Karine Deshayes chante Norma (Aix, juil 2022)

Karine Deshayes, cantatesFrance Musique, sam 3 sept 2022, 20h. BELLINI : Norma. Karine Deshayes chante la dignitĂ© tragique de la prĂȘtresse gauloise, trahie par le romain Pollione, mais qui trouve dans l’acte sacrificiel ultime, une grandeur morale admirable
 Au dĂ©part une intrigue amoureuse entre trahison et abandon
 Norma, grande prĂȘtresse des Gaulois, a comme amant secret un officier romain (le proconsul Pollione) qui lui a donnĂ© deux enfants ; quand elle dĂ©couvre qu’il la dĂ©laisse pour une autre gauloise (Adalgisa), plus jeune, plus attractive, elle se fait aussi menaçante que MĂ©dĂ©e, avant de se sacrifier sur un bĂ»cher expiatoire.
PremiĂšre Ă  Aix
 Le titre-phare du bel canto – l’un des plus parfaits chefs-d’Ɠuvre de l’histoire de l’opĂ©ra est donnĂ© pour la premiĂšre fois au Festival d’Aix-en-Provence, temple de l’art mozartien depuis ses dĂ©buts.

Riccardo Minasi dirige sa propre Ă©dition critique Ă  la tĂȘte de l’Ensemble Resonanz, spĂ©cialisĂ© dans les interprĂ©tations historiquement informĂ©es ; Michael Spyres et Amina Edris entourent Karine Deshayes dans le rĂŽle-titre, qui effectue en mĂȘme temps sa prise de rĂŽle et ses dĂ©buts au Festival / PrĂ©sentation du drame de Bellini.

CHANTER NORMA
 dans le sillon de la crĂ©atrice, Giuditta Pasta n’est pas chose aisĂ©e pour toutes les cantatrices soucieuse de relever les dĂ©fis de ce rĂŽle de femme forte, tragique, toujours digne. Norma est prĂȘtresse Ă  la lune et fille du druide Oroveso, mariĂ©e secrĂštement au Consul romain Pollione. Sa position entre 2 clans affrontĂ©s fonde sa nature conflictuelle ; trahie, Norma est une victime. Sa grandeur morale fait plier finalement tous ses ennemis, y compris l’indigne romain Pollione, qui l’a abandonnĂ©e. MĂšre et femme trahie, Norma incarne un personnage mythique de l’opĂ©ra romantique italien ; le rĂŽle offre un profil unique de tragĂ©dienne extatique, langoureuse, hallucinante (en particulier dans le fameux air Ă  la lune, “Casta diva », air lĂ©gendaire qui a fait le triomphe avant elle, de Maria Callas ou de Montserrat Caballe).

NORMA / ADALGISA : FEMMES SOLIDAIRES

La tendresse du rĂŽle, son caractĂšre noble et Ă©nigmatique, sa moralitĂ© aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirables du rĂ©pertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi Ă  peindre l’amitiĂ© entre les deux femmes, toutes deux liĂ©es Ă  Pollione, mais inspirĂ©es par un idĂ©al de loyautĂ© des plus respectables. Adalgisa jure d’inflĂ©chir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprĂšs de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternitĂ©.

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FRANCE MUSIQUE : Norma de Bellini avec Karine Deshayes
Samedi 3 septembre, 20h-23h

AprĂšs avoir plusieurs fois chantĂ© l’autre rĂŽle fĂ©minin – Adalgisa – de l’opĂ©ra de Bellini, Karine Deshayes chante pour la premiĂšre fois le rĂŽle-titre de Norma ce 18 juillet au Grand-ThĂ©Ăątre de Provence, dans le cadre de Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence en version de concert

Opéra en version de concert donné le 18 juillet
Grand Théùtre de Provence
dans le cadre du Festival d’Aix en Provence

Vincenzo BELLINI : Norma
Opéra en deux actes sur un livret de Felice Romani
d’aprĂšs la tragĂ©die d’Alexandre Soumet Norma ou l’Infanticide, crĂ©Ă© le 26 dĂ©cembre 1831 Ă  la Scala de Milan

Karine Deshayes, mezzo-soprano, Norma,
grande prĂȘtresse du temple des druides

Michael Spyres, ténor, Pollione, proconsul romain

Amina Edris, soprano, Adalgisa, jeune vierge aimée de Pollione
Krzysztof Baczyk, basse, Oroveso, chef des druides, pĂšre de Norma
Julien Henric, ténor, Flavius, centurion romain, ami de Pollione
Marianne Croux, soprano, Clotilda, confidente de Norma

Choeur Pygmalion
Ensemble Resonanz
Direction : Riccardo Minasi

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AIX 2022. Karine Deshayes chante Norma

offenbach-toulon-orphee-enfers-karine-deshayes-cyril-dubois-opera-de-toulonFRANCE MUSIQUE. BELLINI : Norma, lui 18 juillet 2022 : Karine Deshayes chante Norma Ă  Aix 2022. « Comme Michel-Ange donnait tout au corps humain, de mĂȘme Bellini a tout donnĂ© dans cet opĂ©ra Ă  la voix : ce ″nu″ du mĂ©lodrame ». Alberto Savinio, article du 14 dĂ©cembre 1940…   –   Casta diva : le rĂŽle-titre, avec sa cĂ©lĂšbre priĂšre (Ă  la lune), a fait plus qu’aucun autre pour nourrir le mythe de la cantatrice, entre vĂ©hĂ©mence vengeresse et cantilĂšne ineffable : un sommet lyrique incarnĂ© hier par Maria Calals ou Montserrat CaballĂ© Ă  Orange
 Norma, grande prĂȘtresse des Gaulois, a comme amant secret un officier romain (le proconsul Pollione) qui lui a donnĂ© deux enfants ; quand elle dĂ©couvre qu’il la dĂ©laisse pour une autre (Adalgisa), elle se fait aussi menaçante que MĂ©dĂ©e, avant de se sacrifier sur un bĂ»cher expiatoire. (Photo : DR)
PremiĂšre Ă  Aix
 Le titre-phare du bel canto – l’un des plus parfaits chefs-d’Ɠuvre de l’histoire de l’opĂ©ra : d’un feu et d’une Ă©pure tragiques incomparables, avec ses lignes mĂ©lodiques flottantes et ses scansions rythmiques implacables – est donnĂ© pour la premiĂšre fois au Festival d’Aix-en-Provence. Riccardo Minasi dirige sa propre Ă©dition critique Ă  la tĂȘte de l’Ensemble Resonanz, spĂ©cialisĂ© dans les interprĂ©tations historiquement informĂ©es ; Michael Spyres et Amina Edris entourent Karine Deshayes dans le rĂŽle-titre, qui effectue en mĂȘme temps sa prise de rĂŽle et ses dĂ©buts au Festival / PrĂ©sentation du drame de Bellini / Site du Festival lyrique d’Aix en Provence.

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BELLINI : Norma (premiĂšre Ă  Aix)
Opéra en version de concert
Aix en Provence – Grand ThĂ©Ăątre de Provence
Lundi 18 juillet 2022, 20h
RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site du Festival d’Aix en Provence
https://festival-aix.com/fr/evenement/norma

Diffusion en direct sur France Musique

Riccardo Minasi, direction
Norma : Karine Deshayes
Pollione : Michael Spyres
Adalgisa : Amina Edris
Oroveso : Krzysztof Bączyk*
Flavio : Julien Henric


Ensemble Resonanz

TRAGEDIA LIRICA EN DEUX ACTES
LIVRET DE FELICE ROMANI D’APRÈS NORMA OU L’INFANTICIDE D’ALEXANDRE SOUMET
CRÉÉ LE 26 DÉCEMBRE 1831 À LA SCALA DE MILAN

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France Musique en direct d’Aix en Provence : du 11 au 18 juil 2022 (Idomeneo / SalomĂ© / Il Viaggio, Dante / MoĂŻse et Pharaon

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique en direct d’Aix en Provence : du 11 au 18 juil 2022 / De l’édition 2002 du Festival d’Aix en Provence, France Musique diffuse 6 opĂ©ras, 5 en direct et 1 en diffĂ©rĂ©. Un cycle lyrique Ă  suivre absolument pour mesurer les prises de risques et l’effort de crĂ©ativitĂ© du premier festival estival français


 

 

 

Planning des 6 retransmissions sur France Musique :
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11 JUILLET | 21h30 / Idomeneo, Mozart (ArchevĂȘchĂ©)
12 JUILLET | 20h / Salomé, Strauss (GTP)
13 JUILLET | 20h / Il Viaggio, Dante, Pascal Dusapin (GTP)
14 JUILLET | 21h30 / MoĂŻse et Pharaon, Rossini (ArchevĂȘchĂ©)
15 JUILLET | 20h / L’incoronazione di Poppea (Jeu de Paume)

En différé

18 JUILLET | 20h Norma, Bellini (GTP)

 

 

 

 

 

 

Présentation de chaque production diffusée sur FRANCE MUSIQUE
depuis le Festival d’Aix en Provence 2022 :

 

 

 

Lundi 11 juillet 2022, 21h30 / MOZART : Idomeneo
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Le premier grand succĂšs lyrique de Mozart – et l’un de ses serias les plus ambitieux aprĂšs Lucio Silla et Mitridate, est loin d’ĂȘtre le plus reprĂ©sentĂ© sur les scĂšnes mondiales. À l’affiche pour la troisiĂšme fois seulement du Festival d’Aix-en-Provence, il s’annonce tel l’un des Ă©vĂ©nements de l’édition 2022. AprĂšs Requiem, en 2019, RaphaĂ«l Pichon dirige Ă  nouveau l’orchestre et le choeur Pygmalion dans la cour du ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©. Avec Michael Spyres (IdomĂ©nĂ©e), Sabine Devieilhe (Ilia), Anna Bonitatibus (Idamante)… Satoshi Miyagi, (dĂ©buts europĂ©ens dans une mise en scĂšne d’opĂ©ra) croise Ă©chos romantiques de la GrĂšce antique et esthĂ©tique visuelle du Japon contemporain. Au cƓur du drame : le roi de CrĂšte doit sacrifier son fils s’il veut apaiser les dieux. Mais s’élĂšve la voix de l’amour, celui de la princesse Ilia par laquelle la rĂ©solution de la tragĂ©die pourra s’accomplir. Mozart signe une partition d’une force inouĂŻe, au souffle orchestral nouveau qui exalte davantage sa comprĂ©hension majeure du cƓur humain. Que donnera cette nouvelle lecture aixoise ? La rĂ©fĂ©rence inĂ©galĂ©e demeure la version dirigĂ©e par Nikolaus Harnoncourt, d’une sincĂ©ritĂ© et d’une poĂ©sie remarquables.

Direction musicale : RaphaĂ«l Pichon – Mise en scĂšne : Satoshi Miyagi – Avec : Michael Spyres, Sabine Devieilhe, Anna Bonitatibus, Siobhan Stagg, Linard Vrielink, Kresimir Spicer, Alexandros Stavrakakis, le choeur et l’orchestre Pygmalion, les danseurs Sophie Blet, Idir Chatar, Apolline Di Fazio, AnaĂŻs Michelin, Yumi Osanai et Ken Sugiyama – A retrouver aussi sur ARTE et ARTEconcert, Samedi 16 juillet 2022 vers 22h40

 

 

 

Mardi 12 juillet 2022, 20h / R STRAUSS : Salomé
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A l’affiche aixoise 2022, du 5 au 19 juil, l’opĂ©ra incandescent de Strauss inspirĂ© d’Oscar Wilde et crĂ©Ă© Ă  Dresde en 1905, est « portĂ© » cette annĂ©e par la soprano française Elsa Dreisig dans le rĂŽle-titre de la jeune fille de 17 ans, adolescente saisie par la beautĂ© du prophĂšte Iokanaan, lequel ne cesse de dĂ©noncer la rĂ©putation sulfureuse de sa mĂšre Herodias (Angela Denoke). AprĂšs avoir dansĂ© la fameuse danse des 7 voiles, sommet de l’écriture symphonique Ă©rotique, SalomĂ© demande Ă  Herodes, sorte de phallocrate pĂ©dophile, la tĂȘte de Iokanaan
 pour qu’elle bisie ses lĂšvres. Erotisme, barbarie, cruautĂ©, manipulation
 Strauss Ă©crit un opĂ©ra d’une violence et d’une flamboyance sensuelle, inĂ©dites. Photo © B Uhlig. Orchestre de Paris / Ingo Metzmacher, direction.

Plus d’infos sur le site du Festival d’Aix en Provence 2022 / page dĂ©diĂ©e SalomĂ© :

https://festival-aix.com/fr/evenement/salome

 

 

 

Mercredi 13 juillet 2022, 20h / DUSAPIN : Il Viaggio, Dante
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CrĂ©ation mondiale Ă  l’affiche du Festival d’Aix en Provence, du 8 au 17 juillet 2022. Livret de FrĂ©dĂ©ric Boyer, d’aprĂšs Dante (Vita nova, Divina Commedia)  -  Sommet de la littĂ©rature europĂ©enne dont on fĂȘte les 700 ans, la Divine ComĂ©die est Ă  la fois un poĂšme-monde synthĂ©tisant tous les savoirs et le tĂ©moignage concret d’une vie plongĂ©e dans les turpitudes de son temps – Florence en l’an 1300, ses querelles politiques et religieuses qui ont failli mener Dante au bĂ»cher. Avec « Il Viaggio, Dante », Pascal Dusapin (Passion, 2008) et FrĂ©dĂ©ric Boyer proposent un voyage intime Ă  travers le voyage d’un individu exemplaire, tissĂ© de tout ce qui fait l’humain – jusqu’à son accomplissement dans la lumiĂšre et dans la joie. Saisi Ă  trois Ăąges de la vie, Dante passe des cercles de l’enfer, avec sa litanie des damnĂ©s culminant dans la rencontre avec Lucifer, au paradis, oĂč retentit le rire Ă©nigmatique de BĂ©atrice. ChƓur et l’Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon / Kent Nagano, direction. PremiĂšre pour Claus Guth (mise en scĂšne) qui place son protagoniste entre la vie et la mort ; entre-deux incertains, le hĂ©ros explore et s’égare dans l’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© de notre monde contemporain.

En lire plus sur le site du Festival d’Aix en Provence 2022 / page dĂ©diĂ©e Dusapin : Il Viaggio, dante
 :

https://festival-aix.com/fr/evenement/il-viaggio-dante

 

 

 

Jeudi 14 juillet 2022, 21h30 / ROSSINI : MoĂŻse et Pharao.
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Nouvelle production à l’affiche aixoise du 7 au 20 juillet 2022.

GĂ©nie opportuniste, Rossini, nouvelle coqueluche des Français en pleine Ă©gyptomanie, adapte un ancien opĂ©ra crĂ©Ă© Ă  Naples pour la scĂšne de l’OpĂ©ra de Paris. La sortie d’Égypte des HĂ©breux opprimĂ©s (avec la fameuse traversĂ©e de la mer Rouge) est le prĂ©texte d’un grand opĂ©ra spectaculaire ponctuĂ© de plaies et de prodiges dont la puissance, la noblesse, le sens dĂ©jĂ  cinĂ©matographique annoncent Meyerbeer et suscitent l’admiration de Stendhal et Balzac. Michele Mariotti dirige le choeur et l’orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon avec un plateau dominĂ© par le MoĂŻse de Michele Pertusi
 Avec Adrian SĂąmpetrean (Pharaon), Jeanine De Bique (AnaĂŻ)
 Photo : © M Rittershaus

ROSSINI : MoĂŻse et Pharaon / OPÉRA EN QUATRE ACTES – LIVRET DE LUIGI BALOCCHI ET D’ÉTIENNE DE JOUY – CRÉÉ LE 26 MARS 1827 À L’ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE (SALLE LE PELETIER, PARIS)

Plus d’infos sur le site du Festival d’Aix en Provence 2022 / page dĂ©diĂ©e Rossini : MoĂŻse et Pharaon :

https://festival-aix.com/fr/evenement/moise-et-pharaon

 

 moise-et-pharaon-rossini-aix-en-provence-mariotti-pertusi-critique-opera-classiquenews-2022

 

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CRITIQUE, BD : Norma – Si l’opĂ©ra m’était dessiné  (d’aprĂšs Norma de Bellini – Ă©ditions KifadassĂ©)

Kifadasse editions norma bd critique classiquenews Norma pollione adalgisaCRITIQUE, BD : Norma – Si l’opĂ©ra m’était dessiné  (d’aprĂšs Norma de Bellini – Ă©ditions KifadassĂ©) – L’éditeur belge KifadassĂ© renouvelle la rĂ©ussite des prĂ©cĂ©dents ouvrages (ThaĂŻs, Alcina) en prenant certes appui sur le livret du drame lyrique originel, mais aussi en soulignant certains aspects de l’action ou tel trait de la psychologie d’un personnage. Tout ces focus subjectifs mais fidĂšles Ă  l’histoire, que permet le dessin. En l’occurrence, ici, se distingue la figure du proconsul romain Pollione, plus brossĂ© comme un ĂȘtre dĂ©chirĂ© et submergĂ© par sa nouvelle passion, que comme un traĂźtre sans coeur. On apprĂ©cie aussi le dessin tout en Ă©rotisme racĂ© de Norma, vraie prĂ©dicatrice hallucinĂ©e dont la fureur intĂ©rieure premiĂšre (y compris vis Ă  vis de ses propres enfants) est ensuite canalisĂ©e par un sens du sacrifice et de la dignité  admirable. D’ailleurs c’est le sentiment d’admiration qu’elle inspire qui conduit ce mĂȘme Pollione Ă  mourir avec elle
 La tribut gauloise conduite par le druide Oroveso (pĂšre de Norma est Ă©voquĂ©e avec une ĂąpretĂ© virile idĂ©alement guerriĂšre, toute ivre du culte de leur dieu majeur Irminsul
 : les traits sont vifs, la mise en couleur, transparente
 et la relation entre les deux gauloises dominĂ©e par leur sentiment amoureux pour le mĂȘme homme (Norma et sa cadette Adalgisa, deux rivales « rĂ©conciliĂ©es ») complĂšte une galerie de portraits finement caractĂ©risĂ©e. De quoi prĂ©parer l’écoute de l’opĂ©ra proprement dit sans rien manquer ni des enjeux politiques et collectifs, ni de l’évolution intĂ©rieure des personnages
 On attend dĂ©jĂ  le prochain album annoncĂ© dĂ©diĂ© au
 Fidelio de Beethoven. CLIC de CLASSIQUENEWS Ă©tĂ© 2022.

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CRITIQUE, BD : Norma – Si l’opĂ©ra m’était dessiné  (d’aprĂšs Norma de Bellini – Éditions KifadassĂ©) – plus d’infos ici : https://www.kifadasse.com

COMPTE-RENDU, opéra. TOULOUSE, les 29 sept * et 8 oct 2019. BELLINI : NORMA. REBEKA, KOLONITS, DEHAYES, BISANTI.

7 - Norma - Airam Hernandez (Pollione), Klara Kolonits (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco MaglioccaCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. TOULOUSE. CAPITOLE. Le 29 septembre * et le 8 octobre. V. BELLINI. NORMA. A. DELBE. M. REBEKA. K. KOLONITS. K. DEHAYES. A. HERNADEZ. G. BISANTI. Ouvrir la saison nouvelle 2019 2020 du Capitole avec Norma relĂšve du gĂ©nie. Salles combles, public subjuguĂ©, succĂšs total. Une sainte trilogie que tout directeur de salle rĂȘve un jour de vivre. Christophe Gristi a rĂ©ussi son pari. Car il en faut du courage pour monter Norma et trouver deux cantatrices capables de faire honneur au rĂŽle. Nous avons eu la chance d‘avoir pu admirer les deux distributions. En dĂ©butant par Klara Kolonits, nous avons pu dĂ©guster la douceur du timbre, la dĂ©licatesse des phrasĂ©s, la longueur de souffle de sa Norma. Sa blondeur donne beaucoup de lumiĂšre dans le duo final lorsque la bontĂ© et le sacrifice de Norma trouvent des accents sublimes. Norma, la dĂ©esse cĂ©leste, trouve dans l’incarnation de Kolonits, une beautĂ© douce et lumineuse d’une grande Ă©motion. Mais c’est sa consƓur, Marina Rebeka qui est une vĂ©ritable incarnation de Norma, dans toutes ses dimensions de cruautĂ©, de violence, de grande noblesse et de puretĂ© recherchĂ©e dans le sacrifice. (Photo ci dessus : Klara Kolonits et Airam Hernandez).

Au Capitole deux sensationnelles Norma et une sublime Adalgise :
c’est Bellini qui ressuscite.

9.1 - Norma - Marina Rebeka (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

La voix est d’une puissance colossale. La noirceur dont elle sait colorer un timbre trĂšs particulier rappelle d’une certaine maniĂšre La Callas dans son rĂŽle mythique. La voix large et sonore sur toute la tessiture sait trouver des couleurs de camĂ©lĂ©ons, ose des nuances affolantes ; les phrasĂ©s sont absolument divins. L’art scĂ©nique est tout Ă  fait convainquant et sa Norma sait inspirer la terreur, l’amour ou la pitiĂ©. Marina Rebeka est une Norma historique semblant rĂ©vĂ©ler absolument toutes les facettes vocales et scĂ©niques de ce personnage inoubliable.

En face de ces deux Norma, la blonde et la brune, la douceur et l’engagement amical de l’Adalgise de Karine Deshayes, sa constance sont un vĂ©ritable miracle. La voix est d’une beautĂ© Ă  couper le souffle sur toute la tessiture. Les phrasĂ©s belcantistes sont d’une infinie dĂ©licatesse. Les nuances, les couleurs sont en constante Ă©volution. Le chant de Karine Deshayes est d’une perfection totale. Le jeu d’une vĂ©ritĂ© trĂšs Ă©mouvante. Les duos avec Norma ont Ă©tĂ© les vĂ©ritables moments de grĂące attendus. Le « mira o Norma » arracherait des larmes Ă  des rocs.

 

 

9 - Norma - Karine Deshayes (Adalgisa), Marina Rebeka (Norma) - crÇdit Cosimo Mirco Magliocca

 

 

En Pollione , Airam HernĂĄndez s’affiche avec superbe. La voix puissante est celle du hĂ©ros attendu et le jeu de l’acteur assez habile dans le final donne de l’épaisseur au Consul ; ce qui le rend Ă©mouvant. Le timbre est splendide. MĂȘme si le chant parait plus robuste que subtil, l’effet est rĂ©ussi. En Oroveso, BĂĄlint SzabĂł remporte la palme du charisme, vĂ©ritable druide autoritaire dont le retournement final fait grand effet. L’autre titulaire du rĂŽle, Julien VĂ©ronĂšse ne dĂ©mĂ©rite pas mais est plus modeste de voix comme de prĂ©sence, plus jĂ©suite que druide. La Clotilde d’Andrea Soare a un jeu remarquable et une voix claire et sonore qui tient face aux deux Norma si puissantes vocalement. L’orchestre du Capitole mĂ©rite des Ă©loges tant pour la beautĂ© des solos que pour son engagement total tout au long du drame.

Il faut dire que la direction de Giampaolo Bisanti est absolument remarquable. Il vit cette partition totalement et la dirige avec amour. Il en rĂ©vĂšle le drame poignant dans des gestes d’une beautĂ© rare. Il a une prĂ©cision d’orfĂšvre et une finesse dans le rubato tout Ă  fait fĂ©line. Il ose des forte terribles et des pianissimi lunaires.

Dans les duos des dames, il atteint au gĂ©nie sachant magnifier le chant sublime des deux divas. Le rĂȘve romantique a repris vie ce soir et Bellini a Ă©tĂ© magnifiĂ© par l’harmonie entre les musiciens, le chef et les solistes. Les chƓurs ont Ă©tĂ© trĂšs prĂ©sents dans un chant gĂ©nĂ©reux et engagĂ©.

TRISTE MISE EN SCENE… La tristesse de la mise en scĂšne n’est pas arrivĂ©e Ă  cacher le plaisir des spectateurs. Pourtant quelle pauvretĂ©, quelle ineptie de faire dire un texte oiseux en français sur la musique avec la voix du pĂšre Fouras
 Pas la moindre poĂ©sie dans les dĂ©cors, du mĂ©tal froid, des pendrillons fragiles, des costumes d’une banalitĂ© regrettable. Qu’importe la ratage de l’entrĂ©e de Norma trop prĂ©coce, le final sans grandeur, ces chƓurs et ces personnages visibles sans raisons, la musique a tout rattrapĂ©.  Cela aurait pu me donner envie de prendre un permis de chasse pour certaine bĂȘte cornue ridicule et peut ĂȘtre pour le possesseur du tĂ©lĂ©phone coupable de sonner et pourquoi pas pour celles qui ne savent pas laisser Ă  la maison, semainiers et autres bracelets. Ce n’est jamais trĂšs agrĂ©able ces sons mĂ©talliques mais dans cette Norma musicalement si subtile, ce fĂ»t un vĂ©ritable crime.
Qu’importe ces vilains vĂ©niels, le succĂšs de cette ouverture de saison capitoline va rester dans les mĂ©moires !

 

 

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Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse. ThĂ©Ăątre du Capitole, le 29 septembre* et le 8 octobre 2019. Vincenzo Bellini (1801-1835) ; Norma ;  OpĂ©ra  en deux actes ; Livret  de Felice Romani ; CrĂ©ation  le 26 dĂ©cembre 1831 au Teatro alla Scala de Milan ; Nouvelle production ; Anne DelbĂ©e,  mise en scĂšne ; Émilie DelbĂ©e,  collaboratrice artistique ; Abel Orain  dĂ©cors ; Mine Vergez,  costumes ; Vinicio Cheli, lumiĂšres ; Avec : Marina Rebeka / KlĂĄra Kolonits*,  Norma ; Karine Deshayes,  Adalgisa ; Airam HernĂĄndez,  Pollione ; BĂĄlint SzabĂł / Julien VĂ©ronĂšse*,  Oroveso ; Andreea Soare,  Clotilde ; François Almuzara,  Flavio ; ChƓur du Capitole – Alfonso Caiani  direction ; Orchestre national du Capitole ; Giampaolo Bisanti, direction musicale / Photos : © Cosimo Mirco Magliocca / ThĂ©Ăątre du Capitole de Toulouse 2019

Cinéma : Sonya Yoncheva chante Norma

CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinéma diffusent la prise de rÎle événement de cette rentrée lyrique européenne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva.

 

 

yoncheva-sonya-norma-bellini-londres-roh-classiquenews-582-700-annonce-critique A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden Ă  Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rĂŽle proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le rĂ©cent album discographique Verismo a obtenu le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016) 
 Chanter Norma dans le sillon de la crĂ©atrice, Giuditta Pasta n’est pas chose aisĂ©e pour toutes les cantatrices laurĂ©ates Ă  relever les dĂ©fis de ce rĂŽle de femme forte, tragique, toujours digne. Sa grandeur morale fait plier finalement tous ses ennemis, y compris l’indigne romain Pollione, qui l’a abandonnĂ©e pour une plus jeune (Adalgisa) et dont elle a eu deux enfants. MĂšre et femme trahie, Norma incarne un personnage mythique de l’opĂ©ra romantique italien auquel Sonya Yoncheva apporte sa couleur sensuelle et ses dons de tragĂ©dienne extatique, langoureuse, hallucinante (en particulier dans le fameux air Ă  la lune, “Casta diva », air lĂ©gendaire qui a fait le triomphe avant elle, de Maria Callas ou de Montserrat Caballe). Une prise de rĂŽle Ă©vĂ©nement qui explique pourquoi il ne faut manquer sous aucun prĂ©texte cette production diffusĂ©e au cinĂ©ma, ce (lundi) 26 septembre 2016, Ă  partir de 20h, dans les salles partenaires de l’Ă©vĂ©nement.

royal opera house opera au cinemaAutres arguments de cette production londonienne de Norma
 Dans la fosse, l’excellent Antonio Pappano (directeur musical du Royal Opera House / ROH) qui sait ciseler la tenue de l’orchestre dans son rapport aux voix (c’est lui qui dirige Puccini et les vĂ©ristes italiens choisis par Anna Netrebko dans son rĂ©cent recueil « verismo » Ă©ditĂ© chez Deutsche Grammophon. La rĂ©alisation scĂ©nique et visuelle est signĂ©e du truculent et parfois dĂ©lirant Àlex OllĂ©, l’un des directeurs de la compagnie catalane La Fura dels Baus. Pour cette Norma, le metteur en scĂšne inscrit l’action de la prĂȘtresse gauloise dans un contexte de guerre menĂ©e par les extrĂȘmes d’une sociĂ©tĂ© religieuse fanatique. Aux cĂŽtĂ©s de la soprano vedette, distinguons le tĂ©nor maltais riche en finesse et tension dramatique :  Joseph Calleja (Pollione), mais aussi Sonia Ganassi (la jeune prĂȘtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le pĂšre de Norma). DurĂ©e indicative : 3h, comprenant 1 entracte, une prĂ©sentation de 15 minutes.

 

 

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Norma diffusée ainsi depuis Londres ouvre la nouvelle saison du ROH Live Cinema, diffusion dans les salles de cinéma en France des spectacles opéras et ballets de ROH / Royal Opera House de Londres (12 soirées sont annoncées pour cette saison, 6 opéras et 6 ballets).

 
LUNDI 26 SEPTEMBRE 2016, 19h30 : Norma de Bellini, en direct du Royal Opera House de Covent Garden, Londres‹ / ChantĂ© en italien avec des sous-titres en anglais

NORMA : SONYA YONCHEVA
POLLIONE : JOSEPH CALLEJA
ADALGISA : SONIA GANASSI
MUSIQUE – VINCENZO BELLINI
CHEF D’ORCHESTRE : ANTONIO PAPPANO
METTEUR EN SCENE : ÀLEX OLLÉ

 

 

 

+ D’INFOS: sur le site du ROH Royal Opera House de Londres / Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, Ă  l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016

 

Norma de Bellini par Sonya Yoncheva à Londres est diffusé aussi sur la radio BBC 3, le 5 novembre 2016 18h30

Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, Ă  l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016

 

 

+ D’INFOS sur le site du ROH Londres

 

 

LES SALLES EN FRANCE partenaires du ROH, qui diffusent NORMA, le 26 septembre 2016, 19h30 : consulter le site du ROH Live cinema 

 

 

LONDRES, ROH : Sonya Yoncheva chante Norma (12-26 septembre 2016)

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante IrisLONDRES, ROH. Norma de Bellini : 12-26 septembre 2016. Sonya Yoncheva chante Norma. Elle a triomphĂ© dans La Traviata de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille (applaudie vĂ©cue en juin dernier, affirmant par son onctueuse fĂ©minitĂ©, l’une des Violettas les plus raffinĂ©es et convaincantes qui soient, avec sa consƓur albanaise Ermolena Jaho, grande victorieuse des ChorĂ©gies d’Orange 2016), Sonya Yoncheva poursuit sa carriĂšre de haut vol : aprĂšs plus rĂ©cemment une Iris de Mascagni, toute autant voluptueusement aboutie Ă  Montpellier, voici Ă  Londres, sa Norma de Bellini (1831), un rĂŽle qui en plus de la beautĂ© de son timbre de miel, devrait aussi confirmer son belcanto, avec phrasĂ©s et vocalises Ă  l’envi
 Le Royal Opera House prĂ©sente ainsi sa nouvelle production de Norma, prĂȘtresse Ă  la lune et fille du druide Oroveso, mariĂ©e secrĂštement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui prĂ©fĂšre Ă  prĂ©sent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prĂȘtresse gauloise).
La tendresse du rĂŽle, son caractĂšre noble et Ă©nigmatique, sa moralitĂ© aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirables du rĂ©pertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi Ă  peindre l’amitiĂ© entre les deux femmes, toutes deux liĂ©es Ă  Pollione, mais inspirĂ©es par un idĂ©al de loyautĂ© des plus respectables. Adalgisa jure d’inflĂ©chir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprĂšs de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternitĂ©. Sur les traces de la crĂ©atrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva s’apprĂȘte Ă  endosser l’un des rĂŽles qui pourraient bien davantage affirmer sa grande suprĂ©matie vocale comme sa grĂące dramatique. Avec Anna Netrebko son aĂźnĂ©e, une diva d’une irrĂ©sistible vĂ©ritĂ©, doublĂ©e d’une hyperfĂ©minitĂ© particuliĂšrement troublante. Aux cĂŽtĂ©s de Sonya Yoncheva, le tĂ©nor superstar maltais Joseph Calleja, au timbre dĂ©licat et au style raffinĂ©, devrait lui aussi convaincre dans le rĂŽle du romain d’abord traĂźtre honteux, puis touchĂ© par la noblesse de Norma, loyal Ă  son premier amour et prĂȘt Ă  mourir avec elle
 Nouvelle production londonienne incontournable. LIRE notre prĂ©sentation de Norma par Sonya Yoncheva

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Compte-rendu, Opéra. Paris, Théùtre des Champs Elysées, le 14 décembre 2015. Vincenzo Bellini : Norma. Avec Maria Agresta (Norma), Sonia Ganassi (Adalgisa), Marco Berti (Pollione), Riccardo Zanellato (Oroveso), Sophie Van de Woestyne (Clotilde), Marc Larcher (Flavio). Stéphane Braunschweig (mise en scÚne. Riccardo Frizza (direction musicale).

Bellini_vincenzo_belliniDĂ©ception relative pour cette production de Norma qui ne restera pas dans les annales du ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, oĂč le chef d’Ɠuvre de Vincenzo Bellini est donnĂ© pour cinq soirĂ©es. En cause, la mise en scĂšne de StĂ©phane Braunschweig – actuellement directeur du ThĂ©Ăątre National de la Colline, et fraĂźchement nommĂ© Ă  celui de l’OdĂ©on – qui paraĂźt peu inspirĂ©e, dans une scĂ©nographie d’une incroyable laideur (toute l’histoire se dĂ©roule dans un bunker en bĂ©ton) et des costumes d’une tristesse et d’un misĂ©rabilisme sans nom. Avec sa volontĂ© d’épure et de minimalisme – on ne voit rien d’autre sur scĂšne qu’un BonzaĂŻ, un lit et un gong – la proposition scĂ©nique de Braunschweig lasse trĂšs vite, d’autant que la direction d’acteur n’est guĂšre intĂ©ressante, et il n’y a guĂšre que les lumiĂšres conçues par Marion Hewlett qui suscitent un tant soit peu d’intĂ©rĂȘt.

Agresta : marquante Norma

NormaCĂŽtĂ© distribution, commençons par oublier le Pollione de Marco Berti, que rien ne prĂ©dispose Ă  chanter du belcanto (voire le reste du rĂ©pertoire), ses carences techniques paraissant insurmontables : c’est une leçon de malcanto absolu que dĂ©livre, entre deux fausses notes, le tĂ©nor italien. C’est une prestation aux antipodes qu’offre – dans le rĂŽle-titre – Maria Agresta. La magnifique soprano italienne – ovationnĂ©e par le public aux saluts – chante d’emblĂ©e un « Casta Diva » mĂ©morable : pas seulement un moment de beau chant mais aussi une rĂ©flexion de l’hĂ©roĂŻne sur sa condition. Au II, Agresta trouve le juste Ă©quilibre entre ligne et expression, legato et Ă©motion, en jouant avec maestria sur l’alternance des couleurs. Au dernier tableau enfin, elle surprend par l’extrĂȘme intensitĂ© des accents, et bouleverse. Sonia Ganassi, grande habituĂ©e du rĂŽle d’Adalgisa, fait preuve d’un chant sĂ»r, orgueilleux et fier, voire nuancĂ©, accordant cependant la primautĂ© Ă  la rondeur du son et Ă  l’arrogance du timbre – qui se marie au demeurant fort bien avec celui de sa compatriote. Remarquable, enfin, l’Oroveso plein d’autoritĂ© et de prestance de Riccardo Zanellato, aux cĂŽtĂ©s de la belle Clotilde de Sophie Van de Woestyne et du Flavio plus que correct de Marc Larcher.
En fosse, Riccardo Frizza – Ă  la tĂȘte d’un Orchestre de Chambre de Paris qu’on n’attendait pas aussi exemplaire dans un rĂ©pertoire auquel il est peu rompu – prend trĂšs au sĂ©rieux l’instrumentation de Bellini et dirige avec une prĂ©cision qui n’exclut nullement la flexibilitĂ© du rythme ou la richesse de l’expression. Une mention, pour terminer, pour le ChƓur de Radio France, qui conjugue noblesse d’accent et prĂ©cision dans les attaques.

Compte-rendu, Opéra. Paris, Théùtre des Champs Elysées, le 14 décembre 2015. Vincenzo Bellini : Norma. Avec Maria Agresta (Norma), Sonia Ganassi (Adalgisa), Marco Berti (Pollione), Riccardo Zanellato (Oroveso), Sophie Van de Woestyne (Clotilde), Marc Larcher (Flavio). Stéphane Braunschweig (mise en scÚne. Riccardo Frizza (direction musicale).