dimanche 11 octobre 2026
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OPÉRA DE MASSY (Essonne). 3 opéras d’Outre-mer, jeu 1er et ven 2 octobre 2026. « Maraina, Chin » et « Fridom »…

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Voix caribéennes… Le Théâtre Vollard de La Réunion invite le public massicois à découvrir la création lyrique caribéenne, venue des territoires ultramarins. L’Opéra de Massy soutient ainsi la création ultramarine et la diversité des voix lyriques. Il participe au jury du concours Voix des Outre-mer et celui des Voix d’Afrique. Ce projet s’inscrit dans une volonté d’ouverture artistique et de dialogue entre les cultures.

 

 

 

Le spectacle comprend des extraits de plusieurs ouvrages :  » Maraina, Chin  » et  » Fridom « , signés Jean-Luc Trulès et Emmanuel Genvrin, … étapes d’un voyage musical au cœur de l’histoire réunionnaise. Sur scène, les voix des solistes Magali Léger, Aurore Ugolin et Jean-Loup Pagesy dialoguent avec un chœur réunissant plusieurs chanteurs originaires de La Réunion et de Madagascar ainsi que le Chœur Darius Milhaud.

Dans un décor contemporain mêlant plexiglas et projections vidéo, le spectacle traverse différentes époques : des premiers habitants de l’île aux luttes sociales du XXe siècle, jusqu’à l’émergence des radios libres propres aux années 1990. Entre rythmes de l’océan Indien et écriture lyrique, la fresque musicale fait entendre une mémoire vivante, portée par l’énergie collective des voix, la richesse des cultures créoles, la forte incarnation que leur apporte chaque interprète ultramarin.

 

 

3 opéras d’Outre-Mer à l’Opéra de Massy
Jeudi 1er octobre 2026, 20h
Vendredi 2 octobre 2026, 20h
« Maraina, Chin » et « Fridom »
[Spectacle invité – Soutien à la création ultra-marine]
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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Massy, nouvelle saison 2026-2027 : https://www.opera-massy.com/fr/3-operas-d-outre-mer.html?cmp_id=77&news_id=1257&vID=3

 

 

Teaser vidéo

Extraits d’opéras : 20 mn sous-titrés / « Maraina, Chin » et « Fridom » « du tandem Trulès / Genvrin tirés du spectacle « Découvrez trois opéras d’outremer » joué en novembre 2024 – Composition et direction musicale : Jean-Luc Trulès / livret et mise en scène : Emmanuel Genvrin / scénographie et images vidéo d’Hervé Mazelin. 90 participants avec l’orchestre et les chœurs de la Région Réunion, les solistes caribéens Magali Léger (soprano), Aurore Ugolin (mezzo) et Jean-Loup Pagesy (basse), 16 choristes de La Réunion et de Madagascar.

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CRITIQUE, festival. TOULOUSE, 47ème Festival « Piano aux Jacobins » (Salle capitulaire du cloître), le 17 septembre 2026. Récital d’Anna PETROVA-FORSTER.

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Anna Petrova-Forster est une pianiste-musicologue russe dont la spécialité est de défendre tout un répertoire oublié. Pour le 47e festival « Piano aux Jacobins« , elle construit son programme en deux temps ; d’abord, elle nous fait découvrir un certain Jan Václav Voříšek.

 

Ce musicien qui a eu beaucoup de succès et a connu Schubert, a le premier nommé Impromptu des pièces pour piano. Dans un français parfait avec forces détails, Anna Petrova-Forster nous a détaillé les éléments musicaux qui font le lien entre Voříšek et Schubert dont on sait avec quel génie il s’est emparé de ce mot d’Impromptu. Nous avons ensuite écouté quatre Impromptus et deux Rhapsodies de Voříšek. C’est un piano bien écrit à la manière d’un Haydn tout jeune. Le jeu de question-réponse qui aimablement devient vite ennuyeux. Tout à l’opposé de Schubert qui invente forme et fond, dans les Impromptus de Voříšek sont prévisibles et rien ne surprend jamais. Le jeu d’Anna Petrova-Forester est toujours très égal. La main gauche est magnifique et tient le tempo avec rigueur. La virtuosité qui peut s’exprimer dans les Rhapsodies est bien agréable. Malgré les qualités indiscutables de la pianiste, la première partie du concert entièrement consacrée à ce compositeur s’étire sans passion. Pour nous il restera celui qui a inventé le mot Impromptu sans en avoir trouvé la transcription musicale. C’est Schubert qui a fait de ses huit Impromptus quelque chose de tout à fait génial, on ne se lasse pas de les réécouter dans de nombreuses versions de qualité. 

La deuxième partie consacrée à la Sonate en la mineur D845 de Franz Schubert, passe presque trop vite. Après l’ennui poli de cette première partie viennoise qui se voulait chic, Schubert propose une musique de génie. Cette Sonate est une merveille. Elle passe pour être la plus aboutie des grandes dernières sonates avec une forme quasi parfaite. Anna Petrova-Forster nous régale de la mise en lumière de la forme avec une majestueuse construction des plans, des nuances très maîtrisées et des couleurs changeantes. L’interprétation est sage et confiante. Les guirlandes sont brillantes, les accords profonds et les reprises variées. C’est du très beau piano que rien ne met en difficulté. Anna Petrova-Forster pour son premier récital en France a conquis le public par son sérieux et sa passion pour partager des compositeurs oubliés. 

Très applaudie, la pianiste propose en bis une courte partition qui ne déparait pas après ce génial Schubert. C’est une rare Etude (n°15) de Joseph Woelfl, compositeur de belle envergure. Anna Petrova-Forster est autant musicologue que pianiste mais elle n’a pas réussi ce soir à réhabiliter ce pauvre Jan Václav Voříšek. Nous avons été intéressés par la découverte d’un compositeur oublié, toutefois Schubert reste bien un génie unique indétrônable…

 

 

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CRITIQUE, festival. TOULOUSE, 47ème Festival « Piano aux Jacobins » (Salle capitulaire du cloître), le 17 septembre 2026. Récital d’Anna PETROVA-FORSTER.. Crédit photo (c) Hubert Stoecklin

 

 

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BUCAREST. CONCOURS ENESCU. Le jeune violoniste américain Jayden KING (11ans !), Lauréat de la section Violon du Concours Enescu

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Le Concours International George Enescu, qui se tient à Bucarest, a couronné cette année un lauréat d’une précocité exceptionnelle : Jayden King, tout jeune violoniste américain âgé de seulement 11 ans (qui nous avait abasourdi en juillet dernier lors d’une Académie à Lisbonne !), a remporté le Premier Prix de la section Violon, devenant ainsi le plus jeune vainqueur de l’histoire de la compétition roumaine. Le jeune musicien s’est également vu décerner le Prix du Public ainsi que le Prix de la meilleure interprétation de l’œuvre imposée pour Still Life with Fallen Stone du compositeur Lembit Beecher.

 

Né avec l’oreille absolue, Jayden King a débuté le violon à l’âge de trois ans, d’abord « par jeu », avant que son talent hors norme ne soit rapidement identifié par ses professeurs. Admis à seulement sept ans à la Pre-College Division de la Juilliard School, où il étudie auprès du professeur Masao Kawasaki, il a déjà foulé les scènes du Carnegie Hall, du Lincoln Center et du Merkin Hall. Son palmarès compte notamment un Deuxième Prix au Concours International Henri Marteau 2026 (où il était le plus jeune participant), une place de demi-finaliste au Concours Stulberg, ainsi qu’une victoire au Goldene Note 2026.

Pour la finale, qui s’est tenue le dimanche 13 septembre à l’Athénée Roumain, Jayden King a interprété le Concerto en ré majeur pour violon et orchestre op. 35 de Piotr Ilitch Tchaïkovski, accompagné par l’Orchestre Philharmonique « George Enescu » sous la direction de Harry Ogg. Le jury international, présidé par la violoniste Mihaela Martin et composé notamment de Liviu Prunaru, Nemanja Radulović ou encore Ida Kavafian, a placé l’Italien Francesco Papa au Deuxième Prix et le Sud-Coréen Eun Che Kim au Troisième Prix.

Cette XXᵉ édition du Concours Enescu, qui a enregistré un nombre record de 819 inscriptions provenant de 58 pays cette année, a vu la victoire du pianiste sud-coréen Jeongwoo Lee (18 ans) dans la section Piano, tandis que le Suisse Samuel Niederhauser s’est imposé au violoncelle. Les lauréats seront invités à se produire l’an prochain sur les scènes du Festival Enescu 2027… que nous ne manquerons pas (pour la 7ème fois d’affilée) !…

 

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ENTRETIEN avec Jean-Baptiste FRA, à propos de la nouvelle saison 2026-2027 de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse

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Jean-Baptiste FRA, délégué général de l’ONCT Orchestre National du Capitole de Toulouse, précise les temps forts de la nouvelle saison 2026-2027 de la phalange toulousaine. Au retour d’une tournée lumineuse au Japon (été 2026), l’Orchestre du Capitole affiche une santé rayonnante, forte de son haut niveau artistique et d’une cohésion renforcée. La nouvelle saison joue la carte de la diversité des styles et des époques tandis que le directeur musical, Tarmo Peltokoski, approfondit encore son travail avec les instrumentistes en abordant Stravinsky et Bruckner. En fosse, les musiciens poursuivent leur exploration du répertoire lyrique avec rendez-vous incontournables cette saison, Peter Grimes et Lohengrin… Impliqué auprès des jeunes, l’Orchestre poursuit aussi une démarche exemplaire dans le domaine de la santé mentale à travers le programme pilote « Résonance(s)« …

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Photo : © Pierre Beteille

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les axes et thèmes forts de cette nouvelle saison 2026 – 2027 ?

Jean-Baptiste Fra : Nous avons fait le choix de ne pas faire de saison thématique, mais plutôt d’essayer d’offrir une large palette d’esthétiques au public toulousain. Du baroque avec la Messe en si mineur de Bach sous la direction de Leonardo García-Alarcón au Concerto pour violoncelle d’Esa-Pekka Salonen, en passant par Michel Legrand, Pierre et le Loup, etc.

 

CLASSIQUENEWS : Avec Tarmo Peltokoski, quel répertoire avez-vous privilégié ? En quoi le choix des œuvres de cette nouvelle saison met-il en avant les qualités de l’orchestre, et son travail spécifique avec le directeur musical ?

Tarmo Peltokoski voulait absolument que l’orchestre joue les trois grands ballets de Stravinski (L’Oiseau de feu, Petrouchka et le Sacre du Printemps). Je pense que cette musique met particulièrement en valeur les qualités de notre orchestre. La virtuosité des bois, la précision des percussions, la densité des cordes et la puissance de cuivres… Et puis nous poursuivons aussi le travail sur les symphonies de Bruckner avec la 5ème que nous jouerons également à la Philharmonie de Paris avec Tarmo Peltokoski, mais aussi la 3ème avec notre ancien directeur musical Tugan Sokhiev.

 

 

CLASSIQUENEWS : L’ONCT poursuit son cycle de tournées à l’international. En quoi est-ce important ? Quel type de partitions jouez-vous alors ? Selon quels critères ?

C’est essentiel pour deux raisons. Tout d’abord parce que nous sommes fiers de nous faire les ambassadeurs de notre ville, et que Toulouse Métropole a toujours encouragé et soutenu le rayonnement de son orchestre. Nous avons, je pense, contribué à la désignation de la ville, « Ville musicale » par l’UNESCO !

Et c’est aussi très important pour la santé de l’orchestre. Quand nous avons la chance d’être invités à jouer dans les plus belles salles du monde, les musiciens sont galvanisés. Ce sont des moments exceptionnels qui contribuent à la santé artistique et la cohésion de l’orchestre.

Concernant le répertoire, c’est toujours une discussion entre les souhaits du directeur musical et les salles qui nous accueillent. Sous Michel Plasson, l’orchestre a fondé son identité en défendant la musique française. Avec Tugan Sokhiev, la musique russe a pris plus de place, et aujourd’hui on essaye de conserver tout cet héritage en allant un peu plus sur les répertoires de prédilection de Tarmo Peltokoski qui sont plus germaniques.

 

 

CLASSIQUENEWS : L’Orchestre joue également en fosse, assurant les représentations lyriques au Capitole. En quoi est-ce important pour la vie et le fonctionnement de l’Orchestre de maintenir aussi cette riche activité lyrique ? Quels sont les 2/3 temps forts de cette saison 26-27 ?

Je pense que c’est une grande richesse pour les musiciens de pouvoir explorer tout le répertoire et ne pas se limiter au symphonique ou au lyrique. Aussi, l’opéra donne une souplesse, une agilité à l’orchestre très particulière. Il faut suivre les chanteurs, les effets scéniques parfois. Il y a plus d’imprévus. L’orchestre n’est qu’une partie de l’équation à l’opéra. En symphonique, l’orchestre peut briller et déployer ses qualités de façon plus évidente. Il faut alors de grands chefs pour révéler ce trésor collectif et le faire progresser.

Parmi les temps forts de l’opéra, il faudrait poser la question à Christophe Ghristi, mais si je me place du côté de la partition orchestrale, je dirais Peter Grimes et Lohengrin bien sûr.

 

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il de nouvelles activités ou des champs que vous explorez ? Lesquels/les et dans quel but ?

Nous avons posé 2 priorités. La jeunesse et la santé. Nous menons de front de nombreuses actions dans ces directions. Nos propositions de concerts famille pour découvrir l’orchestre (Pierre et le Loup, Octave et Melo, etc.) et l’accueil chaque année de près de 20 000 jeunes sur le temps scolaire à la Halle aux grains, notre académie d’orchestre en collaboration avec le CRR et l’Isdat (Institut supérieur des arts et du design de Toulouse), notre orchestre DEMOS, le concert gratuit pour les étudiants, le Club Capitole Jeunes, le travail avec les écoles de musique du territoires sur nos concerts Happy Hour dédiés à la découverte d’un instrument de l’orchestre, et on l’oublie souvent mais le travail sur l’accessibilité tarifaire : 5 € pour les moins de 26 ans !

Côté santé, nous avons fait le choix de travailler sur le handicap avec deux principaux projets :

Résonance(s) – un programme d’immersion musicale et de recherche en santé mentale, en collaboration avec le CSTR et la Ferrepsy, que nous déployons au niveau national avec plusieurs objectifs : s’appuyer sur la musique pour rompre avec l’isolement et l’auto stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques : comment la musique favorise la réinsertion psychosociale. ; s’appuyer sur l’immersion comme support d’apaisement et d’expression. Résonance(s) est aussi un travail de recherche scientifique rigoureux mené par des psychiatres pour évaluer scientifiquement cette action au niveau national. Et nous poursuivons également notre programme « Tous les matins/jardins d’orchestre » à destination de toutes les personnes porteuses de handicaps (physiques ou mentaux) avec des ateliers musicaux encadrés conjointement par des musicothérapeutes, des musiciens et les soignants.

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous invitez des chefs/fes étrangers/ères et aussi des solistes internationaux. En quoi est-ce bénéfique dans la vie d’un orchestre ? Pouvez-vous citer 2 ou 3 exemples emblématiques ?

Notre aspiration est de travailler avec les plus grands chefs et solistes. La nationalité n’est pas un critère de choix. Les plus grands noms sont très demandés partout dans le monde. C’est parfois très compliqué de trouver une date qui convient et les calendriers se discutent deux ans à l’avance, parfois plus ! Récemment nous avons eu la chance de travailler avec Martha Arguerich, Yuja Wang, Frank Peter Zimmermann, Alexandre Kantorow… Cette saison, nous accueillons Antoine Tamestit, Sol Gabetta, Beatrice Rana… C’est primordial de tisser des liens avec ces artistes. De les fidéliser pour le plus grand plaisir du public.

 

CLASSIQUENEWS : Depuis le Covid, avez-vous constaté une évolution significative de la part des publics, en terme de goût, de modalités de réservations, etc ?

Pas vraiment en réalité. Les quelques mois juste après le Covid, nous avons observé une prudence du public dans les réservations et dans le fait de prendre des places pour des concerts un an à l’avance, comme c’est souvent le cas pour nos abonnés. Je pense que nous sommes revenus à une forme de « normalité ». Le Covid paraît déjà loin. La Halle aux grains affiche un taux de remplissage remarquable (93% la saison dernière).

 

CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui pour vous définit le mieux l’ONCT ? Y a t il un ou des répertoires dans lesquels ses particularités se distinguent nettement ?

L’identité de l’orchestre est profondément liée à la musique française. On pense immédiatement à la superbe discographie laissée par Michel Plasson. Mais je pense que l’orchestre est artistiquement plus complet aujourd’hui et qu’il est plus à même de défendre une plus grande variété de répertoires.

 

CLASSIQUENEWS : Votre plus beau souvenir ou une anecdote mémorable lors d’un concert de la saison passée ?

J’en ai quelques uns mais je dirais la 6ème symphonie de Mahler au Suntory Hall de Tokyo. Un temple de la musique. La salle pleine à craquer et l’ovation à la fin. C’est une forme de consécration pour les musiciens, mais aussi une immense fierté pour toutes les équipes restées à Toulouse. Nous avons tous dîné ensemble après ce concert. Un très beau moment de cohésion.

 

CLASSIQUENEWS : Parmi les événements de la prochaine saison, y a-t-il un programme que vous attendez spécifiquement ? Pourquoi ?

Difficile de n’en choisir qu’un, mais puisque l’exercice l’oblige, je dirais la Messe en si mineur dirigée par LE chef baroque du moment, le chef argentin Leonardo García-Alarcón et le chœur de chambre de Namur.

 

Propos recueillis en septembre 2026

 

présentation saison 26-27

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE : nouvelle saison 2026 – 2027. Tarmo Peltokoski, Bertrand Chamayou, Nelson Goerner, Tugan Sokhiev… / Bruckner, Mahler, Saint-Saëns, Beethoven, Stravinsky… : https://www.classiquenews.com/orchestre-national-du-capitole-de-toulouse-nouvelle-saison-2026-2027-tarmo-peltokoski-bruckner-mahler-saint-saens-beethoven-stravinsky/
La nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE s’annonce aussi riche et généreuse que les précédentes. Aux compositeurs majeurs de l’expérience symphonique tels Saint-Saëns, Bruckner ou Mahler bien présents cette saison, s’affichent aussi les œuvres de Stravinsky, Tchaïkovsky, sans omettre des raretés (Emilie Mayer), ou des dispositifs originaux qui relisent les grandes partitions (Symphonie Héroïque de Beethoven à travers l’imaginaire d’Aurélien Bory…).

 

 

programme RÉSONANCE(S) avec l’ONCT / Orchestre national du Capitole de Toulouse

TOULOUSE, Halle aux grains. RÉSONANCE(S) – RENCONTRES Musique et santé mentale avec l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE, ven 9 oct (9h30-17h, accès libre) / dépêche du 16.09.2026 :  https://www.classiquenews.com/toulouse-halle-aux-grains-resonances-rencontres-musique-et-sante-mentale-avec-lorchestre-national-du-capitole-de-toulouse-ven-9-oct-9h30-17h-acces-libre/
L’Établissement public du Capitole, qui réunit l’Opéra national et l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, organise une journée d’échanges et de réflexion, sur le lien entre musique et santé mentale : RÉSONANCE(S). Un programme de soins inédit à Toulouse : comment la musique aide-t-elle à soigner des patients atteints de troubles psychiques ? À l’occasion des prochaines Semaines d’information sur la santé mentale, l’Établissement public du Capitole dévoile ses engagements et dispositifs innovants dans le champ de la santé mentale.

 

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CRITIQUE, concert. NANTES, Auditorium Debussy, le 18 sept 2026. SCHUBERT / BEETHOVEN / HAYDN. Orchestre National des Pays de la Loire, Roberto Forès Veses (direction)

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Pour l’ouverture de sa saison 2026-2027, l’Orchestre National des Pays de la Loire a investi l’Auditorium Debussy du Conservatoire de Nantes, une salle de 850 places à l’acoustique remarquable et aux sièges confortables, où la proximité avec les musiciens est totale. Ce déménagement temporaire, imposé par la rénovation de la Cité des Congrès jusqu’en 2028, s’est transformé en véritable bénédiction : le public a redécouvert un lieu chargé d’histoire, celui-là même où l’orchestre donnait ses concerts avant la construction de la Cité des Congrès

Le jeune et bondissant chef espagnol Roberto Forés Veses, grand habitué de la phalange ligérienne, a insufflé à ce programme intitulé « Les Grands Classiques » une énergie communicative. Le chef valencien a su faire ressortir toutes les nuances d’un répertoire viennois entre classicisme et romantisme. Sa gestuelle enthousiaste et précise à la fois a entraîné l’orchestre dans une lecture à la fois fougueuse et raffinée.

En remplacement de Sarah Nemtanu, la violon solo de l’Orchestre de Paris, Amaury Coeytaux, premier violon du célèbre Quatuor Modigliani, a offert une interprétation très touchante des deux Romances pour violon et orchestre de L. van Beethoven. Sa sonorité chaleureuse et sa technique irréprochable ont révélé l’aspect le plus tendre et le plus féminin du génie beethovénien, loin de l’image en coups de poing du compositeur révolutionnaire. Les mélodies lumineuses et lyriques des Romances ont flotté avec une grâce infinie au-dessus de l’orchestre, dans une complicité parfaite avec la direction de Forés Veses.

L’Ouverture de Fierrabras de Franz Schubert avait ouvert le concert avec panache, déployant dès les premières mesures une imagination orchestrale flamboyante. Puis, la troisième pièce de ce concert donné sans entracte a mis là l’honneur la Symphonie n°104 de Josef Haydn, ultime chef-d’œuvre du compositeur autrichien, a porté le style classique à son point de non-retour. Dernière des « Symphonies Londoniennes », créée en 1795 lors des adieux de Haydn à Londres, la Symphonie n°104 est l’aboutissement absolu du genre symphonique classique. Dès l’Adagio introductif en ré mineur, Haydn impose un climat grave et une cellule musicale – l’intervalle de quinte – qui irriguera secrètement toute l’œuvre. L’Allegro éclate ensuite en ré majeur, avec un thème chantant, un développement d’une densité dramatique rare et une réexposition d’une évidence souveraine. L’Andante en sol majeur mêle sérénité et contrastes violents, notamment ces passages dans des tonalités éloignées qui donnent au mouvement une couleur si particulière. Le Menuet n’a rien d’un simple divertissement : sa rigueur architecturale annonce déjà la musique cyclique. Quant au Finale Spiritoso, bâti sur un thème populaire et une basse de musette obsédante, il conjugue vigueur, humour et liberté de ton — une audace stupéfiante pour l’époque.

 

 

Sous la baguette de Roberto Forés Veses, l’ONPL a fait preuve d’une transparence remarquable, chaque ligne se détachant avec netteté. L’Adagio initial a imposé un silence habité avant que ne jaillisse l’Allegro, dont les échappées de flûte ont flotté avec légèreté. L’Andante a déployé un legato d’une douceur infinie, les contrastes étant rendus avec une netteté saisissante. Le Menuet a été creusé avec finesse, timbales discrètes mais autoritaires, cordes chantantes. Enfin, le Finale a été l’apothéose : thème populaire lancé avec une énergie communicative, basse de musette implacable, second thème caressé avec tendresse, avant une stretta d’une ivresse contagieuse.

Cuivres éclatants, cordes en feu, salle suspendue puis conquise : l’ONPL a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleures phalanges dans ce répertoire. Ce concert d’ouverture restera ainsi comme une parenthèse de beauté et de tendresse, une petite bulle de virtuosité. L’ONPL, en investissant ce lieu emblématique du Conservatoire, a offert à ses auditeurs une rentrée musicale d’exception, entre héritage viennois et émotion pure. 

 

 

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CRITIQUE, concert. NANTES, Auditorium Debussy, le 18 sept 2026. SCHUBERT / BEETHOVEN / HAYDN. Orchestre National des Pays de la Loire, Roberto Forès Veses. Crédit photo (c) Bruno Grué

 

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OPÉRA DE DIJON. HAENDEL : Riccardo Primo. Mer 14 oct 2026, Hugh Cutting, Melissa Petit… Les Arts Florissants, Paul Agnew (direction)

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Avec Riccardo Primo, G. F. Haendel confirme sa place de champion dans l’aréopage convoité des sublimes dramaturges baroques. Le divin Saxon, à l’adresse du public anglais, précisément londonien, s’affirme en orfèvre de l’Opéra séria italien ; il cisèle comme peu une écriture des plus raffinées, aussi élégante que puissamment dramatique…

 

D’autant plus sur une action héroïque, car ici le héros central, Richard Cœur de Lion, souhaite envahir Chypre… pour y délivrer la belle Costanza. L’épée et l’amour, le sang et le cœur. Tempête, naufrage, quiproquos, siège mais… happy end [lieto finale]  : en 1727, Riccardo Primo, re d’Inghilterra salue l’avènement du nouveau roi George II [et la récente naturalisation de Haendel] .

Sur la scène du King’s Theatre de Londres, les plus grands chanteurs séria incarnent chacun les joyaux du bel canto le plus virtuose et voluptueux : les deux sopranos Francesca Cuzzoni et Faustina Bordoni, fameuses rivales dont le public guette les saillies … aux côtés du célèbre castrat Senesino, dans un rôle particulièrement exigeant : Riccardo. Après Ariodante dirigé par William Christie, Les Arts Florissants reviennent à Dijon sous la baguette de Paul Agnew.

 

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HAENDEL : Riccardo Primo
Mercredi 14 oct 2026, 20h
Auditorium / Opéra de Dijon
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Dijon :
https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-26-27/riccardo-primo/
Livret de Paolo Antonio Rolli
Adapté du livret de Francesco Briani pour Isacio tiranno d’Antonio Lotti

 

 

distribution

Direction musicale : Paul Agnew
Les Arts Florissants

Riccardo : Hugh Cutting
Costanza : Mélissa Petit
Pulcheria : Juliette Mey
Isacio : Andreas Wolf
Oronte : Paul Figuier
Bernardo : Alex Rosen

 

Retrouvez les présentations des Arts Florissants , d’Hugh Cutting, de Mélissa Petit, de Juliette Mey, d’Andreas Wolf, de Paul Figuier et d’Alex Rosen.

Photo © Vincent Pontet

 

 

Tarifs et plan de salle
de 5.5€ à 65€ (tarif a)

Durée : 3h avec entracte

 

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CRITIQUE, comédie musicale. PARIS, Lido, le 19 septembre 2026. G. KELLY / S. DONEN : « Singing’ in the rain ». Mise en scène de Robert CARSEN

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L’automne est arrivé : il pleut sur Paris. Enfin, pas sur tout Paris. Sur la scène du Lido ! Et le Lido est heureux. Pensez donc, il y a tant de régions qui, en ce moment, espèrent voir tomber la moindre goutte ! Le Lido s’est donc mis à danser. Et même à chanter. Cela donne « Singin’ in the Rain » de Gene Kelly et Stanley Donen. Le bonheur ! Le public, lui, fait pleuvoir les bravos.

 

Le célèbre homme de théâtre canadien Robert Carsen est le metteur en scène. Le Carsen chic et efficace, le Carsen des grands soirs. On se demandait comment il allait transposer sur la scène du cabaret parisien cette comédie musicale qu’il avait si magnifiquement montée, naguère, au Châtelet. Eh bien, en jouant le jeu du cabaret ! Il en a épousé les séductions. Voici des girls dévêtues, emplumées, apparaissant dans des lumières éclatantes. Voilà un étonnant ballet de claquettes.  

Cette fête raconte l’histoire du passage du cinéma muet au cinéma parlant. Le temps des gloires déchues dont les voix n’avaient pas la beauté de leur physique. Tel est le malheur de Lina, ex-star détrônée par Kathy, chanteuse et comédienne à la voix onctueuse. Elle lui vole sa gloire mais aussi le cœur du beau Don Lockwood. Carsen fait alterner les projections de films en noir et blanc et les scènes éclatantes de couleurs. On a droit à la restitution de la célèbre scène du film de Gene Kelly. A ce moment, il pleut réellement sur scène. Flic, flac, le réverbère, la douche sous la gouttière, les claquettes dans l’eau, le parapluie qui s’ébroue ! 

 

 

Cela est possible grâce à une troupe de premier ordre – et un orchestre bien mené. Au sommet se trouve Ashley Day, dans le rôle de Don Lockwood. Ce Dan qui joue Don a bien plus de dons que dans le seul nom de son personnage : il en déborde ! Il chante, danse, joue, sourit, bondit. Ses claquettes crépitent. Sa voix a du charme. Il pourrait, à lui seul, remplir la soirée. À ses côtés, Kathy Selden, dans le rôle de Kathy, est aussi émouvante en chantant qu’en dansant. Charlie Waddel, en Cosmo, déploie une étincelante énergie. Il surgit, bondit, tourbillonne, cascade. Quant à Natsaha O’Brien, dans le rôle de Lina, elle nous fait si bien croire à son rôle d’idiote qu’on ne sait plus s’il faut l’applaudir ou se moquer d’elle ! C’est l’applaudir qu’il faut, bien sûr ! 

Un seul reproche : la durée du spectacle. Trois heures, entracte compris ! On aurait pu raconter tout cela en une bonne demi-heure de moins. Mais retrouver la volupté des musiques américaines du milieu du XXe siècle – ces  mélodies qui ont le sourire aux lèvres, ces rythmes qui vous prennent par la main – procure un tel plaisir qu’on pardonne à toutes les longueurs. 

Lido pluvieux, Lido heureux !

 

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CRITIQUE, comédie musicale. PARIS. Lido. 19 septembre 2026. G. KELLY / S. DONEN : « Singing’ in the rain« . Mise en scène de Robert CARSEN. Crédit photo (c) Valentien Folliet
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CRITIQUE, opéra. VIENNE, Theater an der Wien, le 16 septembre 2026. CAVALLI : La Calisto. V.-L. Boecker, M. Siljanov, L. Mancini, A. Gluck, G. Bridelli, R. Dolcini, J. Sancho, M. Beekman, J. Arditi… Stefan Herheim / Christina Pluhar

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Le firmament de cette fin d’été couronne, de brillants rais de lumière, le chef formidable de la cité des empereurs. Vienne dans son charme fécond ouvre la saison d’une de ses plus belles salles, le Theater an der Wien, par la puissante étoile de La Calisto parée d’immortalité par Francesco Cavalli. Ce chef d’œuvre du maître vénitien a su s’imposer à travers les âges sur toutes les scènes et rivalise avec les trois opus de son aîné Monteverdi sans perdre au change. L’écriture de Cavalli est efficace et d’une puissance dramatique qui annonce déjà la génération des Scarlatti et Caldara, voire Haendel. Ce ne serait pas infamant de mettre Cavalli à la tête de tous ces maîtres futurs et encore moins de voir ses opéras montés sur des scènes prestigieuses notamment avec des mises en scène telle celle que présente le célèbre théâtre viennois en ouverture de sa saison 26/27.

 

Mettre en scène le livret alambiqué et rebondissant de Giovanni Faustini est un défi continu pour l’imagination. Parfois sentimentale, souvent paillarde, l’intrigue tord le mythe de la farouche nymphe des bois pour en faire presque une fable post-moderne qui parle à notre sensibilité de créatures de l’ère des intelligences artificielles. En tous cas rien d’artificiel dans la mise en scène de Stefan Herheim, que de l’intelligence, de la justesse et beaucoup de poésie. Cette mise en scène est une lecture qui dépasse largement toutes les autres qu’il y a eu et doit figurer au panthéon illustre des plus belles mises en scène de tous les temps. Sans flagornerie ni exagération, Stefan Herheim a compris toutes les strates du livret et a très finement réussi à relever le défi dès le prologue. Le génial metteur en scène allemand sait doser avec audace et parcimonie des références à la fois à la culture pop et à l’art classique sans en alourdir les situations du livret original. Tout est un équilibre de contrastes sans en faire des tonnes, nous sommes transportés par la sensibilité profonde de la lecture de Herheim. La fil rouge de cette vision n’est autre chose que la poésie que toute l’équipe de mise en scène contribue à sublimer de scène en scène. Un des moments les plus envoûtants et inoubliables est la belle scène où Endymion chante son amour à la lune, un des avatars de son adorée Diane. Stefan Herheim et son équipe nous transportent dans une belle nuit claire pour voir le jeune pâtre s’envelopper littéralement de l’astre nocturne et puis s’assoupit entouré de lucioles qui se démultiplient en fond de scène pour y former dans leur danses les constellations. Stefan Herheim et son équipe ont ainsi conjugué sur scène, les puissantes « forces imaginantes » que Gaston Bachelard a su si bien décrire dans L’Eau et les rêves. 

En fosse, Christina Pluhar tout aussi imaginative et juste nous bouleverse par sa lecture claire, précise,  de cette Calisto. Jamais l’on sent une rupture de rythme ou une dynamique moins vive, toutes ses intentions sont équilibrées et restituées sans accroc par les excellentes et excellents musicienn.e.s de L’Arpeggiata. Vite, que la maestra Pluhar continue sa lancée sur Cavalli… et pourquoi pas Marazzoli ?

 

 

Le plateau est contrasté comme cet empyrée que le livret de Faustini. Peut-être que certaines de nos réserves portent sur certains des solistes et pas des moindres. La nymphe Calisto est incarnée par Vera-Lotte Boecker. Avec un abattage scénique manifeste et une présence rayonnante elle convainc théâtralement mais, malgré une voix dont les moyens sont spectaculaires, elle n’arrive pas à restituer la délicate architecture de Cavalli. Tout est trop robuste allant jusqu’à l’extrême dans « Non è maggior piacere » où elle manque d’agilité, et c’est bien dommage pour une telle soliste qui aurait pu nous faire monter aux astres avec le timbre formidable qu’elle possède. Hélas, dans le rôle de Diana, Luciana Mancini est dans un cas similaire. Alors qu’on arrive à apercevoir un timbre corsé ponctué de beautés réelles, on sent une certaine limite dans l’aisance de la ligne et parfois dans la restitution du texte, essentiel pour Cavalli. Luciana Mancini s’avère une comédienne intéressante mais elle semble écraser sa voix alors qu’elle a certainement dans son immense talent les qualités pour faire une Diana d’anthologie. 

La Giunone et L’Eternità de Giuseppina Bridelli sont d’une perfection renversante. Giuseppina Bridelli sait parfaitement prendre à bras le corps ces deux rôles. Nous apprécions le costume de la reine des Dieux, signé Yashi, le clin d’oeil à la collection On Liberty de Vivienne Westwood avec tournure, jupe crayon et manches gigot est iconique et d’un grand raffinement. Giuseppina Bridelli est idéale dans ces rôles, à la fois vocalement et histrioniquement. Après nous avoir enthousiasmé en Falsacappa/Divine dans Les Brigands d’Offenbach à l’Opéra de Paris, Marcel Beekman est une Linfea touchante et coquine sans tomber jamais dans la caricature malgré le livret. Marcel Beekman est un soliste à la subtilité rare et le voir apparaître en Natura digne de Dürer nous ravit. Campant un Giove digne de Vittorio de Sica, Milan Siljanov nous enthousiasme avec une incarnation désopilante et avec une voix agile, un timbre solide et impressionnant dans l’amplitude du registre. En complice de légende, Renato Dolcini déploie toute la panoplie de ses talents multiples d’interprète dans le rôle de Mercurio. Pane est dévolu au formidable Juan Sancho, il est à la fois désarçonnant dans son air « Numi selvatici » et fantastique dans toute l’étendue de ses grandes qualités vocales et théâtrales. João Fernandes et Jake Arditti complètent le groupe des Faunes en Silvano et Satirino respectivement sans démériter tant ils regorgent des mêmes qualités que leurs camarades olympiens. L’Endimione rêveur d’Arnaud Gluck est une des interprétations les plus belles de toute cette production. Nous sommes transportés de joie d’entendre un tel soliste dans un rôle quasiment fait sur mesure pour lui. Arnaud Gluck est en plus un excellent comédien.

A la sortie de ce spectacle inoubliable, l’on tourne nonchalamment le regard vers le Nord-Ouest vers la demeure des astres, la Grande Ourse resplendit à l’horizon. Dans les circonvolutions du firmament, cette Calisto épouse l’éternité en parsemant des lumineuses promesses qui viendront déverser du rêve sur les esprits qui prennent la peine de l’observer.

 

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CRITIQUE, opéra. VIENNE, Theater an der Wien, le 16 septembre 2026. CAVALLI : La Calisto. V.-L. Boecker, M. Siljanov, L. Mancini, A. Gluck, G. Bridelli, R. Dolcini, J. Sancho, M. Beekman, J. Arditi… Stefan Herheim / Christina Pluhar. Crédit photo (c) Matthias Baus

 

 

 

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MONTPELLIER. AGORA – CITE INTERNATIONALE DE LA DANSE : Nouvelle Saison 26/27. M. Monnier, M. Merzouki, A-T. De Keersmaeker, I. Galvan & Mohamed El Khatib, P. Decouflé, Junior Ballet de l’Opéra national de Paris…

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Ce mercredi 15 novembre, à Montpellier, l’Agora-Cité Internationale de la Danse a présenté sa saison 2026/2027 dans une Salle Béjart copieusement remplie. Pierre Martinez et Dominique Hervieu, deux des quatre directeurs artistiques, ont détaillé les grandes lignes de cette nouvelle saison devant un public montpelliérain venu nombreux. Jann Gallois et Hofesh Schechter, retenus à l’étranger par des répétitions, étaient absents, tandis que Maïwen Rebours, attachée de presse, accompagnait cette présentation. La saison s’annonce comme une nouvelle étape dans le projet pluriel de l’Agora, qui affirme son ambition de faire de Montpellier un carrefour international de la danse. Du 2 octobre 2026 au 21 mai 2027, la programmation invite de grandes figures et des artistes émergents, dans un esprit de dialogue entre les esthétiques et les générations.

 

 

Une programmation riche à l’Agora

La saison de spectacles s’ouvre le 2 octobre avec Looks Like God de Samir Kennedy, une performance présentée au MO.CO Panacée. Du 15 au 17 octobre, place à Israel & Mohamed, un dialogue entre le flamenco d’Israel Galván et les récits documentaires de Mohamed El Khatib. Dès le 21 octobre, Nari Chtaht de Moad Haddadi (compagnie Masse Art) précède de quelques jours Muette, la création 2026 de Boris Charmatz (que nous avons vue cet été à Avignon), présentée du 22 au 24 octobre.

Novembre poursuit sur cette lancée avec De loin si près de Bruno Pradet (compagnie Vilcanota), les 12 et 13 novembre, puis Des danses et des luttes de Bouziane Bouteldja et sa compagnie DANS6T les 16 et 17. L’artiste associée Sandrine Lescourant, avec Kilaï, présente Raw le 25 novembre. Début décembre, Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig reprennent Pixel, pièce hip-hop créée en 2014 (reprise en novembre 2024 au 13e Art) – et toujours portée par une scénographie vidéo immersive, du 9 au 11 décembre.

En janvier, Mathilde Monnier retrouve la percussionniste Lucie Antunes pour Silence, création 2026 présentée les 22 et 23 janvier 2027. Février met à l’honneur la chorégraphe Chantal Loïal et sa compagnie Difé Kako avec deux pièces : Requiem pour Vénus le 4 février et Moun Bakannal le lendemain. Le Ballet de l’Opéra national du Rhin investit ensuite l’Agora les 18 et 19 février pour un programme réunissant Quintett, Trio et Enemy in the Figure, sur des pièces du chorégraphe américain William Forsythe (que nous avons vu à Strasbourg en février 2025).

Le printemps s’ouvre avec Entre-Temps, création 2025 de Philippe Decouflé pour sa compagnie DCA, du 18 au 20 mars. Anne Teresa De Keersmaeker et le jeune danseur Solal Mariotte, pour la Compagnie Rosas, revisitent ensuite le répertoire de Jacques Brel dans Brel, du 29 au 31 mars (nous avions assisté à sa création au festival d’Avignon en juillet 2025). Fin avril, le Junior Ballet de l’Opéra national de Paris clôt le volet spectacles avec un programme réunissant Balanchine, Hop, Nicosia et Martinez, les 26 et 27 avril.

 

Un ancrage territorial et des partenariats multiples

L’Agora ne se contente pas d’accueillir des spectacles : elle développe des partenariats avec des structures extérieures engagées dans le champ chorégraphique. Parmi les collaborations de la saison, on note la présence de l’Opéra Orchestre National Montpellier Occitanie le 5 septembre, le Festival Hype’Occ | Camin Aktion du 31 octobre au 15 novembre (célébration des danses hip-hop), ou encore Khalil Epi — Tuqus à l’Atelline, scène conventionnée d’intérêt national, le 21 octobre, dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Le Plateau Danse Métropole du 10 décembre présentera les étapes de travail des résidences de recherche et de création « Impulsions » de la Ville et la Métropole de Montpellier, une journée professionnelle qui témoigne de l’ancrage territorial de l’institution. En janvier 2027, le CND Centre National de la Danse posera ses valises à Montpellier les 28 et 29 janvier pour l’opération Canal 2027, en collaboration avec l’ENSAD et le MO.CO Panacée.

 

Résidences, formation et transmission

La programmation fait aussi la part belle à la transmission et à l’accompagnement des artistes. L’Agora accueille en résidence, de septembre 2026 à avril 2027, une trentaine d’artistes chorégraphiques parmi lesquels Katerina Andreou, Nadia Beugré, Volmir Cordeiro, Latifa Laâbissi, Mathilde Monnier, Robyn Orlin, Eszter Salamon ou encore Arkadi Zaides. Des ouvertures de studio, gratuites et sur réservation, permettent au public de découvrir ces créations en cours.

La formation BOOST, gratuite et destinée à de jeunes autodidactes de 18 à 25 ans, constitue l’une des grandes nouveautés de la saison. Ce programme intensif de 900 heures réparties sur dix mois, porté par les quatre directeurs artistiques, s’adresse à des danseurs issus de toutes esthétiques – danses urbaines, contemporaines, clubbing, cabaret, flamenco, danses traditionnelles – et vise à favoriser la mixité sociale et l’émergence de voix nouvelles. La première promotion sera accueillie dès le 30 septembre 2026. Le Master exerce, mené avec l’Université Paul-Valéry, rythme également la saison d’ouvertures de studio et de rencontres jusqu’à la restitution publique, du 19 au 21 mai.

 

Une offre diversifiée pour tous les publics

Au-delà des spectacles, l’Agora propose de nombreux rendez-vous réguliers : les Samedis de l’Agora invitent le public à danser, du Red Bull Dance Your Style fin septembre au tango de Patrice…. Des ateliers croisés avec le Musée Fabre, des workshops (de 5 à 12 €) et des Ateliers EN COMMUN (de 7 à 12 €) sont proposés tout au long de la saison. 

Avec une programmation qui mêle grandes figures internationales, artistes émergents, résidences, formation et rendez-vous participatifs, la saison 26/27 de l’Agora-Cité Internationale de la Danse s’impose comme l’un des temps forts de la vie chorégraphique à Montpellier et dans son agglomération. Une saison placée sous le signe de la curiosité et des rencontres, à suivre sur Classiquenews !…

 

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Toute la Saison 26/27 de l’Agora-Cité Internationale de la Danse est disponible en suivant ce lien !

 

 

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CRITIQUE CD, événement. CASSADÓ, CASALS : Valérie Aimard, violoncelle / Cédric Lorel, piano (1 cd Aparté, oct 2025)

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Vitalité rythmique, chant naturel, facétieuse complicité s’entendent et se déploient dès l’hommage de Cassadó à « son maître » Casals, ainsi dans la première pièce pour piano et violoncelle (« Requiebros, 1931) ; tandis que les deux pièces de l’ainé et mentor Casals (Pastorale,1893, puis Rêverie, 1896) portent et cultivent l’âme post romantique d’un Casals enivré, pudique et subtilement chantant (fluidité expressive du violoncelle à laquelle répond, le jaillissement quasi schumannien du piano, dans un volupté constante et heureuse).

 

 

 

De Gaspar Cassadó, compositeur violonceliste comme Casals, et Catalan comme son aîné, les deux interprètes jouent les pièces majeures : la déjà connue Suite pour violoncelle seul (1926) qui ici sous des doigts et une conception si engagée, tisse ses propres racines à la source de Bach, entre dénuement, épure, essence ; surtout, après la Sérénade de 1925 enjouée, séduisante (pour la Princesse Thurn und Taxis), la sonate pour violoncelle et piano de 1926 : souterraine et charnelle dans son premier mouvement « Rapsodia », le plus développé ; Aragonesa d’une vitalité crépitante et solaire ; tandis que la Saeta, profonde et sobre, tient lieu de fait de cœur spirituel de la Sonate, ardente et tendre, d’une légèreté grave et noble : la subtilité complice des deux musiciens réussissent à en exprimer toute l’ambivalence captivante… avant que le Finale (« Paso-doble ») redouble de contrastes dansants.
Violonceliste ardente, douée d’une éloquence âpre autant que filigranée, Valérie Aimard rétablit la place que cette Sonate méconnue mérite : au premier rang dans le répertoire du violoncelle. D’autant plus que Cédric Lorel captive tout autant par sa palette de nuances et de couleurs, sa sensibilité rythmique, une diction nuancée et souple, en partage avec Valérie Aimard.

Entre Cassadó et Casals, Valérie Simard joue la remarquable transcription de l’intermezzo de l’opéra Goyescas de Granados réalisée par Cassadó : un vrai joyau à l’hispanisme viscéral, dansant, capricieux, mais aussi éperdu et furieusement nostalgique ; la pièce fusionne les chants du violoncelle et du piano ; elle devait évidemment paraître dans ce programme Cassadó / Casals : Granados étant un proche de Casals et la pièce étant celle que joue depuis ses débuts Valérie Aimard sur son violoncelle de 1694.

Bel hommage ultime que de jouer « El tant des ocells » d’un Casals plus rêveur que jamais : Valérie Aimard en exprime le souffle douloureux, nostalgique, et là encore d’une ineffable pudeur qui célèbre le mystère de la nature et des prodigieux volatiles… avec en complément les propres vers de Casals, enchaînés à la dernière mesure… (extrait de son intervention à l’ONU en 1971, discours écologique avant l’heure et hautement pacifique). Justes, inspirés, d’une indiscutable complicité tissée dans la nuance, les deux instrumentistes réalisent le plus bel hommage à deux Catalans majeurs que 2026, anniversaire oblige, met à l’honneur. La célébration qu’en proposent Valérie Aimard et Cédric Lorel, s’affirme superlative.

 

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CRITIQUE CD, événement. CASSADÓ, CASALS : Valérie Aimard, violoncelle / Cédric Lorel, piano (1 piano Aparté) — enregistrestré en octobre 2025 – Parution : 18 sept 2026 – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026

 

 

 

 

annonce, présentation

LIRE aussi notre annonce présentation du CD événement. CASSADÓ : Sonata, Suite / CASALS : Cello pièces — Valérie AIMARD, Cédric LOREL (1 CD Aparté) – parution : le 18 sept 2026 – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026 : https://www.classiquenews.com/annonce-cd-evenement-cassado-sonata-suite-casals-cello-pieces-valerie-aimard-cedric-lorel-1-cd-aparte/

ANNONCE CD événement. CASSADÓ : Sonata, Suite / CASALS : Cello pièces — Valérie AIMARD, Cédric LOREL (1 CD Aparté)

Belle surprise (et révélation) d’automne. Dans son nouvel album d’automne, la violoncelliste VALÉRIE AIMARD célèbre deux illustres Barcelonais, Gaspar Cassadó et Pablo Casals, deux génies catalans, deux violoncellistes compositeurs, choix d’autant plus pertinent que 2026 marque le 60ème anniversaire de la mort du premier, et le 150è anniversaire du second. Deux maîtres absolus du violoncelle…

 

 

 

 

concert

CONCERT de lancement / Sortie d’Album
Gaspar Cassadó / Pablo Casals
Lundi 12 OCTOBRE 2026 – 21h
Studio RASPAIL / Vente et dédicace à l’issue du concert

La nouvelle salle de spectacle au cœur de Montparnasse
Visitez – Réservez sur le site du studio Raspail :
https://studioraspail.com/concert-valerie-aimard-et-cedric-lorel

STUDIO RASPAIL
216 boulevard Raspail
75014 Paris
Le théâtre ouvre 1h avant la représentation.

 

présentation du concert événement
Valérie Aimard et Cédric Lorel rendent hommage à deux immenses violoncellistes catalans, tous deux compositeurs. 2026 marque à la fois le 60e anniversaire de la disparition de Gaspar Cassadó, le centenaire de sa célèbre Suite pour violoncelle seul et le 150e anniversaire de la naissance de Pablo Casals.
Toutes les couleurs de l’Espagne résonnent dans la très rare Sonate en la mineur de G. Cassadó et dans son flamboyant Requiebros. Dans un contraste saisissant, les pièces de jeunesse de P. Casals séduisent par la simplicité de leur romantisme poétique et rêveur. Un programme à découvrir d’une richesse chatoyante Liés par une longue amitié musicale, Valérie Aimard et Cédric Lorel mettent en lumière le style si caractéristique de ces deux grands Maîtres : fougue du geste musical, noblesse du discours, élégance d’un chant empreint de liberté. Venez fêter avec eux la sortie de ce tout nouveau disque !

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OPERA GRAND AVIGNON. VERDI : Aida. 16, 18, 20 oct 2026. Débora Waldman / Frédéric Roels (nouvelle production)

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L’Antiquité égyptienne… « Un monde de pierre, de ciel et de sable. Une société militaire et religieuse qui écrase les corps et les désirs. Au cœur de cet univers immobile, quatre figures se débattent : une princesse toute-puissante mais prisonnière de son rang (Amnéris), une esclave amoureuse condamnée au silence (Aida), un héros divisé entre gloire et amour (Radamès), et un père déchu prêt à tout pour survivre (Amonasro). Aida n’est pas un opéra du triomphe : c’est une tragédie de l’enfermement. »

 

 

Aida, la première des Captives…

Superbe ouverture de sa nouvelle saison 2026-2027 : l’Opéra Grand Avignon affiche AIDA de Verdi, qui donc tout en convoquant la fresque antique, et ses tableaux collectifs, reste un huis-clos bouleversant, où s’exacerbent et se consument des solitudes désirantes. Sous la baguette de l’excellente cheffe : Débora Waldman, familière des lieux, toutes les équipes artistiques de l’Opéra grand Avignon sont sollicitées : Choeur, Orchestre, Ballet… de surcroît dans la mise en scène du directeur des lieux : Frédéric Roels qui ainsi poursuit un questionnement captivant sur la femme à l’opéra. L’esclave Aida, captive à la Cour de Pharaon, se distingue par sa trajectoire amoureuse et tragique, son chant ardent et solaire… La nouvelle production s’inscrit pleinement dans la thématique de la nouvelle saison 2026-2027: celle des captives.

L’approche promet une lecture passionnante… Ici « l’amour ne peut exister qu’en fuite ou en rêve. Aida ne désire qu’un ailleurs, une terre verte loin de l’aridité et de la guerre » (…) « Tous aspirent à la liberté, aucun ne peut la conquérir ».

Ici, pas d’Égypte monumentale ni de reconstitution spectaculaire. La mise en scène de Frédéric Roels traverse le temps et fait résonner l’œuvre avec notre présent. « La pierre façonne l’espace, tour à tour refuge, mur ou tombe, tandis que le chœur forme une foule compacte, témoin indifférent des drames individuels. Aida parle d’amour sous pression, de pouvoir qui écrase, et de rêves impossibles dans un monde fermé ».

Jamais la lave dramatique de Verdi n’a semblé plus aiguë, ardente, vivace. Nouvelle production événement.

 

 

Opéra grand Avignon
VERDI : Aida
3 représentations
Vendredi 16 octobre 2026 à 20h
Dimanche 18 octobre 2026 à 15h
Mardi 20 octobre 2026 à 20h
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RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra Grand Avignon : https://www.operagrandavignon.fr/aida

 

Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi (1871)
Livret Antonio Ghislanzoni d’après Auguste Mariette
Chanté en italien, surtitré en français – Editions Casa Ricordi
Durée : 3h20
Opéra grand Avignon
place de l’Horloge 84000 Avignon
Direction musicale Débora Waldman
Chefs de chœur : Alan Woodbridge, Noëlle Gény
Mise en scène : Frédéric Roels
Scénographie : Bruno De Lavenère
Costumes : Lionel Lesire
Lumières : Laurent Castaingt
Chorégraphie : Martin Harriague
Aida : Angélique Boudeville
Radamès : Marc Laho
Amneris : Marie Gautrot
Amonasro : David Vardan
Ramfis : Nika Giuliashvili
Il Re : Jacques-Greg Belobo
Sacerdotessa :Aurélie Jarjaye
Un messaggero : Julien Desplantes
Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Chœur de l’Opéra national Montpellier Occitanie
Ballet de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre national Avignon-Provence

 

 

en complément des représentations

 

Prologue

45 minutes avant la représentation, un temps de présentation vous est proposé autour du spectacle auquel vous allez assister.
Animés par des intervenants invités, ces rendez-vous offrent des clés d’écoute, des repères sur l’œuvre, sa mise en scène ou son contexte de création, pour enrichir l’expérience du spectacle.
Ce prologue sera assurée par Hervé Cassini
Entrée libre sur présentation du billet

 

 

Baptême de l’air

Les Baptêmes de l’air vous invitent à découvrir un air ou un extrait de chœur… en le chantant vous-même !
Accompagnés par une cheffe de chœur et un·e pianiste, les participants partagent pendant une heure le plaisir de chanter ensemble, partitions en main, comme de véritables artistes de chœur.
Accessible à tous, sans prérequis, ce moment convivial et chaleureux est une porte d’entrée idéale pour découvrir l’univers de l’opéra de l’intérieur.
Dès 15 ans
Tarif | 6€

 

 

Immersion dans les coulisses

Avant le lever de rideau, poussez les portes des coulisses et découvrez l’envers du décor.
Un petit groupe de participants est invité à parcourir les espaces habituellement réservés aux artistes et aux équipes techniques : coulisses, préparation du plateau, ambiance d’avant-spectacle… selon les possibilités du jour.
Guidée par une médiatrice de l’Opéra, cette visite offre un regard privilégié sur la vie du théâtre au moment où tout se met en place.
Gratuit sur réservation
Réservé au détenteur d’un billet du spectacle du jour

Répétition publique

Assistez à une répétition de mise en scène de cet ouvrage. Ces séances ouvertes au public permettent de découvrir le travail des artistes, des équipes techniques et du metteur en scène au fil de l’élaboration du spectacle. Un moment privilégié pour observer l’opéra en train de se construire, entre recherche, ajustements et échanges artistiques.
Gratuit sur réservation
Ouverture des réservations un mois avant la date

 

 

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OPERA D’ISTANBUL. DONIZETTI : Lucia di Lammermoor. Les 24, 28, 31 oct, et les 19 et 21 novembre 2026. Mise en scène de Jean-Louis GRINDA

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Après le triomphe de sa création en mai dernier, à l’occasion de la 17e édition du Festival d’Opéra et de Ballet d’Istanbul, la production de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti mise en scène par Jean-Louis Grinda revient sur la scène de l’Atatürk Kültür Merkezi (AKM). Elle y sera reprise les 24, 28 et 31 octobre 2026, puis les 19 et 21 novembre 2026.

 

Cette nouvelle série de représentations s’inscrit dans la saison 26/27 de l’Opéra d’État d’Istanbul (İDOB), une institution bicéphale dirigée par le baryton Caner Akgün, qui n’a de cesse de promouvoir les deux scènes lyriques de la mégapole du Bosphore : l’AKM, fièrement dressé sur la célèbre place Taksim, et l’Opéra Süreyya, magnifique bâtiment Art déco construit dans les années 20 sur le modèle du Théâtre des Champs-Élysées, situé à Kadıköy, sur la rive asiatique.

Pour cette nouvelle production, le metteur en scène monégasque Jean-Louis Grinda – ex-directeur de l’Opéra de Monte-Carlo et des Chorégies d’Orange – a livré une lecture d’une grande intensité psychologique. Interrogé par l’Anadolu Agency à l’occasion de la création, il confiait : « J’aime l’histoire de cet opéra. J’aime le personnage de Lucia, une jeune femme remplie d’amour et de folie. Cet opéra parle de la folie, ce qui est toujours fascinant pour un metteur en scène ». Fidèle à son esthétique épurée, Grinda a choisi de dépouiller la scène de tout ornement  superflu pour mieux faire émerger la solitude intérieure des personnages. Le metteur en scène a également tenu à saluer la tradition lyrique turque, citant la légendaire soprano Leyla Gencer, « mais pas seulement elle : votre pays a donné au monde de nombreux grands chanteurs. C’est pourquoi, d’un point de vue historique, il est important pour moi d’être ici ».

 

 

Pour cette reprise, la distribution réunira les artistes de la maison, fidèles à la production créée en mai, avec notamment Hale Soner dans le rôle-titre, Ufuk Toker en Adgardo ou encore… Caner Akgün, le directeur de l’institution turque, qui retrouvera le rôle du frère tyrannique qu’est Enrico Ashton ! L’Orchestre de l’Opéra d’État d’Istanbul sera placé sous la direction d’Antonio Pirolli, directeur musical de l’İDOB, et de Zdravko Lazarov, qui se partageront les représentations.

Cette reprise témoigne de la vitalité de l’Opéra d’État d’Istanbul sous la direction de Caner Akgün, qui incarne une double ambition : maintenir la grande tradition du bel canto à Istanbul tout en ouvrant l’institution aux productions internationales les plus exigeantes. « Nos coutumes sont également très importantes car nous avons une grande tradition de bel canto, ici à Istanbul, ainsi qu’une très importante tradition de ballet », confiait-il à Classiquenews l’an passé.

Avec deux scènes lyriques – l’AKM, inauguré en 2021 après une reconstruction complète, doté d’une acoustique et de moyens techniques à la hauteur des plus grandes maisons européennes, et l’Opéra Süreyya, chargé d’histoire –, l’İDOB s’affirme comme l’un des pôles lyriques majeurs de la région. La reprise de Lucia di Lammermoor dans la mise en scène de Jean-Louis Grinda en est l’un des meilleurs exemples !… 

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photos (c) droits réservés

 

Réservations : sur le site de l’Opéra d’État d’Istanbul (İDOB)

 

 

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PARIS, CONCOURS Léopold BELLAN 2026 – 100ème édition : Finales du 25 au 30 octobre 2026. Clôture des inscriptions : 1er octobre 2026

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Le plus ancien CONCOURS MUSICAL de France, le CONCOURS INTERNATIONAL LEOPOLD BELLAN célèbre cette année, son CENTENAIRE ; c’est depuis ses débuts, une institution dont le discernement a permis aux très grands interprètes, dès leur jeune âge, de poursuivre et de se perfectionner. Les Finales (toutes publiques en accès libre) débutent le 25 octobre, jusqu’au 30 octobre où aura lieu une superbe FINALE, Salle Landowski au Conservatoire de Paris, rue de Madrid.

 

 

 

Ce sont ainsi 6 jours hautement intensifs où la musique est reine, servie par les jeunes musiciens parmi les plus prometteurs, futurs grands interprètes de demain…
Un très large éventail de disciplines est représenté, ce qui souligne l’ampleur et l’importance du Concours depuis ses débuts : musiques traditionnelles, ensembles vocaux et chœurs, comédie musicale, jazz, violon, alto, violoncelle, Contrebasse, chant soliste, harpe, guitare, piano, piano 4 mains et 2 pianos, direction d’orchestre, musique de chambre, …
Nouvelles disciplines cette année : direction d’orchestre, choeurs, interprétation de la musique du XXIème.

Cette année, plusieurs sites accueillent les sessions sélectives et finales du Concours Bellan 2026, à Paris : le Conservatoire International de Musique de Paris, la Schola Cantorum, l’École Normale de Musique de Paris / Salle Cortot, le Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, la Mairie de Paris Centre (ancienne mairie du 3ème arrondissement), l’Instrumentarium Harpe de Paris ; mais aussi le conservatoire de la Ville de Saint-Cloud dans le parc des Avelines…

 

 

 

Concours international Léopold Bellan
Finales à PARIS, du 25 au 30 octobre 2026

Limite d’inscription : le 1er octobre 2026 (minuit)
15000 euros de Prix
Programme libre – Sans limite d’âge – Premier tour en ligne avec envoi vidéo

 

 

TOUTES LES INFOS sur le site du Concours Leopold Bellan 2026
Centenaire — 25-30 octobre 2026 :
https://www.concoursinternationalleopoldbellan.fr/

 

 

 

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DÉROULEMENT DU CONCOURS
Les Finales sont publiques et d’accès libre.
*Consultez la page d’accueil du site internet pour le calendrier en
temps réel, les finales se déroulant en fonction du nombre de
participants admis aux épreuves précédentes
6 jours hautement intensifs où la musique est reine

 

 

DIMANCHE 25 OCTOBRE 2026
9H30-13H — Finales Musiques traditionnelles
Lieu : (sous réserve) Espace Léopold Bellan
15H-18H — Finales Ensembles vocaux et chœurs
Lieu : Conservatoire de St Cloud
LUNDI 26 OCTOBRE
9H30-13H — Finales Comédie musicale
Lieu : Conservatoire de St Cloud
14H-17H — Finales Jazz
Lieu : Conservatoire de St Cloud
19H-23H — Soirée des 100 ans
concert avec la participation d’anciens lauréats,
exposition, projections, / cocktail – sur invitation
Lieu : Schola Cantorum

 

MARDI 27 OCTOBRE
9H-13H — Finales Violon, Alto, Violoncelle, Contrebasse
Lieu : Conservatoire de St Cloud
11H-19H — Demi-finales Chant soliste
Lieu : Conservatoire International de Musique
15H-19H — Finales Harpe et Guitare
Lieu : (sous réserve) Espace Léopold Bellan

 

MERCREDI 28 OCTOBRE
9H30-13H — Finales Piano
Lieu : Conservatoire de St Cloud
14H-19H — Finale Chant soliste
Lieu : St Cloud

 

JEUDI 29 OCTOBRE
CRR de Paris – Isa Rubinstein, rue de Madrid
9H-13H — Finales Piano 4 mains et deux pianos
Salle d’orgue Olivier Alain
12H-17H — Demi-finale Direction d’Orchestre — déchiffrage
Salle Faure
13H30-17H — Finales Musique de chambre
Salle d’orgue Olivier Alain

 

VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
CRR de Paris – Auditorium Landowski
9H-13H — Finales Direction d’Orchestre
14H-17H — Gala super finale avec remise des prix

 

 

 

 

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LEOPOLD BELLAN
Né le 20 septembre 1857 et mort en 1936

QUI ÉTAIT LÉOPOLD BELLAN ?
Pour tout musicien, lorsqu’on entend le nom de « Léopold Bellan », seul vient à l’esprit son Concours. Or son oeuvre s’affirme bien au delà du domaine musical. Homme politique, passionné d’amélioration sociale et de solidarité, conseiller municipal pendant 40 ans de la Ville de Paris, Léopold Bellan se distingue par les avancées culturelles et sociétales dont la France actuelle lui est redevable. Sa vie durant, Léopold Bellan n’aura cesser d’agir pour l’amélioration de la société en favorisant l’éducation des citoyens.

Si, dès 1884, Léopold Bellan crée un patronage laïc intitulé : « Ménestrels de Paris », il crée ensuite en 1894 la Société d’Enseignement Moderne qui regroupe, après quelques années, 22000 élèves de tous âges, afin de lutter contre l’illettrisme notamment des adultes, problème d’une grande acuité à la fin du 19ème siècle.

En 1904, il ouvre des cours de médication familiale, puis des cours de musique et de déclamation. Après la 1ère guerre mondiale, qui lui coûte la vie de son fils, il ouvre les premiers établissements sociaux et médico-sociaux , ainsi qu’un institut de formation professionnelle pour les jeunes veuves de guerre. La Fondation éponyme compte à présent 80 établissements et services. Léopold Bellan estimait que, pour celles et ceux qui n’avaient pas eu la chance de bénéficier d’une instruction académique, l’accès au savoir, indispensable à l’homme libre, pouvait être rendu possible grâce à la culture, un concept particulièrement novateur pour l’époque et toujours d’actualité. Article 1 des statuts de la Fondation : “La Fondation Léopold Bellan a pour objet de
promouvoir des actions sociales, culturelles et philanthropiques“.

Dates clés :
1910-1911 — Président du conseil municipal de Paris
1919 — Vice-président de l’Alliance républicaine démocratique
1925-1926 — Président du Conseil général de Paris et du conseil départemental de la Seine
1926 — Création du Concours de musique et de déclamation
2026 — Centenaire du Concours international Léopold Bellan

 

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NOMINATION. Peter DE CALUWE à la tête du Festival de Salzbourg (à partir de 2027)

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Le Kuratorium du Festival de Salzbourg a confirmé, ce mercredi 16 septembre, la nomination du Belge Peter de Caluwe à la direction artistique du festival (estival) de Salzbourg. Âgé de 63 ans, l’ancien directeur général et artistique de La Monnaie de Bruxelles prendra ses fonctions à l’issue de l’édition 2027, succédant ainsi à Markus Hinterhäuser.

 

 

Un parcours intimement lié à l’opéra européen

Né en 1963 à Dendermonde, en Flandre, Peter de Caluwe étudie la littérature et l’histoire du théâtre à Gand, Bruxelles et Anvers. C’est en 1986, alors qu’il est encore étudiant, que Gerard Mortier l’invite à rejoindre La Monnaie comme dramaturge, chargé notamment des relations avec la presse et des projets destinés au jeune public. Trois ans plus tard, il rejoint le Nederlandse Opera à Amsterdam, où il exerce successivement des fonctions liées à la communication, au casting et à l’administration artistique, participant à la programmation de l’institution aux côtés de Pierre Audi.

En 2005, il est nommé directeur général et artistique de La Monnaie, fonction qu’il exercera officiellement de 2007 à 2025. Sous sa direction, l’institution bruxelloise a poursuivi une politique de création lyrique internationale, avec une attention portée aussi bien aux grandes œuvres du répertoire qu’aux écritures contemporaines. À deux reprises, La Monnaie a été désignée « Opéra de l’année », tandis que Peter de Caluwe a lui-même été distingué comme « Directeur de l’année » en Belgique. Après son départ de La Monnaie, il n’a pas quitté le monde culturel : depuis 2025, il est directeur général de LOV2030, le projet qui porte la candidature de Louvain comme Capitale européenne de la culture 2030.

 

Une nomination qui prolonge l’héritage de Gérard Mortier

L’arrivée de Peter de Caluwe à Salzbourg n’est pas tout à fait une première. En 2013 déjà, son nom figurait parmi les candidats à la succession d’Alexander Pereira à la tête du festival. Il avait alors atteint la dernière phase du processus, avant que Markus Hinterhäuser ne soit finalement choisi. Le lien avec Gerard Mortier, qui a lui-même dirigé le Festival de Salzbourg de 1992 à 2001, apparaît comme un fil rouge dans cette nomination. Certains observateurs autrichiens y voient « une petite machine à remonter le temps », tant le parcours de de Caluwe semble s’inscrire dans la continuité de l’héritage mortiérien.

 

Un contexte de crise à Salzbourg

Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le festival. En mars dernier, Markus Hinterhäuser a été démis de ses fonctions de directeur artistique, son contrat — pourtant prolongé jusqu’en 2031 — n’ayant finalement pas été mené à son terme. Il a été suspendu de ses responsabilités avec son accord, jusqu’à la date initiale de fin de contrat, le 30 septembre 2026. Face à cette vacance, l’Allemande Karin Bergmann a été nommée directrice artistique par intérim. Elle assure la programmation des éditions 2026 et 2027 du festival, jusqu’à l’arrivée effective de Peter de Caluwe à l’automne 2027.

La présentation officielle de la nouvelle direction est prévue ce vendredi 18 septembre à Salzbourg. Kristina Hammer, présidente du festival, a vu son mandat prolongé de cinq années supplémentaires. La ministre-présidente de Salzbourg, Karoline Edtstadler, a résumé la situation en ces termes : « Ce sont effectivement des temps orageux que nous avons traversés. La capitaine reste à bord, mais nous mettons le cap vers de nouveaux ports et embarquons donc un nouveau premier officier. »

 

Un gestionnaire expérimenté pour un festival en quête de stabilité

La nomination de Peter de Caluwe est diversement appréciée dans la presse germanophone. Si certains la qualifient de « solide », rappelant qu’il s’était déjà porté candidat à Salzbourg comme à l’Opéra de Vienne, d’autres soulignent qu’il n’était « que deuxième choix » après l’échec de la double direction Sophie de Lint – Barrie Kosky, un temps envisagée. Reste que l’homme fort de La Monnaie apporte avec lui près de vingt années d’expérience à la tête d’une grande maison d’opéra européenne, une connaissance intime des réseaux lyriques internationaux et une réputation de gestionnaire rigoureux. Pour un festival qui sort d’une crise de gouvernance majeure, ces qualités pourraient bien s’avérer précieuses.

Peter de Caluwe prendra ses fonctions le 1er octobre 2027, après l’édition 2027 dont la programmation reste entre les mains de Karin Bergman.

 

Crédit photo © Jimy Kets

 

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DISPARITION. Le metteur en scène Pierre CONSTANT nous a quittés…

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Le comédien, metteur en scène et écrivain Pierre CONSTANT nous a quittés au soir du 16 septembre, quelques jours après son 93eme anniversaire. Né à Toulouse, il avait hérité de son père la passion de l’opéra, pourtant c’est comme comédien (au sein du Grenier de Toulouse) qu’il a commencé sa carrière artistique. Également acrobate, jongleur, funambule et trapéziste, c’est pour lui qu’Arrabal a écrit « Sur le fil ».

 

En 1974 il crée le Centre Dramatique de La Courneuve qu’il dirigera jusqu’en 1981. C’est Jean-Albert Cartier qui lui confie ses premières mises en scène lyriques à Nancy et au Théâtre du Châtelet avec I Masnadieri de Verdi et Tosca dont l’approche très personnelle suscita des réactions passionnées chez le public comme dans la critique. C’est grâce à Gérard Mortier, alors Directeur du Théâtre Royal de la Monnaie, que Pierre CONSTANT effectue sa première mise en scène internationale : Simon Boccanegra avec José van Dam dans le rôle-titre.

Les engagements se succèdent ensuite dans des répertoires différents et des théâtres de premier plan : Châtelet, Champs-Elysées, Zarzuela de Madrid, Palais de la Musique d’Athènes, Fenice de Venise, Opéra des Flandres… Sa trilogie Mozart Da Ponte avec l’Atelier Lyrique de Tourcoing de Jean-Claude Malgoire sera couronnée du prix du meilleur spectacle de l’année 1995 et les spectacles seront repris dans de nombreux théâtres.

Pierre CONSTANT a parallèlement poursuivi sa carrière d’acteur (notamment avec Le Funambule de Jean Genêt), et il est resté pendant de longues années un des comédiens les plus demandés à Radio-France.

Le monde du spectacle perd un de ses acteurs de premier plan et ses nombreux amis pleurent un homme d’exception, modèle de courage, de générosité, de résilience, d’enthousiasme. Ceux qui l’ont connu savent que Pierre CONSTANT fait partie de ces êtres rares qui, en quittant ce monde, le laissent diminué de valeur.

 

 Texte de Véronique Réaux et Photo de (c) Michel Viala

 


 

 

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CRITIQUE CD événement. PHILIP GLASS : For Cello. Camille THOMAS, Brussels Philharmonic / Oscar Jockel, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon)

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Inspirée par l’écriture hypnotique de Philip Glass, la viloncelliste  Camille Thomas propose un voyage à la fois intime et vertigineux, original et complet. Charnel et nuancé, le chant du violoncelle sert indiscutablement la grande diversité des pièces choisies, où s’imposent plusieurs transcriptions particulièrement réussies.

 

 

 

 

CD1 – Grave, sombre, « The poet acts » extrait de « The Hours » (1) ici transcrit pour violoncelle, éclaire différemment l’air d’une mélancolie désespérée : comme si le chant de l’instrument à cordes atteignait des profondeurs abyssales, souterraines, jusqu’au tréfond d’une psyché atteinte et meurtrie. Le tact et l’économie expressive de Camille Thomas savent enrichir la mélodie d’une tendresse suave filigranée, d’une langueur infinie, sans perdre ce qui la rattache à une ineffable dignité d’âme.

Aux côtés des transcriptions pour le violoncelle seul, la soliste a aussi élaboré plusieurs séquences avec 8 violoncelles (les élèves de son professeur à Weimar, Wolfgang Emanuel Schmidt): en particulier l’Étude n°16 (suspendue, sortant de l’ombre et s’évanouissant dans l’ombre) ; surtout l’Étude n°2, notre préférée, qui joue de la superposition des parties de violoncelles entre elles, rétablissant en ondes aériennes, planantes, l’effet de la pédale (de la pièce originelle pour piano). Tout le mérite revient aux interprètes dont le professeur lui-même, leur connivence collective qui exprime la tendresse intime et cette langueur sourde et voluptueuse dont le compositeur a le secret. C’est certainement la pièce la plus enivrante du programme, ici magnifiquement réalisée dans une transcription qui comme toutes les autres, a reçu la validation et l’agrément du compositeur lui-même (LIRE notre entretien avec Camille Thomas à propos de son double album « PHILIP GLASS For Cello » (2 cd Deutsche Grammophon) : lien en fin de texte, ci après.

Au cœur du programme, s’affirme la puissance cinématique des 11 séquences formant la Suite Orchestrale élaborée pour le film « Naqoyqatsi », dont chef, soliste et musiciens de l’orchestre expriment le souffle puissant, épique. Les percussions jalonnent un tableau grave, à la fois solennel et d’une sensualité hypnotique, qui convoque le destin, un temps compté et tragique où le rugissant sourd des cuivres, les vagues ondulantes des cordes (4) façonnent comme un rituel vertigineux. Arabesques paniques, séries fulgurantes des cordes, répétées, assénées jusqu’à la transe explosive (5) ; puis solo intimiste d’une épure plaintive (6) ; enchantement suspendu d’une tendresse bouleversante (7, puis le finale 13)… A chaque séquence, captive un parcours harmoniquement raffiné, très élaboré qui exprime le bouleversement profond de la psyché, une traversée intérieure qui signifie des déflagrations intimes dont on ne sort pas indemne (8 puis 9, la plus spectaculaire des 11, avec la trompette solo qui prépare à l’éloquence enivrée du violoncelle ; sa gravitas chantante et charnelle, d’une sensualité envoûtante grâce à la volupté naturelle de son timbre.
Le cycle n’écarte pas la toute puissance symphonique (11) : puissance d’une machine conquérante qui convoque au final tout l’orchestre, jusque dans ses ultimes accents crépusculaires, dans un dialogue avec le violoncelle amoureux, d’une riche éloquence intérieure (superbes mesures finales).
La Suite (qui comprend aussi les 3 mouvements du Concerto n°2), enchaîne sans heurts ni rupture de caractère avec l’instant choisi extrait de la BO du film « Truman Show » (ici pour violoncelle et piano, 14), d’une pudeur intense, Camille Thomas joue le sommeil de Truman (« Truman sleeps »), – immersion pudique déchirante dans l’identité profonde d’un être qui a sacrifié son intimité pour la livrer au monde… et qui s’achève dans un ultime souffle. A travers le jeu sûr, suggestif de la violoncelliste s’affirme contre le fatum, l’intégrité intime jamais atteinte. Magistral.

 

 

CD2 – Comme enivré voire halluciné, le chant du violoncelle se montre d’une agilité incandescente dans l’Étude n°6 (avec tout l’orchestre).

De fait l’Orchestre bruxellois et le chef Oscar Jockel offrent un excellent appui à la soliste, trouvant un équilibre lumineux dans les pièces qui réclament l’effet de masse comme l’incise plus intime de chants solos : c’est assurément le cas du Concerto n°1 (qui clôt le cd2), en particulier son premier mouvement qui alterne chambrisme presque abstrait, et tutti spectaculaires, vertigineux ; fulgurances soliste et tutti fiévreux (le 3è mouvement comme embrasé). Les interprètes éclairent dans le second mouvement, tout aussi développé, l’écriture extrêmement raffinée de Glass, à la fois apaisée et scintillante, toujours au service d’une suractivité psychique qui submerge et qui trouve ici, une remarquable onctuosité progressive et agissante. Le double cd exprime avec une indiscutable finesse l’onirisme envoûtant de Philip Glass… dont sera célébré le 90 è anniversaire en janvier 2027. L’album de Camille Thomas en est déjà une juste et opportune célébration. L’enregistrement obtient le CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026.

 

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CRITIQUE CD événement. PHILIP GLASS : For Cello. Camille THOMAS, Brussels Philharmonic / Oscar Jockel, direction (2 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

entretien

LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Camille Thomas, à propos de son double CD PHILIP GLASS: FOR CELLO (2 cd Deutsche Grammophon) : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-la-violoncelliste-camille-thomas-a-propos-de-son-nouveau-double-album-dedie-aux-oeuvres-de-philip-glass-2-cd-dg-deutsche-grammophon/
En 2 CD événements édités par Deutsche Grammophon ( » PHILIP GLASS : For cello « ), la violoncelliste Camille Thomas offre une intégrale des œuvres pour violoncelle de Philip Glass. Au programme, les 2 Concertos, – le 2ème intégré dans la continuité des 11 séquences qui forment la Suite orchestrale « Naqoyqatsi », mais aussi plusieurs transcriptions pour violoncelle de pièces hypnotiques, au souffle cinématographique, originellement écrites pour le piano. L’ensemble du cycle reçoit la validation du compositeur lui-même. Pour ses 90 ans en janvier 2027, Philip Glass ne pouvait mieux être mis à l’honneur et célébré avec finesse et engagement.
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CRITIQUE, festival. BIARRITZ, 36e festival « Le Temps d’aimer la Danse » (Gare du Midi), le 13 septembre 2026. « Prométhée » par Martin HARRIAGUE et le Ballet de l’Opéra Grand Avignon

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Il y a des soirs où le destin d’un artiste bascule. Cette soirée du 13 septembre, à la Gare du Midi de Biarritz, et dans le cadre du festival « Le Temps d’aimer la danse », le public a sans doute assisté à l’un de ces moments rares où un chorégraphe change de dimension. Martin Harriague, l’enfant du pays, déjà auréolé de succès (in loco) avec Crocodile en 2024 et America en 2025, n’était pourtant pas un inconnu du public basque. Mais avec Prométhée, sa dernière création, il franchit un cap. Un cap immense. Il y aura sans nul doute un avant et un après.

 

Rappelons-le ici : Martin Harriague n’est pas seulement un invité de passage. C’est un enfant de la région, formé au Ballet junior de Biarritz, qui a fait ses armes sur les scènes internationales avant de revenir au pays. Depuis septembre 2024, il dirige le Ballet de l’Opéra Grand Avignon, sur scène ce soir. Et en janvier 2027, il prendra la tête du Centre Chorégraphique National de Biarritz, succédant à Thierry Malandain, fondateur de l’institution et il y a près de 30 ans, tout en prenant également les rênes du festival « Le Temps d’aimer la danse », dont Malandain assuré la direction artistique pendant 26 ans. Cette double casquette – artiste et futur directeur – donne à sa présence sur scène une saveur particulière. Mais ce soir, il n’était question ni de statut ni de responsabilités. Juste de danse. Juste de feu.

Il faut s’arrêter un instant sur un détail qui n’en est pas un. À l’Opéra Grand Avignon, lors de la création en décembre dernier, Prométhée était porté par l’Orchestre national Avignon-Provence, dirigé par Swann van Rechem, dont la présence sur scène, juché au-dessus du plateau tel un Olympe moderne, tel que nous l’écrivions alors, et qui participait pleinement de la dramaturgie. Ce soir, à Biarritz, point d’orchestre. Une bande-son. Certains puristes crieront au sacrilège. Ils auront tort. Car l’absence des musiciens produit un effet inattendu : elle concentre toute l’attention sur les corps. Sur ces treize danseurs du Ballet de l’Opéra Grand Avignon, d’une malléabilité et d’une énergie phénoménales. Sur leurs respirations, leurs appuis, leurs regards. Sur cette manière qu’a Harriague de faire naître le geste du silence avant de le laisser exploser sur les accords conquérants de l’Ouverture des Créatures de Prométhée de Beethoven. La partition, enrichie par les interventions du compositeur contemporain Fabien Cali, n’est plus qu’une toile de fond. Elle devient un simple vecteur. Et ce que l’on découvre alors, c’est la danse à l’état pur. Nue. Tranchante. Inoubliable.

 

 

Prométhée n’est pas une illustration. C’est une réinvention. Le chorégraphe ne suit pas un récit linéaire. Il capture l’essence du mythe en tableaux saisissants qui percutent le spectateur avec une force incroyable. Dès les premières minutes, la création de l’humanité se joue sous nos yeux : des corps inertes, manipulés avec une franchise presque chirurgicale, qui s’animent peu à peu jusqu’à exploser dans un langage chorégraphique d’une précision mathématique. Les danseurs deviennent tour à tour pantins désarticulés, créatures en transe, clones de Ken et de Barbie manipulés par des légistes, ou encore guerriers antiques dont les profils semblent surgis des vases grecs.

Les images défilent avec une puissance visuelle stupéfiante. Le vol du feu, évoqué par des jeux d’ombres et de lumières. La menace obsédante du rapace, prédateur éternel. Les costumes de Mieke Kockelkorn, véritables lambeaux de tissus à la beauté rude, épousent et magnifient chaque mouvement. Et dans cet époustouflant défilé, une constante : l’unisson parfait des danseurs avec la musique, cette capacité qu’ils ont de tomber à la perfection sur chaque note, chaque syncope, chaque tempo. Les ensembles sont millimétrés. Les solos, les duos, les trios s’enchaînent avec une fluidité déconcertante. Douces géométries, triangles mouvants, cercles chamaniques : Harriague orchestre ses interprètes avec une autorité tranquille, celle des grands.

 

 

Il faut mesurer ce que cela signifie. En une heure – une heure seulement, et c’est à la fois trop court et parfait –, Martin Harriague démontre qu’il sait construire, élaguer, faire des choix. Que son inspiration débordante, loin de le perdre, se met au service d’un axe clair, d’une dramaturgie limpide. Crocodile était une ode à l’amour, un bijou d’intimité., America était une satire mordante, une flèche décochée au monde de Donald Trump. Prométhée est d’une toute autre ampleur. C’est une œuvre totale, musicale, chorégraphique et déjà mythique. Un rituel contemporain où le mythe antique retrouve toute sa résonance brûlante.

Et lorsque le rideau tombe, lorsque les dernières notes s’éteignent, quelque chose d’attendu (d’espéré…) se produit : les hurlements éclatent, et les applaudissements s’éternisent. Le public se lève, comme un seul homme, pour célébrer non seulement une réussite artistique, mais la naissance d’un chorégraphe qui compte désormais dans l’espace chorégraphique européen. Un chorégraphe qui, à quarante ans, vient de signer une œuvre qui le parachute d’emblée parmi les talents les plus prometteurs de notre temps.

La danse contemporaine française tient là l’un de ses plus grands espoirs. Et Biarritz, sa terre d’origine, peut être fière. Le feu sacré de Prométhée, Martin Harriague l’a volé… et il le partage avec une générosité qui force l’admiration !

 

 

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CRITIQUE, festival. BIARRITZ, 36e festival « Le Temps d’aimer la Danse » (Gare du Midi), le 13 septembre 2026. « Prométhée » par Martin HARRIAGUE et le Ballet de l’Opéra Grand Avignon. Crédit photographique (c) Stéphane Bellocq

 

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CD événement, annonce. Léo DELIBES : Jean de Nivelle, 1880. Cyrille Dubois, Melissa Petit… Orchestre Philharmonique national Hongrois / György Vashegyi, direction (2 cd Bru Zane label, janv 2026 — collection « Opéra français »)

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Re créé en janvier 2026 (Müpa, Budapest, version de concert), JEAN NIVELLE de Léo Delibes sort cet automne en cd – coffret double sous étiquette Bru Zane label, à l’initiative du PZB Palazetto Bru Zane. Dans le rôle titre, le ténor Cyrille Dubois, aux côtés de Mélissa Petit (Arlette) et Tassis Christoyannis (Charolais), entre autres…

 

 

 

Le chef György Vashegyi et l’Orchestre Philharmonique avec le Chœur national Hongrois, poursuivent leur collaboration avec le Palazzetto Bru Zane : cette recréation de l’opéra-comique de Léo Delibes, « Jean de Nivelle » (créé en 1880 à l’Opéra Comique, mais aussi à Budapest – en hongrois en 1881 sous la direction de l’auteur !) souligne l’inspiration dramatique de Delibes qui s’associe ici aux librettistes Edmond Gondinet et Philippe Gille, avant que le trio ne façonne à trois, son futur chef d’œuvre orienta lisant, Lakmé.
Sous le règne de Louis XI opposé au puissant duc de Bourgogne, Philipe Le Bon, Jean de Nivelle, fils du duc de Montmorency, a fui la Bourgogne et la fiancée qui lui était imposée, la fille bossue du Seigneur de Malicorne.
Réfugié dans les bois, Jean séduit la bergère Arlette, nièce de la sorcière Simone… D’abord soldat sous la bannière du futur Charles le Téméraire (alors duc de Charolais), Jean rejoint les troupes du Roi de France à la bataille de Montlhéry…
Le Palazzetto Bru Zane choisit la version enrichie des récitatifs originaux, retrouvés dans les archives suédoises, – conservés depuis la création suédoise en avril 1881.
La séduction de l’œuvre tient à son orchestration extrêmement raffinée ; un goût pour les séductions dramatiques du genre opéra-comique, comptant des ensembles particulièrement réussis qui exploitent la diversité des personnages dont les profils renforcent encore la vérité de l’action historique (Simone la sorcière, Diane, le page Isolin, Malicorne, Beautreillis, Saladin…) ; Delibes n’oublie pas les accents propres au grand opéra, dans des airs lyriques puissants et nobles dont celui pour Jean, au moment clé de l’action :  « J’ai vu la bannière de France »… ou d’une certaine manière, dans la Ballade de la mandragore (acte I) par la Sorcière idéalement ténébreuse et vindicative… Au final, lyrique et héroïque, Delibes brosse le portrait d’un jeune héros, enfant de Bourgogne qui finalement rallie la bannière de France.

 

Leo delibes

Dans les deux rôles principaux, pour ténor et soprano, Delibes choisit un ténor gracieux et héroïque, au timbre clair et puissant (Jean) ; une soprano coloratoure (Arlette), piquante et agile (qui annonce évidemment les vocalises aériennes, oniriques de Lakmé (ainsi son air fabliau du II). Partenaire familier du Palazzetto Bru Zane, le chef hongrois qui a enregistré plusieurs autres ouvrages français dans la collection « Opéra Français » du label Bru Zane, pilote un effectif des plus engagés, défendant en Hongrie, ainsi à Budapest, les joyaux oubliés de l’opéra romantique français. Cet enregistrement est le numéro 49 de la collection « Opéra Français ». Prochaine critique complète sur CLASSIQUENEWS.COM

 

 

 

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CD événement, annonce. DELIBES : Jean de Nivelle (Livre 3 cd Bru Zane label, janv 2026)  – Opéra-comique en trois actes de Léo Delibes sur un livret d’Edmond Gondinet et Philippe Gille, créé à l’Opéra-Comique de Paris (salle Favart II) le 8 mars 1880. Coffret événement élu « CLIC » de CLASSIQUENEWS automne 2026

 

HUNGARIAN NATIONAL PHILHARMONIC ORCHESTRA
György Vashegyi, direction
HUNGARIAN NATIONAL CHOIR
Csaba Somos, chef de chœur
Jean de Nivelle : Cyrille Dubois
Arlette : Mélissa Petit
Simone : Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Diane / Le Page Isolin : Juliette Mey
Le Comte de Charolais : Tassis Christoyannis
Malicorne : François Rougier
Beautreillis : Jean-Philippe Mc Clish
Saladin / Un Héraut / Un Vieillard : Adrien Fournaison
Coproduction Hungarian National Philharmonic / Palazzetto Bru Zane
Éditions Heugel (révisions par le Palazzetto Bru Zane)
Enregistrement pour la collection « Opéra français » – Bru Zane Label

 

 

Le témoignage de Saint-Saëns : « L’orchestration du jeune maître est exquise, elle dédaigne la banalité des effets faciles, cherche et trouve sans cesse des nouveautés qui charment l’oreille autant qu’ils l’intéressent, se joue autour des voix sans leur nuire […], est sonore autant qu’on peut l’être, quand il le faut, sans être jamais brutale ; en un mot, c’est la perfection. »
(Camille Saint-Saëns, Le Voltaire, 13 mars 1880)

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 13 septembre 2026. WAGNER : Götterdammerung. Y. W. Kim, A. Jäger, P. Zielke… Dresdner Festspielorchester & Concerto Köln, Kent NAGANO (direction)

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La Saison lyrique du Théâtre des Champs Elysées a débuté ce dimanche 13 septembre par la représentation en version de concert de l’opéra de Richard Wagner, Le Crépuscule des Dieux, troisième et dernière journée du Ring.

 

L’intérêt spécifique de cette représentation inaugurale de la nouvelle saison, au demeurant très attendue, tenait – outre la réputation des musiciens annoncés – aux choix artistiques et musicaux de jouer l’ouvrage de manière historiquement informée, c’est-à-dire au plus près des conditions musicales de sa création en 1876. Ce défi a été relevé et entrepris sous la direction artistique et musicale du chef d’orchestre Kent Nagano et du violoncelliste Jan Vogler, avec la complicité de deux formations orchestrales prestigieuses, le Dresdner Festspielorchester et le Concerto Köln.

La présence, dans cet univers wagnérien du Concerto Köln, célèbre formation dédiée à la musique baroque, tenait de la gageure. Force est de constater que son amalgame avec une formation vouée au répertoire symphonique classique a été particulièrement réussie. Les recherches historiques sur les conditions dans lesquelles avait été créé le Ring en 1876 ont induit des pratiques musicales différentes. Elles impliquaient de retrouver ou de recréer les instruments joués à l’époque (cordes en boyaux et non en acier, par exemple), mais aussi d’utiliser un diapason légèrement plus bas, 435 Hz, au lieu de celui actuellement utilisé, autour de 440-443 Hz.

Cette approche nouvelle du drame wagnérien n’était pas sans conséquences sur le traitement des voix. Elle a été ce soir convaincante et la musique de Richard Wagner n’aura rien perdu de sa puissance lyrique, observation faite que l’orchestre était présent sur scène. L’orchestre et les voix gagnent en rondeurs et en couleurs, la musique de Wagner s’en trouve allégée et devient plus transparente. C’est peu dire que le résultat est passionnant, il est même enthousiasmant.

L’absence de mise en scène présente paradoxalement un intérêt certain: celui pour les interprètes de se concentrer sur la musique. Les chanteurs de cette soirée, souvent familiers du répertoire, esquissent l’essentiel d’une présence scénique ; ils ont rendu le drame encore plus lisible. Le défi méritait d’être tenté, et pour le réussir, il était nécessaire de s’entourer d’interprètes capables d’incarner cette autre vision.

C’est le cas ici avec, en premier lieu, le couple qui est au centre du drame: Brünnhilde et Siegfried. La soprano Asa Jäger est une Brünnhilde dotée d’un timbre légèrement sombre et d’une idéale longueur de voix. Elle restitue bien la complexité du personnage de l’héroïne. On oubliera quelques aigus, plus criés que chantés, au 3ème Acte… fatigue peut-être?… Le ténor Young Woo Kim est un Siegfried naïf à souhait dans son rôle de héros abusé par les multiples tromperies, mais toujours amoureux. Si la voix est parfois un peu droite, elle n’en est pas moins expressive et restitue bien la rectitude virile mais rêveuse du personnage. Parmi l’entourage des héros, deux interprètes ont particulièrement émergé lors de cette soirée: tout d’abord la mezzo-soprano Annika Schlicht dans le rôle de Waltraute qui a surpris par l’incroyable puissance émotionnelle de son chant, la précision de sa diction. On y associe, dans le rôle de Hagen, la basse Patrick Zielke. Son perfide et voyou Hagen au timbre chaud est d’une fourberie presque désinvolte…et d’autant plus savoureuse. Autour d’eux, on retiendra les barytons Johannes Kammler (Gunther) et Daniel Schmutzhard (Alberich), tous deux remarquables. De même que la soprano Sophia Brommer dans Gutrune. Les trois Filles du Rhin sont idéalement distribuées de même que les 3 Nornes, celles qui, dans le Prologue, tissent la corde du Destin !… Sans oublier le chœur, principalement masculin qui intervient à l’Acte II: merveilleux de projection et d’homogénéité.

Kent Nagano est le principal artisan de la réussite de cette soirée wagnérienne, à la tête d’un orchestre survolté. Constamment attentif aux voix, soucieux de leur équilibre avec l’orchestre, il entraîne l’ensemble avec maîtrise et passion dans cette séduisante interprétation renouvelée. 

 

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Théâtre des Champs-Elysées, le 13 septembre 2026. WAGNER : Götterdammerung. Y. W. Kim, A. Jäger, P. Zielke… Dresdner Festspielorchester & Concerto Köln, Kent NAGANO (direction). Crédit photo (c) droits réservés

 

 

 

approfondir

LIRE aussi notre critique complète de WAGNER : Die Walküre / La Walkyrie. Dresdner Festspielorchester, Concerto Köln, Kent Nagano / COLOGNE, Philharmonie, le 24 mars 2024 : https://www.classiquenews.com/critique-opera-cologne-philharmonie-le-24-mars-2024-richard-wagner-die-walkure-la-walkyrie-dresdner-festspiele-orchestre-concert-koln-sarah-wagener-ric-furman-derek-welton-christiane-l/

Continuité, approfondissement... Cette Walkyrie fait suite à l’Or du Rhin que nous avons

pu écouter également à la Philharmonie de Cologne à l’été 2023. La suite de l’aventure à la fois musicale et musicologique apporte à nouveau d’indiscutables bénéfices. Avec ses 5 harpes, 6 contrebasses, cors, doubles bassons, clarinette basse,… évidement les cordes en boyau, l’orchestre spécifique ainsi constitué, est au plus près de celui wagnérien de 1876, au moment de la création du premier Ring à Bayreuth. En réalité, le programme est bien le plus convaincant mené ces dernières années s’agissant d’un Wagner sur instruments d’époque.

 

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LIRE aussi notre critique de L’OR DU RHIN par Kent Nagano et l’Orchestre du Festival de Dresde, Concerto Köln / 18 août 2023 : https://www.classiquenews.com/critique-opera-cologne-koln-philharmonie-le-18-aout-2023-wagner-das-rheingold-lor-du-rhin-concerto-koln-dresdner-festspielorchester-kent-nagano/ 

événement de l’été 2023
le WAGNER « historique » de Kent Nagano
Das Rheingold régénéré, captivant

En nov 2021 déjà à la Philharmonie de Cologne (Koelner Philharmonie), Kent Nagano, esprit affûté, baguette aussi élégante que dramatique, forgeait sa vision de L’or du Rhin [das Rheingold] ; une lecture percutante et ciselée ; « historique » [une première pour le Ring en Allemagne] avec la complicité des instruments du Concerto Köln, et qui souhaitait se rapprocher le plus possible des conditions instrumentales [et vocales] du premier Ring de Bayreuth (1876).

 

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TOULOUSE, Halle aux grains. RÉSONANCE(S) – RENCONTRES Musique et santé mentale avec l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE, ven 9 oct (9h30-17h, accès libre)

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L’Établissement public du Capitole, qui réunit l’Opéra national et l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, organise une journée d’échanges et de réflexion, sur le lien entre musique et santé mentale : RÉSONANCE(S). Un programme de soins inédit à Toulouse : comment la musique aide-t-elle à soigner des patients atteints de troubles psychiques ? À l’occasion des prochaines Semaines d’information sur la santé mentale, l’Établissement public du Capitole dévoile ses engagements et dispositifs innovants dans le champ de la santé mentale.

 

 

Zoom sur Résonance(s), programme de soins et de recherche en santé mentale. 

Né à Toulouse en 2023, ce programme de soins inédit a rapidement témoigné des effets bénéfiques de l’accès à la musique sur les patients. Il est aujourd’hui entré dans un processus de labellisation et se déploie à l’échelle nationale (Paris, Rouen, Nantes, Bordeaux…).
Lors de sa 3e édition en 2025/2026, Résonance(s) a permis à 24 patients, accompagnés par les soignants, de vivre une expérience sensorielle et émotionnelle hors du commun avec l’Orchestre national de Toulouse : accès à des répétitions, séances de réécoute, accès à un concert en fin de parcours… 8 nouvelles sessions sont programmées en 2026/2027.
Résonance(s), c’est aussi une démarche de recherche qui a été engagée. Les résultats de deux études qualitatives démontrent que la musique agit comme un langage universel favorisant l’expression et le partage émotionnel. Elles mettent en évidence l’importance de l’immersion musicale, du collectif et des interactions dans le processus de rétablissement.

 

“Quand la musique s’accorde avec soins “
dans le cadre de la 37ᵉ édition des Semaines d’information sur la santé mentale

Journée d’échanges sur les liens entre musique, santé mentale et inclusion – Vendredi 9 octobre 2026 – 9h30-17h / Halle aux grains de Toulouse – Entrée libre / PLUS D’INFOS : https://www.semaines-sante-mentale.fr/sism-2026/les-sism-2

 

Programme de la journée
9h30 – 9h45 :
accueil du public et présentation générale de la journée
Intervenant : Claire Roserot de Melin, directrice de l’Établissement public du Capitole
9h45 – 10h : Santé mentale et enjeux de réhabilitation : l’état des lieux
Intervenants : Dr Nathalie Bounhoure, PH-psychiatre au CSTR et CHU de Toulouse, Dr François Olivier, Président de la FERREPSY, Véronique Calcagno, coordinatrice du Conseil Local de Santé Mentale de la Mairie de Toulouse, Pf Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’Université de Caen.
10h – 11h : Table ronde – La pratique artistique, puissant levier de l’équilibre psychosocial
Débat animé par Sophie Voinis, journaliste – Modérateur : Dr François Olivier, Président de la FERREPSY
La pratique artistique peut constituer un véritable levier de bien-être, de réhabilitation et de lien social. Cette table ronde croisera les regards de professionnels de santé, de musiciens, d’un musicothérapeute et de personnes bénéficiaires, à partir d’expériences concrètes menées par le Capitole.
Intervenants : Olivier Rodier, musicothérapeute clinicien, Marie Blancardi, infirmière dans le domaine de la psychiatrie, Sandrine Martin, altiste de l’Orchestre national du Capitole, Eva, bénéficiaire du dispositif Tous les matins d’orchestre, Gabriel Bourgoin, chef du Chœur de l’Opéra national du Capitole, Dr Emmanuelle Vigarios, médecin odontologue et Vice-Présidente de la Commission médicale d’établissement (CME) de l’Oncopole.
11h – 11h30 : entracte et interlude musical avec 3 musiciens de l’Orchestre national du Capitole
Sandrine Martin (alto), Edwige Farenc (violon)
et Benoît Chapeaux (violoncelle)
11h30 – 13h : Table ronde – Résonance(s), un programme novateur de soins et de recherche par la musique
Débat animé par Sophie Voinis, journaliste – Modérateur : Dr François Olivier, Président de la FERREPSY – Résonance(s) est un projet novateur de soin et de recherche, par l’écoute de la musique dans le cadre particulier des répétitions d’un orchestre national. Porté par l’Orchestre national du Capitole, le CHU de Toulouse, la FERREPSY et le CH G. Marchant à travers le CSTR, il se déploie désormais sur le territoire national.
14h30 – 15h30 : Table ronde – Métier Passion : l’impossible déconnexion ?
Débat animé par Sophie Voinis, journaliste – Modérateur : Dr Nathalie Bounhoure, PH-Psychiatre au CSTR et CHU de Toulouse / Quel est notre droit à la déconnexion dans une société où la rapidité de réaction est valorisée. Comment nous adapter face aux nouvelles injonctions, où le temps d’élaboration peut être confondu avec une lenteur reprochée. Notre nature humaine nécessite des temps d’élaboration psychique et de respiration.
15h30 – 16h : Entracte et interlude musical avec 4 musiciens de l’Orchestre national du Capitole
Coline Berland (violon), Romance Leroy (violon),
Sandrine Martin (alto), Thomas Dazan (violoncelle)
16h – 17h : Table ronde – La note sensible
Débat animé par Sophie Voinis, journaliste – Modérateur : Dr Nathalie Bounhoure
Des notes de musiques, organisées, structurées, presque sous tendues avec une mission chacune, dont l’une, la sensible, peut devenir ce point de bascule entre un monde et l’autre, entre deux tonalités. Comment ne pas faire le lien avec nos émotions qui peuvent s’ouvrir sur des espaces de créativités ou nous submerger et nous ébranler ?
Intervenants : Dr Tudi Gozé, psychiatre des hôpitaux et docteur en philosophie contemporaine, Flora Bastiani, philosophe, Laetitia, bénéficiaire du dispositif Résonance(s), Jean-Baptiste Fra, délégué général de l’Orchestre national du Capitole
Intervenants : Thibault Garcia, guitariste et ambassadeur du projet Résonance(s), Dr Nathalie Bounhoure, PH-psychiatre au CSTR et CHU de Toulouse, Claire Roserot de Melin, directrice de l’Établissement public du Capitole, Alexandrine Salis, chargée de mission, responsable Recherche à la FERREPSY Occitanie, Bruno, bénéficiaire du dispositif Résonance(s), Claire Pélissier, altiste à l’Orchestre national du Capitole, Anne Lelaidier, infirmière à la clinique Montberon
Intervenants : Maryline Michel, responsable Ressources humaines de l’Établissement public du Capitole, Dr Johann Hassan, psychiatre spécialiste du burn-out (PEPSS de Purpan), Dr Caroline Gernigon, PH – médecine du travail (PEPSS de Purpan), Maitre Sophie Théron, juriste et professeure de droit public à l’Ecole de droit de Toulouse, Philippe Tribot, violoncelliste de l’Orchestre national du Capitole.
Programme de la journée du vendredi 9 octobre, de 9h30 à 17h à la Halle aux grains
JOURNÉE EXCEPTIONNELLE : « Quand la musique s’accorde avec soin(s) » > Programme complet des SISM 2026 à Toulouse : https://www.semaines-sante-mentale.fr/sism-2026/les-sism-2
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CRITIQUE, festival. ANGLET, 36e festival « Le Temps d’aimer la Danse » (Théâtre du Quintaou), le 12 septembre 2026. « Contre-Nature » par Rachid OURAMDANE et la Compagnie de Chaillot

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Après « Möbius Morphosis » que nous avions vu au Nuits de Fourvière en juillet 2024, le spectacle « Vertige » pour la ré-ouverture de la Nef du Grand Palais en juin 2025, et « Corps extrêmes », vu quelques mois plus tard au Grand-Théâtre de Provence à Aix, Rachid Ouramdane offre au public basque – au Théâtre du Quintaou d’Anglet, et dans le cadre de la 36e édition du Temps d’aimer la Danse – l’une de ses dernières créations, « Contre-Nature », étrennée à Chaillot-Palais national de la Danse en novembre 2024 (que le chorégraphe nîmois dirige depuis 2021). Une heure durant, Ouramdane nous y offre une incroyable expérience, une célébration poétique et vertigineuse de ce qui nous relie au-delà de la disparition, un spectacle dont on ressort changé de l’intérieur, armé du sentiment qu’un monde meilleur est possible.

 

Dès l’ouverture, la scène se mue en un espace hors du temps, baigné d’une lumière crépusculaire et de brumes. Dix interprètes de la Compagnie de Chaillot, véritables artistes de l’aérien, peuplent ce vide. Issus de la danse et du cirque, ils ont appris à fusionner leurs langages en un seul, organique et délicat. Ce qui frappe d’emblée, c’est cette impression de mouvement perpétuel, fluide, comme un travelling avant où les corps glissent, s’élèvent et retombent avec une douceur infinie. Rachid Ouramdane ne les filme pas en train de performer ; il capte l’essence même du geste aérien, le transformant en une matière chorégraphique d’une beauté gracile.

Contre-Nature est un spectacle sur l’absence. Mais loin d’être un requiem, c’est un éloge vibrant de la solidarité et du collectif. Le chorégraphe imagine comment nos proches continuent de nous accompagner, comment nous avançons, « habités par d’autres personnes que l’on n’a plus autour de soi, ces fantômes qui nous accompagnent ». Cette présence de l’absence est rendue palpable par des corps-à-corps bouleversants. Les portés, les contrepoids, les chutes contrôlées ne sont pas de simples prouesses techniques ; ils disent la peur, le risque, mais surtout le lâcher-prise et le soutien indéfectible de l’autre face à l’épreuve. On voit des duos poignants où le geste se dédouble jusqu’à s’évanouir, des pyramides humaines qui se construisent avec une confiance aveugle. C’est une démonstration magistrale que nous sommes tous « pétris des autres, traversés de leurs vies et de leurs absences ».

 

 

La musique de Jean-Baptiste Julien, tout en subtilité, impulse un rythme à cette communauté, passant d’un corps à l’autre comme un souffle vital. Les projections vidéo de Jean-Camille Goimard, des images d’enfants, de forêts et de mer, ajoutent une dimension onirique, évoquant l’enfance et le temps qui passe. Le chorégraphe convoque une humanité commune, traversée par la perte, mais portée par une énergie communicative. On pense aux réfugiés, à ceux qui périssent en mer ou dans les forêts, faisant écho aux obsessions du chorégraphe pour les exilés. Mais l’espoir triomphe toujours...

Avec Contre-Nature, Rachid Ouramdane signe un chef-d’œuvre d’humanité. Il a su transformer le deuil intime de la disparition de son frère en une quête universelle. Ce n’est pas un spectacle sur la mort, mais sur la vie, sur la façon dont nous pouvons, ensemble, « danser la vie » en compagnie de nos absents. La douceur et la poésie qui émanent de ce plateau nu, sculpté par la lumière et les corps, vous submergent. On ressort de cette expérience non pas triste, mais apaisé, le cœur battant et habité par une douce énergie. Contre-Nature est une œuvre profondément émouvante et nécessaire, un éloge de la fragilité et de la force de la vie. Un pur moment de grâce !

 

 

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CRITIQUE, festival. ANGLET, 36e festival « Le Temps d’aimer la Danse » (Théâtre du Quintaou), le 12 septembre 2026. « Contre-Nature » par Rachid OURAMDANE et la Compagnie Chaillot. Crédit photographique (c) Patrick Imbert

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ENTRETIEN avec la violoncelliste Camille THOMAS, à propos de son nouveau double album dédié aux œuvres de PHILIP GLASS :  » For Cello  » (2 cd DG Deutsche Grammophon)

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En 2 CD événements édités par Deutsche Grammophon ( » PHILIP GLASS : For cello « ), la violoncelliste Camille Thomas offre une intégrale des œuvres pour violoncelle de Philip Glass. Au programme, les 2 Concertos, – le 2ème intégré dans la continuité des 11 séquences qui forment la Suite orchestrale « Naqoyqatsi », mais aussi plusieurs transcriptions pour violoncelle de pièces hypnotiques, au souffle cinématographique, originellement écrites pour le piano. L’ensemble du cycle reçoit la validation du compositeur lui-même. Pour ses 90 ans en janvier 2027, Philip Glass ne pouvait mieux être mis à l’honneur et célébré avec finesse et engagement.

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Photos : Camille Thomas © Michèle Bloch-Stuckens

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : D’un premier regard, qu’est ce qui vous séduit et vous inspire dans l’écriture de Philip Glass ?

Camille Thomas : Tout a découlé de plusieurs chocs et découvertes. Au commencement, c’était il y a une dizaine d’années je découvrais la musique de Philip Glass à travers son Concerto n°1 pour violon dans l’interprétation de Gidon Kraemer, avec le Berliner Philharmoniker sous la direction de Christoph Von Dohnanyi. Cela a été un choc. Je ne connaissais en réalité que sa musique pour piano et pour le cinéma : écouter ce Concerto pour violon m’a révélé tout autre chose ; il y a bien sûr ce caractère hypnotique, mais j’y ai découvert une couleur charnelle, lyrique, passionnée et aussi orchestrale que j’ignorais, d’autant plus saisissante sous l’archet de Gidon Kraemer qui est un artiste que j’ admire depuis toujours.
Ensuite, il y a environ 5 ans, j’ai enregistré pour mon programme « Voice of hope » (2020), 2 pièces de Philip Glass (extraite de la Suite « Naqoyqatsi »). A la suite de cet album, Philip Glass m’a écrit sur Twitter ; il m’a indiqué l’existence de ses deux Concertos pour violoncelle que je me suis empressée de découvrir et de jouer. Les deux pièces sont géniales ; elles sont toutes deux présentes dans le double coffret.

Le Concerto n°1 est plutôt classique, en 3 mouvements ; il est dédié à la violoncelliste Wendy Sutter qui était alors l’épouse de Philip Glass. Il est très expressif et exploite toute la palette de l’instrument ; il développe volontiers ce caractère charnel et même rugissant, en particulier dans le premier mouvement (avec l’accord de do dans le grave qui fait ronronner l’instrument). Le 2ème mouvement est plus lyrique. C’était un défi de réussir à trouver le ton juste, d’autant plus que je viens de l’école romantique, de l’école française de violoncelle ; à 18 ans, je rejoignais Berlin pour y suivre les leçons de mon professeur russe, cultivant ce feu expressif… à l’inverse, l’écriture de Philip Glass appelle le retrait et l’épure afin d’exprimer et de révéler toute la magie de la structure ; l’interprète comprend dès lors la subtilité des changements harmoniques qui produisent des rayons de soleil, jouent avec le silence, dévoilent des nuances insoupçonnées ; il faut faire confiance à la structure. Sur le plan technique, cela m’a beaucoup appris.

Le Concerto n°2 paraît ici dans ma propre version. L’histoire de ce Concerto est particulière. Philip Glass a d’abord composé une Suite pour la musique du film « Naqoyqatsi » (2002), créé par Yo Yo Ma et qui relève davantage d’une symphonie concertante que d’un Concerto pour le violoncelle. Puis le Cincinnati Symphony Orchestra a commandé au compositeur un 2è Concerto pour violoncelle (2013) : Philip Glass a alors sélectionné 3 pièces de cette Suite originelle pour concevoir les 3 mouvements de son nouveau Concerto. J’ai choisi de jouer les 11 pièces de la Suite « Naqoyqatsi » dans la succession originale, qui comprend les 3 mouvements de son Concerto n°2. Je souhaitais conserver la structure de la suite dans sa puissance initiale : c’est une œuvre très forte qui débute par des battements de cœur ; le sujet en est philosophique et suit les thèmes développés par le film qui est en réalité le dernier volet d’une trilogie. Le film parle d’un monde où la technologie, la mondialisation et les images ont progressivement remplacé le rapport direct à la nature et aux autres, jusqu’à faire de la compétition, de la vitesse et de la violence, une sorte de mode de vie. Sujet d’une actualité saisissante…

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous avez pu parler et échanger avec Philip Glass ? Quels points avez vous travaillés avec lui ? Quels conseils ou suggestions vous a-t-il donné.es ?

De tous mes échanges avec lui, quand je lui demandais si je pouvais transcrire telle ou telle pièce pour le violoncelle, sa réponse a été toujours limpide et lumineuse : « Yes, always yes ». Philip souhaite que sa musique soit jouée partout, sans limite. Il va souffler en janvier 2027 ses 90 ans : je pense qu’il souhaite avant tout que sa musique lui survive. Dans le double album, il en découle les 4 Études, ainsi transposées pour le violoncelle solo, les 7 ou 8 violoncelles additionnels ou l’orchestre. J’en suis très heureuse, d’autant que Philip Glass s’est immédiatement interrogé sur la cohérence de chaque transcription … qu’il a aussitôt saluée.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Dans l’approche et l’interprétation des pièces du double album, y a t il des éléments que vous avez découverts, lesquels? Votre regard, votre compréhension ont-ils évolué encours de processus ?

Oui, d’autant plus que le processus a été long : il y a eu 3 sessions d’enregistrements dont celle avec l’Orchestre pour les 2 concertos, et celle avec les 8 violoncellistes pour les Études. Au moment d’enregistrer les Concertos avec le Brussels Philharmonic, la difficulté de trouver le juste équilibre, la juste balance, entre un jeu engagé et une mise à distance, s’est imposée. Comme nous l’avons évoqué précédemment, il faut ajuster, trouver les nuances infimes qui laissent parler la musique, qui laisse la structure opérer et se déployer d’elle même. Ne pas trop exprimer ni jouer de façon robotique ; un faux pas et c’est tout le château de cartes qui s’écroule.
De même, enregistrer les Études dans la continuité des Concertos avec les violoncellistes bruxellois s’est avéré impossible, faute de temps. J’ai alors sollicité l’aide de mon professeur à Weimar, Wolfgang Emanuel Schmidt ; avec les élèves de sa classe de violoncelle, – parmi lesquels les futurs grands violoncellistes de la prochaine génération, nous avons ainsi enregistré les Études en 2 jours à Berlin. J’en garde un souvenir extraordinaire. Cela a été un travail collectif mémorable ; par exemple, dans l’Étude n°2 (pour violoncelle solo et 8 violoncelles), il fallait exprimer le jeu originel au piano, et en particulier les effets de pédale dans les basses… Avec la complicité du chef Oscar Jockel qui dirige le Brussels Philharmonic et qui est aussi compositeur, notre arrangement joue de la superposition des voix des violoncelles ; l’effet produit ne dénature pas le caractère de la pièce originale. Cela éclaire les possibilités expérimentales que permet l’écriture de Philip Glass. Tout cela est extrêmement enrichissant pour l’interprète.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez vous choisi les pièces de cet album ? Pour quel sens ou résultat global ?

Le point de départ de toute cette aventure demeurent les 2 Concertos pour violoncelle. Il s’agit de réaliser un coffret hommage à Philipp Glass, d’autant plus opportun pour ses 90 ans. Je rêve que les deux Concertos soient adoptés par tous les violoncellistes et joués en concert au même titre que les autres « piliers » du répertoire. Je suis très heureuse d’avoir ajouté les transcriptions des Études qui enrichissent encore le répertoire du violoncelle. J’ai aussi choisi la « Symphony for Eight » : c’est un clin d’œil auquel je tiens ; Glass l’a composé en hommage à son apprentissage auprès de Nadia Boulanger à Paris. La partition, en particulier son 3è mouvement illustre tout à fait l’encouragement de Nadia à ses élèves : « Faites des œuvres du passé, les ferments de votre propre langage » ; ses élèves devaient composer chaque jour un contrepoint dans l’esprit de Bach : c’est exactement ce que nous écoutons dans ce 3ème mouvement. La pièce illustre aussi le lien entre Philip Glass et la France.
Évidemment je souhaitais aussi souligner la place du cinéma ; paraissent naturellement la musique de « The Hours », ainsi que celle pour « The Truman Show » : j’ai choisi l’air « Truman sleeps » (ici pour violoncelle et piano). J’ai découvert le film de 1998 quand j’avais 20 ans ; avec le recul, Philip Glass se révèle visionnaire, bien avant les réseaux sociaux et la télé réalité, il s’agissait déjà de dénoncer l’iniquité d’un dispositif qui met à nu le quotidien d’un homme qui n’a plus de vie propre, dont le dévoilement et l’exposition au monde entier est un mensonge ; le moment où il dort justement, – « Truman sleeps », est le seul instant de vérité que la musique a su capter.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’inscrit ce nouvel album par rapport aux autres et à ce stade de votre travail artistique ?

Il poursuit directement mon album dédié à Chopin (« Chopin Project », 2023). Il s’agit du même processus : célébrer le génie d’un compositeur pianiste en partant de ses pièces pour piano et lui rendre hommage en transcrivant plusieurs de ses œuvres pour le violoncelle… et tenter d’éclairer différemment sa musique grâce au chant propre au violoncelle.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote ou un souvenir lié à l’enregistrement de l’album, que vous souhaitez partager ?

Il s’agit du dernier jour des 3 sessions d’enregistrement à Berlin. L’agent de Philip Glass m’informe que Philip est à Paris le soir même pour assister à la représentation de son opéra « Satyagraha » au Palais Garnier, première représentation d’un opéra de sa main, à l’affiche de l’Opéra national de Paris ; c’était en avril dernier. J’ai pris l’avion pour le rejoindre dans sa loge. J’étais alors totalement immergée dans son écriture : j’ai reçu toute la puissance de la musique de « Satyagraha », dans son foisonnement de détails, ses nuances, sa subtilité chirurgicale. Cela a été une confirmation du bien fondé de mon engagement pour cette musique. Ce moment vécu aux cotés du compositeur demeure inoubliable.

Propos recueillis en septembre 2026

 

 

 

 

 

Photos : Camille Thomas © Michèle Bloch-Stuckens

 

 

 

 

 

 

 

présentation

LIRE aussi notre annonce présentation du double cd Camille Thomas / Philip Glass (Deutsche Grammophon) : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-philip-glass-for-cello-camille-thomas-violoncelle-2-cd-dg-deutsche-grammophon/

Pour son 5è album pour DG / Deutsche Grammophon, Camille Thomas célèbre le génie hypnotique d’un compositeur actuel qui soufflera le 31 janvier 2027, ses … 90 ans : l’américain né à New York, Philip Glass. Le fondateur du minimalisme a redéfini la conception du temps, un temps long étiré, où la répétition et les transformations harmoniques évoluent par jalons et progressivement, révélant tout un monde parallèle, aux modulations infinies qui relève d’un rituel envoûtant. Parution annoncée le 18 septembre 2026

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CRITIQUE CD événement. MAHLER : Symphonie n°5. MAHLER ACADEMY ORCHESTRA, Philipp Von Steinaecker (directon) — 1 cd Alpha, sept 2024.

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Prolongement des initiatives si convaincantes de Claudio Ababdo sur le métier mahlérien, l’activité du chef Philipp Von Steinaecker s’avère plus qu’argumentée : réjouissante. Sa compréhension profonde des symphonies, la justesse de son interprétation qui repose ainsi sur une phalange d’instruments « historiques », accréditent ce programme qui à nouveau, éclaire la richesse du massif mahlérien comme la valeur des musiciens prêts à en relever tous les défis.

 

Alpha classics a bien raison de fixer la performance des musiciens du Mahler Academy Orchestra. Les intentions, la philosophie interprétative, le résultat parlent pour eux. Ce avec d’autant plus de mérite que la symphonie n°5 de Mahler (mis à part la parenthèse hors temps hors normes de son adagietto, ici 4è mouvement, ou n°IV de la partie III) regroupe 4 mouvements aux contrastes et caractères exacerbés, miroir d’une profonde crise personnelle que le langage du compositeur, explicite sans filtre. A l’écoute de cet enregistrement, c’est bien un nouveau jalon de l’histoire de l’interprétation mahlérienne qui s’écrit.
Un exemple de cette réussite totale ? Le développement du II de la partie I (« Stürmisch bewegt. Mit größter vehemenz » / Agité avec véhémence. Avec la plus grande énergie), étire jusque dans les limites extrêmes de l’acidité hurlante, la lyre expressive des cordes et des cuivres… jusqu’à 12’14, et ce renversement de tonalité qui ajoute à la résolution finale du morceau, une note plus lumineuse voire victorieuse qui cependant s’éteint en fin de pièce, dans une incertitude trouble (sentiment clé de toute la symphonie : son ambivalence viscérale).

 

Le Mahler passionnant
de Philipp Von Steinaecker

Le relief et le bouillonnement expressif comme la finesse des timbres associés se déploient avec une acuité réjouissante dans le mouvement le plus développé (l’ample et vertigineux Scherzo de plus de 17 mn), et là encore aux caractères incertains, entre insouciance enivrée et impérieux désir de conquête, nostalgie rêveuse et saillies angoissée, d’une extrême acidité… le propre de la Symphonie n°5 tient à ce mélange irrésolu de forces antagonistes, jamais apaisées, à ce maelström éruptif et primitif (ce malgré le solo du cor d’une tendre invitation à l’oubli, commenté ensuite par les pizz des cordes, entre tendresse et parodie) – Grâce à la vitalité très individualisé des instruments, offrant une palette des mieux détaillée, toute la seconde partie du Scherzo canalise ce bouillonnement primitif dans le sens d’une aspiration à l’oubli et au rêve (parodie de valse). Pour autant l’urgence et cette tension souterraine continue s’insinue dans le finale dont les superbes cuivres (cors au premier rang, puis en échos) expriment l’acuité expressive.

Un tel chaos ne pouvait être « compensé » qu’avec un mouvement pacificateur extrême : l’Adagietto (IV de la partie III) dont la paix ultime et le chant réparateur soulignent le rôle salvateur. Les cordes réalisent ce rêve éveillé, cette aspiration à l’effacement et au renoncement, – nouvelle lutte intérieure qui n’écartent pas quelque derniers rebonds inquiets… Le Rondo (V), comme un éveil printanier (cor, flûte, basson, clarinette) évoque la nature réparée, – entendu comme le dénouement des 4 séquences précédentes. L’Orchestre comme régénéré exprime cette énergie d’autant plus convaincante grâce à la cohésion sonore, et toujours cet équilibre jubilatoire entre parure détaillée et élan structurel qui ne sacrifie jamais l’élan vital fédérateur. Tout s’organise pour rétablir les forces vives, dans la lumière et l’esprit de conquête recouvré, en cela fidèle à « l’Allegro giocoso » conclusif.

Les choix interprétatifs, respectant les versions retenues (1902, révisions de 1904 à 1911) soulignent les qualités indiscutables du Malher Academy Orchestra, superbement unifié sous la direction affûté et argumentée, nerveuse et musclée de Philipp von Steinnaecker. La lisibilité et l’équilibre des pupitres – cordes, bois, cuivres redéfinit l’orchestration avec une individualité inédite qui redessine la finesse mahlérienne. Ce n’est pas un hasard si ce magnifique témoignage de l’orchestre originel de Mahler a été enregistré à Toblach (Italie, centre culturel, sept 2024), écrin si inspirant pour le compositeur chaque été (précisément en 1908, 1909, 1910).

Disciple de Claudio Ababdo, Philipp Von Steinaecker (violoncelliste et membre fondateur du Mahler Chambre Orchestra) prolonge avec passion et honnêteté le travail de son mentor : plus que jamais c’est l’écriture captivante de Mahler qui en sort grandie : foisonnante, flamboyante, contradictoire, inqualifiable, volubile et d’une profonde activité erratique, éperdue, souvent énigmatique. En jouant Mahler sur instruments d’époque, le chef inspiré et très juste, évite l’écueil d’une énième recons titution / truction asséchante et académique. C’est à l’inverse, la profonde et ineffable activité mahlérienne, qui surgit, comme une lave indomptée et pourtant éloquente, qui s’impose à l’auditeur, dans sa vitalité brute et onirique. Magistrale. On attend la suite avec impatience. A suivre.

 

 

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CRITIQUE CD événement. MAHLER : Symphonie n°5. MAHLER ACADEMY ORCHESTRA, Philipp Von Steinaecker (directon) — 1 cd Alpha, sept 2024. CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026

 

 

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THOMAS HENGELBROCK & les ensembles Balthasar Neumann : Concerts de Marie-Antoinette à Fontainebleau, les 9 et 11 puis 18 et 19 octobre 2026. Gluck, Piccinni, Grétry…

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La saison 2026-2027 de la résidence artistique de Thomas Hengelbrock reprend cet automne, sous le signe de… 
Marie-Antoinette ! Le Château de Fontainebleau propose de revivre les fameux concerts de la Reine, de savourer d’autres expériences sonores telles les promenades musicales. Thomas Hengelbrock et les ensembles Balthasar Neumann continuent d’investir le Château bellifontain…

 

 

leur résidence artistique se déploie, chaque saison, autour de masterclasses, de magnifiques rendez-vous à travers des répétitions ouvertes au public et bien sûr, des concerts dans les lieux prestigieux du Palais royal. Né en Allemagne, Thomas Hengelbrock, violoniste, chef d’orchestre, défenseur des musiques baroques et de l’opéra se passionne en octobre pour le goût musical de la Reine de France, épouse de Louis XVI…

Les compositeurs de Marie-Antoinette. Protectrice des arts, goûtant le luxe, lanceuse de modes et de tendances, rompant volontiers avec l’étiquette pour retrouver son cher hameau de Trianon où elle jouait à la bergère, Marie-Antoinette devenu Reine de France, demeure dans l’enceinte du Château de Versailles. Sous son impulsion et son goût, la Souveraine qui était une excellente harpiste, ouvre l’esthétique versaillaise aux influences italiennes et germaniques : avec elle, la Cour de France devient européenne…

Avant de rejoindre la France, la fille de l’Impératrice Marie-Thérèse avait reçu à Vienne, les leçons de musique de l’illustre Gluck qu’elle retrouve à Paris, préférant la musique moderne gluckiste aux vieilles machineries des opéras de Rameau (le compositeur officiel de Louis XV). Ainsi le Chevalier Gluck favori de la Reine fait créer à Paris ses opéras Orphée et Eurydice, Iphigénie en Aulide, Iphigénie en Tauride, Armide… Amatrice d’intrigues légères, d’un certain retour à la Nature, la Souveraine apprécie aussi beaucoup Grétry comme le chant italien ; elle a d’ailleurs contribué à la création du Théâtre de Monsieur pour promouvoir l’opéra-comique italien. L’un de ses compositeurs italiens favoris reste le napolitain Niccolo Piccinni que les mauvaises langues, gourmandes en rivalités scandaleuses, souhaitent opposer à Gluck…

Le programme défendu par Thomas Hengelbrock met en lumière l’écriture de Joseph Haydn (Symphonie « La Reine ») et le tempérament dramatique de Salieri (compositeur officiel à la Cour Impériale de Vienne)…

 

 

 

 

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LES CONCERTS de MARIS-ANTOINETTE
par Thomas Hengelbrock
Château de Fontainebleau
Les 9 et 11 octobre, puis les 18 et 18 octobre 2026

 

 

 

 

Les 9 et 11 octobre 2026
Les concerts de la Reine
OEuvres des compositeurs favoris de Marie-Antoinette
Vendredi 9 octobre 2026 à 19h30
Dimanche 11 octobre 2026 à 15h
Salle de Bal
—
Durée : 70 minutes, sans entracte
Tarif : 27 € / Tarif réduit : 20 €

 

 

Les 17 et 18 octobre 2026
Promenades musicales de Marie-Antoinette.
Une déambulation musicale dans les espaces emblématiques du château
Samedi 17 octobre / 3 départs de 17h30 à 18h30
Dimanche 18 octobre / 3 départs de 17h30 à 18h30
—
Durée : 1h45  
Tarif : 27 € / Tarif réduit : 20 €

 

 

 

PLUS D’INFOS : https://www.chateaudefontainebleau.fr/concert-de-thomas-hengelbrock/
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Château de Fontainebleau : https://chateaudefontainebleau.tickeasy.com/fr-FR/produits?fbq_8vpv2WYL6p=2624361382690400326

Château de Fontainebleau
Place Charles de Gaulle – 
77300 Fontainebleau

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CRITIQUE, festival. BIARRITZ, 36e festival « Le Temps d’aimer la Danse » (Gare du Midi), le 10 septembre 2026. « Summerland » par Benjamin MILLEPIED

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C’était un événement à plus d’un titre. Pour sa 36ème édition – et la 26ème et dernière édition sous la direction artistique de Thierry Malandain -, le festival Le Temps d’aimer la danse a frappé un grand coup en confiant sa soirée d’ouverture à l’un des chorégraphes français les plus en vue de la planète, Benjamin Millepied, ancien danseur étoile du New York City Ballet, directeur de la danse à l’Opéra national de Paris de 2014 à 2016, et dont le nom reste associé au film Black Swan de Darren Aronofsky. Ce jeudi 10 septembre, à la Gare du Midi de Biarritz, il a présenté – en avant-première mondiale – sa nouvelle création : Summerland. Un ballet pop d’une heure dix, porté par la voix et la présence magnétique de la chanteuse November Ultra, et qui s’installera aux Folies Bergère (Paris) du 24 au 29 novembre prochain.

 

Il faut d’abord parler d’elle. November Ultra, de son vrai nom Mélanie Pereira, née à Boulogne-Billancourt d’un père portugais et d’une mère espagnole, est une autrice-compositrice-interprète française qui s’est fait connaître avec son premier vinyle Honey Please Be Soft & Tender en 2021, avant de sortir son premier album Bedroom Walls en 2022. Sacrée révélation féminine aux Victoires de la musique en 2023, celle que ses proches surnomment Nova incarne une pop de chambre délicate, une « bedroom pop » faite de fragilité et de sincérité, dont la voix est parfois comparée à celle d’Adele. C’est précisément cette délicatesse qui a conquis Benjamin Millepied, qui confie être « tombé amoureux de sa musique, séduit par sa finesse et sa délicatesse », au point de concevoir tout un ballet autour d’elle.

Sur scène, November Ultra n’est pas une simple invitée. Elle est le cœur battant du spectacle. Tour à tour derrière son piano, à la guitare ou seule avec son micro, elle chante en anglais ou en espagnol, sa voix enveloppante et parfois nostalgique guidant les neuf danseurs qui l’entourent. Ces derniers, vêtus de tenues pastel, évoluent dans un décor onirique fait de voilages translucides et légers, dans une lumière d’une grande douceur signée Lucy Carter. La scène de la Gare du Midi se mue en un espace hors du temps, comme une bulle de savon acidulée où les corps semblent en apesanteur.

 

 

Les tableaux s’enchaînent — duos, ensembles, solos — dans une succession de portés et d’enlacements d’une grande délicatesse, comme autant de promesses amoureuses. Benjamin Millepied explore ici une veine tendre et lumineuse, directement inspirée par la ville californienne de Summerland, au nord de Los Angeles, où il a vécu. « J’y passais très souvent en voiture et je me disais : quel beau nom pour un ballet », raconte-t-il. Ce titre est aussi un clin d’œil à son mentor Jerome Robbins, qui avait créé en 1972 un ballet intitulé Watermill, du nom d’une petite ville où il aimait passer. Une filiation revendiquée, entre héritage et modernité.

Le public biarrot, venu nombreux pour cette première représentation — en présence de la ministre de la Culture Catherine Pégard —, a longuement applaudi cette création qui fusionne la musique live et la gestuelle des danseurs. Summerland n’est pas un ballet au sens classique du terme, mais un concert chorégraphié, une expérience sensorielle où la voix de November Ultra et les corps des interprètes dialoguent dans une même respiration. Le résultat est à la hauteur de l’ambition : une œuvre généreuse, solaire, qui laisse le spectateur avec un sentiment de plénitude rare.

Après Jeff Buckley (« Grace ») à Boulogne-Billancourt en 2024 et Barbara (« Du bout des lèvres ») en avril dernier à Montpellier, Benjamin Millepied poursuit avec November Ultra son exploration des répertoires musicaux qui le touchent, sans jamais se répéter. Summerland est une vraie réussite : un moment suspendu, une invitation à la douceur dans un monde qui en manque cruellement. Nul doute que le public parisien des Folies Bergère lui réservera le même accueil triomphal en novembre prochain.

 

 

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CRITIQUE, festival. BIARRITZ, 36e festival « Le Temps d’aimer la Danse » (Gare du Midi), le 10 septembre 2026. « Summerland » par Benjamin MILLEPIED. Crédit photographique (c) Stéphane Bellocq
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ANNONCE CD événement. CASSADÓ : Sonata, Suite / CASALS : Cello pièces — Valérie AIMARD, Cédric LOREL (1 CD Aparté)

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Belle surprise (et révélation) d’automne. Dans son nouvel album d’automne, la violoncelliste VALÉRIE AIMARD célèbre deux illustres Barcelonais, Gaspar Cassadó et Pablo Casals, deux génies catalans, deux violoncellistes compositeurs, choix d’autant plus pertinent que 2026 marque le 60ème anniversaire de la mort du premier, et le 150è anniversaire du second. Deux maîtres absolus du violoncelle…

 

 

 

 

L’interêt du programme est la révélation de la Sonate en la mineur de Cassadó dont la Suite pour violoncelle seul est mieux connue- et justement célébrée (également présente dans l’album). Le raffinement, la sensualité, une imagination fascinante inspire la violoncelliste française qui souhaite ainsi transmettre ce que ses professeurs lui ont appris (dont Marc Latarjet et Bernard Greenhouse), eux-mêmes réceptacles des deux grands musiciens.
De Cassadó, Valérie Aimard relève le défi d’évoquer le compositeur mais aussi le formidable interprète, dont le jeu interprétatif fut souvent comparé à celui du violoniste Fritz Kreisler (!). Tout aussi audacieux encore, le programme sait dévoiler l’art du jeune Pablo Casals comme compositeur dont la sensibilité « wertherienne » ainsi révélée, enchante voire bouleverse… Outre un formidable hommage, le programme célèbre le feu miroitant de la passion catalane, un creuset inspirant qui porté par la complicité de la violoncelliste avec le pianiste Cédric Lorel, compose un cycle d’une authentique cohérence de Cassadó à Casals, en passant par… Granados. Prochaine critique complète sur CLASSIQUENEWS.COM

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ANNONCE CD événement. CASSADÓ : Sonata, Suite / CASALS : Cello pièces — Valérie AIMARD, Cédric LOREL (1 CD Aparté) — Parution annoncée le 18 sept 2026. 1 CD Aparté – Enregistré du 23 au 26 octobre 2025 à l’église Notre-Dame d’Halsou, France – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026 — photo © Bernard Martinez

 

PLUS D’INFOS sur le site de Valérie Aimard : https://valerieaimard.fr/

 

 

 

 

programme
Gaspar Cassadó (1897 – 1966)
1. Requiebros (1931) 5’09
« À mon très cher maître Pablo Casals »
Pablo Casals (1876 – 1973)
2. Pastorale (1893) 6’54
3. Rêverie (1896) 5’07
Gaspar Cassadó
4. Serenade for cello and piano (1925) 3’25
À Madame la princesse Thurn und Taxis »
Suite for cello solo (1926)
A Francesco von Mendelssohn con affettuosa e profunda amicizia
5. I. Preludio – Fantasia 6’15
6. II. Sardana (Danza) 5’08
7. III. Intermezzo e danza finale 5’59
Pablo Casals
8. Romance for cello and piano (1897) 5’43
9. Feuillet d’album for cello and piano (1897) 3’22
Enrique Granados (1867 – 1916)
10. Intermezzo (from Goyescas, transc. Gaspar Cassadó, 1923) 4’44
Gaspar Cassadó
Sonata for cello and piano in A minor (1926)
« À Donna Giulietta Gordigiani von Mendelssohn »
11. I. Rapsodia 9’17
12. II. Aragonesa 4’22
13. III. Saeta 5’44
14. IV. Paso doble 3’13
Pablo Casals
15. El cant dels ocells (The Song of the Birds) 3’37
Valérie Aimard cello, violoncelle
Cédric Lorel piano

 

 

 

concert

CONCERT de lancement / Sortie d’Album
Gaspar Cassadó / Pablo Casals
Lundi 12 OCTOBRE 2026 – 21h
Studio RASPAIL / Vente et dédicace à l’issue du concert

La nouvelle salle de spectacle au cœur de Montparnasse
Visitez – Réservez sur le site du studio Raspail :
https://studioraspail.com/concert-valerie-aimard-et-cedric-lorel

STUDIO RASPAIL
216 boulevard Raspail
75014 Paris

Le théâtre ouvre 1h avant la représentation.

 

présentation du concert événement

Valérie Aimard et Cédric Lorel rendent hommage à deux immenses violoncellistes catalans, tous deux compositeurs. 2026 marque à la fois le 60e anniversaire de la disparition de Gaspar Cassadó, le centenaire de sa célèbre Suite pour violoncelle seul et le 150e anniversaire de la naissance de Pablo Casals.
Toutes les couleurs de l’Espagne résonnent dans la très rare Sonate en la mineur de G. Cassadó et dans son flamboyant Requiebros. Dans un contraste saisissant, les pièces de jeunesse de P. Casals séduisent par la simplicité de leur romantisme poétique et rêveur. Un programme à découvrir d’une richesse chatoyante Liés par une longue amitié musicale, Valérie Aimard et Cédric Lorel mettent en lumière le style si caractéristique de ces deux grands Maîtres : fougue du geste musical, noblesse du discours, élégance d’un chant empreint de liberté. Venez fêter avec eux la sortie de ce tout nouveau disque !

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ENTRETIEN avec Barbara ECKLE, à propos de la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’Opéra de Lille. « L’Appartenance » : Alcina, Mars, Otello,…

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Pour sa nouvelle saison 2026 – 2027, l’Opéra de Lille renouvelle une programmation ouverte et audacieuse qui répond à la curiosité des Lillois ; une curiosité continue et active qui explore chaque saison, la diversité d’une offre artistique, proche et accessible, construite en « constellations »…  La directrice générale de l’Opéra de Lille, Barbara Eckler, explique le principe et le fonctionnement de chacune des « constellations » à venir : une multiplicité de propositions artistiques aborde cette saison la thématique générale, celle de l’Appartenance. Des relectures argumentées des œuvres du répertoire, des créations et de nouvelles expériences musicales séduisent de plus en plus de nouveaux spectateurs ; preuve que l’Opéra de Lille devient un lieu social et artistique désormais incontournable de la métropole lilloise. Explications et premier bilan.

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Barbara Eckler / photo © Angéline Moizard

 

 

CLASSIQUENEWS : La dernière saison (2025-2026) était votre première comme Directrice générale de l’Opéra de Lille. Quel retour en faites-vous ?

Barbara Eckle : Je dois dire que je suis particulièrement heureuse de cette première saison à l’Opéra de Lille. Nous avons réussi à susciter l’intérêt et l’enthousiasme du public, non seulement pour les grands titres du répertoire, mais aussi pour des œuvres moins connues, comme L’Écume des jours d’Edison Denisov, L’Affaire Makropoulos de Leoš Janáček ou Les Enfants terribles de Philip Glass.
Ce sont des univers musicaux moins familiers, mais profondément singuliers et fascinants, et je considère leur découverte comme un véritable enrichissement. Le public lillois était manifestement prêt à se laisser entraîner dans cette aventure. J’ai été à la fois surprise et impressionnée par son ouverture d’esprit et sa curiosité, et je mesure la chance que nous avons de pouvoir construire une programmation pour un public aussi ouvert, curieux et tourné vers l’avenir.
L’ensemble des équipes de l’Opéra de Lille m’a également beaucoup impressionné. Toutes et tous ont accueilli ce nouveau projet avec une très grande ouverture d’esprit et ont mobilisé leur savoir-faire, leur énergie et leur créativité pour donner vie aux nouveaux formats artistiques comme aux nouveaux outils de communication. Ce soutien constitue pour moi un immense privilège. Il contribue de manière décisive à l’énergie, au rayonnement et à la dynamique positive que ce nouveau projet a fait naître autour de l’Opéra de Lille.

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous déjà quelques éléments sur sa réception, auprès des publics ?

Barbara Eckle : Le taux de fréquentation de cette saison, avec 95 % pour les opéras, est particulièrement satisfaisant. Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est de constater que, parallèlement au retour de la grande majorité de nos abonnés, nous avons accueilli pas moins de 36 % de nouveaux publics sur tous les spectacles en Grande salle, notamment de nombreux jeunes qui n’étaient encore jamais venus à l’Opéra. Grâce à ce renouvellement du public, l’âge moyen de nos spectateurs a baissé de six ans : un signe très encourageant de la belle dynamique qui anime aujourd’hui notre maison.

 

CLASSIQUENEWS : Vous reprenez pour cette nouvelle saison 2026-2027, le principe des « Constellations ». De quoi s’agit-il ?

Barbara Eckle : Les « Constellations » sont un principe qui structure notre programmation. Elles nous permettent de prolonger des thématiques ou des univers artistiques au-delà d’une seule production, et de les explorer sous différents angles, à travers différentes disciplines et perspectives artistiques.
Le principe est assez simple : nous présentons généralement quatre productions d’opéra par saison. Chacune constitue le centre d’une Constellation qui se déploie sur environ dix semaines et qui réunit, autour de l’opéra, un spectacle de danse, un concert en Grande salle, un projet pour le jeune public et les familles, une Open Week, deux concerts à l’heure bleue, deux concerts « Sieste » à l’heure du déjeuner et un concert « Insomniaque » tard en soirée – ces deux derniers se vivant allongés.

 

CLASSIQUENEWS : Quels en sont les enjeux et le fonctionnement ?

Barbara Eckle : Avec les équipes artistiques des productions lyriques, nous cherchons à comprendre ce que les thématiques des opéras nous disent aujourd’hui : quels rapports entretiennent-elles avec nous et avec le monde dans lequel nous vivons ? Quelles questions soulèvent-elles ? Et qui seraient ces personnages dans notre société contemporaine ?
Nous construisons ensuite la programmation d’une Constellation autour de ces mêmes thématiques et questions, ou dans un univers esthétique proche, afin d’aller plus loin dans leur exploration. Ce qui compte pour nous, c’est d’ouvrir le plus de portes possibles vers une œuvre, afin que chacun puisse trouver sa propre manière de la découvrir et de s’y laisser entraîner.
Chaque Constellation est accompagnée d’une brochure trimestrielle qui prolonge cette exploration à travers des entretiens, des essais, des portraits d’artistes, des reportages, des jeux créatifs et des univers visuels.

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est la thématique générale de cette nouvelle saison 2026-27 ? De quelle manière se manifeste-t-elle tout au long de la saison ?

Barbara Eckle : Le fil conducteur de notre saison 2026-27 est la question de l’appartenance : à quoi appartenons-nous, et que se passe-t-il lorsque nous n’appartenons pas – ou ne voulons pas appartenir – à une communauté, à une société ou à une norme établie ?
Nous nous intéressons à des personnes qui se trouvent, pour des raisons très différentes, en dehors d’un groupe ou d’une société. Parce qu’elles viennent d’ailleurs, parce qu’elles sont perçues comme différentes, parce qu’elles refusent les normes existantes, ou encore parce qu’elles quittent leur pays ou leur environnement, à la recherche d’un avenir différent. Les œuvres que nous présentons cette saison parlent ainsi de migration et d’exil, de nostalgie, d’exclusion et d’intégration, mais aussi du désir de trouver sa place dans le monde.

 

CLASSIQUENEWS : Quels en sont les temps forts lyriques ? Qu’en attendez-vous ?

Barbara Eckle : Au cœur de la Constellation d’automne, nous présentons ALCINA de Georg Friedrich Haendel, dans une mise en scène d’Ewelina Marciniak et sous la direction musicale d’Emmanuelle Haïm, à la tête du Concert d’Astrée. Dans la lecture d’Ewelina Marciniak, Alcina est une femme qui vit en dehors des normes et choisit de suivre librement ses propres désirs amoureux. Sa liberté fascine ceux qui vivent dans la norme, tout en suscitant leur mépris. Cette ambivalence entre fascination et rejet nous semble particulièrement révélatrice de l’expérience de celles et ceux qui vivent en marge – et de ce que peut signifier « ne pas appartenir ».

La Constellation d’hiver est placée sous le signe du désir de s’aventurer vers un territoire inconnu, sans repères, sans protection ni sécurité, pour faire l’expérience d’une forme extrême de l’existence humaine. C’est aussi ce que raconte l’opéra MARS de la compositrice irlandaise Jennifer Walshe, que nous avons co-commandé et coproduit avec l’Irish National Opera. Quatre astronautes partent pour Mars dans l’espoir d’y ouvrir de nouveaux espaces de vie à l’humanité. Mais dès le voyage, puis sur la planète rouge, elles se trouvent confrontées aux absurdités d’une telle entreprise : isolement, idéologies sinistres, vie extraterrestre hostile et autoritarisme d’entreprise. Entre comédie et désillusion, l’opéra de Jennifer Walshe révèle ainsi l’ambivalence d’une ambition aussi fascinante que douteuse.

Au printemps, nous partons en ARGENTINE, autrefois terre d’aventuriers et de conquérants, puis terre d’accueil pour des milliers de personnes en quête d’un nouveau départ. De leur nostalgie naît une nouvelle forme de danse : le tango. C’est précisément ce contexte social et migratoire qui intéresse la jeune metteuse en scène Giulia Giammona dans sa mise en scène de María de Buenos Aires d’Astor Piazzolla, bien davantage que le kitsch de séduction hétéronormatif souvent, et à tort, associé au tango.

Enfin, l’été nous conduira à Venise et, avec elle, à OTELLO de Verdi, une œuvre à travers laquelle nous abordons le racisme et la fragilisation de l’individu par l’exploitation et l’exclusion persistante. Dans la mise en scène d’Árpád Schilling, Otello devient également une réflexion sur la violence masculine, qui, tragiquement, semble depuis des siècles et encore aujourd’hui s’imposer comme l’unique moyen de résoudre les conflits.

 

CLASSIQUENEWS : Le projet avec la soprano albanaise Ermonela Jaho se distingue aussi. Pourquoi était-il important de l’inviter à Lille et quels en seront les prolongements (il me semble qu’un documentaire est prévu en plus de celui déjà réalisé pour Arte) ?

Barbara Eckle : « ERMONELA – L’âme en feu » est une création scénique imaginée autour de la soprano albanaise Ermonela Jaho. Mise en scène par le réalisateur Jan Schmidt-Garré, elle construit, à travers des airs d’opéras de Puccini, Mascagni, Cilea, Zandonai, Catalani et Refice, une histoire qui dépasse le simple récital et nous plonge dans l’univers intérieur de l’artiste.
Ce qui nous fascine chez Ermonela Jaho, c’est sa capacité exceptionnelle à ne pas seulement chanter les personnages, mais à les incarner avec une intensité qui bouleverse le public jusqu’aux larmes. La mise en scène cherche à révéler cette puissance de la voix et à explorer, à travers l’extase et la douleur, les émotions extrêmes qui traversent son existence d’artiste. Des extraits orchestraux de Debussy viennent ponctuer cette dramaturgie.
Cette création sera ensuite portée à l’écran par Jan Schmidt-Garré.

 

CLASSIQUENEWS : Aux côtés des productions lyriques, les spectacles de danse rythment toujours chaque Constellation. Quels en sont les temps forts (dont les Hip Hop Games) ? De quelle façon illustrent-ils aussi la thématique générale ?

Barbara Eckle : Nous construisons toujours notre programmation de danse en dialogue avec les œuvres lyriques. C’est ainsi qu’à Alcina, nous avons associé Androgynous – Portrait of a Naked Dancer, de la metteuse en scène et chorégraphe argentine Lola Arias.
Trois artistes queer y recréent les performances, jugées scandaleuses à l’époque, de la danseuse nue Anita Berber dans le Berlin des années 1920. À travers cette reconstitution, elles racontent aussi leur propre histoire d’artistes vivant en marge et interrogent la résistance, la contre-culture, la dissidence et les formes de survie collective, hier comme aujourd’hui.

La Constellation d’hiver fera une place particulière au HIP-HOP, ou plus précisément aux danses de la marge, avec le spectacle Témoin, créé par Saïdo Lehlouh et un groupe de danseuses et danseurs autodidactes. Réunis en collectif, ils préservent chacun leur langage singulier et font dialoguer des styles aussi différents que le b-boying, le freestyle, le krump ou le whacking. Une expérience à la fois fascinante et émouvante. Cette exploration des danses de la marge trouvera son point culminant avec la Finale Internationale des Hip Hop Games, portés par la compagnie lilloise Art-Track, que nous sommes heureux d’accueillir dans nos murs.

Une autre chorégraphe argentine, Constanza Macras, qui a également beaucoup travaillé dans le domaine du hip-hop, sera notre invitée au printemps. Autour de María de Buenos Aires, œuvre centrale de la Constellation, elle nous présentera The Hunger, un spectacle foisonnant qui fait résonner l’accusation de cannibalisme portée par les colonisateurs contre les populations autochtones du Río de la Plata au XVe siècle avec la frénésie insatiable de consommation et d’expansion de nos sociétés capitalistes occidentales. C’est un spectacle sauvage et extatique, un véritable ouragan scénique à ne surtout pas manquer.

La Constellation d’été s’achèvera à Venise – la ville des doges à laquelle Otello doit son ascension et sa chute – avec Cinq jours au soleil d’Emanuel Gat. Le spectacle explore l’une des multiples facettes de cette ville magique à travers les siècles. Il imagine les cinq jours que Gustav Mahler aurait passés à Venise, et qui l’auraient aidé à sortir d’une profonde crise personnelle et créative. Sur les cinq mouvements de sa Symphonie n° 5 naissent des images sensuelles qui retracent le chemin d’une guérison intérieure.

 

CLASSIQUENEWS : Parmi les dispositifs innovants à destination des publics, quels sont les formats que vous prolongez (l’opéra itinérant cet saison en été, les Open Week, les concerts Sieste / Heure Bleue / Insomniaque…) ?

Barbara Eckle : Tous les nouveaux formats que nous avons lancés la saison dernière ont été accueillis avec beaucoup de curiosité et d’enthousiasme, et nous ont permis de toucher de nouveaux publics. Les Open Weeks ont notamment largement dépassé nos attentes : chacune des quatre éditions a attiré entre 4 000 et 5 000 visiteurs de toutes les générations, dont une majorité de personnes qui venaient pour la première fois à l’Opéra.
Notre collaboration avec le tissu associatif de Lille nous a également permis, à travers les thématiques des œuvres, de créer de très belles rencontres avec des acteurs de la vie sociale, scientifique et artistique de la ville. Au fil de ces échanges, nous avons découvert combien de personnes formidables s’engagent ici au service des autres.
Avec l’opéra itinérant, nous avons pu aller à la rencontre d’un public très divers dans toute la région et lui offrir une expérience lyrique intime, au plus près des artistes. Les nombreux retours, souvent très émouvants, nous encouragent à poursuivre cette démarche. 
Les nouveaux formats de concert dans le Grand foyer – Sieste et Insomniaque – cassent les codes du concert classique et encouragent une immersion musicale dans une atmosphère plus détendue. Ils ont eux aussi rencontré un grand succès : 49 % du public venait pour la première fois à l’Opéra.
Enfin, les jeunes de notre nouveau jury Premiers regards nous ont particulièrement impressionnés par leur curiosité, leur regard critique et la spontanéité de leurs émotions. Ce regard nous fait beaucoup de bien : il nous déplace, nous oblige à regarder nos pratiques autrement et nous révèle aussi beaucoup sur une nouvelle génération de spectateurs, ses attentes, sa sensibilité et sa manière d’aborder l’opéra.
Tout cela me rend confiante pour continuer à ouvrir l’Opéra à de nouveaux publics et à inventer avec eux de nouvelles façons de se réunir autour de l’art lyrique.

 

 

CLASSIQUENEWS : D’une façon générale, quelle évolution privilégiez-vous pour l’Opéra de Lille ? Sa place, sa fonction, son image dans l’espace Lillois et sur le territoire ?

Barbara Eckle : Pour l’avenir, je souhaite que toujours plus de personnes se sentent concernées par l’opéra, à la fois comme forme d’art et comme lieu au cœur de la ville, ouvert à toutes et à tous. Un lieu où chacun est le bienvenu et peut trouver sa porte d’entrée. J’espère aussi que nous continuerons à avoir la chance d’être accompagnés par un public ouvert et audacieux, qui considère l’opéra comme un art toujours pertinent aujourd’hui et qui se laisse entraîner, avec l’esprit, le cœur et tous les sens, dans ce qui reste pour moi la plus belle des aventures.

 

Propos recueillis en septembre 2026

 

 

 

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’Opéra de Lille : https://www.classiquenews.com/opera-de-lille-nouvelle-saison-2026-2027-le-sentiment-dappartenance-4-constellations-alcina-mars-maria-de-buenos-aires-otello/

La saison 2026-27 de l’Opéra de Lille continue de filer la métaphore spatiale, s’affiche telle une galaxie riche en découvertes et expériences pluridisciplinaires, accessible à tous les publics ; comme l’an dernier, elle se déroule en 4 « Constellations » qui suivent les saisons (successivement de septembre 2026 à juin 2027, ainsi : automne, hiver, printemps, été). Chaque Constellation est constituée de propositions artistiques organisées autour d’une œuvre lyrique ; à noter que chaque « constellation » affiche un spectacle de danse, genre particulièrement bien représenté cette saison…

 

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ANNONCE CD événement. « Le Tombeau de Ravel » : Couperin, Rameau, Fauré, Ravel, Debussy, Messiaen, Durliat… , Gabriel DURLIAT, piano et composition (1 cd Scala Music)

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En hommage au génie de Maurice Ravel, un compositeur qui « apporte tant de joie dans ma vie de musicien », le jeune pianiste Gabriel Durliat qui est aussi chef d’orchestre et compositeur, conçoit pour son 2è album chez Scala Music, ce « Tombeau de Ravel », un cycle minutieusement choisi qui vaut hommage respectueux à celui dont « l’ingéniosité fascine et la pudeur des sentiments bouleverse ».

 

 

Après un premier album consacré à Gabriel Fauré (In Paradisum), le pianiste Gabriel Durliat tisse des filiations ténues, suggestives qui révèlent tout un cheminement intime et sensible, de Rameau à Messiaen,.. où Gabriel Fauré reparaît (lui-même admiré de Ravel) ; où la série de révérences se double d’une profondeur déchirante comme l’atteste au cœur du programme, Le Tombeau de Couperin : suite de 6 danses qui sont chacune dédiées à un ami de Ravel tombé durant la Grande Guerre… Une constellation se précise où Debussy rend grâce à Rameau (Hommage à Rameau), Duka pleure Debussy (La Plainte, au loin, du Faune…), Messiaen honore Dukas (Pièce pour le Tombeau de Paul Dukas)…
Gabriel Durliat affine encore son tombeau en glissant inédit et création : la Forlane de François Couperin transcrite par Ravel lui-même — modèle ravélien pour son « Tombeau de Couperin » — et une Bourrée pour le Tombeau de Couperin que le pianiste français a reconstituée d’après des esquisses de Ravel restées un siècle durant dans les archives de la Morgan Library de New York. Pour clore la boucle d’hommages et de célébrations, Gabriel Durliat signe sa propre Danse rituelle, pour son Tombeau de Maurice Ravel, avant de refermer l’album sur la Pavane pour une infante défunte.

 

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ANNONCE CD événement. « Le Tombeau de Ravel « , Gabriel DURLIAT, piano et composition (1 cd Scala Music)  —  Enregistré du 9 au 11 septembre 2025 à La Scala Provence (Avignon), sur un piano Yamaha CFX — Prochaine critique complète à venir sur classiquenews.com / CD CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026 — Parution : 2 octobre 2026 / Label Scala Music – Photo : Gabriel Durliat © Thomas O’Brien

 

 

 

 

programme
Ravel : Jeux d’eau, M. 30
Rameau : Suite en ré majeur : Les Tendres Plaintes
Debussy : Images, 1re série — Hommage à Rameau
Dukas : « La Plainte, au loin, du Faune… » (Tombeau de Debussy)
Messiaen : Pièce pour le Tombeau de Paul Dukas
Couperin : Forlane (Concerts Royaux) — transcr. Ravel
Ravel : Le Tombeau de Couperin, M. 68 (6 mouvements)
Ravel / Durliat : Bourrée pour le Tombeau de Couperin (reconstitution)
Durliat : Danse rituelle, pour le Tombeau de Maurice Ravel
Ravel : Pavane pour une infante défunte, M. 19

 

 

 

PROCHAINS CONCERTS
17 septembre 2027
Récital — Fondation Singer-Polignac, Paris
3 octobre CONCERT SORTIE du CD Le Tombeau de Ravel
(Scala Music), Scala Paris
16 octobre
Récital — Festival Ouverture, Semur-en-Auxois
2 novembre
Récital — Bibliothèque de la Grange-Fleuret, Paris

 

PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur SCALA MUSIC / Gabriel Durliat : Le Tombeau de Ravel – 1 cd Scala Music : https://scalamusic.fr/products/le-tombeau-de-ravel

 

 

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STREAMING opéra. ROSSINI : La Gazza ladra / La Pie voleuse, ven 25 sept 2026 (Cracovie, aout 2026), Jochen Schönleber/ José Miguel Pérez-Sierra

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Ninetta, une jeune servante accusée à tort d’avoir volé de l’argenterie à son employeur, rêve secrètement d’épouser Giannetto. Les preuves contre elle s’accumulent … rivalités personnelles et malentendus familiaux, apparition d’une pie voleuse précipitent l’action et contrarient l’union des jeunes amoureux… La vérité sur le vol sera-t-elle révélée pour innocenter la pauvre Ninetta ?

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Photo © Patrick Pfeiffer, Rossini in Wildbad /Cracovie

 

 

OperaVision diffuse la production présenté cet été à Cracovie en Pologne dans le cadre du Wildbad Rossini Festival…  L’opera semi seria, « La gazza ladra » (La Pie voleuse) est composé dans un bouillonnement effervescent lié à la rapidité avec laquelle le compositeur conçoit et écrit ses ouvrages. Rossini aurait même achever in extremis le jour même de la première à la Scala de Milan, la fameuse ouverture, jouée depuis sur toutes les scènes, comme une pièce géniale, indépendante, d’une excitation orchestrale irrésistible.
La production du festival Rossini in Wildbad de l’été 2026 met en scène la version napolitaine, largement méconnue, avec trois airs alternatifs. Elle est mise en scène par Jochen Schönleber et dirigée par José Miguel Pérez-Sierra, maestro pétillant et expressif qui sait ici tout obtenir des musiciens de la Philharmonie Szymanowski de Cracovie.

 

 

 

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VOIR La Pie voleuse / La Gazza ladra de Rossini
(Cracovie, août 2026)
https://operavision.eu/performance/la-gazza-ladra
Diffusé vendredi 25 septembre 2026 à 19h CET
Disponible EN REPLAY jusqu’au 25 mars 2027 à 12h CET Enregistré le 1er août 2026

 

Opera semiseria en deux actes
créé le 31 mai 1817 à Milan Teatro alla Scala
Fabrizio Vingradito : Matteo Torcaso
Lucia : Gaja Vittoria Pellizzari
Giannetto : Patrick Kabongo
Ninetta : Claudia Muschio
Fernando Villabella : Emmanuel Franco
Gottardo : Nathanaël Tavernier
Isacco / Il pretore : Davide Zaccherini
Antonio : Timoteo Bene Junior
Giorgio : Giovanni Accardi
Fortepiano : Andrés Jesús Gallucci
Orchestre Philharmonique de Cracovie
Chœur Philharmonique de Cracovie
Musique : Gioachino Rossini
Livret : Giovanni Gherardini
Direction musicale : José Miguel Pérez-Sierra
Mise en scène : Jochen Schönleber

 

 

 

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CRITIQUE CD événement. « ARCANE 17 » : Philippe Mouratoglou, guitare / Brouwer, Villa-Lobos, Martin, Takemitsu, De Falla, Mouratoglou… (2 cd Vision Fugitive)

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Le choix des pièces enchaînées, le jeu subtil des caractères entre chacune invite au voyage, suscite une écoute intérieure ; le guitariste Philippe Mouratoglou y dévoile une passionnante constellation éclectique ; l’interprète démiurge et improvisateur édifie tout un monde souterrain d’échos, de réponses, de révérences… ; l’approche est toujours allusive et personnelle, investie, d’une originalité réjouissante. L’Arcane 17, emblème étoilé de la liberté et de la créativité artistique (dans le jeu du Tarot), met l’accent sur une jubilation communicative qui sait alterner en poésie, pièces du répertoire et improvisations.

 

 

 

 

Le chant polymorphe des cordes, en nylon, en acier, enrichit toute une palette sonore chatoyante, celle d’un guitariste, interprète et compositeur…. dont le cheminement musical, après les 23 pièces précédentes, s’achève symboliquement par une dernière offrande intitulée « l’Étoile », où dans la capacité du guitariste à chanter hors du temps, suspendre la note, faire fructifier les silences et jouer sur les résonances sympathiques, la guitare permet dans le jaillissement du souvenir, de réactiver un passé devenu présent, comme un rebond infini.

La sélection convoque des guitaristes illustres tel le cubain Leo Brouwer, somptueusement intime et suggestif dans son « Preludio epigramático » d’une riche vie intérieure, active et secrète, qui suscite chez Philippe Mouratoglou, 3 compositions sur cordes métalliques d’après 3 poèmes de l’ami de Frederico Garcia Lorca, Miguel Hernandez, et comme ce dernier, martyr républicain (mort prématurément en 1942) : les 3 poèmes musicaux interpellent, questionnent dans une gravité mystérieuse voire énigmatique : « No te Asomes », inquiet et interrogatif ; « Escribi en el arenal », « Haiku » musical dont l’instrument matérialise la matière fugitive ; « llegó con tres heridas » et son chant heurté, énigmatique, d’une gravité fugace et évanescente…
Beau choix également que celui des « Quatre pièces brèves » du suisse Frank Martin de 1933 et composés alors pour un Andrès Segovia désinvolte qui n’en eut cure… auxquelles sont mêlées les quatre airs de Villa-Lobos, maître indétrônable des rythmes et couleurs amazoniennes et de la rue brésilienne (modinhas et choros) ; ainsi son « Prélude n°3 » où s’écoule un superbe flux intérieur, opulent et voluptueux dans son questionnement, celui d’une conscience émerveillée, d’une profonde sérénité intérieure et souterraine, au chant enivré, suggestif, d’une finesse alliant mélancolie et tendresse … et composant un idéal « final » pour le cd1.

De l’Amérique latine à… l’Amérique du nord, Philippe Mouratoglou (dans le cd2) traverse les territoires comme les époques et les styles. Aux côtés du bouillonnant Villa-Lobos, un autre pionnier visionnaire, revendiquant son ancrage africain paraît également dans cet aréopage constellé : le bluesman Blind Willie Johnson, maître incontesté du « slide » (ou glissando), à travers l’hommage composé par Philippe Mouratoglou lui-même : « Tombeau de Blind Willie Johnson », superbe évocation poétique là encore dont le prétexte narratif inspire étirement et distorsion du son. Le guitariste inspiré ajoute aussi de sa composition, « Jesei » puis « poème suspendu », deux pièces parmi les plus courtes dont l’énoncé furtif, délicat, fin, subtil (références aux estampes japonais et au monde de l’Ukiyo-e)… s’efface dans la nuit, comme un trait esquissé, suspendu. 3 morceaux suggestifs qui semblent partager l’activité du secret des 3 « Folios » d’un Takemitsu tout aussi secret voire énigmatique, dont les silences et d’habiles citations liées à sa bibliothèque musicale personnelle (dont Bach dans le Folio 3) cultivent le questionnement central. Se distingue tout autant le somptueux et captivant « Homenaje » / Hommage de De Falla à Debussy, – seule pièce pour guitare du maître espagnol (1920) dont Philippe Mouratoglou exprime la noblesse souterraine, la pulsion d’une chorégraphie lente et ritualisée, en forme de marche-habanera, énoncée comme une lente mélopée, comme la très ancienne berceuse enivrée d’un passé hors du temps. La force magique de la musique et ici son instrument roi, expriment cet élan vital, essentiel qui dans la réitération du souvenir, réactive la vie concrète qui a passé ; de l’ombre évoquée à la vérité ressuscitée s’insinue et triomphe le chant de la guitare, celle inclassable, inspirante, étoilée de Philippe Mouratoglou.

 

 

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CRITIQUE CD événement. « ARCANE 17 » : Philippe Mouratoglou, guitare (2 cd Vision Fugitive). Pochette originale d’Emmanuel Guibert, texte de présentation de Gilles Tordjman. Sortie le 28 août 2026. – PLUS D’INFOS sur le site de Phlippe Mouratoglou : https://www.philippe-mouratoglou.com/fr/discographie/arcane-17/18 / CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026

 

 

 

 

 

 

présentation / annonce

LIRE aussi notre présentation du double cd événement « ARCANE 17 » / Philippe MOURATOGOU, guitare (Vision Fugitive) : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-arcane-17-nouveau-double-album-du-guitariste-philippe-mouratoglou-2-cd-vision-fugitive/
Au programme d’ARCANE 17, plusieurs joyaux du XXe siècle à aujourd’hui ; des contemporains devenus classiques (Manuel de Falla, Frank Martin, Leo Brouwer, Tōru Takemitsu) dialoguent avec les improvisations de Philippe Mouratoglou, ainsi « autant d’«explosantes-fixes» dessinées sous l’égide bienveillante d’une lame de tarot chère au surréaliste André Breton ».
Chaque album de Philippe Mouratoglou redéfinit la place de la guitare dans l’aréopage musical ; en dévoilant des mondes infinis en liaison avec une curiosité hors normes, le guitariste renouvelle aussi le rapport de l’instrument avec le public, comme le déroulement même du concert…

 

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CRITIQUE, festival. 47ème Festival « Piano aux Jacobins ». TOULOUSE, Salle capitulaire du cloître, le 11 septembre 2026. Récital de Vadym KHOLODENKO

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Le pianiste ukrainien Vadym Kholodenko a proposé – pour son récital au festival toulousain de « Piano aux Jacobins » – un programme construit sur une augmentation de brillance. La sonate Hammerklavier de L. van Beethoven qui a ouvert le récital n’a pas permis de mettre vraiment en valeur les qualités du jeune pianiste. En effet, sa lecture puissante en contrastes abrupts de nuances n’était pas très phrasée. Aucune rhétorique n’émaillait le propos. Ce piano riche en couleurs trop saturées et en textures toujours fortement charpentées n’a pas offert tous les trésors de la partition. Car dans cette œuvre Beethoven pousse l’instrument dans ses retranchements et demande à l’interprète d’aller dans le sens de la recherche et de l’expérimentation bien davantage que dans la seule puissance sonore. D’autres interprètes y mettent plus de subtilité et de variétés de toucher.

 

Après cette première partie qui a laissé sur sa faim une partie du public, la suite du récital était très attendue. La bonne surprise est venue des trois Préludes de Boris Lyatoshynsky. Ce compositeur ukrainien a eu beaucoup de succès du temps de l’Union soviétique. Sans être très avant-gardiste, ces compositions de 1942 sont très intéressantes et agréables. Le jeu de Kholodenko gagne en subtilité et le toucher devient très varié. C’est comme si le pianiste était particulièrement intéressé par la musique de son compatriote et trouvait beaucoup de choses à en dire. Les nuances sont superbement conduites, les lignes de chant se tissent et les rythmes se vivifient. Le troisième prélude est carrément sensationnel sous des doigts si inspirés. Ainsi l’ostinato de la main gauche devient particulièrement violent dans son insistance. Le crescendo est savamment construit puis la désinence habilement amenée. C’est un grand moment de musique et une belle surprise.

Puis comme galvanisé Vadym Kholodenko va se lancer avec panache dans les Six études d’exécution transcendantes d’après Paganini composées par Franz Liszt. Les qualités extraordinaires du pianiste sont mises en valeur avec la complexité extrême de ces pages. Voila un répertoire qui avec la virtuosité en hommage au violon de Paganini et avec l’inventivité pianistique de Liszt ouvre grand les cieux. Avec un véritable génie, Vadym Kholodenko nous en propose une interprétation lumineuse et même aveuglante de beauté pianistique. Ce jeu grisant électrise le public et c’est avec beaucoup d’intelligence que le pianiste a proposé un bis tout de calme et de volupté.

Le concert qui avait débuté en fanfare avec un Beethoven insatisfaisant s’est terminé avec un éclat bien plus précieux. Et la musique virtuose de Liszt, juste avant celle originale de Lyatoshynsky, convient admirablement au piano exceptionnel de Vadym Kholodenko. Ce soir la Hammerklavier de Beethoven ne lui a pas permis d’atteindre ce niveau…

 

 

 

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CRITIQUE, festival. 47ème Festival « Piano aux Jacobins ». TOULOUSE, Salle capitulaire du cloître, le 11 septembre 2026. Récital de Vadym KHOLODENKO. Crédit photo (c) Droits réservés

 

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CRITIQUE CD événement. SAINT-SAËNS : Concertos pour piano n°2 et 5 « l’égyptien ». Simon Trpčeski, piano / Royal Scottish National Orchestra / Thomas Søndergård , direction (1 cd LINN- fév et juin 2024)

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Éblouissante révélation que cet enregistrement réalisé en deux sessions en 2024 par le pianiste Simon Trpčeski pour Linn records, avec la complicité du chef Thomas Søndergård à la tête du Royal Scottish National Orchestra, alors réunis à Glasgow. La vitalité ardente doublée d’une sensibilité instrumentale en phase avec l’imagination inclassable du génial Saint-Saëns, éclairent d’une électricité réjouissante les deux Concertos pour piano abordés dans ce programme plus que recommandable.

 

 

En1868, à 33 ans — âge de maturité et (encore) d’enthousiasme ardent pour la vie, Camille Saint-Saëns compose et crée (sous la direction d’Anton Rubinstein) son Concerto n°2 pour piano et orchestre. La pièce rayonne d’une liberté inédite, et dans la forme du premier mouvement – ample monologue initial pour le piano seul (divagation romantique), exprime l’imagination sans limites d’un Saint-Sans qui fusionne le souffle de l’architecte Bach, le très grand lyrisme de Liszt, le classicisme et la sensibilité du divin Mozart… Ce premier mouvement, d’un souffle personnel absolu (qu’il recycle ou non la pièce de son élève Fauré, – Tantum ergo, éblouit et respire ; même ardente flamme dans les arpèges et les gammes du second mouvement, comme se déploie en liberté, l’humour de la Tarentelle finale, dans laquelle le pianiste macédonien, Simon Trpceski, ardent et précis, glisse sans excès, un pur esprit léger et badin, une respiration libre et souvent imaginative qui faire jaillir une très grande vie intérieure.

 

le pianiste Simon Trpčeski / photo : © Lube_Saveski

 

 

 

Le 5è Concerto de 1896 (ainsi composé deux ans après la création de Prélude à l’après midi d’un Faune de Debussy) – à rebours du wagnérisme ambiant, affirme ce classicisme indépendant, d’une verve inclassable qui relève du meilleur Saint-Saëns ; ce dernier – grand globe-trotter, séjourne alors en Egypte (hiver 1895-1896) souligne les vertus de Mozart, Beethoven, de Liszt (dans la fantaisie comme improvisée du mouvement central avec sa chanson d’amour nubienne qui donne son titre « égyptien » au Concerto).

L’orchestre écossais sait détailler la fine parure orchestrale dès le premier allegro (animato), doué d’une vie souterraine hyperactive : une trépidation qui insuffle à tous les pupitres, des jaillissements d’un lyrisme oxygéné, lumineux. Autant d’éclairs subtilement mêlés, qui convoquent la haute virtuosité de Liszt et la sensibilité émotionnelle de Mozart. Le geste questionne et stimule la liberté formelle dont Saint-Saëns est virtuose (8 sections du mouvement central des plus originaux alternant feu et visions féeriques… en rapport avec sa propre expérience comme voyageur et observateur émerveillé sur les bords du Nil inspirant ?). Le compositeur nous livre un Orient nilotique fantasmé permis par l’éloquence du seul clavier, auquel répond aussi la fine orchestration complémentaire que le chef Thomas Søndergård sait habiter  d’une remarquable énergie impérieuse.

 

 

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CRITIQUE CD événement. SAINT-SAËNS : Concertos pour piano n°2 et « l’égyptien ». Simon Trpčeski, piano / Royal Scottish National Orchestra / Thomas Søndergård, direction (1 cd LINN- fév et juin 2024) – Parution : août 2026 — CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026

PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur LINN : https://outhere-music.com/fr/albums/saint-saens-piano-concertos-nos-2-5-egyptian

 

 

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OPMC / ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE- CARLO, nouvelle saison 2026 – 2027 : temps forts, artistes invités, œuvres et cycles événements… les 170 ans de l’Orchestre, Nathalie Stutzmann…

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Superbe nouvelle saison 2026 – 2027 que celle de l’OPMC / Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – car ce nouveau cycle est celui des 170 ans de l’Orchestre ; ainsi est né en 1856, à l’époque, la phalange originelle intitulée « l’Orchestre du Nouveau Cercle des Étrangers »… l’Orchestre monégasque accueille aussi – depuis ce mois de septembre 2026 -, sa nouvelle directrice musicale, Nathalie Stutzmann, dont les 2 concerts programmés sont d’ores et déjà très attendus. Sa première saison proprement dite sera dévoilée en 2027 – 2028.

 

Parmi les nombreux programmes événements de cette nouvelle saison, se distinguent :

L’OPÉRA tragique en 5 actes, « ROMA » de Massenet (l’un des derniers ouvrages du compositeur romantique français et d’un souffle tragique insoupçonné), réalisé en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane, – l’ouvrage très attendu lui aussi, créé à l’Opéra de Monte-Carlo le 17 février 1912, est donné en version de concert le 26 septembre 2026 à Monaco (Auditorium Rainier III, 16h), puis le 28 septembre à Paris (Théâtre des Champs-Elysées). Cet événement lyrique réunit une distribution prometteuse, autant de tempéraments capables de ressusciter les personnages haut en couleurs façonnés par Massenet : Rachel WILLIS-SØRENSEN, dans le rôle de la vestale incriminée : Fausta ; Jean-François BORRAS / Lentulus, tribun militaire aimé de Fausta ; Julie ROBARD-GENDRE / Posthumia ; Tassis CHRISTOYANNIS / Fabius Maximus… — PLUS D’INFOS sur le site de l’OPMC / Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://opmc.mc/concert/roma-de-jules-massenet/ — Enregistrement pour la collection « Opéra français » – Bru Zane Label

Maestro d’une exceptionnelle exigence dramatique, orfèvre d’un son remarquable, le chef MAREK JANOWSKI (auquel nous devons une intégrale du Ring de Wagner aussi captivante que celle de Karajan) retrouve les instrumentistes de l’Orchestre monégasque pour le concert de dim 4 octobre 2026 (Monaco, Grimaldi Forum,18h) : au programme, Symphonie n°5 de Bruckner en si bémol majeur (WAB 105) .

 

Ne manquez pas non plus le pianiste en résidence MAO FUJITA (né à Tokyo, médaille d’argent du Concours Tchaïkovsky de Moscou en 2019), qui avait réalisé une tournée avec l’Orchestre en mai 2024 ; l’artiste propose plusieurs événements : un récital de piano, le 6 déc 2026 (Auditorium Rainier III, 18h : Mozart, Beethoven, Ravel, Scriabine…), un concert avec orchestre, dim 7 février 2027 (Auditorium Rainier III, 18h : Concerto pour piano n°2 de Prokofiev, direction : Tianyi Lu), un concert de musique de chambre le 18 février 2027 (Auditorium Rainier III, 19h30 : Quintette de Beethoven, Quatuor de R. Strauss…)

 

Les deux concerts dirigés par NATHALIE STUTZMANN : sam 5 décembre 2026 (Auditorium Rainier III, 19h30 : ouverture de Rienzi et Prelude und Liebstod de Tristan und Isolde de Wagner soliste : Anja Kampe / Symphonie n°1 de Brahms) et ven 14 mai 2027 (Auditorium Rainier III, 19h30 : Concerto pour violon n°5 de Mozart, soliste : Johan Dalene / Symphonie n°4 en mi bémol majeur WAB 104 « romantique » de Bruckner).

Autre temps fort lyrique, Le CHÂTEAU DE BARBE-BLEUE de Bartok avec Elina Garanca et Christian Van Horn, sous la direction de Lio Kuokman, donné dim 20 juin 2027 à Monaco (Auditorium Rainier III, 18h) puis mardi 22 juin à Paris (Théâtre des Champs-Elysées)

Enfin, dernier événement attendu le concert hommage au CINÉMA AMÉRICAIN sous la direction d’Yvan Cassar (concert de clôture de saison, dim 4 juillet 2027, Auditorium Rainier III, 20h). Au programme : medley regroupant plusieurs perles musicales composées pour plusieurs films classiques américains, signées entre autres, E. W. Korngold, Franz Waxman, Bernard Hermann, André Previn, John Williams…

 

La nouvelle saison 2026 – 2027 de l’OPMC ce sont aussi plusieurs cycles complémentaires qui éclairent la virtuosité et le très haut niveau des musiciens de l’Orchestre monégasque ; ainsi en premier lieu, les concerts de MUSIQUE DE CHAMBRE qui jalonnent toute cette nouvelle saison dont entre autres, outre le concert attendu avec le pianiste en résidence Mao Fujita (18 fév 2027, déjà cité), plusieurs rvs les 17 janv (avec David Bismuth), le 23 mars (avec Jorge Emilio González Buajasán), le 13 avril 2027… Ce sont aussi plusieurs CONCERTS SPIRITUELS (en coopération avec le diocèse de Monaco) qui permettent d’accorder œuvres sacrées et patrimoine monégasque : entre autres, concert de Noël (23 déc, église Saint-Charles), …

L’Orchestre n’oublie pas non plus les JEUNES SPECTATEURS et les FAMILLES, proposant plusieurs « spectacles musicaux », à la fois ludiques, éducatifs et participatifs, où les enfants (et leurs parents) peuvent (re)découvrir la magie de chaque instrument ainsi que les éléments qui permettent à la machine orchestrale de se déployer. Entre autres : Harry Potter et la sorcellerie dans la musique (31 oct), Le Petit Prince (3 février 2027), Le Tricorne de Manuel de Falla (5 mai)…

Cette saison est celle des GRANDS INTERPRETES, invités choyés qui en complicité avec l’Orchestre, ou en récital solo, enrichissent la programmation : parmi de très nombreux artistes conviés, ne manquez pas entre autres, les récitals des PIANISTES : David Kadouch (30 sept), Piotr Anderszewski (28 oct), Dmitry Shishkin (8 nov), Grigory Sokolov (17 déc 2026), Colin Pütz (20 déc), Arcadi Volodos (9 avril 2027), András Schiff (13 juin 2027)…

Ne manquez pas non plus les concerts symphoniques avec les VIOLONISTES Liya Petrova (13 déc), Bohdan Luts (11 avril), Frank Peter Zimmermann (25 avril), Daniel Lozakovich (9 mai), …ou bien encore, le duo inédit annoncé le 9 juin : Janine Jansen, violon & Alexandre Kantorow, piano…

Côté CHEFS INVITÉS, dans un esprit d’ouverture et de grande diversité des sensibilités artistiques, l’Orchestre promet plusieurs programmes symphoniques tout autant prometteurs ; la diversité des baguettes renseigne sur les tempéraments à suivre particulièrement, personnalités déjà reconnues ou sensibilités émergentes : Kakhi Solomnishvili (11 oct), Lio Kuokman (les 25 oct, 20 juin), Jesko Sirvend (13 déc), Cristian Macelaru (20 déc), Jukka-Pekka Saraste (10 janv 2027), Diego Ceretta (24 janv), Frank Beermann (31 janv), Tianyi Lu (7 février), Ariane Matiakh (4 mars), Dmitry Matvienko (27 mars), Ton Koopman (4 avril), Eivind Gullberg Jensen (11 avril), Elias Grandy (25 avril), Charles Dutoit (9 mai)…

 

2027 marque le bicentenaire de la mort de BEETHOVEN. Son génie est célébré à travers une série de concerts qui affichent des raretés aux côtés des œuvres connues. Aux côtés des Concertos pour piano bien connus : Ainsi, n°4 par Dezso Ránki le 18 octobre ; n°2 par le très jeune Colin Pütz le 20 décembre ; n°3 par la prodige Alexandra Dovgan le 24 janvier, le 31 janvier 2027, le duo Frank Beerman et Matthias Goerne propose de (re)découvrir des pièces inédites, comme la suite orchestrale des Créatures de Prométhée ou le cycle « À la bien-aimée lointaine » dans une (rare) version pour baryton et orchestre.

 

 

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TOUTES LES INFOS, le détail des programmes, les artistes invités… sur le site de l’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, saison 2026 – 2027 : https://opmc.mc/

 

 

 

 

VIDÉO

Présentation de la saison 2026 – 2027 / OPMC « au cœur de la musique »

 

 

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CRITIQUE CD événement. VERDI : LISE DAVIDSEN, soprano. London Philharmonic Orchestra / Edward Gardner, direction (1 cd DECCA classics – janvier 2025)

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Lise Davidsen, la soprano norvégienne vedette, après un précédent enregistrement chez Decca (intégrale du Vaisseau fantôme de Wagner / lire ici notre dépêche : https://www.classiquenews.com/?s=davidsen ), incarne dans ce nouveau programme en studio, plusieurs héroïnes verdiennes, parmi les plus passionnées.

 

Furie incandescente mais blessée, sa Lady Macbeth, chantée dès mai 2026 à Copenhague, puis incarnée sur la scène du Met de New York (en ouverture de sa saison 26 / 27) exprime l’esprit radical et définitif, mais aussi la blessure d’une machine à complots (et assassinats) ; moins dans le premier air de la lettre, que le second « La Luce langue » ; son air somnambulique, dépeint à l’inverse la coupable détruite, dépassée et submergée par le poison du remord (« Une machina è qui tuttora… »). L’engagement d cela diva nordique ne fait aucun doute… pour autant la tentation de la puissance vocale (moins des nuances) est d’autant plus manifeste et parfois débordante … que la direction du chef Edward Gardner est souvent dure et surexpressive. D’une théâtralité un rien acide.
Le geste s’adoucit (heureusement), infléchissant l’arc expressif à plus de souplesse, dans le prélude de l’acte II d’Un Ballo in maschera… l’Amelia de Davidsen s’humanise nettement dès son premier air amoureux, langoureux, exprimant là aussi une âme déchirée et blessée, en proie à des hallucinations la minuit sonnante (« Ma dall’arido stelo divulsa »)… ; une coloration intérieure s’épanouit davantage encore dans son air de l’acte III : « Morro, ma prima in grazia »… (avec violoncelle obligé) dont le chant désespéré revêt la noblesse des victimes dignes.

La séquence le plus convaincante demeure son Elisabetta, fiancée trahie, mariée de force au père (Philippe II) contre l’avis ( et le désir partagé) de son prétendant initial (Carlos, le fils) : « Non pianger, mia compagna » de l’acte II déploie une longueur de souffle et un legato qui semble infini avec des aigus mieux maîtrisés en fin d’air, malgré un vibrato qui tend à brouiller la clarté de l’émission. De fait c’est le second air, le sublime « Tu che le vanità » de l’acte 5 qui impose l’interprète souveraine dans une séquence qui par sa noblesse de caractère, son ampleur digne et tragique de jeune reine sacrifiée, paraît taillé pour cette voix démesurée… laquelle d’ailleurs, indique ici clairement sa légitimité future à chanter Turandot de Puccini. L’air est d’autant plus impressionnant que l’orchestre londonien détaille bois et vents, inscrivant cet air de vanité dans le vaste gouffre cosmique où se perdent exténuées les solitudes impuissantes…

On ne regrettera pas ici « Ritorno vincitor » asséné par un orchestre des plus lourds et épais ; dommage, le chef gâche ainsi la tension elle aussi tragique de l’esclave Aida, tiraillée, implorante entre son devoir (à son peuple) et son amour pour le général égyptien Radamès (l’ennemi qui abat son clan)… Pourtant le legato de la soprano est impeccable, aux couleurs d’une tendresse qui en impose (« Numi, pietà del mio suffrir »).
En dépit d’aigus plafonnés qui vibrent trop, la soprano norvégienne signe ici une saisissant récital verdien, insufflant aux héroïnes abordées, Lady Macbeth en premier lieu, puis Elisabetta et Aida… une épaisseur vocale et psychologique, un tempérament dramatique et expressif qui dépassent le studio et convoquent évidemment la scène.

 

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CRITIQUE cd. VERDI : LISE DAVIDSEN, soprano. London Philharmonic Orchestra / Edward Gardner, direction (1 cd DECCA classics – enregistrement réalisé en janvier 2025 à Londres).

 

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ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO. MASSENET : Roma (1912), sam 26 sept 2026. Rachel Willis-Sørensen, Jean-François Borras, Julie Robard-Gendre… Diego Ceretta (direction)

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Après avoir conquis la scène lyrique (et le cœur des spectateurs) avec Manon, Werther ou encore la sublime Thaïs… dont l’écriture mélodique riche et voluptueuse lui est si personnelle, Jules Massenet, au début du nouveau siècle (XXème), se passionne pour l’Antiquité Romaine – dont les caractères entiers et passionnés -, lui offrent un renouvellement significatif de son inspiration (tragique) comme de son écriture (épurée, essentielle).

 

Comme Gluck au XVIIIe siècle, Massenet cible et exprime l’essentiel, retrouvant le chant mordant, précis, intense de la tragédie racinienne. Sous la direction du chef Diego Ceretta, accompagnant un plateau vocal de premier plan, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fera à nouveau démonstration de son éloquence dramatique dans le registre lyrique, avec cette résurrection de Roma !

 

ROMA… de Sarah Bernhardt à Lucy Arbell… Dernier opéra dont Massenet put voir la création à l’Opéra de Monte-Carlo (le 17 fév 1912), ROMA est l’adaptation musicale de la pièce Rome vaincue d’Alexandre Parodi, tragédie créée en 1876 avec triomphe où perçait déjà la jeune Sarah Bernhardt dans le rôle l’aïeule aveugle Posthumia.
A Monaco, alors en pleines répétitions de Don Quichotte, Massenet achève Roma ; il soigne en particulier le rôle de Posthumia, celle qui permet à la Vestale Fausta d’échapper à une exécution terrifiante pour avoir rompu ses vœux de chasteté (car elle s’est liée avec le soldat Lentulus, auquel le compositeur réserve un sublime air : « soir admirable, je te salue »). Massenet marqué encore par la figure de Sarah Bernhardt, façonne pour Posthumia un rôle austère, puissant, sauvage et poignant. A Paris, lors de la création le 17 février 1912, Massenet retrouve un grand mezzo chaleureux, devenu légendaire, Lucy Arbell, sa dernière muse (et probablement son ultime amour). De son côté pour mieux préparer son personnage, pour incarner « son angoissante vérité » dans Roma, Lucy Arbell qui incarna Dalila et même Amnéris, visite les résidents des Quinze Vingt pour étudier les gestes spécifiques des aveugles. Posthumia s’inscrit après ses grands rôles conçus par Massenet : Thérèse, Dulcinée, surtout Charlotte dans Werther.

 

 

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SAMEDI 26 SEPT 2026, 16h
Auditorium RAINIER III
Jules MASSENET : Roma
Opéra tragique en cinq actes
Opéra en version de concert
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OPMC / l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo :
https://opmc.mc/concert/roma-de-jules-massenet/
distribution
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
direction : Diego Ceretta
soprano : Rachel Willis-Sørensen / Fausta
ténor : Jean-François Borras / Lentulus
mezzo-soprano : Julie Robard-Gendre / Posthumia
baryton : Tassis Christoyannis / Fabius Maximus
basse : Patrick Bolleire / Lucius Cornélius (Le Souverain Pontife)
baryton : Jérôme Boutillier / Vestapor / Caïus/ Un Vieillard
soprano : Hélène Carpentier / Junia
mezzo-soprano : Anna Dowsley / La Grande Vestale
soprano : Clémence Tilquin / Galla
Chœur de Radio France
chef de chœur : Lionel Sow
Durée du concert : 2h45 avec entracte
DIFFUSION : opéra concert enregistré par France Musique et diffusé le 17 octobre à 20h dans l’émission « Samedi à l’opéra »

 

 

clés d’écoute
Basé sur « Rome vaincue » d’Alexandre Parodi, Roma de Jules Massenet s’inscrit dans le sillon héroïque et tragique de « La Vestale » de Gaspare Spontini. Hannibal vient de vaincre l’armée romaine, et l’oracle attribue la défaite à une vestale corrompue, ayant rompu ses vœux : Fausta serait-elle pas l’amante du tribun militaire Lentulus?
Jugée coupable, définitivement perdue, Fausta est poignardée par sa grand-mère Posthumia qui souhaite ainsi lui épargner un atroce supplice. Le livret d’Henri Caïn incite le compositeur à un certain dépouillement, excluant tout artifice.
Au crépuscule de sa vie, Massenet, hier chantre des mélodies suaves et lascives, livre une partition sobre et grave.
Souffrant durant l’hiver 1911-1912, c’est par téléphone qu’il suit les répétitions organisées à Paris par Raoul Gunsbourg. Une même distribution des premiers rôles, réunissant Maria Kousnezoff (Fausta), Lucien Muratore (Lentulus), Lucy Arbell (Posthumia) et Francisque Delmas (Fabius Maximus), assure la création à …. Monte-Carlo le 17 février 1912 et la première parisienne à l’Opéra le 24 avril suivant. Massenet s’éteint moins de quatre mois plus tard.

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra Comique (Lycée Carnot), le 9 septembre 2026. MOZART : Zaïde. S. Devieilhe, J. M. Kränzle… Ensemble Pygmalion, Wajdi Mouawad / Raphaël Pichon

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C’est la rentrée ! Et l’Opéra Comique nous propose de raviver nos plus ou moins anciens souvenirs de lycéens, en se décentralisant sous la magnifique verrière du Lycée Carnot, dans le 17e arrondissement. La Salle Favart étant en travaux, c’est dans ce lieu original qu’on retrouve avec bonheur les plus fidèles camarades de classe de cette illustre maison : Raphaël Pichon et son Ensemble Pygmalion (entendus l’an dernier dans Werther), Sabine Devieilhe (applaudie en Lucie de Lammermoor), et Wajdi Mouawad (qui signait la mise en scène d’Iphigénie en Tauride de Gluck). Ces trois artistes réalisent, main dans la main, Zaïde de W. A. Mozart – élu meilleur spectacle de l’année par l’association des critiques musicaux autrichiens, après les représentations qui en ont été données au prestigieux Festival de Salzbourg en 2025.

 

Zaïde est un opéra très spécial dans la carrière de génie autrichien. Il le conçoit très jeune, sans aucune commande dans le but de conquérir le public viennois où vient de s’ouvrir un théâtre allemand. Mozart est coincé à Salzbourg, et se met à l’ouvrage avec fougue et une envie de liberté qui ne le quittera plus. Il choisit alors de faire écrire un livret à son ami Schachtner, en s’inspirant de deux pièces alors très populaires : Le sérail ou la rencontre imprévue de Sebastiani (1778) et Zaïre de Voltaire. L’intrigue est simple : le sultan Soliman est amoureux de la jeune détenue Zaïde qui est amoureuse de son codétenu Gomatz dont elle attend un enfant. Aidés par le geôlier, les amoureux fuient en bateau mais ce dernier revient se fracasser contre les murs de la prison, ils sont débarqués et condamnés à mort par le sultan alors que Zaïde met au monde l’enfant qui sera finalement le seul sauvé par le bon geôlier. Au même titre que les lettres persanes, Zaïde se montre critique envers le joug des monarques européens sur les peuples asservis, s’inscrivant parfaitement dans le courant des Lumières. Si c’est une œuvre-clef dans la recherche de la forme de l’opéra Mozartien, Zaïde reste inachevée, privée de son dénouement et de son ouverture.

Pour pallier ces manques, Raphaël Pichon choisit d’intégrer à l’ouvrage d’autres pièces de Mozart. Les chœurs sont presque tous issus de l’oratorio Davide penitente, lui-même recomposé à partir d’éléments de sa Messe en Ut mineur. Le reste est complété par la musique de scène de Thamos, roi d’Égypte et des extraits d’airs de concerts. Le spectacle s’ouvre et se referme comme par magie sur le célèbre Adagio en Ut majeur pour harmonica de verre. Ces mélanges musicaux ne sont pas toujours heureux et forment une discontinuité musicale parfois déconcertante, renforcée par quelques trop longs silences entre les différentes pièces. Côté livret, Wajdi Mouawad ajoute une seconde intrigue. L’action se passe dans un musée construit sur les ruines d’une prison. Une jeune femme, Persada, apprend au gardien qu’elle recherche sa mère : « la femme qui chante ». D’abord sans parvenir à se souvenir de son nom, le gardien qui n’est autre que le bon geôlier raconte l’histoire de Zaïde, et reconnaît l’enfant qu’il a sauvé. Se pose dans l’épilogue la question de l’héritage, de la mémoire de ces parents disparus pour la jeune Persada. Les textes de Wajdi Mouawad sont traduits en allemand pour coller au reste du spectacle, sauf ceux de Persada qui est la seule à ne parler qu’italien.

 

 

Côté mise en scène, le spectacle est glaçant. Les lumières bleutées de Bertrand Couderc, incontournable compagnon des spectacles de l’Ensemble Pygmalion, donnent sur les coursives du lycée un aspect triste et froid, évoquant plus la captivité que le soleil de l’Orient. Les costumes sont simples, le décor n’est autre que le lycée et le Chœur de Pygmalion formant par exemple le bateau sur lequel fuient les tourtereaux. Si l’idée intellectuelle derrière le spectacle n’est pas dénuée d’intérêt, la réalisation scénique manque beaucoup de clarté. L’acoustique du lieu oblige notamment les techniciens de l’opéra comique à amplifier imperceptiblement les solistes.

Sabine Devieilhe est comme à son habitude un modèle de perfection et de raffinement, tant dans la diction que dans les couleurs vocales. Les affects sont clairs bien que parfois complexes et presque maniérés. Persada est interprétée par la mezzo Xenia Puskarz Thomas. Si le timbre est très riche et très beau, le raffinement n’est pas au rendez-vous, surtout en miroir de sa partenaire. Les aigus lui demandent naturellement plus d’effort, ce qui est tout à fait normal considérant sa tessiture. Il n’était donc peut-être pas judicieux de leur faire chanter le duo extrait de Davide penitente à deux voix égales.

 

 

Chez les hommes, le baryton Johannes Martin Kränzle, bien qu’annoncé malade avant le début de la représentation, a toutes les qualités. Acteur hors pair, il donne aux mélodrames une puissance bouleversante. Il excelle également dans les airs avec une technique sans faille qui lui permet justement de surmonter la maladie avec brio. La diction est précise et expressive, comme on l’attendrait d’une bonne pièce de Brecht. De son côté, le tout jeune ténor Hugo Brady possède une bien jolie voix et d’excellentes qualités musicales. Et enfin, Matthew Swensen est antipathique comme on l’attend de quelqu’un tenant le rôle de Soliman. Toutefois la technique manque cruellement de projection.

Comme souvent dans les spectacles de Pygmalion, le chœur est une véritable star. L’équilibre entre les pupitres est toujours calculé avec un grand raffinement et sonne comme un grand orgue plein et puissant, y compris dans les nuances les plus délicates. Il en va de même pour l’orchestre, où Raphaël Pichon ne laisse rien au hasard. Chaque articulation est contrôlée, la couleur de chaque accord est réfléchie et tout sonne subtilement.

Un spectacle assez intellectuel en somme qui nous replonge dans nos jeunes années par le lieu et une analyse moderne de l’esprit des lumières.

 

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CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra Comique (Lycée Carnot), le 9 septembre 2026. MOZART : Zaïde. S. Devieilhe, J. M. Kränzle… Ensemble Pygmalion, Wajdi Mouawad / Raphaël Pichon. Crédit photo (c) Stefan Brion

 

 

 

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BORDEAUX. Théâtre Molière (du 19/09 au 31/12). « Ma Femme peut en cacher une autre » de Xavier VITON (avec Jean-François Vinciguerra, Anne Grenié, Juliette Dumas de la Roque et Clément Scherrer)

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Du 19 septembre au 31 décembre 2026, le Théâtre Molière de Bordeaux accueille la nouvelle comédie de Xavier Viton, « Ma femme peut en cacher une autre ». Une pièce « pleine de chic… et de chocs, stylée et hilarante, où l’amour et l’argent font des étincelles ». Après un premier passage remarqué, le spectacle revient pour 19 représentations dans la salle intimiste du 33 rue du Temple.

 

 

L’intrigue : secrets de famille et coutures qui craquent

Bienvenue chez Fustanbeurk & Fils, maison de prêt-à-porter de luxe où « les secrets de famille sont aussi nombreux que les épingles à nourrice ». Jordan, jeune héritier un peu dépassé, découvre qu’il est marié à son insu… à une femme autre que celle qu’il croyait avoir épousée. C’est alors que Leslie débarque de Tarbes, avec un franc-parler qui jure dans ce monde tiré à quatre épingles. Entre Albert, le père tyrannique, Yvonne, la grand-mère aristocrate, et Jessica, la DRH féministe et amoureuse, les situations dérapent en un festival de quiproquos, d’humiliations feutrées et de règlements de comptes familiaux. « Entre héritage menacé et mariages bidons, chacun croit tirer les ficelles… mais attention, à force de rire, les coutures risquent bien de craquer ! ».

 

Une écriture signée Xavier Viton

Xavier Viton, figure bien connue du paysage théâtral bordelais, signe ici une comédie de boulevard au rythme soutenu. Directeur de plusieurs théâtres privés à Bordeaux, cet ancien baryton formé au Conservatoire de Bordeaux est aussi auteur, metteur en scène et comédien. Il retrouve pour l’occasion une équipe de confiance : Cha Godard (comme assistant à la mise en scène), Nicolas Delas aux décors et costumes, et avec comme distribution : Jean-François Vinciguerra, Anne Grenié, Juliette Dumas de la Roque et Clément Scherrer.

La critique salue unanimement la performance de Jean-François Vinciguerra, qui interprète deux personnages avec « un talent peu commun » et une « voix tonitruante », tandis que les spectateurs évoquent « une colossale rigolade » et « un grand moment de théâtre de boulevard ».

 

Photo (c) DR

 

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Infos pratiques :

Théâtre Molière, 33 rue du Temple, 33000 Bordeaux. Du 19 septembre au 31 décembre 2026 (19 représentations). Durée : 1h20 environ. Tarifs : À partir de 16,50E Réservations : au Guichet ou par tel au 05.56.20.13.20

 

 

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CRITIQUE CD événement. Agostino Steffani : Orlando generoso, Gabriel Díaz, Hélène Walter, Morten Grove Frandsen, Natalia Kawalek, Shira Patchornik, Sreten Manojlovic, Terry Wey, Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger (direction) — 3 cd Prospero août 2025

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Hier découvert par Cecilia Bartoli, dans un cd spectaculaire et entièrement dédié au compositeur espion — « Mission« , album événement édité en 2012 (1), Agostino Steffani (1654 – 1728) affirme un tempérament captivant pour l’opéra, alliant sensualité et dramatisme, science des contraste et élégance mélodique ; soit Haendel et Lully fusionnés dans une langue raffinée, dramatiquement souple. Son unique opéra buffa « Orlando generoso », ainsi opportunément ressuscité confirme le bien fondé de l’Ensemble 1700 et de sa cheffe fondatrice Dorothee Oberlinger qui en réalisaient la (re)création au dernier festival Baroque de Postdam (été 2025).

 

 

 

 

L’agilité du continuo et sa verve continue s’affirment dès le premier air d’Atlante (5) auquel succède immédiatement le duo langoureux et rêveur du seul couple légitime de l’action : Bradamante / Ruggiero (7), un duetto qui du reste semble s’abreuver (sans la dénaturer) à la source pure vénitienne, celle de Cavalli principalement.
La figure de Bradamante, soprano loyal, inspirée par un indéfectible amour pour son époux Ruggiero est mis en-avant à travers ses deux airs successifs, développés, riches, dramatiquement denses, en particulier après le premier sur un air de danse obstinée, le second, admirable et introspectif (« S’ho perduto ogni moi bene »), exprimant le sentiment douloureux de la perte (avec flute enchanteresse) ; la soprano requise Shira Patchornik déploie un timbre cristallin, ample, rond, très juste, proche de la solitude grave voire sombre de son personnage. Même sureté vocale et bel aplomb dramatique pour l’Orlando du contre ténor bernois Terry Wey : voix futée, agile, intense dans la langueur suspendue (ainsi que l’affirme son air « troppo foste, incante luci », qui conclut le cd2)

Ainsi s’affirme tout l’ouvrage, d’un raffinement sensuel, drôlatique et sous son masque buffon, d’une tendresse directe. D’autant que la distribution dramatiquement très impliquée comme nuancée, incarne chaque protagoniste avec une indiscutable intensité.
Les instrumentistes éclairent toute l’élégance dansante d’une partition qui se souvient de Lully et du grand art français et qui sait ménager le flux dramatique continu en le jalonnant de « pauses » purement instrumentales : menuet du I, préparant au chant de Medoro et Angelica… ; sinfonia et passe-pied en rondeau concluant le I… sans omettre le très subtile final, la Chaconne conclusive (sur le motif d’Enrico Leone, arrangé par Olga Watts). Même sureté vocale et bel aplomb dramatique pour l’Orlando du contre ténor bernois Terry Wey : voix futée, agile, intense dans la langueur suspendue (ainsi que l’affirme son air « troppo foste, incante luci », qui conclut le cd2).

Dans ce labyrinthe d’illusions et d’enchantements mortifères, où règne la fausse magie d’Angélica sur les chevaliers dont surtout Ruggiero, se distingue au cœur du noeud dramatique, le grand duetto de l’acte II (CD2-10 : « Se t’ecclissi, o bella face …») où les deux voix sont tendrement accompagnées par l’alliance enivrée du violon, du basson et de la harpe pour la sirène ; par le hautbois pour Ruggiero envoûté (incarnation palpitante du contre-ténor Morten Grove Frandsen) ; moment d’hypnose vocale, suspendue, qui manifeste l’emprise lascive d’Angelica sur Ruggiero. Le soprano fluide d’Hélène Walter affirme la toute puissance sensuelle de la magicienne, maîtresse des coeurs. Un moment extatique d’autant plus langoureux qu’il contraste très fortement avec le court duetto qui suit entre Bradamante et Ruggiero.

Ce duetto trouve son dénuement dans celui de l’acte III (« Mi condamna a nuova pena »). Orchestre somptueux, délicieusement bondissant et suggestif, plateau de solistes impeccables, idéalement engagés, chacun caractérisant avec finesse son personnage… la (re)création de cet Orlando Generoso est une véritable révélation, la confirmation qui suit la découverte de Cecilia Bartoli dans son cd premier, visionnaire. Dorothee Oberlinger poursuit un parcours sans faute, dans ce nouvel opéra inconnu, aussi passionnant et convaincant que son précédent : le tout aussi captivant « Adriano in Siria » de Carl Heinich Graun (parution juin 2025, également élu « CLIC de classiquenews » / lire notre critique ici : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-graun-adriano-in-siria-1746-valer-sabadus-bruno-de-sa-roberta-mamelli-ensemble-1700-dorothee-oberlinger-3-cd-dhm-deutsche-harmonia-lundi/ )…

 

(1) — en 2012, paraissait le cd événement de Cecilia Bartoli qui ressuscitait alors la musique d’Agostino Steffani, sous la titre « MISSION » : https://www.classiquenews.com/cecilia-bartoli-mission-agostino-steffani1-cd-decca/

 

 

 

 

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CRITIQUE CD événement. Agostino Steffani : Orlando generoso – 3 cd Prospero / enregistré live au Musikfestspiele Potsdam août 2025 — Parution sept 2026. Avec Gabriel Díaz, Hélène Walter, Morten Grove Frandsen, Natalia Kawalek, Shira Patchornik, Sreten Manojlovic, Terry Wey, Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger (direction). CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026
Digibook, 44 pages booklet
EAN/UPC: 4262353971123
Product Number: PROSP0146

 

 

LIRE nos autres articles Ensemble 1700 / Dorothee Oberlinger sur classiquenews :
https://www.classiquenews.com/?s=oberlinger
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur Prospero : https://prospero-classical.com/album/dorothee-oberlinger-ensemble-1700-steffani-orlando-generoso/

 

 

 

 

 

VIDÉO

Orlando generoso, Act I: Per brevi momenti (Angelica / Hélène Walter)

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27èmes Rencontres Musicales Proquartet : 6 rdv du 18 au 27 septembre 2026. Quatuors Galilée, Citadelle, Dahlia…

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Chaque mois de septembre paraissent les Rencontres musicales Proquartet. Avec comme emblèmes la jeunesse et le territoire [77, Seine et Marne], un cheminement porteur de découvertes et de partage rayonnant depuis presque 30 ans… Le Centre européen de musique de chambre démontre à nouveau sa créativité pour le rayonnement du quatuor auprès du public le plus large.

 

 

La découverte des œuvres de musique de chambre permet aussi celle des hauts lieux comme des sites naturels départementaux. Ce rendez-vous annuel se tient le temps de deux week-ends en septembre dans les lieux patrimoniaux du sud du département de la Seine-et-Marne.

Tous les concerts et rendez-vous sont gratuits, et nombreux sont ceux en plein air, pour une écoute en harmonie avec l’environnement.

Avec la complicité des ensembles
Quatuor Galilée*
Quatuor Citadelle*
Quatuor Dahlia*
Quatuor Våren*
Quartet Kairi*
Quartett Hana*

 

27èmes Rencontres musicales en Seine-et-Marne : 6 rvs incontournables les 18, 19 & 20 et les 25, 26 & 27 septembre 2026 — Plus d’infos sur le site de Proquartet : https://proquartet.fr/

 

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PORTUGAL. 6e édition du BRAGANCA CLASSICFEST. Du 12 septembre au 15 décembre. Orchestre de Chambre de Budapest, Virtuosi del Teatro alla Scala de Milan, Schostakovich Ensemble, Mario Hossen, Filipe Pinto-Ribeiro, Esther Hoppe, Christian Poltéra…

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Le 6e Bragança ClassicFest s’étend à l’Espagne, lance le Bragança ClassicLab et accueille en première au Portugal l’Orchestre Virtuosi del Teatro alla Scala de Milan, mais aussi l’Orchestre de Chambre de Budapest, le Schostakovich Ensemble, et des artistes de la trempe de Mario Hossen, Philippe Graffin, Claudio Bohórquez, Filipe Pinto-Ribeiro, Esther Hoppe et Christian Poltéra…

 

Du 12 septembre au 15 décembre 2026, la superbe ville médiévale de Bragança s’affirme à nouveau comme une scène de référence pour la musique classique au Portugal. Sous la direction artistique de Filipe Pinto-Ribeiro, le Festival propose une programmation d’envergure internationale réunissant des interprètes, ensembles et orchestres européens prestigieux, favorisant la rencontre entre artistes confirmés et jeunes talents et rapprochant la musique de publics toujours plus larges et diversifiés.

Après cinq éditions marquées par l’excellence artistique et une reconnaissance croissante, le ClassicFest franchit en 2026 une nouvelle étape dans son internationalisation avec l’extension de sa programmation à l’Espagne, tout en approfondissant sa dimension éducative grâce à la création du Bragança ClassicLab, nouvelle plateforme dédiée à la création artistique, à la formation, à la recherche et à la médiation culturelle.

 

De Bragança à Zamora

L’édition débute le 12 septembre à 18h, à l’église São Francisco, à Bragança, avec un concert de présentation du Juventus Ensemble. Le lendemain, 13 septembre à 20h, le même programme est présenté au Teatro Principal de Zamora, marquant le début d’un nouveau partenariat transfrontalier et renforçant la coopération culturelle entre le Portugal et l’Espagne. Le quintette réunit les jeunes musiciens Telmo Costa (clarinette), Arieta Liatsi et Alfonso Pinto-Ribeiro (violons), Gustavo Rebelo (alto) et Sofía Torres Durán (violoncelle), de nationalités portugaise, grecque et espagnole, dans un programme consacré à Haydn et Mozart.

L’Orchestre Virtuosi del Teatro alla Scala de Milan fait ses débuts au Portugal

La programmation principale s’ouvre au Teatro Municipal de Bragança, alma mater du Festival, avec l’un des grands temps forts de cette édition : les débuts au Portugal de l’Orchestre Virtuosi del Teatro alla Scala de Milan, formation composée d’éminents musiciens de l’Orchestre du Teatro alla Scala et de la Filarmonica della Scala de Milan. Les 26 septembre à 21h et 27 septembre à 17h, l’orchestre, dirigé du violon par le violoniste austro-bulgare Mario Hossen, présente deux programmes consacrés à la musique italienne, mettant en regard Les Quatre Saisons de Vivaldi et des pages virtuoses de Paganini. À l’occasion de la Journée mondiale de la musique, le 1er octobre à 21h, l’église São Francisco accueille O Bando de Surunyo dans un programme consacré à la Musique et à la Poésie du Siècle d’or ibérique

Une constellation pour Le Carnaval des animaux

Le 3 octobre à 21h, au Teatro Municipal de Bragança, l’un des projets les plus singuliers de cette édition réunit la fameuse actresse portugaise Maria Rueff et le DSCH Schostakovich Ensemble, composé de musiciens de renommée internationale – parmi lesquels Philippe Graffin, Claudio Bohórquez, Filipe Pinto-Ribeiro et Thorsten Johanns – dans une nouvelle version du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, avec des textes de Francis Blanche. Musique, humour et théâtre se rencontrent dans un spectacle conçu pour des publics de toutes les générations.

La musique quitte ensuite les salles de concert : le 4 octobre à 17h, à l’Anfiteatro do Polis, le quintette de cuivres 100 Caminhos présente A Arte dos Metais, lors d’un concert en plein air. Le 9 octobre à 21h, à l’église Santa Maria, Filipe Pinto-Ribeiro présente Liszt, le Virtuose, un récital de piano entièrement consacré à l’œuvre de Franz Liszt. La programmation principale s’achève le 10 octobre à 21h, au Teatro Municipal de Bragança, avec Fulgor Húngaro, interprété par l’Orchestre de Chambre de Budapest, dans une célébration du riche héritage musical de la Hongrie.

 

Naissance du Bragança ClassicLab

L’édition 2026 marque également la naissance du Bragança ClassicLab, une nouvelle plateforme qui prolonge l’activité du Festival à travers la création, la formation, la recherche et la médiation culturelle, en intégrant résidences artistiques, masterclasses, répétitions ouvertes au public, projets éducatifs et croisements interdisciplinaires. La première édition se déroule en décembre. Le 14 décembre, le Conservatório de Música e Dança de Bragança et le Teatro Municipal accueillent des masterclasses et une résidence artistique avec Esther Hoppe (violon), Lars Anders Tomter (alto), Christian Poltéra (violoncelle), Tiago Pinto-Ribeiro (contrebasse) et Filipe Pinto-Ribeiro (piano), professeurs dans des institutions telles que l’Université Mozarteum de Salzbourg, l’Académie norvégienne de musique d’Oslo, la Haute École de Lucerne et l’Université d’Aveiro.

La 6e édition s’achèvera le 15 décembre à 21h, au Teatro Municipal de Bragança, avec Un Concert de Noël, un projet de Musique et Littérature qui met en dialogue des œuvres de Franz Schubert et Antonín Dvořák avec Un chant de Noëld e Charles Dickens. Le concert est précédé d’une répétition ouverte au public.

 

Excellence, patrimoine, formation et nouveaux publics

Créé en 2021, le Bragança ClassicFest a développé une identité propre, conjuguant excellence artistique, internationalisation, valorisation du patrimoine et forte dimension pédagogique et de développement des publics. En 2026, la coopération avec Zamora et la naissance du Bragança ClassicLab approfondissent cette vocation, tout en renforçant les dimensions internationale, éducative et territoriale du Festival.

Le Bragança ClassicFest est organisé par la Municipalité de Bragança, le Teatro Municipal de Bragança et DSCH – Associação Musical, sous la direction artistique de Filipe Pinto-Ribeiro.

 

 

 

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La programmation détaillée, les horaires et les informations concernant la billetterie sont disponibles sur le site officiel du Festival : classicfest.pt

 

 

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