lundi 28 septembre 2026

CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 11 janvier 2026. KHATCHATOURIAN, PROKOFIEV, TCHAÏKOVSKY, BORODINE. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Liya PETROVA (violon), Emmanuel TJEKNAVORIAN (direction)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Quel concert étourdissant ! L’Auditorium Rainier III, un des nombreuses salles culturelles et musicales de Monaco, a vibré – ce dimanche 11 janvier – sous l’énergie foudroyante du premier concert symphonique de l’année 2026 de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Porté par un programme slave flamboyant imaginé par Didier de Cottignies (qui n’a pas son pareil non plus pour aller chercher les glorieuses baguettes de demain, et il a tapé fort avec la perle rare de ce soir en la personne du jeune chef viennois Emmmanuel Tjeknavorian !), le public très international de la Principauté a vécu une expérience musicale d’une intensité rare, magnifiée par des artistes d’exception.

 
 
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La soirée s’est ouverte en trombe avec la Suite de « Gayaneh » d’Aram Khatchatourian. Dès les premières mesures de la fameuse « Danse du Sabre », l’orchestre a fait montre d’une précision et d’une vigueur rythmique électrisantes. Les cuivres éclatants, les cordes incisives et les percussions étincelantes ont transporté l’auditoire dans les vastes étendues du Caucase, alliant puissance folklorique et couleurs orchestrales somptueuses. Un départ triomphal ! Puis vint le moment tant attendu : l’entrée en scène de la violoniste bulgare Liya Petrova, silhouette de grâce dans une superbe robe blanche couleur lys qui semblait capturer toute la lumière de la salle. Pour interpréter le Concerto pour violon n°1 en ré majeur de Sergueï Prokofiev, elle a trouvé un partenaire de rêve en la personne du brillant chef autrichien Emmanuel Tjeknavorian. Quel duo phénoménal ! Tjeknavorian, d’un dynamisme et d’une passion communicative, a tissé un écrin orchestral à la fois transparent, tendu et onirique pour la soliste. Petrova, quant à elle, a livré une performance inoubliable : son archet alliait une technique infaillible à une sensibilité à fleur de peau. Du sarcasme espiègle du premier mouvement à la rêverie mystérieuse du second, jusqu’à la déferlante virtuose du finale, elle a captivé la salle, concluant dans un murmure envoûtant qui a précédé un tonnerre d’applaudissements. Les deux bis qu’elle a délivré ensuite ont fini d’enflammer le public monégasque !

Après l’entracte, l’orchestre nous a offert une « Roméo et Juliette » de Piotr Ilitch Tchaïkovsky d’une densité dramatique à couper le souffle. Sous la direction toujours aussi inspirée de Tjeknavorian, l’ouverture-fantaisie a déployé toute sa tragédie shakespearienne. La célèbre phrase d’amour aux cordes a chanté avec un lyrisme poignant, tandis que les duels entre les familles rivales ont explosé avec une violence orchestrale maîtrisée et terriblement efficace. Une romance stellaire et une guerre des clans sonnante et trébuchante ! Et le bouquet final fut un véritable coup de folie avec les « Danses Polovtsiennes » d’Alexandre Borodine. L’OPMC, déchaîné, a littéralement embrasé la salle. Des chants slaves lancinants aux rythmes endiablés, en passant par la célébrissime mélodie aux cordes, tout n’était que frénésie, couleurs éclatantes et pulsion vitale. L’énergie du chef, décuplée, a communiqué une joie pure à chaque musicien, et le finale a soulevé la salle dans une ovation debout, délirante et méritée.

L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dans une forme étincelante, a brillamment ouvert un nouveau chapitre de son histoire, un chapitre dont on pressent qu’il sera glorieux puisque la prestigieuse institution vient d’annoncer l’arrivée de la cheffe française Nathalie Stutzmann au poste de directrice musicale (à partir de 2027). Si ce concert est un avant-goût de l’énergie et de l’excellence qui régneront sous sa direction, alors le public monégasque et les mélomanes du monde entier ont de fabuleuses émotions à venir. L’année 2026 s’annonce tout simplement splendide !

 
 

 
 

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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 11 janvier 2026. KHATCHATOURIAN, PROKOFIEV, TCHAÏKOVSKY, BORODINE. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Liya PETROVA (violon), Emmanuel TJEKNAVORIAN (direction). Crédit photographique (c) Cécile Vieren / OPMC

 
 

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