Cette nouvelle production en version concert du Roland de Lully annonce un éclairage inédit sur la musique du premier compositeur du règne de Louis XIV. Passionné par les pratiques historiquement informées et la relecture des sources, l’ensemble I Gemelli fondé par Emiliano Gonzalez Toro et Mathilde Étienne propose ainsi une nouvelle lecture de l’un des plus beaux opéras de Lully, fondée en particulier sur un examen renouvelé du récitatif italien, de la déclamation (avec une approche spécifique sur le vers français).
Pour ce faire, I Gemelli s’associent aux Pages et aux Chantres du CMBV, préparés par Fabien Armengaud, et utilisent les instruments du parc instrumental du CMBV en approfondissant la réflexion sur les anches et les archets, mais aussi sur la déclamation, l’ornementation, le rapport au théâtre et à la danse.
un son jamais entendu jusqu’ici
Ce Roland n’est pas un pas de côté dans notre répertoire mais une suite logique. L’opéra est né à Florence et Lully est un Florentin émigré à Paris. (…) Notre méthode reste inchangée : autonomisation des chanteurs, respect des sources et de la partition. La nouveauté c’est l’approche sur la danse. Nous avons travaillé avec une chorégraphe pour comprendre les tempi et les articulations et l’orchestre qui est très fourni. Nous avons expérimenté la facture instrumentale (violons, archets, hautbois) et la position de l’orchestre. On s’attend à un son jamais entendu jusqu’ici » précise Mathilde Etienne.
De la comédie chez Lully
« Il s’agit aussi de faire ressortir la comédie de cette œuvre : pour une raison que je ne m’explique pas, on rechigne souvent à admettre qu’il y a de la comédie dans les opéras, et en particulier dans les opéras baroques. Le livret de Roland est tiré de l’Orlando furioso de l’Arioste, une épopée pleine de fantaisie et d’ironie, ce n’est pas un opéra sérieux. Tout notre travail musical, vocal et interprétatif sera donc de tâcher de faire ressortir l’humour et la légèreté, et cela passe par le respect à la lettre des indications du compositeur et du librettiste. » Emiliano Gonzalez Toro
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LULLY, ROLAND – version de concert
Lundi 9 mars 2026, 20h
VERSAILLES, Opéra Royal
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Royal de Versailles : https://www.operaroyal-versailles.fr/event/lully-roland/
3h, entracte inclus
distribution
Jérôme Boutillier | Roland
Karine Deshayes | Angélique
Alix Le Saux | Logistille, la fée principale
Juan Sancho | Médor
Lila Dufy | Témire
Victor Sicard | Demogorgon
Pierre Derhet | Coridon, Astolfe
Nicolas Brooymans | Ziliante, un suivant
Pierre-Emmanuel Roubet | Tersandre
Amandine Sanchez Bélize | une suivante
Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
Ensemble I Gemelli
Emiliano Gonzalez Toro et Mathilde Etienne, direction
Roland, fragilité du héros amoureux
Roland de Lully (portrait ci-contre) est un ouvrage majeur dans le catalogue du premier compositeur de Louis XIV au sein de sa coopération avec le librettiste Quinault. Représenté à Versailles en présence du Roi le 18 janvier 1685, il est repris huit fois à la cour, puis au Palais Royal. L’ouvrage est à nouveau joué pour célébrer le mariage du duc de Bourgogne en 1697 et pendant tout le dix-huitième siècle jusqu’en 1755, à Paris comme à Versailles.
Au moment où le Roi est au sommet de sa puissance, depuis son palais où la cour à sa résidence définitive depuis 1682, Lully plonge dans l’histoire héroïque, inspiré de l’Orlando furioso de l’Arioste. La trame dévoile le pouvoir du désir et de l’amour : le héros Roland aime passionnément Angélique qui lui préfère Médor. La folie dévore le cœur de Roland qui recouvre la raison grâce à la fée Logistille.
La partition recueille le métier et l’expérience du Lully le plus inspiré : Roland est fait partie des 3 derniers opéras tullistes avec Persée et l’ultime Armide.
Le rôle-titre souligne la fragilité et l’humanité du héros, son délire et sa folie (Acte IV : « Je suis trahi ! Ciel ! »). L’autre protagoniste de cette partition fleuve est aux côtés du portrait profond, sincère de Roland, l’orchestre (à 5 parties). Lully en a conçut la partie pour un effectif important regroupant la Grande Écurie et la Chambre du Roy : la grande Chaconne annonce déjà l’ampleur et le souffle poétique de la Passacaille d’Armide.
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