COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, ONP, le 5 fév 2020. ADAM : Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov. Baulac…

giselle adam paris baulac kessels ballet critique classiquenews fev 2020COMPTE-RENDU, ballet. PARIS, Opéra National de Paris, le 5 février 2020. Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov, chorégraphie. Léonore Baulac, Germain Louvet, Etoiles. Ballet de l’opéra. Adolphe Adam, musique. Retour de Giselle, ballet romantique par excellence, à l’Opéra National de Paris. Le chef spécialiste Koen Kessels est à la direction de l’Orchestre Pasdeloup, désormais habitué du Palais Garnier, et en très bonne forme le soir de notre venue. Les jeunes Etoiles Léonore Baulac et Germain Louvet interprètent les rôles protagonistes, accompagnés des Premiers Danseurs François Alu et Hannah O’Neill pour un quatuor principal de grand impact !

 

 

Reprise de Giselle à l’Opéra national de Paris

Giselle ou l’amour de l’Art

 

 

 

La soirée commence avec une annonce et diffusion d’un texte plein d’injonctions aux public : les syndicalistes de l’opéra nous expliquent qu’on aura droit à la représentation ce soir, comme si c’était un cadeau quelque part, et qu’on a été prié d’écouter avec « bienveillance ». 80 % de l’auditoire a récompensé l’effronterie péremptoire des fortes huées et ahurissements. Il paraît que le public voulait regarder un ballet où la prima ballerina « meurt d’amour » à cause de la fausseté d’un Duc qui lui fait croire qu’il l’aime et que leur amour aura un avenir plus grand que sa lâcheté, toute monarchique… Il l’a eu, son ballet, le public… mais non sans ce prélude, à la fois niais et sournois, d’allure Ché-Guevariste, des syndicats. On nous laisse voir le spectacle, mais non sans rappel que LA LUCHA SIGUE. « Bonne représentation ». Nous ne remercions pas pour cette introduction ridicule à une histoire tragique.

Le nouveau Premier Danseur Pablo Legasa annoncé au départ dans le pas de deux des paysans a été remplacé selon le feuillet de distribution par le Coryphée Andrea Sarri. Or, le dernier est finalement remplacé par le tout aussi nouveau Premier Danseur Francesco Mura. Si la soirée commence avec ces faits divers bien théâtraux, nous sommes heureux en termes généraux de la performance qui a eu lieu. Bien qu’Adam ne soit pas Tchakovsky, la partition de ce ballet est beaucoup plus amusante et riche que la plupart des musiques, souvent russes, des ballets romantiques. Dans ce sens l’Orchestre Pasdeloup sous la direction du chef Koen Kessels est très en forme et offrent une prestation tout à fait dynamique et entraînante; remarquons les magnifiques performances des bois et des cordes.

Giselle est le ballet des amoureux de la danse romantique. L’histoire simple de Théophile Gautier d’après le folklore allemand est un excellent prétexte à la danse. Germain Louvet, Etoile, est un Albrecht romantique et princier à souhait. Il se distingue tout particulièrement lors de l’acte blanc, avec ses entrechats si interminables qui inspirent les louanges de l’auditoire. Léonore Baulac, Etoile, est une Giselle intéressante. Nous découvrons ce soir ses talents d’actrice, avec une caractérisation de la naïveté paysanne tout à fait charmante, et surtout une folie et un abandon dramatique impressionnants au moment de sa mort au premier acte. Si nous sommes plus habitués à la voir dans un répertoire néoclassique et contemporain (qui lui va très bien), nous sommes tout à fait sensibles ce soir à l’excellence de ses pointes, par exemple. Hannah O’Neill dans le rôle de la Reine des Wilis impressionne tout autant par ses pointes et ses diagonales, ainsi que par son extension insolente et une prestance noble, glaciale, imposante qui correspond magistralement au rôle. François Alu, Premier Danseur, est un Hilarion idéal ! La danse sans fin de sa mort, punition des Wilis au deuxième acte, impressionne. L’énergie est idéale et le dynamisme, bondissant !

Le pas des deux des paysans par Franceso Mura et Charline Giezendanner ne laisse pas indifférent l’auditoire. La danseuse offre une première variation intéressante ; lui coupe le souffle avec des sauts impressionnants (mais aussi avec des atterrissages dangereux, notamment lors de la deuxième variation). Leurs efforts sont bien évidemment vivement récompensés d’applaudissements. Le Corps de Ballet est tonique et délicieusement pompier au premier acte, et surtout très digne et fantomatique au dernier acte, l’acte blanc. Superbe production. Souhaitons bon vent à la troupe, malgré la grève qui pèse encore sur la suite des représentations la première a été annulée).

Un ballet des amoureux de la technique et de la danse romantique, encore à l’affiche au Palais Garnier de l’Opéra de Paris encore les 8, 9, 11, 12, 13, 14 et 15 février 2020. Incontournable.

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Compte rendu, ballet. Paris. Opéra National de Paris, le 5 février 2020. Giselle. Corelli, Perrot, Petitpa, Bart, Polyakov, chorégraphie. Léonore Baulac, Germain Louvet, Etoiles. Ballet de l’opéra. Adolphe Adam, musique.

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