dimanche 11 octobre 2026

CRITIQUE, comédie musicale. GENÈVE, Bâtiment des Forces Motrices, le 9 octobre 2026. SONDHEIM : Company. Loïc Suberville, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme, Neïma Naouri… James Bonas / Larry Blank

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Ah, la superbe performance des chanteurs et acteurs de Company, dans la comédie musicale de Stephen Sondheim actuellement à l’affiche du Bâtiment des Forces Motrices, dans le cadre de la saison 26/27 du Grand-Théâtre de Genève !

 

Ils s’expriment avec autant d’aisance en français dans les dialogues qu’en anglais dans les chants. Et des dialogues, il y en a beaucoup. Il y en a même trop – bien qu’ils soient brillants, drôles, acérés. Dans la première partie du spectacle on parle plus qu’on ne chante. Heureusement que dans la deuxième, la musique arrive à trouver sa place. Cette deuxième partie commence avec la séquence majeure de la soirée : Side by side. On y chante, on y danse, on y fait des claquettes. Et la salle jubile.

Une chose est certaine, chaque fois qu’un chant arrive, c’est un régal. Le compositeur Stephen Sondheim est un cador de la comédie musicale. Il nous sert du B.D.Q.S. – Broadway de qualité supérieure ! Deux petites notes nous tiennent compagnie tout au long de la soirée : une tierce mineure descendante (sol-mi). Elles rythment les deux syllabes du prénom Bobby. Elles nous tournent dans la tête bien après la fin du spectacle – lorsqu’on rentre dans la nuit en longeant le Rhône au sortir du Bâtiment des Forces motrices de Genève, lequel se substitue au Grand-Théâtre pendant les travaux de rénovation…

Qui est ce beau Bobby ? Un célibataire new-yorkais observant cinq couples d’amis qui gravitent autour de lui et qu’il voit se déchirer, se raccommoder, s’ennuyer, se tromper. La distribution est on ne peut plus brillante. Loik Suberville est un Bobby épatant de présence, d’aisance et de qualité de chant. Jeanne Jérome est formidable de virtuosité vocale dans son rôle de femme saisie de panique au moment de se marier. La super Jasmine Roy fait exploser la soirée par sa prestation de bourgeoise ivre et désabusée. Mélanie Paiement nous charme en hôtesse de l’air ingénue. Son personnage n’a pas besoin de monter en avion pour planer ! Et puis il y a Noémie Naouri. Celle-ci déchaîne une énergie sauvage dans une scène située dans le métro. Elle a mordant, de la rage. Un vrai animal… de Company !

L’excllent Orchestre de Suisse Romande, rompu au classique, qui apparaît d’une rigueur beethovénienne dans la première partie, se laisse peu à peu gagner par le swing dans la seconde. Il est est entraîné par un spécialiste de comédie musicale, le chef américain Larry Blank. Dans un décor minimaliste, la mise en scène de James Bonas s’avère brillante.

Tout cela nous réjouit. On est vraiment en (très) bonne Company !

 

 

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CRITIQUE, comédie musicale. GENÈVE, Bâtiment des Forces motrices, le 9 octobre 2026. SONDHEIM : Company. Loïc Suberville, Jasmine Roy, Jeanne Jerosme, Neïma Naouri… James Bonas / Larry Blank. Crédit photo (c) droits réservés

 

 

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