PARIS, Palais Garnier, EXPO « L’aventure du Ring en France », 5 mai – 13 sept 2020

Affiche_(portrait)_Le_Ring_2020(2)PARIS, Palais Garnier, EXPO « L’aventure du Ring en France », 5 mai – 13 sept 2020. Bibliothèque-musée de l’Opéra / BNF – Opéra national de Paris. Histoire de la mise en scène de la Tétralogie en France, de la fin du 19e siècle à aujourd’hui. Au début des années 1890, Charles Lamoureux s’investit plus que tout autre pour faire écouter les opéras de Wagner dont Lohengrin et Tristan und Isolde. Mais le Ring wagnérien créé à Bayreuth en août 1876 s’imposera plus tard encore sur la scène de l’Opéra national. Il est vrai que le contexte de la première guerre et la détestation des allemands depuis 1870 (qui a entraîné la chute du secod empire) n’a guère aidé pour la réconciliation entre France et Allemagne. Le Ring (Crépuscule des dieux) est représenté pour la première fois au Palais Garnier en oct 1908, en français (version Alfred Ernst) sous la direction d’André Messager (et dans cette production jusqu’en 1933). Après guerre, c’est Hans Knappertsbusch qui dirige une nouvelle production à partir de 1955 (avec Max Lorenz en Siegfried, Kirsten Flagstadt / Martha Mödl en Brünnhilde). Astrid Varnay y chante elle aussi Brünnhilde en 1957

 
 

 
 

A PARIS, Le Ring est une aventure…

 

 

Exposition présentée en complément de la nouvelle Tétralogie produite par l’Opéra national de Paris, à partir du printemps 2020 (metteur en scène du catalan délirant Calixto Bieito / direction de Philippe Jordan à la tête de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra de Paris). Solistes annoncés : Iain Paterson, Jochen Schmeckenbecher, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, John Relyea, Eva-Maria Westbroek, Martina Serafin, Andreas Schager, Ricarda Merbeth, Julie Fuchs, Anna Gabler, Sarah Connolly…

L’année 2020 sera-t-elle celle du retour réussi de la Tétralogie ou Ring de Wagner à Paris ? A l’affiche de l’Opéra Bastille : au printemps L’Or du Rhin et La Walkyrie suivis de Siegfried et Le Crépuscule des dieux à l’automne. Le le cycle sera par la suite donné en intégralité sous la forme d’un festival à l’occasion de deux séries de représentations qui concluront « un an d’aventures musicales, théâtrales et humaines ». Le dernier cycle du Ring à l’Opéra Bastille était celui, plutôt très réussi bien que décrié, signé Günther Krämer, – il y a 10 ans, en mars 2010, avec déjà un Philippe Jordan éblouissant de couleurs et doué d’un dramatisme intense.

 

   

 

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PARIS, Palais Garnier, EXPO « L’aventure du Ring en France », 5 mai – 13 sept 2020. Bibliothèque-musée de l’Opéra / BNF – Opéra national de Paris – Palais Garnier : Entrée des visiteurs et des lecteurs à l’angle des rues Scribe et Auber.
Adresse postale :
8 rue Scribe
75009 Paris
Téléphone : 33(0)1 53 79 59 59
https://www.bnf.fr/fr/opera

 

 

 
 
LE RING DE WAGNER version Krämer (2010) sur CLASSIQUENEWS :

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LIRE notre présentation critique de l’Or du Rhin par Krämer / Jordan, Opéra Bastille 2010
http://www.classiquenews.com/richard-wagner-lor-du-rhin-gunther-krmerparis-opra-bastille-du-4-au-28-mars-2010/

 

 

2è présentation / annonce de l’Or du Rhin Krämer / Jordan :
https://www.classiquenews.com/wagner-lor-du-rhin-jordan-krmerparis-opra-bastille-reportage-vido/

 

 

LIRE notre critique du Crépuscule des Dieux / Götterdämmerung : Krämer / Jordan, 2013
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-paris-opera-bastille-le-25-mai-2013-wagner-le-crepuscule-des-dieux-philippe-jordan-direction-gunter-kramer-mise-en-scene/

 

 

LIRE notre critique de La Walkyrie / Die Walkure : Krämer / Jordan (juin 2010) : https://www.classiquenews.com/paris-opra-bastille-le-16-juin-2010-richard-wagner-la-walkyrie-robert-dean-smith-siegmund-ricarda-merbeth-sieglinde-katarina-dalayman-brnnhilde-philippe-jordan-direc/

 
 

 

 

 

Compte-rendu, opéra. Leipzig. Opéra de Leipzig, le 6 mai 2016. R. Wagner : Die Walküre. Rosamund Gilmore, mise en scène. Ulf Schirmer, direction musicale.

Cette production de Die Walküre à l’Opéra de Leipzig, étrennée in loco en décembre 2012, s’avère une vraie réussite, à la fois vocale et scénique. Loin du Regietheater qui règne en Allemagne, la mise en scène de Rosamund Gilmore adopte en effet une position plutôt prudente et classique, respectueuse de l’Å“uvre, où rien ne vient perturber en tout cas l’audition de la musique, si ce n’est peut-être l’omniprésence de personnages zoomorphes (à tête de bélier, munis d’ailes de corbeaux, etc.) qui accompagnent ou épient les différents personnages. On les découvre sur le toit du bunker qui sert de demeure à Hunding et sa femme, où ils exécutent une sorte de danse rituelle pendant l’ouverture. Mais nous garderons surtout en mémoire le magnifique décor du dernier acte (conçu par Carl Friedrich Oberle), une immense arcade très « mussolinienne » dans laquelle prennent place – pendant la scène des adieux – les huit Walkyies ainsi que huit héros tout de blanc vêtus (photo ci contre).

 

 

 

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Dans le rôle de Sieglinde, la soprano allemande Christiane Libor fait preuve d’une belle santé vocale, en assumant avec plénitude l’un des plus magnifiques personnages de la mythologie wagnérienne, et en exprimant une réelle émotion à travers un jeu sensible et naturel. Elle forme avec Andreas Schager le couple des Walsung d’autant plus convaincant que le ténor autrichien impose le plus bel instrument et le chant le plus nuancé de la soirée, avec des aigus d’une incroyable franchise (chacun des deux « Walse » sont tenus plus de 10 secondes !). D’emblée, il se place parmi les meilleurs Siegmund du moment.

La soprano suédoise Eva Johannson est également une Walkyrie sur laquelle on peut compter. Confrontée aux épreuves, cette Brünnhilde sait trouver profondeur et conviction dans l’incarnation, figure centrale autour de laquelle le drame se joue. La précision de ses attaques et sa pugnacité dans l’aigu ne font cependant pas toujours oublier la monotonie engendrée par l’ingratitude du timbre, ainsi que quelques stridences dans les fameux « Hoïtohos ». Elle n’en phrase pas moins avec beaucoup de sensibilité l’« Annonce de la mort », puis le dernier face à face avec Wotan.  Ce dernier est incarné par le baryton allemand Markus Marquadt qui offre un phrasé et un legato particulièrement raffinés, un registre grave superbe, mais les nuances de l’aigu, il faut le reconnaître, lui causent parfois difficulté. Dans le rôle de Hunding, la basse finlandaise Runi Brattaberg campe un personnage tout d’une pièce et fort menaçant, avec une voix dont on goûte la noirceur du timbre et la perfection de la ligne de chant. De son côté, la Fricka vindicative de Kathrin Göring ne démérite pas tandis que les huit Walkyries forment un ensemble assez homogène.

 

 

 

En véritable expert de cette partition, Ulf Schirmer – directeur général et musical de l’Opéra de Leipzig – dirige avec précision et une pertinence sans faille le fameux GewandhausOrchester, en se montrant constamment soucieux de dynamique et de coloris. Nous n’avons assisté qu’à la première journée de ce Ring leipzigois, mais précisons au lecteur qu’il sera possible d’assister au Cycle entier du 28 juin au 2 juillet prochain.

Compte-rendu, opéra. Leipzig. Opéra de Leipzig, le 6 mai 2016. R. Wagner : Die Walküre. Avec Christiane Libor (Sieglinde), Andreas Schager (Siegmund), Runi Brattaberg (Hunding), Markus Marquardt (Wotan), Eva Johannson (Brünnhilde), Kathrin Göring (Fricka). Rosamund Gilmore, mise en scène et chorégraphies. Carl Friedrich Oberle, décors. Nicola Reichert, lumières. Ulf Schirmer, direction musicale.

 

 

CD, coffret événement. Wagner : der Ring des Nibelungen (Georg Solti 1958 -1964, cd DECCA)

decca ring wagner solti culshaw presentation critique coffret cd Decca CLASSIQUENEWS CLIC de classiquenews 2015 juin 2015CD, coffret événement. Wagner : der Ring des Nibelungen  (Georg  Solti 1958 -1964, cd DECCA). Dans l’histoire  de l’enregistrement stéréo  cette première intégrale au disque enregistrée pour le studio amorcée à Vienne en 1958, fait date : c’est le producteur britannique chez Decca, John Culshaw qui ayant le projet d’enregistrer tout le Ring choisit le jeune Georg Solti plutôt que le vieux Knappertsbuch : l’odyssée discographique durera jusqu’en 1964 (non sans mal car le tempérament de Solti surtout dans sa jeune maturité de quadra a  souvent heurté l’éducation des instrumentistes viennois… Qu’importe, l’obsession du détail, le rouleau compresseur et le bourreau de travail qu’est Solti avec ses manières parfois âpres, exploitent au maximum les qualités du Philharmonique de Vienne ce jusqu’en 1964, année du dernier volume : Götterdämmerung / Le Crépuscule des dieux. Une esthétique spécifique marque l’interprétation wagnérienne car désormais plus besoin d’aller à Bayreuth pour ressentir la sensation de la scène ni les performances particulières d’une spacialisation spécialement conçue pour clarifier l’enjeu de chaque situation et aussi le jeu psychologique opposant ou rapprochant les personnages ; c’est peu dire que la manipulation prévaut dans le Ring wagnérien… et que le pouvoir occulte, caché mais rendu audible par le chant orchestral, de la psyché, pèse essentiellement dans le cheminement dramatique du cycle des 4 opéras.

 

 

 

Première intégrale du Ring pour le disque, la réalisation dirigée par Solti saisit toujours par la grande cohérence et l’acuité dramatique de sa conception

Heroic Fantaisy post romantique

Richard WagnerA l’heure de Penny dreadfull ou surtout du fantastique épique et magique  régénéré par une série mondialement hors normes comme Game  of thrones,  force est de constater que déjà en 1876, le génie  de Wagner, revivifiant et synthétisant de nombreuses légendes et mythes du passé, avait  tout envisagé et conceptualisé : la construction dramatique,  la puissance vénéneuse d’images / tableaux émotionnellement irrésistibles, sublimées par une musique qui rendant explicite grâce au tissu très complexe des fameux leitmotive, d’une fluidité souterraine, exprime par les notes, tout ce que les personnages ne disent pas mais pensent précisément. Le découpage et l’approfondissement psychologique de chaque séquence comme l’enchaînement des scènes démontrent l’une des facettes de l’immense génie du Wagner dramaturge.

Jamais musique n’aura à ce point sonder les âmes, reconstituer par une mosaïque scintillante et subtilement tissée, l’écheveau des pensées qui composent en s’entremêlant  le caractère et les pulsions souvent contradictoires et changeantes de chaque protagoniste : terreau fécond des traumas, désirs ou rêves les plus intimes qui motivent et déterminent les actes de chacun par répercussion. …

Un exemple parmi tant d’autres ? Une séquence purement symphonique se distingue dans le panthéon des moments les mieux élaborés et les plus riches en connotations du Ring. On sera toujours sidérés de mesurer ainsi la sublime solitude de Brünnhilde en sa foi  amoureuse sublime pour Siegfried bientôt détruite par ce dernier qui vient la violenter absent à lui même et manipulé par l’infâme et démoniaque Hagen  (passage de la première partie à la seconde, du premier acte du Crépuscule des dieux). Cet intermède symphonique chef d’oeuvre absolu du théâtre wagnérien (et qui montre contre tout ce qu’on écrit encore que Wagner et l’un des symphonistes le plus subtils du XIXè) vaut toutes les démonstrations sur le pouvoir de la musique comme chant de la psyché. Wagner nous dit tout ici: les forces démoniaques du pervers Hagen que l’on vient juste de quitter : c’est lui désormais et jusqu’à la mort du héros, le maître de Siegfried ; la pureté morale de l’ex Walkyrie  devenue femme épouse par amour et par compassion, son sacrifice annoncé, la perte de tout bonheur à cause de la malédiction de l’anneau qu’elle porte alors, et donc  de la fin de l’humanité. … ce Crépuscule n’est pas celui des dieux : il s’agit bien de la fin de l’homme  et de la civilisation sous le poids de ses pulsions les plus noires comme les plus contemporaines : soif du pouvoir, soif de l’or au mépris de l’amour véritable. Dans cette transition symphonique, veritable tableau commentaire des forces agissantes, Wagner dépeint la violence tragique et cynique que inféode héros et situations.

 

 

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Georg Solti et John Culshaw le producteur du Ring historique de 1958 (DR)

 

 

C’est un épisode de musique pure où le cheminement du héros manipulé  (qui va rejoindre le rocher de son aimée dont il n’a plus le souvenir et qu’il va honteusement trahir), la sublime passion de Brünnhilde  (exposée à la clarinette), mais aussi l’énoncé du drame qui se joie au moment où l’auditeur écoute comme un acteur complice la situation sont exprimés dans une clarté économe. Solti ouvre une nouvelle perspective mentale et psychologique où Wagner étirant le temps et l’espace appelle à un traitement discographique : l’imagination, la sensation libérées du dictât visuel peuvent se déployer sans limites. Voilà inscrit dans l’écriture même de Wagner, des composantes qui rendent au XX ème tout traitement de la Tétralogie, hors scène, absolument captivant. Solti a façonné  son Ring au niveau de cette architecture poétique et musicale conçue  par Wagner. .. une conception qui dépasse la simple exécution en studio préférant comme le fera Karajan après lui dans les années 1960 mais à Berlin avec le Berliner  Philharmoniker, l’idée de féerie ou de fantaisie ou mieux, de théâtre total et sonore grâce au disque. Celui qui échoua  à Bayreuth (il ne dirige qu’une seule année en 1982 et en plus sans comprendre véritablement les spécificités de la fosse),  édifie ici sa propre Tétralogie dont la ciselure instrumentale, le souffle de la conception orchestrale, le choix des voix solistes  bien sûr affirment une pensée globale douée d’imagination et d’une rare efficacité dramatique (une référence à laquelle puise Karajan et qu’il s’ingéniera à dépasser).

Pour autant en s’appuyant sur les seules et immenses ressources de la texture orchestrale, fallait-il  rajouter  des effets dignes d’Hollywood comme le coup  de tonnerre comme pour annoncer la catastrophe à venir  (trahison de Siegfried, humiliation de Brünnhilde…), justement dans la séquence purement orchestrale que nous venons de distinguer précédemment.

 

A chacun de se forger sa propre idée : très articulée et nerveuse, la vision du jeune Solti (46 ans) s’impose toujours grâce à cette acuité expressive plus féline que le théâtre sensuel intellectuel d’un Karajan infiniment plus introspectif, par exemple-, dans une réédition d’autant plus nécessaire qu’elle a fait l’objet d’une remasterisation très bénéfique (en réalité qui remonte à 2012, alors réalisé pour le centenaire Solti).  Grâce à l’intelligence de cette première intégrale stéréo du Ring, Decca  s’affirmait bel et bien comme un label majeur pour l’opéra, et Solti gagnait ses galons de chef internationalement reconnu qui ne ne tardera pas après cet accomplissement wagnérien, à diriger entre autres le Royal Opera House Covent  Garden avec le succès  que l’on sait.

Produit d’une collaboration où le producteur de Decca a compté de façon décisive, le livret comporte toute les présentations de chaque opéra par John Culshaw (le vrai concepteur de ce Ring pionnier), approche et note d’intention captivante qui explique ce qui s’offre à notre écoute (options interprétatives, enjeux et genèse de chaque ouvrage…  : cette Tétralogie a été préalablement analysée et l’enregistrement est le fruit d’une pensée attentive et scrupuleuse à en défendre l’acuité dramatique comme le sens humaniste souvent mésestimé). Il n’est que la Tétralogie par Karajan à Berlin à partir de 1966, soit 8 ans après l’initiative de Solti/Culshaw, – également conçue pour le studio-, qui atteigne un tel approfondissement esthétique et interprétatif sur l’oeuvre wagnérienne. En outre, 3 cd en bonus complètent la compréhension du cycle du Ring : 2 cd constituent l’introduction au Ring par Deryck Cooke, 1 ultime cd regroupe l’ensemble des livrets anglais / français (compatible Adobe acrobat 6.0)

Richard Wagner
Le Ring des Nibelungen
Der Ring des Nibelungen

The Ring of the Nibelung
Das Rheingold — Die Walküre — Siegfried — Götterdämmerung

George London, Kirsten Flagstad, James King, Régine Crespin, Hans Hotter, Birgit Nilsson, Christa Ludwig, Wolfgang Windgassen, Dietrich Fischer-Dieskau

Wiener Staatsopernchor, Wiener Philharmoniker. Georg Solti, direction. John Culshaw, production, conception artistique.

 

 

Prochaine critique complète du Ring Wagner par Georg  Solti  (1958-1964 / 16 cd) dans le mag cd dvd, livres  de CLASSIQUENEWS.COM

 

 

Livres. Henri Christophe. Richard Wagner : L’Anneau du Nibelung (Symétrie)

henri christophe l anneau du nibelung wagner traduction isbn_978-2-36485-026-2Rédigée au moment de la diffusion sur Arte en 1991 de la fameuse Tétralogie du centenaire de Bayreuth (1876-1976) signée Chéreau et Boulez, la mythique équipe française, la traduction d’Henri Christophe est éditée chez Symétrie. Le texte a été composé pour être lu sur les images de cette production, dans le temps imparti pour chaque séquence, dans la durée  du spectacle, selon les contraintes aussi pratiques (2 lignes de texte au bas de l’écran). Il en découle une prosodie rapide, séquencée, aux images sensuelles et charnelles, aux éclairs réflexifs qui engagent et dévoilent tout un étroit réseau de correspondances entre les tableaux, dans les strates du texte global. Le cerveau de Wagner n’a jamais été mieux compris dans une langue à la fois précise, violente, organique et flamboyante. C’est immédiatement l’intelligence du dramaturge Wagner qui surgit, son sens du verbe, sa ciselure des portraits psychologiques et des situations.

Traducteur en 1991 pour Arte, Henri Christophe éclaire les facettes prosodiques du Ring

Wagner traduit : une révélation poétique

 

CLIC D'OR macaron 200Ne prenons que deux exemples parmi les plus denses et psychologiquement fouillés du Ring : extraits de La Walkyrie, le monologue de Wotan qui s’adresse à sa fille chérie Brünnhilde et lui avoue son impuissance face aux arguments de l’épouse Fricka qui lui demande de rompre sa protection auprès des Valse… Puis extrait du Crépuscule des dieux : le dernier monologue de Brünnhilde, l’épouse trompée par Siegfried qui cependant frappée d’un discernement supérieur, comprend le sens profond de tout le cycle, pardonne à celui qui l’a trahie, et restitue l’anneau maudit aux filles du Rhin…
D’une façon générale, le texte de Henri Christophe est direct, plus clair du point de vue des idées et des images formulés ; séquencé en phrases courtes, il souhaite (même si sa destination n’est pas d’être chanté) reproduire le rythme du chant lyrique ; le découpage qui en découle semble suivre les méandres du continuum musical : Henri Christophe a écouté chaque scène musicale en formulant la taille, le débit de ses traductions. Evidement indications scéniques et didascalies n’étant pas indiquées entre parenthèses, le lecteur perd en compréhension scénique et visuelle, mais il gagne une proximité émotionnelle avec chaque protagoniste que les autres textes à la rédaction plus contournée, n’offrent pas.
Même pour des non germanistes/germanophones, le travail de Wagner sur l’allitération et non la rime, une saveur organique du langage qui convoque la présence tangible des pulsions et forces psychique inspirées des mythes fondateurs qui l’ont tant porté dans la conception globale de la Tétralogie, s’impose : elle attise la lecture dans le feu des forces en présence. Le jeu de Wagner est d’anticiper ou de se remémorer, dilatation élastique et oscillante du temps qui fonde sa fascinante intensité : passé et futur sont évoqués presque simultanément pour intensifier la perception du présent (prolepses ou prévisions, analepses ou flashback). La vision est déjà cinématographique et l’on repère dans la construction du maillage linguistique ainsi restitué, les filiations et les correspondances multiples du texte, conçu comme un seule et même étoffe qu’on la prenne à son commencement comme à sa fin…

Les idées préconçues tiennent bon, or si certains s’entêtent à regretter les faiblesses du Wagner librettiste, force est de constater ici la puissance de son verbe, l’éloquence de ses idées, la cohérence des imbrications dramatiques, le sens de l’impact dramaturgique. Tout cela restitue la force et la spécificité du théâtre wagnérien, scène plus psychique et politique que narrative et d’action : tout fait sens à mesure que les situations se précisent, que les confrontations accomplissent leur Å“uvre. Le lecteur saisit enfin l’unité souterraine du cycle. Peu à peu s’affirme la profonde impuissance des êtres ; ces dieux ambitieux, arrogants s’épuisent dans l’exercice et le maintien absurde de leur pouvoir : la destinée de Wotan /Wanderer s’en trouve lumineuse ; un résumé du cycle entier : chacun tôt ou tard doit assumer les conséquences de ses actes. Au compositeur de dessiller les yeux des aveuglés. Gageons que le texte d’Henri Christophe accrédite enfin le principe à présent explicite d’un Wagner, librettiste affûté voire génial. C’est bien le moindre des apports de cette traduction heureusement éditée.

Henri Christophe. Richard Wagner : L’Anneau du Nibelung (Éditions Symétrie). ISBN : 978 2 36485 026 2. 403 pages. 13,80€. Février 2015. Un texte d’introduction très documenté récapitule l’histoire des traducteurs français de Wagner et aussi la chronologie des créations de ses oeuvres dans l’Hexagone… Passionnant.

Le Ring de Wagner à Munich

wagner-ring-tetralogie-582-612Munich. Wagner : Le Ring. Du 20 février au 29 mars 2015. Le Bayerisches Staatsoper de Munich, dans la capitale bavaroise affiche l’intégralité de la Tétralogie wagnérienne dans la réalisation du duo Kirill Petrenko chef d’orchestre) et Andreas Kriegenburg (régie, mise en scène). Dans l’ordre, L’or du Rhin pour le prélude, puis les 3 journées : La Walkyrie, Siegfried enfin Le Crépuscule des dieux.  Soit 13 soirées wagnériennes. le cycle peut être écouté dans la quasi continuité les 22,23,26 et 29 mars 2015. Production déjà présentée en 2012.

Wagner 2014 : Le Ring nouveau de BayreuthLa Tétralogie raconte sur le registre épique et universel l’accomplissement de la barbarie et de l’indignité humaine sur le monde et les hommes. L’être intelligent et faux bâtisseur (Wotan) construit sa propre perte en imposant ses règles : manipulation, vol, tyrannie, impérialisme. Avide et vénal, le Dieu des dieux se montre parfaitement indigne de son prestige. Pour dérober l’autorité qu’il prétend détenir, il a perdu un oeil et s’est taillé une lance dans le bois du hêtre primordial… Ici le pouvoir rend fou et l’amour de l’or, totalement inhumain. Dans L’or du Rhin, l’or pur du fleuve garant de l’équilibre naturel est dérobé par Alberich, à son tour dépossédé par… Wotan lequel pour édifier son palais du Walhalla, trompe abusivement les Géants. A la fin du Prologue, Wotan et sa clique divine monte au sommet : image de l’orgueil démesuré, leur ascension annonce déjà leur chute.
Dans La Walkyrie paraît l’amour, celui du couple Siegmund et Sieglinde, les parents du héros à venir : Siegfried. Ils sont tous les deux sacrifiés sur l’autel du cynisme de Wotan : mais sa propre fillle, la Walkyrie Brünnhilde ose braver l’ordre du père. Sieglinde pourra enfanter le héros à naître, mais elle perdra son statut et deviendra simple mortelle, protégée par un rideau de feu.
Siegfried raconte l’enfance du héros attendu. Comment Alberich son tuteur lui cache sa nature exceptionnelle et mourra sous la lame de son épée. Le héros qui ne connaît pas la peur, assassine le dragon : il peut rejoindre la Walkyrie sur son rocher pour l’épouser…
Dans le Crépuscule des dieux, la prophétie s’accomplit et Wotan doit céder la place à Siegfried. Pourtant, ce dernier trop naïf et manipulable se laisse berner par le clan de Gibishungen : il trahit Brünnhilde, et meurt honteusement à la suite d’un complot : sa mort puis l’ample monologue de Brünnhilde annonçant une ère nouvelle sont les deux temps forts d’une partition parmi les plus réussies de tout le cycle.

La Tétralogie wagnérienne à Munich
Der Ring des Nibelungen

agenda
L’or du Rhin,  Das Rheingold
Les 20,27 février puis 11 et 22 mars 2015

La Walkyrie, Die Walküre
Les 28 février puis 6,14,23 mars 2015

Siegfried
Les 8,16,26 mars 2015

Götterdämmerung
Les 20 et 29 mars 2015

Illustrations : Odin par Arthur Rackham, Richard Wagner (DR)

France Musique. Ce soir, L’Or du Rhin de Wagner, 20h (Bayreuth 2014)

Festspielhaus BayreuthFrance Musique. Ce soir, L’Or du Rhin de Wagner, 20h (Bayreuth 2014). Reprise du Ring 2013 à Bayreuth 2014. Sous la direction de Kirill Petrenko, ardent chef lyrique, le drame cynique wagnérien saura-t-il nous séduire ? Wagner, compositeur désespéré, amer, de surcroît incompris, conçoit une scène barbare. S’il y convoque la féerie, ou plutôt les personnages de la légende (naïades, nains, géants, dieux…), c’est à seule fin de les parodier pour mieux dévoiler l’horreur d’un monde politisé qui a perdu son harmonie originelle. Le cynisme que l’on dénonce souvent comme un détournement de l’oeuvre, est donc inscrit dans la partition et son livret, (rédigé par Wagner) et l’on a tort d’exiger de la féerie, là où elle n’apparaît que dans un certain dessein. L’enjeu de L’Or du Rhin est d’autant plus essentiel qu’en tant que Prologue, l’ouvrage, -préambule aux trois Journées suivantes-, pose clairement cadre, situations, enjeux et ambitions des personnages pour tout le cycle : ambition impérialiste de Wotan, manipulation générale dans un monde voué à l’or et les tractations politiques… C’est pourtant le début de la fin car même s’il se fait livrer par les géants défaits, son palais du Walhalla, Wotan a souhaitant prendre possession de l’univers, signe aussi son arrêt de Wagner : le Ring du Bayreuth 2014mort… La production diffusée ce soir par France Musique a soulevé bien des réactions plutôt contraires, au point que pour la première fois de son histoire, la colline verte présentait le Ring sans avoir vendu toutes les places. La machine Bayreuth fait-elle encore rêver ? On veut bien que le théâtre construit par Wagner propose la meilleure acoustique du monde … mais les voix souvent indignes et les mises en scène trop décalées refroidissent les ardeurs pour y venir en masse. Alors faîtes comme nous, savourez ou découvrez Le Ring de Bayreuth 2014, dans votre fauteuil, en suivant la diffusion sur France du premier volet de la Tétralogie, soir L’Or du Rhin, ce soir à partir de 20h.

Lire aussi  Bayreuth 2014 : Rien ne va plus !

Lire aussi la Tétralogie de Wagner, voir la distribution complète du Ring du Bayreuth 2014

Le Ring du Bayreuth 2014

wagner grand formatFrance Musique à Bayreuth.Wagner : Der Ring, les 3,10,17,24 août 2014. Que vaut Le Ring version Bayreuth 2914 ? La direction musicale est assurée par le chef Kirill Petrenko, né en 1972 à Omsk. Et pour chanteurs, un plateau de wagnériens méconnus/inconnus jusque là… C’est avéré, et depuis une décennie voire deux… les meilleures productions wagnériennes n’ont plus guère lieu sur la colline verte, et c’est bien le drame de Bayreuth actuellement. Ce ne sont pas les mises en scène décalées branchées souvent très laides ou tristement gadgets qui compensent l’absence de qualité musicale et de cohérence dramatique. Mais à chaque édition estivale du festival conçu par Richard Wagner lui-même, le festivalier est en droit d’espérer une surprise voire un … miracle. Assister au Ring dans le théâtre édifié par Wagner avec l’aide de Louis II de Bavière demeure en soi une expérience inoubliable : le premier Ring fut inauguré en 1876. La direction de Kirill Petrenko qui n’en est pas à son premier Wagner ni son premier Ring suffira-t-elle à emporter l’acuité expressive et poétique du drame wagnérien ? Souvent à force de minutie attentive, de souci hédoniste du son, les chefs en oublient surtout le mouvement enfiévré de l’action musicale … Et la mise en scène de Franck Castorff ? Qu’en sera-t-il en août 2014 ? Parions que ses décalages outranciers et sa frénésie confuse et laide digne d’une mauvaise BD ne provoquent le même agacement qu’en 2013 où le spectacle avait été créé et reçu de façon scandaleuse. A défaut de se déplacer à Bayreuth, France Musique diffuse les 4 volets de ce Ring Bayreuthien à écouter (plutôt qu’à voir).

petrenko-kirill-wagner-bayreuthL’Or du Rhin, dimanche 3 août 2014, 20h
La Walkyrie, dimanche 10 août 2014, 20h
Siegfried, dimanche 17 août 2014, 20h
Le Crépuscule des dieux, dimanche 24 août 2014, 20h

 

 

Approfondir
Consulter les distributions du Ring Bayreuth 2014 (Kirill Petrenko, direction) sur le site du Festival de Bayreuth

Lire notre dossier spécial La Tétralogie de Richard Wagner (1876)

L’Avant Scène Opéra spécial festival de Bayreuth

CD. Wagner : extraits du Ring. Philippe Jordan (Erato)

Après un précédent symphonique tout aussi jubilatoire dédié à la Symphonie Alpestre de Strauss, autre massif orchestral d’envergure – et aussi de ciselure instrumentale-, Philippe Jordan et les musiciens de ” son ” orchestre de l’Opéra de Paris, retrouvent ici le studio d’enregistrement pour la totalité wagnérienne, miroir des représentations du Ring, doublement présenté à Bastille pour l’année Wagner 2013.

 

 

Wagner : chambrisme somptueux

 

philippe-jordan-wagner-ring-extraitsOn reste déçus par le minutage chiche du double coffret, bien économe et plutôt très synthétique sur la somme totale ainsi dirigée dans la fosse parisienne. Mais reconnaissons que le transfert du geste, de Bastille au studio souligne les qualités propres de l’orchestre parisien et du chef : transparence, lumière, cohésion, rondeur… Souvent le visuel de couverture renseigne sur l’intention poétique du projet : ici un superbe paysage montagneux, – la cime wagnérienne n’est pas si loin- dont l’arête impressionnante et toute la structure se laissent deviner – impressionnante- sous une brume esthétisante et poétique… un voile suggestif qui n’empêche pas la claire définition du détail.
D’emblée, la lecture parisienne sous l’impulsion musicale du chef suisse se distingue à toute autre approche : sonorité onctueuse et coulante, d’une cohésion irréprochable avec cette nuance de clarté et de transparence, lumineuse et éloquente, qui fait la caractéristique majeure de la lecture. C’est un Wagner à la fois somptueusement lyrique et surtout chambriste qui se réalise ici, étirant le temps et sa suspension jusqu’à rompre la corde dramatique. La scène finale où Brunnhilde récapitule en une vision pleine de promesse pour le futur, l’ensemble de l’épopée manque parfois de frisson et de fulgurance (la faute en revient à Ninna Stemme – invitée à Bastille aussi pour chanter Elisabeth dans Tannhäuser : voix ductile et chaude, mais verbe sans accent ni fièvre) , ce qui fait habituellement le prix d’une captation live… mais l’unité et la distance poétique au service d’une opulence constante des couleurs instrumentales s’imposent à nous de façon irrésistible.
Voici un Wagner, pensé, mûri, mesuré, esthétisant dont l’équilibre dans sa réalisation nous rappelle la leçon récente menée à Dijon par Daniel Kawka, dans un Ring réécrit (donc très contesté) mais musicalement irréprochable. En 2013, Wagner a donc connu les honneurs des musiciens dans l’Hexagone. Ce double disque magnifique en recueille les fruits les plus scrupuleusement travaillés, les plus immédiatement chatoyants et convaincants. Bravo à Erato d’en permettre la gravure pour notre plus grand plaisir. Car au moment des représentations parisiennes, le Ring de Jordan avait quelque peu pâti des critiques épinglant à torts le travail scénique du metteur en scène Günter Krämer.

 

WAGNER : Extraits du Ring
L‘or du Rhin : Prélude
La Walkyrie : La Chevauchée des Walkyries – L‘incantation du feu
Siegfried : Les murmures de la forêt
Le crépuscule des Dieux : Voyage de Siegfried sur le Rhin – Marche funèbre de Siegfried,
Scène finale “Starke Scheite“ (Nina Stemme, soprano). Chœurs & Orchestre de l’Opéra National de Paris. Philippe Jordan, direction. 2CD ERATO 5099993414227

 

 

Compte rendu. Wagner : Der Ring. Daniel Kawka, direction (Dijon, le 13 octobre 2013)

VnsxJtQY62_201310223GL1UUUC7DCompte rendu. Wagner : Der Ring. Daniel Kawka, direction (Dijon, le 13 octobre 2013). A Dijon : un certain Ring, pas le Ring … Commençons par le malentendu qui n’a pas manqué de troubler la juste évaluation de ce Ring dijonais plutôt froidement accueilli par certains medias, trop attachés à une vision classique voire conservatrice de La Tétralogie wagnérienne. La production de l’Opéra de Dijon souffrirait ainsi de deux maux impardonnables : ses coupures (plutôt franches … mais cohérentes car elles évitent les épisodes répétitifs d’un opéra à l’autre)) ; ses inclusions contemporaines, regards actuels signés du compositeur en résidence à Dijon (Brice Pauset), lequel qui non seulement réinvente certains épisodes mais surtout réarrange la partition pour réussir les transitions entre les séquences qui ont échappé à la coupe…  Double forfait de lèse majesté où c’est Wagner qu’on assassine…
C’était oublié que ce Ring produit et porté par le directeur de l’Opéra de Dijon, Laurent Joyeux (lequel en signe aussi la mise en scène et qui a piloté toute la conception dramatique et artistique), est avant tout une relecture en forme de réduction qui s’assume en tant que telle : une sorte d’ ” avant-goût ” destiné non aux purs wagnériens, nostalgiques de Bayreuth (ceux là même qui crient au scandale), mais aux nouveaux publics, à tout ceux qui ne connaissant pas Wagner ou si peu, n’ayant jamais (ou que trop rarement) passé la porte de l’opéra, ” osent ” s’aventurer ici en terres wagnériennes pour en goûter les délices … vocaux, musicaux, visuels. A en juger par les très nombreux rappels en fin de cycle (après Siegfried puis Le Crépuscule des  Dieux), la maison dijonaise a amplement atteint ses objectifs, un pourcentage de nouveaux spectateurs très sensible,  jeunes et nouveaux ” wagnériens “, ainsi convertis sont venus pour la première fois à l’Opéra de Dijon grâce à cette expérience singulière.
Donc exit les critiques sur l’outrage fait à la Tétralogie originelle… Tout est question de perspective et de culture : la France n’a jamais aimé les adaptations d’après les grandes oeuvres. L’immersion allgée dans le monde Wagner reste efficace. Ce Ring diminué, retaillé pour être écouté et vu sur 2 jours (concept de départ), tient ses promesses et même réserve de sublimes découvertes. Car pour les wagnériens, comme nous, non bornés, les coupes, la réécriture du flux dramatique n’empêchent pas, au contraire, une réalisation musicale proche de la perfection. Un miracle artistique opportunément orchestré pour l’année du bicentenaire Wagner 2013.

Quelques faiblesses pour commencer …

 

Parlons d’abord des faiblesses (mineures en vérité) de ce Ring retaillé. Perdre le véritable tableau des nornes qui ouvre le Crépuscule, pour celui réécrit par Pauset, reste une erreur (affaire de goût) : même si l’inclusion contemporaine placée en introduction à Siegfried  récapitule en effet ce qui a précédé (La Walkyrie) et prépare à l’action héroïque à venir, ne pas entendre à cet endroit précis, la musique de Wagner est difficile à supporter : le gain  dans cette substitution n’est pas évident : l’auditeur/spectateur y a perdu l’un des tableaux les plus envoûtants de la Tétralogie. Et débuter l’écoute de Siegfried par le prisme d’une musique viscéralement ” étrangère “, est une expérience qui relève de l’épreuve. Avouons que rentrer dans l’univers Wagnérien par ce biais a été abrupt, soit presque 20 minutes de musique tout à fait inutile. Certes on a compris le principe du regard contemporain sur Wagner mais sur le plan dramatique, nous préférons vraiment l’épisode originel. Infiniment plus poétique et plus épique.

De même, d’un point de vue strictement dramatique, l’enchaînement entre l’avant dernier et l’ultime tableau du Crépuscule (changement de décor oblige : installation de l’immense portique architecturé en fond de scène) impose un temps d’attente silencieux trop important qui nuit gravement à la continuité du drame. L’impatience gagne les rangs des spectateurs. On note aussi certains ” détails ” dans la réalisation des choeurs (pendant le récit de Siegfried aux chasseurs, ou plus loin, au moment du mariage de Brünnhilde et de Gunther dans Le Crépuscule) … réduits à 3 ou 4 voix masculines (quand plusieurs dizaines de choristes sont initialement requis)… Qu’importe, la réduction et la version coupée ont été annoncées donc ici assumées. L’important est ailleurs.  Infiniment plus bénéfique.

 

 

Fosse miraculeuse

 

kawka_daniel_wagner_2013_chef_dijon_opera_443Daniel Kawka, orfèvre du tissu wagnérien … Car ce qui se passe dans la fosse… est un pur miracle. Un défi surmonté (après le désistement du premier orchestre partenaire) et sublimé grâce au seul talent du chef invité à diriger ce Ring musicalement anthologique : Daniel Kawka. Disciple admirateur de Boulez, le maestro français, fondateur de l’Ensemble Orchestral contemporain, déjà écouté dans Tristan ici même (mis en scène par Olivier Py) se révèle d’une sensibilité géniale par sa direction analytique et si subtilement architecturée. Il éblouit par son sens des équilibres sonores, des balances instrumentales, une conception hédoniste et brillante, légère et transparente, surtout organique de l’orchestre wagnérien ; la baguette accomplit un travail formidable sur la partition, sachant fusionner le temps, l’espace, les passions qui submergent les protagonistes : la prouesse tient du génie tant ce résultat  esthétiquement si accompli, s’inscrit a contrario du principe de coupures et de séquençage de ce Ring Wagner/Pauset.  Du début à la fin, l’écoute est happée/captivée par le sens de la continuité et de l’aspiration temporelle. D’une articulation superlative, chaque pupitre restitue le tissu symphonique selon les épisodes avec un brio sonore (cuivres ronds, bois mordants, cordes aériennes…) et une profondeur exceptionnellenent riche sur le plan émotionnel. Les étagements idéalement réalisés expriment la suractivité orchestrale, ce continuum permanent d’intentions et de connotations, de réitérations, variations ou développements entremêlées qui composent l’étoffe miroitante de l’orchestre wagnérien. Si parfois les tutti semblent atténués (couverts de facto par la scène), le relief des couleurs, la vision interne qui restitue au flot musical, sa densité vivante, offrent une expérience unique. Voilà longtemps qu’un tel Wagner nous semblait irréalisable : chambriste, psychologique, émotionnel, l’orchestre dit tout ce que les chanteurs taisent malgré eux. Combien l’apport du chef serait décuplé dans un cycle intégral ! Voici assurément l’argument le plus indiscutable de ce Ring dijonais.
DIJON_siegfried_bruhnnilde_2013Parmi les plus éblouissantes réussites musicales des deux derniers volets auxquels nous avons assisté : le réveil de Brünnhilde par Siegfried (clôturant Siegfried) puis dans Le Crépuscule, l’intermède musical qui précède le viol de Brünnhilde par Gunther/Siegfried (bouleversant miroir des pensées de la  sublime amoureuse), enfin  la dernière scène où la veuve du héros restitue l’anneau maléfique avant de se jeter dans les flammes du bûcher salvateur et purificateur … Ces trois pages resteront des moments inoubliables : Sabine Hogrefe qui avait été sous la direction du chef et dans la mise en scène déjà citée, une Isolde captivante, incarne à Dijon, une Brünnhilde fine et incandescente ; ici, même complicité évidente avec le chef dans un rapport idéal entre fosse et plateau : un dispositif  spécialement aménagé comme à Bayreuth qui étage sous la scène les instrumentistes sur 5 niveaux.
Les aigus rayonnants et d’une santé vocale sont à faire frémir, surtout sa justesse psychologique est à couper le souffle. On comprend dès lors que ce ce réveil de l’ex Walkyrie est surtout celui d’une demi déesse qui devient femme mortelle, désormais prête (ou presque au départ de cette rencontre avec Siegfried) à aimer le héros, vainqueur de Wotan. Incroyable métamorphose obligée qui prend tout son sens ici, grâce à la subtilité de l’actrice, grâce au chant tout en nuances de l’orchestre dans la fosse. Ainsi jaillissent toutes les émotions, la fragilité et l’innocence des deux âmes (Siegfried/Brünnhilde) qui se découvrent et se (re)connaissent alors pour la première fois (la rencontre est l’un des thèmes les plus bouleversants de l’opéra wagnérien, ici réalisé de façon irrésistible).

 

 

Siegfried, jeune Rimbaud en devenir, du poétique au politique

Aux côtés de Brünnhilde, son partenaire tout aussi convaincant, le Siegfried du jeune Daniel Brenna sert admirablement la conception du metteur en scène  qui fait du héros mythique non plus ce naïf guerrier bientôt manipulé et envoûté par les Gibishugen, mais un jeune poète, ardent et  impatient, vibrant au diapason de la nature, âme curieuse et agissante, carnet de notes en main, sorte de Rimbaud voyageur, à l’écoute du monde et des épisodes naturels : d’une même acuité tonifiante que celui de sa partenaire, le chant du ténor est exemplaire en clarté, en projection du verbe, de juvénilité solaire. Quelle lecture différente à tant de visions conformes où pèsent souvent le poids de l’épée, … voire l’inconsistance d’un jeu souvent primaire.
Ici Laurent Joyeux suit la ligne des coupes et ce plan volontaire qui favorise la clarté psychologique des individus et qui fait dans le séquençage produit, une scène en forme de huit clos théâtral à quelques personnages (surtout dans Le Crépuscule des dieux où l’opéra s’ouvre directement sur le dialogue des Gibishchugen Gunther et son demi frère Hagen, sans donc les deux épisodes des nornes et de la rencontre entre Siegfried et les filles du Rhin) : innocent et impulsif, porté par le désir de conquête puis par le pur amour, Siegfried devient sous l’effet d’un breuvage maléfique, animal politique, outrageusement trompé, … il est alors capable des pires agissements, trompant, blessant, humiliant son épouse. Il ne revient à lui-même qu’au moment d’expirer, – après avoir été odieusement assassiné par Hagen : on voit bien ce passage du poétique au politique, de l’amour au pouvoir qui détruit toute humanité, sous l’effet de l’anneau maudit. La ligne psychodramatique est claire et offre de superbes visuels, comme cette aile blanche gigantesque qui est la couche de Brünnhilde, … lit d’éveil, lit nuptial pour ses amours avec Siegfried : … d’une pureté symbolique digne d’un Magritte (certainement le plus beau tableau de toute la soirée).

 

 

DIJON_RING_wagner_crepusculeAu terme de ce désenchantement annoncé programmé (Le Crépuscule des dieux), la mort de Siegfried se fait mort du poète, perte immense (irrémédiable et fatale) pour le salut de notre monde (un tapis noir, un drapeau noir couvrent désormais le sol et l’architecture dans un espace désormais sans illusions ni espérance).
Il faut bien alors le geste salvateur d’une Brünnhilde, veuve enfin clairvoyante (elle jette l’anneau dans le Rhin qui revient ainsi aux filles du Rhin) pour que la malédiction prenne fin et que se précise la possibilité d’une renaissance (à travers le jeune garçon – nouveau Siegfried des temps futurs, qui en fin d’action, est prêt à réouvrir le grand livre de l’histoire)… Mais les hommes tirent-ils leçon du passé ? Rien n’est moins sûr. La question a gardé toute son actualité, rehaussée par une musique décidément singulière, inouïe …  sublimement défendue à Dijon.

 

Le Ring de Wagner à  l’Opéra de Dijon, jusqu’au 15 octobre 2013.

 

Dijon. Opéra Auditorium, le 13 octobre 2013. Wagner/Pauset : Der Ring. Siegfried, Le Crépuscule des dieux. Daniel Kawka, direction. Laurent Joyeux, mise en scène. SIEGFRIED : avec Sabine Hogrefe (Brünnhilde), Daniel Brenna (Siegfried), Thomas E. Brauer (Der wanderer), Florian Simson (Mime), 6 garçons de la Maîtrise de Dijon (les oiseaux de la forêt). LE CREPUSCULE DES DIEUX : avec Sabine Hogrefe (Brünnhilde), Daniel Brenna (Siegfried), Nicholas Folwell (Gunther), Christian Hübner (Hagen), Manuela Bress (Waltraute), Josefine Weber (Gutrune) …
Illustrations : Opéra de Dijon 2013 © G.Abegg 2013

 

Compe rendu. Der Ring à l’Opéra de Dijon par Daniel Kawka

Compte rendu, critique, Opéra. Dijon. Opéra Auditorium, le 13 octobre 2013. Der Ring de Richard Wagner. Daniel Kawka, direction musicale. Laurent Joyeux, mise en scène.
Commençons par le malentendu qui n’a pas manqué de troubler la juste évaluation de ce Ring dijonais plutôt froidement accueilli par certains medias, trop attachés à une vision classique voire conservatrice de La Tétralogie wagnérienne. La production de l’Opéra de Dijon souffrirait ainsi de deux maux impardonnables : ses coupures (plutôt franches … mais cohérentes car elles évitent les épisodes répétitifs d’un opéra à l’autre)) ; ses inclusions contemporaines, regards actuels signés du compositeur en résidence à Dijon (Brice Pauset), lequel qui non seulement réinvente certains épisodes mais surtout réarrange la partition pour réussir les transitions entre les séquences qui ont échappé à la coupe…  Double forfait de lèse majesté où c’est Wagner qu’on assassine…

 

 

A Dijon : un certain Ring, pas le Ring …

 

C’était oublié que ce Ring produit et porté par le directeur de l’Opéra de Dijon, Laurent Joyeux (lequel en signe aussi la mise en scène et qui a piloté toute la conception dramatique et artistique), est avant tout une relecture en forme de réduction qui s’assume en tant que telle : une sorte d’ ” avant-goût ” destiné non aux purs wagnériens, nostalgiques de Bayreuth (ceux là même qui crient au scandale), mais aux nouveaux publics, à tout ceux qui ne connaissant pas Wagner ou si peu, n’ayant jamais (ou que trop rarement) passé la porte de l’opéra, ” osent ” s’aventurer ici en terres wagnériennes pour en goûter les délices … vocaux, musicaux, visuels. A en juger par les très nombreux rappels en fin de cycle (après Siegfried puis Le Crépuscule des  Dieux), la maison dijonaise a amplement atteint ses objectifs, un pourcentage de nouveaux spectateurs très sensible,  jeunes et nouveaux ” wagnériens “, ainsi convertis sont venus pour la première fois à l’Opéra de Dijon grâce à cette expérience singulière.
Donc exit les critiques sur l’outrage fait à la Tétralogie originelle… Tout est question de perspective et de culture : la France n’a jamais aimé les adaptations d’après les grandes oeuvres. L’immersion allgée dans le monde Wagner reste efficace. Ce Ring diminué, retaillé pour être écouté et vu sur 2 jours (concept de départ), tient ses promesses et même réserve de sublimes découvertes. Car pour les wagnériens, comme nous, non bornés, les coupes, la réécriture du flux dramatique n’empêchent pas, au contraire, une réalisation musicale proche de la perfection. Un miracle artistique opportunément orchestré pour l’année du bicentenaire Wagner 2013.

 

 

Quelques faiblesses pour commencer …

 

Parlons d’abord des faiblesses (mineures en vérité) de ce Ring retaillé. Perdre le véritable tableau des nornes qui ouvre le Crépuscule, pour celui réécrit par Pauset, reste une erreur (affaire de goût) : même si l’inclusion contemporaine placée en introduction à Siegfried  récapitule en effet ce qui a précédé (La Walkyrie) et prépare à l’action héroïque à venir, ne pas entendre à cet endroit précis, la musique de Wagner est difficile à supporter : le gain  dans cette substitution n’est pas évident : l’auditeur/spectateur y a perdu l’un des tableaux les plus envoûtants de la Tétralogie. Et débuter l’écoute de Siegfried par le prisme d’une musique viscéralement ” étrangère “, est une expérience qui relève de l’épreuve. Avouons que rentrer dans l’univers Wagnérien par ce biais a été abrupt, soit presque 20 minutes de musique tout à fait inutile. Certes on a compris le principe du regard contemporain sur Wagner mais sur le plan dramatique, nous préférons vraiment l’épisode originel. Infiniment plus poétique et plus épique.

De même, d’un point de vue strictement dramatique, l’enchaînement entre l’avant dernier et l’ultime tableau du Crépuscule (changement de décor oblige : installation de l’immense portique architecturé en fond de scène) impose un temps d’attente silencieux trop important qui nuit gravement à la continuité du drame. L’impatience gagne les rangs des spectateurs. On note aussi certains ” détails ” dans la réalisation des choeurs (pendant le récit de Siegfried aux chasseurs, ou plus loin, au moment du mariage de Brünnhilde et de Gunther dans Le Crépuscule) … réduits à 3 ou 4 voix masculines (quand plusieurs dizaines de choristes sont initialement requis)… Qu’importe, la réduction et la version coupée ont été annoncées donc ici assumées. L’important est ailleurs.  Infiniment plus bénéfique.
Fosse miraculeuse
kawka_daniel_wagner_2013_chef_dijon_opera_443Daniel Kawka, orfèvre du tissu wagnérien
Car ce qui se passe dans la fosse… est un pur miracle. Un défi surmonté (après le désistement du premier orchestre partenaire) et sublimé grâce au seul talent du chef invité à diriger ce Ring musicalement anthologique : Daniel Kawka. Disciple admirateur de Boulez, le maestro français, fondateur de l’Ensemble Orchestral contemporain, déjà écouté dans Tristan ici même (mis en scène par Olivier Py) se révèle d’une sensibilité géniale par sa direction analytique et si subtilement architecturée. Il éblouit par son sens des équilibres sonores, des balances instrumentales, une conception hédoniste et brillante, légère et transparente, surtout organique de l’orchestre wagnérien ; la baguette accomplit un travail formidable sur la partition, sachant fusionner le temps, l’espace, les passions qui submergent les protagonistes : la prouesse tient du génie tant ce résultat  esthétiquement si accompli, s’inscrit a contrario du principe de coupures et de séquençage de ce Ring Wagner/Pauset.  Du début à la fin, l’écoute est happée/captivée par le sens de la continuité et de l’aspiration temporelle. D’une articulation superlative, chaque pupitre restitue le tissu symphonique selon les épisodes avec un brio sonore (cuivres ronds, bois mordants, cordes aériennes…) et une profondeur exceptionnellenent riche sur le plan émotionnel. Les étagements idéalement réalisés expriment la suractivité orchestrale, ce continuum permanent d’intentions et de connotations, de réitérations, variations ou développements entremêlées qui composent l’étoffe miroitante de l’orchestre wagnérien. Si parfois les tutti semblent atténués (couverts de facto par la scène), le relief des couleurs, la vision interne qui restitue au flot musical, sa densité vivante, offrent une expérience unique. Voilà longtemps qu’un tel Wagner nous semblait irréalisable : chambriste, psychologique, émotionnel, l’orchestre dit tout ce que les chanteurs taisent malgré eux. Combien l’apport du chef serait décuplé dans un cycle intégral ! Voici assurément l’argument le plus indiscutable de ce Ring dijonais.
Parmi les plus éblouissantes réussites musicales des deux derniers volets auxquels nous avons assisté : le réveil de Brünnhilde par Siegfried (clôturant Siegfried) puis dans Le Crépuscule, l’intermède musical qui précède le viol de Brünnhilde par Gunther/Siegfried (bouleversant miroir des pensées de la  sublime amoureuse), enfin  la dernière scène où la veuve du héros restitue l’anneau maléfique avant de se jeter dans les flammes du bûcher salvateur et purificateur … Ces trois pages resteront des moments inoubliables : Sabine Hogrefe qui avait été sous la direction du chef et dans la mise en scène déjà citée, une Isolde captivante, incarne à Dijon, une Brünnhilde fine et incandescente ; ici, même complicité évidente avec le chef dans un rapport idéal entre fosse et plateau : un dispositif  spécialement aménagé comme à Bayreuth qui étage sous la scène les instrumentistes sur 5 niveaux.
Les aigus rayonnants et d’une santé vocale sont à faire frémir, surtout sa justesse psychologique est à couper le souffle. On comprend dès lors que ce ce réveil de l’ex Walkyrie est surtout celui d’une demi déesse qui devient femme mortelle, désormais prête (ou presque au départ de cette rencontre avec Siegfried) à aimer le héros, vainqueur de Wotan. Incroyable métamorphose obligée qui prend tout son sens ici, grâce à la subtilité de l’actrice, grâce au chant tout en nuances de l’orchestre dans la fosse. Ainsi jaillissent toutes les émotions, la fragilité et l’innocence des deux âmes (Siegfried/Brünnhilde) qui se découvrent et se (re)connaissent alors pour la première fois (la rencontre est l’un des thèmes les plus bouleversants de l’opéra wagnérien, ici réalisé de façon irrésistible).

 

 

Siegfried, jeune Rimbaud en devenir, du poétique au politique

 

Aux côtés de Brünnhilde, son partenaire tout aussi convaincant, le Siegfried du jeune Daniel Brenna sert admirablement la conception du metteur en scène  qui fait du héros mythique non plus ce naïf guerrier bientôt manipulé et envoûté par les Gibishugen, mais un jeune poète, ardent et  impatient, vibrant au diapason de la nature, âme curieuse et agissante, carnet de notes en main, sorte de Rimbaud voyageur, à l’écoute du monde et des épisodes naturels : d’une même acuité tonifiante que celui de sa partenaire, le chant du ténor est exemplaire en clarté, en projection du verbe, de juvénilité solaire. Quelle lecture différente à tant de visions conformes où pèsent souvent le poids de l’épée, … voire l’inconsistance d’un jeu souvent primaire.
Ici Laurent Joyeux suit la ligne des coupes et ce plan volontaire qui favorise la clarté psychologique des individus et qui fait dans le séquençage produit, une scène en forme de huit clos théâtral à quelques personnages (surtout dans Le Crépuscule des dieux où l’opéra s’ouvre directement sur le dialogue des Gibishchugen Gunther et son demi frère Hagen, sans donc les deux épisodes des nornes et de la rencontre entre Siegfried et les filles du Rhin) : innocent et impulsif, porté par le désir de conquête puis par le pur amour, Siegfried devient sous l’effet d’un breuvage maléfique, animal politique, outrageusement trompé, … il est alors capable des pires agissements, trompant, blessant, humiliant son épouse. Il ne revient à lui-même qu’au moment d’expirer, – après avoir été odieusement assassiné par Hagen : on voit bien ce passage du poétique au politique, de l’amour au pouvoir qui détruit toute humanité, sous l’effet de l’anneau maudit. La ligne psychodramatique est claire et offre de superbes visuels, comme cette aile blanche gigantesque qui est la couche de Brünnhilde, … lit d’éveil, lit nuptial pour ses amours avec Siegfried : … d’une pureté symbolique digne d’un Magritte (certainement le plus beau tableau de toute la soirée).
Au terme de ce désenchantement annoncé programmé (Le Crépuscule des dieux), la mort de Siegfried se fait mort du poète, perte immense (irrémédiable et fatale) pour le salut de notre monde (un tapis noir, un drapeau noir couvrent désormais le sol et l’architecture dans un espace désormais sans illusions ni espérance).
Il faut bien alors le geste salvateur d’une Brünnhilde, veuve enfin clairvoyante (elle jette l’anneau dans le Rhin qui revient ainsi aux filles du Rhin) pour que la malédiction prenne fin et que se précise la possibilité d’une renaissance (à travers le jeune garçon – nouveau Siegfried des temps futurs, qui en fin d’action, est prêt à réouvrir le grand livre de l’histoire)… Mais les hommes tirent-ils leçon du passé ? Rien n’est moins sûr. La question a gardé toute son actualité, rehaussée par une musique décidément singulière, inouïe …  sublimement défendue à Dijon.

Le Ring de Wagner à  l’Opéra de Dijon, jusqu’au 15 octobre 2013.

 

Dijon. Opéra Auditorium, le 13 octobre 2013. Wagner/Pauset : Der Ring. Siegfried, Le Crépuscule des dieux. Daniel Kawka, direction. Laurent Joyeux, mise en scène. SIEGFRIED : avec Sabine Hogrefe (Brünnhilde), Daniel Brenna (Siegfried), Thomas E. Brauer (Der wanderer), Florian Simson (Mime), 6 garçons de la Maîtrise de Dijon (les oiseaux de la forêt). LE CREPUSCULE DES DIEUX : avec Sabine Hogrefe (Brünnhilde), Daniel Brenna (Siegfried), Nicholas Folwell (Gunther), Christian Hübner (Hagen), Manuela Bress (Waltraute), Josefine Weber (Gutrune) …

 

CD. Wagner: the operas. Sir Georg Solti (Decca)

CD. Wagner: the operas. Sir Georg Solti (36 cd Decca)

le miracle Solti chez Wagner

Wagner_solti_ring_parsifal_lohengrin_wagnerAttention coffret miraculeux ! La voici enfin cette intégrale qui reste avec celle de Karajan chez DG (Der Ring des Nibelungen), le temple discographique qui contient l’un des messages wagnériens les plus pertinents du XXème siècle. Aux chefs du XXIè de nous éclairer et nous éblouir avec une même ardeur contagieuse ! Le Wagner du chef hongrois déborde de vie, de fureur, de vitalité enivrante… Orchestralement, la vision est des plus abouties; vocalement, comme toujours, les productions sont diversement pertinentes. Solti, bartokien, straussien, mozartien mais aussi verdien, occupe Decca dans des coffrets non moins indispensables. Mais, s’agissant de Wagner, l’apport est considérable.

Voici en 35 cd, 10 opéras parmi les plus connus (non pas les plus anciens , de jeunesse, encore meyerbeeriens et weberiens tels les Fées ou Rienzi): Le Hollandais volant (Chicago, 1976), Lohengrin (Vienne, 1985-1986), Les Maîtres Chanteurs (Vienne, 1975), Parsifal (Vienne, 1972), L’or du Rhin (Vienne, 1958), La Walkyrie (Vienne 1965), Siegfried (Vienne 1962), Le Crépuscule des dieux (Vienne 1964), Tannhäuser (Vienne 1970), Tristan und Isolde (1960). L’éditeur ajoute en bonus, répétition et extraits: une révélation quant à la vivacité et l’énergie du chef au pupitre (répétition de Tristan und Isolde avec John Culshaw en narrateur qui fut aussi le producteur entre autres accomplissements du Ring version Solti).

20 ans de studio avec le Wiener Philharmoniker

Le coffret comprend donc tout Wagner par Solti au studio chez Decca: soit une lecture wagnérienne de 1958 (L’or du Rhin, premier enregistrement de Wagner en stéréo et à ce titre, archive historique magnifiquement audible à ce jour!) jusqu’au dernier enregistrement: Lohengrin de 1986. Les 10 opéras ainsi enregistrés montrent la passion de Solti pour le théâtre de Wagner pendant près de 20 ans, au moment de l’essor du cd avant la vague du compact disc: l’esthétique sonore avec effets spatialisés si tentants dans les mondes imaginés par Wagner pour le Ring éclate aussi avec plus ou moins de réussite (exactement comme la Tétralogie de Wagner par Karajan chez DG): tout le tempérament volcanique, électrique, d’une précision exemplaire d’un Solti émerveillé par Wagner s’y réalise pleinement avec un orchestre désormais en vedette pour cette quasi intégrale: le Wiener Philharmoniker. C’est donc outre la valeur d’une interprétation historique à l’endroit de Wagner, le testament discographique d’un authentique wagnérien, habile narrateur pour le studio. Karajan avait le Berliner Philharmoniker et sa touche carrée, impétueuse; Solti réussit à Vienne avec une phalange réputée pour la splendeur de ses cordes, cuivres et bois. L’orchestre qui éblouit tant chez Strauss et Mozart, confère à Wagner, de fait, une couleur marquante par son élégance et sa fluidité, son sens des couleurs et peut-être moins son chambrisme si proche du théâtre chez Karajan; Solti convoque surtout la fresque, l’exaltation lumineuse et solaire.

Un Ring de légende

solti_georg_wagner_decca_culshaw_ring_wagner_solti_decca_547

Quand Solti et le producteur John Culshaw proposèrent au légendaire Walter Legge d’Emi le projet d’une intégrale Wagner au studio, le sollicité chassa d’un revers de la main l’audacieuse offre, arguant qu’il ne se vendrait pas plus de 50 exemplaires : c’est Decca qui hérita du projet, porté par le chef hongrois, odyssée qui reste à ce jour le plus grand succès discographique de tous les temps. Une vision, une cohérence théâtrale de premier plan avait lancé Culshaw quant il découvrait la direction de Solti dans La Walkyrie à Munich en 1950…
Clé de voûte du présent coffret Wagner, la Tétralogie s’écoute toujours autant avec le même intérêt: connaisseurs du profil évolutif de Wotan en cours d’action, les deux concepteurs Solti et Culshaw retiennent d’abord George London pour L’Or du Rhin puis surtout le mémorable Hans Hotter, Wanderer défait dans La Walkyrie et Siegfried, détruit pas à pas rongé par le poids et les conséquences de ses propres lois… Autres incarnations flamboyantes et justes: la Brunnhilde de Birgit Nilsson (qui sera aussi son Isolde en 1960), le Siegfried de Wolfgang Windgassen, l’éblouissante et si bouleversante Sieglinde de Régine Crespin en 1965, les Hunding et Hagen de Gottlob Frick… c’est à dire les voix les plus solides d’alors pour Wagner.
Celui qui ne brilla jamais à Bayreuth sauf une seule année en 1983 (avec Peter Hall pour une nouvelle Tétralogie) et qui dirigea un Ring avorté à Paris en 1976, trouve une éclatante coopération première à Vienne avec le Philharmoniker… sous la baguette du chef, instrumentistes comme chanteurs s’embrasent littéralement.
Aux côtés du Ring légendaire, ajoutons d’autres éloquentes approches: le baryton sud-africain Norman Bailey dans le rôle titre du Hollandais volant, abordé dans la continuité des 3 actes (ce que souhaitait Wagner et qu’il ne put jamais appliquer); le Tannhäuser de René Kollo; le Lohengrin de Placido Domingo, partenaire de Jessye Norman en Elsa; sans omettre un Parsifal lui aussi électrique, au dramatisme trépidant et intensément spirituel, regroupant en 1972, une distribution qui donne le vertige: Kollo (Parsifal), Amfortas (Dietrich Fischer -Dieskau), Christa Ludwig (Kundry), Gottlob Frick (Gurnemanz), Hans Hotter (Titurel)… Immense legs. Acquisition incontournable pour l’année Wagner 2013.

Wagner: The operas. Georg Solti. Livret consistant comprenant notice de présentation sur Solti et Wagner: la carrière du chef, track listing, synopsis avec repères des places concernées pour chacun des 10 ouvrages wagnériens. Decca 36 cd 0289 478 3707 7 3.

Bicentenaire Wagner 1813-2013. Grand dossier

Grand dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenaire…

Richard Wagner 2013

Richard Wagner 2013

Né en 1813 (le 22 mai à Leipzig), décédé à Venise, le 13 février 1883, Wagner est à l’honneur en 2013: il s’agit de fêter et le bicentenaire de sa naissance et les 130 ans de sa mort. Particulièrement critiquée et discutée, son Å“uvre lyrique modifie en profondeur l’opéra, et dans sa conception dramatique et musicale, et dans les modalités de sa représentation: jusqu’au concept d’orchestre placé sous la scène, comme à Bayreuth. Inventeur du spectacle total en particulier dans le cycle de l’Anneau du Nibelung, soit 4 opéras d’une durée globale de plus de 15 heures, Wagner réinvente le théâtre lyrique à la fin du XIXème siècle. Jamais l’orchestre n’a été si essentiel ni le chant, en véritable fusion avec le tapis instrumental. Plus que jamais chez Wagner, prime l’accomplissement du drame qui inféode chant et développement instrumental. C’est aussi un spectacle non plus décoratif, virtuose et divertissant mais conçu comme une initiation spirituelle adressé au plus nombre. Wagner a donc interrogé comme personne avant lui le langage, les moyens scéniques mais aussi la finalité de l’opéra.

L’homme se présente à nous avec ses contradictions et ses engagements discutables vite récupérés par les nazis qui en font leur emblème artistique (parmi d’autres compositeurs germaniques): icône de l’artiste maudit incompris par la société, il fut un hédoniste soucieux de son confort petit bourgeois; les lectures du Ring et des Maîtres Chanteurs ont tissé l’étoffe d’un créateur pangermaniste, annonciateur par son antisémitisme avéré, des pires idéologies barbares après lui… C’est enfin un séducteur à la vie sentimentale chaotique, finalement assagie à partir de sa rencontre avec la fille de Liszt, Cosima (alors mariée avec le chef Hans von Bulow, lui-même wagnérien fervent).

Mais l’artiste et le créateur sont indiscutables. Avant la réussite sur le plan esthétique de La Tétralogie, le choc de Tristan und Isolde (Munich, 1865) reste un jalon décisif dans l’histoire de l’opéra : écriture chromatique irrésolue (le fameux accord de Tristan), orchestre omniprésent, expression directe du jaillissement de la psyché où mort et amour se confondent… plus aucun compositeur d’envergure n’écrira de la même façon après Tristan. Et tous les génies ou grands créateurs après Wagner, paieront directement ou indirectement leur dette à Richard. S’il n’a pas de disciples manifestement déclarés ou reconnus par le maître, son Å“uvre influence tous les créateurs à partir des années 1860… dont en France, une fièvre collective qui recueille avec discernement et originalité son apport grâce au fédérateur César Franck puis D’Indy, Chausson, Vierne  et jusqu’au Debussy des intermèdes de Pelléas et Mélisande, sans omettre les moins connus dont Victorin Joncières, l’un de ses plus militants défenseurs dans l’Hexagone.

Aujourd’hui il est temps de repréciser voire nuancer certaines facettes de l’oeuvre et de la vie de Richard Wagner… A commencer par l’identification des grands thèmes de son théâtre lyrique, peu à peu précisé au fur et à mesure de ses ouvrages: de Rienzi, Le Vaisseau fantôme, Tannhäuser, Lohengrin jusqu’à Tristan, Der Ring et Parsifal, son ultime opéra : le statut de l’artiste, l’accomplissement irrésolu du désir, l’impossibilité de l’amour, mais surtout la compassion salvatrice et l’appel à une nouvelle fraternité, sujets bien peu mis en avant, pourtant moteurs dans La Tétralogie et particulièrement dans Parsifal… En vérité, il est temps de revenir à un Wagner expurgé des approches qui l’ont dénaturé: Wagner est bien le plus grand créateur lyrique de tous les temps et même le chantre de l’amour… aux côtés de l’acte II de Tristan, immersion dans l’extase amoureuse, le duo Sieglinde et Siegmund dans La Walkyrie (Première journée du Ring), comme dans Parsifal, l’évolution du personnage clé de Kundry, restent à nos yeux, l’invention poétique la plus bouleversante de Wagner.

Tout au long de l’année du centenaire Wagner 2013, Classiquenews dresse un bilan de l’oeuvre wagnérienne (opéras majeurs, dates biographiques décisives, évolution et accomplissements, contradictions de l’oeuvre, fils spirituels et détracteurs…), tout en récapitulant les grands événements lyriques à ne pas manquer en 2013… C’est aussi plusieurs offres de voyages et évasions musicales qui vous permettront de vivre cette année Wagner d’une manière inédite.

sommaire de notre dossier Wagner 2013

Richard WagnerTout au long de l’année du centenaire Wagner 2013, Classiquenews dresse un bilan de l’oeuvre wagnérienne (opéras majeurs, dates biographiques décisives, évolution et accomplissements, contradictions de l’oeuvre, fils spirituels et détracteurs…), tout en récapitulant les grands événements lyriques à ne pas manquer en 2013… C’est aussi plusieurs offres de voyages et évasions musicales qui vous permettront de vivre cette année Wagner d’une manière inédite.

1. Les premières années: Les Fées, Rienzi… (1828-1842)
De Leipzig à Paris (1839) et Dresde (1842), par Delphine Ralph

Avant de composer ses premiers opéras, Wagner est un jeune chef qui dirige de nombreux opéras dont il apprend le métier, l’écriture, les enjeux… vocaux comme dramatiques. Dès 15 ans à Leipzig (1828), le jeune compositeur apprend l’écriture musicale auprès de Theodor Weinlig, alors cantor à Saint-Thomas. Une première Symphonie en ut (1831) démontre un tempérament très tôt maîtrisé: bavard, emporté, entier et toujours épique.

2. Les années 1840 à Dresde: Rienzi, Le Vaisseau Fantôme, Tannhäuser et Lohengrin (1843-1848)

L’opéra romantique allemand selon Wagner, par Carl Fischer

En 1842, Rienzi avait marqué une première synthèse indiscutable.  Mais même s’il reste meyerbeerien, autant que beethovénien, Wagner change ensuite sa manière et la couleur de son inspiration avec Le Vaisseau fantôme: il quitte l’histoire et ses références naturellement pompeuses pour la légende: Tannhäuser et surtout Lohengrin confirment cette direction poétique.

3. De Munich à Bayreuth: l’accomplissement lyrique
Tristan und Isolde, Le Ring, Les Maîtres chanteurs… (1857-1883)
les opéras de la maturité: Tristan, Le Ring, Parsifal par Lucas Irom

A partir de 1857, Wagner met de côté la composition du Ring pour se consacrer totalement à Tristan und Isolde, composé de 1857 à 1859: il est alors l’hôte de ses protecteurs Otto et Mathilde Wesendonck…

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calendrier Wagner 2013

les 4 productions et événements  à ne pas manquer en 2013
2 Ring à Paris puis Dijon, Tannhäuser à l’Opéra du Rhin,…

Paris, Opéra Bastille

dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenaireLe Ring 2013 par Philippe Jordan (direction) et Günter Krämer (mise en scène): reprise contestée et pourtant pour nous attendue, la production du Ring à Bastille reste l’une des réalisations de l’ère Joel, parmi les plus réussies, en particulier pour L’Or du Rhin puis La Walkyrie.
L’Or du Rhin, à partir 29 janvier 2013
Le festival Wagner: Der Ring 2013, l’intégralité de la Tétralogie en continu (ou presque): les 18, 19 puis 23 et 26 juin 2013

Monte Carlo, Opéra

dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenairerécital lyrique Wagner
Auditorium Rainier III
les 8 et 10 février 2013
Jonas Alber, direction
Acte I de La Walkyrie
Acte II de Tristan und Isolde
Robert Dean Smith, Ann Petersen

Opéra du Rhin
Mulhouse et Strasbourg

dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenaireTannhäuser
Du 24 mars au 8 avril 2013
Constantin Trinks, direction
Keith Warner, mise en scène
Scott MacAllister (Tannhäuser)

coup de coeur classiquenews

le Ring 2013, made in Dijon

Richard Wagner 2013Le Ring 2013 par l’excellent Daniel Kawka, Der Ring des Nibelungen… Du 5 au 13 octobre 2012. On le savait wagnérien convaincu; son Tristan und Isolde (Olivier Py, mise en scène, juin 2009) présenté sur la scène du Théâtre Dijonais avait été salué par la rédaction de classiquenews: aucun doute Daniel Kawka qui est aussi fondateur et chef principal de l’Ensemble Orchestral Contemporain reste le champion de cette année Wagner à venir en France: ne manquez  pas chaque volet de sa Tétralogie: une réalisation d’ores et déjà passionnante voire historique si le plateau vocal est à la hauteur de l’exigence du maestro. Quoiqu’il en soit le geste du chef saura ciseler ce symphonisme ardent et chambriste dont il est l’un des rares à posséder la secrète alliance…  Du 5 au 13 octobre 2013. En lire +