GSTAAD / SAANEN, ven 30 août, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso »

LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenewsGSTAAD / SAANEN, ven 30 aoĂ»t, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso » ; concert du jeune violoniste suĂ©dois DANIEL LOZAKOVITCH (18 ans, Ă  peine / dans l’église mythique de Saanen) – certains l’appellent dĂ©jĂ  le « Menuhin du XXIè » , ce qui n’est pas anodin s’agissant du Festival qui porte haut et fort les valeurs du violoniste lĂ©gendaire : le jeune Lozakovitch a mĂŞme enregistrĂ© son premier disque chez DG Deutsche Grammophon (paru en mai 2018 – dĂ©diĂ© Ă  JS BACH dont il sait faire chanter l’éloquence spirituelle, et sans effet ni maniĂ©risme)… certes il est douĂ© d’une grande virtuositĂ©, mais il a encore du temps devant lui pour atteindre Ă  cet humanisme et cet engagement sociĂ©tal qui caractĂ©rise la vie de Yehudi Menuhin, violoniste citoyen du monde, fondateur du Festival il y a plus de 60 ans Ă  prĂ©sent (premiers concerts Ă  l’étĂ© 1957)… Beaucoup savent bien jouer, Ă©blouir par la performance ; peu savent toucher.. au cĹ“ur. Qu’en sera-t-il ce 30 aoĂ»t 2019 dans l’église et sous la voĂ»te qui avait abritĂ© les premiers concerts de Menuhin dès l’étĂ© 1957 ? De toute Ă©vidence, le violon a une place spĂ©cifique Ă  Gstaad. Le festival dirigĂ© par Christoph MĂĽller sait favoriser l’éclosion des grands violonistes actuels, confirmĂ©s et jeunes talents Ă  suivre : y sont prĂ©sents cette annĂ©e : Hilary Hahn (le 29 aoĂ»t, JS BACH; 19h30 Ă©glise de Saanen), Vilde Frang, Christel Lee (Ă©lue Menuhin’s heritage artists… aux cĂ´tĂ©s du clarinettiste Andreas Ottensamer)

LIRE ici notre critique du cd JS BACH par Daniel Lozakovich :
LOZAKOVICH : le MENUHIN du XXIème siècle ?Extrait de la critique par Camille de Joyeuse : «… Tout découle d’une conscience ample, et d’une compréhension parfaite de l’architecture des oeuvres. En signature exclusive pour 3 albums chez DG (contrat signé en juin 2016), voici donc le premier album de la série : jouer JS BACH en ouverture est un pari fou à son âge mais totalement réussi, si l’on en juge par les idées que le jeune interprète nous transmet. La maîtrise et la retenue distante que le jeune inteprète sait maintenir dans son jeu lui évite minauderie, détails, maniérisme et démonstration de toute sorte…. »
https://www.classiquenews.com/cd-critique-js-bach-daniel-lozakovich-violon-concertos-bwv-1042-1041-partita-n2-bwv-1004-dg-deutsche-grammophon-4799372/

 

 

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Vendredi 30 août, 19h30
SAANEN, Ă©glise
GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019
Concert du jeune violoniste sudéois DANIEL LOZAKOVITCH (église de Saanen)
RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

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Programme « Capriccioso » :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791)
Violinsonate Nr. 32 B-Dur KV 454
Largo – Allegro – Andante – Rondo. Allegretto

Robert Schumann (1810–1856)
Violinsonate Nr. 1 a-Moll op. 105 20’
Mit leidenschaftlichem Ausdruck – Allegretto – Lebhaft

Johannes Brahms (1833–1897)
Violinsonate Nr. 2 A-Dur op. 110
«Thuner Sonate» 20’
Allegro amabile – Andante tranquillo –
Vivace di qui andante – Allegretto grazioso (quasi andante)

DANIEL LOZAKOVICH, Violine / violon
SERGEI BABAYAN, Klavier / piano

 

 LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenews

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CD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha)

violoncelle-cello-stories-cd-5-cd-alpha-bruno-cocset-review-critique-cd-compte-rendu-CLASSIQUENEWSCD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha). Le plus noble et profond des instruments à cordes plonge ses origines très loin dans le temps (aux confins naissants des XVIè et XVIIè avec Diego Ortiz, Vincenzo Bonizi, Girolamo Frescobaldi…), pour évoluer sans jamais faillir à son identité profonde jusqu’à la fin du XVIIIè, soit (après Vivaldi et JS Bach), vers Geminiani, Cirri et surtout le préromantique Luigi Boccherini… Bruno Cocset, fondateur depuis 1996 des Basses Réunies, compose ici un florilège musical à partir de ses propres enregistrements chez l’éditeur Alpha (avec certains compléments inédits), pour mieux coller au texte / essai signé par Marc Vanscheeuwijck.

 

 

 

Bruno Cocset et son ensemble Les Basses Réunies explorent l’odyssée du violoncelle au XVIIè et XVIIIème siècles

Violone, basse de violon, basse ou tĂ©nor “alla bastarda”… le violoncelle baroque et classique dans tous ses Ă©tats

 

 

bruno_cocsetLes 5 disques disent ainsi une Ă©popĂ©e historique, organologique, musicale donc esthĂ©tique dont les jalons sont les origines (cd1), l’Italie et la France (cd2), l’œuvre de Jean-SĂ©bastien Bach (cd3 et cd4), enfin le violoncelle prĂ©romantique : « de Geminiani Ă  Boccherini » (cd5). Tous rĂ©alisations des Basses RĂ©unies. De Vincenzo Bonizi Ă  Luigi Boccherini, 2 siècles d’écriture et d’évolution musicale vous attendent dans ce coffret Ă©ditorialement fort, iconographiquement riche, oĂą, fait rare, l’alliance du texte, de la musique et de l’image fonctionne Ă  merveille. Le fondateur des Basses rĂ©unies, actuel directeur du formidable Ă©lan de travail, de recherche et de crĂ©ation Ă  Vannes (au sein du Vannes Early Music Institute, VEMI), Bruno Cocset a pilotĂ© ainsi un ouvrage qui transmet sa passion du violoncelle. L’ensemble du corpus musical rend compte des nombreux champs explorĂ©s par Les Basses RĂ©unies, miroir d’un geste affĂ»tĂ©, curiositĂ© Ă©tendue, somptueuse sensibilitĂ© interprĂ©tative Ă  l’appui. L’épopĂ©e-saga ainsi restituĂ©e est liĂ©e directement Ă  la formidable aventure du violoncelliste / gambiste et celle de son facteur en titre, Charles RichĂ© qui lui a construit au cours des programmes et des recherches pas moins de 9 instruments, chacun ayant son propre univers sonore, sa pratique et son jeu propres, ses Ĺ“uvres restituĂ©es selon ses qualitĂ©s ; tels les acteurs d’une scène aux multiples dĂ©couvertes et expĂ©riences sonores, le violoncelle d’après Gasparo da Salo, dĂ©fenseur des Suites I et V de Bach, capable aussi de devenir un somptueux tĂ©nor ; puis entre autres, une puissante basse de violon (ou violone) d’après les Amati, et un tĂ©nor Ă  5 cordes d’après le mĂŞmes Amati, exposent selon les partitions rĂ©investies, et grâce Ă  leur sonoritĂ© respective, le souffle expressif, la verve et la langueur poĂ©tique, originels…, « avec comme fil conducteur la corde en boyau, organique et vivante », ainsi que le prĂ©cise dans sa remarquable introduction Bruno Cocset ; et que confirme aussi le choix du visuel de couverture de ce coffret Ă©vĂ©nement. Ainsi la VolubilitĂ© de Geminiani est dĂ©fendu par le tĂ©nor alla Bastarda d’après Amati ; la noblesse prĂ©classique d’un Cirri fait Ă©couter la souplesse caressante de la rĂ©plique du Gasparo da salo, et ses formidables rĂ©sonances graves… tandis que les Boccherini – volets conclusifs de la saga, saisissent grâce au chant spĂ©cifique du violoncelle concertant dit « Le Boccherini » justement rĂ©alisĂ© par Charles RichĂ© en 2004. Aux cĂ´tĂ©s des gravures dĂ©jĂ  Ă©ditĂ©es, la sĂ©lection comprend aussi quelques pièces inĂ©dites : telles les partitions d’Ortiz, Bonizzi, Vitali (Bergamasca), Antoni, sonata de Marcello, enfin la Sonate en do majeur du mĂŞme Cirri, dĂ©jĂ  cité…

CLIC_macaron_2014Grand critique du coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses Réunies / Bruno Cocset — 5cd, édité chez Alpha, à venir, le 6 septembre 2016, date de la parution du coffret. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Centenaire Yehudi Menuhin sur Arte

menuhin yehudi violonARTE. JOURNEE YEHUDI MENUHIN, dimanche 1er mai 2016,18h30, 22h50, 00h45. Le 22 avril 2016 a marqué le centenaire du violoniste prodige, véritable légende du violon, tant par sa divine musicalité, sa sonorité angélique, lumineuse, divine que l’éclat moral de sa personnalité, sans omettre ses engagements humanistes et fraternels, actes de courage et solidaire, hors du milieu strictement classique. Décédé en décembre 1999, Sir Yehudi Menuhin incarne l’excellence de l’artiste et la passion généreuse de l’homme, complice citoyen et citoyen du monde, diffusant partout autant que possible le chant transcendant de son violon enchanteur. Violoniste et chef d’orchestre, le musicien a su aussi s’ouvrir à d’autres formes, d’autres cultures afin de renouveler toujours le formidable don qu’il avait su recueillir, cultiver, entretenir, perfectionner; Menuhin fut aussi un pédagogue, un passeur d’un formidable charisme. Arte lui rend hommage en 3 étapes, demain dimanche 1er mai 2016.

 

 

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3 RVS sur ARTE

Dimanche 1er mai 2016 

 

 

 

18h30

Yehudi Menuhin et Herbet von Karajan. La caméra d’Henri-Claude Cluzot fixe laarte_logo_2013 complicité du soliste et du chef mythiques. En 1966, le réalisateur filme répétition puis concert du Concerto pour violon n°5 en la majeur de Mozart : entretien riche et croisé entre deux monstres sacrés, curieux, généreux, exigeants… 43 mn

22h50

Portrait : Yehudi Menuhin, le violon du siècle

Documentaire

00h45

Hommage Ă  Yehudi Menuhin

Concert hommage

 

 

 

LIRE aussi notre dossier présentation de la série de rééditions discographiques publiées pour le Centenaire Yehudi Menuhin par Warner classics

 

 

 

 

Livres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud)

adolfbuschLivres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). On connaissait déjà l’exemplaire biographie très documentée et finement contextualisée, signée Tully Potter (Adolf Busch, the Life of an Honest Musician, saga originellement en anglais, éditée en plusieurs volumes en 2010). Tubeuf reprend à son compte l’image angélique et vertueuse du maître de Yehudi Menuhin, Adolf Busch, frère cadet du fameux chef d’orchestre, lui-même divin mozartien.

Un musicien contre Hitler

Adolf Busch : l’ange violoniste

busch adolf viloniste frer de fritz busch biographie essai roman actes sudL’essai qui en dĂ©coule souligne le profil moral et inflexible du musicien qui sut rĂ©sister au nazisme. C’est un « juste » qui mĂ©rite bien ce texte hommage qui ressuscite une figure exemplaire Ă  l’heure oĂą tant d’artistes se mettent Ă  l’écart de tout engagement politique et militant. Hitler et Goebels tentèrent comme ils le firent des personnalitĂ©s germaniques de l’époque, de sĂ©duire le divin instrumentiste et d’en faire un ambassadeur de la propagande du Reich : de fait, Busch aux yeux azurĂ©ens, avait cette blondeur aryenne très sĂ©duisante pour les dignitaires nazis. Peine perdue car Adolf Ă©tait un antinazi dĂ©terminĂ© : dès 1933, il choisit l’exil pour ne jamais revenir sur sa terre natale tant que les barbares seraient en place. Il rejoint Bâle d’abord puis les Etats Unis en 1939, dans le Vermont oĂą il mourra en 1951. Ni clandestin, ni complaisant, Busch choisit sans rĂ©serve de ne jamais transiger avec le pouvoir nazi quand d’autres plus ambivalents, allemands de souche, ont prĂ©fĂ©rĂ© demeurer en Allemagne, convaincus qu’en place ou en poste, ils pouvaient « rĂ©sister » de l’intĂ©rieur (Furtwängler, Richard Strauss…). En 42 chapitres, troussĂ©s comme des nouvelles romancĂ©es, surgit la vie et le tempĂ©rament du violoniste Adolf Busch (1891-1952), vĂ©ritable vedette adulĂ©e en Allemagne. NĂ© Ă  Siegen en Westphalie (Allemagne), dĂ©cĂ©dĂ© le 9 juin 1952 Ă  Guildford dans le Vermont (États-Unis), Adolf appartient Ă  une fratrie de musiciens très douĂ©s : Fritz est chef d’orchestre, son autre frère Hermann est violoncelliste, son troisième frère Willi Busch Ă©tait acteur. Fin musicien, esprit exigeant autant qu’ami chaleureux (Ferrucio Busoni fut son ami), Adolf Busch, visionnaire et audacieux (il joue la musique contemporaine, dĂ©fendant les Concertos de Busoni et de Reger…) fut le modèle et le protecteur du pianiste Rudolf Serkin leur duo (Chaconne de Bach, Fantaisie de Schubert, l’Opus 130 de Beethoven…) suscita un extraordinaire engouement. Adolf Ă©tait aussi le violoniste du non moins exceptionnel Quatuor Busch dont les enregistrements (en particulier de Ludwig van Beethoven, jouĂ©s dans les annĂ©es 1930 surtout Ă  Londres) sont devenus Ă  juste titre lĂ©gendaires. C’est justement chez Beethoven Ă  Vienne, dans le solo pour violon de la Missa Solemnis en 1912, lors d’un concert de charitĂ© (sous la baguette de Bruno Walter) que le jeune violoniste de 21 ans, subjugue l’audience, gavant une aura Ă  jamais croissante et inĂ©luctable. Busch demeure une icĂ´ne, un prodige que sa stature morale a fait mythe et lĂ©gende. Stimulante lecture.

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Livres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). ISBN : 978 2 330 05596 7. Parution : novembre 2015. 17 €

Vivaldi – Les Quatre Saisons, le « Printemps » (partition interactive pour VIOLON)

IcĂ´ne_1024x1024_VivaldiVivaldi – Les Quatre Saisons, le « Printemps » (partition interactive pour VIOLON). Avec accompagnement de l’orchestre. Les Quatre Saisons de Vivaldi font partie du recueil Il Cimento dell’armonia e dell’invenzione (opus 8) paru Ă  Amsterdam chez l’éditeur Le Cène en 1725. Le titre Ă©claire sur le plan esthĂ©tique la confrontation qui au centre de la dĂ©marche vivaldienne, inspire tout l’édifice : raison contre imagination, harmonie contre invention. En rĂ©alitĂ©, l’interprète comme l’auditeur ne doivent pas considĂ©rer l’enjeu comme une arène conflictuelle mais bien comme la fusion de deux orientations complĂ©mentaires, idĂ©alement combinĂ©es grâce au jeu mĂŞme des interprètes. Le recueil prĂ©sente donc 7 concertos Ă  programmes, dont les quatre premiers sont nos Quatre Saisons (Printemps, Ă©tĂ©, automne, hiver). Dans la dĂ©dicace au Comte Venzel von Morzin, Vivaldi prĂ©cise rassembler plusieurs partitions antĂ©rieures Ă  la date d’impression : les Quatre Saisons pourraient bien avoir Ă©tĂ© composĂ©es avant 1725.

 

vivaldi 220px-Antonio_VivaldiLe Printemps, entre description et évocation… La force expressive des Saisons vivaldiennes vient de l’intelligence de l’écriture. En mi majeur le premier ou Le Printemps (R 269), adopte comme les autres Concertos, le plan tripartite, typiquement italien : vif, lent, vif. C’est le plus célèbre des Concertos et du vivant de Vivaldi, repris avec succès en France (au Concert Spirituel, plus de trois fois en 1728), Louis XV s’en montrant particulièrement friand. Après la mort de Vivaldi (1741), Le Printemps fut adapté par la français Corette sous la forme d’un grand motet (intitulé « Laudate Dominum ») ; puis compositeur à ses heures, Jean-Jacques Rousseau en écrivit une transposition à la flûte. Génie de l’écriture concertante, Vivaldi réalise la fusion des esthétiques : poésie créatrice et complexité d’une composition virtuose. Tout le concerto Le Printemps exprime concrètement les épisodes de la vie (l’aboiement du chien à l’alto) ou un climat ou une situation plus impalpables (le berger endormi au violon).

A la fois narratif et suggestif, le style de Vivaldi exprime plus qu’il ne décrit les événements dont il est témoin. En exploitant toutes les ressources du violon et des instruments à cordes (dont il est lui-même un praticien extrêmement doué), Vivaldi évoque les éclairs et le tonnerre (couplet central), mais aussi la légèreté piquante et aérienne des oiseaux. Aucun autre morceau musical n’a mieux réussi le mariage de la virtuosité technicienne et de la pure poésie. Un défi exaltant pour le violoniste.

 

bouton partition

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Prix : 4,99 euros
Partition interactive disponible sur iPad

Avec l’application pour iPad Play , Vivaldi : Le Printemps (Quatre saisons), l’Ă©diteur Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale en proposant au musicien des fonctionnalitĂ©s nouvelles :
- Faites dĂ©filer la partition interactive sur l’Ă©cran au tempo que vous aurez choisi
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

DECOUVREZ  la partition interactive Vivaldi : Le Printemps (Quatre saisons) pour violon
(avec la démonstration de la partition interactive : )

http://tom-books.com/app/les-quatre-saisons-le-printemps/

CD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd)

perlman itzhak violon complete recordings on deutsche grammophonCD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd). La prestigieuse étiquette jaune, Deutsche Grammophon célèbre les 70 ans du violoniste israélien Itzhak Perlman (le 31 août 2015) en lui dédie un important coffret cd qui réunit l’ensemble de ses enregistrements pour le label. Perlman a gravé 25 albums pour Deutsche Grammophon et Decca entre 1968 et 2001, comptant certaines collaborations scellées sous le signe de l’amitié complice et de la haute technicité toujours finement inspirée. Itzhak Perlman a fait ses débuts chez DG avec les concertos pour violon de Berg et Stravinsky (1978, Seiji Ozawa, direction) ; il a séduit de nouveaux admirateurs par sa chaleur humaine et une générosité flexible qui favorisent les collaborations, ainsi dès 1968, le disque premier, fondateur ici, comprenant la Sonate proustienne de Franck et le Trio de Brahms (avec cor), enregistré à Londres en 1968 ; ou le Concerto pour violon d’Elgar (sous la direction de Barenboim, 1981).

Les concertos de Saint-Saëns et Wieniawski (1983), la Symphonie espagnole de Lalo (1980), un disque de pièces célèbres avec Zubin Mehta (Sarasate, Ravel, Chausson, Saint-Saëns…, 1986)  et les Quatre Saisons de Vivaldi (réunissant à Tel Aviv en 1982, et sur instruments modernes la crème des violonistes des années 1980 : ) font également partie du coffret. On y retrouve aussi des perles comme l’album « Bach Arias » avec la soprano aussi suave qu’impossible, Kathleen Battle et donc son partenaire, Perlman au violon obbligato (1989-1990), des Concertos de Tchaïkovski et de Chostakovitch avec Perlman cette fois à la baguette à la direction du Philharmonique d’Israel (Tel Aviv, 2001), dirigeant son jeune protégé Ilya Gringolts, et la redécouverte de deux ensembles majeurs pour les années 1980 toujours: Concertos de Mozart (Wiener Philharmoniker, James Levine, Vienne, 1982-1985) et les Sonates pour violon et piano de Beethoven réalisées avec la complicité de Vladimir Ashkenazy à Londres au début des années 1970 (1973-1975), deux cycles réinstaurées au catalogue pour la première fois depuis des années. Les CD reprennent les programmes et pochettes d’origine. La notice accompagnant le coffret est en anglais et en allemand.

 

 

Violon subtil et Ă©loquent

 

CLIC D'OR macaron 200Notre avis. Pour ses 70  ans, Deutsche  Grammophon Ă©dite  un coffret mĂ©moire regroupant les enregistrements les plus significatifs voire  convaincants du violoniste nĂ© Ă  Tel Aviv en 1945 de parents polonais : Itzhak Perlman. Une carrière dans sa globalitĂ© se dĂ©tache ici. Dans sa diversitĂ© de plus en plus assumĂ©e comme soliste naturellement – musique de chambre dès 1968 avec son complice le pianiste Vladmir Ashkenazy, concertante et symphonique surtout ; mais aussi comme chef d’orchestre et comme pĂ©dagogue. C’est une vocation rĂ©alisĂ©e de facto en complicitĂ© avec des noms  aussi prestigieux que Barenboim, Mehta, Ashkenazy… autant de personnalitĂ©s diverses, tempĂ©raments diffĂ©rents qui ont su reconnaĂ®tre en Perlmann, un partenaire de choix, apprĂ©ciable indiscutablement pour ses qualitĂ©s humaines et violonistiques.

perlman itzhak violon -9aa9746d8f48d564Après  les aĂ®nĂ©s que sont Stern, Grumiaux, Oistrakh dont le jeu Ă©coutĂ© Ă  la radio fut une rĂ©vĂ©lation, le dĂ©clencheur de sa vocation mĂŞme, Itzhak Perlman affirme Ă  travers ce legs discographique une somme esthĂ©tique d’oĂą sa finesse de ton se distingue nettement. L’Ă©lĂ©gance et la pudeur expressive, le souci de la clartĂ© sans calcul ni effet dĂ©monstratif, rĂ©alisent une sorte  de synthèse entre intĂ©rioritĂ© et pure virtuositĂ©, voie mĂ©diane très structurĂ©e et Ă©quilibrĂ©e frappant par sa prĂ©cision et sa clartĂ© dynamique, qui serait comme l’emblème  prĂ©servĂ© de cette Ă©cole franco belge dont il affirme la prĂ©Ă©minence en premier lieu dans ses choix de rĂ©pertoire … Franck, Lalo jusqu’Ă  Wieniewski le soulignent suffisamment dans le sommaire du coffret. Le violoniste se distingue  encore de ses confrères par un sens du legato, une ligne ciselĂ©e dans le souffle qui apparente son Ă©locution, Ă  la voix humaine  : l’exemple le plus frappant en serait ici son Berlioz Ă©lĂ©gantissime et sans effets dĂ©monstratifs d’aucune sorte (Caprice et rĂŞverie opus 8, enregistrement parisien rĂ©alisĂ© Ă  la maison de la MutualitĂ© en octobre 1980), entonnĂ© bel et bien comme l’expression d’un songe personnel. … pour nous, tout Perlmann est lĂ . Clair  et tendre, intime et pudique mais surtout  profond et d’une simplicitĂ© complice. Un frère musicien comme on aimerait en connaĂ®tre depuis toujours. Son humilitĂ© nous touche. Son naturel aussi qui font tant dĂ©faut Ă  nombre de solistes actuels trop prĂ©occupĂ©s par leur singularitĂ© narcissique. Ainsi c’est toujours la mĂŞme question : servir la musique ou se servir de la musique ? Aucun doute concernant Perlamn : le violoniste a clairement choisi la première option.

 

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/complete-recordings-on-deutsche-grammophon/#WuXWILDEiyfzVOTl.99

 

Coffret cd, compte rendu critique : Itzhak Perlman, complete Recordings on Deutsche Grammophon. Sortie : le 4 mai 2015. 25 cd Deutsche Grammophon

Didier Lockwood, le violoniste ” improvisible “

Paris, Bouffes Parisiens. Le violon «improvisible» de Didier Lockwood, jusqu’au 10 janvier 2015. Violoniste de jazz et compositeur, Didier Lockwood aime se mettre en difficultĂ©, ĂŞtre au bord du prĂ©cipice et chaque soir de spectacle rĂ©ussir le pari fou de l’improvisation sur des textes collectĂ©s au moment du spectacle. Avec la musique, le violoniste erre, cherche, expĂ©rimente, se perd… pour mieux se retrouver et nous emmener avec lui. Au public de participer Ă  la fabrique musicale en tirant au sort pendant la soirĂ©e les thèmes du programme. A l’instrumentiste improvisateur de rĂ©aliser ensuite, le lien entre les textes et les tĂ©moignages, les sujets et les sĂ©quences : Ă  Didier de raconter une histoire… nouvelle chaque soir. C’est un one man show d’une libertĂ© magicienne oĂą le risque croise la poĂ©sie et la gĂ©nĂ©rositĂ©, l’intelligence de l’instant. Pour ses 40 ans de carrière, Didier Lockwood met en scène ses dons d’improvisateur hors pair. Jusqu’au 10 janvier, ce jongleur funambule prĂ©sente un spectacle original et fascinant, chaque samedi (18h30) et dimanche (18h) au théâtre des Bouffes Parisiens (durĂ©e du spectacle : 1h40mn).

 

 

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Didier Lockwood, le jongleur improvisateur

 

LOCKWOOD d_lockwood__improvisible_v10_site-1DIDIER LOCKWOOD, biographie. Né à Calais en 1956, Didier Lockwood grandit au sein d’une famille d’artistes. Il entre au Conservatoire à l’âge de 6 ans. A 13 ans il intègre l’Orchestre lyrique du Théâtre municipal de Calais et remporte trois ans plus tard le Premier prix de violon du Conservatoire National de Calais ainsi que le Premier Prix national de musique contemporaine de la SACEM.
Admirateur de musique classique, il se passionne également pour la musique improvisée et le jazz. Il fait ses débuts avec le groupe Magma à l’âge de 17 ans aux côtés du percussionniste Christian Vander. Puis remarqué par Stéphane Grappelli, il se voit propulsé sur la scène internationale du jazz. En 1994, il réalise son premier album américain New-York Rendez-vous et compose en 1996 son premier concerto en trois mouvements pour violon électro-accoustique et orchestre symphonique intitulé Les Mouettes. En 2000, il publie Tribute to Stéphane Grappelli pour lequel il reçoit de nombreuses distinctions : Diapason d’Or, Choc Jazzman, Sélection Fip. Il crée en 2001 le Centre des Musiques Didier Lockwood, son école d’improvisation à Dammarie-lès-Lys. L’année 2013/2014 correspond au quarantième anniversaire de sa carrière, qu’il célèbre accompagné d’amis de longue date à travers de nombreux concerts en tournée.

Didier Lockwood : Improvisible, spectacle musical et théâtral conçu par Didier Lockwood et mis en scène par Alain Sachs jusqu’au 10 janvier 2015 aux Bouffes Parisiens à Paris. Réveillon (mercredi 31 décembre 2014 à 18h30 avec en invitée surprise la soprano Patricia Petibon).

 

 

 

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La violoniste Lisa Batiashvili au TCE Ă  Paris

Batiashvili Lisa-Batiashvili-Frers-1Paris, TCE. Le 23 novembre 2014, 11h. Lisa Batiashvili, violon. Dans son dernier album discographique Ă©ditĂ© chez Deutsche Grammophon et dĂ©diĂ© aux deux plus grands Bach de la famille : Johan Sebastian et Carl Philip Emanuel… (Lisa Batiashvili joue Bach Ă  Tsibili…), la violoniste accomplit un nouvel accomplissement dans sa jeune carrière.  C’est l’occasion pour la violoniste gĂ©orgienne de cultiver l’art chambriste … en famille, avec son Ă©poux Ă  la ville, l’oboĂŻste François Leleux et leurs complices du concert parisien, Wen-Sinn Yang, violoncelle et Peter Koffer, clavecin.  L’interprète qui a appris le violon auprès de son père (” le violon est ma langue paternelle ” avoue-t-telle), a remportĂ© le Concours Sibelius il y a presque 10 ans (1995). Second Prix de la compĂ©tition, Lisa Batiashvili âgĂ©e alors de 16 ans a eu la rĂ©vĂ©lation de sa vocation de musicienne : sa carrière a commencĂ© Ă  partir de lĂ . En France, sa nouvelle rĂ©sidence, au Théâtre des Champs ElysĂ©es, Lisa Batiashvili rejoint ses complices instrumentistes : ensemble ils jouent le Trio (hautbois, violon et basse continue Wq 143) de Carl Philip, la Sonate en trio pour violon et basse continue HWV 380 de son père Johann Sebastian, sans omettre le contemporain de Johann Sebastian, l’autre germanique cĂ©lĂ©brissime, Haendel dont sont jouĂ©es aussi Sonate en trio pour hautbois, violon et basse continue HWV 380 ; Passacaille pour violon et violoncelle (arrangement de la Suite pour clavecin n° 7 HWV 42,rĂ©alisĂ© par Johan Halvorsen).

 

 

 

Extrait de la critique du cd Bach de Lisa Batiashvili… notre rĂ©dactrice Elvire James Ă©crit :

batiashvili-Lisa-cd-bach-cover,-critique-cd,-critique-complete-classiquenews« … articulation limpide, sonorité ronde et délicatement ciselée, et surtout ici, dans l’esprit évident d’un enregistrement familial, une complicité immédiatement séduisante. Les qualités naturellement chantantes de la violoniste s’affirment dans la superbe Sinfonia en fa majeur extraite de la Cantate BWV 156 : chant des béatitudes inspiré par une certitude inaltérable, – solo originellement pour hautbois, transposé ici pour violon-, une ferveur inextinguible que le violon aux phrasés fruités de l’instrumentiste sait colorer avec la pudeur généreuse et chaude qui lui est propre.

L’assise intérieure et la maturité expressive comme l’élégance stylistique de Lisa Batiashvili se confirme encore dans les 4 mouvements de la Sonate n°2 BWV 1003 pour violon seul : abstraction aérienne du Grave initial, légèreté faussement anodine de la Fugue qui suit ; pudeur sertie de noble fragilité de l’Andante, enfin pure énergie brillante au jeu pur de l’Allegro conclusif…

Le Trio pour flûte et violon du fils Carl Philipp Emanuel Wq 143 témoigne des dispositions de la soliste dans le format concertant, exercice dialogué où s’équilibre naturellement la personnalité des super solistes associés (entre autres Emmanuel Pahud à la flûte)… la jubilation qui naît de l’écriture concertante place ainsi le fils Bach, immensément admiré à Hambourg après son mentor et modèle Telemann, le un génie de l’esthétique classique dont saura se souvenir Haydn et Mozart… ».

 

 

 

(CD. Lisa Batiashvili : Bach, 1 cd Deutsche Grammophon, novembre 2014, CLIC de classiquenews). Lire notre compte rendu critique du cd Bach de Lisa Batiashvili.

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Paris, TCE. Récital de Lisa Batiashvili, violon : les Bach père et fils, Haendel… Dimanche 23 novembre 2014, 11h. 

Illustrations : © Anja Frers / Deutsche Grammophon

 

 

 

CD.Gil Shaham,violon : Concertos de Barber, Berg, Hartmann, Stravinsky, Britten (2 cd Canary classics).

Shaham_gil_concertos 1930 canary classicsCD.Gil Shaham,violon : Concertos de Barber, Berg, Hartmann, Stravinsky, Britten (2 cd Canary classics). Le violon soliste ne serait-il pas finalement l’instrument roi au tournant de la dĂ©cennie 1930/1940 ? En abordant quatre Concertos pour son instrument, Gil Shaham nous permet un retour sur une pĂ©riode riche et fĂ©conde, plusieurs partitions dont la profondeur et la justesse de ton Ă©clairent a contrario par leur intense humanitĂ© parfois militante l’une des pĂ©riodes les plus sombres de l’histoire europĂ©enne. La cover du double cd porte le numĂ©ro 1 laissant augurer une suite tout aussi passionnante souhaitons-le.
En 1939, l’industriel du savon, Fels commande Ă  Barber un Concerto pour son protĂ©gĂ© le violoniste russe Iso Briselli. En dĂ©coule un Concerto particulièrement aimable et Ă©lĂ©gant, d’un classicisme nuancĂ© et raffinĂ© (forme plus sonate que concertante du premier mouvement) qui contraste effectivement avec sa genèse. AmorcĂ©e en Suisse, la composition se termine après un retour prĂ©cipitĂ© aux USA après que le gouvernement amĂ©ricain invite ses ressortissants Ă  fuir l’Europe rongĂ©e par la barbarie nazie. Le jeune russe se dĂ©file trouvant l’oeuvre sous le regard critique de son mentor Meiff, pas assez puissante ni suffisamment noble. Barber se dĂ©courage mais finalement soutenu par son compagnon Gian Carlo Menotti, compositeur et violoniste, il trouve les ressources pour faire crĂ©er son concerto en fĂ©vrier 1941 sous la direction d’Ormandy : Gil Shaham exprime cette intĂ©rioritĂ© lyrique plutĂ´t pudique en phrases soutenues et toujours parfaitement Ă©noncĂ©es. Le caractère plus Ă©chevelĂ© et âpre aussi du dernier mouvement, dans sa version plus resserrĂ©e de 1949, ajoute Ă  la prĂ©cision du violoniste, en très belle complicitĂ© avec New York Philharmonic et David Robertson (fĂ©vrier 2010).

Le Concerto de Berg s’inscrit dans une pĂ©riode angoissĂ©e et tendue pour le compositeur dont Wozzeck restait interdit de crĂ©ation (malgrĂ© l’activitĂ© de l’immense chef Erich Kleber) et Lulu peinant Ă  ĂŞtre achevĂ©e…  En avril 1935, la fille d’Alma Gropius, ex Ă©pouse Mahler, Manon, meurt Ă  18 ans : sa mort Ă©branle le cercle restreint de la famille endeuillĂ©e dont … Berg. Mi aoĂ»t, pour le 56ème anniversaire d’Alma, le Concerto ” Ă  la mĂ©moire d’un ange ” Ă©tait terminĂ©. Dans le premier mouvement, le violoniste sait exprimer la douceur dĂ©jĂ  Ă©vanescente de la jeune dĂ©funte en un portrait plein de dĂ©licatesse et de retenue, puis d’innocence dansante dans l’allegretto qui est enchaĂ®nĂ©; les superbes couleurs, chambristes de la Staatskapelle de Dresde dĂ©ploie un tapis remarquablement agile et accentuĂ©, semant dans le rĂ©seau des successions dodĂ©caphonique, des guirlandes tonales dont Berg a le secret.  Soliste et orchestre canalisent et mesurent lĂ  encore en un dialogue serti de complicitĂ©s intĂ©rieures, les tensions et la versatilitĂ© d’une partition qui semblant entrer en rĂ©sonance avec le climat dĂ©lĂ©tère de l’Allemagne d’alors ; le violoniste exprime le scintillement triste et dĂ©sespĂ©rĂ© d’un monde qui implose et s’effondre sur lui-mĂŞme, en de longues vagues qui s’effilochent jusqu’Ă  l’extĂ©nuation finale, celle d’un paysage lunaire et lĂ©thal (Dresde, juin 2010). Magistral.

L’opus 15 de Britten est dĂ©crĂ©tĂ© “injouable” par Heifetz : outre ses difficultĂ©s techniques indiscutables, le Concerto est très proche des convictions personnelles de l’auteur vis Ă  vis de la guerre et de son engagement pacifiste. Le premier mouvement (moderato) est un hommage aux victimes de la guerre d’Espagne. Comme le Concerto de Stravinsky, le sarcasme pointe sans maquillage dans le Scherzo : dĂ©nonciation brĂ»lante et vive des horreurs commises au nom des fusils et des bombes. Purcellien et baroque dans l’âme, Britten achève son parcours semĂ© de cris et de visions terrifiantes, par une ample passacaille qui suscite la paix et le repos, l’oubli et la quiĂ©tude. Ce Concerto composĂ© en pleine guerre jalonne l’oeuvre humaniste du musicien bientĂ´t auteur du War requiem (1961) puis de l’opĂ©ra Owen Wingrave (1969). PrĂ©cis, subtil, suggestif, le violon de Gil Shaham semble Ă©tinceler Ă  chaque accent doloriste ; sa pudeur musicienne rĂ©tablit la profonde humanitĂ© de l’Ĺ“uvre malgrĂ© ses syncopes et ses vifs sursauts.
De toute Ă©vidence, assembler les deux Ĺ“uvres Britten / Stravinsky reste Ă©minemment pertinent : voici la musique la plus captivante, Ă©crite en temps de guerre pour exhorter Ă  la paix et au silence des armes.  Nous en sommes loin : voilĂ  qui fait toute l’actualitĂ© de ce programme lumineux et investi.

Plus rĂ©cent, l’enregistrement du Concerto de l’humaniste munichois antifaciste  Karl Amadeus Hartmann (enregistrĂ© en septembre 2013), plonge dans des eaux plus profondes encore, tĂ©moignant de vision terrassĂ©es qui ont affrontĂ© la BĂŞte : très engagĂ© contre toute forme de tyrannie sanglante, Hartmann laisse dans son Concerto pour violon oĂą dominent les cordes, rĂ©sonateur amplifiĂ© de l’instrument soliste, une partition mordante, d’une tendresse hurlante, dont la tonalitĂ© funèbre honore la salut de toutes les victimes des annĂ©es 1930 et 1940 en Europe. Le compositeur assimile Reger, mais aussi Bruckner, Mahler et Bartok dans cette Ĺ“uvre somptueuse, noire, lacrymale mais d’une pudeur rentrĂ©e (sublime choral conclusif), Ă©crite en 1939 et crĂ©Ă©e en 1940. La sensibilitĂ© crĂ©pusculaire du soliste Ă©claire le Concerto jusqu’au dernier Ă©clair grâce Ă  une tension jamais abandonnĂ©e y compris dans les sĂ©quences plus lentes et introspectives. Le Concerto d’Hartmann (mort en 1963) reste la rĂ©vĂ©lation de ce programme marquĂ© par la guerre et le règne des TĂ©nèbres.

 

Gil Shaham, violon. Concertos pour violon des années 1930. Volume 1. 2 cd Canary classics.

3 femmes violonistes … Pogostkina, Batiashvili, Skride

batiashvili_lisa_batiashviliARTE. Concert. Femmes violonistes, une rencontre au Festpielhaus de Baden-Baden. Le 19 janvier 2014, 19h. Au programme : le Concerto pour violon de Jean Sibelius, interprété par Alina Pogostkina. Lisa Batiashvili lui succède avec le Concerto pour violon n° 2 de Sergueï Prokofiev. Puis, les trois violonistes jouent ensemble Quasi una Fantasia pour trois violons et orchestre de Nicolas Bacri. Pour clore le concert, Baiba Skride interprète le Concerto pour violon de Ludwig van Beethoven.

Les plus beaux concertos dédiés au violon par trois femmes violonistes virtuoses:
Alina Pogostkina
Lisa Batiashvili
Baiba Skride

 

ARTE, Dimanche 19 janvier 2014, 19h.

RĂ©alisation : Nele MĂĽnchmeyer (Allemagne, 2010, 43mn) ~ Production : SWR
Avec Alina Pogostkina (Russie), Lisa Batiashvili (GĂ©orgie) et Baiba Skride (Lettonie) sont
accompagnées par le Mahler Chamber Orchestra
Direction musicale : Constantinos Carydis.

 

Illustration : Lisa Batiashvili (DR)

CD. Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy

CD. Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy (1 cd Deutsche Grammophon). Le jeune prodige serbe dĂ©veloppe ici une question critique sur son propre mĂ©tier, avec raisons … la facilitĂ© peut souvent brĂ»ler et gâcher le goĂ»t et le style d’un acrobate musicien. Presque trentenaire, maturitĂ© oblige, Nemanja Radulovic en rendant hommage au plus diabolique des compositeurs violonistes, Niccolo Paganini fait aussi son autoanalyse et fait rimer haute technicitĂ© avec … musicalitĂ©.

 
 

Radulovic_nemanja_deutsche_grammophon_cd_paganini_fantasy_cdLe trop  plein de virtuositĂ© laisse un goĂ»t de superficialitĂ© : Ă©coutez comme je joue bien et mieux que tout autre instrument… Paganini, d’un panache diabolique, d’une facilitĂ© ahurissante aurait-il eu le souci de la justesse et de la subtilitĂ© ? A trop vouloir dĂ©montrer, beaucoup de violoniste autoproclamĂ©s prodiges oublient souvent la mesure, ce mĂ©pris  salvateur de la performance pure qui fait les grands musiciens … De toute Ă©vidence, ces interrogations ont inspirĂ© le violoniste contemporain Nemanja Radulovic que la sensibilitĂ© si proche de la voix Ă©carte d’une facilitĂ© creuse.
Certes souvent l’Ă©clat et la surenchère sont inscrits dans l’Ă©criture paganinienne, et le monologue du violon supersoliste devient acrobatie mĂ©canicienne, d’une fluiditĂ© sans âme.
Toute la question et donc la valeur de ce programme intelligent est contenue ici, entre prouesse et sincĂ©ritĂ©. Avec l’ensemble de cordes Les Trilles du diable (Cantabile), avec la pianiste Laure F-Kahn (Sonate n°12), et dans le Concerto n°1 en rĂ© (avec le Symphonique national de la RAI), le violoniste serbe nĂ© en 1985 semble incarner tout ce qui s’impose douloureusement ou simplement Ă  tout instrumentiste immensĂ©ment douĂ© : que faire avec un tel talent technicien ?

 

 

Technicité critique

 

Le Concerto n°1 donne la clĂ© de cette ambivalence profitable en ce qu’elle rĂ©vèle les interprètes vĂ©ritables qui ne se servent pas de la musique mais la servent avec l’humilitĂ© et la profondeur requises. Pour dĂ©montrer ses remarquables talents, le violoniste ouvre donc les festivitĂ©s par le Caprice n°5, d’une volubilitĂ© imprĂ©visible, puis s’accorde une semi profondeur dans le Concerto au brio bien souvent rossinien car tout y Ĺ“uvre pour mettre en avant le feu ardent d’un violon incandescent qui cependant sait dans les pianissimi subtilement maĂ®trisĂ©s enfin respirer avec une grâce intĂ©rieure (cadences finement tressĂ©es de l’Adagio), emblème d’un bon goĂ»t que l’on n’attendait plus …

L’Ă©lève de Patrice Fontanarosa a semblĂ© recueillir les fruits d’une profonde rĂ©flexion sur les enjeux de son style. Si les visuels de la pochette, en couverture comme intĂ©rieurs  (Nemanja en transe expressive ou par terre dans des poses toujours contorsionnĂ©es … ) laissent plutĂ´t songeur sur la capacitĂ© Ă  murmure comme Ă  suggĂ©rer, pourtant …  l’Ă©quilibre rĂ©ussi entre intĂ©rioritĂ© et surenchère est objectivement maĂ®trisĂ© ; mĂŞme si le tempĂ©rament tout feu tout flamme de l’interprète l’oriente toujours vers plus de pathos romantique, une théâtralitĂ© pas toujours suggestive en effet, l’approche est sincère et gagnera encore dans les prochaines annĂ©es Ă  plus de pudeur. Très beau rĂ©cital d’un tempĂ©rament qui se pose les bonnes questions , au bon moment, et fait espĂ©rer des lendemains tout aussi chantant, et nous l’espĂ©rons… mieux suggestifs.

Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy. 1 cd Deutsche Grammophon

Midori joue le Concerto pour violon de Brahms

MIDORI_VIOLON_midori_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Arte, le 30 juin 2013,19h. Concerto pour violon de Brahms par Midori   …   Pour ses trente ans de scène, la violoniste Midori interprète le Concerto pour violon de Brahms. En 1982 Ă  New York, elle fait ses dĂ©buts Ă  l’âge de 11 ans sous la direction de Zubin Mehta. Le chef d’orchestre indien est Ă  la tĂŞte de l’Orchestre philharmonique de Munich pour ce concert anniversaire.
Le talent exceptionnel de Midori a été repéré très tôt. Dans les années 1980, elle a commencé à se produire en public et a remporté de nombreux prix. Mais au milieu des années 1990, elle tourne le dos au monde des concerts. Son souci de perfection l’avait plongée dans une dépression dont elle a mis du temps à se remettre.
Elle ne délaisse toutefois pas totalement la scène. Mais elle se fixe d’autres priorités, notamment ses études de psychologie.
Midori s’engage dans des projets sociaux ayant pour finalité de favoriser l’accès à la musique. Ces activités lui ont valu bon nombre de distinctions. Le concert anniversaire qu’elle donne à Munich est l’occasion de jeter un pont vers le passé.Le Concerto opus 77 en ré majeur est la seule œuvre composée par Brahms pour violon et orchestre. A sa création en 1879 à Leipzig, l’œuvre a ravi les uns et irrité les autres. Le chef Hans von Bülow y voyait un morceau composé contre le violon et non pas pour le violon. En effet, dans ce concerto, le violon est une voix parmi d’autres, et de surcroît une voix confrontée à d’immenses difficultés techniques d’exécution.
Dans son traitement du concerto pour soliste, Brahms adopte une approche plutĂ´t symphonique. Il voulait que le violon se mette au service de la musique et non l’inverse. Les critiques souvent virulentes le dĂ©couragèrent d’écrire un second concerto pour violon. Pourtant, le jugement de l’histoire allait s’avĂ©rer bien diffĂ©rent. Aujourd’hui, cette Ĺ“uvre devenue incontournable est inscrite au rĂ©pertoire des plus grands violonistes. Un dĂ©fi indispensable et une oeuvre de rĂ©fĂ©rence qui dĂ©voile les maitres actuels de l’archet.

Direction : Zubin Mehta
Avec Midori et l’Orchestre philharmonique de Munich.                                         .