VIDEO, reportage. Renaud de Sacchini, créé à Rio de Janeiro (Brésil) par Bruno Procopio: 1/2

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOVIDEO, reportage. Renaud de Sacchini √† Rio de Janeiro (Br√©sil) par Bruno Procopio : 1/2 (mars 2015). Les 21 et 22 mars 2015, le chef d’orchestre franco-br√©silien Bruno Procopio pilotant l’Orchestre Symphonique du Br√©sil, cr√©√©e sous les tropiques, le chef d’oeuvre de Sacchini: Renaud, trag√©die lyrique de 1783, fleuron de l’op√©ra des Lumi√®res sous le r√®gne de Marie-Antoinette. B√©n√©ficiant d’un plateau br√©silien dont surtout l’exceptionnelle mezzo Luisa Francesconi, la production √©tait un temps fort de la programmation lyrique √† la Sala Cecil√≠a Meireles de Rio de Janeiro (JG Ripper, direction). Grand reportage vid√©o : 1/2 ¬© studio CLASSIQUENEWS.COM

 

 

LIRE aussi la nomination de Mr JG Ripper, directeur de l’Op√©ra de Rio (juin 2015)

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

 

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VOIR aussi sur YOUTUBE, notre reportage vidéo RENAUD de SACCHINI, PART 1 / 2 : création brésilienne, juin 2015 par Bruno PROCOPIO, Salle Cecilia Meireles, les 21 et 22 mars 2015 : (© studio CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

 

 

 

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VOIR aussi sur YOUTUBE, notre reportage vidéo RENAUD de SACCHINI,  PART 2 /2 , création brésilienne, juin 2015 par Bruno PROCOPIO, Salle Cecilia Meireles, les 21 et 22 mars 2015 : (© studio CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

 

 

Armide de Lully

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Lully_versailles_portrait Op√©ra d’√©t√©. Armide de Lully. Beaune, le 3 juillet. Innsbruck, les 22,24,26 ao√Ľt 2015. Devant Damas o√Ļ r√©sident les musulmans, Armide et son p√®re Hidraot, l’arm√©e de crois√©s chr√©tiens command√©e par Godefroy de Bouillon, a √©tabli son si√®ge. La magicienne Armide a conquis et soumis tous les chevaliers chr√©tiens gr√Ęce √† ses pouvoirs… C’√©tait compter sans le pouvoir de l’amour : poss√©d√©e, d√©munie, impuissante, l’enchanteresse doit bien se r√©soudre √† accepter la souveraine domination du chevalier Renaud car il a conquis son coeur. L’op√©ra expose la m√©tamorphose de la magicienne en amoureuse bouleversante, d√©faite, impuissante. La musique de Lully et le livret de Quinault explicitent l’emprise que Renaud exerce peu √† peu sur la sublime musulmane…
Apr√®s le Prologue o√Ļ la Gloire et la Sagesse chantent les vertus du Roi (Louis XIV), place √† l’action proprement dite.
A l’acte I, les musulmans c√©l√®brent la toute puissance d’Armide et d’Hidraot : la belle magicienne d√©clare √©pouser celui qui saura vaincre le plus valeureux de leurs ennemis : le chevalier Renaud.
Au II, Renaud exil√© par Godefroy, s’endort au bord d’une rivi√®re. Les esprits malins suscit√©s par Hidraot et Armide en font leur prisonnier et Armide, s’appr√™tant √† le tuer, tombe d’impuissance face au visage du beau chevalier : l’amour est plus que son devoir guerrier. Elle emporte Renaud ensorcel√© dans les airs…

 

 

 

Armide, l’op√©ra passionnel et tragique de Lully

 

L’Acte III est d√©volu √† la guerre int√©rieure qui saisit le coeur d’Armide : cet a mour pour Renaud faisant sa honte doit devenir haine pour la lib√©rer. Mais la femme amoureuse se d√©voile et ne pouvant ha√Įr celui qu’elle aime, elle chasse la Haine venue r√©aliser ses premiers desseins.
Acte IV. Le compagnons de Renaud, Ubalde aid√© du chevalier Danois partent √† la recherche de Renaud pour le d√©livrer d’Armide : ils doivent √©prouver les charmes de Melisse, Lucinde, s√©ductrices destin√©es √† les perdre. Les h√©ros parviennent √† se lib√©rer des enchantements.
Acte V. L’impuissance tragique d’Armide. Dans son palais Armide s’inqui√®te toujours de la domination de Renaud dans son cŇďur. Surviennent Ubalde et le chevalier Danois : Renaud prend conscience du charme dont il est victime et s’enfuit quittant Armide malgr√© ses plaintes. Armide de fureur, d’amoureuse devenue haineuse impuissante et d√©munie, d√©truit son palais et s’enfuit elle aussi sur son char.

 

Armide lully livret_front_BallardL’op√©ra en peignant surtout le d√©cha√ģnement des passions qui suscite un amour artificiellement provoqu√© (Renaud tombe amoureux d’Armide par envo√Ľtement), cible l’impuissance de la magicienne. L’op√©ra s’ach√®ve sur l’abandon d’Armide par Renaud qui a recouvr√© la raison et sur la haine solitaire de la musulmane qui s’enfuit (elle aussi) dans les airs, de rage et d’impuissance (ce parti final est aussi retenu par Noverre dans sonballet c√©l√®bre, sujet √† un d√©cor et des machineries spectaculaires √† l’√©vocation de l’√©croulement du palais d’Armide et de l’√©l√©vation de la magicienne sur son char c√©leste). L’ouvrage de Lully cr√©√© en 1686 pr√©sente une telle intensit√© √©motionnelle, √©quilibre avec soin, sc√®nes de tendresse et d’enchantement (ballets et divertissements ponctuent l’action guerri√®re proprement dite) qu’il devient un mod√®le dans l’imaginaire des compositeurs. Sacchini pr√®s d’un si√®cle apr√®s Lully en 1783, adaptera pour Marie-Antoinette et Louis XVI, le sujet d’Armide : son Renaud illustre une r√©ussite exemplaire du mythe d’Armide au temps des Lumi√®res, avec une diff√©rence importante dans le traitement du sujet : si Lully et Quinault ach√®vent leur ouvrage sur une issue passionn√©e et tragique, l’op√©ra de Sacchini, gluckiste napolitain √† paris, pr√©f√®re, go√Ľt du temps oblige, r√©soudre l’intrigue par les retrouvailles heureuses des deux protagonistes, apr√®s avoir longuement offert √† Armide (mezzo soprano), de sublimes airs d’ivresse, de vertiges passionnels affine le portrait de la femme qui d√©voile avec une profondeur d√©j√† pr√©romantique en pleine p√©riode classique, une sinc√©rit√© de ton irr√©sistible (√† l’acte II apr√®s le duo avec Renaud, brunoProcopio dirige Renaud sacchinil’air fameux “barbare amour”). Apr√®s Christophe Rousset √† Metz (avec marie Kalinine dans le r√īle titre, c’est r√©cemment le claveciniste et chef d’orchestre, lui-m√™me ancien √©l√®ve au clavecin de Rousset, Bruno Procopio qui a assur√© les 21 et 22 mars 2015, la cr√©ation du Renaud de Sacchini √† Rio de Janeiro au Br√©sil (Sala Cecilia Meireles), dans une r√©alisation exceptionnelle o√Ļ perce tel un diamant impr√©vu, l’√©clat indicible et troublant de la mezzo br√©silienne Luisa Francesconi.

 

  

¬†Armide de Lully, op√©ra pour l’√©t√© 2015

 

 

Armide de Lully reprend du service au fil des festivals de l’√©t√© 2015. Beaune et Innsbruck affichent chacun dans des productions diff√©rentes, le chef d’oeuvre tragique et passionnel de Lully.

 

  

 

Beaune, festival
Le 4 juillet 2015, 21h
Rousset. Henry, Pr√©gardien, Schroeder, van Wanroij, Chappuis, Mauillon, V√©ron√®se, Guimaraes, Bennani…

Apr√®s Pers√©e, Pha√ęton, Bell√©rophon nous cl√īturons avec le chef Christophe Rousset le cycle d‚Äôop√©ras de Lully avec Armide, son dernier op√©ra, consid√©r√© par Rameau comme son plus grand chef-d‚Äôoeuvre. Il est jou√©, acclam√© et encens√© sur la sc√®ne francaise tout au long du 18e si√®cle. Dans sa d√©dicace au roi, Lully √©crit : “Sire, de toutes les trag√©dies que j’ay mises en musique voicy celle dont le Public a tesmoign√© estre le plus satisfait: c’est un spectacle o√Ļ l’on court en foule, et jusqu’icy on n’en a point veu qui ait receu plus d’applaudissements‚ÄĚ. Le Cerf de La Vi√©ville, contemporain de Lully et auteur de la fameuse ‚ÄúComparaison de la musique italienne et de la musique fran√ßaise‚ÄĚ (1704), d√©crivait dans cet ouvrage l’effet que produisait sur ses auditeurs le c√©l√®bre monologue d’Armide qui cl√īt l‚Äôacte 2 (‚ÄúEnfin il est en ma puissance‚ÄĚ), consid√©r√© comme un des clous de la partition : ¬ę J’ai vu vingt fois tout le monde saisi de frayeur, ne soufflant pas, demeurer immobile, l’√Ęme tout enti√®re dans les oreilles (…) puis, respirant l√† avec un bourdonnement de joie et d’admiration ¬Ľ. Au cinqui√®me acte, l’impressionnante passacaille avec choeur et solistes est √©galement l’un des sommets de la partition.

 
 

 
 

Innsbruck, festivalEVASION en Autriche : le festival d'Innsbruck 2015
Les 22, 24, 26 ao√Ľt 2015
Avec les chanteurs lauréats du Concours de chant baroque coorganisé avec le Centre de musique baroque de Versailles
39√®me Festival international de musqiue ancienne d’Innsbruck / Festwhchen der Alten Musik. Innsburck, Innenhof der Theologischen Fakult√§t)
C-Akenine, Colonna
Hache, Cabral, Skorka, Albano, di Bianco, Lavoie, Francis, de Hys

(au moment o√Ļ nous publions, la date du 24 ao√Ľt est d√©j√† compl√®te)

 

 

Illustration : les amours de Acis et Galate par Nicolas Poussin : sensualité crépusculaire et vénitienne (XVIIème РDR)

Compte rendu critique, opéra. Rio (Brésil), Salle Cecilia Meireles, les 21 et 22 mars 2015. Sacchini : Renaud, création. Luisa  Francesconi  (Armida). .. OSB Orchestre  symphonique du Brésil. Bruno  Procopio, direction. Version mise en espace.

Deux soir√©es √† Rio de Janeiro au Br√©sil ont pu faire entendre aux Cariocas, venus en nombre dans la salle Cecilia de Meireles dans le centre ville, ¬†l’√©clectisme √©l√©gantissime du napolitain Sachini. ll¬†est le champion du th√©√Ętre lyrique: invit√© √† grands frais sous le r√®gne de Louis XVI et Marie-Antoinette, ¬†Sacchini r√©adapte l’ancien livret mis en musique par Lully mais dans un style plus direct et nerveux propre au classicisme pr√©romantique des ann√©es 1780.

Antonio_SacchiniParfait repr√©sentant ¬†de cet √©clectisme ¬†europ√©en ¬†qui a cours ¬†en France sous le r√®gne de Marie Antoinette, ce Renaud cr√©√© ¬†en 1783, illustre ¬†bien l’√Ęge d’or ¬†des arts du spectacle quelques ann√©es avant la R√©volution.¬†Pour plaire ¬†aux parisiens, le Napolitain ¬†recycle ¬†plusieurs ouvrages qu’il avait pr√©c√©demment compos√© ¬†pour Londres. La partition ¬†est resserr√©e de 5 √† 3 ¬†actes. La vision ¬†est originale parfois puissante : tr√®s ¬†soucieuse ¬†de vraisemblance ¬†psychologique ¬†√©videmment √† l’endroit ¬†d’Armide dont la figure ¬†s’av√®re effectivement saisissante lors des deux soir√©es ¬†br√©siliennes. A ses c√īt√©s ¬†son p√®re ¬†Hidraot ¬†ne manque pas non plus de profondeur dans une tendresse h√©ro√Įque et paternelle ¬†qu’on a peu montr√© ¬†√† l’op√©ra ¬†jusque l√†.

 

 

Bruno Procopio explore et r√©v√®le les vertiges d’Armide de l’op√©ra ‘ Renaud ” (1783)

Sacchini sous les tropiques

 

 

brunoProcopio dirige Renaud sacchini

 

A Rio, salle Cecilia de Meireles, l’excellent Bruno Procopio dirige l’OSB, Orchestre Symphonique du Br√©sil et fait √©tinceler la lyre dramatique de l’√©l√©quent et si raffin√© Sacchini sous les tropiques…

 

 

Pour le reste, les personnages de Renaud ou de la reine des amazones Antiope sont plut√īt rapidement esquiss√©s : des types, non ¬†des individus. Les deux fonctionnent en faire valoir d’Armide : le premier ne cesse d’exalter sa tendresse ¬†et sa nature de guerrier √©pris, ¬†amoureux ; ¬†la seconde √† l’inverse incarne l’ordre de haine guerri√®re, exhorte √† la repr√©sentation de la combattante ¬†qui s’inscrit contre les hommes. La vocalise de son air unique exprime cette nature furieuse. Quel ¬†ordre ¬†la belle ¬†Armide ¬†choisira t elle ?Dans la sph√®re ¬†des grandes figures ¬†tragiques l√©gu√©es ¬†par l’esprit des Lumi√®res en France, Armide incarne ici ¬†une figure f√©minine passionnante √† laquelle ¬†ont aussi contribu√© ¬†d’une certaine mani√®re Jean Chr√©tien Bach ¬†(Amadis), Vogel ¬†(La toison d’or), Gretry ¬†(Andromaque)… un profil nouveau de femme ¬†particuli√®rement ¬†riche et contradictoire dont les sentiments ¬†√©mergeants ¬†et nouveaux confirment l’inflexion nouvelle, celle du romantisme. Le passage apporte ses fruits embl√©matiques : ceux de la sensibilit√© ¬†palpitante et m√™me fr√©n√©tique au lieu de la passion ¬†baroque; ¬†ceux du fantastique spectaculaire ¬†plut√īt que du merveilleux.

Voil√† qui pr√©pare ¬†√©videment √† l’accomplissement du cycle : M√©d√©e ¬†de Cherubini ¬†(1797 ), elle-m√™me ¬†pr√©figurant aux grandes h√©ro√Įnes romantiques ¬†du XIX √®me. Il serait passionnant ¬†de reconstruire ce profil po√©tique dans un r√©cital discographique intitul√© : “h√©ro√Įnes tragiques √† l’√©poque des lumi√®res”, programme presque r√©alis√© ¬†par V√©ronique Gens mais avec une incarnation plus charnelle et puissante sans rien sacrifier de la clart√© ¬†linguistique. Cela semble d√©sormais possible gr√Ęce au talent ¬†inou√Į ¬†de l’interpr√®te √©cout√©e ¬†et d√©couverte ¬†√† Rio ¬†les 21 et 22 mars derniers.

 

 

La mezzo soprano brésilienne Luisa Francesconi trouve le ton juste

une Armide amoureuse irrésistible

 

francesconi-luisa-armide-sacchiniChaque ¬†apparition d’Armide pr√©cise davantage l’√Ęme ¬†d’une amoureuse ¬†impuissante saisie ¬†par le charme de Renaud. Elle tente ¬†bien ¬†de se d√©faire de cet envo√Ľtement des sens en suscitant les furies ¬†infernales, mais rien n’y fait ¬†et la guerri√®re rend les armes face au pouvoir de l’amour. C’est bien l’enjeu ¬†de l’acte II, le plus ¬†passionnant qui exige de l’interpr√®te ¬†une souplesse et une intensit√© de jeu qui doit aussi s’appuyer sur une technicit√© vocale ¬†remarquable. La mezzo br√©silienne Luisa ¬†Francesconi r√©unit toutes les qualit√©s pour r√©ussir les d√©fis et les enjeux d’Armide. Le velours cuivr√© de son timbre, son m√©dium charnu, ses aigus remarquablement couverts et plac√©s, l’articulation ¬†donc l’intelligibilit√©, surtout le jeu ¬†tr√®s ¬†√©conome produisent une ¬†h√©ro√Įne ¬†de bout en bout captivante ¬†dont l’air inoubliable “Barbare amour”, sont les jalons ¬†d’une interpr√©tation superlative. La cantatrice ¬†qui chante Carmen et aussi ¬†Charlotte ¬†de Werther ¬†de Massenet, ¬†offre ¬†lors des deux soir√©es une le√ßon ¬†d’intelligence vocale ¬†et de grande sensibilit√© ¬†th√©√Ętrale. Intensit√© ¬†contenue qui contraste d’autant mieux avec l’agilit√© ¬†plus d√©corative des autres personnages. On est loin du livret originel de Quinault pour Lully o√Ļ l’enchanteresse savait envo√Ľter sans sinc√®rement l’infl√©chir le beau Renaud : la magicienne, d√©pendante de ses propres sortil√®ges, ne savait plus retenir sa haine destructrice quand Renaud fut lib√©rer de l’envo√Ľtement. Chez Sacchini, le go√Ľt ayant chang√©, c’est une Armide temp√©r√©e et amoureuse combl√©e, qui conclue l’op√©ra.

 

procopio-bruno-paraty-582-420-une-homepage-a-la-une-classiquenewsSaluons particuli√®rement ¬†le travail du chef Bruno Procopio qui fid√®le ¬†√† ses pr√©c√©dentes r√©alisations dans le Nouveau Monde, perfectionne encore ses remarquables aptitudes dans l’interpr√©tation des oeuvres baroques et rares, ce avec d’autant plus d’audace et de sens des d√©fis qu’il ¬†dirige l’orchestre Symphonique du Br√©sil ¬†(OSB) : c’est √† dire une phalange sur …instruments modernes. Or le feu ¬†constant, ¬†la souplesse et la nervosit√© du geste apportent d’indiscutables ¬†r√©sultats ¬†dans la tenue des choeurs, le souci des r√©citatifs, la noblesse grave ou nostalgique des nombreux ballets qui sont tous d’un style gluckiste ma√ģtris√©. De la succession des airs, du savant jeu des contrastes na√ģt ¬†un sens ¬†indiscutable de l’architecture rendant mieux perceptible la structuration de l’action en atmosph√®res, toutes d√©pendantes de ¬†l’esprit oscillant d’une Armide ¬†d√©chir√©e, ind√©cise, toujours foudroy√©e : pour preuve la sc√®ne du front de guerre qui ouvre le III o√Ļ √† l’apparition de la combattante alors en proie aux doutes et aux vertiges ¬†les plus effrayants, r√©pond le chant fr√©n√©tique ¬†et convulsif de l’orchestre qui d√©crit un paysage d√©vast√©, celui de la d√©faite encore fumante de son propre camp.

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini √† Rio de JaneiroApr√®s ¬†avoir dirig√© ici ¬†m√™me – √† quelques ¬†m√®tres de l√† : au ¬†Teatro ¬†Municipal, superbe op√©ra de Rio, le si subtil Oro ¬†no ¬†compra amore de 1806 ¬†(encore une histoire ¬†amoureuse) du g√©nie local Marcos ¬†Portugal dont ¬†il avait su ¬†exprimer ¬†la vitalit√© ¬†rossinienne, le chef plus inspir√© que jamais, affirme ¬†deux ann√©es ¬†plus tard sur le fil des m√™mes risques ¬†assum√©s, ¬†une maestri√† stimulante ; com√©die l√©g√®re puis ¬†drame heroico sentimental : tout lui va. La trag√©die ¬†lyrique de Sacchini ne pouvait trouver meilleur ¬†ambassadeur : le public y a ovationn√© et la cantatrice ¬†pour sa flamme profonde ¬†et subtile, et le chef au charisme irr√©sistible. Qui aurait imagin√© ¬†tel accomplissement sous les tropiques? ¬†Existerait il une passion fran√ßaise au Br√©sil? ¬†En particulier pour l’op√©ra des Lumi√®res? ¬†A voir ¬†le public des deux soir√©es, sans omettre ¬†la curiosit√© ¬†comme l’envie d’apprendre et d’en d√©coudre, partag√©e ¬†par tous les chanteurs locaux r√©unis pour la production, il n’y a plus aucun doute.

RIO : Bruno Procopio crée Renaud de Sacchini

Antonio_SacchiniRio. Salla C.Meireles. Sacchini : Renaud. Bruno Procopio. Les 21 et 22 mars 2015, 19h. Recr√©√© r√©cemment √† Metz, puis objet d’un enregistrement discographique que Classiquenews a largement relay√© √† l’√©poque, l’op√©ra Renaud de Sacchini, cr√©√© en 1783 est une commande de la Cour de¬† Marie-Antoinette et de Louis XVI : l’√©poque est √† la confrontation des mani√®res (italiennes, nordiques, germaniques) pour qu’√©merge enfin, apr√®s Gluck, une formule nouvelle pour l’op√©ra fran√ßais. Les partitions alors cr√©√©es √† Paris t√©moignent toutes d’une effervescence sans pareil, un √Ęge d’or de la cr√©ativit√© favoris√©e quelques ann√©es avant la R√©volution : Andromaque de Gr√©try (1778), La Toison d’or de Vogel (1786), Th√©s√©e de Gossec (1782), Renaud de Sacchini (1783), Atys de Piccinni, Amadis de Gaule de JC Bach… sont autant de propositions dues √† des √©trangers, √©tapes majeures pour le renouvellement de l’op√©ra. A chaque cr√©ation, des attentes nouvelles ; un esprit de confrontation et d’oppositions syst√©matique : Gluck fut compar√© √† Piccinni, puis ce dernier ) Sacchini comme avant Gluck on aima mesurer le g√©nie de Rameau selon le mod√®le Lullyste, pour l’aduler comme le massacrer.¬† Paris aime les cabales, et feint de s’en √©tonner.

Champion de l’√©loquence ram√©lienne, Bruno Procopio s’attaque au Renaud de Sacchini

Les Italiens à Paris : victorieux Sacchini

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini √† Rio de JaneiroRenaud de Sacchini porte bien mal son nom car c’est la sarrasine Armide qui demeure la figure protagoniste de l’ouvrage. Aid√©e par la reine Antiope et ses amazones guerri√®res, Armide d√©truit toute alliance entre chr√©tiens et musulmans car elle exhorte ses troupes √† tuer l’indigne Renaud (I). Mais quand les amazones lui livre Renaud, Armide sent son amour pour lui rena√ģtre : elle outrepasse les biens√©ances alors, en livrant √† son aim√©, les secrets de l’arm√©e musulmane. Renaud s’√©chappe et laisse Armide qui desesp√©r√©e, sollicite les furies infernales, … en vain (II). L’acte III est le plus saisissant, en particulier sur le plan orchestral, recyclant ce style fr√©n√©tique expressif, dramatiquement irr√©sistible, h√©rit√© de Gluck : Sacchini illustre la d√©solation du combat final, th√©√Ętre de ruines qui peint la d√©faite des Sarrasins. C’est aussi la d√©sesp√©rance absolue qui s’empare de l’esprit d’Armide trahie et d√©munie, rendu impuissante face √† l’amour que lui inspire Renaud. Suicidaire, la magicienne est pr√™te √† se frapper car elle a perdu l’amour du chr√©tien comme elle a trahi son clan : mais Renaud para√ģt avec Hidraot, -le p√®re d’Armide-, jurant un amour ind√©fectible pour celle qui croyait avoir tout perdu. L’op√©ra s’ach√®ve donc sur une s√©quence positive. LIRE notre pr√©sentation compl√®te de la cr√©ation de Renaud de Sacchini √† Rio de Janeiro (Br√©sil)

boutonreservationRio. Salla Cecilia Meireles. 
Sacchini : Renaud, 1783. 
Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction. Les 21 et 22 mars 2015, 20h.

 

 

 

Antonio_SacchiniVIDEO. Visionner notre¬†reportage exclusif RENAUD de SACCHINI recr√©√© par le CMBV √† l’Arsenal de Metz en octobre 2012.

 

 

Rio. Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini (1783)

Antonio_SacchiniRio. Salla Cecilia Meireles. Sacchini : Renaud, 1783. Bruno Procopio. Les 21 et 22 mars 2015, 19h. Recr√©√© r√©cemment √† Metz, puis objet d’un enregistrement discographique que Classiquenews a largement relay√© √† l’√©poque, l’op√©ra Renaud de Sacchini, cr√©√© en 1783 est une commande de la Cour de¬† Marie-Antoinette et de Louis XVI : l’√©poque est √† la confrontation des mani√®res (italiennes, nordiques, germaniques) pour qu’√©merge enfin, apr√®s Gluck, une formule nouvelle pour l’op√©ra fran√ßais. Les partitions alors cr√©√©es √† Paris t√©moignent toutes d’une effervescence sans pareil, un √Ęge d’or de la cr√©ativit√© favoris√©e quelques ann√©es avant la R√©volution : Andromaque de Gr√©try (1778), La Toison d’or de Vogel (1786), Th√©s√©e de Gossec (1782), Renaud de Sacchini (1783), Atys de Piccinni, Amadis de Gaule de JC Bach… sont autant de propositions dues √† des √©trangers, √©tapes majeures pour le renouvellement de l’op√©ra. A chaque cr√©ation, des attentes nouvelles ; un esprit de confrontation et d’oppositions syst√©matique : Gluck fut compar√© √† Piccinni, puis ce dernier ) Sacchini comme avant Gluck on aima mesurer le g√©nie de Rameau selon le mod√®le Lullyste, pour l’aduler comme le massacrer.¬† Paris aime les cabales, et feint de s’en √©tonner.

Champion de l’√©loquence ram√©lienne, Bruno Procopio s’attaque au Renaud de Sacchini

Les Italiens à Paris : victorieux Sacchini

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini √† Rio de JaneiroRenaud de Sacchini porte bien mal son nom car c’est la sarrasine Armide qui demeure la figure protagoniste de l’ouvrage. Aid√©e par la reine Antiope et ses amazones guerri√®res, Armide d√©truit toute alliance entre chr√©tiens et musulmans car elle exhorte ses troupes √† tuer l’indigne Renaud (I). Mais quand les amazones lui livre Renaud, Armide sent son amour pour lui rena√ģtre : elle outrepasse les biens√©ances alors, en livrant √† son aim√©, les secrets de l’arm√©e musulmane. Renaud s’√©chappe et laisse Armide qui desesp√©r√©e, sollicite les furies infernales, … en vain (II). L’acte III est le plus saisissant, en particulier sur le plan orchestral, recyclant ce style fr√©n√©tique expressif, dramatiquement irr√©sistible, h√©rit√© de Gluck : Sacchini illustre la d√©solation du combat final, th√©√Ętre de ruines qui peint la d√©faite des Sarrasins. C’est aussi la d√©sesp√©rance absolue qui s’empare de l’esprit d’Armide trahie et d√©munie, rendu impuissante face √† l’amour que lui inspire Renaud. Suicidaire, la magicienne est pr√™te √† se frapper car elle a perdu l’amour du chr√©tien comme elle a trahi son clan : mais Renaud para√ģt avec Hidraot, -le p√®re d’Armide-, jurant un amour ind√©fectible pour celle qui croyait avoir tout perdu. L’op√©ra s’ach√®ve donc sur une s√©quence positive.

rio-salla-cecilia-meireles-renaud-sacchini-opera-par-Bruno-Procopio-direction-21-et-22-mars-2015Le talent de Sacchini vient de son √©clectisme et de sa sensibilit√© europ√©enne : le go√Ľt de la grandeur h√©ro√Įque, la virtuosit√© (dans l’air final de la Coryph√©e : “Que l’√©clat de la victoire…”), la nervosit√© de l’orchestre, la force palpitante des chŇďurs… composent un savant m√©lange, combinaison gagnante qui t√©moigne du talent de celui qu’on voulut en son temps opposer √† Piccinni. De fait, les Italiens √† Paris conna√ģtront apr√®s le d√©part de Gluck, et malgr√© la concurrence d’autres √©trangers, une vraie gloire parisienne. Le traitement de la figure d’Armide, amoureuse alanguie comme surtout, furie haineuse et vengeresse, se classe dans le sillon de la M√©d√©e de Vogel dans La Toison d’or (1786), et annonce bient√īt la M√©d√©e de Cherubini (1797) dont le profil radicalement violent et barbare pr√©figure l’√®re romantique, si friande de magicienne tragique, amoureuse d√©truite et languissante…

boutonreservationRio. Salla Cecilia Meireles.
Sacchini : Renaud, 1783.
Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction. Les 21 et 22 mars 2015, 20h.

 

 

 

 

VIDEO. Visionner notre reportage exclusif RENAUD de SACCHINI recr√©√© par le CMBV √† l’Arsenal de Metz en octobre 2012.

Antonio_SacchiniMettre en musique le merveilleux… Sacchini √† l’√©cole du th√©√Ętre fran√ßais. Sacchini¬†(1730-1786) arrive √† Paris en 1783, depuis Londres; il succ√®de ainsi √† Gluck et son compatriote Piccinni et prolonge √©videmment les avanc√©es stylistiques de ses pr√©d√©cesseurs. Pour le temple international du lyrique qu‚Äôest Paris, Sacchini offre une nouvelle musique moderne aux anciens livrets h√©rit√©s de l‚Äô√Ęge baroque. Renaud ne fait pas exception: contrairement √† son titre, l‚Äôouvrage cosmopolite et brillant, fait place nette au personnage cl√© de l‚Äôamoureuse enchanteresse Armide. La magicienne c√®de ici sa baguette pour d√©voiler un visage tendre et implorant qui saura in fine convaincre et s√©duire son ennemi jur√© Renaud dont elle est tomb√©e amoureuse malgr√© la guerre qui fait rage et qui oppose leurs deux clans respectifs‚Ķ Style gluckiste, orchestre flamboyant voire fr√©n√©tique (pr√©lude du II), alliance des divertissements et du path√©tique, des accents tragiques comme h√©ro√Įque (le p√®re d‚ÄôArmide, Hidraot tient aussi un r√īle important tout en tension virile), surtout arabesques styl√©es d‚Äôun bel canto italianisant‚Ķ Assurant le passage du merveilleux vers le fantastique, du classicisme au romantisme, Renaud de Sacchini incarne un sommet lyrique fran√ßais, en une formule europ√©enne, au temps des Lumi√®res. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM, pr√©sentation et commentaires par Beno√ģt Dratwicki, directeur scientifique du CMBV, Centre de musique baroque de Versailles. ¬© CLASSIQUENEWS.TV, octobre 2012

 

 

 

Armida de Joseph Haydn en tournée

Op√©ra en tourn√©e. Haydn : Armida. 16 janvier > 10 mars 2015. D’apr√®s La J√©rusalem d√©livr√©e, Armida de Haydn reste une perle lyrique m√©connue, jalon contemporain du th√©√Ętre mozartien et d√©j√† pr√©romantique. Armide, princesse des Sarrazins, est aim√©e du chevalier chr√©tien Renaud. Celui-ci lui promet son soutien dans la guerre imminente qui devrait les opposer. Mais Ubaldo et Clotarco, guerriers des Croisades, amis de Renaud, le rappellent √† sa foi et √† ses serments. De plus, lui seul d√©tient le pouvoir de briser le myrte magique d‚ÄôArmide. Tiraill√©s entre devoir et sentiments, Renaud, tout comme Armide, sont d√©chir√©s par la douleur amoureuse.

haydn-joseph-582-420-grand-portrait-classiquenewsApr√®s Lully et Gluck, deux auteurs qui ont mis en musique le livret de Quinault √† Paris, Joseph Haydn pour la Cour autrichienne d’Ezsterhaza, traite la lyre h√©ro√Įque, sentimentale et tragique du mythe d’Armide, mythe de l’impuissance amoureuse : Armide comme Renaud incarnent le poison d’un sentiment qui les m√®ne in√©luctablement √† leur perte.¬† Chez Gluck d√©j√†, l’ambivalence des sentiments d’Armide formait le noyau de l’action : en une sc√®ne v√©ritable d’exorcisme, men√© par la haine, Armida voulait √©chapper √† l’amour et l’arrachant de son cŇďur… mais c’√©tait mourir et la femme amoureuse ne pouvait totalement r√©pudier son aim√©.. Ici, rappel√© √† son engagement guerrier, Renaud a perc√© l’intimit√© de la magicienne avec d’autant plus de puissance qu’il sait comment briser le¬† myrte magique de la princesse. Les com√©dies dans le genre buffa de Haydn sont bien connues et d’autant plus explor√©es que l’auteur reconnaissait son inf√©riorit√© dans le genre grave et tragique compar√© √† son cadet Mozart. De fait, les com√©dies de Haydn sont mieux estim√©es depuis l’int√©grale sign√©e par Antal Dorati (Il Mundo della luna…).¬† D√©j√† le Cercle de l’harmonie et son chef J√©r√©mie Rhorer avaient abord√© l’Infeldelta Delusa de 1773 en janvier 2009. Les op√©ras de Joseph Haydn ont √©t√© le sujet d’un dossier sp√©cial sur classiquenews.

Avec Armide, il s’agit de red√©couvrir le temp√©rament unique et singulier d’un compositeur de cour qui sut r√©concilier √©l√©gance et profondeur, gravit√© et justesse po√©tique.¬† Comme un √©cho aux troubles √©motionnels du couple protagoniste, Haydn et son librettiste traitent aussi le fil amoureux qui unit d’autres ennemis : Zelmira, tomb√©e amoureuse de Clotarco, s‚Äôemploie √† contrer les noirs desseins du roi sarrazin Idreno… La guerre entre Sarrazins et Chr√©tiens para√ģt bien faible contre les sentiments qu’amour tisse entre les √™tres de deux clans affront√©s.

 

 

 

trouble des genres, guerre amoureuse…

Armida : l’op√©ra du doute

 

Armide-Renaud-Hayez-home-582-420-haydn-armidaLes victimes de l’amour… Dat√©e de 1784, et en cela d√©j√† pr√©romantique, Armide peint des √™tres profonds, en souffrance (comme Mozart √† la m√™me √©poque avec Idomeneo… il ira plus loin encore avec le cr√©puscule ardent de la Cl√©mence de Titus en 1791) dont le trouble efface les types vocaux du baroque triomphant pour lequel la seule virtuosit√© vocale exprime l’intensit√© des affects. Ici r√®gnent le doute, le soup√ßon, la perte des √©quilibres, une nouvelle sensibilit√© introspective et sa caract√©risation sp√©cifique. L’esprit des Lumi√®res colore la partition d’une intelligence sentimentale in√©dite, que partage aussi Mozart dans tous ses op√©ras.¬† Elle d√©voile la fragilit√© des cŇďurs quand ils sont sous l’emprise de l’amour. L’√©chiquier des intrigues s’y transforme en labyrinthe o√Ļ la folie et la d√©pression menacent. Une telle pr√©cision servie par une musique subtile et raffin√©e (tout Haydn) se pr√™te naturellement √† un jeu collectif qui doit d’abord s’appuyer sur un travail d’√©quipe. La souffrance et la solitude d‚ÄôArmida abandonn√©e, les longues et incessantes h√©sitations de Rinaldo (en v√©rit√© le vrai h√©ros de l’op√©ra quand par exemple c’est plut√īt Armide qui est la protagoniste du Renaud de Sacchini, partition quasi contemporaine de 1783 !) sont les facettes d’un drame √©conome, particuli√®rement touchant et moderne. La mise en sc√®ne de Marianne Cl√©ment fait r√©fl√©chir sur l’expression confront√©e des genres en une guerre elle aussi √©quivoque, arm√©e et tendue : c’est un monde nouveau et plus nuanc√© qui se pr√©cise entre ¬ę la ¬Ľ femme s√©ductrice et ¬ę le ¬Ľ h√©ros vertueux. L’intelligence de Haydn du fait de sa seule musique fait imploser les cadres convenus : sa vision plus nuanc√©e nous touche. C’est une conception proche finalement de l’op√©ra v√©nitien (Monteverdi, Cesti, Cavalli…) o√Ļ la fronti√®re des genres bouge en permanence : Handel n’a t il pas fait chanter son Rinaldo par une femme ?

 

 

 

Joseph Haydn : Armida
Drame h√©ro√Įque en 3 actes. Livret inspir√© de La J√©rusalem d√©livr√©e de Torquato Tasso
(Eszterhaza, 1784)

Chantal Santon, soprano : Armida, princesse magicienne
Juan Antonio Sanabria, ténor : Rinaldo, chevalier croisé
Dorothée Lorthiois, soprano : Zelmira, fille du sultan d’Egypte
Laurent Deleuil, baryton : Idreno, roi sarrazin
Enguerrand De Hys, ténor : Ubaldo, chevalier croisé
Francisco Fernández-Rueda, ténor : Clotarco, chevalier croisé

Le Cercle de l’Harmonie
Julien Chauvin, direction

Opéra chanté en italien, surtitré en français
Marianne Clément, mise en scène

Calendrier de la tournée
La production d’Armida a √©t√© cr√©√©e √† saint-Quentin en octobre 2014.

Création le 10 octobre, Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines
Opéra de Reims, vendredi 16 janvier 2015 à 20h30
Opéra de Massy, vendredi 23 janvier 2015 à 20h
Th√©√Ętre d‚ÄôOrl√©ans, Sc√®ne nationale, mercredi 11 f√©vrier 2015 √† 20h30
Scène nationale de Besançon, jeudi 19 février 2015 à 20h
Centre lyrique Clermont-Auvergne, mercredi 25 février 2015 à 20h
Centre lyrique Clermont-Auvergne, vendredi 27 février 2015 à 20h
L’apostrophe – Th√©√Ętre des Louvrais sc√®ne nationale de Cergy-Pontoise et du val d’Oise, jeudi 5 mars √† 19h30
L’apostrophe – Th√©√Ętre des Louvrais sc√®ne nationale de Cergy-Pontoise et du val d’Oise, samedi 7 mars 2015 √† 20h30
Le Moulin du Roc, Scène nationale de Niort, mardi 10 mars 2015 à 20h30

+ d’informations sur le site de l’Arcal

 

 

Antonio Sacchini (1730-1786)

Antonio_SacchiniBien que florentin de naissance, Arturo Sacchini (1730-1786) est surtout form√© √† Naples : Durante le remarque ses dons musicaux et l‚Äôint√®gre au conservatoire de San Onofrio et au conservatoire de Santa Maria di Loreto que Durante dirigeait depuis 1742. Sacchini apprend et ma√ģtrise tr√®s vite le clavecin, l‚Äôorgue, la composition.¬†Il commen√ßa sa carri√®re √† Padoue (en 1763, Olimpiade est son premier grand succ√®s), puis cherche la gloire √† Rome et Venise : dans la cit√© des Doges, il dirige l‚ÄôOspedaletto dont le conservatoire lui permet d‚Äôenseigner le chant. Il compte parmi ses √©l√®ves la fameuse Nancy Storace, muse de Mozart, soprano aux performances remarquables. Puis Sacchini rejoint Munich et Stuttgart en Allemagne (Scipione in Cartagena applaudi respectivement en 1770 et 1771). En 1772, Sacchini est √† Londres o√Ļ il v√©cut dix ans : √† l‚Äô√©poque de ses 40 ans, Sacchini, compositeur m√Ľr et ma√ģtre de l‚Äôart lyrique, rencontre le plus grand compositeur napolitain avec Jommelli, Traetta : il compose plus de 10 nouveaux op√©ras dont Montezuma (1775) et Antigono, surtout L’Amore soldato (1778). Endett√©, aux abois, Sacchini re√ßoit l‚Äôinvitation de la Cour royale fran√ßaise pour concurrencer √† Paris, l‚Äôimmense Gluck. Sacchini devient comme ce dernier le prot√©g√© de Marie Antoinette qui en fait son ma√ģtre de chant. Il arrive d√®s 1783 : Sacchini recycle ses anciens ouvrages (comme l’avait fait Gluck : Orfeo devenant pour Paris Orph√©e) ; ainsi Sacchini reprend son ancienne Armida et en d√©duit Renaud… idem pour Chim√®ne, nouvelle adaptation d’Il Gran Cidde… mais les effets attendus ne se r√©aliseront pas : le mod√®le gluckiste est bien le plus spectaculaire alors et les Italiens √† Paris, Sacchini (et avant lui Piccinni) ne parviendront pas √† le surpasser. Comme tous les √©trangers invit√©s en France par l‚ÄôAcad√©mie royale de musique, Sacchini est invit√© aussi √† rivaliser avec le mod√®le tragique h√©rit√© de Lully et Rameau : il ambitionne de remettre en musique Dardanus (1784) mais perd l’estime des Fran√ßais. Son Oedipe √† colonne (1786) confirme un talent raffin√© et dramatique d‚Äôune envergure europ√©enne. Sacchini meurt √©puis√© en 1786. Ironie supr√™me : Oedipe √† colonne conna√ģt un triomphe un an apr√®s sa cr√©ation (jou√© √† l’Op√©ra plus de 580 fois jusqu’en 1844). De nos jours, la r√©surrection de Sacchini ne s’est toujours pas produite…

VIDEO

Antonio_SacchiniComme √©tranger invit√© par Marie-Antoinette en France, le Napolitain¬†Antonio Sacchini¬†(1730-1786) arrive √† Paris en 1783, depuis Londres; il succ√®de ainsi √† Gluck et son compatriote Piccinni et prolonge √©videmment les avanc√©es stylistiques de ses pr√©d√©cesseurs. Pour le temple international du lyrique qu‚Äôest Paris, Sacchini offre une nouvelle musique moderne aux anciens livrets h√©rit√©s de l‚Äô√Ęge baroque. Renaud ne fait pas exception: contrairement √† son titre, l‚Äôouvrage cosmopolite et brillant, fait place nette au personnage cl√© de l‚Äôamoureuse enchanteresse Armide. La magicienne c√®de ici sa baguette pour d√©voiler un visage tendre et implorant qui saura in fine convaincre et s√©duire son ennemi jur√© Renaud dont elle est tomb√©e amoureuse malgr√© la guerre qui fait rage et qui oppose leurs deux clans respectifs‚Ķ Style gluckiste, orchestre flamboyant voire fr√©n√©tique (pr√©lude du II), alliance des divertissements et du path√©tique, des accents tragiques comme h√©ro√Įque (le p√®re d‚ÄôArmide, Hidraot tient aussi un r√īle important tout en tension virile), surtout arabesques styl√©es d‚Äôun bel canto italianisant‚Ķ Renaud de Sacchini incarne un sommet lyrique fran√ßais, en une formule europ√©enne, au temps des Lumi√®res. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM. Voir le grand reportage vid√©o Renaud de Sacchini

Bruno Procopio, jeune maestro à Liège et à Rio (décembre 2014 Рmars 2015)

Bruno Procopio dirige Rameau √† CaracasBruno Procopio¬†maestroso¬†: Li√®ge, 14 d√©cembre 2014. Rio, 21,22¬†mars 2015. Agenda charg√© pour le jeune chef franco br√©silien Bruno Procopio : le d√©fricheur mobile habile, capable de ciseler sur instruments modernes un Rameau √©l√©gant, pr√©cis, dramatique (avec les instrumentistes de Gustavo Dudamel: ceux de l‚ÄôOrchestre Symphonique Simon Bolivar du Venezuela), porteur d‚Äôune nouvelle version des Pi√®ces pour clavecin en concerts (nouveau cd paru en 2013 avant l‚Äôann√©e Rameau et sur instruments anciens), dirige en d√©cembre 2014 puis mars 2015, deux programmes prometteurs, attendus, ambitieux. Les deux sont litt√©ralement originaux, signes ext√©rieurs d‚Äôun temp√©rament dynamique qui se passionne pour le d√©frichement et les nouvelles postures. D‚Äôabord Rameau √©videmment et sur instruments modernes, ceux de l‚ÄôOrchestre philharmonique royal de Li√®ge (une nouvelle exp√©rience qui renouvelle son exp√©rience √† Caracas), d‚Äôembl√©e d√©cisive pour le perfectionnement et la culture de l‚Äôorchestre li√©geois ; puis le grand genre lyrique et tragique h√©rit√© de l‚Äô√©poque des Lumi√®res : Renaud du napolitain Sacchini, champion √† Paris et √† Versailles √† l‚Äô√©poque de Marie Antoinette, d‚Äôun style √©clair√©, raffin√©, europ√©en, et plut√īt tr√®s dramatique‚Ķ il fut invit√© √† Paris pour rivaliser avec Gluck, champion de l‚Äôop√©ra fran√ßais d‚Äôalors. Mais Sacchini finit par faire du.. Gluck, tant le Germanique avait r√©g√©n√©r√© le style lyrique fran√ßais‚Ķ

 

 

Bruno Procopio : de Rameau √† Sacchini, de Li√®ge… √† Rio de Janeiro

procopio_bruno_chemise_bleueBruno Procopio s‚Äôest forg√© une tr√®s solide r√©putation comme ramiste fervent et engag√© : il l‚Äôa d√©montr√© encore √† Cuenca en Espagne (Castilla La Mancha) au dernier festival de P√Ęques (Semana de M√ļsica religiosa de Cuenca, avril 2014. Voir notre reportage vid√©o : Bruno Procopio dirige √† Cuenca les Grands Motets de Rameau) : les grands motets de Rameau, offrande de jeunesse d‚Äôun compositeur g√©nial, ont boulevers√© l‚Äôaudience ib√©rique en avril dernier, retrouvant la star baroque ib√©rique, Maria Bayo (inoubliable interpr√®tre de La Calisto de Cavalli version Ren√© Jacobs). A Li√®ge en d√©cembre prochain, Bruno Procopio s‚Äôengage √† d√©fendre l‚Äôenjeu symphonique des ballets et ouvertures des op√©ras de Rameau. En mars 2015 √† Rio, le jeune maestro, esprit articul√© expressif, taill√© pour l’op√©ra, comme il l‚Äôavait fait en d√©cembre 2012, de l‚Äôop√©ra comique fac√©tieux L‚ÄôOro no compra amore de Marcos Portugal – le Rossini br√©silien-¬†(ouvrage cr√©√© √† Lisbonne en 1804 puis cr√©√© √† Rio en 1811), d√©voilera une autre partition oubli√©e frappante par son raffinement dramatique. Sacchini s’y montre inspir√© par son sujet o√Ļ perce surtout la figure √Ępre, haineuse, puissante de l‚Äôenchanteresse Armide dont l’orchestre rugissant, convulsif exprime les aspirations frustr√©es, les d√©sirs inapais√©s, la souffrance de la guerri√®re amoureuse… Sacchini y brosse en 1783 pour la Cour √† l’√©poque de Marie-Antoinette le portrait de la femme tiraill√©e, impuissante et submerg√©e par la passion… mais finalement tendre et heureuse : un portrait de femme passionnant, une silhouette singuli√®re qui annonce la future M√©d√©e de Cherubini √† l‚Äôextr√©mit√© du si√®cle (1797). Pour cette r√©surrection d’un op√©ra de Sacchini de l’autre c√īt√© de l’Atlantique, Bruno Procopio suit la direction pionni√®re de son ex professeur de clavecin, Christophe Rousset, lequel a r√©cemment dirig√© et enregistr√© Renaud de Sacchini (1783). Voir notre reportage vid√©o de Renaud de Sacchini...

 

 

 

 

Année Rameau 2014 : concerts, opéras, temps forts de septembre à décembre 2014LIEGE, Philharmonie. Le 14 décembre 2014, 20h
Suites de ballets et ouvertures des opéras de Rameau.
Il s‚Äôagit du m√™me programme que le disque ¬ę¬†Rameau in Caracas¬†¬Ľ enregistr√© avec les instrumentistes du Simon Bolivar Symphonic Orchestra of Venezuela.

 

 

Programme :

Zoroastre, Tragédie Lyrique (Paris, 1756)
Ouverture
Première et Deuxième Gavotte en rondeau, Acte I, Scène 3
Premier et Deuxième Menuet, Acte II, Scène 4
Contredanse, Acte II, Scène 4
Entrée des Indiens, Acte II, Scène 4
Ballet Figuré, Air des Esprits Infernaux, Acte IV, Scène 5
Air des Esprits Infernaux, Très vite, Acte IV, Scène 5
Loure, Acte III, Scène 9
Ballet Figuré РAir, Acte IV, Scène 5
Premier et Deuxième Passepied, Acte III, Scène 9
Première et Deuxième Gavotte, Acte V, Scène 7

Dardanus, Tragédie Lyrique (Paris,1739)
Ouverture
Entrée pour les Guerriers, Acte I, Scène III
Premier et Deuxième Tambourin, Prologue, Scène II

Na√Įs,¬†Pastorale h√©ro√Įque (Paris 1749)
Ouverture
Entrée Des Luteurs, Chaconne & Air de Triomphe

pause

Castor et Pollux, Tragédie Lyrique (Paris, 1737)
Ouverture
Air pour les Athlètes, Acte I, Scène III
Troisième Air, Acte I, Scène IV - 2e Air, Acte II, Scène V
Premier et Deuxième Tambourin, Acte I, Scène IV
Premier et Deuxième Passepied, Acte IV, Scène II
Chaconne, Acte V, Scène VII

Acanthe et C√©phise ou La Sympathie,¬†Pastorale H√©ro√Įque (Versailles 1751)
Ouverture
Tambourin, Acte III
Contredanse, Acte III

Les Indes Galantes, Opéra-Ballet (Paris, 1735)
Chaconne, Troisième Entrée : Les Sauvages, Scène VI

+ d’infos :
Pour la rencontre avec le public¬†: le concert Rameau symphonique est pr√©c√©d√© d’une rencontre avec Bruno Procopio, le 10 d√©cembre 2014 √† 18h30.
Pour le concert du 14 décembre 2014 

 

 

 

Antonio_SacchiniRIO DE JANEIRO. Sala Cecilia Meireles, Rio de Janeiro
Les 21 et 22 mars 2015 à 20h
Largo da Lapa, 47 ‚Ä®Centro ‚Äď Rio de Janeiro. ‚Ä®Tel.: (21) 2332-9223
Sacchini : Renaud, tragédie lyrique, 1783

Solistes :
Armide – Adriane Queiroz
Renaud – Geilson Santos
Hidraot – Leonardo Pascoa
Adraste, Arcas, Tissapherne, Mégère РMurillo Neves
Mélisse РNivea Raf
Doris, Antiope, Iphise – Mariana Lima

Brazilian Symphony Orchestra
ChŇďur :¬†Associa√ß√£o de Canto Coral do Rio de Janeiro
Bruno Procopio, direction

 

 

 

VIDEO. Sacchini : Renaud (1783)

Antonio_SacchiniComme √©tranger invit√© par Marie-Antoinette en France, le Napolitain Antonio Sacchini (1730-1786) arrive √† Paris en 1783, depuis Londres; il succ√®de ainsi √† Gluck et son compatriote Piccinni et prolonge √©videmment les avanc√©es stylistiques de ses pr√©d√©cesseurs. Pour le temple international du lyrique qu‚Äôest Paris, Sacchini offre une nouvelle musique moderne aux anciens livrets h√©rit√©s de l‚Äô√Ęge baroque. Renaud ne fait pas exception: contrairement √† son titre, l‚Äôouvrage cosmopolite et brillant, fait place nette au personnage cl√© de l‚Äôamoureuse enchanteresse Armide. La magicienne c√®de ici sa baguette pour d√©voiler un visage tendre et implorant qui saura in fine convaincre et s√©duire son ennemi jur√© Renaud dont elle est tomb√©e amoureuse malgr√© la guerre qui fait rage et qui oppose leurs deux clans respectifs‚Ķ Style gluckiste, orchestre flamboyant voire fr√©n√©tique (pr√©lude du II), alliance des divertissements et du path√©tique, des accents tragiques comme h√©ro√Įque (le p√®re d‚ÄôArmide, Hidraot tient aussi un r√īle important tout en tension virile), surtout arabesques styl√©es d‚Äôun bel canto italianisant‚Ķ Renaud de Sacchini incarne un sommet lyrique fran√ßais, en une formule europ√©enne, au temps des Lumi√®res. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM