CD critique. SAINT-SAËNS : Romances, Concerto, La muse et le poĂšte : G. Laurenceau, violon – 1 cd NaĂŻve

Saint-Saens gen laurenceau cd naive romances, violon clic de clssiquenewsCD critique. Saint-SaĂ«ns : Romances, Concerto, La muse et le poĂšte (G. Laurenceau, violon) – 1 cd NaĂŻve – Ce qui importe ici c’est de souligner l’humanisme et la chaleur d’un cƓur romantique, ardent, Ă©lĂ©gantissime : celui de Camille Saint-SaĂ«ns. En rien conservateur ni « froidement classique », mais une sensibilitĂ© dont la finesse et la sensibilitĂ© savent enrichir une puissante virtuositĂ©, juste et sincĂšre, lumineuse, profonde. Dans le choix des Ɠuvres, se dĂ©voile aussi la longĂ©vitĂ© Ă©clatante de Saint-SaĂ«ns, de 1850 Ă  1910 qui fait le pont entre Berlioz et Ravel. Le propre des deux premiĂšres Ɠuvres est de dĂ©buter dans le centre d’un drame expressif et pudique Ă  la fois, franchement, directement (1Ăšre Romance de l’album opus 48, puis Andante expressivo du Concerto pour violon opus 20. Si l’on parle bien de vocalitĂ©, Saint-SaĂ«ns ne s’embarasse pas de prĂ©ambule ni de prĂ©sentation mais immerge l’auditeur dans le cƓur de l’histoire, 
 soit l’intensitĂ© d’une conversation virtuose, d’une exquise Ă©motivitĂ© et d’une rare voluptĂ© (effusion pudique de la Romance opus 37). En comparaison, le Caprice opus 52 d’YsaĂże malgrĂ© la dĂ©licatesse Ă©noncĂ©e de la violoniste GenneviĂšve Lorenceau paraĂźt trop dĂ©monstratif, un rien en recherche d’effet au sacrifice de la sincĂ©ritĂ© mesurĂ©e et pudique, ici essentielle. Comme d’un bel canto qui s’enivre de lui-mĂȘme et finit par pĂȘcher par vanitĂ© narcissique.
Par contre la sensibilitĂ© de la harpiste (Pauline Hass dans la Fantaisie pour harpe et violon opus 124, crĂ©Ă© en 1907 par les soeurs Eissler Ă  Londres, d’esprit
 ravĂ©lien) fait surgir cette Ă©lĂ©gance de ton propre Ă  Saint-SaĂ«ns, comme s’il Ă©tait poĂšte du surgissement d’un rĂȘve dont le dialogue harpe et violon exprime la matiĂšre lĂ  aussi infiniment subtile, quasi Ă©vanescente, entre voluptĂ© et pudeur. Du pur Saint-SaĂ«ns, grand connaisseur des maĂźtres anciens ; la sĂ©quence finale semble renouveler la basse obstinĂ©e baroque en rĂ©fĂ©rence Ă  la tarentelle : l’engagement de la violoniste lĂ  encore est total et toujours sur le fil du souffle, proche d’une vocalitĂ© qui sait nuancer et jamais s’épancher (a contrario d’YsaĂże) : Ă©perdue, suggestive, d’une dĂ©licatesse arachnĂ©enne ; voici 13 mn de pur bonheur musical. Autre sommet de l’inspiration poĂ©tique de Saint-SaĂ«ns, La muse et le poĂšte pour violoncelle et violon, opus 132 (1910, Ă©crit pour EugĂšne YsaĂże) concilie CLIC D'OR macaron 200profondeur et dĂ©licatesse, en un dialogue vĂ©ritable entre la gravitĂ© du violoncelle (Yann Levionnois) et le violon, tout d’incandescence directe. RĂ©serve pour l’orchestre qui peine parfois, sans pudeur, au risque d’une certaine brutalitĂ©. Le geste de la violoniste sĂ©duit incontestablement apportant crĂ©dit et valeur Ă  ce programme qui cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de Saint-SaĂ«ns comme peu et Ă  travers le violon, la voix la plus fĂ©minine de l’orchestre (dixit Berlioz) : l’élĂ©gance de la virtuositĂ© sert au mieux l’art du compositeur justement cĂ©lĂ©brĂ© en 2021 pour le centenaire de sa disparition (1921) - CLIC de CLASSIQUENEWS Ă©tĂ© 2021.

CD critique. SAINT-SAËNS : Romances, Concerto, La muse et le poĂšte (GenneviĂšve Laurenceau, violon – Orchestre de Picardie / Benjamin LĂ©vy, direction) – 1 cd NaĂŻve – enregistrement rĂ©laisĂ© en 2020 et 2021.

CD événement, critique. INCANTATION
 Virgil Boutellis-Taft, violon. Royal Philharmonic Orchestra, Jac Van Steen, direction (1 cd APARTE music 2020)

IncantationCD Virgil Boutellis-Taft, critique review classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. INCANTATION
 Virgil Boutellis-Taft, violon. Royal Philharmonic Orchestra, Jac Van Steen, direction (1 cd APARTE music 2020)  -  AprĂšs un retentissant concert de prĂ©sentation affichĂ© complet Salle Gaveau, voici l’envoĂ»tant nouvel album du jeune violoniste français Virgil Boutellis-Taft dans la meilleure des formes en collaboration avec le prestigieux Royal Philharmonic Orchestra dirigĂ© par Jac Van Steen. Un compagnon d’évasion aux tendres sentiments ainsi qu’un baume pour le cƓur en ces temps d’épreuve.

Si le programme peut paraĂźtre Ă©clectique, parce qu’il y a une Ɠuvre contemporaine et une baroque, et que cela irait dans le sens des jeunes instrumentistes virtuoses qui aiment partager leurs talents dans tous les styles ; ce qui se trouve au fond de cet album parfaitement romantique est d’une Ă©tonnante profondeur, mĂȘme bouleversante de beautĂ© quand il le faut, ainsi qu’une brillante maĂźtrise technique, en l’occurrence dĂ©licieusement mise au service du thĂšme de l’album, « l’incantation », formule magique qui mĂšne Ă  l’enchantement ! Pari rĂ©ussi dignement, avec brio et sans affectation.

La volontĂ© d’épure stylistique est parfaitement reprĂ©sentĂ©e dans les choix d’intervention aux partitions originales, d’abord dans une nouvelle et surprenante version de la cĂ©lĂšbre Danse Macabre de Saint-SaĂ«ns, mais surtout dans l’incroyable Kol Nidrei de Max Bruch qui ouvre l’album, libĂ©rĂ© de tout artifice expressif romantique. Virgil Boutellis-Taft exprime aisĂ©ment l’intensitĂ© grave de Bruch comme l’agitation spirituelle et sensorielle du Nigun d’Ernest Bloch, avec son hĂ©roĂŻque violon Montagnana.
Virgil Boutellis-Taft violon classiquenewsLa piĂšce crypto-baroque du programme est la Chaconne en Sol mineur de « Vitali », rendue cĂ©lĂšbre au siĂšcle dernier par Jascha Heifetz. Il s’agĂźt lĂ  du moment le plus pyrotechnique voire pompier de l’album, avec la tonalitĂ© instable du mystĂ©rieux opus. Le Royal Philharmonic Orchestra sous la direction de Jac Van Steen est un partenaire excellent, que ce soit dans l’excĂšs de la Chaconne ou dans la SĂ©rĂ©nade MĂ©lancolique de Tchaikovsky, oĂč le violoniste et l’orchestre ont une entente parfaitement harmonieuse, dĂ©licate, enchanteresse, avec le soliste montrant toute la finesse de son talent. Le PoĂšme de Chausson, piĂšce fĂ©tiche des violonistes, est un autre grand moment de dialogue entre le soliste et l’orchestre : le violon orientalisant de Chausson, avec la dextĂ©ritĂ© et la maĂźtrise de Boutellis-Taft, captive entiĂšrement l’attention ! Un album absolument enchanteur d’un jeune violoniste prometteur, Ă  rĂ©couter sans modĂ©ration !

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CD événement, critique. INCANTATION
 Virgil Boutellis-Taft, violon. Royal Philharmonic Orchestra, Jac Van Steen, direction (1 cd APARTE music 2020)

VISITER le site ddu violoniste Virgil Boutellis-Taft
http://www.virgilboutellistaft.com/

GSTAAD / SAANEN, ven 30 août, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso »

LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenewsGSTAAD / SAANEN, ven 30 aoĂ»t, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso » ; concert du jeune violoniste suĂ©dois DANIEL LOZAKOVITCH (18 ans, Ă  peine / dans l’église mythique de Saanen) – certains l’appellent dĂ©jĂ  le « Menuhin du XXIÚ » , ce qui n’est pas anodin s’agissant du Festival qui porte haut et fort les valeurs du violoniste lĂ©gendaire : le jeune Lozakovitch a mĂȘme enregistrĂ© son premier disque chez DG Deutsche Grammophon (paru en mai 2018 – dĂ©diĂ© Ă  JS BACH dont il sait faire chanter l’éloquence spirituelle, et sans effet ni maniĂ©risme)
 certes il est douĂ© d’une grande virtuositĂ©, mais il a encore du temps devant lui pour atteindre Ă  cet humanisme et cet engagement sociĂ©tal qui caractĂ©rise la vie de Yehudi Menuhin, violoniste citoyen du monde, fondateur du Festival il y a plus de 60 ans Ă  prĂ©sent (premiers concerts Ă  l’étĂ© 1957)
 Beaucoup savent bien jouer, Ă©blouir par la performance ; peu savent toucher.. au cƓur. Qu’en sera-t-il ce 30 aoĂ»t 2019 dans l’église et sous la voĂ»te qui avait abritĂ© les premiers concerts de Menuhin dĂšs l’étĂ© 1957 ? De toute Ă©vidence, le violon a une place spĂ©cifique Ă  Gstaad. Le festival dirigĂ© par Christoph MĂŒller sait favoriser l’éclosion des grands violonistes actuels, confirmĂ©s et jeunes talents Ă  suivre : y sont prĂ©sents cette annĂ©e : Hilary Hahn (le 29 aoĂ»t, JS BACH; 19h30 Ă©glise de Saanen), Vilde Frang, Christel Lee (Ă©lue Menuhin’s heritage artists
 aux cĂŽtĂ©s du clarinettiste Andreas Ottensamer)

LIRE ici notre critique du cd JS BACH par Daniel Lozakovich :
LOZAKOVICH : le MENUHIN du XXIĂšme siĂšcle ?Extrait de la critique par Camille de Joyeuse : «  Tout dĂ©coule d’une conscience ample, et d’une comprĂ©hension parfaite de l’architecture des oeuvres. En signature exclusive pour 3 albums chez DG (contrat signĂ© en juin 2016), voici donc le premier album de la sĂ©rie : jouer JS BACH en ouverture est un pari fou Ă  son Ăąge mais totalement rĂ©ussi, si l’on en juge par les idĂ©es que le jeune interprĂšte nous transmet. La maĂźtrise et la retenue distante que le jeune inteprĂšte sait maintenir dans son jeu lui Ă©vite minauderie, dĂ©tails, maniĂ©risme et dĂ©monstration de toute sorte
. »
https://www.classiquenews.com/cd-critique-js-bach-daniel-lozakovich-violon-concertos-bwv-1042-1041-partita-n2-bwv-1004-dg-deutsche-grammophon-4799372/

 

 

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Vendredi 30 août, 19h30
SAANEN, Ă©glise
GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019
Concert du jeune violoniste sudéois DANIEL LOZAKOVITCH (église de Saanen)
RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

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Programme « Capriccioso » :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791)
Violinsonate Nr. 32 B-Dur KV 454
Largo – Allegro – Andante – Rondo. Allegretto

Robert Schumann (1810–1856)‹Violinsonate Nr. 1 a-Moll op. 105 20’
Mit leidenschaftlichem Ausdruck – Allegretto – Lebhaft

Johannes Brahms (1833–1897)‹Violinsonate Nr. 2 A-Dur op. 110‚«Thuner Sonate» 20’
Allegro amabile – Andante tranquillo –
Vivace di qui andante – Allegretto grazioso (quasi andante)

DANIEL LOZAKOVICH, Violine / violon
SERGEI BABAYAN, Klavier / piano

 

 LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenews

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CD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha)

violoncelle-cello-stories-cd-5-cd-alpha-bruno-cocset-review-critique-cd-compte-rendu-CLASSIQUENEWSCD, livre-cd Ă©vĂ©nement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha). Le plus noble et profond des instruments Ă  cordes plonge ses origines trĂšs loin dans le temps (aux confins naissants des XVIĂš et XVIIĂš avec Diego Ortiz, Vincenzo Bonizi, Girolamo Frescobaldi
), pour Ă©voluer sans jamais faillir Ă  son identitĂ© profonde jusqu’à la fin du XVIIIĂš, soit (aprĂšs Vivaldi et JS Bach), vers Geminiani, Cirri et surtout le prĂ©romantique Luigi Boccherini
 Bruno Cocset, fondateur depuis 1996 des Basses RĂ©unies, compose ici un florilĂšge musical Ă  partir de ses propres enregistrements chez l’éditeur Alpha (avec certains complĂ©ments inĂ©dits), pour mieux coller au texte / essai signĂ© par Marc Vanscheeuwijck.

 

 

 

Bruno Cocset et son ensemble Les Basses RĂ©unies explorent l’odyssĂ©e du violoncelle au XVIIĂš et XVIIIĂšme siĂšcles

Violone, basse de violon, basse ou tĂ©nor “alla bastarda”
 le violoncelle baroque et classique dans tous ses Ă©tats

 

 

bruno_cocsetLes 5 disques disent ainsi une Ă©popĂ©e historique, organologique, musicale donc esthĂ©tique dont les jalons sont les origines (cd1), l’Italie et la France (cd2), l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach (cd3 et cd4), enfin le violoncelle prĂ©romantique : « de Geminiani Ă  Boccherini » (cd5). Tous rĂ©alisations des Basses RĂ©unies. De Vincenzo Bonizi Ă  Luigi Boccherini, 2 siĂšcles d’écriture et d’évolution musicale vous attendent dans ce coffret Ă©ditorialement fort, iconographiquement riche, oĂč, fait rare, l’alliance du texte, de la musique et de l’image fonctionne Ă  merveille. Le fondateur des Basses rĂ©unies, actuel directeur du formidable Ă©lan de travail, de recherche et de crĂ©ation Ă  Vannes (au sein du Vannes Early Music Institute, VEMI), Bruno Cocset a pilotĂ© ainsi un ouvrage qui transmet sa passion du violoncelle. L’ensemble du corpus musical rend compte des nombreux champs explorĂ©s par Les Basses RĂ©unies, miroir d’un geste affĂ»tĂ©, curiositĂ© Ă©tendue, somptueuse sensibilitĂ© interprĂ©tative Ă  l’appui. L’épopĂ©e-saga ainsi restituĂ©e est liĂ©e directement Ă  la formidable aventure du violoncelliste / gambiste et celle de son facteur en titre, Charles RichĂ© qui lui a construit au cours des programmes et des recherches pas moins de 9 instruments, chacun ayant son propre univers sonore, sa pratique et son jeu propres, ses Ɠuvres restituĂ©es selon ses qualitĂ©s ; tels les acteurs d’une scĂšne aux multiples dĂ©couvertes et expĂ©riences sonores, le violoncelle d’aprĂšs Gasparo da Salo, dĂ©fenseur des Suites I et V de Bach, capable aussi de devenir un somptueux tĂ©nor ; puis entre autres, une puissante basse de violon (ou violone) d’aprĂšs les Amati, et un tĂ©nor Ă  5 cordes d’aprĂšs le mĂȘmes Amati, exposent selon les partitions rĂ©investies, et grĂące Ă  leur sonoritĂ© respective, le souffle expressif, la verve et la langueur poĂ©tique, originels
, « avec comme fil conducteur la corde en boyau, organique et vivante », ainsi que le prĂ©cise dans sa remarquable introduction Bruno Cocset ; et que confirme aussi le choix du visuel de couverture de ce coffret Ă©vĂ©nement. Ainsi la VolubilitĂ© de Geminiani est dĂ©fendu par le tĂ©nor alla Bastarda d’aprĂšs Amati ; la noblesse prĂ©classique d’un Cirri fait Ă©couter la souplesse caressante de la rĂ©plique du Gasparo da salo, et ses formidables rĂ©sonances graves
 tandis que les Boccherini – volets conclusifs de la saga, saisissent grĂące au chant spĂ©cifique du violoncelle concertant dit « Le Boccherini » justement rĂ©alisĂ© par Charles RichĂ© en 2004. Aux cĂŽtĂ©s des gravures dĂ©jĂ  Ă©ditĂ©es, la sĂ©lection comprend aussi quelques piĂšces inĂ©dites : telles les partitions d’Ortiz, Bonizzi, Vitali (Bergamasca), Antoni, sonata de Marcello, enfin la Sonate en do majeur du mĂȘme Cirri, dĂ©jĂ  cité 

CLIC_macaron_2014Grand critique du coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses RĂ©unies / Bruno Cocset — 5cd, Ă©ditĂ© chez Alpha, Ă  venir, le 6 septembre 2016, date de la parution du coffret. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Centenaire Yehudi Menuhin sur Arte

menuhin yehudi violonARTE. JOURNEE YEHUDI MENUHIN, dimanche 1er mai 2016,18h30, 22h50, 00h45. Le 22 avril 2016 a marquĂ© le centenaire du violoniste prodige, vĂ©ritable lĂ©gende du violon, tant par sa divine musicalitĂ©, sa sonoritĂ© angĂ©lique, lumineuse, divine que l’éclat moral de sa personnalitĂ©, sans omettre ses engagements humanistes et fraternels, actes de courage et solidaire, hors du milieu strictement classique. DĂ©cĂ©dĂ© en dĂ©cembre 1999, Sir Yehudi Menuhin incarne l’excellence de l’artiste et la passion gĂ©nĂ©reuse de l’homme, complice citoyen et citoyen du monde, diffusant partout autant que possible le chant transcendant de son violon enchanteur. Violoniste et chef d’orchestre, le musicien a su aussi s’ouvrir Ă  d’autres formes, d’autres cultures afin de renouveler toujours le formidable don qu’il avait su recueillir, cultiver, entretenir, perfectionner; Menuhin fut aussi un pĂ©dagogue, un passeur d’un formidable charisme. Arte lui rend hommage en 3 Ă©tapes, demain dimanche 1er mai 2016.

 

 

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3 RVS sur ARTE

Dimanche 1er mai 2016 

 

 

 

18h30

Yehudi Menuhin et Herbet von Karajan. La camĂ©ra d’Henri-Claude Cluzot fixe laarte_logo_2013 complicitĂ© du soliste et du chef mythiques. En 1966, le rĂ©alisateur filme rĂ©pĂ©tition puis concert du Concerto pour violon n°5 en la majeur de Mozart : entretien riche et croisĂ© entre deux monstres sacrĂ©s, curieux, gĂ©nĂ©reux, exigeants
 43 mn

22h50

Portrait : Yehudi Menuhin, le violon du siĂšcle

Documentaire

00h45

Hommage Ă  Yehudi Menuhin

Concert hommage

 

 

 

LIRE aussi notre dossier présentation de la série de rééditions discographiques publiées pour le Centenaire Yehudi Menuhin par Warner classics

 

 

 

 

Livres, compte rendu critique. AndrĂ© Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud)

adolfbuschLivres, compte rendu critique. AndrĂ© Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). On connaissait dĂ©jĂ  l’exemplaire biographie trĂšs documentĂ©e et finement contextualisĂ©e, signĂ©e Tully Potter (Adolf Busch, the Life of an Honest Musician, saga originellement en anglais, Ă©ditĂ©e en plusieurs volumes en 2010). Tubeuf reprend Ă  son compte l’image angĂ©lique et vertueuse du maĂźtre de Yehudi Menuhin, Adolf Busch, frĂšre cadet du fameux chef d’orchestre, lui-mĂȘme divin mozartien.

Un musicien contre Hitler

Adolf Busch : l’ange violoniste

busch adolf viloniste frer de fritz busch biographie essai roman actes sudL’essai qui en dĂ©coule souligne le profil moral et inflexible du musicien qui sut rĂ©sister au nazisme. C’est un « juste » qui mĂ©rite bien ce texte hommage qui ressuscite une figure exemplaire Ă  l’heure oĂč tant d’artistes se mettent Ă  l’écart de tout engagement politique et militant. Hitler et Goebels tentĂšrent comme ils le firent des personnalitĂ©s germaniques de l’époque, de sĂ©duire le divin instrumentiste et d’en faire un ambassadeur de la propagande du Reich : de fait, Busch aux yeux azurĂ©ens, avait cette blondeur aryenne trĂšs sĂ©duisante pour les dignitaires nazis. Peine perdue car Adolf Ă©tait un antinazi dĂ©terminĂ© : dĂšs 1933, il choisit l’exil pour ne jamais revenir sur sa terre natale tant que les barbares seraient en place. Il rejoint BĂąle d’abord puis les Etats Unis en 1939, dans le Vermont oĂč il mourra en 1951. Ni clandestin, ni complaisant, Busch choisit sans rĂ©serve de ne jamais transiger avec le pouvoir nazi quand d’autres plus ambivalents, allemands de souche, ont prĂ©fĂ©rĂ© demeurer en Allemagne, convaincus qu’en place ou en poste, ils pouvaient « rĂ©sister » de l’intĂ©rieur (FurtwĂ€ngler, Richard Strauss
). En 42 chapitres, troussĂ©s comme des nouvelles romancĂ©es, surgit la vie et le tempĂ©rament du violoniste Adolf Busch (1891-1952), vĂ©ritable vedette adulĂ©e en Allemagne. NĂ© Ă  Siegen en Westphalie (Allemagne), dĂ©cĂ©dĂ© le 9 juin 1952 Ă  Guildford dans le Vermont (États-Unis), Adolf appartient Ă  une fratrie de musiciens trĂšs douĂ©s : Fritz est chef d’orchestre, son autre frĂšre Hermann est violoncelliste, son troisiĂšme frĂšre Willi Busch Ă©tait acteur. Fin musicien, esprit exigeant autant qu’ami chaleureux (Ferrucio Busoni fut son ami), Adolf Busch, visionnaire et audacieux (il joue la musique contemporaine, dĂ©fendant les Concertos de Busoni et de Reger
) fut le modĂšle et le protecteur du pianiste Rudolf Serkin leur duo (Chaconne de Bach, Fantaisie de Schubert, l’Opus 130 de Beethoven
) suscita un extraordinaire engouement. Adolf Ă©tait aussi le violoniste du non moins exceptionnel Quatuor Busch dont les enregistrements (en particulier de Ludwig van Beethoven, jouĂ©s dans les annĂ©es 1930 surtout Ă  Londres) sont devenus Ă  juste titre lĂ©gendaires. C’est justement chez Beethoven Ă  Vienne, dans le solo pour violon de la Missa Solemnis en 1912, lors d’un concert de charitĂ© (sous la baguette de Bruno Walter) que le jeune violoniste de 21 ans, subjugue l’audience, gavant une aura Ă  jamais croissante et inĂ©luctable. Busch demeure une icĂŽne, un prodige que sa stature morale a fait mythe et lĂ©gende. Stimulante lecture.

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Livres, compte rendu critique. AndrĂ© Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). ISBN : 978 2 330 05596 7. Parution : novembre 2015. 17 €

CD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd)

perlman itzhak violon complete recordings on deutsche grammophonCD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd). La prestigieuse Ă©tiquette jaune, Deutsche Grammophon cĂ©lĂšbre les 70 ans du violoniste israĂ©lien Itzhak Perlman (le 31 aoĂ»t 2015) en lui dĂ©die un important coffret cd qui rĂ©unit l’ensemble de ses enregistrements pour le label. Perlman a gravĂ© 25 albums pour Deutsche Grammophon et Decca entre 1968 et 2001, comptant certaines collaborations scellĂ©es sous le signe de l’amitiĂ© complice et de la haute technicitĂ© toujours finement inspirĂ©e. Itzhak Perlman a fait ses dĂ©buts chez DG avec les concertos pour violon de Berg et Stravinsky (1978, Seiji Ozawa, direction) ; il a sĂ©duit de nouveaux admirateurs par sa chaleur humaine et une gĂ©nĂ©rositĂ© flexible qui favorisent les collaborations, ainsi dĂšs 1968, le disque premier, fondateur ici, comprenant la Sonate proustienne de Franck et le Trio de Brahms (avec cor), enregistrĂ© Ă  Londres en 1968 ; ou le Concerto pour violon d’Elgar (sous la direction de Barenboim, 1981).

Les concertos de Saint-SaĂ«ns et Wieniawski (1983), la Symphonie espagnole de Lalo (1980), un disque de piĂšces cĂ©lĂšbres avec Zubin Mehta (Sarasate, Ravel, Chausson, Saint-SaĂ«ns
, 1986)  et les Quatre Saisons de Vivaldi (rĂ©unissant Ă  Tel Aviv en 1982, et sur instruments modernes la crĂšme des violonistes des annĂ©es 1980 : ) font Ă©galement partie du coffret. On y retrouve aussi des perles comme l’album « Bach Arias » avec la soprano aussi suave qu’impossible, Kathleen Battle et donc son partenaire, Perlman au violon obbligato (1989-1990), des Concertos de TchaĂŻkovski et de Chostakovitch avec Perlman cette fois Ă  la baguette Ă  la direction du Philharmonique d’Israel (Tel Aviv, 2001), dirigeant son jeune protĂ©gĂ© Ilya Gringolts, et la redĂ©couverte de deux ensembles majeurs pour les annĂ©es 1980 toujours: Concertos de Mozart (Wiener Philharmoniker, James Levine, Vienne, 1982-1985) et les Sonates pour violon et piano de Beethoven rĂ©alisĂ©es avec la complicitĂ© de Vladimir Ashkenazy Ă  Londres au dĂ©but des annĂ©es 1970 (1973-1975), deux cycles rĂ©instaurĂ©es au catalogue pour la premiĂšre fois depuis des annĂ©es. Les CD reprennent les programmes et pochettes d’origine. La notice accompagnant le coffret est en anglais et en allemand.

 

 

Violon subtil et Ă©loquent

 

CLIC D'OR macaron 200Notre avis. Pour ses 70  ans, Deutsche  Grammophon Ă©dite  un coffret mĂ©moire regroupant les enregistrements les plus significatifs voire  convaincants du violoniste nĂ© Ă  Tel Aviv en 1945 de parents polonais : Itzhak Perlman. Une carriĂšre dans sa globalitĂ© se dĂ©tache ici. Dans sa diversitĂ© de plus en plus assumĂ©e comme soliste naturellement – musique de chambre dĂšs 1968 avec son complice le pianiste Vladmir Ashkenazy, concertante et symphonique surtout ; mais aussi comme chef d’orchestre et comme pĂ©dagogue. C’est une vocation rĂ©alisĂ©e de facto en complicitĂ© avec des noms  aussi prestigieux que Barenboim, Mehta, Ashkenazy… autant de personnalitĂ©s diverses, tempĂ©raments diffĂ©rents qui ont su reconnaĂźtre en Perlmann, un partenaire de choix, apprĂ©ciable indiscutablement pour ses qualitĂ©s humaines et violonistiques.

perlman itzhak violon -9aa9746d8f48d564AprĂšs  les aĂźnĂ©s que sont Stern, Grumiaux, Oistrakh dont le jeu Ă©coutĂ© Ă  la radio fut une rĂ©vĂ©lation, le dĂ©clencheur de sa vocation mĂȘme, Itzhak Perlman affirme Ă  travers ce legs discographique une somme esthĂ©tique d’oĂč sa finesse de ton se distingue nettement. L’Ă©lĂ©gance et la pudeur expressive, le souci de la clartĂ© sans calcul ni effet dĂ©monstratif, rĂ©alisent une sorte  de synthĂšse entre intĂ©rioritĂ© et pure virtuositĂ©, voie mĂ©diane trĂšs structurĂ©e et Ă©quilibrĂ©e frappant par sa prĂ©cision et sa clartĂ© dynamique, qui serait comme l’emblĂšme  prĂ©servĂ© de cette Ă©cole franco belge dont il affirme la prĂ©Ă©minence en premier lieu dans ses choix de rĂ©pertoire 
 Franck, Lalo jusqu’Ă  Wieniewski le soulignent suffisamment dans le sommaire du coffret. Le violoniste se distingue  encore de ses confrĂšres par un sens du legato, une ligne ciselĂ©e dans le souffle qui apparente son Ă©locution, Ă  la voix humaine  : l’exemple le plus frappant en serait ici son Berlioz Ă©lĂ©gantissime et sans effets dĂ©monstratifs d’aucune sorte (Caprice et rĂȘverie opus 8, enregistrement parisien rĂ©alisĂ© Ă  la maison de la MutualitĂ© en octobre 1980), entonnĂ© bel et bien comme l’expression d’un songe personnel. … pour nous, tout Perlmann est lĂ . Clair  et tendre, intime et pudique mais surtout  profond et d’une simplicitĂ© complice. Un frĂšre musicien comme on aimerait en connaĂźtre depuis toujours. Son humilitĂ© nous touche. Son naturel aussi qui font tant dĂ©faut Ă  nombre de solistes actuels trop prĂ©occupĂ©s par leur singularitĂ© narcissique. Ainsi c’est toujours la mĂȘme question : servir la musique ou se servir de la musique ? Aucun doute concernant Perlamn : le violoniste a clairement choisi la premiĂšre option.

 

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/complete-recordings-on-deutsche-grammophon/#WuXWILDEiyfzVOTl.99

 

Coffret cd, compte rendu critique : Itzhak Perlman, complete Recordings on Deutsche Grammophon. Sortie : le 4 mai 2015. 25 cd Deutsche Grammophon

Didier Lockwood, le violoniste ” improvisible “

Paris, Bouffes Parisiens. Le violon «improvisible» de Didier Lockwood, jusqu’au 10 janvier 2015. Violoniste de jazz et compositeur, Didier Lockwood aime se mettre en difficultĂ©, ĂȘtre au bord du prĂ©cipice et chaque soir de spectacle rĂ©ussir le pari fou de l’improvisation sur des textes collectĂ©s au moment du spectacle. Avec la musique, le violoniste erre, cherche, expĂ©rimente, se perd
 pour mieux se retrouver et nous emmener avec lui. Au public de participer Ă  la fabrique musicale en tirant au sort pendant la soirĂ©e les thĂšmes du programme. A l’instrumentiste improvisateur de rĂ©aliser ensuite, le lien entre les textes et les tĂ©moignages, les sujets et les sĂ©quences : Ă  Didier de raconter une histoire
 nouvelle chaque soir. C’est un one man show d’une libertĂ© magicienne oĂč le risque croise la poĂ©sie et la gĂ©nĂ©rositĂ©, l’intelligence de l’instant. Pour ses 40 ans de carriĂšre, Didier Lockwood met en scĂšne ses dons d’improvisateur hors pair. Jusqu’au 10 janvier, ce jongleur funambule prĂ©sente un spectacle original et fascinant, chaque samedi (18h30) et dimanche (18h) au thĂ©Ăątre des Bouffes Parisiens (durĂ©e du spectacle : 1h40mn).

 

 

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Didier Lockwood, le jongleur improvisateur

 

LOCKWOOD d_lockwood__improvisible_v10_site-1DIDIER LOCKWOOD, biographie. NĂ© Ă  Calais en 1956, Didier Lockwood grandit au sein d’une famille d’artistes. Il entre au Conservatoire Ă  l’ñge de 6 ans. A 13 ans il intĂšgre l’Orchestre lyrique du ThĂ©Ăątre municipal de Calais et remporte trois ans plus tard le Premier prix de violon du Conservatoire National de Calais ainsi que le Premier Prix national de musique contemporaine de la SACEM.
Admirateur de musique classique, il se passionne Ă©galement pour la musique improvisĂ©e et le jazz. Il fait ses dĂ©buts avec le groupe Magma Ă  l’ñge de 17 ans aux cĂŽtĂ©s du percussionniste Christian Vander. Puis remarquĂ© par StĂ©phane Grappelli, il se voit propulsĂ© sur la scĂšne internationale du jazz. En 1994, il rĂ©alise son premier album amĂ©ricain New-York Rendez-vous et compose en 1996 son premier concerto en trois mouvements pour violon Ă©lectro-accoustique et orchestre symphonique intitulĂ© Les Mouettes. En 2000, il publie Tribute to StĂ©phane Grappelli pour lequel il reçoit de nombreuses distinctions : Diapason d’Or, Choc Jazzman, SĂ©lection Fip. Il crĂ©e en 2001 le Centre des Musiques Didier Lockwood, son Ă©cole d’improvisation Ă  Dammarie-lĂšs-Lys. L’annĂ©e 2013/2014 correspond au quarantiĂšme anniversaire de sa carriĂšre, qu’il cĂ©lĂšbre accompagnĂ© d’amis de longue date Ă  travers de nombreux concerts en tournĂ©e.

Didier Lockwood : Improvisible, spectacle musical et thĂ©Ăątral conçu par Didier Lockwood et mis en scĂšne par Alain Sachs jusqu’au 10 janvier 2015 aux Bouffes Parisiens Ă  Paris. RĂ©veillon (mercredi 31 dĂ©cembre 2014 Ă  18h30 avec en invitĂ©e surprise la soprano Patricia Petibon).

 

 

 

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La violoniste Lisa Batiashvili au TCE Ă  Paris

Batiashvili Lisa-Batiashvili-Frers-1Paris, TCE. Le 23 novembre 2014, 11h. Lisa Batiashvili, violon. Dans son dernier album discographique Ă©ditĂ© chez Deutsche Grammophon et dĂ©diĂ© aux deux plus grands Bach de la famille : Johan Sebastian et Carl Philip Emanuel
 (Lisa Batiashvili joue Bach Ă  Tsibili
), la violoniste accomplit un nouvel accomplissement dans sa jeune carriĂšre.  C’est l’occasion pour la violoniste gĂ©orgienne de cultiver l’art chambriste 
 en famille, avec son Ă©poux Ă  la ville, l’oboĂŻste François Leleux et leurs complices du concert parisien, Wen-Sinn Yang, violoncelle et Peter Koffer, clavecin.  L’interprĂšte qui a appris le violon auprĂšs de son pĂšre (” le violon est ma langue paternelle ” avoue-t-telle), a remportĂ© le Concours Sibelius il y a presque 10 ans (1995). Second Prix de la compĂ©tition, Lisa Batiashvili ĂągĂ©e alors de 16 ans a eu la rĂ©vĂ©lation de sa vocation de musicienne : sa carriĂšre a commencĂ© Ă  partir de lĂ . En France, sa nouvelle rĂ©sidence, au ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es, Lisa Batiashvili rejoint ses complices instrumentistes : ensemble ils jouent le Trio (hautbois, violon et basse continue Wq 143) de Carl Philip, la Sonate en trio pour violon et basse continue HWV 380 de son pĂšre Johann Sebastian, sans omettre le contemporain de Johann Sebastian, l’autre germanique cĂ©lĂ©brissime, Haendel dont sont jouĂ©es aussi Sonate en trio pour hautbois, violon et basse continue HWV 380 ; Passacaille pour violon et violoncelle (arrangement de la Suite pour clavecin n° 7 HWV 42,rĂ©alisĂ© par Johan Halvorsen).

 

 

 

Extrait de la critique du cd Bach de Lisa Batiashvili… notre rĂ©dactrice Elvire James Ă©crit :

batiashvili-Lisa-cd-bach-cover,-critique-cd,-critique-complete-classiquenews«   articulation limpide, sonoritĂ© ronde et dĂ©licatement ciselĂ©e, et surtout ici, dans l’esprit Ă©vident d’un enregistrement familial, une complicitĂ© immĂ©diatement sĂ©duisante. Les qualitĂ©s naturellement chantantes de la violoniste s’affirment dans la superbe Sinfonia en fa majeur extraite de la Cantate BWV 156 : chant des bĂ©atitudes inspirĂ© par une certitude inaltĂ©rable, – solo originellement pour hautbois, transposĂ© ici pour violon-, une ferveur inextinguible que le violon aux phrasĂ©s fruitĂ©s de l’instrumentiste sait colorer avec la pudeur gĂ©nĂ©reuse et chaude qui lui est propre.

L’assise intĂ©rieure et la maturitĂ© expressive comme l’élĂ©gance stylistique de Lisa Batiashvili se confirme encore dans les 4 mouvements de la Sonate n°2 BWV 1003 pour violon seul : abstraction aĂ©rienne du Grave initial, lĂ©gĂšretĂ© faussement anodine de la Fugue qui suit ; pudeur sertie de noble fragilitĂ© de l’Andante, enfin pure Ă©nergie brillante au jeu pur de l’Allegro conclusif


Le Trio pour flĂ»te et violon du fils Carl Philipp Emanuel Wq 143 tĂ©moigne des dispositions de la soliste dans le format concertant, exercice dialoguĂ© oĂč s’équilibre naturellement la personnalitĂ© des super solistes associĂ©s (entre autres Emmanuel Pahud Ă  la flĂ»te)
 la jubilation qui naĂźt de l’écriture concertante place ainsi le fils Bach, immensĂ©ment admirĂ© Ă  Hambourg aprĂšs son mentor et modĂšle Telemann, le un gĂ©nie de l’esthĂ©tique classique dont saura se souvenir Haydn et Mozart  ».

 

 

 

(CD. Lisa Batiashvili : Bach, 1 cd Deutsche Grammophon, novembre 2014, CLIC de classiquenews). Lire notre compte rendu critique du cd Bach de Lisa Batiashvili.

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Paris, TCE. RĂ©cital de Lisa Batiashvili, violon : les Bach pĂšre et fils, Haendel
 Dimanche 23 novembre 2014, 11h. 

Illustrations : © Anja Frers / Deutsche Grammophon

 

 

 

CD.Gil Shaham,violon : Concertos de Barber, Berg, Hartmann, Stravinsky, Britten (2 cd Canary classics).

Shaham_gil_concertos 1930 canary classicsCD.Gil Shaham,violon : Concertos de Barber, Berg, Hartmann, Stravinsky, Britten (2 cd Canary classics). Le violon soliste ne serait-il pas finalement l’instrument roi au tournant de la dĂ©cennie 1930/1940 ? En abordant quatre Concertos pour son instrument, Gil Shaham nous permet un retour sur une pĂ©riode riche et fĂ©conde, plusieurs partitions dont la profondeur et la justesse de ton Ă©clairent a contrario par leur intense humanitĂ© parfois militante l’une des pĂ©riodes les plus sombres de l’histoire europĂ©enne. La cover du double cd porte le numĂ©ro 1 laissant augurer une suite tout aussi passionnante souhaitons-le.
En 1939, l’industriel du savon, Fels commande Ă  Barber un Concerto pour son protĂ©gĂ© le violoniste russe Iso Briselli. En dĂ©coule un Concerto particuliĂšrement aimable et Ă©lĂ©gant, d’un classicisme nuancĂ© et raffinĂ© (forme plus sonate que concertante du premier mouvement) qui contraste effectivement avec sa genĂšse. AmorcĂ©e en Suisse, la composition se termine aprĂšs un retour prĂ©cipitĂ© aux USA aprĂšs que le gouvernement amĂ©ricain invite ses ressortissants Ă  fuir l’Europe rongĂ©e par la barbarie nazie. Le jeune russe se dĂ©file trouvant l’oeuvre sous le regard critique de son mentor Meiff, pas assez puissante ni suffisamment noble. Barber se dĂ©courage mais finalement soutenu par son compagnon Gian Carlo Menotti, compositeur et violoniste, il trouve les ressources pour faire crĂ©er son concerto en fĂ©vrier 1941 sous la direction d’Ormandy : Gil Shaham exprime cette intĂ©rioritĂ© lyrique plutĂŽt pudique en phrases soutenues et toujours parfaitement Ă©noncĂ©es. Le caractĂšre plus Ă©chevelĂ© et Ăąpre aussi du dernier mouvement, dans sa version plus resserrĂ©e de 1949, ajoute Ă  la prĂ©cision du violoniste, en trĂšs belle complicitĂ© avec New York Philharmonic et David Robertson (fĂ©vrier 2010).

Le Concerto de Berg s’inscrit dans une pĂ©riode angoissĂ©e et tendue pour le compositeur dont Wozzeck restait interdit de crĂ©ation (malgrĂ© l’activitĂ© de l’immense chef Erich Kleber) et Lulu peinant Ă  ĂȘtre achevĂ©e…  En avril 1935, la fille d’Alma Gropius, ex Ă©pouse Mahler, Manon, meurt Ă  18 ans : sa mort Ă©branle le cercle restreint de la famille endeuillĂ©e dont … Berg. Mi aoĂ»t, pour le 56Ăšme anniversaire d’Alma, le Concerto ” Ă  la mĂ©moire d’un ange ” Ă©tait terminĂ©. Dans le premier mouvement, le violoniste sait exprimer la douceur dĂ©jĂ  Ă©vanescente de la jeune dĂ©funte en un portrait plein de dĂ©licatesse et de retenue, puis d’innocence dansante dans l’allegretto qui est enchaĂźnĂ©; les superbes couleurs, chambristes de la Staatskapelle de Dresde dĂ©ploie un tapis remarquablement agile et accentuĂ©, semant dans le rĂ©seau des successions dodĂ©caphonique, des guirlandes tonales dont Berg a le secret.  Soliste et orchestre canalisent et mesurent lĂ  encore en un dialogue serti de complicitĂ©s intĂ©rieures, les tensions et la versatilitĂ© d’une partition qui semblant entrer en rĂ©sonance avec le climat dĂ©lĂ©tĂšre de l’Allemagne d’alors ; le violoniste exprime le scintillement triste et dĂ©sespĂ©rĂ© d’un monde qui implose et s’effondre sur lui-mĂȘme, en de longues vagues qui s’effilochent jusqu’Ă  l’extĂ©nuation finale, celle d’un paysage lunaire et lĂ©thal (Dresde, juin 2010). Magistral.

L’opus 15 de Britten est dĂ©crĂ©tĂ© “injouable” par Heifetz : outre ses difficultĂ©s techniques indiscutables, le Concerto est trĂšs proche des convictions personnelles de l’auteur vis Ă  vis de la guerre et de son engagement pacifiste. Le premier mouvement (moderato) est un hommage aux victimes de la guerre d’Espagne. Comme le Concerto de Stravinsky, le sarcasme pointe sans maquillage dans le Scherzo : dĂ©nonciation brĂ»lante et vive des horreurs commises au nom des fusils et des bombes. Purcellien et baroque dans l’Ăąme, Britten achĂšve son parcours semĂ© de cris et de visions terrifiantes, par une ample passacaille qui suscite la paix et le repos, l’oubli et la quiĂ©tude. Ce Concerto composĂ© en pleine guerre jalonne l’oeuvre humaniste du musicien bientĂŽt auteur du War requiem (1961) puis de l’opĂ©ra Owen Wingrave (1969). PrĂ©cis, subtil, suggestif, le violon de Gil Shaham semble Ă©tinceler Ă  chaque accent doloriste ; sa pudeur musicienne rĂ©tablit la profonde humanitĂ© de l’Ɠuvre malgrĂ© ses syncopes et ses vifs sursauts.
De toute Ă©vidence, assembler les deux Ɠuvres Britten / Stravinsky reste Ă©minemment pertinent : voici la musique la plus captivante, Ă©crite en temps de guerre pour exhorter Ă  la paix et au silence des armes.  Nous en sommes loin : voilĂ  qui fait toute l’actualitĂ© de ce programme lumineux et investi.

Plus rĂ©cent, l’enregistrement du Concerto de l’humaniste munichois antifaciste  Karl Amadeus Hartmann (enregistrĂ© en septembre 2013), plonge dans des eaux plus profondes encore, tĂ©moignant de vision terrassĂ©es qui ont affrontĂ© la BĂȘte : trĂšs engagĂ© contre toute forme de tyrannie sanglante, Hartmann laisse dans son Concerto pour violon oĂč dominent les cordes, rĂ©sonateur amplifiĂ© de l’instrument soliste, une partition mordante, d’une tendresse hurlante, dont la tonalitĂ© funĂšbre honore la salut de toutes les victimes des annĂ©es 1930 et 1940 en Europe. Le compositeur assimile Reger, mais aussi Bruckner, Mahler et Bartok dans cette Ɠuvre somptueuse, noire, lacrymale mais d’une pudeur rentrĂ©e (sublime choral conclusif), Ă©crite en 1939 et crĂ©Ă©e en 1940. La sensibilitĂ© crĂ©pusculaire du soliste Ă©claire le Concerto jusqu’au dernier Ă©clair grĂące Ă  une tension jamais abandonnĂ©e y compris dans les sĂ©quences plus lentes et introspectives. Le Concerto d’Hartmann (mort en 1963) reste la rĂ©vĂ©lation de ce programme marquĂ© par la guerre et le rĂšgne des TĂ©nĂšbres.

 

Gil Shaham, violon. Concertos pour violon des années 1930. Volume 1. 2 cd Canary classics.

3 femmes violonistes … Pogostkina, Batiashvili, Skride

batiashvili_lisa_batiashviliARTE. Concert. Femmes violonistes, une rencontre au Festpielhaus de Baden-Baden. Le 19 janvier 2014, 19h. Au programme : le Concerto pour violon de Jean Sibelius, interprété par Alina Pogostkina. Lisa Batiashvili lui succÚde avec le Concerto pour violon n° 2 de Sergueï Prokofiev. Puis, les trois violonistes jouent ensemble Quasi una Fantasia pour trois violons et orchestre de Nicolas Bacri. Pour clore le concert, Baiba Skride interprÚte le Concerto pour violon de Ludwig van Beethoven.

Les plus beaux concertos dédiés au violon par trois femmes violonistes virtuoses:
Alina Pogostkina
Lisa Batiashvili
Baiba Skride

 

ARTE, Dimanche 19 janvier 2014, 19h.

RĂ©alisation : Nele MĂŒnchmeyer (Allemagne, 2010, 43mn) ~ Production : SWR
Avec Alina Pogostkina (Russie), Lisa Batiashvili (GĂ©orgie) et Baiba Skride (Lettonie) sont
accompagnées par le Mahler Chamber Orchestra
Direction musicale : Constantinos Carydis.

 

Illustration : Lisa Batiashvili (DR)

CD. Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy

CD. Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy (1 cd Deutsche Grammophon). Le jeune prodige serbe dĂ©veloppe ici une question critique sur son propre mĂ©tier, avec raisons … la facilitĂ© peut souvent brĂ»ler et gĂącher le goĂ»t et le style d’un acrobate musicien. Presque trentenaire, maturitĂ© oblige, Nemanja Radulovic en rendant hommage au plus diabolique des compositeurs violonistes, Niccolo Paganini fait aussi son autoanalyse et fait rimer haute technicitĂ© avec … musicalitĂ©.

 
 

Radulovic_nemanja_deutsche_grammophon_cd_paganini_fantasy_cdLe trop  plein de virtuositĂ© laisse un goĂ»t de superficialitĂ© : Ă©coutez comme je joue bien et mieux que tout autre instrument… Paganini, d’un panache diabolique, d’une facilitĂ© ahurissante aurait-il eu le souci de la justesse et de la subtilitĂ© ? A trop vouloir dĂ©montrer, beaucoup de violoniste autoproclamĂ©s prodiges oublient souvent la mesure, ce mĂ©pris  salvateur de la performance pure qui fait les grands musiciens … De toute Ă©vidence, ces interrogations ont inspirĂ© le violoniste contemporain Nemanja Radulovic que la sensibilitĂ© si proche de la voix Ă©carte d’une facilitĂ© creuse.
Certes souvent l’Ă©clat et la surenchĂšre sont inscrits dans l’Ă©criture paganinienne, et le monologue du violon supersoliste devient acrobatie mĂ©canicienne, d’une fluiditĂ© sans Ăąme.
Toute la question et donc la valeur de ce programme intelligent est contenue ici, entre prouesse et sincĂ©ritĂ©. Avec l’ensemble de cordes Les Trilles du diable (Cantabile), avec la pianiste Laure F-Kahn (Sonate n°12), et dans le Concerto n°1 en rĂ© (avec le Symphonique national de la RAI), le violoniste serbe nĂ© en 1985 semble incarner tout ce qui s’impose douloureusement ou simplement Ă  tout instrumentiste immensĂ©ment douĂ© : que faire avec un tel talent technicien ?

 

 

Technicité critique

 

Le Concerto n°1 donne la clĂ© de cette ambivalence profitable en ce qu’elle rĂ©vĂšle les interprĂštes vĂ©ritables qui ne se servent pas de la musique mais la servent avec l’humilitĂ© et la profondeur requises. Pour dĂ©montrer ses remarquables talents, le violoniste ouvre donc les festivitĂ©s par le Caprice n°5, d’une volubilitĂ© imprĂ©visible, puis s’accorde une semi profondeur dans le Concerto au brio bien souvent rossinien car tout y Ɠuvre pour mettre en avant le feu ardent d’un violon incandescent qui cependant sait dans les pianissimi subtilement maĂźtrisĂ©s enfin respirer avec une grĂące intĂ©rieure (cadences finement tressĂ©es de l’Adagio), emblĂšme d’un bon goĂ»t que l’on n’attendait plus …

L’Ă©lĂšve de Patrice Fontanarosa a semblĂ© recueillir les fruits d’une profonde rĂ©flexion sur les enjeux de son style. Si les visuels de la pochette, en couverture comme intĂ©rieurs  (Nemanja en transe expressive ou par terre dans des poses toujours contorsionnĂ©es … ) laissent plutĂŽt songeur sur la capacitĂ© Ă  murmure comme Ă  suggĂ©rer, pourtant …  l’Ă©quilibre rĂ©ussi entre intĂ©rioritĂ© et surenchĂšre est objectivement maĂźtrisĂ© ; mĂȘme si le tempĂ©rament tout feu tout flamme de l’interprĂšte l’oriente toujours vers plus de pathos romantique, une thĂ©ĂątralitĂ© pas toujours suggestive en effet, l’approche est sincĂšre et gagnera encore dans les prochaines annĂ©es Ă  plus de pudeur. TrĂšs beau rĂ©cital d’un tempĂ©rament qui se pose les bonnes questions , au bon moment, et fait espĂ©rer des lendemains tout aussi chantant, et nous l’espĂ©rons… mieux suggestifs.

Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy. 1 cd Deutsche Grammophon

Midori joue le Concerto pour violon de Brahms

MIDORI_VIOLON_midori_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Arte, le 30 juin 2013,19h. Concerto pour violon de Brahms par Midori   …   Pour ses trente ans de scĂšne, la violoniste Midori interprĂšte le Concerto pour violon de Brahms. En 1982 Ă  New York, elle fait ses dĂ©buts Ă  l’ñge de 11 ans sous la direction de Zubin Mehta. Le chef d’orchestre indien est Ă  la tĂȘte de l’Orchestre philharmonique de Munich pour ce concert anniversaire.
Le talent exceptionnel de Midori a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© trĂšs tĂŽt. Dans les annĂ©es 1980, elle a commencĂ© Ă  se produire en public et a remportĂ© de nombreux prix. Mais au milieu des annĂ©es 1990, elle tourne le dos au monde des concerts. Son souci de perfection l’avait plongĂ©e dans une dĂ©pression dont elle a mis du temps Ă  se remettre.
Elle ne dĂ©laisse toutefois pas totalement la scĂšne. Mais elle se fixe d’autres prioritĂ©s, notamment ses Ă©tudes de psychologie.
Midori s’engage dans des projets sociaux ayant pour finalitĂ© de favoriser l’accĂšs Ă  la musique. Ces activitĂ©s lui ont valu bon nombre de distinctions. Le concert anniversaire qu’elle donne Ă  Munich est l’occasion de jeter un pont vers le passĂ©.Le Concerto opus 77 en rĂ© majeur est la seule Ɠuvre composĂ©e par Brahms pour violon et orchestre. A sa crĂ©ation en 1879 Ă  Leipzig, l’Ɠuvre a ravi les uns et irritĂ© les autres. Le chef Hans von BĂŒlow y voyait un morceau composĂ© contre le violon et non pas pour le violon. En effet, dans ce concerto, le violon est une voix parmi d’autres, et de surcroĂźt une voix confrontĂ©e Ă  d’immenses difficultĂ©s techniques d’exĂ©cution.
Dans son traitement du concerto pour soliste, Brahms adopte une approche plutĂŽt symphonique. Il voulait que le violon se mette au service de la musique et non l’inverse. Les critiques souvent virulentes le dĂ©couragĂšrent d’écrire un second concerto pour violon. Pourtant, le jugement de l’histoire allait s’avĂ©rer bien diffĂ©rent. Aujourd’hui, cette Ɠuvre devenue incontournable est inscrite au rĂ©pertoire des plus grands violonistes. Un dĂ©fi indispensable et une oeuvre de rĂ©fĂ©rence qui dĂ©voile les maitres actuels de l’archet.

Direction : Zubin Mehta
Avec Midori et l’Orchestre philharmonique de Munich.                                         .