COMPTE RENDU, critique, concert. TOURS, Opéra, le 11 janvier 2020. Concert du nouvel An, OSRCVLT, Benjamin Pionnier. Strauss, Tchaikovsky, Brahms…

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de ToursCOMPTE-RENDU, critique, concert. TOURS, Opéra, le 11 janvier 2020. Concert du nouvel An, OSRCVLT, Benjamin Pionnier. Strauss, Tchaikovsky, Brahms… Superbe soirée qui donne du baume au cœur en ce début d’année 2020 à Tours. Le chef Benjamin Pionnier, directeur général de l’Opéra de Tours, poursuit son travail avec les musiciens maison ; une collaboration qui est marquée par un élargissement significatif du répertoire ; par l’accroissement de l’expérience musicale grâce à l’invitation faite à d’autres chefs invités aux profils variés, ce qui est toujours profitable pour réduire les effets de la routine ; par des actions nouvelles vers les jeunes publics (l’Opéra de Tours a été l’un des premiers établissements lyriques à lancer les « concerts bébé » … depuis lors, complets tout au long de la saison)…
Ce soir, c’est l’esprit viennois et la magie des valses des Strauss, père et fils qui s’exportent de Vienne à Tours. Il faut toute la première partie (Ouverture des Joyeuses Commères de Windsor de Nicolai, Suite de Casse-Noisette opus 71, …) pour chauffer les instruments, pour que le collectif atteigne une volubilité expressive, une évidente légèreté.
Ce n’est pourtant pas la direction du chef, claire et précise qui manque d’entrain. D’autant que le programme égale en réalité le concept sur médiatisé du concert du nouvel an à Vienne ; le directeur de l’Opéra de Tours inaugure même un cycle totalement viennois ou règnent évidemment la facétie heureuse, l’énergie hyper élégante des deux Strauss légendaires, Johann 1 et 2, le père et le fils. Tradition instituée par le Philharmonique de Vienne, dans la salle dorée du Musikverein chaque 1er janvier (depuis 1939), les deux totems, universellement connus et légitimement célébrés, « le Beau Danube bleu », du fils ; puis « la Marche de Radetsky », du père sont joués et enchainés ce soir à Tours en séquence finale ; le chef conduisant même le public réjoui, prêt à réaliser sa claque d’encouragement (comme à Vienne), mais en respectant aux bons moments, les nuances piano et forte.

 

 

 

Valses viennoises à Tours

 
 

 
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Les Danses hongroises (5 et 6) de Brahms ouvrent ainsi le bal dans la nervosité quasi électrique, sachant caractériser avec la souplesse requise les superbes effets de contrastes. Enfin une certaine urgence se fait entendre, conférant au concert ce rayonnement sonore et cette intensité, souhaités.

On se délecte dans la même mesure de la Polka opus 330 de Johann 2 intitulée « Fata Morgana », rarement donnée et qui rappelle combien les valses du fils redoublent d’intelligence dramatique, d’imagination, … en une écriture foisonnante de péripéties expressives, servies par une orchestration des plus raffinées. C’est bien un réservoir d’idées et de nuances qui pourraient davantage être développées dans ce qui s’affirme être un vrai poème symphonique (plus esquissé que longuement déployé).
La vivacité du chef fait merveille dans une autre pépite symphonique, celle-ci plus célèbre, la Polka rapide opus 324, autre chef d’oeuvre de Johann fils, tableau climatique dont l’entrain irrépressible, la verve réjouissante, suscitent de très efficaces effets de tonnerre et d’éclairs, comme le rappelle le chef au préalable, s’adressant au public.

 

 

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Avec « Sang Viennois » / Wiener Blut (1873), le même Johann fils atteint une suavité mélodique d’une rare élégance là encore, dont l’exposé préliminaire réservé aux seules cordes annonce la grâce d’un autre Strauss (mais qui n’a rien à voir avec la famille des faiseurs de valses), Richard. Difficile d’imaginer que c’est avec ce standard depuis lors célébré que Johann Strauss dirige pour la première fois, le Philharmonique de Vienne, jusque là rétif à jouer ses partitions (!).

Voilà qui inscrit définitivement Johann Strauss 2, parmi les plus grands créateurs symphoniques et lyriques ; et c’est bien sur ses deux activités que reposent aujourd’hui la force expressive comme l’habileté de l’Orchestre de l’Opéra de Tours dont le chef directeur prend soin de cultiver l’appétence. La programmation en cours le montre bien, diversité de la saison lyrique, passant par exemple du prochain Barbier de Séville de Rossini (fin janvier 2020) à Powder her face de Thomas Hades (en avril) ; même exigence pour la saison symphonique qui renforce un éclectisme inédit comme formateur pour les instrumentistes sans omettre la diffusion des programmes sur le territoire. La ville de Tours et la région Centre-Val de Loire dont l’Orchestre porte le nom, ont bien de la chance de pouvoir compter aujourd’hui avec un tel acteur culturel. Ce soir, à l’initiative de Benjamin Pionnier, les tourangeaux ont fêté la nouvelle année dans l’énergie, la souplesse, l’élégance, grâce à ce programme qui semblait venir directement du Musikverien de Vienne. Une suggestion : comme il aurait été apprécié que soit jouer aussi Offenbach dont le sourire et la finesse étaient admirés de Johann Strauss II son contemporain; d’autant que Benjamin Pionnier a su créer la première mondiale en français de son opéra Les Fées du Rhin de 1864 (jusque là connu dans sa version viennoise)… C’était en octobre 2018, un événement lyrique qui reste mémorable. A suivre.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. TOURS, Opéra, le 11 janvier 2020. Concert du nouvel An, OSRCVLT, Benjamin Pionnier. Strauss, Tchaikovsky, Brahms… Illustrations / photos : © Opéra de Tours 2020

 

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Agenda 2020

Prochains événements à l’Opéra de Tours : Le Barbier de Séville de Rossini, 29 janv – 2 fév 2020. B. Pionnier, direction / L. Pelly, mise en scène (avec Guillaume Andrieux, Anna Bonitatibus, Patrick Kabongo…).
Concert Beethoven (Symphonie n°8 en fa majeur, Op.93 ; Air de concert pour soprano et orchestre « Primo Amore » ; Egmont, Ouverture et musique de scène pour le drame de Goethe, Op. 84, avec Marie Perbost, soprano et Jacques Vincey, récitant – sam 8 et dim 9 février 2020) – événement pour les 250 ans de Beethoven

Infos & Réservations : http://www.operadetours.fr

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Vidéo

 

 


L'Opéra de TOURS réussit la création mondiale des Fées du Rhin d'OffenbachVOIR notre reportage : TOURS, Opéra. Offenbach : Les Fées. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les Fées, Offenbach dévoile déjà son génie de la mélodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opéra, avec chœur omniprésent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans défense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La création de la version française (car Les fées n’ont jamais été jouées en France du vivant de l’auteur), est en soi un événement lyrique, réalisé par l’Opéra de Tours. L’ouvrage ainsi dévoilé, devrait révéler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach déjà en 1864, passionné par la féerie…
http://www.classiquenews.com/video-reportage-opera-de-tours-creation-mondiale-des-fees-du-rhin-de-j-offenbach-1864/

Illustrations : © classiquenews 2020

 
 

  

 

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