mercredi 14 octobre 2026
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ENTRETIEN avec Frédéric ROELS, directeur de l’Opéra Grand Avignon. Les événements du Bicentenaire : Le Décaméron, Le Chant de la Terre, Awen, Hafla!, Turandot, La Belle Hélène…

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En 1826, l’Opéra d’Avignon ouvrait ses portes… Frédéric Roels récapitule les événements qui célèbrent le Bicentenaire de la maison qu’il dirige : expositions, opéras, concerts, publications… un cycle anniversaire qui implique toutes les équipes de l’Opéra Grand Avignon. 2026 s’annonce ainsi prometteur, plusieurs nouvelles créations, au format original soulignent la créativité du Théâtre Avignonais : Décaméron, nouvel opéra du compositeur en résidence, Matteo Franceschini ; Le Chant de la Terre, nouveau spectacle mis en scène par Chloé Lechat… En 2026, s’achève aussi la coopération avec la cheffe Débora Waldman, tandis que le nouveau directeur de la Danse, Martin Harriague, présente ses nouvelles créations : après Promothée en décembre 2025, s’annonce « Awen » au printemps 2026… Et parmi les autres temps forts à venir, dans le registre lyrique, deux productions sont désormais incontournables : Turandot (mai 2026), puis La Périchole (juin 2026)…

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CLASSIQUENEWS : La saison 2025 -2026, comme la précédente, célèbre le Bicentenaire de l’Opéra Grand Avignon ; qu’est-ce qui singularise selon vous, l’histoire de la Maison avignonaise depuis sa fondation ?

FRÉDÉRIC ROELS : Depuis 200 ans, la ville qui est de taille assez moyenne, – moins de 92 000 habitants, a poursuivi sans discontinuité l’activité artistique de son opéra, assurant une offre à la fois théâtrale et musicale, fidélisant un public constant, et à certaines périodes, comptant la présence de grands interprètes. Il n’y a pas d’équivalent en France, s’agissant d’une ville de ce format.
La présence de Raymond Duffaut, qui a été lié pendant plusieurs décennies au Théâtre, comme directeur puis comme conseiller artistique, a marqué notre maison ; aussi en raison du partenariat avec les Chorégies d’Orange dont il a été également le directeur, œuvrant pour une synergie en particulier autour des répertoires italiens et français. Bon nombre de très grands chanteurs dont des stars internationales, sont alors venus à Avignon…

Les recherches menées en particulier sur les premières saisons font apparaître des habitudes dans la programmation qui semblent bien éloignées de nos pratiques actuelles : ainsi au début du XXème, il était habituel de présenter plusieurs ouvrages par jour, et plusieurs fois par semaine ; les spectateurs pouvant enchaîner un opéra suivi d’un second. Les effectifs étaient légers comptant entre 20 et 25 instrumentistes, associés à une troupe de chanteurs dont chaque artiste était reconduit la saison suivante selon ses performances à l’applaudimètre. Le genre du pastiche était aussi courant.
C’est pourquoi lors de la saison précédente, nous avons programmé « Les Folies amoureuses », opéra bouffon, dont l’histoire est recomposée à partir d’extraits empruntés à Rossini, Donizetti, Paer, Mozart, Weber. Castil-Blaze en réécrit un livret cohérent pour une action à part entière dont nous avons présenté une nouvelle version en février 2025, avec un regard contemporain qui entre autres, abordait la place des femmes.

Le prochain événement fait partie de notre cycle hors les murs, que nous avons pensé comme un éclatement de l’offre artistique dans la ville et sous une forme participative. Il s’agit d’un jeu-concours, une chasse au trésor qui prend appui sur l’histoire de notre Théâtre, un peu à la manière de la fameuse Chouette d’or. L’énigme est composée de deux livrets ; le premier a été dévoilé pour être élucidé depuis octobre dernier ; le second le sera début janvier 2026. La personne qui aura résolu l’énigme se verra attribuer son fauteuil à l’Opéra … pour les 200 prochaines années !

Parmi les prochains événements liés à la célébration des 200 ans de l’Opéra Grand Avignon :
– le marathon de la danse qui s’inspire d’un principe déjà proposé au début du XXè ;
l’opéra parade autour de Carmen (septembre 2026) ;
– l’exposition à la Maison Jean Vilar et à la Villa créative sur l’histoire de notre Opéra (octobre 2026) ;
– le concert de la Maîtrise populaire, projet d’accompagnement du chant choral développé dans les quartiers prioritaires de la ville, destiné aux enfants qui socialement et économiquement sont éloignés de l’opéra et des événements musicaux, à tous ceux pour lesquels la culture n’est pas immédiatement naturelle. Ce sont des quartiers hors des remparts. Le projet est mené depuis 4 ans, et c’est la 2è génération d’enfants ainsi sensibilisés. Nous travaillons avec deux classes primaires qui réaliseront un concert de restitution en juin 2026.
– Deux publications complètent ce programme. L’une qui prolonge le colloque universitaire qui s’est tenu en 2024 et 2025, dédié à l’histoire du bâtiment et du répertoire, dont les actes sont publiés en mars 2026. L’autre est une édition grand public sur l’histoire du l’Opéra d’Avignon par Julie Deramond et qui paraîtra en septembre 2026.

 

CLASSIQUENEWS : La forme des spectacles ne cesse d’évoluer sensiblement depuis l’après covid. Quels sont les prochains événements dans ce sens ?

FRÉDÉRIC ROELS : Deux se détachent particulièrement :
le premier est une création mondiale d’après le DÉCAMÉRON de BOCCACE. C’est une commande que nous avons passée au compositeur en résidence MATTEO FRANCESCHINI. S’il existe de nombreuses adaptations du texte de Boccace au cinéma, au théâtre et même sous la forme d’une série récente sur Netflix, la scène lyrique ne s’était pas encore emparée du sujet. La trame originelle regroupe 10 individus qui s’isolent pour échapper à la peste à Florence, cela dans une villa, hors de la cité florentine, loin du virus et aussi pour refaire le monde… Le thème nous est proche par ce qu’il fait écho à la récente pandémie qui a terrassé le monde entier. Matteo Franceschini reprend la trame de Boccace ; il en déduit son propre récit ; il imagine sur la scène 10 artistes, sans orchestre ; tous sont musiciens, chanteurs, comédiens. La musique sera produite au plateau, traitée aussi simultanément par l’électronique. Ce nouvel opéra revêt donc une forme spécifique ; le livret a été écrit avec les interprètes ; il ne leur a pas été imposé : le langage de Matteo Francceschini est en partie polyphonique, et fait référence de manière discrète à des périodes diverses de l’histoire de la musique. Nous présentons l’opéra en mars 2026 ; il sera repris à l’Ircam à Paris en juin suivant. Du 7 au 8 mars 2026 – infos et réservations : https://www.operagrandavignon.fr/decameron

 

Le second spectacle qui est aussi un format original est LE CHANT DE LA TERRE de Gustav Mahler, dans la version de Schoenberg. Nous en proposons une version scénique conçue par Chloé Lechat, avec l’ensemble Miroirs Étendus. Il s’agit d’une version chambriste pour 14 instrumentistes. La metteure en scène aborde allusivement la perte d’un enfant, le deuil de ses parents, ce qui fut le cas de Mahler au moment où il compose son œuvre. Chloé Lechat questionne à travers l’expérience de la perte, ce qui peut être transmis d’un passé perdu ; son regard poétique s’enrichit aussi de la participation de notre ballet. C’est la 2è saison à laquelle participe Chloé Lechat ; son geste est militant et parfois radical, toujours juste, abordant la place de la femme, des homosexuels, … avec une sensibilité et une force poétique qui n’écartent jamais l’esthétisme. Cet équilibre me semble toujours très intéressant. Les 28 et 29 mars 2026 – Infos et réservations : https://www.operagrandavignon.fr/le-chant-de-la-terre-0

 

CLASSIQUENEWS : C’est la dernière saison avec la cheffe Débora Waldman. Quel regard portez-vous sur votre collaboration ?

FRÉDÉRIC ROELS : Je peux apporter mon témoignage comme un partenaire artistique car nous avons travaillé avec Débora sur Don Giovanni dont j’ai conçu la mise en scène, spectacle présenté en ouverture de cette saison. Débora a une approche collégiale ; nous avons partagé une réelle complicité artistique dans la réalisation de cette production. C’est une musicienne qui travaille énormément en amont ; elle veille à mener une préparation préalable complète et au moment du travail, sait écouter les propositions, agir dans le sens d’une construction collective.
C’est aussi une grande humaniste pour laquelle la musique est porteuse de valeurs humaines, dont le message est fédérateur et contribue à la paix intérieure. Je pense que Débora aura apporté beaucoup de cela à l’Orchestre national Avignon Provence qui est notre orchestre en fosse ; elle a élargit le répertoire, l’ouvrant à de nouvelles écritures comme celle des très nombreuses compositrices, qu’elle n’a cessé de réhabiliter. Enfin, s’agissant de Mozart, compositeur qu’elle défend et joue depuis ses débuts, son geste qui en propose une compréhension philosophique, qui en déduit une architecture qui questionne l’humain, me parait spécifique et toujours juste.

 

CLASSIQUENEWS : Depuis 2024, l’Opéra Grand Avignon compte un nouveau directeur de la danse : Martin Harriague. Pouvez-vous évoquer son travail et les prochains rendez-vous chorégraphiques ?

FRÉDÉRIC ROELS : L’écriture chorégraphique de Martin Harriague est géniale, à la fois virtuose et très personnelle ; sa danse est très physique, très écrite. Après la création d’  « America » la saison passée, nous présentons cette saison 2 créations, qui rassemblent les forces artistiques permanentes : l’orchestre pour la 1ère, le chœur pour la 2ème.
La première PROMÉTHÉE reprend la seule partition pour ballet qu’a écrit Beethoven (« Les créatures de Promotéhe ») augmentée par une nouvelle musique composée par Fabien Cali. L’Orchestre national Avignon Provence joue sur la scène aux côtés des danseurs (les 12 et 13 déc 2025). INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/promethee

La seconde « AWEN » présentée en mai 2026 (22-24 mai 2026), est une pièce chorale, sur la musique d’Eric Whitacre (pour 2 instruments) « The Sacred Veil », d’inspiration néo médiévale, dans le sillage d’Arvo Pärt. Cette création est présentée dans l’écrin magique de la Grande Chapelle du Palais des Papes ; c’est aussi une expérience immersive car la jauge est limitée en raison du lieu patrimonial (300 places) : les spectateurs sont placés de part et d’autres des interprètes (danseurs, chœur, instrumentistes).
INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/awen

Martin Harriague a le souci d’apporter l’art et la danse partout sur le territoire, en particulier auprès des populations qui en sont éloignées. Le projet « HAFLA ! » qui signifie « fête », imagine de petites formes mobiles d’une durée de 15 mn qui sont réalisées dans l’espace public, dans les collèges, les lycées… ; l’idée est de danser parmi les gens, pour transmettre, partager, fédérer dans des lieux qui n’accueillent pas habituellement le spectacle. La première session est en cours de réalisation ; elle est écrite pour 12 danseurs et sera dévoilée courant 2026.

 

 

PRODUCTIONS LYRIQUES A VENIR

 

CLASSIQUENEWS : Parmi les nombreux temps forts de la saison 2025-2026, quels seraient les deux grands spectacles à ne pas manquer qui s’annoncent en 2026 ?

 

 

TURANDOT (15, 17, 19 mai 2026)
Nous poursuivons notre cycle Puccini, en proposant l’un de ses opéras chaque saison. Voici assurément le dernier temps fort de la série. La mise en scène est réalisée par Paco Azorín qui a présenté à l’Opéra, Samson et Dalila. Son travail a une vocation sociale, il intègre des amateurs et des personnes qui n’ont rien à voir avec le monde de l’opéra ; ils sont présents sur la scène comme figurants. Le spectacle a été créé à Macerata ; il propose une version originale c’est à dire sans final, puisque Puccini est mort avant d’avoir achevé son ouvrage. L’orchestre s’arrête donc là où Puccini a cessé de composer, avec l’air de Liù. Pour les représentations avignonnaise, c’est Catherine Hunold qui relève le défi du rôle principal.
INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/turandot

 

 

LA BELLE HÉLENE (12, 14 juin 2026)
Le spectacle est léger dans tous les sens du terme : son ambiance est joyeuse (l’action déplacée à la Cour d’Angleterre est mise en scène par Chloé Dufresne) et la forme est celle de la production d’Opéra éclaté d’Olivier Desbordes, conçue dans un format réduit avec quelques musiciens, mais que nous reprenons cette fois avec l’orchestre complet et le chœur. Les spectateurs avignonnais pourront retrouver certains chanteurs comme Raphaël Jardin (dans le rôle de Parîs) et Julie Robard-Gendre dans le rôle-titre.
INFOS : https://www.operagrandavignon.fr/la-belle-helene

 

propos recueillis en décembre 2025
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présentation de la nouvelle saison 2025 – 2026

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison 2025 – 2026 de l’Opéra Grand Avignon, « Mythes ». L’Orfeo, Décaméron, Turandot, Falstaff, La Belle Hélène, Armide… | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/avignon-grand-opera-nouvelle-saison-2025-2026-a-avignon-et-a-vedene-orfeo-decameron-turandot-falstaff-la-belle-helene-armide/

Pour sa nouvelle saison 2025 – 2026, celle de ses 200 ans (!), l’Opéra Grand Avignon plonge dans l’étoffe fascinante des Mythes fondateurs, un imaginaire commun, exaltant et structurant, « dont les racines fondent notre culture. Ce qui est mythique n’est pas réel, par définition. Mais notre réalité est pétrie de tous ces récits qui nous traversent, cimentent même notre inconscient, comme l’a démontré Carl Gustav Jung. Voilà donc ce que nous vous proposons tout au long de la saison : un bain dans ces mythes divers qui font sens dans l’idée du vivre ensemble, dans la communauté humaine », précise Frédéric Roels, directeur de l’Opéra Grand Avignon.

 

OPERA GRAND AVIGNON, nouvelle saison 2025 – 2026. L’Orfeo, Décaméron, Turandot, Falstaff, La Belle Hélène, Armide…

 

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des programmes et des distributions, les artistes invités, … sur le site de l’Opéra Grand Avignon, saison 2025 – 2026 : https://www.operagrandavignon.fr/

 

 

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CRITIQUE, danse. NICE, Théâtre de l’Opéra (du 17 au 31 décembre 2025). TCHAÏKOVSKI : « Casse-Noisette ». Orchestre Philharmonique de Nice, Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur, Benjamin MILLEPIED (chorégraphie)

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À l’Opéra Nice Côte d’Azur, le ballet féerique imaginé par Benjamin Millepied connaît un vif succès auprès du public, offrant une relecture éclatante du chef-d’œuvre intemporel qu’est Casse-Noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovsky. Cet événement marque le grand retour de l’œuvre sur cette scène après de longues années, dans une version qui associe la tradition du ballet à une vision audacieuse et résolument contemporaine.

 

En effet, pour ce « Casse-Noisette », Benjamin Millepied revisite sa propre création, présentée pour la première fois il y a deux décennies au Grand-Théâtre de Genève. Fort de son parcours et d’un langage chorégraphique affirmé, il propose une interprétation qui transcende le simple conte de fées. Sa chorégraphie, tout en respectant le vocabulaire académique, s’en affranchit avec une liberté imaginative remarquable, mettant particulièrement l’accent sur la musicalité et le rythme de la partition de Tchaïkovski.

L’univers visuel, confié au célèbre peintre Paul Cox, joue un rôle central dans cette réinvention. Ses décors et costumes, empreints de poésie et d’une fantaisie qui rappelle l’innocence de l’enfance, plongent le spectateur dans un rêve éveillé, à la fois magique et graphique. La mise en lumière de Lucy Carter achève de sculpter cet onirisme, faisant de chaque tableau une peinture vivante.

 

 

Le spectacle est porté par la prestation en « live” de l’Orchestre Philharmonique de Nice, dirigé par Daniel Gil, qui rend avec brio toute la richesse et la puissance évocatrice de la musique de Tchaïkovski. Le Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur (accompagné à certains moments par les voix du Chœur d’enfants) est au cœur du succès de cette production, incarnant avec fraîcheur et virtuosité la vision renouvelée de Benjamin Millepied. La compagnie, composée de 22 danseurs pour ce spectacle, fait preuve d’une jeunesse, d’une souplesse et d’un enthousiasme qui contribuent grandement à la magie de l’ensemble. Composée de talents variés, la troupe fait preuve d’une remarquable virtuosité technique et d’une grande capacité d’adaptation, passant avec aisance du langage académique le plus pur à une gestuelle plus contemporaine et onirique. 

Cette création est conçue comme un moment de partage accessible à tous, des plus jeunes spectateurs aux passionnés de danse. D’une durée de deux heures avec entracte, elle captive par son récit intemporel – le rêve de Clara et la transformation du Casse-Noisette en prince – tout en le rendant éminemment actuel. Pour ceux qui souhaitent vivre cette expérience, le spectacle est à l’affiche de l’Opéra Nice Côte d’Azur jusqu’au 31 décembre 2025. La programmation est dense, avec des représentations en après-midi et en soirée, y compris les 24 et 25 décembre en fin d’après-midi, offrant ainsi une magnifique idée de sortie pour les fêtes.

A noter qu’après son triomphe niçois, cette production voyagera, et elle sera notamment présentée à Paris, à La Seine Musicale, du 7 au 11 janvier 2026, puis à Rabat fin janvier, prouvant ainsi l’envergure et l’attrait de cette création !

 

 

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CRITIQUE, danse. NICE, Théâtre de l’Opéra (du 17 au 31 décembre 2025). TCHAÏKOVSKI : « Casse-Noisette ». Orchestre Philharmonique de Nice, Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur, Benjamin Millepied (chorégraphies). Crédit photographique (c) M. Fanet – Opéra de Nice

 

 

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CRITIQUE, opéra-bouffe. PARIS, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, le 17 décembre 2025. HERVÉ : Le Petit Faust. C. Mesrine, A. Merlin, M. Ortscheidt… Sol Espeche / Sammy El Ghadab

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Après Coup de Roulis de Messager en 2023, les Frivolités parisiennes s’associent une nouvelle fois avec la metteure en scène Sol Espeche pour une opérette plus ancienne parodiant le chef d’oeuvre lyrique de Gounod, avec Le Petit Faust. Elle nous livre ici une version loufoque qui nous plonge dans l’univers ringard des jeux télévisés des années 80-90.

 

Le Petit Faust d’Hervé est une œuvre légère dont la musique est plaisante et sans complexité avec des références plus ou moins discrètes à la musique de Gounod, par exemple avec l’ouverture-valse, la ballade du roi de Thuné (et non Thulé…) ou encore plus subtilement pour le chœur du troisième acte dans le même esprit que le chœur du troisième acte de Gounod. Les références à l’œuvre originale sont également présentes dans le livret qui les tourne évidemment en dérision. Marguerite dans sa valse d’entrée n’est plus une jeune fille pure mais une spécialiste du libertinage, et la mort de Valentin est tout à fait agréable et polie. Dans ce spectacle, le livret – y compris parlé – est presque entièrement repris, mais augmenté d’une quantité considérable de textes modernes qui malheureusement ne peut pas se confondre avec le texte original. Les acteurs semblent contraints de dire le texte original dont la saveur comique n’est pas toujours goûtée. La metteure en scène n’ayant visiblement pas trouvé d’intérêt aux ressorts comique de Crémieux et Jaime (les librettistes), elle a inventé sa propre histoire, son propre contexte et ses propres blagues. Malheureusement le décalage entre les deux est trop grand et le texte original, tant parlé que chanté, arrive souvent comme un cheveu sur la soupe. Cela donne au spectacle un caractère décousu et fait tomber le soufflé de l’humour lié à la parodie. La parodie est chose difficile, d’autant plus avec une œuvre ancienne dont le public a perdu les codes. Sol Espeche fait ici la louable tentative de parodier quelque chose de plus proche de nous, les jeux télévisés, dans le but de rendre à la parodie son but et sa force.

Charles Mesrine interprète un Faust idiot et simple. Un personnage touchant qui au fond n’a que faire des jeux de Méphisto n’ayant de penchant que pour la mélancolie. Parfaitement intelligible quand il chante, il est un moins bon acteur lorsqu’il parle, défaut commun à la grande majorité des chanteurs de notre temps. Anaïs Merlin est une Marguerite dévergondée et garçonne, mal à l’aise dans sa grande robe de mariée. Elle est vocalement moins convaincante que dans d’autres répertoires apparemment plus exigeants mais encore une fois, la parodie est difficile. Mathilde Ortscheidt est une excellente actrice, aux allures de Liza Minnelli. Mephisto mène les différents jeux avec cynisme et détachement ; au début du spectacle, Philippe Brocard est caché parmi les spectateurs et se scandalise de la nullité du spectacle avant de se lever et de monter sur scène pour frapper Faust à qui il présente finalement sa petite sœur Marguerite. Il est sûrement l’un des meilleurs chanteurs de la production notamment quant à la projection pour passer l’orchestre. Doublé d’excellentes qualités d’acteur, il est parfaitement adapté au rôle du grand gaillard. Patrick Lepion, originellement dans le livret, un pion (rôle parlé) est interprété par Maxime Le Gall qui campe un chauffeur de salle absolument insupportable. Enfin, le chœur composé de Céleste Lejeune, Camille Brault, Louise Pingeot, Lucile Komitès, Guillaume Beaudoin, Mathieu Septier, Max Latarjet, Célian d’Auvigny, et Charles Fraisse rassemble des solistes très doués pour leurs interventions solistes mais peu adapté aux chœurs.

Les Frivolités Parisiennes sous la direction de l’excellent Sammy El Ghadab sont comme toujours pétillantes de vie, connaissant sur le bout des doigts les répertoires légers. Sammy El Ghadab est une véritable chef d’opéra aussi attentif à son plateau qu’à l’orchestre.

 

 

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CRITIQUE, Opéra-bouffe. PARIS, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, le 17 décembre 2025. HERVÉ : Le petit Faust. C. Mesrine, A. Merlin, M. Ortscheidt… Sol Espeche / Sammy El Ghadab. Crédit photographique  © Christophe Raynaud de Lage

 

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OPÉRA DE MASSY. Sam. 10 et dim. 11 janvier 2026. « Anatomy of love » : Trouble in Tahiti / Arias and Barcarolles. Elsa Rooke / David Stern

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Trouble in Tahiti (1952) est un « mini-opéra » de Leonard Bernstein qui dévoile la solitude et la fragilité d’un couple face à la banalité du quotidien ; quelle résilience a l’amour confronté à l’usure de la routine ? Le chef David Stern et la metteur en scène Elsa Rooke choisissent d’y ajouter un autre bijou du répertoire vocal : le cycle de mélodies « Arias and Barcarolles » qui offrent une vision plus tendre de la vie de couple. Bernstein y explore des textes poétiques et intimes, créant une atmosphère envoûtante et mélancolique.

 

 

 

Après le stimulant spectacle précédent, dans la même veine « comédie musicale », « COMPANY » de Sondheim, présenté in loco en mars 2025 (LIRE notre critique
https://www.classiquenews.com/critique-comedie-musicale-opera-de-massy-les-8-et-9-mars-2025-stephen-sondheim-company-gaetan-borg-jasmine-roy-jeanne-jerosme-neima-naouri-orchestre-national-dile-de-fran/) le programme à l’affiche de l’Opéra de Massy célèbre le génie musical de Leonard Bernstein à travers deux œuvres emblématiques. « Trouble in Tahiti » (1952), opéra en un acte, dans ses rythmes allègres, comme exaltés, plonge dans l’Amérique des années 50 et explore les thèmes de la vie conjugale, des rêves brisés, des illusions perdues. La partition de Bernstein, virtuose des métissages, combine jazz, blues et musique classique.

Bernstein nous offre une œuvre à la fois poignante et satirique car toujours chez lui, la pure poésie et la tendresse humaniste n’écarte ni verve parodique ni charge cynique. Plus que jamais la musique et le format lyrique expriment le désarroi tout en envisageant un monde autre, forcément meilleur qui pourrait être, au lieu d’être inatteignable et chimérique. Pour donner vie et nerf au drame, comme au cycle des songs qui suivent, David Stern dirige l’Orchestre d’Île de France, ainsi qu’une distribution de jeunes chanteurs dont plusieurs ex membres d’Opera Fuoco, comme la mezzo-soprano Natalie Perez.

 

 

 

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BERNSTEIN : TAHITI IN TROUBLE
2 représentations
Samedi 10 janvier 2026, – 20h
Dimanche 11 janvier –2026, 16h
Durée : 1h15

INFOS & RÉSERVATIONS :
https://www.opera-massy.com/fr/leonard-bernstein.html?cmp_id=77&news_id=1182&vID=61

 

distribution
Direction musicale : David Stern
Mise en espace : Elsa Rooke
Solistes de l’Atelier Lyrique Opera Fuoco

Elle : Natalie Perez
Lui : Kevin Arboleda
Trio : Cécile Madelin, Lucas Pauchet, Max Latarjet

Orchestre National d’Île-de-France

 

 

VIDÉO présentation en 3 mn


Dans cette vidéo, Max Dozolme présente Trouble in Tahiti de Bernstein en 3 minutes Max ! Au programme : Leonard Bernstein Trouble in Tahiti, Arias and Barcarolles ⭐direction David Stern mise en scène Elsa Rooke Co-production Opéra Fuoco, Opéra de Massy et Orchestre national d’Île-de-France.

 

Aller plus loin
↦ Conférence
Sam. 10 janvier à 18h30 (Gratuit sur inscription)

 

 

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LIRE aussi notre CRITIQUE, comédie musicale. Opéra de Massy, les 8 et 9 mars 2025. Stephen Sondheim : COMPANY. Gaétan Borg, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme, Neïma Naouri, … Orchestre National d’Île-de-France. Larry Blank, direction / James Bonas, mise en scène

CRITIQUE, comédie musicale. Opéra de Massy, les 8 et 9 mars 2025. Stephen Sondheim : COMPANY. Gaétan Borg, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme, Neïma Naouri, … Orchestre National d’Île-de-France. Larry Blank, direction / James Bonas,mise en scène

 

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CRITIQUE, opéra. LIEGE, Opéra royal de Wallonie, le 19 décembre 2025. STRAUSS : Die Fledermaus. M. Werba, A-C. Gillet, E. Kamani, S. Namotte, C. Bock… Nikolas Nägele / Olivier Lepelletier-Leeds

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Les mélodies et les danses lumineuses de La Chauve-Souris de Johann Strauss font leur retour à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une nouvelle production très attendue : la transposition dans l’univers délicieusement superficiel du Los Angeles des années 1980 fait mouche, en un feu d’artifice d’énergie burlesque et sans prétention, idéal pour débuter les fêtes de fin d’années.

 

Absent de l’Opéra de Liège depuis plus de quinze ans, le chef d’oeuvre lyrique de Johann Strauss II (1825-1899) revient dans une version interprétée intégralement en allemand, tant pour le chant que pour les dialogues. Ces derniers ont été revus par le metteur en scène français Olivier Lepelletier-Leeds (né en 1970), qui les a raccourcis et modernisés, tout en réintroduisant certains éléments de la pièce originale, due au couple à succès Meilhac / Halevy. A l’instar de son contemporain Offenbach, les livrets de Strauss sont souvent réadaptés au goût du jour, comme on avait pu le découvrir dans une excellente production récente, à Rennes.

A Liège, Olivier Lepelletier-Leeds s’inspire de son enfance pour multiplier les clins d’oeil aux années 1980, entre décor monumental proche de la série télévisée Palace, costumes et coiffures extravagants tirés de séries américaines emblématiques (Dallas et Dynastie en tête) ou extraits de tubes de la musique pop, souvent issus de stars à la sexualité ambiguë (Georges Michael ou Freddy Mercury). L’ambiance glamour et kitsch, caractéristique de cette époque d’insouciance joyeuse, irrigue tout le premier acte, notamment lors de courtes chorégraphies volontairement caricaturales offertes aux danseurs, entre rondes de paniers de fleurs ou de plats gargantuesques. Après l’entracte, la reconstitution de cette période perd en précision ce qu’elle gagne en fantaisie débridée, en nous embarquant dans un bal masqué aux allures plus intemporelles.

 

 

La bonne humeur doit beaucoup au brio toujours étourdissant des danseurs, très sollicités, tandis que le goût pour les frou-frou, paillettes et boule à facettes rappelle qu’Olivier Lepelletier-Leeds n’est pas régisseur du Moulin Rouge pour rien. Au-delà de l’effervescence visuelle, ce travail sait aussi donner davantage de consistance aux personnages secondaires, plus libres d’afficher leurs préférences sexuelles ou de bousculer les codes de genre, grâce aux artifices du travestissement. Même s’ils manquent parfois de finesse, de nombreux gags parcourent aussi tout l’ouvrage, sans temps mort, avec l’appui lunaire du drag queen américain Jordan Weatherston Pitts, alias « Créatine Price ». L’ancien finaliste de l’émission télévisée « La France a un incroyable talent » n’en fait jamais trop dans son double rôle comique, tout en montrant une solide technique vocale, acquise lors de sa carrière auprès de grandes institutions, tel que le New York City Opera.

A ses côtés, Anne-Catherine Gillet (Rosalinde) ravit une nouvelle fois par ses phrasés d’une suprême élégance, au service d’une caractérisation toujours juste. On ne peut malheureusement pas en dire autant du sonore Markus Werba (Gabriel), qui surjoue son rôle de mari affriolé par la chair fraîche, à l’instar de Filip Filipović (Alfred), lui aussi trop débraillé pour convaincre, surtout au I. L’énergie du II voit ces quelques réserves nous entraîner dans l’ivresse sonore attendue, du fait de l’interprétation toute de classe de Christina Bock (Prinz Orlofsky), parfaite en maître de cérémonie. On aime aussi la prestation aussi agile qu’aérienne d’Enkeleda Kamani (Adele), qui fait valoir un très beau timbre. Enfin, Samuel Namotte (Frank) complète cette distribution avec bonheur, à l’instar du Chœur de l’Opéra royal de Wallonie, bien préparé pour l’occasion.

Même s’il a parfois tendance à couvrir le plateau, le chef allemand Nikolas Nägele (né en 1987) s’empare quant à lui de la musique de Strauss avec une vigueur communicative, à même de faire vivre ses vifs tempi d’une vitalité sans nuages.

 


 

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CRITIQUE, opéra. LIEGE, Opéra royal de Wallonie, le 19 décembre 2025. STRAUSS : Die Fledermaus. Markus Werba (Gabriel von Eisenstein), Anne-Catherine Gillet (Rosalinde), Enkeleda Kamani (Adele), Samuel Namotte (Frank), Christina Bock (Prinz Orlofsky), Filip Filipović (Alfred), Pierre Doyen (Dr. Falke), Maxime Melnik (Dr. Blind), Marion Bauwens (Ida), Créatine Price (Ivan, Frosch), Orchestre et Chœurs de l’Opéra royal de Wallonie-Liège, Nikolas Nägele (direction musicale) / Olivier Lepelletier-Leeds (mise en scène). A l’affiche de l’Opéra royal de Wallonie à Liège, jusqu’au 31 décembre 2025. Photo (c) ORW Liège / J. Berger

 

 

 

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ENTRETIEN avec le chef et compositeur Patrick AYRTON, à propos de son programme « Astrophil & Stella » (concerts et cd)

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LE BAROQUE RÉINVENTÉ… Le claveciniste et chef britannique Patrick Ayrton parle le baroque comme sa langue natale. A force de jouer les partitions de Monteverdi, Purcell, Haendel, Bach, Vivaldi, le musicien en connaît les clés secrètes, la syntaxe moléculaire essentielle dont il aime à présent déduire ses propres airs et pièces instrumentales. D’autant plus qu’il met en musique les plus grands poètes des XVIIème et XVIIIème, ceux-là même qui ont été mis en musique par les plus grands compositeurs baroques… Pastiches, transcriptions récréatives, réinventions… tissent de nouvelles alliances harmoniques et mélodiques. En témoigne le programme de son disque intitulé : « Astrophil & Stella » (paru en oct. 2025)… y paraissent les figures de la fable fantastique et amoureuse une nouvelle sensibilité qui ressuscite le pur esprit de Shakespeare auquel le facétieux compositeur ajoute des tournures plus récentes à la Bob Dylan…
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Photo : Patrick Ayrton DR

 

 

CLASSIQUENEWS : Dans l’acte de réécriture et de composition que vous réalisez, sur quels éléments de la musique élisabéthaine / baroque / purcellienne, quelles combinaisons d’instruments, vous êtes-vous appuyé ? 

Patrick AYRTON : Pendant plus de trente ans, je me suis suis intéressé de près, au niveau quasi moléculaire, pourrais-je dire, aux ingrédients qui constituent la musique du 17e et 18e : tournures harmoniques, procédés contrapuntiques, formes, structures, ornementation, instrumentation, etc. Comme un cuisiner voulant faire une vieille recette, j’ai tout simplement souhaité expérimenter avec ces mêmes outils”.

 

CLASSIQUENEWS : Où se trouve la part d’invention en tant que compositeur contemporain ? Y a-t-il une combinaison instrumentale qui « fonctionne » particulièrement bien avec la voix ? Laquelle ? Un exemple ?

Patrick AYRTON : Je ne peux pas dire avoir inventé quoi que ce soit ! Peut-être réinventé. La création artistique est ainsi, selon moi. Pour reprendre l’image du cuisinier, les bonnes vieilles recettes survivent au temps, il faut les appliquer, certes en rajoutant une touche personnelle, comme le ferait tout chef qui se respecte. Dans le cas d’Astrophil & Stella, ce sont peut-être quelques tournures inspirées par le rock progressif des années 70, la période de mon adolescence, qui se sont glissées dans ma musique, mais à très faible dose. Quand à la voix, elle a cela de miraculeux, qu’elle se marie avec tout. When the bee sucks, pour soprano et continuo, marche selon moi tout aussi bien que Witches’ Song, où l’accompagnement est beaucoup plus orchestral et foisonnant.

 

CLASSIQUENEWS : Quels seraient les airs et les textes les plus représentatifs de votre travail de « réécriture créatrice »? 

Patrick AYRTON : Ce sont les textes des poètes moins connus qui, à mon avis, émergent dans ce projet, tels que John Lyly, Ben Johnson ou Phillip Sidney. Ils sont d’une fraîcheur inouïe. On dirait parfois du Bob Dylan, ou Cat Stevens, ou même certains textes des Beatles.

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les sujets poétiques, littéraires qui vous touchent et vous inspirent parmi les poèmes sélectionnés ? 

Patrick AYRTON : Les principaux thèmes poétiques sont la nuit, le rêve, le féerique (Fairy Revels, Fairy Land, When the Bee sucks), mais aussi l’humain, le terrestre, le charnel, comme dans Oh for a Bowl of Fat Canary, très rabelaisien, ou Syrinx, sensuel et voluptueux.

 

CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous citer 2 pièces les plus réussies dans la fusion idéale texte et écriture instrumentale ? Et pour quelles raisons cette entente est-elle si réussie ?

Patrick AYRTON : Difficile pour moi de juger de ce qui est réussi dans ma musique ! Encore une fois, j’ai suivi les recettes de ces temps-là : dans la période baroque la réthorique jouait un rôle immense en musique, on “peignait” avec les mots, les figures et tournures avaient vocation d’être descriptives. Par exemple, si l’on voulait illustrer le contraste entre “le haut” et “le bas”, on écrivait tout simplement une note haute et une note basse, respectivement, et si le mot “guerre” apparaissait, alors on utilisait une rythme “guerrier”, répétitif, saccadé, lancinant…C’est ce que j’ai tenté de faire dans Come, Sleep.

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote, un souvenir lié à l’enregistrement de l’album Astrophil & Stella ?

Patrick AYRTON : Une des musiciennes du disque me dit dans un pause : “C’est formidable d’avoir un compositeur baroque si bien conservé en face de soi !”.

 

Propos recueillis en déc. 2025

 

 

 

 

 

CRITIQUE, concert. PARIS, Temple du Foyer de l’Âme, le 22 octobre 2025. Patrick AYRTON : « Astrophil & Stella » (musiques dans le style des XVIIè et XVIIIè, d’après Shakespeare, Lyly, Jonson, Sydney…)
https://www.classiquenews.com/critique-concert-paris-le-22-octobre-2025-patrick-ayrton-astrophil-stella-musiques-dans-le-style-des-xviie-et-xviiie-dapres-shakespeare-lyly-jonson-sydney/

 

LIRE aussi notre annonce du concert de Patrick AYRTON : « Astrophil & Stella » (musiques dans le style des XVIIè et XVIIIè, d’après Shakespeare, Lyly, Jonson, Sydney…) : https://www.classiquenews.com/paris-temple-du-foyer-de-lame-le-22-oct-2025-patrick-ayrton-astrophil-stella-poesie-elisabethaine-heritage-purcellien-et-reecriture-baroque/

 

 

PARIS, Temple du foyer de l’âme, jeudi 22 oct 2025. Patrick AYRTON : «  Astrophil & Stella ». Poésie Élisabéthaine, héritage purcellien… et réécriture baroque

 

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CRITIQUE, concert. PORTO, Casa da Musica, le 19 décembre 2025. CONCERT DE NOËL. Orchestre Symphonique de Porto « Casa da Musica », Raquel Couto (narratrice), Lio Kuokman (direction)

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Comme toutes les maisons et phalanges symphoniques européennes chaque fin décembre, la Casa da Musica de Porto à sacrifié à l’esprit des fêtes, et offerr au public portuan son « Concert de Noël » (« Petiços de Natal »). L’Orchestre Symphonique de Porto « Casa da Musica« , réuni en grande formation, a offert sous la direction énergique et passionnée du jeune et talentueux chef hong-kongais, Lio Kuokman, un programme festif qui a fait palpiter les cœurs, petits et grands.

 

Dès l’entrée dans la salle, l’ambiance était à la féerie : un magnifique sapin de Noël, paré de ses plus beaux atours, veillait à coté d’un fauteuil capitonné. C’est là que prit place une Narratrice, Raquel Couto, conteuse des soirées d’hiver qui, dans la douce langue de Camões, a guidé l’assemblée avec poésie à travers les paysages musicaux proposés. Sa voix, chaude et familière, a su instiller cette promesse de merveilleux si chère à la saison.

Le voyage a commencé par un éclat russe avec la Polonaise extrait de l’opéra « La Nuit de Noël » de Nikolaï Rimski-Korsakov. Dès les premières notes, l’orchestre a déployé une somptueuse tapisserie sonore, alliant noblesse du thème et vivacité rythmique. Le Maestro Lio Kuokman a insufflé à cette danse de cour une majesté et une joie pétillante, plantant avec brio le décor d’une nuit où tout peut arriver. Puis, comme par magie, nous avons été transportés dans le monde des songes et des friandises avec la Suite n°1 de « Casse-Noisette »de Piotr Ilitch Tchaïkovski. L’orchestre a déployé toutes les couleurs de sa palette : la délicatesse cristalline de la « Danse de la Fée Dragée » a fait soupirer d’émerveillement, la tendresse de la « Valse des Fleurs » a enveloppé l’auditoire, et l’énergie irrésistible du « Trépak » et de la « Marche » a fait battre les cœurs au rythme des pas de danse. Chaque pupitre a brillé, restituant avec amour la pure poésie enfantine et l’élégance intemporelle de cette partition incontournable des fêtes.

Enfin, la baguette du maestro a opéré un sortilège particulier pour la dernière partie, dédiée à la musique de John Williams avec des extraits de « Harry Potter et la Pierre philosophale ». Dès les premières mesures de « Hedwig’s Theme », une vague d’émotion et de reconnaissance a parcouru la salle. L’Orchestre Symphonique de Porto a magistralement capturé l’essence de ce score iconique, alliant la puissance épique des cuivras, la mystérieuse beauté des célesta et harpes, et les thèmes mélodiques inoubliables. C’était une invitation à embarquer à bord du Poudlard Express, une évocation magistrale de l’émerveillement, de l’amitié et de l’aventure qui résonne si profondément avec l’esprit de Noël.

L’atmosphère, tout au long de la soirée, fut d’une grande chaleur et allégresse. La présence de nombreux enfants, aux yeux brillants de curiosité et d’émerveillement, a ajouté une touche de pureté et de joie spontanée au concert. Entre chaque pièce, les mots de la Narratrice, tels des guirlandes lumineuses, ont tissé un lien précieux entre la musique et le public !

 

 

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CRITIQUE, concert. PORTO, Casa da Musica, le 19 décembre 2025. CONCERT DE NOËL. Orchestre Symphonique de Porto « Casa da Musica », Raquel Couto (narratrice), Lio Kuokman (direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE, concert. LYON, Auditorium Maurice Ravel, le 18 décembre 2025. CHAUSSON, STRAVINSKY. Siobhan Stagg (soprano), Orchestre national de Lyon, Nikolaj Szeps-Znaider [direction]

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À la tête de l’Orchestre national de Lyon, – dont il est devenu le 7ème directeur musical en 2020 -, le maestro Nikolaj Szeps-Znaider immerge dès les premières mesures du Poème d’Ernest Chausson, dans un océan de sentiments mêlés ; la houle que l’Orchestre déploie déborde en couleurs émotionnelles de plus en plus intimes et puissantes, à la fois tendres et sauvages pour reprendre le texte de Maurice Bouchor [lequel relève d’un sentimentalisme à la fois symboliste et impressionniste]…  Dommage que la soprano invitée, l’australienne Siobhan Stagg ne maîtrise pas le français autant qu’enivre son timbre soyeux et melliflu.

 

 

 

 

 

CHAUSSON : volupté sombre, poison fatal

Malgré l’aide des surtitrages, on perd l’intelligibilité du texte tout du long sans vraiment goûter l’alliance des images poétiques littéraires, et des nuances orchestrales, lesquelles en vagues successives ou croisées tissent un flamboyant poème symphonique chanté, ample mélodie pour voix et orchestre [ce qui fait regretter d’autant plus le relief du verbe chanté parfois à peine audible]. La direction du chef qui produit les effluves sonores enivrées, et comme envoûtées, indique dans la première partie une langueur sombre, extatique et presque amère puis après l’interlude, un dramatisme plus exalté, les visions d’une séparation et d’un deuil que l’on force à l’oubli. La texture orchestrale riche en passages harmoniques intenses et raffinés exprime l’attachement viscéral au passé, la volonté de réactiver l’épaisseur du souvenir jusqu’à l’épuiser… Ce qui advient inexorablement dans la dernière séquence [« Le temps des lilas et le temps des roses« ], forme d’un adieu retardé puis consenti dans une douleur tue, comme empoisonnée… Ce soir, l’opulence du son orchestral éclaire la très riche texture élaborée par Chausson, entre symbolisme et impressionnisme. Chef et instrumentistes en réussissent les noces surprenantes d’une partition envoûtante, entre Debussy et Wagner.

L’exercice est d’autant plus difficile [et sa réalisation méritoire] que l’intervalle stylistique est pour le moins impressionnant ; beau défi en effet que de passer en une seule soirée, de Chausson, si straussien et wagnérien ce soir, à… un Stravinsky virtuose et néo baroque, parodiant avec infiniment d’esprit et de malice, la vivacité des Napolitains, en particulier celle de Pergolèse.

Dans les faits, le plateau passe d’un grand effectif philharmonique à un groupe instrumental intimiste [avec pour les deux séquences, une remarquable exposition des vents, bois et cuivres]. Belle démonstration d’adaptabilité que le chef avec l’attention requise, (même si l’on note une tendance à ralentir voire épaissir le trait, surtout au début), défend sans faiblir.

 

 

 

UN STRAVINSKY PERGOLÉSIEN…

Du ballet PULCINELLA, écrit pour Diaghilev en 1919, le chef souligne l’esprit facétieux et libertaire en phase avec l’aplomb et l’insolence du caractère même de Pulcinella, le séducteur séditieux qui provoque, se moque, ironise, tout en collectionnant les conquêtes (au risque d’agacer leurs fiancés). La baguette explore toutes les nuances d’une partition qui se joue et de la vitalité chorégraphique de la partition, et de la saveur théâtrale qu’apporte la présence des 3 chanteurs au plateau. Évidemment il manque ici le mouvement des danseurs mais l’engagement des bois [Gavotte], les glissandi du magnifique tromboniste [Vivo], le chant perçant fulgurant de la trompette [dans le finale],… claquent, et virevoltent avec l’acuité piquante, virtuose, la volubilité expressive, attendues. Y compris de pures tournures rythmiques hispaniques qui rehaussent encore la fougue délirante du finale.

Les spectateurs retrouvent Siobhan Stagg au sein du trio vocal. Pourtant c’est surtout le baryton français Edwin Crossley-Mercer à son aise dans ce répertoire et bien articulé, qui sait capter le mieux la saveur parodique, gourmande et bouffonne de ses airs.
Les voix sont en effet parfois trop épaisses et passent à côté de l’insolence néo baroque, la légèreté affûtée, imaginée, exprimée par Stravinsky qui pensait plutôt aux figurines de porcelaine [style Saxe], aux profils juvéniles et mordants, ces caractères mixtes, fusionnant les tréteaux et la comédie bouffonne, rappelant aussi la fascination du compositeur pour la vie secrète des marionnettes [rappel de son fabuleux Petrouchka, mi comique mi tragique, autre ballet qui met en scène l’amour et le cynisme, la tendresse feinte et la barbarie bouffe].
Un seul air ici relève d’une tendresse sincère, celle de Silvia (le dernier air de la soprano) à l’endroit du petit berger certes estimé mais qui pourrait bien se prendre un coup d’épine, selon l’humeur d’une amoureuse aussi volage que le héros [« Se tu m’ami« ].

 

photo © classiquenews TV

 

 

Eclectique, associant 2 partitions trop rares au concert, le programme intitulé « l’Amour et la mer » est repris ce SAMEDI 20 déc 2025 à 18h, à l’Auditorium de Lyon, à ne pas manquer :
https://www.classiquenews.com/auditorium-orchestre-national-de-lyon-chausson-r-strauss-stravinsky-lamour-et-la-mer-les-18-et-20-dec-2025-siobhan-stagg-soprano-nikolaj-szeps-znaider-direction/

 

 

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison de l’Auditorium Orchestre national de Lyon, saison 2025 – 2026 (temps forts, programmes, événements, artistes invités, cycles en cours…) : https://www.classiquenews.com/auditorium-orchestre-national-de-lyon-saison-2025-2026-nikolaj-szeps-znaider-daniil-trifonov-leif-ove-andsnes-isabelle-faust-bruce-liu/

AUDITORIUM ORCHESTRE NATIONAL DE LYON, saison 2025 – 2026. Nikolaj Szeps-Znaider, Daniil Trifonov, Leif Ove Andsnes, Isabelle Faust, Bruce Liu…

 

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CRITIQUE, concert. PORTO, Teatro Nacional São João, le 18 décembre 2025. SAINT-SAËNS / HAYDN / GLICK. DSCH – Shostakovich Ensemble, Filipe Pinto-Ribeiro (piano et direction)

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 Le magnifique Théâtre National São João, écrin historique de la superbe ville de Porto, a vibré ce jeudi 18 décembre d’une énergie rare, accueillant une nouvelle édition aussi brillante que chaleureuse de la Série « Musical-Mente ». Le concept, génialement imaginé par le célèbre pianiste portugais Filipe-Pinto Ribeiro, marie avec bonheur pédagogie et émotion musicale, et cette nouvelle édition consacrée à « L’humour dans la musique » a tenu toutes ses promesses, et bien au-delà !

 

La soirée a débuté par la partie « scientifique », animée avec un brio et une verve communicative par l’actrice et narratrice de renom Maria Rueff. Durant trente minutes passionnantes, elle a exploré les mécanismes de l’humour musical, ses codes, ses surprises et ses clins d’œil, préparant avec intelligence et humour l’oreille et l’esprit du public à la délectation qui allait suivre. Puis vint le moment du concert, donné par une formation exceptionnelle et pleine de cœur : le DSCH-Shostakovich Ensemble. Fondé et dirigé par le maestro Filipe Pinto-Ribeiro, l’ensemble réunissait pour l’occasion dix musiciens remarquables, unis par l’amitié et souvent par les liens familiaux, créant une atmosphère de complicité unique. Outre Filipe Pinto-Ribeiro lui-même au piano, nous avons eu le bonheur d’entendre sa femme Maria Rosa Barrantes au piano (formant un duo à quatre mains et deux pianos d’une fusion parfaite avec son époux), Afonso Pinto-Ribeiro au second violon (fils de Filipe et Maria), Tiago Pinto-Ribeiro à la contrebasse (frère de Filipe), Tatiana Samouil comme premier violon, Lars Anders Tomter à l’alto, Justus Grimm au viloncelle, Sofia Costa aux percussions,  Sónia Pais à la flûte, et enfin notre (facétieux) compatriote Pascal Moraguès à la clarinette !

Le programme, intelligemment construit, a embarqué le public dans un voyage joyeux et virtuose. L’ouverture a été électrisante avec La Tarantella, op. 6 de Camille Saint-Saëns, emportée par la piano de Rosa-Maria Barrantes et interprétée avec une précision rythmique et une vitalité étourdissantes, posant d’emblée un niveau d’exigence et d’enthousiasme très élevé. Puis, changement d’ambiance avec la délicatesse et l’esprit de Joseph Haydn, maître du jeu et de la surprise, dans son Quatuor à cordes op. 33 n°2. La transparence des phrasés, l’équilibre parfait entre les voix et la clarté du discours ont fait ressortir toute la malice et l’élégance de l’écriture. L’émotion a ensuite pris une couleur différente avec « The Klezmer’s Wedding » de Srul Irving Glick. Cette pièce, débordante de vie, de nostalgie et de danses populaires, a été jouée avec une âme et une authenticité rares. Les solistes se sont succédé avec une expressivité poignante – notamment grâce à la clarinette virtuose de Pascal Moraguès – faisant voyager la salle des joies tumultueuses de la noce aux méditations les plus intimes.

Le clou du spectacle fut bien sûr l’exécution de « Le Carnaval des Animaux : Grande Fantaisie Zoológique » de Camille Saint-Saëns. Dans sa version originale pour dix musiciens, l’œuvre a retrouvé toute sa fraîcheur, son humour et sa poésie. Les interventions en portugais de Maria Rueff, revenue sur scène en narratrice, ont ponctué la partition de commentaires qui ont visiblement ravi le public portugais – mais dont nous n’avons pas toujours compris les subtilités, la langue de Camões n’étant pas pour nous d’un accès si facile !… Mais même sans en comprendre tous les mots, l’expressivité théâtrale, les intonations et le timing parfait de l’actrice ont ajouté une dimension ludique et visuelle absolument délicieuse. De la majesté pesante de l’Éléphant (contrebasse et piano sublimes) à la course effrénée des Kangourous, en passant par la grâce du Cygne (violoncelle magnifique) et l’espièglerie des Personnages à longues oreilles, chaque tableau était un bijou d’interprétation.

Le public, conquis et transporté, a salué par une standing ovation nourrie cette performance exceptionnelle. L’enthousiasme était tel que les artistes ont offert en bis le Finale endiablé du Carnaval des Animaux, concluant la soirée dans une explosion de joie et de virtuosité collective..

Rendez-vous est d’ores et déjà pris avec impatience pour la prochaine édition de « Musical-Mente », le 7 mai 2026, dans ce même lieu splendide !

 

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CRITIQUE, concert. PORTO, Théâtre National Sao Joao, le 18 décembre 2025. SAINT-SAËNS / HAYDN / GLICK. DSCH – Chostakovich Ensemble, Filipe Pinto-Ribeiro (piano et direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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STREAMING danse. Ven 19 déc 2025, 19h. Skorulskyi : La Chanson de la Forêt, 2021 [Opéra de Dnipro]

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Mavka, une nymphe des bois, s’éveille au son de la musique d’un jeune berger humain, Lukash ; ils tombent amoureux. Leur relation est mise à rude épreuve lorsque la communauté humaine de Lukash rejette Mavka et fait pression sur lui pour qu’il l’abandonne.

 

 

La nymphe et le berger

Le cœur brisé par sa trahison, Mavka devient victime des forces obscures et se transforme en saule. La musique de Lukash, pleine de remords, pourra-t-elle réunir leurs âmes pour que l’amour triomphe ?

Le ballet La Chanson de la Forêt de Mykhailo Skorulskyi est une œuvre emblématique de la danse ukrainienne. Le poème de Lessia Oukraïnka célèbre l’amour pur, l’éternel désir humain du sublime et la lutte intemporelle entre la lumière et les ténèbres. Il inspire le compositeur qui en déduit un matériau musical, exceptionnellement adapté à la nature expressive du ballet.

Donnée pour la première fois au Théâtre académique d’opéra et de ballet de Dnipro en août 2021, la production a marqué le 30ème anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine et le 150ème anniversaire de la naissance de Lesia Ukrainka. Plus d’une centaine de costumes originaux, des éléments de peinture Petrykivka [style de peinture décorative traditionnelle ukrainienne], inscrivent le spectacle dans la culture ukrainienne la plus authentique. Il en découle un drame profond, sensible, humain à la fois romantique et fantastique, revivifié par des motifs et des intonations inspirés des chants et des danses folkloriques : soit un véritable poème dansé.

 

 

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Skorulskyi : La Chanson de la Forêt [Opéra de Dnipro], ballet créé en 2021
Diffusé ven 19 décembre 2025 à 19h CET
Disponible jusqu’au 19 juin 2026 à 12h CET  – enregistré le 26 août 2025.

VOIR LE STREAMING
SKORULSKYI : La Chanson de la FORÊT :https://operavision.eu/fr/performance/la-chanson-de-la-foret

 

 

DISTRIBUTION

Mavka : Yelyzaveta Khomenko
Lukash : Dzmitry Sitkevich

Kylina : Kateryna Shmyhelska
Perelesnyk :Oleksii Chorych

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Musique : Mykhailo Skorulskyi
Texte, Livret : Lesya Ukrainka
Andrii Lytvynov
Chorégraphie : Andrii Lytvynov
Direction musicale : Ihor Puchkov
Orchestre et ballet de l’Opéra de Dnipro

 


 

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CRITIQUE, danse. AIX-en-PROVENCE, Grand-Théâtre de Provence, le 17 décembre 2025. « Corps extrêmes » par Rachid OURAMDANE et la Compagnie de Chaillot

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Avec Corps extrêmes, Rachid Ouramdane (directeur du Théâtre national de Chaillot) signe une œuvre qui n’appartient à aucun genre, ou plutôt à tous à la fois. On a beau avoir lu des descriptions, vu des images, rien ne prépare à la déflagration poétique que propose ce spectacle, véritable OVNI chorégraphique où la danse, le cirque et la quête des limites se fondent en un seul et même souffle.

 

Ici, pas de traditionnel rideau ni de dispositif frontal : un mur d’escalade monumental trône au centre, comme un défi lancé aux lois de la physique. Et sur ce mur, des corps vont dialoguer avec le vide. Mais ce vide, Rachid Ouramdane le transforme en matière vivante. Il ne s’agit pas ici de contempler des prouesses techniques pour le simple plaisir des yeux, mais de plonger avec les interprètes dans une introspection vertigineuse.

Au cœur de ce dispositif fascinant, deux figures émergent, presque mythiques : Nathan Paulin, le highliner dont le fil tendu n’a jamais semblé aussi fragile, et Nina Caprez, la grimpeuse dont les doigts semblent épouser la roche. À leurs côtés, une poignée d’acrobates de haut vol forment une communauté suspendue, un clan d’explorateurs de l’extrême. Ce qui frappe d’abord, c’est la manière dont Ouramdane sublime leurs pratiques. Il ne les filme pas en train de performer ; il les écoute, les observe, et restitue avec une tendresse rare l’intimité de leurs gestes.

Les projections vidéo de Jean-Camille Goimard, saisissantes de réalisme, nous emportent sur des falaises à couper le souffle. Mais loin d’écraser le plateau, ces images l’élargissent. Elles deviennent le décor mental, le paysage intérieur où chaque mouvement puise sa raison d’être. On oscille entre la paroi rocheuse et la scène, entre l’infini des cieux et la précision millimétrée d’une encordement. La frontière entre le réel et l’onirique s’efface.

Et puis, il y a la musique de Jean-Baptiste Julien. Planante, enveloppante, presque organique, elle n’accompagne pas les corps : elle les porte, les lévite. Chaque note semble calculée pour amplifier la sensation d’apesanteur, pour rendre palpable l’ivresse de la hauteur. Sous ses nappes sonores, les corps ne tombent pas, ils flottent. On retient son souffle, on se penche instinctivement vers l’avant, comme si l’on pouvait, nous aussi, défier la gravité.

Mais ce qui rend Corps extrêmes véritablement bouleversant, c’est son humanité. Car derrière l’exploit, Ouramdane filme la fragilité. Il capte ces infimes tremblements, ces secondes d’hésitation, ces regards dans le vide où l’on devine la peur. Il nous montre des corps fatigués, tendus, vulnérables, avant de les voir se redresser, puiser dans une force mentale insoupçonnée. C’est là toute la magie du spectacle : le vertige n’est pas seulement physique, il est émotionnel. On tremble avec eux, on doute avec eux, et quand ils atteignent leur point d’équilibre, c’est une victoire collective qui nous soulève.

La chorégraphie de Ouramdane, d’une intelligence rare, réussit l’exploit de rendre le geste extrême accessible, presque familier. Il ne glorifie pas la performance, il l’interroge. Pourquoi grimper ? Pourquoi marcher sur un fil ? Pourquoi risquer sa vie ? Les réponses, il ne les donne pas, mais il nous les fait ressentir, viscéralement, à travers des tableaux d’une beauté sidérante. On pense à des corps célestes, à des astres en orbite, dont la trajectoire est dictée par une gravité intérieure.

La Compagnie de Chaillot, fidèle à sa réputation, offre une interprétation d’une maîtrise confondante. Chaque acrobate, chaque danseur est un maillon essentiel de cette chaîne humaine tendue vers l’ailleurs. Leur engagement est total, leur présence magnétique. On sort de là lessivé, mais transporté, comme après un rêve éveillé.

En quelques décennies de carrière, Rachid Ouramdane nous a habitués à des œuvres puissantes, mais avec Corps extrêmes, il atteint un sommet. Il signe une ode à l’impossible, un moment de grâce suspendu qui nous rappelle que l’art, comme l’exploit, est cette fragile victoire de l’esprit sur le vide. Si vous n’avez vu qu’un spectacle cette saison, que ce soit celui-ci. Mais préparez-vous : vous en sortirez les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, et le cœur battant au rythme d’un fil tendu entre deux mondes. 

 

 

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CRITIQUE, danse. AIX-en-PROVENCE, Grand-Théâtre de Provence, le 17 décembre 2025. « Corps extrêmes » par Rachid OURAMDANE et la Compagnie de Chaillot. Crédit photographique (c) Pascale Choletté

 

 

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CRITIQUE, concert lyrique. AVIGNON, Opéra Grand Avignon, le 14 déc 2025. « Armida abbandonata ». Karine DESHAYES (soprano), Ensemble Les Paladins, Jérôme Corréas (direction)

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La soirée du 14 décembre 2025 à l’Opéra Grand Avignon, présentée dans le cadre de Musique Baroque en Avignon, a été l’occasion de retrouver l’une des chanteuses les plus attachantes et talentueuses de notre temps, Karine Deshayes, pour un récital lyrique autour du mythe d’Armide, et en compagnie de l’ensemble Les Paladins dirigés (depuis son clavecin) par Jérôme Corréas, compagnon de longue date (2005) de la soprano.

 

Le programme, intitulé Armida abbandonata, avait pour fil conducteur les tourments de l’enchanteresse sarrasine, une figure qui hante l’imaginaire lyrique depuis Le Tasse. D’abord envoyée pour détourner les chevaliers croisés, Armide tombe éperdument amoureuse de Renaud (Rinaldo) avant d’en être tragiquement abandonnée, déchirée entre la rage et une douleur inconsolable. C’est cette palette émotionnelle extrême que Karine Deshayes a explorée avec une maîtrise souveraine. La magie opère dès les premières mesures, consacrées à la musique de Lully (et plus loin à une Sonate en trio de Haendel) grâce à l’accompagnement délicat et précis de quatre musiciens de l’Ensemble Les Paladins (Jonathan Nubel et Aya Nogami aux violons, Alice Coquart au violoncelle, et Benjamin Narvey au théorbe et à la guitare baroque), fondé et dirigé depuis 2001 par le charismatique Jérôme Corréas. Depuis son clavecin, Corréas a dirigé d’une main à la fois ferme et sensible, imprimant une cohésion, une homogénéité et une élégance remarquables à l’ensemble. Cet effectif de chambre, d’une belle ductilité, a offert à la chanteuse un écrin harmonique d’une richesse infinie, tantôt sobre fondation, tantôt partenaire de dialogue vibrant. Leur complicité était palpable, illustrant parfaitement la philosophie de l’ensemble qui explore avec théâtralité les répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles.

 

Karine Deshayes, ou l’incarnation absolue d’Armide

Accueillie par une salle déjà conquise, Karine Deshayes a ouvert le feu avec « Se correndo in seno al mare » de l’opéra Armida al campo d’Egitto de Vivaldi, affichant d’emblée une voix à l’agilité et à la sonorité superbes. Mais c’est dans la cantate Armida abbandonata de Haendel, pièce maîtresse du programme, que son art a atteint des sommets. Elle a littéralement incarné l’héroïne, faisant vivre avec une acuité bouleversante chaque nuance de son supplice : la plainte déchirante, la fureur noire, puis l’abattement résigné. Son phrasé, d’une élégance raffinée, et sa diction parfaite rendaient le texte italien d’une clarté cristalline, tandis que ses ornementations, toujours justes et expressives, semblaient jaillir de l’émotion même. Elle a déployé toute l’étendue de son instrument, des graves veloutés aux aigus puissants et précis, remplissant la salle d’une présence vocale et dramatique absolue.

L’apothéose artistique a pris une dimension humaine inoubliable à la fin du concert. Alors que les derniers accords résonnaient, Raymond Duffaut, directeur artistique emblématique de l’Opéra Grand Avignon et des Chorégies d’Orange pendant de longues années, mais aussi de Musique Baroque en Avignon dont c’était le dernier concert en tant que directeur artistique, après 20 ans de bons et loyaux service. Émue aux larmes, Karine Deshayes, qui avait donné son premier concert in loco en 2001, lui a rendu un hommage chaleureux, saluant sa confiance et son amitié.

C’est alors qu’une annonce historique a été faite : Raymond Duffaut a passé officiellement le flambeau. À sa demande, c’est Karine Deshayes elle-même qui reprend désormais la direction artistique de Musique Baroque en Avignon, à compter de janvier 2026. Elle ne sera pas seule pour cette belle aventure. Elle formera un trio d’exception, un véritable triumvirat passionné, entourée de son compagnon Jean-Michel Dhuez (producteur sur Radio Classique) et de sa grande amie et partenaire de scène de longue date aussi, la mezzo-soprano Delphine Haidan.

Le public, conquis et ému, a réservé une ovation debout à ce moment de passation rare, scellant dans l’émotion la fin d’une ère et le début d’une nouvelle, pleine de promesses. Et malgré l’intensité de l’instant, les artistes ont offert un dernier cadeau au public. Pour clore cette soirée placée sous le signe de l’abandon et des adieux, Karine Deshayes a interprété la célèbre aria « Lascia ch’io pianga » (de Haendel), d’une émotion retenue et d’une finesse musicale absolue. La légende d’Armide, magicienne puissante vaincue par l’amour, aura donc été le cadre idéal pour une soirée où la magie de la musique a opéré une transformation bien réelle : celle d’une institution chérie passant entre les mains d’une artiste inspirée. Longue vie à Musique Baroque en Avignon sous la férule de ce nouveau triumvirat !

 

 

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CRITIQUE, concert lyrique. AVIGNON, Opéra Grand Avignon, le 14 déc 2025. « Armida abbandonata ». Karine DESHAYES (soprano), Ensemble Les Paladins, Jérôme Corréas (direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE coffret cd événement. Johann Sebastian Bach (1685 – 1750) : Intégrale des cantates chorales. Gli Angeli, Stefan Macleod, direction (19 cd Aparté)

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Le label Aparté publie un coffret éditorialement soigné, dédié aux cantates de Bach… Johann Sebastian Bach est universellement célébré comme le maître absolu de la musique sacrée. Alors qu’à son époque le Kantor de Leipzig a eu à se battre contre un sans fin de frustrations, de vexations de la part de ses employeurs divers, c’est la postérité qui lui accorde les lauriers de la gloire et de la renommée. Cependant, que sait-on de cet infatigable compositeur?

 

GAUDIUM MAGNUM

Bach a créé à chaque rendez-vous liturgique une musique ambitieuse et innovante pour le genre, éclatant le cadre de la pudeur protestante avec une candeur émouvante et fébrile. On imagine toujours Johann Sebastian Bach tel le sentencieux portrait de Haussmann à la perruque raide et la ride du lion sévère. Mais si l’on exclut les cantates qui reviennent encore et toujours dans les programmations françaises, et si l’on met de côté les monumentales passions et messes, Bach nous livre une voix débordante d’énergie, de dramatisme enthousiaste, de contemplation poétique. Le texte sacré devient une occasion d’évoquer une présence divine dans les émotions humaines les plus simples, la vibration des éléments et la lente course des saisons.

Bach, comme ses contemporains, n’était pas enfermé dans son cabinet à potasser sa Bible et prier, il était un homme incarné dans tous les sens du terme. Père, mari, professeur et musicien, Bach était un être complexe et imparfait tel que nous le sommes toutes et tous. Le monument Bach n’est qu’une illusion simpliste de ce que semble vouloir nous transmettre le compositeur. Ses cantates, bien plus que ses autres oeuvres, sont un manifeste de l’existence divine. Le Créateur n’est pas simplement le colosse ouranien des autels catholiques ou l’insigne mystérieuse gravée des synagogues. Le Grand Architecte devient, dans la musique des cantates de Bach, invisible et présent, humain et sensible tel un protecteur, un veilleur dans la longue nuit de l’existence.

 

BACH, un homme incarné

Les cantates de Johann Sebastian Bach ont connu beaucoup d’intégrales discographiques. Depuis les réalisations légendaires signées Harnoncourt et Leonhardt, en passant par les passables de Suzuki et le glorieux pèlerinage Bach de Gardiner, chaque interprète a restitué cette oeuvre monde à sa manière. Jamais un soliste devenu chef ne s’est lancé dans une telle entreprise jusqu’à ce jour. Stephan MacLeod, basse d’excellence et formidable interprète du répertoire du maître d’Eisenach, s’est lancé avec son ensemble genevois Gli Angeli dans l’enregistrement de l’intégrale des cantates chorales de Bach.
Stephan MacLeod s’intéresse aux cantates sacrées qui comportent un choral dans une démarche universelle plutôt que purement musicologique. Les chorals ont été conçus pour rassembler la communauté dans une seule et même voix. La démarche de Stephan MacLeod et Gli Angeli est motivée non seulement par une magnifique inspiration musicale, mais aussi par un sens profond de l’esprit qui semblait habiter Bach lui-même dans ces chefs d’oeuvre.

De cette extraordinaire exploration de ces « cantates chorales » enregistrées live de 2017 à 2024, nous apprécions aussi l’originalité de mettre face à face, telle les Variations Goldberg, le choral d’origine qui a servi d’inspiration à Bach pour chacune de ces 56 cantates. En plus de Bach, nous retrouvons aussi les fantastiques compositions de Krebs, Kirchhoff ou Homilius ainsi que de ses prédécesseurs tels Neumark et Crüger, ceci pour contextualiser l’écriture vocale et chorale de Bach et l’inscrire dans une tradition dont il deviendra le maître absolu.

De plus, chaque cantate est interprétée par des solistes de grand talent tels la soprano Hana Blazikova (remarquable dans la cantate BWV10), le contre-ténor Alex Potter, le ténor Valerio Contaldo et bien entendu Stephan MacLeod dans la tessiture de basse. L’orchestre est d’un panache débordant de couleurs nuancées et brillantes sans en devenir roboratives. Les phrasés sont justes et ciselés, les dynamiques équilibrées. Le langage du Cantor est ainsi restitué dans ses moindres détails y compris dans les remarquables parties chorales d’une rare beauté. Nous avons particulièrement été emballés par l’air « Herr, der Du stark und mächtig bist » de la BWV 10, les cantates BWV 5, BWV 129, BWV 140 et la BWV 100. De pures merveilles!

Pour n’importe quel grand amoureux de musique, ce coffret est un « must » qui doit figurer dans toute discothèque qui se respecte. L’intégrale, par sa haute qualité et la beauté de l’objet, peut trôner non seulement sous le sapin ce Noël mais aussi aux côtés des autres intégrales qui ont fait date. Comme bien d’autres disques et bijoux, Aparté signe ce coffret avec la qualité remarquable qu’on connait à ce label exceptionnel. Pour la seule gloire du divin, Bach s’est dévoué à nous léguer une musique réjouissante de bout en bout. Mais c’est de cette musique glorieuse que demeure la réponse la plus sincère à la question humaine, tout y est et rien n’y manque parce que les cantates chorales sont un monde qui ne cesse de nous émerveiller.

 

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CRITIQUE coffret cd événement. Johann Sebastian Bach (1685 – 1750) : Intégrale des cantates chorales. Gli Angeli, Stefan Macleod, direction (19 cd Aparté)

 

 

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ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO, dim 18 janvier 2026. SAY, SAINT-SAËNS : Concerto pour piano n°2, RIMSKY-KORSAKOV : Sheherazade. Fazil Say (piano), Lio Kuokman (direction)

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L’un des premiers grands concerts symphoniques 2026 du Philharmonique de Monte-Carlo met à l’honneur le dialogue du piano avec l’orchestre, dans le Concerto n°2 en sol mineur de l’immense Camille Saint-Saëns, un compositeur mis à l’honneur récemment par la phalange monégasque. Pour ce faire, l’Orchestre invite le chef Lio Kuokman et le pianiste (et compositeur) Fazil Say…

 

 

CONCERTO POUR PIANO N°2 DE SAINT-SAËNS
C’est le Concerto le plus célèbre de Saint-Saëns qui le compose en … 17 jours, au printemps 1868. L’œuvre est créée Salle Pleyel à Paris, le 13 mai 1868. Le développement très original, fait se succéder 3 mouvements : d’abord un Andante sostenuto (sonate à 2 thèmes), avec une cadence développée du clavier souverain, en prélude (affirmant en notes graves et nobles la tonalité primordiale ici de sol mineur…) et en conclusion. Survient le « Scherzo » à 2 thèmes lui aussi (Allegro scherzando), dynamique, d’un allant plus mélodique que lyrique qui fait dialoguer voire opposer les 2 thèmes. Le ton est d’une légèreté shakespearienne, celle de l’aérien Puck, esprit de l’air… Enfin, le Presto final, – dont le plan sonate à 3 thèmes cette fois, permet au piano de développer une tarentelle napolitaine pleine de facétie énergique et tourbillonnante, avant que l’euphorie conclusive ne scelle les noces du piano et de l’orchestre, totalement réconciliés et d’une entente festive.

 

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Concert symphonique « GRANDE SAISON »
L. Kuokman, direction / F. Say, piano
SAY / SAINT-SAËNS / RIMSKI-KORSAKOV
RÉSERVEZ VOS PLACES sur le site de l’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://opmc.mc/concert/l-kuokman-f-say/
MONACO, Auditorium Rainier III
dim 18 janvier 2026, 18h
Durée du concert : 1h45 avec entracte
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Lio Kuokman, direction
Fazil Say, piano

 

SHEHERAZADE

Créée en 1888, la chatoyante Shéhérazade de Rimski-Korsakov brille également de mille feux. La partition est un sommet de raffinement orchestral, de suggestion onirique qui convoque les confins d’Orient, l’appel de la mer (le navire de Sindbad), et l’amour d’une princesse légendaire et d’un jeune prince, sans omettre la fête à Bagdad et le naufrage en pleine mer sous l’action d’éléments déchaînés …
Orchestrateur de génie, le compositeur russe [en cela un égal de Tchaikovsky et un maître inspirant pour le Stravinsky de l’Oiseau de feu] tisse un voyage irrésistible dans le monde magnifique d’une sultane avisée qui, en diseuse envoûtante, pour échapper à l’exécution, hypnotise le sultan Shahriar par ses récits merveilleux, pour mille-et-une nuits grâce à mille-et-un contes. La puissance des légendes inspire une pièce parmi les plus envoûtantes du répertoire symphonique.
Le souffle épique nourrit la forge orchestrale : jamais les instruments n’ont été autant forces d’évocation ni agents d’une sensualité mieux ciselée. Le vaisseau de Sindbad sur la mer, la geste martiale du Prince Kalendar, enivré d’exploits, de gloire, d’ivresse conquérante ; La grande Fête à Bagdad, sans omettre les amours brûlantes, extatiques du Prince et de la Princesse… sont autant d’épisodes qui stimulent l’imaginaire comme l’expressivité de tous les pupitres. Le flux orchestral se déploie alors puissant et orfévré, bouillonnement et déflagration qui s’achève dans une transcendance éthérée.

 

programme

Fazil SAY : Grand bazar

Camille SAINT-SAËNS
Concerto pour piano n°2 en sol mineur, op. 22

Nikolaï RIMSKI-KORSAKOV
Shéhérazade, Suite symphonique, op. 35

En prélude au concert, présentation des œuvres à 17h
par André Peyrègne

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CRITIQUE, danse. MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 16 décembre 2025. « Theater of Dreams » par Hofesh SHECHTER et la Hofesh Shechter Company

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Dans l’écrin de l’Opéra Berlioz de Montpellier, où il est accueilli en maître des lieux en sa qualité de co-directeur de l’Agora-Cité internationale de la danse et du « Festival Montpellier Danse« , le chorégraphe israélien Hofesh Shechter a déployé, hier soir, la puissance hypnotique de son Theater of Dreams. Cette création, née au Théâtre de la Ville à Paris en juin 2024, a emporté le public montpelliérain dans un voyage sans filet de quatre-vingt-dix minutes. Douze corps et trois musiciens, unis par la seule volonté chorégraphique et la partition originale signée par le chorégraphe himself, ont donné vie à un onirisme d’une intensité rare.

 

Dès les premiers instants, les règles du spectacle classique sont suspendues. Un homme en costume traverse la salle, établissant un contact aussi franc qu’énigmatique avec le public, avant de s’engouffrer derrière un premier rideau. Le songe peut commencer. Ce qui se joue alors n’est pas une narration, mais une immersion totale dans les méandres de la conscience. L’espace se métamorphose en un labyrinthe de plusieurs plans de velours, s’ouvrant et se refermant au rythme capricieux d’un esprit endormi. Ces rideaux, manipulés avec une précision d’horlogerie, isolent des fragments de réalité, révélant par flashes une communauté de dormeurs tour à tour léthargique, frénétique ou en proie à des pulsions primitives. Cette scénographie ingénieuse, servie par les lumières à la fois sculpturales et atmosphériques de Tom Visser, crée une sensation cinématographique, comme un film aux couleurs saturées de rouges et d’ambres prenant vie sous nos yeux.

Au cœur de cette machinerie du rêve, la Hofesh Shechter Company fait la démonstration d’une endurance et d’une virtuosité qui tiennent du prodige. Les douze interprètes traversent l’œuvre sans un instant de répit, incarnant avec une conviction absolue le langage si singulier de Shechter. Leur mouvement, à la croisée d’une danse contemporaine électrique, de pulsions folkloriques et d’une énergie de club underground, est d’une beauté redéfinie, souvent brute et organique. Ils sont tour à tour masse compacte mue par un même souffle, et individualités isolées dans leur monde intérieur. Leur synchronicité dans l’obscurité totale, lors des nombreux black-out, est un exploit technique qui passe presque inaperçu, tant il est au service de la magie de l’instant.

Cette magie opère pleinement grâce à l’union parfaite entre le geste et le son. Shechter, à la fois architecte du mouvement et du paysage sonore, compose une partition qui est l’exact prolongement des corps. Une pulsion rythmique profonde, tantôt feutrée, tantôt assénée avec une puissance tellurique, guide et possède les danseurs. L’arrivée sur scène des trois musiciens en habits écarlates vient complexifier cette symphonie, ajoutant une couche vivante et parfois chaotique au tapis sonore. À un moment, une note poétique et nostalgique, le doux refrain d’une chanson ancienne, perce soudain cette dense texture, créant une respiration d’une rare émotion.

Mais c’est dans son dernier acte que Theater of Dreams révèle son cœur battant et explose de tout son éclat. Après une tension crescendo, l’énergie bascule soudain dans un élan de joie pure et communicative. La musique se fait envoûtante, une invitation irrésistible : les danseurs quittent la scène, investissent les allées, et l’impensable se produit : le public, d’abord spectateur, est happé dans la danse, et toute la salle se retrouve debout à se déhancher comme elle peut parmi les fauteuils (certains se prêtant plus au jue que d’autres) ! La quatrième mur s’efface dans un tourbillon collectif. Cette célébration explosive, cette communion frénétique, est un triomphe de la vie qui jaillit après avoir traversé les ombres du rêve. Elle est l’affirmation ultime du pouvoir du corps et de la musique à nous rassembler.

C’est sur cet élan euphorique que le public montpelliérain, debout et conquis, a salué une ovation mémorable la prouesse de la compagnie et la vision de cet artiste essentiel qu’est aujourd’hui Hofesh Shechter dans l’univers de la danse contemporaine. Une occasion unique de la vivre se présente encore ce soir 17 décembre, et demain 18… à l’Opéra Berlioz de Montpellier !

 

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CRITIQUE, danse. MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 16 décembre 2025. Hofesh SHECHTER : « Theater of Dreams » (par la Hofesh Shechter Company). Crédit photo (c) Tom Visser

 

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CRITIQUE, danse. AVIGNON, Opéra Grand Avignon, le 13 décembre 2025. « Prométhée » par Martin HARRIAGUE et le Ballet de l’Opéra Grand Avignon (et avec l’Orchestre national Avignon-Provence, dirigé par Swann van Rechem)

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Dans le bel écrin de l’Opéra Grand Avignon, un événement d’une grande puissance a embrasé la scène et captivé les cœurs, ces 12 et 13 décembre derniers. La création mondiale de Prométhée, œuvre chorégraphique de Martin Harriague (directeur du Ballet « maison ») a été vécue par le public comme une expérience totale, un rituel contemporain où le mythe antique a retrouvé toute sa résonance brûlante. Porté par l’union vibrante du Ballet de l’Opéra Grand Avignon et de l’Orchestre national Avignon-Provence, ce projet ambitieux a tenu sa promesse : offrir au public l’étincelle généreuse du titan, ce feu de la connaissance et de la rébellion qui défie l’ordre établi.

 

D’emblée, Martin Harriague, futur directeur artistique du festival « Le Temps d’aimer la danse » de Biarritz, impose sa signature. Sur un plateau d’une blancheur immaculée, l’orchestre est juché sur le plateau, tel un Olympe moderne. Les accords conquérants de l’Ouverture des Créatures de Prométhée de Ludwig van Beethoven retentissent, puis cèdent soudain la place à un silence dense, électrique. C’est dans ce vide prometteur que naît le geste. Le chorégraphe fait ici bien plus qu’illustrer la musique ; il la matérialise. Les corps des danseurs, d’une malléabilité et d’une énergie phénoménales, semblent être l’émanation physique des vibrations sonores. Une séquence initiale, à la fois drôle et profondément évocatrice, montre la création de l’humanité à partir de corps inertes manipulés avec une franchise presque chirurgicale. Cette humanité, une fois animée, explose dans un langage chorégraphique à la fois explosif et d’une précision mathématique, mêlant des ensembles d’une force tellurique à des duos d’une sensibilité à fleur de peau.

Le mythe est traité avec une intelligence et une sensibilité esthétique remarquables. Harriague ne suit pas un récit linéaire, mais en capture l’essence en tableaux saisissants : le vol du feu, évoqué par des jeux d’ombres et de lumières ; la réapparition des guerriers antiques, dont les profils semblent tout droit surgis des vases grecs ; la menace obsédante du rapace, prédateur éternel. Les costumes de Mieke Kockelkorn, de véritables lambeaux de tissus à la beauté rude, épousent et magnifient le mouvement, participant pleinement à cette écriture visuelle puissante.

Au cœur de cette réussite réside un pari artistique audacieux, et parfaitement réussi : le dialogue entre le chef-d’œuvre de Beethoven et les interventions contemporaines du compositeur en résidence dans maison provençale, Fabien Cali. Loin d’être une simple juxtaposition, cette fusion est un véritable métissage organique. Cali agit en « Prométhée » face à la partition sacrée, s’infiltrant dans l’œuvre pour en révéler de nouvelles facettes, à la manière d’un archéologue ou d’un alchimiste du son. Son passage intitulé Tempesta, qui suit l’Ouverture, donne immédiatement le ton : il s’attarde sur des cellules musicales beethovéniennes, les étire, les recompose avec un sens du drame et de la couleur résolument actuel.

 

 

Le résultat est totalement inspirant et galvanisant. L’auditeur, même le plus fervent défenseur de la partition originale, est captivé par ces moments de bascule jubilatoires où l’orchestre switch subtilement d’une ère à l’autre. Cette réécriture n’est pas un acte de vandalisme, mais un acte de foi dans la perpétuelle régénération de la musique. Elle prolonge l’esprit du jeune Beethoven, lui qui voyait déjà dans l’artiste un passeur de connaissance, en l’inscrivant dans les préoccupations et les sonorités de notre temps. Cette vision exigeante ne pouvait aboutir sans l’engagement absolu de tous les artistes réunis. Sur le plateau, les danseurs du Ballet de l’Opéra Grand Avignon, visiblement galvanisés et portés par une confiance réciproque avec leur directeur, donnent toute la mesure de leur talent. Le danseur biélorusse Kiryl Matantsau incarne un Prométhée à la fois vulnérable et indomptable, d’une présence scénique magnétique.

À la tête de l’Orchestre national Avignon-Provence, le jeune chef Français Swann van Rechem, Lauréat du Concours de Besançon en 2024, confirme toute l’étendue de son talent. Avec une élégance et un sens de la narration rares, il conduit cette partition hybride avec une clarté et une énergie communicatives, assurant la cohésion parfaite entre les époques et soutenant avec justesse le flux chorégraphique.

Enfin, la mise en scène et les lumières, également signées Martin Harriague, créent un univers à la sobre beauté. L’espace, épuré, devient tour à tour laboratoire, paysage mythique ou musée des vestiges du mythe (comme en témoigne la présence fascinante d’un rocher suspendu dans les airs), guidant le regard et l’imagination sans jamais les contraindre.

D’une durée d’une heure seulement, ce Prométhée laisse son public à la fois comblé et assoiffé. On en ressort avec l’envie irrésistible d’une intégrale, tant la magie opère et le désir d’y plonger plus longtemps est fort. Mais cette brièveté, loin d’être un défaut, est le signe d’une œuvre concentrée, intense, qui ne donne que l’essentiel. La jeunesse et le talent qui ont embrasé la scène ont indéniablement allumé un feu durable dans les cœurs de la salle. Une création mondiale absolument magistrale !

 

 

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CRITIQUE, danse. AVIGNON, Opéra Grand Avignon, le 13 décembre 2025. Martin HARRIAGUE : « Prométhée » (Création mondiale) – avec le Ballet de l’Opéra Grand Avignon et l’Orchestre national Avignon-Provence, Swann van Rechem (direction). Crédit photo © Christophe Bernard

 

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CRITIQUE, opéra. MASSY, Opéra, le 14 déc 2025. MOZART : Don Giovanni. Marianne Croux, Margaux Poguet, Nathanaël Tavernier… Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (direction)

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L’Opéra de Massy nous régale à nouveau en proposant une production complète et plutôt originale de Don Giovanni de Mozart. Exit les costumes XVIIIème, les machineries, les décors de l’époque de Mozart. La mise en scène de Jean-Yves Ruf, imagine sur une passerelle le déplacement des héros, la brutalité des confrontations ; elle accorde surtout une place centrale à l’orchestre, désormais acteur majeur du drame, installé sur la scène. Entre les pupitres évoluent les chanteurs et le choeur réduit à l’essentiel (un quatuor vocal).

 

Tout s’enchaîne très vite, l’ouverture se déclenche sans crier garde, surprenant même le public, l’immergeant sans préparation dans la forge orchestrale : et quel orchestre ! Le Concert de la Loge ne manque ni de fureur émotionnelle ni de nervosité sensitive et la direction du violoniste et chef Julien Chauvin se délecte à défendre l’idée d’un Mozart combattif, incisif, abrupt même, des plus sanguins.

C’est moins la subtilité du manipulateur que la sauvagerie du prédateur qui est ici mise en avant ; le trait semble parfois grossier car on a connu un Don Giovanni plus complexe, plus raffiné, ce qui n’ôte rien à l’implication constante dans ce sens du baryton Timothée Varon dans le rôle-titre. Parmi les profils exposés, se distinguent les femmes, Marianne Croux, Donna Anna percutante et de plus en plus embrasée / révoltée au contact du séducteur (qui s’avère être en réalité, l’assassin de son père) ; surtout, la Zerlina de Michèle Bréant, fine et suave ; palmes pour l’Elvira de Margaux Poguet, palpitante et ardente, la plus bouleversante, qui tout en dénonçant le perfide, le traître, l’aime toujours et tombe dans le piège de l’espoir et de l’illusion amoureuse.

Parmi les hommes, le Leporello d’Adrien Fournaison exprime l’aplomb du serviteur qui apprend de son maître, déjà près à prendre sa place, d’autant plus après leur permutation, quand il croise leur identité ; chant aisé, puissant, naturel pour le Masetto de Mathieu Gourlet ; superbe stature pour le Commandeur de Nathanaël Tavernier : sa figuration glaçante au II, quand Don Giovanni doit répondre de sa vie indécente, est parfaitement sépulcrale et marmoréenne. On retrouve le métier solide, direct, de son non moins somptueux Sarastro dans La flûte enchantée applaudi à l’Opéra de Rennes en clôture de la saison dernière (1).

 

Un Mozart orchestral,
ténébreux et sauvage

 

Photo : DR

 

Austère ou sans poésie baroque, certains resteront réservés ; à l’inverse, concentrée sur l’essentiel, d’une épure visuelle qui questionne le sens de chaque situation sans décors, avec éclairages et dispositif scénique réduits eux aussi à l’essentiel, le drame mozartien ressort dans toute sa modernité, renvoyant l’itinéraire du dévoyé perverti à une vie honteuse, d’une violence inacceptable aujourd’hui, envers les femmes. Une indécence d’autant plus ignoble que son « frère » en action, Leperello se vante de la même façon et se voit déjà à sa place comme on a dit.

Dans cette vision brûlante, acide voire animale, les ensembles sont particulièrement bien caractérisés dont celui du I, quand les masques (Anna, Elvira, Ottavio) s’invitent à la fête du Séducteur. La production confirme un parti déjà défendu par Le Concert de la Loge dans d’autres productions : placer l’orchestre au centre de la représentation. Pari gagnant car outre la splendeur des arias conçues par Mozart, outre l’enchaînement des scènes dont le rythme reste fulgurant, l’orchestre de Wolfgang sur instruments « d’époque » gagne un équilibre renouvelé, une articulation aux timbres plus acérés, … les instruments revitalisent l’urgence du drame ; ils étonnent, saisissent, du début à la fin, soulignant l’animalité féline qui anime Don Giovanni, comme ils éclairent la réprobation de plus en plus unanime qui affecte chaque caractère, à son contact. Puissant et direct, le spectacle souligne à qui en doutait encore, l’étonnante modernité du drame mozartien.

 

 

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Dernière représentation à Massy, demain, mardi 16 décembre 2025, 20h : incontournable. LIRE aussi notre présentation de Don Giovanni par Le Concert de la Loge / Julien Chauvin : https://www.classiquenews.com/opera-de-massy-mozart-don-giovanni-les-13-14-16-dec-timothee-varon-adrien-fournaison-margaux-poguet-le-concert-de-la-loge-julien-chauvin-jean-yves-ruf/

 

 

 

distribution du 14 déc 2025 :

Don Giovanni : Timothée Varon
 / Donna Elvira : Margaux Poguet / 
Donna Anna : Marianne Croux 
/ Don Ottavio : Abel Zamora / 
Le Commandeur : Nathanaël Tavernier / 
Leporello : Adrien Fournaison
 / Masetto : Mathieu Gourlet 
/ Zerlina : Michèle Bréant. 
Choeur : Inès Lorans, Alexia Macbeth, Corentin Backès, Samuel Guibal

 / Le Concert de la Loge.
Direction musicale : Julien Chauvin / 
Mise en scène : Jean-Yves Ruf
 / Scénographie : Laure Pichat
 / Collaboration artistique : Julien Girardet / 
Lumières : Victor Egéa / 
Costumes : Claudia Jenatsch.

 

(1) La Flûte enchantée à l’Opéra de Rennes, mai 2025 : https://www.classiquenews.com/critique-opera-rennes-le-9-mai-2025-mozart-la-flute-enchantee-elsa-benoit-nathanael-tavernier-damien-pass-lila-dufy-nicolas-ellis-direction-mathieu-bauer-mise-en-scene/

 

FÉERIE FORAINE… C’est la nouvelle production lyrique événement de cette fin de saison 2024 – 2025 en Bretagne et dans les Pays de la Loire : d’abord créée à Rennes (jusqu’au 15 mai) puis reprise à Nantes et à Angers (à partir du 24 mai), La Flûte enchantée de Mathieu Bauer s’affiche lumineuse et facétieuse, d’autant plus convaincante que la distribution vocale sait réjouir voire captiver et que la mise en scène sert un propos cohérent et juste, à mille mieux des décalages et réécritures habituels.

 

CRITIQUE, opéra. OPÉRA DE RENNES, le 9 mai 2025. MOZART : La Flûte enchantée (nouvelle production). Elsa Benoit, Nathanaël Tavernier, Damien Pass, Lila Dufy… Nicolas Ellis (direction), Mathieu Bauer (mise en scène)

 

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CRITIQUE, opéra. GENEVE, Grand-Théâtre, le 13 décembre 2025. GERSHWIN : Un Américain à Paris. Christopher Wheeldon / Wayne Marshall

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Au Grand-Théâtre de Genève, la création suisse de la comédie musicale Un Américain à Paris est un événement incontournable pour les fêtes de fin d’année : les mélodies enjouées et irrésistibles de George Gershwin, mêlées aux chorégraphies virevoltantes de Christopher Wheeldon, embrassent la vitalité artistique du Paris d’après-guerre, sur fond de triangle amoureux entre trois amis américains, tous épris de la même femme.

 

Depuis sa création au Théâtre du Châtelet en 2014, la comédie musicale Un Américain à Paris a reçu un accueil triomphal et unanime à travers le monde, de l’Australie au Japon, en passant par le Royaume-Uni. On comprend pourquoi, tant l’agencement des extraits d’oeuvres de Gershwin semble couler de source : les partitions orchestrales bien connues résonnent ainsi à l’oreille du mélomane, qui reconnaîtra (outre le « ballet rapsodique » qui donne son nom à la comédie musicale), des extraits du Concerto en fa ou de l’Ouverture cubaine (lors d’un facétieux bal masqué qui conclut le premier acte). L’ouvrage n’en oublie pas d’incorporer les grandes chansons devenues des standards du répertoire de jazz, telles que « I’ve got rythm » ou « The Man I love« , tout en faisant découvrir d’autres morceaux plus confidentiels, mais toujours d’une invention délicieuse. Le spectacle bénéficie en outre des arrangements musicaux de Rob Fisher, avec des orchestrations de Christopher Austin.

Le livret de cette adaptation prend sa source dans le film éponyme de 1951, réalisé par Vincente Minelli et interprété par Gene Kelly aux danses endiablées, mais donne davantage de profondeur à l’ensemble, en insistant sur le contexte social foisonnant de la « jungle » parisienne, lors des années de reconstruction morale de l’après-Deuxième guerre mondiale. Au coeur de l’action, trois artistes en mal de reconnaissance voient leur amitié mise à l’épreuve par leur fascination commune pour la belle Lise : leurs rôles respectifs sont ici rééquilibrés, afin de renforcer les aspects tragi-comiques du triangle amoureux. Si la fascination des américains pour la capitale française a le parfum d’une carte postale que l’on ne se lasse pas d’admirer, elle permet aussi d’aborder des sujets de fond, notamment celui du choix entre les nécessités parfois contradictoires de l’amour, de l’ambition et du devoir. Si la première partie du spectacle met l’accent sur les élans individuels, entre non-dits et quiproquos, la deuxième montre un aspect plus sombre au début, avant de se conclure dans un sublime ballet qui réconcilie tous les protagonistes, au nom du triomphe des arts.

 

 

Pour sa première mise en scène, Christopher Wheeldon réalise un coup de maître, en nous embarquant dans une myriade de tableaux et de saynètes, revisités en un ballet virevoltant de tous les éléments de décors, transportés par les danseurs avec une grâce infinie, en un luxe de détails inouï. Le plateau nu s’anime ainsi avec une rapidité souvent vertigineuse, en même temps que les images projetées en arrière-scène. On a ainsi l’impression de faire un voyage dans le temps, qui nous fait retrouver les effluves d’un Paris disparu, à l’effervescence enivrante. Ce brio visuel, aux traits d’humour très présents, n’en oublie jamais de s’assagir pour laisser place aux questionnements individuels qui jalonnent l’ouvrage. Un travail d’une grande justesse, toujours au service de la compréhension du récit, et réjouissant de bout en bout. Le chorégraphe britannique prouve ainsi que l’on peut concilier avec bonheur la mise en scène d’ouvrages populaires, comme celui-ci, avec celle de spectacles à destination de compagnies prestigieuses, telles que les ballets des Opéras de Paris, Londres ou Monte-Carlo (voir notamment en 2024).

Pour cette première en Suisse, le Grand-Théâtre de Genève accueille la plupart des membres du casting initial de 2014. On retrouve ainsi la figure lumineuse de Robbie Fairchild, ancien danseur principal du New York City Ballet, qui n’a rien perdu de sa forme physique : sa prestation éblouissante en deuxième partie de soirée laisse une impression durable, et ce d’autant plus qu’il forme un couple admirable de cohésion avec la gracieuse Anna Rose O’Sullivan (Lise), elle-même danseuse étoile du Royal Ballet à Londres. Leurs chants respectifs se montrent à la hauteur de leur rôle, mais c’est surtout Tai Benson (Adam), qui s’impose en ce domaine, entre facilité d’articulation et expressivité. Si Emily Ferranti (Milo) fait valoir de beaux graves, on est moins séduit par Max von Essen (Henri), qui assure l’essentiel, mais manque de brillant et d’emphase pour embrasser toutes les facettes de son rôle.

Enfin, Wayne Marshall se met volontairement au second plan pour éviter de couvrir ses chanteurs, lissant les angles et les aspérités, pour jouer la carte d’un discours continu, mettant en valeur la mélodie. Dix ans tout juste après nous avoir offert l’unique opéra de Gershwin, Porgy and Bess, l’Opéra de Genève frappe un grand coup avec cette comédie musicale accueillie en fin de représentation par une standing ovation, amplement méritée. En juin prochain, une autre rareté va venir déferler comme un coup de tonnerre près des rives du Léman, avec le chef-d’oeuvre déjanté de Frank Zappa, 200 Motels (voir notamment en 2023 à Nice ) : le mélange de rock et de symphonique, au service d’une satire féroce, est à ne pas manquer !

 

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CRITIQUE, opéra. GENEVE, Grand Théâtre, le 13 décembre 2025. GERSHWIN : Un Américain à Paris. Robbie Fairchild (Jerry Mulligan), Anna Rose O’Sullivan (Lise Dassin), Rebecca Eichenberger (Madame Baurel), Emily Ferranti (Milo Davenport), Etai Benson (Adam Hochberg), Max von Essen (Henri Baurel), Orchestre de la Suisse Romande, Wayne Marshall (direction musicale) / Christopher Wheeldon (mise en scène). A l’affiche du Grand Théâtre de Genève jusqu’au 31 décembre 2025. Photos (c) Grégory Batardon

 

 

VIDEO : Trailer d’Un Américain au Paris au Grand-Théâtre de Genève

 

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CRITIQUE CD événement. « La Guitare de Louis XIV ». Léa Masson, guitare, théorbe et direction (1 cd CVS Château de Versailles, 2024)

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Le disque La Guitare de Louis XIV, publié sous le label Château de Versailles Spectacles, explore une facette méconnue du règne du Roi-Soleil : sa passion pour la guitare. Dirigé et interprété par Léa Masson (à la guitare baroque et au théorbe), l’album révèle comment Louis XIV, influencé par sa mère Anne d’Autriche, a transformé cet instrument d’origine populaire en un symbole de raffinement royal, servant tant à séduire la cour qu’à harmoniser les cultures française, italienne et espagnole. Enregistré à la Chapelle du Petit Trianon à Versailles, ce projet allie rigueur historique et interprétation sensible.

 

 

Le disque propose un parcours chronologique et géographique, mettant en lumière les trois influences majeures de l’époque : espagnole, italienne et française. L’Espagne avec des titres comme Cancion a la Reyna de Francia (Louis de Briceño), Airs de cour en espagnol/gascon (Etienne Moulinié), Espagnol je t’en supplie (Lully, avec castagnettes) ; l’Italie avec Pavaniglia con parti varie (Giovanni Paolo Foscarini) et Se voi luci amate (Gabriel de Rochechouart, avec théorbe et ténor) ; et enfin la France avec des titres comme le Tombeau de Francisque Corbet (Robert de Visée), Seguir più non voglio (Etienne Moulinié) et Quelles beautés, Ô mortels (Antoine Boësset) – qui se posent en synthèse de toutes les influences européennes. 

Le voyage commence par l’influence espagnole, marquée par l’arrivée de l’infante Marie-Thérèse. Des pièces comme la Cancion a la Reyna de Francia de Louis de Briceño, dont Léa Masson a recomposé des parties à partir de manuscrits, ou les airs d’Étienne Moulinié, baignent dans une couleur populaire et dansante, rehaussée par l’usage discret des castagnettes. Cette section rappelle comment la guitare a d’abord été un vecteur de diplomatie culturelle. L’élégance italienne est incarnée par des œuvres au contrepoint raffiné, telle la Pavaniglia con parti varie de Giovanni Paolo Foscarini. Ici, le théorbe, autre instrument de maîtrise de Masson, prend le relais, déployant des sonorités profondes et chaleureuses qui contrastent avec le timbre plus vif de la guitare baroque. Cette influence transalpine illustre le raffinement technique et expressif recherché à la cour.

L’apogée du disque réside dans la synthèse française. Des compositeurs comme Robert de Visée, guitariste attitré de Louis XIV, y figurent en bonne place. Son Tombeau de Francisque Corbet est un moment de gravité et d’émotion pure, où la ligne musicale, portée par une interprétation délicate et intériorisée, devient véritablement éloquente. Cette section montre comment la France a su assimiler et transcender les apports étrangers pour forger un style unique, sobre et profond.

La grande réussite de ce projet tient à la direction musicale et à l’interprétation de Léa Masson. Dans son premier disque en tant que cheffe de projet, elle fait bien plus que jouer : elle guide l’auditeur avec une vision claire et documentée. Son approche de la guitare baroque et du théorbe est remarquable de polyvalence technique et expressive. Elle passe avec aisance du style « battu » (jeu en accords) au style « luthé » (jeu polyphonique), toujours au service de la narration musicale. Son jeu se distingue par une grande clarté, une belle rondeur de son et un sens naturel du phrasé qui évite tout effet clinquant.

En tant que directrice, sa grande intelligence est d’avoir su s’entourer (avec le violiste Julien Gonin, la flûtiste Arnaud Condé, le ténor Marco Angioloni, entre autres) pour créer un dialogue authentique et équilibré entre les instruments et les voix. L’ensemble respire la complicité et la cohérence, chaque intervenant apportant sa couleur sans jamais dominer les autres. L’enregistrement, réalisé dans l’acoustique intime de la Chapelle du Petit Trianon, capture parfaitement cette atmosphère de musique de chambre raffinée.

La Guitare de Louis XIV est un disque vivant, poétique et profondément cohérent, qui réussit le pari de nous faire entendre non seulement la musique, mais aussi l’histoire et les passions qui l’ont façonnée. Il s’impose comme une référence essentielle pour quiconque souhaite découvrir la dimension intime et cosmopolite du Grand Siècle français.

 

 

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CRITIQUE CD événement. « La Guitare de Louis XIV ». Léa Massson (guitare, théorbe et direction). 1 CD CVS enregistré à la Chapelle du Petit Trianon du Château de Versailles en août 2024. Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

 

PLUS D’INFOS sur le site de la boutique de l’Opéra Royal de Versailles : https://www.operaroyal-versailles.fr/boutique

 

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ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE CARLO, dim 11 janv 2026. Khatchaturian, Prokofiev, Tchaikovsky, Borodine… Liya Petrova, violon. Emmanuel Tjeknavorian, direction

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Sous la direction du chef viennois (et violoniste) Emmanuel TJEKNAVORIAN, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo inaugure cette nouvelle année 2026 dans un programme particulier exigeant, enflammé et passionné, sur les cimes de l’invention et des vertiges concertants, ceux de Khatchatourian et de Borodine, sans omettre le Concerto contrasté et ambivalent de Prokofiev… ce dernier sous l’archet de la violoniste Liya Petrova…

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Photo : le chef et violoniste Emmanuel Tjeknavorian, DR

 

 

Du ballet Gayaneh, Khatchatourian déduit une version tardive datée de 1957, et aussi plusieurs suites d’orchestre tant la partition originelle est riche, véritable pépinière de trouvailles mélodiques, intégrant sans limites les folklores russes et caucasiens. La fameuse danse du sabre (volet final de la Suite III) en est le point culminant.

Les Danses polovtsiennes offrent l’exemple le plus spectaculaire du folklore russe à la fois raffiné et flamboyant, « d’une sensualité âpre, sauvage, et d’une rare virtuosité orchestrale ». Elles furent créées à Saint-Pétersbourg, en version de concert, le 27 février 1879, sous la direction de Rimski-Korsakov.

Concerto pour violon n°1 opus 19 de PROKOFIEV
Flexibilité et vocalité… l’écriture de Prokofiev exploite toutes les ressources du violon sans révolutionner véritablement l’écriture du concerto. Composé en 1917, à l’époque de la symphonie classique, le Concerto pour violon en 3 mouvements (durée indicative : environ 20 mn) regroupe les conseils que le compositeur sait recueillir du violoniste Paul Kochanski, virtuose polonais qui enseigne au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. La partition ne sera créée qu’en 1923 à Paris sous la direction de l’excellent Serge Koussevitsky.
Le premier mouvement – Andantino privilégie la lisibilité du chant violonistique, tandis que le Scherzo qui suit, creuse les contrastes et les accents, jouant sur la diversité des registres et des caractères, avec propre à Prokofiev, des climats pas vraiment élucidés entre facétie, ironique, cynisme allusif, voire délire percutant, sardonique et agressif… Enfin le Finale (moderato) concentre une énergie de plus en plus libérée.

 

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Dim 11 janvier 2026, 18h
MONACO, Auditorium Rainier III
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://opmc.mc/concert/e-tjeknavorian-l-petrova/
Durée approximative du concert: 2h avec entracte
Aram KHATCHATOURIAN
Gayaneh, Suite
Serge PROKOFIEV
Concerto pour violon n°1 en ré majeur, op. 19
Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY
Roméo et Juliette, ouverture-fantaisie
Alexandre BORODINE
Les Danses Polovtsiennes
Liya PETROVA, violon
Emmanuel TJEKNAVORIAN, direction

 

 

En prélude au concert, présentation des œuvres à 17h par André Peyrègne.

 

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OPÉRA DE DIJON. Ven 9 janvier 2026. Récital Michael Spyres (ténor) & Mathieu Pordoy (piano). Beethoven, Liszt, Berlioz (Lieder, Mélodies)…

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« Meilleur chanteur de l’année » : en 2024, les Oper! Awards et les International Opera Awards ont consacré le ténor étasunien Michael Spyres à l’unanimité. Acclamé chez Mozart, Rossini ou Berlioz, le ténor, qui est aussi « baryténor », élargissant encore l’étendue de ses possibilités expressives, fait de chaque récital « une aventure musicale ».

 

Dix ans après un somptueux et inoubliable Mitridate, Michael Spyres est de retour à l’Opéra de Dijon avec pour partenaire le pianiste Mathieu Pordoy, (récent complice in loco de Sabine Devieilhe). Leur programme embrasse le romantisme germanique et italien, questionnant l’emprise émotionnelle à travers un choix de textes passionnés et contrastés.
Sur les poèmes d’Alois Jeitteles, À la bien-aimée lointaine de Beethoven est le premier cycle de Lieder de l’histoire, dévoilant enjeux et douleur de la séparation avec candeur. Chez Liszt, la « bien-aimée » Marie d’Agoult prend les traits de Laure, muse du poète : les Trois sonnets de Pétrarque portent un lyrisme opératique, soulignés par la langue italienne : un autre défi pour l’interprète. En six mélodies, Les Nuits d’été de Berlioz expriment doutes et désespérance, ivresse et rêverie… les poèmes de Théophile Gautier inspirent le cycle le plus convaincant de mélodies françaises.

 

 

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Récital Michael Spyres & Mathieu Pordoy
Beethoven, Liszt, Berlioz
9 janvier 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Dijon : https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/michael-spyres-mathieu-pordoy/
Beethoven – Liszt – Berlioz
distribution
Michael Spyres, ténor
 / Mathieu Pordoy, piano

 

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. CAEN, Conservatoire, le 9 déc 2025. Gabriel DUPONT : La Cabrera, 1905 (recréation). Marianne Croux, Fabien Hyon, …Chœur de chambre, Chœur de jeunes, Orchestre de Caen, Nicolas Simon (direction)

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C’est une résurrection exemplaire, fruit d’un long travail de recherche et de préparation porté par le Conservatoire de Caen sous la direction d’Aurélien Daumas-Richardson : dans la ville qui l’a vu naître, Gabriel Dupont [1878 – 1914] vit enfin une juste réhabilitation car ce soir est dévoilé le tempérament lyrique d’un grand compositeur : à l’époque des véristes et de Puccini, en parallèle à la révolution debussyste, son opéra de jeunesse, « La Cabrera » affirme une maîtrise et une culture musicale étonnantes de la part d’un auteur âgé de 26 ans.

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Photos : © Fanny Cesbron / Conservatoire de Caen – générale

 

 

 

Par Alexandre Pham. Cette recréation prolonge les précédentes « Journées Dupont » organisées en 2022 in loco par le Conservatoire de Caen dont toutes les équipes, professeurs, élèves, département de la documentation [qui est dépositaire de l’un des fonds Gabriel Dupont], ont dès l’origine travaillé avec celles du Palazzetto Bru Zane [Centre de musique romantique française]. La recréation de ce soir, fait suite à la première réalisé à Caen en juin 1905. 120 ans plus tard, elle implique d’autant plus les ressources du Conservatoire que sur le plateau, jouent et chantent plusieurs élèves des classes de chant lyrique aux côté du chœur maison, le Chœur de chambre.

 

 

 

La Cabrera de Gabriel Dupont,
joyau vériste à la française

L’écriture musicale et la construction de la partition sont d’autant plus intéressantes qu’elles ont valu à leur auteur d’avoir obtenu le fameux Concours de l’éditeur Sonzogno à Milan en 1904. Celui auquel Mascagni doit d’avoir été révélé [en distinguant précédemment son éblouissante « Cavalleria Rusticana » de 1890], permet d’établir un lien entre le jeune français et le milieu du vérisme italien.

D’ailleurs La Cabrera sur un sujet basque espagnol (à l’époque de la guerre hispano-américaine), concentre l’essentiel de l’esthétique vériste : action fulgurante riche en tableaux très contrastés, – prétexte pour l’orchestre à des pages suggestives, atmosphériques même (d’autant plus percutantes après des passages furieux),  chœurs pittoresques (chœur des villageois, des marins, scène de l’auberge…) ; passions exacerbées [jalousie, trahison, fureur et désespoir…],… le tout convergeant vers une inéluctable issue tragique ; impuissance de fortes individualités qui ne se possèdent plus, comme submergées par leurs sentiments au point de les anéantir… Il n’y a pas comme chez Mascagni de crime à proprement parler, mais de mort sociale et de mort amoureuse dans le cas de l’héroïne.

Il en va ainsi du couple central : Amalia (la Cabrera) et le marin Pedrito qui revient du front de guerre de Cuba (où il passé 4 ans), visiblement encore marqué par les horreurs de la guerre mais sans que cela soit conscientisé, du moins dans la première partie. La force de l’action [et la réussite du livret quoiqu’on en dise] est ainsi de confronter deux individus démunis impuissants, détruits intérieurement qui s’affrontent malgré eux au cours du drame, avant de se retrouver à la toute fin où l’amour et le pardon triomphent in extremis… mais à quel prix.
Entre temps en l’absence de celui qui l’a laissée pour la guerre, la Cabrera est séduite par le fringuant Juan Cheppa qui lui aussi l’abandonne sans sourciller, après qu’Amalia lui apprend qu’il était père. La fille mère est abandonnée une nouvelle fois, délaissée, sacrifiée,… vouée à la solitude, la misère, une errance qui se révélera doublement fatale (pour l’enfant comme pour la mère).

 

 

 

Belle implication collective

 

 

Ce qui convainc ce soir c’est l’engagement de tous les interprètes : qu’il s’agisse des chœurs (de femmes à jardin / d’hommes à cour), composés par les élèves du Conservatoire ; des instrumentistes de l’orchestre, des solistes, remarquables d’intensité et de souffrance, de jeu crédible comme de nuances.

Le plateau se révèle fascinant dans l’expression des passions : Marianne Croux incarne une très solide Amalia / Cabrera : intense dans sa douleur croissante, désespérée mais digne, jusqu’à sa mort en fin d’action. D’autant que le Pedrito de Fabien Hyon affirme une sensibilité très affûtée qui se dévoile au fur et à mesure que le rôle s’enrichit : vaillant soldat, affichant un masque vainqueur au début ; puis âme détruite, finalement terrassée par la culpabilité et la violence qu’il a infligé. Sa partie est à notre avis plus ciselée encore que celle d’Amalia, et tout le métier du Dupont mélodiste, se déploie alors dans l’expression de sa transformation intérieure. Aussi dramatique et tragique, que diseur et nuancé, le ténor affirme un exceptionnel tempérament autant de chanteur que d’acteur, sachant s’écarter de l’outrance pour colorer avec une rare finesse la trajectoire d’un cœur ardent aussi impétueux que bouleversant.

Dirigeant l’Orchestre de Caen, Nicolas Simon se montre à la hauteur d’une partition qui s’avère aussi expressive que les pages véristes italiennes les plus passionnées. Rugissant et évocateur, furieux et d’un raffinement harmonique qui exprime l’activité des forces souterraines (dont la scène à la fin du I quand la Cabrera décide de partir du village), l’orchestre de Gabriel Dupont se démarque de ses contemporains par sa science harmonique, l’efficacité de son architecture (digne de Widor, Vierne, Massenet qui furent ses maîtres) ; ce métier justifie le prix qu’il a remporté en 1904 : sa partition sait dévoiler avec nuances le ressort des passions les plus sauvages : elle éclaire tout autant en particulier dans le déroulement de la 2è partie, la transformation psychique qui se réalise et enrichit spécifiquement le profil de Pedrito. L’écriture dessine un parcours souterrain qui doit alors beaucoup à ses tentatives pour le Prix de Rome (déçues comme Ravel) et sa précocité naturelle dans le domaine de la mélodie. Au bruit orchestral, le compositeur fait correspondre d’autres éclairs plus allusifs, un bouillonnement sonore plus intime, une aptitude à capter et à comprendre les intentions secrètes.
La Cabrera ce soir le démontre sans réserve grâce à une direction affutée, une superbe cohérence sonore, une implication de tous les interprètes sur le plateau. Chapeau bas. De toute évidence, la soirée marque un jalon important de la réhabilitation de Gabriel Dupont. ll reste à enregistrer cette partition fascinante, perle d’un vérisme à la française… dans la collection « Opéra français » du Palazzetto ? A suivre.

 

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. CAEN, Conservatoire, le 9 déc 2025. Gabriel DUPONT : La Cabrera, 1905 (recréation). Marianne Croux, Fabien Hyon, …Chœur de chambre, Chœur de jeunes, Orchestre de Caen, Nicolas Simon (direction).

 

 

La Cabrera / Gabriel Dupont, la générale © Fanny Cesbron

 

 

 

 

 

 

 

approfondir

 

CRITIQUE / COMPTE-RENDU, Cycle. CAEN, Journées Gabriel Dupont (1878 – 1914), les 26 et 27 nov 2022. Pléthore de chercheurs et de musicologues pour une première mémorable à Caen : les Journées Gabriel Dupont les sam 26 et dim 27 nov derniers, organisées par le Conservatoire & Orchestre et le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française. Tout en honorant un compositeur natif, en s’appuyant aussi sur le fonds de documents et archives déposé en ses murs, le Conservatoire & Orchestre de Caen sait surprendre et créer l’événement. En programmant sur 2 journées une série de communications et de concerts dédiés au génie local, Gabriel Dupont (1878 – 1914), l’institution caenaise assure la valorisation de son patrimoine ; elle tire son épingle du jeu parmi les conservatoires hexagonaux, exploitant judicieusement ses ressources humaines et aussi ses espaces ouvertes au public. LIRE notre article intégral : https://www.classiquenews.com/critique-compte-rendu-cycle-caen-journees-gabriel-dupont-1878-1914-les-26-et-27-nov-2022/

 

LIRE aussi ANNONCE / Les Journées Gabriel Dupont (nov 2022) : https://www.classiquenews.com/caen-conservatoire-journees-gabriel-dupont-26-27-nov-2022/

 

CAEN, Journées GABRIEL DUPONT, sam 26, dim 27 nov 2022. Festival événement. L’enfant du pays… Conservées à Caen, les archives du compositeur Gabriel Dupont (1878-1914) ne cessent de révéler de nouvelles clés de compréhension sur l’histoire musicale de la Belle époque et du temps de Proust, Ravel, Debussy.

CAEN, Conservatoire : Journées Gabriel DUPONT (26, 27 nov 2022)

 

 

Reportage vidéo : les Journées Gabriel Dupont (nov 2022)

Les 26 et 27 Nov 2022, le Conservatoire & Orchestre de CAEN dédie conférences et concerts au compositeur romantique français Gabriel Dupont, étoile filante géniale de la Belle Époque – reportage vidéo exclusif PARTIE 1 / 2 © classiquenews.tv 2023

  

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CRITIQUE, comédie musicale. PARIS, Théâtre du Châtelet (du 5 déc 2025 au 10 janv 2026). J. Hermann : « La Cage aux Folles ». L. Laffitte, D. Bigourdan, Emeric Payet… Les Frivolités parisiennes, Olivier Py (mise en scène), Stéphane Petitjean (direction musicale)

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Directeur du Théâtre du Châtelet depuis 2023, Olivier Py s’évertue depuis lors à redynamiser cette grande institution parisienne, comme le prouvent les moyens considérables offerts à la nouvelle production de la comédie musicale “La Cage aux folles” (1983) du duo américain Jerry Hermann et Harvey Fierstein. L’ouvrage n’avait plus été joué depuis 1999 au Théâtre Mogador. C’est peu dire que cette adaptation de la pièce éponyme de Jean Poiret reste peu connue en France, alors qu’elle a triomphé aux Etats-Unis ou plus récemment à Berlin, grâce aux bons soins de Barrie Kosky. Plusieurs éléments se distinguent ainsi du film bien connu d’Edouard Molinaro, réalisé en 1978, qui avait inclus un nouveau personnage, celui de la vraie mère de Jean-Michel, tout en supprimant le rôle truculent de Jacqueline, tenancière d’un restaurant. Auteur des dialogues pour la comédie musicale, le comédien américain Harvey Fierstein reprend les principaux éléments de la pièce, tout en donnant davantage de profondeur aux personnages lors de plusieurs chansons évocatrices, dont au moins l’une d’elles a acquis une renommée internationale, grâce à la reprise de « I am what I am » de Gloria Gaynor.

 

Olivier Py a réalisé une nouvelle traduction en français, qui respecte la prosodie du français, tout en modernisant le propos global, afin que l’ouvrage parle aux plus jeunes. Il n’est plus question ici d’imaginer une Zaza poussant des cris d’orfraie, mais bien davantage de confronter des gays d’aujourd’hui aux questions plus contemporaines du sida, de la « Manif pour tous », des thérapies de conversion ou plus classiquement de la moquerie d’un politicien d’extrême-droite, au clientélisme nécessairement réactionnaire. Ce travail audacieux fait feu de tout bois pour jouer sur un humour volontiers en dessous de la ceinture, du bondage aux plumes dans le dos, tout en restant joyeusement bon enfant et inoffensif. Cette coloration vivante et extravertie s’accorde bien à la nouvelle orchestration réalisée pour neuf instrumentistes issus des “Frivolités Parisiennes”, qui fait la part belle aux sonorités volontiers populaires de l’accordéon, particulièrement sollicitées. L’esprit jazzy, à grand renfort de cuivres, crépite sous la baguette expressive de Stéphane Petitjean, très investi pour l’occasion.

Le travail de Pierre-André Weitz (décors et costumes) et de Bertrand Killy (lumières), les deux complices fidèles d’Olivier PY depuis presque toujours, est tout simplement magistral. Le dispositif scénique, basé sur de grandes tournettes, crée une fluidité prodigieuse. En un clin d’œil, le public voyage de la façade d’un cabaret en carton-pâte (assumé) et enseigne grésillante, évoquant un music-hall parisien plus que tropézien, à un immense escalier digne du Lido, inondé de lumière, que les Cagelles qui dévalent dans un nuage de plumes et de strass. Les spectateurs découvrent aussi des espaces plus intimistes, révélant la vie domestique et les doutes derrière les paillettes, avant une toile de fond ensoleillée pour camper le bistrot « Chez Jacqueline« , distillant un réjouissant second degré. Quant aux costumes, ils sont un festival à eux seuls, passant des tenues extravagantes des « Cagelles » à l’élégance sobre de Georges, contribuant à cette virtuosité de la transformation qui enchante et exalte le public.

 

 

Laurent Lafitte en Zaza/Albin est FABULEUX… tout simplement ! Son incarnation dépasse l’imitation pour toucher à l’universel. Il compose une reine de la revue facétieuse et fragile, au sourire rayonnant et au bagout sans limite. Son interprétation de l’hymne « I Am What I Am » (ici francisé) est un moment d’une intensité rare, irradiant de sensibilité et de fierté. Il prouve aussi son talent de chanteur et de danseur, notamment dans un numéro de chansonnier au milieu du public, qui restera comme le moment le plus drôle et fort de la soirée. Damien Bigourdan, en Georges, incarne avec une justesse et une discrétion remarquables le partenaire à la fois “mâle” et chaleureux. Sa présence continue sur scène et sa technique de chanteur (moins rôdé, il faut l’avouer…), en font le parfait contrepoint à l’exubérance de Zaza. Leur alchimie est si touchante que leur baiser final provoque des hourras de joie dans la salle. 

Mais n’oublions pas de mentionner les autres artistes, à commencer par la prestation hilarante d’Emeric Payet en Jacob(ina). Dune gouaille hilarante, il rêve de devenir une star et vole littéralement la scène. En Jean-Michel, le jeune et bondissant Harold Simon campe jeune premier charmeur et tourmenté, à la superbe voix de ténor, jouant avec justesse le conflit entre son amour pour sa famille et son désir d’une vie normale. De son côté, Maë-Lingh Nguyen incarne la douceur et la rébellion. Délicieuse et déterminée, elle se rebelle avec grâce contre la bêtise de ses parents par amour pour Jean-Michel. Emeline Bayart est désopilante en Marie Dindon, la gardienne du temple hystérique et grenouille de bénitier, tandis que son mari, incarné par Gilles Vajou, campe un réactionnaire ridicule puis pathétique, un député “facho” dont la transformation finale, forcée par le travestissement, est un moment savoureux. En Jacqueline, Lara Neumann est l’amie avenante et souriante : tenancière d’un restaurant, elle apporte une touche de chaleur et de soutien dans l’intrigue. Edouard Thiébaut campe un organisateur très affairé et pétillant, saisissant même l’occasion pour montrer qu’il a du talent sous ses claquettes ! Enfin, les “Cagelles”, chorégraphiées par Ivo Bauchiero, sont une troupe d’une énergie et d’une précision étourdissantes.

Avec cette « Cage aux folles« , Olivier Py et son équipe signent un spectacle total qui conjugue avec un bel équilibre la fête flamboyante et l’appel au respect des identités. C’est une célébration généreuse, drôle et profondément émouvante de la liberté d’être soi, portée par des artistes au sommet de leur art. Un triomphe mérité, à voir absolument (jusqu’au 10 janvier 2026) !…

 

 

 

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CRITIQUE, comédie musicale. PARIS, Théâtre du Châtelet (du 5 déc 2025 au 10 janv 2026). J. Hermann : « La Cage aux Folles ». L. Laffitte, D. Bigourdan, Emeric Payet… Les Frivolités parisiennes, Olivier Py (mise en scène), Stéphane Petitjean (direction musicale). Crédit photographique © Théâtre du Châtelet – Thomas Amouroux

 

 

 

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CRITIQUE, danse. PARIS, Palais Garnier, les 1er, 2 et 3 décembre 2025. Irme et Marne Van Opsal : Drift Wood (création) par le Ballet de l’Opéra de Paris

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À l’occasion du spectacle « Contrastes » au Palais Garnier, les chorégraphes frère et sœur, Imre et Marne van Opstal, créent pour la première fois un ballet pour les danseurs de l’Opéra de Paris. Drift Wood est une œuvre néoclassique qui, à travers la scénographie fluide et une musique énergique, explore l’idée de communauté, ses liens entre individus, son rapport à notre environnement.

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© Photo : Benoîte Fanton (Opéra national de Paris)

 

 

CRITIQUE par Amalia Procopio-Valentin. On comprend que les danseurs ne racontent pas une histoire, mais chacun de leurs gestes servent à créer un mouvement collectif, à exprimer l’idée d’une entité vivante possiblement homogène… Drift Wood, chorégraphié par Imre et Marne van Opstal, était à l’affiche de l’Opéra Garnier les 1er, 2 et 3 décembre 2025 dans le cadre de la soirée « Contrastes ».
Il s’agit d’une création originale imaginée spécialement pour le Ballet de l’Opéra national de Paris. Les deux chorégraphes néerlandais y développent leur langage contemporain, physique, émotionnellement chargé, en explorant la métaphore du « bois flottant » et les transformations du corps. La pièce introduit un langage chorégraphique plutôt physique mais non moins sensible, porté par une réflexion sur la communauté et l’influence de l’environnement. Elle apporte ainsi une vision nouvelle et contemporaine au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris.

 

Drift Wood :
ce qui tombe, se défait… et renaît

Le groupe d’individus traverse différents états et influences, comme du bois flottant façonné par les éléments. La pièce questionne la manière dont une communauté se construit, se transforme, comment elle réagit à son environnement, en mettant en avant les liens, les tensions et les équilibres qui unissent les êtres humains. Imre et Marne van Opstal y développent un langage chorégraphique contemporain pensé pour les danseurs de la compagnie. Cette commande marque ainsi leur entrée parmi les chorégraphes qui contribuent aux créations néoclassiques au sein du Ballet de l’Opéra de Paris.

La mise en scène s’appuie sur une scénographie faite de couches de murs mobiles, de voiles et de paysages naturels projetés, qui composent une série de « vignettes » distinctes permettant de produire différentes atmosphères. Cela donne la sensation de traverser plusieurs mondes successifs. Les éclairages accompagnent ces transitions en modifiant et en découpant l’espace ainsi qu’en orientant le regard. Le travail sonore, rappelle des mouvements vivants, organiques, ce qui donne l’impression d’être à la fois dans un milieu artificiel et naturel. L’ensemble façonne un rythme visuel et auditif qui construit la dynamique de la pièce.

L’interprétation repose sur la présence collective des danseurs : chacun apparaît d’abord comme un individu distinct, mais leurs interactions constantes construisent progressivement un ensemble cohérent. Les interprètes montrent comment une communauté se façonne, s’influence, se transforme, révélant que la coexistence reste essentielle. Leur engagement physique met en lumière des émotions brutes et sincères, renforçant l’idée que les liens humains naissent et se développent dans la texture des expériences partagées.

Dans Drift Wood, les individus isolés se mélangent peu à peu en un tout,… Ces passages, croisements, rencontres, passations alimentent une suite ininterrompue de transformations naturelles et continues. Les influences des danseurs entre eux, tout comme celles du paysage scénique, expriment progressivement une identité en mouvement.  Les changements de scènes, fluides, et les variations sonores, créent une progression où chaque tableau révèle un environnement et un monde différent. Cette évolution continue rend l’expérience particulièrement marquante.

Un aspect qui marque vraiment est l’évolution constante des formations : le groupe danse à l’unisson puis se divise en plusieurs duo, puis un trio vient au centre. Tout cela est fait avec une grande souplesse dans les gestes. Ces passages créent une circulation très vivante entre les danseurs. Les instants où l’un porte, bloque ou soutient l’autre, sont particulièrement expressifs, ils représentent les diverses influences des individus entre eux ainsi qu’à l’échelle d’une société.

La pièce amène à réfléchir sur ce qui fonde une communauté et sur la manière dont nos liens se construisent ; comment notre identité évolue aussi au contact des autres. Elle suggère combien la nature et l’environnement façonnent nos comportements, nos émotions, nos relations ; comme si chaque interaction nous modifiait petit à petit.

Le spectacle reste accessible à tous : même sans avoir de grandes connaissances en danse, on en saisit facilement la force visuelle et les idées, ce qui permet au tout public d’y entrer sans difficulté. De plus, la scénographie, particulièrement belle, offre une esthétique qui séduira un large public. Drift Wood est un ballet contemporain à voir absolument !

 

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CRITIQUE, danse. PARIS, Palais Garnier, les 1er, 2 et 3 décembre 2025. Irme et Marne Van Opsal : Drift Wood. Ballet de l’Opera de Paris.

 

 

VIDÉO : DRIFT WOOD par Imre et Marne Van Opstal

 

 

À l’occasion du spectacle « Contrastes » au Palais Garnier, Imre et Marne van Opstal créent pour la première fois un ballet pour les danseurs de l’Opéra de Paris. Leur pièce Drift Wood, dont le titre évoque des morceaux de bois flottant à la dérive, explore avec nostalgie l’idée de communauté. Les deux chorégraphes, frère et sœur, expliquent comment ils ont imaginé aux côtés de leurs collaborateurs la scénographie, la musique et les costumes de Drift Wood afin de créer un monde qui cache et révèle à la fois le secret émotionnel de chacun. Imre et Marne van Opstal détaillent enfin leur langage gestuel et la façon dont ils travaillent en studio avec les danseurs.
ENGLISH… On the occasion of the Contrastes show at the Palais Garnier, Imre and Marne van Opstal are creating a ballet for the dancers of the Paris Opera for the first time. Their piece Drift Wood, whose title evokes pieces of wood floating adrift, nostalgically explores the idea of community. The two choreographers, who are brother and sister, explain how they worked with their collaborators to devise the set design, music and costumes for Drift Wood in order to create a world that both hides and reveals each person’s emotional secrets. Finally Imre and Marne van Opstal describe their gestural language and how they work with the dancers in the studio.

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CRITIQUE, danse. PARIS, Théâtre 13ème ART, le 10 déc 2025. François Mauduit : Dancer(s), Compagnie François Mauduit

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La reprise en 2025 de « Dancer(s)« , ballet créé en 2022 [au Théâtre de Caen] s’avère passionnante à suivre, naviguant constamment entre l’humour et la tradition classique et romantique la plus orthodoxe, jouant de tous les codes esthétiques, multipliant les clins d’eux aux chorégraphes les plus créatifs voire audacieux, de Balanchine à Béjart…

 

 

La farce enfantine y voisine avec l’élégance la plus racée, le costume de Scaramouche avec le tutu à pointe, la passion de Tchaikovsky avec la jubilation athlétique collective, de surcroît au début et en conclusion, dans l’énergie lumineuse de Bach [deux splendides arches, d’ouverture et de conclusion].

En 6 actes, aux ambiances très caractérisées, François Mauduit se raconte conférant au spectacle sa part autobiographique ; à travers son récit, le chorégraphe livre évidemment un peu de lui-même, révélant une âme d’enfant demeurée intact : tout en reconstituant avec ses playmobils, le théâtre et ses machineries, ceux des ballets du Kirov (précisément la Belle au bois dormant version Petipa), il accompagnait sa sœur au studio de danse, et observait les cours, médusé par le spectacle du piano et des danseuses au travail…

Sur scène, les 11 danseurs de la compagnie (8 femmes et 3 hommes) partagent une même intensité souriante, une passion pour l’exultation physique qui cultive la liberté des corps, mais aussi la précision technique, comme la volubilité expressive, passant d’un registre poétique, comique ou aristocratique, dans une fluidité jubilatoire. La danse est d’autant plus riche et créative que François Mauduit n’oublie jamais le jeu théâtral, créant des caractères immédiatement identifiables tel le clown (Nicola Lazzar) ou le danseur noble d’une rare élégance ici un prince ou Apollon (Mohamed Sayed)…

La diversité des styles et des situations, le jeu scénique qui passe de la danse pure à la pantomime redistribuent constamment les cartes  ; en découle une énergie volubile, une légèreté qui se fait comédie voire parodie puis passion authentique et étreinte tragique : le duo du jeune homme et de la danseuse très digne et noble [sur l’Adagietto de Mahler, « acte 6 » : L’histoire du clown amoureux] résume tout l’esprit du spectacle, la volonté de raconter le métier du danseur sans jamais omettre le plaisir voire la jubilation à la fois inextinguible et irrésistible qui étreint le cœur et l’âme du danseur quand il danse.

On comprend alors que tout le spectacle est porté comme un fil conducteur par le regard du petit garçon qui se rêvait danseur et le duo mahlérien, déjà cité, exprime idéalement non pas un couple déchiré, en crise, mais au contraire le danseur et l’allégorie de la danse, à jamais attirés l’un à l’autre par une attraction magnétique.

C’est cette vibration intime qui s’incarne sur scène au sein du groupe, le récit d’une alchimie viscérale qui s’expose et se met en risque chaque soir de représentation.
Le chorégraphe ajoute bon nombre de paroles et entretiens des chorégraphes qu’il a lui-même rencontrés [dont Béjart]. Tous, tels les apôtres d’un art perdu, rappellent constamment à l’excellence, à une perfection inatteignable mais jamais abandonnée.
« Je suis mort dit le danseur » : combien de fois meurt-il au juste? En réalité chaque fois que nécessaire pour transmettre la magie et la grâce d’un corps libéré sans entraves. Pour renaître en pleine lumière.

 

 

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de la reprise de DANCER(S) par François Mauduit :
https://www.classiquenews.com/paris-13e-art-ballet-the-dancers-compagnie-francois-mauduit-les-9-et-10-decembre-2025/

À l’occasion des 20 ans de sa compagnie, le danseur François Mauduit, ex soliste de Maurice Béjart, questionne la danse et les danseurs ; il évoque ses souvenirs de danse avec passion, tendresse, férocité parfois et même folie… Du petit rat de l’Opéra son travail de soliste au sein de la compagnie de Maurice Béjart, ses premiers professeurs, ses rencontres avec de grandes personnalités, … de nombreux souvenirs se mélangent aux douces illusions d’une enfance totalement dévouée à la danse

 

 

 

LIRE aussi notre ENTRETIEN avec François Mauduit : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-le-choregraphe-francois-mauduit-a-propos-de-son-ballet-dancers-choregraphie-evenement-a-laffiche-de-decembre-2025/

Le danseur et chorégraphe François Mauduit présente une saison 2025 – 2026 d’autant plus flamboyante qu’elle marque les 20 ans de sa compagnie. Temps fort de ce cycle anniversaire, le ballet « Dancer(s) », qui est l’objet d’une tournée impressionnante dont 2 dates à Paris (les 9 et 10 décembre prochains, Théâtre du 13è Art). François Mauduit évoque le contexte et le sujet d’une chorégraphie emblématique de son travail, dont le langage qui emprunte à toutes les formes de l’écriture classique, immerge dans la vie du danseur, ses rêves, ses défis, les épreuves, l’entrainement du corps, la réalité de la scène et les éléments qui continuent d’entretenir la flamme de la passion… « Pourquoi danser ? », pour qui, comment ? François Mauduit expose ses éléments de réponses.

 

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CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE. Jeudi 1er janv 2026, 11h – Orchestre Philharmonique de Vienne / Wiener Philharmoniker / Yannick Nézet-Séguin. Bonne année 2026 !

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Pour la première fois, le chef québécois Yannick Nézet-Séguin [né à Montréal en 1975], dirige le prestigieux Orchestre Philharmonique de Vienne, ce 1er janvier 2026 pour une nouvelle édition du traditionnel Concert du Nouvel An, un cru qui s’annonce flamboyant et… surprenant.

 

 

Flamboyant car le maestro a montré sa carrure et son sens du drame comme de la suggestion…. comme chef symphonique [et aussi lyrique] ; surprenant en raison des partitions qu’il propose de jouer avec les instrumentistes viennois… Nouveautés au programme, relevant des souhaits du chef invité, les œuvres de deux compositrices aux côtés des inusables valses autrichiennes fin de siècle, dont évidemment celles de la dynastie Strauss (Johann I et II, Josef, Eduard).

 

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CONCERT DU NOUVEL AN À VIENNE, Jeudi 1er janvier 2026, 11h
en direct dans le monde entier [diffusion en eurovision].
Le chef canadien succède, sous la nef du Golden Hall du Musikverein de Vienne, à Riccardo Muti [familier de l’événement qui reste le concert le plus médiatisé au monde].
Concert retransmis en direct sur France 2
VOIR LE CONCERT DU NOUVEL AN en direct :
https://www.france.tv/france-2/concert-du-nouvel-an/
Plus d’infos sur le site des Wiener Philharmoniker :
https://www.wienerphilharmoniker.at/en/newyearsconcert#neujahrskonzert

 

Programme éclectique audacieux

Le concert affiche en effet les compositeurs autrichiens du XIXe fin de siècle :
Outre le père Johann I [et en fin de programme sa Marche de Radetsky], ses fils les frères Strauss : Johann II, Josef et Eduard… [soit 8 compositions].

Mais aussi les oeuvres de compositeurs viennois moins connus : Carl Michael Ziehrer, Joseph Lanner, Franz von Suppé, la pianiste et compositrice Josefine Amann-Weinlich.

Partition attendue, point d’orgue de la 2e partie, la Rainbow Waltz / Valse arc en ciel de l’américaine  Florence Price, une compositrice que Yannick Nézet-Séguin s’ingenie non sans raison à réhabiliter ayant enregistrer plusieurs de ses œuvres pour DG.
Autre rareté programmée, jouée après l’opus de Price : le Copenhague Jernbane Damp Galop du danois Hans Christian Lumbye (1810-1874).

VIDÉO : Rainbow Waltz Florence Price
https://youtu.be/8UnNdkv8GW8?si=O5xwHp9lVPlOSUDG

 

Yannick Nézet-Séguin est directeur musical du Metropolitan Opera de New York depuis 2018, directeur musical de l’Orchestre de Philadelphie depuis 2012 et directeur musical et chef principal de l’Orchestre Métropolitain de Montréal depuis 25 ans. De 2008 à 2018, il a été chef principal de l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam, où il a été nommé chef d’orchestre lauréat. Il est également membre honoraire de l’Orchestre de chambre d’Europe.

IN ENGLISH… Yannick Nézet-Séguin has been Music Director of the Metropolitan Opera in New York since 2018, Music Director of the Philadelphia Orchestra since 2012, and for 25 years Music Director and Principal Conductor of the Orchestre Métropolitain of Montréal. From 2008 to 2018, he was Principal Conductor of the Rotterdam Philharmonic Orchestra, where he was appointed Conductor Laureate. He is also an honorary member of the Chamber Orchestra of Europe.

 

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programme 2026

Johann Strauß II.
Overtüre to the Operetta
« Indigo and the Forty Thieves »

Carl Michael Ziehrer
Donausagen. Walzer, op. 446

Joseph Lanner
Malapou-Galoppe, op. 148

Eduard Strauß
Brausteufelchen. Polka schnell, op. 154

Johann Strauß II.
Fledermaus-Quadrille, op. 363

Johann Strauß I.
Der Karneval in Paris. Galopp, op. 100

Franz von Suppè
Ouvertüre zur Operette
« Die schöne Galathée »

Josephine Weinlich
Sirenen Lieder. Polka mazur, op. 13
[Arr. W. Dörner]

Josef Strauß
Frauenwürde. Walzer, op. 277

Johann Strauß II.
Diplomaten-Polka. Polka française, op. 448

Florence Price
Rainbow Waltz [Arr. W. Dörner]

Hans Christian Lumbye
Københavns Jernbane-Damp-Galop

Johann Strauß II.
Rosen aus dem Süden (Roses from the South),
Waltz, op. 388

Johann Strauß II.
Egyptischer Marsch (Egyptian March), op. 335

Josef Strauß
Olive Branch Waltz, op. 207

 

conclusion

La Marche de Radetsky (Johann Strauss I)

Le Beau Danube Bleu (Johann Strauss II)

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ORCHESTRES. OPMC / Orchestre Philharmonique de Monte Carlo. Nomination de Nathalie Stutzmann au poste de directrice artistique et musicale   

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NATHALIE STUTZMANN, première maestra à la tête du Philharmonique de Monte-Carlo. La phalange monégasque marque son histoire prestigieuse en choisissant pour la première fois, une femme pour la diriger… Mercredi 10 décembre 2025, à l’occasion d’une conférence de presse ouverte au public, S.A.R. la Princesse de Hanovre, Présidente du Conseil d’Administration de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, a annoncé la nomination de Nathalie Stutzmann au poste de directrice artistique et musicale pour une durée de 4 ans, à compter du 1er septembre 2026.

 

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Photo : Nathalie Stutzmann © Daniele Ratti

 

Photo : Philippe Fitte / direction des Affaires Culturelles déc 2025

 

Cette nomination est l’aboutissement d’une collaboration de longue date entre Nathalie Stutzmann et l’OPMC qu’elle a dirigé à de nombreuses reprises, tant dans le domaine lyrique – notamment en 2014 avec L’Elixir d’Amour et en 2017 avec Tannhaüser –, que dans le domaine symphonique au cours des saisons précédentes. En 2014, Nathalie Stutzmann a été promue au grade d’officier dans l’Ordre du Mérite Culturel de la Principauté de Monaco.

 

Nathalie Stutzmann succèdera ainsi à Kazuki Yamada, directeur artistique et musical de l’OPMC depuis 2016 et dont le contrat s’achève en août 2026, après 10 ans d’une collaboration riche et audacieuse. Elle deviendra le 19ème Directeur artistique et musical de l’OPMC depuis sa création en 1856 et la première femme à occuper ce poste.

 

« Je suis très honorée de devenir la prochaine Directrice musicale et artistique de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Cet orchestre, créé en 1856 est riche d’une histoire et d’un esprit artistique unique très inspirant, et je me réjouis de toutes les perspectives artistiques qui s’offrent à nous. Ma collaboration avec l’orchestre a débuté il y a déjà dix ans et, durant toutes ces années, nous avons tissé une belle complicité et partagé une immense joie de faire de la musique ensemble. J’ai hâte d’explorer de nouveaux horizons musicaux et de continuer à partager notre passion pour l’excellence avec le public monégasque et faire rayonner l’OPMC dans le monde entier. Je suis impatiente d’écrire ce nouveau chapitre avec les musiciens et la communauté qui nous entoure et qui soutient cette institution remarquable, et je suis profondément reconnaissante du soutien et de la confiance de notre présidente du conseil d’administration, S.A.R. la Princesse de Hanovre. »
Nathalie Stutzmann

Photo : Nathalie Stutzmann © Daniele Ratti

 

 

VOIR la conférence de presse Nomination de NATHALIE STUTZMANN comme directrice artistique et musicale de l’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte Carlo : https://www.youtube.com/watch?v=x97h4guzPNQ

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de la saison 2025 – 2026 de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo : https://www.classiquenews.com/orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-saison-2025-2026-kazuki-yamada-pablo-ferrandez-seong-jin-cho-daniel-lozakovitch-fazil-say-jean-yves-thibaudet-marek-janowski-charles-dutoit-alejandr/

 

ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO, saison 2025 – 2026. Kazuki Yamada, Pablo Ferrández, Seong-Jin Cho, Daniel Lozakovitch, Fazil Say, Jean-Yves Thibaudet, Marek Janowski, Charles Dutoit, Alejandra de la Parra…

 

TOUTES LES INFOS et les concerts à venir sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo : https://opmc.mc/

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5ᵉ Cycle de Concerts MUSICAL-MENTE. PORTO, Teatro Nacional São João, le 18 déc 2025. Maria Rueff (humoriste), DSCH – Schostakovich Ensemble, Filipe Pinto-Ribeiro (piano et direction)

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Le 5ᵉ Cycle de Concerts Musical-Mente, au Théâtre National São João de Porto, est cette année consacré à l’humour en musique. Placée sous le thème « Musique et Humour », cette édition poursuit le travail entamé en 2021, explorant, au fil de cycles annuels, les relations entre la musique et diverses disciplines telles que les neurosciences, les mathématiques, la physique, la biologie, la politique ou encore la poésie.

 

Cette saison mettra en lumière la manière dont la musique peut intégrer, illustrer ou susciter des éléments humoristiques — du sourire au burlesque, en passant par la satire. Le premier concert aura lieu le 18 décembre au prestigieux Théâtre National São João, inauguré en 1798 sous le nom de Real Teatro de São João. Fondé sous le patronage de la Couronne, ce théâtre fut, tout au long du XIXᵉ siècle, l’un des principaux pôles de diffusion de l’opéra italien à Porto, jouant un rôle central dans la vie musicale et théâtrale de la ville.

Pour l’ouverture de la saison, un ensemble d’exception — le DSCH – Schostakovich Ensemble — proposera un programme où humour et virtuosité se rencontrent. L’énergie vive de la Tarantelle de Camille Saint-Saëns, l’esprit raffiné de Joseph Haydn dans son quatuor Anecdote et le jeu lumineux du compositeur canadien Srul Irving Glick composent une entrée en matière idéale avant le célèbre Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns.

Cette suite de quatorze tableaux, qui croque avec esprit une galerie d’animaux — des poules aux kangourous, du coucou aux… pianistes ! — constitue une délicieuse satire musicale. Chaque pièce se distingue par une instrumentation propre, et le final réunira sur scène les dix remarquables musiciens du concert. L’actrice et humoriste portugaise Maria Rueff assurera le prologue et la narration des textes évoquant les animaux, dans la version libre d’António Mega Ferreira, inspirée des originaux du célèbre humoriste français Francis Blanche.

Participeront également à ce concert plusieurs musiciens de renommée internationale, parmi lesquels le clarinettiste français Pascal Moraguès (première clarinette solo de l’Orchestre de Paris depuis 1981), la violoniste russe Tatiana Samouil, l’altiste norvégien Lars Anders Tomter, le violoncelliste allemand Justus Grimm, ainsi que le pianiste portugais Filipe Pinto-Ribeiro, fondateur et directeur artistique du cycle Musical-Mente, reconnu comme l’une des figures majeures de la scène musicale portugaise et internationale actuelle.

 

 

 

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5ᵉ Cycle de Concerts MUSICAL-MENTE. PORTO, Teatro Nacional São João de Porto, le 18 déc 2025. Maria Tueff (humoriste), DSCH – Schostakovich Ensemble, Filipe Pinto-Ribeiro (piano et direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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STREAMING DANSE, ven 26 déc 2025, nuit de la danse / La Belle au bois dormant [Noureev], Mayerling [MacMillan] / Opéra national de Paris [france.tv]

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Pour les fêtes, france.tv remplit sa mission culturelle vers le plus grand nombre et diffuse à une heure accessible et en 1 seule soirée, 2 ballets légendaires à l’affiche de l’Opéra de Paris : La Belle au bois dormant dans la version mythique de Rudolf Noureev, puis  Mayerling, chef-d’œuvre dramatique de Kenneth McMillan ; « une rencontre rare entre splendeur classique et intensité théâtrale » .

 

 

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21h10 : La Belle au Bois dormant
21h45 : Mayerling
VOIR La Belle au bois dormant et Mayerling, Vendredi 26 décembre à 21h05 sur France 5 et sur france.tv

Photo : Mayerling de Kenneth MacMillan – Dorothée Gilbert (Mary Versera) et Hugo Marchand (Prince Rodolphe) © Marie Helena Buckley / OnP

 

 

 

Déroulé de la soirée

 

21h10
La Belle au bois dormant

En 1697, sur ses vieux jours, Charles Perrault fait paraître, à 67 ans, un ouvrage qui allait assurer sa célébrité :  » Histoires ou contes du temps passé, avec moralité »  : Le Petit Poucet, Le Petit Chaperon rouge, Le Chat botté, Peau d’Âne, La Barbe-Bleue, Cendrillon, La Belle au bois dormant, soit une collection de féerie parmi les plus inspirées par le premier  baroque francais, a la fin du règne de Louis XIV ; autant de contes et fables qui transposent dans le domaine du fantastique les épreuves psychologiques du passage de l’enfance à l’âge adulte. Photo : Bleuenn Battistoni (la princesse Aurore) et Guillaume Diop (le prince Désiré) forment un couple stratosphérique. (© Agathe Poupeney/Divergences/Opéra national de Paris)

 

Lorsque Rudolf Noureev vient à Paris en 1961 à l’occasion d’une tournée avec le Kirov, peu avant sa demande d’asile politique, il subjugue le public et éblouit la scène du Palais Garnier dans le rôle du prince de La Belle au bois dormant.
Trente ans plus tard [1991], Il conçoit pour le Ballet de l’Opéra national de Paris une nouvelle chorégraphie de cette œuvre qu’il considérait comme le « ballet des ballets ».
Tout en conservant la féerie spectaculaire du ballet et la musique de Tchaïkovski, Noureev rééquilibre la chorégraphie originelle de Marius Petipa en accordant plus de place aux rôles masculins, en particulier celui du prince.  Absents de la scène de l’Opéra national de Paris depuis dix ans, nul doute qu’Aurore et Désiré, la Fée Lilas et l’Oiseau bleu, sans oublier la terrible Cara bosse, les personnages de Perrault font le grand retour sur les planches parisiennes…

« Quand je faisais mes premiers pas à Oufa, mon maître à danser — qui avait appartenu au Kirov – me disait toujours que La Belle au bois dormant était le “ballet des ballets”. La Belle au bois dormant de Tchaïkovski et de Marius Petipa représente en effet l’apogée du ballet classique : la danse s’affirme alors comme un art majeur. […] Aujourd’hui, La Belle demeure pour moi l’accomplissement parfait de la danse symphonique. Elle exige du chorégraphe de trouver l’harmonie avec la partition de Tchaïkovski. »

Rudolf Noureev, mars 1989

 

Chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev
d’après Marius Petipa
Musique : Piotr Ilyitch Tchaïkovski
Avec les Danseurs étoiles :
Bleuenn Battistoni
Guillaume Diop
Les Premières Danseuses, les Premiers Danseurs, le Corps de Ballet et le Junior Ballet de l’Opéra national de Paris / Orchestre de l’Opéra national de Paris / Vello Pähn, direction / Capté les 7 et 10 avril 2025 à l’Opéra Bastille

 

 

 

 

23h45 : Mayerling

Le drame de Mayerling est un événement historique nimbé de mystère. Kenneth MacMillan en a conçu un ballet en 3 actes, créé en 1978 à Londres et entré au répertoire de l’Opéra national de Paris en 2022.  Mayerling, c’est le nom du pavillon de chasse dans lequel fut retrouvé mort, en 1889, l’héritier de l’Empire austro‑hongrois, Rodolphe. Pourquoi le fils de l’empereur François‑Joseph et d’Elisabeth (la fameuse Sissi) s’est-il suicidé en compagnie de sa maîtresse, la jeune Mary Vetsera ? De cet événement historique nimbé de mystère, Kenneth MacMillan a conçu un ballet créé en 1978 à Londres et entré au répertoire de l’Opéra national de Paris en 2022. En proie à des addictions et à des pensées suicidaires, personnage tourmenté et malmené par l’Histoire, Rodolphe permet au chorégraphe de développer des thèmes qui lui sont chers.

Sur la musique fiévreuse de Franz Liszt, Mayerling déploie une chorégraphie d’une grande théâtralité. Les scènes grandioses s’entrelacent aux scènes intimes, dans des costumes somptueux dont les teintes automnales traduisent le déclin d’un monde crépusculaire, celui de l’empire, amené à disparaître.

Chorégraphie : Kenneth MacMillan
Musique : Franz Liszt
Arrangements et orchestration : John Lanchbery
Livret : Gillian Freeman
Avec les Danseurs Etoiles :
Hugo Marchand, Léonore Baulac et Hannah O’Neill
Les Premières Danseuses Silvia Saint-Martin, Héloïse Bourdon et Roxane Stojanov, les Premiers Danseurs Pablo Legasa et Jérémy-Loup Quer et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris
Orchestre de l’Opéra national de Paris, Martin Yates, direction / représentation filmées  des 6 et 8 novembre 2024 au Palais Garnier.
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TOULOUSE, Opéra national du CAPITOLE. WEINBERG : La Passagère (nouvelle production, création française) : 23 – 29 janvier 2026. Anaïk Morel, Airam Hernandez, Nadja Stefanoff… Johannes Reitmeier (mise en scène) / Francesco Angelico (direction)

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Lors d’une croisière, une ancienne Kapo SS (Lisa) reconnaît une survivante d’Auschwitz qu’elle a bien connue (Marta) : un temps d’horreur resurgit dans sa mémoire, entre déni, oubli et remords, agacement aussi… À partir du récit autobiographique de la romancière polonaise Zofia Posmysz et à l’instigation de Chostakovitch, le compositeur Mieczysław Weinberg signe un opéra majeur du XXe siècle, La Passagère dont le Capitole réalise ainsi en janvier 2026, la création française. Nouvelle production événement. Par Alban DEAGS.

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photo : La Passagère © Mirco Magliocca

 

 

 

Mieczysław Weinberg
Chantre de la mémoire

Né en 1919 à Varsovie, d’un père violoniste et compositeur, le compositeur juif MIECZYSLAW WEINBERG (1919-1996) rejoint le Conservatoire de Varsovie alors dirigé par… Karol Szymanowski. Mais à 20 ans, en 1939, quand l’Allemagne nazie envahit la Pologne, le jeune homme quitte son pays, sa sœur rejoignant leurs parents, tous seront exterminés au camp de Trawniki. L’œuvre du compositeur profondément marqué par la perte et la fragilité, questionne le sens de l’histoire, la direction de l’humanité, la transmission de la mémoire… d’autant plus à notre époque où les derniers témoins du nazisme s’éteignent et que resurgissent partout en Europe la crispations et les tensions extrêmistes.
En 1943, Weinberg qui a adressé le manuscrit de sa première symphonie à Chostakovitch, reçoit de celui ci une invitation à Moscou. Il est impressionné voire bouleversé par l’écriture de son cadet de 13 ans : gravité, tension, présence d’une indicible menace. De 1943 à 1948, Weinberg compose une série de chefs d’œuvre dont ses quatuors (n°3 à 6), le Quintette et la Sonatine pour clarinette… un éclair génial, brutalement interrompu par une nouvelle terreur… stalinienne. Weinberg est même arrêté et incarcéré à Loubianka (7 février 1953), et son œuvre taxée de « nationaliste bourgeois juif ».
Propre aux années 1960, l’opéra « La Passagère » qui dans une série de flashbacks, interroge le traumatisme de l’Holocauste et l’œuvre culpabilisante du refoulement, est son sommet lyrique, qui profite aussi de l’accomplissement des symphonies. En janvier 2026, l’Opéra du Capitole de Toulouse prolonge le formidable et très légitime coup de projecteur porté par Salzbourg en 2024, avec la recréation de l’Idiot (créé en 1991), par le Philharmonique de Vienne, dans la mise en scène de Warlikowski.

 

Vie brûlée, mémoire brûlante

D’après le roman de Sofia Posmysz (survivante d’Auschwitz), La Passagère fusionne l’horreur des camps et le drame familial vécu par Weinberg. Programmée en 1968 au Théâtre Bolchoï, la partition est finalement censurée et interdite à cause de la souffrance juive trop exposée. A travers le personnage de Lisa, qui voyage alors avec son mari vers le Brésil, jaillissent les souvenirs acides de sa fonction comme gardienne SS à Auschwitz, au moment où parmi les passagères elle reconnaît une ancienne prisonnière polonaise juive, Marta. L’humanité et la dignité de cette dernière ne cesse d’irriter Lisa… d’autant que se greffe aussi une histoire de jalousie amoureuse car Marta est aimée de Tadeusz, sculpteur talentueux, qui partage la même grandeur morale que celle de sa fiancée… Lisa essaye de manipuler le couple… en vain. Weinberg a le génie de l’évocation subtile, mordante, aussi bouleversante qu’insupportable. La pudeur, la finesse sont ses modes de composition ; Weinberg prolonge d’une certaine manière Chostakovitch dans l’œuvre et l’activité des forces souterraines, quand les mécanismes de la psyché révèlent la vérité au risque de perdre la raison…
La nouvelle production présentée à Toulouse saura-t-elle exprimer le rythme spécifique produit par la construction de l’ouvrage ? Entre climat privilégié des cabines luxueuse de la croisière et la désolation terrifiante du camp d’extermination soit deux temporalités qui s’entrelacent, s’électrisent, luttent en permanence, relançant la tension d’une action au souffle cinématographique…

 

 

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TOULOUSE, Théâtre National du Capitole
WEINBERG : La Passagère
Opéra en 2 actes et un épilogue
 – Livret d’Alexander Medvedev, d’après le roman de Zofia Posmysz.
Composé en 1968, créé en version de concert le 25 décembre 2006 au théâtre de musique
 Stanislavski et Nemirovich-Danchenko de Moscou et en version scénique le 21 juillet 2010 au festival de Bregenz – 4 représentations événements
vendredi 23 janvier 2026, 20h
dimanche 25 janvier 2026, 15h
mardi 27 janvier 2026, 20h
jeudi 29 janvier 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Théâtre National du Capitole de Toulouse : https://opera.toulouse.fr/la-passagere-7818117/
Production du Tiroler Landestheater d’Innsbruck, Autriche (2022), sacrée « meilleure production d’opéra » par le Prix autrichien du Théâtre musical 2023.
PREMIÈRE FOIS EN FRANCE
 / NOUVELLE PRODUCTION

 

Direction musicale: Francesco Angelico
Mise en scène : Johannes Reitmeier
Scénographie : Thomas Dörfler
Costumes : Michael D. Zimmermann
Lumières : Ralph Kopp

 

Lisa : Anaïk Morel
Walter : Airam Hernández
Marta : Nadja Stefanoff
Tadeusz : Mikhail Timoshenko
Katja : Céline Laborie
Krystina : Victoire Bunel
Vlasta : Anne-Lise Polchlopek
Hannah : Sarah Laulan
Yvette : Olivia Doray
Bronka : Janina Baechle
Une vieille femme : Ingrid Perruche
1er SS : Damien Gastl
2e SS : Baptiste Bouvier
3e SS : Zachary McCulloch
Kapo, Surveillante principale : Manuela Schütte
Comédien : Frédéric Cyprien
Orchestre national du Capitole
Chœur de l’Opéra national du Capitole

 

Photo : Théâtre National du Capitole de Toulouse, création française de La Passagère de Weinberg, janvier 2026 DR

 

 

 

Lire aussi le dossier spécial du Capitole sur MIECZYSLAW WEINBERG :
https://www.calameo.com/toulouse/read/005971811759400fbc501

 

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CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 7 décembre 2025. HAENDEL : Ariodante. F. Fagioli, C. Trottmann, T. Imart, G. Blondeel… Nicolas Briançon / Stefan Plewniak

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Dans l’écrin somptueux de l’Opéra Royal du Château de Versailles, l’un des chefs-d’œuvre les plus aboutis de Georg Friedrich Haendel – Ariodante ! – retrouve, le temps de quelques représentations (du 5 au 11 décembre), toute sa splendeur originelle. La production très « classique » de Nicolas Briançon, portée par la direction fougueuse de Stefan Plewniak et une distribution de rêve, offre une soirée d’opéra d’une perfection rare, célébrant avec éclat l’art baroque dans ce qu’il a de plus noble et de plus émouvant.

 

Nicolas Briançon a fait le choix judicieux d’une mise en scène résolument classique, qui fait précisément du bien en ces temps de réinterprétations par trop audacieuses, dénaturant bien souvent les ouvrages. Inspiré du Roland furieux de l’Arioste, le livret nous transporte dans une Écosse médiévale de convention, où se joue le drame amoureux entre le chevalier Ariodante et la princesse Ginevra, victime des machinations du perfide Polinesso. Sans fioritures ni concepts superflus, la mise en scène sert l’histoire et, surtout, la musique. Les décors d‘Antoine Fontaine et les costumes de David Belugou créent un univers visuel à la fois sobre et raffiné, laissant aux émotions et aux voix la première place. Cette approche a permis au public de se concentrer sur l’essentiel : la partition géniale de Haendel et son interprétation.

Au pupitre, le chef polonais Stefan Plewniak, toujours dotée d’une énergie aussi folle que contagieuse, a insufflé une vitalité prodigieuse à la partition. Sous sa direction, l’Orchestre de l’Opéra Royal (fondé en 2019) a littéralement incendié partition, avec une éloquence remarquable dans la palette de couleurs, des effets et une virtuosité que Haendel, en pleine concurrence sur la scène londonienne de 1735, avait déployés pour conquérir son public. Chaque récitatif prenait vie, chaque aria trouvait son éclairage orchestral parfait, dans un dialogue constant et passionné avec les chanteurs.

 

 

Le plateau vocal réuni pour l’occasion par Laurent Brunner était d’une excellence rares, chaque artiste apportant sa pierre à l’édifice, à commencer bien sûr par le chanteur hors-norme qu’est le contre-ténor argentin Franco Fagioli, qui a offert une performance absolument stratosphérique. Sa technique vertigineuse, alliée à une expressivité déchirante, a donné toute sa dimension au parcours du héros, de l’exaltation amoureuse du célèbre « Scherza infida » à la fureur désespérée. Une leçon de chant et d’engagement scénique. Face à lui, la jeune soprano-colorature Française Catherine Trottmann a campé une Ginevra étincelante de vérité et de fragilité. Son timbre clair et son phrasé délicat ont peint avec une justesse poignante l’innocence calomniée de l’héroïne, notamment dans ses airs de détresse. La complicité entre les deux protagonistes était palpable et portait l’ensemble du drame.

L’excellence des seconds rôles a contribué à l’excellence de la soirée. Le jeune Théo Imart a offert un Polinesso non seulement sa superbe voix de contre-ténor, mais aussi toute la perversion et à la fourberie qu’appelle le personnage. En interprétant Dalinda, la suivante manipulée par le traître Polinesso, Gwendoline Blondeel a démontré toutes les qualités qui en font une des étoiles montantes de l’opéra baroque. Son timbre de soprano, particulièrement lumineux, a apporté une couleur claire et touchante au personnage. Elle a maîtrisé avec aisance les passages de colorature, illustrant parfaitement l’agitation et la détresse de sa partie. Dans le rôle du Roi d’Écosse, Nicolas Brooymans a incarné l’autorité et la dignité paternelle avec une grande classe. Sa voix de basse, plusieurs fois saluée dans ces colonnes pour la beauté de son registre et sa facilité dans les aigus comme les graves, a apporté une solide assise et une profondeur bienvenue à la distribution dominée par les voix hautes. Son chant, caractérisé par une intensité palpable, a communiqué toute la gravité et l’angoisse du souverain face au déshonneur supposé de sa fille. La soirée fut également marquée par un autre exploit : le ténor Laurence Kilsby, souffrant, a courageusement assuré la partie scénique de Lurcanio, tandis que son collègue Nicolas Scott chantait le rôle depuis la fosse avec brio. Cette prouesse, menée avec une précision chronométrique, a soulevé l’admiration du public et témoigne de l’esprit de troupe et du professionnalisme qui régnaient sur cette production.

À l’issue des trois heures de spectacle, l’ovation fut longue et nourrie, saluant un triomphe spectaculaire. Les représentations d’Ariodante à Versailles s’achèvent, mais elles laissent le souvenir d’une soirée de référence, où le génie de Haendel a brillé de tous ses feux !

 

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CRITIQUE, opéra. VERSAILLES, Opéra Royal, le 7 décembre 2025. HAENDEL : Ariodante. F. Fagioli, C. Trottmann, T. Imart, G. Blondeel… Nicolas Briançon / Stefan Plewniak. Crédit photographique © Edouard Brane

 

 

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CRITIQUE, concert. ANGERS, Centre des Congrès, le 7 déc 2025. Concert de Noël : Humperdinck, Puccini, Fauré, medley de Noël… ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel (direction)

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Viennois dans l’âme, touchant par son français exotique quand il prend la parole pour exprimer ce que représente pour lui l’esprit de Noël – dont un bel hommage aux musiciens et chanteurs sur scène, le chef Sascha Goetzel, directeur musical de l’ONPL depuis 2022, a conçu un programme enchanteur. Le rendez-vous est à présent bien installé et très attendu des spectateurs, chaque année, à Angers comme à Nantes. Le bain musical proposé bénéficie pour ce faire de la complicité de deux phalanges chorales, éléments majeurs qui viennent enrichir la somptueuse parure de l’orchestre : le Choeur de l’ONPL et ce soir, la Maîtrise des Pays de la Loire dont les chefs respectifs, Valérie Fayet et Pierre-Louis Bonamy assurent l’engagement des chanteurs pour ce programme de Noël.

 

 

Féerie de Noël

Il n’en fallait pas moins pour réussir une soirée d’intense communion collective. Après l’Alleluia du Messie de Haendel, grandiose ouverture, le Choeur de l’ONPL électrise dans le Gloria de Vivaldi, avant d’atteindre les cimes éthérées dans un remarquable « In Paradisium » du Requiem de Fauré, où la fusion des instruments et des voix (majoritairement féminines) berce l’âme en touchant au cœur. Énergique voire tempétueuse, contrastée et d’une rare élégance, la direction du chef retrouve cette alliance rare du poétique et du dramatique, de la finesse et de l’intensité, particulièrement appréciée récemment dans le cd dédié à la Sinfonietta de Korngold, que l’on a pu écouter à la Seine Musicale en octobre dernier.

L’ouverture d’Hänsel und Gretel d’Engelbert Humperdinck (1893), pilier des célébrations de Noël à Vienne, le montre sans réserve ; Sascha Goetzel y souligne en liberté et souplesse le souffle wagnérien d’une partition sertie de contrastes idéalement calibrés, dans le sens d’un dramatisme d’atmosphères. La cohésion sonore de l’orchestre y rayonne particulièrement. Le programme est riche, comptant deux chanteuses invitées, deux jeunes cantatrices de l’Académie de la Scala de Milan… Ce soir, la clarinette est aussi à l’honneur précisément dans l’air de Sesto (Sextus) du dernier seria de Mozart, La Clémence de Titus où le timbre puissant de la mezzo Anna-Doris Capitelli s’épanche tel un cœur enivré et déchiré. Tout aussi convaincante, sa consœur Francesca Manzo, expose chez Puccini (« Chi il bel sogno di Doretta » de La Rondine, puis l’inusable « O mio babbino caro » de La Bohème), son soprano clair et tendre, apportant les nuances de la candeur et de l’ivresse des sens.

Sascha Goetzel est un maître des transitions, réussissant de sublimes passages : ainsi quand l’audience s’élève au Paradis de Fauré puis traverse en lévitation, « Nimrod », la 9è des 14 « Enigma Variations » (1899) du très subtil Elgar. Outre le portrait personnel de son ami l’éditeur Jeager, la séquence saisit par sa grandeur intime. Là encore, la densité et la cohésion sonore de l’Orchestre fait sensation : le souffle et le recueillement, l’ampleur et l’intensité, l’éloquence concertée des instrumentistes servent admirablement la finesse fervente du chef. C’est exactement l’expression musicale de son propos liminaire évoquant dans l’esprit de Noël, l’importance de la joie à partager, du pardon, de l’amour.

Enfin, après avoir entonné (en anglais) deux chants de Noël de John Rutter, les enfants de la Maîtrise des Pays de la Loire rejoignent tous les interprètes dans un medley des plus festifs dont le must absolu, d’autant plus indiqué qu’il est autrichien, l’hymne de Noël par excellence, « Stille Nacht, heilige Nacht » (1818)… Inspiré, généreux, le chef fédère ses troupes dans un esprit d’union, de partage et de reconnaissance. Rien de tel, de mieux accompli pour s’immerger dans l’une des périodes les plus chaleureuses et les plus attendues de l’année. Joyeux Noël !

 

 

 

 

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CRITIQUE, concert. ANGERS, Centre de congrès, le 7 déc 2025. Concert de Noël : Humperdinck, Puccini, Fauré, medley de Noël… ONPL / Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction – photos : grand format DR / ci dessous © Classiquenews

Georg Friederich Haendel | Le Messie : Alleluia,
Giacomo Puccini | La Rondine : Chi il bel sogno di Doretta,
Wolfgang A. Mozart | La Clémence de Titus : Parto, parto, ma tu ben mio,
Choeur d’enfants | Pièces a cappella,
Engelbert Humperdinck | Hänsel und Gretel : Ouverture,
Antonio Vivaldi | Gloria : Gloria in excelsis Deo,
Franz Schubert | Mille cherubini in coro,
Giacomo Puccini | Gianni Schicchi : O mio babbino caro,
Gabriel Fauré | Requiem : In Paradisum,
Engelbert Humperdinck | Enigma Variations : Variation IX « Nimrod »,
Medley de Noël.
Francesca Manzo, soprano
Anna-Doris Capitelli, mezzo-soprano
Choeur de l’ONPL – Valérie Fayet, cheffe de choeur,
Maîtrise des Pays de la Loire – Pierre-Louis Bonamy, chef de choeur,
/ concerts à Nantes : Maîtrise de la Perverie – Charlotte Badiou-Corbière, cheffe de choeur,
ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE,
Sascha Goetzel, direction.

 

 

 

LIRE aussi CRITIQUE, concert. LA SEINE MUSICALE, le 16 octobre 2025. TCHAIKOVSKY : Concerto pour piano n°1 / soliste : Andreï Korobeinikov ; KORNGOLD : Sinfonietta… Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction

CRITIQUE, concert. LA SEINE MUSICALE, le 16 octobre 2025. TCHAIKOVSKY : Concerto pour piano n°1 / soliste : Andreï Korobeinikov ; KORNGOLD : Sinfonietta… Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction

 

 

CRITIQUE, CD événement. SCHREKER (ouverture des Stigmatisés), KORNGOLD (Sinfonietta), KRENEK (Potpourri) – ONPL Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction (1 cd BIS)
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-schreker-ouverture-des-stigmatises-korngold-sinfonietta-krenek-potpourri-onpl-orchestre-national-des-pays-de-la-loire-sascha-goetze-direction-1-cd-bis/

 

CRITIQUE, CD événement. SCHREKER (ouverture des Stigmatisés), KORNGOLD (Sinfonietta), KRENEK (Potpourri) – ONPL Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction (1 cd BIS)

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Eglise Saint-Etienne-du-Mont, le 4 décembre 2025. « Hymne à la Vierge ». VICTORIA / GRIEG / PARK… Ensemble La Sportelle, Owain Park (direction)

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Il est des soirées où la musique sacrée dépasse sa fonction première pour devenir une expérience intérieure. Le concert « Hymne à la Vierge », donné le 4 décembre 2025 à l’Eglise Saint-Étienne-du-Mont à Paris, appartient à cette catégorie rare, où l’écoute se fait recueillement et où la beauté semble se déployer sans effort. Sous les voûtes élancées de l’église, devant le jubé renaissance, l’Ensemble La Sportelle, sous la direction attentive d’Owain Park, a offert un moment d’une intensité spirituelle peu commune.

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photo : Ensemble La Sportelle © F. Le Guen

 

Dès les premières mesures, on perçoit une cohésion exceptionnelle : les voix respirent ensemble, unies non par une fusion indistincte mais par une écoute intérieure constante. Chaque timbre demeure vivant, individualisé, et pourtant rien ne déborde, rien ne cherche à s’imposer. Cette maturité collective crée un tissu polyphonique d’une élégance rare, où la lumière circule librement. Les sopranos, d’une pureté radieuse, ont immédiatement captivé par leur capacité à filer des sons presque immatériels. Jamais incisives, jamais trop présentes, elles suspendent le temps dans un pianissimo d’une justesse exemplaire, sculptant l’acoustique généreuse de l’église avec une maîtrise admirable. Leur ligne, tenue avec un naturel désarmant, donne à l’ensemble cet éclat délicat qui magnifie la dévotion du programme.

Les altos, elles, apportent une chaleur mate, un velours discret mais essentiel. Leur homogénéité est remarquable : aucun grain ne dépasse, aucun vibrato ne trouble la cohérence de la ligne. Ils composent ce noyau intime où la polyphonie trouve sa profondeur émotionnelle, insufflant au concert une couleur presque monastique. Grâce à elles, le son respire, prend de l’ampleur, s’arrondit sans jamais s’alourdir.

La ligne des ténors se distingue par une grande élégance, une émission franche et une diction claire qui porte admirablement dans l’espace. Mais la surprise – et la révélation – de la soirée fut le ténor Gaël Lefèvre, dont le timbre lumineux et juvénile a immédiatement captivé. Sa projection, souple et parfaitement maîtrisée, s’intègre idéalement dans la texture chorale tout en apportant une verticalité singulière. On est frappé par la sincérité de son phrasé, par l’authenticité de son expression : une émotion offerte sans emphase, toujours guidée par le style et par le texte. C’est une voix qu’on remarque pour sa qualité intérieure plutôt que pour son désir de briller.

Les basses, enfin, ont assuré une fondation d’une belle souplesse. Leur profondeur ne se transforme jamais en lourdeur : elle respire, elle soutient, elle porte. Dans les cadences finales, leur présence quasi organique confère au chœur une stabilité apaisante, une assise qui permet aux voix supérieures de s’élever sans contrainte. Cette manière d’habiter la basse avec humilité mais fermeté est l’une des grandes réussites de l’ensemble.

Au centre de tout cela se trouve la direction d’Owain Park, qui ne cherche jamais à imposer, mais à révéler. Son geste semble naître du souffle même des chanteurs, façonnant les phrases sans les surcharger, guidant les couleurs sans les figer. Il obtient un équilibre délicat, à la fois vertical et respirant, qui magnifie la diversité du programme – de la Renaissance aux écritures plus contemporaines, dont la sienne – tout en préservant une unité profondément spirituelle.

Le résultat est un concert qui touche par sa sincérité, par son absence totale de narcissisme musical. Ici, rien n’est démonstratif : tout est vécu. La musique ne sert pas à briller, mais à éclairer. On en sort avec le sentiment d’avoir traversé quelque chose de plus vaste que soi, une sorte de paix offerte, un moment suspendu qui continue de vibrer longtemps après les dernières mesures…

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Eglise Saint-Etienne-du-Mont, le 4 décembre 2025. « Hymne à la Vierge ». VICTORIA / GRIEG / PARK… Ensemble La Sportelle, Owain Park (direction). Crédit photo (c) Droits réservés

 

 

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CONCERTS DE NOËL et du NOUVEL AN, tour d’horizon… NANTES, LILLE, LYON, ORLÉANS, VERSAILLES, MONACO… du 9 déc 2025 au 7 janvier 2026

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MUSIQUES et CONCERTS DE FÊTE… Quels sont les concerts du NOUVEL AN en France (et les concerts de fin d’année) à surtout ne pas manquer ? CLASSIQUENEWS a fait le tour des propositions et sélectionne d’ores et déjà les programmes incontournables pour célébrer l’an neuf. Nos plus belles phalanges concoctent désormais des rendez-vous festifs, promesses de grands vertiges symphoniques ! A suivre, plusieurs programmes enivrants par l’Orchestre national des Pays de la Loire, l’Orchestre national de Lille, l’Orchestre national de Lyon, l’Orchestre Symphonique d’Orléans, l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles, Orchestre Lamoureux, sans omettre le Philharmonique de Monte-Carlo…

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NANTES / Concerts de Noël
ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE
NANTES, les 9 et 10 décembre 2025

À l’image du célébrissime Concert du Nouvel An de Vienne, l’Orchestre National des Pays de la Loire à l’initiative de son directeur musical Sascha Goetzel, viennois jusqu’au bout des ongles… a désormais son Grand Concert de Noël. Après le succès des éditions précédentes, le maestro bien inspiré et jamais en reste d’une transition spectaculaire dans le choix des partitions, s’entoure en décembre 2025 de deux chanteuses de la prestigieuse Académie de la Scala de Milan, du Chœur de l’ONPL et des voix enfantines de la Maitrise des Pays de la Loire et de la Maitrise de la Perverie pour un concert féerique et chaleureux. Un jolicadeau pour entrer dans la magie des fêtes de fin d’année aux rythmes deréjouissants chefs-d’œuvre du répertoire classique et de merveilleux chants de Noël. INFOS & RÉSERVATIONS : https://onpl.fr/agenda/concert-de-noel/

 

Georg Friederich Haendel | Le Messie : Alleluia
Giacomo Puccini | La Rondine : Chi il bel sogno di Doretta
Wolfgang A. Mozart | La Clémence de Titus : Parto, parto, ma tu ben mio
Choeur d’enfants | Pièces a cappella
Engelbert Humperdinck | Hänsel und Gretel : Ouverture
Antonio Vivaldi | Gloria : Gloria in excelsis Deo
Franz Schubert | Mille cherubini in coro
Giacomo Puccini | Gianni Schicchi : O mio babbino caro
Gabriel Fauré | Requiem : In Paradisum
Engelbert Humperdinck | Enigma Variations : Variation IX « Nimrod »
Medley de Noël
Francesca Manzo, soprano
Anna-Doris Capitelli, mezzo-soprano
Choeur de l’ONPL – Valérie Fayet, cheffe de choeur
Maîtrise des Pays de la Loire – Pierre-Louis Bonamy, chef de choeur
Maîtrise de la Perverie – Charlotte Badiou-Corbière, cheffe de choeur
Sascha Goetzel, direction

Téléchargez le programme du concert de Noël de l’ONPL :
file:///Users/classiquenews/Downloads/noteprog-concert-noel.pdf
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HAUTS-DE-FRANCE, Concert de fin d’année
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Les 18, 19, 20 décembre 2025
Pernes-en-Artois, Complexe sportif Luce Leleu / 18 décembre 2025 – 20h
Carvin, Salle Rabelais / 19 décembre 2025 – 20h
Dainville, salle polyvalente / 20 décembre 2025 – 20h

Pour finir l’année en beauté, l’Orchestre National de Lille nous invite à un Concert du Nouvel An viennois avant l’heure avec d’illustres figures musicales de la capitale autrichienne : Mozart, Haydn et Johann Strauss fils. Seul intrus dans la liste, le Français Emile Waldteufel et sa célèbre valse Les Patineurs qui a eu le privilège d’être jouée lors de cet événement musical sous la direction de Gustavo Dudamel en 2017. — Second événement musical européen en termes d’audience derrière l’Eurovision, le Concert du Nouvel An de Vienne est suivi chaque 1er janvier par environ 50 millions de téléspectateurs et auditeurs grâce à des retransmissions en direct dans plus de 150 pays. Programme festif,mozartien et straussien… : Mozart, Symphonie n°35, « Haffner »,
 Haydn, Concerto pour trompette / Josef Strauss, Sphärenklänge / Waldteufel, Les Patineurs / Johann Strauss fils , Auf der Jagd | Csárdás, extrait de Ritter Pázmán | Le Beau Danube bleu
. Samy Rachid, direction.
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille : https://www.onlille.com/choisir-un-concert/categories/concert-de-fin-dannee-2
téléchargez le programme de salle : https://bo.onlille.com/wp-content/uploads/20251120_PGRM-SALLE-Fin-annee-WEB77.pdf
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ORLÉANS, Concert de Noël
ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Homilius, Corelli… Pierre de Bucy (direction)
Sam 20, dim 21 déc 2025

Sam 20/12/2025 à 20h30
Dim 21/12/2025 à 16h

Orléans, Salle de l’Institut
Durée : 1 h 15 – sans entracte

Sous la direction de Pierre de Bucy, les instrumentistes de l’Orchestre Symphonique d’Orléans, proposent un concert de Noël festif et original, regroupant Homilius et Corelli… Les musiciens invitent à laisser sapins et guirlandes pour profiter d’un temps
de musique sacrée. Rien n’égale la magie à vivre et à partager d’un concert particulier dédié aux célébrations de Noël. Pour ce faire, le programme affichent deux compositeurs rares et d’autant plus attendus : Homilius et Corelli.

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.orchestre-orleans.com/%C3%A9v%C3%A8nement/concert-de-noel/
Lire notre présentation : https://www.classiquenews.com/orchestre-symphonique-dorleans-les-20-21-dec-2025-concert-de-noel-homilius-corelli-pierre-de-bucy-direction/
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VERSAILLES, Opéra Royal de Versailles
Lundi 29 décembre 2025, 20h
ORCHESTRE DE L’OPÉRA ROYAL

Deux cents ans de musique éclatante et envoûtante : 2025 marque le bicentenaire de la naissance de Johann Strauss, et pour le fêter dignement, l’Orchestre de l’Opéra Royal du Château de Versailles vous présente un concert de Nouvel An exceptionnel : La Valse de l’empereur, airs et ouvertures extraits des chefs-d’œuvre La Chauve-Souris (Die Fledermaus) mais aussi la Polka des parisiens et bien sûr le Beau Danube bleu ! Ne boudez pas votre plaisir, voici le bonheur musical assuré, en souvenir de toutes les princesses autrichiennes qui marquèrent Versailles et la France, d’Anne d’Autriche à Marie-Antoinette jusqu’à l’Impératrice Marie-Louise !
Programme : Concert du Nouvel An : Bicentenaire Johann Strauss – durée : 1h20

Johann Strauss (1825-1899)
Die Fledermaus : Ouverture / Die Fledermaus : « Mein Herr Marquis » / Valse Freut euch des Lebens  /  « Spiel ich die Unschuld vom Lande » / Polka française Die Pariserin
Polka schnell Die Bajadere / Kaiser-Walzer / Valse Frühlingsstimmen
Pizzicato Polka / Valse Wiener Blut / Tritsch-Tratsch Polka
Franz Lehár (1870-1948)
La Veuve joyeuse : « Je t’ai donné mon cœur » / « Vilja-Lied »

RÉSERVEZ VOS PLACES, INFOS directement sur le site de l’Opéra Royal de Versailles : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/concert-du-nouvel-an-bicentenaire-de-j-strauss/
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PARIS, Concert du Nouvel An
ORCHESTRE LAMOUREUX, Salle Gaveau
Mercredi 31 décembre 2025, 18h

Jeudi 1er janvier 2026, 14h30
Jeudi 1er janvier 2026, 18h

Salle Gaveau, l’Orchestre Lamoureux propose son concert du NOUVEL AN à la Viennoise, de « Galathée » à « La Chauve Souris », autant de sujets poétiques, vrais défis orchestraux, avec (entre autres) la famille Strauss, le fils et le père, sans omettre le divin Mozart dont s’annonce le Concerto central de la trilogie viennoise du printemps 1783 (Concerto pour piano n°14 ). Pour ce faire, les musiciens invitent la pianiste et cheffe d’orchestre italienne Vanessa Benelli Mosell au pupitre et au clavier… Raffinement et virtuosité, valses inusables et piano concertant, voici donc pour les fêtes de fin d’année et pour inaugurer l’an neuf, un pétillant Mozart, plusieurs valses et polkas de la dynastie Straussienne. Ce programme festif fait aussi un détour par l’opérette, avec l’ouverture de La Chauve Souris de Johann II et de la Belle Galathée…

LIRE notre présentation, Billetterie sur le site de l’Orchestre Lamoureux : https://www.classiquenews.com/orchestre-lamoureux-31-dec-1er-janvier-2026-nouvel-an-paris-vienne-mozart-johann-i-et-ii-strauss-vanessa-benelli-mosell-piano-et-direction/
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LYON, Ballets de Noël
Casse noisette / Le Lac des cygnes
ORCHESTRE NATIONAL DE LYON
Lun 29, mar 30 et mer 31 déc 2025, jeu 1er janvier 206
Lun. 29 déc 2025 à 20h – Relax
Mar. 30 déc 2025 à 20h
Mer. 31 déc 2025 à 19h
Jeu. 1 jan 2026 à 16h

Avec Le Lac des cygnes (1877), La Belle au bois dormant (1890) et Casse-Noisette (1892), Tchaïkovski a offert au répertoire du ballet quelques-uns de ses plus grands chefs-d’œuvre. Même si Le Lac des cygnes (premier composé des trois) fut créé à Moscou, ces trois ballets sont indissociables du nom de Marius Petipa, le chorégraphe français qui fit les belles heures du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg. L’Orchestre national de Lyon plonge dans ces partitions exquises, dont il fera entendre bien sûr les pages les plus aimées : la «Danse des cygnes» du Lac des cygnes, la «Danse de la Fée Dragée» et la «Danse des fleurs» de Casse-Noisette, la «Valse» de La Belle au bois dormant… Avec la participation exceptionnelle de deux artistes de l’Opéra de Paris, l’Étoile Dorothée Gilbert et le Premier Danseur Thomas Docquir. Un moment féerique pour glisser dans la nouvelle année.
Les plus beaux morceaux des trois ballets de Tchaïkovski s’invitent à l’Auditorium pour régaler les oreilles et faire rêver, avec la présence de Dorothée Gilbert, danseuse Étoile, et de Thomas Docquir, Premier Danseur de l’Opéra de Paris. De quoi passer le cap de la nouvelle année avec les yeux pleins d’étoiles !  Direction :  Paul Connelly – durée : 1h20 + entracte de 20 mn

RÉSERVEZ VOS PLACES, INFOS directement sur le site de de l’Orchestre national de Lyon : https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/casse-noisette-lac-cygnes
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MONACO / ballet du Nouvel An
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
Tchaikovsky : Le Lac des cygnes, extraits
Jeudi 7 janvier 2026
Auditorium Rainier III
Philippe BÉRAN, Direction
Joan MOMPART, Comédien
Marina SOSNINA, Artiste sur sable

Le Lac des Cygnes, composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski, est l’un des ballets les plus célèbres au monde. L’histoire raconte celle de Siegfried, un prince qui tombe amoureux d’Odette, une princesse transformée en cygne par un sorcier. Sous l’enchantement, Odette et ses amies sont condamnées à vivre sous forme de cygnes, et seule la promesse d’un amour sincère pourrait briser la malédiction. Ce conte, mêlant amour et tragédie et porté par la musique envoûtante de Tchaïkovski, nous transporte dans un univers magique. La musique du Lac des Cygnes a traversé les siècles et continue de toucher les petits et grands.
Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY : Le Lac des cygnes, suites de ballet (extraits)
RÉSERVEZ VOS PLACES, INFOS directement sur le site de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://opmc.mc/concert/le-lac-des-cygnes/

 

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CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 7 décembre 2025. HUMPERDINCK : Hansel und Gretel. P. Nolz, J. Aleksanyan, D. Gastl, C. Hunold, S. Lang… Pierre-Emmanuel Rousseau / Christophe Koncz

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Seulement filmée en 2020 pendant la pandémie, la nouvelle production d’Hansel und Gretel d’Engelbert Humperdinck imaginée par Pierre-Emmanuel Rousseau pour l’Opéra national du Rhin trouve le chemin des planches : trop timide au début, le spectacle décolle tardivement avec l’arrivée de la sorcière, tandis que le plateau vocal se montre trop inégal pour convaincre sur la durée. 

 

Pilier du répertoire dans les pays germaniques au moment des fêtes de Noël et parfois au-delà (voir notamment à Saint-Gall), Hansel et Gretel (1893) d’Humperdinck (1854-1921) ne bénéficie malheureusement pas de la même notoriété dans l’Hexagone. Deux productions parisiennes d’envergure en 25 ans, au Théâtre du Châtelet puis au Palais Garnier (en 2014), une seule en Alsace en 2000, c’est bien peu pour un ouvrage aussi lumineux, à la délicieuse invention mélodique, qui a pour avantage premier d’initier les jeunes pousses au monde lyrique. On ne peut donc que se réjouir de l’initiative d’Eva Kleinitz (1972-2019), alors directrice de l’Opéra national du Rhin, de remettre au goût du jour cet ouvrage finalement rare dans nos contrées : avec cette reprise, à la distribution en grande partie renouvelée, on découvre enfin sur scène cette production, confiée à Pierre-Emmanuel Rousseau. Depuis ses premiers pas à l’Opéra-Comique en 2010, l’ancien assistant de Stéphane Braunschweig au Théâtre national de Strasbourg mène désormais une carrière reconnue en tant que metteur en scène, comme a pu le découvrir le public alsacien dans Le Barbier de Séville de Rossini, en 2018.

Pour Hansel et Gretel, Pierre-Emmanuel Rousseau choisit d’insister d’emblée sur l’extrême pauvreté des protagonistes, réduits à trouver leur pitance parmi les restes d’une décharge à ciel ouvert : en choisissant d’ancrer les personnages dans une réalité sociale sordide, cette proposition évacue tout merveilleux au premier tableau, sans recourir à la moindre illustration visuelle lors des splendides interludes orchestraux imaginés par Humperdinck. Si cela peut s’entendre pour l’ouverture, c’est particulièrement dommageable pour la scène du récit de l’existence de la sorcière par le père, considérablement affadie de ce fait. Dans cette optique minimaliste, le finale du I et l’interlude de la forêt dévoilent petit à petit tout un bestiaire bigarré et farfelu, permettant d’animer enfin le plateau. La découverte de la maison diabolique, transformée en cabaret entouré d’une fête foraine, surprend ainsi par son énergie survitaminée, en contraste avec le statisme et l’aridité du début. Si le choix d’opposer radicalement les deux actes a une cohérence intellectuelle, force est de constater qu’il conduit à sacrifier toutes les possibilités dramaturgiques du I, au risque de l’ennui. Il faut donc accepter ce parti-pris pour pleinement savourer le spectacle, qui décolle enfin en deuxième partie, en convoquant Marlène Dietrich, entourée de son « freak show » déluré. Fasciné par les efforts de la diva pour limiter les injures du temps jusqu’au soir de sa vie, Pierre-Emmanuel Rousseau imagine ainsi une sorcière à la beauté de plus en plus décatie, qui conserverait sa jeunesse en se nourrissant de celle des plus jeunes. Enfin, les quelques allusions au comportement de prédateur sexuel du monstre finalement révélé, comme un lointain avatar de Dorian Gray, sont parfaitement justifiées par le texte du livret.

Face à ce travail inégal, le plateau vocal réuni ne convainc pas tout à fait, en raison de rôles-titres mal assortis. La faute en revient au choix de Julietta Aleksanyan, qui ne parvient pas à affronter toutes les nécessités de son personnage de Gretel. La soprano d’origine arménienne peine ainsi en première partie, faute de souplesse dans les accélérations, tout en montrant des changements de registre audibles jusque dans les parties plus lyriques. On note aussi quelques détimbrages par endroits, comme signe, peut-être, d’une nervosité pour cette représentation attendue. On lui préfère sa partenaire Patricia Nolz (Hansel), qui fait valoir des phrasés admirablement articulés, d’une précision de diction appréciable dans ce répertoire. Seul l’aigu manque de brillant pour nous emporter tout à fait. A ses côtés, malgré une tessiture que l’on aimerait plus étendue dans les graves, Damien Gastl s’impose en Peter par la conduite naturelle de sa ligne vocale, parfaitement projetée. Encore en rodage, Catherine Hunold déçoit en Gertrud par son impact vocal discret face à son partenaire ; le medium est ainsi trop retenu pour embrasser toute la richesse harmonique requise. Autre motif de déception avec la sorcière vocalement trop lisse de Spencer Lang : même si c’est un choix imposé par la mise en scène, cette idée ne rend pas justice à l’outrance comique attendue dans sa partie. Enfin, Louisa Stirland donne une leçon de musicalité lumineuse dans son double rôle, qui donne un peu de baume au coeur.

Directeur musical de l’Orchestre national de Mulhouse (nouvelle appellation de l’Orchestre symphonique de Mulhouse) depuis 2023, Christoph Koncz (né en 1987) met un peu de temps à chauffer sa formation, du fait de tempi trop mesurés au début. Sa propension à l’allègement raffiné des textures souffre parfois d’une insuffisance de charpente comme de graves, mais reste attachante par son sens de la narration, sans jamais couvrir ses chanteurs.

Après les effluves ensorcelants dévolus à Hansel et Gretel, un autre spectacle est à ne pas manquer en début d’année prochaine à Strasbourg, avec la création française du Miracle d’Héliane de Korngold : de quoi s’émerveiller du langage luxuriant et spectaculaire du compositeur de La Ville morte (voir notre présentation), à l’inspiration proche de ses contemporains Richard Strauss et Franz Schreker.

 

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CRITIQUE, opéra. Strasbourg, Opéra national du Rhin, le 7 décembre 2025. HUMPERDINCK : Hansel und Gretel. Patricia Nolz (Hansel), LJulietta Aleksanyan (Gretel), Damien Gastl (Peter), Catherine Hunold (Gertrud), Spencer Lang (La Sorcière), Louisa Stirland (Le Marchand de sable, la Fée rosée), Maîtrise de l’Opéra national du Rhin, Orchestre national de Mulhouse, Christoph Koncz (direction musicale) / Pierre-Emmanuel Rousseau (mise en scène). A l’affiche de l’Opéra national du Rhin, à Strasbourg (jusqu’au 17 décembre 2025), puis à Mulhouse (les 9 et 11 janvier 2026). Crédit photographique  (c) Klara Beck

 

 

VIDEO : Entretien avec Pierre-Emmanuel Rousseau 

 

 

 

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CHÂTEAU DE VERSAILLES, lun 19 janv 2026. Récital d’ALEX ROSEN, basse. De Lully à Rameau… Orchestre de l’Opéra Royal, Gaétan Jarry (direction)

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L’opéra baroque, théâtre des passions par excellence, offre aux grands solistes et pour toutes les tessitures, de formidables rôles sur la scène. Évidemment pour les voix aiguës, mais aussi grâce aux compositeurs géniaux que sont entre autres Haendel et Rameau, pour les timbres mâles et caverneux, comme celui de la basse. Ainsi le récital taillé pour la basse californienne ALEX ROSEN qui sélectionne les airs d’opéras français, de Lully à Rameau… Grand habitué de l’Opéra Royal, le soliste américain se produit ainsi dans la somptueuse Salle des Croisades, pour la première fois en récital à Versailles : une consécration dans l’écrin royal versaillais.

 

« Sa voix profonde et nuancée » promet un récital exceptionnel, où le choix des airs éclaire plusieurs séquences fortes voire saisissantes ; où l’incarnation et l’interprétation ressuscitent plusieurs situations rares qui fusionnent théâtre et chant. Diseur comme chanteur baroque, Alex Rosen convainc par la justesse de style, la finesse de son chant. Ce récital événement s’annonce « d’une rare intensité, mettant en lumière la richesse du répertoire baroque pour basse, tour à tour monstre et héros… »

 

 

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Récital d’Alex Rosen, basse
CHÂTEAU DE VERSAILLES
Lundi 19 janvier 2025, 20h
Grande salle des Croisades
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Royal de Versailles :
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/alex-rosen-monstres-et-heros-de-lully-a-rameau/
Orchestre de l’Opéra Royal
Gaétan Jarry, direction
1h15, sans entracte

 

Ce programme sera enregistré en CD à paraître au label Château de Versailles Spectacles

 

 

ALEX ROSEN, BIO EXPRESS… Originaire de Californie, la basse américaine Alex Rosen se forme à la Juilliard School. Depuis la saison 2019/20, le chanteur enchaîne les rôles de plus en plus consistants : Caronte (L’Orfeo de Monteverdi) à l’Opéra d’Amsterdam et Seneca (Le Couronnement de Poppée) à l’Opéra de Cincinnati et à l’Opéra de Colombus. En 2020 / 2021, il se produit à l’Opéra de Saint-Louis dans le projet Opera on the Go, puis à l’Opéra de Des Moines dans le rôle de Cithéron (Platée). En 2022/23, il interprète Seneca et Console (Le Couronnement de Poppée) au Festival d’Aix-en-Provence et au Palais des arts de Valence, chante dans La Création de Haydn au Théâtre de Bâle, dans The Fairy Queen de Purcell à Drottningholm ainsi que dans Alcina avec les Musiciens du Louvre en tournée en Allemagne, en Espagne et aux Pays-Bas.
Il chante aussi dans Ariodante lors d’une tournée européenne avec Il Pomo d’Oro et se produit dans le Messie en concert avec l’Orchestre de l’Opéra royal de Versailles dirigé par Franco Fagioli. En 2023/24, il chante dans David et Jonathas à l’Opéra national de Lorraine, Versailles, Bordeaux et Luxembourg, dans la Passion selon saint Jean avec les Arts Florissants au Japon et en Corée du Sud, et dans le Messie avec Accentus en tournée européenne.
Il interprète le rôle d’Alidoro dans La Cenerentola au Théâtre du Capitole de Toulouse et Parson (La Petite Renarde rusée) à l’Opéra de Détroit. Il collabore fréquemment avec le pianiste Michal Bieł avec qui il remporte le Deuxième Prix du Concours international Hugo Wolf en 2018 et est lauréat de la Fondation Royaumont. Au cours de la saison 2025 – 2026, ALEX ROSEN chantera Melisso (Alcina) au Théâtre des Champs-Élysées, à l’Opéra de Madrid et au Theater an der Wien ainsi que Seneca à la Philharmonie de Cologne ; il chantera dans le Messie avec l’Orchestre philharmonique royal de Liverpool et dans We Are The Lucky Ones de Philip Venables à l’Opéra d’Amsterdam…

 

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CRITIQUE CD événement. MONTEVERDI : « Le Couronnement de Poppée ». F. Aspromonte, N. Balducci, E. Zaïcik, P-A. Bénos-Djian, A. Rosen… Les Epopées / Stéphane Fuget (direction). 1 CD CVS enregistré dans la Grande Salle des Croisades du Château de Versailles en déc 2023

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Il arrive parfois qu’une captation d’opéra ne se contente pas de conserver une représentation, mais en cristallise la fulgurante quintessence artistique. C’est précisément l’exploit qu’accomplit le beau coffret de trois CD publié par le label Château de Versailles Spectacles, issu du concert donné dans l’intime Salle des Croisades du Château de Versailles, en décembre 2023. Sous la direction incandescente de Stéphane Fuget, l’ensemble Les Épopées et une distribution d’une cohérence miraculeuse font renaître Le Couronnement de Poppée de Claudio Monteverdi avec une vitalité, une urgence dramatique et une théâtralité qui en redéfinissent la lecture moderne.

 

 

La marque de fabrique Fuget : Vitalité, Urgence, Théâtralité

Dans la lignée de ses enregistrements d’Orfeo et du Retour d’Ulysse déjà salués dans ces colonnes, Stéphane Fuget signe ici l’achèvement magistral de sa trilogie monteverdienne. Sa direction est un modèle du genre : là où certains opèrent par opulence orchestrale, Fuget fait le choix, érudit et audacieux, d’un effectif resserré – deux violons, un alto, un violoncelle, une basse de viole, deux clavecins et deux théorbes – fidèle à la pratique des théâtres vénitiens de l’époque. De cette économie de moyens naît une concentration de forces extraordinaire, quand sa gestique millimétrée agit comme un véritable souffle dramatique sur l’ensemble.

Ancien chef de chant, Fuget communique avec ses musiciens et ses chanteurs par une gestuelle évocatrice pour extraire du texte toute sa charge émotionnelle. Le résultat est une tension continue, une absence totale de temps mort, où les rythmes impulsifs et les contrastes francs magnifient l’architecture du drame. La musique devient un prolongement organique de la parole, exaltant le stile rappresentativo où chaque note sert l’expression du texte. C’est cette alchimie, cette furià communicative alliée à une rigueur stylistique absolue, qui imprime à cet enregistrement sa marque de fabrique inoubliable : une théâtralité pure, vibrante et immédiate.

 

Le Trésor de la Version de Naples : Complétude et Raretés

Ce qui distingue encore cet enregistrement, c’est le parti pris de complétude, privilégiant la version napolitaine de 1651. Cette approche nous offre l’œuvre dans une exhaustivité rare, déployant plus de trois heures de musique, en restaurant des pages trop souvent sacrifiées. L’auditeur est ainsi comblé par des joyaux uniques tels que la Sinfonia d’ouverture, qui plante d’emblée le décor sonore avec une nervosité élégante – ou encore le monologue déchirant d’Ottavia à l’Acte II, « Ecco-mi quasi riva », un moment de désespoir et de dignité brisée d’une intensité poignante. Evoquons aussi le badinage intégral entre le Valetto et la Demoiselle, et le finale avec le chœur des Amours, qui enrichissent considérablement la trame dramatique et l’équilibre de l’œuvre. Cette intégralité respectée offre une immersion totale dans le chef-d’œuvre de Monteverdi et de son librettiste Busenello, révélant toutes les facettes d’un drame qui oscille sans cesse entre volupté sensuelle et noirceur barbare.

 

Une distribution exceptionnelle, du rôle-titre aux plus « petits » rôles

La réussite de cet enregistrement repose aussi sur une troupe homogène, où chaque artiste, quel que soit l’ampleur de son rôle, incarne son personnage avec l’acuité d’un acteur-chanteur. Francesca Aspromonte (Poppée) est une révélation. Sa voix souple, fruitée et charnue, est un instrument de séduction absolue. Elle sait mordre le texte avec une sensualité troublante et le teinter d’acidité lorsqu’il le faut, maîtrisant l’art de la persuasion dans ses « ripudio » répétés à Néron avec des colorations toujours différentes. Face à elle, le jeune contre-ténor italien Nicolò Balducci (Néron) compose un empereur d’une complexité fascinante. Chanteur au timbre clair et séduisant, il épouse les lignes de sa Poppée avec une élégance sensuelle. Il excelle surtout à rendre le personnage dans tout ce qu’il a d’efféminé, de capricieux et de névrotique, passant de l’amant envoûtant au tyran imprévisible d’une voix qui peut frôler le cri pour mieux révéler la psyché dérangée du personnage.

Eva Zaïcik (Octavie) offre une prestation d’une noblesse confondante. Son « Addio Roma » est murmuré du bout des lèvres, dans un souffle brisé qui atteint au pathétisme le plus pur, tout en sachant se faire mordante et autoritaire dans la vengeance. Comme à son habitude, Paul-Antoine Bénos-Djian campe un Othon d’une richesse vocale et d’une expressivité inouïes, tandis qu’Alex Rosen campe un Sénèque à la basse majestueuse et émouvante. Juan Sancho, en Nourrice puis en Lucain, impressionne par son agilité et sa sensualité. Nicolas Scott offre à Arnalta une humanité tendre et un chant raffiné. Enfin, les incarnations de Claire Lefilliâtre (Fortune, Pallas), Jennifer Courcier (Amour), Hasnaa Benani (Drusilla), Ana Escudero (Vertu, Valetto), Geoffroy Buffière (Mercure, le Lecteur) et enfin Marco Agioloni apportent chacune une couleur et une justesse de ton parfaites.

 

Conclusion : Un « Couronnement » mérité !

Entre le choix éclairé de la version de Naples, la direction au cordeau de Fuget et l’engagement total de chaque interprète, ce nouvel enregistrement du label CVS s’impose comme une référence absolue. Il capture l’essence même du théâtre en musique de Monteverdi : un tourbillon de passions humaines, de désir tout-puissant et d’ambition dévastatrice, rendu avec une clarté et une vigueur qui en renouvellent magistralement l’écoute. Un couronnement, en vérité !

 

 

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CRITIQUE CD événement. MONTEVERDI : « Le Couronnement de Poppée ». F. Aspromonte, N. Balducci, E. Zaïcik, P-A. Bénos-Djian, A. Rosen… Les Epopées / Stéphane Fuget (direction). 1 CD CVS enregistre dans la salle des Croisades du Château de Versailles en déc 2023

 

 

PLUS D’INFOS sur le site de la boutique de l’Opéra Royal de Versailles : https://www.operaroyal-versailles.fr/boutique

 

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CRITIQUE, concert lyrique. PARIS, Salle Gaveau, le 6 décembre 2025. Airs et Duos de G. F. HAENDEL. Jeanine de Bique (soprano), Maarten Engeltjes (contre-ténor et direction)

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Ce mercredi 6 décembre, dans l’écrin doré et l’acoustique si chère de la Salle Gaveau, l’émotion et l’excellence étaient au rendez-vous pour un récital 100% consacré à Georg Friedrich Haendel (dans le cadre des Concerts Philippe Maillard Productions,) et portée par deux artistes d’exception : Jeanine de Bique et Maarten Engeltjes !

 

Comme écrin pour ces deux voix d’envergure, le PTJCT Amsterdam, phalange baroque amstellodamoise d’une belle précision et vitalité, qui a posé un tapis sonore à la fois luxuriant et précis sous la direction du contre-ténor de la soirée : Maarten Engeltjes. La soprano Jeanine De Bique, originaire de Trinidad et Tobago, est une véritable force de la nature, capturant immédiatement les cœurs par la pureté cristalline, la souplesse et l’expressivité de son timbre. Dès « The leafy honours » (extrait de Belshazzar), elle déploie une agilité virtuose et une musicalité qui parle directement à l’âme. En contrepoint parfait, Maarten Engeltjes démontre une intelligence musicale absolue dans son « Great God », puissant et recueilli, d’une intensité dramatique saisissante. Son « Dove sei, amato bene » (tiré de Rodelinda) a été également moment de grâce suspendue, d’une élégance mélancolique et d’une projection émotionnelle remarquables. La beauté de son timbre, chaleureux et sans aucune dureté, a impressionné l’auditoire.

Les duos ont été les sommets de la soirée. « Great victor at your feet » (Belshazzar), puis surtout le bouleversant « Io t’abbraccio » (Rodelinda) ont fait frissonner la salle. Les deux voix, s’enlaçant, se répondant, se fondant avec une sensibilité et une synchronisation parfaites, offrant des moments d’une humanité rare. Le voyage dans Giulio Cesare a ensuite confirmé l’étendue de leur art. Jeanine De Bique a envoûté avec un « V’adoro, pupille » d’une sensualité à couper le souffle, avant de livrer un « Da tempeste » d’une virtuosité éblouissante et d’un tempérament théâtral irrésistible, soulevant des tonnerres d’applaudissements. Maarten Engeltjes, dans « Se in fiorito », a déployé une ligne de chant d’une superbe longueur sérénité. Le finale, avec le duo « Caro / Bella… » tiré de Giulio Cesare, a scellé cette union artistique dans la joie et la tendresse.

Mais le public ne voulait pas les laisser partir ! Les bis ont été deux cadeaux ultimes : le duo paisible et lumineux « These labors past » (extrait de l’oratorio handélien Jephta), avant de nous offrir, par une demande populaire irrésistible, la reprise de « Io t’abbraccio ». Ce second baiser musical, encore plus intense et libéré, a été une conclusion parfaite à la soirée !

 

 

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CRITIQUE, concert lyrique. PARIS, Salle Gaveau, le 6 décembre 2025. Airs et Duos de G. F. HAENDEL. Jeanine de Bique (soprano), Maarten Engeltjes (contre-ténor et direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE, danse. AULNAY SOUS BOIS, Th. J. Prévert, le 29 nov 2025. Pietragalla & Derouault : GISELLE(S). Théâtre du Corps (chorégraphie et mise en scène)

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Dans leur ballet : « Giselle(s) », Pietragalla et Derouault transforment le ballet romantique en un face-à-face intense qui dénonce les violences faites aux femmes, porté par une troupe de guerrières soudées, nommées : les « Willis ». Au cœur du récit, la vengeance des femmes plane en permanence sur les hommes, sans que l’on sache vraiment jusqu’où elle ira, ce qui crée une tension constante et donne envie de découvrir comment ce rapport de force va basculer.
[évoluer].

Compte-rendu critique par Amalia Procopio-Valentin – Photo :  Pascal Elliott

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Quand les femmes n’entendent plus subir

Giselle(s), mis en scène par Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, présenté au Théâtre Jacques-Prévert d’Aulnay-sous-Bois ce 29 novembre 2025  est une création contemporaine du Théâtre du Corps ; les deux chorégraphes proposent une relecture moderne du ballet romantique par excellence : Giselle.  L’interprétation met en lumière la condition des femmes, les violences qu’elles subissent, ainsi que la question de la vengeance.

 

En deux actes

Le spectacle se divise en deux actes. Dans le premier, on découvre la vie de quatre couples dont la relation se détériore progressivement, sous le regard impuissant du personnage incarné par Pietragalla. Le deuxième acte, lui, se déroule dans un univers plus macabre où des créatures appelées « Willis » se moquent des hommes et jouent avec eux. Pietragalla y incarne alors leur cheffe, Giselle. La création du Théâtre du Corps revisite l’œuvre originale pour en offrir une lecture plus actuelle, centrée sur la condition féminine et les violences psychologiques et physiques.

 

ATMOSPHERE OPPRESSANTE

La mise en scène repose sur une scénographie sobre où le corps devient le principal moyen d’expression. Le rythme alterne moments très physiques et passages plus introspectifs. L’espace est utilisé de manière fluide, avec des déplacements qui structurent la narration. Les lumières, souvent contrastées, créent une atmosphère parfois intime, parfois oppressante, tandis que le travail sonore accentue la tension dramatique : il souligne les états intérieurs des personnages.

 

WILLIS ET COUPLES EN SOUFFRANCE

Le jeu des comédiens est d’abord marqué par l’interprétation très expressive des couples, dont la complicité laisse peu à peu place aux tensions et à la rupture. Chaque duo fait sentir l’usure des relations, avec une présence scénique qui intensifie et met en lumière les différentes émotions. Dans le second acte, l’union des femmes Willis crée une dynamique totalement différente : leur mouvement collectif, presque hypnotique, donne une force saisissante au groupe. Ensemble, elles imposent une véritable puissance dramatique presque militaire qui contraste avec l’intimité des couples du premier acte.

Le spectacle utilise très peu de texte : les quelques paroles présentes servent surtout à compléter la pantomime et à accompagner les gestes. En revanche, les cris et les onomatopées occupent une place importante ; ils traduisent des émotions fortes et renforcent la violence des scènes.

 

CELLES QUI EFFRAIENT…

Le spectacle surprend et touche par plusieurs aspects. C’est d’abord la grande présence de violence dans le premier acte. Une force croissante qui crée un vrai malaise. On est aussi marqué par l’unité guerrière des Willis dans le second acte : ici, ce ne sont plus des femmes victimes, mais des figures puissantes et menaçantes. Cette inversion des rôles – où les femmes ne subissent plus mais deviennent celles qui effraient – produit un spectacle qui déconcerte et qui marque profondément.

 

PIETRAGALLA EN GISELLE
CHEFFE DES GUERRIÈRES

L’interprétation de Pietragalla au deuxième acte est saisissante. Elle interprète Giselle, la cheffe des femmes guerrières. Sa présence impose immédiatement une autorité, renforcée par l’énergie de son « armée ». Le début de l’acte est également très réussi : l’apparition des Willis autour d’une grande la table à manger crée un impact visuel fort, donnant à cette entrée une puissance quasi rituelle qui marque durablement le spectateur. Les interactions avec le décor sont fortes : elles dansent autour de la table et montent dessus, ce qui intensifie la scène.
La présence de certains excès d’agressivité comme des cris et des sons très forts peut troubler le spectateur. Bien que volontaire, un choix qui s’avère parfois trop appuyé. La présence d’une grande croix au centre de la scénographie peut également interroger : ce symbole très fort n’est pas vraiment expliqué, ce qui laisse le spectateur dans l’incertitude sur son sens. Elle pourrait indiquer la tombe de la Willis morte : c’est dans la tradition romantique le lieu où son spectre apparaît pour tourmenter le fiancé qui l’a trahie…

Ce spectacle suscite un vrai sentiment de solidarité et d’empathie entre les femmes, surtout à travers l’unité des Willis. Il amène aussi à réfléchir sur la place de la femme et de l’homme dans la société actuelle, et sur la façon dont la vengeance peut habiter l’imaginaire du spectateur : on se demande jusqu’où la souffrance justifie ou non cette soif de représailles.

Cette adaptation contemporaine réussie de Giselle, qui, grâce à une chorégraphie très maîtrisée, à une mise en scène forte et unie, met en lumière la place des femmes dans la société, dénonce les violences et interroge sur la vengeance. Le spectacle est recommandé à partir de 12 ans en raison de certaines scènes de violence. Il atteint clairement ses objectifs. Il met en lumière la place des femmes dans la société et sensibilise le public aux violences qu’elles subissent. A découvrir indiscutablement.

 

A ne pas manquer lors des reprises. Plus d’infos sur le site du Théâtre du corps (reprise annoncée entre autres à Clichy sous bois, dim 1er fév 2026) / Pietragalla et Derouault : https://www.theatre-du-corps.com/
Consultez la page dédiée au spectacle GISELLE(S) : https://www.theatre-du-corps.com/25-26-giselles/

Photo : Pascal Elliott

 

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ORCHESTRE LAMOUREUX. Salle Gaveau, les 31 déc et 1er janvier 2026. Nouvel An PARIS – VIENNE. Mozart, Johann I et II Strauss… Vanessa Benelli Mosell (piano et direction)

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Salle Gaveau, l’Orchestre Lamoureux propose son concert du NOUVEL AN à la Viennoise, de « Galathée » à « La Chauve Souris », autant de sujets poétiques, vrais défis orchestraux, avec (entre autres) la famille Strauss, le fils et le père, sans omettre le divin Mozart dont s’annonce le Concerto central de la trilogie viennoise du printemps 1783 (Concerto pour piano n°14 ). Pour ce faire, les musiciens invitent la pianiste et cheffe d’orchestre italienne Vanessa Benelli Mosell au pupitre et au clavier… Raffinement et virtuosité, valses inusables et piano concertant, voici donc pour les fêtes de fin d’année et pour inaugurer l’an neuf, un pétillant Mozart, plusieurs valses et polkas de la dynastie Straussienne. Ce programme festif fait aussi un détour par l’opérette, avec l’ouverture de La Chauve Souris de Johann II et de la Belle Galathée…

 

 

Vienne, 1783
Le Concerto pour piano et orchestre n°12 (K 414) en la majeur appartient aux concerts donnés en souscription lors de son Académie de mars 1783 pour séduire le public viennois. L’œuvre se montre encore plus personnelle que le précédent. Comme tous les concertos viennois, le Concerto cultive un rythme de marche engageant dès le premier mouvement (Allegro), d’emblée l’esprit de conquête et la détermination anime tout ce mouvement. L’Andante exprime une nouvelle profondeur, une sincérité grave dont Mozart a le secret : ne porte-t-il pas le deuil de son ami, Jean-Chrétien Bach ? L’Allegretto – en rondo en deux parties, allie solennité et tendresse. L’élégance et la virtuosité, la sincérité surtout écartent l’artifice et Mozart alors maître de son art, celui déployé dans l’opéra contemporain l’Enlèvement au sérail, atteint au sublime et renouvelle le genre du Concerto pour piano.

 

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PARIS, Salle GAVEAU
Mercredi 31 décembre 2025, 18h
Jeudi 1er janvier 2026, 14h30
Jeudi 1er janvier 2026, 18h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Lamoureux : https://orchestrelamoureux.com/concerts/nouvel-an-paris-vienne/

 

 

 

 

Programme
Franz von Suppé
La Belle Galathée

Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour piano no 12 en la majeur

Johann Strauss II
La Chauve-souris Ouverture
Vie d’artiste
La Valse de l’Empereur
Le Beau Danube bleu

Johann Strauss
 I
La Marche de Radetzky

 

distribution

ORCHESTRE LAMOUREUX
Vanessa Benelli Mosell, piano et direction

Informations pratiques
01 49 53 05 07
  –  www.sallegaveau.com
Salle Gaveau
 – 45 rue La Boétie, 75008 Paris
Métro : 
Miromesnil (ligne 9 et 13)

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