COMPTE-RENDU, critique opéra. BORDEAUX, Grand Théâtre, le 31 déc 2020. Anton RUBINSTEIN: Le Démon, Cavallier / Paul Danel.

rubinstein-demon-opera-de-bordeaux-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique opéra. BORDEAUX, Grand Théâtre, le 31 déc 2020. Anton RUBINSTEIN: Le Démon. Dans l’opéra rare d’Anton Rubinstein, Le démon (1875), soit donc contemporain de Carmen de Bizet, l’ange diabolique renonce à l’amour en acceptant que la mortelle meurt à leur premier baiser tentateur ; elle rejoindre les élus, mais lui, sera condamné aux vertiges de l’enfer destructeur. La vision manque cependant d’épaisseur pour nos cerveaux habitués aux scénarios noirs des séries vedette : ce démon inspiré de Lermontov et de Pouchkine est d’un fil et d’une étoffe un rien, trop fins. Pas sur que l’intrigue et le drame soient retenu par l’industrie cinématographique actuelle.

Le livret de Pavel Viskovatov se dilue souvent, perd de son impact et de souffle ; seul le duo au III, qui reprend le texte du poème originel, frappe par l’intensité fantastique des images. La production présentée à Bordeaux reprend celle créée pour l’Hélikon de Moscou dont le mouvement est imprimé par un immense cylindre posé à l’horizontal et dont le fond permet de faire surgir des images fortes, dont l’œil omniscient.
La direction de Paul Daniel se montre à la hauteur d’une partition tendue, crépitante et sombre à la fois, avec aux côtés des solistes, un chœur luxueux (et convaincant lui aussi) associant les choristes de Bordeaux et de Limoges. Le souffle de certains tableaux ne manque pas de grandeur.
Parmi les personnages ayant relief : Paul Gaugler en Messager (prestance et intensité, comme son Dante, révélé à Saint-Etienne), Luc Bertin-Hugault,- en serviteur. Pénétrant et poignant, le Roi d’Alexandros Stavrakakis et le recours pour l’ange à la voix âpre du contre ténor Ray Chenez lequel en fin d’action revêt la robe du démon. Belle prestance aussi pour le prince Sinodal d’Alexey Dolgov ; tandis que Evgenia Muraveva, redouble d’ardeur sans vraiment s’attendrir : sa Tamara ne tarde pas pour autant à succomber face au Démon qui en est épris. Ce dernier il est vrai est incarné par l’excellent et impressionnant voire terrifiant Nicolas Cavallier qui éclaire tous les ténèbres du personnage axial. Il respire la force du mal mais demeure humainement seul : à peine a t-il embrassé la jeune georgienne qu’elle meurt, certes sauvée. Mais sacrifiée – Illustrations © Éric Bouloumié

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COMPTE-RENDU, critique opéra. BORDEAUX, Grand Théâtre, le 31 déc 2020. Anton RUBINSTEIN: Le Démon.
Opéra en 3 actes d’Anton Rubinstein – livret de Pavel Viskovatov d’après le poème de Mikhail Lermontov  - création au Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, le 25 janvier 1875

Le Démon : Aleksei Isaev
Tamara : Evegniya Muraveva
Le Prince Sinodal : Alexey Dolgov
L’Ange : Ray Chenez
Le Prince Goudal : Alexandros Stavrakakis
La Nourrice : Svetlana Lifar
Le Serviteur du Prince Sinodal : Luc Bertin-Hugault
Le Messager : Paul Gaugler

Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Chœur de l’Opéra de Limoges
Direction des Chœurs: Salvatore Caputo

Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Paul Daniel, direction
Mise en scène : Dmitry Bertman

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