mercredi 30 septembre 2026

CRITIQUE CD, événement. SAINT-SAËNS : Concertos pour violoncelle n°1 et n°2, Le Poète et la muse. Marie-Claude Bantigny, violoncelle (1 cd Paraty 1996, 2022). CLIC de janvier 2026

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Programme d’autant plus convaincant qu’il souligne la grande valeur de pièces méconnues, très rarement jouées au concert (du fait de leur difficulté, cf le Concerto n°2, entre autres). Marie-Claude Bantigny a la finesse et l’extrême élégance requises pour exprimer l’étonnante sensibilité à la fois classique et formellement audacieuse d’un Saint-Saëns à part. Son violoncelle chante et respire, sans affectation ni démonstration, éclairant la profonde subtilité du compositeur romantique français au début du XXè…

 

 

 

Par Alexandre PHAM. L’éditeur Paraty publie un nouvel enregistrement soulignant non sans pertinence la splendide musicalité de la violoncelliste française Marie-Claude Bantigny ; après un programme Brahms couronné par le CLIC de CLASSIQUENEWS (4 Sonates de Brahms, avec le pianiste Karoulos Zouganelis, paru en avril 2023 – lire ci-après notre critique), entre pudeur enchantée, et passion hallucinée, voici un cycle courageux, rare, d’autant plus apprécié, dédié aux pièces guère jouées actuellement, par Saint-Saëns au violoncelle. C’est peu dire qu’à travers les 3 œuvres choisies, – les 2 Concertos n°1 et n°2, et La Muse et le Poète, la violoncelliste ose tout avec une sensibilité intacte, d’une finesse allusive, d’une souplesse éloquente… ceci vaut pour le dialogue violon / violoncelle, de La Muse et le Poète (créé avec orchestre en 1910, ici avec la complicité du violoniste Paul Rouger), d’une volupté poétique inscrite dans la pudeur, où brille, dans un liberté rhapsodique, aux côtés du volubile violon, l’enchantement serein du violoncelle. Le ferveur partagée entre les deux instruments solistes, prépare en réalité à l’épisode central, contemplatif et suspendu où le chant suave et mystérieux du violoncelle échange avec le murmure des bois nostalgiques. Saint-Saëns poète et enchanteur sculpte son poème (plutôt fantaisie), en exploitant toutes les nuances poétiques des deux solistes. Dans l’esprit des baroques français, Saint-Saëns cultive son propos comme une délectable conversation entre les deux instruments, volubiles puis fusionnés.

Des deux Concertos pour violoncelle, ici enregistrés à 26 ans d’intervalle (avril 1996 pour le n°1 / avril 2022 pour le n°2), la construction et l’écriture si souplement contrastée du n°2 en ré mineur (créé en 1905 à 70 ans) éblouit par sa justesse poétique, son intensité, ses audaces feutrées (conçues pour le violoncelliste Joseph Hollman (mort en 1926, également dédicatoire de La Muse et le Poète)…, la finesse aussi du style de la soliste, ses nuances ciselées qui éclairent l’inspiration de Saint-Saëns ; la partition enchaîne comme souvent chez le Français, les 3 mouvements comme si elle n’en composait qu’un ; d’ailleurs, le geste interprétatif souligne l’unité et la cohérence de Saint-Saëns qui organise les 3 mouvements de son Concerto (Allegro moderato e maestoso – Andante sostenuto – Andante non troppo) comme s’il s’agissait d’un allegro de Sonate, avec la succession bien identifiée : exposition et développement (allegro), interlude central, enfin réexposition (coda / Finale).

C’est d’ailleurs ce dernier épisode qui tranche par son expressivité affûtée et d’une grande fluidité, qui sous les doigts de Marie-Claude Bantigny expose avec sincérité de somptueux médiums, des graves enténébrés d’une opulence épique, au souffle onirique magistral, alliant ampleur et pudeur mystérieuse. La soliste semble comprendre comme peu le romantisme passionnel et pourtant classique d’un Saint-Saëns aussi profond et puissant, personnel et fascinant qu’un Brahms. Sa musicalité à fleur de peau réhabilite une partition majeure pour l’instrument, exposant tout son imaginaire souterrain, ses contre champs d’une superbe séduction intérieure, sa volupté chatoyante.

 

 

 

 

 

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CRITIQUE CD, événement. SAINT-SAËNS : Concertos pour violoncelle n°1 et n°2, Le Poète et la muse. Marie-Claude Bantigny, violoncelle – Hungarian symphony orchestra, Budapest (2022) / Orchestre symphonique Français (1991 : La muse et le poète / 1996 : Concerto n°1), Laurent Petitgirard, direction – (1 cd Paraty 1996, 2022). CLIC de janvier 2026

 

 

 

LIRE aussi notre critique du cd BRAHMS : Sonates pour violoncelle par Marie-Claude Bantigny (2 cd Paraty) / CLIC de CLASSIQUENEWS avril 2023 :

CRITIQUE CD événement. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY) | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-brahms-sonates-pour-violoncelle-et-piano-marie-claude-bantigny-karolos-zouganelis-piano-coffret-2-cd-paraty/

Paru en avril 2023 chez PARATY, le programme (coffret de 2 CD) associe les deux sonates pour violoncelles et piano de Brahms (n°1 et 2) et deux autres, transcriptions des Sonates pour violon et piano (n°1 et 3). C’est peu dire que la réalisation touche au plus près le mystère Brahms : sa pudeur enchantée, ses urgences intérieures, son aptitude à tisser la matière du souvenir, entre tendresse infinie, âpreté mordante, désillusion et espoir… Le jeu des interprètes apporte leur éclairage personnel dans un cycle superlatif, restituant à la partition, sa richesse trouble, son éloquence intime, amoureuse, sentimentale… dans une sonorité à deux, d’une rare subtilité complice… CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2023.

 

 

CRITIQUE CD événement. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY)

 

 

Marie-Claude Bantigny © Jean-Baptiste Millot
1er Prix de violoncelle et de musique de chambre du CNSM de Paris, Marie-Claude Bantigny s’inscrit dans la lignée des prestigieux violoncellistes français auprès de qui elle se forme, tels que Maurice Gendron, André Navarra ou Roland Pidoux. Dirigée par Christian Ivaldi, elle remporte avec le Quatuor Fidelio le 1er Prix du Concours International de Musique de Chambre de Trieste « Sergio Lorenzi ». Sa carrière de chambriste et de soliste l’amène à jouer dans les festivals tels que la Roque d’Anthéron, les week-ends musicaux de la Baule, l’Orangerie de Sceaux, Aix En Musique et dans des salles de renommées internationales comme Gaveau,Pleyel, Le Louvre, le Théâtre du Châtelet, l’Opéra Bastille, le Lincoln Center, …

 

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