dimanche 14 avril 2024

Tantrisme symphonique. Création de Sinfonia del cuerpo de luz d’Alex Nante / ON LILLE, le 23 sept 2021

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CRITIQUE, concert. LILLE, le 23 septembre 2021 : Concert inaugural de la saison 2021 – 2022 : Alex NANTE (Sinfonía del cuerpo de luz, création) – SAINT-SAËNS : Concerto pour violoncelle n°1 (Victor Julien-Laferrière, violoncelle) – Richard STRAUSS : Mort et transfiguration. Orchestre National de Lille. Alexandre BLOCH, direction.

Alex Nante (né en 1992) s’affirme comme l’un des compositeurs contemporains les plus pertinents, révélant ce soir une écriture qui pense l’orchestre autant dans son ampleur sonore que dans ses scintillements instrumentaux les plus chambristes. L’auteur reconnaît sans réserve son admiration pour les postromantiques du XXe, Mahler et Strauss précisément. …Encore du travail et un élargissement de ses champs sensibles… vers les français, souhaitons-le, Debussy et surtout Ravel, et peut être que demain assisterons-nous à l’émergence d’un tempérament idéalement captivant.
Déjà, ce soir dans la création de sa “Sinfonía del cuerpo de luz” / Symphonie du corps de lumière, la démonstration est faite de sa très haute technicité, exigeante pour tous les pupitres qui sont en nombre (bois par 3,…). L’argentin élève de Grisey et Benjamin, sert aussi un sens indéniable de la dramaturgie que porte un souci spirituel ardent. Toute la pièce, aussi somptueuse que flamboyante, exprime un cheminement progressif à travers les 7 chakras du corps. C’est un rituel sonore dont le langage orchestral traduit chaque avancée vers le final, explosif, éruptif, éblouissant dans son mystère exclamatif et libérateur qui révèle alors le feu du « corps subtil ». Fils d’un philosophe des religions, lui même intéressé par la psychanalyse de Jung, Alex Nante cultive une musique à la fois abstraite et organique, dont la première valeur est cette fusion entre le miroitement concerté des effets instrumentaux et le sens et l’architecture globale de la partition : temps musical et dramaturgie spirituelle fusionnent alors admirablement en une course échevelée d’environ 20 mn, qui scintille constamment.

 

Tantrisme symphonique :
le feu scintillant du compositeur ALEX NANTE
révélé par l’Orchestre National de Lille

 

Face au défi de cette création, commande du National de Lille, les musiciens sont survoltés et aussi attentifs aux multiples alliages ténus de l’écriture qui comprend de superbes solos pour hautbois, clarinette, violoncelle, violon, eux mêmes parfois associés en une réelle sensibilité et maîtrise instrumentale. Ce avec d’autant plus d’acuité et de relief que les jeunes instrumentistes, nouvellement recrutés, s’impliquent, articulent, se dépassent ; preuve de l’énergie éclatante d’un orchestre qui est aussi en plein renouvellement de ses effectifs.
Au final même si le compositeur déclare avoir cultivé une transparence progressive vers une épure croissante de la texture, force est de constater que la matière musicale en fin d’activité est encore furieusement dense ; dans cette expérience mystique qui confronte sacré / profane, esprit / matière, spirituel / matériel, la puissance de feu de Nante est celle d’un hédoniste flamboyant dont la couleur et le timbre, la riche parure orchestrale attestent d’une suractivité débordante : implosion plutôt qu’épure ; incandescence plutôt qu’effacement ; par son terreau fertile aux transfigurations voire illuminations {sujet du dernier concert de clôture de cette saison 21 / 22, décidément hors normes de l’Orchestre lillois), le compositeur argentin fait feu de tout bois, impose une série de déflagrations irrésistibles (style « fireworks », dixit Alexandre Bloch dans sa présentation). La conscience est totale, le geste large, la pensée de plus en plus libre, extatique, dansante.

La partition en création était un mets de choix pour le grand retour de l’Orchestre national de Lille sur scène en grand effectif, un dispositif plus vu ni ressenti avec une telle intensité… depuis 18 mois. Présentant avec finesse et humour la pièce en création au début du concert, Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre, ne cache pas son plaisir de diriger ainsi ses plus de 90 musiciens devant une salle pleine… Nous n’avions pas ressenti la vibration symphonique totale depuis l’odyssée des symphonies de Mahler, un accomplissement pour l’Orchestre piloté par un chef bien inspiré. De fait l’exploration du langage mahlérien à certainement profité à la création de Nante, ce dernier partageant avec Mahler, une pensée cosmique de l’orchestre, un souci du sens et de l’architecture, – la présence des voix et des vertiges autobiographiques …en moins.

 

Le violoncelle de Victor Julien-Laferrière succède ensuite à Nante. La complicité et l’entente entre chef et soliste sont celles de deux artistes frères ; leur combinaison dévoile un naturel et une facilité, manifestes. Porté par une tel duo (et un orchestre complice lui aussi), le Concerto pour violoncelle n°1 de Saint-Saens (1873) fait bien la synthèse des romantiques germaniques, fusionnant l’élan schumannien, la mélancolie brahmsienne en une sensualité amoureuse d’une remarquable élégance… toute française. Artisan du renouveau musical patriotique, Saint-Saëns écrit là une oeuvre qui touche par sa justesse et son raffinement. Bel hommage au génie français fêté en 2021 pour son centenaire : le brio, l’éloquence et parfois une atténuation expressive finement nuancée de la part du soliste (Allegreto con moto, central) éclaire chez l’auteur des opéras Samson ou Ascanio, sa sincérité, son élégance pudique, la suavité directe de ses dons mélodiques. L’accord violoncelle / orchestre est idéal, équilibré, transparent dans un esprit… mozartien.

En choisissant Mort et transfiguration de Richard Strauss, Alexandre Bloch nous offre de vivre un second parcours spirituel, celle du héros straussien qui en 1890 réussit le passage vers l’au-delà; c’est comme si Strauss plantait le décor, ses mouvements principaux, sa direction comme une élévation, puis comme si Nante précisait encore la nature de l’opération, ses enjeux et le contenu de la métamorphose qui est à l’œuvre (et son caractère incendiaire). Mais si Strauss édifie une architecture vers la lumière et l’abstraction, Nante accomplit une sublimation volcanique par une transcendance sous le sceau du feu le plus éblouissant. Chef et instrumentistes expriment le raffinement de l’écriture straussienne, sa couleur élégante elle aussi, sa puissance dramatique, sa verve orchestrale. La science instrumentale du Bavarois dialogue ainsi avec l’énergie de l’Argentin, accréditant davantage la grande cohérence de ce programme d’ouverture de saison. Une totale réussite et un lancement particulièrement éblouissant.

 

 

Retrouvez ici : toute la saison de l’ON LILLE Orchestre National de Lille.

LIRE aussi ici : notre présentation de la saison 2021 2022 de l’ON LILLE Orchestre National de Lille, temps forts, fils rouges, chefs invités, programmes et thématiques, nouvelles formes de concert (concerts flash, ciné-concerts, musique de chambre…)

LIRE aussi notre présentation du concert NANTE, STRAUSS, SAINT-SAËNS par l’ON LILLE les 23 et 24 sept 2021 / dans ON LILLE, saison 2022 – 2023 : temps forts, parocurs…

 

 

 

PHOTOS : Alex NANTE (à gauche / bord de scène après le concert du 23 sept 2021) – Alexandre Bloch, Victor Julien-Laferrière, violoncelle © Ugo Ponte / Orchestre National de Lille 2021

 

 

 

 

 

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PROCHAINS CONCERTS DE L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE :

6, 7 OCT 2021 : MOZART. Musique funèbre maçonnique et REQUIEM
Direction : Jan Willem de Vriend

13, 14 OCT : Brahms, concert pour violon (Sergey Khachatryan, violon)
Beethoven : Symphonie n°6 « Pastorale »
Direction : Kristina Poska

21 OCT : « Pour CLARA »
Robert Schumann : Concerto pour violoncelle (Steven Isserlis, violoncelle)
Symphonie n°4
Direction : James Feddeck

25 OCT : JUST PLAY
Expérience immersive dans le travail de l’Orchestre
Direction : Alexandre Bloch

29, 30 OCT : création «  MÊME PAS PEUR »
Conte dont le public est l’auteur, de Julien Joubert, Eric Herbette
Direction : Alexandre Bloch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Orchestre National de Lille

ENTRETIEN avec Alex NANTE, compositeur en résidence

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Pour la création de son Concerto pour piano et orchestre, créé le 6 avril 2022

 

 

ALEX NANTE et l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. Entretien avec Alex Nante à propos de son Concerto pour piano et orchestre. Avant la création de son concerto pour piano et orchestre, nouveau jalon de sa résidence au sein de l’Orchestre National de Lille, le compositeur argentin Alex Nante nous explique les enjeux de sa nouvelle partition qui sera créée les 6 et 7 avril 2022 (avec Alexandre Tharaud au piano, sous la direction d’Emilia Hoving).

 

 

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CLASSIQUENEWS : Comparé à « Sinfonia por un cuerpo de luz », quelle conception de la lumière se précise dans le Concerto pour piano ? Comment les deux partitions se répondent-elles ?

ALEX NANTE : La lumière est le fil conducteur de ma résidence à l’ONL. Elle inspire les œuvres Sinfonía del Cuerpo de Luz, « Luz » Preludios (création le 11 juin par Vanessa Wagner au Lille Piano Festival), le concerto pour piano et la Symphonie no. 2 « Mysterium ». Luz de lejos signifie «Lumière de loin». Contrairement à Sinfonía, Luz de lejos accentue une dimension «psychologique», dans le sens où le piano semble incarner un personnage, un caractère humain qui passe par des étapes de rapprochement et d’éloignement avec l’orchestre et la lumière évoquée.
La difficulté d’unifier les timbres contrastés de l’orchestre et du piano a inspiré cette idée. La tentative d’union entre les deux a parfois une facette romantique qui est plus marquante dans le quatrième mouvement, qui consiste en un duo amoroso intime entre le piano et la harpe. Je considère ce mouvement comme une rencontre avec l’Anima. Après un premier long dialogue, piano et harpe sont remplacés et en quelque sorte « transcendés » dans la tessiture aiguë par le célesta et le glockenspiel, qui personnifient « l’essence lumineuse » de ces deux « personnages ».

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez vous élaboré l’écriture et la place du piano vis à vis des autres instruments solo (basson, harpe, cor, …) et vis à vis de la masse orchestrale ?

ALEX NANTE : L’écriture du concerto pour piano m’a fait réfléchir sur les différents enjeux au moment de combiner piano avec d’autres instruments. D’autre part, j’ai réfléchi au rôle du piano dans la forme concertante et aux différentes manières d’interaction entre soliste et orchestre depuis le classicisme. L’un de mes objectifs était d’éviter le rôle «héroïque» que le piano acquiert souvent dans le romantisme (même si d’autres aspects du romantisme sont très importants dans mon langage). Ce rôle est en quelque sorte lié à la «bataille» qui est parfois présente entre soliste et orchestre dans les concertos romantiques. Néanmoins, le « conflit » ou la « bataille » n’est pas totalement absent de cette œuvre, comme on peut le constater dans certains passages du cinquième mouvement.
Les modes d’interaction entre piano et orchestre que j’explore ont des connotations rituelles et s’inspirent, en partie, de modèles préexistants de la littérature des concertos pour piano. Ces modes sont:

Microcosme / Macrocosme
Cette analogie suppose une similitude, voire une identité partagée, entre l’individu et le cosmos. En raison de la nature polyphonique du piano, considérer cet instrument comme un « micro-orchestre » semble une analogie appropriée. Dans les segments Microcosme / Macrocosme de l’œuvre, l’orchestre opère comme une élaboration ou une «amplification» des mélodies ou des phrases du piano. Néanmoins, cet essai « d’identité » n’est jamais accompli dans le concerto, en raison de l’impossibilité d’unifier les timbres du piano et orchestre.

Jeu «Juego» («jeu» en espagnol) est le titre de la deuxième partie du troisième mouvement, qui a une signification essentielle dans la structure générale. D’abord parce que le centre de ce segment correspond à l’axe de symétrie de l’œuvre. Deuxièmement, parce que son caractère est si différent des autres mouvements du concerto qu’il produit un contraste dans la forme générale. Le piano et l’orchestre s’enchevêtrent ici dans un dialogue ludique, qui contrastent avec le sérieux et la gravité des autres parties du concerto.

Responsorial – Le sixième mouvement, intitulée Luz de lejos, présente une succession d’un choral de cordes, un choral des bois et d’un monologue au piano, de manière responsoriale. Le charactère archaïque du responsorial est accentuée ici par un choral en fauxbourdon aux bois, élément qui apparaît en arrière-plan dans d’autres parties de l’œuvre.
Luz de lejos ne présente pas une graduelle « luminosité » comme dans certaines parties du Sinfonía, ou une graduelle « ritualisation », comme dans certains de mes pièces de musique de chambre. Néanmoins, le dernier mouvement suggère une arrivée à une atmosphère rituelle où le symbole de la lumière est plus présent que dans d’autres mouvements. Le langage harmonique ici est très transparent, extrêmement diatonique et par moments modal. La tessiture aiguë est exploré dans tout l’orchestre.

 

 

CLASSIQUENEWS : La fin du Concerto s’achève comme une question ouverte … Quel est le sens de cette fin?

ALEX NANTE : L’œuvre semble finir dans une atmosphère rituelle, calme et méditative, mais cette atmosphère est interrompue par un élan énergique, mercurial, ou les éléments plus significatifs de l’œuvre sont rapidement superposés. Une sorte de synthèse de tout le concerto.
Le dernier accord de l’œuvre est joué au piano, harpe, glockenspiel et célesta dans la tessiture extrême, en fff, un son extrêmement «lumineux». Ce dernier élément agit en quelque sorte comme une réponse à l’ouverture de l’œuvre, où le piano joue un bicorde MI – SI dans le grave. Même si, comme indiqué précédemment, il n’y a pas une « luminosité progressive » tout au long de l’œuvre, ces deux accords ont une signification symbolique liée au passage de l’obscurité à la lumière.

 

 

CLASSIQUENEWS : Au moment de la création mondiale, au cours des 2 soirées des 6 et 7 avril, comment avez vous ressenti et vécu la partition ? Y a t il des éléments nouveaux qui ont surgi ?

ALEX NANTE : J’ai vécu ce moment avec beaucoup d’émotion; très touché par le magnifique travail d’Alexandre Tharaud, Emilia Hoving et l’Orchestre National de Lille. Dans les répétitions d’une nouvelle œuvre je fais toujours de petits changements. Par exemple, une mélodie qui était censée être au premier plan peut passer un peu plus au premier plan. Je change aussi quelques tempos, j’ajoute quelques points d’orgues… J’ai la sensation de jamais finir de corriger mes oeuvres. J’adore cette phrase de Paul Valery : « Un artiste ne finit jamais vraiment son travail, il l’abandonne tout simplement »

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est la suite et les prochains jalons au sein de votre résidence à l’ON LILLE ? De quelle façon exploitez vous les ressources propres de l’orchestre ? Notez vous des caractères marquants qui singularisent l’Orchestre National de Lille ?

ALEX NANTE : Les musiciens de l’Orchestre National de Lille sont magnifiques. C’est une chance pour moi de travailler avec eux. Humainement c’est aussi une expérience très agréable. Chaque session je peux échanger et me nourrir des commentaires et des retours des musiciens sur mon oeuvre.
La dernière pièce que j’écrirai pour la résidence est Symphonie no. 2 « Mysterium ». Cette œuvre pour soprano, ténor, chœur et grand orchestre sera inspirée des textes de la tradition gnostique. Elle complète la trilogie des pièces écrites pour l’Orchestre National de Lille autour de la lumière. Le gnosticisme, tradition alternative au christianisme des églises, considère que le salut s’obtient grâce à la gnose, la connaissance ultime de la réalité. Des fragments des hymnes inclus dans certains traités gnostiques comme par exemple « Pistis Sophia » seront chantés par la soprano et le ténor, accompagnés par le chœur dans l’original langue copte. Cette œuvre sera une tentative de s’immerger dans les mystères gnostiques de la lumière, riches en puissantes images et symboles d’une sagesse impérissable.

 

 

 

CLASSIQUENEWS :  Comment avez vous vécu et « absorbé » la période où la pandémie a sévi et entravé le travail habituel ?

ALEX NANTE : C’était une période très intense et créatif: j’ai composé énormément des pièces. En même temps c’était un moment assez difficile, traversé par de grandes incertitudes. J’ai vécu la pandémie à Buenos Aires, où le confinement a été un des plus longs et strictes du monde. Cette tension a influencé mon œuvre.

 

 

 

CLASSIQUENEWS :  Y a t il, outre la réflexion sur la forme et l’écriture, une part autobiographique dans vos oeuvres ? Si oui, de quelle manière cela se manifeste-t-il concrètement (motif, orchestration, harmonie, figuralismes…) ?

ALEX NANTE : Il y a toujours une part autobiographique dans mes œuvres, dans le sens où j’essaie d’écrire à partir de l’expérience, du vécu intérieur. Ce vécu intérieur résonne évidemment avec le vécu extérieur. Parfois cette dimension autobiographique a un caractère anecdotique ; dans mes « Diarios » pour piano je « musicalise » des rencontres avec des amis, des dialogues avec mon épouse, des voyages… etc. Cet exemple est un cas extrême, mais certaines références de ce type habitent aussi dans d’autres de mes oeuvres.

 

 

 

CLASSIQUENEWS :  Y a t il d’autres formes non encore réalisées que vous souhaiteriez créer où le travail avec le plein orchestre aurait toute sa place ? Lesquelles et pourquoi ?

ALEX NANTE : Les trois pièces pour l’ONL me permettent d’explorer des différentes facettes de l’écriture orchestrale: l’orchestre seul, le concerto et la symphonie chorale. À l’avenir j’aimerais explorer l’opéra, mais je vais attendre un peu avant de me plonger dans ce monde.

Propos recueillis en mars 2022
/ photos : Alex Nante / © ON LILLE –

 

 

 

 

Plus d’infos sur le site du compositeur Alex Nante :
www.alexnante.com

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