En direct, Anna Netrebko chante Leonora au Met

Anna Netrebko : Leonora de braiseCinĂ©ma. Verdi. Le TrouvĂšre, Anna Netrebko, le 3 octobre 2015, 18h55. Dans les salles de cinĂ©ma, en direct du Metropolitan Opera de New York, l’hyperfĂ©minine et ardente Anna Netrebko reprend aprĂšs Berlin (2011) et Salzbourg, le rĂŽle de Leonora, Ăąme passionnĂ©e et dĂ©terminĂ©e jusqu’au sacrifice, inaugurant la nouvelle saison lyrique du thĂ©Ăątre New yorkais. Elle y avait crĂ©er Lady Macbeth du mĂȘme Verdi : plus verdienne que jamais, la superdiva chante les vertiges de l’amour (son fameux air suspendu irradiant exigeant un vrai soprano lyrico spinto, agile et dramatique, subtil et puissant : “Di tale amor che dirsi “, d’un rythme haletant, Ă©perdu…), comme inspirĂ©e et portĂ©e par le charme du TrouvĂšre, jusqu’Ă  l’extase sacrificielle. D’autant que dans ce drame noir et resserrĂ©, une BohĂ©mienne (rĂŽle Ă©crasant mais spectaculaire pour mezzo, cf son air “Stride la vampa”) se perd mais triomphe en conjectures hallucinatoires et brĂ»lantes, deux frĂšres s’entretuent sans savoir qu’ils sont du mĂȘme sang. Le trouvĂšre serait-il l’opĂ©ra sentimental et fantastique, le plus rĂ©ussi avec Macbeth ?
Direct incontournable dans toutes les salles de cinĂ©ma partenaires de l’opĂ©ra les opĂ©ras du Metropolitan en live et au grand Ă©cran.

Anna Netrebko Verdi album leonoraSirĂšne lyrique. A 44 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂȘte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  trĂšs convaincants) de sa prise de rĂŽle de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon). Voici les termes de la critique de notre rĂ©dacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :


dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva.

Verdi. Le TrouvÚre, Anna Netrebko, le 3 octobre 2015, 18h55. Durée : 3h. Avec Anna Netrebko, Dolora Zajick, Yonghoon Lee, Dmitri Hvorostovsky. David McVicar, mise en scÚne. Marco Armiliato, direction musicale.

LIRE aussi Anna Netrebko chante Leonora du TrouvÚre de Verdi, France Musique le 31 août 2014

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