jeudi 15 octobre 2026
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20e GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL, du 26 déc 2025 au 10 janv 2026. Vittorio Grigolo, Placido Domingo, Asmik Grigorian, Marina Viotti, Cecilia Bartoli, JJ Orlinski, Michael Spyres, Iakovos Pappas…

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A Gstaad, Rougemont, Lauenen, Saanen et Château d’OEx, soit dans le PAYS D’EN HAUT, dans le territoire pastoral où Yehudi Menuhin a installé son festival (autour de l’église de Saanen qui est devenu le noyau historique de son festival estival) se déroule depuis 20 ans, son équivalent d’hiver, le Festival de la Princesse Caroline Murat : le « GSTAAD NEW YEAR MUSIC FESTIVAL », un cycle aussi prestigieux qu’enchanteur qui réussit une équation chaque année irrésistible, alliant gosiers exceptionnels et cadre rustique de la Suisse traditionnelle, d’autant plus féerique à ce moment de l’année, quand les cimes montagneuses majestueuses et tous les paysages si préservés sont recouverts d’un épais manteau de neige…

 

 

Au total 19 programmes vous attendent dès le 26 décembre 2025 et jusqu’au 10 janvier 2026. Tous les genres et toutes les formations sont représentés cet hiver : récitals lyriques, musique de chambre, musique baroque, choeur sacré, jazz… chaque programme révèle un tempérament artistique d’exception, sublimé par le cadre authentique des églises du canton, souvent à l’acoustique non moins spectaculaire.

 

QUELQUES TEMPS FORTS et RDV INCONTOURNABLES (tous les concerts débutent à 19h, sauf mention spéciale) : les 2 premiers récitals sont pour nous des événements : d’abord le concert d’ouverture ven 26 déc (la soprano Anna EL-KHASEM chante Mozart, Schumann, Richard Strauss, Rachmaninoff…) puis le sam 27 déc à 15, violon virtuose avec la jeune prodige Yesong Sophie Lee, particulièrement distinguée par la fameuse Villars Académie dans le cadre de laquelle la violoniste a remporté le prix Robert Dunand 2025 (au programme : Sonates de Beethoven, Ysaÿe; Richard Strauss, Waxman).

Parmi les nombreux récitals lyriques, vous ne manquerez pas non plus : Vittorio Grigolo (dim 28 déc. : airs de Bellini, Tosti, Donizetti, …), Placido Domingo et Christia Pouitsi (lun 29 déc), Cecilia Bartoli (et Les Musiciens du Prince, mar 31 déc, programme musical en hommage au Prince particulièrement mélomane, Albert II de Monaco), Marina Viotti (jeu 1er janv 2026, concert traditionnel gratuit), Michael Spyres et Anastasia Bartoli (ven 2 janv, airs solos et duos d’opéras de Puccini, Verdi, Lehar, Di Capua…); Asmik Grogorian (sam 3 janv, grands airs romantiques de Tchaikovsky et Dvorak à Verdi et Puccini…), Jakub Jósef Orlinski (dim 4 janv, récital « Love & Fairies » : JS Bach, Haendel, Pedieri, Purcell, et mélodies du polonais romantique et compatriote du contre-ténor, Mieczyslaw Karlowicz) ; Léo Warynski et son ensemble Les Métaboles (lun 5 janv), Adja Thomas-Mbaye et Johnny Mutombo (ven 9 janv : programme « Africa Lyric’s Opera / Récines lyriques africaines et souffles croisés / airs de Puccini, Donizetti, Bizet, Adams, Teukam, Cozette Lee, Miriam Makeba…),…

Côté jazz, deux programmes s’annoncent prometteurs : la soprano Golda Schultz le jeu 8 janv (Rodgers, Porter, Gershwin, Price, Weill…), puis Paul Lay Trio le 9 janv… ; le claveciniste et chef d’orchestre Iakovos Pappas et ses musiciens reviennent à Château-d’OEx pour la note baroque du Festival ; ils abordent Clérambault pour le 350è anniversaire de sa naissance (sam 10 janv, avec Michèle Larivière, récitante, et les chanteurs Élizabeth Fernandez et Christophe Crapez ; au programme, entre autres : airs à boire, fables, cantate Abraham, Première suite pour clavecin, 1704, …).

Enfin pour clôturer cette 20è édition, la pianiste Elizabeth Sombart et le Quatuor à cordes Résonance abordent les sublimes Concertos pour piano n°21 et 23 de Mozart (10 janvier 2026)…

 

 

 

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TOUTES LES INFOS du GSTAAD NYMF/ Gstaad New Year Music Festival 2025 – 2026 sur le site du GSTAAD NYMF (20ème édition, hiver 2025 – 2026) : https://gstaadnewyearmusicfestival.ch/

 

 

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AULNAY SOUS BOIS, Th. J. Prévert. PIETRAGALLA & DEROUAULT : Giselle(s), sam 29 nov 2025

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NoAvec Giselle(s), Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault proposent une relecture exigeante et sensible du ballet romantique légué par Adam : Giselle (1841) : entre autres scènes mémorables, le tableau légendaire, celui de l’acte blanc, où paraissent la cohorte des Wilis (en tutus blancs), spectres des fiancées mortes, sacrifiées par des amants indignes qui les ont abandonnées… La chorégraphie de Pietragalla et Derouault, créée en 2023, est portée par l’engagement et la précision des interprètes du Théâtre du Corps.

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Photo : © Pascal Elliott

 

 

Rédaction : Amalia Procopio – Sous la direction de Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, Giselle(s) revisite l’un des grands mythes du ballet romantique ; ils en déduisent un manifeste féministe dénonçant la violence faite aux femmes, à toutes les Giselles, d’hier et de demain. La chorégraphie est une œuvre ancrée dans notre époque. Fidèle à l’esprit du Théâtre du Corps, la création interroge la place de la femme, la nature du lien amoureux, la puissance du collectif à travers une écriture chorégraphique d’une grande intensité.
Dans cette relecture qui prône et revendique l’émancipation, Giselle devient la figure de toutes les femmes en quête de liberté et de reconnaissance. Le premier acte, traversé par la passion et la trahison, se déploie dans un univers réaliste où les gestes du quotidien côtoient la danse pure. Le second acte, plus symbolique, métamorphose le monde des Wilis en une communauté féminine soudée, où la fragilité se transforme en force.
La scénographie, sobre et lumineuse, soutient le mouvement continu des corps, tandis qu’une musique réorchestrée mêle sonorités électroniques et échos du répertoire classique. Ce dialogue entre héritage et modernité confère à l’ensemble une tension dramatique singulière, où chaque danseur incarne la frontière mouvante entre amour et dépassement de soi.
En proposant cette création, le Théâtre du Corps affirme son engagement pour une danse à la fois narrative et réflexive, qui mêle exigence artistique et regard contemporain sur la société. Giselle(s) s’impose ainsi comme une œuvre universelle, où la virtuosité scénique sert un propos profondément humain

 

 

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PIETRAGALLA / DEROUAULT : Giselle(s)
AULNAY SOUS BOIS, Théâtre Jacques Prévert

Sam. 29 novembre 2025, 20h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Théâtre Jacques-Prévert : https://www.aulnay-sous-bois.fr/mes-loisirs/culture/theatre-cinema-jacques-prevert/
Durée : 2h20 avec entracte.
Chorégraphie et mise en scène Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault,
ballet pour 18 danseurs. Musiques : Adolphe Adam – Les tambours du Bronx –
et création musicale Wilfried Wendling
Théâtre Jacques-Prévert — Salle Molière
134 avenue Anatole-France
93600 Aulnay-sous-Bois

 

Photo : © Pascal Elliott

 

 

 

CLASSIQUE et CONTEMPORAIN
Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, fondateurs du Théâtre du Corps, explorent depuis 20 ans, un langage chorégraphique à la croisée du théâtre et de la danse. Leur travail conjugue virtuosité classique et expression contemporaine. Avec Giselle(s), ils poursuivent leur réflexion sur le corps, l’émotion, la liberté.

 

 

 

 

VIDÉOS :

https://www.youtube.com/@TheatreduCorps

 

 

 

Les Wilis (Opéra de Paris, 2007) – Chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot

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CRITIQUE, danse. NANCY, Opéra national de Lorraine, le 7 novembre 2025. « Works » et « Synchronicité » de Maud Le Pladec, « TURNING BURNING » de Jan Martens, et « The Fugue » de Twyla Tharp par la Ballet de Lorraine

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A l’Opéra national de Lorraine  nous avons vécu un moment de grâce pure, une célébration de la danse dans toute sa diversité et sa puissance. Le CCN – Ballet de Lorraine, sous l’impulsion rayonnante de sa directrice Maud Le Pladec, a offert un programme kaléidoscopique qui a littéralement enthousiasmé le public nancéien. De la rigueur néoclassique à l’euphorie la plus collective – au travers d’ouvrages de Maud Le Pladec, Twyla Tharp et Jan Martens -, ce véritable voyage chorégraphique a démontré, s’il en était encore besoin, la vitalité exceptionnelle de cette compagnie.

 

La soirée s’ouvrait avec Works, une pièce signée Maud Le Pladec elle-même. Créée en 2016 dans le cadre du mystérieux programme « Plaisirs inconnus », cette œuvre se dévoile enfin pleinement. Sur une musique de Michael Gordon qui distord la célèbre Symphonie n°7 de Beethoven, dix danseurs, vêtus d’académiques dorés, découpent l’espace avec une rigueur presque mathématique. La pièce est une déconstruction énergique du vocabulaire classique, un jeu de lignes qui se forment, se brisent et se recomposent avec une intensité saisissante. On est saisi par la précision millimétrée des interprètes, leur capacité à incarner cette tension entre structure et débordement.

 

 

Le ton change radicalement avec Morning Burning du chorégraphe belge Jan Martens. Place à l’hypnose et à la répétition. Les danseurs se lancent dans une ronde infernale, un tournoiement infini qui évoque un système solaire en perpétuel déséquilibre. Minimaliste et pourtant d’une intensité dramatique folle, la pièce fascine par son motif répétitif et sa puissance visuelle. Un détail saisit le regard : les lettres sur les t-shirts blancs des interprètes s’assemblent, formant une phrase d’une brûlante actualité, rappelant l’urgence d’un monde qui vacille mais continue de danser.

Après l’entracte, c’est un véritable plongeon dans l’histoire de la danse avec The Fugue de Twyla Tharp. Rarement donnée, cette pièce de 1970 est un petit bijou d’intelligence et de virtuosité . Trois danseurs, seuls sur scène, incarnent les trois voix d’une fugue musicale sur L’Offrande musicale de Bach. Dans un premier temps, le silence n’est rompu que par le claquement sec de leurs pas, frappés comme des talons de flamenco. Puis la musique s’installe, et c’est un festival de variations, de contrepoints et d’architectures corporelles qui se déploie. Une démonstration éblouissante de la modernité intemporelle de Twyla Tharp.

 

 

Enfin, le clou de la soirée, le moment tant attendu : Synchronicité de Maud Le Pladec. Ce tableau, qui avait enflammé la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, fait son entrée triomphale dans l’écrin de l’Opéra national de Lorraine. Si la version olympique comptait des centaines de danseurs sur les quais de Seine, le Ballet de Lorraine en propose ici une interprétation resserrée et tout aussi spectaculaire avec ses vingt-quatre interprètes  Huit minutes d’euphorie pure, un shot d’énergie collective où les corps vêtus d’or s’élancent, se répondent et s’enflamment à l’unisson. C’est un hymne à la joie, un moment de communion rare entre les artistes et un public conquis, debout, emporté par cette transe lumineuse et fédératrice.

 

 

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CRITIQUE, danse. NANCY, Opéra national de Lorraine, le 7 novembre 2025. « Works » et « Synchronicité » de Maud Le Pladec, « TURNING BURNING » de Jan Martens, et « The Fugue » de Twyla Tharp par la Ballet de Lorraine. Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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CRITIQUE, opéra. RENNES, Opéra le 10 nov 2025. SONDHEIM : Company. Gaétan Borg, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme, … Orchestre National de Bretagne, Larry Blank [direction] / James Bonas [mise en scène] 

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Célibat ou vie de couple ? Insouciance ou engagement?  BOBBY [Robert] ne cesse de tergiverser, emporté dans le rythme trépidant de la vie New-Yorkaise qu’incarne la déjantée et délirante Marta [Neïma Naouri et son très bel air prenant, exalté : « Another hundred poeple »] …

 

 

Dans son Fauteuil bien confortable, et au moment où il se voit fêter ses 35 ans, le célibataire endurci qui collectionne les aventures [dont l’hôtesse de l’air April], questionne les 5 couples qui composent ses amis, une « company / compagnie », bienveillante parfois inquiète, toujours à ses côtés qui offre aussi un terrain d’étude psychologique et comportementale pour le spectateur, à travers les scénettes qui en exposent conflits, petites brouilles, retrouvailles d’un quotidien conjugal parfois pesant.

L’humour, la fantaisie, surtout le swing de la musique de Stephen Sondheim [1970] évite l’enlisement voire la répétition d’une comédie lyrique qui à sa création avait marqué les esprits par son découpage narratif innovant, ses actions multiples, ses retours à la scène primordiale, – celle de la fête d’anniversaire qui déclenche chez Bobby, ses questions existentielles.
Pour autant cette histoire de couples, de compréhension mutuelles entre les sexes oblitère totalement la question de la famille et des enfants…, la pièce propre aux années 1970, se concentrant uniquement sur le regard de Bobby, éternel ado dubitatif qui trentenaire, espère une compagnie / compagne idéale dans sa vie [cf la vision exprimée dans son dernier air « Being alive »], tout en demeurant indéfectiblement libre.

 

 

 

Vie de couple ou célibat,
ou les tergiversations de Bobby…
Tout l’esprit de Broadway à l’Opéra de Rennes

 

Le vrai plaisir ce soir vient de la fosse électrisée, percutante, expressive à souhaits par le chef spécialiste de ce répertoire [la veine Broadway post Bernstein], Larry Blank. Le maestro connaît d’autant mieux la musique de Sondheim qu’il a travaillé avec le compositeur en dirigeant Sweeney Todd [Los Angeles, 1999]. Blank, gestes fluides et corps mobile, se délecte visiblement à alléger l’orchestration où jaillissent entre autre les nuances spécifiques du « rock-sichord », clavier électronique imitant le clavecin (et utilisé alors pour la première fois dans une fosse d’orchestre). Tout cela intensifie la texture jazzy, plutôt très dansante de l’écriture propre aux premières comédies de Sondheim. Le chef danse avec les musiciens de l’Orchestre national de Bretagne : l’énergie des cuivres, l’ivresse des vents, la batterie omniprésente qui nourrit constamment l’élan rythmique … répondent astucieusement à sa quête sonore, énergique, dramatique, fluide. Tout l’esprit de Broadway se déploie ce soir à Rennes.

La distribution reste homogène … mais sans vraiment toucher (à quelques exceptions près) ; elle a le mérite de mettre le pied à l’étrier des jeunes chanteurs mis en avant par le programme  « génération opéra ». Tous doivent prendre de la graine face à la performance irréprochable de Jasmine Roy (Joanne) : fine comédienne, entre autodérision et clairvoyance, avec des moyens dramatiques qui se révèlent en seconde partie [dans la scène du club où elle chante totalement grise, l’ennui des épouses très convenables qui prennent le thé… « The ladies who lunch« / en réalité tout ce qu’exècre cette riche multidivorcée, tout à fait lucide]. La chanteuse brûle les planches, il est vrai que dans son cas, l’expérience porte ses fruits : sa performance cinématographique se distingue nettement.

Palmes aussi à l’Amy de Jeanne Jerosme, abattage vocal et performance d’actrice maîtrisés, dans une scène délirante épinglant le stress de la parfaite ménagère, au bord de la crise de nerfs, shootée au beurre de cacahuète et au lait écrémé, et qui ne sait plus si elle est prête à se marier (« Getting married today »)…

Au fil des tableaux, le profil de Bobby, l’éternel célibataire se précise, gagne en profondeur et en complexité, une richesse émotionnelle que le chanteur en titre, Gaétan Borg, semble cependant plus affleurer qu’incarner, exprimant à travers ses 3 grands airs solos, la même invariable couleur quand son texte ouvre des perspectives plus nuancées [son dernier air, – déjà cité, le plus tendre, dévoile des failles et une ouverture, absentes au début de l’action].

Pour autant, l’implication générale sur le plateau trouve un équilibre indiscutable entre chant, théâtre, danse.  C’est une réjouissante réalisation qui démontre le métier de Sondheim aussi inspiré que les meilleurs comédies de Bernstein, et dans une distribution qui expose de jeunes talents engagés.

Encore 2 représentations à l’Opéra de Rennes, aujourd’hui mardi 11 [16h] et mercredi 12 novembre 2025 [20h]. – plus d’infos directement sur le site de l’Opéra de Rennes : https://opera-rennes.fr/fr/evenement/company

 

 

Prochaine production événement à L’Opéra de Rennes : Le Pèlerinage de la rose, les 2 et 3 décembre 2025 / très rare oratorio de Robert Schumann, production événement :
https://opera-rennes.fr/fr
Page dédiée le pèlerinage de la Rose : https://opera-rennes.fr/fr/evenement/le-pelerinage-de-la-rose

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CRITIQUE, concert. ANGERS, Cité des Congrès, le 9 nov 2025. GLAZOUNOV / VILLA-LOBOS / BARTOK / SCHUMANN. Asya Fateyeva (saxophones), ONPL, Sora-Elisabeth Lee (direction)

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C’este encore une belle soirée symphonique qu’a offert à son public l’Orchestre National des Pays de la Loire (phalange angevine), sous la direction énergique et précise de la jeune cheffe coréenne Sora-Elisabeth Lee, et brillamment articulé autour du dialogue entre la Russie, le Brésil, la Hongrie et l’Allemagne.

 

La première partie de ce concert était dédiée à la magie du saxophone, portée par la virtuosité étincelante de la soliste Asya Fateyeva. La soirée s’ouvre sur le Concerto pour saxophone alto et cordes d’Alexandre Glazounov, un ouvrage aussi rare que charmant ! Dès les premières notes, Asya Fateyeva a captivé l’auditoire. Son saxophone alto était d’une rondeur et d’une chaleur extraordinaires, naviguant avec une aisance déconcertante entre le lyrisme romantique et les passages virtuoses. La complicité avec l’orchestre était également palpable. Sora-Elisabeth Lee a su contenir les cordes pour créer un écrin parfait, laissant le chant du saxophone s’épanouir pleinement. Le voyage s’est poursuivi avec une plongée dans l’univers brésilien de Heitor Villa-Lobos, la Fantaisie pour saxophone soprano soprano. L’œuvre, avec ses rythmes entêtants, ses couleurs harmoniques audacieuses et sa structure libre, contrastait vivement avec la rigueur classique de Glazunov. La soliste et l’orchestre ont semblé se libérer, jouant avec les syncopes et les couleurs exotiques avec une joie communicative. Les trois cors et les cordes ont brillé dans ce dialogue enlevé, restituant toute l’âme brésilienne chère au compositeur. En bis, Asya Fateyeva nous a offert un moment de pure magie avec l’une des Six Danses populaires roumaines (originellement écrites pour le piano) de Béla Bartók. Dans un arrangement pour saxophone, la saxophoniste a su mettre en valeur le phrasé incroyable et le sens du folklore de l’ouvrage. L’esprit de la musique tzigane, avec sa liberté rythmique et son expressivité brute, a été restitué avec une géniale spontanéité, laissant le public sous le charme !

Après l’entracte, l’orchestre au grand complet est revenu pour aborder la monumentale Symphonie n°3 « dite Rhénane » de Robert Schumann. C’est ici que le talent de Sora-Elisabeth Lee a pleinement éclaté. D’emblée, le mouvement a jailli avec une énergie et une noblesse remarquables. La cheffe a parfaitement mis en valeur les hemioles qui donnent ce balancement si caractéristique à la musique, créant un puissant élan vital. L’intervalle de quarte, cellule génératrice de toute la symphonie, était mis en avant avec une clarté confondante. Le mouvement suivant, évoquant à l’origine un « Matin sur le Rhin », avait la simplicité robuste d’un Ländler. Le tempo choisi, volontairement modéré, a permis de savourer la couleur pastorale et les jeux contrapuntiques, avec une belle respiration. Le troisième mouvement est un Intermezzo qui a été un vrai moment de grâce et de sérénité. Sora-Elisabeth Lee a dirigé avec une grande délicatesse, laissant les phrases mélodiques s’épanouir comme des chants sans paroles. L’orchestre a joué avec une belle transparence, offrant une pause contemplative avant les moments les plus intenses. Puis est venu sans conteste le point d’orgue de la soirée, avec le 4ème mouvement solennel, souvent associé à la majesté de la cathédrale de Cologne, qui a ici été servi par une interprétation d’une profondeur et d’une gravité saisissantes. L’entrée des trombones, d’une puissance à la fois sombre et recueillie, a littéralement coupé le souffle. La direction de Lee a magistralement construit la tension jusqu’au climax central, avant de retomber dans un silence vibrant. Enfin, le finale a éclaté dans une joyeuse et triomphale danse rhénane. L’orchestre, porté par une énergie communicative, a conclu l’œuvre dans un éclat rayonnant, rappelant les thèmes passés pour clore le cycle de manière grandiose.

Le public angevin est reparti conquis, avec la certitude d’avoir vécu un moment musical d’une grande intensité. Bravo !

 

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CRITIQUE, concert. ANGERS, Cité des Congrès, le 9 nov 2025. GLAZOUNOV / VILLA-LOBOS / SCHUMANN. Asya Fateyeva (saxophones), ONPL, Sora-Elisabeth Lee (direction). Creédit photo (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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BEAUX-LIVRES événement, annonce. OPÉRA(S), art total, Agathe Poupeney / Thuy-Diep Nguyen (éditions E/P/A)

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L’éditeur E/P/A publie pour les fêtes de Noël, un somptueux beau livre, cadeau idéal qui en grand format, met l’accent (et décrypte aussi) la magie de l’art lyrique. A travers 26 productions présentées majoritairement sur la scène de l’Opéra de Paris, (et classées par ordre chronologique selon leur date de création respective), les 2 autrices, photos (magnifiques) et textes à l’appui, scrutent les éléments qui produisent l’onirisme, le surcroît d’émotions, la fascination d’un genre que l’on pensait dépassé, et qui a contrario, concentrent les réalisations musicales et visuelles les plus bouleversantes.

 

 

 

De l’Orfeo de Monteverdi (Châtelet, 2006) à The exterminating Angel de Thomas Adès (Bastille, fév 2024)…, le lecteur (re)découvre en particulier par l’image les solistes, décors, action de chaque spectacle dont souvent la distribution et certains grands chanteurs continuent de marquer l’esprit des spectateurs… Pour éclairer la connaissance des métiers concernés, le livre remarquablement édité, présente aussi plusieurs entretiens avec Emmanuelle Haïm, Thomas Jolly, Stéphane Bullion, Stéphanie Daniel, Martina Russomanno, Benoît Probst, Pierre-André Weitz…

 

Présentation du livre par l’éditeur : Scène de la démesure et des passions humaines poussées à leur paroxysme, l’opéra offre une expérience émotionnelle et sensorielle unique. Miroir de son époque et de l’humanité, il sonde des thèmes universels (amour, pouvoir, mort…), que nous invitent à découvrir les photographies d’Agathe Poupeney, éclairées par les textes de Thuy-Diep Nguyen.
Du plus ancien opéra (L’Orfeo) au plus récent (The Exterminating Angel), sans oublier les plus mythiques du répertoire (La Traviata, Carmen, La Flûte enchantée…), cet ouvrage explore la diversité des créations à travers des mises en scène contemporaines. Les témoignages de Thomas Jolly (metteur en scène), Emmanuelle Haïm (cheffe d’orchestre), Cédric Cortes Torrea (responsable spectacle), Stéphane Bullion (danseur), Petra Reinhardt (costumière), Stéphanie Daniel (créatrice lumière), Martina Russomanno (soprano), Roberto Alagna (ténor), Benoît Probst (constructeur de décors), Pierre-André Weitz (scénographe), révèlent la multiplicité des talents et leur capacité à réinventer l’opéra.
Susciter sans cesse le désir d’écouter, de voir et de s’émouvoir. Plus que jamais, l’opéra est un art pour tous.

 

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BEAUX-LIVRES événement, annonce. OPÉRA(S), art total. Beau livre relié de 288 pages. Format : 245x300mm. EAN : 9782376716907 – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2025 – PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur E / P / A : https://www.editionsepa.fr/produit/524/9782376716907/opera-s

 

 

Bio express…
Agathe Poupeney est une photographe autodidacte qui explore le mouvement et l’émotion à travers le spectacle vivant et le monde sous-marin. Formée en sciences et en journalisme, elle se tourne rapidement vers la photographie, collaborant avec de grandes institutions culturelles. Scaphandrière professionnelle et monitrice de plongée, elle capte aussi la vie aquatique. Passionnée par l’image, elle anime des ateliers sur le regard et signe parfois scénographies et costumes. Ambassadrice Fujifilm, ses œuvres sont régulièrement exposées, notamment dans la cour d’honneur des Invalides, et publiées dans de nombreux ouvrages sur le théâtre et la danse.
Thuy-Diep Nguyen est autrice, journaliste et podcasteuse, toujours animée par la curiosité et le goût de l’inédit. De culture americano-franco-vietnamienne, elle a grandi aux États-Unis avant de poursuivre ses études à Sciences Po et à l’IPJ Dauphine-PSL, où elle a également enseigné. Lauréate du Prix Jean-Luc Lagardère « Journaliste de l’année » en 2012, elle multiplie les projets autour de l’art, du lifestyle, de la société et de l’économie. Sa passion pour l’opéra est née dès l’enfance, sur les airs d’un dessin animé inspiré de Carmen. Elle est l’autrice de catalogues d’expositions, de livres d’artistes et de récits pour enfants, qu’elle partage aussi à travers des ateliers d’écriture.

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, opéra municipal, le 9 novembre 2025. VERDI : Falstaff. G. Mastrototaro, S. Jicia, F. Sempey… Denis Podalydès / Michele Spotti

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Ce dimanche, j’étais à l’hosto…

– Vous étiez-souffrant ?

– Non, j’étais… à l’Opéra de Marseille ! Ils y avaient  brillamment repris la mise en scène de Falstaff de Denis Podalydès, déjà présentée à Lille, Luxembourg et Caen. L’action se déroule dans un hôpital à l’ancienne : lits en fer blanc, carrelage noir et blanc, néons au pâle éclat de lune malade. C’était l’époque où le trou de la Sécu n’existait pas, où les Urgences n’explosaient pas – mais où la médecine n’était quand même pas aussi performante qu’aujourd’hui !

 

Dans cet hosto-là, le bedonnant Falstaff est un drôle de malade. On le perfuse au vin. Ses infirmières sont les commères de Windsor. L’auberge de la Jarretière du 2ème acte devient la salle commune… et la forêt du troisième le bloc opératoire ! Ne croyez pas qu’on y soit sous anesthésie. Tout va, court, rebondit, avec une malice légère – et une Alice qui ne l’est pas moins. (C’est le prénom d’une des commères, Alice Ford !). Il y a même de la poésie, à la fin, dans… la ronde des lits en fer blanc au pays des fées ! On assiste aussi, au final, à une opération à bedaine ouverte du pauvre Sir John Falstaff – lequel retrouve sa sveltesse de jeunesse.

Le public adhère. Marseille applaudit à tout rompre.

Giulio Mastrototaro donne un Falstaff flamboyant, qui remporte, à juste titre, un triomphe personnel à la fin. Ce faisant il fait honneur à… un Marseillais. Car c’est le célèbre baryton Victor Maurel, natif de Marseille, qui créa Falstaff en 1893 à la Scala de Milan. Et c’est ainsi que la Canebière peut revendiquer un peu de l’histoire de Falstaff ! Mastrototaro mêle l’agilité d’un baryton bouffe rossinien à la chair sonore verdienne. 

Comme on pouvait s’y attendre, Florian Sempey est également un Ford magnifique. On aurait tort de séparer les joyeuses commères, tant elles sont unies dans l’action, le talent et le brio : Salomé Jicia (Alice Ford) à la voix pulpeuse, Hélène Carpentier, dont le soprano clair nous offre une Nanetta exquise, Héloïse Mas (Mrs Page), dont on remarque la beauté du timbre, quand Teresa Iervolino qui est une Mrs Quickly de caractère. Il n’y a que du bien à dire du ténor clair et lumineux d’Alberto Robert. Cette distribution de grande qualité est fort bien complétée par Raphaël Brémard (le docteur de cet hôpital en folie), Carl Ghazarossian (Bardolfo), et Frédéric Carton (Pistola). Evoquons aussi la belle participation des choeurs.

Dans la fosse, la musique de Verdi vit, vibre, pétille. Et cela sous la direction fort efficace d’un jeune chef italien (accessoirement le directeur musical de la maison phocéenne !), aux allures de jeune premier qui, visiblement, a ses groupies dans la salle, le déj& grand Michele Spotti !

Seul nuage : les décalages dans les ensembles du 1er acte – qui se sont heureusement dissipés dans la fameuse fugue finale « Tutto nel mondo è burla » (« Le monde n’est que farce ! »)

Ah, comme on les aime ces dimanches à l’hosto !…

 

 

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, opéra municipal, le 9 novembre 2025. VERDI : Falstaff. G. Mastrototaro, S. Jicia, F. Sempey… Denis Podalyes / Michele Spotti. Crédit photo (c) Christian Dresse

 

 

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STREAMING, opéra. TCHAIKOVSKY : Iolanta, en direct ven 14 nov 2025, 20h (Opéra de Bordeaux). Stéphane Braunschweig / Pierre Dumoussaud

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Une jeune princesse aveugle, Iolanta, protégée du monde par son père, vit recluse dans un jardin magique. Doit-on lui dire qu’elle est aveugle ? Pour autant, préservée et solitaire, l’héroïne doit-elle être écartée de tout amour ? De l’ombre à la pleine lumière… Sa rencontre avec un jeune homme (le Chevalier Vaudémont) promet une métamorphose imprévue… et l’accomplissement de son destin.

 

 

En 1890, les Théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg commandent à Tchaïkovski un ballet en deux actes – Casse-Noisette – et un opéra en un acte  – Iolanta – pour compléter le double-programme de la soirée. Tchaïkovski y aborde le pouvoir salvateur de l’amour. Le drame est aujourd’hui considéré comme l’une de ses meilleures partitions, qui est son 10è et dernier opéra.

Diffusée en direct sur OperaVision, la nouvelle production de l’Opéra national de Bordeaux est mise en scène par Stéphane Braunschweig… C’est un voyage poétique initiatique à travers les jeux de lumières.
« Si Iolanta  s’achève par un regard tourné vers la voûte céleste et un chant de gloire à la lumière divine, écrit Stéphane Braunschweig, ne faut-il pas aussi voir dans l’exaltation de la communion finale une réconciliation avec le monde ? C’est à mon sens ce qui donne toute sa profondeur à cet opéra qui, sous son apparence de simplicité, recèle la beauté fulgurante des chefs-d’œuvre. »





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VOIR le streaming direct : Iolanta de Tchaikovsky à l’Opéra de Bordeaux
En direct vendredi 14 novembre 2025 à 20h00 CET
En REPLAY, jusqu’au 14 mai 2026, 12h.
https://operavision.eu/fr/performance/iolanta-0







Mise en scène : Stéphane Braunschweig
Direction : Pierre Dumoussaud

Iolanta : Claire Antoine
René : Ain Anger
Ibn-Hakia : Ariunbbatar Ganbaatar
Robert : Vladislav Chizhov
Vaudémont : Julien Henric
…
Choeur et Orchestre Bordeaux Aquitaine



De fille séquestrée, infantilisée, elle devient femme désirable et conquise… A la suite de Tatiana d’Eugène Onéguine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cécité avant de trouver son identité, diriger son destin, devenir elle-même. La qualité et la richesse des mélodies qui se succèdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frère de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments à vents (chant plaintif et vénéneux, presque énigmatique du hautbois et du cor anglais, accompagné par les bassons et les cors…), cette aspiration échevelée aux couleurs et résonances de l’étrange réalisant une immersion dans un monde féerique et fantastique mais intensément psychologique  (l’ouverture a été très critiquée par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concédé (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intérieure des protagonistes, l’absence des chœurs, tout l’itinéraire de la jeune fille aux résonances psychanalytiques, des ténèbres à l’éblouissement positif final-, fondent l’originalité du dernier opéra de Tchaïkovski : comme l’expérience d’un passage, de l’enfance aveugle à l’âge adulte (pleinement conscient), Iolanta est un huis clos où s’exprime le mouvement de la psyché d’une jeune femme à l’esprit ardent, tenue (par son père le roi René) à l’écart du monde.
Après la mort de Tchaïkovski (1893), Mahler assure la création allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette à sa création russe (Saint-Pétersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina Vichnievskaïa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opéra à redécouvrir. Car tout Tchaïkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta, véritable miniature psychologique. Et fait rare chez le compositeur de la Symphonie « tragique », le drame se finit bien.


L’INTRIGUE de Iolanta. L’Opéra Iolanta est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi René tient à l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente à sa propre infirmité, le médecin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en détacher et peut-être en guérir…le Roi trop possessif demeure indécis mais le comte Vaudémont (ténor), tombé amoureux de Iolanta, lui apprend la lumière et l’amour : Iolanta, consciente désormais de ce qu’elle est, peut découvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloîtrée, fait l’expérience de la maturité : en se détachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.
LIRE notre dossier Iolanta de Tchaikovsky : https://www.classiquenews.com/iolanta-a-lopera-de-tours/

 



LIRE aussi notre critique du cd IOLANTA / TCHAIKOVSKY avec Anna Netrebko (fév 2015) :
https://www.classiquenews.com/la-iolanta-danna-netrebko-scene-cd-cinema/
En jouant sur l’imbrication très raffinée de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), Tchaïkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrètes d’une âme sensible, fragile, déterminée : un profil d’héroïne idéal, qui répond totalement au caractère radical du compositeur. Toute la musique de Tchaïkovski (52 ans) exprime la volonté de se défaire d’un secret, de rompre une malédiction… La voix corsée, intensément colorée de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rôle-titre, ses aspirations désirantes : un personnage conçu pour elle. Voilà qui renoue avec la réussite pleine et entière de ses récentes prises de rôles verdiennes (Leonora du trouvère, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

L’interprétation de la diva convainc de bout en bout… D’abord  dans le tableau féminin, d’ouverture, celui de Iolanta et de sa suite : la langueur démunie, rêveuse mais insatisfaite d’âmes cloîtrées se précise. Puis, introduit par une fanfare de cor noble vagement cynégétique, paraissent les hommes ; ainsi s’accomplit la rencontre de Iolanta avec celui qui va la sauver Vaudémont (Sergey Skorokhodov), grâce auquel la princesse aveugle osant affronter le risque et l’inconnu, se défait seule de l’aveuglement qui la contraint depuis sa naissance… Le rôle du médecin est lui aussi parfaitement tenu. Aucune faute de distribution en général sauf pour la basse Vitalij Kowaljow qui fait un Roi René un rien droit, placide et épais sans guère de trouble…


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CRITIQUE, danse. PARIS, Festival d’Automne à Paris (MC93), le 6 novembre 2025. « À l’ombre d’un vaste détail, hors tempête » par Christian RIZZO

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Il faudrait commencer par une image très simple, très ordinaire : un geste du quotidien, une main qui essuie une surface, un corps absorbé par sa propre action. C’est à partir de ce rien, de ce détail infime, que Christian Rizzo construit, avec sa nouvelle pièce « À l’ombre d’un vaste détail, hors tempête », présentée le 6 novembre 2025 à la MC93 de Bobigny dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, une œuvre d’une beauté sidérante et d’une profondeur magnétique.

 

Ce spectacle, possible épilogue d’une trilogie de l’invisible, est une véritable cartographie de fragments chorégraphiques, une invitation à rendre visible ce qui, d’ordinaire, nous échappe. Sur le plateau de la MC93, le chorégraphe déploie les sortilèges d’une danse organique, où le geste, entre son ancrage concret et sa puissance poétique, devient le murmure d’une humanité en quête de plénitude.

La scénographie, pensée comme un espace mouvant où trois rideaux tracent et effacent les perspectives, fait du lieu un personnage à part entière. On y voit les interprètes, magnifiques, un collectif composé de compagnons de route et de nouveaux venus, se former, se diviser et se recomposer dans un dialogue incessant. Leurs corps, pris dans cet « entre-deux », sont traversés par le texte de Célia Houdart, dont la présence en filigrane ajoute une couche de mystère et de sensualité à l’ensemble.

 

 

La création musicale de Pénélope Michel et Nicolas Devos tisse une toile sonore qui soutient cette architecture fragile, tandis que les lumières de Caty Olive sculptent les corps et les espaces avec une finesse inouïe. Loin de toute démonstration gratuite, Christian Rizzo joue avec les ellipses temporelles, faisant dialoguer fragments et continuité dramaturgique avec une maestria confondante.

En faisant siens les mots de Philippe Jaccottet – « Rien que l’espace, et au milieu, ce murmure, éternel » – Christian Rizzo signe une œuvre d’une apaisante sérénité. Dans un monde agité, À l’ombre d’un vaste détail, hors tempête est une expérience rare, une bouffée d’air pur et une célébration de la beauté des choses simples. Un moment de danse absolument essentiel, qui confirme une fois de plus l’empreinte majeure de Christian Rizzo sur la scène contemporaine.

 

 

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CRITIQUE, danse. PARIS, Festival d’Automne à Paris (MC93), le 6 novembre 2025. « À l’ombre d’un vaste détail, hors tempête » par Christian RIZZO. Crédit photographique (c) Marc Domage

 

 

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CRITIQUE, concert. NANTES, Théâtre Graslin, le 8 nov 2025. DE FALLA : La Vida breve. Patricia Petibon, Lucie Roche… Chœur d’Angers Nantes Opéra, Orchestre National des Pays de la Loire, Roberto Forès Veses (direction)

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Tous les effectifs de la vie musicale Nantaise défendent ce soir un programme riche au caractère authentiquement espagnol. L’hispanisme ici grenadin s’affiche ainsi au Théâtre Graslin et engage toutes les ressources expressives du Chœur d’Angers Nantes Opéra, de l’Orchestre National des Pays de la Loire sous la direction très active de Roberto Forés Veses. Angers Nantes Opéra ne pouvait mieux commencer sa nouvelle saison lyrique dont les 5 prochains jalons incontournables s’annoncent prometteurs : La Calisto (22-30 nov 2025), Cendrillon (30 janv-6 mars 2026), Lucia di Lammermoor (25 mars – 17 avril 2026), Solaris (6 mai 2026), enfin Robinson Crusoé (10 mai-4 juin 2026).

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Photo : © Delphine Perrin / Angers Nantes Opéra 2025

 

 

 

Pièce majeure du programme, La Vida breve (La vie brève), de Manuel de Falla [1913], par sa coupe resserrée, ses rythmes sulfureux, sa langue et ses tournures propres, s’inscrit profondément dans la culture andalouse [celle de la région natale de l’auteur]. Le génie de Falla réalise son premier ouvrage lyrique avec une flamme inédite qui semble d’ailleurs faire écho aux drames passionnels des premiers véristes Mascagni et Leoncacallo.
La fougue poétique de l’Orchestre s’accomplit totalement dans la Danse des filles rassemblées pour les noces de Paco et Carmela au debut du II, sorte d’amplification du chant de la cantaora [accompagnée par le guitariste], en une succession au souffle dramatique, aussi flamboyant qu’ irrésistible. C’est la trouvaille la plus convaincante de Falla, lui-même inscrit dans une fureur orchestrale puccinienne, associant folklore et vertiges orchestraux. Cette page parmi les plus célèbres de la musique symphonique espagnole fusionne avec beaucoup de finesse la sauvagerie et les sortilèges gitans, exacerbés par la parure symphonique dont l’orchestration enflamme littéralement les esprits. C’est du reste dans la continuité du drame noir, et progressivement déchirant, une rare pause purement instrumentale, presque enchantée, écho fugace du rêve amoureux dont Salud est résolument écartée.

 

Fureur ibérique

Vocalement, ce drame intense et tragique est défendu par l’engagement général du chœur maison, le percutant Chœur d’Angers Nantes Opéra dont les membres assurent certaines parties solistes : le forgeron qui rappelle le malheur de celui qui sous une mauvaise étoile, est né enclume plutôt que marteau, claire référence au destin fatal de l’héroïne.
Celle-ci, Salud, est dans les faits, abonnée à prendre les coups ; le personnage prolonge au XXème, la figure sacrificielle de tant d’héroïnes romantiques sur les planches lyriques, mais ici en plus intense encore car Falla n’a guère ménagé la soliste, invitée immédiatement à exprimer frustrations et brûlures de sa passion malheureuse. Chant exacerbé et brûlé, incantation et proférations de plus en plus radicales, au point qu’elle ne chante pas vraiment d’airs, toujours plus proche de la parole [et des cris] que du chant proprement dit ; la soprano prête à relever tous les défis de ce rôle terriblement contrasté, incarne un destin bref [comme l’indique le titre de l’œuvre], précipité même entre lamentation, inquiétude et angoisse, souffrance et imploration agonisante… mort subite. Chant direct, intense, comme possédée, Patricia Petibon est une torche vivante dont le chant constamment éperdu la consume inexorablement, jusqu’à son effondrement final.


France, Angers, 2025-11-07. Repetition de L Amour Sorcier et La Vie Breve, deux œuvres majeures du compositeur Andalou Manuel de Falla, en version concert, au Theatre Graslin, Nantes. L Amour sorcier (El Amor brujo), ballet-pantomime, livret de Gregorio Martínez Sierra. La Vie Breve (La Vida breve), drame lyrique, livret de Carlos Fernandez Shaw, Solistes Patricia Petibon, Lucie Roche, Sophie Belloir, Carlos Natale, Jean-Luc Ballestra, Artistes du Chœur Angers Nantes Opera – Direction Xavier Ribes, Orchestre National des Pays de la Loire / Roberto Forés Veses, direction. Photographie de Delphine Perrin / Hans Lucas / El Amor brujo and La Vida Breve (répétitions / rehearsals), two major works by Andalusian composer Manuel de Falla, in concert version, at the Theatre Graslin, Nantes. El Amor brujo (The Love Sorcerer), ballet-pantomime, libretto by Gregorio Martínez Sierra. La Vida Breve, lyric drama, libretto by Carlos Fernandez Shaw. Soloists Patricia Petibon, Lucie Roche, Sophie Belloir, Carlos Natale, Jean-Luc Ballestra, Artists from the Angers Nantes Opera Choir – Direction Xavier Ribes, Orchestre National des Pays de la Loire. Photograph by Delphine Perrin / Hans Lucas.

 

Aux côtés de la diva, aucun chanteur ne démérite. Saluons certains d’entre eux : l’oncle solide et bien chantant de Jean-Luc Ballestra [tio Sarvaor].  Seul véritable amour dans sa vie misérable, la grand mère de Lucie Roche déploie son timbre ample et onctueux, quand la cantaora [Laura Gallego Cabezas] embrase sa raucité fiévreuse, modèle de couleurs et d’accents ibériques pour les autres chanteurs.

Le Paco [Carlos Natale] dont Salud est amoureuse, est un parfait menteur, infâme manipulateur, un lâche bien comme il faut et si ordinaire à l’opéra, qui comme Pinkerton dans madame Butterfly de Puccini, n’a aucun égard pour cette petite lolita locale qui est de surcroît, une gitane d’un rang inférieur au sien. Que s’imaginait-elle?

On sait que la partition porte tous les espoirs d’un Falla encore jeune compositeur fraîchement arrivé à Paris et qui rencontrant Albeniz, Dukas, Debussy, entre autres, n’hésites pas à recueillir leurs conseils avisés [des deux derniers] pour renforcer encore l’efficacité de son premier opéra. L’ONPL redouble de nerf et de saveurs ibériques pour rendre à la musique de Falla, ses rythmes rageurs, frénétiques, ses couleurs voluptueuses, son essence envoûtée…

Programme intense, tragique servi par des interprètes engagés.

 

 

 

La Vie Breve (La Vida breve), drame lyrique, livret de Carlos Fernandez Shaw. Solistes Patricia Petibon, Lucie Roche, Sophie Belloir, Carlos Natale, Jean-Luc Ballestra, Artistes du Chœur Angers Nantes Opera – Direction Xavier Ribes, Orchestre National des Pays de la Loire / Roberto Forés Veses, direction . Photographie de Delphine Perrin / Hans Lucas.

 

 

 

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CRITIQUE, concert. NANTES, le 8 nov 2025. De Falla : La Vida breve. Patricia Petibon, Lucie Roche… Chœur d’Angers Nantes Opéra, Orchestre national des Pays de la Loire. Roberto Forés Veses, direction

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CRITIQUE, Opéra. PARIS, Opéra Comique, le 6 novembre 2025. GLUCK : Iphigénie en Tauride. T. Bounazou, T.Hoffman, P. Talbot… Wajdi Mouawad / Louis Langrée

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Cette production d’Iphigénie en Tauride de C. W Gluck est sans conteste l’une des plus remarquables des scènes parisiennes de ce début de saison 25/26. En effet, on avait rarement assisté à une telle cohérence entre l’esthétique scénique et l’esthétique musicale : deux heures trente d’une intensité hors norme, soutenue par l’intelligence de tous et de chacun.

 

La représentation commence avec une remise en contexte bien nécessaire pour ce genre d’histoire antique où l’on oublie toujours quel est le lien de parenté entre les différents personnages, et comment ils en sont arrivés à tous s’entre-tuer. Pour cela, le metteur en scène Wajdi Mouawad choisit de commencer avec l’ouverture de l’autre Iphigénie de Gluck, Iphigénie en Aulide, puisqu’en effet l’histoire commence en Aulide. Dans les grandes lignes : parce qu’il a tué une biche du bois sacré, Agamemnon doit sacrifier sa fille Iphigénie pour arrêter la guerre de Troie. Au moment du sacrifice, celle-ci est échangée avec une biche par Diane. Iphigénie est alors téléportée en Tauride pour devenir prêtresse de la déesse. En Aulide, tout le monde la croit morte, sa mère Clytemnestre tue son père Agamemnon, puis son frère Oreste tue Clytemnestre, sa propre mère, pour venger son père. Oreste devenu fou doit sur ordre d’Apollon aller voler deux statuettes au temple de Diane en Tauride où il ne sait pas que sa sœur est prêtresse. À ce moment le metteur en scène fait un parallèle intéressant avec le lieu où se situe l’ancienne Tauride : la Crimée, territoire ukrainien aujourd’hui sous domination russe. Les guerres continuent de traumatiser et de séparer des familles, de détruire… Après l’ouverture d’Iphigénie en Aulide s’ensuit un passage théâtral. Deux jeunes grecs (Oreste et Pylade) rencontrent le directeur et la conservatrice d’un musée de Crimée à notre époque. Ils veulent que soient rendues à la Grèce deux idoles de Diane d’époque préclassique qui sont les joyaux du musée. Le détestable directeur (Thoas) refuse de manière catégorique : la Russie ne fait pas partie des accords européens, dont faisait partie l’Ukraine préalablement, pour la restitution de biens culturels volés. La conservatrice (Iphigénie), grecque aussi, leur conseille de voler les idoles.

Toute cette action est très forte et le texte très bien écrit. Sans une vulgaire et ostentatoire prise de parti, Wajdi Mouawad a su poser là le terrible décor de la guerre et de la dictature. L’action d’Iphigénie en Tauride enfin s’ouvre sur une terrible scène de sacrifice. En effet, Thoas, le roi de Tauride a su par un oracle qu’il mourrait de la main d’un étranger. Il fait donc sacrifier tous les étrangers qui entrent sur son territoire. Et celle qui doit opérer les sacrifices est bien sûr la malheureuse Iphigénie. La scène est sombre, solennelle, violente : Iphigénie baigne ses mains et son couteau de faux sang rouge vif. Et de même que la partition de Gluck, l’assurance de la voix de Tamara Bounazou et la cohésion de l’orchestre : tout rend ici la violence de la scène. Tamara Bounazou est la grande révélation de cette soirée, dès les premiers moments de la soirée. Le songe d’Iphigénie où elle décrit le double parricide qui a eu lieu en son absence en Aulide est une véritable leçon de chant. La jeune soprano dramatique y place avec une justesse rare tous les accents de la langue française. Chaque voyelle est chantée avec précision rendant le texte parfaitement intelligible. En plus de cela, elle est une actrice crédible et puissante, qui sait prendre l’action à bras le corps sans jamais surjouer son rôle. Elle obtient à la fin de la représentation un triomphe rare et absolument mérité.

 

 

Thoas, incarné par Jean-Fernand Setti, est lui aussi entièrement névrosé depuis la prédiction de l’oracle. Également très violent tant dans le chant que dans l’action scénique, il malmène Iphigénie tout au long de l’œuvre. Jean-Fernand Setti est très expressif, terrifiant, et possède lui aussi toutes les qualités attendues d’un chanteur lyrique. Face à lui, Théo Hoffman et Philippe Talbot forment un duo parfait. Théo Hoffman donne à Oreste toute la fragilité de la folie. Littéralement mis à nu au deuxième acte, il livre sans concession ses troubles les plus sombres et les plus intimes, entouré des terribles Erinyes. Au moment de sa grande scène de folie, il est nu, et elles le retiennent et le font avancer pas à pas en même temps, comme autant de pensées noires dans l’esprit du maniaque. Malgré un très léger accent, Théo Hoffman est bouleversant dans le rôle de Pylade, toujours vrai dans ce qu’il nous déclame, la principale qualité attendue d’un acteur de tragédie. Pylade est le seul personnage sain de cette histoire. Il est jeune, fougueux et plein d’espoir. On croirait presque que Philippe Talbot a lui aussi 17 ans, tant il rend bien le caractère du personnage. Dans le célèbre air « Unis depuis la plus tendre enfance« , il se montre particulièrement touchant. Il fait de Pylade non pas un ténor héroïque mais un ténor de grâce, ce qui convient sûrement mieux au rôle.

L’ancienne académicienne Léontine Maridat-Zimmerlin est d’abord très convaincante en Seconde prêtresse, mais surtout très impressionnante en deus ex machina à la toute fin de l’œuvre, où elle fait scander à Diane la satisfaction des dieux après tant de souffrances. Fanny Royer est une Première prêtresse très touchante, dont le sens dramatique est fin, en accord avec une voix des plus agréables. Enfin, et pas des moindres, Lysandre Châlon, déjà présent à la Salle Favart dans Armide du même Gluck il y a trois ans, est l’une des voix les plus prometteuses de la jeune génération, portée par une présence scénique de plus en plus précise au cours de la soirée. De son côté, le Chœur Les Éléments (notamment le pupitre féminin, très présent dans l’œuvre pour incarner les prêtresses) est d’une grande intelligibilité, et un beau travail sur les couleurs a également été mené en parfaite cohésion avec l’Orchestre Le Consort.

A partir du 8 novembre, la direction musicale sera assurée par le jeune violoniste Théotime Langlois de Swarte, mais les premières représentations étaient dirigées avec beaucoup de précision par Louis Langrée, directeur général de la maison parisienne. L’orchestre, dont les membres sont en majorité très jeunes, fut très à l’écoute des propositions du chef, ne laissant jamais place à la moindre routine ou à des automatismes de fond de chaises. Des musiciens tous d’une grande qualité, menés par l’excellente Sophie de Bardonnèche comme Konzertmeister, donnent à la musique de Gluck un son à la fois intime et impressionnant, entre la complicité de la musique de chambre et le faste de l’opéra.

Tout dans cette production est une grande réussite – et en particulier, il faut le redire, la performance bouleversante de Tamara Bounazou qui signe probablement ici le début d’une brillante carrière !…

 

 

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CRITIQUE, Opéra. PARIS, Opéra Comique, le 6 novembre 2025. GLUCK : Iphigénie en Tauride. T. Bounazou, T.Hoffman, Ph. Talbot… Wajdi Mouawad / Louis Langrée. Crédit photographique (c) Sophie Brion

 

 

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CRITIQUE, opéra. LILLE, Opéra, le 7 nov 2025. DENISOV : L’ÉCUME DES JOURS [1986]. Josefin Feiler, Cameron Becker, Katia Ledoux…Orchestre National de Lille, Bassem Akiki (direction) / Anna Smolar (mise en scène)

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En 1986, Denisov met en musique L’écume des jours, roman mythique de Boris Vian de 1947, avec une acuité critique où le relief de l’orchestre, ses timbres incisifs et acides, cultivent [dans une économie parfois frustrante], la forme parodique et les innombrables citations de la partition. Le texte surréaliste qui regorge de tirades et de situations absurdes, inspire une forme lyrique hybride et provocatrice, entre la revue, le théâtre musical, dont le sens questionne l’action musicale elle-même : dans un dédale de situations déroutantes et sans logique, les chanteurs jouent à exprimer leur personnage, puis font surgir leur propre questionnement comme acteur, ciblant le non sens de leur action sur scène…

 

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Photos : Opéra de Lille 2025 / L’Écume des jours d’Edison Denisov © Simon Gosselin

 

 

Déconstruction surréaliste :
le « contre-opéra » de Denisov
à l’Opéra de Lille

Il en résulte un sentiment de déconstruction continue [bien connecté aux discours politiques de notre époque], entre théâtre pur et [trop rares] développements orchestraux ; du reste la fosse est ici un faire valoir, simple accompagnement que le compositeur inféode strictement à la structure fragmentaire des scènes enchaînées, lesquelles mêlent à l’emporte pièce, éléments réels, du rêve, d’un cauchemar continu. L’écriture peine à nourrir un flux homogène, s’ingéniant surtout à intensifier les syncopes, césures, effets de style, situations loufoques et délirantes. Pourtant le surréalisme en visant l’inconscient peut inspirer aussi, dans le rêve, un tissu sonore d’essence onirique et fantasque ; rien de tel chez Denisov, esprit percutant et mordant, qui s’interdit toute dérive hédoniste ; le compositeur épingle et déconstruit surtout la logique emblématiquement bourgeoise ; la forme opératique étant en France historiquement aristocratique, réservée à l’élite, on comprend aussi la charge sociale de cet ouvrage incongru qui, dans l’éclatement du cadre lyrique, déploie une vraie critique contre les dérives de la société bien conforme, contre la folie humaine [ainsi dans la seconde partie, Colin qui cherche à payer les soins de Chloé malade, accepte l’emploi bien payé où il doit faire germer les canons d’armes à poing, – les semences meurtrières ayant besoin de chaleur humaine, celles des hommes [non des femmes], car leur poitrine plate diffuse mieux la chaleur (!) … dénonciation claire, directe, de la folie guerrière menant à l’autodestruction de l’humanité.

 

 

Trop rares développements orchestraux

Le vrai plaisir sonore demeure rare ; il se déploie [enfin] après la citation de Tristan und Yseult…[entre autres citations, des impressionnistes à Bernstein, sans omettre les inserts de jazz, particulièrement nombreux dans le style de Duke Ellington…], c’est alors pour le duo Chloé / Colin, un nocturne en longues phrases rétablies qui respirent et déroulent enfin des lignes vocales complètes.

La 2ème partie de cet assemblage décousu en 14 tableaux, est orchestralement plus intéressant, débutant avec le duo amoureux Colin / Alise qui se découvrent chacun, une attraction pour l’autre, partagée.

Vocalement,  Colin, rôle central [continument sur scène], est bien campé par Cameron Becker, ténor à la voix sonore et claire ; à ses côtés, Chloé condamnée en raison d’un nénuphar parasite, diagnostiqué dans ses poumons, rayonne sur scène grâce au timbre fruité et fluide de la soprano Josefin Feiler. Même relief et crédibilité pour les deux rôles graves du directeur de la fabrique d’armes et de Jésus [III] défendus par Maurel Endong.

Puis c’est surtout l’ample solo d’Alise, [beau tempérament de Katia Ledoux], suscitant à la manière d’une grande imprécation lyrique, l’incendie des livres de Chick [qui vient de la larguer]. Cet autodafé offre à l’orchestre, un jaillissement progressif qui engage tous les pupitres… avec argument majeur depuis le début, la tenue des cuivres, idéalement calibrés, magistralement swingués…
Du reste dans la succession des tableaux qui suivent,- dont l’Agnus dei pour les funérailles de Chloé, Denisov ose et réussit un développement musical mieux assumé qui s’avère plus convaincant. Jusqu’à la chanson finale  » Dans la rue Traversière « , entonnée par la petite fille, ultime note décalée, grinçante, qui inscrit la place du rêve et de l’improbable, au centre d’une partition qui déroute.

Les plus critiques regretteront l’éparpillement d’une forme sans unité réelle, aux formules répétitives ; les plus enthousiastes seront heureux de retrouver une production nouvelle qui met fin à un silence de 40 ans [en France depuis la création de l’ouvrage à l’Opéra-Comique, le 15 mars 1986]. Ils en souligneront avec bonheur le jeu textuel et délirant, la critique acide, et justement cette absence de développement logique, ce rythme heurté, provocant, grinçant, décalé qui en fait un drame authentiquement surréaliste. Denisov signe une manière de  » contre opéra » dont l’écoute cependant à travers ses 3 actes, laisse un sentiment partagé.

 

Photo : Opéra de Lille 2025 / © Simon Gosselin / dernier tableau : les funérailles de Chloé

 

Photo : Opéra de Lille 2025 / © Simon Gosselin

 

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À l’affiche de l’Opéra de Lille dans le cadre de sa « constellation d’automne « , jusqu’au 15 nov 2025 [les 9, 12 et 15 nov prochains] : https://www.opera-lille.fr/spectacle/lecume-des-jours

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 6 novembre 2025. BERLIOZ: La Damnation de Faust. B. Bernheim, V. Karkacheva, C. Van Horn, T. Dolié… Silvia Costa /Jakob Lehmann

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Le monde des rêves est une source inépuisable d’inspiration depuis que le monde existe. Mystères, folies, cauchemars et révélations, la plupart des plus grands desseins de l’aventure humaine ont eu le rêve comme point de départ. Pour Hector Berlioz, créature fantastique aux rêveries sublimes, chaque note de sa main est un rêve en soi. Le cauchemar arrive au moment où sa création est livrée aux maladresses des êtres imparfaits qui jugent trop vite ce que le compositeur majeur du romantisme musical français a souhaité exprimer. 

 

Ce soir, sur la scène mirifique du théâtre de Gabriel Astruc, c’est la Damnation de Faust qui nous a été présentée dans une nouvelle production avec la vision de la metteuse en scène Silvia Costa. Conceptrice sans concessions, Silvia Costa signe ici une version très subtile de la Légende dramatique de Berlioz. Le décor qui sert de base aurait pu nous effrayer: une chambre d’étudiant où la jeunesse côtoie l’intellect poussé à l’obsession. Faust devient ainsi ce que d’aucuns appellent un « nerd » qui a troqué toute l’euphorie de jeunesse enivrante pour les études, le silence et une nostalgie réconfortante dans l’enfance idéalisée en innocente insouciance. Faust semble se soustraire au monde et quand cela devient insupportable par des circonstances extérieures, pourquoi ne pas convoquer un esprit qui va tout bouleverser. Outre certains moments où l’on ne comprend pas tout à fait où va le propos de Silvia Costa, cette mise en scène réussit à donner une lecture plus que touchante et poétique de Faust. Alors oui, d’aucuns s’offusquent parce qu’ils auraient souhaité contempler les hongrois en magnats à veste à brandebourgs chamarrés et aigrettes au bonnet, mais la vision de Mme Costa est néanmoins rafraîchissante. L’apparition de Marguerite est d’une poésie quasi surréaliste et fascinante, un fantasme aussi irréel qu’idéalisé comme la Juliette de Marcel Carné, une apparition surgissant de la houppelande de la mort. Cette mort qui fait irruption solennelle et sensuelle à l’image d’une belle vanité qui demeure dans la cathédrale de Séville, d’ailleurs cette scène rappelle aussi le mariage dans Salò de Pasolini. Toutes ces visions alimentent un fantasme aux allures mélancolique. Nous regrettons toutefois que la pénombre des éclairages n’aient pas permis d’avoir une vue sur certains détails depuis le premier balcon. Quoi qu’il en soit, Silvia Costa signe ici une mise en scène aux couleurs poétiques où l’extase onirique subtilement s’accapare du plateau.

 

 

Vocalement, la distribution est largement dominée par Benjamin Bernheim, idéal dans ce répertoire. A l’égal de son Hoffmann de légende, Benjamin Bernheim est un Faust d’anthologie. Vocalement taillé pour la partition, son phrasé est précis, subtil et nuancé, le timbre brille de mille feux et nous touche au plus profond dans cette caractérisation à la fois fragile, intrinsèque et émouvante, comme peut l’être la réalité des âmes. Face à lui,  Victoria Karkacheva est une Marguerite aux couleurs fastueuses. Timbre velouté et riche, ses airs sont quasiment déclamés avec une aisance de conteuse. Malgré parfois quelques moments où la prosodie française se perd, nous sommes envoutés par cette Marguerite qui, loin d’être l’oie blanche à la couronne de tresses, dans la vision de Silvia Costa est un fantasme incarné, « l’idéal féminin en toute simplicité » qui perd inconsciemment le poète et le guide dans sa rêverie, loin de la réalité du monde qui ne tardera pas à le juger et le damner.

Dans le rôle « diabolique » de Méphistophélès, Christian Van Horn ne convainc pas du tout. Vocalement limité et théâtralement rigide, on ne reconnaît pas l’ambiguïté de la malice de ce personnage. Déjà, dans Les Contes d’Hoffmann, on pouvait juste apprécier son timbre mais ici on se perd dans des imprécisions et une prosodie approximative. Affublé d’un costume qui rappelle plus celui du caricatural Bratt de la série des « Moi, moche et méchant » (le troisième volet pour être précis), il est quasiment une parodie de cette « lumière » de la connaissance à outrance qui finira par perdre le Faust en quête d’idéal. En revanche, Thomas Dolié est parfait en Brander, l’une des plus belles voix de notre temps, et il serait temps de l’entendre aussi dans d’autres choses que le répertoire français. 

L’orchestre Les Siècles sont menés par la baguette soignée de Jakob Lehmann. Le jeune chef allemand s’évertue à souligner avec soin les courbes du drame sans en ôter la poésie de la partition de Berlioz. Malgré quelques petits écarts, nous saluons une direction fine, un discours cohérent et une réelle charge poétique dans cette musique monumentale mais délicate. Les Chœurs de Radio France, malgré une mise en scène qui provoque parfois des écarts et des maladresses, restent aussi professionnels qu’on l’aurait souhaité. 

A la fin des fins, dans la vision de Silvia Costa, Faust est un « drôle de type », pas ceux portraiturés dans Big Bang Theory mais plutôt ceux que Léo Ferré sublime dans sa chanson « Les Poètes« . Tout comme le siècle dernier a été barbare avec le film Juliette ou la clef des songes de Marcel Carné, le nôtre le sera avec des créations comme cette Damnation de Faust. Ce qu’il manque à notre époque aux euphories immédiates et à la nostalgie rampante, est la poésie, parfois étrange ou dérangeante, qui jaillit au cœur de ce qui aurait pu être facilement sordide. Tout comme ce Rêveur malheureux dans Les Nuits blanches de Dostoïevski, c’est la poursuite incessante de l’égérie, l’obsédante rêverie qui pousse le poète à sa damnation mais aussi à son éternité.

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 6 novembre 2025. BERLIOZ: La Damnation de Faust. B. Bernheim, V. Karkacheva, C. Van Horn, T. Dolié… Silvia Costa /Jakob Lehmann. Crédit photo (c) Vincent Pontet
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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 6 novembre 2025. RACHMANINOV / HOLST. Roman Borisnov (piano), Orchestre national du Capitole de Toulouse, Ryan Bancroft (direction)

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Des astres hostiles nous ont privés de Tarmo Peltokoski et de Yuja Wang, tous deux souffrants. Mais un tout jeune pianiste de 23 ans, Roman Borisnov et un chef bien connu des Toulousains, Ryan Bancroft ont sauvé le concert. Moyennant un petit changement de concerto. Car nous avons enendu le célébrissime 2ème Concerto de Sergueï Rachmaninov en lieu et place du terriblement révolutionnaire 2ème concerto de Sergueï Prokofiev. 

 

Le pianiste russe sait doser à la perfection les nuances et débute le concerto sur un crescendo magnifiquement réalisé. Ryan Bancroft répond de la même veine, avec une direction souple et ample. Nous aurons donc une version opulente et généreuse de ce concerto. C’est de la si agréable musique jouée ce soir avec une grande ampleur et un total confort. La virtuosité ne fait pas peur au jeune Borisnov, qui a des moyens exceptionnels. La direction à main nue de Ryan Bancroft permet aux instrumentistes de chanter et la largeur des phrasés est très belle. Le deuxième mouvement gagne une dimension plus chambriste et les musiciens de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse font des merveilles, félicitons le cor solo, le hautbois et la flûte, sans oublier la clarinette et bien sûr le violoncelle. Le finale met en lumière les cuivres graves terriblement beaux. Et toujours cette direction ample et chantante qui fait des merveilles. L’ovation du public permet au jeune pianiste d’offrir un bis aussi facétieux que virtuose. Il s’agit d’une belle découverte et d’un artiste à suivre : Roman Borisnov, car il semble avoir déjà à 23 ans une très belle maturité. 

Pour la deuxième partie du concert, l’orchestre s’étoffe considérablement pour Les Planètes de Gustav Holst. Cette suite orchestrale est une merveille d’originalité et de possibilités orchestrales. Chaque pupitre a son moment de gloire. C’est sous une direction toujours vaste et généreuse de Ryan Bancroft que la phalange capitoline va magnifier la partition. Les cuivres sont superlatifs dans Mars. Puis la magie des flûtes, des harpes et du célesta fait rêver à cette paix tant désirée. Le Scherzo bondissant de Mercure est superbement dirigé par Ryan Bancroft, qui trouve une légèreté et un esprit délicat dans sa main. La fête musicale de Jupiter met en valeur les violons, les timbales et le brillant des cuivres. C’est vraiment euphorisant ! Assurément le chef et l’orchestre trouvent une entente parfaite. Dans Saturne, c’est l’étrangeté qui s’invite, et l’orchestre semble partir vers l’infini du temps et de l’espace. L’effet sur le public est incroyable. Saturne va nous réveiller, puis l’humour mis dans la direction par Ryan Bancroft va permettre aux instrumentistes de briller par une virtuosité totalement maîtrisée – et dont tous semblent beaucoup s’amuser. Le finale avec Neptune va porter le public au sommet de sa ferveur en des applaudissements nourris. Le Chœur de femmes “Latvija”, a magnifiquement chanté sa partie sublime de mystère.

Un vrai beau concert qui a eu un succès retentissant -et a fait bien des heureux en deux soirées.

 

 

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CRITIQUE, concert.Toulouse, Halle-aux-Grains, le 6 novembre 2025. RACHMANINOV / HOLST. Roman Borisnov (piano), Orchestre national du Capitole de Toulouse, Ryan Bancroft (direction). Crédit photo (c) Romain Alcazar

 

 

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CRITIQUE, danse. PARIS, Théâtre du Châtelet, le 5 novembre 2025. GRAHAM 100 (programme A) par la Martha Graham Company

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Il y a des soirées qui marquent l’histoire de la danse. Celle du 5 novembre 2025 au Théâtre du Châtelet en était une. Pour célébrer son centenaire, la Martha Graham Dance Company offrait une plongée magistrale dans ce qui fait l’essence même de la danse contemporaine : une tension permanente entre héritage et réinvention, entre mémoire et audace. Un pari réussi, une célébration flamboyante, et un public debout et conquis, longtemps avant la fin du spectacle.

 
 

La soirée s’ouvre sur la mtythique Cave of the Heart. Dans cette relecture saisissante du mythe de Médée, Martha Graham explore la passion destructrice avec une modernité confondante pour une œuvre créée… en 1946 ! La danseuse incarne une Médée en proie à une rage viscérale, ses contractions et torsions du buste traduisant l’emprise de la jalousie avec une incroyable force. La scénographie d’Isamu Noguchi, cette robe-armure hérissée de pointes, cette corde qui enserre le corps, matérialise l’enfermement psychologique avec une puissance que la lumière de Beverly Emmons sublime en un final rougeoyant inoubliable. Tout ici rappelle que Graham avait compris avant tant d’autres que les mythes grecs étaient avant tout des terrains d’exploration de l’âme humaine, et qu’elle en faisait, surtout, des histoires de femmes.

 

 

Errand into the Maze poursuit cette relecture féministe avec une audace qui continue de surprendre. Thésée devient Ariane, et le labyrinthe se transforme en métaphore du combat intérieur contre la peur. Une version du mythe où l’héroïne affronte moins un monstre que ses propres démons, avec une gestuelle hypnotique qui mêle contraction, lâcher-prise et résilience. Les danseurs, portés par la partition inquiétante de Gian Carlo Menotti, livrent un duo d’une tension palpable, presque insoutenable par moments, où la rigidité de la « créature de peur » finit par être apprivoisée par la souplesse déterminée d’Ariane. La scénographie minimaliste de Noguchi, ici réduite à un labyrinthe de cordes, renforce l’idée que l’affrontement est avant tout intérieur.

Puis vint un moment suspendu : Désir, le solo créé par Virginie Mécène pour l’ancienne étoile Aurélie Dupont. Dans sa robe rouge moulante, Dupont apparaît comme une flamme incandescente, habitant chaque geste avec une fluidité et une présence scénique intactes. Inspiré des autoportraits photographiques de Martha Graham, ce solo de courte durée mais d’une captivante intensité réussit l’exploit de faire dialoguer deux époques, deux techniques, deux légendes de la danse. La prestation de Dupont, précise, poétique, habitée, a déclenché une ovation méritée, comme si le temps s’était suspendu pour saluer cette transmission entre deux grandes dames de la danse.

Et puis l’énergie change, le plateau vibre d’une autre intensité. Cave, une création signé par Hofesh Shechter,pour la Graham Dance Company conclut le programme en apothéose et fait basculer la soirée dans une dimension contemporaine avec éclat. Ce n’est plus la mythologie grecque, mais un rituel d’un autre genre : la rave, la transe collective des clubs techno. La musique pulse, composée par Âme et Shechter lui-même, les danseurs se jettent dans une transe communiante où se mêlent clubbing berlinois, danses folkloriques et gestuelle contemporaine. Shechter, avec son langage si reconnaissable – ces marches de zombie, ces bras levés vers le ciel, ces chorégraphies de groupe d’une précision mécanique –, trouve ici un terrain d’expression idéal pour explorer le besoin contemporain de communion et de lâcher-prise. La lumière de Yi-Chung Chen, entre brumes et éclats, sculpte des tableaux d’une beauté hypnotique où les corps se fondent et s’individualisent tour à tour.

 

 

Ce qui frappe dans cette soirée Graham 100 (Programme A), c’est la cohérence profonde qui unit ces quatre pièces pourtant si différentes. Car Shechter, en explorant les rites contemporains, ne fait que prolonger l’intuition fondatrice de Graham : la danse comme exploration des pulsions humaines, comme rituel de dépassement de soi. Les danseurs de la compagnie, d’un niveau technique époustouflant, passent avec une aisance confondante de la contraction grahamienne à l’énergie brute et libérée de Cave de Shechter. Loin d’être un simple spectacle d’anniversaire, cette célébration du centenaire affirme avec force la pérennité d’un langage chorégraphique qui, un siècle plus tard, continue d’inspirer et de bouleverser.

Le public du Châtelet, qui a longtemps applaudi, l’a bien compris : ce n’était pas un hommage nostalgique, mais une démonstration vibrante que la modernité de Martha Graham reste plus que jamais une source d’inspiration pour les artistes d’aujourd’hui. Une soirée mémorable, qui restera dans les annales comme l’une des plus belles célébrations de l’histoire de la danse contemporaine.

 

 

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CRITIQUE, danse. PARIS, Théâtre du Châtelet, le 5 novembre 2025. GRAHAM 100 (programme A) par la Martha Graham Company. Crédit photographique (c) Nicholas McKay

 

 

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CRITIQUE, opéra. DIJON, Opéra, le 5 nov 2025. MASCAGNI : Cavalleria Rusticana / LEONCAVALLO : I Pagliacci. Tadeusz Szlenkier (Turiddu, Paillasse)… Silvia Paoli / Débora Waldman

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Déjà critiquée lors de son escale Montpelliéraine, mais avec une toute autre distribution [3 et 5 oct derniers, lire la critique d’Emmanuel Andrieu], la mise en scène de Cavalleria Rusticana et Pagliacci par Silvia Paoli surprend, parfois déconcerte, tout en réussissant certains passages scéniques. On se souvient de sa Tosca à la fois forte et épurée, objet d’une tournée retentissante et acclamée [à juste titre]. Son sens de la progression dramatique qui s’appuie sur la création de tableaux collectifs, d’autant plus spectaculaires qu’ils se composent progressivement sous nos yeux, à la façon d’une machinerie à vue, avait légitimement convaincu ; ainsi dans Tosca : la fin en particulier du premier acte, dans l’église Sant’Andrea della Valle rassemblant peu à peu les éléments constitutifs d’un immense retable baroque sur le thème de la Crucifixion… image d’autant plus pertinente alors qu’elle évoque toutes les valeurs chrétiennes que l’infect Scarpia détourne impunément sous un masque pieux…

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photos : Cavalleria rusticana et Pagliacci à l’Opéra de Dijon © Mirco Magliocca

 

 

 

 

 

Vérisme superlatif à l’Opéra de Dijon

En novembre 2025, les spectateurs dijonais retrouvent ces mêmes composantes. Ce soir, même composition très juste quand pour le choeur pascal célébrant la Résurrection du Christ, la vieille sdf entourée des danseurs, se change en Madone de la Piétà…
Mais avec un bémol qui atténue de notre point de vue, l’impact du dispositif visuel global : l’accumulation des scénettes annexes qui finissent par polluer l’action principale ; ce qui dans l’esthétique vériste reste un non sens ; le théâtre réaliste voire brutal et même sauvage [dans le cas de Pagliacci] frappe de principe par sa concision et sa tension qui découlent d’une action aussi resserrée que… décantée ; les duos s’y enchaînent dans un rythme de plus en plus soutenu, exacerbant les passions des protagonistes. Sans dilution, sans contrechamps, s’il n’était les chœurs qui jalonnent avec raison un parcours de plus en plus tendu.

 

Pietà : Allégorie vivante dans Cavalleria Rusticana

 

Ne prenons que la fin sanguinaire et hautement dramatique de Pagliacci : l’assassinat de Nedda par Canio perd toute sa violence barbare à cause des gesticulations parasites des 6 danseurs comiques qui perturbent la lisibilité de l’action centrale (qui elle, n’a rien de comique). Non pas que leur pantomime soit hors sujet [au contraire, les comédiens Canio, Tonio, Nedda parodient eux-mêmes avec outrance, une scène théâtrale – d’adultère, 1001 fois vue sur les planches…] ; mais ce ballet décalé, déployé, est mal dosé, surtout à ce moment crucial. En outre qu’on nous explique le sens du grillage qui clôt depuis le début, l’espace scénique et dont les barres verticales gênent constamment la visibilité des spectateurs, en particulier dans le tableau collectif qui recompose un splendide cortège religieux pour l’Assomption… Là encore rendu illisible par des éléments décoratifs. Dommage.

 

 

 

 

Fosse éruptive et poétique
Ténor bouleversant,
Débora Waldman et Tadeusz Szlenkier,
champions d’une production incandescente

 

Couple sulfureux, tragique :
Galina Cheplakova (Nedda) et Tadeusz Szlenkier (Canio), Pagliacci.

 

 

Heureusement le relief expressif des chanteurs comme le geste souverain de la cheffe Débora Waldman, produisent un véritable miracle sonore. La puissance poétique a jailli dans tout son éclat chez Mascagni et surtout chez Leoncavallo – la tenue de l’Orchestre Dijon Bourgogne atteignant un superlatif lyrique et expressif dans la 2ème partie [Pagliacci].

Outre le flux orchestral, souple, détaillé, subtilement caractérisé pour chaque séquence, d’un ouvrage à l’autre – conférant la cohérence de la soirée de Mascagni à Leoncavallo (et par là même, soulignant les filiations évidentes entre les deux drames de 1890 puis 1892), Débora Waldman renouvelle la réussite de sa Tosca précédente in loco. Sa direction comprend et approfondit l’urgence intérieure de chaque partition, y compris pour les scènes collectives surtout chorales.
Ces chœurs d’ailleurs très habilement intégrés (superbement réalisés par le Choeur de l’Opéra de Dijon), détendent le fil de l’intrigue, tout en réintégrant le jeu des protagonistes dans un contexte historié et dans l’arrière plan … qui est chrétien, en particulier chez Mascagni, (au temps de Pâques) comme le rappelle Silvia Paoli en plaçant en fond de scène et en grandes lettres éclairées, la phrase italienne :  » Averti que Dio ti vede  » / Dieu t’a vu. …. Allusion à la responsabilité coupable que porte Turiddu, habité jusqu’au bout, par sa dette envers celle qui l’a aimé (Santuzza), qu’il n’aime plus, mais dont le sort est lié définitivement au sien (et de quelle façon)…

 

 

Ainsi observé par Dieu, si Turiddu doute, attiré par la sulfureuse Lola (impeccable Valentine Lemercier), il n’en reste pas moins loyal et d’une force morale à la fois digne, impuissante, douloureuse, fidèle en tout point au lien qui l’attache à Santuzza (puissante Anaïk Morel). A contario celle-ci n’est que rage et pulsion, dévorée par le soupçon et le poison de la jalousie … qui la mènent à la dénonciation la plus ignoble. Les deux profils tout en s’opposant, soulignent dans chaque confrontation, la personnalité captivante de cet amant moral. La direction musicale ce soir, superlative, éclaire et révèle toutes les nuances psychologiques du personnage, tous les enjeux que sa relation avec Santa suscite – du grand art qui se montre à la hauteur de la nouvelle originelle de Giovanni Verga.

 

 

Anthologique, le ténor Tadeusz Szlenkier
incarne Turiddu puis Canio,
en en révélant pour chacun,
chaque nuance émotionnelle
de leur destin tragique…

 

 

Clown terrifiant et détruit, Tadeusz Szlenkier, est un inoubliable Canio (Pagliacci)

 

 

 

Palmes d’honneurs au ténor polonais Tadeusz Szlenkier déja remarqué dans ce même rôle (et dans ce même marathon vocal),… à Saint-Étienne dans une mise en scène remarquable signée Nicola Berloffa [février 2025], le ténorissimo savait incarner dans la même soirée, et Turiddu et Canio. Remarquable performance pour ne pas dire exploit mémorable, dans un tel style et avec cette constance impériale. Anthologique, le ténor éclaire toute la vérité trouble des deux caractères : Turiddu, réfléchi et défait / Canio, sauvage et vengeur.
Deux êtres droits dans leur blessure, intenses, foudroyés : chez Mascagni, déjà abandonné à la mort [d’où ce baiser d’adieu qu’il réclame à sa mère (très crédible Svetlana Lifar) : l’air solo de Turiddu est le plus déchirant de la soirée, à cet instant de l’action justement (photo ci-dessous).

 

 

 

 

 

A l’inverse, sauvage et criminel, violent et impulsif mais aussi trahi par celle qui n’a pas su répondre à son idéal amoureux : Canio s’inscrit dans l’action la plus violente ; tout l’intérêt du personnage, sa complexité qui ne se réduit pas à la seule violence d’un fou enragé, se révèlent ce soir ; dans le chant aussi puissant, juste, que subtil de Tadeusz Szlenkier, dont la noirceur insondable ne demandait qu’à se révéler, comme la si bien compris le démoniaque Tonio (hallucinant Aleksei Isaev, sorte de Iago tapi dans l’ombre, lui aussi dévoré par la jalousie, frustré de ne pouvoir posséder la même Nedda… Le baryton basse faisait dans l’opéra précédent (Cavalleria Rusticana), un Alfio mafieux, très à propos).

L’incarnation de Tadeusz Szlenkier est d’autant plus bouleversante [autant qu’ à Saint-Étienne et davantage probablement] que l’Orchestre Dijon Bourgogne dirigé par Débora Waldman excelle, enivre littéralement le spectateur par sa justesse et son souffle dramatique. C’est un festival de climats suggestifs, d’émotions affleurantes, de couleurs elles aussi subtiles, dévoilant l’intelligence instrumentale, l’orchestration captivante des deux compositeurs ; on ne saurait détacher les mille réussites sonores de la soirée.
Sauf une assurément… le très attendu intermezzo orchestral qui ponctue l’action de Cavalleria, juste après la scène où Santa dénonce Turiddu à Alfio, qui ce soir, relève du miracle sonore ; Débora Waldman déplie les amples phrases des cordes, dans un souffle profond, éperdu, moment suspendu d’une ivresse que l’on croyait interdite dans un océan de convulsions rageuses, ultime respiration avant la plongée dans l’horreur finale. La cheffe  sait exprimer toute la profondeur et l’activité des forces de la psyché ; une psyché éruptive et sauvage qui est au centre de tout opéra vériste, et dont l’Orchestre recueille et projette ce soir, et la violence acide et les espoirs vains.
Ainsi se précise la richesse psychologique des rôles de Turiddu et de Canio dont la fascinante justesse s’exprime aussi dans le chant même de l’Orchestre et quel orchestre : hypersensible, hyper émotif, coloré, rageur, d’une finesse caressante ; chez Mascagni, délivrant toute la tendresse des personnages de Santuzza et de Turiddu ; chez Leoncavallo, restituant le cheminement d’un sauvage submergé par la trahison que lui cause sa compagne Nedda… une jalouse rage qui le mène à la folie criminelle.

Aux côtés du ténor vedette, dans un univers urbain dégradé où sévissent les délinquants, où des jeunes jouent au ballon (référence selon la metteure en scène aux banlieues de l’Italie du sud), Nedda et Tonio forment un couple très crédible (Galina Cheplakova et Ramiro Maturana), comme le ténor qui chante la partie d’Arlequin dans la pièce représentée (Beppe / Grégoire Mour)…

 

Dans l’immensité du vaisseau dijonais et malgré au début, une résonance assez gênante, la production s’avère particulièrement réussie ; l’Orchestre de l’Opéra de Dijon prend possession de la scène offrant l’accomplissement musical le plus saisissant. Pour le ténor Tadeusz Szlenkier qui confirme après Saint-Étienne sa formidable intensité, pour la parure flamboyante de l’Orchestre, pour la direction de la cheffe Débora Waldman : aussi à l’aise et inspirée que chez Mozart. Incontournable. Il reste encore 2 dates à l’Opéra de Dijon, à ne manquer sous aucun prétexte… les 7 et 9 nov prochains.

Infos & réservations : http://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/cavalleria-rusticana-pagliacci/

 

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LIRE aussi notre présentation de Cavalleria Rusticana / I Pagliacci par Débora Waldman à l’Opéra de Dijon, les 5, 7 et 9 nov 2025 :
https://www.classiquenews.com/opera-de-dijon-les-5-7-9-nov-2025-mascagni-leoncavallo-cavalleria-rusticana-pagliacci-anaik-morel-tadeusz-szlenkier-debora-waldman-silvia-paoli/

 

 

Prochaine production lyrique à ne pas manquer à l’Opéra de Dijon : La Bohème de Puccini, les 11, 13, 15, 17 mars 2026 (Marta Gardolinska, direction / David Geselson, mise en scène), avec Angel Romero, Lucie Peyramaure, Yoann Dubruque, Florie Valiquette; Louis de Lavignère,… : http://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/la-boheme/#para_nb_1

 

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approfondir

les mises en scènes de Silvia Paoli sur classiquenews

CRITIQUE, opéra. ANGERS, Grand-Théâtre, le 7 mai 2024. PUCCINI : Tosca. Myrto Papatanasiu, Andeka Gorrotxategi, Stefano Meo… Clelia Cafiero / Silvia Paoli.

CRITIQUE, opéra. ANGERS, Grand-Théâtre, le 7 mai 2024. PUCCINI : Tosca. Myrto Papatanasiu, Andeka Gorrotxategi, Stefano Meo… Clelia Cafiero / Silvia Paoli.

Déjà vue en 2022 lors de sa création à Nancy, cette production très convaincante tombe à pic pour célébrer en 2024 le centenaire de la mort de Giacomo Puccini. C’est même avant de voir celle présentée par l’Opéra de Dijon, dans quelques jours, l’une des plus justes et spectaculaires, au sens le plus noble du terme, écoutée cette année dans l’Hexagone.

CRITIQUE, opéra. NANTES, Théâtre Graslin, le 21 janv 2025. VERDI : La Traviata. Maria Novella Malfatti, Dyonisos Sourbis… Chœur d’Angers Nantes Opéra, ONPL, Laurent Campellone (direction) / Silvia Paoli (mise en scène)
https://www.classiquenews.com/critique-opera-nantes-opera-graslin-le-21-janv-2025-verdi-la-traviata-maria-novella-malfatti-dyonisos-sourbis-choeur-dangers-nantes-opera-onpl-laurent-campellone-direct/

Le regard de Silvia Paoli sur La Traviata est très juste et la production tient ses promesses : on retrouve d’ailleurs une belle cohérence globale, pareille à sa précédente mise en scène : une Tosca, tout aussi glaçante et cynique, aux tableaux forts et esthétiquement fouillés (en mai 2024)… A Nantes, le spectacle expose sans autre aménagement, le corps féminin au désir des hommes en frac dès le début : la cohorte masculine très conforme et bien costumée piétine [au sens strict] toute dignité féminine

CRITIQUE, opéra. NANTES, Théâtre Graslin, le 21 janv 2025. VERDI : La Traviata. Maria Novella Malfatti, Dyonisos Sourbis… Chœur d’Angers Nantes Opéra, ONPL, Laurent Campellone (direction) / Silvia Paoli (mise en scène)

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 3 nov 2025. HAENDEL : Alcina. K. Lewek, C. Vistoli, L. Oliva, K. Bradic… Ensemble Artaserse, Philippe Jaroussky (direction musicale)

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Quelle soirée mémorable à l’Opéra Berlioz de Montpellier ! La version de concert d’Alcina de Georg Friedrich Haendel, sous la direction fiévreuse de Philippe Jaroussky placé à la tête de son Ensemble Artaserse, a offert une expérience lyrique d’une intensité rare. Savoir que Jaroussky, qui chantait le rôle de Ruggiero ici-même voilà une décennie, dirigeait cette fois le chef d’oeuvre de Haendel, ajoutait une touche de magie supplémentaire à ce début de tournée européenne, qui mènera l’équipe artistique à Paris et Barcelone

 

A tout seigneur tout honneur, c’est avec un aplomb vocal stupéfiant que la soprano américaine Kathryn Lewek incarne le rôle-titre. Les seuls moments de fébrilité sont ceux requis par son personnage, ces moments de fêlures où la magicienne voit son monde d’illusions s’effondrer. Et vocalement, Lewek sait ce que signifie battre un trille, ornementant ses arias avec un goût irréprochable. D’une belle puissance et agile à la fois, sa voix s’avère totalement contrôlée, ce qui lui permet d’offrir au public des piani sur le fil d’une douloureuse beauté dans les airs « Ah, mio cor » et « Ah, Ruggiero crudel ». Elle récolte un triomphe personnel amplement mérité au moment des saluts ! L’autre triomphateur de la soirée est sans conteste le contre-ténor italien Carlo Vistoli (qui avait déjà brillé en Tolomeo dans Giulio Cesare à Montpellier il y a quelques saisons). Avec un instrument d’une rare puissance pour un contre-ténor, il incarne un Ruggiero partagé, mais d’égale vigueur entre son double amour. La qualité des piani dans « Mi lusingha » déclenche les premiers applaudissements et l’irrésistible aria « Sta nell’Incarna », grâce à ses embardées acrobatiques d’une vélocité hardie, les plus immédiates acclamations. Et scéniquement, avec sa haute stature et sa forte projection, il offre à son personnage toute l’insolence bravache du primo uomo infatué.

Tout aussi stupéfiante est la virtuose Morgana de la jeune Lauranne Oliva. D’une agilité à couper le souffle (renversant « Tornami a vagheggiar »), d’une délicatesse rare (« Credete al mio dolore »), d’une mélancolie contagieuse (« Ama, sospira »), la soprano franco-catalane se hausse au même niveau d’excellence que sa collègue. Dans le rôle de Bradamante, la superbe mezzo serbe Katarina Bradic n’est pas en reste. Avec une voix de velours, elle instaure un climat rassurant face aux effusions enjôleuses des deux sœurs magiciennes, et son « Mio bel tesoro » brise le cœur par sa confondante spontanéité. Le personnage de Melisso tombe plutôt bien dans la voix sévère et patriarcale de l’excellente basse française Nicolas Brooymans : son moraliste « Pensa a chi geme » ballote l’auditoire entre remords, stupeur et nostalgie. Enfin, l’incontournable ténor américain Zachary Wilder (Oronte) s’avère capable de vocaliser sans alléger à outrance son timbre à la fois ferme et frémissant. Regrettons cependant que le personnage d’Oberto – à l’image des ballets et des parties confiés au choeur – soit passé ici à la trappe…

L’Ensemble Artaserse, fondé par Philippe Jaroussky lui-même il y a une vingtaine d’années maintenant, a une fois encore prouvé qu’il était une référence absolue dans l’interprétation de la musique baroque. La complicité entre le chef et ses musiciens était évidente, créant une base rythmique et expressive à la fois vivante et délicate. La vigueur réactive du continuo (violon solo de Raul Orellana, violoncelle solo de Ruth Verona, théorbe de Miguel Rincon Rodriguez) et autres soli des violons ou violoncelles ont été particulièrement salués pour leur performance et leur charisme, rivalisant avec celui des chanteurs.

Cette cohésion a insufflé à la partition de Haendel une vitalité qui a captivé le public de Montpellier. Et à l’issue de la représentation, l’auditoire de l’Opéra Berlioz a réservé une ovation chaleureuse et méritée aux artistes et à l’ensemble musical. Ce succès n’est que le premier acte d’une aventure européenne, et le public parisien puis barcelonais a un rendez-vous magique avec cette envoûtante production !

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version de concert). MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 3 nov 2025. HAENDEL : Alcina. K. Lewek, C. Vistoli, L. Oliva, Z. Wilder… Ensemble Artaserse, Philippe Jaroussky (direction musicale). Crédit photo (c) OONMO

 

 

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ORCHESTRE LAMOUREUX (à la Seine Musicale), sam 22 nov 2025. Mozart, Milhaud, Gershwin… Adélaïde Ferrière (percussions) / Adrien Perruchon (direction)

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Paris, capitale des arts et des métissages féconds, véritable carrefour des cultures, a toujours été un cadre inspirant pour tous les musiciens venus des 4 coins de la planète. Chacun entend s’y faire un nom, séduire des mécènes, éblouir les publics, obtenir postes et gratifications…

 

 

Ainsi les séjours de Mozart à Paris (le dernier à l’âge de 22 ans en 1778) ; le jeune prodige, déjà animé de rêves et d’ambitions, compose à Paris, sa Symphonie n° 31 dite « Parisienne » (jouée au Concert Spirituel), partition brillante et contrastée…

Gershwin, quant à lui, absorbe les vibrations de la rue parisienne, ses sons, ses rythmes, son énergie sonore (klaxons en prime)… vient à Paris dans l’espoir d’y puiser de nouvelles inspirations. Il compose alors son chef-d’œuvre symphonique Un Américain à Paris, une fresque qui dépeint la frénésie de la capitale dans les années 1920, mêlant le son des voitures aux rythmes du jazz et aux musiques populaires qui sont la signature du compositeur.

Avec son Concerto pour Marimba, vibraphone et orchestre, le méridional Darius Milhaud fait le chemin inverse en convoquant pour un seul interprète deux instruments issus des musiques sud-américaines et du jazz. Cette pièce virtuose, créée aux États-Unis, est l’occasion pour l’Orchestre Lamoureux d’inviter pour la première fois la percussionniste Adélaïde Ferrière (photo ci-dessus / DR).

 

 

 

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Un Américain à Paris
ORCHESTRE LAMOUREUX
LA SEINE MUSICALE, Boulogne-Bil., Île Seguin
Auditorium Patrick Devedjian
Samedi 22 novembre 2025, 20h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre Lamoureux : https://orchestrelamoureux.com/concerts/un-americain-a-paris/

 

 

ORCHESTRE LAMOUREUX

Adrien Perruchon, direction
Adélaïde Ferrière, percussions

 

Programme

Jacques Offenbach (1756-1791)
La Vie parisienne, extraits
(Arrangement Jean-François Pauléat)
Ouverture du concert avec
les Orchestres à l’Ecole de Mantes-la-Jolie et Limay

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Symphonie n°31, K.297 «Parisienne»

Darius Milhaud (1892-1974)
Concerto pour marimba, vibraphone et orchestre

George Gershwin (1898-1937)
Un Américain à Paris, poème symphonique pour orchestre
(Orchestration Takénori Némoto)

 

Informations pratiques
01 74 34 53 53
www.laseinemusicale.com
La Seine Musicale
Ile Seguin – 92100 Boulogne-Billancourt

 

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CRITIQUE CD événement. J.S. BACH : 4 Cantates de la Trinité (Taipei Chamber Singers, Le Concert Français et Formosa Baroque), Pierre Hantaï, direction (1 cd PARATY records, 2024)

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Plus que réjouissant, l’enregistrement jette et réussit un pont entre Europe et Asie, Occident et Orient, entre musiciens et compositeur occidentaux et artistes Taïwanais… et c’est JS Bach qui en sort grandi ! Sous la direction de Pierre Hantaï, les musiciens du Concert Français s’unissent à Formosa Baroque et au chœur Taipei Chamber Singers pour éclairer 4 cantates-chorals de Bach, leur énergie dramatique, la clarté de leur dimension architecturale (BWV 129, 107, 99, 137).

 

 

Prosodie exemplaire, articulation du texte, couleurs d’orchestre ciselées (flûtes, hautbois d’amour, trompettes naturelles, timbales), souffle choral … sont autant d’engagements qui restituent la rhétorique liturgique du Bach que nous aimons tant : audacieux, expérimental,  qui réinvente chaque fois la forme — chœur d’ouverture concertant, airs au raffinement chambriste, chorals conclusifs rayonnants. Les solistes Dorothee Mields (soprano), Margot Oitzinger(alto), Florian Sievers (ténor), Matthias Vieweg (basse) complètent une distribution choisie pour son allemand idiomatique et sa cohésion stylistique, -Vieweg jouant aussi un rôle moteur dans la préparation des chanteurs ; décision juste que d’intégrer les solistes germanophones aux sections chorales pour renforcer cohésion et articulation. S’affirme un Bach clair, palpitant, dans l’action.

Les interprètes complètent ainsi la place des Cantates dans le catalogue du label Paraty, décidément à la pointe de l’interprétation de JS Bach ; aux côtés d’Alia Mens dont classiquenews a de la même façon souligné la pertinence du geste, les interprètes réunis par Pierre Hantaï, savent rétablir l’éloquence spirituelle des Cantates, l’intensité de leur élan vital. Le choix des quatre cantates-chorals (BWV 129, 107, 99, 137) affirme d’emblée un axe : rendre audible le texte par la prosodie, et la forme par la lisibilité des plans. L’album, enregistré à Weiwuying (Kaohsiung, Taïwan), en sept 2024, naît d’une complicité tissée sur la durée entre les deux formations, et d’un projet porté par l’exigence chorale du Taipei Chamber Singers (TCS) : une alliance Europe–Asie qui fait de la transmission,  une esthétique autant qu’une pratique.

De sorte qu’un autre aspect s’impose à nous, aussi déterminant que les autres dans le cas spécifique du Cantor de Leipzig : son universalisme qui va au-delà des frontières géographiques et des cultures.

 

La cantate-choral comme dramaturgie

Le livret rappelle combien la cantate-choral résout un défi ancien : tenir ensemble structure unifiée et mélodie chorale changeante, notamment dans les grands chœurs d’ouverture où le cantus firmus s’inscrit dans une trame concertante foisonnante. Au fil des œuvres, Bach varie l’économie (paraphrases intérieures, chorals extrêmes conservés), tout en densifiant le contrepoint — jusqu’au faste rituel de BWV 137 (trompettes, hautbois, cordes,
cantus firmus au soprano) ou au chatoiement polyphonique de BWV 129/99 (duos, airs virtuoses, dialogues vents-cordes). La saison de la Trinité sert ici d’horizon liturgique et dramaturgique : un temps long où le compositeur raffine systématiquement ses choix esthétiques et rythmiques, sans cesser d’éclairer le verbe.

 

 

Éloge de la clarté et du phrasé

Pierre Hantaï impose une évidence de diction : prosodie nette, souffle dansant, équilibres qui laissent rayonner le choral. Ce qui restitue aussi la valeur fervente de ce dernier. Le Taipei Chamber Singers allie discipline et couleur, avec cette transparence qui rend le texte intelligible sans l’alourdir ; l’instrumentarium d’époque (flûtes — Marc Hantaï en solo –, hautbois d’amour, basson, trompettes naturelles, timbales, orgue / clavecin) cisèle profils et timbres, tandis que l’orchestre répond avec une éloquence jamais appuyée. Au final, ce Bach entre Orient et Occident est direct et chantant  — Il convainc absolument par la précision du geste et la lumière du verbe. CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2025

 

 

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CRITIQUE CD événement. JS BACH : 4 Cantates de la Trinité (Taipei Chamber Singers, Le Concert Français et Formosa Baroque), Pierre Hantaï, direction (1 cd PARATY records, 2024)

 

LIRE aussi notre annonce présentation du CD événement, annonce. JS BACH : 4 Cantates de la Trinité (Taipei Chamber Singers, Le Concert Français et Formosa Baroque), Pierre Hantaï, direction (1 cd PARATY records, 2024) : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-js-bach-4-cantates-de-la-trinite-taipei-chamber-singers-la-concert-francais-et-formosa-baroque-pierre-hantai-direction-1-cd-paraty-records-2024/
Le langage universel de Jean-Sébastien Bach s’épanouit jusqu’à Taiwan : sous la direction de Pierre Hantaï, les instrumentistes asiatiques de Formosa Baroque (premier ensemble baroque taïwanais, fondé par la flûtiste Yi-Fen Chen) se mêlent aux musiciens occidentaux du Concert Français ; les choristes (Taipei Chamber Singers fondé en 1992) les rejoignent pour réaliser une lecture lumineuse, bondissante, très nerveuse des 4 Cantates ici choisies (BWV 129, 107, 99 et 137, selon leur ordre d’édition sur le cd),…

 

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CD & CONCERT. Nouveau récital du pianiste GUILHEM FABRE (Debussy / Beethoven), les 14 puis 28 nov 2025 (Paris, Salle Gaveau)

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Engagé, audacieux, généreux… le pianiste GUILHEM FABRE est aussi un interprète habité et nuancé qui sait jouer avec les partitions pour en exprimer tous les accents émotionnels. Titre après titre, ses lectures révèlent un imaginaire et une sensibilité, un théâtre personnel, intime et expressif, alliant finesse et puissance.

 

 

Trois ans après son dernier disque Bach / Rachmaninov, Guilhem Fabre dédie à l’automne 2025, son nouvel album à  Debussy (Six épigraphes antiques, Images II, Images I) et à Beethoven (Sonate opus 111), 1 cd 1001 Notes.

 

Porteur d’uNopia, superbe projet de 2019 qui ouvre le classique aux publics éloignés dans un camion-scène, en forêt, dans les banlieues, les places de village…, le pianiste GUILHEM FABRE publie son nouvel album Beethoven-Debussy (ce 14 novembre 2025), suivi d’un concert de sortie à Gaveau le 28 novembre suivant (avec Jérôme Pouly en récitant).
L’artiste participera ensuite au spectacle Nijinsky au Châtelet avec Olivier Py (mai 2026), présentera une performance conçue avec le danseur étoile Matthieu Ganio à Avignon cet été, sans omettre son propre festival et la reprise de ses tournées uNopia au printemps 2026…

 

 

CONCERT DE SORTIE DU DISQUE DEBUSSY / BEETHOVEN

vendredi 28 novembre 2025 à 20h30
Salle Gaveau

Robert Schumann : Fantaisie opus 17
Claude Debussy : Les Épigraphes antiques
Ludwig van Beethoven : Sonate opus 111

Interprètes
Guilhem Fabre, piano
Jérome Pouly, récitant
Le comédien Jérôme Pouly assurera des intermèdes poétiques
(textes de Coline Oddon, Pierre Louÿs).

Concert précédé de la projection en exclusivité
du documentaire de 25′ de la tournée Unopia 2025.

 

RADICALITÉ EXPÉRIMENTALE… « Mettre en regard Debussy et  Beethoven, c’est souligner ce qui les unit : une volonté farouche d’élargir les possibles de la musique et, par là, ceux du piano. Tous deux utilisent l’instrument comme un laboratoire sonore, au service d’une liberté créatrice radicale », précise le pianiste.

 

 

 

 

Photo © Thomas Morel-Fort

 

 

GUILHEM FABRE, la BIO EXPRESS…  
Passionné par le théâtre, Guilhem Fabre est pianiste et comédien. Formé au CNSM de Paris où il obtient en 2015 un Premier Prix à l’unanimité, puis à Moscou, le pianiste Guilhem Fabre est lauréat 2016 de la fondation Banque Populaire et remporte en 2017 le prix Pro Musicis. Il a suivi l’enseignement en particulier de Roger Muraro, Hortense Cartier-Bresson, Jacqueline Bourgès-Maunoury, Jean-Claude Pennetier ou encore Tatiana Zelikman.
Depuis 2017, il multiplie les expériences, créant des liens entre les disciplines artistiques, avec comme objectif de faire entendre la musique dite classique à un public plus étendu. Il est l’initiateur du projet uNopia qui organise à partir du printemps 2019 des tournées de concerts dans un camion-scène. uNopia s’est fixé pour mission de faire découvrir et aimer la musique dite « classique » à des publics éloignés voire écartés des grandes salles de concerts, dans des forêts, places de village ou banlieues.
Avec 160 concerts depuis 2019, uNopia voit grandir une communauté autour de son action positive et exemplaire. L’aventure permet aujourd’hui d’organiser une trentaine de concerts par an dans toute la France ou à l’étranger.

Il paraît en 2019 au cinéma dans le film Curiosa réalisé par Lou Jeunet, dans le rôle de Claude Debussy. Il signe aussi des enregistrements des œuvres de ce dernier pour la bande originale. Depuis l’été 2021, il joue dans Madame Pylinska ou le secret de Chopin aux côtés d’Éric-Emmanuel Schmitt. En janvier 2022, il intègre la troupe du Jeu des Ombres de Valère Novarina, mis en scène par Jean Bellorini. Il collabore également avec le metteur en scène Lev Dodine.
Récemment il a joué dans des créations au Festival d’Avignon de l’écrivain et metteur en scène Olivier Pyentre 2016 et 2020 (Les Parisiens, Pur Présent).  Il sera du 29 mai au 5 juin 2026 au Théâtre du Châtelet aux côtés d’Olivier Py et de Bertrand de Roffignac  dans un spectacle sur Nijinski.
Il sera également à Avignon cet été dans un projet avec le danseur étoile de l’Opéra de Paris Matthieu Ganio.

VISITEZ le site officiel du pianiste GUILHEM FABRE :
https://guilhemfabre.com/

 

 

Photo DR

 

Photo © Thomas Morel-Fort

 

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CRITIQUE CD événement. OBSESSIONS. PAULINE KLAUS, violon : J.S. BACH, ERNST [SCHUBERT], YSAYE, BARTO ARROYO… 1 CD Paraty records

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   Outre les multiples défis artistiques, surtout interprétatifs et techniques qu’il engage –  » Obsessions  » est un album très personnel qui immerge dans la quête musicale de la violoniste Pauline Klaus. C’est un itinéraire pour violon seul où chaque pièce éclaire l’autre…

 

 

La Fantaisie & Fugue en sol mineur BWV 542 de Bach (dans la transcription de l’illustre et modèle, Tedi Papavrami) pose le double ancrage — souffle libre / architecture — autour duquel gravitent les trois auteurs en regard : Sonates op. 27 d’Ysaÿe (n°2 « Obsession », n°3 « Ballade »), Enescu (Ménétrier, op. 28), sans omettre les deux pages de Juan Arroyo (« Dormiveglia », « Paralelo »), enfin le Grand Caprice d’Ernst d’après Schubert. Capté au Temple Saint-Marcel (Paris) en avril et septembre 2024, le programme affirme une idée simple et forte : faire du violon, un orgue miniature, un théâtre contrapuntique où l’obsession d’ordre autant artistique que spirituel, devient moteur de formes et de mémoire.

Dans la pièce majeure de JS BACH (BWV 542), inspirante entre toutes (et dans sa conception elle aussi double), l’« obsession » n’est pas une posture, mais une structure : la Fantaisie danse dans son jaillissement improvisé quand la Fugue organise et structure la perception du temps ; Ysaÿe en prolonge le principe sa Sonate « Obsession » n° 2 cite justement le Dies irae, rituelle scansion du retour) ; Ernst en pousse l’idée jusqu’au récit hallucinatoire du Roi des Aulnes — polyphonie projetée à l’archet, course dramatique rendue tangible par les « sauts » verticaux et qui selon nous, va plus loin dans l’imaginaire expressif musical que Liszt dans sa transcription du lied pour piano.
Enfin chez Arroyo, l’obsession se fait état transitoire (Dormiveglia, la demi-veille traversée de signaux urbains) ou réminiscence (Paralelo, où affleurent les ombres de la Chaconne) : autant de miroirs où se lisent persistance du motif, mémoire du geste, porosité des styles, échos et réitérations successives… L’album propose un cycle : de la matrice organistique de Bach aux perceptions, réactions, tensions, développements et hantises contemporains, dans une même continuité gestuelle.

L’approche et la conception qui est sous tendue dans l’élaboration et le choix des pièces révèle la très clarté structurelle, et donc, l’irrésistible cohérence de l’ensemble : Pauline Klaus éclaire les plans polyphoniques sans durcir le grain, respire la phrase avec naturel, règle les tensions par un archet souverain — BWV 542 y gagne une lisibilité rare, un feu personnel qui en rétablit la vitalité organique et aussi l’éloquence de plus en plus éruptive, jusqu’aux cimes finales ; Ysaÿe (nos 2, 3, 6) une éloquence nerveuse qui ne confond jamais intensité et lourdeur. Dans Enescu, le récit retrouve sa souplesse narrative ; chez Arroyo, le violon installe une tension hypnotique — entre veille / rêve — où l’oreille croit parfois entendre l’orgue sous la corde. Le Grand Caprice d’Ernst devient petite scène dramatique, menée avec panache et beaucoup de finesse. La prise de son (Marie-Ange Carrez) respecte la chair du timbre comme l’étagement dynamique : un écrin net, proche, qui sert l’idée d’« orchestration au violon ».

« Obsessions » déploie toute l’intensité exigeante d’une artiste réfléchie ; la justesse du propos est d’autant plus admirable qu’inspirée par les défis redoutables, la violoniste libère tensions et jeu technicien dans un jaillissement cathartique qui touche par son flux naturel. Voici un album cohérent, personnel, abouti : l’intelligence des choix fusionne avec l’éloquente sincérité de l’incarnation. Magistral.

 

 

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CRITIQUE CD événement. OBSESSIONS. PAULINE KLAUS,violon : JS BACH, ERNST [SCHUBERT], YSAYE, BARTO ARROYO,… 1 CD Paraty records – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2025 – PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur PARATY records : https://paraty.fr/portfolio/obesssions/

 

et aussi sur le site de la violoniste PAULINE KLAUS : https://www.paulineklaus.com/actu-album-solo-obsessions

 

 

REPORTAGE vidéo

Entretien entre Tedi Papavrami et Pauline Klaus à propos de la Fantaisie et fugue en sol mineur de JS BACH…

 

 

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annonce

LIRE aussi notre annonce du cd OBSESSIONS, Pauline Klaus, violon : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-pauline-klaus-violon-obsessions-js-bach-ernst-schubert-ysaye-barto-arroyo-1-cd-paraty-records/

CD événement, annonce. PAULINE KLAUS, violon. « OBSESSIONS » / JS BACH, ERNST [SCHUBERT], YSAYE, BARTO ARROYO,… 1 CD Paraty records – L’album est l’aboutissement d’un long cheminement qui réalise une performance singulière. La violoniste Pauline Klaus s’empare d’une partition parmi les plus redoutables du répertoire récent pour violon seul : la transcription réalisée par le violoniste Tedi Papavrami de la Fantaisie et fugue en sol mineur de JS BACH [originellement pour orgue].

 

 

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CRITIQUE CD événement. TENEBRIS : Leçons de Ténèbres du 3è jour d’Alexandre de VILLENEUVE (1677 – 1756). Dagmar Saskova, Ensemble Vedado, Ronald Martin Alonso (direction) – 1 CD Paraty records 


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C’est l’acte révélateur qui éclaire la sensibilité hiératique d’un compositeur baroque français du premier XVIIIè… L’enregistrement met en lumière les Leçons de Ténèbres d’Alexandre de Villeneuve (Paris, 1719), pages emblématiques la piété parisienne. L’Ensemble Vedado, placé sous la direction du violiste Ronald Martin Alonso, y propose les trois Leçons du Troisième Jour, où l’alternance des versets et des lettres hébraïques inspire un théâtre sacré d’une intimité fervente.

 

 

 

 

La mezzo-soprano Dagmar Šašková y trouve un cadre idéal pour une déclamation souple, claire, habitée, tandis que le continuo, mesuré et oxygéné, éclaire la rhétorique du texte comme la logique et la profondeur des affects.

 

Parallèle avec François Couperin

Face au modèle de François Couperin (Abbaye de Longchamp, 1714), les Leçons de Villeneuve (Paris, 1719) n’ont rien à envier à leur prédécesseur : elles en partagent l’esprit de gravité lumineuse et l’art de la ligne, mais s’illustrent par une écriture plus resserrée, une intégration très fluide des lettres hébraïques et une hardiesse harmonique qui aiguise l’émotion sans l’épaissir. Là où Couperin installe la contemplation par de longues arches, Villeneuve choisit la densité et la concision : récitatifs nerveux, respirations précisément pesées, couleurs subtilement modulées. Le présent disque en révèle la logique formelle et la tension expressive avec une clarté réjouissante.

Une telle réussite revient d’abord au violiste Ronald Martin Alonso (directeur musical de l’ensemble Vedado) : la viole porte la ligne de basse avec éloquence, règle la respiration de la phrase ; elle organise des plans sonores lisibles, d’une précision continûment légère. Subtile et habitée, Dagmar Šašková séduit par la souplesse du chant, une diction impeccable, un vibrato maîtrisé qui laissent affleurer la chaleur de l’intention, la justesse de la compréhension spirituelle : rien n’est décoratif, tout demeure dévot, dans l’esprit des Ténèbres (progression vers l’obscurité, valeur du silence, prière murmurée, d’autant plus incarnée). L’ensemble instaure un univers intimiste, rassurant, viscéralement humain, où la pudeur n’exclut ni la douleur du texte ni l’espérance qui le traverse — une lecture probe, sincère de bout en bout, profondément musicale.

 

 

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CRITIQUE CD événement. TENEBRIS : Leçons de Ténèbres du 3è jour d’Alexandre de VILLENEUVE (1677 – 1756). Dagmar Saskova, Ensemble Vedado, Ronald Martin Alonso (direction) – 1 CD Paraty records. CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2025 – Plus d’infos sur le site de l’éditeur Paraty records : http://paraty.fr/portfolio/tenebris/

 

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CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 29 octobre 2025. VERDI : Otello. M. Sheshaberidze, A. Gonzalez, D. Miroslaw… Ted Huffman / Speranza Scappucci

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La nouvelle de la nomination du new-yorkais Ted Huffman à la direction générale du Festival d’Aix-en-Provence, tombée juste avant les premières représentations, plaçait cette nouvelle production d’Otello de Giuseppe Verdi à l’Opéra national du Rhin sous les projecteurs. Malheureusement, l’œuvre présentée à Strasbourg peine à justifier cet enthousiasme institutionnel.

 

Ted Huffman, qui signe également les décors, opte pour un minimalisme radical. La scène est un huis clos abstrait, constitué de trois murs blancs et percée de quelques portes. Si l’intention était de se calquer sur le théâtre élisabéthain pour se concentrer sur la psychologie des personnages, le résultat est un espace vide qui semble étouffer la théâtralité plutôt que la servir. Alors que l’américain est connu pour ses directions d’acteurs soignées, il y a cette fois un manque cruel de direction d’acteurs poussée : les personnages titulaires, Otello et Iago, sur lesquels repose pourtant tout le drame, semblent souvent perdus et statiques sur scène. Leur relation complexe n’est pas suffisamment décortiquée, et la jalousie qui ronge le Maure vénitien ne se traduit pas de manière convaincante dans le jeu. Mais l’un des plus grands ratés de cette mise en scène est l’évacuation de la question raciale. Le ténor afro-américain initialement prévu pour le rôle-titre, Issachah Savage, a dû être remplacé par le géorgien Mikheil Sheshaberidze. Sans recours au maquillage et sans la présence d’un chanteur noir, tout l’angle psychologique lié au racisme subi par Otello, que le metteur en scène souhaitait pourtant aborder, a purement et simplement ici disparu…

Las, le ténor géorgien, bien qu’impressionnant par sa puissance vocale et la maîtrise de l’ambitus, manque cruellement de finesse interprétative. Son chant apparaît comme fluctuant et son jeu de scène s’avère plutôt maladroit, ne parvenant pas à retracer la déchéance psychologique du personnage, et peine donc à émouvoir le spectateur. Le baryton polonais Daniel Miroslaw incarne un Iago d’une froideur glaçante, ce qui peut être un choix intéressant. Si sa voix est sombre et brillante à la fois, son émission est parfois désagréablement engorgée, manquant de la clarté et de l’insinuation nécessaires pour le personnage parmi les plus machiavéliques à l’opéra.

Sans conteste, la révélation de cette production est la soprano franco-guatémaltèque Adriana González. Le public ne s’y est pas trompé, lui réservant un triomphe lors des saluts. Elle dévoile une infinie palette de couleurs et d’émotions, et possède un timbre à la fois charnu et profond. Son engagement théâtral et sa capacité à nuancer son chant, notamment dans des pianissimi de toute beauté, font de sa Desdemona une interprétation  exceptionnelle qui domine littéralement le plateau. Autre belle surprise, le Cassio du ténor espagnol Joel Prieto qui s’est imposé par son élégance naturelle et sa vocalité raffinée. Sa voix, d’un timbre clair et bien placé, a porté avec aisance les lignes lyriques qui lui sont confiées, notamment dans le douloureux duo du second acte où il déplore sa disgrâce.

 

 

Dans le rôle crucial d’Emilia, confié à la jeune Brigitta Listra de l’Opéra Studio, c’est une autre belle découverte qui s’est opérée. Vocalement, elle a déployé une voix chaude et bien projetée, et son intervention dans la scène finale pour dénoncer le crime de son mari Iago a été lancée avec une force morale et une indignation qui ont emporté l’adhésion du public. Le Roderigo de Massimo Frigato, également membre de l’Opéra Studio, a su éviter l’écueil de la caricature, et a fait preuve d’une agilité et d’une clarté appréciables, son timbre se mariant bien avec celui de Joel Prieto dans leurs brèves interactions. De son côté, l’ambassadeur de la Sérénissime, Lodovico, porté par la basse Jasurbek Khaydarov, a apporté le poids et la gravité requis. Sa voix, d’un bronze solide et bien timbré, a donné toute sa solennité au message du Doge et a magnifiquement résonné dans l’ensemble du finale du troisième acte, ajoutant une couche de tragédie institutionnelle au drame privé. Il convient également de saluer les courtes mais efficaces interventions de Thomas Chenhall (Montano) et de Young-Min Suk (Le Héraut), tous deux issus de l’Opéra Studio, qui ont prouvé la qualité de la relève lyrique. 

En fosse, la cheffe italienne Speranza Scappucci dirige l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg avec une fougue et ardeur remarquables. Sa direction est à la fois rigoureuse et dotée d’un rare sens de la narration, maintenant un flux dramatique implacable. Elle obtient de l’orchestre des envolées grandioses et des pianissimi éthérés qui sondent le cœur des personnages. Les chœurs réunis des Opéras nationaux du Rhin et de Lorraine produisent quant à eux un son d’une grande homogénéité, aussi juste que resplendissant, formant une belle masse sonore et une précision scénique notable .

En définitive, cette production d’Otello à Strasbourg est l’image d’un spectacle à deux vitesses – mais par bonheur portée par une Desdemona inoubliable et une cheffe en parfaite symbiose avec la partition de Verdi.

 

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CRITIQUE, opéra. STRASBOURG, Opéra national du Rhin, le 29 octobre 2025. VERDI : Otello. M. Sheshaberidze, A. Gonzalez, D. Miroslaw… Ted Huffman / Speranza Scappucci. Crédit photo (c) Klara Beck

 

 

 

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AUDITORIUM ORCHESTRE NATIONAL DE LYON, saison 2025 – 2026. Nikolaj Szeps-Znaider, Daniil Trifonov, Leif Ove Andsnes, Isabelle Faust, Bruce Liu…

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Plus de 160 concerts cette saison, musique de chambre, grands concerts symphoniques, récitals… mais aussi ateliers « sonores », conférences, afterworks, week-ends festifs, entre adultes ou en famille… tous les styles, les dispositifs, les répertoires (entre autres, ciné-concerts, jazz, musiques actuelles, concerts expresso,…) ; tous les profils de spectateurs dont le jeune public pour lequel « l’espace découverte » s’adresse aux plus très jeunes enfants … Aucun doute, l’offre de l’Auditorium Orchestre national de Lyon (AONL) semble plus foisonnante et accessible que jamais, telle une ruche artistique à destination de tous les publics.

 

 

A l’affiche de cette nouvelle saison 2025 – 2026, une déclaration simple, lisible, généreuse : faire de l’Auditorium – où l’Orchestre national de Lyon a sa résidence, – « un remarquable instrument d’émotions et de partage » pour vivre la musique avec tous. Et toujours à Lyon, jamais la diversité et l’ouverture n’ont sacrifié l’excellence artistique.

L’institution actuelle a tous les arguments (et les équipements) pour réussir, convaincre, éblouir : il associe aujourd’hui l’Auditorium, vaste salle de plus de 2000 places (avec son grand orgue de concert Cavaillé-Coll de 1878) qui a fêté ses 50 ans, et un orchestre justement célébré, plus que centenaire, de 104 musiciens permanents.

La programmation 2025 – 2026, conçue par le directeur musical, le violoniste danois Nikolaj Szeps-Znaider, en fonction depuis 2020, favorise l’accessibilité et la pleine ouverture du lieu-même où se déroulent concerts et événements : un site inscrit dans la ville, nouvel acteur dans la cité,  proche entre autres du quartier d’affaires de la Part-Dieu. Il offre une pause et une respiration bienvenue dans le tissu urbain si dense de la capitale des Gaules.

Artistiquement l’équilibre est préservé, associant souvent grandes partitions du répertoire symphonique et concertant, avec parmi les solistes invités, les interprètes les plus convaincants de l’heure : les pianistes Daniil Trifonov dans le Concerto n°2 de Brahms, Bruce Liu dans le Concerto n°3 de Prokofiev, Leif Ove Andsnes dans le Concerto n°3 de Beethoven…

Les amateurs et les curieux attentifs aux grands vertiges orchestraux seront comblés avec les symphonies de Zemlinsky, Bruckner, Mahler, … sans omettre les pièces maîtresses de Richard Strauss : Quatre derniers Lieder, ses poèmes symphoniques dont Till l’Espiègle, ou Ainsi parlait Zarathoustra… Artistes associés, Emmanuelle Haïm et son ensemble Le Concert d’Astrée dont 2 programmes s’annoncent éblouissants : Stabat mater de Pergolèse (les 24 et 25 nov 2025) puis le rare mais somptueux opéra de Leclair, Scylla et Glaucus (le 4 mai 2026)… Parmi les cycles thématiques et les festivals, ne manquez pas les  » Journées du piano  » (les 20, 21 et 22 nov 2025), la Biennale de l’orgue (du 6 au 11 janvier 2026), ou « Mozart forever » (y sont jouées entre autres, les 3 dernières Symphonies, aux côtés de l’opéra Don Giovanni.

Pour rentrer dans une telle constellation musicale, la nouvelle saison a tissé des thématiques fortes dont les concerts et programmes jalonnent tout le cycle musical, de sept 2025 au printemps 2026 :  » Amours  » (du 25 sept au 22 mai 2026), «  Polska  » (du 3 novembre 2025 au 10 mars 2026), ou donc le déjà cité festival  » Mozart forever  » (du 15 au 28 avril 2026)…

 

 

TOUTES LES INFOS directement sur le site de
l’Auditorium Orchestre national de Lyon
:
https://www.auditorium-lyon.com/fr

Auditorium-Orchestre national de Lyon
04 78 95 95 95
149 rue Garibaldi
69003 Lyon

 

 

 

 

 

Temps forts
de la nouvelle saison 2025 – 2026
Auditorium Orchestre National de Lyon
sélectionnés par la Rédaction de CLASSIQUENEWS

14 programmes  incontournables

 

 

BEETHOVEN / SIBELIUS
Concerto pour violon de Beethoven
Hymne à la Nature (Symphonie n°5 de Sibelius)
Thomas Dausgard, direction / Isabelle Faust, violon
Ven 7 et sam 8 nov 2025
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/hymne-nature

 

BERLIOZ / TANSMAN
Harold en Italie de Berlioz
Symphonie n°2 de Tansman
Jeu 13 et sam 15 nov 2025
Nikolaj Szeps-Znaider (direction) / Antoine Tamestit (alto)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/harold-italie

 

MOZART / RACHMANINOV
Concerto pour piano n°27 de Mozart
Symphonie n°2 de Rachmaninov
Nikolaj Szeps-Znaider (direction) / Rudolf Buchbinder (piano)
Jeu 20, sam 22 nov 2025
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/mozart-rachmaninov

 

BRUCH / ELGAR
Jeu 11 et ven 12 déc 2025
Max Bruch : Concerto pour violon n° 1, en sol mineur, op. 26
Edward Elgar : Symphonie n° 2, en mi bémol majeur, op. 63
Nikolaj Szeps-Znaider (direction) / Augustin Hadelich (violon)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/bruch-elgar

 

L’Amour et la mer
CHAUSSON / STRAVINSKY…
Jeu 18 et sam 20 déc 2025
Programme autour de la période impressionniste
simultanément à l’exposition au Musée des Beaux-Arts de Lyon
Nikolaj Szeps-Znaider (direction) / Siobhan Stagg (violon)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/amour-mer

 

 

 

2026

 

Le souffle de la forêt
Sam 10 janvier 2026
Osmosis, création de Grégoire Rolland, compositeur en résidence
Breathing Forests, création française de Gabriella Smith,
dans le cadre de la Biennale de l’orgue
Debussy, La Mer
Franck Ollu (direction) / Grégoire Rolland et James McVinnie (orgue)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/souffle-foret

 

MAHLER : SYMPHONIE n°7
Jeu 22 et sam 24 janvier 2026
Symphonie n° 7, en mi mineur, «Chant de la nuit» de Mahler
Nikolaj Szeps-Znaider (direction)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/mahler-symphonie-7

 

SCHÖNBERG / ZEMLINSKY
Arnold Schönberg : La Nuit transfigurée
Zemlinsky : Symphonie Lyriques opus 18
Jeu 29, ven 30 janvier 2026
Simone Young (direction) avec les solistes :
Maria Bengtsson, Bo Skovhus
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/nuits-lyriques

 

Danses polonaises
Marta Gardolínska (direction) / Thomas Zehetmair (violon)
Jeu 5 et sam 7 février 2026
Piotr Ilyitch Tchaïkovski : «Polonaise», extraite de Eugène Onéguine
Karol Szymanowski : Concerto pour violon n° 2, op. 61
Witold Lutosławski : Concerto pour orchestre
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/danses-polonaises

 

MAHLER / BRAHMS
Gustav Mahler : Adagio de la Symphonie n° 10, en fa dièse majeur
Johannes Brahms : Concerto pour piano et orchestre n° 2, en si bémol majeur, op. 83
Nikolaj Szeps-Znaider (direction) / Daniil Trifonov (piano)
Ven 27, sam 28 février 2026
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/mahler-brahms

 

ROMANTIQUE
STRAUSS / BRUCKNER
Richard Strauss : Quatre derniers lieder
Anton Bruckner : Symphonie n°4 « Romantique », 1878-1880
Bertrand de Billy (direction) / Maria Bengtsson (soprano)
Ven 3, sam 4 avril 2026
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/romantique

 

 

MOZART : 3 dernières symphonies
Symphonies n°39 en mi bémol majeur
n°40 en sol mineur, n°41 en ut majeur « Jupiter »
Nikolaj Szeps-Znaider (direction)
Mer 15, jeu 16 avril 2026
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/mozart-jupiter

 

 

DON GIOVANNI de MOZART
Jeudi 23 et sam 25 avril 2026
Après Così fan tutte en mai 2024, suite des opéras de Mozart qu’explore avec passion, Nikolaj Szeps-Znaider.
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/orchestre-national-lyon/don-giovanni

 

 

 

Danses symphoniques
RACHMANINOV / PROKOFIEV
Jeu 21 et sam 23 mai 2026
Sergueï Prokofiev : Concerto pour piano n°3 opus 26
Sergueï Rachmaninov : Danses Symphoniques opus 45
Anna Rakitina (direction) / Bruce Liu (piano)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/danses-symphoniques

 

Zarathoustra
STRAUSS / BEETHOVEN
Richard Strauss : Till Eulenspiegel, Ainsi parlait Zarathoustra
Beethoven : Concerto pour piano n°3 en ut mineur, opus 37
Nikolaj Szeps-Znaider (direction) / Leif Ove Andsnes (piano)
Jeudi 11 et samedi 13 juin 2026
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/zarathoustra

concert de clôture de la saison.

 

 

 

 

et aussi

 

Biennale de l’Orgue (du 6 au 11 janv 2026), autour du fabuleux grand orgue de concert Cavaillé-Coll 1878 de la salle de l’Auditorium) : https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/gratuit/presentation-orgue

 

Ciné-concert
Charlie Chaplin : Le Dictateur
Jeu 19, ven 20, sam 21 mars 2026
Timothy Brock, direction
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/cine-concert/dictateur

 

« MOZART FOREVER »
Du 15 au 28 avril 2026
Orgue, musique de chambre, symphonies
et aussi opéra (Don Giovanni, le jeu 23 et sam 25 avril)
https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/orchestre-national-lyon/don-giovanni

 

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CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 2 novembre 2025. WAGNER : Le Vaisseau fantôme. B. Terfel, A. Gregorian, A. Dohmen… Gianluca Marciano (direction musicale)

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Ce Dimanche 2 novembre, à Monaco, le Hollandais fut volant, certes, mais surtout mémorable. Ah, on n’est pas près d’oublier le duo d’Asmik Gregorian et Bryn Terfel dans ce Vaisseau fantôme !

 

La soprano lituanienne restera comme l’éblouissement de ce début de saison monégasque. Comment une voix aussi éclatante, puissante, étincelante, peut-elle sortir d’un corps aussi svelte ? Cette femme est une flamme – une flamme chantante. Si on ajoute à son éclat la perfection de sa musicalité, on tient là l’une des voix les plus belles de la scène internationale actuelle. On ne vous raconte pas l’ovation qu’elle reçut lors des saluts !

Quant à Bryn Terfel, ce colosse chantant, il est impressionnant de musique et d’expression. Dans les moments les plus intenses, il faut le voir les deux bras écartés, tête renversée, le regard vers le haut : on a l’impression qu’il s’adresse au ciel. Il s’exprime avec une gravité tendre, un mélange de force et de douleur. Il habite la scène de sa stature de géant et nous chavire le cœur. 

L’ouvrage de Richard Wagner était donné non dans la Salle Garnier mais au Grimaldi Forum. Dans l’immense Salle des Princes – qui se situe au-dessous du niveau de la mer – se sont déchaînées les tempêtes wagnériennes. Le spectacle était « mis en espace » : l’orchestre était dans la fosse, les chanteurs se déplaçaient en tenue de ville tels des êtres d’aujourd’hui, errant dans la légende. Cela fut bien plus prenant que tant de mises en scènes modernes abracadabrantesques ! Dans le fond de la scène étaient présentés des effets lumineux en 3D. On voyait une sorte de grand aquarium dans lequel l’eau s’agitait en tempête. Parfois apparaissait l’image d’une tête de mort. Elle était à la fois symbolique du drame à venir mais aussi du jour où avait lieu le spectacle – le jour des Morts, le 2 novembre.

Au côté des deux têtes d’affiche, les autres protagonistes furent également admirables : Albert Dohmen dans le rôle de Daland, voix wagnérienne aux accents de roc marin ; Daniel Behle et Trystan Llyr Griffiths, deux lumineux ténors, le premier dans le rôle d’Erik, le second dans celui du pilote. Quant aux chœurs — ah, quels splendides chœurs ! — ils se levaient d’un seul souffle, puissant comme le vent qui gonfle les voiles.  

Tout cela fut accompagné par le superbe Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. On soulignera la performance physique autant que musicale du chef italien Gianluca Marciano : d’une baguette qui n’était pas toujours très « wagnérienne », mais en tout cas fort efficace, il dirigea de manière ininterrompue pendant deux heures trente. Il fallait quand même le faire !

 

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CRITIQUE, opéra. MONACO, Grimaldi Forum, le 2 novembre 2025. WAGNER : Le Vaisseau fantôme. B. Terfel, A. Gregorian, A. Dohmen… Gianluca Marciano (direction musicale). Crédit photo (c) Marc Borelli

 

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CRITIQUE, CD événement. VIVALDI : Gloria e Imeneo, 1725. Nicolo Balducci, Logan Lopez Gonzalez… Orchestre de l’Opéra Royal, Stefan Plewniak (1 cd CVS Château de Versailles Spectacles)

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Le Comte de Gergy, Vincent Languet, ambassadeur de France à Venise, dès son arrivée dans la Città (1723), sollicite Vivaldi, le plus grand musicien local, pour illuminer les fêtes de son palais sur le Grand Canal. De fait, avant la Sérénade de toutes les démesures (L’Unione della Pace e di Marte de 1727, avec mise en scène et jouée sur le Grand Canal dans le prolongement des jardins du bâtiment), la sérénade préliminaire « Gloria e Imeneo » (« La gloire et l’Hymen ») de 1725, célèbre dans un effectif plus léger et sans mise en scène, le mariage de Louis XV et de Marie Leczinska.

 

Pour l’heure, lié à cet événement dynastique, versaillais, Gloria e Imeneo est une partition au sujet allégorique dont la musique réalise tout le dramatisme possible sur le thème de l’Hymen et des noces, d’autant que celles ci sont… royales. D’une composition rapide voire expédiée, l’ouvrage reste celle d’un maître ; il réutilise pas moins de 7 airs déjà composés pour d’autres partitions, sans vents obligés, concentrant l’intrigue plutôt laudative et mince, sur les 2 voix, soprano et alto.
L’atmosphère générale demeure d’une mesure apaisée et douce voire caressante : tout l’orchestre est en sourdine dans « Ognor colmi d’estrema dolcezza / toujours pleins d’extrême douceur… » de Gloria (plage 23), après l’air d’Imeneo « Se Ingrata nubelanguire… / Si un nuage ingrat languit… »(plage 21).
L’Orchestre de l’Opéra Royal, sous la direction du pétillant Stefan Plewniak déploie cette nervosité précise et bondissante qui affirme un tempérament de feu dès l’ouverture, en particulier dans la motricité du dernier Allegro. Les instrumentistes de l’Orchestre de l’Opéra Royal, plutôt très unis, savent colorer et nuancer dans un unisson exceptionnellement flexible chaque séquence (« Questo nodo e questostrale / Cette union et cette flèche… »).

Les deux solistes masculins ont l’agilité requise ; ronde et caressante, idéalement adaptée à l’esprit de l’oeuvre, dans le cas de Logan Lopez Gonzalez (Gloria) ; flûtée, fine, elle aussi nerveuse, d’une belle ardeur dramatique pour Nicolo Balducci (Imeneo) ; ce dernier ardent, dont le chant fiévreux, s’imposant particulièrement dès son premier air « Tenero fanciuletto / tendre petit garçon »… Grâce à ce jeu subtil qui caractérise et varie couleurs et accents, l’œuvre rien que circonstancielle trouve au delà des textes de pure convenance, la tension et la vitalité, et souvent la fougue délirante, propre au génie vivaldien.
La profondeur (onctueuse et noble) se réalise dans le grand air de Gloria (plus de 6 mn) : « Al seren d’amica calma / Dans le calme serein » (plage 17, réutilisation d’un air originellement destiné à l’opéra créé à Rome l’année précédente, Tigrane de 1724) ; célébration de l’amour fidèle et serein où le chant comme une berceuse enivré dialogue avec subtilité avec les cordes superbement souples. Vivaldi glisse deux brefs duos, l’un fugace (« Ardisce e tenta  / une fausse voix…»), le dernier plus développé comme l’exultation finale entre les deux coeurs unis.

L’éditeur enrichit opportunément le programme de cet enregistrement en offrant une belle ouverture à la Sérénade, le Concerto n°11 en sol majeur RV 150, souple et lumineux ; et en complément final, la Cantate « Che Giova il sospirar, povero cor / A quoi bon soupirer, pauvre coeur…» RV679 dont le sujet rééquilibre le sentiment d’unique joie et béatitude de la Sérénade. La cantate comprend le très beau largo « Nell’aspro tuo periglio / dans ton âpre péril », grand air de plus de 5mn, fier pendant à l’air de Gloria dans la Sérénade, « Al seren d’amica calma », dont la plénitude sereine synthétisait tout l’esprit de la partition de 1725. La cantate à travers le timbre ardent et élastique de Nicolo Balducci exprime tous les tourments d’une relation plus âpre et ombrageuse, précisément d’une âme compatissante qui éprouve, blessée, en écho les affres d’une passion dévorante (pour mieux infléchir Cupidon dans la dernière strophe, véritable prière à la paix et à l’amour).

 

 

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CRITIQUE, CD événement. VIVALDI : Gloria e Imeneo, 1725. Nicolo Balducci, Logan Lopez Gonzalez, Orchestre de l’Opéra Royal, Stefan Plewniak (1 CD Château de Versailles Spectacles) – enregistré à Versailles en juillet 2024 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 

Gloria e Imeneo, 1725

Le hasard de l’actualité discographique fait paraître simultanément à cette excellente lecture vivaldienne, un autre version de la même cantate, avec le chanteur vedette italien Carlo Vistoli avec Abchordis (Andrea Buccarella, direction – 1 cd Naïve) : https://www.classiquenews.com/critique-cd-vivaldi-gloria-e-imeneo-rv-687-teresa-iervolino-carlo-vistoli-abchordis-andrea-buccarella-direction-1-cd-naive/

Parmi la riche littérature musicale ancomiastique, les Serenate de Vivaldi (comme les prologues des opéras de Lully au siècle précédent), font figures de modèles. D’autant que le Vénitien grâce à sa sensibilité instrumentale singulière sait dépasser l’œuvre de convenance et produire une partition au souffle poétique indiscutable. Pour preuve cette résurrection opportune de la Serenata La Gloria e Imeneo RV 687, nouvelle pépite à classer au crédit de l’intégrale lyrique vivaldienne en cours, éditée par Naïve à partir du fonds de la Bibliothèque de Turin…

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VERSAILLES, Opéra Royal. Dim 9 nov 2025. Marc-Antoine CHARPENTIER : Les Arts Florissans / La Descente d’Orphée aux enfers. Les Arts Florissants, William Christie (direction)

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Production événement de la saison 2025 – 2026, Les Arts Florissants et leur directeur musical historique, William Christie jouent deux opéras de Marc-Antoine Charpentier : « La Descente d’Orphée aux enfers », ouvrage en 2 actes créé en 1686 pour la Duchesse de Guise, protectrice du compositeur – et celui qui a donné son nom à la mythique formation baroque : « Les Arts florissans« …

 

 

Le spectacle est d’autant plus intéressant que « Bill » s’entoure de ses fabuleux instrumentistes et aussi des jeunes chanteurs du Jardin des Voix, l’Académie lyrique qu’il a fondé (12ème édition en 2025). A la création, Charpentier tenait le rôle d’Ixion. (I) : aux côté de Daphné, les bergers célèbrent les noces du poète et chantre Orphée et la belle Eurydice. Hélas, celle-ci mordue par un serpent, meurt dans ses bras. Apollon invite Orphée à descendre aux Enfers pour y sauver son aimée. (II) : Orphée au comble de la douleur, chante pour apaiser la torture des damnés (Ixion, Tantale et Titye). Son chant émeut jusqu’à Proserpine, épouse du Dieu infernal Pluton : lequel infléchit sa loi et permet à Orphée de sauver Eurydice, s’il accompagne sa défunte épouse jusqu’à la surface mais sans jamais la regarder. Alors qu’Orphée est assailli par le doute et l’impuissance, les habitants des enfers pleurent le départ du chantre magicien…

Les spectateurs découvrent les tempéraments des chanteurs de l’édition 2025 du Jardin des Voix (12ème édition / l’académie internationale pour jeunes chanteurs des Arts Florissants).

William Christie a fait le choix d’un symbole, un symbole d’autant plus important qu’il renvoie à l’histoire de son parcours musical : partager avec le public le court opéra de Marc-Antoine Charpentier qui a donné son nom à l’ensemble… Les Arts Florissans. L’intrigue met en scène le conflit entre les beaux-arts (la Musique, l’Architecture, la Poésie et la Peinture), protégés par Louis XIV, roi artiste par excellence et désireux d’une paix durable. La discorde, furieuse, s’ingénie (mais vainement) à briser l’équilibre : la Paix, aidée des Arts, sort victorieuse.

 

Le spectacle créé sur le miroir d’eau dans les Jardins de William Christie (été 2025, DR)

 

Enregistré dès 1981 par William Christie et son ensemble, « Les Arts florissans » (dans leur orthographe du XVIIème siècle, donc sans « t ») sont une idylle en musique, un opéra de chambre, comportant 5 scènes et écrit en 1685 pour Marie de Lorraine, duchesse de Guise, cousine de Louis XIV. A la création, Marc-Antoine Charpentier tenait la partie du haute-contre (La Peinture) : il avait d’ailleurs rejoint Rome, pour y devenir… peintre, avant de se destiner à la musique.

L’ouvrage est présenté dans un format double avec La Descente d’Orphée aux enfers ; le spectacle associe les instrumentistes chevronnés des Arts Florissants et les 10 jeunes chanteurs ainsi sélectionnés, présentant pour la toute première fois le fruit de leur travail mené à Thiré, aux côtés de William Christie, Paul Agnew, des metteurs en scène Marie Lambert-Le Bihan et Stéphane Facco et du chorégraphe Martin Chaix. Ce spectacle événement tourne actuellement dans le monde entier.

 

 

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Opéra Royal de Versailles
Dimanche 9 novembre 2025, 15h
Réservez vos places, plus d’infos, directement sur le site de Château de Versailles Spectacles / Opéra Royal :
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/charpentier-les-arts-florissants/

Durée : 2h10 mn
Déroulement : Les Arts Florissants,
entracte
La Descente d’Orphée aux enfers

 

 

Représentation lyrique sur le Miroir d’eau, Jardins de William Christie (Vendée)

 

LIRE aussi notre critique complète du spectacle Les Arts Florissans, La Descente d’Orphée aux enfers de Marc-Antoine Charpentier par William Christie et les Arts Florissants, Thiré, Miroir d’eau, été 2025 : https://www.classiquenews.com/critique-festival-thire-14e-festival-dans-les-jardins-de-william-christie-le-24-aout-2025-m-a-charpentier-les-arts-florissnas-et-la-descente-dorphee-aux-enfers-laureats-de-la-12e/

 

 

Distribution

William Christie, direction musicale
Marie Lambert-Le Bihan et Stéphane Facco, mise en espace
Martin Chaix, chorégraphie

Avec les 10 lauréats de la 12e édition du Jardin des Voix :

Josipa Bilić, soprano
Camille Chopin, soprano
Sarah Fleiss, soprano
Tanaquil Ollivier, soprano
Sydney Frodsham, contralto / bas-dessus

Richard Pittsinger,
Bastien Rimondi, ténor / hautes-contre
Attila Varga-Tóth (*), taille
Olivier Bergeron,basse-taille
Kevin Arboleda Oquendo, basse

 

* Membre de l’Académie de l’Opéra Royal – promotion 2023/2025

Les Arts Florissants
William Christie, direction

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STREAMING OPERA. VERDI : Le Trouvère, ce soir dim 2 nov 2025, 19h. WEXFORD FESTIVAL OPERA (Irlande). Version parisienne de 1857. Ben Barnes (mise en scène) / Marcus Bosch (direction)

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Ce soir sur OperaVision : une histoire d’amour, de guerre et de vengeance entre deux frères qui s’ignorent, le Comte de Luna et le troubadour Manrique, tous deux amoureux de Léonore. Il ne s’agit pas d’Il trovatore, mais de sa version française Le Trouvère, l’adaptation de Verdi pour l’Opéra de Paris, complétée avec un ballet.

Verdi a lui-même dirigé la première représentation en janvier 1857. Version autographe et pourtant rare qui est à l’honneur cette année au Wexford Festival Opera, le festival irlandais dédié à la redécouverte des œuvres les plus rarement jouées du répertoire lyrique.

C’est une histoire d’amour, de guerre, de vengeance, un conte sombre et sanguin, noir et fantastique, entre deux frères qui s’ignorent, le comte de Luna et le troubadour Manrique, tous deux amoureux de Léonore, que le destin et les circonstances de la vie, ont opposés comme des ennemis… L’action est noire, à l’issue terrifiante. Élevé par la gitane Azucena, Manrique se joint à elle dans sa quête pour venger la mort de sa mère, tuée par le père de Luna – une vengeance qui plonge ses racines dans une erreur… Les vrais liens familiaux seront-ils révélés avant que le sang ne coule ?

Lorsque Verdi lit pour la première fois la pièce de García Gutiérrez intitulée El trovador (en espagnol) / Le Trouvère, ce sont les situations fortes et les personnages, en particulier la gitane Azucena, qui le séduisent immédiatement. Le compositeur voit dans l’intrigue (moins « bizarre » ou « alambiquée » qu’il n’y parait et que les critiques continuent de diffuser sans avoir l le livret) et les passions des protagonistes, un prétexte pour créer un vrai grand drame lyrique, dans la lignée de son opéra précédent Rigoletto.
La collaboration entre Verdi et son librettiste Cammarano fut fructueuse ; il est donc d’autant plus triste que ce dernier soit décédé en juillet 1852, alors que la composition en était encore à ses débuts.

 

 

 

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VERDI : Le Trouvère
A l’affiche du Wexford Festival opéra, oct 2025
Diffusé le 2 novembre 2025 à 19h CET
Disponible jusqu’au 2 mai 2026 à 12h CET
Enregistré le 17 octobre 2025
VISIONNER Le Trouvère sur OperaVision :
https://operavision.eu/fr/performance/le-trouvere

 

 

 

 

 

La Trouvère, version parisienne

Le succès de la création de l’œuvre en 1853 à Rome surpasse celui de Rigoletto. En 1856, l’Opéra de Paris demande à Verdi d’adapter Il trovatore en ajoutant un ballet prolongé à l’acte III. Après avoir apporté d’autres modifications musicales, Verdi dirigea lui-même la première représentation en janvier 1857. C’est cette version qui est à l’honneur cette année au Wexford Festival Opera, le festival irlandais dédié à la redécouverte des œuvres rarement jouées du répertoire lyrique.

 

 

 

distribution

MANRICO, Manrique : Eduardo Niave
Leonora, Léonore : Lydia Grindatto
Fernando, Fernand : Luca Gallo
Inès : Jade Phoenix
Le Comte de Luna : Giorgi Lomiseli
Azucena : Ksenia Nikolaieva
…
Wexford Festival Opera Orchestra & Choir
Mise en scène : Ben Barnes
Direction : Marcus Bosch

 

 

 

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CRITIQUE, concert. GENEVE, La Cité Bleue, les 28 et 29 octobre 2025. « Sufi’s Saraband ». Orchestre « The Modal experience », Keyvan Chemirani (direction)

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Les 28 et 29 octobre 2025, La Cité Bleue – nouveau joyau culturel genevois inauguré l’an passé -, a vibré aux rythmes envoûtants de « Sufi’s Saraband ». Sous la direction artistique de Keyvan Chemirani, cette création audacieuse a offert au public une expérience sensorielle unique, tissant des liens inédits entre les traditions musicales persanes et le patrimoine baroque occidental.

 

Dirigée par le chef d’orchestre, claveciniste et compositeur argentin de renom, Leonardo García Alarcón, La Cité Bleue s’est rapidement imposée comme un lieu phare de la vie artistique genevoise. Ce théâtre de 300 places, dont l’acoustique modulable a été spécialement pensée pour la musique, est devenu le laboratoire de projets audacieux où la création musicale est placée au cœur de la démarche artistique . Élu « Artiste de l’année » 2025 par l’International Classical Music Award, Leonardo García Alarcón y cultive un esprit de famille artistique et d’ouverture, faisant de ce lieu un espace de rayonnement pour les ensembles locaux et un pont entre les cultures.

« Sufi’s Saraband » se présente comme un voyage mystique où la musique, la poésie et la danse soufie s’entremêlent pour évoquer l’extase spirituelle et la quête de l’absolu. Le pari était osé : explorer les connexions profondes entre les traditions orientales et l’héritage baroque occidental. Pourtant, sur scène, la magie a opéré. Le spectacle a réuni des artistes d’exception, chacun maître dans son domaine : Keyvan Chemirani et son frère Bijan Chemirani aux percussions (Zarb, Lafta, Santour…), Aida Nosrat au chant, Thomas Dunford au Luth, Violaine Cochard au clavecin, Sokratis Sinopoulos à la lyre grecque, Rana Gorgani à la danse soufi et Bahman Panahi à la calligraphie persane.

Porté par l’ensemble The Modal Experience (réunissant tous les artistes pré-cités), le dialogue s’est noué entre la lyre de Sokratis Sinopoulos, les percussions des frères Chemirani, héritiers d’un savoir traditionnel persan, et la délicatesse de l’archiluth de Thomas Dunford et du clavecin de Violaine Cochard. La modalité persane et l’ornementation baroque se sont répondues avec une grâce et une finesse remarquables, créant un paysage sonore d’une richesse incroyable.

 

 

Au cœur de cette sarabande, la poésie a servi de guide. Les vers enflammés de Jalāl al-Dīn Rūmī, poète soufi du XIIIe siècle, ont rencontré les écrits engagés et sensuels de Forough Farrokhzad, figure majeure de la poésie iranienne contemporaine, clamés ou chantés par Aida Nosrat : deux sensibilités, deux époques réunies dans une même célébration du désir, de l’amour et de la transcendance.

Le spectacle a été également magnifié par l’art du Samâ et la danse des derviches tourneurs, interprétés avec une grâce hypnotique par la danseuse iranienne Rana Gorgani. Sa danse, véritable méditation en mouvement, et le chant profond d’Aida Nosrat ont transporté le public dans un état d’ivresse et d’extase, faisant de cette performance une expérience spirituelle autant qu’artistique.

Huitième artisan de choix pour cette soirée, le « musicalligraphe » Bahman Panahi, dont la contribution en live a ajouté une dimension visuelle et spirituelle profonde au spectacle. A la fois maître calligraphe, musicien et docteur en musique et musicologie à la Sorbonne, il a développé un concept unique qui unit ses deux passions : la « Musicalligraphie ». Alors que la danseuse Rana Gorgani exprimait la spiritualité soufie par le mouvement de son corps, Bahman Panahi le faisait à travers le geste calligraphique dans l’espace. Le tracé de ses lignes, projeté sur un écran géant, offrait une chorégraphie parallèle, une danse de l’encre qui épousait les rythmes des percussions et les mélodies du luth et du clavecin. Son art a contribué à porter le public vers cette ivresse et cette extase spirituelle qui étaient au cœur des ambitions du spectacle.

À l’issue des représentations, l’ovation du public était unanime. « Sufi’s Saraband » a tenu sa promesse : celle d’une célébration de la beauté mystique, une sarabande envoûtante où les âmes du public ont dansé à l’unisson avec celles des artistes. Cette production est la preuve éclatante que La Cité Bleue, sous l’impulsion visionnaire de Leonardo García Alarcón, est désormais un lieu indispensable où les frontières s’estompent pour donner naissance à un art véritablement universel et bouleversant !

 

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CRITIQUE, concert. GENEVE, La Cité Bleue, les 28 et 29 octobre 2025. « Sufi’s Saraband ». Orchestre « The Modal experience ». Crédit photo (c) Giulia Charbit
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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle aux Grains, le 30 octobre 2025. BRAHMS / VAUGHAN-WILLIAMS. Adam LALOUM (piano), Orchestre National du Capitole de Toulouse, Frank Beermann (direction)

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Ce nouveau concert par l’ONCT à la Halle aux Grains de Toulouse est né sous des auspices hostiles. Tarmo Peltokoski souffrant a annulé sa présence toulousaine pour ce concert, les deux suivants la semaine prochaine et la direction de Don Juan au Capitole. Puis ce fût le pianiste Anton Mejias qui a dû rejoindre sa famille pour un deuil. La chance a souri aux organisateurs lorsqu’Adam Laloum a répondu présent pour le Premier concerto de Johannes Brahms qu’il aime tant ; Frank Beermann de son côté ayant accepté de diriger le concert sans changer le programme taillé sur mesure pour Tarmo Peltokoski. 

 

Adam Laloum joue Brahms divinement. Ses enregistrements sont plébiscités. Sauf celui des concertos de Brahms en raison d’un chef pas à sa hauteur. Ce soir l’accord avec l’orchestre et le chef est idéal. Dès le début, Frank Beermann adopte un tempo mesuré, son orchestre gronde et rugit, la puissance plus impressionnante que la force. Ce tempo plutôt lent permet de vivre l’extraordinaire construction orchestrale de l’introduction du concerto. Adam Laloum écoute et déguste cette page orchestrale si splendide. L’entrée du pianiste est toute en élégance et délicatesse. Petit à petit le jeu de Laloum se fait plus puissant et l’équilibre trouvé est une véritable splendeur de poésie, d’écoute et de partage. Les nuances sont particulièrement délicates tant du côté du pianiste que du chef. Le premier mouvement est très contrasté et permet une écoute merveilleuse de toutes les richesses de la partition. C’est dans le deuxième mouvement qu’un miracle se produit. Le tempo retenu, les nuances pianissimo exquises, les couleurs splendides de l’orchestre, le piano irisé de Laloum, tout se répond en un dialogue de pure poésie. Le temps est comme suspendu, les nuances piano sont à la limite du silence. Le troisième mouvement va exulter et les couleurs vont se magnifier. Le piano de Laloum trouve de nouvelles nuances et des couleurs infinies, l’orchestre participe activement à cette fête d’un Brahms heureux et joueur. Frank Beermann est à l’écoute de son soliste dont il accueille toutes les propositions originales avec complicité. La beauté de cette interprétation scelle une entente musicale au sommet. Le public et l’orchestre applaudissent à tout rompre ce magnifique moment musical de pure grâce. Adam Laloum offre en bis un extrait de Schubert, autre compositeur dont il est le chantre. 

Pour la deuxième partie, la Symphonie Antartica de Ralph Vaughan-Williams va être une découverte pour une grande partie du public. L’effectif exigé est considérable avec deux harpes, de nombreuses percussions, une machine à vent et un chœur de femmes. Le Chœur de femme de Lettonie « Latvija » entoure une soliste soprano pour une partie vocale sans parole. Dès les premières notes une impression d’ouverture et de largeur du son se produit. C’est grand et fort. Frank Beermann habitué à diriger (et comment) les vastes partitions de Wagner et Richard Strauss est tout à son aise ici. Les effets orchestraux sont brillamment offerts au public. La machine à vent est très crédible, mais en fait il ne se passe pas grand-chose une fois que la surprise des effets est passée. Le chœur a une action de mystère très réussie. Les percussions sont terribles, l’orchestre est toute force et puissance. Le succès est retentissant car la virtuosité orchestrale est tout à fait remarquable et la direction splendide de Frank Beermann galvanise ses troupes. Toutefois, après la splendeur d’écriture et de construction de la partition de Brahms celle de Vaughan Williams a pâli un peu. Les aléas nombreux n’ont pas entravé le succès de ce concert devant une Halle aux Grains bien pleine. Le public toulousain est bien là, fidèle et attentif.

 

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CRITIQUE, concert. TOULOUSE, Halle aux Grains, le 30 octobre 2025. BRAHMS / VAUGHAN-WILLIAMS. Adam LALOUM (piano), Orchestre National du Capitole de Toulouse, Frank Beermann (direction). Crédit photo (c) Hubert Stoecklin

 

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ORCHESTRE NATIONAL DES PAYS DE LA LOIRE. DIVINE SYMPHONIE. Les 23, 25 et 26 nov 2025. MOZART (concerto piano n°21), FRANCK (Symphonie en ré mineur)… Julien Libeer (piano), Karel Deseure (direction)

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Majestueux, olympien, et d’une profondeur bouleversante, le Concerto pour piano n°21 de Mozart est devenu l’une des partitions les plus émouvantes du répertoire concertant. Complice des musiciens de l’ONPL, le jeune pianiste belge Julien Libeer relève les défis d’une partition… divine.

 

 

Le chef d’orchestre Karel Deseure emporte ensuite dans l’univers sensuel, raffiné, spirituel du génial César Franck, le plus français des musiciens belges, avec son emblématique Symphonie en ré mineur (1888), qui bouleverse elle aussi par sa texture transparente de plus en plus allégé, de la terre vers le ciel. Une partition magistrale, subtilement hantée par les sonorités de l’orgue : Franck étant le plus grand organiste de son temps. Le compositeur dédie sa partition à son élève Henri Duparc.

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Photo : le chef Karel Deseure DR

 

Mysticisme orchestral de Franck

L’œuvre marque les esprits et reste un jalon majeur de l’essor symphonique en France à la fin des années 1880, période où règne sans partage le wagnérisme… En 1888, Franck apporte sa pierre à l’édifice orchestral français, après celles de ses confrères Saint-Saëns (Symphonie n°3, 1886), d’Indy (Symphonie sur un chant montagnard, 1886). Motifs français, clarté structurelle, orchestration raffinée et transparente (berliozienne), surtout principe de la construction cyclique qui est l’emblème franciste par excellence, César Franck en 1888, propose un modèle authentiquement français, et assumé comme tel, vis à vis des auteurs germaniques et de Wagner… Sa Symphonie en ré est bien un chef d’oeuvre, élaboré comme une fresque ininterrompue, véritable massif organique dont le principe de transformation et de réitération des thèmes produit le dévoilement final… mystique orchestrale garantie. Dans ce programme, l’ONPL se confronte à l’une des pages les plus saisissantes du répertoire orchestral. La partition est créée en le 17 fév 1889 par l’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire sous la direction de Jules Garcin.

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DIVINE SYMPHONIE
3 soirées événements
Dimanche 23 novembre 2025
ANGERS, Centre de congrès, 17h
Mardi 25 novembre 2025
ANGERS, Centre de congrès, 20h
Mercredi 26 novembre 2025
NANTES, Cité des congrès, 20h
Angers – Nantes – Tarifs :  de 10 à 48€
Durée totale :  1h30 min
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national des Pays de la Loire : https://onpl.fr/agenda/divine-symphonie/

 

 

Programme

Sophie Lacaze | Soupirs d’étoiles – 8′
(commande de l’Orchestre Symphonique de la BBC et de l’ONPL – création française)

Wolfgang Amadeus Mozart | Concerto pour piano n°21 – 26′
Julien Libeer, piano

– entracte –

César Franck | Symphonie en ré – 37′

ONPL Orchestre National des Pays de la Loire
Karel Deseure, direction

 

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avant-concert
Présentation du concert par le chef Karel Deseure
* de 19h30 à 19h40 (concerts de 20h)
* de 16h30 à 16h40 (concert de 17h)

 

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OFFRE SPÉCIALE
PASS PIANO
A Angers, bénéficiez de deux places pour 60€* en 1re Catégorie pour les concerts des :
Mardi 25 novembre 2025 – Divine symphonie
 / Mozart – Concerto pour piano n°21
& Jeudi 12 février 2026 – Brahms
 / Grieg – Concerto pour piano
Achetez votre Pass piano dès maintenant :
https://abo.themisweb.fr/0669/home/669/fr/

*Les places sont en 1re catégorie – 60€ les deux places au lieu de 76€ – 
Offre valable uniquement sur les concerts à Angers dans la limite des places disponibles

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AUDITORIUM ORCHESTRE NATIONAL DE LYON. Harold en Italie, jeudi 13 et sam 15 nov 2025. BERLIOZ, TANSMAN… Antoine Tamestit (alto), Nikolaj Szeps-Znaider (direction)

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Antoine Tamestit et Nikolaj Szeps-Znaider célèbrent les liens musicaux qui unissent la Pologne et la France, dans ce programme dont l’Italie pittoresque et ensoleillée du jeune Harold, le héros de Lord Byron, est le protagoniste magnifique.

 

Mars 1846 : Berlioz arrive à Wrocław, capitale de la Silésie alors intégrée à la Prusse sous le nom de Breslau. Assistant notamment à la reprise d’un mouvement de sa symphonie avec alto principal, Harold en Italie, le compositeur Français salue la recette du concert, d’un montant inespéré qui démontre alors combien le public polonais aime la musique française. Il est vrai que Berlioz, inspiré par le héros Childe Harold de Lord Byron, signe l’une de ses partitions les plus puissantes et originales : sanguin, fier, Harold est en réalité un anti-héros romantique, âme mélancolique, solitaire, clairement désenchantée. Il est comme Faust : traversant l’histoire, interrogeant les civilisations mortes, voyageant dans une Europe terne et hypocrite qui porte à l’ennui, il rêve d’un idéal, certes nécessaire mais inatteignable. La quête d’Harold est celle d’un idéaliste toujours insatisfait, un rêveur qui cependant trouve l’apaisement dans la célébration de la Nature… ce que la partition de Berlioz exprime avec un génie lui aussi inatteignable. Un vrai défi pour l’orchestre et le soliste (ce soir l’altiste Antoine Tamestit) qui incarne les aspirations profondes de ce héros atypique.

Au siècle suivant, la France devient la terre d’adoption de Tansman, dont elle fait un de ses compositeurs fétiches avant de l’oublier. La Deuxième Symphonie (1926) est dédiée au chef d’orchestre Serge Koussevitzky, qui l’emporte rapidement aux États-Unis. Sa radiodiffusion y provoque un tel enthousiasme que le compositeur polonais est aussitôt invité pour des tournées outre-Atlantique. C’est là qu’il trouvera asile lorsque, naturalisé français, il devra fuir l’antisémitisme durant la guerre. De l’occupation allemande, l’Ouverture de Grażyna Bacewicz rappelle les heures noires dans l’attente de la victoire.

ALEXANDRE TANSMAN
Alexandre Tansman (1897 – 1986), compositeur polonais naturalisé français, est souvent associé à une écriture musicale particulièrement riche qui allie éclectisme stylistique et clarté formelle. Sa qualité la plus emblématique est sans doute son sens mélodique, sa grande vitalité rythmique inspiré des musiques populaires et folkloriques, notamment celles de son pays natal, la Pologne, ainsi que des influences méditerranéennes et orientales. Musique personnelle et moderne, et tout autant accessible et expressive… le style de Tansman est particulièrement séduisant (qui se souvient du modèle de Brahms, dont son professeur Wojciech Gawronski fut l’élève… D’autant que l’orchestration colorée et inventive, alliant néoclassicisme et éléments plus avant-gardistes… sonne comme une signature captivante.

 

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Jeudi 13 nov 2025, 20h
Samedi 15 nov 2025, 18h
Auditorium Orchestre National de Lyon
Grande Salle
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Auditorium Orchestre National de Lyon : https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/harold-italie

 

distribution
Orchestre National de Lyon
Nikolaj Szeps-Znaider, direction
Antoine Tamestit, alto

programme

Grażyna Bacewicz : Ouverture / 6 min
Alexandre Tansman : Symphonie n° 2, en la mineur / 27 min
Hector Berlioz : Harold en Italie / 43 min

 

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OPÉRA ROYAL DE VERSAILLES. GUIDO / VIVALDI, Malandain Ballet Biarritz : Les Quatre Saisons, les 19 et 20 nov 2025

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Cette création de Thierry Malandain scelle avec brio la collaboration éblouissante du chorégraphe avec l’Opéra Royal de Versailles, et confirme combien il est légitime de produire de grands ballets sous les ors versaillais. Le spectacle réunit au sein d’un même programme Les Quatre saisons de Vivaldi et Les Quatre saisons composées par Giovanni Antonio Guido. Marier ces deux partitions est un pari audacieux, car si elles partagent leur époque et une même célébration de la Nature, elles n’en demeurent pas moins profondément différentes mais aussi toutes deux, portées par un même élan organique, une même énergie panthétiste.

 

 

Créé en novembre 2023 au Festival de danse de Cannes, le nouveau ballet de Thierry Malandain,  » Les Saisons « , trouve un écho particulier, idéal, dans l’écrin de l’Opéra royal de Versailles ; le directeur des lieux Laurent Brunner est à l’initiative du spectacle ; il a transmis l’idée au chorégraphe biarrot en associant dès le départ les musiques combinées de Vivaldi et de son contemporain Guido, – tous deux inspirés par le thème des Saisons, servies en l’occurrence par le fleuron orchestral maison, l’Orchestre de l’Opéra royal de Versailles. Une phalange créée ad hoc d’autant plus impliquée sous la direction du frénétique violoniste Stefan Plewniak : l’archet incandescent emporte instrumentistes et danseurs sur un rythme trépidant qui sait exalter la force narrative des deux compositeurs baroques ainsi associés. Il était d’autant plus légitime de les faire dialoguer que Guido, prédécesseur de Vivaldi, a pu tout à fait inspirer son confrère plus connu… l’élan, la synchronicité, l’esthétisme et l’élégance du grand corps collectif tissent ici une chorégraphique polyphonique dont les 22 danseurs en état de grâce, expriment la vitalité superbement et emblématique ment baroque. Must absolu, de surcroit dans l’écrin de l’Opéra Royal de Versailles.

 

Élan panthéiste de Guido et Vivaldi
Cette production du chorégraphe biarrot est aussi passionnante à suivre quand on connaît son scrupule à respecter l’intégrité d’une partition et la musicalité revendiquée de son écriture. Avec Les Saisons, Thierry Malandain poursuit avec cohérence le sillon tracé par ses derniers ballets, et à Versailles, son travail sur les Saisons prolongent le travail depuis le ballet précédent dédié à Marie-Antoinette ; dans les Quatre Saisons, le chorégraphe inspiré explore les liens entre l’humanité, le vivant et la Nature.
Précisément, il s’agit de la 4ème commande passée par l’Opéra Royal à Thierry Malandain : après Cendrillon, La Belle et la Bête et Marie-Antoinette, les Saisons ont été conçues avec la participation de l’Orchestre de l’Opéra Royal : la promesse d’une fusion volcanique entre danse et musique.

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Les Quatre Saisons
Guido / Vivaldi / Thierry Malandain
Mercredi 19 novembre 2025, 20h
Jeudi 20 novembre 2025, 20h
Opéra Royal de Versailles
Réservez vos places directement sur le site de l’Opéra royal de Versailles :
https://www.operaroyal-versailles.fr/event/malandain-ballet-biarritz-les-saisons/
Durée : 1h sans entracte

 

 

 

Distribution
Thierry Malandain : chorégraphie
Antonio Vivaldi et Giovanni Antonio Guido : Musique
Jorge Gallardo : décors et costumes
François Menou : lumières
Véronique Murat et Charlotte Margnoux assistées d’Anaïs Abel Réalisation : costumes
Frédéric Vadé : réalisation décors
Annie Onchalo : réalisation accessoires
Richard Coudray, Giuseppe Chiavaro et Frederik Deberdt : maîtres de ballet
Orchestre de l’Opéra Royal
Stefan Plewniak, direction

Création au Festival de Danse de Cannes en 2023. Ballet pour 22 danseurs.

 

 

 

 

critique
LIRE notre CRITIQUE COMPLETE du spectacle Les Quatre Saisons de Vivaldi & Guido / Thierry Malandain (commande de l’Opéra Royal de Versailles, 15 déc 2023) : https://www.classiquenews.com/critique-danse-versailles-opera-royal-le-15-decembre-2023-thierry-malandain-les-saisons-musiques-vivaldi-guido-orchestre-de-lopera-royal-de-versailles-stefan-plewniak-directio/

 

 

 

Les Quatre Saisons de Thierry Malandain
Coproduction Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, Festival de Danse de Cannes – Côte d’Azur France, Teatro Victoria Eugenia – Ballet T – Ville de Donostia San Sebastián, Opéra de Saint-Étienne, Theater Bonn – Allemagne, Teatro la Fenice – Venise (Italie), CCN Malandain Ballet Biarritz.
Partenaires : Opéra de Reims, Espace Jéliote d’Oloron Sainte-Marie, Théâtre Olympia d’Arcachon.
Soutiens : Fonds de dotation Malandain pour la Danse, Suez, Association Amis du Malandain Ballet Biarritz, Carré des Mécènes du Malandain Ballet Biarritz.
CD et DVD disponible dans la collection Château de Versailles Spectacles.

 

 

TEASER VIDÉO

Un projet audacieux où musique et danse fusionnent au sein d’un même programme « Les Quatre Saisons » de Vivaldi et celles composées par Giovanni Antonio Guido, imbrication alternée des musiques de deux compositeurs que rapproche un même élan musical et chorégraphique :

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CAEN, CONSERVATOIRE & ORCHESTRE. Le 9 déc 2025 : recréation de « LA CABRERA » de Gabriel Dupont (1904). Marianne Croux, Fabien Hyon, Nicolas Simon (direction)

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Recréation opératique événement… Mardi 9 décembre, l’Orchestre de Caen propose la résurrection d’un chef d’œuvre lyrique, un opéra méconnu du début du XXè, perle romantique révélée en version concert. Avec, dans les rôles principaux, la soprano Marianne Croux et le ténor Fabien Hyon, …l’Orchestre dévoile une œuvre sensible et raffinée, injustement méconnue, La Cabrera (1904) du compositeur caennais Gabriel Dupont, compositeur précédemment mis en lumière lors de journées historiques présentées au Conservatoire de Caen en nov 2022. Déjà, un focus était dédié à la genèse de l’opéra La Cabrera, sommet lyrique français post romantique, véritable alternative française du vérisme puccinien.

 

Une relève hexagonale digne du plus grand compositeur ultramontain, d’autant plus emblématique que l’ouvrage dévoilé, est créé à Milan en 1904 après avoir remporté le concours Sonzogno.

Résurrection lyrique à Caen
LA CABRERA,
de GABRIEL DUPONT

 

GABRIEL DUPONT… Né à Caen en 1878 dans une famille de musiciens, Gabriel Dupont reçoit ses premières bases musicales auprès de son père, Achille Dupont, organiste de l’église Saint-Pierre et professeur au Conservatoire de Caen. En 1893, il part à Paris pour étudier auprès de Massenet et Widor au Conservatoire de Paris, où il affirme très vite ses talents de compositeur. Malgré plusieurs échecs au Prix de Rome, il se fait remarquer par des concours prestigieux : Jour d’été (1899) et surtout l’opéra La Cabrera, créé à Milan en 1904 après avoir remporté le concours Sonzogno.

Miné par la tuberculose, il compose pourtant avec intensité des œuvres marquantes : les cycles pour piano Les Heures dolentes et La Maison dans les dunes, le drame musical La Glu (1910) ou encore plusieurs pièces
orchestrales. Salué à sa mort prématurée, le 2 août 1914, à seulement 36 ans, «comme l’un des plus grands espoirs de la musique française» (Maurice Léna) Gabriel Dupont voit sa renommée posthume éclipsée par la Grande Guerre qui éclate alors et sonne le crépuscule du post-romantisme.

Gabriel Dupont laisse donc derrière lui une œuvre profondément personnelle et largement méconnue. Le Conservatoire & Orchestre de Caen, héritier du fonds Dupont, s’emploie depuis plusieurs années à réparer cet injuste oubli, grâce à un travail de collecte, de numérisation et de mise en ligne des archives Dupont, dans une volonté de faire connaître le compositeur et son œuvre, comme en témoignent les journées d’études organisées en 2022.

Le mardi 9 décembre s’annonce telle une soirée inédite marquante grâce à la redécouverte de l’œuvre et un programme tourné vers le partage et le souvenir.

 

 

agenda et déroulement

à 19h,
Rencontre avec les musicologues Etienne Jardin et Constance Himelfarb

à 20h,
Représentation de l’opéra La Cabrera
suivie d’un bord de scène en présence du directeur de l’établissement, Aurélien Daumas-Richardson et des artistes.

 

 

La Cabrera de Gabriel Dupont
un chef-d’œuvre retrouvé

En 1903, l’éditeur milanais Edoardo Sonzogno ouvre son concours d’opéra en un acte à l’Europe entière. Le jeune Gabriel Dupont, alors élève de Massenet au Conservatoire de Paris, y participe avec La Cabrera, sur un livret d’Henri Cain. Située au Pays basque après la guerre hispano-américaine, l’action met en scène l’amour impossible entre le marin Pedrito et Amalia, une chevrière séduite puis abandonnée par un notable, dont le destin tragique s’achève dans les bras de son bien-aimé. Sélectionnée parmi 237 partitions, l’œuvre remporte en mai 1904 le Grand Prix du concours Sonzogno à l’unanimité. Créée à Milan, elle connaît ensuite un beau parcours international (Varsovie, Francfort, Berlin, Vienne, Naples, Rome, Alexandrie…) avant d’être donnée en français à l’Opéra-Comique de Paris en 1905, où elle reçoit un accueil enthousiaste.

La Cabrera s’impose comme le premier grand triomphe de Dupont, salué pour sa science harmonique et la finesse de son orchestration. La pièce circulera sur les scènes européennes jusqu’à la Première Guerre mondiale. Pour faire revivre cet opéra basque qui fit briller Gabriel Dupont, l’Orchestre de Caen, dirigé par Nicolas Simon, réunit les solistes Marianne Croux (Amalia, soprano) et Fabien Hyon (Pedrito, ténor), rejoints par les élèves et chœurs du Conservatoire de Caen dans le cadre d’un projet pédagogique immersif.

Un défi de taille attend les musiciens : interpréter fidèlement les partitions originales de 1905, retrouvées dans les archives du compositeur, et donner vie à cette œuvre rare avec toute son intensité autant dramatique que lyrique. Une occasion unique de découvrir La Cabrera telle qu’elle résonnait à ses débuts, plus d’un siècle après sa création.
En redonnant vie à La Cabrera, le Conservatoire & Orchestre de Caen célèbre non seulement le génie oublié de Gabriel Dupont, mais aussi toute la richesse du patrimoine musical caennais. Labellisé Millénaire de Caen 2025, ce concert exceptionnel illustre l’engagement du Conservatoire & Orchestre de Caen à préserver, valoriser et partager l’héritage culturel local. Offrant au public l’opportunité de se réapproprier une œuvre rare qui appartient à l’histoire musicale de la ville.

 

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Conservatoire & Orchestre de CAEN
Auditorium Jean-Pierre Dautel
Mardi 9 décembre 2025, 20h
Recréation de LA CABRERA de Gabriel Dupont
Réservez vos places directement sur le site du Conservatoire & Orchestre de Caen : https://conservatoire-orchestre.caen.fr/evenement/la-cabrera

Informations pratiques
Programme de la soirée :
• 19h : rencontré animée par Constance Himelfarb
et Etienne Jardin
• 20h : représentation de l’opéra La Cabrera
(version de concert)
suivie par un bord de scène en présence des artistes et d’Aurélien Daumas-
Richardson, directeur du Conservatoire de Caen

 

 

TOUTES LES INFOS sur le site du Conservatoire & Orchestre de CAEN : https://conservatoire-orchestre.caen.fr/

PAGE dédiée à la recréation mondiale de LA CABRERA de Gabriel Dupont :
https://conservatoire-orchestre.caen.fr/evenement/la-cabrera

 

 

 

 

 

Avec le partenariat avec le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique
romantique française.
Billetterie :
conservatoire-orchestre.caen.fr
02 31 30 46 86
Tarifs : Normal : 22€ / Réduit : 13€
Jeunes (-28 ans) : 6€

 

 

 

récital Gabriel Dupont, 4 nov 2025

Pour découvrir en amont des œuvres de Gabriel Dupont, rendez-vous le 4 novembre lors du concert “Doux chemin” où le ténor Cyrille Dubois, accompagné
du pianiste Tristan Raës, interprétera des mélodies de Dupont.
INFOS & réservations : https://conservatoire-orchestre.caen.fr/evenement/doux-chemin

 

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CRITIQUE CD événement. OSKAR C. POSA (1873 – 1951) : Lieder, violin sonata, string quartet, premières mondiales (livre 2 cd – Voilà! records)

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Réhabilitation réussie pour Oskar C. Posa (1873-1951). Le compositeur juif autrichien, interdit par les nazis et aussi attaqué par les critiques contemporains (pour une bonne majorité plutôt jaloux), sort enfin de l’ombre, en véritable génie viennois, entre autres du lied. Une maestria enfin révélée, et une réestimation argumentée, légitime.

 

 

Par le disque, Oskar C. Posa (1873-1951) ressuscite véritablement grâce à la ténacité d’Olivier Lalane, directeur artistique du label Voilà!, nouveau label, inauguré avec l’enregistrement des œuvres de Posa, en première mondiale.  Le corpus exhumé est somptueux, révélateur d’une maîtrise rare que la prépondérance du piano, acteur plutôt qu’accompagnateur, réactive constamment, dans sa musique de chambre comme dans l’écriture de ses lieder, parmi les plus élaborés qui soient, dignes rivaux des plus connus, ceux de Wolf, Mahler, Strauss… eux-mêmes dignes continuateur de l’illustre et modèle pour tous, … Franz Schubert.

Dans les faits, Posa renouvelle l’art d’un Schubert auquel il insuffle une puissance émotionnelle, d’une exceptionnelle subtilité, pudique et tragique, parfois violente, pour le moins très contrastée ; chaque lied confirme sa pleine expressivité, dans une langue ciselée et affûtée dont l’intensité égale l’opéra, un genre que n’aborda pas Posa. Mais qu’il utilise sans limites et avec à propos dans la plupart de ses lieder.

Au départ de cette aventure musicale et musicologique de 4 années, qui se concrétise, aboutissement idéal, par le présent disque, …une affiche de concert de janvier 1905 au Musikverein, où Oskar C. Posa  figure aux côtés de deux compositeurs célèbres : Zemlinsky (Die Seejungfrau) et Schoenberg (Pelleas und Melisande) ; et entre les deux, cinq Lieder pour baryton et orchestre … d’Oskar Posa. C’est d’ailleurs avec les 2 compositeurs que le même Posa, fonda en 1904 la Vereinigung Schaffender Tonkünstler in Wien, société de musique à la pointe de la création musicale, qui assura entre autres la création des Rückertlieder et les Kindertotenlieder de Mahler.

Directeur musical de l’Opéra de Graz, enseignant au conservatoire de Vienne, jusqu’à l’Anschluss, Posa transmet, dirige les œuvres, compose. Même parfois décrié, il est donc au centre de la création musicale de son temps. C’est même un acteur incontournable et un auteur dont le tempérament reste indiscutable. Olivier Lalane a révélé son catalogue : 15 opus publiés entre 1899 et les années 1920, dont une majorité de lieder, certains orchestrés.

 

 

FAISEUR DE LIEDER

CD2
Sur les 80 lieder composés par Posa, en voici 24, minutieusement sélectionnés, et présentés dans l’ordre chronologique, classement utile pour dégager une évolution de l’écriture : l’écoute des pièces dévoile une intelligence musicale et dramatique, aussi passionnée que Brahms, aussi voluptueuse que Richard Strauss, avec une violence et des contrastes souvent exacerbés qui questionnent chaque texte. Inspiré par entre autres, Richard Dehmel, surtout Detlev von Liliencron, Posa affirme une inspiration brute, qui dévoile sans fard, une connaissance des sentiments humains, un goût spécifique pour affres et vertiges de l’amour déçu, amer, radical, sans omettre des épisodes d’un dramatisme noir, âpre … la souffrance est sa terre familière, tissu d’affects remarquablement éclairés par la musique. Ainsi, entre autres, perles significatives :

Des 4 pièces d’après Ricarda Huch (op.1 / 1897), l’enivrement du premier « Heimweh », ou le souterrain, tempétueux, halluciné, « Ende » (très schubertien dans sa coupe dramatique). Des 5 Lieder d’après Detlev von Liliencron, opus 3, le caressant et printanier (et naturaliste) « Tiefe Sehnsucht », puis « Goldammer » dont l’oiseau célébré (un bruant jaune) est complice d’une désillusion totale, d’un sentiment de perte irréversible  ; citons aussi d’après Richard Dehmel (1898) à l’impressionnant « Beschwichtigung » op.4 n°3, ample et profond Liebestod de chambre (l’un des plus longs lieder), produit d’un échec amoureux, aux accents proche d’une nature souveraine, la fin qui au piano semble se refermer dans les vagues d’un océan indomptable, ses « flots qui grondent »…

Le théâtre le plus noir et dans un chant plus parlé que chanté, au début, s’affirme dans « Die gelbe Blume Eifersucht » op.6, d’après D von Liliencron / Le jaune fleur (de la) jalousie, 1900 : où l’amoureux trahi surprend celle qu’il aime dans les bras d’un autre, dévoré désormais par une violence haineuse qui se réalise en cris et hululements, dans l’idée d’un crime au poignard… Cette ampleur du tragique et du désespoir aussi se prolonge dans la premier lied du cycle opus 8 de 1902 « Soldatenlieder d’après le même D von Liliencron : « Tod in Ähren », prière entre déploration et effroi célébrant la mort d’un soldat « dans les blés ».

L’amant chez Posa même s’il s’abandonne à l’aimée (« Schliesse mir dir Augen beide » / ferme mes deux yeux, d’après Theodor Storm, opus 11, 1908), ne peut dissimuler sa profonde blessure, un mal être, une souffrance tenace qui le ronge.

Enfin, intelligence de la sélection et dans cet ordre, le dernier lied offre un apaisement espéré, attendu ; l’évocation atmosphérique atteint sous une plume aussi inspirée, un sommet dans « Mondlicht » / Clair de lune (le lied le plus tardif de 1910, d’après Theodor Storm), évocation dont l’enivrement wagnérien, l’idéalisme assumé, et aussi les audaces harmoniques, expriment une séquence vibratile, entre expressionnisme et symbolisme, enfin apaisée, marquée par son ambiance fantastique, son extrême raffinement poétique, jusqu’au miroitement mouvant de la lune (évoqué perceptiblement au piano) qui exprime l’amour idéal.

D’une sensibilité délicate et tout autant capable de puissance expressive, la pianiste Juliette Journaux, éclaire les accents et nuances d’une écriture exceptionnelle pour le piano, d’une étonnante versatilité émotionnelle. Sur les traces du baryton Konrad von Zawilowski, (Hofopernsänger qui assura en 1905 la première des Soldatenlieder), le baryton Edwin Fardini prête son timbre large et fin au verbe impétueux, passionné de Posa qui n’aurait pas à rougir de son confrère et mieux connu, Hugo Wolf, autre génie du lied. Le flexibilité du timbre, le soin des accents et l’articulation rendent un grand service au théâtre passionnel de Posa.

 

 

 

MUSIQUE DE CHAMBRE
Sans le concours de la voix dont l’absence en atténue d’une certaine façon l’expressivité, la musique de chambre de Posa également dévoilée indique le même feu intérieur et dans l’écriture, une urgence impérieuse, idéalement caractérisée.

 

Le CD1 inaugure cette redécouverte majeure avec une pièce d’une date inconnue : « Albumblatt » pour piano seule, d’une extase mélancolique presque nonchalante et d’une grâce suspendue. Aussi intérieur et comme envoûté, l’Andante pour violoncelle de 1902, aux longues phrases éperdues qui passent du piano au violoncelle en un duo fusionnel plutôt grave et profond.

La Sonate pour violon et piano op.7 de 1901 dont la création fut ratée, mérite toutes les attentions. Son âpreté et même sa noirceur inquiète indiquent d’emblée dès le début de premier allegro (moderato, ma molto appassionato), une intensité émotionnelle, doublée d’une exaspération subtilement canalisée, désormais très emblématique de Posa. Comme les lieder, le flux instrumental se renouvelle constamment, multipliant les obstacles et les défis pour les interprètes. Le duo réunit pour Voilà! ne manque ni d’à propos ni de maîtrise : la violoniste Eva Zavaro et la pianiste Juliette Journaux expriment toutes les nuances et les caractères d’une partition très exigeante, qui repousse toujours chaque instrument dans ses ultimes retranchements. S’y révèlent une connaissance de Brahms et de César Franck dans un jeu d’objections et de contre objections alanguies et d’une ardeur envoûtée, entre violon et piano.
Le premier mouvement (allegro moderato) offre une arène redoutable ; elle engage les deux instrumentistes dans une lutte jusqu’auboutiste, dont les accents éprouvent autant les musiciens que les auditeurs… Dans ce rythme effréné, l’andante maestoso, pas vraiment apaisé, et d’une activité constante, passe trop fugitivement ; cédant la place à un nouvel épisode trépidant voire haletant (l’allegro molto final) dont le piano très exposé et moteur, mène la danse. Une chorégraphie semée d’éclairs angoissés, de syncopes nerveuses, éléments d’une transe hallucinée qui semble rembobiner le film dans une course en marche arrière.

En 1948, isolé, à l’écart du milieu musical, Posa âgé de 75 ans, compose un remarquable Quatuor à cordes (en fa opus 18) ; l’œuvre nostalgique et néo classique, au post romantisme qui paraîtrait suranné au regard du style et de l’écriture à cette époque… retrouvé à l’état de manuscrit (jamais joué), a été reconstitué pour l’enregistrement.
C’est la confession d’un compositeur oublié, jeté dans l’ombre d’autant plus déprécié qu’il avait mauvais caractère et restait peu affable. Son Quatuor ultime éclair marque la fin de sa carrière, dont son mouvement final (fuga cappriciosa) indique la permanence d’une quête inflexible et originale. Le premier mouvement le plus développé (allegro moderato) cultive des teintes sombres, d’une gravité dépressive mais si nobles, que ponctuent des séquences d’abandon tendre. L’intelligence des contrastes, la variété des atmosphères appellent au repli puis brutalement à une conscience décuplée, comme l’affirmation malgré tout, coûte que coûte, d’une vitalité jamais atteinte.Ce premier mouvement dans ses intervalles harmoniques, ses coupes parfois sèches, entre tendresse et acidité, s’avère le plus caractérisé, probablement le plus proche des sentiments de l’auteur au moment où il compose.
Quel contraste aussi avec l’insouciance affichée du 3è mouvement – sorte de scherzo apaisé, joyeux (de plus en plus oublieux, enivré), « Intermezzo giocoso », où Posa glisse même l’air de la valse fameuse de Johann Strauss II (originellement chantée : « Voix du printemps » / Frühlingsstimmen), citation aussi charmante que nostalgique, très habilement intégrée dans le flux sonore.
Le trait de génie est assurément l’architecture du Finale – qui regarde directement dans la matière détachée, profonde du dernier Beethoven ; la mise à distance, le recul qui s’opère dans l’écriture, exprime contre toute attente, une distanciation qui écarte toute la lourdeur (déclarative, ampoulée) d’une conclusion massive, préférant à juste titre, l’envol de la fugue notée « capricciosa », d’une insouciance recouvrée, lumineuse, allégée dont l’aspiration et le chant à nouveau nostalgique, offrent une conclusion particulièrement convaincante.

 

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CRITIQUE CD événement. Oskar C. Posa (1873-1951) : Livre – 2 CD Voilà! records – CD1 : Albumblatt pour piano, Sonate pour violon et piano op.7, Andante pour violoncelle et piano en ré mineur, Quatuor à cordes en fa op.18, Juliette Journaux, piano ; Eva Zavaro, violon ; Simon Dechambre, violoncelle ; Quatuor Métamorphoses.
CD2 : 24 lieder op.1 à op.12. Edwin Fardini, baryton ; Juliette Journaux, piano. Enregistrés à la Historischer Reistadel de Neumarkt (Allemagne) du 9 au 15 juin 2023 et dans l’hôtel de la Fondation Singer-Polignac à Paris les 3 et 4 novembre 2023. Notice de présentation de 259 pages en français et anglais, textes des poèmes en allemand, anglais et français. Durée totale : 2h:26

 

 

LIRE aussi notre présentation annonce du CD événement : OSKAR C. POSA (1873 – 1951) – Lieder, Sonate pour violon et piano, Quatuor à cordes… premier enregistrement mondial. Juliette Journaux, piano ; Edwin Fardini, baryton ; Eva Zavaro, violon ; Quatuor Métamorphoses ; Simon Dechambre, violoncelle (2 cd Voilà! records V001)

CD événement, annonce. OSKAR C. POSA (1873 – 1951) – Lieder, Sonate pour violon et piano, Quatuor à cordes… premier enregistrement mondial. Juliette Journaux, piano ; Edwin Fardini, baryton ; Eva Zavaro, violon ; Quatuor Métamorphoses ; Simon Dechambre, violoncelle (2 cd Voilà records V001)

A l’automne 2025, le nouveau label Voilà! records édite un cd exemplaire qui en plus d’être un témoignage artistique de première valeur, permet la résurrection d’un compositeur viennois majeur. Le post romantique jusque là inconnu, Oskar C. Posa (1873 – 1951) fonde en 1904 avec Schoenberg et Zemlinsky, l’Association des compositeurs viennois, et crée avec eux ses Soldatenlieder au Musikverein en 1905. POSA très estimé de son vivant, affirme un authentique génie dans ses lieder entre autres (80 pièces chantées en Europe et aux États-Unis), offrande puissante et originale entre Brahms et Wagner, dont la « sensualité harmonique et la densité pianistique » exercent un charme spécifique

 

 

 

 

entretien

LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Olivier Lalane, directeur du label Voilà! records, à propos de son premier album dédié à OSKAR C. POSA :

ENTRETIEN avec Olivier LALANE, directeur artistique du label Voilà! records… à propos du livre cd dédié à la redécouverte d’Oskar Posa (automne 2025)

La redécouverte d’Oskar Posa est née d’un hasard ; son nom figurait sur l’affiche d’un concert de 1905 au Musikverein, entre Schoenberg et Zemlinsky. De cette curiosité initiale, « qui est ce type au milieu des deux géants du postromantisme ? », est née une enquête de quatre ans, qui a peu à peu ressuscité un compositeur totalement oublié. Avec Juliette Journaux, nous avons lu et déchiffré l’intégralité des partitions accessibles, et retenu celles qui nous ont littéralement séduits : les plus marquantes par leur mélodie, leur harmonie, ou leur audace d’écriture. Certaines frappent par leur beauté immédiate, d’autres par leur modernité presque troublante, comme « Die gelbe Blume Eifersucht », un lied sur la jalousie où les ruminations d’un amant se terminent par un véritable coup de poignard…

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FESTIVAL INTERNATIONAL ALBERT ROUSSEL 2025. Les 16 et 30 nov, 6 et 13 déc 2025. Pierrette Mari, Pascal Rogé, Gérard Poulet, Diane Andersen…

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Depuis le 13 sept dernier, la 29e édition du Festival International Albert-Roussel propose une série de manifestations (concerts, conférences, expositions, surtout rencontres avec les artistes) dans les Hauts-de-France et en Belgique (jusqu’au 13 déc 2025). Plus que jamais, le Festival éclaire l’œuvre d’Albert Roussel, en jouant ses œuvres comme celles de ses contemporains… Les incontournables Ravel, Roussel, Debussy, Franck voisinent avec des compositeurs rarement programmés comme Geloso, Castéra, Labey, Pineau ou Sérieyx.

 

 

Légende du violon mondialement appréciée mais rarement programmée en France, Gérard Poulet offre un concert attendu le 6 déc prochain ; comme c’est le cas du pianiste Pascal Rogé, ardent défenseur du répertoire français (dim 16 nov) : Pascal Rogé forme avec la virtuose espagnole Elena Font un duo de choc auquel vient s’adjoindre le jeune baryton japonais Shoya Kono dans un programme célébrant l’exubérance des rythmes ibériques (L’Amour sorcier de Manuel de Falla, Rapsodie espagnole de Maurice Ravel) mais aussi l’essence de l’esprit français, subtil mélange d’élégance et de panache, qu’incarnent les mélodies d’Albert Roussel, les airs désopilants de Francis Poulenc. Le cadre enchanteur de l’orangerie du Château de Morbecque, puis un cocktail convivial en compagnie des artistes, après le concert, ajoutent à la magie de ce concert événement.

Parmi les artistes invités, mentionnons Diane Andersen, le ténor Damien Top (qui est aussi le directeur du Festival et un infatigable défenseur d’Albert Roussel), Vincent Martinet (lauréat des Etoiles du piano 2024), Katia Krivokochenko, Miren Adouani, Yun-Yang Lee, Jessica Dahmani, etc… Compositrice en résidence cette année, PIERRETTE MARI est mise à l’honneur lors du concert de clôture.

 

 

 

Festival international ALBERT ROUSSEL
XXIXe édition

compositrice en résidence : Pierrette Mari

 

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des programmes, les artistes invités,…
directement sur le site du Festival Albert Roussel 2025 : https://ciar.e-monsite.com/pages/festival/festival-2025-1/

 

 

 

Dimanche 16 novembre à 17h00
Orangerie du Château de Morbecque
Parfums d’Espagne, Echos de France
Pascal Rogé et Elena Font, piano
Shoya Kono, baryton
M. de Falla : L’Amour sorcier (extraits)
M. Ravel : Rapsodie espagnole à quatre mains
M. de Falla :  La vida breve  à quatre mains
A. Roussel : Quatre Poèmes op. 3 (Henri de Régnier)
F. Poulenc : Le Bestiaire – Banalités (Guillaume Apollinaire)
Entrée concert et cocktail : 20 euros
*****

 

dimanche 30 novembre à 17h00
Eglise Saint-Denis de Noordpeene
Hommage à Pierrette Mari
Katia Krivokochenko, piano
Jessica Dahmani, harpe
Damien Top, ténor
Albert Roussel : Heure champêtre
Marcel Tournier : La lettre du jardinier (Henry Bataille)
Maurice Ravel : Une barque sur l’océan
Pierrette Mari : Dans l’espage figé (Andrée Brunin)
Pierrette Mari : Deux Promenades pour harpe
Claude Debussy : Deux danses pour harpe et piano
Pierrette Mari  : Automne (Jean Moréas) – création
Pierrette Mari : Escalades sur un piano n°2, 5 et 6
En présence de Pierrette Mari
Entrée concert et cocktail : 20 euros
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Samedi 6 décembre à 17h00
Eglise Saint-Omer de Bavinchove
Grandes sonates françaises pour violon et piano
Récital Gérard Poulet, violon
1er Prix du CNSM de Paris à l’unanimité du jury à 12 ans
1er Grand Prix du concours PAGANINI
Yun-Yang Lee, piano
Albert Roussel : Sonate n°2 op. 28
Claude Debussy : Sonate
César Franck : Sonate
entrée concert et cocktail : 20 euros
*****

 

Samedi 13 décembre à 17h00
Auditorium Maene, Rue de l’Argonne, 1060 Bruxelles
Diane Andersen, piano
présentation-récital « Album pour enfants petits et grands »
Diane Andersen joue le Straight strung grand piano Maene
oeuvres d’Albert Roussel, René de Castéra, Isaac Albéniz, Blanche Selva, Marcel Labey, Auguste Sérieyx,…
entrée libre

 

 

Portrait d’Albert ROUSSEL, 1928 par MELA MUTER / DR

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OPÉRA DE DIJON, Auditorium, Jeudi 27 nov 2025. Le Livre des Reines, Camille Bordet, Mostafa Taleb…

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Dans le cadre des Festival Nuits d’Orients et d’ailleurs, la chanteuse lyrique Camille Bordet propose une soirée enivrante, enchanteresse ; le programme réunit le monde persan et occidental dévoilant plusieurs compositrices et poétesses que l’histoire a trop souvent délaissées. Le spectacle touche par ses accents onirique, entre tradition orale et répertoire écrit, textes ancestraux et créations, improvisations et geste musical documenté…

 

 

 

Camille Bordet, chanteuse lyrique persanophone, accompagnée par le joueur de kamancheh et compositeur Mostafa Taleb, sept musiciens éclairent et dévoilent l’œuvre de grandes figures féminines d’Europe et d’Iran. Guerrières, mystiques, magiciennes, poétesses ou compositrices, toutes sont actrices de premier plan, inspirées par l’amour  ; un amour universel qui transcende le temps, les cultures, les frontières.
Ce concert unique s’appuie sur un travail de réinterprétation des textes anciens, mis en musique au présent. Des chefs-d’œuvre du répertoire européen dialoguent avec des improvisations inspirées par la musique traditionnelle persane portées par des musiciens aux parcours éclectiques et transculturels. Voix, kamancheh, viole de gambe, luth, tar et percussions composent un festival de timbres et de couleurs, des métissages inspirants… il invite à un voyage onirique et spirituel, un dialogue entre les temps et les lieux, de l’Europe médiévale à l’Iran contemporain.

 

 

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Jeudi 27 novembre 2025, 20h
Opéra de Dijon, Auditorium
Le Livre des Reines
Festival Les Nuits d’Orients et d’ailleurs
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Dijon :
http://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-25-26/le-livre-des-reines/
Durée : 1h30 sans entracte

 

 

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CRITIQUE, CD événement. SCHREKER (ouverture des Stigmatisés), KORNGOLD (Sinfonietta), KRENEK (Potpourri) – ONPL Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction (1 cd BIS)

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Était-il pertinent de ressusciter la « Sinfonietta » de Korngold (1897-1957) ? Exubérance, fantasmagorie sonore, exacerbation des climats expressionnistes, des accents émotionnels, parfois outrageusement contrastés, … « beaucoup de bruit, moins de nuances, du bavardage et pas de profondeur » : les plus critiques seront à la fête (comme pour le cas de Richard Strauss dont entre autres, le jaillissement autobiographique d’une Vie de héros avait suscité les plus vives réserves des critiques). Pourtant, de la part d’un jeune compositeur de …15 ans, soit Erich Wolfgang Korngold, l’écriture et l’inspiration de sa Sinfonietta – pièce majeure de cet album, se croisent et tissent une très riche texture orchestrale. En réalité extravertis, universalistes, le délire poétique et la liberté du geste inspirent une partition forte et originale ; ils nourrissent ici un défi exaltant autant pour les interprètes que les auditeurs qui vivent alors le grand bain de l’expérience symphonique.  Ce nouvel album serait-il parmi les plus convaincants de l’Orchestre National des Pays de la Loire ? A n’en pas douter.

 

 

Le choix des 3 pièces somptueuses souligne l’intérêt légitime du chef Sascha Goetzel, actuel directeur musical de l’ONPL, et viennois de naissance, pour la musique autrichienne fin de siècle. L’Europe au bord du gouffre et bientôt terrassée par la guerre, n’a jamais été aussi florissante sur le plan artistique. En témoigne ainsi l’éclectisme débordant, hyper virtuose du « Potpourri », opus 54 de 1927, de Krenek, écho tardif de cette rutilance, propre à l’entre deux guerres. Même flamboyance explosive dans l’ouverture des « Stigmatisés », opéra de Franz Schreker (mort en 1934) qui dans sa version courte, revêt la somptuosité d’un poème symphonique (Photo : Sascha Goetzel DR)
Entre ces deux œuvres exubérantes, mais d’une indiscutable puissance poétique (surtout dans le cas de Schreker, véritable magicien des textures instrumentales comme des climats poétiques voire psychologiques), s’affirme le génie à part du jeune Erich Wolfgang Korngold (1897 – 1957), ici compositeur précoce prodigieux, seulement âgé de 15 ans … sa Sinfonietta de 1912 révèle une maîtrise de la forme, une exceptionnelle intelligence de l’orchestration, surtout une pensée musicale qui construit, organise les séquences dramatiques, varie pour exprimer, surprend pour émouvoir. La maîtrise de l’architecture et du sens s’incarne avec d’autant plus de force qu’ils sont servis par une parure orchestrale des plus raffinées, surexpressive, convoquant l’orchestre de Wagner, Richard Strauss et Mahler… Rien de moins (!).

Le propre du chef est sa détermination communicative. Sascha Goetzel souligne combien les 3 auteurs repoussent les limites expressives, osent envisager de nouveaux champs musicaux avec une liberté assumée. Aux côtés des peintres Klimt, Schiele, Zweig, les compositeurs viennois préparent l’avènement de la modernité, dans un post-romantisme transcendé, intelligemment dépassé, mêlant dans un savant appareillage : classicisme, symbolisme, expressionnisme… En ce sens la Sinfonietta ainsi révélée peut être considérée comme une symphonie méconnue de Richard Strauss. L’œuvre dans son bouillonnement aussi délirant que poétique, outre qu’elle exprime les ultimes ressorts expressifs du langage orchestral, témoigne aussi des tensions de l’époque européenne au carrefour des XIXè / XXè.

 

 

Engagé, détaillé, fervent,
l’ONPL Orchestre National des Pays de la Loire
dévoile le génie flamboyant du jeune Korngold

Déjà perceptible et superbement articulée dès le Schreker, la texture scintillante de l’orchestre élargit par ses respirations et la richesse ondulante de son expressivité, le spectre sonore, dans un vortex musical qui se déploie sans cadre… Ici l’infini épouse la virtuosité d’une écriture souverainement poétique qui, croisée avec l’exubérance juvénile de Wolfgang Korngold, le bien nommé, produit un véritable miracle symphonique. Avant de composer son opéra Die Tote Stadt / La ville morte de 1914, fruit d’un génie de 17 ans, Korngold stupéfie auparavant en concevant sa Sinfonietta qui a l’ampleur et la puissance poétique d’une symphonie à part entière : 11 mn pour le premier mouvement, presque 15 pour le 4è et dernier.

Détaillé et dramatique, Sascha Goetzel éclaire la souplesse et l’entrain irrépressible du premier mouvement : son raffinement voluptueux, son urgence continue ; une synthèse qui semble fusionner l’esprit de la valse, telle que conçue et développée par les Strauss (Johann I et II, Josef, mais aussi Richard). C’est un festival de timbres scintillants et intenses dont le célesta, le piano ou la harpe ne sont pas les derniers acteurs. Le Scherzo associe avec une subtilité jubilatoire la sauvagerie abrupte des rythmes et l’ampleur des respirations qui évoquent le souffle de la Symphonie Alpestre de Richard Strauss. La rêverie nocturne du Molto andante envoûte littéralement dès le chant suspendu, éthéré du cor anglais. La finesse de ce mouvement hors du temps confirme aux côtés du génie tapageur, l’hypersensibilité du compositeur poète.
Le finale, grandiose, reconfirme la filiation directe du jeune Korngold avec Richard Strauss mais le jeune dramaturge sait là encore concilier ce qui ailleurs semble inconciliable : l’esprit de conquête et un raffinement sonore éblouissant, qui semble constamment hésiter entre extase et volupté. Du très grand art, servi par des maîtres interprètes.
Ce nouveau programme, joué récemment à Paris (la Sinfonietta de Korngold, La Seine Musicale, le 16 oct 2025) confirme les indiscutables qualités de la phalange ligérienne : l’ONPL Orchestre National des Pays de la Loire n’a jamais semblé mieux sonner, révélant ses affinités viennoises avec toute la subtilité requise.

 

 

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CRITIQUE, CD événement. KORNGOLD, SCHREKER – ONPL Orchestre National des Pays de la Loire, Sascha Goetzel, direction (1 cd BIS)  –  enregistré en juillet 2024 à Angers. CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2025.

 

 

 

LIRE aussi notre annonce du cd SCHREKER, KORNGOLD, KRENEK par l’Orchestre National des Pays de la Loire / Sascha Goetzel : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-schreker-les-stigmatises-korngold-sinfonietta-krenek-orchestre-national-des-pays-de-la-loire-sascha-goetzel-1-cd-bis/

 

CD événement, annonce. SCHREKER (Les Stigmatisés), KORNGOLD (Sinfonietta), KRENEK – Orchestre national des Pays de la Loire, Sascha Goetzel – 1 cd BIS

 

 

 

entretien

ENTRETIEN avec Sascha GOETZEL, directeur musical de l’Orchestre National des Pays de la Loire. A propos de leur nouveau cd dédié à la musique viennoise dont la Sinfonietta de Korngold : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-sascha-goetzel-directeur-musical-de-lorchestre-national-des-pays-de-la-loire-a-propos-de-leur-nouveau-cd-dedie-a-la-musique-viennoise-dont-la-sinfonietta-de-korngold/<

ENTRETIEN avec Sascha GOETZEL, directeur musical de l’Orchestre National des Pays de la Loire. A propos de leur nouveau cd dédié à la musique viennoise dont la Sinfonietta de Korngold

A l’automne 2025, l’Orchestre National des Pays de la Loire (ONPL) vit un jalon important de sa collaboration avec son directeur musical, le très viennois Sascha Goetzel. Au concert comme au disque, les musiciens célèbrent la profondeur et l’élégance de la musique propre à Vienne à la fin du XIXè, en ressuscitant une œuvre méconnue du jeune Korngold : sa Sinfonietta, œuvre traversée par une grâce inattendue, d’autant plus admirable au sein d’un Empire en perdition… Sascha Goetzel, au moment où paraît l’enregistrement qui associe à Korngold, Krenek et Schreker, précise sa relation spécifique à Vienne et à la musique viennoise ; éclaire ce qui fonde le travail avec les instrumentistes de l’ONPL ; partage aussi ses impressions vécues pendant l’enregistrement du disque qui paraît cet automne.

 

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FONDATION LOUIS VUITTON : Concerts et rencontres événements en nov et déc 2025. SAEHYUN KIM (5 nov), Nuits MAX RICHTER (14 et 15 nov), DANIEL LOZAKOVICH (29 nov).

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La nouvelle saison musicale bat son plein à la Fondation Louis Vuitton. Riche période en l’espace d’un mois : les concerts à venir illustrent idéalement les axes de la programmation artistique (découverte, innovation, transmission). Les jeunes talents, l’audace et le sens du partage sont plus que jamais mis en avant…

 

 

Mercredi 5 novembre 2025
Piano Nouvelle Génération : Saehyun Kim

Le jeune pianiste coréen Saehyun Kim est à l’affiche mercredi 5 novembre, dans un nouveau récital de la série « Piano Nouvelle Génération ». Le jeune interprète sud-coréen (né en 2007) déploie un tempérament phénoménal, puissant et subtil, virtuose et intérieur, couronné récemment par le Premier Grand Prix, le Prix du public et le prix de la presse du Concours Long Thibaud 2025. Au programme : Fauré (Barcarolle op. 26 n°1 ; Impromptu op. 31 n° 2, Valse-Caprice op. 30 n° 1), Ravel (Gaspard de la nuit) et Chopin (12 Etudes op. 25).

Mercredi 5 novembre 2025 – 20h30
RÉCITAL PIANO NOUVELLE GÉNÉRATION – SAEHYUN KIM
Auditorium de la Fondation Louis Vuitton – Tarifs : 25€ / 15€
GABRIEL FAURÉ : Barcarolle op. 26 n°1, Impromptu op. 31 n°2, Valse-Caprice op. 30 n°1 / MAURICE RAVEL : Gaspard de la nuit / FRÉDÉRIC CHOPIN : 12 Études, op. 25
Retransmis en direct sur FLV Play et medici.tv, et en différé sur Radio Classique et Mezzo. Les replays seront disponibles sur l’ensemble de ces plateformes.

 

 

Vendredi 14 et samedi 15 novembre 2025
« Sleep » de Max Richter

La Fondation célèbre le 10e anniversaire de « SLEEP » de Max Richter à travers deux expériences nocturnes inédites : un concert immersif de 8h dans l’Auditorium où les spectateurs sont allongés, et un parcours musical dans l’exposition Gerhard Richter, les deux approches étant accompagnées en direct par l’œuvre ; un projet conçu en collaboration avec Yulia Mahr et présenté à la Wellcome Collection de Londres en 2015. Deux soirées, deux nuits plus exactement qui, de 23h à 7h du matin inviteront les 75 participants admis à chacune des deux séances à expérimenter les effets de l’interaction entre le son et l’esprit endormi. Max Richter sera aux claviers, entouré d’un quintette à cordes et d’une soprano.

Vendredi 14, samedi 15 novembre 2025
De 23h à 7h : 
SLEEP – AUDITORIUM
Max Richter — Piano et composition, Grace Davidson — Soprano, Ben Russell — Violon, Natalia Bonner — Violon, Nick Barr — Alto, Ian Burdge — Violoncelle, Chris Worsey — Violoncelle.
Tarif : 200€
vendredi 14 et samedi 15 novembre 2025 – de 23h à 1h 
: SLEEP – PARCOURS MUSICAL DANS LES GALERIES
Tarif : 20€ – 

Retransmis en direct sur FLV Play, YouTube et medici.tv, et en différé sur Radio Classique. Replays disponibles sur l’ensemble de ces plateformes.

 

 

Samedi 29 et dimanche 30 novembre 2025
Masterclasses publiques de violon de Renaud Capuçon
Récital avec Daniel Lozakovich 

La transmission rayonne au cœur du projet musical de la Fondation Louis Vuitton. Ainsi le violoniste Renaud Capuçon pilote les 29 et 30 novembre prochains des masterclasses publiques. Les spectateurs invités à assister aux séances, pourront mesurer combien le violoniste est féru de pédagogie : il reste passionnant de le voir partager son expérience avec de jeunes violonistes en fin d’études supérieures.
Puis, le 1er décembre, Renaud Capuçon retrouve son jeune confrère Daniel Lozakovich (autre fidèle partenaire de la Fondation), pour un très original programme à deux violons qui, du XVIIIe au XXe siècle, aborde plusieurs pages signées Leclair, Wieniawski, Ysaÿe, Prokofiev et Bartók. Un répertoire éclectique, varié exigeant une volubilité expressive qui est un vrai défi pour les deux complices…

Samedi 29 novembre 2025, 11h-13h
Dimanche 30 novembre 2025, 15h-17h
MASTERCLASSES PUBLIQUES DE VIOLON – RENAUD CAPUÇON
Renaud Capuçon, violon
 – Tarifs : Billet d’entrée de la Fondation Louis Vuitton 16€ / 10€ / 5€  –  

Retransmis en direct sur FLV Play, et en différé sur Radio Classique.

 

 

Lundi 1er décembre 2025 – 20h30
RÉCITAL DE VIOLON

RENAUD CAPUÇON et DANIEL LOZAKOVICH
Renaud Capuçon — violon
 – Daniel Lozakovich — violon – 
Tarif : 40€ / 25€
PROGRAMME
EUGÈNE YSAŸE : Sonate pour deux violons en la mineur (opus posthume)
SERGUEÏ PROKOVIEV : Sonate pour deux violons, op. 56
HENRI WIENIAWSKI : 8 Études-Caprices pour deux violons, op. 18
BÉLA BARTÓK : Duos pour deux violons, Sz. 98 (sélection)
JEAN-MARIE LECLAIR : Sonates pour deux violons, op. 3 (sélection)
Retransmises en direct sur FLV Play, et en différé sur Radio Classique et medici.tv. Les replays seront disponibles sur l’ensemble de ces plateformes.

 

 

FONDATION LOUIS VUITTON
concerts et événements musicaux, saison 2025 – 2026

Toutes les infos sur le site de la FONDATION LOUIS VUITTON, saison 2025-2026 : https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr

Lien direct vers la page / sommaire des événements musicaux de la FONDATION LOUIS VUITTON : https://www.fondationlouisvuitton.fr/fr/programme?categorie=musique

 

 

Les concerts de la saison 2025 – 2026 de la Fondation Louis Vuitton

■ 5 Nov. 2025 – RÉCITAL PIANO NOUVELLE GÉNÉRATION SAEHYUN KIM
■ 14 & 15 Nov. 2025 – SLEEP DE MAX RICHTER – UNE NUIT À LA FONDATION
■ 29 et 30 Nov. 2025 – MASTERCLASSES PUBLIQUES DE VIOLON DIRECTION RENAUD CAPUÇON
■ 1er Dec. 2025 – RÉCITAL DE RENAUD CAPUÇON ET DANIEL LOZAKOVICH
■ 4 Dec.2025 – CONCERT DE CRÉATIONS DÉDIÉES À GAUTIER CAPUÇON
/ AVEC FRANK BRALEY, JÉRÔME DUCROS, ET SIX VIOLONCELLISTES DE LA CLASSE D’EXCELLENCE DE VIOLONCELLE
■ 12 et 13 Dec. 2025 – LOVE, ICEBOX – PREMIÈRE MONDIALE – CRÉATION DE BRYCE DESSNER
/ AVEC ISABELLE HUPPERT ET ALICE SARA OTT

 

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CRITIQUE, concert. MEUDON, Hangar Y, le 25 oct 2025. 150 ans de Maurice Ravel : La Valse, Boléro, Tzigane… Orchestre Lamoureux, Hugues Borsarello (violon), Adrien Perruchon (direction)

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Pour ses 150 ans, Maurice Ravel (né en 1875) ne pouvait rêver meilleure célébration, de surcroit dans un lieu spectaculaire dont l’architecture démesurée, appelle le souffle, la respiration, l’espace : le Hangar Y à Meudon, cathédrale de verre et d’acier, était l’ancien site de construction et d’entretien des dirigeables, aux portes de Paris… Un cadre idéal (hauteur de la nef principal : 23 mètres !) pour ressentir et vivre l’orchestre comme nul part ailleurs… et dans une configuration inédite qui place les spectateurs parmi les musiciens, ou à côté d’eux.

 

 

 

Au cœur du programme, deux œuvres parmi les plus envoûtantes : la Valse et le Boléro. Deux tourbillons sonores construits chacun dans un somptueux crescendo, dont la construction comme l’étoffe instrumentale, hypnotisent et emportent chaque auditeur

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Toutes les photos © Alice Casenave  / Orchestre Lamoureux 2025

 

 

 

 

 

 

 

voyage au centre de la forge orchestrale

Dans cette disposition éclatée, le spectateur redécouvre chaque partition, en ressent les infimes vibrations, le volume sonore exact dans une proximité inédite ; il rétablit la spatialité d’un orchestre : le rôle de chaque instrument, son intensité sonore, en interaction avec les autres ; il en saisit mieux les dialogues entre les pupitres, et dans une circulation du son générale, mesure les étagements de l’orchestrateur Ravel, génie inégalé, à l‘instar de Berlioz, qui pense les couleurs de l’orchestre comme un géomètre – paysager ; cors lointains, rubans soyeux des violons, assise rythmique des contrebasses, éclats furtifs des bois,… un miroitement déconcertant de timbres se révèle, captive, enveloppe, submerge littéralement.

Le Ravel audacieux, mordant, libre et d’une invention dramatique presque sarcastique, entre séduction et provocation s’est aussi invité à cette fête inclassable, dans Tzigane, magnifiquement incarné par le jeu tout en finesse et vitalité percutante du violoniste Hugues Borsarello, lequel au début de la pièce, déambule entre les rangs des sièges, associant musiciens et spectateurs, jusqu’au podium central, près du chef.

 

 

 

 

Ample, poétique, ciselé, l’Orchestre Lamoureux déploie le grand jardin féerique et chorégraphique de Ravel…

 

 

Le chef justement, directeur musical de l’Orchestre Lamoureux, Adrien Perruchon, abat un jeu riche et imaginatif qui se joue avec esprit de toutes les nuances ibériques du programme, – l’Espagne et le folklore basque, étant très subtilement moteurs dans l’inspiration du sorcier Ravel… : Boléro, Tzigane, mais aussi Habanera (M 76) dans l’orchestration créée ce soir de Paul Caporini soulignent chez le compositeur Français, ce scintillement spécifique qui colore et habite chacune de ses partitions. L’argument principal du chef est d’assurer la cohérence globale et la fermeté de l’architecture sonore, malgré l’éparpillement physique des instrumentistes.

A la rutilance déployée des timbres, aux effets sonores éloignés, leurs déplacements exacerbés du fait de la disparité physique (d’un intérêt superlatif dans La Valse puis le Boléro), s’ajoute grâce au geste fédérateur du chef, un sentiment de féerie globale, la création d’un nouvel espace suspendu dont les sons redistribués diffusent des sensations inédites, – comme une brume enveloppante, d’autant plus suggestives au début du programme, quand les musiciens jouent Prélude et Danse du rouet, deux extraits tout en douceur caressante des contes de Ma Mère l’Oye. L’impression de nappe sonore s’affirme aussi dans La Valse dont les effets de nuées collectives, – soit la masse des danseurs indistincts, emportés par un mouvement diffus mais profond et puissant, enflent et se déversent dans une onctuosité voluptueuse, d’essence chorégraphique.

Rien de plus légitime en réalité que ce Boléro final, – que l’Orchestre Lamoureux a joué dès 1930 sous la direction de l’auteur : le spectateur placé au plus près des instruments, suit pas à pas le parcours qui va crescendo, l’entrée de chaque instrument (flûte, clarinette, basson,… jusqu’aux saxophones, -ténor puis sopranino,…), son timbre, son volume sonore, en dialogue avec les autres, et soutenu tout du long par le battement organique de la caisse claire. Envoûtante, surprenante, l’expérience ainsi au cœur de l’orchestre, relève de la magie sonore. Et c’est Ravel le sorcier alchimiste qui pour ses 150 ans, ressuscite avec éclat. Magistral.

 

 

Photos © Alice Casenave 2025

 

 

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CRITIQUE, concert. MEUDON, Hangar Y, le 25 oct 2025. 150 ans de Maurice Ravel : La Valse, Boléro, Tzigane,… Orchestre Lamoureux, Hugues Borsarello (violon); Adrien Perruchon (direction)

 

 

 

 

 

prochain concert

Prochain concert de l’Orchestre Lamoureux :
Samedi 22 nov 2025, « un Américain à Paris » (avec Adélaïde Ferrière, percussions / au programme : Symphonie n°31 « Parisienne » de Mozart, Concerto pour marimba de Milhaud, Un Américain à Paris de Gershwin…), à la Seine Musicale : https://orchestrelamoureux.com/concerts/un-americain-a-paris/

 

 

 

nouvelle saison 2025 – 2026

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison 2025 – 2026 de l’Orchestre Lamoureux (temps forts, solistes invités, compositeurs et œuvres joués,…) : https://www.classiquenews.com/orchestre-lamoureux-nouvelle-saison-2025-2026-temps-forts-symphonique-lyrique-recitals-ravel-gershwin-beethoven-hugues-borsarello-pretty-yende-ermonela-jaho-adelaide-ferr/

 

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