dimanche 25 octobre 2026

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS. Les 14 et 15 nov 2026. FLÛTE ! Reinecke (Mathilde Caldérini, flûte), Mendelssohn, Bonis… Marius Stieghorst, direction

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Suite de la passionnante saison de l’Orchestre Symphonique d’Orléans : au programme, le très séduisant Concerto pour flûte de Reinecke (avec en soliste, une artiste invitée de grande classe ; Mathilde Caldérini, (flûte solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France), puis romantisme français (Mel Bonis) et germanique (Symphonie n°3 « Écossaise » de Mendelssohn)…

 

 

Le « Concerto pour flûte de Reinecke » (1824-1910), pièce incontournable des concours de flûte, est ici magnifiquement interprété par Mathilde Caldérini, flûte solo de l’Orchestre philharmonique de Radio France (depuis 2020). C’est l’un des très rares concertos du romantisme allemand tardif, écrit en 1908 pour l’instrument. Il est exceptionnel et d’autant plus apprécié des interprètes (comme du public) que sous son apparente et immédiate séduction mélodique, fusionnant fluidité et clarté, il s’avère être un redoutable défi technique pour le flûtiste. Reinecke , ancien directeur du Gewandhaus de Leipzig, maîtrise parfaitement l’écriture classique comme le sentiment romantique. Le compositeur impose un défi vocal et lyrique manifeste: il traite la flûte comme une voix d’opéra ou un violon romantique. Le premier mouvement (Allegro molto moderato) brille par sa noblesse conquérante : l’instrument soliste dialogue d’égal à égal avec l’orchestre.
Le deuxième mouvement (« Lento e mesto ») est le cœur émotionnel de l’œuvre. C’est une marche funèbre poignante en si mineur, d’une somptueuse expressivité, à la fois tragique et digne. Reinecke réserve à la flûte des lignes d’une mélancolie déchirante. Le Finale (Moderato) fait dialoguer harmonieusement légèreté acrobatique de la flûte et accents rythmiques des cuivres et des bois : c’est ici plus qu’ailleurs, un défi dans l’éloquence et la clarté. Dans les trois mouvements, les musiciens et le chef ne doivent jamais sacrifier l’élégance et la sincérité sur l’autel de la pure virtuosité.

En complément la « 3e Symphonie » de Mendelssohn, dite « écossaise », exaltante partition gorgée d’énergie et de jubilation instrumentale… où l’orchestre scintillant et dramatique suggère un paysage recomposé et sublimé par le filtre subjectif du souvenir. Dans le cadre du cycle « Unanimes », le programme débute avec la « Suite en forme de valses » de la compositrice Mélanie Bonis (1858-1937), figure révélée de la Belle-Époque. Formée au Conservatoire de Paris aux côtés de Debussy, elle séduit grâce à des harmonies rares et subtiles, propices aux ambiances poétiques riches en couleurs, presque déjà impressionnistes. Son écriture dramatique allie suavité franche et nostalgie onirique, maîtrisant aussi bien l’intensité pudique des pièces chambristes que la puissance d’architectures symphoniques ambitieuses. Ainsi son cycle de plus en plus joué : « femmes de légende » ou cette Suite en forme de valses…

 

 

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concert symphonique événement
FLÛTE !
Théâtre d’Orléans – Touchard (Orléans)
Samedi 14 novembre 2026, 20h30
Dimanche 15 novembre 2026, 16h
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OSO ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS :
Concert « FLUTE » – Théâtre d’Orléans – Billetterie officielle
https://billetterie-orchestreorleans.mapado.com/event/766910-concert-flute

 

 

 

 

Mélanie BONIS / Suite en forme de valses (« Unanimes » avec les compositrices)
Carl REINECKE / Concerto pour flûte
Felix MENDELSSOHN / Symphonie n°3
durée : 1h45 avec entracte

 

 

Direction : Marius Stieghorst
Flûte: Mathilde Calderini
(flûte solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France,
1er Prix du concours de Kobé-Japon, révélation classique Adami 2012)

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS
Causerie avec Roxane Touchard et Minaya Chapelain (flûte solo de l’OSO)
Mardi 10 novembre à 18h30
Musée des beaux-arts d’Orléans, gratuit.

 

 

Symphonie écossaise de Mendelssohn

L’Ecossaise, de Mendelssohn, allie elle aussi, séduction mélodique, raffinement harmonique et élégance ; c’est une sublime jubilation symphonique qui tout en associant un architecture rigoureuse sait aussi déployer une souplesse mélodique saisissante, servie par une orchestration subtile et lumineuse. Esquissée lors d’un voyage en Ecosse (d’où son nom) en 1829, la partition que nous connaissons n’est achevée que plus de dix années plus tard, en 1842 ; créée à Leipzig en mars puis, triomphalement à Londres en juin… De fait, la jeune reine Victoria souhaita saluer et féliciter le compositeur en personne, qui lui rendit le compliment en dédiant à la souveraine sa Symphonie inspirée par les brumes enivrantes écossaises, véritable motif romantique, saisi sur le vif… Sonorités des cornemuses (air dansant du « pibroch » du vivace, transposé à la clarinette), images persistantes des highlands et de leurs légendes, si justement peintes par Scott et Macpherson.

La sensibilité du compositeur est picturale, en cela très proche de son sujet de plein air ; véritable paysagiste, Mendelssohn alors âgé de 33 ans (né en 1809) et déjà à la fin de sa trop courte carrière (il meurt 5 ans plus tard en 1847), suscite dans cette symphonie impressionniste avant l’heure, l’admiration de… Wagner (« un paysagiste de premier plan »)! Le filtre de la subjectivité et l’oeuvre de mémoire opèrent aussi une conversion onirique et finalement nostalgique des paysages visités et recomposés après coup.
Les 4 mouvements sont enchaînés sans césure, comme un flot continu, organique. Introduction et allegro, Vivace, adagio (intense et sombre , au sentiment de plénitude et d’une riche conscience déjà pré-brahmsienne), allegro et finale (au triomphalisme un peu redondant dans lequel d’aucun ont cru reconnaître une allusion au récent couronnement de la reine Victoria)… Mendelssohn évoque aussi les confins allusifs d’Ecosse dans l’ouverture Les Hébrides, conçue et achevée à la même période.

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