Compte-rendu, opĂ©ra. Paris, OpĂ©ra Bastille, le 31 janvier 2016. Verdi: Il trovatore. Anna Netrebko, Ludovic TĂ©zier…

netrebko-anna-leonora-verdi-trovatore-review-presentation-dossier-classiquenewsIl est de rares occasions oĂč l’univers lyrique scintille d’Ă©motions… La premiĂšre de la nouvelle production d’Il Trovatore de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille est une de ces occasions. Il s’agĂźt d’une coproduction avec l’OpĂ©ra National Ă  Amsterdam, dont la mise en scĂšne est signĂ©e Alex OllĂ©, du fameux cĂ©lĂšbre collectif catalan La Fura dels Baus. Les vĂ©ritables pĂ©pites d’or rĂ©sident dans la distribution des chanteurs, avec nulle autre que la soprano Anna Netrebko, Prima Donna Assoluta, avec un Marcelo Alvarez, une Ekaterina Semenchuk et surtout un Ludovic TĂ©zier dans la meilleure de leurs formes ! L’Orchestre maison est dirigĂ© par le chef milanais Daniele Callegari.

Verdi de qualité

Enrico Caruso a dit une fois (selon l’anecdote) que tout ce qu’il fallait pour une performance rĂ©ussie d’Il Trovatore de Verdi n’Ă©tait pas moins que les quatre meilleurs chanteurs du monde. Avec l’excellente distribution d’ouverture (sachant qu’il y en une deuxiĂšme), la nouvelle administration de la maison parisienne montre sa volontĂ© d’ouverture, de progrĂšs, d’excellence. Si nous ne comprenons toujours pas l’absence (ou presque) de grandes vedettes lyriques lors du dernier mandat, nous nous rĂ©jouissons d’ĂȘtre tĂ©moins d’une premiĂšre Ă  l’OpĂ©ra Bastille avec un si haut niveau vocal. Il Trovatore de Verdi est au centre de ce qu’on nomme la trilogie de la premiĂšre maturitĂ© de Verdi, avec Rigoletto et La Traviata. De facture musicale peut-ĂȘtre moins moderne que Rigoletto, une Ɠuvre moins formelle, Il Trovatore reste depuis sa premiĂšre, l’un des plus cĂ©lĂšbres opĂ©ra, jouĂ© partout dans le monde, uniquement surpassĂ© par… La Traviata.

L’histoire moyenĂągeuse inspirĂ©e d’une piĂšce de thĂ©Ăątre espagnole du XIXe siĂšcle d’Antonio Garcia GutiĂ©rrez, est le prĂ©texte idĂ©al pour le dĂ©ploiement de la force et l’inventivitĂ© mĂ©lodique propres Ă  Verdi. Dans l’Espagne du XVe siĂšcle ravagĂ©e par des guerres civiles, deux ennemis politiques se battent Ă©galement pour le cƓur de Leonora, dame de la cour. L’un est un faux trouvĂšre Ă©levĂ© par une gitane, l’autre est un Duc fidĂšle au Roi d’Espagne. Ils sont frĂšres sans le savoir. On traverse une marĂ©e de sentiments et d’Ă©motions musicales, et thĂ©Ăątralement trĂšs invraisemblables, avant d’arriver Ă  la conclusion tragique si aimĂ©e des romantiques.

trovatore_1La Leonora d’Anna Netrebko Ă©tonne dĂšs son premier air « Tacea la notte placida… Di tale amor » pyrotechnique Ă  souhait et fortement ovationnĂ©. Depuis ces premiers instants, elle ne fait que couper le souffle de l’auditoire avec l’heureux dĂ©ploiement de ses talents virtuoses. Non seulement elle rĂ©ussit Ă  remplir l’immensitĂ© de la salle, mais elle le fait avec une facilitĂ© vocale confondante, complĂštement habitĂ©e par la force musicale (plus que thĂ©Ăątrale) du personnage. Nous avons droit avec elle Ă  une technique impeccable, un enchaĂźnement de sublimes mĂ©lodies, un timbre tout aussi somptueux baignant la salle en permanence… Dans ce sens, elle rayonne autant (et parfois mĂȘme Ă©clipse ses partenaires) dans les nombreux duos. Si son bien-aimĂ© Manrico est solidement jouĂ© par le tĂ©nor Marcelo Alvarez, d’une grande humanitĂ©, avec une diction claire du texte et du sentiment dans l’interprĂ©tation, nous sommes davantage impressionnĂ©s par la performance de Ludovic TĂ©zier en Conte di Luna. Son air « Il balen del suo sorriso » au IIe acte, oĂč il exprime son amour passionnĂ© pour Leonora est un moment d’une beautĂ© terrible. Le Luna de TĂ©zier brille de prestance, de caractĂšre, de sincĂ©ritĂ©. Une prise de rĂŽle inoubliable pour le baryton Français. Son duo avec la Netrebko au IVe acte est aussi de grand impact et toujours trĂšs fortement ovationnĂ© par le public. L’Azucena d’Ekaterina Semenchuk, faisant ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Paris, offre une prestation Ă©galement de qualitĂ©, avec un timbre qui correspond au rĂŽle Ă  la fois sombre et dĂ©licieux (ma non tanto!), et une prĂ©sence scĂ©nique aussi pertinente.

trovatore3Les choeurs de l’OpĂ©ra de Paris dirigĂ©s par JosĂ© Luis Basso est l’autre protagoniste de l’oeuvre. Que ce soit le choeur des nonnes, des militaires ou des gitans, leur dynamisme est spectaculaire et leur impact non-nĂ©gligeable, notamment lors de l’archicĂ©lĂšbre choeur des gitans au deuxiĂšme acte « Vedi ! Le fosche notturne spoglie » ,  bijou d’intelligence musicale, coloris et efficacitĂ©, particuliĂšrement remarquable. Ce choeur qui enchaĂźne sur une chansonnette d’Azucena est aussi une opportunitĂ© pour le chef Daniele Callegari de montrer les capacitĂ©s de la grosse machine qu’est l’Orchestre de l’OpĂ©ra. Sous sa direction les moments explosifs le sont tout autant sans devenir bruyants, et les rares moments Ă©lĂ©giaques le sont tout autant et sans prĂ©tention. Si l’Ă©quilibre est parfois dĂ©licat, voire compromis, l’ensemble imprĂšgne la salle sans dĂ©faut et pour le plus grand bonheur des auditeurs.

L’audience paraĂźt moins rĂ©ceptive de la proposition scĂ©nique d’Alex OllĂ©, quelque peu huĂ©e Ă  la fin de la reprĂ©sentation. L’un des « problĂšmes » dans certains opĂ©ras est toujours le livret, en tout cas pour les metteurs en scĂšne. Dans Il Trovatore, la structure en 4 actes est telle qu’un dĂ©roulement formel et logique opĂšre quoi qu’il en soit, mais ce uniquement grĂące Ă  la force dramatique inhĂ©rente Ă  la plume de Verdi. Le collectif catalan propose une mise en scĂšne mi-abstraite, mi-surrĂ©aliste, mĂȘme dans les dĂ©cors et costumes, elle est mi-stylisĂ©e, mi-historique. Si les impressionnants dĂ©cors font penser Ă  un labyrinthe anonyme, avec des blocs trĂšs utilitaires -parfois murs, parfois tombes, etc.-,  les dĂ©placements de ces blocs demeurent trĂšs habiles ; il nous semble qu’au-dessous de tout ceci (et ce n’est pas beaucoup), il y a quelques chanteurs-acteurs de qualitĂ© parfois livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes. Quelques tableaux se distinguent pourtant, comme l’entrĂ©e des gitans au deuxiĂšme acte notamment, et la proposition, quoi qu’ajoutant peu Ă  l’Ɠuvre, ne lui enlĂšve rien, et l’on peut dire qu’on est plutĂŽt invitĂ© Ă  se concentrer sur la musique. D’autant que musicalement cette production est une Ă©clatante rĂ©ussite ! A voire encore les 3, 8, 11, 15, 20, 24, 27 et 29 fĂ©vrier ainsi que les 3, 6, 10 et 15 mars 2016, avec deux distributions diffĂ©rentes (NDLR : pour y Ă©couter le chant incandescent d’Anna Netrebko, vĂ©rifier bien la date choisie encore disponible)

 

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Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra National de Paris, OpĂ©ra Bastille. le 31 janvier 2016. G. Verdi : Il Trovatore. Anna Netrebko, Marcelo Alvarez, Ludovic Tezier… Choeur et Orchestre de l’OpĂ©ra National de Paris. JosĂ© Luis Basso, chef des choeurs. Daniele Callegari, direction musicale. Allex OllĂ© (La Fura dels Baus), mise en scĂšne. Illustrations : Anna Netrebko, Ludovic TĂ©zier (DR)

 

Paris. Anna Netrebko chante Leonora

Divina Netrebko !Paris, Bastille. Anna Netrebko chante Leonora, du 31 janvier au 15 fĂ©vrier 2016. C’est l’incarnation que tous les amateurs parisiens attendent avec impatience… (Re)dĂ©couvrir la grande soprano Anna Netrebko au timbre de braise et Ă  la sensualitĂ© angĂ©lique dans un rĂŽle dĂ©sormais fĂ©tiche et Ă  Paris, pour 5 dates. Ardente torche sacrificielle, amoureuse Ă©perdue confinant Ă  l’abstraction, d’une ivresse vertigineuse capable de l’anĂ©antir (de fait elle en mourra comme le TrouvĂšre), la Leonora du TrouvĂšre de Verdi est Ă©crite pour une soprano agile et puissante, mais pas dramatique. Callas a marquĂ© le rĂŽle par son intensitĂ© angĂ©lique. La partition n’a pas les invraisemblances ici et lĂ  soulignĂ©es et son fantastique spectaculaire, associant terreur et transe amoureuse inspire Ă  verdi l’une de ses plus Ă©blouissantes actions. Anna Netrebko annoncĂ©e dans le rĂŽle qui a fait dĂ©jĂ  ses triomphes prĂ©cĂ©dents Ă  Berlin et Ă  Salzbourg, retrouve la candeur embrasĂ©e du personnage sur les planches parisiennes du 31 janvier au 15 fĂ©vrier 2016 : inutile de dire que l’OpĂ©ra Bastille fonctionnera alors Ă  guichets fermĂ©s. Souhaitons que pour les nombreux spectateurs n’ayant pas pu applaudir leur soprano adulĂ©e, une chaĂźne de radio retransmette l’une des soirĂ©es (en fait Radio Classique, lire ci aprĂšs). La diva austro russe est si rare en France. D’autant que sa Leonora parisienne 2016 pourrait encore approfondir ses Leonora prĂ©cĂ©dentes dĂ©jĂ  stupĂ©fiantes et bouleversantes captĂ©es Ă  Berlin en 2013, puis Salzbourg en 2014. Un itinĂ©raire jalonnĂ©e d’accomplissements (sa Leonora est peut-ĂȘtre avec Iolanta de Tchaikovski, l’une de ses incarnations les plus rĂ©ussies).

La production tient l’affiche jusqu’au 15 mars avec des chanteurs diffĂ©rents (bien vĂ©rifier la distribution pour les dates de votre venue). Aux cĂŽtĂ©s d’Anna Netrebko, pas moins que Marcello Alvarez (Manrico le TrouvĂšre, lui aussi ardent, hallucinĂ©), Ludovic TĂ©zier (Luna inflexible). VoilĂ  une production verdienne Ă  Paris qui promet des Ă©tincelles.

boutonreservationParis, Opéra Bastille
Verdi : Le TrouvĂšre
Du 31 janvier au 15 mars 2016
Daniele Callegari, direction
Nouvelle production
Alex Ollé, La Fura dels Baus, mise en scÚne
Avec Anna Netrebko, Marcello Alvarez, Ludovic tĂ©zier (attention aux dates: les 3 solistes n’assurent pas toutes les reprĂ©sentations)

Diffusion en direct et sur Radio classique le 11 février 2016.

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En direct, Anna Netrebko chante Leonora au Met

Anna Netrebko : Leonora de braiseCinĂ©ma. Verdi. Le TrouvĂšre, Anna Netrebko, le 3 octobre 2015, 18h55. Dans les salles de cinĂ©ma, en direct du Metropolitan Opera de New York, l’hyperfĂ©minine et ardente Anna Netrebko reprend aprĂšs Berlin (2011) et Salzbourg, le rĂŽle de Leonora, Ăąme passionnĂ©e et dĂ©terminĂ©e jusqu’au sacrifice, inaugurant la nouvelle saison lyrique du thĂ©Ăątre New yorkais. Elle y avait crĂ©er Lady Macbeth du mĂȘme Verdi : plus verdienne que jamais, la superdiva chante les vertiges de l’amour (son fameux air suspendu irradiant exigeant un vrai soprano lyrico spinto, agile et dramatique, subtil et puissant : “Di tale amor che dirsi “, d’un rythme haletant, Ă©perdu…), comme inspirĂ©e et portĂ©e par le charme du TrouvĂšre, jusqu’Ă  l’extase sacrificielle. D’autant que dans ce drame noir et resserrĂ©, une BohĂ©mienne (rĂŽle Ă©crasant mais spectaculaire pour mezzo, cf son air “Stride la vampa”) se perd mais triomphe en conjectures hallucinatoires et brĂ»lantes, deux frĂšres s’entretuent sans savoir qu’ils sont du mĂȘme sang. Le trouvĂšre serait-il l’opĂ©ra sentimental et fantastique, le plus rĂ©ussi avec Macbeth ?
Direct incontournable dans toutes les salles de cinĂ©ma partenaires de l’opĂ©ra les opĂ©ras du Metropolitan en live et au grand Ă©cran.

Anna Netrebko Verdi album leonoraSirĂšne lyrique. A 44 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂȘte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  trĂšs convaincants) de sa prise de rĂŽle de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon). Voici les termes de la critique de notre rĂ©dacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :


dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva.

Verdi. Le TrouvÚre, Anna Netrebko, le 3 octobre 2015, 18h55. Durée : 3h. Avec Anna Netrebko, Dolora Zajick, Yonghoon Lee, Dmitri Hvorostovsky. David McVicar, mise en scÚne. Marco Armiliato, direction musicale.

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En direct de Salzbourg, Anna Netrebko chante Leonora du TrouvĂšre

netrebko trouvere salzbourgARTE. Ce soir, vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune fils, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂȘtre mĂ©morable, grĂące en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂŽle au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scĂšne signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +



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Netrebko Anna NetrebkoARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Verdi : Le TrouvĂšre. L’Ɠuvre au noir (1853)

Passion Verdi sur ArteVerdi : Le TrouvĂšre. L’Ɠuvre au noir (1853). Rien d’absurde ni d’incohĂ©rent dans l’intrigue du TrouvĂšre de Verdi. On a tort d’y reconnaĂźtre un conte fantastique alambiquĂ© et sans intĂ©rĂȘt sur le plan dramatique (ainsi les Marx Brothers dans leur parodie de l’opĂ©ra, Une nuit Ă  l’OpĂ©ra, ont fait du TrouvĂšre l’archĂ©type du romantisme aussi sombre Ă©chevelĂ© qu’invraisemblable : triste lecture, brillante par son inexactitude). C’est tout l’inverse : le gĂ©nie de Verdi a suffisamment de discernement poĂ©tique et littĂ©raire pour Ă©viter les fiascos. En puisant l’action de son opĂ©ra dans le roman d’un disciple de Hugo,  Garcia GuttiĂ©rez (El Trovador, 1836), le compositeur sait qu’il peut y trouver une action remarquablement intense, haletante et mĂȘme hallucinante oĂč les flammes obsessionnelles qui dĂ©vorent le pauvre esprit de la sorciĂšre Azucena, finissent par emporter le dĂ©roulement dramatique : c’est Ă  dire venger celle qui Ă  cause du conte Luna pĂšre a perdu sa mĂšre et son propre fils.  Pour se venger, l’incomparable manipulatrice sacrifie ici les deux figures de l’amour sincĂšre : Manrico le TrouvĂšre (qu’elle a pourtant aimĂ© comme un fils) et Leonora, qu’aime en vain, l’ignoble Luna fils. Mais celui-ci ne sachant pas que son rival Manrico est bien son frĂšre, le fait emprisonner, et certainement torturer, avant de l’exĂ©cuter manu militari.
En plus d’une instrumentation quasi mozartienne que Karajan au dĂ©but des annĂ©es 1960 a su rĂ©Ă©valuer avec cette hypersensibilitĂ© chambriste qui le caractĂ©rise, Verdi rĂ©unit un quatuor vocal exceptionnel, accordĂ© aussi Ă  un choeur qui doit ĂȘtre tout autant
 hallucinĂ© : une soprano ardente et conquĂ©rante (Leonora), un tĂ©nor, son amant Ă  la fois tendre et hĂ©roĂŻque (Manrico), un baryton dĂ©vorĂ© par la jalousie et l’impuissance amoureuse (Luna), enfin, tirant les ficelles de ce drame noire et fantastique, une alto, Azucena, qui vocifĂšre, hypnotise et finalement emporte les clĂ©s de l’action : l’histoire du TrouvĂšre est la rĂ©alisation irrĂ©pressible de sa vengeance.

EmbrasĂ© par une musique inspirĂ©e, – assurĂ©ment l’une des meilleures de Verdi-, Le TrouvĂšre fut Ă  sa crĂ©ation Ă  Rome, un triomphe populaire immĂ©diat. C’est l’un des volets de la fameuse Trilogie triomphante d’abord Rigoletto (1851), puis La Traviata crĂ©Ă©e aussi en 1853. Les deux prĂ©cĂ©dents, musicalement et dramatiquement parfait, montre Ă  quel point de perfection esthĂ©tique est parvenu Verdi Ă  l’Ă©poque du TrouvĂšre.

Les flammes, la mort, la vengeance

Le TrouvĂšre est marquĂ© par la mort
 Sur le chantier de son nouvel opĂ©ra dĂšs 1851, Verdi ne cesse de relancer son librettiste Salvatore Cammarano, pour qu’il achĂšve l’adaptation du roman espagnol. Verdi ne rĂ©pond pas Ă  une commande : il entreprend lui-mĂȘme de traiter sous forme d’opĂ©ra, le roman espagnol de Gutierrez.  Cammarano avait dĂ©jĂ  collaborĂ© avec Verdi pour l’excellente Luisa Miller (1849), lumineuse et tĂ©nĂ©breuse action tragique d’aprĂšs Schiler oĂč le poison achĂšve les amoureux impuissants. Verdi dĂ©jĂ  veuf et marquĂ© par le dĂ©cĂšs de son Ă©pouse et de ses deux filles, perd sa mĂšre avant que Cammarano meurt lui aussi en juillet 1852. Le jeune librettiste, Bardare terminera finalement le livret tant attendu par le compositeur. La mort rĂšgne alentour inspirant une histoire noire elle aussi oĂč l’illusion dĂ©pressive et tragique, destructrice annule toute libertĂ©, extermine tout Ă©chappatoire. Les 3 protagonistes : Luna l’infĂąme et jaloux, Manrico et Leonora succombent face au sortilĂšge d’Azucena.
Dans ce monde sans espoir, surgit comme un chant Ă©perdu, la romance en coulisse du trouvĂšre, Ă  la fois chevalier et poĂšte qui exprime son amour pur Ă  son aimĂ©e Leonora. Manrico incarne toutes les facettes d’une sociĂ©tĂ© torturĂ©e, violente, barbare : fils d’une gitane (Azucena qui est en rĂ©alitĂ© sa mĂšre adoptive), il est le frĂšre de Luna (qui ignore ce parent dont il ne voit que le rival). Verdi dut ĂȘtre comme nous frappĂ© par la tension romantique et gothique, fantastique et Ă©perdue de ce drame de l’impossibilitĂ© absolue, de la barbarie rĂ©pĂ©titive, de la malĂ©diction irrĂ©pressible.

 

 

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Au coeur de cet opĂ©ra sublime, la figure du feu et du bĂ»cher reste primordiale. A la fois, foyer de la souffrance, mais aussi cadre de la dĂ©livrance : par le feu, Azucena a perdu sa mĂšre condamnĂ©e par le pĂšre de Luna ; dans les flammes, elle a aussi perdu son propre fils croyant qu’il s’agissait du fils de l’assassin de sa mĂšre; de sorte que surgit ici une autre figure de l’horreur inhumaine : l’esprit barbare de la vengeance et de la haine Ă  travers les gĂ©nĂ©rations. Le fils de mon ennemi est mon ennemi ; et les enfants des meurtriers de mes parents doivent payer pour les actions de leur tribu. Ainsi se prolonge encore et encore l’acte ignoble des guerres fratricides
 jusqu’Ă  l’Ă©limination pure et simple des deux parties.  Par le feu, Azucena se vengera tout autant. Elle qui est comme sa mĂšre condamnĂ©e au bĂ»cher par Luna fils mĂšnera Ă  la mort aussi son fils adoptif, Manrico, le frĂšre de Luna. Ainsi, les crimes passĂ©s sont vengĂ©s par le sang des combattants d’aujourd’hui. Leonora Ă©plorĂ©e, Luna sadique, Manrico implorant, Azucena hallucinĂ©e
 jamais Ă  l’opĂ©ra, le public n’avait vu ni Ă©coutĂ© chant si expressif (vulgaire et laid diront les critiques toujours aussi peu inspirĂ©s lors de crĂ©ations).
Au coeur du drame, entre libertĂ© individuelle et devoir de vengeance, le personnage d’Azucena est de loin le plus saisissant sous la plume de Verdi : Azucena qui sait la vĂ©ritĂ© sur le lien entre Luna et Manrico, est tiraillĂ©e entre venger sa mĂšre et prĂ©server ce fils adoptif qu’elle a appris Ă  aimer
 Pourtant, au comble de l’inhumaine horreur, Azucena se rĂ©vĂšle agent de la barbarie la plus cynique : elle sacrifie l’amour pour celui qui fut son fils, et le donne Ă  l’Ă©pĂ©e de Luna dont il est pourtant le seul frĂšre. La haine a triomphĂ© de l’amour. La violence et l amont, aboli toute humanitĂ©.

L’Ɠuvre est d’abord crĂ©Ă©e au Teatro Apollo de Rome en 1853. CrĂ©Ă© Ă  Paris au ThĂ©Ăątre Italien en 1854, puis adaptĂ© en 1857 sur la scĂšne de l’OpĂ©ra de Paris, dans une forme compatible avec la forme du grand opĂ©ra français.

La partition suivant le déroulement dramatique du roman de Gutiérrez est remarquablement structurée, en 4 parties, chacune portant un titre.

1Ăšre partie : le Duel. Saragosse au XVĂšme. Dans le palais de la princesse d’Aragon : Leonora, dame d’honneur se languit du TrouvĂšre Manrico dont elle a fait son champion lors d’un tournoi, cependant que ce dernier chante son amour Ă  sa fenĂȘtre (l’air d’exposition de la soprano, associĂ© au chant en coulisse du troubadour est remarquable). Surgit le tĂ©nĂ©breux et sadique comte de Luna qui reconnaissant en lui le chef des rebelles, dĂ©gaine l’Ă©pĂ©e. Ils se battent tandis que Leonora s’Ă©vanouit.

2Ăšme partie : La BohĂ©mienne. C’est le tableau oĂč s’exprime un double traumatisme. Alors que les gitans frappent l’enclume (superbe chƓur ” Vedi! le fosche ” : ce concert mĂ©tallique est une nouveautĂ© absolue Ă  l’opĂ©ra, avant Wagner et ses Nibelungen), la sorciĂšre gitane Azucena raconte comment sa mĂšre a Ă©tĂ© dĂ©vorĂ©e par les flammes du bĂ»cher que le pĂšre de Luna a fait rĂ©aliser (air fantastique et hallucinĂ© : “Stride la vampa…”). La sorciĂšre ne peut s’empĂȘcher de songer alors Ă  la malĂ©diction de sa mĂšre qui l’a exhortĂ© Ă  la venger coĂ»te que coĂ»te. Azucena songe aussi Ă  son propre fils que, dans la confusion, elle a elle-mĂȘme jetĂ© dans les flammes, croyant qu’il s’agissait du fils de Luna pĂšre, qu’elle avait prĂ©cĂ©demment enlevĂ©. Revenant Ă  elle, Azucena, littĂ©ralement en transe, confirme cependant Ă  Manrico qu’il est bien son fils vĂ©ritable.  La fin de ce 2Ăšme tableau, est la plus heureuse de l’opĂ©ra : car Manrico enlĂšve Leonora Ă  la barbe de Luna (lequel pourtant avait exprimĂ© son amour pour Leonora : Il balen del duo sorriso) … c’est le triomphe fragile et fugitif de l’amour.

3Ăšme partie : Le Fils de la BohĂ©mienne. Dans la version de 1857 pour l’OpĂ©ra de Paris, Verdi ajoute ici le ballet. Devant la forteresse oĂč Manrico s’apprĂȘte Ă  cĂ©lĂ©brer ses noces avec Leonora, Luna est parvenu Ă  capturer Azucena qu’il condamne au bĂ»cher. Manrico tente une sortie pour sauver sa mĂšre…

4Ăšme partie : Le Supplice. C’est l’acte le plus sanguinaire : pĂ©rissent Leonora qui livrĂ©e Ă  Luna s’empoisonne (aprĂšs avoir obtenu de Luna qu’il gracie Manrico… en vain) ; Manrico exĂ©cutĂ© par les hommes de Luna. Alors Azucena peut avouer le triomphe de sa vengeance : Manrico est bien le frĂšre de Luna que ce dernier a tuĂ©. La mĂšre de la sorciĂšre est vengĂ©e, peut-ĂȘtre moins le fils d’Azucena. Au dĂ©but de ce dernier tableau, Verdi compose un exceptionnel ensemble rĂ©unissant : Leonora (D’amor sull’ali rosee), Manrico (et son chant lointain) auquel est associĂ© le chant funĂšbre du Miserere par le choeur. Jusqu’au dernier moment, le doute persĂ©vĂšre quant Ă  la dĂ©cision d’Azucena : sacrifiera-t-elle son fils Manrico, fut-il adoptif, pour venger sa mĂšre ?

 

 

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Illustrations : Verdi (DR). John Williams Waterhouse : The Decameron (DR). Edmund Blair Leighton : Tristan und Isolde (DR)

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

netrebko anna netrebko_Il_Trovatore_Netrebko_Domingo_c_SF_Forster-1-373x500ARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. La nouvelle production verdienne fait dĂ©jĂ  figure d’Ă©vĂ©nement lyrique aux cĂŽtĂ©s de l’excellent Chevalier Ă  la rose dirigĂ© par Welser-Most, et du plus terne opĂ©ra en crĂ©ation : Charlotte Salomon du Français Marc-AndrĂ© Dalbavie… CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂȘtre mĂ©morable, grĂące en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂŽle au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scĂšne signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le TrouvÚre. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Le DVD Blu ray du TrouvĂšre (Trovatore) de Verdi avec Anna Netrebko (production berlinoise de l’hiver 2013) est dĂ©jĂ  annoncĂ© en septembre 2014 chez Deutsche Grammophon.

 

Divina Netrebko : sa Leonora incandescente Ă  Salzbourg

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine. EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le TrouvÚre. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.