Reportage vidéo : ONL Orchestre National de Lille : MASS de BERNSTEIN / Alexandre Bloch (juin 2018)

mass-bernstein-lille-orchestre-national-compte-rendu-critique-classiquenews-alexandre-blochREPORTAGE VIDEO. ONL Orchestre National de Lille. BERNSTEIN : MASS (juin 2018). En hommage au génie de Leonard Bernstein et pour son centenaire en 2018, l’ONL Orchestre National de Lille sous la direction de son directeur musical Alexandre BLOCH, frappe fort en ce mois de juin 2018 ; la phalange lilloise à la laquelle se joignent les troupes musicales de la Région (choeurs, tambours et orchestres d’harmonie…) réussit tous les défis d’une partition atypique, méconnue et pourtant essentielle pour comprendre et mesurer l’humanisme engagé du compositeur américain : MASS (1972). Chœurs d’enfants angéliques, émerveillés (une référence à cette innocence perdue dont a rêvé Bernstein toute sa vie ?), choeur solennel et parodique ; « street chorus », mordant, cynique, critique voire blasphématoire ; surtout célébrant incarné sombrant dans le doute et le désarroi le plus vertigineux… avant la grande réconciliation fraternelle de la fin. Bernstein ne fait pas que le procès du rituel, de tous les offices religieux ; il sait les réinscrire dans une vision profondément humaine, qui rétablit le sens profond d’une célébration collective : le partage et le respect mutuel. Tout dogme enseigné doit élargir le champs de vision, renforcer l’écoute de la diversité, cultiver la tolérance.

Rien ne manque dans cette partition qui cite certes l’esthétique des 70’s, mais reste atemporelle par son message pacifiste, amoureux, généreux, humaniste. Voici assurément le point d’orgue de l’année BERNSTEIN 2018 en France, et la réalisation la plus significative de l’année de célébration. GRAND REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS.TV 2018 – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM.

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LIRE aussi notre critique complète de MASS de Leonard BERNSTEIN par Alexandre BLOCH (28 juin 2018) – Auditorium du Nouveau Siècle, LILLE / ONL

200 personnes sur le plateau et au-dessus (s’agissant des deux jazz band, et rock band, situés chacun au dessus de la scène, à jardin et à cour) incarnent et exaltent l’ivresse grandissante d’une partition protéiforme signée Bernstein, au début des années 1970 : MASS. Il faut donc pour le chef savoir coordonner le geste d’une colonie éparse de musiciens aux parties simultanées, et aussi préserver la clarté d’une oeuvre construite comme une cathédrale particulièrement riche en changements de rythmes et en formes musicales. Généreux, éclectique, Bernstein fait montre d’une invention parfois déroutante pour l’auditeur, mais tout le mérite revient au formidable engagement des chanteurs et instrumentistes, à la direction à la fois fiévreuse et précise du chef Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille ; le maestro sculpte un monument esthétique qui suit très minutieusement son parcours, sans dilution, et avec des pointes sarcastiques ou lyriques d’une indiscutable intelligence…

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