Dans son roman « RAVEL » (2006), l’écrivain français Jean Echenoz relate les dix dernières années de la vie du compositeur. Soit une période en clair obscur, poétique et tragique, inquiète et mystérieuse, oublieuse et fantaisiste aussi, entre enthousiasme et accablement ; la période est celle de la tournée triomphale aux États-Unis (où en 1928, Ravel joue entre autres ses Concertos pour piano), de la composition du génial et inclassable Boléro…
C’est aussi une séquence sombre, marquée par la maladie qui rongent peu à peu ses capacités intellectuelles et créatives (lire l’excellent essai Le cerveau de Maurice Ravel publié en fév 2023, par Bernard Mercier et Fausto Viader, chez Odile Jacob). A partir de 1918, quand meurt Debussy, Maurice Ravel (né à Ciboure, Pyrénées Atlantiques, le 7 mars 1875, mort à Paris le 28 décembre 1937), est le plus grand génie français de la musique.
Depuis plus de dix ans, le basque Ramon Lazkano (né en 1968) souhaitait écrire un opéra sur le cas de son compatriote Ravel et à travers lui, interroger la lente dissolution du génie créatif. Deux états préliminaires ont précédé la partition finale : « Erlantz » et « Ravel (scènes) », jalons d’une genèse longue et difficile. » La « main gauche », ici, ce n’est donc pas seulement celle du célèbre concerto « , nous dit le compositeur, – basque comme Ravel bien que né de l’autre côté de la Bidassoa, à Ciboure : » c’est « sa propre main devenue gauche » au point de ne plus parvenir « à signer de son nom », ou à « tracer les mots et les notes », à se perdre totalement dans le noir, le silence, l’inconnu. Une descente aux enfers, vers le silence complet, en particulier à partir de son accident de voiture à l’automne 1932… Peu à peu, inexorablement et de façon irréversible, le plus grand génie musical s’enfonce dans le néant / Photo ci dessus : portrait de Ramon Lazkano © Franck Ferville.
« Cet opéra, conclut Lazkano, retrace la trajectoire de cette fin de vie, l’éloignement des musiques et des vestiges sonores qui l’ont accompagnée ». Un comble pour le plus grand créateur de combinaisons musicales, orfèvre orchestrateur, symphoniste visionnaire… L’Ensemble intercontemporain ne pouvait mieux célébrer le génie de Ravel (et en 2025, pour les 150 ans de sa naissance) en réalisant ainsi la création scénique de l’ouvrage conçu par Ramon Lazkano.
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Ramon LAZKANO : La Main gauche
création de la version scénique
vendredi 3 octobre 2025, 20h
Paris, Cité de la musique – Salle des concerts
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’Ensemble intercontemporain : https://www.ensembleintercontemporain.com/fr/concert/la-main-gauche-2025-10-03-20h00-paris/
« La Main gauche » de Ramon Lazkano, d’après le livre de Jean Echenoz, Ravel, dirigé par Pierre Bleuse a été créé le 30 août au Festival Ravel en Pays basque (28 août-7 septembre 2025) ; l’Ensemble intercontemporain reprend l’ouvrage, réalisant ainsi sa création en version scénique, à la Philharmonie de Paris ce 3 octobre 2025.
La Main gauche en version de concert au Festival Ravel à Saint-Jean-de-Luz.
Crédit : Valentine Chauvin
distribution
La Femme : Marie-Laure Garnier, soprano
Ravel : Peter Tantsits, ténor
L’Homme : Allen Boxer, baryton
Ensemble intercontemporain
Pierre Bleuse, direction
Béatrice Lachaussée, mise en espace
Mathieu Crescence, scénographe, costumier et vidéaste
Clément Marie, ingénieur du son
AVANT-CONCERT à 18h45
Rencontre avec Béatrice Lachaussée
Entrée libre
Ramon LAZKANO
La Main gauche, d’après le roman Ravel de Jean Echenoz,
pour trois voix et ensemble
Création mondiale de la version scénique
Commande de l’Ensemble intercontemporain et de l’Académie internationale de musique Maurice Ravel
Tarifs : de 22€ à 45€
Photo / visuel : Soleil Levant, 2021, live audiovisuel © Jacques Perconte
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