dimanche 3 mars 2024

Jean-Claude Casadesus dirige le Requiem de Verdi

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casadesus_603x380 Ugo ponte ONLLILLE, ONL. Requiem de Verdi, Jean-Claude Casadesus. Le 12 juillet 2017. L’Orchestre national de Lille, ONL voit VERDI EN GRAND FORMAT. Le Stade Pierre Mauroy à Lille propose un Requiem grand format, à l’échelle du stade Pierre Mauroy (inauguré en août 2012, sa capacité est de 30 000 spectateurs). Rien de mieux que les puissantes vagues chorales, mais aussi la fervente et ultime prière de la soprano (Libera me) pour exalter l’âme des spectateurs auditeurs, lors de cette grande messe sacrée, à la fois lyrique (car c’est un véritable opéra), chorale et symphonique. Chacun pourra y acheter selon ses possibilités (place à partir de 10 euros), confronté à un massif musical de grande ampleur (300 musiciens et choristes), mais aussi capable, grâce au chef fondateur de l’Orchestre National de Lille (il y a 40 ans, en 1976), Jean-Claude Casadesus, d’intensité millimétrée, entre recueillement et prière intime. Le génie du compositeur Giuseppe Verdi tient à sa facilité (à l’opéra essentiellement) à concilier la puissance collective, et aussi la profondeur des airs solistes. Ainsi son Requiem est certes magistralement intérieur et concentré, mais il frappe l’esprit par l’énergie humaine qui s’en dégage, chant de volonté voire de résistance contre la fatalité. Toujours dans un Requiem (messe pour les défunts et pour leur repos éternel), s’élève la prière individuelle d’un soliste. Chez Berlioz, c’est le ténor. Chez Verdi, c’est en une dernière étape vers l’éternité, la voix de la soprano.

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LILLE, Stade Pierre Mauroy, Requiem de Verdiverdi-requiem-casadesus-lille-stade-pierre-mauroy-juillet-2017-annonce-classiquenews
Mercredi 22 juillet 2017, 21h
3ème concert de l’Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus au Stade Pierre Mauroy

Inga Kalna, soprano
Elena Gabouri, mezzo-soprano
Stephen Costello, ténor
Alexander Tsymbalyuk, basse

Choeur Régional Hauts-de-France – Eric Deltour, chef de choeur
Choeur Nicolas de Grigny – Jean-Marie Puissant, chef de choeur

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
De 10 à 60 euros
http://www.stade-pierre-mauroy.com/programmation/concert/requiem-de-verdi

Annonce vidéo du Requiem de Verdi : http://bit.ly/2maTZB9

 

 

 

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verdi_582_face_portrait_boldiniLYRIQUE et ORCHESTRAL, UN REQUIEM PROFANE. Esprit indépendant, Giuseppe Verdi osa braver la conformité bourgeoise et l’hypocrisie catholique pratiquante de son temps en se présentant à la Messe aux bras de sa seconde compagne (qu’il épousa tardivement), la cantatrice Giuseppina Streponi. Ils n’étaient pourtant pas mariés, vivant maritalement dans le « péché ». A l’origine de la partition, une proposition de Verdi à son éditeur (Ricordi) : regrouper plusieurs compositeurs pour écrire les séquences d’une Messe de Requiem afin d’honorer la mémoire de Rossini à l’échéance 1869 : à Verdi reviendrait le défi de composer le dernier épisode, le Libera me, conclusion à la fois solennelle et intime. Le compositeur commença à écrire son Libera me, sans que le projet global ne voit le jour. Puis l’idée d’un Requiem le taraude à nouveau quand meurt le poète Alessandro Manzoni, – auteur du fameux roman I Promessi Sposi (Les fiancés), le 22 mai 1873. Frappé par cette perte inestimable, le compositeur qui l’avait rencontré dès 1868, reprend l’écriture d’une Messe, cette fois dans sa totalité. Généreux, frappé par la douleur, Verdi proposa à la Mairie de Milan d’organiser lui-même et de financer même les répétitions… le but étant de donner le concert de célébration pour le premier anniversaire de la mort de Manzoni. Entre sa villa italienne de Sant’Agata et l’été 1873 sur les bords de Seine, Verdi achève son grand œuvre. L’oeuvre est créée à Milan (église St-Marc), le 22 mai 1874.
La force et la puissance, l’énergie et parfois la violence avec lesquelles Verdi traite la prière du choeur, renforçant l’impact expressif du texte (Tuba mirum, Rex tremendae, surtout la houle spectaculaire du Dies Irae). Poiur Verdi, l’humanité terrassée par la mort, se dresse et fait bloc, résiste et défie le sort comme la fatalité.
L’homme qui a lui-même souffert de la perte tragique de sa famille (son épouse puis ses deux enfants) exprime ici, tout comme Dvorak, également frappé par le décès brutal et répété des membres de sa famille (douleur sublimé dans son remarquable Stabat Mater), une confession intime et personnelle qui fait du Requiem, un acte de dévotion et de compassion personnel. En rien liturgique ni conforme. Le génie de l’opéra, auteur de Macbeth, du Trouvère, de la Traviata, réussit ici une fresque à la fois michelangelesque, mais aussi incarnée et humaine. L’introspection des accents intimistes et individuels portent une prière bouleversante de l’individu et de la foule, unis en un même élan.

 

 

 

mahler casasesus jean claude orchestre national lille cd review cd critique classiquenews cd EVCD027-Cover-ONL-1024x1024Fidèle à son attention pour l’équilibre et la clarté, même dans des effectifs particulièrement importants, comme ici, Jean-Claude Casadesus soigne toujours l’intention et la justesse de l’énoncé : l’esprit avant la forme. Comme il l’avait remarquablement réussi pour la Symphonie n°2 « Résurrection » de Mahler, dans un disque récemment publié et couronnée par le CLIC de CLASSIQUENEWS (enregistrement de 2015 / parution : décembre 2016), le chef fondateur de l’Orchestre national de Lille, veillera à la profondeur malgré l’ampleur et le colossal, la sincérité et l’intensité de la prière malgré le sens du spectaculaire.

 

 

 

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