CRITIQUE, festivals 2022. Prades, festival Pablo Casals, les 5 et 6 août 2022 : A Pogostkina,T Fischer, Y Costa, Quatuor Arod,

PRADES-FESTIVAL-CASALS-pierre-Bleuse-festival-2021-annonce-critique-classiquenewsCRITIQUE, festivals 2022. Prades, festival Pablo Casals, les 5 et 6 aoĂ»t 2022 – Nouveau directeur artistique depuis l’Ă©tĂ© 2021, le chef d’orchestre Pierre Bleuse rĂ©veille la belle endormie en insufflant depuis l’an dernier, un rythme inĂ©dit Ă  Prades et dans divers  joyaux patrimoniaux alentour. Eclectisme, ouverture, accessibilitĂ© pour les festivaliers et pour les instrumentistes invitĂ©s : transmission, partage, approfondissement

Dans ce grand bain des sensibilitĂ©s mĂȘlĂ©es, oĂč les plus jeunes tempĂ©raments Ă©prouvent l’acte collectif, l’Ă©coute mutuelle, le travail commun, nul doute que le chemin vers l’excellence est dĂ©sormais clairement Ă©tabli et jalonnĂ©.
Si le festival maintient ainsi son cap il pourrait enfin [re] devenir l’un des piliers des festivals europĂ©ens de l’Ă©tĂ© aux cĂŽtĂ©s des grandes machines estivales, tel Verbier ou surtout Gstaad. Mais Prades prĂ©sente une toute autre identitĂ© que lui envient les autres Ă©vĂšnements estivaux : la figure de son fondateur historique, Pablo Casals dont la personnalitĂ© humaniste et fraternelle a su transmettre l’idĂ©e d’une musique engagĂ©e qui a pour fondement outre la quĂȘte de perfection et le partage, la rĂ©flexion critique et le dĂ©passement permanent.

 

 

 

 

 

Prades 2022 : le chemin vers l’excellence

 

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Pierre Bleuse dirige l’Orchestre du Festival de Prades, concert d’ouverture, le 29 juil 2022

 

 

Des valeurs que comptent bien rĂ©activer Pierre Bleuse, porteur d’un renouveau inespĂ©rĂ© Ă  Prades et dans le Conflens. De quoi Ă©videmment renouveler le prestige de la Catalogne française qui est loin d’offrir aujourd’hui la mĂȘme activitĂ© culturelle que sa consƓur espagnole, de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre pyrĂ©nĂ©enne. Gageons que par son ouverture, son Ă©clectisme, la conception d’une culture alliant haute qualitĂ© et accessibilitĂ©, Prades nouveau look, ne prĂ©sente trĂšs bientĂŽt un nouveau modĂšle estival, musical et populaire, Ă  suivre chaque annĂ©e. Voici ci aprĂšs le compte-rendu des concerts marquants auxquels nous avons pu assister pendant notre sĂ©jour sur place, les 5 et 6 aoĂ»t derniers.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 5 aoĂ»t 2022, Abbaye St-Michel de Cuxa (Codalet). Le premier concert Ă  Cuxa permet d’écouter les instrumentistes de l’Orchestre du Festival, formidable collectif (crĂ©Ă© par Pierre Bleuse) qui associe jeunes instrumentistes et musiciens chevronnĂ©s. Sous la direction prĂ©cise et de plus en plus nuancĂ©e du chef Thierry Fischer, l’Orchestre dĂ©voile ses qualitĂ©s d’engagement, de prĂ©cision, d’expressivitĂ©, de souplesse.

 

 

 

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Thierry Fischer en répétition

 

 

 

C’est d’abord, la longue priĂšre (pour cordes seules) dans le style ancien, celui contemplatif et recueilli des MaĂźtres de la Renaissance ou quand Vaughan Williams revisite les terres suspendues, mĂ©ditatives, parfois lugubres de Thomas Tallisch.
L’Ouverture grave voire sombre et tragique captive dans l’esprit aussi des Tombeaux baroques, qui Ă©tire le temps musical en accords suspendus non vibrĂ©s comme un vaste orgue Ă  cordes. Le chef affirme son sens de la nuance de pianissimi suggestifs, oĂč violon solo et alto solo alternent une priĂšre plus individuelle, puis se rĂ©pondent et font vibrer le rĂ©confort et la plĂ©nitude du recueillement.

Le contraste est total avec la piĂšce qui suit, lumineuse, gĂ©nĂ©reuse et tendre : le Concerto pour violon de Mendelssohn. C’est un feu d’artifice digitale entre puissance et tendresse dans une partition Ă  la fois Ă©lectrique et suave grĂące Ă  l’archer prĂ©cis, souple, puissant aussi de la violoniste Alina Pogostkina, dont la nature impĂ©tueuse et douce opĂšre un enchantement profitable.
D’autant que le nerf et la prĂ©cision dans des nuances variĂ©es et justes du chef Thierry Fisher, conduisent les musiciens Ă  leur meilleur. L’Orchestre est celui souhaitĂ© par le directeur du festival Pierre Bleuse, une pĂ©piniĂšre de jeunes pousses dĂ©jĂ  aguerries, coachĂ©es le temps de leur rĂ©sidence Ă  Prades, par les sensibilitĂ©s reconnues et professionnelles des membres avisĂ©s du Quintette Klarthe et du Quatuor Dutilleux. Aux cĂŽtĂ©s de leurs mentors, les jeunes instrumentistes viennent de toute l’Europe ; ils vivent Ă  Prades, une formidable Ă©cole du respect, du mĂ©tissage, de la diversitĂ© fĂ©dĂ©rĂ©e, constructive, de l’écoute crĂ©ative


 

 

 

L’Orchestre du Festival de Prades
cohĂ©sion stimulante et Ă©coute crĂ©ative…

 

 

Et le meilleur pour la fin… Pas facile de rĂ©ussir une symphonie de Haydn en particulier les mieux Ă©laborĂ©es par le maĂźtre d’Eisenstadt, soit ce soir la Symphonie n°96 dite « Miracle » : condensĂ© de noblesse, d’Ă©lĂ©gance, surtout de facĂ©tie dĂ©jĂ  rossinienne, la 96Ăš est l’une des premiĂšres symphonies londoniennes (1791). Thierry Fisher qui fut flĂ»tiste et travailla Ă  Zurich avec Harnoncourt, soigne les dĂ©tails et les accents, conduisant les instrumentistes dans le sillon de cette excellence dont rĂȘve et que dĂ©fend Pierre Bleuse.
La route est tracĂ©e et les apports dĂ©jĂ  visibles… audibles mĂȘme dans ce bouillonnement maĂźtrisĂ© dont la vivacitĂ© des attaques, l’Ă©ruption des tutti n’empĂȘchent pas la dĂ©licatesse ni l’extrĂȘme raffinement des jeux de timbres comme des dialogues et rĂ©ponses entre les pupitres.
Dans cette forĂȘt agissante de timbres rayonnants, on dĂ©tecte et l’infini tendresse de Mozart et l’impĂ©tuositĂ© assĂ©nĂ©e, presque furieuse de Beethoven. L’acuitĂ© et l’intelligence de la direction surprennent, transportent. La caractĂ©risation de chacun des 4 mouvements est un festival d’accents et de nuances contrastĂ©s, idĂ©alement rĂ©alisĂ©s : aucun doute, la 96Ăš mĂ©rite bien son titre ; le « miracle » sonore est ici, prĂ©sente et manifeste, d’une criante vĂ©ritĂ©.
La concentration des instrumentistes, ce jeu des regards pour calibrer et synchroniser les unissons, les duos complices entre instrumentistes, en particulier dans le 2Ăšme mouvement-menuet, l’exceptionnel oboĂŻste, yeux rivĂ©s sur le rythme du premier violon, illustrent idĂ©alement ce travail en coopĂ©ration, ce miracle offert, produit d’une mĂ©canique humaine Ă  la fois fragile et ce soir, idĂ©alement pilotĂ©e. Magnifique instant en conjonction et concertation qui profite Ă  tous les membres d’un orchestre miroitant et unitaire, particuliĂšrement prometteur.

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Le soir Ă  partir de 21h30 dans le parc du ChĂąteau Pams de Prades, « le Club » – soirĂ©e d’aprĂšs concert selon la formule souhaitĂ©e par Pierre Bleuse, reçoit cette nuit le guitariste brĂ©silien Yamandu Costa.
D’emblĂ©e, s’impose le suprĂȘme jeu d’une libertĂ© Ă©tonnante qui semble fondre dans l’instant du concert, crĂ©ation et improvisation. Le guitariste s’inscrit dans la pure tradition musicale brĂ©silienne [bossa nova, samba style choros.... sans omettre tangos, milangas,...] mais aussi compositions personnelles [ « la graciosa » ou « sanctuario »] , comme le dernier mouvement de son concerto pour guitare et orchestre rĂ©cemment crĂ©Ă© Ă  San Paolo
.

 

 

Yamandu Costa, le frisson brésilien

 

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Le guitariste et compositeur brésilien Yamandu Costa enflamme le Club de Prades

 

 

Le soliste ajoute aussi le souvenir d’un Ă©pisode vĂ©cu pendant le confinement ; le rythme de la piĂšce qui en dĂ©coule Ă©voque ses 2 enfants qui ne cessaient de bondir sur le sofa du salon (!) : un dĂ©fi digital et une surenchĂšre de rythmes enchaĂźnĂ©s qui donnent le vertige.
Sa technicitĂ© libre et flamboyante, sa personnalitĂ© sur scĂšne aussi, attachante par ses pointes humoristiques, offrent un spectacle total ; la respiration, les phrasĂ©s, l’imaginaire gĂ©nĂ©reux sont une source inĂ©puisable d’admiration. La prĂ©sence de Yamandu Costa Ă  Prades confirme l’Ă©clectisme d’une programmation rĂ©solument ouverte, aux filiations plus bĂ©nĂ©fiques qu’il n’y paraĂźt : musiques savantes et populaires convergent en rĂ©alitĂ© dans l’acquisition d’un geste juste. La personnalitĂ© de Yamandu Costa, sa dĂ©lirante technicitĂ©, sa souplesse digitale pourraient en apprendre beaucoup aux instrumentistes classiques.

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Photos / concert Orchestre du Festival de Prades (concert, répétition) / Pierre Bleuse © H Argence 2022  -  Yamandu Costa, Thierry Fisher © Josh Shannon Prades 2022

 

 

 

 

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Samedi 6 aoĂ»t 2022. Eglise de Prades, 19h30. La prĂ©sence des AROD confirme ce point de trĂšs haute qualitĂ© dĂ©fendu par Pierre Bleuse. A travers le choix de la formation (crĂ©Ă©e en 2013), c’est toute la tradition chambriste et d’une façon gĂ©nĂ©rale, instrumentale, la place des tempĂ©raments de feu, qui sont confirmĂ©es et mises en avant Ă  Prades selon les critĂšres de la nouvelle programmation artistique. Devant les festivaliers, devant les jeunes musiciens de l’Orchestre du Festival, les 4 solistes du Quatuor Arod offrent une leçon lumineuse, fulgurante, de trĂšs haute musicalitĂ© ; oĂč la virtuositĂ© et la maĂźtrise technique autant qu’expressive sont infĂ©odĂ©es Ă  la recherche du sens, et dans la rĂ©alisation, c’est une quĂȘte d’absolu dont l’esthĂ©tisme atteint Ă  une spiritualitĂ© Ă  4, qui fascine.

 

 

Quatuor Arod : une alchimie sonore

 

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Les 4 instrumentistes du Quatuor Arod dans l’Ă©glise de Prades

 

Dans le Quatuor n°19 « Les Dissonances » de Mozart, l’éloquence et le raffinement du style saisissent immĂ©diatement. Finesse du son, subtilitĂ© des nuances qui sculpte une virtuositĂ© supĂ©rieure, gestes Ă  la fois chorĂ©graphiques et synchrones, 
 les Arod ont tout.
Mais ce n’est pas tant l’esthĂ©tique jubilatoire de la sonoritĂ© collective que l’esprit et l’intention d’un collectif d’une Ă©coute et d’une complicitĂ© superlative, qui touche.
Dans cette lecture intĂ©rieure, on se surprend Ă  (re)dĂ©couvrir des Ă©clairs (dĂ©jĂ ) schubertiens chez un Mozart touchĂ© par la grĂące, entre la vibration de la fragilitĂ© et l’appel vers une tendresse secrĂšte, fraternelle, aux accents mĂ©lancoliques.
Bartok (Quatuor n°1) frappe par l’urgence et une inquiĂ©tude indĂ©finissable qui Ă©tire la texture.  La tension ultime s’allie avec des sĂ©quences intĂ©rieures et mĂ©ditatives d’une profondeur bouleversante ; et ce sont souvent des pauses et respirations ressenties au profond de l’Ăąme qui soudainement indiquent de nouvelles directions et de nouveaux mondes. Des sursauts surprenants, des respirations et des silences d’une profondeur vertigineuse structurent un quatuor marquant par sa tension continue, dont le fil se conclut en une course qui se fait transe hallucinĂ©e.
Enfin leur Beethoven (Quatuor opus 95) s’inscrit dans une lutte et un absolu viscĂ©ralement et Ăąprement dĂ©fendus. Les Arod convoquent ce Beethoven, ardent et visionnaire, aux fulgurances extrĂȘmes qui expriment cette quĂȘte d’un dĂ©passement permanent. Ces faiseurs et orfĂšvres surclassent tout ce que l’on a coutume d’Ă©couter en concert : la prĂ©cision, la virtuositĂ©, la justesse des accents, le naturel et la fluiditĂ©, surtout ce jeu collectif d’une Ă©vidente complicitĂ©.

L’imagination, la spiritualitĂ© jaillissent dans cette immersion sonore d’une beautĂ© et d’une sincĂ©ritĂ© Ă©tonnantes. L’esprit de Casals a Ă©tĂ© ressuscitĂ© manifestement dans un lieu emblĂ©matique du festival que le violoncelliste a fondĂ© et marquĂ© de son aura admirable. En hommage au Fondateur devenu catalan, les Arod jouent en bis la transcription d’un choral de JS Bach, compositeur jouĂ© par Casals ici mĂȘme. La boucle est bouclĂ©e. Et dans ce geste d’une grĂące admirable, les valeurs que la musique envisage, se concrĂ©tisent Ă  nouveau.
SoirĂ©e inoubliable comme celle qui s’est tenue la veille, Ă  Saint-Michel de Cuxa (Codalet), oĂč brillaient feux et accents maĂźtrisĂ©s de l’Orchestre du Festival.

 

 

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Photos / concert Quatuor AROD © classiquenews.com

 

 

PRADES. Festival Pablo Casals, jusqu’au 12 aoĂ»t 2022

PRADES PABLO CASALS logo classiquenews pierre bleuse 2022PRADES, Festival Pablo Casals 2022, jusqu’au 12 aoĂ»t 2022. 2 Ăšme Ă©dition du Festival de Prades new look, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© par l’énergique chef d’orchestre Pierre Bleuse, nouveau directeur artistique depuis 2021. Le cru 2022 confirme les axes dĂ©sormais dĂ©fendus : ouverture, transmission, mĂ©tissages, et une identitĂ© renforcĂ©e, car Prades, plus respecteux encore de l’hĂ©ritage de son fondateur lĂ©gendaire, le violoncelliste Pablo Casals, cultive l’excellence artistique et le travail musical, disposant dĂ©sormais de son propre orchestre


Depuis le 29 juillet et jusqu’au 12 aoĂ»t prochain, Prades entend favoriser son activitĂ© estivale comme une « plateforme d’échanges et de rencontres musicales, un Ă©crin pour l’excellence, un tremplin pour les talents de demain, un laboratoire d’initiatives artistiques novatrices et de transmission inter gĂ©nĂ©rationnelle », selon les mots de Pierre Bleuse.
Pour le Directeur, l’Orchestre de chambre nouvellement fondĂ© est le « Point d’orgue du nouveau visage du Festival » : l’Orchestre de chambre nouvellement crĂ©Ă© fait l’ouverture et la clĂŽture du Festival sous la baguette de
 Pierre Bleuse. EncadrĂ© par le Quatuor Dutilleux et le Klarthe Quintet, l’Orchestre de Prades est un navire Ă©cole soucieux d’accompagner et de former davantage plusieurs jeunes musiciens en voie de professionnalisation issus des grandes Ă©coles supĂ©rieures


LES JEUNES TALENTS – Le festival stimule la jeunesse, propose des master class et ateliers, accompagne « l’émergence en rĂ©sidence » ; ainsi « des synergies avec les plus grandes Ă©coles de musique en Europe » ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es pour faire de Prades, ce vivier instrumental bouillonnant qui chaque Ă©tĂ©, convoque la surprise, la dĂ©couverte et probablement le dĂ©passement des Ă©nergies croisĂ©es, entre jeunes tempĂ©raments et grands solistes cĂ©lĂ©brĂ©s.

LE CLUB – Pierre Bleuse a souhaitĂ© aussi fixer en simultanĂ© aux concerts classiques, un « rendez-vous noctambule du Festival » : le Club favorise l’élargissement des publics. InaugurĂ© lors de la derniĂšre Ă©dition (Ă©tĂ© 2021), il prolonge en “after” la joie des concerts classiques dans une ambiance plus swing et conviviale oĂč le jazz et la chanson française ont toute leur place.

DES CONCERTS CLASSIQUES EXCEPTIONNELS SUR DES SITES PATRIMONIAUX – Le Festival Pablo Casals invite les plus grands musiciens de la scĂšne actuelle dans des Ă©crins de toute beautĂ©, joyaux de la richesse patrimoniale et architecturale de la Catalogne française. Des lieux propices au recueillement dont l’acoustique amplifie la rĂ©sonance spirituelle des partitions abordĂ©es.

 

 

 

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PLUS D’INFOS, TOUTE LA PROGRAMMATION de PRADES 2022 :
https://prades-festival-casals.com

FESTIVAL DE PRADES PABLO CASALS
33, Rue de l’hospice – 66500 PRADES
TARIFS de 5 Ă  45€ rĂ©duit Ă  partir de trois concerts de 19h30.

 

 

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SĂ©lection des concerts
Festival Pablo Casals, PRADES 2022

 

 

 

VENDREDI 5 AOÛT | 19h30
Abbaye St Michel de Cuxa /Codalet Orchestre du Festival
Thierry Fischer, direction – Alina Pogostkina, violon
A. BERG ‱ Drei StĂŒcke de la suite lyrique
F. MENDELSSOHN ‱ Concerto pour violon
J. HAYDN ‱ Symphonie n°96, düte Miracle

 

 

SAMEDI 6 AOÛT | 19h30
Quatuor Arod
Église de Prades
W.A. MOZART ‱ Quatuor n°19 , Les Dissonances
B. BARTÒK ‱ Quatuor n°1
L.V. BEETHOVEN ‱ Quatuor Op. 95

 

 

 

DIMANCHE 7 AOÛT | 10h30 Église de Prades
Messe du Festival cĂ©lĂ©brĂ©e par Monseigneur Turini, Ă©vĂȘque de Perpignan et d’Elne avec la participation de la MaĂźtrise St Joseph de Prades sous la direction de Cyprien Sadek

DIMANCHE 7 AOÛT | 19h30 Église de Prades
Cyprien Sadek, direction
Choeur Altitude – MaĂźtrise St Joseph de Prades
Gilberto Scordari, orgue – Jordi Girones, thĂ©orbe
Guillem Girones, violoncelle baroque
J.S. BACH ‱ Jesu meine Freude – Komm sĂŒsser Tod -
Komm, Jesu komm
K. NYSTEDT ‱ Immortal Bach
A. PÄRT ‱ Vater unser
J. TAVENER ‱ Svyati

 

 

 

LUNDI 8 AOÛT | 19h30
Klarthe Quintet
Église de Villefranche de Conflent
G. BIZET ‱ Ouverture de Carmen (Arr. David Walter)
G. ONSLOW ‱ Quintette, Op.81 en fa majeur
C. NIELSEN ‱ Quintette, Op.43

 

 

 

MARDI 9 AOÛT | 19h30 Abbaye St Michel de Cuxa /Codalet
William Christie, clavecin
LĂ©a Desandre, mezzo-soprano
Thomas Dunford, luth
Les recettes de l’amour
Airs baroques, mĂ©lodies et extraits de comĂ©dies musicales – de Marc-Antoine CHARPENTIER Ă  Michel LEGRAND, en passant par Reynaldo HAHN, Michel LAMBERT, Jacques OFFENBACH ou Barbara

 

 

 

MERCREDI 10 AOÛT | 19h30 Abbaye
St Michel de Cuxa /Codalet
Timothy Ridout, alto – Benjamin Beilman, violon
Victor Julien LaferriĂšre, violoncelle – Louis Schwitzgebel, piano
G. MAHLER ‱ Quatuor avec piano en la mineur
G. LEKEU ‱ Quatuor pour piano et cordes en si mineur
DVOƘÁK ‱ Quatuor avec piano n°2 en mi bĂ©mol majeur, Op. 87

 

 

 

JEUDI 11 AOÛT | 19h30
Grotte des Canalettes / Corneilla de Conflent
Odile Auboin, alto et cymbale
Thomas Pénanguer, scénographie visuelle
Bird in a cage, création contemporaine
Lara MORCIANO (création mondiale), Grégoire SIMON
et Alexander VERT
En partenariat avec le Labo Flashback
Prix Navista pour les musiques nouvelles

 

 

 

VENDREDI 12 AOÛT | 19h30
Abbaye St Michel de Cuxa /Codalet
Orchestre du Festival / concert de clĂŽture
Pierre Bleuse, direction – Emmanuel Pahud, flĂ»te
W.A.MOZART ‱ Ouverture des Noces de Figaro
C. SAINT-SAËNS ‱ Odelette
F. POULENC ‱ Sonate pour flĂ»te (Arr. Berkeley)
F. MENDELSSOHN ‱ Symphonie Italienne n°4, Op. 90

 

 

 

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et aussi FOCUS
les concerts Jeunes Talents & friends Ă  11h

 

 

 

DIMANCHE 7 AOÛT | 11h Église de Mosset
G. LIGETI ‱ Trio violon cor piano – hommage Ă  Brahms
J. BRAHMS ‱ Piano quartet 1, Op. 25

 

 

 

LUNDI 8 AOÛT | 11h Église de Ria
J. BRAHMS ‱ Trio violon cor piano opus 40
J. BRAHMS ‱ Sextuor à cordes n°2, Op. 36

 

 

 

MARDI 9 AOÛT | 11h Église de Corneilla de Conflent
J. BRAHMS ‱ Sextuor à cordes n°1, Op. 18 R. WAGNER ‱ Siefried idyll

 

 

 

Plus d’infos ici :
https://prades-festival-casals.com/programme-2022/

 

 

 

 

 

 

Massenet : ThaĂŻs. Pierre Bleuse (avril 2022)

Massenet jules cherubin Jules_Massenet_portraitFRANCE MUSIQUE, sam 28 mai 2022, 20h. MASSENET : ThaĂŻs. Souvent, les livrets d’opĂ©ras sont dignes d’un bon scĂ©nario cinĂ©matographique. Prenez le cas de ThaĂŻs, ouvrage de Jules Massenet, compositeur postromantique qui marque l’OpĂ©ra de Paris Ă  la fin du XIXĂš. Le drame crĂ©Ă© en 1894 s’inspire lui-mĂȘme d’Anatole France, d’oĂč sa trĂšs solide structure narrative. IcĂŽne d’Alexandrie, ThaĂŻs est l’incarnation de la voluptĂ© la plus lascive, provocante, adorĂ©e, entretenue par le dilettante obsessionnel, Nikias ; face Ă  elle, le moine AthanaĂ«l que son amour pour la belle courtisane, prĂȘtresse de VĂ©nus, submerge. Et voilĂ  plantĂ©e la situation de dĂ©part
 L’une des plus captivantes Ă  l’opĂ©ra car Massenet traite musicalement d’un mouvement de bascule croisĂ©, Ă  l’évolution progressive inversĂ©e : Ă  mesure que la courtisane pĂ©cheresse se voue Ă  Dieu, le moine ne peut Ă©carter sa propre voluptĂ© et son dĂ©sir charnel pour la superbe crĂ©ature. D’un cĂŽtĂ© la grande pĂ©cheresse d’Alexandrie devient une sainte ; de l’autre, le moine cĂ©nobyte tombe dans le gouffre du dĂ©sir charnel
 Amour divin, amour lascif s’entrechoquent en une rencontre au destin opposĂ©.‹Au centre de ce parcours qui Ă©branle deux cƓurs exacerbĂ©s, la fameuse « MĂ©ditation », jouĂ© Ă  l’opĂ©ra au violon et qui sur le plan dramatique, indique la transformation de ThaĂŻs, de sirĂšne Ă  pieuse


Jules Massenet : ThaĂŻs‹OpĂ©ra en trois actes sur un livret de Louis Gallet d’aprĂšs le roman Ă©ponyme d’Anatole France crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris le 16 mars 1894.
‹Ermonela Jaho, soprano, ThaĂŻs, comĂ©dienne et courtisane  -  ‹Ludovic TĂ©zier, baryton, AthanaĂ«l, cĂ©nobite  -  ‹Pene Pati, tĂ©nor, Nicias, jeune philosophe sybarite  -  ‹Guilhem Worms, baryton-basse, PalĂ©mon, vieux cĂ©nobite  -  ‹Cassandre Berthon, soprano, Crobyle, esclave / La Charmeuse  -  ‹Marielou Jacquard, mezzo-soprano, Myrtale, esclave  -  ‹Marie Gautrot, mezzo-soprano, Albine, abbesse  -  ‹Patrick Ivorra, basse, Le serviteur de Nicias / CĂ©nobite  -  ‹Cyril Verhulst, tĂ©nor, CĂ©nobite  -  ‹Matthieu Cabanes, tĂ©nor, CĂ©nobite  -  ‹Pascal Bourgeois, tĂ©nor, CĂ©nobite  -  Pierre BĂ©nusiglio, basse, CĂ©nobite

‹Choeur de Radio France dirigĂ© par Franck Villard‹  -  Orchestre National de France  -  Pierre Bleuse, direction
Concert donné le 9 avril 2022 au Théùtre des Champs-Elysées à Paris.

 

 

 

 

 

 

Approfondir, sur le thùme de THAÏS
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THAÏS EN BD… L’éditeur belge KifadassĂ© rĂ©invente la BD et l’accĂšs au lyrique en inaugurant ainsi une nouvelle collection qui met l’accent sur l’intrigue captivante des opĂ©ras cĂ©lĂšbres (Collection « Si l’opĂ©ra m’était dessiné »). ThaĂŻs, d’aprĂšs Massenet :
http://www.classiquenews.com/bd-critique-thais-guy-delvaux-antonio-ferrara-dapres-lopera-de-massenet-editions-kifadasse/

 

 

 

THAÏS de Massenet Ă  l’opĂ©ra de Tours, octobre 2011 : Le poĂšme en prose du versificateur Louis Gallet suit la volontĂ© rĂ©aliste de Massenet: plus qu’une Ă©vocation orientaliste, cet opĂ©ra religieux et hautement moral, est d’abord une comĂ©die lyrique; c’est du thĂ©Ăątre avant d’ĂȘtre du chant, et le parti d’actualisation dĂ©veloppĂ© par Nadine Duffaut (la scĂšne se passe Ă  notre Ă©poque) souligne la modernitĂ© de l’action, le rĂ©alisme expressif si intelligemment architecturĂ© qui brosse le portrait de deux Ăąmes radicales fonciĂšrement opposĂ©es : quand la courtisane ThaĂŻs, repue de luxe, de plaisirs, et dĂ©jĂ  usĂ©e 
 renonce, le moine cĂ©nobite qui devait la convertir et sauver Alexandrie de la luxure, est dĂ©vorĂ© par l’amour subi qui le lie Ă  la PĂ©cheresse magnifique. En dĂ©finitive, le vrai protagoniste de la partition est AthanaĂ«l: esprit prisonnier et dĂ©chirĂ© par un amour qui le frappe et le submerge. Massenet offre au baryton, un rĂŽle exceptionnel

http://www.classiquenews.com/massenet-thas-1894-jean-yves-ossoncetours-opra-les-14-16-et-18-octobre-2011/

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Festival de PRADES, parcours Ă©toilĂ© jusqu’au 13 aoĂ»t 2021

PRADES-FESTIVAL-CASALS-pierre-Bleuse-festival-2021-annonce-critique-classiquenewsPRADES, Festival 2021 : le renouveau en beautĂ©. Le Festival de Prades new look, conçu par son nouveau directeur artistique Pierre Bleuse poursuit sa carriĂšre enchanteresse Ă  Saint-Michel de Cuxa, Ă  l’église de Prades, dans la grotte des Grandes Canalettes
jusqu’au 13 aoĂ»t 2021 ; MĂ©tamorphoses et nouvelles formes sont Ă  l’honneur cette annĂ©e… l’offre est large et Ă©clectique proposant en plus des concerts du soir chaque jour, une tribune aux jeunes talents (11h30), des ateliers goĂ»ter pour les enfants (et bien d’autres divertissements pour les familles), sans omettre une nouvelle scĂšne aux carrefours des styles et des genres musicaux : « le Club » Ă  22h30 oĂč le public rencontre DJs, compositeurs, jazzmen
 Parmi nos coups de cƓur Ă  ne pas manquer : soirĂ©e avec le Quatuor Dutilleux (lundi 2 aoĂ»t, 19h30 : Mozart et Dutilleux) ; trio Ă©patant prometteur le temps du festival : Isabelle Faust, Sol Gabetta, Bertrand Chamayou (3 aoĂ»t, 19h30 : Trios de Mendelssohn et Schubert pour violon, violoncelle, piano) ; le 4 aoĂ»t, soirĂ©e avec le Quatuor BELA (19h30 : Britten, Mozart, crĂ©ation de D Arango Prada) ; Smoking JosĂ©phine (Salle Polyvalente Claira, le 4 aoĂ»t, 19h30
 puis le 5 aoĂ»t, 19h30, Abbaye St-Michel de Cuxa)
 Le 6 aoĂ»t, 19h30 : soirĂ©e symphonique avec l’Orchestre du Festival, Josep Pons et le violoncelliste Gautier Capuçon (Ives, Saint-SaĂ«ns et Bizet)…

 

 

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PRADES 2021… une Ăąme, des concerts Ă©clectiques, des lieux de partage. Cet Ă©tĂ©, le chef Pierre Bleuse, nouveau directeur artistique renouvelle le Festival estival le plus important de la Catalogne française…

  

 

SoirĂ©e Debussy, Arango Prada, Mahler (le 8 aoĂ»t, 19h30) avec VĂ©ronique Gens dans une nouvelle version en crĂ©ation des RĂŒckert Lieder (transcription de William Blanck) ; le 9 aoĂ»t : l’Orchestre du Festival et la violoncelliste Anastasia Kobekina (direction : Vladimir Spivokov) jouent le Concerto n°1 en do majeur Hob VIIb.1 de Haydn (couplĂ© Ă  Schoenberg et Mozart) ; RĂ©cital Elisabeth Leonskaja, le 12 aoĂ»t (19h30) ; enfin soirĂ©e de clĂŽture le vendredi 13 aoĂ»t en l’Abbaye St Michel de Cuxa avec Mendelssohn, (Cto pour violon / Renaud Capuçon) et la 7Ăš de Beethoven par l’Orchestre du Festival sous la direction de Pierre Bleuse (19h30). TOUS les concert, la programmation sur le site du Festival de PRADES 2021

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RESERVATIONS, INFORMATIONS : +33 (0)4 68 96 33 07
Tarifs, vous loger, comment venir Ă  Prades : ici
https://prades-festival-casals.com/programme-2021/

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TEASER Festival de PRADES 2021 / Présenation par Pierre BLEUSE, directeur artistique :

 

  

 

FESTIVAL PABLO CASALS PRADES : du 30 juillet au 13 août 2021

PRADES-FESTIVAL-CASALS-pierre-Bleuse-festival-2021-annonce-critique-classiquenewsPRADES, Festival Pablo Casals : 30 juil – 13 aoĂ»t 2021. L’étĂ© 2021 marque un nouveau chapitre dans l’histoire du Festival Catalan, fondĂ© par Pablo Casals. Le chef Pierre Bleuse reprend la direction artistique, dĂšs cet Ă©tĂ© 2021, insufflant au premier Festival des PyrĂ©nĂ©es Orientales, une nouvelle Ă©nergie et des projets particuliĂšrement prometteurs. En inscrivant Prades parmi les grands Festivals europĂ©ens de l’étĂ© comme le Gstaad Menuhin Festival, Pierre Bleuse regroupe autour de lui, les tempĂ©raments musicaux les plus originaux, soulignant le caractĂšre unique du site de l’Abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Transmission, pĂ©dagogie, ouverture (Demos) ancrĂ©es sur le territoire ; Ă©mulation grĂące Ă  la rencontre entre le nouvel Orchestre de musique de chambre du Festival et deux ensembles professionnels partenaires : le Quintette Klarthe et le Quatuor Dutilleux ; Ă©clectisme et nouveaux genres musicaux (nouveau « club » de musique)
 sont quelques uns des piliers du nouveau Prades, portĂ© par son bouillonnant directeur artistique. InvitĂ©s Ă  Prades en 2021 : Sol Gabetta, Vladimir Spivakov, Josef Pons, Anastasia Kobekina, Gauthier et Renaud Capuçon, Elisabeth Leonskaja, le trio Ă©phĂ©mĂšre Ă©vĂ©nement composĂ© pour le festival 2021, d’Isabelle Faust / Sol Gabetta / Bertrand Chamayou ; l’ensemble Smoking Josephine
 et aussi une crĂ©ation du compositeur colombien Daniel Arango Prada. Du 30 juillet au 13 aoĂ»t 2021 

 
 

 

INFOS & RÉSERVATIONS :
https://prades-festival-casals.com/5178-2/

 

 

TEASER VIDEO FESTIVAL DE PRADES 2021

 

 

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vezere-festival-de-la-vezere-festivals-2019-musqiue-classique-selection-classiquenewsETE 2021 – Les Festivals Ă  suivre particuliĂšrement. Les mesures sanitaires ayant rĂ©duit drastiquement l’activitĂ© des spectacles depuis fin octobre dernier (29 oct 2020), la menace d’un nouveau confinement et pour le moment le couvre feu gĂ©nĂ©ralisĂ© laisse espĂ©rer que le moment venu, les festivaliers pourront enfin profiter du plein air et des concerts, dans le temps retrouvĂ© du partage et de la musique. Avec un enthousiasme certainement dĂ©cuplĂ©. Pour mieux prĂ©parer ce moment attendu, inĂ©luctable, voici notre sĂ©lection des festivals et Ă©vĂ©nements de l’étĂ© Ă  venir Ă  suivre particuliĂšrement. C’est lĂ  que le mĂ©lomane avisĂ© saura retrouver (avec application stricte des gestes barriĂšres – comme ce fut le cas Ă  l’étĂ© 2020) les dĂ©lices du monde d’hier. Du moins souhaitons le. Consultez ici nos coups de coeur et les programmations Ă  suivre absolument (page rĂ©actualisĂ©e en permanence selon les communiquĂ©s et informations que nous recevons). Notre premiĂšre sĂ©lection, distingue 4 Festivals estivals : Musique & MĂ©moire dans les Vosges du Sud et le Gstaad Menuhin Festival en Suisse, Prades renouvelĂ© grĂące Ă  Pierre Bleuse et 1001 NOTES dans le Limousin
 CONSULTEZ ICI notre sĂ©lection des Festivals 2021

 

 

 

 

 

COMPTE RENDU, e-concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction.

BLEUSE-PIERRE-maestro-chef-concert-critique-classiquenews-attentats-concert-15-nov-critique-concert-classiquenewsCOMPTE RENDU, e-concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction. Au commencement, la lumiĂšre et la joie rayonnante de la Symphonie « Paris » de Mozart, pleine de certitude triomphante, qui assoit dans l’affirmation des instruments, sa carrure et son assise ; l’articulation heureuse habite et porte chaque pupitre ; le chef Pierre Bleuse dĂ©veloppe le sourire et l’éloquence claire et dĂ©tachĂ©e jusque dans sa baguette toute Ă©lĂ©gance et prĂ©cision, inspirant aux violons entre autres, des phrases facĂ©tieuses qui soutiennent tout l’édifice Ă  l’équilibre viennois, avec en prime l’irrĂ©vĂ©rence et l’humour aussi
 trĂšs parisiens. Le chef soigne la suggestion de certains phrasĂ©s, d’une dĂ©licatesse pudique.
Cinq ans aprĂšs les attentats terroristes de nov 2015, l’on ne pouvait rĂȘver baume plus bouleversant ni rĂ©jouissant. Ce Mozart pacifie, adoucit, rĂ©conforte. La 31Ăš de Mozart devient caresse heureuse, appel Ă  l’insouciance primordiale : un idĂ©al pour toutes les victimes qui peinent Ă  se reconstruire encore.

Contrepoint assurant un vrai contraste, en crĂ©ation et en changement de caractĂšre, la piĂšce de circonstance « il fait novembre en mon Ăąme » du compositeur Bechara El-Khoury (Ă  21’05). Pierre Bleuse assure ainsi la crĂ©ation d’une Ɠuvre commandĂ©e par les parents de StĂ©phane, victime du massacre du Bataclan. D’une douleur mortelle et individuelle, la partition tend vers l’allĂ©gorie universelle. Exprimant la couleur du deuil en phrases syncopĂ©es d’abord ; scintillement inquiet, tendu auquel rĂ©pond la libre mĂ©lodie du cor, vite Ă©courtĂ©e ; l’écriture est dramatique, et mĂȘme cinĂ©matographique par ses nombreux changements de tableaux, oscillant toujours entre activitĂ© et mystĂšre. Le second mouvement (Ă  30’16) plonge dans la nuit, le murmure, le retrait serein, un temps suspendu (hautbois solo) qui questionne l’impensable et le gouffre du deuil. La 3Ăš partie associe le cor somptueusement suggestif, comme un dĂ©roulĂ© d’une onctuositĂ© rassurante, Ă  la voix humaine : le chant clair et chaud d’Isabelle Druet Ă©tire sa plainte sans paroles, comme si elle recueillait et aspirait toutes les peines. Toutes les douleurs affleurantes. Les bois envisagent une aurore inespĂ©rĂ©e dans un tableau qui s’affirme manifestement sombre. Bel effet contrastĂ©, tout en souplesse et recueillement, sans rĂ©elle gravitĂ©, qui conclut dans le silence, le mystĂšre et aussi la pleine lumiĂšre. Soit un retour au bonheur mozartien qui a prĂ©cĂ©dĂ©. Superbe boucle pour un programme trĂšs cohĂ©rent.

 

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COMPTE RENDU, concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction. Enregistré le 10 nov, diffusé à partir du 15 nov 2020.
A vivre et revoir sur ARTEconcert, jusqu’au 12 mai 2021 :
https://www.arte.tv/fr/videos/100721-000-A/concert-hommage-aux-victimes-des-attentats-de-novembre-2015/

Compte rendu, concert. Toulouse. Halle aux Grains, le 31 octobre 2014. Claude Debussy (1862-1918) : Nocturnes, triptyque symphonique avec chƓur de femmes ; Maurice Ravel (1875-1937) : ShĂ©hĂ©razade, trois poĂšmes pour chant et orchestre ; Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Les songes d’une nuit d’étĂ© musique de scĂšne, op61 (extraits) ; Marianne Crebassa, mezzo-soprano ; ChƓurs du Capitole, chef de chƓur : Alfonso Caiani ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Pierre Bleuse, direction.

bleuse, pierrePierre Bleuse a sauvĂ© un programme ambitieux en acceptant de relever le dĂ©fi de diriger, en urgence, un copieux concert programmĂ© de longue date et que le chef Josep Pons, retenu au-delĂ  de PyrĂ©nĂ©es, n’a pu honorer de sa prĂ©sence. Au-delĂ  du sauvetage qui lui vaudrait toute notre sympathie et notre admiration il est indĂ©niable que Pierre Bleuse, violoniste de grand talent, venu assez rĂ©cemment Ă  la direction d‘orchestre, a convaincu par sa grande musicalitĂ©. Encore prudent dans sa gestuelle et trĂšs concentrĂ©, il a montrĂ© une belle qualitĂ© de clartĂ© des plans sonores, un intĂ©ressant dosage des nuances, surtout une capacitĂ© Ă  laisser chanter l‘orchestre dans une sorte de libertĂ© permettant Ă  la musique quelque soit son style de se dĂ©velopper.

Les trois Nocturnes de Debussy ont ainsi Ă©voquĂ© pour Nuages, une texture ouatĂ©e et ferme dans une lĂ©gĂšretĂ© trĂšs poĂ©tique avec des choeurs bouches fermĂ©es d’une subtile Ă©vocation. FĂȘte a caracolĂ© avec puissance et joie dans une trĂšs belle fermetĂ© rythmique. Dans SirĂšnes, le dosage entre le chƓur a moins fonctionnĂ© car les nombreuses sirĂšnes avaient des accents quelque peu wagnĂ©riens. Mais quel hĂ©donisme sonore !

La toute jeune mezzo-soprano Marianne Crebassa dĂšs son entrĂ©e sur scĂšne a irradiĂ© de sa douce prĂ©sence. Avant tout un timbre rare par sa couleur mordorĂ©e nous a envoutĂ© puis une diction claire et enfin une musicalitĂ© dĂ©licate avec de trĂšs beaux phrasĂ©s. Cette toute jeune cantatrice est promise Ă  un bel avenir d’autant que sa personnalitĂ© artistique semble attachante dans son Ă©coute et son partage avec l’orchestre et le chef. L’Orient Ă©voquĂ© dans ces trois mĂ©lodies sur des poĂšmes de Tristan Klingsor, a Ă©tĂ© ce soir avant tout poĂ©sie de l’imagination dĂ©barrassĂ©e d’une couleur locale trop appuyĂ©e. Les musiciens de l’orchestre ont rivalisĂ© de subtilitĂ©s et la direction souple de Pierre Bleuse a crĂ©e un climat de libertĂ© propice Ă  une magnifique musicalitĂ© partagĂ©e. Le public de s’y est pas trompĂ© quia a chaleureusement applaudi. Le pari de Pierre Bleuse Ă©tait gagnĂ© : il a su  transfĂ©rer sa sensibilitĂ© musicale de violoniste Ă  la direction d’orchestre.

En deuxiĂšme partie de programme le chƓur est revenu pour de trĂšs larges extraits de la musique de scĂšne du Songe d’une nuit dâ€˜Ă©tĂ© de Mendelssohn. Deux cantatrices sont venus se joindre Ă  l’orchestre afin de complĂ©ter les forces nĂ©cessaires Ă  une belle rĂ©alisation de ces pages magiques. Julie Wischniewski et Anne MagouĂ«t, sopranos, avec beaucoup de goĂ»t et de musicalitĂ© ont abordĂ© leurs airs et duos fĂ©Ă©riques. Le climat de poĂ©sie nocturne a semblĂ© particuliĂšrement inspirer Pierre Bleuse qui a su trouver des phrasĂ©s variĂ©s, des nuances subtiles. Il a Ă©galement lĂąchĂ© toutes les forces orchestrales dans une marche nuptiale enthousiasmante. Mais c’est bien le climat si particulier de ces pages de Mendelssohn si Ă©vocatrices de la nature dans sa beautĂ© et son mystĂšre qui a dominĂ© cette interprĂ©tation. Pierre Bleuse a Ă©galement su mettre des touches d‘humour bienvenues.  Le chƓur a apportĂ© de belles couleurs et une prĂ©sence pondĂ©rĂ©e cette fois.

Un trĂšs agrĂ©able concert sur le thĂšme du voyage et du rĂȘve qui a permis de dĂ©couvrir deux talents Ă  suivre. Nous espĂ©rons les retrouver bientĂŽt.