Quel plaisir de pouvoir replonger dans la mémoire de ce magnifique concert de dimanche ! L’Auditorium Rainier III de Monaco a vibré hier d’une énergie toute particulière, et ce concert de musique de chambre offert dans le cadre de la saison 25/26 de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo nous a offert un rare moment de grâce musicale. Loin des effectifs pléthoriques des grandes Symphonies, c’est dans l’intimité et l’exigence de la musique de chambre que l’OPMC a une nouvelle fois prouvé l’étendue de son excellence, avec deux invités de choix : le pianiste Jean-Baptiste Fonlupt et la clarinettiste Pierre Génisson !
La soirée s’est ouverte sur les couleurs vives et virtuoses du Grand Duo concertant de Carl Maria von Weber. Dès les premières mesures, la symbiose entre les deux artistes invités était palpable. Pierre Génisson à la clarinette a déployé un son d’une beauté saisissante : ronde, charnue dans le grave, et d’une agilité confondante dans les traits endiablés. Face à lui, Jean-Baptiste Fonlupt au piano faisait preuve d’un toucher à la fois puissant et délicat, construisant un écrin parfait pour le chant de la clarinette. Leur dialogue dans l’Andante con moto était d’une tendresse infinie, avant de laisser place à la fougue et à l’esprit virtuose du Rondo final. Un véritable feu d’artifice pour démarrer en beauté !
Place ensuite à un monument du répertoire, le Quintette pour piano et cordes de Schumann, où quatre talentueux solistes de l’OPMC – Liza Kerob et Rennosuke Fukada au violon, Federico Hood à l’alto et Thierry Amadi au violoncelle – ont rejoint Jean-Baptiste Fonlupt au piano pour former un quintette à cordes d’une cohésion remarquable. L’attaque du premier mouvement a été fulgurante, d’une intensité dramatique qui a tenu l’auditoire en haleine. La fameuse « Marcia funebre » a été un moment de recueillement absolu, d’une gravité poignante, magnifié par la sonorité veloutée de l’ensemble. Et quel souffle, quelle joie communicative dans le Finale ! Une interprétation magistrale, portée par un équilibre parfait entre le piano et les cordes.
Après l’entracte, nous attendions le chef-d’œuvre ultime : le Quintette pour clarinette et cordes de Johannes Brahms. C’est là que la soirée a atteint des sommets d’émotion. Pierre Génisson a retrouvé ses partenaires à cordes pour une plongée dans l’introspection la plus profonde. Dès les premières notes de la clarinette, un sentiment de sérénité mélancolique a envahi la salle. Le jeu de Pierre Génisson, d’une noblesse et d’une expressivité rare, semblait dialoguer avec l’éternité. Chaque phrase était un souffle de vie, chaque soupir une confidence. Le quatuor à cordes, attentif et inspiré, tissait autour de lui un tapis sonore d’une richesse incroyable. Le deuxième mouvement, d’une lenteur hypnotique, et les variations finales, d’une tendresse résignée, ont laissé l’auditoire suspendu, comme hors du temps. Et à la dernière note, ce fut une explosion d’applaudissements chaleureux et mérités pour saluer ces cinq artistes qui venaient de nous offrir un moment de musique absolue !…
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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 15 février 2026. WEBER, SCHUBERT, BRAHMS. Pierre Génisson (clarinette), Jean-Baptiste Fonlupt (piano) et Solistes de l’OPMC. Crédit photo (c) Cécile Vierne





