ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, vidéo : Symphonie des mille de Mahler / Alexandre BLOCH

cycle-mahlerIntĂ©grale vidĂ©o. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE: Symphonie des mille de Mahler / Alexandre BLOCH. Les 20 et 21 nov 2019, l’Orchestre National de Lille rĂ©alisait un jalon majeur de son cycle Mahler sous la direction d’Alexandre BLOCH. Captation intĂ©grale de la performance.

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLa plus colossale, la plus spectaculaire et pourtant sous les effectifs impressionnants, (plus de 1000 musiciens Ă  la crĂ©ation)
 pĂ©nĂ©trante, bouleversante, humaine. Le propre du chef Alexandre Bloch est de nuancer l’échelle spectaculaire de la symphonie « cosmique » que Mahler compose en quelque mois Ă  l’étĂ© 1909 : le maestro, directeur musical du National de Lille, en exprime l’unitĂ© architecturale et l’irrĂ©pressible Ă©lan salvateur. S’il est bien une symphonie rĂ©demptrice et Ă©lĂ©vatrice, celle ci serait un sommet. Car l’édifice est surtout spirituel, liĂ© Ă  la ferveur personnelle du compositeur : un acte de foi, une expĂ©rience de partage et de fraternitĂ© retrouvĂ©e oĂč l’homme peut ĂȘtre sauvĂ© s’il s’ouvre Ă  l’Amour que lui accorde l’Eternel fĂ©minin. VoilĂ  pour le sens gĂ©nĂ©ral, ascensionnel et de moins en moins terrestre. Sur le plan de la rĂ©alisation, le chef est confrontĂ© Ă  tous les dĂ©fis.

 

 

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VISIONNER la Symphonie n°8 des mille sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ONL Orchestre national de Lille (durĂ©e : 1 h 18 mn) :

 

 

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LIRE aussi de la Symphonie n°8 des Mille par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH, notre annonce du concert, puis notre critique dĂ©veloppĂ©e du 20 nov 2019 (jusqu’en avril 2020)

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-lille-le-20-nov-2019-mahler-symphonie-n8-des-mille-orch-national-de-lille-alexandre-bloch-direction/?fbclid=IwAR2lbncbvm-LCHNK4epodXZU7NXV1X6c9wP852pACR0tsCJUSD__OlxjI9g

 

 

 

VISIONNER aussi toutes les symphonies de Gustav Mahler par  l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH sur la CHAINE YOU TUBE de l’Orchestre National de LILLE / ONL (jusqu’en avril 2020)

 

 

CD événement, critique. RAVEL, ATTAHIR. ONL, Alexandre Bloch (1 cd Alpha, 2018)

CD-RAVEL-ATTAHIR-valse-rapsodie-espagnole-RAVEL-cd-ORCH-NAT-DE-LILLE-classiquenews-cd-critique-review-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. RAVEL, ATTAHIR. ONL, Alexandre Bloch (1 cd Alpha, 2018). AprĂšs un remarquable double coffret dĂ©voilant l’opĂ©ra de jeunesse de Bizet (Les PĂȘcheurs de perles oĂč s’affirment les affinitĂ©s lyriques de l’Orchestre National de Lille), aprĂšs un rĂ©cent album Chausson, tout autant passionnant, et orchestralement ciselĂ©,… l’orientation du nouveau programme confirme ici l’excellence symphonique de la phalange lilloise, apte Ă  relever tous les dĂ©fis donc, prĂ©cisĂ©ment ravĂ©liens, comme en terme de crĂ©ation contemporaine (Attahir)
 DĂšs le dĂ©but, La Valse tourbillonne dĂšs les premiers Ă  coups aux contrebasses auxquels rĂ©pondent la pĂ©tillance sombre des bassons puis tout l’orchestre qui scintille de mille nuances instrumentales, sur le rythme souple, en bascule de cette valse de plus en plus endiablĂ©e. La suavitĂ© rayonnante des clarinettes redoublent de voluptĂ© face Ă  l’ivresse envoĂ»tante des cordes ; mais trĂšs vite l’implosion menace l’équilibre dans la vĂ©hĂ©mence chaloupĂ©e ; la toupie se transforme en sirĂšne hurlante, faisant de la piĂšce de Ravel, un sommet de construction qui se dĂ©construit progressivement sous l’effet de l’urgence de son rythme. On pense d’un bout Ă  l’autre du pomĂše prĂ©cĂ©dent de cet autre orchestrateur miraculeux, Paul Dukas, et son Apprenti Sorcier oĂč le chant orchestral affirme une narrativitĂ© incandescente puis dit une mĂȘme explosion formelle, dans la surenchĂšre incontrĂŽlable des textures sonores.

 

 

 

L’Orchestre Nationel de Lille et Alexandre Bloch
expriment la richesse poétique de La Valse et de la Rapsodie


Magies ravéliennes

 

 

La Rapsodie espagnole (1907-1908) est le premier accomplissement orchestral de Ravel. celui qui saisit le milieu musical français (parisien) et qui allait dĂ©boucher ensuite sur l’apothĂ©ose de Daphnis et ChloĂ© (1912). Le raffinement scintillant de l’écriture, l’intelligence de la conception dramatique et architecturale, la sensibilitĂ© des couleurs et l’instinct des timbres disent le gĂ©nie de Ravel. Sous le geste Ă  la fois ample, oxygĂ©nĂ© mais prĂ©cis et ciselĂ© d’Alexandre Bloch, Ravel sonne non pas impressionniste comme on ne cesse de le dĂ©clarer, mais fauve. Une apprĂ©ciation plus juste car l’auteur de Miroirs ou de Gaspard de la nuit et bientĂŽt de Daphnis, y affirme un goĂ»t de la couleur, une vision juste et fulgurante qui le rapproche des sensuels et poĂ©tiques Vlaminck, Van Dongen, Matisse, Derain


Le PrĂ©lude Ă  la nuit et ses 4 notes descendantes enivrantes est Ă©noncĂ© comme un songe lointain, dans une morne voluptĂ© fatiguĂ©e mais toujours opalescente ; dans  Malaguena, danse codifiĂ©e de Malaga, mĂȘme suprĂȘme retenue, distanciĂ©e mais caressante et trĂšs finement Ă©lucidĂ©e, oĂč les deux amants certainement, se calculent, s’envisagent avec cette pudeur Ă©lĂ©gantissime, caractĂšres propres Ă  Ravel (tact du hautbois), que Alexandre Bloch exprime avec une souplesse jubilatoire. La plus difficile des quatre piĂšces demeure le climat nocturne lui aussi, de cette Habanera qui atteint au sublime dans le panthĂ©on poĂ©tique ravĂ©lien, : il s’agit de rĂ©activer un souvenir personnel, provenant de la mĂšre ; Ravel s’y montre plus andalou que les espagnols ; plus Ă©vanescents, fugitif et racĂ© que les plus fiers des hidalgos (mĂȘme Falla reconnut l’hispanitĂ© viscĂ©rale d’un Ravel touchĂ© par la grĂące dans son premier essai orchestral) ; fĂ©lin et sensuel en diable, Alexandre Bloch dirige comme un peintre
 par touches qui s’enlacent naturellement, dans la voluptĂ© jusqu’à l’évaporation finale.
CLIC D'OR macaron 200Enfin Feria dĂ©ploie la magie de son dĂ©filĂ© de timbres Ă  la furieuse et impĂ©rieuse exaltation, entre solennitĂ© et joie mĂ©diterranĂ©enne ; entre pudeur rentrĂ©e et poĂ©tique, et dĂ©claration lascive, le chef du National de Lille dĂ©ploie des trĂ©sors d’Ɠillades suggestives, d’une infinie et irrĂ©sistible sĂ©duction. Laquelle s’exprime dans un fracas sonore des plus exaltĂ©s, mais ĂŽ combien caractĂ©risĂ© grĂące Ă  la gĂ©nĂ©reuse prĂ©cision du chef. Alexandre Bloch dĂ©clare sa flamme au gĂ©nie ravĂ©lien dont on soupçonne qu’il stimule continument la maĂźtrise du maestro.

Aux cĂŽtĂ©s de cette rĂ©vĂ©lation ravĂ©lienne, le cd fixe la crĂ©ation par l’orchestre et le chef du Concerto pour serpent et orchestre de Benjamin Attahir, alors en janvier 2018, compositeur en rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille. Nous renvoyons le lecteur Ă  la critique de la crĂ©ation Ă  laquelle assistait classiquenews :
« Le Concerto est en rĂ©alitĂ© la 2Ăš piĂšce d’un cycle en cours de 5 sections, rĂ©capitulant les 5 appels Ă  la priĂšre de l’ordinaire musulman. Cette 2Ăš Ă©tape correspond Ă  la priĂšre du midi. Si au cours de la passionnante rencontre prĂ©liminaire au concert oĂč le compositeur et son interprĂšte / crĂ©ateur (Patrick Wibart) dialoguent et prĂ©sentent leur travail, Benjamin Attahir s’est dit trĂšs intĂ©ressĂ© par le timbre (proche du cor et du trombone) et par la vocalitĂ© naturelle du Serpent, il s’est surtout montrĂ© soucieux de la structure et de l’architecture dramatique d’une piĂšce de plus de 20 mn qui nous aura sĂ©duit par son plan ambitieux, son souci des contrastes, des ruptures de caractĂšres, sa recherche constante de couleurs. A cela s’ajoute aussi une dĂ©marche particuliĂšre pour la spatialisation : 2 cors Ă©tant placĂ©s au niveau du balcon principal, permettant dans la derniĂšre partie de l’oeuvre – la plus convaincante, des effets d’échos et de rĂ©ponses entre le chant puissant et feutrĂ© du serpent soliste situĂ© sur la scĂšne, et les deux cuivres placĂ©s de part et d’autres de la galerie ; leurs rĂ©sonances mĂȘlĂ©es, dĂ©calĂ©es, dialoguĂ©es recrĂ©ent l’impression de vagues sonores enveloppantes quand les appels Ă  la priĂšre se multiplient dans l’espace urbain. »

LIRE l’intĂ©gralitĂ© du compte rendu critique du 26 janvier 2018 :
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-auditorium-du-nouveau-siecle-le-26-janvier-2018-haydn-attahir-beethoven-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch/

 
 

Approfondir

LIRE notre annonce du Concerto pour serpent de B Attahir par l’Orchestre national de Lille :
https://www.classiquenews.com/a-lille-le-concerto-pour-serpent-de-benjamin-attahir/

LIRE notre compte rendu critique du concert de la création Concerto pour serpent de Benjamin Attahir, le 26 janvier 2018
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-auditorium-du-nouveau-siecle-le-26-janvier-2018-haydn-attahir-beethoven-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch/

 

 

 

PrĂ©cĂ©dents articles critiques dĂ©diĂ©s Ă  l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH :

 

 

 

chausson poeme amour et mer alexandre bloch gens orchestre national de lille cd annonce critique cd review cd classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha 2018). Comme une houle puissante et transparente Ă  la fois, l’orchestre pilotĂ© par Alexandre Bloch sculpte dans la matiĂšre musicale ; en fait surgir la profonde langueur, parfois mortifĂšre et lugubre, toujours proche du texte (dans les 2 volets prosodiĂ©s, chantĂ©s du « PoĂšme de l’amour et de la mer » opus 19) : on y sent et le poison introspectif wagnĂ©rien et la subtile texture debussyste et mĂȘme ravĂ©lienne dans un raffinement inouĂŻ de l’orchestration. D’une couleur plus sombre, d’un medium plus large, la soprano VĂ©ronique Gens a le caractĂšre idoine, l’articulation naturelle et sĂ©pulcrale (« La mort de l’amour » : dĂ©tachĂ©e, prĂ©cise, l’articulation flotte et dessine des images bercĂ©es par une voluptĂ© brumeuse et cotonneuse, mais dont le dessin et les images demeurent toujours prĂ©sent dans l’orchestre, grĂące Ă  sa diction exemplaire : quel rĂ©gal).

cd-pentatone-les-pecheurs-de-perles-bizet-orch-national-de-lille-alexandre-bloc-fuchs-dubois-sempey-les-cris-de-paris-annonce-cd-evenement-par-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, ANNONCE. BIZET : Les PĂȘcheurs de perles / ONL, Alexandre Bloch (2 cd Pentatone). En mai 2017, l’Orchestre national de Lille dirigĂ© par Alexandre Bloch son directeur musical, choisissait de ressusciter l’opĂ©ra de jeunesse de Bizet, les PĂȘcheurs de perles (1863). Un sommet lyrique plus abouti et cohĂ©rent qu’on ne le dit, le maillon essentiel avant Carmen (crĂ©e 12 ans plus tard), pour comprendre ce goĂ»t de la caractĂ©risation individuelle, des atmosphĂšres (orientalisantes, proches de LakmĂ© de LĂ©o Delibes plus tardif, crĂ©Ă© en 1883), ce gĂ©nie du drame qui sans emphase et tout en subtilitĂ© dĂ©peint des ĂȘtres d’exception comme les deux amoureux Nadir et Leila, finalement sauvĂ© par le rival du premier, Zurga
 Pour l’orchestre, c’est un dĂ©fi dans l’expression des nombreux paysages sonores ; pour les chanteurs, – tous de la nouvelle gĂ©nĂ©ration du chant français dont surtout les indiscutables Cyrille Dubois et Julie Fuchs (Nadir et Leila), un dĂ©fi sur le plan de la diction romantique française ; pour le chef, mĂȘme travail de ciselure dĂ©taillĂ©e comme de cohĂ©rence du plateau

 

COMPTE-RENDU, critique. LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

COMPTE-RENDU, critique. LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

HOMEPAGE-gustav-mahler-BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsLa plus colossale, la plus spectaculaire et pourtant sous les effectifs impressionnants, (plus de 1000 musiciens Ă  la crĂ©ation)
 pĂ©nĂ©trante, bouleversante, humaine. Le propre du chef Alexandre Bloch est de nuancer l’échelle spectaculaire de la symphonie « cosmique » que Mahler compose en quelque mois Ă  l’étĂ© 1909 : le maestro, directeur musical du National de Lille, en exprime l’unitĂ© architecturale et l’irrĂ©pressible Ă©lan salvateur. S’il est bien une symphonie rĂ©demptrice et Ă©lĂ©vatrice, celle ci serait un sommet. Car l’édifice est surtout spirituel, liĂ© Ă  la ferveur personnelle du compositeur : un acte de foi, une expĂ©rience de partage et de fraternitĂ© retrouvĂ©e oĂč l’homme peut ĂȘtre sauvĂ© s’il s’ouvre Ă  l’Amour que lui accorde l’Eternel fĂ©minin. VoilĂ  pour le sens gĂ©nĂ©ral, ascensionnel et de moins en moins terrestre. Sur le plan de la rĂ©alisation, le chef est confrontĂ© Ă  tous les dĂ©fis.

QUE JAILLISSE L’ESPRIT CRÉATEUR
 En latin, l’hymne chrĂ©tien de la PentecĂŽte, « Veni creator », exalte d’abord (premiĂšre partie) toutes les forces d’espĂ©rance, les aspirations des fervents pour que jaillisse l’Esprit CrĂ©ateur. En tant qu’auteur lui-mĂȘme, Mahler devait ĂȘtre plus qu’aucun autre, concernĂ© par le mystĂšre de l’inspiration et de la crĂ©ation ainsi invoquĂ©. EngagĂ© et passionnĂ© par son sujet, le compositeur a souhaitĂ© inventer sa propre Ă©criture en collant au texte ; sans rĂ©fĂ©rence Ă  aucun motif prĂ©alable (ni valses, ni lĂ€ndler ici contrairement Ă  ses symphonies prĂ©cĂ©dentes), il invente littĂ©ralement une nouvelle « prosodie orchestrale » oĂč le chant et la parole des instruments articulent le texte latin. Alexandre Bloch dĂ©taille et explicite ce concept miroitant, autogĂ©nĂ©rateur
  de « variance » (1), oĂč un mĂȘme motif est recyclĂ© en autant de dĂ©clinaisons possibles, produisant en parentĂ© proche et semblable, une multitude d’épisodes divers. Tout est Ă  la fois appareillĂ© mais diffĂ©rent. L’architecture du contrepoint atteint un sommet de complexitĂ© (double fugue) que le chef Ă©claire de l’intĂ©rieur, veillant toujours au sens fraternel global, Ă  la souveraine cohĂ©rence organique que le principe de “variance” prĂ©serve, malgrĂ© le colossal des effectifs rĂ©unis.
Pour se faire, le chƓur britannique Philharmonia Chorus (impliquĂ©, vivant, prĂ©parĂ© par son chef Gavin Carr) relĂšve les dĂ©fis d’une partition qui saisit et mĂȘme foudroie : ici l’incantation du verbe choral « terrasse » mĂȘme ; il assoit la soliditĂ© de l’édifice qui se dĂ©roule et se dĂ©ploie sous nos yeux, occupant un espace de plus en plus large ; idem pour les plus jeunes chanteurs (Jeune ChƓur des Hauts de France, pilotĂ© par Pascale Dieval-Wils), apportant le scintillement vif argent des angelots, surtout des Enfants Bienheureux : dans la partie II, inspirĂ©e par Goethe, chacune de leur intervention y jalonne l’élĂ©vation du corps de Faust, vers son accomplissement spirituel complet, accueilli par Mater Gloriosa.

 

 

 

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La premiĂšre partie est en soi une synthĂšse de toute la musique sacrĂ©e polyphonique depuis la Renaissance, mais avec ce laboratoire instrumental propre Ă  Mahler (juif, lui-mĂȘme converti au catholicisme). On sent bien que ce travail particulier fait Ă©cho Ă  son cheminement personnel, le plus critique comme le plus exigeant.
Avec l’expĂ©rience de toutes les symphonies prĂ©cĂ©dentes, l’Orchestre National de Lille et son chef en mesurent toutes les nuances, chaque aspiration et chaque vertige d’espĂ©rance ou de sidĂ©ration panique, autant de tentatives, de souhaits vĂ©cus par le fervent, confrontĂ© Ă  lui-mĂȘme.

Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleLE FAUST TRANSCENDÉ DE MAHLER
 La Seconde partie est assurĂ©ment le seul opĂ©ra que Mahler ait jamais composĂ©. Directeur de l’OpĂ©ra de Vienne pendant une dĂ©cade, le compositeur connaĂźt le rĂ©pertoire lyrique comme peu Ă  son Ă©poque : de Mozart Ă  Beethoven, de Strauss, Debussy Ă  Wagner. Il faut remettre dans la genĂšse de chaque opus symphonique, le travail spĂ©cifique du chef, dirigeant les opĂ©ras des grands maĂźtres. Le second volet de la 8Ăš recycle et Wagner et Strauss, mais dans l’écriture propre Ă  Mahler, avec ces aspĂ©ritĂ©s instrumentales, la diversitĂ© de sĂ©quences qui suivent Ă  la lettre l’enjeu dramatique du sujet, dans le texte de Goethe (ultime scĂšne, Faust II) : la machine orchestrale s’appuyant sur les ressources des choeurs et des 8 solistes expriment cette opĂ©ration mystique qui assure l’élĂ©vation et la rĂ©demption du hĂ©ros ; lĂ  oĂč Schumann et Berlioz ne parlaient que de damnation, ou, dans le cas d’une salvation, ils s’autorisaient Ă  n’évoquer que celle de Marguerite, Mahler embrasse plus large ; rĂ©capitule la tradition romantique faustĂ©enne et « ose » mettre en musique le salut final du hĂ©ros qui avait pourtant pactisĂ© avec le dĂ©mon. Chance lui est offerte d’ĂȘtre sauvĂ© par l’absolu pardon que permet l’Eternel FĂ©minin (quelle soit ici Magna Peccatrix / Magdalena, Samaritana ou Mater Gloriosa) : dĂ©itĂ© souveraine, « reine du ciel » dont ici le docteur Marianus se fait le tĂ©moin, si Ă©mu, et si convaincant (un vĂ©ritable intercesseur).
Alexandre Bloch n’oublie jamais l’échelle de l’humain en dĂ©pit du colossal effectif. Exploitant les facilitĂ©s permises par la salle du Nouveau SiĂšcle, les solistes d’abord dans l’orchestre pour le Veni Creator, car ils sont adorants comme la foule des chƓurs, se prĂ©sentent ensuite comme des acteurs sur le devant de la scĂšne, chacun selon son air soliste et le personnage d’une action lyrique (Pater Ecstaticus, Pater Profundis), puis donc Doctor Marianus, tĂ©moin terrassĂ© ; enfin les 3 femmes, pĂ©nitentes sublimes (trio fĂ©minin). Toujours, il s’agit d’amour et de compassion ; d’appels brĂ»lant Ă  l’amour. Le chef les porte, souligne chaque intervention (d’une activitĂ© wagnĂ©rienne), comme un tĂ©moignage s’adressant directement au public. L’exhortation exclamative du Veni Creator s’immisce insidieusement ainsi dans le texte de Goethe : il lui souffle son urgence, son ardeur embrasĂ©e. Et finalement, on perçoit l’étonnante cohĂ©rence qui respire d’une partie Ă  l’autre.

ACCOMPLISSEMENT A LILLE
 Ecriture picturale d’une invention prodigieuse, ce Faust mahlĂ©rien prolonge par ses couleurs et ses crĂ©pitements fauves, tout ce que les premiers romantiques Berlioz, Schumann, Liszt ont apportĂ© au mythe. Il n’est que d’écouter ici l’ample prĂ©lude introductif qui dĂ©peint la solitude de Faust ermite dans la montagne pour mesurer l’acuitĂ© et la profondeur de Mahler. Sa capacitĂ© Ă  peindre et exprimer le drame du hĂ©ros que la question taraude. On y dĂ©tecte et la profonde insatisfaction de l’homme, et l’ample souffle de la Nature qui se dĂ©robe.
GĂ©nĂ©reux comme Ă  son habitude, engagĂ© et mesurant aussi en dĂ©licats Ă©quilibres, l’impact de chaque pupitre traitĂ© en bloc agissant, dĂ©taillĂ©, articulĂ© (cuivres, cordes, vents et bois), Alexandre Bloch nous offre une superbe leçon d’éloquence orchestrale au service de ce cheminement progressif qui conduit Faust Ă©reintĂ©, des tĂ©nĂšbres Ă  la lumiĂšre ; du terrestre au cĂ©leste, sous la caresse permanente de la Femme protectrice, compassionnelle, gĂ©nĂ©reuse, omnisciente.

Pour assoir encore l’assise chtonienne de la cathĂ©drale, le maestro opte comme Ă  Vienne oĂč a Ă©tĂ© triomphalement crĂ©Ă©e en 1910, la 8Ăš, pour l’alignement des 10 contrebasses sur toute la rangĂ©e du fond de l’orchestre. Outre un son collectif puissant et volontaire, l’Orchestre National de Lille auquel se sont joints plusieurs membres complĂ©mentaires de l’Orchestre de Picardie, en un partenariat judicieux, dĂ©montre son haut niveau d’expertise solistique. Percent, ronds et actifs, clarinettes, flĂ»tes, hautbois ; mais aussi le prodigieux cor solo, le premier violon (Fernand Iaciu), 
 c’est un collectif d’individualitĂ©s qui se dressent, tĂ©moignent, exultent dans le partage, jusqu’à l’accomplissement final (choeur mysticus).

 

 

 

Jalon du cycle Mahler 2019, la symphonie des Mille
confirme l’évidente sĂ©duction de l’Orchestre National de Lille

Du colossal et du spirituel
L’ivresse fraternelle de la 8ù par Alexandre BLOCH

 

 

 

 

mahler-symphonie-de-smille-8-symphonie-8-alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-classiquenews-20-nov-2019

 

 

 

Parmi les solistes, d’une remarquable musicalitĂ©, les voix de Daniela Köhler (sop I : Magna Peccatrix), de Michaela Selinger (Samaritana) se distinguent particuliĂšrement, par leur rondeur naturelle, leur projection Ă©vidente ; comme le Doctor Marianus du tĂ©nor Ric Furman, soucieux du texte. On y retrouve ce sens du relief et de l’incarnation, identique Ă  celui qui inspirait Solti lorsqu’il optait pour des voix wagnĂ©riennes – amples mais articulĂ©es et trĂšs finement caractĂ©risĂ©es.
Chacun dĂ©fend sa partie comme celle d’un opĂ©ra, mais avec le souffle universel que vĂ©hicule le texte de Goethe. Alexandre Bloch n’en oublie pas pour autant audaces et singularitĂ©s saisissantes de l’écriture de Mahler : l’orchestre en plusieurs passages dessinent comme un vortex sonore, aux couleurs et harmonies inĂ©dites dont le chromatisme et l’exacerbation prolongent Wagner et rejoignent aussi son contemporain – autre grand symphoniste et narrateur habile dans les fresques saisissantes : Richard Strauss (prĂ©cisĂ©ment celui de La Femme sans ombre, conçue dans la mĂȘme dĂ©cennie que la 8Ăš).
On attend d’ailleurs Alexandre Bloch dans les Ɠuvres symphoniques de ce dernier. Certainement un chantier complĂ©mentaire, jouant comme un double, en un autre cycle attendu, espĂ©ré  qui pourrait se rĂ©vĂ©ler tout aussi passionnant que celui dĂ©diĂ© cette annĂ©e Ă  Gustav Mahler.
L’ambition du chef, aujourd’hui directeur du National de Lille se confirme ainsi indiscutablement. Alexandre Bloch a ce caractĂšre des grands guides, capable de fĂ©dĂ©rer autour d’un fil ambitieux : chaque jalon du « feuilleton » MAHLER l’a dĂ©montrĂ©. La rĂ©alisation d’une telle Ɠuvre reste exceptionnelle ; elle est aussi redoutable que spectaculaire ; son enjeu spirituel fusionnant avec les effectifs pharaoniques requis pour l’exprimer. Sur chacun de ces plans, chef et musiciens ont offert au Nouveau SiĂšcle de Lille, un indiscutable accomplissement. Mais pour se faire, il a fallu aussi associer les ressources locales et les rendre complĂ©mentaires. De sorte que cette 8Ăš de Mahler est aussi la concrĂ©tisation d’une action exemplaire de concertation et d’implication de diffĂ©rents acteurs sur un mĂȘme territoire : ici orchestres National de Lille, de Picardie, Jeune ChƓur des Hauts de France. Le « terrassement » souhaitĂ© dans sa premiĂšre partie ; le tournoiement des « soleils » et des « planĂštes », Ă©voquĂ©s par Mahler Ă  propos de son Ɠuvre (dans une lettre adressĂ©e au chef Mengelberg), se sont bien rĂ©alisĂ©s Ă  Lille sous la conduite d’Alexandre Boch. Il s’agit bien d’un jalon particuliĂšrement convaincant (avec les 3Ăš et 7Ăš symphonies) de ce cycle dĂ©sormais majeur dans la vie de l’Orchestre.

Prochain rv Mahler Ă  Lille par l’Orchestre National de Lille, dernier Ă©pisode, Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020. Le cd de la 7Ăš symphonie est annoncĂ© au printemps 2020.

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COMPTE-RENDU, critique. LILLE, le 20 nov 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Orch National de Lille, Alexandre Bloch, direction.

Gustav Mahler
Symphonie n°8, dite “Des Mille”
Direction : Alexandre Bloch
Sopranos: Daniela Köhler, Yitian Luan, Elena Gorshunova / ‹Altos: Michaela Selinger, Atala Schöck / ‹TĂ©nor: Ric Furman / ‹Baryton: Zsolt Haja‹ / Basse : Sebastian Pilgrim
Orchestre National de Lille‹  /  Orchestre de Picardie
Philharmonia Chorus‹ / Chef de chƓur : Gavin Carr
Jeune ChƓur des Hauts-de-France
Cheffe de chƓur : Pascale Dieval-Wils
Illustrations : remerciements à © Ugo Ponte / ONL 2019

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Approfondir

 

 

 

La minute du chef : la 8Ăšme Symphonie / l’écriture spĂ©cifique de Gustav Mahler expliquĂ©e par Alexandre Bloch (principe de “variance”, identifiĂ© par Adorno) (1)
https://www.youtube.com/watch?v=dKyM441oMGA

 

 

 

La 8Úme Symphonie dans son intégralité
https://www.facebook.com/france3nordpasdecalais/posts/2861139047264898

 

 

 

LIRE aussi notre annonce de la Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020
http://www.classiquenews.com/symphonies-n8-des-mille-symphonie-n9-de-gustav-mahler-a-lille/

 

 

VIDEO – REPLAY / Revoir aussi (jusqu’en avril 2020), toutes les Symphonies de Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch sur le site YOU TUBE de l’ONL Orchestre National de Lille (avec de nombreux modules vidĂ©o des musiciens et de tĂ©moins expliquant leur comprĂ©hension de l’univers malhĂ©rien)

https://www.youtube.com/user/ONLille

 

 

 

 

 

LILLE : Symphonie n°9 par Alexandre BLOCH / ONL

AB_slide_328px_19-20-1LILLE, ONL, A BLOCH, 15, 16 janv 2020. MAHLER : Symph n°9. ONL, Orch national de Lille. Alexandre Bloch. Superbe volet final de l’odyssĂ©e mahlĂ©rienne par l’orchestre lillois et son trĂšs engagĂ© directeur musical, Alexandre Bloch. AprĂšs l’achĂšvement du Chant de la terre, Mahler amorce Ă  l’étĂ© 1908, sa 9Ăš symphonie, qu’il achĂšve l’annĂ©e suivante en 1909. A Bruno Walter, sans que l’on connaisse la raison exacte, Mahler reste rĂ©servĂ© sur la genĂšse de cet opus 9 : qu’il rapproche de la symphonie n°4, sans dire pourquoi explicitement.

SYMPHONIE DE L’ADIEU

C’est un compositeur maĂźtre de son langage, lequel s’est renouvelĂ© pendant la transfiguration musicale de Faust dans la 2Ăš partie de sa 8Ăš prĂ©cĂ©dente. Malher a du surmonter la mort de sa fille ; sa dĂ©mission forcĂ©e comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne (aprĂšs 10 annĂ©es d’excellence pourtant). En quittant Vienne, Gustav a rompu le fil qui le reliait Ă  son enfance (et ses enchantements, si manifestes dans les nocturnes des symphonies prĂ©cĂ©dentes). Comme dans le Chant de la Terre, la 9Ăš symphonie exprime un adieu, serein, suprĂȘme, acceptĂ©, tel une dĂ©livrance et un accomplissement. DĂšs l’Andante comodo (initial), oĂč est recyclĂ© la Sonate les Adieux de Beethoven, Mahler Ă©crit sur le manuscrit « O jeunesse envolĂ©e, O amour perdu ! » ; dĂ©jĂ  il a conscience que sa jeune Ă©pouse pourtant admiratrice de son Ɠuvre et de sa personnalitĂ©, ne l’aime plus. La crise conjugale de l’étĂ© 1910 en atteste. Le compositeur exprime clairement son renoncement au monde, en visionnaire pacifiĂ©, maĂźtre de son destin, en rien cette victime suicidaire et prophĂ©tique sur sa propre fin, comme on le dit souvent.
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’énergie et le rictus d’un cynisme parfois amer surgit avec une rare violence (lĂ€ndler ou 2Ăš mouvement) : les danses qui y sont mentionnĂ©es, symbolisent l’agitation vaine des tractations terrestres. Le Rondo Burleske est un sommet dans le registre de la parodie cynique, oĂč perce la clairvoyante luciditĂ© de l’auteur sur la vie, la vaine comĂ©die humaine, la vanitĂ© des existences terrestres. Le contrepoint dĂ©lirant exprime scrupuleusement la vacuitĂ© absurde du monde et de la civilisation humaine. Enfin, apaisĂ©, Mahler dĂ©ploie la hauteur tranquille du Finale : Adagio sehr langsam
 (trĂšs lent et encore retenu) ; Ă  mesure que se prĂ©cise le sentiment de plĂ©nitude, Mahler exprime la fusion avec l’harmonie secrĂšte, Ă©ternelle de la Sainte nature. Pourtant parodiĂ© et caricaturĂ©, le gruppetto du Rondo Burleske, s’épanouit ici, Ă©ther immatĂ©riel d’une destinĂ©e Ă  prĂ©sent abstraite et flottante qui a coupĂ© toute attache avec le rĂ©el et le terrestre. L’Adagio de la 9Ăš est un accomplissement dans la paix et l’amour (ce que dit aussi mais de façon spectaculaire, le finale de la 8Ăš, dĂ©diĂ© Ă  la lumineuse Marie). Bruno Walter crĂ©e la partition Ă  Vienne le 26 juin 1912.

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Adieu mahlérienboutonreservation
Mercredi 15 & jeudi 16 janvier 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

Beethoven : Leonore III, ouverture
Mahler : Symphonie n°9

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE ici :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/adieu-mahlerien-symphonie-n9/

 

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Présentation de la symphonie n°9 de Mahler
sur le site de l’ONL Orchestre national de Lille :

« PrĂ©sentĂ©e au public pour la premiĂšre fois un an aprĂšs la mort de Mahler, la Symphonie n° 9 contient l’un des plus beaux adieux de l’histoire de la musique. Avec son Adagio au bord du silence, le compositeur autrichien nous offre ici un poignant chant du cygne. DĂšs les premiĂšres mesures de l’Introduction et jusqu’à l’inoubliable Finale, Mahler affirme son amour de la vie Ă  travers une palette expressive grandiose et une partition raffinĂ©e. Cette symphonie visionnaire clĂŽture de maniĂšre bouleversante notre OdyssĂ©e mahlĂ©rienne. DirigĂ© par Alexandre Bloch, ce grand moment symphonique sera prĂ©cĂ©dĂ© de l’ouverture de Leonore III de Beethoven, hymne vibrant pour la libertĂ© et contre les oppressions.
A Mahler farewell – Symphony No. 9
Presented to the public one year after Mahler’s death, Symphony No. 9 contains one of the most beautiful farewells in the history of music. Directed by Alexandre Bloch, it will be preceded by Beethoven’s Leonore No. 3, a vibrant ode to freedom. »

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Programme repris le 17 janv 2020
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Valenciennes Le PhĂ©nix – Vendredi 17 janvier 20h
Infos et réservations : 03 27 32 32 32 / www.lephenix.fr

Autour des concerts au Nouveau SiĂšcle Ă  LILLE, chaque jour des concerts :
18h45
Rencontre mahlérienne
15 janvier : Christian Wasselin auteur de Mahler : La Symphonie-Monde et critique musical
16 janvier : l’information vous sera bientĂŽt communiquĂ©e : voir le site de l’ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2019 2020

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Symphonies n°8 des Mille, Symphonie n°9 de GUSTAV MAHLER à Lille

HOMEPAGE-gustav-mahler-BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsLILLE, Symphonies de MAHLER, les 20, 21 nov, 15 et 16 janv 2020. Sommets MahlĂ©riens Ă  LILLE. Il y a depuis toujours, la tradition des concerts MahlĂ©riens Ă  Amsterdam au sein du Concertgebouw oĂč tous les chefs malhĂ©riens d’envergure et les plus engagĂ©s, se sont illustrĂ©s et oĂč ils ont dĂ©fendu leur propre vision de l’épopĂ©e symphonique la plus spectaculaire et introspective jamais conçue, celle des 10 symphonies de Mahler. LILLE est en passe de reprendre le flambeau ou du moins fait entendre sa voix spĂ©cifique : Alexandre Bloch, directeur musical, conduit l’Orchestre national de Lille en un cycle devenu Ă©vĂ©nement, dĂ©diĂ© aux symphonies de Mahler, dont l’auditorium du Nouveau SiĂšcle affiche les ultimes jalons, et non des moindres : la spectaculaire et faustĂ©enne symphonie n°8 dite « des Mille » en raison des effectifs colossaux requis pour sa rĂ©alisation (les 20 et 21 nov 2019) ; la 9Ăš, expression d’un renoncement apaisĂ©, souverain, les 15 et 16 janvier 2020. Cycle Ă©vĂ©nement Ă  LILLE grĂące Ă  l’engagement de son directeur musical, Alexandre Bloch.

 

 

 

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Symphonies de Gustav MAHLER Ă  Lille
Nouveau SiĂšcle

Mercredi 20 et jeudi 21 novembre 2019, 20h
Symphonie n°8 des Mille

Alexandre Bloch emporte le National de Lille dans son dernier jalon mahlĂ©rien : la 8Ăš, ditebloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenews des mille par rĂ©fĂ©rence au nombre de musiciens sur le plateau : un Everest pour tout maestro, et une sorte de Nirvana pour l’amateur de sensations symphoniques
 Certes Mahler n’a Ă©crit aucun opĂ©ra. Pourtant la seconde partie de sa 8Ăš Symphonie dite des mille concentre tous les styles lyriques, sur un sujet que tous les Romantiques avant lui ont tentĂ© de traiter en musique : Faust. AprĂšs Berlioz et Schumann, Liszt et Gounod, Mahler met en musique en particulier la scĂšne finale du second Faust de Goethe afin d’aborder et d’élucider le mystĂšre et le sens de la vie terrestre.

 

 

 

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Mercredi 15, jeudi 16 janvier 2020, 20h
Symphonie n°9

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertPrĂ©sentĂ©e au public pour la premiĂšre fois un an aprĂšs la mort de Mahler, la Symphonie n° 9 contient l’un des plus beaux adieux de l’histoire de la musique. Avec son Adagio au bord du silence, le compositeur autrichien nous offre ici un poignant chant du cygne. DĂšs les premiĂšres mesures de l’Introduction et jusqu’à l’inoubliable Finale, Mahler affirme son amour de la vie Ă  travers une palette expressive grandiose et une partition raffinĂ©e. Cette symphonie visionnaire clĂŽture de maniĂšre bouleversante notre OdyssĂ©e mahlĂ©rienne. DirigĂ© par Alexandre Bloch, ce grand moment symphonique sera prĂ©cĂ©dĂ© de l’ouverture de Leonore III de Beethoven, hymne vibrant pour la libertĂ© et contre les oppressions. LIRE notre prĂ©sentation de la Symphonie n°9 de Mahler, Symphonie de l’adieu

 

 

 

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Toutes les infos sur le site de ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

 

 

 

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Symphonie des Mille de Mahler par l’ONL Orchestre National de Lille

bloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenewsLILLE, ONL. MAHLER : Symph n°8, les 20 et 21 nov 2019. Alexandre Bloch emporte le National de Lille dans son dernier jalon mahlĂ©rien : la 8Ăš, dite des mille par rĂ©fĂ©rence au nombre de musiciens sur le plateau : un Everest pour tout maestro, et une sorte de Nirvana pour l’amateur de sensations symphoniques… Certes Mahler n’a Ă©crit aucun opĂ©ra. Pourtant la seconde partie de sa 8Ăš Symphonie dite des mille concentre tous les styles lyriques, sur un sujet que tous les Romantiques avant lui ont tentĂ© de traiter en musique : Faust. AprĂšs Berlioz et Schumann, Liszt et Gounod, Mahler met en musique en particulier la scĂšne finale du second Faust de Goethe afin d’aborder et d’élucider le mystĂšre et le sens de la vie terrestre.
Le volet exige pas moins de 8 solistes, en plus des deux choeurs adultes, du choeur d’enfants, de l’orchestre aux effectifs ahurissants
 Symphonie opĂ©ra, cantate symphonique, la 8Ăš s’ouvre en premiĂšre partie sur le texte de l’hymne particuliĂšrement dramatique « Veni Creator spiritus », ample priĂšre chantĂ©e en latin, Ă  la gloire de Dieu, oĂč le compositeur se confronte Ă  toutes les ressources du contrepoint.

 

 

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SYMPHONIE COSMOS : planĂštes et soleils en rotation

 

 

mahler_profilLa partition cyclopĂ©enne est conçue en 2 mois et crĂ©Ă©e Ă  Munich, le 12 sept 1910 sous la direction du compositeur. C’est son dernier concert public et son plus grand triomphe en Europe. Elle est constamment chantĂ©e (sauf l’ouverture du second mouvement). La modernitĂ© de l’Ɠuvre tient surtout Ă  son plan, sans Ă©quivalent auparavant, Mahler innovant littĂ©ralement une nouvelle architecture, par sĂ©quences, selon le sens du texte, Ă  la façon d’un roman. A la diffĂ©rence des opus qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, la 8Ăš n’a rien de tragique ni de subjectif : aucun doute, aucune angoisse, aucun trouble. PlutĂŽt l’affirmation d’une joie intime et collective Ă  l’échelle du cosmos. Car Mahler Ă©crit lui-mĂȘme au chef Mengelberg en aoĂ»t 1906 : « Imaginez l’univers entier, en train de sonner et de rĂ©sonner. Il ne s’agit plus de voix humaines, mais de planĂštes et de soleils en pleine rotation ».  C’est donc l’aboutissement de tout un cycle orchestral oĂč Mahler s’est battu avec la matiĂšre orchestrale ; s’y impliquant personnellement ; au terme de l’aventure – odyssĂ©e, il rĂ©alise l’Ɠuvre final, total, synthĂšse et miroir d’une conscience aussi accomplie qu’universelle. La 8Ăš symphonie est une symphonie cosmique. Et pour l’auditeur, l’une des expĂ©riences orchestrales les plus marquantes dont il puisse rĂȘver.
Les interprĂštes en expriment le sens et l’ampleur avec d’autant plus de justesse qu’ils se sont jetĂ©s Ă  corps perdus mais maĂźtrise totale et engagement permanent dans la rĂ©alisation des symphonies 1 Ă  8 depuis septembre 2018. Une expĂ©rience et une familiaritĂ© qui enrichissent encore leur approche du dernier vaisseau symphonique de Mahler, le plus impressionnant, le plus saisissant. 2 dates Ă©vĂ©nements Ă  Lille.

 

 

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Mercredi 20 novembre 2019, 20hboutonreservation
Jeudi 21 novembre 2019, 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/la-symphonie-des-mille-symphonie-n8/

 

 

Gustav Mahler
Symphonie n°8, dite “Des Mille”
Direction : Alexandre Bloch
Sopranos: Daniela Köhler, Yitian Luan, Elena Gorshunova / ‹Altos: Michaela Selinger, Atala Schöck / ‹TĂ©nor: Ric Furman / ‹Baryton: Zsolt Haja‹ / Basse Sebastian Pilgrim

Orchestre National de Lille‹  /  Orchestre de Picardie

Philharmonia Chorus‹ / Chef de chƓur : Gavin Carr
Jeune ChƓur des Hauts-de-France
Cheffe de chƓur : Pascale Dieval-Wils
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VIDEOS : les symphonies de MAHLER par l’Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH (intĂ©grales et explications par Alexandre Bloch):
Retrouvez toutes les symphonies de Mahler sur la chaĂźne Youtube ONLille ,
jusqu’en avril 2020.

 

 

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PrĂ©sentation par l’Orchestre National de Lille :
Pour la premiĂšre en 1910, il fallut construire une estrade spĂ©ciale dans la salle afin de pouvoir accueillir l’ensemble des musiciens. NĂ©cessitant deux chƓurs d’adultes, un chƓur d’enfants, huit solistes et un immense orchestre symphonique, la Symphonie n°8 dite “Des Mille” est la symphonie la plus dĂ©mesurĂ©e, la plus folle du cycle dans laquelle Mahler nous emporte d’un Veni creator ravageur Ă  une scĂšne faustienne qui mĂ©lange tous les genres musicaux connus. Venez vivre le gigantisme de cette Ɠuvre unique qui rĂ©unira plus de 300 artistes sur scĂšne sous la direction d’Alexandre Bloch. Lors de la premiĂšre Ă  Munich, Thomas Mann et Stefan Zweig, prĂ©sents dans le public, en Ă©taient restĂ©s sidĂ©rĂ©s.

The Symphony of a Thousand
Symphony No. 8, known as “The Symphony of a Thousand”, is the most monumental of Mahler’s symphonies. With its two adult choirs, children’s choir, eight soloists and immense symphony orchestra, this unique work has strucken since its very premiùre in 1910.

 

 

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Autour du concert
Ă  18h45
Rencontre mahlérienne

20 novembre 2019:
Bertrand Dermoncourt, directeur de la musique de Radio Classique et auteur du Retour de Gustav Mahler réunissant deux textes de Stephan Sweig

21 novembre 2019 :
Christian Wasselin auteur de Mahler : La Symphonie-Monde

En partenariat avec la
MĂ©diathĂšque Musicale Mahler
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

 

 

 

 

 

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Symphonie n°8 de Gustav Mahler – PLAN

Du polyphonique saisissant, du dramatique lyrique

Mahler n’a pas composĂ© d’opĂ©ras proprement dit ; mais le directeur de lOpĂ©ra de Vienne qui a connu comme peu le rĂ©pertoire lyrique de Mozart et Beethoven Ă  Wagner et Strauss, a finalement Ă©crit son drame lyrique dans la seconde partie de la 8Ăš, inspirĂ© de la scĂšne finale du Faust de Goethe : vision et action spectaculaire qui imagine le hĂ©ros tant Ă©prouvĂ©, atteindre dĂ©lices et repos des bĂ©atitudes cĂ©lestes. Dans les plus hautes sphĂšres, anges, angelots, enfants bienheureux chantent, favorisent et accompagnent l’élĂ©vation et la mĂ©tamorphose (chrysalide devenue ange sanctifiĂ©) de l’ñme de Faust vers son dernier asile
 alors que les Enfants bienhereux contemple le corps du Faust qui s’élĂšve toujours, Marguerite paraĂźt, implore Marie, d’accueillir cette Ăąme nouvelle, morte et ressuscitĂ©e, Ă©ternellement jeune.

 

AprĂšs le monumental Veni Creator dont la force expressive, la complexitĂ© maĂźtrisĂ©e de l’écriture (ocĂ©an contrapuntique oĂč domine une double fugue) la sonoritĂ© colossale doivent saisir au sens strict selon les mots du compositeur le spectateur auditeur, place Ă  un cycle fraternel et compassionnel, la deuxiĂšme partie de la 8Ăš, Ă©pisode Ă©blouissant sur le plan de l’écriture orchestrale et vocale, dans lequel Mahler rĂ©tablit le lien avec l’humanitĂ©.

 

Pour plus d’unitĂ©, le Faust cite certains thĂšme du Veni Creator qui a prĂ©cĂ©dĂ©. L’architecture en est un triptyque : Andante, Scherzo, Finale, ou introduction, exposition en 3 parties, dĂ©veloppement en 3 sections, Ă©pilogue.

En ouverture (poco adagio), Mahler Ă©voque la solitude de Faust dans la montagne (prĂ©mices du Chant de la terre). Arbres, lions muets, asile d’amour


 

EXPOSITION

Aprùs le chƓur (Waldung, sie schwankt heran),

PATER ECSTATICUS et PATER PROFUNDUS entonnent leur couplet.

EXTATICUS : proie de l’amour Ă©ternel

PROFUNDUS : témoin du miraculeux amour

Le choeur des anges, portant l’essence de Faust, amorcent le 2Ăš Ă©pisode de l’exposition (« celui qui cherche et s’efforce dans la peine, sera sauvé » ;

Puis, se succùdent le chƓur des enfants bienheureux

(trÚs haut dans les cimes : « celui que vous vénérez, vous le verrez »),

le choeur des angelots qui ouvre le SCHERZO

(Jene rosen / les roses des pénitentes
).

Le choeur avec alto solo (Uns bleibt ein Erdenrest)

marque la 3Ăš et derniĂšre sĂ©quence de l’exposition

(le pur et l’impur mĂȘlĂ© dans un cƓur, ne peuvent ĂȘtre dissociĂ©s

que par l’amour).

 

DEVELOPPEMENT

Le dĂ©veloppement dĂ©bute avec le choeur des angelots (Ich spĂŒre soeben)

Le choeur des enfants bienheureux (Freudig empfangen wir) qui débouche sur

 

1- L’HYMNE A LA VIERGE (Mater dolorosa) du DOCTEUR MARIANUS :

« Hochste Herrscherin der Welt », témoin de la splendeur mariale (splendide et magnifique, la reine du ciel) ;

repris par le choeur (Jungfrau, ren im schönsten Sinne /Vierge pure, sublime  »).

S’épanouit alors le thĂšme de l’Amour, pour violon et harmonium (mi maj),

pour l’entrĂ©e de la Mater dolorosa

 

 

2- Choeur d’hommes (Dir, der UnberĂŒhrbaren)

MATER GLORIOSA : Choeur des PĂ©nitentes (Du Schwebst zu Höhen / Tu vogues vers les hauteurs, si mj), – apothĂ©ose de Marie, auxquelles succĂšdent

MAGNA PECCATRIX : Saint-Luc (Bei der Liebe : elle lave et parfume les pieds du Christ)

MULIER SAMARITANA : Saint-Jean (Bei dem Bronn) : elle abreuve les lĂšvres du Sauveur

MARIA AEGYPTIACA (Bei dem hochgeweithen Orte / Par le lieu saintement consacré)

puis unies en TRIO (Die du grossen SĂŒnderinnen / accordes le pardon Ă  Faust
).

La PĂȘcheresse MARGUERITE implore Marie (Neige, neige, rĂ© maj) : sauve Marie, Faust

Choeur des enfants bienheureux

La PĂȘcheresse implore encore Marie (Vom edlen Geisterchor, si b maj)

avec point culminant (trompette du Veni Creator).

 

3- MATER GLORIOSA (Komm! Hebe dich zu höhern SphÀren, mi bémol)

repris par

DOCTOR MARIANUS (Blicket auf !), repris par le choeur

 

 

Postlude orchestral

 

EPILOGUE / FINALE

AprĂšs un mystĂ©rieux prĂ©lude orchestral, s’affirme le presque imperceptible murmure du choeur mystique (Alles vergĂ€nglische ist nur ein Gleichnis)

Immense et progressif crescendo sur le thĂšme du Veni Creator. LĂ  encore, encensant la Vierge, source de toute misĂ©ricorde et divinitĂ© la plus admirable, « l’imparfait trouve l’achĂšvement ; l’ineffable devient acte ». Et « l’Eternel FĂ©minin » porte toujours plus haut.

 

 

Comme jamais auparavant, Mahler Ă©chafaude une Ă©criture qui lui est propre ; oĂč la forme respecte le sens et les enjeux de chaque situation dramatique. Moins d’effet de masse. Mais une Ă©criture « romanesque » et purement dramatique voire opĂ©ratique qui suit le sens de l’action dramatique, celle du Faust de Goethe ; selon lequel le hĂ©ros moderne (romantique) vit une expĂ©rience spirituelle, dans l’adoration de la Vierge, qui lui permet d’ĂȘtre transcendĂ©.

 

 

MAHLER : Symphonie des mille par l’ONL Orchestre National de Lille

bloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenewsLILLE, ONL. MAHLER : Symph n°8, les 20 et 21 nov 2019. Alexandre Bloch emporte le National de Lille dans son dernier jalon mahlĂ©rien : la 8Ăš, dite des mille par rĂ©fĂ©rence au nombre de musiciens sur le plateau : un Everest pour tout maestro, et une sorte de Nirvana pour l’amateur de sensations symphoniques… Certes Mahler n’a Ă©crit aucun opĂ©ra. Pourtant la seconde partie de sa 8Ăš Symphonie dite des mille concentre tous les styles lyriques, sur un sujet que tous les Romantiques avant lui ont tentĂ© de traiter en musique : Faust. AprĂšs Berlioz et Schumann, Liszt et Gounod, Mahler met en musique en particulier la scĂšne finale du second Faust de Goethe afin d’aborder et d’élucider le mystĂšre et le sens de la vie terrestre.
Le volet exige pas moins de 8 solistes, en plus des deux choeurs adultes, du choeur d’enfants, de l’orchestre aux effectifs ahurissants
 Symphonie opĂ©ra, cantate symphonique, la 8Ăš s’ouvre en premiĂšre partie sur le texte de l’hymne particuliĂšrement dramatique « Veni Creator spiritus », ample priĂšre chantĂ©e en latin, Ă  la gloire de Dieu, oĂč le compositeur se confronte Ă  toutes les ressources du contrepoint.

 

 

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SYMPHONIE COSMOS : planĂštes et soleils en rotation

 

 

mahler_profilLa partition cyclopĂ©enne est conçue en 2 mois et crĂ©Ă©e Ă  Munich, le 12 sept 1910 sous la direction du compositeur. C’est son dernier concert public et son plus grand triomphe en Europe. Elle est constamment chantĂ©e (sauf l’ouverture du second mouvement). La modernitĂ© de l’Ɠuvre tient surtout Ă  son plan, sans Ă©quivalent auparavant, Mahler innovant littĂ©ralement une nouvelle architecture, par sĂ©quences, selon le sens du texte, Ă  la façon d’un roman. A la diffĂ©rence des opus qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, la 8Ăš n’a rien de tragique ni de subjectif : aucun doute, aucune angoisse, aucun trouble. PlutĂŽt l’affirmation d’une joie intime et collective Ă  l’échelle du cosmos. Car Mahler Ă©crit lui-mĂȘme au chef Mengelberg en aoĂ»t 1906 : « Imaginez l’univers entier, en train de sonner et de rĂ©sonner. Il ne s’agit plus de voix humaines, mais de planĂštes et de soleils en pleine rotation ».  C’est donc l’aboutissement de tout un cycle orchestral oĂč Mahler s’est battu avec la matiĂšre orchestrale ; s’y impliquant personnellement ; au terme de l’aventure – odyssĂ©e, il rĂ©alise l’Ɠuvre final, total, synthĂšse et miroir d’une conscience aussi accomplie qu’universelle. La 8Ăš symphonie est une symphonie cosmique. Et pour l’auditeur, l’une des expĂ©riences orchestrales les plus marquantes dont il puisse rĂȘver.
Les interprĂštes en expriment le sens et l’ampleur avec d’autant plus de justesse qu’ils se sont jetĂ©s Ă  corps perdus mais maĂźtrise totale et engagement permanent dans la rĂ©alisation des symphonies 1 Ă  8 depuis septembre 2018. Une expĂ©rience et une familiaritĂ© qui enrichissent encore leur approche du dernier vaisseau symphonique de Mahler, le plus impressionnant, le plus saisissant. 2 dates Ă©vĂ©nements Ă  Lille.

 

 

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Mercredi 20 novembre 2019, 20hboutonreservation
Jeudi 21 novembre 2019, 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/la-symphonie-des-mille-symphonie-n8/

 

 

Gustav Mahler
Symphonie n°8, dite “Des Mille”
Direction : Alexandre Bloch
Sopranos: Daniela Köhler, Yitian Luan, Elena Gorshunova / ‹Altos: Michaela Selinger, Atala Schöck / ‹TĂ©nor: Ric Furman / ‹Baryton: Zsolt Haja‹ / Basse Sebastian Pilgrim

Orchestre National de Lille‹  /  Orchestre de Picardie

Philharmonia Chorus‹ / Chef de chƓur : Gavin Carr
Jeune ChƓur des Hauts-de-France
Cheffe de chƓur : Pascale Dieval-Wils
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VIDEOS : les symphonies de MAHLER par l’Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH (intĂ©grales et explications par Alexandre Bloch):
Retrouvez toutes les symphonies de Mahler sur la chaĂźne Youtube ONLille ,
jusqu’en avril 2020.

 

 

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PrĂ©sentation par l’Orchestre National de Lille :
Pour la premiĂšre en 1910, il fallut construire une estrade spĂ©ciale dans la salle afin de pouvoir accueillir l’ensemble des musiciens. NĂ©cessitant deux chƓurs d’adultes, un chƓur d’enfants, huit solistes et un immense orchestre symphonique, la Symphonie n°8 dite “Des Mille” est la symphonie la plus dĂ©mesurĂ©e, la plus folle du cycle dans laquelle Mahler nous emporte d’un Veni creator ravageur Ă  une scĂšne faustienne qui mĂ©lange tous les genres musicaux connus. Venez vivre le gigantisme de cette Ɠuvre unique qui rĂ©unira plus de 300 artistes sur scĂšne sous la direction d’Alexandre Bloch. Lors de la premiĂšre Ă  Munich, Thomas Mann et Stefan Zweig, prĂ©sents dans le public, en Ă©taient restĂ©s sidĂ©rĂ©s.

The Symphony of a Thousand
Symphony No. 8, known as “The Symphony of a Thousand”, is the most monumental of Mahler’s symphonies. With its two adult choirs, children’s choir, eight soloists and immense symphony orchestra, this unique work has strucken since its very premiùre in 1910.

 

 

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Autour du concert
Ă  18h45
Rencontre mahlérienne

20 novembre 2019:
Bertrand Dermoncourt, directeur de la musique de Radio Classique et auteur du Retour de Gustav Mahler réunissant deux textes de Stephan Sweig

21 novembre 2019 :
Christian Wasselin auteur de Mahler : La Symphonie-Monde

En partenariat avec la
MĂ©diathĂšque Musicale Mahler
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

COMPTE-RENDU, critique, concert. Lille, le 18 oct 2019. MAHLER : Symphonie n°7. Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch.

mahler-alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-annonce-critique-classiquenewsCompte-Rendu, critique, concert. Lille, Nouveau SiĂšcle, le 18 octobre 2019. MAHLER : Symphonie N°7 (« Le Chant de la Nuit »). Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch. C’est avec la 7Ăšme Symphonie, dite « Chant de la Nuit », que se poursuit l’IntĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler, initiĂ©e par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille depuis janvier dernier, toujours dans l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle, Ă  la fabuleuse acoustique. La 7Ăšme Symphonie est certainement la plus rarement jouĂ©e en concert, mais aussi la plus difficilement accessible (ceci expliquant peut-ĂȘtre cela
), un Ă©trange « Chant de la Nuit » oĂč errent des silhouettes comminatoires et oĂč la forme semble se noyer, l’harmonie classique tendant ici Ă  disparaĂźtre, tandis que les timbres forment parfois d’étranges et inhabituelles associations.

Explosion limpide, maßtrisée

Alexandre Bloch, en l’occurrence, accentue et exalte ce soir les ruptures, Ă  travers une lecture Ă  la virtuositĂ© trĂšs nerveuse, du premier mouvement, dĂ©butĂ© par un Tenorhorn somptueux – comme tous les solistes d’un orchestre enflammĂ©.
LĂ  oĂč certains rechercheraient l’unitĂ©, Alexandre Bloch ose l’explosion, trĂšs maĂźtrisĂ©e cela dit, tout en gardant une remarquable limpiditĂ© des lignes et des plans. Peut-ĂȘtre d’aucuns pourraient arguer le trop plein de clartĂ© dans les couleurs, comme si la direction ne tenait pas Ă  aller jusqu’au fond de la noirceur de l’ouvrage (comme pour jeter un peu de lumiĂšre au milieu de ces tĂ©nĂšbres ?…). MalgrĂ© tout, une angoisse profonde traverse bel et bien la premiĂšre Nachtmusik, et plus encore le Schattenhaft central, cette valse de fantĂŽmes hallucinĂ©s, qui prĂ©figure celle – fameuse - de Ravel. La SĂ©rĂ©nade de la seconde Nachtmusik – aux sonoritĂ©s subtilement Ă©panchĂ©es par la harpe, la guitare et la mandoline – fait entendre magistralement tout le caractĂšre viennois de ce morceau
 ce Ă  quoi on ne peut qu’applaudir ! Directement enchaĂźnĂ©, le final sonne de maniĂšre cinglante, flagellĂ© comme une course Ă  l’abĂźme, concluant avec fougue et panache cette superbe exĂ©cution de la trop rare 7Ăšme mahlĂ©rienne.

 

 

 

 

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Compte-Rendu, critique, concert. Lille, Nouveau SiÚcle, le 18 octobre 2019. MAHLER : Symphonie N°7 (« Le Chant de la Nuit »). Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch.

 

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Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille © Ugo Ponte

 

 

 

 

 

APPROFONDIR

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Visionner la 7Ăšme de Mahler par l’Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch sur la chaĂźne Youtube de l’Orchestre national de Lille:
https://www.youtube.com/watch?v=M1YmfTA7QyI

 

 

 

 

 

 

Explications, prĂ©sentation de la 7Ăš de Mahler par Alexandre Bloch et les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/watch?v=SmOiy596VnY

 

 

 

 

La 7Ăšme de Mahler par l’ONL / Alexandre Bloch

mahler-alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-annonce-critique-classiquenewsPARIS ce soir. MAHLER : symphonie n°7Ăš. ONL, A BLOCH. C’est la plus mystĂ©rieuse des symphonies de Mahler et, pour beaucoup, l’une des plus attachantes. CrĂ©Ă©e Ă  Prague en 1908, la Symphonie n°7 , avec la 5Ăš et 6Ăš, compose la trilogie symphonique purement instrumentale et la plus autobiographique de Mahler. Alexandre BLOCH et le NATIONAL DE LILLE poursuivent ainsi leur odyssĂ©e symphonique mahlĂ©rienne... Dans le 7Ăšme symphonie, les forces de la nature, divine, mystĂ©rieuse ; celles du destin impĂ©nĂ©trable 
 se mĂȘlent et fusionnent en un maelstrom des plus spectaculaire, exigeant de la part des instrumentistes, des alliages et des combinaisons de timbres inĂ©dits alors.
Cinq parties symĂ©triques y rythment ainsi un vaste parcours intime oĂč en miroir les deux “Nachtmusik” / « Nocturnes », vraies divagations oniriques et personnelles, (qui donnent Ă  la symphonie le surnom de “Chant de la nuit”) dĂ©veloppent une sorte de mĂ©ditation qui prolonge tout ce qu’a pu expĂ©rimenter auparavant Beethoven dans ses Sonates pour piano ; d’abord, temps suspendu, extatique, d’oubli et de rĂȘverie ; puis conversation enchantĂ©e, enivrĂ©e entre guitare et mandoline. Dans la 7Ăš, Mahler rĂ©invente le langage orchestral, sa prodigieuse palette de couleurs et de timbres, ses silences aussi, comme sa conception Ă©tagĂ©e et spatialisĂ©e. Sans omettre ses rĂ©fĂ©rences directs et concrĂštes Ă  l’élĂ©ment animal auquel depuis la 3Ăš il confĂšre une conscience particuliĂšre : le Finale, tempĂ©tueux, fait entendre un gigantesque carillon de
 cloches Ă  vaches !

 

 

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PARIS, Philharmonie, 20h30boutonreservation
ce soir samedi 19 octobre 2019

INFOS sur le site de l’ONL / Orchestre national de LILLE : https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/chant-de-la-nuit-symphonie-n7/

Programme repris Ă  LiĂšge puis Courtrai :

Paris Philharmonie de Paris – Samedi 19 octobre 20h30
‹Liùge Salle Philharmonique – Jeudi 24 octobre 20h
Infos et réservations : 0032 42 20 00 00 ou www.oprl.be
‹Courtrai Schouwburg – Vendredi 25 octobre 20h15
Infos et réservations : 0032 56 23 98 55 ou www.wildewesten.be

 

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Approfondir : la 7Ú expliquée par le chef :
La 7eme de Mahler expliquée par Alexandre Bloch et à sa maniÚre :
https://youtu.be/SmOiy596VnY

 

Les Symphonies de MAHLER sur la chaüne youtube de l’ONL Orchestre national de Lille

Retrouvez toutes les symphonies de Mahler sur la chaüne Youtube ONLille jusqu’en avril 2020. Actuellement en ligne : Symphonies 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7.

 

 

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Arnold Böcklin : PAN (DR)

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DOSSIER SPÉCIAL 7ù symphonie de Mahler 

Symphonie d’un destin

 

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsMahler nous laisse un cycle de 10 symphonies parmi les plus dĂ©concertantes, les plus visionnaires jamais Ă©crites. La DixiĂšme est restĂ©e Ă  l’état d’esquisses. A l’heure oĂč Picasso rĂ©volutionne le langage pictural (Les Demoiselles d’Avignon, 1907), Mahler indique de nouvelles perspectives, poĂ©tiques, musicales, philosophiques aussi pour l’orchestre. Aux cĂŽtĂ©s d’une Ă©criture autobiographique qui exprime ses angoisses et ses aspirations, en particulier les Ă©pisodes d’une existence tragique, se prĂ©cise peu Ă  peu le dĂ©sir des hauteurs, un Ă©lan mystique dont l’arc tendu de la priĂšre appelle apaisement et sĂ©rĂ©nitĂ©. Dans l’écriture, chaque symphonie est un dĂ©fi pour les musiciens. Mahler y repousse progressivement les limites et les horizons de la forme classique.

Ce sont aussi l’usage particulier des timbres, le recours aux percussions, la couleur grimaçante des certains bois, la douleur, l’amertume voire l’aigreur. L’orchestre de Mahler palpite en rĂ©sonance avec le cƓur meurtri, durement Ă©prouvĂ© d’un homme frappĂ© par le destin, mais il reconstruit aussi, un lien avec les mouvements et le souffle de la divine et mystĂ©rieuse Nature. Une nature rĂ©confortante dont il cherchait chaque Ă©tĂ©, la proximitĂ© et la contemplation, deux Ă©lĂ©ments propices Ă  l’écriture. Le lien au motif naturel s’exprime aussi dans la prĂ©sence rĂ©currente des animaux.

Porté par la divine Nature
Le propre de la 7 Ăšme symphonie de Mahler est peut-ĂȘtre de ne prĂ©senter d’un premier abord aucune unitĂ© de plan. Cinq morceaux en guise de dĂ©veloppement progressif, avec au cƓur du dispositif, le scherzo central, encadrĂ© par deux « nachtmusiken » / nocturne. Pourtant, il s’agit bien d’un massif exceptionnel par ses outrances sonores, ses combinaisons de timbres, son propos original, certes pas narratif ni descriptif

PlutĂŽt affectif et passionnel, dont la texture mĂȘme, extrĂȘmement raffinĂ©e, souhaite exprimer un sentiment d’exacerbation formelle et mĂȘme d’exaspĂ©ration lyrique. Un sentiment dans lequel Mahler dĂ©sire faire corps avec la Nature, une nature primitive et imprĂ©visible, constituĂ©e de forces premiĂšres et d’énergie vitale que le musicien restitue Ă  la mesure de son orchestre.
Fait important parce que singulier dans son Ɠuvre, Ă  l’étĂ© 1904 oĂč il aborde la composition de cette montagne sonore, Mahler est dans l’intention de terminer sa 6 Ăšme symphonie, or, ce sont en plus de la dite symphonie, les deux nachtmusiken qui sortiront de son esprit. Ces deux mouvements originaux Ă  partir desquels il structurera les volets complĂ©mentaires pour sa 7Ăšme symphonie, achevĂ©e Ă  l â€˜Ă©tĂ© 1905, Ă  Mayernigg.

Les excursions dans le Tyrol du Sud lui sont favorables. Le contact avec l’élĂ©ment naturel et minĂ©ral, en particulier des Dolomites, lui fait oublier la tension de l’activitĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Vienne dont il est le directeur. L’intĂ©gralitĂ© de sa 7Ăšme symphonie est achevĂ©e le 15 aoĂ»t 1905.
La partition sera crĂ©Ă©e sous la direction du compositeur Ă  Prague au mois de septembre 1908. L’accueil dĂšs la crĂ©ation est des plus mitigĂ©s. La courtoisie des critiques et des commentaires, y compris des amis et proches, des disciples et confrĂšres du musicien, dont Alban Berg et Alexandre von Zemlinsy, Oskar Fried et Otto Klemperer, prĂ©sents Ă  la crĂ©ation, ne cachent pas en dĂ©finitive une profonde incomprĂ©hension.
Le fil dĂ©cousu de l’Ɠuvre, son sujet qui n’en est pas un, l’effet disparate des cinq mouvements, ont dĂ©concertĂ©. Et de fait, la 7Ăšme symphonie sans thĂšme nettement dĂ©veloppĂ©, sans matiĂšre grandiose, clairement explicitĂ©e (en apparence), demeure l’opus le moins compris, le moins apprĂ©ciĂ© de l’intĂ©grale des symphonies. D’ailleurs, le premier enregistrement date de 1953 !

Journal symphonique
Il y a certes le sentiment de la fatalitĂ© et de la tragĂ©die, surtout dĂ©veloppĂ© dans le premier mouvement, Langsam puis allegro con fuoco. Il y a aussi les relans d’amertume et de cynisme acides, les grimaces et les crispations d’un destin marquĂ© par la souffrance et la perte, le deuil et les Ă©checs.
Mais ce qui est imprime Ă  l’ensemble, et lui donne son unitĂ© de tons et de couleurs, c’est la vitalitĂ© agissante, le sentiment d’un orgueil qui fait face, une dĂ©termination qui veut Ă©pouser coĂ»te que coĂ»te, les aspĂ©ritĂ©s de la vie.
A cela s’ajoute, l’éveil du sentiment naturaliste, la contemplation des montagnes et des cimes. Entre deux ascensions, entre le premier mouvement et l’ultime rondo, Mahler, le voyageur, s’octroie plusieurs pauses, pleinement fĂ©condes dans la douce Ă©vocation des nachtmusiken.
On sait qu’il Ă©tait alors sous l’inspiration d’une contemplation Eichendorffienne (murmures et romantisme de la seconde Nachtmusik), surtout comme il l’a Ă©crit lui-mĂȘme, il est habitĂ© par le souffle cosmique, la recherche d’un oxygĂšne au delĂ  de la vie terrestre, la perception d’un autre monde qui puisse lui transmettre la volontĂ© d’affronter l’existence et de poursuivre son Ɠuvre. Il s’agit de communier avec la nature primitive, de l’embraser toute entiĂšre, dans sa totalitĂ© Ă©nigmatique et foudroyante.

L’esprit de Pan et chant du cosmos

MAHLER-GUSTAV-SYMPH-7-annonce-concert-critique-classiquenews-Arnold_Bocklin_-_Pan_im_Schilf_(1857)Il s’agit moins ici d’un conflit de forces opposĂ©es, que l’expression quasi orgiaque, libĂ©ratrice des Ă©nergies fondatrices de la nature. Accord recherchĂ© avec la vibration de l’univers, recherche d’une expression inĂ©dite et personnelle qui invoque l’esprit de Pan, que l’auteur a lui-mĂȘme Ă©voquĂ© pour expliquer la richesse plurielle de sa musique, ou plutĂŽt communion avec le rythme dionysiaque d’un temps nouveau, recomposĂ©. Disons que la profusion des rythmes, des timbres, des couleurs affirment au final, une vision totalement nouvelle des horizons musicaux.
S’il y a une empreinte incontestable du destin, de sa force contraignante et barbare, il y aussi grĂące Ă  l’élan propre Ă  la musique de Mahler, l’affirmation de plus en plus Ă©clatant d’une restructuration active. A mesure qu’il absorbe dans l’orchestre, la rĂ©sonance du chaos, Mahler semble recomposer au mĂȘme moment, le chant du cosmos. La dĂ©structuration apparente s’inverse Ă  mesure que le principe symphonique s’accomplit. Un magma de puissances telluriques se cabre et danse ici (Scherzo).

Musique, matiĂšre cathartique
Musique audacieuse et mĂȘme rĂ©volutionnaire, et sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque, et dans le restant de l’Ɠuvre, la 7Ăšme symphonie n’en finit pas de nous interroger sur la maniĂšre de l’approcher. Tout y est contenu des sentiments mahlĂ©riens, rictus, aigreurs, pollutions et poisons, dĂ©rision, ironie et fausse innocence mais aussi, -surtout-, rĂ©gĂ©nĂ©rescence Ă  l’Ɠuvre dans la matiĂšre sonore, ici d’autant plus fascinante qu’elle est dans la 7 Ăšme, d’une Ă©poustouflante diversitĂ©, d’une subtile complexitĂ© (mandoline, harpe et guitare tissent dans le second Nachtmusik, plusieurs mĂ©lodies Ă©nigmatiques dont Schönberg gardera le souvenir)


Au sein de l’intĂ©grale des symphonies de Mahler, ce volet est l’une des expĂ©riences les plus captivantes. Et le geste du chef, qui doit y brasser l’olympien et le dyonisiaque, le diabolisme et le lumineux, la dĂ©sespĂ©rance ironique et la pure joie, a le dĂ©fi de s’y rĂ©vĂšle des plus Ă©loquents !

COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 2 oct 2019. MAHLER : Symphonie n°6. Orch National de Lille, Alexandre Bloch.

Compte-Rendu, concert. Lille, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, le 2 octobre 2019. Symphonie n°6 de Gustav Mahler (dite « Tragique »). Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch (direction). La seconde partie de l’IntĂ©grale Mahler – initiĂ©e par Alexandre Bloch avec son Orchestre National de Lille (qui ont dĂ©jĂ  interprĂ©tĂ© les symphonies 1 Ă  5 lors de la saison 18/19) – se poursuit avec la 6Ăšme symphonie (dite « Tragique »). La 6Ăšme a Ă©tĂ© composĂ©e entre 1903 et 1904, pour ĂȘtre crĂ©Ă©e Ă  Essen en 1906 sous la direction du compositeur, et fait partie de la trilogie mĂ©diane des symphonies de Mahler (avec la 5Ăšme et la 7Ăšme que nous irons entendre dans ces mĂȘmes lieu la semaine prochaine
). Avec cette symphonie, le monde – dont on sentait la fragilitĂ© dans la symphonie antĂ©rieure, tombe pour un temps dans le dĂ©sespoir et le nĂ©ant, bien qu’apparemment rien, dans la vie du compositeur Ă  cette Ă©poque, n’explique de façon claire cette disposition au tragique. Mais aussi dĂ©chirantes que puissent ĂȘtre les Ă©motions qu’elle vĂ©hicule, il existe indubitablement quelque chose d’excitant, voire d’exaltant, comme une source d’espoir qui parcourt toute la symphonie, une sorte d’« Ă©ternel retour de la vie », un des credos de Nietzsche (que Mahler lisait beaucoup). Et il semble bien que Alexandre Bloch se soit inspirĂ© d’une telle interprĂ©tation, mettant en exergue, dans sa lecture de la partition, le combat des forces de la vie face au tragique de la destinĂ©e humaine.

 

 

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Le jeune chef français choisit de revenir Ă  la succession originale des quatre mouvements. L’Allegro initial introduit une marche funĂšbre inĂ©luctable martelĂ©e par des contrebasses impĂ©tueuses, une dĂ©ploration dans laquelle se manifestent les cris dĂ©sespĂ©rĂ©s et plaintifs de la petite harmonie, comme les vestiges d’une humanitĂ© qui refuserait de disparaĂźtre : une dualitĂ© trĂšs claire entre la vie et la mort qui s’achĂšve par un appel ardent Ă  la vie, Ă  la fois angoissant et lyrique. Bloch recourt ici Ă  un tempo rapide, et favorise les nuances et les contrastes, sollicitant tour Ă  tour les diffĂ©rents pupitres de maniĂšre Ă  obtenir de sa phalange des sonoritĂ©s inhabituelles qui laissent une large place aux contrechants : le phrasĂ© est tendu et la mise en place s’avĂšre au millimĂštre prĂšs. L’orchestre reste fidĂšle Ă  son excellente renommĂ©e, et on notera tout spĂ©cialement l’admirable dialogue entre cor et violon solo. L’Andante fait la part belle Ă  des cordes magnifiquement soyeuses, d’une ampleur Ă©mouvante jusqu’à la douleur, mais sans pathos exagĂ©rĂ©, dans un remarquable dialogue entre vent et cordes qui Ă©volue par vagues, dans un crescendo orchestral s’achevant sur une note pincĂ©e des violoncelles. Le Scherzo, lyrique et dansant, met en avant discordances et ruptures rythmiques, tout Ă  fait caractĂ©ristique des scherzos mahlĂ©riens, puis la musique s’estompe pour laisser place au silence. L’Allegro final, majestueux, s’ouvre sur une espĂ©rance (dĂ©livrĂ©e par le cor et le tuba) et un sentiment d’urgence, avant que l’orchestre ne se montre Ă  nouveau plein d’un irrĂ©sistible allant, se muant en une cavalcade effrĂ©nĂ©e et sauvage, vĂ©ritablement dionysiaque, oĂč les fameux coups de marteau marquent la prĂ©sence du destin en embuscade. Le doute plane sur l’issue de la bataille
 qui ne rencontrera sa (rĂ©)solution que dans les deux derniĂšres symphonies.

 

 

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En bref, une interprétation pertinente et une direction trÚs engagée, et une superbe réalisation musicale, qui nous fait déjà languir les prochains rendez-vous mahléro-lillois !

 

 
 

 
 

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Compte-rendu, concert. Lille, Auditorium du Nouveau SiÚcle, le 2 octobre 2019. Symphonie n°6 de Gustav Mahler (dite « Tragique »). Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch (direction). Illustrations, photos : © Ugo Ponte / Orchestre National de Lille 2019

 

 

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STREAMING : revoir et réécouter la 6Úme symphonie de Mahler :
Mahler : Symphonie n°6 en streaming jusque fin avril 2020 sur la chaüne YOUTUBE de l’ONL Orchestre National de Lille :
https://m.youtube.com/watch?v=Dtd0WqUtgCY

 

  

 

6Ăšme de MAHLER par l’Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH

ONL-orchestre-national-de-lille-saison-2019-2020-nouvelle-saison-symphonique-annonce-concerts-symphonies-chefs-maestro-opera-classiquenews-VIGNETTE-COR-19-20LILLE, 6Ăšme de MAHLER. 1er, 2 oct 2019. SAISON 2019 – 2020. ONL, Orchestre National de Lille. L’orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus poursuit sa formidable odyssĂ©e grĂące Ă  son nouveau directeur musical, Alexandre BLOCH. Un musicien dynamique qui ne s’économise guĂšre, ayant le goĂ»t des dĂ©fis impressionnants, fusionnant grands effectifs et sens du dĂ©tail comme de l’architecture. Les deux annĂ©es Ă©coulĂ©es ont dĂ©montrĂ© cette capacitĂ© du colossal et de l’intime dans le choix de partitions qui supposent un grand engagement collectif : l’inclassable mais fraternelle MASS de Bernstein, le cycle en cours dĂ©diĂ© aux Symphonies de Gustav Mahler (avec bientĂŽt le massif herculĂ©en de la 8Ăš dite des « mille » qui rĂ©unit alors, les 20 et 21 novembre 2019, pas moins de 300 artistes sur le plateau)

La nouvelle saison 2019-2020 s’annonce sous les mĂȘmes proportions (dont la 9Ăš de Beethoven associant solistes, chƓurs et orchestre pour un final somptueusement festif les 25 et 26 juin 2020), avec un souci « pĂ©dagogique » d’ampleur, celui de rĂ©vĂ©ler les « chefs d’Ɠuvres intemporels » du rĂ©pertoire, ceux qui ressuscitent pour le plus grand nombre, les vertiges de l’expĂ©rience symphonique.

 

 

En 2019 – 2020, l’ONL Ă©crit un nouveau chapitre de son odyssĂ©e symphonique


MAHLER, BEETHOVEN, LINDBERG


 

 

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Ainsi l’ONL Ă©largit toujours davantage sont rĂ©pertoire, interrogeant les pages ambitieuses taillĂ©es par les plus grands compositeurs : Haydn, Bizet, TchaĂŻkovski, Dvorak, Brahms, Schubert, sans omettre les rĂ©formateurs du XXĂš : Ravel et Debussy (entre autres, cycle « J’aime la musique française » …

 

 

 

SUITE DE L’ODYSSEE GUSTAV MAHLER

 

 

Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de Lille2019 voit l’achĂšvement du cycle GUSTAV MAHLER : soit 5 nouveaux rendez vous dĂ©sormais incontournable au Nouveau SiĂšcle de Lille pour tous ceux que le grand frisson orchestral attire et captive : Adagio de la 10Ăš (le 5 sept), surtout 6Ăšme (les 1er et 2 octobre), la sublime 7Ăš ou « chant de la nuit » (le 18 octobre), Symphonie n°8 des « mille » (les 20 et 21 nov), enfin ultime programme ou « Adieu mahlĂ©rien », Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020.

 

A LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle :

MAHLER 6 : Symphonie n°6  ”Tragique” – 1er et 2 octobre 2019  > rĂ©servez ici

MAHLER 7 : Symphonie n°7, “chant de la nuit” – vend 18 octobre 2019 > rĂ©servez ici

MAHLER 8 :  Symphonie n°8 “des Mille” – merc 20, jeudi 21 nov 2019 > rĂ©servez ici

 

 

 

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6Ăš symphonie de GUSTAV MAHLER, 1903 – 1904
l’oeuvre « jaillie du cƓur »

La SixiĂšme est un chant dĂ©sespĂ©rĂ© qui peint un paysage dĂ©vastĂ©. Son registre est le dĂ©faitisme qui marque une expĂ©rience amĂšre et sans illusions du hĂ©ros, sur sa propre carriĂšre et face Ă  l’univers. Cette percĂ©e dans un lyrisme dĂ©fait, mordant, dĂ©sabusĂ© qui n’a pas perdu, pour autant son orgueil ni sa dĂ©mesure, est assez surprenant Ă  la pĂ©riode oĂč Gustav Mahler la conçoit.

Sa collaboration pour l’OpĂ©ra de Vienne se dĂ©roule de mieux en mieux, en partie grĂące Ă  la participation du peintre Alfred Roller. Son activitĂ© de compositeur commence Ă  ĂȘtre reconnue. RĂ©cemment mariĂ©, il est pĂšre de la petite Maria. Les sources sur la genĂšse de l’Ɠuvre sont moins documentĂ©es et nombreuses que pour ses autres symphonies. Il semble que Mahler cependant, arrive Ă  Mayernigg, en juin 1903 et compose presque immĂ©diatement son nouvel opus.

Pour se remettre de l’écriture, il prend comme Ă  son habitude le train et sa bicyclette pour parcourir la campagne incomparable des Dolomites. A l’étĂ© 1903, seront couchĂ©es sur le papier, les deux mouvements intermĂ©diaires, et l’esquisse du premier. L’étĂ© 1904 est moins heureux : Alma allitĂ©e Ă  la suite de la naissance de leur deuxiĂšme fille, le rejoint tardivement ; et le temps, orages et pluies, l’empĂȘche de sortir ; il vit claustrĂ© et peu inspirĂ©. Pourtant, le compositeur achĂšve les (funĂšbres) Kindertotenlieder (Chant pour les enfants morts). Ce sont encore les massifs et les paysages de ses chĂšres Dolomites qui lui inspirent la suite de sa SixiĂšme symphonie. Fin aoĂ»t, le cycle entier est terminĂ©. Mahler en joue une rĂ©duction au piano Ă  Alma qui est Ă©mue jusqu’aux larmes, affirmant qu’il s’agit d’une Ɠuvre « fonciĂšrement personnelle », celle qui semble avoir jailli directement du cƓur. Alma ira mĂȘme jusqu’à reconnaĂźtre rĂ©trospectivement, dans les trois dĂ©flagrations du Finale, la prĂ©monition claire des trois Ă©vĂ©nements tragiques qui surviendront en 1907 : la mort de leur fille aĂźnĂ©e, le diagnostic de l’insuffisance cardiaque qui frappe Mahler, son dĂ©part forcĂ© de l’OpĂ©ra de Vienne.

Symphonie du destin

MĂȘme lorsque Mahler dirige la SixiĂšme, en mai 1906, dans le cadre du Festival de l’Allgemeiner Deutscher Musikverein Ă  Essen dans la Ruhr, rien ne lui permet d’entrevoir les Ă©vĂ©nements Ă  venir. Pendant la crĂ©ation, il se sent mal. Alma et Mengelberg, prĂ©sents, s’inquiĂštent de son apparent malaise. ƒuvre personnelle, trop peut-ĂȘtre pour celui qui est invitĂ© Ă  la diriger, la partition suscite sentiments et Ă©motions qui submergent leur auteur.

Contrairement aux symphonies prĂ©cĂ©dentes bercĂ©es malgrĂ© leur aigreur, par le chant idĂ©al du Knaben Wunderhorn, la SixiĂšme indique un dĂ©chirement : Mahler y peint un monde dĂ©senchantĂ©, cruel, violent. Une conscience nouvelle a surgi. Cette sensation nouvelle de la vie, de sa cruautĂ© et sa froideur, il l’a dĂ©jĂ  exprimĂ©e dans la texture de la CinquiĂšme. La caisse claire marque le rythme haletant et syncopĂ© de la marche initiale, une marche au supplice et une dĂ©claration de guerre. Le dĂ©roulement de tant de catastrophes n’ouvrant sur aucun rĂ©pit ni aucune vision rĂ©confortante est d’autant plus forte, presque insoutenable. Le motif d’Alma, et celui des vaches renforcent l’humeur autobiographique de la partition qui conserve sa force rĂ©aliste et son dĂ©nuement poĂ©tique.

Le Scherzo est Ă  lui seul, une Ă©vocation lugubre de la mort, moins dansante que convulsive. L’andante offre une pause dans un monde agitĂ©, sans grĂące. Et c’est encore l’évocation du monde pastoral, des oiseaux (flĂ»tes et clarinettes) et des vaches, qui renforce toujours ce lien vital entre Mahler et l’élĂ©ment naturel, sans lequel il ne pourrait vivre ni composer, trouver le mode de vie transitoire, ce pacte rĂ©gulateur, absorbant ses innombrables angoisses.

Dans le Finale, la peinture s’obscurcit encore et les perspectives sont bouchĂ©es. Sans issue, murĂ© dans son errance, Mahler fait l’expĂ©rience du chaos et de l’effondrement. Il fallait qu’il explore les TĂ©nĂšbres dans son Ăąme pour mieux s’ouvrir dans les HuitiĂšme puis NeuviĂšme, aux champs Ă©lysĂ©ens en un hymne de paix pleinement atteint. Mais cet accomplissement devait encore passer par des traversĂ©es fondatrices, celle de la SeptiĂšme symphonie, aussi personnelle et dans laquelle le hĂ©ros est le spectateur et l’observateur, -ni acteur, ni victime-, qui a pris le recul face aux forces, mystĂ©rieuses, terrifiantes et insondables qui façonnent l’univers.

 

 

 

 

 

NOUVELLE SAISON 2019 – 2020 de l’ONL Orchestre National de Lille : Riche en propositions musicales nouvelles, l’ONL sait aussi se rĂ©inventer pour chaque nouvelle saison : en tĂ©moignent ses formats orchestraux inĂ©dits capables de sĂ©duire et fidĂ©liser un public de plus en plus Ă©largi : cinĂ©-concerts (Star Wars, Ă©pisodes VI et VII, les 21 et 22 fĂ©v 2020 : « Le retour du Jedi » ; puis, les 2 et 3 avril 2020 : « Le rĂ©veil de la force »), « Just play » (24 sept), « concert flash » (45 mn de musique Ă  la pause dĂ©jeuner : les 10 oct, 7 nov 2019 ; 20 janv, 12 mars 2010), «  Famillissimo » (programmes oniriques pour les petits et leurs familles : les 31 oct, 30 nov 2019 ; LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de la nouvelle saison 2019 2020 de l’Orchestre National de LILLE

 

 

 

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TOUTES LES INFOS et les modalités de réservation
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CD
les derniers cd de l’Orchestre National de Lille, critiquĂ©s sur CLASSIQUENEWS

CD, critique. Les PĂȘcheurs de Perles de BIZET : Fuchs, Dubois, Sempey


CD, critique. CHAUSSON : oeuvres symphoniques / Poùme de l’amour et de la mer / Symphonie opus 20

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REPORTAGES VIDEOS
Les derniers reportages dĂ©diĂ©s au travail de l’ONL Orchestre National de Lille :

REPORTAGE VIDEO : Les PĂȘcheurs de perles

REPORTAGE VIDEO : MASS de Bernstein

ET bientĂŽt en nov 2019 : Symphonie des Mille de Gustav Mahler

COMPTE-RENDU, critique, opéra. LILLE, le 9 juillet 2019. BIZET : Carmen, Extrémo, Bélanger
 ONL, Alex. BLOCH

COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. LILLE, le 9 juillet 2019. BIZET : Carmen, ExtrĂ©mo, BĂ©langer
 ONL, Alex. BLOCH. Ils l’avaient laissĂ© il y a deux ans, depuis des PĂȘcheurs de perles rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s (entre autres par une direction sculptĂ©e et narrative, Ă©nergique et colorĂ©e, et une distribution oĂč brillait l’éclat de la jeunesse). Les musiciens de l’Orchestre National de Lille et leur directeur musical Alexandre Bloch, reprennent le mĂ©tier amorcĂ© et dĂ©diĂ© Ă  Georges Bizet. Pour lancer leur nouveau festival estival, « les Nuits d’été », voici donc Carmen, l’ultime opĂ©ra du maĂźtre romantique (1875) et dans un dispositif adaptĂ© au volume de l’auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille. Ici pas de dĂ©cors ni de mise en scĂšne traditionnelle, mais une gigantesque fresque illustrĂ©e, mouvante, animĂ©e en fond de plateau, un narrateur mĂȘlant humour et citations du roman de MĂ©rimĂ©e (Carmen, 1845 dont s’est inspirĂ© Bizet), soit une mise en espace qui au dernier tableau, produit pour le public une immersion convaincante. De toute Ă©vidence, pour le National de Lille, ce nouveau pari – lyrique-, est amplement rĂ©ussi. Guide et rĂ©citant, enjouĂ©, prĂ©cis quand il cite la nouvelle de MĂ©rimĂ©e, le narrateur Alex Vizorek trouve le ton juste, sans pĂ©danterie, dans la dĂ©contraction qui sied infiniment Ă  un spectacle d’opĂ©ra (merci Ă  cette intelligence), osant mĂȘme des saillies bien trempĂ©es Ă  l’endroit des RĂ©publicains ou de Manuel Vals


 

 

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AprĂšs une ouverture riante et mĂ©diterranĂ©enne Ă  souhait oĂč le chef n’oublie jamais le drame ni mĂȘme la veine Ăąpre et tragique ; aprĂšs la premiĂšre apparition de la frĂȘle Micaela (ardente Gabrielle Philipponet remplaçant au pied levĂ© Layla Claire) ; aprĂšs le choeur rĂ©jouissant des enfants (chƓur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal
 idĂ©alement prĂ©parĂ© dans l’Ă©vocation de la relĂšve de la garde), 
 voici enfin la « carmencita », furie sauvage, crĂ©ature bondissante, Ă  peine extirpĂ©e (par JosĂ©) d’un bain de sang, dans cette manufacture des cigariĂšres Ă  SĂ©ville… oĂč les coups de poignards tranchent la peau, oĂč la voluptĂ© des corps fĂ©minins dĂ©nudĂ©s est une provocation, une abomination Ă  faire se signer les puritains. L’opĂ©ra de Bizet est une peinture Ă©rotique franche : et son hĂ©roĂŻne revendique cette libertĂ© sĂ©ditieuse. A la fois dĂ©voreuse et menthe religieuse, Aude ExtrĂ©mo incarne une sirĂšne mĂ©morable ; elle dĂ©verse Ă  plein gosier le mĂ©tal onctueux et quasi caverneux de son ample mezzo : on aura rarement Ă©couter Carmen plus abyssale plus dominatrice, plus fatale
 C’est une arme de sĂ©duction massive. Quand elle chante, tout s’efface dans ce relief vocal, cette soie au souffle infini, Ă  la fois sensuel et monstrueux.

  

 

 

L’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH jouent Bizet
CARMEN revivifiée au Nouveau SiÚcle

 

 

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C’est une maĂźtresse Ăšs voluptĂ© ; on comprend que le trop frĂȘle Don JosĂ©, brigadier de pacotille, qui se place toujours dans l’ombre de sa mĂšre, se soit soumis corps et Ăąme sous l’attraction de cette enchanteresse dont la raucitĂ© fascine. Mais Ă  y rĂ©flĂ©chir plus scrupuleusement, le tĂ©nor quĂ©bĂ©cois Antoine BĂ©langer gagne en maturitĂ©, sĂ»retĂ© et Ă©paisseur en cours de drame ; dĂ©bord un rien serrĂ©s, ses formidables aigus se galbent et s’adoucissent; il rĂ©ussit Ă  rendre sincĂšre et dĂ©chirant son air de la fleur (magnifique voix de tĂȘte qui a la tendresse d’un garçonnet Ă©pris) puis trouve de justes accents dignes du thĂ©Ăątre tragique dans le duo final oĂč il tue son bourreau, Carmen 
 laquelle confesse qu’elle est bien le diable incarnĂ©.

 

 

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Finalement, aprĂšs ces 2h45 de spectacle, c’est lui le vrai hĂ©ros de la soirĂ©e capable sur la durĂ©e de construire son personnage, de le rendre crĂ©dible… de l’amoureux transi, au soldat pris de scrupules militaires quand le clairon sonne (chez Lilas Pastia), sans omettre le jaloux haineux (au III : vis Ă  vis du torero Escamillo, trop beau, trop noble trop arrogant : impeccable et presque hautain Florian Sempey) ; jusqu’au fou d’amour au IV, prĂ©fĂ©rant alors poignarder celle qu’il adore, plutĂŽt que d’accepter qu’elle le quitte. Ce frĂȘle transi est devenu par la force de sa passion, un sanguin criminel. La dĂ©testation qu’il Ă©prouve alors, est aussi intense que l’amour suscitĂ© par la Gitane au II.

 

 

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Outre l’acuitĂ© des scĂšnes et confrontations Ă©pineuses, passionnelles, rageuses, la rĂ©ussite de la soirĂ©e vient des illustrations animĂ©es qui offrent un commentaire visuel et chromatique aux tableaux musicaux ; les atmosphĂšres et les climats,  la puissance poĂ©tique de l’orchestre de Bizet, fait saillant du spectacle, s’en trouvent dĂ©cuplĂ©s.
Saluons l’imagination du plasticien GrĂ©goire Pont : ses dessins font respirer le drame orchestral ; ils revivifient le mythe de Carmen.

 

 

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Mais ne nous trompons pas : les protagonistes de choc ce soir sont bien chaque instrumentiste du National de Lille, fabuleux collectif capable de couleurs, d’accents, d’Ă©clats,.. souvent furieux, exacerbĂ©s mais souples. Le chef Alexandre Bloch veille essentiellement au drame. Et Ă  l’opulence dĂ©taillĂ©e de la parure orchestrale : sous sa direction affĂ»tĂ©e, les bois et les cuivres en particulier, redoublent d’intensitĂ© et d’ardeur, d’indĂ©cente voluptĂ© aussi, car ainsi on comprend combien la Carmen de Bizet ronronne, tempĂȘte, s’enflamme en lascive impudeur. Clarinette, hautbois, basson subjuguent littĂ©ralement comme le trompettiste solo au I, accompagnant le changement des gardes, descendante et montante. On y dĂ©tecte les mĂȘmes justes rĂ©glages et soucis des timbres qui font actuellement la valeur du cycle Gustav Mahler en cours.
Comme il l’avait superbement dĂ©montrĂ© en mai 2017, Alexandre Bloch dĂ©voile de rĂ©elles  affinitĂ©s lyriques, dans l’Ă©nergie et l’articulation dramatique. DĂ©jĂ , il s’agissait de Bizet mais celui lĂ  de jeunesse : les PĂȘcheurs de perles (sujet du premier enregistrement discographique entre Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille - enregistrĂ© en mai 2017, Ă©ditĂ© chez Pentatone en 2018).
On peut ici et lĂ  regretter chez certains solistes la perte dommageable du texte qui rend incomprĂ©hensible leur intervention, d’autant plus qu’il n’y a pas de surtitrage. Mais la direction souvent somptueuse du directeur musical Ă©claircit et mĂȘme explicite par le seul caractĂšre des prĂ©ludes (superbe intro du III entre autres), le sens et la direction des Ă©pisodes dont il saisit la poĂ©sie heureuse, le rĂȘve et la voluptĂ©, comme la pression du fatum : aucun doute, ce dernier Bizet Ă©poustoufle par son gĂ©nie mĂ©lodique, sa conception dramatique et par le raffinement de son orchestration.
Chef et orchestre nous transmettent le souffle et la vivacitĂ© riante, la plĂ©nitude et le nuancier mĂ©diterranĂ©en d’un Bizet souvent touchĂ© par la grĂące. C’est Manet devenu musicien, tant Alexandre Bloch en vrai amateur des timbres, rĂ©ussit les alliages et les dosages comme l’équilibre des pupitres. Le voici cet orchestre solaire et viscĂ©ralement latin, non pas tant « africain » comme l’a suggĂ©rĂ© Nietzsche alors en froid avec les brumes nordiques de Wagner, mais plutĂŽt fiĂ©vreux et passionnĂ©, d’une ivresse insolente, d’un dramatisme Ă  la fois sanguin et tendre. C’est un bel hommage que les interprĂštes ont ainsi rĂ©servĂ© au thĂ©Ăątre de Bizet, des PĂȘcheurs de perles Ă  Carmen.

Cette soirĂ©e fut un festin de couleurs Ă©panouies, joyeuses, aux cĂŽtĂ©s du drame noir et cru. ContrastĂ©, souverain, le National de Lille a bien raison de proposer ainsi son premier volet de son nouveau festival d’étĂ© « Les Nuits d’été » : un opĂ©ra chaque Ă©tĂ©, en juillet dans l’auditorium du Nouveau SiĂšcle. Pour une premiĂšre, c’est un triomphe au regard de la salle comble et plus qu’enthousiaste : convaincus, les spectateurs applaudissent debout tous les artistes. L’Orchestre dĂ©montre ainsi qu’il sait plaire Ă  son public. Ce dernier est prĂȘt Ă  le suivre pour de nouveaux dĂ©fis lyriques.

 

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La salle du Nouveau SiÚcle à Lille transformée en arÚnes de corrida pour le tableau final, celui tragique du meurtre de Carmen par Don José

 
  

 

 

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Carmen par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch, avec Aude ExtrĂ©mo, Antoine BĂ©langer, Florian Sempey
 Ă  l’affiche du Nouveau SiĂšcle, les 10 et 11 juillet 2019. Incontournable.

Illustrations : © Ugo Ponte + ONL Orchestre National de Lille 2019

 

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Version semi-scĂ©nique / ‹DurĂ©e : environ 2h40 minutes + entracte
Création le 3 mars 1875 à Paris

Orchestre National de Lille‹ / Direction : Alexandre Bloch
ChƓur de l’OpĂ©ra de Lille – chef de chƓur : Yves Parmentier‹ / ChƓur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal – chef de chƓur : Pascale Dieval-Wils

Aude Extrémo : Carmen (photo ci dessous)
‹Antoine BĂ©langer : Don JosĂ©
Gabrielle Philipponet : Micaëla
Florian Sempey : Escamillo
Pauline Texier : Frasquita
AdelaĂŻde Rouyer : Mercedes
JĂ©rĂŽme Boutillier : Le dancaĂŻre
Antoine Chenuet : Le Remendado
Bertrand Duby : Zuniga
Philippe-Nicolas Martin : MoralĂšs
Alex Vizorek : récitant
Grégoire Pont : illustrations et animations

Assistants Ă  la direction musicale : Jonas Ehrler et Victor Jacob
Chef de chant : Philip Richardson

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de la nouvelle CARMEN par l’Orchestre National de LILLE

LIRE notre entretien avec François Bou, directeur gĂ©nĂ©ral de l’Orchestre National de LILLE Ă  propos du nouveau cycle estival d’opĂ©ras, Les Nuits d’Ă©tĂ©

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ONL, ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, nouvelle saison 2019 – 2020

ONL-orchestre-national-de-lille-saison-2019-2020-nouvelle-saison-symphonique-annonce-concerts-symphonies-chefs-maestro-opera-classiquenews-VIGNETTE-COR-19-20SAISON 2019 – 2020. ONL, Orchestre National de Lille. L’orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus poursuit sa formidable odyssĂ©e grĂące Ă  son nouveau directeur musical, Alexandre BLOCH. Un musicien dynamique qui ne s’économise guĂšre, ayant le goĂ»t des dĂ©fis impressionnants, fusionnant grands effectifs et sens du dĂ©tail comme de l’architecture. Les deux annĂ©es Ă©coulĂ©es ont dĂ©montrĂ© cette capacitĂ© du colossal et de l’intime dans le choix de partitions qui supposent un grand engagement collectif : l’inclassable mais fraternelle MASS de Bernstein, le cycle en cours dĂ©diĂ© aux Symphonies de Gustav Mahler (avec bientĂŽt le massif herculĂ©en de la 8Ăš dite des « mille » qui rĂ©unit alors, les 20 et 21 novembre 2019, pas moins de 300 artistes sur le plateau)

La nouvelle saison 2019-2020 s’annonce sous les mĂȘmes proportions (dont la 9Ăš de Beethoven associant solistes, chƓurs et orchestre pour un final somptueusement festif les 25 et 26 juin 2020), avec un souci « pĂ©dagogique » d’ampleur, celui de rĂ©vĂ©ler les « chefs d’Ɠuvres intemporels » du rĂ©pertoire, ceux qui ressuscitent pour le plus grand nombre, les vertiges de l’expĂ©rience symphonique.

 

 

En 2019 – 2020, l’ONL Ă©crit un nouveau chapitre de son odyssĂ©e symphonique


MAHLER, BEETHOVEN, LINDBERG


 

 

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Ainsi l’ONL Ă©largit toujours davantage sont rĂ©pertoire, interrogeant les pages ambitieuses taillĂ©es par les plus grands compositeurs : Haydn, Bizet, TchaĂŻkovski, Dvorak, Brahms, Schubert, sans omettre les rĂ©formateurs du XXĂš : Ravel et Debussy (entre autres, cycle « J’aime la musique française » : concerts des 24, 25 janvier, puis 28 janv au 1er fĂ©vrier 2020 : La Mer, Ma mĂšre l’Oye, La Valse) ; mais aussi Chostakovtich (Symphonies n°1 par Jean-Claude Casadesus, les 6 et 7 nov, / Symphonie n°5 par Alexandre Bloch, les 24 et 25 avril 2020), aux cĂŽtĂ©s de Beethoven dont 2020 marque le 150Ăš anniversaire. Pleins feux aussi sur l’écriture du compositeur en rĂ©sidence et chef Magnus Lindberg dont plusieurs programmes dĂ©voileront davantage la singularitĂ© instrumentale : samedi 8 fĂ©vrier 2020 (« Lindberg exprience »: concert dirigĂ©, commentĂ© par le compositeur : Ottoni, Parada
) – autres rvs Lindberg : les 5 sept 2019, 11 mars et 25 et 26 juin 2019.

2019 voit l’achĂšvement du cycle GUSTAV MAHLER : soit 5 nouveaux rendez vous dĂ©sormais incontournable au Nouveau SiĂšcle de Lille pour tous ceux que le grand frisson orchestral attire et captive : Adagio de la 10Ăš (le 5 sept), surtout 6Ăšme (les 1er et 2 octobre), la sublime 7Ăš ou « chant de la nuit » (le 18 octobre), Symphonie n°8 des « mille » (les 20 et 21 nov), enfin ultime programme ou « Adieu mahlĂ©rien », Symphonie n°9, les 15 et 16 janvier 2020.

Riche en propositions musicales nouvelles, l’ONL sait aussi se rĂ©inventer pour chaque nouvelle saison : en tĂ©moignent ses formats orchestraux inĂ©dits capables de sĂ©duire et fidĂ©liser un public de plus en plus Ă©largi : cinĂ©-concerts (Star Wars, Ă©pisodes VI et VII, les 21 et 22 fĂ©v 2020 : « Le retour du Jedi » ; puis, les 2 et 3 avril 2020 : « Le rĂ©veil de la force »), « Just play » (24 sept), « concert flash » (45 mn de musique Ă  la pause dĂ©jeuner : les 10 oct, 7 nov 2019 ; 20 janv, 12 mars 2010), «  Famillissimo » (programmes oniriques pour les petits et leurs familles : les 31 oct, 30 nov 2019 ; puis 28 et 29 fĂ©v : session autour de Beethoven et le hip hop ; le 4 avril 2020)

Autres temps forts d’une saison Ă©clectique et pĂ©dagogique : les grands invitĂ©s solistes de la nouvelle saison 2019 – 2020 qui travailleront avec Alexandre Bloch, 
 tels le violoniste Sergey Khachatryan (Concerto n°1 de Chostakovitch), ou le violoncelliste style Jean-Guilhen Queyras (Haydn, Bizet, Beethoven).

Jamais en reste d’un redĂ©finition crĂ©ative ou d’une exploration complĂ©mentaire, l’ONL Orchestre national de Lille proposera en juin 2020, une nouvelle version du LILLE PIANO(S) Festival (cycle de concerts autour du piano qui investit plusieurs lieux de Lille, les 12, 13 et 14 juin 2020), et aussi un nouveau rendez-vous estival, « Les Nuits d’été », qui propose de relire un opĂ©ra cĂ©lĂšbre en son auditorium du Nouveau siĂšcle, noyau de ses activitĂ©s musicales.

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Aude Extremo, nouvelle Carmen Ă  LILLE

carmen-bizet-alexandre-bloch-opera-lille-onl-orchestre-national-de-lille-annonce-opera-critique-opera-classiquenews-juillet-2019LILLE, ONL : BIZET : CARMEN, les 9, 11 et 12 juillet 2019. L’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre BLOCH concluent la saison 2018 – 2019 avec l’opĂ©ra romantique français le plus populaire : Carmen. C’est un ouvrage aussi lyrique que symphonique, oĂč inspirĂ© de MĂ©rimĂ©e, le compositeur Bizet, Ă  l’époque des impressionnistes, renouvelle la langue orchestrale par son sens des couleurs et de la mĂ©lodie. Si l’action se dĂ©roule en Espagne, Bizet ne voyagea jamais jusque lĂ ; et son hispanisme demeure fantasmĂ©, chromatique, sensuel
 d’une force poĂ©tique exceptionnelle, vraie correspondance avec la peinture de Manet, lui aussi passionnĂ© par les sujets ibĂ©riques. Comme la grande Olympia (1863), scandaleux nu en grand format, Bizet exprime la voluptĂ© rĂągeuse et exacerbĂ©e de Carmen, la cigariĂšre de SĂ©ville dont la libertĂ© provocante vaut bien la nuditĂ© Ă©rotique de Manet.
Comme pour mieux rendre digeste la franchise Ă©rotique de Carmen version Bizet, ses librettistes outrepassent la fidĂ©litĂ© Ă  MĂ©rimĂ©e : Meilhac et HalĂ©vy (si en verve chez Offenbach), tempĂšrent ainsi la tragĂ©die sulfureuse de Carmen en inventant le personnage de MicaĂ«la, blonde angĂ©lique qui fiancĂ©e au brigadier JosĂ©, tente de lui rappeler, ses devoirs de fils, ses vƓux amoureux, sa sagesse raisonnable. Evidemment, JosĂ© fera tout Ă  fait l’inverse de tout cela.

bizet-portrait-georges-bizet-carre-classiquenews-portraitDans le cadre d’un nouveau cycle musical estival « Les Nuits d’été », l’ONL, Orchestre National de Lille se dĂ©die Ă  prĂ©sent aux grands ouvrages lyriques. Carmen inaugure ce festival d’un nouveau genre qui en 3 dates, les 9, 11 et 12 juillet 2019, profite de l’excellente acoustique du Nouveau SiĂšcle, auditorium moderne, rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille. La version qu’a choisi Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre, est inĂ©dite, produisant une mise en espace avec illustrations et narrations, et un rĂ©citant dont les textes remplaçant les rĂ©citatifs parlĂ©s et chantĂ©s, sont nouveaux.

 

 

 

A LILLE, une CARMEN inédite
animée, illustrée, narrée


 

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Alexandre Bloch qui dirige ici l’opĂ©ra intĂ©gral pour la premiĂšre fois, entend montrer le gĂ©nie d’un Bizet de 36 ans, mort trop tĂŽt, dont l’orchestre chatoyant assure une synthĂšse de tout l’opĂ©ra français : lumiĂšre tragique voire Ă©blouissante, couleurs mĂ©diterranĂ©ennes (rapidement opposĂ©es, par Nietzsche, aux brumes culpabilisantes de Wagner)
 justesse des caractĂšres : Carmen arrogante et libre ; Escamillo le torero, viril et vainqueur ; face au tĂ©nor, JosĂ©, plus complexe, entre amant blessĂ©, tĂ©nĂ©breux et fou sanguin, nerveux autant que jaloux.

Le chef prolonge ainsi son travail sur l’écriture dramatique de Bizet dont il a, il y a deux ans, ressuscitĂ© dans une version urtext, la magie et l’onirisme romantique des PĂȘcheurs de perles (2017, cd CLIC de CLASSIQUENEWS).

Bizet a tout donnĂ© dans Carmen, jusqu’à perdre la vie, victime d’une rupture d’anĂ©vrisme selon la lĂ©gende.
Dans cette vaste fresque orchestrale, souvent enivrante, douĂ©e de superbes intermĂšdes symphoniques, Alexandre Bloch distingue quelques passages particuliĂšrement rĂ©ussis : au III, l’air des cartes « oĂč Carmen tire Ă  chaque fois la mort » ; Ă  la fin du mĂȘme acte III : la folie de Don JosĂ© qui comme une dĂ©claration clĂ©, dit Ă  Carmen : « tu me suivras jusqu’au trĂ©pas …, puis la brutalise. À la fin de ce passage, il apprend que sa mĂšre est sur le point de mourir et s’écrie : Ma mĂšre, ma mĂšre… . Il dĂ©cide alors de suivre MicaĂ«la avant de se retourner vers Carmen en lui lançant : Sois contente je pars, mais nous nous reverrons… »

OpĂ©ra comique, c’est Ă  dire avec rĂ©cits et dialogues parlĂ©s, Carmen crĂ©Ă© le 3 mars 1875, est Ă  Lille, est prĂ©sentĂ© dans un dispositif semi-scĂ©nique; Alexandre Bloch souhaitant surtout se concentrer sur la musique qui il est vrai vaut bien des mises en scĂšnes. Les rĂ©citatifs parlĂ©s-chantĂ©s accompagnĂ©s par l’orchestre (Ă©crits par Ernest Guiraud aprĂšs la mort de Bizet) sont Ă©cartĂ©s, et c’est l’humoriste Alex Vizorek qui assure la narration. Le « plus » du spectacle, qui devrait sĂ©duire le grand public : les illustrations et animations de GrĂ©goire Pont dont on se souvient des rĂ©alisations poĂ©tiques pour L’Enfant et les sortilĂšges de Ravel (Lyon, 2016) : ses dessins assureront le contexte visuel de chaque tableau dramatique. Nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

 

 

carmen-bizet-alexandre-bloch-opera-lille-onl-orchestre-national-de-lille-annonce-opera-critique-opera-classiquenews-juillet-2019ENTRETIEN avec François BOU, directeur gĂ©nĂ©ral de l’Orchestre National de Lille Ă  propos de Carmen 2019 et du nouveau cycle lyrique estival au Nouveau SiĂšcle, ” Les Nuits d’Ă©tĂ©”…  Distribution, illustrateur, rĂ©citant
 , place de la musique et retour Ă  MĂ©rimĂ©e
 François Bou prĂ©sente Carmen dans le dispositif particulier de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille. LIRE notre entretien complet

 

 

 

 

 

 

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BIZET : Carmen
LILLE, Nouveau SiĂšcle
Les 9, 11 et 12 juillet 2019 Ă  20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/carmen/

 

 

 

Version semi-scĂ©nique / ‹DurĂ©e : environ 2h40 minutes + entracte
Création le 3 mars 1875 à Paris

Orchestre National de Lille‹ / Direction : Alexandre Bloch
ChƓur de l’OpĂ©ra de Lille – chef de chƓur : Yves Parmentier‹ / ChƓur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal – chef de chƓur : Pascale Dieval-Wils

Aude Extrémo : Carmen (photo ci dessous)
‹Antoine BĂ©langer : Don JosĂ©
Layla Claire : Micaëla
Florian Sempey : Escamillo
Pauline Texier : Frasquita
AdelaĂŻde Rouyer : Mercedes
JĂ©rĂŽme Boutillier : Le dancaĂŻre
Antoine Chenuet : Le Remendado
Bertrand Duby : Zuniga
Philippe-Nicolas Martin : MoralĂšs
Alex Vizorek : récitant
Grégoire Pont : illustrations et animations

Assistants Ă  la direction musicale : Jonas Ehrler et Victor Jacob
Chef de chant : Philip Richardson

 

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notre reportage vidĂ©o Les PĂȘcheurs de Perles par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch (Reportage vidĂ©o en 2 volets, rĂ©alisĂ© au moment de l’enregistrement et de la reprĂ©sentation de l’opĂ©ra en version de concert et spatialitĂ© au Nouveau SiĂšcle de Lille, 2017)

http://www.classiquenews.com/bizet-les-pecheurs-de-perles-ressuscites-par-le-national-de-lille-alexandre-pham/

 

 

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notre critique du cd Les PĂȘcheurs de perles par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille

http://www.classiquenews.com/cd-opera-critique-bizet-les-pecheurs-de-perles-1864-nouvelle-version-complete-onl-orchestre-national-de-lille-a-bloch-2-cd-pentatone-2017/

 

 

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LILLE : Nouvelle Carmen de Bizet par l’ONL, Alexandre BLOCH

carmen-bizet-alexandre-bloch-opera-lille-onl-orchestre-national-de-lille-annonce-opera-critique-opera-classiquenews-juillet-2019LILLE, ONL : BIZET : CARMEN, les 9, 11 et 12 juillet 2019. L’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre BLOCH concluent la saison 2018 – 2019 avec l’opĂ©ra romantique français le plus populaire : Carmen. C’est un ouvrage aussi lyrique que symphonique, oĂč inspirĂ© de MĂ©rimĂ©e, le compositeur Bizet, Ă  l’époque des impressionnistes, renouvelle la langue orchestrale par son sens des couleurs et de la mĂ©lodie. Si l’action se dĂ©roule en Espagne, Bizet ne voyagea jamais jusque lĂ ; et son hispanisme demeure fantasmĂ©, chromatique, sensuel
 d’une force poĂ©tique exceptionnelle, vraie correspondance avec la peinture de Manet, lui aussi passionnĂ© par les sujets ibĂ©riques. Comme la grande Olympia (1863), scandaleux nu en grand format, Bizet exprime la voluptĂ© rĂągeuse et exacerbĂ©e de Carmen, la cigariĂšre de SĂ©ville dont la libertĂ© provocante vaut bien la nuditĂ© Ă©rotique de Manet.
Comme pour mieux rendre digeste la franchise Ă©rotique de Carmen version Bizet, ses librettistes outrepassent la fidĂ©litĂ© Ă  MĂ©rimĂ©e : Meilhac et HalĂ©vy (si en verve chez Offenbach), tempĂšrent ainsi la tragĂ©die sulfureuse de Carmen en inventant le personnage de MicaĂ«la, blonde angĂ©lique qui fiancĂ©e au brigadier JosĂ©, tente de lui rappeler, ses devoirs de fils, ses vƓux amoureux, sa sagesse raisonnable. Evidemment, JosĂ© fera tout Ă  fait l’inverse de tout cela.

Dans le cadre d’un nouveau cycle musical estival « Les Nuits d’été », l’ONL, Orchestre National de Lille se dĂ©die Ă  prĂ©sent aux grands ouvrages lyriques. Carmen inaugure ce festival d’un nouveau genre qui en 3 dates, les 9, 11 et 12 juillet 2019, profite de l’excellente acoustique du Nouveau SiĂšcle, auditorium moderne, rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille. La version qu’a choisi Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre, est inĂ©dite, produisant une mise en espace avec illustrations et narrations, et un rĂ©citant dont les textes remplaçant les rĂ©citatifs parlĂ©s et chantĂ©s, sont nouveaux.

 

 

 

A LILLE, une CARMEN inédite
animée, illustrée, narrée


 

 

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Alexandre Bloch qui dirige ici l’opĂ©ra intĂ©gral pour la premiĂšre fois, entend montrer le gĂ©nie d’un Bizet de 36 ans, mort trop tĂŽt, dont l’orchestre chatoyant assure une synthĂšse de tout l’opĂ©ra français : lumiĂšre tragique voire Ă©blouissante, couleurs mĂ©diterranĂ©ennes (rapidement opposĂ©es, par Nietzsche, aux brumes culpabilisantes de Wagner)
 justesse des caractĂšres : Carmen arrogante et libre ; Escamillo le torero, viril et vainqueur ; face au tĂ©nor, JosĂ©, plus complexe, entre amant blessĂ©, tĂ©nĂ©breux et fou sanguin, nerveux autant que jaloux.

Le chef prolonge ainsi son travail sur l’écriture dramatique de Bizet dont il a, il y a deux ans, ressuscitĂ© dans une version urtext, la magie et l’onirisme romantique des PĂȘcheurs de perles (2017, cd CLIC de CLASSIQUENEWS).

Bizet a tout donnĂ© dans Carmen, jusqu’à perdre la vie, victime d’une rupture d’anĂ©vrisme selon la lĂ©gende.
Dans cette vaste fresque orchestrale, souvent enivrante, douĂ©e de superbes intermĂšdes symphoniques, Alexandre Bloch distingue quelques passages particuliĂšrement rĂ©ussis : au III, l’air des cartes « oĂč Carmen tire Ă  chaque fois la mort » ; Ă  la fin du mĂȘme acte III : la folie de Don JosĂ© qui comme une dĂ©claration clĂ©, dit Ă  Carmen : « tu me suivras jusqu’au trĂ©pas …, puis la brutalise. À la fin de ce passage, il apprend que sa mĂšre est sur le point de mourir et s’écrie : Ma mĂšre, ma mĂšre… . Il dĂ©cide alors de suivre MicaĂ«la avant de se retourner vers Carmen en lui lançant : Sois contente je pars, mais nous nous reverrons… »

OpĂ©ra comique, c’est Ă  dire avec rĂ©cits et dialogues parlĂ©s, Carmen crĂ©Ă© le 3 mars 1875, est Ă  Lille, est prĂ©sentĂ© dans un dispositif semi-scĂ©nique; Alexandre Bloch souhaitant surtout se concentrer sur la musique qui il est vrai vaut bien des mises en scĂšnes. Les rĂ©citatifs parlĂ©s-chantĂ©s accompagnĂ©s par l’orchestre (Ă©crits par Ernest Guiraud aprĂšs la mort de Bizet) sont Ă©cartĂ©s, et c’est l’humoriste Alex Vizorek qui assure la narration. Le « plus » du spectacle, qui devrait sĂ©duire le grand public : les illustrations et animations de GrĂ©goire Pont dont on se souvient des rĂ©alisations poĂ©tiques pour L’Enfant et les sortilĂšges de Ravel (Lyon, 2016) : ses dessins assureront le contexte visuel de chaque tableau dramatique. Nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

 

 

 

 

 

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BIZET : Carmen
LILLE, Nouveau SiĂšcle
Les 9, 11 et 12 juillet 2019 Ă  20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/carmen/

 

 

 

Version semi-scĂ©nique / ‹DurĂ©e : environ 2h40 minutes + entracte
Création le 3 mars 1875 à Paris

Orchestre National de Lille‹ / Direction : Alexandre Bloch
ChƓur de l’OpĂ©ra de Lille – chef de chƓur : Yves Parmentier‹ / ChƓur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal – chef de chƓur : Pascale Dieval-Wils

Aude Extrémo : Carmen (photo ci dessous)
‹Antoine BĂ©langer : Don JosĂ©
Layla Claire : Micaëla
Florian Sempey : Escamillo
Pauline Texier : Frasquita
AdelaĂŻde Rouyer : Mercedes
JĂ©rĂŽme Boutillier : Le dancaĂŻre
Antoine Chenuet : Le Remendado
Bertrand Duby : Zuniga
Philippe-Nicolas Martin : MoralĂšs
Alex Vizorek : récitant
Grégoire Pont : illustrations et animations

Assistants Ă  la direction musicale : Jonas Ehrler et Victor Jacob
Chef de chant : Philip Richardson

 

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notre reportage vidĂ©o Les PĂȘcheurs de Perles par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch (Reportage vidĂ©o en 2 volets, rĂ©alisĂ© au moment de l’enregistrement et de la reprĂ©sentation de l’opĂ©ra en version de concert et spatialitĂ© au Nouveau SiĂšcle de Lille, 2017)

http://www.classiquenews.com/bizet-les-pecheurs-de-perles-ressuscites-par-le-national-de-lille-alexandre-pham/

 

 

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notre critique du cd Les PĂȘcheurs de perles par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille

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COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction.

COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction. Le nouveau concert Mahler Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle est un jalon passionnant Ă  suivre, confirmant l’évidente affinitĂ© du chef avec l’écriture mahlĂ©rienne, comme l’éloquence collective des instrumentistes du National de Lille, en particulier aprĂšs plus d’une heure de jeu
 comme libĂ©rĂ©s, naturels, dans le dernier et 5Ăš tableau : le Rondo-Finale / Allegro, marquĂ© par l’urgence et une joie rayonnante, indĂ©fectible. Un bel engagement qui a dĂ» certainement ravir la petite fille du compositeur, prĂ©sente ce soir : Marina Mahler. Outre son sens de la spatialitĂ©, son imagination sans limites, c’est aussi la trĂšs riche palette de timbres, la recherche constante de texture et de caractĂšre qui fondent la modernitĂ© de Mahler au XXIĂš. Tout s’entend admirablement dans l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle sous la baguette du chef, directeur musical de l’Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch.

 

 

 

L’ONL et Alexandre Bloch jouent la 5Ăš de Gustav Mahler…

1001 nuances de la passion mahlérienne

 

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Le premier mouvement (mesurĂ©, sĂ©vĂšre, funĂšbre) est grave ; initiĂ© par la trompette brillante, sublime appel initial, qui introduit la riche texture de la fanfare pour qu’émerge le chant Ă  la fois tendre et douloureux des cordes ; on apprĂ©cie immĂ©diatement l’articulation intĂ©rieure de ces derniĂšres dont le chef cisĂšle et ralentit, explicite et illumine les arriĂšres plans entre blessure rentrĂ©e et sentiment tragique. Peu Ă  peu se prĂ©cise la plainte amĂšre et retenue d’une Ă©ternelle souffrance (assise des 8 contrebasses comme un mur de soutien, alignĂ©s au fond de la scĂšne).
La souplesse, le sens du dĂ©tail des timbres (clarinette, flĂ»tes, cors et bassons), l’équilibre cordes, cuivres
 tout est dĂ©tachĂ©, fusionnĂ©, soulignĂ© avec un sens de la mesure ; et de la morsure aussi. La marche funĂšbre (Trauermarsch) qui se dĂ©ploie progressivement, surgit alors avec une finesse irrĂ©sistible.
A la fois gardien de la transparence et du dĂ©tail, le chef veille aussi au relief des contrastes saisissants qui agitent en un mouvement panique tous les pupitres (dans les deux trios) ; l’activitĂ© est prĂ©cise, et toujours, l’architecture de ce premier mouvement, parfaitement exposĂ©e ; la direction, d’une clartĂ© constante, avec une direction nettement explicitĂ©e : de l’ombre tenace voire lugubre 
 Ă  la lumiĂšre finale.
Chaque reprise se colore d’une intention renouvelĂ©e, offrant des teintes tĂ©nues entre mĂ©lancolie, adieu, renoncement, espĂ©rance. Ce premier mouvement est davantage qu’une marche : c’est une mosaĂŻque de sensations et de nuances peints Ă  la maniĂšre d’un tableau tragique. Ce travail sur l’articulation, la transparence de chaque phrase, intense et spĂ©cifique dans sa parure instrumentale nous paraissent les piliers d’une approche trĂšs articulĂ©e et fine, comme modelĂ©e de l’intĂ©rieur. VoilĂ  qui instille Ă  l’ensemble de cette arche primordiale, son Ă©paisseur inquiĂšte, un voile hypersensible qui capte chaque frĂ©missement pulsionnel, et semble s’élever peu Ă  peu jusqu’à l’ultime question que pose la flĂ»te finale, vĂ©ritable agent de l’ombre et du mystĂšre (aprĂšs la trompette presque moqueuse et provocatrice) : son chant retentit comme une Ă©nigme non Ă©lucidĂ©e. De sorte que de ce premier mouvement tout en ressentiment, Alexandre Bloch Ă©lucide l’écheveau des forces antagonistes : tout y est exposĂ© en un Ă©quilibre sombre, irrĂ©solu. Tout y est clair et des plus troubles. Equation double. L’intonation est parfaite.

Le second mouvement apporte les mĂȘmes bĂ©nĂ©fices, mais en une activitĂ© versatile proche d’un chaos aussi vif qu’intranquille. Morsures, agitation Ă©perdue, perte de l’équilibre sourd du premier mouvement, on distingue la superbe phrase (par son onctuositĂ© langoureuse) des bois et piz des cordes : se prĂ©cise sous la priĂšre des cordes (violoncelles) un ardent dĂ©sir qui supporte tout l’édifice. L’élan se fait quĂȘte. Le chant wagnĂ©rien des violoncelles indique dans le murmure cette brĂ»lure et cette question qui taraude tout l’orchestre (cuivres enflammĂ©s, crĂ©pitants), et dans l’interrogation posĂ©e par le compositeur, Alexandre Bloch trouve la juste rĂ©alisation : celle d’une insatisfaction d’une indicible voluptĂ© (cor anglais) Ă  laquelle il oppose le souvenir de marches militaires qui prĂ©cipite le flux orchestral en spasmes parfois jusqu’à l’écƓurement. L’attention aux dĂ©tails et aux couleurs, – lĂ  encore, teintes et demi teintes, le nuancier du gĂ©nie MahlĂ©rien est ici infini ; il s’affirme et se dĂ©ploie sous la direction (sans baguette) du chef, trĂšs articulĂ©, faisant surgir des Ă©clairs et des textures – accents et climats (amertume des hautbois et clarinettes aux postures fĂ©lines, animales) d’une ivresse
 irrĂ©sistible. Jusqu’à l’explosion conçue comme un choral (percus et cuivres en rĂ© majeur), lente et irrĂ©pressible Ă©lĂ©vation, aspiration verticale qui annonce une victoire finale (l’orchestration est celle de Strauss ou du Wagner de TannhĂ€user et des MaĂźtres Chanteurs). Et lĂ  encore, la fin filigranĂ©e, dans le mystĂšre : piz des cordes et notes aiguĂ«s de la harpe saisissent l’esprit, par leur justesse fugace. Tout est dit, rien n’est rĂ©solu.

MAHLER-gustav-symphonie-5-orchestre-national-de-lille-Alexandre-Bloch-annonce-concert-classiquenews-critique-concertMorceau de bravoure et plus long morceau du cycle, le Scherzo (ainsi que l’écrit Mahler), recycle valse et laendler. D’une insouciance osons dire « straussienne », le solo de cor (superbe soliste) ouvre le 3Ăš mouvement; plein d’angĂ©lisme et de candeur en couleurs franches (duo de clarinettes), sur un ton dĂ©tendu, Ă©lĂ©giaque, ce chant de la nature enchante, enivre et contraste avec la couleur lugubre, saisissante des deux premiers mouvements. Pourtant Alexandre Bloch en exprime aussi le sentiment d’inquiĂ©tude qui s’immisce peu Ă  peu et finit par dĂ©construire la franchise de la construction mĂ©lodique (alarme des cors)
 vers l’inquiĂ©tude Ă©nigmatique qui rĂŽde (superbe solo de cor, pavillon bouchĂ©), avant les piz des cordes tel une guitare amoureuse mais parodique : Mahler se moquerait-il de lui-mĂȘme ? « vieux corps malade », pourrait-on dire,
 pourtant aimant comme un ado, la belle Alma (rĂ©cemment rencontrĂ©e et dont la 5Ăš symphonie tĂ©moigne de la forte sĂ©duction dans le cƓur du compositeur) ; c’est comme les Romantiques, Beethoven et Berlioz, la belle bien aimĂ©e vers laquelle s’adressent toutes ses espĂ©rances. D’oĂč l’inclusion de la valse Ă  peine Ă©noncĂ©e et dĂ©jĂ  Ă©perdue, inquiĂšte
 c’est un rĂȘve Ă©rotique, un Ă©treinte Ă©voquĂ©e juste dĂ©veloppĂ©e
 Mahler aimant manquerait-il de certitude, en proie aux vertiges du doute ?
La palette des sentiments du hĂ©ros, (versatile, changeante) est un vrai dĂ©fi pour l’orchestre ; dans une succession d’humeurs et d’émois contradictoires, en apparence dĂ©cousus, le chef garde le fil, tel un questionnement aux enjeux profonds et intimes, aux Ă©noncĂ©s polyvalents et constants.

Enfin c’est le grand bain d’oubli et de langueur suspendue pour cordes seules : l’Adagietto. Le 4Ăš mouvement adoucit, rĂ©soud tout; instant de grĂące et plĂ©nitude aĂ©riennes, d’un climat de voluptĂ© extatique et lĂ  aussi murmurĂ©e installĂ© par cordes et harpe. C’est un rĂȘve d’amour et de sensualitĂ© d’une intensitĂ© unique dans l’histoire symphonique dont Alexandre Bloch se dĂ©lecte Ă  gravir chaque Ă©chelon vers les cimes, jusqu’à la derniĂšre phrase, suspendue. ÉtirĂ©e en une ample et ultime respiration, Ă  la fois rĂąle et renaissance. S’y dĂ©ploie la mĂ©lancolie presque amĂšre des violoncelles, surtout l’ivresse bĂ©ate des hauteurs dans le chant des violons. Mahler semble y tresser des guirlandes de fleurs Ă©panouies Ă  l’adresse de sa promise, parfums enivrants et aussi capiteux
 car l’élan passionnel n’est pas dispensĂ© d’une certaine gravitĂ©. Cette ambivalence de ton est parfaitement assimilĂ©e par le chef, tout en retenue et
 tension, dĂ©sir et inquiĂ©tude.

Le dernier mouvement (5Ăš), enchaĂźnĂ© immĂ©diatement, semble dĂ©chirer le voile du rĂȘve qui a prĂ©cĂ©dĂ© : en ce sens, l’appel du cor exprime l’éveil des amoureux, – le retour Ă  la rĂ©alitĂ© aprĂšs l’extase, lĂ  encore dans une orchestration wagnĂ©rienne (Siegfried). La direction du chef se distingue par son opulence, le caractĂšre d’émerveillement de la musique : avant le contrepoint idĂ©alement Ă©clairci, articulĂ© ; l’orchestre rĂ©alise ce dernier Ă©pisode comme une sĂ©rie de proclamations positives, lumineuses, sans aucune ombre et qui s’expriment Ă  Lille, comme une irrĂ©pressible soif d’harmonie et d’équilibre, aprĂšs tant de contrariĂ©tĂ©s et d’obstacles (Scherzo).

Le naturel, l’éloquence des instrumentistes dans ce dernier Ă©pisode, profitant du flux prĂ©cĂ©demment « rĂŽdé », et qui semble couler telle une source enfin rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, s’avĂšrent superlatifs. Mahler maĂźtrise les rebonds et le temps de la rĂ©solution selon le jeu des oppositions et des tensions qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ; c’est un architecte et un dramaturge, mais aussi un formidable rĂ©alisateur Ă  la pensĂ©e cinĂ©matographique ; aprĂšs une telle direction claire, nuancĂ©e, unitaire, on reste frappĂ© plus d’un siĂšcle aprĂšs sa conception, par le gĂ©nie mahlĂ©rien. L’ultime mouvement dans la fusion chef / instrumentistes, rĂ©alise toutes nos espĂ©rances. On y dĂ©tecte dans cette proclamation fuguĂ©e du triomphe, une part d’ironie critique, une saveur parodique qui sous-entend malgrĂ© tout la distance de Mahler avec son sujet. Sous la baguette mesurĂ©e d’Alexandre Bloch, ce Finale en demi-teintes, gagne une grande richesse allusive.

Palmes spĂ©ciales au 1er cor et au 1er trombone, eux aussi tout en engagement constant, en finesse rĂ©jouissante : aprĂšs 1h20 de plĂ©nitude et de contrastes orchestraux, l’expĂ©rience pour les spectateurs et auditeurs Ă  Lille demeure captivante : exaltĂ©, revigorĂ©, l’esprit ainsi impliquĂ© voire Ă©prouvĂ© mettra du temps pour redescendre. VoilĂ  qui laisse augurer le meilleur pour les prochaines sessions du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille en 2019 (au total les 9 symphonies seront jouĂ©es d’ici fin 2019). Sous l’Ɠil attentif et le soin du chef Alexandre Bloch, chaque ouvrage semble gagner comparĂ© Ă  la session prĂ©cĂ©dente, nuances, finesse, clartĂ© dans l’ambivalence.

Ne manquez pas le prochain rv MahlĂ©rien Ă  Lille, Symphonie n°6 « Tragique », les 1er et 2 octobre 2019. ÉvĂ©nement incontournable.

RĂ©servez votre place pour la 6Ăš Symphonie
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lodyssee-mahlerienne-continue/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction.

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VOIR la 5ùme Symphonie de Mahler par l’ONL / Alexandre Bloch :

A revoir et à ressentir sur la chaüne YOUTUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=RqzHjU5PBpI

INDEX / traclisting Symphonie n°5 de Gustav Mahler
par l’Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch :
I. Im gemessenen Schritt / D’un pas mesurĂ© (procession funĂšbre)
StĂŒrmisch bewegt / Orageux
 Ă  37mn42
Scherzo Ă  52mn09
Adagietto Ă  1h10mn
Rondo-Finale. Allegro Ă  1h22mn

 

MAHLER-symph-5-adagietto-onl-Orchestre-national-lille-alexandre-bloch-concert-critique-critique-classiquenews-critique-opera-lille-classiquenews

 

 

LILLE, ONL : 5Ăšme de MAHLER au Nouveau SiĂšcle


BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsMAHLER à LILLE (28 juin) : La 5ù par Alexandre Bloch / ONL. Prochain volet attendu du cycle Mahler par l’ONL
– Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. Avant la pause estivale, l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille affiche la suite de l’odyssĂ©e malhĂ©rienne par les instrumentistes lillois et leur chef Alexandre Bloch. Ce vendredi 28 juin 2019, place Ă  la Symphonie n°5 de Gustav Mahler, l’une des plus personnelles, liĂ©es Ă  sa rencontre puis son mariage avec la lumineuse Alma. C’est la premiĂšre symphonie du noyau central de son Ɠuvre (5Ăš, 6Ăš, 7Ăš), celui des symphonies les plus intimes et personnelles du compositeur (les plus bavardes diront les critiques, Ă©trangers Ă  son Ă©criture d’une rare sensualitĂ©). De fait, pas de voix ni de chƓur comme ce fut le cas des symphonies prĂ©cĂ©dentes (Ă  part la 1Ăšre Titan) : rien que le chant enivrĂ©, Ăąpre, exacerbĂ© ou langoureux des seuls instruments…

MAHLER-gustav-symphonie-5-orchestre-national-de-lille-Alexandre-Bloch-annonce-concert-classiquenews-critique-concertLa Symphonie n°5, se prĂ©sent telle la clef de voĂ»te de la crĂ©ation mahlĂ©rienne. AmorcĂ©e par une marche funĂšbre frĂ©nĂ©tique, c’est l’une des musiques les plus sombres du compositeur autrichien qui a Ă©chappĂ© miraculeusement Ă  une hĂ©morragie intestinale (fĂ©vrier 1901). Le Scherzo cependant affirme des forces nouvelles, Ă©vident combat qu’exalte ensuite le glorieux choral du Rondo-finale. Il semble que Mahler en a ciselĂ© chaque note, trouvant l’accent juste : dans cette prise de conscience vivifiĂ©e, Ă©blouit la caresse amoureuse de l’Adagietto pour cordes seules, vĂ©ritable confession et dĂ©claration dĂ©diĂ©es Ă  sa nouvelle Ă©pouse, Alma


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Lille, Nouveau SiĂšcle
Vendredi 28 juin 2019, 20h
MAHLER : Symphonie n°5

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION :  ALEXANDRE BLOCH / ‹CHEF ASSISTANT : JONAS EHRLER

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Les plus de votre soirée à Lille :

18h45 : Rencontre mahlĂ©rienne insolite avec Marina Mahler, petite-fille de Gustav Mahler, fondatrice de la Mahler Foundation   (entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

à l’issue du concert : Bord de scùne avec Alexandre Bloch
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

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LIRE aussi nos comptes rendus critiques des Symphonies prĂ©cĂ©dentes par l’Orchestre National de Lille, sous la direction d’Alexandre BLOCH : Symphonie n°1 Titan, Symphonie n°2 RĂ©surrection, Symphonie n°3, Symphonie n°4

VOIR... La Symphonie n°5 de Gustav Mahler est diffusĂ©e en direct sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ONL Orchestre National de Lille, vendredi 28 juin 2019

Carmen par l’ONL Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH

BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsLILLE, ONL. BIZET : Carmen. Les 9, 11, 12 juillet 2019. Il laisse sa baguette de chef symphonique affĂ»tĂ©, mordant, prĂ©cis (cf le cycle actuel dĂ©diĂ© aux symphonies de Gustav Mahler, en cours jusqu’à fin 2019), Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL Orchestre National de Lyon s’engage en juillet sur le registre lyrique et romantique. AprĂšs la rĂ©ussite des PĂȘcheurs de Perles, opĂ©ra de jeunesse (1863), oĂč l’orientalisme s’exprimait en teintes et en couleurs d’un rare sensualisme, voici l’opĂ©ra des opĂ©ras, Carmen, d’aprĂšs HalĂ©vy, crĂ©Ă© en 1875, Ă  l’époque oĂč les impressionnistes ont conquis l’affection des amateurs et collectionneurs grĂące Ă  leur premiĂšre exposition (1874). De Monet Ă  Bizet, les frontiĂšres sont tĂ©nues : nuances, passages somptueux et subtils dans la couleur, mĂ©lodies suaves et rythmes hispanisants, 
 comme Manet et son ibĂ©risme affichĂ©, Bizet quelques mois avant de mourir, compose sa Carmen : une cigariĂšre libre et torride qui a le passion dans le sang, collectionne les amants, dont le brigadier JosĂ© (pourtant fiancĂ© Ă  MicaĂ«la), le dĂ©laisse bientĂŽt pour un autre mĂąle plus lumineux encore, et vrai vedette des arĂšnes, le tueur de taureaux, Escamillo.
A la rage libertaire et finalement fatale de la brune Carmen ose s’opposer le rĂȘve faussement angĂ©lique de la blonde MicaĂ«la. Entre elles, JosĂ© est tiraillĂ©, entre le devoir Ă  sa mĂšre Ă  laquelle il avait promis d’épouser la jeune blonde ; et le noir regard de Carmen qui, comme un sortilĂšge irrĂ©sistible, lui a jetĂ© la fleur d’amour (habanera : « L ‘amour est un enfant rebelle »). Le brigadier dĂ©passĂ© s’accroche, suit Carmen : Ă  ses cĂŽtĂ©s, il apprend la passion et l’amour sauvage. Trop tard, Carmen en aime dĂ©jĂ  un autre.

Alexandre Bloch, directeur de l’Orchestre National de Lille rĂ©unit une distribution prometteuse et cohĂ©rente, dont le tempĂ©rament des chanteurs sert immĂ©diatement le profil de chaque personnage. DejĂ  prĂ©sent lors des reprĂ©sentations (et de l’enregistrement discographiques) des PĂȘcheurs de perles : le baryton Florian Sempey (Escamillo)


 

 
 

 

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BIZET: CARMEN
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
Version semi-scénique

MARDI 9 JUILLET 2019 ‱ 20hcarmen-bizet-alexandre-bloch-opera-lille-onl-orchestre-national-de-lille-annonce-opera-critique-opera-classiquenews-juillet-2019
JEUDI 11 JUILLET 2019 ‱ 20h
VENDREDI 12 JUILLET ‱ 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE ici
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/carmen/

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DIRECTION MUSICALE : ALEXANDRE BLOCH
RÉCITANT : ALEX VIZOREK

CARMEN : AUDE EXTRÉMO
DON JOSÉ : ANTOINE BÉLANGER
MICAËLA : LAYLA CLAIRE
ESCAMILLO : FLORIAN SEMPEY
FRASQUITA : PAULINE TEXIER
MERCÉDÈS: ADELAÏDE ROUYER
LE DANCAÏRE : JÉRÔME BOUTILLIER
LE REMENDADO : ANTOINE CHENUET
ZUNIGA : BERTRAND DUBY
MORALÈS: PHILIPPE-NICOLAS MARTIN

CHƒUR DE L’OPÉRA DE LILLE
CHEF DE CHƒUR YVES PARMENTIER

CHƒUR MAÎTRISIEN DU CONSERVATOIRE DE WASQUEHAL
CHEF DE CHƒUR : PASCALE DIEVAL-WILS

ASSISTANT À LA DIRECTION MUSICALE : LÉO MARGUE
CHEF DE CHANT : PHILIP RICHARDSON

ILLUSTRATION ET ANIMATIONS : GRÉGOIRE PONT

 

 
 

 
 

 

LILLE, ONL : 4Ăš et 5Ăš symphonies de Mahler

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLILLE, ONL. MAHLER : 4Ăš, 5Ăš Symphonies, 8, 28 juin 2019. Poursuite de l’odyssĂ©e MahlĂ©rienne par l’ONL Orchestre National de Lille et son chef et directeur musical, Alexandre Bloch. Le auditeurs dans la vaste salle de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle peuvent Ă  nouveau mesurer l’écriture rĂ©volutionnaire de Gustav Mahler dans le domaine orchestral : un travail spĂ©cifique sur les couleurs, l’architecture et la spatialisation, sans omettre le sens et la direction de l’édifice construit, aussi essentiel que l’Ɠuvre de son confrĂšre (admirateur) Richard Strauss, ou que celles en France, des visionnaires au dĂ©but du XXĂš, Ravel et Debussy. Mahler propose une arche symphonique rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, singuliĂšre et dĂ©cisive. Un dĂ©fi pour les musiciens de l’ONL Orchestre national de Lille.
Les 8 (4Ăšme Symphonie) puis 28 juin (5Ăš), se concrĂ©tise Ă  nouveau l’imaginaire mahlĂ©rien Ă  l’aune d’une existence toute entiĂšre marquĂ©e par la composition, l’activitĂ© comme directeur et chef de l’OpĂ©ra de Vienne, et l’amour, incarnĂ© enfin par la belle Alma Schindzler


 

 

 

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

 

 

 

SAMEDI 8 JUIN 2019, 18h30
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°4

SOPRANO: ELIZABETH WATTS
couplée avec RACHMANINOV :
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini
(Alexander Gavrylyuk, piano)
 

RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-4/

 

VENDREDI 28 JUIN 2019 2019, 20h
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°5
Programme présenté aussi le 24 juin (Dunkerque, le Bateau feu),
le 25 juin Basilique Saint-Denis, 20h,
le 27 juin, CompiĂšgne (Festival des ForĂȘts)
RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction
Jonas Ehrler, chef assistant

 

 

 

Le 28 juin, à 18h45 : Rencontre mahlérienne insolite avec Marina Mahler,
petite-fille de Gustav Mahler, fondatrice de la Malher Foundation  ;
puis à l’issue du concert, bord de scùne avec Alexandre Bloch
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/
(pour les spectateurs muni d’un billet du concert)

 
 
 

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Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL – Orchestre National de Lille (© Ugo Ponte)

 
 

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4Ăšme et 5Ăšme Symphonies de Gustav MAHLER :
Clés de compréhension

 

 

 

4Úme SYMPHONIE : la vie céleste
Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleC’est Ă  Maiernigg, dans sa cabane retraite (le HĂ€uschen) que le compositeur contemple la sainte et miraculeuse Nature, son essence inspirante, dyonisiaque ; il peut y rĂ©aliser de longues marches dans les Dolomites, excursion Ă  valeur thĂ©rapeutiques et profondĂ©ment bienfaitrices. Mahler achĂšve la 4Ăš symphonie Ă  l’étĂ© 1900 (et l’orchestration Ă  l’hiver 1900). Il n’a pas encore rencontrĂ© Ă  Vienne, la belle Alma, qui sera la dĂ©dicataire secrĂšte de la 5Ăš Symphonie, ample poĂšme de l’amour et de ses noces inespĂ©rĂ©es avec celle que tous les artistes adorent voire plus, Zemlinsky, Klimt


La 4Ăš prolonge l’extase de la 3Ăš dont elle reprend certains motifs (alors entonnĂ©s par le choeur d’enfants et la soliste alto). Dans le climat pastoral et trĂšs apaisĂ© de la 4Ăš, Mahler Ă©carte le chƓur, et prĂ©fĂšre la soprano qui entonne le lied final, conclusion vocale de sa nouvelle symphonique.
A Vienne, la crĂ©ation de cette 4Ăš (12 janvier 1902) est un fiasco, sujet de mordantes critiques des pseudo-spĂ©cialistes : vulgaritĂ©, bavardage, confusion
 sont les reproches adressĂ©s Ă  Mahler. L’accueil du public amĂ©ricain sera tout diffĂ©rent et suscite la dĂ©fense des Ɠuvres mahlĂ©riennes trĂšs tĂŽt aux USA. Le compositeur y renouvelle encore les limites et la forme symphonique, rĂ©alisant une osmose rare entre lied et orchestre dans la quatriĂšme et dernier section pour soprano et orchestre (« la vie cĂ©leste », extrait du cor enchantĂ© de l’enfant : rĂ©vĂ©lation de la vie au Paradis, loin de l’existence terrestre) : un temps suspendu, d’extase et d’accomplissement Ă  relier avec sa rencontre inespĂ©rĂ©e avec celle qui devient sa femme Alma (leur mariage a lieu le 9 mars 1902, et leur lune de miel
 en Russie).

 

 

 

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5ùme SYMPHONIE
 tout l’amour d’Alma
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’époux comblĂ© exprime son bien-ĂȘtre nouveau dans la 5Ăš : nouveau poĂšme purement instrumental cette fois (comme les 6Ăš, puis 7Ăš : les plus autobiographiques de son catalogue). Alors que Gustav Mahler est une figure reconnue comme chef et le brillant mais impĂ©tueux dircteur de l’OpĂ©ra de Vienne – ce qui n’est pas sans causĂ© de profondes tensions avec l’administration de la Hofoper, les artistes les plus audacieux menĂ© par Klimt, inaugure alors en avril 1902, la 14Ăš expos de la SĂ©cession : un hommage Ă  Beethoven et sa 9Ăš, avec statue de Klinger, fresque de Klimt qui reprĂ©sente ouvertement Mahler en chevalier Ă©perdu, Ă©pris, anguleux
 Mahler rencontre l’un des peintres engagĂ©s Alfred Roller qui deviendra Ă  partir de 1903, le dĂ©corateur et metteur en scĂšne attitrĂ© de Mahler pour ses grandes productions Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
 Comme compositeur, il est comblĂ© car sa 3Ăš Symphonie est enfin crĂ©Ă©e triomphalement Ă  Krefeld le 9 juin 1902 : un immense Ă©vĂ©nement auquel a participĂ© entre autres Richard Strauss, lequel est clairvoyant sur le gĂ©nie de son compatriote, et aussi Alma, qui bouleversĂ©e, a le sentiment dĂ©finitif d’ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s d’un ĂȘtre exceptionnel

La 5Ú est justement la partition du couple, de ses promesses, ses désirs, son bonheur prononcé. Eté 1902 : Mahler dans son cabanon du HÀuschen, achÚve le nouveau cycle orchestral. La partition est terminée fin août 1902, dans le climat apaisé et contemplatif des longues marches dans la nature.

PLAN.. en 5 sĂ©quences. La 5Ăš raconte d’abord l’agonie et le malheur, le traumatisme de la mort, celui qu’il a vĂ©cu en fĂ©vrier 1901, quand faillit mourir d’une hĂ©morragie intestinale (sauvĂ© in extremis par les mĂ©decins). Les deux premiers mouvements sont marquĂ©s par ce sentiment du malheur total : le premier en forme de marche funĂšbre (comme l’ouverture de la 2Ăš) ; le second « orageux, animĂ©, trĂšs vĂ©hĂ©ment »). Mahler y prolonge l’expĂ©rience des opus prĂ©cĂ©dents, inventant une langue essentielle, purement musicale, oĂč sans rĂ©fĂ©rence (sauf le leid final), le programme et le dĂ©veloppement tendent Ă  l’abstraction, Ă  partir de sa propre imagination.
De cette inspiration jaillissante, puissante, originale, s’affirme la libertĂ© inĂ©dite du Sherzo (le plus dĂ©veloppĂ© de Mahler) : sans connotation parodique ou caricaturale, l’auteur y dĂ©ploie un pur sentiment de joie lumineuse (l’amour d’Alma), et il faut toute la bĂ©atitude Ă©perdue, renoncement, adieu apaisĂ©, immense caresse sensorielle de l’Adagietto pour Ă©quilibrer la tension globale de la symphonie. La derniĂšre et cinquiĂšme sĂ©quence (Rondo-finale. Allegro) clĂąme la victoire en un choral grandiose (annoncĂ© par la clarinette dans l’introduction) oĂč percent des cuivres brucknĂ©riens
 tant critiquĂ©s par Alma d’ailleurs.

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Compte-rendu critique. OpĂ©ra. LYON, BENJAMIN, Lessons in Love and Violence, 14 mai 2019. Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Alexandre Bloch.

Compte-rendu critique. OpĂ©ra. LYON, BENJAMIN, Lessons in Love and Violence, 14 mai 2019. Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Alexandre Bloch. TroisiĂšme collaboration de George Benjamin avec son dramaturge fĂ©tiche, Martin Crimp, Lessons in Love and Violence renouvelle la rĂ©ussite exceptionnelle de Written on Skin. InspirĂ© de la vie sulfureuse d’Edouard II et du thĂ©Ăątre Ă©lisabĂ©thain de Christopher Marlowe, l’opĂ©ra bĂ©nĂ©ficie d’une distribution impeccable et de la lecture d’une rare efficacitĂ© de Katie Mitchell.

CrĂ©Ă© Ă  Londres en mai 2018, repris rĂ©cemment Ă  Hambourg, et sorti depuis en dvd, ce superbe opĂ©ra concentre l’action plus dĂ©layĂ©e chez Marlowe pour nous mener dans un huis clos d’une tension constante qui dĂ©crit la chute tragique du roi Edouard II, impliquĂ© dans une relation mortifĂšre avec son mignon Gaveston. La quĂȘte du pouvoir est au cƓur de l’action, autour de laquelle gravitent l’ambitieux conseiller Mortimer, la reine Isabelle et le prince hĂ©ritier. La musique est d’une richesse rare qui lorgne pourtant du cĂŽtĂ© de l’esthĂ©tique des origines de l’opĂ©ra, genre hybride qui est avant tout du thĂ©Ăątre en musique. Le chant atteint le plus souvent une Ă©pure, nonobstant un art consommĂ© de la polyphonie (clin d’Ɠil Ă  la musique anglaise du XVIe siĂšcle), qui contraste avec l’opulence de la matiĂšre orchestrale, d’une constante et infinie variĂ©tĂ©.

 

 

 

GAYGAMES OF THRONES

 

 

 

BENJAMIN George compositeur opera opera de lyon violence venice critique opera classiquenews 600x337_600x337_george_benj_at_his_place_0

 

 

 

On en devine la puissance Ă©vocatrice notamment dans les interludes qui ponctuent les sept tableaux du drame distribuĂ©s en deux parties. Sur le plateau, les dĂ©cors d’un lieu unique mais polyvalent, celui d’une chambre oĂč tout se joue, ainsi que les costumes d’une grande sobriĂ©tĂ©, nous plongent dans une Angleterre aristocratique du milieu du XXe siĂšcle, mais la froide tonalitĂ© bleutĂ©e, les tableaux alla Bacon, l’aquarium gĂ©ant qui se vide progressivement de ses poissons puis de son eau, et les attributs du pouvoir, Ă©tincelants dans leur cage de verre, dĂ©peignent une atmosphĂšre Ă  la fois glaciale, intemporelle et angoissante du meilleur effet.
 

 

 

 

Opera. LYON, BENJAMIN, Lessons in Love and Violence, 14 mai 2019. Orchestre de l’opera de Lyon, Alexandre Bloch2 critique opera classiquenews

 

Opera. LYON, BENJAMIN, Lessons in Love and Violence, 14 mai 2019. Orchestre de l’opera de Lyon, Alexandre Bloch 4 critique opera classiquenewsÀ la scĂ©nographie magistrale de Katie Mitchell, dont le sens aigu du thĂ©Ăątre ne trahit aucun temps mort, rĂ©pond une distribution en tout point exemplaire. Dans le rĂŽle du Roi, StĂ©phane Degout montre une maĂźtrise stupĂ©fiante de son art – diction admirable, intelligence rare du texte et une prĂ©sence scĂ©nique qui dans son hiĂ©ratisme presque immuable rĂ©vĂšle une palette des affects d’une grande variĂ©tĂ©. Georgia Jarman est une reine exemplaire qui impressionne par une projection toujours juste et un ambitus vocal d’une Ă©tonnante plasticitĂ© ; la hargne cĂŽtoie l’infinie tendresse, comme dans le 4e tableau oĂč elle exprime son affection pour l’infortunĂ© souverain. Le Mortimer de Peter Hoare a l’acuitĂ© idoine d’un rĂŽle dramatiquement puissant, mais d’une sobriĂ©tĂ© contenue qui en accentue l’efficacitĂ©. Avec sa voix grave et ductile, Gyula Orendt campe un Gaveston d’une transparente noirceur et allie une sĂ©duction vocale et une suavitĂ© alliciante qui sied parfaitement au personnage symbolique de l’Étranger (magnifique duo avec le Roi au 6e tableau). Personnages en apparence seulement secondaires, le Jeune Garçon, puis le jeune Roi, sont superbement incarnĂ©s par le tĂ©nor Samuel Boden, dont la voix, toujours Ă  l’aise dans les aigus cristallins, et excellemment projetĂ©e, est un objet de dĂ©lectation permanent. Les autres rĂŽles, chantĂ©s ou muets, sont tous remarquables et rendent trĂšs bien justice Ă  cette partition de bout en bout fascinante.
Dans la fosse, Alexandre Bloch dirige les forces de l’OpĂ©ra de Lyon avec une grande prĂ©cision, rĂ©vĂ©lant les moindres inflexions et subtilitĂ©s de ce drame lyrique qu’il est bien convenu de qualifier d’absolu chef-d’Ɠuvre.

 

 

 

 

 

 

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Compte-rendu. Lyon, OpĂ©ra de Lyon, Benjamin, Lessons in Love and Violence, 14 mai 2019. StĂ©phane Degout (Le Roi), Georgia Jarman (Isabelle), Gyula Orendt (Gaveston, L’Étranger), Peter Hoare (Mortimer), Samuel Boden (Le Garçon, Le jeune Roi), Hannah Sawle (TĂ©moin 1, Chanteuse 1, Femme 1), Katherine Aitken (TĂ©moin 2, Chanteuse 2, Femme 2), Andri Björn RĂłbertsson (TĂ©moin 3, Fou), Ocean Barrington-Cook (La Fille), Katie Mitchell (Mise en scĂšne), Vicki Mortimer (DĂ©cors et costumes), James Farncombe (LumiĂšres), Joseph Alford (ChorĂ©graphie), Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon, Alexandre Bloch (direction). Illustrations © OpĂ©ra de Lyon 2019

 

 

 

LILLE : 4Ăš Symphonie de MAHLER au NOUVEAU SIECLE

Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleLILLE, ONL : Symphonie n°4 de MAHLER, le 8 juin 2019. AprĂšs les colossales symphonies qui prĂ©cĂšdent, 1Ăšre, 2Ăš, 3Ăš, oĂč Gustav Mahler semble se frotter Ă  l’échelle de l’Univers tout en questionnant l’obtention du salut et la place de l’homme, la 4Ăš est de format plus « normal », presque confidentiel (45 mn) comparĂ©e aux autres ; son amorce dĂ©coule d’un lied (Wunderhorn / Le cor enchantĂ©), dĂ©jĂ  utilisĂ© dans la 3Ăš avec son motif trĂšs identifiable, et ici dĂ©veloppĂ© surtout dans le Finale, qui est donc pour voix de soprano et orchestre seul (pas de chƓur, ni angĂ©lique ni cĂ©leste). Ce ton de confidence, comme une priĂšre et une berceuse qui convoque notre Ăąme d’enfant, dĂ©plut volemment aux auditeurs de la premiĂšre et aux contemporains de Mahler qui ne comprenaient pas pourquoi un tel massif symphonique digne de ce nom, se termine par un adagio vocal, aussi rĂ©confortant soit-il. Un pied de nez ourdi Ă  la face de Beethoven et sa fabuleuse 9Ăš, conclue en apothĂ©ose, avec choeur, solistes et orchestre.
MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesIci rien de tel. PlutĂŽt le climat d’un rĂȘve bienheureux, enchanteur. TrĂšs exactement, il s’agit du Paradis, vu par un enfant. Tendre et suggestif, le poĂšte Mahler exprimait par le seul langage de l’orchestre la puretĂ© de l’innocence. SimplicitĂ©, calme, candeur, enfance. Ce n’est qu’au XXĂš sicĂšle grĂące aux premiers chefs pionniers de l’interprĂ©tation malhĂ©rienne, que l’auditeur moderne peut mesurer le coup de gĂ©nie d’un Mahler peintre et poĂšte, Ă©merveillĂ© comme un enfant par le paradis terrestre. Pour se faire, le compositeur et chef, devenu directeur de l’OpĂ©ra de Vienne, s’entend Ă  merveille pour inventer un langage instrumental renouvelĂ©, aĂ©rien, cĂ©leste, raffinĂ©, des plus scintillants.

La Symphonie n°4 est la plus concise et la plus lumineuse des symphonies de Mahler. DĂšs son dĂ©but, on embarque au pays imaginaire d’un enfant, captivĂ©s par la rĂ©vĂ©lation des mondes cĂ©lestes.

ATTAHIR-benjamin-portrait-annonce-concert-orchestre-national-de-lille-par-classiquenews-Benjamin-Attahir-Nouveau-Siecle-credit-Ugo-Ponte-ONLEn couplage, deux Ɠuvres complĂštent le programme Ă  Lille : Le Nach(t)spiel de Benjamin Attahir (photo ci contre) poursuit Ă©galement une vision d’innocence : celle du KonzertstĂŒck de Bruch que le compositeur dĂ©couvrit, Ă©bloui, Ă  l’adolescence. Pour interprĂ©ter cet intriguant “Postlude” ou “jeu de la nuit” (le titre Nach(t)spiel joue sur la double signification du mot), deux interprĂštes enivrĂ©s, inspirĂ©s, qui ont su garder leur Ăąme et leur enthousiasme d’enfant : le directeur musical de l’ONL Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch et le violoniste Nemanja Radulović.

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SAMEDI 8 JUIN 2019 ‱ 18H30
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

GUSTAV MAHLER : SYMPHONIE N°4
ÂMES D’ENFANTS

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION : ALEXANDRE BLOCH‹ / VIOLON : NEMANJA RADULOVIĆ‹ / SOPRANO : ELIZABETH WATTS‹CHEF

 

BRUCH
KonzertstĂŒck

ATTAHIR
Nach(t)spiel pour violon et orchestre,
Final additionnel au KonzertstĂŒck de Max Bruch

MAHLER
Symphonie n°4

 

boutonreservationBILLETTERIE EN LIGNE
INFOS & RESERVATIONS :
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/symphonie-n-4/

 

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En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Soissons Cité de la Musique et de la Danse
vendredi 7 juin 20h
Infos et réservations au 03 23 59 10 12 ou au 03 23 76 77 70

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L’intĂ©gralitĂ© des symphonies du cycle Mahler seront captĂ©es avec le soutien du CrĂ©dit Mutuel Nord Europe et sont Ă  retrouver sur la chaĂźne YouTube ONLille.

COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch.

cycle-mahlerCOMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Christianne Stotijn (mezzo-soprano), Philharmonia Chorus, Choeur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal / ONL Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch (direction). Apres une Symphonie n°1 « Titan », de « lancement », puis une n°2 « RĂ©surrection », tendue, recueillie, incarnĂ©e
 enfin spiritualisĂ©e en sa fin cĂ©leste, la 3Ăšme Symphonie de Mahler, jouĂ©e ce soir au Nouveau SiĂšcle Ă  Lille, dĂ©livre et confirme dĂ©sormais les qualitĂ©s du cycle Ă©vĂ©nement que le chef et directeur musical du National de Lille, ALEXANDRE BLOCH, dĂ©die au compositeur (qui fut aussi un grand chef). De l’Ă©nergie, une urgence continue, une intelligence des timbres, surtout une attention particuliĂšre Ă  l’architecture interne du massif malhĂ©rien
 A contrario des conceptions plus « droites », objectives de certains chefs, plus extraverti que d’autres (comme les « grands ainĂ©s » tels Karajan, Haitink
 sans omettre Abbado), Alexandre Bloch lui ne s’économise en rien, dansant sur le podium, habitĂ©, exaltĂ© par son sujet, avec une intensitĂ© qui rappelle 
 Bernstein.

 

 

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FINALE DE COMPASSION ET D’AMOUR… Ceci nous vaut pour le dernier mouvement, le plus aĂ©rien (aux cordes surtout), des jaillissements de lyrisme flexible et amoureusement dĂ©ployĂ©, un baume pour le cƓur et l’esprit, aprĂšs avoir passĂ© tant d’épisodes si divers et contrastĂ©s. On n’oubliera pas ce 6Ăš mouvement final (« Langsam. Ruhevoll. Empfunde ») qui semble comme un choral fraternel et recueilli, embrasser tous les ĂȘtres vivants (hommes et animaux) et les couvrir d’un sentiment d’amour, irrĂ©pressible et caressant. Dans son intonation, sa pĂąte transparente, suspendue, le mouvement prĂ©figure l’Adagietto de la 5Ăš, ses amples respirations,sa couleur parsifalienne, sa ligne constante qui appelle et dessine l’infini


 

 
 

 

La 3Ăš Symphonie de Mahler par
l’Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch

Sons et conscience de la Nature

 

 

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Toutes les illustrations : © Ugo Ponte / Orchestre National de Lille 2019

 

 
 

Notre attente Ă©tait d’autant plus affĂ»tĂ©e que la 3Ăš Symphonie de Gustav Mahler (alors ĂągĂ© de 34 ans) est rarement donnĂ©e si on la compare aux autres Ă©videmment; mĂȘme le chef fondateur de l’Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, malhĂ©rien distinguĂ© et reconnu, ne l’a jouĂ© avec les musiciens lillois que… trois fois (1996, 1997, puis 2006) quand on compte pas moins de 11 rĂ©alisations de la 4Ăšme sous sa baguette !, soit de 1978 Ă  2017 ; distinguons l’enregistrement que CLASSIQUENEWS avait saluĂ© lors de sa parution par un CLIC : la Symphonie n°2 RĂ©surrection de 2017). Voila qui en dit long.

VoilĂ  qui donne du poids aussi Ă  la proposition d’Alexandre Bloch de jouer les 9 symphonies pendant 2019, histoire de renouer avec un rĂ©pertoire qui a construit et façonnĂ© le son de l’Orchestre lillois depuis sa crĂ©ation. DĂ©fi aussi puisqu’il s’agit Ă  chaque session de dĂ©voiler la richesse de l’écriture malhĂ©rienne, tout en renouvelant encore l’engagement de tous les musiciens. Ce cycle en cours s’affirme donc comme une expĂ©rience majeure pour l’auditeur et pour les interprĂštes, un nouveau jalon de leur aventure musicale.

De par ses effectifs, l’ONL / Orchestre National de Lille, voit grand et peut aborder des Ɠuvres spectaculaires. Dans ce sens MASS, fresque dĂ©lirante, inouĂŻe s’inscrivait pour l’annĂ©e Bernstein 2018 dans cette ambition (fin de saison, juin 2018); la Symphonie des Mille, n°8 sera le prochain volet Ă  ne pas manquer. Sans avoir jamais Ă©crit d’opĂ©ras, Mahler, qui comme chef, en dirigea beaucoup (entre autres comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne) semble y synthĂ©tiser toutes les possibilitĂ©s orchestrales et lyriques, – en particulier dans sa 2Ăš partie.‹ D’opĂ©ra, il est aussi question dans la 3Ăš, prĂ©cisĂ©ment dans l’épisode IV oĂč sort de l’ombre, Ă  la fois entitĂ© maternelle envoĂ»tante et prophĂ©tesse d’une Ăšre Ă  venir, la mezzo (convaincante Christianne Stotjin, dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e dans la RĂ©surrection de fĂ©vrier dernier). Son texte empruntĂ© Ă  Nietzsche (Zarathoustra) est une exhortation adressĂ©e aux hommes, un appel, Ă  la fois berceuse et priĂšre, une invocation et une alerte pour que chacun s’interroge sur lui-mĂȘme, sur le sens de sa vie terrestre. Le texte contient la clĂ© de l’Ɠuvre ; sans joie, sans dĂ©passement de la souffrance, l’homme ne peut atteindre l’éternitĂ©. Encore faut-il qu’il atteigne cet Ă©tat de conscience salvateur 
auquel nous prĂ©pare la musique de Mahler. Dans l’opĂ©ra imaginaire du compositeur, ce pourrait ĂȘtre une apparition magique et nocturne dont la couleur est saisissante par sa profondeur, sa justesse, sa couleur de fraternitĂ©. Chef, soliste, instrumentistes sculptent la couleur de l’hallucination ; ils en expriment idĂ©alement le caractĂšre d’urgence et d’envoĂ»tement.

  

 

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SPLENDEUR D’UNE NATURE A L’AGONIE… Auparavant, prĂ©lude Ă  ce surgissement inĂ©dit, Mahler n’a pas mĂ©nagĂ© son auditeur. Son orchestre plĂ©thorique embrasse toute la crĂ©ation et le monde, convoque les Ă©lĂ©ments dans leur primitive splendeur. Mais une splendeur parfois lugubre qui paraĂźt comme en sursis : Ă©videmment l’ample premier mouvement le plus long jamais Ă©crit par Mahler (« I. KrĂ€ftig. Entschieden ») dĂ©veloppe en une mise en ordre progressive, qui s’apparente peu Ă  peu Ă  une marche, l’évocation d’un monde terrestre tellurique et chtonien, inscrit dans la gravitas la plus caverneuse (rang fourni des contrebasses…), oĂč brillent aussi tous les pupitres des cuivres : cors par 8, trombones, tuba, trompettes
 MĂȘme s’il s’agit d’une vision panthĂ©iste, le regard que porte Mahler sur la crĂ©ation est froid, analytique, mordant.
Au scalpel, Alexandre Bloch en fait surgir (rugir) toutes les rĂ©sonances hallucinĂ©es et souvent fulgurantes : cris, dĂ©flagrations, dĂ©chirements, plutĂŽt que cĂ©lĂ©bration bienheureuse ; mĂȘme si de purs vertiges sensuels, lyriques, d’une tendresse absolue, Ă©mergent : ils s’y pressent, prĂ©cipitĂ©s, exacerbĂ©s jusqu’à la parodie. Le geste est clair, prĂ©cis, souple : le chef dessine le plus passionnant des orages naturels, Ă  la fois chaos et mĂ©canique cynique singeant une marche militaire, plus ivre que majestueuse.

 

 

Grand concert Mahler par l'Orchestre OSE. Daniel Kawka, directionMAHLER ECOLOGISTE... La richesse des teintes, le creuset des accents et des nuances simultanĂ©es forment une matrice orchestrale et un maelström symphonique d’une irrĂ©sistible puissance. Pour nous, en Ă©cho Ă  notre planĂšte martyrisĂ©e et au rĂšgne animal sacrifiĂ©, agonisant, ce premier mouvement exprime les tensions qui soumettent une terre Ă  l’agonie : et nous voyons clairement dans les Ă©clairs et les fulgurances (appels des trompettes, danse lugubre des bassons, solo du trombone
) que dessinent l’énergie du chef, l’indice d’une conscience visionnaire, celle d’un Mahler plus que panthĂ©iste: animaliste, Ă©cologiste
 Le chant de son orchestre exprime la conscience doloriste de la Nature, la mise Ă  mort des espĂšces animales, le cri de la terre qui se convulse, meurt et ressuscite Ă  chaque battement de la grosse caisse, battement sourd et dĂ©licat Ă  la fois, (Ă  peine audible mais si prĂ©sent cependant ce soir) sur lequel s’organise et se dĂ©ploie toute la mĂ©canique orchestrale, du dĂ©but Ă  la fin de ce premier acte sidĂ©rant. Passionnante lecture.

On ne passera pas en revue chaque sĂ©quence suivante, Ă  la loupe, pourtant l’acuitĂ© et l’analyse que sait dĂ©velopper le chef, affirment davantage sa comprĂ©hension, sa conception trĂšs juste de tous les climats qui sont nĂ©s dans l’esprit de Mahler, que l’on aime imaginer, chaque Ă©tĂ©, dans son cabanon de travail, vĂ©ritable balcon sur la Nature, miraculeuse, fragile, impĂ©rieuse


Le II est ainsi depuis le premier solo instrumental (hautbois) une claire Ă©vocation florale dont l’activitĂ© et le chatoiement des couleurs (transparent et dĂ©taillĂ©) contrastent avec le tragique tellurique qui a dĂ©ferlĂ© prĂ©cĂ©demment. Les combinaisons de timbres prĂ©figurent dĂ©jĂ  ce que sera la parure de la 4Ăš (clarinette).
Puis Alexandre Bloch enchaĂźne le III (« Comodo. Scherzando. Ohne Hast ») : d’abord suractivitĂ© instrumentale qui caractĂ©rise chaque espĂšce animale de la forĂȘt ; puis, surprenant rupture de climat avec l’enchantement suspendu du cuivre soliste dans la coulisse, – nouveau surgissement du songe le plus pur et le plus angĂ©lique (l’idĂ©al d’innocence et d’insouciance auquel rĂȘve le compositeur) dont la ligne aussi nous Ă©voque le voyage de Siegfried sur le Rhin (Wagner) par son caractĂšre onirique, Ă©perdu, magicien, la distanciation spatiale, le souffle poĂ©tique… La souplesse et le tact du musicien soliste affirment ce caractĂšre de nocturne enchantĂ©, et toute la grĂące du mystĂšre de la nature. Que n’a t on assez dit de ce troisiĂšme mouvement, qu’il Ă©tait vĂ©ritable expression d’une conscience enfin accordĂ©e aux animaux ?

 

 

MAHLER symphonie 3 orch national de lille solo piston III critique concert classiquenews

 

 

AprĂšs le IV, – exhortation nietszchĂ©enne-, l’épisode V fait intervenir le chƓur des femmes et la maĂźtrise des enfants, dĂ©fenseurs zĂ©lĂ©s, articulĂ©s du salut permis au coupable Pierre (« la joie cĂ©leste a Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  Pierre / Par JĂ©sus et pour la bĂ©atitude de tous. »)

Enfin c’est l’Adagio final, apaisement, rĂ©conciliation, acte de pardon et d’amour gĂ©nĂ©ral dont le chef Ă©tire le ruban orchestral avec une tension et une dĂ©tente qui creusent encore et encore l’unisson voluptueux des cordes : c’est Ă  la fois un choral spirituel et le plus bel acte de fraternitĂ©, de compassion, comme de renoncement. L’indice, franc et vertigineux, retenu, suspendu que la lumiĂšre est atteinte. Et avec le chef, d’une sensibilitĂ© affĂ»tĂ©e, entraĂźnante 
 que la hauteur souhaitĂ©e et l’état de conscience qui lui est inhĂ©rente, rĂ©alisĂ©s.
Il n’y a que chez Mahler que l’auditeur peut Ă©prouver telle expĂ©rience. Alexandre Bloch s’avĂšre notre guide  inspirĂ© et  communicatif. A suivre. Reprise ce soir Ă  Amiens de la 3Ăš Symphonie. Prochain volet du cycle des 9 symphonies de Mahler avec l’Orchestre National de Lille, samedi 8 juin Ă  18h30 (Symphonie n°4) ; puis, Symphonie n°5 (et son Adagietto suspendu, aĂ©rien.), vendredi 28 juin 2019, 20h (toujours Ă  l’Auditorium du Nouveau siĂšcle de Lille)
 RV pris.

 

 
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COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Christianne Stotijn (mezzo-soprano), Philharmonia Chorus, Choeur maßtrisien du Conservatoire de Wasquehal / ONL Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch (direction).

 

  

 

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VIDEO : replay FRANCE 3 Hauts de Seine
Revoir et récouter la Symphonie n°3 de Gustav Mahler
par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/concert-regardez-direct-symphonie-ndeg3-gustav-mahler-mercredi-3-avril-20h-1648220.html

 

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Direction : Alexandre Bloch
Mezzo-soprano : Christianne Stotijn
Philharmonia Chorus
Chef de choeur : Gavin Carr
Choeur maĂźtrisien du Conservatoire de Wasquehal
Chef de choeur : Pascale Dieval-Wils
Violon solo : Fernand Iaciu

 

  

  

 

LILLE, ONL. Alexandre BLOCH dirige la 3Ăš Symphonie de Mahler

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLELILLE, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Alexandre Bloch pilote l’orchestre National de Lille, son orchestre puisqu’il en est le directeur musical, dans une Ă©popĂ©e Ă  risques, mais spectaculaire et singuliĂšre : les 9 symphonies de Gustav Mahler, architecte visionnaire dont le souffle, le goĂ»t des timbres, et le sens des Ă©tagements s’avĂšrent sous la baguette du maestro
 passionnants Ă  suivre. Jusqu’en juin 2019, le premier objectif est de jouer les 5 premiĂšres symphonies. Un marathon qui expose les musiciens Ă  de multiples dĂ©fis. AprĂšs les Symphonies 1 et 2, voici venir les 3 et 4 avril prochains, la symphonie n°3, moins connue car moins jouĂ©e. Un nouvel Ă©difice dont les dimensions correspondent manifestement Ă  l’Orchestre lillois que la grande forme ne fait pas fuir, bien au contraire. On l’a rĂ©cemment vu en fin de saison derniĂšre dans la flamboyance fraternelle, dĂ©jantĂ©e, humaniste de la partition Mass de Leonard Bernstein, formidable expĂ©rience humaine et artistique par laquelle chef et orchestre fĂȘtaient le centenaire Bernstein 2018. Un dispositif regroupant de nombreuses phalanges locales (orchestres d’harmonies, chorales et chƓurs, sans compter les chanteurs acteurs « jouant » leur partie sur la scĂšne de ce rituel paĂŻen polymorphe
 Et si la maestro savait mieux qu’aucun autre, rĂ©tablir l’humain au cƓur de partitions pourtant colossales ?
Entretien avec Alexandre Bloch à propos de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler, à l’affiche du Nouveau Siùcle à Lille le 3 avril (concert repris le 4 avril à la Maison de la culture d’Amiens). Propos recueillis en mars 2019.

 

 

 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille poursuivent leur cycle MAHLER 2019 

Les enjeux de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler

 

bloch-alexandre-mahler-symphonie-n°2-resurrection-chef-de-face-concert-critique-classiquenews-compte-rendu-concert-symphonique-critique

 

 

QUELQUES CLÉS DE COMPRÉHENSION
 POUR LA 3Ăšme de MAHLER. En 2019, cap sur Mahler : un nouvel eldorado dont les promesses ciblent le grand frisson symphonique. Pour mieux comprendre la structure et le sens de ce nouvel opus, nous avons posĂ© quelques questions au Maestro, qui venait de diriger en Allemagne, la symphonie la plus sombre et bouleversante de Tchaikovski, le 6Ăš (« PathĂ©tique », le 18 mars dernier Ă  la Tonhalle de DĂŒsseldorf, Ă  la tĂȘte du DĂŒsseldorfer Symphoniker).
« C’est un Ă©cart total d’une symphonie Ă  l’autre”, nous prĂ©cise Alexandre Bloch. « Si la 6Ăš et derniĂšre symphonie de Tchaikovski est des plus tragiques, la 3Ăš de Mahler s’achĂšve dans l’espĂ©rance, mais Ă  la diffĂ©rence de la 2Ăš, RĂ©surrection, il n’y est pas question de la souffrance ni des peines inĂ©vitables qui sont le prĂ©alable nĂ©cessaire Ă  la rĂ©surrection finale. Dans la 3Ăš Symphonie, Mahler exprime son admiration pour la Nature, pour toutes les crĂ©atures terrestres. Et comme les prĂ©cĂ©dentes, la 3Ăš prĂ©pare au dernier mouvement qui incarne un fabuleux message d’optimisme et de sĂ©rĂ©nité ».

Parmi les temps forts de l’opus achevĂ© Ă  l’étĂ© 1896 (mais qui ne sera crĂ©Ă© qu’en
 1902), le chef distingue l’ampleur du premier mouvement : « c’est l’un des plus longs et des plus dĂ©veloppĂ©s jamais Ă©crits par Mahler ; c’est un monde Ă  lui seul, et terminĂ© en dernier, comme une piĂšce Ă  part, distinct des 5 autres parties. Le souffle emporte cette premiĂšre et vaste fresque prĂ©liminaire dans laquelle le compositeur affirme si l’on en doutait, son gĂ©nie du contrepoint. La force d’évocation y est spectaculaire. »

 

 

Mahler_gustav_profilLABORATOIRE INSTRUMENTAL et VISION PANTHÉISTE
 Notez-vous d’autres points importants ? « L’intelligence de la construction est comme pour les symphonies prĂ©cĂ©dentes, captivante. Mahler est un architecte : les 3 premiers mouvements s’inscrivent dans la terre (d’oĂč leurs couleurs graves et sombres) ; les 3 derniers expriment une Ă©lĂ©vation progressive, jusqu’à l’Adagio final, – en rĂ© majeur, vaste chant d’amour. J’aimerai aussi souligner le champs des expĂ©rimentations que dĂ©veloppe Mahler sur le plan instrumental : je retrouve comme dans la 2Ăš Symphonie, des alliages souvent remarquables par leur pertinence, leur justesse, entre autres, dans l’évocation des espĂšces terrestres, vĂ©gĂ©tales et animales (2Ăš et 3Ăš mouvements) mais il ne s’agit pas de simples descriptions car le langage de Mahler va au delĂ  de l’illustration (
) ; Enfin, la 3Ăš est traversĂ©e par une hauteur de vue phĂ©nomĂ©nale : la 2Ăš nous parlait du destin de l’homme ; ici, il s’agit d’un hymne Ă  la Nature, de la place de l’homme ; la vision est trĂšs large et bien sĂ»r l’on peut parler du panthĂ©isme de Mahler, lequel s’accomplit dans le sublime Adagio final ».

 

orchestre-national-de-lille-alexandre-Bloch-cycle-mahler-2019-critique-annonce-par-classiquenews-

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LILLE, les 3 et 4 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille. 20h. RESERVEZ VOTRE PLACE ICI

 

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Illustrations : Alexandre Bloch (© Ugo Ponte / ONL) – Gustav Mahler

 

 

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LIRE notre prĂ©sentation du concert : Symphonie n°3 de Gustav Mahler par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille :
http://www.classiquenews.com/lille-3eme-symphonie-de-mahler-par-lorchestre-national-de-lille/

 

VISITER le site de l’Orchestre National de Lille
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/symphonie-n-3/

 

 

 

VISIONNER les Symphonies de Mahler par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille sur la chaüne Youtube de l’ONL / Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/user/ONLille/videos
(Accessibles : les symphonies n°1 Titan, n°2 RĂ©surrection, de nombreux entretiens et explications sur les symphonies par les musiciens de l’orchestre, par Alexandre Bloch

 

 

 

 

 

VOIR la Symphonie n°3 de Mahler par Leonard Bersntein / Wiener Philharmoniker / VIENNE 1973
https://www.youtube.com/watch?v=1AwFutIcnrU

 

LILLE, ONL. Alexandre BLOCH dirige la 3Ăš Symphonie de Mahler

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLELILLE, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Alexandre Bloch pilote l’orchestre National de Lille, son orchestre puisqu’il en est le directeur musical, dans une Ă©popĂ©e Ă  risques, mais spectaculaire et singuliĂšre : les 9 symphonies de Gustav Mahler, architecte visionnaire dont le souffle, le goĂ»t des timbres, et le sens des Ă©tagements s’avĂšrent sous la baguette du maestro
 passionnants Ă  suivre. Jusqu’en juin 2019, le premier objectif est de jouer les 5 premiĂšres symphonies. Un marathon qui expose les musiciens Ă  de multiples dĂ©fis. AprĂšs les Symphonies 1 et 2, voici venir les 3 et 4 avril prochains, la symphonie n°3, moins connue car moins jouĂ©e. Un nouvel Ă©difice dont les dimensions correspondent manifestement Ă  l’Orchestre lillois que la grande forme ne fait pas fuir, bien au contraire. On l’a rĂ©cemment vu en fin de saison derniĂšre dans la flamboyance fraternelle, dĂ©jantĂ©e, humaniste de la partition Mass de Leonard Bernstein, formidable expĂ©rience humaine et artistique par laquelle chef et orchestre fĂȘtaient le centenaire Bernstein 2018. Un dispositif regroupant de nombreuses phalanges locales (orchestres d’harmonies, chorales et chƓurs, sans compter les chanteurs acteurs « jouant » leur partie sur la scĂšne de ce rituel paĂŻen polymorphe
 Et si la maestro savait mieux qu’aucun autre, rĂ©tablir l’humain au cƓur de partitions pourtant colossales ?
Entretien avec Alexandre Bloch à propos de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler, à l’affiche du Nouveau Siùcle à Lille le 3 avril (concert repris le 4 avril à la Maison de la culture d’Amiens). Propos recueillis en mars 2019.

 

 

 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille poursuivent leur cycle MAHLER 2019 

Les enjeux de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler

  

 

bloch-alexandre-mahler-symphonie-n°2-resurrection-chef-de-face-concert-critique-classiquenews-compte-rendu-concert-symphonique-critique

 

 

QUELQUES CLÉS DE COMPRÉHENSION
 POUR LA 3Ăšme de MAHLER. En 2019, cap sur Mahler : un nouvel eldorado dont les promesses ciblent le grand frisson symphonique. Pour mieux comprendre la structure et le sens de ce nouvel opus, nous avons posĂ© quelques questions au Maestro, qui venait de diriger en Allemagne, la symphonie la plus sombre et bouleversante de Tchaikovski, le 6Ăš (« PathĂ©tique », le 18 mars dernier Ă  la Tonhalle de DĂŒsseldorf, Ă  la tĂȘte du DĂŒsseldorfer Symphoniker).
« C’est un Ă©cart total d’une symphonie Ă  l’autre”, nous prĂ©cise Alexandre Bloch. « Si la 6Ăš et derniĂšre symphonie de Tchaikovski est des plus tragiques, la 3Ăš de Mahler s’achĂšve dans l’espĂ©rance, mais Ă  la diffĂ©rence de la 2Ăš, RĂ©surrection, il n’y est pas question de la souffrance ni des peines inĂ©vitables qui sont le prĂ©alable nĂ©cessaire Ă  la rĂ©surrection finale. Dans la 3Ăš Symphonie, Mahler exprime son admiration pour la Nature, pour toutes les crĂ©atures terrestres. Et comme les prĂ©cĂ©dentes, la 3Ăš prĂ©pare au dernier mouvement qui incarne un fabuleux message d’optimisme et de sĂ©rĂ©nité ».

Parmi les temps forts de l’opus achevĂ© Ă  l’étĂ© 1896 (mais qui ne sera crĂ©Ă© qu’en
 1902), le chef distingue l’ampleur du premier mouvement : « c’est l’un des plus longs et des plus dĂ©veloppĂ©s jamais Ă©crits par Mahler ; c’est un monde Ă  lui seul, et terminĂ© en dernier, comme une piĂšce Ă  part, distinct des 5 autres parties. Le souffle emporte cette premiĂšre et vaste fresque prĂ©liminaire dans laquelle le compositeur affirme si l’on en doutait, son gĂ©nie du contrepoint. La force d’évocation y est spectaculaire. »

 

 

Mahler_gustav_profilLABORATOIRE INSTRUMENTAL et VISION PANTHÉISTE
 Notez-vous d’autres points importants ? « L’intelligence de la construction est comme pour les symphonies prĂ©cĂ©dentes, captivante. Mahler est un architecte : les 3 premiers mouvements s’inscrivent dans la terre (d’oĂč leurs couleurs graves et sombres) ; les 3 derniers expriment une Ă©lĂ©vation progressive, jusqu’à l’Adagio final, – en rĂ© majeur, vaste chant d’amour. J’aimerai aussi souligner le champs des expĂ©rimentations que dĂ©veloppe Mahler sur le plan instrumental : je retrouve comme dans la 2Ăš Symphonie, des alliages souvent remarquables par leur pertinence, leur justesse, entre autres, dans l’évocation des espĂšces terrestres, vĂ©gĂ©tales et animales (2Ăš et 3Ăš mouvements) mais il ne s’agit pas de simples descriptions car le langage de Mahler va au delĂ  de l’illustration (
) ; Enfin, la 3Ăš est traversĂ©e par une hauteur de vue phĂ©nomĂ©nale : la 2Ăš nous parlait du destin de l’homme ; ici, il s’agit d’un hymne Ă  la Nature, de la place de l’homme ; la vision est trĂšs large et bien sĂ»r l’on peut parler du panthĂ©isme de Mahler, lequel s’accomplit dans le sublime Adagio final ».

  

 

orchestre-national-de-lille-alexandre-Bloch-cycle-mahler-2019-critique-annonce-par-classiquenews-

 
 

 
 

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LILLE, les 3 et 4 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille. 20h. RESERVEZ VOTRE PLACE ICI

 

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Illustrations : Alexandre Bloch (© Ugo Ponte / ONL) – Gustav Mahler

  

 

 

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LIRE notre prĂ©sentation du concert : Symphonie n°3 de Gustav Mahler par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille :
http://www.classiquenews.com/lille-3eme-symphonie-de-mahler-par-lorchestre-national-de-lille/

 

VISITER le site de l’Orchestre National de Lille
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/symphonie-n-3/

 

 

 

VISIONNER les Symphonies de Mahler par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille sur la chaüne Youtube de l’ONL / Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/user/ONLille/videos
(Accessibles : les symphonies n°1 Titan, n°2 RĂ©surrection, de nombreux entretiens et explications sur les symphonies par les musiciens de l’orchestre, par Alexandre Bloch

 

 

 

 

 

VOIR la Symphonie n°3 de Mahler par Leonard Bersntein / Wiener Philharmoniker / VIENNE 1973
https://www.youtube.com/watch?v=1AwFutIcnrU
 
 

 
 

 

CD Ă©vĂ©nement, annonce. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha)

chausson poeme amour et mer alexandre bloch gens orchestre national de lille cd annonce critique cd review cd classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha). Entre Berlioz et CĂ©sar Franck dont il fut l’élĂšve, Ernest Chausson (mort Ă  44 ans en juin 1899) impose aujourd’hui un gĂ©nie Ă  part d’autant qu’il reste mĂ©connu. A l’époque du wagnĂ©risme europĂ©en et bientĂŽt du premier Debussy symboliste, Chausson compose sur une dĂ©cennie (1882 – 1892) un cycle sans Ă©quivalent dans la littĂ©rature romantique française : Le PoĂšme de l’Amour et de la Mer (1882 – 1892), qui est Ă  la fois cycle de mĂ©lodies ou cantate profane, poĂšme symphonique ou symphonie. C’est un creuset bouillonnant d’idĂ©es mĂ©lodiques et harmoniques dont il extrait en 1886, le dernier volet, Le Temps des lilas, jouĂ© depuis comme une mĂ©lodie Ă  part (pour voix et piano).

gens veronique melodies duparc hahn chausson alpha cd critique compte rendu review account of CLASSIQUENNEWS CLIC de classiquenews octobre 2015La soprano française VĂ©ronique Gens enregistre ce cycle pour la premiĂšre fois, ayant dĂ©jĂ  gravĂ© Le Temps des Lilas (avec Susan Manoff au piano pour son disque NĂ©Ăšre / ALPHA 215, clic de classiquenews en octobre 2015 : LIRE ici notre critique du cd NĂ©Ăšre / VĂ©ronique Gens),un recueil pleinement abouti, qui « hypnotise par la justesse des couleurs, la prĂ©cision allusive de chaque mot vocal » Ă©crivait notre rĂ©dacteur Ernst Van Beck 


 

 

 

 

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Dans ce nouveau cd Ă©ditĂ© par Alpha dĂ©but mars 2019, VĂ©ronique Gens retrouve ici un orchestre familier, l’Orchestre National de Lille, sous la direction de son directeur musical, Alexandre Bloch (qui poursuit en 2019, un cycle Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ© aux 9 symphonies de Mahler). Plus rare encore et de caractĂšres proches, la Symphonie en si bĂ©mol majeur (1891) complĂšte ce programme : c’est le sommet du rĂ©pertoire français, jalon aussi dĂ©cisif que la Symphonie en rĂ© mineur de Franck dont Chausson bien qu’élĂšve de Massenet, partage le mysticisme et l’idĂ©alisme esthĂ©tique. ConcrĂštement la Symphonie de Chausson prolonge la voie tracĂ©e par Franck, en faisant une Ă©tonnante et trĂšs originale synthĂšse entre les couleurs et l’ampleur de Wagner, son dramatisme noir, l’élĂ©vation françkiste et dĂ©jĂ  dans les couleurs et la transparence, la voluptĂ© allusive de l’impressionnisme Ă  venir. On y dĂ©tecterait presque aussi, cette clartĂ© faurĂ©enne qui Ă©claire la Suite PellĂ©as et MĂ©lisande 
 de FaurĂ© (alors Ă©crite Ă  la mĂȘme pĂ©riode). La Symphonie de Chausson, crĂ©Ă©e Ă  Paris en 1891 (SociĂ©tĂ© nationale de musique, salle Erard) est un jalon essentiel du romantisme français : elle s’inscrit dans le sillon des opus rĂ©volutionnaires et de synthĂšse comme la Fantastique de Berlioz (1830), la Symphonie avec orgue de Saint-Sans (1886) et Ă©videmment la Symphonie en rĂ© de son maĂźtre CĂ©sar Franck (composĂ©e peu avant et crĂ©Ă©e en … 1889). L’accueil est un triomphe que confirme la reprise en 1897 au Cirque d’hiver, par la Philharmonie de Berlin sous la direction de son directeur musical d’alors, Arthur Nikisch. Grand amateur d’art et collectionneur de tableaux (impressionnistes et symbolistes, sans omettre Degas et Manet…), Chausson a dĂ©diĂ© sa seule symphonie qui nous soit parvenue, au peintre Henry Lerolle (son beau-frĂšre). Prochaine grande critique du cd CHAUSSON par l’orchestre National de Lille / Alexandre Bloch dans le mag cd dvd livres de classiquenews

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. ERNEST CHAUSSON : PoĂšme de l’amour et de la Mer, Symphonie opus 20 (Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch / VĂ©ronique Gens – 1 cd Alpha)

 

 

 

 

 

 

 

 

LILLE, 3Ăšme Symphonie de Mahler par l’Orchestre National de Lille

cycle-mahlerLILLE, ONL : MAHLER : Symph n°3, les 3 et 4 avril 2019. Suite de l’épopĂ©e des symphonies de Gustav Mahler par l’ONL Orchestre National de Lille sous la direction de l’impĂ©tueux et introspectif Alexandre Bloch, pilote majeur de ce cycle orchestral Ă©vĂ©nement Ă  Lille. AprĂšs les Symphonies n°1 « Titan », n°2 « RĂ©surrection, voici la 3Ăš, moins connue, moins jouĂ©e. C’est pourtant l’un des volets orchestralement les plus riches, expression libre d’un sentiment de communion avec la Nature


AprĂšs avoir atteint le sentiment d’éternitĂ© et l’expĂ©rience de la RĂ©surrection, ni plus ni moins, dans l’ultime mouvement de sa deuxiĂšme symphonie (Finale en apothĂ©ose et lĂ©vitation oĂč le ciel s’ouvre enfin
), Mahler pour sa TroisiĂšme symphonie, conservant la nostalgie des hauteurs cĂ©lestes, compose un partition qui logiquement se place Ă  l’échelle du cosmos. L’exaltation spirituelle et mystique dĂ©veloppĂ©e dans la DeuxiĂšme symphonie, « RĂ©surrection », le laisse Ă  la mĂȘme altitude, un Ă©tat d’ascension vertigineux, cultivĂ©e ici avec une plĂ©nitude exceptionnelle (en particulier dans le Minuetto)
MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigA 34 ans, l’homme qui se sent asphyxiĂ© par son activitĂ© comme directeur d’opĂ©ra, – Ă  Hambourg-, ne disposant que d’un temps trop comptĂ© pour composer (l’étĂ©), la seule activitĂ© qui compte rĂ©ellement, veut en se mesurant Ă  l’échelle universelle, dĂ©montrer sa pleine maturitĂ© de compositeur. Avec lui, le cadre symphonique gagne de nouveaux horizons, des perspectives jusque lĂ  inconnues. Affirmation d’un dĂ©miurge symphonique, la TroisiĂšme approfondit davantage le rapport unissant l’homme et la nature.

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcleboutonreservation
Orchestre National de Lille
Mercredi 3 avril 2019, 20h

 

MAHLER
Symphonie n°3
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE  /  ‹CHRISTIANNE STOTIJN, mezzo soprano
ALEXANDRE BLOCH, direction

CHƒURS PHILHARMONIA CHORUS‹CHEF DE CHƒUR : GAVIN CARR
CHƒUR MAÎTRISIEN DU CONSERVATOIRE DE WASQUEHAL‹CHEF DE CHƒUR : PASCALE DIEVAL-WILS
CHEF ASSISTANT : JONAS EHRLER

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/symphonie-n-3/

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Concert repris jeudi 4 avril 2019
Ă  Amiens, Maison de la culture
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LA NATURE, source Ă©ternelle, apaisante


MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerGENESE
 A l’étĂ© 1895, Mahler retrouve son ermitage au bord du lac d’Attersee. La solitude recherchĂ©e, le dĂ©sir de faire communion avec l’élĂ©ment naturel, la contemplation de la nature lui inspirent le goĂ»t vital de l’immensitĂ©. La proche vĂ©gĂ©tation entourant sa cabane de compositeur marque le climat du menuet BlumenstĂŒck (morceau de fleurs), dĂ©jĂ  citĂ©. La contemplation lui ouvre un univers de sensations inĂ©dites, en particulier le sentiment d’une pure jubilation suscitĂ©e par le motif naturel. A la maniĂšre des impressionnistes qui ont renouvelĂ© la perception du plein air et transformĂ© radicalement les modes et rĂšgles du paysage, en recherchant toujours plus loin et plus intensĂ©ment la vĂ©ritable perception rĂ©tinienne sur le motif naturel, Mahler emprunte des chemins similaires. Rien ne compte davantage que cette retraite au sein du cƓur vĂ©gĂ©tal, dans la captation directe des Ă©lĂ©ments.
Conscient de l’immensitĂ© de la tĂąche Ă  venir, il couche d’abord le dĂ©roulement d’un programme : le titre en est : « songe d’un Matin d’été ». C’est l’époque oĂč il lit Nietzsche (le Gai savoir). Ses lectures lui donne des pistes formulĂ©es dans de nouveaux titres : « l’arrivĂ©e de l’été » ou « l’éveil de Pan » (dont le sujet annonce la trame de sa future 7Ăšme symphonie, la plus personnelle de ses Ɠuvres et intimement liĂ©e Ă  sa propre expĂ©rience de la Nature). Finalement son premier mouvement, s’intitulera « le CortĂšge de Bacchus » : l’aspect dyonisiaque de l’élĂ©ment naturel le touche infiniment plus que la vision ordonnĂ©e d’une nature maĂźtrisĂ©e, Ă  l’échelle humaine. L’univers mahlĂ©rien plonge dans le mystĂšre et l’équilibre Ă©ternellement recommencĂ© des forces en prĂ©sence.
Au final, Mahler compose Ă  l’étĂ© 1895, son premier mouvement ou partie I, de loin le plus ample et long prĂ©lude symphonique jamais Ă©crit (plus de trente minutes), poussant plus loin le gigantisme de la DeuxiĂšme Symphonie, en son final spectaculaire et mystique.
 C’est que le point de vue des deux symphonies prĂ©cĂ©dentes, est totalement diffĂ©rent : Mahler semble se placer Ă  la droite de Dieu, contempler, embrasser, exprimer la grandeur indicible de la CrĂ©ation. Il compose ensuite les quatre mouvement qui suivent et qui constituent les trois quart de la Seconde partie.
A l’étĂ© 1896, Mahler affine les Ă©bauches de 1895


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LIRE la suite de la genÚse de la symphonie n°3 de Gustav Mahler ici
(Symphonie n°3 de Gustav MAHLER par le chef mahlérien Rafael KUBELIK)
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-3-eme-symphonie-rafael-kubelik/

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En direct sur la chaüne YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille / ONL
Ă  partir de 20h
https://bit.ly/2Sjlo6M

Et pendant tout le cycle, jusqu’au 30 avril 2020, l’intĂ©gralitĂ© des 9 symphonies sera accessible la chaĂźne You Tube ONLille:
https://bit.ly/2Sjlo6M

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APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Alexandre BLOCH

LIRE aussi notre critique de la Symphonie  Résurrection par Alexandre BLOCH

 

 

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

VIDEO : prĂ©sentation vidĂ©o des symphonies de Gustav Mahler par Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw 

https://www.youtube.com/watch?v=ACFvSpBDXV0&feature=youtu.be

 

 

 

lille-orchestre-national-ONL-Alexandre-Bloch-mahler-resurrection-lille-concert-annonce-critique-classiquenews

 

 

 

Illustration : © Ugo Ponte / ONL – Orchestre National de Lille 2019

 

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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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COMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, le 28 fév 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection ». Orch National de Lille / Alexandre Bloch.

cycle-mahlerCOMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, Nouveau SiĂšcle, le 28 fĂ©vrier 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « RĂ©surrection ». Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. La premiĂšre Symphonie Titan marquait dĂ©jĂ  l’ampleur d’une Ă©criture trĂšs inspirĂ©e. Premier essai, premier coup de gĂ©nie (1). Dans la 2Ăš Symphonie, l’architecture s’élĂšve encore : du tumulte initial, l’énergie gravit peu Ă  peu la montagne, jusqu’à Ă©difier une cathĂ©drale
 spirituelle et mystique. Alexandre Bloch nous conduit dans ce cheminement qui fait de la Symphonie n°2 une symphonie de compassion, de dĂ©livrance, une formidable machine cathartique et salvatrice.

 
 
 

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Le premier mouvement marque d’emblĂ©e l’échelle du cadre symphonique : colossale voire abyssale. Le souffle, la dimension n’ont jamais Ă©tĂ© Ă  ce point aussi grandioses, – les contrastes enchaĂźnĂ©s, aussi vertigineux… dans la pensĂ©e, autant que dans les nouvelles sonoritĂ©s et trouvailles esthĂ©tiques requises pour en exprimer l’énergie. Au dĂ©but, le chant Ăąpre des contrebasses mĂšne la danse (comme le dĂ©but de la Walkyrie de Wagner en une sorte de chevauchĂ©e nocturne, ivre, panique), puis c’est la priĂšre des hautbois Ă  l’élĂ©gance toute racĂ©e ; ainsi s’affirme le balancement jamais rĂ©solu entre dĂ©sarroi dĂ©pressif et viscĂ©rale espĂ©rance d’un Mahler accablĂ© par le destin. Les cuivres clament cette prise de conscience supĂ©rieure qui se fait onctueuse douceur aux cordes, clarinettes et cors.
Alexandre Bloch fait surgir comme un matrice bouillonnante le mouvement des forces contraires et pourtant concomitantes, avec une franchise de ton et la volontĂ© d’en dĂ©coudre aprĂšs avoir exposĂ© toutes les cartes d’un jeu trouble Ă  son dĂ©but. Fureur contre l’adversitĂ©, impuissance face aux Ă©lĂ©ments contraires et dĂ©pression profonde (marche des harpes), et pourtant, toujours, indĂ©fectible foi
 Tout est lĂ , Ă  la fois d’une clartĂ© lugubre et d’une tendresse terrorisĂ©e mais tenace. C’est d’ailleurs cette rĂ©sistance coĂ»te que coĂ»te, et cette opiniĂątretĂ© qui cimentent toute la construction comme elle inspire la formidable Ă©nergie du chef.

 
 
 
 
 
 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille rĂ©alisent la prodigieuse mĂ©tamorphose Ă  l’Ɠuvre dans la 2Ăš Symphonie de Mahler


SAUVAGERIE, COMPASSION, RESURRECTION

 
 
 
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CritiquĂ© vertement par son modĂšle, Hans von Bulow (le crĂ©ateur de Tristan) et grand dĂ©fenseur alors de Richard Strauss, Mahler qui lui avait fait Ă©coutĂ© l’esquisse de la 2Ăš (en son premier mouvement dĂ©nommĂ© Totenfeier, « fĂȘte des morts », mouvement indĂ©pendant achevĂ© dĂšs 1888), ne se laisse pas dĂ©courager. Bien au contraire. ChevillĂ© au corps, l’exercice de composition est une nĂ©cessitĂ© vitale.
Ce combat pour s’affirmer, cette clairvoyance pleinement assumĂ©e se prĂ©cisent dans la magma de la 2Ăš, dĂšs son premier mouvement initial (Allegro maestoso), vĂ©ritable cathĂ©drale sonore oĂč s’affrontent toutes les forces en prĂ©sence, apparentes puissances contradictoires, en fait pilier d’un monde symphonique nouveau oĂč Mahler dans les faits, fusionne et Wagner, et Bruckner, et toutes les narrations symphoniques connues jusque lĂ , organisant peu Ă  peu le chaos du dĂ©but, rĂ©capitulant, architecturant son grand Ɠuvre en devenir
 afin d’éclairer l’orchestre par sa propre voix.

C’est dans ce bain primordial, cet Ă©lan en structuration que nous convie Alexandre Bloch, exploitant toutes les riches alliances de timbres, les frottements de sonoritĂ©s d’une page blanche, dont l’essence est expĂ©rimentale. Le chef aime piloter les instrumentistes jusque dans leurs retranchements sonores ultimes : caresses des cordes, Ă  l’ivresse Ă©perdue dont les cors amoureux se font l’écho

La palette est infinie et suscite bien des climats contrastĂ©s, dont l’apparente insouciance (tapisserie miroitante de l’harmonie des vents et des bois) n’écarte jamais un soubresaut d’angoisse sourde, souterraine (carillon des harpes). Ici rĂšgnent l’abandon espĂ©rĂ© et le sentiment d’une terreur prĂ©sente, profonde, non encore clairement Ă©lucidĂ©e. VoilĂ  qui est posĂ©, franchement, dans ce premier mouvement oĂč tout est dit, condensĂ©, en une flamboyante sauvagerie.

Le second mouvement (Andante moderato) dĂ©bute aprĂšs une pause marquĂ©e selon le voeu de Mahler lui-mĂȘme (Ă  32mn44), comme pour mieux absorber la charge terrible du premier mouvement (mouvement indĂ©pendant en soi, du fait de l’histoire de sa genĂšse). L’allant flexible et chantant de cette nouvelle sĂ©quence est plus calme (flĂ»te et harpe), mais n’écarte pas non plus l’accent Ă  peine canalisĂ© de nouvelles menaces. Mais ici rĂšgne le miel rĂ©confortant d’une grande guitare (pizz des cordes, soulignĂ©s par la flĂ»te), source d’un rĂ©confort imprĂ©vu (glissandi amoureux des cordes).

Le 3Ăš, Scherzo (43mn31) est ciselĂ© comme un balancement hypnotique d’une souplesse qui se convulse et est prĂȘte Ă  dĂ©raper. Un dĂ©sĂ©quilibre prĂȘt Ă  rompre le fil et l’équilibre : le hĂ©ros reprend son chemin, comme enivrĂ© par son propre enthousiasme (rondeur souple des clarinettes, vivacitĂ© des flĂ»tes, Ă  laquelle rĂ©pond la joie des hautbois
). Le promeneur fanfaronne et l’orchestre s’éveille Ă  la grandeur du paysage et des cimes qui se prĂ©cisent : comme saisi et surpris par l’ampleur du paysage qui l’environne soudain, le marcheur contemple la dĂ©mesure des forces auxquelles il doit se confronter. Ce vertige, Alexandre Bloch nous le fait ressentir avec des dĂ©charges millimĂ©trĂ©es, une attention spĂ©cifique aux petits dĂ©tails de l’orchestration, toujours savoureuse.
D’un oeil cinĂ©matographique, jouant sur les Ă©chelles, le chef demeure Ă  l’affĂ»t de la moindre inflexion contenue dans la partition, et qui dĂ©voile le relief du paysage. Ses parts d’ombre, ses contours annonces de la vie cĂ©leste


Puis Ă  53mn57, est enchainĂ© l’Urlicht : texte entonnĂ© par la mezzo (Christianne Stotijn) dont le cuivre vocal rĂ©pond Ă  la fanfare lointaine qui redessine un paysage assagi, claire rĂ©fĂ©rence Ă  un choral d’apaisement. La soliste rĂ©pand ce baume qui efface toute douleur, toute dĂ©tresse, laissant envisager ce qui Ă©tait jusque lĂ  refusĂ© : l’ascension vers le ciel (Ă©lĂ©vation des corps exprimĂ© par le hautbois qui s’enlace Ă  la voix). Ici surgit l’extase mystique d’un Mahler spirituel : « De dieu je viens et veux retourner Ă  Dieu ».

Alexandre Bloch fait entendre alors le tumulte du cosmos, dĂ©chirure, dĂ©flagration qui sonne comme une porte qui s’ouvre (Ă  la façon de la scĂšne de rĂ©vĂ©lation de la Femme sans ombre de Richard Strauss)
 De fait, nous ne sommes pas loin de l’opĂ©ra ; du moins dans cette scĂšne, aux jalons mystiques d’une intensitĂ© irrĂ©sistible, Mahler Ă©crit son oratorio le plus inspirĂ©. A 1h01mn18 : les cuivres expriment enfin l’échelle du cĂ©leste qui rejoint la terre et lui permet de gravir la passerelle vers l’éternitĂ© (marches Ă©noncĂ©es par la harpe)


Les 30 derniĂšres minutes de ce Finale grandiose, apothĂ©ose ultime de l’architecture ascensionnelle dĂ©crivent la citĂ© idĂ©ale qui paraĂźt alors au pĂšlerin, les plaintes de ce dernier, sa priĂšre face au CrĂ©ateur ; la perte de l’espoir, et le vertige de l’abandon
 (1h05mn puis 1h09m50).

 
 
 

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Alors s’exprime la promesse de la RĂ©surrection pour celui qui a cheminĂ© aussi durement. C’est la rĂ©mission tant espĂ©rĂ©e (1h06mn19) qui se profile (rĂ©bus et rĂ©solution de l’énigme aux trombones / bassons majestueux)
L’immense clameur d’espĂ©rance surgit et se renforce , puis la paix se profile (1h16mn), l’éternitĂ© rĂ©pond (fanfare Ă  1h17mn43)


Enfin le chƓur (1h20mn04) murmurant Ă©nonce la dĂ©livrance et la bĂ©atitude espĂ©rĂ©e
 Par la voix de la soprano (Kate Royal Ă  1h21mn49) -, enfin tout est exaucĂ©, pardonnĂ©, permis : « Tu ressusciteras mon corps »
Ce Ă  quoi Mahler rĂ©pond par la voix de la mezzo (1h26mn57), dans un texte qui est de lui : « Ce Ă  quoi tu as aspirĂ©, est Ă  toi / A toi ce que tu as aimĂ©, ce que tu as conquis », sublime Ă©mancipation, ultime courage contre l’adversité  et rĂ©confort pour les ĂȘtres douĂ©s d’une volontĂ© supĂ©rieure (« Ce que tu as endurĂ© te portera vers Dieu »). L’Ɠuvre de compassion se rĂ©alise enfin par le cri du chƓur qui droit aux cĂŽtĂ©s des deux anges intercesseurs, Ă©lĂšve le pĂȘcheur terrassĂ©.

Le Paradis est donc au bout du chemin. Mais avant, 
 quelles Ă©preuves et quel dĂ©couragement, quelles angoisses et quelles paniques faut-il Ă©prouver. Le grand bain orchestral, forge et matrice exutoires nous le font entendre, dans un fracas expressif que la direction d’Alexandre Bloch enveloppe d’une tension toute humaine, et mĂȘme dans sa rĂ©solution progressive (au sein du Finale bouleversant), fraternelle et si naturellement familiĂšre.

 
 
 

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Solistes au verbe incarnĂ©, chƓur dĂ©chirant, machine orchestrale en mĂ©tamorphose, chef soucieux des Ă©quilibres, et surtout de l’intelligibilitĂ© du texte final
 l’expĂ©rience aux dimensions colossales a passĂ© et rĂ©vĂ©lĂ© sa couleur et sa vibration humaine. Jusqu’au carillon ultime, de dĂ©livrance et de lĂ©vitation d’un magnĂ©tisme inoubliable. C’est peu dire que Mahler fait partie des gĂšnes de l’Orchestre lillois. Cette session nous le montre encore. Alexandre Bloch s’inscrit dans la lignĂ©e du mahlĂ©rien Jean-Claude Casadesus dont classiquenews avait distinguĂ© l’enregistrement de la 2Ăš (Lire notre critique : Mahler : Symphonie n°2 (Jean-Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, novembre 2015, 1 cd Ă©vidence classics) : http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-symphonie-n2-jean-claude-casadesus-orchestre-national-de-lille-novembre-2015-1-cd-evidence-classics/

Belle continuitĂ© entre les deux chefs et pour Alexandre Bloch la confirmation d’une sensibilitĂ© naturelle, convaincante qui annonce la suite de son cycle Mahler sous les meilleurs auspices


Aucun doute, l’intĂ©grale des 9 symphonies mahlĂ©riennes est bien l’évĂ©nement orchestral de cette annĂ©e. A suivre Ă  Lille. Prochaine session, la 3Ăš Symphonie, le 3 avril 2019 (programme intitulĂ© « l’éveil du printemps ») : http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 
 
 

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Les indications de timing renvoient au direct live diffusĂ© sur la chaĂźne YOU TUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=guPAE1FX2Ds

 
 
 

VOIR la Symphonie n°2 de Mahler ” RĂ©surrection “

https://youtu.be/guPAE1FX2Ds

 
 
   
 
 

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Symphonie n°2, « Résurrection » / Symphony No. 2, « Auferstehung » : Gustav Mahler

Direction : Alexandre Bloch
Soprano : Kate Royal
Mezzo-soprano : Christianne Stotijn
ChƓur : Philharmonia Chorus
Chef de chƓur : Gavin Carr

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

I. [Todtenfeier] Allegro maestoso. Mit durchaus ernstem und feierlichem Ausdruck [D’un bout à l’autre avec une expression grave et solennelle]
II. Andante moderato. Sehr gemÀchlich [TrÚs modéré]
III. [Scherzo] In ruhig fliessender Bewegung [En un mouvement tranquille et coulant] – attacca
IV. « Urlicht » [LumiÚre originelle]. Sehr feierlich, aber schlicht [TrÚs solennel, mais modeste]
V. Im Tempo des Scherzo. Wild herausfahrend [Dans le tempo du scherzo. Explosion sauvage]

EnregistrĂ© Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle de Lille / France – 28 fĂ©vrier 2019

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Plus d’images de la RĂ©surrection par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH sur le site
https://www.flickr.com/photos/onlille/sets/72157676883219187
Toutes les photos © Ugo PONTE ONL fev 2019

 
 
   
 
 

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(1) LIRE notre compte rendu critique de la Symphonie n°1 TITAN de Gustav Mahler, le 2 fĂ©vrier 2018 par l’Orchestre national de Lille et Alexandre BLOCH, lancement de l’intĂ©grale des 9 symphonies de Mahler Ă  Lille 2019 – 2010 :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-nouveau-siecle-le-2-fevv-2019-mahler-symphonie-n1-titan-orch-national-de-lille-a-bloch/

 
 
   
 
   
 
 

LILLE, Orchestre National : La RĂ©surrection de Gustav Mahler

LILLE : Alexandre Bloch poursuit son cycle Gustav MAHLER ! LILLE, demain, jeudi 28 fĂ©v 2019, 20h : La RĂ©surrection vous est promise. Et si la Symphonie n°2 de Mahler, dite « RĂ©surrection » Ă©tait certes une odyssĂ©e orchestrale mais surtout une Ă©popĂ©e spirituelle, dont le texte dit par les solistes et le chƓurs jalonne le cheminement vers la lumiĂšre ?  C’est ce que nous rĂ©vĂ©lera le chef ALEXANDRE BLOCH et l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, demain soir Ă  LILLE (Auditorium du Nouveau SiĂšcle) et en direct sur la chaine YOUTUBE de l’ONL Orchestre National de Lille. Concert Ă©vĂ©nement.

  

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LILLE, Nouveau SiĂšcle : La 2Ăšme Symphonie de Mahler, le 28 fĂ©vrier 2019. Et aussi en direct sur Youtube. 2Ăš volet de l’épopĂ©e orchestrale majeure, portĂ©e par l’ONL Orchestre National de Lille
 AprĂšs une Symphonie n°1, « Titan », mĂ©morable, voici le dĂ©jĂ  2Ăšme volet : la Symphonie n°2 dite « RĂ©surrection » qui sollicite en plus de l’orchestre, le concours du chƓur (adultes et enfants), deus voix fĂ©minines – alto et soprano, afin que se rĂ©alise cette ascension spirituelle du FInale oĂč le salut est enfin promis au hĂ©ros (et donc Ă  l’auditeur). Pas facile de se confronter Ă  une Ɠuvre aussi colossale et dont le sens engage toutes les forces physiques autant que Ă©motionnelles des interprĂštes.  
mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsUN CYCLE MAHLER Ă©vĂ©nement… Du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020, Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille s’engagent pour une intĂ©grale qui fera date, les 9 symphonies de Gustav Mahler. OdyssĂ©e autobiographique, cycle poĂ©tique et spirituel d’une exceptionnelle tension et expressivité  les 9 symphonies de Mahler renouvellent aprĂšs Beethoven, le genre symphonique, empruntant aux mondes de l’opĂ©ra pour les opus qui sollicitent choeurs et solistes (Symphonies n°2 « RĂ©surrection », n°4, n°8 des « Mille »). Directeur musical de l’ONL Orchestre, Alexandre Bloch nous offre un nouveau jalon de son intĂ©grale mahlĂ©rienne, ce jeudi 28 fĂ©vrier 2019

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CONCERT au Nouveau SiĂšcle de LILLE
Et EN DIRECT SUR YOU TUBE

LILLE, Nouveau SiĂšcle
Jeudi 28 février 2019, 20h

Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction
Gustav Mahler : 2Úme symphonie « Résurrection ».

 RESERVEZ VOTRE PLACE

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En direct sur la chaüne YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille / ONL
Ă  partir de 20h
https://bit.ly/2Sjlo6M

Et pendant tout le cycle, jusqu’au 30 avril 2020, l’intĂ©gralitĂ© des 9 symphonies sera accessible la chaĂźne You Tube ONLille:
https://bit.ly/2Sjlo6M

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LIRE aussi notre annonce du concert SYMPHONIE n°2 de MAHLER
par l’Orchestre National de Lille – jeudi 28 fĂ©vrier 2019
http://www.classiquenews.com/lille-lorchestre-national-joue-la-resurrection-de-mahler/

 
 
   

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

 
 
 

VIDEO : prĂ©sentation vidĂ©o de la Symphonie n°2 RĂ©surrection par Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw 

https://www.youtube.com/watch?v=ACFvSpBDXV0&feature=youtu.be

 

 

 

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Illustration : © Ugo Ponte / ONL – Orchestre National de Lille 2019

 

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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
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Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
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Symphonie n°2 RĂ©surrection de Mahler par l’Orchestre National de Lille

LILLE : Alexandre Bloch poursuit son cycle Gustav MAHLER !LILLE, Nouveau SiĂšcle : La 2Ăšme Symphonie de Mahler, le 28 fĂ©vrier 2019. Et aussi en direct sur Youtube. 2Ăš volet de l’épopĂ©e orchestrale majeure, portĂ©e par l’ONL Orchestre National de Lille
 AprĂšs une Symphonie n°1, « Titan », mĂ©morable, voici le dĂ©jĂ  2Ăšme volet : la Symphonie n°2 dite « RĂ©surrection » qui sollicite en plus de l’orchestre, le concours du chƓur (adultes et enfants), deus voix fĂ©minines – alto et soprano, afin que se rĂ©alise cette ascension spirituelle du FInale oĂč le salut est enfin promis au hĂ©ros (et donc Ă  l’auditeur). Pas facile de se confronter Ă  une Ɠuvre aussi colossale et dont le sens engage toutes les forces physiques autant que Ă©motionnelles des interprĂštes.
mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsUN CYCLE MAHLER Ă©vĂ©nement… Du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020, Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille s’engagent pour une intĂ©grale qui fera date, les 9 symphonies de Gustav Mahler. OdyssĂ©e autobiographique, cycle poĂ©tique et spirituel d’une exceptionnelle tension et expressivité  les 9 symphonies de Mahler renouvellent aprĂšs Beethoven, le genre symphonique, empruntant aux mondes de l’opĂ©ra pour les opus qui sollicitent choeurs et solistes (Symphonies n°2 « RĂ©surrection », n°4, n°8 des « Mille »). Directeur musical de l’ONL Orchestre, Alexandre Bloch nous offre un nouveau jalon de son intĂ©grale mahlĂ©rienne, ce jeudi 28 fĂ©vrier 2019

 
 
 

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CONCERT au Nouveau SiĂšcle de LILLE
Et EN DIRECT SUR YOU TUBE

LILLE, Nouveau SiĂšcle
Jeudi 28 février 2019, 20h

Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction
Gustav Mahler : 2Úme symphonie « Résurrection ».

 RESERVEZ VOTRE PLACE

 
 
 

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En direct sur la chaüne YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille / ONL
Ă  partir de 20h
https://bit.ly/2Sjlo6M

Et pendant tout le cycle, jusqu’au 30 avril 2020, l’intĂ©gralitĂ© des 9 symphonies sera accessible la chaĂźne You Tube ONLille:
https://bit.ly/2Sjlo6M

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LIRE aussi notre annonce du concert SYMPHONIE n°2 de MAHLER
par l’Orchestre National de Lille – jeudi 28 fĂ©vrier 2019
http://www.classiquenews.com/lille-lorchestre-national-joue-la-resurrection-de-mahler/

 
 
   
 
 

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

VIDEO : prĂ©sentation vidĂ©o de la Symphonie n°2 RĂ©surrection par Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw 

https://www.youtube.com/watch?v=ACFvSpBDXV0&feature=youtu.be

 

 

 

lille-orchestre-national-ONL-Alexandre-Bloch-mahler-resurrection-lille-concert-annonce-critique-classiquenews

 

 

 

Illustration : © Ugo Ponte / ONL – Orchestre National de Lille 2019

 

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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LILLE : l’Orchestre National joue la Symphonie RĂ©surrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9Ăš de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurĂ©e, une rĂ©mission espĂ©rĂ©e, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite Ă  en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – Ă  travers les 5 mouvements, explicitĂ©s par le texte (Ă©crit par Mahler lui-mĂȘme) qui un hymne Ă©perdu Ă  la grĂące divine, rĂ©confortant le pĂšlerin, perdu, Ă©prouvĂ© sur la route de l’existence.
La partition est achevĂ© en juin 1895 : Mahler l’a affinĂ©e comme chaque Ă©tĂ©, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflĂ© la mĂ©lodie du Finale : on ne saurait imaginer plus Ă©troite connivence entre le crĂ©ateur et la nature, les oiseaux.

 

 

 

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élĂ©vation
L’ivresse des hauteurs aprùs l’Apocalypse

 

 

 

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque oĂč Mahler rencontre Brahms puis Ă  Bayreuth Ă  l’invitation de Cosima, assiste au reprĂ©sentation de Parsifal, Lohengrin, TannhĂ€user (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie RĂ©surrection est rĂ©alisĂ©e dans ce contexte musical. L’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  ses frais et dans son intĂ©gralitĂ© Ă  Berlin le 13 dĂ©cembre 1895. Pour se faire il choisit lui-mĂȘme la cloche qui doit rĂ©sonner dans le dernier mouvement, celui de libĂ©ration et d’apothĂ©ose dans la lumiĂšre. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et Ă©lĂšves du conservatoire assistent mĂ©dusĂ©s au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chƓur final en sa sublime priĂšre ultime, vraie Ă©lĂ©vation, de la terre au paradis. Ainsi les Ă©preuves passĂ©es sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternitĂ© bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchĂ©s, les critiques fustigent en gĂ©nĂ©ral une Ă©criture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalitĂ©, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tĂȘte. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires dĂ©concertent et mĂȘme agacent une bonne partie des soit disants spĂ©cialistes
lesquels ne dĂ©tectent pas la modernitĂ© d’une Ă©criture dont ils dĂ©noncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invitĂ©, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissĂ© un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les Ă©lans et passions qui ont inspirĂ© sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement Ă©voque les funĂ©railles du hĂ©ros qui s’est battu – il Ă©voque son bonheur terrestre (2Ăš mouvement), mais aussi l’incrĂ©dulitĂ© et l’esprit de nĂ©gation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout mĂȘme de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4Ăš mouvement). Et le Finale (5Ăš et dernier mouvement) dĂ©cide de son sort car il Ă©voque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les dĂ©chus et les damnĂ©s qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lĂąches
 (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se prĂ©cise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chƓur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la rĂ©surrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cƓur des Ă©lus et des mĂ©ritants ; le bonheur Ă©ternel apparaĂźt comme une porte cĂ©leste attendue, espĂ©rĂ©e.

PortĂ©s par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcĂ© au dĂ©but de ce mois de fĂ©vrier par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er fĂ©vrier 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, gĂ©nie symphonique du XXĂš. Cet unique concert le dernier soir de fĂ©vrier 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2Ăš volet du cycle Mahler Ă  Lille, incontournable.

LILLE, Nouveau SiĂšcleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Miah Persson, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. Suite du cycle Mahler par l’ONL : La Symphonie n°2 de Gustav Mahler@CLASSIQUENEWS

LILLE : l’Orchestre National joue la RĂ©surrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9Ăš de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurĂ©e, une rĂ©mission espĂ©rĂ©e, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite Ă  en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – Ă  travers les 5 mouvements, explicitĂ©s par le texte (Ă©crit par Mahler lui-mĂȘme) qui un hymne Ă©perdu Ă  la grĂące divine, rĂ©confortant le pĂšlerin, perdu, Ă©prouvĂ© sur la route de l’existence.
La partition est achevĂ© en juin 1895 : Mahler l’a affinĂ©e comme chaque Ă©tĂ©, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflĂ© la mĂ©lodie du Finale : on ne saurait imaginer plus Ă©troite connivence entre le crĂ©ateur et la nature, les oiseaux.

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élĂ©vation
L’ivresse des hauteurs aprùs l’Apocalypse

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque oĂč Mahler rencontre Brahms puis Ă  Bayreuth Ă  l’invitation de Cosima, assiste au reprĂ©sentation de Parsifal, Lohengrin, TannhĂ€user (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie RĂ©surrection est rĂ©alisĂ©e dans ce contexte musical. L’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  ses frais et dans son intĂ©gralitĂ© Ă  Berlin le 13 dĂ©cembre 1895. Pour se faire il choisit lui-mĂȘme la cloche qui doit rĂ©sonner dans le dernier mouvement, celui de libĂ©ration et d’apothĂ©ose dans la lumiĂšre. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et Ă©lĂšves du conservatoire assistent mĂ©dusĂ©s au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chƓur final en sa sublime priĂšre ultime, vraie Ă©lĂ©vation, de la terre au paradis. Ainsi les Ă©preuves passĂ©es sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternitĂ© bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchĂ©s, les critiques fustigent en gĂ©nĂ©ral une Ă©criture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalitĂ©, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tĂȘte. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires dĂ©concertent et mĂȘme agacent une bonne partie des soit disants spĂ©cialistes
lesquels ne dĂ©tectent pas la modernitĂ© d’une Ă©criture dont ils dĂ©noncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invitĂ©, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissĂ© un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les Ă©lans et passions qui ont inspirĂ© sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement Ă©voque les funĂ©railles du hĂ©ros qui s’est battu – il Ă©voque son bonheur terrestre (2Ăš mouvement), mais aussi l’incrĂ©dulitĂ© et l’esprit de nĂ©gation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout mĂȘme de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4Ăš mouvement). Et le Finale (5Ăš et dernier mouvement) dĂ©cide de son sort car il Ă©voque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les dĂ©chus et les damnĂ©s qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lĂąches
 (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se prĂ©cise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chƓur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la rĂ©surrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cƓur des Ă©lus et des mĂ©ritants ; le bonheur Ă©ternel apparaĂźt comme une porte cĂ©leste attendue, espĂ©rĂ©e.

PortĂ©s par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcĂ© au dĂ©but de ce mois de fĂ©vrier par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er fĂ©vrier 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, gĂ©nie symphonique du XXĂš. Cet unique concert le dernier soir de fĂ©vrier 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2Ăš volet du cycle Mahler Ă  Lille, incontournable.

 

 

 

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LILLE, Nouveau SiĂšcleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Kate Royal, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

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A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 2 févv 2019. Mahler : Symphonie N°1 « Titan ». Orch National de Lille / A. Bloch.

COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 2 fĂ©vrier 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch. C’est dans un projet passionnant – qui est toujours aussi un dĂ©fi un peu fou
 – qu’Alexandre Bloch vient de jeter ses forces (et bien Ă©videmment celles de l’Orchestre National de Lille que le chef français dirige depuis septembre 2016) : offrir au public lillois une intĂ©grale des Symphonies de Mahler – d’ici Ă  janvier 2020 – dans leur ordre chronologique. C’est ainsi l’occasion « de suivre le parcours crĂ©atif d’un gĂ©nie musical unique, qui rĂ©volutionna l’écriture symphonique par sa dĂ©mesure visionnaire », comme l’indique si bien le programme de salle.
Autre particularitĂ© de ce coup d’envoi, avec la PremiĂšre Symphonie (dite « Titan »), on assiste ce soir Ă  un concert « connecté ». En effet, aprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie (en janvier 2018) autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch renouvelle sa proposition de concert connectĂ©.

 
 

 
 

GUSTAV en smartphony

DĂ©mesure visionnaire de Mahler
et concert connecté

 

 

©smartphony2_328px_18-19L’ONL a en effet fait dĂ©velopper une application smartphone unique au monde (intitulĂ© Smartphony) qui permet au public (mais aussi aux internautes, derriĂšre leurs ordinateurs, grĂące au site Youtube, en particulier la chaine de l’ONL Orchestre National de Lille) d’interagir avec l’orchestre. La premiĂšre partie du concert est animĂ©e par le vrai chauffeur de salle qu’est Alexandre Bloch, par ailleurs excellent pĂ©dagogue, qui livre une mine d’informations sur Mahler et son Ɠuvre, mais tout en testant les connaissances du public via l’application


 

 

SMARTPHONY. A LILLE, Alexandre BLOCH réécrit l'expérience symphonique

 
 

 
 

La seconde partie de soirĂ©e se montre plus « sĂ©rieuse », et si – dans la premiĂšre – l’audience a pu dĂ©cider elle-mĂȘme du tempo que le chef devait prendre dans tel ou tel mouvement, Alexandre Bloch reprend ici totalement les commandes pour livrer une interprĂ©tation vibrante du chef d’Ɠuvre mahlĂ©rien.  De fait, aprĂšs cette premiĂšre partie rĂ©crĂ©ative et ludique, Ă  laquelle l’orchestre s’est d’ailleurs prĂȘtĂ© avec un plaisir communicatif, l’auditeur peut enfin goĂ»ter Ă  la qualitĂ© exceptionnelle, Ă  l’homogĂ©nĂ©itĂ© sans faille, ainsi qu’à la perfection technique dont la phalange des Hauts de France est capable. Sous la battue du maestro Bloch, rien ne dĂ©passe, tout est jouĂ© au cordeau, sans le moindre accroc. IrrĂ©prochable, donc, et superbement investi, l’ONL impose d’entrĂ©e de jeu une vraie concentration de l’écoute, en faisant rayonner les « bruits de nature ».
Amoureux du son, Alexandre Bloch dirige sans partition, avec une prĂ©cision trĂšs dĂ©taillĂ©e, mais jamais sĂ©vĂšre, qui laisse le public goĂ»ter toutes les subtilitĂ©s de timbre et les audaces de l’orchestration mahlĂ©rienne ; l’orchestre est tout simplement somptueux, opulent dans la texture des cordes, tendre dans ses soli respectifs – la contrebasse de Mathieu Petit, la harpe de Anne Leroy-Petit… -, magistral par la cohĂ©sion de ses pupitres. Et lorsque le chef lĂąche la bride – dans le dernier mouvement («Dall’inferno», comme prĂ©cisĂ© par Mahler) -, les pupitres se mettent Ă  vrombir dans un Ă©panouissement sonore qui ne se fait jamais au dĂ©triment des composantes de l’écriture orchestrale. Saluons la rĂ©sistance et l’infaillibilitĂ© des cuivres, et notamment les huit cors qui – selon les recommandations d’un Mahler toujours soucieux de projection dans l’espace – achĂšvent debout cette « titanesque » symphonie, dans une robustesse et une ivresse du son que l’on est pas prĂȘt d’oublier
 Alors bravo !

 
 

 
 

 bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-582-presentation-classiquenews-saison-2017-2018

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 2 février 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch.

 

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LIRE aussi notre entretien avec Alexandre BLOCH Ă  propos de l’intĂ©grale des symphonies de Mahler Ă  Lille
http://www.classiquenews.com/entretien-avec-alexandre-bloch-lintegrale-mahler-en-2019/

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation du cycle des symphonies de Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch – 5 premiĂšres symphonies jusqu’à juin 2019
http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 

 

 

Prochain rv du cycle Mahler au Nouveau SiÚcle à Lille : jeudi 28 février 2019, 20h / MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection », nouveau volet incontournable
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION : ALEXANDRE BLOCH‹SOPRANO : LISA LARSSON‹ / MEZZO-SOPRANO : CHRISTIANNE STOTIJN / ‹CHƒUR PHILHARMONIA CHORUS‹ / CHEF DE CHƒUR :  GAVIN CARR / ‹CHEF ASSISTANT : JONAS EHRLER

 

 

 

 

 

 

LILLE : ONL, Smartphony, le concert connecté

smartphony-orchestre-concert-2-0-devenez-chef-d-orchestre-orchestre-national-de-lille-classiquenews-annonce-concert-connecte-smartphony-concerts-festival-musique-classiqueLILLE : ONL, Smartphony, concert connectĂ©, le 2 fĂ©vrier 2019, 18h15. L’Orchestre National de Lille invente l’expĂ©rience symphonique connectĂ©e 2.0, et permet Ă  tous un chacun pourvu qu’il soit internaute et connectĂ©, de devenir CHEF D’ORCHESTRE, le temps d’un smartphony ou concert connectĂ©. AprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie en janvier 2018 autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch – directeur musical de l’Orchestre National de Lille (depuis septembre 2016)-, proposent un nouveau concert connectĂ© :

DIRIGEZ l’Orchestre National de Lille
sur des extraits de la Symphonie n°1 « Titan »
de Gustav Mahler

à l’occasion du cycle Mahler
(intĂ©grale des 9 symphonies jusqu’à janvier 2020) .

Via l’application gratuite Smartphony* – en français, sous-titrages en anglais, – (dĂ©veloppĂ©e par la start-up française WaigĂ©o et disponible dĂšs Ă  prĂ©sent sur les stores pour smartphones)

Cette annĂ©e, l’Orchestre propose aux internautes de jouer en direct depuis leurs ordinateurs !

 

 

 

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Branchez-vous

Samedi 2 février
Ă  partir de 18h15

(Heure de Paris GMT+1)

 

 

jouez en direct

(sous-titrages en anglais)
sur la chaĂźne You Tube ONLille !
www.youtube.com/ONLille

et sur le site web de France 3 Hauts-de-France
https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france

 

  

 

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DIRIGEZ, JOUEZ avec l’Orchestre national de Lille

 

  

 
smartphony-orchestre-concert-2-0-devenez-chef-d-orchestre-orchestre-national-de-lille-classiquenews-annonce-concert-connecte-smartphony-concerts-festival-musique-classique 

  

 

©smartphony2_328px_18-19

 

  

 

LILLE : ONL, Smartphony, concert connecté

smartphony-orchestre-concert-2-0-devenez-chef-d-orchestre-orchestre-national-de-lille-classiquenews-annonce-concert-connecte-smartphony-concerts-festival-musique-classiqueLILLE : ONL, Smartphony, concert connectĂ©, le 2 fĂ©vrier 2019, 18h15. L’Orchestre National de Lille invente l’expĂ©rience symphonique connectĂ©e 2.0, et permet Ă  tous un chacun pourvu qu’il soit internaute et connectĂ©, de devenir CHEF D’ORCHESTRE, le temps d’un smartphony ou concert connectĂ©. AprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie en janvier 2018 autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch – directeur musical de l’Orchestre National de Lille (depuis septembre 2016)-, proposent un nouveau concert connectĂ© :

DIRIGEZ l’Orchestre National de Lille
sur des extraits de la Symphonie n°1 « Titan »
de Gustav Mahler

à l’occasion du cycle Mahler
(intĂ©grale des 9 symphonies jusqu’à janvier 2020) .

Via l’application gratuite Smartphony* – en français, sous-titrages en anglais, – (dĂ©veloppĂ©e par la start-up française WaigĂ©o et disponible dĂšs Ă  prĂ©sent sur les stores pour smartphones)

Cette annĂ©e, l’Orchestre propose aux internautes de jouer en direct depuis leurs ordinateurs !

Branchez-vous

Samedi 2 février
Ă  partir de 18h15

(Heure de Paris GMT+1)

jouez en direct

(sous-titrages en anglais)
sur la chaĂźne You Tube ONLille !
www.youtube.com/ONLille

et sur le site web de France 3 Hauts-de-France
https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france

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DIRIGEZ, JOUEZ avec l’Orchestre national de Lille

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LILLE : l’ONL et Alexandre BLOCH jouent la Symphonie n°1 ” Titan ” de MAHLER

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, le 1er FEV 2019 : Symphonie TITAN de MAHLER. Voici le premier concert d’un cycle Ă©vĂ©nement qui devrait marquer la saison symphonique 2019. L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler proposĂ© par Alexandre BLOCH, directeur musical de l’Orchestre National de Lille. La premiĂšre symphonie de Mahler est composĂ©e de janvier Ă  mars 1888. Mahler a 28 ans. Comme compositeur, il a remportĂ© un premier succĂšs avec Die drei Pintos d’aprĂšs les esquisses inachevĂ©es de Weber. Il a toujours souhaitĂ© composer. Avec la Symphonie “Titan”, Mahler se met au diapason de la Nature, surpuissante, Ă©nigmatique, aussi dĂ©concertante que fascinante.
Alors chef d’orchestre au thĂ©Ăątre de Leipzig, il a profitĂ© de la pĂ©riode de deuil consĂ©cutive Ă  la mort de l’Empereur Guillaume Ier, pour s’atteler Ă  sa seule vraie passion : l’écriture. En dĂ©coule, la composition de son “poĂšme symphonique”. La crĂ©ation a lieu Ă  la Philharmonie de Budapest, le 20 novembre 1889.
Comme Mozart et son Don Giovanni mieux compris hors de Vienne qu’en terre germanique, mĂȘme cas de figure pour Gustav : ses Ɠuvres ne sont pas acceptĂ©es ni en Autriche ni en Allemagne. Trop moderne, trop «  vulgaires », trop bavardes et autobiographiques.

  

 

 

Cycle Gustav Mahler Ă  LILLE
ALEXANDRE BLOCH présente la Symphonie TITAN,
PREMIER NÉ, INCOMPRIS (1888),
essai gĂ©nial Ă  l’Ă©chelle du Cosmos


  

 

 

BLOCH-alexandre-chef-maestro-portrait-classiquenews-cycle-mahler-2018-integral-MAHLER-symphonies-orchestre-national-de-Lille

  

 

 

Mais il semble que la crĂ©ation Ă  Budapest n’ait pas Ă©tĂ© une expĂ©rience heureuse : Mahler laisse l’audience dans un climat d’incertitude, puis d’indignation. La claque est mĂȘme sĂ©vĂšre : « par la suite, tout le monde m’a fui, terrorisĂ©, et personne n’a osĂ© me parler de mon oeuvre! », Ă©crit-il amer. En 1891, il rejoint Hambourg oĂč il est nommĂ© premier chef au Stadt-Theater. Il aura l’occasion de diriger Ă  nouveau son Ɠuvre, en octobre 1893, au programme « Titan, poĂšme musical en forme de symphonie ». Le public applaudit quand la critique s’insurge contre la vulgaritĂ© d’une subjectivitĂ© excessive. De fait, de son vivant, la premiĂšre symphonie restera un « enfant de douleur », une Ɠuvre jamais vraiment comprise, ni analysĂ©e Ă  sa juste mesure.

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsD’emblĂ©e dans cette premiĂšre symphonie, amorce et annonce du cycle orchestral qui va suivre, et l’un des plus impressionnants pour le XXĂš – l’équivalent des symphonies de Beethoven pour le XIXĂš, le gĂ©nie dĂ©miurgique et visionnaire de Mahler s’impose avec une hauteur de vue inouĂŻe. Comme s’il Ă©tait en prĂ©sence des forces primitives universelles, celles qui dĂ©cident de l’avenir et du temps, de la Nature et donc de l’humanitĂ©, Mahler ressent tout cela Ă  l’échelle du cosmos : la Titan est une dĂ©claration de crĂ©ation, le chant d’une Ă©nergie et d’une puissance premiĂšres, Ă  l’aube des mythes fondateurs. L’ampleur du souffle comme le raffinement de l’orchestration, avec des alliances de timbres somptueuses, nous saisissent littĂ©ralement. Tout dĂ©coule de ce « printemps naissant et qui ne finit pas » dont parle le compositeur.
Le destin, le mystĂšre de l’univers, le bouillonnement primordial qui sont Ă  la source de toute genĂšse s’expriment ici, mais avec l’espoir d’une pleine conscience aiguisĂ©e (1er mouvement et sa fanfare d’ouverture, qui placĂ©e dans la coulisse convoque la rĂ©sonance du cosmos
) ; avec une charge parodique, finalement sombre voire dĂ©sespĂ©rĂ©e et fantastique « à la Calot » (Ă  l’évocation du cortĂšge des animaux de la forĂȘt dans le 2Ăš mouvement: s’y prĂ©cise l’idĂ©alisme enivrĂ©, la dĂ©pression ironique
 en un bain de sentiments mĂȘlĂ©s qui n’appartiennent qu’à l’auteur) ; avec un sentiment personnel de ressentiment, d’amertume voire de souffrance chaotique (trĂšs perceptible dans la polyphonie complexe et trĂšs moderne du 3Ăš mouvement, Ă  partir de la mĂ©lodie « FrĂšre Jacques », dĂ©calĂ©e, dĂ©construite, sublimĂ©e
). Comment de la mĂȘme maniĂšre passer sous silence, les Ă©tagement vertigineux du dernier mouvement, le plus long presque 20 mn (selon les versions et lectures), oĂč les cuivres somptueux comme spectaculaires font imploser le cadre symphonique lĂ©guĂ© par Beethoven, Brahms
 Jamais le langage symphonique, aprĂšs Wagner s’entend, ne fut aussi marquĂ© et colorĂ© par une sensualitĂ© empoisonnĂ©e, vĂ©nĂ©neuse, d’une lascive et pĂ©nĂ©trante torpeur. Exigeant, expĂ©rimentateur et poĂšte sonore unique comme singulier, Gustav Mahler ne cesse au fur et Ă  mesure des auditions de son Ɠuvre, de reprendre instrumentation et orchestration, en particulier en 1897, puis en 1906.

Hugo Papbst Ă©claire le travail de Mahler sur le mĂ©tier de la Titan : « A propos de l’utilisation des timbres et des notes Ă©crites pour chaque instrument, en particulier dans la partie extrĂȘme de leur tessiture, les Ă©crits de Mahler sont Ă©loquents : il s’agit pour le musicien de travailler la pĂąte instrumentale, d’inaugurer en quelque sorte une nouvelle gamme de rĂ©sonances, un travail exceptionnel dans la matiĂšre et la texture, comme le ferait un peintre, en plasticien rĂ©formateur, sur le registre des tons et des nuances de la palette : « Plus tard dans la Marche, les instruments ont l’air d’ĂȘtre travestis, camouflĂ©s. La sonoritĂ© doit ĂȘtre ici comme assourdie, amortie, comme si on voyait passer des ombres ou des fantĂŽmes. Chacune des entrĂ©es du canon doit ĂȘtre clairement perceptible. Je voulais que sa couleur surprenne et qu’elle attire l’attention. Je me suis cassĂ© la tĂȘte pour y arriver. J’ai finalement si bien rĂ©ussi que tu as ressenti toi-mĂȘme cette impression d’étrangetĂ© et de dĂ©paysement. Lorsque je veux qu’un son devienne inquiĂ©tant Ă  force d’ĂȘtre retenu, je ne le confie pas Ă  un instrument qui peut le jouer facilement, mais Ă  un autre qui doit faire un grand effort pour le produire et ne peut y parvenir que contraint et forcĂ©. Souvent mĂȘme, je lui fais franchir les limites naturelles de sa tessiture. C’est ainsi que contrebasses et basson doivent piailler dans l’aigu et que les flĂ»tes sont parfois obligĂ©es de s’essouffler dans le grave, et ainsi de suite  », prĂ©cise-t-il Ă  son amie, Nathalie Bauer-Lechner, en 1900.
Passionnante explication qui nous immerge dans la magie du grand chaudron symphonique.

  

 

 

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Cycle intĂ©grale Mahler / saison 2018 – 2019

Vendredi 1er février 2019
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, 20h

MAHLER, Symphonie n°1 « TITAN »
couplé avec (en ouverture du concert) :
MOZART
Ouverture des Noces de Figaro
Concerto pour cor et orch n°4
Rondo pour cor et orchestre
(soliste : Alec Franck-Guillaume, cor)

Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH, direction

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/titan/

 
 
  
 
 

Programme joué auparavant en tournée :
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Dunkerque Le Bateau Feu
mardi 29 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 28 51 40 40 ou sur lebateaufeu.com

Valenciennes Le Phénix
jeudi 31 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 27 32 32 32 ou sur lephenix.fr

  

 

    

 

 

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Alexandre BLOCH au sujet de Mahler et de sa premiĂšre symphonie

Intégrale événement à Lille
Les 9 Symphonies de Gustav Mahler
Un Eldorado symphonique Ă  LILLE

 

bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-portrait-entretien-sur-classiquenews

    

 

 

LILLE, ONL : Symphonie n°1 de MAHLER

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, le 1er FEV 2019 : Symphonie TITAN de MAHLER. Voici le premier concert d’un cycle Ă©vĂ©nement qui devrait marquer la saison symphonique 2019. L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler proposĂ© par Alexandre BLOCH, directeur musical de l’Orchestre National de Lille. La premiĂšre symphonie de Mahler est composĂ©e de janvier Ă  mars 1888. Mahler a 28 ans. Comme compositeur, il a remportĂ© un premier succĂšs avec Die drei Pintos d’aprĂšs les esquisses inachevĂ©es de Weber. Il a toujours souhaitĂ© composer. Avec la Symphonie “Titan”, Mahler se met au diapason de la Nature, surpuissante, Ă©nigmatique, aussi dĂ©concertante que fascinante.
Alors chef d’orchestre au thĂ©Ăątre de Leipzig, il a profitĂ© de la pĂ©riode de deuil consĂ©cutive Ă  la mort de l’Empereur Guillaume Ier, pour s’atteler Ă  sa seule vraie passion : l’écriture. En dĂ©coule, la composition de son “poĂšme symphonique”. La crĂ©ation a lieu Ă  la Philharmonie de Budapest, le 20 novembre 1889.
Comme Mozart et son Don Giovanni mieux compris hors de Vienne qu’en terre germanique, mĂȘme cas de figure pour Gustav : ses Ɠuvres ne sont pas acceptĂ©es ni en Autriche ni en Allemagne. Trop moderne, trop «  vulgaires », trop bavardes et autobiographiques.

Cycle Gustav Mahler Ă  LILLE
ALEXANDRE BLOCH présente la Symphonie TITAN,
PREMIER NÉ, INCOMPRIS (1888),
essai gĂ©nial Ă  l’Ă©chelle du Cosmos


BLOCH-alexandre-chef-maestro-portrait-classiquenews-cycle-mahler-2018-integral-MAHLER-symphonies-orchestre-national-de-Lille

Mais il semble que la crĂ©ation Ă  Budapest n’ait pas Ă©tĂ© une expĂ©rience heureuse : Mahler laisse l’audience dans un climat d’incertitude, puis d’indignation. La claque est mĂȘme sĂ©vĂšre : « par la suite, tout le monde m’a fui, terrorisĂ©, et personne n’a osĂ© me parler de mon oeuvre! », Ă©crit-il amer. En 1891, il rejoint Hambourg oĂč il est nommĂ© premier chef au Stadt-Theater. Il aura l’occasion de diriger Ă  nouveau son Ɠuvre, en octobre 1893, au programme « Titan, poĂšme musical en forme de symphonie ». Le public applaudit quand la critique s’insurge contre la vulgaritĂ© d’une subjectivitĂ© excessive. De fait, de son vivant, la premiĂšre symphonie restera un « enfant de douleur », une Ɠuvre jamais vraiment comprise, ni analysĂ©e Ă  sa juste mesure.

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsD’emblĂ©e dans cette premiĂšre symphonie, amorce et annonce du cycle orchestral qui va suivre, et l’un des plus impressionnants pour le XXĂš – l’équivalent des symphonies de Beethoven pour le XIXĂš, le gĂ©nie dĂ©miurgique et visionnaire de Mahler s’impose avec une hauteur de vue inouĂŻe. Comme s’il Ă©tait en prĂ©sence des forces primitives universelles, celles qui dĂ©cident de l’avenir et du temps, de la Nature et donc de l’humanitĂ©, Mahler ressent tout cela Ă  l’échelle du cosmos : la Titan est une dĂ©claration de crĂ©ation, le chant d’une Ă©nergie et d’une puissance premiĂšres, Ă  l’aube des mythes fondateurs. L’ampleur du souffle comme le raffinement de l’orchestration, avec des alliances de timbres somptueuses, nous saisissent littĂ©ralement. Tout dĂ©coule de ce « printemps naissant et qui ne finit pas » dont parle le compositeur.
Le destin, le mystĂšre de l’univers, le bouillonnement primordial qui sont Ă  la source de toute genĂšse s’expriment ici, mais avec l’espoir d’une pleine conscience aiguisĂ©e (1er mouvement et sa fanfare d’ouverture, qui placĂ©e dans la coulisse convoque la rĂ©sonance du cosmos
) ; avec une charge parodique, finalement sombre voire dĂ©sespĂ©rĂ©e et fantastique « à la Calot » (Ă  l’évocation du cortĂšge des animaux de la forĂȘt dans le 2Ăš mouvement: s’y prĂ©cise l’idĂ©alisme enivrĂ©, la dĂ©pression ironique
 en un bain de sentiments mĂȘlĂ©s qui n’appartiennent qu’à l’auteur) ; avec un sentiment personnel de ressentiment, d’amertume voire de souffrance chaotique (trĂšs perceptible dans la polyphonie complexe et trĂšs moderne du 3Ăš mouvement, Ă  partir de la mĂ©lodie « FrĂšre Jacques », dĂ©calĂ©e, dĂ©construite, sublimĂ©e
). Comment de la mĂȘme maniĂšre passer sous silence, les Ă©tagement vertigineux du dernier mouvement, le plus long presque 20 mn (selon les versions et lectures), oĂč les cuivres somptueux comme spectaculaires font imploser le cadre symphonique lĂ©guĂ© par Beethoven, Brahms
 Jamais le langage symphonique, aprĂšs Wagner s’entend, ne fut aussi marquĂ© et colorĂ© par une sensualitĂ© empoisonnĂ©e, vĂ©nĂ©neuse, d’une lascive et pĂ©nĂ©trante torpeur. Exigeant, expĂ©rimentateur et poĂšte sonore unique comme singulier, Gustav Mahler ne cesse au fur et Ă  mesure des auditions de son Ɠuvre, de reprendre instrumentation et orchestration, en particulier en 1897, puis en 1906.

Hugo Papbst Ă©claire le travail de Mahler sur le mĂ©tier de la Titan : « A propos de l’utilisation des timbres et des notes Ă©crites pour chaque instrument, en particulier dans la partie extrĂȘme de leur tessiture, les Ă©crits de Mahler sont Ă©loquents : il s’agit pour le musicien de travailler la pĂąte instrumentale, d’inaugurer en quelque sorte une nouvelle gamme de rĂ©sonances, un travail exceptionnel dans la matiĂšre et la texture, comme le ferait un peintre, en plasticien rĂ©formateur, sur le registre des tons et des nuances de la palette : « Plus tard dans la Marche, les instruments ont l’air d’ĂȘtre travestis, camouflĂ©s. La sonoritĂ© doit ĂȘtre ici comme assourdie, amortie, comme si on voyait passer des ombres ou des fantĂŽmes. Chacune des entrĂ©es du canon doit ĂȘtre clairement perceptible. Je voulais que sa couleur surprenne et qu’elle attire l’attention. Je me suis cassĂ© la tĂȘte pour y arriver. J’ai finalement si bien rĂ©ussi que tu as ressenti toi-mĂȘme cette impression d’étrangetĂ© et de dĂ©paysement. Lorsque je veux qu’un son devienne inquiĂ©tant Ă  force d’ĂȘtre retenu, je ne le confie pas Ă  un instrument qui peut le jouer facilement, mais Ă  un autre qui doit faire un grand effort pour le produire et ne peut y parvenir que contraint et forcĂ©. Souvent mĂȘme, je lui fais franchir les limites naturelles de sa tessiture. C’est ainsi que contrebasses et basson doivent piailler dans l’aigu et que les flĂ»tes sont parfois obligĂ©es de s’essouffler dans le grave, et ainsi de suite  », prĂ©cise-t-il Ă  son amie, Nathalie Bauer-Lechner, en 1900.
Passionnante explication qui nous immerge dans la magie du grand chaudron symphonique.

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Cycle intĂ©grale Mahler / saison 2018 – 2019

Vendredi 1er février 2019
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, 20h

MAHLER, Symphonie n°1 « TITAN »
couplé avec (en ouverture du concert) :
MOZART
Ouverture des Noces de Figaro
Concerto pour cor et orch n°4
Rondo pour cor et orchestre
(soliste : Alec Franck-Guillaume, cor)

Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH, direction

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/titan/

 
 
  
 
 

Programme joué auparavant en tournée :
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Dunkerque Le Bateau Feu
mardi 29 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 28 51 40 40 ou sur lebateaufeu.com

Valenciennes Le Phénix
jeudi 31 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 27 32 32 32 ou sur lephenix.fr

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Alexandre BLOCH au sujet de Mahler et de sa premiĂšre symphonie

Intégrale événement à Lille
Les 9 Symphonies de Gustav Mahler
Un Eldorado symphonique Ă  LILLE

 

bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-portrait-entretien-sur-classiquenews

 

ENTRETIEN avec Alexandre BLOCH. L’IntĂ©grale Mahler en 2019

cycle-mahlerENTRETIEN avec ALEXANDRE BLOCH
 A quelques mois du dĂ©but du cycle Mahler Ă  Lille, le directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Alexandre Bloch, alors qu’il dirigeait Ă  Innsbruck, la 7Ăš Symphonie, nous expliquait en novembre 2018, pourquoi se lancer Ă  partir du 1er fĂ©vrier 2019 dans une intĂ©grale Gustav Mahler
 Un cycle qui s’annonce dĂ©jĂ  spectaculaire et passionnant. L’aventure promet d’ĂȘtre une expĂ©rience orchestrale particuliĂšrement saisissante : Ă©tagement des pupitres, spiatialisation de l’orchestre, prĂ©sence des choeurs, de solistes, souffle opĂ©ratique, instrumentarium singulier qui dĂ©voile la recherche expĂ©rimentale d’un compositeur visionnaire… Mahler Ă  Lille est l’Ă©vĂ©nement symphonique de l’annĂ©e 2019.

 

 

 

 

 BLOCH-alexandre-chef-maestro-portrait-classiquenews-cycle-mahler-2018-integral-MAHLER-symphonies-orchestre-national-de-Lille

 

 

 

 

Quel est le sens du cycle dans son entier, croisé avec la vie du compositeur ?

ALEXANDRE BLOCH : Les symphonies de Mahler reconstituent le fil de sa propre vie ; chaque opus est en lien avec ses aspirations les plus profondes, son expĂ©rience, les Ă©tapes aussi de sa vie amoureuse
 en cela la rencontre avec Alma aura Ă©videmment marquĂ© l’homme et son Ɠuvre. Comme en d’autres moments de sa vie, les lettres Ă  Nathalie Bauer auront beaucoup renseignĂ© sur la composition, le processus d’écriture et de conception ; Gustav Mahler s’y dĂ©voile et explique son Ă©criture. De partition en partition, on suit l’évolution du langage ; Mahler ne cesse d’explorer toujours plus loin de nouveaux mondes sonores, il ne cesse de repousser les possibilitĂ©s de l’orchestre ; son instrumentarium est constamment modifiĂ©, renouvelĂ© ; il s’intĂ©resse aussi Ă  la place des percussions, ou Ă  la technique instrumentale
 Prenez par exemple le cas de la 7Ăš Symphonie, celle que je travaille actuellement Ă  Innsbruck, en particulier dans le Scherzo qui fait entendre un Ă©norme piz aux contrebasses, et les violoncelles qui sont notĂ©s « 5 f » : Mahler innove, et rĂ©alise dĂ©jĂ  le fameux piz bartokien.

Pour comprendre l’univers mahlĂ©rien, il est intĂ©ressant de se remettre dans le rythme de l’époque et suivre le musicien, dans sa vie de chef, de directeur d’opĂ©ra et de compositeur
 Mahler le chef dirigeait l’hiver quand le compositeur Ă©crivait l’étĂ©. Comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne, il a dirigĂ© nombre d’opĂ©ras et d’oeuvres symphoniques ; sa culture Ă©tait prodigieuse et sa connaissance des instruments de l’orchestre, particuliĂšrement affĂ»tĂ©e. Tout cela l’a menĂ© Ă  l’expĂ©rimentation ; il a laissĂ© des annotations trĂšs prĂ©cises et souvent ses partitions Ă©taient jugĂ©s « injouables ».
J’ai effectuĂ© un long travail de relecture des sources et des manuscrits originels, en particulier pour retrouver ce rubato viennois propre Ă  l’époque de Mahler au dĂ©but du XXĂš siĂšcle. Il est essentiel de veiller au bon tempo, Ă  l’articulation ; c’est la mission du chef de rĂ©tablir la clartĂ© du propos.

 

  

 

Intégrale événement à Lille
Les 9 Symphonies de Gustav Mahler
Un Eldorado symphonique Ă  LILLE

 

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Pourquoi avoir choisi pour premiĂšre intĂ©grale avec l’Orchestre National de Lille, les symphonies de Mahler ?

ALEXANDRE BLOCH : C’est une conjonction de plusieurs facteurs. Nous souhaitions choisir un rĂ©pertoire adaptĂ© aux dimensions de l’orchestre. L’Orchestre national de Lille permet la rĂ©alisation d’Ɠuvres gigantesques. L’échelle du gigantisme est un challenge et la source d’une excitation qui porte tous les musiciens moi compris. Cela exige beaucoup en concentration comme sur le plan physique. Et souvent, il y a des moments de grĂące et de jubilation que le public ressent aussi.
Par ailleurs, dans le cadre de Lille 3000, le thĂšme retenu en 2019 est l’Eldorado. Or chaque symphonie de Mahler dessine tout un monde sonore, et le cycle entier est une odyssĂ©e, 
 certainement la plus impressionnante et passionnante du XXĂš. Rien de mieux pour exprimer l’idĂ©e d’un Eldorado
 que l’écriture symphonique de Mahler. Nous aborderons donc les opus de façon chronologique, avec la 1Ăšre Symphonie Titan le 1er fĂ©vrier 2019, soit 130 ans aprĂšs sa crĂ©ation.

 

 

 

 

On note la place de la voix dans certaines symphonies – les 4 premiĂšres, puis la 8Ăš. Quelle en serait pour vous la signification ?

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLEALEXANDRE BLOCH :L’opĂ©ra est prĂ©sent dans l’écriture symphonique de Mahler. Comme chef Ă  l’OpĂ©ra de Vienne, il Ă©tait familier des plus grands ouvrages de Mozart, de Wagner dont il a dirigĂ© Tristan und Isolde, opĂ©rant en tant que directeur, la rĂ©forme du concert et des conditions de reprĂ©sentation que l’on sait. La dramaturgie, la couleur de certaines sĂ©quences orchestrales sont trĂšs proches de l’opĂ©ra. Il faut toujours avoir en mĂ©moire le rythme de Mahler : chef et directeur d’opĂ©ra l’hiver, puis l’étĂ©, compositeur de symphonies. L’un et l’autre activitĂ©s se mĂȘlent, elles sont interdĂ©pendantes.
L’autre Ă©lĂ©ment qui porte les symphonies est la Nature dont il a exprimĂ© le souffle, le mystĂšre, le rugissement aussi. Mahler change constamment les tonalitĂ©s d’une mesure Ă  l’autre, avec une versatilitĂ© qui peut dĂ©sorienter, mais qui porte des Ă©tats Ă©motionnels et psychologiques d’une rare profondeur. Il y a une hypersensibilitĂ© chez Mahler qui remonte certainement Ă  son enfance ; Son Ă©pouse Alma a relatĂ© la rencontre du compositeur avec Freud. Mahler enfant aurait Ă©tĂ© marquĂ© par des scĂšnes trĂšs violentes entre ses parents ; oĂč son pĂšre frappait sa mĂšre.
Dans sa jeunesse, il cite Ă  de nombreuses reprises un joueur d’orgue de barbarie et aussi des chansons populaires
 tout cela a nourri un monde sonore liĂ© Ă  son enfance et que l’on entend dans ses Ɠuvres. Il y a un caractĂšre versatile, parodique, ironique voire schizophrĂšne chez Mahler. L’auditeur comme l’interprĂšte doivent identifier tout cela pour en mesurer la richesse. Mais le plus impressionnant chez lui, c’est le parcours Ă©laborĂ© du dĂ©but Ă  la fin, oĂč la voix quand elle est prĂ©sente semble transcender l’expĂ©rience offerte, vers une Ă©lĂ©vation, comme c’est le cas de la Symphonie n°2 « RĂ©surrection » (Ă  l’affiche Ă  Lille, le 28 fĂ©vrier 2019).

 

 

 

 

Quelles sont les grands chefs mahlériens qui vous inspirent ?

ALEXANDRE BLOCH :Il y a bien sĂ»r Leonard Bernstein pour son cĂŽtĂ© humain et gĂ©nĂ©reux, sa fraternitĂ© et son optimisme ; Rattle pour son respect de la partition, son sens du dĂ©tail, son sens de l’écoute ; Abbado pour sa profondeur et son mysticisme, une Ă©conomie qui Ă©carte toute exubĂ©rance ; enfin, et surtout Bernard Haitink dont je garde un souvenir durable de sa vision de la 7Ăš Symphonie lors du MahlerFest 1995 Ă  Amsterdam : or je dirige actuellement la partition Ă  Innsbruck. Sa vision, son mĂ©tier sont de l’or pour l’interprĂšte et le chef que je suis.

 

 

 

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Vous venez d’ĂȘtre prolongĂ© comme directeur musical de l’Orchestre National de Lille (jusqu’en 2024). Qu’apporte selon vous pour les musiciens de l’Orchestre, et aussi pour le public, cette intĂ©grale Mahler ?


©smartphony2_328px_18-19ALEXANDRE BLOCH : C’est une formidable opportunitĂ© pour moi et les musiciens de l’orchestre : nous allons mener un travail de fond. LĂ  oĂč Brahms est davantage jouĂ©, Mahler est tout autant convoitĂ©, attendu (car on sait qu’au moment de chaque concert, il va se passer quelque chose) mais terriblement exigeant. Actuellement notre phalange se renouvelle ; les nouveaux musiciens arrivants profitent de cette aventure pour adhĂ©rer au groupe. Les instrumentistes apprennent Ă  se connaĂźtre au sein de chaque pupitre. D’autant que pour notre intĂ©grale Mahler et pour chaque symphonie, nous travaillerons la cohĂ©sion de chaque pupitre, avec en moyenne des temps de rĂ©pĂ©titions prĂ©alables, supĂ©rieurs Ă  l’habitude (10 jours au lieu de 7). Il s’agit de rĂ©aliser pour chaque session, une formidable expĂ©rience symphonique pour le public. J’ai souhaitĂ© renforcer encore le lien entre les spectateurs et l’orchestre : rv le 2 fĂ©vrier Ă  18h30, pour la 2Ăš Ă©dition de « Smartphony », dĂ©diĂ©e Ă  la Symphonie n°1 que nous aurons dirigĂ©e la veille : avec son mobile allumĂ©, le spectateur rĂ©pond aux sollicitations du chef et s’immerge dans les secrets de la partition ; puis, Ă©coute la symphonie, portable Ă©teint, en connaissance de cause. Mahler se prĂȘte trĂšs bien Ă  cette nouvelle expĂ©rience qui renouvelle le format du concert et son accessibilitĂ© pour tous. A noter : 2Ăš session de Smartphony, le 2 fĂ©vrier 2019 : Ă  la dĂ©couverte de la Symphonie Titan de Gustav Mahler :
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/smartphony/

 

 

 

Entretien réalisé en novembre 2018

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APPROFONDIR
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LIRE aussi notre prĂ©sentation du cycle MAHLER par l’Orchestre National de LILLE et Alexandre BLOCH
http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation de la Symphonie n°1 TITAN par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille / le 1er fĂ©vrier 2019 : http://www.classiquenews.com/symphonie-n1-titan-de-mahler-a-lille/

 

RESERVEZ VOTRE PLACE POUR LES CONCERTS DE
L’INTEGRALE GUSTAV MAHLER : Symphonies n°1 Ă  9
par L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
ALEXANDRE BLOCH, direction

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Illustrations : Ugo Ponte / Orchestre National de Lille / Visitez le site ONL INSTAGRAM pour suivre en photos l’actualitĂ© de l’Ă©popĂ©e symphonique de l’Orchestre National de Lille

Symphonie n°1 TITAN de Mahler à LILLE

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, le 1er FEV 2019 : Symphonie TITAN de MAHLER. Voici le premier concert d’un cycle Ă©vĂ©nement qui devrait marquer la saison symphonique 2019. L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler proposĂ© par Alexandre BLOCH, directeur musical de l’Orchestre National de Lille. La premiĂšre symphonie de Mahler est composĂ©e de janvier Ă  mars 1888. Mahler a 28 ans. Comme compositeur, il a remportĂ© un premier succĂšs avec Die drei Pintos d’aprĂšs les esquisses inachevĂ©es de Weber. Il a toujours souhaitĂ© composer. Avec la Symphonie “Titan”, Mahler se met au diapason de la Nature, surpuissante, Ă©nigmatique, aussi dĂ©concertante que fascinante.
Alors chef d’orchestre au thĂ©Ăątre de Leipzig, il a profitĂ© de la pĂ©riode de deuil consĂ©cutive Ă  la mort de l’Empereur Guillaume Ier, pour s’atteler Ă  sa seule vraie passion : l’écriture. En dĂ©coule, la composition de son “poĂšme symphonique”. La crĂ©ation a lieu Ă  la Philharmonie de Budapest, le 20 novembre 1889.
Comme Mozart et son Don Giovanni mieux compris hors de Vienne qu’en terre germanique, mĂȘme cas de figure pour Gustav : ses Ɠuvres ne sont pas acceptĂ©es ni en Autriche ni en Allemagne. Trop moderne, trop «  vulgaires », trop bavardes et autobiographiques.

 
 
  
 

Cycle Gustav Mahler Ă  LILLE
ALEXANDRE BLOCH présente la Symphonie TITAN,
PREMIER NÉ, INCOMPRIS (1888),
essai gĂ©nial Ă  l’Ă©chelle du Cosmos


 
 
 

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Mais il semble que la crĂ©ation Ă  Budapest n’ait pas Ă©tĂ© une expĂ©rience heureuse : Mahler laisse l’audience dans un climat d’incertitude, puis d’indignation. La claque est mĂȘme sĂ©vĂšre : « par la suite, tout le monde m’a fui, terrorisĂ©, et personne n’a osĂ© me parler de mon oeuvre! », Ă©crit-il amer. En 1891, il rejoint Hambourg oĂč il est nommĂ© premier chef au Stadt-Theater. Il aura l’occasion de diriger Ă  nouveau son Ɠuvre, en octobre 1893, au programme « Titan, poĂšme musical en forme de symphonie ». Le public applaudit quand la critique s’insurge contre la vulgaritĂ© d’une subjectivitĂ© excessive. De fait, de son vivant, la premiĂšre symphonie restera un « enfant de douleur », une Ɠuvre jamais vraiment comprise, ni analysĂ©e Ă  sa juste mesure.

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsD’emblĂ©e dans cette premiĂšre symphonie, amorce et annonce du cycle orchestral qui va suivre, et l’un des plus impressionnants pour le XXĂš – l’équivalent des symphonies de Beethoven pour le XIXĂš, le gĂ©nie dĂ©miurgique et visionnaire de Mahler s’impose avec une hauteur de vue inouĂŻe. Comme s’il Ă©tait en prĂ©sence des forces primitives universelles, celles qui dĂ©cident de l’avenir et du temps, de la Nature et donc de l’humanitĂ©, Mahler ressent tout cela Ă  l’échelle du cosmos : la Titan est une dĂ©claration de crĂ©ation, le chant d’une Ă©nergie et d’une puissance premiĂšres, Ă  l’aube des mythes fondateurs. L’ampleur du souffle comme le raffinement de l’orchestration, avec des alliances de timbres somptueuses, nous saisissent littĂ©ralement. Tout dĂ©coule de ce « printemps naissant et qui ne finit pas » dont parle le compositeur.
Le destin, le mystĂšre de l’univers, le bouillonnement primordial qui sont Ă  la source de toute genĂšse s’expriment ici, mais avec l’espoir d’une pleine conscience aiguisĂ©e (1er mouvement et sa fanfare d’ouverture, qui placĂ©e dans la coulisse convoque la rĂ©sonance du cosmos
) ; avec une charge parodique, finalement sombre voire dĂ©sespĂ©rĂ©e et fantastique « à la Calot » (Ă  l’évocation du cortĂšge des animaux de la forĂȘt dans le 2Ăš mouvement: s’y prĂ©cise l’idĂ©alisme enivrĂ©, la dĂ©pression ironique
 en un bain de sentiments mĂȘlĂ©s qui n’appartiennent qu’à l’auteur) ; avec un sentiment personnel de ressentiment, d’amertume voire de souffrance chaotique (trĂšs perceptible dans la polyphonie complexe et trĂšs moderne du 3Ăš mouvement, Ă  partir de la mĂ©lodie « FrĂšre Jacques », dĂ©calĂ©e, dĂ©construite, sublimĂ©e
). Comment de la mĂȘme maniĂšre passer sous silence, les Ă©tagement vertigineux du dernier mouvement, le plus long presque 20 mn (selon les versions et lectures), oĂč les cuivres somptueux comme spectaculaires font imploser le cadre symphonique lĂ©guĂ© par Beethoven, Brahms
 Jamais le langage symphonique, aprĂšs Wagner s’entend, ne fut aussi marquĂ© et colorĂ© par une sensualitĂ© empoisonnĂ©e, vĂ©nĂ©neuse, d’une lascive et pĂ©nĂ©trante torpeur. Exigeant, expĂ©rimentateur et poĂšte sonore unique comme singulier, Gustav Mahler ne cesse au fur et Ă  mesure des auditions de son Ɠuvre, de reprendre instrumentation et orchestration, en particulier en 1897, puis en 1906.

Hugo Papbst Ă©claire le travail de Mahler sur le mĂ©tier de la Titan : « A propos de l’utilisation des timbres et des notes Ă©crites pour chaque instrument, en particulier dans la partie extrĂȘme de leur tessiture, les Ă©crits de Mahler sont Ă©loquents : il s’agit pour le musicien de travailler la pĂąte instrumentale, d’inaugurer en quelque sorte une nouvelle gamme de rĂ©sonances, un travail exceptionnel dans la matiĂšre et la texture, comme le ferait un peintre, en plasticien rĂ©formateur, sur le registre des tons et des nuances de la palette : « Plus tard dans la Marche, les instruments ont l’air d’ĂȘtre travestis, camouflĂ©s. La sonoritĂ© doit ĂȘtre ici comme assourdie, amortie, comme si on voyait passer des ombres ou des fantĂŽmes. Chacune des entrĂ©es du canon doit ĂȘtre clairement perceptible. Je voulais que sa couleur surprenne et qu’elle attire l’attention. Je me suis cassĂ© la tĂȘte pour y arriver. J’ai finalement si bien rĂ©ussi que tu as ressenti toi-mĂȘme cette impression d’étrangetĂ© et de dĂ©paysement. Lorsque je veux qu’un son devienne inquiĂ©tant Ă  force d’ĂȘtre retenu, je ne le confie pas Ă  un instrument qui peut le jouer facilement, mais Ă  un autre qui doit faire un grand effort pour le produire et ne peut y parvenir que contraint et forcĂ©. Souvent mĂȘme, je lui fais franchir les limites naturelles de sa tessiture. C’est ainsi que contrebasses et basson doivent piailler dans l’aigu et que les flĂ»tes sont parfois obligĂ©es de s’essouffler dans le grave, et ainsi de suite  », prĂ©cise-t-il Ă  son amie, Nathalie Bauer-Lechner, en 1900.
Passionnante explication qui nous immerge dans la magie du grand chaudron symphonique.

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Cycle intĂ©grale Mahler / saison 2018 – 2019

Vendredi 1er février 2019
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, 20h

MAHLER, Symphonie n°1 « TITAN »
couplé avec (en ouverture du concert) :
MOZART
Ouverture des Noces de Figaro
Concerto pour cor et orch n°4
Rondo pour cor et orchestre
(soliste : Alec Franck-Guillaume, cor)

Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH, direction

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/titan/

 
 
 

 
 
  
 
 

Programme joué auparavant en tournée :
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Dunkerque Le Bateau Feu
mardi 29 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 28 51 40 40 ou sur lebateaufeu.com

Valenciennes Le Phénix
jeudi 31 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 27 32 32 32 ou sur lephenix.fr

 
 
 
 
 
 

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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

 
 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

 
 
 

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

 
 
  
 

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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CHEFS. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : le directeur musical Alexandre BLOCH prolongĂ© jusqu’en 2024

CHEFS. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : le directeur musical Alexandre BLOCH prolongĂ© jusqu’en 2024. Ivan Renar, PrĂ©sident de l’Orchestre National de Lille, sur proposition de François Bou, Directeur gĂ©nĂ©ral et en accord avec le Conseil d’Administration, a prolongĂ© le mandat de directeur musical actuel : Alexandre Bloch jusqu’en juillet 2024.

 

 

Orchestre National de Lille
ALEXANDRE BLOCH prolongé

 
 

 

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Directeur musical de l’Orchestre National de Lille depuis septembre 2016, le chef français Alexandre Bloch – 33 ans – poursuit sa 3Ăšme saison lilloise. Depuis plus de deux ans et demi, Alexandre Bloch a su insuffler une nouvelle dynamique tant sur le plan artistique avec les musiciens de l’Orchestre (nombreux renouvellements au sein des pupitres dont la nouvelle violon solo Ayako Tanaka), qu’au niveau de la programmation en proposant de nouveaux formats – Smartphony, concert connectĂ© / Just Play, une plongĂ©e interactive dans l’Orchestre, les Babyssimos, cinĂ©-concerts pour les petits Ă  partir de 2 ans ; sans omettre la relaxation musicale pour les futures mamans.

En collaboration Ă©troite avec François Bou, Directeur gĂ©nĂ©ral de l’Orchestre depuis septembre 2014, Alexandre Bloch diffuse et dĂ©fend avec cƓur et Ă©nergie, la signature « Orchestre National de Lille » : sur le plan discographique avec des enregistrements saluĂ©s par la critique (Grammophon Magazine, le Monde, TĂ©lĂ©rama, OpĂ©ra Magazine, Diapason, Classica, France Musique, Res Musica, 
 et bien sĂ»r Classiquenews
) : Les PĂȘcheurs de perles de Bizet chez Pentatone (enregistrement de mai 2017 / CLIC de CLASSIQUENEWS / VOIR notre reportage vidĂ©o) ; le premier disque de la violoncelliste belge Camille Thomas chez Deutsche Grammophon, Ă©galement sur le plan territorial notamment Ă  travers les nombreux dĂ©placements en rĂ©gion Hauts-de-France et les invitations rĂ©guliĂšres Ă  la Philharmonie de Paris et dans de grands festivals (Radio France Ă  Montpellier, Festival Enescu de Bucarest), mais aussi en portant le projet social et artistique DEMOS depuis fĂ©vrier 2017 avec 95 enfants non musiciens issus de 9 communes de la MĂ©tropole EuropĂ©enne de Lille.

EngagĂ©, curieux et gĂ©nĂ©reux, ALEXANDRE BLOCH est attentif Ă  l’insertion professionnelle des jeunes chefs d’orchestre en organisant un concours de chef assistant en partenariat avec l’Orchestre de Picardie et l’ Orchestre National d’Ile-de-France : LĂ©o Margue la saison derniĂšre ou encore actuellement Jonas Ehrler ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de ce tremplin qui Ɠuvre pour la professionnalisation et la reconnaissance des talents les plus prometteurs.

Pour CLASSIQUENEWS, Alexandre BLOCH a dĂ©montrĂ© non seulement son haut professionalisme dans l’audace et le choix artistique qui rĂ©vĂšle un goĂ»t pour l’ouverture et la dĂ©mocratisation du concert symphonique, mais aussi un tempĂ©rament charismatique. En tĂ©moigne sa fabuleuse incursion dans l’univers humaniste, fraternel de LEONARD BERNSTEIN, dĂ©voilant pour cĂ©lĂ©brer le centenaire du compositeur amĂ©ricain, l’actualitĂ© et la poĂ©tique dĂ©jantĂ©e de sa partition inclassable MASS : une expĂ©rience musicale qu’il a su partager entre instrumentistes, chanteurs, choristes et surtout public. VOIR notre reportage vidĂ©o de MASS par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille / juin 2018.

Retrouvez ALEXANDRE BLOCH et L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE sur FRANCE 2, dans la reprise attendue du GRAND ECHIQUIER, jeudi 20 dĂ©cembre 2018, 20h50
www.france.tv/france-2/le-grand-echiquier

 

 

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INTEGRALE GUSTAV MAHLER 2019

En 2019, ALEXANDRE BLOCH et l’Orchestre National de Lille proposent l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler, une immersion exceptionnelle dans l’univers d’un gĂ©nie de l’orchestre, Ă©largissant l’expĂ©rience orchestrale au dĂ©but du XXĂš siĂšcle, dans des proportions et une sonoritĂ© jamais Ă©coutĂ©e avant lui…. LIRE notre prĂ©sentation de l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler par ALEXANDRE BLOCH et l’Orchestre National de Lille (Ă  partir du 1er fĂ©vrier 2019)

Avec ce renouvellement, l’Orchestre National de Lille poursuit donc sa nouvelle Ă©tape et relĂšve le dĂ©fi d’une grande institution musicale du XXIĂšme siĂšcle.

 

 

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Grand Ă©chiquier version 2018 : le retour sur France 2

BLOCH-alexandre-bloch-maestro-orchestre-national-de-lille-classiquenews-thumbnail_portrait-HD@Jean-Baptiste-Millotfrance2-logoFRANCE 2, Jeu 20 dĂ©c 18, 21h. Grand retour de l’émission en direct et trĂšs culturelle inventĂ©, animĂ© en son Ă©poque par Jacques Chancelle : le Grand Echiquier. Des invitĂ©s qui sont des personnalitĂ©s, des projets culturels engagĂ©s (et non promotionnels), un rythme grĂące Ă  un orchestre prĂ©sent sur le plateau, plusieurs artistes (dont 3 principaux) qui se prĂȘtent au dĂ©fi du direct
 VoilĂ  les ingrĂ©dients d’une Ă©mission hors norme qui a marquĂ© l’histoire du paysage tĂ©lĂ©visuel. Ce 20 dĂ©cembre, retour de l’émission sur France 2, avec un choix d’invitĂ© pour le moins surprenant
 Mais la seule prĂ©sence de l’ONL Orchestre National de Lille, suffit Ă  susciter notre attention : l’ONL est tout simplement l’une des 3 premiĂšres phalanges orchestrales de l’Hexagone
 On s’étonne que la chaĂźne n’ait pas inclus parmi ses invitĂ©s principaux, le nouveau directeur musical de l’Orchestre, Alexandre Bloch, personnalitĂ© attachante, gĂ©nĂ©reuse, aux orientations artistiques audacieuses, courageuses, passionnantes (cf. les saisons derniĂšres, recrĂ©ation des PĂȘcheurs de perles, en avril 2017, rĂ©vĂ©lant la grĂące du jeune Bizet, et aussi l’affinitĂ© de l’orchestre avec la scĂšne lyrique ; surtout en fin de saison derniĂšre, en juin 2018, la rĂ©vĂ©lation de MASS, fresque profane, liturgique, hĂ©tĂ©roclite, hautement humaniste du fraternel Bernstein (heureuse et opportune rĂ©surrection portĂ©e par l’ONL et Alexandre Bloch). En 2019, le maestro emmĂšne orchestre et public dans un cycle intĂ©gral des symphonies de Mahler
 cycle prometteur et incontournable Ă  suivre Ă  Lille Ă  partir du 1er fĂ©vrier 2019.

Jeudi 20 décembre 2018 à 21h
LE GRAND ECHIQUIER DE RETOUR SUR FRANCE 2 !

PrĂ©sentation du programme par la chaĂźne : “Des prestations uniques, des rencontres inĂ©dites, des crĂ©ations propres vont faire de ce nouveau rendez-vous un lieu emblĂ©matique de l’engagement culturel de France 2 et du groupe et la plus grande salle de spectacle de France. Dans chaque Ă©mission, 3 artistes principaux se rĂ©vĂ©leront sous un angle inĂ©dit et nous feront dĂ©couvrir d’autres artistes invitĂ©s qui les font rĂȘver, les inspirent et les accompagnent encore aujourd’hui. LE GRAND ECHIQUIER mĂȘlera tous les arts et toutes les gĂ©nĂ©rations d’artistes et proposera des rencontres artistiques exceptionnelles et insoupçonnables.”

3 invités principaux :
- l’acteur Daniel Auteuil,
- l’ex-danseuse Ă©toile devenue directrice du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris AurĂ©lie Dupont,
- le ténor Roberto Alagna et la soprano Aleksandra Kurzak.

En direct du Palais des Beaux-Arts de Lille, avec le concours de l’Orchestre National de Lille dirigĂ© par Alexandre Bloch. PrĂ©sentĂ©e par Anne-Sophie Lapix.