DANSE, replay jusq’10 juin 2022. C CARLSON : The Tree (mai 2021) ou les adieux de Carolyn Carlson

TREE-CAROLYN-CARLSON-CHAILLOT-ballet-critique-classiquenews-mai-2021DANSE, replay jusq’10 juin 2022. C CARLSON : The Tree (mai 2021). C’est un ballet Ă©vĂ©nement, captĂ© au TN de Chaillot Ă  Paris en mai 2021. A la fois onirique et narratif, l’ultime ballet de Carolyn Carlson, qui dit ici adieu Ă  sa compagnie est filmĂ© en mai 2021 au ThĂ©Ăątre National de la Danse. « The Tree » (Fragments of poetics on fire) est une ode Ă  la nature et aux Ă©lĂ©ments, construits en sĂ©quences et Ă©pisodes narratifs oĂč toujours paraĂźt la silhouette d’un arbre ou de troncs : arbre pĂ©trifiĂ©, squelettique plutĂŽt que massif vĂ©gĂ©tal et vert. La fragilitĂ© des ĂȘtres et des plantes, l’équilibre tĂ©nu de la nature, cette harmonie que l’homme s’entĂȘte Ă  rompre continĂ»ment, la fin et la mort inĂ©vitables issues, 
 sont ici cĂ©lĂ©brĂ©s, en un sĂ©rie de rituels chorĂ©graphiques aux gestes suspendus, lyriques et oniriques dont l’élĂ©gance et le chant intĂ©rieur, invisible se dĂ©ploient avec la pudeur et l’esprit d’une grĂące nostalgique, propre Ă  Carlson. En pas fragilisĂ©s, en regards qui se cherchent
 les danseurs tentent de reconnecter l’homme et la nature dans un rapport pacifiĂ©, Ă©quilibrĂ© 
 lequel qui n’existe plus. Il est dĂ©jĂ  trop tard : la fin est proche. Mais la silhouette Ă©thĂ©rĂ©e des danseurs dit un temps suspendu, une voie de rĂ©mission et d’espĂ©rance oĂč tout semble aussi possible


Avec Eau, Carolyn Carlson ouvrait en 2010 un cycle chorégraphique inspiré par les travaux du philosophe Gaston Bachelard. AprÚs Pneuma et Now, The Tree (Fragments of poetics on fire) clÎt cet ambitieux projet.

PrĂ©sentation du ballet sur le site d’ARTEconcert : « The Tree est autant une dĂ©claration d’amour qu’un cri d’alarme. Alors que l’équilibre du monde est mis Ă  mal par l’appĂ©tit des Hommes, Carolyn Carlson nous invite Ă  nous Ă©merveiller devant la beautĂ© et les miracles de la nature. Elle nous enjoint Ă  prendre soin de notre environnement, espĂ©rant l’avĂšnement d’un futur radieux ».

9 danseurs Ă©voluent sur le plateau du ThĂ©Ăątre de Chaillot ; ils incarnent au fil du spectacle les quatre Ă©lĂ©ments qui expriment le monde : le feu, la terre, l’eau et le vent. Chaque Ă©pisode donne naissance Ă  des tableaux esthĂ©tiques, habillĂ©s par les toiles Ă  l’encre de chine du peintre et dramaturge chinois Gao Xingjian.

Spectacle captĂ© le 11 mai 2021 Ă  Chaillot – ThĂ©Ăątre National de la Danse, Paris. VOIR le BALLET TREE de CAROLYN CARLSON EN REPLAY sur ARTEconcert, jusqu’au 10 juin 2022

STREAMING, le Gala de la Danse de l’OpĂ©ra de Paris

opera-garnier-vestibule-escalierSTREAMING DANSE. GALA DE DANSE DE L’OPÉRA DE PARIS, 27 puis 30 janvier 2021. MalgrĂ© la fermeture des thĂ©Ăątres, opĂ©ras, des salles de concerts, l’OpĂ©ra de Paris prĂ©sente nĂ©anmoins son gala d’ouverture de la saison de danse 2021. La soirĂ©e suit un rituel bien rodĂ© chaque dĂ©but d’annĂ©e ; elle donne le ton des prochains ballets proposĂ©es au Palais Garnier et Ă  Bastille. UN GALA DEPUIS CHEZ SOI, sur invitation (le 27 janv) puis en accĂšs payant le 30 janv 2021). Ce soir mercredi 27 janvier 2021 Ă  20h, en premiĂšre session, l’OpĂ©ra national de Paris propose en direct son gala de danse exclusivement en streaming sur la plateforme chezsoi.operadeparis.fr et sur invitation. Le spectacle marque le grand retour des danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris sur la scĂšne du Palais Garnier, aprĂšs des mois de silence [depuis le 29 oct 2020].

Programme
Ouverture : Défilé du Ballet
Pas de deux : Grand pas classique de Victor Gsovsky,
The vertiginous thrill of exactitude de William Forsythe
In the night de Jerome Robbins.

VOIR le gala de danse de l’OpĂ©ra de Paris,
Sur invitation le 27 janvier, le gala est  accessible ensuite à tous les internautes le 30 janvier sur la plateforme :
https://chezsoi.operadeparis.fr

Opéra chez soi, ballets à la maison, concerts en direct


NOUS Y ÉTIONS...OpĂ©ra chez soi, ballets Ă  la maison, concerts en direct
 En quelques semaines (depuis la mi mars), confinement oblige, internet est devenu le seul accĂšs Ă  la culture, sous condition que les acteurs habituels, empĂȘchĂ©s Ă  prĂ©sent, diffusent sur leur site spĂ©cifique leurs propres contenus. L’offre s’est Ă©largie ; elle ne cesse de s’enrichir mĂȘme et les maisons d’opĂ©ras et de danse, les institutions d’Europe les plus diverses (orchestres, salles de concerts, festivals
) mettent en ligne leurs fonds vidĂ©o, certains en streaming et selon les acteurs, sur une durĂ©e plus ou moins limitĂ©e. Classiquenews vous propose ici sa sĂ©lection des meilleurs sites et programmes annoncĂ©s. Certains jouent la carte du live, offrant de rĂ©els instants uniques dont feu et fragilitĂ© renouvellent l’esprit du partage, comme une alternative concrĂšte Ă  l’interdiction dĂ©sormais de se regrouper dans les salles
 (voir ci aprĂšs, les concerts live du cycle « Aux notes citoyens », initiĂ© par le Festival 1001 notes).
De quoi alimenter notre curiositĂ©, stimuler l’évasion et conjurer autant qu’il se peut les mĂ©faits de l’enfermement obligĂ©. Nous ajoutons aussi les perles du net soit les programmes disponibles ordinairement accessibles sur la toile… Bon confinement, prenez soin les uns des autres et restez chez vous !

 

 

 

 

 

 

opéra

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NOTRE PALMARES. Notre TOP 5 des meilleures productions / propositions lyriques  à voir et revoir sur le NET :

 

1PARSIFAL Ă  l’OpĂ©ra de Palermo / Graham Vick, mise en scĂšne. Avec l’exceptionnelle et captivante Kundry de Catherine Hunold. Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs.

2  -   ELEKTRA, Salzbourg 2020 : “Volcan Orchestral, lave vocale”… Si la mise en scĂšneSalzbourg 2020 : Somptueuse Elektra pour le centenaire de Wrlikowski ne sĂ©duit pas vĂ©ritablement, en revanche l’intensitĂ© des voix surtout l’Elektra hallucinĂ©e, dĂ©truite, embrasĂ©e de la soprano Ausrine Stundyte assure Ă  cette nouvelle production, un Ă©clat indiscutable. Belle rĂ©ussite pour l’Ă©dition du Festival de Salzbourg 2020 celle des 100 ans. LIRE notre critique de l’opĂ©ra ELEKTRA Salzbourg 2020

3TURANDOT Ă  la Scala de Milano / Nikolaus Lehnoff / Riccardo Chailly. Avec Nina Stemme dans le rĂŽle titre. Outre l’imaginaire flamboyant expressionniste des dĂ©cors et des costumes, la version retenue est celle achevĂ©e par Berio, une fin trĂšs rĂ©ussie. Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs. Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs.

4 - L’ETOILE par l’Atelier Lyrique de Tourcoing (fĂ©vrier 2020). L’opĂ©ra poĂ©tique, dĂ©jantĂ© de Chabrier, si admirĂ© de Ravel, est remarquablement dĂ©fendue dans cette production efficace et vivace qui rĂ©unit une trĂšs solide Ă©quipe de solistes (Kossenko). Lire prĂ©sentation ci-aprĂšs.

5 – GÖTTERDÄMMERUNG / Le CrĂ©puscule des Dieux de Wagner Ă  La Scala de Milano. D’emblĂ©e c’est surtout la direction passionnante, d’un tragique soyeux, souterrain, viscĂ©ral de Daniel Barenboim que nous saluons ici : son geste creuse les perspectives psychiques qui pilotent chaque personnage. Les interludes orchestraux sont bouillonnants et significatifs, d’un dramatisme  sinueux et profond (Ă©coutez, outre l’ouverture, l’introduction Ă  Brunnhilde Ă  1h22mn45 – acte I) : visionner ici Le CrĂ©puscule des Dieux de Wagner par Daniel Barenboim :
https://www.raiplay.it/video/2020/03/Gtterdmmerung-676242e5-0d3e-4010-a056-66b4d801248e.html

 

6 – HĂ©rodiade de Massenet Ă  l’OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE (2001) – le grand opĂ©ra français avec ballets s’illustre en caractĂšres orientaux et bibliques, mais aussi sous le feu de l’amour de la jeune SalomĂ© pour le prophĂšte Jean… Production ambitieuse et rĂ©alisĂ©e avec honnĂȘtetĂ© – en replay jusqu’Ă  la reprise des spectacles Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne… PrĂ©sentation ci dessous / Voir la production ici: https://www.saint-etienne.fr/actualites/hĂ©rodiade-opĂ©ra-en-4-actes-7-tableaux

 

 

 

 

 

 

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Massenet : Hérodiade (1881) / Opéra de SAINT-ETIENNE, 2018

Herodiade-opera-saint-etienne-pichon-ossonce-critique-opera-classiquenewsInspirĂ© des 3 Contes de Flaubert, HĂ©rodiade de Massenet, entre fresque historique et biblique et huis clos psychologique, aborde le mythe oriental avec une sensualitĂ© ardente et passionnĂ©e. L’auteur de Werther ou de ThaĂŻs et Manon, offre un rĂŽle puissant pour HĂ©rodiade (mezzo-soprano), amoureuse d’HĂ©rode Philippe mais hantĂ©e par le souvenir de sa fille perdue, Salomé  l’orientalisme biblique (l’action se dĂ©roule Ă  JĂ©rusalem en JudĂ©e) est une alternative au wagnĂ©risme alors omniprĂ©sent en Europe et en France au dĂ©but des annĂ©es 1880. Massenet aborde le genre du grand opĂ©ra avec ballet (danse babylonienne, dĂ©but du II, dans le palais d’HĂ©rode, quand le roi s’enivre au dĂ©sir de possĂ©der la jeune SalomĂ© – puis danse mystique et sacrĂ©e dans le temple de Salomon au III). A noter le trĂšs bel air de Phanuel : « astres Ă©tincelants »  qui interroge la nature de Jean : « est ce un dieu ? »  Pour autant l’écriture trĂšs acadĂ©mique se rapproche souvent des effets un peu faciles de la peinture d’Histoire. Massenet certes habile mĂ©lodiste, ne possĂšde pas l’orchestration d’un Bizet (les PĂȘcheurs de perles ou surtout Carmen, d’un hispanisme des plus raffinĂ©s).

SALOMÉ, amoureuse de JEAN…  « Celui dont la parole efface toutes peines, le prophĂšte est ici
 c’est vers lui que je vais » : au dĂ©part, le portrait de SalomĂ© est celui d’une jeune femme en quĂȘte de sa propre identitĂ©, charmĂ©e par l’autoritĂ© du ProphĂšte. L’opĂ©ra malgrĂ© son titre, est surtout celui de la fille d’HĂ©rodiade, la jeune juive SalomĂ©, qui aime Jean, apprend aprĂšs le supplice de son aimĂ©, d’HĂ©rodiade qu’elle est sa fille. AprĂšs l’avoir implorĂ©, – dans une ultime scĂšne, SalomĂ© veut tuer sa mĂšre qui s’est rĂ©vĂ©lĂ©e, mais prĂ©fĂ©rant mourir avec le prophĂšte, l’hĂ©roĂŻne se suicide en retournant la lame contre elle-mĂȘme.

Alternant grandes scĂšnes collectives et solos passionnĂ©s, hĂ©roĂŻques et tragiques, Massenet sculpte le profil de ses deux personnages fĂ©minins : HĂ©rodiade qui demande Ă  son Ă©poux HĂ©rode Ă©pris de SalomĂ©, qu’il tue le prophĂšte Jean, lequel ne cesse de la diffamer par ses prophĂ©ties (Jean la traite de « Jezabel » , l’étrangĂšre vicieuse et malfaisante) ; SalomĂ©, jeune Ăąme, elle, n’aime que Jean et recherche sa mĂšre
 D’un cĂŽtĂ©, une Ă©pouse haineuse et vengeresse, matriarche aimante mais exclusive (« ne me refuse pas » s’écrit-elle en exigeant d’HĂ©rode la tĂȘte de Jean) ; de l’autre, une jeune Ăąme qui s’ouvre Ă  l’amour pour Jean
 Ici pas de scĂšne des sept voiles (qui a fait le triomphe de l’opĂ©ra de R Strauss inspirĂ© de Wilde) mais les dĂ©chirements de SalomĂ©, acquise au ProphĂšte Jean et qui se suicide face Ă  la barbarie et l’horreur d’un monde qui a tuĂ© son aimĂ© et dans lequel sa propre mĂšre la manipule et n’hĂ©site pas Ă  la sacrifier


Production de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne – 2018 – JY Ossonce, direction / JL Pichon, mise en scĂšne. Avec Elodie Hache (SalomĂ©), Emanuela Pascu (HĂ©rodiade), Florian Laconi (ProphĂšte Jean), Christian Helmer (HĂ©rode), Nicolas Cavallier (le devin et mage chaldĂ©en Phanuel, mentor et protecteur de SalomĂ© en quĂȘte de sa mĂšre) Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. LIRE aussi notre compte rendu critique complet d’HĂ©rodiade de Massenet Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

 

VOIR l’opĂ©ra sur le site de la Mairie de Saint-Etienne

https://www.saint-etienne.fr/actualites/hérodiade-opéra-en-4-actes-7-tableaux

VOIR la production d’HĂ©rodiade de Massenet Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne sur Youtube / OpĂ©ra de Saint-Etienne :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=691&v=Yc0rTYBtxZ0&feature=emb_logo

 

 

 

 

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MOZART: nouveau Cosi fan tutti Ă  Salzbourg 2020. Descendre, Dreisig… Loy / Mallwitz

 

salzbourg vignette festivalCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. Salzbourg, 2 aoĂ»t 2020. MOZART : Cosi fan tutte : Dreisig, Crebassa
 Christof Loy. UN NOUVEAU COSI 
 en dĂ©licatesse, juvĂ©nilitĂ©. On pourrait s’enorgueillir de compter plusieurs chanteuses françaises ici, pour les rĂŽles de Fiordiligi et de sa servante Despina
 Mais l’écoute tempĂšre notre enthousiasme
 Elsa Dreisig en Fiordiligi, a un timbre frais et idĂ©alement juvĂ©nile, mais la technique dĂ©rape et la justesse instable, attĂ©nue l’enthousiasme : trop tĂŽt pour la jeune diva francodanoise ? Un bon travail de remise en place s’impose Ă  notre avis. Son grand air solo « Come scoglio  » (Ă  49’37 de la captation vidĂ©o) s’il est techniquement assurĂ© (redoutables Ă©carts de notes), reste un peu lisse. Un manque de passion et d’intensitĂ© d’autant plus regrettable car Fiodiligi recueille toutes les tempĂȘtes prĂ©cĂ©dentes incarnĂ©es par les hĂ©roĂŻnes mozartiennes, surtout Giunia (Lucio Silla). Dreisig semble ne pas mesurer totalement tous les enjeux de son texte. Mieux assurĂ©e, Marianne Crebassa fait une Dorabella, plus mĂ»re et convaincante. Dans leurs duos, les deux voix fusionnent, s’amusent, jouant sur l’intensitĂ© de leur Ă©mission fraĂźche. Deux dĂ©lurĂ©es parfaitement incarnĂ©es, prĂȘtes Ă  oublier et rompre les serments passĂ©s. Son grand air (« Songes implacables qui m’agitez  ») affirme une beau tourment tragique.

La mise en scĂšne de Loy affecte une discrĂ©tion Ă©purĂ©e, proche de la froideur nordique : silhouettes noires sur fond blanc immaculĂ©, – contrastes affirmĂ©s, contrejours expressifs
 voilĂ  qui dĂ©tache nettement et toujours le relief de la musique et des voix.

Les deux hommes sont honnĂȘtes sans plus, d’un style quelconque parfois caricaturaux. Le baryton AndrĂš Schuen assume plus crĂąnement ses airs avec un aplomb parfois trop appuyĂ© : la grĂące mozartienne ne supporte aucune faute de goĂ»t aussi il manque ce format dĂ©licat et sincĂšre propre Ă  Mozart. Le tĂ©nor d’abord acide, pauvre en nuances, s’affranchit de son trac et trouve une justesse sincĂšre qui Ă©meut, comme portĂ© par la direction trĂšs sensible de la cheffe Joana Mallwitz. Une Ă©volution saisissante Ă  suivre pendant la reprĂ©sentation. Ses duos avec Fiordiligi sont touchants. Le dĂ©sarroi surgit souvent dans ce style juste et direct. PremiĂšre pour la cheffe Joana Mallwitz Ă  Salzbourg, et par lĂ  mĂȘme, premiĂšre pour une femme cheffe dans l’arĂšne prestigieuse salzbourgeoise
 on apprĂ©cie ses ralentis, nuances, respirations : surgissent la profondeur et la dĂ©licate mĂ©lancolie d’un Mozart qui nous parle du dĂ©sordre amoureux certes, mais surtout de perte, de fragilitĂ©, d’évanescence (belle souplesse onirque du trio fameux Soave silento
). La direction reste constamment passionnante : souffle dramatique, clartĂ© et souplesse, surtout diction intĂ©rieure de l’orchestre : Mallwitz frappe les esprits et les ouĂŻes.

La Despina de Lea Desandre, soubrette dĂ©lurĂ©e, autoritaire, collectionne une sĂ©rie de sketches savoureux avec un aplomb qui contrepointe adroitement la naĂŻvetĂ© de ses deux patronnes. Y compris quand elle joue au chirurgien (avec masque, rĂ©fĂ©rence Ă  la covid 19), prĂ©sence dĂ©jantĂ©e au comique savoureux
 La jeune diva française apporte cette touche de dĂ©licatesse intĂ©rieure, cette maĂźtrise des nuances Ă©motionnelles, idĂ©ale approche de la palette sentimentale mozartienne. Sa finesse se distingue nettement et dans son jeu scĂ©nique et son articulation, riche en phrasĂ©s. Un exemple de subtilitĂ© pour ses partenaires.

VOIR Cosi fan tutte de Mozart, Salzbourg 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/098629-001-A/cosi-fan-tutte-de-mozart/

EN replay arte.tv jusq’31 octobre 2020

 

 

 

 

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CULTUREBOX
Azucena-manrico-Lemieux-Alagna-ORANGE-2015-critique-opera-VERDI-il-trovatore-classiquenewsVERDI : Il Trovatore (Orange, 2015). Rien de confus ou alambiquĂ© dans l’opĂ©ra de Verdi : une lĂ©gende virile et fantastique qui narre la vengeance de la gitane mi sorciĂšre mi haineuse Azucena qui recueille et Ă©lĂšve son « fils » Manrico ; celui ci aime Leonora, elle-mĂȘme adorĂ©e par Luna. Manrico et Luna s’opposent, se haĂŻssent : Luna tue Manrico par jalousie, avant d’apprendre de la bouche d’Azucena qu’il Ă©tait son frĂšre ; ainsi se venge la sorciĂšre dont le vĂ©ritable enfant a Ă©tĂ© tuĂ©, brĂ»lĂ© vif par le premier comte de Luna

Verdi exploite les ressorts dramatiques d’une sombre histoire familiale oĂč les enfants perpĂ©tuent la folie sanglante de leurs parents. Transmission de l’esprit du soupçon, des manipulations et du mensonge, l’action est celle de la vengeance sourde mais inĂ©luctable
 DĂšs la premiĂšre scĂšne, l’histoire de l’enfant brĂ»lĂ© est contĂ©e par une basse chantante, hallucinĂ©e, pĂ©nĂ©trĂ©e par l’horreur qu’il professe

La production rĂ©unit une distribution globalement convaincante ; si la Leonora de la chinoise Hui He est plus mezzo dramatique (d’une belle rondeur cuivrĂ©e quoique souvent imprĂ©cise dans ses vocalises) ; ampleur qui renforce l’autoritĂ© d’un personnage large qui Ă©carte tout angĂ©lisme d’un soprano plus lĂ©ger (sa Leonora a des accents plus maternels que rĂ©ellement juvĂ©niles), le Manrico de Roberto Alagna a fiĂšre allure, ardent et enivrĂ© mĂȘme, incarnant la virilitĂ© tendre du jeune amoureux, comme l’ardeur loyal du fils, prĂ©sent Ă  sa mĂšre (air du feu, nerveux et tendu), pris dans les rets d’une haine familiale qui le dĂ©passe. Luna, sombre, jaloux, Ă  la rancƓur aigre, ĂȘtre tapis dans l’ombre de la lumiĂšre des deux amants permet ay baryton roumain Georges Petean d’épaissir son personnage, mais l’interprĂ©tation pourrait ĂȘtre plus nuancĂ©e ; heureusement Ă  mesure que l’action se dĂ©roule, ce jaloux frustrĂ© gagne une sincĂ©ritĂ© croissante. Tandis que la sorciĂšre de Lemieux atteint des Ă©clats tĂ©nĂ©bristes et graves dans le rĂ©cit de la mort de son fils croisĂ© avec le visage de sa mĂšre brĂ»lĂ©e vive
 qui lui demande de venger leur sang. Une trĂšs belle interprĂ©tation. La direction de de Billy est active, parfois lourde et brutale ; et la mise en scĂšne de Charles Roubaud, routiniĂšre mais lisible. Quoique tendant Ă  l’oratorio et Ă  la succession d’airs dans les deux derniers actes… Pourtant le formidable duo de la mĂšre et de son fils, Azucena / Manrico, grĂące Ă  l’engagement de Lemieux et Alagna atteint une lumineuse sincĂ©ritĂ© dans le tableau final, celui qui conduit les deux Ăąmes vers le bĂ»cher… joyaux dans la nuit de l’anĂ©antissement. DurĂ©e : 2h20mn.

Culturebox. En replay jusqu’au 27 dĂ©cembre 2020
https://www.france.tv/france-3/tous-a-l-opera-2018/966403-il-trovatore-de-verdi-aux-choregies-d-orange-2015.html

Roberto Alagna, Manrico
Hui He, Leonora
Marie Nicle Lemieux
George Petean, Comte de Luna
Orchestre National de France
Bertrand de Billy, direction
Charles Roubaud, mise en scĂšne

LIRE aussi notre critique complĂšte d’IL TROVATORE de VERDI aux ChorĂ©gies d’Orange, aoĂ»t 2015  

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CULTUREBOX
STRAVINSKY : OEDIPUS REX (Aix 2017, Sellars, Salonen)
EN REPLAY, jusqu’au 28 mai 2020
Durée : 2h15mn

oedipus-rex-stravinksy-salonen-aix-sellars-critique-opera-oratorio-classiquenews-jocaste-replay-opera-confinement-cultureboxComment arrĂȘtez la peste Ă  ThĂšbes ? Le peuple implore leur roi Oedipe pour les sauver 
 en notes pointĂ©es, staccatos et rythmiques tranchantes, en 1927, Stravinsky s’empare avec la fulgurance qui le caractĂ©rise, l’histoire tragique d’Oedipe, auquel est rĂ©vĂ©lĂ© la vĂ©ritĂ© la plus barbare. ChƓur de jeunes en tee shirts contemporains, solistes engagĂ©s, rĂ©citante en français (Antigone, la premiĂšre fĂ©ministe de l’histoire, fille d’Oedipe qui guidera son pĂšre devenu aveugle)
 la lecture touche Ă  son but. Saisir le spectateur, le conduire aux portes insupportables de l’inacceptable et de l’inqualifiable. Personne n’échappe Ă  la cruautĂ© du destin. L’épouse de Oedipe, Jocaste de Violetta Urmana exprime la passion douloureuse d’une femme elle aussi saisie, brĂ»lĂ©e par la mauvaise fortune (33mn32). En pythie surgit d’un monde sans espoir, elle se fait la voix de la vĂ©ritĂ©, derniĂšre Cassandre de temps intranquilles ; accablĂ©e par le spectacle d’une ville entiĂšre dĂ©vastĂ©e (« N’avez vous pas honte, rois, de clamer vos reproches personnels dans une ville malade ? 
 / Il ne faut pas croire aux oracles / Ils mentent toujours / oracula, oracula mendica sunt 
 / Laius est mort Ă  un carrefour »). Ainsi Oedipe comprend qu’il a tuĂ© son propre pĂšre

En fosse, le compositeur et chef Esa Pekka Salonen, en orfĂšvre des sons prĂ©cis, caractĂ©risĂ©s
 Ă  l’écoute des frĂ©missements tĂ©nus, des langueurs inquiĂštes
 sculpte la partition orchestrale avec une acuitĂ© dĂ©taillĂ©e, une ivresse des accents, continument affĂ»tĂ©e (percutant Philharmonia Orchestra : cf.clarinettes, bassons, flĂ»tes
). Captivant.

VISIONNER Oedipus Rex à AIX été 2017
https://www.france.tv/france-2/festival-international-d-art-lyrique-d-aix-en-provence/968377-oedipus-rex-symphonie-de-psaumes-a-aix-en-provence.html

distribution
Igor Stravinsky : ƒdipus Rex
OpĂ©ra-oratorio d’aprĂšs Sophocle (1930)
Livret de Jean Cocteau, traduit en latin par le cardinal Jean DaniĂ©lou – couplĂ© avec la Symphonie de Psaumes (1930)

Direction musicale : Esa-Pekka Salonen
Mise en scĂšne : Peter Sellars
Orchestre : Philharmonia Orchestra
ChƓurs : Orphei DrĂ€ngar, Gustaf Sjökvist Chamber Choir, Sofia Vokalensemble

ƒdipe Roi : Joseph Kaiser
Jocaste : Violeta Urmana
Créon / Tirésias / le Messager : Sir Willard White
Le Berger : Joshua Stewart
Antigone (récitante) : Pauline Cheviller
Ismene (danseuse) : Laurel Jenkins

 

 

 

 

 

 

 

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 ANVERS, OPERA ANTWERP
OPERA BALLET VLAANDEREN
https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room

LA JUIVE d’HalĂ©vy
(Peter Konwitschny)
HALEVY Fromental_Halevy_by_Etienne_Carjat-cropHalĂ©vy offre un premier modĂšle de grand opĂ©ra français (sujet historique, Ă  l’époque des tensions religieuses au XVĂš) Ă  l’époque des Lucia di Lammermoor et des Puritains (1835). L’opĂ©ra commence avec le Te Deum pour le Concile de Constance (hiver 1414), prĂ©sidĂ© par le Cardinal Brogni, avec orgue obligĂ© ; le choeur (un peu criĂ© et dur par le collectif aux gants bleus) entonne aussitĂŽt « Aux armes / Hosanna ! », glorification catholique pompeuse dans l’esprit de la grande machine parisienne, Ă  laquelle Eleazar le juif et l’hĂ©rĂ©tique s’oppose non sans dĂ©fiance et « insolence » et immĂ©diatement, car il a « osé » travaillĂ© un jour de fĂȘte (NoĂ«l)
 Brogni pardonne, clĂ©ment ; Eleazar, toujours plein de ressentiment et de dĂ©fiance. Le dĂ©cor cite Notre-Dame Ă  travers l’une de ses sublimes rosaces en fond de scĂšne
 miroir des interactions et enjeux religieux qui portent cette Ɠuvre ambitieuse (d’oĂč les immenses grilles qui citent l’emprisonnement des deux juifs ici persĂ©cutĂ©s). La Juive c’est la fille d’Eleazar Rachel (en gants jaunes, ainsi Ă©tiquettĂ©e) laquelle aime « Samuel » en fait Leopold, pourtant promis Ă  la princesse Eudoxie : « il va venir  ». La jeune fille est arrĂȘtĂ©e avec son pĂšre qui se venge en laissant condamnĂ©e : Eleazar rĂ©vĂšle alors au Cardinal Brogni qu’elle Ă©tait sa propre fille, perdue depuis Rome. Brogni ne cessait alors de rechercher sa fille
 Saisissant par son coup de thĂ©Ăątre final (livret de Scribe), l’ouvrage sera ensuite Ă©clipsĂ© par Les Huguenots de Meyerbeer, crĂ©Ă© l’annĂ©e suivante en 1836, nouveau jalon majeur du genre lyrique romantique français. Cette production pourtant trĂšs claire grĂące au sens de l’épure de Konwitschny, souffre d’une distribution faible, aux voix tendues et criĂ©es (bien qu’engagĂ©es comme c’est le cas des juifs : Rachel et son pĂšre, Eleazar). N’est pas Caruso ni Neil Shicoff qui veut : Eleazar et son dernier air, terrifiant et tragique, quand le pĂšre donne sa fille : « Rachel quand du Seigneur  » offre un personnage dramatiquement immense pour les tĂ©nors. Il est vrai que l’opĂ©ra de HalĂ©vy rĂ©unissait Ă  sa crĂ©ation les plus grandes voix de son Ă©poque, chacune dans les quatre tessitures mises en avant : tĂ©nor (Eleazar), soprano (Rachel), baryton (Brogni), mezzo (Eudoxie)
 Ce n’est pas la direction souvent Ă©paisse et grossiĂšre du chef qui arrange la donne. MĂȘme le chƓur baisse la note par son articulation approximative.

VISIONNEZ La Juive de Fromental Halévy : https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room
Durée : 2h52mn

 

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PARSIFAL
(Tatjana GĂŒrbaca – Cornelius Meister)

https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-roomD’emblĂ©e, la direction de Cornelius Meister, terne et sans nuances, manque singuliĂšrement de transparence et de langueur mystĂ©rieuse, un manque dommageable pour l’expression de la sublime mĂ©tamorphose que l’opĂ©ra raconte dans le cƓur du pur Parsifal
 l’agent du Salut dans un monde vouĂ© Ă  la culpabilitĂ©, Ă  l’impuissance, celle du roi Amfortas, maudit. La mise en scĂšne explicite le sujet de sa condamnation : il a couchĂ© avec la pĂȘcheresse Kundry, alors crĂ©ature de l’infĂąme Klingsor. Ainsi dĂšs le dĂ©but, s’expose la dĂ©chirure et la perte de l’équilibre du monde, par l’immense coupure qui divise le fond du dĂ©cor courbe. Sans rĂ©fĂ©rence Ă  la poĂ©sie mĂ©diĂ©vale ni Ă  la geste chevaleresque, GĂŒrbaca aborde le dernier opĂ©ra de Wagner comme une action de thĂ©Ăątre, atemporel, ne s’attachant qu’aux profils des protagonistes, conçus comme les acteurs d’une piĂšce en rĂ©pĂ©tition. La relation Parsifal / Kundry est bien incarnĂ©e, mais les deux chanteurs laissent poindre les limites de leurs voix (trop droites, courtes, sans vĂ©ritables phrasĂ©s, aux aigus forcĂ©s: Erin Caves, Parsifal et Tanja Ariane Baumgartner en Kundry, pas assez fouillĂ©e et caricaturalement suicidaire). Voix Ă  la peine. Direction poussive sans l’ñme de la rĂ©demption annoncĂ©e. Mise en scĂšne d’une Ă©pure grise et lisse, proche du dernier ascĂ©tisme
 DĂ©cevant.

VISIONNEZ PARSIFAL (Meister / GĂŒrbaca) : https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room

 

 

 

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BRUXELLES, La Monnaie
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LONDON, ROH – Royal opera House
Mozart : Cosi fan tutte (Breslik, Degout, 
Pappano / Jonathan Miller, mise en scĂšne) – jusqu’au 10 mai 2020.
sur la plateforme operavision:
https://operavision.eu/en/library/performances/operas/cosi-fan-tutte-royal-opera-house#

 

 

 

 

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PARIS, OPÉRA NATIONAL DE PARIS

Productions mises en ligne avec durée limitée : notre sélection des opéras (et des ballets) diffusés pendant le confinement ci aprÚs :
MARS, AVRIL : http://www.classiquenews.com/confinement-mars-et-avril-2020-lopera-chez-soi/

MAI : https://www.classiquenews.com/internet-lopera-et-le-ballet-chez-soi-offre-de-lopera-de-paris-mai-2020/

 

cogitore indes galantes devos vidal opera critique classiquenewsRAMEAU : Les Indes Galantes (Alarcon / ClĂ©ment Cogitore, 2019)   –   Avec la chorĂ©graphe Bintou DembĂ©lĂ©, ClĂ©ment Cogitore s’empare de la machine Ă  enchanter dans son intĂ©gralitĂ© (version la plus complĂšte des Indes Galantes) pour la rĂ©inscrire dans un espace urbain et politique dont il interroge les frontiĂšres : posture pas toujours Ă©vidente tant souvent RAMEAU dĂ©ploie un pastoralisme (musette) qui colore sa partition d’échappĂ©es plutĂŽt rustiques et naturalistes (ramages des oiseaux
 qui est sa « marque »). A trop vouloir actualiser et moderniser la partition baroque, on la dĂ©nature et la vide de sa cohĂ©rence originelle. La proposition prĂ©sentĂ©e ici n’échappe pas Ă  cette trahison qui plaque une grille de lecture de façon artificielle, ne produit aucune unitĂ© globale malgrĂ© son essence chorĂ©graphique qui au dĂ©part, Ă©tait lĂ©gitime.

Au dĂ©but Sabine Deviehle (HĂ©bĂ©), coloratoure baroque, au format petit et souvent tendu (et pas toujours trĂšs intelligible), grande dame style mĂ©cĂšne de banque, coiffure casque, interpelle et Ă©veille les danseurs : de fait, dans l’opĂ©ra ballet de Rameau, tout est danse, autant de rythmes vivifiĂ©s, sublimĂ©s par la musique sublime du compositeur versaillais. Les danseurs sont ensuite habillĂ©s devant les spectateurs comme si l’on Ă©tait dans les coulisses d’un dĂ©filĂ© de mode, armĂ©e de costumiers Ă  l’envi
 enfin chacun s’affaire Ă  sa pose pour prendre le clichĂ©. MalgrĂ© la qualitĂ© de l’orchestre, flexible, colorĂ©, cette vision chorĂ©graphique manque de cohĂ©rence et d’unitĂ© et pĂątit d’une diversitĂ© de tableaux trop variĂ©s. La gestuelle suit, trop fragmentĂ©e. Le Prologue manque vocalement de tension mais quand paraĂźt la seconde soprano (« Ranimez vos flambeaux » ), sous son voile trĂšs haute couture  Jodie Devos (qui chante ensuite ZaĂŻre), soudain le chant, intelligible, articulĂ©, clair, cristallin et puissant supplante tout ; elle dĂ©coche ses flĂšches ardentes et ferventes, subtilement incarnĂ©es grĂące Ă  un timbre d’une rare Ă©lĂ©gance et toujours sobre dans le style : enfin Rameau (et le souverain Amour) surgissent. MĂȘme engagement et articulation prĂ©cise de Mathias Vidal (ValĂšre, Taemas) ; de toutes les personnalitĂ©s vocales rĂ©unies, Devos et Vidal se tirent le mieux de cet amoncellement pseudo poĂ©tique et vaguement conceptuel. Dommage – opĂ©ra ballet filmĂ© en 2019

 

Visionner le replay Les Indes Galantes : Alarcon / Cogitore, 2019 : https://www.operadeparis.fr/magazine/les-indes-galantes-replay

 

 

Ballet Ă  partir de lundi 13 avril 2020 :

OPERA-DE-PARIS-logo-noir-2014-Logo_OnP_Noir_et_BlancSOIRÉE « HOMMAGE À JEROME ROBBINS »
Fancy Free, A Suite of Dances, Afternoon of a Faun, Glass Pieces
Du 13 avril dĂšs 19h30 au 19 avril 2020
CHORÉGRAPHIES : JĂ©rĂŽme Robbins
MUSIQUES: Leonard Bernstein, Johann Sebastian Bach, Claude Debussy, Philippe Glass
DIRECTION MUSICALE : Valery Ovsyanikov

FAUNE-DEBUSSY-ROBBINS-Marchand-etoile-danse-critique-hommage-a-robbins-classiquenewsavec, dans les rĂŽles solistes, Eleonora Abbagnato, Amandine Albisson, Alice Renavand, Sae Eun Park, StĂ©phane Bullion, Hugo Marchand, Karl Paquette, François Alu, Paul Marque. / Glass Pieces – J. Robbins © SĂ©bastien MathĂ© / OnP   -   CE QUE NOUS EN PENSONS…  Le ballet de Debussy (PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune) est conçu comme un hymne Ă  l’art du danseur, Ă  sa voluptĂ© suspendue qui dans le cadre d’une salle de rĂ©pĂ©tition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grĂące poĂ©tique des deux corps Ă©lastiques dans un style d’une Ă©lĂ©gance toute
 parisienne (Ă©coute intĂ©rieure, Ă©conomie des gestes, vocabulaire et figures classiques
). Beau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destinĂ© au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mĂȘle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarrĂ© et urbain. LIRE notre prĂ©sentation et notre avis sur cette production

 

 

CONSULTEZ ici nos plannings des opéras et ballets
diffusĂ©s par l’OpĂ©ra National de PARIS pendant le confinement

MAI 2020

 JUIN et JUILLET 2020

 

 

 

 


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METROPOLITAN OPERA, New York

En direct du METRetrouvez ici les opĂ©ras accessibles et les Ă©vĂ©nements proposĂ©s depuis le site du Metropolitan Opera de New York. La maison new yorkais, fer de lance de la crĂ©ation et de la diffusion lyrique sur le territoire amĂ©ricain, offre tous les 3 jours en moyenne une nouvelle production lyrique. De quoi nous rĂ©galer. Il faut consulter rĂ©guliĂšrement la page du player vidĂ©o qui diffuse l’opĂ©ra sĂ©lectionnĂ©…

CONSULTEZ aussi notre page spéciale les opéras diffusés par le MET du New York pendant le confinement

 

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GALA LYRIQUE VIRTUEL exceptionnel du METROPOLITAN OPERA NEW YORK : 40 vedettes internationales donnent de la voix depuis leur rĂ©sidence de confinement, samedi 25 avril 2020 Ă  19h (heure de Paris) / 13h heure locale : LIRE ici notre prĂ©sentation et les explications sur la prĂ©paration de l’Ă©vĂ©nement digitale  : http://www.classiquenews.com/direct-sur-le-net-gala-du-met-sam-25-avril-2020/

 

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MONTE-CARLO, OPERA DE MONTE CARLO 

opera de monte carlo falstaff jean louis grinda serie opera classiquenews critique operaL’OpĂ©ra de Monte Carlo diffuse en 6 Ă©pisodes, l’histoire de FalstaffCLIC D'OR macaron 200 d’aprĂšs l’opĂ©ra de Verdi, prĂ©sentĂ© in loco dans la mise en scĂšne du directeur des lieux, Jean-Louis Grinda. Une approche ludique qui tente de dĂ©mocratiser la lecture du drame comique du dernier Verdi inspirĂ© par Shakespeare en adoptant les codes d’une web sĂ©rie
 Alors ici qui manipule qui ? Les Joyeuses CommĂšres dĂ©sireuses de se venger de la phallocratie gĂ©nĂ©rale, ou bien Sir John Falstaff, qui joue le benĂȘt et l’impuissant afin de mieux Ă©pingler le genre humain et son orgueil ridicule ? A vous de choisir 


https://www.youtube.com/watch?v=LWjCJfD-_MQ&list=PLFwB8jF-OrBbpHa6KeU4GYj8tcivT4403&index=6

Distribution : Falstaff Ă  l’OpĂ©ra de Monte Carlo
Direction musicale : Maurizio Benini
Mise en scĂšne: Jean-Louis Grinda
DĂ©cors Rudy Sabounghi

Sir John Falstaff : Nicola Alaimo
Ford, mari d’Alice : Jean-François Lapointe
Fenton : Enea Scala
Le Docteur Caius : Carl Ghazarossian
Bardolphe : Rodolphe Briand
Pistolet : Patrick Bolleire
Mrs Alice Ford : Rachele Stanisci
Nannette : Vannina Santoni
Mrs Quickly : Anna Maria Chiuri
Mrs Meg Page : Annunziata Vestri

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MILAN, Teatro alla Scala

La Scala met en avant son formidable catalogue lyrique, offrant un cycle de productions majeures avec des interprÚtes de premier plan. Retrouvez ici le planning spécifique des mises en lignes jour aprÚs jour pour avril 2020 :
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

RAI
La RAI offre un catalogue inouĂŻ en vĂ©ritĂ© par sa richesse et les Ɠuvres prĂ©sentĂ©es en replay
 tous les opĂ©ras sont majoritairement des productions de la Scala de Milan)
https://www.raiplay.it/ricerca.html?q=opera
Dont Cavalleria Rusticana, Tosca, Don Carlo, Fidelio, Il trovatore, Falstaff, Il Minotauro, Madama Butterfly, Attila, Turandot (Nina Steme, Carlo Bosi
 mise en scĂšne : – direction : Riccardo Chailly, Carmina Burana, Giovanna d’Arco, Ecuba, La Damnation de Faust


A VOIR en urgence entre autres :

TURANDOT-lehnauff-chailly-scala-de-milano-milan-critique-classiquenews-opera-classiquenewsCLIC D'OR macaron 200Turandot (Chailly / Nikolaus Lehnauff) – production expressionniste saisissante par son imaginaire dĂ©lirant, son exotisme qui fusionne cabaret et couleurs fauves
 l’orientalisme de Puccini, ses somptueux accents orchestraux, s’en trouve revigorĂ©, de surcroĂźt convaincant grĂące Ă  une distribution trĂšs cohĂ©rent
 dans la version terminĂ©e par Luciano Berio (et son happy ending des deux amants rĂ©unis car Turandot s’est enfin humanisĂ©e, cĂ©lĂ©brant dĂ©sormais le seul AMOUR en dissonances cĂ©lestes suspendues dont Berio a trouvĂ© la clĂ©) : https://www.raiplay.it/video/2020/03/Turandot-0c6ec6ff-1b19-406e-8af3-3c3854a666d3.html

 

 

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MUNICH, Bayerishe Staatsoper

Tous les opéras mis en ligne sur le site trÚs actif : STAATSOPER.TV

 

 

 

 

SMETANA : La Fiancée vendue
Production enregistrée en janvier 2019
DurĂ©e : 2h36mn – en replay gratuit jusqu’au 16 mai 2020

smetana-compositeur-portrait-classiquenews-347-bedrich-smetanaBombe exaltĂ©e voire furieusement Ă©ruptive dĂšs son ouverture (fugato enfiĂ©vrĂ© pour les cordes), la partition de la FiancĂ©e vendue revendique haut et fort sa pĂ©tulance folklorique, un goĂ»t irrĂ©pressible pour la vitalitĂ© et la santĂ© des motifs populaires, au point de devenir l’emblĂšme de la musique tchĂšque et de l’opĂ©ra en langue tchĂšque (crĂ©Ă© en 1866). Une jeune paysanne sans le sou (Marenka) est vendu par son pĂšre contre son grĂ© Ă  un jeune parti bien dotĂ© qu’elle n’aime pas (Vasek). Survient Jenik (le frĂšre ainĂ© de Vasek)
 La production exprime l’entrain d’un opĂ©ra comique qui cĂ©lĂšbre surtout la force poĂ©tique des choeurs (des buveurs de biĂšre), des danses (polka concluant l’acte I) Ă  travers une intrigue qui inscrit le monde rural au devant le scĂšne
 Belel direction vive et prĂ©cise de TomĂĄs Hanus.

VISIONNER la fiancée vendue / Die verkaufte braut / the Bartered bride de Smetana, ici : https://operlive.de/verkaufte-braut/

 

 

 

 

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BORIS GODOUNOV (Nagano / Bieito, jusqu’au 2 mai 2020)
VISIONNER Boris Godounov Ă  Munich en 2013 :
https://operlive.de/boris-godunow/

Le catalan Calixto Bieito Ă©carte en 2013 toute image de la Russie traditionnelle (et baroque) etgodounov-nagano-bieito-munich-2013-critique-classiquenews-review-classiquenews-opera transpose l’action de Boris, le tsar du XVIIĂš parvenu sur le trĂŽne impĂ©rial non sans faire couler le sang, dans un cadre gris, minĂ©ral, asphyxiant, militarisĂ© ; une situation Ă  la Poutine : soldats contre migrants, flicaille barbare et violente, en une claire rĂ©fĂ©rence au dĂ©rĂšglement sociĂ©tal et civilisationnel actuel. L’opĂ©ra est bien le miroir de l’état du monde. Choeur imploratif ou vĂ©hĂ©ment (impeccable), orchestre souple et expressif (parfois Ă©pais sous la direction de Kent Nagano) au diapason de la partition pseudo historique de Moussorgski : Bieito n’hĂ©site pas Ă  fustiger le cynisme des gouvernants europĂ©ens (Poutine, Sarkozy, Berlusconi
). Mordante critique d’un triste monde. OĂč l’on soumet les peuples ; oĂč l’on se joue de leur vaine espĂ©rance. Il est vrai que la question Ă  l’échelle de l’histoire se pose : que restera-t-il des annĂ©es 2000 et 2010 avec le recul ? Une dĂ©bĂącle gĂ©nĂ©ral, doublĂ© des effets de l’apocalypse climatique et Ă©cologique
 dont le metteur en scĂšne ne parle pas ici. Restant uniquement sur un propos politique. Le premier tableau fonctionne toujours aussi bien : masse informelle infĂ©odĂ©e et humiliĂ©e, impuissante, dĂ©munie; Ă  laquelle s’ébranle le superbe triomphe de l’empereur couronnĂ© qui est un nouveau despote. Comme les autres. Son monologue exprime davantage les angoisses d’un prĂ©tentieux fausse victime que d’un vĂ©ritable visionnaire, proche de son peuple
 Les voix sont honnĂȘtes (et ne manquent pas de vaillance cf Grigori du tĂ©nor Sergey Skorokhodov) mais manquent pour la plupart de phrasĂ©s et de vraie attention au texte. Ce qui avec le manque d’intĂ©rioritĂ© de la direction, confine Ă  l’exercice de pure dĂ©monstration. Evidement le 3Ăš tableau de l’auberge oĂč Grigori est dĂ©masquĂ©, va mieux aux interprĂštes, excellents dans la caractĂ©risation dĂ©lurĂ©e. Au final, une lecture noire, cynique dans une ambiance postapocalyptique. Mais la lecture orchestrale reste trop terre Ă  terre et ne rend pas compte des prodiges de la partition de Moussorgski.

Distribution :
Boris Godunow : Alexander Tsymbalyuk
Fjodor : Yulia Sokolik
Xenia : Anna Virovlansky
Xenias Amme : Heike Grötzinger
FĂŒrst Schuiskij : Gerhard Siegel
Andrej Schtschelkalow : Igor Golovatenko
Pimen : Anatoli Kotscherga
Grigorij Otrepjew : Sergey Skorokhodov
Warlaam : Vladimir Matorin
Missail : Ulrich Reß
Schenkwirtin : Margarita Nekrasova
Gottesnarr : Kevin Conners
Nikititsch : Goran Juric
Leibbojar : Joshua Stewart
Mitjucha : Tareq Nazmi
Hauptmann der Streifenwache : Christian Riege

Bayerisches Staatsorchester
Chor, Extrachor und Kinderchor der Bayerischen Staatsoper /
Chorus, Extrachorus und Children’s Chorus of the Bayerische Staatsoper
Kent Nagano (direction)   -   Calixte Bieito (mise en scÚne)

RĂ©cital de la soprano Adela Zaharia, jusqu’au 19 avril 2020
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

 

 

 

 

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Bayerisches staatsoper, Munich
PROKOFIEV : L’ange de feu – jusqu’au 9 mai 2020
production de décembre 2015
Mise en scĂšne : Barrie Kosky
direction musicale : Vladimir Jurowski
durée : 2h23mn

VISIONNER L’ange de feu de Prokofiev  / Der Feurige Engel / Kosky, juin 2015
https://operlive.de/der-feurige-engel/

ange-de-feu-prokofiev-munich-opera-diffusion-opera-chez-soi-classiquenews-juin-2015-koskyL’opĂ©ra de Prokofiev en 5 actes, crĂ©Ă© Ă  Paris en 1954, exprime la passion dĂ©moniaque dont seuls les hommes sont capables. Ici Renata rencontre Ruprecht qui tombe amoureux d’elle. PremiĂšre possession / obsession. Renata convainc Ruprecht de l’aider Ă  retrouver celui qu’elle pense ĂȘtre son ange gardien, Heinrich (seconde obsession dĂ©vorante). Ils retrouvent Heinrich qui repousse la jeune femme dĂ©boussolĂ©e.  Surviennent Mephisto et Faust qui cannibales, dĂ©vorent un malheureux valet trop maladroit (acte IV). Tandis qu’au V, Ruprecht assiste l’Inquisiteur pour rĂ©aliser un exorcisme sur une nonne possĂ©dĂ©e : Renata elle-mĂȘme qui comprend alors que celui qu’elle prenait pour ange gardien, Heinrich, Ă©tait le poison de sa vie, un esprit dĂ©moniaque, habile Ă  la perdre totalement. Prokofiev adapte ainsi la nouvelle fantastique et noire de Brioussov. Il en dĂ©coule un opĂ©ra composĂ© entre 1919 et 1927, d’une Ă©criture flamboyante et expressionniste oĂč au cĂŽtĂ© du chant lyrique continu (sprachgesang) se dĂ©ploie le chant tout autant articulĂ©, ciselĂ© d’un orchestre constamment palpitant. Inclassable et d’une voluptĂ© Ăąpre, hallucinĂ©e, l’opĂ©ra de Prokofiev est rarement jouĂ©. La diffusion rĂ©alisĂ©e par l’opĂ©ra de BaviĂšre Ă  Munich est incontournable pour mesurer les qualitĂ©s du Prokofiev lyrique. En 2015, Barrie Kosky s’empare du drame expressionniste pour en dĂ©duire un opĂ©ra kitsh, Ă  la fois circus et grande parade dĂ©jantĂ©e, Ă  force de tableaux collectifs, habilement chorĂ©graphiĂ©s, oĂč les fantasmes sexuels le disputent Ă  l’esprit cabaret provocant voire Ă©cƓurant (cf. la chorĂ©graphie de la saucisse
 !!).

 

ange-de-feu-prokofiev-munich-koskie-2015-opera-diffusion-opera-chez-soi-classiquenews

 

 

 

bayerische Staatsoper opera critique review classiquenewsVOIR aussi en accĂšs illimitĂ©e sur le site de l’OpĂ©ra de Munich / Bayerische Staatsoper, l’air de Lucia di Lammermoor : “Regnava bel Silenzio” / avril 2020. Voix claire, soutien, justesse et sens des nuances sans omettre l’agilitĂ© et le legato, la jeune diva a tout pour sĂ©duire et convaincre voire Ă©mouvoir. Sa Lucia est dĂ©jĂ  trĂšs construite

 https://www.youtube.com/watch?v=9xFVLp1Bhd8

 

 

 

 

Retrouvez ici la plateforme de streaming STAATSOPER.TV
https://www.staatsoper.de/tv.html?no_cache=1
Entre autres, actuellement :
REPLAYS et DIRECTS : les perles du NetDie Frau ohne Schatten de Richard Strauss (Botha, Pieczonka, Polaski, Koch, Pankratova
 Kirill Petrenko / Warlokowski, mise en scĂšne ; nov 2013), – la baguetet dĂ©taillĂ©e et allusive de l’impeccable Kirill Petrenko rĂ©affirme le chant souverain de l’orchestre, l’un des plus scintillants jamais Ă©crits par Strauss – la distribution est elle aussi passionnante. Reste la mise en scĂšne de Warlikowski : empĂȘtrĂ©e dans un fouillis de rĂ©fĂ©rences et de micro seynettes, empruntant au thĂ©Ăątre sec et Ă  la psychanalyse… Mais quel orchestre ! Magicien et splendide. Aucun doute, Die Frau Ohne Schatten / La femme sans ombre est bien une partition lyrique et orchestrale de premier plan, recueillant l’imaginaire sans limite de Strauss et les dĂ©flagrations de la premiĂšre guerre /  jusqu’au 25 avril 2020 : https://operlive.de/frau-ohne-schatten/

 

 

 

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STAATSOPER STUTTGART

BORIS GODOUNOV – jusqu’au 15 mai 2020
PremiĂšre version de 1869 – filmĂ© en fĂ©vrier 2020 (soit juste avant le confinement)boris-opera-stuttgart-paul-georg-dittrich-titus-engel-opera-critique-review-classiquenews
(Engel / Paul-Georg Dittrich)  -  Dans un dispositif assez confus, oĂč le thĂ©Ăątre n’est jamais Ă©cartĂ© ni les projections vidĂ©os souvent inutiles, Boris bĂ©nificie cependant ici du baryton basse Adam Palka, solide et puissant,  – Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre rĂ©ellement fin, dans sa combinaison dorĂ©e plastifiĂ©e. Le chanteur incarne et la volontĂ© d’ambition politique et le dĂ©sarroi intime
 prĂ©sents dĂšs la cĂ©rĂ©monie du couronnement. S’il n’était des ajouts et Ă©pisodes dramatiques en allemand (qui apportent quoi au juste ? signĂ© Sergej Newski), l’action aurait conservĂ© un semblant de cohĂ©rence. Dans ce patchwork Ă©clectique, rĂšgne un sĂ©rieux dĂ©sordre scĂ©nique, bon an mal an fĂ©dĂ©rĂ© autour de la dĂ©nonciation du cynisme de tous les dirigeants (De Pierre Ier Ă  Poutine dont le masque est Ă©videmment prĂ©sent). Et l’unitĂ© du Boris initial de Moussorgski en souffre grandement. Car l’imaginaire de Dittrich rassemble des Ă©lĂ©ments Ă©pars comme un grand dĂ©ballage postapocalyptique. Pour autant le metteur en scĂšne nous gratifie de tableaux prenants (comme le rassemblement de la Douma pour dĂ©noncer le faux Dmitri, usurpateur portĂ© par la horde hongroise et que finit par assassiner Boris). Une rĂ©ussite en demi teintes, colorĂ©e, parfois dĂ©lirante, mais qui souffre des incursions de musique contemporaine avec texte allemand. La folie de Boris, avec choeur en coulisses (excellent) est un superbe moment grĂące au baryton basse d’Adam Palka, vraiment convaincant (et qui fini emmurĂ©, pĂ©trifiĂ© : belle trouvaille). La direction de Titus Engel est elle aussi expressive, jamais neutre et souvent dĂ©taillĂ©.

VISIONNEZ le BORIS de Moussorsgki et Sergej Newski Ă  l’OpĂ©ra de Stuttgart :  https://www.staatsoper-stuttgart.de/en/schedule/opera-despite-corona/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PALERMO, Teatro Massimo
Parsifal de Wagner, Graham Vick / OM Wellber (janvier 2020) / en replay jusqu’au 9 juillet 2020 :http://www.classiquenews.com/parsifal-par-graham-vick-et-omer-meir-wellber-palerme-janvier-2020/

VOIR Parsifal par Graham Vick / OM Wellber Ă  Palerme : https://www.arte.tv/fr/videos/094805-000-A/richard-wagner-parsifal/

parsifal-vick-wellber-palerme-janvier-2020-critique-opera-classiquenewsNOTRE AVIS. PALERME, Teatro Massimo,CLIC D'OR macaron 200 janvier 2020. ComparĂ©e Ă  sa premiĂšre mise en scĂšne pour Bastille, il y a des lustres, Grahamn Vick Ă©carte toutes rĂ©fĂ©rences au mĂ©diĂ©val pictural (anges de Memling) et chevaliers en cuirasses
 On retrouve les rideaux blancs sur toute la largeur de la scĂšne, tirĂ©s pour exprimer le flux du temps et la prĂ©cipitation de l’action
 c’est tout. A l’époque des soldats amĂ©ricains en Irak, Titurel tente de faire rĂ©gner un semblant d’harmonie au sein d’une confrĂ©rie  au bord de la division. Le trĂšs solide Gurnemanz (John Relyea) a bel allure surtout lorsque parait le fol et pur Parsifal qui vient de tuer le cygne blanc auquel il inflige une leçon d’amour : ne voit-il pas la souffrance de l’animal qu’il vient de percer de sa flĂšche irresponsable ?
Trouble, ambivalente, marquĂ©e par un passĂ© qu’elle tente de fuir et qui l’éreinte, (« que l’on ne me rĂ©veille pas ») la Kundry de l’excellente Catherine Hunod est passionnante, tant la diseuse cisĂšle te verbe et chaque tirade qui l’habite  et la dĂ©vore : mĂšre, soeur, sĂ©ductrice puis bĂȘte rongĂ©e par le remord et le dĂ©sir d’ĂȘtre sauvé  Julian Hubbard campe un Parsifal plein de candeur vive, de juvĂ©nile ardeur qui fuit lui aussi la tragĂ©die de ses origines (Kundry ne lui apprend-elle pas que sa mort est morte ?)
kundry-catherine-hunold-parsifal-critique-vick-wellber-classiquenewsReste Amfortas : Vick en fait une incarnation prĂ©cise du Christ sanguinolent qui pleure le sang, impuissant Ă  rĂ©parer l’unitĂ© du clan – Tomas Tomasson incarne un roi dĂ©chu, maudit et damnĂ©, et son chant privilĂ©gie la puissance sur la finesse / comme sa contrepartie malĂ©fique, l’ignoble Klingsor (Thomas Gazheli), parfaitement abject, en slip et cigare, humiliant la pauvre Kundry, la forçant Ă  sĂ©duire Parsifal comme elle l’a fait avec Amfortas. Les passages en ombres chinoises s’accordent idĂ©alement au vortex musical pur (oĂč le temps se fait espace), dĂ©veloppant une rĂ©flexion sur la vanitĂ© des turpitudes humaines : la guerre, la lĂąchetĂ© crasse, l’impuissance, la violence et la barbarie sous toutes ses formes
 La direction de OM Wellber, directeur musical du Teatro Massimo (depuis la dĂ©but de la saison 2020) sans ĂȘtre subtil reste efficace.  La production soulignait alors combien Parsifal mĂ©ritait d’ĂȘtre produit dans la ville (Palerme) oĂč Wagner l’a composĂ©, une sorte de retour aux sources. Illustration : Catherine Hunold saisissante en Kundry (RD)

 

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ENGLISH BAROQUE SOLOISTS

monteverdi-ritorono-d-ulisse-patria-opera-gardiner-critique-review-classiquenewsMONTEVERDI / Monteverdi Choir, English baroque Soloists / Gardiner (2017) : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, Gardiner 2017, Ă  voir dĂšs le 24 avril 2020. The Monteverdi Choir, The English baroque soloists / John Eliot Gardiner proposent une sĂ©rie de captations vidĂ©os pendant le confinement en accĂšs gratuit depuis leur chaine Youtube. Dans le cycle de la trilogie des opĂ©ras de Monteverdi, l’ensemble britannique met en ligne ce jour (friday / vend 24 avril 2020 – 7 pm heure de Londres / 18h heure de Paris), la production du Ritorno d’Ulisse in patria / le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi captĂ©e Ă  La Fenice de Venise en 2017 (version semi scĂ©nique). En ligne jusqu’au 9 juillet 2020. Le cycle complet des opĂ©ras de Monteverdi sera accessible ainsi quand le dernier ouvrage I’Incoronazione di Poppea sera mis en ligne le 1er mai 2020. VISIONNER le cycle des opĂ©ras de MONTEVERDI / Gardiner 2017

 

 

 

 

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TOURCOING, ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING
L’Etoile de Chabrier (nouvelle production, fĂ©vrier 2020)

L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque,Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOING fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien
 sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
CLIC D'OR macaron 200Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle
 – VOIR aussi notre REPORTAGE L’Étoile de Chabrier par l’Atelier lyrique de Tourcoing @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

 

 

 

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 TOUS LES OPERAS et productions lyriques actuellement accessibles dans le monde sur le site OPERA ON VIDEO

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CONCERTS LIVE

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AUX NOTES CITOYENS : de nouveaux concerts en directL’offre du Festival 1001 NOTES : « Aux notes citoyens »
https://festival1001notes.com
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-nicolas-horvath
Prochain concert live : Nicolas Horvath, jeudi 16 avril 2020, jeudi 30 avril 2020
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-nicolas-horvath


 

 

lille-pianos-festival-2020-annonce-concerts-festival-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaĂźne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invitĂ©s dans plusieurs programmes entiĂšrement numĂ©rique. Ce sont 19 concerts en direct ou en diffĂ©rĂ© qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurĂ©es depuis l’auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille mais aussi Brooklyn, Philadelphie, Amsterdam et Bruxelles ! Les musiciens de l’Orchestre National de Lille participent Ă©videment Ă  l’évĂ©nement. Alexandre Kantorow (laurĂ©at du dernier Concours Tchaikovski de Moscou, 2019) ouvre le bal avec un concert dĂšs le 12 juin depuis le Nouveau SiĂšcle Ă  Lille
 En en clĂŽture, le Concerto n°3 pour piano et orchestre de BEETHOVEN (250 ans oblige en 2020 !), avec l’excellent David Kadouch accompagnĂ© par l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch (version pour orchestre Ă  cordes, car l’orchestre a tenu Ă  respecter les mesures sanitaires) : Dim 14 juin 2020, 20h – 20h40.

La programmation complĂšte et les programmes des concerts sur le site de l’Orchestre National de Lille / page dĂ©diĂ©e au Festival LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020, un festival entiĂšrement digital : https://www.onlille.com/saison_19-20/lille-pianos-festival/

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VIVRE EN DIRECT Le LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020
sur Youtube
https://www.youtube.com/watch?v=zTniJB0ZeCc&fbclid=IwAR0WJttJu82PhUC_J6Tu-PUgMeBfx3NUR6nCut-RSKqbclBMPLu0N8I6Hk0

cliquez ici pour suivre le LILLE PIANO(S) FESTIVAL : lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DANSE

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Retrouvez ici les ballets les plus intĂ©ressants mis en ligne, dont RomĂ©o et Juliette, La Pastorale par Malandain, Beethoven Project par Jiri Kylian, Crystal PITE (Boody and soul), Giselle…  http://www.classiquenews.com/vod-danse-pendant-le-confinement-les-perles-de-classiquenews/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYMPHONIQUE

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Vertiges symphoniquesBeethoven, Symphonie n°7 de Beethoven par Les SiĂšcles, François-Xavier Roth (janvier 2020) – en replay jusqu’au 14 mars 2021 / L’excellence actuelle sur instruments d’Ă©poque. Une relecture lumineuse, intelligemment architecturĂ©e, instrumentalement ciselĂ©e…
http://www.classiquenews.com/beethoven-2020-symphonie-n7-par-les-siecles-fx-roth/

 

 

 Symphonies de GUSTAV MAHLER
par l’ON LILLE et Alexandre Bloch

 

 

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertLES SYMPHONIES de GUSTAV MAHLER par L’Orchestre National de Lille. Ce fut l’évĂ©nement symphonique de l’annĂ©e 2019 : les Symphonies de Gustav Mahler interprĂ©tĂ© en un cycle continu par les instrumentistes lillois et leur directeur musical Alexandre Bloch. Classiquenews a relayĂ© et critiquĂ© la plupart des sessions de cette quasi intĂ©grale Ă©vĂ©nement dans la vie et l’histoire de l’Orchestre fondĂ© par Jean-Claude Casadesus. En voici les jalons marquants, qui permettent de suivre au sein dy cycle mahlĂ©rien, les avancĂ©es d’un collectif dĂ©sormais soudĂ© autour du charisme Ă©nergique de son chef
 LIRE notre prĂ©sentation du cycle Mahler par l’ON LILLE / Orchestre National de Lille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ă  suivre… Page rĂ©guliĂšrement actualisĂ©e selon la diversitĂ© de l’offre disponible.

 

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REPLAY, DANSE pendant le confinement : les perles de classiquenews

REPLAY DANSE pendant le confinement. CLASSIQUENEWS sélectionne ici les meilleurs ballets actuellement accessible sur la toile, avec mention de la date ultime pour les voir et les revoir. Profitez du confinement pour réviser vos classiques et (re)découvrir les productions les plus passionnantes de la décade


 

 

 

 spécial CONFINEMENT 2020

SĂ©lection DANSE de classiquenews

Tous les ballets les plus enchanteurs Ă  voir chez soi

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MERCE CUNNINGHAM, hommage par l’OpĂ©ra de Lyon
Jusqu’au 10 octobre 2020
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/1081207-l-hommage-a-merce-cunningham-par-le-ballet-de-l-opera-de-lyon.html
Durée : 1h06mn

 

 

exchange-cunningham-opera-de-lyon-danse-replay-danse-chez-soi-critique-annonce-ballet-classiquenewsHASARD CRÉATIF
 Pour les 10 ans de la mort de Merce Cunningham (2009), le Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon rend hommage en 2019 au chorĂ©graphe amĂ©ricain, qui a rĂ©inventĂ© dans les annĂ©es 1940, le langage chorĂ©graphique (postmodern-dance) dans un esprit libre et fantaisiste comme marquĂ© par les impulsions nĂ©es du hasard dont aujourd’hui, la vitalitĂ© et la sincĂ©ritĂ© se distinguent. Ont collaborĂ© avec le chorĂ©graphe, le compositeur John Cage, les peintres nĂ©o-dadaĂŻstes prĂ©curseurs du Pop art Robert Rauschenberg et Jasper Johns, les musiciens Morton Feldman et David Tudor, au gĂ©nĂ©rique de cet anniversaire lyonnais. Au programme, deux piĂšces majeures Summerspace (1958) et Exchange (New York, 1978 ; notre photo ci dessus).
Sur un fond de scĂšne colorĂ© en touches pointillistes reprises sur le collant des solistes (signĂ© Robert Rauschenberg, pour Summerspace, jouĂ©e Ă  deux pianos), l’écriture des 6 danseurs est aĂ©rienne, flexible, en suspension, trĂšs contrĂŽlĂ©e, agissant par sĂ©quences plutĂŽt que par numĂ©ros amples et continus, en une sĂ©rie de figures individualisĂ©es. En cela au diapason d’une musique, elle aussi jaillissante, syncopĂ©e, fragmentĂ©e, expĂ©rimentale comme improvisĂ©e et sĂ©quentielle (Feldman). Exchange plus rĂ©cent, reprend le principe alĂ©atoire de John Cage dans sa musique : comme dans l’atelier, ou la coulisse oĂč s’affine le travail soliste et collectif, la moitiĂ© des danseurs exĂ©cute une sĂ©rie de gestes repris ensuite par l’autre moitiĂ© puis par l’ensemble, selon un ordre et des configurations nĂ©es du hasard. L’impression de work in progress est davantage rehaussĂ© par la musique, une bande sonore agglomĂ©rant des sons bruts, ceux d’une matrice instinctive, comme inaboutie


Chorégraphie : Merce Cunningham
Musique : Morton Feldman, Ixion
Ballet de l’OpĂ©ra de Lyon
filmé en nov 2018

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PROJET BEETHOVEN par John Neumeier
jusqu’au 12 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/095221-000-A/ballet-de-john-neumeier-le-projet-beethoven/

VOD-BALLET-ARTE-critique-danse-classiquenews-confinement-restez-chez-vous-VOD-danse-ballets-critiquesFilmĂ© depuis Baden Baden. Dans son “Projet Beethoven”, le chorĂ©graphe Ă  Hambourg John Neumeier mĂȘle les codes du ballet d’action (voire de la pantomime) au souffle grandiose du ballet symphonique. La premiĂšre partie, « Beethoven Fragments », sollicite d’abord le piano (Variation Diabelli par l’excellent pianiste MichaƂ BiaƂk) et un grand solo de danseur dans le style d’un pantin qui exalte le sentiment d’énergie et de facĂ©tie
 autour et sur le piano
 illustrant les Ă©pisodes de la vie du compositeur ; la seconde partie revendique et assume le souffle symphonique en s’appuyant sur l’architecture irrĂ©sistible de la Symphonie n°5, « Eroica ».
Au Festspielhaus de Baden-Baden, le danseur Aleix MartĂ­nez se glisse dans la peau du musicien de gĂ©nie. Sur scĂšne, il est accompagnĂ© d’Edvin Revazov (l’idĂ©al de Beethoven), d’Ann a Laudere (la « bien-aimĂ©e lointaine » de Beethoven), de Patricia Friza (la mĂšre de Beethoven) et de Borja Bermudez (le neveu de Beethoven) pour les autres rĂŽles principaux. John Neumeier parle d’un poĂšme chorĂ©graphique inspirĂ© de la musique de Beethoven »  Par la troupe de danseurs Hamburg Ballett John Neumeier accompagnĂ© par Deutsche Radio Philharmonie.

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BEETHOVEN : La Pastorale par Thierry Malandain
6Ăš symphonie de Beethoven
Jusqu’au 17 juin 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/094382-000-A/la-pastorale-de-thierry-malandain-au-theatre-de-chaillot/

mallandrin-pastorale-beethoven“La Pastorale » synthĂ©tise ce qu’est la Symphonie n°6 dite Pastorale de Beethoven, selon la conception du chorĂ©graphe Thierry Malandain, directeur du Centre chorĂ©graphique national de Biarritz. La crĂ©ation commande du ThĂ©Ăątre national de la Danse Ă  Chaillot, cĂ©lĂšbre le 250Ăšme anniversaire du cĂ©lĂšbre compositeur allemand. Cela commence dans l’agitation voire la transe collective d’un corps de ballet tout de noir vĂȘtu, comme contraint dans un labyrinthe fait des barres des danseurs ; puis quand les premiĂšres mesures de la 6Ăš symphonie de Beethoven, miracle pastoral s’énonce, le corps de ballet paraĂźt en blanc, comme en un nouveau rituel paĂŻen et primitif

Thierry Malandain n’en est pas Ă  son premier Beethoven : aprĂšs Les CrĂ©atures (d’aprĂšs Les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e) et Silhouette (d’aprĂšs le troisiĂšme mouvement de la Sonate n°30, opus 109), voici la troisiĂšme approche beethovĂ©nienne de Malandain. La SixiĂšme Symphonie de Beethoven est une cĂ©lĂ©bration de la nature. Sereine, exprimant le sentiment panthĂ©iste de la Beethoven, le ballet qu’en dĂ©duit Malandain ressuscite la pastorale antique, primitive, fleurie et candide. Beethoven pour sa part semble reprendre le chaemin dupeintre baroque Poussin, et revisiter ainsi l’Arcadie de l’ñge d’or : « terre de bergers oĂč l’on vivait heureux d’amour ». En plus de la symphonie Pastorale, Malandain ajoute des extraits d’une autre Ɠuvre de Beethoven : la Cantate opus 112 (Les Ruines d’AthĂšnes). Les 22 danseurs semblent y parcourir une nouvelle Ă©popĂ©e en GrĂȘce antique. Performance captĂ©e le 17 dĂ©cembre 2019 Ă  Chaillot – ThĂ©Ăątre national de la Danse, Paris.

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giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenews-ballet-classiquenews-critique-ballet-danseOpĂ©ra de Paris, GISELLE jusqu’au 5 aoĂ»t 2020. L’OpĂ©ra de Paris prĂ©sente cette lecture idĂ©ale de Giselle, ballet en deux actes crĂ©Ă© en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grĂące Ă  son acte blanc, oĂč les jeunes filles mortes suicidĂ©es par dĂ©pit (les Wilis) ressuscitent pour envoĂ»ter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposĂ© par ThĂ©ophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirĂšnes elles aussi sĂ©ductrices et fatales dans l’OdyssĂ©e d’HomĂšre, pour Ulysse et ses compagnons marins
 Excellente version avec les fleurons du corps de Ballet parisien et les nouvelles “Ă©toiles”: DorothĂ©e Gilbert (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Valentine Colasante (la reine Myrtha)…  portĂ©s par la baguette fluide, expressive, efficace de Koen Kessels (production filmĂ©e en 2019)

 

 

 

 

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BODY AND SOUL de Crystal PITE  jusqu’au 24 oct 2020

BODY-AND-SOUL-cristal-pyte-danse-ballet-opera-de-paris-ballet-chez-soi-opera-de-paris-critique-classiquenewsAprĂšs la crĂ©ation de The Seasons’ Canon en 2016, Crystal Pite retrouve les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra le temps d’un spectacle. Soixante minutes dĂ©coupĂ©es en autant de sĂ©quences dansĂ©es. NĂ©e au Canada, formĂ©e au Ballet de Francfort, la chorĂ©graphe assimile Forsythe, KyliĂĄn, Mats Ek pour inventer sa propre langue chorĂ©graphique. Elle insuffle au spectacle une Ă©nergie, un dĂ©fi Ă©motionnel qui pousse les danseurs au delĂ  de leur zone de confort
 pour un spectacle total. Ou la performance extrĂȘmiste croise l’équilibre rayonnant de corps maitrisĂ©s.


VISIONNER Body and Soul de Cristal Pyte Ă  l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/magazine/body-and-soul-replay#slideshow_634/1
Mise en scÚne, chorégraphie : Crystal Pite
Musique Originale : Owen Belton
Musique additionnelle : FrĂ©dĂ©ric Chopin (24 PrĂ©ludes) / Teddy Geiger Body and Soul   -   durĂ©e : 1h20mn. Avec les Étoiles : LĂ©onore Baulac, Ludmila Pagliero, Hugo Marchand. Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Jusqu’au 24 oct 2020

PARTIE UNE… D’abord, une courte sĂ©quence thĂ©Ăątrale oĂč paraissent deux figures que commente une voix off (Marina Hands) qui dĂ©crit et prĂ©cise l’action comme un storyboard (« figure 1, Figure 2. pause. Aucune des deux ne bouge »)
 Confrontation, opposition, combat, violence
 le mĂȘme scĂ©nario est incarnĂ© par un collectif qui rĂ©alise alors une variation Ă  grande Ă©chelle et fragmentation orchestrĂ©e. Crystal Pite nous offre un regard flamboyant sur l’écriture chorĂ©graphique entre thĂ©Ăątre et danse. Le corps de ballet n’est pas synchronisĂ© mais dĂ©calĂ©, offrant une implosion millimĂ©trĂ©e d’un schĂ©ma prĂ©Ă©tabli
 L’écriture interroge les corps en action : rĂ©pĂ©tĂ©s, affrontĂ©s, ralentis. Couple (d’hommes, de femmes) en huis clos figĂ© en un rite sombre, Ă©touffant, sans issue, sinon leur mort. De l’un par l’autre. Ce que nous dit le corps. Ce que nous disent les gestes, d’une vertigineuse prĂ©cision, investis par l’ñme
 l’onirisme naĂźt au delĂ  de la rĂ©pĂ©tition mĂ©canisĂ©e et finalement sublimĂ©e des corps dans un espace noir. Et lorsque s’égrĂšne, trĂšs lente, la torpeur des prĂ©ludes de Chopin, l’écriture des deux corps (un couple homme femme) semble rĂ©pĂ©ter toujours inlassablement le mĂȘme rituel amoureux
 rite d’extĂ©nuation, de vertige, de mort. Il faut une houle ocĂ©ane dont le mouvement des vagues est Ă©voquĂ© par le corps de ballet en entier pour prendre un peu de hauteur ; enfin
 respirer. Puis rĂ©sister Ă  travers une foule de corps combattant.

 

 

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Voici Chrystal Pite au travail, geste intime et collectif, organique, analytique. Elle intĂšgre aussi un somptueux tableau (partie 3 Ă  59mn) oĂč la gestuelle des insectes est dĂ©cortiquĂ©e et lĂ  encore transcendĂ©e par la chorĂ©graphie des corps associĂ©s
  La canadienne qui est nĂ©e Ă  Vancouver, a travaillĂ© Ă  Francfort au sein de la compagnie de William Forsythe, maĂźtrise le langage du corps de ballet, danse en nombre Ă  laquelle rĂ©pond de superbes duos Ă  la grĂące intime, plastique, Ă©lastique
 Avant un final dĂ©tonant qui reprend les paroles du titre dont il est question : corps et Ăąme / Body and soul.  Sublime, puissant, poĂ©tique. Body and soul rĂ©cidive la rĂ©ussite du ballet prĂ©cĂ©demment crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris en 2016 : Season’s canon : mille pattes Ă  54 danseurs qui dit le mĂȘme cri dans la nuit d’une humanitĂ© maudite. Mais qui danse.

 

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ROBERTO BOLLE 2017 / 2018 Ă  la RAI1
Danseur Ă©toile de la Scala di Milano
Star d’un soir dans une soirĂ©e dĂ©diĂ©e Ă  son art et ses goĂ»ts sur RAI 1 HD (NoĂ«l 2017 et 1er janvier 2018), Roberto Bolle prĂ©sente sa discipline et sa passion pour la danse
 L’élĂ©gance Ă  la tĂ©lĂ©vision italienne (invitĂ©s entre autres son ami le danseur syrien Ahmad, Sting, etc
)
https://www.raiplay.it/video/2017/12/Roberto-Bolle-Danza-con-me-0cdfaee2-8e3a-4df7-b9fc-a56c6e3ced66.html

 roberto-bolle-scala-milano-rai-critique-danse-classiquenews-danseur-etoile

 

 

 

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE / Balanchine / Mendelsohn (filmĂ© en 2017)
Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris – en replay jusqu’au 10 mai 2020

 

songe-d-une-nuit-d-ete-balanchine-mendelssohn-danse-ballet-critique-classiquenewsNOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’étĂ©. Dans cette version trĂšs limpide et efficace du Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris (filmĂ©e en 2017), rayonne l’élĂ©gance native des danseurs. Ainsi Ă©blouit la grĂące du couple royal d’abord en froid de Tatiana (Eleonora Abbagnato) et d’ObĂ©ron (Hugo Marchand) dont le fidĂšle serviteur Puck (Emmanuel Thibault) s’amuse Ă  croiser les 2 couples perdus, Ă©garĂ©s, paniquĂ©s dans le labyrinthe de la forĂȘt magique
 MĂȘme Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’ñne Bottom
 Sensible Ă  la poĂ©sie du sujet, Balanchine dĂ©ploie une Ă©criture chorĂ©graphique prĂ©cise, graphique, ouvertement nĂ©oclassique, trĂšs en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvĂ©nile candeur Ă  laquelle Balanchine apporte une rĂ©vĂ©rence stylĂ©e purement nĂ©oclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / dĂ©but Ă  1h10’52 / un final en argent et blanc, auquel rĂ©pondent les Ă©pisodes qui suivent oĂč triomphent l’ordre et la mesure, vrai rĂ©pertoire de gestes et profils purement classiques d’un Balanchine Ă©pris d’équilibre et qui semble mĂ©diter alors la candeur du Songe lĂ©guĂ© par Shakespeare et Mendelssohn / superbe duo Ă©thĂ©rĂ© Karl Paquette / Sae Eun Park)
 A voir indiscutablement.

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

LIRE aussi notre compte rendu critique du Songe d’une nuit d’Ă©tĂ© Mendelssohn / Balanchine ici : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-danse-paris-opera-bastille-le-14-mars-2017-balanchine-le-songe-dune-nuit-dete-simon-hewett-direction-musicale/ 

 

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Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (chorégraphie)arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenews
par le Royal Ballet / Prokofiev – Koen Kessels
Jusqu’au 8 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/088015-000-A/romeo-et-juliette/

ROMEO-JULIETTE-PROKOFIEV-MCMILLAN-Royal-ballet-BalletBoyz-critique-danse-ballet-classiquenewsDirigĂ© par le duo fondateur des BalletBoyz, le Royal Ballet de Londres revisite le “RomĂ©o et Juliette” du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan sur la partition coupĂ©e de SergueĂŻ Prokofiev. Le film au rendu cinĂ©matographique sublime la tendresse et la tragĂ©die du drame shakespearien. C’est l’histoire d’amour la plus connue au monde. ÉlevĂ©e au rang de mythe romantique, la piĂšce RomĂ©o et Juliette de Shakespeare inspire vorie Ă©lectrise compositeurs et chorĂ©graphes et devient comme ici un classique de la scĂšne du ballet. La musique de Prokofiev Ăąpre et mordante sait aussi ĂȘtre lyrique et Ă©perdue, mais elle ne gomme pas le cynisme barbare des guerres familiales que le couple amoureux subit au premier chef. Pour ce film de danse, Michael Nunn et William Trevitt (BalletBoyz), anciens danseurs du Royal Ballet de Londres, revisitent le RomĂ©o et Juliette du chorĂ©graphe Kenneth MacMillan (1929-1992), joyau du rĂ©pertoire de la compagnie britannique depuis sa premiĂšre reprĂ©sentation en 1965.
TournĂ© Ă  Budapest (dans les studios de la sĂ©rie The Borgias), le film dĂ©laisse la traditionnelle scĂšne de l’opĂ©ra pour le rĂ©alisme de la rue. De la cour du marchĂ© Ă  la salle de bal en passant par la chambre de Juliette, les dĂ©cors restituent l’atmosphĂšre de VĂ©rone Ă  la Renaissance. Autour des danseurs du Royal Ballet richement costumĂ©s, l’étoile Francesca Hayward (Juliette) et le premier soliste William Bracewell (RomĂ©o) expriment la candeur tragique du couple shakespearien, adolescents innocents, sacrifiĂ©s sur l’autel des haines dynastiques. RĂ©duite Ă  90 minutes, la partition de Prokofiev atteint une profondeur poĂ©tique saisissante dans ce ballet qui plonge au cƓur du mystĂšre shakespearien. Quand le couple RomĂ©o et Juliette meurt, c’est toute l’humanitĂ© et le sentiment Amour qui meurent. La lecture est aussi efficace que classique et sobre.

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HOMMAGE A JEROME ROBBINS jusqu’au 19 avril 2020

faune-debussy-jerome-robbins-hommage-danse-critique-classiquenews-uNE-582Jerome Robbins considĂ©rait le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris comme sa seconde famille aprĂšs le New York City Ballet. Le spectacle diffusĂ© Ă  partir de ce soir depuis le site de l’OpĂ©ra de paris, est conçu en son honneur et rĂ©unit des Ɠuvres qui tĂ©moignent de l’infinie diversitĂ© de ses sources d’inspiration et de son gĂ©nie scĂ©nique. Energie de Glass Pieces, piĂšce de grand format ; douceur intĂ©rieure d’Afternoon of a Faun et de A Suite of Dances, 
 ainsi se dessine un goĂ»t dĂ©lectable, accessible, esthĂšte pour faire vibrer les corps. Avec l’entrĂ©e au rĂ©pertoire du cĂ©lĂšbre Fancy Free, portrait thĂ©Ăątral d’une Ă©poque, Robbins Ă©largit encore la palette impressionnante de ses talents. Le ballet permet de revoir l’excellent Karl Paquette, ex Ă©toile parisienne (Fancy Free) qui a dĂ©sormais pris sa retraite
  comme de rĂ©Ă©couter la poĂ©tique arachnĂ©enne de PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune, (Ă  51’09), oĂč la musique est poĂ©sie pure
 et dans la danse de Robbins,  enivrement incertain des sens dans une salle de danse, au cours d’une rencontre qui ne dit rien de ses vraies intentions (Le Faune : Hugo Marchand, Ă  la silhouette gracile et animale, celle d’une Ăąme qui s’éveille seul au dĂ©part Ă  la voluptĂ© du sommeil). Et l’indicible retourne au mystĂšre
 Inoubliable performance d’autant que l’orchestre de l’OpĂ©ra de Paris s’y montre des plus allusifs.  FilmĂ© en 2018.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS
 
Le ballet de Debussy (PrĂ©lude Ă  l’AprĂšs midi d’un Faune) est conçu comme un hymne Ă  l’art du danseur, Ă  sa voluptĂ© suspendue qui dans le cadre d’une salle de rĂ©pĂ©tition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grĂące poĂ©tique des deux corps Ă©lastiques dans un style d’une Ă©lĂ©gance toute
 parisienne (Ă©coute intĂ©rieure, Ă©conomie des gestes, vocabulaire et figures classiques
).
robbins-opera-de-paris-replay-danse-a-la-maison-classiquenewsBeau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destinĂ© au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mĂȘle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarrĂ© et urbain. Puis le tableau s’assombrit, atteint une grandeur poĂ©tique inquiĂšte oĂč se dessinent les arĂȘtes vives d’un seul couple de danseurs aux tracĂ©s ralentis, suspendus dans la lumiĂšre latĂ©rale, quand en fond de scĂšne, toutes les danseuses forment un mur vivant dans l’ombre
 Le dernier volet de ce triptyque rĂ©jouissant permet aux jeunes danseurs du Ballet d’exprimer leur Ă©nergie dans une chorĂ©graphie joyeuse mais prĂ©cise et synchronisĂ©e. Les garçons et les filles se confrontent, exultent, se croisent et se mĂȘlent enfin pour un feu d’artifice final Ă©clatant, dans la lumiĂšre. La musique de Philip Glass porte Ă©videmment jusqu’à la transe cette danse du collectif et de l’énergie millimĂ©trĂ©e. Stimulante alchimie : tout l’art de Robbins est lĂ .

 

 

 

 

 

 

BEAU-LIVRE, DANSE, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (Ă©ditions Actes Sud).

fureur du beau akram khan fureur du beau livre danse critique classiquenews 9782330127541BEAU-LIVRE, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (Ă©ditions Actes Sud). Actes sud confirme sa passion des grands crĂ©ateurs de la scĂšne chorĂ©graphique : aprĂšs Anne Teresa de Keersmaeker, Carolyn Carlson, Pina Bausch, Sidi larbi Cherkaoui, la monographie dĂ©diĂ©e au travail et Ă  la personnalitĂ© du britannique Akram Khan est une immersion unique par le texte et la photographie dans ses oeuvres et son univers crĂ©atif. Britannique d’origine bangladeshi, Akram Khan est nĂ© en 1974 (Wimbledon, Londres). Il Ă©tudie Ă  l’Ă©cole Parts d’Anne Teresa De Keersmaeker et fonde sa compagnie en 2000. Il atteint une reconnaissance internationale depuis 2003-2004, avec deux piĂšces, Kaash et Ma. Parmi les spectacles les plus emblĂ©matiques de la Akram Dance Company, Ă©tablie Ă  Londres, on compte Until the Lions, Kaash, iTMOi, Desh, Vertical Road, Gnosis et Zero Degree, sans omettre 3 solos crĂ©Ă© par le danseur chorĂ©graphe lui-mĂȘme et qui ont depuis installĂ© sa notoriĂ©tĂ© : Polaroid Feet (2001), Ronin (2003) et Third Catalogue (2005) et aussi Xenos (l’étranger, crĂ©Ă© lors des cĂ©lĂ©brations pour l’anniversaire de la guerre 14-18), viril, racĂ©, avec lequel il a tirĂ© sa rĂ©vĂ©rence de danseur.

akram-khan-by-lisa-stonehouse-ComplĂ©tant un texte Ă©crit Ă  deux voix / Ă  deux corps : d’Akram Khan et de Farook Chaudhry, les deux fondateurs de la Compagnie de danse Akram Khan, deux carnets de photos s’imposent par la beautĂ© des scĂšnes : l’un en noir et blanc, le second en couleurs. Voici donc la troupe de danseurs, saisis en plein mouvement, Ă  travers les 26 ballets crĂ©Ă©s en deux dĂ©cennies. La vitalitĂ© et la force voire en effet la fureur du geste sont nĂ©es de cette rencontre spĂ©cifique entre les danses traditionnelles indiennes (le Kathak hindou par exemple) et le vocabulaire de la danse contemporaine, transmise par l’école Keersmaeker. Akhram Khan invente une danse incarnĂ©e et aussi militante pour la fraternitĂ© et la libertĂ© ; cette gĂ©nĂ©reuse humanitĂ© se lit dans chacun de ses ballets dont il fait un tremplin pour une prise de conscience. Le beau ici est spirituel. Photo :  portrait d’Akhram Khan © L Stonehouse.

BEAU-LIVRE, danse, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (Ă©ditions Actes Sud). Parution : DĂ©cembre 2019 / 24,5 x 25,5 / 268 pages – CoĂ©dition AKRAM KHAN COMPANY / traduit du français par : Alain SAINTE-MARIE – ISBN 978-2-330-12754-1 – prix indicatif : 59€

https://www.actes-sud.fr/catalogue/danse/akram-khan-la-fureur-du-beau

LIVRE Ă©vĂ©nement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau (Éditions Aedam Musicae).

rameau en un acte anacreon les actes de ballet 1745 1757 opera baroque francais editions aedam musicae annonce livre187LIVRE Ă©vĂ©nement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau. Ouvrage collectif sous la direction de RaphaĂ«lle Legrand, RĂ©my-Michel Trotier (Éditions Aedam Musicae). LABORATOIRE BAROQUE
 le format court stimule la crĂ©ativitĂ© du plus grand gĂ©nie baroque français au XVIIIĂš : aux cĂŽtĂ©s de ses tragĂ©die en musique, Rameau a dĂ©veloppĂ© toute sa vie, les ballets en un acte : plus qu’esquisse, Ă©crin fougueux, audacieux, condensĂ© d’invention musicales et d’idĂ©es dramatiques
 Voici donc un Ă©tat analytique de l’Ɠuvre de Rameau “en un acte”, soit 11 ouvrages ici prĂ©sentĂ©s, de 1745 Ă  1757, pĂ©riode de sa maturitĂ©, et qui dĂ©voile l’une des facettes de son diamant poĂ©tique et musical (celui dont parle Francis Ponge, in SociĂ©tĂ© du gĂ©nie, 1961). En couverture, le salon en treillis d’AnacrĂ©on (1754 ; rĂ©visĂ© en 1757 dans la Suite Les Surprises de l’Amour), pastorale hĂ©roĂŻque d’un onirisme amoureux enivrĂ©, unique et singulier Ă  son Ă©poque… oĂč le vieux sage AnacrĂ©on finit par sceller le voeu qui unit Batyle Ă  la charmante ClhoĂ©.

Dans ces 11 ouvrages remarquablement commentĂ©s, se prĂ©cise la fabrique poĂ©tique et musicale du grand Rameau. En tĂ©moignent, pourtant mĂ©connus, le ballet en un acte NĂ©lĂ©e et Mirthis, celui des FĂȘtes de Ramire ou encore la pastorale de Lisis et DĂ©lie 
 Les bijoux miniatures ne manquent pas ; mais ont passĂ© inaperçus Ă  cĂŽtĂ© des longues tragĂ©dies et des ballets composĂ©s de plusieurs entrĂ©es qui ont fait la renommĂ©e du musicien. Le travail des chercheurs a tentĂ© ici d’identifier le catalogue, rĂ©tablir la chronologie des partitions, recomposer l’histoire des versions successives
 Bien documentĂ©s au disque, Pigmalion, La Guirlande ou ZĂ©phire sont toujours absents des salles, ; quels apports l’AnacrĂ©on de 1754, sur un livret de Louis de Cahusac, contenait-il vis Ă  vis de celui Ă©crit en 1757 avec Pierre-Joseph Bernard.
Contrairement aux idĂ©es reçues (et encore abondamment diffusĂ©es), Rameau inventeur musicien de gĂ©nie, s’est souciĂ© de la cohĂ©rence et du fini poĂ©tique de ses livrets. Ce sont moins ses poĂšmes choisis pour ĂȘtre mis en musique qui sont « mĂ©diocres » (jugement improbable au regard de l’indigence de notre Ă©poque) que l’esthĂ©tique poĂ©tique du XVIIIĂš qui devrait ĂȘtre alors reconsidĂ©rĂ©e. Ainsi Voltaire qui avait le projet d’un Samson avec Rameau, mais aussi Rousseau, Marmontel ou encore CollĂ© qui coopĂšrent avec le gĂ©nie musical de leur temps, livrant Ă  la cour de Franc, les divertissements des saisons trĂšs privĂ©es du chĂąteau de Fontainebleau.
EmblĂ©matiques d’une Ă©poque glorieuse pour le divertissement de cour en France, certains illustrent ainsi la quintessence du style Louis XV, comme La Naissance d’Osiris, Les Sibarites, la subtile pastorale de Daphnis et Églé 

En prĂ©alable Ă  la premiĂšre Ă©dition critique complĂšte de leurs livrets, chaque opĂ©ra (acte de ballet) est analysĂ©, Ă  la lumiĂšre des contextes d’élaboration et des modalitĂ©s de composition. Leur ancrage dans l’esthĂ©tique du milieu du XVIIIĂš, dans l’évolution sensible de la pratique thĂ©Ăątrale Ă  l’époque de Rameau (machineries, chorĂ©graphies, dispositif des dĂ©cors, scĂšnes et lieux de reprĂ©sentation
) est scrupuleusement documentĂ©.
CLIC D'OR macaron 200Dans la partie III, celle dĂ©diĂ©e aux approches formelles, l’analyse collective tend Ă  redĂ©finir chaque acte de ballet comme autant de « miniatures » supportant une rĂ©Ă©valuation en « macrostructures », c’est Ă  dire des univers complets par eux-mĂȘmes, oĂč transpire partout « le soin extrĂȘme que Rameau mit Ă  leur composition ». On est donc loin d’une contribution anecdotique : c’est tout un pan de l’Ɠuvre de Rameau qui nous est enfin restituĂ©e. Grande critique Ă  venir d’ici le 20 octobre 2019, dans notre magazine cd dvd livres sur CLASSIQUENEWS. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2019.

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LIVRE Ă©vĂ©nement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau
Ouvrage collectif sous la direction de Raphaëlle Legrand, Rémy-Michel Trotier
Date de parution : Septembre 2019 – (AEM-187 – Ă©ditions AEDAM MUSICAE).
Études rĂ©unies et prĂ©sentĂ©es par RaphaĂ«lle Legrand et RĂ©my-Michel Trotier
Avec la collaboration de Laura Naudeix et Thomas Soury
Et les contributions de Philippe Cathé, Vincent Dorothée, Julien Dubruque, Matthieu Franchin, Jean-Philippe Grosperrin, Rebecca Harris-Warrick, Hubert Hazebroucq, Sarah Nancy, Benjamin Pintiaux, Bertrand Porot, Théodora Psychoyou, Graham Sadler, Ana Stefanovic.

Avec la premiĂšre Ă©dition critique complĂšte des livrets des douze actes de ballet de Rameau.

DVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques)

coppelia-delibes-bolshoiballet-critique-danse-compte-rendu-review-dvd-ballet-classiquenews-musique-classique-classiquenews-bac163-cover-coppliarectoDVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques). Depuis 2012, le Ballet du Bolshoi ressuscite une nouvelle version plus romantique, assurĂ©ment plus traditionnelle (dĂ©cors, costumes, pantomime trĂšs inscrits dans l’esthĂ©tique d’un XVIIĂš repensĂ© par la France des classes du XIXĂš, au dĂ©but des annĂ©es 1870). Ainsi dans cette chorĂ©graphie repensĂ©e par le moderne Sergey Vikharev, d’aprĂšs Enrico Cecchetti et Marius Petipa, la vision sociĂ©tale est simpliste parfois sommaire : les villageois dont font partie Swanilda (et son blĂ© proclamĂ©), et son fiancĂ©, un temps volage, Frantz. La soldatesque d’autre part, celle qui fait l’admiration du jeune homme, qui chahute un tantinet le vieux Coppelius au dĂ©but du II ; puis devant le seigneur, le spectacle, apothĂ©ose de la ballerina, la fiancĂ©e qui a su dĂ©masquer la poupĂ©e sĂ©ductrice, la naĂŻvetĂ© de Frantz, et aussi tuer le piĂšge dans lequel le professeur Coppelius souhaitait emporter jusqu’à l’ñme du jeune amoureux transi.

 
 
 

Coppelia version Vikharev (2009)

Le BolshoĂŻ, un certain Classicisme nostalgique

 
 
 

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L’astuce de Swanilda, sa loyautĂ© pour Frantz, son dĂ©sir de rompre l’enchantement dont est victime ce dernier, sa compĂ©tence pour faire Ă©chouer l’Ɠuvre machiavĂ©lique et mĂ©canique de Coppelius, tout en le trompant, 
 triomphent dans l’acte III. AprĂšs la scĂšne oĂč la danseuse prend la place de la poupĂ©e – tableau d’une ambivalence dĂ©licieuse oĂč la jeune fiancĂ©e illusionne la naĂŻvetĂ© du pseudoscientifique (en lui faisant croire qu’une mĂ©canique pouvait atteindre la vie elle-mĂȘme, et donc la grĂące d’une danseuse rĂ©elle), l’acte III est un tremplin somptueux oĂč rayonne cette mĂȘme Ă©lĂ©gance d’une Swanilda, jeune Ă©pouse victorieuse. Petipa rĂ©vise le conte originel d’ETA HOFMANN dont le fantastique noir et tragique rĂ©servait un destin diffĂ©rent au jeune couple amoureux.

La production filmĂ©e par Bel Air classiques a Ă©tĂ© diffusĂ©e en juin 2018 en direct au cinĂ©ma, depuis la scĂšne du Bolshoi. En voici la trace. Vikharev a dĂ©jĂ  traitĂ© parmi les grands ballets du XIXĂš : La Belle au bois dormant, La BayadĂšre, Raymonda
 en s’inspirant des tĂ©moignages d’époque, en particulier les usages et la pratique dansante Ă  Saint-PĂ©tersbourg. On se dĂ©lecte ainsi du ballet des heures totalement restituĂ© en dĂ©ploiement collectif et force groupes de danseurs.

La magie de la partition de Delibes concourt beaucoup Ă  la rĂ©ussite de ce spectacle : les danses Czardas, Mazurka (dĂ©but du II) – Ă©lĂ©ments du folklore d’Europe de l’Est, en gagnent une vivacitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. PortĂ©s par le tapis orchestral, d’un raffinement inouĂŻ, et d’une trĂšs belle tendresse mĂ©lodique (proche des valses de Strauss), les deux rĂŽles principaux brillent par un naturel Ă©lastique, aussi acrobatique qu’élĂ©gant : Margarita Shrayner dans le rĂŽle de la courageuse Swanilda captive par sa grĂące constante : lĂ©gĂšre, sincĂšre, presque naĂŻve au I ; puis astucieuse et plus dramatique au II ; impĂ©riale et souveraine au III. L’intelligence de la danseuse suit pas Ă  pas l’évolution de son caractĂšre selon les pĂ©ripĂ©ties de l’action
 laquelle est beaucoup moins dĂ©corative qu’il n’y paraĂźt. Loin d’ĂȘtre nunuche, Swanilda ose dĂ©niaiser les mĂąles en prĂ©sence : l’amoureux transi et pĂąlot Frantz, le fou laborantin Coppelius, convaincu qu’il peut donner vie Ă  une mĂ©canique en lui transfĂ©rant l’ñme d’un mortel
 La victoire de la danseuse passe au III par la sublimation de sa chorĂ©graphie qui en fait une hĂ©roĂŻne de chair, une Ăąme valeureuse qui pense et agit.  Un modĂšle du genre. L’interprĂšte requise sait ciseler ses pas et ses figures avec une flexibilitĂ© admirable et un naturel qui rompt avec la pure technicitĂ©, ailleurs, froide et glacĂ©e. A ses cĂŽtĂ©s, malgrĂ© la fragilitĂ© et la minceur psychologique du personnage de Frantz, Artem Ovcharenko, habituĂ© de l’Ɠuvre, convainc lui aussi, comme le rĂŽle de comĂ©dien moins de danseur, de Coppelius dont le mĂ»r Alexey Loparevich fait une figure de caractĂšre, cependant parfois un peu caricaturale.
La volontĂ© de Vikharev est d’exalter le patrimoine russe quitte Ă  manquer parfois de lĂ©gĂšretĂ© ou d’équilibre dans costumes et dĂ©cors. Pour ĂȘtre concret, l’étalage de dĂ©tails et d’accessoires comme de couleurs dans l’essor des costumes brouille souvent la lisibilitĂ© des mouvements. Ce culte nostalgique d’un Ăąge d’or de la danse au BolshoĂŻ marque les esprits par cet hyper classicisme de la forme, auquel la souplesse naturelle des deux solistes (Swanilda et Frantz) apporte une sincĂ©ritĂ© salvatrice. A connaĂźtre indiscutablement.

 
 
 

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Delibes : Coppélia [DVD & Blu-ray]
Ballet en trois actes

Musique : LĂ©o Delibes (1836-1891)
Livret : Charles Nuitter & Arthur Saint-LĂ©on d’aprĂšs les contes fantastiques de E.T.A. Hoffmann

Swanilda : Margarita Shrayner
Frantz Artem : Ovcharenko
Coppélius : Alexey Loparevich
Huit amies : Xenia Averina, Daria Bochkova, Bruna Cantanhede Gaglianone, Antonina Chapkina, Anastasia Denisova, Elizaveta Kruteleva, Svetlana Pavlova, Yulia Skvortsova
Coppélia (Automate) : Nadezhda Blagova
Seigneur du manoir : Alexander Fadeyechev
Bourgmestre : Yuri Ostrovsky
Chronos : Nikolay Mayorov
Mazurka : Oksana Sharova, Alexander Vodopetov, Ekaterina Besedina, Dmitry Ekaterinin
Czardas : Kristina Karasyova, Vitali Biktimirov
Aurore : Anastasia Denisova
PriĂšre : Antonina Chapkina
Travail : Daria Bochkova, Ksenia Averina, Maria Mishina, Stanislava Postnova, Tatiana Tiliguzova
Folie : Elizaveta Kruteleva

Corps de Ballet, Acteurs et Actrices du Théùtre Bolchoï
ÉlĂšves de l’AcadĂ©mie ChorĂ©graphique de Moscou

Orchestre et ChƓur du ThĂ©Ăątre BolchoĂŻ
Direction musicale : Pavel Sorokin

Chorégraphie Marius Petipa, Enrico Cecchetti
Nouvelle version chorégraphique Sergey Vikharev
Scénographie : Boris Kaminsky
Costumes : Tatiana Noginova
LumiĂšres : Damir Ismagilov

 
 
 

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Enregistrement HD : Théùtre du Bolchoï, 06/2018
RĂ©alisation : Isabelle Julien
Date de parution : 12 avril 2019 / 1 dvd, Blu ray Bel Air classiques

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un Ɠil d’homme, Cie Le Diable au corps

COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019.BIAC. Reflet dans un Ɠil d’homme, Cie Le Diable au corps. Le titre de ce spectacle qui est autant danse qu’acrobatie, est repris de celui de l’essai de Nancy Huston, lui-mĂȘme reflet aussi, me semble-t-il, du Reflet dans un Ɠil d’or (1941) de Carson McCuller, dont John Huston tira un film avec Marlon Brando et Elisabeth Taylor : reflet et rĂ©flexion du dĂ©sir, du regard, du miroir : un homme ne semble plus voir sa femme, regardĂ©e nue, la nuit, par un homme invisible regardĂ© lui-mĂȘme, nu, par le mari, transfert et transgression du regard dĂ©viĂ© ou dĂ©voyĂ© de la femme, de la femelle, au mĂąle par le mari impuissant. Qui, dans un rigide et rigoriste monde militaire, tue son inavouable dĂ©sir, pour le voyeur de sa femme, en le tuant. Un trio fantasmatique, fondamental donc, liĂ© par le regard : de dĂ©sir, devenu amour/haine.

Reflets, réflexions

 

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S’écartant du postulat imposĂ© par Beauvoir, devenu credo fĂ©ministe, fondĂ© sur l’idĂ©e que l’identitĂ© sexuelle est construite moins par la nature que l’éducation, Nancy Huston estime que le sexe naturel conditionne certains comportements qu’il est vain de nier. Ainsi, elle s’attarde avec finesse Ă  la rudesse mĂȘme de certaines expressions masculines parlantes qu’une femme « nous a tapĂ© dans l’Ɠil. » Taper, attraper : mais qui attrape qui, dirai-je ? Le jeu du regard, de la sĂ©duction (qui l’a commencĂ©e ?) implique forcĂ©ment l’autre.

Et je soulignerai encore l’évidente (qui se voit) dimension « scopique » de la pulsion Ă©rotique de l’homme, voir, regarder la femme, strip-tease, peintures de nus, photos, vidĂ©os, cinĂ©mas le prouvent : la femme « objet », objet de dĂ©sir, est aussi sujet qui le suscite, qu’on le veuille ou nie hypocritement. Notre culture, qu’on s’en rĂ©jouisse ou le condamne, je le souligne encore, a placĂ© la femme au centre comme parangon de la beautĂ©, que certaines cultures, la redoutant, voilent, occultent, effacent. Longtemps, comme chez les Grecs, dans son idĂ©ale nuditĂ©, l’homme fut Ă©rigĂ© en modĂšle de la beautĂ©, celle de la femme y Ă©tant tardive. Aujourd’hui, les hommes, sans doute aussi « cƓur de cible » du marchĂ©, juste ou ironique retour, vivent la tyrannie comparative, dĂ©pressive, de la beautĂ© parfaite d’athlĂštes dĂ©nudĂ©s argument de ventes de sous-vĂȘtements ou autre.

La femme, du sol au ciel

Dans le noir, la vague luminescence murale de trois grands miroirs ovales : miroir que les trois protagonistes iront souvent consulter, pour se mirer, s’admirer. Au sol, en jeans, blouson de plumes et bottines rouges, bonnet cagoule couvrant la tĂȘte, une flaque forme inerte, oiseau ou femme abattus. Mannequin, puisqu’on voit entrer gracieuse silhouette, short et T-shirt rouge, cheveux courts, allurĂ©e, dĂ©lurĂ©e, sourire aguicheur, la Femme, suivie des deux hommes, pantalons, veste, barbouillĂ©s de barbe.

L’un saisit le simulacre, le reflet de femme Ă©teint ; l’autre Ă©treint, Ă©lĂšve l’ĂȘtre de chair sur ses Ă©paules. Il semble que ce double mouvement, femme au sol, femme au ciel, dĂ©clinĂ© dans un vertige apparemment infini de formes, informe implicitement tout ce spectacle. L’un par le pied, l’autre par le bras, on ne peut traĂźner que la traĂźnĂ©e : mais pied, pieds, bras, poings, mains sont aussi comme des articulations, des socles rĂ©pĂ©tĂ©s, inĂ©puisables de l’élĂ©vation de la femme toujours en pointe, toujours au sommet, dĂ©fiant la pesanteur, entre ciel et terre. Au sens littĂ©ral, la femme est toujours exaltĂ©e,toujours posĂ©e ou projetĂ©e en haut : exhaussĂ©e. Mais exaucĂ©e ?

Entre chorĂ©graphie et acrobatie, dans une continuitĂ© musicale, soutenue par la musique ou retenue par le silence et la suspension de notre souffle Ă©mu,c’est un enchaĂźnement presque ininterrompu, un maillage vertigineux qui semble pouvoir aller Ă  l’infini de figures acrobatiques dont la femme est pratiquement toujours la pointe extrĂȘme d’un obĂ©lisque masculin ; on lit toute une syntaxe gymnique dont nous dĂ©plorons de ne pas possĂ©der le lexique pour en dire la richesse et la complexitĂ©, la beautĂ©, sa vĂ©locitĂ© et variĂ©tĂ© dĂ©fiant la description, et mĂȘme la captation en notes forcĂ©ment succinctes sur un calepin dans le noir de la salle : femme jetĂ©e, projetĂ©e en sauts pĂ©rilleux, juchĂ©e sur des Ă©paules, une tĂȘte, sur un pied, sur une main, articulĂ©e aux hommes par la poigne, le poignet,gĂ©omĂ©trie de corps verticaux, de membres parallĂšles, tendus vers le ciel ou Ă©tendus au sol.

  
Femme, du ciel au sol

Si la tentation du ciel est Ă©vidente aspiration, pulsion de vie mais en instable Ă©quilibre conquis par la savante virtuositĂ© des corps,l’étalement au sol, pulsion de mort,semble parfois lĂ©tal : sur les accords de cordes dĂ©chirants et funĂšbres de La jeune fille et la mortde Schubert, en vive symĂ©trie avec le mannequin mort, s’engage toute une agitation morbide autour de la femme et son leurre. Peut-ĂȘtre en souvenir de la PoupĂ©e de Bellmer et ses avatars, s’instaurent des jeux sadomasochistes oĂč le sujet devient objet et vice(si vice il y a)versa : Ă  la femme manipulĂ©e, au sens physique littĂ©ral d’en jouer avec les mains, rĂ©pond la main de la femme sur l’homme, la gifle, doublĂ©e, triplĂ©e, multipliĂ©e Ă  la volĂ©e sur la joue de l’un des hommes qui la reçoit, symĂ©triquement subie par l’autre qui la ressent. Il y aura aussi la rĂ©volte de la bastonnade infligĂ©e par la femme Ă  l’un, comme la gifle, reçue en coupable symĂ©trie par l’autre.

Dans une troublante confusion entre femme et mannequin, le duo d’hommes traĂźnera ces corps flaccides sur le sol, les emportera sur l’épaule comme trophĂ©es glorieux ou dĂ©pouilles macabres d’une guerre des sexes. Certes, il y aura eu, narration plus simple, la paix vitale de l’amour, de l’érotisme de l’un face au miroir Ă  deux et trois. Toutes les combinaisons du jeu sexuel en trio, et mĂȘme au carrĂ© du mannequin, sont furtivement figurĂ©es : face Ă  face ou l’on agrĂ©e, mais pour agresser sexuellement, femme en sandwich, Ă©treinte, baiser entre les deux hommes, l’un couchĂ© sur le dos de l’autre ; elle, jouant avec le simulacre de femme. Amoncellement de corps enlacĂ©s sans lascivitĂ©.

 

 
 
 

Miroirs

 

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Une vivifiante chanson de Barbara moquant avec tendresse les hommes et d’autres rythmes dansants toniques sont, dans la tonalitĂ© sombre des Ă©clairages, des halos lumineux, des respirations moins oppressantes. Comme des regards, ces trois miroirs du fond de scĂšne sont Ă©galitaires : Ă  chacun son image, ils s’y dĂ©nueront et rhabilleront plusieurs fois, avec une cĂ©lĂ©ritĂ© qui laisse pantois, tenant ostensiblement culotte ou slips du bout du bras. Le miroir est le regard de l’autre rĂ©duit Ă  soi.

NuditĂ© partielle, entiĂšre, totale Ă  d’indiscrĂštes mains prĂšs cachant justement avec prestesse les bijoux indiscrets des sexes. C’est fascinant sans ĂȘtre jamais dĂ©rangeant. Le trouble, c’est cet Ă©quilibre acrobatique chaque fois dĂ©fiĂ© et vaincu mais jamais troublant sexuellement. D’ailleurs, comme un cache-sexe, il y a l’humour : se faire rĂ©curer le nez, sans doute pour laver du soupçon d’esthĂ©tisme ou de pornographie chasse, par des Ă©ternuements, toute nĂ©bulositĂ© libidinale : le physiologique vient dĂ©tourner du strictement physique. On le sait :il suffit d’à peine un rire pour casser l’ambiance collective la plus Ă©rotique.

Un vaste miroir rond tendu vers nous sert de bouclier, tel celui de PersĂ©e envoyant son reflet Ă  la MĂ©duse qui en est terrassĂ©e, vaste feuille de vigne, Ă  ces deux Adam et cette Ève dans le Paradis innocent de leur nuditĂ©. Dans une lumiĂšre caravagesque, clair-obscur, superbe fresque, frise plastique mouvante mais jamais Ă©mouvante sensuellement ; sa beautĂ© mĂȘme en neutralise l’impact charnel : l’esthĂ©tique sublime, sublime, Ă©pure l’érotique.

Les gymnastes, s’en cachant le corps nu, nous tendent ainsi, malicieusement, le grand miroir de nos fantasmes, qui ferait mieux de rĂ©flĂ©chir avant de renvoyer les images confuses de vagues dĂ©sirs frustrĂ©s. Si dĂ©sir il y a. Comme pour conjurer sans doute la charge Ă©rotique qu’ils prĂȘtent Ă  leurs corps Ă  la plastique parfaite en regard des canons gĂ©nĂ©raux du tout-venant, eux-mĂȘmes en font la critique ouvertement, Ă  haute voix, devant ce mĂȘme miroir. Mais pieuse prĂ©caution inutile selon nous : en effet, la stupĂ©fiante virtuositĂ© vertigineuse de leurs acrobaties capte toute notre attention, cristallise notre angoisse ; on craint tellement, sinon un accident, du moins un incident, qu’il n’y a plus d’incidence d’indĂ©cente voluptĂ©, et toute cette sexualitĂ© affichĂ©e dans sa somptueuse beautĂ© plastique est tout, sauf sensuelle.

 

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un Ɠil d’homme, Cie Le Diable au corps 

 

LA CRIÉE, MARSEILLE
DU 2 AU 6 JANVIER 2019
DANS LE CADRE DE LA BIAC
Reflet dans un Ɠil d’homme
Compagnie Le diable au corps

 

DISTRIBUTION

Michaël Pallandre : Direction artistique/Mise en scÚne et InterprÚte
Caroline Le Roy : InterprĂšte
Adria Cordoncillo : InterprĂšte
Samuel Matton : RĂ©gie son et lumiĂšre
Vincent Millet : Création LumiÚre
Judith Dubois : Accessoiriste / Création des mannequins
Anne Jonathan : Création costumes
MĂ©linda Salasar :Graphisme
Jean-Philippe Nicole : Outils Vidéo

Coproduction Circa, Pîle National Cirque – Auch Gers Occitanie / Le Verrerie d’Ales, Pîle National Cirque – Occitanie

Photos : 1, 7 , 8 ©Christophe Payot; les autres : ©lan Grandjean.

 

DANSE. 47Ăš PRIX de LAUSANNE : 4 – 10 fĂ©vrier 2019

lausanne-prix-de-lausanne-jeunes-danseurs-edition-2019-fevrier-annonce-palmares-sur-CLASSIQUENEWS-actualites-ballet-et-danse-classiquenewsDANSE. PRIX de LAUSANNE 2019, 47Ăšme Ă©dition. A Lausanne (Suisse), le Concours international pour jeunes danseurs a lieu au ThĂ©Ăątre de Beaulieu. La 47e Ă©dition du concours international de danse dĂ©bute aujourd’hui, lundi 4 fĂ©vrier 2019 au ThĂ©Ăątre de Beaulieu avec en point de mire des jeunes talents de la danse, la Finale, samedi 9 fĂ©vrier 2019. Cette annĂ©e, 75 jeunes danseurs de 19 nationalitĂ©s diffĂ©rentes participent au Concours. Les 75 participants ont Ă©tĂ© accueillis hier au ThĂ©Ăątre de Beaulieu. Ils passeront la semaine sous l’Ɠil attentif de professeurs et de coachs de renom, pour travailler variations classiques et contemporaines. Vendredi 8 fĂ©vrier 2019, ils prĂ©senteront leur travail devant les 9 membres du jury pour ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s pour la Finale (le lendemain 9 fĂ©vrier 2019).

 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenews EN DIRECT SUR LE NET… Suivez en live-streaming soit 6 heures de direct par jour, le travail des jeunes danseurs, les Ă©tapes de la compĂ©tition et le palmarĂšs final 2019, sur ARTE Concert et sur le site du Prix de Lausanne. Les SĂ©lections du 8 et la Finale du 9 fĂ©vrier 2019 sont retransmises dans leur intĂ©gralitĂ©. Tout comme en 2018, le public peut soutenir le jeune danseur de son choix en faisant un don via la campagne de crowdfunding en ligne et en votant pour son finaliste favori. La somme rĂ©coltĂ©e sera partagĂ©e entre le laurĂ©at du Prix du public (vote de la salle) et le laurĂ©at du Prix du public web. Cette somme les aidera Ă  rejoindre l’école ou la compagnie partenaire de leur choix.

 
 

 

 

Un mot de Kathryn Bradney, directrice artistique et exécutive

« Je suis trĂšs enthousiaste quant au dĂ©but de cette semaine ! Elle sera illuminĂ©e par le talent des jeunes et exceptionnels danseurs ! L’excitation sera palpable dans l’air lorsque les candidats danseront devant le jury, constituĂ© de directeurs et de grandes stars du monde du ballet. Le PrĂ©sident du jury de cette annĂ©e, Carlos Acosta, a remportĂ© la mĂ©daille d’or du Prix de Lausanne en 1990 et a continuĂ© son extraordinaire carriĂšre de danseur international. Cette semaine promet d’ĂȘtre une expĂ©rience inoubliable pour tous ! »

 
 

 

 

Life Time Achievement Award 2019
Hommage spĂ©cial Ă  Marcia HaydĂ©e
 AprĂšs la Finale, le Prix de Lausanne remettra le Life Time Achievement Award 2019 Ă  l’ex danseuse Prima ballerina, Marcia HaydĂ©e. NĂ©e Ă  Niteroi / Rio de Janeiro au BrĂ©sil, Marcia HaydĂ©e a inspirĂ© de nombreux grands chorĂ©graphes dont John Cranko, Maurice BĂ©jart et John Neumeier. Elle fut Directrice du Ballet de Stuttgart de 1975 Ă  1996 et Ă©galement Directrice du Ballet de Santiago de 1992 Ă  1995. Depuis 2004, elle occupe Ă  nouveau cette place. La lĂ©gendaire danseuse, qui s’est produite sur les plus grandes scĂšnes du monde et qui a Ă©tĂ© encensĂ©e par la critique internationale, sera prĂ©sente Ă  Lausanne lors de cette 47e Ă©dition.

 
 

 

 

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Prix de Lausanne 2019, 47e édition
Ouvert au public du lundi 4 au samedi 9 fĂ©vrier 2019 – ThĂ©Ăątre de Beaulieu

Infos & Billetterie
SĂ©lections : prixdelausanne.org/fr/concours/billetterie-programme/
Finale : complet

 
 

 

 

EN DIRECT sur INTERNET, du 4 au 10 février 2019
ArteConcert
sur le site du Prix de Lausanne

lausanne-prix-de-lausanne-jeunes-danseurs-edition-2019-fevrier-annonce-palmares-sur-CLASSIQUENEWS-actualites-ballet-et-danse-classiquenews

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RESUME de l’évĂ©nement : CrĂ©Ă© en 1973, le Prix de Lausanne est un concours international annuel pour jeunes danseurs ĂągĂ©s de 15 Ă  18 ans. Son objectif est de repĂ©rer, promouvoir et aider les jeunes talents. Parmi les plus prestigieuses Ă©coles et compagnies de danse du monde, plus de 70 d’entre elles sont associĂ©es au Prix de Lausanne et soutiennent ses activitĂ©s. La liste des partenaires du concours compte notamment : le Royal Ballet de Londres, l’École du Ballet de Hambourg (John Neumeier), l’École de danse du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris, l’AcadĂ©mie Princesse Grace de Monaco, l’AcadĂ©mie de Danse Vaganova de Saint-PĂ©tersbourg, le Ballet de Hong Kong, l’école de l’Australian Ballet ou l’école du San Francisco Ballet. 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenewsLe Prix de Lausanne est un concours unique qui reprĂ©sente depuis plus de 46 ans une extraordinaire expĂ©rience pour une sĂ©lection annuelle de jeunes talents Ă  haut potentiel. Il leur permet de renforcer leurs compĂ©tences, de continuer leur formation grĂące Ă  une bourse d’écolage et d’entrer dans le monde professionnel. C’est aussi l’occasion pour les professionnels de la danse de venir observer et rencontrer les candidat/e/s. Lausanne est ainsi la capitale mondiale des jeunes danseurs durant la semaine du concours.

 
 

 

 

47Ăš Prix de Lausanne : 4 – 10 fĂ©vrier 2019

 
 

 

 

DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159)

dvd NAHARIN OHAD the art of batsheva dance company critique dvd critique cd classiquenews critique par classiquenews bac159-cover-ohadnaharinrectoDVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159). CrĂ©Ă©e en 1964 Ă  Tel-Aviv, la Batsheva Dance Company est dirigĂ©e depuis 1990 par Ohad Naharin. Le travail du chorĂ©graphe s’affirme ici dans deux de ses ballets (filmĂ©s Ă  Chaillot, lieu des premiĂšres rĂ©vĂ©lations du style Naharin) qui intĂšgrent Ă  l’évidence sa technique « gaga » qui prĂŽne « l’exploration des sensations et la disponibilitĂ© du corps ». En rĂ©sulte une cĂ©lĂ©bration du corps libĂ©rĂ© (et parfois disloquĂ©, mais Ă©trangement Ă©lastique), et collectivement rĂ©conciliĂ© ; c’est Ă©videment le cas du premier ballet, – NAHARIN’S VIRUS »  Ɠuvre commune, conçue en 2000 Ă  plusieurs (fruit de riches rĂ©flexions entre Naharin et les danseurs de la compagnie) ; c’est une offrande chorĂ©graphique et musicale Ă  partir du texte polĂ©mique de l’autrichien Peter Handke, « Outrage au public ». Comme l’engagement du chef isrĂ©alien, Daniel Barenboim, le chorĂ©graphe Naharin fait danser sa compagnie sur la musique traditionnelle conçue par un palestinien. D’oĂč la volontĂ© ici comme lĂ , de revendiquer qu’il ne peut y avoir de solution au conflit au Proche-Orient, sans une rĂ©conciliation des deux nations voisines. Dans cette volontĂ© d’exacerber la volute des corps au delĂ  de leurs possibilitĂ©s mĂ©caniques ou musculaires, n’y aurait-il pas au fond, l’activitĂ© d’un autre langage qui veut dire ici, dans cet espace oĂč ne jouent plus le langage habituel et la parole, ni la violence des armes, la fraternisation et l’arrĂȘt de toute haine ?

naharin ohad dvd ballet classiquenews critique dvd critique cd the art of ohad naharinLa fragmentation qui semble piloter le mouvement des danseurs dans la seconde chorĂ©graphie, « Last Work » (Dernier ouvrage et non Le dernier ouvrage), est lĂ  aussi un ballet manifeste dans lequel Naharin milite pour la paix, contre la propagande qui manipule les esprits ; l’un des danseurs en pleine transe techno semble se masturber
 en fait il astique le canon de son arme qui ne tarde pas Ă  projeter ses balles
 le chorĂ©graphe pose un regard brut, ciselĂ© sur notre monde sans valeurs, sans Ăąme, dont la barbarie croissante signe sa chute annoncĂ©e. Naharin en a composĂ© lui-mĂȘme la musique (sous le pseudo Maxim Warrat) : dans ce chaos protĂ©iforme oĂč chacun joue une partition dĂ©rĂ©glĂ©e, pĂšse cependant l’intelligence de la foule qui est une folie. Au juste quel est la direction et le sens d’un groupe humain ? Est-il un chorĂ©graphe aussi interrogatif que Naharin ? Grande critique du dvd NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK Ă  venir dans le mag cdn dvd, livres de classiquenews.com

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DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN : NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK – Batsheva Dance Company – Ohad Naharin, chorĂ©graphie (1 dvd BelAir classiques BAC159)

THE ART OF OHAD NAHARIN 
NAHARIN’S VIRUS
de Ohad Naharin
d’aprùs la piùce de Peter Handke Outrage au public
Avec William Barry, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Iyar Elezra, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Rachael Osborne, Shamel Pitts, Oscar Ramos, Nitzan Ressler, Ian Robinson, Or Meir Schraiber, Maayan Sheinfeld, Bobbi Smith, Zina (Natalya) Zinchenko, Adi Zlatin
Musique originale et conseiller musical : Karni Postel
Musiques additionnelles : Samuel Barber, Carlos d’Alessio, P. Stokes & P. Parsons
Musique traditionnelle arabe : Jana Jana, Al Ghariba, Lesh Insfar interprété par le groupe Al Majad, fondé par Habib Alla Jamal
Arrangement, Oud : Shama Khader
Chant : Shama Mazen
Conception des costumes : Zohar Shoef
LumiĂšres : Avi Yona Bueno (Bambi)

LAST WORK
de Ohad Naharin
Avec Billy Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Hsin-Yi Hsiang, Chunwoong Kim, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Ori Moshe Ofri, Nitzan Ressler, Or Meir Schreiber, Maayan Sheinfeld, Yoni (Yonatan) Simon, Amalia Smith, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Musique originale : Grischa Lichtenberger
Musiques additionnelles : Sagat, Hysterics, MPIA3, Monkeys, Luminox, Lullabies-Of-Europe, Clara Rockmore
Scénographie : Zohar Shoef
Costumes : Eri Nakamura

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Chaillot – ThĂ©Ăątre national de la Danse | 2014 (Naharin’s Virus) ‱ 2017 (Last Work)‹ / RĂ©alisation : Tommy Pascal
Date de parution : 25 janvier 2019
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD ‹RĂ©fĂ©rence : BAC159
Code-barre : 3760115301597
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0
Code région : 0

1 BLU-RAY ‹RĂ©fĂ©rence : BAC459
Code-barre : 3760115304598
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0
Code région : A, B, C

Jeunes danseurs : Ă  quoi rĂȘvent-ils ? Docu inĂ©dit sur France 3

france3 logo 2014docu-danse-320-406-home-tlee-france-3-reve-de-garcon,-jeunes-danseurs-documentaireFrance 3. Samedi 21 juin 2014, 15h20. Jeunes danseurs, docu. “Son rĂȘve Ă  lui
” Pour quelles raisons de jeunes garçons dĂ©cident-ils de se consacrer corps et Ăąme Ă  la danse ? Pression familiale, vocation personnelle
 Sous le regard d’une ancienne Ă©toile de l’OpĂ©ra de Paris, Patrick Dupond, trois jeunes danseurs en herbe tĂ©moignent face Ă  la camĂ©ra : aspirations, douleurs, dĂ©passement, passion
 Les dĂ©fis physiques valent-ils le plaisir d’ĂȘtre un jour une Ă©toile de la danse ? C’est quoi son rĂȘve Ă  lui ?

france3-reve-danseur-garcons-juin-2014-580

 

 

Notre avis. Passionnante immersion dans les rĂȘves du jeune danseur : pourquoi danser et devenir Ă©toile ? Que peuvent le corps et l’esprit face Ă  une « rĂ©vĂ©lation » (acte I) qui si elle s’appuie sur une forte « dĂ©termination » (acte II) peut aboutir Ă  la « consĂ©cration » (acte III)
 En trois volets, les rĂ©alisateurs interrogent Ă  Tours les rĂȘves du jeune Edgar (8 ans), que la duretĂ© et la trop contraignante discipline pour son jeune Ăąge finissent par faire capituler : il ne sera pas Ă©toile. Puis c’est Ă  Marseille que s’épanouit malgrĂ© la douleur du corps, l’austĂ©ritĂ© d’une vie Ă©tudiante amĂ©nagĂ©e et sans pauses, la vocation et la passion d’Alban (15 ans), vraie graine de star, encore enfant et presque adulte : un adolescent qui s’accroche Ă  sa vocation car la danse, malgrĂ© la technique et les codes stricts, ouvre une libĂ©ration du corps et de l’esprit. Son tĂ©moignage est de loin l plus bouleversant. Enfin, c’est Ă  Paris, le premier danseur Ă  l’OpĂ©ra de Paris, François Alu (20 ans) qui, frappĂ© par la figure de Patrick Dupond Ă  la tĂ©lĂ©, a souhaitĂ© dĂšs 6 ans ĂȘtre danseur. La vocation ne s’explique pas et c’est bien tout le mystĂšre de l’origine du danseur. François n’a pas le physique ordinaire du danseur classique pourtant Ă  en juger par les rares images de spectacle qui le fait paraĂźtre, il a des sauts d’une trĂšs impressionnante amplitude, un ballon spectaculaire qui rappelle combien l’exercice relĂšve d’un sport de trĂšs haute technicitĂ© (d’oĂč les sĂ©ances de massage qui peut aider Ă  la rĂ©cupĂ©ration du corps, entre deux reprĂ©sentations).

 

 

Alu_francois-premier danseurLe docu cible les aspirations et la rĂ©alitĂ© de la danse vĂ©cue par trois garçons, Ă  trois Ăąges diffĂ©rents. Chaque Ă©pisode est parsemĂ© de tĂ©moignages, celui des professeurs qui accompagnent chacun des trois hĂ©ros ; Patrick Dupond en tĂ©moin rĂ©fĂ©rence apporte son propre Ă©clairage sur une vie d’Etoile. Le regard est sans appel, parfois amer, souvent militant et engagĂ©, vĂ©cu donc prĂ©cieux : « pour le danseur, rien n’importe plus que la scĂšne ; et Ă  chaque succĂšs ou chaque Ă©chec, il faut penser Ă  faire mieux, y puiser une nouvelle source d’apprentissage et dĂ©passement » 
Torture et souffrance ou libĂ©ration et accomplissement ? La danse classique fascine par sa haute technicitĂ©. L’idĂ©e de se dĂ©passer et de se libĂ©rer grĂące Ă  l’expĂ©rience de la scĂšne, portĂ© par les saluts du public est l’autre aspect d’un art dont la quĂȘte de la grĂące habite chacun des 3 jeunes danseurs ici filmĂ©s.  Si certains dĂ©nonce une Ă©cole de la torture, le cas emblĂ©matique des trois sujets du reportage confirme que d’abord, il s’agit d’une dĂ©cision libre et personnelle. Passionnant.

Son rĂȘve Ă  lui… Film inĂ©dit d’Olivia N’Ganga et MikaĂ«l Dinic, 52 mn, 2014. Illustrations : les jeunes danseurs du doc : Edgar (8 ans), François (20 ans).

Livres. Les Grandes Étoiles du XXùme siùcle (Buchet Chastel)

Livres. Les Grandes Étoiles du XXĂšme siĂšcle (Buchet Chastel). La vie d’une ” Ă©toile ” de la danse (le terme a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pendant l’occupation par Serge Lifar), au sommet de ses possibilitĂ©s, ne dure guĂšre plus de 30 ans : c’est un papillon magnifique qui transcende l’instant avec cette habile combinaison entre haute technicitĂ©, style, Ă©lĂ©gance, et parfois une puissante expressivitĂ© celle plus rare, d’un vrai tempĂ©rament tragique ou pathĂ©tique. Les rĂŽles des ballets romantiques surtout offrent en effet des possibilitĂ©s rĂ©elles pour les danseurs qui sont aussi acteurs.

Les grandes Ă©toiles du XXe siĂšcle. GĂ©rard Mannoni
grandes_etoiles_XXeme_siecleVoici donc le trop court portrait de 50 artistes mĂ©morables ayant marquĂ© l’histoire de la danse au XXĂšme siĂšcle soit par le seul pouvoir de leur interprĂ©tation soit aussi comme maĂźtres de ballet et comme chorĂ©graphes… Tous, russes, français, britanniques, italiens… ont Ă©bloui sur la scĂšne du monde chorĂ©graphique Ă  la Scala de Milan, au Royal ballet de Londres, au Palais Garnier et Ă  Bastille Ă  Paris… ‹Pour chaque hommage Ă©vocation, comportant le portrait photographique des intĂ©ressĂ©s, l’auteur retrace les principales Ă©tapes de sa vie et de sa carriĂšre, tout en analysant les spĂ©cificitĂ©s de son art.
Parmi les anciens, souvent devenus lĂ©gendaires : Carlotta Zambelli nĂ©e en 1875, qui bissait avec quel Ă©clat, les pizziccati de Sylvia, sommet de la musique chorĂ©graphique et romantique française signĂ©e Delibes ; Isadora Duncan nĂ©e en 1877, pionniĂšre absolue d’une modernitĂ© dont sont redevables aussi LoĂŻe Fuller, Martha Graham… ; les divinitĂ©s russes Pavlova, surtout Karsavina nĂ©e en 1885 (muse poĂ©tique qui fit la grandeur des Ballets Russes de Diaghilev) ; mais aussi les hommes eux aussi acteurs d’une modernitĂ© encore admirable, souvent danseurs ET chorĂ©graphes tel Vaslav Nijinski (nĂ© en 1889 dont la carriĂšre fut aussi brĂȘve que gĂ©nial, entre autres au sein des Ballets Russes…) ; Fred Astaire (nĂ© en 1899 : un dieu plus du cinĂ©ma que de la danse classique mais adulĂ© des grands du XXĂš tel Roland Petit); les anglais racĂ©s Ă©lĂ©gantissimes  Anton Dolin (nĂ© en 1904) ou Anthony Dowell (nĂ©e en 1943, le partenaire de Noureev dans le film Valentino); Serge Lifar (1905-1986) qui choisi par RouchĂ© en 1930, assura Ă  Paris, la gloire toujours vacillante du Ballet parisien pendant l’occupation ; ce sont Ă©videmment les Russes triomphants comme Noureev ou Barychnikov… sans omettre Yvette ChauvirĂ©, Margot Fonteyn, et plus proches de nous encore, Patrick Dupont nĂ© 1959 (et sa carriĂšre fulgurante Ă©courtĂ©e), Charles Jude, AgnĂšs Letestu, Elizabeth Platel, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche … c’est Ă  dire les plus grand danseurs solistes du ballet de l’OpĂ©ra de Paris. MĂȘme si la place manque toujours pour un panthĂ©on aussi abondant en stars et Ă©toiles, il est inimaginable qu’une danseuse de l’importance de Marie-AgnĂšs Gillot ne figure pas ici. Un autre volume s’impose Ă©videmment tant celui ci, Ă©crit par un passionnĂ© accessible de la danse classique, stimule l’imaginaire et suscite l’envie d’en connaĂźtre davantage sur chaque interprĂšte ainsi Ă©voquĂ©. Publication incontournable.

Liste exhaustive des artistes prĂ©sents, par ordre d’apparition (et de date de naissance) dans le livre : Carlotta Zambelli – Isadora Duncan - Anna Pavlova - Tamara Karsavina – Vaslav Nijinski - La Argentina - Olga Spessivtseva - Fred Astaire - Anton Dolin - Serge Lifar - Kazuo Ohno - Galina Oulanova – Alicia Markova - Yvette ChauvirĂ©. – Margot Fonteyn – Rosella Hightower – Alicia Alonso – Serge Golovine - Zizi Jeanmaire – MaĂŻa PlissetskaĂŻa - Eric Bruhn – Claude Bessy - Antonio Gades - Carla Fracci - Rudolf Noureev – Natalia Makarova - Vladimir Vassiliev - Cyril Atanassoff – Ghislaine Thesmar – Anthony Dowell - NoĂ«lla Pontois – Suzanne Farrell – Peter Martins - Jorge Donn – MikhaĂŻl Barychnikov - Dominique Mercy - Charles Jude - Elisabeth Platel - Patrick Dupond – Isabelle GuĂ©rin - Laurent Hilaire - Alessandra Ferri – Manuel Legris – Sylvie Guillem - Julio Bocca - JosĂ© Martinez - AgnĂšs Letestu - Tetsuya Kamakawa - Nicolas Le Riche - Uliana Lopatkina - AurĂ©lie Dupont - Roberto Bolle – Svetlana Zakharova

Livres. Les Grandes Étoiles du XXĂšme siĂšcle (Buchet Chastel). SĂ©rie : Les Grands InterprĂštes. Date de parution : 16 janvier 2014. Format :14 x 20,5 cm, 360 p., 23.00 €. ISBN 978-2-283-02713-4

Gala du tricentenaire de l’Ecole française de danse

TĂ©lĂ©. Arte. Gala 300 ans de l’Ecole française de danse, 28 avril 2013,20h45

Ballet. Soirée chorégraphique.

Casse-NoisetteLe 11 janvier 1713, Louis XIV Ă  la fin de son rĂšgne, dĂ©crĂšte l’existence de l’institution qui est aujourd’hui, l’Ecole française de danse. La tradition chorĂ©graphique officielle en France remonte aux Valois et avant eux aux monarques hexagonaux qui avaient bien compris l’usage structurant des ballets de cour dans la vie politique. En 2013, pour le tricentenaire de l’Ecole, Arte diffuse une sĂ©rie (Graines d’Ă©toiles) dĂ©voilant le quotidien des jeunes danseurs de 8 Ă  18 ans, confrontĂ©s Ă  la discipline et Ă  l’Ă©mulation chorĂ©graphique. C’est aussi comme ce soir, la diffusion de la soirĂ©e de gala Ă  l’OpĂ©ra Garnier Ă  Paris, oĂč les Etoiles et le corps du Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris fait dĂ©monstration de son excellence technique et stylistique entretenue ainsi depuis 300 ans.

Les Petits Rats de l’OpĂ©ra (sĂ©rie tĂ©lĂ© sur Arte, 21 et 28 avril 2013)

TĂ©lĂ©, Arte. Les rats de l’OpĂ©ra de Paris. Les 21 et 28 avril 2013, 16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 Ă©pisodes sur la formation des jeunes danseurs Ă  l’OpĂ©ra de Paris…

En 6 Ă©pisodes de 26 mn chacun, Arte souligne les 300 ans de la naissance de l’Ecole française de danse Ă  travers une sĂ©rie documentaire sur l’apprentissage des jeunes danseurs de 8 Ă  18 ans…

rats_opera_garcons_danseursDe Septembre 2011 Ă  juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’OpĂ©ra national de Paris apprennent les rudiments du mĂ©tier Ă  travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps dĂ©criĂ©e et dĂ©noncĂ©e… Immersion dans le quotidien de l’effort esthĂ©tique, de l’athlĂ©tisme chorĂ©graphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du rĂ©pertoire… Les 21 et 28 avril Ă  16:20. InĂ©dit. Feuilletons documentaires Ă  l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013. (Arte, 6x26mn).

Les petits rats de l’OpĂ©ra

Une annĂ©e au cƓur de l’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, de septembre 2011 Ă  juillet 2012. La rĂ©alisatrice Françoise Marie filme les premiers pas des jeunes rats de l’OpĂ©ra : apprentissage, discipline, confrontation Ă  la magie et Ă  la duretĂ© de la scĂšne mais aussi pour l’Ɠil de la rĂ©alisatrice, passage de l’enfance Ă  l’adolescence et au monde adulte… L’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra national de Paris, fondĂ©e il y a 300 ans, est aujourd’hui un lieu mythique, de rĂ©putation internationale. Elle s’est trouvĂ©e pendant 150 ans au cƓur mĂȘme du prestigieux Palais Garnier Ă  Paris. Aujourd’hui, l’école se trouve Ă  Nanterre, en banlieue parisienne, dans un lumineux bĂątiment signĂ© Portzamparc. Elle compte 130 Ă©lĂšves ĂągĂ©s de 8 Ă  18 ans, portĂ©s par un mĂȘme dĂ©sir : danser un jour dans le corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. ‹TĂ©moin privilĂ©giĂ©, la camĂ©ra de Françoise Marie les a accompagnĂ©s le temps d’une annĂ©e scolaire.

Arte, les 21, 28 avril 2013, 16h20 
Diffusion des Ă©pisodes
Dimanche 21 avril 2013, 16h20
3 Ă©pisodes: 1, 2, 3.
1)   La rentrée
Septembre 2011. Une nouvelle annĂ©e dĂ©bute Ă  l’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra qui compte 130 enfants ĂągĂ©s de 8 Ă  18 ans. Il y a ceux dont c’est le premier jour. Il y a ceux qui retrouvent avec satisfaction un univers familier. Il y a ceux qui viennent de loin : Italie, Finlande, Chine
 le film explore les sentiments, attentes, craintes des Ă©lĂšves danseurs en ne privilĂ©giant aucun en particulier.
Chaque matin, Ă  8 heures, dans le bĂątiment dĂ©diĂ© Ă  la scolaritĂ©, les Ă©lĂšves de l’Ecole grimpent les marches qui vont les mener de l’école primaire Ă  la terminale.  L’aprĂšs-midi est, lui, dĂ©diĂ© Ă  la danse. DĂšs la rentrĂ©e, Ă  peine achevĂ© le discours de bienvenue prononcĂ© par la Directrice et danseuse Ă©toile, Elisabeth Platel, l’école entre en effervescence, avec la prĂ©paration du dĂ©filé : chaque annĂ©e depuis 1949, le corps de ballet et l’école de danse dĂ©filent ensemble sur la grande scĂšne de l’OpĂ©ra Garnier, sur l’air d’une marche militaire composĂ©e par Hector Berlioz. En faisant leurs premiers pas sur scĂšne, les petits rats goĂ»tent au paradis de la scĂšne


2 ) Au travail !
En participant au dĂ©filĂ© du corps de ballet de l’OpĂ©ra national de Paris, les Ă©lĂšves ont Ă©prouvĂ© le sentiment d’appartenir Ă  cette grande maison. Pourtant, rien ne peut les assurer qu’ils seront lĂ  l’annĂ©e prochaine et qu’ils cĂŽtoieront encore les Ă©toiles qui les font rĂȘver

La danse est l’Ă©cole de la discipline, de l’endurance, de la rivalitĂ© aussi, saine et inĂ©vitable compĂ©tition qui fait surgir les meilleurs d’entre eux, plus armĂ©s physiquement mais aussi plus mĂ»rs sur le plan psychologique.
Pour rester se maintenir parmi les rangs de l’Ă©cole, ils devront digĂ©rer les critiques, adhĂ©rer Ă  l’exigence, aux horaires, supporter l’effort quotidien, l’éloignement de leur famille, se responsabiliser… devenir adultes. Au fil des cours, ils vont apprendre de leurs professeurs, hĂ©ritiers d’une longue tradition, une technique et un style. En effet, depuis 300 ans, les maĂźtres transmettent Ă  leurs Ă©lĂšves les Ă©chauffements, les exercices, les conseils qu’ils ont eux-mĂȘmes reçus de leurs maĂźtres
 d’étoiles Ă  graines d’étoiles. Des exigences de discipline, de ports de tĂȘte en ports de bras, de bas de jambes, qui rendent reconnaissable dans le monde entier le style « OpĂ©ra de Paris » jusqu’Ă  la maĂźtrise d’une silhouette, acrobatique et souple Ă  la fois, prĂȘte Ă  rebondir et s’Ă©lancer sans entraves.

3)  Les progrÚs
Pirouettes, tours attitudes, brisĂ©s volĂ©s, cabrioles… C’est l’automne et quelque chose se prĂ©pare Ă  l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, qui va mobiliser tous les Ă©lĂšves danseurs. En dĂ©cembre, chaque division va prĂ©senter sur la scĂšne du Palais Garnier, un peu de son travail quotidien, pour un rendez-vous attendu du public : les dĂ©monstrations de l’École de Danse. L’enjeu est important. Dans le public, amateurs et professionnels scrutent en dĂ©tail les exercices et les progrĂšs des Ă©lĂšves. ‹Parmi tous les enseignements dispensĂ©s, cet Ă©pisode ce consacre aux plus inĂ©dits: chez les grands, les premiers cours d’adage, dans lesquels ils apprennent les pas de deux; chez les petits, les cours d’expression musicale oĂč ils ressentent l’importance du premier pas sur scĂšne et s’essaient aux exercices qui vont dĂ©velopper leur crĂ©ativitĂ©.

Diffusion du 28 avril 2013, 16h20
3 derniers Ă©pisodes : 4, 5 et 6

danse_graines_etoiles_opera_paris_petits_rats4) Un monde à part
Les vacances de Noël sont terminées. Les applaudissements qui ont salué les démonstrations des élÚves au Palais Garnier appartiennent déjà aux beaux souvenirs.
Nourris d’enseignements riches et variĂ©s allant de la danse folklorique Ă  la danse de caractĂšre, de la danse contemporaine Ă  l’étude des styles chorĂ©graphiques Ă  travers les siĂšcles, c’est dans un cocon formateur et protecteur que garçons et filles vivent leurs annĂ©es d’adolescence. Pourtant le chemin des Ă©toiles est Ă©troit: n’ĂȘtre ni trop gros, ni trop maigre, ni trop petit, ni trop grand, exceller en danse, mais aussi prĂ©parer son baccalaurĂ©at, cela laisse bien peu de place aux rĂȘves et turbulences de l’adolescence
 ‹Les Ă©lĂšves se sentent dans une bulle, Ă  la fois protĂ©gĂ©s, mais aussi parfois contraints, enfermĂ©s, expĂ©rimentĂ©s, Ă  l’Ă©cart de la rĂ©alitĂ©. ‹Une fois par an, les portes de la bulle s’ouvrent aux enfants des autres Ă©coles, pour les “DĂ©monstrations Jeune Public”; se joue alors un jeu de regards entre deux mondes et deux jeunesses.5) En scĂšne
Des costumes, des personnages, voici venu le printemps et le temps des ballets. Le temps pour les Ă©lĂšves de briller comme de vrais professionnels.
Les petits vont participer aux cĂŽtĂ©s des Ă©toiles Ă  l’un des spectacles de la saison, « La BayadĂšre », donnĂ© sur la grande scĂšne de l’OpĂ©ra Bastille. ‹Les grands se partageront les rĂŽles dans les trois chorĂ©graphies prĂ©sentĂ©es au trĂšs attendu « spectacle de l’Ecole de Danse » qui aura lieu comme chaque annĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Garnier : ‹- « Le Bal des Cadets », une chorĂ©graphie pĂ©tillante qui met en valeur les qualitĂ©s techniques et leurs talents d’acteurs de chacun. ‹- « Symphonie en trois mouvements », chorĂ©graphiĂ© par Nils Christe, invitĂ© par l’Ecole Ă  monter ce ballet aujourd’hui dansĂ© dans le monde entier. ‹- « Variations », piĂšce de Johannes Brahms dont Violette Verdy, ancienne Directrice de la Danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris et danseuse Ă©toile de Balanchine a conçu la chorĂ©graphie.
Cette fois, il s’agira d’aller plus loin, d’endosser des rĂŽles, devenir des personnages, en costumes, dans des chorĂ©graphies renommĂ©es : enfin ĂȘtre des artistes. InterprĂ©ter, jouer…
 
6) Le temps des Ă©preuves
À l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, le mois de mai annonce le temps des Ă©preuves.  Tous les Ă©lĂšves doivent passer un examen pour accĂ©der Ă  la classe supĂ©rieure. La vĂ©ritable inquiĂ©tude n’est pas le redoublement, mais le renvoi
 ‹Mais pour les Ă©lĂšves de derniĂšre annĂ©e, se joue l’étape dĂ©cisive du concours d’entrĂ©e dans le corps de ballet. Les candidats qui ont moins de 18 ans pourront Ă©ventuellement rester une annĂ©e de plus pour retenter le concours l’annĂ©e d’aprĂšs. L’enjeu est dĂ©cisif pour ceux qui vont avoir 18 ans. Cette annĂ©e, l’OpĂ©ra de Paris ne recrute que 4 danseurs!
En plus des prĂ©parations au concours et au baccalaurĂ©at, les grands doivent aussi, comme chaque annĂ©e, encadrer les jeunes pour organiser la fĂȘte de l’Ă©cole!
C’est de l’extĂ©rieur, sur les feuilles de rĂ©sultats affichĂ©es sur la porte de l’Ă©cole ou sur une vitre de l’entrĂ©e des artistes de l’OpĂ©ra Garnier, que les jeunes danseurs apprennent s’ils seront admis pour l’annĂ©e prochaine, ou recalĂ©s voire Ă©cartĂ©s…  Les plus grands dĂ©couvrent le tournant que va prendre leur vie.

Les Petits Rats de l’OpĂ©ra

TĂ©lĂ©. Arte. Les Petits Rats de l’OpĂ©ra, le 21 avril 2013,16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 Ă©pisodes sur la formation des jeunes danseurs Ă  l’OpĂ©ra de Paris…

rats_opera_filles_danseuses_tutu_rosesDe Septembre 2011 Ă  juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’OpĂ©ra national de Paris apprennent les rudiments du mĂ©tier Ă  travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps dĂ©criĂ©e et dĂ©noncĂ©e… Immersion dans le quotidien de l’effort esthĂ©tique, de l’athlĂ©tisme chorĂ©graphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du rĂ©pertoire… Les 21 et 28 avril Ă  16:20. InĂ©dit. Feuilletons documentaires Ă  l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013.

De l’enfance Ă  l’adolescence, du rĂȘve Ă  la discipline

Notre avis. VoilĂ  une sĂ©rie qui laisse dubitatif sans pour autant desservir son sujet. OpĂ©ra de Paris oblige, la forme devait ĂȘtre trĂšs classique et formelle, structurĂ©e comme un exposĂ© scolaire. On suit sans privilĂ©gier aucun des Ă©lĂšves, les classes des petits rats et celles des grands, en parcourant les thĂ©matiques qui s’entrecroisent : discipline et plaisir, effort et dĂ©contraction, concurrence et Ă©mulation mais aussi solidaritĂ© et soutien (le systĂšme du parrainage oĂč les plus petits ont leurs “petits pĂšres ” et leur “petites mĂšres”, issus de la classe des grands…).

Au final l’alternance classes des petits puis classes des plus grands finit par lasser : les plus jeunes apprennent l’expression musicale par le chant, prĂ©parent le spectacle de dĂ©monstration avant de participer aux ballets rĂ©els de l’OpĂ©ra ; les grands (16-18 ans) rĂ©pĂštent pour le spectacle de l’Ecole de danse puis surtout le fameux Concours qui leur donne accĂšs au corps de l’OpĂ©ra.
Pour cette saison, 2 sur les 13 candidats feront leur entrĂ©e dans le corps de ballet: une sĂ©lection difficile qui reconnaĂźt au final le travail, l’endurance, la personnalitĂ©, l’esprit ” OpĂ©ra de Paris “, semĂ© d’Ă©lĂ©gance, de grĂące, d’excellence… La camĂ©ra saisit de rares moments de magie ou de connivence ; tout a Ă©tĂ© savamment rĂ©pĂ©tĂ© avant le passage camĂ©ra ; le travail avec les professeurs (cours le matin, danse l’aprĂšs-midi) est dĂ©voilĂ© sans excĂšs, par petites touches, et plus curieux, les Ă©preuves et les sessions du Concours d’entrĂ©e ne sont pas filmĂ©es :  ne pas perturber la mĂ©canique et surtout les Ă©lĂšves qui  parient sur leur avenir; le docu s’arrĂȘte donc aux portes d’une Ă©preuve qui reste l’objectif principal de tant de rĂ©pĂ©titions et de dĂ©passement.
Au final, le film dans sa globalitĂ© des 6 volets de 26 mn cible davantage le passage de l’enfance Ă  l’adolescence, du rĂȘve dĂ©sincarnĂ© Ă  la discipline qui impose au corps pubĂšre, une technique inenvisagĂ©e jusque lĂ . C’est lĂ  en dĂ©finitive le vrai sujet de la sĂ©rie. Qu’il rĂ©ussisse ou pas, le jeune danseur nous touche d’abord pas la conscience qu’il a des enjeux qui se joue avec lui : connaĂźtre ses limites par rapport Ă  un objectif fixĂ© et clairement identifiĂ©, voilĂ  peut-ĂȘtre le meilleur moyen de rĂ©ussir dans la vie. Pour grandir et vaincre, connais d’abord tes propres limites.

Dimanche 21 avril 2013 Ă  16h20: diffusion des 3 premiers Ă©pisodes (3 x 26 mn)