BEAU-LIVRE, DANSE, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (éditions Actes Sud).

fureur du beau akram khan fureur du beau livre danse critique classiquenews 9782330127541BEAU-LIVRE, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (éditions Actes Sud). Actes sud confirme sa passion des grands créateurs de la scène chorégraphique : après Anne Teresa de Keersmaeker, Carolyn Carlson, Pina Bausch, Sidi larbi Cherkaoui, la monographie dédiée au travail et à la personnalité du britannique Akram Khan est une immersion unique par le texte et la photographie dans ses oeuvres et son univers créatif. Britannique d’origine bangladeshi, Akram Khan est né en 1974 (Wimbledon, Londres). Il étudie à l’école Parts d’Anne Teresa De Keersmaeker et fonde sa compagnie en 2000. Il atteint une reconnaissance internationale depuis 2003-2004, avec deux pièces, Kaash et Ma. Parmi les spectacles les plus emblématiques de la Akram Dance Company, établie à Londres, on compte Until the Lions, Kaash, iTMOi, Desh, Vertical Road, Gnosis et Zero Degree, sans omettre 3 solos créé par le danseur chorégraphe lui-même et qui ont depuis installé sa notoriété : Polaroid Feet (2001), Ronin (2003) et Third Catalogue (2005) et aussi Xenos (l’étranger, créé lors des célébrations pour l’anniversaire de la guerre 14-18), viril, racé, avec lequel il a tiré sa révérence de danseur.

akram-khan-by-lisa-stonehouse-Complétant un texte écrit à deux voix / à deux corps : d’Akram Khan et de Farook Chaudhry, les deux fondateurs de la Compagnie de danse Akram Khan, deux carnets de photos s’imposent par la beauté des scènes : l’un en noir et blanc, le second en couleurs. Voici donc la troupe de danseurs, saisis en plein mouvement, à travers les 26 ballets créés en deux décennies. La vitalité et la force voire en effet la fureur du geste sont nées de cette rencontre spécifique entre les danses traditionnelles indiennes (le Kathak hindou par exemple) et le vocabulaire de la danse contemporaine, transmise par l’école Keersmaeker. Akhram Khan invente une danse incarnée et aussi militante pour la fraternité et la liberté ; cette généreuse humanité se lit dans chacun de ses ballets dont il fait un tremplin pour une prise de conscience. Le beau ici est spirituel. Photo :  portrait d’Akhram Khan © L Stonehouse.

BEAU-LIVRE, danse, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (éditions Actes Sud). Parution : Décembre 2019 / 24,5 x 25,5 / 268 pages – Coédition AKRAM KHAN COMPANY / traduit du français par : Alain SAINTE-MARIE – ISBN 978-2-330-12754-1 – prix indicatif : 59€

https://www.actes-sud.fr/catalogue/danse/akram-khan-la-fureur-du-beau

LIVRE événement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau (Éditions Aedam Musicae).

rameau en un acte anacreon les actes de ballet 1745 1757 opera baroque francais editions aedam musicae annonce livre187LIVRE événement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau. Ouvrage collectif sous la direction de Raphaëlle Legrand, Rémy-Michel Trotier (Éditions Aedam Musicae). LABORATOIRE BAROQUE… le format court stimule la créativité du plus grand génie baroque français au XVIIIè : aux côtés de ses tragédie en musique, Rameau a développé toute sa vie, les ballets en un acte : plus qu’esquisse, écrin fougueux, audacieux, condensé d’invention musicales et d’idées dramatiques… Voici donc un état analytique de l’Å“uvre de Rameau “en un acte”, soit 11 ouvrages ici présentés, de 1745 à 1757, période de sa maturité, et qui dévoile l’une des facettes de son diamant poétique et musical (celui dont parle Francis Ponge, in Société du génie, 1961). En couverture, le salon en treillis d’Anacréon (1754 ; révisé en 1757 dans la Suite Les Surprises de l’Amour), pastorale héroïque d’un onirisme amoureux enivré, unique et singulier à son époque… où le vieux sage Anacréon finit par sceller le voeu qui unit Batyle à la charmante Clhoé.

Dans ces 11 ouvrages remarquablement commentés, se précise la fabrique poétique et musicale du grand Rameau. En témoignent, pourtant méconnus, le ballet en un acte Nélée et Mirthis, celui des Fêtes de Ramire ou encore la pastorale de Lisis et Délie … Les bijoux miniatures ne manquent pas ; mais ont passé inaperçus à côté des longues tragédies et des ballets composés de plusieurs entrées qui ont fait la renommée du musicien. Le travail des chercheurs a tenté ici d’identifier le catalogue, rétablir la chronologie des partitions, recomposer l’histoire des versions successives… Bien documentés au disque, Pigmalion, La Guirlande ou Zéphire sont toujours absents des salles, ; quels apports l’Anacréon de 1754, sur un livret de Louis de Cahusac, contenait-il vis à vis de celui écrit en 1757 avec Pierre-Joseph Bernard.
Contrairement aux idées reçues (et encore abondamment diffusées), Rameau inventeur musicien de génie, s’est soucié de la cohérence et du fini poétique de ses livrets. Ce sont moins ses poèmes choisis pour être mis en musique qui sont « médiocres » (jugement improbable au regard de l’indigence de notre époque) que l’esthétique poétique du XVIIIè qui devrait être alors reconsidérée. Ainsi Voltaire qui avait le projet d’un Samson avec Rameau, mais aussi Rousseau, Marmontel ou encore Collé qui coopèrent avec le génie musical de leur temps, livrant à la cour de Franc, les divertissements des saisons très privées du château de Fontainebleau.
Emblématiques d’une époque glorieuse pour le divertissement de cour en France, certains illustrent ainsi la quintessence du style Louis XV, comme La Naissance d’Osiris, Les Sibarites, la subtile pastorale de Daphnis et Églé…

En préalable à la première édition critique complète de leurs livrets, chaque opéra (acte de ballet) est analysé, à la lumière des contextes d’élaboration et des modalités de composition. Leur ancrage dans l’esthétique du milieu du XVIIIè, dans l’évolution sensible de la pratique théâtrale à l’époque de Rameau (machineries, chorégraphies, dispositif des décors, scènes et lieux de représentation…) est scrupuleusement documenté.
CLIC D'OR macaron 200Dans la partie III, celle dédiée aux approches formelles, l’analyse collective tend à redéfinir chaque acte de ballet comme autant de « miniatures » supportant une réévaluation en « macrostructures », c’est à dire des univers complets par eux-mêmes, où transpire partout « le soin extrême que Rameau mit à leur composition ». On est donc loin d’une contribution anecdotique : c’est tout un pan de l’œuvre de Rameau qui nous est enfin restituée. Grande critique à venir d’ici le 20 octobre 2019, dans notre magazine cd dvd livres sur CLASSIQUENEWS. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrée 2019.

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LIVRE ̩v̩nement annonce. En un acte РLes actes de ballet de Jean-Philippe Rameau
Ouvrage collectif sous la direction de Raphaëlle Legrand, Rémy-Michel Trotier
Date de parution : Septembre 2019 Р(AEM-187 Р̩ditions AEDAM MUSICAE).
Études réunies et présentées par Raphaëlle Legrand et Rémy-Michel Trotier
Avec la collaboration de Laura Naudeix et Thomas Soury
Et les contributions de Philippe Cathé, Vincent Dorothée, Julien Dubruque, Matthieu Franchin, Jean-Philippe Grosperrin, Rebecca Harris-Warrick, Hubert Hazebroucq, Sarah Nancy, Benjamin Pintiaux, Bertrand Porot, Théodora Psychoyou, Graham Sadler, Ana Stefanovic.

Avec la première édition critique complète des livrets des douze actes de ballet de Rameau.

DVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques)

coppelia-delibes-bolshoiballet-critique-danse-compte-rendu-review-dvd-ballet-classiquenews-musique-classique-classiquenews-bac163-cover-coppliarectoDVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques). Depuis 2012, le Ballet du Bolshoi ressuscite une nouvelle version plus romantique, assurément plus traditionnelle (décors, costumes, pantomime très inscrits dans l’esthétique d’un XVIIè repensé par la France des classes du XIXè, au début des années 1870). Ainsi dans cette chorégraphie repensée par le moderne Sergey Vikharev, d’après Enrico Cecchetti et Marius Petipa, la vision sociétale est simpliste parfois sommaire : les villageois dont font partie Swanilda (et son blé proclamé), et son fiancé, un temps volage, Frantz. La soldatesque d’autre part, celle qui fait l’admiration du jeune homme, qui chahute un tantinet le vieux Coppelius au début du II ; puis devant le seigneur, le spectacle, apothéose de la ballerina, la fiancée qui a su démasquer la poupée séductrice, la naïveté de Frantz, et aussi tuer le piège dans lequel le professeur Coppelius souhaitait emporter jusqu’à l’âme du jeune amoureux transi.

 
 
 

Coppelia version Vikharev (2009)

Le Bolshoï, un certain Classicisme nostalgique

 
 
 

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L’astuce de Swanilda, sa loyauté pour Frantz, son désir de rompre l’enchantement dont est victime ce dernier, sa compétence pour faire échouer l’œuvre machiavélique et mécanique de Coppelius, tout en le trompant, … triomphent dans l’acte III. Après la scène où la danseuse prend la place de la poupée – tableau d’une ambivalence délicieuse où la jeune fiancée illusionne la naïveté du pseudoscientifique (en lui faisant croire qu’une mécanique pouvait atteindre la vie elle-même, et donc la grâce d’une danseuse réelle), l’acte III est un tremplin somptueux où rayonne cette même élégance d’une Swanilda, jeune épouse victorieuse. Petipa révise le conte originel d’ETA HOFMANN dont le fantastique noir et tragique réservait un destin différent au jeune couple amoureux.

La production filmée par Bel Air classiques a été diffusée en juin 2018 en direct au cinéma, depuis la scène du Bolshoi. En voici la trace. Vikharev a déjà traité parmi les grands ballets du XIXè : La Belle au bois dormant, La Bayadère, Raymonda… en s’inspirant des témoignages d’époque, en particulier les usages et la pratique dansante à Saint-Pétersbourg. On se délecte ainsi du ballet des heures totalement restitué en déploiement collectif et force groupes de danseurs.

La magie de la partition de Delibes concourt beaucoup à la réussite de ce spectacle : les danses Czardas, Mazurka (début du II) – éléments du folklore d’Europe de l’Est, en gagnent une vivacité régénérée. Portés par le tapis orchestral, d’un raffinement inouï, et d’une très belle tendresse mélodique (proche des valses de Strauss), les deux rôles principaux brillent par un naturel élastique, aussi acrobatique qu’élégant : Margarita Shrayner dans le rôle de la courageuse Swanilda captive par sa grâce constante : légère, sincère, presque naïve au I ; puis astucieuse et plus dramatique au II ; impériale et souveraine au III. L’intelligence de la danseuse suit pas à pas l’évolution de son caractère selon les péripéties de l’action… laquelle est beaucoup moins décorative qu’il n’y paraît. Loin d’être nunuche, Swanilda ose déniaiser les mâles en présence : l’amoureux transi et pâlot Frantz, le fou laborantin Coppelius, convaincu qu’il peut donner vie à une mécanique en lui transférant l’âme d’un mortel… La victoire de la danseuse passe au III par la sublimation de sa chorégraphie qui en fait une héroïne de chair, une âme valeureuse qui pense et agit.  Un modèle du genre. L’interprète requise sait ciseler ses pas et ses figures avec une flexibilité admirable et un naturel qui rompt avec la pure technicité, ailleurs, froide et glacée. A ses côtés, malgré la fragilité et la minceur psychologique du personnage de Frantz, Artem Ovcharenko, habitué de l’œuvre, convainc lui aussi, comme le rôle de comédien moins de danseur, de Coppelius dont le mûr Alexey Loparevich fait une figure de caractère, cependant parfois un peu caricaturale.
La volonté de Vikharev est d’exalter le patrimoine russe quitte à manquer parfois de légèreté ou d’équilibre dans costumes et décors. Pour être concret, l’étalage de détails et d’accessoires comme de couleurs dans l’essor des costumes brouille souvent la lisibilité des mouvements. Ce culte nostalgique d’un âge d’or de la danse au Bolshoï marque les esprits par cet hyper classicisme de la forme, auquel la souplesse naturelle des deux solistes (Swanilda et Frantz) apporte une sincérité salvatrice. A connaître indiscutablement.

 
 
 

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Delibes : Coppélia [DVD & Blu-ray]
Ballet en trois actes

Musique : Léo Delibes (1836-1891)
Livret : Charles Nuitter & Arthur Saint-Léon d’après les contes fantastiques de E.T.A. Hoffmann

Swanilda : Margarita Shrayner
Frantz Artem : Ovcharenko
Coppélius : Alexey Loparevich
Huit amies : Xenia Averina, Daria Bochkova, Bruna Cantanhede Gaglianone, Antonina Chapkina, Anastasia Denisova, Elizaveta Kruteleva, Svetlana Pavlova, Yulia Skvortsova
Coppélia (Automate) : Nadezhda Blagova
Seigneur du manoir : Alexander Fadeyechev
Bourgmestre : Yuri Ostrovsky
Chronos : Nikolay Mayorov
Mazurka : Oksana Sharova, Alexander Vodopetov, Ekaterina Besedina, Dmitry Ekaterinin
Czardas : Kristina Karasyova, Vitali Biktimirov
Aurore : Anastasia Denisova
Prière : Antonina Chapkina
Travail : Daria Bochkova, Ksenia Averina, Maria Mishina, Stanislava Postnova, Tatiana Tiliguzova
Folie : Elizaveta Kruteleva

Corps de Ballet, Acteurs et Actrices du Théâtre Bolchoï
Élèves de l’Académie Chorégraphique de Moscou

Orchestre et Chœur du Théâtre Bolchoï
Direction musicale : Pavel Sorokin

Chorégraphie Marius Petipa, Enrico Cecchetti
Nouvelle version chorégraphique Sergey Vikharev
Scénographie : Boris Kaminsky
Costumes : Tatiana Noginova
Lumières : Damir Ismagilov

 
 
 

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Enregistrement HD : Théâtre du Bolchoï, 06/2018
Réalisation : Isabelle Julien
Date de parution : 12 avril 2019 / 1 dvd, Blu ray Bel Air classiques

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un œil d’homme, Cie Le Diable au corps

COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019.BIAC. Reflet dans un œil d’homme, Cie Le Diable au corps. Le titre de ce spectacle qui est autant danse qu’acrobatie, est repris de celui de l’essai de Nancy Huston, lui-même reflet aussi, me semble-t-il, du Reflet dans un œil d’or (1941) de Carson McCuller, dont John Huston tira un film avec Marlon Brando et Elisabeth Taylor : reflet et réflexion du désir, du regard, du miroir : un homme ne semble plus voir sa femme, regardée nue, la nuit, par un homme invisible regardé lui-même, nu, par le mari, transfert et transgression du regard dévié ou dévoyé de la femme, de la femelle, au mâle par le mari impuissant. Qui, dans un rigide et rigoriste monde militaire, tue son inavouable désir, pour le voyeur de sa femme, en le tuant. Un trio fantasmatique, fondamental donc, lié par le regard : de désir, devenu amour/haine.

Reflets, réflexions

 

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S’écartant du postulat imposé par Beauvoir, devenu credo féministe, fondé sur l’idée que l’identité sexuelle est construite moins par la nature que l’éducation, Nancy Huston estime que le sexe naturel conditionne certains comportements qu’il est vain de nier. Ainsi, elle s’attarde avec finesse à la rudesse même de certaines expressions masculines parlantes qu’une femme « nous a tapé dans l’œil. » Taper, attraper : mais qui attrape qui, dirai-je ? Le jeu du regard, de la séduction (qui l’a commencée ?) implique forcément l’autre.

Et je soulignerai encore l’évidente (qui se voit) dimension « scopique » de la pulsion érotique de l’homme, voir, regarder la femme, strip-tease, peintures de nus, photos, vidéos, cinémas le prouvent : la femme « objet », objet de désir, est aussi sujet qui le suscite, qu’on le veuille ou nie hypocritement. Notre culture, qu’on s’en réjouisse ou le condamne, je le souligne encore, a placé la femme au centre comme parangon de la beauté, que certaines cultures, la redoutant, voilent, occultent, effacent. Longtemps, comme chez les Grecs, dans son idéale nudité, l’homme fut érigé en modèle de la beauté, celle de la femme y étant tardive. Aujourd’hui, les hommes, sans doute aussi « cœur de cible » du marché, juste ou ironique retour, vivent la tyrannie comparative, dépressive, de la beauté parfaite d’athlètes dénudés argument de ventes de sous-vêtements ou autre.

La femme, du sol au ciel

Dans le noir, la vague luminescence murale de trois grands miroirs ovales : miroir que les trois protagonistes iront souvent consulter, pour se mirer, s’admirer. Au sol, en jeans, blouson de plumes et bottines rouges, bonnet cagoule couvrant la tête, une flaque forme inerte, oiseau ou femme abattus. Mannequin, puisqu’on voit entrer gracieuse silhouette, short et T-shirt rouge, cheveux courts, allurée, délurée, sourire aguicheur, la Femme, suivie des deux hommes, pantalons, veste, barbouillés de barbe.

L’un saisit le simulacre, le reflet de femme éteint ; l’autre étreint, élève l’être de chair sur ses épaules. Il semble que ce double mouvement, femme au sol, femme au ciel, décliné dans un vertige apparemment infini de formes, informe implicitement tout ce spectacle. L’un par le pied, l’autre par le bras, on ne peut traîner que la traînée : mais pied, pieds, bras, poings, mains sont aussi comme des articulations, des socles répétés, inépuisables de l’élévation de la femme toujours en pointe, toujours au sommet, défiant la pesanteur, entre ciel et terre. Au sens littéral, la femme est toujours exaltée,toujours posée ou projetée en haut : exhaussée. Mais exaucée ?

Entre chorégraphie et acrobatie, dans une continuité musicale, soutenue par la musique ou retenue par le silence et la suspension de notre souffle ému,c’est un enchaînement presque ininterrompu, un maillage vertigineux qui semble pouvoir aller à l’infini de figures acrobatiques dont la femme est pratiquement toujours la pointe extrême d’un obélisque masculin ; on lit toute une syntaxe gymnique dont nous déplorons de ne pas posséder le lexique pour en dire la richesse et la complexité, la beauté, sa vélocité et variété défiant la description, et même la captation en notes forcément succinctes sur un calepin dans le noir de la salle : femme jetée, projetée en sauts périlleux, juchée sur des épaules, une tête, sur un pied, sur une main, articulée aux hommes par la poigne, le poignet,géométrie de corps verticaux, de membres parallèles, tendus vers le ciel ou étendus au sol.

  
Femme, du ciel au sol

Si la tentation du ciel est évidente aspiration, pulsion de vie mais en instable équilibre conquis par la savante virtuosité des corps,l’étalement au sol, pulsion de mort,semble parfois létal : sur les accords de cordes déchirants et funèbres de La jeune fille et la mortde Schubert, en vive symétrie avec le mannequin mort, s’engage toute une agitation morbide autour de la femme et son leurre. Peut-être en souvenir de la Poupée de Bellmer et ses avatars, s’instaurent des jeux sadomasochistes où le sujet devient objet et vice(si vice il y a)versa : à la femme manipulée, au sens physique littéral d’en jouer avec les mains, répond la main de la femme sur l’homme, la gifle, doublée, triplée, multipliée à la volée sur la joue de l’un des hommes qui la reçoit, symétriquement subie par l’autre qui la ressent. Il y aura aussi la révolte de la bastonnade infligée par la femme à l’un, comme la gifle, reçue en coupable symétrie par l’autre.

Dans une troublante confusion entre femme et mannequin, le duo d’hommes traînera ces corps flaccides sur le sol, les emportera sur l’épaule comme trophées glorieux ou dépouilles macabres d’une guerre des sexes. Certes, il y aura eu, narration plus simple, la paix vitale de l’amour, de l’érotisme de l’un face au miroir à deux et trois. Toutes les combinaisons du jeu sexuel en trio, et même au carré du mannequin, sont furtivement figurées : face à face ou l’on agrée, mais pour agresser sexuellement, femme en sandwich, étreinte, baiser entre les deux hommes, l’un couché sur le dos de l’autre ; elle, jouant avec le simulacre de femme. Amoncellement de corps enlacés sans lascivité.

 

 
 
 

Miroirs

 

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Une vivifiante chanson de Barbara moquant avec tendresse les hommes et d’autres rythmes dansants toniques sont, dans la tonalité sombre des éclairages, des halos lumineux, des respirations moins oppressantes. Comme des regards, ces trois miroirs du fond de scène sont égalitaires : à chacun son image, ils s’y dénueront et rhabilleront plusieurs fois, avec une célérité qui laisse pantois, tenant ostensiblement culotte ou slips du bout du bras. Le miroir est le regard de l’autre réduit à soi.

Nudité partielle, entière, totale à d’indiscrètes mains près cachant justement avec prestesse les bijoux indiscrets des sexes. C’est fascinant sans être jamais dérangeant. Le trouble, c’est cet équilibre acrobatique chaque fois défié et vaincu mais jamais troublant sexuellement. D’ailleurs, comme un cache-sexe, il y a l’humour : se faire récurer le nez, sans doute pour laver du soupçon d’esthétisme ou de pornographie chasse, par des éternuements, toute nébulosité libidinale : le physiologique vient détourner du strictement physique. On le sait :il suffit d’à peine un rire pour casser l’ambiance collective la plus érotique.

Un vaste miroir rond tendu vers nous sert de bouclier, tel celui de Persée envoyant son reflet à la Méduse qui en est terrassée, vaste feuille de vigne, à ces deux Adam et cette Ève dans le Paradis innocent de leur nudité. Dans une lumière caravagesque, clair-obscur, superbe fresque, frise plastique mouvante mais jamais émouvante sensuellement ; sa beauté même en neutralise l’impact charnel : l’esthétique sublime, sublime, épure l’érotique.

Les gymnastes, s’en cachant le corps nu, nous tendent ainsi, malicieusement, le grand miroir de nos fantasmes, qui ferait mieux de réfléchir avant de renvoyer les images confuses de vagues désirs frustrés. Si désir il y a. Comme pour conjurer sans doute la charge érotique qu’ils prêtent à leurs corps à la plastique parfaite en regard des canons généraux du tout-venant, eux-mêmes en font la critique ouvertement, à haute voix, devant ce même miroir. Mais pieuse précaution inutile selon nous : en effet, la stupéfiante virtuosité vertigineuse de leurs acrobaties capte toute notre attention, cristallise notre angoisse ; on craint tellement, sinon un accident, du moins un incident, qu’il n’y a plus d’incidence d’indécente volupté, et toute cette sexualité affichée dans sa somptueuse beauté plastique est tout, sauf sensuelle.

 

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un Å“il d’homme, Cie Le Diable au corps 

 

LA CRIÉE, MARSEILLE
DU 2 AU 6 JANVIER 2019
DANS LE CADRE DE LA BIAC
Reflet dans un œil d’homme
Compagnie Le diable au corps

 

DISTRIBUTION

Michaël Pallandre : Direction artistique/Mise en scène et Interprète
Caroline Le Roy : Interprète
Adria Cordoncillo : Interprète
Samuel Matton : Régie son et lumière
Vincent Millet : Création Lumière
Judith Dubois : Accessoiriste / Création des mannequins
Anne Jonathan : Création costumes
Mélinda Salasar :Graphisme
Jean-Philippe Nicole : Outils Vidéo

Coproduction Circa, Pôle National Cirque – Auch Gers Occitanie / Le Verrerie d’Ales, Pôle National Cirque – Occitanie

Photos : 1, 7 , 8 ©Christophe Payot; les autres : ©lan Grandjean.

 

DANSE. 47̬ PRIX de LAUSANNE : 4 Р10 f̩vrier 2019

lausanne-prix-de-lausanne-jeunes-danseurs-edition-2019-fevrier-annonce-palmares-sur-CLASSIQUENEWS-actualites-ballet-et-danse-classiquenewsDANSE. PRIX de LAUSANNE 2019, 47ème édition. A Lausanne (Suisse), le Concours international pour jeunes danseurs a lieu au Théâtre de Beaulieu. La 47e édition du concours international de danse débute aujourd’hui, lundi 4 février 2019 au Théâtre de Beaulieu avec en point de mire des jeunes talents de la danse, la Finale, samedi 9 février 2019. Cette année, 75 jeunes danseurs de 19 nationalités différentes participent au Concours. Les 75 participants ont été accueillis hier au Théâtre de Beaulieu. Ils passeront la semaine sous l’œil attentif de professeurs et de coachs de renom, pour travailler variations classiques et contemporaines. Vendredi 8 février 2019, ils présenteront leur travail devant les 9 membres du jury pour être sélectionnés pour la Finale (le lendemain 9 février 2019).

 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenews EN DIRECT SUR LE NET… Suivez en live-streaming soit 6 heures de direct par jour, le travail des jeunes danseurs, les étapes de la compétition et le palmarès final 2019, sur ARTE Concert et sur le site du Prix de Lausanne. Les Sélections du 8 et la Finale du 9 février 2019 sont retransmises dans leur intégralité. Tout comme en 2018, le public peut soutenir le jeune danseur de son choix en faisant un don via la campagne de crowdfunding en ligne et en votant pour son finaliste favori. La somme récoltée sera partagée entre le lauréat du Prix du public (vote de la salle) et le lauréat du Prix du public web. Cette somme les aidera à rejoindre l’école ou la compagnie partenaire de leur choix.

 
 

 

 

Un mot de Kathryn Bradney, directrice artistique et exécutive

« Je suis très enthousiaste quant au début de cette semaine ! Elle sera illuminée par le talent des jeunes et exceptionnels danseurs ! L’excitation sera palpable dans l’air lorsque les candidats danseront devant le jury, constitué de directeurs et de grandes stars du monde du ballet. Le Président du jury de cette année, Carlos Acosta, a remporté la médaille d’or du Prix de Lausanne en 1990 et a continué son extraordinaire carrière de danseur international. Cette semaine promet d’être une expérience inoubliable pour tous ! »

 
 

 

 

Life Time Achievement Award 2019
Hommage spécial à Marcia Haydée… Après la Finale, le Prix de Lausanne remettra le Life Time Achievement Award 2019 à l’ex danseuse Prima ballerina, Marcia Haydée. Née à Niteroi / Rio de Janeiro au Brésil, Marcia Haydée a inspiré de nombreux grands chorégraphes dont John Cranko, Maurice Béjart et John Neumeier. Elle fut Directrice du Ballet de Stuttgart de 1975 à 1996 et également Directrice du Ballet de Santiago de 1992 à 1995. Depuis 2004, elle occupe à nouveau cette place. La légendaire danseuse, qui s’est produite sur les plus grandes scènes du monde et qui a été encensée par la critique internationale, sera présente à Lausanne lors de cette 47e édition.

 
 

 

 

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Prix de Lausanne 2019, 47e édition
Ouvert au public du lundi 4 au samedi 9 f̩vrier 2019 РTh̢̩tre de Beaulieu

Infos & Billetterie
Sélections : prixdelausanne.org/fr/concours/billetterie-programme/
Finale : complet

 
 

 

 

EN DIRECT sur INTERNET, du 4 au 10 février 2019
ArteConcert
sur le site du Prix de Lausanne

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RESUME de l’événement : Créé en 1973, le Prix de Lausanne est un concours international annuel pour jeunes danseurs âgés de 15 à 18 ans. Son objectif est de repérer, promouvoir et aider les jeunes talents. Parmi les plus prestigieuses écoles et compagnies de danse du monde, plus de 70 d’entre elles sont associées au Prix de Lausanne et soutiennent ses activités. La liste des partenaires du concours compte notamment : le Royal Ballet de Londres, l’École du Ballet de Hambourg (John Neumeier), l’École de danse du Ballet de l’Opéra national de Paris, l’Académie Princesse Grace de Monaco, l’Académie de Danse Vaganova de Saint-Pétersbourg, le Ballet de Hong Kong, l’école de l’Australian Ballet ou l’école du San Francisco Ballet. 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenewsLe Prix de Lausanne est un concours unique qui représente depuis plus de 46 ans une extraordinaire expérience pour une sélection annuelle de jeunes talents à haut potentiel. Il leur permet de renforcer leurs compétences, de continuer leur formation grâce à une bourse d’écolage et d’entrer dans le monde professionnel. C’est aussi l’occasion pour les professionnels de la danse de venir observer et rencontrer les candidat/e/s. Lausanne est ainsi la capitale mondiale des jeunes danseurs durant la semaine du concours.

 
 

 

 

47̬ Prix de Lausanne : 4 Р10 f̩vrier 2019

 
 

 

 

DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159)

dvd NAHARIN OHAD the art of batsheva dance company critique dvd critique cd classiquenews critique par classiquenews bac159-cover-ohadnaharinrectoDVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159). Créée en 1964 à Tel-Aviv, la Batsheva Dance Company est dirigée depuis 1990 par Ohad Naharin. Le travail du chorégraphe s’affirme ici dans deux de ses ballets (filmés à Chaillot, lieu des premières révélations du style Naharin) qui intègrent à l’évidence sa technique « gaga » qui prône « l’exploration des sensations et la disponibilité du corps ». En résulte une célébration du corps libéré (et parfois disloqué, mais étrangement élastique), et collectivement réconcilié ; c’est évidement le cas du premier ballet, – NAHARIN’S VIRUS »… Å“uvre commune, conçue en 2000 à plusieurs (fruit de riches réflexions entre Naharin et les danseurs de la compagnie) ; c’est une offrande chorégraphique et musicale à partir du texte polémique de l’autrichien Peter Handke, « Outrage au public ». Comme l’engagement du chef isréalien, Daniel Barenboim, le chorégraphe Naharin fait danser sa compagnie sur la musique traditionnelle conçue par un palestinien. D’où la volonté ici comme là, de revendiquer qu’il ne peut y avoir de solution au conflit au Proche-Orient, sans une réconciliation des deux nations voisines. Dans cette volonté d’exacerber la volute des corps au delà de leurs possibilités mécaniques ou musculaires, n’y aurait-il pas au fond, l’activité d’un autre langage qui veut dire ici, dans cet espace où ne jouent plus le langage habituel et la parole, ni la violence des armes, la fraternisation et l’arrêt de toute haine ?

naharin ohad dvd ballet classiquenews critique dvd critique cd the art of ohad naharinLa fragmentation qui semble piloter le mouvement des danseurs dans la seconde chorégraphie, « Last Work » (Dernier ouvrage et non Le dernier ouvrage), est là aussi un ballet manifeste dans lequel Naharin milite pour la paix, contre la propagande qui manipule les esprits ; l’un des danseurs en pleine transe techno semble se masturber… en fait il astique le canon de son arme qui ne tarde pas à projeter ses balles… le chorégraphe pose un regard brut, ciselé sur notre monde sans valeurs, sans âme, dont la barbarie croissante signe sa chute annoncée. Naharin en a composé lui-même la musique (sous le pseudo Maxim Warrat) : dans ce chaos protéiforme où chacun joue une partition déréglée, pèse cependant l’intelligence de la foule qui est une folie. Au juste quel est la direction et le sens d’un groupe humain ? Est-il un chorégraphe aussi interrogatif que Naharin ? Grande critique du dvd NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK à venir dans le mag cdn dvd, livres de classiquenews.com

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DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN : NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK – Batsheva Dance Company – Ohad Naharin, chorégraphie (1 dvd BelAir classiques BAC159)

THE ART OF OHAD NAHARIN 
NAHARIN’S VIRUS
de Ohad Naharin
d’après la pièce de Peter Handke Outrage au public
Avec William Barry, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Iyar Elezra, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Rachael Osborne, Shamel Pitts, Oscar Ramos, Nitzan Ressler, Ian Robinson, Or Meir Schraiber, Maayan Sheinfeld, Bobbi Smith, Zina (Natalya) Zinchenko, Adi Zlatin
Musique originale et conseiller musical : Karni Postel
Musiques additionnelles : Samuel Barber, Carlos d’Alessio, P. Stokes & P. Parsons
Musique traditionnelle arabe : Jana Jana, Al Ghariba, Lesh Insfar interprété par le groupe Al Majad, fondé par Habib Alla Jamal
Arrangement, Oud : Shama Khader
Chant : Shama Mazen
Conception des costumes : Zohar Shoef
Lumières : Avi Yona Bueno (Bambi)

LAST WORK
de Ohad Naharin
Avec Billy Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Hsin-Yi Hsiang, Chunwoong Kim, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Ori Moshe Ofri, Nitzan Ressler, Or Meir Schreiber, Maayan Sheinfeld, Yoni (Yonatan) Simon, Amalia Smith, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Musique originale : Grischa Lichtenberger
Musiques additionnelles : Sagat, Hysterics, MPIA3, Monkeys, Luminox, Lullabies-Of-Europe, Clara Rockmore
Scénographie : Zohar Shoef
Costumes : Eri Nakamura

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Chaillot – Théâtre national de la Danse | 2014 (Naharin’s Virus) • 2017 (Last Work)
 / Réalisation : Tommy Pascal
Date de parution : 25 janvier 2019
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD 
Référence : BAC159
Code-barre : 3760115301597
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0
Code région : 0

1 BLU-RAY 
Référence : BAC459
Code-barre : 3760115304598
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0
Code région : A, B, C

Jeunes danseurs : à quoi rêvent-ils ? Docu inédit sur France 3

france3 logo 2014docu-danse-320-406-home-tlee-france-3-reve-de-garcon,-jeunes-danseurs-documentaireFrance 3. Samedi 21 juin 2014, 15h20. Jeunes danseurs, docu. “Son rêve à lui…” Pour quelles raisons de jeunes garçons décident-ils de se consacrer corps et âme à la danse ? Pression familiale, vocation personnelle… Sous le regard d’une ancienne étoile de l’Opéra de Paris, Patrick Dupond, trois jeunes danseurs en herbe témoignent face à la caméra : aspirations, douleurs, dépassement, passion… Les défis physiques valent-ils le plaisir d’être un jour une étoile de la danse ? C’est quoi son rêve à lui ?

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Notre avis. Passionnante immersion dans les rêves du jeune danseur : pourquoi danser et devenir étoile ? Que peuvent le corps et l’esprit face à une « révélation » (acte I) qui si elle s’appuie sur une forte « détermination » (acte II) peut aboutir à la « consécration » (acte III)… En trois volets, les réalisateurs interrogent à Tours les rêves du jeune Edgar (8 ans), que la dureté et la trop contraignante discipline pour son jeune âge finissent par faire capituler : il ne sera pas étoile. Puis c’est à Marseille que s’épanouit malgré la douleur du corps, l’austérité d’une vie étudiante aménagée et sans pauses, la vocation et la passion d’Alban (15 ans), vraie graine de star, encore enfant et presque adulte : un adolescent qui s’accroche à sa vocation car la danse, malgré la technique et les codes stricts, ouvre une libération du corps et de l’esprit. Son témoignage est de loin l plus bouleversant. Enfin, c’est à Paris, le premier danseur à l’Opéra de Paris, François Alu (20 ans) qui, frappé par la figure de Patrick Dupond à la télé, a souhaité dès 6 ans être danseur. La vocation ne s’explique pas et c’est bien tout le mystère de l’origine du danseur. François n’a pas le physique ordinaire du danseur classique pourtant à en juger par les rares images de spectacle qui le fait paraître, il a des sauts d’une très impressionnante amplitude, un ballon spectaculaire qui rappelle combien l’exercice relève d’un sport de très haute technicité (d’où les séances de massage qui peut aider à la récupération du corps, entre deux représentations).

 

 

Alu_francois-premier danseurLe docu cible les aspirations et la réalité de la danse vécue par trois garçons, à trois âges différents. Chaque épisode est parsemé de témoignages, celui des professeurs qui accompagnent chacun des trois héros ; Patrick Dupond en témoin référence apporte son propre éclairage sur une vie d’Etoile. Le regard est sans appel, parfois amer, souvent militant et engagé, vécu donc précieux : « pour le danseur, rien n’importe plus que la scène ; et à chaque succès ou chaque échec, il faut penser à faire mieux, y puiser une nouvelle source d’apprentissage et dépassement »…
Torture et souffrance ou libération et accomplissement ? La danse classique fascine par sa haute technicité. L’idée de se dépasser et de se libérer grâce à l’expérience de la scène, porté par les saluts du public est l’autre aspect d’un art dont la quête de la grâce habite chacun des 3 jeunes danseurs ici filmés.  Si certains dénonce une école de la torture, le cas emblématique des trois sujets du reportage confirme que d’abord, il s’agit d’une décision libre et personnelle. Passionnant.

Son rêve à lui… Film inédit d’Olivia N’Ganga et Mikaël Dinic, 52 mn, 2014. Illustrations : les jeunes danseurs du doc : Edgar (8 ans), François (20 ans).

Livres. Les Grandes Étoiles du XXème siècle (Buchet Chastel)

Livres. Les Grandes Étoiles du XXème siècle (Buchet Chastel). La vie d’une ” étoile ” de la danse (le terme a été créé pendant l’occupation par Serge Lifar), au sommet de ses possibilités, ne dure guère plus de 30 ans : c’est un papillon magnifique qui transcende l’instant avec cette habile combinaison entre haute technicité, style, élégance, et parfois une puissante expressivité celle plus rare, d’un vrai tempérament tragique ou pathétique. Les rôles des ballets romantiques surtout offrent en effet des possibilités réelles pour les danseurs qui sont aussi acteurs.

Les grandes étoiles du XXe siècle. Gérard Mannoni
grandes_etoiles_XXeme_siecleVoici donc le trop court portrait de 50 artistes mémorables ayant marqué l’histoire de la danse au XXème siècle soit par le seul pouvoir de leur interprétation soit aussi comme maîtres de ballet et comme chorégraphes… Tous, russes, français, britanniques, italiens… ont ébloui sur la scène du monde chorégraphique à la Scala de Milan, au Royal ballet de Londres, au Palais Garnier et à Bastille à Paris… 
Pour chaque hommage évocation, comportant le portrait photographique des intéressés, l’auteur retrace les principales étapes de sa vie et de sa carrière, tout en analysant les spécificités de son art.
Parmi les anciens, souvent devenus légendaires : Carlotta Zambelli née en 1875, qui bissait avec quel éclat, les pizziccati de Sylvia, sommet de la musique chorégraphique et romantique française signée Delibes ; Isadora Duncan née en 1877, pionnière absolue d’une modernité dont sont redevables aussi Loïe Fuller, Martha Graham… ; les divinités russes Pavlova, surtout Karsavina née en 1885 (muse poétique qui fit la grandeur des Ballets Russes de Diaghilev) ; mais aussi les hommes eux aussi acteurs d’une modernité encore admirable, souvent danseurs ET chorégraphes tel Vaslav Nijinski (né en 1889 dont la carrière fut aussi brêve que génial, entre autres au sein des Ballets Russes…) ; Fred Astaire (né en 1899 : un dieu plus du cinéma que de la danse classique mais adulé des grands du XXè tel Roland Petit); les anglais racés élégantissimes  Anton Dolin (né en 1904) ou Anthony Dowell (née en 1943, le partenaire de Noureev dans le film Valentino); Serge Lifar (1905-1986) qui choisi par Rouché en 1930, assura à Paris, la gloire toujours vacillante du Ballet parisien pendant l’occupation ; ce sont évidemment les Russes triomphants comme Noureev ou Barychnikov… sans omettre Yvette Chauviré, Margot Fonteyn, et plus proches de nous encore, Patrick Dupont né 1959 (et sa carrière fulgurante écourtée), Charles Jude, Agnès Letestu, Elizabeth Platel, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche … c’est à dire les plus grand danseurs solistes du ballet de l’Opéra de Paris. Même si la place manque toujours pour un panthéon aussi abondant en stars et étoiles, il est inimaginable qu’une danseuse de l’importance de Marie-Agnès Gillot ne figure pas ici. Un autre volume s’impose évidemment tant celui ci, écrit par un passionné accessible de la danse classique, stimule l’imaginaire et suscite l’envie d’en connaître davantage sur chaque interprète ainsi évoqué. Publication incontournable.

Liste exhaustive des artistes présents, par ordre d’apparition (et de date de naissance) dans le livre : Carlotta Zambelli – Isadora Duncan - Anna Pavlova - Tamara Karsavina – Vaslav Nijinski - La Argentina - Olga Spessivtseva - Fred Astaire - Anton Dolin - Serge Lifar - Kazuo Ohno - Galina Oulanova – Alicia Markova - Yvette Chauviré. – Margot Fonteyn – Rosella Hightower – Alicia Alonso – Serge Golovine - Zizi Jeanmaire – Maïa Plissetskaïa - Eric Bruhn – Claude Bessy - Antonio Gades - Carla Fracci - Rudolf Noureev – Natalia Makarova - Vladimir Vassiliev - Cyril Atanassoff – Ghislaine Thesmar – Anthony Dowell - Noëlla Pontois – Suzanne Farrell – Peter Martins - Jorge Donn – Mikhaïl Barychnikov - Dominique Mercy - Charles Jude - Elisabeth Platel - Patrick Dupond – Isabelle Guérin - Laurent Hilaire - Alessandra Ferri – Manuel Legris – Sylvie Guillem - Julio Bocca - José Martinez - Agnès Letestu - Tetsuya Kamakawa - Nicolas Le Riche - Uliana Lopatkina - Aurélie Dupont - Roberto Bolle – Svetlana Zakharova

Livres. Les Grandes Étoiles du XXème siècle (Buchet Chastel). Série : Les Grands Interprètes. Date de parution : 16 janvier 2014. Format :14 x 20,5 cm, 360 p., 23.00 €. ISBN 978-2-283-02713-4

Gala du tricentenaire de l’Ecole française de danse

Télé. Arte. Gala 300 ans de l’Ecole française de danse, 28 avril 2013,20h45

Ballet. Soirée chorégraphique.

Casse-NoisetteLe 11 janvier 1713, Louis XIV à la fin de son règne, décrète l’existence de l’institution qui est aujourd’hui, l’Ecole française de danse. La tradition chorégraphique officielle en France remonte aux Valois et avant eux aux monarques hexagonaux qui avaient bien compris l’usage structurant des ballets de cour dans la vie politique. En 2013, pour le tricentenaire de l’Ecole, Arte diffuse une série (Graines d’étoiles) dévoilant le quotidien des jeunes danseurs de 8 à 18 ans, confrontés à la discipline et à l’émulation chorégraphique. C’est aussi comme ce soir, la diffusion de la soirée de gala à l’Opéra Garnier à Paris, où les Etoiles et le corps du Ballet de l’Opéra national de Paris fait démonstration de son excellence technique et stylistique entretenue ainsi depuis 300 ans.

Les Petits Rats de l’Opéra (série télé sur Arte, 21 et 28 avril 2013)

Télé, Arte. Les rats de l’Opéra de Paris. Les 21 et 28 avril 2013, 16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 épisodes sur la formation des jeunes danseurs à l’Opéra de Paris…

En 6 épisodes de 26 mn chacun, Arte souligne les 300 ans de la naissance de l’Ecole française de danse à travers une série documentaire sur l’apprentissage des jeunes danseurs de 8 à 18 ans…

rats_opera_garcons_danseursDe Septembre 2011 à juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’Opéra national de Paris apprennent les rudiments du métier à travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps décriée et dénoncée… Immersion dans le quotidien de l’effort esthétique, de l’athlétisme chorégraphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du répertoire… Les 21 et 28 avril à 16:20. Inédit. Feuilletons documentaires à l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013. (Arte, 6x26mn).

Les petits rats de l’Opéra

Une année au cÅ“ur de l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris, de septembre 2011 à juillet 2012. La réalisatrice Françoise Marie filme les premiers pas des jeunes rats de l’Opéra : apprentissage, discipline, confrontation à la magie et à la dureté de la scène mais aussi pour l’Å“il de la réalisatrice, passage de l’enfance à l’adolescence et au monde adulte… L’Ecole de Danse de l’Opéra national de Paris, fondée il y a 300 ans, est aujourd’hui un lieu mythique, de réputation internationale. Elle s’est trouvée pendant 150 ans au cÅ“ur même du prestigieux Palais Garnier à Paris. Aujourd’hui, l’école se trouve à Nanterre, en banlieue parisienne, dans un lumineux bâtiment signé Portzamparc. Elle compte 130 élèves âgés de 8 à 18 ans, portés par un même désir : danser un jour dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris. 
Témoin privilégié, la caméra de Françoise Marie les a accompagnés le temps d’une année scolaire.

Arte, les 21, 28 avril 2013, 16h20 
Diffusion des épisodes
Dimanche 21 avril 2013, 16h20
3 épisodes: 1, 2, 3.
1)   La rentrée
Septembre 2011. Une nouvelle année débute à l’Ecole de Danse de l’Opéra qui compte 130 enfants âgés de 8 à 18 ans. Il y a ceux dont c’est le premier jour. Il y a ceux qui retrouvent avec satisfaction un univers familier. Il y a ceux qui viennent de loin : Italie, Finlande, Chine… le film explore les sentiments, attentes, craintes des élèves danseurs en ne privilégiant aucun en particulier.
Chaque matin, à 8 heures, dans le bâtiment dédié à la scolarité, les élèves de l’Ecole grimpent les marches qui vont les mener de l’école primaire à la terminale.  L’après-midi est, lui, dédié à la danse. Dès la rentrée, à peine achevé le discours de bienvenue prononcé par la Directrice et danseuse étoile, Elisabeth Platel, l’école entre en effervescence, avec la préparation du défilé : chaque année depuis 1949, le corps de ballet et l’école de danse défilent ensemble sur la grande scène de l’Opéra Garnier, sur l’air d’une marche militaire composée par Hector Berlioz. En faisant leurs premiers pas sur scène, les petits rats goûtent au paradis de la scène…

2 ) Au travail !
En participant au défilé du corps de ballet de l’Opéra national de Paris, les élèves ont éprouvé le sentiment d’appartenir à cette grande maison. Pourtant, rien ne peut les assurer qu’ils seront là l’année prochaine et qu’ils côtoieront encore les étoiles qui les font rêver…
La danse est l’école de la discipline, de l’endurance, de la rivalité aussi, saine et inévitable compétition qui fait surgir les meilleurs d’entre eux, plus armés physiquement mais aussi plus mûrs sur le plan psychologique.
Pour rester se maintenir parmi les rangs de l’école, ils devront digérer les critiques, adhérer à l’exigence, aux horaires, supporter l’effort quotidien, l’éloignement de leur famille, se responsabiliser… devenir adultes. Au fil des cours, ils vont apprendre de leurs professeurs, héritiers d’une longue tradition, une technique et un style. En effet, depuis 300 ans, les maîtres transmettent à leurs élèves les échauffements, les exercices, les conseils qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs maîtres… d’étoiles à graines d’étoiles. Des exigences de discipline, de ports de tête en ports de bras, de bas de jambes, qui rendent reconnaissable dans le monde entier le style « Opéra de Paris » jusqu’à la maîtrise d’une silhouette, acrobatique et souple à la fois, prête à rebondir et s’élancer sans entraves.

3)  Les progrès
Pirouettes, tours attitudes, brisés volés, cabrioles… C’est l’automne et quelque chose se prépare à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, qui va mobiliser tous les élèves danseurs. En décembre, chaque division va présenter sur la scène du Palais Garnier, un peu de son travail quotidien, pour un rendez-vous attendu du public : les démonstrations de l’École de Danse. L’enjeu est important. Dans le public, amateurs et professionnels scrutent en détail les exercices et les progrès des élèves. 
Parmi tous les enseignements dispensés, cet épisode ce consacre aux plus inédits: chez les grands, les premiers cours d’adage, dans lesquels ils apprennent les pas de deux; chez les petits, les cours d’expression musicale où ils ressentent l’importance du premier pas sur scène et s’essaient aux exercices qui vont développer leur créativité.

Diffusion du 28 avril 2013, 16h20
3 derniers épisodes : 4, 5 et 6

danse_graines_etoiles_opera_paris_petits_rats4) Un monde à part
Les vacances de Noël sont terminées. Les applaudissements qui ont salué les démonstrations des élèves au Palais Garnier appartiennent déjà aux beaux souvenirs.
Nourris d’enseignements riches et variés allant de la danse folklorique à la danse de caractère, de la danse contemporaine à l’étude des styles chorégraphiques à travers les siècles, c’est dans un cocon formateur et protecteur que garçons et filles vivent leurs années d’adolescence. Pourtant le chemin des étoiles est étroit: n’être ni trop gros, ni trop maigre, ni trop petit, ni trop grand, exceller en danse, mais aussi préparer son baccalauréat, cela laisse bien peu de place aux rêves et turbulences de l’adolescence… 
Les élèves se sentent dans une bulle, à la fois protégés, mais aussi parfois contraints, enfermés, expérimentés, à l’écart de la réalité. 
Une fois par an, les portes de la bulle s’ouvrent aux enfants des autres écoles, pour les “Démonstrations Jeune Public”; se joue alors un jeu de regards entre deux mondes et deux jeunesses.5) En scène
Des costumes, des personnages, voici venu le printemps et le temps des ballets. Le temps pour les élèves de briller comme de vrais professionnels.
Les petits vont participer aux côtés des étoiles à l’un des spectacles de la saison, « La Bayadère », donné sur la grande scène de l’Opéra Bastille. 
Les grands se partageront les rôles dans les trois chorégraphies présentées au très attendu « spectacle de l’Ecole de Danse » qui aura lieu comme chaque année à l’Opéra Garnier : 
- « Le Bal des Cadets », une chorégraphie pétillante qui met en valeur les qualités techniques et leurs talents d’acteurs de chacun. 
- « Symphonie en trois mouvements », chorégraphié par Nils Christe, invité par l’Ecole à monter ce ballet aujourd’hui dansé dans le monde entier. 
- « Variations », pièce de Johannes Brahms dont Violette Verdy, ancienne Directrice de la Danse à l’Opéra de Paris et danseuse étoile de Balanchine a conçu la chorégraphie.
Cette fois, il s’agira d’aller plus loin, d’endosser des rôles, devenir des personnages, en costumes, dans des chorégraphies renommées : enfin être des artistes. Interpréter, jouer…
 
6) Le temps des épreuves
À l’École de Danse de l’Opéra de Paris, le mois de mai annonce le temps des épreuves.  Tous les élèves doivent passer un examen pour accéder à la classe supérieure. La véritable inquiétude n’est pas le redoublement, mais le renvoi… 
Mais pour les élèves de dernière année, se joue l’étape décisive du concours d’entrée dans le corps de ballet. Les candidats qui ont moins de 18 ans pourront éventuellement rester une année de plus pour retenter le concours l’année d’après. L’enjeu est décisif pour ceux qui vont avoir 18 ans. Cette année, l’Opéra de Paris ne recrute que 4 danseurs!
En plus des préparations au concours et au baccalauréat, les grands doivent aussi, comme chaque année, encadrer les jeunes pour organiser la fête de l’école!
C’est de l’extérieur, sur les feuilles de résultats affichées sur la porte de l’école ou sur une vitre de l’entrée des artistes de l’Opéra Garnier, que les jeunes danseurs apprennent s’ils seront admis pour l’année prochaine, ou recalés voire écartés…  Les plus grands découvrent le tournant que va prendre leur vie.

Les Petits Rats de l’Opéra

Télé. Arte. Les Petits Rats de l’Opéra, le 21 avril 2013,16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 épisodes sur la formation des jeunes danseurs à l’Opéra de Paris…

rats_opera_filles_danseuses_tutu_rosesDe Septembre 2011 à juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’Opéra national de Paris apprennent les rudiments du métier à travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps décriée et dénoncée… Immersion dans le quotidien de l’effort esthétique, de l’athlétisme chorégraphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du répertoire… Les 21 et 28 avril à 16:20. Inédit. Feuilletons documentaires à l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013.

De l’enfance à l’adolescence, du rêve à la discipline

Notre avis. Voilà une série qui laisse dubitatif sans pour autant desservir son sujet. Opéra de Paris oblige, la forme devait être très classique et formelle, structurée comme un exposé scolaire. On suit sans privilégier aucun des élèves, les classes des petits rats et celles des grands, en parcourant les thématiques qui s’entrecroisent : discipline et plaisir, effort et décontraction, concurrence et émulation mais aussi solidarité et soutien (le système du parrainage où les plus petits ont leurs “petits pères ” et leur “petites mères”, issus de la classe des grands…).

Au final l’alternance classes des petits puis classes des plus grands finit par lasser : les plus jeunes apprennent l’expression musicale par le chant, préparent le spectacle de démonstration avant de participer aux ballets réels de l’Opéra ; les grands (16-18 ans) répètent pour le spectacle de l’Ecole de danse puis surtout le fameux Concours qui leur donne accès au corps de l’Opéra.
Pour cette saison, 2 sur les 13 candidats feront leur entrée dans le corps de ballet: une sélection difficile qui reconnaît au final le travail, l’endurance, la personnalité, l’esprit ” Opéra de Paris “, semé d’élégance, de grâce, d’excellence… La caméra saisit de rares moments de magie ou de connivence ; tout a été savamment répété avant le passage caméra ; le travail avec les professeurs (cours le matin, danse l’après-midi) est dévoilé sans excès, par petites touches, et plus curieux, les épreuves et les sessions du Concours d’entrée ne sont pas filmées :  ne pas perturber la mécanique et surtout les élèves qui  parient sur leur avenir; le docu s’arrête donc aux portes d’une épreuve qui reste l’objectif principal de tant de répétitions et de dépassement.
Au final, le film dans sa globalité des 6 volets de 26 mn cible davantage le passage de l’enfance à l’adolescence, du rêve désincarné à la discipline qui impose au corps pubère, une technique inenvisagée jusque là. C’est là en définitive le vrai sujet de la série. Qu’il réussisse ou pas, le jeune danseur nous touche d’abord pas la conscience qu’il a des enjeux qui se joue avec lui : connaître ses limites par rapport à un objectif fixé et clairement identifié, voilà peut-être le meilleur moyen de réussir dans la vie. Pour grandir et vaincre, connais d’abord tes propres limites.

Dimanche 21 avril 2013 à 16h20: diffusion des 3 premiers épisodes (3 x 26 mn)