samedi 15 juin 2024

CD événement annonce. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY)

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Paru en avril 2023 chez PARATY, le programme (coffret de 2 CD) associe les deux sonates pour violoncelles et piano de Brahms (n°1 et 2) et deux autres, transcriptions des Sonates pour violon et piano (n°1 et 3). C’est peu dire que la réalisation touche au plus près le mystère Brahms : sa pudeur enchantée, ses urgences intérieures, son aptitude à tisser la matière du souvenir, entre tendresse infinie, âpreté mordante, désillusion et espoir… Le jeu des interprètes apporte leur éclairage personnel dans un cycle superlatif, restituant à la partition, sa richesse trouble, son éloquence intime, amoureuse, sentimentale… dans une sonorité à deux, d’une rare subtilité complice… CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2023. Voici un avant goût de la critique d’un enregistrement envoûtant, distingué par notre CLIC de CLASSIQUENEWS 

 

 

 

Le violoncelle de Marie-Claude Bantigny captive et ensorcèle…
Pudeur enchantée, passion hallucinée de Brahms

 

CD1 – Dès le premier mouvement de la Sonate initiale (n°1 opus 38, 1865), l’écoute et l’entente de Marie-Claude Bantigny (violoncelle) et de Karolos Zouganelis (piano) frappe et convainc ; les deux interprètes captivent même par leur sens de la profondeur et de la finesse… Langueur ineffable, mystère qui naît d’un secret indicible et d’une tension tenace ; le jeu, d’une sobriété toujours canalisée  tend à la suprême suggestion, entre clairvoyance implacable et rêverie enivrée ; Marie-Claude Bantigny cherche et trouve les champs intérieurs, l’activité des sentiments enfouis ; et les dévoile clairement sans appui ni effet. Sobriété et chant intérieur affleurant parfois avec une lumineuse profondeur. Sa compréhension dès l’Allegro de la Sonate 1 opus 38 – le plus long des mouvements de tout le cycle, souligne  ce scintillement superbement contrasté, qui s’appuie dans ses respirations larges et affinées, sonnent avec justesse schubertiennes. Chez Brahms, prime le secret et aussi la fluidité de son expression inscrite ici dans la subtilité et l’épreuve introspective. 

Les deux autres mouvements sont plus enjoués, diserts et volubiles comme une discussion naturelle ; dansant et polissé (Allegretto quasi Menuetto) ; vif, d’une superbe plasticité agogique dans le dernier Allegro où dans une construction contrapuntique citant directement Bach, le violoncelle fait valoir son éloquence proche de la parole et du chant. Précision, nuances, contrechamps et aussi tempérament et feu, remarquablement architecturé. MC Bantigny à l‘écoute de son partenaire et vice versa, cultive un dialogue précis, articulé, souple, riches en nuances dont le souci expressif ne gâche jamais la continuité du geste.

 

 

Transcription enchantée…

Même profondeur filigranée et sonorité inscrite dans la nuance la plus mystérieuse, comme suspendu dans le début « vivace » de la transcription de la Sonate pour violon opus 78. A laquelle le timbre et la respiration du violoncelle semblent apporter une résonance plus humaine encore. Brahms a transcrit lui-même sa Sonate du violon au violoncelle (1879). Le souffle, la largeur de la vision – encore une fois nettoyée de tout pathos, s’avèrent très justes ; le violoncelle exprime tout dans la pudeur et la sensibilité, éclairant chaque séquence d’une richesse intérieure exceptionnelle. Cette faculté à tout suggérer, à ne rien appuyer est la marque des grands interprètes.  

La forge émotionnelle de Johannes paraît ainsi dans toute sa vitalité à la fois juvénile et tendue, dans la combinaison singulière de la tendresse infinie et de la mélancolie insatisfaite voire hallucinée ; cet infini du souvenir se dévoile avec une puissance suggestive peu commune : ivresse et retenue, imaginaire flamboyant, agilité flexible et élocution subtile… le violoncelle affirme une maîtrise superlative (d’autant mieux audible dans ses moindres accents et nuances, que la prise de son est elle aussi remarquable, dans un espace à la réverbération idéale).

L’Adagio qui suit, comme la sonate de Franck, exprime l’autre facette de Brahms : la quête d’un souvenir perdu que l’invocation musicale a la faculté de ressusciter ; son émergence jaillissante, comme improvisée, incontrôlée… le flux musical invoque et suscite en vagues successives de plus en plus présentes, la force de ce que l’on pensait perdu : l’acuité expressive des deux interprètes devenus maître du temps, fait naître alors une séquence enivrée dont la vibration répare ; là encore, l’intelligence expressive, la construction sonore, le choix des tempi,… captivent totalement… Le chant du violoncelle approchant mieux que la parole, le miracle du dévoilement voire l’accomplissement de la révélation. La réussite de Marie-Claude Bantigny tient à ce don pour l’éloquence dans le secret et l’allusion la plus intime (pudeur filigranée et d’une volubilité captivante dans l’Allegro molto moderato conclusif). Magistral.

 

 

 

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CD événement annonce. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY – enregistré en fév 2020 -Parution : début avril 2023) – A VENIR : notre critique complète (CD2 : Sonate n°2 opus 99 – transcription de la Sonate opus 108 : Violon, piano). CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2023

 

 

CRITIQUE COMPLETE ICI :

LIRE notre critique complète du double CD Sonates pour violoncelle et piano de BRAHMS par Marie-Claude BANTIGNY et Karolos ZOUGANELIS + TEASER Vidéo (paroles des interprètes et extraits du cd) :

CRITIQUE CD événement. BRAHMS : Sonates pour violoncelle et piano – Marie-Claude Bantigny / Karolos Zouganelis, piano (coffret 2 CD PARATY)

 

 

 

 

Approfondir

VIDEO : VOIR / ECOUTER Marie-Claude BANTIGNY jouer au Louvre Lens (1h46mn) / Dialogue entre le photographe Heng Fu et la violoncelliste Marie-Claude Bantigny (oct 2021) :

 

 

 

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