dimanche 11 octobre 2026
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STREAMING opéra. Alessandro SCARLATTI : Il Trionfo dell’Onore, ven 18 sept 2026 [La Fenice, mars 2025] – Direction musicale : Enrico Onofri Mise en scène : Stefano Vizioli

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Buffa mordant, séducteur d’Alessandro Scarlatti... Charmant mais sans scrupules, Riccardo courtise les femmes tout en n’assumant rien des conséquences. Sa dernière conquête, Leonora, se retrouve mêlée aux intrigues de son frère Ercole et de la vertueuse Rosina. Les tromperies de Riccardo sont révélées les unes après les autres et il est contraint d’honorer ses engagements. Pour autant le libertin notoire a-t-il droit à la rédemption ? L’opéra d’Alessandro Scarlatti préfigure ce que sera, à la fin du siècle, Don Giovanni d’un certain Mozart…

 

Créé le 26 novembre 1718 à Naples au Teatro dei Fiorentini, Il trionfo dell’onore est la seule comédie connue d’Alessandro Scarlatti. Premier modèle de l’opéra buffa, l’œuvre tient l’affiche de la Fenice en mars 2025… Elle présente une structure dramaturgique et musicale cohérente, avec pas moins de 4 couples. Scarlatti jongle avec une série de morceaux d’ensemble, dont le point culminant est le superbe concertato de la fin du deuxième acte. La mise en scène de Stefano Vizioli, réalisée avec l’artiste pop Ugo Nespolo, est une explosion de formes colorées et d’images de bande dessinée, un mélange réussi de commedia dell’arte et de slapstick. L’excellente distribution électrise le rythme d’une grande variété d’arias, de duos et de quatuors, au service d’un pathos affligé comme d’un humour impertinent.

 

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Teatro La Fenice
Alessandro SCARLATTI : Il trionfo dell’onore
Naples, 1718
DIFFUSION le 18 sept 2026 à 19h CET
Disponible jusqu’au18.03.2027 à 12h CET
Enregistré le 15 mars 2025
VOIR :
https://operavision.eu/fr/performance/il-trionfo-dellonore
Chanté en italien
Sous-titres en anglais, allemand, français, japonais

 

 

Distribution

Riccardo Albenori : Giulia Bolcato
Leonora Dorini : Rosa Bove
Erminio Dorini : Raffaele Pe
Doralice Rossetti : Francesca Lombardi Mazzulli
Flaminio Castravacca : Dave Monaco
Cornelia Buffacci : Luca Cervoni
Rosina Caruccia : Giuseppina Bridelli
Capitano Rodimarte Bombarda : Tommaso Barea

Orchestra del Teatro La Fenice

 

Musique : Alessandro Scarlatti
Livret : Francesco Antonio Tullio
Direction musicale : Enrico Onofri
Mise en scène : Stefano Vizioli

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OPÉRA DE LILLE. HAENDEL : Alcina (nouvelle production), du 6 au 17 oct 2026. Karine Deshayes, Adèle Charvet, Jasmin White… Ewelina Marciniak / Emmanuelle Haïm

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NOUVELLE PRODUCTION événement … Construite en « constellations », chacune aux couleurs de chaque saison, la première série d’événements musicaux à L’Opéra de Lille met à l’honneur l’opéra baroque ; c’est l’un des chefs d’œuvre de Haendel, ALCINA, qui occupe le cœur de la constellation d’automne. Sous la direction d’Emmanuelle Haïm, c’est moins la puissance de la magicienne que sa solitude amoureuse et même son impuissance qui enrichissent chez Haendel, un remarquable portrait de femme : un être fragile et inquiet, ce malgré le spectacle de sa plénitude heureuse voire voluptueuse, au début de l’opéra, alors souveraine soumettant le beau Ruggiero à ses plaisirs sensuels…

 

 

 

Portrait de femme

L’œuvre est d’autant plus bouleversante que c’est l’ouvrage d’un Haendel mûr, maître de son art et qui propose depuis 20 ans à Londres, les vertiges de l’opéra seria italien. Un genre qui même très codifié, emprunte grâce au génie haendélien, une souplesse et une profondeur musicale, psychologique inédite. La succession parfois sèche arias / recitativos se brouille et les mouvements entre épisodes d’action (recitativos) et exposition des sentiments (arias) fusionnent indistinctement. Ainsi la place du récitatif accompagné, tel le sublime « Ombre pallide », où Alcina démuni, détruite, «  invoque les esprits des ombres afin qu’ils lui viennent en aide, tout ce qui constituait jusque-là le matériau musical semble se dissoudre.
On entre alors dans une forme d’errance qui nous fait quitter le cadre traditionnel de l’air », précise avec justesse Emmanuelle Haïm. Et pour mieux souligner le relief voluptueux, lascif d’Alcina, Haendel redessine le profil de Bradamante, l’épouse de Ruggiero, dont il fait à l’inverse, la figure de la fidélité combattive : Bradamante recherche Ruggiero sans hésiter. Coûte que coûte. De son côté Ruggiero, chanté à la création par le castrat Carestini, semble engourdi, cotonneux, moins volontaire, comme envoûté par la Sorcière amoureuse ; puis, comme réveillé d’un songe qui l’illusionnait, le chevalier condamne les plaisirs de l’île enchantée (« Verdi prati »)…
Dans le rôle titre, l’Opéra de Lille retrouve Karine Deshayes (qui avait chanté  dans Tamerlano pour la réouverture de la maison lilloise en 2004) et autour d’elle, une distribution de jeunes chanteurs venus de France, d’Afrique du Sud et d’Arménie, avec lesquels la cheffe Emmanuelle Haïm a conçu chaque reprise des da capo, selon leur identité vocale respective. — LIRE l’intégralité de l’entretien avec Emmanuelle Haïm : « la solitude des magiciennes »,  sur le site de l’Opéra de Lille : https://www.opera-lille.fr/magazine/la-solitude-des-magiciennes/

 

 

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HAENDEL : Alcina à l’Opéra de Lille
6 représentations

Mardi 6 octobre19h30
Jeudi 8 octobre19h30
Dimanche 11 octobre16h
Mardi 13 octobre19h30
Jeudi 15 octobre19h30
Samedi 17 octobre18h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Lille :
https://www.opera-lille.fr/spectacle/alcina/
Durée : +/- 3h30 entracte compris
Chanté en italien
Surtitré en français et en anglais
Tarif A : 77 €|56 €|36 €|14 €|6 €

 

ALCINA
Opéra de Georg Friedrich Händel (1685-1759)
Livret de Riccardo Broschi d’après Orlando furioso de L’Arioste
Créé en 1735 à Londres
Avec
Karine Deshayes : Alcina
Adèle Charvet : Ruggiero
Jasmin White : Bradamante
Josh Lovell : Oronte
Lilit Davtyan : Morgana
Camille Chopin : Oberto
Ashley Riches : Melisso
Danseurs
Warren Anicet-Siger, Yohann Baran, Camerone Bida, Florie Laroche, Hartmut Reichel
Le Concert d’Astrée
Direction musicale : Emmanuelle Haïm
Mise en scène : Ewelina Marciniak
Scénographie et costumes : Natalia Mieczak
Lumières : Monika Stolarska
Chorégraphie : Mikolaj Karczewski
Assistante mise en scène : Lea Theus
Dramaturgie : Miron Hakenbeck
Nouvelle production de l’Opéra de Lille

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ABBAYE DE ROYAUMONT. « Post Tenebras » par l’Ensemble IRINI, dim 4 oct 2026. Giovanni Gabrieli, Polyphonies byzantines…

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Dans l’écrin historique de l’Abbaye de Royaumont (Asnières-sur-Oise, Val-d’Oise), l’Ensemble Irini, dirigé par Lila Hajosi, présente dimanche 4 octobre 2026 (15h30), un programme enivrant, inspiré, hautement spirituel : « Post Tenebras » est une fusion musicale réunissant seize chanteurs et quatre cuivres. Le choix des partitions fait dialoguer les polyphonies occidentales de Giovanni Gabrieli avec les chants byzantins du tournant du XVIIe siècle. Ce concert s’inscrit dans le thème « Héritage en lumière », où les œuvres du passé éclairent le présent.

 

Au programme la splendeur chorale de la fin de la Renaissance, à Venise et sur les bords de la mer Noire. Pourtant frappée par la peste noire en 1575, Venise qui semble à terre, renaît. Les signes en sont offerts par les peintres dont la fin du XVIème marque un âge d’or : si Titien a succombé à la « mort noire », ses contemporains et « rivaux », Tintoret et Paul Véronèse survivent ; ils font crépiter leurs couleurs sur les murs du palais des Doges. En musique, c’est Giovanni Gabrieli s’affirme royalement : il conçoit pour la basilique Saint-Marc, des hymnes à la Vierge dont l’ampleur prend en compte l’architecture basilicale ; sous les coupoles d’or, les sons circulent d’une aile à l’autre. Triomphe : le compositeur devient l’un des plus célèbres de cette époque qui préfigure l’ère baroque.

A l’est, la Culture byzantine connaît une renaissance comparable. La capitale de l’Empire romain d’Orient (actuelle Istanbul) est conquise par les Ottomans en 1453. Muselés et voués à l’oubli, les chants de chrétiens imprégnés de la sagesse grecque, comme le mythique Saint Jean Coucouzèle (« Koukouzelis » sur les bords de la mer Egée).
Le renouveau vient un siècle plus tard, au 16ème siècle, de la communauté monastique du mont Athos (Nord-est de la Grèce), et notamment du méconnu Constantinos d’Aghialos. Avec l’aide du chercheur Euvgeny Skurat, l’ensemble Irini a retrouvé ces partitions à la Bibliothèque nationale de Grèce, dans la bibliothèque du Vatican et celle d’un monastère du Sinaï. Le chœur les fait dialoguer avec les œuvres de Gabrieli.

La jeune cheffe Lila Hajosi déploie énergie et inventivité pour reconstituer la splendeur de cette Renaissance tardive. Son chœur se dédouble et quatre instruments à vent de l’époque – des sacqueboutes, les ancêtres des trombones – ajoutent les notes graves au son d’ensemble. Le résultat est saisissant. « Post tenebras, spero lucem » (« Après les ténèbres, j’espère la lumière ») clame Job dans la Bible. En exhumant ces airs anciens, en les mettant à nouveau en lumière, Irini célèbre les forces de la Renaissance. Le chant choral, comme indice d’un renouvellement salutaire.

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Post tenebras : la renaissance par la musique
Ensemble Irini, Lila Hajosi
Dimanche 4 octobre 2026, 15h30
Œuvres de Giovanni Gabrieli et musiques byzantines pour double chœur et sacqueboutes
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Abbaye de Royaumont : https://www.royaumont.com/evenement/post-tenebras-la-renaissance-par-la-musique/
Durée : 1h10 | Tout public

 

Ensemble Irini :
Clémence Faber, Lucile Bailly Gourevitch, Sarah Lefeuvre, Chloé Roussel : mezzo-sopranos
Guillaume Ribler, Sarah Verrees, Ariane Le Fournis, Arnaud Gluck : altos

Olivier Merlin, Antoine Ageorges, Noé Rollet, Damien Riviére : ténors
Jean-Marc Vié, Xavier Bazoge, Stéphane Imboden, Benjamin Locher : basses

Sandie Griot, Solveig Rousse, Olivier Dubois, Lucas Perruchon : sacqueboutes
Lila Hajosi : direction et conception

 

Votre journée du 4 octobre à l’Abbaye de Royaumont
Le programme de votre dimanche
* Toute la journée | Bar-salon de thé
* 11h | le brunch
* 11h30, 14h, 15h30 | visite guidée
* 14h | Rencontre
* 15h30 | Post tenebras : la renaissance par la musique

 

VIDÉO
POST TENEBRAS – Angelus Domini Descendit – G. Gabrieli / IRINI
Enregistré et filmé le 26 avril 2025 au Temple du Saint Esprit, Paris, France.

 

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CRITIQUE CD événement. Anthony Hopkins : Life is a dream. Oeuvres pour orchestre, Sergio Tiempo, Gregorio Nieto – The Bach Choir – Winchester Cathedral Choir – Philharmonia Orchestra, Gustavo Dudamel (1 CD DECCA Classics)

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12 morceaux, 12 séquences qui pourraient devenir des courts métrages, situations et personnages précisément évoqués dans le raffinement d’une orchestration généreuse et élégantissime. Le compositeur confessant lui-même un lien évident entre inspiration orchestrale et cinéma… ses visions sonores ayant été en l’occurrence directement inspirées par ses propres expériences et sensations comme spectateur ou comme acteur. Ainsi la Marche initiale (« Fanfare and March ») s’inspire directement des musiques de film des années 1940 et 1950 (les brass bands, à la fois militaires et dans l’esprit d’une parade festive qui s’achève, comme l’hymne écossais « My fatherland », en une jubilation)… ou « Farewell my love » qui déroule son nuage orchestral prolongeant en partie la nouvelle italienne de Stanley Myers qui a inspiré « Divorce Him – Divorce Hers » film réunissant Richard Burton et Elizabeth Taylor.

 

 

La diversité des atmosphères indique une imagination débordante et très détaillée (les détracteurs parleront de débordements pompiers) ; indiscutablement, le compositeur imagine en réalisateur et vidéaste, chaque partition entendue comme saynète : rythmes trépidants et mambos, cordes déchaînées à l’avenant (référence, hommage à Charlie Chaplin), dans « The Plaza » celle du cinéma de Talbot, d’esprit Art déco ; ambiance chamarrée et très contrastée du « Cirque » / Circus (avec lions, éléphants, acrobates… et toujours le piano au centre de la partition), fixant un souvenir vécu sous le chapiteau avec son grand-père… ; plus récent (2004), le rêve amoureux d’une exquise tendresse écrit en hommage à l’épouse (Stella, d’où son titre) « Stella Aria », originellement pour guitare, ici pour orchestre et violoncelle solo (auquel la clarinette apporte sa couleur si voluptueuse comme un double constant, d’une inaltérable poésie tendre) ; hommage affectueux prolongé comme en diptyque par « Tara », second volet tout aussi tendre composé pour sa nièce en 2026 (en forme de berceuse)… et qui se souvient des frémissements ravéliens de Daphnis (référence à une aube naissante)…

Récentes compositions, soulignons la texture dramatique des 2 pièces pour orchestre et chœur de 2024 (« The Eagle », « Samsara »), inspirées du roman exotique de Somerset Maugham (« Appointment in Samsara »), flamboyante évocation d’un Orient fantastique et tragique dont l’écriture d’Hopkins sait exprimer le souffle cinématographique avec une acuité … homérique (dans sa gravité noble)… suggérant propre aux philosophies indiennes, le cycle de la vie et de la mort, de l’extinction et de la renaissance, dans le sentiment d’une acceptation sereine. Un message de compositeur lui-même parvenu à l’âge de sagesse et de recul ?

Avouons autant par la finesse du geste interprétatif que l’élégance encore de l’écriture, notre préférence pour la valse « And the waltz goes on », fusion de Chostakovitch et du meilleur Strauss (Josef et Johann), composée à Liverpool en 1963 et révélée grâce à l’entremise de son épouse Stella et … André Rieu : « The piece represents the rhapsody of life that we dance to eternity »… selon les propres mots du compositeur. Même justesse et finesse de l’inspiration pour « Margam » écrit pour son propre film « August » en 1996 – adaptation d’Oncle Vania de Tchekov, transposé dans les paysages et l’ambiance du Pays de Galles au début du XXème siècle. Grave et noble, la pièce orchestrale avec piano concertant, est aussi un hommage à ses parents, à de nombreux souvenirs d’enfance passés auprès de ses grands-parents…

C’est aussi, remarquable réussite du cd, la très subtile référence à Elgar (mouvement lent de sa première symphonie dans le nostalgique et swinguant « Bracken Road », d’un velours nostalgique et là encore d’une forme sensuelle, instrumentalement très raffinée (en particulier pour clarinette, piano, cordes…) – l’écriture tend à fixer le souvenir d’une valse ancienne, d’une élégance toute anglaise (trompette bouchée au lointain)… le métier orchestral et compositionel est indiscutable. Il révèle mieux qu’une simple maîtrise : il dévoile tout un imaginaire et une grande sensibilité qui voit et écoute à 360 degrés et en CinémaScope.

 

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CRITIQUE CD événement. Anthony Hopkins : Life is a dream : œuvres pour orchestre, Sergio Tiempo, Gregorio Nieto – The Bach Choir · Winchester Cathedral Choir – Philharmonia Orchestra, Gustavo Dudamel (1 CD DECCA classics) – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur DECCA classics : https://store.deccaclassics.com/products/life-is-a-dream-cd?srsltid=AfmBOoqQ4oUFBNOJxODy2qO6sz2uLa1IUHj1cEaNMSe1Cr6ULJJgXIGy

 

 

track listing / programme :
1. Fanfare and March
2. Farewell My Love
3. And The Waltz Goes On
4. My Fatherland
5. Margam
6. 1947 Suite – I. Circus
7. 1947 Suite – II. Bracken Road
8. 1947 Suite – III. The Plaza
9. Stella Aria
10. Taa
11. Two Pieces for Orchestra – I. Samsara
12. Two Pieces for Orchestra – II. The Eagle

 

 

présentation

LIRE aussi notre présentation du cd LIFE IS A DREAM / Anthony Hopkins – 1 cd Decca classics : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-sir-anthony-hopkins-life-is-a-dream-oeuvres-pour-orchestre-philharmonia-orchestra-gustavo-dudamel-direction-1-cd-decca-classics/

RÉVÉLATION… L’éditeur DECCA regroupe dans cet album événement, les compositions de l’acteur britannique devenu légendaire, Sir Antony Hopkins, conçues depuis les 60 dernières années, alors que jeune acteur, il hésitait encore à persévérer comme compositeur ; les pièces dévoilées sont jouées par le Philharmonia Orchestra sous la direction du chef vénézuélien Gustavo Dudamel (et la complicités de deux solistes : Sergio Tiempo, piano et Gregorio Nieto, violoncelle). L’acteur compositeur dévoile un réel talent pour l’écriture orchestrale, s’inspirant de sa terre galloise natale et aussi de sa (très) riche expérience cinématographique : vaste source inspirante qui produit une multitude d’atmosphères idéalement élaborées.

 

CD événement, annonce. Sir Anthony Hopkins : Life is a dream – oeuvres pour orchestre. Philharmonia Orchestra, Gustavo Dudamel, direction (1 cd Decca classics)

 

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OPÉRA DE RENNES. MASSENET : Werther, les 3, 5, 7, 9 et 11 octobre 2026. Julien Behr, Lucie Peyramaure… Ted Huffman / Chloé Dufresne

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Pour son premier ouvrage lyrique de la nouvelle saison 2026 – 2027, l’Opéra de Rennes aborde, aux côtés de l’Orchestre national de Bretagne et de la Maîtrise de Bretagne, Werther de Jules Massenet, drame majeur de l’opéra romantique français. Tourments amoureux, passion et romantisme, … tout est réuni pour vivre une soirée d’une rare intensité… amoureuse et tragique.

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Illustration Saison 2026-2027 : © Stéphane Jamet

 

 

Âme romantique, éprise d’absolu, le jeune Werther s’éprend de Charlotte, pourtant fiancée à Albert. Charlotte et Werther s’éloignent mais la distance n’y fait rien : ce dernier ne voit pas d’autre issue à leur impossible amour que la mort.

La production créée à l’Opéra-Comique en janvier 2026, est mise en scène par Ted Huffman :  « direction d’acteur ciselée » et « théâtre de l’épure » éclairent la vérité des sentiments comme la complexité psychologique des personnages qui s’avèrent bouleversants. A Rennes, une prometteuse distribution de jeunes artistes français accrédite cette nouvelle production : Julien Behr (Werther), Lucie Peyramaure (Charlotte), … sous la direction de la cheffe Chloé Dufresne.

 

 

WERTHER de Jules Massenet
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Nouvelle Production
Production créée en janvier 2026 à l’Opéra-Comique
5 représentations
Samedi 3 octobre 2026, 18h
Lundi 5 octobre 2026, 20h
Mercredi 7 octobre 2026, 20h
Vendredi 9 octobre 2026, 20h
Dimanche 11 octobre 2026, 16h
Réservez vos places directement sur le site de l’Opéra de Rennes : https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/werther

 

 

distribution
Julien Behr, Lucie Peyramaure, Anas Séguin, Manon Lamaison, Benoit-Joseph Maier, Florent Karrer, Marc Scoffoni, Mathilde Pajot, Ismaël El Mechrafi
Chloé Dufresne, direction musicale
Ted Huffman, mise en scène et scénographie
Orchestre national de Bretagne (direction : Nicolas Ellis)
Solistes de la Maîtrise de Bretagne (direction : Maud Hamon-Loisance)

Durée 2h40 environ entracte compris | Dès 12 ans
Tarifs de 5 à 65 €
Opéra chanté et surtitré en français

 

 

 

COPRODUCTION
Théâtre national de l’Opéra-Comique, Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra
AUTOUR DU SPECTACLE
Répétition publique vendredi 18 septembre à 17h30

 

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CRITIQUE, concert. BÂLE, Stadtcasino, le 2 septembre 2026. MAHLER : 5ème Symphonie. Basel Sinfonieorchester, Markus Poschner (direction)

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Dans la cité helvétique au bord du Rhin, le Basel Sinfonieorchester s’est lancé dans un marathon des Symphonies de Gustav Mahler lancé la dernière saison. Pour l’étape du 2 septembre, le maestro Markus Poschner a dirigé la plus célèbre d’entre elles, la 5ème ! Une soirée stürmisch (orageuse), où les murs du Stadtcasino ont tremblé, avant que le public ne retienne son souffle durant le célèbre «Adagietto» (4ème mouvement). La série se poursuit fin février, avec la Symphonie n°1 «Titan», toujours à Bâle, et l’ensemble sera gravé et diffusé sur la Radio-Télévision Suisse (RTS et SRF).

 

Ambiance de grand soir à Bâle, ce 2 septembre. Beaucoup de monde en salle et sur scène, dans le Stadtcasino qui a notamment accueilli en 1897 le premier congrès sioniste mondial, présidé par Theodor Herzl. Hasard ou non, le compositeur à l’honneur ce soir-là, Gustav Mahler, a énormément souffert de l’antisémitisme à Vienne, au point de lui coûter sa place à la tête de la Hofoper, en 1907. Dans ce bâtiment belle époque, le public – venu en nombre – profite des généreux foyers réalisés par le duo d’architectes stars Herzog & De Meuron, inauguré en 2020, dont les velours et damas rouges réalisés en France s’inspirent des loges de l’Opéra Garnier.

Place à la musique. Sur scène, le trompettiste solo Huw Morgan lance, seul, éclatant, avec une insolente maîtrise les premières notes de cette symphonie monstre. Il faut souligner les nerfs d’acier du musicien. La première tempête orchestrale passée, les cordes instillent leurs traits gracieux dans la salle, les huit contrebasses trônant au fond. Le mouvement se termine avec le thème initial, chuchoté, frappé d’un coup sec des cordes pincées. « Zigarette » a tonné Leonard Bernstein pour annoncer la pause, dans un fameux enregistrement de répétitions avec les Wiener Philharmoniker. On doit au maestro d’avoir remis Mahler sur le devant de la scène dans les années 70.

« Orageux, avec véhémence », tel est l’esprit voulu par le compositeur dans le deuxième mouvement, où les bois répondent aux violoncelles et alto, dont on pourrait regretter une carence de vibrato. La fin contraste en douceur, avec un dialogue entre la flûte traversière (Julia Morgan) et le violon solo (Axel Schacher). Les cors attaquent brillamment le Scherzo à trois temps, les cordes se cherchent et se taquinent avec espièglerie avant d’offrir des pages déchirantes dans la complainte du cor solo Alessandro Viotti, un peu fébrile peut-être parce, s’agissant de sa première avec l’orchestre bâlois.

 

 

Le mouvement terminé en apothéose de cuivres et percussions, le chef Markus Poschner instille une respiration de presque deux minutes, avant d’entamer dans un infinitésimal pianissimo l’Adagietto, devenu superstar dans La Mort à Venise, de Visconti, d’après le roman de Thomas Mann, entre passion déplacée et lagune empestée. Le public retient son souffle, les cordes règnent, déroulant leurs lignes méditatives, intérieures, profondes, les larmes coulent sur plusieurs visages. Le vibrato est à plein, les altos se font doux-amer, la harpe convoque l’aube, les violons sont des trésors d’expressivité. La salle atteint un niveau de communion intense mais pudique, on est en terres protestantes. Le mouvement terminé, on sent le public sonné, qui a besoin de retrouver ses esprits.

Le cor solo reprend la main, initiant le « Rondo finale », suivi notamment du hautbois (Marc Lachat). Alternant phases dansantes, rythmiques, le mouvement inclut plusieurs clins d’œil à l’Adagietto. Mahler se joue du public, proposant un crescendo qui retombe comme un soufflé raté. Avec d’amples coups d’archet, les cordes luttent face aux cuivres et percussions. L’orchestre et le chef dialoguent, se cherchent, avec une forte cohérence mais de manière détendue, après plus d’une heure et demie de concert. À la ligne d’arrivée, le public en nombre applaudit debout cette performance.

 

 

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CRITIQUE, concert. BÂLE, Stadtcasino, le 2 septembre 2026. MAHLER : 5ème Symphonie. Basel Sinfonieorchester, Markus Poschner (direction). Crédit photo © Bettina Matthiessen

 

 

 

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COMPIEGNE, Théâtre Impérial, le 2 octobre 2026. CHARPENTIER : Médée. Les Épopées, Stéphane Fuget. Marie-Nicole Lemieux, Petr Nekoranec…

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Marie-Nicole Lemieux est l’héroïne de Médée, somptueuse tragédie lyrique de Marc-Antoine Charpentier, chef-d’œuvre qui couronne son travail sur la voix et déploie une richesse orchestrale exceptionnelle. Passion et vengeance, passion et déraison sont servis par une distribution réunie par Stéphane Fuget qui dirige les excellents instrumentistes de son ensemble Les Épopées. Le spectacle est d’autant plus attendu dans l’acoustique détaillé, exceptionnelle du Théâtre Impérial.

 

Marc-Antoine Charpentier dut attendre la mort de Lully pour composer son unique tragédie lyrique, Médée, créée en 1693. Un chef d’œuvre. L’histoire de la magicienne Médée suscite fuites, errances, assassinats à travers la Grèce : grâce à Médée, Jason s’empare de la Toison d’or. A Corinthe, le roi Créon propose à Jason d’épouser Créuse, afin de donner un héritier au trône. En s’emparant du mythe, Charpentier brosse le portrait d’une amoureuse éconduite et trahie sous l’emprise de la folie haineuse et destructrice : furieuse et jalouse, Médée offre à Créuse une tunique magique qui s’enflamme et incendie la ville. Elle comment surtout l’impensable de la part d’une mère en tuant les deux enfants qu’elle a eus de Jason.

Dans pareille tragédie « qui tient du ménage à trois antique, traité avec violence », Charpentier imagine une héroïne passionnée, jalouse, infanticide, … une entité singulière, à la fois humaine et monstrueuse qui utilise son art pour se venger de celui qu’elle aime mais qui l’a trahie, une femme noire et ténébreuse dans une société inféodée à la crainte, l’ambition et le mensonge.  Sur un livret de Thomas Corneille inspiré de la pièce de son frère Pierre, Charpentier conçoit une musique embrasée. Les Épopées de Stéphane Fuget et une remarquable distribution autour de Marie-Nicole Lemieux, et du jeune et prometteur ténor Petr Nekoranec, conduiront cette Médée aux sommets.

 

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MARC-ANTOINE CHARPENTIER : Médée (1693)
vendredi 2 octobre 2026, 20h
Opéra en version de concert
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Théâtre Impérial de Compiègne :
https://www.theatresdecompiegne.com/medee-631
3h15 entracte compris
De 8€ à 48€

 

 

 

distribution

Opéra de Marc-Antoine Charpentier
Livret de Thomas Corneille
Avec 
Médée : Marie-Nicole Lemieux
Jason : Petr Nekoranec
Créuse : Juliette Mey
Créonte : Frédéric Caton
L’Amour, Nérine : Camille Poul
Cléone : Claire Lefilliâtre
Oronte : Etienne Bazola

Chœur de chambre de Namur
Orchestre Les Épopées
Direction musicale : Stéphane Fuget

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CD événement, annonce. « ARCANE 17 » — Nouveau double album du guitariste Philippe Mouratoglou (2 cd Vision Fugitive)

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Disciple de Wim Hoogewerf, Roland Dyens et Pablo Márquez, le guitariste Philippe Mouratoglou ne cesse de surprendre par son exigence musicale au service de programme aussi originaux que personnels. L’autorité de l’interprète, son imaginaire, sa séduction technique, sa curiosité sans frontières convoquent souvent, et réalisent caractère, audace, défis digitaux. Après de précédents albums, déjà distingués par classiquenews (récompensés aussi par notre CLIC de Classiquenews), le nouvel album en 2 cd, intitulé « ARCANE 17 », inaugure une nouvelle aventure humaine et artistique (avec un déploiement visuel et graphique toujours aussi soigné).

 

 

 

Au programme d’ARCANE 17, plusieurs joyaux du XXe siècle à aujourd’hui ; des contemporains devenus classiques (Manuel de Falla, Frank Martin, Leo Brouwer, Tōru Takemitsu) dialoguent avec les improvisations de Philippe Mouratoglou, ainsi « autant d’«explosantes-fixes» dessinées sous l’égide bienveillante d’une lame de tarot chère au surréaliste André Breton ».
Chaque album de Philippe Mouratoglou redéfinit la place de la guitare dans l’aréopage musical ; en dévoilant des mondes infinis en liaison avec une curiosité hors normes, le guitariste renouvelle aussi le rapport de l’instrument avec le public, comme le déroulement même du concert…
Le double CD propose un voyage en guitare de 1920 à aujourd’hui, de Manuel de Falla aux rêveries improvisées, sous l’emblème de la liberté créatrice cultivée comme un art de vivre par Philippe Mouratoglou, musicien « amoureux de science » et de fantaisie…

 

 

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CD événement, annonce. PHLIPPE MOURATOGLOU, guitare : Arcane 17 — 2 CD Vision Fugitive. Pochette originale d’Emmanuel Guibert, texte de présentation de Gilles Tordjman. Sortie le 28 août 2026. – PLUS D’INFOS sur le site de Phlippe Mouratoglou : https://www.philippe-mouratoglou.com/fr/discographie/arcane-17/18
ÉCOUTER, ACHETER le cd ARCANE 17 de Philippe Mouratoglou : https://idol-io.ffm.to/arcane17

 

Prochaine critique complète sur CLASSIQUENEWS.COM

 

 

 

précédents CD de Philippe Mouratoglou sur CLASSIQUENEWS
https://www.classiquenews.com/?s=mouratoglou

CRITIQUE CD événement : LA BELLEZZA, Philippe MOURATOGLOU, guitare : Francesco Da Milano, Guilio Regondi, Mario Castelnuevo-Tedesco, Nuccio d’Angelo… (1cd Vision Fugitive)
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-la-bellezza-philippe-mouratoglou-guitare-francesco-da-milano-guilio-regondi-mario-castelnuevo-tedesco-nuccio-dangelo-1cd-vision-fugitive/
CD, critique. FERNANDO SOR : Études, Grand solo, Le Calme, Andante largo… Philippe MOURATOGLOU, guitare solo (1 cd VISION FUGITIVE, mai 2019)
https://www.classiquenews.com/cd-critique-fernando-sor-etudes-grand-solo-le-calme-andante-largo-philippe-mouratoglou-guitare-solo-1-cd-vision-fugitive/
CD, compte rendu critique. Philippe Mouratoglou, guitares. D’autres Vallées — 1 cd Vision fugitive, avril 2016) :
https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-philippe-mouratoglou-guitares-dautres-vallees-1-cd-vision-fugitive/

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CRITIQUE CD événement. « MUJER FATAL, portrait of a woman ». Aigul Akhmetshina, mezzo-soprano. Antonio Pappano, piano (1 cd Decca classics, juin 2025-avril 2026)

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Pour son 2ème album chez Decca, la formidable mezzo née en Oural, Aigul Akhmetshina envoûte les sens, incarnant dans ce portrait de femme fatale, un être multiple, riche, ambivalent, tendre et passionné, fragile et puissant. Ce caractère entier, complexe est permis par l’ampleur d’une voix unique qui maîtrise, et l’art de la nuance, et la justesse des expressions tragiques et tendres. L’aplomb de la diseuse autant que la fulgurance de la tragédienne sont exceptionnels. Une réussite totale que le programme édité par Decca illustre de la meilleure des façons et dans une succession d’airs, d’une remarquable cohérence.

 

Le premier air composé par Elena Roussanova, donne le titre du récital « MUJER FATAL », la Belle Otero dont le texte qui célèbre la puissance de l’amour permet au timbre charnel, cuivré, aux phrasés filigranés de la mezzo ouralienne d’affirmer son art… divin et irrésistible.  Même autorité convaincante dans les deux mélodies dans la langue de Cervantes justement, deux des 5 Canciones negras de Montsalvatge, comme enchantées, enivrées, d’une justesse de ton idéale, d’autant que le piano du chef Antonio Pappano accompagne en complice lui aussi inspiré, le chant ardent, précis, fin de l’indiscutable diseuse. Y compris dans la berceuse, elle aussi étoilée « Canción de cuna para dormir a un negrito »… aisance filée d’un legato souverain, timbre de velours, mais relief du texte toujours : la diva enchante littéralement. Sa Carmen, applaudie au Met et à Paris, affleure la saveur un rien canaille de son « Besame mucho » de Consuelo Velazquez : ardente, puissante, et même provocante.

Plus précis et finement timbré, son Bizet (d’après Hugo : les sublimes « Adieux de l’hôtesse arabe ») hier chanté et avec quel aplomb par Bartoli, gagne une profondeur électrique grâce à l’ampleur de son médium et de ses graves aussi ronds que larges : ainsi surgit et même irradie un thème souvent tabou, mais qui fait de Hugo, un visionnaire : le désir féminin… ici pour un  »Bel étranger, beau jeune homme blanc, bel oiseau passager »… La voix enchante davantage encore, telle une sirène fugace au chant aussi ardent que fin, comme irradié dans la non moins sublime « vocalise étude » de Ravel, pour voix et piano, en forme d’habanera… Même ampleur expressive et élasticité suave dans « Je te veux » de Poulenc. Romantique, d’une tragédie souterraine et voluptueuse, son Tchaikovski perce l’âme par son intensité ; le Rimski Korsakov hypnotise par son orientalisme éperdu, suave, d’une tendresse flottante, aux aigus perçants, comme envoûtés.

En anglais, Gershwin séduit tout autant, ample mais finement suave ; Bernstein est tout autant inspiré, incarné, révélant deux registres opposés : l’expansif »Lucky to be me », et le plus tendre, évanescent « Somewhere »… Enivré, enchanté et d’une justesse expressive idéale est « Speak low » de Weill, enfin le dernier Britten « Tell me the Truth about love » : écrit comme une petite seynette, tel un monologue, semble gloser mais avec sagesse sur la vérité de l’amour. Soliloque proche de la confession délirante à laquelle la divine diseuse apporte tout son art puissant et fin à la fois, et plus que jamais, irrésistible.

Parcours très bien conçu et qui ferait au concert, un programme plus qu’enthousiasmant, captivant.

 

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CRITIQUE CD événement. « MUJER FATAL, portrait of a woman ». Aigul Akhmetshina, mezzo-soprano. Antonio Pappano, piano (1 cd Decca classics, enregistrement réalisé à Londres, juin 2025-avril 2026) – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur : DG DECCA : https://store.deutschegrammophon.com/en-en/products/aigul-akhmetshina-antonio-pappano-mujer-fatal-118212

 

 

vidéo
Roussanova: Mujer Fatal · Aigul Akhmetshina · Antonio Pappano – juin 2026)

TRACKLIST / programme :
Elena Roussanova: Mujer Fatal
Xavier Montsalvatge: No. 1 Cuba Dentro de un Piano, from “Cinco canciónes negras”
Xavier Montsalvatge: No. 5 Canción de cuna para dormir a un negrito, from “Cinco canciónes negras”
Carlos Guastavino: La Rosa y el Sauce
Carlos Gardel: El Día Que Me Quieras
Consuelo Velázquez: Bésame Mucho
Bizet: Adieux de l’hôtesse arabe, Op.21 No.4
Ravel: Vocalise-étude en forme de Habanera, M.51
Satie: Je te veux
Mily Balakirev: I Loved Him
Tchaikovsky: None but the Lonely Heart, Op.6 No.6
Rimsky-Korsakov: No. 2 The Nightingale and the Rose, from “4 Romances, Op.2”
Mark Minkov: No. 5 Landscape, from “The Crying Guitar”
George Gershwin & Ira Gershwin: The Man I Love, from “Lady be Good”
Bernstein: Lucky to be Me, from “On the Town”
Bernstein: Somewhere, from “West Side Story”
Kurt Weill: Speak Low, from “A Touch of Venus”
Britten: Tell me the truth about love, from “Cabaret Songs”

 

 

 

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ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE. Jeudi 1er octobre 2026. RAUTAVARA, VASKS, STRAVINSKY… Daniel Lozakovich, violon. Tarmo Peltokoski, direction

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Pour lancer la nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ONCT / Orchestre National du Capitole de Toulouse, le directeur musical de la phalange toulousaine, Tarmo Peltokoski, propose un programme inspiré par la Nature, une Nature écrin de réconfort, d’harmonie, de lumière… entre autres celle éblouissante des sortilèges nordiques. Avec le Canticus Arcticus du Finlandais Rautavaara, l’Orchestre national du Capitole pointe le ciel en déployant un somptueux dialogue avec les oiseaux, jusqu’au mouvement final dédié aux… cygnes migrateurs.

 

De l’autre côté de la Baltique, le concerto pour violon « Distant Light » du Letton Pēteris Vasks assure l’escale suivante, immersion poétique sous l’archet incandescent du violoniste suédois Daniel Lozakovich. Page orchestrale qui lance la carrière de Stravinsky à Paris, le féerique Oiseau de feu évoque le cheminement du héros le chevalier Ivan Tsarévitch dans sa recherche de la créature fantastique, jusqu’à la flamboyante apothéose finale : Ivan ose traverser le vaste royaume du demi-dieu immortel Kastchei, magicien terrifiant qui entend le changer en pierre… C’était compter sans l’entremise du fabuleux oiseau de feu qui sait défaire les sortilèges…
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Photo © Romain Alcaraz

 

Grand concert symphonique
Tarmo Peltokoski / Daniel Lozakovich
Rautavaara | Vasks | Stravinski
Halles aux grains
Jeu. 1 octobre 2026 – 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ONCT
https://onct.toulouse.fr/tarmo-peltokoski-daniel-lozakovich-6075101/

 

 

distribution
Tarmo Peltokoski, direction
Daniel Lozakovich, violon

 

programme
Einojuhani Rautavaara : Cantus Arcticus
Pēteris Vasks : Distant Light
Igor Stravinski : L’Oiseau de feu, suite de ballet (1945)

 

présentation saison 2026 – 2027
LIRE aussi notre présentation de la saison nouvelle 2026 – 2027 de l’ONCT Orchestre National du Capitole de Toulouse : https://www.classiquenews.com/orchestre-national-du-capitole-de-toulouse-nouvelle-saison-2026-2027-tarmo-peltokoski-bruckner-mahler-saint-saens-beethoven-stravinsky/

La nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE s’annonce aussi riche et généreuse que les précédentes. Aux compositeurs majeurs de l’expérience symphonique tels Saint-Saëns, Bruckner ou Mahler bien présents cette saison, s’affichent aussi les œuvres de Stravinsky, Tchaïkovsky, sans omettre des raretés (Emilie Mayer), ou des dispositifs originaux qui relisent les grandes partitions (Symphonie Héroïque de Beethoven à travers l’imaginaire d’Aurélien Bory…).

 

PLUS D’INFOS sur le site de l’ONCT Orchestre National du Capitole de Toulouse : https://onct.toulouse.fr/

 

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OPÉRA DE MARSEILLE. MOZART : Don Giovanni. Les 2, 4, 7, 9 et 11 octobre 2026. Dario Solari, Salome Jicia, Cyrille Dubois… Agnès Jaoui / Lawrence Foster

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« L’Opéra des Opéras », disait Richard Wagner, pourtant Beethoven avait reproché à W. A Mozart d’avoir gâché son génie dans un sujet aussi scandaleux (il est vrai que l’amour chez Ludwig est une puissance sérieuse et enivrante). Pourtant l’opéra Don Giovanni s’empare du mythe du Séducteur dont la figure scandaleuse et jouissive, l’absence de scrupule moral sont les thèmes centraux. Le livret de Da Ponte est un modèle du genre et la musique de Mozart, constamment touchée par la grâce.

 

Depuis sa création triomphale à Prague en 1787 (alors qu’il est boudé à Vienne), Don Giovanni transporte tous les publics. « Viva la liberté », clame le héros. Que vaut sa parole à l’aune de MeToo ? Et si les frasques du libertin, rien que provocateur, n’avaient pour seul but que déranger l’ordre établi et faire vaciller notre sens moral ?

Créée au Capitole de Toulouse l’année dernière, la production mise en scène par Agnès Jaoui se veut plus « dramma » que « giocoso ». La critique l’a trouvée « giusto ». La distribution promet le meilleur : avec notamment Cyrille Dubois en Don Ottavio, et incarnation attendue, l’argentin Dario Solari (en remplacement de Nicolas Courjal) dans le rôle de l’odieux séducteur.

 

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Opéra de Marseille
WOLFGANG AMADEUS MOZART : DON GIOVANNI
5 représentations
Vendredi 2 octobre 2026 – 20h
Dimanche 4 octobre 2026 – 14h30
Mercredi 7 octobre 2026 – 20h
Vendredi 9 octobre 2026 – 20h
Dimanche 11 octobre 2026 – 14h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Opéra de Marseille :
https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/don-giovanni
Durée : 3h (avec entracte)
DRAMMA GIOCOSO EN 2 ACTES
Livret de Lorenzo DA PONTE
Création à Prague, Théâtre National, le 29 octobre 1787
Dernière représentation à l’Opéra de Marseille, le 24 avril 2011
NOUVELLE PRODUCTION
Coproduction Opéra de Marseille / Opéra National du Capitole / Opéra National Montpellier Occitanie / Opéra de Dijon / Opéra de Tours
Direction musicale : Lawrence FOSTER
Mise en scène : Agnès JAOUI
Décors : Éric RUF
Costumes : Pierre-Jean LARROQUE
Lumières : Bertrand COUDERC
Vidéo : Pierre Martin ORIOL
Donna Anna : Salome JICIA
Donna Elvira : Margaux POGUET
Zerlina : Floriane HASLER
Don Giovanni : Dario SOLARI
Leporello : Marc BARRARD
Don Ottavio : Cyrille DUBOIS
Il Commendatore : Mischa SCHELOMIANSKI
Masetto : Louis MORVAN
Orchestre et Choeur de l’Opéra de Marseille
Dispositif de gilets vibrants pour la représentation du dimanche 11 octobre sur réservation
Représentation en audiodescription avec Accès Culture le 11 octobre à 14h30

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OPÉRA ROYAL DE VERSAILLES. Concert du 9ème Gala de l’ADOR, samedi 3 octobre 2026. Membres de l’Académie et de l’Ochestre de l’Opéra Royal, Gaétan Jarry (direction)

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Ouverture lyrique… L’Opéra Royal de Versailles ouvre ses portes au désormais traditionnel Gala des Amis de l’Opéra Royal (le 9ème, ce samedi 3 octobre 2026), une soirée dédiée à la diversité enthousiasmante de la jeune garde lyrique. Sous la direction de Gaétan Jarry, l’Orchestre de l’Opéra Royal accompagne et encourage les nouveaux talents de l’Académie de l’Opéra Royal (ce soir promotion 2026 – 2027), dans un programme constellé de joyaux lyriques.

 

 

Du génie mozartien des Noces de Figaro au plus rare Tarare de Salieri (deux opéras d’après Beaumarchais ; Tarare, nouvelle production à l’affiche du 10 au 18 oct 2026), le concert éclaire la diversité du répertoire de l’Opéra Royal. La virtuosité italienne est à l’honneur (pages emblématiques de Rossini et Donizetti), tandis que les airs de La Flûte enchantée ou de Don Giovanni de Mozart exigent des interprètes accomplis (virtuosité et justesse dramatique).

Les jeunes artistes de la promotion 2025/2027 de l’Académie de l’Opéra Royal seront aux côtés de Gwendoline Blondeel, grande habituée de la scène versaillaise. La cantatrice clôturera ce concert de gala par le triomphal « Salut à la France » avec lequel elle avait fait trembler la salle lors de la création de la production in loco de La Fille du régiment de Donizetti, production événement, reprise cette saison à l’Opéra Royal.

 

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Concert du 9ème Gala de l’ADOR
sam 3 oct 2026, 17h30
Opéra royal de Versailles
Solistes, Membres de l’Académie
Orchestre de l’Opéra royal, Gaétan Jarry (direction)
distribution
Gwendoline Blondeel, Fanny Valentin*, Clara Penalva*, Marie Zaccarini*, sopranos
Camille Brault*, mezzo-soprano
Baptiste Bonfante*, baryton
Alexandre Adra*, basse
* Membres de l’Académie de l’Opéra Royal – promotion 2025/2027

 

 

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ENTRETIEN avec Hervé NIQUET, à propos de la nouvelle saison 2026 – 2027, celle des 40 ans du Concert Spirituel

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Quarante ans après avoir fondé Le Concert Spirituel, Hervé Niquet revient sur les choix artistiques de la saison 2026 -2027 avec 5 créations, des partenaires fidèles, et un appétit qu’il dit intact. La singularité du Concert Spirituel se révèle depuis ses débuts dans un son, un engagement, une curiosité spécifique qu’Hervé Niquet sait cultiver au service de partitions aussi spectaculaires qu’inédites, impliquant le chœur comme l’orchestre et des solistes devenus des partenaires familiers… La prochaine saison s’annonce particulièrement prometteuse, annonciatrice d’expériences et de découvertes mémorables
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Photo : Hervé Niquet © Henri Buffetaut

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment se construit une saison ? Est-ce qu’une œuvre en appelle une autre, ou partez-vous plutôt d’une intuition globale ?
Hervé Niquet : J’ai plein de choses dans mes armoires et en ce moment, je fais du tri : tout ce que je ne dirigerai plus, par manque de temps ou d’argent. Ce qui me reste, je le programme sur les dix prochaines années. Donc ça part un peu dans toutes les directions, parce qu’il faut mettre le chœur en valeur, l’orchestre en valeur, des répertoires que peu de gens font — pour les quarante ans, on a un projet hors normes de musique Renaissance. Je crois que quarante ans de répertoire et mon expérience comme pianiste, claveciniste, organiste et chef me donnent un outil qui me permet d’aller dans différentes directions sans m’éparpiller, curieusement.

 

CLASSIQUENEWS : Cette fidélité de votre son, le public la reconnaît-il aussi ?
Hervé Niquet : C’est même pour ça qu’il revient. On a un public qui nous suit depuis des années, parfois depuis le début, qui sait nous reconnaître dès les premières mesures. C’est une chance immense d’avoir des spectateurs aussi fidèles car ce sont eux qui nous permettent de continuer à prendre des risques.

 

« On peut s’étonner d’avoir encore faim »
Hervé Niquet

 

 

CLASSIQUENEWS : Le spectacle de musique Renaissance intitulé « Mariage Princier » convoque des instruments d’époque que vous reconstruisez spécialement. Qu’est-ce que cette musique a de si particulier qu’elle justifie un tel dispositif ?
Hervé Niquet : Ce n’est pas la musique qui justifie ce dispositif, c’est l’événement. Et ce n’est pas le mariage de deux quidams : c’est un futur empereur et une future reine. On va essayer d’approcher la vérité de l’instrumentarium en reproduisant pour ce spectacle des tambours de la Renaissance, des instruments qu’on ne joue plus aujourd’hui. On va reconstituer au plus près le déroulement d’une de ces entrées comme autrefois dans les villes belges : en juin, La Seine Musicale nous offre le cadre idéal pour cette reconstitution, puisque nous allons recréer la procession musicale en extérieur avant d’entrer dans la salle.

 

CLASSIQUENEWS : Après le Diapason d’or pour Médée, cette année voit la création des Vespres à la Vierge de Charpentier, pour double chœur et double orchestre. Qu’avez-vous découvert sur ce compositeur en travaillant ce corpus ?
Hervé Niquet : Je n’ai rien découvert mais tout s’est confirmé ! Ça m’a confirmé le génie du bonhomme, confirmé son éducation italienne et son savoir-faire dans un faste aux dimensions insensées… il faut être un peu fou pour faire cela, pour reproduire ce rendu acoustique d’exception, qui fait communiquer le ciel et la terre. Le programme est une reconstitution liturgique et musicale d’ampleur autour du Magnificat et s’appuie sur la richesse des motets du corpus. Nous pourrons compter sur les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles comme choeur associé.

 

CLASSIQUENEWS : Comment continue-t-on à produire de tels effectifs dans une économie du spectacle qui devient incertaine ?
Hervé Niquet : C’est difficile de vendre des grands programmes. On ne peut monter ces projets qu’en s’associant, en coproduisant, en coréalisant, parce que je trouve que ce corpus le mérite. Et cela se fait grâce à la confiance des pouvoirs publics et avec quelques financeurs. On travaille avec les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, qui fournit aussi les éditions. Et Château de Versailles Spectacles accueille le concert et l’enregistrement.
Ces œuvres n’ont jamais été jouées ni enregistrées ; on en a des visions très parcellaires. Au bout du troisième disque, on aura la quasi-totalité des motets à deux chœurs et deux orchestres de Charpentier. Ce sera un accomplissement, une somme de travail incontournable. Je crois que c’est exactement ce rôle que doit jouer un ensemble comme le nôtre aujourd’hui : être celui vers qui l’on se tourne quand on veut monter ce que personne d’autre n’ose monter.

 

CLASSIQUENEWS : Le chœur du Concert Spirituel rejoint l’orchestre Les Siècles pour Orphée au Théâtre des Champs-Élysées. Quel est votre travail avec le chœur sur ce projet ?
Hervé Niquet : Le chœur du Concert Spirituel est toujours prêt pour se produire avec les projets d’autres chefs. La seule condition, c’est que je le prépare moi-même, parce que je veux qu’il ressemble au chœur qu’on entend d’habitude. Je le prête avec plaisir, à cette seule condition : pouvoir le préparer pour ne pas perdre ce qui fait sa personnalité.

 

CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui fait précisément cette personnalité ?
Hervé Niquet : Le son, et la façon dont on fait le son. La projection, c’est vraiment reconnaissable. Sur scène, en revanche, ce n’est pas moi qui fais le travail, c’est le metteur en scène. Moi, je leur donne un outil musical qui fonctionne.

 

CLASSIQUENEWS : « Scaramouche et Music-Hall » est un spectacle festif et humoristique qui rassemble Milhaud, Trenet, Bourvil, Gershwin et d’autres dans un même programme . Qu’est-ce que cela raconte de votre rapport à la musique populaire ?

Hervé Niquet : Michel Serrault disait un jour à un ministre de la Culture : « Dites donc, monsieur le ministre, il serait quand même temps de prendre l’humour au sérieux. » Et je pense que L’Auberge du Cheval-Blanc a eu, dans son existence, beaucoup plus de spectateurs que certains opéras dits sérieux. L’humour et la légèreté, c’est extrêmement complexe à régler. Avec l’Orchestre de chambre de Paris et les choristes du Concert Spirituel, j’aurai des partenaires prêts à en découdre avec ce genre délicat qu’est la musique légère.

 

CLASSIQUENEWS : C’est vous qui avez construit ce programme à partir de vos goûts personnels ?
Hervé Niquet : Oui ce sont mes influences. J’y ai mis Scaramouche de Darius Milhaud, une sorte de concerto pour clarinette en trois parties, très influencé par le Brésil. Et puis j’ai bien connu Madeleine Milhaud, qui me dit : « Hervé, lisez donc Barba Garibo, une pièce de Darius qu’on ne fait plus jamais. Il adorait ça. » Voilà l’occasion pour moi de le faire avec les deux équipes au Châtelet, à Compiègne et à Massy. Ça vient après les vacances du Nouvel An : je pense que c’est très digestif pour le moral de tout le monde en ce début d’année. Ce sera du pur bonheur.

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il une dimension de votre travail que le public ne perçoit pas, mais qui vous semble essentielle ?
Hervé Niquet : Le seul secret, c’est le travail. Nos publics apprécient nos interprétations sans avoir besoin de connaître les heures de travail qu’il faut passer sur une partition, un manuscrit, une édition. On pourrait ne pas faire ce travail et se contenter des partitions existantes, mais je trouve cela indispensable pour rendre l’oeuvre intelligible et justifier toutes les décisions qu’on prend. Ce travail nourrit tout l’orchestre. Quand je me retrouve face à cent musiciens, je peux faire confiance à mes quarante années de recherche pour proposer des réponses, des solutions.

 

CLASSIQUENEWS : Après quarante ans, est-ce que ça change la manière dont vous montez sur scène, l’envie, ce que vous avez envie d’y mettre ?
Hervé Niquet : Non, j’ai toujours la même excitation, presque la même appréhension qu’au premier concert. C’est ce qui me pousse à toujours vouloir aller plus loin, plus vite, à l’essentiel. Quarante ans plus tard, j’ai l’impression d’être encore en train d’apprendre mon métier, et c’est exactement ce qui me donne envie de continuer.

 

CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui fait, selon vous, l’identité d’un ensemble comme le vôtre ?
Hervé Niquet : Ce qui fait la particularité du Concert Spirituel, c’est la façon dont on parle, le son reconnaissable, l’audace, les prises de position qu’on a pour la scène. Le public aime qu’on lui raconte les histoires des compositeurs, des partitions, et j’adore en parler sur scène : comment, pourquoi c’est comme ça, avec qui c’était écrit. Ça donne une proximité presque naturelle entre des œuvres du XVIIe-XVIIIe siècle et nous. C’est un ensemble curieux de tout.

 

CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui continue de vous surprendre vous-même ?
Hervé Niquet : (Rires) Ça fait trente-cinq ou quarante ans qu’on travaille avec les mêmes musiciens. Et ce qui m’étonne, c’est qu’ils soient encore étonnés. Au final, on peut s’étonner d’avoir encore faim, mais tant qu’on a faim, c’est qu’on a encore des choses à raconter !

 

Propos recueillis en août 2026

 

 

 

saison 2026 – 2027

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle saison 2026 – 2027 du Concert Spirituel : les temps forts, les productions événements,…
Nouvelle saison 2026 – 2027 : LES 40 ANS ! Les Vespres de la Vierge de CHARPENTIER, Orasho, Un grand mariage princier, Orphée de GLUCK, Music-hall & Scaramouche…
https://www.classiquenews.com/le-concert-spirituel-nouvelle-saison-2026-2027-les-40-ans-charpentier-les-vespres-de-la-vierge-orasho-un-grand-mariage-princier-orphee-de-gluck-music-hall-scaramouche/

 


 

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CD événement, annonce. Agostino STEFFANI : Orlando generoso. Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger (Prospero classical)

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Après l’opéra Adriano in Siria de Graun (enregistrement élu CLIC de Classiquenews, juin 2025 – cf lien ci dessous), précédent ouvrage révélé avec raison, Dorothee Oberlinger et son Ensemble 1700 dévoilent un nouveau drame lyrique, injustement oublié : Orlando generoso. Son auteur, Agostino Steffani (1654-1728), est aussi majeur dans l’histoire de la musique baroque que sa musique demeure injustement méconnue. Ce malgré sa défense réalisée par l’immense Cecilia Bartoli qui lui avait dédié plusieurs programmes et enregistrements devenus légendaires (chez Decca classics).

 

 

Son opéra « Orlando Generoso » (Hanovre, 1691) est « une merveille musicale, pleine d’aventure, de passion et de mondes sonores fantastiques ». La production du Festival de musique de Sans souci de Potsdam en 2025, réalisée par Dorothee Oberlinger et son Ensemble 1700, ont révélé un chef d’oeuvre et l’écriture d’un génie de la musique opératique. L’enregistrement live est un hommage et la célébration en avance de l’anniversaire marquant le 300e anniversaire de la mort de Steffani en 2028. Il souligne combien Steffani est un maître du bel canto « le plus pur, le plus beau, le plus profond », aux côtés de somptueuses combinaisons alliant voix et instruments à la « beauté presque magique ».

L’un des moments forts est le duo entre Angelica (Hélène Walter) et Ruggiero (Morten Grove Frandsen), dans lequel Steffani réunit les amants dans une sorte de « coup d’État typiquement steffanien ».

Parution : le 4 septembre 2026 chez l’éditeur Prospero Classical – prochaine critique complète sur CLASSIQUENEWS.COM – PLUS D’INFOS sur le site de l’Ensemble 1700 / Dorothee Oberlinger : https://www.ensemble1700.de/projekte/steffani-orlando-generoso-1700

Photos © Musikfestspiele Potsdam Sanssouci / Stefan Gloede
Steffani : Orlando generoso, 1691
Livret de Ortensio Mauro

 

 

distribution
Terry Wey – Orlando
Hélène Walter – Angelica
Natalia Kawalek – Medoro
Shira Patchornik – Bradamante
Morten Grove Frandsen – Ruggiero
Sreten Manojlovic – Atlante
Gabriel Diaz – Galafro
Ensemble 1700
Dorothee Oberlinger, direction

 

 

précédent cd critique / CLIC de CLASSIQUENEWS (printemps 2025)

LIRE notre critique du précédent opéra ressuscité par l’Ensemble 1700 / Dorothee Oberlinger (CLIC de CLASSIQUENEWS, juin 2025) :
GRAUN : Adriano in Siria (1746). Valer Sabadus, Bruno de Sá, Roberta Mamelli… Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger [3 CD DHM Deutsche Harmonia Lundi]
https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-graun-adriano-in-siria-1746-valer-sabadus-bruno-de-sa-roberta-mamelli-ensemble-1700-dorothee-oberlinger-3-cd-dhm-deutsche-harmonia-lundi/
Dans la lignée de son ainé Reinhard Keiser, astre musical à Hambourg, Carl Heinrich GRAUN (1704-1759) s’affirme à Dresde à la Cour mélomane d’August le fort. Favorisé par Frédéric de Prusse (qui aimat sa voix, comme ses dons de compositeur), Graun apprend beaucoup des opéras de Hasse, vus à Dresde; pour Frédéric (devenu Frédéric II de Prusse), il compose la musique des funérailles de son père (Frédéric Guillaume) en 1740 avant de composer au moins 26 opéras pour la Cour de Berlin.
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CRITIQUE CD événement. GRAUN : Adriano in Siria (1746). Valer Sabadus, Bruno de Sá, Roberta Mamelli… Ensemble 1700, Dorothee Oberlinger [3 CD DHM Deutsche Harmonia Lundi]

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CRITIQUE, concert. BARCELONE, Palau de la Musica Catalana, le 29 août 2026. WAGNER : Extraits du « Ring ». C. Foster, K. F. Vogt, N. Brownlee, Orchestre du Festival de Bayreuth, Pablo-Heras Casado (direction)

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Le Palau de la Música Catalana, écrin de verre et de fer forgé, s’est mué – ce 29 août – en un véritable temple wagnérien. Un frémissement d’exception parcourait la salle moderniste, comble, pour ce concert d’anthologie clôturant le 40e Festival de Peralada, décentralisé dans la capitale de la Catalogne (et en coproduction avec la mythique salle barcelonaise). L’événement, qui s’inscrivait également dans le cadre de la tournée espagnole du 150e anniversaire du Festival de Bayreuth (avant Santander, Séville, Madrid, Valencia et Las Palmas de Gran Canaria…), réunissait pour l’occasion l’orchestre éponyme sous la baguette du maestro espagnol Pablo Heras-Casado (actuel directeur musical du Philharmonique de Berlin !), aux côtés de trois chanteurs wagnériens d’exception.

 

La soirée s’ouvre sur L’Entrée des dieux au Walhalla, dans laquelle la mythique phalange orchestrale qu’est l’Orchestre du Festival de Bayreuth a déployé une puissance tellurique, un son « Bayreuth » d’une densité inouïe, que seul l’amphithéâtre de la Colline Verte peut habituellement offrir. C’était là un privilège incroyable pour les 2000 spectateurs réunis sous la fabuleuse verrière colorée du Palau : voir et entendre cette phalange légendaire – sans le voile de la fameuse fosse, et pour mieux révéler la synergie et la précision chirurgicale de chacun de ses pupitres ; celui de cordes d’une morbidité et d’une pâte somptueuses, et de cuivres, notamment les trompettes et les cors, d’une majesté saisissante, étaient guidés par un Pablo Heras-Casado avec une clarté de geste et une intelligence architecturale qui ont souligné avec éclat son statut de maître wagnérien. L’extrait des Murmures de la forêt de Siegfried, d’une poésie panthéiste exquise, a été également l’un des moments les plus beaux de la soirée, tandis que la Marche funèbre tirée du Crépuscule des dieux a atteint une expression transcendante.

 

 

Le triptyque vocal, lui, a tenu toutes ses promesses. Le ténor allemand Klaus Florian Vogt, vétéran de Bayreuth, a fait montre d’une sécurité vocale inébranlable. Son timbre, d’une souplesse et d’une palette de couleurs incomparable, a fait merveille, offrant tour à tour un Siegmund mélodieux et un Siegfried d’une sensibilité à fleur de peau. La soprano britannique Catherine Foster, Brünnhilde de légende, a su incarner avec noblesse et grandeur le rôle de Brünnhilde. Après une entrée en matière assez nuancée dans le fameux duo « Ewir war  ich », elle a littéralement enflammé la salle dans la scène finale du Crépuscule des dieux, déployant un médium brillant et des aigus incisifs pour une Scène de l’Immolation à la hauteur du défi. Enfin, révélation de la soirée, le baryton-basse américain Nicholas Brownlee, futur Wotan du nouveau Ring du Gran Teatre del Liceu tout proche, a impressionné par la force virile et juvénile à la fois de son instrument, campant un Wotan dominateur, d’une palette expressive particulièrement impressionnante.

Le programme de la soirée, puisant dans les sommets de la Tétralogie, a ainsi offert une plongée vertigineuse dans l’univers de Richard Wagner, avec d’autres moments-clés comme Les Adieux de Wotan ou encore Le Voyage de Siegfried sur le Rhin. Après un final grandiose, une ovation debout – longue et nourrie – a contraint le maestro à enchaîner sur un bis. Et lorsque les archets se sont levés pour attaquer la célébrissime Chevauchée des Walkyries, l’effet fut total… et censé sous les sculptures monumentales de pierre des Walkyries qui sont l’un des joyaux de cette salle mythique et à nulle autre pareille !… Un concert qui restera gravé dans les mémoires de ceux qui ont eu la chance d’y assister – et dans les annales du Palau de la Música Catalana.

 

 

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CRITIQUE, concert. BARCELONE, Palau de la Musica Catalana, le 29 août 2026. WAGNER : Extraits du « Ring ». C. Foster, K. F. Vogt, N. Brownlee, Orchestre du Festival de Bayreuth, Pablo-Heras Casado (direction). Crédit photographique (c) Mario Wurzburger

 

 

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CRITIQUE Coffret CD événement. SIBELIUS : intégrale des 7 symphonies. Helsinki Philharmonie Orchestra, Jukka-Pekka Saraste (3 cd ONDINE, 2024-2026)

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Jukka-Pekka Saraste revient ici en terres familières ; son berceau musical qui aura décidé de sa carrière : l’écoute de la 4è de Sibelius aurait décidé de la vocation du jeune
étudiant alors violoniste… Le chef dirige une formation plus que familiarisée avec l’écriture sibélienne: l’Helsinki Philharmonie Orchestra. L’intégrale s’est déroulée sur plusieurs années de 2024 (pour les dernières symphonies 5, 6 et 7), 2025 (les n°2, 3 et 4), enfin janvier 2026 pour la symphonie n°1, la seule qui ne soit pas une prise sur le vif, prise en concert.

La très grande cohésion globale, le fini qui sert surtout l’impérieuse architecture de chacune, le goût des timbres individualisés (notez la présence de la harpe dans le finale de la n°1, entre autres), accréditent ce magnifique coffret, miroir d’une compréhension indiscutable des massifs et paysages de Sibelius.

 

CD1 — Symphonie 1 (studio, 2026) : Très lyrique et encore tchaikovskienne, la Symphonie n°1 est d’une rare élégance sous la battue très vive et contrastée de Saraste ; appel impérieux de son premier mouvement : andante – allegro energico ; puis rêve nocturne et déferlement passionnel du mouvement lent : Andante, ma non troppo. Le Final est d’une clarté structurelle remarquable, le relief et le détail ne diluant jamais ni la lisibilité des plans ni le mouvement général.

 

Symphonie 4 (1911) – C’est le sommet interprétatif du coffret, de loin, par ses idées et son fini. Saraste souligne l’impérieuse couleur tragique dès le début du premier mouvement, son bouillonnement intérieur irrépressible (contrastes mordants des cordes graves, porteurs d’un mystère enfoui, qui serpentent en terres noires et inquiétantes…) où rugissent des gouffres sans fond ; le chef inspiré y élargit les champs sonores, exprime les tréfonds d’une âme comme maudite, en paysages d’une infinie désespérance… L’imagination du chef brosse un monde spectral et ténébreux où règne une amertume âpre, puis d’où émerge une possible rémission (cuivres annonciateurs). L’intranquillité habite les deux mouvements centraux: II et III (tension suspendue et inquiète du « tempo largo » où dialoguent, fantomatiques elles aussi, flûte et clarinette), avant une vague aux cordes d’une puissance tragique qui semble prolonger la Pathétique de Tchaikovski). Saraste emporte le finale dans un geste plus nerveux et léger encore, dansant, aérien, dont la pure vivacité (violon solo auquel répondent les bois délirants) s’affranchit peu à peu de toute entrave, comme une libération rageuse. Dans sa volubilité capricieuse, ses ruptures de rythmes, son foisonnement dansant, on comprend quel impact la 4ème Symphonie a pu avoir sur le jeune Saraste violoniste… Le chef accompli en délivre ici toute l’urgence, la nervosité jubilatoire, les élans paniques, la construction en ellipse, l’enchevêtrement cordes et cuivres, comme une arche monumentale vers l’infini. Jusqu’aux dernières mesures aux violoncelles, d’une couleur totalement énigmatique.

 

CD 2 — Symphonie n°2 (1903) : la plus allègre, la plus pastorale dans son esprit, affirme un formidable dernier mouvement : irrépressible et impérieuse exultation finale et ses superbe motifs de fanfares ; Le geste du chef est tout aussi sûr et juste. Son pastoralisme, caractère idéal des bois, le lyrisme éperdu des cordes, et l’appel des cuivres expriment cette passion, ce lien fusionnel qui lie le compositeur et la sainte nature… Symphonie n°5 (1919) : Dans l’Allegro final, inquiet, intranquille, le chef veille à la clarté du déroulé structurel ; il en fait un développement aux nuances fantomatiques, étranges, jusqu’au thème majestueux qui perce les brumes à 8’, tel un jaillissement conquis de haute lutte.

 

CD3 — Symphonie 3 (1907) : on retrouve ce pastoralisme rayonnant mais plus nerveux, instable que précédemment. Intranquillité et chant erratique structurent toute la symphonie, lui conférant cette pulsion primitive première, agent de construction et de reconstruction constant. Avec dès le premier allegro (moderato), cette rondeur allante aux couleurs tragiques et allègre mêlées, réalisées dans un flux organiquement unique et cohérent, et d’une irrépressible agitation (Andantino quasi allegretto) — Symphonie n°6 (1923). Son flux printanier, primitif (premier allegro), affirme davantage cette écriture pulsionnelle dont Saraste fait une danse pastorale de plus en plus heureuse, solaire, jubilatoire : les instruments réalisant une vibration croissante (clarinettes et harpe), motricité presque convulsive du III (Poco vivace) ; vers une lévitation générale finale (vent des cordes), ce que résumera la dernière 7è en un seul mouvement…
Justement la Symphonie 7 (1924) rayonne par son unicité et sa densité. D’un seul tenant, le flux de la dernière symphonie de Sibelius éblouit par sa souveraine maturité, un équilibre solaire qui d’emblée, dès le début du cycle, s’avère inédit ; Sibelius plongeant au cœur du massif naturel, en en extrayant immédiatement tous les effluves les plus saisissants ; tout respire soulignant de façon croissante le sentiment d’un apaisement irrépressible, ce qui n’était pas gagné dans les opus précédents, d’un développement parfois incertain, et finalement résolu de longue lutte… C’est l’affirmation d’une plénitude qui enfle et s’affirme entre autres, grâce aux cuivres d’une claire majesté, auxquels répondent les bois de plus en plus bondissants et nerveux, exaltés et entraînant jusqu’aux cordes, d’une vivacité animale. L’Orchestre déploie ses grandes ailes fabuleuses jusqu’au climax à 17’40, aux seules cordes dans l’aigu, ultime chant de jubilation (et de victoire). Engagée, créative, bénéficiant de la prise live qui intensifie la franchise et l’intensité du geste, cette intégrale est une réussite indiscutable.

 

 

LIRE aussi notre présentation du coffret SIBELIUS par JP Saraste (3 cd Ondine) : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-sibelius-symphonies-1-7-hpo-helsinki-philharmonic-orchestra-jukka-pekka-saraste-direction-3-cd-ondine/
Sibelius fait partie du répertoire central de l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki ; c’est même un élément de son ADN, l’orchestre sous la direction du compositeur ayant créé toutes ses symphonies, la 7è exceptée.

 

CD événement. SIBELIUS : Symphonies 1-7. HPO Helsinki Philharmonic Orchestra / Jukka-Pekka Saraste, direction (3 cd Ondine)

 

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CRITIQUE, festival. 150e FESTIVAL de BAYREUTH (Festspielhaus), le 26 août 2026. WAGNER : Rienzi. Alexandra Scemerédy et Magdolna Parditka (mise en scène) / Nathalie Stutzmann (direction musicale)

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Coup de projecteur et clap de fin pour les 150 ans du Festival de Bayreuth. C’était une première, Rienzi, le dernier des tribuns était à l’affiche de l’auguste temple ! Cet opéra titanesque du jeune Richard Wagner, qu’il dépréciait en le surnommant « Son braillard », fut banni par lui-même des œuvres canon de sa production et de la Colline verte. Un vrai paradoxe pour l’institution qui a déployé tous ses actifs pour une mise en vedette ponctuelle et détonante de cet opéra mal aimé.

 

 


En effet, on comprend vite que le livret de Wagner – qui narre l’ascension et la déchéance d’un tribun romain du XIVème siècle, Rienzi, adapté du roman d’Edward Bulwer-Lyton – ne fut qu’un prétexte littéraire. A vrai dire, le fringuant compositeur de 19 ans souhaitait créer une grande fresque musicale révolutionnaire. Cependant, on ne peut négliger le fait qu’Hitler s’identifia au tribun, et qu’il hérita du manuscrit original (jamais récupéré à ce jour), et que le rejet du maître pour sa création dégage des effluves prémonitoires… Sujet à polémiques, le parcours incertain de cet opéra, bien que relevant de succès flamboyants, notamment lors de sa création en 1842 à Dresde, a légitimé nombre de coupures de l’œuvre, et bien des tentations scéniques propagandistes fascisantes jusqu’en 1914, lui conférant une popularité aléatoire.

Quel orgueil pour le jeune Richard qui pensait faire « grand tapage » d’un peut-être chef-d’œuvre, dont il sembla finalement ne pas faire grand cas. Je le cite : « Il vaut mieux une chute retentissante qu’un succès douteux ». La structure justement, qui adopte les formes stylistiques de l’époque, (Marche, fanfare, ballet, récitatif, aria, duo…) paraît, aujourd’hui en 2026 étrangement surannée, face à l’élaboration de sa future production. Pour la mise en œuvre et la crédibilité de cet événement audacieux, le festival germanique devait relever deux défis majeurs : écourter le synopsis, et détourner légèrement, l’attention auditive des spectateurs, au profit d’un hypnotisme visuel. En effet, le flot musical très éloigné du flux harmonique wagnérien auquel nous sommes accoutumés est particulièrement déroutant.

 

 

La mise en scène a donc été confiée à un duo d’expertes : Alexandra Szemerédy et Magdolna Parditka. Ces metteuses en scène hongroises dans l’air du temps ont présenté une version contemporaine modulable. Le cadre prend racine dans une société romaine politisée et sur médiatisée en décrépitude : un choix ingénieux qui stigmatise le drame jusque dans son iconographie très réussie.

Dès la célèbre ouverture, on est saisi par l’arrogante tenue de l’orchestre maintenue avec souplesse par l’excellente cheffe française Nathalie Stutzmann. Cette personnalité musicale appréciée qui a dirigé ici l’an passé un superbe Tannhaüser, manie avec dextérité l’imposant Orchestre du Festival de Bayreuth. Faisant preuve d’une grande quiétude, elle aborde les notes puissantes de cette tragédie avec sérénité. Elle échappe d’ailleurs au côté martial et pompier de cette marche initiale, dont l’écriture triomphaliste finale s’offre une débauche clinquante de cuivres. Grâce à la tempérance de son tempo et à l’étirement mélodique discret des archets, elle pondère avec tact cet élan d’artificiers alors qu’un enfant se meurt sur scène. Néanmoins, on succombe vite à l’acoustique enclavée du Festspielhaus, inégalable, pour se fondre dans la texture divine de la masse instrumentale qui capture nos sens.

Côté scénographie, sur le plateau, deux blocs d’immeuble vétustes sont éclairés par des écrans de télés. Dans l’un, un couple incestueux s’ébat (Rienzi avec sa sœur Irène), dans l’autre un enfant malade trépasse. Ce premier impact visuel, déjà câblé, crée une sorte de malaise. Il n’est pas sans rappeler les constructions misérables de l’Europe de l’Est, ou s’ajoute ce deuil scabreux, présumé filial ; pierre angulaire de ce drame remixé qui enclenche le destin de Colas Rienzi. La difficulté de ce livret en 5 actes, est de mettre en scène une action complexe qui se déverse sur des formes musicales multiples dites classiques, mais dont l’articulation paraît quasi indomptable. Elle est constituée de passages symphoniques tonitruants, de chœurs grandioses à la manière des tragédies grecques, et du passage des solistes qui chevauchent ce joug sonore ininterrompu. Le discours narratif se déploie sur des récitatifs mordants, ponctués de salves d’accords philharmoniques clinquants ; tantôt adoucit par de charmantes arie dolce, aux influences verdiennes avérées. L’ensemble est suppléé par la masse chorale en liesse qui envahit le décor dans un patriotisme exalté. Chaque choriste connecté à son smartphone, est aussi accroché à l’écran géant qui diffuse les débats télévisés. Éprouvant, mais perçu comme une performance artistique générale, qui va du compositeur à la mise en scène qui parvient à rendre crédible ce patchwork stupéfiant.

Dans cette atmosphère distopique, la scénographie cadre le peuple dans une tonalité grisâtre qui l’uniformise. Cela donne un sentiment de froideur, d’anonymat, voire d’emprisonnement. La barre d’immeuble modulable en taille qui émerge du plancher, est composée de boîtes exiguës pourvues d’escaliers et de balcons en ferraille noire. Elle est envahie par des écrans qui déversent leur soupe médiatique. On subit ici les affres de la surmédiatisation par une projection saturée d’éléments lumineux qui clignotent et s’insinuent en nous. Un des moments phares de ce spectacle est certainement le traditionnel ballet de l’acte II. Afin de sauver ce passage musical insipide et démodé, ces dames organisent une représentation théâtrale dans le théâtre à la limite du cartoon : un défilé loufoque hilarant de personnages de la saga wagnérienne, dirigé par la statuette dorée sautillante du sculpteur Ottmar Horl.

 

 

Sans faire plus de détails du visuel qui allège beaucoup cette pièce d’au moins quatre heures après coupures, il faut rendre hommage au grand architecte de ce Ring politique dévastateur, dont on perçoit déjà, les bribes d’un flux orchestral continu reliant orchestre et voix. Ici et là, émergent aussi des syllabes magiques, des notes rédemptrices, des leitmotivs simples et entêtants, des chœurs inoubliables déjà au point, et des bouts de conversations épars aux lignes mélodiques marquantes. Même l’aspect corps de garde qui s’insinue dans l’instrumentation par moment, se meut en un souffle épique lourd qui sied au personnage de Rienzi passant du héros, au dictateur perclus de remords, jusqu’au suicide. Au cœur de ce chaos, l’amour peut-être, et Rome, cette Babylone païenne, anarchique, assourdissante, où tout se délite : le peuple, les immeubles insalubres et poisseux, la tribune de foot en tapis rouge : capitole de l’anéantissement. Comme aurait dit Fouquet à Louis XIV : « Je suis tombé, mais j’ai fait du bruit en tombant. »

Il faut reconnaître le courage des artistes pour mettre en place ce monstre opératique dont l’exigence technique demande une somme de travail considérable à l’ensemble des exécutants. Voire, à ceux qui écoutent. Le niveau général des intervenants et des choristes, particularité constante de Bayreuth, est très élevé. On notera les scènes admirables du second acte, le duo d’affrontement poignant entre Rienzi et Adriano, la prière des chœurs au III acte, ou le choral extraordinaire du IV acte, pour ce puzzle qui s’étire sans répit. Seule la baguette impeccable et le flegme de Nathalie Stutzmann domptent ce brouhaha ambiant. Par ailleurs, sa vigilance reste chevillée aux solistes. Elle respire avec eux, en eux, car le chant vit en elle. Par l’intégrité libératrice de sa puissance émotionnelle qu’elle ordonne, elle s’avère impressionnante de justesse. La masse chorale conduite par Thomas Eilter de Lint rassemble un composite de timbres enivrants, et les nombreux chœurs de la partition sont exécutés avec ferveur. Parfois en coulisse, a capella. Ils sont empreints de solennité et de nuances sublimes, jusqu’aux prières radieuses qui s’étendent sur des piani sans fin, offerts à un auditoire bouche-bée happé par cette atmosphère mystique.

 

 

Sur scène, le rôle-titre de Colas Rienzi a été confié au ténor autrichien Andreas Schager. Cet artiste lyrique charismatique est idéal pour interpréter ce rôle écrasant de héros déchu. Ultra athlétique, il est doté d’un sens artistique inné et enthousiaste qui lui permet d’accomplir des prouesses. Tout en exécutant sans discontinuer les fulgurants éclats de bravoure d’une tessiture vaillante et acérée, il parvient même à hisser ses inflexions périlleuses dans une sorte de transport visionnaire. Pour la fameuse prière de l’acte IV, il s’évapore dans une couleur sensorielle translucide pianissimo, qu’il chuchote au public proche de la rupture vocale. Bien que sa quête de tribun le dénature en un être versatile et tyrannique, il affiche a contrario une constance sobre dans son expertise professionnelle pour ce personnage particulier qui a lancé sa carrière à Meiningen il y a 14 ans. Habitué de Bayreuth, il est un illustre Parsifal, qu’il chante ici en alternance avec Rienzi. Souriant, infaillible, impassible, il nous fait l’offrande de sa tessiture éblouissante de Heldentenor qui touche par sa clarté, et la virilité de son émission. Ses aptitudes musicales et scéniques réunies, lui procurent une liberté de jeu qu’il partage avec le public dans un panache péremptoire qui le propulse au rang de tribun divin.

A ses côtés, la magnifique soprano américaine au velours de mezzo, Jennifer Holloway campe ici un Adriano amoureux, plus ou moins éconduit, entêté et inefficace. Cette paire d’artistes s’affronte dans un acharnement stérile : l’un pour le pouvoir, l’autre dans son amour fantasmé pour la sœur de Rienzi. Rivaux, ils forment une joute vocale comparable en intensité. C’est pourtant dans un autre registre plus enveloppant, crédible dans son jeu au masculin qu’Adriano exploite une palette d’émotions subtiles, voire déchirantes auprès de son amour impossible. Irène, sœur de Rienzi, est interprétée par Gabriela Scherer. Par contraste, la soprano suisse qui dans cette mise en scène est une femme fragile sous l’emprise de Rienzi, a su adapter son émission luxueuse et ardente à un timbre plus suave. Cette couleur rauque convient parfaitement à ses ambiguïtés incestueuses, et ses atermoiements douteux pour Adriano, et pour d’autres passages dramatiques de la partition.

 

 

Les autres artistes, expérimentés, sont des figures incontournables de ce Festival. La basse ukrainienne Vitalij Kowaljow campe un Cardinal hiératique à la voix obscure. Le duo de politiciens corrompus Michael Nagy, en Orsini, et Andreas Bauer Kanabas, en Colonna, partagent leur complicité vocale pour conspirer. Baroncelli, incarné par le ténor suisse Matthias Stier, nous ravit de son timbre coloré en pleine évolution, et le baryton Michael Kupfer-Radecky, en Cecco del Vecchio, concluent cette distribution tout à fait homogène, sans oublier l’ange de la soirée: Victoria Randem, messager de la paix, au timbre de cristal à suivre…

Après ce spectacle d’une qualité exceptionnelle, je me pose la question… Peut-on dire que cette œuvre considérable de Richard m’a conquise ? Oui. Et la partition ?… Je n’en suis pas sure, car monter ce Rienzi à Bayreuth, relève presque d’un acte d’indulgence, sinon de miséricorde artistique. Il a fallu toute la démesure et les moyens optimales du Festival pour ériger, ce qui tient à mes yeux d’une provocation esthétique. L’œuvre est emphatique, redondante, spectaculaire dans ses excès, magnifiée par des moyens disproportionnés : la monumentalité est là, mais pas encore les notes éternelles, ni la pâte harmonique orchestrale, ni la texture singulière, insondable de Wagner qui fera la modernité de sa musique. Que l’on ne se méprenne pas, et cela ne préjuge en rien du devenir de cette expérience, mais plutôt de la pérennité de cette pièce qui témoigne du génie que l’on vénère, mais aussi des décisions de Wagner envers sa propre création ; celle d’un instinct avant-gardiste à pressentir de cette tragédie un avenir funeste. Enfin, sachez-le, dans l’ordre il vaut mieux aller écouter Rienzi avant Parsifal, car sous le pavé de Richard, il y a tout de même pas mal de Wagner…

 

 

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CRITIQUE, opéra. FESTIVAL de BAYREUTH, Festspielhaus, le 25
août 2026. WAGNER : Rienzi, le dernier des tribuns. Andreas Schager (Cola
Rienzi), Gabriela Scherer (Irène), Jennifer Holloway (Adriano), Andreas Bauer
Kanabas (Colonna), Michael Nagy (Orsini), Vitalij Kowaljow (Cardinal Raimondo),
Matthias Stier (Baroncelli), Michael Kupfer-Radecky (Cecco del vecchio), Victoria
Randem (Messager de la paix). Thomas Eitler-de Lint (Chef de chœur), Chœurs et
Orchestre du Festival de Bayreuth. Nathalie Stutzmann (Direction musicale) /
Alexandra Szemerédy, Magdolna Parditka (Mise en scène, scénographie,
costumes). Photos (c) Enrico Nawrath

 

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STREAMING opéra. BELLINI : Les Puritains, 4 sept 2026, Teatro Regio Torino, mai 2026. Pierre-Emmanuel Rousseau / Francesco Lanzillotta

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Dans l’Angleterre puritaine de la guerre civile anglaise, opposant les Walton et les Stuart, Elvira aime le royaliste Arturo, bien que leurs familles et leurs allégeances politiques soient farouchement opposées. Le jour de leur mariage, un quiproquo malheureux lié à la présence d’une mystérieuse prisonnière, éloignent Arturo et plongent Elvira dans le désespoir. Condamné pour traîtrise, Arturo est pourchassé par les puritains. Elvira et Arturo parviendront-ils s’unir ?

 

L’intrigue politico-amoureuse d’ I Puritani (Les Puritains) inspire à Bellini une musique d’un raffinement sublime. Chaque épisode suscite de longues mélodies célestes qui séduisent le public depuis 1835. Le dernier opéra de Bellini, composé quelques mois avant sa mort prématurée à 33 ans, reste le plus élégant par son orchestration et le plus varié dans l’analyse psychologique des personnages : «  les passages gais, tristes, vigoureux, tout a été salué par des applaudissements », écrivait Bellini à son ami Francesco Florimo, au lendemain de la création au Théâtre-Italien de Paris. Cette nouvelle production du Teatro Regio Torino dirigée par Francesco Lanzillotta, réunit une distribution convaincante qui réunit John Osborn, Gilda Fiume et Simone Del Savio. Efficace et puissante, Pierre-Emmanuel Rousseau signe une mise en scène à la fois classique et romantique.

 

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VOIR le STREAMING opéra Les Puritains de Bellini au Teatro Regio Torino : https://operavision.eu/fr/performance/les-puritains
Production enregistré / filmé le 17 mai 2026
Diffusé le 4 sept 2026, 19h CET
En REPLAY jusqu’au 4 mars 2027

 

 

 

distribution

Elvira : Gilda Fiume
Arturo Talbo : John Osborn
Giorgio Walton : Nicola Ulivieri
Riccardo Forth : Simone Del Savio
Gualtiero Walton : Andrea Pellegrini
Bruno Robertson : Saverio Fiore

Orchestre et Choeur du Teatro Regio Torino
Francesco Lanzillotta, direction
Pierre-Emmanuel Rousseau, mise en scène

 

 

 

 

SYNOPSIS

Acte I 
Une forteresse près de Plymouth, au 17ème siècle. Elvira, fille du gouverneur puritain Gualtiero Valton, doit épouser Sir Arturo Talbo, partisan des Stuarts. Elle a évincé le prétendant Riccardo Forth. Son oncle Giorgio rassure une jeune femme inquiète qui a peur de ne pouvoir s’unir à Arturo.
Ce dernier qui doit quitter le château avec Elvira, décide cependant d’aider la mystérieuse prisonnière qui n’est autre qu’Enrichetta, veuve de Charles Ier Stuart et fille d’Henri IV de France : il l’aidera à fuir. Elle portera le voile de mariée destinée à l’origine à Elvira… Ainsi Arturo et la voilée mystérieuse s’échappent des Walton ; Riccardo qui les a interceptés, trop heureux que son rival Arturo ait quitté Elvira, fait croire à cette dernière qu’elle a été ainsi abandonnée et trahie par son fiancé… Elvira sombre peu à peu dans la folie.

 

Acte II 
Une salle du château. Riccardo triomphante annonce qu’Arturo, accusé de trahison, est condamné à mort. Elvira paraît dans un état délirant, détruite… Giorgio obtient de Riccardo qu’Arturo soit gracié…

Acte III
Un jardin près de la demeure d’Elvira. Arturo qui s’est échappé, retrouve Elvira et lui explique pourquoi il est parti avec une autre qu’elle. Réconciliés, les deux amants sont surpris par Riccardo, Giorgio et les soldats Walton… Alors qu’Elvira retrouve ses esprits, on annonce que Cromwell a proclamé l’amnistie des vaincus. Elvira et Arturo peuvent enfin se marier.

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TOULOUSE, ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE. Star Wars IV « L’Empire contre-attaque », jeu 14 sept 26, ciné-concert événement (Zénith Toulouse Métropole)

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Grande célébration symphonique pour l’ouverture de la nouvelle saison de l’ONCP Orchestre National du Capitole de Toulouse : le ciné-concert qui s’annonce au Zénith Toulouse Métropole, promet une nouvelle expérience inoubliable entre cinéma et grands frissons symphoniques. Re découvrez le film Un nouvel espoir (épisode IV de la saga La Guerre des étoles / Star Wars) avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse au complet…

 

 

 

 

Ciné-concert Star Wars : le retour ! La saga Star Wars est de retour, d’autant plus percutante et puissante qu’elle est portée par les instrumentistes de l’Orchestre national du Capitole… Après le premier volet qui a électrisé le Zénith de Toulouse en juin 2025, Luke Skywalker, Dark Vador, Princesse Leia, l’Orchestre du Capitole (et le petit robot R2-D2) proposent la suite des aventures galactiques. Avec « L’Empire contre-attaque », (re)parcourrez les constellations et planètes aux mille dangers, jusqu’au climax dramatique d’un célèbre duel au sabre laser…

Pour ce deuxième volet, John Williams compose un tube absolu, « La marche de l’Empire ». Morceau haletant, situé du côté obscur de la Force, et inspiré (en accéléré) de la Marche funèbre de Chopin ! Plutôt chasseur rapide ou vaisseau spatial, plutôt X-wing ou Faucon millenium pour le voyage ?

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Film Star Wars : Episode IV – Un nouvel espoir en VOSTFR
Avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse
jeu 14 sept 26 (Zénith Toulouse Métropole), 20h
Ouverture des portes à 18h30
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ONCT Orchestre National du Capitole de Toulouse : https://onct.toulouse.fr/star-wars-lempire-contre-attaque/
PLUS D’INFOS sur le site du Zénith Toulouse Métropole : https://zenith-toulousemetropole.com/shows/Star%20Wars%20par%20L%27Orchestre%20National%20Capitole%20Toulouse-21698
Orchestre National du Capitole de Toulouse
Ernst Van Tiel, direction

 

John Williams : musiques pour la saga STAR WARS
épisode IV : « Un nouvel espoir »

 

 

 

SE RENDRE AU ZÉNITH

Allez-y avec Tisséo !
Calculez votre itinéraire sur tisseo.fr et trouvez le mode de transport qui vous convient : https://www.tisseo.fr/
Tramway : Ligne T1 – Arrêts Zénith ou Hippodrome
Métro : Ligne A – Station Arènes
Bus : L2 – Arrêt Zénith ou Cartoucherie / L 3 – Arrêt Hippodrome
VélôToulouse : Stations n°245, n°9, n°236, n°226

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CD événement, annonce. « HOMAGE TO HEIFETZ » : Lalo, Korngold, Debussy… María Dueñas, violon. Simón Bolívar Symphony Orchestra of Venezuela / Gustavo Dudamel (direction) – 1 cd DG Deutsche Grammophon

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Sur les pas de l’illustre Jascha Heifetz (1901 – 1987) – lituanien exilé aux States, la jeune violoniste espagnole originaire de Grenade, Maria Dueñas (24 ans) aborde plusieurs pièces que le violoniste légendaire a sublimé avant elle… Les 5 séquences ardentes, passionnées de la Symphonie Espagnole de Lalo, véritable concerto symphonique pour violon, conçu par Pablo de Sarasate en 1875 ; surtout joyau concertant postromantique, le Concerto trop rarement joué, de Korngold, opus 35 (d’une tendresse enivrante ; d’un lyrisme enchanté, éperdu en particulier dans son mouvement central, « Romance – Andante »).

 

 

La violoniste ajoute une transcription de La Fille aux cheveux de lin de Debussy (extraits des Préludes I, originellement pour piano), puis la Plus que lente et surtout, clin d’œil attendu, »La Chevelure » (extrait des Chansons de Bilitis, dans la transcription de Heifetz !), avec Itamar Golan au piano. Pour Maria Dueñas, il s’agit d’honorer la mémoire et l’immense legs artistique (et sonore) du violoniste Jasha Heifetz (« son feu et son âme ») qu’elle écoutait avec admiration dès l’âge de 6 ans, précisément son interprétation de l’éblouissant Concerto de Korngold (avec le Saint-Louis Symphony Orchestra) : s’y accomplissait ce chant spécifique conçu par Korngold, et réservé au prodige du violon, entre Caruso et Paganini. D’un lyrisme extraverti, si proche de la voix, le violon de Maria Dueñas conclut son récital symphonique par une pièce plus intérieure : « Estrellita » de Manuel Ponce (également dans l’arrangement de Heifetz, que ce dernier aimait jouer en bis)…

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CD événement, annonce. HOMAGE TO HEIFETZ : Lalo, Korngold, Debussy… María Dueñas, violon. Simón Bolívar Symphony Orchestra of Venezuela / Gustavo Dudamel (direction) – 1 cd DG Deutsche Grammophon – Enregistré en aout 2025 – Londres, studios Abbey Road
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur DG Deutsche Grammophon : https://www.deutschegrammophon.com/en/catalogue/products/14205
VISITEZ aussi le site officiel de la violoniste Maria Dueñas : https://www.mariaduenasviolin.com/en

 

 

 

VIDÉO
María Dueñas, Itamar Golan – Debussy: Chansons de Bilitis: No. 2, La chevelure (Arr. Heifetz)

Jascha Heifetz is widely regarded as one of the most influential violinists of the 20th century. For María Dueñas @mariaduenasviolin he has been a constant source of artistic inspiration since her childhood. With her new album HOMAGE TO HEIFETZ, she follows in his footsteps, placing at its core works closely tied to his legacy. For Debussy’s La chevelure, Maria Dueñas was able to record on her predecessor’s own 1731 Stradivarius (the “Heifetz, Piel”), loaned to her for the occasion.
The album was recorded at London’s iconic Abbey Road Studios with Gustavo Dudamel — an important inspiration for Dueñas not only “as a phenomenal musician, but also as a wonderful human being” — and the Simón Bolívar Symphony Orchestra.
The program includes, among other works, Korngold’s Violin Concerto and Lalo’s Symphonie espagnole, alongside miniatures by Debussy and Ponce that deliberately echo Heifetz’s tradition. The result is a tribute that honors Heifetz’s legacy while also showcasing María Dueñas’s own distinctive artistic voice.
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Télé, ce soir et demain : sam 29, dim 30 août 2026. GLUCK : Iphigénie en Aulide, Iphigénie en Tauride (Tcherniakov / Haïm, Aix 2024)

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IPHIGÉNIE en huis clos familial… Le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov, après avoir réécrit à Aix les opéras de Mozart, aborde à l’été 2024 les deux Iphigénies de C. W. GLUCK (en Aulide, puis en Tauride) – dont il fait un diptyque en une seule soirée. Pour relever ce défi lyrique, la soprano américaine Corinne Winters incarne les deux Iphigénies, bouleversante figure féminine qui ose s’insurger contre l’injustice divine…

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Photo : Corinne Winters incarne les 2 Iphigénies de Gluck © Monika Ritterhaus / Arte

 

 

 

 

Depuis le Grand Théâtre de Provence, Dmitri Tcherniakov aborde deux opéras français du Chevalier Gluck. Un défi lyrique qui est aussi une performance théâtrale pour le metteur en scène, vocale, pour l’héroïne Atride, appelée à incarner les deux Iphigénies. Au pupitre, la cheffe d’orchestre Emmanuelle Haïm et, dans le double rôle-titre, la soprano Corinne Winters. Première pièce : la flotte de l’armée grecque, conduite par Agamemnon, vogue vers Troie (pour y libérer Hélène). Mais le vent fait défaut et Diane, la déesse de la chasse, réclame le sacrifice d’Iphigénie, la fille du roi mycénien… Seconde pièce : Iphigénie cauchemarde : elle a vu sa mère, Clytemnestre, assassiner son père, tandis qu’elle-même tuait Oreste, son frère. Thoas, le roi des Scythes, alarmé par l’oracle qui lui a prédit qu’un étranger causerait son trépas, a ordonné que toute personne arrivant en Tauride soit mise à mort… Ainsi Gluck met en musique les 2 visages d’Iphigénies : victime en Aulide mais chasseresse en Tauride (pourchassant son frère Oreste, meurtrier de leur mère Clytemnestre…).

Victime et bourreau
La malédiction des Atrides inspire Gluck qui après Vienne, triomphe à Paris en réformant propre aux années 1770, l’opéra français du XVIIIè. Iphigénie, la fille de Clytemnestre et d’Agamemnon, en guerre contre les Troyens, est tour à tour victime (Iphigénie en Aulide, 1774) et bourreau (Iphigénie en Tauride, 1779). Plongeant le spectateur dans la demeure familiale, hantée par ses morts, Tcherniakov pour lequel le noyau familial a toujours été le cadre des intrigues tragiques (et obsessionnelles), déploie « un processus de déshumanisation aux résonances contemporaines ». Le spectacle s’inscrit dans un cycle de violence sans fin – elle réunit autour de la soprano américaine Corinne Winters dans le double rôle-titre, plusieurs solistes français de premier plan…

 

ARTE, sam 29 et dim 30 août 2026, 00h15. Le deux opéras Iphigénies de Gluck en une seule soirée au Grand Théâtre de Provence, Festival d’Aix en Provence 2024. Dmitri Tcherniakov (mise en scène), Emmanuelle Haïm (direction)…

 

 

 

 

présentation

LIRE aussi notre présentation des deux Iphigénies de Gluck par Dmitri Tcherniakov : https://www.classiquenews.com/live-stream-opera-aix-en-provence-2024-gluck-iphigenie-en-aulide-iphigenie-en-tauride-par-dmitri-tcherniakov-jeu-11-juillet-2024-19h15/

 

 

VIDÉO
Production lyrique en REPLAY sur ARTE.TV :
https://www.arte.tv/fr/videos/119007-000-A/gluck-iphigenie-en-aulide-iphigenie-en-tauride/   –   En replay jusqu’au 27 sept 2026.

L’éminent compositeur Christoph Willibald Gluck s’est inspiré de la Grèce antique pour créer deux opéras majeurs en 1774 et 1779. Des siècles plus tard, le metteur en scène Dmitri Tcherniakov donne un nouveau souffle à cette partition portée par la remarquable Corinne Winters.
À 0h20 sur Arte. Opéras de Christoph Willibald, Ritter von Gluck. Réalisé par Andy Sommer (Grand Théâtre de Provence, Festival d’Aix-en-Provence, 2024). 3h50. Avec Corinne Winters, Russell Braun, Véronique Gens. Inédit.

 

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CD événement, annonce. Sir Anthony Hopkins : Life is a dream – oeuvres pour orchestre. Philharmonia Orchestra, Gustavo Dudamel, direction (1 cd Decca classics)

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RÉVÉLATION… L’éditeur DECCA regroupe dans cet album événement, les compositions de l’acteur britannique devenu légendaire, Sir Antony Hopkins, conçues depuis les 60 dernières années, alors que jeune acteur, il hésitait encore à persévérer comme compositeur ; les pièces dévoilées sont jouées par le Philharmonia Orchestra sous la direction du chef vénézuélien Gustavo Dudamel (et la complicités de deux solistes : Sergio Tiempo, piano et Gregorio Nieto, violoncelle). L’acteur compositeur dévoile un réel talent pour l’écriture orchestrale, s’inspirant de sa terre galloise natale et aussi de sa (très) riche expérience cinématographique : vaste source inspirante qui produit une multitude d’atmosphères idéalement élaborées.

 

 

 

 

Du reste, même si le premiers épisodes convoquent le spectaculaire voire le martial conquérant (cf la marche introductive : « fanfare and march« ), avouons que la majorité des œuvres versent plutôt dans l’introspection et le mystère suspendu, un questionnement trouble dont l’inquiétude comme l’intranquillité n’écartent pas une évidente intelligence symphonique et un goût pour la volupté sonore… « Life is a dream » : la musique de Sir Anthony semble scruter les rugissements du monde pour capter des vérités souterraines, plus oniriques qu’énigmatiques. Ses mondes sonores qui se révèlent aujourd’hui sont plus proches de « Retour à Howard ends » ou des « Vestiges du jour » et « Elephant Man » que du film horrifique « Le silence des agneaux » et de son incarnation du démoniaque Hannibal Lecter…

L’album contient 12 titres, dont les déjà connus (entre autres), « Bracken Road » (de la Suite 1947) et la célèbre valse « And The Waltz Goes On »… L’acteur autodidacte avoue jouer du piano depuis l’âge de 6 ans et inventer voire écouter mentalement les combinaisons sonores qu’il aime composer, distinguant très nettement la couleur et le timbre de chaque instrument (cordes, cuivres, bois…) à sa juste place finale.
Ayant une idée très précise, il a utilisé des logiciels d’aide à la composition puis bénéficié de l’aide des arrangeurs et orchestrateurs comme le compositeur Stephen Barton… Antony Hopkins joue au piano ses pièces en indiquant quel instrument il souhaite écouter à telle mesure précise.

Pour sa célèbre valse And The Waltz Goes On, c’est le violoniste et chef d’orchestre André Rieu qui a finalisé l’arrangement pour la version orchestrale. D’ailleurs, l’histoire de la valse, composée dès 1964, relève du roman. C’est l’une de ses pièces de jeunesse dont l’existence resta cachée tant l’auteur était peu sûr de son talent musical … jusqu’à ce que sa femme Stella Arroyave ne force à raison le destin. Composée à 26 ans, la partition est reléguée au placard : Hopkins se dédie dès lors uniquement à sa carrière d’acteur. 50 ans plus tard, son épouse envoie la partition à André Rieu qui la jugeant admirable, accepte de jouer sa valse avec son célèbre Johann Strauss Orchestra : la création a lieu à Vienne en 2011 en présence du couple Hopkins, Sir Anthony est alors âgé de … 73 ans. Consécration pour le compositeur… qui peint également, et ce quotidiennement dans son atelier de Malibu. Son imagination ne semble avoir aucune limitation formelle. Critique du cd à venir sur classiquenews.com – coup de cœur, CLIC de Classiquenews automne 2026.

 

 

 

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CD événement, annonce. ANTHONY HOPKINS : Life Is A Dream, œuvres pour orchestre. Sergio Tiempo · Gregorio Nieto – The Bach Choir · Winchester Cathedral Choir – Philharmonia Orchestra, Gustavo Dudamel (1 CD DECCA classics) – parution : 21 août 2026. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026

 

 

 

Tracklisting / programme :
1. Fanfare and March
2. Farewell My Love
3. And The Waltz Goes On
4. My Fatherland
5. Margam
6. 1947 Suite: I. Circus
7. 1947 Suite: II. Bracken Road
8. 1947 Suite: III. The Plaza
9. Stella Aria
10. Tara
11. Two Pieces for Orchestra: I. Samsara
12. Two Pieces for Orchestra: II. The Eagle

PLUS D’INFOS sur le site de Deutsche Grammophon / Decca Classics : https://store.deutschegrammophon.com/en-en/products/anthony-hopkins-life-is-a-dream-119395

 

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CRITIQUE, festival. FESTIVAL BERLIOZ (Château Louis XI), le 25 août 2026. BERLIOZ : La Damnation de Faust. A. Bré, J. Schütz, A. Roslavets. Orchestre Appasionato, Choeur Spirito et Choeur d’Auvergne-Rhône-Alpes, Mathieu Herzog (direction musicale)

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Parmi les spectacles les plus attendus du Festival Berlioz, La Damnation de Faust (1846) ose associer choristes amateurs et professionnels pour un résultat de très bonne tenue. Les solistes, au style disparate, déçoivent en comparaison, autour d’une direction franche et énergique, qui gagnerait à davantage de respiration.

 

Il faut saluer le pari généreux du Festival Berlioz de réunir les Choeurs (amateurs) d’Auvergne-Rhône-Alpes et leur équivalent professionnel Spirito, longtemps dirigé par Nicole Corti et désormais par Thibaut Louppe (depuis 2025). Il s’agit là d’une aventure collective à l’image de l’esprit chaleureux qui anime les lieux, où la musique se prolonge jusque dans les rues et les abords du château. Toujours aussi effervescente, la cour du château mêle food trucks, boutiques éphémères et curiosités, à l’image de ce cheval monumental, issu d’une ancienne production consacrée aux Troyens (voir en 2023). Une présence incongrue et familière à la fois, qui rappelle combien, ici, les spectacles laissent une empreinte dans la ville, bien au-delà du temps de la représentation.

Un peu plus tôt, l’Eglise de la cité avait accueilli une création originale réunissant pour la première fois la pianiste Marie-Josèphe Jude et la récitante Rima Abdul-Malak. La lecture musicale en hommage à George Sand et aux poétesses qui lui ont succédé est un prétexte à faire partager tout l’amour de l’ancienne ministre de la culture pour la poésie, en une éloquente simplicité, sans ostentation. La fin du spectacle, particulièrement émouvante dans sa place donnée aux cultures du Moyen-Orient, trouve un ton plus militant, en soutien à toutes celles qui luttent aujourd’hui contre l’oppression.

 

 

Retour à La Damnation de Faust, dont les forces chorales constituent assurément l’un des atouts de cette version de concert. Le rassemblement de choristes venus de différents horizons témoigne d’une belle homogénéité, sans qu’il soit possible de distinguer les apports des uns ou des autres. C’est notamment le cas dans les grandes scènes collectives, où l’enthousiasme ne se départit pas d’une réelle précision. Les parties plus contemplatives du début laissent toutefois entrevoir quelques raideurs, à l’image de la direction vigoureuse de Mathieu Herzog, surtout connu en tant qu’altiste du Quatuor Ebène. Le chef français peine en effet à fouiller les états d’âme de Faust, en privilégiant la mélodie principale au détriment des détails, volontiers sacrifiés dans cette vision aux ponctuations marquées. Il se rattrape dans les parties plus orageuses, mais son approche de ce répertoire reste trop compacte et anguleuse pour convaincre sur la durée.

Dans ce contexte, les solistes réunis n’offrent pas davantage de consolation. La voix fluette d’Ambroisine Bré (Marguerite) ravit par son raffinement et son agilité sur toute la tessiture, mais peine à convaincre dans les intentions dramatiques, beaucoup trop timorées et extérieures. A ses côtés, Jérémie Schütz (Faust) donne davantage de force de conviction, mais déçoit par un vibrato envahissant, sans parler d’une émission engorgée dans le médium et d’une diction perfectible. On lui préfère nettement le Méphistophélès engagé d’Alexander Roslavets, qui compense un manque de couleurs et de graves par un sens du théâtre affirmé, toujours décisif dans ce rôle.

 

 

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CRITIQUE, opéra. LA COTE-SAINT-ANDRE, Festival Berlioz, le 25 août 2026. BERLIOZ : La Damnation de Faust. Ambroisine Bré (Marguerite), Jérémie Schütz (Faust), Alexander Roslavets (Méphistophélès), Arthur Dougha (Brander), Orchestre Appassionato, Chœur Spirito, Chœur amateur d’Auvergne-Rhône-Alpes, Mathieu Herzog (direction musicale). Photo (c) Bruno Moussier

 

 

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CRITIQUE, enregistrement événement. Louis COUPERIN : 16 Préludes non mesurés. Denis Levaillant, piano (première mondiale, DLM éditions)

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Défricheur, explorateur, expérimentateur, on ne présente plus le compositeur et pianiste Denis Levaillant. Artiste polyvalent, le pianiste se révèle sur le métier de Louis Couperin (1626-1661), interprète et inventeur. Le cadre des Préludes non mesurés de Couperin permet cette liberté interprétative qui place l’interprète tel un re-créateur dont le geste libre et inspiré n’a d’autre dessein que le respect de l’esprit de la musique et la cohérence des options choisies pour l’exprimer. Dans les faits, Denis Levaillant propose avec raison une tradition déjà acceptée et même recherchée chez Rameau : jouer Couperin au piano. Il était même temps ; gageons qu’ici, le claviériste agisse en visionnaire.

 

D’autant que la mécanique sonore du clavier moderne se prête idéalement à l’esthétique même des Préludes : la richesse harmonique (présence des basses dans le médium), comme l’acuité renouvelé des récitatif, leur portée déclamatoire,… sont d’autant plus réussis qu’ils accréditent l’approche dans son ensemble.

 

Première mondiale
Denis Levaillant joue Couperin au piano

Du reste, le compositeur aborde un terreau connu et déjà analysé, précisément dans son livre sur l’Improvisation musicale (1980), où Couperin figurait comme un cas exemplaire, qui (r)appelle l’improvisation. Une improvisation proche de la respiration et du naturel de la langue parlée, qui rétablit le cheminement et la structure même des 16 Préludes « non mesurés ». Le fait que l’interprète ne vienne pas des cénacles baroques, parfois corsetés par les règles édictées, irrévocables, de l’approche historiquement informée, renforce l’intérêt de l’enregistrement ; Denis Levaillant en outre maîtrise toute la technique du jazz improvisé. Une dynamique fluide, une rythmique libre, une pulsion basique régénérée… nourrissent ici une approche qui respire, nuance, … rétablit le sens, tout en respectant le style baroque français du XVIIè (déclamation, articulation, ornementation…)… soulignant chez Louis, les signes du génie poète et conteur, qui exprime sans décrire. Ainsi c’est le flux improvisé qui exprime le caractère de chaque pièce. Très inspiré, le pianiste réorganise les Préludes en groupes selon la tonalité et la logique des modulations : d’abord en do majeur (n°9), puis sol mineur (n°3), ré majeur (n°2), la mineur (n°6A)… Le parcours sonore, dans ses modulations enchaînées et fluides, questionne, sonde, introspecte… tende vers une abstraction hors du temps et de l’espace (divagation éthérée mais très architecturée du Prélude 15, le plus développés la fois acteur et méditatif).

En déplaçant la tradition du Prélude, avant réservée au luth, Couperin offre au clavier, un cadre nouveau, riche en possibilités expressives et aussi techniques. Le compositeur offre à l’interprète un terrain où la liberté du geste doit trouver son équilibre, tout en s’appropriant des ressources inédites, comme ce que souligne Denis Levaillant, le goût des harmonies rares, dissonantes, – comme déjà évoqué, dans la tenue des basses (d’autant plus que sur le clavier moderne, les basses sont amples, rondes, puissantes).
De même, le pianiste joue comme s’il sculptait la matière musicale en perpétuelle modulation, couplée à un mouvement imitatif constant (Prélude n°9 en ut). Le relief de telles dissonances rehausse la vitalité linguistique du flux et fait de chaque Prélude, un joyau dramatique d’une richesse secrète en première écoute, et qui se révèle, onctueuse, caressante, intérieure dès la seconde écoute (grâce à la ductilité restaurée du chant de la main droite).

S’appuyant surtout sur l’édition de Moroney, Denis Levaillant rend explicite et audible, l’élégance de chaque courbe inscrite sur la partition (qui indique chaque note tenue) et aussi rend lisible les signes de « legato » (en réalité l’équivalent des barres de mesure). S’en dégage une lecture intime, librement narrative, toujours cohérente qui exprime en son coeur, l’équilibre et l’élégance solaire du divin Louis Couperin. Compositeur réservée, toujours mesuré, capable pourtant d’envolées fulgurantes, – dont le jaillissement semble improvisé, Couperin gagne à travers ses 16 Préludes ainsi réalisés, une vitalité renouvelée qui allie souveraine pudeur mais créativité sans entrave (en cela un point d’équilibre est atteint dans le sublime chant du Prélude 13) : « … quand j’interprète, je suis en situation de créateur: je dois penser comme le compositeur au point de ressentir son écriture comme la mienne. Couperin n’est donc pas un détour. C’est une nouvelle entrée dans ce même univers », précise Denis Levaillant, dans l’entretien qu’il nous a réservé. LIRE l’intégralité de l’entretien avec Denis Levaillant à propos de son enregistrement des Préludes non mesurés de Louis Couperin : https://www.classiquenews.com/entretien-avec-denis-levaillant-a-propos-de-son-nouvel-enregistrement-dedie-aux-preludes-non-mesures-de-louis-couperin/

Pour ses 400 ans, Louis Couperin dit « le Grand », ne pouvait espérer meilleur ambassadeur.

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CRITIQUE, enregistrement événement. Louis COUPERIN : 16 Préludes non mesurés. Denis Levaillant, piano (DLM éditions) – parution : le 29 août 2026 – Plus d’infos sur le site de Denis Levaillant  : https://www.denislevaillant.net/DL_FRE/ — CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026

 

 

 

 

 

entretien

ENTRETIEN avec Denis LEVAILLANT, à propos de son nouvel enregistrement dédié aux Préludes non mesurés de Louis Couperin | ClassiqueNews
https://www.classiquenews.com/entretien-avec-denis-levaillant-a-propos-de-son-nouvel-enregistrement-dedie-aux-preludes-non-mesures-de-louis-couperin/

Pour ses 400 ans en 2026, Louis Couperin (1626 – 1661), en partie éclipsé par son neveu François, méritait bien un éclairage original et personnel. Pari relevé et réussi par le compositeur et pianiste Denis Levaillant qui a enregistré les fameux Préludes « non mesurés » au piano : à l’interprète de réaliser le corpus légué par le compositeur baroque, l’un des plus audacieux et aussi des plus emblématiquement français qui soit… Familier du jazz et de l’improvisation, Denis Levaillant aborde les Préludes en en soulignant l’essence expérimentale, la vivacité comme la liberté inventive. Jamais le geste n’a paru aussi juste et pertinent, le pianiste privilégiant toujours l’esprit du jaillissement et de l’imagination comme source d’une dramaturgie « cinématique »…


 

 

 

présentation

LIRE aussi notre présentation annonce du cd Louis COUPERIN : Préludes non mesurés. Denis Levaillant, piano (1 cd DLM éditions)
LOUIS COUPERIN : Préludes non mesurés, Première intégrale mondiale des Préludes non mesurés sur un piano de concert moderne… À l’occasion des 400 ans de sa naissance, le pianiste Denis Levaillant présente le premier enregistrement intégral au piano des Préludes non mesurés de Louis Couperin (dans l’édition de Davitt Moroney) : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-louis-couperin-preludes-non-mesures-danis-levaillant-piano-1-cd-dlm-editions/

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CRITIQUE, festival. 60e FESTIVAL DE LA CHAISE-DIEU (Abbatiale Saint-Robert), les 22 & 23 août 2026. Les Talens lyriques / C. Rousset, Les Accents / T. Noally, A Nocte Temporis / R. van Mechelen

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Le Festival de la Chaise-Dieu dont on rappellera qu’il a été inspiré par le grand pianiste français d’origine hongroise Gyorgy Cziffra, fête son 60ème anniversaire. Pour cette importante commémoration, le Festival de la Chaise-Dieu – qui s’avère être l’un des plus anciens festivals de musique classique de France ! – a réuni nombre de personnalités musicales de premier plan, dont beaucoup d’entre elles sont des habituées.

 

Notre écoute attentive s’est portée sur 3 concerts donnés par trois musiciens de trois générations différentes… un claveciniste, un violoniste et un chanteur. Le claveciniste Christophe Rousset dirigeait son ensemble Les Talens Lyriques dans un programme Charpentier / Campra, le samedi 22 août. Était proposé tout d’abord la dernière Messe composée par Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), ayant pour titre Missa Assumpta est Maria. Dans cette œuvre, de même que dans la suivante, l’ensemble instrumental était associé au très remarquable Chœur de Chambre de Namur. On connaît la dévotion de Charpentier pour la Vierge, toute son œuvre sacrée en témoigne. Dès les premières mesures, on est plongé dans un climat de douceur presque sensuelle propre à ce compositeur, les cordes des Talens lyriques faisant merveille dans cette musique sinueuse et vibrante de foi religieuse. 

Les solistes et le chœur à la française répondent avec naturel aux sollicitations du chef, fin connaisseur de cette musique, comme de celle d’André Campra (1660-1744). Son Requiem est une œuvre qui rendit son auteur célèbre dans tout le pays. Avec l’ouvrage de Campra, on est déjà en présence d’une musique qui, sans oublier Le Grand siècle, a déjà plus d’un pied dans le XVIIIème siècle. La musique se fait plus fournie et puissante, Campra ayant eu le souci de varier les formes musicales, les interventions du chœur, des solistes. Parmi eux, la basse Adrien Fournaison est particulièrement sollicitée, notamment pour ouvrir dans un style grégorien les différents numéros qui composent ce Requiem. On aura aussi remarqué les très belles interventions du haute-contre Abel Zamora. Christophe Rousset dirige son ensemble avec une science faite tout à la fois de retenue et de puissance.

Le second nommé est le violoniste Thibault Noally qui dirige du violon son ensemble Les Accents. Le programme retenu, le lendemain 23 août en après-midi, était entièrement consacré au compositeur Georg Friedrich Haendel (1685-1759). Deux œuvres étaient inscrites au programme de ce concert, dont une très peu connue, et une autre qui fit la gloire du compositeur. C’est une Cantate – Donna che in ciel HWV 233 – qui introduit ce concert. Il s’agit d’une œuvre, comme la suivante, du jeune Haendel – et elle a été composée durant la période dite romaine du compositeur, quand ce jeune luthérien était au service de protecteurs catholiques. Cette Cantate comporte trois airs qui sont confiés à une chanteuse, la mezzo-soprano Juliette Mey, au timbre clair et ferme.

C’est une œuvre chargée de vocalises et qui emprunte beaucoup au style lyrique. Puis vient l’ouvrage attendu et connu de beaucoup, nombre de chœurs amateurs s’en sont emparés. Il s’agit du Dixit Dominus (Le Seigneur a dit). Oeuvre dans laquelle les chœurs sont particulièrement mis à contribution. Les interventions de solistes, accompagnées la plupart du temps au violoncelle et à l’orgue, dans un relatif dépouillement, font contraste avec la puissance emphatique du chœur. Sa virtuosité tonique annonce d’ailleurs certaines phrases musicales du Messie, autre chef d’œuvre du compositeur germanique.

Sachant que ce Dixit Dominus est généralement interprété par un grand choeur, certains auront sans doute pû être surpris que les chanteurs solistes qui composent également le chœur soient au nombre de cinq : une soprano Marlène Assayag, une mezzo-soprano Juliette Mey, une contralto Anthea Pichanick, un ténor Antonin Rondepierre et enfin, une basse Nicolas Brooymans. Le mérite de ce petit effectif, c’est la clarté de l’exécution, sa fraîcheur aussi, qualités que l’on n’associe pas spontanément à Haendel. L’entendre sous un jour nouveau, plus dépouillé, donc plus léger, sous la direction créative de Thibault Noally, s’avère passionnant.

Enfin le troisième musicien, le chanteur Reinoud Van Mechelen, nous emmène (le soir même…) sur la trace du Kantor de Leipzig – avec l’exécution de la Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Cette œuvre d’une ampleur certaine, quoique de proportion plus modeste que la Passion selon Saint Matthieu, est composée de deux parties inégales. Là encore, surprise de découvrir un ensemble d’instrumentistes et de chanteurs peu fourni, 7 solistes et 7 membres du chœur. C’est un choix historiquement informé, comme on dit, qu’a fait le ténor et chef d’orchstre Reinoud Van Mechelen, avec l’Ensemble A Nocte Temporis qu’il a créé.

La disposition de l’ensemble instrumental fait la part belle aux instruments les plus fragiles, avec, tout à côté du chef, le luth et sur le côté droit, un quatuor composé de 2 flûtes et 2 hautbois. Non loin, le basson et plus loin la contrebasse, et, bien sûr, les cordes tout autour. Bien que visiblement surpris, le public a paru peu à peu conquis par cette interprétation expérimentale de la Passion. Son originalité tient à son côté presque paroissial, familier, à l’image de l’interprétation que Reinoud Van Mechelen a donné de son incarnation de l’Evangéliste. On rappellera qu’il a, tout à la fois, tenu le rôle de l’Evangéliste et dirigé l’ensemble. Cette interprétation a pu apparaître pour certains comme expérimentale, même si il n’est désormais pas nouveau d’interpréter la Passion avec un effectif réduit (on l’a même entendue jouée avec un effectif encore plus réduit)…

Elle a aussi le mérite d’éviter certaines grandiloquences et de permettre d’entendre une Passion plus proche des auditeurs, comme à portée de voix. Le public ne s’y est pas trompé. Il suffisait, pour s’en rendre compte, de percevoir le silence ému qui a parcouru l’assistance à la fin de l’œuvre. Toutes les voix solistes ont au moins une aria, et elles accomplissent toutes avec brio et intériorité le cheminement spirituel que requiert l’interprétation de ce chef-d’œuvre. Mention particulière au contre-ténor Carlos Mena pour son interprétation, à la fin de la Passion, de l’aria Es ist vollbracht… (Tout est achevé).

L’interprétation de la Passion selon St-Jean fut l’un de ces moments de musique qui font la grandeur du Festival de la Chaise-Dieu. Bon anniversaire !!

 

 

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CRITIQUE, festival. 60e FESTIVAL DE LA CHAISE-DIEU (Abbatiale Saint-Robert), les 22 & 23 août 2026. Les Talens lyriques / C. Rousset, Les Accents / T. Noally, A Nocte Temporis / R. van Mechelen. Crédit photo (c) Bertrand Pichène

 

 

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CRITIQUE, festival. FESTIVAL BERLIOZ (Saint-Antoine l’Abbaye), le 24 août 2026. BEETHOVEN : Missa Solemnis. Le Cercle de l’harmonie, Jérémie Rhorer (direction)

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Basés traditionnellement à La Côte-Saint-André, ville natale de Berlioz, les concerts du festival dédié au compositeur français n’en oublient pas de faire rayonner les autres hauts lieux du département de l’Isère, comme c’est le cas pour cette soirée entièrement dédiée à Ludwig van Beethoven, dans le cadre majestueux de l’Eglise abbatiale de Saint-Antoine l’Abbaye.

 

C’est là une idée judicieuse, tant cette cité médiévale (classée parmi les plus beaux villages de France en 2025) offre de charme, à quelques encablures de la Drôme. On ne peut qu’être émerveillé de la richesse décorative intérieure de cette Eglise, entre l’orgue monumental du 18ème siècle, l’autel sculpté ou la châsse de Saint-Antoine, tout autant que les nombreuses chapelles peintes ou le choeur majestueux (stalles et tableaux). Si l’acoustique très réverbérée nécessite un placement au plus près des interprètes, elle se prête surtout au domaine vocal, comme celui incarné par la monumentale Missa Solemnis (1823) de Ludwig van Beethoven.

Chaque nouvelle écoute de ce chef d’oeuvre ne peut manquer de surprendre par sa modernité : après avoir révolutionné la symphonie en l’ancrant dans une vision résolument romantique, le compositeur allemand semble vouloir faire de même avec le répertoire religieux. Après ces deux premiers essais au langage plus accessible (Le Christ au mont des oliviers en 1801, puis la Messe en ut majeur en 1807), Beethoven cherche à dépasser la lisibilité dramatique immédiate, préférée pour ses huit premières symphonies. A rebours des messes de son époque, telles que celles de son ancien professeur Haydn, la Missa Solemnis entremêle ainsi écriture symphonique, contrepoint savant et expression profondément personnelle.

 

 

Familier de l’oeuvre qu’il a proposée plusieurs fois au concert, Jérémie Rhorer poursuit l’exploration de ce répertoire en un style flamboyant, aux contrastes assumés. Ses phrasés, aux tempi fiévreux et sans vibrato, laissent entrevoir quelques superbes détails, grâce à son attention aux nuances. Le soin apporté à la pulsation rythmique donne à l’architecture globale une assise toujours en mouvement, aux effets de fondu souvent fascinants dans leur entrelacement. Le chef français impressionne surtout dans ses déflagrations sonores, souvent suivies, au moyen d’une mise en place parfaite, d’un magma sonore planant.

Malgré quelques verdeurs, on se délecte également de la qualité des timbres sur instruments d’époque du Cercle de l’Harmonie, particulièrement les couleurs mordantes du contrebasson. Formé en 2017 à Rocamadour, l’ensemble vocal La Sportelle relève le défi contrapuntique de cette partition dantesque, bien aidé par la vigueur de ses attaques. Si les sopranes apparaissent plus affûtées que les autres pupitres, témoignant de leur aisance technique, ce léger déséquilibre sonore n’affecte pas la cohérence globale.

On ne peut malheureusement en dire autant au niveau des solistes, tant la projection insolente de la soprano australienne Eleanor Lyons a tendance à couvrir ses comparses. Elle met en avant un timbre superbe en pleine voix, mais montre quelques raideurs d’articulation, surtout dans le médium. Plus discrète en comparaison, Valentina Stadler fait valoir une musicalité de grand style, de même que Daniel Behle, malgré une émission un peu engorgée. Enfin, Johannes Weisser complète solidement cette distribution, faisant oublier un léger manque de graves par son engagement constant.

 

 

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CRITIQUE, festival. FESTIVAL BERLIOZ (Saint-Antoine l’Abbaye), le 24 août 2026. BEETHOVEN : Missa Solemnis. Le Cercle de l’harmonie, Jérémie Rhorer (direction). Crédit photo (c) Bruno Moussier

 

 

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70ème MENUHIN FESTIVAL GSTAAD 2026 : ROYAL PHILHARMONIC, les 28, 29, 30 août. Récital Daniel Hope, le 30 août 2026

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Le premier festival estival en suisse, le MENUHIN FESTIVAL GSTAAD poursuit sa formidable programmation ; une programmation d’autant plus significative qu’elle marque au moment de sa 70è édition, la réaffirmation de ses valeurs fondamentales, édictée en 1957 par YEHUDI MENUHIN et que le nouveau directeur artistique / intendant, le violoniste DANIEL HOPE expose davantage : transmission, jeunes talents, liens Nature et musique…

 

 

 

nouveaux vertiges symphoniques à Gstaad

Ce prochain week end, à Gstaad (dans le Saanenland), sous la tente, de nouveaux vertiges symphoniques s’annoncent incontournables, grâce à la présence du ROYAL PHILHARMONIC de Londres (prestigieuse phalange, fondée en 1946 par Sir Thomas Beecham) sous la direction de Vasily Petrenko. 3 rvs avec la phalange britannique tiennent l’affiche des 28, 29 et 30 août 2026.

 

 

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vendredi 28 août 2026
19:30, Tente du Festival de Gstaad
Royal Philharmonic Orchestra | Vasily Petrenko & Thomas Hampson
Alma Mahler : lieder / Gustav Mahler : Rückert-lieder, Symphonie n°5
PLUS D’INFOS : https://www.menuhin.ch/fr/concert/programme-and-location/programme-2026/concerts-2026/2026/9125

2
samedi 29 août 2026
19:30, Tente du Festival de Gstaad
Royal Philharmonic Orchestra | Vasily Petrenko & Behzod Abduraimov
Programme : Tscherepin, Tchaikovsky (Concerto pour piano, Symphonie n°5)
PLUS D’INFOS : https://www.menuhin.ch/fr/concert/programme-and-location/programme-2026/concerts-2026/2026/9128

 

3
dimanche 30 août 2026
10:30, Tente du Festival de Gstaad
Concert pour les familles | Pierre et le Loup
Daniel Hope (récitant), Royal Philharmonic Orchestra, Vasily Petrenko
PLUS D’INFOS : https://www.menuhin.ch/fr/concert/programme-and-location/programme-2026/concerts-2026/2026/9129

 

 

 

 

4
NE MANQUEZ PAS AUSSI – RÉCITAL DANIEL HOPE :  » entre ciel et terre »

ROUGEMONT, dim 30 août 2026, 18h — Le récital du violoniste DANIEL HOPE, directeur artistique du Festival : comme Menuhin avant lui, Daniel Hope a choisi de porter seul sur scène dans l’église de Rougemont, sur son Guarneri del Gesù, plusieurs voix négligées, voire oubliées : celles de Biber, de Schulhoff, de Schnittke, ainsi que celle de Johann Paul von Westhoff, dont on dit qu’il aurait été l’inspirateur des Sonates et Partitas du grand Bach… récital événement : « HOPE SOLO, entre ciel et terre »
PLUS D’INFOS : https://www.menuhin.ch/fr/concert/programme-and-location/programme-2026/concerts-2026/2026/9130

 

 

 

critiques

LIRE aussi nos critiques du 70è MENUHIN FESTIVAL GSTAAD – les 15 et 16 août : Concerto pour violon d’Elgar (Daniel Hope, violon / GFP Gstaad Festival Orchestra, Alexander Schelley, direction) — Rachmaninov et Symphonie Titan n°1 de Mahler par le Budapest Festival Orchestra, Ivan Fischer :

CRITIQUE, Festival. 70e MENUHIN FESTIVAL GSTAAD (Tente du Festival), le 15 août 2026. ELGAR : Concerto pour violon (Daniel Hope, violon) / BEETHOVEN : Symphonie n°5. Gstaad Festival Orchestra (GFO), Alexander Shelley (direction)

 

CRITIQUE, Festivals. 70e MENUHIN FESTIVAL GSTAAD, le 16 août 2026. Rachmaninov (Concerto pour piano n°3 / Isata Kanneh-Mason, piano), Mahler : Symphonie n°1 « Titan ». Budapest Festival Orchestra, Iván Fischer, direction

 

 

 

 

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OPÉRA DE DIJON. BERGEN PHIHARMONIC ORCHESTRA, sam 19 sept 2026. BRAHMS (Concerto pour piano n°2, Leif Ove Andsnes), SIBELIUS (Symphonie n°5, 1919). Dima Slobodeniouk, direction

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Pour son premier concert à Dijon, l’illustre phalange norvégienne, le Bergen Philharmonic Orchestra, l’un des plus anciens orchestres d’Europe, créé en plein siècle des Lumières en 1765, propose sous la direction de son chef finlandais Dima Slobodeniouk, un programme traversé par les vertiges du romantisme germanique et nordique. Le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes se prête aux promesses de cette « première » orchestrale, en assurant la partie soliste du monumental et bouleversant Concerto pour piano n°2 de Brahms.

 

 

Au programme, deux partitions fleuves qui célèbrent la force et la puissance poétique de l’orchestre, comme entité organique, et en complicité dialogue avec un instrument enchanteur, le piano… Brahms pour le XIXè, dans le sillon tracé par Schumann son maître, et Sibelius pour le premier XXème, incarnent deux sommets de la musique romantique en Europe du Nord. Avec le Concerto pour piano n° 2, œuvre contemplative et majestueuse, spectaculaire et introspective, Brahms permet de fusionner comme rarement le lyrisme du clavier et le chant orchestral à jeu égal ; d’autant plus saisissant sous les doigts de l’élégant Leif Ove Andsnes. Tout le Concerto pour piano n°2 de Brahms d’une ampleur symphonique affirmée (avec ses 4 mouvements), laisse pourtant le chant du clavier s’épanouir, entre la tragédie sombre à peine voilée, la digression facétieuse (en particulier dans le dernier mouvement grazioso où scintille les motifs populaires, rythmes hongrois réservés aux cordes), et au cœur de la sensibilité brahmsienne, une hypersensibilité affective qui est la clé de cette noblesse qui retourne toujours à l’intime et à la pudeur blessée

L’héroïque Symphonie n° 5 de Sibelius (ardente et fervente comme l’indique sa tonalité du mi bémol majeur), partition de la pleine maturité (composée pour les 50 ans de l’auteur), illustre un point d’équilibre dans l’écriture du finnois Sibelius, entre épure et clarté du cheminement symphonique et vitalité de la parure instrumentale. Le compositeur y excelle dans l’équation si difficile fusionnant idée musicale et mise en forme. Les 3 mouvements (molto moderato/ andante / allegro molto), exprime l’espoir d’une nation (la Finlande) qui alors en 1919, obtient son indépendance vis à vis de la Russie.

De son côté, la compositrice contemporaine Anna Berg, d’origines norvégienne et vietnamienne, imagine dans sa pièce « Nuances of Water », un rituel rêveur et émerveillé, en hommage à l’élément aquatique. Sous la direction de Dima Slobodeniouk, le Bergen Philharmonic Orchestra offre au public français la découverte de sa curiosité imaginative, de sa formidable vitalité dans un répertoire qu’il connaît parfaitement. La phalange a été dirigé par Grieg lui-même de 1880 à 1882.

 

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Opéra de Dijon / Auditorium
Bergen Philharmonic Orchestra
Dima Slobodeniouk, Leif Ove Andsnes
Samedi 19 septembre 2026, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OPÉRA DE DIJON : https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-26-27/bergen-philharmonic-orchestra/
Durée : 2h avec entracte (20 mn)

 

 

 

programme

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n° 2 en si bémol majeur, op. 83
Leif Ove Andsnes, piano
Anna Berg
Nuances of Water
Jean Sibelius
Symphonie n° 5 en mi bémol majeur, op. 82
Bergen Philharmonic Orchestra
Direction musicale : Dima Slobodeniouk
Projet partagé avec le Festival international de musique Besançon Franche-Comté — Chef et orchestre présente se programme dans le cadre du 79è Concours de Besançon, ven 18 sept 2026, Théâtre Ledoux de Besançon : https://festival-besancon.com/programme/

Photo © Lars Svenkerud

 

 

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FESTIVAL INVENTIO 2026. LONGUEVILLE (77), ven 11 sept 2026 : Stravinsky, Schubert, Szymanowski… Léo MARILLIER, violon – Anton GERZENBERG, piano

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NOUVELLE ESCALE en septembre… Le Festival INVENTIO reprend du service pour cette rentrée de septembre 2026 ; le violon et le piano deviennent les protagonistes d’un conte musical, entre mythes, métamorphoses, créatures imaginaires. Fidèle à la thématique générique de cette édition 2026, le programme déroule un somptueux bestiaire musical : place dans ce concert aux « fabuleux et mythiques animaux ».

 

 

 

Pour ce faire, les deux artistes ont choisi la musique de Schubert et Szymanowski, mise en regard des photographies de Nadine Villiers, dans une scénographie où le réel et l’imaginaire se répondent. Et, au cœur de ce bestiaire,  l’Oiseau de feu de Stravinsky fait surgir la figure flamboyante de l’oiseau mythique, entre enchantement et métamorphose.

 

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Léo MARILLIER, violon – Anton GERZENBERG, piano
CONCERT IMMERSIF
Vendredi 11 septembre 2026, 20 h
Chapelle de Lourps · Longueville (77)
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site du Festival INVENTIO 2026 :
https://www.billetweb.fr/inventio2026?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=rentre%202026

 

 

 

 

programme

Igor Stravinsky
L’Oiseau de feu, extraits

Franz Schubert
Fantaisie en ut majeur D.934

Karol Szymanowski
Mythes, op. 30

 

 

 

les artistes

Anton GERZENBERG, piano
Né à Hambourg en 1996, Anton Gerzenberg remporte en 2021 le prestigieux Premier Prix du Concours Géza Anda de Zurich.  Présenté comme « Great Talent » au Wiener Konzerthaus de 2022 à 2024, il a reçu en 2024 le Martha Argerich Steinway Prize.

Léo MARILLIER, violon
Né à Provins en 1995, violoniste d’une rare polyvalence, compositeur et chercheur, Léo Marillier mène une carrière internationale d’interprète et de créateur, engagement récompensé en 2022 par le Prix Enesco de la SACEM.   En janvier 2021, il intègre le prestigieux Quatuor Diotima, l’une des formations de musique de chambre les plus demandées au monde. Il développe depuis dix ans en Seine-et-Marne avec INVENTIO une démarche où la musique dialogue avec les lieux, les images et d’autres formes artistiques. Il en assure depuis la première édition, la direction artistique.

 

 

LE LIEU

Soirée à la Chapelle de Lourps — À la musique et aux images s’ajoute le plaisir de découvrir ou de retrouver la Chapelle de Lourps (et ses superbes peintures murales), nichée dans un écrin de verdure à quelques kilomètres de Provins. Rituel du festival : la soirée se prolongera autour d’un après-concert gourmand offert dans le parc de la chapelle.
PLUS D’INFOS : https://provins.net/decouvrir-visiter/destination-le-provinois/chapelle-de-lourps/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vidéo

 

 

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CRITIQUE, opéra. PESARO, Teatro Rossini, le 21 août 2026. ROSSINI : Le Siège de Corinthe. Davide Livermore / Carlo Rizzi

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Présenté pour la première fois dans sa version intégrale au Rossini Opera Festival de Pesaro en 2000, puis repris en 2017, Le Siège de Corinthe fait son retour dans la ville natale de Gioacchino Rossini : pour fêter le bicentenaire de la création, une nouvelle production est confiée cette année à Davide Livermore, qui s’interroge sur les illusions du patriotisme et les méfaits de la guerre, autour d’un plateau vocal de toute beauté.

 

Quoi de plus passionnant que de pouvoir comparer l’évolution stylistique de Rossini sur deux soirées consécutives dédiées à des partitions que tout oppose ? Entre la farce en un acte L’occasione fa il ladro (1812) et la tragédie lyrique en trois actes Le Siège de Corinthe (1826), on pourrait croire que des compositeurs différents sont à la manoeuvre. Il n’en est pourtant rien, et c’est bien là la preuve du génie rossinien que de nous éblouir dans le brio irrésistible de ses crescendi pétillants, puis de dévoiler un art dramatique grandiose et non moins accompli, tout en se pliant au goût français pour l’occasion. Le Siège de Corinthe a en effet été adapté d’un précédent opéra écrit en italien, Mahomet II (1820), qui n’avait pas rencontré le succès à la création à Naples. C’est peut-être la raison pour laquelle Rossini a eu envie de le remettre sur le métier, en le faisant traduire dans la langue de Molière, puis en composant plusieurs passages originaux, notamment pour le ballet et pour une grande partie du 3e acte.

 

 

Si l’ouvrage montre quelques raideurs dans les verticalités des actes extérieurs, il le doit avant tout à son livret particulièrement belliqueux, qui raconte les suites de l’affrontement contre l’agresseur turc, après la chute de l’empire byzantin. Etonnamment réduit sur la durée, le drame amoureux impossible entre tenants des camps opposés se concentre surtout au 2e acte, laissant entrevoir quelques parenthèses apaisées, parmi les plus réussies. Déjà problématique dans les années 1820, l’opéra s’inscrit dans le souvenir très vif de la guerre d’indépendance grecque, alors en cours, et réactive l’opposition manichéenne entre chrétiens et musulmans. On mesure toute la difficulté de représenter un tel ouvrage de nos jours, avec un ennemi aussi clairement désigné du doigt, surtout dans un contexte où certains cherchent à imposer l’idée d’un affrontement de civilisation entre Occident et Orient, aux conséquences mortifères.

 

La mise en scène a donc une responsabilité évidente, afin d’éviter de reconduire le message passéiste d’un « péril héréditaire », incarné par l’envahisseur musulman. Pour pallier cet écueil, Davide Livermore choisit de montrer une vision idéalisée de la Grèce antique, à travers des vidéos omniprésentes au kitsch assumé, mais dont la naïveté même participe au propos. Temples immaculés, paysages paradisiaques, mer azurée : toute une civilisation se trouve ainsi érigée en objet de contemplation, comme si l’humanité avait toujours su identifier ce qu’elle avait de plus beau, sans jamais parvenir à le préserver. Le paradoxe du Siège de Corinthe est bien là : pour garder leur morale sauve, les Grecs sont prêts à tout sacrifier, jusqu’à refuser la seule issue permettant d’éviter la guerre, c’est-à-dire le mariage entre Mahomet II et Pamyra.

 

Les images contemporaines qui envahissent progressivement le plateau, jusqu’aux déchets à l’arrière-scène, prennent dès lors une signification moins univoque qu’une simple dénonciation de la barbarie humaine. Elles évoquent l’avenir incertain d’une civilisation qui a atteint son zénith, à rebours de l’illusion d’un progrès éternel, professée par un oracle mensonger (« la patrie reverra ses beaux jours »). La mise en scène touche aussi à notre fascination pour les ruines, notre empressement à exhumer et à documenter les vestiges des civilisations disparues, comme si l’archéologie pouvait réparer ce que l’histoire a détruit. Livermore tend au spectateur un miroir assez cruel : pourquoi sommes-nous capables de déployer des trésors d’ingéniosité pour exhumer ou piller les fragments du passé, quand cette même énergie pourrait être consacrée à préserver l’homme des destructions et des massacres qui les accompagnent ? On notera toutefois une certaine redondance dans la mise en scène, au fil des trois actes, comme si Livermore voulait appuyer son propos jusquà lui donner une parfaite lisibilité : celui d’une nécessaire concorde entre les humains.

 

 

Pour porter ce drame flamboyant, Pesaro parvient à réunir un plateau vocal de haute volée, particulièrement à l’aise dans la prononciation du français, ce qui est d’autant plus remarquable qu’aucun francophone ne figure dans la distribution. Maxim Mironov (Néoclès) s’impose dans un rôle exposé, où sa voix blanche et sa projection modeste sont compensées par une tenue de ligne d’une souplesse exemplaire, au raffinement toujours en phase avec le style déclamatoire de la tragédie lyrique. On aime aussi la technique vocale superlative d’Adrian Sâmpetrean (Mahomet II), qui allie force et sensibilité pour tenter de convaincre la versatile Pamyra. C’est précisément dans ce rôle que Vasilisa Berzhanskaya brûle les planches, en recueillant des applaudissements nourris, amplement mérités, en fin de représentation. La chanteuse russe montre un instrument ample sur toute la tessiture, aux couleurs superbes, sans parler de ses accents tranchants, impressionnants dans les scènes tragiques. Seules les vocalises se montrent plus timides, à l’instar de la diction précipitée dans les accélérations. A ses côtés, Matteo Roma donne à son Cléomène une présence vocale solide, à l’émission franche, tandis que Simón Orfila s’impose par son autorité solaire, parfaitement projetée, lors de son air brillant en fin de soirée.

 

Enfin, Carlo Rizzi empoigne ses troupes avec des tempi vifs, insufflant beaucoup de vigueur au drame. Il sait aussi s’apaiser dans les parties mesurées pour laisser s’exprimer la musicalité des timbres de l’Orchestre du Teatro Comunale de Bologne, très investi tout au long du spectacle.

 

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CRITIQUE, opéra. PESARO, Teatro Rossini, le 21 août 2026. ROSSINI : Le Siège de Corinthe. Adrian Sâmpetrean (Mahomet II), Matteo Roma (Cléomène), Vasilisa Berzhanskaya (Pamyra), Maxim Mironov (Néoclès),  Simón Orfila (Hiéros), Tianxuefei Sun (Adraste), Giuseppe De Luca (Omar), AnnaDoris Capitelli (Ismène), Coro del Teatro Ventidio Basso, Pasquale Veleno (chef de choeur), Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, Carlo Rizzi (direction musicale) / Davide Livermore (mise en scène). A l’affiche du festival Rossini à Pesaro, les 11, 14, 17 et 21 août 2026. Photo (c) Rossini Opera Festival

 

 

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CRITIQUE, festivals. SABLÉ-SUR-SARTHE, Festival de Sablé, les 20 et 21 août 2026. Zutano BaZar, Les Argonautes, Mariana Flores, William Shelton, Benjamin Narvey, Jupiter…

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L’édition 2026 du festival de Sablé confirme le bien fondé des choix d’une programmation qui a trouvé son plein équilibre : ouverture, diversité, accessibilité. Émanation de l’association L’Entracte, le Festival de Sablé chaque été, sait fidéliser son public acquis comme il sait dans le même temps, séduire de nouveaux spectateurs ; il fait rayonner l‘image et la notoriété de la ville de Sablé-sur-Sarthe, … qui n’offre pas seulement ses délicieux biscuits au beurre, mais perpétue en la faisant évoluer, sa riche et déjà très ancienne connexion avec les musiques baroques. Certes on peut regretter l’absence des ballets, hier si présents et porteurs de projets souvent spectaculaires… Mais la direction artistique de la chanteuse Laure Baert en cultivant la proximité entre l’univers personnel d’artistes à fort tempérament et un très large public, réalise une variation enthousiasmante et un rythme de plus en plus convaincant. En témoignent spectacles et concerts des deux journées de notre présence à Sablé : les 21 et 22 août derniers.
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Photos : Ensemble Jupiter et Les Argonautes © Eric Lambert

 

 

 

 

 

jeudi 20 août 2026

WELCOME par la Compagnie Zutano BaZar (Scène Joël Le Theule, 18h) — Portée par la chorégraphe sarthoise Florence Loison, une chorégraphie métissée, théâtralisée est au cœur de ce spectacle où 4 interprètes se ré approprient par le langage, le corps, le chant, les interactions dansés, … la partition initiale « Welcome to all the pleasures », texte du britannique Christopher Fishburn, mis en musique par Purcell en 1683. Dans un ring qui les encercle, les 4 interprètes s’affrontent, se confrontent, s’acclimatent au fur et à mesure de l’action où tableaux de plus oniriques, le chanteur flûtiste s’accorde à l’une de deux danseuses, puis dans un final de plus en plus crépusculaire, le ténor s’abandonne aux 3 autres, dans un lamento qui évoque tous les opéras baroques et aussi les peintures affligées du XVIIè.
Le spectacle renoue avec ce passé pas si lointain où le festival de Sablé produisait au moins un grand spectacle dansé en ouverture, chaque été. Le projet ici sollicite les ressources locales puisque chorégraphe et danseurs sont implantés sur le territoire sarthois. L’écriture de Florence Loison s’inscrit au carrefour de formes et langages divers : danse, chant, langue des signes, avec la complicité du compositeur Edouard Monjanel qui a conçu d’après Purcell, toute la bande sonore. Très ancrée au sol, la danse invite à une restitution collective du texte, – véritable hymne et célébration des sens dont elle souligne les mots clés ; tout s’enchaîne dans un corps à corps brut, et dans une mise en forme dépouillée car c’est bien le centre sonore, la place que chacun occupe et défend vis à vis des autres, et la beauté du texte qui parfaitement exposés, inspirent l’unité du spectacle.

 

 

DIXIT DOMINUS. Les Argonautes, Jonas Descotte, direction (20h30, Église Notre-Dame, Sablé-sur-Sarthe) – l’émergence d’un nouveau collectif est toujours passionnant à suivre. C’est assurément le cas des Argonautes, jeune ensemble originaire de Suisse et dont le geste déjà très assuré, qui s’appuie sur des personnalités vocales déjà expérimentées et fortement individualisées (comme l’alto Anthéa Pichanick, ou la basse Illia Mazurov…), explorent ce soir le génie de deux compositeurs très engagés : le vénitien Antonio Lotti (1667-1740), maître reconnu, vénéré (alors maître de chapelle de San Marco), et son « disciple », alors en tournée formatrice, le jeune Saxon Haendel. A 22 ans, Haendel apprend en Italie la sensualité méditerranéenne ; il parfait tout autant son écriture dramatique d’une puissance expressive inédite : c’est bien l’apport superlatif du programme que d’exprimer d’abord (dans son Miserere), la langue voluptueuse et implorante de Lotti ; puis sur le même texte (Dixit dominus), exposer ensuite ce qui distingue l’un de l’autre compositeur.

Maître du stile concertato, Lotti varie les formes selon le sens et le caractère de chaque verset (solos, duos, trios, choeur à 5 voix) ; quand Haendel dramatise avec une furià constante et idéalement calibrée, chaque intention du texte, souvent mot par mot. Sanguin, nerveux, le continuo fourni, relance toujours la tension et les vertiges dramatiques, quand le texte est sujet à une caractérisation de plus en plus aiguë et précise. Chaque accent, chaque élan vivifie la portée du texte qui célèbre la puissance divine.
L’audace le dispute à l’accentuation la plus contrastée. Expansif et fervent, Haendel fait du Dixit, un oratorio opératique qui exige des instrumentistes comme de chaque soliste, une implication totale. Le Saxon réussit l’alliance exceptionnelle de la haute virtuosité expressive et de la ferveur la plus sincère.
En cela Les Argonautes se montrent à la hauteur. Le chef Jonas Descotte suit l’articulation et l’éloquence haendélienne avec une acuité rare : son geste ralentit, creuse le sens, amplifie chaque respiration dans le sens de la méditation ou de l’exaltation, sans excès ni pesanteur, toujours conscient de la direction générale et du sens final. L’approche est d’une grande subtilité ; elle suscite une adhésion immédiate tant elle rend l‘écriture directe, vivante, proche.

 

 

 

 

vendredi 21 août 2026

Scène Joël Le Theule, 11h — ALFONSINA, Marina Flores. Accompagnée par le guitariste et pianiste Quito Gato (qui signe aussi une bonne partie des arrangements), et du contrebassiste Romain Lecuyer, la soprano Mariana Flores, – diva du baroque, s’expose ainsi hors musiques anciennes, en diseuse de sa terre natale, l’Argentine.
En jonglant avec les rythmes et le caractère des 12 mélodies retenues, la cantatrice établit un lien très fort avec le public, présentant chaque air (tonada), ou l’introduisant d’une petite anecdote sur la raison de son choix, sur son Argentine chérie (Cuyo, Mendoza, Saint-Louis)… La nostalgie se mêle aux danses les plus animées ou plus sombres (comme la zamba « Azahares de magnolias », composition de son beau-père décédé).

 

En hommage à celle qui a bercé ses jours et inspiré tout ce programme, la chanteuse argentine Mercedes Sosa, Marina Flores édifie une cathédrale vocale très incarnée, où chaque mot pèse son poids d’émotion et de souvenirs ; tout occupe sa juste place dans l’évocation intime et sensible de racines tendrement préservées.

Le chant diamantin de la diva sculpte chaque phrase avec une précision admirable. Son attention au verbe, son sens musical, la tenue de notes, la justesse jusque dans la fin de chaque mélodie,… enchantent littéralement dans une performance qui s’éloigne des engagements opératiques qui l’ont célébrée à juste titre.
Diva latine incantatoire et souvent hallucinée, Mariana Flores dévoile une autre corde à son arc ; elle sait nuancer et colorer sa voix selon les affects de chaque chanson. En accord total avec la guitare ou le piano, la voix suggère à fleur de peau et dans une intimité toujours enveloppante. Voilà un premier volet enchanteur, celui de Mariana inspirée par Alfonsina, dont la chanson (« Alfonsina y el mar ») apporte la touche finale d’un récital tout en finesse.

 

 

 

Basilique Notre-dame du Chêne, 15h. UNE VÉNITIENNE A PARIS — William Shelton, contre-ténor. Autre récital porté par le chant superlatif du contre-ténor William Shelton qu’inspire avec raison, l’écriture d’une compositrice vénitienne méconnue, Antonia Bembo (1640 – 1720). Eloquence et articulation exceptionnelles, timbre envoûtant, legato souverain, le soliste a surtout le sens du texte, une présence qui se révèle captivante et qui est naturellement dramatique. Le programme réunit plusieurs airs et récitatifs d’une langueur amoureuse souvent douloureuse, jamais outrée, toujours mesurée et nuancée, d’une intériorité intense que l’interprète nuance avec un art indiscutable.

 

Chantant assis, pour resserrer davantage l’unité du trio qu’il réalise avec la gambiste Alice Trocellier et le théoriser Léo Brunet, William Shelton aborde et exprime 1001 nuances de la peine amoureuse, atteignant de somptueuses couleurs dans Cavalli (superbe Lamento d’Apollon… dieu défait, détruit, démuni et impuissant face à la métamorphose de l’inacessible Daphné : « ma lyre lugubre entonne des accents d’agonie ») ; surtout dans le remarquable Lamento de la Vierge d’Antonia Bembo (« Lamento della Vergine ») dont la langue et l’écriture atteignent le même niveau de fulgurance poétique et expressive. Doué d’une gravité lumineuse, le contre-ténor articule tous les accents d’un texte d’une rare puissance poétique là aussi, exprimant la révolte de Marie (face à la mort), spectatrice impuissante de la Crucifixion de Jésus que Bembo fait parler au moment de son dernier souffle… William Shelton sait dévoiler le génie d’Antonia Bembo dans une page anthologique qui se hisse au niveau de Cavalli (le maître de la compositrice).

Entre chaque air, le chanteur narre un épisode de la vie (fascinante) d’Antonia Bembo : femme abandonnée et épouse trahie qui grâce au guitariste Corbetta, musicien de Louis XIV, gagne la France, comme un dernier recours après une vie chaotique. Elle obtient du Roi-Soleil, une pension et la reconnaissance tant espérée. On ne saurait imaginer interprète plus convaincant et inspiré, à ce jour, idéal ambassadeur des passions baroques. Le programme est l’objet d’un cd paru en nov dernier : à écouter et ré écouter de toute urgence.

 

 

 

 

Scène Joël Le Theule, 20h30 —LUTH & ARCHILUTH. La soirée est riche puisqu’elle comprend deux séquences distinctes. C’est d’abord le luth enchanteur [11 chœurs ou cordes doubles] du québécois Benjamin Narvey qui en quelques 40 mn résume l’histoire du luth au très fort pouvoir onirique, soulignant tout ce qu’a de sublime voire de subliminal [pour reprendre ses propres mots] l’instrument des rois, sous Louis XIII et Louis XIV.
L’approche est fluide et pédagogique ; elle permet de se familiariser avec un instrument encore trop rare au concert ; l’interprète s’ingénie à distinguer les particularités de chaque compositeur ainsi abordé : Weiss, éthéré rêveur ; de Visée, d’une élégance dansante ; Lauffensteiner le Munichois, – élégantissime dans ses ornements séducteurs ; surtout Ennemond Gaultier dit « Le Vieux », le fondateur de l’école française et qui captive par son sens de l’épure, d’une économie classique lumineuse et subtile (L’Adieu)…
L’interprète dévoile son habileté à improviser et suivre ce qui est écrit dans un enchaînement poétique continu. On aurait souhaité des explications sur le timbre et les particularités de chaque instrument entre luth (à double cordes ou chœurs) et archiluth (à cordes simples)…

 

 

Nicolas Altstaedt, Bruno Philippe, Thomas Dunford © Eric Lombard

 

La seconde partie du concert change  radicalement d’ambiance comme de dispositif instrumental. Au solo le plus intimiste, succède l’activité collective hyperactive de l’Ensemble Jupiter…
La fougue, un jeu concerté, surexpressif et poète (qui n’écarte pas quelque finesse), rendent justice et avec quel panache, au compositeur choisi : Vivaldi. Contredisant le jugement expéditif d’un Stravinsky réducteur  pour lequel le Vénitien aurait composé 700 fois le même concerto, les instrumentistes enchaînent les pièces avec un entrain et une vivacité rare.

Sous la conduite discrètemais affûtée de Thomas Dunford (et son luth ou son archiluth), les cordes de l’ensemble Jupiter redoublent de fièvre dramatique, à commencer par l’ouverture première (allegro) de l’opéra qui ouvre cette session : l’Olimpiade, trépidante entrée en matière. Le programme va crescendo, tout en ménageant de facto des effets dignes de l’opéra. Mais ce soir les protagonistes sont les instruments à cordes et quels instruments. Le premier Concerto (pour violoncelle) qui suit donne la vraie mesure des enjeux expressifs de ce soir.
Après un premier concerto pour luth, plein d’entrain et de caressante poésie (Larghetto), sous les doigts généreux en variations improvisées de Thomas Dunford, le Concerto pour violoncelle RV 414 en mi mineur qui suit, expose les indéniables qualités présentes : digitalité virtuose et expressivité ciselée. Telle est l’équation que réalise haut la main, le violoncelliste, grand invité du programme, Nicolas Altstaedt, autorité sonore d’un feu impérieux, conquérant, et osons le mot, beethovénien. Son jeu embrase littéralement la partition de Vivaldi, exprimant au plus juste la fureur et la passion du Pretre Rosso. Même engagement superlatif dans le second Concerto RV 424 en mineur, et davantage encore dans le dernier Concerto pour deux violoncelles (RV 531 en la mineur), où Nicolas Altstaedt est rejoint par le violoncelliste Bruno Philippe, lequel amorce et nourrit avec son confrère, un dialogue nourri, argumenté, d’une éloquence égale, d’autant que les musiciens de Jupiter défendent sans réserve le nom qu’ils portent : leur énergie jupitérienne ne faiblit pas du début la fin, dont les deux premiers violons, sont d’une finesse sensible remarquable (malgré l’importance des basses : clavecin et violoncelle sont doublés par une contrebasse).
Entre chaque séquence, Thomas Dunford joue sur son archiluth ou son luth selon l’œuvre à venir, des liaisons musicales improvisées qui assurent à l’ensemble du programme, la cohérence et la continuité du flux sonore. Une soirée comme on les aime car à travers l’énergie et l’activité expressive du jeu, le programme dévoile aussi la très forte sensibilité d’un interprète ou d’un groupe artistique, leur imaginaire, leur jardin musical.

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CRITIQUE, festival. 26e Rencontres Musicales de VEZELAY (Basilique Ste-Marie-Madeleine), le 23 août 2026. BACH : Passion selon St-Jean. Gli Angeli Genève, Stephan MacLeod (direction)

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Il y avait comme un parfum d’achèvement et de plénitude, en ce dimanche 23 août, sous les voûtes séculaires de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. La 26ᵉ édition des Rencontres Musicales de Vézelay s’achevait, et ce concert de clôture revêtait une solennité particulière. Huit années de travail, de passion et de fidélité à la Cité de la Voix trouvaient leur point d’orgue dans cette soirée. Le maire de la ville, en préambule, avait d’ailleurs tenu à saluer ces huit années d’engagement artistique avec une émotion palpable, rendant hommage à François Delagoutte pour son travail à la direction artistique du festival, avant de laisser la place à la musique.

 

Et quelle musique ! Stephan MacLeod, prenant le micro avec l’autorité douce qui le caractérise, a d’emblée posé les jalons d’une interprétation singulière. Il a tenu à rappeler qu’il n’existe pas, pour la Passion selon Saint-Jean de J. S. Bach, de « version définitive« . Le compositeur, au fil des années, n’a cessé de remanier son œuvre, modifiant des airs, déplaçant des chorals. MacLeod, dans une démarche d’historien éclairé, a ainsi expliqué avoir fait le choix d’inclure un air rare, généralement écarté des exécutions modernes : le célèbre air pour basse « Himmel reiße, Welt erbebe » (Que les cieux se déchirent, que la terre tremble), qu’il s’est d’ailleurs auto-confié ! Un cadeau fait au public, un plongeon dans une version de 1725 où cet air, secondé par une des deux sopranos et deux flûtes, crée une tension dramatique stupéfiante.

Réunis pour l’occasion, l’ensemble Gli Angeli Genève, fondé et dirigé par Stephan MacLeod (il y a plus de 20 ans !) a offert une lecture habitée, vertigineuse, de ce monument sacré composé en 1724. Et au cœur de cette architecture sonore, le grand Werner Güra, évangéliste, a tenu le fil du récit avec une sobriété confondante. Sa diction, d’une clarté presque chirurgicale, a rendu chaque parole du texte biblique limpide, sans jamais tomber dans le psalmodié. On a admiré la manière dont il a modelé les récitatifs, passant d’une neutralité narrative à des inflexions pleines de sous-entendus dramatiques, surtout dans les dialogues avec Pilate ou Pierre. Sa voix, chaude et projetée avec une aisance naturelle, a su porter toute la tension du drame, même si l’on a pu percevoir, dans les tutti les plus exigeants, une légère usure que la fatigue d’une tournée peut expliquer. Rien de rédhibitoire, bien au contraire : cette fragilité apparente n’a fait que renforcer l’humanité de son récit.

Les deux sopranos, Sofie Garcia et Aleksandra Lewandoska, offraient un contraste fascinant. La première, au timbre plus solaire et cuivré, a magnifié les airs de joie mêlée de douleur, avec une aisance dans les aigus qui semblait défier les hauteurs de la voûte romane. La seconde, plus diaphane, presque éthérée, apportait une qualité de flottement aux moments de contemplation, comme une lumière douce qui filtre à travers un vitrail. L’altiste Charles Sudan incarnait, de son côté, la gravité et le mystère de la Passion. Avec sa voix de haute-contre d’une souplesse étonnante, il a su insuffler à ses airs une méditation intense, avec des nuances piano d’une intériorité rare. Le ténor Guy Cutting a lui apporté l’ardeur et l’élégance nécessaires à ses interventions, avec un timbre brillant et incisif, qui a fait merveille dans les passages plus mouvementés, sa voix tranchant comme une lame dans le tumulte des chœurs. Enfin, les deux basses, Matthew Brook et Stephan MacLeod lui-même, ont campé des figures majeures de la Passion. Le premier, à la voix sombre et autoritaire, a incarné un Jésus d’une dignité bouleversante, avec un legato ample qui donnait à chaque parole du Christ une dimension cosmique. Son « Es ist vollbracht » (Tout est accompli), rendu avec une lenteur méditative, a été un moment de silence suspendu. Quant à Stephan MacLeod, en plus de diriger avec une gestique économe et inspirée, il a endossé les airs de basse avec une autorité souveraine, mais c’est Matthew Brook qui s’est vu confié le sublime « Betrachte, meine Seel » (Considère, mon âme) qui a été un sommet de recueillement, la voix posée sur le souffle, chaque mot pesé, chaque silence habité. 

 

 

L’orchestre, dirigé d’une main souveraine par MacLeod (et la plupart du temps face au public, et dons à sa phalange, pour mieux soutenir vocalement parlant choeur et solistes…), a déployé une palette de couleurs infinies. Le continuo, nerveux et incisif, a soutenu les récitatifs avec une énergie communicative, tandis que les violons tissaient des guirlandes mélodiques d’une délicatesse exquise. Les bois, notamment les flûtes et hautbois, ont apporté des teintes pastorales ou douloureuses, ponctuant le drame de leurs interventions comme des soupirs ou des cris. L’ensemble, d’une homogénéité rare, a suivi les moindres inflexions du chef, créant une symbiose parfaite entre la fosse et les voix.

Ce fut, sans conteste, une interprétation qui restera dans les mémoires comme un grand moment de musique sacrée, où la théâtralité la plus sobre le disputait à la plus pure émotion. Les forces chorales de Gli Angeli Genève, impérieuses et tranchantes, ont su incarner avec une force inouïe la violence de la foule réclamant la crucifixion, tandis que les interventions solistes, posées comme des îlots de méditation, ont offert des moments de grâce absolue. Et lorsque, dans l’air final, la basse a laissé résonner le dernier accord, le silence qui a suivi, épais et vibrant, a été la plus belle des acclamations. Un adieu magistral de François Delagoutte, et une promesse pour les années à venir…

 

 

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CRITIQUE, festival. 26e Rencontres Musicales de VEZELAY (Basilique Ste-Marie-Madeleine), le 23 août 2026. BACH : Passion selon St-Jean. Gli Angeli Genève, Stephan MacLeod (direction). Crédit photographique (c) Vincent Arbelet

 

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CRITIQUE, opéra. PESARO, Teatro Rossini, le 22 août 2026. ROSSINI : La Scala di seta. Damiano Michieletto / Iván López-Reynoso

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Présentée en 2009 et reprise en 2011, la désopilante production de La Scala di seta imaginée par Damiano Michieletto fait son retour au Rossini Opera Festival de Pesaro, avec un plateau vocal en grande partie renouvelé et de qualité plus inégale.

Si La Scala di seta (1812) fait partie des farces du début de carrière de Rossini, elle diffère pourtant grandement de L’ocasione fa il ladro, composée la même année : c’est ce que montre l’écoute successive des deux ouvrages à Pesaro. Proche du vaudeville, La Scala di seta possède une énergie roborative portée par une succession de quiproquos, mais souffre d’un livret moins fluide et inventif que celui de L’occasione. Les personnages commentent ainsi souvent leurs états d’âme, au lieu de faire avancer l’action par leurs actes. La construction de l’opéra apparaît aussi plus fastidieuse, avec une succession mécanique d’airs et de récitatifs, malgré quelques ensembles réussis.
La direction analytique et peu imaginative d’Iván López-Reynoso contribue à cette impression d’un ouvrage classique dans sa structure formelle, heureusement éclairé de quelques traits de génie, notamment l’air du serviteur qui s’endort peu à peu, à mesure que le tempo ralentit. Le plateau vocal réuni assure l’essentiel, mais sans atteindre les sommets, notamment dans les ensembles peu en place. Convainquante sur le plan théâtral, Hasmik Torosyan (Giulia) fait oublier une projection un rien trop puissante par sa technique vocale solide. Son timbre perd toutefois en substance dans les accélérations et les vocalises, là où son émission en pleine voix lui est plus favorable. À ses côtés, Paolo Bordogna (Germano) fait entendre un instrument fatigué dans l’aigu, mais sait convaincre dans les situations comiques, grâce à ses phrasés agiles. Alasdair Kent (Dorvil) déçoit en revanche par son émission trop nasale et engorgée, tandis que Iurii Samoilov (Blansac) adopte un chant en force, un choix finalement cohérent avec son rôle de macho peu subtil.
La mise en scène de Damiano Michieletto place les interprètes dans une sorte de maison de poupée, privée de cloisons. Les limites de chaque pièce apparaissent grâce à un dispositif ingénieux de réflexion en miroir, qui offre une autre perspective, vue d’en haut. Ce procédé minimaliste évoque le film Dogville (2003) de Lars von Trier, tout en conservant plusieurs éléments de mobilier. Le spectateur a ainsi le plaisir de se délecter de cette double vue, qui renforce la dimension d’automate de chaque personnage, comme une ruche bourdonnante d’activité. Michieletto renforce aussi la caractérisation des rôles par une direction d’acteur affûtée, en particulier grâce au Bartolo fantasque et enfantin de Germano.
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CRITIQUE, opéra. PESARO, Teatro Rossini, le 22 août 2026. ROSSINI : La scala di seta. Enrico Iviglia (Dormont), Hasmik Torosyan (Giulia), Mara Gaudenzi (Lucilla), Alasdair Kent (Dorvil), Iuri Samoilov (Blansac), Paolo Bordogna (Don Germano), Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, Iván López-Reynoso (direction musicale) / Damiano Michieletto (mise en scène). A l’affiche du festival Rossini à Pesaro, les 13, 16, 19 et 22 août 2026. Photo (c) Rossini Opera Festival
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CD événement, annonce. Lucas Debargue : «  Gershwin Variations » / Rhapsody in blue, 3 Préludes, 12 Etudes virtuoses… (1 cd Sony classical)

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Annoncé le 11 sept prochain, le nouvel album du pianiste français Lucas Debargue célèbre le génie du compositeur George Gershwin. Le titre édité par Sony classical comprend 2 cd : d’abord la fameuse Rhapsody in blue avec l’Orchestre de Paris sous la direction de la maestra Elim Chan (et sur le piano SP/287 du dernier facteur français Stephen Paulello), un enregistrement réalisé à la Philharmonie de Paris.

 

 

En complément le pianiste propose sa propre transcription pour clavier seul de la même Rhapsody (avec 3 cadences de sa conception) ; puis dans le cd2, conçu par le pianiste lui-même : 12 « études virtuoses » d’après les mélodies de Gershwin. En bis, le pianiste arrangeur complète le programme avec deux standards, dans une version personnelle :  « Embraceable You » et « Fascinating rhythm ».

Après ses précédents albums dédiés à Scarlatti et à Fauré, Lucas Debargue propose à l’automne 2026, une lecture personnelle de la musique de Gershwin : «  ce cycle représente à ce jour la création la plus ambitieuse de son parcours de pianiste, affirmant une volonté de liberté et d’invention, et s’inscrit dans la tradition des grands compositeurs ayant écrit leurs propres études »…

 

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CD événement, annonce. Lucas Debargue : «  Gershwin Variations » (1 cd Sony classical) – CLIC de CLASSIQUENEWS automne 2026 / critique complète à venir sur classiquenews.com

 

 

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LIRE aussi notre précédent article Lucas Debargue : / Lucas Debargue, piano : JS BACH, BEETHOVEN, MEDTNER (1 cd Sony classical) – sept 2016 : https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-lucas-debarque-piano-js-bach-beethoven-medtner-1-cd-sony-classical/

Tendresse du jeu, et enivrement prêt à renoncer, d’une profonde et calme nostalgie… L’instinct musical de Lucas Debargue, jeune français récemment distingué au Concours Tchaikovsky 2015, précise disque après disque ses qualités d’interprète. Le phrasé, le toucher s’estompent pour une atténuation suggestive continûment mesurée, canalisée par un instinct d’une rare musicalité. Le jeune Lucas Débarque n’a pas usurpé sa récente notoriété : il s’agit bien d’un pianiste poète qui sait doser, clarifier, structurer une somptueuse syntaxe pianistique : son contrepoint chez Bach, touche par sa candeur et sa précision ; une qualité d’éloquence et de fraîcheur enfantine, cultivée avec une élégance et une finesse qui sait se renouveler selon la pièce concernée.

CD, compte rendu critique. Lucas Debargue, piano : JS BACH, BEETHOVEN, MEDTNER (1 cd Sony classical)

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ENTRETIEN avec Denis LEVAILLANT, à propos de son nouvel enregistrement dédié aux Préludes non mesurés de Louis Couperin

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Pour ses 400 ans en 2026, Louis Couperin (1626 – 1661), en partie éclipsé par son neveu François, méritait bien un éclairage original et personnel. Pari relevé et réussi par le compositeur et pianiste Denis Levaillant qui a enregistré les fameux Préludes « non mesurés » au piano : à l’interprète de réaliser le corpus légué par le compositeur baroque, l’un des plus audacieux et aussi des plus emblématiquement français qui soit… Familier du jazz et de l’improvisation, Denis Levaillant aborde les Préludes en en soulignant l’essence expérimentale, la vivacité comme la liberté inventive. Jamais le geste n’a paru aussi juste et pertinent, le pianiste privilégiant toujours l’esprit du jaillissement et de l’imagination comme source d’une dramaturgie « cinématique »…
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Photo : © IMDb

 

 

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi Louis Couperin, et pourquoi les Préludes non mesurés aujourd’hui ?
Denis Levaillant : Je souhaitais marquer l’anniversaire de sa naissance. C’est un compositeur majeur du XVIIe siècle qui n’est toujours pas connu du plus grand nombre, le succès de son neveu François l’ayant un peu mis dans l’ombre. Cette invention géniale que sont les Préludes non mesurés m’appelle depuis fort longtemps: je les cite par exemple dans mon livre sur l’Improvisation musicale, paru en 1980. Cette musique totalement écrite reste très proche de l’improvisation, il fallait donc que je m’en approche. Je n’ai pas changé de langue, je me suis approché d’une de ses sources.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi le piano ?
Denis Levaillant : Aujourd’hui, tous les pianistes jouent Rameau. Il me semble temps de jouer la musique de Louis Couperin sur le piano d’aujourd’hui, car il se prête admirablement à son interprétation. Sa richesse harmonique rend pleinement justice à cette écriture. Certaines tenues donnent presque l’impression que Couperin imagine l’effet de la pédale tonale: les basses profondes ne cessent de déclencher des halos résonants dans le médium.

 

 

CLASSIQUENEWS : Le jazz apporte-t-il quelque chose ?
Denis Levaillant : Plus que le jazz, c’est la pratique de l’improvisation qui me semble pertinente ici. Il faut respirer, phraser sans mesure, déclamer, articuler, ornementer, s’attarder, puis se presser, exactement comme dans une improvisation d’aujourd’hui.

 

 

CLASSIQUENEWS : Que révèlent les Préludes ?
Denis Levaillant : Ils révèlent un compositeur d’une modernité étonnante. Il pense la musique comme un organisme vivant, comme une langue en mouvement, une narration. Plus une musique est autonome, cohérente et créative, plus elle devient cinématique. Les Préludes de Louis Couperin produisent des images sans jamais les décrire.

 

 

CLASSIQUENEWS : Où situez-vous cet enregistrement dans votre parcours ?
Denis Levaillant : Depuis toujours, j’ai l’intuition de construire une œuvre unique dont chaque étape, chaque composition nouvelle, révèle une couleur différente. Par ailleurs, quand j’interprète, je suis en situation de créateur: je dois penser comme le compositeur au point de ressentir son écriture comme la mienne. Couperin n’est donc pas un détour. C’est une nouvelle entrée dans ce même univers.

 

 

CLASSIQUENEWS : Une anecdote, un souvenir lié à cet enregistrement ?
Denis Levaillant : En réécoutant les prises, je me suis aperçu que j’avais joué intuitivement un si bécarre à la place du si bémol au début du cinquième Prélude. Mon premier réflexe a été de vouloir corriger cette « erreur ». Mais cette note créait une tension harmonique inattendue qui me paraissait juste, d’autant que le prélude joue ensuite sur une ambiguïté permanente entre majeur et mineur (dès les lignes 2 et 3, le sib devient bécarre, redevient bémol, etc.). J’ai finalement décidé de la conserver. À certains moments très rares, l’oreille peut être plus fidèle que l’oeil.

 

Propos recueillis en août 2026

 

 

 

LIRE aussi notre présentation annonce du cd Louis COUPERIN : Préludes non mesurés. Denis Levaillant, piano (1 cd DLM éditions)
LOUIS COUPERIN : Préludes non mesurés, Première intégrale mondiale des Préludes non mesurés sur un piano de concert moderne… À l’occasion des 400 ans de sa naissance, le pianiste Denis Levaillant présente le premier enregistrement intégral au piano des Préludes non mesurés de Louis Couperin (dans l’édition de Davitt Moroney)
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-louis-couperin-preludes-non-mesures-danis-levaillant-piano-1-cd-dlm-editions/

 

 

 

 

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CRITIQUE, festival. ROSSINI OPERA FESTIVAL 2026, Teatro Rossini, le 19 août 2026. ROSSINI : La Scala di Seta. Damiano Michieletto / Iván López-Reynoso

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Parmi tous les festivals d’été qui se disputent aujourd’hui le calendrier lyrique, aucun ne rend un service aussi véritable à un seul compositeur que le Rossini Opera Festival.

 

Nulle part ce service ne se révèle plus précieux que dans la détermination du festival à maintenir en vie les pans les moins joués de l’œuvre de Gioacchino Rossini, aux côtés des grands succès familiers. Il barbiere di Siviglia et La Cenerentola remplissent les salles où qu’ils se donnent ; il faut, en revanche, une conviction et une érudition véritables pour accorder le même soin à la reprise, vieille de dix-sept ans, d’une farce d’une heure que la plupart des maisons ne songeraient même pas à programmer. Pesaro le fait chaque été, par principe et non par goût de la nouveauté, et le festival a ainsi fait plus qu’aucune autre institution pour restituer aux farces comiques de Rossini, et non aux seuls chefs-d’œuvre célébrés, la place qui leur revient dans le répertoire.

Au début du dix-neuvième siècle, le petit théâtre vénitien San Moisè devient le foyer de ce genre précis, la farsa, ces opéras semi-sérieux en un acte, confiés à une distribution modeste de six ou sept chanteurs, sans chœur, accompagnés d’un orchestre tout aussi réduit. C’est pour ce théâtre que le jeune Gioacchino Rossini écrit, en un peu plus de deux ans, cinq farces de ce type, parmi lesquelles La scala di seta, créée en 1812. Son ouverture, novatrice pour l’époque, ouvre sur une cascade rapide de violons qui introduit une mélodie lyrique au hautbois avant de se lancer dans le thème brillant et rapide devenu si caractéristique du style rossinien mature ; et si l’opéra lui-même disparaît vite du répertoire courant, cette ouverture demeure, à juste titre, une pièce de concert appréciée pour elle-même, entendue bien plus souvent que l’œuvre à laquelle elle appartient.

C’est précisément cette lacune que Pesaro s’attache à combler, et il convient de rappeler, avant toute chose, ce que cette pièce est et a toujours voulu être : une farce italienne légère et pétillante, en un acte, une confiserie destinée à l’amateur de Rossini plutôt qu’une œuvre appelant une mise en scène qui en ferait quelque chose de plus grand. C’est avec cette compréhension, plutôt qu’avec une attente plus haute, que l’on doit aborder une soirée en sa compagnie. L’intrigue suit les péripéties légères propres au genre : une soprano, secrètement mariée à un ténor sans fortune, doit inventer des stratagèmes toujours plus élaborés pour dissimuler ce mariage tout en échappant au riche prétendant que son tuteur lui destine. Si l’intrigue elle-même ne pourrait être plus simple, la musique qui la porte se révèle considérablement plus sophistiquée qu’on ne l’attendrait, mêlant une écriture d’ensemble raffinée à un air de ténor lyrique et à une vaste scène et air pour la soprano qui préfigurent, l’un comme l’autre, des éléments qui deviendront caractéristiques de l’opera seria rossinien.

Cette année, le festival a repris la production que Damiano Michieletto a créée avec succès en 2009, une mise en scène qui porte avec elle les contradictions familières que fait naître toute transposition en costume contemporain : il n’est tout simplement plus crédible, aujourd’hui, qu’une jeune femme soit contrainte au mariage par le choix de son tuteur, moins encore qu’elle doive épouser en secret l’homme qu’elle aime réellement, et aucune ingéniosité de mise en scène ne parvient tout à fait à combler ce fossé entre convention du dix-huitième siècle et sensibilité moderne. Le décor de Paolo Fantin a figuré l’appartement de Giulia à même le plancher de la scène, fenêtres, portes et meubles simplement indiqués plutôt que construits ; pendant l’ouverture elle-même, des machinistes ont assemblé physiquement les différentes pièces tandis qu’un architecte ou un géomètre dirigeait les opérations, plans en main. L’idée s’est révélée réellement astucieuse, une manière charmante de remplir de mouvement scénique l’ouverture la plus célèbre de Rossini, et elle a mérité sa place, au moins pour ces quelques minutes. Un immense miroir, incliné à quarante-cinq degrés au-dessus du plateau, a offert au public une vue plongeante sur l’appartement et a beaucoup clarifié l’action qui se déroulait en dessous.

Là où le concept a rencontré ses limites, ce n’est pas dans sa logique interne, cohérente en elle-même, un personnage dans une pièce donnée n’étant simplement ni vu ni entendu par un personnage dans une autre, les murs n’étant que des lignes tracées au sol, mais dans la manière dont cette logique cohabitait avec une seconde convention, incompatible, que la production a aussi imposée à ses chanteurs. Lorsqu’un personnage pénétrait dans la même pièce notionnelle qu’un autre devant rester caché, ce dernier ne s’en remettait pas du tout au mur invisible, mais se précipitait au contraire dans un placard bien réel, ou sous des couvertures bien réelles, exactement comme si l’espace était solidement construit. Les deux dispositifs n’ont pas raconté, à l’examen, la même histoire de ce que sont ces murs : l’un les traite comme suffisamment réels pour dissimuler entièrement une personne, l’autre comme s’ils n’existaient pas du tout. Étirée sur quatre-vingt-dix minutes sans entracte, cette tension non résolue entre deux idées différentes de la dissimulation est devenue, en définitive, davantage une source de distraction que de plaisir.

Dans la conception de Michieletto, Germano, le domestique de Giulia, a été habillé et caractérisé comme un employé de maison philippin, un choix explicitement calqué, à ce que je comprends, sur un personnage de la télévision italienne populaire au début des années 2000. Pour un public italien qui reconnaît cette référence, la caractérisation se trouve sans doute adoucie, peut-être même rendue tout à fait acceptable, par ce souvenir partagé d’un numéro télévisé comique ; pour un spectateur qui l’aborde sans ce contexte, elle se lit très différemment. Le jeu a largement dépassé la comédie franche pour verser dans quelque chose de plus proche de la pantomime : exagéré, outré, et s’est même permis, à un moment, une salve de faux mouvements de kung-fu entièrement gratuits, sans le moindre lien discernable avec l’intrigue, et qui n’a semblé exister, pour autant que j’aie pu en juger, que pour signaler « l’exotisme asiatique » à des fins de rire facile.

La direction d‘Iván López-Reynoso a manqué d’une partie de cette grâce légère, presque mozartienne, que réclame la partition, et certains ensembles ont eux aussi manqué de poli. Parmi la distribution, la Giulia de Hasmik Torosyan s’est révélée fraîche de timbre et techniquement assurée, couronnée d’une jolie note pianissimo dans son grand air. Le Dorvil d’Alasdair Kent a livré un aigu par moments préoccupant, bien que son interprétation de « Vedrò qual sommo incanto » ait eu ses propres récompenses ; le reste de la distribution, le Blansac charismatique de Iurii Samoilov, la Lucilla de Mara Gaudenzi, sans doute la plus belle voix de la soirée, et le Dormont solide d’Enrico Iviglia, a bien complété l’ensemble.

Rien de tout cela ne constitue une véritable réserve contre une soirée qui demeure, pour ce qu’elle est, tout à fait aimable. La scala di seta n’a jamais eu vocation à devenir un jalon du répertoire, et cette reprise n’a pas à être jugée comme telle ; c’est une farce légère et pétillante, en un acte, à savourer sans excès de sérieux, par un public venu à Pesaro pour le pur plaisir de Rossini plutôt que pour une révélation. C’est précisément cette volonté du festival de programmer des œuvres de cette échelle modeste, aux côtés de ses grandes nouvelles productions, qui fait toute son importance. Pesaro, comme toujours, a fait de cette soirée ce qu’elle a été, un festival chaleureux, sans prétention et merveilleusement accueillant, plein de gens qui aiment simplement ce compositeur et cette ville ; il existe, en définitive, de pires façons de passer une soirée d’août qu’assis au Teatro Rossini, questions sur une caractérisation stéréotypée mises à part, à écouter la musique de Rossini rendue avec toute la justice et la générosité qu’elle mérite, par une troupe qui prenait visiblement plaisir à jouer.

Je ne vois guère, en vérité, ce qui pourrait mieux remplir une journée que ceci : une baignade dans l’Adriatique le matin, un opéra le soir, un dîner pris la nuit dans la douceur de l’air italien, tout le rythme du lieu construit, très délibérément, autour de cette seule séquence de plaisirs. J’ignore si Rossini lui-même se baignait ; mais pour tout le reste, la table, la lenteur des journées, les soirées entièrement vouées à la musique et à la bonne compagnie, il avait manifestement raison, et Pesaro, au mois d’août, vit encore selon cette leçon. Après des années de résistance, je suis désormais, moi aussi, tout à fait converti.

 

 

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CRITIQUE, festival. ROSSINI OPERA FESTIVAL 2026, Teatro Rossini, le 19 août 2026. ROSSINI : La Scala di Seta. Damiano Michieletto / Iván López-Reynoso. Crédit photo (c) Rossini Opera Festival

 

 

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CRITIQUE, Théâtre Musical. GENEVE, Pavillon Sicli, le 22 août 2026. « In Guilty Night » par Luc Birraux et Uèle Lamore (sur des oeuvres de H. Purcell)

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C’est sous les voûtes de béton (et pourtant majestueuses) du Pavillon Sicli, ancienne usine d’extincteurs aux parois de verre doré comme autant de briques de survie, qu’a eu lieu l’une des expériences les plus singulières de cette fin d’été à Genève. Le lieu, avec son architecture à la fois brute et précieuse, offrait un écrin idéal à la naissance d’une nouvelle aventure lyrique : l’Opéra Populaire de Genève, nouvelle mouture d’une structure fondée en 1966 (l’Opéra de chambre de Genève), dont le metteur en scène Suisse Luc Birraux vient de reprendre les rênes, en rebaptisant la structure lyrique genevoise. Une première pierre posée avec audace.

 

Purcell revisité en forme de veillée

Le spectacle, In the Guilty Night, plongeait d’emblée dans une atmosphère de fin du monde. Des survivants d’une apocalypse innommable peuplaient le plateau, venus se raconter une histoire dans la nuit pour conjurer l’oubli. Celle, mythique, du roi Saül et de la sorcière d’Endor, mise en musique par Henry Purcell vers 1693. Le micro-oratorio « In Guilty Night« , pièce maîtresse de la soirée, était entouré d’autres pages du compositeur comme autant de stations d’un chemin de croix nocturne : le recueillement d’An Evening Hymn, la tempête intérieure de Let the Dreadful Engines, la solitude méditative d’O Solitude ou encore le cortège pacifique de See, Even Night Herself Is Here. Les voix  -toutes magnifiques ! – de la soprano franco-malgache Mariamielle Lamagat, du ténor Joël Terrin et du baryton-basse William Socolof faisaient vibrer cette musique avec une intensité dramatique rare, le récitatif de Purcell épousant la prosodie anglaise jusqu’à devenir presque un cri .

Un dialogue fécond entre passé et présent

Mais le pari le plus audacieux tenait dans la confrontation de ce Purcell avec la création électronique de la compositrice Uèle Lamore. Loin du simple oratorio reconstitué, In the Guilty Night installait un dialogue inédit entre les sonorités anciennes des instruments d’époque — le violoncelle d’Emma Vignier, la viole de gambe d’Andrés García Fraile, le clavecin de Baptiste Zeronian et le théorbe de Dana Howe — et les textures contemporaines, entre pulsations électro-acoustiques et percussions . Cette hybridation, portée par la direction musicale énergique de Jonas Descotte à la tête de l’ensemble Les Argonautes, créait une tension permanente, où le sacré baroque se faisait l’écho de nos angoisses modernes.

 

 

Un théâtre social et inclusif

La mise en espace de Luc Birraux, également signataire du texte et de la direction artistique, s’imposait comme un théâtre social total. Le plateau intégrait un chœur parlé composé de bénéficiaires des EPI, retrouvant la fonction originelle du chœur grec : une voix collective qui porte ce que les protagonistes ne peuvent exprimer seuls . La présence des comédiens — Michaël Comte, Kelly Chevaucherie, Amadou Lamara Bah, Xavier Filgueira, Jean Pesson, Samuel Jean Triverio, Eva V. et Yousef Zid —, dont certains viennent d’établissements accueillant des personnes psychotiques, donnait à cette création une dimension profondément humaine. Le travail sur les lumières et l’installation de Julien Brun, de même que les costumes de Benjamin Broillet, contribuaient à cette immersion totale.

Un opéra installatif qui pose une nouvelle vision

Avec In the Guilty Night, Luc Birraux ne signait pas seulement un spectacle, il posait les bases d’une nouvelle vision pour l’opéra à Genève. Un opéra hybride, qui ose la fragilité et l’inclusion, et qui, à travers le prisme de la nuit, interroge notre besoin de transcendance. La première pierre s’avère plus que solide !…

 

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CRITIQUE, Théâtre Musical. GENEVE, Pavillon Sicli, le 22 août 2026. « In Guilty Night » par Luc Birraux et Uèle Lamore (sur des oeuvres de H. Purcell). Crédit photographique (c)  Lorraine Hauenstein

 

 

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CRITIQUE, opéra. PESARO, Teatro Rossini, le 20 août 2026. ROSSINI : L’Occasione fa il ladro. Jean-Pierre Ponnelle / Alessandro Bonato

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Parmi les événements incontournables de la saison estivale, le Rossini Opera Festival de Pesaro accueillait cette année la reprise de l’une de ses productions emblématiques, créée en 1987 par Jean-Pierre Ponnelle : la farce en un acte L’Occasione fa il ladro (1812) s’épanouit dans un cadre d’une élégance suprême, en forme d’hommage aux artifices du théâtre.

Créé en 1980, le festival Rossini de Pesaro contribue chaque été au rayonnement de la ville natale du compositeur, déjà prise d’assaut par les touristes attirés par la fraîcheur de cette cité balnéaire, comme par son centre piétonnier, commerçant et dynamique. Si le coeur de ville n’offre pas de charme immédiat, il gagne à être parcouru patiemment, afin d’y découvrir les joyaux éparpillés ici et là, de la pinacothèque du Palazzo Mosca aux villas Belle Epoque du bord de mer. Mais c’est bien entendu la star locale Rossini qui concentre toute l’attention, de sa maison natale au musée qui lui est dévolu dans le Palazzo Montani Antaldi, sans oublier le ravissant théâtre qui porte son nom.
C’est précisément au Teatro Rossini que l’on retrouve la production de L’occasione fa il ladro, qui surprend d’emblée par l’épure de son plateau nu, rapidement animé pendant l’orageuse ouverture : le metteur en scène français Jean-Pierre Ponnelle (1932-1988) réalise à cette occasion son unique spectacle pour Pesaro, un an avant sa disparition prématurée. Son travail, visuellement splendide, sonne comme une déclaration d’amour à la mécanique de précision du théâtre, révélée dans toutes ses composantes artisanales, dont l’effervescence fiévreuse colle à merveille au tempérament rossinien. En choisissant de montrer ce qui est habituellement caché au public, Ponnelle construit à vue les éléments du décor, au moyen de rampes et de toiles peintes à l’ancienne, sans jamais chercher à dissimuler le rôle clé des techniciens du plateau.
Derrière cette démonstration virtuose de la machinerie scénique comme art visuel se dessine également une lecture originale de la comédie. Elle s’appuie astucieusement sur le dernier couplet du livret « si par hasard l’occasion fait devenir l’homme voleur, il y a parfois une raison qui peut le légitimer » : Ponnelle trouve ainsi la clé de sa mise en scène, en faisant du valet Martino une sorte de double du compositeur, en maître de cérémonie qui tire les ficelles de l’action. A la manière d’un conte de Dickens revisité facétieusement, l’imposante valise transportée au début devient ainsi la matrice de tout le spectacle, dont sortent personnages, accessoires et éléments de décor, pour dévoiler sous nos yeux d’enfants ébahis toute la magie de l’illusion théâtrale.
Parmi les artisans de la réussite de la soirée figure également l’Orchestre symphonique G. Rossini, dont l’affinité avec le brio rossinien s’entend d’emblée. Le chef italien Alessandro Bonato (né en 1995) donne à sa direction des allures chambristes, aux graves discrets et d’une douceur ouatée dans les parties apaisées, notamment l’air d’entrée de Berenice. Le plateau vocal donne quant à lui beaucoup de satisfactions, au premier rang desquelles la prestation de grande classe de Matteo Mancini (Parmenione), aux phrasés éloquents et à la projection insolente, d’une parfaite diction. On aime aussi le timbre chaleureux et l’émission lumineuse de Martiniana Antonie (Ernestina), en piquante soubrette, tandis que Damiana Mizzi (Berenice) fait oublier quelques raideurs dans les piani par un tempérament bienvenu dans les envolées tempétueuses. Si Giuseppe Toia (Martino) pêche par une tessiture grave modeste, il assure toutefois l’essentiel par sa présence espiègle, tandis que Dave Monaco (Alberto) fait montre d’une ligne élégante, souple et sereine, à même de contraster avec l’aplomb mordant de son rival Parmenione.
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CRITIQUE, opéra. PESARO, Teatro Rossini, le 20 août 2026. ROSSINI : L’occasione fa il ladro. Damiana Mizzi (Berenice), Martiniana Antonie (Ernestina), Dave Monaco (Alberto), Matteo Mancini (Parmenione), Giuseppe Toia (Martino), Manuel Amati (Don Eusebio), Giulio Zappa (pianoforte), Orchestra Sinfonica G. Rossini, Alessandro Bonato (direction musicale) / Jean-Pierre Ponnelle (mise en scène). A l’affiche du festival Rossini à Pesaro, les 12, 15, 18 et 20 août 2026.Crédit photo (c) Rossini Opera Festival

 

 

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CRITIQUE, festival. ROSSINI OPERA FESTIVAL 2026, Auditorium Scavolini, le 18 août 2026. Récital de Juan Diego FLOREZ, Orchestre du Teatro communale di Bologna, Iván López-Reynoso (direction)

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L’unique nouvelle production du Rossini Opera Festival cette année est Le Siège de Corinthe, et c’est sur ce même plateau, à l’Auditorium Scavolini, que le public de Pesaro s’est rassemblé pour célébrer Flórez 30, un récital marquant trente années depuis qu’un certain Juan Diego Flórez (âgé à l’époque de vingt-trois ans) s’est imposé, dans cette même ville, pour la première fois dans le monde lyrique. Il était venu à Pesaro, cet été-là (en 1996) pour un petit rôle dans Ricciardo e Zoraide ; mais lorsque le ténor engagé pour chanter Corradino dans Matilde di Shabran s’est désisté, le festival italien s’est tourné dans l’urgence vers le jeune chanteur déjà sur place, et Flórez a endossé le rôle, en ayant seulement quelques jours à peine pour se l’approprier.

 

Il a quitté Pesaro cet été-là transformé. Je confesse n’avoir pleinement mesuré, jusqu’à ce jour, la profondeur du lien qui unit ce chanteur au festival : l’inconnu à qui l’on avait offert sa chance ici, voici trente ans, en est aujourd’hui le Directeur artistique ! Cette date anniversaire dépasse ainsi largement le simple regard nostalgique porté sur une carrière ; elle célèbre plutôt une relation qui, depuis, n’a cessé de fonctionner dans les deux sens à la fois. Je m’estime moi-même chanceux d’avoir suivi cette carrière très largement par hasard, m’étant trouvé au bon endroit au bon moment, bien plus souvent que je ne saurais m’en attribuer le mérite, en particulier durant ces années d’avant la gloire, lorsqu’un jeune ténor péruvien au suraigu singulièrement libre demeurait encore un secret d’initiés plutôt que la star qu’il est devenue depuis. Il y avait donc un plaisir particulier à avoir entendu une telle voix se former en temps réel, bien avant que les contre-ut ne deviennent la chose pour laquelle le public parcours le monde pour l’entendre. L’enthousiasme de la salle, chaleureux et immédiat dès les premières mesures, a été exactement ce qu’une soirée bâtie sur une histoire aussi partagée méritait.

Le programme a retracé cette carrière, débutant en terrain belcantiste avec l’agilité éblouissante de « Quell’alme pupille » tiré de La pietra del paragone et le débit redoutable de « Sì, ritrovarla io giuro » extrait de La Cenerentola, une musique qui exige précisément cette légèreté et cette souplesse qui firent sa réputation ici même, avant de basculer vers le répertoire plus grave du grand opéra français qui occupe désormais davantage le chanteur, l’« Asile héréditaire » d’Arnold, tiré de Guillaume Tell, et le « Ô souverain, ô juge, ô père » de Rodrigue, extrait du Cid de Massenet, aux côtés du « Salut ! demeure chaste et pure » de Faust ou encore de la grande scène de Kleinzach extrait des Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Il n’était pas difficile de percevoir, au fil de la soirée, lequel de ces deux univers habite désormais le plus naturellement cette voix, le répertoire français, chanté d’un son plus plein, plus chaleureux que ce que Pesaro aurait pu entendre de lui trente ans plus tôt, a semblé correspondre au chanteur qu’il est réellement devenu, tandis que les pages belcantistes lui ont parfois demandé de retrouver une légèreté et un abandon qui ne viennent plus tout à fait aussi spontanément qu’autrefois.

 

 

Iván López-Reynoso a dirigé l’Orchestra del Teatro Comunale di Bologna tout au long de la soirée, et il convient de rappeler tout le plaisir que l’orchestre seul a pu procurer, les ouvertures d’Orphée aux enfers d’Offenbach et de La Fille du régiment déployées avec beaucoup de couleur, même si la direction elle-même a paru plus appliquée que réellement inspirée. Ce qui a transparu clairement, malgré tout, c’est la chaleur et l’aisance évidentes entre le chef et le chanteur, deux compagnons de longue date qui connaissent visiblement bien les instincts l’un de l’autre et qui ont laissé la soirée respirer autour de cette familiarité plutôt que d’y imposer une main trop ferme.

Le Coro del Teatro Ventidio Basso a conféré à la soirée un poids théâtral plus dense qu’un simple récital ne le permet d’ordinaire, même s’il faut reconnaître que sa contribution est restée surtout fonctionnelle plutôt que dramatique, le chœur entrant, chantant correctement ses lignes, puis ressortant, sans grand sens de la caractérisation ni de l’engagement au-delà de la simple délivrance des notes ; Flórez lui-même, il faut l’admettre, ne s’est guère montré plus expansif à cet égard, le format du récital ne lui offrant guère plus qu’un geste de la main, bien senti, pour suggérer le drame que chaque air était à l’origine destiné à porter, mais une voix de cette qualité n’a jamais eu vraiment besoin de davantage pour tenir un public en haleine, et ce ne fut pas différent ce soir-là.

Inévitablement, le sommet de la soirée a été le « Ah ! mes amis » de Tonio, extrait de La Fille du régiment, cette série de neuf contre-ut qui précède désormais Flórez partout où il se produit, et qu’il venait, par une heureuse coïncidence, de rechanter à la Royal Opera House de Londres. Ce fut un moment de chant véritablement électrisant, placé avec propreté et sans la moindre peur même trois décennies après avoir tant sollicité ce suraigu, même si je me suis surpris, une fois encore, à me demander si ces neuf notes ne risquent pas de devenir, pour Flórez, l’équivalent de ce que fut le Nessum Dorma pour Pavarotti, un morceau de bravoure si célébré pour lui-même qu’il menace d’éclipser tout l’art qui l’entoure, servi parce qu’un public l’attend plutôt que parce que le drame du moment l’exige. Le moment a été, en vérité, spectaculaire avant d’être raffiné, et l’on devinait que c’était précisément ce que la salle était venue chercher ; sur ce plan au moins, la soirée a tenu exactement sa promesse. C’est là une critique de la culture lyrique en général plutôt que de Flórez en particulier, qui a chanté ce passage avec autant d’éclat que jamais.

Si je me permets une réflexion tout à fait personnelle, ma préférence est allée, depuis toujours, à la voix du jeune Flórez, celle que j’ai eu la chance d’entendre si souvent avant que le monde entier ne le rattrape, tout en aisance argentée et apparemment sans effort. Cette voix-là ne saurait, bien sûr, être simplement reproduite trente ans plus tard, et l’on aurait tort de l’attendre ; ce que l’on a entendu ce soir est un instrument plus riche, plus expérimenté, qui a échangé une part de cette légèreté première contre un son plus rond et, dans le répertoire français en particulier, plus expressif. C’est un plaisir différent plutôt que diminué, même si, en secret, je continue de guetter le fantôme de la voix que j’ai entendue en premier.

La soirée s’est refermée sur une série de bis populaires bien-aimés, « Mattinata » de Leoncavallo, « L’alba separa dalla luce l’ombra » de Tosti et « La donna è mobile » de Verdi, même si, dans les faits, cette spontanéité a paru passablement fabriquée. Il a suffi d’observer López-Reynoso feuilleter visiblement sa partition en préparation de chaque bis, sous les yeux d’un public censé savourer une surprise improvisée, pour comprendre à quel point cette conclusion prétendument spontanée était en réalité minutieusement réglée. Le choix de « La donna è mobile » pour clore la soirée m’a paru pour le moins étrange, pour une soirée si soigneusement construite autour du répertoire propre à Flórez, de Rossini au grand opéra français, que de s’achever sur un air verdien.

J’avoue avoir espéré, entre l’artiste et ce public qui a suivi cette histoire depuis trente ans, davantage de chaleur et de connivence directe que la soirée n’en a finalement offert. Rien de tout cela n’a gâté le chant, généreusement dispensé et chaleureusement accueilli, mais cela a laissé les derniers instants de la soirée ressembler davantage à un rituel bien réglé qu’à la véritable surprise, ou la véritable occasion, qu’ils prétendaient être.

Il existe peu de meilleures façons de marquer l’anniversaire d’une carrière que sous un ciel adriatique chaleureux, dans une ville qui porte encore, envers et contre tout, sa dévotion à Rossini avec autant de légèreté que de sincérité. Pesaro, au mois d’août, possède sa magie propre, ses journées passées à flâner dans une ville élégante, bâtie presque entièrement autour de son fils le plus célèbre, ses soirées passées à descendre vers une mer qui reste chaude et accueillante longtemps après le coucher du soleil, le tout entièrement voué, durant ces deux semaines et demie d’été, à un amour sans prétention et contagieux pour ce compositeur et sa musique. Il demeure l’un des grands plaisirs du calendrier lyrique que de simplement se trouver à Pesaro à l’heure du festival, quoi que la scène propose ou non tel ou tel soir, et cette soirée anniversaire, imperfections comprises, a fait pleinement partie de cet ensemble plus vaste et profondément réjouissant.

 

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CRITIQUE, festival. ROSSINI OPERA FESTIVAL 2026, Auditorium Scavolini, le 18 août 2026. Récital de Juan Diego FLOREZ, Orchestre du Teatro communale di Bologna, Iván López-Reynoso (direction). Crédit photo (c) Rossini Opera Festival

 

 

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[CLUSONE, Italie] JEAN TUBÉRY / LAFENICE AVENIRE. 400 ans de Legrenzi, sam 22 août 2026. Concert anniversaire : Legrenzi, Bach, Stradella,…

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Pour les 400 ans de la naissance de Giovanni Legrenzi (1626 – 1690) l’ensemble La Fenice aVenire présente un programme inédit conçu spécialement pour le festival Mirabilis autour du musicien natif de Clusone.

 

Le cycle musical évoque le parcours du compositeur qui marqua profondément le style vénitien, et dont d’immenses compositeurs tels Bach ou Vivaldi furent redevables… Intitulé « Le grazie di Legrenzi« , il présente les différentes facettes du compositeur, qui ont fait son succès entre Claudio Monteverdi et Antonio Vivaldi. Dévoilant depuis des décennies les joyaux oubliés du seicento italiano, La Fenice aVenire  joue trois motets pour voix de soprano soliste, issus de l’opera XVII de 1692 ; édition posthume suivant de deux années la mort du compositeur, elle comprend des œuvres manuscrites de maturité, réunies et éditées à Venise par son neveu Giovanni Vareschini.

L’effectif indiqué par l’éditeur vénitien Giuseppe Sala mentionne le trio à cordes classique du « style concertato » [2 violons & violoncelle obligés]. Toutefois, Legrenzi connut de son vivant d’autres instruments « de dessus » (soprani), tels que le cornet à bouquin (cornetto) pour lequel il composa une sonata à 6 voci, ou encore la flûte à bec (flauto) mentionnée dans l’édition posthume ~ opera ultima ~ des Sonate da chiesa o da camera de 1693 ( » per stromenti con trombe & senza, overo flauti »…sic). La première iconographie de flûte à bec baroque « à volutes » apparaît d’ailleurs durant les heures de gloire de notre compositeur, précisément en 1677 à Modena, dans le manuscrit « Compendio musicale » dû à la plume de Bartolomeo Bismantova.

Ainsi paraît le trio classique de 2 violini & violoncello dans le motet marial « O vos delitiarum cultores », puis la flûte / flauto avec le motet « O mirandum mysterium, per il Santissimo Natale » dans sa symbolique pastorale traditionnelle, et enfin les cornets / cornetti sur le « Laetamini in Domino », motet d’exultation dans lesquels instruments et voix (in tympano & choro) sont conviées à la festivité sacrée, « in hymno canoro, in cantu sonoro » !

Le motet à voce sola « Plaudite vocibus » est issu d’un recueil qui contribua largement à la réputation internationale de Legrenzi en son temps ; en effet, les « Acclamationi divote » publiées à Bologne en 1670 traversèrent les Alpes pour être entendues jusqu’à Paris, dont la Bibliothèque Nationale contient encore l’un des exemplaires. Témoin de l’admiration que lui portaient ses contemporains français, le manuscrit d’Anne Danican Philidor contient pas moins de 3 motets soigneusement recopiés de sa plume vers 1700, une décennie après la mort du compositeur transalpin.

Johann-Sebastian Bach lui-même élaboré une « Fugue sur un thème de Legrenzi » (Über ein Thema von Legrenzi), écrite pour l’orgue à pédalier du Kantor de Leipzig. Les musiciens de La Fenice aVenire en propose une relecture italianisante en guise de « retour aux sources », avec le clavecin et le théorbe qui formaient les instruments de basse continue privilégiés des sonates & cantates profanes de Legrenzi.

La sonorité des deux instruments à cordes pincées ne fut pas seulement celle de l’écrin sonore pour la musique vocale : témoin en est l’œuvre du contemporain ferrarais Giovanni Pittoni « Intavolatura di tiorba », publiée elle aussi à Bologne en 1669, un an seulement avant les fameuses « Acclamationi divote » de l’autre / notre Giovanni… Les rôles y sont ici inversés, puisque le théorbe (instrument du virtuose Pittoni) se devait selon ses propres indications d’être accompagné par le clavecin, ce qui révèle une autre image sonore de l’un et l’autre instrument, quasi inversée par rapport à celle couramment admise de nos jours…

La présence de Legrenzi en tant que maestro di capella de l’Accademia del Spirito Santo de Ferrara de 1656 à 1665 laisse à penser que la réputation et l’œuvre de « Giovanni Pittoni ferrarese » parvint jusqu’à ses oreilles, quand bien même notre compositeur ne confia que le rôle de basse continue à l’instrument de Pittoni.

Autre contemporain de Legrenzi, Alessandro Stradella arrive au cours de ses pérégrinations tumultueuses à Venise en 1677 ; Legrenzi y est alors Maestro di coro au Conservatorio dei Mendicanti, et a publié son opera ottava, contenant la Sonata La Buscha ~ per due violini, due cornetti & due bassi.  Stradella la découvre dans son effectif si particulièrement vénitien, à une époque où la trompette se fait dejà entendre à travers toute l’italie, en place et lieu de l’archaïque cornetto !

Quoi qu’il en soit, il nous lègue dans les années 1680 un manuscrit dit  » da Modena » contenant une sonata  » in risposta », à l’effectif identique à celui de la Sonata o canzon « La Buscha ».

À tout seigneur tout honneur : le violon est bel et bien l’instrument-roi omniprésent dans le corpus d’œuvres de Legrenzi, qu’elles soient vocales (sacrées / profanes) ou instrumentales (sonate da camera / sonare da chiesa). L’opera ottava souligne sa préséance, avec deux pièces – dont La Squarzona – écrites pour non moins de 4 violons : un effectif que ne manquera pas de remarquer le musicien et futur prêtre vénitien Antonio Vivaldi, qui écrira son fameux concerto pour 4 violons : celui-là même qui inspira le grand JS Bach (dans sa transcription pour 4 clavecins…) comme le fit un des thèmes de sonates de Legrenzi immortalisé par son art consommé de la fugue.

Les sonates da chiesa o da camera ne sauraient en aucun cas occulter les canzoni & balli de places et ruelles, telles qu’on les entendait de jour et de nuit dès qu’il s’agissait de festoyer, de Bergamo (qui donna son nom au fameux air la Bergamasca) à Naples, où l’on entendait alors « Arie alla napoletana » et autre « Tarentelle ». C’est à cette danse populaire que notre compositeur-violoniste fait sans doute référence dans sa sonate « La Montalbana », écrite pour le duo de violons & basse omniprésent en tout lieu et en tout temps de son vivant.

Quatre siècle après la naissance de son compositeur, qu’elle soit sacrée, profane, théâtrale, instrumentale, intimiste ou solennelle, l’œuvre de Giovanni Legrenzi reste majeure : une source d’inspiration et de découvertes depuis Bach et Vivaldi

« Les grâces dont ils nous fait grâce leur confèrent un caractère universel et intemporel, qui ont jadis séduit l’Europe de Rome à Paris, et les êtres humains de Jean-Sebastien Bach au commun des mortels » précise Jean Tubéry.

 

 

 

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Samedi 22 août 2026, 20h45
Église de la Bienheureuse Vierge du Paradis de Clusone (ITALIE),
dans le cadre de Musica Mirabilis Festival international de musique Giovanni Legrenzi
INFOS & RÉSERVATIONS sur le site du festival mirabilis de Clusone : https://www.rema-eemn.net/members/musica-mirabilis-international-music-festival-giovanni-legrenzi/
Lien direct vers le site du Festival Legrenzi Mirabilis : https://www.visitclusone.it/musica-mirabilis/https://www.visitclusone.it/musica-mirabilis/

 

 

 

 

 

 

Quatrième centenaire de la naissance
de Giovanni Legrenzi
« Le grazie di Legrenzi »,
Musica sacra & strumentale di Giovanni Legrenzi e suoi contemporanei
Ensemble La Fenice aVenire
Jean Tubéry, cornet et direction
Soprano solista : Anastasia Terranova
Cornetti : Jean Tubéry, Benedetta Cerone
Violini : Anaëlle Blanc-Verdin, Margherita Pupulin
Violoncello : Keiko Gomi
Tiorba : Gianluca Geremia
Organo & clavicembalo : Hadrien Jourdan

 

 

 

 

Prima parte
Giovanni Legrenzi :
– Sonata a quattro canti « La Squarzona » (Opera ottava : Bologna 1664, Venezia, 1671)
– Motetto a voce sola « Plaudite vocibus » (Acclamationi divote, Bologna 1670)
– Sonata à sei « La Buscha » per due cornetti, due violini & due bassi (Opera ottava)
Giovanni Pittoni ferrarese (1637-1677) : Sonata per Tiorba & basso (Intavolatura di tiorba, Bologna 1669)
Giovanni Legrenzi :
Motetto a voce sola con due violini « O vos delitiarum » (Opera decima settima, Venetia 1692)
~~~ Intervallo ~~~
Seconda parte
Alessandro Stradella (1643-1682) :
Sonata in due cori : due violini, due cornetti & bassi (manoscritto di Modena)
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
« Fuga über ein Thema von Giovanni Legrenzi » (Cembalo & basso)
Giovanni Legrenzi :
– Motetto a voce sola con due strumenti « O Mirandum Mysterium » (Opera decima settima)
– Sonata a due violini & basso « La Montalbana » (Opera seconda, Venetia 1655)
– Motetto a voce sola con strumenti (violini & cornetti) Laetamini in Domino.
(Opera decima settima, Venetia 1692)
~~~ Fine delle Grazie ~~~
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