mercredi 14 octobre 2026
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CD événement, annonce. « HORIZONS » : Symphonies n°99 et n°104 « Londres », ORCHESTRE NATIONAL AUVERGNE-RHÔNE-ALPES, Thomas Zehetmair, direction (1 CD OnA)

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Fidèle à sa volonté d’excellence, l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes poursuit sa collection de cd, exposant la vitalité des instrumentistes sur le vif ; pour leur 26è album, les musiciens enregistrent 2 symphonies de Haydn (n°99 et n°104 « Londres« ), deux sommets du symphonisme classique, qui appartiennent au cycle des fameuses symphonies londoniennes.

 

 

 

 

Thomas Zehetmair, chef principal de l’Orchestre souligne les qualités de l’écriture haydnienne alliant finesse, élégance et humour, sans omettre la science des contrastes ni le rythme des surprises… Dans la forme classique viennoise, – solaire, Haydn sait se souvenir du folklore et des idiomes autrichiens. Après un précédent album amorçant son travail sur les symphonies de Haydn (album intitulé « Perspectives » regroupant les symphonies n°49 et n°80, mis en dialogue avec Ramifications de Ligeti), le nouvel album publié début 2026, souligne l’apport et la complicité entre les instrumentistes et le chef, en poste ainsi depuis 4 saisons. Thomas Zehetmair admire les qualités expressives de l’Orchestre, son style raffiné, son jeu fluide… autant d’arguments qui accréditent leurs apports dans l’interprétation et la compréhension de l’orchestre de Haydn. En témoigne ce nouveau jalon qui confirme la légitimité des instrumentistes auvergnats à revivifier l’écriture haydnienne. Un accomplissement qui n’est pas anodin car la Symphonie n°104 « Londres », créée en mai 1795, est le dernier concert dirigé par le compositeur lors de son ultime séjour dans la Capitale Britannique. CLIC de CLASSIQUENEWS hiver 2026 – critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS

 

 

 

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CD « Horizons » / parution physique : le 23 janvier 2026

Joseph Haydn
Symphonie n° 99 en mi bémol majeur
Symphonie n° 104 en ré majeur « Londres »

ORCHESTRE NATIONAL AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
Thomas Zehetmair, direction

 

 

1 cd OnA – le Label discographique de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes – Photo © Nicolas Aymard – Plus d’infos sur le site de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes : https://onauvergne.com/

 

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CRITIQUE, concert lyrique. VERSAILLES, Grande Salle des Croisades, le 19 janvier 2026. « Démons & Héros » : Alex ROSEN (basse), Orchestre de l’Opéra Royal, Gaétan Jarry (direction)

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Ce 19 janvier 2026, la Grande Salle des Croisades du Château de Versailles a vécu un moment d’exception sous les blasons des chevaliers et les toiles de maîtres, grâce à la basse américaine Alex Rosen qui a offert au happy few présents son premier récital (solo) versaillais (dans un programme dédié aux « Monstres et Héros, de Lully à Rameau »), accompagné par le superbe Orchestre de l’Opéra Royal dirigé ici avec fougue et précision par le jeune chef français Gaétan Jarry. Ce concert, enregistré pour un futur disque à paraître au Label Château de Versailles Spectacles, s’inscrit comme un jalon majeur dans la carrière de l’artiste et dans la saison musicale versaillaise.

 

Natif de Californie, formé à la prestigieuse Julliard School, Alex Rosen s’est imposé comme une voix incontournable dans l’univers de la musique baroque. Ses débuts aux côtés de William Christie et des Arts Florissants, puis ses rôles marquants (comme son incarnation de Sénèque dans Le Couronnement de Poppée au festival d’Aix-en-Provence… mais aussi dans cette même Grande Salle des Croisades… en décembre 2023 !) ont forgé un artiste complet. Comme nous l’avons déjà souligné dans ces colonnes (et encore récemment à la Chapelle Royale voisine dans « Theodora » de Haendel), sa capacité à incarner aussi bien la sagesse que la noirceur, jointe à une présence scénique rare, lui ouvre les portes des plus grandes scènes désormais.

Loin d’être une simple succession d’airs, le programme s’offre comme une odyssée dramaturgique en quatre actes, explorant les abîmes, le courage, les passions divines et les colères fatales, révélant une interprétation qui transcende la simple prouesse technique pour atteindre une authentique vérité dramatique. Sa voix chaude et puissante, solide et majestueuse, a toujours un incroyable impact sur les auditeurs, d’autant qu’il possède une capacité rare à projeter des graves profonds avec une justesse et une rondeur remarquables, idéales pour incarner l’autorité royale ou la noirceur infernale. Impressionnant également sa capacité à passer de sa voix de basse envoûtante à une voix de tête méliflue, parfois au sein d’une même phrase, révélant un impressionnant ambitus.

Dès son premier air « Profonds abîmes du Ténare », extrait du « Temple de la gloire » de Jean-Philippe Rameau, il projette ses graves caverneux et autoritaires, créant une présence vocale palpable et terrifiante, exploitant la riche résonance de son registre grave. Dans l’air « Entendez ma voix souveraine« , extrait de « Dardanus » du même Rameau, sa déclamation soignée et son autorité sereine imposent la présence de son personnage. Son interprétation de l’air « Que ce jardin se change en un désert affreux » (extrait de « Bellérophon » de Jean-Baptiste Lully) fait preuve d’une incroyable intensité dramatique et d’une projection idoine, incarnant la colère avec une présence physique affirmée, un regard toujours perçant, en même temps qu’un port souverain. Dans l’air « Je cède, je me rens » tiré de « La Descente d’Orphée aux enfers » de Marc-Antoine Charpentier, il incarne avec subtilité l’abandon et et la résignation face au destin du héros tragique, avec une maîtrise du style déclamatoire français, et une capacité à transmettre des émotions complexes, qui font de lui un grand comédien en plus de ses talents de chanteur. Au-delà de la technique, c’est son engagement physique total et son intelligence du texte qui ont captivé la soirée durant, chaque air abordé s’avérant une scène miniature où le personnage, qu’il soit furieux, suppliant ou majestueux, prenait vie avec une vérité dramatique emportant sans coup férir l’adhésion du public.

Dirigé par Gaétan Jarry, habitué des lieux et spécialiste reconnu du baroque français, l’Orchestre de l’Opéra Royal a brillé par sa souple énergie et sa palette colorée, véritable partenaire dramatique du chanteur. Jarry, fondateur de l’Ensemble Marguerite Louise, a insufflé une vitalité bondissante à chaque page, des préludes charpentés de Charpentier aux marches triomphales de Lully.

En définitive, ce récital a confirmé qu’Alex Rosen est bien plus qu’une basse au timbre magnétique : c’est un véritable tragédien lyrique. Il possède l’art rare de donner une chair et une âme immédiatement crédibles aux grandes figures du baroque français, alliant une maîtrise stylistique héritée de ses collaborations avec les plus grands ensembles à un instinct théâtral captivant. Face à un tel succès, on ne peut que s’interroger sur la trajectoire future de l’artiste. Quel rôle de Roi ou de Démon, chez Lully ou Rameau, pourrait-il ensuite conquérir sur la scène de l’Opéra Royal pour y donner toute la mesure de son talent dramatique ? Une chose est sûre : après ce soir mémorable, le public versaillais attendra avec une impatience non dissimulée le prochain chapitre de cette belle histoire !

 

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CRITIQUE, concert lyrique. VERSAILLES, Grande Salle des Croisades, le 19 janvier 2026. « Démons & Héros ». Alex ROSEN (basse), Orchestre de l’Opéra Royal, Gaétan Jarry (direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu & DR

 

 

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LES ÉPOPÉES. Stefano LANDI : La Morte d’Orfeo. VIENNE / Musik Theater an der Wien, mer 28 janv 2026. Cyrille Auvity, Isabelle Druet, Hasnaa Bennani… Les Epopées, Stéfane Fuget (direction)

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Les Épopées de Stéphane Fuget reprennent à Vienne (après Versailles en juin 2025), une partition majeure de la Rome Baroque du début XVIIème : là où L’Orfeo de Claudio Monteverdi se termine (1607), commence La Morte d’Orfeo de Stefano Landi (créé à Padoue en 1619); le chanteur de Thrace Orphée a tenté sans succès de sauver sa femme Eurydice des enfers. A présent, il renonce à tous les plaisirs (y compris l’ivresse) pour ne se consacrer qu’au désespoir. Alerté, agacé, le dieu du vin Bacchus, sans plus attendre, fait tuer Orphée.

 

C’est le signal d’un autre drame, qui oblige les dieux et les muses : le héros mort doit-il rejoindre l’Olympe dans la gloire ou être réuni avec Eurydice dans l’Hadès ? Doit-il être ainsi divinisé ou bien mérite-t-il tous les bonheurs terrestres aux côtés de son épouse ?
Bien que le langage musical de La morte d’Orfeo de Stefano Landi, créé à Rome en 1619, soit clairement influencé par Monteverdi dans la mesure où il intègre également de somptuux choeurs madrigalesques, la partition fascine aussi à travers l’idée même de théâtre musical qu’a conçu le compositeur : ici, tragédie et comédie fusionnent ; ils engendrent un genre inédit qui s’avère florissant sur la scène théâtrale. En abandonnant son héros à la fureur de Bacchus (et de ses ménades déchaînées), Landi destine aussi le poète foudroyé, endeuillé à la grâce d’Apollon…

Les Épopées dirigés par leur fondateur et directeur musical Stéphane Fuget illuminent la partition d’une vitalité italienne, ciselant le verbe, polissant chaque nuance émotionnelle. L’enregistrement de cet Orfeo de Landi, partition audacieuse et originale, est annoncé en 2026 sous étiquette CVS Château de Versailles Spectacles (prochaine critique sur classiquenews). Photos : Stéphane FUGET DR

 

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VIENNE, Musik Theater an der WIEN
Infos & Réservations : https://www.theater-wien.at/en/events/season2025-26/1540/La-morte-dOrfeo
mercredi 28 janvier 2026, 19h
Distribution

Les Épopées
Stéphane Fuget, direction

Orfeo: Cyril Auvity
Euridice / Primo Euretto : Hasnaa Bennani

Calliope / Una Menade : Isabelle Druet
Mercurio / Bacco / Terzo Euretto : Paul Figuier
Teti / Nisa : Claire Lefilliâtre
Aurora / Lincastro : Anaïs Yvoz
Secondo Euretto / Fosforo : Floriane Hasler
Fato / Fileno : Marc Mauillon
Ireno / Apolline : Marco Angioloni
Furore /Caronte : Alessandro Ravasio
Ebro / Giove : Alexandre Adra

Steafano LANDI : La Morte d’Orfeo
TRAGICOMEDIA PASTORALE IN FIVE ACTS
LIBRETTO d’ANGELO POLIZIANO

Theater an der Wien
Linke Wienzeile 6
1060 Wien

 

Concert en italien avec surtitres allemands
Introduction à l’œuvre, 30 minutes avant le lever de rideau
Production donnée en juin 2025 au Château de Versailles (avec Juan Sancho dans le rôle-titre) / LIRE notre critique : https://www.classiquenews.com/critique-opera-versailles-salon-dhercule-le-18-juin-2025-j-sancho-h-bennani-p-figuier-i-druet-les-epopees-stephane-fuget-direction/
Créée en 1619 à Padoue, La Morte d’Orfeo de Stefano Landi se présente comme une « tragi-comédie pastorale » audacieuse, mêlant le sacré au profane avec une liberté inouïe pour son époque. Alors que Monteverdi immortalise la descente aux enfers d’Orphée (1607), Landi explore l’après-Eurydice : un héros brisé, reniant l’amour et le vin, livré à la vengeance de Bacchus et des Ménades. Cet opéra méconnu, premier opéra séculier romain, fusionne récitatifs florentins, chœurs monumentaux et scènes comiques (comme le Caronte bouffon ou les Satyres ivres), préfigurant l’opéra baroque dans toute sa diversité dramatique. Sa partition, conservée au British Museum, n’avait que rarement franchi les siècles avant cette résurrection versaillaise, sous les ors du sublime Salon d’Hercules.

 

 

CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Salon d’Hercules, le 18 juin 2025. LANDI : La Morte d’Orfeo (en version concertante). J. Sancho, H. Bennani, P. Figuier, I. Druet… Les Epopées, Stéphane Fuget (direction)

 

 

 

ENGLISH

La morte d’Orfeo : Stefano Landi / TRAGICOMEDIA PASTORALE IN FIVE ACTS
LIBRETTO AFTER ANGELO POLIZIANO

Where Claudio Monteverdi’s L’Orfeo ends is where Stefano Landi’s La morte d’Orfeo starts: the gifted singer Orpheus has tried without success to rescue his wife Eurydice from the underworld. Now he renounces all worldly pleasures to dedicate his life to despair. This alerts the god of wine who, without further ado, has Orpheus killed. But this signals the start of another drama, at least for the gods and muses: Should the dead hero ascend to Olympus in glory or be reunited with Eurydice in Hades? While the musical language of Stefano Landi’s La morte d’Orfeo, first performed in Rome in 1619, is clearly influenced by Monteverdi in that it also incorporates artful madrigal choruses, it also fascinates through Landi’s own idea of thrilling musical theatre: here, tragedy and comedy are given absolutely equal importance.

Concert performance in Italian with German surtitles
Introduction to the work 30 minutes before curtain-up

CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Salon d’Hercules, le 18 juin 2025. LANDI : La Morte d’Orfeo (en version concertante). J. Sancho, H. Bennani, P. Figuier, I. Druet… Les Epopées, Stéphane Fuget (direction)

 

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LA SEINE MUSICALE. Marie-Claude PIETRAGALLA : BEETHOVEN, la Symphonie des corps, sam 14 fév 2026. Orchestre National d’Île-de-France, David Greilsammer

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Le programme dédié à l’imaginaire beethovénien mêle Concerto et Symphonie. Nerveux, percussif, tendre, lyrique… Dans cette interprétation de l’oeuvre, la vitalité expressive et le relief dramatique du Concerto pour piano n° 3 de Ludwig van Beethoven font éclater sa forme classique. Depuis le clavier, David Greilsammer dirige l’Orchestre national d’Île-de-France ; il met en valeur le souffle de plus en plus impérieux du compositeur dont le tempérament le conduit toujours vers l’esprit de conquête, d’un renouvellement sans limites.

 

L’écriture de Beethoven est si évocatrice et théâtrale qu’elle appelle la scène et le mouvement. Ainsi l’énergie de la danse que convoquent sa Symphonie n° 7 et le thème obsédant de l’Allegretto, célébrissime, qui se transmet à tous les instruments de l’orchestre jusqu’à tout embraser. L’euphorie, contagieuse, traverse la partition de part en part et tourbillonne jusqu’à la fin, furieusement dansante. Richard Wagner lui-même, admiratif de la grande forge beethovénienne, ne disait-il pas de cette symphonie qu’elle est l’apothéose de la danse ?

Les chorégraphes Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, tous deux fondateurs du Théâtre du corps, font de la partition symphonique, le théâtre d’un spectacle organique où danse et musique fusionnent dans le geste et le mouvement des 10 danseurs, tous issus de l’école qu’ils ont fondée.

La symphonie devenue ballet grandiose célèbre la vitalité des corps dont l’architecture mouvante est d’autant mieux révélée dans l’écrin de l’Auditorium de La Seine Musicale.

 

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Beethoven, La Symphonie des corps
Chorégraphie de Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault – Théâtre du Corps
Orchestre national d’Île-de-France
samedi 14 février 2026 – 20h30
à partir de 31.50€
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de LA SEINE MUSICALE : https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/beethoven-symphonie-n-7-marie-claude-pietragalla-orchestre-national-ile-de-france/

 

distribution

Orchestre national d’Île-de-France
David Greilsammer, piano et direction
Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault, chorégraphie
Danseuses et danseurs du Théâtre du Corps – Centre de Formation des Apprentis Pietragalla – Derouault / Théâtre du corps

Visitez le site officiel de Marie-Claude Pietragalla / Julien Derouault : https://www.theatre-du-corps.com/
Page dédiée à la SYMPHONIE DES CORPS : https://www.theatre-du-corps.com/25-26-beethoven/

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CRITIQUE, Opéra, PARIS, Opéra comique, le 19 janvier 2026. MASSENET : Werther. P. Pati, A. Charvet, J. Roset… Ted Huffman / Raphael Pichon

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C’était une des premières les plus attendues des saisons parisiennes, et bien du beau monde s’y pressait. Après plus de 32 ans d’absence, Werther revient enfin chez lui, à l’opéra comique pour sa 1402e représentation dans la salle mythique. À l’occasion de cet événement colossal une équipe artistique de rêve, pour un résultat “plus beau que dans nos rêves” selon Louis Langrée lui-même, directeur de la prestigieuse maison. Le fraîchement nommé à la tête du festival d’Aix-en-Provence Ted Huffman régissait le plateau et Raphaël Pichon ciselait comme un orfèvre le chef d’œuvre de Jules Massenet.

 

Dans l’intimité de la Salle Favart, Ted Huffman choisit de livrer au public parisien une version concentrée, essentielle de Werther. Le drame de la jeunesse qui, à peine sortie de l’enfance, doit affronter le monde des adultes avec pour seules armes la pureté des sentiments, est intemporel. Il ne s’embarrasse ici ni de décors fastueux, ni de grandes robes ou d’accessoires. Si cette mise en scène peut paraître un peu pauvre lors des deux premiers actes, cela se justifie à l’acte IV où plus rien n’existe que l’amour de Charlotte et Werther. Le plateau est nu, revêtu d’un sol blanc, sur lequel s’étend progressivement le sang de Werther. Une excellente direction d’acteurs, presque cinématographique suffit pour rendre cette page de drame lyrique poignante.

On connaît Pene Pati comme un rayon de soleil, toujours le sourire aux lèvres, parfait jeune homme ingénu fringant et en bonne santé, donc le parfait opposé de Werther, dépressif, malade, et éternellement malheureux. Or nous avons découvert un nouveau visage du ténor samoan. Il est lui aussi essentiel, concentré, intérieur. Werther est toujours seul, d’ailleurs il ne pense qu’à lui. Quand Charlotte lui parle de sa mère, il ne l’écoute pas. Vocalement, Pene Pati profite pleinement de l’acoustique intimiste de la salle Favart en nous donnant les plus beaux aigus en falsetto qu’on ait entendus. La voix est d’une suavité rare, il chante comme il parle, jamais il ne nous vient à l’idée de lire les surtitres.

De son côté, Adèle Charvet donne toute la richesse possible au personnage de Charlotte. Elle est intense et chaleureuse. Sa présence scénique est exemplaire et tout est impeccablement maîtrisé. Le véritable coup de cœur de cette soirée fut pour nous la merveilleuse Julie Roset qui interprétait Sophie. Ce joyeux rossignol est un véritable rayon de soleil, et c’est son espoir de bonheur qui nous tire de chaudes larmes. Elle est une partie importante de ce drame qui ne serait pas si puissant sans le contraste déchirant qu’elle y apporte. Son air au deuxième acte “frère, voyez le beau bouquet” nous emplit de tendresse et d’une émouvante joie. Julie Roset est une immense artiste qui ne cesse d’évoluer depuis que nous l’avons entendue dans Zémire et Azor de Grétry où elle était déjà remarquable.

Vient ensuite l’impressionnant John Chest qui campe un Albert méprisant et justement détestable. Outre ses très belles capacités vocales, il est un acteur né incarnant ici une sombre faiblesse. Christian Immler était le bailli. Doté d’une diction précise et d’une voix bien timbrée, il captive le spectateur par une très belle présence scénique. Jean-Christophe Lanièce et Carl Ghazarossian sont Johann et Schmidt, très comiques dans leurs rôles de pochtrons scandant “Vivat Bacchus, semper vivat”. Le jeune couple quasiment figurant est joué par deux artistes de l’académie, Flore Royer et Paul-Louis Barlet. Ils sont tous les deux précis et très présents scéniquement. Enfin, comment ne pas mentionner les charmants enfants de la Maîtrise populaire de l’Opéra Comique qui chantent joyeusement Noël. Ils chantent merveilleusement justes, et sont à l’aise sur scène dans leur jeux divers.

Tout ce spectacle n’aurait pas été si parfait s’il n’avait été porté par Raphaël Pichon à la tête de son Ensemble Pygmalion. Comme tout ensemble baroque agrandi jusqu’à l’orchestre, Pygmalion donne à la musique complexe de Massenet un caractère chambriste où pas une miette de la savante orchestration ne se perd. Raphaël Pichon met toute son attention dans l’orchestre dont il semble tricoter le son avec des mains agiles et précises. L’ouverture sonne de manière particulièrement (et volontairement) grinçante annonçant tout de suite le drame.

 

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CRITIQUE, Opéra, PARIS, Opéra comique, le 19 janvier 2026. MASSENET : Werther. P. Pati, A. Charvet, J. Roset… Ted Huffman / Raphael Pichon. Crédit photo (c)

 

 

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ENTRETIEN avec Bruno MONTEIRO, à propos de son dernier cd dédié aux Sonates de Prokofiev

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Témoignant de sa proximité avec le violoniste David Oistrakh, les 2 Sonates pour violon et piano opus 80 et 94 de Sergueï Prokofiev inspirent le dernier album du violoniste Bruno Monteiro. A la fois âpres et tendres, lyriques et aussi mordantes, les deux partitions exigent une grande plasticité expressive des solistes. C’est aussi une rythmique spécifique, un équilibre des contrastes exacerbés propre au compositeur russe. Autant de défis que relèvent le violoniste et son complice de toujours, le pianiste João Paulo Santos…
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CLASSIQUENEWS : Pourquoi avez-vous choisi Prokofiev ? Avec votre fidèle partenaire João Paulo, sur quoi avez-vous travaillé en particulier pour cet enregistrement ?

BRUNO MONTEIRO : Il était presque inévitable, après tant d’années de travail avec João Paulo, que nous arrivions à ce répertoire. Les deux sonates et les cinq mélodies qui composent ce nouveau CD sont parmi les œuvres les plus importantes et les plus profondes écrites au XXe siècle pour violon et piano. Et je dois dire qu’elles sont aussi parmi les meilleures de Prokofiev. L’idée est venue de moi, et João Paulo, bien sûr, a accepté immédiatement. C’était un processus très exhaustif de travail individuel et à deux. Ce sont des pièces très complexes, à la fois techniquement et interprétativement. Nous avons fait de nombreuses répétitions ensemble pour arriver à l’interprétation que nous voulions. Le rythme est très important, l’équilibre entre le violon et le piano, et surtout les couleurs et les ambiances que nous avons voulu créer. Ce sont des œuvres très contrastées. La première sonate est très abstraite, avec beaucoup de tension intérieure. La seconde est plus joviale, joyeuse, sarcastique. Les cinq mélodies, bien que beaucoup plus légères que les deux autres œuvres, doivent avoir le bon caractère. C’était très difficile.

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les principaux défis pour « réussir » à interpréter sa musique ? Pouvez-vous citer 1 ou 2 exemples de votre travail spécifique ?

BRUNO MONTEIRO : De notre point de vue, le rythme et l’équilibre entre le violon et le piano doivent être aussi parfaits que possible. Bien sûr, alors il faut être tempétueux, comme par exemple dans la première sonate, mais sans être durs. Dans la deuxième sonate, être presque joueur, sarcastique et toujours utiliser la virtuosité avec profondeur et ne pas seulement jouer fort et rapidement. Et enfin, en déduire les couleurs nécessaires

 

CLASSIQUENEWS : Comment les 2 Sonates se répondent-elles ? Voyez-vous des singularités dans chacune d’entre elles ? Qu’est-ce que les 5 mélodies apportent dans leur continuité ?

BRUNO MONTEIRO : Comme je l’ai mentionné précédemment, ce sont toutes des œuvres très différentes. Ce que je pense qu’elles ont en commun, c’est le langage unique de Prokofiev. Nous savons en écoutant que c’est son esprit et son cœur qui sont dans la musique. Son écriture est indubitable. Même dans les 5 Mélodies, la 4e, par exemple, a le caractère que nous associons au compositeur.

 

CLASSIQUENEWS : Comment ce nouvel enregistrement s’inscrit-il par rapport à vos précédents ?

BRUNO MONTEIRO : C’est un autre travail collaboratif entre João Paulo et moi. Nous jouons ensemble depuis de nombreuses années ! Nous essayons toujours de mûrir d’un CD à l’autre, d’un concert à l’autre. C’est un voyage sans fin. Jusqu’à présent, les critiques et le public ont très bien réagi à l’album. Il a également été récemment nommé pour les International Classical Music Awards 2026. Nous sommes donc heureux que notre travail et que notre message musical soient reconnus.

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous en tête, un souvenir, une anecdote liée à l’enregistrement qui restera en mémoire ?

BRUNO MONTEIRO : Il y a quelques années, nous étions en train d’enregistrer et soudainement une corde de piano s’est cassée et a sauté hors de l’instrument. Horrible. Notre technicien était à une heure et demie du lieu d’enregistrement. Nous avons dû attendre qu’il arrive, ce qui était terrible parce que nous avons perdu notre endurance physique et émotionnelle. Quand il est finalement arrivé et a changé la corde, nous devions encore attendre qu’elle se stabilise. Quand c’était bon, nous avons enregistré rapidement parce que nous étions épuisés et j’avais peur que la chaîne se casse à nouveau…

 

Propos recueillis en décembre 2025

 

 

 

CD

LIRE aussi notre critique complète du cd PROKOFIEV : 2 Sonates pour violon et piano opus 80, opus 94…par Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano : https://www.classiquenews.com/critique-cd-prokofiev-sonates-pour-violon-opus-80-opus-94-5-melodies-opus-35bis-bruno-monteiro-violon-joao-paulo-santos-piano-1-cd-etcetera-enregistre-en/

Bruno Monteiro aborde dans ce nouvel album 2 Sonates de Sergueï Prokofiev qui illustrent magistralement son amitié avec son compatriote et violoniste, David Oïstrakh, qui depuis 1939, où il joue la Concerto pour violon, devint un proche particulièrement estimé. C’est la dernière période du compositeur revenu au pays des Soviets (depuis 1938) dont le néoclassicisme ne manque ni de souffle épique, ni de tendresse voire d’innocence. Bruno Monteiro en dévoile avec justesse la grande valeur expressive.

 

 

 

 

CRITIQUE CD. PROKOFIEV : Sonates pour violon opus 80, opus 94, 5 mélodies opus 35bis – Bruno Monteiro, violon / João Paulo Santos, piano (1 cd Etcetera)

 

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AUDITORIUM ORCHESTRE NATIONAL DE LYON. Les 29 et 30 janv 2026 : « Nuits Lyriques ». Zemlinsky / Schoenberg. Maria Bengtsson (soprano), Bo Skovhus (baryton), Simone Young (direction)

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L’Orchestre national de Lyon célèbre dans ce programme prometteur les derniers feux romantiques germaniques défendus par deux génies de l’orchestre : un professeur et son élève… Zemlinsky et le premier Schoenberg (de 3 années le cadet du premier), celui qui n’est pas encore le champion du dodécaphonisme. Leurs œuvres éclairent et expriment toutes les nuances du sentiment humain à travers l’évocation d’un couple amoureux… prétexte chez l’un comme chez l’autre, à renouveler le langage orchestral.

 

 

Zemlinsky incarne l’apothéose orchestrale dans la continuité de Richard Strauss et aussi en absorbant la texture cinématographique de Puccini. Sa « Symphonie lyrique » est une fresque colossale qui brûle d’une sensualité passionnée. Le compositeur trouve un équilibre exceptionnel entre chant et orchestre, lieder et symphonie, dialogue entre deux êtres traversés par un même idéal, et somptueux vertiges de symphonisme pur.
En une gradation subtile, qui passe par le raffinement de l’orchestration (comprenant vents par trois ou quatre, une harpe, un célesta, un harmonium, sans omettre une percussion importante…), le flux musical murmure et enfle jusqu’à la célébration extatique amoureuse finale. Comme dans le chant de la Terre et aussi absorbant la leçon de Wagner, le couple éprouve l’expérience du renoncement dans l’amour, ainsi que l’évoque le bayrton dans sa première séquence : « ch bin ein Fremder im fremden Land» [«Je suis un étranger dans un pays étranger»]. C’est aussi une déclaration prémonitoire pour Zemlinsky qui face au diable nazi, quitte l’Autriche en sept 1938 pour les États-Unis.

La cheffe australienne Simone Young y retrouve deux chanteurs dont elle a déjà pu apprécier le talent sur les plus grandes scènes, Maria Bengtsson et Bo Skovhus.

 

 

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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national de Lyon : https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/nuits-lyriques
Auditorium Orchestre national de Lyon
Jeu. 29 jan 2026 à 20h
Ven. 30 jan 2026 à 18h
Durée : 1h30 + entracte (20 min).
Arnold Schönberg
La Nuit transfigurée / 30 min
Alexander von Zemlinsky
Symphonie lyrique, op. 18 / 50 min
distribution

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LYON

Simone Young, direction
Maia Bengtsson, soprano
Bo Skovhus, baryton

 

 

 

LA NUIT TRANSFIGURÉE… Arnold (Schoenberg) aimait Mathilde, la sœur de son professeur Alexander (Zemlinsky), et l’épousa. Alexander aimait Alma, elle lui préféra son ami et mentor Gustav (Mahler) ; il en conçut un immense chagrin. Derrière cet échiquier sentimental aux amours, contrariées ou non, se profile l’essor musical de la Vienne fin de siècle, un nouvel âge d’or après celui de Haydn, Mozart et Beethoven.
L’amour de Schönberg pour Mathilde Zemlinsky inspire une partition incandescente, « la Nuit transfigurée » / Verklärte Nacht, op. 4, d’après le poème de Richard Dehmel, pour sextuor (1899), puis orchestre à cordes (1917) d’un romantisme crépusculaire, compassionnel, foudroyé, deux décennies avant la révolution du dodécaphonisme. La nuit orchestrale exprime le cheminement improbable et comme effréné d’un couple au clair de lune, éprouvé, déchiré par le poids de la culpabilité… La femme avoue à son bien-aimé attendre l’enfant qu’elle a conçu avec un autre ; son compagnon la rassure : son amour est assez grand et généreux pour qu’il accueille l’enfant à naître. Schoenberg évoque la souffrance, l’espérance et le miracle de la réconciliation grâce à la puissance de l’amour. Pour Schoenberg, il s’agit de rendre hommage aux deux maîtres vénérés : Wagner et Brahms.

PLAN
I. Sehr langsam [Très lent]
II. Etwas bewegter [Un peu plus animé]
III. Schwer betont [Lourdement martelé]
IV. Sehr breit und langsam [Très large et lent]
V. Sehr ruhig [Très calme]

 

 

 

SYMPHONIE LYRIQUE… Tout en soutenant l’audace formelle de son disciple Schoenberg, Zemlinsky demeure viscéralement fidèle au postromantisme de Mahler. Dans sa « Symphonie lyrique / Lyrische Symphonie » (1923), il cite même ouvertement le Chant de la terre de son aîné ; la partition célèbre son mariage avec sa deuxième épouse, Louise Sachse ; durée et effectif sont hors normes, et l’inspiration tout autant extrême-orientale (des poèmes de l’indien Tagore).

PLAN
[Symphonie lyrique]
Poèmes de Rabindranath Tagore (1861-1941)
I. «Ich bin friedlos» [Je suis privé de paix] : Langsam, mit ernst-leidenschaftlichem Ausdruck [Lent, avec une expression grave et douloureuse]
II. «Mutter, der junge Prinz muß an unsrer Türe vorbeikommen» [Mère, le jeune prince doit passer devant notre porte] : Lebhaft [Vif]
III. «Du bist die Abendwolke» [Tu es le nuage du soir] : Von hier ab plötzlich breiter und nach und nach immer ruhiger langsamer [À partir d’ici soudain plus large, et peu à peu de plus en plus calme et lent]
IV. «Sprich zu mir, mein Geliebter» [Parle-moi, mon bien-aimé] : Langsam [Lent]
V. «Befrei’ mich von den Banden deiner Süße» [Libère-moi des liens de ta douceur] : Feurig und kraftvoll [Avec feu et vigueur]
VI. «Vollende denn das letzte Lied» [Achève donc le dernier chant] : Sehr mäßige Viertel [Noire très mesurée]
VII. «Friede, mein Herz, laß die Zeit für das Scheiden süß sein» [Paix, mon cœur, fait que le temps de la séparation soit doux] : Molto adagio, äußerst langsam und seelenvoll [Extrêmement lent et plein d’âme]

 

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33èmes Victoires de la Musique Classique 2026 : ven 20 mars 2026 à Brest (Quartz). Liste des candidats : révélations et nommés…

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Cette année encore, Les Victoires de la Musique Classique promettent une grande célébration festive, mêlant émotions et célébrations. Les Victoires de la Musique Classique célèbrent leur 33ᵉ édition en mars 2026 à Brest, avec l’Orchestre national de Bretagne dirigé par Nicolas Ellis ; elles mettent à l’honneur l’excellence et la créativité des artistes de la scène classique, tels qu’ils se sont révélés ainsi au cours de l’année 2025.

 

BREST, Quartz, ven 20 mars 2026, 20h
La cérémonie des 33èmes Victoires de la Musique Classique aura lieu vendredi 20 mars 2026 en direct du Quartz de Brest, sur France 3 et France Musique, avec l’Orchestre National de Bretagne, dirigé par Nicolas Ellis.
PLUS D’INFOS : https://www.lesvictoiresdelamusique.fr/victoires-classique.php

En direct sur France 3 et France Musique, l’émission est présentée par Alex Vizorek et Clément Rochefort.

 

 

 

Artistes et enregistrements nommés pour les 33èmes Victoires 2026

LES RÉVÉLATIONS

Révélation, soliste instrumental(e)
Julien Beautemps, accordéon
Arielle Beck, piano
Léo Ispir, violoncelle

Révélation, artiste lyrique
Tamara Bounazou, soprano
Léontine Maridat-Zimmerlin, mezzo-soprano
Lucie Peyramaure, soprano

Révélation, chef d’orchestre
Alizé Léhon

 

LES NOMMÉS

Nommés, soliste instrumental(e)
Adelaïde Ferrière, percussions
Astrig Siranossian, violoncelle
Vanessa Wagner, piano

Nommés, artiste lyrique
Stanislas De Barbeyrac, ténor
Sabine Devieilhe, soprano
Julie Fuchs, soprano

Nommés, compositeur
Édith Canat De Chizy, L’ombre
Francesco Filidei, Il nome de la rosa
Clara Ianotta, Strange bird, no longer navigating by a star

 

Nommés, enregistrement
Ein Deutsches Requiem – Johannes Brahms, Harmonia Mundi Musique
Te Deum Pour Notre-Dame – Thierry Escaich, Alpha Classics
Une quête d’infini – Marie Jaëll, La Boîte à Pépites

 

 

 

 

L’Académie compte 300 votants professionnels (Composition de l’Académie : https://www.lesvictoiresdelamusique.fr/victoires-classique.php )
Trois jurys paritaires de 20 professionnels chacun, votent au premier tour, dans les 3 catégories « Révélations »
Un jury paritaire de 10 personnes (2 compositeurs, 2 chefs d’orchestre, 2 instrumentistes, 2 journalistes, 2 personnalités qualifiées), vote au premier tour dans la catégorie « Compositeur »
L’Académie vote
– au premier tour pour les catégories « Soliste instrumental(e) », « Artiste lyrique » et « Enregistrement »
– au second tour pour l’ensemble des catégories
Concernant la catégorie « Enregistrement », une pré-sélection est faite en amont du vote par un jury de 20 professionnels (journalistes et distributeurs) qui choisit 30 enregistrements parmi la liste d’albums, répondant aux critères pour l’édition en cours, proposée. Les 100 albums (plus en cas d’ex-aequo) qui ont le plus grand nombre de voix seront proposés au vote de l’Académie.

 

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CRITIQUE CD, événement. SAINT-SAËNS : Concertos pour violoncelle n°1 et n°2, Le Poète et la muse. Marie-Claude Bantigny, violoncelle (1 cd Paraty 1996, 2022). CLIC de janvier 2026

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Programme d’autant plus convaincant qu’il souligne la grande valeur de pièces méconnues, très rarement jouées au concert (du fait de leur difficulté, cf le Concerto n°2, entre autres). Marie-Claude Bantigny a la finesse et l’extrême élégance requises pour exprimer l’étonnante sensibilité à la fois classique et formellement audacieuse d’un Saint-Saëns à part. Son violoncelle chante et respire, sans affectation ni démonstration, éclairant la profonde subtilité du compositeur romantique français au début du XXè…

 

 

 

Par Alexandre PHAM. L’éditeur Paraty publie un nouvel enregistrement soulignant non sans pertinence la splendide musicalité de la violoncelliste française Marie-Claude Bantigny ; après un programme Brahms couronné par le CLIC de CLASSIQUENEWS (4 Sonates de Brahms, avec le pianiste Karoulos Zouganelis, paru en avril 2023 – lire ci-après notre critique), entre pudeur enchantée, et passion hallucinée, voici un cycle courageux, rare, d’autant plus apprécié, dédié aux pièces guère jouées actuellement, par Saint-Saëns au violoncelle. C’est peu dire qu’à travers les 3 œuvres choisies, – les 2 Concertos n°1 et n°2, et La Muse et le Poète, la violoncelliste ose tout avec une sensibilité intacte, d’une finesse allusive, d’une souplesse éloquente… ceci vaut pour le dialogue violon / violoncelle, de La Muse et le Poète (créé avec orchestre en 1910, ici avec la complicité du violoniste Paul Rouger), d’une volupté poétique inscrite dans la pudeur, où brille, dans un liberté rhapsodique, aux côtés du volubile violon, l’enchantement serein du violoncelle. Le ferveur partagée entre les deux instruments solistes, prépare en réalité à l’épisode central, contemplatif et suspendu où le chant suave et mystérieux du violoncelle échange avec le murmure des bois nostalgiques. Saint-Saëns poète et enchanteur sculpte son poème (plutôt fantaisie), en exploitant toutes les nuances poétiques des deux solistes. Dans l’esprit des baroques français, Saint-Saëns cultive son propos comme une délectable conversation entre les deux instruments, volubiles puis fusionnés.

Des deux Concertos pour violoncelle, ici enregistrés à 26 ans d’intervalle (avril 1996 pour le n°1 / avril 2022 pour le n°2), la construction et l’écriture si souplement contrastée du n°2 en ré mineur (créé en 1905 à 70 ans) éblouit par sa justesse poétique, son intensité, ses audaces feutrées (conçues pour le violoncelliste Joseph Hollman (mort en 1926, également dédicatoire de La Muse et le Poète)…, la finesse aussi du style de la soliste, ses nuances ciselées qui éclairent l’inspiration de Saint-Saëns ; la partition enchaîne comme souvent chez le Français, les 3 mouvements comme si elle n’en composait qu’un ; d’ailleurs, le geste interprétatif souligne l’unité et la cohérence de Saint-Saëns qui organise les 3 mouvements de son Concerto (Allegro moderato e maestoso – Andante sostenuto – Andante non troppo) comme s’il s’agissait d’un allegro de Sonate, avec la succession bien identifiée : exposition et développement (allegro), interlude central, enfin réexposition (coda / Finale).

C’est d’ailleurs ce dernier épisode qui tranche par son expressivité affûtée et d’une grande fluidité, qui sous les doigts de Marie-Claude Bantigny expose avec sincérité de somptueux médiums, des graves enténébrés d’une opulence épique, au souffle onirique magistral, alliant ampleur et pudeur mystérieuse. La soliste semble comprendre comme peu le romantisme passionnel et pourtant classique d’un Saint-Saëns aussi profond et puissant, personnel et fascinant qu’un Brahms. Sa musicalité à fleur de peau réhabilite une partition majeure pour l’instrument, exposant tout son imaginaire souterrain, ses contre champs d’une superbe séduction intérieure, sa volupté chatoyante.

 

 

 

 

 

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CRITIQUE CD, événement. SAINT-SAËNS : Concertos pour violoncelle n°1 et n°2, Le Poète et la muse. Marie-Claude Bantigny, violoncelle – Hungarian symphony orchestra, Budapest (2022) / Orchestre symphonique Français (1991 : La muse et le poète / 1996 : Concerto n°1), Laurent Petitgirard, direction – (1 cd Paraty 1996, 2022). CLIC de janvier 2026

 

 

 

LIRE aussi notre critique du cd BRAHMS : Sonates pour violoncelle par Marie-Claude Bantigny (2 cd Paraty) / CLIC de CLASSIQUENEWS avril 2023 :

CRITIQUE CD événement. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY) | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-brahms-sonates-pour-violoncelle-et-piano-marie-claude-bantigny-karolos-zouganelis-piano-coffret-2-cd-paraty/

Paru en avril 2023 chez PARATY, le programme (coffret de 2 CD) associe les deux sonates pour violoncelles et piano de Brahms (n°1 et 2) et deux autres, transcriptions des Sonates pour violon et piano (n°1 et 3). C’est peu dire que la réalisation touche au plus près le mystère Brahms : sa pudeur enchantée, ses urgences intérieures, son aptitude à tisser la matière du souvenir, entre tendresse infinie, âpreté mordante, désillusion et espoir… Le jeu des interprètes apporte leur éclairage personnel dans un cycle superlatif, restituant à la partition, sa richesse trouble, son éloquence intime, amoureuse, sentimentale… dans une sonorité à deux, d’une rare subtilité complice… CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2023.

 

 

CRITIQUE CD événement. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY)

 

 

Marie-Claude Bantigny © Jean-Baptiste Millot
1er Prix de violoncelle et de musique de chambre du CNSM de Paris, Marie-Claude Bantigny s’inscrit dans la lignée des prestigieux violoncellistes français auprès de qui elle se forme, tels que Maurice Gendron, André Navarra ou Roland Pidoux. Dirigée par Christian Ivaldi, elle remporte avec le Quatuor Fidelio le 1er Prix du Concours International de Musique de Chambre de Trieste « Sergio Lorenzi ». Sa carrière de chambriste et de soliste l’amène à jouer dans les festivals tels que la Roque d’Anthéron, les week-ends musicaux de la Baule, l’Orangerie de Sceaux, Aix En Musique et dans des salles de renommées internationales comme Gaveau,Pleyel, Le Louvre, le Théâtre du Châtelet, l’Opéra Bastille, le Lincoln Center, …

 

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CRITIQUE, opéra. Paris, Opéra Bastille, le 17 janvier 2026. WAGNER : Siegfried. A. Schager, G. Siegel, B. Mulligan, T. Wilson… Calixto Bieito / Pablo Heras-Casado

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Après le Prologue dédié à L’Or du Rhin, et la Première journée à La Walkyrie, le Ring imaginé par Calixto Bieito se poursuit dans une veine toujours aussi pessimiste : le metteur en scène catalan imagine cette fois un monde plongé dans le chaos, après la rébellion inattendue de la fille favorite de Wotan. Le récit de la jeunesse turbulente du nouveau héros Siegfried, éloigné de toute civilisation, s’affranchit d’une figuration visuelle continue, tout en bénéficiant d’un plateau vocal en tout point remarquable.

 

S’il est un projet qui a fondé et imposé durablement la réputation de Richard Wagner comme génie irremplaçable, c’est bien la démesure inédite de L’Anneau du Nibelung, avec sa suite de quatre opéras, sa trentaine de personnages et ses quelque 15 heures de musique au total. L’avant-dernier opus se tourne enfin vers le personnage décisif de Siegfried, dont les aventures constituaient à l’origine un projet indépendant, avant de prendre l’ampleur que l’on connaît. A cet égard, on ne peut que conseiller de bien lire ou relire les événements des précédents volets, comme le livret de Siegfried, afin de bien saisir toute l’ampleur des intrigues relatées par Wagner.

Ce travail préalable est d’autant plus indispensable que la proposition de Calixto Bieito ne cherche pas à rendre lisibles toutes les péripéties, surtout dans un premier acte très statique. Les chamailleries incessantes entre Siegfried et son père adoptif Mime s’épanouissent dans une forêt déboussolée, poussant à l’envers et bougeant dans tous les sens. Des créatures aux membres et visages déformés rôdent en arrière-plan, comme survivantes d’un bombardement chimique d’ampleur. Bieito nous plonge dans ce climat d’étrangeté mâtiné de fantastique, mais refuse de figurer les détails (l’ours capturé par Siegfried) ou les éléments plus essentiels (la forge de Mime).

Après l’entracte, l’idée de placer au centre de l’action une créature en train d’accoucher permet à Siegfried de revivre les événements ayant occasionné le décès de sa mère : de quoi insister sur le traumatisme de la culpabilité du survivant et annoncer la troublante confusion finale du héros, perdu entre les figures aimantes de Brünnhilde et de sa mère. Tandis que Mime s’enfonce dans les délices vénéneux de la drogue, la mise en scène trouve enfin les chemins d’une illustration plus spectaculaire avec l’arrivée du dragon, magnifié par des éclairages virtuoses. Le dernier acte voit Bieito retrouver le chemin d’une direction d’acteur plus soutenue, lorsque Wotan violente sa femme Fricka, avant que Siegfried ne la ridiculise à son tour. Loin de tout triomphalisme, la libération de Brünnhilde s’attache à ciseler les limites de la Walkyrie, comme prisonnière de son enfermement mental : l’incapacité à traduire en acte son amour conduit à une frigidité symbolisée par un bloc de glace, que Siegfried s’évertue à briser de toute part. Peu à peu, les résistances cèdent, non sans montrer des sévices sado-masochistes, comme un écho lointain au passé de guerrière de l’héroïne, en annonciatrice de la mort et de la montée au Walhalla.

 

 

Face à cette mise en scène inégale, dont l’atmosphère nimbée de mystère parvient toutefois à maintenir un certain suspense au fil de la soirée, le plateau vocal réuni réjouit jusqu’au moindre second rôle. Pour affronter toute la démesure du rôle-titre, parmi les plus difficiles du répertoire, Andreas Schager donne une nouvelle leçon de classe et de vaillance sur toute la durée – justifiant sa réputation internationale, qui l’a vu triompher ici-même dans d’autres rôles wagnériens (voir notamment dans Parsifal en 2018). A 54 ans, le ténor autrichien n’a rien perdu de sa projection insolente et de son timbre lumineux, portés par une émission parfaitement articulée. On lui pardonnera volontiers le léger accroc dans les aigus à la fin du premier acte, qui ne ternit en rien son exceptionnelle prestation, accueillie par un public dithyrambique en fin de représentation. A ses côtés, Gerhard Siegel reprend le rôle de Mime, qui l’avait déjà vu triompher dans L’Or du Rhin l’an passé, trouvant toujours le ton juste entre sens des couleurs volontairement exacerbées et truculence scénique. On aime aussi le Voyageur de Derek Welton, qui libère au fil de la soirée une interprétation arrimée à une solide technique pour laisser davantage de liberté à l’expressivité. Dans leurs courts rôles, Brian Mulligan (Alberich) et Mika Kares (Fafner) donnent une fois encore une leçon en termes d’éloquence et de raffinement dans les phrasés, tandis que Marie-Nicole Lemieux trouve en Fricka un rôle à sa mesure, à même de faire valoir l’étendue de ses graves. Enfin, Tamara Wilson (Brünnhilde) illumine les dernières scènes de sa présence magnétique, faisant vivre chacune de ses interventions d’une virtuosité jamais prise en défaut.

Comme pour les précédents volets, le chef andalou Pablo Heras-Casado joue la carte de l’allègement des textures, sans aucun vibrato, ce qui a pour avantage de ne jamais couvrir le plateau. Sa direction aérienne, qui rapproche Wagner de Mendelssohn, se montre toutefois un rien en retrait pour donner au drame toute son intensité, notamment dans sa dernière partie.

 

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CRITIQUE, opéra. Paris, Opéra Bastille, le 17 janvier 2026. WAGNER : Siegfried. Andreas Schager (Siegfried), Gerhard Siegel (Mime), Derek Welton (Le Voyageur), Brian Mulligan (Alberich), Mika Kares (Fafner), Marie-Nicole Lemieux (Erda), Tamara Wilson (Brünnhilde), Ilanah Lobel-Torres (L’Oiseau de la forêt), Orchestre de l’Opéra national de Paris, Pablo Heras-Casado (direction musicale), Calixto Bieito (mise en scène). A l’affiche de l’Opéra national de Paris jusqu’au 31 janvier 2026. Photo (c) Herwig Prammer

 

 

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CRITIQUE, opéra. ANVERS, Opera Balllet Vlaanderen, le 18 janvier 2026. MOZART : Don Giovanni. M. Arivony, M. Mofidian, M. Lys, R. Van Mechelen… Tom GOOSENS / Francesco CORTI

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Au lendemain d’une mirifique soirée de danse, l’Opéra Ballet des Flandres (OBV) signe – avec sa nouvelle production de Don Giovanni – un nouveau triomphe artistique absolu, une expérience théâtrale et musicale qui marquera les esprits des spectateurs présents (et de ceux qui ont déjà pu voir le spectacle à Gand – qui a eu la primeur de cette absolue réussite). Confiée au talent électrisant du jeune metteur en scène belge Tom Goosens, cette vision du chef-d’œuvre de W. A. Mozart fuse avec une intelligence et une audace régénératrices.

 

Loin des poncifs, Tom Goosens plonge au cœur des ténèbres de la psyché humaine, transposant le drame dans un cadre contemporain à l’esthétique cinématographique et aux références subtiles. Sa scénographie (imaginée par Sammy Van den Heuvel), à la fois épurée et évocatrice, fonctionne comme une mécanique implacable, où les jeux d’ombres et de lumières sculptent l’espace et les consciences. La scène se réduit à l’essentiel pour concentrer l’attention sur le drame psychologique et moral, avec un plateau nu, dépourvu de décors traditionnels (palais, cimetière, salle de banquet), l’espace étant volontairement abstrait, laissant au texte et à la musique le soin de suggérer les lieux. Une bande étroite traverse la scène de part en part, fonctionnant comme une frise métaphysique sur laquelle défile l’action et où les personnages sont exposés, tels des êtres en représentation permanente – et qui est recouvert de la liste des « 1001 » victimes du héros pendant le fameux air du catalogue. Mais l’élément central et omniprésent est une longue échelle dressée depuis les cintres (les cieux) jusqu’aux dessous du plateau (les enfers), qui représente l’axe vertical des choix moraux : l’ascension vers le salut ou la chute vers la damnation. Car après son meurtre, le fantôme du Commandeur devient en effet une présence obsédante. À chaque nouveau crime de Don Giovanni, il gravit ou descend l’immense échelle, telle une aiguille de compteur moral qui s’approche inéluctablement de son terme. Sa descente finale depuis les cintres pour entraîner le libertin en enfer est un moment d’une intense théâtralité, conclu par un jaillissement de flammes depuis la fosse.

 

 

Le concept vestimentaire, signé Sophie Klenk-Wulff, est également un point essentiel ici, à la fois narratif et symbolique. Le spectacle s’ouvre sur une scène frappante où solistes et chœur sont mélangés, tous vêtus uniquement de sous-vêtements (caleçons, soutiens-gorge, nuisettes). Puis, au fil de l’ouverture, les personnages se révèlent en enfilant progressivement des vêtements aux couleurs distinctes qui définissent leur psyché et leur statut : le noir austère pour Donna Anna, le rouge écarlate pour Donna Elvira, le vert printanier pour Zerlina et Masetto, l’indigo pour Don Ottavio… L’humour est également très présent avec cet incroyable défilé de vraies poules de concours sur la bande étroite, une métaphore visuelle à la fois burlesque et cynique qui illustre crûment la vision que le séducteur porte sur les femmes, réduites à un inventaire d’objets de consommation… car ces mêmes poules reviendront plus tard, embrochées et rôties, lors de la scène des noces !

Cette production se conçoit comme une quête rituelle où le public est confronté chaque soir au cycle infernal de Don Giovanni, invité à se demander si la répétition des mêmes erreurs est inévitable. En dépouillant l’œuvre de ses oripeaux habituels, Tom Goosens en expose la mécanique tragique et universelle, créant un Don Giovanni d’une modernité et d’une cohérence esthétique remarquables.

Cette direction d’acteurs exigeante et inspirée trouve son écho dans un plateau vocal d’une rare homogénéité et d’une qualité superlative. En Don Giovanni, la basse malgache Michael Arivony confirme tout le bien que nous pensions déjà de lui : voix sombre, charnue et d’une projection parfaite, il incarne un séducteur aussi charismatique que cruel, animal élégant dont le chant est une arme de séduction massive. Son valet Leporello, porté par le baryton écossais Michael Mofidian, est une révélation : son « air du catalogue » est un modèle d’articulation, de verve comique et d’engagement théâtral. Le magnifique ténor belge Reinoud Van Mechelen (Don Ottavio) apporte une tenue stylistique impeccable et une ligne de chant d’une élégance souveraine, tandis que le baryton-basse afro-américain Justin Hopkins (Masetto) impressionne par sa présence et l’autorité de son chant. Enfin, la basse britannique Edwin Kaye (Le Commandeur) ne possède pas, de son côté, exactement la terreur glaciale et l’impact vocal qu’appelle son personnage…

Face à eux, les dames sont tout simplement éblouissantes. La suissesse Marie Lys (Donna Anna) déploie une vocalité de cristal et d’acier, alliant une agilité virtuose à une intensité dramatique bouleversante, confirmant qu’elle est l’une des plus grandes sopranos mozartiennes de sa génération. Alessia Panza (pour Arianna Vendittelli initialement annoncée, mais souffrante…) offre une Donna Elvira au timbre chaud et aux accents d’une noblesse déchirante, donnant à sa « vendetta » une dimension tragique et fascinante, tandis que Katharina Ruckgaber (Zerlina) enchante par la fraîcheur piquante et la rondeur sensuelle de son soprano, d’une justesse absolue.

Mais l’enchantement ne serait pas complet sans la somptueuse exécution musicale de l’Orchestre Symphonique de l’Opéra des Flandres, qui, sous la baguette tout feu tout flamme de Francesco Corti, se métamorphose en un véritable personnage du drame. Le jeune chef italien, dont on ne peut que saluer la rigueur, l’énergie et la science des couleurs, livre une lecture d’une clarté, d’un panache et d’une sensibilité rares. Il fait respirer l’orchestre avec un naturel confondant, exalte les contrastes, des pianissimi les plus troublants aux tutti les plus éclatants, et sert les chanteurs avec une écoute et un soutien constants. Chaque pupitre brille, chaque phrasé chante, dans un équilibre parfait entre la tension dramatique et la beauté purement musicale. C’est un Mozart enivrant, plein de sève et d’émotion.

Un autre moment de grâce absolue à Anvers, le deuxième en deux jours… alors Bravo !

 

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CRITIQUE, opéra. ANVERS, Opera Ballet Vlaanderen, le 18 janvier 2026. MOZART : Don Giovanni. M. Arivony, M. Mofidian, M. Lys, R. Van Mechelen… Tom GOOSENS / Francesco CORTI. Crédit photographique (c) Annemie Augustjins

 

 

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ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO. 3 concerts Mozart, les 20, 22 et 24 janvier 2026

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Comme chaque année depuis 2022, Wolfgang Amadeus Mozart (dont on fête les 270 ans de sa naissance en 2026), est à l’honneur en cette fin de mois de janvier, à l’occasion de son anniversaire le 27 janvier. Au programme, 3 rendez-vous événements : un happy hour musical (le 20 janvier), un récital violon / piano (le 22 janvier) et un concert symphonique dédié au Requiem (le 24 janvier 2026).

 

1
Le mardi 20 janvier à 18h30, retrouvez les instrumentistes de l’OPMC dans la formation d’un octuor à vent pour un programme de sérénades de Mozart, partitions virtuoses et élégantes qui exposent comme nulles autres, les instruments composant l’harmonie de l’orchestre : hautbois, clarinettes, bassons et cors.  Finesse, chaleur des timbres, somptueuse éloquence sont au programme de ce premier Happy Hour Musical de 2026.
RÉSERVEZ VOS PLACES : https://opmc.mc/concert/mozart-a-monaco-20-janvier-2026/

 

2
Le jeudi 22 janvier à 19h30, deux artistes bien connus à Monaco jouent en complicité : le violoniste Daniel Lozakovich et le pianiste David Fray.  Ils proposent un programme articulé autour de la Sonate pour violon et piano en la majeur, K. 526 de Mozart. En prélude, la Sonate pour violon et piano BWV 1014 de Bach avant de proposer, en seconde partie, un monument de la musique de chambre : la Sonate pour violon et piano n°9 « A Kreutzer » de Beethoven.
RÉSERVEZ VOS PLACES : https://opmc.mc/concert/recital-daniel-lozakovich-et-david-fray/

 

3
Final en beauté le samedi 24 janvier à 19h30 avec le Requiem de Mozart, œuvre sacrée ayant nourri tous les mythes et hypothèses explicitant les circonstances de sa composition, que Mozart ne put achever avant sa mort le 5 décembre 1791 (sa plume s’effondre après avoir conçu le bouleversant Lacrymosa).
La partition, mettant en avant les voix (le quatuor de solistes et le chœur), est dirigée par Kazuki Yamada et interprétée par quatre chanteurs solistes de renom (Emőke Baráth, Anne Lucia Richter, Maximilian Schmitt et Alexander Grassauer) ; deux chœurs réunis pour l’occasion complètent le plateau : le Coro del Friuli Venezia Giulia et le Chœur de chambre 1732. « Frissons garantis ! »

CONCERT COMPLET – INFOS : https://opmc.mc/concert/requiem-de-mozart/

 

 

CONSULTEZ toutes les infos, concerts, billetterie, artistes à l’affiche et détail des programmes sur le site de l’OPMC / agenda saison 2025 – 2026 : https://opmc.mc/saison-25-26/

 

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saison 2025 – 2026

LIRE aussi notre présentation (temps forts, cycles thématiques, dernière saison du chef Kazuki Yamada, etc) de la saison 2025 – 2026 de l’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://www.classiquenews.com/orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-saison-2025-2026-kazuki-yamada-pablo-ferrandez-seong-jin-cho-daniel-lozakovitch-fazil-say-jean-yves-thibaudet-marek-janowski-charles-dutoit-alejandr/

Musique de chambre, récitals, ciné concerts, programme jeune public, grands concerts symphoniques… la diversité des formes de concert s’invite pour la nouvelle saison 2025 – 2026 de l’OPMC / Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ; c’est aussi la dernière saison du directeur musical Kazuki Yamada que les spectateurs pourront retrouver à travers 6 grands concerts-événements, jalonnant un cycle enthousiasmant : concert d’ouverture (Phaëton, Symphonie n°1 de Saint-Saëns, Don Quichotte de Richard Strauss avec comme soliste Pablo Ferrández au violoncelle, le 21 sept) ; Symphonie n°1 de Prokofiev, Rhapsodie sur un thème de Paganini (soliste : Seong-Jin Cho, piano, le 7 déc 2025) ; Symphonie n°39 et Requiem de Mozart (le 24 janv 2026, festival « Mozart à Monaco ») ; Turangalila-Symphonie de Messiaen, le 4 avril 2026) ; Symphonie n°2 de Rachmaninov et Concerto pour violoncelle n°2 de Chostakovitch (soliste : Truls Mørk, violoncelle, le 31 mai 2026) ; Concerto pour violon de Tchaïkovsky (Gil Shaham, violon) et Symphonie n°9 de Beethoven (le 14 juin 2026)…
 

 

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CRITIQUE, danse. ANVERS, Stadsschouwburg, le 17 janvier 2026. « Rites » : Boléro X (de Shahar Ninyamini), La Valse (de Nacera Belaza), Le Sacre du Printemps (de Pina Bausch) par le Ballet de l’Opéra des Flandres

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Ce samedi 17 janvier, la Stadsschouwburg d’Anvers a vibré au rythme d’une programmation audacieuse et magistrale (sous la férule de Jan Vandenhouwe), intitulée « Rites », dans le cadre de la saison anniversaire du Ballet de l’Opéra des Flandres. Une soirée placée sous le signe de la transcendance, du rituel et de l’émotion pure, qui restera sans nul doute dans les annales de la danse contemporaine en Belgique.

 

La soirée s’ouvre sur une expérience sensorielle et visuelle d’une puissance inouïe, avec Bolero X du prodige israélo-géorgien Shahar Binyamini, ancien danseur de la légendaire Batsheva Dance Company. Dès les premiers battements du fameux « Boléro » de Ravel, réorchestré et amplifié, le public est saisi. Binyamini, en véritable auteur total (chorégraphie, scénographie, costumes, lumières), déploie une armée de 50 interprètes – unissant les forces du Ballet de l’Opéra d’Anvers, de la Royal Ballet School Antwerp et du Junior Ballet Antwerp. Le résultat est hypnotique. Une mécanique humaine implacable, précise et organique, où les corps, d’abord isolés, se fondent en un organisme unique, pulsatile. La scénographie épurée et les jeux de lumière sculptent les mouvements, créant des vagues, des spirales et des explosions successives. C’est une œuvre-monstre, d’une intelligence rare, qui exploite la force du collectif jusqu’à l’ivresse. Une ovation debout, immédiate et méritée, a salué cette performance titanesque.

 

 

Après ce tourbillon, place à l’introspection avec « La Valse» (du même Ravel) par la chorégraphe algérienne Nacera Belaza, pour un danseur solo. Sur la musique envoûtante et inquiète de Ravel, l’interprète évolue dans un espace intime, dessinant des gestes fluides, répétitifs, presque méditatifs. L’œuvre est d’une grande pureté et d’une poésie certaine, explorant la mémoire du corps et la transe. Toutefois, placée immédiatement après le cataclysme qu’est « Bolero X », elle a pu sembler se déployer dans un registre trop contrasté, voire étouffée par l’énergie précédente. Une question s’est imposée : n’aurait-il pas été plus judicieux d’inverser l’ordre, permettant à la délicatesse et à l’intériorité de « La Valse » de préparer le terrain, avant la déflagration collective ? Néanmoins, la prestation reste d’une grande justesse et d’une beauté subtile.

Après l’entracte, l’événement tant attendu : la représentation exceptionnelle du mythique « Sacre du Printemps » de Pina Bausch. C’était là un privilège rare, sachant que les œuvres de la grande chorégraphe allemande sont habituellement l’apanage exclusif de sa compagnie, le Tanztheater Wuppertal. Que le Ballet d’Anvers ait obtenu ce droit est en soi un événement autant qu’un grand honneur ! Et l’événement s’est transformé en triomphe ! Sur la terre battue qui recouvre la scène, sous l’œil implacable de la communauté, la danseuse élue et le groupe ont livré une performance d’une intensité brute, animale et bouleversante. La pulsion primale, le sacrifice, la peur et l’extase ont été communiqués avec une force rare. Chaque geste, chaque course, chaque chute portait l’empreinte du génie de Bausch, interprétée avec une conviction absolue par la troupe anversoise. Sublime, fidèle et profondément émouvant, ce « Sacre » a clôturé la soirée en apothéose.

Le Ballet de l’Opéra des Flandres, par sa programmation audacieuse et la qualité exceptionnelle de ses interprètes, a prouvé une fois de plus son rang parmi les grandes institutions chorégraphiques européennes. Une authentique nuit de grâce à Anvers !

 

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CRITIQUE, danse. ANVERS, Stadsschouwburg, le 17 janvier 2026. « Rites » : Boléro X, La Valse, Le sacre du Printemps. Ballet de l’Opéra des Flandres. Shahar Binyamini / Nacera Belaza / Pina Bausch (chorégraphes). Crédit photos (c) Droits réservés

 

 

 

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STREAMING, concert. BERLINER PHILHARMONIKER. MAHLER : Symphonie n°8. Kirill Petrenko, direction (replay)

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Le Philharmonique de Berlin dirigé par leur directeur musical Kirill Petrenko joue la 8è de Mahler, fresque spectaculaire et partition la plus ambitieuse du compositeur… Le concert est désormais accessible sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Berlin / Berliner Philharmoniker.

 

 

 

« Symphonie, cela signifie pour moi construire un monde avec tous les moyens techniques existants » ; Gustav Mahler a mis en œuvre ce credo dans la colossale Symphonie n° 8 : avec huit solistes vocaux, trois chœurs et un orchestre gigantesque, l’effectif va au-delà de tout ce qui avait été fait jusqu’alors. Sa construction est en 2 parties grandioses, qui fusionne opéra et orchestre.

Parallèlement, Mahler concentre dans cette vaste partition des concepts fondamentaux de l’histoire des idées, de l’hymne médiéval « Veni Creator » (partie I) à la conclusion du Faust de Goethe (partie II). Sous la direction de Kirill Petrenko, les Berliner Philharmoniker présentent cette œuvre qu’ils n’avaient plus jouée depuis quinze ans.

 

 

VISIONNER le concert
VOIR la 8ème Symphonie de Mahler par les Berliner Philharmoniker / Kirill Petrenko : https://www.digitalconcerthall.com/fr/concert/56386?utm_medium=email&utm_campaign=DCH%20Newsletter%20KW%2003%20-%2016012026%20-%20EN&utm_content=DCH%20Newsletter%20KW%2003%20-%2016012026%20-%20EN%20CID_b814efa676fae25564549b85320e2439&utm_source=Email%20Newsletter&utm_term=Watch%20trailer

Live streaming / enregistrement samedi 17 janv 2026, 19h
Rediffusion / Replay à partir de dimanche 18 janv 2026, 12h
Photo : © Stephan Rabold © 2026 Berlin Phil Media GmbH

 

 

Artistes / distribution
Berliner Philharmoniker / Kirill Petrenko, direction
Gustav Mahler : Symphonie n° 8
Jacquelyn Wagner, soprano (Magna Peccatrix)
Golda Schultz, soprano (Una Poenitentium)
Jasmin Delfs, soprano (Mater Gloriosa)
Beth Taylor, contralto (Mulier Samaritana)
Fleur Barron, mezzo-soprano (Maria Aegyptiaca)
Benjamin Bruns, ténor (Doctor Marianus)
Gihoon Kim, baryton (Pater Ecstaticus)
Le Bubasse (Pater Profundus)
Chœur de la Radio de Berlin
Gijs Leenaars, préparation
Chœur Bach de Salzbourg
Michael Schneider, préparation
Maîtrise d’État de la cathédrale de Berlin
Kai-Uwe Jirka, préparation
Kelley Sundin-Donig, préparation

 

 

VIDÉO entretien
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« Anacrouse » : Symphonie n° 8 de Gustav Mahler
Une symphonie aux dimensions impressionnantes, tant par le nombre de musiciens que par l’étendue de leurs idées. Albrecht Mayer, hautbois solo, vous présente la Symphonie n° 8 de Mahler et en offrant des aperçus exclusifs des répétitions menées par le chef principal Kirill Petrenko. Durée : 12 min.

 

 

 

 

MAHLER : Symphonie n°8 des mille. Créée à Munich au moment de l’Exposition Internationale, le 12 septembre 1910, la Symphonie des Mille ou Symphonie n°8 de Gustav Mahler est un immense chant d’espoir qui marque aussi la pleine maturité d’une écriture enfin apaisée, après les tourments plus ou moins contrôlés et assumés des Symphonies n°5, n°6 et surtout n°7, symphonies autobiographiques où le conflit, la noirceur, la présence de forces cosmiques insurmontables, les blessures liées à son destin personnel et sa vie sentimentale, sont le sujet principal. Ici rien de tel, sinon, une arche grandiose dont les tensions canalisées convergent vers une prière de réconciliation, une aspiration profonde à la paix éternelle.

Si Mahler n’a pas écrit d’opéras, cette fresque grandiose à l’échelle du colossale nécessite un plateau artistique impressionnant : triple choeur (femmes, hommes, enfants), grand orchestre, solistes dont les airs sont dignes d’un drame lyrique.

L’odyssée mahlérienne de la 8ème doit son unité à la constance attendrie, exaltée mais toujours élégante des interprètes. D’autant plus que les deux parties sont d’un étonnant contraste : premier volet construit autour du Veni, Creator Spiritus, selon le texte médiéval de l’archévêque de Mayence, Hrabanus Maurus. Le compositeur a reçu la révélation de cette hymne au Créateur, d’autant plus bienvenue pour son âme inquiète et de plus en plus mystique. Tout le développement est une variation sur le thème de cette fulgurance personnelle dont il souhaite nous faire partager l’intensité.

Le volet 1 est un immense chant de prière et d’espérance, dans une écriture contrapuntique des plus maîtrisée, qui cite toutes les messes et oratorios qui l’ont précédé. Mahler exprime la tendresse des croyants récepteurs du miracle, témoins d’une vision sidérante partagée.
Dans le second volet, qui reprend la traduction du Veni Creator par Goethe, pendant littéraire au premier volet d’origine sacrée, mais non moins extraordinairement exalté, solistes, chœurs et orchestre façonnent une superbe peinture de la foi où l’évocation du mystère, grâce à des épisodes suggestifs, un sens évident de l’articulation et des nuances (bois somptueux, cuivres grandioses, cordes amples et suspendues) donne le format de cette seconde Passion. Comme une réponse moderne aux Passions de JS BACH, Mahler orchestre un remarquable drame sacré où se précisent plusieurs profils Pater Profundis, Maria Aegyptica, lesquels en intercesseurs, accompagnent le croyant vers l’étreinte finale que lui réserve, ô comble du bienheureux, Maria Gloriosa.

Rien ne manque à l’évocation de ce diptyque religieux. Ni l’élan fervent, ni la sensibilité. Le chef doit veiller aux détails comme à l’architecture de cette cathédrale orchestrale et lyrique. Ici Homme et univers ne font plus qu’un : le but ciblé, espéré, exaucé d’un Mahler enfin en paix avec lui-même, est atteint.

 

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle aux Grains, le 16 janvier 2026. MENDELSSOHN / BRAHMS. Chad HOOPES (violon), ONCT, Markus POSCHNER (direction)

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 La saison 2025-2026 de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse a connu, ce vendredi 16 janvier, un moment d’exception. Pour son premier concert de l’année, la prestigieuse phalange occitane recevait le chef allemand Markus Poschner et le violoniste américain Chad Hoopes pour un programme audacieux allant de la création contemporaine aux sommets du romantisme, sous les poutres de la Halle aux Grains de Toulouse à la fabuleuse acoustique. Une soirée qui s’est achevée en triomphe !

 

Le concert s’est ouvert par un moment d’une rare poésie avec « Midsummer Song » (2009) de Raminta Šerkšnytė, donné en création française. Dès les premières notes, Markus Poschner a installé un climat de sérénité contemplative, parfaitement en phase avec l’inspiration de l’œuvre. La pièce, commandée par la Kronberg Academy et primée par la Fondation Prince Pierre de Monaco (sur nomination d’Arvo Pärt), est un long chant panthéiste pour orchestre à cordes et percussion. Sous la baguette attentive de Poschner, les cordes de l’Orchestre national du Capitole ont déployé des nappes sonores d’une grande quiétude, évoquant la lumière infinie du solstice d’été et un « voyage vers la lumière éternelle et notre paix intérieure », selon les mots de la compositrice lituanienne. L’utilisation discrète et raffinée des percussions (triangle, carillon, vibraphone) a ajouté des scintillements et des bruissements à cette toile impressionniste, créant une atmosphère à la fois intime et vaste. L’interprétation, d’une clarté et d’une délicatesse remarquables, a prouvé la parfaite affinité entre le chef et cette partition, lui qui a déjà dirigé cette œuvre avec l’Orchestre Symphonique de la Radio de Vienne. L’émotion était palpable lorsque Raminta Šerkšnytė elle-même est montée sur scène pour saluer, recevant une ovation chaleureuse du public toulousain, conquis par cette introduction envoûtante.

L’énergie de la salle a changé de nature avec l’entrée en scène du jeune prodige américain Chad Hoopes pour le Concerto pour violon n°2 en mi mineur, Op. 64 de Felix Mendelssohn. Dès l’attaque du célèbre Allegro molto appassionato, le soliste a fait preuve d’une maîtrise technique éblouissante alliée à une sensibilité profonde. Son jeu a combiné une pureté de son absolue dans le registre aigu à une vélocité sans faille dans les passages les plus virtuoses. Mais c’est dans le mouvement lent, Andante, que la magie a véritablement opéré : Hoopes y a déployé un cantabile d’une tendresse et d’une intimité bouleversantes, dialoguant avec une grande finesse avec les bois de l’orchestre. Le Finale, alerte et plein d’esprit, a démontré une parfaite complicité avec Markus Poschner, qui a su contenir l’orchestre pour laisser chanter le violon tout en maintenant un rythme d’une irrésistible vitalité. La performance a confirmé le statut de Chad Hoopes comme l’un des violonistes les plus complets et inspirants de sa génération, justifiant pleinement les éloges reçus lors de sa précédente venue à Toulouse, dont il a gratifié le public mélomane par une exécution de la rare 10e Fantaisie de Georg Philip Teleman.

Après l’entracte, place au monument : la Symphonie n°4 en mi mineur, Op. 98 de Johannes Brahms. Ici, l’expertise de Markus Poschner s’est pleinement exprimée. Récompensé par un International Classical Music Award (ICMA) en 2018 pour son intégrale des symphonies de Brahms, le chef allemand a proposé une lecture à la fois puissante, architecturée et profondément intériorisée. Dès le premier mouvement, il a installé une tension tragique et une cohérence de discours implacable. L’Andante moderato a déployé une gravité sereine, mettant en valeur la sonorité chaleureuse et le legato exceptionnel des cordes de l’ONCT. Le Scherzo, d’une énergie presque bestiale, a fait ressortir toute la vitalité rythmique de l’orchestre. Mais le sommet fut sans conteste le finale magistral, passacaille inspirée de Bach. Markus Poschner en a construit l’arc dramatique avec une intelligence remarquable, accumulant les variations vers une coda d’une puissance cathartique et d’une noirceur résignée qui a laissé le public suspendu dans un silence ému avant que n’éclate un tonnerre d’applaudissements. Ce Brahms a montré un orchestre au sommet de sa forme, réactif, précis et doté d’une palette de couleurs riche, répondant avec une flexibilité totale aux demandes expressives du chef.

La standing ovation qui a suivi a été longue et unanime, saluant à la fois les artistes invités et l’Orchestre National du Capitole. Ce concert marquait en effet les débuts très attendus de Markus Poschner à la tête de la phalange toulousaine, une collaboration dont on espère qu’elle sera renouvelée !

 

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle aux Grains, le 16 janvier 2026. MENDELSSOHN / BRAHMS. Chad HOOPES (violon), ONCT, Markus POSCHNER (direction). Crédit photo (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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LIVRE événement, annonce. Jean-Philippe THIELLAY : Carl Orff (Actes Sud)

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L’auteur du génial CARMINA BURANA, Carl Orff (1895-1982) méritait bien cette biographie, propre à clarifier son œuvre, surtout son activité à l’époque nazie. Le catalogue surprend par sa diversité et sa richesse : contes bavarois, petits opéras en un acte, ambitieuses tragédies antiques… Orff joue avec les formats, les époques et les genres. Le compositeur s’est concentré sur son œuvre musicale, produisant au cœur de l’Allemagne nazie, « sans rejoindre le parti mais non sans compromissions ».

 

 

Au centre de son héritage, la partition « emblématique, singulière et populaire », Carmina Burana, est devenue une icône de la culture mondiale. Cantate inclassable, chansons à boire et airs courtois, sur des textes médiévaux, aussi délirants que poétiques, Carmina Burana inspire une musique flamboyante et percussion dont l’impact ne s’est jamais démenti.
En outre, aux côtés du créateur génial, c’est le pédagogue qui s’impose aussi : Orff est reconnu comme un grand professeur, « dont l’approche novatrice irrigue aujourd’hui encore l’enseignement musical ».
Actes Sud publie ainsi la première biographie en français, dévoilant l’homme derrière la légende : un compositeur complexe, passionné, dérangeant, voire déconcertant ; objectivement l’un des compositeurs les plus singuliers, puissants, originaux de la musique du XXe siècle.

 

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LIVRE événement, annonce. Jean-Philippe THIELLAY : Carl Orff (Actes Sud) – Janvier, 2026 – 10.00 x 19.00 cm – 240 pages  – ISBN : 978-2-330-21606-1 – Prix indicatif : 20.00€ – Plus d’infos sur le site de l’éditeur Actes Sud : https://actes-sud.fr/catalogue/musique/carl-orff.

 

 

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FRANCE TV. CHARLOTTE SOHY, la consécration d’une compositrice, documentaire inédit, jeudi 5 mars 2026 (France 3 Normandie)

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Effacée par l’Histoire, révélée par la musique, Charlotte Sohy revient en pleine lumière grâce à la ténacité de plusieurs personnalités dont la cheffe d’orchestre Débora Waldman. Vivant au château du Buisson de May, en Normandie, Charlotte Sohy, née en 1887 n’a cessé d’être fidèle à sa vocation de compositrice ; elle traverse un siècle de bouleversements — deux guerres, la crise de 1929, l’entrée dans la modernité — sans jamais renoncer. Malgré la richesse et la diversité de son oeuvre — symphonie, opéra, musique de chambre, oeuvres chorales et pour piano… — son nom disparaît des programmes et des livres d’histoire. Comme si être compositrice était discriminant.

 

 

 

De fait, comme tant d’autres créatrices, Charlotte Sohy est invisibilisée : peu d’oeuvres éditées, peu jouées, peu commentées. La mère de sept enfants doit combattre les préjugés et l’hostilité d’un monde musical dominé par les hommes ; et pourtant rien n’atteindra sa volonté créative…. Le documentaire, illustré d’archives très riches ressuscite la figure et la vie de Charlotte Sohy ; il raconte aussi la redécouverte fulgurante de son oeuvre.

Son petit-fils, François-Henri Labey, édite depuis 15 ans les partitions de sa grand-mère sur ordinateur. En 2013, Claire Bodin programme l’une de ses pièces au festival Présence Compositrices. Bouleversée par cette oeuvre qu’elle dirige, la cheffe d’orchestre Debora Waldman se bat pour créer la Symphonie Grande Guerre, et est bientôt rejointe par la violoncelliste Héloïse Luzzati et la pianiste Célia Oneto Bensaid, qui enregistrent 3 cd.
Ainsi révélée, Charlotte Sohy passe en quelques années de l’oubli à la consécration, jouée par les plus grands interprètes, tels Renaud Capuçon ou Lang Lang.

 

Charlotte Sohy en 1909 DR

 

 

Produit par LuFilms, « Charlotte Sohy – la consécration d’une compositrice » est un film de transmission et de réparation, un récit puissant sur la persévérance et la sororité. Il interroge l’effacement des femmes dans l’histoire de la musique, tout en célébrant la force de celles qui rendent aujourd’hui leur voix aux compositrices oubliées. Le film est réalisé par Matthias Weber.

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FRANCE 3 Normandie, jeudi 5 mars 2026, 23h. « Charlotte Sohy – la consécration d’une compositrice » – Format : 52mn, HD – Diffusion : jeudi 5 mars 2026 à 23h sur France 3 Normandie – Réalisation : Matthias Weber – Auteurs : Matthias Weber et Laurence Uebersfeld – Production : LuFilms

SYNOPSIS
Quasiment personne n’avait entendu parler d’elle il y a 5 ans, mais une incroyable succession de rencontres aussi heureuses qu’improbables a fait surgir le génie de la compositrice Charlotte Sohy (1887-1955) des oubliettes de l’Histoire. En révélant une œuvre passionnante et le destin d’une compositrice singulière, le film interroge l’amnésie collective dont les femmes artistes ont cruellement payé le prix.
Avec Claire Bodin, Renaud Capuçon, Manon Galy, François-Henri Labey, Lang Lang, Héloïse Luzzati, Nadège Meden, Délia Oneto Bensaid, Debora Waldman, Catherine
Werner.

 

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GENEVE, Victoria Hall. Once Upon a Time (Il était une fois…), dim 1er février 2026. Raphaëlle FARMAN et Jacques GAY

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Pensé comme un concert familial, joyeux et interactif, Once Upon a Time s’annonce fédérateur, propre à rassembler toutes les générations autour de grandes mélodies issues des comédies musicales et des films d’animation, dans un esprit de partage, de transmission et de découverte musicale.

 

 

En affichant Once Upon a Time (Il était une fois…), le Victoria Hall de Genève ouvre grandes, ses portes aux familles pour un concert joyeux, tendre et résolument interactif, pensé pour rassembler toutes les générations autour de la musique et du plaisir partagé. Au programme : les plus belles mélodies des comédies musicales et des films d’animation qui ont marqué petits et grands. Des chansons universelles, immédiatement reconnaissables, qui réveillent l’imaginaire, la nostalgie, l’envie de chanter ensemble.

Concert participatif
Et parce que la magie opère aussi dans le partage, le public ne reste pas spectateur : tout au long du concert, petits et grands sont invités à reprendre certains refrains, transformant la salle en un vaste chœur enthousiaste. Une énergie communicative s’installe, portée par la convivialité, l’émotion et la joie de faire de la musique ensemble.

 

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Concert « Once Upon a Time »
Concert familial et interactif
Dimanche 1er février 2026, 18h30
Réservez vos places directement sur le site du VICTORIA HALL :
https://billetterie-culture.geneve.ch/selection/event/date?productId=10229261609720

 

Tarifs :
60 CHF – 1ère catégorie ; 50 CHF – 2e catégorie ; 45 CHF – 3e catégorie ; 35 CHF – moins de 16 ans

 

Victoria Hall, Rue du Général-Dufour 14, 1204 Genève
Interprètes :
Raphaëlle Farman, chant
Jacques Gay, chant
Choristes de la Comédie Lyrique
Avec les élèves de l’Institut Florimont
et du Collège du Léman

 

Programme :
Musiques de comédies musicales & films d’animation dont Over the Rainbow, Pocahontas, Raiponce, La Petite Sirène, Vaiana, Les Choristes, La Mélodie du Bonheur, Les Aristochats, Descendants

 

 

Le projet est porté par Raphaëlle Farman et Jacques Gay, deux chanteurs lyriques, fondateurs de la Comédie Lyrique. Depuis plus de dix ans, ils imaginent des spectacles participatifs mêlant comédie musicale, chanson française, variété internationale, jazz et opéra – Leur objectif est clair : rendre la musique vivante, accessible, fédératrice. Sur scène, ils sont entourés des solistes et du chœur de la Comédie Lyrique, ainsi que des élèves de l’Institut Florimont et du Collège du Léman.

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CRITIQUE, danse. Festival de Flamenco de Nîmes, Théâtre Bernadette Lafont, le 14 janvier 2026. Rafaela CARRASCO : « Nocturna – Aquitectura del insomnio »

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Hier soir 15 janvier, au Théâtre de Nîmes, l’âme de l’Andalousie a battu au rythme fiévreux de l’insomnie. Pour l’ouverture magistrale de la 36ᵉ édition du Festival Flamenco, la chorégraphe et danseuse étoile Rafaela Carrasco a présenté « Nocturna – Arquitectura del insomnio », offrant au public une expérience à la fois intime et grandiose, couronnée par une ovation debout interminable.

 

Le Festival de Nîmes : 35 ans de passion flamenca

Avant de plonger dans les méandres de cette nuit créative, il faut saluer l’écrin qui l’accueille. Depuis sa création en 1991 sous la forme d’une simple « Nuit du flamenco », le festival nîmois n’a cessé de grandir, devenant un pôle incontournable en Europe. Fondé par Pepe Linares, un Espagnol arrivé à Nîmes en 1968 « avec la culture flamenca dans sa valise », l’événement a vu défiler les plus grands : de Paco de Lucia à Camarón de la Isla, dont le concert aux Arènes en 1992 reste légendaire. Aujourd’hui, la ville est fièrement surnommée « la capitale européenne du flamenco », un titre décerné par le grand spécialiste José María Velázquez-Gaztelu.

L’édition 2026, du 13 au 18 janvier, incarne cet esprit de renouveau et de tradition. La programmation, pensée par la directrice du théâtre Amélie Casasole, oscille avec intelligence entre les racines profondes et les branches audacieuses de l’art flamenco. Aux côtés de Rafaela Carrasco, on retrouve des figures comme la punk et théâtrale María del Mar Suárez « La Chachi » et la prometteuse Paula Comitre. Le festival déborde aussi des scènes du théâtre pour investir les musées, les rues avec un Festival Off vibrant, et propose même des rencontres et des expositions, faisant de Nîmes, le temps d’une semaine, une véritable « Nîmes-sur-Guadalquivir ».

 

Rafaela Carrasco : une maîtresse de la modernité flamenca

Revenir à Nîmes est pour Rafaela Carrasco un véritable retour aux sources. Lauréate du prestigieux Premio Nacional de Danza 2023, elle est reconnue pour la singularité de ses créations et pour avoir marqué un discours chorégraphique unique. Formée auprès de la légendaire Matilde Coral et du novateur Mario Maya, cette Sévillane a dirigé le Ballet Flamenco de Andalucía de 2013 à 2016, tout en forgeant un style personnel qui fait d’elle une référence pour les jeunes générations. Sa relation avec le festival nîmois est ancienne et fructueuse. Déjà présente par le passé, elle y explore de nouveaux territoires. Amélie Casasole la décrit comme une « très grande pédagogue » symbolisant la transmission, qui a vraiment modernisé le ballet andalou. Son passage cette année est d’autant plus spécial qu’elle y présente des extraits de sa future création, « HUMO », un hommage aux cigarières de Séville qui revisite l’image de la femme dans le flamenco.

 

« Nocturna » : Le spectacle de l’insomnie en 12 tableaux

Hier soir, c’était « Nocturna » qui était à l’honneur. Le spectacle se présente comme uneexploration dansée, musicale et poétique des états de la nuit et de l’insomnie, un mouvement pur où la lucidité se mêle à l’hallucination. La scénographie de Gloria Montesinos a joué un rôle central. La douzaine de tableaux différents a transporté le public de l’intimité d’une chambre à l’immensité d’un paysage nocturne, créant une architecture changeante et onirique parfaite pour le propos. Au centre de cette nuit, le corps magistral de Rafaela Carrasco. Sa danse était tour à tour fébrile, contemplative, tourmentée et libératrice. Chaque zapateado résonnait comme un battement de cœur amplifié, chaque geste des bras dessinait l’anxiété ou la sérénité.

Elle était entourée de huit danseuses d’une précision et d’une énergie rares, formant un chœur de somnambules ou de vigies, dont les corps s’unissaient et se répondaient avec une force visuelle saisissante. Mais l’élément peut-être le plus électrisant de la soirée fut la voix. Gema Caballero, avec son chant rauque, profond et déchirant, a donné une âme sonore à cette nuit. Sa voix était un personnage à part entière, exprimant l’angoisse, la solitude, mais aussi une forme d’exaltation propre à ceux qui veillent quand le monde dort. Les « Olé! » ont commencé à fuser dans la salle dès ses premières modulations !…

 

Une salle en feu et une ovation historique

L’enthousiasme du public a crû au fil des tableaux, pour exploser à la fin du spectacle. Les derniers accents de la guitare et le dernier coup de talon ont déclenché une ovation debout, bruyante et joyeuse, qui n’en finissait plus. Cris, sifflets d’admiration et applaudissements nourris ont salué longuement chaque artiste, et surtout Rafaela Carrasco, lumineuse et émue. Ce triomphe était la récompense de la vitalité du flamenco contemporain, sa capacité à parler de nos états d’âme les plus universels, et l’excellence d’un festival qui, à 36 ans, continue de nous surprendre et de nous émouvoir.

Le Festival Flamenco de Nîmes se poursuit jusqu’au 18 janvier 2026 avec une programmation tout aussi riche. Si la barre a été placée très haut par cette « Nocturna » magistrale… et une chose est sûre : Nîmes vibre plus que jamais au rythme du flamenco !

 

 

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CRITIQUE, danse. Festival de Flamenco de Nîmes, Théâtre Baernadette Lafont, le 14 janvier 2026. Rafaela CARRASCO : « Nocturna – Aquitectura del insomnio ». Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE. « Cieux ». Philippe Manoury, … le 16 janv 2026. Ensemble Orchestral Contemporain

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Depuis 2022, l’Ensemble orchestral contemporain est en résidence permanente à l’Opéra de Saint-Étienne. En cette nouvelle année, Bruno Mantovani, directeur musical de l’Ensemble, invite trois fidèles compagnons de route. Philippe Manoury offre ainsi à l’EOC la création française et européenne de son oeuvre « Cruel Spirals », pour soprano et ensemble, écrite d’après des poèmes de Jérôme Rothenberg.

 

 

Avec « La musique nous vient d’ailleurs » (1995), Suzanne Giraud déploie une écriture musicale toute picturale, favorisant une large palette de jeux et d’inventions à la recherche des « couleurs sonores » du ciel.
Enfin, Bertrand Dubedout, co-directeur du collectif éOle, invite dans « Zazpiak Z » (2014) à explorer les différentes facettes d’une écriture foisonnante, puisant ses racines dans les musiques traditionnelles de son Pays basque natal.

 

 

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Opéra de Saint-Étienne, Théâtre Copeau
Vendredi 16 janv. 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Saint-Étienne : https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-25-26/spectacles//type-Musique/cieux/s-871/
tarif : Placement libre – tarif • 21 €
Durée 1h10 environ, sans entracte

 

 

 

 

Lever de rideau – 
Œuvres choisies en écho au programme du soir, présentées et interprétées par des élèves du Conservatoire Massenet, une heure avant la représentation. Gratuit sur présentation du billet du jour.

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OPÉRA NATIONAL DU RHIN. KORNGOLD : Le Miracle d’Héliane, création française. Du 21 janv au 1er février 2026. Jakob Peters-Messer (mise en scène)

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La haine contre l’amour… Le jeune Korngold, compositeur surdoué et précoce, « ose » égaler le génie dramatique de Wagner et de Richard Strauss…. en témoigne son opéra féerique et philosophique « Le Miracle d’Héliane » dont la France ignorait la puissance et la poésie. Réparation est faite grâce à l’Opéra du Rhin qui en assure la création française à partir du 21 janvier prochain…

 

 

Erich Wolfgang Korngold (né en 1897) est bien connu pour avoir composé (avec l’aide de son père) un opéra majeur (son 3è en réalité), absolument génial, Die Tote Stadt / La Ville morte (1920) d’après le roman Bruges la morte de Rodenbach ; il avait alors 23 ans. Le Miracle d’Héliane / Das Wunder der Heliane de 1927, déploie davantage encore ce goût pour l’ivresse mélancolique, l’essor d’une sensualité flamboyante, et le raffinement d’un orchestre à la fois Straussien et puccinien.

Dans la pénombre d’une geôle glaciale, des voix angéliques appartenant à un autre monde résonnent dans la tête d’un prisonnier condamné à mort : « Bienheureux ceux qui aiment. Ceux qui ont aimé ne mourront pas. Et ceux qui sont morts par amour, ressusciteront. » Aux yeux du tyran, cet étranger a commis le pire des crimes insurrectionnels en allumant le feu du rire et de la joie dans le cœur d’un peuple maintenu dans l’ignorance du bonheur. Il est néanmoins prêt à le gracier, s’il lui révèle son secret, afin de se faire enfin aimer par la reine Héliane qui s’est toujours refusée à lui. Mais il découvre aux côtés de l’étranger sa femme dénudée, prête à risquer sa vie et à répondre de ce soudain amour qui a embrasé son cœur devant la justice terrestre et divine.
Récemment l’ONPL Orchestre National des Pays de la Loire a ressuscité l’un de ses opus symphoniques, aussi flamboyant que raffiné, sa « Sinfonietta », fresque de fait impressionnante qui méritait la réalisation de l’orchestre ligérien au concert comme au disque (1 cd Bis, CLIC de classiquenews, oct 2025).

 

Admiré de Gustav Mahler, comparé à Mozart durant son adolescence, Korngold l’enfant prodige incarne le dernier souffle du romantisme viennois. En 1936, il fuit le nazisme pour s’installer à Hollywood, où il déploie son style grandiose dans l’industrie cinématographique, influençant encore aujourd’hui des compositeurs comme John Williams. Après produit en création française La Ville morte de Korngold en 2001, l’OnR récidive en proposant en création française aussi, Le Miracle d’Héliane, trésor flamboyant et sensuel, injustement oublié, dont l’histoire s’inspire des mystères médiévaux et de la littérature « fin de siècle ». La mise en scène est signée de Jakob Peters-Messer qui imagine une société dystopique en mal d’humanité.

Le Miracle d’Héliane DR

 

 

 

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KORNGOLD : Le miracle d’Héliane
création française
Opéra de Strasbourg
5 représentations événements
mer 21 janv. 2026, 19h00
sa 24 janv. 2026, 19h00
ma 27 janv. 2026, 19h
je 29 janv. 2026, 19h
di 1er févr. 2026, 15h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra du Rhin, Strasbourg : https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/opera/le-miracle-dheliane
En allemand
 / Surtitrage en français et en allemand
Erich Wolfgang Korngold : Le Miracle d’Héliane
Opéra en trois actes. Création française
Livret de Hans Müller-Einigen d’après un mystère de Hans Kaltneker.
Créé le 7 octobre 1927 au Stadttheater de Hambourg.

Plus d’infos sur le site de l’Opéra du Rhin :
https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/opera/le-miracle-dheliane

 

 

 

 

distribution
Direction musicale : Robert Houssart
Mise en scène : Jakob Peters-Messer
Décors, lumières, vidéo : Guido Petzold
Costumes : Tanja Liebermann
Chorégraphie : Nicole van den Berg
Chœur de l’Opéra national du Rhin, Orchestre philharmonique de Strasbourg

Héliane : Camille Schnoor
Le Souverain : Josef Wagner
L’Étranger : Ric Furman
La Messagère : Kai Rüütel-Pajula
Le Geôlier : Damien Pass
Le Juge aveugle : Paul McNamara
Le jeune Homme : Massimo Frigato
Les six Juges : Thomas Chenhall, Glen Cunningham, Daniel Dropulja, Eduard Ferenczi Gurban, Michał Karski, Pierre Romainville
L’Ange : Nicole van den Berg

 

 

SYNOPSIS
Dans un royaume morose gouverné par un tyran, un jeune étranger vient perturber l’ordre établi en prêchant le bonheur et l’espoir. Condamné à mort, il reçoit en prison la visite de la reine Héliane. Mais leur amour naissant est bientôt découvert par le roi furieux. Héliane devra alors réussir l’impossible pour prouver son innocence : ressusciter un mort.

 

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OPÉRA DE DIJON. Concerts au Musée des Beaux-Arts : les 18 et 24 janvier 2026. Les Épopées, Les Traversées Baroques

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En janvier 2026, l’Opéra de Dijon propose plusieurs concerts courts, hors les murs, au musée des Beaux-Arts de Dijon : premier temps fort d’une collaboration artistique territoriale forte, entre les deux institutions culturelles dijonnaises. La série de concerts qui s’annonce, se déroule dans la salle des tombeaux du Musée des Beaux-Arts où est exposé le triptyque « Nom d’un chien ! Un jour parfait » de Yan Pei-Ming. A l’affiche, deux ensembles Les Épopées et Les Traversées Baroques, ensembles d’origine bourguignonne.

3 concerts par jour sont prévus dans la salle des tombeaux les dimanche 18 janvier et samedi 24 janvier à 15h45, 16h30 et 17h15 (durée : 20 minutes)

 

 

Dimanche 18 janvier 2026
Les Épopées – Cantate Domino
Un voyage musical dans l’Europe baroque du 17e siècle autour de la figure du Christ. Entre joies et souffrances de la vie terrestre, amour, deuil et éternité. Avec : Claire Lefilliâtre, soprano – Jasmine Eudeline, violon – Stéphane Fuget, orgue

 

Samedi 24 janvier :
Les Traversées Baroques – Regards croisés Claudio Monteverdi / Etienne Meyer
En écho au passé et au présent, à l’ombre des peintures actuelles et des pleurants, rencontre entre un compositeur d’aujourd’hui et la musique du compositeur baroque, maître de chapelle de la basilique de Saint-Marc de Venise. « Un moment musical en contemplation de la beauté ». Avec : Capucine Keller, soprano – Judith Pacquier, cornet à bouquin – Laurent Stewart, clavier

 

 

ENTRÉE LIBRE en accédant au Musée, dans la limite des places disponibles. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet artistique porté par la nouvelle directrice de l’Opéra de Dijon, Antonella Zedda. Intitulé « Le Cœur battant »; le projet affirme la volonté de renforcer les collaborations locales et de favoriser le dialogue entre les disciplines artistiques, au service de tous les publics.

 

 

PLUS D’INFOS sur le site de l’Opéra de Dijon : http://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/

Musée des Beaux-Arts de Dijon
1 Place de la Sainte-Chapelle
21 000 DIJON
https://musees.dijon.fr/

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS. « Passion et transfiguration », les 7 et 8 février 2026. Liszt : Concerto n°2 (Svetlana Andreeva, piano), R. Strauss… Marius Stieghorst (direction)

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Suite de la 10è saison du directeur musical Marius Stieghorst. Au programme : grande virtuosité pianistique grâce à la présence complice et inspirée de la pianiste ukrainienne Svetlana Andreeva, formée au Conservatoire Tchaikovski de Moscou. A travers les 3 partitions choisies, l’Orchestre Symphonique d’Orléans propose un programme orchestral spectaculaire voire fascinant, de l’ombre à la lumière…

 

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LISZT, R. STRAUSS…
Théâtre d’Orléans
Samedi 7 février 2026, 20h30
Dimanche 8 février 2026, 16h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.orchestre-orleans.com/%C3%A9v%C3%A8nement/entre-danube-moldau/

 

 

 

programme
LISZT : Concerto pour piano n°2
Soliste : Svetlana Andreeva, piano
Lauréate du Concours d’Orléans
WAGNER : Liebestod (Tristan und Isolde)
D’INDY : Fervaal (introduction de l’acte I)
STRAUSS : Mort et transfiguration
Orchestre Symphonique d’Orléans
Marius Stieghorst, direction
présentation, causerie avant le concert
Causerie avec Roxane Touchard et Marius Stieghorst
4 février 2026, 16h
Médiathèque d’Orléans, Auditorium

 

Concerto pour mélodie
Esquissé à Rome en 1839, par un jeune compositeur, pianiste virtuose de 28 ans, le Concerto n°2 est strictement contemporain du n°1. Il ne sera achevé que dix ans après, en 1849 à Weimar. A la création, au Théâtre de la Cour de Weimar, le 7 janvier 1857, Franz Liszt dirige son oeuvre (jouée par l’un de ses élèves, Hans von Bronsart). Le plan est celui d’une rhapsodie constituée de six mouvements enchaînés. Une mélodie centrale, enrichie de quatre thèmes secondaires y circule sous des variations toujours renouvelées. Davantage que dans le Premier Concerto, la mélodie s’affirme pleinement. La versatilité des jeux harmoniques et rythmiques préfigure déjà Bartok, tandis que l’écriture pour le piano soliste est plus contrôlé, s’accordant davantage à la « masse » de l’orchestre. Au final, Liszt semble y développer en contrastes saisissants, une succession d’états d’âme. Concerto romantique certes, Concerto d’une mélodie surtout qui incarne l’ego du pianiste-compositeur traversé, foudroyé, exalté par des vagues toujours changeantes de sentiments intimes. Le génie du compositeur soigne la diversité des caractères de chaque pièce, sans jamais entamer ni la tension ni la vitalité de l’architecture globale.

Plan: Adagio sostenuto (présentation de la mélodie principale), Allegro agitato assai, Allegro moderato, Allegro deciso, Marziale un poco meno allegro, Allegro animato (où le clavier roi reprend la prééminence dans une série de glissandos virtuoses). Durée indicative : moins de 25 minutes.

 

MORT ET TRANSFIGURATION

Strauss précise son intention : dans Mort et Transfiguration, il s’agit de poursuivre le travail de Macbeth (qui commence et s’achève en ré mineur), celui de Don Juan (qui débute en mi majeur et se conclut en mi mineur) et concevoir enfin, une oeuvre qui ouvre en ut mineur et se résolve en ut majeur. De l’ombre à la lumière… Souci de compositeur, mais préoccupation légitime qui dévoile une pensée musicale habitée par la structure, et le développement d’un programme cohérent, illustrant au plus juste son sujet. Composée en 1887-1888, la partition est créée le 21 juin 1890 sous la direction de l’auteur à Eisenach. Le dramatisme et la poésie d’outre-tombe fascine les premiers auditeurs. Il est vrai que Strauss eut la révélation de la partition après avoir lu un texte de Romain Rolland sur les dernières heures d’une pauvre âme, parvenue au soir de sa carrière : en proie sur son lit de mort, au désarroi existentiel, mais aspirant jusqu’aux limites imaginables, au salut de son âme. La musique de Strauss imagine les sensations ultimes d’un individu à l’agonie, traversé par l’angoisse vertigineuse, à l’effroi des derniers instants. Le tableau est à la fois glaçant, terrifiant, fascinant.

Tout ce que j’ai composé… était parfaitement juste
. Strauss développe le sujet en deux parties. Lutte contre la mort d’abord ; transfiguration espérée, atteinte, éprouvée, ensuite. Un ample largo sert ici d’introduction, préludant à un développement de forme sonate. Comme il est dit dans le texte originel de Rolland, les années d’enfance sont évoquées avec nostalgie, puis l’évocation d’un bref bonheur anime ce corps malade au bord du gouffre ; enfin vient, l’abandon de la vie, l’appel de l’au-delà, les brumes de plus en plus persistantes de la transfiguration. L’ut majeur déclare l’élévation de l’âme parvenue à la fin de sa course : l’idéal de délivrance est enfin éprouvé et le pauvre corps peut sans douleurs, se détacher de son enveloppe terrestre.
Strauss devait sur son propre lit de mort, déclarer à son fils : « Je peux t’affirmer que tout ce que j’ai composé dans Mort et Transfiguration était parfaitement juste ; j’ai vécu très précisément tout cela ces dernières heures… ». Quel plus juste témoignage pouvait-on envisager quant à la vérité et la justesse d’une oeuvre pourtant écrite dans les années de jeunesse?

 

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OPÉRA NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE. DONIZETTI : Lucia di Lammermoor,. Du 20 février au 1er mars 2026. Nicolas Joel / José Miguel Pérez-Sierra

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Reprise attendue au Théatre national du Capitole de Toulouse… Dans l’Écosse du XVIIe siècle, où s’opposent des familles irréconciliables, une jeune femme est victime de son propre clan : son frère la force à un mariage qui la conduira au meurtre et à la folie. En reprenant l’intrigue du roman de Walter Scott (The Bride of Lammermoor, 1818), Gaetano Donizetti aborde en 1835 (pour le San Carlo de Naples), le sacrifice et l’humiliation dont sont victimes les femmes dans la société phallocatrique du XIXè…

 

 

En accordant à la soprano, la première place du drame (dont la superbe scène de la folie : «  « Oh, giusto cielo!…Il dolce suono / Oh ciel miséricordieux!… Le doux son »), le compositeur met en lumière la souffrance et l’indignité dont les hommes sont les agents. Aux côtés de la figure tragique de Lucia, Donizetti cisèle aussi le portrait de son fiancé (trop absent), Edgardo auquel il accorde un somptueux dernier air, au dernier acte, constatant la mort de Lucia (« « Tombe degli avi miei /Tombes de mes aïeux »).Très vite Lucia est devenu un sommet opératique universel, ce dès le XIXè : Gustave Flaubert cite l’opéra de Donizetti ; l’écrivain narre comment Madame Bovary (1857), va entendre l’ouvrage, dans sa version française, à Rouen avec son mari, le docteur Charles Bovary. Elle y découvre l’intensité de sa propre passion romantique et le vide émotionnel qu’elle entend satisfaire bientôt…

Toute la fièvre du Bel Canto romantique embrase ce sombre chef-d’œuvre de Gaetano Donizetti (1797-1848), réalisé sur la scène toulousaine dans la production emblématique de Nicolas Joel, Ezio Frigerio et Franca Squarciapino de 1998. Le Capitole pour cette reprise attendue, présente une double distribution où alternent un plateau de stars et les plus brillants interprètes de la jeune génération (dont l’excellent Fabien Hyon, récemment remarqué dans la recréation de La Cabrera de Gabriel Dupont, perle romantique française à l’heure du vérisme italien (déc 2025, Conservatoire de Caen).

 

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TOULOUSE, Théâtre du Capitole
8 représentations événements
20, 21*, 24, 25*, 27** ET 28* FÉVRIER 2026, 20h
22 FÉVRIER ET 1ER** MARS2026, 15h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OPÉRA NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE : https://opera.toulouse.fr/lucia-di-lammermoor-7295517/
Opéra en trois actes
Livret de Salvadore Cammarano, d’après le roman La Fiancée de Lammermoor de Walter Scott
Créé le 26 septembre 1835, au Teatro San Carlo de Naples
Production de l’Opéra national du Capitole (1998)
Photo : Lucia di Lammermoor © Patrice Nin

 

Lucia : Jessica Pratt, Giuliana Gianfaldoni*
Edgardo: Pene Pati, Ramón Vargas**, Bror Magnus Tødenes*
Enrico: Lionel Lhote, Germán Enrique Alcántara*
Lord Arturo : Valentin Thill
Raimondo Bidebent : Michele Pertusi, Alessio Cacciamani*
Normano: Fabien Hyon
Alisa:Irina Sherazadishvili

Orchestre national du Capitole
Chœur de l’Opéra national du Capitole

Direction : José Miguel Péerz-Sierra

 

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(NORVEGE) BAROKKEST TRONDHEIM, Giuseppe PORSILE : Spartaco / Spartacus, recréation mondiale, 29 janv 2026. Orkester nord, Martin Wahlberg

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Le BAROKKFEST de TRONDHEIM en Norvège crée l’événement en ce début 2026 : il affiche la recréation mondiale d’un opéra de Giuseppe PORSILE, compositeur d’opéra à la Cour de Vienne : Spartaco. Le compositeur napolitain GIUSEPPE PORSILE (1680 – 1750), fils d’un compositeur en vogue à la fin du XVIIème siècle (selon Burney) rejoint très vite la chapelle vice-royale espagnole à Barcelone : à 15 ans (1695), il est maître de chapelle du roi Charles II d’Espagne, puis maître de chant de l’épouse de l’archiduc Charles de Habsbourg jusqu’en 1713, Elisabeth-Christine. Il côtoie Antonio Caldara dont il produit Il Ritorno d’Ulisse avec grand succès. L’archiduc Charles devenu en 1711 Charles VI, l’appelle à Vienne, … qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1750.

 

 

 

Compositeur de la cour impériale en 1720, Porsile est l’égal des plus grands créateurs de son temps : Caldara, Fux, Conti, Porpora et, même Vivaldi (qui meurt à Vienne en 1741).

Entre 1717 et 1737, Porsile livre au moins 21 œuvres dramatiques (opéras, cantates, sérénades) et …13 oratorios. Spartaco créé pour le Carnaval de février 1726 est l’un de ses meilleurs ouvrages lyriques. Il était temps de réévaluer l’écriture d’un maître de ‘opéra à Vienne, d’autant que le célèbre librettiste et “poeta caesareo” de la cour de Vienne, le vénitien Apostolo Zeno l’admirait, aux côtés de Johann Adolf Hasse ; l’épouse de ce dernier, la cantatrice Faustina Bordoni a incarné le rôle de Gianisbe (dans Spartaco justement) avant d’aller à Londres pour chanter les opéras de Händel.

 

 

 

 

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SPARTACO – Giuseppe Porsile
BAROKKFEST TRONDHEIM, Frimurerlogen Hall
jeudi 29 janvier 2026, 19h30
PORSILE : Spartaco, 1726
Recréation mondiale
Infos et réservations :
https://barokkfest.com/spartaco/

 

Orkester Nord, orchestra
Martin Wåhlberg, conductor
Spartaco – Luigi Morasssi
Vetturia – Sophie Junker
Gianisbe – Josè Maria Lo Monaco
Licinio – Dara Savinova
Popilio – Anthea Pichanick
Rodope – Natalie Pérez
Trasone – Håvard Stensvold
Orkester Nord,
Martin Wåhlberg – direction

 

 

 

 

Spartaco, créé le 21 février 1726
Livret de Giovanni Claudio Pasquini
Spartaco est surtout une leçon de science politique qui assoit d’autant mieux le prestiqe des empereurs Habsbourg à Vienne. La fable apotropaïque souligne les excès d’un pouvoir total dans les mains d’un être sans qualités de gouvernement ni valeurs morales.

 

 

Spartacus, l’anti héros sauvage et tyrannique

Le contraste entre la nature brutale de Spartaco et le hiératisme des “héros” romains est un rappel des vertus des bons gouvernants et, sans doute, une pique lancée contre des souverains concurrents du pouvoir “romain” de Charles VI, empereur du Saint Empire Romain Germanique. En effet, suite à la mort du Régent de France en 1723 et la rupture entre les cours de Versailles et de Madrid, en 1725 la signature du Traité de Hanovre (Herrenhausen) voit Louis XV, roi Très Chrétien, s’allier avec les monarques protestants de Grande-Bretagne et de Prusse.
Pour contrer une guerre possible, Charles VI signe une alliance avec Philippe V d’Espagne, son ancien rival dans un traité secret à Vienne en avril et novembre 1725. Par ce traité l’ancienne discorde issue de la Guerre de Succession d’Espagne s’arrête et la grande ambition coloniale de Charles VI prend un envol significatif avec la reconnaissance de la Compagnie d’Ostende qui allait pouvoir commercer directement avec les territoires
américains de la couronne espagnole.

Spartaco est né dans un contexte de paix fragile, un an après sa création, une nouvelle escalade mènera vers une nouvelle guerre européenne.
Selon les témoignages, Spartaco remporte un vif succès lors de sa création à Vienne en février 1726. Apostolo Zeno, le très puissant poète de la cour, écrit à son frère Pier Caterino (lettre du 7 mars 1726) : “ le drame de l’abbé Pasquini a eu une heureuse issue, ayant eu trois représentations, surtout grâce à la belle musique de Porsile et la bravoure de la Faustina (Bordoni). Je vous enverrai une copie pour que vous jugiez le talent de ce nouveaudramaturge. (…)”

 

 

BOROSINI, le dieu chanteur

Autre argument pour le succès de Spartaco, la présence du baryténor Francesco Borosini (qui a créé le rôle-titre) particulièrement convaincant dans l’impressionnante scène de délire paranoïaque. La voix de Borosini, couvrant au moins deux octaves (sol1 – la3), a inspiré à Caldara, Conti, Porsile, Fux et Gasparini, des rôles d’une virtuosité sensationnelle. Haendel lui dédie nombre de ses grands rôles lyriques lui aussi : Bajazet dans Tamerlano, Grimoaldo dans Rodelinda ou la transposition spectaculaire de Sesto dans la reprise du Giulio Cesare en 1725.

Face à Borosini paraissent d’autres fameux solistes applaudis à la cour de Vienne : Regina Schoonjans dans le rôle noble de Vetturia et Faustina Bordoni en Gianisbe (déjà citée).La nouvelle production présentée à Trondheim reconstitue opte pour l’instrumentation d’époque en première mondiale dans une édition nouvelle et soignée

 

 

LES PERSONNAGES

CAPOUE, autour de 71 avant Jésus-Christ, pendant la
Troisième Guerre Servile sous la République romaine. La guerre précède le premier Triumvirat (60 – 53 av. JC) qui verra le vainqueur de Spartacus, Crassus, partager le pouvoir avec Pompée et César. Crassus est considéré comme l’homme le plus riche de l’histoire romaine ; en écrasant de façon sanglante la révolte de Spartacus, Crassus gagne un prestige immense qui assoit son autorité politique et militaire.

Originaire de Thrace, esclave et chef des gladiateurs révoltés. Spartaco dans l’opéra de Porsile, s’est rendu maître de Capoue où il sera bientôt assiégé par les troupes du général romain Crassus. Le compositeur fait de Spartaco, une sorte de tyran, dévoré par l’ambition, souhaitant épouser la noble captive romaine Vetturia. Il souhaite marier sa fille Gianisbe au noble romain Licinio (fils incognito de Crassus et amoureux de Vetturia).
les autres personnages
Vetturia – Noble romaine. Digne matrone qui refuse toutes les avances de Spartaco et meurt d’amour pour Licinio.
Licinio – Inspiré de Publius Licinius Crassus, fils aîné du consul et général Marcus Licinius Crassus. Malgré le fait que le vrai personnage avait moins de 10 ans lors de la révolte de
Spartacus, ici Licinio est l’amoureux transi de Vetturia. Il réussit à obtenir la victoire romaine et la libération de son aimée par la ruse sous l’identité de Lucio.
Gianisbe – fille de Spartaco et amoureuse du gentilhomme capouan Popilio. Elle est l’instrument des ambitions de son père malgré une nature romantique et noble.
Popilio – Chevalier capouan noble et honorable, amoureux de Gianisbe. Une figure proche en nature d’Andronico dans le Tamerlano de Händel.
Rodope – Femme de Spartaco, rustique et paysanne, une figure un peu caricaturale et populaire proche des personnages de la Commedia dell’Arte. La dénomination “bifolca” dans le livret veut dire à la fois “bouvière et villaine”.
Trasone – Serviteur et confident de Spartaco. Il pourrait être de la famille de Rodope. Plus qu’un serviteur, Trasone est un personnage populaire qui porte le discours de la sagesse rustique face à l’ivresse de la pleine puissance de Spartaco.

 

 

 

 

SYNOPSIS

ACTE I
Dans la cité de Capoue, la paix n’est qu’apparente. Spartaco, gladiateur et chef des esclaves révoltés, garde auprès de lui deux captifs romains : Vetturia, jeune femme noble d’une vertu exemplaire, et Licinio, patricien de haute naissance. L’un comme l’autre attirent l’attention du tyran : Vetturia, surtout, éveille en lui une passion ardente qu’elle ne partage pas.
Sa fille, Gianisbe, espère quant à elle pouvoir unir son destin à celui de Popilio, jeune Capouan d’un naturel généreux. Mais Spartaco, qui rêve d’assoir son pouvoir par des alliances d’intérêt, refuse cette union. Il projette d’offrir Gianisbe en mariage à Licinio — projet d’autant plus cruel que ce dernier aime en secret Vetturia, et
qu’elle-même répond à ses sentiments.
Les armées romaines, commandées par le terrible Crassus, avancent vers Capoue. Au conflit des passions répond désormais l’ombre de la guerre.
ACTE II
Spartaco resserre son emprise. Ni les prières de Vetturia, ni les larmes de sa fille ne l’adoucissant : il impose les mariages qu’il
a décidés. Apprenant l’amour qui unit Vetturia et Licinio, il laisse éclater sa jalousie. Pour châtier les deux jeunes hommes qui se dressent contre sa volonté, il décrète un duel dans l’arène entre
Licinio et Popilio. Les deux rivaux en amour refusent pourtant de s’entretuer : leur honneur, leurs sentiments, et la conscience de l’injustice les en empêchent. Leur refus attise la colère de Spartaco, qui les condamne alors aux bêtes du cirque. Mais la fureur du tyran est interrompue par un messager : les légions romaines approchent. La cité se prépare au combat. Les amants séparés espèrent la défaite du tyran inflexible.
ACTE III
La guerre fait rage. Capoue se défend mal, et Spartaco, acculé, entouré de trahisons réelles ou imaginaires, sombre dans une agitation intérieure qui tourne au délire. C’est la fameuse scène de folie d’une intensité rare, où il vocifère contre les dieux, accuse le destin, s’effondre sous le poids de sa propre violence. La muraille de Capoue cède. Les troupes de Crassus entrent dans la cité et mettent fin à la tyrannie. Les captifs romains sont libérés : Licinio retrouve Vetturia, tandis que Gianisbe est rendue à Popilio, son amour fidèle. La chute du despote rétablit l’ordre naturel et moral. La constance des sentiments, mise à l’épreuve par la violence, triomphe finalement des assauts de la tyrannie.
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STREAMING opéra. ROSSINI : Il Barbiere di Siviglia, ven 23 janv 2026. Adam Banaszak / Grzegorz Chrapkiewicz (Varsovie, 2025)

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L’Opéra de chambre de Varsovie diffuse le chef d’oeuvre de Rossini d’après Beaumarchais, créé en 1816, sommet de l’opéra comique italien : Le Barbier de Séville… Un comte passionné (Almaviva) fait appel au barbier du coin et homme (Figaro) à tout faire pour l’aider à conquérir une femme (Rosina),laquelle est une jeune beauté séquestrée par son protecteur qui souhaite l’épouser… il leur faudra ruser et abuser de déguisements (et de pots-de-vin) pour que l’amour triomphe.

 

 

Le chef-d’œuvre de Rossini de 1816 n’est pas seulement une farce savoureuse jalonnée d’airs irrésistibles, c’est aussi une histoire d’amitié masculine (entre le comte et le barbier), de classes sociales, de confrontation entre générations et de lutte d’une jeune femme pour la liberté (Rosina).
L’Opéra de chambre de Varsovie confiait sa nouvelle production à Grzegorz Chrapkiewicz, metteur en scène, pédagogue et mentor qui a formé plusieurs générations de chanteurs d’opéra polonais. Avec une excellente distribution menée par Hubert Zapiór dans le rôle-titre, Chrapkiewicz souligne l’élégance de la pièce originale de Beaumarchais avec les bouffonneries de la tradition italienne de la commedia dell’arte, le tout dans l’intimité de l’Opéra de chambre de Varsovie, … qui ne compte que 200 places.

 

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Rossini : Il Barbiere di Siviglia
VOIR le Barbiere di Siviglia par l’Opéra de chambre de Varsovie : https://operavision.eu/fr/performance/il-barbiere-di-siviglia-1
Diffusé vendredi 23 janvier 2026 à 19h CET
Disponible jusqu’au 23 juillet 2026 à 12h CET
Enregistré le 23 novembre 2025
Chanté en italien
Sous-titres en anglais, italien, polonais
Production de WARSAW OPERA CHAMBER

Photo : Przemek Blechman

 

 

distribution

Comte Almaviva : Theodore Browne
Rosine : Teresa Marut
Figaro : Hubert Zapiór
Bartolo : Piotr Micínski
Basilio : Tomasz Kumiega
…

danseurs :
Jakub Piotrowicz
Sebastian Piotrowicz
Krzysztof Tyszko
Rafał Wiewióra

Period instrument orchestra & Choir of Warsaw Chamber Opera

Mise en scène : Grzegorz Chrapkiewicz
Direction musicale : Adam Banaszak
Chorégraphie : Ewelina Adamska-Porczyk

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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 11 janvier 2026. KHATCHATOURIAN, PROKOFIEV, TCHAÏKOVSKY, BORODINE. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Liya PETROVA (violon), Emmanuel TJEKNAVORIAN (direction)

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Quel concert étourdissant ! L’Auditorium Rainier III, un des nombreuses salles culturelles et musicales de Monaco, a vibré – ce dimanche 11 janvier – sous l’énergie foudroyante du premier concert symphonique de l’année 2026 de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Porté par un programme slave flamboyant imaginé par Didier de Cottignies (qui n’a pas son pareil non plus pour aller chercher les glorieuses baguettes de demain, et il a tapé fort avec la perle rare de ce soir en la personne du jeune chef viennois Emmmanuel Tjeknavorian !), le public très international de la Principauté a vécu une expérience musicale d’une intensité rare, magnifiée par des artistes d’exception.

 
 
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La soirée s’est ouverte en trombe avec la Suite de « Gayaneh » d’Aram Khatchatourian. Dès les premières mesures de la fameuse « Danse du Sabre », l’orchestre a fait montre d’une précision et d’une vigueur rythmique électrisantes. Les cuivres éclatants, les cordes incisives et les percussions étincelantes ont transporté l’auditoire dans les vastes étendues du Caucase, alliant puissance folklorique et couleurs orchestrales somptueuses. Un départ triomphal ! Puis vint le moment tant attendu : l’entrée en scène de la violoniste bulgare Liya Petrova, silhouette de grâce dans une superbe robe blanche couleur lys qui semblait capturer toute la lumière de la salle. Pour interpréter le Concerto pour violon n°1 en ré majeur de Sergueï Prokofiev, elle a trouvé un partenaire de rêve en la personne du brillant chef autrichien Emmanuel Tjeknavorian. Quel duo phénoménal ! Tjeknavorian, d’un dynamisme et d’une passion communicative, a tissé un écrin orchestral à la fois transparent, tendu et onirique pour la soliste. Petrova, quant à elle, a livré une performance inoubliable : son archet alliait une technique infaillible à une sensibilité à fleur de peau. Du sarcasme espiègle du premier mouvement à la rêverie mystérieuse du second, jusqu’à la déferlante virtuose du finale, elle a captivé la salle, concluant dans un murmure envoûtant qui a précédé un tonnerre d’applaudissements. Les deux bis qu’elle a délivré ensuite ont fini d’enflammer le public monégasque !

Après l’entracte, l’orchestre nous a offert une « Roméo et Juliette » de Piotr Ilitch Tchaïkovsky d’une densité dramatique à couper le souffle. Sous la direction toujours aussi inspirée de Tjeknavorian, l’ouverture-fantaisie a déployé toute sa tragédie shakespearienne. La célèbre phrase d’amour aux cordes a chanté avec un lyrisme poignant, tandis que les duels entre les familles rivales ont explosé avec une violence orchestrale maîtrisée et terriblement efficace. Une romance stellaire et une guerre des clans sonnante et trébuchante ! Et le bouquet final fut un véritable coup de folie avec les « Danses Polovtsiennes » d’Alexandre Borodine. L’OPMC, déchaîné, a littéralement embrasé la salle. Des chants slaves lancinants aux rythmes endiablés, en passant par la célébrissime mélodie aux cordes, tout n’était que frénésie, couleurs éclatantes et pulsion vitale. L’énergie du chef, décuplée, a communiqué une joie pure à chaque musicien, et le finale a soulevé la salle dans une ovation debout, délirante et méritée.

L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dans une forme étincelante, a brillamment ouvert un nouveau chapitre de son histoire, un chapitre dont on pressent qu’il sera glorieux puisque la prestigieuse institution vient d’annoncer l’arrivée de la cheffe française Nathalie Stutzmann au poste de directrice musicale (à partir de 2027). Si ce concert est un avant-goût de l’énergie et de l’excellence qui régneront sous sa direction, alors le public monégasque et les mélomanes du monde entier ont de fabuleuses émotions à venir. L’année 2026 s’annonce tout simplement splendide !

 
 

 
 

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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 11 janvier 2026. KHATCHATOURIAN, PROKOFIEV, TCHAÏKOVSKY, BORODINE. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Liya PETROVA (violon), Emmanuel TJEKNAVORIAN (direction). Crédit photographique (c) Cécile Vieren / OPMC

 
 

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PARIS, COLLEGE DES BERNARDINS. MOZART : intégrale des TRIOS, Trio Bagatelle, le 12 février 2026

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Dans le cadre de sa saison Mozart, le Collège des Bernardins propose, en deux soirées (le 12 février puis 12 mars 2026), l’intégrale des Trios pour piano, violon et violoncelle, interprétée par le Trio Bagatelle.

 

 

‍Peu nombreux dans un catalogue foisonnant, les 7 Trios pour piano, violon et violoncelle regroupent cependant des joyaux de musique de chambre. L’un d’eux n’étant constitué que de l’assemblage de fragments de pièces de Mozart (réunies par l’Abbé Stadler), ce sont en réalité 6 Trios que l’Ensemble Bagatelle propose en deux concerts. Écrits pour et par des amis, ils illustrent un divertissement familial et amical, emblème de la conversation en musique, dans lequel Mozart inspiré par l’intimité, atteint des sommets.

Fondé en 2024, le Trio Bagatelle (Jean-Philippe Kuzma, violon / Aurore Alix,violoncelle / Vincent Laissy, piano) a été initialement formé pour le spectacle Mozart au Paradis, au Festival Off d’Avignon en 2024 et a rapidement développé sa propre identité artistique. Son répertoire inclut également Haydn, Beethoven et Schubert, avec, à l’occasion, des formations élargies intégrant alto, clarinette ou quintette.

 

 

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PARIS,Collège des Bernardins
Intégrale des TRIOS AVEC PIANO (1 / 2)
Jeudi 12 février 2026, 20h
INFOS & RÉSERVATIONS :
https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-integrale-des-trios-avec-piano—partie-1

 

 

Plongez au cœur de la saison Mozart avec le Pass 5 concerts : https://www.billetweb.fr/pro/passmozart

La suite de cette intégrale sera donnée le jeudi 12 mars 2026 à 20h
INFOS : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-integrale-des-trios-avec-piano—partie-2

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La Saison Mozart au Collège des Bernardins, c’est une programmation riche de concerts, de spectacles et de conférences tout au long de l’année ! Découvrez, redécouvrez et laissez-vous émerveiller par l’œuvre du célèbre compositeur autrichien : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda

 

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Crédit image : Augustin Frison-Roche, Papageno & Papagena, 2025

 

saison 2026

LIRE aussi notre présentation de la saison 2026 « Mozart » au Collège des Bernardins à Paris : https://www.classiquenews.com/college-des-bernardins-saison-2025-2026-mozart-integrale-des-symphonies-des-sonates-pour-piano-des-motets/

Pour sa nouvelle saison 2025 – 2026, le Collège des Bernardins propose un cycle de concerts et d’événements exceptionnels autour de Wolfgang Amadeus MOZART. En complément de l’exposition immersive « Le Mystère Mozart », présentée depuis juin 2025, plusieurs intégrales sont annoncées pour la première fois à Paris : les 41 symphonies, les 18 sonates pour piano, les 12 motets – ainsi qu’un spectacle lyrique consacré à l’histoire de MOZART, à travers ses opéras.

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PIANO A LYON. Salle Molière, le 4 février 2026. Récital de Joseph Moog (Beethoven, Chopin, Debussy, Liszt)

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Le mercredi 4 février 2026, la saison 25/26 de Piano à Lyon s’offre l’une des étoiles montantes du piano international : l’Américain Joseph Moog. Pour ce récital très attendu, le pianiste se produira dans l’écrin historique de la Salle Molière, perpétuant ainsi la tradition d’excellence de cette institution culturelle lyonnaise.

Bien que son agenda international affiche une série de concerts avec de grands orchestres en Allemagne et au Portugal au printemps 2026, Joseph Moog réserve aux Lyonnais l’intimité d’un récital. Artiste à la curiosité insatiable et reconnu pour ses interprétations aussi bien techniques que profondément musicales, il promet un voyage pianistique unique. Sa présence à Lyon est un événement en soi, signalant l’attrait et le rayonnement de la saison Piano à Lyon.

Piano à Lyon est bien plus qu’une simple série de concerts ; c’est une institution incontournable dans le paysage musical français, dédiée à la promotion du piano sous toutes ses formes. Sa programmation audacieuse et exigeante mêle jeunes talents primés et artistes confirmés de renommée mondiale. Cette saison 2025/2026 en est la parfaite illustration, avec des récitals à la Salle Molière et des rendez-vous prestigieux à l’Opéra de Lyon. Le concert de Joseph Moog s’inscrit dans cette lignée, entre des récitals à quatre mains (Pavel Kolesnikov & Samson Tsoy) et des concerts avec d’illustres invités comme Benjamin Grosvenor, Alexander Malofeev ou encore l’immense Martha Argerich.

Ce concert se tiendra dans le cadre privilégié de la Salle Molière, une salle municipale classée monument historique, située au cœur du Vieux Lyon sur les quais de Saône. Avec 586 places, elle offre une acoustique remarquable et une proximité rare avec les artistes, ce qui en fait le lieu idéal pour la musique de chambre et les récitals. Elle est d’ailleurs le partenaire historique de Piano à Lyon et accueille régulièrement d’autres festivals et concours de renom, consolidant son statut de haute place de la vie culturelle lyonnaise.

photo © Mardo

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Programme

Beethoven
Sonate n°8 op.13 «Pathétique»

Chopin
Polonaise op. 26 n°1
Nocturne op. 15 n°2
Scherzo n°1 op. 20

Debussy
L’Isle joyeuse

Liszt
La Leggierezza, étude de concert n°2
Polonaise n°1
Sonnets 47, 104 & 123 de Pétrarque
(extraits des Années de pèlerinage, 2ème année – Italie)
Venezia e Napoli (Gondoliera, Canzone & Tarentella

Informations pratique :
  • Date & Lieu : Mercredi 4 février 2026, à la Salle Molière (20 Quai de Bondy, 69005 Lyon).

  • Billetterie : La réservation est indispensable. Elle s’effectue via le site de Piano à Lyon.

  • Accès : La salle est facilement accessible en transports en commun (bus, arrêt Saint-Paul).

Piano à Lyon et réserver vos places, consultez leur site officiel.

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OPÉRA DE MONTE-CARLO. MOZART : Cosi fan tutte, 9 fév 2026. Cecilia Bartoli (Despina)… Orchestre de la Wiener Staatsoper, Louis Langrée (direction)

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La troupe de la Wiener Staatsoper revient à Monaco avec la somptuosité sonore de son orchestre et l’engagement communicatif de ses chanteurs… de formidable tempéraments réunis autour de la Despina de Cecilia Bartoli ; à l’affiche en février prochain, l’ultime opéra de la trilogie Mozart / Da Ponte : Così fan tutte, mis en espace sur la scène du Grimaldi Forum.

 

 

Si Les Noces de Figaro sont basées sur la comédie de Beaumarchais et Don Giovanni sur une pièce attribuée à Tirso de Molina, l’argument de Così fan tutte semble relever de la pure invention de Lorenzo da Ponte qui en partage les thèmes avec Mozart : l’illusion amoureuse, les faux semblants, la naïveté des cœurs faibles, le cynisme des vieux sages… Da Ponte en aurait même soumis l’intrigue et ses enjeux à Salieri, le fameux rival de Mozart à la Cour impériale.
Seule la musique de Wolfgang pouvait exprimer toute la sincérité et les vertiges des jeunes gens soumis à l’épreuve de la fidélité. Dans les faits, Don Alfonso parie avec Gugielmo et Ferrando, sur l’infidélité de leur fiancée respective… Dorabella et Fiordiligi seront-elles loyales aux serments énoncés ? Leur servante astucieuse, Despina, les invite à se libérer des règles… Photo : © Michael Poehn

 

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MOZART : Cosi fan tutte
Opéra mis en espace
Lundi 9 février 2026, 19h
MONACO, Grimaldi Forum
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Monte-Carlo, Monaco : https://www.opera.mc/fr/saisons/25-26/cosi-fan-tutte

 

 

Direction musicale | Louis Langrée
Chef de chœur | Stefano Visconti
Fiordiligi | Adriana Gonzalez
Dorabella | Samantha Hankey
Despina | Cecilia Bartoli
Guglielmo | Peter Kellner
Ferrando | Filipe Manu
Don Alfonso | Alessandro Corbelli
Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo
Orchestre de la Wiener Staatsoper

 

 

Dramma giocoso en deux actes
 / Musique de Wolfgang Amadeus Mozart / 
Livret de Lorenzo da Ponte
 / Création : Vienne, Burgtheater, 20 janvier 1790

 

 

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CRITIQUE, concert. PORTO, Casa da Musica, le 10 janvier 2026. CONCERT INAUGURAL de la saison 2026. H. PARA, H. VILLA-LOBOS, M. DE FALLA. Orchestre Symphonique de Porto-Casa da Musica, Marta Infante (mezzo), Martin André (direction)

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Sous la carapace futuriste de la Casa da Música, conçue par l’architecte star Rem Koolhaas, un vent nouveau a soufflé ce samedi soir 10 janvier. Car ce concert inaugural de la Saison 2026 (au Portugal, les « saisons » vont de janvier à décembre, a contrario de celles en France ou en Espagne  qui courent de septembre à juin…) était en fait un triple événement ! Il a marqué le lever de rideau de la saison « Racines/Résonances » (titre et profession de foi de la saison 2026), le concert-prélude du Festival « Résonances » (qui dure tout le mois de janvier), et surtout, l’entrée officielle en fonction du nouveau directeur artistique de l’institution musicale lusitanienne, le Français François Bou. Devant une Salle Suggia archicomble, l’Orquestra Sinfónica do Porto-Casa da Musica – dirigée par le chef britannique (d’origine portugaise) Martin André – a relevé le défi avec brio, en offrant un programme superbement équilibré qui a incarné d’emblée la vision « à la fois enracinée et universelle », « respectueuse du passé et tournée vers l’avenir » du nouveau patron des lieux.

 

Une nuit de départ à Porto : un triomphe musical pour le festival Résonances – et l’ére Bou !

L’atmosphère était électrique avant même le premier accord. François Bou, dont la nomination a été saluée pour sa vision claire, innovante et audacieuse a pris ses fonctions avec l’ambition de faire de la Casa da Musica « la maison de tous les peuples et de toutes les musiques ». Sa première programmation annuelle, qui court donc jusqu’en décembre – comme l’atteste le volumineux programme de la saison 2026 ! – est un manifeste en actes. Le thème « Racines/Résonances » explore avec intelligence comment les traditions populaires nourrissent la création contemporaine. Ce concert inaugural parcourant la Catalogne (dont Bou est originaire par sa famille), le Brésil et l’Andalousie, en a été la démonstration parfaite.

Première Résonance : l’exploration intérieure d’Hèctor Parra

Le programme a commencé par un saut dans le contemporain avec « L’Absència » du Catalan Hèctor Parra, actuel compositeur en résidence à la Casa (2026-2027). Présent dans la salle, le compositeur a pu entendre l’interprétation saisissante de cette œuvre inspirée par l’univers littéraire de l’écrivaine Française Marie NDiaye. Créée en 2013, la pièce plonge l’auditeur dans les tourments et conflits intérieurs de personnages en quête d’identité. L’orchestre, sous la direction millimétrée de Martin André, a déployé une palette sonore à la fois minutieuse et évocatrice, tissant des textures où chaque instrument semblait porter le poids d’une émotion indicible. Une entrée en matière audacieuse et profonde, qui a immédiatement placé le concert sous le signe de la création vivante.

Deuxième Résonance : le génie syncrétique de Villa-Lobos

Le voyage s’est ensuite poursuivi vers le Brésil avec la Deuxième Suite des célèbres « Bachianas Brasileiras » d’Heitor Villa-Lobos. Cette œuvre illustre magnifiquement le concept de la saison, fusionnant la rigueur architecturale de Jean-Sébastien Bach avec les paysages sonores et rythmiques brésiliens. L’orchestre a brillamment fait ressortir ce dialogue fascinant, passant de la gravité d’un prélude baroque revisité aux couleurs vives du folklore. Le moment d’anthème fut bien sûr « O Trenzinho do Caipira » (« Le Petit Train du Campagnard« ). Les musiciens ont magistralement restitué le halètement rythmique de la locomotive, ses sifflets et son trajet à travers la campagne, emportant la salle dans un tourbillon joyeux et nostalgique. Ce fut une démonstration éclatante de la manière dont une racine culturelle profonde peut résonner à l’échelle universelle.

Troisième Résonance et Apothéose : La Fête Andalouse de Manuel de Falla

La soirée a trouvé son point d’orgue flamboyant avec « Le Tricorne » de Manuel de Falla. Chef-d’œuvre trop rarement joué à nos yeux, ce ballet est une explosion de couleurs andalouses, de rythmes enlevés et d’humour savoureux. L’orchestre, galvanisé, a déployé une énergie communicative. La mezzo-soprano espagnole Marta Infante, en soliste et dans une robe rouge étincelante de paillettes couleur « passion », a apporté la touche vocale indispensable, incarnant avec verve la séduction espiègle de la meunière. L’interprétation a restitué toute la saveur de l’histoire, inspirée d’un roman de Pedro Antonio de Alarcón, où un magistrat ridicule tente de séduire une meunière farouchement fidèle. Des danses envoûtantes – la séguedille des voisins, la farruca virile du meunier, la jota finale endiablée – se sont succédé dans un tourbillon irrésistible. C’était la célébration parfaite d’une musique « enracinée » dans le folklore espagnol, mais portée au rang de chef-d’œuvre universel par le génie de Falla et la collaboration légendaire qu’il a nouée avec le chorégraphe Léonide Massine et le peintre Pablo Picasso pour les Ballets Russes de Diaghilev.

Conclusion : un retentissant succès public !

À l’issue de ce « Tricorne » triomphal, les applaudissements ont été longs et nourris, avec un public portaun debout, saluant à la fois les artistes et le succès de ce premier rendez-vous. François Bou, visiblement ému par cet accueil enthousiaste, a pu mesurer l’enthousiasme du public portuan. Ce concert inaugural a tenu toutes ses promesses : il a été un prélude vibrant au festival de janvier, un début de saison en fanfare, et surtout, un coup de maître pour lancer un mandat artistique prometteur. En traçant avec une si belle clarté un chemin « entre tradition et modernité », la Casa da Música a prouvé, s’il en était besoin, qu’elle entamait sous la houlette de François Bou un nouveau chapitre passionnant de son histoire, résolument tourné vers l’avenir et plus vivant que jamais !

 

 

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CRITIQUE, concert. PORTO, Casa da Musica, le 10 janvier 2026. CONCERT INAUGURAL de la saison 2026. H. PARA, H. VILLA-LOBOS, M. DE FALLA. Orchestre Symphonique de Porto-Casa da Musica, Marta Infante (mezzo), Martin André (direction) Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 6 janvier 2026. VIVALDI / BROSCHI / GIACOMELLI / HASSE : Il Tamerlano. C. Vistoli, A. Pichanick, R. Dolcini, J. Lezneva, E. Zaïcik… Les Accents, Thibault Noally (direction)

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Dans le climat hivernal feutré du Théâtre des Champs-Élysées, la version concert d’Il Tamerlano s’est présentée comme une curiosité baroque digne d’intérêt mais pas sans ses zones d’ombre. Il faut saluer l’audace de programmer un pasticcio vivaldien — cet assemblage d’airs et de récitatifs puisés dans les propres œuvres d’Antonio Vivaldi et celles de ses confrères napolitains — qui offre une plongée différente dans le répertoire baroque, loin des standards trop souvent ressassés. Cette démarche, si stimulante sur le papier, laisse toutefois parfois une impression d’éclectisme hétérogène plus que d’unité dramatique clairement assumée, rendant l’ensemble aussi fascinant que fragmenté et avec des longueurs évidentes notamment dans les interminables récitatifs.

 

Outre cette proposition dramaturgique audacieuse, la distribution vocale comporte des éclats admirables. Anthea Pichanick, en Asteria, a su faire entendre une ligne de chant sensible et raffinée, donnant à son personnage une réelle présence expressive même dans les lignes les plus ornées. Sa musicalité et sa maîtrise stylistique sont indéniables, et l’on souhaite la retrouver souvent dans ce répertoire exigeant. le contre-ténor italien Carlo Vistoli s’impose, comme souvent, avec une force tranquille et une intelligence de rôle rares. Son Tamerlano n’est pas simplement chanté : il est incarné, avec une autorité vocale et une profondeur expressive qui donnent une cohérence morale au personnage. Sa capacité à modeler chaque aria avec une conscience dramatique aiguë fait véritablement ressortir l’intérêt de ce protagoniste complexe dans un contexte de pasticcio où les lignes peuvent parfois sembler disjointes.

La contribution de Julia Lezhneva fut contrastée : l’élégance de sa voix et son goût du style baroque sont indéniables, mais la fatigue perceptible dans certains des passages les plus exigeants diminuait légèrement l’impact global de son incarnation d’Irene. On sent toujours chez elle un art vocal délicat, mais l’énergie semblait un peu en retrait pendant cette soirée où on l’attendait plus étincelante.  À l’inverse, Eva Zaïcik n’a pas toujours réussi à captiver totalement : son Andronico manquait parfois de l’évidence dramatique ou de l’élan expressif que l’on espère d’un tel rôle. Il y avait des moments d’intensité, certes, mais sans toujours une assise vocale ou une présence scénique qui retiennent pleinement l’attention. En revanche, Suzanne Jérôme et Renato Dolcini ont été des révélations permanentes dans leurs interventions. Suzanne Jérôme, avec une présence vive et un sens du style baroque affûté, a illuminé chaque phrase qu’elle a abordée, tandis que Renato Dolcini, en Bajazet, a apporté une profondeur expressive ainsi qu’une ligne vocale riche et bien projetée, faisant du personnage une pierre angulaire sensible de l’ouvrage.

Thibault Noally, à la tête de son ensemble Les Accents, a livré une direction attentive, oscillant entre vivacité et précision stylistique, bien que l’articulation de la reconstitution musicale ne soit pas toujours totalement convaincante sur toute la durée. Son travail sur le violon et la mise en place stylistique est à saluer, mais parfois l’ensemble semblait un peu trop attaché à la minutie historique au détriment d’une propulsion dramatique plus évidente. Globalement, l’orchestre mérite, quant à lui, d’être chaleureusement félicité : la finesse des phrasés, la clarté des lignes instrumentales et la cohésion d’ensemble ont offert une assise solide à cette lecture concertante, soutenant les solistes avec une élégance qui a souvent transcendé les limites intrinsèques de ce pasticcio.

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 6 janvier 2026. VIVALDI – BROSCHI – GIACOMELLI – HASSE : Il Tamerlano. C. Vistoli, A. Pichanick, R. Dolcini, J. Lezneva, E. Zaïcik… Les Accents, Thibault Noally (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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VILLARS-SUR-OLLON (Suisse), VILLARS MUSIC ACADEMY 2026 : ouverture des inscriptions (jusqu’au 28 février 2026)

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La prochaine édition de la Villars Music Academy aura lieu du 5 au 12 juillet 2026 à Villars-sur-Ollon, au cœur des Alpes suisses. Elle est devenue en quelques années l’une des 3 meilleures académies de musique dédiées aux cordes (violon, alto, violoncelle), du fait de l’excellence de son offre pédagogique, des valeurs très fortes offertes en partage dans un esprit fraternel et humaniste, grâce aux conditions d’apprentissage et d’accueil, par son rythme aussi, alternant cours individuel, jeu collectif, rencontres, conférences,… autant d’activités aussi diverses que complémentaires qui composent aujourd’hui une académie parmi les plus formatrices.

 

L’édition 2026 réunit un corps professoral de tout premier plan, composé notamment du premier violon du Philharmonique de Vienne, de la première violon du Philharmonique de Berlin, de membres de l’Orchestre Philharmonique de Berlin, ainsi que de solistes internationaux. Les professeurs sont particulièrement présents et accessibles tout au long de la semaine ; ils sont pleinement engagés auprès des étudiants.

Fondée par la violoniste Aline Champion à partir de sa riche expérience (plus de quarante ans de pratique musicale et plus de vingt-cinq ans au sein du Berliner Philharmoniker), la Villars Music Academy est née du souhait de proposer une formation complète, ancrée dans la réalité du métier de musicien.

UNE APPROCHE GLOBALE…. La singularité de l’Académie réside dans son approche globale du musicien. Au-delà de la dimension instrumentale, la Villars Music Academy propose un accompagnement structuré intégrant masterclasses et musique de chambre, échanges artistiques avec les professeurs et concerts, accompagnement physique et mental, ainsi qu’une réflexion stratégique autour du parcours et du développement de carrière. La musique partagée et la scène occupent une place centrale au sein de l’Académie. Plusieurs concerts publics jalonnent la semaine, parmi lesquels des concerts des professeurs, des concerts réunissant professeurs et étudiants, ainsi qu’un concert de musique de chambre dans le prestigieux théâtre du Villars Palace.

Grâce au soutien du Villars Institute, la Villars Music Academy propose un coût de participation volontairement très réduit. La grande majorité des étudiants bénéficient de bourses, souvent proches d’une prise en charge quasi complète, avec uniquement un frais de participation minimal demandé. Ce choix reflète la volonté de l’Académie de rendre l’expérience, accessible à de jeunes musiciens de haut niveau, indépendamment de leurs moyens financiers.

 

 

POSTULER MAINTENANT
inscriptions jusqu’au 28 février 2026
https://villarsinstitute.odoo.com/fr/application-villars-music-academy-2026

 

 

TOUTES LES INFOS, l’offre pédagogique de l’Académie, les modalités d’inscriptions sur le site de la VILLARS MUSIC ACADEMY VMA 2026 (5-12 juillet 2026) : https://villarsmusicacademy.org/fr/

Inscriptions ouvertes jusqu’au 28 février 2026
https://villarsmusicacademy.org/fr/how-to-apply

 

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PARIS, TCE, 25 janvier 2026. 90 ans de Jean-Claude Casadesus, Orchestre Colonne. Verdi, Ravel (Thomas Enhco, piano), Berlioz…

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Fête familiale au TCE… Quoi de plus convaincant que l’esprit du partage et de la transmission ? Homme de valeur et grand humaniste, Jean-Claude Casadesus a fondé l’Orchestre National de Lille en… 1976. 2026 marque donc les 50 ans de la phalange lilloise (un jubilé prometteur fêté lors de la prochaine saison de l’Orchestre, en 2026-2027, et dans un Nouveau Siècle dont les travaux encours devraient avoir été achevés). 2026 marque aussi les 90 ans du sémillant et infatigable maestro dont la longévité est admirable et les engagements, exemplaires.

 

 

Pour ce concert anniversaire, Jean-Claude Casadesus retrouve aussi l’Orchestre Colonne avec lequel il a travaillé précisément de 1959 à 1969 (ayant même commencé comme timbalier solo de l’Orchestre des Concerts Colonne, alors sous la direction de Pierre Dervaux) ; l’illustre Maestro a dirigé après son Prix de Direction, son 1er concert chez Colonne en 1965, et dans la foulée toujours au Châtelet, il a été engagé  comme directeur musical où il est resté 3 ans, tout en jouant des timbales pour Colonne, mais aussi, dans la même période, chez Pierre Boulez au Domaine Musical.

Au TCE, pour ses 90 ans, le chef défend un répertoire qu’il chérit depuis ses débuts : la musique française. Il retrouve dans un duo déjà applaudi, son petit-fils, le pianiste Thomas Enhco pour le Concert en sol de Ravel (1931), puis l’éblouissante et spectaculaire Symphonie Fantastique de Berlioz (1830), pour laquelle il devrait « conjuguer souffle romantique et ardeur démoniaque »…

En ouverture, chef et orchestre jouent l’ouverture de La Force du Destin de Verdi (1862), partition du meilleur Verdi : c’est superbe lever de rideau, une immersion presque sauvage au cœur d’un tumulte infernale dont la passion exprime la force irrésistible du Fatum qui s’abat sur les héros au point de les détruire un à un…

 

 

 

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90 ans de Jean-Claude Casadesus
Bon anniversaire maestro !
PARIS, Théâtre des Champs-Élysées
Dim 25 janvier 2026, 18h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du TCE / Théâtre des Champs Élysées, Paris : https://billetterie.theatrechampselysees.fr/selection/event/date?productId=10229339099955
ou depuis le site de l’Orchestre Colonne : https://www.orchestrecolonne.fr/casadesus-concert-anniversaire/
Durée : 2h avec entracte
Photo : © Ugo Ponte / ON LILLE

 

 

 

programme

Anniversaire de Jean-Claude Casadesus

Verdi : La Force du destin, ouverture
Ravel : Concerto en sol / 
Thomas Enhco, piano
Berlioz : Symphonie fantastique

Orchestre Colonne 
Jean-Claude Casadesus, direction

 

Anniversaire de Jean-Claude Casadesus.
Célébrez les 90 ans de Jean-Claude Casadesus, figure emblématique de la scène musicale française, avec 3 œuvres d’exceptions, La Force du Destin de Verdi, le Concerto en sol de Ravel et la Symphonie Fantastique de Berlioz. Ce concert anniversaire marque une carrière exceptionnelle, ponctuée de collaborations prestigieuses, dont évidemment celle avec l’Orchestre Colonne.

 

Photo : © Ugo Ponte / ON LILLE

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Lauenen), le 5 janvier 2026. Ensemble vocal « Les Métaboles », Léo Warinsky (direction)

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S’il est une soirée qui a incarné l’esprit du Gstaad New Year Music Festival – l’audace, l’intimité et l’excellence – c’est bien celle du 5 janvier dans la charmante Eglise de Lauenen. Ici, entre fresques peintes et voûtes séculaires, l’ensemble vocal Les Métaboles, porté par la direction visionnaire du jeune chef Français Léo Warynski, a offert une expérience musicale d’une rare puissance, magistralement construite autour de leur album acclamé « The Angels ».

 

Dès les premières notes, le public a compris qu’il ne serait pas un simple spectateur, mais le voyageur au cœur d’un cosmos sonore. Le génie de la mise en scène spatiale s’est alors révélé : une stéréophonie vivante a empli l’édifice avec l’Ave Verum Corpus de William Byrd, retenu pour ouvrir la soirée (en lieu et place du Flow my tears de John Dowland délivré plus tard…). Une partie du chœur, placée dans le chœur de l’église, lançait ainsi des appels ; l’autre, répondant depuis la tribune de l’orgue, faisait de l’architecture toute entière un instrument de résonance et de mystère. Les voix ne venaient plus seulement de devant nous, mais nous enveloppaient, nous traversaient, créant un dialogue entre terre et ciel, entre humanité et divin.

Le cœur battant de la soirée fut la saisissant fut six pièces vocales de Jonathan Harvey. (1939-2012). Œuvre majeure du compositeur britannique, elle a trouvé en Les Métaboles ses interprètes idéaux. Entre chants mystiques, murmures, éclats de lumière et silences chargés, les chanteurs ont navigué avec une agilité et une précision phénoménales. Sous la conduite de Warynski, chaque pièce est devenue un univers : des « Angels » aux résonances presque électroniques à la méditation vibrante de « I Love the Lord », la magie opérait. Harvey n’a jamais semblé aussi proche, aussi tangible, sa spiritualité exploratoire magnifiée par cette lecture d’une clarté et d’une engagement rares.

Autre ouvrage d’importance, le Stabat Mater de Giovanni Pierluigi da Palestrina a révélé toute la pureté et l’équilibre de la polyphonie renaissante. Les lignes s’entrelaçaient avec une limpidité parfaite, une sérénité arquée qui préparait l’âme aux explorations à venir. Le magnifique The Lamb de John Tavener a offert un autre moment de simplicité sublime. La mélodie cristalline, exposée avec une tendresse et une justesse absolues, a suspendu le temps dans l’église, résumant à elle seule la quête de paix et de transcendance de toute la soirée.

Léo Warynski et ses Métaboles ont sculpté le silence et la pierre avec leurs voix, offrant une méditation d’une beauté à la fois fragile et monumentale sur l’invisible : une performance enthousiasmante, virtuose et profondément émouvante, qui restera comme l’un des joyaux de cette 20e édition du festival !

 

 

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CRITIQUE, festival. 20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL (Eglise de Lauenen), le 5 janvier 2026. Ensemble vocal « Les Métaboles », Léo Warinsky (direction). Crédit photographique (c) Patricia Dietzi

 

 

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CRITIQUE CD. RACHMANINOFF (Concerto pour piano n°3), TCHAIKOVSKY… Nobuyuki Tsuji, piano. Royal Liverpool Philharmonic, Domingo Hindoyan, direction (1 cd Deutsche Grammophon)

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Aveugle mais en rien entravé… a contrario de tout préjugé, le pianiste japonais, Nobuyuki Tsujii, presque quadra (37 ans), développe un rapport à la musique et au son, indiscutablement personnel, cohérent, d’un souffle incarné, continu. Cela s’entend en particulier dans son approche du Concerto pour piano n°3, sommet pianistique conçu par un Rachmaninoff au sommet de son art (1909) pour sa tournée aux USA où il jouait lui-même ses propres œuvres (ainsi le Concerto à New York, en nov 1909 puis en 1910 avec le Philharmonic sous la direction de… Gustav Mahler.

 

 

L’interprète s’y montre d’autant plus à son aise qu’il joue depuis des décennies telle partition devenue familière ; l’œuvre déploie une envergure orchestrale souvent spectaculaire et flamboyante que la durée même de chacun des 3 mouvements (plus de 10 mn, et jusqu’à 17 pour le premier « Allegro non tant »), souligne sans limite. Au centre de ce premier Allegro, une amplification progressive, rutilante, – « chargée » diront les plus critiques-, mais qui, sous les doigts de Nobuyuki Tsujii, se révèle lyrique et chantante, y compris dans la cadence particulièrement développée qui amplifie comme jamais les ressources expressives et picturales du clavier. Jamais avare en nuances, l’interprète n’écarte pas non plus le sous-texte spirituel, qui fait basculer ce premier mouvement ample et riche, telle une arche crépitante, aux méandres volontiers mystiques (Rachmaninoff s’étant beaucoup inspiré des chants sacrés russes traditionnelles de sa chère terre natale qu’il a dû quitter).
L’approche est d’autant plus cohérente que le chef et l’orchestre suivent le soliste sans sourciller dans l’idée d’une fresque flamboyante, onctueuse et sonore, sans perdre la clarté voire la transparence.

L’Intermezzo confirme la profonde originalité de l’écriture de Rachmaninoff : dans une forme quasiment libre, ici vécue comme une suspension sonore laquelle enchaîne directement avec le final dont l’allant rythmique, jalonne très clairement l’esprit de chevauchée générale. Le pianiste exprime très allusivement les 2 thèmes du premier mouvement, réussissant cette cohésion quasi organique qui relie le 3è aux deux mouvements précédents. Plus virtuose peut-être, ce finale tout en technicité exaltée, saisit tout autant par sa puissance suggestive, sa force poétique.
Et comme pour mieux mettre en appétit, l’étonnant conteur a choisi en complément du Concerto, plusieurs danses transcrites pour le piano, dont surtout celles extraites de l’irrésistible Casse-Noisette de Tchaikovski : succession là aussi libre et percutante où le geste du pianiste à travers les 5 séquences se plaît à fusionner féerie et vitalité rythmique.

 

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CRITIQUE CD. RACHMANINOFF (Concerto pour piano n°3), TCHAIKOVSKY… Nobuyuki Tsuji, piano. Royal Liverpool Philharmonic, Domingo Hindoyan (direction) – Enregistré en juillet 2025 à Berlin – 1 cd Deutsche Grammophon
Plus d’infos sur le site de Deutsche Grammophon : https://www.deutschegrammophon.com/en/artists/nobuyuki-tsujii

 

 

VIDÉOS

https://www.deutschegrammophon.com/en/artists/nobuyuki-tsujii/videos/tchaikovsky-the-nutcracker-op-71-transcr-pletnev-as-concert-suite-for-piano-ii-dance-of-the-sugar-plum-fairy-625025

 

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OPÉRA DE MONTE-CARLO. WAGNER : La Walkyrie, les 23, 25, 27 et 29 janvier 2026. Les Musiciens du Prince-Monaco, Davide Livermore (mise en scène), Gianluca Capuano (direction musicale)

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Première Journée du Ring de Richard Wagner, La Walkyrie prolonge l’action de son Prologue, L’Or du Rhin… l’anneau que le Dieu Wotan a volé au nain Alberich, produit ses sortilèges destructeurs. En souhaitant le pouvoir absolu, Wotan a signé aussi sa lente agonie…  Déjà se profile la chute des dieux : Wotan est rattrapé par ses propres lois ; il perd le respect de sa femme Fricka, doit bannir sa fille préférée [justement Brünnhilde, qui de WALKYRIE, devient simple mortelle], provoque la mort de ses enfants bien-aimés, les frère et sœur incestueux Walsungen [Siegmund et Sieglinde] ; inéluctablement le dieu des dieux doit renoncer  à sa toute puissance.

 

 

Trois figures féminines dominent l’action de La Walkyrie ; elles en jalonnent le cheminement de plus en plus tragique : Sieglinde, Brünnhilde et Fricka. SIEGLINDE mariée à Hunding, tombe amoureuse puis enceinte de Siegmund ; Sieglinde et Sigmund sont en réalité les jumeaux perdus, séparés, enfants illégitimes de Wotan.

BRÜNNHILDE qui éprouvant de la compassion pour SIEGLINDE, décide de l’aider, elle et son enfant, alors que forcé par son épouse, l’inflexible Fricka, Wotan condamne les Walsungen à la mort. Pour avoir enfreint l’interdit de son père, la Walkyrie est déchue, devient Brünnhilde, vouée au cercle de flammes que seul un preux pourra franchir [scène finale du rideau de feu entourant l’ex Walkyrie ainsi sacrifiée] ; Enfin FRICKA, militante et inflexible qui défend la loi de la fidélité et l’ordre moral, obtient de Wotan qu’il tue ses enfants Walsungen, incestueux, adultères, immoraux ; qu’il banisse aussi la Walkyrie Brünnhilde, fût-elle sa fille chérie…

L’ouvrage s’achève sur les adieux du père et de sa fille, de Wotan à Brünnhilde et le mur de flammes protectrices que le dieu déchu produit néanmoins… pour la protéger symboliquement. La Walkyrie raconte la déchéance, celle complète, totale de la femme guerrière, celle amorcée du dieu des dieux. Voici l’ouvrage le plus humain des 4 drames formant le Ring. L’Orchestre exprime toute la tendresse de Wagner pour Siegmund [l’opéra s’ouvre sur la fuite du fugitif par une nuit tempétueuse]… ; pour surtout la Walkyrie dont il fait une femme admirable, capable de compassion pour les autres, un modèle de fraternité, d’héroïsme au féminin, qui devient de plus en plus important dans les deux ouvrages suivants Siegfried puis Le Crépuscule des dieux.

 

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Opéra de Monte-Carlo
WAGNER : La Walkyrie [1870]
4 représentations événements
Nouvelle production
vendredi 23 janvier 2026 – 19h (Gala)
dimanche 25 janvier 2026 – 15h
mardi 27 janvier 2026 – 19h
jeudi 29 janvier 2026 – 19h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Monte-Carlo : https://www.opera.mc/fr/saisons/25-26/la-walkyrie

 

 

 

La Walkyrie / Die Walküre
Opéra en trois actes
Musique de Richard Wagner (1813-1883)
Livret intégral de Richard Wagner
Création : Munich, Théâtre Royal, 26 juin 1870

 

Direction musicale :
Gianluca Capuano
Mise en scène & décors :
Davide Livermore
Nouvelle production
Distribution
Siegmund | Joachim Bäckström
Hunding | Wilhelm Schwinghammer
Wotan | Matthias Goerne (remplacé par Daniel Scofield)
Sieglinde | Libby Sokolowski
Brünnhilde | Nancy Weissbach
Fricka | Ekaterina Semenchuk
Helmwige | Sofia Fomina
Gerhilde | Natalia Tanasii
Waltraute | Maire Therese Carmack
Siegrune | Heike Wessels
Grimgerde | Anna Lapkovskaja
Schwertleite | Freya Apffelstaedt
Rossweisse | Niamh O’sullivan
Ortlinde | Kaarin Cecilia Phelps
Les Musiciens du Prince – Monaco

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. FRIBOURG, Théâtre de l’Equilibre, le 4 janvier 2026. DVORAK : Rusalka. K. Knezikova, J. N. Kim, Z. Rioux… Netia JONES / Kaspar ZEHNDER

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Un véritable coup de foudre lyrique a saisi la superbe ville suisse de Fribourg lors des fêtes de fin d’année ! La production internationale de Rusalka d’Antonin Dvořák, fruit d’une collaboration entre le Nouvel Opéra Fribourg, l’Opéra national d’Irlande et l’Opéra Royal de Suède, a offert quatre soirées d’une intensité dramatique et musicale absolue. Portée par la mise en scène visionnaire et résolument contemporaine de Netia Jones, et sous la baguette incandescente du chef Suisse Kaspar Zehnder cette fable sur les sacrifices de l’amour a trouvé une résonance puissante dans notre époque, prouvant que le chef-d’œuvre tchèque n’a pas pris une ride.

 

Netia Jones – qui signait la mise en scène, la scénographie, les costumes et les nombreuses vidéos – a osé un parti pris audacieux et brillant : transposer le monde aquatique des nymphes dans un paysage industriel souterrain, où le Vodnik veille sur un système de tuyaux, et transformer la sorcière Ježibaba en chirurgienne plastique. Loin d’être un simple artifice, cette transposition illumine le cœur du drame : l’obsession de l’apparence, la transformation de soi pour être aimé, et le coût déchirant du désir. La scénographie, enrichie d’éléments numériques, a créé un espace onirique où le conte de fées s’est mué en une tragédie d’une cruelle modernité.

La distribution a tout simplement rayonné, avec une constellation de voix féminines d’une rare qualité. La soprano Tchèque Kateřina Kněžíková en Rusalka a été une révélation. Son incarnation de la nymphe a allié une vulnérabilité déchirante à une force vocale incroyable. La célèbre « Chanson à la lune » a transcendé le simple air d’opéra pour devenir un cri d’âme d’une pureté cristalline et d’une émotion à couper le souffle. Chaque note, chaque silence de son personnage muet, était chargé d’une expressivité bouleversante. La Princesse étrangère, interprétée avec une autorité glaçante par la mezzo Tchèque Esther Pavlu, a opposé à la fragilité de Rusalka une présence scénique dominatrice et une vocalité d’une puissance et d’une assurance impeccables. Elle a incarné à la perfection la séduction mondaine et cynique face à l’amour naïf. La Ježibaba a endossé par la magnifique mezzo Belge Aurore Daubrun, en chirurgienne tout aussi terrifiante que fascinante, a déployé une voix sombre et manipulatrice qui a ajouté une profondeur troublante à son personnage. Les Nymphes des bois (Lysa Menu, Clara Schmittdt, Cassandre Stornetta) ont apporté leurs timbres unis et envoûtants, tissant la toile de fond magique et mélancolique du drame, tandis qu’aux côtés du solide Garde forestier de Michal Marhold, la jeune Julia Deit-Ferrand a séduit par la pure beauté vocale de son Marmiton.

 

 

Si les femmes ont régné, un homme a littéralement ébranlé la scène, le Vodnik interprété par la basse Coréenne Jungrae Noah Kim, avec une prestation tout simplement superlative. Doté d’un instrument vocal d’une noirceur et d’une rondeur prodigieuses, il a donné au « Maître des eaux » une stature tragique et paternelle d’une immense dignité. Ses interventions, portées par un legato parfait et un superbe diction de la langue tchèque, étaient des moments d’une intensité dramatique rare. Sa douleur face au destin de sa fille et ses avertissements solennels résonnaient longtemps après la chute du rideau. De son côté, le jeune ténor canadien Zachary Rioux faisait ses débuts dans le rôle écrasant du Prince. On a senti un artiste au timbre puissant et prometteur, investi dans son personnage. Cependant, la taille héroïque du rôle de Dvořák a parfois semblé représenter un défi : la projection face à l’orchestre a connu quelques aléas, et la ligne de chant a par moments manqué de l’aisance souveraine qu’exige ce personnage tourmenté.

Il n’en fut rien, en revanche, de l’Orchestre de Chambre Fribourgeois et du chef Kaspar Zenhder. Sous sa direction à la fois précise et passionnée, la partition de Dvořák a déployé toutes ses couleurs : des cordes souples et enveloppantes, des cuivres dramatiques à la frappe impeccable, et des bois d’une infinie poésie. La fosse est apparue comme le véritable cœur battant du drame, épousant chaque respiration des chanteurs et amplifiant chaque nuance émotionnelle de la mise en scène.

À l’issue de la représentation, le public fribourgeois, conquis et visiblement ému, a réservé une ovation tonitruante à l’ensemble des artistes. Cette production de Rusalka a confirmé le Nouvel Opéra Fribourg, placé sous la houlette de Leandro Suarez, comme une scène audacieuse et essentielle en Suisse. Après que Stockholm ait eu droit à la primeur, la production partira conquérir Dublin en mars prochain, emportant avec elle l’énergie et le succès rencontrés à Fribourg. Un triomphe artistique que l’on est pas près d’oublier !…

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. FRIBOURG, Théâtre de l’Equilibre, le 4 janvier 2026. DVORAK : Rusalka. K. Knezikova, J. N. Kim, Z. Rioux… Netia JONES / Kaspar ZEHNDER. Crédit photographique (c) Nicolas Suarez

 

 

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COLLEGE DES BERNARDINS. Saison Mozart, mardi 10 février 2026. Petite musique de nuit, Symphonies concertantes, Orchestre de la garde Républicaine

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En 2026, le Collège des Bernardins consacre un cycle entier dédié aux œuvres de Mozart : œuvres sacrées, musique de chambre, intégrale des symphonies… la musique du divin Wolfgang fait vibrer les pierres historiques du bâtiment cistercien niché dans le 5ème arondissement de Paris. En février, place à la haute virtuosité des symphonies concertantes (dont le fleuron K 364 en mi bémol majeur) et l’ivresse irrésistible de la splendide sérénade « Une petite musique de nuit »… Interprètes : l’Orchestre de la Garde Républicaine, sous la direction du chef Sébastien Billard…

 

 

La Symphonie pour violon et alto est avec la Messe du couronnement, la partition la plus impressionnante de l’année 1779. Probablement composée pour l’orchestre de Mannheim, et le violoniste virtuose Fränzel, la symphonie concertante K 364, déploie sa tonalité profonde et noble de mi bémol majeur. Le raffinement orchestral, la profondeur des parties dialogues réservées aux deux instrumentistes solistes relèvent du meilleur Mozart, élégant, fin et grave. Ainsi le compositeur renouvelle totalement le genre de la symphonie concertante, si appréciée à Paris dans l’esthétique galante, dont il réalise un avatar très abouti, d’une puissance et d’un raffinement orchestral inédits qu’il inscrit dans un contexte exclusivement germanique. PLAN. 3 mouvements : 1. Allegro maestoso – 2. Andantino – 3. Presto

Une petite musique de nuit / Eine kleine Nachtmusik
La partition de l’été 1787 est composée au moment où Mozart élabore le 2è acte de Don Giovanni. Elle serait née dans l’esprit de Mozart comme une nécessité intérieure, pour conjurer la terrible angoisse qui étreint l’âme du compositeur au printemps 1787 et particulièrement détectable dans les deux Quintettes à cordes K515 et k516. En 4 mouvements (Allegro – Romance : andante – Minuetto : Allegretto – Rondo : allegretto).

 

 

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PARIS, Collège des Bernardins
Mardi 10 février 2026, 20h

Mozart : Une petite musique de nuit
2 Symphonies concertantes
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Collège des Bernardins : https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-symphonies-concertantes

 

 

programme

Petite musique de nuit
Symphonie concertante pour 4 instruments
Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre

 

 

Infos et réservations de la saison Mozart
aux Bernardins :
https://www.collegedesbernardins.fr/art-et-culture/saison-mozart
‍
Plongez au cœur de la saison Mozart avec le Pass 5 concerts !
Plus d’infos : https://www.billetweb.fr/pro/passmozart

 

Crédit image : Augustin Frison-Roche, Papageno & Papagena, 2025

 

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CHEFS. L’Opéra de Paris confirme la nomination du chef Semyon Bychkov comme directeur musical dès le 1er août 2028

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Dans un communiqué daté de ce jour (mardi 6 janvier 2026), Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris, annonce la nomination de Semyon Bychkov au poste de directeur musical à compter du 1er août 2028, pour une durée de quatre saisons. Semyon Bychkov exercera les fonctions de directeur musical désigné à compter du 1er août 2026.

 

 

 

Découvrir la saison en cours de l’Opéra national de Paris : https://www.operadeparis.fr/

Photo : DR / Opéra national de Paris

 

 

 

Reconnu pour « sa maîtrise conjointe des répertoires symphonique et lyrique, et par l’attention qu’il porte au dialogue entre l’orchestre, les voix et la scène », Semyon Bychkov ouvre ainsi un nouveau chapitre du projet artistique d’ Alexander Neef, directeur de la Maison parisienne.
Avant sa prise de fonction pleine et entière en 2028, le 1er août 2026, Semyon Bychkov assumera, en tant que « directeur musical désigné », le suivi de la qualité artistique de l’Orchestre, des Chœurs et des chefs de chant ; il participera aussi à l’élaboration de la programmation et aux principaux concours de recrutements de musiciens.
Comme directeur musical, Semyon Bychkov dirigera 2 productions lyriques et 6 programmes de concerts symphoniques chaque saison, à Paris et en tournée.
Le chef russe né à Saint-Petersbourg, émigré au USA en 1975, qui vit en Europe depuis 1985, a déjà travaillé avec les équipes artistiques de l’Opéra de Paris. Il a même tissé depuis près de vingt ans, un lien étroit avec la Maison à travers des productions majeures dont : Un bal masqué (2007), Tristan et Isolde (2008), Elektra (2022), bientôt Eugène Onéguine (2026) —, la première tournée lyrique au Japon en 2008, ainsi que des projets symphoniques, tels que le concert consacré à Richard Strauss et à Dimitri Chostakovitch en 2009 et la participation au Festival Ravel avec un programme dédié à Antonín Dvořák en 2023.
Le nouveau directeur musical saura conjuguer symphonique et lyrique de manière équilibrée. « Son action s’inscrira dans le dialogue constant entre la scène et la fosse, fondé sur une exigence artistique partagée » précise Alexander Neef.
De son côté, Semyon Bychkov déclare : « le fondement de toute maison d’opéra réside dans l’excellence de son orchestre et de son chœur. À l’Opéra de Paris, le talent de chacune de ces formations leur confère une identité singulière, qui n’appartient qu’à elles. Dans un monde musical aujourd’hui largement uniformisé, cette singularité et cette fidélité à l’art constituent des valeurs précieuses à préserver. La culture, le patrimoine et le peuple français sont pour moi une source inépuisable d’inspiration : depuis plus de 35 ans, c’est en France que je me sens chez moi. »

 

BIOGRAPHIE
Né à Saint-Pétersbourg, Semyon Bychkov émigre aux États-Unis en 1975 et vit en Europe depuis le milieu des années 1980. De 1989 à 1998, il est directeur musical de l’Orchestre de Paris, puis principal chef invité de l’Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg (1990-1994), chef principal de l’Orchestre symphonique WDR de Cologne (1997-2010) et du Semperoper de Dresde (1998-2003). Chef d’orchestre et directeur musical du Philharmonique tchèque depuis 2018, Semyon Bychkov et l’Orchestre ont donné de nombreux concerts à Prague, mais ont également effectué de nombreuses tournées en Europe, en Asie et aux États-Unis.
L’année 2024, année de la musique tchèque, a été marquée par l’enregistrement de Má vlast de Bedřich Smetana et des Symphonies n° 7, 8 et 9 de Antonín Dvořák. Au printemps 2026, PENTATONE sortira le coffret des symphonies de Mahler enregistrées avec l’Orchestre au cours des huit dernières saisons.
Semyon Bychkov a été nommé Chef d’orchestre de l’année aux International Opera Awards en 2015 et par Musical America en 2022.

 

À la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, Semyon Bychkov a dirigé :

– Un bal masqué de Giuseppe Verdi, dans la mise en scène de Gilbert Deflo, en 2007 à l’Opéra Bastille.
– Tristan et Isolde de Richard Wagner, dans la mise en scène de Peter Sellars, en 2008 à l’Opéra Bastille et lors de la tournée lyrique au Japon.
– Le programme Métamorphoses de Richard Strauss et la Symphonie n°7 « Leningrad » de Dimitri Chostakovitch à l’Opéra Bastille en 2009.
– Elektra de Richard Strauss, dans la mise en scène de Robert Carsen, en 2022 à l’Opéra Bastille.
– Le concert consacré à Antonín Dvořák en 2023 lors du Festival Ravel à Saint-Jean de Luz, avec Carnaval, ouverture symphonique, Dans la Nature, ouverture symphonique, et la Symphonie n° 9 « Du Nouveau Monde ».

Lors de la saison 25/26 de l’Opéra national de Paris, Semyon Bychkov dirige Eugène Onéguine dans la mise en scène de Ralph Fiennes du 23 janvier au 15 février 2026 au Palais Garnier.

 

 

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