Quel « Cosi », mes amis ! Donné avec l’Orchestre de l’Opéra de Vienne, ce Cosi fan tutte de W. A. Mozart a fait le bonheur du Grimaldi Forum de Monaco. Salle archi-comble. Près de deux mille personnes. Quasi fans toutes !
Ah, l’Orchestre de l’Opéra de Vienne ! On chercherait en vain plus de délicatesse, plus de souplesse, plus de précision, plus de velours pour servir la musique de Mozart. Cet orchestre semble dépositaire de l’esprit de ce compositeur. Le chef Patrick Lange, remplaçant Louis Langrée initialement prévu, l’a conduit à merveille.
On nous annonçait un spectacle « mis en espace ». Mais c’est à une vraie mise en scène qu’on a eu droit, avec décors (projetés sur grand écran), costumes, jeu d’acteurs. Les décors présentaient deux endroits d’un palace : un grand salon donnant sur la mer et un bar de luxe pour soirées glamour. Ambiance cosy pour ce « Cosi » ! Les personnages, en nœuds pap’ et robes du soir, utilisaient des téléphones portables, dont les sonneries étaient jouées au pianoforte, intégrées aux récitatifs mozartiens ! Le jeu d’acteurs avait été réglé on ne peut plus brillamment par la metteuse en scène Lisa Padouvas.
Nous parlions de l’esprit de Mozart . Il anima chacun des chanteurs venus de Vienne. En premier lieu Adriana Gonzalez, magnifique Fiordiligi – timbre lumineux, belle aisance vocale. Samantha Hanley nous servit une Dorabella élégante – mezzo chaleureux à l’aigu raffiné. Peter Kellner (Guglielmo) est le type-même d’une voix mozartienne : timbre clair, émission souple. Il paraît qu’il était souffrant (une annonce fut même faite…). On s’en est guère aperçu ! À ses côtés, Filipe Manu campait un Ferrando solide et séduisant, avec une voix plus belcantiste que mozartienne. Le vétéran italien Alessandro Corbelli fut un parfait Don Alfonso – grand ordonnateur des échanges amoureux qui constituent l’histoire de cet opéra. Ayant commencé sa carrière il y a… cinquante trois ans, il est toujours là à imposer son autorité et drôlerie.
Enfin, celle à qui l’on devait cette soirée enchanteresse : Cecilia Bartoli. Elle parut dans le rôle de Despina. Vive, malicieusement souveraine, parfaite musicienne. Elle a autant de présence scénique que l’ensemble de ses partenaires réunis ! Madame la directrice jouait la soubrette. Elle nous ravit dans l’un et l’autre rôle !
On a une requête à lui faire pour les années à venir : que Vienne revienne !
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CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 9 février 2026. MOZART : Cosi fan tutte. A. Gonzalez, S. Hankey, P. Kellner, F. Manu, C. Bartoli, A. Corbelli. Orchestre de l’Opéra de Vienne. Lisa Padouvas / Patrick Lange. Crédit photo (c) Opéra de Monte-Carlo






