Les Huguenots Ă  GenĂšve

meyerbeer classiquenews 220px-Meyerbeer_d'aprĂšs_P._Petit_b_1865GENEVE, 26 fev – 8 mars 2020. Les Huguenots de MEYERBEER.  Le Grand OpĂ©ra français des annĂ©es 1830 qui prolonge le modĂšle fixĂ© par Rossini dans Guillaume Tell (1829) s’inscrit en lettres d’or grĂące au gĂ©nie de Meyerbeer, historien et dramaturge sur la scĂšne lyrique (grĂące aussi au talent du poĂšte Scribe dont le livret des Huguenots crĂ©Ă© en 1835 marque un sommet dramatique). La France de Louis Philippe revisite son histoire et affronte la violence de ses heures les plus sanglantes. mais il faut toute la maĂźtrise des deux excellents crĂ©ateurs, Meyerbeer et Scribe pour rĂ©ussir leur Huguenots qui relĂšvent Ă  la fois de la peinture d’histoire et du drame sentimental plus intimiste. La construction de l’opĂ©ra rĂ©vĂšle le talent des deux auteurs : la vie intime et le drame personnel se confrontent au souffle de l’épopĂ©e tragique collective. La machine historique broie les individus ; rien n’y fait, l’histoire se rĂ©alise en sacrifiant ses enfants les plus attachants : c’est depuis Shakespeare et sa vision de RomĂ©o et Juliette, pris dans les filets de la guerre ancestrale entre Capulets et Montaigus, une loi propre aux sociĂ©tĂ©s humaine. Y a t il vĂ©ritablement intelligence collective ? PlutĂŽt folie gĂ©nĂ©rale selon le pessimiste Ă©pique de Meyerbeer et Scribe. Ainsi le spectateur assiste Ă  la progressive prĂ©paration des Ă©vĂ©nements aux actes I, II et III : avec force couleurs locales et dĂ©tails historicisant pour mieux accentuer le rĂ©alisme historique propre Ă  la Renaissance ; Raoul raconte sa rencontre amoureuse, Marcel chante son choral luthĂ©rien pendant le banquet du duc de Nevers (I) ; de la gĂ©nĂ©reuse et pacificatrice Marguerite de Navarre offrant la main de Valentine Ă  Raoul, Ă  la jalousie aveugle, irraisonnĂ©e de ce dernier suite Ă  malentendu (II) ; Valentine Ă©pouse alors Nevers qui refuse de se joindre au massacre (III). Tout se met ainsi en place pour que le spectateur mesure l’ampleur de l’impuissance amoureuse face Ă  la course de l’Histoire : le duo entre la catholique Valentine et le luthĂ©rien / huguenot Raoul du IV, ne peut guĂšre empĂȘcher l’holocauste prĂ©parĂ© et accompli dans le V.

L’architecture des Huguenots Ă©gale les meilleurs scĂ©narios cinĂ©matographiques.‹Mais pour rĂ©ussir l’opĂ©ra de 1835, il faut aussi rĂ©unir sur les planches un quatuor de solistes horspairs, aussi virtuoses et puissants, fins et intelligibles qu’acteurs: Raoul, Valentine, Marguerite de Navarre, Nevers
 La crĂšme de la crĂšme. Les Huguenots restent avec Robert le Diable, l’ouvrage le plus applaudi au XIXĂš Ă  l’opĂ©ra de Paris. Il faudra nĂ©anmoins aller Ă  GenĂšve pour en mesurer l’intacte force de fascination.

 

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MEYERBEER : Les Huguenots, 1836boutonreservation
GENEVE, Opéra. Du 26 fev au 8 mars 2020

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OpĂ©ra de GenĂšve
https://www.gtg.ch/les-huguenots/

 

 

 

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Grand opéra de Giacomo Meyerbeer
Livret d’Eugùne Scribe et Émile Deschamps
Créé à Paris en 1836

DISTRIBUTION

Marguerite de Valois : Ana Durlovski
Raoul de Nangis : John Osborn · Mert SĂŒngĂŒ1
Marcel : Michele Pertusi
Urbain : LĂ©a Desandre
Le Comte de Saint-Bris : Laurent Alvaro
Valentine de Saint-Bris : Rachel Willis-SĂžrensen
Le Comte de Nevers : Alexandre Duhamel
De Tavannes : Anicio Zorzi Giustiniani
De Cossé : Florian Cafiero
De Thoré / Maurevert : Donald Thomson
De Retz : Tomislav Lavoie
MĂ©ru : Vincenzo Neri
Archer : Harry Draganov
Une coryphée : Iulia Surdu
Une dame d’honneur : CĂ©line Kot
Bois-Rosé / Le valet : Rémi Garin

Orchestre de la Suisse Romande
ChƓur du Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve

Direction musicale : Marc Minkowski
Mise en scĂšne et dramaturgie : Jossi Wieler & Sergio Morabito
Scénographie et costumes : Anna Viebrock
LumiĂšres : Martin Gebhardt
Chorégraphie : Altea Garrido
Direction des chƓurs : Alan Woodbridge

Avec une viole d’amour prĂȘtĂ©e exceptionnellement
par le MusĂ©e d’art et d’histoire de GenĂšve

DerniÚre fois au Grand Théùtre de GenÚve en 1927
En coproduction avec le Nationaltheater Mannheim
Durée : approx. 5h avec deux entractes inclus
Chanté en français avec surtitres en anglais et français

 

 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Le grand opĂ©ra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire – Catalogue d’exposition (Ă©ditions RMN).

grand-opera-francais-exposition-1828-1867-spectacle-de-l-histoire-catalogue-livre-evenement-critique-opera-livre-classiquenews-CLIC-de-CLASSIQUENEWSLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Le grand opĂ©ra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire – Catalogue d’exposition (Ă©ditions RMN). Pour le 350Ăšme anniversaire de l’OpĂ©ra de Paris, le Palais Garnier (BibilothĂšque-MusĂ©e) affiche une exposition consacrĂ©e au grand opĂ©ra français, genre intimement liĂ© Ă  un siĂšcle, le XIXe, et Ă  une ville, Paris. Le catalogue se propose de retrace l’Ă©volution du genre musical, de ses origines (sous l’Empire) Ă  son essor quand les grands compositeurs Ă©trangers Wagner et Verdi viennent dans la Capitale pour se tailler une rĂ©putation et faire reprĂ©senter leurs opĂ©ras sur le premiĂšre scĂšne d’Europe : c’est le cas du dernier ouvrage traitĂ© ici, DON CARLOS en français de Giuseppe Verdi (1867). MĂ©dĂ©e de Cherubini et La Vestale de Spontini font figure d’Ɠuvres pionniĂšres. En 1828, Auber, avec La Muette de Portici, porte vĂ©ritablement le grand opĂ©ra français sur les fonts baptismaux. Rossini s’y essaie lui aussi, avec Guillaume Tell (1829). C’est toutefois Meyerbeer (autre Ă©tranger) qui ouvre l’ñge d’or du grand opĂ©ra dans les annĂ©es 1830, et qui donne au grand opĂ©ra ses lettres de noblesse : Robert le Diable, Les Huguenots et Le ProphĂšte sont autant de triomphes. PrivilĂ©giant les sujets historiques, le grand opĂ©ra est alors l’expression des passions du temps : la France de Louis- Philippe, sous l’impulsion de personnalitĂ©s telles que MĂ©rimĂ©e, Guizot ou Viollet-le-Duc, part Ă  la dĂ©couverte de son passĂ© et de son patrimoine.‹Le parcours regroupe sur la thĂ©matique une centaine d’Ɠuvres (manuscrits, esquisses, peintures, maquettes de dĂ©cor
). Autant de facettes d’un genre spectaculaire par les effectifs et les moyens requis dont le prĂ©sent catalogue est le miroir fidĂšle : une mise en page originale et Ă©lĂ©gante, de trĂšs nombreuses illustrations dont la majoritĂ© des documents exposĂ©s, explique l’histoire de l’opĂ©ra français au XIXĂš. Un Ăąge d’or oĂč l’opĂ©ra s’est comparĂ© Ă  la peinture d’histoire : musique et danse en complĂ©ment. Passionnante rĂ©trospective sur un sujet que l’on croit connaĂźtre, que l’on critique toujours pour son emphase et la lourdeur de son dĂ©corum ; dont les sommets restent toujours Ă©cartĂ©s des scĂšnes lyriques y compris de l’OpĂ©ra de Paris. Ainsi Auber et Meyerbeer Ă  Paris refont surface par la galerie musĂ©e du Palais Garnier plutĂŽt que sur sa scĂšne lyrique : la situation ne manque pas de cynisme. A quand La Muette ou Gustave III / Robert le diable ou Le ProphĂšte Ă  l’affiche de la « grande boutique » (comme disait Verdi en parlant de l’OpĂ©ra parisien, Ă  l’époque la Salle Le Peletier) ? Pour nous consoler, la lecture de ce catalogue s’avĂšre passionnante, en prĂ©paration Ă  la visite de l’exposition Ă©vĂ©nement, jusqu’au 2 fĂ©vrier 2020.
 

 

 

Sommaire

1 – Aux sources du grand opĂ©ra
Auber, Meyerbeer, Halévy
De la scÚne aux barricades : La Muette de Portici, opéra révolutionnaire
Portrait de Giacomo Meyerbeer, « un homme de son siÚcle »

2 – La Fabrique du grand opĂ©ra
Au commencement le verbe : celui du librettiste EugĂšne Scribe
Les voix du grand opéra
L’art de l’effet, l’effet de l’art : une architecture pour la scùne
Ballet de l’OpĂ©ra / dans l’opĂ©ra
La scĂšne des Nonnes de Robert Le Diable, premier ballet romantique blanc ?
Economie du grand opéra : la stratégie du directeur Véron

3 – le grand opĂ©ra, tĂ©moin de l’Histoire / fĂ©dĂ©rateur des arts
Miroir du pouvoir
les écrivains et le grand opéra
Arts de la scùne au prisme de l’Histoire
De la peinture historique aux fresques du grand opéra
Perpectives théùtrales contemporaine pour le grand opéra

4- Splendeurs et misÚres du grand opéra
Les Italiens Ă  Paris
Wagner dans l’étau du genre
le cas de Berlioz
Charles Gounod
Rayonnement du grand opĂ©ra dans l’Europe romantique
Postérité du grand opéra

 

 

 

CLIC_macaron_2014‹LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. Le grand opĂ©ra 1828-1867 – Le spectacle de l’histoire / Catalogue de l’Exposition Ă  la BibliothĂšque- musĂ©e de l’OpĂ©ra – Palais Garnier du 24 octobre 2019 au 2 fĂ©vrier 2020 – Français – 192 pages / 100 illustrations – Éditions Rmn-Grand Palais – 39 €

https://www.boutiquesdemusees.fr/fr/catalogues-d-exposition/le-grand-opera-1828-1867-le-spectacle-de-l-histoire-catalogue-d-exposition/17599.html

 

 

 

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PARIS, Exposition : LE GRAND OPERA : 1828 -1867 (Palais Garnier)

DECORS-gustave-III-bal-masque-VERDI-grand-opera-ballet-annonce-critique-classiquenewsPARIS, Palais Garnier, Exposition : LE GRAND OPERA : 1828 -1867. Dans les galeries de la BibliothĂšque-MusĂ©e du Palais Garnier s’ouvre cette semaine l’exposition qui devrait enfin faire le point sur le genre lyrique par excellence : le grand opĂ©ra. La formule naĂźt sous l’Empire avec Cherubini, Spontini, Lesueur ; et la Restauration avec Rossini


 

 

 

Quand l’opĂ©ra a rendez vous avec l’Histoire

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Maquette pour Vasco de Gama – L’Africaine de Meyerbeer

 

 

Puis atteint un essor jamais vu auparavant, avec l’avĂšnement de Louis Philippe grĂące Ă  l’Allemand Meyerbeer et le poĂšte librettiste Scribe : ainsi dĂšs 1830 (grĂące Ă  la direction du directeur Louis DĂ©sirĂ© VĂ©ron) jusqu’Ă  la fin du Second Empire, se succĂšdent les grands ouvrages de l’opĂ©ra permis par l’inspiration des compositeurs, mais aussi l’excellence des Ă©quipes artistiques engagĂ©es : par ses effectifs et les moyens mis en Ɠuvres pour divertir donc attirer le public, surtout bourgeois, l’OpĂ©ra de Paris devient le centre de la crĂ©ation lyrique en Europe ; pas un compositeur digne de ce nom, ayant ambitionnĂ© de se faire un nom comme compositeur d’opĂ©ras, qui ne souhaitent briller
 Ă  Paris. Ainsi Wagner et Verdi ne cesseront de vouloir se faire produire sur la scĂšne de l’OpĂ©ra parisien, en particulier la Salle Le Peletier. L’OpĂ©ra Garnier ne produit son premier spectacle qu’en 1875.

donc-carlos-verdi-affiche-opera-paris-annonce-critique-opera-classiquenewsAinsi le spectateur peut recomposer le fil d’une histoire oĂč le spectaculaire et les effets ont compter avant toute chose : grandiose des dĂ©cors, grandiose du ballet, virtuositĂ© et puissance des voix, sĂ©duction et souffle de l’orchestre
 C’est un spectacle total auquel Wagner puisera pour forger son propre thĂ©Ăątre lyrique Ă  Bayreuth (Il a admirĂ© Meyerbeer). Aujourd’hui que les piĂšces maĂźtresses de ce dernier sont oubliĂ©es y compris de l’OpĂ©ra national de Paris (seuls les Huguenots sont jouĂ©s de temps Ă  autre), l’exposition LE GRAND OPERA rĂ©capitule une odyssĂ©e musicale Ă  redĂ©couvrir, c’est l’apogĂ©e des arts du spectacle au XIXĂš, quand l’opĂ©ra rivalisait avec la peinture d’histoire.

 

 

 

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Maquette pour Charles VI de Halévy (1843) / la Basilique Saint-Denis, évocation gothique

 

 

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Maquette pour Vasco de Gama – L’Africaine de Meyerbeer

 

 

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 L’OpĂ©ra – Salle Le Peletier jusqu’en 1872

 

 

 

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NOTRE SELECTION – Les 5 sections de l’exposition qui nous ont particuliĂšrement convaincus :

 

 

 

DECORS SPECTACULAIRES
 L’esquisse panoramique de La Juive de HalĂ©vy (1835) qui souligne l’ampleur dĂ©jĂ  cinĂ©matographique des dĂ©cors du grand opĂ©ra
;

 

 

 

 

meyerbeer-giacomo-opera-grand-opera-exposition-palais-garnier-2019-anonce-presentation-classiquenews-buste-meyerbeerGIACOMO MEYERBEER
 Les salles Meyerbeer, prĂ©sentĂ© en majestĂ©, grĂące entre autres Ă  son buste magistral ; Il est la figure tutĂ©laire du grand opĂ©ra français sous la Monarchie de juillet (soit avant la Seconde RĂ©publique dĂ©crĂ©tĂ©e en 1848 ; avant le Second Empire proclamĂ© en 1852) ; son apport est prĂ©sent Ă  travers l’évocation de Robert le diable (nov 1831),  du ProphĂšte (crĂ©Ă© en 1849) ; le grand tableau de Camille Roqueplan, Valentine et Raoul extrait des Huguenots ; les costumes et surtout le dĂ©cor de Vasco de Gama ou l’Africaine (maquette en volume reprĂ©sentant le pont du navire Ă  l’acte III 1865) ;

 

 

 

GIUSEPPE VERDI
 La prĂ©sence de Verdi dans cette gĂ©nĂ©alogie de drames impressionnants dont DON CARLOS en 1867 marque le sommet de la carriĂšre parisienne et un apport significatif au genre (maquette des dĂ©cors) ; juste avant le dĂ©voilement de la façade du nouvel opĂ©ra Garnier. D’ailleurs DON CARLOS reste le marqueur chronologique de l’exposition parisienne : sommet d’une contribution Ă©trangĂšre Ă  la « grande boutique ». Autres opĂ©ras crĂ©Ă©s par Verdi pour l’OpĂ©ra de Paris : JĂ©rusalem (nov 1847) ; Les VĂȘpres Siciliennes (pour l’Expo Universelle de 1855)

 

 

 

maquette-decors-peregrina-perle-le-prophete-meyerbeer-opera-annonce-classiquenewsBALLET DE / DANS L’OPERA
 Le rĂŽle du ballet, Ă©lĂ©ment imposĂ© et emblĂ©matique du genre, situĂ© au IIIĂš acte, dont le sujet est en rapport ou non avec l’action principal de l’opĂ©ra. Ainsi l’exemple du ballet de la PĂ©rĂ©grina (la perle) dans Donc Carlos de Verdi, n’a aucun rapport avec l’intrigue principal et mĂȘme devient une Ɠuvre autonome, divertissement indĂ©pendant


 

 

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décors pour le ballet la Pérégrina / La Perle dans DON CARLOS de Verdi (1867)

 

 

 

VOIX ENCHANTERESSES
 L’ñge d’or du chant français, Ă©voquĂ© en un « mur de portraits » de CornĂ©lie Falcon, Adolphe Nourrit, Gilbert Duprez, 
 et ailleurs, au dĂ©but du parcours, par le fameux tableau de François-Gabriel-Guillaume Lepaulle : Trio lĂ©gendaire de Robert le Diable, Nicolas Prosper Levasseur (Bertram), Adolphe Nourrit (Robert le Diable) et CornĂ©lie Falcon (Alice). Sainte trinitĂ© lyrique et romantique


 

 

 

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Mur des portraits de chanteurs, avec le chef Habeneck

 

 

 

 

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PARIS, Exposition : LE GRAND OPERA : 1828 -1867. BibliothĂšque-MusĂ©e du Palais Garnier – Du 24 octobre 2019 au 2 fĂ©vrier 2020.
Tous les jours de 10h à 17h (accùs jusqu’à 16h30), sauf fermetures exceptionnelles.
BibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra
Palais Garnier – Paris 9ùme
EntrĂ©e Ă  l’angle des rues Scribe et Auber
TARIFS : Plein Tarif : 14€ Tarif RĂ©duit : 10€

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’exposition LE GRAND OPERA : 1828 -1867. BibliothĂšque-MusĂ©e du Palais Garnier
https://www.classiquenews.com/expo-paris-palais-garnier-le-grand-opera-1828-1867-le-spectacle-de-lhistoire-jusquau-2-fevrier-2020/

 

EXPOSITION : LE GRAND OPÉRA, 1828 – 1867, LE SPECTACLE DE L’HISTOIRE, les 5 volets clĂ©s de l’exposition

exposition-grand-opera-specacle-de-l-histoire-palais-garnier-BNF-opera-de-paris-annonce-critique-visite-presentation-classiquenews-CLASSIQUENEWSEXPOSITION : LE GRAND OPÉRA, 1828 – 1867, LE SPECTACLE DE L’HISTOIRE – PARCOURS DE L’EXPOSITION ; les 5 volets clĂ©s de l’exposition parisienne. AmorcĂ© sous le Consulat, le grand opĂ©ra Ă  la française se prĂ©cise Ă  mesure que le rĂ©gime politique affine sa propre conception de la reprĂ©sentation spectaculaire, image de son prestige et de son pouvoir, instrument phare de sa propagande. Le genre mĂ»rit sous l’Empire avec NapolĂ©on, puis produit ses premiers exemples aboutis, Ă©quilibrĂ©s
Ă  la veille de la RĂ©volution de 1830. La « grande boutique » comme le dira Verdi Ă  l’apogĂ©e du systĂšme, offre des moyens techniques et humains considĂ©rables – grands chƓurs, ballet et orchestre, digne de sa crĂ©ation au XVIIĂš par Louis XIV.
Les sujets ont Ă©voluĂ©, suivant l’évolution de la peinture d’histoire : plus de lĂ©gendes antiques, car l’opĂ©ra romantique français prĂ©fĂšre les fresques historiques du Moyen Âge et de la Renaissance.
Louis-Philippe efface l’humiliation de Waterloo et du TraitĂ© de Vienne et cultive la passion du patrimoine et de l’Histoire, nationale Ă©videmment. Hugo Ă©crit Notre-Dame de Paris ; Meyerbeer compose Robert le Diable et Les Huguenots. Les hĂ©ros ne sont plus mythologiques mais historiques : princes et princesses du XVIĂš : le siĂšcle romantique est passionnĂ©ment gothique et Renaissance.

A l’opĂ©ra, les sujets et les moyens de la peinture d’Histoire

Comme en peinture toujours, les faits d’actualitĂ© et contemporain envahissent la scĂšne lyrique ; comme GĂ©ricault fait du naufrage de la MĂ©duse une immense tableau d’histoire (Le Radeau de la MĂ©duse), dans « Gustave III », Auber et Scribe narrent l’assassinat du Roi de SuĂšde, survenu en 1792, tout juste quarante ans auparavant. Cela sera la trame d’un Bal MasquĂ© de Verdi.

AprĂšs la RĂ©volution de 1848, l’essor pour le grand opĂ©ra historique faiblit sensiblement. Mais des Ɠuvres capitales aprĂšs Meyerbeer sont produites, souvent par des compositeurs Ă©trangers soucieux d’ĂȘtre reconnus par leur passage dans la « grande boutique », sous la DeuxiĂšme RĂ©publique et le Second Empire. Le wagnĂ©risme bouleverse la donne en 1861 avec la crĂ©ation parisienne de TannhĂ€user, qui impressionne l’avant garde artistique parisienne, de Baudelaire Ă  fantin-Latour, et dans le domaine musical, JonciĂšres, militant de la premiĂšre heure.
Le goĂ»t change : Verdi et son Don Carlos (en français) huĂ© Salle Le Peletier en 1867 (5 actes pourtant avec ballet), est oubliĂ© rapidement ; car 6 mois plus tard, le nouvel opĂ©ra Garnier et sa façade miraculeuse, nouvelle quintessence de l’art français est inaugurĂ©e. C’est l’acmĂ© de la sociĂ©tĂ© des spectacles du Second Empire, encore miroitante pendant 3 annĂ©es jusqu’au traumatisme de Sedan puis de la Commune (1870).

 

 

Le parcours de l’exposition est articulĂ© en 5 sĂ©quences.

1. GÉNÉALOGIE DU GRAND OPÉRA
2. LA RÉVOLUTION EN MARCHE
3. MEYERBEER : LES TRIOMPHES DU GRAND OPÉRA
4. DERNIÈRES GLOIRES
5. UN MONDE S’ÉTEINT

 

 
 

 

Illustration : Esquisse de dĂ©cor pour Gustave III ou Le bal masquĂ©, acte V, tableau 2, opĂ©ra, plume, encre brune, lavis d’encre et rehauts de gouache. BnF, dĂ©partement de la Musique, BibliothĂšque- musĂ©e de l’OpĂ©ra © BnF / BMO

 

 
 

 

DATES ET HORAIRES
Du 24 octobre 2019 au 2 février 2020
Tous les jours de 10h à 17h (accùs jusqu’à 16h30), sauf fermetures exceptionnelles.
LIEU
BibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra
Palais Garnier – Paris 9e
EntrĂ©e Ă  l’angle des rues Scribe et Auber
INFORMATIONS PRATIQUES
TARIFS
Plein Tarif : 14€ Tarif RĂ©duit : 10€

 

 

 

EXPO. PARIS, Palais Garnier, Le grand opĂ©ra 1828-1867, jusqu’au 2 fĂ©vrier 2020.

exposition-grand-opera-specacle-de-l-histoire-palais-garnier-BNF-opera-de-paris-annonce-critique-visite-presentation-classiquenews-CLASSIQUENEWSEXPO. PARIS, Palais Garnier, Le grand opĂ©ra 1828-1867 : Le spectacle de l’Histoire, jusqu’au 2 fĂ©vrier 2020. A partir du 24 octobre 2019, le Palais Garnier Ă  Paris (BibliothĂšque musĂ©e de l’opĂ©ra), accueille sa nouvelle exposition intitulĂ©e « Le grand opĂ©ra, 1828-1867, le spectacle de l’Histoire ». L’exposition cĂ©lĂšbre les 350 ans de la naissance de l’Institution de l’OpĂ©ra, ex AcadĂ©mie de musique, royale ou impĂ©riale
 selon les rĂ©gimes. C’est une nouvelle initiative de cĂ©lĂ©bration Ă  laquelle participe aussi l’exposition du MusĂ©e d’Orsay : Degas Ă  l’OpĂ©ra. Le Palais Garnier expose tableaux, maquettes de dĂ©cors, manuscrits musicaux qui composent une traversĂ©e analytique et critique sur la crĂ©ation lyrique et chorĂ©graphique – entre 1828 et 1867. La prĂ©cĂ©dente exposition «  Un air d’Italie » (jusqu’au 1er septembre 2019) Ă©voquait l’histoire de l’OpĂ©ra de Paris de Louis XIV Ă  la RĂ©volution, et retraçait l’histoire de la premiĂšre scĂšne lyrique française de 1669 Ă  1791 ; le nouvel accrochage « le grand opĂ©ra » prend la relĂšve et prĂ©cise l’histoire lyrique de la pĂ©riode suivante, c’est Ă  dire l’évolution de l’opĂ©ra, Ă  la fois genre et lieu de crĂ©ation tout au long du XIXĂš, soit le spectacle de l’Histoire, qui explore la pĂ©riode de 1828 Ă  1867.

Le parcours musĂ©ographique souligne les liens entre le sujet (le grand opĂ©ra Ă  la française) et le siĂšcle – le XIXe – et la ville – Paris – ; le grand opĂ©ra français se caractĂ©rise aussi par une scĂ©nographie fastueuse et la prĂ©sence du ballet (trĂšs attendu des abonnĂ©s qui y font leur « marché »  ce que reprĂ©sente suggestivement Degas Ă  la fin du siĂšcle).

Sous le Premier Empire, Médée de Cherubini et La Vestale de Spontini font figure de premiers modÚles. En 1828, Auber, avec La Muette de Portici, puis Rossini en 1829, inaugurent véritablement le grand opéra français.

Meyerbeer donne au grand opĂ©ra un nouveau souffle : Robert le Diable, Les Huguenots, Le ProphĂšte rencontrent leur public : et sont cĂ©lĂ©brĂ©s par les spectateurs (bien oubliĂ©s aujourd’hui).
Equivalent sur les planches lyriques de la peinture d’histoire, le grand opĂ©ra tĂ©moignent aussi des passions du temps : A l’époque oĂč MĂ©rimĂ©e, Guizot ou Viollet-le-Duc valorisent l’idĂ©e du patrimoine national, la France de Louis-Philippe, se passionne pour l’Histoire ; le roi crĂ©e Ă  Versailles son MusĂ©e « à toutes les gloires de la France ». L’opĂ©ra français suit la mĂȘme direction : l’histoire s’invite sur la scĂšne parisienne Ă  travers la musique et la danse.

 

 

 

PARIS, exposition « Le grand opĂ©ra, spectacle de l’Histoire », Palais Garnier, bibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra de Paris – Du 24 octobre 2019 au 2 fĂ©vrier 2020. Tous les jours de 10h Ă  17h (accĂšs jusqu’à 16h30), sauf fermetures exceptionnelles.

BibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra
Palais Garnier – Paris 9Ăšme
EntrĂ©e Ă  l’angle des rues Scribe et Auber
TARIFS : Plein Tarif : 14€ Tarif RĂ©duit : 10€

 

 

 

PALAIS GARNIER BIBLIOTHÈQUE-MUSÉE DE L’OPÉRA du 24 octobre 2019 au 2 fĂ©vrier 2020

Illustration :
Esquisse de dĂ©cor pour Gustave III ou Le bal masquĂ©, acte V, tableau 2, opĂ©ra, plume, encre brune, lavis d’encre et rehauts de gouache. BnF, dĂ©partement de la Musique, BibliothĂšque- musĂ©e de l’OpĂ©ra © BnF / BMO

COMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume

fenice-africana vuillaume pratt kunde critique opera review opera concert classiquenewsCOMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume. VENISE, NOVEMBRE 2013. AprĂšs Les Huguenots, – tragĂ©die sur l’intolĂ©rance humaine, la barbarie des fanatiques, Scribe et Meyerbeer s’attĂšlent Ă  leur nouvel opĂ©ra en 1837, sur le thĂšme de l’étrangĂšre, Ă  partir de la figure historique et exotique de Vasco de Gama. Les auteurs ciblent en particulier la dĂ©couverte du Nouveau Monde puis son exploitation mĂ©thodique par les colons europĂ©ens. Le sujet est mordant, la mise en forme, ambitieuse
 Le compositeur n’oublie pas l’alibi de la violence dominatrice, son corolaire religieux, puisque Ă  travers l’Inquisiteur, c’est le fanatisme qui est bien Ă©pinglĂ© aussi. Meyerbeer devra patienter cependant, tentĂ© par d’autres ouvrages prĂ©alables qui passent par le genre « comique » et lĂ©ger : L’Etoile du Nord et Dinorah. Puis Scribe meurt en 1861, et lui-mĂȘme dĂ©cĂšde en 1864 quand la partition de L’Africaine est achevĂ©e et mise en rĂ©pĂ©titions. Les coupures et refondations que le compositeur savait orchestrer n’ont pas lieu : il nous lĂšgue une version plus que complĂšte, parfois indigeste, dans laquelle tous les chefs peuvent opĂ©rer des tailles salvatrices. Car la crĂ©ation en 1865 – l’annĂ©e de la crĂ©ation de Tristan de Wagner, c’est FĂ©tis qui a rĂ©agencĂ© l’Ɠuvre de Meyerbeer, sans guĂšre d’unitĂ©, quitte Ă  la rendre justement trop copieuse.
Emmanuel Villaume tout en raccourcissant, a prĂ©servĂ© le souffle vital de l’orchestre, acteur du drame : l’ouverture et les prĂ©ludes des actes III et IV en tĂ©moignent. Ailleurs, l’activitĂ© permanente du chant symphonique honore la rĂ©putation de Meyerbeer et l’on comprend que le symphoniste Wagner, ait tant admirĂ© l’allure des opĂ©ras de Giacomo (fĂ»t-il juif.
). Quand on sait l’antisĂ©mitisme du compositeur, l’adoration n’est pas neutre. Mais Wagner n’en est pas Ă  sa premiĂšre contradiction, adulant et dĂ©fendant le chef crĂ©ateur de Parsifal, lui aussi juif, Hermann LĂ©vi (1882). De fait, il faut un vrai chef capable d’éclairer les couleurs de la partition qui brille par son orchestration raffinĂ©e.

Dans cette version Ă©dulcorĂ©e, repensĂ©e par le chef, on peut aisĂ©ment mesurer le gĂ©nie de Meyerbeer, puissant crĂ©ateur dans le genre du grand opĂ©ra Ă  la française, oĂč Ă  un quatuor vocal solide, rĂ©pond la fougue murmurĂ©e, rugissante de l’orchestre, la part lĂ©onine des chƓurs omniprĂ©sents (chƓur des femmes du III)
 Ainsi l’acte III cumule les effets des plus contrastĂ©s tel un catalogue de rebondissements Ă©clectiques (priĂšre des marins, tempĂȘte, guerre maritime, enfin
 massacre).

La Fenice peut s’enorgueillir de prĂ©senter telle lecture du dernier sommet lyrique de Meyerbeer quand Paris hĂ©site Ă  le produire malgrĂ© des possibilitĂ©s 
 solides. PrĂ©fĂ©rant Verdi et Puccini aux joyaux du patrimoine romantique et français.

Le Nelusko de Angelo Veccia est trĂšs crĂ©dible, vocalement agile, dramatiquement intelligent : le geste est entier et la voix sombre. InĂšs voit son profil de victime, ciselĂ© par Jessica Pratt, au timbre charnu et aux aigus jamais contraints. Selika, elle aussi Ă©prise de Gama, trouve en Veronica Simeoni, une personnalitĂ© de poids, elle aussi, en rien, dĂ©contenancĂ©e par les milles rudesses et Ă©preuves qu’infligent sa partition : sa nature est loyale et dĂ©terminĂ©e jusqu’à son sacrifice final. Car il y faut de la souplesse expressive dans l’aigu comme dans le grave
 En Vasco de Gama, Gregory Kunde sĂ©duit par la franchise et la sincĂ©ritĂ© d’une voix Ă  prĂ©sent mĂ»re mais qui a conservĂ© son impact et son intensitĂ©, une clartĂ© qui sert l’intonation et l’articulation.

Meyerbeer a conçu un grand spectacle sans sacrifier les voix ni la crĂ©dibilitĂ© des situations (le grand septuor de l’acte II, ;le duo de Vasco et Selika au IV, empruntĂ© Ă  celui de Valentine / Raoul des Huguenots ; berceuse de SĂ©lika ; « Ô Paradis » de Vasco, 
). Cette Afrique a tout de l’Inde : dont les rives furent rejointes par l’explorateur Vasco de Gama. Las, sur scĂšne, on regrette une confusion qui gĂȘne l’éclat des profils (superbes, affrontĂ©s comme la confrontation des deux hĂ©roĂŻnes rivales Ă  l’acte V), la pertinence des thĂ©matiques dĂ©noncĂ©es par les auteurs. MalgrĂ© son titre, l’action se dĂ©roule dans une contrĂ©e aux vagues rĂ©fĂ©rences hindouistes (ces « africains » adorent Brahma). Une meilleure attention aux Ă©quilibres entre tableaux collectifs et priĂšres ou impuissances individuelles eĂ»t Ă©tĂ© profitable. NĂ©anmoins, l’expĂ©rience tentĂ©e par La Fenice rend justice Ă  un opĂ©ra parmi les plus saisissants et touchants de Meyerbeer : les interludes avec projection vidĂ©o d’images affligeante du colonialisme esclavagiste tĂ©moigne de la rĂ©alitĂ© barbare Ă  l’époque de Gama, car Meyerbeer, tout pompeux qu’il soit, n’en a pas perdu son sens militant et humaniste. Reste qu’une version rĂ©visĂ©e, Ă©quilibrĂ©e est toujours Ă  prĂ©senter. Cette production vĂ©nitienne offre une belle fondation Ă  ce travail futur. Repris Ă  Paris ? – oĂč l’Africaine n’a pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e depuis 1902. A voir indiscutablement.

 

 

 

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COMPTE RENDU, opĂ©ra. VENISE, La Fenice, nov 2013. MEYERBEER : L’Africaine, Kunde, Vuillaume.

Giacomo Meyerbeer : L’Africaine
OpĂ©ra en cinq actes, livret d’EugĂšne Scribe
Création posthume, à Paris, salle Le Pelletier, le 28 avril 1865
Nouvelle production de la Fondation Teatro La Fenice
Pour le 150Ăš anniversaire de la mort de Giacomo Meyerbeer

Emmanuel Villaume, direction
Mise en scĂšne : Leo Muscato

Ines : Jessica Pratt
Vasco de Gama : Gregory Kunde
Nelusko : Angelo Veccia
Selika : Veronica Simeoni
Le Grand PrĂȘtre de Brahma : Ruben Amoretti
Don Pedro : Luca Dall’Amico
Don Diego : Davide Ruberti

Orchestre et chƓur du ThĂ©Ăątre de La Fenice
Chef du chƓur : Claudio Marino Moretti
Filmé en novembre 2013.

MEYERBEER : Les Huguenots

meyerbeer-portrait-grand-detail-biographie-classiquenews-livre-critique-opera-septembre-2018-CLASSIQUENEWSFRANCE MUSIQUE. FRANCE MUSIQUE. Dim 21 oct 2018. MEYERBEER : Les Huguenots. Depuis l’OpĂ©ra Bastille, voilĂ  enfin la reprise des Huguenots de Meyerbeer, modĂšle parfait du grand opĂ©ra Ă  la française, ici conçu en 1836, c’est Ă  dire comprenant duos et solos intĂ©rieurs pour exprimer l’intrigue sentimentale ; de grands ensembles collectifs pour exalter le souffle de l’histoire, sans omettre le ballet de rigueur Ă  Paris, spĂ©cificitĂ© française oĂč brillent les danseuses de l’OpĂ©ra. Meyerbeer dans une conception personnelle (fixĂ©e avec le librettiste Scribe) prĂ©cise dĂ©sormais la rĂšgle et inscrit le genre lyrique dans une vision souvent pessimiste, avec une fin spectaculaire toujours terrifiante et particuliĂšrement tragique. Finies les fins heureuses, hĂ©ritĂ©es du siĂšcle des LumiĂšres et de l’opera seria italien : les dieux ont soif et les hĂ©ros malgrĂ© tout leur courage et leur sens sacrificiel, dĂ©montrent in fine, leur dĂ©risoire et vaine volontĂ©.

Qu’en est-il de cette production annoncĂ©e comme un Ă©vĂ©nement ? Las, la mise en scĂšne, terne, sans idĂ©e, et plutĂŽt laide (heureusement qui ne s’entend pas ici dans cette retransmission) et les solistes internationaux » peu habiles Ă  dĂ©clamer un français parfait et fluide, ne rĂ©ussissent pas Ă  relever les dĂ©fis d’une partition qui sans finesse, peut sonner lourde, imposante, dĂ©monstrative et artificielle. Il est vrai qu’Ă  la crĂ©ation, les chanteurs requis par Meyerbeer sont parmi les meilleurs qui aient jamais existĂ© : reprĂ©sentants d’un Ăąge d’or du chant romantique français… Alors en 2018, reprise ratĂ©e ? A vous de juger dans cette diffusion enregistrĂ©e Ă  Bastille le 28 sept 2018.

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LIRE ici notre présentation des Huguenots de Meyerbeer
LIRE ici notre critique compte rendu des Huguenots de Meyerbeer Ă  l’OpĂ©ra Bastille

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Giacomo Meyerbeer: Les Huguenots
OpĂ©ra donnĂ© le 28 septembre 2018 Ă  18h Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris – En cinq actes et trois tableaux sur un livret d’EugĂšne Scribe et Émile Deschamps

Diana Damrau, soprano, Marguerite de Valois
Bryan Hymel, ténor, Raoul de Nangis
Ermonela Jaho, soprano, Valentine
Karine Deshayes, mezzo-soprano, Urbain
Nicolas Testé, baryton-basse, Marcel
Paul Gay, basse, Le Comte de Saint-Bris
Julie Robard-Gendre, soprano, La dame d’honneur, Une bohĂ©mienne
François Rougier, ténor, Cossé, un étudiant catholique
Florian Sempey, baryton, Le Comte de Nevers
Cyrille Dubois, ténor, Tavannes, premier moine
Michal Partyka, baryton, MĂ©ru, deuxiĂšme moine
Patrick Bolleire, baryton, Thoré, Maurevert
Tomislav Lavoie, basse, Retz, troisiĂšme moine
Elodie Hache, soprano, Coryphée, une jeune catholique, une bohémienne
Philippe Do, ténor, Bois-Rosé, valet
Olivier Ayault, baryton, Un archet du guet
John Bernard, ténor, Un seigneur
Cyrille Lovighi, ténor, Un seigneur
Bernard Arrieta, baryton, Un seigneur
Fabio Bellenghi, Un seigneur

Choeur de l’OpĂ©ra de Paris
dirigé par José Luis Basso

Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris
Direction : Michele Mariotti

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Les Huguenots Ă  l’OpĂ©ra de Nice

meyerbeer les-huguenots_17Nice, OpĂ©ra. Meyerbeer : Les Huguenots. Les 23, 25, 27 et 29 mars 2016. OpĂ©ra romantique Ă  Paris : le 29 fĂ©vrier 1836, l’histoire lyrique en France connaĂźt un grand moment de son histoire avec la crĂ©ation des Huguenots de Meyerbeer qui se souvient du Guillaume Tell de Rossini lequel en 1829 avait fixĂ© les rĂšgles et le cadre alors du grand opĂ©ra français, l’Ă©quivalent musical et trĂ©Ăątral de la peinture d’histoire, spectaculaire, dramatique, intense… souvent sur un sujet historique. De fait, l’ouvrage de Meyerbeer exige des voix impressionnantes, puissantes, agiles, profondes dont le français doit ĂȘtre intelligible… Les 5 actes sur le livret de Scribe et Deschamps Ă©voquent l’affrontement bientĂŽt sanglant entre catholiques et protestants, jusqu’au massacre collectif Ă  l’heure de la Saint-BarthĂ©lĂ©my. Trois interprĂštes parmi les plus sublimes du XIXĂš, y sont associĂ©s : CornĂ©lie Falcon (qui y perdra une partie de sa voix), Adolphe Nourrit, Nicolas-Prosper Levasseur… trio devenu mythique pour tout connaisseur d’opĂ©ra romantique français.

La nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  Nice (en partenariat avec Nuremberg), rĂ©unit des voix internationales (le français au final, sera-t-il audible ?)… mais avec quelques bons chanteurs francophones tels Marc Barrard (Nevers), JĂ©rĂŽme Varnier (Marcel) ou Francis Dudziak (Saint-Bris)… sans omettre le chef Yannis Pouspourikas, qui est français malgrĂ© les apparences. Et la mise en scĂšne pourrait crĂ©er la surprise, signĂ©e de l’allemand Tobias Kratzer dont Le prophĂšte, autre ouvrage de Meyerbeer avait dĂ©voilĂ© l’intelligence de l’approche et du travail scĂ©nographique. A voir.

Nice, Opéra. Les Huguenots de Meyerbeer, du 21 au 29 mars 2016. Yannis Pouspuriokas, direction / Tobias Kratzer, mise en scÚne.

Livres. François Bronner : François Antoine Habeneck (1781-1849)

habeneck francois antoine HABENECKCLIC D'OR macaron 200Livres. François Bronner : François Antoine Habeneck (1781-1849). Voici enfin une biographie dĂ©diĂ©e Ă  François Antoine Habeneck (1781-1849), figure majeure dans le Paris romantique et musical propre Ă  la Restauration (le trĂšs rossinien Charles X) puis sous le rĂšgne de Louis-Philippe. Le sujet est d’autant plus important que la France  ignore toujours que Paris fut avant Vienne, une capitale symphonique europĂ©enne, concevant 14 ans avant les concerts philharmoniques viennois (fondĂ©s en 1842 par Otto NicolaĂŻ), la SociĂ©tĂ© des concerts du Conservatoire dĂšs 1828 Ă  l’initiative  du visionnaire Habeneck. L’idĂ©e Ă©tait de constituer un orchestre indĂ©pendant d’une salle, entiĂšrement dĂ©diĂ© aux concerts, en s’appuyant sur la richesse des classes d’instruments du Conservatoire : dĂ©fense d’un rĂ©pertoire, professionnalisation des jeunes instrumentistes. Il est vrai que le rĂ©pertoire qui y est jouĂ©, dĂ©fendu par Habeneck lui-mĂȘme reste majoritairement germanique, centrĂ© surtout autour des Symphonies de Beethoven, modĂšle pour tous : de 1828 Ă  1840, le chef d’orchestre estimĂ© fait jouer toutes les symphonies de Beethoven, mais aussi les oeuvres de Mozart, sans omettre de donner sa chance aux jeunes compositeurs dont… le fougueux Berlioz : dans le temple de la musique beethovĂ©nienne, Habeneck crĂ©e la Fantastique le 1er novembre 1830, un Ă©vĂ©nement dĂ©cisif de l’histoire de la musique qui montre combien Paris grĂące Ă  Habeneck Ă©tait devenu l’annĂ©e de la RĂ©volution bourgeoise, un foyer musical particuliĂšrement actif sur le plan symphonique. AprĂšs avoir soutenu de la mĂȘme façon Mendelssohn, les mĂ©connus Farrenc ou Onslow (le Beethoven français), Schneitzhoeffer (compositeur pour La Sylphide) et Elwart, sans omettre ses confrĂšres, Ries ou Spohr, Habeneck aura moins de curiositĂ©, l’institution crĂ©Ă©e basculant dans une certaine routine. Dans le Paris post napolĂ©onien, Habeneck, dĂ©terminĂ©, assidu grava les Ă©chelons obstinĂ©ment au sein de l’orchestre de l’OpĂ©ra : son gĂ©nie de la direction d’orchestre (plus de bĂąton, plus de violon directeur) le distingue parmi ses pairs. Le chef s’impose irrĂ©sistiblement Ă  Paris, comme chef principal Ă  l’AcadĂ©mie royale (crĂ©ant les opĂ©ras de Rossini dont Guillaume Tell en 1829), puis Ă  l’OpĂ©ra. Travail en profondeur, sens des nuances, respect de la partition : tout indique chez lui l’un des premiers chefs d’orchestre, ambassadeur d’une Ă©thique nouvelle, celle qui fit l’admiration entre autres de Wagner, le seul musicien parmi ses contemporains, sincĂšre et tenace Ă  lui rendre hommage ; mais aussi de Balzac qui le cite expressĂ©ment comme l’emblĂšme de la prĂ©cision et de l’énergie. Cette exactitude lui inspire une autre rĂ©forme, celle de l’abaissement du ton de l’orchestre de l’OpĂ©ra devenu nĂ©cessaire au regard de l’Ă©volution des styles et du rĂ©pertoire jouĂ©. Habeneck est un boulimique, douĂ© d’une grande activitĂ©, passionnĂ© par la question de l’Ă©criture symphonique, beethovĂ©nien convaincu.

 

 

Habeneck, premier chef moderne

 

habeneck_02Pourtant engagĂ© Ă  dĂ©fendre ses Ɠuvres, Habeneck fut bientĂŽt critiquĂ© vertement par Berlioz dont la carriĂšre de chef  (lui aussi) rivalisa rapidement avec celle de son contemporain…. triste retournement d’estime pour celui qui crĂ©a la Symphonie Fantastique (1830) puis le Requiem (1837). AprĂšs avoir recherchĂ© pour la rĂ©ussite de ses concerts au Conservatoire, la direction foudroyante de son ancien ami, Berlioz n’aura plus bientĂŽt d’adjectifs assez dĂ©prĂ©ciatifs pour enfoncer son premier dĂ©fenseur… Violoniste dans l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris (1804), Habeneck devient aussi professeur au Conservatoire (1808) ; nommĂ© premier violon de l’Orchestre de l’OpĂ©ra en 1817 Ă  26 ans, il devient directeur de l’AcadĂ©mie royale de musique en 1821, puis premier chef d’orchestre Ă  l’OpĂ©ra en 1825. Il assure la crĂ©ation des opĂ©ras majeurs de son temps : Guillaume Tell de Rossini, Robert le diable de Meyebeer, Benvenuto Cellini de Berlioz
 A l’AcadĂ©mie, autour d’un recrĂ©ation de l’IphigĂ©nie en Aulide de Gluck (1822), il tente de soutenir les opĂ©ras français signĂ©s (Reicha, Berton, HĂ©rold, Kreutzer)… sans grands rĂ©sultats car le goĂ»t est italien et rossinien : un autre Ă©chec demeure la crĂ©ation du Freischutz de Weber, finalement accueilli par l’OdĂ©on (certes dĂ©formĂ© et dĂ©naturĂ© en 1824). Son grand Ɠuvre demeure la crĂ©ation de la SociĂ©tĂ© des concerts du Conservatoire en 1828, l’ancĂȘtre de notre Orchestre de Paris instituĂ© par Charles Munch en 1967. Outre ses travaux pour la qualitĂ© d’un orchestre permanent Ă  Paris, dĂ©fenseur du rĂ©pertoire symphonique, Habeneck en crĂ©ant la nouvelle SociĂ©tĂ© des concerts, institua le premier, une caisse de retraite en faveur des membres et musiciens sociĂ©taires. Mort en 1849, Habeneck participe indiscutablement au milieu musical parisien, constatant l’engouement pour l’opĂ©ra italien et  la faveur unanime pour Rossini. ElĂ©ment finalement dĂ©risoire de la grande machine officielle française, son pĂ©rimĂštre d’action est cependant fort Ă©troit, confrontĂ© aux dysfonctionnements multiples et aux intrigues d’une administration paralysĂ©e, sans guĂšre de moyens, mais aux ambitions affichĂ©es, contradictoires, toujours conquĂ©rantes.

L’auteur auquel nous devons chez le mĂȘme Ă©diteur : La Schiassetti, Jacquemont, Rossini, Stendhal
 une saison parisienne au ThĂ©Ăątre-Italien, signe lĂ  une nouvelle rĂ©ussite : il ne s’agit pas tant de prĂ©ciser le portrait d’un chef et musicien exceptionnel (l’esquisse historique est en soi rĂ©ussie) que de restituer surtout le bouillonnement d’une pĂ©riode musicale extrĂȘmement riche sur le plan des initiatives nouvelles et de la crĂ©ation des Ɠuvres. Le destin et l’oeuvre d’Habeneck malgrĂ© les tensions, oppositions multiples, jalousies qui sĂšment son parcours, n’en sont que plus admirables. Passionnant.

 

 

Livres. François Bronner : François Antoine Habeneck (1781-1849).  Collection Hermann Musique. ISBN: 978 2 7056 8760 1. 288 pages (15 x 23 cm). Prix indicatif : 35 €.

Lire aussi notre entretien avec l’auteur, François Bronner