monde de sentiments, alliant séduction, entente secrète, ardent désir, et nostalgie d’un rêve qui n’a peut-être jamais exister, mais dont la matière sonore donne corps : le propre du pianiste est d’exprimer entre les mondes connus ; il chante un idéal sonore où se cristallisent toutes les aspirations les plus personnelles ; une exaltation ardente, jubilation intime et aussi brûlures amères et graves.
Ce jeu pudique, viscéral déploie entre autres dans les immenses 6 Moments musicaux D 780 (1823-1824), une richesse de nuances que seuls les plus grands diseurs dans le genre jumeau du lied, savent maîtriser ; ici chaque mesure, aux nuances infimes dévoilées, porte sa propre histoire, ses rêves les plus profonds, sa quête existentielle… (Andantino), que rompt le chant libre, enivré de l’Allegretto moderato dont Jean-Nicolas Diatkine sait exprimer les champs secondaires, plus inquiets et nostalgiques. La radicalité et les vertiges qui naissent de la conscience si puissante du dernier et 6è Moment « Allegretto », placent Schubert aux côtés de son modèle à Vienne, l’inatteignable Beethoven dont il partage la force démiurgique de la pensée musicale : le compositeur y affronte sereinement la mort elle-même, vécue désormais comme une expérience sereine, une délivrance qui transcende l’être incarné en lui permettant d’envisager sa transformation céleste et abstraite.

 

Le pianiste aborde les 4 Impromptus en en exprimant le lien organique indéfectible comme s’ils étaient les 4 mouvements d’une seule et même Sonate. Dénuement ultime et profondeur intime inspirent ainsi le jeu tout aussi maîtrisé à travers les 4 épisodes D 899 : le pianiste fait chanter le clavier avec une sincérité à la fois grave et tendre ; il est en terrain familier, exprimant un chant personnel et direct (la fluidité dansante, le jaillissement liquide, rafraîchissant de l’Allegro) ; qu’il s’agisse des interrogations d’un grenadier, confronté à la mort et à la violence de la guerre (comme l’interprète le propose citant Heine), la justesse expressive inscrit Schubert dans la fulgurance et la vérité. L’Andante reste le passage le plus bouleversant, comme la confession d’une tendresse infinie dont Jean-Nicolas Diatkine exprime l’insouciance d’une candeur enivrée.

Crépitante et d’une pudeur préservée, remarquablement articulée, la mélodie hongroise (1824) pour ne pas dire Tzigane, conclut ce remarquable programme ; son chant bouleverse par sa simplicité intense, sa justesse sincère : aucun doute, Jean-Nicolas Diatkine est un schubertien à la fois raffiné et profond ; il joue Schubert comme une langue natale et son invitation, ne suscite aucune réserve ; jamais Schubert n’a sonné ni chanté avec plus d’humanité, de justesse, d’authentique sincérité. Voici assurément le cd que chacun un jour a rêvé d’écouter, … magistral par sa puissance simple.

 

 

 

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CRITIQUE CD événement. SCHUBERT : 6 Moments musicaux D 780, 6 Impromptus D 899, Mélodie hongroise. JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano (1 cd Solo Musica – Enregistré en juillet 2025) – CLIC de CLASSIQUENEWS hiver 2025

 

 

 

 

 

entretien

LIRE aussi notre ENTRETIEN avec le pianiste JEAN-NICOLAS DIATKINE novembre 2025 : « De l’ombre à la lumière »… : BRAHMS, BEETHOVEN, SCHUBERT…
https://www.classiquenews.com/entretien-avec-le-pianiste-jean-nicolas-diatkine-a-propos-de-son-nouveau-recital-a-cortot-brahms-beethoven-schubert-sam-29-nov-2025/

Dim 29 novembre prochain, Salle Cortot, le pianiste Jean-Nicolas Diatkine propose un nouveau récital plus que prometteur : incontournable et captivant. Jamais à court d’une idée, d’une filiation artistique pertinente, l’interprète si convaincant chez Liszt ou Beethoven, éclaire ce qui relie Brahms à Schubert, sans rien masquer des tempêtes intérieures du grand Ludwig…

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ENTRETIEN avec le pianiste Jean-Nicolas DIATKINE, à propos de son nouveau récital à la Salle Cortot : Brahms, Beethoven, Schubert… [Paris, Salle Cortot, sam 29 nov 2025]

 

 

 

 

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, les 15 et 16 janvier 2026. CHOSTAKOVITCH : Symphonie n°10. BENDIX-BALGLEY : Fidl-Fantayze. Noah Bendix-Balgley (violon), Joshua Weilerstein (direction), concert « Jeux d’amis »

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Quand deux violonistes américains se rencontrent, que font-ils ? Ils jouent évidemment en particulier une partition que l’un d’eux a composé ! Pour ce programme, Joshua Weilerstein, invite son compatriote Noah Bendix-Balgley – violon solo de l’Orchestre philharmonique de Berlin – à interpréter un concerto pour violon de son cru. Une Fidl-Fantayze, fantaisie pour violon fiddle qui, comme son nom l’indique, multiplie les modes de jeux et les hommages à la musique irlandaise mais aussi klezmer qui sont au centre de l’inspiration du violoniste invité.

 

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Photos © ON LILLE / Ugo Ponte

 

 

 

 

 

suite du cycle Chostakovitch

En deuxième partie de concert, les musiciens jouent la Symphonie n°10 (1953) de Chostakovitch, partition saisissante, parfois présentée comme étant un tombeau à charge de Staline, « sans équivalent dans l’histoire de la musique » selon Joshua Weilerstein qui nous rappelle à quel point Chostakovitch fut « l’un des plus grands symphonistes et compositeurs du 20ème siècle ». Le directeur musical de l’ON LILLE Orchestre National de Lille a précédemment dirigé un autre sommet conçu par Chostakovitch, sa symphonie n°13 « Babi Yar », tout aussi engagée, en mars 2025, jalon de son parcours musical particulièrement engagé et affûté…

 

 

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 » Jeux d’amis  » – concert symphonique
Quand deux violonistes américains se rencontrent et produisent des étincelles…
Bendix-Balgley, Fidl-Fantayze
Chostakovitch, Symphonie n°10

mercredi 15 janvier 2026 – 20h
Théâtre du Casino Barrière, Lille

Valenciennes, le phénix
jeudi 16 janvier 2026 – 20h

 

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ON LILLE : ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : https://onlille.com/choisir-un-concert/categories/14405-2

Tarif : 6€ – 49€
Autour du concert
± 1h55 avec entracte

 

 

Au programme
Bendix-Balgley
Fidl-Fantayze
Chostakovitch
Symphonie n°10

Autour du concert
Prélude musical avec les étudiants de l’École Supérieure de Musique et Danse – Hauts-de-France, le 15 janvier 2026 – 18h45

Bord de scène
À l’issue du concert rencontre avec les artistes.
15 janvier 2026 – 22h
gratuit pour les étudiants
L’Orchestre National de Lille, grâce au soutien d’Arpège (association de mécènes de l’ONL), invite les étudiants à vivre l’émotion de ce concert. Renseignements auprès de la billetterie de l’ONL, billets disponibles un mois avant le concert.

 

Symphonie n°10 de Chostakovitch
Créée en déc 1953 par Evgeni Mravinski, la 10è marque le retour du compositeur à l’écriture symphonique. 8 années s’étaient écoulées depuis la création de la 9è (1945).
Plan : 1. Moderato – 2. Allegro – 3. Allegretto – 4. Andante / Allegro.
Chostakovitch y dépose une réflexion sur la pouvoir et le régime stalinien, l’opus 93 ayant été conçu après la mort du « petit père des peuples ». Le Moderato reprend le lugubre de Liszt, déploie un atmosphère inquiète, celle d’une poésie énigmatique à peine adoucie par la valse qui affleure dans le finale. L’Allegro, mécaniste, d’une rythmique glaçante évoque la machine stalinienne (avec référence dans les cuivres au souffle épique de son prédécesseur Borodine). L’Allegretto comme la réplique intime du mouvement précédent, affirme allusivement la signature DSCH (ré, mi bémol, do si), initiales de l’auteur, répétée de façon obsessionnelle. Un nouveau temps de réflexion intense à peine interrompu par le solo du cor rêveur mais fugace. Enfin le dernier mouvement (Andante) s’achève dans une bacchanale d’esprit populaire et rustique après une dernière exposition du moto DSCH…

 

 

 

 

 

critique

CRITIQUE, concert. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE – LILLE, Nouveau siècle, le 16 mars 2025. Un survivant de Varsovie : Schoënberg (Lambert Wilson, récitant), Chostakovitch (Symphonie n°13, « Babi Yar » – Dmitry Belosselskiy, basse), Joshua WEILERSTEIN, direction.
https://www.classiquenews.com/critique-concert-orchestre-national-de-lille-lille-nouveau-siecle-le-16-mars-2025-un-survivant-de-varsovie-schoenberg-lambert-wilson-recitant-chostakovitch-symphonie-n13-ba/

Pour son dernier concert à l’auditorium du Nouveau Siècle, l’ON LILLE / ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE nous offre un programme particulièrement engagé. Il nous fait écouter le son de l’horreur nazie mais aussi le sourd bourdonnement de la peur, suscité par la terreur stalinienne. Les dévoiler pour mieux les dénoncer. Du reste le maestro qui fait une courte et liminaire présentation du concert cite non sans justesse, William Faulkner : » Le passé n’est jamais mort. Il n’est même jamais le passé « . Aux hommes actuels, s’impose l’urgence à combattre la répétition des événements criminels inhumains…

 

 

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NOUVEL OPERA FRIBOURG. Antonin Dvorak : RUSALKA (nouvelle production) – 28/12/25 au 04/01/26. Netia JONES (mise en scène) / Kaspar ZEHNDER (direction musicale)

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Le Nouvel Opéra Fribourg (NOF) offre un cadeau de fin d’année aussi rare qu’envoûtant : une nouvelle production de Rusalka, le chef-d’œuvre lyrique d’Antonín Dvořák, du 28 décembre 2025 au 4 janvier 2026 dans l’écrin du Théâtre de l’Équilibre.

 

Cette production féerique est placée sous la direction artistique complète de Netia Jones, qui signe ici la mise en scène, la scénographie, les costumes et les créations vidéo. Sa vision contemporaine, alliant technologie et poésie, promet de plonger le public au cœur du drame de la nymphe aquatique. À la tête de l’Orchestre de Chambre Fribourgeois (OCF), le chef Kaspar Zehnder (remplacé par Bertille Monsellier, le 2 janvier 2026) dirigera la partition envoûtante de Dvořák.

Le plateau vocal réunit des talents de renommée internationale. Le rôle-titre, porté par le célèbre « Chant à la Lune », sera interprété par la soprano tchèque Kateřina Kněžíková. Elle sera opposée au Prince incarné par le ténor canadien Zachary Rioux, qui fera à cette occasion ses débuts dans ce rôle. La distribution comprend également la basse Jungrae Noah Kim, lauréat du prestigieux Concours de Genève, dans le rôle de Vodník (l’Esprit des eaux), ainsi que Ester Pavlů en Princesse étrangère et Aurore Daubrun dans le rôle de la sorcière Ježibaba.

Cette Rusalka constitue une coproduction internationale avec la Royal Swedish Opera de Stockholm et l’Irish National Opera de Dublin, garantissant une production d’une qualité scénique et musicale exceptionnelle !..

 

 

photo (c) droits réservés

 

 

Informations pratiques :

Dates : Du 28 décembre 2025 au 4 janvier 2026.

Lieu : Théâtre de l’Équilibre, Fribourg.

Durée : Environ 3 heures avec entracte.

Bord de scène : 1 heure avant la représentation les 28 décembre, 2 et 4 janvier.

 

Billetterie et informations sur le Site officiel du NOF

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STREAMING, ballet. Ven 26 déc 2025, PROKOFIEV : Cendrillon (Frederick Ashton, Royal Ballet & Opera, Londres, 2023)

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OperaVision diffuse à partir du 26 déc 2025, la production de Cendrillon de Prokofiev, en provenance du Royal Opera & Ballet de Londres (Covent garden), signée Frederick Ashton en 1948, reprise ici en 2023… Le spectacle rassemble toute l’inventivité à la fois claire et poétique du fondateur de la Compagnie… Une fée marraine, un carrosse en citrouille, un beau prince… et la perspective du grand amour … sont autant d’éléments du royaume merveilleux de Cendrillon où les rêves deviennent réalité ; où la bonté est récompensée. La production éblouissante du Royal Ballet de Londres, chorégraphiée par Frederick Ashton, fait partie des piliers du répertoire de l’illustre Maison londonienne. Marianela Nuñez et Vadim Muntagirov incarnent Cendrillon et le Prince…

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Photos : Cendrillon / Cinderella (Frederick Ashton, 1948)
© Tristram Kenton / Royal Ballet and Opera

 

 

 

Le ballet en trois actes est créé en 1945 au Théâtre du Bolchoï, puis au Kirov en 1946, marque une étape majeure dans l’histoire du ballet soviétique. Après l’immense succès de son ballet précédent Roméo et Juliette, Prokofiev récidive avec Cendrillon dont la composition est amorcée dès 1941, mais interrompu par son opéra Guerre et Paix… Achevé en 1944, Cendrillon est la partition la plus occidentale de Prokofiev qui alors revenu en URSS, y exprime la nostalgie de l’Occident. Dédié à Tchaikovsky, le ballet porte la fascination de son auteur pour la grande tradition du ballet romantique et classique autour du thème amoureux, de la rencontre entre Cendrilon et le Prince à l’essor de leurs sentiments partagés, réciproques, « l’accomplissement d’un rêve »…

 

 

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PROKOFIEV : Cendrillon
Royal ballet & Opera
Diffusé vendredi 26 décembre 2025 à 19h CET
VOIR le streaming ballet
https://operavision.eu/fr/performance/cendrillon-1
Disponible jusqu’au 26.06.2026 à 12h CET
Spectacle enregistré le 12 mars 2023

 

Distribution

Cendrillon : Marianela Nuñez
Le Prince : Vadim Muntagirov

Demi-sœurs de Cendrillon
Luca Acri
Gary Avis

Le père de Cendrillon : Bennet Gartside
Marraine la bonne fée : Fumi Kaneko

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Musique : Sergei Prokofiev
Chorégraphie : Frederick Ashton
Direction musicale : Koen Kessels

 

 

Cendrillon / Cindirella concentre en 1948, tous les éléments qui font la réussite des chorégraphies de Frederick Ashton. Reprenant la haute tradition de Marius Petipa (auquel il avait rendu hommage dans ses Variations Symphoniques en 1946), le chorégraphe qui souhaitait ainsi créer un ballet idéal dans le style Petipa, apporte une touche élégante et très esthétique  grâce à la danseuse Moira Shearer, qui incarne Cendrillon, remplaçant alors Margot Fonteyn, blessée pendant les répétitions : la descente de l’escalier sur pointes est le tableau mémorable par excellence, invention emblématique du chorégraphe anglais. Porté par le rêve qui lui est encore inaccessible, la petite souillon danse avec son ballet et se projette dans la vaste salle de bal, cette fois en ballerine descendant le grand escalier… Avec humour, Ashton y danse lui-même l’une des demi-sœurs (la soeur laide).

L’imaginaire néoclassique de Ashton inspire depuis, les grands créateurs après lui : de Rudolf Noureev, en 1986, qui déplace la fable de Perrault dans le Hollywood des années 1930 : la fée est un producteur, et Cendrillon une graine de star dans un conte envoûtant où la fragilité, le temps insaisissable et l’angoisse de la perte font un ballet d’une rare profondeur. C’est aussi Thierry Malandain qui transpose en 2013 l’action dans une école de danse : Cendrillon est une élève qui se rêve étoile. Là encore le temps insaisissable et l’inquiétude qu’il produit, mais aussi une humour élégant et poétique s’inscrivent dans l’esprit du spectateur : les douze heures de l’horloge, la belle-mère et les sœurs, jouées par des hommes; l’entrée de Cendrillon qui surgit dans un faisceau éblouissant…

 

 

 

 

 

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ENTRETIEN avec Frédéric ROELS, directeur de l’Opéra Grand Avignon. Les événements du Bicentenaire : Le Décaméron, Le Chant de la Terre, Awen, Hafla!, Turandot, La Belle Hélène…

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En 1826, l’Opéra d’Avignon ouvrait ses portes… Frédéric Roels récapitule les événements qui célèbrent le Bicentenaire de la maison qu’il dirige : expositions, opéras, concerts, publications… un cycle anniversaire qui implique toutes les équipes de l’Opéra Grand Avignon. 2026 s’annonce ainsi prometteur, plusieurs nouvelles créations, au format original soulignent la créativité du Théâtre Avignonais : Décaméron, nouvel opéra du compositeur en résidence, Matteo Franceschini ; Le Chant de la Terre, nouveau spectacle mis en scène par Chloé Lechat… En 2026, s’achève aussi la coopération avec la cheffe Débora Waldman, tandis que le nouveau directeur de la Danse, Martin Harriague, présente ses nouvelles créations : après Promothée en décembre 2025, s’annonce « Awen » au printemps 2026… Et parmi les autres temps forts à venir, dans le registre lyrique, deux productions sont désormais incontournables : Turandot (mai 2026), puis La Périchole (juin 2026)…

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CLASSIQUENEWS : La saison 2025 -2026, comme la précédente, célèbre le Bicentenaire de l’Opéra Grand Avignon ; qu’est-ce qui singularise selon vous, l’histoire de la Maison avignonaise depuis sa fondation ?

FRÉDÉRIC ROELS : Depuis 200 ans, la ville qui est de taille assez moyenne, – moins de 92 000 habitants, a poursuivi sans discontinuité l’activité artistique de son opéra, assurant une offre à la fois théâtrale et musicale, fidélisant un public constant, et à certaines périodes, comptant la présence de grands interprètes. Il n’y a pas d’équivalent en France, s’agissant d’une ville de ce format.
La présence de Raymond Duffaut, qui a été lié pendant plusieurs décennies au Théâtre, comme directeur puis comme conseiller artistique, a marqué notre maison ; aussi en raison du partenariat avec les Chorégies d’Orange dont il a été également le directeur, œuvrant pour une synergie en particulier autour des répertoires italiens et français. Bon nombre de très grands chanteurs dont des stars internationales, sont alors venus à Avignon…

Les recherches menées en particulier sur les premières saisons font apparaître des habitudes dans la programmation qui semblent bien éloignées de nos pratiques actuelles : ainsi au début du XXème, il était habituel de présenter plusieurs ouvrages par jour, et plusieurs fois par semaine ; les spectateurs pouvant enchaîner un opéra suivi d’un second. Les effectifs étaient légers comptant entre 20 et 25 instrumentistes, associés à une troupe de chanteurs dont chaque artiste était reconduit la saison suivante selon ses performances à l’applaudimètre. Le genre du pastiche était aussi courant.
C’est pourquoi lors de la saison précédente, nous avons programmé « Les Folies amoureuses », opéra bouffon, dont l’histoire est recomposée à partir d’extraits empruntés à Rossini, Donizetti, Paer, Mozart, Weber. Castil-Blaze en réécrit un livret cohérent pour une action à part entière dont nous avons présenté une nouvelle version en février 2025, avec un regard contemporain qui entre autres, abordait la place des femmes.

Le prochain événement fait partie de notre cycle hors les murs, que nous avons pensé comme un éclatement de l’offre artistique dans la ville et sous une forme participative. Il s’agit d’un jeu-concours, une chasse au trésor qui prend appui sur l’histoire de notre Théâtre, un peu à la manière de la fameuse Chouette d’or. L’énigme est composée de deux livrets ; le premier a été dévoilé pour être élucidé depuis octobre dernier ; le second le sera début janvier 2026. La personne qui aura résolu l’énigme se verra attribuer son fauteuil à l’Opéra … pour les 200 prochaines années !

Parmi les prochains événements liés à la célébration des 200 ans de l’Opéra Grand Avignon :
– le marathon de la danse qui s’inspire d’un principe déjà proposé au début du XXè ;
l’opéra parade autour de Carmen (septembre 2026) ;
– l’exposition à la Maison Jean Vilar et à la Villa créative sur l’histoire de notre Opéra (octobre 2026) ;
– le concert de la Maîtrise populaire, projet d’accompagnement du chant choral développé dans les quartiers prioritaires de la ville, destiné aux enfants qui socialement et économiquement sont éloignés de l’opéra et des événements musicaux, à tous ceux pour lesquels la culture n’est pas immédiatement naturelle. Ce sont des quartiers hors des remparts. Le projet est mené depuis 4 ans, et c’est la 2è génération d’enfants ainsi sensibilisés. Nous travaillons avec deux classes primaires qui réaliseront un concert de restitution en juin 2026.
– Deux publications complètent ce programme. L’une qui prolonge le colloque universitaire qui s’est tenu en 2024 et 2025, dédié à l’histoire du bâtiment et du répertoire, dont les actes sont publiés en mars 2026. L’autre est une édition grand public sur l’histoire du l’Opéra d’Avignon par Julie Deramond et qui paraîtra en septembre 2026.

 

CLASSIQUENEWS : La forme des spectacles ne cesse d’évoluer sensiblement depuis l’après covid. Quels sont les prochains événements dans ce sens ?

FRÉDÉRIC ROELS : Deux se détachent particulièrement :
le premier est une création mondiale d’après le DÉCAMÉRON de BOCCACE. C’est une commande que nous avons passée au compositeur en résidence MATTEO FRANCESCHINI. S’il existe de nombreuses adaptations du texte de Boccace au cinéma, au théâtre et même sous la forme d’une série récente sur Netflix, la scène lyrique ne s’était pas encore emparée du sujet. La trame originelle regroupe 10 individus qui s’isolent pour échapper à la peste à Florence, cela dans une villa, hors de la cité florentine, loin du virus et aussi pour refaire le monde… Le thème nous est proche par ce qu’il fait écho à la récente pandémie qui a terrassé le monde entier. Matteo Franceschini reprend la trame de Boccace ; il en déduit son propre récit ; il imagine sur la scène 10 artistes, sans orchestre ; tous sont musiciens, chanteurs, comédiens. La musique sera produite au plateau, traitée aussi simultanément par l’électronique. Ce nouvel opéra revêt donc une forme spécifique ; le livret a été écrit avec les interprètes ; il ne leur a pas été imposé : le langage de Matteo Francceschini est en partie polyphonique, et fait référence de manière discrète à des périodes diverses de l’histoire de la musique. Nous présentons l’opéra en mars 2026 ; il sera repris à l’Ircam à Paris en juin suivant. Du 7 au 8 mars 2026 – infos et réservations : https://www.operagrandavignon.fr/decameron

 

Le second spectacle qui est aussi un format original est LE CHANT DE LA TERRE de Gustav Mahler, dans la version de Schoenberg. Nous en proposons une version scénique conçue par Chloé Lechat, avec l’ensemble Miroirs Étendus. Il s’agit d’une version chambriste pour 14 instrumentistes. La metteure en scène aborde allusivement la perte d’un enfant, le deuil de ses parents, ce qui fut le cas de Mahler au moment où il compose son œuvre. Chloé Lechat questionne à travers l’expérience de la perte, ce qui peut être transmis d’un passé perdu ; son regard poétique s’enrichit aussi de la participation de notre ballet. C’est la 2è saison à laquelle participe Chloé Lechat ; son geste est militant et parfois radical, toujours juste, abordant la place de la femme, des homosexuels, … avec une sensibilité et une force poétique qui n’écartent jamais l’esthétisme. Cet équilibre me semble toujours très intéressant. Les 28 et 29 mars 2026 – Infos et réservations : https://www.operagrandavignon.fr/le-chant-de-la-terre-0

 

CLASSIQUENEWS : C’est la dernière saison avec la cheffe Débora Waldman. Quel regard portez-vous sur votre collaboration ?

FRÉDÉRIC ROELS : Je peux apporter mon témoignage comme un partenaire artistique car nous avons travaillé avec Débora sur Don Giovanni dont j’ai conçu la mise en scène, spectacle présenté en ouverture de cette saison. Débora a une approche collégiale ; nous avons partagé une réelle complicité artistique dans la réalisation de cette production. C’est une musicienne qui travaille énormément en amont ; elle veille à mener une préparation préalable complète et au moment du travail, sait écouter les propositions, agir dans le sens d’une construction collective.
C’est aussi une grande humaniste pour laquelle la musique est porteuse de valeurs humaines, dont le message est fédérateur et contribue à la paix intérieure. Je pense que Débora aura apporté beaucoup de cela à l’Orchestre national Avignon Provence qui est notre orchestre en fosse ; elle a élargit le répertoire, l’ouvrant à de nouvelles écritures comme celle des très nombreuses compositrices, qu’elle n’a cessé de réhabiliter. Enfin, s’agissant de Mozart, compositeur qu’elle défend et joue depuis ses débuts, son geste qui en propose une compréhension philosophique, qui en déduit une architecture qui questionne l’humain, me parait spécifique et toujours juste.

 

CLASSIQUENEWS : Depuis 2024, l’Opéra Grand Avignon compte un nouveau directeur de la danse : Martin Harriague. Pouvez-vous évoquer son travail et les prochains rendez-vous chorégraphiques ?

FRÉDÉRIC ROELS : L’écriture chorégraphique de Martin Harriague est géniale, à la fois virtuose et très personnelle ; sa danse est très physique, très écrite. Après la création d’  « America » la saison passée, nous présentons cette saison 2 créations, qui rassemblent les forces artistiques permanentes : l’orchestre pour la 1ère, le chœur pour la 2ème.
La première PROMÉTHÉE reprend la seule partition pour ballet qu’a écrit Beethoven (« Les créatures de Promotéhe ») augmentée par une nouvelle musique composée par Fabien Cali. L’Orchestre national Avignon Provence joue sur la scène aux côtés des danseurs (les 12 et 13 déc 2025). INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/promethee

La seconde « AWEN » présentée en mai 2026 (22-24 mai 2026), est une pièce chorale, sur la musique d’Eric Whitacre (pour 2 instruments) « The Sacred Veil », d’inspiration néo médiévale, dans le sillage d’Arvo Pärt. Cette création est présentée dans l’écrin magique de la Grande Chapelle du Palais des Papes ; c’est aussi une expérience immersive car la jauge est limitée en raison du lieu patrimonial (300 places) : les spectateurs sont placés de part et d’autres des interprètes (danseurs, chœur, instrumentistes).
INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/awen

Martin Harriague a le souci d’apporter l’art et la danse partout sur le territoire, en particulier auprès des populations qui en sont éloignées. Le projet « HAFLA ! » qui signifie « fête », imagine de petites formes mobiles d’une durée de 15 mn qui sont réalisées dans l’espace public, dans les collèges, les lycées… ; l’idée est de danser parmi les gens, pour transmettre, partager, fédérer dans des lieux qui n’accueillent pas habituellement le spectacle. La première session est en cours de réalisation ; elle est écrite pour 12 danseurs et sera dévoilée courant 2026.

 

 

PRODUCTIONS LYRIQUES A VENIR

 

CLASSIQUENEWS : Parmi les nombreux temps forts de la saison 2025-2026, quels seraient les deux grands spectacles à ne pas manquer qui s’annoncent en 2026 ?

 

 

TURANDOT (15, 17, 19 mai 2026)
Nous poursuivons notre cycle Puccini, en proposant l’un de ses opéras chaque saison. Voici assurément le dernier temps fort de la série. La mise en scène est réalisée par Paco Azorín qui a présenté à l’Opéra, Samson et Dalila. Son travail a une vocation sociale, il intègre des amateurs et des personnes qui n’ont rien à voir avec le monde de l’opéra ; ils sont présents sur la scène comme figurants. Le spectacle a été créé à Macerata ; il propose une version originale c’est à dire sans final, puisque Puccini est mort avant d’avoir achevé son ouvrage. L’orchestre s’arrête donc là où Puccini a cessé de composer, avec l’air de Liù. Pour les représentations avignonnaise, c’est Catherine Hunold qui relève le défi du rôle principal.
INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/turandot

 

 

LA BELLE HÉLENE (12, 14 juin 2026)
Le spectacle est léger dans tous les sens du terme : son ambiance est joyeuse (l’action déplacée à la Cour d’Angleterre est mise en scène par Chloé Dufresne) et la forme est celle de la production d’Opéra éclaté d’Olivier Desbordes, conçue dans un format réduit avec quelques musiciens, mais que nous reprenons cette fois avec l’orchestre complet et le chœur. Les spectateurs avignonnais pourront retrouver certains chanteurs comme Raphaël Jardin (dans le rôle de Parîs) et Julie Robard-Gendre dans le rôle-titre.
INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/la-belle-helene

 

propos recueillis en décembre 2025
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présentation de la nouvelle saison 2025 – 2026

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison 2025 – 2026 de l’Opéra Grand Avignon, « Mythes ». L’Orfeo, Décaméron, Turandot, Falstaff, La Belle Hélène, Armide… | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/avignon-grand-opera-nouvelle-saison-2025-2026-a-avignon-et-a-vedene-orfeo-decameron-turandot-falstaff-la-belle-helene-armide/

Pour sa nouvelle saison 2025 – 2026, celle de ses 200 ans (!), l’Opéra Grand Avignon plonge dans l’étoffe fascinante des Mythes fondateurs, un imaginaire commun, exaltant et structurant, « dont les racines fondent notre culture. Ce qui est mythique n’est pas réel, par définition. Mais notre réalité est pétrie de tous ces récits qui nous traversent, cimentent même notre inconscient, comme l’a démontré Carl Gustav Jung. Voilà donc ce que nous vous proposons tout au long de la saison : un bain dans ces mythes divers qui font sens dans l’idée du vivre ensemble, dans la communauté humaine », précise Frédéric Roels, directeur de l’Opéra Grand Avignon.

 

OPERA GRAND AVIGNON, nouvelle saison 2025 – 2026. L’Orfeo, Décaméron, Turandot, Falstaff, La Belle Hélène, Armide…

 

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des programmes et des distributions, les artistes invités, … sur le site de l’Opéra Grand Avignon, saison 2025 – 2026 : https://www.operagrandavignon.fr/

 

 

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