Chaque début d’hiver, les mélomanes parisiens retrouvent le récital du pianiste JEAN-NICOLAS DIATKINE : un must absolu. Enchanteur, poète, narrateur hors normes, le pianiste ne cesse de captiver de récitals en récitals. Ses Liszt ont saisi ; ses Schubert (l’an dernier) ont particulièrement convaincu par leur profondeur et leur imaginaire orfévré (LIRE notre critique du cd SCHUBERT par Jean-Nicolas Diatkine / Moments musicaux, Impromptus / CLIC de CLASSIQUENEWS déc 2025).
Inspiré par le poète romantique français Aloysius Bertrand et par l’atmosphère fantastique chère à Hoffmann, RAVEL sublime l’écriture musicale ; il dépasse le cadre poétique et immerge dans un univers sonore inconnu. Dans ce triptyque d’une audace inégalée, Ravel réinvente la poésie musicale ; sa pensée devient peinture ; son écriture y acquiert richesse et puissance picturale.
Maître inspiré par la contrainte même que la faiblesse de son ouïe lui a imposée, BEETHOVEN rayonne toujours comme le génie romantique par excellence : aux côtés de l’onirisme ravélien, Jean-Nicolas Diatkine éclaire et explore de la même façon, l’ultime Sonate op.111 que Beethoven ne put entendre qu’en esprit.
Enfin, on retrouvera l’esprit poétique et romantique d’Adam MICKIEWICZ, à travers les Ballades de Chopin dont l’élaboration est si puissante qu’elle se passe de toute référence explicite : «laissons-les deviner», disait-il.
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Récital de Jean-Nicolas Diatkine, piano
PARIS, Salle Cortot
lundi 30 novembre 2026, 20h
Réservez vos places directement sur le site de la Salle Cortot :
https://sallecortot.com/event/recital-jean-nicolas-diatkine/
Programme
M. Ravel – Gaspard de la nuit
L. Beethoven – Sonate n°32 op.111
F. Chopin – Quatre Ballades
SALLE CORTOT
78 rue Cardinet
75017 Paris
Bâtiment historique, la Salle Cortot ne dispose malheureusement pas d’accès PMR. N’hésitez pas à nous contacter avant votre venue pour toute question.
GASPARD DE LA NUIT
Quand Ravel compose comme un poète…
L’œuvre est un triptyque qui comprend 3 poèmes en prose d’Aloysius Bertrand (1842), chacun relevant de l’esthétique fantastique, convoque l’irréel, le surnaturel et la magie, évoque une créature fascinante, inquiétante, menaçante… à la façon d’une vision, apparition, hallucination.
ONDINE : Le chant séducteur de la nymphe des eaux invite le poète à partager son palais aquatique. Face au refus de l’homme (qui aime une mortelle), elle pleure quelques larmes, éclate de rire, puis s’évanouit dans les giboulées de la pluie.
LE GIBET : Une vision macabre et hypnotique sous un soleil couchant se profile fantomatique. Au loin, la cloche d’une ville tinte, le corps d’un pendu se balance, encadré par une pédale obstinée (un si bémol répété sans répit), représentant le glas funèbre…
SCARBO : Ravel y brosse le portrait d’un lutin facétieux ou d’un gnome malicieux et cauchemardesque qui virevolte, bourdonne dans l’ombre de l’alcôve, menace l’harmonie de la chambre ; la créature grince des ongles et grandit démesurément avant de se dissoudre comme un mauvais rêve…
cd
LIRE aussi notre critique du cd SCHUBERT : Impromptus, Moments musicaux / CLIC de CLASSIQUENEWS, déc 2025 : https://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-jean-nicolas-diatkine-piano-schubert-moments-musicaux-d-780-4-impromptus-d-899-1-cd-solo-musica-2025/
Le pianiste Jean-Nicolas Diatkine nous livre « son » Schubert : un regard d’une exceptionnelle profondeur, née de sa compréhension intime des champs intérieurs du compositeur viennois. L’imaginaire est ici à son sommet, le feu souverain d’une sensibilité qui semble comprendre Schubert, ses évocations et délires personnels qui seraient ainsi le fruit d’un somnambulisme ou d’un phénomène de voyance propre au compositeur, alors comme saisi, en transe lorsqu’il composait, ainsi qu’en ont témoigné nombre de ses proches et témoins.
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