Opéra chez soi, ballets à la maison, concerts en direct…

NOUS Y ÉTIONS...Opéra chez soi, ballets à la maison, concerts en direct… En quelques semaines (depuis la mi mars), confinement oblige, internet est devenu le seul accès à la culture, sous condition que les acteurs habituels, empêchés à présent, diffusent sur leur site spécifique leurs propres contenus. L’offre s’est élargie ; elle ne cesse de s’enrichir même et les maisons d’opéras et de danse, les institutions d’Europe les plus diverses (orchestres, salles de concerts, festivals…) mettent en ligne leurs fonds vidéo, certains en streaming et selon les acteurs, sur une durée plus ou moins limitée. Classiquenews vous propose ici sa sélection des meilleurs sites et programmes annoncés. Certains jouent la carte du live, offrant de réels instants uniques dont feu et fragilité renouvellent l’esprit du partage, comme une alternative concrète à l’interdiction désormais de se regrouper dans les salles… (voir ci après, les concerts live du cycle « Aux notes citoyens », initié par le Festival 1001 notes).
De quoi alimenter notre curiosité, stimuler l’évasion et conjurer autant qu’il se peut les méfaits de l’enfermement obligé. Nous ajoutons aussi les perles du net soit les programmes disponibles ordinairement accessibles sur la toile… Bon confinement, prenez soin les uns des autres et restez chez vous !

 

 

 

 

 

 

opéra

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NOTRE PALMARES. Notre TOP 5 des meilleures productions / propositions lyriques  à voir et revoir sur le NET :

 

1PARSIFAL à l’Opéra de Palermo / Graham Vick, mise en scène. Avec l’exceptionnelle et captivante Kundry de Catherine Hunold. Lire présentation ci-après.

2  -   ELEKTRA, Salzbourg 2020 : “Volcan Orchestral, lave vocale”… Si la mise en scèneSalzbourg 2020 : Somptueuse Elektra pour le centenaire de Wrlikowski ne séduit pas véritablement, en revanche l’intensité des voix surtout l’Elektra hallucinée, détruite, embrasée de la soprano Ausrine Stundyte assure à cette nouvelle production, un éclat indiscutable. Belle réussite pour l’édition du Festival de Salzbourg 2020 celle des 100 ans. LIRE notre critique de l’opéra ELEKTRA Salzbourg 2020

3TURANDOT à la Scala de Milano / Nikolaus Lehnoff / Riccardo Chailly. Avec Nina Stemme dans le rôle titre. Outre l’imaginaire flamboyant expressionniste des décors et des costumes, la version retenue est celle achevée par Berio, une fin très réussie. Lire présentation ci-après. Lire présentation ci-après.

4 - L’ETOILE par l’Atelier Lyrique de Tourcoing (février 2020). L’opéra poétique, déjanté de Chabrier, si admiré de Ravel, est remarquablement défendue dans cette production efficace et vivace qui réunit une très solide équipe de solistes (Kossenko). Lire présentation ci-après.

5 – GÖTTERDÄMMERUNG / Le Crépuscule des Dieux de Wagner à La Scala de Milano. D’emblée c’est surtout la direction passionnante, d’un tragique soyeux, souterrain, viscéral de Daniel Barenboim que nous saluons ici : son geste creuse les perspectives psychiques qui pilotent chaque personnage. Les interludes orchestraux sont bouillonnants et significatifs, d’un dramatisme  sinueux et profond (écoutez, outre l’ouverture, l’introduction à Brunnhilde à 1h22mn45 – acte I) : visionner ici Le Crépuscule des Dieux de Wagner par Daniel Barenboim :
https://www.raiplay.it/video/2020/03/Gtterdmmerung-676242e5-0d3e-4010-a056-66b4d801248e.html

 

6 – Hérodiade de Massenet à l’Opéra de SAINT-ETIENNE (2001) – le grand opéra français avec ballets s’illustre en caractères orientaux et bibliques, mais aussi sous le feu de l’amour de la jeune Salomé pour le prophète Jean… Production ambitieuse et réalisée avec honnêteté – en replay jusqu’à la reprise des spectacles à l’Opéra de Saint-Etienne… Présentation ci dessous / Voir la production ici: https://www.saint-etienne.fr/actualites/hérodiade-opéra-en-4-actes-7-tableaux

 

 

 

 

 

 

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Massenet : Hérodiade (1881) / Opéra de SAINT-ETIENNE, 2018

Herodiade-opera-saint-etienne-pichon-ossonce-critique-opera-classiquenewsInspiré des 3 Contes de Flaubert, Hérodiade de Massenet, entre fresque historique et biblique et huis clos psychologique, aborde le mythe oriental avec une sensualité ardente et passionnée. L’auteur de Werther ou de Thaïs et Manon, offre un rôle puissant pour Hérodiade (mezzo-soprano), amoureuse d’Hérode Philippe mais hantée par le souvenir de sa fille perdue, Salomé… l’orientalisme biblique (l’action se déroule à Jérusalem en Judée) est une alternative au wagnérisme alors omniprésent en Europe et en France au début des années 1880. Massenet aborde le genre du grand opéra avec ballet (danse babylonienne, début du II, dans le palais d’Hérode, quand le roi s’enivre au désir de posséder la jeune Salomé – puis danse mystique et sacrée dans le temple de Salomon au III). A noter le très bel air de Phanuel : « astres étincelants »… qui interroge la nature de Jean : « est ce un dieu ? »… Pour autant l’écriture très académique se rapproche souvent des effets un peu faciles de la peinture d’Histoire. Massenet certes habile mélodiste, ne possède pas l’orchestration d’un Bizet (les Pêcheurs de perles ou surtout Carmen, d’un hispanisme des plus raffinés).

SALOMÉ, amoureuse de JEAN…  « Celui dont la parole efface toutes peines, le prophète est ici… c’est vers lui que je vais » : au départ, le portrait de Salomé est celui d’une jeune femme en quête de sa propre identité, charmée par l’autorité du Prophète. L’opéra malgré son titre, est surtout celui de la fille d’Hérodiade, la jeune juive Salomé, qui aime Jean, apprend après le supplice de son aimé, d’Hérodiade qu’elle est sa fille. Après l’avoir imploré, – dans une ultime scène, Salomé veut tuer sa mère qui s’est révélée, mais préférant mourir avec le prophète, l’héroïne se suicide en retournant la lame contre elle-même.

Alternant grandes scènes collectives et solos passionnés, héroïques et tragiques, Massenet sculpte le profil de ses deux personnages féminins : Hérodiade qui demande à son époux Hérode épris de Salomé, qu’il tue le prophète Jean, lequel ne cesse de la diffamer par ses prophéties (Jean la traite de « Jezabel » , l’étrangère vicieuse et malfaisante) ; Salomé, jeune âme, elle, n’aime que Jean et recherche sa mère… D’un côté, une épouse haineuse et vengeresse, matriarche aimante mais exclusive (« ne me refuse pas » s’écrit-elle en exigeant d’Hérode la tête de Jean) ; de l’autre, une jeune âme qui s’ouvre à l’amour pour Jean… Ici pas de scène des sept voiles (qui a fait le triomphe de l’opéra de R Strauss inspiré de Wilde) mais les déchirements de Salomé, acquise au Prophète Jean et qui se suicide face à la barbarie et l’horreur d’un monde qui a tué son aimé et dans lequel sa propre mère la manipule et n’hésite pas à la sacrifier…

Production de l’Opéra de Saint-Etienne – 2018 – JY Ossonce, direction / JL Pichon, mise en scène. Avec Elodie Hache (Salomé), Emanuela Pascu (Hérodiade), Florian Laconi (Prophète Jean), Christian Helmer (Hérode), Nicolas Cavallier (le devin et mage chaldéen Phanuel, mentor et protecteur de Salomé en quête de sa mère) Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. LIRE aussi notre compte rendu critique complet d’Hérodiade de Massenet à l’Opéra de Saint-Etienne

 

VOIR l’opéra sur le site de la Mairie de Saint-Etienne

https://www.saint-etienne.fr/actualites/hérodiade-opéra-en-4-actes-7-tableaux

VOIR la production d’Hérodiade de Massenet à l’Opéra de Saint-Etienne sur Youtube / Opéra de Saint-Etienne :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=691&v=Yc0rTYBtxZ0&feature=emb_logo

 

 

 

 

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MOZART: nouveau Cosi fan tutti à Salzbourg 2020. Descendre, Dreisig… Loy / Mallwitz

 

salzbourg vignette festivalCOMPTE-RENDU, opéra. Salzbourg, 2 août 2020. MOZART : Cosi fan tutte : Dreisig, Crebassa… Christof Loy. UN NOUVEAU COSI … en délicatesse, juvénilité. On pourrait s’enorgueillir de compter plusieurs chanteuses françaises ici, pour les rôles de Fiordiligi et de sa servante Despina… Mais l’écoute tempère notre enthousiasme… Elsa Dreisig en Fiordiligi, a un timbre frais et idéalement juvénile, mais la technique dérape et la justesse instable, atténue l’enthousiasme : trop tôt pour la jeune diva francodanoise ? Un bon travail de remise en place s’impose à notre avis. Son grand air solo « Come scoglio… » (à 49’37 de la captation vidéo) s’il est techniquement assuré (redoutables écarts de notes), reste un peu lisse. Un manque de passion et d’intensité d’autant plus regrettable car Fiodiligi recueille toutes les tempêtes précédentes incarnées par les héroïnes mozartiennes, surtout Giunia (Lucio Silla). Dreisig semble ne pas mesurer totalement tous les enjeux de son texte. Mieux assurée, Marianne Crebassa fait une Dorabella, plus mûre et convaincante. Dans leurs duos, les deux voix fusionnent, s’amusent, jouant sur l’intensité de leur émission fraîche. Deux délurées parfaitement incarnées, prêtes à oublier et rompre les serments passés. Son grand air (« Songes implacables qui m’agitez… ») affirme une beau tourment tragique.

La mise en scène de Loy affecte une discrétion épurée, proche de la froideur nordique : silhouettes noires sur fond blanc immaculé, – contrastes affirmés, contrejours expressifs… voilà qui détache nettement et toujours le relief de la musique et des voix.

Les deux hommes sont honnêtes sans plus, d’un style quelconque parfois caricaturaux. Le baryton Andrè Schuen assume plus crânement ses airs avec un aplomb parfois trop appuyé : la grâce mozartienne ne supporte aucune faute de goût aussi il manque ce format délicat et sincère propre à Mozart. Le ténor d’abord acide, pauvre en nuances, s’affranchit de son trac et trouve une justesse sincère qui émeut, comme porté par la direction très sensible de la cheffe Joana Mallwitz. Une évolution saisissante à suivre pendant la représentation. Ses duos avec Fiordiligi sont touchants. Le désarroi surgit souvent dans ce style juste et direct. Première pour la cheffe Joana Mallwitz à Salzbourg, et par là même, première pour une femme cheffe dans l’arène prestigieuse salzbourgeoise… on apprécie ses ralentis, nuances, respirations : surgissent la profondeur et la délicate mélancolie d’un Mozart qui nous parle du désordre amoureux certes, mais surtout de perte, de fragilité, d’évanescence (belle souplesse onirque du trio fameux Soave silento…). La direction reste constamment passionnante : souffle dramatique, clarté et souplesse, surtout diction intérieure de l’orchestre : Mallwitz frappe les esprits et les ouïes.

La Despina de Lea Desandre, soubrette délurée, autoritaire, collectionne une série de sketches savoureux avec un aplomb qui contrepointe adroitement la naïveté de ses deux patronnes. Y compris quand elle joue au chirurgien (avec masque, référence à la covid 19), présence déjantée au comique savoureux… La jeune diva française apporte cette touche de délicatesse intérieure, cette maîtrise des nuances émotionnelles, idéale approche de la palette sentimentale mozartienne. Sa finesse se distingue nettement et dans son jeu scénique et son articulation, riche en phrasés. Un exemple de subtilité pour ses partenaires.

VOIR Cosi fan tutte de Mozart, Salzbourg 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/098629-001-A/cosi-fan-tutte-de-mozart/

EN replay arte.tv jusq’31 octobre 2020

 

 

 

 

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CULTUREBOX
Azucena-manrico-Lemieux-Alagna-ORANGE-2015-critique-opera-VERDI-il-trovatore-classiquenewsVERDI : Il Trovatore (Orange, 2015). Rien de confus ou alambiqué dans l’opéra de Verdi : une légende virile et fantastique qui narre la vengeance de la gitane mi sorcière mi haineuse Azucena qui recueille et élève son « fils » Manrico ; celui ci aime Leonora, elle-même adorée par Luna. Manrico et Luna s’opposent, se haïssent : Luna tue Manrico par jalousie, avant d’apprendre de la bouche d’Azucena qu’il était son frère ; ainsi se venge la sorcière dont le véritable enfant a été tué, brûlé vif par le premier comte de Luna…
Verdi exploite les ressorts dramatiques d’une sombre histoire familiale où les enfants perpétuent la folie sanglante de leurs parents. Transmission de l’esprit du soupçon, des manipulations et du mensonge, l’action est celle de la vengeance sourde mais inéluctable… Dès la première scène, l’histoire de l’enfant brûlé est contée par une basse chantante, hallucinée, pénétrée par l’horreur qu’il professe…
La production réunit une distribution globalement convaincante ; si la Leonora de la chinoise Hui He est plus mezzo dramatique (d’une belle rondeur cuivrée quoique souvent imprécise dans ses vocalises) ; ampleur qui renforce l’autorité d’un personnage large qui écarte tout angélisme d’un soprano plus léger (sa Leonora a des accents plus maternels que réellement juvéniles), le Manrico de Roberto Alagna a fière allure, ardent et enivré même, incarnant la virilité tendre du jeune amoureux, comme l’ardeur loyal du fils, présent à sa mère (air du feu, nerveux et tendu), pris dans les rets d’une haine familiale qui le dépasse. Luna, sombre, jaloux, à la rancÅ“ur aigre, être tapis dans l’ombre de la lumière des deux amants permet ay baryton roumain Georges Petean d’épaissir son personnage, mais l’interprétation pourrait être plus nuancée ; heureusement à mesure que l’action se déroule, ce jaloux frustré gagne une sincérité croissante. Tandis que la sorcière de Lemieux atteint des éclats ténébristes et graves dans le récit de la mort de son fils croisé avec le visage de sa mère brûlée vive… qui lui demande de venger leur sang. Une très belle interprétation. La direction de de Billy est active, parfois lourde et brutale ; et la mise en scène de Charles Roubaud, routinière mais lisible. Quoique tendant à l’oratorio et à la succession d’airs dans les deux derniers actes… Pourtant le formidable duo de la mère et de son fils, Azucena / Manrico, grâce à l’engagement de Lemieux et Alagna atteint une lumineuse sincérité dans le tableau final, celui qui conduit les deux âmes vers le bûcher… joyaux dans la nuit de l’anéantissement. Durée : 2h20mn.

Culturebox. En replay jusqu’au 27 décembre 2020
https://www.france.tv/france-3/tous-a-l-opera-2018/966403-il-trovatore-de-verdi-aux-choregies-d-orange-2015.html

Roberto Alagna, Manrico
Hui He, Leonora
Marie Nicle Lemieux
George Petean, Comte de Luna
Orchestre National de France
Bertrand de Billy, direction
Charles Roubaud, mise en scène

LIRE aussi notre critique complète d’IL TROVATORE de VERDI aux Chorégies d’Orange, août 2015  

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CULTUREBOX
STRAVINSKY : OEDIPUS REX (Aix 2017, Sellars, Salonen)
EN REPLAY, jusqu’au 28 mai 2020
Durée : 2h15mn

oedipus-rex-stravinksy-salonen-aix-sellars-critique-opera-oratorio-classiquenews-jocaste-replay-opera-confinement-cultureboxComment arrêtez la peste à Thèbes ? Le peuple implore leur roi Oedipe pour les sauver … en notes pointées, staccatos et rythmiques tranchantes, en 1927, Stravinsky s’empare avec la fulgurance qui le caractérise, l’histoire tragique d’Oedipe, auquel est révélé la vérité la plus barbare. Chœur de jeunes en tee shirts contemporains, solistes engagés, récitante en français (Antigone, la première féministe de l’histoire, fille d’Oedipe qui guidera son père devenu aveugle)… la lecture touche à son but. Saisir le spectateur, le conduire aux portes insupportables de l’inacceptable et de l’inqualifiable. Personne n’échappe à la cruauté du destin. L’épouse de Oedipe, Jocaste de Violetta Urmana exprime la passion douloureuse d’une femme elle aussi saisie, brûlée par la mauvaise fortune (33mn32). En pythie surgit d’un monde sans espoir, elle se fait la voix de la vérité, dernière Cassandre de temps intranquilles ; accablée par le spectacle d’une ville entière dévastée (« N’avez vous pas honte, rois, de clamer vos reproches personnels dans une ville malade ? … / Il ne faut pas croire aux oracles / Ils mentent toujours / oracula, oracula mendica sunt … / Laius est mort à un carrefour »). Ainsi Oedipe comprend qu’il a tué son propre père…
En fosse, le compositeur et chef Esa Pekka Salonen, en orfèvre des sons précis, caractérisés… à l’écoute des frémissements ténus, des langueurs inquiètes… sculpte la partition orchestrale avec une acuité détaillée, une ivresse des accents, continument affûtée (percutant Philharmonia Orchestra : cf.clarinettes, bassons, flûtes…). Captivant.

VISIONNER Oedipus Rex à AIX été 2017
https://www.france.tv/france-2/festival-international-d-art-lyrique-d-aix-en-provence/968377-oedipus-rex-symphonie-de-psaumes-a-aix-en-provence.html

distribution
Igor Stravinsky : Å’dipus Rex
Opéra-oratorio d’après Sophocle (1930)
Livret de Jean Cocteau, traduit en latin par le cardinal Jean Dani̩lou Рcoupl̩ avec la Symphonie de Psaumes (1930)

Direction musicale : Esa-Pekka Salonen
Mise en scène : Peter Sellars
Orchestre : Philharmonia Orchestra
Chœurs : Orphei Drängar, Gustaf Sjökvist Chamber Choir, Sofia Vokalensemble

Å’dipe Roi : Joseph Kaiser
Jocaste : Violeta Urmana
Créon / Tirésias / le Messager : Sir Willard White
Le Berger : Joshua Stewart
Antigone (récitante) : Pauline Cheviller
Ismene (danseuse) : Laurel Jenkins

 

 

 

 

 

 

 

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 ANVERS, OPERA ANTWERP
OPERA BALLET VLAANDEREN
https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room

LA JUIVE d’Halévy
(Peter Konwitschny)
HALEVY Fromental_Halevy_by_Etienne_Carjat-cropHalévy offre un premier modèle de grand opéra français (sujet historique, à l’époque des tensions religieuses au XVè) à l’époque des Lucia di Lammermoor et des Puritains (1835). L’opéra commence avec le Te Deum pour le Concile de Constance (hiver 1414), présidé par le Cardinal Brogni, avec orgue obligé ; le choeur (un peu crié et dur par le collectif aux gants bleus) entonne aussitôt « Aux armes / Hosanna ! », glorification catholique pompeuse dans l’esprit de la grande machine parisienne, à laquelle Eleazar le juif et l’hérétique s’oppose non sans défiance et « insolence » et immédiatement, car il a « osé » travaillé un jour de fête (Noël)… Brogni pardonne, clément ; Eleazar, toujours plein de ressentiment et de défiance. Le décor cite Notre-Dame à travers l’une de ses sublimes rosaces en fond de scène… miroir des interactions et enjeux religieux qui portent cette œuvre ambitieuse (d’où les immenses grilles qui citent l’emprisonnement des deux juifs ici persécutés). La Juive c’est la fille d’Eleazar Rachel (en gants jaunes, ainsi étiquettée) laquelle aime « Samuel » en fait Leopold, pourtant promis à la princesse Eudoxie : « il va venir …». La jeune fille est arrêtée avec son père qui se venge en laissant condamnée : Eleazar révèle alors au Cardinal Brogni qu’elle était sa propre fille, perdue depuis Rome. Brogni ne cessait alors de rechercher sa fille… Saisissant par son coup de théâtre final (livret de Scribe), l’ouvrage sera ensuite éclipsé par Les Huguenots de Meyerbeer, créé l’année suivante en 1836, nouveau jalon majeur du genre lyrique romantique français. Cette production pourtant très claire grâce au sens de l’épure de Konwitschny, souffre d’une distribution faible, aux voix tendues et criées (bien qu’engagées comme c’est le cas des juifs : Rachel et son père, Eleazar). N’est pas Caruso ni Neil Shicoff qui veut : Eleazar et son dernier air, terrifiant et tragique, quand le père donne sa fille : « Rachel quand du Seigneur… » offre un personnage dramatiquement immense pour les ténors. Il est vrai que l’opéra de Halévy réunissait à sa création les plus grandes voix de son époque, chacune dans les quatre tessitures mises en avant : ténor (Eleazar), soprano (Rachel), baryton (Brogni), mezzo (Eudoxie)… Ce n’est pas la direction souvent épaisse et grossière du chef qui arrange la donne. Même le chœur baisse la note par son articulation approximative.

VISIONNEZ La Juive de Fromental Halévy : https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room
Durée : 2h52mn

 

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PARSIFAL
(Tatjana Gürbaca – Cornelius Meister)

https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-roomD’emblée, la direction de Cornelius Meister, terne et sans nuances, manque singulièrement de transparence et de langueur mystérieuse, un manque dommageable pour l’expression de la sublime métamorphose que l’opéra raconte dans le cœur du pur Parsifal… l’agent du Salut dans un monde voué à la culpabilité, à l’impuissance, celle du roi Amfortas, maudit. La mise en scène explicite le sujet de sa condamnation : il a couché avec la pêcheresse Kundry, alors créature de l’infâme Klingsor. Ainsi dès le début, s’expose la déchirure et la perte de l’équilibre du monde, par l’immense coupure qui divise le fond du décor courbe. Sans référence à la poésie médiévale ni à la geste chevaleresque, Gürbaca aborde le dernier opéra de Wagner comme une action de théâtre, atemporel, ne s’attachant qu’aux profils des protagonistes, conçus comme les acteurs d’une pièce en répétition. La relation Parsifal / Kundry est bien incarnée, mais les deux chanteurs laissent poindre les limites de leurs voix (trop droites, courtes, sans véritables phrasés, aux aigus forcés: Erin Caves, Parsifal et Tanja Ariane Baumgartner en Kundry, pas assez fouillée et caricaturalement suicidaire). Voix à la peine. Direction poussive sans l’âme de la rédemption annoncée. Mise en scène d’une épure grise et lisse, proche du dernier ascétisme… Décevant.

VISIONNEZ PARSIFAL (Meister / Gürbaca) : https://operaballet.be/en/the-house/blog/enjoy-our-operas-and-ballets-from-your-living-room

 

 

 

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BRUXELLES, La Monnaie
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LONDON, ROH – Royal opera House
Mozart : Cosi fan tutte (Breslik, Degout, …Pappano / Jonathan Miller, mise en scène) – jusqu’au 10 mai 2020.
sur la plateforme operavision:
https://operavision.eu/en/library/performances/operas/cosi-fan-tutte-royal-opera-house#

 

 

 

 

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PARIS, OPÉRA NATIONAL DE PARIS

Productions mises en ligne avec durée limitée : notre sélection des opéras (et des ballets) diffusés pendant le confinement ci après :
MARS, AVRIL : http://www.classiquenews.com/confinement-mars-et-avril-2020-lopera-chez-soi/

MAI : https://www.classiquenews.com/internet-lopera-et-le-ballet-chez-soi-offre-de-lopera-de-paris-mai-2020/

 

cogitore indes galantes devos vidal opera critique classiquenewsRAMEAU : Les Indes Galantes (Alarcon / Clément Cogitore, 2019)   –   Avec la chorégraphe Bintou Dembélé, Clément Cogitore s’empare de la machine à enchanter dans son intégralité (version la plus complète des Indes Galantes) pour la réinscrire dans un espace urbain et politique dont il interroge les frontières : posture pas toujours évidente tant souvent RAMEAU déploie un pastoralisme (musette) qui colore sa partition d’échappées plutôt rustiques et naturalistes (ramages des oiseaux… qui est sa « marque »). A trop vouloir actualiser et moderniser la partition baroque, on la dénature et la vide de sa cohérence originelle. La proposition présentée ici n’échappe pas à cette trahison qui plaque une grille de lecture de façon artificielle, ne produit aucune unité globale malgré son essence chorégraphique qui au départ, était légitime.

Au début Sabine Deviehle (Hébé), coloratoure baroque, au format petit et souvent tendu (et pas toujours très intelligible), grande dame style mécène de banque, coiffure casque, interpelle et éveille les danseurs : de fait, dans l’opéra ballet de Rameau, tout est danse, autant de rythmes vivifiés, sublimés par la musique sublime du compositeur versaillais. Les danseurs sont ensuite habillés devant les spectateurs comme si l’on était dans les coulisses d’un défilé de mode, armée de costumiers à l’envi… enfin chacun s’affaire à sa pose pour prendre le cliché. Malgré la qualité de l’orchestre, flexible, coloré, cette vision chorégraphique manque de cohérence et d’unité et pâtit d’une diversité de tableaux trop variés. La gestuelle suit, trop fragmentée. Le Prologue manque vocalement de tension mais quand paraît la seconde soprano (« Ranimez vos flambeaux »…), sous son voile très haute couture  Jodie Devos (qui chante ensuite Zaïre), soudain le chant, intelligible, articulé, clair, cristallin et puissant supplante tout ; elle décoche ses flèches ardentes et ferventes, subtilement incarnées grâce à un timbre d’une rare élégance et toujours sobre dans le style : enfin Rameau (et le souverain Amour) surgissent. Même engagement et articulation précise de Mathias Vidal (Valère, Taemas) ; de toutes les personnalités vocales réunies, Devos et Vidal se tirent le mieux de cet amoncellement pseudo poétique et vaguement conceptuel. Dommage – opéra ballet filmé en 2019

 

Visionner le replay Les Indes Galantes : Alarcon / Cogitore, 2019 : https://www.operadeparis.fr/magazine/les-indes-galantes-replay

 

 

Ballet à partir de lundi 13 avril 2020 :

OPERA-DE-PARIS-logo-noir-2014-Logo_OnP_Noir_et_BlancSOIRÉE « HOMMAGE À JEROME ROBBINS »
Fancy Free, A Suite of Dances, Afternoon of a Faun, Glass Pieces
Du 13 avril dès 19h30 au 19 avril 2020
CHORÉGRAPHIES : Jérôme Robbins
MUSIQUES: Leonard Bernstein, Johann Sebastian Bach, Claude Debussy, Philippe Glass
DIRECTION MUSICALE : Valery Ovsyanikov

FAUNE-DEBUSSY-ROBBINS-Marchand-etoile-danse-critique-hommage-a-robbins-classiquenewsavec, dans les rôles solistes, Eleonora Abbagnato, Amandine Albisson, Alice Renavand, Sae Eun Park, Stéphane Bullion, Hugo Marchand, Karl Paquette, François Alu, Paul Marque. / Glass Pieces – J. Robbins © Sébastien Mathé / OnP   -   CE QUE NOUS EN PENSONS…  Le ballet de Debussy (Prélude à l’Après midi d’un Faune) est conçu comme un hymne à l’art du danseur, à sa volupté suspendue qui dans le cadre d’une salle de répétition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grâce poétique des deux corps élastiques dans un style d’une élégance toute… parisienne (écoute intérieure, économie des gestes, vocabulaire et figures classiques…). Beau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destiné au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mêle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarré et urbain. LIRE notre présentation et notre avis sur cette production

 

 

CONSULTEZ ici nos plannings des opéras et ballets
diffusés par l’Opéra National de PARIS pendant le confinement

MAI 2020

 JUIN et JUILLET 2020

 

 

 

 


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METROPOLITAN OPERA, New York

En direct du METRetrouvez ici les opéras accessibles et les événements proposés depuis le site du Metropolitan Opera de New York. La maison new yorkais, fer de lance de la création et de la diffusion lyrique sur le territoire américain, offre tous les 3 jours en moyenne une nouvelle production lyrique. De quoi nous régaler. Il faut consulter régulièrement la page du player vidéo qui diffuse l’opéra sélectionné…

CONSULTEZ aussi notre page spéciale les opéras diffusés par le MET du New York pendant le confinement

 

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GALA LYRIQUE VIRTUEL exceptionnel du METROPOLITAN OPERA NEW YORK : 40 vedettes internationales donnent de la voix depuis leur résidence de confinement, samedi 25 avril 2020 à 19h (heure de Paris) / 13h heure locale : LIRE ici notre présentation et les explications sur la préparation de l’événement digitale  : http://www.classiquenews.com/direct-sur-le-net-gala-du-met-sam-25-avril-2020/

 

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MONTE-CARLO, OPERA DE MONTE CARLO 

opera de monte carlo falstaff jean louis grinda serie opera classiquenews critique operaL’Opéra de Monte Carlo diffuse en 6 épisodes, l’histoire de FalstaffCLIC D'OR macaron 200 d’après l’opéra de Verdi, présenté in loco dans la mise en scène du directeur des lieux, Jean-Louis Grinda. Une approche ludique qui tente de démocratiser la lecture du drame comique du dernier Verdi inspiré par Shakespeare en adoptant les codes d’une web série… Alors ici qui manipule qui ? Les Joyeuses Commères désireuses de se venger de la phallocratie générale, ou bien Sir John Falstaff, qui joue le benêt et l’impuissant afin de mieux épingler le genre humain et son orgueil ridicule ? A vous de choisir …

https://www.youtube.com/watch?v=LWjCJfD-_MQ&list=PLFwB8jF-OrBbpHa6KeU4GYj8tcivT4403&index=6

Distribution : Falstaff à l’Opéra de Monte Carlo
Direction musicale : Maurizio Benini
Mise en scène: Jean-Louis Grinda
Décors Rudy Sabounghi

Sir John Falstaff : Nicola Alaimo
Ford, mari d’Alice : Jean-François Lapointe
Fenton : Enea Scala
Le Docteur Caius : Carl Ghazarossian
Bardolphe : Rodolphe Briand
Pistolet : Patrick Bolleire
Mrs Alice Ford : Rachele Stanisci
Nannette : Vannina Santoni
Mrs Quickly : Anna Maria Chiuri
Mrs Meg Page : Annunziata Vestri

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MILAN, Teatro alla Scala

La Scala met en avant son formidable catalogue lyrique, offrant un cycle de productions majeures avec des interprètes de premier plan. Retrouvez ici le planning spécifique des mises en lignes jour après jour pour avril 2020 :
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

RAI
La RAI offre un catalogue inouï en vérité par sa richesse et les œuvres présentées en replay… tous les opéras sont majoritairement des productions de la Scala de Milan)
https://www.raiplay.it/ricerca.html?q=opera
Dont Cavalleria Rusticana, Tosca, Don Carlo, Fidelio, Il trovatore, Falstaff, Il Minotauro, Madama Butterfly, Attila, Turandot (Nina Steme, Carlo Bosi… mise en scène : – direction : Riccardo Chailly, Carmina Burana, Giovanna d’Arco, Ecuba, La Damnation de Faust…

A VOIR en urgence entre autres :

TURANDOT-lehnauff-chailly-scala-de-milano-milan-critique-classiquenews-opera-classiquenewsCLIC D'OR macaron 200Turandot (Chailly / Nikolaus Lehnauff) – production expressionniste saisissante par son imaginaire délirant, son exotisme qui fusionne cabaret et couleurs fauves… l’orientalisme de Puccini, ses somptueux accents orchestraux, s’en trouve revigoré, de surcroît convaincant grâce à une distribution très cohérent… dans la version terminée par Luciano Berio (et son happy ending des deux amants réunis car Turandot s’est enfin humanisée, célébrant désormais le seul AMOUR en dissonances célestes suspendues dont Berio a trouvé la clé) : https://www.raiplay.it/video/2020/03/Turandot-0c6ec6ff-1b19-406e-8af3-3c3854a666d3.html

 

 

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MUNICH, Bayerishe Staatsoper

Tous les opéras mis en ligne sur le site très actif : STAATSOPER.TV

 

 

 

 

SMETANA : La Fiancée vendue
Production enregistrée en janvier 2019
Durée : 2h36mn – en replay gratuit jusqu’au 16 mai 2020

smetana-compositeur-portrait-classiquenews-347-bedrich-smetanaBombe exaltée voire furieusement éruptive dès son ouverture (fugato enfiévré pour les cordes), la partition de la Fiancée vendue revendique haut et fort sa pétulance folklorique, un goût irrépressible pour la vitalité et la santé des motifs populaires, au point de devenir l’emblème de la musique tchèque et de l’opéra en langue tchèque (créé en 1866). Une jeune paysanne sans le sou (Marenka) est vendu par son père contre son gré à un jeune parti bien doté qu’elle n’aime pas (Vasek). Survient Jenik (le frère ainé de Vasek)… La production exprime l’entrain d’un opéra comique qui célèbre surtout la force poétique des choeurs (des buveurs de bière), des danses (polka concluant l’acte I) à travers une intrigue qui inscrit le monde rural au devant le scène… Belel direction vive et précise de Tomás Hanus.

VISIONNER la fiancée vendue / Die verkaufte braut / the Bartered bride de Smetana, ici : https://operlive.de/verkaufte-braut/

 

 

 

 

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BORIS GODOUNOV (Nagano / Bieito, jusqu’au 2 mai 2020)
VISIONNER Boris Godounov à Munich en 2013 :
https://operlive.de/boris-godunow/

Le catalan Calixto Bieito écarte en 2013 toute image de la Russie traditionnelle (et baroque) etgodounov-nagano-bieito-munich-2013-critique-classiquenews-review-classiquenews-opera transpose l’action de Boris, le tsar du XVIIè parvenu sur le trône impérial non sans faire couler le sang, dans un cadre gris, minéral, asphyxiant, militarisé ; une situation à la Poutine : soldats contre migrants, flicaille barbare et violente, en une claire référence au dérèglement sociétal et civilisationnel actuel. L’opéra est bien le miroir de l’état du monde. Choeur imploratif ou véhément (impeccable), orchestre souple et expressif (parfois épais sous la direction de Kent Nagano) au diapason de la partition pseudo historique de Moussorgski : Bieito n’hésite pas à fustiger le cynisme des gouvernants européens (Poutine, Sarkozy, Berlusconi…). Mordante critique d’un triste monde. Où l’on soumet les peuples ; où l’on se joue de leur vaine espérance. Il est vrai que la question à l’échelle de l’histoire se pose : que restera-t-il des années 2000 et 2010 avec le recul ? Une débâcle général, doublé des effets de l’apocalypse climatique et écologique… dont le metteur en scène ne parle pas ici. Restant uniquement sur un propos politique. Le premier tableau fonctionne toujours aussi bien : masse informelle inféodée et humiliée, impuissante, démunie; à laquelle s’ébranle le superbe triomphe de l’empereur couronné qui est un nouveau despote. Comme les autres. Son monologue exprime davantage les angoisses d’un prétentieux fausse victime que d’un véritable visionnaire, proche de son peuple… Les voix sont honnêtes (et ne manquent pas de vaillance cf Grigori du ténor Sergey Skorokhodov) mais manquent pour la plupart de phrasés et de vraie attention au texte. Ce qui avec le manque d’intériorité de la direction, confine à l’exercice de pure démonstration. Evidement le 3è tableau de l’auberge où Grigori est démasqué, va mieux aux interprètes, excellents dans la caractérisation délurée. Au final, une lecture noire, cynique dans une ambiance postapocalyptique. Mais la lecture orchestrale reste trop terre à terre et ne rend pas compte des prodiges de la partition de Moussorgski.

Distribution :
Boris Godunow : Alexander Tsymbalyuk
Fjodor : Yulia Sokolik
Xenia : Anna Virovlansky
Xenias Amme : Heike Grötzinger
Fürst Schuiskij : Gerhard Siegel
Andrej Schtschelkalow : Igor Golovatenko
Pimen : Anatoli Kotscherga
Grigorij Otrepjew : Sergey Skorokhodov
Warlaam : Vladimir Matorin
Missail : Ulrich Reß
Schenkwirtin : Margarita Nekrasova
Gottesnarr : Kevin Conners
Nikititsch : Goran Juric
Leibbojar : Joshua Stewart
Mitjucha : Tareq Nazmi
Hauptmann der Streifenwache : Christian Riege

Bayerisches Staatsorchester
Chor, Extrachor und Kinderchor der Bayerischen Staatsoper /
Chorus, Extrachorus und Children’s Chorus of the Bayerische Staatsoper
Kent Nagano (direction)   -   Calixte Bieito (mise en scène)

Récital de la soprano Adela Zaharia, jusqu’au 19 avril 2020
http://www.classiquenews.com/opera-le-diffplay-classiquenews-selectionne-ici-diffusions-et-replays/

 

 

 

 

 

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Bayerisches staatsoper, Munich
PROKOFIEV : L’ange de feu – jusqu’au 9 mai 2020
production de décembre 2015
Mise en scène : Barrie Kosky
direction musicale : Vladimir Jurowski
durée : 2h23mn

VISIONNER L’ange de feu de Prokofiev  / Der Feurige Engel / Kosky, juin 2015
https://operlive.de/der-feurige-engel/

ange-de-feu-prokofiev-munich-opera-diffusion-opera-chez-soi-classiquenews-juin-2015-koskyL’opéra de Prokofiev en 5 actes, créé à Paris en 1954, exprime la passion démoniaque dont seuls les hommes sont capables. Ici Renata rencontre Ruprecht qui tombe amoureux d’elle. Première possession / obsession. Renata convainc Ruprecht de l’aider à retrouver celui qu’elle pense être son ange gardien, Heinrich (seconde obsession dévorante). Ils retrouvent Heinrich qui repousse la jeune femme déboussolée.  Surviennent Mephisto et Faust qui cannibales, dévorent un malheureux valet trop maladroit (acte IV). Tandis qu’au V, Ruprecht assiste l’Inquisiteur pour réaliser un exorcisme sur une nonne possédée : Renata elle-même qui comprend alors que celui qu’elle prenait pour ange gardien, Heinrich, était le poison de sa vie, un esprit démoniaque, habile à la perdre totalement. Prokofiev adapte ainsi la nouvelle fantastique et noire de Brioussov. Il en découle un opéra composé entre 1919 et 1927, d’une écriture flamboyante et expressionniste où au côté du chant lyrique continu (sprachgesang) se déploie le chant tout autant articulé, ciselé d’un orchestre constamment palpitant. Inclassable et d’une volupté âpre, hallucinée, l’opéra de Prokofiev est rarement joué. La diffusion réalisée par l’opéra de Bavière à Munich est incontournable pour mesurer les qualités du Prokofiev lyrique. En 2015, Barrie Kosky s’empare du drame expressionniste pour en déduire un opéra kitsh, à la fois circus et grande parade déjantée, à force de tableaux collectifs, habilement chorégraphiés, où les fantasmes sexuels le disputent à l’esprit cabaret provocant voire écœurant (cf. la chorégraphie de la saucisse… !!).

 

ange-de-feu-prokofiev-munich-koskie-2015-opera-diffusion-opera-chez-soi-classiquenews

 

 

 

bayerische Staatsoper opera critique review classiquenewsVOIR aussi en accès illimitée sur le site de l’Opéra de Munich / Bayerische Staatsoper, l’air de Lucia di Lammermoor : “Regnava bel Silenzio” / avril 2020. Voix claire, soutien, justesse et sens des nuances sans omettre l’agilité et le legato, la jeune diva a tout pour séduire et convaincre voire émouvoir. Sa Lucia est déjà très construite

 https://www.youtube.com/watch?v=9xFVLp1Bhd8

 

 

 

 

Retrouvez ici la plateforme de streaming STAATSOPER.TV
https://www.staatsoper.de/tv.html?no_cache=1
Entre autres, actuellement :
REPLAYS et DIRECTS : les perles du NetDie Frau ohne Schatten de Richard Strauss (Botha, Pieczonka, Polaski, Koch, Pankratova… Kirill Petrenko / Warlokowski, mise en scène ; nov 2013), – la baguetet détaillée et allusive de l’impeccable Kirill Petrenko réaffirme le chant souverain de l’orchestre, l’un des plus scintillants jamais écrits par Strauss – la distribution est elle aussi passionnante. Reste la mise en scène de Warlikowski : empêtrée dans un fouillis de références et de micro seynettes, empruntant au théâtre sec et à la psychanalyse… Mais quel orchestre ! Magicien et splendide. Aucun doute, Die Frau Ohne Schatten / La femme sans ombre est bien une partition lyrique et orchestrale de premier plan, recueillant l’imaginaire sans limite de Strauss et les déflagrations de la première guerre /  jusqu’au 25 avril 2020 : https://operlive.de/frau-ohne-schatten/

 

 

 

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STAATSOPER STUTTGART

BORIS GODOUNOV – jusqu’au 15 mai 2020
Premi̬re version de 1869 Рfilm̩ en f̩vrier 2020 (soit juste avant le confinement)boris-opera-stuttgart-paul-georg-dittrich-titus-engel-opera-critique-review-classiquenews
(Engel / Paul-Georg Dittrich)  -  Dans un dispositif assez confus, où le théâtre n’est jamais écarté ni les projections vidéos souvent inutiles, Boris bénificie cependant ici du baryton basse Adam Palka, solide et puissant,  – à défaut d’être réellement fin, dans sa combinaison dorée plastifiée. Le chanteur incarne et la volonté d’ambition politique et le désarroi intime… présents dès la cérémonie du couronnement. S’il n’était des ajouts et épisodes dramatiques en allemand (qui apportent quoi au juste ? signé Sergej Newski), l’action aurait conservé un semblant de cohérence. Dans ce patchwork éclectique, règne un sérieux désordre scénique, bon an mal an fédéré autour de la dénonciation du cynisme de tous les dirigeants (De Pierre Ier à Poutine dont le masque est évidemment présent). Et l’unité du Boris initial de Moussorgski en souffre grandement. Car l’imaginaire de Dittrich rassemble des éléments épars comme un grand déballage postapocalyptique. Pour autant le metteur en scène nous gratifie de tableaux prenants (comme le rassemblement de la Douma pour dénoncer le faux Dmitri, usurpateur porté par la horde hongroise et que finit par assassiner Boris). Une réussite en demi teintes, colorée, parfois délirante, mais qui souffre des incursions de musique contemporaine avec texte allemand. La folie de Boris, avec choeur en coulisses (excellent) est un superbe moment grâce au baryton basse d’Adam Palka, vraiment convaincant (et qui fini emmuré, pétrifié : belle trouvaille). La direction de Titus Engel est elle aussi expressive, jamais neutre et souvent détaillé.

VISIONNEZ le BORIS de Moussorsgki et Sergej Newski à l’Opéra de Stuttgart :  https://www.staatsoper-stuttgart.de/en/schedule/opera-despite-corona/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PALERMO, Teatro Massimo
Parsifal de Wagner, Graham Vick / OM Wellber (janvier 2020) / en replay jusqu’au 9 juillet 2020 :http://www.classiquenews.com/parsifal-par-graham-vick-et-omer-meir-wellber-palerme-janvier-2020/

VOIR Parsifal par Graham Vick / OM Wellber à Palerme : https://www.arte.tv/fr/videos/094805-000-A/richard-wagner-parsifal/

parsifal-vick-wellber-palerme-janvier-2020-critique-opera-classiquenewsNOTRE AVIS. PALERME, Teatro Massimo,CLIC D'OR macaron 200 janvier 2020. Comparée à sa première mise en scène pour Bastille, il y a des lustres, Grahamn Vick écarte toutes références au médiéval pictural (anges de Memling) et chevaliers en cuirasses… On retrouve les rideaux blancs sur toute la largeur de la scène, tirés pour exprimer le flux du temps et la précipitation de l’action… c’est tout. A l’époque des soldats américains en Irak, Titurel tente de faire régner un semblant d’harmonie au sein d’une confrérie  au bord de la division. Le très solide Gurnemanz (John Relyea) a bel allure surtout lorsque parait le fol et pur Parsifal qui vient de tuer le cygne blanc auquel il inflige une leçon d’amour : ne voit-il pas la souffrance de l’animal qu’il vient de percer de sa flèche irresponsable ?
Trouble, ambivalente, marquée par un passé qu’elle tente de fuir et qui l’éreinte, (« que l’on ne me réveille pas ») la Kundry de l’excellente Catherine Hunod est passionnante, tant la diseuse cisèle te verbe et chaque tirade qui l’habite  et la dévore : mère, soeur, séductrice puis bête rongée par le remord et le désir d’être sauvé… Julian Hubbard campe un Parsifal plein de candeur vive, de juvénile ardeur qui fuit lui aussi la tragédie de ses origines (Kundry ne lui apprend-elle pas que sa mort est morte ?)
kundry-catherine-hunold-parsifal-critique-vick-wellber-classiquenewsReste Amfortas : Vick en fait une incarnation précise du Christ sanguinolent qui pleure le sang, impuissant à réparer l’unité du clan – Tomas Tomasson incarne un roi déchu, maudit et damné, et son chant privilégie la puissance sur la finesse / comme sa contrepartie maléfique, l’ignoble Klingsor (Thomas Gazheli), parfaitement abject, en slip et cigare, humiliant la pauvre Kundry, la forçant à séduire Parsifal comme elle l’a fait avec Amfortas. Les passages en ombres chinoises s’accordent idéalement au vortex musical pur (où le temps se fait espace), développant une réflexion sur la vanité des turpitudes humaines : la guerre, la lâcheté crasse, l’impuissance, la violence et la barbarie sous toutes ses formes… La direction de OM Wellber, directeur musical du Teatro Massimo (depuis la début de la saison 2020) sans être subtil reste efficace.  La production soulignait alors combien Parsifal méritait d’être produit dans la ville (Palerme) où Wagner l’a composé, une sorte de retour aux sources. Illustration : Catherine Hunold saisissante en Kundry (RD)

 

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ENGLISH BAROQUE SOLOISTS

monteverdi-ritorono-d-ulisse-patria-opera-gardiner-critique-review-classiquenewsMONTEVERDI / Monteverdi Choir, English baroque Soloists / Gardiner (2017) : Le Retour d’Ulysse dans sa patrie, Gardiner 2017, à voir dès le 24 avril 2020. The Monteverdi Choir, The English baroque soloists / John Eliot Gardiner proposent une série de captations vidéos pendant le confinement en accès gratuit depuis leur chaine Youtube. Dans le cycle de la trilogie des opéras de Monteverdi, l’ensemble britannique met en ligne ce jour (friday / vend 24 avril 2020 – 7 pm heure de Londres / 18h heure de Paris), la production du Ritorno d’Ulisse in patria / le Retour d’Ulysse dans sa patrie de Claudio Monteverdi captée à La Fenice de Venise en 2017 (version semi scénique). En ligne jusqu’au 9 juillet 2020. Le cycle complet des opéras de Monteverdi sera accessible ainsi quand le dernier ouvrage I’Incoronazione di Poppea sera mis en ligne le 1er mai 2020. VISIONNER le cycle des opéras de MONTEVERDI / Gardiner 2017

 

 

 

 

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TOURCOING, ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING
L’Etoile de Chabrier (nouvelle production, février 2020)

L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fév 2020. Nouvelle production. Dadaïste, loufoque,Éblouissante ETOILE de Chabrier à TOURCOING fantasque, en réalité de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mêle et Mozart et Offenbach en un délicieux théâtre poétique (Verlaine a participé au livret). Cette nouvelle production de son opéra comique L’étoile (1877) présentée par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un défi nouveau, devrait le démontrer en février 2020 (3 représentations). 7 ans après la défaite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugé suspect, au moins jusqu’au début des années 1890) et recherchent à régénérer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie déjantée du chant bellinien… sont autant de titres qui soulignent la facétie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. Réformateur mais raffiné. Un indécrottable auvergnat soucieux de réformer les codes de l’Opéra à Paris.
CLIC D'OR macaron 200Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrée par le Roi Ouf 1er, fou délirant égocentrique, on évite toute contestation au pouvoir pour éviter d’être condamné à mourir empalé ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – VOIR aussi notre REPORTAGE L’Étoile de Chabrier par l’Atelier lyrique de Tourcoing @studio CLASSIQUENEWS 2020 – Réalisation : Philippe-Alexandre Pham février 2020

 

 

 

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 TOUS LES OPERAS et productions lyriques actuellement accessibles dans le monde sur le site OPERA ON VIDEO

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CONCERTS LIVE

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AUX NOTES CITOYENS : de nouveaux concerts en directL’offre du Festival 1001 NOTES : « Aux notes citoyens »
https://festival1001notes.com
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-nicolas-horvath
Prochain concert live : Nicolas Horvath, jeudi 16 avril 2020, jeudi 30 avril 2020
https://festival1001notes.com/agenda/evenement/aux-notes-citoyens-nicolas-horvath


 

 

lille-pianos-festival-2020-annonce-concerts-festival-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : 100% digital, les 12, 13 et 14 juin 2020 – Crise sanitaire oblige, le LILLE PIANO(S) FESTIVAL est en 2020, 100% DIGITAL. Le Festival propose tout un cycle de concerts gratuits en direct et en rediffusion sur la chaîne youtube et la page facebook de l’Orchestre National de Lille (ON LILLE). Au total sur 3 jours, 30 artistes invités dans plusieurs programmes entièrement numérique. Ce sont 19 concerts en direct ou en différé qui porteront la flamme d’un festival parmi les plus importants de la capitale lilloise. Les performances sont assurées depuis l’auditorium du Nouveau Siècle à Lille mais aussi Brooklyn, Philadelphie, Amsterdam et Bruxelles ! Les musiciens de l’Orchestre National de Lille participent évidement à l’événement. Alexandre Kantorow (lauréat du dernier Concours Tchaikovski de Moscou, 2019) ouvre le bal avec un concert dès le 12 juin depuis le Nouveau Siècle à Lille… En en clôture, le Concerto n°3 pour piano et orchestre de BEETHOVEN (250 ans oblige en 2020 !), avec l’excellent David Kadouch accompagné par l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch (version pour orchestre à cordes, car l’orchestre a tenu à respecter les mesures sanitaires) : Dim 14 juin 2020, 20h – 20h40.

La programmation complète et les programmes des concerts sur le site de l’Orchestre National de Lille / page dédiée au Festival LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020, un festival entièrement digital : https://www.onlille.com/saison_19-20/lille-pianos-festival/

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VIVRE EN DIRECT Le LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020
sur Youtube
https://www.youtube.com/watch?v=zTniJB0ZeCc&fbclid=IwAR0WJttJu82PhUC_J6Tu-PUgMeBfx3NUR6nCut-RSKqbclBMPLu0N8I6Hk0

cliquez ici pour suivre le LILLE PIANO(S) FESTIVAL : lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DANSE

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Retrouvez ici les ballets les plus intéressants mis en ligne, dont Roméo et Juliette, La Pastorale par Malandain, Beethoven Project par Jiri Kylian, Crystal PITE (Boody and soul), Giselle…  http://www.classiquenews.com/vod-danse-pendant-le-confinement-les-perles-de-classiquenews/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYMPHONIQUE

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Vertiges symphoniquesBeethoven, Symphonie n°7 de Beethoven par Les Siècles, François-Xavier Roth (janvier 2020) – en replay jusqu’au 14 mars 2021 / L’excellence actuelle sur instruments d’époque. Une relecture lumineuse, intelligemment architecturée, instrumentalement ciselée…
http://www.classiquenews.com/beethoven-2020-symphonie-n7-par-les-siecles-fx-roth/

 

 

 Symphonies de GUSTAV MAHLER
par l’ON LILLE et Alexandre Bloch

 

 

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertLES SYMPHONIES de GUSTAV MAHLER par L’Orchestre National de Lille. Ce fut l’événement symphonique de l’année 2019 : les Symphonies de Gustav Mahler interprété en un cycle continu par les instrumentistes lillois et leur directeur musical Alexandre Bloch. Classiquenews a relayé et critiqué la plupart des sessions de cette quasi intégrale événement dans la vie et l’histoire de l’Orchestre fondé par Jean-Claude Casadesus. En voici les jalons marquants, qui permettent de suivre au sein dy cycle mahlérien, les avancées d’un collectif désormais soudé autour du charisme énergique de son chef… LIRE notre présentation du cycle Mahler par l’ON LILLE / Orchestre National de Lille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à suivre… Page régulièrement actualisée selon la diversité de l’offre disponible.

 

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REPLAY, DANSE pendant le confinement : les perles de classiquenews

REPLAY DANSE pendant le confinement. CLASSIQUENEWS sélectionne ici les meilleurs ballets actuellement accessible sur la toile, avec mention de la date ultime pour les voir et les revoir. Profitez du confinement pour réviser vos classiques et (re)découvrir les productions les plus passionnantes de la décade…

 

 

 

 spécial CONFINEMENT 2020

Sélection DANSE de classiquenews

Tous les ballets les plus enchanteurs à voir chez soi

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MERCE CUNNINGHAM, hommage par l’Opéra de Lyon
Jusqu’au 10 octobre 2020
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/1081207-l-hommage-a-merce-cunningham-par-le-ballet-de-l-opera-de-lyon.html
Durée : 1h06mn

 

 

exchange-cunningham-opera-de-lyon-danse-replay-danse-chez-soi-critique-annonce-ballet-classiquenewsHASARD CRÉATIF… Pour les 10 ans de la mort de Merce Cunningham (2009), le Ballet de l’Opéra de Lyon rend hommage en 2019 au chorégraphe américain, qui a réinventé dans les années 1940, le langage chorégraphique (postmodern-dance) dans un esprit libre et fantaisiste comme marqué par les impulsions nées du hasard dont aujourd’hui, la vitalité et la sincérité se distinguent. Ont collaboré avec le chorégraphe, le compositeur John Cage, les peintres néo-dadaïstes précurseurs du Pop art Robert Rauschenberg et Jasper Johns, les musiciens Morton Feldman et David Tudor, au générique de cet anniversaire lyonnais. Au programme, deux pièces majeures Summerspace (1958) et Exchange (New York, 1978 ; notre photo ci dessus).
Sur un fond de scène coloré en touches pointillistes reprises sur le collant des solistes (signé Robert Rauschenberg, pour Summerspace, jouée à deux pianos), l’écriture des 6 danseurs est aérienne, flexible, en suspension, très contrôlée, agissant par séquences plutôt que par numéros amples et continus, en une série de figures individualisées. En cela au diapason d’une musique, elle aussi jaillissante, syncopée, fragmentée, expérimentale comme improvisée et séquentielle (Feldman). Exchange plus récent, reprend le principe aléatoire de John Cage dans sa musique : comme dans l’atelier, ou la coulisse où s’affine le travail soliste et collectif, la moitié des danseurs exécute une série de gestes repris ensuite par l’autre moitié puis par l’ensemble, selon un ordre et des configurations nées du hasard. L’impression de work in progress est davantage rehaussé par la musique, une bande sonore agglomérant des sons bruts, ceux d’une matrice instinctive, comme inaboutie…

Chorégraphie : Merce Cunningham
Musique : Morton Feldman, Ixion
Ballet de l’Opéra de Lyon
filmé en nov 2018

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PROJET BEETHOVEN par John Neumeier
jusqu’au 12 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/095221-000-A/ballet-de-john-neumeier-le-projet-beethoven/

VOD-BALLET-ARTE-critique-danse-classiquenews-confinement-restez-chez-vous-VOD-danse-ballets-critiquesFilmé depuis Baden Baden. Dans son “Projet Beethoven”, le chorégraphe à Hambourg John Neumeier mêle les codes du ballet d’action (voire de la pantomime) au souffle grandiose du ballet symphonique. La première partie, « Beethoven Fragments », sollicite d’abord le piano (Variation Diabelli par l’excellent pianiste MichaÅ‚ BiaÅ‚k) et un grand solo de danseur dans le style d’un pantin qui exalte le sentiment d’énergie et de facétie… autour et sur le piano… illustrant les épisodes de la vie du compositeur ; la seconde partie revendique et assume le souffle symphonique en s’appuyant sur l’architecture irrésistible de la Symphonie n°5, « Eroica ».
Au Festspielhaus de Baden-Baden, le danseur Aleix Martínez se glisse dans la peau du musicien de génie. Sur scène, il est accompagné d’Edvin Revazov (l’idéal de Beethoven), d’Ann a Laudere (la « bien-aimée lointaine » de Beethoven), de Patricia Friza (la mère de Beethoven) et de Borja Bermudez (le neveu de Beethoven) pour les autres rôles principaux. John Neumeier parle d’un poème chorégraphique inspiré de la musique de Beethoven »… Par la troupe de danseurs Hamburg Ballett John Neumeier accompagné par Deutsche Radio Philharmonie.

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BEETHOVEN : La Pastorale par Thierry Malandain
6è symphonie de Beethoven
Jusqu’au 17 juin 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/094382-000-A/la-pastorale-de-thierry-malandain-au-theatre-de-chaillot/

mallandrin-pastorale-beethoven“La Pastorale » synthétise ce qu’est la Symphonie n°6 dite Pastorale de Beethoven, selon la conception du chorégraphe Thierry Malandain, directeur du Centre chorégraphique national de Biarritz. La création commande du Théâtre national de la Danse à Chaillot, célèbre le 250ème anniversaire du célèbre compositeur allemand. Cela commence dans l’agitation voire la transe collective d’un corps de ballet tout de noir vêtu, comme contraint dans un labyrinthe fait des barres des danseurs ; puis quand les premières mesures de la 6è symphonie de Beethoven, miracle pastoral s’énonce, le corps de ballet paraît en blanc, comme en un nouveau rituel païen et primitif…
Thierry Malandain n’en est pas à son premier Beethoven : après Les Créatures (d’après Les Créatures de Prométhée) et Silhouette (d’après le troisième mouvement de la Sonate n°30, opus 109), voici la troisième approche beethovénienne de Malandain. La Sixième Symphonie de Beethoven est une célébration de la nature. Sereine, exprimant le sentiment panthéiste de la Beethoven, le ballet qu’en déduit Malandain ressuscite la pastorale antique, primitive, fleurie et candide. Beethoven pour sa part semble reprendre le chaemin dupeintre baroque Poussin, et revisiter ainsi l’Arcadie de l’âge d’or : « terre de bergers où l’on vivait heureux d’amour ». En plus de la symphonie Pastorale, Malandain ajoute des extraits d’une autre Å“uvre de Beethoven : la Cantate opus 112 (Les Ruines d’Athènes). Les 22 danseurs semblent y parcourir une nouvelle épopée en Grêce antique. Performance captée le 17 décembre 2019 à Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris.

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giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenews-ballet-classiquenews-critique-ballet-danseOpéra de Paris, GISELLE jusqu’au 5 août 2020. L’Opéra de Paris présente cette lecture idéale de Giselle, ballet en deux actes créé en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grâce à son acte blanc, où les jeunes filles mortes suicidées par dépit (les Wilis) ressuscitent pour envoûter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposé par Théophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirènes elles aussi séductrices et fatales dans l’Odyssée d’Homère, pour Ulysse et ses compagnons marins… Excellente version avec les fleurons du corps de Ballet parisien et les nouvelles “étoiles”: Dorothée Gilbert (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Valentine Colasante (la reine Myrtha)…  portés par la baguette fluide, expressive, efficace de Koen Kessels (production filmée en 2019)

 

 

 

 

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BODY AND SOUL de Crystal PITE  jusqu’au 24 oct 2020

BODY-AND-SOUL-cristal-pyte-danse-ballet-opera-de-paris-ballet-chez-soi-opera-de-paris-critique-classiquenewsAprès la création de The Seasons’ Canon en 2016, Crystal Pite retrouve les danseurs du Ballet de l’Opéra le temps d’un spectacle. Soixante minutes découpées en autant de séquences dansées. Née au Canada, formée au Ballet de Francfort, la chorégraphe assimile Forsythe, Kylián, Mats Ek pour inventer sa propre langue chorégraphique. Elle insuffle au spectacle une énergie, un défi émotionnel qui pousse les danseurs au delà de leur zone de confort… pour un spectacle total. Ou la performance extrêmiste croise l’équilibre rayonnant de corps maitrisés.


VISIONNER Body and Soul de Cristal Pyte à l’Opéra de Paris
https://www.operadeparis.fr/magazine/body-and-soul-replay#slideshow_634/1
Mise en scène, chorégraphie : Crystal Pite
Musique Originale : Owen Belton
Musique additionnelle : Frédéric Chopin (24 Préludes) / Teddy Geiger Body and Soul   -   durée : 1h20mn. Avec les Étoiles : Léonore Baulac, Ludmila Pagliero, Hugo Marchand. Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris. Jusqu’au 24 oct 2020

PARTIE UNE… D’abord, une courte séquence théâtrale où paraissent deux figures que commente une voix off (Marina Hands) qui décrit et précise l’action comme un storyboard (« figure 1, Figure 2. pause. Aucune des deux ne bouge »)… Confrontation, opposition, combat, violence… le même scénario est incarné par un collectif qui réalise alors une variation à grande échelle et fragmentation orchestrée. Crystal Pite nous offre un regard flamboyant sur l’écriture chorégraphique entre théâtre et danse. Le corps de ballet n’est pas synchronisé mais décalé, offrant une implosion millimétrée d’un schéma préétabli… L’écriture interroge les corps en action : répétés, affrontés, ralentis. Couple (d’hommes, de femmes) en huis clos figé en un rite sombre, étouffant, sans issue, sinon leur mort. De l’un par l’autre. Ce que nous dit le corps. Ce que nous disent les gestes, d’une vertigineuse précision, investis par l’âme… l’onirisme naît au delà de la répétition mécanisée et finalement sublimée des corps dans un espace noir. Et lorsque s’égrène, très lente, la torpeur des préludes de Chopin, l’écriture des deux corps (un couple homme femme) semble répéter toujours inlassablement le même rituel amoureux… rite d’exténuation, de vertige, de mort. Il faut une houle océane dont le mouvement des vagues est évoqué par le corps de ballet en entier pour prendre un peu de hauteur ; enfin… respirer. Puis résister à travers une foule de corps combattant.

 

 

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Voici Chrystal Pite au travail, geste intime et collectif, organique, analytique. Elle intègre aussi un somptueux tableau (partie 3 à 59mn) où la gestuelle des insectes est décortiquée et là encore transcendée par la chorégraphie des corps associés…  La canadienne qui est née à Vancouver, a travaillé à Francfort au sein de la compagnie de William Forsythe, maîtrise le langage du corps de ballet, danse en nombre à laquelle répond de superbes duos à la grâce intime, plastique, élastique… Avant un final détonant qui reprend les paroles du titre dont il est question : corps et âme / Body and soul.  Sublime, puissant, poétique. Body and soul récidive la réussite du ballet précédemment créé à l’Opéra de Paris en 2016 : Season’s canon : mille pattes à 54 danseurs qui dit le même cri dans la nuit d’une humanité maudite. Mais qui danse.

 

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ROBERTO BOLLE 2017 / 2018 à la RAI1
Danseur étoile de la Scala di Milano
Star d’un soir dans une soirée dédiée à son art et ses goûts sur RAI 1 HD (Noël 2017 et 1er janvier 2018), Roberto Bolle présente sa discipline et sa passion pour la danse… L’élégance à la télévision italienne (invités entre autres son ami le danseur syrien Ahmad, Sting, etc…)
https://www.raiplay.it/video/2017/12/Roberto-Bolle-Danza-con-me-0cdfaee2-8e3a-4df7-b9fc-a56c6e3ced66.html

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE / Balanchine / Mendelsohn (filmé en 2017)
Corps de Ballet de l’Opéra de Paris – en replay jusqu’au 10 mai 2020

 

songe-d-une-nuit-d-ete-balanchine-mendelssohn-danse-ballet-critique-classiquenewsNOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’été. Dans cette version très limpide et efficace du Corps de Ballet de l’Opéra de Paris (filmée en 2017), rayonne l’élégance native des danseurs. Ainsi éblouit la grâce du couple royal d’abord en froid de Tatiana (Eleonora Abbagnato) et d’Obéron (Hugo Marchand) dont le fidèle serviteur Puck (Emmanuel Thibault) s’amuse à croiser les 2 couples perdus, égarés, paniqués dans le labyrinthe de la forêt magique… Même Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’âne Bottom… Sensible à la poésie du sujet, Balanchine déploie une écriture chorégraphique précise, graphique, ouvertement néoclassique, très en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’Opéra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvénile candeur à laquelle Balanchine apporte une révérence stylée purement néoclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / début à 1h10’52 / un final en argent et blanc, auquel répondent les épisodes qui suivent où triomphent l’ordre et la mesure, vrai répertoire de gestes et profils purement classiques d’un Balanchine épris d’équilibre et qui semble méditer alors la candeur du Songe légué par Shakespeare et Mendelssohn / superbe duo éthéré Karl Paquette / Sae Eun Park)… A voir indiscutablement.

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

LIRE aussi notre compte rendu critique du Songe d’une nuit d’été Mendelssohn / Balanchine ici : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-danse-paris-opera-bastille-le-14-mars-2017-balanchine-le-songe-dune-nuit-dete-simon-hewett-direction-musicale/ 

 

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Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (chorégraphie)arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenews
par le Royal Ballet / Prokofiev – Koen Kessels
Jusqu’au 8 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/088015-000-A/romeo-et-juliette/

ROMEO-JULIETTE-PROKOFIEV-MCMILLAN-Royal-ballet-BalletBoyz-critique-danse-ballet-classiquenewsDirigé par le duo fondateur des BalletBoyz, le Royal Ballet de Londres revisite le “Roméo et Juliette” du chorégraphe Kenneth MacMillan sur la partition coupée de Sergueï Prokofiev. Le film au rendu cinématographique sublime la tendresse et la tragédie du drame shakespearien. C’est l’histoire d’amour la plus connue au monde. Élevée au rang de mythe romantique, la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare inspire vorie électrise compositeurs et chorégraphes et devient comme ici un classique de la scène du ballet. La musique de Prokofiev âpre et mordante sait aussi être lyrique et éperdue, mais elle ne gomme pas le cynisme barbare des guerres familiales que le couple amoureux subit au premier chef. Pour ce film de danse, Michael Nunn et William Trevitt (BalletBoyz), anciens danseurs du Royal Ballet de Londres, revisitent le Roméo et Juliette du chorégraphe Kenneth MacMillan (1929-1992), joyau du répertoire de la compagnie britannique depuis sa première représentation en 1965.
Tourné à Budapest (dans les studios de la série The Borgias), le film délaisse la traditionnelle scène de l’opéra pour le réalisme de la rue. De la cour du marché à la salle de bal en passant par la chambre de Juliette, les décors restituent l’atmosphère de Vérone à la Renaissance. Autour des danseurs du Royal Ballet richement costumés, l’étoile Francesca Hayward (Juliette) et le premier soliste William Bracewell (Roméo) expriment la candeur tragique du couple shakespearien, adolescents innocents, sacrifiés sur l’autel des haines dynastiques. Réduite à 90 minutes, la partition de Prokofiev atteint une profondeur poétique saisissante dans ce ballet qui plonge au cœur du mystère shakespearien. Quand le couple Roméo et Juliette meurt, c’est toute l’humanité et le sentiment Amour qui meurent. La lecture est aussi efficace que classique et sobre.

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HOMMAGE A JEROME ROBBINS jusqu’au 19 avril 2020

faune-debussy-jerome-robbins-hommage-danse-critique-classiquenews-uNE-582Jerome Robbins considérait le Ballet de l’Opéra de Paris comme sa seconde famille après le New York City Ballet. Le spectacle diffusé à partir de ce soir depuis le site de l’Opéra de paris, est conçu en son honneur et réunit des œuvres qui témoignent de l’infinie diversité de ses sources d’inspiration et de son génie scénique. Energie de Glass Pieces, pièce de grand format ; douceur intérieure d’Afternoon of a Faun et de A Suite of Dances, … ainsi se dessine un goût délectable, accessible, esthète pour faire vibrer les corps. Avec l’entrée au répertoire du célèbre Fancy Free, portrait théâtral d’une époque, Robbins élargit encore la palette impressionnante de ses talents. Le ballet permet de revoir l’excellent Karl Paquette, ex étoile parisienne (Fancy Free) qui a désormais pris sa retraite…  comme de réécouter la poétique arachnéenne de Prélude à l’Après midi d’un Faune, (à 51’09), où la musique est poésie pure… et dans la danse de Robbins,  enivrement incertain des sens dans une salle de danse, au cours d’une rencontre qui ne dit rien de ses vraies intentions (Le Faune : Hugo Marchand, à la silhouette gracile et animale, celle d’une âme qui s’éveille seul au départ à la volupté du sommeil). Et l’indicible retourne au mystère… Inoubliable performance d’autant que l’orchestre de l’Opéra de Paris s’y montre des plus allusifs.  Filmé en 2018.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS… 
Le ballet de Debussy (Prélude à l’Après midi d’un Faune) est conçu comme un hymne à l’art du danseur, à sa volupté suspendue qui dans le cadre d’une salle de répétition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grâce poétique des deux corps élastiques dans un style d’une élégance toute… parisienne (écoute intérieure, économie des gestes, vocabulaire et figures classiques…).
robbins-opera-de-paris-replay-danse-a-la-maison-classiquenewsBeau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destiné au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mêle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarré et urbain. Puis le tableau s’assombrit, atteint une grandeur poétique inquiète où se dessinent les arêtes vives d’un seul couple de danseurs aux tracés ralentis, suspendus dans la lumière latérale, quand en fond de scène, toutes les danseuses forment un mur vivant dans l’ombre… Le dernier volet de ce triptyque réjouissant permet aux jeunes danseurs du Ballet d’exprimer leur énergie dans une chorégraphie joyeuse mais précise et synchronisée. Les garçons et les filles se confrontent, exultent, se croisent et se mêlent enfin pour un feu d’artifice final éclatant, dans la lumière. La musique de Philip Glass porte évidemment jusqu’à la transe cette danse du collectif et de l’énergie millimétrée. Stimulante alchimie : tout l’art de Robbins est là.

 

 

 

 

 

 

BEAU-LIVRE, DANSE, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (éditions Actes Sud).

fureur du beau akram khan fureur du beau livre danse critique classiquenews 9782330127541BEAU-LIVRE, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (éditions Actes Sud). Actes sud confirme sa passion des grands créateurs de la scène chorégraphique : après Anne Teresa de Keersmaeker, Carolyn Carlson, Pina Bausch, Sidi larbi Cherkaoui, la monographie dédiée au travail et à la personnalité du britannique Akram Khan est une immersion unique par le texte et la photographie dans ses oeuvres et son univers créatif. Britannique d’origine bangladeshi, Akram Khan est né en 1974 (Wimbledon, Londres). Il étudie à l’école Parts d’Anne Teresa De Keersmaeker et fonde sa compagnie en 2000. Il atteint une reconnaissance internationale depuis 2003-2004, avec deux pièces, Kaash et Ma. Parmi les spectacles les plus emblématiques de la Akram Dance Company, établie à Londres, on compte Until the Lions, Kaash, iTMOi, Desh, Vertical Road, Gnosis et Zero Degree, sans omettre 3 solos créé par le danseur chorégraphe lui-même et qui ont depuis installé sa notoriété : Polaroid Feet (2001), Ronin (2003) et Third Catalogue (2005) et aussi Xenos (l’étranger, créé lors des célébrations pour l’anniversaire de la guerre 14-18), viril, racé, avec lequel il a tiré sa révérence de danseur.

akram-khan-by-lisa-stonehouse-Complétant un texte écrit à deux voix / à deux corps : d’Akram Khan et de Farook Chaudhry, les deux fondateurs de la Compagnie de danse Akram Khan, deux carnets de photos s’imposent par la beauté des scènes : l’un en noir et blanc, le second en couleurs. Voici donc la troupe de danseurs, saisis en plein mouvement, à travers les 26 ballets créés en deux décennies. La vitalité et la force voire en effet la fureur du geste sont nées de cette rencontre spécifique entre les danses traditionnelles indiennes (le Kathak hindou par exemple) et le vocabulaire de la danse contemporaine, transmise par l’école Keersmaeker. Akhram Khan invente une danse incarnée et aussi militante pour la fraternité et la liberté ; cette généreuse humanité se lit dans chacun de ses ballets dont il fait un tremplin pour une prise de conscience. Le beau ici est spirituel. Photo :  portrait d’Akhram Khan © L Stonehouse.

BEAU-LIVRE, danse, critique. Akram Khan : La Fureur du beau (éditions Actes Sud). Parution : Décembre 2019 / 24,5 x 25,5 / 268 pages – Coédition AKRAM KHAN COMPANY / traduit du français par : Alain SAINTE-MARIE – ISBN 978-2-330-12754-1 – prix indicatif : 59€

https://www.actes-sud.fr/catalogue/danse/akram-khan-la-fureur-du-beau

LIVRE événement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau (Éditions Aedam Musicae).

rameau en un acte anacreon les actes de ballet 1745 1757 opera baroque francais editions aedam musicae annonce livre187LIVRE événement annonce. En un acte – Les actes de ballet de Jean-Philippe Rameau. Ouvrage collectif sous la direction de Raphaëlle Legrand, Rémy-Michel Trotier (Éditions Aedam Musicae). LABORATOIRE BAROQUE… le format court stimule la créativité du plus grand génie baroque français au XVIIIè : aux côtés de ses tragédie en musique, Rameau a développé toute sa vie, les ballets en un acte : plus qu’esquisse, écrin fougueux, audacieux, condensé d’invention musicales et d’idées dramatiques… Voici donc un état analytique de l’Å“uvre de Rameau “en un acte”, soit 11 ouvrages ici présentés, de 1745 à 1757, période de sa maturité, et qui dévoile l’une des facettes de son diamant poétique et musical (celui dont parle Francis Ponge, in Société du génie, 1961). En couverture, le salon en treillis d’Anacréon (1754 ; révisé en 1757 dans la Suite Les Surprises de l’Amour), pastorale héroïque d’un onirisme amoureux enivré, unique et singulier à son époque… où le vieux sage Anacréon finit par sceller le voeu qui unit Batyle à la charmante Clhoé.

Dans ces 11 ouvrages remarquablement commentés, se précise la fabrique poétique et musicale du grand Rameau. En témoignent, pourtant méconnus, le ballet en un acte Nélée et Mirthis, celui des Fêtes de Ramire ou encore la pastorale de Lisis et Délie … Les bijoux miniatures ne manquent pas ; mais ont passé inaperçus à côté des longues tragédies et des ballets composés de plusieurs entrées qui ont fait la renommée du musicien. Le travail des chercheurs a tenté ici d’identifier le catalogue, rétablir la chronologie des partitions, recomposer l’histoire des versions successives… Bien documentés au disque, Pigmalion, La Guirlande ou Zéphire sont toujours absents des salles, ; quels apports l’Anacréon de 1754, sur un livret de Louis de Cahusac, contenait-il vis à vis de celui écrit en 1757 avec Pierre-Joseph Bernard.
Contrairement aux idées reçues (et encore abondamment diffusées), Rameau inventeur musicien de génie, s’est soucié de la cohérence et du fini poétique de ses livrets. Ce sont moins ses poèmes choisis pour être mis en musique qui sont « médiocres » (jugement improbable au regard de l’indigence de notre époque) que l’esthétique poétique du XVIIIè qui devrait être alors reconsidérée. Ainsi Voltaire qui avait le projet d’un Samson avec Rameau, mais aussi Rousseau, Marmontel ou encore Collé qui coopèrent avec le génie musical de leur temps, livrant à la cour de Franc, les divertissements des saisons très privées du château de Fontainebleau.
Emblématiques d’une époque glorieuse pour le divertissement de cour en France, certains illustrent ainsi la quintessence du style Louis XV, comme La Naissance d’Osiris, Les Sibarites, la subtile pastorale de Daphnis et Églé…

En préalable à la première édition critique complète de leurs livrets, chaque opéra (acte de ballet) est analysé, à la lumière des contextes d’élaboration et des modalités de composition. Leur ancrage dans l’esthétique du milieu du XVIIIè, dans l’évolution sensible de la pratique théâtrale à l’époque de Rameau (machineries, chorégraphies, dispositif des décors, scènes et lieux de représentation…) est scrupuleusement documenté.
CLIC D'OR macaron 200Dans la partie III, celle dédiée aux approches formelles, l’analyse collective tend à redéfinir chaque acte de ballet comme autant de « miniatures » supportant une réévaluation en « macrostructures », c’est à dire des univers complets par eux-mêmes, où transpire partout « le soin extrême que Rameau mit à leur composition ». On est donc loin d’une contribution anecdotique : c’est tout un pan de l’œuvre de Rameau qui nous est enfin restituée. Grande critique à venir d’ici le 20 octobre 2019, dans notre magazine cd dvd livres sur CLASSIQUENEWS. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrée 2019.

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LIVRE ̩v̩nement annonce. En un acte РLes actes de ballet de Jean-Philippe Rameau
Ouvrage collectif sous la direction de Raphaëlle Legrand, Rémy-Michel Trotier
Date de parution : Septembre 2019 Р(AEM-187 Р̩ditions AEDAM MUSICAE).
Études réunies et présentées par Raphaëlle Legrand et Rémy-Michel Trotier
Avec la collaboration de Laura Naudeix et Thomas Soury
Et les contributions de Philippe Cathé, Vincent Dorothée, Julien Dubruque, Matthieu Franchin, Jean-Philippe Grosperrin, Rebecca Harris-Warrick, Hubert Hazebroucq, Sarah Nancy, Benjamin Pintiaux, Bertrand Porot, Théodora Psychoyou, Graham Sadler, Ana Stefanovic.

Avec la première édition critique complète des livrets des douze actes de ballet de Rameau.

DVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques)

coppelia-delibes-bolshoiballet-critique-danse-compte-rendu-review-dvd-ballet-classiquenews-musique-classique-classiquenews-bac163-cover-coppliarectoDVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques). Depuis 2012, le Ballet du Bolshoi ressuscite une nouvelle version plus romantique, assurément plus traditionnelle (décors, costumes, pantomime très inscrits dans l’esthétique d’un XVIIè repensé par la France des classes du XIXè, au début des années 1870). Ainsi dans cette chorégraphie repensée par le moderne Sergey Vikharev, d’après Enrico Cecchetti et Marius Petipa, la vision sociétale est simpliste parfois sommaire : les villageois dont font partie Swanilda (et son blé proclamé), et son fiancé, un temps volage, Frantz. La soldatesque d’autre part, celle qui fait l’admiration du jeune homme, qui chahute un tantinet le vieux Coppelius au début du II ; puis devant le seigneur, le spectacle, apothéose de la ballerina, la fiancée qui a su démasquer la poupée séductrice, la naïveté de Frantz, et aussi tuer le piège dans lequel le professeur Coppelius souhaitait emporter jusqu’à l’âme du jeune amoureux transi.

 
 
 

Coppelia version Vikharev (2009)

Le Bolshoï, un certain Classicisme nostalgique

 
 
 

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L’astuce de Swanilda, sa loyauté pour Frantz, son désir de rompre l’enchantement dont est victime ce dernier, sa compétence pour faire échouer l’œuvre machiavélique et mécanique de Coppelius, tout en le trompant, … triomphent dans l’acte III. Après la scène où la danseuse prend la place de la poupée – tableau d’une ambivalence délicieuse où la jeune fiancée illusionne la naïveté du pseudoscientifique (en lui faisant croire qu’une mécanique pouvait atteindre la vie elle-même, et donc la grâce d’une danseuse réelle), l’acte III est un tremplin somptueux où rayonne cette même élégance d’une Swanilda, jeune épouse victorieuse. Petipa révise le conte originel d’ETA HOFMANN dont le fantastique noir et tragique réservait un destin différent au jeune couple amoureux.

La production filmée par Bel Air classiques a été diffusée en juin 2018 en direct au cinéma, depuis la scène du Bolshoi. En voici la trace. Vikharev a déjà traité parmi les grands ballets du XIXè : La Belle au bois dormant, La Bayadère, Raymonda… en s’inspirant des témoignages d’époque, en particulier les usages et la pratique dansante à Saint-Pétersbourg. On se délecte ainsi du ballet des heures totalement restitué en déploiement collectif et force groupes de danseurs.

La magie de la partition de Delibes concourt beaucoup à la réussite de ce spectacle : les danses Czardas, Mazurka (début du II) – éléments du folklore d’Europe de l’Est, en gagnent une vivacité régénérée. Portés par le tapis orchestral, d’un raffinement inouï, et d’une très belle tendresse mélodique (proche des valses de Strauss), les deux rôles principaux brillent par un naturel élastique, aussi acrobatique qu’élégant : Margarita Shrayner dans le rôle de la courageuse Swanilda captive par sa grâce constante : légère, sincère, presque naïve au I ; puis astucieuse et plus dramatique au II ; impériale et souveraine au III. L’intelligence de la danseuse suit pas à pas l’évolution de son caractère selon les péripéties de l’action… laquelle est beaucoup moins décorative qu’il n’y paraît. Loin d’être nunuche, Swanilda ose déniaiser les mâles en présence : l’amoureux transi et pâlot Frantz, le fou laborantin Coppelius, convaincu qu’il peut donner vie à une mécanique en lui transférant l’âme d’un mortel… La victoire de la danseuse passe au III par la sublimation de sa chorégraphie qui en fait une héroïne de chair, une âme valeureuse qui pense et agit.  Un modèle du genre. L’interprète requise sait ciseler ses pas et ses figures avec une flexibilité admirable et un naturel qui rompt avec la pure technicité, ailleurs, froide et glacée. A ses côtés, malgré la fragilité et la minceur psychologique du personnage de Frantz, Artem Ovcharenko, habitué de l’œuvre, convainc lui aussi, comme le rôle de comédien moins de danseur, de Coppelius dont le mûr Alexey Loparevich fait une figure de caractère, cependant parfois un peu caricaturale.
La volonté de Vikharev est d’exalter le patrimoine russe quitte à manquer parfois de légèreté ou d’équilibre dans costumes et décors. Pour être concret, l’étalage de détails et d’accessoires comme de couleurs dans l’essor des costumes brouille souvent la lisibilité des mouvements. Ce culte nostalgique d’un âge d’or de la danse au Bolshoï marque les esprits par cet hyper classicisme de la forme, auquel la souplesse naturelle des deux solistes (Swanilda et Frantz) apporte une sincérité salvatrice. A connaître indiscutablement.

 
 
 

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Delibes : Coppélia [DVD & Blu-ray]
Ballet en trois actes

Musique : Léo Delibes (1836-1891)
Livret : Charles Nuitter & Arthur Saint-Léon d’après les contes fantastiques de E.T.A. Hoffmann

Swanilda : Margarita Shrayner
Frantz Artem : Ovcharenko
Coppélius : Alexey Loparevich
Huit amies : Xenia Averina, Daria Bochkova, Bruna Cantanhede Gaglianone, Antonina Chapkina, Anastasia Denisova, Elizaveta Kruteleva, Svetlana Pavlova, Yulia Skvortsova
Coppélia (Automate) : Nadezhda Blagova
Seigneur du manoir : Alexander Fadeyechev
Bourgmestre : Yuri Ostrovsky
Chronos : Nikolay Mayorov
Mazurka : Oksana Sharova, Alexander Vodopetov, Ekaterina Besedina, Dmitry Ekaterinin
Czardas : Kristina Karasyova, Vitali Biktimirov
Aurore : Anastasia Denisova
Prière : Antonina Chapkina
Travail : Daria Bochkova, Ksenia Averina, Maria Mishina, Stanislava Postnova, Tatiana Tiliguzova
Folie : Elizaveta Kruteleva

Corps de Ballet, Acteurs et Actrices du Théâtre Bolchoï
Élèves de l’Académie Chorégraphique de Moscou

Orchestre et Chœur du Théâtre Bolchoï
Direction musicale : Pavel Sorokin

Chorégraphie Marius Petipa, Enrico Cecchetti
Nouvelle version chorégraphique Sergey Vikharev
Scénographie : Boris Kaminsky
Costumes : Tatiana Noginova
Lumières : Damir Ismagilov

 
 
 

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Enregistrement HD : Théâtre du Bolchoï, 06/2018
Réalisation : Isabelle Julien
Date de parution : 12 avril 2019 / 1 dvd, Blu ray Bel Air classiques

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un œil d’homme, Cie Le Diable au corps

COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019.BIAC. Reflet dans un œil d’homme, Cie Le Diable au corps. Le titre de ce spectacle qui est autant danse qu’acrobatie, est repris de celui de l’essai de Nancy Huston, lui-même reflet aussi, me semble-t-il, du Reflet dans un œil d’or (1941) de Carson McCuller, dont John Huston tira un film avec Marlon Brando et Elisabeth Taylor : reflet et réflexion du désir, du regard, du miroir : un homme ne semble plus voir sa femme, regardée nue, la nuit, par un homme invisible regardé lui-même, nu, par le mari, transfert et transgression du regard dévié ou dévoyé de la femme, de la femelle, au mâle par le mari impuissant. Qui, dans un rigide et rigoriste monde militaire, tue son inavouable désir, pour le voyeur de sa femme, en le tuant. Un trio fantasmatique, fondamental donc, lié par le regard : de désir, devenu amour/haine.

Reflets, réflexions

 

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S’écartant du postulat imposé par Beauvoir, devenu credo féministe, fondé sur l’idée que l’identité sexuelle est construite moins par la nature que l’éducation, Nancy Huston estime que le sexe naturel conditionne certains comportements qu’il est vain de nier. Ainsi, elle s’attarde avec finesse à la rudesse même de certaines expressions masculines parlantes qu’une femme « nous a tapé dans l’œil. » Taper, attraper : mais qui attrape qui, dirai-je ? Le jeu du regard, de la séduction (qui l’a commencée ?) implique forcément l’autre.

Et je soulignerai encore l’évidente (qui se voit) dimension « scopique » de la pulsion érotique de l’homme, voir, regarder la femme, strip-tease, peintures de nus, photos, vidéos, cinémas le prouvent : la femme « objet », objet de désir, est aussi sujet qui le suscite, qu’on le veuille ou nie hypocritement. Notre culture, qu’on s’en réjouisse ou le condamne, je le souligne encore, a placé la femme au centre comme parangon de la beauté, que certaines cultures, la redoutant, voilent, occultent, effacent. Longtemps, comme chez les Grecs, dans son idéale nudité, l’homme fut érigé en modèle de la beauté, celle de la femme y étant tardive. Aujourd’hui, les hommes, sans doute aussi « cœur de cible » du marché, juste ou ironique retour, vivent la tyrannie comparative, dépressive, de la beauté parfaite d’athlètes dénudés argument de ventes de sous-vêtements ou autre.

La femme, du sol au ciel

Dans le noir, la vague luminescence murale de trois grands miroirs ovales : miroir que les trois protagonistes iront souvent consulter, pour se mirer, s’admirer. Au sol, en jeans, blouson de plumes et bottines rouges, bonnet cagoule couvrant la tête, une flaque forme inerte, oiseau ou femme abattus. Mannequin, puisqu’on voit entrer gracieuse silhouette, short et T-shirt rouge, cheveux courts, allurée, délurée, sourire aguicheur, la Femme, suivie des deux hommes, pantalons, veste, barbouillés de barbe.

L’un saisit le simulacre, le reflet de femme éteint ; l’autre étreint, élève l’être de chair sur ses épaules. Il semble que ce double mouvement, femme au sol, femme au ciel, décliné dans un vertige apparemment infini de formes, informe implicitement tout ce spectacle. L’un par le pied, l’autre par le bras, on ne peut traîner que la traînée : mais pied, pieds, bras, poings, mains sont aussi comme des articulations, des socles répétés, inépuisables de l’élévation de la femme toujours en pointe, toujours au sommet, défiant la pesanteur, entre ciel et terre. Au sens littéral, la femme est toujours exaltée,toujours posée ou projetée en haut : exhaussée. Mais exaucée ?

Entre chorégraphie et acrobatie, dans une continuité musicale, soutenue par la musique ou retenue par le silence et la suspension de notre souffle ému,c’est un enchaînement presque ininterrompu, un maillage vertigineux qui semble pouvoir aller à l’infini de figures acrobatiques dont la femme est pratiquement toujours la pointe extrême d’un obélisque masculin ; on lit toute une syntaxe gymnique dont nous déplorons de ne pas posséder le lexique pour en dire la richesse et la complexité, la beauté, sa vélocité et variété défiant la description, et même la captation en notes forcément succinctes sur un calepin dans le noir de la salle : femme jetée, projetée en sauts périlleux, juchée sur des épaules, une tête, sur un pied, sur une main, articulée aux hommes par la poigne, le poignet,géométrie de corps verticaux, de membres parallèles, tendus vers le ciel ou étendus au sol.

  
Femme, du ciel au sol

Si la tentation du ciel est évidente aspiration, pulsion de vie mais en instable équilibre conquis par la savante virtuosité des corps,l’étalement au sol, pulsion de mort,semble parfois létal : sur les accords de cordes déchirants et funèbres de La jeune fille et la mortde Schubert, en vive symétrie avec le mannequin mort, s’engage toute une agitation morbide autour de la femme et son leurre. Peut-être en souvenir de la Poupée de Bellmer et ses avatars, s’instaurent des jeux sadomasochistes où le sujet devient objet et vice(si vice il y a)versa : à la femme manipulée, au sens physique littéral d’en jouer avec les mains, répond la main de la femme sur l’homme, la gifle, doublée, triplée, multipliée à la volée sur la joue de l’un des hommes qui la reçoit, symétriquement subie par l’autre qui la ressent. Il y aura aussi la révolte de la bastonnade infligée par la femme à l’un, comme la gifle, reçue en coupable symétrie par l’autre.

Dans une troublante confusion entre femme et mannequin, le duo d’hommes traînera ces corps flaccides sur le sol, les emportera sur l’épaule comme trophées glorieux ou dépouilles macabres d’une guerre des sexes. Certes, il y aura eu, narration plus simple, la paix vitale de l’amour, de l’érotisme de l’un face au miroir à deux et trois. Toutes les combinaisons du jeu sexuel en trio, et même au carré du mannequin, sont furtivement figurées : face à face ou l’on agrée, mais pour agresser sexuellement, femme en sandwich, étreinte, baiser entre les deux hommes, l’un couché sur le dos de l’autre ; elle, jouant avec le simulacre de femme. Amoncellement de corps enlacés sans lascivité.

 

 
 
 

Miroirs

 

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Une vivifiante chanson de Barbara moquant avec tendresse les hommes et d’autres rythmes dansants toniques sont, dans la tonalité sombre des éclairages, des halos lumineux, des respirations moins oppressantes. Comme des regards, ces trois miroirs du fond de scène sont égalitaires : à chacun son image, ils s’y dénueront et rhabilleront plusieurs fois, avec une célérité qui laisse pantois, tenant ostensiblement culotte ou slips du bout du bras. Le miroir est le regard de l’autre réduit à soi.

Nudité partielle, entière, totale à d’indiscrètes mains près cachant justement avec prestesse les bijoux indiscrets des sexes. C’est fascinant sans être jamais dérangeant. Le trouble, c’est cet équilibre acrobatique chaque fois défié et vaincu mais jamais troublant sexuellement. D’ailleurs, comme un cache-sexe, il y a l’humour : se faire récurer le nez, sans doute pour laver du soupçon d’esthétisme ou de pornographie chasse, par des éternuements, toute nébulosité libidinale : le physiologique vient détourner du strictement physique. On le sait :il suffit d’à peine un rire pour casser l’ambiance collective la plus érotique.

Un vaste miroir rond tendu vers nous sert de bouclier, tel celui de Persée envoyant son reflet à la Méduse qui en est terrassée, vaste feuille de vigne, à ces deux Adam et cette Ève dans le Paradis innocent de leur nudité. Dans une lumière caravagesque, clair-obscur, superbe fresque, frise plastique mouvante mais jamais émouvante sensuellement ; sa beauté même en neutralise l’impact charnel : l’esthétique sublime, sublime, épure l’érotique.

Les gymnastes, s’en cachant le corps nu, nous tendent ainsi, malicieusement, le grand miroir de nos fantasmes, qui ferait mieux de réfléchir avant de renvoyer les images confuses de vagues désirs frustrés. Si désir il y a. Comme pour conjurer sans doute la charge érotique qu’ils prêtent à leurs corps à la plastique parfaite en regard des canons généraux du tout-venant, eux-mêmes en font la critique ouvertement, à haute voix, devant ce même miroir. Mais pieuse précaution inutile selon nous : en effet, la stupéfiante virtuosité vertigineuse de leurs acrobaties capte toute notre attention, cristallise notre angoisse ; on craint tellement, sinon un accident, du moins un incident, qu’il n’y a plus d’incidence d’indécente volupté, et toute cette sexualité affichée dans sa somptueuse beauté plastique est tout, sauf sensuelle.

 

 
 
 

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COMPTE-RENDU, danse. MARSEILLE, le 5 janvier 2019. BIAC. Reflet dans un Å“il d’homme, Cie Le Diable au corps 

 

LA CRIÉE, MARSEILLE
DU 2 AU 6 JANVIER 2019
DANS LE CADRE DE LA BIAC
Reflet dans un œil d’homme
Compagnie Le diable au corps

 

DISTRIBUTION

Michaël Pallandre : Direction artistique/Mise en scène et Interprète
Caroline Le Roy : Interprète
Adria Cordoncillo : Interprète
Samuel Matton : Régie son et lumière
Vincent Millet : Création Lumière
Judith Dubois : Accessoiriste / Création des mannequins
Anne Jonathan : Création costumes
Mélinda Salasar :Graphisme
Jean-Philippe Nicole : Outils Vidéo

Coproduction Circa, Pôle National Cirque – Auch Gers Occitanie / Le Verrerie d’Ales, Pôle National Cirque – Occitanie

Photos : 1, 7 , 8 ©Christophe Payot; les autres : ©lan Grandjean.

 

DANSE. 47̬ PRIX de LAUSANNE : 4 Р10 f̩vrier 2019

lausanne-prix-de-lausanne-jeunes-danseurs-edition-2019-fevrier-annonce-palmares-sur-CLASSIQUENEWS-actualites-ballet-et-danse-classiquenewsDANSE. PRIX de LAUSANNE 2019, 47ème édition. A Lausanne (Suisse), le Concours international pour jeunes danseurs a lieu au Théâtre de Beaulieu. La 47e édition du concours international de danse débute aujourd’hui, lundi 4 février 2019 au Théâtre de Beaulieu avec en point de mire des jeunes talents de la danse, la Finale, samedi 9 février 2019. Cette année, 75 jeunes danseurs de 19 nationalités différentes participent au Concours. Les 75 participants ont été accueillis hier au Théâtre de Beaulieu. Ils passeront la semaine sous l’œil attentif de professeurs et de coachs de renom, pour travailler variations classiques et contemporaines. Vendredi 8 février 2019, ils présenteront leur travail devant les 9 membres du jury pour être sélectionnés pour la Finale (le lendemain 9 février 2019).

 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenews EN DIRECT SUR LE NET… Suivez en live-streaming soit 6 heures de direct par jour, le travail des jeunes danseurs, les étapes de la compétition et le palmarès final 2019, sur ARTE Concert et sur le site du Prix de Lausanne. Les Sélections du 8 et la Finale du 9 février 2019 sont retransmises dans leur intégralité. Tout comme en 2018, le public peut soutenir le jeune danseur de son choix en faisant un don via la campagne de crowdfunding en ligne et en votant pour son finaliste favori. La somme récoltée sera partagée entre le lauréat du Prix du public (vote de la salle) et le lauréat du Prix du public web. Cette somme les aidera à rejoindre l’école ou la compagnie partenaire de leur choix.

 
 

 

 

Un mot de Kathryn Bradney, directrice artistique et exécutive

« Je suis très enthousiaste quant au début de cette semaine ! Elle sera illuminée par le talent des jeunes et exceptionnels danseurs ! L’excitation sera palpable dans l’air lorsque les candidats danseront devant le jury, constitué de directeurs et de grandes stars du monde du ballet. Le Président du jury de cette année, Carlos Acosta, a remporté la médaille d’or du Prix de Lausanne en 1990 et a continué son extraordinaire carrière de danseur international. Cette semaine promet d’être une expérience inoubliable pour tous ! »

 
 

 

 

Life Time Achievement Award 2019
Hommage spécial à Marcia Haydée… Après la Finale, le Prix de Lausanne remettra le Life Time Achievement Award 2019 à l’ex danseuse Prima ballerina, Marcia Haydée. Née à Niteroi / Rio de Janeiro au Brésil, Marcia Haydée a inspiré de nombreux grands chorégraphes dont John Cranko, Maurice Béjart et John Neumeier. Elle fut Directrice du Ballet de Stuttgart de 1975 à 1996 et également Directrice du Ballet de Santiago de 1992 à 1995. Depuis 2004, elle occupe à nouveau cette place. La légendaire danseuse, qui s’est produite sur les plus grandes scènes du monde et qui a été encensée par la critique internationale, sera présente à Lausanne lors de cette 47e édition.

 
 

 

 

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Prix de Lausanne 2019, 47e édition
Ouvert au public du lundi 4 au samedi 9 f̩vrier 2019 РTh̢̩tre de Beaulieu

Infos & Billetterie
Sélections : prixdelausanne.org/fr/concours/billetterie-programme/
Finale : complet

 
 

 

 

EN DIRECT sur INTERNET, du 4 au 10 février 2019
ArteConcert
sur le site du Prix de Lausanne

lausanne-prix-de-lausanne-jeunes-danseurs-edition-2019-fevrier-annonce-palmares-sur-CLASSIQUENEWS-actualites-ballet-et-danse-classiquenews

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RESUME de l’événement : Créé en 1973, le Prix de Lausanne est un concours international annuel pour jeunes danseurs âgés de 15 à 18 ans. Son objectif est de repérer, promouvoir et aider les jeunes talents. Parmi les plus prestigieuses écoles et compagnies de danse du monde, plus de 70 d’entre elles sont associées au Prix de Lausanne et soutiennent ses activités. La liste des partenaires du concours compte notamment : le Royal Ballet de Londres, l’École du Ballet de Hambourg (John Neumeier), l’École de danse du Ballet de l’Opéra national de Paris, l’Académie Princesse Grace de Monaco, l’Académie de Danse Vaganova de Saint-Pétersbourg, le Ballet de Hong Kong, l’école de l’Australian Ballet ou l’école du San Francisco Ballet. 
 

 

 

danseur-jeune-danseur-prix-de-lausanne-classiquenews-concours-finale-actualites-infos-musqiue-classique-danse-opera-sur-classiquenewsLe Prix de Lausanne est un concours unique qui représente depuis plus de 46 ans une extraordinaire expérience pour une sélection annuelle de jeunes talents à haut potentiel. Il leur permet de renforcer leurs compétences, de continuer leur formation grâce à une bourse d’écolage et d’entrer dans le monde professionnel. C’est aussi l’occasion pour les professionnels de la danse de venir observer et rencontrer les candidat/e/s. Lausanne est ainsi la capitale mondiale des jeunes danseurs durant la semaine du concours.

 
 

 

 

47̬ Prix de Lausanne : 4 Р10 f̩vrier 2019

 
 

 

 

DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159)

dvd NAHARIN OHAD the art of batsheva dance company critique dvd critique cd classiquenews critique par classiquenews bac159-cover-ohadnaharinrectoDVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN (1 dvd BelAir classiques BAC159). Créée en 1964 à Tel-Aviv, la Batsheva Dance Company est dirigée depuis 1990 par Ohad Naharin. Le travail du chorégraphe s’affirme ici dans deux de ses ballets (filmés à Chaillot, lieu des premières révélations du style Naharin) qui intègrent à l’évidence sa technique « gaga » qui prône « l’exploration des sensations et la disponibilité du corps ». En résulte une célébration du corps libéré (et parfois disloqué, mais étrangement élastique), et collectivement réconcilié ; c’est évidement le cas du premier ballet, – NAHARIN’S VIRUS »… Å“uvre commune, conçue en 2000 à plusieurs (fruit de riches réflexions entre Naharin et les danseurs de la compagnie) ; c’est une offrande chorégraphique et musicale à partir du texte polémique de l’autrichien Peter Handke, « Outrage au public ». Comme l’engagement du chef isréalien, Daniel Barenboim, le chorégraphe Naharin fait danser sa compagnie sur la musique traditionnelle conçue par un palestinien. D’où la volonté ici comme là, de revendiquer qu’il ne peut y avoir de solution au conflit au Proche-Orient, sans une réconciliation des deux nations voisines. Dans cette volonté d’exacerber la volute des corps au delà de leurs possibilités mécaniques ou musculaires, n’y aurait-il pas au fond, l’activité d’un autre langage qui veut dire ici, dans cet espace où ne jouent plus le langage habituel et la parole, ni la violence des armes, la fraternisation et l’arrêt de toute haine ?

naharin ohad dvd ballet classiquenews critique dvd critique cd the art of ohad naharinLa fragmentation qui semble piloter le mouvement des danseurs dans la seconde chorégraphie, « Last Work » (Dernier ouvrage et non Le dernier ouvrage), est là aussi un ballet manifeste dans lequel Naharin milite pour la paix, contre la propagande qui manipule les esprits ; l’un des danseurs en pleine transe techno semble se masturber… en fait il astique le canon de son arme qui ne tarde pas à projeter ses balles… le chorégraphe pose un regard brut, ciselé sur notre monde sans valeurs, sans âme, dont la barbarie croissante signe sa chute annoncée. Naharin en a composé lui-même la musique (sous le pseudo Maxim Warrat) : dans ce chaos protéiforme où chacun joue une partition déréglée, pèse cependant l’intelligence de la foule qui est une folie. Au juste quel est la direction et le sens d’un groupe humain ? Est-il un chorégraphe aussi interrogatif que Naharin ? Grande critique du dvd NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK à venir dans le mag cdn dvd, livres de classiquenews.com

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DVD, annonce. THE ART OF OHAD NAHARIN : NAHARIN’S VIRUS et LAST WORK – Batsheva Dance Company – Ohad Naharin, chorégraphie (1 dvd BelAir classiques BAC159)

THE ART OF OHAD NAHARIN 
NAHARIN’S VIRUS
de Ohad Naharin
d’après la pièce de Peter Handke Outrage au public
Avec William Barry, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Iyar Elezra, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Rachael Osborne, Shamel Pitts, Oscar Ramos, Nitzan Ressler, Ian Robinson, Or Meir Schraiber, Maayan Sheinfeld, Bobbi Smith, Zina (Natalya) Zinchenko, Adi Zlatin
Musique originale et conseiller musical : Karni Postel
Musiques additionnelles : Samuel Barber, Carlos d’Alessio, P. Stokes & P. Parsons
Musique traditionnelle arabe : Jana Jana, Al Ghariba, Lesh Insfar interprété par le groupe Al Majad, fondé par Habib Alla Jamal
Arrangement, Oud : Shama Khader
Chant : Shama Mazen
Conception des costumes : Zohar Shoef
Lumières : Avi Yona Bueno (Bambi)

LAST WORK
de Ohad Naharin
Avec Billy Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Omri Drumlevich, Bret Easterling, Hsin-Yi Hsiang, Chunwoong Kim, Rani Lebzelter, Eri Nakamura, Ori Moshe Ofri, Nitzan Ressler, Or Meir Schreiber, Maayan Sheinfeld, Yoni (Yonatan) Simon, Amalia Smith, Bobbi Jene Smith, Zina (Natalia) Zinchenko
Musique originale : Grischa Lichtenberger
Musiques additionnelles : Sagat, Hysterics, MPIA3, Monkeys, Luminox, Lullabies-Of-Europe, Clara Rockmore
Scénographie : Zohar Shoef
Costumes : Eri Nakamura

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Chaillot – Théâtre national de la Danse | 2014 (Naharin’s Virus) • 2017 (Last Work)
 / Réalisation : Tommy Pascal
Date de parution : 25 janvier 2019
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD 
Référence : BAC159
Code-barre : 3760115301597
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0
Code région : 0

1 BLU-RAY 
Référence : BAC459
Code-barre : 3760115304598
Durée : 129 min.
Naharin’s Virus : 63 min.
Last Work : 66 min.
Langue originale (Naharin’s Virus) : FR
Sous-titres (Naharin’s Virus) : ANG
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0
Code région : A, B, C

Jeunes danseurs : à quoi rêvent-ils ? Docu inédit sur France 3

france3 logo 2014docu-danse-320-406-home-tlee-france-3-reve-de-garcon,-jeunes-danseurs-documentaireFrance 3. Samedi 21 juin 2014, 15h20. Jeunes danseurs, docu. “Son rêve à lui…” Pour quelles raisons de jeunes garçons décident-ils de se consacrer corps et âme à la danse ? Pression familiale, vocation personnelle… Sous le regard d’une ancienne étoile de l’Opéra de Paris, Patrick Dupond, trois jeunes danseurs en herbe témoignent face à la caméra : aspirations, douleurs, dépassement, passion… Les défis physiques valent-ils le plaisir d’être un jour une étoile de la danse ? C’est quoi son rêve à lui ?

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Notre avis. Passionnante immersion dans les rêves du jeune danseur : pourquoi danser et devenir étoile ? Que peuvent le corps et l’esprit face à une « révélation » (acte I) qui si elle s’appuie sur une forte « détermination » (acte II) peut aboutir à la « consécration » (acte III)… En trois volets, les réalisateurs interrogent à Tours les rêves du jeune Edgar (8 ans), que la dureté et la trop contraignante discipline pour son jeune âge finissent par faire capituler : il ne sera pas étoile. Puis c’est à Marseille que s’épanouit malgré la douleur du corps, l’austérité d’une vie étudiante aménagée et sans pauses, la vocation et la passion d’Alban (15 ans), vraie graine de star, encore enfant et presque adulte : un adolescent qui s’accroche à sa vocation car la danse, malgré la technique et les codes stricts, ouvre une libération du corps et de l’esprit. Son témoignage est de loin l plus bouleversant. Enfin, c’est à Paris, le premier danseur à l’Opéra de Paris, François Alu (20 ans) qui, frappé par la figure de Patrick Dupond à la télé, a souhaité dès 6 ans être danseur. La vocation ne s’explique pas et c’est bien tout le mystère de l’origine du danseur. François n’a pas le physique ordinaire du danseur classique pourtant à en juger par les rares images de spectacle qui le fait paraître, il a des sauts d’une très impressionnante amplitude, un ballon spectaculaire qui rappelle combien l’exercice relève d’un sport de très haute technicité (d’où les séances de massage qui peut aider à la récupération du corps, entre deux représentations).

 

 

Alu_francois-premier danseurLe docu cible les aspirations et la réalité de la danse vécue par trois garçons, à trois âges différents. Chaque épisode est parsemé de témoignages, celui des professeurs qui accompagnent chacun des trois héros ; Patrick Dupond en témoin référence apporte son propre éclairage sur une vie d’Etoile. Le regard est sans appel, parfois amer, souvent militant et engagé, vécu donc précieux : « pour le danseur, rien n’importe plus que la scène ; et à chaque succès ou chaque échec, il faut penser à faire mieux, y puiser une nouvelle source d’apprentissage et dépassement »…
Torture et souffrance ou libération et accomplissement ? La danse classique fascine par sa haute technicité. L’idée de se dépasser et de se libérer grâce à l’expérience de la scène, porté par les saluts du public est l’autre aspect d’un art dont la quête de la grâce habite chacun des 3 jeunes danseurs ici filmés.  Si certains dénonce une école de la torture, le cas emblématique des trois sujets du reportage confirme que d’abord, il s’agit d’une décision libre et personnelle. Passionnant.

Son rêve à lui… Film inédit d’Olivia N’Ganga et Mikaël Dinic, 52 mn, 2014. Illustrations : les jeunes danseurs du doc : Edgar (8 ans), François (20 ans).

Livres. Les Grandes Étoiles du XXème siècle (Buchet Chastel)

Livres. Les Grandes Étoiles du XXème siècle (Buchet Chastel). La vie d’une ” étoile ” de la danse (le terme a été créé pendant l’occupation par Serge Lifar), au sommet de ses possibilités, ne dure guère plus de 30 ans : c’est un papillon magnifique qui transcende l’instant avec cette habile combinaison entre haute technicité, style, élégance, et parfois une puissante expressivité celle plus rare, d’un vrai tempérament tragique ou pathétique. Les rôles des ballets romantiques surtout offrent en effet des possibilités réelles pour les danseurs qui sont aussi acteurs.

Les grandes étoiles du XXe siècle. Gérard Mannoni
grandes_etoiles_XXeme_siecleVoici donc le trop court portrait de 50 artistes mémorables ayant marqué l’histoire de la danse au XXème siècle soit par le seul pouvoir de leur interprétation soit aussi comme maîtres de ballet et comme chorégraphes… Tous, russes, français, britanniques, italiens… ont ébloui sur la scène du monde chorégraphique à la Scala de Milan, au Royal ballet de Londres, au Palais Garnier et à Bastille à Paris… 
Pour chaque hommage évocation, comportant le portrait photographique des intéressés, l’auteur retrace les principales étapes de sa vie et de sa carrière, tout en analysant les spécificités de son art.
Parmi les anciens, souvent devenus légendaires : Carlotta Zambelli née en 1875, qui bissait avec quel éclat, les pizziccati de Sylvia, sommet de la musique chorégraphique et romantique française signée Delibes ; Isadora Duncan née en 1877, pionnière absolue d’une modernité dont sont redevables aussi Loïe Fuller, Martha Graham… ; les divinités russes Pavlova, surtout Karsavina née en 1885 (muse poétique qui fit la grandeur des Ballets Russes de Diaghilev) ; mais aussi les hommes eux aussi acteurs d’une modernité encore admirable, souvent danseurs ET chorégraphes tel Vaslav Nijinski (né en 1889 dont la carrière fut aussi brêve que génial, entre autres au sein des Ballets Russes…) ; Fred Astaire (né en 1899 : un dieu plus du cinéma que de la danse classique mais adulé des grands du XXè tel Roland Petit); les anglais racés élégantissimes  Anton Dolin (né en 1904) ou Anthony Dowell (née en 1943, le partenaire de Noureev dans le film Valentino); Serge Lifar (1905-1986) qui choisi par Rouché en 1930, assura à Paris, la gloire toujours vacillante du Ballet parisien pendant l’occupation ; ce sont évidemment les Russes triomphants comme Noureev ou Barychnikov… sans omettre Yvette Chauviré, Margot Fonteyn, et plus proches de nous encore, Patrick Dupont né 1959 (et sa carrière fulgurante écourtée), Charles Jude, Agnès Letestu, Elizabeth Platel, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche … c’est à dire les plus grand danseurs solistes du ballet de l’Opéra de Paris. Même si la place manque toujours pour un panthéon aussi abondant en stars et étoiles, il est inimaginable qu’une danseuse de l’importance de Marie-Agnès Gillot ne figure pas ici. Un autre volume s’impose évidemment tant celui ci, écrit par un passionné accessible de la danse classique, stimule l’imaginaire et suscite l’envie d’en connaître davantage sur chaque interprète ainsi évoqué. Publication incontournable.

Liste exhaustive des artistes présents, par ordre d’apparition (et de date de naissance) dans le livre : Carlotta Zambelli – Isadora Duncan - Anna Pavlova - Tamara Karsavina – Vaslav Nijinski - La Argentina - Olga Spessivtseva - Fred Astaire - Anton Dolin - Serge Lifar - Kazuo Ohno - Galina Oulanova – Alicia Markova - Yvette Chauviré. – Margot Fonteyn – Rosella Hightower – Alicia Alonso – Serge Golovine - Zizi Jeanmaire – Maïa Plissetskaïa - Eric Bruhn – Claude Bessy - Antonio Gades - Carla Fracci - Rudolf Noureev – Natalia Makarova - Vladimir Vassiliev - Cyril Atanassoff – Ghislaine Thesmar – Anthony Dowell - Noëlla Pontois – Suzanne Farrell – Peter Martins - Jorge Donn – Mikhaïl Barychnikov - Dominique Mercy - Charles Jude - Elisabeth Platel - Patrick Dupond – Isabelle Guérin - Laurent Hilaire - Alessandra Ferri – Manuel Legris – Sylvie Guillem - Julio Bocca - José Martinez - Agnès Letestu - Tetsuya Kamakawa - Nicolas Le Riche - Uliana Lopatkina - Aurélie Dupont - Roberto Bolle – Svetlana Zakharova

Livres. Les Grandes Étoiles du XXème siècle (Buchet Chastel). Série : Les Grands Interprètes. Date de parution : 16 janvier 2014. Format :14 x 20,5 cm, 360 p., 23.00 €. ISBN 978-2-283-02713-4

Gala du tricentenaire de l’Ecole française de danse

Télé. Arte. Gala 300 ans de l’Ecole française de danse, 28 avril 2013,20h45

Ballet. Soirée chorégraphique.

Casse-NoisetteLe 11 janvier 1713, Louis XIV à la fin de son règne, décrète l’existence de l’institution qui est aujourd’hui, l’Ecole française de danse. La tradition chorégraphique officielle en France remonte aux Valois et avant eux aux monarques hexagonaux qui avaient bien compris l’usage structurant des ballets de cour dans la vie politique. En 2013, pour le tricentenaire de l’Ecole, Arte diffuse une série (Graines d’étoiles) dévoilant le quotidien des jeunes danseurs de 8 à 18 ans, confrontés à la discipline et à l’émulation chorégraphique. C’est aussi comme ce soir, la diffusion de la soirée de gala à l’Opéra Garnier à Paris, où les Etoiles et le corps du Ballet de l’Opéra national de Paris fait démonstration de son excellence technique et stylistique entretenue ainsi depuis 300 ans.

Les Petits Rats de l’Opéra (série télé sur Arte, 21 et 28 avril 2013)

Télé, Arte. Les rats de l’Opéra de Paris. Les 21 et 28 avril 2013, 16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 épisodes sur la formation des jeunes danseurs à l’Opéra de Paris…

En 6 épisodes de 26 mn chacun, Arte souligne les 300 ans de la naissance de l’Ecole française de danse à travers une série documentaire sur l’apprentissage des jeunes danseurs de 8 à 18 ans…

rats_opera_garcons_danseursDe Septembre 2011 à juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’Opéra national de Paris apprennent les rudiments du métier à travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps décriée et dénoncée… Immersion dans le quotidien de l’effort esthétique, de l’athlétisme chorégraphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du répertoire… Les 21 et 28 avril à 16:20. Inédit. Feuilletons documentaires à l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013. (Arte, 6x26mn).

Les petits rats de l’Opéra

Une année au cÅ“ur de l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris, de septembre 2011 à juillet 2012. La réalisatrice Françoise Marie filme les premiers pas des jeunes rats de l’Opéra : apprentissage, discipline, confrontation à la magie et à la dureté de la scène mais aussi pour l’Å“il de la réalisatrice, passage de l’enfance à l’adolescence et au monde adulte… L’Ecole de Danse de l’Opéra national de Paris, fondée il y a 300 ans, est aujourd’hui un lieu mythique, de réputation internationale. Elle s’est trouvée pendant 150 ans au cÅ“ur même du prestigieux Palais Garnier à Paris. Aujourd’hui, l’école se trouve à Nanterre, en banlieue parisienne, dans un lumineux bâtiment signé Portzamparc. Elle compte 130 élèves âgés de 8 à 18 ans, portés par un même désir : danser un jour dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris. 
Témoin privilégié, la caméra de Françoise Marie les a accompagnés le temps d’une année scolaire.

Arte, les 21, 28 avril 2013, 16h20 
Diffusion des épisodes
Dimanche 21 avril 2013, 16h20
3 épisodes: 1, 2, 3.
1)   La rentrée
Septembre 2011. Une nouvelle année débute à l’Ecole de Danse de l’Opéra qui compte 130 enfants âgés de 8 à 18 ans. Il y a ceux dont c’est le premier jour. Il y a ceux qui retrouvent avec satisfaction un univers familier. Il y a ceux qui viennent de loin : Italie, Finlande, Chine… le film explore les sentiments, attentes, craintes des élèves danseurs en ne privilégiant aucun en particulier.
Chaque matin, à 8 heures, dans le bâtiment dédié à la scolarité, les élèves de l’Ecole grimpent les marches qui vont les mener de l’école primaire à la terminale.  L’après-midi est, lui, dédié à la danse. Dès la rentrée, à peine achevé le discours de bienvenue prononcé par la Directrice et danseuse étoile, Elisabeth Platel, l’école entre en effervescence, avec la préparation du défilé : chaque année depuis 1949, le corps de ballet et l’école de danse défilent ensemble sur la grande scène de l’Opéra Garnier, sur l’air d’une marche militaire composée par Hector Berlioz. En faisant leurs premiers pas sur scène, les petits rats goûtent au paradis de la scène…

2 ) Au travail !
En participant au défilé du corps de ballet de l’Opéra national de Paris, les élèves ont éprouvé le sentiment d’appartenir à cette grande maison. Pourtant, rien ne peut les assurer qu’ils seront là l’année prochaine et qu’ils côtoieront encore les étoiles qui les font rêver…
La danse est l’école de la discipline, de l’endurance, de la rivalité aussi, saine et inévitable compétition qui fait surgir les meilleurs d’entre eux, plus armés physiquement mais aussi plus mûrs sur le plan psychologique.
Pour rester se maintenir parmi les rangs de l’école, ils devront digérer les critiques, adhérer à l’exigence, aux horaires, supporter l’effort quotidien, l’éloignement de leur famille, se responsabiliser… devenir adultes. Au fil des cours, ils vont apprendre de leurs professeurs, héritiers d’une longue tradition, une technique et un style. En effet, depuis 300 ans, les maîtres transmettent à leurs élèves les échauffements, les exercices, les conseils qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs maîtres… d’étoiles à graines d’étoiles. Des exigences de discipline, de ports de tête en ports de bras, de bas de jambes, qui rendent reconnaissable dans le monde entier le style « Opéra de Paris » jusqu’à la maîtrise d’une silhouette, acrobatique et souple à la fois, prête à rebondir et s’élancer sans entraves.

3)  Les progrès
Pirouettes, tours attitudes, brisés volés, cabrioles… C’est l’automne et quelque chose se prépare à l’École de Danse de l’Opéra de Paris, qui va mobiliser tous les élèves danseurs. En décembre, chaque division va présenter sur la scène du Palais Garnier, un peu de son travail quotidien, pour un rendez-vous attendu du public : les démonstrations de l’École de Danse. L’enjeu est important. Dans le public, amateurs et professionnels scrutent en détail les exercices et les progrès des élèves. 
Parmi tous les enseignements dispensés, cet épisode ce consacre aux plus inédits: chez les grands, les premiers cours d’adage, dans lesquels ils apprennent les pas de deux; chez les petits, les cours d’expression musicale où ils ressentent l’importance du premier pas sur scène et s’essaient aux exercices qui vont développer leur créativité.

Diffusion du 28 avril 2013, 16h20
3 derniers épisodes : 4, 5 et 6

danse_graines_etoiles_opera_paris_petits_rats4) Un monde à part
Les vacances de Noël sont terminées. Les applaudissements qui ont salué les démonstrations des élèves au Palais Garnier appartiennent déjà aux beaux souvenirs.
Nourris d’enseignements riches et variés allant de la danse folklorique à la danse de caractère, de la danse contemporaine à l’étude des styles chorégraphiques à travers les siècles, c’est dans un cocon formateur et protecteur que garçons et filles vivent leurs années d’adolescence. Pourtant le chemin des étoiles est étroit: n’être ni trop gros, ni trop maigre, ni trop petit, ni trop grand, exceller en danse, mais aussi préparer son baccalauréat, cela laisse bien peu de place aux rêves et turbulences de l’adolescence… 
Les élèves se sentent dans une bulle, à la fois protégés, mais aussi parfois contraints, enfermés, expérimentés, à l’écart de la réalité. 
Une fois par an, les portes de la bulle s’ouvrent aux enfants des autres écoles, pour les “Démonstrations Jeune Public”; se joue alors un jeu de regards entre deux mondes et deux jeunesses.5) En scène
Des costumes, des personnages, voici venu le printemps et le temps des ballets. Le temps pour les élèves de briller comme de vrais professionnels.
Les petits vont participer aux côtés des étoiles à l’un des spectacles de la saison, « La Bayadère », donné sur la grande scène de l’Opéra Bastille. 
Les grands se partageront les rôles dans les trois chorégraphies présentées au très attendu « spectacle de l’Ecole de Danse » qui aura lieu comme chaque année à l’Opéra Garnier : 
- « Le Bal des Cadets », une chorégraphie pétillante qui met en valeur les qualités techniques et leurs talents d’acteurs de chacun. 
- « Symphonie en trois mouvements », chorégraphié par Nils Christe, invité par l’Ecole à monter ce ballet aujourd’hui dansé dans le monde entier. 
- « Variations », pièce de Johannes Brahms dont Violette Verdy, ancienne Directrice de la Danse à l’Opéra de Paris et danseuse étoile de Balanchine a conçu la chorégraphie.
Cette fois, il s’agira d’aller plus loin, d’endosser des rôles, devenir des personnages, en costumes, dans des chorégraphies renommées : enfin être des artistes. Interpréter, jouer…
 
6) Le temps des épreuves
À l’École de Danse de l’Opéra de Paris, le mois de mai annonce le temps des épreuves.  Tous les élèves doivent passer un examen pour accéder à la classe supérieure. La véritable inquiétude n’est pas le redoublement, mais le renvoi… 
Mais pour les élèves de dernière année, se joue l’étape décisive du concours d’entrée dans le corps de ballet. Les candidats qui ont moins de 18 ans pourront éventuellement rester une année de plus pour retenter le concours l’année d’après. L’enjeu est décisif pour ceux qui vont avoir 18 ans. Cette année, l’Opéra de Paris ne recrute que 4 danseurs!
En plus des préparations au concours et au baccalauréat, les grands doivent aussi, comme chaque année, encadrer les jeunes pour organiser la fête de l’école!
C’est de l’extérieur, sur les feuilles de résultats affichées sur la porte de l’école ou sur une vitre de l’entrée des artistes de l’Opéra Garnier, que les jeunes danseurs apprennent s’ils seront admis pour l’année prochaine, ou recalés voire écartés…  Les plus grands découvrent le tournant que va prendre leur vie.

Les Petits Rats de l’Opéra

Télé. Arte. Les Petits Rats de l’Opéra, le 21 avril 2013,16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 épisodes sur la formation des jeunes danseurs à l’Opéra de Paris…

rats_opera_filles_danseuses_tutu_rosesDe Septembre 2011 à juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’Opéra national de Paris apprennent les rudiments du métier à travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps décriée et dénoncée… Immersion dans le quotidien de l’effort esthétique, de l’athlétisme chorégraphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du répertoire… Les 21 et 28 avril à 16:20. Inédit. Feuilletons documentaires à l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013.

De l’enfance à l’adolescence, du rêve à la discipline

Notre avis. Voilà une série qui laisse dubitatif sans pour autant desservir son sujet. Opéra de Paris oblige, la forme devait être très classique et formelle, structurée comme un exposé scolaire. On suit sans privilégier aucun des élèves, les classes des petits rats et celles des grands, en parcourant les thématiques qui s’entrecroisent : discipline et plaisir, effort et décontraction, concurrence et émulation mais aussi solidarité et soutien (le système du parrainage où les plus petits ont leurs “petits pères ” et leur “petites mères”, issus de la classe des grands…).

Au final l’alternance classes des petits puis classes des plus grands finit par lasser : les plus jeunes apprennent l’expression musicale par le chant, préparent le spectacle de démonstration avant de participer aux ballets réels de l’Opéra ; les grands (16-18 ans) répètent pour le spectacle de l’Ecole de danse puis surtout le fameux Concours qui leur donne accès au corps de l’Opéra.
Pour cette saison, 2 sur les 13 candidats feront leur entrée dans le corps de ballet: une sélection difficile qui reconnaît au final le travail, l’endurance, la personnalité, l’esprit ” Opéra de Paris “, semé d’élégance, de grâce, d’excellence… La caméra saisit de rares moments de magie ou de connivence ; tout a été savamment répété avant le passage caméra ; le travail avec les professeurs (cours le matin, danse l’après-midi) est dévoilé sans excès, par petites touches, et plus curieux, les épreuves et les sessions du Concours d’entrée ne sont pas filmées :  ne pas perturber la mécanique et surtout les élèves qui  parient sur leur avenir; le docu s’arrête donc aux portes d’une épreuve qui reste l’objectif principal de tant de répétitions et de dépassement.
Au final, le film dans sa globalité des 6 volets de 26 mn cible davantage le passage de l’enfance à l’adolescence, du rêve désincarné à la discipline qui impose au corps pubère, une technique inenvisagée jusque là. C’est là en définitive le vrai sujet de la série. Qu’il réussisse ou pas, le jeune danseur nous touche d’abord pas la conscience qu’il a des enjeux qui se joue avec lui : connaître ses limites par rapport à un objectif fixé et clairement identifié, voilà peut-être le meilleur moyen de réussir dans la vie. Pour grandir et vaincre, connais d’abord tes propres limites.

Dimanche 21 avril 2013 à 16h20: diffusion des 3 premiers épisodes (3 x 26 mn)