mercredi 14 octobre 2026

CRITIQUE CD événement. LISE DAVIDSEN / Live at the Met (James Baillieu, piano). Richard Strauss,Schubert, Sibelius, Wagner… (1 cd Decca classics – récital sept 2023)

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Le récital New Yorkais de la diva norvégienne LISE DAVIDSEN déploie en septembre 2023 ses indiscutables qualités vocales et dramatiques. En amorce, les 2 premiers airs italiens plongent dans la douleur et la désespérance tragique : Tosca et sa prière éplorée, puis « Morro, ma prima in grazia » d’Amelia dans Un Ballo in maschera, autre âme amoureuse démunie et détruite… La diva nordique fait valoir la puissance de son organe, son souffle et ses aigus illimités (parfois trop vibrés). L’intensité, l’expressivité, la couleur doloriste d’une indiscutable acuité parfois sauvage et violente, saisissent immédiatement.

 

 

 

Pour autant ce n’est pas chez les héroïnes romantiques italiennes que la diva révèle ses pleines capacités. Plus à son aise, dans les grandes phrases lyriques des lieder de Richard Strauss, Lise Davidsen convainc davantage dès la déclaration de « Zueignung » ; rêveuse et enivrée, plus proche du texte dans le moins connu et si peu chanté « Allerseelen ». Bon choix suivant : les deux lieder plus développés et complexes, aux harmonies à la fois inquiètes et rayonnantes « Befreit » puis l’éveil extatique de « Morgen » soulignent l’essor vocal dune voix surpuissante, au format wagnérien, isoldien, dont la couleur et le style compensent l’acuité d’une exceptionnelle intensité directe.

Les 3 Schubert convainquent tout autant car plus encore soucieux du texte, la cantatrice recalibre son émission et tout son métier expressif selon l’intimisme rentré de l’immense Franz : « An die Musik » poursuit le rêve de « Morgen », suggérant tout un monde lointain, inaccessible mais présent ; entre onirisme feutré et franchise, Lise Davidsen exprime idéalement l’intranquillité tragique de la plus dramatique « Gretchen am spinrade »…
Belle révélation que les 3 mélodies du cycle original de 5 signées Sibelius, alliant ivresse lyrique et intensité dramatique (la n°4 « Var det en dröm? »), l’écriture semble taillée pour le diamant miroitant, éclatant, sauvage de la diva.
Le Kalman (air orientalisant de Sylvia) envoûte et hypnotise par les arabesques de plus en plus rythmiques de sa Czarda endiablée, aux aigus délirants, idéalement assumés pour le plus grand bonheur du public. Piquant, léger « I could have danced all night » de Loewe exprime le désir d’ivresse de la délicieuse Eliza Doolittle.
Le seul Wagner, référence au répertoire que la diva maîtrise tout à fait, l’air d’Elisabeth de Tannhäuser à l’acte I (« Dich, teure Halle ») convoque immédiatement par la sureté des aigus et l’intensité du chant, la détermination de la jeune femme amoureuse : brio éclatant, timbre diamantin, aux aigus impérieux… aucun doute, la soprano est une wagnérienne née.
Le récital de plus en plus convaincant, dans une émission souveraine s’achève dans l’esprit du rêve et la prière de son compatriote, Grieg (« Vären »), dont la gravité tout en pudeur semble chez elle couler de source, jaillissante et subtilement nuancée. Un régal.

 

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CRITIQUE CD événement. LISE DAVIDSEN / Live at the Met (James Baillieu, piano). Richard Strauss,Schubert, Sibelius, Wagner… (1 cd Decca classics – récital sept 2023) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2026

 

 

 

 

 

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