mercredi 14 octobre 2026

AUDITORIUM ORCHESTRE NATIONAL DE LYON. Les 29 et 30 janv 2026 : « Nuits Lyriques ». Zemlinsky / Schoenberg. Maria Bengtsson (soprano), Bo Skovhus (baryton), Simone Young (direction)

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L’Orchestre national de Lyon célèbre dans ce programme prometteur les derniers feux romantiques germaniques défendus par deux génies de l’orchestre : un professeur et son élève… Zemlinsky et le premier Schoenberg (de 3 années le cadet du premier), celui qui n’est pas encore le champion du dodécaphonisme. Leurs œuvres éclairent et expriment toutes les nuances du sentiment humain à travers l’évocation d’un couple amoureux… prétexte chez l’un comme chez l’autre, à renouveler le langage orchestral.

 

 

Zemlinsky incarne l’apothéose orchestrale dans la continuité de Richard Strauss et aussi en absorbant la texture cinématographique de Puccini. Sa « Symphonie lyrique » est une fresque colossale qui brûle d’une sensualité passionnée. Le compositeur trouve un équilibre exceptionnel entre chant et orchestre, lieder et symphonie, dialogue entre deux êtres traversés par un même idéal, et somptueux vertiges de symphonisme pur.
En une gradation subtile, qui passe par le raffinement de l’orchestration (comprenant vents par trois ou quatre, une harpe, un célesta, un harmonium, sans omettre une percussion importante…), le flux musical murmure et enfle jusqu’à la célébration extatique amoureuse finale. Comme dans le chant de la Terre et aussi absorbant la leçon de Wagner, le couple éprouve l’expérience du renoncement dans l’amour, ainsi que l’évoque le bayrton dans sa première séquence : « ch bin ein Fremder im fremden Land» [«Je suis un étranger dans un pays étranger»]. C’est aussi une déclaration prémonitoire pour Zemlinsky qui face au diable nazi, quitte l’Autriche en sept 1938 pour les États-Unis.

La cheffe australienne Simone Young y retrouve deux chanteurs dont elle a déjà pu apprécier le talent sur les plus grandes scènes, Maria Bengtsson et Bo Skovhus.

 

 

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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Orchestre national de Lyon : https://www.auditorium-lyon.com/fr/saison-2025-26/symphonique/nuits-lyriques
Auditorium Orchestre national de Lyon
Jeu. 29 jan 2026 à 20h
Ven. 30 jan 2026 à 18h
Durée : 1h30 + entracte (20 min).
Arnold Schönberg
La Nuit transfigurée / 30 min
Alexander von Zemlinsky
Symphonie lyrique, op. 18 / 50 min
distribution

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LYON

Simone Young, direction
Maia Bengtsson, soprano
Bo Skovhus, baryton

 

 

 

LA NUIT TRANSFIGURÉE… Arnold (Schoenberg) aimait Mathilde, la sœur de son professeur Alexander (Zemlinsky), et l’épousa. Alexander aimait Alma, elle lui préféra son ami et mentor Gustav (Mahler) ; il en conçut un immense chagrin. Derrière cet échiquier sentimental aux amours, contrariées ou non, se profile l’essor musical de la Vienne fin de siècle, un nouvel âge d’or après celui de Haydn, Mozart et Beethoven.
L’amour de Schönberg pour Mathilde Zemlinsky inspire une partition incandescente, « la Nuit transfigurée » / Verklärte Nacht, op. 4, d’après le poème de Richard Dehmel, pour sextuor (1899), puis orchestre à cordes (1917) d’un romantisme crépusculaire, compassionnel, foudroyé, deux décennies avant la révolution du dodécaphonisme. La nuit orchestrale exprime le cheminement improbable et comme effréné d’un couple au clair de lune, éprouvé, déchiré par le poids de la culpabilité… La femme avoue à son bien-aimé attendre l’enfant qu’elle a conçu avec un autre ; son compagnon la rassure : son amour est assez grand et généreux pour qu’il accueille l’enfant à naître. Schoenberg évoque la souffrance, l’espérance et le miracle de la réconciliation grâce à la puissance de l’amour. Pour Schoenberg, il s’agit de rendre hommage aux deux maîtres vénérés : Wagner et Brahms.

PLAN
I. Sehr langsam [Très lent]
II. Etwas bewegter [Un peu plus animé]
III. Schwer betont [Lourdement martelé]
IV. Sehr breit und langsam [Très large et lent]
V. Sehr ruhig [Très calme]

 

 

 

SYMPHONIE LYRIQUE… Tout en soutenant l’audace formelle de son disciple Schoenberg, Zemlinsky demeure viscéralement fidèle au postromantisme de Mahler. Dans sa « Symphonie lyrique / Lyrische Symphonie » (1923), il cite même ouvertement le Chant de la terre de son aîné ; la partition célèbre son mariage avec sa deuxième épouse, Louise Sachse ; durée et effectif sont hors normes, et l’inspiration tout autant extrême-orientale (des poèmes de l’indien Tagore).

PLAN
[Symphonie lyrique]
Poèmes de Rabindranath Tagore (1861-1941)
I. «Ich bin friedlos» [Je suis privé de paix] : Langsam, mit ernst-leidenschaftlichem Ausdruck [Lent, avec une expression grave et douloureuse]
II. «Mutter, der junge Prinz muß an unsrer Türe vorbeikommen» [Mère, le jeune prince doit passer devant notre porte] : Lebhaft [Vif]
III. «Du bist die Abendwolke» [Tu es le nuage du soir] : Von hier ab plötzlich breiter und nach und nach immer ruhiger langsamer [À partir d’ici soudain plus large, et peu à peu de plus en plus calme et lent]
IV. «Sprich zu mir, mein Geliebter» [Parle-moi, mon bien-aimé] : Langsam [Lent]
V. «Befrei’ mich von den Banden deiner Süße» [Libère-moi des liens de ta douceur] : Feurig und kraftvoll [Avec feu et vigueur]
VI. «Vollende denn das letzte Lied» [Achève donc le dernier chant] : Sehr mäßige Viertel [Noire très mesurée]
VII. «Friede, mein Herz, laß die Zeit für das Scheiden süß sein» [Paix, mon cœur, fait que le temps de la séparation soit doux] : Molto adagio, äußerst langsam und seelenvoll [Extrêmement lent et plein d’âme]

 

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