mardi 22 septembre 2026

CRITIQUE, concert. CANNES, Théâtre Debussy (Palais des Festivals), le 20 février 2026. PENARD / FARRENC / RAVEL. Orchestre National de Cannes, David Kadouch (piano), Benjamin Levy (direction)

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Une bonne nouvelle : en ces temps d’inquiétudes existentielles sur l’ascendant que prennent l’informatique et l’IA sur la musique et les musiciens, il est réconfortant de constater qu’il existe encore des compositeurs qui écrivent pour de vrais orchestres symphoniques constitués d’authentiques instruments à cordes, à vents, à percussions. Olivier Penard est de ceux-là – et il le fait avec talent !

 

Un coup de cymbale et sa Deuxième Symphonie démarre.  Nous l’avons entendue par l’Orchestre national de Cannes sous la direction de Benjamin Levy. Les cordes se mettent à frémir et la musique s’épanouit peu à peu, par paliers mesurés, par petits intervalles, par glissements chromatiques. Au fur et à mesure, la matière sonore s’épaissit, teintée de notes métalliques du vibraphone, ponctuée d’éclats de cuivres. Le deuxième mouvement s’ouvre sur un beau dialogue entre la harpe et les bois (le hautbois en première ligne), proche de la musique de chambre. Les cordes tissent une atmosphère apaisée, comme un monde qui s’éveille où tintent des sons de cloches. Peu à peu, les cuivres éclairent le monde. Tout cela est maîtrisé, tenu d’une main sûre – même si la musique semble s’essouffler à la fin du mouvement. Et voici le finale. L’énergie syncopée qui s’y déploie fait penser aux orchestres américains. Gershwin n’est pas loin. La séquence de conclusion est particulièrement réussie. Voilà un beau travail qui fait honneur à la musique symphonique !

Le soliste du concert était David Kadouch. Ce pianiste aux allures de grand ado nous donna une version éblouissante du Concerto en Sol majeur de Maurice Ravel. Sous ses doigts fins et virtuoses, quelques rubati délicats apportaient un chic romantique supplémentaire à son interprétation. Puis, il nous fit aussi découvrir les Variations sur un thème du Comte Gallenberg (1841) de Louise Farrenc. Cette musicienne – l’une des premières femmes professeurs au Conservatoire de Paris – fait parler le piano avec une éloquence, une virtuosité, une inspiration dignes de Schumann. Il y a ainsi tant de femmes compositrices du XIXème. qu’on a à découvrir. Et qui était le Gallenberg dont Louise Farrenc emprunta un thème ? Un comte viennois que les parents de Giulietta Guicciardi contraignirent leur fille à épouser, afin de la détourner de l’amour qu’elle partageait avec Beethoven, auteur de la célèbre Sonate au clair de lune qu’il lui avait dédiée. 

Merci et bravo à l’Orchestre National de Cannes d’ouvrir ses bras aux compositrices, lui qui s’apprête à accueillir une femme à sa tête : Holly Hyun Choe ! Pour l’heure, c’est encore son actuel directeur artistique, Benjamin Levy, qui conduisait le concert… et il le fit fort bien!

 

 

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CRITIQUE, concert. CANNES, Auditorium Debussy, le 20 février 2026. PENARD / FARRENC / RAVEL. Orchestre National de Cannes, David Kadouch (piano), Benjamin Levy (direction). Crédit photo (c) André Peyrègne.

 

 

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