vendredi 14 juin 2024

OPÉRA DE MARSEILLE. VERDI : Attila / Csilla BOROSS, Ildebrando D’ARCANGELO, Juan Jesús RODRÍGUEZ (29 oct, 2 et 4 nov 2023)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

Héroïque et sauvage, le 9ème opéra de Verdi affirme un talent rare sur la scène lyrique italienne. De fait, Attila, œuvre de jeunesse, annonce déjà le souffle et la perfection de Macbeth.

 

 


UNE BASSE ET UN BARYTON…
Riche en scènes spectaculaires, en airs guerriers, en strettes patriotiques qui ont fait sensation à la création à Venise, l’opéra Attila doit une partie de sa popularité à l’écrasement final des Huns sous les boucliers romains. L’une de ses originalités (et non des moindres) : les deux protagonistes principaux sont une basse et un baryton. Leur affrontement a autant (sinon plus) fasciné le compositeur que l’idylle ténor-soprano. Succédant aux Christoff, Ghiaurov et autres Raimondi, Ildebrando d’Arcangelo et Juan Jesús Rodríguez vont emporter le public marseillais dans une version concertante, haute en couleurs vocales.

 

 

 

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GIUSEPPE VERDI : Attila
Opéra en version de concert
Dimanche 29 octobre 2023 – 14h30
Jeudi 2 novembre 2023 – 20h
Samedi 4 novembre 2023 – 20h

Réservez vos places directement
sur le site de l’opéra de Marseille :
https://opera.marseille.fr/programmation/opera/attila

VERSION CONCERTANTE

 

Direction musicale : Paolo ARRIVABENI

Odabella : Csilla BOROSS
Attila : Ildebrando D’ARCANGELO
Ezio : Juan Jesús RODRÍGUEZ
Foresto : Antonio POLI
Le Pape Léon 1er : Louis MORVAN
Uldino : Arnaud ROSTIN-MAGNIN

Orchestre et Choeur de l’Opéra de Marseille

 

Opéra en 3 actes et 1 Prologue
Livret de Temistocle SOLERA, d’après la tragédie de Zacharias WERNER : Attila, König der Hunnen ;
Création à Venise, le 17 mars 1846, au Teatro La Fenice / dernière représentation à Marseille, le 4 avril 2010

UN OPÉRA PATRIOTIQUE

L’opéra de VERDI est créé à la Fenice de Venise le 17 mars 1846. On sait combien le librettiste de départ Solera, qui pourtant dut partir avant de livrer la fin de l’intrigue, se brouilla avec Verdi : celui ci commanda à Piave, un nouveau final, non pas un chœur comme le voulut Solera, mais un ensemble (et quel ensemble! : un modèle du genre). Du nerf, du sang, du crime… le premier Verdi semble s’essayer à toutes les ficelles du drame sanglant et terrible. Au Vè siècle, la ville d’Aquilée près de Rome, (au nord de l’Adriatique) fait face aux invasions des Huns et à la superbe conquérante d’Attila (basse). Ce dernier, cruel et barbare en diable, refuse toute entente pacifique avec le romain Ezio (baryton) ; c’est pourtant le romain qui a l’étoffe du héros, patriote face à l’ennemi étranger (« Tu auras l‘univers, mais tu me laisses l’Italie » / une déclaration qui soulève l’enthousiasme des spectateurs de Verdi, et de tous les patriotes, à quelques mois de la Révolution italienne…)

 

 

SYNOPSIS

Au I : Attila marche sur Rome, mais frémit devant l’Ermite dont il a rêvé la figure… cependant que parmi les vaincus, Foresto (ténor) rejoint la fière Odabella (soprano) qui entend se venger des Huns, arrogants, victorieux…

Au II : Attila défie Ezio qui proteste vainement ; tandis que, coup de théâtre, Odabella déjoue la tentative d’empoisonnement d’Atiila par Foresto : elle épouse même le vainqueur Attila…

Au III : Odabella qui n’en est pas à une contradiction près, se repend, rejoint Foresto et tue son époux Attila, tandis que les troupes romaines menées par Ezio, le sauveur, attaquent les Huns…

Sans vraiment de profondeur encore, ni d’ambivalence ciselée, (cf la manière avec laquelle, les épisodes et les situations se succèdent au III), les personnages d’Attila ne manquent pas cependant de noblesse ni de grandeur voire de noirceur trouble (comme Attila, dévoré par les songes et les rêves au I, préfiguration des tourments de Macbeth). La protagoniste ici est une femme, soprano aux possibilités étendues digne d’Abigaille (Nabucco) : ample medium, belcanto mordant, à la fois raffiné et sauvage (une préfiguration du personnage rugueux, ardent de Lady Macbeth ?),…

 

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