Nous y étions : comptes- rendus et critiques des concerts, spectacles majeurs en 2020

degas_opera_orchestre_comptes_rendus_382Tous les spectacles à l’affiche (concerts, opéras, ballets, récitals, festivals mais aussi hommages, célébrations, concours et galas …) sont minutieusement analysés par la ” Rédaction spectacle vivant ” de classiquenews. Voici les meilleures propositions que nous avons souhaité couvrir, où nous étions, spectacles et plateaux qui méritent un témoignage, un compte rendu, un éclairage critique. A lire, pour connaître toutes les raisons pour lesquelles il fallait y être …

 

 

Comptes-rendus, critiques de spectacles

sommaire

 

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DISCERNEMENT, EXPLICATIONS… Ici, la Rédaction de CLASSIQUENEWS distingue l’essentiel et le captivant, l’innovation et la prise de risque… ou bien aime remettre les choses au point sur un spectacle ou un artiste … Suivez le travail des interprètes : chanteurs, instrumentistes, chefs qui font l’actualité et retiennent l’attention des rédacteurs de CLASSIQUENEWS…

 

LIRE ici nos COMPTES RENDUS antérieurs : 2019, 2018, 2017 à 2013

 

 

 

2020

 

Cliquer sur l’illustration pour accéder au compte rendu complet, à la critique intégrale

 

 

 

 

MARS  2020 

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manon massent pretty yen bernheim critique opera classique newsCOMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim. Après Bordeaux, le ténor Benjamin Bernheim reprend le rôle du Chevalier Des Grieux à Bastille, amoureux transi de la belle Manon ; mais trahi par elle, il devient l’abbé de Saint-Sulpice, avant de retomber dans les bras de celle qui n’a jamais cessé de l’aimer… Récemment auréolé d’une Victoire de la musique (fév 2020), le chanteur incarne efficacement le personnage dont l’abbé Prévost, premier auteur avant Massenet, souligne la candeur, l’innocence voire une certaine naïveté …fatale. Le ténor reviendra, pour la saison prochaine 2020-2021, à Bastille aussi, incarnant FAUST de Gounod. Saluée à Paris sur la même scène dans Lucia di Lammermoor, Pretty Yende incarne Manon…

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COMPTE-RENDU, critique opéra. TOULOUSE, le 4 mars 2020. DONIZETTI : L’Elixir d’amore. Amiel, Quatrini… Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons de cette admirable production de 2001 vue et revue avec un immense plaisir. Tout y est suprême élégance, respectant didascalies et toujours musicalement juste. La mise en abîme de la scène comme un immense appareil photo est captivante, la beauté des camaïeux de couleurs, des décors et des costumes, est subtile.

Reprise à Toulouse de l’Elixir de 2001…

Le Sacre de Kevin Amiel

 

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FÉVRIER  2020 

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Eschenbach-Christoph-13COMPTE-RENDU CRITIQUE CONCERT ORCHESTRE DE PARIS, direction Christoph ESCHENBACH, LANG LANG, piano, PHILHARMONIE DE PARIS, Paris, 24 février 2020. Wagner, Beethoven. On pouvait s’y attendre, La salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris a fait le plein de public le 24 février dernier, pour la venue très attendue du pianiste Lang Lang, dont la popularité est restée intacte malgré une absence prolongée de la scène parisienne. Le pianiste s’est produit avec l’Orchestre de Paris et le chef qui l’a découvert et qui l’accompagne désormais au disque, Christoph Eschenbach. Wagner et Beethoven étaient au programme.

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COMPTE-RENDU, critique opéra. MARSEILLE, le 22 février 2020. OFFENBACH : La Périchole. Membrey / Lepelletier. Dans un flamboiement de rouges Second Empire, un encadrement de cage de scène souligné de rampes lumineuses encadre un autre cadre pareillement illuminé qui enchâsse à son tour une petite scène avec rideaux, chapeautée en fronton d’une clinquante enseigne : « Cabaret ».

 

 

TOUT FEU TOUT FLAMME

 

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COMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 20 fév 2020. BOIELDIEU : La Dame blanche. Pauline Bureau / Julien Leroy. Le soir de la première de La Dame Blanche, le 10 décembre 1825, les musiciens de l’Opéra-Comique (où l’on reprend donc l’ouvrage ces jours-ci…) vinrent donner la sérénade à François-Adrien Boieldieu sous ses fenêtres. Quand il s’agit de faire monter tout le monde chez le Maestro, il y eut des problèmes de place. Rossini, qui habitait le même immeuble, ouvrit son appartement …

 

 

 Retour de la Dame Blanche à l’Opéra-Comique

 

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nezet-seguin-yannick-opera-concert-classiquenews-portrait-critique-cdCOMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, TCE, le 17 fev 2020. R. Strauss : La Femme sans ombre. Yannick Nézet-Séguin / v. de concert. Le tout-Paris lyrique semble s’être donné rendez-vous au Théâtre des Champs-Elysées pour l’un des concerts les plus attendus de la saison, la saisissante Femme sans ombre (1919) de Richard Strauss. Dès les premières mesures de cet ouvrage hors normes (voir notre présentation : http://www.classiquenews.com/yannick-nezet-seguin-dirige-la-femme-sans-ombre-de-r-strauss/ ) et rarissime en France, l’ensemble pléthorique des forces réunies gronde et impose la concentration : l’assistance venue en nombre semble écouter comme un seul homme le récit symbolique et initiatique de cette femme en quête d’humanité, sur fond d’éclat orchestral digne du Strauss de la Symphonie alpestre contemporaine (1915). Si le livret n’évite pas un certain statisme, expliquant le recours à une version de concert (comme à Verbier l’an passé https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-verbier-le-22-juil-2019-strauss-die-frau-ohne-schatten-la-femme-sans-ombre-siegel-gergiev/ ), le souffle straussien emporte tout sur son passage, en mêlant avec virtuosité toutes les ressources orchestrales à sa disposition.

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PAUSET-kafka-opera-dijon-annonce-critique-classiquenews-chatiments-pauset-dijon-gilles-abegg-critiqueopera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique opéra. DIJON, Opéra le 14 fév 2020. PAUSET : Les châtiments (création). Orch Dijon Bourgogne, Emilio Pomarico. Création mondiale très attendue du nouvel opéra de Brice Pauset. Inspiré de trois textes majeurs de Kafka, cet opéra singulier réactive le genre du litteraturoper magnifié par une scénographie spectaculaire. Après le parodique et jouissif Wonderful de Luxe, le nouvel opus de Brice Pauset redonne ses lettres de noblesse au théâtre chanté. Le texte qu’il met en musique n’est pas à proprement parler une réécriture des trois ouvrages de Kafka (Le verdict, La métamorphose et La colonie pénitentiaire), qui constituent les trois sections de l’œuvre (la seconde étant elle-même découpée en trois sections), mais une adaptation qui reprend littéralement Kafka dans le texte, comme l’avait fait par exemple Dusapin pour son Perelà, d’après le roman éponyme de Palazzeschi.

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john-adamsCOMPTE-RENDU, critique opéra. LYON, Opéra, le 13 fév 2020. ADAMS, I Was Looking the Ceiling and then I Saw the Sky. Studio de l’Opéra de Lyon, Vincent Renaud. Après plusieurs productions remarquées à Paris, à la MJC de Bobigny et au Châtelet, le musical de John Adams est présenté à Lyon, au théâtre de la Croix-Rousse, dans une mise en scène efficace du Roumain Eugen Jebeleanu. Une jeune équipe de chanteurs, issue du Studio Opera de Lyon défend avec panache cette comédie musicale engagée.

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L'Orchestre Région Centre Tours joue la 6ème de TchaokovskiCOMPTE-RENDU, critique opéra. MARSEILLE, Opéra, le 13 fév 2020. TCHAIKOVSKI : Eugène Onéguine. Tuohy / Garichot. Le chef américain Robert Tuohy, méconnaissant sans doute les montagnes russes, ces hauts et ces bas qui peuvent l’être aussi bipolaires psychiquement, ne semble connaître, de la Russie, qu’une vaste et surtout morne plaine comme ce Waterloo, où au moins un héros de l’œuvre, le Prince Grémine, contribua à battre Napoléon à plate couture.

 

ONÉGUINE (EU)GÊNÉ PAR LE CHEF

 

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balanchine opera abstille serenade concerto barrocoCOMPTE-RENDU, critique danse. PARIS, Bastille, le 12 février 2020. BALANCHINE. Trois oeuvres de danse élégante, graphique, propre à la première période américaine de Balanchine le géorgien précisent aux parisiens l’art du chorégraphe, hanté par l’idéal classique fait d’ordre, de clarté, d’épure. Balanchine est passé par le décorum des ballets impériaux à Saint-Pétersbourg ; le goût de la création en passant aussi les Ballets Russes à Paris ; autant d’éléments d’un art désormais personnel et éclectique que le New York City Ballet conserve avec une passion jalouse. Dans Sérénade (1934), la chorégraphie la plus riche et la plus fluide de notre point de vue, Balanchine célèbre la pulsion et l’élégance de son maître Tchaikovski, acclimatée à le détente des corps new yorkais qu’il découvre l’année précédente lors de son installation aux USA dès 1933 ; sans omettre le souvenir d’un romantisme épuré, quasi athlétique dans l’esprit des Sylphides de son autre maître Fokine… On y goûte la ligne épurée, le caractère nocturne, lunaire dont le sujet reste l’élégance de la danse. Le corps de ballet se montre aérien, fluide, comme libéré dans ce format pourtant très très écrit.

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Kafka_portraitCOMPTE-RENDU, critique opéra. DIJON, le 12 fév 2020. PAUSET : Les Châtiments d’après Kafka. Création. En faisant un opéra d’après les 3 textes de Kafka, «LES CHÂTIMENTS» (adaptés par Stephen Sazio), Brice Pauset qui répond à la commande de l’Opéra de Dijon, trouve la voie juste et la forme fluide entre partition orchestrale et flux théâtral. Les ténèbres bien manifestes dans le texte kafkaien font place pourtant ici à une certaine émotion diffuse grâce à la composition de Pauset qui éclaire de l’intérieur le triptyque, souhaité par Kafka lui-même (portrait ci contre), Le Verdict (1912), La Métamorphose (1912) et Dans la Colonie pénitentiaire (1914). Des textes sombres et violents où se jouent la relation du fils au père, des individus à la loi, … non sans humour. Et même un rire continu qui retrouve comme une liberté cachée dans l’écriture kafkaienne. Une verve désespérée et cynique mais qui est tendresse pour une humanité maudite, condamnée, corrompue par ses contradictions crasses.

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COMPTE-RENDU, concert. PARIS, Studio de l’Ermitage, le 9 fév 2020. QUINTETO RESPIRO / CUAREIM QUARTET + NATASCHA ROGERS  -  Le studio de l’Ermitage à Paris en connivence avec l’éditeur Klarthe offre une somptueuse soirée riche en métissages et saveurs inédites ; y paraissent deux phalanges bien chaloupées, chacune leur univers instrumental et poétique très singularisé : le QUINTETO RESPIRO et le CUAREIM QUARTET qui renouvellent à leur façon l’idéal de métissages réussis, calibrés, enivrants. En février 2020, les deux ensembles éditent leur nouvel album chez Klarthe Records. Deux offrandes très séduisantes. Ce concert marquait le lancement des deux programmes.

ENIVRANTS MÉTISSAGES

herencia-vertisite quinteto respiro tango concert cd critique review classiquenewsQUINTETO RESPIRO : Tango traditionnel et régénéré… les 5 instrumentistes du Quinteto Respiro insuffle une approche originale et légitime au Tango ; ce dès leur création en 2009.  Depuis leur rencontre avec le compositeur et pianiste argentin Gustavo Beytelmann, les 5 complices cultivent leur passion du tango enrichie des conseils et enseignements des maîtres en la matière : J.J Mosalini, Ramiro Gallo, ou encore l’Orquesta Tipica Silencio, entre autres… le sens du chambrisme, leur écoute, la complicité qui les animent, singularisent un sens irrésistible des rythmes et une palette scintillante, à la fois feutrée mais terriblement cadencée en couleurs et en accents…. LIRE notre critique complète

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Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOINGCOMPTE-RENDU, critique opéra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fév 2020. CHABRIER : L’Etoile.  Avec Carl Ghazarossian, Alain Buet, Ambroisine Bré, Nicolas Rivenq… Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux… A l’occasion d’une visite dans les Hauts-de-France, on ne saurait trop conseiller de faire halte à Tourcoing, troisième ville de la région après Lille et Amiens ; qui peut s’enorgueillir d’avoir vu naître des compositeurs aussi illustres que Gustave Charpentier ou Albert Roussel. Indissociable de la personnalité charismatique de son fondateur Jean-Claude Malgoire (1940-2018),  l’Atelier lyrique de Tourcoing donne depuis 1981 une résonance internationale à cette ancienne capitale du textile, reconnue pour cette ambition artistique de haut niveau. Désormais, il revient à François-Xavier Roth (né en 1971) de prendre la relève du regretté Malgoire à la direction artistique de l’Atelier lyrique, tandis qu’Alexis Kossenko (né en 1977) fait de même à la tête de l’orchestre sur instruments d’époque, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy.

 

EBLOUISSANTE ETOILE A TOURCOING 

 

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Lazuli / Laoula : Ambroisine Bré et Anara Khassenova  © Simon Gosselin

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DON CARLOS LIEGE ARRIVABENI PRALAFERA OPERA critique classiquenews vue generaleCOMPTE-RENDU, critique, opéra. LIEGE, ORW, le 8 fév 2020. VERDI : Don Carlos, 1866. Kunde, Arrivabeni / di Pralafera. La version française de Don Carlos semble faire un retour en force sur les scènes franco-belges, comme en témoignent les spectacles récemment produits à ParisLyon et Anvers – à chaque fois dans des mises en scènes différentes. Place cette fois à une nouvelle production très attendue de l’Opéra royal de Wallonie, qui relève le défi d’une version sans coupures, à l’exception du ballet, telle que présentée par Verdi lors des répétitions parisiennes de 1866. On le sait, avant même la première, l’ouvrage subira un charcutage on ne peut plus discutable afin de réduire sa durée totale (de plus de 3h30 de musique), avant plusieurs remodelages les années suivantes. La découverte de cette version “originelle” a pour avantage de rendre son équilibre à la répartition entre scènes politiques chorales et tourments amoureux individuels, tout en assurant une continuité louable dans l’inspiration musicale. A l’instar de Macbeth, Verdi n’hésita pas, en effet, à réécrire des pans entiers de l’ouvrage lors des modifications ultérieures, au risque d’un style moins homogène.

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schreker die schmied von gent opera vlaamse flanderen critique review opera classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, opéra. ANVERS, Opéra flamand, le 7 février 2020. Schreker : Der Schmied von Gent. Alejo Pérez / Ersan Mondtag. D’année en année, l’héritage lyrique de Franz Schreker (1878-1934) ne cesse d’être exploré dans toute sa diversité, au disque mais également sur scène. Avant Irrelohe (1922) présenté à l’Opéra de Lyon dès le 24 mars prochain, place au Forgeron de Gand / Der Schmied von Gent (1932), dernier opéra du grand rival de Richard Strauss en son temps. On doit à l’intérêt conjoint de l’Opéra flamand, en coproduction avec le Nationaltheater Mannheim, le nouvel éclairage donné à cet ouvrage monté pour la dernière fois voilà dix ans à Chemnitz (heureusement gravé par CPO) : ça n’est là que justice, tant Schreker fait montre d’une inspiration foisonnante dans l’éclectisme musical, en un style proche de Kurt Weill pour le parlé-chanté et l’ambiance de cabaret, tandis que les ruptures verticales expressionnistes font davantage penser au Hindemith de Cardillac ( https://www.classiquenews.com/tag/cardillac/ ). L’Autrichien quitte ainsi les expérimentations fraichement accueillies de Christophorus (1929), dédié à Arnold Schönberg, pour embrasser un style virtuose où s’entremêlent chansons populaires flamandes et pastiches de musiques anciennes, avant un acte III rayonnant où la tonalité retrouve davantage ses droits (rappelant le Korngold du Miracle d’Héliane

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laloum adam pinao concertos brahms cd sony review cd cd critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, Concert. PARIS, TCE, le 5 fév. 2020. Récital SCHUBERT. A LALOUM, piano. Adam Laloum, longue silhouette fragile avec son allure de statue de Giacometti, se glisse vers le piano sur la large scène du Théâtre des Champs Élysées dans une lumière tamisée avec derrière lui l’or chaud du rideau de scène. Il ne faut pas se fier à la vue car la puissance du pianiste n’est pas un vain mot quand on pense au programme titanesque qui attend le jeune musicien trentenaire. En effet les trois dernières sonates de Schubert dans un programme de plus de deux heures mettent à nue l’interprète. D’autres pianistes s’y sont risqués, techniquement impeccables mais malhabiles à tenir sur toute la longueur, la richesse des images de Schubert, son besoin d’émotions perpétuellement changeantes et une capacité à

 

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giselle adam paris baulac kessels ballet critique classiquenews fev 2020COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, Opéra National de Paris, le 5 février 2020. Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov, chorégraphie. Léonore Baulac, Germain Louvet, Etoiles. Ballet de l’opéra. Adolphe Adam, musique. Retour de Giselle, ballet romantique par excellence, à l’Opéra National de Paris. Le chef spécialiste Koen Kessels est à la direction de l’Orchestre Pasdeloup, désormais habitué du Palais Garnier, et en très bonne forme le soir de notre venue. Les jeunes Etoiles Léonore Baulac et Germain Louvet interprètent les rôles protagonistes, accompagnés des Premiers Danseurs François Alu et Hannah O’Neill pour un quatuor principal de grand impact !

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. LYON, le 3 fév 2020. PUCCINI, Tosca. Orch et chœur de l’Opéra de Lyon, Daniele Rustioni / Ch. Honoré. Production très controversée venue du Festival d’Aix de l’été dernier, la Tosca iconoclaste de Christophe Honoré nous a pleinement convaincu. Une lecture virtuose, émouvante et cohérente, un hymne à la création artistique magnifié par une distribution d’exception et une direction magistrale du maestro Rustioni.

 

Tosca, Boulevard Solitude

 

tosca malfitanoComme souvent, les lectures opératiques de Christophe Honorétrahissent son univers cinématographique. Sur scène, le dispositif impressionnant rappelle un plateau de cinéma : plusieurs pièces reconstituées, beaucoup d’éléments, de figurants, des écrans qui projettent des extraits célèbres de Tosca, avec Catherine Malfitanoau Château Saint-Ange, en compagnie de Placido Domingo, la Callas, etc. La patte de l’écrivain apparaît également avec quelques citations, dont celle de Proust (un peu trop appuyée à notre goût) : on ne peut reprocher à un metteur en scène de réagir en fonction de sa sensibilité, de son ethos, si sa proposition est défendable scéniquement, ce qui est incontestablement le cas ici. L’originalité de sa lecture repose sur l’idée, certes arbitraire, de doubler le rôle de Tosca avec celui de la prima Donna et de faire de celle-ci une vieille cantatrice jadis adulée qui revient sur sa prestigieuse carrière. Une idée qui rappelle l’intrigue de Sunset Boulevard, référence qui ne fait que renforcer cette lecture très…

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MASSENET---saint-etienne-Letexier-lacombe-desire-opera-critique-classiquenews_don_quichotte_margaux_klein__9_COMPTE-RENDU, opéra. SAINT-ETIENNE, le 2 fév. 2020. MASSENET, Don Quichotte. Orch. Symph. Saint-Etienne Loire, J. Lacombe/L. Désiré. Nouvelle production du trop rare Don Quichotte de Massenet. Une très belle réussite scénique, malgré un plateau vocal inégal et une direction d’orchestre en demi-teintes. Loin de la vision enjouée et plus délirante de Laurent Pelly avec un José Van Dam impérial pour ses adieux en 2012 à la Monnaie, la lecture de Louis Désiré de l’un des derniers succès de Massenet (créé à l’opéra de Monte-Carlo en 1910 d’après une pièce de l’obscur Jacques Le Lorrain) est au contraire épurée et met l’accent sur l’humanité christique du héros espagnol.

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COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, Capitole, le 2 fév 2020. WAGNER : Parsifal. BORY / BEERMANN, KOCH, SCHUKOFF. Peut-on rêver plus extraordinaire production de l’oeuvre si «hors normes» de Richard Wagner ? Les comparaisons avec Strasbourg qui monte sa production au même moment seront certainement intéressantes tant tout semble les différencier. Je dois pourtant reconnaitre que je resterai à Toulouse afin d’assister à plusieurs représentations de ce Parsifal si réussi. Il sera difficile de développer tout ce que j’ai à dire sur ce spectacle total tant il est riche. Je serai moins long sur les voix car ailleurs elles ont été bien analysées. C’est tout simplement le quatuor vocal le plus abouti actuel qui puisse se s’écouter aujourd’hui, pour une version parfaitement cohérente. Voix sublimes de jeunesse, de puissance, de timbres rares et de phrasés somptueux. Chanteurs-acteurs beaux et convaincants. La prise de rôle de Sophie Koch en Kundry est magistrale, de voix, de timbre, de jeux et de style. Tout y est : de la quasi animalité à la plus élégante séduction , en particulier la souffrance contenue dans ce rôle complexe. Sophie Koch est une Kundry qui va conquérir le monde tant elle est déjà accomplie.

 

PARSIFAL EN MAJESTÉ

9c - Parsifal - Nikolai Schukoff (Parsifal) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

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paino cmapus 2020 affiche classiquenewsCOMPTE-RENDU, concours. PONTOISE, le 2 février 2020. CONCOURS PIANO CAMPUS 2020Le 19ème Concours International Piano Campus s’est déroulé du 31 janvier au 2 février à Pontoise. Les épreuves éliminatoires ont permis d’entendre les douze candidats sélectionnés dans un programme de 30 mn dont l’œuvre imposée était cette année une pièce de la compositrice Germaine Tailleferre, « Seule dans la forêt ». Les trois finalistes retenus, le français Virgile Roche (21 ans), l’italien Davide Scarabottolo (18 ans), et le russe Timofei Vladimirov (18 ans), se sont produits sur la scène du Théâtre des Louvrais dimanche 2 février, devant un jury présidé par la pianiste Hisako Kawamura (Prix Clara Haskil 2007 et auparavant elle-même lauréate du concours Piano Campus). Le compositeur Fabien Waksman, également membre du jury, est l’auteur de la pièce contemporaine imposée, « Black Spirit », pour piano et orchestre, donnée en création mondiale par les trois jeunes pianistes. Tout de suite l’énoncé du palmarès: …

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porgy-and-bess-metropolitan-opera-new-york-critique-annonce-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, opéra. NEW YORK, Met, le 1er fév 2020. GERSHWIN : Porgy and Bess.David Robertson / James Robinson. Avec Wozzeck, dirigé par Yannck Nézet-Séguin, voici l’autre production événement qui atteste de l’excellente santé artistique du Met… Porgy and Bess (1935) fait un retour remarqué et réussi sur la scène du Met après plus de 30 années d’absence, avec retransmission en direct en bonus, – très apprécié. L’opéra black que Georg Gershwin écrit avec son frère Ira (pour le livret) doit être chanté par une distribution uniquement black : clause respectée ici à la lettre… La mise en scène de James Robinson ressuscite ainsi le village de Catfish Row et ses habitants si attachants. Pour décor unique, une vaste résidence d’un état du sud américain, où l’action prend place dans chaque pièce ; sa mobilité puisque le dispositif tourne sur lui-même dynamise tous les ensembles, en particulier les danses et les chœurs dont le souffle collectif si essentiel au sujet est assuré par le chœur du Met très bien chauffé (très réussi, solide et prenant, choeur « Gone, gone, gone »). La ferveur en Dieu relève toujours cette humanité tant de fois mise à terre…

 

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JANVIER  2020 

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 György Vashegyi : le Baroque Français au sommetCOMPTE-RENDU, concert sacré. Paris, TCE, le 29 janv 2020. MOZART : Requiem. Emoke Barath, Anthea Pichanick, Zachary Wilder, Istvan Kovacs. Orfeo Orchestra, Purcell Choir. Gyorgy Vashegyi, direction. Programme latin et sacré au Théâtre des Champs Elysées avec cette production des Grandes Voix autour du chef d’œuvre liturgique de Mozart, son dernier opus, le Requiem en ré mineur. L’orchestre hongrois Orfeo Orchestra avec le Purcell Choir sont par leur fondateur, figure importante du renouveau de la musique baroque en Hongrie, Gyorgy Vashegyi. Le maestro a été distingué à plusieurs reprises sur classiquenews pour ses excellentes lectures des opéras baroques français de Rameau (  Naïs, 2017  /  les Indes Galantes, 2018) à Mondonville (Grands Motets, 2015). La distribution des solistes est rayonnante de talent, composée de la soprano Emoke Barath, la contralto Anthea Pichanick, le ténor Zachary Wilder et le baryton Istvan Kovacs.

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guy-piano-classiquenews-concert-critique-annonce-concert-classique-François-Frédéric-Guy-Photo-Caroline-Doutre-11-320x213COMPTE-RENDU, critique, concert. PARIS, TCE, le 18 janv 2020. BEETHOVEN / FF GUY : les 5 Concertos pour piano. François-Frédéric GUY, piano et direction. Orchestre de Chambre de Paris, THÉÂTRE DES CHAMPS ÉLYSÉES, Paris, 18 janvier 2020. Les 5 concertos pour piano de Beethoven.  La célébration des 250 ans de la naissance de Beethoven a commencé en ce début d’année dans la monumentalité, avec l’intégralité de ses concertos pour piano donnés en une soirée, une folie que le compositeur n’aurait pas condamnée – rappelons-nous ce soir du 22 décembre 1808 à Vienne: création du quatrième concerto, mais aussi des symphonies 5 et 6, que « complétaient » l’aria « Ah, perfido! », la Fantaisie pour piano opus 77 et la Fantaisie chorale opus 80! Un véritable défi relevé par ses interprètes, l’Orchestre de Chambre de Paris et le pianiste François-Frédéric Guy, tous en grande forme, devant le public enthousiaste du Théâtre des Champs-Élysées plein à craquer.

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MUTI riccardo Muti_120128_041_crop_Todd_Rosenberg-e1365787405319COMPTE-RENDU, concert. PARIS, Philharmonie, le 17 janvier 2020. Wagner : Le Vaisseau fantôme (ouverture), Hindemith : Symphonie “Mathis le Peintre”, Dvořák : Symphonie n° 9 “Du Nouveau Monde”. Alors qu’il nous a déjà gratifié du privilège de la lecture de ses mémoires https://www.classiquenews.com/livres-riccardo-muti-prima-la-musica-larchipel/, le grand chef napolitain Riccardo Muti (78 ans) n’en finit pas d’assurer une présence régulière à Paris d’année en année, le plus souvent avec l’Orchestre national de France en tant que chef invité, ou plus logiquement avec “son” Orchestre symphonique de Chicago, dont il est le directeur musical depuis 2010. C’est précisément avec la prestigieuse formation américaine qu’on le retrouve à la Philharmonie pour l’un des concerts les plus attendus de la saison – pour preuve la salle remplie à craquer ce vendredi soir.

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bloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique. LILLE, Nouveau Siècle, le 16 janvier 2020. MAHLER : Symphonie n°9. Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, direction. Après une Symphonie n°8 « des Mille » réalisée en nov 2019, jalon éblouissant d’un cycle qui restera mémorable, voici en ce début d’année 2020, la fin de l’odyssée mahlérienne par l’ONL LILLE Orchestre National de Lille et son directeur Alexandre Bloch : la 9è, véritable testament musical et spirituel. Les auditeurs l’ont remarqué comme les musiciens eux-mêmes : il s’est passé quelque chose avec les 5è et 6è symphonies ; rondeur et précision accrues, réflexes plus naturels, onctuosité et profondeur, servies par un relief instrumental d’un fini impeccable… de fait, jouer sur la durée l’intégralité des symphonies et de façon ainsi chronologique, aura porter bénéfice à l’écoute et à la cohérence du collectif lillois. Alexandre Bloch depuis son arrivée en 2016 aura fondamentalement fait évoluer et enrichit l’expérience des musiciens, n’hésitant pas à élargir le répertoire (jusqu’à l’opéra, avec Les Pêcheurs de Perles de Bizet, juin 2017), ou « oser » des partitions monstrueuses réputées injouables (MASS de Bernstein, juin 2018). Ce cycle Mahler s’inscrit dans un mouvement à la fois de renouvellement et d’accomplissement pour l’Orchestre.

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Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de ToursCOMPTE-RENDU, critique, concert. TOURS, Opéra, le 11 janvier 2020. Concert du nouvel An, OSRCVLT, Benjamin Pionnier. Strauss, Tchaikovsky, Brahms… Superbe soirée qui donne du baume au cœur en ce début d’année 2020 à Tours. Le chef Benjamin Pionnier, directeur général de l’Opéra de Tours, poursuit son travail avec les musiciens maison ; une collaboration qui est marquée par un élargissement significatif du répertoire ; par l’accroissement de l’expérience musicale grâce à l’invitation faite à d’autres chefs invités aux profils variés, ce qui est toujours profitable pour réduire les effets de la routine ; par des actions nouvelles vers les jeunes publics (l’Opéra de Tours a été l’un des premiers établissements lyriques à lancer les « concerts bébé » … depuis lors, complets tout au long de la saison)… ELEGANCE VIENNOISE A TOURS…
Ce soir, c’est l’esprit viennois et la magie des valses des Strauss, père et fils qui s’exportent de Vienne à Tours. Il faut toute la première partie (Ouverture des Joyeuses Commères de Windsor de Nicolai, Suite de Casse-Noisette opus 71, …) pour chauffer les instruments, pour que le collectif atteigne une volubilité expressive, une évidente légèreté.

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dvorak_antonin3COMPTE-RENDU, opéra. GAND, Opéra flamand, le 11 janvier 2019. Dvorak : Rusalka. Giedrė Šlekytė / Alan Lucien Øyen. Nouveau directeur artistique de l’Opéra flamand / Opera Ballet Vlaanderen, depuis le début de la saison 2019-2020, Jan Vandenhouwe s’est fait connaître en France comme dramaturge, notamment à l’occasion de son travail avec Anne Teresa de Keersmaeker pour le Cosi fan tutte présenté à l’Opéra de Paris (voir notre compte-rendu détaillé en 2017- https://www.classiquenews.com/cosi-fan-tutte-sur-mezzo/). Avec cette nouvelle production de Rusalka (1901), c’est à nouveau à un chorégraphe qu’est confiée la mission de renouveler notre approche de l’un des plus parfaits chefs d’œuvre du répertoire lyrique : en faisant appel au norvégien Alan Lucien Øyen, artiste en résidence au Ballet national à Oslo, Vandenhouwe ne réussit malheureusement pas son pari, tant l’imaginaire visuel minimaliste ici à l’oeuvre, réduit considérablement les possibilités dramatiques offertes par le livret.

 

 

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yvain_maurice comedie operette classiquenews _02COMPTE-RENDU, critique, opéra. PARIS, Athénée LJ, le 8 janvier 2020. YVAIN : YES ! Les Brigands, PM Barbier / Galard – Hatisi. Quand on voit revenir Yes de Maurice Yvain sur les scènes de plusieurs maisons, on ne peut que se réjouir. L’ouverture du répertoire du Palazzetto Bru-Zane et sa nouvelle exploration de l’opérette est un beau geste vers un répertoire trop souvent oublié, mésestimé voire méprisé. Yes est un chef d’œuvre calibré au millimètre par Maurice Yvain et Albert Willemetz. Duo mythique de l’opérette, ils peuvent être considérés comme les Mozart et Da Ponte des Années Folles. Yes, créée en 1928 au Théâtre des Capucines est originellement composé pour deux pianos. La partition est d’une richesse digne du livret. L’intrigue fabuleuse conte les déboires filiaux et amoureux du riche playboy Maxime Gavard, fils du « roi de la vermicelle ». La musique mêle à la fois jazz, swing, fox-trot et rythmes latinos.

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COMPTE-RENDU, opéra, critique. MARSEILLE, Opéra, le 3 janv 2020. OFFENBACH : Barbe Bleue. Laurent Pelly. Pas la veuve, Barbe-bleue, mais le veuf joyeux comme il se définit lui-même : « O gué, jamais veuf ne fut plus gai ! » mais étrange mono-manique du mariage qui semble ne pouvoir accéder à la femme que dans le cadre de l’institution matrimoniale.

 Monogame en série

thumbnail_3 P1200061  photo Christian DRESSE 2019

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musikverein saal concert du nouvel an 2016njk14_TRY_0497COMPTE-RENDU, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction. Le concert du NOUVEL AN à VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les débuts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien déjà familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistré l’intégrale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. GRISANT MAIS PAS EBLOUISSANT… C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivités des 150 ans de la création du Musikverein, salle mythique, dite la boîte à chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont déroulés. Polka rapide composée par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux côtés de Johann II et Josef ; celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie) : Le caractère général de cette année est dévoilé dès la première œuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblée sans préambule une joie militaire, galop à la Offenbach, un rien pétaradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop décorative et narrative pour un début : la sonorité est un rien tendue qui manque de détente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit à l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maîtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frères ; cela sonne un peu raide et sec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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rubinstein-demon-opera-de-bordeaux-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique opéra. BORDEAUX, Grand Théâtre, le 31 déc 2020. Anton RUBINSTEIN: Le Démon. Dans l’opéra rare d’Anton Rubinstein, Le démon (1875), soit donc contemporain de Carmen de Bizet, l’ange diabolique renonce à l’amour en acceptant que la mortelle meurt à leur premier baiser tentateur ; elle rejoindre les élus, mais lui, sera condamné aux vertiges de l’enfer destructeur. La vision manque cependant d’épaisseur pour nos cerveaux habitués aux scénarios noirs des séries vedette : ce démon inspiré de Lermontov et de Pouchkine est d’un fil et d’une étoffe un rien, trop fins. Pas sur que l’intrigue et le drame soient retenu par l’industrie cinématographique actuelle.

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