samedi 22 juin 2024

TOULOUSE, Théâtre du Capitole. Ballet : La Sylphide (version 1836), du 20 au 29 octobre 20023

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

La Sylphide d’Auguste Bournonville (1836) est le premier Ballet de la saison 2023 – 2024 de l’Opéra national du Capitole. Créé pour la ballerine d’origine suédoise, Marie Taglioni (1804-1884), à Paris en 1832, l’oeuvre est le premier ballet romantique de l’histoire de la danse…

 

Il cristallise les fantasmes masculins de la société de la Monarchie de Juillet. Dans une Ecosse de pacotille, James bien que fiancé, reste le sujet d’une obsession nocturne. Créature féerique et surnaturelle, une Sylphide lui est apparue en songe. Le jeune homme est habité par cette apparition qui l’entraîne jusque dans la forêt. Il perdra l’amour de sa fiancée. L’amour inaccessible et la solitude de l’amant, la possession dont il est la victime, ses visions vécues comme des idées fixes appartiennent au vocabulaire romantique, et rappelle d’ailleurs les même tourments de Berlioz, auteur de la Symphonie fantastique contemporaine (1830).

Le sujet assez faible sur le plan scénographique, offre un prétexte pour traiter sur un mode poétique (les apparitions des sylphides volant dans les airs) et aussi fantastique (le personnage de la sorcière rehausse l’évocation romanesque), le thème d’un amour impossible.

Parmi les tableaux forts du ballet se distinguent entre autres : celui lorsque James et sa fiancée, Effie, sont rejoints par la Sylphide, en un trio aérien ; ou plus  tard, quand James et la Sylphide se retrouvent seuls, jusqu’à l’apothéose finale de l’héroïne… À ce titre, le ballet dans sa version classique met surtout en avant la virtuosité de la première ballerine, créature irréelle qui appartient au monde imaginaire. 

La version que propose le théâtre national du Capitole de Toulouse, postérieure de quatre ans à l’originale de Filippo Taglioni (1832) est plus resserrée dramatiquement, équilibrant ce qui relève de la danse masculine et féminine. 

L’intrigue, quant à elle, reste la même : un Écossais, James, s’éprend d’une sylphide et se détache, peu à peu, de son amour pour Effie, une jeune paysanne qu’il doit tantôt épouser. Mettant tout en œuvre pour s’approprier la fille de l’air, il obtient de la sorcière Madge, une écharpe enchantée qui s’avère être empoisonnée. James aura alors tout perdu : la sylphide mourra ; quant à Effie, elle épousera un autre villageois, Gurn. Seuls restent à James le souvenir et la nostalgie, cette « nostalgie qui est l’essentiel du romantisme » comme disait Hoffmann.

 

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La Sylphide,
ballet de Herman Severin Løvenskiold / Auguste Bournonville
Du 20 au 29 oct 2023
Théâtre du capitole 
Durée : 1h30

Réserver vos places directement sur le site du théâtre national du Capitole de Toulouse :
https://opera.toulouse.fr/agenda/ballets/la-sylphide-7337632/

 

 

La Sylphide, Opéra national de Bordeaux © Julien Benhamou

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Ballet : La Sylphide 

Ballet en 2 actes de Philippe Taglioni, créé le 12 mars 1832 à l’Académie Royale de Musique et de Danse de Paris. 

Version d’Auguste Bournonville créée le 28 novembre 1836 au Théâtre Royal de Copenhague. Argument d’Auguste Bournonville d’après le livret initial d’Adolphe Nourrit et le conte de Charles Nodier, Trilby ou le Lutin d’Argail

Chorégraphie : Auguste Bournonville
Restitution de la chorégraphie : Dinna Bjørn
Musique : Herman Severin Løvenskiold

Décors et Costumes : Ramon Ivars
Vidéo et assistant à la scénographie : Santiago Traïd

Ballet de l’Opéra national du Capitole
Orchestre national du Capitole
Direction musicale : Luciano Di Martino

Production de l’Opéra national de Bordeaux

 

 

 

 

 

 

Marie Taglioni, une Sylphide légendaire… 

Avant Giselle, autre pilier du répertoire classique (et romantique), La Sylphide de 1832 demeure le modèle des ballets « blancs », surnaturels et fantastiques, oniriques et… tragiques. La créatrice de ce rôle légendaire, Marie Taglioni inaugure et fixe un type de ballerine, désormais adulée, véritable icône esthétique de l’époque (la Monarchie de juillet) : elle utilise en particulier les pointes, le vaporeux tutu blanc couvrant le genou (selon le dessin d’Eugene Lamy) afin d’incarner cette créature irréelle qui hante l’esprit de James. Le ballet prend naissance sur la scène lyrique : Adolphe Nourrit, ténor lui aussi légendaire pour Robert le diable (1831) et son fameux épisode dansé des nonnes ressuscitées (peintes par Degas) souffle l’idée d’un ballet fantastique à… Filippo Taglioni, père de Maria. C’est Filippo qui a l’idée d’inventer une créature surnaturelle et fascinante, mais féminine. 

Tournée triomphale propre aux années 1830… Après la création parisienne de 1832, le ballet réalisé par Marie Taglioni est applaudi à Londres (Covent Garden, juillet 1832), Saint Pétersbourg (1837), toujours avec Maria Taglioni ;  en Italie (Venice, La Fenice, 1837-1838), Turin (Théâtre Regio, 1839), Milan (La Scala, 1841), enfin Rome (Théâtre Apollo …1846 où paraît toujours Maria Taglioni mais en fin de carrière). Par la suite, la version d’Auguste Bournonville, inspirée de l’interprétation de Maria Taglioni, s’imposa aussi au Théâtre Royal de Copenhagen à partir de 1836. La Sylphide doit sa fascinante magie visuelle et poétique à sa maîtrise de la batterie : tous les pas où les pieds en agilité « battent » (entrechats, cabrioles,…) et suggèrent une figure évanescente, aérienne, comme une plume, en particulier quand la créature apparaît à James et jusqu’à son envol final. 


 

 

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