Duo Beydts / Bernstein Ă  l’OpĂ©ra de Tours

guitry sacha yvonne printemps 019-yvonne-printemps-and-sacha-guitry-theredlistTOURS, OpĂ©ra. DoublĂ© Beydts / Bernstein : 25, 27 et 29 mars 2016. L’OpĂ©ra de Tours en cette ultime saison lyrique que dirige in poco le chef-directeur Jean-Yves Ossonce, joue la carte de l’insouciance apparente, pourtant portĂ©e par une gravitĂ© souterraine qui dĂ©fend sous le masque de la comĂ©die, une profondeur bouleversante. SubtilitĂ©, Ă©vanescence : voilĂ  l’Ă©quation qui donne sa cohĂ©rence Ă  cette nouvelle production Ă©vĂ©nement. Au programme deux pièces lyriques Ă  ne pas manquer : La SociĂ©tĂ© anonyme des messieurs prudents ou SADMP, joyau bouffe en un acte signĂ© Louis Beydts d’après le livret de Sacha Guitry et crĂ©Ă© Ă  Paris en 1931. Puis, Trouble in Tahiti de Leonard Bernstein, Ă©galement en un seul acte unique, crĂ©Ă© Ă  Waltham en juin 1952. Pour unifier le diptyque, c’est la metteur en scène dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ©e ici mĂŞme et dans une autre production double (associant La voix humaine de Pulenc et L’Heure espagnole de Ravel), Catherine Dune qui rĂ©tablit l’action théâtrale tout en cultivant aussi la poĂ©sie et l’humour. Guitry imagine 4 soupirants, dĂ©sormais associĂ©s en sarl pour couvrir de cadeaux « Elle », leur chère idolâtrĂ©e, au prorata de leur investissement. A la crĂ©ation, Guitry avait crĂ©Ă© le rĂ´le d’AgĂ©nor, et sa partenaire, Yvonne Printemps Ă©tait « Elle ». L’ouvrage incarne les dĂ©lices d’un drame savoureux, plein d’esprit, propre aux annĂ©es 1930. Une bouffĂ©e d’insouciance au bord du prĂ©cipice  à venir…

bernstein Leonard_Bernstein_by_Jack_MitchellDans Trouble in Tahiti, Bernstein analyse avec l’acuitĂ© musicale qui lui est propre, les vertiges artificiels de la classe moyenne amĂ©ricaine, Ă  travers un petit couple, très petit bourgeois, très convenable, et pourtant si dĂ©risoire… dĂ©crit par 3 commentateurs (trio mâle et dĂ©lirant). 5 annĂ©es avant West Side Story, tout le Bernstein, gĂ©nie du musical, s’affirme dès 1952 : suavitĂ© mĂ©lodique, parodie et satire Ă  peine voilĂ©e, emportĂ© par un swing irrĂ©sistible et une orchestration d’une finesse Ă©blouissante. Nouvelle production incontournable.

Diptyque Beydts / Bernstein à l’Opéra de Tours
Vendredi 25 mars – 20h
Dimanche 27 mars – 15h
Mardi 29 mars – 20h

 

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 Ă  12h00 / 13h00 Ă  17h45
02.47.60.20.20

theatre-billetterie@ville-tours.fr

LA SOCIÉTÉ ANONYME DES MESSIEURS PRUDENTS
Opéra bouffe en un acte de Louis Beydts
Livret de Sacha Guitry
Création le 3 novembre 1931 à Paris

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Sophie Marin-Degor
Henri Morin : Laurent Deleuil *
Un gros commerçant : Antoine Normand
Un grand industriel : Lionel Peintre
Le Comte Agénor de Szchwyzki : Jean-Marie Frémeau

Présenté en français, surtitré en français

TROUBLE IN TAHITI
Opéra en un acte de Léonard Bernstein
Musique et Livret du compositeur
New Reduced Version – Garth Sunderland
Création le 12 juin 1952 à Waltham

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Dinah : Sophie Marin-Degor
Sam : Laurent Deleuil *
Le trio : Pascale Sicaud Beauchesnais – Lionel Peintre – Antoine Normand

Présenté en anglais, surtitré en français

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Opéra de Tours

Tours, Grand Théâtre. Samedi 7 novembre 2015. Butterworth, Tchaikovsky, Massenet, De Falla. Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours. Sarah Nemtanu, violon (Tchaikovski). Jean-Yves Ossonce, direction.

Compte rendu, concert. Tours, OpĂ©ra. Le 7 novembre 2015 : Tchaikovski, Massenet, De Falla. OSRCVDLT, Jean-Yves Ossonce, direction. PoĂ©sie et richesse des folklores Ă  l’OpĂ©ra Théâtre de Tours. GĂ©nĂ©reuse offrande que celle du chef de l’OSRCVDL-T, c’est Ă  dire Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours, rebaptisĂ© rĂ©forme territoriale oblige : le redĂ©coupage de la carte des rĂ©gions agrandit les territoires et les titres en consĂ©quence, sans pour autant augmenter les budgets de fonctionnement… Qu’importe, le maestro Jean-Yves Ossonce en place depuis 1999, -bientĂ´t absent Ă  compter de septembre 2016, depuis la dĂ©claration de sa dĂ©mission volontaire-, nous offre de fait une gĂ©nĂ©reuse soirĂ©e symphonique dont l’Ă©clectisme apparent, vrai tour europĂ©en des styles : russe avec Piotr Ilitch, français acadĂ©mique avec Massenet, furieusement ibĂ©rique grâce Ă  De Falla, enfin britannique poĂ©tique avec Butterworth, ne doit pas occulter la profonde cohĂ©rence ; car c’est surtout un hommage Ă  cette inspiration que l’on s’obstine Ă  vouloir anecdotique voire artificielle, pourtant essentielle pour l’Ă©panouissement des tempĂ©raments ou des Ă©critures : le folklore.

 

 

 

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Rien de dĂ©coratif Ă  l’Idyll n°1 de Butterworth mais l’expression d’une rĂŞverie qui passe surtout par la virtuositĂ© toute intĂ©rieure des instruments en particulier l’Ă©lĂ©gance du hautbois, chantre d’un pastoralisme très sĂ©duisant, jouĂ© chantant et suggestif.

Puis c’est le clou de la soirĂ©e : le Concerto pour violon de Tchaikovski, dĂ©ferlement sensible et si tendre d’un cri du cĹ“ur, probablement celui du compositeur lui-mĂŞme, alors foudroyĂ© par les suites presque tragiques de son mariage ratĂ© avec Antonina Milyukova. En 1879, Piotr Ilitch retrouve un regain de crĂ©ativitĂ© et compose son Concerto unique et singulier, peut-ĂŞtre sĂ©duit par la personnalitĂ© du jeune violoniste Iosif Kotek, son Ă©lève et ami qui l’avait rejoint. En mars 1879, naĂ®t ainsi ce chef d’oeuvre d’une tendresse Ă  la fois Ă©perdue et solaire, d’une Ă©lĂ©gance inouĂŻe que la soliste invitĂ©e, premier violon solo du National de France, Sarah Nemtanu, elle-mĂŞme fille de musiciens chevronnĂ©s, aborde avec une assurance indiscutable, s’affranchissant d’emblĂ©e de toute tiĂ©deur douceâtre pour inscrire le Concerto dans une dĂ©termination Ă  la parfaite musicalitĂ©. La violoniste observe un corps Ă  corps musclĂ©, parfois très tranchĂ© avec l’orchestre, mais elle sait aussi Ă©blouir par sa musicalitĂ© introspective et des couleurs d’une pudeur profonde voire grave en particulier dans la Canzonetta ou second mouvement : l’Ă©pisode en parfaite complicitĂ© avec chef et instrumentiste prend alors des allures de rĂŞverie nocturne, soulignant le repli et la mĂ©ditation oĂą s’affirme le chant suave irrĂ©sistible lui aussi de la clarinette… La soliste aborde ensuite le dernier mouvement Rondo final avec la vivacitĂ© requise, celle d’une exploratrice Ă  la fois dominatrice et passionnĂ©e, vĂ©ritablement emportĂ©e par le feu de cette danse devenue transe oĂą le chant du violon se fait cri de victoire. Le spectateur suit l’Ă©loquence du violon d’une agilitĂ© trĂ©pidante, relevant les dĂ©fis spectaculaires d’une partition qui ayant Ă©tĂ© estimĂ©e “injouable”, ne fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne intĂ©gralement et dans sa version pour orchestre qu’en novembre 1881.

Les deux compositeurs qui suivent (après l’entracte) dĂ©montrent l’appĂ©tit du chef, sa curiositĂ© rare, et l’implication des instrumentistes de l’orchestre Ă  le suivre : c’est toujours sur le thème de la soirĂ©e, un hommage Ă  l’inspiration musicale portĂ©e par la richesse des folklores ; si l’on veut bien reconnaĂ®tre chez Tchaikovski, une certaine idĂ©e parfaitement russe de la mĂ©lancolie et de l’ivresse romantique ; chez Butterworth, ce pastoralisme inspirĂ© par la beautĂ© des comtĂ©s britanniques, d’emblĂ©e Massenet impose le motif provincial (dans le titre mĂŞme de sa Suite pour orchestre) : Scènes alsaciennes qui crĂ©Ă©es en 1882 par Edouard Colonne au Châtelet, claironne aussi tel un manifeste politique clairement nostalgique : l’Ă©poque est au patriotisme, renforcĂ© chez les musiciens par la crĂ©ation de la SociĂ©tĂ© nationale de Musique (fondĂ©e en 1871 par Camille Saint-SaĂ«ns au lendemain de la dĂ©faite française). AnnexĂ©e Ă  la Prusse depuis 1870, l’Alsace est une terre fraternelle, dĂ©sormais perdue que le poète compositeur chante et regrette : convoquant le dimanche matin Ă  l’heure des offices, le tapage joyeux du Cabaret sur la grand rue, l’Ă©treinte amoureuse du couple sous les tilleuls (dialogue enivrĂ©e, murumurĂ©e entre le violoncelle et la clarinette)… Jean-Yves Ossonce a la baguette vive et nerveuse, sachant jouer des dynamiques et des couleurs d’un orchestre franc, expressif, d’une couleur parfois militaire ; d’ordinaire  placĂ© plus bas, dans la fosse aux heures de la saison lyrique du mĂŞme théâtre l’orchestre se trouve ce soir sur la scène faisant valoir sa dĂ©fense d’une partition aujourd’hui disparue ; et d’ailleurs, l’acuitĂ© du trait, la facilitĂ© des passages intimistes et triomphants voire bruyants (l’ivresse Ă  peine masquĂ©e des bois dans Au Cabaret) rappellent cette plasticitĂ© dramatique qui chez Puccini rĂ©cemment (Il Trittico, mars 2015 : reportage vidĂ©o) et les Français (Ravel pour L’Heure espagnole et La Voix Humaine de Poulenc, la saison dernière : reportage vidĂ©o, avril 2015) sans omettre un Massenet de mĂŞme euphorie (ThaĂŻs, reportage vidĂ©o, octobre 2011), font la sĂ©duction d’un collectif tout autant impliquĂ© pour l’opĂ©ra.

Somptueuse conclusion, et d’une fluiditĂ© plus envoĂ»tante encore, grâce Ă  une sonoritĂ© plus cohĂ©rente, la Suite n°2 du Tricorne de Manuel De Falla (1921) convainc totalement tout en servant elle aussi parfaitement le thème choisi : De Falla y assemble en un puzzle irrĂ©sistible de couleurs et de rythmes, un festival de danses espagnoles, chacune marquant d’un tempĂ©rament fort, la carrure et le dĂ©veloppement de chaque Ă©pisode ; ainsi castillane est la noblesse courtoise (urbaine) de Los Vecinos : car c’est bien une SĂ©guedille qui ouvre ce triptyque d’une Ă©poustouflante vivacitĂ© entre grâce et nerf ; puis orchestre et chef impriment Ă  la danse virile, Farruca (provenant de Galice), son expressivitĂ© âpre et très contrastĂ©e, cependant que le finale, – Jota des plus passionnĂ©es et flamboyantes (avec castagnettes trĂ©pidantes)-, emporte tout l’orchestre dans un dĂ©ferlement d’accents et de scintillements eux aussi victorieux. Le geste est clair et carrĂ©, l’attention aux timbres, constante, et Ă  travers la cohĂ©rence du programme et le caractère de certains Ă©pisodes qui d’un compositeur Ă  l’autre, se rĂ©pondent indiscutablement (Au Cabaret de Massenet et cette Joa endiablĂ©e, ivre, de De Falla), s’impose Ă  Tours un goĂ»t sĂ»r pour les partitions hautement colorĂ©es, subtilement introspectives.

Jean-Yves Ossonce sait entretenir le feu symphonique, d’autant que le prochain rendez-vous promet un Ă©gal engagement en complicitĂ© avec un soliste de premier plan :  Adam Laloum, le poète des pianistes, dans le Concerto pour piano de Brahms, couplĂ© avec Mort et transfiguration de Richard Strauss et La Valse de Ravel… nouveaux dĂ©fis, nouveaux accomplissements. Les 5 et 6 dĂ©cembre 2015 Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 

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Illustration : Poésie et richesse des Folklores, lyrisme éperdu et tendre de Tchaikovski à Tours : la violoniste Sarah Nemtanu et le chef Jean-Yves Ossonce : accord parfait dans le Concert pour violon de Tchaikovski (DR : © G. Proust / Opéra de Tours novmebre 2015).

 

Tchaikovski, Massenet… Concert Symphonique Ă  Tours

ossonce jean yves osrct symphonique toursTours. Concert Tchaikovski, Massenet, Falla. Les 7 et 8 novembre 2015.  AffinitĂ©s tchaikovskiennes… On se souvient d’une exceptionnelle Symphonie n°6 de Tchaikovski par Jean-Yves Ossonce et l’Orchestre tourangeau : sur le plan interprĂ©tatif : profondeur, gravitĂ©, tendresse et introspection. Sur le plan artistique, complicitĂ©, entente, Ă©coute rĂ©ciproque. Un accomplissement rĂ©alisĂ© en novembre 2014 et qui pourrait se renouveler un an après… les 7 et 8 novembre prochains, pour le concert d’ouverture de la nouvelle saison symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours, tant chefs et instrumentistes s’entendent visiblement dans l’expression de la sensibilitĂ© tchaikovskienne. Le Concerto pour violon, sommet de la sensibilitĂ© romantique version russe est l’affiche du programme de l’OpĂ©ra de tours, constituant sa pièce maĂ®tresse oĂą la violoniste Sarah Nemtanu assure la partie solistique. LIRE notre compte rendu critique du concert 6ème Symphonie de Tchaikovski par Jean-Yves Ossonce et l’Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours.

 

 

 

Tchaikovski romantique, Massenet nostalgique

 

Temps fort et séance inaugurale de la saison symphonique de l'Opéra de Tours avec par Jean-Yves Ossonce, la 6ème "Pathétique" de Tchaikovski : les 15 et 16 novembre 2014

Temps fort et sĂ©ance inaugurale de la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours avec par Jean-Yves Ossonce, le Concerto pour violon de Tchaikovski : les 7 et 8 novembre 2015

Concerto pour violon de Tchaikovski : Clarens, 1878. Après son mariage raté et la séparation qui en découle, avec Antonina Milukova, Tchaïkovski, dépressif, se retire en Suisse, à Clarens, en 1878. A 38 ans, le compositeur se recentre sur une nouvelle oeuvre, probablement inspirée par la Symphonie espagnole d’Edouard Lalo.
Le compositeur pensait dédier son Concerto au violoniste Leopold Auer qui refusa cet honneur, trouvant l’oeuvre inexécutable! Adolf Brodsky, qui le joua et oeuvra pour sa notoriété auprès du public, en devint le dédicataire. Dans l’Allegro moderato, la virtuosité du violon solo conduit le développement mélodique. La Canzonetta fait entendre une nouvelle ampleur mélodique, autour d’un thème nostalgique, très vocal, dans le ton de sol mineur. Le dernier mouvement, Allegro vivacissimo impose un début tzigane bondissant, puis se succèdent motif nerveux et brillant à la Mendelssohn, et éléments de danse populaire, au caractère affirmé.

Massenet jules cherubin Jules_Massenet_portraitEgalement Ă  l’affiche de ce programme Ă©clectique, d’autant plus captivant, les pages mĂ©connues du Massenet symphoniste : Scènes Alsaciennes dont le sujet pourrait bien contester de façon nostalgique et pacifiste, l’annexion de l’Alsace Ă  l’Empire germanique depuis 1870. Au moment de la crĂ©ation d’HĂ©rodiade Ă  Bruxelles en 1881, Massenet a l’idĂ©e de composer son ultime cycle de musique symphonique pure : les Scènes Alsaciennes crĂ©Ă©es en 1882 : suivant la trame romanesque du texte de Daudet (Contes du lundi : “Alsace, Alsace”), le compositeur cĂ©lèbre avec vivacitĂ© l’acuitĂ© sensible de l’âme alsacienne : appel de la clarinette et de la flĂ»te un dimanche matin au moment de la messe (Ă©pisode serein), gaietĂ© franche et contrastĂ©e dans Au cabaret au rythme tripartite, volontairement rustique ; tendresse de Sous les tilleuls oĂą se prĂ©cise l’Ă©vocation d’un couple amoureux ; enfin l’entrain de la dernière scène, Dimanche soir, associe folklore et fanfare militaire pour une cĂ©lĂ©bration expressive elle aussi criante de vĂ©ritĂ©.

 

 

 

George Butterworth
English Idyll n°1
La saison symphonique s’ouvre sur la diversité de la musique européenne et de ses sources populaires, tout autant que sur le poids de l’histoire. George Butterworth, compositeur anglais, engagé volontaire dès 1914, fut tué pendant la bataille de la Somme le 5 août 1916. Nous lui rendons hommage avec cette English Idyll, qui plonge ses racines dans sa terre natale. Une stèle a été élevée à sa mémoire à Pozières, et son corps ne fut jamais retrouvé.

Piotr Ilitch TchaĂŻkovski
Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 35
Concentré d’âme slave, le Concerto de Tchaïkovski sera interprété par Sarah Nemtanu, plus jeune violon solo jamais nommé à l’Orchestre National de France, qui l’a enregistré pour le film Le Concert et avec son orchestre dirigé par le grand Kurt Masur. À noter que la saison lyrique sera l’occasion de redécouvrir Eugène Onéguine, autre chef d’oeuvre de la même période.

Jules Massenet
Scènes alsaciennes, Suite pour orchestre n°7
Rareté que les Scènes Alsaciennes, où Massenet mêle son sens mélodique et orchestral à des effluves patriotiques (l’Alsace était alors depuis la guerre de 1870 occupée par l’Allemagne).

Manuel de Falla
Le Tricorne, Suite n°2
Les Danses du Tricorne, symbole de la musique espagnole dans son acception la plus authentique, conclueront ce programme dĂ©diĂ© Ă  l’histoire et Ă  la culture europĂ©ennes “de l’Atlantique Ă  l’Oural”.

 

 

 

Sarah Nemtanu, violon
Jean-Yves Ossonce, direction

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

boutonreservationSamedi 7 novembre – 20h
Dimanche 8 novembre – 17h
Conférence : présentation aux œuvres, les 7 novembre à 19h, 8 novembre à 16h
Grand théâtre, Salle Jean Vilar, entrée gratuite

 

 

Opéra, compte-rendu critique. Tours, Grand Théâtre, le 26 mai 2015. Giuseppe Verdi : La Traviata. Eleonore Marguerre, Sébastien Droy, Kristian Paul. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Nadine Duffaut, mise en scène

Cette Traviata qui clôt la saison de la maison tourangelle, c’est avant tout une histoire d’amour entre un chef et sa Violetta. Rarement on aura vu une baguette à ce point se mettre au service d’une chanteuse, la soutenir autant, suivre la moindre de ses inflexions pour lui permettre d’aller au bout de ses sons et de ses mots. C’est le miracle opéré ce soir par Jean-Yves Ossonce et Eleonore Marguerre, pour les premiers pas de la soprano allemande dans ce rôle mythique.

 
  

Triomphe pour Eleonore Marguerre dans le rôle de Violetta Valéry

Un chef amoureux de sa très grande Violetta

 

traviatat2Un coup d’essai, véritable coup de maître, qui nous fait traverser toute la représentation des larmes aux coins des yeux.  On se souvenait d’Eleonore Marguerre en Fée dans la Cendrillon de Massenet à l’Opéra du Rhin voilà plus de dix ans, on l’avait aperçue furtivement dans le rôle de Ghita à Nancy au cours d’un mémorable Nain de Zemlinsky il y a deux ans, quelle évolution depuis ! Ce que l’instrument a perdu dans le suraigu, il l’a acquis dans un médium somptueux qui conduit à un aigu aussi riche qu’aisé, de superbes notes hautes n’empêchant en rien un grave habilement poitriné. Mais plus encore que la technicienne, d’une sécurité totale, c’est devant l’artiste, immense, qu’il convient de s’incliner bien bas. Le rôle semble avoir été pensé et mûri depuis bien longtemps, tant l’incarnation frappe avec évidence par sa justesse et sa sincérité. Dès les premières notes de « E strano », chantées dos au public, le regard perdu au milieu des flocons qui tombent le long des vitres du décor, on pressent que cette Violetta sera de celles qui comptent. « Ah fors’è lui » bouleverse : le phrasé est déployé avec une élégance, une grâce de mozartienne ; les mots sont ciselés comme rarement, chaque syllabe empreinte de sa propre force, presque recitar cantando, et pourtant chaque son demeure pleinement chanté, vibrant et pleinement incarné. Les couleurs se succèdent, toujours très proches, jamais vraiment identiques, au gré des strophes et des affects, jusqu’à une reprise de « Sempre libera » à la tendresse inédite, comme finalement conquise par l’amour tant redouté.

 

Le deuxième acte met en valeur la tragédienne, toute de douleur contenue, culminant avec un « Dite alla giovine » à fleur de lèvres et de cœur, et un « Amami Alfredo » débordant d’amour.

Le troisième acte achève en apothéose ce portrait déjà pleinement abouti de la courtisane verdienne. La lecture de la lettre, presque murmurée – y compris le funeste « E tardi » qu’elles sont trop nombreuses à jeter au silence dans un cri de désespoir –, amène naturellement à un « Addio del passato » comme éclairé par la lumière du Dieu dont elle implore la clémence, et achevé sur une messa di voce infinie, du très grand art. Jusqu’au bout, on souffre avec cette Violetta ivre de vie et pourtant fragile comme un oiseau tombé d’une branche.

 
 

CR TRAVIATA

 
 

Mais pareille réussite n’aurait pas été possible sans Jean-Yves Ossonce, qui couve sa Violetta comme un trésor.  Il faut l’entendre tisser un véritable tapis sonore sous les pas de sa chanteuse, lui tendre ses notes, guider l’orchestre au milieu de ses soupirs.  Un exemple entre mille : dans le duo « Parigi o cara », lorsque la soprano reprend le thème, qu’il est bon de voir le chef ralentir sensiblement sa battue et ajuster son tempo afin de lui permettre ses plus beaux pianissimi, dans une osmose musicale totale.

 

traviatat5Face Ă  cette communion, le reste de la distribution demeure quelque peu en retrait, malgrĂ© d’excellentes performances. SĂ©bastien Droy incarne un Alfredo très attachant, excellent musicien et semblant avoir gagnĂ© en aisance dans l’aigu, mais dont l’émission audiblement très couverte et un rien engorgĂ©e manque de rayonnement. Il faut attendre le dernier duo et la dĂ©licatesse dans les piani qu’il permet pour profiter pleinement d’un chant simple et naturel de la part du tĂ©nor français. A ses cĂ´tĂ©s, Kristian Paul – remplaçant Enrico Marrucci initialement prĂ©vu – ne fait qu’une bouchĂ©e du rĂ´le de Germont grâce Ă  sa voix aussi imposante que sa stature de gĂ©ant. Si le mĂ©dium apparaĂ®t parfois charbonneux, l’aigu en revanche est d’une aisance totale, et l’interprète ose de très belles nuances, peignant un portrait finalement touchant du terrible patriarche. Tous les seconds rĂ´les sont bien tenus, de la Flora veloutĂ©e de Pauline Sabatier au docteur percutant de Guillaume Antoine, en passant par l’omniprĂ©sente Annina de la sonore Blandine Folio Peres. La mise en scène bien connue de Nadine Duffaut fonctionne toujours, depuis sa crĂ©ation Ă  Massy en 2006. Situant l’action au cĹ“ur de l’HĂ´tel Lutetia durant l’Occupation, Violetta expirant, le crâne tondu, Ă  la LibĂ©ration, cette scĂ©nographie vaut surtout par ses somptueux dĂ©cors et ses beaux costumes, le talent des solistes et la musique de Verdi faisant le reste. Le maĂ®tre de Busseto est superbement servi ce soir, grâce aux chĹ“urs maison, toujours impeccablement prĂ©parĂ© par Emmanuel Trenque – dont c’était la dernière production Ă  Tours, la suite de sa carrière se dĂ©roulant dĂ©sormais Ă  Marseille –, et Ă  l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours en pleine forme, distillant de remarquables soli, notamment un superbe hautbois.

Le chef galvanise ses troupes, offrant une partition très complète, incluant toutes les strophes des airs, y compris cabalettes et reprises, un vrai régal.

Une grande soirée durant laquelle l’émotion nous aura pris par surprise, grâce à la découverte d’une nouvelle Violetta, d’ors et déjà une très grande Violetta.

 

 

 

 

Tours. Grand Théâtre, 26 mai 2015. Giuseppe Verdi : La Traviata. Livret de Francesco Maria Piave d’après Alexandre Dumas. Avec Violetta : Eleonore Marguerre ; Alfredo : SĂ©bastien Droy ; Germont : Kristian Paul ; Flora : Pauline Sabatier ; Annina : Blandine Folio Peres ; Gastone : Yvan Rebeyrol ; Baron Douphol : Ronan NĂ©dĂ©lec ; Marquis d’Obigny : François Bazola ; Docteur Grenvil : Guillaume Antoine. ChĹ“urs de l’OpĂ©ra de Tours ; Chef de chĹ“ur : Emmanuel Trenque. Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre – Tours. Jean-Yves Ossonce, direction musicale ; Mise en scène : Nadine Duffaut. Assistante mise en scène : Patricia Horvarth ; Emmanuel Favre ; Costumes : GĂ©rard Audier ; Lumières : Jacques Chatelet ; Assistant lumières : Olivier Verecchia ; ChorĂ©graphie : Tatiana Gomez ; Chef de chant ; Vincent Lansiaux

 

Illustrations: © François Berthon / Opéra de Tours 2015

 
 

Compte rendu, opéra. Tours, Opéra, le 10 avril 2015. Poulenc : La Voix humaine. Ravel : L’Heure Espagnole. Anne-Sophie Duprels, Elle. Aude Estremo (Concepcion)… OSRCT. Jean-Yves Ossonce, direction. Catherine Dune, mise en scène.

Familière de la scène tourangelle, la soprano Catherine Dune – qui chantait cette saison Despina de Cosi  fan Tutte de Mozart, offre ici sa première mise en scène Ă  Tours. La sensibilitĂ© et l’humanitĂ© de l’artiste se ressentent  dans l’approche du diptyque choisi par le chef et directeur Jean-Yves  Ossonce : en associant les deux drames en un acte, La voix humaine puis L’Heure espagnole, de Poulenc et Ravel respectivement, il s’agit bien Ă  travers chaque hĂ©roĂŻne : “Elle ” puis la femme  de l’horloger Torquemada, Concepcion, de deux portraits de femmes que la question du dĂ©sir et de l’amour taraude, exalte, exulte, met au devant de la scène.

 
 

Nouvelle production convaincante Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Deux portraits du désir féminin

 

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015Deux espaces clos, lieux de l’enfermement, unissent les deux univers lyriques mais le poids Ă©touffant du huit clos – vĂ©ritable billot sentimental  et cathartique oppresse chanteuse et spectateurs dans La Voix humaine quand les dĂ©lices doux amers, tragico comiques de la dĂ©licieuse comĂ©die  de Ravel, produisent un univers tout autre :  magique et onirique surtout fantastique et surrĂ©aliste. C’est ce second volet qui nous a le plus  sĂ©duit. … non pas tant par sa durĂ©e : presque une heure quand La voix humaine totalise  3/4 d’heure,  que par la profonde cohĂ©rence qu’apporte la mise en scène.
L’Heure espagnole impose sa durĂ©e impĂ©rieuse au couple dĂ©luré  et si mal appareillĂ© de l’horloger Torquemada (en blouse et Ă  lunettes, sorte de voyeur de laboratoire), et de son Ă©pouse la belle brune Concepcion dont l’excellente Aude Estremo fait une prodigieuse incarnation : tigresses toute en contrĂ´le, la pulpeuse collectionne les amants sans ĂŞtre satisfaite, -frustration inconfortable qui on le comprend en cours de soirĂ©e n’est pas sans ĂŞtre cultivĂ©e par son Ă©poux lui-mĂŞme dont Catherine Dune fait l’observateur assidu mais discret des frasques de sa femme. La sensibilitĂ© extrĂŞme de la metteure en scène sait aussi cultiver la pudeur et l’innocence quand surgit l’amour vĂ©ritable entre Concepcion et le muletier Ramiro dont le charme direct et physique contraste avec le poète Gonzalvo, bellâtre mou des corridas d’opĂ©rettes, aux Ă©lans amoureux toujours vellĂ©itaires (impeccable Florian Laconi).
Dans cet arène  de pure fantasmagorie, Didier Henry a le ton juste du songe ; le baryton Alexandre Duhamel (Ramiro),  celui naturel  du charme sans esbroufe, et c’est surtout la mezzo Aude Estremo, dĂ©cidĂ©ment qui en donnant corps au personnage central,  rend son parcours très convaincant d’autant que la voix est sonore, naturellement puissante et finalement articulĂ©e. Son piquant et son tempĂ©rament L’univers dĂ©lurĂ© fantasque dĂ©fendu ici  souligne avec finesse les multiples joyaux dont la partition est constellĂ©e ; c’est un travail visuel qui s’accorde idĂ©alement Ă  la tenue de l’orchestre dont le raffinement permanent et le swing hispanisant convoquent le grand opĂ©ra : l’air de Concepcion,  qu’elle aventure qui marque le point de basculement du personnage (son coup de foudre troublant vis Ă  vis du muletier) fait surgir une vague irrĂ©pressible de candeur et de sincĂ©ritĂ© dans une cycle qui eut paru artificiel par sa mĂ©canique rĂ©glĂ©e Ă  la seconde  (les sacs  de sable que l’on Ă©ventre pour en faire couler la matière comme un sablier).

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015En première partie de soirĂ©e (La Voix humaine), Anne-Sophie Duprels sĂ©duit indiscutablement par son chant velouté  et puissant Ă  la diction parfois couverte par l’orchestre. Sur un matelas dĂ©multipliĂ©, ring de ses ressentiments sincères amères, le chant se libère peu Ă  peu dans une mise en scène Ă©purĂ©e presque glaçante dont les lumières accusent la progression irrĂ©pressible : la cage qui enserre le coeur meurtri de l’amoureuse en rupture s’ouvre peu Ă  peu Ă  mesure que les cordes qui la composent et qui descendent depuis les cintres, sont levĂ©es, ouvrant l’espace ; rĂ©vĂ©lant l’hĂ©roĂŻne Ă  elle-mĂŞme en une confrontation ultime : dire, exprimer et nommer la souffrance, c’est se libĂ©rer. C’est au prix de cette Ă©preuve salvatrice – essentiellement cathartique-,  qu‘Elle prend conscience de sa force et de sa volontĂ© ; volontĂ© de dire : tu me quittes. Soit je l’accepte. Laisser faire, lâcher prise, renoncer. … autant d’expĂ©riences clĂ©s que la formidable soprano Ă©claire de sa prĂ©sence douce et carressante, nuancĂ©e et intense.

Dans la fosse, en maĂ®tre des couleurs et des teintes atmosphĂ©riques, Jean Yves Ossonce fait couler dans la Voix humaine le sirop onctueux et ductile de l’ocĂ©an de sensualitĂ© dont a parlĂ© Poulenc,  lequel semble compatir avec Elle ; le chef trouve aussi le charme d’une dĂ©contraction Ă©lĂ©gantissime de l’Heure Espagnole, dont le dialogue idĂ©al avec la mise en scène et les dĂ©cors suscite un formidable cirque nocturne, enchanteur et rĂ©aliste Ă  la fois. La profondeur se glisse continĂ»ment dans cet Ă©loge feint de la lĂ©gèreté… La rĂ©ussite Ă©tant totale, voici après le formidable Trittrico de Puccini prĂ©sentĂ© en mars dernier (prĂ©cision et sĂ©duction cinĂ©matographique), la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours  qui crĂ©e lĂ©gitimement l’Ă©vĂ©nement dans l’agenda lyrique de ce printemps. A voir au Grand Théâtre de Tours les 10, 12 et 14 avril 2015.

 

 

 

APPROFONDIR : voir notre clip vidĂ©o La Voix humaine et l’Heure espagnole au Grand théâtre de Tours les 10,12,14 avril 2015

 

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

Compte-rendu, opéra. Tours, Grand théâtre, Mars 2015 : Puccini : Il Trittico. Jean-Yves Ossonce, direction. Pierre-Emile Fourny, mise en scène.

Le chef Jean-Yves Ossonce – directeur des lieux-,  retrouve Paul Emile Fourny après un RomĂ©o et Juliette dĂ©jĂ  convaincant. L’inspiration du metteur en scène (et directeur de l’OpĂ©ra de Metz), redouble mĂŞme de pertinence dans ce triptyque  (Il Trittico) oĂą l’efficacitĂ© théâtrale prolonge Verdi pour atteindre un impact rare, d’un esthĂ©tisme… cinĂ©matographique. Le choix du metteur en scène s’est portĂ© sur le jeu d’acteurs (impeccable de bout en bout), laissant la place aux protagonistes de la nouvelle production (crĂ©Ă©e en SlovĂ©nie jusqu’alors inĂ©dite en France).

Quai de Seine, cloĂ®tre des recluses, maison familiale… : chaque univers du Trittico est scrupuleusement respectĂ©, rehaussĂ© mĂŞme par l’intelligence du propos visuel ; la leçon de Puccini, deux tragĂ©dies prĂ©alables, une comĂ©die fine, rossinienne et verdienne, est restituĂ©e dans tout sa force et son dĂ©lire poĂ©tique. Un tel jeu des contrastes est un terrible dĂ©fi pour les metteurs en scène (et aussi les chefs) : dans son dĂ©roulement, la soirĂ©e est riche en dĂ©couvertes et satisfactions.

C’est d’abord, le jeu exceptionnellement fluide et nuancĂ© du baryton Tassis Christoyannis (applaudi auparavant pour un Don Giovanni impeccable et mordant) : sombre Michele dans Il Tabbaro (Ă  l’issue sauvage et barbare : Paul-Emile Fourny reprend le premier canevas de Puccini, celui des deux morts finales): tout en regards millimĂ©trĂ©s, en gestes et postures naturels, le chanteur se montre un formidable acteur qui sait aussi exprimer les failles non dites du patron de Luigi : un ĂŞtre dĂ©chirĂ© que la perte de l’amour de sa femme (et de leur enfant) a prĂ©cipitĂ© dans l’amertume haineuse, silencieuse et… meurtrière.
Quel contraste avec son dĂ©lire burlesque et lui aussi parfaitement mesurĂ©, d’une finesse rare, pour Gianni Schicchi : son intelligence lumineuse et positive contraste avec le profil Ă©triquĂ© et gris de la famille du dĂ©funt ; les sketches s’amoncellent sur la scène sans pourtant encombrer la finalitĂ© et l’enjeu de chaque situation, et fidèle Ă  son fil rouge qui est l’eau, d’Ĺ“uvre en Ĺ“uvre, Paul-Emile Fourny fait traverser des eaux d’Ă©gout aux personnages qui viennent visiter le mort et ses hĂ©ritiers… eaux boueuses et sales pour une famille de sacrĂ© filous âpres au gain. La cohĂ©rence de chaque rĂ´le est formidable ; elle offre une leçon de pĂ©tillance et de saine comĂ©die. C’est drĂ´le et lĂ©ger, mais aussi outrageusement juste et profond. La dernière rĂ©plique (parlĂ©e) de Gianni, Ă  l’adresse du public, n’en gagne que plus de pertinence.

 

 

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Dans le volet central, le plus bouleversant, Suor Angelica, le soprano tendre et intense de Vannina Santoni Ă©blouit la scène par sa prĂ©sence simple, elle aussi d’une absolue justesse d’intonation. Femme condamnĂ©e par sa famille au cloĂ®tre, AngĂ©lique doit renoncer Ă  tout et finit suicidaire après avoir appris que son garçon Ă©tait mort depuis… 2 ans. Celle Ă  qui tout fut exigĂ© jusqu’au sacrifice de sa propre vie, exulte ici avec une intensitĂ© contenue, un feu Ă©motionnel qui va crescendo jusqu’Ă  la mort. Le style, l’Ă©conomie, la concentration de Vannina Santoni nous hantent encore par leur exactitude, et aussi une grande humilitĂ© qui est toujours le propre des grands interprètes.

Courrez voir et applaudir ce Triptyque nouveau Ă  l’OpĂ©ra de Tours, d’autant qu’en chef lyrique aguerri, Jean-Yves Ossonce apporte le soutien et l’enveloppe instrumentale idĂ©ale aux chanteurs : travail d’orfèvre lĂ  encore oĂą outre les somptueux climats symphoniques, – parisien au bord de la Seine dans Il Tabbaro, de l’enfermement ultime pour Suor Angelica-, le chef construit le dernier volet tel une comĂ©die chantante, vrai théâtre musical qui grâce au dĂ©licat Ă©quilibre voix / orchestre rĂ©ussit totalement cette dĂ©clamation libre et articulĂ©e dont Puccini a rĂŞvĂ© : une farce lĂ©gère et subtile sertie comme un gemme linguistique. OĂą l’on rit souvent, oĂą l’on est touchĂ© surtout. Superbe production. Encore une date, le 17 mars Ă  20h.

 

 

 

VidĂ©o, clip : Nouvelle Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours, dĂ©cembre 2014

Épatante Chauve Souris Ă  l'OpĂ©ra de ToursVIDEO,clip. Tours, OpĂ©ra : nouvelle Chauve Souris. Dialogues en français, airs chantĂ©s en allemand, la nouvelle production de La Chauve-Souris de Johann Strauss II prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours les 27,28,30 et 31 dĂ©cembre 2014 rĂ©tablit l’Ă©lĂ©gance, la finesse d’une partition musicalement irrĂ©sistible et théâtralement pĂ©tillante : l’acteur et metteur en scène Jacques Duparc rĂ©invente la saveur des situations sans les dĂ©naturer, dans la fosse, Jean-Yves Ossonce fait briller couleurs et caractères des danses Ă©crites par Strauss, chez les Eisenstein, au bal du Prince Orlofsky, dans la prison de Franck oĂą chacun abat son masque… nuit de folie, nuit d’ivresse et de travestissements, La Chauve Souris est aussi la rĂ©alisation d’une vengeance, celle de Falke au dĂ©triment d’Eisenstein, dindon de la farce : le sĂ©ducteur impuni est dĂ©voilĂ© par sa femme Rosalinde masquĂ©e en comtesse hongroise… Au sein d’une distribution très homogène et scĂ©niquement impliquĂ©e, brille le soprano suave et gĂ©nĂ©reux de Vannina Santoni (Adèle/Olga), rĂ©vĂ©lation de la production. Clip vidĂ©o © classiquenews.tv. Reportage vidĂ©o Ă  venir.

LIRE aussi notre compte rendu de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours (dĂ©cembre 2014)

Jean-Yves Ossonce dirige la 7ème Symphonie de Dvorak

ossonce jean yves osrct symphonique toursTours, Grand Théâtre. Dvorak : Symphonie n°7. J.-Y. Ossonce, les 24,25 janvier 2015. Suite de la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours sous la baguette du chef et directeur des lieux : Jean-Yves Ossonce. Puissante, brucknĂ©rienne par ses cuivres impressionnants entre autres, mais aussi (surtout) Brahmsienne et wagnĂ©rienne soit d’un germanisme assumĂ©, la “grande Symphonie” en rĂ© mineur opus 70,  est crĂ©Ă©e Ă  Londres sous la direction de Dvorak en avril 1885. Membre d’honneur de la Royal Philharmonic Society de Londres, Dvorak devait ainsi honorer une commande passĂ©e par l’institution musicale londonienne : par ses couleurs tendres (bois) et sa palpitation atmosphĂ©rique, convoquant les grandes frissons de la nature, qui plonge aussi dans une introspection plus personnelle (cors combinĂ©s souvent aux cordes), Dvorak entend Ă©galer son ami Brahms dont la 3ème Symphonie venait alors d’ĂŞtre crĂ©Ă©e. Dvorak très inspirĂ© ajoute aussi des rĂ©fĂ©rences wagnĂ©riennes manifestes dans le second mouvement d’une tendresse voluptueuse et mĂŞme amoureuse (Poco Adagio).

 

 

 

 

Maturité du Dvorak londonien

Egaler Brahms, assimiler Bruckner et Wagner…

 

dvorak antoninAu germanisme brahmso-wagnĂ©rien du 2ème mouvement, Dvorak impose dans le 3ème mouvement, un rythme et une mĂ©lodie envoĂ»tante (combinaison basson / cordes) rĂ©solument tchèques (annonciatrice d’ailleurs de sa sublime 8ème, noble et intĂ©rieure Ă  la fois) ; c’est un Scherzo-vivace que beaucoup de chefs s’obstinent Ă  aborder sans le caractère rythmique nonchalant mais caractĂ©risĂ© voulu par l’auteur. Le dernier mouvement (Allegro) aussi majestueux et impĂ©tueux que le premier (Allegro maestoso) fait rugir l’intensitĂ© rhapsodique, de caractère tzigane de l’Ă©criture : c’est un nouvel Ă©pisode qui frappe par la prĂ©cision de son orchestration et surtout le souffle de son Ă©criture ; il rĂ©clame un orchestre Ă©toffĂ© mais d’une transparence colorĂ©e et finement caractĂ©risĂ©e : le germanisme brahmsien et wagnĂ©rien comme la sensibilitĂ© tchèque des mĂ©lodies, et cette vitalitĂ© rythmique propre Ă  Dvorak doivent ici trouver un juste Ă©quilibre. MaĂ®tre de la grande forme, Dvorak conclue le cycle dans un tierce picarde, emblème d’un optimisme souverain et majestueux (noblesse des cors de la fin).

 

 

 

Programme de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours

La 7ème Symphonie de Dvorak est couplée avec le Concerto en sol majeur pour piano de Maurice Ravel (Vanessa Wagner, piano) et La Fête polonaise extraite du Roi malgré lui de Chabrier. Les 24 janvier à 20h et 25 janvier 2015 à 16h.

RĂ©server votre place sur le site de l’OpĂ©ra de Tours.

 

 

 

 

 

 

 

Prochains grands rvs de la saison symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours :

 

Jeux d’enfants opus 22 de Georges Bizet puis Symphonie concertante pour violoncelle (Xavier Phillips, violoncelle) et extraits de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, les 21 et 22 mars 2015.

 

Concet n°1 pour violon de Prokofiev (Alexandra Soumm, violon) et Symphonie n°2 de Robert Schumann (Ariane Matiakh, direction), les 18 et 19 avril 2015

Compte rendu, opéra. Tours. Opéra, les 27,28, 30 et 31 décembre 2014. Strauss II : La Chauve Souris. Aude Extremo, Vannina Santoni… Jacques Duparc, mise en scène. Jean-Yves Ossonce, direction.

tours-opera-chauve-souris-bal-acte-II-ossonce-Une production dĂ©licieusement cohĂ©rente. C’est un opĂ©ra construit sur l’accomplissement d’une vengeance,  celle de Falke (Michal Partyka) qui entend bien ainsi laver l’humiliation que lui a infligĂ© Eisenstein (très efficace Dider Henry) – vrai petit bourgeois sans relief, Ă©poux infidèle dĂ©mangĂ© par la bagatelle…. de fait un piège lui est tendu avec la complicitĂ© d’un collectif aux apparences hĂ©tĂ©rogènes mais aux motivations et convergences bien soudĂ©es : la propre femme de chambre qui rĂŞve dĂ©jĂ  de briller sur la scène des théâtres (Adèle), le directeur de la prison Franck,  jusqu’au prince Orlofsky (excellente Aude Extremo),  jeune millionnaire asexuĂ© dĂ©sabusĂ© parfaitement dĂ©pressif que l’argent ennuie mais que grise l’idĂ©e de railler un petit prĂ©tentieux : Le portrait idĂ©al d’un jeune oligarche dĂ©bauchĂ© ?. Il occupe le devant des planches Ă  l’acte II.

 

 

 

Epatante Chauve Souris Ă  Tours

 

En organisant un bal costumĂ© au II (rĂ©gal visuel en place des habituels fracs noirs et robes de mariĂ©es vues habituellement, façon Jean BĂ©raud), le jeune prince permet Ă  chacun de changer d’identitĂ© – mais on en est pas au vrai travestissement et identitĂ© inversĂ©e comme dans les meilleurs opĂ©ras vĂ©nitiens (voyez les ouvrages de Cesti ou Cavalli,  les deux suiveurs de Monteverdi). Ici chacun devient ce qu’il veut,  “chacun Ă  son goĂ»t” comme le prĂ©cise non sans cynisme et malice le mĂŞme Orlofsky. Adèle devient une très honorable lady de la haute : Olga qui se rĂŞve actrice (III : voir son trio avec Ida et Franck ; celui lĂ  mĂŞme y devient le Chevalier Renard. …); et Eisenstein qui devrait ĂŞtre en prison, a son habit de galant vert, sous le titre de marquis Renard.

Le tableau ne serait pas complet sans la figure de l’Ă©pouse dĂ©laissĂ©e,  vraie desperate housewife emmurĂ©e Ă  Pontoise (- l’opĂ©ra de Strauss adapte un boulevard parisien La RĂ©ception) : Rosalinde. Celle-ci ne dĂ©roge pas Ă  la règle du masque… pour le bal d’Orlofsky au II, elle devient donc une comtesse hongroise en transit : le compositeur inspirĂ© par le sentiment nostalgique et patriote lui dĂ©die logiquement le seul grand air de la soirĂ©e, sublime Czardas qui pourrait faire l’air de concert parfait d’un programme de concert  (Mireille Delunsch s’y impose en actrice dĂ©lurĂ©e).

C’est elle qui piège son «  mufle » de mari: en se laissant courtiser par lui,  elle se fait offrir sa fameuse montre,  piège Ă  filles ; en possession de l’épouse vengeresse, l’objet dĂ©lictueux lui permet au III, de dĂ©voiler l’infidĂ©litĂ© du coquin : la honte de l’Ă©poux dĂ©masquĂ© fera la vengeance de Falke.

tours-opera-chauve-souris-jacques-duparc-582En cours de soirĂ©e, le spectacle va crescendo: le I est clairement et très efficacement d’exposition; le II se savoure comme une coupe de champagne, – en prĂ©sence de leur hĂ´te Orlofsky,  les convives masquĂ©s fĂŞtent et trinquent Ă  la santĂ© du «  roi Champagne » (un tableau rĂŞvĂ© pour les directions marketing de tous les producteurs champenois) et une succession de perles solistes et chorales signĂ©es du roi de la valse;  le III captive par sa verve théâtrale oĂą perce l’intelligence du metteur en scène Jacques Duparc dont le talent d’acteur,  dĂ©voilĂ© au I en policier cleptomane,  s’affirme davantage dans l’acte de la prison : il fait du chef geĂ´lier  Frosch, un loup dĂ©sabusĂ©, dĂ©jantĂ©, hilare, portĂ© sur la bouteille (son sketch sur la « fine » est mĂ©morable), qui rĂ©tablit le théâtre Ă  gags,  dĂ©lirant,  raffinĂ©,  un contrepoint purement théâtral dans l’enchaĂ®nement des airs chantĂ©s en allemand.

 

 

Épatante Chauve Souris à l'Opéra de Tours

 

Vannina Santoni, épatante Adèle / Olga

 

 

La rĂ©vĂ©lation de la soirĂ©e – dans toute production il y en a forcĂ©ment une-, reste la pĂ©tulante et si subtile Adèle/Olga de Vannina Santoni, nature incandescente pour l’indomptable et malicieuse servante qui se rĂŞve actrice. Au I, son Adèle est capricieuse et indiscrète ; au II, elle du chien en aristocrate improvisĂ©e. Puis son air du III dans lequel elle veut convaincre Franck d’ĂŞtre son protecteur est un sublime moment de fragilitĂ© virtuose, dans lequel l’actrice pĂ©tille et convainc par ses dons d’imitatrice versatile : une vĂ©ritable soeur de Zerbinette dans l’opĂ©ra Ariadne auf Naxos de l’autre Strauss (Richard). Quel timbre gĂ©nĂ©reux et fruitĂ©,  suavement articulĂ©,  aux aigus agiles, faciles, colorĂ©s. Sa performance est saisissante. Car l’actrice dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans le Cosi fan tutte de Mozart ici mĂŞme,  avait Ă©tĂ© tout autant convaincante.

Dans la fosse,  Jean-Yves Ossonce dĂ©livre le parfum sensuel et voluptueux,  les couleurs nostalgiques d’une partition parmi les plus raffinĂ©es qui soient. Vrai plus de la production,  si les dialogues sont en français,  tous les airs sont en allemand: de quoi mieux comprendre enjeux et situations comme s’il s’agissait d’une comĂ©die de boulevard tout en savourant les dĂ©lices de chaque air dĂ©fendu dans la prosodie originelle. De quoi confirmer l’Ă©tonnante sensibilitĂ© de Strauss sur la scène lyrique.  De quoi aussi constater l’excellence artistique de l’opĂ©ra de Tours: une vraie troupe et un chef dĂ©fendent ici l’art lyrique et symphonique avec engagement et finesse. Preuve est faite pour qui en doute toujours que les initiatives lyriques en province tiennent très haut les promesses de leur affiche. Production idĂ©ale pour fĂŞter l’an neuf 2015.  La Chauve Souris de Johann Strauss prĂ©sentĂ© par l’OpĂ©ra de Tours les 27, 28, 30 et 31 dĂ©cembre 2015.

Comte-rendu, opéra. Tours. Opéra, les 27,28, 30 et 31 décembre 2014. Strauss II : La Chauve Souris. Aude Extremo, Vannina Santoni… Jacques Duparc, mise en scène. Jean-Yves Ossonce, direction.

 

 

Illustrations : © Fr. Berthon pour l’OpĂ©ra de Tours 2014

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours en dĂ©cembre 2014

Nouvelle Chauve Souris Ă  Tours

Johann_Strauss_IITours, OpĂ©ra. La Chauve Souris : 27>31 dĂ©cembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse Ă  Vienne, est aussi un gĂ©nie de l’opĂ©rette. Pour preuve le raffinement dĂ©lirant jamais dĂ©menti de son joyau lyrique, La Chauve Souris… Elle avance masquĂ©e,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinĂ©e d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rĂ´les dĂ©jantĂ©s travestis, à l’orchestre grâce Ă  l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselĂ©e,  qui incarne depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoĂ»tantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, dĂ©lirante. Ainsi Ă  l’Ă©poque oĂą Paris dĂ©couvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un théâtre dĂ©jantĂ© qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanitĂ©, comme une satire mordante autant qu’élĂ©gante de la sociĂ©tĂ© puritaine,  hypocrite,  hiĂ©rarchisĂ©e. C’est une parodie satire d’après le théâtre de boulevard parisien oĂą perce aussi la guerre des sexes. D’astucieuses jeunes femmes, la bonne (Adèle), l’Ă©pouse (Rosalinde) entendent se venger d’un Ă©poux/patron libidineux infidèle (Eisenstein)…

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Les choeurs virtuoses,  la magie mĂ©lodique et le raffinement de l’orchestration qui synthĂ©tise le meilleur Strauss,  sans omettre la dĂ©licatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comĂ©dies de boulevards mais sur un mode lĂ©ger et infiniment subtil comme les grands airs isolĂ©s (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrĂ©sistible sensibilitĂ© pendant la fĂŞte chez Orlofski au II)…. sont autant de qualitĂ©s complĂ©mentaires d’un spectacle d’une profondeur poĂ©tique rare et d’une expressivitĂ© palpitante pour peu que le chef et les chanteurs rĂ©unis dont la fameuse invitĂ©e surprise (gala dans l’opĂ©ra) aient Ă  coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Souhaitons que la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours rĂ©unisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohĂ©rence du plateau vocal rĂ©alisent d’indiscutables rĂ©ussites Ă  Tours.

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition Bärenreiter (Ă©dition critique) – ChantĂ©e en Allemand, dialogues en français, surtitrĂ© en français

Tarifs : série E (de 7€ à 65€) le 31/12/2014 : série E+ (de 7€ à 70€)
RĂ©servations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique Région Centre – Tours
Chœurs de l’Opéra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théâtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical Lumières : Marc Delamézière

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* Débuts à l’Opéra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théâtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis

Tout commence quelques mois auparavant, quand, un matin de bringue, revenant tous deux d’un bal masqué, le rentier Gabriel von Eisenstein contraignit son ami Dr Falke, notaire, à traverser la ville, revêtu d’un déguisement de Chauve-souris. Le Dr Falke tout feignant d’en rire, jure de se venger….

Acte I : Ă  Pontoise chez Gabriel von Eisenstein

Une altercation avec un garde-champêtre a valu à Gabriel von Eisenstein huit jours de prison. Il décide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon dîner avec sa femme Rosalinde. Son ami, Dr Falke, lui rend visite et lui propose de passer cette dernière soirée en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gabriel von Eisenstein enthousiaste accepte et après un petit mensonge à son épouse : Rosalinde, part soit disant pour « la prison » !

Rosalinde est bouleversée quand tout à coup elle reçoit la visite d’un ami d’enfance, ex et toujours amoureux « transi » , Alfred qui s’invite illico au diner en tentant de séduire celle qu’il aime encore ! Ils sont surpris par Franck, le directeur de la prison qui en fait, vient chercher le prisonnier Eisenstein. Alfred ne voulant pas révéler son identité, doit achever la soirée en prison, sous le nom de Gabriel von Eisenstein.

Rosalinde apprend par la soubrette Adèle que son mari n’est pas parti pour la prison mais pour un bal masqué avec de jolies filles. Elle décide d’y aller pour confondre son mari : elle se fera passer pour une princesse hongroise.

 

 

Acte II : Chez le Prince Orlofsky

Gabriel von Eisenstein sous un faux nom, se retrouve donc à la soirée du Prince Orlofsky avec son ami le Dr Falke. Le Directeur de la prison, Franck, est aussi invité. Sous un faux nom également, il fait la connaissance de Mr Gabriel Von Eisenstein. Arrive la « princesse Hongroise » ! Gabriel Von Eisenstein, fait une cour assidue à la prétendue Comtesse sans se rendre compte qu’il s’agit de sa propre femme ! Rosalinde se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient pourtant beaucoup. Elle confondra son époux en lui montrant l’objet ainsi « offert ».

 

 

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube

Le lendemain à l’aube, Franck revient à sa prison, encore gris du champagne de la veille. Gabriel von Eisenstein arrive lui aussi à la prison pour faire ses « 8 jours » au grand ébahissement de Franck qui lui déclare que le « vrai » Gabriel von Eisenstein est enfermé depuis la veille. Eisenstein très intrigué se fait passer pour son avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Rosalinde, munie de la montre, arrive à son tour avec Dr Falke. Von Eisenstein est confondu et ne peut que s’excuser auprès de Rosalinde. Le Dr Falke avoue être l’auteur de cette machination en représailles de Gabriel von Eisenstein qui se souvient alors de cette fameuse blague du déguisement de « Chauve Souris » ! Honteux et confus Gabriel ne sera pas le dernier à en rire.

en LIRE + : prĂ©sentation complète de la nouvelle production de La Chauve Souris Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Compte rendu, concert symphonique. Tours. Opéra, le 15 novembre 2014. Magnard, Tchaikovski (6ème Symphonie). OSRCT Orchestre Symphonique Région Centre Tours. Jean-Yves Ossonce, direction.

ossonce jean yves osrct symphonique toursTrilogie originale que celle inaugurant la nouvelle saison symphonique 2014-2015 de l’OpĂ©ra de Tours. Leonore III de Beethoven permet aux musiciens et au chef de mesurer leur capacitĂ© dans l’exposition d’une ouverture passionnĂ©e offrant toute l’exaltation de l’idĂ©al fraternel et humaniste dĂ©fendu et dĂ©veloppĂ© dans l’opĂ©ra qui suit, Fidelio. La rage et la dĂ©termination ouvertement tournĂ©es vers la lumière composent le plus bel hymne Ă  la fidĂ©litĂ© amoureuse, Ă  la loyautĂ© qui fait la grandeur humaine, autant d’idĂ©aux que Beethoven inscrit en lettres d’or sur le fronton de la scène.  L’âpretĂ© motorique des premiers violons, le chant aĂ©rien de la flĂ»te, la tendresse hĂ©roĂŻque du hautbois entre autres, lancent le formidable chant de victoire qui transforme peu Ă  peu la violence du drame en ferveur exaltĂ©e, une transe instrumentale que Jean-Yves Ossonce conduit sans sourciller ni sans faiblir jusqu’Ă  sa libĂ©ration finale. C’est ce mĂŞme orchestre qui porte tout au long de l’annĂ©e l’une des programmations lyriques les plus intĂ©ressantes de l’Hexagone : leur expĂ©rience et leur engagement comme orchestre lyrique, s’entendent nettement ici.

ORCHESTRE TOURS CHATELETMĂŞme tension fraternelle et vive opposition de deux thèmes contrastĂ©s dans la seconde partition plutĂ´t rare ailleurs, mais emblème d’une curiositĂ© propre Ă  Tours Ă  prĂ©sent car les Ĺ“uvres d’AlbĂ©ric Magnard (mort en 1914) y sont rĂ©gulièrement jouĂ©es grâce Ă  la curiositĂ© du chef : il y a quelques mois (avril 2014), rĂ©sonnait avec une vivacitĂ© envoĂ»tante, ce wagnĂ©risme français parfaitement maĂ®trisĂ© dans l’opĂ©ra BĂ©rĂ©nice (voir notre reportage vidĂ©o sur l’opĂ©ra BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours), rĂ©vĂ©lation totale oĂą l’ouvrage dĂ©ploie un symphonisme particulièrement texturĂ©, des audaces harmoniques qui suivent très scrupuleusement la mĂ©tamorphose psychique des protagonistes (ici BĂ©rĂ©nice, phare moral pourtant rĂ©pudiĂ©e, et l’empereur Titus qui Ă  son contact vit un bouleversement personnel d’une dignitĂ© tragique rare). D’une architecture parfaitement Ă©laborĂ©e, l’Hymne Ă  la justice crĂ©Ă© en 1902 est l’acte de dĂ©nonciation qui est l’Ă©quivalent musical du ” J’accuse ” de Zola, en pleine affaire Dreyfus. A la violence qui s’y dĂ©gage dans l’Ă©noncĂ© de la barbarie humaine rĂ©pond le scintillement lumineux du thème de la justice avec l’utilisation de la harpe dont Franck dans sa fameuse Symphonie en rĂ© fait un usage tout aussi rĂ©flĂ©chi au moment le plus spirituellement clĂ©. DouĂ© d’une grande motricitĂ© expressive, l’orchestre conduit le flux expressif tout en rĂ©vĂ©lant la plĂ©nitude rayonnante des timbres solistes (flĂ»te, basson, clarinette…). L’Ă©quilibre des rĂ©ponses entre les pupitres, la clartĂ© de la progression dramatique, la fluiditĂ© vive de la direction de Jean-Yves Ossonce au service d’une Ĺ“uvre rare, magnifiquement Ă©crite, dĂ©fendent avec une passion constante, la redĂ©couverte de Magnard.

 

tchaikovski-583-597Le clou de la soirĂ©e est dans sa seconde partie, la 6ème Symphonie de TchaĂŻkovski (crĂ©Ă©e en 1893). Pièce maĂ®tresse de l’orchestre symphonique russe Ă  son sommet romantique, dont les sĂ©quences sont autant de traversĂ©es sombres mais Ă©purĂ©es de l’autre cĂ´tĂ© du miroir. Voici assurĂ©ment l’une des Symphonies les plus intimes, sombres, graves jamais Ă©crites : un miroir noir pourtant fascinant par ses failles et ses Ă©lans instrumentalement ciselĂ©s. La conclusion (IV. Allegro lamentoso) d’un lugubre grave d’une totale poĂ©sie, Ă©tend son voile pianissimo jusqu’Ă  l’infime souffle de vie : il s’agit de la dernière partition de Tchaikovski dont Jean-Yves Ossonce aura peu Ă  peu abordĂ© l’intĂ©grale des Symphonies au cours des dernières saisons de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours (OSRCT). Chef et instrumentistes ont rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©nergie maĂ®trisĂ©e, jouant lĂ  encore sur les dĂ©licats Ă©quilibres entre les pupitres, l’Ă©loquence amère et voluptueuse des timbres (dont Ă©videmment les pointes grimaçantes et sardoniques des cors bouchĂ©s en fin d’expĂ©rience : le chef fait battre la cadence d’un cĹ“ur condamnĂ© dès les première notes.
Dans ce sublime parcours funèbre, le second mouvement allegro (con grazia) prend des allures de remise en ordre, de discipline reconquise, aux Ă©lans Ă©perdus mais qui ne peuvent au final empĂŞcher le lent effondrement progressif jusqu’Ă  l’anĂ©antissement des dernières mesures du cycle. La dĂ©sespĂ©rance, la dĂ©pression, le dĂ©lire et la transe s’expriment dans une langue raffinĂ©e dont les interprètes soulignent la richesse des combinaisons, les effluves remarquablement orchestrĂ©s d’une lente et inĂ©luctable agonie. Le martèlement obsessionnel puis allĂ©gĂ© jusqu’Ă  l’innocence du second mouvement, la valse du troisième embrumĂ©e et voilĂ©e elle aussi de profonds ressentiments,  la chute finale et les dernières saccades d’un cĹ“ur mis Ă  mort, font le mĂ©rite d’une lecture tendue et fruitĂ©e qui n’a pu se dĂ©ployer ce soir sans une rĂ©elle complicitĂ© entre le chef et ses musiciens. Une entente capable de dĂ©passements en concert que l’on aime suivre pas Ă  pas, et demain peut-ĂŞtre dans de nouveaux champs d’exploration, de recherche, d’ajustement comme les 6 et 7 dĂ©cembre, ce Walton inconnu, ou nous l’espĂ©rons chez Sibelius, ou Mahler… sans omettre les symphonistes français mĂ©connues : Bizet, Franck, D’Indy, Lalo, Dukas, et tant d’autres dont nous ne doutons pas que Jean-Yves Ossonce, en symphoniste affĂ»tĂ©, rĂ©vĂ©lera bientĂ´t les qualitĂ©s oubliĂ©es.

Compte rendu, concert symphonique. Tours. Opéra, le 15 novembre 2014. Magnard, Tchaikovski (6ème Symphonie). OSRCT Orchestre Symphonique Région Centre Tours. Jean-Yves Ossonce, direction.

Prochain concert symphonique de l’OSRCT Ă  l’OpĂ©ra de Tours : les 6 et 7 dĂ©cembre 2014. Mozart (Ouverture des Noces de Figaro, Concerto pour piano n°25), Walton (Symphonie n°1) : OSRCT. Igor Tchetuev, piano. Emmanuel Joel-Hornak, direction

Prochain opĂ©ra Ă  l’affiche du Grand Théâtre de Tours : la sublime Chauve Souris de Johann Strauss fils qui associe dĂ©lire théâtral et orchestration Ă©lĂ©gantissime : un Ă©vĂ©nement pour les fĂŞtes et une nouvelle production sous la baguette de l’excellent Jean-Yves Osonce : 4 reprĂ©sentations pour la fin de l’annĂ©e et l’avènement de 2015. Les 27, 28, 30 et 31 dĂ©cembre 2014. Jacques Duparc, mise en scène. Avec Mireille Delunsch (Rosalinde), Vannina Santoni (Adèle), Didier Henry (Eisenstein), Aude Extremo (Orlovsky), Jacques Duparc (Frosch)… Nouvelle production

 

 

Illustrations : © GĂ©rard Proust 2014. Jean-Yves Ossonce et l’OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours

Tours, Opéra. Concert Tchaikovski:6ème Symphonie. OSRCT, JY Osonce, les 15,16 novembre 2014

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1Tours,OpĂ©ra. Magnard, Tchaikovski : OSRCT, Ossonce, les 15,16 novembre 2014. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , les concerts symphoniques Ă  l’OpĂ©ra de Tours sont devenus des Ă©vĂ©nements incontournables tant par l’originalitĂ© des programmes prĂ©sentĂ©s souvent très ambitieux, et toujours remarquablement Ă©quilibrĂ©s, que l’engagement des musiciens en prĂ©sence, canalisĂ©s par la direction vive et affĂ»tĂ©e de Jean-Yves Ossonce.  Pour son premier concert de la saison symphonique 2014-2015, l’OSRCT, Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours propose un programme rugissant, lyrique et pathĂ©tique : les facettes expressives des Ĺ“uvres ainsi enchaĂ®nĂ©es offrent un panel impressionnant de climats Ă  rĂ©ussir : Leonore III est plus qu’une ouverture ; outre sa parure et sa construction très Ă©laborĂ©es qui sont l’aboutissement de plusieurs rĂ©Ă©critures de la part de Beethoven : composĂ©e en 1806, il s’agit après moult essais, d’un rĂ©sumĂ© redoutablement efficace du drame qui en prolonge les dĂ©clarations multiples : hymne Ă  l’amour souverain, contestation de la tyrannie, sur le ton et dans une Ă©toffe orchestrale des plus raffinĂ©s.

 

 

Tours_ossonce_Tomasi_trompette_franck_symphonie_re_concert_570Jean-Yves Ossonce connaĂ®t bien Magnard pour en avoir dĂ©voiler le premier la puissante audace d’Ă©criture. A la complexitĂ© de la conception rĂ©pond surtout l’engagement du sujet : en 1902, Magnard Ă©crit son hymne Ă  la justice en rĂ©action au procès partial du capitaine Dreyfus. C’est devenu une partition emblĂ©matique dans l’Hexagone depuis qu’elle fut au lendemain de la seconde guerre, jouĂ© par l’Orchestre national de la Radio (actuel Orchestre national de France) poru son premier concert après la LibĂ©ration.
Prolongement des rĂ©cents concerts donnĂ©s par l’Orchestre au cours des trois dernières annĂ©es (LIRE entre autres notre prĂ©sentation de la Symphonie n°4 jouĂ©e en janvier et fĂ©vrier 2012), la Symphonie ultime de Tchaikovski, PathĂ©tique, accomplit tout un cycle orchestral d’une rare et exceptionnelle introspection : comme les opus de Mahler, les Ĺ“uvres de Tchaikovski ont un fort contenu autobiographique. Comme une prĂ©monition de sa mort prochaine, le compositeur russe y peint une sĂ©rie de paysage crĂ©pusculaire, marquĂ©s par l’anĂ©antissement des forces vitales, Piotr Illyitch, marquĂ© par un terrible secret (celui de son homosexualitĂ©) ayant toujours Ă©tĂ© enclin Ă  la dĂ©pression et Ă  la solitude. La richesse et le raffinement de l’orchestration, l’architecture globale de l’opus 74 laissent l’impression d’une traversĂ©e sans retour, une plongĂ©e âpre et enivrĂ©e de l’autre cĂ´tĂ© du miroir. Entre la première sous la direction de l’auteur (Saint-PĂ©tersbourg le 16 octobre 1893), accueillie froidement (la baguette de TchaĂŻkovski n’a jamais Ă©tĂ© très convaincante) et sa reprise sous la direction toute autre de Napravnik, qui apporte le succès, TchaĂŻkovski s’éteint probablement sous la pression d’un scandale liĂ© Ă  sa vie intime. Suicide ou empoisonnement, nul ne le saura peut-ĂŞtre jamais mais cette 6 ème dite ” PathĂ©tique ” est davantage, un Requiem symphonique composĂ©e dans les affres et les vertiges paniques d’une dĂ©route personnelle. S’y dĂ©verse tel un flot Ă©ruptif d’une solennitĂ© toute martiale et pleine de panache la rĂ©sistance aussi d’un homme atteint, viscĂ©ralement inscrit dans le dĂ©sespoir. L’opus 74 est dĂ©diĂ© Ă  son neveu Vladimir Davydov, sa bouĂ©e de sauvetage dans l’une des pĂ©riodes les plus tourmentĂ©es et difficile de sa vie.

 

 

 

Beethoven : Leonore, ouverture III opus 72c
Magnard : Hymne Ă  la justice opus 14
Tchaikovski : Symphonie n°6 “PathĂ©tique”

Tours, Grand Théâtre Opéra
Samedi 15 novembre – 20h
Dimanche 16 novembre – 17h
RĂ©servez votre place

DĂ©couvrir la saison symphonique 2014 – 2015 sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

Conférence sur le programme du concert des 15 et 16 novembre 2014
Samedi 15 novembre – 19h00
Dimanche 16 novembre – 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

LIRE aussi le notre dossier portrait de Piotr Illyitch TchaĂŻkovski

Nouveau Falstaff de Verdi Ă  Tours (annonce)

Verdi à Paris : Jérusalem, Don Carlos à l'OpéraTours. Verdi : Falstaff. Les 23,25,27 mai 2014. Jean-Yves Ossonce interroge le dernier Verdi, celui génial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique à la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-même, un être ambivalent, vieux bouffon antisocial mais généreux et enfantin… Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une épave et un corsaire ; un joueur invétéré, un fieffé menteur, sacré manipulateur affublé de ses deux compères, toujours prêts à le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardé son âme de séducteur, parfois crédule, infantile. Se faire berner malgré lui, voilà la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffonet Magnifique nous tend notre miroir : une leçon de vérité à l’adresse de tous. Cette victime placardée et vilipendée pourrait tôt ou tard chacun de nous. Falstaff dévoile l’inhumanité et nous invite à cultiver l’humanité.

Les bons bourgeois de Windsor, époux jaloux et pervers des fameuses commères en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, défait tout un système où règne la perfidie, l’hypocrisie, la stupidité, la duplicité et l’intérêt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta épouser le docteur Caïus, mpeme si ce dernier pourrait être son arrière grand père !…).

Comédie dans la comédie, la pseudo féerie du chêne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne où la société semble recouvrer une âme d’enfance… fées, lutins, reine angélique à l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre. Dans la fosse, héritier des facéties mordantes et piquantes signées avant lui par Rossini, Donizetti, Verdi offre à l’orchestre une partition constellée de joyeux comiques à sens multiples.  Un feu crépitant qui danse et dénonce. C’est un compositeur octogénaire qui enfante ce Falstaff à la fois léonin et enfantin, créé à la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspiré musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vérité, de satire enivrée.

Verdi : Falstaff à l’Opéra de Tours
vendredi 23 mai 2014, 20h
dimanche 25 mai 2014, 15h
mardi 27 mai 2014, 20h

Conférence gratuite de présentation de Falstaff, samedi 17 mai 2014, 14h30 au Grand Théâtre de Tours, Salle Jean Vilar. Dans la limite des places disponibles.

Falstaff de Verdi, opéra en trois actes
Livret de Arrigo Boito, d’après Shakespeare (Les joyeuses commères de Windsor)
Création le 9 février 1893 à Milan. Présenté en italien, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Michel Theuil
Dramaturgie : Bernard Pico

Sir John Falstaff : Lionel LhĂ´te
Ford : Enrico Marrucci
Mrs Alice Ford : Isabelle Cals
Nannetta : Norma Nahoun
Fenton : SĂ©bastien Droy
Mrs Quickly : Nona Javakhidze
Mrs Meg Page : Delphine Haidan
Bardolfo : Antoine Normand
Pistola : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Coproduction dĂ©cors, costumes et accessoires OpĂ©ra de Tours/Conseil GĂ©nĂ©ral d’Indre & Loire – RĂ©alisĂ©e dans les ateliers de l’OpĂ©ra de Tours

Toutes les modalités de réservations, les infos pratiques sur le site de l’Opéra de Tours 

Nouveau Falstaff de Verdi Ă  Tours

Verdi à Paris : Jérusalem, Don Carlos à l'OpéraTours. Verdi : Falstaff. Les 23,25,27 mai 2014. Jean-Yves Ossonce interroge le dernier Verdi, celui génial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique à la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-même, un être ambivalent, vieux bouffon antisocial mais généreux et enfantin… Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une épave et un corsaire ; un joueur invétéré, un fieffé menteur, sacré manipulateur affublé de ses deux compères, toujours prêts à le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardé son âme de séducteur, parfois crédule, infantile. Se faire berner malgré lui, voilà la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffonet Magnifique nous tend notre miroir : une leçon de vérité à l’adresse de tous. Cette victime placardée et vilipendée pourrait tôt ou tard chacun de nous. Falstaff dévoile l’inhumanité et nous invite à cultiver l’humanité.

Les bons bourgeois de Windsor, époux jaloux et pervers des fameuses commères en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, défait tout un système où règne la perfidie, l’hypocrisie, la stupidité, la duplicité et l’intérêt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta épouser le docteur Caïus, mpeme si ce dernier pourrait être son arrière grand père !…).

Comédie dans la comédie, la pseudo féerie du chêne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne où la société semble recouvrer une âme d’enfance… fées, lutins, reine angélique à l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre. Dans la fosse, héritier des facéties mordantes et piquantes signées avant lui par Rossini, Donizetti, Verdi offre à l’orchestre une partition constellée de joyeux comiques à sens multiples.  Un feu crépitant qui danse et dénonce. C’est un compositeur octogénaire qui enfante ce Falstaff à la fois léonin et enfantin, créé à la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspiré musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vérité, de satire enivrée.

Verdi : Falstaff à l’Opéra de Tours
vendredi 23 mai 2014, 20h
dimanche 25 mai 2014, 15h
mardi 27 mai 2014, 20h

Conférence gratuite de présentation de Falstaff, samedi 17 mai 2014, 14h30 au Grand Théâtre de Tours, Salle Jean Vilar. Dans la limite des places disponibles.

Falstaff de Verdi, opéra en trois actes
Livret de Arrigo Boito, d’après Shakespeare (Les joyeuses commères de Windsor)
Création le 9 février 1893 à Milan. Présenté en italien, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Michel Theuil
Dramaturgie : Bernard Pico

Sir John Falstaff : Lionel LhĂ´te
Ford : Enrico Marrucci
Mrs Alice Ford : Isabelle Cals
Nannetta : Norma Nahoun
Fenton : SĂ©bastien Droy
Mrs Quickly : Nona Javakhidze
Mrs Meg Page : Delphine Haidan
Bardolfo : Antoine Normand
Pistola : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Coproduction dĂ©cors, costumes et accessoires OpĂ©ra de Tours/Conseil GĂ©nĂ©ral d’Indre & Loire – RĂ©alisĂ©e dans les ateliers de l’OpĂ©ra de Tours

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Falstaff de Verdi Ă  Tours

Verdi à Paris : Jérusalem, Don Carlos à l'OpéraTours. Verdi : Falstaff. Les 23,25,27 mai 2014. Jean-Yves Ossonce interroge le dernier Verdi, celui génial et visionnaire qui sur les traces de Shakespeare, renouvelle le genre comique et tragique à la fois, trouvant dans le personnage de Falstaff, comme un double en miroir de lui-même, un être ambivalent, vieux bouffon antisocial mais généreux et enfantin… Capitaine d’industrie sur le tard, Falstaff est une épave et un corsaire ; un joueur invétéré, un fieffé menteur, sacré manipulateur affublé de ses deux compères, toujours prêts à le tromper, Bardolfo et Pistola, qui pourtant devant femme aguichante a gardé son âme de séducteur, parfois crédule, infantile. Se faire berner malgré lui, voilà la trame de l’action. Mais au final, comme beaucoup de parodie humaine et de satire sociale, le chevalier fantasque bouffonet Magnifique nous tend notre miroir : une leçon de vérité à l’adresse de tous. Cette victime placardée et vilipendée pourrait tôt ou tard chacun de nous. Falstaff dévoile l’inhumanité et nous invite à cultiver l’humanité.

Les bons bourgeois de Windsor, époux jaloux et pervers des fameuses commères en prennent aussi pour leur grade. Electron honnis, Falstaff, inclassable dans la grille sociale, défait tout un système où règne la perfidie, l’hypocrisie, la stupidité, la duplicité et l’intérêt (l’époux d’’Alice Ford aimerait bien voir sa fille Nannetta épouser le docteur Caïus, mpeme si ce dernier pourrait être son arrière grand père !…).

Comédie dans la comédie, la pseudo féerie du chêne noir (dans le parc royal de Windsor), mascarade shakespearienne où la société semble recouvrer une âme d’enfance… fées, lutins, reine angélique à l’appui-, instaure un climat fantastique et tendre. Dans la fosse, héritier des facéties mordantes et piquantes signées avant lui par Rossini, Donizetti, Verdi offre à l’orchestre une partition constellée de joyeux comiques à sens multiples.  Un feu crépitant qui danse et dénonce. C’est un compositeur octogénaire qui enfante ce Falstaff à la fois léonin et enfantin, créé à la Scala de Milan en 1893. Jamais Verdi ne fut plus efficace dramatiquement ni mieux inspiré musicalement. Un chef d’oeuvre de finesse, de vérité, de satire enivrée.

Verdi : Falstaff à l’Opéra de Tours
vendredi 23 mai 2014, 20h
dimanche 25 mai 2014, 15h
mardi 27 mai 2014, 20h

Conférence gratuite de présentation de Falstaff, samedi 17 mai 2014, 14h30 au Grand Théâtre de Tours, Salle Jean Vilar. Dans la limite des places disponibles.

Falstaff de Verdi, opéra en trois actes
Livret de Arrigo Boito, d’après Shakespeare (Les joyeuses commères de Windsor)
Création le 9 février 1893 à Milan. Présenté en italien, surtitré en français

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Gilles Bouillon
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Michel Theuil
Dramaturgie : Bernard Pico

Sir John Falstaff : Lionel LhĂ´te
Ford : Enrico Marrucci
Mrs Alice Ford : Isabelle Cals
Nannetta : Norma Nahoun
Fenton : SĂ©bastien Droy
Mrs Quickly : Nona Javakhidze
Mrs Meg Page : Delphine Haidan
Bardolfo : Antoine Normand
Pistola : Antoine Garcin

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires
Coproduction dĂ©cors, costumes et accessoires OpĂ©ra de Tours/Conseil GĂ©nĂ©ral d’Indre & Loire – RĂ©alisĂ©e dans les ateliers de l’OpĂ©ra de Tours

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REPORTAGE vidĂ©o : BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours (4,6,8 avril 2014)

BĂ©rĂ©nice de Magnard (1909) ressuscite Ă  l'OpĂ©ra de ToursREPORTAGE vidĂ©o : BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Jean-Yves Ossonce engage toutes les forces vives de l’OpĂ©ra de Tours pour offrir une nouvelle production de l’opĂ©ra oubliĂ© d’AlbĂ©ric Magnard, BĂ©rĂ©nice, composĂ© en 1909, crĂ©Ă© en 1911 Ă  l’OpĂ©ra Comique. WagnĂ©rien et pourtant d’une inventivitĂ© inĂ©dite, puissante et originale, Magnard renouvelle la figure antique traitĂ©e avant lui par Racine et Corneille : le compositeur rĂ©ussit le portrait du couple amoureux que la politique dĂ©fait malgrĂ© eux. C’est pourtant leur profondeur morale et Ă©motionnelle qui intĂ©resse Magnard : son opĂ©ra est une Ă©pure dramatique et psychologique, conçu comme un huit clos théâtral, qui atteint au sublime Ă  l’Ă©gal des tragĂ©dies raciniennes mais dĂ©sormais enrichi et comme rĂ©chauffĂ© par le flamboiement raffinĂ© de l’orchestre. Grand Reportage vidĂ©o avec Catherine Hunold (BĂ©rĂ©nice), Jean-SĂ©bastien Bou (Titus), Jean-Yves Ossonce (directeur musical de l’OpĂ©ra de Tour), Alain Garichot (mise en scène)…. Reportage exclusif © CLASSIQUENEWS.COM 2014

CLIP vidĂ©o. BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours

BERENICE OpĂ©ra de Tours avril 2014 © François Berthon  6145CLIP vidĂ©o : BĂ©rĂ©nice de Magnard Ă  Tours. RecrĂ©ation majeure Ă  l’OpĂ©ra de Tours : la nouvelle production de l’opĂ©ra BĂ©rĂ©nice d’AlbĂ©ric Magnard (1911) crĂ©Ă©e l’Ă©vĂ©nement les 4,6 et 8 avril 2014. D’une grandeur humaine raffinĂ©e, ciselĂ©e comme une Ă©pure tragique, l’Ă©criture de Magnard assimile et Wagner et Massenet avec une sensibilitĂ© instrumentale et une vitalitĂ© rythmique, originales, souvent inouĂŻes. Dans la fosse, Jean-Yves Ossonce, dĂ©taillĂ©, dramatique, rĂ©unit un plateau idĂ©al : Catherine Hunold et Jean-SĂ©bastien Bou, dans les rĂ´les principaux : BĂ©rĂ©nice et Titus, offrant aux figures antiques, une intensitĂ© poĂ©tique très convaincante.

Ayant perdu sa mère alors qu’il n’avait que 4 ans, Magnard peint dans le portrait de BĂ©rĂ©nice, une figure de femme admirable, mesurĂ©e, loyale, d’une intĂ©gritĂ© morale exemplaire qui laisse la place peu Ă  peu au renoncement ultime après avoir Ă©tĂ© passionnĂ©ment amoureuse. Saisi par Tristan und Isolde de Wagner, dĂ©couvert Ă  Bayreuth en 1886, Magnard se destine Ă  la musique, devenant l’Ă©lève de Dubois, le proche de Ropartz. La pulsation rythmique rappelle Roussel, les raffinements harmoniques, Dubois ; et le caractère langoureux extatique, le Wagner de Tristan et de la Walkyrie. BĂ©rĂ©nice est une Isolde française, un hommage personnel et puissamment original Ă  l’Ĺ“uvre wagnĂ©rienne.

Nouvelle production événement. CLIP vidéo exclusif CLASSIQUENEWS.COM

Lire notre compte rendu critique de BĂ©rĂ©nice d’AlbĂ©ric Magnard Ă  l’OpĂ©ra de Tours avec Catherine Hunold et Jean-SĂ©bastien Bou

Compte rendu, opéra. Tours. Grand Théâtre, le 4 avril 2014. Albéric Magnard : Bérénice. Catherine Hunold, Jean-Sébastien Bou, Nona Javakhidze, Antoine Garcin. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Alain Garichot, mise en scène

BERENICE Opéra de Tours avril 2014 © François Berthon  6145Pour le centenaire de la disparition d’Albéric Magnard, l’Opéra de Tours a eu le nez fin en programmant pour trois soirées sa rare Bérénice (4,6, 8 avril 2014), ces représentations n’étant que les secondes depuis la création de l’œuvre en décembre 1911. En 2001, l’Opéra de Marseille avait osé redécouvrir cette tragédie lyrique après la lettre, et puis plus rien.
Disciple de Jules Massenet, Théodore Dubois et Vincent d’Indy, échaudé par l’échec de ses ouvrages lyriques précédents, Yolande et Guercœur, et peinant à trouver un nouveau sujet pour la scène, Magnard se voit suggérer en 1904 la figure de Bérénice, qui finit par le hanter tout à fait.
Plutôt que mettre en musique les vers de Racine, geste qu’il considérait comme un affront au génie de l’auteur, le compositeur décide d’écrire son propre livret en s’inspirant de diverses sources, allant jusqu’à puiser dans une Bérénice égyptienne. C’est ainsi que la reine de Judée se trouve rajeunie, que Titus ne monte sur le trône de son père défunt qu’au deuxième acte, et que Bérénice achève l’œuvre en offrant sa chevelure, symbole de sa féminité, à la déesse Vénus, comme un renoncement à ses charmes fermant ainsi pour toujours son cœur à l’amour.

Racine à l’opéra

La partition s’ouvre par une introduction respirant le large et les embruns, résumant à elle seule les thèmes qui seront développés durant le drame, servie par une écriture qui rappelle irrésistiblement Berlioz et son Île inconnue.

 

 

BERENICE Opéra de Tours avril 2014 © François Berthon  6018

         

 

 

Par la suite, le langage utilisé par le compositeur est celui de la déclamation mélodique, couvrant un large ambitus mais toujours au service du texte, sous lequel se tisse une harmonie qui rappelle aussi bien Wagner que Debussy, et préfigurant par instants déjà Poulenc. Racine est bien entendu présent, par la majesté des personnages, en particulier le rôle-titre, à la fierté impériale, alors que Titus ploie sous les doutes et les tourments. Un ouvrage qui se noue comme un dialogue, les répliques des autres personnages ne venant que conforter les deux protagonistes dans leurs choix et leurs résolutions.
La richesse de l’orchestration met en valeur le travail effectué par Jean-Yves Ossonce et son Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, débordant de la fosse jusqu’à occuper les loges supérieures de l’avant-scène. La cohésion des musiciens se révèle remarquable, sans faiblesse du début à la fin malgré la densité de l’écriture musicale et les difficultés qui en découlent. Tout au plus pourrait-on souhaiter encore davantage de subtilité et de liquidité dans les accents des cordes, mais la performance de l’ensemble est à saluer bien bas.
Invisibles, les chœurs servent avec bonheur leurs parties, chansons calomniant Bérénice autant que voix des marins manœuvrant les rames du navire emportant la jeune femme loin de Rome.
Tenant les rênes de cette soirée, le chef confirme ses affinités avec ce répertoire, dont il souligne autant les filiations que les particularités et qu’il sert avec un bonheur communicatif.
Grâce à douze années passées à la Comédie Française, Alain Garichot connaît bien ce sujet célèbre entre tous, et sert son illustration lyrique avec un immense respect. Il imagine une scénographie dépouillée et intemporelle, offrant à voir tantôt une colonne dorique, tantôt une statue, l’ouvrage culminant sur une proue de bateau couronné de sa voile, représentation simple et efficace du départ de Bérénice sur les flots. Des images dont la majesté conviennent admirablement à l’œuvre et qui permettent à la musique de se déployer pleinement.
La direction d’acteurs est à l’avenant, centrée sur les deux amants déchirés par le devoir. Bérénice demeure toujours altière, mesurée dans ses mouvements, retenue jusque dans la colère, les sentiments la dévorant de l’intérieur sans qu’elle laisse paraître son trouble autrement que par ses mots ; contrairement à Titus qui ne cesse de se mouvoir, agité par son trouble, implorant, à genoux, étendu aux pieds de sa maîtresse, sans parvenir à trouver la paix. Une opposition saisissante, qui fait écho à la partition, d’une grande justesse.
Entourant le couple central, les seconds rĂ´les remplissent parfaitement leur rĂ´le.
Nona Javakhidze incarne une Lia aussi bien maternelle que sévère, faisant admirer son beau mezzo rond et ample, mais que davantage de luminosité aurait aidé à servir ce répertoire dans toute sa clarté. Mucien au cœur sec, Antoine Garcin met à profit la profondeur de sa voix de basse pour incarner le devoir, rude et inflexible.
L’ouvrage trouvant sa palpitation au cœur de la passion qui anime les deux amants, il fallait trouver deux interprètes à même de rendre justice à cette musique. Aussi dissemblables que complémentaires, Jean-Sébastien Bou et Catherine Hunold délivrent une prestation d’une qualité exceptionnelle.
Lui confirme la place qu’il occupe actuellement dans le paysage lyrique français, grâce à sa voix de baryton claire et puissante, jamais grossie mais toujours percutante, à l’aise dans l’aigu, ciselant son texte avec la précision de ses grands aînés. Il se donne tout entier dans ce Titus torturé par le devoir, abhorrant le pouvoir avant d’avoir régné, d’une grande vérité dramatique dans sa vulnérabilité.
Elle démontre une fois encore qu’elle est bien ce soprano dramatique à la française qu’il nous manquait depuis longtemps. L’instrument se déploie peu à peu, paraissant grandir au fur et à mesure que le drame se joue, mais jamais au détriment des mots, énoncés à fleur de lèvres. Si le bas-médium et le grave surprennent par leur peu d’appui – sécurité pour permettre au registre supérieur de durer tant en vaillance qu’en longévité ? – l’aigu éclate, solide et puissant, d’un impact tétanisant. Parfois un rien tendu dans les sauts d’intervalles, il trouve sa plénitude dans les longues tenues lorsqu’il est préparé et détendu, ainsi que l’exigent les grandes voix. L’abandon devenant inéluctable, la fureur s’apaise, laissant place à d’ineffables nuances, faisant irradier un « je t’aimerai toujours » suspendu, comme arrêtant le temps, à la sincérité bouleversante.
Dotée d’un port de reine et d’un magnétisme scénique évident, elle occupe le plateau par sa seule présence, stature d’airain et noblesse jusque dans le sacrifice. Tant de qualités qui nous font rêver à une Reine de Saba de Gounod et, dans un tout autre répertoire, à une Norma qui augure du meilleur.
Une redécouverte majeure, un pari risqué de la part de l’Opéra de Tours mais remporté haut la main, qui réhabilite l’originalité d’Albéric Magnard. A quand Guercœur ?

Tours. Grand Théâtre, 4 avril 2014. Albéric Magnard : Bérénice. Livret du compositeur d’après Racine. Avec Bérénice : Catherine Hunold ; Titus : Jean-Sébastien Bou ; Lia : Nona Javakhidze ; Mucien : Antoine Garcin. Chœurs de l’Opéra de Tours et Chœurs Supplémentaires ; Chef de chœur : Emmanuel Trenque. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Direction musicale : Jean-Yves Ossonce. Mise en scène : Alain Garichot ; Décors : Nathalie Holt ; Costumes : Claude Masson ; Lumières : Marc Delamézière

Illustrations : © François Berthon 2014

9ème Symphonie de Gustav Mahler de Tours

9ème Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra de ToursTours, les 12 et 13 avril 2014. Mahler : Symphonie n°9. ORSCT, Jean-Yves Ossonce. Symphonie d’un adieu pacifié. Malade, presque cinquantenaire, affaibli mais pas exténué, Gustav Mahler compose sa Symphonie n°9. La conscience de la mort, la souffrance de la perte, les crises intérieures, multiples, toujours vivaces, inspirent au compositeur, l’une de ses partitions les plus autobiographiques, et l’aboutissement d’un chemin personnel et mystique parcouru depuis sa Première Symphonie “Titan”. La partition est écrite au même moment que son Chant de la Terre, hymne au mystère de la nature, terrifiante et stimulante, à la fois lamento bouleversant à la suite de la mort de sa fille Maria et aussi, suprême aspiration à la paix. De sorte que sa Dixième Symphonie serait si l’on intègre son Chant de la terre dans le cycle des oeuvres orchestrales, comme un Dixième opus.
Conçue de l’été 1908 au début de l’année 1909, la Symphonie n°9 embrasse toute l’expérience acquise, vécue, souhaitée, détestée. Mahler y mêle tous les sentiments en un vaste cycle épique, dont le souffle, l’énergie, l’élévation semblent rejoindre le “grand tout”. C’est un désir de témoigner et aussi, un effort de détachement. Intensité, recul. Engagement, détente. Renoncement et adieux, détente, oubli, apaisement… action, philosophie et examen critique. Le compositeur y laisse un adieu, inspiré par la quête d’une sérénité finalement atteinte.

L’Orchestre Symphonique Région Centre Tours OSRCT sous l’impulsion de son chef attitré Jean-Yves Ossonce perpétue ainsi l’active tradition symphonique à Tours qui compte déjà plusieurs accomplissements comme les Symphonie de Brahms,  Magnard,   surtout un récent cycle Tchaïkovski qui s’est révélé passionnant et dont classiquenews a rendu compte régulièrement. En lire +

 

Opéra de Tours
Saison symphonique 2013-2014.
Grand Théâtre-Opéra, les 12 et 13 avril 2014
Gustav Mahler : Symphonie n°9 en ré majeur
OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

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9ème Symphonie de Mahler Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Grand concert Mahler par l'Orchestre OSE. Daniel Kawka, directionTours, les 12 et 13 avril 2014. Mahler : Symphonie n°9. ORSCT, Jean-Yves Ossonce. Symphonie d’un adieu pacifié. Malade, presque cinquantenaire, affaibli mais pas exténué, Gustav Mahler compose sa Symphonie n°9. La conscience de la mort, la souffrance de la perte, les crises intérieures, multiples, toujours vivaces, inspirent au compositeur, l’une de ses partitions les plus autobiographiques, et l’aboutissement d’un chemin personnel et mystique parcouru depuis sa Première Symphonie “Titan”. La partition est écrite au même moment que son Chant de la Terre, hymne au mystère de la nature, terrifiante et stimulante, à la fois lamento bouleversant à la suite de la mort de sa fille Maria et aussi, suprême aspiration à la paix. De sorte que sa Dixième Symphonie serait si l’on intègre son Chant de la terre dans le cycle des oeuvres orchestrales, comme un Dixième opus.
Conçue de l’étĂ© 1908 au dĂ©but de l’annĂ©e 1909, la Symphonie n°9 embrasse toute l’expĂ©rience acquise, vĂ©cue, souhaitĂ©e, dĂ©testĂ©e. Mahler y mĂŞle tous les sentiments en un vaste cycle Ă©pique, dont le souffle, l’énergie, l’élĂ©vation semblent rejoindre le “grand tout”. C’est un dĂ©sir de tĂ©moigner et aussi, un effort de dĂ©tachement. IntensitĂ©, recul. Engagement, dĂ©tente. Renoncement et adieux, dĂ©tente, oubli, apaisement… action, philosophie et examen critique. Le compositeur y laisse un adieu, inspirĂ© par la quĂŞte d’une sĂ©rĂ©nitĂ© finalement atteinte.

Composée à l’été 1909 à Toblach, la Symphonie n°9 ne fut créée que le 26 juin 1912, par Bruno Walter à Vienne, soit presque un an après la disparition du compositeur.
L’oeuvre, d’une architecture complexe et inédite, compte quatre mouvements: deux mouvements lents (Andantecommodo et Adagio), encadrent deux mouvements vifs, “Laendler” et Rondo Burleske). Chacun est développé dans une tonalité spécifique. Poursuite ou non de son Chant de la Terre, qui la précède, (partition composée à l’été 1908) la Neuvième Symphonie expérimente de nouvelles possibilités, basculant entre l’ultime sérénité et l’adieu plus difficile à la Terre. Alban Berg, ardent défenseur des symphonies mahlériennes, admire en particulier l’enchantement du premier mouvement, parcouru de signes annonciateurs de l’inéluctable mort…
C’est peut-être avec la Septième, -notre préférée-, que Mahler, dans la Neuvième, et tout aussi clairement, exprime sa lucidité pleine et entière, à la fois ressentiment et exaspération, mais aussi espérance et tendresse. Le musicien illustre les vertiges d’une conscience épanouie qui ose voir l’horrible et hideuse mort; l’homme s’y remémore les épisodes d’une vie faite de remords cyniques et d’élans irrésistibles, tous étirés dans leur immensité suspendues. Le cadre classique implose, entièrement soumis aux distorsions convulsives ou aériennes de la psyché.
Orchestrateur sensitif et visionnaire, Mahler explore toutes les palettes de timbres et de couleurs de l’orchestre, où chaque instrument devient voix de l’âme.

Mahler_gustav_profilL’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours OSRCT sous l’impulsion de son chef attitrĂ© Jean-Yves Ossonce perpĂ©tue ainsi l’active tradition symphonique Ă  Tours qui compte dĂ©jĂ  plusieurs accomplissements comme les Symphonie de Brahms,  Magnard,   surtout un rĂ©cent cycle TchaĂŻkovski qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© passionnant et dont classiquenews a rendu compte rĂ©gulièrement.
Prolongeant les vertiges introspectif d’un TchaĂŻkovski trouble et lyrique, tendre et angoissĂ© (magistrale Symphonie n°6 entre autres),  les musiciens tourangeaux accostent en terres malhĂ©riennes. .. des paysages finement orchestrĂ©s dont la flamboyance associe terreur panique, nostalgie d’une innocence perdue, surtout aspiration au dĂ©passement de soi, entre quĂŞte spirituelle et renoncement ultime. Mahler au dĂ©but du XXème -le compositeur meurt en 1911-, demeure le plus grand symphoniste contemporain de Richard Strauss,  autre immense narrateur,  saisissant par le souffle dramatique et lui aussi, par le raffinement inouĂŻ de son orchestration. Pour Tours, cette 9ème Symphonie mahlĂ©rienne est une première, donnĂ©e en quasi première tourangelle. Concert symphonique Ă©vĂ©nement.

Opéra de Tours
Saison symphonique 2013-2014.
Grand Théâtre-Opéra, les 12 et 13 avril 2014
Gustav Mahler : Symphonie n°9 en ré majeur
OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

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Tours : L’OSRCT joue Dvorak et Brahms

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsTours, OpĂ©ra : Les 22 et 23 mars 2014. OSRCT. Jean-Yves Ossonce. Brahms : Symphonie n°1. Deux grands pages romantiques pour ce programme symphonique dĂ©fendu par l’Orchestre tourangeau (Orchestre symphonique RĂ©gion centre Tours) sous al direction de son chef principal Jean-Yves Ossonce : le Concerto de Dvorak permet le retour du violoncelliste Yan Levionnois, après son sensationnel succès avec l’OSRC-T dans Chostakovitch en novembre 2011.L’oeuvre de Dvorak est le grand concerto romantique pour violoncelle par excellence, reflet de l’âme musicale de l’Europe Centrale, exigeant puissance, intĂ©rioritĂ©, tendresse et profondeur. L’infinie nostalgie, la couleur des bois et des cordes, les envolĂ©es et les contrastes, la puretĂ© des intentions musicales … en font un chef d’oeuvre. La 1ère Symphonie de Brahms marque la conclusion du cycle de la saison dernière : l’occasion de mesurer Ă  quel point cette musique parle Ă  chacun, Ă  toutes les Ă©poques. Grands frissons symphoniques et romantiques garantis !

 

Antonín Dvorák
Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op.104

Johannes Brahms
Symphonie n°1 en ut mineur, op.68

Yan Levionnois, violoncelle
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Samedi 22 mars 2014 – 20h
Dimanche 23 mars 2014 – 17h
Tours, Opéra Théâtre

Conférence sur le thème du programme :
samedi 22 mars Ă  19h00
Dimanche 23 mars Ă  16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

La première Symphonie de Brahms recueille les fruits d’une longue maturation de près de 20 annĂ©es ! Gestation lente et progressive qui fructifie Ă©videmment les bĂ©nĂ©fices de sa relation intime avec le couple Schumann. Le jeune Johannes rencontre Robert Schumann Ă  DĂĽsseldorf après 1854. L’opus 68 est crĂ©Ă© Ă  Karlsruhe Ă  la fin de l’annĂ©e 1876. L’agitation et la nervositĂ© d’essence tragique du premier mouvement affirme un tempĂ©rament puissant et très grave, voire angoissĂ© : sentiment dont toutes les oeuvres de Brahms, habitĂ© par la mort, tĂ©moignent irrĂ©sistiblement. L’Andante sostenuto semble un temps se libĂ©rer du fatum, comme le presque scherzo rĂ©solument pastoral et assagi, d’une candeur sereine. L’Ă©criture de Brahms se souvient alors de la 9ème de Beethoven dont le souvenir et la complexitĂ© contrapuntique animent tout le dernier mouvement qui se rapproche aussi de la carrure brucknĂ©rienne. La puissance et la densitĂ© de la facture, l’Ă©nergie conflictuelle qui se dĂ©tache de la riche texture orchestrale ne doivent pas voiler la très fine texture et les couleurs originales de l’orchestration. Ce point est souvent gommĂ© par les chefs qui prĂ©fèrent en gĂ©nĂ©ral soigner le souffle parfois Ă©pais, plutĂ´t que l’expressivitĂ© instrumentale dans la filiation de Mendelssohn et de Schumann. Or Brahms sait Ă  la fois architecturer son propos et ciseler l’arĂŞte vive de chaque pupitre. C’est un vrai dĂ©fi pour les orchestres.
Programmer Dvorak aux côtés de Brahms est tout à fait légitime car après la mort de Schumann, Brahms se passionne pour les œuvres de Dvorak rencontré en 1878.

RĂ©servations, informations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

Concert Williams, Herrmann, Barber Ă  l’OpĂ©ra de Tours

John+Williams+PNG+VersionTours, OpĂ©ra. Concert Williams, Herrmann, Barber, les 25 et 26 janvier 2014. Musique et cinĂ©ma au programme des deux concerts – les premiers de l’annĂ©e 2014 de la saison symphonique 2013-2014 Ă  l’OpĂ©ra de Tours-, des 25 et 26 janvier 2014.
Immersion tout d’abord dans le film de Hitchcock, Psychose grâce Ă  la musique composĂ©e pour le film par Bernard Herrmann : l’impact du son Ă  l’image frappe immĂ©diatement l’imaginaire du spectateur, la fameuse scène du crime sous la douche gagne grâce aux cordes troublantes et menaçantes, un vrai climat d’angoisse et de peur. Le film d’Hitchcock n’ a rien perdu de son aura comme l’indique le très grand succès de la nouvelle sĂ©rie Bates Motel qui rĂ©tablit l’enfance de Norman Bates, le fils schizo de Psychose… en soulignant en particulier, la relation fusionnelle de Norman avec sa mère.

Psychose, Star Wars : musiques du cinéma américain

Suit en fin de partie, le lyrisme Ă©chevelĂ© de l’une des sagas les plus stimulantes au grand Ă©cran : Star Wars rĂ©alisĂ© par George Lucas. C’est Steven Spielberg qui recommande Williams pour la musique de Star Wars…  Ă©pique, sidĂ©rale, mystĂ©rieuse. John Williams a composĂ© la bande son de nombreux longs mĂ©trages, tous des succès phĂ©nomĂ©naux, soulignant l’impact de la combinaison son/images quand elle est rĂ©ussie : Les dents de la mer (1975), Rencontres du troisième type (1977), Superman (1978), Les aventuriers de l’arche perdue (1981), L’Empire du Soleil (1987) qui marque l’apogĂ©e d’une inspiration couronnĂ©e par plusieurs oscars.
La musique de Star War remonte Ă©galement Ă  1977. Williams composera ensuite la bande son de L’empire contre attaque (1980) puis La menace fantĂ´me (1999). D’une sensibilitĂ© romantique et instrumentale, Williams opère comme Wagner, en crĂ©ant une totalitĂ© organique grâce au jeu des motifs musicaux (leitmotiv), lesquels caractĂ©risent une situation, un personnage, un climat… thèmes de la force, thème principal, d’Obi-Wan Kenobi, de Luke Skywalker, de la princesse LeĂŻa de Yoda, trompettes de la marche impĂ©riale… autant de motifs dont les tableaux visuels sont durablement inscrits dans l’imaginaire collectif de tous les cinĂ©philes.

Entre ces deux Ă©popĂ©es symphoniques riches en suggestions visuelles, – un vrai dĂ©fi pour l’orchestre dirigĂ© par Jean-Yves Ossonce-, le Concerto pour violon de Samuel Barber : ainsi s’accomplit le triptyque amĂ©ricain du premier concert 2014 de l’OSRCT. Le Concerto pour violon de Barber date de 1940, portant parfois avec une fantaisie dĂ©concertante, des inflexions nettement jazzy (mouvement 1).

Ce sont trois oeuvres nouvelles dans le rĂ©pertoire de l’OSRC-T, pour une incursion dans la musique symphonique amĂ©ricaine.

Opéra de Tours
OSRCT
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
saison symphonique 2013-2014

Samedi 25 janvier 2014, 20h
Dimanche 26 janvier 2014, 17h

Fanny Clamagirand, violon
Jean-Yves Ossonce, direction

Bernard Herrmann
Suite pour orchestre “Psycho”

Samuel Barber
Concerto pour violon, op.14

John Williams
Star Wars, Suite symphonique

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Illustration : John Williams, le gĂ©nial compositeur de la musique de Star Wars, mais pas seulement … (DR)

OSRCT, Jean-Yves Ossonce : Poulenc, Wagner, TchaĂŻkovski

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours, les 23 et 24 novembre 2013

 

TchaikovskiL’OSRCT fĂŞte les 200 ans de Wagner avec Siegfried Idyll composĂ© pour l’Ă©pouse du compositeur Cosima ; mais aussi Poulenc dont 2013 marque le premier jubilĂ© de sa disparition (il y a 50 ans)…
Fondateur de l’AcadĂ©mie Francis Poulenc, le baryton François Le Roux, diseur inĂ©galable dans ce rĂ©pertoire sublime la portĂ©e poĂ©tique et linguistique des poèmes de Ronsard orchestrĂ©s par Poulenc.
Enfin l’orchestre tourangeau poursuit un cycle remarquable dĂ©diĂ© aux symphonies de TchaĂŻkovski : Jean-Yves Ossonce en comprend les enjeux Ă  la fois autobiographiques mais aussi purement formels. Oeuvre de jeunesse, l’opus 13 (crĂ©Ă© en 1868) mĂŞle en un subtil Ă©quilibre, passion irrĂ©pressible et pudeur suggestive, miroir de l’âme hypersensible de Piotr Illiytch. En 1874, le compositeur apporte des modifications substantielles aux mouvements 1, 2 et 4. Le titre renvoie aux paysages traversĂ©s entre Moscou et Saint-Petersbourg, prĂ©texte Ă  creuser toujours la faille mĂ©lancolique de l’auteur. De ce point de vue, entre rĂ©miniscence et rĂ©itĂ©ration, le second mouvement dĂ©veloppe l’expressivitĂ© atmosphĂ©rique de l’Ă©criture : ” contrĂ©e lugubre, contrĂ©e brumeuse “, TchaĂŻkovsky y favorise ses humeurs nostalgiques et lyriques d’un caractère Ă©minemment nordique.

 
 

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction
saison 2013-2014

Poulenc
Chansons villageoises
5 Poèmes de Ronsard

Wagner
Siegfried Idyll

TchaĂŻkovski
Symphonie n°1 en sol mineur opus 13
” RĂŞves d’hiver ”

Jean-Yves Ossonce, direction

Tours, Grand Théâtre
samedi 23 novembre 2013, 20h
dimanche 24 novembre 2013, 17h

 

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OSRCT, Jean-Yves Ossonce : Poulenc, Wagner, TchaĂŻkovski

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours, les 23 et 24 novembre 2013

 

TchaikovskiL’OSRCT fĂŞte les 200 ans de Wagner avec Siegfried Idyll composĂ© pour l’Ă©pouse du compositeur Cosima ; mais aussi Poulenc dont 2013 marque le premier jubilĂ© de sa disparition (il y a 50 ans)…
Fondateur de l’AcadĂ©mie Francis Poulenc, le baryton François Le Roux, diseur inĂ©galable dans ce rĂ©pertoire sublime la portĂ©e poĂ©tique et linguistique des poèmes de Ronsard orchestrĂ©s par Poulenc.
Enfin l’orchestre tourangeau poursuit un cycle remarquable dĂ©diĂ© aux symphonies de TchaĂŻkovski : Jean-Yves Ossonce en comprend les enjeux Ă  la fois autobiographiques mais aussi purement formels. Oeuvre de jeunesse, l’opus 13 (crĂ©Ă© en 1868) mĂŞle en un subtil Ă©quilibre, passion irrĂ©pressible et pudeur suggestive, miroir de l’âme hypersensible de Piotr Illiytch. En 1874, le compositeur apporte des modifications substantielles aux mouvements 1, 2 et 4. Le titre renvoie aux paysages traversĂ©s entre Moscou et Saint-Petersbourg, prĂ©texte Ă  creuser toujours la faille mĂ©lancolique de l’auteur. De ce point de vue, entre rĂ©miniscence et rĂ©itĂ©ration, le second mouvement dĂ©veloppe l’expressivitĂ© atmosphĂ©rique de l’Ă©criture : ” contrĂ©e lugubre, contrĂ©e brumeuse “, TchaĂŻkovsky y favorise ses humeurs nostalgiques et lyriques d’un caractère Ă©minemment nordique.

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction
saison 2013-2014

Poulenc
Chansons villageoises
5 Poèmes de Ronsard

Wagner
Siegfried Idyll

TchaĂŻkovski
Symphonie n°1 en sol mineur opus 13
” RĂŞves d’hiver ”

Jean-Yves Ossonce, direction

Tours, Grand Théâtre
samedi 23 novembre 2013, 20h
dimanche 24 novembre 2013, 17h

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Opéra de Tours: Roméo et Juliette de Gounod, 25,27,29 janvier 2013

Opéra de Tours: Roméo et Juliette de Gounod, 25,27,29 janvier 2013

Jean-Yves Ossonce dirige Ă  l’OpĂ©ra de Tours une nouvelle production de RomĂ©o et Juliette de Gounod (1867).
OpĂ©ra orchestral autant que vocal, le RomĂ©o de Gounod est d’abord sombre et tragique, revisite l’opĂ©ra romantique Ă  sa source berliozienne (le chĹ“ur d’introduction qui explique le contexte); l’ivresse et l’extase amoureuse se dĂ©veloppent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre les deux adolescents, dont la scène de la chambre Ă  coucher oĂą ils se donnent l’un Ă  l’autre, marque le point d’accomplissement… Juliette a très vite la prĂ©monition de sa mort et mĂŞme RomĂ©o semble ne s’adresser qu’Ă  la faucheuse dans la dernière partie de l’action. Deux âme pures sont vouĂ©es Ă  la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que s’accomplir pour rĂ©aliser leur union au-delĂ  de la vie, au-delĂ  des haines fratricides qui corrompt le destin de leurs familles respectives, Capulet contre Montaigus…

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Compte-rendu: Tours,Jean-Yves Ossonce, OSRCT, le 12 janvier 2013

Compte rendu, concert Ă  Tours. Superbe programme de musique française oĂą Jean-Yves Ossonce et l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours captivent dans la Symphonie en rĂ© de CĂ©sar Franck…

Tours_ossonce_Tomasi_trompette_franck_symphonie_re_concert_570

Superbe programme de musique française pour dĂ©buter l’an neuf Ă  Tours: inspirĂ© et portĂ© par de prĂ©cĂ©dents accomplissements dĂ©diĂ©s aux Ĺ“uvres hexagonales, Jean-Yves Ossonce poursuit son exploration inspirĂ©e du symphonisme français. On lui connaĂ®t d’irrĂ©sistibles apports chez Magnard, mais aussi SĂ©verac ou Ropartz… ces derniers opportunĂ©ment enregistrĂ©s en studio (et tous unanimement cĂ©lĂ©brĂ©s pour leur indĂ©niable force convaincante). Ce soir, pour le plus grand plaisir des auditeurs, le chef et son orchestre jouent Roussel, Tomasi, surtout Franck dont avouons-le, la Symphonie en rĂ©, massif mythique du symphonisme français Ă  la fin du XIXè (1889) incarne pour nous cet Ă©lĂ©gance Ă©pique, ce souffle magistral et poĂ©tique, vraie alternative au wagnĂ©risme dominant.

Franckisme exaltant

La Suite en fa de Roussel (crĂ©Ă©e Ă  Boston en 1927 sous la direction de son commanditaire le chef Serge Koussevitzky) enchante par son allant rythmique, sa vitalitĂ© printanière dont les multiples raffinements de l’orchestration (admirables couleurs des vents très exposĂ©s et subtilement combinĂ©s) Ă©galent et Debussy et Ravel. L’Ă©clat et l’engagement dont font preuve les interprètes offrent une excellente entrĂ©e en matière dans un concert tripartite qui brille autant par sa diversitĂ© que sa profonde cohĂ©rence : les trois Ĺ“uvres du programmes se rĂ©pondent par leur fini instrumental comme le soin frappant apportĂ© Ă  leur construction dramatique.

Le Concerto pour trompette (1948) du Marseillais d’origine corse, Henri Tomasi (dĂ©cĂ©dĂ© en 1971),
chef-d’Ĺ“uvre absolu de finesse allusive laisse s’accomplir une nouvelle entente : celle du trompettiste Romain Leleu et des musiciens tourangeaux. Les qualitĂ©s de la partition sont surtout atmosphĂ©riques, avec point culminant de l’Ĺ“uvre, le nocturne central (Andantino), Ă  la fois grave, solennel, d’une subtilitĂ© bellinienne Ă©blouissante, serti de joyaux suggestifs et d’une pudeur secrète, et ce travail spĂ©cifique sur le timbre (sourdine ” Bol” Ă  la douceur enfantine primitive)); le soliste sait ainsi ciseler les registres poĂ©tiques alternĂ©s quand il passe d’un timbre l’autre grâce Ă  son instrument polymorphe dont il change avec maestriĂ  l’identitĂ© sonore, comme aussi avec la sourdine (dite “Robinson” au timbre feutrĂ©, finement cotonneux) dans le premier mouvement. L’accord soliste et chef est admirable, porteur d’un accomplissement sonore d’une rare vĂ©ritĂ©. Chef et instrumentiste savent exprimer chez Tomasi, les visions du poète wanderer, ses contours vaporeux, sa langue Ă©vanescente, fluide, somptueusement pudique. La musicalitĂ© du trompettiste, la direction suggestive du maestro Ă©blouissent.

Après la pause, voici la Symphonie en rĂ© de CĂ©sar Franck. A son Ă©poque, le monument fut incompris voire Ă©cartĂ© par le milieu parisien alors tendu par les aspirations germanophobes : trop dogmatique, trop allemande, trop wagnĂ©rienne… la Symphonie de Franck suscita nombre de critiques des compositeurs qui souhaitaient en vĂ©ritĂ© rĂ©gler leur compte avec celui qui Ă©tait jugĂ© comme un traĂ®tre par les tenants d’un nationalisme Ă©triquĂ©. De fait, en dehors des instrumentalisations inĂ©vitables liĂ©es au contexte, l’ouvrage est un chef d’Ĺ“uvre, un jalon essentiel dans l’histoire de la symphonique romantique Ă  la française.

Or si Franck emprunte certes aux ” Ă©trangers “: Beethoven pour le souci de la construction formelle; Liszt pour l’architecte d’abord sombre puis tournĂ©e de plus en plus vers la lumière ; Wagner certes pour ces audaces harmoniques et ce chromatisme souvent vĂ©nĂ©neux… l’Ă©loquence resserrĂ©e, cet idĂ©al d’Ă©quilibre, de mesure, de correspondance, cet art de la litote, du condensĂ© et du synthĂ©tique, demeurent rĂ©solument français comme le principe du motif cyclique dont les rĂ©itĂ©rations multiples et changeantes assurent l’extrĂŞme unitĂ© organique d’une partition parmi les mieux Ă©crites qui soient.

Dans ce parcours de dĂ©fis permanents, Jean-Yves Ossonce fait un florilège de superbes rĂ©solutions: le chef impose d’emblĂ©e une homogĂ©nĂ©itĂ© coulante et simple d’une admirable Ă©vidence, ce dès le dĂ©but. La lisibilitĂ©, la clartĂ© et l’Ă©quilibre soulignent une aisance manifeste qui soigne toujours l’Ă©loquence du geste… et prĂ©serve l’enchaĂ®nement des sections, leurs rĂ©ponses successives, l’allant du flux dramatique, le gĂ©nie de la totalitĂ© organique.

Le cĹ“ur de la symphonie demeure ici l’harmonie rayonnante des bois et des vents qui abordent chacune des reprises des motifs avec un goĂ»t sĂ»r : flĂ»te, hautbois (et cor anglais pour le second mouvement), clarinette auxquels il convient de souligner l’accent particulier du cor et de la harpe… L’ombre n’Ă©tant jamais absente dans une symphonie en clair obscur, le formidable paysage du second mouvement (et ses pizzicati des cordes accompagnant la harpe mystĂ©rieuse) s’Ă©lève tel une incantation au mystère, une porte vers les Ă©toiles, une antichambre dont le flux constellĂ© de scintillements des plus raffinĂ©s prĂ©pare au dĂ©voilement du 3ème mouvement: Franck n’y fait pas que rĂ©exposer les thèmes antĂ©rieurs du I et du II dĂ©jĂ  entendus: il les rĂ©assemble, les superpose en une nouvelle construction qui rĂ©sout toutes les tensions prĂ©alables. Ce jeu formel fait aussi entendre la rĂ©sonance des cimes ou les brumes flottantes d’une conscience dĂ©sormais en lĂ©vitation: graves profonds des contrebasses au diapason d’une harpe de mieux en mieux chantante, chef et musiciens font surgir le bruissement des Ă©lĂ©ments premiers, la vibration primordiale (Ă©cho des premiers accords du Ring?) d’une sorte de transe Ă©veillĂ©e, point culminant de la symphonie et qui exprime de la part de son auteur, une indĂ©niable pensĂ©e mystique. Sans dĂ©monstration vaine, au diapason d’une justesse intĂ©rieure qui s’accomplit peu Ă  peu, Jean-Yves Ossonce et son orchestre donnent lĂ  encore une leçon de symphonisme transparent, fin, intelligent. Superbe programme.

Tours. Grand Théâtre, le 12 janvier 2013. Roussel, Tomasi, Franck (Symphonie en ré). Orchestre Symphonique Région Centre Tours. Jean-Yves Ossonce, direction.

Illustration: Romain Leleu, Jean-Yves Ossonce © G.Proust 2013

Gounod: Roméo et Juliette. Tours, Opéra. Les 25,27,29 janvier 2013

Tours. Roméo et Juliette de Gounod, dès le 25 janvier 2013

SpĂ©cialiste affĂ»tĂ© du rĂ©pertoire français romantique, le chef et directeur artistique du Théâtre tourangeau, Jean-Yves Ossonce dirige l’Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours dans une nouvelle production très attendue de RomĂ©o et Juliette de Gounod… 3 dates incontournables les 25, 27 et 29 janvier 2013

Charles-Gounod_portraitNon le chef d’Ĺ“uvre, avec Faust, de Gounod,  RomĂ©o et Juliette, applaudi dès sa crĂ©ation en 1867, ne se rĂ©duit pas Ă  quelques beaux duos suaves et inspirĂ©s: le traitement que rĂ©serve Gounod au mythe de RomĂ©o et de Juliette affiche un tempĂ©rament original (harmoniquement), une construction dramatique progressive qui suit essentiellement le souffle tragique de l’action, avec, issue implacable, la mort des deux jeunes amants.Si aujourd’hui, la version discographique dirigĂ©e par Michel Plasson et qui rĂ©alise une heureuse synthèse entre la version de l’OpĂ©ra Comique (1873) et de l’OpĂ©ra (1888) demeure la rĂ©fĂ©rence absolue, la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours entend restituer dans sa cohĂ©rence et son unitĂ© originelle, la partition romantique et tragique. Arguments de taille, dans les deux rĂ´les-titres: Floriant Laconi et Anne-Catherine Gillet…

Charles Gounod

Roméo et Juliette

Opéra de Tours
vendredi 25 janvier 2012, 20h
dimanche 27 janvier 2012, 15h
mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production
Paul-Emile Fourny, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction

Le drame de Gounod insiste sur l’antagonisme viscĂ©ral entre Capulets et Montaigus. Les haines ancestrales broient comme un machine l’espoir de deux cĹ“urs amoureux…  L’action s’ouvre sur le bal chez les Capulets: Juliette y est promise au comte Pâris. L’accent sombre et tragique Ă  l’Ă©noncĂ© des vrais sentiments de RomĂ©o, (Montaigu rival des Capulets), pour la belle Juliette, est adouci par l’humeur lĂ©gère de Mercutio (double de RomĂ©o), qui Ă©voque avec une facĂ©tie gĂ©niale la reine Mab… la force de l’opĂ©ra revient au choix de Gounod: au moment de l’action, les deux jeunes gens que tout sĂ©pare et oppose mĂŞme, tombent Ă©perdument amoureux l’un de l’autre (scène du jardin des Capulets, II). Pourtant mariĂ©s,  porteurs d’une chance de rĂ©conciliation entre le deux clans, RomĂ©o et Juliette ne peuvent empĂŞcher une sĂ©rie de meurtres: Mercutio est blessĂ© mortellement par Tybalt le Capulet, lequel est tuĂ© par RomĂ©o (III). Grâce Ă  Frère Laurent, Juliette qui a bu un puissant narcotique, feint la mort au moment de son mariage avec Pâris: consternation et choc: elle est conduite au tombeau (IV). Le dernier acte met en scène la tragĂ©die inĂ©luctable du mythe lĂ©guĂ© par Shakespeare: RomĂ©o n’a pas Ă©tĂ© mis dans la confidence et quand le jeune amant dĂ©truit pĂ©nètre dans le tombeau de Juliette inanimĂ©e, croyant Ă  la mort de son aimĂ©e, se donne la mort. Juliette s’Ă©veille et se poignarde pour rejoindre son aimĂ© en un duo funèbre particulièrement poignant.

En rĂ©unissant deux chanteurs d’exception, Florian Laconi et Anne Catherine Gillet dans les rĂ´les phares de RomĂ©o et Juliette (sans pour autant minimiser la valeur des rĂ´les complĂ©mentaires de Tybalt et de Mercutio), Jean-Yves Ossonce met toutes les chances de son cĂ´tĂ© et promet de cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie lyrique de Gounod avec la sensibilitĂ© et le tempĂ©rament dramatique que nous lui connaissons. Nouvelle production Ă©vĂ©nement.

ConfĂ©rence de prĂ©sentation Ă  l’Ĺ“uvre, samedi 12 janvier 2012, 20h
RomĂ©o et Juliette de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, Roméo et Juliette de Gounod est créé à Paris, le 27 avril 1867.

Florian Laconi, Roméo
Anne Catherine Gillet, Juliette
Doris Lamprecht, Gertrude
Ronan Nédélec, Mercutio
Christophe Berry, Tybalt
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours

toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site de l’OpĂ©ra de Tours.