CD, VASTA : Reine de Bordélie (1 cd Maguelone, Almazis, Yakovos Pappas, 2018)

VASTA-almazis-cd-livre-critique-annonce-classiquenews-cd-par-classiquenewsCD, VASTA : Reine de BordĂ©lie (1 cd Maguelone, Almazis, Yakovos Pappas, 2018). Plus affĂ»tĂ© et engagĂ© que jamais, le chef et claveciniste Iakovos Pappas poursuit l’idĂ©e d’un Baroque sĂ©ditieux, libertaire, plus expĂ©rimental que convenu voire complaisant. VoilĂ  un Baroque qui dĂ©range et qui nous plapit…. dont les dĂ©lices ont ravi les spectateurs lors d’un concert bienvenu, prĂ©lude Ă  ce disque, prĂ©sentĂ© Ă  la BNF. Les manuscrits concernĂ©s y sont tous conservĂ©s – dormants, oubliĂ©s,… jusqu’à aujourd’hui. Les cordes âpres, mordantes, expressives, le clavier et les voix très en verve savent ici ressusciter l’irrĂ©vĂ©rence inventive des libres penseurs et des Ă©rotomanes du XVIIIè. Le texte de Piron (Vasta, Reine de BordĂ©lie) choisi dans ce programme rĂ©jouissant, souligne combien dès son dĂ©but, le XVIIIè français manie la langue avec dĂ©lire, poĂ©sie et invention ; l’épigrammiste Ă©voque cet essor remarquable du Baroque insoumis, revenu Ă  son irrespect critique ; interprètes, textes et musique accrĂ©ditent l’émergence d’une pensĂ©e souveraine, fĂ©conde pour les arts, stimulante pour l’esprit. A travers un texte provocateur en façade, c’est la libertĂ© recrĂ©atrice de l’art qui est cĂ©lĂ©brĂ© et grâce Ă  Almazis, l’inspirante libertĂ© (pour les interprètes) de la satire critique.

EROTIQUE INSOLENCE, BAROQUE PARODIQUE

En liaison avec l’insolence inspirée de l’épigrammiste français Alexis Piron (1689-1773) qui fournit le texte de cette tragédie imaginaire, Iakovos Pappas a scrupuleusement sélectionné les musiques les plus adaptées. L’Académicien déchu, qui perdit son fauteuil et ses palmes d’Immortel, en raison justement de ses saillies et pointes géniales (Ode à Priape, texte de jeunesse) laisse surtout un texte d’une rare éloquence comique, prétexte de ce programme : « Vasta, reine de Bordélie ».  Piron concentre l’inspiration emblématique du XVIIIè français : la comédie, en ce qu’elle cultive et révèle les vertus de la verve satirique,  de l’insolence poétique. Erotique et même poétiquement obscène, le texte cible en réalité la censure et la politique, la chape asphyxiante qui corsète toute la société de l’Ancien Régime.

A travers l’intrigue, une mère (Vasta) et sa fille (Conille) s’affrontent Ă  travers leurs amants. La « goulue », Vasta dĂ©montre sans morale, sa souveraine prĂ©Ă©minence, – un tempĂ©rament virile en vĂ©ritĂ© (formidable, sincère, hallucinĂ©e Elizabeth Fernandez), sacrifiant sa fille (trop molle : larmoyante et habitĂ©e elle aussi Delphine Guevar) ; la reine dĂ©cide : elle cĂ©lèbre l’endurance admirable du prince « Fout Six coups » (et son accent provincial bien trempĂ© : truculent Christophe Crapez). Tous les chanteurs rehaussent par leur esprit de caractĂ©risation, et un vrai plaisir de la langue (et ses mĂ©andres sĂ©mantiques souvent hilarants), l’irrĂ©vĂ©rence du livret ; tous sont habiles Ă  transfĂ©rer d’authentiques situations tragiques et nobles, dans un texte d’une libertĂ© amorale, provocante, … voire dangereuse.  L’amateur des tragĂ©dies en musique retrouve le caractère des vraies scènes Ă©plorĂ©es, Ă  la fois langoureuses et suspendues, de vraies tensions affrontĂ©es,… mais dans une langue crue, totalement et outrageusement dĂ©calĂ©e.
Ce principe parodique prend une dimension emblématique dans le récit du viol de Vit-Mollet par Fout Six coups, rapporté par Couille au cul (excellent Guillaume Durand, fin du II) : au récit savoureux répond l’engagement des instrumentistes très proches du texte.

La force du programme vient aussi de la variĂ©tĂ© des auteurs, et des contrastes que leur style font naĂ®tre : abandon lacrymal – « la princesse n’est plus » / en dĂ©chargeant (Benda, plage 25) : noblesse et majestĂ© de la Reine (Marche de Campra, 26) qui salue l’arrivĂ©e de son  hĂ©ros final (Fout-six-coups, exposant les parties de son rival vaincu, Vit-Mollet)… tout s’enchaĂ®ne avec un sens dĂ©lectable des saillies percutantes.

Après les actes de la « tragédie », Iakovos Pappas agence enfin un grand « divertissement » (selon les codes du genre), et agence plusieurs fragments musicaux d’une évidente tension dramatique  : on y relève plusieurs extraits de « Zaïde » de Pancrace Royer (encore une perle oubliée, opportunément révélée ici : « Chasse » en prélude ; enfin « Air des turcs » et « tambourins » pour conclusion.
Le verbe n’est pas omis, grâce à la restitution de 4 séquences chantées, déclamées : Nous perdons Philis (duo de déploration à deux voix mâles); Monologue « Cucumane » (Caquire de De Vessaire, 1780), en voix de tête par le ténor Christophe Crapez, dont la verve insolente exprime déjà le climat révolutionnaire des années 1780…
Tout l’esprit libertaire, délirant est déjà énoncé entre autres dans le Prologue avec « Vive les cons », extrait du Déserteur de Monsigny, 1769 ; dans « On dit que le médecin » de JC Gillier, tout en gouaille et vulgarité ; il est même exacerbé et servi en un geste libéré, déluré, essentiellement linguistique et théâtral : « C’est fait Minon, Minette… » dans l’inoubliable « L’autre jour » de Louis Lemaire décédé en 1750.
De même, le scabreux voire scato (« le pot de chambre », puis « Les Cheminées »…) nourrit la tension du divertissement final, conclusion magnifique de la tragédie érotique proprement dite.
Toujours la verve des chanteurs et des instrumentistes redouble en cocasserie linguistique et triple lecture expressive… c’est une parodie insolente et paillarde (relecture de « Plaisirs d’amour » de Martini placé en fin de Prologue) ; c’est un procès en règle des canons de la tragédie officielle, de ses règles si strictes et asphyxiantes qui ont prévalu de Lully à Rameau, étouffant certainement l’écriture des auteurs : il fallait bien toute la créativité des forains satiriques (que reprennent à leur compte avec combien de justesse, les interprètes d’Almazis) pour en mesurer à la fois le ridicule et le potentiel humoristique ; tous ces décalages en dénoncent allusivement l’artificialité et le manque de vérité d’un genre que Gluck réformera à Paris au début des années 1770.
Or le geste d’Almazis retrouve cette franchise et cette sincérité qui manque tant (que JJ Rousseau appréciait tant). Les textes osés, provocants rétablissent le sang, la pulsion certes primitive, un naturel « populaire » totalement absent du genre noble.
Au clavecin, et à la direction, Iakovos Pappas sait exalter et électriser sa troupe : chanteurs acteurs et comédiens, capables de transformer leur voix, jouant des registres et des types de projection ; instrumentistes sans réserve, soulignant tout ce qu’ont d’irrévérence séditieuse textes et musique : sous leurs doigts amusés mais conscients, se profilent déjà les ferments de la révolte et de la sainte liberté.

On goĂ»te la causticitĂ© mordante du texte, paillarde donc choquante au premier degrĂ© ; et pourtant furieusement critique Ă  l’endroit du politique, rĂ©duit Ă  des ĂŞtres de pulsions et de jouissance immĂ©diate ; sur le plan musical, Iakovos Pappas a ainsi rĂ©sumĂ© tous les effets de la palette lyrique expressive, propre au genre officiel au XVIIè et XVIIIè, la tragĂ©die en musique. D’ailleurs, c’est l’une des partitions les plus scandaleusement musicale, d’un dĂ©bridĂ© ici dĂ©sopilant (et qui prĂ©figure toutes les comĂ©dies musicales Ă  venir),  PlatĂ©e de Rameau (1745) qui ouvre l’action centrale. 
 
 

BONUS… La cantate « burlesque » et d’une belle insolence, Actéon de Pierre-César Abeille (décédé en 1733) atteste de l’essor de ce courant baroque paillard, qui sait avec quelle intelligence et raffinement se moquer des codes mythologiques et tragiques. Abeille appartient à la colonie d’auteurs doués d’une extrême acuité expressive et poétique, dont Monteclair ou même JB Rousseau (Odes tirées des Psaumes, 1716) sont d’autres penseurs doués.
La solide gouaille articulée du baryton Guillaume Durand (qui incarne Couille-au-cul dans la tragédie qui précède) sert idéalement le texte, avec une attention affûtée à l’intelligibilité, une exquise et savoureuse compréhension des enjeux des images poétiques, un rien lubrique, et bien habitée. Le vrai sujet ici, c’est ce qu’a vu le chasseur : la nudité de la déesse (précisément ses jolies fesses) : c’est la déesse calipige que cible Abeille dans sa fabuleuse cantate / et le regard impudique du chasseur, sa curiosité irrespectueuse sont le vrai sujet de cette séquence qui ne manque pas de piquant, et là encore ni cocasserie très imaginative:… « Diane se lave le cul avec ses nymphes potagères qui lui servent de chambrières… » etc…

CLIC D'OR macaron 200BAROQUE INSOLENT, BAROQUE INVENTIF…Nerveux et souple, le continuo d’Almazis expose chaque mot, le commente, l’enveloppe d’une ironie poĂ©tique dĂ©lectable.  En choisissant d’achever le cycle de Piron, par cette cantate, vĂ©ritable joyau en irrĂ©vĂ©rence poĂ©tique et irrespect des convenances mythologiques, Iakovos Pappas rĂ©tablit la place de la cantate comme Ă©crin expĂ©rimental, propice Ă  renouveler l’écriture lyrique et la construction dramatique, officielles. Abeille, Piron… le chef d’Almazis a bien raison de souligner et la force du texte et la qualitĂ© de la musique. On l’on ce dit face Ă  tant de crĂ©ativitĂ© censurĂ©e, qu’il nous manque encore bien des informations pour connaĂ®tre vraiment la diversitĂ© de notre patrimoine. VoilĂ  posĂ©es, les bases d’une nouvelle recherche Ă  la fois littĂ©raire, poĂ©tique, lyrique et musicale qu’il faudrait encore et encore approfondir. A suivre.

 
 
  
 
 

LIRE AUSSI notre présentation critique du CD VASTA

 
 
  
 
 

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VOIR un extrait vidéo de VASTA, Reine de Bordélie, 1773 – extraits du spectacle donné à la BNF Bibliothèque National de France, en avril 2018.
https://www.youtube.com/watch?v=iIzsuzZUDag
 
 
 
VOIR LE TEASER VASTA,  reine de Bordélie, tragédie érotico-lyrique d’Alexis Piron (1773)
Ensemble Almazis – Iakovos Pappas / Co réalisation Bibliothèque Nationale de France
https://vimeo.com/301819639  

VASTA-reine-de-bordelie-iakovos-pappas-teaser-video-classiquenews-critique-cd

 

https://vimeo.com/301819639  

 
 
 

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yakovos pappasENTRETIEN avec Iakovos PAPPAS, à propos de VASTA, Reine de Bordélie, 1773… Le 23 novembre 2018 paraît le nouvel album d’Almazis : « Vasta, Reine de Bordélie », tragédie érotico-lyrique d’Alexis Piron. A partir de textes du XVIIIè, le chef et claveciniste, défricheur impertinent, poursuit un travail souvent percutant / pertinent sur les sources baroques. En associant baroque et érotisme, Iakavos Pappas renoue avec l’instinct défricheur des plus grands « baroqueux », … en découle un drame d’un nouveau genre, où là encore, textes et musique, drame et poétique sont indissolublement liés. LIRE notre entretien avec IAKOVOS PAPPAS…

 
 
 

almazis-vasta-iakovos-pappas-vasta-concert-annonce-critique-classiquenews-582

 
 
 

CD, critique compte-rendu. Clérambault : Fables de La Fontaine. Almazis, Yakovos Pappas (1 cd Maguelone)

clerambault-fables-de-la-fontaineCD, critique compte-rendu. ClĂ©rambault : Fables de La Fontaine. Almazis, Yakovos Pappas (1 cd Maguelone). TRUCULENCE MORALE. On les a quittĂ©s chez Duni, les voici dans les Fables de La Fontaine, rĂ©Ă©crites en une prosodie efficece, dramatique… Musiciens et chanteurs d’Almazis, dirigĂ©s par Yakovos Pappas dĂ©voilent l’intelligence d’un ClĂ©rambault respectueux de la subtilitĂ© de son prĂ©dĂ©cesseur La Fontaine. La collection de perles ici dĂ©fendue sĂ©lectionne au total 16 fables, mis en musique sur des airs Ă  la mode et Ă©ditĂ©es dans un cycle de 8 volumes entre 1730 et 1733 (l’Ă©poque est celle du scandale D’Hippolyte et Aricie de Rameau Ă  l’opĂ©ra)… D’emblĂ©e, c’est la gĂ©nĂ©reuse gouaille Ă©loquente et particulièrement expressive qui s’affirme Ă  l’Ă©coute, rĂ©alisation dĂ©lectable de chaque interprète d’Almazis  qui met le texte en avant, un souci linguistique d’autant plus percutant que l’Ă©criture de ClĂ©rambault saisit par son intelligence prosodique et sa prĂ©cision dramatique ; vivacitĂ© Ă©loquente qui rend grâce Ă  chaque texte conçu par le librettiste de ClĂ©rambault, – demeurĂ© anonyme ; le geste expressif des interprètes a ici tout pour sĂ©duire. Chaque Ă©pisode repose sur un puissant coup de théâtre qui dĂ©voile ce en quoi le sujet animal principal est, soit le dupĂ©, soit le trompeur ; c’est toujours un jeu de dupes dont les identitĂ©s combinĂ©es sont finement dĂ©voilĂ©es en fin d’action. Mais sous le masque animal perce l’idiotie crasse (le “MaĂ®tre” de la poule aux oeufs d’or…) ou l’esprit astucieux des hommes (le Coq et le renard). AviditĂ©, vanitĂ© (doublement traitĂ©e), ingratitude, beautĂ© Ă©cervelĂ©e (celle du jeune cerf se mirant dans une onde…)… partout ici la noblesse des sentiments et qualitĂ©s cĂ©lĂ©brĂ©s savent captiver, servi par une parure musicale et linguistique qu’il Ă©tait urgent de rĂ©vĂ©ler.

Yakovos Pappas et Almazis redouble d’Ă©loquence dramatique au service d’un ClĂ©rambault magicien de la litote. …

Fables truculentes et moralisatrices

clerambault-fables-de-la-fontaine-1La verve ciselĂ©e qu’y dĂ©veloppe la fine Ă©quipe rĂ©unie par Yakovos Pappas, chanteurs et instrumentistes, dĂ©passe le prĂ©texte pĂ©dagogique et de sensibilisation qui au dĂ©part du projet artistique a ciblĂ© surtout le jeune public;  l’attention Ă  chaque atmosphère et chaque situation exprimĂ©e par le baryton narrateur, contrastĂ©, dĂ©clamĂ© (Paul-Alexandre Dubois) oĂą le tenor (Christophe Crapez) s’affirme franchement afin que l’auditeur goĂ»te et le jeu llinguistique des poèmes fables de La Fontaine, et les ressorts purement dramatiques de chaque situation ; la musique souligne les passages forts ou les effets de surprise de l’action moralisatrice. Dans La formidable Ă©vocation-Ă©popĂ©e de La Tortue (& l’Aigle, sur un air de l’Alcyone de Marais), la soprano Elizabeth Fernandez ajoute un dĂ©lire lyrique qui sait rester proche de l’articulation du texte : l’une des perles les plus brillantes de la collection. Les instrumentistes expriment  sans emphase quant Ă  eux, la fluiditĂ© expressive d’un XVIII ème qui regarde rĂ©trospectivement vers le XVII ème : preuve que du vivant de ClĂ©rambault, les vers de La Fontaine savaient encore sĂ©duire par la justesse de leur inspiration, la concision d’un style chantant d’une exceptionnelle drĂ´lerie mordante et finalement très compassionnelle pour la gent animale qui y est ainsi raillĂ©e, sous couvert d’humanisation ou d’anthropomorphisme, ou vice versa.

DRAMES EN LITOTE... De fait, aspect remarquable du filon ainsi rĂ©vĂ©lĂ©,le librettiste de ClĂ©rambault toujours anonyme adapte avec un sens inouĂŻ de l’efficacitĂ© prosodique, chaque fable de La Fontaine : science de la synthèse, maĂ®trise de contrastes dramatiques, Ă©conomie et pour le dire dun seul mot central: art brillant de la litote – spĂ©cificitĂ© du gĂ©nie français,  l’intelligence des textes captive de part en part: deja remarquĂ©, applaudi Ă  juste titre chez Duni, et dans un spectacle riche en rebond et verve théâtrale, lĂ  aussi d’après le fabuliste gĂ©nial, Yakovos Pappas a eu le nez creux en sĂ©lectionnant cette collection de joyaux lyriques et poĂ©tiques;   sa direction met en avant cette science de l’Ă©loquence resserrĂ©e qui affirme la perfection d’une langue fugace, brillante, synthĂ©tique Ă©tonnement vivante ; Ă©coutez par exemple Le rat de ville et le rat des champs : recyclĂ©s / rĂ©Ă©crits, les 7 paragraphes originaux Ă©crits par le poète dĂ©fenseur de Fouquet lors de l’affaire de Vaux, … s’affirme ici en seulement 2 rĂ©cits aussi courts mais d’une verve prĂ©servĂ©e avec un sens du raccourci exceptionnel.
La durĂ©e de chaque fable y gagne prĂ©cision, concentration prenant appui sur la seule force des mots et leur mise en musique d’une rapiditĂ© aussi Ă©loquente qu’efficace;  ce temps raccourci s’expose facilement Ă  l’Ă©coute des jeunes auditeurs sĂ©duits par un Ă  propos percutant. La France a toujours eu le sens des formules et des raccourcis synthĂ©tiques,  – art de la litote donc magnifiquement incarnĂ© ici, – art et expertise permettant d’Ă©crire le moins pour exprimer le plus : compositeur de l’exactitude, ClĂ©rambault, – maĂ®tre ès contrastes, a su visiblement s’associer la compĂ©tence d’un versificateur dramaturge d’un exceptionnel talent.

CLIC D'OR macaron 200PIECES POUR CLAVECIN sur un mode animal… A l’appui de cette rĂ©ussite en caractĂ©risation vocale, soulignons aussi le mĂŞme brio caractĂ©risĂ© dans les pièces purement instrumentales pour clavecin : d’une belle assurance suggestive, la digitalitĂ© de Yakovos Pappas, claveciniste, rĂ©tablit ce jeu expressif mais ici sans paroles, choisissant par exemple entre autres le caquetage truculent, hoquets Ă  la clĂ©-, de La Poule de Rameau, ou surtout le sublime Vertigo du si dramatique Pancrace Royer dont le seul clavier fait surgir l’opĂ©ra;  on ne pouvait concevoir plus habile et juste association. Vrais tempĂ©rament taillĂ©s pour le théâtre et la caractĂ©risation dĂ©lirante et loufoque mais toujours finement troussĂ©e, Yakovos Pappas et ses partenaires enchantent tout en dĂ©voilant une collection irrĂ©sistible de perles morales Ă  la puissante Ă©vocation dramatique. C’est tout le gĂ©nie d’un ClĂ©rambault dĂ©cidĂ©ment enchanteur et mordant qui s’impose dĂ©sormais Ă  nous. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2016

CD, critique compte-rendu. Clérambault : Fables de La Fontaine. Almazis, Yakovos Pappas (1 cd Maguelone MAG 358.406)

Duni, Philidor, … Musiques et Franc-Maconnerie par Almazis

yakovos pappasPARIS. Concerts Ă  la BNF : Duni, Philidor, … musique et Franc-maçonnerie. Jeudi 9 juin 2016, 18h30. Avec l’impertinence/pertinence que nous lui connaissons Ă  prĂ©sent, le plus dĂ©fricheur des clavecinistes baroques, Yakovos Pappas a choisi une collection de joyaux lyriques et dramatiques parmi les fonds oubliĂ©s de la Bibliothèque nationale de France… La BNF explore ses trĂ©sors musicaux, sĂ©lectionne les partitions mĂ©connues parmi ses archives et les dĂ©voile en concert : ce sont “les inĂ©dits de la BnF”. Car toutes les partitions avant cette première passionnantes Ă©taient oubliĂ©es, mĂ©sestimĂ©es, en tout cas jamais Ă©coutĂ©es jusque lĂ  depuis leur composition.

Musique maçonnique ou d’inspiration maçonnique. La musique est au coeur de la maçonnerie dès le XVIIIe siècle, composante centrale des rites avec la “colonne d’harmonie” ; elle est aussi, une discipline propice aux Ă©changes Ă©clairĂ©s de nombreux crĂ©ateurs engagĂ©s dans les loges de rĂ©flexion : favorisant la rĂ©flexion et l’esprit de progrès social, la Franc-maçonnerie encourage l’effort des intellectuels et des philosophes pour construire une nouvelle sociĂ©tĂ© celle des Lumières. On connaĂ®t l’engagement du claveciniste et chef d’orchestre Yakovos Pappas pour le rĂ©pertoire français baroque, surtout son intuition hors normes et hors convention, pour dĂ©nicher, explorer les partitions les plus raffinĂ©es et les moins convenues. Les perles de la BnF profitent de son talent dĂ©fricheur : Tous les auteurs ainsi rĂ©vĂ©lĂ©s sortent de l’ombre dans laquelle les tenait notre indiffĂ©rence, Ă  torts, tant la pertinence/impertinence des textes, l’intelligence de l’Ă©criture musicale justifient amplement cette collection de redĂ©couvertes lyriques et dramatiques, de surcroĂ®t servis par une cohorte de jeunes interprètes inspirĂ©s prometteurs, dont l’excellent tĂ©nor Martin Candela dont nous suivons les pas et les avancĂ©es chez Opera Fuoco ou dans ce nouveau programme des plus rĂ©jouissants. Yakovos Pappas vient de publier en mars 2016 un superbe cd dĂ©diĂ© aux fables de La Fontaine, travail ciselĂ© sur le verbe français du XVIIè, mis en musique au siècle suivant par ClĂ©rambault…

 

 

 

PROGRAMME

Egidio Duni (1709-1775)
Ouverture des Moissonneurs (1768)

Jacques Christophe Naudot (1690?-1762)
Marche des Francs Maçons, Unissons nous mes frères

Louis François Lemaire (1676-1749)
Les Francs-Maçons, Cantate nouvelle pour une Basse-Taille (1744)

André-Ernest-Modest Grétry (1741-1813)
Lucille (1769)

François-André Danican Philidor (1726-1795)
Le Bûcheron ou les trois souhaits (1763),
Ernelinde, princesse de Norvège (1767)

François Giroust (1738-1799),
Le Déluge, Rituel funèbre

Ensemble Almazis
Stéphanie VARNERIN et Elizabeth FERNANDEZ, sopranos
Martin CANDELLA, ténor
Guillaume DURAND, basse-taille
Vlad CROSMAN, basse
Iakovos PAPPAS, direction et clavecin.

(toutes les pièces jouées sont inédites et issues des collections de la BnF) :

INFOS, RESERVATIONS
Visitez le site des Inédits de la BnF

CD. André Danican Philidor : Blaise le Savetier, 1759 (Almazis, Pappas, 2013)

philidor-blise-savetier-almazis-pappas-cd-maguelone-300CD. AndrĂ© Danican Philidor : Blaise le Savetier, 1759 (Almazis, Pappas, 2013)… Iakovos Pappas nous dĂ©voile ici l’un des joyaux bruts du comique français Ă  l’Ă©poque oĂą le théâtre de la Foire Saint-Germain Ă©blouit par sa verve dĂ©lirante, sachant prolonger en le transfigurant le modèle du buffa italien. CrĂ©Ă© en 1759 sur la scène du théâtre de l’OpĂ©ra Comique de la Foire Saint-Germain, Blaise le Savetier appartient Ă  un cycle particulièrement convaincant oĂą encore au dĂ©but de sa florissante carrière, AndrĂ© Danican Philidor se met au diapason des Italiens, d’autant plus après la Querelle des Bouffons (1752). Mais avec cette truculence spĂ©cifique, Ă  la gouaille parisienne, Ă  l’esprit satirique et parodique. Sedaine librettiste de Philidor rĂ©Ă©crit le conte de La Fontaine : au couple de Blaise et Blaisine, l’Ă©crivain acoquine le couple des huissiers, Mr et Mme Pince, venus saisir leurs biens (Blaise prĂ©fère se ruiner au cabaret avec Mathurin que travailler et gagner honnĂŞtement sa vie). Ici s’affrontent les caractères et tempĂ©raments abrupts : l’ignoble Mme Pince, nourrie au fiel de l’avarice et de la convoitise Ă  laquelle rĂ©pond la bonhommie dĂ©braillĂ©e du Savetier, alcoolique et volage que soulage son Ă©pouse bien sage (voire toute aussi paillarde que son Ă©poux si sympathique). Au demeurant, tenants d’une sexualitĂ© qui ne se cache pas, Blaisine (ex Margot) et Blaise s’avouent leur ancienne aventure avec Mr et Mme Pince… Leur sens de la rivalitĂ© et de la surenchère dont se souviendra encore Mozart dans le fameux air du Catalogue de Don Giovanni (air de Leporello Ă  propos des conquĂŞtes de son maĂ®tre) inscrit davantage l’opĂ©ra dans la dĂ©mesure satirique la plus audacieuse. Sur le plan musical comme poĂ©tique.

A l’Ă©cole de la satire cynique …

CLIC D'OR macaron 200AndrĂ© Danican Philidor fait paraĂ®tre toutes les figures d’une vie domestique au bord de l’implosion : maris et Ă©poux en pĂ©ril, affrontements musclĂ©s, quiproquos cocasses (quand Blaisine ex Margot manipule son ancien amant, Pince), … la force du drame vient du jeu des renversements constants : contre le couples des huissiers pourtant retors, Blaise et Blaisine se montrent autrement plus astucieux, complices dans la malice, solidaires, fins et subtils ou diaboliquement acoquinĂ©s, ils trompent le benĂŞt Mr Pince. Au sommet de ce dĂ©lire bouffe : l’air de Blaise oĂą le baryton chante pour lui-mĂŞme et singe sa femme (en voix de poitrine), duo pour une seule voix, prouesse vocale en caractĂ©risation et aussi, effet comique intense ; le trio qui suit (plage 21) est l’autre apogĂ©e de ce théâtre bouffon (oĂą Philidor singe lui-mĂŞme avec une impertinente pertinence) MontĂ©clair encore : les options musicales collent parfaitement Ă  la situation concernĂ©e. En recyclant une formule de l’opĂ©ra tragique, Philidor affirme l’apogĂ©e du théâtre comique : il lui offre la langue la plus raffinĂ©e qui soit. Et mĂŞme Mozart ensuite, dans Les Noces de Figaro saura distribuer un sublime trio lui aussi dans une scène oĂą il faut cacher celui qui ne devrait pas se trouver lĂ  : acmĂ© dramatique et point d’accomplissement oĂą se rĂ©vèle le gĂ©nie des crĂ©ateurs. Beaumarchais connaissait Ă©videmment le théâtre et la farce de Sedaine.

Tenardier avant l’heure, les Pince façon Sedaine sont d’un cynisme repoussant. Sans morale, voraces et jouisseurs, ils prennent, consument, savent se dĂ©lecter avec perversitĂ© : l’air de Pince (plage 17 : l’argent seul fixe le caprice oĂą les spasmes du basson Ă  peine voilĂ©s inaugurent aussi ce rĂ©alisme surrexpressif, ce bon sens cinglant et glaçant, idĂ©alement efficace).


Aussi facĂ©tieux que ses protagonistes, le jeune Philidor rehausse chaque caractère et chaque situation avec une intelligence pĂ©tillante. Le mordant du style sait parodier avec finesse le théâtre tragique et “noble” de MontĂ©clair (JephtĂ©). En moins d’une heure de temps, voici une pochade superbement troussĂ©e, qui Ă©pingle la folie domestique la plus dĂ©jantĂ©e. Le sexe, l’argent : la guerre du quotidien envahissent le théâtre contemporain d’un Baroque qui critique, analyse, frappe par sa conscience de la dĂ©chĂ©ance et du dĂ©senchantement social et sociĂ©tal. La farce offre alors une rĂ©ponse en guise de baume. PassionnĂ© depuis longtemps par le genre comique et ses grivoiseries inventives, musicalement et dramatiquement succulentes, Iakovos Pappas et son ensemble Almazis sont les ambassadeurs les plus fervents de ce théâtre inhumain en quĂŞte d’humanitĂ©. Le claveciniste mène un travail passionnants sur le genre comique dont il dĂ©voile ici avec fougue et Ă©nergie, le fini et l’esprit spĂ©cifiques. Superbe rĂ©vĂ©lation.

André Danican Philidor : Blaise le Savetier, 1759. Caroline Chassany, Blaisine. Elisabeth Fernandez, Mme Pince. Christophe Crapez, Mr Pince. Paul-Alexandre Dubois, Blaise. Jérôme Gueller, un recors. Almazis. Iakovos Pappas, clavecin et direction. Enregistrement live réalisé en août 2013. 1 cd Maguelone MAG 111 196.

Illustrations : Iakovos Pappas (DR)

Approfondir : Iakovos Pappas et Almazis ont Ă  l’Ă©tĂ© 2013 rĂ©vĂ©lĂ© avec la mĂŞme intelligence dĂ©lectable le théâtre dĂ©lirant poĂ©tique de Duni, grand triomphateur du théâtre italien Ă  Paris : lire notre compte rendu des deux chasseurs et la laitière d’Egidio Duni au festival Musique Ă  la Chabotterie en VendĂ©e

CD. Philidor : Blaise le savetier par Almazis, Iakovos Pappas (1 cd Maguelone)

philidor-blaise-savetier-almazis-pappas-cd-maguelone-300CD. Philidor : Blaise le savetier par Almazis, Iakovos Pappas (1 cd Maguelone). Le chef et claveciniste Iakovos Pappas et son ensemble Almazis abordent un nouveau joyau de l’opéra comique français baroque : Blaise le Savetier d’André Danican Philidor. Depuis le début des années 1750, l’heure est aux Italiens mais aussi à l’essor d’actions scéniques cocasses et pittoresques qui épinglent avec facétie et esprit satirique les travers et défauts de la condition humaine. En un acte, créé à la Foire Saint-Germain le 9 mars 1759, Blaise le savetier éblouit par son rythme musical, son intelligence dramatique, son essence parodique. Inspiré par un conte de La Fontaine, l’opéra de Philidor exploite l’opposition des deux couples en présence : Blaise et son épouse Blaisine, plutôt modestes, harcelés par un couple de propriétaires. Le jeu des faveurs, orchestré par le savetier, finit par renverser le pouvoir des nantis. Enregistré en septembre 2013 à la Villa Rose de Malakoff, l’œuvre profite d’une captation réalisée sur le vif. Sa verve s’appuie sur l’engagement de la troupe réunie par Iakovos Pappas toujours très soucieux d’exprimer la saveur mordante des textes du genre comique : un travail sur le verbe, l’énergie des ensemble,  la vitalité séditieuse des situations dramatiques, la poésie délirante des dialogues et des rapports entre les personnages font ici toute la valeur de cette première mondiale. Prochaine critique développée dans le mag cd de clasiquenews.com.

Distribution :

Paul-Alexandre Dubois, Blaise

Caroline Chassany, Blaisine

Christophe Crapez, Monsieur Pince

Elizabeth Fernandez, Madame Prince

JĂ©rĂ´me Guiller, premier Recors

Didier Henry, second Recors

Almazis

CĂ©line Martel, Sophie Iwamura, violons

Pierre Charles, violoncelle

Jon Olaberria, haubois

Antoine Pecqueur, basson

Iakovos Pappas, clavecin et direction

Philidor : Blaise le savetier, 1759. 1 cd Maguelone MAG 111196. Parution : 24 avril 2014.

Lire aussi notre compte rendu des opéras d’après La Fontaine de Duni par Almazis Iakovos Pappas, au festival Musiques à la Chabotterie 2013.

Compte rendu, opĂ©ra. Saint-Sulpice le Verdon (VendĂ©e). Festival de la Chabotterie, Cour d’honneur, le 6 aoĂ»t 2013. Egidio Duni : Les deux chasseurs et la laitière, 1763. Almazis. Iakovos Pappas, direction

Pappas iakovos pappasQuand Duni revisite La Fontaine, le ton est au dĂ©lire dĂ©bridĂ©, une libertĂ© très XVIIIème, d’une insolence mordante qui fait tous les dĂ©lices de ce théâtre de tous les possibles. Depuis plusieurs annĂ©es, la Cour d’honneur du Logis de la Chabotterie, sise au coeur du bocage vendĂ©en, accueille de grands concerts baroques, lors de soirĂ©es sous la voĂ»te Ă©toilĂ©e, souvent des comĂ©dies et farces baroques dans le goĂ»t du Grand Siècle, ou plus tardifs vers Rameau…. la plupart avec mise en scène. En 2014, l’idĂ©e de ressusciter deux perles comiques et dĂ©lirantes de l’italien Egidio Duni (1708-1775) se montre excellente : ce soir, Les deux chasseurs et la laitière d’après les fables de La Fontaine (L’Ours et les deux compagnons, La Laitière et le pot au lait), et demain, Blaise le Savetier…
Les deux chasseurs et la laitière sont crĂ©Ă©s en 1763, deux après que Duni fut nommĂ© directeur de la ComĂ©die Italienne Ă  Paris (1761), fixant de façon spectaculaire et incontestĂ©e le modèle de l’opĂ©ra comique si prisĂ© alors par le public français. Il avait peu avant triomphĂ©, en 1757, avec son ouvrage Le peintre amoureux de son modèle. Puis, La fille mal gardĂ©e (1758) qui impose davantage sa facĂ©tie irrĂ©sistible comme son intelligence dramatique.

Savante espièglerie

La troupe Almazis menĂ©e par Iakovos Pappas sĂ©duit immĂ©diatement par la cohĂ©rence du geste lyrique, dans l’esprit d’une troupe et des trĂ©teaux de la foire. En petit effectif, soulignant un travail sur l’Ă©loquence du verbe et la sĂ©duction Ă  plusieurs lectures de chaque situation, chef et chanteurs expriment la libertĂ© inouĂŻe d’une action qui ne s’est choisie aucune limite.
Les interprètes excellent dans plusieurs tableaux dont l’esprit prend leçon des apports de la Querelle des Bouffons, quand Paris adopte avec Rousseau, la saveur des comĂ©dies italiennes. Duni avec lequel collaborent Anseaume, Mazet et Favart, incarne l’esprit du théâtre le plus fantaisiste mais d’une exigence mĂ©ticuleuse dans l’enchaĂ®nement des sĂ©quences et l’architecture globale des ouvrages. Iakovos Pappas l’a bien compris : vif, sanguin, habitĂ©, le geste du chef sait insuffler sur la scène, cette vitalitĂ© singulière capable de restituer l’intelligence lĂ©gère parfois insolente qui ont fait de Duni, le compositeur italien le plus applaudi Ă  Paris.
Avec lui triomphe la pulsation napolitaine reformatĂ©e dans l’esprit de l’Ă©lĂ©gance parisienne qui aime autant rire du verbe que palpiter au son des mĂ©lodies. Quand Duni s’approprie la verve moralisatrice de La Fontaine, il cultive une irrĂ©vĂ©rence prĂ©cieuse pour le genre théâtral, il en rĂ©invente mĂŞme les ressorts comiques, n’hĂ©sitant pas ainsi pour le spectacle de ce soir Ă  fusionner deux fables connues sĂ©parĂ©ment. Les deux intrigues s’imbriquent avec habiletĂ©, soulignant encore cette facilitĂ© Ă©tonnante qu’a maĂ®trisĂ© le collaborateur de Favart. Le profil expressif de chaque caractère y gagne en mordant et en saveur : la laitière ne manque ni d’aplomb (excessif qui la fera bientĂ´t trĂ©bucher) ni de savante astuce ; les deux chasseurs manquent singulièrement de courage : poltrons apeurĂ©s, pas gaillards pour un sou. Il s’agit ici de savoir chanter autant que jouer. Le dĂ©fi est de taille car la farce Ă©paisse menace si la finesse et le juste Ă©quilibrage font dĂ©faut. Rien de tel chez les membres de la troupe rĂ©unie par Iakovos Pappas qui dirige et souligne le mordant de chaque saynète, depuis le clavecin. On s’y dĂ©lecte des situations truculentes aux quiproquos astucieux ; on y retrouve une libertĂ© et un ton sachant tirer profit de l’instant qui dĂ©cidĂ©ment s’inscrivent idĂ©alement dans l’Ă©crin architecturale du Logis de la Chabotterie.

Compte rendu, opĂ©ra. Saint-Sulpice le Verdon (VendĂ©e). Festival de la Chabotterie, Cour d’honneur, le 6 aoĂ»t 2013. Egidio Duni : Les deux chasseurs et la laitière, 1763 (d’après La Fontaine). Almazis. Iakovos Pappas, direction, dramaturgie et mise en scène.

Romain BEYTOUT dans le rĂ´le de Guillo
Elisabeth FERNANDEZ dans le rĂ´le de Perrette
Christophe CRAPEZ dans le rĂ´le de Colas

Ensemble Almazis
CĂ©line MARTEL, Sophie IWAMURA, violons
Nathalie PETIBON, hautbois
Antoine PECQUEUR, basson
Pierre CHARLES, violoncelle
Iakovos PAPPAS, clavecin