En direct de Salzbourg, Anna Netrebko chante Leonora du Trouvère

netrebko trouvere salzbourgARTE. Ce soir, vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune fils, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂŞtre mĂ©morable, grâce en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂ´le au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scène signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +



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Netrebko Anna NetrebkoARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

netrebko anna netrebko_Il_Trovatore_Netrebko_Domingo_c_SF_Forster-1-373x500ARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. La nouvelle production verdienne fait dĂ©jĂ  figure d’Ă©vĂ©nement lyrique aux cĂ´tĂ©s de l’excellent Chevalier Ă  la rose dirigĂ© par Welser-Most, et du plus terne opĂ©ra en crĂ©ation : Charlotte Salomon du Français Marc-AndrĂ© Dalbavie… CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frère, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂŞtre mĂ©morable, grâce en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂ´le au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scène signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Le DVD Blu ray du Trouvère (Trovatore) de Verdi avec Anna Netrebko (production berlinoise de l’hiver 2013) est dĂ©jĂ  annoncĂ© en septembre 2014 chez Deutsche Grammophon.

 

Divina Netrebko : sa Leonora incandescente Ă  Salzbourg

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bARTE. Vendredi 15 août 2014, 20h50. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko.  Salzbourg, août 2014 : voici assurément l’un des événements lyriques du festival autrichien créé en 1922 par le trio légendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux côtés des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si fréquents. Créé à Rome en 1853, d’après El Trovador de Gutiérrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohérence et une caractérisation musicale indiscutable malgré la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se déroule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, où le conte de Luna est éconduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est éperdument amoureux : la jeune femme lui préfère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsédée par l’image de sa mère jetée dans les flammes d’un bûcher, et de son jeune frère, également consommé par le feu. Manrico décide de fuir avec Leonora. Mais il revient défier Luna car sa mère est condamnée à périr sur le bûcher elle aussi.  Emprisonné par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’être finalement donnée au Conte : elle a feint et s’est versée le poison pour faire libérer son aimé. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (à présent morte), ordonne l’exécution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait échanger les enfants sur le bûcher. De sorte que l’opéra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengé la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment démunie a manipulée le baryton jaloux, vengeur… aveuglé par sa haine. EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le Trouvère. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opéra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 août 2014, était déjà sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rôle qui semble taillé pour elle. Réponse le 31 août sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frère, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂŞtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine. EN LIRE +

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂ´le qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis sur ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.

Anna Netrebko chante Leonora du Trouvère à Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂ´tĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’après El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le Trouvère de Verdi saisit par sa fièvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVème, oĂą le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fère le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mère de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mère jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frère, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mère est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mère, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂŞtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frère : leur mère avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achève sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mère par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine.

Drame gothique tragique

verdi_582_face_portrait_boldiniDans la production parisienne de l’ouvrage, Verdi ajoute un ballet selon le goĂ»t français du grand opĂ©ra (3ème partie : la BohĂ©mienne). La violence de l’Ă©criture, l’omniprĂ©sence des flammes dans la rĂ©solution du jeu dramatique, l’exacerbation des passions qui s’opposent (Luna contre Leonora et Manrico, l’apparente impuissance de la sorcière bohĂ©mienne Azucena…)…tout Ĺ“uvre ici pour l’essor d’une tragĂ©die gothique prenante, Ă  l’expressivitĂ© progressive. D’après le roman gothique romantique de GutiĂ©rrez, Verdi offre une remarquable caractĂ©risation des rĂ´les solistes : Manrico (tĂ©nor), Leonora (soprano), Luna (baryton), surtout Azucena (mezzo soprano) dont il fait une sorte d’autoritĂ© fĂ©minine sombre et lugubre (cf. le Miserere, chĹ“ur funèbre de la 4ème partie : intitulĂ©e ” Le Supplice”). Contemporain de La Traviata, Le Trouvère est une partition flamboyante, sur un prĂ©texte empruntĂ© au roman historique dont la vocalitĂ© très investie des 4 solistes frappe immĂ©diatement : Verdi rĂ©ussit un tour de force. Chaque air rĂ©pond Ă  la nĂ©cessitĂ© de l’action.

A 43 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂŞte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  très convaincants) de sa prise de rĂ´le de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon).

Voici les termes de la critique de notre rédacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche Grammophon…dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂą son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂ´le dont le caractère convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas très prĂ©cises)… mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” …  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont très convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, … le tĂ©nor fait du Villazon … avec des nuances et des moyens très en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scène un rĂ´le Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂŞtre subjugante ? Bravissima diva.

Lire la critique du cd complète.

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le Trouvère. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂ´le qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

CD. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013)

verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CDCD, critique. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013). Giovanna d’Arco est redevable Ă  la première manière de Verdi, un compositeur alors en plein succès celui de Nabucco, Ă  la manière guerrière, vive, fiĂ©vreuse qui cependant ici Ă©tonne par la ciselure dĂ©licate rĂ©servĂ©e Ă  l’hĂ©roĂŻne : Giovanna. Sur les traces de Schiller, une source chĂ©rie Ă  laquelle il puisera encore la trame de Luisa Miller entre autres…, Verdi s’intĂ©resse au profil de la jeune vierge, paysanne de DomrĂ©my devenue chevalier, infĂ©odĂ©e au service puis  ici, Ă  l’amour du roi Charles VII (Carlo). L’histoire est totalement rĂ©Ă©crite Ă  la faveur d’une  intrigue amoureuse assez peu vraisemblable mais dont la mise en forme privilĂ©gie une succession de tableaux avec choeur, d’une dignitĂ© expressive noble et tragique (car la fin produit la mort de Giovanna expirante et sacrifiĂ©e), dans le sillon des grands oratorios de Rossini. Surprenante la relation du père (Giacomo) Ă  la fille : c’est Ă  cause de lui que Giovanna est dĂ©noncĂ©e de sorcellerie et livrĂ©e Ă  la haine populaire. Un comble – conçue dans la jeunesse quand on sait l’importance de la filiation dans les autres opĂ©ras, et la tendresse indĂ©fectible des pères pour leur progĂ©niture. A contrario de l’action de Giovanna d’Arco, Verdi soigne ensuite la tendresse du père pour sa fille et vice versa (Rigoletto, Boccanegra et dĂ©jĂ  Stiffelio…). Ici, le cadre romanesque impose des règles et un cadre que Verdi prendra soin d’éclater pour mieux affiner le profil psychologique des caractères et colorer avec subtilitĂ©, les relations tĂ©nues qui les relient.

Une Giovanna trop charnelle, un Domingo saisissant

netrebko annaObjet de 3 soirées prestigieuses au festival de Salzbourg 2013, cette production en version de concert avait attiré les huiles autrichiennes et les visiteurs de marques par son affiche : Anna Netrebko et Placido Domingo séduisent toujours autant. Et reconnaissons que le ténor devenu baryton (hier Carlo, ce soir Giacomo) offre à tous une leçon de style et de justesse émotionnelle. Moins d’enthousiasme en revanche pour celle qui chantera bientôt les grands rôles verdiens : Leonora du Trouvère et surtout Lady Macbeth. Anna Netrebko fascine toujours autant par son timbre charnu et opulent. Mais le problème se précise dès ses premiers airs : le calibre vocal ne cadre pas avec cette ligne bellinienne, légère et agile, qui fit jadis les délices d’une Caballé. Trop puissante et large, la Giovanna de Netrebko ne convainc pas. Le personnage ne correspond en rien à l’étoffe et à l’esprit de la chanteuse… que l’on attend d’autant mieux dans les tourments crépusculaires et obsessionnels de Lady Macbeth, et que sa Leonora, révélée récemment au disque, chez Deutsche Grammophon également, affirmait de bien meilleure manière.

Même Francesco Meli malgré la beauté du timbre lui aussi offre un portrait systématique, trop mécanique et démonstratif du roi Carlo, amoureux de sa guerrière Giovanna. Décidément l’aîné des solistes Domingo s’impose par sa distinction d’intonation, la subtilité de sa diction… qui a contrario de la noirceur première de Giacomo, dévoile l’humanité du père qui enfin mais trop tard, reconnaît la beauté morale de sa fille. Le chef malgré le choeur épais, parvient à insuffler un nerf continu au drame qui souffre cependant d’un raffinement trop souvent concentré lorsque le roi Domingo paraît. Un témoignage en demi teintes donc.

Giuseppe Verdi : Giovanna d’Arco. Anna Netrebko · Plácido Domingo Francesco Meli · Johannes Dunz – Roberto Tagliavini. Philharmonia Chor Wien, MĂĽnchner Rundfunkorchester. Paolo Carignani, direction. Enregistrement live rĂ©alisĂ© lors du festival de Salzbourg 2013. 2 cd Deutsche Grammophon 0289 479 2712 9 2 CDs DDD GH2.

DVD. Tchaikovski : Eugène Oneguine (Netrebko, Gergiev, 2013)

oneguine onegin netrebko dvd deutsche grammophon dg0735115-1La production qu’affichait le Met de New York en septembre 2013 restait prometteuse avec dans le rĂ´le de Tatiana, -la jeune femme Ă©cartĂ©e par l’ours cynique et dĂ©sabusĂ© OnĂ©guine, l’incandescente diva austrorusse Anna Netrebko. Velours ample et voluptueux, sur les traces de Mirella Freni, la soprano a tout pour emporter le caractère conçu par TchaĂŻkovski entre amertume, solitude, dignitĂ©. De la jeune femme ivre et tendre, amoureuse : celle de la lettre, Ă  l’Ă©pouse mariĂ©e par devoir et dignitĂ©, la cantatrice incarne toutes les nuances d’une fĂ©minitĂ© complète, ardente et palpitante. On se souvient que les premières reprĂ©sentations pour l’ouverture de la saison 13-14 avaient Ă©tĂ© marquĂ©es par les manifestations antiPoutine du groupe Queer Nation, pour fustiger les mesures antigay du prĂ©sident russe dont sont proches Gergiev et la soprano vedette.

Le spectacle a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 2011 en Grande-Bretagne et met en avant une lecture très classique de l’opĂ©ra dans ses costumes et dĂ©cors XIXème qu’aucun regard dĂ©calĂ© ne vient perturber. Pour autant, malgrĂ© son classicisme de mise, parfois banal, le dispositif permet de se concentrer sur les chanteurs, tous parfaitement investis pour faire monter le baromètre. la cohĂ©rence du plateau, sur le plan vocal assure la rĂ©ussite globale du spectacle : Netrebko affiche une sensualitĂ© radieuse, celle d’une amoureuse sincère, loyale, encore pleine de fraĂ®cheur Ă  l’acte I. Puis, la femme mariĂ©e dĂ©ploie un large ambitus avec toujours les couleurs et le velours d’un timbre somptueux. Mais plus que l’Ă©rotisme du timbre fĂ©minin, c’est la justesse de l’intonation entre sincĂ©ritĂ© et passion qui trouble le plus.

D’autant que l’OnĂ©guine du baryton Mariusz Kwiecien, soigne lui aussi l’Ă©lĂ©gance chambriste  du chant, Ă©clairant les blessures secrètes qui fondent son personnage solitaire, secret, d’une pudeur philantropique maladive. Parfois Ă©trangement glacial, parfois d’une tendresse farouche. Eclatant, parfois trop claironnant, c’est Ă  dire pas assez nuancĂ©, Piotr Beczala attire nĂ©anmoins et lĂ©gitimement, tous les regards sur son Lenski, intense, stylĂ©, dĂ©chirant. Pour autant, nous avons encore en tĂŞte l’envoĂ»tante fusion du couple Fleming/Hvorostovsky dans la mise en scène de Carsen, production prĂ©cĂ©dente, sommet théâtral depuis 1997. Pas sĂ»r que celle-ci ne la fasse oublier : la vision scĂ©nique et drammaturgique n’est pas aussi raffinĂ©e et mordante que celle de Carsen. DiffĂ©remment Ă  la production scĂ©nique originelle, le film vidĂ©o en plans rapprochĂ©s soignĂ©s sait compenser le manque de sentiments parfois exposĂ©s par une mise en scène trop classique. Autant dire que ce dvd mĂ©rite le meilleur accueil, en dĂ©pit de nos infimes rĂ©serves : la passion destructrice s’accomplit ici, dans le pur respect de la lyre tchaĂŻkovskienne.

Tchaikovsky: Eugene Oneguine. Mariusz Kwiecien (Onegin), Anna Netrebko (Tatyana), Piotr Beczala (Lensky), Oksana Volkova (Olga), Alexei Tanovitski (Gremin). Metropolitan Opera Orchestra, Chorus and Ballet, Valery Gergiev, direction. Deborah Warner, mise en scène.  2 dvd 073 5114 Deutsche Grammophon.

Puccini : La Bohème par Anna Netrebko à Chicago

puccini-boheme_puccini_netrebko_callejaFrance Musique, ce soir 19h. Puccini : La Bohème avec Anna Netrebko. Depuis l’OpĂ©ra de Chicago, la soprano russo autrichienne Anna Netrebko incarne Mimi, cousette Ă©mancipĂ©e du Paris bohĂ©mien et hautement artistique ; au cafĂ© Momus, puis Ă  la barrière d’enfer enneigĂ©e, les amours de Mimi et de Rodolphe Ă©prouvent le choc de la vie rĂ©elle, souvent difficile et tragique… Phtisique, Mimi se sent condamnĂ©e et Rodolphe ne parvient pas vraiment, malgrĂ© ce qu’il dit, Ă  quitter sa jeune maĂ®tresse. Plus qu’un opĂ©ra Ă  airs, mettant surtout en avant les chanteurs, Puccini exprime la couleur particulière du Paris romantique (inspirĂ© du roman de Henry Murger, Scènes de la vie de Bohème paru en 1845) oĂą malgrĂ© la misère des artistes, l’amour et le pur lyrisme en leur fragilitĂ© idĂ©alement brossĂ©e, Ă©treignent les coeurs prĂŞts Ă  s’enivrer. La flamboyante partition orchestrale de Puccini est le vrai protagoniste d’un opĂ©ra qui outre son sujet parfois lĂ©ger, dĂ©concerte par ses audaces harmoniques. Du pain bĂ©ni pour les chefs soucieux de nuances et d’Ă©vocations poignantes.
La production de Chicago bĂ©nĂ©ficie surtout de son plateau vocal : Anna Netrebko est une Mimi palpitante et hypersensible, ange trop fragile mais incandescent (comme le fut avant elle l’inĂ©galable Mirella Freni : son modèle ?) et comme partenaire l’excellent tĂ©nor Joseph Calleja, certes piètre acteur mais voix stylĂ©e taillĂ©e pour les jeunes poètes amoureux du Paris romantique

logo_francemusiqueOpĂ©ra enregistrĂ© le 15 juin 2013 Ă  l’OpĂ©ra Lyrique de Chicago.
OpĂ©ra en quatre tableaux crĂ©Ă© le 1er fĂ©vrier 1896 au Teatro Regio de Turin, Italie.
Musique de Giacomo Puccini (1858-1924).
Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après le roman de Henri MĂĽrger Scènes de la vie de Bohème.

Anna Netrebko, Mimì
Joseph Calleja, Rodolfo
Elizabeth Futral, Musetta
Lucas Meachem, Marcello
Andrea Silvestrelli, Colline
Joseph Lim, Schaunard
Dale Travis, Benoit/Alcindoro

Choeur et orchestre de l’OpĂ©ra Lyrique de Chicago
Emmanuel Villaume, direction

Consultez la page dédiée à La Bohème de Puccini sur le site de France Musique

DVD. Live from Red Square Moscow. Netrebko, Hvorostovsky (2003)

DVD. Netrebko, Hvorostovsky. Live from red square, Moscou (1 dvd Deutsche Grammophon)


Juin 2013
, le soleil se couche très tard et illumine jusque tard dans l’après midi ce concert live en plein air installĂ© scène et projecteurs, Place Rouge Ă  Moscou.  Tout le gratin se presse au devant de la scène ; et les musiciens sur l’estrade sont gĂŞnĂ©s par les rayons solaires… Musicalement, ceux qui venaient Ă©couter ” La ” Netrebko en ont pour leur argent : la diva plus pulpeuse que jamais offre un Ă©ventail de ses capacitĂ©s, privilĂ©giant Verdi Ă©videmment, bicentenaire 2013 oblige : sa Leonora bĂ©nĂ©ficiant de la voix enfin bien chauffĂ©e se distingue du lot : aucun doute, Anna doit impĂ©rativement chanter le principal rĂ´le du Trouvère sur la scène… Le programme alterne pause orchestrale avec choeur, airs de la diva, et du baryton : Dmitri Hvorostovsky assume chacun de ses airs, plus dans la vaillance dĂ©monstrative qu’avec une subtilitĂ© de l’intonation (mais dans un rĂ©cital en plein air est-il vraiment possible de chanter en phrasant ? Les micros de font pas tout…).

 

 

Divina Anna …

 

Live from Moscow,Anna NetrebkoSujet de toutes les curiositĂ©s comme de toutes les attentes, Anna Netrebko qui change quatre fois de robes, du bleu royal au blanc satinĂ©, se bonifie en cours de rĂ©cital : La Mamma morta (Andrea ChĂ©nier de Giordano) est un grand moment de pathĂ©tisme frĂ©nĂ©tique qui prĂ©lude efficacement au grand duo final OnĂ©guine/Tatiana de Eugène OnĂ©guine de TchaĂŻkovski (la jeune amoureuse devenue Ă©pouse respectable y retrouve le solitaire dĂ©semparĂ© Ă  ses genoux …), le duo avec Hvorostovsky est très Ă©mouvant. Le chef veille au rythme de la soirĂ©e qui prend rĂ©ellement des allures de magie lyrique quand la nuit est tombĂ©e et que les murailles et coupoles du Kremlin percent sous leurs Ă©clairages scintillants. C’est outre le grand retour – rĂ©ussi – de la diva Ă  la double nationalitĂ© (autrichienne et russe), touristiquement, une belle carte postale vendant l’onirisme moscovite.

 

Live from Red Square Moscow
Anna Netrebko · Dmitri Hvorostovsky
State Academic Symphony Orchestra “Evgeny Svetlanov”
Constantine Orbelian, direction.

1 DVD-Video 0440 073 4529 0 DVD-VIDEO NTSC

 

CD. Anna Netrebko: Souvenirs (2008)

CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) …   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprète Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©. Ce quatrième opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucrĂ© du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniĂ©riste Ă  la Bouguereau, digne du style pompier pure origine… C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concoctĂ© un voyage serti de plusieurs joyaux qui font d’elle, une ambassadrice de charme… et de chocs dont la tendresse lyrique et le choix rĂ©flĂ©chi des mĂ©lodies ici regroupĂ©es affirment une maturitĂ© rayonnante, un style et un caractère,  indiscutables.

 

 

Vocalità irrésistible

 

anna Netrebko, cd souvenris 2008Un orientalisme feutrĂ©, en filigrane, composĂ© avec quelques romances d’origine tzigane, et puis nettement dĂ©clarĂ© (irradiant, envoĂ»tant “Plenivsis’rzoy, solovey“), un tempĂ©rament plus grave pour la berceuse  “Schlof sche, mein Vögele...”, traditionnel juif aux dĂ©chirants accents tragiques, quelques gouttes de Strauss (Cäcilie puis Wiegenlied)… un soupçons d’extase français (Depuis le jour de Louise de Charpentier), surtout l’exquise EnamourĂ©e, composĂ©e par un Reynaldo Hahn, âgĂ© de 17 ans (1892): voici le nouvel album de la divina Netrebko. La Cantatrice rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, russe aujourd’hui naturalisĂ©e autrichienne, rĂ©alise un tour de force vocal, entre lĂ©gèretĂ© (nombre d’opĂ©rettes dans ce recueil amoureux: signĂ©es Kalman, Lehar, ), ferveur virginale (Pie Jesude Lloyd Weber) et nostalgie. Avec une finesse toujours idĂ©ale, Anna Netrebko semble suivre les pas de Victoria de Los Angeles qui chanta avant elle plusieurs airs ainsi sĂ©lectionnĂ©s, avec cette fragilitĂ© hypersensible, un Ă©tat d’embrasement hyperfĂ©minin, permis grâce Ă  son timbre corsĂ© et ses aigus Ă©tincelants.

 

Netrebko_anna_diva_opera_musique_classique_cdEn d’autres termes, voici l’excellence actuelle d’une diva au style juste (Ă©coutez “Im chambre sĂ©parĂ©e” extrait de Der Opernball, avec l’excellent Piotr Beczala… pas une faute de goĂ»t dans ce duo de pure effusion courtoise…), la musicalitĂ© radieuse, une “grâce” belle et Ă©panouie. La couleur blessĂ©e, tendre, candide de la soprano fait miracle en Solveig (Grieg), dans la non moins sublime chanson Tzigane de Dvorak (“Kdyz mne stara matka”: Ă  pleurer), et donc cette Ă©namourĂ©e sublime, d’après les vers de ThĂ©odore de Banville… Tout l’art de Netrebko est lĂ , dans un français certes encore perfectible, mais quelles couleurs vocales, quelles nuances et quelle richesse expressive! Le propre des grands interprètes rĂ©side dans leur capacitĂ© Ă  nous faire vivre le grand frisson par un sens de la phrase et de ses multiples intentions : Ă  plusieurs reprises, nous l’avons ressenti. Cerise sur le gateau: le duo Nicklausse/Giuletta des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, avec Elina Garanca au français impeccable… (les deux chanteuses ont souvent chantĂ© ensemble en particulier dans I Capuletti e i Montecchi de Bellini, incarnant chacune le rĂ´le premier de Juliette et de RomĂ©o (DG). La complicitĂ© et l’entente des deux voix se rĂ©alise au profit du texte et de la musique. En dĂ©finitive, Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprète Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©.  Ce quatrième opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants.

 


anna Netrebko, cd souvenris 2008Anna Netrebko, soprano. “Souvenirs”.
  Arditi,  Charpentier, Dvorák, Giménez, Grieg, Guastavino,  Hahn, Heuberger, Kálmán, Lehár, Lloyd Webber, Messager, Offenbach, Rimsky-Korsakov · R. Strauss. Elina Garanca, Piotr Beczala. Prague Philharmonia, Emmanuel Villaume, direction.

 

CD. Anna Netrebko : Verdi

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche GrammophonCD. Anna Netrebko : Verdi   …     Anna Netrebko signe un rĂ©cital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sĂ©lection, s’il n’Ă©tait sa musicalitĂ©, aurait Ă©tĂ© correct sans plus … voire tristement pĂ©rilleuse. Le nouveau rĂ©cital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalitĂ© gomment quelques imperfections tant la tragĂ©dienne hallucinĂ©e exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en pĂ©ril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa Leonora manifestent un tempĂ©rament vocal aujourd’hui hors du commun. Passer du studio comme ici Ă  la scène, c’est tout ce que nous lui souhaitons, en particulier considĂ©rant l’impact Ă©motionnel de sa Leonora …

 

 

Macbeth, Elisabeth, Leonora … Divine Netrebko

 


Netrebko_anna_diva_opera_musique_classique_cdA l’image du visuel de couverture, Ă©lĂ©gantissime, la diva Ă©lectrique, incandescente s’affirme sans rĂ©serve.  Vous l’aurez compris, le nouvel album de la diva Netrebko a conquis le rĂ©daction cd de classiquenews. VoilĂ  ” le ” disque que nous attendions pour l’annĂ©e 2013 qui cĂ©lèbre ailleurs sans surprise le bicentenaire Verdi. Dans le premier air, extrait de Macbeth, le tempĂ©rament dramatique avec un medium qui s’est Ă©largi naturellement s’impose immĂ©diatement. Il Ă©claire en Lady Macbeth, une âme dĂ©chirĂ©e derrière le masque de la rĂ©gicide et criminelle Ă  rĂ©pĂ©tition… abattage, suretĂ© de ton, intonation juste, et belle intensitĂ© : oui sans rĂ©serve.

AbĂ®mĂ©e dans des gouffres fantastiques et sombres, la diva affiche la mĂŞme sensibilitĂ© Ă©motionnelle, faille d’une ambitieuse rattrapĂ©e par ses mĂ©faits et ses crimes successifs dans l’air qui suit : “ Vieni, t’affretta ! “. La coupe linguistique plus heurtĂ©e est cependant unifiĂ©e par des aigus bien couverts et percutants, mais la diva russo-autrichienne demeure parfois en perte de souffle et d’Ă©quilibre dans un rĂ´le qui dĂ©passe cependant ses vrais moyens. Qu’en serait-il sur la scène, oĂą elle devrait tenir la continuitĂ© de l’action ?
On l’attend vĂ©ritablement lĂ  oĂą en studio, une Callas fit sensation : l’air de somnambulisme hagard et halucinĂ© : ” Una macchia è qui tuttora ” ...  impose non pas la rage de la furie tiraillĂ©e mais l’effusion d’une criminelle repentie, dĂ©truite par le sentiment de la culpabilitĂ©. Le caractère lugubre souligne les couleurs somptueuses du timbre dans le registre le plus grave : belle hĂ©ritière de Callas de ce point de vue qui sait marquer la faillite tragique de la scène alors. L’assise rayonnante des nouvelles notes basses, les aigus Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la tessiture, rayonnants et tenus (mĂŞme si le dernier aigu final est peu Ă©courtĂ© sur le souffle), offre une incarnation solide, personnelle, plutĂ´t rĂ©jouissante car vraisemblable. Quelle feu dramatique et quelle musicalitĂ© !HĂ©roĂŻne plus angĂ©lique et non moins dĂ©chirĂ©e, voici ensuite Giovanna d’Arco, subtile incarnation d’une puretĂ© elle aussi captivante par sa fragilitĂ© en dialogue avec la flĂ»te …


Anna Netrebko Verdi album leonoraSon Elena des Vespri Siciliani
respire la mĂŞme effusion sertie dans le miel le plus flexible, melliflu, oĂą les aigus en passage affirme un tempĂ©rament dramatique assurĂ© : c’est bien le propre de Netrebko aujourd’hui, des aigus claironnants combinĂ©s Ă  un grain de vraie tragĂ©dienne spinto. Moins Ă  l’aise dans la mise en place de la Sicilienne, d’un abattage moins assurĂ©e, la diva opte (avec le chef) pour un tempo volontairement ralenti pour assurer l’arche des notes filĂ©es : les vocalises finales trahissent un dĂ©sĂ©quilibre manifeste : l’agilitĂ© de la soprano a perdu de son Ă©lasticitĂ©, affectant les notes les plus aiguĂ«s, toutes aspirĂ©es et sans appui ; Mais l’assurance de l’intonation sĂ©duit toujours (malgrĂ© un vibrato que certains pourront juger peu propre). La grande Anna nous sĂ©duit aussi pour cette blessure inscrite dans la voix. Autre air de bravoure et de caractĂ©risation exigeante, la prière d’Elisabeth de Don Carlo oĂą rayonne la dignitĂ© blessĂ©e d’une jeune reine accablĂ©e, en proie Ă  une terrible leçon de rĂ©alisme cynique : sur les traces des grandes interprètes de ce personnage, Callas encore (en concert) et Tebaldi (avec Solti en 1965), Anna Netrebko rĂ©ussit un tour de force d’une Ă©lĂ©gie bouleversante, s’appuyant lĂ  encore sur des graves et un medium large, comme des aigus jamais pincĂ©s. S’il n’Ă©tait la prise de son incertaine parfois (effets spĂ©cialisĂ©s). Rejointe par son tĂ©nor de prĂ©dilection avec lequel elle a marquĂ© les esprits dans leur premiers Verdi (dont La Traviata Ă  Salzbourg), soit Rolando Villazon, “La” Netrebko en impose davantage par un dĂ©bit très assumĂ© et d’une belle sĂ»retĂ© de ton lĂ  encore dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂą son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂ´le dont le caractère convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’Ă©tait ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas très prĂ©cises)… mais la ligne, l’Ă©lĂ©gance, la subtilitĂ© de l’Ă©mission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” …  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont très convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’Ă©carte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, … le tĂ©nor fait du Villazon … avec des nuances et des moyens très en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scène un rĂ´le Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’Ă©couter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂŞtre subjugante ? Bravissima diva.

 

Anna Netrebko : Verdi. Anna Netrebko, Rolando VillazĂłn, Orchestra Del Teatro Regio Di Torino, Gianandrea Noseda. 1 cd Deutsche Grammophon 0028947917366

 

Anna Netrebko Verdi album leonora