Le programme se dédie à la beauté de la Nature, mystérieuse, réconfortante, et à la profondeur des émotions humaines qui inspire à Gustav Mahler, en 1909, l’un des cycles pour voix et grand orchestre, parmi les plus saisissants jamais écrits : Le Chant de la terre.
En quête de sens et de vérité, Gustav Mahler s’inspire des vers du poète chinois Li Bai ; il édifie une symphonie cantate en six chants, célébrant la très profonde connexion entre l’homme et la nature. Les racines des saules, les étangs paisibles et le clair de lune sont entre autres, les vers choisis, au souffle mystique et universel, porteurs de gravité et d’espérance.
Les 6 Lieder composent une fresque sonore où chaque note résonne comme les éléments d’un acte réconciliateur où l’homme apaisé peut envisager son immortalité dans le sein salvateur de la Nature, son printemps renaissant à chaque nouvelle saison, dans un cycle infini. L’Orchestre au grand complet façonne un monde, « une géographie sentimentale dont la boussole pointe toujours vers la Terre », notre bien commun le plus précieux.
Gustav Mahler : Le Chant de la Terre
ROUEN, Théâtre des Arts
Vendredi 13 mars 2026 à 20h
Samedi 14 mars 2026 à 18h
LE HAVRE, Le Volcan
Dimanche 15 mars 2026, 15h
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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen : https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/le-chant-de-la-terre/
Durée : 1h20, sans entracte
Tarif variable, Tarif C
de 10 à 38 €
Direction musicale : Antony Hermus
Ténor : Nicky Spence –
Mezzo-soprano : Beth Taylor
Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen
Dans le cadre de la saison Unanimes !, initiative de l’Association Française des Orchestres
Le Chant de la Terre (1909), est une bouleversante fresque lyrique et orchestrale de Gustav Mahler, composée en une période très éprouvante pour la compositeur juif du début du XXè – le plus grand symphoniste germanique alors avec Richard Strauss. En témoignent les poèmes déchirants sur l’existence et la condition humaine que Mahler met en musique avec une frénésie extatique, à la fois symboliste et expressionniste ; partition majeure d’un auteur qui a perdu sa fille, apprend qu’il est viré de ses fonctions comme directeur de l’Opéra de Vienne (alors qu’il y menait une réforme inouïe, tant en terme de répertoire que de conditions nouvelles pour assister aux concerts symphoniques et aux opéras…), c’est aussi l’époque où Mahler, condamné, apprend qu’il est atteint d’un mal incurable aux poumons.
La partition est parcourue de doutes et d’inquiétudes : ceux d’un homme usé, en proie aux visions du gouffre profond car Mahler est malade, atteint, physiquement démuni quasiment au fond du désespoir. Au moment de la composition de sa 9è Symphonie (avec voix) soit à l’été 1908, isolé, solitaire, dans son cabanon de Toblach, obligé aux marches lentes, – un comble pour ce grand marcheur, il a le temps de réfléchir à sa condition misérable : dépression terrifiante, crise personnelle et sentiment d’une insondable douleur, en liaison avec l’échec de son couple avec la très volage Alma, adoucies cependant par le réconfort d’une musique d’une douceur maternelle. Ici les éclairs éperdus voisinent avec des accents de pur lyrisme halluciné… L’écart des émotions est d’une infinie diversité, au diapason d’une âme foudroyée.
Sincérité d’une écriture
et d’un chant crépusculaires
Viscéralement autobiographique, l’écriture joue des nuances symbolistes, impressionnistes, expressionniste… éléments fascinants de ce creuset magique qui compose l’attrait d’une imagination symphonique aussi exceptionnelle que peut l’être à la même époque celle de son confrère Richard Strauss. Ses partisans soulignent la sincérité d’une langage bouleversant. Ses détracteurs fustigent plutôt la vulgarité d’une écriture qui s’autoproclame en martyr du XXè.
L’Adieu dans l’espérance
Même le dernier hymne (sublime chant de la fin, du renoncement, de l’anéantissement assumé et conscient : « Der Abschied », L’adieu) où se fondent l’un à l’autre, et le temple de la nature et les aspiration de l’homme en témoin démuni, cite il est vrai la flûte du poète extrême-oriental ; mais ce qui inspire manifestement Mahler, c’est la justesse de l’évocation naturaliste ; car entre tentative panthéiste et assimilation de l’être au milieu pastoral suscité, paysage naturel et paysage mental ne font qu’un ici. Peu à peu la texture orchestrale se fond dans la prière finale, appel à la suprême sérénité où le mot “Ewig” (“Pour l’éternité”) est répété sept fois…
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LIRE aussi notre critique du cd Le Chant de la terre par Jonas Kaufmann (2017) : MAHLER : Das lied von der Erde / Le chant de la Terre. Wiener Philharmoniker. Jonas Kaufmann, ténor. Jonathan Nott, direction (1 cd SONY classical) : https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-das-lied-von-der-erde-le-chant-de-la-terre-wiener-philharmoniker-jonas-kaufmann-tenor-jonathan-nott-direction-1-cd-sony-classical/
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