OPERA BASTILLE, Paris : trio vocal superlatif dans Tosca

Hartejos, alvarez, TOSCA, BastilleTOSCA de rĂȘve Ă  Bastille, jusqu’au 18 octobre 2016. Avec Eliogabalo de Cavalli, recrĂ©ation au Palais Garnier, qui assure une belle visibilitĂ© de l’opĂ©ra vĂ©nitien baroque Ă  Paris, la reprise de TOSCA de Puccini Ă  Bastille, dans la mise en scĂšne de Pierre Audi, rĂ©unit un cast idĂ©al, sous la baguette d’un maestro qui sait cultiver la nuance, Dan Ettinger…. Jusqu’au 18 octobre 2016. Voici le dĂ©but de notre critique de cette Tosca avec Anja Harteros, Marcelo Alvarez et Bryn Terfel… Compte rendu, opĂ©ra. Paris, OpĂ©ra National de Paris, le 17 septembre 2016. Puccini : Madame Butterfly. Anja Harteros, Marcelo Alvarez, Bryn Terfel
 Choeurs de l’OpĂ©ra de Paris. JosĂ© Luis Basso, direction. Orchestre de l’OpĂ©ra. Dan Ettinger, direction. Pierre Audi, mise en scĂšne.

La saison lyrique s’ouvre Ă  l’OpĂ©ra Bastille avec la reprise de Tosca, production de Pierre Audi datant de 2014. Si les Ă©lĂ©ments extra-musicaux demeurent les mĂȘmes, pour la plupart enfin, il s’agĂźt bel et bien d’une ouverture de saison « CHOC » par la trinitĂ© de stars ainsi rĂ©unies dans la distribution : Anja Harteros finalement de retour sur la scĂšne nationale ; Marcelo Alvarez rayonnant de candeur (seul revenant de la crĂ©ation!) et le grand et tĂ©nĂ©breux, « bad boy », Bryn Terfel. A ces stars, s’invite le chef IsraĂ«lien Dan Ettinger qui explore et exploite les talents de l’Orchestre de l’OpĂ©ra avec une maestria et une profondeur, rares !

Et Hartejos parut, devant elle vibrait tout Paris…

le triomphe absolu de la musique !

Nous invitons nos lecteurs Ă  rĂ©lire le compte rendu de la crĂ©ation de cette production (Compte rendu, opĂ©ra / TOSCA de Puccini Ă  l’OpĂ©ra Bastille, octobre et novembre 2014, avec alvarez dĂ©jĂ  et BĂ©zier…) en pour ce qui concerne la direction artistique de Pierre Audi.

Surprise de lire dans le programme de la reprise que le travail du metteur en scĂšne est Ă  rapprocher de la notion wagnĂ©rienne de gesamkunstwerk ou « Ɠuvre d’art totale » (!). En dĂ©pit de rĂ©serves qu’on Ă©mettre Ă  l’égard du thĂ©Ăątre du Herr Wagner, nous comprenons l’intention derriĂšre un tel constat et regrettons que la rĂ©alisation ne soit pas Ă  la hauteur de telles prĂ©tentions. La scĂ©nographie imposante et impressionnante de Christof Hetzer, les superbes lumiĂšres de Jean Kalman et les costumes sans dĂ©faut de Robby Duiveman, demeurent riches en paillettes et restent, dans le meilleur des cas, pragmatiques et efficaces, en une production dĂ©cevante, sinon au pire, 
 injustifiable. Remarquons l’absence totale (et fort rĂ©vĂ©latrice) de l’Ă©quipe artistique aux moments des saluts…

Hartejos, alvarez, TOSCA, BastilleLa surprise et le bonheur furent donc surtout musicaux. L’histoire tragique intense de Floria Tosca, diva lyrique amoureuse et meurtriĂšre, trouve dans ce plateau une rĂ©alisation musical plus que juste, souvent incroyable. La soprano Anja Harteros se montre vĂ©ritable Prima Donna Assoluta avec un timbre d’une beautĂ© ravissante, une agilitĂ© vocale saisissante, virtuose mais jamais dĂ©monstrative, les piani les plus beaux du monde, le souffle immaculĂ© qui laisse bĂ©at… Bien qu’en apparence laissĂ©e Ă  elle mĂȘme au niveau du travail d’acteur, elle incarne une Tosca qui touche par ses nuances de cƓur, parfois piquante, souvent capricieuse, 
 jalouse et amoureuse toujours ! Le cĂ©lĂšbre « Vissi d’arte » Ă  l’acte II reçoit les plus grandes ovations de la soirĂ©e. Le Caravadossi, peintre amoureux et rĂ©volutionnaire du tĂ©nor argentin Marcelo Alvarez brille maintenant par sa candeur, un timbre rayonnant de jeunesse, un chant riche lui en belles nuances. Ses moments forts sont Ă©videmment la « Recondita armonia » au Ie acte et le cĂ©lĂšbre « E lucevan le stelle » au III. LIRE la critique complĂšte de Tosca Ă  Bastille avec Anja Harteros… 

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