lundi 12 octobre 2026
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CRITIQUE, danse. 31ème FESTIVAL DE MARSEILLE, Centre de la Vieille Charité, le 16 juin 2026. « Ce que le ciel ne sait pas » par Feda Wardak et Saïdo Lehlouh

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Chaque année, le Festival de Marseille transforme la cité phocéenne en une scène à ciel ouvert, un véritable laboratoire d’idées et de sensations où la danse, le théâtre et la musique se mêlent pour interroger le monde. Pour son édition 2026, qui s’annonce d’ores et déjà comme un cru d’exception sous la direction de Marie Didier, il pose ses valises dans quatorze lieux emblématiques de la ville, de la Friche la Belle de Mai à la Cité Radieuse, en passant par la majestueuse Centre de la Vieille Charité. En réunissant des artistes venus de plus de dix-sept pays, cette nouvelle édition se veut un vibrant appel à la rencontre et au dialogue entre les cultures, opposant à la peur de l’autre une créativité débordante et une pensée résolument engagée. C’est dans ce contexte bouillonnant qu’a eu lieu la création mondiale de « Ce que le ciel ne sait pas », par Feda Wardak et Saïdo Lehlouh, un événement qui restera gravé dans les mémoires comme l’un des temps forts de cette édition.

 

D’emblée, le spectateur est saisi par la puissance évocatrice d’une installation scénographique hors norme. Fruit du travail acharné de l’architecte et artiste afghano-français Feda Wardak, la pièce est une véritable œuvre-paysage, une création monumentale où chaque élément a du sens. Au centre de la scène, une imposante vis sans fin, un escalier en colimaçon de onze mètres de haut, tourne sur lui-même comme un symbole oppressant. Elle figure à la fois la foreuse des puissances impérialistes qui, pendant des décennies, ont extrait les ressources du sol afghan, et le puits sans fond dans lequel les identités culturelles et les corps se sont trouvés aspirés. C’est un objet politique, une machine à raconter l’histoire d’un territoire miné par les conflits, l’exil et l’effacement, mais qui, pourtant, ne cesse de résister. Dans le projet plus vaste qu’est « Chercheurs d’eau » – dont cette création fait partie -, il s’agit de remettre la perspective à hauteur d’homme, de raconter le pays depuis ceux qui l’habitent plutôt que depuis un regard surplombant, celui du ciel et des drones.

 

 

Sur cette structure vertigineuse et instable, les cinq interprètes de la pièce, menés par la chorégraphie magistrale de Saïdo Lehlouh, déploient un langage corporel d’une intensité rare. Issu de la scène hip-hop, le chorégraphe, codirecteur du Centre chorégraphique national de Rennes, insuffle à ses danseurs une énergie brute et une fluidité saisissante. Leurs corps, tantôt éreintés, semblant s’échouer sur les marches comme des naufragés de l’histoire, tantôt traversés de convulsions et de sursauts de vie, traduisent avec une justesse bouleversante la peur, le déracinement et l’espoir obstiné. On assiste à une véritable enquête forensique incarnée : les gestes, précis et habités, racontent les frappes de drones, les « kill boxes » où les êtres humains ne sont plus que des tâches thermiques, mais aussi la douceur des femmes se caressant les cheveux, la mémoire des chants et des poèmes, les traditions menacées de ces sociétés paysannes. Sous la lumière de Tom Visser, qui sculpte l’espace en le plongeant tour à tour dans une pénombre inquiétante ou une lumière aveuglante, chaque mouvement devient une résistance.

En investissant le Centre de la Vieille Charité, Feda Wardak et Saïdo Lehlouh ont proposé une expérience immersive et politique, un cheminement artistique et humain d’une grande dignité. L’œuvre dialogue avec le lieu, avec son architecture, pour créer un espace de contemplation et de réflexion où l’émotion est à son comble. La bande-son de la DJ tunisienne Deena Abdelwahed, qui marie avec brio les beats électroniques aux mélodies arabes, vient parachever cette œuvre totale et immersive. Ce que le ciel ne sait pas est une création d’une puissance et d’une beauté à couper le souffle, un spectacle qui regarde la dureté du monde en face pour mieux y opposer l’élan vital de l’art et de la pensée. Le public marseillais, debout et conquis, a salué comme il se doit ce manifeste artistique flamboyant, qui restera à n’en pas douter comme l’une des plus belles réussites de l’édition 2026 du festival phocéen !

 

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CRITIQUE, danse. 31ème FESTIVAL DE MARSEILLE, Centre de la Vieille Charité, le 16 juin 2026. « Ce que le ciel ne sait pas » par Feda Wardak et Saïdo Lehlouh. Crédit photo (c) Droits réservés

 

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CRITIQUE, opérette. PARIS, Théâtre du Châtelet, le 12 juin 2026. OFFENBACH : La Vie parisienne. E. Lepoivre, C. Hecq, B. Lavernhe, M. Oppert… Valérie Lesort / Alexandra Cravero

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Le printemps finissait sur les rives de la Seine barbouillé de soleil dans sa traîne de semences et de pollens. Les rumeurs de la ville s’estompent dans la salle du Théâtre du Châtelet abritant tant la mémoire du théâtre musical au cœur battant de Paris. On nous annonçait une trépidante Vie parisienne d‘Offenbach avec le concours de la troupe brillante de la Comédie Française, dont certains noms reviennent dans les distributions des scènes, séries ou autres créations sur celluloïd. Et l’on était également promis à être les témoins d’une vision sans concessions de Valérie Lesort. 

 

La Vie parisienne de Jacques Offenbach partage avec Carmen de Bizet, non seulement ses librettistes, mais aussi une vision plus que cynique des rapports humains aux prises avec les passions. Carmen tourne mal et La vie parisienne sombre dans une bacchanale à la joie désenchantée qui, au XXIème siècle, demeure dans l’éducation sentimentale contemporaine de toute parisienne ou tout parisien. Il serait facile finalement de se dire que les « tubes » offenbachiens, tout comme la fausse légèreté d’un Johann Strauss, ne sont que des bulles de vin de champagne sans conséquence. 

La vision de Valérie Lesort part d’une idée plutôt juste sur le cynisme grinçant de l’œuvre et sa brutalité. En lisant ses propos dans l‘interview du programme de salle, la metteuse en scène fait état de la cruauté du livret qui le rapproche intimement de notre époque. Or, la justesse de son propos est finalement assez limitée. Sur scène sa vision est simpliste: les hommes porcins et les femmes volatiles de basse-cour. Paris est alors une porcherie ou, au mieux, un poulailler truculent. Mme Lesort s’est évertuée à souligner des rapports de force entre les personnages qui font tomber le livret dans le hors sujet. La vision générale rend cette Vie parisienne ringarde, vulgaire et passablement boulevardière, très loin sans doute de ce qu’une mise en scène subtile aurait pu apporter sans entrer dans des débats hors sujet. A trop clamer une originalité, on tombe facilement dans le commun. Cette mise en scène a renvoyé Offenbach à la pire époque des téléfilms giscardiens, tristounets et au rire enregistré en toile de fond. 

 

 

Malgré une brillante distribution de comédiennes et comédiens dont les talents ne sont pas du tout dans l’art vocal, cette Vie parisienne sombre dans un comique vaudevillesque. Rien d’infamant évidemment, nous adorons l’opéra comique ou le vaudeville, mais La Vie parisienne n’est pas du théâtre de boulevard! Dans cette interprétation outrancière et une adaptation hors sujet, le propos profond de cette fable moderne se noie dans une caricature teintée d’incarnations sans charme. Elsa Lepoivre est une Métella manquant totalement de sensualité vibrante et coquine de la grande horizontale, Benjamin Lavernhe est inexistant en Gardefeu, Christian Hecq s’en sort un peu mieux en Gondremark. Celle qui finalement réussit sur toute la ligne, tant sur le plan vocal qu’histrionique est l’excellente Marie Oppert en Gabrielle. Marie Oppert a une voix diamantée et d’une justesse formidable, elle est aussi une belle présence malgré son costume de cocotte. 

A part Marie Oppert, c’est en fosse que la magie s’opère. Alexandra Cravero mène avec audace l’Orchestre de Chambre de Paris avec une maîtrise totale du geste et des intentions. Les musiciennes et musiciens réussissent à sauver au moins l’écriture orchestrale d’Offenbach. 

En quittant le Châtelet, on a le goût amer de la déception. Cette production aurait pu porter cette Vie parisienne au XXIème siècle sans sombrer dans les non-sens qui n’ont aucune place dans un livret déjà lourd de sous-entendus. Quelle est finalement la raison d’avoir distribué des comédiens, soi-disant pour faire écho à l’intention originelle d’Offenbach? – Les comédiens du Théâtre du Palais-Royal de la création de l’œuvre dominaient l’art du couplet, ce qui n’est aucunement le cas de la troupe de la Comédie Française. Cette démarche met en porte à faux tout le monde. En parcourant les rues et les quais du Paris frétillant à l’orée de l’été, recueillons plutôt dans ses murmures les confidences qu’il veut bien nous livrer.

 

 

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CRITIQUE, opérette. PARIS, Théâtre du Châtelet, le 12 juin 2026. OFFENBACH : La Vie parisienne. E. Lepoivre, C. Hecq, B. Lavernhe, M. Oppert… Valérie Lesort / Alexandra Cravero. Crédit photographique © Thomas Amouroux

 

 

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60ème FESTIVAL DE LA CHAISE-DIEU : du 18 au 30 août 2026. Orchestre National de Lille, Orchestre National de l’Opéra de Paris, Campra, Monteverdi, Bach, Montalbetti…

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Le Festival de La Chaise-Dieu célèbre en 2026 sa 60ème édition, du 18 au 30 août. Evénement majeur de l‘agenda estival, il a été fondé en 1966 par le pianiste hongrois Georges Cziffra.

 

« Il y a 60 ans, au beau milieu des forêts casadéennes, surgissait l’impensable : un festival de musique, fondé par l’un des plus grands pianistes de son temps et qui, venu de sa Hongrie natale, se prenait de passion et de mysticisme pour la culture française et son patrimoine millénaire », rappelle Boris Blanco, directeur général.

Édition anniversaire oblige, le festival se déroule sur 13 jours, investit cet été, 24 communes réparties sur trois départements, avec 33 concerts payants et 52 événements en accès libre. Au programme : musique sacrée, concerts symphoniques, récitals, musique de chambre… Compositeurs joués : Bach, Monteverdi, Mahler ou Montalbetti … Invités en 2026 : Iván Fischer et le Budapest Festival Orchestra ; Daniele Rustioni et l’Orchestre de l’Opéra national de Paris ; Leonardo García-Alarcón et la Cappella Mediterranea;
Renaud Capuçon, Bertrand Chamayou, Nemanja Radulović, Sergey Khachatryan, Isata Kanneh-Mason,…

 

 

Quelques temps forts

à l’Abbatiale Saint-Robert, La Chaise-Dieu
11 programmes à ne pas manquer

 

 

 

 

19 août 2026, 21h
Ouverture avec le Budapest Festival Orchestra / Iván Fisher, direction. Sergueï RACHMANINOV : Vocalises n°14, op. 30 & Concerto pour piano n°3 en ré mineur, op. 30 (Isata Kanneh-Mason, piano) / Gustav MAHLER : Symphonie n°1 en ré majeur « Titan »

 

20 août 2026, 21h
Messe pour La Chaise-Dieu
Éric MONTALBETTI : Fragments pour une Messe (pour La Chaise-Dieu) [Commande du Festival de La Chaise-Dieu, création mondiale] – couplés avec Alt-Rhapsodie, op. 53 (Rhapsodie pour alto) & Schicksalslied, op. 54 (Le Chant du destin) de Brahms / Zanda Švēde, alto ;
Cyrille Dubois, ténor, Chœur national & Orchestre national symphonique de Lettonie (Andris Poga, direction)

Hommage à Cziffra
Les 21 puis 22 août 2026
Le 21 : Richard WAGNER : Tristan & Isolde – Prélude & Mort d’Isolde ; Parsifal – Prélude & Musique de transformation & Enchantement du Vendredi Saint Franz LISZT : Concerto pour piano n°1 en mi bémol majeur & Concerto pour piano n°2 en la majeur / Bertrand Chamayou, piano / Les Siècles (Jakob Lehmann, direction). Et le 22 : récital de Bertrand Chamayou, piano Mendelssohn, Ives, Fauré, Clara Schumann, Liszt,Takemitsu, Crumb…

 

23 août 2026
JS BACH : Passion selon Saint-Jean
a nocte Temporis (Reinoud Van Mechelen, direction)

 

24 août 2026
MONTEVERDI : Vêpres
La Tempête (Simon-Pierre Bestion, direction)

 

25 août 2026
Pasion argentina / Leonardo GARCÍA-ALARCÓN : La Passione di Gesú overo il Vangelo di Giuda [La Passion de Jésus ou l’Évangile de Judas]
Choeur de chambre de Namur, Cappella Mediterranea
Leonardo Garcia-Alarcon (direction)

 

26 août 2026
SIBELIUS : Concerto pour violon (Sergey Khachatryan, violon) – Symphonie n°1 de Brahms / Orchestre National de Lille (Joshua Weilerstein, direction)

 

27 août 2026, 15h
Hommage à Cziffra : Camille SAINT-SAËNS : Danse macabre, op. 40 / Sergueï RACHMANINOV : Rhapsodie sur un thème de Paganini en la mineur, op. 43 / Robert SCHUMANN : Symphonie n°2 en ut majeur, op. 61
Jean-Frédéric Neuburger, piano ; Orchestre National de Lille (Joshua Weilerstein, direction)

 

28 août 2026
1966-2026 : 60 ans de Chaise-Dieu
Félix MENDELSSOHN : Symphonie n°4 en la majeur, op. 90 « Italienne » / Gustav MAHLER : Symphonie n°4 en sol majeur / Johanna Wallroth, soprano ; Orchestre de l’Opéra national de Paris (Daniele Rustioni, direction)

 

30 août 2026
HAYDN : La Création / Die Schöpfung
Choeur de chambre de Namur
Le Concert de La Loge (Julien Chauvin, direction)

 

 

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TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, les artistes et les ensembles invités sur le site du Festival de La CHAISE-DIEU 2026 : https://www.chaise-dieu.com/

Eglise abbatiale Saint Robert
43160 La Chaise-Dieu
INFOS – renseignements
T : (+33)4 71 00 01 16
BILLETTERIE
Achat au concert – Abonnements « Tempo » et « Maestro » :
https://web.digitick.com/index-css5-festivaldelachaisedieuweb-pg1.html

 

 

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CRITIQUE, opéra. MADRID, Teatro Real, le 10 juin 2026. GOUNOD : Roméo et Juliette. J. Camarena / I. Jordi, N. Sierra / V. Santoni, B. Appl / C. Pachon, R. Tagliavini / J. Teitgen… Thomas JOLLY / Carlo RIZZI

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Il était particulièrement significatif que l’opéra Roméo et Juliette de Charles Gounod n’ait pas été représenté sur la scène du Teatro Real depuis plus d’un siècle, une absence difficilement explicable s’agissant de l’un des ouvrages les plus populaires et emblématiques du répertoire lyrique français. Certes, l’œuvre avait été donnée en 1987 au Teatro de la Zarzuela avec la participation du légendaire ténor espagnol Alfredo Kraus — représentations auxquelles cette reprise très attendue rendait hommage —, mais son retour sur la première scène madrilène relevait d’une véritable réparation historique et constituait, à lui seul, un grand événement.

 

Pour célébrer ce retour, le Teatro Real n’a pas lésiné sur les moyens en proposant, en coproduction avec l’Opéra national de Paris, la monumentale et foisonnante mise en scène du comédien et metteur en scène français Thomas Jolly, tout en réunissant une distribution vocale d’une remarquable solidité et d’un engagement exemplaire.

À commencer par Juliette, incarnée par la charismatique soprano américaine Nadine Sierra qui, dans un état de grâce manifeste et dans un rôle taillé sur mesure pour ses qualités, a livré une interprétation proche de l’idéal, confirmant qu’elle compte aujourd’hui parmi les plus grandes titulaires du personnage. Dotée d’une voix au lyrisme généreux, souple et lumineux, soutenue par une technique irréprochable, elle a fait preuve d’une admirable aisance dans les vocalises de la célèbre valse d’entrée, « Je veux vivre… », prélude éclatant à une incarnation dont l’intensité dramatique n’a cessé de croître jusqu’à atteindre son sommet dans l’air du troisième acte « Amour, ranime mon courage… », servi par une ligne de chant d’une grande pureté, de magnifiques graves et une palette d’inflexions expressives d’une rare richesse. Alternant dans le rôle avec une approche plus intériorisée, la soprano française Vannina Santoni, qui faisait ses débuts in loco, a proposé une Juliette plus retenue, mais extrêmement soignée, portée par une voix au timbre clair et généreux, nuancée avec goût et précision et servie par une présence scénique très naturelle.

Dans le rôle de Roméo, le ténor mexicain Javier Camarena s’est acquitté de sa tâche avec professionnalisme, sans toutefois trouver dans le répertoire romantique français un terrain particulièrement favorable à l’épanouissement de toutes les qualités de son instrument. Son émission homogène, l’étendue de sa tessiture et son aisance dans les aigus s’accompagnaient d’une diction raffinée, mais le personnage requiert une progression dramatique qu’il n’a guère été en mesure de déployer pleinement. Son air « Ah ! Lève-toi, soleil ! » a davantage séduit par l’irréprochable maîtrise vocale que par sa portée émotionnelle. Dans la même partie, le ténor espagnol Ismael Jordi a remporté un véritable triomphe avec un Roméo noble, passionné et séduisant, servi par un style d’une grande élégance et une adéquation vocale idéale aux exigences du rôle. Ses duos avec Vannina Santoni, avec laquelle il entretenait une remarquable alchimie, ont offert quelques-uns des plus beaux moments de la soirée.

 

 

Du côté des Montaigu, les débuts du baryton allemand Benjamin Appl ont été particulièrement remarqués. En Mercutio, il a fait valoir une voix élégante et riche en couleurs, ainsi qu’un chant d’un raffinement exquis, quoique d’une expressivité relativement contenue. Le baryton espagnol Carles Pachón, au tempérament plus extraverti et démonstratif, a quant à lui proposé un cousin de Roméo impulsif et provocateur, soutenu par des moyens vocaux de grande qualité et une solide présence scénique, captivant l’attention à chacune de ses apparitions. Dans le rôle travesti de Stéphano, la mezzo-soprano française Héloïse Mas – comme l’espagnole Carmen Artaza – se sont distinguées par la fraîcheur et l’agilité de leurs voix, la première se montrant particulièrement fidèle au style français, la seconde conférant au personnage un caractère plus insolent et moqueur. Le Benvolio de Pablo Martínez s’est également révélé tout à fait satisfaisant.

Chez les Capulet, le basse-baryton français Laurent Naouri a incarné un patriarche autoritaire et violent, avec l’aisance naturelle de l’artiste rompu aux plus grandes scènes. Dans le rôle du fougueux Tybalt, le jeune ténor polonais Maciej Kwasnikowski a fait preuve d’un potentiel vocal prometteur et d’un engagement scénique sans réserve, tandis que l’espagnol David Alegret, irréprochable sur le plan vocal, s’est montré un peu plus rigide dans son jeu sur scène. Le rôle de Frère Laurent était remarquablement servi par Roberto Tagliavini et Jean Teitgen : le premier s’est distingué par le velours de son timbre, la profondeur de ses graves et la beauté de son legato – et le second par la noirceur de sa couleur vocale et la précision de sa diction. David Lagares s’est montré très efficace en Duc de Vérone, tandis que Sonia Ganassi campait une Gertrude pleine d’autorité et de ressources dramatiques. Il convient également de saluer la brève mais excellente prestation de Tomeu Bibiloni dans le rôle du comte Pâris, ainsi que celle, tout à fait correcte, de Josep-Ramon Olivé en Grégorio. Parfaitement préparé sous la direction de José Luis Basso, le chœur maison a livré une prestation de tout premier ordre.

À la tête de l’Orchestre du Teatro Real, le chef italien Carlo Rizzi a proposé une lecture animée d’un remarquable souffle théâtral, énergique mais toujours attentive à la ligne lyrique, assurant avec une grande maîtrise l’équilibre entre la fosse et le plateau.

À prendre ou à laisser, la production de Thomas Jolly, conçue en coproduction avec l’Opéra national de Paris, se caractérisait par une profusion visuelle et théâtrale impressionnante, mais aussi par une certaine surcharge scénique qui nuisait parfois à la lisibilité dramatique. Le recours constant aux doubles, aux figurants et aux présences fantomatiques finissait par diluer certains des moments les plus intimes de l’œuvre, détourner l’attention de l’essentiel et, parfois même, faire disparaître les solistes au sein de la foule. Dominée par une monumentale reproduction noire de l’escalier du Palais Garnier installée sur une plateforme tournante, la scénographie de Bruno de Lavenère constituait l’un des éléments les plus marquants du spectacle, assurant avec fluidité les transitions et la continuité dramatique. L’action était transposée dans un univers gothique évoquant à la fois l’imaginaire de Tim Burton et celui des comédies musicales de Broadway, a été renforcée par les costumes de Sylvette Dequest, mêlant références renaissantes et contemporaines à des évocations du XIXᵉ siècle, dans une palette dominée par le blanc, le noir et le rouge, qui contribuait puissamment à façonner l’univers imaginé par le metteur en scène. Les lumières d’Antoine Travert, fondées sur de saisissants contrastes de clair-obscur, accentuaient encore l’atmosphère sombre de la proposition et allaient jusqu’à intégrer le public à l’action à certains moments. Inspirée par les langages du théâtre contemporain, la production trouvait également un solide appui dans les chorégraphies de Joséphine Madoki, notamment lors du ballet du quatrième acte, où un groupe de « Juliette », vêtues en mariées, composait une image d’une grande puissance visuelle et d’un fort impact scénique.

Au tomber du rideau, l’enthousiasme du public envers les interprètes fut unanime, tandis que la proposition scénique suscita des réactions beaucoup plus partagées, recueillant tout autant les applaudissements que les manifestations de désapprobation.

 

 

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CRITIQUE, opéra. MADRID, Teatro Real, le 10 juin 2026. GOUNOD : Roméo et Juliette. J. Camarena / I. Jordi, N. Sierra / V. Santoni, B. Appl / C. Pachon, R. Tagliavini / J. Teitgen… Thomas JOLLY / Carlo RIZZI. Crzdit photographique (c) Javier del Real

 

 

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DISTINCTIONS. ANGERS NANTES OPÉRA conventionné « Théâtre Lyrique d’intérêt national »

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Angers Nantes Opéra, conventionné « Théâtre lyrique d’intérêt national ». Le conventionnement Théâtre lyrique d’intérêt national, décerné, mardi 26 mai 2026, par le ministère de la Culture, établit Angers Nantes Opéra comme maison d’opéra de référence et d’avenir.

 

Cette reconnaissance du ministère de la Culture vient saluer un long et constant travail de directions successives et des partenaires publics pour le rayonnement de cette maison d’opéra, de l’art lyrique et de la musique dans toute sa diversité de répertoire, qu’ils soient de patrimoine ou de création.

L’attribution de ce label reconnaît 3 engagements fondamentaux :
– le renouvellement de la diversité et l’évolution des formes d’art lyrique et la création contemporaine ;
– le soutien spécifique aux forces artistiques professionnelles permanentes et associées ;
– l’élaboration d’une relation approfondie avec les publics.

 

Seule maison d’opéra, en France, initiée et portée par deux communautés urbaines (Nantes et Angers), aidée pour sa politique d’action culturelle par les deux départements de Loire-Atlantique et de Maine-et-Loire, pour des investissements par la Région des Pays de la Loire, Angers Nantes Opéra, soutenu et reconnu depuis sa création en 2002 par l’Etat, s’inscrit en référence dans le paysage lyrique et trouve sa place au sein du réseau des Théâtres lyriques d’intérêt national et en dialogue avec les opéras nationaux et grandes institutions lyriques.
La présidence d’Angers Nantes Opéra est assurée en alternance par Nantes Métropole et Angers Loire Métropole, exemple vertueux de
collaboration territoriale.

 

Cette labellisation vient après celle de l’Opéra de Rennes, également reconnu par le Ministère de « Théâtre d’intérêt national », au début d’octobre 2025, autre reconnaissance largement méritée.

 

VISITEZ le site d’ANGERS NANTES OPÉRA : https://www.angers-nantes-opera.com/

Photo : © Martin Argyroglo 2022

 

 

Dernières productions d’ANGERS NANTES OPÉRA, critiquées sur classiquenews :

 

CRITIQUE, opéra. ANGERS, Grand-Théâtre, le 10 mai 2026. OFFENBACH : Robinson Crusoé. P. Derhet, C. Trottmann, G. Boché, F. Caton… Guillaume Tourniaire / Laurent Pelly

Une île déserte au cœur de Manhattan, des sans-abri sous des tentes Quechua, un abattoir industriel halluciné et des sauvages grimés en Donald Trump : bienvenue dans le Robinson Crusoé de Jacques Offenbach selon Laurent Pelly ! Créée en grande pompe au Théâtre des Champs-Élysées en décembre dernier, cette production a fait une escale au Grand-Théâtre d’Angers, en ce dimanche 10 mai, pour une unique représentation angevine avant une série de quatre dates au Théâtre Graslin de Nantes (les 29 et 31 mai, puis les 2 et 4 juin), dans le cadre de la saison 25/26 d’Angers Nantes Opéra. Le public, conquis, a réservé à cette équipe artistique (quasi entièrement renouvelée) un accueil triomphal, digne des grandes soirées offenbachiennes.

https://www.classiquenews.com/critique-opera-angers-grand-theatre-le-10-mai-2026-offenbach-robinson-crusoe-p-derhet-c-trottmann-g-boche-f-caton-guillaume-tourniaire-laurent-pelly/

 

 

CRITIQUE, opéra. NANTES, Théâtre Graslin, le 6 mai 2026. Othman OUATI : Solaris [création]. Victoire Bunel, Miroirs Étendus, Omar Louati [direction]
ANGERS NANTES OPÉRA poursuit son exploration des écritures contemporaines tout en réservant une place légitime aux nouveaux dispositifs scéniques : la production de Solaris illustre ce choix artistique exemplaire, affichant le spectacle au Théâtre Graslin, après la première mondiale, réalisée à la Condition Publique Roubaix le 29 avril dernier.

CRITIQUE, opéra. NANTES, Théâtre Graslin, le 6 mai 2026. Othman OUATI : Solaris [création]. Victoire Bunel, Miroirs Étendus, Omar Louati [direction]

 

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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 14 juin 2026. TCHAÏKOVSKY / BEETHOVEN. Gil SHAHAM (violon), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki YAMADA (direction)

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Il y a des concerts qui ne s’oublient pas, et celui du 14 juin 2026 restera sans aucun doute dans les annales de la Principauté de Monaco ! L’Auditorium Rainier III, archi-bondé, vibrait d’une ferveur palpable, une complicité électrique unissant la salle et la scène pour ce qui s’annonçait comme un adieu monumental : le dernier concert de Kazuki Yamada en tant que directeur musical et artistique de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, après dix ans d’un règne musical… qui s’est achevé en apothéose.

 

Pour ce « concert d’Adieu », Kazuki Yamada avait invité son ami – et virtuose du violon – Gil Shaham à venir faire montre de l’étendue de son art, pour une interprétation du Concerto pour violon de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Sous l’archet du célèbre violoniste israélien, l’instrument a chanté, pleuré, rugit. Sa complicité avec le maestro japonais, forgée au fil d’innombrables concerts, était une évidence lumineuse. Le soliste, virtuose au jeu ciselé, a déployé une palette de couleurs infinies, faisant jaillir une sonorité à la fois intime et surhumaine. Et quel moment également que son bis conclusif. Une longue Furia de Bach, enlevée, brûlante, qui a propulsé la salle dans une autre dimension, et le public monégasque, hagard d’admiration, comprit qu’il était le témoin privilégié d’un moment de musique aussi rare que privilégiée.

Puis vint le choc : la grandiose Neuvième Symphonie (et sa fameuse « Ode à la Joie » !) de Ludwig van Beethoven. De l’Allegro ma non troppo initial, d’une puissance tellurique, au Presto fulgurant, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la baguette tout feu tout flamme de Yamada, a déployé une énergie presque apocalyptique. Le chef, habité, semblait modeler la matière sonore, sculptant chaque silence comme un cri, chaque accord comme un défi à l’éternité. Le troisième mouvement, Adagio molto e cantabile, fut un océan de sérénité, une plénitude mélodique avant le cataclysme du Finale. C’est là que la magie opéra à son paroxysme. Les forces vocales ici réunies – le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo et le Chœur d’enfants de l’Académie Rainier III, et un exceptionnel quatuor de solistes (Mari Eriksmoen, soprano au timbre d’argent, Catriona Morison, mezzo à la chaleur enveloppante, Maximilian Schmitt, ténor héroïque, et Johannes Weisser, basse d’une profondeur abyssale) – tous dirigés avec une précision d’orfèvre par le maestro Yamada ont fait surgir l’Ode à la Joie telle une déflagration de lumière. Leur chant, porté par l’immense orchestre, a atteint un paroxysme d’humanité, un message d’universalité et de paix qui faisait écho aux vœux mêmes du chef pour ce concert d’adieu.

L’émotion était à son comble. À la fin de l’œuvre, la salle entière, debout, a éclaté en une ovation interminable. Les bravos, mêlés aux larmes pour certains, saluaient non seulement une interprétation de légende, mais aussi les dix années de dévotion de Kazuki Yamada à la phalange monégasque. L’explosion finale de cotillons, qui est tombée en pluie sur la scène de l’auditorium, a transformé ce moment solennel en une fête, une célébration joyeuse et déchirante à la fois. C’était un concert d’adieu pour le maestrissimo, une page qui se tourne avec la grâce d’un cygne, pour laisser place à l’ère Nathalie Stutzmann, dès la rentrée 2026. Mais ce dimanche 14 juin, Kazuki Yamada a offert à Monaco un cadeau inestimable : un moment d’éternité, un concert déjà mythique, dont la splendeur restera à jamais dans les cœurs des monégasques.

 

 

 

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CRITIQUE, concert. MONACO, Auditorium Rainier III, le 14 juin 2026. TCHAÏKOVSKY / BEETHOVEN. Gil SHAHAM (violon), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki YAMADA (direction). Crédit photographique (c) Emma Dantec / OPMC

 

 

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ENTRETIEN avec Sumi JO, à propos du Concours international de Chant SUMI JO, édition 2026 (6-11 juillet 2026)

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Plus qu’un concours, la compétition qu’elle a créée en France, réalise un projet cher à la soprano légendaire Sumi Jo : transmettre, encourager, accompagner. Depuis sa première édition en 2024, le SIC (Singing International Competition SUMI JO) défend une équation idéale : exigence (pour ne pas dire excellence), bienveillance, respect… autant de valeurs artistiques et humaines qui fondent un événement spécifique, dédié aux jeunes chanteur.euse.s qui ont besoin d’être guidé(e)s. Cet été, le Château de La Ferté-Imbault comme en 2024, est l’écrin enchanteur de cet événement hors normes, conçu, pensé par une artiste de premier plan, soucieuse de créer les meilleures conditions pour que chaque jeune chanteur accueilli déploie son identité artistique. Ainsi se précise la «  Dream Competition ». Explications…

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Photos :  Sumi Jo (c)Yeongjoon Kim

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir créé votre propre Concours ? Sur quelles valeurs?

SUMI JO : J’ai participé à de nombreux concours internationaux lorsque j’étais jeune chanteuse, et je sais combien ils peuvent changer une vie. Cependant, je souhaitais créer quelque chose qui aille au-delà d’une simple compétition. Le Concours Sumi Jo est né de mon désir de transmettre ce que j’ai reçu au cours de ma carrière : l’exigence artistique, mais aussi la bienveillance, le respect et l’accompagnement humain. Les jeunes artistes ont besoin d’être évalués, bien sûr, mais ils ont surtout besoin d’être encouragés, inspirés et guidés. Les valeurs fondamentales du concours sont l’excellence, l’intégrité, l’ouverture internationale et le respect de l’identité artistique de chaque chanteur.

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi en France précisément ? Quels en sont les enjeux et les objectifs ?

SUMI JO : La France occupe une place tout à fait particulière dans l’histoire de l’opéra et des arts. C’est un pays qui a su préserver et promouvoir l’excellence culturelle et artistique au plus haut niveau.
À titre personnel, la France a également une signification très spéciale pour moi. Pendant de nombreuses années, j’ai eu le privilège de me produire sur les scènes de nombreux opéras et salles de concert françaises, où j’ai reçu énormément d’amour, de soutien et d’opportunités. La France a joué un rôle important dans mon développement artistique et dans mon parcours international. J’ai toujours ressenti le désir de rendre, à ma manière, ce que ce pays m’a offert. Par ailleurs, je souhaitais créer un véritable pont culturel entre l’Asie et l’Europe. La France est un lieu idéal pour réunir de jeunes talents venus du monde entier et favoriser les échanges artistiques et humains.
À travers ce concours, mon objectif est de promouvoir le dialogue entre les cultures et d’offrir aux jeunes chanteurs une véritable plateforme internationale. C’est aussi une façon pour moi de transmettre aux nouvelles générations l’inspiration, les opportunités et la confiance que j’ai moi-même reçues au cours de ma carrière en France.

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les éléments qui le distinguent des autres compétitions internationales ?

SUMI JO : Je pense que ce qui distingue avant tout notre concours est sa vision profondément humaine et artistique. Nous ne recherchons pas seulement de belles voix ou des performances parfaites. Nous cherchons des artistes capables d’émouvoir, de raconter une histoire et de développer une véritable personnalité artistique.
Mais ce qui rend également notre concours unique, c’est son cadre exceptionnel. Il se déroule au Château de La Ferté-Imbault, un lieu chargé d’histoire, entouré par la beauté de la nature française. Nous aimons d’ailleurs l’appeler la « Dream Competition ».
Dans ce château, les jeunes chanteurs ne vivent pas seulement une compétition ; ils vivent une expérience artistique et humaine hors du commun. Ils travaillent, se rencontrent, échangent et se produisent dans un environnement qui inspire le rêve, la créativité et l’excellence.
Nous souhaitons que chaque participant se sente comme dans un véritable laboratoire de talents, où la compétition devient aussi une source d’inspiration et d’espoir pour l’avenir.
Enfin, nous mettons les jeunes artistes en contact avec des directeurs d’opéra, des agents, des chefs d’orchestre et d’autres professionnels du monde musical. Notre ambition n’est pas seulement de récompenser des lauréats, mais d’aider les artistes à construire leur avenir et à franchir une nouvelle étape dans leur carrière.

 

« Au fil des jours, les candidats cessent de se considérer
uniquement comme des concurrents.
Ils apprennent à se connaître, à s’encourager mutuellement »

 

CLASSIQUENEWS : Comment mettez-vous en valeur les jeunes chanteurs participants ? Quelles sont leurs épreuves successives ?

SUMI JO : Un autre aspect très particulier de notre concours est l’expérience humaine et artistique qu’il offre aux candidats. Parmi les 500 sélectionnés, 24 ont la possibilité de séjourner dans un magnifique château situé à proximité du lieu du concours. Pendant toute la semaine de la compétition, ils vivent au cœur de la nature, dans un environnement d’une grande beauté, propice à la réflexion, à la création et à l’inspiration artistique.
Chaque soir, ils peuvent assister à des concerts de grande qualité, et plusieurs masterclass leur sont également proposées. Ainsi, le concours ne se limite pas à la sélection de lauréats. Il devient une véritable immersion dans l’art, la musique et la vie artistique.
Ce que j’aime particulièrement, c’est qu’au fil des jours, les candidats cessent de se considérer uniquement comme des concurrents. Ils apprennent à se connaître, à s’encourager mutuellement, à partager leurs expériences et à apprendre les uns des autres.
Très souvent, des amitiés durables naissent pendant cette semaine. Je crois que cette dimension humaine est aussi importante que la compétition elle-même. Pour beaucoup d’entre eux, c’est une expérience unique dans une vie : une semaine où l’on grandit non seulement comme artiste, mais aussi comme être humain.

 

 

CLASSIQUENEWS : Qu’attendez-vous de cette édition 2026 ? Y a-t-il un élément auquel vous tenez particulièrement ?

SUMI JO : L’édition 2026 revêt pour moi une signification toute particulière, puisqu’elle coïncide avec le 40ᵉ anniversaire de mes débuts sur la scène internationale.
Par rapport à la première édition, organisée en 2024, nous avons constaté un intérêt encore plus important de la part de jeunes chanteurs venus d’un plus grand nombre de pays. Cette diversité internationale apporte non seulement des voix différentes, mais aussi des sensibilités artistiques, des cultures et des visions musicales nouvelles.
Je suis convaincue que le niveau artistique de cette deuxième édition sera remarquablement élevé. La qualité des candidatures que nous recevons est déjà très impressionnante.
J’espère également que les directeurs d’opéra, les agents artistiques, les chefs d’orchestre et les professionnels du monde lyrique qui participent au jury ou suivent le concours porteront une attention particulière à ces jeunes talents. Mon souhait est que ce concours leur ouvre des portes et leur offre de véritables opportunités de se produire sur les plus belles scènes internationales.
Au fond, notre mission n’est pas seulement de récompenser des gagnants, mais de découvrir les artistes qui façonneront l’avenir de l’opéra et de les accompagner dans leurs premiers pas vers une carrière internationale.

 

« Une carrière artistique est un marathon,
pas un sprint »

 

CLASSIQUENEWS : Quels conseils donneriez-vous aux compétiteurs et aux jeunes chanteurs en général ?

SUMI JO : Je leur dirais avant tout de rester fidèles à eux-mêmes.
La technique est indispensable, mais elle n’est qu’un moyen au service de l’expression artistique. Il faut travailler avec rigueur, cultiver sa curiosité et ne jamais cesser d’apprendre. Je leur conseille également de développer leur culture générale, de lire, de voyager et de s’intéresser au monde qui les entoure. Un grand artiste est avant tout un être humain capable de comprendre et de transmettre les émotions. Enfin, je leur dirais de ne jamais perdre courage. Une carrière artistique est un marathon, pas un sprint. Les obstacles font partie du chemin, mais la passion, la persévérance et l’amour de la musique finissent toujours par ouvrir des portes.

 

Propos recueillis en juin 2026

 

 

Photos :  Sumi Jo (c)Yeongjoon Kim

 

 

Présentation

 

La 2ème édition du Concours Sumi Jo [Sumi Jo international singing Competition] s’annonce particulièrement prometteuse, l’équipe organisatrice confirmant un niveau artistique parmi les jeunes compétiteurs, au moins égal au premier concours de 2024, qui était déjà très élevé.

 

 

SOLOGNE. Du 5 au 11 juillet 2026. 2ème CONCOURS DE CHANT INTERNATIONAL SUMI JO / SUMI JO INTERNATIONAL SINGING COMPETITION

 

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LE CONCERT SPIRITUEL. Nouvelle saison 2026 – 2027 : LES 40 ANS ! Les Vespres de la Vierge de CHARPENTIER, Orasho, Un grand mariage princier, Orphée de GLUCK, Music-hall & Scaramouche…

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Les 40 ans du Concert Spirituel fondé, dirigé par Hervé Niquet ne marquent pas l’essor de la maturité mais bien celui d’un élan préservé… Soit une vitalité créative intacte, surtout audacieuse… comme depuis ses débuts. L’ensemble créé il y a 40 ans par Hervé Niquet ne cesse d’explorer, surprendre, partager, enivrer…

 

 

L’audace c’est ainsi de revisiter et relire encore et toujours les sublimes musiques de Charpentier qui s’il n’occupa jamais de poste officiel à la Cour du Roi Soleil, n’en incarne pas moins l’une des ferveurs en musique, les plus inspirées et profondes ; l’audace, c’est aussi de renouveler notre connaissance et compréhension des fastes de la Renaissance ; l’audace, c’est enfin d’imaginer un programme inédit entre Orient et Occident pour le dialogue des cultures [programme inédit « Orasho« ]…

Pour cette saison anniversaire, Hervé Niquet et ses musiciens nous promettent une nouvelle  exploration musicale tout azimut : partitions méconnues, piliers du répertoire, sans omettre précisément ces « marges de l’histoire musicale » souvent serties de joyaux oubliés… dans des effectifs spectaculaires et spécifiques dont il convient de ressusciter sonorité et formations… Au programme : fastes de la Renaissance européenne, chants secrets des chrétiens cachés du Japon, architectures monumentales de Marc-Antoine Charpentier [un compositeur désormais emblématiques de l’Ensemble], sans omettre les « grands mythes fondateurs de l’Opéra »…

 

Défrichement et exploration, rigueur et curiosité, feu sacré et énergie intacts, proposent ainsi 5 créations qui jalonneront en 2026 – 2027, un parcours exceptionnel à découvrir ci-après.

 

 

Temps forts
Nouvelles productions 2026/2027

 

 

 

1
ORASHO
Charpentier est également mis en lumière dans cette autre création intitulée « Orasho » , révélant les étonnantes circulations musicales de ce compositeur entre l’Europe et le Japon chrétien au XVIe siècle.
Au Printemps des Arts de Monte-Carlo, jeu 18 mars 2027

Dans le Japon des « chrétiens cachés » (quand le christianisme était interdit), des communautés clandestines ont transmis leur foi pendant des siècles sans église ni prêtre, simplement en chantant des prières apprises de mémoire. Ces chants mystérieux, transmis par la seule tradition orale, les « orasho » (dérivé du terme latin « oratio »), mêlant japonais, latin et portugais, résonnent aujourd’hui en dialogue avec la musique sacrée de Marc-Antoine Charpentier …

 

 

 

2
VESPRES DE LA VIERGE
Les « Vespres à la Vierge » de Marc-Antoine CHARPENTIER
Partition monumentale à la fois spirituelle et théâtrale
restituée dans toute sa splendeur historiquement informée.
Au Printemps des Arts de Monte-Carlo pour sa création (ven 19 mars 2027) ;
À la Chapelle royale de Versailles : mer 23 juin 2027.

Les Chantres du CMBV Versailles s’associent à Hervé Niquet et au Concert Spirituel autour des oeuvres à double choeur et double orchestre de Marc- Antoine Charpentier, parmi les plus saisissantes du Grand Siècle et même du répertoire baroque. Les partitions choisies ont été composées pour la Chapelle Royale de Versailles ou les Jésuites de la rue Saint-Antoine à Paris.
La densité de la polyphonie met en valeur le génie du compositeur pour l’éclat, la magnificence, mais aussi la tendresse, une sensualité voire suavité élégante et mystique, en cela bien française, propres à celui qui avait étudié à Rome, comprenant et assimilant comme personne la grande leçon de Carissimi. Octuor de solistes, double orchestre et double choeur, le cycle (qui conclut ainsi une trilogie) mobilise 65 artistes à l’unisson : malgré l’ambition des effectifs requis, Hervé Niquet entend reproduire « ce rendu acoustique d’exception, qui fait communiquer le ciel et la terre » : « Je pratique Charpentier depuis longtemps et le comprends aujourd’hui plus facilement. Si l’on est attentif à la rythmie, à sa métrique, à la mathématique, alors la musique surgit d’elle-même. Il y a un corpus d’oeuvres pour deux choeurs et deux orchestres, quasiment jamais entendus ni enregistrés. C’est ainsi que je souhaite compléter nos enregistrements notre apport à Charpentier», précise Hervé Niquet. Il s’agit aussi de revivre les grands vertiges sacrés que la Cour de Louis XIV et les Jésuites parisiens avaient coutume d’écouter comme support de leur foi rayonnante.

 

 

 

 

 

3
GRAND MARIAGE PRINCIER
sonorités de la RENAISSANCE
Sur instruments d’époque : énergie populaire et puissance spectaculaire [compositions de Monteverdi, Praetorius, Philips…]
À la Seine Musicale : sam 12 juin 2027

L’Europe musicale à l’heure des fastes royaux et princiers… En 1599, les capitales européennes vibrent au rythme des grands événements élitistes et dynastiques ou vernaculaires : fêtes princières, processions populaires, grandes cérémonies musicales. Dans ce spectacle monumental, Le Concert Spirituel ressuscite l’énergie sonore de la Renaissance européenne : une fête immersive où choeurs, cuivres, tambours, violons et voix surgissent de toutes parts pour faire revivre l’extraordinaire puissance festive des musiques du XVIe siècle.
Le Concert Spirituel propose aux spectateurs une expérience unique : vivre le temps d’une soirée, le souffle des grandes fêtes de la Renaissance ; quand à la fin du XVIe siècle, l’Europe célèbrait ses souverains dans un éclat de musiques, de danses et de cérémonies et rituels où toute une ville et la société deviennent théâtre et spectateurs. Processions dans les rues, fanfares de trompettes, choeurs monumentaux, bals populaires : la musique déborde largement ; elle investit l’espace public et réunit la population dans une même ferveur.
Avec cette création spectaculaire, Le Concert Spirituel recrée l’esprit de ces célébrations grandioses en convoquant les grandes musiques de la Renaissance européenne, signées Monteverdi, Gabrieli, Praetorius, Guerrero ou Gastoldi … associées à des chansons à danser, des polyphonies flamboyantes, des musiques de plein air dans un immense parcours festif en trois temps : d’abord, procession menée par tambours et fifres, puis majestueuse cérémonie sacrée portée par 32 chanteurs et 32 instrumentistes ; enfin, immense bal Renaissance où les différentes familles d’instruments se répondent dans une explosion de rythmes et de couleurs : bombardes, sacqueboutes, cornets, trompettes naturelles, violons Renaissance, régales et tambours historiques reconstruits spécialement pour le projet…
Toujours aussi audacieux que ses débuts, Le Concert Spirituel s’ingénie ici à faire renaître un monde sonore disparu. Plus qu’un concert, cette production propose une véritable immersion dans l’Europe festive de la Renaissance, « entre puissance collective, virtuosité instrumentale et joie populaire ».

 

 

 

4
ORPHÉE de GLUCK
Le choeur du Concert Spirituel brillera sur la scène du Théâtre des Champs Elysées avec cet Orphée [version Berlioz], dirigé par Speranza Scapucci ; mise en scène de Ted Huffman, avec l’orchestre Les Siècles : 6 représentations les dim 18, mar 20, ven 23, dim 25, mar 27, jeu 29 avril 2027

 

 

5
MUSIC HALL & SCARAMOUCHE
« Music-Hall et Scaramouche » MILHAUD et l’esprit festif et populaire du Théâtre
[florilège de chansons, d’opérettes et de raretés chantées par le Chœur du Concert Spirituel] avec l’Orchestre de chambre de Paris].
Au Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne (mer 6 janvier 2027),
à l’Opéra de Massy (ven 15 janvier 2027),
au Théâtre du Châtelet (mer 13 janvier 2027).

Dirigeant l’Orchestre de chambre de Paris, le Chœur du Concert Spirituel, Hervé Niquet avec le clarinettiste Florent Pujuila propose une grande fête musicale inspirée du Paris du Théâtre du Châtelet. Entre chansons de Bourvil, Trenet ou Maurice Chevalier, opérettes de Francis Lopez et raretés de Darius Milhaud, le programme inédit célèbre avec panache l’esprit du spectacle populaire français. Le chef livre aussi un imaginaire personnel : celui du Paris des années 1960 et 1970, d’un théâtre ouvert à tous les répertoires, où musique savante, chanson populaire et divertissement fusionnent et dialoguent librement …

 

 

 

 

 

 

 

En TOURNÉE
8 productions et spectacles repris sur les scènes européennes

 

 

LA CARAVANE DU CAIRE
À l’Opéra royal de Versailles, la reprise de La Caravane du Caire, opéra scénique de Grétry [exploration du répertoire lyrique français du XVIIIe siècle, entre faste orientaliste et raffinement dramatique] : ven 23, sam 24 avril 2027

 

STRIGGIO
« Messe à 40 voix solistes » de Striggio à Utrecht en ouverture du Oude Muziek Festival au TivoliVredenburg
« Fireworks & Water Music »
Haendel dans le Cloître Saint-Dominique de Sisteron (mardi 4 août 2026),
au Festival international de Besançon (ven 11 sept 2026),
à Sion en Suisse (dim 8 nov 2026)

 

“God save the King!”
Au Festival d’Auvers-sur-Oise (jeu 27 mai 2027).

 

« Vespres à la Vierge » de Vivaldi [Gloria et Magnificat]
Aux festivals d’Arromanches-les-Bains (dim 9 août 2026),
de Souvigny (dim 27 sept 2026)
et de Sézanne (sam 3 oct 2026)
Israël en Égypte de Haendel
PARIS, Théâtre des Champs-Élysée : sam 27 février 2027

 

REQUIEM de Fauré
en Hongrie pour un concert exceptionnel au Müpa à Budapest (dim 1er nov 2026)

 

King Arthur de Purcell
TOULOUSE, Opéra National du Capitole : 2 représentations, les mer 25 , jeu 26 nov 2026
,

 

 

LE CONCERT SPIRITUEL
saison 2026 2027
Les 40 ans

 

TOUTES les infos, la présentation des œuvres, le détail des distributions, toutes les dates, les lieux, les horaires… directement sur le site du CONCERT SPIRITUEL :
https://www.concertspirituel.com/

 

 

 

À venir :
Grand ENTRETIEN avec Hervé Niquet, les 40 ans du Concert Spirituel

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CRITIQUE, concert. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 14 juin 2026. Récital Marina VIOTTI & FRIENDS (Stanislas de Barbeyrac, Mark Kurmanbayev). Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (direction)

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Entre le jazz, le gospel ou le métal et le belcanto, la mezzo-soprano helvético -française Marina Viotti n’a pas voulu choisir ce soir, elle qui poursuit avec le succès que l’on sait une carrière d’artiste lyrique sur lez plus grandes scènes internationales. C’est un peu le sens de ce récital, « en forme de cabaret”, qu’elle a donné au Théâtre des Champs-Elysées, ce dimanche 14 juin 2026 à 17h. Horaire inhabituel, mais heure à laquelle, le dimanche, il y a quelques décennies, se donnaient nombre de concerts d’abonnés…

 

Récital mené tambour battant par Marina Viotti, micro à la main, robe lamée, non sans humour. Elle s’est entourée pour l’occasion de quelques-uns de ses meilleurs amis. Tout d’abord, une petite formation composée d’un pianiste, en la personne de Leonardo Montana, qui nous gratifiera d’une courte mais belle improvisation, et un contrebassiste, Antoine Brocho. Ils l’accompagneront dans les Mélodies.

Elle a pu compter aussi sur la bienveillante présence de la formation baroque du Concert de la Loge, dirigé du violon ou à la baguette par son directeur musical et artistique, Julien Chauvin. Entremêlant tout à trac (selon une expression qu’elle ne démentirait pas) la musique de Bizet, Mozart, Offenbach ou Rossini, mais aussi celle de Brel, Satie ou William Bolcom, Marina Viotti nous a proposé chansons, Mélodies, et quelques scènes d’opéra: la musique qu’elle aime, qu’elle a aimée ou qui compte beaucoup pour elle. Marina Viotti sait qu’elle peut tout faire avec sa voix qui l’a déjà rendue célèbre ; elle en profite effrontément et passe avec maestria du jazz à la chanson française (Nougaro, Brel…) à une aria de Vivaldi, au risque, parfois, de laisser exploser sans nuances quelques aigus.

Ses amis chanteurs jouent le jeu souhaité par la grande ordonnatrice de cet après-midi, avec plus ou moins de bonheur… Le ténor Stanislas de Barbeyrac, un peu en retrait dans Carmen, avec une diction parfois un peu elliptique, retrouve sa voix dans Offenbach, dans un duo ébouriffant avec Marina Viotti extrait de La Périchole. La très belle surprise de ce récital c’est le baryton russe Mark Kurmanbayev, chacune de ses interventions constituant un réel plaisir d’écoute ; en particulier son interprétation d’un air extrait de l’opéra Eugène Onéguine de P.I. Tchaïkovski, voix longue, timbre riche et puissant. Enfin, on aura aimé Marina Viotti dans Rossini, compositeur qui réussit particulièrement à sa voix ronde, riche en couleurs, avec des aigus faciles. 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 14 juin 2026. Récital Marina VIOTTI & FRIENDS (Stanislas de Barbeyrac, Mark Kurmanbayev). Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (direction). Crédit photographique (c) Marc Portehaut

 

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OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE. VERDI : Requiem, mer 24 juin 2026. Angélique Boudeville… Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire / Giuseppe Grazioli (direction) …

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Quand en 1873, Giuseppe Verdi achève la composition de son Requiem, il est célébré à l’international, tel le premier compositeur italien. La partition honore à Milan le poète Manzoni, autre grand artiste italien engagé comme Verdi dans le Risorgimento : tous deux ont agi pour l’unité italienne, son indépendance vis à vis des autrichiens.

 

Avant le projet du Requiem, Verdi avait composé le « Libera me » – destiné alors à un requiem à plusieurs mains, en mémoire de Rossini, pièce collective qui ne vit jamais le jour, mais servit de base à la nouvelle oeuvre. Pour les mauvaises langues, le Requiem de Verdi « non è né carne né pesce »,« n’est ni chair ni poisson » : est-ce un opéra religieux, un requiem théâtral ?

Oeuvre phare de la musique spirituelle, le Requiem saisit par sa fureur immédiate, son cheminement compassionnel… servi par la haute sensibilité lyrique du compositeur. En génie de l’opéra, Verdi déploie une écriture spectaculaire et fraternelle qui exprime les souffrances et les aspirations du croyant vers son salut…

Dans ce programme saisissant, qui conclut avec passion la saison 25 – 26 de l’ l’Opéra de Saint-Étienne, les habitués retrouvent des chanteurs particulièrement appréciés dans les saisons précédentes : Angélique Boudeville, qui fut une magnifique Leonora dans Il Trovatore en 2023, Emanuela Pascu qui chanta dans Hamlet en 2022, Matteo Desole qui fut un Rodolfo remarquable La Bohème en 2024, Thomas Tatzl, impressionnante basse du Messie en 2025.

 

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VERDI : REQUIEM
SAINT-ÉTIENNE, Théâtre Massenet
Créée le 22 mai 1874 à l’Église San Marco de Milan
Mercredi 24 juin 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Saint-Étienne :
https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-25-26/spectacles//type-lyrique/requiem/s-881/Grand tarif Durée 1h10 environ – sans entracte

 

1h avant la représentation – Histoire de Maestro !
Avec Giuseppe Grazioli, chef principal de l’Opéra de Saint-Étienne, et Laurent Touche, chef de choeur, une heure avant la représentation. Gratuit sur présentation du billet du jour.

 

distribution
Soprano : Angélique Boudeville
Mezzo-soprano : Emanuela Pascu
Ténor : Matteo Desole
Basse : Thomas Tatzl
Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire
Choeur Lyrique Saint-Étienne Loire
(Direction : Laurent Touche)
Choeur Symphonia
(Direction : Yannick Berne)
Direction musicale : Giuseppe Grazioli

 

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GENEVE, La Cité Bleue. L’Heure Bleue orientale, sam 4 et dim 5 juillet 2026. Keyvan et Bijan Chemirani, Djamshid Chemirani…

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Du samedi 4 juillet 2026 à 19h, jusqu’au dimanche 5 juillet à 4h, La Cité Bleue propose un incroyable marathon musical et spirituel ; le timbre envoûtant du zarb iranien (entre autres) emporte l’auditeur jusqu’au bout de la nuit…

 

 

Autour du percussionniste et directeur artistique Keyvan Chemirani, cette « Nuit Bleue Orientale » renouvelle l’expérience musicale et le cadre du concert. Une constellation d’instrumentistes singuliers, hauts tempéraments artistique vous donne rendez-vous, dans un dialogue libre entre transmission, improvisation, virtuosité. Au fil des heures, de 19h à 4h, 9 rendez-vous (en 8 concerts et 1 film) se succèdent percussions persanes et indiennes, inflexions profondes de la voix, timbres du qanoun, de la lyra, du saranguî, du violoncelle ou encore de la flûte, dans une suite de tableaux musicaux intimes, festifs et contemplatifs. Le cycle s’achève à 3h, avec la projection de « Hâl », film hommage au joueur de Zarb, Djamshid Chemirani : le père emmène ses deux fils en Iran… dans un périple qui est un retour à la terre natale, qui mêle la relation père-fils et maître et élève…

Autour de Keyvan et Bijan Chemirani, se succèdent ainsi Vincent Segal, Christine Zayed, Dorsaf Hamdani, Dilshad Khan, Sokratis Sinopoulos, Prabhu Edouard et plusieurs autres invités… Tous célèbrent et partagent rythmes, chant, magie des timbres… dans la mémoire des traditions.

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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de La Cité Bleue à Genève : https://lacitebleue.ch/fr/evenements/2025-2026/la-nuit-bleue-orientale

 

 

déroulé
19h-20h : The Rhythm Alchemy
20h10-20h50 : Kama Kantu
21h-22h : Hayal et spirales
22h10-22h50: L’âme persane
23h-00h : Tarabi
00h30-1h30: Efren Lopez et Sylvain Barou
1h35-1h50 : Evanescent
2h-3h : Le rythme d cela parole / chants traditionnels et savants iraniens
3h-3h55 : Film « Hâl »
Pensée comme un parcours, cette nuit alterne grands concerts et moments plus libres, permettant au public de circuler, d’écouter, de s’attarder, de revenir.
Pour accompagner cette expérience, le Blue Note Café proposera une sélection de thés et de douceurs inspirés de différentes cultures orientales pendant la nuit.

 

GENEVE, La Cité Bleue
Billetterie ouverte aujourd’hui
10h – 12h14h – 16h
Avenue de Miremont 46
1206 Genève

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VENDÔME. Atelier d’Eté de la Vincenzo Bellini Belcanto ACADÉMIE : 25 – 28 août 2026. ROBERTO BENZI & VIORICA CORTEZ

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L’Atelier d’Eté de la Vincenzo Bellini Belcanto Académie se déroulera du 25 au 28 août 2026 à Vendôme. L’Académie lyrique du Concours Bellini offre une formation unique spécialisée dans l’art du belcanto romantique, c’est-à-dire cet art du chant spécifique qui comprend la période pré-verdienne [Rossini, Bellini]. L’enseignement est ouvert également au répertoire d’opéra en totalité. Ce STAGE est réservé aux chanteurs possédant un niveau professionnel et semi?professionnel.

 

 

Vendôme est une ville située dans la prestigieuse région des Châteaux de la Loire (trajet de 40mn par TGV direct depuis la Gare de Paris Montparnasse).

Cet été, les Stagiaires académiciens bénéficient des conseils de deux grands artistes internationaux : le chef d’orchestre Roberto Benzi invité spécial du Maestro Marco Guidarini [Président et co-fondateur de l’Académie] et la mythique mezzo-soprano Viorica Cortez, spécialiste du bel canto.

L’atelier offre aux chanteurs l’opportunité de perfectionner leur technique vocale sous la houlette de des deux grands artistes : interprétation, connaissance du répertoire, dramaturgie des rôles entre autres seront abordés.

Un Gala de clôture est prévu dans le prolongement de cet atelier exceptionnel, le 28 août en soirée, dans le cadre féérique des jardins suspendus du Château de
Vendôme.

 

 

INSCRIPTIONS
Perfectionnez Votre technique, enrichissez votre metier en participant au stage à Vendôme ; inscriptions ouvertes, adressez votre demande avec une biographie et un extrait sonore ou vidéo à : [email protected]

Attention les places sont limitées et traitées par ordre d’arrivée.  Ne tardez pas, seulement 8 stagiaires seront admis.

 

Plus d’informations sur :
https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/l-academie

 

 

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CRITIQUE, festival. HORSLEY, Grange Park Opera, le 13 juin 2026. VERDI : Don Carlo. O. Jorjikia, E. Pritchard, Matthew Rose, Michel de Souza… Jo Davies / Gianluca Marciano

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Don Carlo de Giuseppe Verdi reste l’une des explorations les plus saisissantes de l’opéra sur le pouvoir, la politique et la fragilité humaine. Rempli d’amour interdit, d’amitié, de trahison, de fanatisme religieux et de manœuvres politiques, il est aussi l’une des œuvres les plus exigeantes du compositeur, nécessitant six chanteurs principaux capables de soutenir un drame qui se déploie sur quatre actes d’intenses conflits musicaux et émotionnels.

 

La reprise par Grange Park Opera de la mise en scène de Jo Davies réussit parce qu’elle fait confiance aux personnages et à la musique de Verdi. Plutôt que de tenter de recréer l’ampleur monumentale associée aux plus grandes maisons d’opéra du monde, elle se concentre sur les personnes piégées dans cette histoire sombre et sur les conséquences de leurs choix. Le décor de Leslie Travers crée un monde lugubre et clos, fait de murs en bois sombre, d’entrées cachées et de perspectives rétrécies. Les personnages y semblent presque emprisonnés. Les éclairages atmosphériques d’Anna Watson utilise avec brio l’obscurité, la lumière des bougies et les ombres, renforçant l’idée que personne ne peut échapper ni au pouvoir politique ni à son destin personnel. Cette simplicité visuelle se révèle très efficace et, associée à la direction dramatique serrée de Davies, elle supprime tout besoin de décors grandioses ou de foules immenses.

La production n’est pas sans défauts. Certains changements de décor semblent inutilement longs et interrompent parfois l’élan dramatique que Verdi peine tant à installer. Plus grave, la fin introduit un acte de violence explicite que j’ai trouvé totalement inutile. Don Carlo possède déjà l’une des conclusions les plus ambiguës et obsédantes de tout l’opéra. Cette intervention supplémentaire m’a paru gratuite, réduisant plutôt qu’enrichissant le mystère et l’impact émotionnel des derniers instants.

Heureusement, le niveau musical est suffisamment élevé pour que ces réserves deviennent relativement mineures. Parmi les principaux rôles masculins, Michel de Souza en Rodrigo fut particulièrement impressionnant. Chanté avec chaleur et profondeur, son interprétation a su capter à la fois la noblesse et l’humanité du marquis de Posa. Son beau baryton alliait l’élégance à la conviction, faisant de Rodrigo le centre moral du drame. Son amitié avec Carlo semblait parfaitement crédible, et ses dernières scènes avaient un poids émotionnel authentique. Le grand duo d’amitié « Dio, che nell’alma infondere » fut l’un des moments musicaux forts de la soirée.

Matthew Rose a apporté une autorité considérable à Philippe II. Plutôt que de le dépeindre simplement comme un tyran, Rose a révélé la solitude et la vulnérabilité qui se cachent sous l’immense pouvoir du roi. Son grand air « Ella giammai m’amò » était émouvant et magnifiquement maîtrisé, présentant un homme qui peut commander un empire mais ne peut obtenir l’affection de ceux qui lui sont les plus proches. La basse riche de Rose et sa présence imposante ont rendu chaque apparition mémorable.

 

 

Julian Close a fait une impression tout aussi puissante en Grand Inquisiteur. D’apparence fragile mais terrifiant par son influence, son jeu a brillamment capté la capacité du personnage à dominer tout son entourage. La basse sombre de Close a traversé le théâtre avec une autorité glaçante, notamment lors de sa confrontation avec Philippe, où il devient parfaitement clair qui détient réellement le pouvoir dans cette société. Malgré la cécité et la faiblesse physique apparente du personnage, Close a créé une incarnation inoubliable de l’absolutisme religieux et de la menace institutionnelle.

Otar Jorjikia a relevé le défi de rendre Carlo sympathique malgré l’indécision fréquente et la volatilité émotionnelle du personnage. Son ténor a apporté une grande force au rôle, en particulier dans les grands moments dramatiques de l’opéra. Parfois, on aurait souhaité davantage de variations de couleurs et de dynamique dans les passages plus introspectifs, mais son engagement n’a jamais faibli, et ses scènes avec de Souza ont offert certains des moments dramatiques les plus forts de la soirée.

Parmi les femmes, Elin Pritchard a apporté chaleur, dignité et distinction vocale à Élisabeth. Son chant alliait l’élégance à la profondeur émotionnelle, et elle a couronné la soirée par une interprétation magnifiquement ciselée de « Tu che le vanità ». Sa voix reste constamment agréable sur toute sa tessiture, et son jeu équilibrait l’autorité royale avec une vulnérabilité touchante. Ruxandra Donose a livré une Eboli puissante, alliant intensité dramatique et sécurité vocale dans l’un des rôles les plus exigeants pour mezzo-soprano de Verdi. Son « O don fatale » fut l’un des moments marquants de la soirée, chanté avec un engagement et une force émotionnelle impressionnants. Harrison Chéné Gration a contribué avec un Moine mystérieux à la hauteur, tandis que Rosa Sparks a fait une impression saisissante en Voix du Ciel, son soprano radieux s’élevant sans effort au-dessus de la scène de l’auto-da-fé.

Dans la fosse, Gianluca Marcianò a obtenu un jeu engagé et élégant de l’Orchestre du English National Opera. Si les effectifs orchestraux réduits altèrent inévitablement une partie de la grandeur que Verdi avait imaginée, Marcianò a veillé à ce que les couleurs sombres et l’urgence dramatique de la partition restent pleinement intactes. Le Chœur de Grange Park a produit un poids sonore impressionnant chaque fois qu’il était sollicité.

Ce qui rend finalement ce Don Carlo si réussi, c’est sa concentration sur les personnages plutôt que sur le spectacle. L’univers visuel sombre de la production, la mise en scène soignée et l’éclairage atmosphérique créent un cadre puissant, mais c’est la force du chant qui reste le plus longtemps en mémoire. Le grand drame de Verdi vit ou meurt de la qualité de ses interprètes principaux, et Grange Park a réuni une distribution capable de rendre pleinement justice à l’un des chefs-d’œuvre les plus exigeants de l’opéra. Malgré des réserves sur la fin, ce fut une soirée captivante, musicalement distinguée, dominée par des performances solides de l’ensemble de la distribution et une compréhension profonde de la tragédie humaine qui se trouve au cœur de la partition de Verdi.

 

 

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CRITIQUE, festival. HORSLEY (Angleterre), Grange Park Opera, le 12 juin 2026. VERDI : Don Carlo. O. Jorjikia, E. Pritchard, Matthew Rose, Michel de Souza… Jo Davies / Gianluca Marciano. Crédit photographique (c) Matthew Rose

 

 

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CRITIQUE, concert. NICE, Théâtre de l’Opéra, le 13 juin 2026. BRUCH / BRAHMS. Akiko SUWANAI (violon), Orchestre Philharmonique de Nice, Lionel BRINGUIER (direction)

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Après avoir électrisé ces mêmes murs de l’Opéra Nice Côte d’Azur avec une retentissante Cinquième Symphonie de Chostakovitch en février dernier -, Lionel Bringuier a retrouvé sa ville natale, pour une série de concerts, ces 12 et 13 juin. Et quelle récidive ! Le jeune chef niçois aux deux casquettes – à la fois “Chef honoraire” de l’Orchestre Philharmonique de Nice et directeur musical de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège (phalange à la tête de laquelle nous l’avons entendu en début de saison dans l’écrin de la Salle Philharmonique de  Liége, puis à nouveau en février en ces mêmes lieux, avant de les retrouver ensemble en déplacement à Montpellier en avril dernier) -, a offert au public de Nice un concert d’une intensité rare, confirmant si besoin était l’étendue de son talent, en même temps que la complicité viscérale qui le lie aux musiciens de l’orchestre niçois.

 

En ouverture, « La Lampe de l’Arga’Haa » du jeune compositeur français Yann Plançon. Une création mondiale audacieuse, plongeant l’auditeur dans une atmosphère sombre et épique, directement inspirée par l’univers de la « dark fantasy ». Loin des pièces contemporaines absconses, Plançon assume une écriture très hollywoodienne, flamboyante et ciselée, où l’orchestre rugit, ou chuchote avant d’exploser en fresques grandioses. Lionel Bringuier en a magnifié chaque couleur, avec une direction toute cinématographique. Le public, conquis, a applaudi chaleureusement le jeune compositeur venu saluer à l’issue de cette courte mais dense pièce symphonique : une promesse à suivre de près !

Vint ensuite la révélation Akiko Suwanai dans le Concerto pour violon n°1 de Max Bruch. Dès l’attaque du premier mouvement (Allegro moderato), on est saisi par la fougue et la noblesse du propos, avec un violon qui chante large, et un vibrato généreux mais jamais sirupeux, en plus d’une articulation incisive dans les passages virtuoses. L’Orchestre Philharmonique de Nice, sous la baguette attentive de Bringuier, répond avec une rondeur moelleuse, soutenant la soliste sans jamais l’écraser. Le fameux premier thème, à la fois mélancolique et héroïque, est déployé avec une franchise émouvante : les doubles cordes crépitent, les gammes ascendantes s’élèvent comme des appels à la lumière. Ce premier mouvement – presque une introduction symphonique à elle seule – installe une tension, une fièvre romantique qui ne demande qu’à se résoudre. Mais le miracle intervient dans le sublime Adagio, qui s’avère un moment de temps suspendu, grâce à un phrasé d’une musicalité et d’une tendresse inouïes, des sons filés qui semblent naître du silence pour mieux toucher l’âme. Suwanai joue avec le temps : elle ne le mesure pas, elle le respire. Un Adagio à faire pleurer les pierres, où chaque note est un frisson partagé avec un public totalement sous le charme. A l’issue du dernier mouvement, ce dernier s’enflamme, à juste titre, et, devant les nombreux rappels, la violoniste offre en bis un mouvement rapide d’une des nombreuses Partitas de Bach.

 

 

En seconde partie de soirée était donnée la Deuxième Symphonie de Johannes Brahms. Dès les premières notes offertes par les cors, on sent que Bringuier va aller chercher cette lumière pastorale, cette allégresse tempérée par l’inquiétude romantique. Sa direction – fluide, dynamique, jamais pesante – a sculpté chaque phrase avec une clarté exemplaire. Les bois chantent, les cordes déferlent avec rondeur, et le finale explose dans une jubilation communicative. La phalange azuréenne a joué cette symphonie de manière à la fois précise, chaleureuse, et souveraine, pour une lecture qui n’oublie ni la mélancolie brahmsienne, ni l’ivresse solaire de cette partition.

Alors oui, vivement maintenant la saison 2026/27, car le bonheur ne va pas s’arrêter là : le jeune et brillant Lionel Bringuier sera en effet à la baguette de pas moins de quatre des sept concerts symphoniques programmés lors de la prochaine saison de l’Opéra de Nice. Une présence exceptionnelle, une confiance renouvelée, et pour le public niçois, une promesse de soirées aussi enthousiasmantes que celle-ci. On ne s’en plaindra pas, au contraire… et on les a déjà noté sur notre agenda !…

 

 

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CRITIQUE, concert. NICE, Théâtre de l’Opéra, le 13 juin 2026. BRUCH / BRAHMS. Akiko Suwanai (violon), Orchestre Philharmonique de Nice, Lionel BRINGUIER (direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Festival Opera, le 7 juin 2026. HAENDEL : Orlando. B. Taylor, A. Devin, K. Bray, A. Foster-Williams… Sinead O’Neill / Christopher Moulds

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L’Orlando de G. F. Haendel n’est pas un ouvrage facile à défendre. Son intrigue est glorieusement complexe, l’action s’interrompt souvent pendant qu’un personnage chante ses états d’âme pendant dix minutes, et l’œuvre se situe quelque part entre la pastorale romantique, le drame psychologique et la fantaisie la plus pure. Pourtant, la nouvelle production du Longborough Festival Opera plaide avec une remarquable force pour que l’œuvre soit jouée plus fréquemment, ne serait-ce que pour le plaisir vocal qu’elle procure.

 

Une grande partie de l’attention de cette mise en scène se concentre – et c’est légitime – sur la performance vocale captivante de Beth Taylor dans le rôle-titre. La mezzo originaire de Glasgow qui semble promise à de plus grandes scènes dans un proche avenir, possède un registre grave d’une grande chaleur, d’une grande souplesse et d’une grande puissance. Lorsque la jalousie et la rage d’Orlando éclatent, le son devient presque viscéral. Mais ce qui impressionne le plus, c’est l’ampleur des couleurs qu’elle apporte à son personnage. Un instant elle est un guerrier fanfaron, l’instant d’après un amant vulnérable, puis un homme qui perd peu à peu pied avec la réalité. Vocalement et dramatiquement, c’est une interprétation d’une rare intensité.

Il est important de souligner, cependant, qu’il ne s’agit pas d’un protagoniste solitaire. Dans l’Auditorium (intimiste) de Longborough, les chanteurs (et les musiciens) sont très exposés. Nulle part où se cacher. Chaque ligne vocale compte. Chaque expression est perceptible. Toute faiblesse devient immédiatement apparente. Pourtant, l’exploit de cette distribution est que les cinq chanteurs principaux relèvent magnifiquement le défi. L’Angelica d’Anna Devin a une véritable colonne vertébrale. Elle pourrait sembler n’être guère plus que l’objet des désirs de tous les autres, mais ici elle apparaît comme une femme qui fait des choix difficiles et les assume. Le Medoro de Katie Bray commence doucement et gagne en assurance tout au long de la soirée, révélant une confiance et une profondeur émotionnelle croissantes. La Dorinda de Kelli-Ann Masterson est un délice, apportant chaleur, humour et un pathétique authentique à un personnage dont les déceptions amoureuses pourraient facilement devenir répétitives. Le Zoroastro d’Andrew Foster-Williams allie autorité et juste pointe de malice, dirigeant les événements depuis la touche sans jamais s’en détacher.

 

 

La mise en scène de Sinéad O’Neill intrigue. Il n’y a pas cette agitation frénétique que les metteurs en scène semblent souvent obligés d’ajouter pendant les airs da capo. Avec la scénographe Anisha Fields et le chorégraphe Michael Ashcroft, elle crée un monde clairement artificiel mais émotionnellement convaincant. Particulièrement efficaces sont les trois figures fantomatiques et silencieuses qui accompagnent l’action. Elles glissent à travers le drame comme des manifestations du destin ou des impulsions subconscientes, n’étant ni tout à fait à l’intérieur ni tout à fait en dehors de l’histoire. Alors que l’esprit d’Orlando commence à se fracturer, elles semblent de plus en plus guider et diriger silencieusement les actions des personnages mortels, les poussant vers des décisions qu’ils ne peuvent éviter. C’est une idée simple mais efficace.

Le vrai défi avec Orlando, c’est qu’il peut ressembler moins à un drame qu’à une séquence d’airs brillamment écrits. Ce problème ne disparaît jamais complètement car il est inhérent à l’œuvre elle-même. Ce que cette distribution accomplit est assez impressionnant, car dz chaque air émerge naturellement du drame et y ramène. Le fil émotionnel reste ininterrompu. Christopher Moulds obtient de l’Academy of Ancient Music un jeu élégant et réactif, dont la contribution est cruciale. La partition de Haendel est pleine d’invention et de caractère, et l’orchestre en savoure chaque instant.

Le moment le plus mémorable de la soirée survient lors de la grande scène de folie d’Orlando, au troisième acte. Ayant tout perdu, il aspire à la mort. Accompagné par les textures orchestrales les plus épurées, Beth Taylor produit un chant d’une délicatesse et d’une vulnérabilité extraordinaires. La voix qui emplissait plus tôt le théâtre d’une rage ardente se réduit à un fil de son presque chuchoté, et dans la petite salle de Longborough, l’effet est électrisant. 

Haendel peut avoir du mal dans les grands opéras, où ces drames émotionnels intimistes peuvent sembler étrangement statiques. Longborough transforme cela en une force. Chaque sentiment est perçu. Chaque pensée compte. À la fin, ce qui reste, ce n’est pas seulement l’admiration pour la performance exceptionnelle de Beth Taylor – aussi impressionnante soit-elle – mais pour les cinq chanteurs, travaillant ensemble avec une remarquable constance et conviction. Ils transforment ce qui peut parfois sembler être une séquence d’essais vocaux en un morceau de théâtre musical véritablement captivant. 

 

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CRITIQUE, festival. MORETON-IN-MARSH, Longborough Opera Festival, le 7 juin 2026. HAENDEL : Orlando. B. Taylor, A. Devin, K. Bray, A. Foster-Williams… Sinead O’Neill / Christopher Moulds. Crédit photographique (c) Matthew Williams-Ellis.

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, Opéra Municipal, le 12 juin 2026. VERDI : Rigoletto. S. Catana, J. Osborn, R. Iniesta… Charles ROUBAUD / Paolo ARRIVABENI

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C’est une familiarité heureuse que propose l’Opéra de Marseille en reprenant aujourd’hui la production de Rigoletto de Giuseppe Verdi, créée en 2019 et signée par le metteur en scène marseillais Charles Roubaud. Sur le papier, le cru 2026 aligne pourtant des atouts neufs et flamboyants : à la tête d’un Orchestre de l’Opéra de Marseille survolté, le chef italien Paolo Arrivabeni imprime une lecture véhémente et solaire de la partition de Verdi, que portent également au plus haut un trio de chanteurs d’exception : Sebastian Catana dans le rôle-titre, John Osborn en Duc de Mantoue et la jeune Ruth Iniesta en Gilda;

 

Placé sous la baguette survoltée de Paolo Arrivabeni, grand habitué de la fosse phocéenne, la phalange marseillaise déploie le flux verdien avec une énergie solaire et tragique à la fois. Le maestro italien imprime des tempi fiévreux mais jamais brouillons, faisant chanter les bois, vibrer les cordes graves, et insufflant à la partition cette veine dramatique qui fait de Rigoletto un drame total. L’alchimie entre la fosse et la scène s’avère aussi constante que palpable.

En bossu difforme et amer, le baryton roumain Sebastian Catana (incarnant le rôle-titre) a dû affronter un défi supplémentaire : victime d’un petit accident intervenu avant cette 3ème représentation, il a tenu à chanter tout de même, mais en claudiquant du début à la fin. Si cette contrainte physique a nécessairement nui à la précision de son jeu d’acteur (certains déplacements sont apparus laborieux, quelques appuis moins assurés), son chant, lui, est resté miraculeusement intact, à l’exception cependant de quelques notes aux extrêmes de la tessiture – un aigu un peu serré ici, un grave moins projeté là –, sa ligne de chant a conservé son épaisseur tragique, sa vulnérabilité poignante. On en oubliait presque la boiterie, tant l’émotion passait par la seule voix.

Face à lui, le duc de John Osborn est toujours aussi royal. Son legato souverain, cette science de lier les notes sans jamais forcer, transforme le fameux air « La donna è mobile » en un pur objet de volupté vocale. Mais c’est surtout dans le quatuor du dernier acte que son art du phrasé, cette élégance naturelle, culmine. À ses côtés, la jeune soprano espagnole Ruth Iniesta campe une Gilda rayonnante de pureté et de fraîcheur. Sa voix agile, au timbre clair, monte vers les aigus avec une aisance désarmante, et tant son « Caro nome » que son « Tutte le feste al Tempio » déploient une dentelle de couleurs qui captive sans effort.

 

 

Et l’on ne peut qu’admirer le reste de la distribution. Le baryton-basse camérounais Maurel Endong, dans le rôe Comte Monterone, impressionne par l’autorité de son inflexion, tandis que le Sparafucile du chanteur wallon Patrick Bolleire, avec sa basse caverneuse et son allure patibulaire, instaure un vrai climat de malaise. La famille des courtisans – Marullo, Borsa et Ceprano, superbement campés respectivement par l’excellent baryton basque Gilen Goicoechea, le toujours sémillant Alfred Bironien, et l’indétrônable Jean-Marie Delpas – se montre aussi homogène qu’énergique, tandis que le Chœur (masculin) de l’Opéra de Marseille, très bien préparé par Florent Mayet, rugit avec une verdeur de ton bienvenue. De son côté, Laurence Janot prête à la Comtesse Ceprano une présence élégante, tandis que Marie Lenormand incarne une Giovanna d’une sobre noblesse, au legato maternel parfaitement adapté à son rôle de confidente. Mais c’est la Maddalena de la mezzo germano-turque Deniz Uzun qui crée l’événement. Dès son entrée, sa présence magnétique et sa voix exceptionnelle – à la fois charnue, cuivrée et d’une souplesse insolente – électrisent la scène. Son « Bella figlia dell’amore » devient un duel érotique et moqueur d’une intensité rare. On ne regarde qu’elle dès qu’elle apparaît, même dans un rôle pourtant secondaire.

Quant à la mise en scène du marseillais Charles Roubaud, elle s’avère assez sommaire avec comme élément principal de son dispositif scénique, une marotte géante à tête de bouffon, couchée sur le sol, dont l’apparence se modifie au fil des tableaux grâce à un travail subtil de projections vidéo sous forme de mapping. Selon les moments, cette effigie grotesque se pare de motifs de cour, d’ombres inquiétantes ou d’éclats rouge sang, accompagnant visuellement la déchéance du bouffon. Quant à la direction d’acteurs, las, elle apparaît bien sommaire, voire inexistante : les chanteurs évoluent souvent en stationnaires, les déplacements manquent de vie intérieure, et les grands moments de drame (la malédiction, la tempête) peinent à trouver une véritable incarnation scénique. Seule la claudication involontaire du héros apporte, par accident, une vérité que la mise en scène n’a pas su inventer… un comble !

Heureusement, la musique et les voix sont là, si puissantes qu’elles finissent par tout emporter. On sort de ce Rigoletto marseillais lessivé par la musique mené à train d’enfer par Paolo Arrivabeni, mais heureux, avec l’ivresse des grands soirs d’opéra. Une réussite qui doit tout à ses interprètes – et à une fosse au diapason.

 

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CRITIQUE, opéra. MARSEILLE, Opéra Municipal, le 12 juin 2026. VERDI : Rigoletto. S. Catana, J. Osborn, R. Iniesta… Charles ROUBAUD / Paolo ARRIVABENI. Crédit photographique (c) Camille Rovera

 

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CRITIQUE, récital lyrique. PARIS, Salle Gaveau, le 12 juin 2026. Récital Vivaldi. Ensemble Le Consort, Andreas SCHOLL (contre-ténor)

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Ce vendredi 12 juin, Andreas Scholl et l’ensemble Le Consort étaient réunis sur la scène de la Salle Gaveau. La rencontre de deux générations de musiciens qui s’inspirent mutuellement et dont le dénominateur commun est un intense plaisir de musique dans l’écrin d’une interprétation de haute volée. Justin Taylor a d’ailleurs rendu un vibrant hommage à Andreas Scholl en ouverture de concert, ne cachant pas son émerveillement d’être là, au cœur d’un projet qu’il y a un an encore, il n’aurait pas pensé possible. Andreas Scholl, quant à lui, nous a confié après le concert que la collaboration trouvée avec de jeunes musiciens est pour lui extrêmement galvanisante. Et c’est fort de cette synergie qu’ils nous ont offert un programme judicieusement conçu autour du répertoire d’Antonio Vivaldi (mâtiné d’ouvrages de J. S. Bach), autant virtuose qu’introspectif, exigeant un chant élégiaque, introverti, suspendu et à l’opposé vaillant et lumineux. Un répertoire qu’Andreas Scholl nous a fait, par le passé, tant aimé par la beauté du timbre, une technique impeccable et la vigueur de l’interprétation. Un répertoire dans lequel Le Consort fait également merveille du haut de ses jeunes années. Et au cœur de ce programme, un joyau : le Stabat Mater pour alto solo du maître vénitien – dont Andreas Scholl est un interprète phare depuis de nombreuses années, conjuguant intensité du chant et art du dire. 

 

Dès l’ouverture, dans le Concerto Grosso et la Sonata a quatro, et plus encore dans l’introduzione al Miserere, à l’unisson avec la voix d’Andreas Scholl, Le Consort fait la démonstration éclatante des qualités propres à chaque soliste. Quelle merveille d’équilibre, quelle liberté dans ces Follia ou ces quasi-improvisations sur le fil. Comme à son habitude, Justin Taylor nous offre toute une palette de nuances au clavecin dans un jeu à la fois expressif et aéré. Et que dire des violons de Sophie de Bardonnèche et Roxana Rastegard et de leur ostinati envoûtants dans « Eia Mater, fons amoris », et de leurs pizzicati qui donnent le frisson dans « Fac ut ardeat cor meum » extrait du Stabat Mater. Géraldine Roux à l’alto, Arthur Cambreling au violoncelle et Thomas de Pierrefeu, viennent ajouter leurs couleurs à l’alchimie de ces cordes inspirées.

Andreas Scholl ne cessera jamais de nous surprendre. Quel est donc le secret de la longévité de cette voix ? D’abord, et avant tout, une technique infaillible qui fait de lui le maître d’un art du chant exceptionnel. Et évidemment la beauté du timbre et l’intelligence de l’interprétation dans laquelle chaque mot et sa musicalité intrinsèque sont ciselés en virtuose. Andreas Scholl délivre son chant sans maniérisme emprunté et fioriture inutile. Ses phrasés sont des modèles de nuances, mettant en lumière les intentions du texte chanté. Et l’on goûte alors à l’envi cet art du dire qui transcende l’interprétation spécialement dans l’aria et le recitativo du « Widerstehe dich der sunde » de Bach. Oui, Bach est ici associé à Vivaldi. La proximité des deux compositeurs n’est pas d’emblée évidente. Mais prenant à son tour la parole, Sophie de Bardonnèche nous a rappelé, non sans une pointe d’humour, qu’il existe toutefois une connexion, de par des cantates de Vivaldi retrouvées dans la bibliothèque de Bach, que ce dernier avait lui-même recopiées

Mais c’est sans nul doute  dans le Stabat Mater de Vivaldi qu’Andreas Scholl se distingue. L’interprète donne là toute la force de son talent dotant son timbre alors vibrant d’intensité et de densité expressive. Le chant où tout est dit et qui donne à voir par sa force propre. Voilà finalement une belle leçon qui remet la virtuosité à sa juste place, et l’humain au centre de tout. Le chant est d’abord une affaire d’âme. Et nous y sommes précisément. Rare est cette voix d’une élégance si subtile, savant équilibre entre naturelle aisance et maîtrise technique, sans pyrotechnie inutile ni démonstration narcissique dans les vocalises. Andreas Scholl aime également agrémenter ses interprétations de petites touches très personnelles, ainsi dans l’aria « Ah, ch’infelice sempre » extrait de la cantate « Cessate, omai cessate » de Vivaldi, pièce finale du concert, le contre-ténor abandonnant momentanément la voix de tête pour une tonalité grave de baryton, détonante, mais au combien suave, suscitant la surprise et la joie d’un public entièrement conquis. Avec une telle énergie et une envie sans cesse renouvelée, au contact désormais d’une nouvelle génération de musiciens, le contre-ténor promet de nous offrir encore, à notre plus grand plaisir, de belles heures musicales !…

 

 

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CRITIQUE, récital lyrique. PARIS, Salle Gaveau, le 12 juin 2026. Récital Vivaldi. Ensemble Le Consort, Andreas SCHOLL (contre-ténor). Crédit photographique (c) Brigitte Maroillat

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Philharmonie de Paris, 12 juin 2026. BRITTEN : War Requiem. E. Stikhina (soprano), J. Behr (ténor), F. Boesch (baryton-basse), Maîtrise de Radio France, Choeur de Radio France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Mirga GRAZINYTE-TYLA (direction)

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Radio-France a été bien avisée de confier la charge de Premier Chef invité de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France à la cheffe d’orchestre lituanienne Mirga Grazinyté-Tyla pour une durée de trois ans. Le concert de ce 12 juin – dédié au célèbre War Requiem de Benjamin Britten – en est la preuve éclatante, la direction musicale de Mirga Grazinyté-Tyla ayant permis de faire de cette soirée un exceptionnel et rare moment de musique et de recueillement.

 

Il est vrai que l’œuvre interprétée ce soir constituait une réelle occasion d’unir les forces vocales de Radio-France autour de son Orchestre Philharmonique. Le War Requiem a été composé par Benjamin Britten (1913-1976) durant l’année 1961, et il a été créé le 30 mai 1962 pour la consécration de la nouvelle cathédrale de Coventry qui avait été entièrement détruite en décembre 1940 par les bombardements nazis. Mais les sources d’inspiration, la conception de cette œuvre, vont bien au-delà de cette consécration – et même d’une commémoration funèbre de la guerre.

L’ouvrage, qui n’est pas liturgique, repose en effet sur deux textes qui se conjuguent et s’éclairent l’un l’autre : ceux de la messe latine et ceux empruntés à un jeune poète et soldat Wilfred Owen, tué au combat une semaine avant l’Armistice de la Première Guerre mondiale, le 4 novembre 1918. “Quelles cloches sonnent pour ceux qui meurent comme du bétail ? Seule la colère monstrueuse des canons. Seul le crépitement saccadé des fusils peut murmurer leurs prières hâtives” écrit-il – extrait d‘une Antienne pour une jeunesse condamnée chanté par le ténor. Profondément et personnellement marqué par la guerre, Britten a nourri son œuvre d’une réflexion sur la guerre et la mort : “Je suis l’ennemi que tu viens de tuer, mon ami. »…

Britten a fait appel à un orchestre à l’effectif pléthorique (pas moins de huit contrebasses ce soir) qui accompagne la soprano, l’orchestre et le grand chœur mixte qui interprètent le texte de la Messe de Requiem. Le compositeur a aussi fait appel à un orchestre de chambre qui accompagne un ténor et une basse incarnant deux soldats, sur les poèmes d’Owen. Enfin, un Chœur de garçons complète l’ensemble, accompagné par l’orgue. Alternant des pianissimi presque inaudibles, et comme psalmodiés, avec les fracas tels ceux du Tuba Mirum ou du Dies Irae, Britten a composé une musique inquiète, dépourvue de toute emphase, mais d’un seul élan spirituel, désespéré et parfois tendre. 

 

 

La distribution a permis de faire de ce concert un moment mémorable de musique. Les deux solistes, principalement le ténor Julien Behr et le baryton-basse Florian Boesch, tous deux réellement habités par ces textes, sont pour beaucoup dans la réussite de cette soirée – auxquels doit être associée la soprano Elena Stikhina. Le Chœur de Radio-France, dont on n’oubliera pas de si tôt les sublimes passages piano, a aussi largement contribué au succès de cette soirée. La Maîtrise de Radio-France, perchée dans les balcons de la Philharmonie et remarquablement préparée par Sofi Jeannin, a également apporté un supplément d’âme.

Enfin, jamais le « Philar » – comme on le surnomme familièrement – n’ a paru si engagé,  et si musicalement  homogène. La direction musicale de Mirga Grazinyté-Tyla s’est révélée exceptionnellement juste et maîtrisée. Elle a révélé toute la puissance de cette œuvre, tout en préservant son émouvante intériorité.

 

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Philharmonie de Paris, 12 juin 2026. BRITTEN : War Requiem. E. Stikhina (soprano), J. Behr (ténor), F. Boesch (baryton-basse), Maîtrise de Radio France, Choeur de Radio France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Mirga GRAZINYTE-TYLA (direction). Crédit photographique (c) Christophe Abramowitz / Radio France

 

 

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SOLOGNE. Du 5 au 11 juillet 2026. 2ème CONCOURS DE CHANT INTERNATIONAL SUMI JO / SUMI JO INTERNATIONAL SINGING COMPETITION

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La 2ème édition du Concours Sumi Jo [Sumi Jo international singing Competition] s’annonce particulièrement prometteuse, l’équipe organisatrice confirmant un niveau artistique parmi les jeunes compétiteurs, au moins égal au premier concours de 2024, qui était déjà très élevé.

 

 

C’est dire. Le concours aura lieu cet été du 5 au 11 juillet 2026 au château de La Ferté-Imbault [41300], en SOLOGNE [Loir et Cher].

La célébrissime soprano coréenne, au timbre si bouleversant, révélée par le légendaire Karajan, reste un modèle de subtilité vocale ; un standard qui doit inspirer et stimuler la jeune génération de chanteurs. SUMI JO s’engage en faveur de la transmission, soucieuse d’encourager et aussi d’accompagner les jeunes interprètes pour leur accomplissement artistique. Le Concours lyrique qu’elle a décidé de créer dans l’hexagone s’est fixé ces objectifs : encourager, distinguer, accompagner…

Cette 2ème édition 2026 a suscité un grand engouement, recevant comme en 2024,  près de 500 candidatures provenant d’une cinquantaine de pays. Cette réponse confirme le rayonnement international du Concours Français qui propose des récompenses très enviables : 50 000 euros [1er prix], 20 000 euros [2ème Prix] et 10 000 euros [3eme Prix].

Sélections, finales et gala sont ouverts au public. Déroulement : 6,7,8 juillet à 20h, récital [sélection]. Petite Finale le 9 [avec cocktail dans la cour d’honneur du château – durant cette soirée, le public choisira un gagnant qui participera à la grande finale du lendemain] ; grande Finale le 10 [avec remise des prix dans la galerie des miroirs, après délibération du jury] ; enfin soirée de gala le 11 juillet [20h].

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Découvrez les plus belles voix lyriques d’aujourd’hui... dans le cadre enchanteur du château de La Ferté-Imbault, en Sologne.

Réservez vos places directement sur le site de la SUMI JO INTERNATIONAL SINGING COMPETITION 5 – 11 JUILLET 2026 :
https://sumijo-isc.com/billetterie

[pass semaine, tickets piur tous les soirs : 180 euros].

Toutes les infos, la Billetterie, le déroulement des épreuves jusqu’aux deux finales et au Gala… : https://sumijo-isc.com/

 

 

 

 

entretien

 

ENTRETIEN avec SUMI JO, à propos du Concours international de Chant SUMI JO, édition 2026 (juillet 2026)

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CRITIQUE, festival. PARIS, 7ème Festival « Résonances » (Sainte-Chapelle), le 8 juin 2026. Vanessa WAGNER (piano), Arthur H (lectures de poèmes). Rimbaud, Prévert, Bonnefoy, Glass, Susman, Dalibert…

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Ce 8 juin, la Sainte-Chapelle de Paris – avec sa verticalité de pierre et de lumière – offrait un écrin toujours aussi exceptionnel à la 7ème édition du Festival « Résonances » (du 5 au 29 juin cette année, et toujours placé sous la férule d’EUROMUSIC, avec le concours artistique de Paul Rouger), ce festival audacieux dédié à toutes les formes de claviers… mais ouvert aussi à la Voix. Et quelle voix que celle d’Arthur H, ce soir accompagné par la fabuleuse pianiste Vanessa Wagner, dans des musiques et poèmes des 19e et 20e siècles !

 

Durant 55 minutes d’un temps suspendu, la pianiste Vanessa Wagner et le chanteur-conteur Arthur H ont proposé une traversée singulière, hors des sentiers battus, où la musique et les mots se répondaient en symbiose. Devant un public conquis, les deux artistes ont fait de la scène un espace de liberté, gommant les frontières entre le clavier et la parole.

Vanessa Wagner a déployé un jeu à la fois limpide et profondément charnel, explorant les territoires du minimalisme et de l’avant-garde américaine. Elle a fait voyager l’auditeur dans des œuvres où le son devient matière, répétition, souffle, avec notamment des pièces de Philip Glass, d’abord avec Opening (une entrée en apesanteur), puis d’autres comme Metamorphosis 2, et les Études 5, 6 et 9 – ces dernières faisant vibrer chaque arpège comme une respiration cosmique. Elle a poursuivi avec des musiques de Suzanne Ciani (Inverness) : nappes électroniques transfigurées par le piano, entre Méditerranée et océan, de Bryce Dessner (Ornement) : une dentelle rituelle où la répétition devient variation – ou encore de William Susman et Harold Budd : deux plages d’économie lumineuse, révélant une intensité rare. Mais également Melaine Dalibert, avec une œuvre suspendue entre silence et résonance. À chaque motif, Vanessa Wagner offrait une respiration, une densité, une lumière. La pulsation hypnotique de Glass s’alliait aux explorations vocales de Dessner dans une esthétique où chaque note semblait dire l’essentiel.

À ses côtés, Arthur H n’a pas « illustré » la musique : il l’a épousée. Il a investi les textes avec une présence singulière, entre narration, poésie et incantation. Sa voix grave et chaude a fait surgir des images, des atmosphères, des fragments de sens qui prolongeaient et transformaient l’écoute. Au fil du concert, les poèmes se sont succédé en écho aux pièces pour piano, avec Jacques Prévert (dont la gouaille tendre a rencontré l’épure de Glass), Yves Bonnefoy et Philippe Jaccottet (et leurs méditations suspendues), Gherasim Luca et Joe Bousquet (et leurs vers empreints de blessures et d’incantation), Gaston Miron (la terre québécoise en résonance avec la répétition minimaliste), mais aussi trois poèmes d’Arthur H lui-même – dont le dernier, offert en bis, sur une musique de Tetsuya Yamamoto. Mais le point d’orgue de la soirée fut certainement le dernier poème, le fameux « Quoi ? L’Éternité… » d’Arthur Rimbaud – cette strophe murmurée comme une confidence, reprise dans un souffle partagé avec le piano de Vanessa Wagner en interprétant une des Etudes de Glass : la mer mêlée au soleil, la voix et le clavier fondus dans une seule vibration.

À la fin, l’ovation a salué ces deux artistes qui, chacun à leur manière, ont fait de la Sainte-Chapelle non seulement un monument gothique, mais une oreille géante tournée vers l’éternité de l’instant. Un grand succès public pour ce concert hors normes, et une preuve éclatante que la 7e édition de « Résonances » tiendra toutes ses promesses. Vivement maintenant les prochains rendez-vous, comme celui avec Julie Depardieu lisant Colette (avec Dana CIOCARLIE au piano et Gaëtane PROUVOST au violon, le 13 juin), le 4 Mains réunissant Vanessa WAGNER et Béatrice BERRUT (le 15 juin), l’étonnant duo entre Julien BEAUTEMPS à l’accordéon et Thomas BRIANT au violon (le 22 juin), tandis que le concert de clôture réunira Jean-Luc HO (au clavecin) et les Solistes Français en trio (Paul Rouger au violon, Vincent Dormieu à l’alto et David Harlé au violoncelle) pour une interprétation INEDITE des célébrissimes Variations Goldberg de Bach. A vos agendas !…

 

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CRITIQUE, festival. PARIS, Sainte-Chapelle, le 8 juin 2026. Vanessa WAGNER (piano), Arthur H (lectures de poèmes). Rimbaud, Prévert, Bonnefoy, Glass, Susman, Dalibert… Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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CRITIQUE CD événement. Sharad GOULAM, Gabriel FIELD : ÉCHOS. Fiona et Chiara Alaimo (1 cd Da Vinci classics, 2025)

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Dans un agencement sonore qui a été validé par les deux compositeurs eux-mêmes (Sharad Goulam et Gabriel Field), les jumelles Fiona et Chiara Alaimo s’affranchissent de toute entrave et expriment librement, chacune, seule au clavier, l’essence poétique des œuvres successives, leur impérieuse activité, leur cheminement harmonique spécifiquement suggestif. L’approche bénéficie évidemment du dialogue qui s’est établi préalablement et pendant l’enregistrement entre les auteurs et leurs interprètes. La trajectoire produite relève d’un parcours unitaire, d’une grande force homogène, tant les deux écritures se répondent et se rapprochent avec cependant, dans un même raffinement formel, une inspiration et des natures distinctes… cohésion sonore et personnalités vivaces. L’équation n’était pas facile à relever : mais les deux interprètes la réalisent sans tension.

 

 

 

 

Coup d’envoi avec la conquérante et suractive Toccata de Sharad Goulam, ici jouée par Fiona (après tirage à la courte paille, lire notre ENTRETIEN avec les deux pianistes : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-fiona-et-chiara-alaimo-a-propos-de-leur-nouvel-album-echos-dialogue-on-contemporay-piano-music/) : fougue virtuose à la Liszt qui fusionne mélodie et rythme dans une cathédrale hallucinée, trépidante dont le tempérament de la pianiste fusionne ampleur, entrain mais aussi formidable élasticité nuancée dans le sens d’une irrépressible euphorie. Les 8 Chorals de Gabriel Field, contrastent évidemment par leur intimisme suspendu, …rêveur sous les doigts de Chiara. Chacun semble questionner et interroger le sens profond de la vibration et de la longueur du son, comme séduisant (mais vainement) l’ombre pour qu’en surgisse une clé plus lisible… autant d’échappées instables qui contrepointent subtilement avec les harmonies « étranges »; elles aussi  interrogatives des Chorals 5 et 6…
Dans ce tunnel intranquille qui vacille, le surgissement d’Arabesque de Goulam s’inscrit naturellement comme un prolongement développé et une synthèse du cycle de Field qui a précédé. Le passage est comme souvent très réussi.

Gabriel Field dans ses 4 Berceuses (fluides et d’une insouciance enfantine) comme dans les 3 Pièces joyeuses (d’une calme gravité) déploie tout un imaginaire « minimaliste », aux couleurs sombres voire souterraines, »fatalistes » (Pièces joyeuse n°1), pour reprendre les mots de deux pianistes, dont l’harmonie devient une couleur plutôt qu’une tension appelant la résolution. Tout œuvre dans ces errances poétiques à diluer le temps réel (divagation de la n°3) ; l’écoute bascule dans un onirisme libéré de tout cadre et pression. Dans un renversement libérateur.
Un même itinéraire harmonique incertain, lunaire, presque lugubre, marque le développement de « Marche » ou des 2 Nocturnes (aux mouvement de balancier hypnotique) de Sharad Goulam.
Il est bien indiqué de terminer ce parcours suspendu, harmoniquement suggestif avec une pièce aux voluptés absentes jusque là, heureuses, comme rassérénées : « Péché d’époque » de Gabriel Field (joué par Fiona Alaimo) exprime une libération et une détente d’une irrésistible plénitude sonore grâce au jeu tout en souplesse de Fiona Alaimo. Comme un effet de miroir, les deux pianistes Fiona et Chiara semblent tout comprendre et tout dévoiler des écritures de deux compositeurs contemporains; elles en explorent les divers reliefs expressifs avec d’autant plus d’entrain et de finesse que chaque composition coule et se déploie dans un geste naturel, spontané. Le choix du piano, parfaitement réglé, aux graves puissants et profonds, aux aigus ronds, ajoute à la pleine réussite du programme.

 

 

 

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LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Fiona et Chiara ALAIMO : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-fiona-et-chiara-alaimo-a-propos-de-leur-nouvel-album-echos-dialogue-on-contemporay-piano-music/

LIRE aussi notre présentation du cd ECHOS par Fiona et Chiara Alaimo : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-goulam-field-echos-fiona-et-chiara-alaimo-1-cd-da-vinci-classics-2024/
Par affinité, deux compositeurs d’aujourd’hui, qu’une amitié ancienne rapproche, sont associés dans un même album ; leurs œuvres, ici remarquablement réalisées par deux sœurs pianistes : Fiona et Chiara Alaimo. Le titre du programme édité par le label Da Vinci classics, « ECHOS », souligne les correspondances entre les deux écritures, entre les deux imaginaires.
A travers « un engagement commun pour la tonalité́ et la modalité, pour une harmonie coloriste, à la pointe expressive de la dissonance, il en résulte une suite qui s’inscrit comme un dialogue de tempéraments, un enchaînement d’échos où le geste rencontre la rêverie et où la substance frôle l’ombre. » Le duo à quatre mains déploie flexibilité et nuances ; s’immiscent dans la texture profonde de chaque partition pour en exprimer la direction, les pulsions motrices, la force et la poésie.

 

 

agenda

Vendredi 12 juin 2026 à 20h Fiona et Chiara Alaimo jouent au festival Les Pianissimes de Lyon : https://www.pianissimes.org/concert/chiara-et-fiona-alaimo/

Programme : W.A. Mozart : Sonate pour deux pianos en ré majeur K.448 / T. Ysaÿe : Variations pour deux pianos op.10 / D. Chostakovitch : Concertino pour deux pianos op.94 / M. Ravel : La Valse (version pour deux pianos)

 

 

 

Photo © Tom de Beuckelaer

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CD événement, annonce. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

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Un Weber chambriste qui capte les émotions les plus intimes de l’âme humaine… L’ensemble Hexaméron à l’occasion des 200 ans de la mort du compositeur romantique, dévoile la part méconnue de l’auteur du Freischütz : un auteur inspiré par la poésie intérieure qui redéfinit un nouveau cadre musical et suscite une autre écoute, celle des salons dans une proximité revivifiée, d’autant plus expressive ici grâce au choix des instruments et clavier historiques et dans des arrangements inédits, révélateurs.

 

 

 

Pour les 200 ans de la mort de Carl Maria von Weber (1826–2026), en 2026, l’Ensemble Hexaméron son 2è cd : un portrait intime du compositeur façonné comme un « parcours » dévoilant plusieurs “Weber” à la fois. Hexaméron réalise ainsi plusieurs arrangement (dans le style du début XIXè) : sa marque de fabrique désormais, faisant dialoguer pièces de chambre, pages écrites pour des effectifs plus larges, adaptées à l’ensemble.
Les instrumentistes ajoutent en outre les couleurs spécifiques d’instruments historiques, dont le piano Rosenberger de 1825, évoquant de près, l’écoute et l’atmosphère chambriste des salons de musique.

Au programme : deux œuvres majeures, abordées depuis longtemps, forment le cœur du programme : le Trio op. 63 pour flûte, violoncelle et piano, et le Konzertstück op. 79 dans une version … arrangée ; la Sonate op. 10 no. 2 pour violon et piano. Mais aussi des extraits lyriques (précisément d’Oberon, chef d’œuvre de la dernière maturité), des lieder et plusieurs airs écossais (Scottisch airs) également tardifs, grâce à la participation de deux chanteurs : la mezzo-soprano Coline Dutilleul et le baryton David Witczak.

L’Ensemble Hexaméron est composé de Luca Montebugnoli, piano historique et direction artistique ; Roldán Bernabé Carrion, violon ; Nicolas Bouils, flûte ; Amaryllis Jarczyk, violoncelle).

 

 

 

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CD événement, annonce. WEBER – Eine Welt in meinem Innern / Tout un monde en moi-même, Ensemble Hexaméron, Luca Montebugnoli (1 cd Paraty)

 

VISITEZ aussi le site de l’ensemble : https://www.hexameron.fr/

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VIDÉOS WEBER par Hexaméron

 

 

PLAYLIST 3 vidéos
https://www.youtube.com/playlist?list=PLW-mvtLrvBew

 

WEBER — Eine Welt in meinem Innern | Trio op. 63
https://www.youtube.com/watch?v=wPSvC9oyvsE&list=PLW-mvtLrvBew&index=1
Trio for Piano, Flute, and Cello in G Minor, Op. 63, J. 259 I. Allegro moderato – Ensemble Hexaméron

 

WEBER — Eine Welt in meinem Innern | Treue :
https://www.youtube.com/watch?v=FEzyl8DUClA&list=PLW-mvtLrvBew&index=2

Schottische National-Gesänge, J. 295–304 (1825) 21 IX. «Treue», (J. 303; German text by Friedrich Kuhn) Interprètes : David Witczak, baritone / Luca Montebugnoli, fortepiano Nicolas Bouils, flute Amaryllis Jarczyk, cello Roldán Bernabé-Carrión, violin

 

WEBER — Eine Welt in meinem Innern | Schreckensschwur
https://www.youtube.com/watch?v=TyIm7ldE_ms&list=PLW-mvtLrvBew&index=3
Carl Maria von Weber : Oberon, or The Elf King’s Oath, Op. 81, J. 306 Arranged for Piano, Flute, Violin, and Cello by Ensemble Hexaméron Act I: aria «Schreckensschwur! – Dein wildes Quälen» / Interprètes : Coline Dutilleul, mezzo-soprano ; Luca Montebugnoli, fortepiano Nicolas Bouils, flute Amaryllis Jarczyk, cello Roldán Bernabé-Carrión, violin

https://www.youtube.com/watch?v=TyIm7ldE_ms&list=PLW-mvtLrvBew&index=3

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CRITIQUE, festival. VILLENEUVE-LES-MAGUELONE, 43ème Festival de Musique Ancienne à Maguelone (Théâtre Jérôme Savary), le 9 juin 2026. « Le Rossignol et l’Empereur de Chine ». Ensemble La Rêveuse, Cécile Hurbault (marionnettes et mise en scène)

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Depuis le 4 juin (et jusqu’au 12), la 43ᵉ édition du Festival de Musique Ancienne de Maguelone a pris ses quartiers sous la voûte millénaire de la Cathédrale de Maguelone  – mais aussi dans des lieux alentour, avec une ambition aussi simple que lumineuse : explorer les « Résonances ». Non pas les échos austères d’un passé figé, mais les dialogues vivants entre musique savante et traditions populaires, entre l’écrit et l’oral, entre l’Orient rêvé et l’Europe baroque. Cette année, le festival est resté fidèle à son histoire en invitant le grand Jordi Savall pour une clôture en apothéose (le 12 juin) autour des fameuses Folías. Mais le festival languedocien a également ouvert une scène aux jeunes pousses avec l’Ensemble Théodora, et surtout osé une heureuse incursion dans le théâtre musical familial, au Théâtre Jérôme Savary de Villeneuve-les-Maguelone en ce mardi 9 juin (sans doute aucun l’un des temps forts de cette édition 2026…) : Le Rossignol et l’Empereur de Chine, proposé par l’Ensemble La Rêveuse.

 

Le pari était audacieux : mêler le conte d’Andersen, l’esthétique baroque européenne, et une sensibilité de marionnettiste digne des plus grandes lanternes magiques. La Rêveuse, formation dont on ne vante plus la justesse de ton et l’intelligence des programmes, s’est entourée de la metteuse en scène Cécile Hurbault – qui signe également un bestiaire de marionnettes d’une fragilité bouleversante – et du compositeur Vincent Bouchot, lequel a agi en « regard extérieur » avec une discrétion féconde. Et le résultat tient du bijou d’orfèvrerie et de la fable universelle !…

Sur la scène imaginée par Ludovic Meunier – un espace épuré, entre cabinet de curiosités et volière de songe –, trois musiciens d’exception font chanter des cordes et des flûtes de toutes sortes. Florence Bolton, à la basse et au pardessus de viole, tisse un tapis sonore où la gravité le dispute à la grâce. Benjamin Perrot, au théorbe et à la guitare baroque, fait pleuvoir des arpèges comme des gouttes de lumière, tandis que Kôske Nozaki, véritable enchanteur, passe de la flûte baroque aux flageolets d’oiseaux avec une dextérité qui semble imiter la nature elle-même. Quand il fait chanter ses petites flûtes en forme de passereaux, on jurerait entendre le jardin de l’Empereur s’éveiller sous nos yeux !…

Car c’est bien là le prodige de ce spectacle : la musique ne soutient pas l’histoire, elle l’incarne. L’Empereur, prisonnier de sa mécanique de cour, oppose le rossignol vivant – chant irrégulier, imprévisible, presque fragile – à l’oiseau artificiel couvert de joyaux. Vincent Bouchot insuffle à cette fable une lecture baroque assumée : il ne s’agit pas d’un simple conte moral, mais d’une méditation sur l’âme, la vérité du geste artistique et le pouvoir de l’écoute. Quand le rossignol de bois (une marionnette d’une beauté froide) rivalise avec le petit oiseau de chiffon et de plume animé par Cécile Hurbault, le public – petits et grands – retient son souffle. Le drame se joue à hauteur d’enfant, mais sa portée est vertigineuse.

 

 

La mise en scène, d’une économie raffinée, laisse toute sa place au son. On n’ajoute rien au texte d’Andersen (adapté avec justesse) que ce que la musique baroque peut dire de mieux : les danses populaires anglais mêlées aux lamenti italiens et des airs de cour, le tout interprété avec cette flamme que l’on reconnaît à La Rêveuse (que l’on retrouvera bientôt au Festival Valloire Baroque) où l’érudition ne tue jamais l’émotion. Le regard de Vincent Bouchot, compositeur d’aujourd’hui plongé dans les répertoires d’hier, garantit que cette promenade entre Chine imaginaire et Europe des Lumières ne tombe jamais dans la carte postale. Il y a un souffle, une respiration, une façon de suspendre le temps.

À la fin, quand le véritable rossignol – toujours la petite marionnette, toujours Kôske Nozaki aux flageolets – triomphe de l’automate, et que l’Empereur, vaincu par sa propre solitude, murmure son aveu d’humanité, on entend dans la salle un silence chargé d’émotion – avant que les applaudissements n’éclatent, nourris de cette joie rare qu’offre un spectacle où la beauté sonore, la poésie visuelle et l’intelligence du propos ne faisaient qu’un !

 

 

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CRITIQUE, festival. VILLENEUVE-LES-MAGUELONE, 43e Festival de Musique Ancienne (Théâtre Jérôme Savary), le 9 juin 2026. « Le Rossignol et l’Empereur de Chine ». Ensemble La Rêveuse, Cécile Hurbault (marionnettes et mise en scène). Crédit photographique (c) Roman Josa

 

 

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CRITIQUE, opéra (en version concertante). PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 7 juin 2026. HAENDEL : Ariodante. M. Kozena, E. Baikoff, S. Patchornik, C. Dumaux, E. Gonzalez-Toro, J. A. Lopez… La Cetra Barockorchester Basel, Andrea Marcon (direction)

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Issu de la plume fantastique de Ludovico Ariosto, l’histoire d’Ariodante occupe une partie des chants V et XVIII de la geste de son Roland Furieux : Ariodante n’est finalement qu’un satellite quelque peu « exotique » du roman renaissant. Cependant, l’histoire du combat entre l’innocence et l’infamie a bouleversé très tôt les librettistes du baroque pour raconter sous toutes les coutures cette histoire écossaise. Ariodante et son aimée Ginevra verront leur histoire mise en opéra jusqu’au tournant du XIXème siècle, avec Méhul en 1799 et Mayr, le maître de Donizetti, en 1801. La plus célèbre adaptation est celle que Georg Friedrich Haendel a créé en 1735 pour le fameux castrat Giovanni Carestini et la cantatrice Anna Maria Strada del Pò. 

 

Dans la saison déclinante et solaire du Théâtre des Champs-Élysées, cet Ariodante en version de concert nous a pourtant offert une véritable incarnation dramatique, avec une distribution de très haut vol autour de la direction d’Andrea Marcon et de l’ensemble baroque La Cetra Barockorchester Basel avec notamment Magdalena Kožená dans le rôle-titre, Christophe Dumaux en Polinesso et Erika Baikoff en Ginevra. D’emblée, une évidence s’impose : la soirée appartient aux chanteurs. Chez Haendel, tout naît de la voix, tout retourne à elle, et rarement le génie du compositeur aura trouvé des serviteurs aussi engagés.

Le phénomène de la soirée se nomme sans conteste Christophe Dumaux. Le contre-ténor français atteint ici un sommet d’art dramatique. Son Polinesso, déjà remarquable sur la scène du Palais Garnier en début de saison, n’est plus seulement le méchant de l’intrigue : il devient une force obscure, magnétique, presque shakespearienne. Chaque récitatif est sculpté avec une intelligence du texte exceptionnelle ; chaque aria déploie une palette de couleurs vocales fascinante. Christophe Dumaux possède cette capacité rare à faire entendre simultanément la séduction, la perversité et la fragilité du personnage. La projection demeure souveraine, les vocalises mordent avec une précision diabolique, mais c’est surtout l’autorité théâtrale qui sidère. Même privé de mise en scène, il occupe l’espace comme peu d’artistes aujourd’hui. On ne l’écoute pas : on le regarde chanter et on s’émerveille. Et pourtant, l’émotion la plus profonde vient peut-être d’ailleurs.

Car la révélation absolue de cette exécution est la jeune soprano étasunienne Erika Baikoff : la chanteuse offre une Ginevra d’une intensité bouleversante. La voix possède cette luminosité argentée qui semble flotter naturellement au-dessus de l’orchestre, mais elle sait aussi se voiler d’ombres lorsque le drame se resserre. Chez elle, la virtuosité n’est jamais démonstrative : elle devient langage émotionnel. Les grands airs du deuxième et du troisième acte atteignent une vérité presque insoutenable. Chaque phrase paraît vécue de l’intérieur ; chaque pianissimo semble suspendre le temps. On pense parfois aux grandes tragédiennes mozartiennes, parfois aux héroïnes de Bellini, tant l’expression se nourrit d’un souffle lyrique généreux. Surtout, Erika Baikoff possède ce don rarissime : faire oublier la technique pour ne laisser subsister que l’émotion nue. Une Ginevra appelée à marquer durablement les mémoires et que l’on souhaite voir dans tous les rôles écrits pour la Strada!

Face à ce duo incandescent, Magdalena Kožená défend avec son intelligence musicale coutumière un Ariodante noble et sensible. La musicalité reste exemplaire, le style irréprochable, même si l’émission ne possède plus toujours l’aisance souveraine des grandes années. Son engagement dramatique demeure cependant admirable malgré des cadences qui nous laissent parfois dans la perplexité. On saluera également la solidité d’Emiliano Gonzalez Toro qui campe un Lurcanio d’anthologie, tant il domine avec aisance la tessiture avec son timbre riche en contrastes. La fraîcheur expressive de Shira Patchornik (Dalinda) est tendue parfois dans les aigus. L’autorité vocale de José Antonio López, ne parvient pas à sortir du hiératisme du monarque.

Du côté orchestral, le bilan apparaît plus nuancé. Andrea Marcon conduit l’ensemble baroque avec son sens habituel des équilibres et de la respiration théâtrale. Les tempi respirent, les chanteurs sont accompagnés avec une attention constante et jamais le discours ne se fige. Cependant, la sonorité de La Cetra laisse parfois une impression de relative maigreur. L’assise harmonique manque par moments de profondeur ; l’absence d’un véritable socle de basses se fait sentir dans plusieurs pages où Haendel appelle davantage de chair sonore. On aurait également souhaité la présence plus affirmée d’un basson supplémentaire venant enrichir les couleurs du continuo et densifier certaines textures, notamment dans les teintes nocturnes du sublime « Scherza infida« . Cette relative légèreté prive parfois la partition de ce relief orchestral qui permet aux passions de pleinement s’enflammer.

Que ce soit dans le très beau tableau de William Hatherell – ou dans les autres partitions-, l’histoire d’Ariodante n’a rien d’étranger à Paris. Le vaillant écossais, après son mariage avec Ginevra, viendra au secours des parisiens pour les sauver d’un légendaire siège de Paris par les Sarrasins. Selon le chant XVIII du Roland Furieux, c’est pendant cette échauffourée que le noble Lurcanio perdra la vie sous les murs de Paris libérée par Ariodante : le « Dopo notte » résonne sur les bords de la Seine alors avec une énergie encore plus glorieuse. 

 

 

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CRITIQUE, concert. ORLÉANS, Théâtre, le 7 juin 2026. FAURÉ : Cantique de Jean Racine, Après un rêve, Suite Dolly pour orchestre, Requiem… Daphne Corregan / Virgile Frannais, Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans (cheffe de chœur : Emilie Legroux), ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS, direction : Marius Stieghorst

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L’Orchestre Symphonique d’Orléans offre un superbe programme Fauré ce dimanche 7 juin dans une réalisation très convaincante. La suite des pièces abordées s’affirme dans une série généreuse et diverses comprenant plusieurs pièces significatives, emblématiques de l’orchestrateur Fauré, génie des mélodies suaves et raffinées, réussissant autant dans le brio narratif (Dolly) que la douceur enivrée, spirituelle (Cantique de Jean Racine, le Requiem). Les interprètes ajoutent un opus rarement joué, et dans une version plus méconnue encore, la Pavane (ultime pièce) pour solistes, chœur et orchestre.

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Photo © classiquenews

 

 

 

La Suite Dolly opus 56, originellement pour piano, manifeste le goût de Fauré pour la légèreté et l’élégance. L’orchestration de Rabaud en 1905 (qui succède à Fauré au poste de Directeur du Conservatoire en 1920), respecte l’inspiration diaphane et millimétrée de Fauré. Les 6 séquences enchaînées (Berceuse, Mi-a-ou, Le jardin de Dolly, Kitty Valse, Tendresse, Le Pas espagnol) déploie un sentiment d’insouciance heureuse proche de l’enfance (tout ici est dédié à sa jeune dédicataire, Hélène dite « Dolly » selon le surnom choisi par sa mère, Emma Bardac, seconde épouse de Debussy)… Le chef Marius Stieghorst et les instrumentistes apportent détail et flexibilité dans le jeu des timbres enchainés (dans la Berceuse initiale, la mélodie circule tour à tour, à la Flûte, au hautbois puis au cor – du reste ce dernier, tout au long du programme, particulièrement sollicité, est magnifiquement réalisé par le premier cor de l’orchestre)…

Dans cette quête hédoniste du beau son, la harpe s’invite aussi, dans un équilibre rayonnant, entre transparence et pudeur, évitant toute vacuité artificielle. Orchestre et chef, très investis, comprennent parfaitement l’essence fauréenne entre puissance et délicatesse, surtout poésie de mélodies d’une suavité subtile (finesse suggestive des trombones à la fin de « Tendresse » justement). Jusqu’au dernier éclat hispanisant d’une fête ou feria, elle aussi gorgée de soleil et de rythmes électriques… de fait, dans le geste très juste de l’Orchestre, c’est toute l’Espagne de Chabrier qui surgit subitement, – hommage délicat là encore de Fauré à son confrère et ami.

On passe ainsi d’une pièce à l’autre, – haute spiritualité, aussi mystérieuse qu’elle est épurée du Cantique de Jean Racine ; enivrement à deux voix solistes d’ »Après un rêve », où les chanteurs Daphne Corregan et Virgile Frannais que l’on retrouve dans le Requiem, dialoguent d’un côté et de de l’autre de la salle…

 

Le point d’orgue du programme reste le Requiem. Un choix qui n’est pas anodin car depuis toujours, l’Orchestre orléanais défend avec d’évidentes qualités expressives le répertoire français, en particulier romantique – on se souvient d’un excellent enregistrement du Requiem de Saint-Saëns, autre sommet spirituel à redécouvrir absolument.
Ce dimanche 7 juin, saluons la très belle cohésion d’ensemble qui sait cultiver jusqu’à la fin une transparence délectable permettant d’éclairer combien l’écriture de Fauré, jusque dans le chant orchestral, est essentiellement chambriste. Le travail du chef sur les cordes flexibles, sur l’équilibre des bois et des vents (remarquable d’individualisation intégrée à l’ensemble) confère à la lecture du Requiem, un sens de le mesure et une tentation de l’épure idéale, … comme suffisamment de chair et d’inquiétude dans ses aspirations au salut.
La vision est très homogène, détaillée et droite, idéalement proche de la ferveur fauréenne qui reste sobre et humble y compris dans le Dies Irae, ou le Libera me, ultime injonction et prière avant la vision du Paradis. Chaque séquence finement ouvragée accomplit comme le jalon intensément éprouvé d’un cheminement collectif qui mène de l’ombre grave à la lumière rédemptrice.

Les solistes requis sont particulièrement justes eux aussi en particulier la soprano Daphne Corregan dont le timbre angélique dans le Pie Jesu exprime remarquablement l’accompagnement  du défunt vers l’au-delà. Sa voix tendre est bien elle de l’ange dont nous rêvons tous, psychopompe, thuriféraire compatissant et fraternel.

Sous une baguette aussi engagée et claire, les instrumentistes clarifient la vision générale à la fois ardente et épurée. Tout l’Orchestre s’ingénie avec brio dans cette conception allégée au fur et à mesure que s’intensifie la quête de l’âme vers son élévation finale. A contrario des convulsions, passions et drames d’autres Requiem [de Mozart à Verdi], celui de Fauré, vallée de tendresse, berce par sa douceur suspendue, ses accents mesurés, sa gravité bienveillante, mais aussi sa profondeur bouleversante. Tout cela se réalise à Orléans où une conjonction heureuse, fait participer le Chœur du Conservatoire, partenaire désormais familier de l’Orchestre.

Recueillie, la réalisation de ce programme Fauré est aussi originale comme en témoignent les autres pièces de Fauré proposées avant et après le Requiem : version pour orchestre et deux voix de « après un Rêve », puis en bis, la Pavane tout aussi souple et aérienne pour chœur, deux solistes et orchestre. Concert mémorable.

 

L’Orchestre Symphonique d’Orléans © classiquenews

 

 

 

 

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CRITIQUE, concert. ORLÉANS, Théâtre, le 7 juin 2026. FAURÉ : Cantique de Jean Racine, Après un rêve, Suite Dolly pour orchestre, Requiem… Soprano : Daphne Corregan / Baryton : Virgile Frannais, Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans (cheffe de chœur : Emilie Legroux), ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS, direction : Marius Stieghorst

 

 

 

LIRE aussi notre présentation du concert FAURÉ par l’OSO Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.classiquenews.com/orchestre-symphonique-dorleans-les-6-et-7-juin-gabriel-faure-requiem-dolly-marius-stieghorst/

A la fin du concert, l’Orchestre Symphonique d’Orléans a communiquer quelques temps forts de sa prochaine saison 2026-2027 (dont la 9ème de Beethoven, année Beethoven oblige)… Plus d’infos sur le site de l’OSO Orchestre Symphonique d’Orléans : https://www.orchestre-orleans.com/wp-content/uploads/2026/06/OSO-Plaquette-saison-2026-2027.pdf

 

 

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ENTRETIEN avec FIONA et CHIARA ALAIMO à propos de leur nouvel album ÉCHOS, dialogue on contemporay piano music…

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Les pianistes jumelles Fiona et Chiara ALAIMO publient leur nouvel album réalisé avec les compositeurs contemporains Sharad Goulam et Gabriel Field. Chaque interprétation de leurs œuvres découle d’un travail à quatre, d’une réflexion partagée pour en exprimer l’expressivité, l’intensité rythmique, l’invention harmonique… Le résultat éclaire l’évidente parenté entre les deux écritures auxquelles les deux pianistes apportent fluidité et ampleur poétique. Explications

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Photo © couverture du CD GOULAM – FIELD : ÉCHOS, Fiona & Chiara Alaimo

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Sur quels points précis avez-vous travaillé avec chaque compositeur pour la réalisation de leurs œuvres respectives ?

FIONA et CHIARA ALAIMO : Tout au long de ce projet, nous avons travaillé ensemble sur le caractère de chacune des œuvres mais aussi et principalement sur le style de composition de Sharad et Gabriel. Apprendre à connaître le style d’écriture d’un compositeur, c’est un peu comme lire pour la première fois un livre d’un auteur que nous ne connaissons pas encore. Cela a été d’autant plus enrichissant que nous avons pu discuter à ce sujet directement avec eux. Habituellement, nous jouons des compositeurs décédés, ce qui rend cet échange impossible. Ici, une tout autre dimension s’est ouverte à nous.

 

CLASSIQUENEWS :  Y a-t-il pour chacun, une pièce en particulier que vous trouvez particulièrement emblématique de leur écriture ? Laquelle et pour quelles raisons ? Dans le travail avec les compositeurs, avez-vous modifié certains éléments initiaux pour permettre leur réalisation ?

FIONA et CHIARA ALAIMO : Nous avons toutes les deux eu un véritable coup de cœur pour la Toccata de Sharad. Fiona a finalement eu la chance de l’interpréter sur ce disque après avoir tiré à la courte paille. Cette œuvre synthétise le style, le caractère et l’univers d’inspiration du compositeur. Dans une approche presque Lisztienne, Sharad nous met au défi d’une virtuosité irréprochable et nous entraîne dans un récit fougueux où la mélodie et le rythme règnent en maîtres.
Gabriel, quant à lui, nous plonge dans un univers plus minimaliste, où la fatalité semble occuper une place importante. Les dissonances y deviennent une véritable couleur sonore, une texture à part entière, davantage qu’une simple tension appelant nécessairement une résolution. Les trois Pièces Joyeuses en offrent un bel avant-goût, interprétées par Chiara sur le disque

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez -vous conçu le programme de ce disque ? Quelle trajectoire l’auditeur réalise-t-il ainsi à son écoute ? Comment les pièces des deux compositeurs dialoguent-elles ?

FIONA et CHIARA ALAIMO : Sharad et Gabriel ont eux-mêmes déterminé l’ordre des œuvres. Il était évident qu’alterner les pièces des deux compositeurs tout au long de l’enregistrement allait renforcer la cohérence musicale du projet. L’idée est que l’auditeur se laisse porter du début à la fin sans nécessairement distinguer les styles d’écriture des deux compositeurs, ni même l’identité des deux pianistes. 
Plus qu’une succession d’œuvres, ce programme se veut un voyage où l’imagination et l’émotion demeurent au cœur de l’expérience d’écoute.

 

CLASSIQUENEWS : Comment « fonctionne » votre duo au moment de l’interprétation ? Comment vous répartissez-vous les parties dans le jeu à 4 mains ?

FIONA et CHIARA ALAIMO : Notre duo a toujours fonctionné de la même manière : la cohésion de notre interprétation est très naturelle, sans doute parce que nous sommes sœurs jumelles et que nous nous comprenons intuitivement. Mais cette complicité est aussi ponctuée de moments de provocation et de prise de risque qui font que le public — et nous-mêmes — sommes constamment surpris et toujours en quête de nouveauté.
Nous n’avons pas de règle établie quant à la répartition des parties, que ce soit au piano à quatre mains ou à deux pianos. Tout se fait assez naturellement. Il arrive que l’une d’entre nous ait un coup de cœur pour une partie en particulier et demande à l’autre de bien vouloir la lui céder. La plupart du temps, cela fonctionne. Et lorsque nous convoitons toutes les deux la même partie, nous nous en remettons à la méthode la plus démocratique qui soit : pierre, papier, ciseaux…

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote, un souvenir significatif propre à cet enregistrement, ou emblématique de votre rencontre et de votre travail avec les deux compositeurs ?

FIONA et CHIARA ALAIMO : Notre toute première rencontre a été particulièrement mémorable. Nous nous étions donné rendez-vous dans un restaurant thaïlandais afin de faire plus ample connaissance et de discuter du projet à venir, un projet qui ne verrait le jour que deux ans plus tard. Au moment de commander, nous avons réalisé que nous avions choisi exactement le même plat que Sharad — un pad thaï. C’est alors qu’il a lancé, sans la moindre hésitation : « Aucune personnalité ! » Nous avons éclaté de rires devant tant d’audace et nous nous sommes immédiatement dit que cette collaboration serait à la fois amusante et riche en rebondissements.
Et ce fut effectivement le cas. C’est d’ailleurs ce que nous apprécions dans ce type d’aventure artistique : les surprises, les échanges inattendus, les détours imprévus. Après tout, la musique elle-même vit de ces rebondissements ; sans eux, elle perdrait une part de son intérêt et de sa magie.

 

CLASSIQUENEWS : Au concert, vous jouez le répertoire pour piano à quatre mains, vous explorez le répertoire pour deux pianos; et comme sur ce disque vous affectionnez le répertoire pour piano solo. Comment pensez-vous agencer ces différents aspects dans les années à venir ?

FIONA et CHIARA ALAIMO : Nous avons souvent évoqué cette « triple identité », comme nous aimons l’appeler, et nous nous sommes longtemps interrogées sur la manière de faire dialoguer ces trois répertoires que nous chérissons tout autant les uns que les autres. Comment les réunir au sein d’un même projet sans en atténuer les singularités ?
C’est précisément ce que nous nous efforçons de faire lors de nos concerts carte blanche, où nous prenons plaisir à mêler les répertoires et à relever le défi de raconter une histoire du début à la fin. Une histoire faite de correspondances, de contrastes et de surprises, où chaque œuvre éclaire la suivante. C’est également le défi que nous nous sommes fixé pour les années à venir : continuer à créer des passerelles entre ces univers qui nous définissent et les faire dialoguer au sein de projets toujours renouvelés.

Propos recueillis en juin 2026

 

 

 

CD

LIRE aussi notre présentation du CD ÉCHOS : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-goulam-field-echos-fiona-et-chiara-alaimo-1-cd-da-vinci-classics-2024/

 

CD événement, annonce. GOULAM, FIELD : ÉCHOS. Fiona et Chiara Alaimo (1 cd Da Vinci classics, 2025)

 

agenda

Vendredi 12 juin 2026 à 20h Fiona et Chiara Alaimo jouent au festival Les Pianissimes de Lyon : https://www.pianissimes.org/concert/chiara-et-fiona-alaimo/

Programme : W.A. Mozart : Sonate pour deux pianos en ré majeur K.448 / T. Ysaÿe : Variations pour deux pianos op.10 / D. Chostakovitch : Concertino pour deux pianos op.94 / M. Ravel : La Valse (version pour deux pianos)

 

 

Photo © Tom de Beuckelaer

 

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PARIS, COLLEGE DES BERNARDINS, mer 24 juin 2026. Mozart : Intégrale des Sonates pour piano – n° 3, 6, 9 et 18. Alexander Paley, piano

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Fin de saison éblouissante au Collège des Bernardins à PARIS, dans ce concert où rayonne la grâce musicale de l’immense Wolfgang Amadeus Mozart ; au programme : suite de l’intégrale des sonates pour piano. Au cours de cette 4ème soirée, le pianiste Alexander Paley interprète les Sonates pour piano n°3, 6, 9 et 18.

 

‍Le pianiste bulgare Alexander Paley poursuit ainsi l’intégrale des sonates pour piano. La sonate n°3, composée par un Mozart alors âgé de 18 ans, la sonate n°6 « Durnitz » écrite à Munich à l’occasion de la représentation de la Finta Gardiniera, la sonate n°9 et enfin la sonate n°18 écrite pour la fille du roi Frédéric-Guillaume II de Prusse.
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Mozart : Intégrale des sonates pour piano – n° 3, 6, 9 et 18
Mercredi 24 juin 2026, de 20h à 21h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site des Bernardins :
https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/mozart-integrale-des-sonates-pour-piano-ndeg-3-6-9-18
Tarif plein : 30€
Tarif réduit : 15€
Tarif soutien : 40€
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Sonate pour piano n° 6 en ré majeur, K. 284
Composée en 1775, l’œuvre est captivante et magistralement conçue. Connue sous le nom de « Sonate de Dürnitz », elle l’une des plus célèbres de Mozart. Chacun de ses trois mouvements met en valeur le talent de composition et l’innovation exceptionnels du jeune Mozart. Le mouvement d’ouverture (Allegro), développe une mélodie lyrique joyeuse entrelacée de passages ludiques et virtuoses. Elégance et fantaisie, liberté et insouciance… Mozart est déjà au sommet de ses possibilités artistiques. Raffinement et exubérance y sont idéalement équilibrés. Le deuxième mouvement, (Rondeau en Polonaise), est une danse gracieuse. Un thème élégant suivi de variations, démontre une saisissante disposition à transformer une idée musicale simple en une pièce riche et élaborée. Le mouvement final (« Thema mit Variationen »), est un ensemble de variations basées sur un thème charmant et délicat. Leur complexité alternent moments tendres et introspectifs, passages énergiques et jubilatoires. La Sonate affirme un tempérament majeur entre finesse et puissance, élégance et profondeur. De quoi prouver que l’exemple de (« Papa ») Haydn a été parfaitement compris et assimilé.

 

LA DERNIERE SONATE DE MOZART... Dédiée à la Princesse Frederica Louisa Wilhelmina de Prusse, la Sonate n°18 fait probablement partie des six sonates commandées par la cour de Prusse vers 1789 (publiée par Artaria en 1796). Dans une lettre à son frère franc-maçon Johann Michael Puchberg, Mozart déclare « pendant ce temps, je suis en train d’écrire six sonates faciles pour le piano pour la Princesse Frederica (la fille de Frédéric-Guillaume II de Prusse) et six quatuors pour le roi ». Sur les six sonates ci-dessus, la KV 576 est l’unique sonate qu’a terminée Mozart : parfois intitulée « La Chasse », telle une somme synthétique, elle est en outre, la dernière des sonates pour piano de Mozart.
PLAN : tripartite. Allegro en ré majeur / Adagio en la majeur / Allegretto en ré majeur.
L’ultime sonate de Mozart est l’une des plus exigeante, réclamant une maîtrise contrapuntique totale assujettie à une expressivité précisée et très nuancée.
Contexte… En 1789, Mozart a 33 ans. A Vienne, il traverse une période financière précaire, sur fond de guerre austro-turque. La lettre adressée mi juillet à son ami et frère franc-maçon Johann Michael von Puchberg précise une activité de composition étroitement liée à la gravure, à la promotion, et à l’espoir d’un marché fiable en complément de la saison des concerts viennois.

 

 

La Saison Mozart au Collège des Bernardins, c’est une programmation riche de concerts, de spectacles et de conférences tout au long de l’année ! Découvrez, redécouvrez et laissez-vous émerveiller par l’œuvre du célèbre compositeur autrichien.
Crédit image : Augustin Frison-Roche, Papageno & Papagena, 2025

 

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70ème MENUHIN FESTIVAL GSTAAD 2026, les plus grands pianistes s’exposent avec brio (temps forts 2) : Daniil Trifonov, Andras Schiff, Hayato Sumino, Gabriela Montero, Khatia Buniatishvili… 9 pianistes à l’affiche, l’académie de piano et Andras Schiff…

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Isata Kanneh-Mason, Khatia Buniatishvili, Daniil Trifonov : le clavier en fête… la 70ème édition du Festival suisse demeure fidèle à ses habitudes : réserver aux grands pianistes, une scène privilégiée. Depuis 1957, les plus grands interprètes du monde répondent à l’invitation de Yehudi Menuhin (et du nouveau directeur artistique, le violoniste DANIEL HOPE) et se retrouvent dans le cadre exceptionnel du Saanenland. Fidèle à cette tradition, le Festival 2026 accueille les personnalités les plus marquantes du piano actuel : Sir András Schiff, Daniil Trifonov, Gabriela Montero, Hayato Sumino et bien d’autres encore. Habitués des plus grandes salles internationales, ces artistes offrent au public de Gstaad une expérience musicale d’une proximité exceptionnelle…

 

 

Au MENUHIN Festival Gstaad, le clavier en fête : 9 pianistes à l’affiche, une académie de piano sous le mentorat d’Andras Schiff…

 

Isata Kanneh-Mason,  
dimanche 16 août 2026
La jeune et talentueuse pianiste Isata Kanneh-Mason captive le public dans le Troisième Concerto pour piano de Rachmaninov, un véritable tour de force de virtuosité et d’intensité poétique.

 

Behzod Abduraimov, samedi 29. août 2026
Le pianiste-vedette Behzod Abduraimov insuffle une brillance électrisante au Premier Concerto pour piano de Tchaïkovski, révélant toute sa splendeur lyrique et sa virtuosité époustouflante.

 

Khatia Buniatishvili, dimanche 23 août 2026
Reconnue pour ses interprétations audacieuses et sa présence scénique saisissante, Khatia Buniatishvili offre des performances plus spectaculaires et virtuoses que jamais.

 

 

Gabriela Montero, mercredi 29 juillet 2026
Célèbre pour son don exceptionnel d’improvisation, Gabriela Montero transforme le récital de piano en un dialogue créatif et vivant avec le public.

 

Hayato Sumino, lundi 10 août 2026
Véritable sensation internationale, Hayato Sumino remplit les plus grandes salles du monde entier et apporte une énergie nouvelle et un art raffiné à la scène du récital de piano. Lauréate du Prix Olivier Berggruen 2026, la pianiste est présentée tel un phénomène mondial dans un cadre intimiste.

 

Maxim Lando, mardi 21 juillet 2026
À seulement 23 ans, le pianiste new-yorkais Maxim Lando compte parmi les talents les plus passionnants de sa génération. À Gstaad, il présente un programme riche en contrastes dont les Three Dances from Frankenstein de Lowell Liebermann, une œuvre commandée par le pianiste lui-même.

 

Daniil Trifonov & Sergei Dogadin, lundi 24 août 2026
Rencontre événement entre deux musiciens exceptionnels : la star internationale du piano Daniil Trifonov se joint au violoniste Sergei Dogadin pour un programme particulièrement prometteur.

 

Sebastian Knauer, mardi 25 août 2026
De Mozart à Gershwin, Sebastian Knauer trace un chemin poétique entre rêve et lumière au gré d’un parcours intime entre élégance et profondeur expressive.

 

Two Pianos | Alessio Bax & Lucille Chung 
lundi 3 août 2026
Alessio Bax et Lucille Chung s’unissent autour de deux pianos pour un programme comprenant Debussy, Ravel, Piazzolla, « riche en couleurs et en rythmes variés ».

 

 

 

 

Académie de piano

Pour sa 12e édition, la Menuhin Festival Piano Academy confie à Sir András Schiff, la direction de son académie de piano. En plus des cours intensifs donnés aux étudiants à suivre (accès publique) du 1er au 4 août à la Kirchgemeindehaus de Gstaad –, le grand pianiste se présente également sur la scène de l’église de Saanen pour un récital très attendu (31 juillet 2026).

 

PLUS D’INFOS sur l’Académie de piano : https://www.gstaadacademy.ch/fr/piano/about

 

 

 

 

JEUNES PIANISTES PROMETTEURS
Le directeur artistique Daniel Hope nous présente une jeune pianiste et un jeune pianiste d’exception : Marie Sophie Hauzel et Maxim Lando, qui contribuent à façonner l’avenir de la musique classique. Ne manquez pas l’occasion de découvrir ces deux remarquables talents en concert au Menuhin Festival Gstaad 2026.

vidéo
https://www.youtube.com/watch?si=SUiQjl-MXhrjNu6J&v=4F6KYA2Wfl0&feature=youtu.be

 

 

Maxim Lando: https://www.menuhin.ch/en/concert/pro…
mardi 21 juillet July 2026, 19:30, église Zweisimmen

 

Marie Sophie Hauzel: https://www.menuhin.ch/en/concert/pro…
jeudi 20 août 2026, 19:30, église Gsteig

 

 

 

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77ème Festival de MENTON, du 25 juillet au 7 août 2026. Gautier Capuçon, Nicolas Altstaedt, Fazil Say, Vassilena Serafimova, Thomas Enhco…

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77ème Festival de MENTON, du 25 juillet au 7 août 2026. La scène ouverte sous le ciel étoilée surplombant la mer et la baie de Menton, depuis le Parvis de la Basilique Saint-Michel Archange, compose le cadre le plus poétique de l’été : un écrin idéal pour y goûter et mesurer toutes les qualités des plus grands musiciens actuels : tempéraments célébrés ou jeunes artistes prometteurs, récitals solos, duos, ensemble baroques ou orchestres symphoniques…

 

 

Une scène étoilée, ouverte sur la mer

Menton 2026, ce sont des concerts gratuits impliquant les mentonnais dans leur ville, surtout concerts au Palais (souvent superbes récitals de piano), et bien sûr grands concerts du soir sur le Parvis de la basilique… Le Festival de Menton est l’un des rares festivals à scénographier la ville et l’espace urbain, renforçant l’idée d’une cité idéale dont la musique favorise les échanges et le partage, l’harmonie d’un espace pacifié.

Parmi les temps forts, avant-goût le 21 juin (« le before » – sing’in, Paul Smith) ; ouverture le 24 juillet avec l’ensemble Spark, en accès gratuit). Premier concert au Parvis, Orchestre Philharmonique du Nice avec Gautier Capuçon sous la direction de Lionel Bringuier le 25 juillet (au programme, grands vertiges romantiques français et germaniques : Camille Saint-Saëns : Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur, op. 33 / Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 4 en si bémol majeur, op. 60. Concert des lauréats de la Fondation Gautier Capuçon, le 27 juillet…, sans omettre le duo de pianistes Jatekok, le 26 juillet (programme « Sorcellerie » dont la sonate en si de Liszt, transcrite pour 4 mains par … Saint-Saëns).

A partir du 29 juillet, le parcours proposé est d’un rare équilibre entre grands interprètes, jeunes sensibilités, formations et formats divers… le cycle qui s’annonce passionnant, alterne concerts au Parvis et concerts au Palais de l’Europe, ainsi : Nicolas Altstaedt et l’ensemble Jupiter (le 29 juillet), récital des jeunes pianistes avec Yamaha (Julie Haismann, Martin Jaspard et Paul Lecocq, le 30 juillet), grand récital (et retour) de Fazil Say le 1er août ; nouveau programme des jeunes talents le 2 août (Hao-Wei Lin, Elzbieta Liepa Dvarionaité…) ; concert lyrique avec la soprano Marie-Laure Garnier et Celia Oneto Bensaid le 3 août (mélodies de Poulenc, Schlonski, Weber…) ; Leonidas Kavakos et Enrico Pace (4 août), Les Gemelli et Emiliano Gonzalez Toro (le 5 août / « la grande Battle, airs d’opéras de Vivaldi), enfin deux concerts attendus pour conclure cette nouvelle édition : Vassilena Serafimova et Thomas Enhco, le 6 août) puis le pianiste Alexandre Kantorow le 7 août en clôture (JS Bach, Medtner, Chopin, Beethoven)…

 

TOUTES LES INFOS, la billetterie, le détail des programmes, les artistes invités … sur le site du 77ème Festival de musique de Menton 2026 : https://www.festival-musique-menton.fr/

 

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(CORREZE) 45ème FESTIVAL DE LA VEZERE, du 7 juillet au 11 août 2026. Orchestre national Auvergne Rhône-Alpes, Jean-François Zygel, Diva Opera, Axelle Saint-Cyrielle, Denis Podalydès, La Bohème, La Cenerentola…

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Pour sa 45ème édition, le Festival de la Vézère, événement exemplaire en milieu rural, voit grand et large, confirme sa réussite en fusionnant diversité et excellence soit cet été, une programmation anniversaire comprenant 150 artistes, 25 événements ; c’est une constellation d’événements riches et divers qui rayonnent sur le territoire corrézien, en investissant pas moins de 15 lieux patrimoniaux.

 

 

Le long de la Vézère, l’invitation du 7 juillet au 11 août 2026 se révèle enchanteresse, accordant musique, patrimoine et nature, dans une mise en scène musicale qui favorise pour les festivaliers, une série d’expériences mémorables, dans la découverte et le partage. Les plus beaux sites de la Corrèze composent ainsi un parcours enchanteur :  cour d’abbayes, de châteaux et d’églises, autant de scènes à ciel ouvert, de Turenne à Collonges-la-Rouge, de Brive-la-Gaillarde à Clergoux.

Depuis 4 décennies, le Festival fédère artistes et publics regroupant jusqu’à 1000 spectateurs lors de ses grandes soirées lyriques. A noter cet été, parmi les plus fidèles, PAUL SMITH (présent pour les 10 ans de Sing’in Corrèze en mai dernier) puis en clôture mardi 11 août (Abbatiale Aubazine, 20h avec l’ensemble vocal Evna), l’ORCHESTRE NATIONAL AUVERGNE RHÔNE-ALPES dirigé par Thomas Zehetmair (jeudi 9 juillet, Théâtre de Brive, 20h/ Vivaldi, Schubert, Beethoven…), sans omettre Jean-François Zygel (« Mozart et moi », mer 15 juillet, Jardins de Colette-Varetz, 20h) et les membres de la famille Pidoux (samedi 25 juillet, 19h, Collonges-la-Rouge, Place du lavoir / Raphaël et Gabriel Pidoux, violoncelle et hautbois, et l’ensemble Premières Scènes)…

Le coup d’envoi est donné par deux concerts chambristes avec Pierre Fouchenneret (violon), Manuel Vioque-Judde (alto) et François Salque (violoncelle), le 7 juillet 2026, à 17h puis 20h.

L’essor des nuits lyriques a valu très vite au festival le surnom de « Glyndebourne corrézien » ; cet été, la compagnie DIVA OPERA (Brian Evans, piano et direction) réalise La Bohème (ven 7 août, 20h, Grange du Château du Saillant, puis dim 9 août, 18h, Domaine de Sédières – Clergoux) et La Cenerentola (samedi 8 août, 20h, Grange du Château du Saillant).

Dans le registre transmission, le Festival met en lumière les jeunes talents de la nouvelle génération de musiciens : Sophie de Bardonnèche (violon), Quentin du Verdier (orgue), le 20 juillet ; les jeunes pianistes Martina Meola et Uladzislau Khandohi (lundi 27 juillet), Eva Zavaro (violon) et Marc André (contrebasse), mer 29 juillet…

Le Festival développe aussi les formats à la croisée des disciplines, dans l’esprit d’une transversalité créative, des plus inspirantes : ainsi la mezzo-soprano Axelle Saint-Cirel tient l’affiche aux côtés du Duo Argos (mardi 21 juillet, Abbatiale de Vigeois, de Gershwin à Piazzolla…), et le comédien Denis Podalydès dialogue entre musique et théâtre autour de Molière avec la pianiste Jodyline Gallavardin (lundi 3 août, Uzerche,17h puis 20h).

 

 

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45ème FESTIVAL DE LA VEZERE (Corrèze)

 

Du 7 juillet au 11 août 2026, au Domaine de Sédières, à la Chapelle et au Château du Saillant à Voutezac, au Théâtre de Brive, aux Jardins de Colette à Varetz, à l’église de Saint-Ybard, à l’abbatiale de Vigeois, aux Pans de Travassac, aux Ardoisières d’Allassac, à la place du Lavoir à Collonges-la-Rouge, à l’église de Malemort, à la Cité de l’Accordéon à Tulle, à l’Auditorium Sophie-Dessus à Uzerche, à l’esplanade de la Grange Rouge à Turenne et à l’abbatiale d’Aubazine…
TOUTES LES INFOS, la billetterie en ligne, le détail des programmes et les artistes invités du 45ème Festival de la Vézère : https://www.festival-vezere.com/
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ENTRETIEN avec Daniel HOPE, nouveau directeur artistique du MENUHIN Festival Gstaad : le 70ème Festival, du 16 juillet au 5 septembre 2026

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Cette 70ème édition du MENUHIN Festival Gstaad célèbre l’essor de l’événement suisse mais aussi la prise de fonction de DANIEL HOPE comme nouveau directeur artistique. Le cycle s’annonce ainsi comme la célébration du Festival mais aussi sa première programmation… Le violoniste éclaire sa relation privilégiée avec le fondateur du Festival, Yehudi Menuhin. Une proximité qui renforce l’esprit de continuité et la force des valeurs originelles du fondateur du premier festival estival en Suisse. La musique n’étant pas une fin mais le moyen de créer du lien et de refonder notre humanité. A Gstaad désormais rayonnent humilité, ouverture, partage, transversalité, transmission, inspiration, réflexion et échanges créatifs… Explications.

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Photo : Bailey Davidson

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous soulignez votre relation privilégiée, voire exceptionnelle, avec Yehudi Menuhin. Comment cette proximité avec lui s’est-elle manifestée ?

Daniel Hope : Yehudi Menuhin a été présent dans ma vie bien avant que je ne devienne musicien professionnel. Enfant, j’ai eu le privilège de le côtoyer dans un cadre familial et humain, bien au-delà de la scène. J’ai pu observer son immense curiosité pour le monde, sa générosité envers les autres et son ouverture à toutes les cultures.
Ce qui m’a toujours frappé chez lui, c’était sa capacité à écouter. Il écoutait les musiciens, bien sûr, mais aussi les scientifiques, les philosophes, les enfants, les personnes de tous horizons. Pour lui, la musique n’était jamais une fin en soi ; elle était un moyen de créer du lien et de mieux comprendre l’être humain.
Cette proximité m’a permis de découvrir l’homme derrière la légende. Aujourd’hui encore, je considère que son héritage le plus précieux n’est pas seulement musical, mais profondément humain.

 

CLASSIQUENEWS : Quelles valeurs vous a-t-il transmises ? Quelles valeurs voulez-vous transmettre comme nouveau directeur du Festival ?

Daniel Hope : Yehudi Menuhin m’a transmis avant tout l’idée que l’excellence artistique doit toujours aller de pair avec l’humilité. Il croyait profondément que la musique pouvait rapprocher les êtres humains et contribuer à construire une société plus ouverte et plus empathique.
Il m’a également appris l’importance de la curiosité. Il refusait les frontières artificielles entre les disciplines, les générations ou les cultures. Cette vision demeure extrêmement actuelle.
Comme directeur du Festival, j’aimerais transmettre ces mêmes valeurs : l’excellence, bien sûr, mais aussi le dialogue, l’inclusion, la transmission et l’ouverture. Un festival ne doit pas seulement présenter de grands concerts ; il doit être un lieu de rencontre, d’inspiration et de découverte.

 

 

CLASSIQUENEWS : Dans le choix du titre générique « FAMILY MATTERS », que souhaitez-vous communiquer et partager, vis-à-vis des artistes et du public ?

Daniel Hope : « Family Matters » possède un double sens qui me plaît beaucoup. Il évoque bien sûr la famille au sens humain du terme, mais il signifie également que la famille compte, qu’elle a de l’importance.
Le Festival Menuhin a toujours été une grande famille artistique. Beaucoup de musiciens qui se produisent à Gstaad entretiennent des liens d’amitié, de mentorat ou de collaboration qui remontent parfois à plusieurs décennies. Nous voulons célébrer ces liens et montrer comment la musique se transmet d’une génération à l’autre.
Mais le thème s’adresse aussi au public. Dans un monde souvent marqué par la division et l’accélération, nous souhaitons rappeler la valeur de la communauté, du partage et de l’écoute. Le festival doit être un lieu où chacun se sent accueilli, comme dans une grande famille ouverte sur le monde.

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les objectifs du Summit ? En quoi cela enrichit-il votre conception de la musique ?

Daniel Hope : Le Summit est né d’une conviction simple : la musique ne vit pas dans un vide. Elle dialogue constamment avec la société, les sciences, l’économie, la technologie et les grandes questions de notre époque.
L’objectif est donc de réunir des personnalités issues d’univers différents afin de créer des échanges authentiques et parfois inattendus. Lorsque des artistes rencontrent des entrepreneurs, des chercheurs, des penseurs ou des responsables culturels, de nouvelles idées émergent. Pour moi, ces conversations sont essentielles. Elles nourrissent notre créativité et nous rappellent que la musique fait partie intégrante du monde dans lequel nous vivons. Le Summit prolonge ainsi la vision de Yehudi Menuhin, qui considérait l’art comme un langage universel capable de relier des réalités très différentes.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Dans quelles directions allez-vous développer le Festival Menuhin dans les prochaines années ?

Daniel Hope : Ma priorité est de préserver l’âme du Festival tout en l’ouvrant encore davantage sur l’avenir.
Je souhaite renforcer la présence des jeunes artistes et des académies, car la transmission a toujours été au cœur du projet de Yehudi Menuhin. Je veux également développer les collaborations interdisciplinaires, encourager les créations nouvelles et favoriser les rencontres entre différentes traditions musicales.
Par ailleurs, le Festival doit continuer à rayonner bien au-delà des salles de concert. Cela passe par des projets éducatifs, des initiatives sociales, des formats innovants et un dialogue accru avec les communautés locales et internationales. L’ambition n’est pas de devenir plus grand à tout prix, mais d’être toujours plus pertinent, plus inspirant et plus humain.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expérience souhaitez-vous que les publics vivent pendant le Festival 2026 ?

Daniel Hope : J’aimerais que chaque personne reparte avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’unique et de profondément personnel.
Bien sûr, nous proposerons des interprétations exceptionnelles portées par des artistes extraordinaires. Mais je souhaite surtout que le public ressente cette atmosphère particulière qui fait la magie de Gstaad : la proximité avec les artistes, la beauté des paysages, l’intensité des rencontres et la richesse des émotions partagées.
Si, à la fin du festival, quelqu’un découvre une œuvre qu’il n’oubliera jamais, rencontre une personne qui l’inspire ou regarde le monde avec un peu plus d’ouverture et d’espoir, alors nous aurons réussi notre mission. Car au fond, la musique ne transforme pas seulement notre façon d’entendre. Elle transforme aussi notre façon de vivre ensemble.

 

Propos recueillis en juin 2026

Photos : Daniel Hope © Bailey Davidson

 

 

présentation

LIRE notre présentation du MENUHIN Festival Gstaad 2026, la 70ème édition « Family Matters », du 16 juillet – 5 sept 2026 : https://www.classiquenews.com/menuhin-festival-gstaad-2026-daniel-hope-inaugure-sa-premiere-programmation-family-matters-16-juil-5-sept-2026-temps-forts-1/

Au moment où le violoniste Daniel Hope, familier du Festival, prend la direction artistique, le premier Festival estival de Suisse célèbre avec éclat et dans l’excellence sa 70ème édition… Fondé en 1957 par Yehudi Menuhin, le Menuhin Festival Gstaad est devenu le rendez vous estival majeur en Europe. Pour ses 70 ans, le Festival présente la première programmation de son nouveau directeur artistique, le violoniste Daniel Hope. Une histoire de famille… « Family matters », le nouveau directeur, proche de Yehudi Menuhin et comme lui violoniste, renoue avec l’esprit familial défendu par le fondateur : il y a 70 ans, Yehudi Menuhin réunissait dans le Saanenland amis et compagnons du monde entier, dans un esprit d’ouverture, de fraternité, de respect.

 

 

 

 

 

 

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STREAMING opéra. WAGNER : Tannhäuser, ven 19 juin 2026 (Théâtre National Croate de Zagreb, mai 2026) Eric Laporte, Evelin Novak, … Frank Van Laecke / Srba Dinić

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Plaisirs et jouissance, ou salut de l’âme ? Chevalier et poète, Tannhäuser est tiraillé malgré l’amour de Vénus qui lui offre tous les délices terrestres. D’ailleurs, audacieux voire scandaleux, Wagner ouvre son drame sur une orgie fameuse… pour mieux dénoncer la vanité des voluptés humaines ? De retour parmi les hommes et en quête de pardon, le poète s’éprend d’Élisabeth, mais il peine à regagner sa confiance ; le héros maudit lutte contre sa propre culpabilité, ses désirs, sa foi ; une conscience spirituelle qui contredit sa nature sensuelle. La rédemption lui est-elle encore possible ? Pêcheur et perverti, Tannhäuser pourrait-il obtenir l’absolution ?

 

L’opéra Tannhäuser composé en 1845, et dont Wagner écrit lui-même le livret, s’inspire des légendes médiévales des troubadours (les Minnesänger). Sur les plans philosophique et symbolique, l’œuvre est portée par une dualité constante, traduite musicalement par l’opposition / la confrontation charnel / spirituel.

Les scènes religieuses (chœur des pèlerins, prière d’Élisabeth…) forment un contrepoint puissant à la puissance séductrice de Vénus.

 

 

 

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VOIR le Streaming TANNHAUSER depuis Zagreb, le 19 juin 2026, 19h :
https://operavision.eu/fr/performance/tannhauser
Diffusion le 19 juin 2026, 19h
En REPLAY jusqu’au 19 déc 2026, 12h
Enregistré, filmé le 18 mai 2026
La nouvelle production du Théâtre National Croate de Zagreb, mise en scène par le belge Frank Van Laecke, exprimera-t-elle au plus juste la vision de Wagner, en particulier ici, sa conception de l’artiste dans la société, telle qu’il la développe dans Tannhäuser, l’opéra de la rupture ; dans lequel le compositeur structure son drame en fonction désormais de ses idées très personnelles sur l’art et la mission qu’il se doit de défendre dans la société.

 

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CRITIQUE, festival. CREMONA, Concert d’ouverture du 43ème Festival MONTEVERDI (Chiesa di Sant’Agostino), le 7 juin 2026. MONTEVERDI : « Vespro della Beata Vergine ». Choeur de Chambre de Namur, Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon (direction)

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Hier soir 7 juin, dans la splendeur séculaire de la Chiesa di Sant’Agostino, le 43ème Festival Monteverdi a posé ses bagages – et a immédiatement pris son envol vers les cieux. Et quel envol ! Une soirée d’ouverture qui restera gravée dans les mémoires comme l’une des plus vibrantes, des plus spirituelles et des plus charnelles que cette vénérable manifestation (quadragénaire) ait connues !

 

Depuis maintenant 43 ans, Crémone – cité trois fois sacrée par la grâce de Claudio Monteverdi, le génie d’Antonio Stradivari et le lyrisme d’Amilchare Ponchielli – célèbre son enfant le plus céleste : Claudio Monteverdi, « Il Divino Claudio », qui a inventé l’opéra et porté la musique sacrée à son paroxysme expressif. Ce festival est un pèlerinage annuel pour tous les amoureux de la basse continue, des madrigaux et de la polyphonie éblouissante. Chaque édition propose une plongée immersive dans l’œuvre du maître, mêlant interprétations historiquement informées et audaces contemporaines. Mais cette 43e édition, annoncée comme un millésime d’exception, vient de placer la barre à une hauteur vertigineuse avec cette interprétation de légende de l’un des chefs-d’oeuvres absolus du Maître de Crémone.

Sous la direction fiévreuse et quasi-transcendante de Leonardo García-Alarcón, le chef argentin a transformé la célèbre Vespro della Beata Vergine en un véritable torrent de joie et de spiritualité ardente. À la tête de ses deux ensembles – la Cappella Mediterranea et le somptueux Chœur de Chambre de Namur –, il a offert ce que le programme de salle promettait : « une fraîcheur et une vitalité sans pareilles, rendant à la partition une variété inouïe d’affects ». Et quel spectacle a offert le maestro ! Les yeux constamment tournés vers les voûtes de l’édifice religieux, et les bras souvent jetés vers le cieux, Leonardo García-Alarcón semblait dialoguer directement avec les anges qu’il faisait descendre parmi nous. Battant la mesure avec une énergie presque dansée, il a insufflé à l’œuvre un rythme irrésistible, entre prière méditative et transe sud-américaine. Le mariage entre la tradition sacrée italienne et « l’énergie latine irrépressible » a ainsi opéré un miracle d’équilibre.

 

 

Mais la soirée a atteint son zénith grâce à un plateau de solistes exceptionnels, tous longs  compagnons de route d’Alarcón, et visiblement habités par la même flamme. Les sopranos Marianna Flores et Miriam Allan ont brillé dans leur duo du « Pulchra es », qui fut un pur moment de velours et de feu : deux voix d’or qui s’enlacent, se répondent, se défient avec une pureté de cristal. De son coté, le contre-ténor italien Leandro Marziotte possède une voix angélique et une couleur unique, qui mélangée dans le fameux « Duo Seraphim » à celles des deux ténors de la soirée – Mathias Vidal et Nicholas Scott – a été un moment en tout point miraculeux. Les trois chanteurs étaient disséminés dans trois points différents de l’église pour ce morceau céleste, l’effet de spatialisation ayant alors littéralement dissous les murs de pierre, et l’on ne savait plus d’où venait la grâce. Le public, suspendu, retenait son souffle devant ce jeu de chœurs purement célestes ! Quant aux basses Andreas Wolff et Salvo Vitale, autre colonne vertébrale de l’ouvrage montéverdien, ils ont fait preuve d’une puissance et d’une justesse d’intention rares.

Après le Magnificat final, alors que l’on croyait le concert achevé, le public – venu en masse pour cette soirée inaugurale – a obtenu un bis aussi ardemment désiré qu’inespéré. García-Alarcón, très ému, s’est adressé au public dans un italien parfait pour dire « le bonheur infini de jouer cette musique dans la ville natale de Monteverdi ». Puis, avec un sourire complice, il a repris, en bis, le fulgurant « Gloria al Padre » conclusif du Magnificat. Un dernier jet de lumière, une dernière élévation vers les cieux – et les fresques des interminables voûtes de Sant’Agostino !…

Comment la qualifier autrement ? Cette soirée fut un ENCHANTEMENT ! La 43e édition du Festival Monteverdi ne pouvait pas rêver plus belle rampe de lancement et Leonardo García-Alarcón et ses merveilleux musiciens ont prouvé qu’en 2026, Monteverdi est plus vivant que jamais, plus fougueux, plus brûlant d’amour divin et humain.

Vive Monteverdi – et Vive Crémone !

 

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CRITIQUE, festival. CREMONA, Concert d’ouverture du 43ème Festival MONTEVERDI (Chiesa di Sant’Agostino), le 7 juin 2026. MONTEVERDI : « Vespro della Beata Vergine ». Choeur de Chambre de Namur, Cappella Mediterranea, Leonardo GARCIA-ALARCON (direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

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CRITIQUE, concert. PARIS, Sainte-Chapelle, le 6 juin 2026. Tatiana Probst, soprano / Racha Arodaky, piano. Debussy, Chausson, Duparc, Viardot, Chaminade, Fauré, Poulenc…

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Pour sa 2ème soirée à la Sainte-Chapelle, le Festival RÉSONANCES 2026 expose les talents de diseuse de la soprano TATIANA PROBST, aux aigus puissants et clairs.  La première partie s’inscrit dans un climat d’une souveraine sensualité. DEBUSSY tout d’abord invite à l’enivrement : ses mélodies célébrant la magie des nuits étoilées, s’enchassent parfaitement dans l’écrin de la Sainte-Chapelle. Extatiques et séduisantes mélopées que Tatiana Probst sertit de milles nuances expressives, toujours soucieuse de l’intention de la situation et de l’intelligibilité du texte. Son  » À Chloris  » [Reynaldo HAHN] rayonne et charme, apaisé et lumineux, d’une noblesse maîtrisée, avançant comme un menuet antique.

Tatiana Probst au Festival Résonances
Mélodies enivrées à la Sainte-Chapelle

 

Racha Arodaky et Tatiana Probst
interprètent plusieurs pièces majeures de la mélodie française © classiquenews 2026

 

Puis le fil émotionnel s’effiloche, dans un flottement intranquille, aux nuances qui s’affinent : SAINT-SAËNS suit le poème d’Hugo : « Si vous n’avez rien à me dire,
Pourquoi passez-vous par ici? » … Toujours portée par le piano sobre et raffiné de Racha Arodaky, la cantatrice dévoile le sens caché du verbe. Langueur et largeur de souffle, inquiétude d’une amoureuse en fragilité : aucune réserve, dans ce chant habité, juste, millimétré ; poésie et musique fusionnent.

Le ton est donné ainsi pour ce qui suit. Il prépare en réalité aux 3 mélodies suivantes triptyque grave et triste, exigeant une couleur sombre voire tragique dans laquelle la soprano déploie autant de demi teintes et nuances ténues servies par une grande justesse dramatique.
À l’Élégie de MASSENET, prière suspendue d’une âme défaite, succèdent les deux sublimes pièces qui semblent taillées pour la cantatrice, son timbre incandescent aux aigus brûlants : « Le temps des lilas » [et des roses] de CHAUSSON, étend la guirlande fleurie, inerte, d’un printemps mort  ; la chanteuse s’enfonce dans une nostalgie inconsolable à mesure que ses aiguës saisissent par leur intensité et leur pureté diaphane. Chiasme éloquent.
Puis l’amertume embrasée de « Chanson triste » de DUPARC porte ce summum tragique à son comble ; dans ses couleurs ciselées aux teintes mortifères, Tatiana Probst exprime ce qui est cœur de la mélodie [l’une des plus belles en réalité] : son envoûtement parsifalien. Cette ballade triste et profonde rayonne pourtant par son activité, celle d’une résilience peu à peu exprimée et finalement assumée quand la cantatrice conclue : « je guérirai ».

Des mélodies à l’opéra, il n’a qu’un pas. Tant l’implication maîtrisée de la diva convoque derrière le verbe, le geste vocal et la scène. Ce qui advient dans les 3 mélodies russes de RACHMANINOV. Après la fameuse Vocalise réalisée dans le souffle… souverain, c’est la 2ème qui dévoile sans fard l’actrice passionnée, comme figée, suspendue dans sa langueur blessée, inspirée par la lyre amoureuse et tragique, par la nostalgie aussi de la patrie [Rachmaninov fut ce grand exilé toujours en mal de sa terre natale].

La fin du récital est un festival en nuances et sentiments dont la cantatrice aime à sculpter les contrastes comme les saisissantes ruptures. POULENC s’invite ainsi offrant ses deux visages si… complémentaires : le sombre et lugubre de « Bleuet » (où le jeune soldat exprime l’horreur de la guerre et tous les garçons morts sur le front)… auquel répond l’ivresse éperdue des « Chemins de l’amour »…
Pour mieux dialoguer encore avec le miroitement des vitraux de la Sainte Chapelle, la diva déploie une somptueuse adresse au public conquis : « L’été » de CÉCILE CHAMINADE [et les roucoulements et piaillements des oiseaux chanteurs d’une agilité coloratoure, vertigineuse], enfin « un rêve » de FAURÉ dont le souffle et l’enivrement voluptueux renoue avec les teintes raffinées du début.

On attendait beaucoup de ce récital chambriste. Tatiana Probst qui est aussi compositrice [et pianiste], réalise un somptueux concert. Sa complicité avec la pianiste Racha Arodaky renforce encore les qualités de son chant envoûtant.

 

 

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FESTIVAL RÉSONANCES à la SAINTE-CHAPELLE
Encore de nombreux concerts et récitals dans le cadre magique de la Sainte-Chapelle grâce au Festival Résonances, jusqu’au 29 juin 2026. LIRE notre présentation et temps forts du 7ème festival Résonances 2026 ici : https://www.classiquenews.com/paris-sainte-chapelle-7eme-festival-resonnance-festival-claviers-duos-du-5-au-29-juin-2026-de-ellington-a-couperin-marraine-julie-depardieu/

PARIS, SAINTE-CHAPELLE. 7ème Festival RÉSONANCES, du 5 au 29 juin 2026. « D’ELLINGTON à COUPERIN ». Marraine d’honneur : Julie DEPARDIEU

A partir du 5 juin 2026, la Sainte-Chapelle est l’écrin magicien du nouveau festival « Résonances », dédié à toutes les formes du clavier. Avec voix, avec instruments, en formations diverses, et ce dans tous les répertoires… Diversité et exigence sont les qualités d’un festival recherché dans le site le plus spectaculaire du Paris historique…
Pas moins de 12 concerts événements vous attendent ainsi. 2 temps forts en particuliers : les 2ème et 4ème week end de juin. Ouverture jazzy, puis mélodies françaises et russes, piano et lectures, duo piano et violoncelle, littérature et musique par Julie Depardieu (marraine 2026) qui lit Colette, duos de pianos pour transcriptions vertigineuses (Ravel et Gershwin)… et pour finir (le lundi 29 juin), récital de piano, de Bach à Gershwin… Incontournable.

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CD événement, annonce. Bruno Monteiro, violon. LATE ROMANTIC MUSIC FOR VIOLIN AND PIANO : Dohnanyi, Janacek , Saint-Saëns… João Paulo Santos, piano1 [cd etcetera] 

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À nouveau dans ce nouveau programme, le violoniste Bruno Monteiro en complicité avec son partenaire familier le pianiste João Paulo Santos, complète son exploration des pièces majeures pour violon et piano au carrefour des deux siècles, quand le romantisme fin de siècle éclaire de ses derniers feux, les prémices de la modernité du premier XXeme. L’apport découle d’une lecture attentive des influences et des styles mêlés entre classicisme, romantisme, singularités propres à chaque compositeur.

 

 

C’est le cas évidemment de la Sonate de Dohnanyi [1912] sommet chambriste d’avant la première guerre mondiale, d’ascendance lisztéenne et brahmsienne mais avec le sens de la synthèse et de l’économie propre au compositeur hongrois.
Plus sensible encore au contexte cataclysmique européen est la Sonate de Janacek, conçue dans les déflagrations de la guerre [1914], autre pièce majeure, autre défi pour les deux complices : l’esprit trouble et inquiet de Janacek imagine l’avancée des troupes russes en Moravie… La pièce ne sera créée après remaniement complet, qu’en 1922 à Brno.

Comme une pause bienvenue compensant les tensions précédentes, Bruno Monteiro joue ensuite « Souvenir d’un lieu cher » de Tchaïkovsky [1878], trilogie intime et passionnée, emblématique du romantisme passionnel de l’auteur d’Onéguine, alors terrassé par l’échec de son union pourtant souhaitée avec Antonina Milyukova [1877].

Le programme s’achève avec un pièce majeure, de 1863-1867, qui malgré son contexte pleinement romantique, est propre au génie de son auteur, d’une invention fascinante et d’une liberté pour l’interprète, inouïe :  « Introduction et Rondo Capriccioso », opus. 28 de Camille Saint-Saëns. Sur les traces du virtuose, ami et proche de Saint-Saëns, Pablo de Sarasate, Bruno Monteiro éclaire l’audace d’une pièce inclassable qui fusionne audace, haute virtuosité, élégance, fausse improvisation…. Critique complète à venir sur CLASSIQUENEWS

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LATE ROMANTIC
MUSIC FOR VIOLIN AND PIANO
ERNST VON DOHNÁNYI [1877-1960]
Sonata for Violin and Piano in C Sharp minor Op.21
1] Allegro appassionato 06:59
2] Allegro ma von tenerezza 04:45
3] Vivace assai 07:39
LEOŠ JANÁČEK [1854-1928]
Sonata for Violin and Piano JW VII/7
4] Con moto 05:57
5] Ballada: Con moto 05:15
6] Allegretto 02:45
7] Adagio 05:23
PIOTR I. TCHAIKOVSKY [1840-1893]
Souvenir d’un lieu cher for Violin and Piano Op.42
8] Méditation 08:15
9] Schezo 03:59
10] Mélodie 03:40
CAMILLE SAINT-SAËNS [1835-1921]
11] Introduction et Rondo Capriccioso Op.28 10:00
Bruno Monteiro, violin
João Paulo Santos, piano

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CRITIQUE, théâtre musical. 37e FESTIVAL DE RAVENNE, Basilique San Francesco, le 6 juin 2026. Marcello FERA : « Il Santo folle » (Création Mondiale). Astra Lanz (comédienne), Nicolas Zambon (St François), Ludovico Del Pra (Le Sultan d’Egypte), Guido Barbieri (mise en scène), Marcello Ferra (direction musicale)

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Après l’éblouissement de Nessun cielo è senza luce, dont nous avons salué hier dans ces mêmes colonnes la puissance évocatrice, le 37e Festival de Ravenne rempile avec une seconde Création Mondiale, tout aussi audacieuse et lumineuse : Il Santo Folle (d’après un épisode de vie de Saint François d’Assise, thème de la nouvelle édition de la manifestation italienne). Sous le plafond à caissons de la bien nommée Basilique San Francesco (datant du IXe siècle, quel écrin !), c’est un pan peu connu de la vie de St François qui était offerte à la connaissance du public.

 

Narrant un épisode de la vie du Saint, se déroulant sur les rives du Nil, et en l’occurrence la rencontre historique de St François avec le Sultan d’Egypte Al-Malik Al-Kamil, en 1219, durant la 5ème Croisade, Il Santo Folle nous plonge plus profondément encore dans l’intimité du Poverello – avec une leçon de tolérance et d’ouverture à l’autre (deux thèmes d’une brûlante actualité !…). Cette fois, la voix qui guide notre regard est celle de Jacopa de Settesoli – formidable et inoubliable Astra Lanz ! -, cette aristocrate romaine qui fut l’une des rares femmes à partager les dernières années du Saint. En narratrice au timbre angélique et habité, elle tisse le fil d’une existence vouée à la déraison divine, et sa présence scénique, à la fois sobre et bouleversante, confère à l’évocation une intense profondeur.

Le compositeur et chef d’orchestre Marcello Fera signe ici une partition à double visage qui est un pur régal pour l’oreille. À la tête du Conductus Ensemble et du Gruppo Vocale Heinrich Schütz, il oppose avec une intelligence folle deux univers musicaux que tout semble séparer. D’un côté, pour Ludovico del Pra en Sultan égyptien, une écriture envoûtante, très orientalisante – mélismes langoureux, percussions sourdes qui sentent le sable et les épices. De l’autre, pour Nicola Zambon en Saint François, une ligne vocale qui ose la modernité sérielle, mais teintée d’une répétition minimaliste qui n’est pas sans évoquer le meilleur de Philip Glass ou de John Adams. Et pourtant, quand ces deux mondes se frôlent, puis se répondent dans un premier duo d’une beauté désarmante, on comprend que Fera ne les oppose pas : il les fait dialoguer et le miracle a lieu.

 

 

Guido Barbieri signe une mise en scène tout en hauteur et en lumière, admirablement servie par les costumes de Manuela Monti et les éclairages de Marco Rabati. Il faut également évoquer les interventions de Marco Zanco, percutionniste et escrimeur. Physiquement à partir de son tambour, il ponctue le récit de Jacopa de rythmes sourds et archaïques, tandis que des vidéos projetées dans l’abside le montre en pleines joutes d’épée spectrales avec un autre comédien, comme si les démons et les croisades intérieures de St François prenaient corps dans le cliquetis des lames.

À l’issue de la représentation, le public, debout, a ovationné ces artistes qui osent toucher du doigt la folie sacrée. Il Santo Folle est donné chaque soir jusqu’au 9 juin, et l’on repart déjà avec la certitude que Ravenne, décidément, a trouvé dans la Création contemporaine une seconde nature. Deux incontestables réussites en une semaine : le festival italien vient d’offrir à ses fidèles deux étoiles filantes qu’on n’est pas près d’oublier !…

 

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CRITIQUE, théâtre musical. 37e FESTIVAL DE RAVENNE, Basilique San Francesco, le 06 juin 2026. Marcello FERA : « Il Santo folle » (Création Mondiale). Astra Lanz (comédienne), Nicolas Zambon (St François), Ludovico Del Pra (Le Sultan d’Egypte), Guido Barbieri (mise en scène), Marcello Ferra (direction musicale). Crédit photographique (c) Luca Concas

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 3 juin 2026. KRASA : Brundibar. Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique, Orchestre Les Frivolités Parisiennes, Muriel Mayette-Holtz et Jean-Claude Berutti (mise en scène), Louis Langrée (direction musicale)

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Sur le rideau de scène de l’Opéra-Comique est projetée une carte de l’Europe ; à y regarder de plus près, un lieu avec un nom : Theresienstadt. Chacun sait que Terezin, située en Tchécoslovaquie, a été rebaptisée Theresienstadt par l’occupant nazi, et ensuite présentée par lui comme la vitrine mystifée de la déportation des juifs de Bohême. C’est la première vision de cette soirée consacrée à la résurrection de Brundibar, opéra pour enfants de Hans Krasa (1899-1944), que l’Opéra-Comique a programmé dans le cadre sa saison 2025-26.

 

Puis  cette carte s’efface et laisse place à une salle de classe dans laquelle on aperçoit quelques élèves livrés à eux-même. Ils racontent et se racontent des histoires, imitent une vieille dame… Dans cette première partie de la soirée, sans doute trop longue – la seconde étant consacrée à la représentation proprement dite de l’opéra Brundibar -, les enfants vont interpréter des extraits du conte de Jean-Claude Grumberg, “De Pitchik à Pitchouk”, un Conte pour vieux enfants. 

Plusieurs musiques, subtilement choisies, accompagnent cette sorte de prélude au bref opéra qu’est Brundibar, qui dure environ une trentaine de minutes. Tout d’abord, pour la partie instrumentale, un merveilleux sextuor pour instruments à vents, “Mladi” de Leos Janacek, joliment interprété par l’ensemble Les Frivolités parisiennes, partenaire idéal de cette soirée. Pour la partie vocale de cette sorte de prélude à l’opéra, quelques pièces de Francis Poulenc : deux extraits de “Soir de neige”, sur un poème de Paul Eluard, ainsi que des extraits de “Quatre motets pour le temps de Noël”, magnifiquement interprétés par la Maîtrise populaire de l’Opéra-Comique (fondée en septembre 2016). Elle est composée de jeunes de 8 à 25 ans qui se forment aux arts de la scène. Ce soir, sur scène ou en coulisses, son chant rayonne et atteste de son exceptionnelle qualité musicale.

Dans la seconde partie, le plateau laisse la place à Brundibar, l’opéra pour enfants en deux actes, donné ici dans la version dite de Terezin, sur un livret d’Adolf Hoffmeister (1902-1970), ce dernier ayant réussi – contrairement à Hans Krasa – à échapper à la déportation. L’ouvrage avait fait l’objet d’une création clandestine en 1942, dans un orphelinat juif, rue Belgicka à Prague. Il a été recréé par le compositeur, déporté au camp de Theresienstadt, le 23 septembre 1943. Puis, il a été donné en cet endroit près de cinquante quatre fois.

Le conte peut se résumer ainsi : deux enfants Aninka et Pepicek veulent à tout prix soigner leur mère malade. Il leur faut trouver du lait car c’est le seul remède prescrit par le médecin. Ils sont évidemment totalement démunis, et envisagent de trouver de l’argent en chantant dans les rues. Mais ils devront faire face à forte partie en la personne du célèbre Brundibar. Ils vont réussir leur entreprise en chantant mieux et plus fort que Brundibar, personnage sous les traits duquel il n’est pas très difficile de reconnaître Hitler… Pour ce faire, outre leur vaillance, ils pourront compter sur l’aide, bien sûr, des enfants de la ville mais aussi d’animaux généreux et complices, délicieusement portraiturés et interprétés – notamment le Chat, le Moineau, et le Chien.

Les jeunes interprètes de la soirée se sont totalement impliqués dans cette production, la mise en scène étant assurée par Muriel Mayette-Holtz et Jean-Claude Berutti.  La fin est heureuse mais ne peut faire oublier l’assassinat de la plupart des créateurs de cet opéra en 1944. Un silence particulier se fait soudainement ressentir, quand, à la fin de l’œuvre, est diffusé un extrait du film de propagande tourné en 1944, montrant les visages captivés et émus d’enfants, assistant à Theresienstadt, à une représentation de Brundibar.

La musique de Hans Krasa se fait tour à tour joyeuse, un peu jazzy, clairement influencée par les musiques populaires, de foire, parfois un peu tendre aussi. Mais ce n’est pas la musique de Krasa qui clôt cette soirée, mais celle, belle et émouvante, de la chanson d’Ilse Weber, écrite et créée dans le ghetto : « Ich wandre durch Theresienstadt » (Je rôde dans Theresienstadt, le coeur lourd comme plomb…), interprété par la jeune Camille Flament, issue de la Maîtrise. Quant au chef d’orchestre Louis Langrée – par ailleurs Directeur de l’Opéra-Comique -, il assure avec délicatesse la cohésion de l’ensemble. Une belle et émouvante soirée !

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 03 juin 2026. KRASA : Brundibar. Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique, Orchestre Les Frivolités Parisiennes, Muriel Mayette-Holtz et Jean-Claude Berutti (mise en scène), Louis Langrée (direction musicale). Crédit photographique (c) Stefan Brion

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs Elysées, le 6 juin 2026. MOZART : L’Enlèvement au Sérail. J. Pratt, A. Pati, A. Jerkunica, B. Ryan, M. Lamaison… Florent Siaud / Laurence Equilbey

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Un incident rare s’est produit, samedi, lors de la représentation de L’Enlèvement au Sérail au Théâtre des Champs Elysées : une panne générale d’électricité. Scène et salle ont été plongées dans le noir au milieu du deuxième acte. L’affaire fut bien gérée. Le public a été invité à rester assis. La lumière a fini par revenir dans la salle. Et, cinq minutes après, sur scène. Les chanteurs et musiciens ont repris le cours de la représentation…

 

Et le courant est revenu entre Mozart et le public. C’était le moment où Jessica Pratt devait affronter le redoutable air de Constance. Elle y mit un surcroît d’énergie et lança ses aigus avec une ardeur accrue. Ils jaillirent, nets, brillants, étincelants. C’est dans la tessiture aiguë que cette belle soprano australienne excelle.

Le spectacle, mis en scène par Florent Siaud, dans un harem à l’architecture moderne et des costumes d’aujourd’hui, est plaisant et réjouissant. Sur le bord de la scène, un « bruitiste », Samuel Hercule, accompagne le déroulement de l’action d’une dentelle de sons pleins de délicatesse. Le rôle de Belmonte revient à Amitai Pati, voix agréable, bien timbrée, au phrasé souple et caressant. Amitai est le frère de Pene. Il n’y a pas à dire, dans la famille Pati, on sait chanter. Les Pati sont épatants !

Le troisième protagoniste de premier plan est Ante Jerkunica, belle voix grave – mais qui conviendrait mieux au rôle du Commandeur dans Don Juan, qu’à celui d’Osmin qui est, ici, une basse-bouffe. A la fin, coup de théâtre : son personnage est abattu d’un coup de pistolet. C’est lorsque le pacha se prenant pour Titus et faisant preuve de clémence, ordonne de supprimer le personnage qui incarne la vengeance. Brenton Ryan compose un Pedrillo d’une belle vivacité. Il bondit à travers l’ouvrage avec la fraîcheur insolente de la jeunesse et une énergie communicative. Manon Lamaison est une Blonde belle et vive mais son timbre n’a pas la rondeur d’un soprano mozartien.

A côté de tout cela, il y a Laurence Equilbey et son Orchestre Insula. Dès les premières mesures, leur précision, leur élan et la netteté de leurs traits nous séduisent. Tout avance, respire avec une belle vitalité. Voilà un Mozart bien… enlevé !

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs Elysées, le 06 juin 2026. MOZART : L’Enlèvement au Sérail. J. Pratt, A. Pati, A. Jerkunica, B. Ryan, M. Lamaison… Florent Siaud / Laurence Equilbey. Crédit photographique (c) Vincent Pontet

 

 

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STREAMING opéra. GOUNOD : Roméo et Juliette, ven 12 juin 2026 (Opéra de Rome, mai 2026). Nino Machaidze, Vittorio Grigolo, Nicolas Courjal… Luca De Fusco / Daniel Oren 

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L’Opéra de Rome / Teatro dell’Opera di Roma propose un joyau de l’opéra romantique francais inspiré de Shakespeare : Roméo et Juliette de Charles Gounod. La production filmée en mai 2026 affiche un trio vocal prometteur : Vittorio Grigolo, Nina Machaidze, Nicolas Courjal…

 

 

 

L’amour peut il être plus fort que les haines familiales ? Y a t il une inéluctable fatalité dans la succession des générations ? Les enfants doivent ils perpétuer par devoir la barbarie de leurs parents ? À Vérone, deux adolescents issus de familles rivales (Capulet contre Montaigus) s’éprennent passionnément : ils s’unissent par un mariage secret. Frère Laurent les accompagne, complice indéfectible de leur trajectoire amoureuse et fatale… Car un engrenage de violence les condamne à un dénouement tragique.

Sous la plume de Gounod et de ses librettistes Jules Barbier et Michel Carré, la pièce de Shakespeare se resserre peu à peu sur le lien intime unissant les deux protagonistes. Il en résulte une œuvre d’une richesse mélodique exceptionnelle pour ténor et soprano : pas moins de 4 duos d’une irrésistibles sensualité pour Roméo et Juliette, structure désormais emblématique que Gounod réservera encore dans Manon et Werther.

La nouvelle production du Teatro dell’Opera di Roma, mise en scène par Luca de Fusco, déplace la passion des amants dans l’Italie fasciste de 1943. Placée sous la direction de Daniel Oren, le spectacle gagne indiscutablement crédibilité et intensité grâce aux deux interprètes principaux, Nino Machaidze [Juliette] et Vittorio Grigolo [Roméo].

 

 

 

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VOIR le streaming opéra Roméo et Juliette de Gounod à l’Opéra de Rome – filmé le 13 mai 2026. Diffusion ven 12 juin 2026, 12h :
https://operavision.eu/fr/performance/romeo-et-juliette-2

 

En replay disponible jusqu’au 12 déc 2026
Chanté en français
Sous-titres en italien, français, anglais

 

Distribution

Juliette : Nino Machaidze
Roméo : Vittorio Grigolo
Frère Laurent : Nicolas Courjal
Mercutio : Mihai Damian
Stéphano : Aya Wakizono
Capulet : Christian Senn
Tybalt : Valerio Borgioni
Gertrude : Géraldine Chauvet
Le duc de Vérone : Nicolas Courjal
Pâris : Alejo Álvarez Castillo
Benvolio : Raffaele Feo
Grégorio : Alessio Verna

Teatro dell’Opera di Roma Chorus & Orchestra

Direction musicale : Daniel Oren
Mise en scène : Luca De Fusco

 

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CRITIQUE, théâtre musical. 37e FESTIVAL DE RAVENNE, Grand Cloître de la Basilique San Francesco, le 04 juin 2026. « Nessun cielo è senza luce » de / par Luca Maria Baldini (Création mondiale)

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La 37ème édition du Ravenna Festival (fondé en 1990 par M. C. Mazzavillani, épouse du maestrissimo Riccardo Muti), qui a débuté le 21 mai et se poursuivra jusqu’au 11 juillet, avait déjà tout pour figurer parmi les grands crus de l’histoire de la manifestation italienne. Intitulée “Nacque al mondo un sole” (Il naquit au monde un soleil) – un vers extrait du Paradis de Dante Alighieri (mort et inhumé à Ravenne) -, elle célèbre cette année le huitième centenaire de la mort de Saint François d’Assise. Mais il flottait dans l’air du Grand Cloître de la Basilique San Francesco, ce 4 juin, une effervescence particulière, celle des grandes nuits de création.

 

Sous la nouvelle et double direction artistique d’Anna Leonardi et d’Angelo Nicastro – qui succèdent à la longue et brillante ère précédente en insufflant une audace transdisciplinaire salutaire –, le festival a posé une question vertigineuse : « Peut-on encore parler de spiritualité à l’ère de l’intelligence artificielle ? » La réponse, flamboyante et déchirante, nous est venue de Luca Maria Baldini avec sa création mondiale « Nessun cielo è senza luce » (Aucun ciel n’est sans lumière).

Dès l’entrée dans l’enceinte séculaire, le ton est donné. Le cloître, habituel écrin de silence méditatif, s’est mué en laboratoire spectral. Face aux arcades romanes, un immense écran diffuse des images d’archives albanaises granuleuses, fantômes d’une autre époque. Au centre, tel un moine électronique veillant sur son propre rituel, Luca Maria Baldini manipule ses machines, sa boucle et… son baglamàs ! Ce luth grec aux cordes métalliques, instrument de la rebetiko (la musique des damnés), devient ici la voix intime du Pauvre d’Assise. Loin des ors des basiliques romaines, Baldini incarne un François des périphéries, bricoleur de sons et de sens.

Le miracle de la soirée tient dans un parti pris esthétique aussi risqué que sublime. Pour incarner les sermons de l’homme d’Église – textes mystiques de St François, relus sous le prisme de l’urgence écologique et politique – Baldini n’a pas convoqué un acteur, mais la magie noire de l’Intelligence Artificielle. En compagnie de Salvatore Insana (aux vidéos), il a extrait des archives vidéographiques albanaises de visages oubliés : paysans, ouvriers, mères en deuil – et ces visages, grâce à l’IA, se sont mis à parler : ils chantaient même, et ils prêchaient. Ce n’était pas un show racoleur, mais une liturgie de la mémoire. L’algorithme, en “filtrant” les voix (grâce à un travail de ré-élaboration sonore comme on n’en avait pas entendu depuis les expérimentations de Stockhausen), provoquait des fractures, des glissements de sens, des connexions inouïes. Ces morts-vivants numériques entonnaient des chants grégoriens, mâtinés de pop, traversés d’électronique live. L’outil technologique devenait le réceptacle d’une transcendance inattendue : l’IA comme interprète du Laudes Creaturarum !

 

 

Sous les yeux de ces prophètes de synthèse, Baldini a déployé une partition physique et sonore de haute volée. La structure en 7 chapitres (rappelant les 7 sceaux ou les 7 péchés capitaux…), nous a portés de l’acoustique brut à des explosions sonores. Jouant avec son souffle, grattant son baglamàs comme on gratte une terre aride, il a répondu en direct aux voix spectrales. Le moment de grâce absolue survient au chapitre 5. Alors que l’écran crache un sermon sur la “non-violence” et le rapport au non-humain (écho direct au dialogue de François avec le Sultan), Baldini abandonne l’électronique. Il ne reste que le baglamàs, instrument pauvre s’il en est, et sa voix rauque. La citation du Cantique des Créatures est à peine audible, mêlée à des sons pré-enregistrés de criquets et de vent. C’est le silence de la création, l’instant avant la lumière.

Avec Nessun cielo è senza luce, le Ravenna Festival 2026 signe peut-être la première grande réussite de sa nouvelle direction. Anna Leonardi et Angelo Nicastro ont eu raison de miser sur Baldini. Ils démontrent que la spiritualité franciscaine, souvent enfermée dans des images pieuses, est au contraire une machine de guerre visionnaire. Ici, le numérique ne tue pas le sacré : il lui invente des stigmates neufs. Ce soir, à Ravenne, technologie et humanité ont pleuré ensemble… et les cieux, effectivement, n’ont jamais été aussi lumineux.

 

 

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CRITIQUE, théâtre musical. 37e FESTIVAL DE RAVENNE, Grand Cloître de la Basilique San Francesco, le 04 juin 2026. « Nessun cielo è senza luce » de / par Luca Maria Baldini. Crédits photographiques (c) Ravenna Festival 2026 / Marco Parollo

 

 

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